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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:17

 

 

Marianne - Mardi 20 Novembre 2012 à 12:00

 

Propos recueillis par Aude Lancelin

 

Le patron de la Villa Gillet, institution culturelle lyonnaise qui fête cette année ses 25 ans, lance ce mardi 20 novembre un festival international d'idées d'une ampleur inédite. Rencontre.

 

Guy Walter : l'appel de l'intelligence

Il y a Cannes pour le cinéma, il y a Avignon pour le théâtre, il y a désormais Lyon pour la littérature. En créant les Assises internationales du roman en 2007, Guy Walter n'aurait jamais pu imaginer un tel succès. Chaque printemps, le gotha des lettres françaises et même mondiales joue désormais des coudes pour se rendre dans la capitale des Gaules devant des salles de 1 000 personnes, réputées pour la qualité alchimique de leur écoute.

Bosseur infatigable, sélectionneur très exigeant, l'écrivain et ancien prof de lettres de 57 ans, passionné de Bossuet autant que de French Theory, s'est cet hiver fixé un nouveau défi. L'année des 25 ans de la Villa Gillet, institution qu'il dirige depuis 1989, il se lance dans la création de Mode d'emploi, «festival des idées» en partenariat avec le Centre national du livre (CNL), événement auquel Marianne s'est également associé (renseignements sur www.festival-modemploi.net ).

Du 20 novembre au 2 décembre, une centaine de philosophes, d'acteurs de la société civile, d'artistes, de théologiens et de politologues seront ainsi réunis pour débattre ensemble du changement climatique, du mal, du cyborg, de la liberté sexuelle, des neurosciences ou encore de l'avenir politique des religions, dans le cadre de tables rondes internationales ciselées, loin du tout-venant des forums trop souvent proposés au public français.

Sa méthode de programmation, engagée, ambitieuse, unique en son genre, Guy Walter, qui refuse pourtant le terme de «programmateur», trop impersonnel, l'a notamment testée depuis trois ans à New York, dans le cadre du programme Walls And Bridges, dont nous avions pu observer l'originalité sur place en 2010. Epaulé par le producteur Marin Karmitz, alors en charge du Conseil pour la création artistique (CCA), Guy Walter y avait réussi la prouesse d'amener un vrai public américain - soit à peu près le plus difficile à déplacer du monde - à la rencontre de nouveaux intellectuels français, à la mythique NY Public Library ou dans des librairies de Brooklyn.

Aujourd'hui, avec Mode d'emploi, l'enjeu est à nouveau de taille. Rien de moins que de tenter de redonner à la France un peu de son lustre philosophique et de son rang perdu de «méridien de Greenwich» des sciences humaines mondiales. C'est peu de dire que tous nos vœux accompagnent ce chantier monumental.

Marianne : La pensée française a beaucoup perdu en poids depuis les années 70. Pensez-vous que notre pays puisse un jour redevenir ce grand carrefour intellectuel international que vous appelez de vos vœux ?

Guy Walter : De par mon âge, j'ai traversé la belle époque des sciences humaines et sociales. En 1973, j'ai fait ma classe de philo en pleine efflorescence. Comme tous les gens de ma génération, j'ai lu passionnément Michel de Certeau, Foucault, Deleuze, même si je n'ai jamais été pris totalement dans un effet de génération, car j'ai aussi toujours été un grand lecteur de «hors temps», du XVIIe siècle notamment. Je suis donc sensible, bien sûr, à cette fin de l'âge d'or que vous pointez. Mais soyons précis. Ce qui a longtemps disparu, ce n'est pas tant l'intelligence dans le domaine des sciences sociales et de la philosophie que la force intime des écritures et le goût du style. On a en effet glissé vers des exercices plus scientifiques, des travaux d'experts qui n'engageaient plus une vision du monde. Je pense cependant que cette période est en train de s'achever. Depuis le début des années 2000, je vois revenir des plumes, des auteurs qui s'engagent dans une aventure de la pensée et sont porteurs d'une réflexion beaucoup plus incarnée.

Vous pensez à qui ?

G.W. : Je pense par exemple à des gens comme Pierre Zaoui, Pierre Cassou-Noguès ou Thierry Hoquet, des intellectuels qui reviennent vers la philosophie justement, qui essayent de dessiner des territoires personnels avec de vraies focales.

Ils ne sont toutefois connus que d'un public assez happy few...

G.W. : Il n'y a pourtant pas plus de technicité chez eux qu'il n'y en avait chez Foucault, à l'époque où ses livres étaient des best-sellers. Simplement, les philosophes ne sont plus invités à la télévision aux heures de grande écoute ou dans les radios généralistes. Pourquoi ? On prétend que ça va être trop compliqué, qu'il faut s'adapter à la capacité d'écoute des gens. C'est inouï. J'ai un credo qui me guide dans ce que je fais : je pense que la complexité est un bien public. Mon travail, ce n'est pas de rendre les choses plus simples, mais de les rendre plus complexes justement. Je suis absolument convaincu qu'il y a une ruse idéologique qui consiste à aliéner l'appétit d'intelligence, qui est pourtant évident chez tout le monde. Au fond, personne ne veut prendre le risque de faire entendre ces paroles-là, là où elles pourraient l'être. Il est vrai aussi que trop peu de médiateurs culturels et de journalistes prennent le risque de réfléchir vraiment à leur propre travail. Penser vraiment est toujours une mise en danger.

Pour vous, ce sentiment que l'on peut avoir de ne pas voir émerger une nouvelle génération intellectuelle est donc moins dû à une réelle stérilité qu'à un délabrement du champ médiatique et de l'écosystème de transmission de la pensée en France ?

G.W. : Oui, ça, je le pense. Il faut sortir du marketing culturel neutralisant où tout vaut tout. Il faut cesser de voir les livres comme de simples produits sur le marché. A chaque époque, ceux-ci sont issus de tout un paysage intellectuel collectif qu'il faut essayer de dessiner et de comprendre. A ce moment-là, les œuvres commencent à dialoguer les unes avec les autres, on peut recréer une véritable socialité intellectuelle, être dans cette énergie architecturante qui a existé dans les années 70. Chacun prenait alors position par rapport aux autres pensées. Je ne crois pas du tout à la fin des idéologies, c'est une formule creuse. Mais il est certain qu'aujourd'hui on fait moins équipe. A l'exception de tentatives comme la revue Vacarme, par exemple.

Même ce genre de revues le fait aujourd'hui de façon cloisonnée, dans une sorte d'entre-soi, vous ne trouvez pas ? D'après ma propre expérience, rien n'est plus difficile, par exemple, que de mettre un bourdieusien en face d'un de ses adversaires idéologiques...

G.W. : Ah ça, c'est sûr [rires]. D'ailleurs, le cas s'est présenté récemment en préparant le programme de Mode d'emploi. Un grand nom de la sociologie a refusé catégoriquement de dialoguer avec quelque libéral que ce soit. Et j'ai essuyé d'autres refus du même genre. Pour moi, c'est une faute morale. La pensée est toujours agonistique, le conflit d'idées est porteur d'énergie, c'est ainsi, il faut l'accepter. Il y a d'ailleurs pas mal d'invités qu'on pourrait cataloguer à droite dans ce programme. Alain Bauer, par exemple, qui évoquera la question de la sécurité avec le prof de droit américain Jeffrey Rosen. Cela m'est déjà vivement reproché.

Vous pourriez inviter des gens catalogués comme plus sulfureux encore ? Quelqu'un comme Alain de Benoist, par exemple ?

