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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:40

 

 

 

Rue89 -  Témoignage 12/05/2013 à 16h38
Sylvie 13 | Technicienne conseil à la CAF

 

 

 


A la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) de Lille, en 2012 (M.LIBERT/20 MINUTES/SIPA)

 

Derrière mon guichet, je vois une population désespérée et en colère. Des gens démunis qui se sentent abandonnés de tous. Ils crient, pleurent, s’énervent. A la Caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône où je travaille, les hurlements sont devenus quotidiens.

Un jour, une femme enceinte à littéralement pété les plombs. Elle hurlait, disait qu’elle allait bientôt accoucher et qu’elle n’avait rien pour son bébé. Le gardien ne pouvait rien faire, il ne savait pas comment réagir pour la calmer.

Making of

Sylvie (qui témoigne sous pseudo) travaille à la Caisse d’allocations familiales des Bouches-du-Rhône. Elle est l’une des 350 techniciens conseil, chargée de l’accueil et du traitement des dossiers. La CAF 13 emploi en tout 1 160 salariés. En mars 2013, chose rare, cette antenne de la CAF a fermé quinze jours pour tenter de rattraper son retard dans le traitement des dossiers, qui s’accumulent depuis juin 2012. Daisy Lorenzi

Je me souviens d’un étudiant venu me voir parce qu’il ne touchait plus son aide au logement. Il me disait :

« Je fais comment ? Mes parents ne peuvent pas m’aider. Je vais devoir aller vivre chez des amis. »

Il avait un petit boulot mais ça ne suffisait pas. Il était gagné par la honte.

Je me souviens aussi de cette maman, venue avec ses trois enfants. On lisait le désespoir sur son visage. Elle m’a expliqué ne rien pouvoir acheter à ses enfants, pas même une bouteille de lait. Elle a fondu en larmes devant moi et tout ce que je pouvais faire c’est dire : « Oui, je comprends. » J’écoute, mais je ne peux rien faire.

Une heure d’attente pour trois minutes

Quand les agios et les loyers impayés s’accumulent, les gens me disent : « Faites quelque chose, je vais être à la rue, on va entamer une procédure d’expulsion. » Mais je ne peux rien faire.

Nous recevons souvent une population en colère, désespérée, parfois malade. Et nous n’arrivons pas à la satisfaire : nous sommes de moins en moins nombreux, les allocataires de plus en plus nombreux.

CAF des Bouches-du-Rhône

La CAF des Bouches-du-Rhône compte plus de 400 000 allocataires. Dans un département où 9,7% de la population vit sous le seul de pauvreté, beaucoup de gens dépendent des minima sociaux (92 000 bénéficiaires du RSA).

D’après la direction, 91 000 dossiers sont toujours en attente de traitement. Il y en aurait même 96 000 selon Lionel Zaouati, délégué CGT de la CAF 13, interrogé par Rue89 : « Depuis trois ans, nous sommes victimes de réductions d’effectifs, du non remplacement d’un départ sur deux à la retraite, de fermetures d’accueils. Alors que notre charge de travail a augmenté avec la crise. » D.L.

Avant, quand un allocataire venait, on lui donnait un délai de trois semaines avant que son dossier soit traité [lire encadré ci-contre, ndlr]. Aujourd’hui la réponse est toujours la même :

« On ne peut pas vous donner de délais. »

Les personnes reviennent deux fois, trois fois, parfois quatre en quinze jours, et à chaque fois on leur donne la même réponse. Elles ne comprennent pas et le ton monte progressivement.

L’ambiance de la salle d’accueil est devenue électrique et difficile à gérer, malgré la présence d’un agent de sécurité. Quand les portes s’ouvrent, ce sont quarante personnes qui veulent rentrer d’un coup et qui se disputent les tickets. Certaines en sont venues aux mains. On est obligé de filtrer les entrées depuis l’extérieur et de ne laisser rentrer que par petits groupes de dix.

A l’intérieur, une dizaine de bancs pour 60 à 80 personnes qui attendent là, entassées, souvent debout. Dès que quelqu’un s’énerve, la tension monte entre les allocataires. L’attente dure souvent plus d’une heure. Pour trois minutes derrière notre guichet : nous n’avons pas de temps à leur accorder.

« Si je te croise dans la rue, je te fais la peau »

Je sais que la tension peut exploser à tout moment. La personne calme en face de moi peut soudainement se mettre à crier, m’insulter. Souvent, je suis derrière mon ordinateur, je vois que le dossier n’a pas été traité et je redoute de devoir l’annoncer. Je sais que ça va crier.

« Pourquoi moi ? Vous ne comprenez pas ma situation. Vous êtes une menteuse, des bons à rien... »

C’est toute la douleur et la frustration de leur situation qu’ils déversent sur nous. Le sentiment d’impuissance est omniprésent.

Les incidents arrivent de plus en plus régulièrement : des agressions verbales quotidiennes et parfois des agressions physiques. Elles sont plus rares, mais elles existent : un collègue a reçu une chaussure, une autre s’est fait gifler, les gens s’en prennent aux ordinateurs. Le plus choquant, ce sont les menaces :

« Si je te croise dans la rue, je te fais la peau. »

Je me sens tellement démunie

Un jour, une personne a menacé de s’immoler devant nous. Elle tenait une bouteille et criait : « Il faut vraiment que vous le fassiez maintenant. » Un stress qui ne cesse de s’accentuer et qui rend notre mission très compliquée. Je me sens tellement démunie.

