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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 19:08

 

 

Rue89 - Le Yéti
voyageur à domicile
Publié le 22/03/2013 à 16h28

 

 

Eh bien, nous y voilà ! Comme au dénouement du film-catastrophe qui vit la fin d’un des deux blocs issus de la Seconde guerre mondiale, nous arrivons à l’apothéose finale qui accompagne la chute du bloc survivant. A chacun ses évènements symboliques : la chute du mur de Berlin pour le premier, le blocus de Chypre par l’Union européenne de MM. Draghi et consorts pour le survivant moribond.

Ou, comme le dit joliment Frédéric Lordon :

« Comment transformer un problème de la taille d’un confetti en potentielle déflagration nucléaire. »

Voilà un moment que ça leur pendait au nez. Depuis janvier 2008, en fait. Rien, absolument rien qui ne se soit arrangé depuis cette date fatidique. Le plus surprenant fut juste leur capacité de retarder l’échéance fatale – ah, cette épidémie d’« aides illimitées » des banques centrales, 85 milliards pondus CHAQUE MOIS par la Banque fédérale américaine, rien que pour donner une illusion de reprise US !

Les cornichonneries de la bête blessée

C’est le désarroi et l’impuissance qui ont poussé Draghi à commettre son acte imbécile de taxation sauvage des dépôts bancaires. Le pas de trop. En fait, ils n’ont plus les moyens de leurs ambitions. Qui peut dire quand et comment rouvriront les banques chypriotes ? Qui aurait pu anticiper la réaction des Russes dont les avoirs sont gelés ?

Et de fait, c’est la guerre ! Oui, oui, une vraie guerre, provoquée comme toutes les vraies guerres par les réactions suicidaires des bêtes blessées à mort. Une guerre déclarée par un empire aux abois à ses propres populations.

Pas plus que la Fed US de M. Bernanke ou la BoJ nipponne de M. Shirakawa, la BCE de M. Draghi ne peut plus sauver la chaloupe européenne en perdition. Alors le cornichon ferme ses propres banques ! Ce qui, pour un banquier, est proprement se tirer une balle dans les pieds, le comble de la cornichonnerie !

Les fragiles mécanismes de résistance

Il ne faut pas se voiler la face, les mécanismes de résistance pour enrayer cette force tellurique mauvaise sont bien faibles. Comme dans le Japon du tsunami, il y a fort à parier que la reconstruction ne sera possible qu’une fois le gros de la vague passée.

Oh bien sûr, on pourra toujours s’accrocher à quelques îlots de résistance. Le chavisme en fut un pour la population vénézuélienne. L’équipe de Morales en Bolivie. Peut-être un jour des Fronts de gauche, des Syriza ou des mouvements 5 étoiles en Europe. Pour peu qu’on ne cède pas non plus à de nouvelles idolâtries précipitées.

Mais finalement, notre principale préoccupation devra être de ne pas nous laisser à notre tour happer par cette pathologie déferlante et garder les pieds sur terre. Tiens, il m’en reste une petite dernière que ces dingues du bloc survivant n’auront pas. Trinquons, ça réchauffe.

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 19:03

 

Le Monde - Blog

A Bonn, le 5 mars. Wolfgang Rattay/Reuters

 

A l'heure où les pays latins critiquent volontiers l'égoïsme de la riche Allemagne, la Bundesbank a publié ce jeudi une très intéressante étude (disponible en allemand et en anglais) sur le patrimoine des ménages allemands qui pourrait jouer un rôle non négligeable dans la campagne électorale.

 

A Berlin, le 10 mars. Wolfgang Rattay/AFP

 

A la surprise des commentateurs, les Allemands possèdent en moyenne un patrimoine de 195 000 euros. Moins que les Espagnols (286 000 euros) et les Français (229 000 euros). De plus, ce patrimoine est plus inégalement réparti, car si on ne considère plus la moyenne mais la médiane (50% des ménages ont plus, 50% des ménages ont moins), le patrimoine médian est de 51 000 euros en Allemagne, contre 178 000 euros en Espagne et 114 000 euros en France.

C'est l'immobilier qui explique la raison essentielle de cette relative pauvreté allemande.  Seuls 44% des Allemands sont propriétaires, contre 57,9% des Français et 82% des Espagnols. Précisons que l'étude prend en compte la valeur des biens possédés et retranche les dettes des ménages.

Cette étude confirme que l'écart entre l'est et l'ouest reste important : à l'ouest, le patrimoine moyen s'élève à 230 000 euros (légèrement plus qu'en France) et le patrimoine médian à 79 000 euros alors qu'à l'est, ces chiffres sont respectivement de 68 000 euros et de 21 000 euros. Vingt ans n'ont donc pas suffit à véritablement unifier le pays, sur le plan patrimonial en tout cas. Par ailleurs, la richesse allemande est très concentrée : les 10% des ménages les plus riches (ceux qui possèdent plus de 440 000 euros) détiennent 60% de la richesse privée. Si l'on prend le coefficient de Gini qui mesure les inégalités (le zéro étant l'égalité absolue et le un l'inégalité maximale), l'Allemagne affiche un taux de 0,78, moins que les Etats-Unis (0,85) mais davantage que la France (0,76).

 

 

 
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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 18:50

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 22.03.2013 à 10h07 • Mis à jour le 22.03.2013 à 10h59

 


Le juge Jean-Michel Gentil, en février 2013.

 

Henri Guaino, proche de Nicolas Sarkozy, a estimé vendredi que le juge Jean-Michel Gentil avait "déshonoré la justice" en mettant en examen l'ex-chef de l'Etat pour abus de faiblesse. "Je conteste la façon dont il fait son travail", a lancé le député UMP et ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée sur Europe 1. "Je la trouve indigne, je trouve qu'il a déshonoré un homme, les institutions, la justice".
 