G.W. : Je n'ai pas beaucoup d'estime pour son travail, donc je ne le ferai pas, mais je pourrais le faire, oui. Au fond, les deux seuls grands problèmes que j'ai rencontrés dans la programmation depuis des années, c'était avec des médiatiques, étrangement. Quand on a invité Alain Finkielkraut il y a quatre ou cinq ans, nous avons reçu de nombreux mails de menaces. Beaucoup de gens voyaient cette invitation comme une trahison. Que je sache, pourtant, c'est un intellectuel conservateur, sans doute, mais courageux et ferme, et qui compte beaucoup dans le paysage français. On peut être irrité par ses propos, mais je ne vois pas à quel titre on ne les discuterait pas dans un espace démocratique de pensée. L'autre cas, c'était BHL, au moment de la parution d'American Vertigo. Il y avait 1 000 personnes dans la salle, dont au moins 500 détracteurs. Ce fut une séance extrêmement intense, je crois qu'il en est sorti vainqueur.

Quel public se déplace aujourd'hui pour écouter des sciences humaines ?

G.W. : Tous ceux que la joie de l'intelligence réunit. Des lecteurs et des citoyens. Quand les gens ont le sentiment qu'une vraie question est posée, ils viennent. Le débat où il y a actuellement le plus de préréservations pour Mode d'emploi, c'est celui sur le mal avec Bruno Cotte, magistrat au TPI, avec le philosophe Ruwen Ogien et un théologien de l'école de Jérusalem [le 2 décembre à 14 h 30]. Je crois vraiment au plaisir de la pensée et à la force des assemblées. Il y a un Eros de la pensée, un plaisir inouï à écouter des gens se parler. Je garde, à cet égard, un souvenir ébloui du dialogue que nous avions organisé entre le théoricien de l'art Carlo Ginzburg et Paul Holdengräber, l'intervieweur de la New York Public Library. A la fin, le public les a ovationnés debout. Ginzburg a une telle générosité que, soudain, le public a eu le sentiment de pénétrer dans le labyrinthe de sa pensée. Evidemment, cela crée une jubilation incroyable.

Vous êtes un acteur culturel français désormais très courtisé. On vous a déjà proposé de quitter Lyon, notamment pour prendre la tête du prestigieux Festival d'automne à Paris, il y a deux ans. Pourquoi n'avoir pas cédé à la tentation de la capitale ?

G.W. : Paris n'est plus une plus-value aujourd'hui, et rien n'est plus ridicule à mes yeux que l'idée de carrière. Je resterai toujours là où je suis le plus utile, là où ma liberté d'action est la plus grande. Au fond, je ne sais pas comment ce truc a réussi, car tout aurait dû rater ! [Rires] Je suis superintello, je suis assez radicalement moi-même, je fais peu de concessions, je n'aime pas les stratégies, je suis toujours persuadé qu'il faut convaincre plutôt que séduire, bref, ça partait mal. Je suis un mixte assez improbable : j'aime l'aristocratie de l'esprit, mais je suis un dandy démocrate. Je crois profondément en l'appel de l'intelligence. Je pense que tout le monde y répond. 

 

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:09

 

Marianne - Mardi 20 Novembre 2012 à 09:29

 

 

 

JPDN/SIPA
JPDN/SIPA
C’était assez attendu, mais cela fait mal : l’agence financière Moody’s  a annoncé cette nuit  la dégradation de la note de la dette publique de la France, qui passe de Aaa à Aa1.

C’est la deuxième agence à procéder ainsi, après Standard & Poor’s, en janvier dernier.  Ce qui est le plus difficile à avaler pour le gouvernement socialiste, c’est que non seulement Moody’s reprend grosso modo les arguments de The Economist (marché du travail rigide, marché des services segmentés, etc.), qui a fait de la France « l’homme malade de l’Europe », mais en plus, prend à revers les récents efforts réformistes de François Hollande, en particulier après les décisions consécutives au rapport Gallois. Mais ils seront insuffisants à garantir l’économie de l’Hexagone face à un « prochain choc dans la zone euro ». Bonjour la confiance dans le « pacte de compétitivité » !


Deuxièmement, et c’est plus logique, Moody’s rejoint les critiques à l’encontre de la politique d’austérité concertée dans la zone euro rendant improbable les perspectives de croissance affichées par le gouvernement français (0,8% en 2013) et donc sa capacité à réduire le déficit sous les 3% du PIB. Les deux piliers de la politique économique de François Hollande sont déclarés minées.  Au Bourget le candidat Hollande avait dénoncé : « mon adversaire, c’est la finance ». Il ne se trompait pas : l’hydre vient juste de montrer le bout de son museau, et c'est aujourd'hui que le véritable combat débute… 

Car là où est le paradoxe, c’est que les « marchés », représentés par Moody’s et Standard & Poor’s, qui sont d’une certaine manière l’expression de leurs inquiétudes ou de leurs exigences, reconnaissent que le pays est dans la bonne direction, mais  ils attribuent un handicap à la France, comme on le fait pour un cheval de course, à qui on rajoute quelques kilos pour lui rendre l’épreuve plus difficile. Car la dégradation veut dire, à terme, un  service de la dette plus lourd pour le budget, puisque les notes sont prises en compte par les investisseurs, notamment les fonds de placements collectifs, donc plus de difficultés encore pour l’économie française. 

Pour la plupart, les gérants de fonds doivent placer l’argent des épargnants dans des produits notés « triple A », par au moins deux agences notoirement connues. Or dans cette catégorie, ne reste que Fitch qui conserve la meilleure note à la dette française.

Quand les fonds commenceront-ils à se détourner des obligations d’Etat et donc provoqueront l’augmentation des taux d’intérêts ? Difficile à dire. Actuellement les taux d’intérêt sont historiquement bas juste au-dessus de 2%. Le budget 2013 prévoit d’ailleurs un taux moyen plus élevé en 2013, soit 2,9%. Mais la France sera avec 171 milliards d’émissions d’obligations le premier emprunteur de la zone euro, devant l’Italie. Cela peut être une chance : dans un marché obligataire européen en réduction générale, et alors que tout le monde  se méfie de tout le monde, les « bons » français très liquides (c’est à dire facile à revendre), peuvent demeurer le seul moyen de placer l’épargne très abondante. Au contraire cela peut provoquer une panique dans la zone euro et en dehors. Si la France n’est pas sûre, ne reste que la dette allemande, alors que Berlin émet très peu de « bunds »…

Le plus probable, c’est que la France soit sanctionnée lorsque la croissance sera revenue ! Car alors, les investisseurs auront alors beaucoup d’opportunités de placement rentables.


Si François Hollande veut réellement combattre « la finance » il doit alors piloter rapidement une opération de « renationalisation de la dette ». Car si la France est placée à la merci des agences et des investisseurs étrangers, c’est parce qu’elle a choisi dans les années 1980 et 1990 d’internationaliser ses emprunts, pour « vendre » la dette publique à l’étranger. Actuellement 63% des emprunts d’Etat sont détenus par des non résidents en France , contre 23% en 1998. Le stock de créances détenues par des étrangers est de 1150 milliards.
Une arme lourde en possession de gens chatouilleux. 

Lire la suite sur le blog d'Hervé Nathan : « Antibobards ».

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:01

 

 

Rue89 - Ayrault airport 18/02/2012 à 18h36
Sophie Caillat | Journaliste Rue89

 

Alors que la construction de l’aéroport nantais semble inéluctable, une poignée d’irréductibles opposants rêve d’une mobilisation semblable à celle du Larzac.

 

 


Le local des opposants, « La Vache rit » (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

 

(De Nantes) C’est l’histoire d’une ville de province qui se prenait pour une capitale. Son maire, Jean-Marc Ayrault, ne parle plus du « projet » de Notre-Dame-des-Landes, mais d’un aéroport du Grand-Ouest qui est « en train de se faire ». Ce conseiller spécial de François Hollande, que l’on dit « ministrable », a convaincu le candidat PS d’inscrire dans son programme la poursuite de ce projet, vieux de plus de quarante ans, soutenu par la droite locale, indispensable à la région. Circulez, y a rien à voir.

