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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:28

 

http://cadtm.org/Les-Chiffres-de-la-dette-2012

 

CATDM - 2 novembre

 

Les Chiffres de la dette 2012

 

Via internet, le CADTM est très heureux de mettre à disposition d’un vaste public cet ouvrage qui a été entièrement actualisé et augmenté par les auteurs. Cet ouvrage peut être repris librement par d’autres sites à condition de prévenir les auteurs et de faire un lien vers le site www.cadtm.org. Il peut être reproduit pour un usage strictement non commercial. N’hésitez pas à envoyer vos commentaires et des informations sur l’usage personnel ou collectif que vous faites de ce livre à info@cadtm.org. Vos messages seront transmis aux auteurs.

Pour comprendre la multiplicité des crises en cours, Damien Millet, Eric Toussaint et Daniel Munevar (CADTM) mettent à disposition un ensemble de données liées à la dette et à des thèmes connexes.

Crise économique, crise financière, crise alimentaire et crise de la dette s’éclairent et se connectent à la lecture de cette brochure parsemée de tableaux et d’infographies qui permettent de mettre en lumière les éléments du puzzle.

De la crise de la dette des pays du Sud en 1982 à la crise actuelle en Europe, en passant par les dettes odieuses dans le monde et les chiffres du FMI et de la Banque mondiale, l’analyse des statistiques permet d’identifier les véritables enjeux.

Les auteurs posent un regard critique sur l’économie mondiale et les mécanismes de domination qui sont en jeu. Ils proposent un éclairage cru sur les réalités chiffrées d’un monde qui vacille.

A toutes les échelles, les inégalités sont criantes et continuent de se creuser. Les chiffres de la dette 2012 parlent d’eux-mêmes et démontrent à quel point il est nécessaire et urgent de changer radicalement de système.

C’est à la lumière de cette compréhension que pourra se dessiner un horizon de résistance collective dans lequel les exclus, où qu’ils soient, prendront conscience que leur souffrance provient des mêmes maux, des mêmes mécanismes et des mêmes acteurs et s’identifieront comme un tout solidaire : les 99 %.

 

Les Chiffres de la dette 2012 sont visibles sur le sire de CATDM ou en suivant ce "link")
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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:17

 

http://cadtm.org/Contexte-international-du

 

CATDM - 31 octobre par Jérome Duval

 

Il est fondamental de replacer la mobilisation exemplaire du 25, 26 et 29 septembre en Espagne (25S Rodea el Congreso) |1| dans son contexte international pour évaluer les tensions sociales en cours dans un nombre croissant de pays pour les mêmes raisons : un déficit flagrant de démocratie permettant l’application d’une violente politique d’austérité, celle-ci conduisant à l’appauvrissement du plus grand nombre au nom d’une dette largement illégitime qui profite aux quelques autres.

 

Contexte international d’une lutte contre l’austérité qui tend à être commune

Peu de temps auparavant, le 15 septembre au Portugal, un million de personnes (10% de la population), dont au moins 500 000 dans la capitale, manifestaient dans tout le pays, soutenues par des représentants des forces de l’ordre et de l’armée, contre la troïka et ses funestes plans d’austérité. Face à la plus grande manifestation depuis le 1er mai 1974 après la chute de la dictature de Salazar, le gouvernement a dû revenir sur ses positions et revoir sa copie, en l’occurrence une hausse de 7% des contributions sociales des travailleurs (de 11% à 18%) - revenant à une baisse de salaire effective - accompagnée d’une baisse de 5,75% des charges patronales (de 23,75% à 18%) |2|. C’est une victoire, bien qu’insuffisante, du mouvement social qui donne une idée de son potentiel émancipateur. Le 29 septembre, des centaines de milliers de personnes manifestaient à l’appel de la CGTP (Confédération Générale des Travailleurs du Portugal), principal syndicat du pays. Le 1er ministre Passos Coelho, surnommé ’Robin des Bois des Riches’ pour vouloir donner aux riches ce qu’il prend aux pauvres, devait trouver où puiser l’argent afin de respecter les objectifs de réduction du déficit public (à 4,5% du PIB l’an prochain) imposés par les créanciers. Après avoir informé la troïka, le ministre des finances, Victor Gaspar, annonçait une hausse brutale et généralisée des impôts sur le revenu en 2013 qui frappe de plein fouet les pauvres et la classe moyenne déjà durement malmenée. « Le même vol avec une autre main » résumait-on au sein de la gauche de la gauche et des mouvements sociaux. En réponse, un nouvel appel à la grève générale est annoncé pour le 14 novembre |3|.