Je pars parfois travailler avec la boule au ventre. Vais-je tenir toute une journée ? Arriverai-je à atteindre les objectifs statistiques imposés par la direction ? Aurai-je le malheur de rencontrer une personne plus énervée qu’une autre ? Aurai-je à gérer des cris, des pleurs ?

J’ai régulièrement des migraines et des douleurs dans le dos. Plusieurs collègues sont en dépression, enchaînent les arrêts maladie car il ne peuvent combattre ce stress incessant. Chacun essaie de résister à sa façon.

Dans mon département, les accueils ont été fermés pendant quinze jours. Nous étions tous affectés à des tâches de liquidation, c’est-à-dire de traitement des dossiers afin de déclencher le paiement des prestations au plus vite et endiguer notre retard.

Malgré toute notre bonne volonté, ceci n’a pas été possible, le retard était trop grand.

 

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:28

 

 

 

Rue89 -  Le grand entretien 12/05/2013 à 10h59
Pascal Riché | Cofondateur Rue89

 

Coupes budgétaires, marché du travail plus flexible : pour le journaliste Guillaume Duval, les raisons du redressement économique de l’Allemagne sont ailleurs.

Pourquoi la France a-t-elle décroché par rapport à l’Allemagne, en termes de compétitivité, de croissance et d’emploi ?

 


« Made in Germany » de Guillaume Duval

 

On attribue généralement le succès allemand aux réformes engagées en 2000 par le chancelier SPD Gerhard Schröder, dans son « agenda 2010 » : flexibilisation du marché du travail et coupes claires dans les dépenses publiques. C’est cet effort, auquel se refuseraient les Français, qui serait payé de retour aujourd’hui.

Le journaliste d’Alternatives Economiques Guillaume Duval vient de signer chez Seuil un livre très éclairant sur l’Allemagne, « Made in Germany », dans lequel il remet frontalement en question ce diagnostic.

Rue89 : Tu as la conviction que le succès allemand n’a rien n’a voir avec les réformes engagées par Schröder. Explique-nous.

Guillaume Duval : Avec Schröder, c’est la première fois que la gauche arrive vraiment au pouvoir en 140 ans. Il engage des réformes importantes, notamment sur le marché du travail, et il exerce une pression importante sur les dépenses publiques.

Mais le succès actuel des Allemands n’a rien à voir avec ces efforts qu’ils se sont imposés. De telles réformes, importantes, ont même plutôt à mes yeux fragilisé les points forts traditionnels de l’économie allemande.

 


Guillaume Duval (Alternatives Economiques)

 

Sur le coup d’abord, la politique de Schröder s’est traduite par un recul très significatif du pouvoir d’achat des salariés, qui commencent tout juste à s’en remettre, et par un recul de l’emploi : quand Schröder quitte le pouvoir en 2005, il y a 5 millions de chômeurs. Par ailleurs, alors qu’il y avait autrefois moins d’inégalités et de pauvreté qu’en France, il y en a plus aujourd’hui.

Certains considèrent que ces inégalités et cette pauvreté ont été le prix à payer pour le redressement allemand. Je ne pense pas que ce dernier ait quoi que ce soit à voir avec les réformes Schröder. Selon moi, il est dû à trois facteurs qui préexistaient avant la crise, et à trois autres qui ont joué un rôle pendant la crise.

  1. Trois atouts : la démographie, l’Europe de l’Est, les biens d’équipement
  2. La flexibilité à la Schröder n’a pas été utilisée
  3. Pourquoi les dépenses publiques allemandes sont moins élevées
  4. Ce qu’il faudrait importer du système allemand en France

 

Commençons par les trois facteurs hors-crise.

L’Allemagne d’abord, a paradoxalement bénéficié de son déclin démographique. Les Français considèrent que c’est très bien d’avoir plein de gamins, plein de jeunes, que c’est une richesse pour l’avenir du pays. C’est sans doute vrai, mais dans l’immédiat, cela coûte très cher. Quand on a des enfants, il faut les loger, les nourrir, les éduquer, leur payer des téléphones portables...

Autant de dépenses privées et publiques en plus que les Allemands n’ont pas eu à dépenser. C’est une des raisons pour lesquelles les dépenses publiques ont été plus faibles et c’est une des raisons qui ont facilité la modération salariale : quand on n’a pas de gamins, on peut tolérer plus facilement une austérité salariale prolongée.

La démographie a surtout favorisé le maintien de prix immobiliers très modérés. Ils n’ont pas bougé depuis quinze ans, et commencent juste à le faire depuis deux ou trois ans. En France, les prix ont été multipliés par 2,5 dans le même temps. Cela se comprend : la France a gagné 5 millions d’habitants depuis le début des années 2000, quand l’Allemagne en a perdu 500 000.

Résultat : alors que l’immobilier neuf valait en France 3 800 euros du m2 en France en 2011, il valait en Allemagne seulement 1 300 euros du m2 la même année. On est dans un rapport de un à trois. Cela explique pourquoi les Allemands ont pu accepter une austérité salariale prolongée.

 


La démographie en France et en Allemagne (Olivier Berruryer/LesCrises.fr)

 

Deuxième point, les conséquences de la chute du Mur. Les Allemands ont l’habitude de se plaindre du coût que la réunification a représenté. Mais l’Allemagne a été au bout du compte la grande gagnante de la chute du mur, car elle a réintégré très rapidement et très fortement les pays d’Europe centrale et orientale à son système productif.

