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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 17:40

 

 

  Rue89 - Explicateur 06/05/2013 à 10h20
  Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

Le double raid israélien contre des cibles autour de la capitale syrienne Damas, ce week-end, est un des éléments qui participe de l’internationalisation croissante de la guerre en Syrie, toujours plus meurtrière. Explicateur.

 

 


Photo de l’agence officielle syrienne Sana sur le bombardement israélien de dimanche près de Damas (AP/SIPA)

                                                                                                                                                                                                                             1 Israël entre en action

 

 


Carte du Moyen-Orient (cliquez pour agrandir) (Cacahuate, Globe-trotter, Joelf/Wikimedia Commons/CC)

 

Ce n’est pas la première action militaire israélienne en Syrie depuis le début du soulèvement contre Bachar el-Assad, mais c’est assurément le plus spectaculaire : deux raids aériens, vendredi et dimanche, tout près de la capitale syrienne, Damas.

Israël n’a ni confirmé, ni démenti, et l’objectif précis n’est pas connu. Mais il s’agirait d’installations militaires et, selon le New York Times, il y aurait eu des dizaines de morts au sein de la Garde républicaine, les troupes d’élite syriennes.

L’objectif d’Israël n’est pas tant d’affaiblir le régime d’Assad – les dirigeants israéliens se méfient de ceux qui le remplaceront – que de perturber le circuit de livraisons d’armes entre l’Iran et le Hezbollah libanais via la Syrie. En particulier le passage de nouveaux missiles sol-sol Fateh-110 dont Israël ne veut pas voir équiper les miliciens chiites du Sud-Liban.

Les raids du week-end ne signalent pas l’entrée en guerre d’Israël dans le conflit syrien : l’Etat hébreu y est déjà, à sa manière... Mais, signe qu’il ne s’attend pas à une escalade trop brutale, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a réuni dimanche son cabinet de sécurité, avant de s’envoler pour... cinq jours en Chine.

L’opposition syrienne a réagi dimanche soir en publiant un communiqué condamnant le raid israélien, mais surtout en accusant le régime syrien d’avoir affaibli la Syrie face à l’« ennemi ». Même si, secrètement, l’opposition ne peut que se réjouir de ce coup porté au cœur de l’appareil militaire syrien.

Israël continuera vraisemblablement à intervenir ponctuellement, secrètement ou ouvertement, dans cette guerre qui a toujours eu une forte composante régionale, contrairement aux autres révolutions arabes.


                                                                                                                                                                                                                                2 L’« arc chiite »

 

Au cœur de l’escalade du week-end, l’« arc chiite » que constitue l’alliance ancienne entre le régime iranien, le pouvoir alaouite syrien et le Hezbollah libanais.

Le Hezbollah, qui a largement reconstitué son arsenal depuis sa guerre avec Israël en 2006, est désormais ouvertement impliqué dans le conflit syrien. Une intervention discrète pendant longtemps, mais désormais de plus en plus ouvertement assumée par les dirigeants du mouvement chiite libanais, à commencer par Hassan Nasrallah.

 


Portrait d’Assad dans une rue de Baalbeck, le fief du Hezbollah au Liban, été 2012 (Pierre Haski/Rue89)

 

Une intervention lourde de conséquences pour le Liban, voisin de la Syrie, menacé de déstabilisation à la fois par le poids des réfugiés syriens, mais surtout dans son fragile équilibre communautaire radicalement clivé sur la question syrienne.

Des affrontements armés opposent déjà régulièrement partisans et adversaires du régime syrien dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, où la ligne de fracture confessionnelle épouse celle du conflit.

L’Iran engagé

L’Iran est lui aussi directement engagé aux côtés de Bachar el-Assad et de son armée et, dimanche, Téhéran a réagi au raid israélien en promettant plus d’aide militaire à Damas.

En février, nous rapportions la mort du général Hassan Shateri, un officier supérieur des Gardes révolutionnaires iraniens, une unité d’élite paramilitaire du régime, tué alors qu’il se déplaçait par la route entre Damas et Beyrouth.

Le général Shateri était nul autre que le « représentant personnel » du président iranien Ahmadinejad au Liban, en charge de l’aide au Hezbollah. Il a notamment aidé celui-ci à se doter d’un réseau de fibre optique autonome au Sud-Liban...

 


Les funérailles du général Shateri à Téhéran, le 14 février 2013 (AP Photo/Fars News Agency, Amir Hashem Dehghani)

 

L’implication croissante du Hezbollah et de l’Iran dans le conflit syrien en fait, avec l’Irak qui vient de connaître son mois le plus meurtrier depuis plusieurs années, le point de rupture et d’affrontement entre sunnites et chiites, les deux branches rivales de l’islam.

Cet affrontement à la fois religieux et géopolitique est devenu l’une des grilles de lecture incontournables de ce conflit, et l’explication de l’ampleur pris par la guerre civile syrienne qui dépasse de loin le sort de la famille Assad et de son clan dominé par les alaouites, liés au chiisme.

                                                                                                                                                                                                                               3 La Turquie, pays-clé

 

Suite de l'article :   ici  www.rue89.com

 

 

 

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 17:20

 

 

 Marianne - Lundi 6 Mai 2013 à 12:43

 

 


Les bureaux de Dailymotion - CHAMUSSY/SIPA
Les bureaux de Dailymotion - CHAMUSSY/SIPA
L’affaire dite « Dailymotion » appelle plusieurs remarques. Et d’abord une, de bon sens : oui, à la longue, les bisbilles entre Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, et Pierre Moscovici, le ministre de l’économie, finissent par causer du tort à l’image de la France et par brouiller la politique économique de François Hollande, tant aux yeux de l’étranger que des Français eux-mêmes, les « pigeons » comme les autres.

Sept ministres à Bercy, c’est sans doute trop, surtout quand il n’y a pas de chef pour y mettre bon ordre. C’est l’organisation de Bercy qu’a souhaitée François Hollande. Le président de la République est donc le seul et unique responsable de cette cacophonie.

Ceci posé, il faut bien constater qu’une fois de plus, on a essayé, avec une mauvaise foi crasse, de politiser une affaire qui ne méritait pas de l’être, et ce, au prix de mensonges presque aussi gros que ceux qui les ont proférés. Reprenons :

Dailymotion appartient au groupe Orange dont l’Etat est actionnaire à 27%. Comment peut-on oser dire qu’en intervenant dans la vente de Dailymotion à Yahoo, l’Etat se mêle de ce qui ne le regarde pas ? Evidemment que cette affaire le regarde. Et plutôt deux fois qu’une si l’on considère que l’industrie numérique est un secteur hautement stratégique. On ne peut pas prétendre que l’Etat n’a plus, depuis des lustres, de véritable stratégie industrielle et lui reprocher en même temps de regarder de près ce qu’une entreprise dont il est actionnaire fait de ses pépites.

On eut d’ailleurs aimé que l’Etat intervienne avec autant de vigueur dans la stratégie de RenaultLes mêmes qui, aujourd’hui, accusent Arnaud Montebourg d’étatisme, voire de « collectivisme », autant dire de « soviétisme », sont d’ailleurs à deux doigts de supplier l’Etat de nationaliser les chantiers de Saint-Nazaire pour sauver l’emploi. Bonjour l’incohérence !