Pour nombre de Nantais, il est trop tard pour inverser le cours de l’histoire. La question de l’aéroport a été écartée de l’accord de gouvernement PS-EELV, et chaque jour dans la presse locale, le syndicat mixte annonce le « décollage imminent “ du futur aéroport.

Présentation du projet d’aéroport par Vinci

Guidée par Ariel Aliega, producteur chilien marié à la fille d’un agriculteur de Notre-Dame-des-Landes, je suis allée à la rencontre de ceux qui peuvent apparaître, vus de Paris, comme des jusqu’au-boutistes défendant leur pré carré, des écolos radicaux refusant le progrès, des décroissants préférant les petits oiseaux à l’emploi. Et je suis tombée sur des citoyens de tous horizons politiques, prônant la bonne gestion des deniers publics, en révolte contre les ‘mensonges’ de l’oligarchie, où les deux partis majoritaires sont alliés aux intérêts économiques des géants du BTP.

‘Décider de la société dans laquelle on veut vivre’

Odile Martin se gèle cet après-midi-là, place Royale à Nantes. C’est son tour de tenir la ‘vigie citoyenne’, montée il y a trois ans sur le modèle de celle installée devant le siège de l’OMS à Genève pour demander la vérité sur l’après-Tchernobyl. Odile alpague les passants un par un. Certains ajoutent leur signature aux 25 000 déjà recueillies contre l’aéroport. Odile :

‘Il s’agit de décider de la société dans laquelle on veut vivre. Il n’y a qu’une personne sur dix qui soutient cet aéroport, mais les gens ne vont pas s’afficher. Nantes est certes une ville socialiste, mais bourgeoise.’


La vigie citoyenne à Nantes (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

 

Débordement par la gauche

A première vue, l’affaire Notre-Dame-des-Landes ressemble à un Larzac qui n’aurait pas trouvé son José Bové.

Après le premier Camp action climat de 2009, quelques dizaines de manifestants ont commencé à squatter des friches et maisons vides. Ces promoteurs de l’autogestion sont toujours sur la lande, mais bien cachés derrière les haies. L’été dernier, des violences avaient éclaté en marge d’une manifestation, et les militants historiques avaient craint que leur mouvement ne soit discrédité.

 


Ariel Aliega (Sophie Verney-Caillat)

 

‘En 2014, toute cette histoire sera oubliée’, prophétise Cyril Bouligand, dont la ferme est située à 10 km de la future tour de contrôle.

Quand le promoteur Vinci l’a invité à participer à la ‘ferme pédagogique’ projetée à la sortie de l’aérogare ‘haute qualité environnementale’, il a répondu que c’était ‘odieux de vouloir nous mettre dans un zoo’. Depuis, il boycotte les réunions, empêche le rachat de ses terres, et attend les bulldozers.

‘Ce sont les contribuables qui paieront la facture’

Christian Grisollet consacre son temps libre à la distribution du tract ‘Danger et bruit, mensonges et propagande’, dans 100 000 boîtes aux lettres de l’agglomération nantaise. Ce formateur technique, pas personnellement concerné par le futur aéroport, est l’un des coprésidents de l’Acipa, l’association citoyenne, qui revendique 3 000 cotisants dont une cinquantaine de membres très actifs. Il nous jure que ‘la mobilisation grandit’ :

‘Depuis la crise, les gens ont compris qu’on a bien d’autres choses à faire avec l’argent public. Vinci a promis 12% de rentabilité à ses actionnaires et si l’aéroport est déficitaire, ce sont les contribuables qui paieront la facture. C’est un cas d’école de ce qu’il ne faut plus faire.’

Une étude prône l’optimisation de Nantes-Altantique

Désormais, c’est sur le terrain économique que les opposants combattent le maire et ses soutiens (l’UMP locale, le conseil général et régional, la chambre de commerce et bien sûr Vinci le concessionnaire).


L’aéroport de Nantes-Atlantique (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

 

L’ancienne maire de Bouguenais, la commune où est situé l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique, conseillère générale Front de Gauche, a pris la tête du Collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport (le Cedpa, regroupant écologistes, Front de Gauche, NPA, MoDem, une moitié de locaux, une moitié de nationaux) créé en 2009.

Françoise Verchère explique pourquoi il n’y a pas de ‘nimbysme (de Not in my backyard’, pas dans ma cour arrière en anglais) dans cette lutte :

‘Notre credo est : ni ici ni ailleurs, c’est un projet inutile. Je n’arrive pas à comprendre comment les gens de gauche que je connais déroulent un tel tapis rouge à Vinci.’

Espérant se faire mieux entendre, le millier d’élus du Cedpa a trouvé 20 000 euros pour faire faire une analyse indépendante. Le cabinet hollandais CE Delft, connu pour ses études d’impact économique des grands projets, a rendu en octobre un document de 50 pages qui démonte point par point les scénarios sur lesquels se fonde la Déclaration d’utilité publique (DUP) (décret du 9 février 2008) du projet d’aéroport. Florilège des erreurs relevées :

 

Voir le document

(Fichier PDF)

  • le prix du pétrole est projeté comme étant 15 à 50% moins cher que ce qu’il est réellement ;
  • le marché des émissions de CO2, qui renchérit le coût de l’aviation, a été omis ;
  • la nouvelle liaison TGV Rennes-Paris prévue pour 2020-2025 devrait inciter beaucoup de Rennais à prendre l’avion à Paris plutôt qu’à Notre-Dame-des-Landes ;
  • si le tram-train pour l’aéroport ne se fait pas tout de suite (or son coût n’est pas dans le budget prévu), cela oblige nombre de passagers à venir en voiture et engendre des coûts de parking élevés...

Et de conclure :

‘L’optimisation de Nantes-Atlantique apparaît plus génératrice de richesses pour la France que la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.’

‘C’est de la spoliation’

 


Un autocollant anti-Notre-Dame-des-Landes sur une voiture (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

 

Etienne Boittin lance des procédures tous azimuts pour tenter de bloquer les bulldozers, programmés pour 2014 :

‘Parcelle par parcelle, je conteste devant le tribunal administratif les arrêtés de cessibilité de 23 requérants. Tous les jours, j’attaque les actes d’expropriation que reçoivent les agriculteurs.

Les indemnités proposées aux propriétaires sont de 16 centimes par m2, alors que l’un d’eux a acheté son terrain 24 centimes par m2 en 1977. Je demande 5 euros et je considère qu’en-dessous d’1 euro, c’est de la spoliation.’

‘On n’y a jamais cru à leurs prévisions’

Gérard Lefèvre, le directeur du Syndicat mixte Aéroport Grand-Ouest réagit tranquillement sur l’analyse économique du cabinet néerlandais. Pour lui :

‘Il n’y a rien de nouveau dans les arguments des opposants. Cette étude est très sommaire par rapport à l’analyse de la DUP, et ces accusations sont un peu gratuites. Il n’y a pas de raison de dire qu’on ne sera pas aux 4 millions de voyageurs par an à l’ouverture.’

Pas de raison, sauf que, se souvient Michel Tarin, agriculteur à la retraite et mémoire de la résistance à l’aéroport :


Michel Tarin (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

‘Les politiques rêvaient d’un aéroport intercontinental comme Roissy et ses 55 millions de passagers, mais Nantes a vocation à rester une plateforme régionale.

En France, on a déjà 147 aéroports dont 14 dans le Grand-Ouest, on n’a pas besoin d’un quinzième. Regardez l’aéroport d’Angers tout neuf, et quasi désert...

Lui jure que pour l’exproprier, il faudra l’expulser. Il y aura peut-être des drames mais la violence sera de leur côté.’

Vinci, grand bénéficiaire de l’opération ?

Les militants s’appuient désormais sur l’expertise technique de spécialistes de l’aéronautique. Thierry Masson est pilote de ligne chez Air France. Piqué au vif un jour de 2007 où il entend dire que le survol de Nantes est ‘dangereux’, il s’engage :

‘Certes, pour atterrir, il faut survoler la ville. Si on veut interdire les survols, il faudra fermer Toulouse, Marseille, Paris...’