Avant, le pays à bas coût qui fournissait l’industrie allemande, c’était plutôt la France. Maintenant, ce sont la Tchéquie, la Slovaquie, la Hongrie, la Pologne... La différence, c’est que le coût du travail dans ces pays est cinq fois moindre qu’en France. L’Allemagne, en réorientant sa sous-traitance vers ces pays, a obtenu un gain de compétitivité-coût phénoménal pour son industrie.

La France n’aurait-elle pas pu faire de même ?

Délocaliser sans perdre sa base productive nationale n’est pas si simple. Ce qui est intéressant, dans le cas allemand, c’est de comprendre pourquoi cela s’est bien passé. La réponse à cette question est liée à la codétermination, un des trucs auxquels Schröder n’a heureusement pas touché. Il a fallu négocier tout ce processus avec les syndicats allemands, qui ont, dans les grandes entreprises, beaucoup plus de pouvoir que les syndicats français. Les comités d’entreprise ont un droit de veto sur toutes les grandes décisions et il y a, dans les conseils d’administration, une moitié de représentants des salariés. Ils ont donc négocié étroitement ces délocalisations et n’ont pas dit, comme Tchuruk [ex-patron d’Alcatel, ndlr], « on va faire des entreprises sans usines ».

La France l’a fait un tout petit peu, avec Dacia-Renault, en Roumanie. Mais on n’a pas su le faire à grande échelle. On en discute maintenant avec le Maroc : Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, parle de « colocalisation ». Mais on n’en est pas du tout au même stade que les Allemands, et c’est un inconvénient majeur pour l’industrie française.

Passons au troisième facteur hors-crise

Le troisième facteur est bien connu, mais il a joué à fond pendant les années 2000 : c’est la spécialisation de l’Allemagne dans les biens d’équipement – les machines. Celle spécialisation a correspondu à l’explosion de la nouvelle demande des pays émergents. L’Allemagne, c’est 18% des emplois européens, mais 33% des emplois dans les biens d’équipement européens.

 


Source : « Made in Germany »

 

Mais la France est aussi championne dans certains secteurs, je pense aux biens de luxe, qui rencontrent aussi une forte demande dans les pays émergents, avec l’apparition d’une classe bourgeoise...

C’est vrai. Mais les volumes concernés n’ont rien à voir. Quand la Chine devient l’usine du monde, ce sont des machines allemandes qui sont implantées partout. Idem au Brésil et en Inde... Quand Renault construit une usine à Tanger, ce sont aussi des machines allemandes qui l’équipent. Les nouveaux riches achètent des sacs Vuitton, c’est vrai, mais ils achètent aussi surtout des grosses voitures, et des Mercedes ou des BMW, pas des Peugeot ou des Renault.

Donc, on voit bien que ces trois facteurs puissants – démographie, sous-traitance en Europe centrale et spécialisation – n’ont rien à voir avec les réformes Schröder.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:17

 

 

 

12 mai 2013 - 01:41

 

 

Des milliers d'Israéliens ont manifesté samedi soir à Tel Aviv et dans d'autres villes du pays contre le budget d'austérité qui sera présenté prochainement par le ministre des Finances Yaïr Lapid. Hausse des impôts et coupes claires dans les dépenses sont prévus.

Ces défilés, dans un climat d'inquiétude socio-économique, avaient pour écho la vague de contestation sociale sans précédent qui avait secoué Israël pendant l'été 2011.

Ils ont eu comme tête de turc le nouveau ministre des Finances, Yaïr Lapid, populiste sorti grand vainqueur des récentes élections législatives en se présentant comme le champion des classes moyennes et de l'égalité sociale mais qui, une fois au pouvoir, s'apprête à proposer lundi un budget de rigueur au gouvernement libéral-conservateur de Benjamin Netanyahu.

Son projet de budget prévoit une hausse des impôts, de la TVA et des coupes claires dans les dépenses du gouvernement, y compris sociales, selon la presse israélienne.

Les médias ont fait état de 10'000 manifestants à Tel Aviv, haut lieu de la contestation en 2011, et de plusieurs centaines à Jérusalem, Haïfa (nord), Modiin (centre), Rishon LetZion et Ashdod."Il faut prendre aux magnats, pas à nous", pouvait-on lire sur les pancartes.

Economie menacée d'effondrement

Sur la sellette, Yaïr Lapid a mis en garde les manifestants contre le risque d'un effondrement de l'économie israélienne, jusque là relativement épargnée par la crise internationale.

Par ailleurs, à Ramat Gan, près de Tel Aviv, quelque 300 protestataires ont manifesté devant le domicile du ministre de l'Energie Silvan Shalom pour dénoncer son projet d'exporter le gaz naturel israélien au détriment des consommateurs locaux qui le paient au prix fort.

La mobilisation pour la "justice sociale", en sommeil ces deux dernières années, avait culminé le 3 septembre 2011 avec près d'un demi-million d'Israéliens dans la rue.

sda-ats

 

 

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communismeouvrier.wordpress.com -  Vidéos : Protestations en Israël contre l’austérité

10.000 personnes ont manifesté samedi à mai à Tel Aviv et dans d’autres villes d’Israël contre les mesures d’austérité (voir l’article).

Quelques vidéos de la manifestation à Tel Aviv :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:08

 

 

LE MONDE | 11.05.2013 à 10h47 • Mis à jour le 11.05.2013 à 17h56

Par Marc Roche

 
 
A Londres, un homme, portant le masque du ministre britannique des finances, George Osborne, réclame davantage de régulation bancaire, jeudi 25 avril.