   "Est-ce qu'on pouvait imaginer une qualification plus grotesque, plus insupportable ?", s'est emporté l'élu des Yvelines. "Aucun homme sensé dans ce pays ne peut imaginer un instant que Nicolas Sarkozy s'est livré sur cette vieille dame richissime à un abus de faiblesse".
 

"Ce serait risible si cela ne salissait pas l'honneur d'un homme qui, ayant été président de la République, entraîne dans cette salissure la France et la République elle-même", a tonné l'ancienne plume de M. Sarkozy.  "Cette décision est irresponsable, elle n'a pas tenu compte des conséquences qu'elle pouvait avoir sur l'image du pays, de la République, de nos institutions", a-t-il insisté.
 

"Je voudrais voir le juge d'instruction venir expliquer devant les Français et leur expliquer pourquoi, sur quel fondement, à parti de quel fait précis, concret irréfutable, il a pris une décision aussi lourde de conséquences", a-t-il encore dit.

 

 "LIMITES LARGEMENT FRANCHIES"

Les attaques d'Henri Guaino n'ont pas été du goût de l'union syndicale des magistrats (USM), qui envisage de poursuivre l'ancien conseiller de M. Sarkozy. "Jeter le discrédit comme ça sur une décision de justice, c'est juste illégal, a réagi Christophe Régnard, président du syndicat, sur Europe 1 vendredi matin. D'ailleurs, nous envisageons de demander à la garde des Sceaux aujourd'hui d'engager des poursuites contre monsieur Guaino et nous allons saisir aussi monsieur Bartolone, président de l'Assemblée nationale, parce que les limites ont été largement franchies. "

Le président de l'USM a également réagi à la demande d'Henri Guaino de rendre public les éléments du dossier. "C'est amusant, parce que ce sont les mêmes qui n'ont eu de cesse, dans un passé récent, de dénoncer les violations incessantes du secret de l'instruction qui viennent aujourd'hui expliquer que c'est au juge de venir expliquer publiquement ce qu'il y a dans son dossier", a-t-il ironisé.

Lire les autres réactions politiques Sarkozy mis en examen : l'UMP y voit "un acte politique" et "Sarkozy mis en examen : la gauche discrète, le FN ironise"

 

 

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 18:35

 

 

Le Monde - Blog

 
in Share1

 

A partir du 2 avril, la préfecture de police de Paris va expérimenter la vidéo-verbalisation. Une cinquantaine de caméras de surveillance - sur les 1037, actuellement installées pour lutter contre la délinquance - permettront d'identifier, à distance, certaines infractions au code de la route, et de les sanctionner. 

Les trois infractions qui seront visées seront  le non-respect des signalisations imposant l'arrêt (feu rouge, stop...), le stationnement gênant et  la circulation sur des voies  réservées (bus ou taxis).

Quatre agents assermentés disposeront chacun de deux écrans pour suivre la circulation sur treize axes ciblés.

La liste des axes est rendue publique, pour que les automobilistes et les deux-roues fassent attention. Il s'agit de lieux accidentogènes, où se produisent un grand nombre d'infractions.

 

 

-Non-respect des feux-rouges, mettant en danger les piétons : avenue des Champs-Élysées (8e), avenue de l’Opéra (10e), rue de Rivoli (4e), place Saint-Augustin (8e).

-Stationnement sur les voies de taxi et de bus:-  grands boulevards (2e, 3e, 9e et 10e),  boulevard Saint-Germain (6e et 7e) , l’avenue du Général Leclerc (14e), rue de Vaugirard (15e).

-Stationnement en double file: boulevard de Sébastopol (3e, 4e), avenue Jean Jaurès (19e), rue Max Dormoy (18e), rue de Rivoli (1er).

-Conduite sur des voies de bus:  boulevard Barbès (18e), avenue de Clichy (17e).

Chaque agent constatera l'infraction derrière son écran, horodaté, et fera une capture d'image, afin d'identifier l'immatriculation et la marque du véhicule.

 

 

Il transmettra les informations qu Centre national de traitement de Rennes, qui identifiera le propriétaire. Il éditera un procès-verbal et lui enverra un avis de contravention.

Le propriétaire du véhicule recevra l'amende quelques jours plus tard - un mois maximum.

 

Les avocats spécialisés dans le droit routier assurent que les PV seront contestables: "Les caméras qui filment n'ont pas été homologuées par le ministère de l'industrie", affirment Me Jean-Baptiste Iosca et son associé Sébastien Dufour. "Or, dans le pénal, il faut que les appareils soient homologués, comme c'est le cas des radars ou des éthylomètres, sinon, la procédure est entachée de nullité. Comment peut-on, en effet, être sûr que les résultats sont fiables, que la date et l'heure par exemple sont justes?"

La préfecture de police, à qui nous avons demandé si c'était exact, n'a pas répondu.

 

 

Les avocats assurent en outre que le dispositif ne serait pas conforme aux prescriptions de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

 

Celle-ci indique que seules les autorités publiques peuvent filmer la voie publique, mais que les caméras ne doivent pas visualiser l'intérieur des immeubles d'habitation ni leurs entrées: elles doivent mettre en oeuvre  des procédés de masquage irréversible de ces zones. "Est-ce que ce sera le cas?", demandent les avocats.

 

 

Les personnes qui visionneront les images enregistrées doivent être particulièrement formées aux règles de mise en oeuvre de la vidéo-protection.

"Dans un premier temps, seuls les fonctionnaires de la direction de l'ordre public et de la circulation, spécialisés en matière de circulation, seront chargés de constater des infractions", indique la préfecture.  "Est-ce que cela répond aux critères?", questionne Me Sébastien Dufour.

La conservation des images ne doit pas excéder un mois. Or, la préfecture assure qu'elles seront imprimées et conservées cinq ans, pour servir en cas de contestation. "Cela pose un petit problème", critique Me Iosca.