Avec quelque 200 collègues, il se met à fournir des arguments aux opposants ‘dans l’ombre, hors de toute association, en raison des pressions que l’on subit de toutes parts’. Littérature de l’aviation civile en main, il démontre techniquement l’inutilité d’un nouvel aéroport à Nantes :

  • L’approche : ni relief ni météo particulièrement sensibles à Nantes-Atlantique ;
  • La capacité de la piste : l’actuelle (2 900 m + 100 m roulables et un taxiway parallèle) permet d’absorber 35 avions par heure, alors qu’il n’y en a que 10 à 12 actuellement ;
  • La capacité du terminal peut aller jusqu’à 4,1 millions de passagers, il y en a pour l’instant 3,2 millions par an ;
  • Les parkings : il y a un manque à Nantes-Atlantique, mais pourquoi ne pas en construire en étages comme ça se fait partout ailleurs ?
  • Les servitudes, c’est-à-dire le réseau reliant à l’aéroport : il y a justement des voies de chemin de fer s’arrêtant à 150 mètres de Nantes-Atlantique, et le tram a son terminus à 1 km, pourquoi ne pas le prolonger ?’

La communication officielle laisse croire à un transfert d’un aéroport désuet vers un autre tout neuf, mais en réalité, Nantes-Atlantique conservera sa piste pour les besoins de l’usine Airbus de Bouguenais, donc il y aura bien deux aéroports à Nantes.

Libérer des terrains dans cette partie sud-ouest de l’agglomération répond surtout à une logique d’aménagement global : selon l’Insee, répète Jean-Marc Ayrault, Nantes accueillera 150 000 habitants supplémentaires d’ici 2030.

Et c’est notamment le groupe Vinci, qui vient d’obtenir la concession de cinq aéroports de l’Ouest, qui aura le droit de construire de nouveaux quartiers sur les terrains libérés. Le géant du BTP semble soumettre les pouvoirs publics à tous ses désirs. N’a-t-il pas obtenu d’agrandir les parkings du futur aéroport du Grand-Ouest de 7 000 à 11 000 places de parking, alors que les pistes ont été revues à la baisse, faute de moyens ?

MERCI RIVERAINS ! Malène
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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 17:54

 

 

Rue89 - Sylvain Gouz
Journaliste
Publié le 20/11/2012 à 10h43

 

 

Mais quand donc les institutions européennes (Commission européenne et chefs d’Etat ou de gouvernement, qui se réunissent ces tout prochains jours en Conseil) vont-elles reconnaître ce qui est aujourd’hui un secret de Polichinelle : l’Europe se condamne à la récession généralisée, à une sorte d’auto-mutilation, si elle ne bouscule pas le calendrier dit du retour aux équilibres budgétaires dans tous les pays qui la composent ?

Tout le monde le sait dans le petit monde des gouvernants et de la finance : à vouloir rétablir les équilibres budgétaires à marche forcée, les pays européens s’enfonceront dans la crise. Tout le monde le sait et bien peu osent le dire à haute voix. Quelques hiérarques socialistes français s’y sont risqués tel Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, qui, à la mi-octobre, soulignait le « côté absurde » de l’objectif de retour à ce fameux chiffre de 3% de déficit pour la France en 2013.

Assez sèchement recadré sur l’heure par le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, Claude Bartolone l’a été également, mais de manière plus nuancée, par le président de la République lors de sa dernière conférence de presse.

3% : objectif maintenu, mais...

Qu’a déclaré en substance le président de la République ? Qu’il maintenait fermement cet objectif des 3% et qu’en aucun cas il ne prendrait l’initiative de demander une révision de cet objectif, confiance des marchés et engagement devant les électeurs obligent. Et ce n’est pas la petite volée de bois vert – dont Pierre Moscovici a accusé réception – que vient d’administrer l’agence Moody’s en dégradant d’un cran la « note » française, qui modifiera cette posture…

… mais François Hollande ajoutait qu’il comptait « en même temps sur la volonté de croissance et la souplesse qui doivent être la marque de l’Europe ». Voilà pour la France qui ne se veut et ne peut donc pas s’afficher à la manœuvre.

Allemagne : alerte sur la croissance

Tel n’est pas le cas de l’Allemagne. La performance de croissance allemande du troisième trimestre (0,2%, comme en France, du reste) est un clignotant inquiétant. Plus alarmiste que ce chiffre est le rapport de la Bundesbank publié ce lundi (voir le commentaire qu’en donne Challenge) : plafonnement des exportations, chômage à la hausse, détérioration des comptes publics…

La raison en est toute simple : l’économie allemande est construite sur les exportations ; la Chine, un des débouchés importants de l’industrie allemande ralentit et se referme ; les pays européens, l’autre grand débouché, sont à l’arrêt, l’Union européenne se trouvant globalement en récession. C’est tout bête : si les uns n’ont plus les moyens d’importer, les autres n’arrivent plus à exporter.

Et voilà pourquoi Angela Merkel, confrontée à des élections générales dans moins d’un an, se trouve contrainte de mettre de l’eau dans son vin économico-libéral et de faire montre d’une souplesse inhabituelle chez elle. Plus encore que François Hollande, elle a un intérêt majeur à ce que la croissance frémisse un peu plus en Europe et à ce que les politiques d’austérité se modèrent.

L’austérité contre-productive

Et puis il y a les pays qui paient déjà le prix fort au principe de retour accéléré à l’équilibre de leurs comptes : Grèce, Portugal, Espagne, Italie, Irlande...

Déjà la Grèce et l’Espagne ont obtenu des reports d’échéances pour certains de leurs engagements. Athènes compte sur un nouveau report pour éviter une nouvelle crise politique qui menace.

Tous en tout cas constatent que la potion « austérité » (coupes sombres dans les dépenses publiques, privatisations…) mitonnée par la Commission européenne et le FMI ne produit pas les effets escomptés, bien au contraire.

Ne rien voir, ne rien entendre

En principe, le Conseil européen de jeudi et vendredi doit être consacré à la préparation du budget futur de l’Union européenne. Sujet d’importance certes, qui verra la Grande-Bretagne, seule contre presque tous, réclamer une diminution des fonds européens.

Mais au-delà, sauf à se fermer les yeux – face à la dégringolade de la croissance – et à se boucher les oreilles – face aux clameurs protestataires qui montent des pays plongés dans la récession – les dirigeants européens doivent admettre que « le roi est nu ». Autrement dit que la stratégie actuelle les conduit tous – peut-être par des chemins différents – dans le mur et que donc le temps est venu de « donner du temps au temps ». Même les « marchés » applaudiront.

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 17:34

 

 

Rue89 - Arrêt sur images 20/11/2012 à 09h46
Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

Tiens, pendant ce temps-là, on a perdu le triple A. Encore ? On ne l’avait pas déjà perdu ? Si. Mais la première fois, c’était Standard and Poor’s. Aujourd’hui, c’est Moody’s. Ah. Bien. Tu me le mets en titre, coco, mais seulement en deuxième titre, après Copé, hein. Copé, c’est quand même plus important.

Si la deuxième dégradation de la France semble susciter moins d’émotion que la première (on se souvient du feuilleton haletant de la première perte du triple A, en janvier dernier, de la lutte héroïque et vaine de Sarkozy pour le conserver) c’est que les conséquences ont été loin de celles qui étaient redoutées.

Non seulement la France n’emprunte pas plus cher sur « lémarchés », mais elle emprunte moins cher. Dans un article de vendredi dernier, signé Clément Lacombe, Le Monde totalisait les économies théoriques que ce discount sur le crédit ferait faire à l’Etat.