 

Londres, correspondant. Alors que l'évasion fiscale est à l'ordre du jour du G7 sous présidence britannique qui se tient à Hartwell House, près d'Oxford, les 10 et 11 mai, la City est dans tous ses états après l'annonce d'une enquête officielle sur le recours par les particuliers et les entreprises à des sociétés offshore en vue de frauder le fisc. Les complices des évadés fiscaux que sont les cabinets d'avocats ou de comptables et tous les intermédiaires sont dans le collimateur des autorités britanniques.

Singapour, îles Vierges, Caïmans et Cook... Ces quatre paradis fiscaux anglophones sont dans l'oeil du cyclone pour avoir immatriculé des montages fiscaux offshore très complexes dont ont profité au moins une centaine de contribuables du Royaume-Uni, a annoncé le ministre britannique des finances, George Osborne.

L'enquête fait suite à la transmission de 400 gigabits de données aux autorités britanniques mais aussi américaines et australiennes. A en croire, Her Majesty's Revenue & Customs (HMRC) – le fisc britannique – un premier lot de documents provenant d'un "donneur d'alerte" a été reçu dès 2009. L'ensemble des documents sont arrivés à la fin 2010.

 

LACUNES DE L'OUTIL INFORMATIQUE

Comment expliquer ce délai entre la réception et l'annonce de l'enquête ? A l'époque, le fisc britannique était désarmé face à l'évasion fiscale à grande échelle. Le gouvernement tory-libéral-démocrate aux affaires depuis mai 2010 avait mis l'administration des impôts à la diète.

La tâche de recouper le cadastre, la liste des électeurs et le registre des sociétés, pour affiner le profil des fraudeurs, s'était heurtée aux lacunes de l'outil informatique. Démoralisés, mal payés, les meilleurs éléments du HMRC partaient pour le privé du côté de ceux qu'ils avaient traqués.

Par ailleurs, la législation interdit de rendre public le nom des suspects avant de leur avoir donné l'opportunité de négocier les taxes impayées et l'amende. Philip Beresford, auteur du classement du Sunday Times des plus grosses fortunes britanniques, affirme que la liste dont dispose le ministère devrait surtout être composée d'associés de hedge funds (fonds spéculatifs) ou d'entreprises de capital-investissement.

 

"COQUILLES VIDES"

"Comme ce fut le cas au cours de la crise financière de 2008, l'opinion va nous clouer au pilori sans distinguer le bon grain de l'ivraie, les financiers qui paient leur dû et les fraudeurs", souligne un opérateur de hedge fund dûment régulé comme ses pairs par l'autorité de tutelle britannique. "Réduire en toute légalité ses impôts n'est pas seulement un droit mais un devoir envers nos clients", tel est le leitmotiv après l'annonce, le 9 mai, de l'ouverture de l'enquête.

Installé à George Town, chef-lieu des Caïmans, M. Bergstrom, associé du cabinet Ogier, insiste sur le côté légal des montages, des "coquilles vides" créées pour éviter la double taxation.

Le cercle magique de "l'économie de l'ombre" (shadow banking) est d'autant plus inquiet que le champ de l'investigation a été élargi à 200 bureaux d'avocats, cabinets comptables, consultants et autres conseillers fiscaux accusés de complicité.

Spécialistes du repérage des lacunes de la législation, ces experts passent à la loupe le maquis des réglementations fiscales les plus complexes pour trouver la faille et se précipitent dans les brèches. Grâce à leur savoir-faire payé très cher quand il s'agit d'opérations complexes touchant plusieurs pays, ces croisés de la dissimulation font payer le moins d'impôts possible à leurs riches clients.

 

LES CONTRE-POUVOIRS ONT LONGTEMPS LAISSÉ FAIRE

Face à ces spécialistes, dont les opérations sont entourées du plus grand secret, les contre-pouvoirs que sont l'administration fiscale et le gouvernement ont longtemps laissé faire. "C'est la volonté politique qui manquait en raison de la trop grande proximité entre les gouvernants et la City", comme l'indique John Christensen, directeur du réseau de transparence fiscale Tax Justice Network, les contributions des milieux financiers aux caisses des trois grands partis, conservateur, travailliste, libéral-démocrate, ont amené Londres à fermer les yeux.

De plus, dès qu'il levait le petit doigt dans sa zone d'influence qui sentait l'argent noir à plein nez, le Foreign Office était accusé par les autorités locales de néocolonialisme. La crise économique a changé la donne. En ces temps de vaches maigres qui réduisent les rentrées fiscales, le Trésor britannique doit augmenter les recettes de l'impôt pour ne pas creuser le déficit budgétaire déjà abyssal.

Selon le ministère des finances, au cours de l'exercice 2010-2011, le manque à gagner dû à l'évasion fiscale est estimé à 14 milliards de livres (environ 17 milliards d'euros). Pour tenter d'en récupérer une partie, les effectifs du fisc ont été renforcés. Londres vient de contraindre huit zones off shore placées sous souveraineté britannique de fournir automatiquement des informations sur les comptes bancaires aux cinq plus grands pays de l'Union européenne.

 Marc Roche
journaliste au Monde.fr

 


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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 15:55

 

 

A Madrid, les indignés célèbrent leur deuxième anniversaire

Le Monde.fr avec AFP | 12.05.2013 à 19h32 • Mis à jour le 12.05.2013 à 19h33

 
 
Certains agitaient des drapeaux républicains et d'autres portaient le t-shirt vert symbolisant les mobilisations dans le secteur de l'éducation, durement frappé, comme la santé, par les coupes budgétaires.