 

 

Enfin, les personnes filmées doivent être informées, au moyen de panneaux affichés de façon visible, de l'existence du dispositif, de son responsable, des modalités d'exercice de leur droit d'accès aux enregistrements visuels les concernant. Ces panneaux seront-ils posés sur les treize axes d'ici au 2 avril?

"Si la personne qui prend l'image doit cibler la plaque d'immatriculation, le visage du conducteur sera-t-il visible? Il y a fort à parier que non, comme pour les photos des radars, qui sont prises par l'arrière", indique Me Iosca."Dans ce cas, il sera toujours possible de contester le fait qu'on ait été au volant, pour ne pas perdre ses points de permis, et de payer seulement l'amende."

Et vous, qu'en pensez-vous? Les précautions imposées par la Cnil ne sont-elles pas excessives au regard de l'impératif de sécurité routière?

 

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 18:28

 

 

Le Monde.fr | 22.03.2013 à 18h36 • Mis à jour le 22.03.2013 à 19h12 Par Eric Leroux



 
Malgré la crise, la finance solidaire se porte bien.

Dans la galaxie des placements solidaires – c'est-à-dire ceux qui ne recherchent pas en priorité le retour financier –, investir directement au capital d'entreprises représente à coup sûr l'engagement le plus fort.

L'intégralité des sommes apportées serviront, en effet, aux objectifs de la société : acquérir ou rénover des logements pour les personnes qui en sont exclues, acheter des terres confiées à des agriculteurs respectueux de l'environnement, aider au financement d'entreprises d'insertion...

Au-delà de l'implication dans des projets à haute valeur sociale ou environnementale, cet investissement en direct permet à l'investisseur solidaire de bénéficier d'une réduction d'impôt.

"50 % du montant investi peut être déduit du montant de l'impôt de solidarité sur la fortune, explique Sophie des Mazery, directrice de Finansol. Ceux qui ne paient pas l'ISF peuvent diminuer leur impôt sur le revenu, avec une réduction qui représente 18 % des sommes investies, dans la limite de 50 000 euros par an pour un célibataire ou 100 000 euros pour un couple marié. Cette réduction entre dans le plafond des niches fiscales, fixé à 10 000 euros en 2013."

Dans les deux cas, les titres doivent être conservés pendant au moins cinq ans. Les organismes incitent toutefois leurs financeurs à s'inscrire avec une optique plus longue, car ils ont besoin d'une stabilité de leurs ressources.

 

 AVANTAGE FISCAL

L'opération est d'autant plus intéressante sur le plan financier que ces investissements présentent un niveau de risque assez faible. Les sociétés et organismes solidaires ont, en effet, pour beaucoup d'entre eux une assez longue ancienneté et un modèle économique viable. Les risques de perte sont donc limités, et souvent bien inférieurs à ceux qui sont attachés aux produits de défiscalisation classiques, tels que les FIP (fonds d'investissement de proximité dans les petites entreprises) ou FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation).

Lire aussi : Réduire ses impôts avec les FCPI ne vaut pas forcément le coup

Si jusqu'ici, la plupart des investisseurs devaient se contenter de ce bonus fiscal, ils peuvent désormais de plus en plus souvent compter avec une rémunération de leur capital.

La foncière d'Habitat et Humanisme, par exemple, revalorise régulièrement le prix de ses actions pour tenir compte de la valorisation de son patrimoine immobilier. "Des organismes comme la NEF [Nouvelle économie fraternelle] rémunèrent leurs parts sociales avec un taux d'intérêt correspondant à l'inflation plus 2 %, Spear [Société pour une épargne activement responsable] à 1,5 % ", poursuit Sophie des Mazery.

La foncière Terre de liens envisage de revaloriser ses actions à hauteur de l'inflation, et d'autres organismes, tel que Phitrust Partenaires, ont l'ambition de dégager dans les prochaines années un rendement de 4 à 6 %.

Ces investissements solidaires pourraient donc offrir dans l'avenir des performances très compétitives par rapport aux produits financiers classiques.

Investir au capital des entreprises solidaires n'est pas réservé aux épargnants fortunés : le ticket d'entrée démarre à quelques dizaines d'euros, et la souscription s'effectue en toute simplicité, grâce à des formulaires accessibles en ligne sur les sites des sociétés concernées.

Pour connaître la liste des entreprises qui ouvrent ainsi leur capital – et être certain de leur caractère solidaire –, rendez-vous sur le site de Finansol, qui a établi un label depuis 1997.

Eric Leroux

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 18:15

 

Médiapart

 

 

Lire aussi

 

 

 

Au départ, il y a deux voix. Une voix grave, qui articule et parle fort, une voix qui commande. C’est celle de Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune. Et puis il y a une petite voix, qui tremble, hésite et se perd dans des propos incohérents. Il s’agit de celle de Liliane Bettencourt, l’héritière de l’empire L’Oréal, une vieille dame aussi riche que sourde. Ils se parlent tous les jours, se disent la plupart du temps des choses sans conséquence et, soudain, échangent quelques secrets qui vont faire trembler la République. Ils ne le savent pas mais leurs conversations sont enregistrées. C’est ainsi que tout a commencé : par un dictaphone (lire la boîte noire de cet article).

 

 
© Reuters

L’affaire Bettencourt, ce « Watergate français » selon l’expression du New York Times, qui vaut ce jeudi la mise en examen pour  « abus de faiblesse » de l’ancien président Nicolas Sarkozy, est d’abord l’histoire de mots volés. Vingt et une heures de conversations secrètes, surprises entre mai 2009 et mai 2010 par le petit dictaphone numérique d’un majordome, Pascal Bonnefoy, dans la maison de Neuilly-sur-Seine de Mme Bettencourt.