Imaginez, d’ailleurs, ce qu’auraient dit la droite, le Medef et les « pigeons » si l’Etat avait laissé Dailymotion s’envoler pour les Etats-Unis. Imaginez ce qu’auraient titré Le Figaro, Les Echos ou Valeurs Actuelles : Hollande pousse les riches à s’exiler pour échapper à un impôt confiscatoire ; Hollande incite les jeunes à partir pour trouver du travail : et, maintenant, Hollande oblige les plus belles entreprises françaises à quitter un pays qui entrave la liberté d’entreprendre

Franchement, si Dailymotion avait été allemande, qui peut croire qu’Angela Merkel et son gouvernement l’auraient laissée devenir américaine ?

Deuxième mensonge, et de taille celui-là : non, l’Etat n’a pas empêché un accord avec Yahoo, il a refusé que le géant américain ne rachète 75% d’abord de Dailymotion, puis 100%. Ca fait tout de même une sacrée nuance. Un partenariat à 50/50, oui ; un rachat pur et simple, non. Pourquoi, tout à coup, un accord à 50/50 n’intéresse plus Yahoo ? Peut-être parce que l’intention de Yahoo n’était pas vraiment d’aider Dailymotion à se développer à l’international, mais tout simplement de l’absorber. D’ailleurs, la plupart des start-up rachetées par les géants de l’internet – Yahoo, Google… - ont été avalées, ingérées, digérées.


C’est la conception néolibérale du marché : reconstituer sur une base privée le modèle de l’économie soviétique. Un monopole, voire un oligopole qui, au lieu d’appartenir à un Etat centralisé comme dans l’URSS des années 70, est désormais la seule propriété de ses actionnaires. Si le libéralisme est fondé sur un fonctionnement loyal de la concurrence, alors cette conception est l’exact contraire du libéralisme, le vrai.

Troisième mensonge : la rupture des négociations avec Yahoo, lit-on, serait une catastrophe pour Dailymotion. Une catastrophe pour Dailymotion ou pour ses actionnaires qui, à travers cette opération, auraient assurément fait la culbute ? On apprend d’ailleurs que le groupe Vivendi (Canal +) et que Xavier Niel, propriétaire de l’opérateur de téléphonie mobile Free, sont intéressés par un tel partenariat. Pourquoi ces partenaires-là n’intéressent pas Orange et Daily Motion ? Bizarre, non ?

Dernière remarque : la plupart des médias ont souligné la violence des réactions du Financial Times et du New York Times à l’annonce de la rupture des négociations avec Yahoo. Thème de l’anathème : vous voyez, la presse américaine dit que les Français sont fous de renoncer à Yahoo, que décidément, on ne peut pas faire de business avec un pays dirigé par des socialistes…

Mais peut-être que les journaux américains savent, eux, ce que veut dire le patriotisme économique. Les médias américains savent, eux, à quel point il est important de défendre en toutes circonstances son pays, ses entreprises, ses dirigeants. Les médias français, on en est moins sûr !

 

 

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 15:59

 

 

 Arrêt sur images 06/05/2013 à 09h56
Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

« Quand le chef de l’Etat appuie sur le bouton, il faut que ça parte ». C’est un spécialiste qui parle, sur TF1. Notre confrère Jean Guisnel, spécialiste des questions de défense, et consultant occasionnel. TF1 est venue consulter le consultant, car voilà, ça n’est pas parti.

Le sous-marin nucléaire le Vigilant a tiré dans la baie d’Audierne un missile (de type M51, pour les connaisseurs) qui s’est « autodétruit » en mer aussitôt après le tir. La chose aurait pu rester secrète. Pas de chance, les riverains ont assisté à un joli feu d’artifice, et l’ont photographié. La préfecture maritime confirme donc.

Accessoirement, on apprend le prix du zinzin : 120 millions d’euros. Pièce. Et sans charge nucléaire, encore. Car évidemment, pensez-vous, les missiles tirés pour de simples tests ne sont pas équipés de charges. Simplement pour s’assurer que « ça part ».

Alors que tous les prix diminuent (écrans plats, smartphones, ordinateurs), le prix de ces zinzins-là ne semble pas trop diminuer. 120 millions d’euros. « Bientôt toute l’Armée de terre tiendra dans un stade de football, tandis que le nucléaire est sanctuarisé », grommelle ce matin sur France Inter un général, Etienne Copel.

La politique de dissuasion nucléaire échappe à tout débat

Quel rapport avec les médias, et la communication, demanderont les plus vigilants d’entre vous. Celui-ci : la politique française de dissuasion nucléaire échappe à tout débat. Non seulement à tout débat public, mais à tout débat parlementaire.

On rogne dans tous les coins, on s’apprête même apparemment à opérer des privatisations partielles, mais pas touche aux zinzins. Des visites de lanceurs de zinzins sont bien organisées pour quelques parlementaires soigneusement choisis, après quoi le Parlement vote comme un seul homme, c’est tout ce qu’on lui demande.

Combien de députés vont tomber de leur chaise, comme tous les citoyens, en apprenant le prix du zinzin du Finistère ? Et pourtant, il y aurait matière à débat. C’est le même général Copel (qui n’est pourtant pas un pacifiste baba cool, et a tout pour plaire à Calvi), qui l’écrivait dans Le Monde, l’an dernier (dans une tribune d’ailleurs titrée à l’inverse de ce qu’elle dit, « La dissuasion », oui).

Mais pourquoi dépenser des fortunes en inventant des nouveaux zinzins toujours plus chers ? Bonne question. On pourrait en poser quelques autres. Combien de tests de ces missiles par an ? Sont-ils tous nécessaires ? Existe-t-il une obsolescence programmée de ce genre de gadgets ?

En voilà de jolis débats pour de futures émissions de Calvi. Mais en avant-première mondiale, je peux vous annoncer qu’ils n’auront pas lieu. Comment ? Qu’entends-je dans le fond de la salle ? C’est la Ve République qui le veut, c’est comme ça ? Eh bien oui. D’accord. Considérez donc que vous n’avez rien lu. Et que ce billet matinal s’est autodétruit.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 15:07

 

Monde - le 2 Mai 2013

Cactus

Mots clés : espagne, austérité, cactus, vodafone,

 

  

Cactus. L’austérité ne fait pas que vider les poches des Espagnols. Elle vide aussi le pays de ses plus beaux symboles. Sous prétexte de « générer de nouvelles sources de revenus », le gouvernement de la région de Madrid, dirigé par les conservateurs du Parti populaire, a signé voici une dizaine de jours un accord avec Vodafone. Le but : permettre, dès le 1er juin prochain, au groupe britannique de télécommunication de rebaptiser à son nom la plus emblématique station de métro de la ville qui dessert la célèbre Puerta del Sol. Désormais, les usagers ne descendront plus à Sol mais à Sol Vodafone

« C’est un contrat sur une durée de trois ans qui va générer des revenus pour le métro de Madrid de 3 millions d’euros », souligne le porte-parole de la compagnie de transport. Pour justifier sa démarche, notre homme ne craint pas d’incriminer les salariés du métro. Rendez-vous compte ! Ces derniers ont eu l’outrecuidance de multiplier les jours de grève pour protester contre une réduction de leur salaire de 10 %… Ils ne toucheront rien de plus. Mais le contrat avec Vodafone viendra, soi-disant, combler le manque à gagner. L’accord publicitaire ne se limite pas, d’ailleurs, à la seule station Sol mais concerne également l’ensemble de la ligne 2 de la capitale qui sera rebaptisée Ligne 2 Vodafone. Cette ligne, qui dessert également la station de l’Opéra et de la Banque d’Espagne, verra ainsi fleurir, à partir de septembre, les logos Vodafone, qui seront intégrés dans tous les panneaux de signalisation.