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche 12 mai en Espagne pour célébrer le deuxième anniversaire du mouvement des indignés, ne parvenant pas à mobiliser autant qu'à leurs origines malgré un chômage record et un programme d'austérité historique. Sous le mot d'ordre "De l'indignation à la rébellion", les manifestants ont convergé à Madrid vers la Puerta del Sol, place emblématique du mouvement où ils prévoyaient de marquer leur anniversaire avec un "cri muet", une minute de silence, à 20 heures.
 

"La lutte continue", "Ensemble, c'est possible", "Ils l'appellent démocratie mais ça n'en est pas une", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les "indignés" de tous âges, partis de trois points différents de la capitale. Certains agitaient des drapeaux républicains et d'autres portaient le t-shirt vert symbolisant les mobilisations dans le secteur de l'éducation, durement frappé, comme la santé, par les coupes budgétaires.

Lire (édition abonnés) : En Espagne, la tentation de la "violence" pointe chez certains manifestants


PERTE DE VISIBILITÉ

Des manifestations avaient été convoquées dans une trentaine de villes, dont Barcelone, en Catalogne. Le mouvement, spontané et apolitique, témoignant du ras-le-bol face au chômage, à la corruption et aux excès du libéralisme, avait il y a deux ans surpris un pays où, malgré la crise, le mécontentement s'était jusque là peu exprimé.

Depuis, le chômage a encore augmenté en Espagne, jusqu'au taux record de 27,16%. Il frappe désormais 6,2 millions de personne dans ce pays de 45 millions d'habitants. A coup de coupes budgétaires et de hausses d'impôts, le gouvernement de droite, arrivé au pouvoir fin 2011, espère récupérer 150 milliards d'euros d'ici 2014 afin de réduire son déficit public.

Malgré le malaise social, les indignés, qui répondent à une structure horizontale et refusent de se constituer en parti, ont largement perdu en visibilité, ne parvenant pas à convoquer les foules de leurs premiers mois d'existence. Le mouvement "n'est plus le même qu'avant mais il a changé de forme", affirmait à Madrid Irene de la Torre, une enseignante au chômage âgée de 26 ans. "Les forces se sont reportées ailleurs", ajoutait-elle, notamment vers les "assemblées de quartiers" et les organisations luttant contre les expulsions de propriétaires surendettés.

Lire aussi le post de blog : Jeunes Espagnols : "On ne part pas, ils nous virent"

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 17:46

 

liberation.fr

11 mai 2013 à 17:02 (Mis à jour: 18:22)

 

article + vidéo

 


 

La chaîne humaine de 25 kilomètres, samedi à Notre-Dame-des-Landes.
La chaîne humaine de 25 kilomètres, samedi à Notre-Dame-des-Landes. (PHOTO JEAN-SEBASTIEN EVRARD. AFP)

 

                                                                                                                                                                                                                            40.000 personnes, selon les organisateurs, ont manifesté une nouvelle fois contre le projet d'aéroport.

Les organisateurs de la chaîne humaine géante qui a encerclé samedi sur 25 km le site du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes, auquel ils s’opposent, ont affirmé avoir réussi leur pari en réunissant suffisamment de personnes, venues de toute la France, pour boucler la chaîne.

Néanmoins les estimations restaient très divergentes, entre la préfecture de Loire-Atlantique qui affirme que les manifestants n’étaient que 12.000 et que la chaîne n’était pas tout à fait complète, et les organisateurs estimant qu’il y avait de quoi faire «une chaîne et demie», soit 40.000 personnes.

Un écart d’estimation similaire à celui observé le 17 novembre lors d’une importante manifestation d’opposants évalués à 13.500 personnes selon la préfecture tandis que les organisateurs se comptaient 40.000.

Un photographe et une vidéaste de l’AFP, qui ont survolé la zone en hélicoptère, ont constaté de visu que la chaîne, bien qu’incomplète sur certains brefs tronçons, comptait deux à trois rangs d’épaisseur à d’autres endroits.

 

 

«C’est une victoire de la mobilisation citoyenne», a souligné sur place Jean-Philippe Magnen, porte-parole d’Europe-Écologie-Les Verts (EELV), venu participer à la chaîne avec les principaux dirigeants d’EELV.

Des opposants se réclamant pour la plupart des plus de 200 comités anti Notre-Dame-des-Landes de toute la France avaient fait le déplacement en famille, en voiture ou en autocar, mais aussi en vélo pour certains Nantais, Bretons ou Vendéens.

Des habitants de Béziers, de Lille ou du Languedoc ont passé la nuit sur les routes pour arriver à temps. Des retraités en tenue de randonnée mais aussi des familles entières avec de jeunes enfants étaient présents, munis de drapeaux à l’effigie du mouvement d’opposition, un avion barré de rouge.

«Ce que nous voulons c’est l’arrêt de ce projet»

Venus de Savoie, Yves, Serge et Marc, ont traversé la France en autocar dans la nuit. «Chez nous il y a le projet de tunnel Lyon-Turin, dix fois pire financièrement encore que cet aéroport», soulignent-ils. «Moi je me bats pour mes petits-enfants», ajoute Yves, bras tendus, donnant la main à ses deux collègues alors que la chaîne se forme.

Une famille avec deux enfants dont un petit bébé de trois semaines pique-niquait peu avant sur la route. «Nous sommes agriculteurs près de Rennes, ce projet va encore détruire des terres agricoles», soulignent Stéphanie et Cyril, la trentaine.

Non loin, c’est un élégant sexagénaire britannique qui a traversé la Manche pour passer son samedi sur la «Zad», zone d’aménagement différé dédiée au projet d’aéroport, mais «zone à défendre» selon les opposants.