C’est à l’origine l’acte clandestin, déloyal et assumé, d’un employé de maison qui veut prouver à la police que des rapaces s’accaparent une partie de la fortune de sa patronne. Mais le majordome lui-même ne pouvait se douter qu’il serait le déclencheur d’un cataclysme politico-financier qui amènera trente et un mois plus tard l’ancien chef de l’État à devoir répondre aux questions désagréables d’un juge nommé Gentil.

L’ironie du sort veut que l’affaire Bettencourt a été, entre 2008 et 2010, un dossier dont Mediapart s'est désintéressé, parce qu'alors simple chronique judiciaire mondaine entre une mère et sa fille se déchirant autour d’un dandy scandaleux, le photographe et romancier François-Marie Banier. Une plainte avait été déposée fin 2007 – Mediapart est né le 16 mars 2008 – par la fille, Françoise Bettencourt-Meyers. Elle accuse Banier d’avoir profité de la faiblesse psychologique de sa mère pour la dépouiller d’un milliard d’euros. Le parquet de Nanterre est saisi, la brigade financière enquête. Plusieurs articles paraissent dans la presse sur ce Clochemerle en draps de soie.

Puis vint juin 2010. Dans le courant du mois, Mediapart apprend qu’il y a une affaire dans l’affaire, comme il existe parfois une pièce cachée derrière la bibliothèque d’un manoir. Les informations s’arrachent alors par bribes, rien n’arrive sur un plateau : les policiers auraient reçu des documents compromettants politiquement ; non, il s’agit de bandes pirates ; en fait, un majordome aurait enregistré les conversations d’affaires de Liliane Bettencourt…

Quand Mediapart obtient finalement la copie intégrale des vingt et une heures d’enregistrements du majordome, ceux-ci sont déjà entre les mains de nombreuses personnes, au parquet de Nanterre, à la brigade financière, à la chancellerie, chez certains avocats. À l’Élysée ?


L. Bettencourt 
L. Bettencourt© Reuters

Il a fallu deux jours et deux nuits sans sommeil pour “défricher” les enregistrements. Savoir qui est qui. Comprendre qui dit quoi. Et, surtout, s’assurer que tout est vrai, qu’une forgerie est impossible. Une vieille source, ancien agent du contre-espionnage français, spécialisé un temps dans les écoutes, nous aide à y voir clair : pour s’assurer de l’absence d’un montage audio, il faut, pendant l’écoute, exacerber les aigus afin de “pousser” le souffle de la bande. S’il n’y a pas de coupure, alors les risques de montage sont faibles, nous dit l’ancienne barbouze.

Certaines voix enregistrées clandestinement sont par ailleurs connues, plus ou moins. Celle de Liliane Bettencourt – on vérifie. Celle de Georges Kiejman, son avocat – on vérifie. Celle de François-Marie Banier – on vérifie. Puis vient la confirmation : une source, placée dans l’appareil d’État de l’époque, informée du dossier, nous assure de l’authenticité des bandes.

 

« Comme par hasard »

Le matériau est désormais exploitable, en théorie. Il est extraordinaire et dérangeant à la fois. Que recèle-t-il ? Un malaise et une excitation, des anecdotes sans intérêt et des informations explosives. Sur les vingt et une heures d’enregistrement, l’essentiel des mots échangés sont, de fait, pauvres en intérêt public.

Seulement voilà, parfois, surgissent des témoignages d’une force journalistique inédite : Liliane Bettencourt, la femme la plus riche d’Europe, fraude le fisc à grande échelle grâce à des comptes en Suisse où dorment 78 millions d’euros ; le ministre et trésorier de l’UMP Éric Woerth, dont la femme Florence travaille au service de l’héritière de L’Oréal, se trouve au cœur d’un conflit d’intérêts au parfum de trafic d’influence ; des soupçons naissent sur le financement de l’UMP et de Nicolas Sarkozy ; l’Élysée est intervenu directement pour faire interrompre l’enquête judiciaire diligentée par la fille Bettencourt…

C’est le Watergate au pays de Balzac. Il faut écouter les bandes, les écouter encore. Chaque fichier audio fait l’objet d’une note manuscrite, avec des time-code très artisanaux (exemple ci-dessous). Les moments clés sont répertoriés, les phrases importantes recopiées mot à mot. Il faut tout dater. Et tout recommencer pour être sûr, pour ne pas être pris en défaut. L’opération est répétée à plusieurs reprises.

 

Notes réalisées à partir des enregistrements clandestins du majordome. 
Notes réalisées à partir des enregistrements clandestins du majordome.© DR

L’article n’est pas encore prêt, mais il prend forme. La rédaction de Mediapart est alors réunie et informée du scoop en préparation. Une discussion collective a lieu. Peut-on utiliser un tel matériau ? La réponse est oui, à la condition d’expurger du traitement éditorial des bandes, déjà entre les mains de la police, toute référence à la vie privée. Les avocats de Mediapart abondent. Cacher ces informations aurait été une faute journalistique difficilement pardonnable.

 

E. Woerth 
E. Woerth© Reuters

Tous les protagonistes de l’affaire sont contactés. Rares sont ceux qui veulent répondre. Georges Kiejman, l’avocat de Mme Bettencourt, prend alors l’affaire à la rigolade... Le premier article est finalement publié dans la nuit du 15 au 16 juin 2010 sous le titre « Sarkozy, Woerth, fraude fiscale : les secrets volés de l’affaire Bettencourt ». L’affaire est lancée. L’attachée de presse d’Éric Woerth s’étonne : « Comme par hasard, vous sortez cela le jour de la présentation de la réforme des retraites. Comme par hasard. »

Nous nous attendions à faire l’ouverture du 20 heures et des matinales. Il n’en fut rien. Les jours passent et les démentis se multiplient. Mediapart décide alors, cinq jours après son premier article, de passer un cran au-dessus. Il nous faut prouver la véracité des faits avancés.