Le gouvernement régional salue l’initiative, la qualifiant d’« accord innovant ». C’est sûr qu’il ne faut pas craindre le paradoxe pour ravaler la place des Indignés à l’état d’homme-sandwich ! Triste ironie de l’histoire. La Puerta del Sol reste l’un des symboles de la lutte démocratique. En 2011, dans la foulée de la manifestation du 15 mai, des dizaines de milliers de personnes s’y sont réunies jour et nuit, lançant le mouvement des Indignés qui a essaimé dans toute l’Europe et au-delà. Le lieu, en plein cœur de la capitale, reste l’épicentre de cette mobilisation contre les politiques d’austérité et la dictature des marchés. Une dimension historique sur laquelle s’assoit bien volontiers le gouvernement conservateur de Madrid, lancé à pleine vapeur dans une cure budgétaire historique dont le dernier épisode consiste à vouloir privatiser la gestion de ses hôpitaux. Après avoir livré les malades au privé, livrer les couloirs du métro à Vodafone semble effectivement peu de chose !

La firme britannique, elle, numéro deux du marché espagnol de la téléphonie mobile, ne pouvait rêver plus beau pied de nez médiatique. Et doit se réjouir d’avoir donné une nouvelle dimension au naming, ce concept marketing qui consiste à renommer un lieu public du nom d’une marque. Une pratique de plus en plus courante en Europe, souvent réservée aux enceintes sportives. C’est ainsi que les 
Allemands s’époumonent dans l’Allianz Arena, à Munich, ou encore dans la Commerzbank Arena de Francfort. En France, les supporters du Mans peuvent encourager leur équipe 
dans la MMArena. Mais d’autres projets sont dans les cartons : à Lyon, avec les voitures Hyundai, ou encore Lille, avec les supermarchés Carrefour.

Pour les marques, cet investissement publicitaire à long terme est très efficace pour 
imprégner les temps de cerveaux disponibles. « Dès la première année, 71 % des “intéressés football” vivant dans la région du club peuvent nommer correctement le nom du stade, et seuls 5 % répondent l’ancien nom du stade », 
apprécie une étude effectuée sur l’Allianz Arena de Munich. Faire oublier la Puerta del Sol ? Sans doute est-ce là le rêve secret des conservateurs espagnols…

Par la grâce des conservateurs espagnols, la station de métro menant à la célèbre place des Indignés, lieu de lutte contre la dictature des marchés, va être rebaptisée du nom de la marque britannique de téléphonie mobile Vodafone.

Laurent Mouloud

 

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 14:55

 

 

Mondeespagne  le 6 Mai 2013


 


 

Un homme a été découvert pendu à son domicile à Barcelone lundi, au moment où il devait être expulsé de son logement, selon toute vraisemblance un suicide qui s'ajoute à plusieurs autres dans ce pays durement frappé par le chômage.

L'huissier "est allé ce matin procéder à une expulsion dans la rue Rosellon et a découvert le corps d'un homme" de quarante ans, pendu, a indiqué le tribunal supérieur de Justice de Catalogne. La police catalane a ouvert une enquête sur le décès de cet homme et "tout semble montrer qu'il s'agit d'un suicide", a précisé une porte-parole de la police. Selon le tribunal, l'expulsion avait été prononcée car la victime avait des retards de paiement de loyer.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 500 000 foyers se sont vu signifier leur expulsion par la force, depuis 2008. Au moins, 120 Espagnols se sont suicidés par désespoir.

 

Symboles de la crise en Espagne depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008 et l'explosion du chômage, les expulsions de propriétaires et locataires surendettés ont soulevé l'indignation dans le pays, aiguisée par plusieurs suicides de personnes sur le point d'être mises à la rue. Les députés ont adopté le 18 avril, avec les seules voix du parti de droite au pouvoir, une loi censée limiter les expulsions de familles surendettées, dont le nombre a explosé avec la crise, mais jugée très insuffisante par les associations qui dénoncent l'emprise du secteur financier.

Le texte devrait être adopté mercredi par le Sénat où le Parti populaire du chef du gouvernement Mariano Rajoy est également majoritaire.

  • Lire aussi :

Cinq ans d’austérité : six millions d’Espagnols au chômage

Plus d'un quart des Espagnols au chômage

Espagne : la crise, quelle crise ?

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 14:43

 

 

Rappel des faits

 

le 16 Avril 2013

humanite.fr

 

 

Sébastien Migliore, militant CGT et PCF, a été condamné vendredi dernier par la cour d’appel de Nîmes.

Deux mois de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 1 000 euros d’amende. C’est la peine à laquelle la cour d’appel de Nîmes a condamné, vendredi, Sébastien Migliore pour avoir jeté un œuf lors d’une manifestation contre la réforme Sarkozy des retraites en 2010. À cela s’ajoutent 100 euros que le syndicaliste CGT et élu du PCF devrait verser à chacun des douze policiers qui auraient été atteints par le « projectile ». Le tout pour un œuf. « Sur la vidéo visionnée au procès, on voit très bien que cet œuf s’écrase sur le portail de la sous-préfecture, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai été relaxé en première instance », déplore l’intéressé, qui se pourvoit en cassation.

Cette condamnation « démesurée et inacceptable » marque, pour Martine Gayraud et Sylvain André, respectivement responsable de la fédération du Gard et de la section d’Alès du PCF, « une nouvelle étape dans la criminalisation de l’action syndicale ». L’avocate du militant, Ève Soulier, s’était d’ailleurs étonnée, en février, du ton du procès : « L’avocat général tenait un discours antisyndicaliste, disant que la CGT était à l’origine de désordres », avait-elle confié.

Pour Sébastien Migliore, pas de doute : « Margaret Thatcher est morte mais en France on continue d’avancer sur son terrain de prédilection », estime-t-il, renvoyant aux propos du ministre de l’intérieur, Manuel Valls, sur « les explosions sociales » qu’« on ne peut pas admettre ». Avec cinq ans d’inéligibilité, c’est également l’engagement politique du conseiller municipal de Cendras (Gard) qui est mis en péril. « Combien d’élus condamnés pour des faits comme des abus de biens sociaux ont au plus été frappés d’un ou, au maximum, deux ans d’inéligibilité ? Ainsi, Patrick Balkany est inéligible pour deux ans seulement alors qu’il faisait rémunérer trois employés municipaux qu’il occupait pour son propre logement », note Laurence Sauvage (PG), qui relève ce « deux poids, deux mesures » dans un communiqué.