John Stewart, originaire de Londres, explique: «En 2008, les gens de Notre-Dame-des-Landes sont venus nous aider lorsque nous nous battions contre le projet de troisième piste à l’aéroport d’Heathrow». «Ce projet a été abandonné en 2010, c’est normal que je sois ici aujourd’hui», ajoute M. Steward.

«Le projet n’est pas abandonné: ce que nous voulons c’est l’arrêt de ce projet», a souligné sur place l’ancienne candidate à la présidentielle d’EELV Eva Joly.

«Nous avons bien conscience que les porteurs du projet n’ont pas l’intention d’abandonner et que leur stratégie est l’enlisement», a pour sa part déclaré une des opposantes historiques, Françoise Verchère, conseillère générale (Parti de gauche) et présidente du Cedpa (élus doutant de la pertinence de l’aéroport).

Sur le côté de la route, une large banderole dénonçait: «Notre Dame d’Hollande, Ayrault port du délire», visant autant le président de la République que son Premier ministre, ancien député-maire de Nantes où il était l’un des porteurs du projet .

Au terme des conclusions de trois rapports gouvernementaux sur le projet rendus à la mi-avril, le principe du transfert de l’aéroport a été réaffirmé mais il a de grandes chances d’être repoussé au-delà de la date d’inauguration prévue de 2017 du fait des modifications demandées.

Le projet prévoit le transfert de l’actuel aéroport de Nantes, situé au sud de l’agglomération, à Notre-Dame-des-Landes, commune située à quelque 30 km au nord.

 

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 16:07

 

http://www.1jardin2plantes.info/categories-plantes/medicinales.php

 

 

 Les plantes médicinales par liste alphabétique

 

 

Photo

 

 

 

 

L'ail est une plante vivace à bulbes
ail
Une plante porte-bonheur: le gui
gui
le lin : du vêtement (pantalon, costume, chemise) à l'huile de graine de lin
lin
Un bulbe pour les fleurs: le lis
lis

(253 fiches)

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 15:58

 

 

rfi.fr

  Brésil - Article publié le : samedi 04 mai 2013 à 20:18 - Dernière modification le : samedi 04 mai 2013 à 20:57

 

 

Manifestation contre la construction du barrage de Belo Monte, à Rio de Janeiro, le 20 juin 2012.
Manifestation contre la construction du barrage de Belo Monte, à Rio de Janeiro, le 20 juin 2012.
AFP / ANTONIO SCORZA

Par RFI

                                                                                                                                                                                                                            Au Brésil, les travaux du barrage de Belo Monte, en Amazonie, sont bloqués. Depuis jeudi, 150 Indiens occupent le site, pour protester contre cet immense chantier très controversé. Belo Monte sera le troisième plus grand barrage au monde. Les Indiens réclament l’arrêt des travaux, jusqu’à l’ouverture de négociations avec le gouvernement brésilien. Sur place, la tension est grande. Les négociations n’avancent pas. Et elles se feront désormais à huis clos car les journalistes présents sur place, dont le correspondant de RFI, ont été expulsés.

Avec notre envoyé spécial à Altamira, en Amazonie, François Cardona

Armés d’arcs et de flèches, les Indiens sillonnent le chantier de Belo Monte sur des pick-up. Ils ont réussi à bloquer les travaux. Leur objectif ? Ouvrir des négociations avec le gouvernement brésilien, car d’ici deux ans, 500 km2 de forêt amazonienne vont être inondés et 16 000 personnes expulsées, en grande majorité des Indiens.

Sur le chantier du barrage, les négociations piétinent. Plus de 80 policiers et soldats de la force nationale, lourdement armés, attendent. Prêts à intervenir pour déloger les protestataires. Face à eux, 150 Indiens déterminés, des guerriers des tribus du fleuve Xingu, avec leurs femmes et leurs enfants en bas âge.

Ils craignent le pire, car le constructeur du barrage, tout-puissant dans la région, a réussi à faire expulser par la police les journalistes présents sur place. Sous peine d’être arrêtés, nous avons dû sortir du chantier, escortés par la police, sous les regards angoissés des Indiens, terrifiés à l’idée de perdre les rares témoins de leur protestation pacifique.

Nous ne pourrons revenir sur place, sous peine également d’être envoyés en prison.
Les Indiens sont désormais seuls face aux soldats de la force nationale. Sans personne pour témoigner si la situation dégénère.

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 15:07

 

Médiapart

 

 

 

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D’une pierre deux coups. La plus haute juridiction espagnole a non seulement refusé d’extrader Hervé Falciani vers la Suisse, mais en plus, dans sa décision, que Mediapart publie intégralement (sous l’onglet Prolonger), les juges de l’Audience nationale livrent une très lourde charge contre la banque HSBC Genève. En reprenant ainsi point pour point l’argumentaire déroulé par la procureur Dolores Delgado lors de l’audience d’extradition le 15 avril dernier. Déjà très offensive, elle n’avait pas hésité à rappeler que « la HSBC est elle-même un paradis fiscal », comme le souligne notre partenaire Infolibre. Pour l’ancien informaticien de la HSBC, à l’origine de la révélation, en 2009, du plus gros fichier de fraudeurs fiscaux jamais découvert et qui n’a de cesse de dénoncer les pratiques mafieuses de la banque, cette décision, en ces termes, est plus qu’inespérée. 