Nous publions des extraits soigneusement choisis des enregistrements clandestins. L’effet de stupeur est total. Là, l’affaire s’emballe. La France entend comment quelques-uns, milliardaires, gestionnaires de fortune ou politiques, s’affranchissent ensemble et dans le secret de la règle commune, parfois même de la loi. Pour la première fois, le public découvre, oreilles en pointe, le huis clos des arrangements inavouables.

Mais l’agenda présidentiel, déjà bousculé par nos révélations et celles qui s’ensuivent de nos confrères, explose littéralement deux semaines plus tard. Cela se passe le 6 juillet, à six heures du matin. Mediapart publie le témoignage de l’ex-comptable des Bettencourt, Claire Thibout. L’ancienne comptable raconte par le menu le ballet des enveloppes kraft bourrées d’argent liquide qui circulent au sein de la maison Bettencourt. Elle cite les noms de Woerth et Sarkozy et parle d’un possible financement occulte de la campagne présidentielle de 2007.

 

La riposte de l'Élysée

 

C. Guéant 
C. Guéant© Reuters

Ce matin-là, l’incendie Bettencourt s’installe durablement à l’Élysée. Nicolas Sarkozy est réveillé par son conseiller en communication, Franck Louvrier, sur le mode « Houston, on a un problème ». À 11 heures, une réunion de crise est organisée dans le bureau de Claude Guéant, alors secrétaire général de la présidence. La garde rapprochée du président y participe, dont le ministre Christian Estrosi. Objet : fixer les éléments de langage pour nuire à Mediapart. L’un des participants à la réunion, rapportera Le Point quelques jours plus tard, propose de comparer « Plenel à Goebbels ».

Le lendemain, le 7 juillet, à la sortie d’un meeting au Raincy (Seine-Saint-Denis), le patron de l’UMP de l’époque, Xavier Bertrand, dénonce devant les micros et caméras les « méthodes fascistes » de Mediapart. Le “la” d’une forme d’hystérie d’État – puisqu’il faut bien nommer les choses – est donné. Plusieurs membres du gouvernement se relaient sans relâche dans les médias pour dénoncer Mediapart, comparé ici au « pire de la presse des années 30 », là à un journal « hitléro-trotskiste ». Sur le plateau de l’émission Ça vous regarde, sur LCP, le député Éric Raoult me traite de « collabo ».

Le président en personne entre dans la danse. Le 7 juillet, devant les députés du Nouveau Centre qu’il reçoit à l’Élysée, Nicolas Sarkozy s’en prend au travail de Mediapart et tout particulièrement à son directeur, Edwy Plenel : « Au niveau déontologie, c'est inimaginable. Mais ça va lui retomber sur la tête. » Puis le 12 juillet, le chef de l’État, interrogé dans les jardins de l’Élysée par le journaliste de France-2 David Pujadas, dénonce « une calomnie ». « C’est une honte », tranche-t-il, l’air grave.

 

Nicolas Sarkozy et Philippe Courroye 
Nicolas Sarkozy et Philippe Courroye© Reuters

L’Élysée imagine avoir gagné la partie. Tout est sous contrôle. L’enquête judiciaire née des révélations de Mediapart est entre des mains sûres, agiles et protectrices, d’un procureur ami, Philippe Courroye. Celui-ci se rend à chaque moment clé de sa vraie-fausse investigation à l’Élysée pour y rencontrer en personne Nicolas Sarkozy, comme l’a rapporté Le Monde.

Le procureur Courroye, lui-même cité à de nombreuses reprises dans les enregistrements du majordome, déploie en effet beaucoup d’énergie à ne surtout rien découvrir. Il fait, en revanche, vivre un calvaire judiciaire au principal témoin gênant, la comptable, entendue plus d’une dizaine de fois en quelques jours, mise sous pression, poussée à démentir telle ou telle affirmation. Elle ne craquera pas.

Pendant ce temps, début octobre, une épidémie de cambriolages frappe Paris. La rédaction de Mediapart est visitée, la copie des enregistrements du majordome y est dérobée. Le domicile d’un journaliste du Monde et le bureau d’un confrère du Point qui enquêtent sur l’affaire sont également cambriolés.

À Nanterre, c’est la guerre des hermines. Le tribunal s’entredéchire autour de l’affaire Bettencourt, entre une juge indépendante (Isabelle Prévost-Desprez) et un procureur aux ordres (Philippe Courroye). Fin octobre, le couperet tombe. Le procureur Courroye est dessaisi du dossier. Il s’en émeut au micro d’Europe 1 et compare, modeste, son enquête à une « symphonie inachevée ». L’affaire est finalement dépaysée à Bordeaux, où les juges d’instruction Jean-Michel Gentil, Cécile Ramonaxto et Valérie Noël reprennent le dossier à zéro. À partir de là, tout est devenu possible.

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 18:03

 

Médiapart

 

 

Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour abus de faiblesse dans l'affaire Bettencourt, a annoncé jeudi soir son avocat Thierry Herzog, cité par l'AFP. L'ex-président de la République a quitté le palais de justice de Bordeaux dans la soirée, après plusieurs heures d'audition par le juge Jean-Michel Gentil, qui l'a confronté à au moins quatre anciens membres du personnel de Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal.

L'avocat de l'ancien président a dénoncé une décision « incohérente sur le plan juridique et injuste », et annoncé vouloir « former immédiatement un recours ». Un communiqué du parquet de Bordeaux précise que cette mise en examen pour abus de faiblesse concerne non seulement un rendez-vous de février 2007, mais l'ensemble de cette année d'élection présidentielle. Il a été établi que Liliane Bettencourt n'a plus toutes ses facultés depuis septembre 2006.