Son combat, Sébastien Migliore ne le mène pas en son seul nom. « Au-delà de ma condamnation, c’est une atteinte à tous les militants car ce jugement, s’il est confirmé en cassation, constituerait une jurisprudence catastrophique », estime-t-il. Et d’ajouter : « Si je prends du sursis pour un œuf, le pauvre gars qui cassera un ordinateur ou qui entrera dans une sous-préfecture un peu énervé par la perte de son emploi, il prendra du ferme. »

Une loi d’amnistie sociale pour les faits commis alors que la droite sarkozyste était au pouvoir pourrait être un premier pas. Promise par le candidat François Hollande, et gagnée par les parlementaires du Front de gauche au Sénat le 27 février dernier, elle n’est toujours pas à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

 

Julia Hamlaoui

 

 

                                                                      **************************************

 

 

Afin d'étendre et de systématiser  la solidarité, au-delà du bassin alèsien, à Sébastien Migliore de la CGT Alès,  Solidaires 30 invite à une réunion unitaire toutes les organisations afin de constituer un Comité de soutien sur Nîmes sur le même modèle de celui qui existe déjà à Alès et qui regroupe entre autre la CGT Alès, le PCF, la JC, la Phaze, la CNT, la FSU,  la LDH, ATTAC, le NPA, LO, le POI et Solidaires.

La convocation pour cette première réunion de création du Comité de soutien sera le : Mardi  7 mai à 19h au local de Solidaires 30 à Nîmes (6 rue Porte d'Alès).

Bonne journée camarades

Jérémie Berthuin pour le Conseil Syndical Solidaires 30

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 14:39

 

 

 

Militants Front de gauche, Verts, du NPA, associatifs, syndiqués et simples citoyens de gauche ont défilé en nombre ce dimanche 5 mai de la Bastille à Nation. Ils sont venus avec chacun leur mot d'ordre, et se retrouvent majoritairement autour de deux idées fortes : non à l'austérité et au pouvoir de la finance et pour une VIème république, plus sociale et plus juste.

  • Paroles de manifestants

Françoise, 60 ans, enseignante. « Ma première exigence est l'emploi, il faut augmenter les salaires, surtout les plus bas pour combattre la misère sociale et relancer l’économie. Et il faut un Smic à 1500 voire 1700 euros ! » Pour elle, la « la sixième république est une république qui doit être plus juste, avec  de la proportionnelle afin que toutes les tendances puisse s'exprimer. Et bien sure il faut plus d'humanisme. »  

Stéphanie, 38 ans, enseignante chercheur. Sa première exigence ? « une sixième république ou l'humain serait une priorité, une société juste. Il faudrait aussi que la finance soit au service de l'humain et pas le contraire. Il faut que le peuple prenne en main son destin, aujourd’hui hui on est infantilisé. »       

Franck,32 ans, commercial. Sa première exigence : « j'attends un vrai mouvement à gauche. Aujourd'hui le gouvernement a toujours trop de tendances libérales. »
Pour lui, la VIème République serait : « une voix référendaire plus importante, surtout pour ce qui est des grandes questions de société. Je souhaite aussi moins de connivence entre l'exécutif et la finance. On a besoin de plus de transparence des institutions »

Ian Brossat sur le 5 mai : « Magnifique mobilisation contre l'austérité. La gauche est belle quand elle relève la tête. »

Romain Militant au NPA. Son exigence : On appelle à la manif contre la finance et l’austérité, les gens de cette manif sont contre la politique d’Hollande qui revient à poursuivre la politique de Sarkozy. On a appelé sur nos propres mots d’ordre contre la finance et l’austérité, mais on n’est pas d’accord sur le mot d’ordre d’une 6ème république parce qu’on pense qu’aujourd’hui ce n’est pas suffisant.

Christelle Militante CGT Dunkerque, employée communale : « On veut un changement radical de politique, que le gouvernement arrête ses politiques d’austérité et de s’en prendre aux salariés. Des milliards de richesses sont créées et on veut que ce soit mieux répartit. » Pour elle, il y aurait beaucoup à faire pour marquer un vrai changement de cap à gauche. « C’est difficile d’établir une priorité, mais je pense à l’amnistie des syndicalistes et ce serait bien que le parlement ne vote pas l’ANI. »

Assis devant la bastille, Nicolas 23 ans étudiant en pédagogie socio-culturelle, clame au son du chant des partisans : "Nous sommes là pour que le peuple reprenne sa place!". Philippe son ami allemand est professeur de photographie. Il ajoute "La 6ème république viendra. Pas maintenant mais elle viendra, ils n'ont pas le choix. C'est un symbole, un signe fort que nous cherchons qui marquera toute l'Europe et sa politique d'austérité".
Ce qui le touche c'est de voir le mélange de gens différents réunis sous la même banderole qui s'identifient aux mêmes idées.
Pour Jérôme, graphiste de 24ans "la première réforme à adopter c'est la règle verte. Elle réindustrialiserait le pays. Ça voudrait dire que les citoyens français ne prendraient pas plus à la planète que ce qu'elle peut proposer". Changer la manière de consommer et d'industrialiser fournirait des millions d'emplois selon ces jeunes militants.
Quant à leur avis sur la priorité aux jeunes de la campagne de François Hollande: "la jeunesse en première ligne c'était pour faire joli, c'était juste symbolique."
"On reprend le terrain face à l'extrême droite qui a envahit les rues depuis quelques mois. Nous sommes là contre l'austérité. Nous ne lâcherons rien. Nous avons besoin du même mouvement que les indignés en Espagne, pour l'irruption des jeunes sur les devants de la scêne." Jérôme ajoute en relevant fièrement le menton "mais il y a de belles choses aussi ici, on ne cherche pas seulement le rouge, la révolution, le sang. L'évolution plutôt que la révolution". "Et merci l'Humanité pour votre boulot !"

  • L'arrivée du carré de tête à Nation

 

"On reprend le terrain face à l'extrême droite qui a envahit les rues depuis quelques mois. Nous sommes là contre l'austérité. Nous ne lâcherons rien. Nous avons besoin du même mouvement que les indignés en Espagne, pour l'irruption des jeunes sur les devants de la scène." Jérôme ajoute en relevant fièrement le menton "Mais il y a de belles choses aussi, on ne cherche pas seulement le rouge, la révolution, le sang. L'évolution plutôt que la révolution".

Propos recueillis par Céline Agostini, Alexandra Edip et Silvestre Rome

 

 

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 14:30

 

 

Acampadamontpellier lance un appel à soutien : La police municipale de Montpellier a déposé une plainte contre Kevin, l'un des fervents défenseurs des cabanes de l'Esplanade Charles de Gaulle, en raison de coups qu'il aurait administrés aux représentants de la force publique.
                                                                                                              Le procès se tiendra devant la Cour d'appel de Montpellier
le mardi 11 juin 2013 à 14h.
                                                                                                             SVP pour lui, pour le mouvement, signez la pétition de soutien:
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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 18:06

 

 

Médiapart

 

 

 

 

Bien davantage que le Larzac, le combat des opposants et des partisans de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) évoque la « guerre » qui a opposé pendant des années, dans la plaine du Kanto, les promoteurs de la nouvelle plateforme aéroportuaire de Tokyo et une poignée de paysans réfractaires refusant de céder leurs terres et soutenus par une mobilisation de la société civile. On y retrouve du côté du « complexe bureaucratico-politique » la même obstination à ne pas renoncer à un projet mal conçu et ruineux, le refus du dialogue et en dernier ressort le recours à la violence d’État.