« Que dire ? réagit Hervé Falciani auprès de Mediapart. C’est plus que positif. C’est le résultat d’un travail acharné pour restituer la vérité. Le message de la justice espagnole à l’égard de la banque est clair. Il l’a été lors de l’audience dans la bouche de la procureure Dolores Delgado. Et aujourd’hui, il est clair au niveau de l’ensemble de la plus haute juridiction espagnole. » « Je suis très content pour mon client, réagit l'un de ses avocats, Me Patrick Rizzo. Je considère que cette décision correspond exactement à sa cause. Fortement motivée, elle correspond à un travail important effectué tant par les magistrats espagnols que la défense. »

La décision des juges – qui sonne comme un réquisitoire contre la banque –, détaillée sur 29 pages, se fonde sur plusieurs points. À commencer par l’absence de double incrimination : la Suisse poursuit Hervé Falciani notamment pour « violation du secret bancaire » et « violation du secret commercial ». Or en Espagne, ces faits ne sont pas considérés comme des délits et le secret bancaire a été aboli en 1977. Au contraire, s’agissant de blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, « il y a une obligation des citoyens de collaborer avec les administrations pour expliquer ce qui permet ce genre de délits, en particulier pour ceux qui travaillent dans ce genre d’établissements financiers », avait déclaré la procureure lors de l’audience d’extradition.

Les juges reviennent aussi sur un point central de l’accusation suisse : Hervé Falciani aurait, lors d’un périple au Liban en février 2008, tenté de vendre les données HSBC à la banque Audi, filiale d’une banque suisse à Beyrouth. Pour l’Audience nationale, « ces faits apparaissent confus » et rien n’établit que Falciani a voulu vendre ces données.

Enfin, le tribunal souligne que la collaboration de Falciani avec diverses autorités est « prouvée » et qu’il « a fait parvenir les données de manière efficace aux autorités administratives et judiciaires de plusieurs pays, parmi lesquels l’Espagne » et que cela a eu pour « effet direct et immédiat la révélation de situations criminelles dissimulées ou permises par l’établissement financier lui-même », situations inconnues jusqu’à la collaboration de Falciani, « puisqu’il n’avait pas été possible de mener une enquête efficace ».

« Je sais que cela va permettre de restituer l’importance du sujet, donner une meilleure connaissance des actions possibles et donc d’ouvrir la voie à ce qu’enfin, de vraies actions soient entreprises, renchérit Hervé Falciani. Contre les dérives d’une finance incontrôlée et toute puissante. »

Ce sont d’ailleurs ces dérives que pointe l’Audience nationale. Elle note la « complaisance » de la banque avec des activités criminelles d’évasion et de blanchiment des capitaux», expliquant dans les détails comment les filiales d’HSBC captent l’argent espagnol qui trouve refuge dans des paradis fiscaux à travers des sociétés écran. Comme l’indique Infolibre, partenaire espagnol de Mediapart, les juges s’appuient sur un rapport d’enquête du parquet anticorruption espagnol qui estime que « HSBC Private Bank viole les exigences de déclaration énoncés dans les normes internationales, au point même de soutenir et d’aider la fraude fiscale ». Le journal en ligne précise que la justice a fait le premier pas vers ce qui pourrait, si l'enquête n'avorte pas d'ici là, fissurer la défense juridique de HSBC. Le 15 janvier, dans une réponse à Cayo Lara (député d'IU), le procureur général Torres Dulce a confirmé que les services de lutte contre la corruption avaient entrepris, dès le 21 septembre 2012, des démarches afin d'évaluer les éventuels risques sur le plan pénal de l'activité de HSBC Private Bank Suisse. C’est aussi depuis septembre qu’Hervé Falciani leur apporte son expertise sur les mécanismes de blanchiment des capitaux et de fraude fiscale mis en place par la banque.

 

HSBC dans le collimateur de la justice française

La banque est aussi, depuis peu, dans le collimateur de la justice française. Après une enquête préliminaire ouverte en 2009 pour blanchiment de fraude fiscale, qui semblait avoir été laissée aux oubliettes, le parquet de Paris a fini par ouvrir le 23 avril dernier une information judiciaire contre X pour démarchage bancaire ou financier illicite et blanchiment en bande organisée de fraude fiscale. Deux juges du pôle financier, Charlotte Bilger et Renaud Van Ruymbeke, par ailleurs chargés de l'instruction pour blanchiment de fraude fiscale visant Jérôme Cahuzac, ont été désignés. Avec de tels chefs d’accusation, le message est clair : au-delà de la soixantaine de cibles – personnes physiques et morales confondues – identifiées par la Section de recherche de la gendarmerie de Paris et la douane judiciaire, ce sont bien les pratiques de la HSBC Genève, en relation avec sa filiale française, qui sont visées, en particulier comment les gestionnaires de compte et intermédiaires procèdent pour conduire une clientèle française à placer ses avoirs en Suisse.

Dans ce cadre, le témoignage d’Hervé Falciani, « disposé depuis toujours à collaborer avec la justice », sera sans doute capital pour les juges. « Nous souhaitons faire en sorte que l’expertise d’Hervé Falciani soit partagée avec toutes les associations et les institutions qui aujourd’hui œuvrent dans le sens d’une régulation effective de la planète finance, c'est-à-dire de réduire sa part sombre, celle qui appauvrit les citoyens européens », précise encore Me Bourdon. « Je suis très content pour sa famille. Il lui appartiendra désormais de faire les choix pour l'avenir », ajoute quant à lui Me Rizzo. 