Dès 2012, l’Etat aura gagné 2,4 milliards, soit l’équivalent du budget annuel de la Culture (hors médias, livres, et industries culturelles). Et entre 2010 et 2019, les économies théoriques pourraient atteindre 70 milliards d’euros. Vous ne l’avez pas lu en titre ? Non. The Economist, Aphatie, BFM Business, n’en ont pas fait leur sujet du jour ? Non. Cette bonne nouvelle, il fallait aller la chercher en page 14 du Monde.

Les bonnes nouvelles ne font pas vendre

Pourquoi une telle nouvelle ne fait-elle pas les gros titres ? On peut supputer plusieurs raisons. D’abord, article 1, parce que « lémédias » n’aiment pas les bonnes nouvelles, qui ne font pas vendre. Ensuite, parce que pour des raisons que vous ne comprendriez pas, bande d’écervelés, ce n’est pas une vraie bonne nouvelle. Je tente tout de même de vous expliquer.

Si lémarchés « regardaient vraiment l’état des finances publiques et de l’économie, les taux français seraient loin de ces niveaux », explique un banquier au Monde. Et un autre banquier d’exprimer son inquiétude : « C’est fou, c’est très inquiétant et montre l’ampleur de la crise. » Autrement dit, lémarchés sont mal informés. Ils ne regardent pas BFM Business. Ils ne lisent pas Le Monde. Ils ne connaissent même pas The Economist. On le leur cache soigneusement. Le jour où un banquier, passant par hasard devant un kiosque de la City, va tomber sur les baguettes explosives de The Economist, alors ce jour-là, petits Frenchies, va falloir planquer vos abattis.

La presse éco nous raconte n’importe quoi

Comme l’écrit Clément Lacombe, « ces calculs donnent la mesure des défis qui attendraient la France si jamais la confiance des marchés venait brutalement à s’inverser ». Relisez cette phrase magnifique d’éco-fiction. Il fait beau, certes, mais il pourrait brutalement pleuvoir, et alors ça mouillerait grave.

A ce stade, vous pourriez conclure que la presse économique nous raconte n’importe quoi. Je ne peux pas vous donner tort. Et il en est une qui le dit mieux que moi, c’est notre « éconaute » préférée, Anne-Sophie Jacques qui, heureuse coïncidence, publie ces jours-ci un petit manuel de résistance au matraquage médiatico-économique, « La Crise et moi ».

Je ne saurais trop vous conseiller d’en acheter des pelletées entières, et de le distribuer généreusement autour de vous. C’est un antidote efficace, doublé d’un excellent investissement.

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 17:24

 

 

LE MONDE | 20.11.2012 à 08h31 • Mis à jour le 20.11.2012 à 10h55 Par Elise Vincent

 

 

 
Vue du centre de rétention administrative de Lyon.

Pour la deuxième année consécutive, les cinq associations qui interviennent dans les centres de rétention pour faire de l'assistance juridique aux étrangers en instance d'expulsion (la Cimade, France Terre d'asile, l'Ordre de Malte, Forum réfugiés et l'Assfam) ont rendu public, mardi 20 novembre, leur rapport annuel. L'enjeu de ce document : établir un premier bilan de la mise en application de la loi Besson sur l'immigration, entrée en vigueur en juin 2011.

L'un des principaux changements introduits par la loi est une mesure technique qui a fortement bousculé l'organisation de la rétention durant l'année écoulée: le recul du deuxième au cinquième jour du passage de l'étranger en situation irrégulière en rétention devant le juge judiciaire. En 2011, 25 % des personnes ont ainsi été éloignées avant même de le rencontrer, contre 8 % auparavant.
Une évolution problématique au regard des droits de la défense, selon les associations.

 

ÉLOIGNER LES ÉTRANGERS AVANT QU'ILS NE RENCONTRENT LE JUGE JUDICIAIRE

Officiellement, l'esprit de la loi Besson était de simplifier la procédure. Dès son arrivée en rétention, l'étranger passe en effet déjà devant un premier juge – administratif celui-là – qui examine la légalité de la décision d'éloignement. Mais, dans les faits, le gouvernement de l'époque souhaitait surtout se donner du temps pour éloigner les étrangers avant qu'ils ne rencontrent le juge judiciaire. Un juge qui, dans la pratique, est celui qui annule le plus de procédures et libère le plus.

Cette réforme du moment d'intervention du juge judiciaire a eu un autre effet : la baisse du nombre d'assignations à résidence. Alors que 1 150 personnes avaient pu bénéficier de cet aménagement de peine en 2010 (presque 5 % du total), seules 425 y ont eu droit en 2011, soit moins de 2 %. Auparavant, c'est en effet le juge judiciaire qui était souvent amené à prendre une telle décision.

L'autre grande modification introduite par la loi Besson est la possibilité, en plus de l'expulsion, de prononcer à l'égard de l'étranger en situation irrégulière une mesure dite d'"interdiction de retour sur le territoire français" (IRTF) pour une durée de deux ou trois ans. L'administration s'est tout de suite saisie de cet outil. Quelque 4270 IRTF ont été prononcées en 2011, soit dans 12 % des cas. Or, dans la pratique, un certain nombre d'étrangers reviennent malgré tout en France après leur expulsion, ce qui limite d'autant les possibilités de régularisation, selon les associations.

 

LA DURÉE EN RÉTENTION RALLONGÉE

La loi Besson a par ailleurs augmenté la durée maximum légale de rétention de 32 à 45 jours. Cette possibilité s'est traduite par un léger allongement de la durée de rétention moyenne: 7,9 jours avant l'entrée en vigueur de la loi, contre 11,2 jours après. "Comme les années précédentes, notent toutefois les associations, pour 85 % des personnes, la rétention s'est terminée avant la fin du 17e jour." D'après les données recueillies par les cinq associations, plus de 70% des étrangers en situation irrégulière qu'elles ont vu passer dans les centres de rétention en 2011 ont été interpellés lors de déplacements en voiture, sur la voie publique ou dans les transports en commun. Soit plus de 10 % d'augmentation par rapport à 2010. Les autres ont été interpellés aux frontières de l'Hexagone ou dans les gares.

Au cours de l'année 2011, la France a vu son système de rétention mis à mal par un retard dans la transposition d'une directive européenne, dite directive "retour" (Le Monde du 23 mars 2011). Ce retard a entraîné une "cacophonie" dans l'application de la loi en fonction des juges, pointe le rapport. Un dysfonctionnement qui s'est traduit par une chute de 30 % des placements en rétention d'avril à juillet 2011.

Le rapport ne dit pas si ce contexte a eu un impact sur le taux global des expulsions. Mais, en 2011, malgré les durcissements législatifs de la loi Besson, la part des étrangers placés en rétention qui ont finalement été reconduits à la frontière n'a presque pas bougé: 40%, contre 41% en 2010.

Elise Vincent

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 17:11

 

, par Audrey Garric



 

Nos vêtements sont-ils dangereux pour la santé ? C'est ce qu'affirme Greenpeace dans un rapport intitulé Les dessous toxiques de la mode, rendu public mardi 20 novembre, à Pékin. En cause : des substances chimiques susceptibles de provoquer des cancers et d'agir comme perturbateurs endocriniens, déréglant le fonctionnement hormonal et impactant les fonctions reproductives, détectées dans les produits de vingt grandes marques d'habillement.

 

Pour mener son enquête, l'ONG de défense de l'environnement a acheté, dans 29 pays, 141 produits textiles (jeans, pantalons, tee-shirts, robes et sous-vêtements), fabriqués notamment en Chine, au Vietnam, en Malaisie et aux Philippines. Puis elle a soumis ces textiles à des analyses.

 

 PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

Résultats : 63% des articles (89 produits) contiennent des éthoxylates de nonylphénols (NPE), composés chimiques fréquemment utilisés comme tensioactifs, notamment détergent et imperméabilisant, dans la production de textiles. Les concentrations les plus élevées (jusqu'à 45 000 mg/kg) ont été décelées dans des vêtements des marques C&A, Mango, Levi's, Zara, Metersbonwe, Jack & Jones et Marks & Spencers. 10% des échantillons dépassent par ailleurs le seuil de 1 000 mg/kg imposé par la législation européenne pour la fabrication de vêtements – mais pas pour l'importation.