Avec une différence notable, toutefois. Alors que, manifestement, Nantes, métropole régionale française de second rang, « pète plus haut que son cul » avec NDDL, il ne faisait aucune doute que l’immense mégalopole du Grand Tokyo, soit quelque 30 millions d’habitants, avait besoin, dans les années soixante du siècle dernier, de développer des infrastructures à la mesure de la capitale d’un pays de plus de cent millions d’habitants, en passe de devenir la seconde puissance économique mondiale.

Mais le choix du site de Narita, à près de 60 kilomètres du centre de Tokyo, allait se révéler à tous égards calamiteux. La logique économique aurait consisté à gagner sur la mer les terrains nécessaires à l’ouverture de nouvelles pistes à l’aéroport de Haneda, ce qui sera d’ailleurs finalement fait bien plus tard. Dès l’époque de Edo, la capitale du nord devenue Tokyo après la révolution de Meiji, le régime du shogunat avait développé les techniques de construction de polders. Et le nouvel aéroport du Kansai (la région de Osaka-Kyoto) sera installé dans les années 90 sur une île artificielle. La logique technique aurait consisté à adopter les méthodes avancées de gestion du trafic permettant d’accroître considérablement les capacités de Haneda (comme cela serait semble-t-il possible à Nantes-Atlantique, l’aéroport actuel du Grand Ouest).

Mais la logique bureaucratique, dans un Empire du Soleil Levant où l’imprégnation féodale à largement survécu à travers les étapes de la modernité, ne fonctionne pas ainsi. Le pays est alors dirigé par le « triangle de fer », une alliance entre la haute fonction publique, les grands groupes industriels rassemblés dans le Keidanren et les politiciens conservateurs du Parti libéral démocratique, ni libéral ni vraiment démocrate. Ayant fait le mauvais choix de Narita, où la récupération « amiable » de vastes propriétés de la famille impériale permettait de libérer une partie des terrains nécessaires, les mandarins du puissant ministère des Transports ont aggravé leur cas en le prenant de haut avec les « gueux » devant impérativement céder leurs fermes pour laisser la place aux cinq pistes envisagées dans ce projet pharaonique. 

Une guerre qui aura ses morts

Il faut savoir que le Japon ne dispose pas de procédures d’expropriation pour utilité publique comparables à ce qui peut exister dans les autres pays avancés. L’accent traditionnellement mis sur le consensus social fait que les autorités doivent convaincre les propriétaires des terrains d’accepter une relocalisation accompagnée des indemnisations nécessaires. Ce qui peut prendre un temps considérable et demande beaucoup de doigté. Face à l’arrogance des bureaucrates et de leurs alliés dans la classe politique, la résistance locale s’organise à partir de 1966, vite rejointe par les secteurs militants (la célèbre Zengakuren) de la jeunesse étudiante qui s’était illustrée dans les batailles rangées avec la police lors des manifestations de masse contre la ratification du traité de sécurité nippo-américain au début de la décennie.

 

Scène de bataille à Narita  
Scène de bataille à Narita

Les affrontements de plus en plus violents, chorégraphiés comme dans les scènes de bataille des films d'Akira Kurosawa, culminent le 16 septembre 1971, quand trois policiers sont tués dans une bataille mobilisant des milliers de participants des deux camps. Alors que Narita devait ouvrir cette année-là, le premier avion ne s’y posera qu’en 1978, sur une piste de 4 000 mètres qui restera unique jusqu’en 2002. Avec moins de 2 200 mètres, la seconde et dernière piste n’est pas utilisable par les très gros porteurs. Aujourd’hui encore, le périmètre du Narita Kokusai Kūkō ressemble toujours à un camp retranché, entouré de barbelés évoquant le rideau de fer qui coupait l’Europe en deux jusqu’en 1989. Et les passagers en partance doivent montrer patte blanche (et ouvrir les coffres des voitures) aux policiers anti-émeutes, qui veillent jour et nuit sur le SAS d’accès aux deux terminaux. La construction d’une troisième piste a été repoussée indéfiniment, les « réfractaires » tenant toujours bon sur les terrains nécessaires.

Du point de vue logistique, Narita, en dépit de la qualité légendaire du service « à la Japonaise », reste un échec. Trop éloigné du centre de Tokyo, fermé la nuit, hors de prix pour les compagnies aériennes, accessible par des autoroutes très souvent saturées, il ne sera finalement relié à la capitale par une liaison ferroviaire dédiée raisonnablement rapide qu’en… 2010 (à noter que Paris fait toujours pire avec deux aéroports desservis par les bétaillères cacochymes du RER B et le ridicule Orly-Val). 

Afin de favoriser son « bébé », le ministère japonais des transports a longtemps réservé à Narita le monopole des vols internationaux à partir et à destination de la région-capitale, privant ainsi Tokyo et ses hommes d’affaires de connections rapides avec le reste de l’Asie. Jusqu’à ce que la pression économique devienne intenable et que l’expansion tardive de Haneda, disposant actuellement de quatre pistes et d’un potentiel de 90 millions de passagers annuels (contre moins de 30 millions à Narita), contraigne enfin la bureaucratie à céder partiellement sur l'ouverture internationale d'une plateforme jusque là presque exclusivement domestique.

Probablement inutile, Narita, dont la facture globale se chiffre en dizaines de milliards de dollars, restera comme un monument à l’obstination bureaucratique et à la dépense publique inconsidérée. Tout comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, s’il devait un jour sortir de terre. Mais on sait depuis longtemps que le Japon et la France ont en commun un État qui « sait mieux » que la population ce qui est bien pour elle.

 

 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 17:55

 

 

Marianne - Dimanche 5 Mai 2013 à 05:00

 

Guy Konopnicki

 

 

 

Dans un livre choc, un policier et un limier du fisc racontent l'instauration d'un système politique et affairiste dans les Hauts-de-Seine. Une enquête édifiante.


L'EPAD, Etablissement Public d'Aménagement de la Défense. Concentre 2500 entreprises, 150000 salariés et 3,3 millions de m2 de bureaux. Plus grand quartier d'affaires d'Europe - STEVENS FREDERIC/SIPA
L'EPAD, Etablissement Public d'Aménagement de la Défense. Concentre 2500 entreprises, 150000 salariés et 3,3 millions de m2 de bureaux. Plus grand quartier d'affaires d'Europe - STEVENS FREDERIC/SIPA
Dans 92 Connection, Noël Pons et Jean-Paul Philippe retracent la saga des barons des Hauts-de-Seine qui, après avoir conquis la banlieue ouest de Paris, se partagèrent les fabuleuses richesses du département. Ce livre est en soi un événement par la qualité de ses auteurs : Noël Pons, fonctionnaire de la direction générale des impôts, a été conseiller au Service central de prévention de la corruption ; Jean-Paul Philippe a dirigé la brigade anticorruption de la police judiciaire.