Après dix mois passés en Espagne, dont près de six en prison, Hervé Falciani est donc très attendu en France. À commencer par sa famille. « J’ai des responsabilités professionnelles et familiales. Le plus dur pour moi est de savoir ma femme et ma fille inquiètes. J’ai hâte de pouvoir les rassurer et de pouvoir m’occuper davantage de notre fille, confie l’informaticien à Mediapart. Je veux évidemment rentrer en France. Je le ferai dès que les conditions de sécurité seront réunies. »

Dans un récent entretien au quotidien espagnol El País, Hervé Falciani avait expliqué craindre pour sa vie. En Espagne, il est protégé par les policiers des Unités spéciales 24 heures sur 24. Des équipes de plusieurs personnes se relaient en permanence pour l’accompagner dans ses moindres faits et gestes. « Ma protection est nécessaire compte tenu des enjeux, poursuit-il. S’il m’arrive quelque chose, ce sera au détriment de la lutte contre les paradis fiscaux. Cela établira la faiblesse d’institutions censées protéger leurs témoins. » Quand l’affaire a éclaté en France en 2009, une protection officielle lui avait été refusée, Éric de Montgolfier, procureur de Nice en charge du dossier, ne la jugeant pas « nécessaire ». Aujourd’hui, le principe de la protection d’Hervé Falciani est acquis. Les détails pratiques sont en train d’être mis en place. De source judiciaire, la gendarmerie devrait s’en charger.

L’intérêt du gouvernement – sur le papier au moins – lui aussi est désormais acquis. Aujourd’hui plus qu’hier. Dans un courrier à l'avocat William Bourdon, Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, les ministres de l’économie et des finances et du budget s’engagent : « Nous pensons effectivement important, dans l’hypothèse que vous envisagiez (un retour de Falciani en France), une coopération de monsieur Falciani avec les autorités compétentes, s’organise dans les meilleures conditions possibles. Les services du ministère de l’économie et des finances se tiennent prêts à y prendre part dans toute la mesure de leurs attributions. »

Et le timing n’a rien d’anodin : le courrier, qui répond à une lettre de l’avocat envoyée pourtant un mois plus tôt, est dépêché par motard, le jour de l’ouverture de l’information judiciaire, le 23 avril. « Il n’y a jamais de coïncidence pure, commente maître Bourdon. Cette lettre des ministres est l’expression d’une prise de conscience de l’importance capitale du témoignage d’Hervé Falciani et de la nécessité de mettre un terme à des errements judiciaires et administratifs coupables. »

L’avocat se réjouit cependant du regain d’intérêt manifesté pour son client et compte sur la décision espagnole pour encourager la justice française, et à plus large échelle l’Union européenne, à prendre ses responsabilités. « C’est une décision porteuse d’avenir, elle doit préfigurer ce que devra être demain une loi européenne commune, c’est-à-dire une loi qui encourage et protège ceux qui, en rompant des secrets, servent l’intérêt général et réduisent ainsi la capacité des banques à être des partenaires de l’évasion fiscale et sanctuaires de l’argent sale. »

 


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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 14:47

 

Rue89 - Club Rue89 09/05/2013 à 14h09

 

 

Le mardi14 mai à 20h30, Rue89 organise une soirée spéciale autour de Pierre Rabhi au Majestic Bastille (2-4 Boulevard Richard Lenoir 75011 Paris) :

 


Pierre Rabhi dans son jardin (Audrey Cerdan/Rue89)

« Pierre Rabhi est paysan, écrivain et penseur. Il est l’un des pionniers de l’agro-écologie en France. Amoureux de la Terre nourricière, engagé depuis quarante ans au service de l’homme et de la nature, il appelle aujourd’hui à l’éveil des consciences pour construire un nouveau modèle de société où “une sobriété heureuse” se substituerait à la surconsommation et au mal-être des civilisations contemporaines. »

Au menu de la soirée Rue89 : un film, un livre et un débat.

  • LE FILM

A 20H30, projection du film de Marie Dominique Dhelsing « Pierre Rabhi au nom de la terre ».

bande annonce PIERRE RABHI AU NOM DE LA TERRE

Réalisé par MARIE DOMINIQUE DHELSING

  • LE DEBAT

A l’issue de la projection, un débat avec la salle aura lieu avec nos invités et notre modérateur :

Edgar Morin, sociologue et philosophe français

Cyril Dion, directeur de l’ONG Colibris-Mouvement pour la Terre et l’Humanisme. Ce mouvement a été fondé par Pierre Rabhi.

La Princesse Constance de Polignac

Pierre Haski, cofondateur de Rue89 et directeur de la publication

Sophie Caillat, journaliste à Rue89

  • LE LIVRE

A la fin de soirée, vous repartirez avec le livre « Il ne suffit pas de manger bio pour changer le monde : Conversations avec Pierre Rabhi » de Audrey Cerdan, Sophie Caillat, Pierre Haski.

 


la couverture du livre (Rue89)

« Ce n’est pas parce qu’on va tous manger bio que le monde va changer. On peut manger bio et recréer nos tares fondamentales. L’aventure humaine ne doit pas se résumer à l’économie d’énergie ou à l’innovation. L’aventure humaine, c’est comment devenir une société qui soit belle, rayonnante, légère. » Pierre Rabhi s’est installé en 1960 sur une terre rocailleuse et sèche d’Ardèche, en rupture avec l’aliénation du monde industriel. Au fil des années, cet autodidacte a développé des méthodes innovantes d’agroécologie, le bio bien avant la mode, et une pensée originale et décapante sur notre monde et le moyen de le transformer radicalement. Une voix à écouter au moment où chacun s’interroge sur la crise, individuelle et collective, que traverse notre monde. »

Pour participer à cette soirée Rue89, rien de plus simple : il vous suffit d’acheter votre place directement au Majestic Bastille ou de la réserver sur le site de la Fnac.

 

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