Si ces vêtements ne se révèlent pas dangereux au contact, ils le deviennent une fois lavés. Les éthoxylates de nonylphénols se dégradent en effet dans l'eau en nonylphénol (NP), considéré comme un perturbateur endocrinien et classé comme substance dangereuse prioritaire par l'Union européenne. Ce sous-produit toxique peut, à terme, s'accumuler dans les sédiments des rivières puis dans la chaîne alimentaire par l'intermédiaire des poissons ou des champs (en cas d'épandage de boues d'épuration).

Autre perturbateur endocrinien pointé du doigt : des phtalates ont été détectés dans 31 articles comportant des impressions "plastisol", parmi lesquels quatre présentaient des concentrations très élevées (jusqu'à 38% du poids) : ceux de Tommy Hilfiger, Armani et Victoria's Secret. Or les phtalates migrent facilement dans l'environnement lors des lavages ou en fin de vie des produits. On peut les retrouver dans les denrées alimentaires ou les nappes phréatiques, et donc dans les tissus humains, le sang et les urines, rappelle le rapport.

Enfin, deux articles de la marque Zara contenaient des colorants azoïques qui peuvent libérer des amines cancérogènes. "Même si les niveaux de concentration restent en deçà des limites autorisées, il est inacceptable que des vêtements contiennent de telles substances", estime l'ONG.

 

ACCUMULATION DANS L'ENVIRONNEMENT

"Lorsque des milliards de vêtements contiennent des substances qui s'accumulent ensuite dans l'environnement, on ne peut plus parler de seuil acceptable d'un point de vue environnemental et sanitaire, estime Jérôme Frignet, chargé de campagne pour Greenpeace. Ces substances chimiques toxiques menacent à la fois durablement la santé des habitants vivant à proximité des usines textiles, dans les pays en développement, mais aussi l'environnement des pays de consommation comme la France."

Dans le cadre de sa campagne Detox, Greenpeace avait déjà publié en 2011 Dirty Laundry et Dirty Laundry 2, deux rapports qui montraient comment les fournisseurs de grands groupes textiles empoisonnaient l'eau de certains fleuves chinois avec leurs rejets, ces substances chimiques se retrouvant également dans les fibres des produits vendus.

L'ONG appelle alors les marques à s'engager à éliminer onze familles de substances chimiques de leur chaîne de production d'ici 2020. "Cela implique de trouver des produits de substitution, par le biais de la R&D, mais aussi de garantir la non-utilisation de ces substances par les fournisseurs", précise Jérôme Frignet.

Audrey Garric

Me suivre sur Facebook : Eco(lo) et sur Twitter : @audreygarric

Photo : AFP PHOTO/Mark RALSTON

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 16:21

 

 

1st December: European day of action against precariousness and social insecurity
1 de dezembro: Dia europeu de acção contra a precariedade e injustiça social
1 de diciembre: ¡Jornada europea de acción contra la precariedad!
1° dicembre : Giornata europea d’azione contro la precarietà
1η Δεκέμβρη: Ευρωπαϊκή Ημέρα Δράσης ενάντια στην Οικονομική Επισφάλεια!
1. Dezember: Europäischer Aktionstag gegen die soziale Unsicherheit
1 december: europæisk aktionsdag mod afhængighed og social usikkerhed!
1er décembre : journée européenne d'action contre la précarité !


 

[Français] 1er décembre: Journée européenne d'action contre la précarité !
Chômeurs, précaires, travailleurs, licenciés, retraités, étudiants, sans-papiers, sans-logis... : manifestons ensemble, le même jour en Europe, contre la précarité, pour construire une solidarité transnationale et avancer dans l'unification de nos mouvements.
L'agora99, rencontre européenne des mouvements sociaux réunis à Madrid en novembre, appelle dans la suite de la grève européenne du 14 novembre, à une journée européenne d'action contre la précarité le 1er décembre, ainsi qu'à l'élaboration d'une nouvelle charte des droits sociaux.
Quelle nouvelle charte imaginer et comment défendre ensemble nos droits ? Le 1er décembre, ouvrons le débat, et organisons partout où nous nous trouvons assemblées populaires, casserolades, manifestations, actions directes, occupations...

[English] 1st December: European day of action against precariousness and social insecurity!
This is a call to unemployed and precarious people, workers, retired, students, undocumented migrants, homeless… Let us all demonstrate together on the same day all over Europe against poverty-inducing policies in order to build transnational solidarity and to move forward in the convergence of our various movements.
In the wake of the European general strike on November 14, Agora99, a European conference of social movements meeting in Madrid in November (http://99agora.net/) calls for a European day of action against precariousness on December 1 as well as to the drafting of a new charter of social rights.
What new chart can we imagine and how to defend our rights together? On December 1 let us organize public debates, popular assemblies, cacerolas, marches, direct actions, occupations, etc.

[Portuguese] 1 de dezembro: Dia europeu de acção contra a precariedade e injustiça social
Este é um apelo aos desempregados e aos precários, trabalhadores, reformados, estudantes, migrantes sem papéis, sem abrigo,... Vamo-nos manifestar em conjunto, no mesmo dia, por toda a Europa, contra as políticas de empobrecimento, de forma a construir a solidariedade transnacional e a caminhar no sentido da convergência dos nossos vários movimentos.
No seguimento da greve geral europeia de 14 de novembro, a Agora99, encontro europeu de movimentos sociais em Madrid (http://99agora.net/) apela a um dia europeu de acção contra a precariedade, a 1 de dezembro, assim como à redacção duma nova carta de direitos sociais.
Que nova carta podemos imaginar e como defender os nossos direitos em conjunto? No dia 1 de dezembro, organizemos debates públicos, assembleias populares, caçaroladas, marchas, acções directas, ocupações, etc..

[Español] 1 de diciembre: ¡Jornada europea de acción contra la precariedad!
Cesantes, precarios, trabajadores, finiquitados, jubilados, estudiantes, indocumentados, sin techo...: manifestemos juntos, el mismo día en Europa, contra la precariedad, para construir una solidaridad transnacional y avanzar hacia la unificación de nuestros diversos movimientos.
El agora99, encuentro europeo de los movimientos sociales reunidos en Madrid en noviembre, llama a continuación de la huelga europea del 14 de noviembre, a una jornada europea de acción contra la precariedad el 1º de diciembre, así como a la redacción de una nueva carta de derechos sociales.
¿Qué nueva carta imaginar y cómo defender unidos nuestros derechos? El 1º de diciembre, abrimos el debate y organizamos en todas partes allí donde nos encontremos, asambleas populares, cacerolazos, manifestaciones, acciones directas, ocupaciones...

[Italianio] 1° dicembre : Giornata europea d’azione contro la precarietà
Disoccupati, precari, lavoratori, licenziati, pensionati, studenti, clandestini, sfrattati…. : manifestiamo insieme, lo stesso giorno in tutta Europa, contro la precarietà, per costruire una solidarietà transnazionale e far avanzare l’unità dei nostri movimenti.
L’agora99, incontro europeo dei movimenti sociali riuniti a Madrid nel mese di novembre, chiede di dar seguito allo sciopero europeo del 14 novembre con una giornata europea di azione contro la precarietà il 1° dicembre e di elaborare una nuova carta dei diritti sociali.
Che tipo di nuova carta? Come difendere insieme i nostri diritti? Il 1° dicembre apriamo la discussione e organizziamo ovunque ci troviamo delle assemblee popolari, cortei rumorosi, manifestazioni, azioni dirette, occupazioni….