L'ancien président a notamment été confronté à Pascal Bonnefoy, l'ex-majordome de Liliane Bettencourt et auteur des enregistrements pirates à l'origine du scandale, révélé en juin 2010 par Mediapart. La confrontation, organisée par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil à Bordeaux, devait permettre à la justice de vérifier combien de fois Nicolas Sarkozy s'est rendu chez l'héritière du groupe L'Oréal pendant la campagne présidentielle de 2007. Il s'agissait ensuite d'établir s'il l'avait rencontrée et si des remises d'argent liquide ont été effectuées lors de ces rendez-vous.

 

 
© Reuters

Déjà convoqué, puis placé sous le statut de témoin assisté le 22 novembre 2012, à l'issue de douze heures d'audition, Nicolas Sarkozy n'avait reconnu s'être rendu qu'une seule et unique fois pendant la campagne, le 24 février 2007, au domicile des Bettencourt, où il aurait rencontré rapidement André Bettencourt, aujourd'hui décédé.

Or les enquêteurs s'intéressent à un possible autre rendez-vous, évoqué dans le journal intime de François-Marie Banier, confident de Liliane Bettencourt. À la date du 26 avril 2007, celui-ci rapportait des propos tenus devant lui par la milliardaire : « De Maistre m’a dit que Sarkozy avait encore demandé de l’argent. J’ai dit oui. » Mais, toujours selon l'AFP, le juge a depuis multiplié les auditions avec le personnel de la milliardaire, dont plusieurs membres ont déclaré avoir vu Nicolas Sarkozy à plusieurs reprises pendant cette période, et qu'à ces occasions, il avait rencontré Liliane Bettencourt.

Patrice de Maistre, l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, est de fait au cœur des investigations. Mis en examen dans le dossier, il est aujourd'hui soupçonné d’avoir été la cheville ouvrière, pour le compte des Bettencourt, d’un « système de “mise à disposition d’espèces par compensation” du 5 février 2007 au 7 décembre 2009 pour des montants considérables de 4 millions d’euros », selon une ordonnance du 22 mars 2012 signée par le juge Gentil. 

Les résultats d’une commission rogatoire internationale ont permis d'établir que deux retraits d’espèces de 400 000 euros chacun ont eu lieu en 2007, en pleine campagne présidentielle, à des dates tout sauf anodines au regard des indices déjà récoltés par la justice. Ainsi, un premier retrait a eu lieu le 5 février 2007, deux jours avant un rendez-vous entre Patrice de Maistre et un autre mis en examen du dossier, Éric Woerth, ancien trésorier de la campagne présidentielle de M. Sarkozy.

Les investigations bancaires en Suisse ont montré qu’un deuxième retrait y avait été effectué le 26 avril 2007, soit la date figurant dans le journal intime de Banier. L'écrivain avait expliqué il y a un peu plus d'un an aux policiers de la Brigade financière, qui avaient saisi son journal intime lors d’une perquisition, que ces écrits constituaient des « observations de vies minuscules et de vice majuscule ». « Cela correspond aussi à ma réalité vécue », avait-il ajouté, tout en essayant de minimiser, sans convaincre, l’importance de ses notes sur Nicolas Sarkozy. Le juge Gentil, de son côté, n'exclut plus l'hypothèse d' « une remise (d'argent  ndlr) à titre personnel en faveur de M. Sarkozy », comme le montrent certains procès-verbaux d'audition. 


Claire Thibout 
Claire Thibout© Reuters

 

Ces découvertes suisses viennent s’ajouter aux faits compromettants déjà accumulés par la justice en France. Et tout particulièrement aux révélations de l’ex-comptable des Bettencourt, Claire Thibout, confortées depuis par plusieurs éléments matériels (voir notre article ici)

Devant plusieurs magistrats et plusieurs policiers, qui se sont succédé pendant des mois pour l’entendre, la ré-entendre, lui faire préciser ceci, lui faire éventuellement retirer cela, Claire Thibout a raconté, sans varier, la même histoire : elle a été sollicitée début 2007 par le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt pour une mission un peu particulière.

Patrice de Maistre lui aurait réclamé 150 000 euros en espèces pour les remettre à Éric Woerth, afin d’abonder secrètement la cagnotte présidentielle du candidat de l’UMP. Sur ces 150 000 euros, 50 000 provenaient, d’après l’ex-comptable, d’un compte parisien (à la BNP Paribas) de l’héritière L’Oréal, et 100 000 avaient été acheminés de Suisse.

 

« En quoi cela me concerne ? »

Le 16 juillet 2010, dans le cabinet d’une juge de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez, qui s’est occupée (brièvement) d’une partie de l’affaire Bettencourt, Claire Thibout avait notamment présenté à la magistrate son agenda de 2007, dans lequel il était justement indiqué à la date du 18 janvier « Rendez-vous de Mme Bettencourt pour donner enveloppe qui donnera à Patrice. » Or l’enquête judiciaire a pu établir que dès le lendemain de ce rendez-vous, le 19 janvier 2007, MM. Woerth et de Maistre se sont rencontrés pour un café, à côté du siège de campagne de Nicolas Sarkozy.

 

L. Bettencourt 
L. Bettencourt© Reuters

Les “carnets de caisse” de la comptable, récupérés par les enquêteurs, montrent par ailleurs que fin 2006/début 2007 de nombreuses sorties d’argent en espèces inexpliquées étaient demandées par les Bettencourt à Claire Thibout. « Liliane Bettencourt laissait parfois échapper de petites choses sur les destinataires de ces enveloppes », a expliqué Mme Thibout à la justice.

Dans son « ordonnance » du 22 mars 2012, le juge Gentil précise encore que plusieurs « témoins attestent d’une visite du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy au domicile des Bettencourt pendant la campagne électorale des 2007 ». Le magistrat affirme que des « investigations sont donc nécessaires s’agissant de ces premières remises de 2007 », qui visent ouvertement la campagne présidentielle de 2007 de l'ancien président. 