L'un et l'autre ont enquêté pendant des années sur ce département. Une tâche d'autant plus ardue que sous les gouvernements de droite, depuis 1986, la Place Beauvau a souvent été une colonie des Hauts-de-Seine, occupée par Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, tour à tour présidents du conseil général, puis par Brice Hortefeux et Claude Guéant, ombres portées de l'ancien maire de Neuilly.

Cette singularité alto-séquanaise ne simplifiait pas le travail des enquêteurs. Pourtant, dans leur style, celui des rapports de police et des enquêtes fiscales, Noël Pons et Jean-Paul Philippe livrent la matière brute d'un véritable roman. Une suite de la Curée, d'Emile Zola, qui évoquait les affaires politico-financières nées, sous le second Empire, de l'extension de Paris.

Un eldorado immobilier, qui n'était rien en regard de ce méandre de la Seine où, du Point-du-Jour à Rueil-Malmaison en passant par la Défense, les grandes industries mécaniques laissèrent, dès la fin des années 60, d'immenses friches, sur lesquelles furent bâtis les nouveaux quartiers d'affaires et les ensembles résidentiels. Une terre idéale pour les aventuriers.

Car les maîtres des Hauts-de-Seine ne sortent pas de l'ENA, à l'exception de Charles Ceccaldi-Raynaud, qui intégra la promotion Tocqueville et fut administrateur civil. Les principaux héros de cette histoire, qu'ils s'appellent Charles Pasqua, Patrick Balkany ou Nicolas Sarkozy, ont en commun d'avoir conquis eux-mêmes le pouvoir, en ne se laissant pas tétaniser par les principes moraux. Le département des Hauts-de-Seine appelait ce type d'homme politique : il fut d'abord une terre de conquête pour le parti du pouvoir, l'UDR des années Pompidou.

1. Charles Pasqua et la conquête du « Far Ouest »

Charles Pasqua jugé par le tribunal de Versailles 2012 - ANTONIOL ANTOINE/SIPA
Charles Pasqua jugé par le tribunal de Versailles 2012 - ANTONIOL ANTOINE/SIPA
Pour la droite, s'installer sur ces terres encore industrielles n'a rien d'évident : il faut s'emparer de bastions communistes ainsi que de villes historiquement contrôlées par la SFIO (l'ancêtre du Parti socialiste). Une tâche d'autant plus difficile que les événements de Mai 68 ont placé les Hauts-de-Seine sous les projecteurs : la révolte étudiante a commencé à Nanterre et l'usine Renault de Boulogne-Billancourt passe alors pour la forteresse de l'avant-garde ouvrière.

Pour oser s'implanter sur ces terres hostiles, il faut un gaulliste habitué à en découdre avec les rouges. Vieux routier des services d'ordre musclés, vice-président du Service d'action civique (SAC, la garde prétorienne des fidèles gaullistes), Charles Pasqua s'est chargé des coups tordus au long des événements. Il possède, avec des associés, une petite entreprise d'importation de spiritueux installée à Levallois-Perret.

Las de « protéger » les campagnes électorales des barons, il décide de se lancer en politique, lorsque le général de Gaulle dissout l'Assemblée nationale. Encore inconnu dans le département, il saute en juin 1968 sur le maillon faible du communisme local, la circonscription de Levallois-Perret et Clichy. Au terme d'une campagne brève et virile, il est élu député, battant le sortant communiste Parfait Jans, maire de Levallois-Perret.

Deux ans plus tard, il récidive et devient conseiller général du canton de Levallois-Sud, battant de nouveau Parfait Jans. Charles Pasqua se lance alors à la conquête du département, qu'il préside une première fois de 1973 à 1976. Cependant, les communistes lui reprennent la circonscription et le canton de Levallois-Perret, ce qui l'oblige à se replier sur une terre plus sûre, Neuilly-sur-Seine.

Elu sénateur en 1977, il construit un réseau départemental. Il s'agit d'abord de mettre la main sur le nouveau cœur du département, la Défense. Le RPR entend contrôler cette zone d'aménagement, mais Nanterre est communiste, Courbevoie, aux mains des giscardiens, et Suresnes demeure socialiste...

2. Charles Ceccaldi-Raynaud, le « parrain »

- LESAGE/NECO/SIPA
- LESAGE/NECO/SIPA
Heureusement, il y a Puteaux, dont le maire, Charles Ceccaldi-Raynaud, est passé à l'UDR puis au RPR dans des conditions pour le moins sulfureuses que racontent, dans leur livre, Noël Pons et Jean-Paul Philippe. D'abord socialiste, l'homme a conquis de l'intérieur la citadelle de Georges Dardel, figure historique de la SFIO. Victime d'un accident de voiture, en 1969, Dardel doit laisser l'intérim à Charles Ceccaldi-Raynaud, qui n'est que le quatrième adjoint.

Sur le flan sud de la Défense, Puteaux est un immense chantier. Entrepreneurs et promoteurs défilent alors à la mairie. Ceccaldi-Raynaud constitue, dès cette époque, un réseau proprement mafieux parmi les élus socialistes à Puteaux et dans tout le département. En 1969, le numéro deux du PS, Pierre Mauroy, demande l'exclusion de Ceccaldi, car, dit-il, « toute la fédération des Hauts-de-Seine risque de passer sous la coupe de la mafia ».

A Puteaux, Georges Dardel s'est rétabli et décide de reprendre la mairie en constituant une liste d'union avec les communistes. Exclu du PS, Ceccaldi-Raynaud obtient le soutien d'Achille Peretti, maire UDR de Neuilly, ainsi que celui de Charles Pasqua. La campagne est d'une violence inouïe. Les « colleurs d'affiches » de Ceccaldi-Raynaud sont armés.

Un militant de la liste Dardel, Salad Kacem, 31 ans, trouve la mort pendant la campagne. Sept autres militants de gauche sont sérieusement blessés. Les enquêteurs inculperont 17 personnes, toutes proches de Ceccaldi-Raynaud, et la justice le déclare civilement responsable des bagarres ayant provoqué la mort de Salad Kacem.

Qu'importe, l'homme a été élu à Puteaux par 65 % des voix ! Une mairie stratégique, au cœur du nouveau quartier d'affaires de la Défense. Ce dernier représente une véritable manne pour la ville, un revenu net annuel de 4 000 € par habitant.

Une telle richesse permet de s'installer dans la durée. L'office HLM de Puteaux devient un véritable outil de clientélisme et les services municipaux gonflent sans cesse leurs effectifs. Des montages plus ou moins sophistiqués permettent de lever des fonds sur tous les chantiers et marchés de la ville de Puteaux. Les enquêteurs se succèdent, mais Ceccaldi-Raynaud est un expert, et ceux-là ne parviennent jamais au bout de leurs investigations.