[Greek] 1η Δεκέμβρη: Ευρωπαϊκή Ημέρα Δράσης ενάντια στην Οικονομική Επισφάλεια!
Άνεργοι, Επισφαλείς, Εργαζόμενοι, Απολυμένοι, Συνταξιούχοι, Φοιτητές, Μετανάστες "χωρίς-χαρτιά", Άστεγοι... : ας διαδηλώσουμε όλοι μαζί, πανευρωπαϊκά, κόντρα στην Οικονομική Επισφάλεια, για να οικοδομήσουμε μία δι-εθνική αλληλεγύη και να προχωρήσουμε στην ενοποίηση των κινημάτων μας.
Η Αγορά99, ευρωπαϊκή συνάντηση των κοινωνικών κινημάτων που συναντήθηκαν στη Μαδρίτη το Νοέμβρη, καλεί, σε συνέχεια της πανευρωπαϊκής απεργίας της 14ης Νοέμβρη, σε μία Ημέρα Δράσης ενάντια στην Οικονομική Επισφάλεια την 1η Δεκέμβρη.
Επίσης καλεί στην επεξεργασία μία νέας Χάρτας για τα Κοινωνικά Δικαιώματα.
Ποια καινούρια Χάρτα μπορούμε να φανταστούμε και πώς να προασπίσουμε όλοι μαζί τα δικαιώματά μας; Την 1η Δεκεμβρίου, ας ανοίξουμε τον διάλογο, και ας οργανώσουμε όπου κι αν βρισκόμαστε λαϊκές συνελεύσεις, κατσαρολάδες, διαδηλώσεις, άμεσες δράσεις,καταλήψεις...

[German] 1. Dezember: Europäischer Aktionstag gegen die soziale Unsicherheit
Arbeitslose, Geringverdiener, Arbeiter, entlassene Arbeitnehmer, Rentner, Studenten, Menschen ohne Papiere, ohne festen Wohnsitz… : lasst uns gemeinsam gegen die soziale Unsicherheit demonstrieren, am gleichen Tag in ganz Europa, um eine nationenübergreifende Solidarität zu schaffen und um die Vereinheitlichung unserer Bewegung voranzutreiben.
Agora 99, das europäische Treffen sozialer Bewegungen in Madrid im November ruft im Nachgang zum europäischen Streik am 14. November zu einem europäischen Aktionstag gegen soziale Unsicherheit am 1. Dezember sowie zur Erarbeitung einer neuen Sozialcharta auf.
Welche neue Charta ist vorstellbar und wie können wir gemeinsam unsere Rechte verteidigen? Am 1. Dezember eröffnen wir diese Debatte und organisieren überall dort, wo wir uns versammeln, öffentliche Vorträge, Demonstrationen, direktes Handeln, Beschäftigung…

[Danish] 1 december: europæisk aktionsdag mod afhængighed og social usikkerhed!
Dette er en opfordring til arbejdsløse og usikre mennesker, arbejdere, pensionister, studerende, udokumenterede indvandrere, hjemløse ... Lad os alle demonstrere sammen på den samme dag over hele Europa mod fattigdom-fremkaldende politikker for at opbygge tværnationale solidaritet og til at bevæge sig fremad i konvergens mellem vores forskellige bevægelser.
I kølvandet på den europæiske generalstrejke den 14. november Agora99, kalder en europæisk konference for sociale bevægelser møde i Madrid i november (http://99agora.net/) for en europæisk aktionsdag mod usikkerhed den 1. december samt til udarbejdelsen af en ny charter om sociale rettigheder.
Hvad nyt diagram kan vi forestille os, og hvordan det skal forsvare vores rettigheder sammen? Den 1. december lad os arrangere offentlige debatter, populære forsamlinger, marcher, direkte aktioner, besættelser osv.

[Français] 1er décembre: Journée européenne d'action contre la précarité !
Chômeurs, précaires, travailleurs, licenciés, retraités, étudiants, sans-papiers, sans-logis... : manifestons ensemble, le même jour en Europe, contre la précarité, pour construire une solidarité transnationale et avancer dans l'unification de nos mouvements.
L'agora99, rencontre européenne des mouvements sociaux réunis à Madrid en novembre, appelle dans la suite de la grève européenne du 14 novembre, à une journée européenne d'action contre la précarité le 1er décembre, ainsi qu'à l'élaboration d'une nouvelle charte des droits sociaux.
Quelle nouvelle charte imaginer et comment défendre ensemble nos droits ? Le 1er décembre, ouvrons le débat, et organisons partout où nous nous trouvons assemblées populaires, casserolades, manifestations, actions directes, occupations...

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The International Network of Occupy/Indignados/Indignés/OWS/15M

 

 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 19:08

 

C’est triste à constater, surtout au moment où la bande de Gaza résonne de nouveau des bruits de guerre (lire les dernières informations ici), mais le commentaire le plus réaliste sur l’implication des États-Unis dans la recherche d’un compromis entre Israéliens et Palestiniens est venu de l’adversaire défait à la présidentielle américaine, Mitt Romney. Dans la fameuse vidéo cachée où il estimait que 47 % des Américains ne voteraient pas pour lui car ils étaient des « profiteurs », il déclarait également : « Nous espérons un certain niveau de stabilité, mais il faut reconnaître que cela restera un problème non résolu. Nous connaissons cela avec la Chine et Taïwan. Bien sûr la situation reste tendue, mais nous vivons avec… Et nous remettons la résolution du problème à demain en espérant qu’au final, d’une manière ou d’une autre, quelque chose se produira qui le résoudra. »

Pour l’homme qui se présentait comme le leader qu’Obama n’était soi-disant pas, cet aveu d’impuissance, voire cette revendication de désintérêt, représente le signe que l’ère des grands discours sur la paix prochaine dans le conflit israélo-palestinien est aujourd’hui enterrée. Car ce point de vue n’est pas seulement la parole privée d’un candidat conservateur : il est celui de l’administration Obama et de la plupart des dirigeants et analystes du Proche-Orient. En dépit des exhortations publiques et des professions de foi, l’heure est à la résignation. 


Obama reçoit Netanyahou, Moubarak et Abbas à la Maison-Blanche le 1er septembre 2010. 
Obama reçoit Netanyahou, Moubarak et Abbas à la Maison-Blanche le 1er septembre 2010.© Pete Souza/Maison-Blanche

 

Lorsqu’il est arrivé au pouvoir début 2009, Barack Obama semblait avoir appris des erreurs de ses deux prédécesseurs : ne pas tenter de faire la paix au dernier moment de son mandat, quand on n’a plus de capital politique (façon Clinton), ne pas appuyer trop fortement Israël, qui n’a alors plus d’incitation à faire des concessions (façon Bush), ne pas s’engager plus que ce que l’on est prêt à tenir (les deux). C’était en tout cas ce qu’il disait avoir compris. Ainsi, dès le deuxième jour de son mandat, il nommait l’ancien sénateur George Mitchell pour lui servir d’émissaire dans la région et, très vite, Hillary Clinton au Département d’État comme Joe Biden à la vice-présidence faisaient savoir au premier ministre israélien qu’il fallait appliquer le gel des colonies.

Cependant, tout aussi vite, l’engagement Obama est retombé dans les mêmes impasses qu’auparavant : « navette » improductive de son émissaire, baladé d’un camp à l’autre, intransigeance israélienne accrue (avec l’arrive de Benyamin Netanyahou au pouvoir en mars 2009), poids du lobby israélien à Washington, divisions palestiniennes entre Hamas et Fatah. De plus la situation internationale s’est vite focalisée sur d’autres tensions qui ont fait passer le conflit israélo-palestinien au second plan : le nucléaire iranien, puis les révolutions arabes.