Deux employés de la maison Bettencourt, un ancien majordome et une secrétaire particulière, avaient évoqué devant les policiers l’existence d’un ballet d’enveloppes remplies d’espèces pour des hommes politiques. Selon l’un de ces témoins, Chantal Trovel, les destinataires des enveloppes étaient essentiellement « des candidats qui cherchaient à financer leur campagne ».

Question des policiers : « Sous quelle forme se présentaient ces aides ? »

Réponse « Il s’agissait d’argent liquide. »

Le maître d’hôtel, Pascal Bonnefoy, l’auteur des enregistrements clandestins qui lanceront l’affaire, a quant à lui assuré aux enquêteurs : « Ces enveloppes, elles existent, j’en ai d’ailleurs vu une. »

Ironie, alors que l'enquête porte sur un abus de faiblesse de Liliane Bettencourt, lors de son audition en novembre, Nicolas Sarkozy s'était retranché derrière ce même état de la milliardaire pour mettre en doute le rendez-vous du 26 avril 2007 « Ces propos supposés sont du 26 avril 2007 ? Or, aux dires des cinq experts que vous avez désignés, l'état de grande confusion de Liliane Bettencourt remonte à 2006. À supposer qu'elle les ait tenus, ils ne peuvent être retenus contre moi de la part d'une personne qui n'a pas toute sa tête. »

« Que Liliane Bettencourt ait parlé d'argent avec Patrice de Maistre ou qu'elle ait fait venir de l'argent de Suisse, en quoi cela me concerne ? » avait ajouté Nicolas Sarkozy.

 

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 17:52

 


Images : Reuters - vendredi 22 mars 2013
Des salariés travaillant pour les deux plus grandes banques de l'île ont manifesté vendredi devant le Parlement chypriote. Aux cris de "voleurs", ils ont tenté de forcé la barricade installée devant le bâtiment, attestant de la tension grandissante dans le pays alors que la troïka des bailleurs de fonds (UE-FMI-BCE) négocie avec le gouvernement pour éviter une faillite du secteur bancaire et de l'économie de l'île. Il y a deux jours, le Parlement rejetait le plan de sauvetage proposé par Bruxelles, qui proposait notamment une taxe sans précédent sur les dépôts bancaires.

Images : Reuters - vendredi 22 mars 2013
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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 16:25



6 personnes présentes

 



On a commencé par une grande discussion sur les évènements à Chypre et la situation des Roms à Caissargues.

 


Ordre du jour
- samedi 23/03 Carnaval des différences
- samedi 13/04 Action : On ne doit rien, on ne paie rien"
- dimanche 14/04 Vide grenier Place St Charles

- Pour le Carnaval des différences, nous disposerons d'une table. Installation pour 9h, toute aide bien venue !!! Amenez vos panneaux, affiches, parapluies, BACHES et n'oubliez pas le casse croute.
14h départ parade St Charles
16h jugement Maison Carrée
17h retour parade St Charles
Ensuite musique ....
23h fermeture du bar

13/04 Action !
On ne doit rien, on ne paie rien"
"Ne payons plus leur crise"
Voir compte rendu précédent.
Nous sommes à la recherche de textes valables sur la dette pour faire des tracts. Penser à prendre le mégaphone.

14/04 Vide grenier.
Il faut absolument trier les affaires qui ont passé l'hiver sous des bâches. Nous voulons en profiter pour sortir les vêtements (et autres choses éventuellement) à donner aux Roms, il conviendrait de le faire bientôt. Qui ? Quand ? En tous cas ce ne sera pas faisable la veille !!!

Info de dernière minute :
Le 1er mai il y a le vide grenier de Langlade.

(Remarque totalement perso : vu ce qu'on a vendu là bas l'année dernière ... je ne sais pas si c'est un bon plan)

On ne lâche rien !?

 

Ce CR à été réalisé généreusement par Marleen, sur son smartphone... merci à elle

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 20:57

 

 

 

Lire aussi

Yves Clot est professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM (conservatoire national des arts et métiers). En regard du documentaire sonore des Pieds sur terre “Pôle Emploi : un conseiller pour 500 chômeurs” et des récentes immolations de chômeurs, il explique que « les procédures déconnectées du réel proposées par Pôle Emploi », alors que le chômage augmente, conduisent à « une situation catastrophique ». Pour y remédier, il faut selon lui « bâtir du collectif » et mutualiser les savoir-faire.

 

Yves ClotYves Clot
Comment jugez-vous les réactions aux immolations de chômeurs qui se sont produites, ces dernières semaines, dans ou devant des agences Pôle Emploi ? 

Les suicides de chômeurs nous en disent plus sur l'état de nos institutions que sur le malheur des chômeurs. La réaction à ces immolations me semble donc insuffisante et déplacée. On ne peut pas réduire cela à des drames personnels qui appelleraient seulement la compassion de l’État.

En disant que tout avait été fait, le ministre du travail, Michel Sapin, a voulu protéger le personnel de Pôle Emploi, à juste titre, car les agents sont un amortisseur social majeur. Mais c’est une protection factice, parce qu’en réalité tout n’est pas fait pour que le personnel puisse traiter les chômeurs avec toute la justice qu’ils méritent, loin de là. Il ne faut pas tricher avec le réel. En plus des suicides médiatisés, certaines tentatives ont été contenues par le personnel des agences de Pôle Emploi. Ce sont des suicides que je qualifie de vindicatifs parce qu’ils sont directement adressés à l’institution dans laquelle ils se produisent. Ils manifestent une révolte.

Que voulez-vous dire par « ne pas tricher avec le réel » ?

Dans la situation de crise économique que nous connaissons, il me semble urgent de reconnaître au personnel de Pôle Emploi la fonction sociale essentielle qui est la sienne et de lui donner à la fois le temps, les moyens, et l’organisation du travail adéquate pour exercer ce rôle fondamental.