A sa façon, le maire de Puteaux a du talent. Il devient rapidement l'homme fort de la Défense, où il préside l'Etablissement public d'aménagement de la défense (Epad), la société de chauffage Sicudef et plusieurs autres sociétés d'investissement. Et il y aura des affaires et des enquêtes sur chacune de ces sociétés. La Défense est une caverne d'Ali Baba.

A titre d'exemple, la seule société de chauffage disposait d'une cagnotte de 15 millions d'euros lorsqu'elle a fait l'objet d'une information judiciaire, ouverte en 2001. Ceccaldi-Raynaud était alors soupçonné de favoritisme dans l'attribution d'un juteux marché, dans lequel apparaissaient de curieux partenaires financiers, dont une société financière luxembourgeoise. Par deux fois, les commissaires aux comptes de l'Epad, pourtant soigneusement choisis, refusèrent de valider les comptes d'exploitation.

Les 20 volumes de la procédure atterrissent dans les archives du palais de justice de Nanterre. Pourtant, Charles Ceccaldi-Raynaud n'hésitera pas à relancer lui-même l'affaire, en 2011, pour se venger de sa fille Joëlle, qui l'a écarté du pouvoir avec la complicité de Nicolas Sarkozy. Deux ingrats ! Le père bafoué fait parvenir au Canard enchaîné un document prouvant que Joëlle Ceccaldi-Raynaud dispose de 4 millions d'euros sur des comptes luxembourgeois.

La fille maudite est alors maire de Puteaux, présidente de l'Epad et députée des Hauts-de-Seine, en remplacement de Nicolas Sarkozy, devenu président de la République. On ne sait d'où vient cet argent ; en revanche, on sait que le juge Pallain, en charge de l'affaire, a été muté à Tahiti ! Intouchable en raison des prescriptions couvrant ses propres activités, le vieux « parrain » peut se permettre de balancer sa fille, qui a récupéré des fonds dont il connaît, lui, la provenance.

Mais comment un personnage digne de Francis Ford Coppola a-t-il prospéré si longtemps au cœur des Hauts-de-Seine ? Charles Ceccaldi-Raynaud a permis au RPR de contrôler la Défense, cœur du département des Hauts-de-Seine. Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy ne pouvaient se passer de lui.

3. L'irrésistible ascension des Balkany

Les Balkany lors des Cantonales 2011 - LESAGE/NECO/SIPA
Les Balkany lors des Cantonales 2011 - LESAGE/NECO/SIPA
En dépit de ses deux revers à Levallois-Perret, Charles Pasqua est toujours décidé à reconquérir le département. Sénateur et patron du RPR 92, il pousse la jeune garde à l'assaut. Patrick Balkany récupère, en 1982, le canton de Levallois-Sud et il emporte en 1983 la mairie détenue jusque-là par le communiste Parfait Jans. Les communistes perdent également Châtillon-sous-Bagneux et Sèvres, ils sont élus de justesse à Antony, mais le scrutin est annulé pour fraude et Patrick Devedjian s'installe à la mairie à la faveur d'une partielle.

A Levallois-Perret, Patrick Balkany, qui gouverne en compagnie de sa femme, Isabelle Smadja, entreprend la transformation de la ville. Les anciens quartiers populaires, les ateliers, disparaissent en quelques années. Levallois-Perret devient le prolongement de Neuilly et du XVIIe arrondissement de Paris. Les promoteurs se régalent. Tant que la loi le permet, ils remplissent généreusement les caisses électorales de leurs bienfaiteurs.

En ce temps-là, les services fiscaux s'intéressent peu aux hommes politiques. Les époux Balkany se taillent une belle réputation, on les surnomme « les Thénardier », et, plus tard, « les Ceausescu ». Luxueuse résidence près de Giverny et yacht à Saint-Tropez, le député-maire de Levallois et son épouse, bientôt vice-présidente du conseil général, affichent vite un train de vie princier.

Après 1983, Charles Pasqua a impérativement besoin de fédérer les conquérants musclés des communes des Hauts-de-Seine. Elu conseiller municipal de Neuilly, il croit être le successeur naturel du maire Achille Peretti, gaulliste historique, compagnon de la Libération. Un mois après l'élection, le maire de Neuilly meurt brutalement d'une crise cardiaque. Pasqua charge le jeune secrétaire du RPR pour la circonscription Neuilly-Puteaux, Nicolas Sarkozy, de préparer l'élection du nouveau maire.

Las. Nicolas Sarkozy le trahit et devient maire de Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 28 ans ! Au sein du RPR, il a bénéficié du précieux appui de Charles Ceccaldi-Raynaud. Dès lors, le maire de Puteaux joue un jeu d'équilibre entre Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy. Le gamin a eu Neuilly, le sénateur Pasqua aura le canton de Neuilly et la présidence du conseil général.

Les territoires sont répartis, mais Charles Ceccaldi-Raynaud tient les ponts de Puteaux et de Neuilly, qui relient le fief de Nicolas Sarkozy à la Défense et à Nanterre, siège du conseil général et domaine réservé de Charles Pasqua.

4. La société d'économie mixte : labyrinthe à magouilles

Onze masters de gestion et de finances de l'université de Paris Dauphine ont été installés dans les locaux du Pôle universitaire Leonard-de-Vinci (PULV) - NIKO/SIPA
Onze masters de gestion et de finances de l'université de Paris Dauphine ont été installés dans les locaux du Pôle universitaire Leonard-de-Vinci (PULV) - NIKO/SIPA
De part et d'autre de la Seine, les affaires prospèrent. Redevenu président du conseil général en 1988, Charles Pasqua confie à Yann Guez, fils d'un ami personnel, la SEM 92, société d'économie mixte chargée des aménagements urbains et des constructions. Un formidable outil, selon les auteurs de 92 Connection, Noël Pons et Jean-Paul Philippe.

La SEM 2 construit les collèges, participe à d'énormes chantiers de rénovation dans tout le département, construit le pôle universitaire Léonard-de-Vinci à la Défense. Elle intervient également à l'extérieur du département, et notamment à Fontainebleau, dont le maire RPR, Paul Dubrule, est cofondateur du groupe Accor.

Et ce n'est pas tout : via la SEM 92 coopération, la SEM 92 intervient également en Afrique. Son patron, Yann Guez, a été administrateur d'une société d'armement, qui travaillait, sous Pasqua, pour le ministère de l'Intérieur. Sur les comptes de chacune de ces sociétés, les enquêteurs relèvent des anomalies, des curiosités, des extravagances. Mais elles s'entrelacent d'une manière si complexe que chaque affaire décelée en génère trois autres, tant et si bien que les meilleurs limiers s'y sont égarés.

Les juges Eric Halphen, Eva Joly et Isabelle Prévost-Desprez ont tour à tour mesuré la portée du théorème attribué à Charles Pasqua : « Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l'affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l'affaire de l'affaire, jusqu'à ce que personne n'y comprenne plus rien. »

A la Défense, il est encore plus difficile de démêler l'écheveau financier de la société d'aménagement du quartier d'affaires, l'Epad, et de la SEM 92 que de trouver la sortie du parking. La Défense et le département des Hauts-de-Seine recèlent des labyrinthes où bien des enquêteurs se sont perdus. Noël Pons et Jean-Paul Philippe s'accrochent au fil d'Ariane des multiples enquêtes, portant sur des prises illégales d'intérêt et des délits de favoritisme, mais nul n'est encore parvenu au cœur du système.