Ces deux derniers « fronts » géopolitiques ont également montré qu’il existe d’autres enjeux au Moyen-Orient, sur lesquels les États-Unis peuvent peser sans que le conflit premier ne s’aggrave. « C’est un peu comme le parent d’un enfant très turbulent, qui découvre qu’en son absence, sa progéniture ne s’est pas assagie, mais n’a pas mis le feu à la maison non plus », ose un diplomate américain en poste en Europe. Les Américains ont également pris note du fait que la question palestinienne n’avait pas du tout été au cœur des révoltes arabes, et que la mort de Ben Laden avait éliminé un outil de propagande, certes hypocrite, mais influent. Quant aux populations israéliennes et palestiniennes en Cisjordanie, elles ont en partie baissé les bras ou se désintéressent des initiatives et impasses diplomatiques.

Un second mandat aux États-Unis est rarement l’occasion d’initiatives audacieuses

Ainsi, Obama a eu beau déclarer à une chaîne de télévision américaine que le plus gros échec personnel de son premier mandat avait été « de ne pas avoir été capable de faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient comme je l’entendais », il y a peu de chance que cela soit une priorité de son second mandat. Au lendemain de la réélection du président américain, les analystes et éditorialistes, dressant leurs « liste de vœux » pour la politique étrangère dans le cadre d’un second mandat, ont relégué bien bas la solution du conflit israélo-palestinien.

« Il ne faut pas se le cacher : Obama a une très mauvaise relation avec Netanyahou et si celui-ci est réélu en janvier, les choses resteront en l’état », explique le professeur d’histoire nord-américaine Jacques Portes. « Obama a découvert qu’il y avait plus de coup à prendre en intervenant dans ce conflit que de médailles à récolter », poursuit en privé un diplomate français qui a passé ces dernières années aux États-Unis. « Y compris de coups à prendre venant de ceux que les États-Unis considèrent comme leur allié, Israël. Netanyahou a littéralement fait campagne contre Obama sur le sol américain ! » Avec un succès relatif, faut-il ajouter, puisque Romney a été défait et que les juifs américains ont voté, comme d’habitude, massivement pour les démocrates.

Contrairement ce que l’on dit souvent, un second mandat aux États-Unis est rarement l’occasion d’initiatives audacieuses. C’est davantage la tentative de bâtir un héritage, une réputation pour l’Histoire. Or c’est sur les affaires domestiques qu’Obama a jusqu’ici imprimé sa marque, et c’est sur ce terrain qu’il essaiera de construire sa statue. « En matière de politique étrangère, un geste à l’égard de l’Iran ou l’accompagnement des démocraties arabes émergentes offrent des perspectives plus alléchantes que de remettre le doigt dans le conflit israélo-palestinien », estime le diplomate américain, qui parle à titre personnel.

Ce qui se passe en ce moment à Gaza est-il susceptible de faire sortir les États-Unis de leur réserve ? À moins d’un embrasement général, ce n’est guère probable. Cette situation se joue évidemment au détriment des Palestiniens. Mais, à vouloir congeler ce conflit, ou à l’écarter de ses sens comme les trois petits singes, les États-Unis – et le reste de la communauté internationale – vont devoir faire face à des questions auxquelles il est difficile de répondre. C’est le spécialiste américain des relations internationales Stephen Walt qui les pose le mieux : « Si la solution “Deux États pour deux peuples” est abandonnée, que se passe-t-il ? Abandonnons-nous le principe “une personne, une voix” et entérinons-nous l’apartheid ? Abandonnons-nous notre engagement à l’égard d’un État juif en soutenant un État démocratique pour tous les habitants d’Israël et de Palestine ? Ou encourageons-nous discrètement le nettoyage ethnique ? »


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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 18:50

 

 

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 15.11.2012 à 15h06 • Mis à jour le 19.11.2012 à 18h05 Par Christophe Ayad

 

 

 
Dima, Arabie saoudite.

Sur la photo, mise en ligne le 4 novembre, une jeune femme recouverte d'un niqab noir ne laissant voir que ses yeux. Elle brandit un cahier à spirales sur lequel elle a inscrit au marqueur une phrase en arabe : "Je suis avec le soulèvement des femmes dans le monde arabe, et plus particulièrement en Arabie saoudite, parce que je ne veux pas porter tout ce noir." Elle signe : "Dima, Arabie saoudite". Dessous, l'on peut lire 156 commentaires en arabe, anglais, français. C'est la contribution de Dima à la page Facebook "L'intifada des femmes dans le monde arabe" ("The Uprising of Women in the Arab World").

Créée début octobre, cette page Facebook comptait plus de 65 000 membres au 12 novembre. "C'est beaucoup et peu à la fois", explique Yalda Younès, l'une des fondatrices de la page et de la campagne. Cette danseuse libanaise de 35 ans vit à Paris. Les autres responsables de la page vivent dans le monde arabe : Diala Haidar est libanaise et physicienne ; Farah Barqawi est palestinienne et traductrice indépendante ; Sally Zohney, Egyptienne, milite dans la mouvance féministe ; Rana Jarbou est saoudienne et écrivaine. Ces jeunes femmes, qui se sont rencontrées sur la Toile, partagent un enthousiasme pour les révolutions arabes et la volonté de ne pas se laisser voler cet élan.

Marwa de Tunisie.

"Nous sommes coincées entre les islamistes conservateurs, qui voudraient nous renvoyer au foyer, et les révolutionnaires, qui nous rendent hommage à longueur de discours, comme s'ils étaient pressés que nous rentrions à la maison, ironise Yalda Younès. Sans compter ceux qui aimeraient revenir aux systèmes autoritaires, qui protégeaient prétendument les femmes. Nous sommes clairement du côté de la révolution, même en Syrie, où Bachar Al-Assad n'a jamais défendu la laïcité ou les femmes." D'ailleurs, Amnesty International organise, le 17 novembre, un colloque sur les conséquences des révolutions arabes sur les femmes, à la mairie du 3e arrondissement de Paris.

"NOTRE CORPS NOUS APPARTIENT"

Sur la page, on trouve des photos de femmes (et d'hommes) arabes (ou pas) qui déclinent leur identité et leurs revendications, générales ou précises. "Yes, I'm divorced. No, I'm not a whore !" ("Oui, je suis divorcée. Non, je ne suis pas une pute !"), écrit Lubna, une Egyptienne, dans la paume de sa main. Une Libanaise révèle avoir été violée à 17 ans par son père. "La principale revendication, relève Yalda Younès, est : "Notre corps nous appartient."

Soha du Yémen.

 Les autres portent sur le droit à l'éducation, à travailler, à voyager, à divorcer, à la garde des enfants... Il est aussi beaucoup question de virginité, de harcèlement. "Grâce à cette campagne, les femmes découvrent qu'elles ne sont pas seules, dit Yalda Younès. La loi qui a conduit au suicide d'Amina Filali au Maroc [elle avait été obligée d'épouser son violeur] est la même en Jordanie, au Liban et en Syrie."

A ceux qui lui reprochent de se cantonner au virtuel, Yalda Younès rétorque qu'Internet est le seul lieu possible de débat : "De tels propos, tenus en public, provoqueraient des violences. Là, des femmes peuvent débattre avec des islamistes ou dire à des hommes : 'Tais-toi, tu ne sais pas de quoi tu parles !'"

Fatima de Kfar Manda, Jalil, Palestine.

 C'est en Palestine, au Yémen et en Arabie saoudite que la campagne a le plus de succès. Yalda Younès insiste sur l'importance de la participation des hommes à celle-ci. Elle pense que la religion n'est pas la cause principale des entraves aux droits des femmes arabes : "Il s'agit bien plus d'une mentalité machiste. Une Palestinienne résume cela : "Parce que nous sommes sous occupation, nos hommes n'ont rien d'autre à faire que nous siffler dans la rue."

 Les administratrices de la page veulent créer un site pour ne plus dépendre de Facebook, qui a bloqué inexplicablement des comptes début novembre. Et faire descendre leurs idées dans la rue : le pochoir à l'effigie de la campagne connaît un succès grandissant au Caire...

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Christophe Ayad

 

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