 

L’accroissement concomitant du nombre de chômeurs et des procédures déconnectées du réel proposées par Pôle Emploi entraîne une situation catastrophique. Devant la difficulté du réel, on cherche à le « pasteuriser ». On fabrique de la procédure sur de la procédure en congelant la relation entre les conseillers de Pôle Emploi et les chômeurs. On a même installé des bornes informatiques pour que les gens en recherche d’emploi effectuent leurs démarches de manière automatisée. Dans une gare, cela peut éventuellement fonctionner – et encore – mais pas dans une agence Pôle Emploi. On croit ainsi faire des économies, mais cela va s’avérer très coûteux, à tous les sens du terme. Comme l’ont dit les associations de chômeurs à Michel Sapin, on s’occupe du chômage mais pas des chômeurs…

Quelles pistes d’améliorations du service de Pôle Emploi vous paraissent envisageables ?

Il me semble possible d’agir sur l’organisation du travail dans les agences. Il devient très compliqué de faire la jonction entre la réglementation de Pôle Emploi, les circuits de recherche d’un travail, les institutions d’aides au-delà de l’agence, les situations individuelles chaque fois uniques et l’angoisse qu’elles peuvent engendrer. Il faut donc cultiver les ressources que les conseillers inventent pour faire face, les faire circuler et discuter en développant le travail collectif, afin de ne pas fonctionner seulement sur des procédures standardisées. Or, c’est coûteux en temps.

Alors que le chômage est chronique et que les situations des chômeurs montent en complexité, il faut oser fabriquer du métier ensemble, à la fois avec l’intelligence et le savoir vivre des conseillers, mais aussi avec la grande expérience des associations de chômeurs qu’il ne faut pas mépriser. C’est un sursaut pour refaire ensemble Pôle Emploi qui s’impose. Sinon, vu l’ampleur de la crise dans laquelle nous sommes, nous allons additionner les injustices qui déboucheront sur la multiplication des drames.

 

« Cesser de standardiser la relation de service »

2 000 recrutements ont été effectués en 2012 dans les agences Pôle Emploi. Cela va-t-il dans le bon sens ?

Oui, mais cela reste une goutte d’eau dans la mer. Le problème n’est pas seulement une question de moyens, mais aussi d’organisation du travail et de dispersion des énergies. Il faut développer un professionnalisme qui ne soit pas le seul produit d’une expertise abstraite. Si vous êtes du côté du réel, vous ne pouvez vous contenter de scripts formalisés, parce que les individus et les situations ne sont pas réductibles à des procédures désincarnées. Ces artefacts ne concernent pas seulement Pôle Emploi, mais ils s’y avèrent particulièrement dangereux car les situations sont souvent de grande détresse et il y a de la colère.

 

 

Il faut de la procédure et de la règle, mais il faut s’assurer qu’elle puisse rester vivante, ce qui suppose du métier et de la coopération. Cela suppose de recruter, mais pas seulement. Cela impose un vrai travail institutionnel.

Les 2 000 postes qui ont été créés sont loin de faire reculer autant que nécessaire la précarité des statuts des agents. Or la précarisation empêche l’accumulation de l’expérience. En outre, le statut du chômeur et de celui qui le reçoit sont alors trop proches. Contrairement à ce qu’on croit parfois, cela crée plus souvent de la peur que de la solidarité ; et le conseiller peut alors avoir tendance à se protéger du chômeur par les procédures formalisées.

Le récent rapport du médiateur de Pôle Emploi montre qu’il y a du respect pour les chômeurs de la part des conseillers, mais qu’il est très difficile pour eux de supporter cette vague de misère et de défiance qu’ils reçoivent en première ligne. Une telle exposition à la misère est mieux supportée si on travaille en équipe et si le statut des conseillers n’est pas précaire, car sinon, la porosité est inquiétante pour ceux qui sont les premiers à affronter les conséquences de la crise.

Peut-on faire la part de ce qui, dans ces dysfonctionnements, est lié à la fusion entre les Assedic et l’ANPE ?

Cela a joué un rôle négatif. Mais il faut désormais prendre acte de la fusion. On constate aujourd’hui qu’on a sous-estimé, dans cette fusion, la nécessité de marier des professionnalités différentes, autour desquelles il aurait été nécessaire de construire un vrai métier, en développant le travail en commun et non les explications de textes. Alors que la fusion aurait pu être l’occasion d’augmenter l’expertise, elle l’a diminuée, faute de coopération, de temps et d’intelligence. Le défaut de fabrication de départ est flagrant, mais on peut encore agir car les agents n’ont pas baissé les bras. Et donc cesser de standardiser la relation de service au guichet, en segmentant les publics et en essayant de faire des sous-catégories, comme si les chômeurs étaient des produits.

Les radiations automatiques, à propos desquelles le médiateur de Pôle Emploi, Jean-Louis Walter, a récemment tiré la sonnette d’alarme, sont-elles à proscrire ?

C’est évidemment une mesure urgente. Le fait que les radiations automatiques aient augmenté de 25 % au mois de décembre 2012 montre qu’il s’agit avant tout de faire baisser le chiffre du chômage sur l’année, et, encore une fois, de s’occuper du chômage et non des chômeurs. Les radiations automatiques de ceux qui ont raté les rendez-vous téléphoniques donnés par Pôle Emploi sont à proscrire.

 

Existe-t-il des pays où le traitement du chômage se passe mieux ?

Si on pense à l’Allemagne ou à la Suisse, on peut avoir l’impression que cela se passe mieux. Mais cela n’est sans doute pas seulement lié à une meilleure organisation du travail dans les agences. Le sentiment d’injustice face au chômage n’est pas identique dans tous les pays. En France, l’histoire sociale accentue le fait que se retrouver au chômage est vécu davantage comme une injustice que comme une incompétence personnelle.

Retrouvez aussi le reportage audio : Pôle Emploi, un conseiller pour 500 chômeurs.

 


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