5. Les HLM du 92

Gennevilliers, Quartier du Luth - LE MOINE MICHEL/SIPA
Gennevilliers, Quartier du Luth - LE MOINE MICHEL/SIPA
La justice a toutefois réussi à confondre l'office départemental des HLM, présidé par Patrick Balkany. Cependant, le député-maire de Levallois-Perret avait placé un fusible, en la personne du directeur général, Didier Schuller.

Ancien responsable départemental des Radicaux de gauche, passé au RPR, Didier Schuller avait tenté sans succès de conquérir la mairie socialiste de Clichy. Il cumulait les fonctions de directeur général de l'office HLM 92 et un mandat de conseiller régional RPR d'Ile-de-France en 1992. Poursuivi pour prise illégale d'intérêt et truquage des marchés publics, il a dû fuir aux Caraïbes, lâché par son mentor Patrick Balkany.

Cependant, le maire de Levallois et son épouse Isabelle ont connu à leur tour les affres de l'exil sous les cocotiers. Le couple utilisait des fonctionnaires municipaux comme domestiques à son domicile, dans sa résidence secondaire de Giverny, et même, selon Didier Schuller, sur son yacht ancré à Saint-Tropez. Ce qui valut à Patrick Balkany une lourde condamnation et un long séjour au bord des mers chaudes.

La morale n'étant pas la chose du monde la mieux partagée, sitôt la peine purgée, les électeurs de Levallois-Perret rendirent aux époux Balkany la totalité de leurs mandats. Condamné en 1997 à quinze mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité, « Patrick » retrouva son fauteuil de maire en 2001 et son siège de député en 2002. Isabelle Balkany, quoique servie par les mêmes domestiques, ne fut pas inquiétée et fut élue et réélue au conseil général de 1988 à 2011.

La chute provisoire de Patrick Balkany devait tout à la guerre fratricide qui avait opposé Jacques Chirac et Edouard Balladur lors de la présidentielle de 1995. Charles Pasqua en tête, tout le RPR 92 avait lâché Jacques Chirac. Balladuriens et chiraquiens règlent donc leurs comptes, oubliant juste que leurs affaires sont entremêlées. « Quand on remue la merde, peste Pasqua, il faut éviter de le faire devant un ventilateur. »

La guerre fratricide fait tomber des têtes à Paris, dans l'Essonne où Xavier Dugoin, président du conseil général, se retrouve en prison, mais c'est tout juste si elle effleure les Hauts-de-Seine. Didier Schuller a beau jeu de se présenter comme une victime expiatoire. La forteresse de la Défense tient bon.

On coupe quelques têtes locales, comme à Asnières, où deux maires successifs, Frantz Taittinger, héritier des champagnes, député RPR, et Manuel Aeschlimann, proche de Nicolas Sarkozy, parrain d'un de ses enfants, sont pris la main dans le pot de confiture. Mais, en dépit de sévères revers électoraux, le triumvirat composé de Pasqua, Ceccaldi-Raynaud et Sarkozy a survécu aux tempêtes.

6. Nicolas Sarkozy et la bande de Neuilly

La Garenne Colombes, Meeting de soutien à Jean Francois Copé en présence de Nicolas Sarkozy et de Charles Pasqua, 2004 - CHAMUSSY/SIPA
La Garenne Colombes, Meeting de soutien à Jean Francois Copé en présence de Nicolas Sarkozy et de Charles Pasqua, 2004 - CHAMUSSY/SIPA
Mais l'avenir appartient à un seul homme, Nicolas Sarkozy, qui pousse les deux anciens à la retraite. Nicolas Sarkozy aurait pu s'appuyer sur les élus que les affaires n'avaient pas trop éclaboussés, à commencer par le fidèle Patrick Devedjian. Il s'entoure, au contraire, des plus compromis. Joëlle Ceccaldi-Raynaud, sa suppléante, occupe son siège au Palais-Bourbon lorsqu'il est ministre des gouvernements Raffarin et Villepin ; elle le conserve lorsqu'il devient président.

Patrick Devedjian récupère bien le conseil général, mais il est surveillé de près par Isabelle Balkany. Patrick Balkany, ami et porte-flingue, est omniprésent. A quoi s'ajoute la fameuse bande de Neuilly, dont les spécialités ne sont pas exactement celles des amis de Puteaux ou de Levallois. A Neuilly, on ne se bat pas pour la caisse des HLM. Encore que Thierry Gaubert et Philippe Smadja (deux proches de Nicolas Sarkozy) s'étaient signalés dans quelques montages immobiliers audacieux, avant d'être inquiétés dans l'affaire dite de Karachi.

Mais la « bande de Neuilly » se caractérise surtout par l'approche des grandes fortunes, susceptibles de contribuer aux financements de campagnes électorales. Ainsi de la multimilliardaire héritière L'Oréal, Liliane Bettencourt, et de l'empereur noir de la pharmacie, Jacques Servier, courtisés de longue date par Nicolas Sarkozy et ses amis. Noël Pons et Jean-Paul Philippe ajoutent donc Karachi, Bettencourt et le Mediator à la longue liste des scandales enracinés dans les Hauts-de-Seine.

Toujours est-il que Nicolas Sarkozy se servit de sa fonction de maire des riches pour construire sa carrière politique. Nombre de ses proches de l'époque sont aujourd'hui dans l'œil de la justice. Mais Nicolas Sarkozy n'est pas resté assez longtemps à la tête du département pour en garder la tutelle. Il n'a pas réussi à imposer son fils Jean Sarkozy à la tête de l'Epad, et son successeur, Patrick Devedjian, s'est émancipé, en promettant, sans doute un peu vite, de « nettoyer les écuries d'Augias ».

7. Epilogue

Mairie de Neuilly-Sur-Seine - HADJ/SIPA
Mairie de Neuilly-Sur-Seine - HADJ/SIPA
A première vue, le temps des « parrains » semble révolu. Investi par l'UMP dans la circonscription de Boulogne-Billancourt, Claude Guéant a été battu par le dissident Thierry Solère. Il reste tout de même quelques vestiges. Patrick Balkany est toujours député-maire de Levallois-Perret. Joëlle Ceccaldi-Raynaud règne encore sur Puteaux et attend sereinement que la justice se prononce sur ses fameux comptes luxembourgeois.

Charles Pasqua a connu les bancs des tribunaux, pour six relaxes et deux petites peines avec sursis. Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans l'affaire Bettencourt, ses comptes de campagne ont été retoqués, les ombres de Karachi et des financements libyens obscurcissent son avenir politique. Il n'empêche : les Hauts-de-Seine restent le département le plus riche de France et de jolis filons immobiliers, à Billancourt et ailleurs, ne demandent qu'à être exploités. Le roman noir du 9-2 est loin d'être fini !

* 92 Connection. Les Hauts-de-Seine, laboratoire de la corruption ?,
de Noël Pons et Jean-Paul Philippe,
Nouveau Monde éditions, 299 p., 19,90 €.

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