En Italie, le secteur public se met en grève le 28 septembre contre les coupes budgétaires du gouvernement du premier ministre Mario Monti arrivé au pouvoir sans élection en novembre 2011 pour appliquer l’austérité. Austérité qui, selon les marchés, n’était pas mise en place assez rapidement par son prédécesseur Berlusconi, empêtré dans ses fameux scandales de corruption… Arrivé au pouvoir fin 2011, l’ex consultant pour Goldman Sachs Mario Monti |4| a imposé des coupes claires de 30 milliards (décret Salva Italia), la récession de l’économie italienne s’est accentuée alors que les salaires dans la fonction publique sont déjà gelés depuis plus de deux ans, le taux de chômage a atteint 10,7% de la population active en juillet et Monti a pour la première fois déclaré le 27 septembre qu’il serait prêt à rester à la tête du gouvernement après les élections législatives prévues au printemps 2013 si le scrutin ne débouchait pas sur une majorité claire. Une normalisation d’un exercice du pouvoir sans élection qui reviendrait à l’achèvement d’une démocratie mourante, autrement dit, une déviance dictatoriale.

En Grèce, le 26 septembre, le nouveau gouvernement de coalition d’Antonis Samaras soumis à la troïka (Union européenne, BCE, FMI) a vécu sa première grève générale de 24 heures, la troisième depuis le début de l’année. Le nouveau paquet d’austérité draconien que la coalition gouvernementale devait présenter à la troïka est finalement en passe d’être accepté après plus de deux mois de tractations. Il vient s’ajouter aux trois autres plans déjà adoptés par le parlement grec depuis le début de la crise. Les négociations butaient entre autres sur un nouveau relèvement de l’âge du départ en retraite, à 67 ans au lieu de 65 |5|. La Grèce est sommée d’économiser 11,5 milliards d’euros supplémentaires pour 2013-2014 afin de débloquer la prochaine tranche de 31,5 milliards d’euros du prêt UE-BCE-FMI de 130 milliards d’euros promis à la Grèce en mars. Ces mesures iniques imposées par les créanciers ont plongé la Grèce dans sa cinquième année consécutive de récession avec un taux de chômage à 25% qui a plus que doublé en deux ans (54,2% des jeunes entre 15 et 24 ans sont sans emploi et le taux de chômage de la population active atteint 25,1% en juillet 2012). Complètement soumise au diktat des créanciers, la coalition au pouvoir espère obtenir un délai supplémentaire de deux ans (à 2016) pour parvenir aux objectifs imposés initialement pour 2014. La nouvelle grève générale (la 4ème de l’année et la 2ème contre pour le gouvernement actuel) du 18 octobre, coïncidait avec la fin d’une mission de la troïka sans parvenir à un accord sur les mesures d’austérité pour débloquer le prochaine tranche de prêt.

Pendant ce temps, le ministre du Développement, Konstantinos Hatjidakis, vient d’annoncer début octobre que l’État venait d’allouer 28,9 millions d’euros à la construction d’un circuit de Formule 1 dans le sud-ouest du pays (à Fares). Un tel chantier, dont le coût total est estimé pour le moment à 94,6 millions d’euros et devrait durer trois ans, a de quoi exaspérer une population qui continue à se saigner pour rembourser une dette en partie causée par le déficit abyssal (9 milliards d’euros de déficit) généré par l’investissement astronomique pour les Jeux olympiques de 2004 |6|.

Le 9 octobre, 7 000 policiers et tireurs d’élite transformaient Athènes en ville interdite lors de la venue d’Angela Merkel. Ce même jour on célébrait la commémoration des morts tombés sous le bombardement de la ville par l’Allemagne nazi en 1944, 3 jours seulement avant la libération. L’occupation nazi a ruiné le pays et affamé son peuple (300 000 morts lors de l’Occupation) et l’Allemagne n’a toujours pas remboursé sa dette de guerre envers la Grèce. Pour le peuple grec qui vit aujourd’hui une occupation économique, c’est un lourd symbole de recevoir la visite de la chancelière allemande un 9 octobre. Dans un tel contexte, souvent omis dans les médias dominants, on comprend qu’une partie de la population grecque n’hésite pas à assimiler la politique d’austérité allemande à la naissance d’un ’quatrième Reich’. Ce même jour, le quotidien britannique The Guardian publiait les témoignages de plusieurs dizaines de manifestants antifascistes affirmant avoir été victimes de tortures infligées par la police après leur arrestation lors d’une manifestation contre le parti néo-nazi grec, l’Aube dorée |7|. Quelques jours plus tard, un officier de police affirmait que la police était infiltrée par ce parti fasciste |8|.

En France, François Hollande qui dégringole dans les sondages impose, sans référendum ni consultation, le Pacte budgétaire européen, véritable traité de l’austérité à perpétuité, qu’il avait promis de renégocier. Le 30 septembre, près de 80 000 personnes défilent dans les rues de Paris contre cet acte de trahison notoire |9|.

Le même jour en Belgique, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Bruxelles contre les politiques antisociales d’austérité prévoyant près de 14 milliards d’euros d’économies afin de réduire le déficit budgétaire à moins de 3% du PIB contre 3,8% en 2011. Le royaume de Belgique s’enfonce lui aussi dans l’austérité alors que les banques privées sont sauvées quel qu’en soit le coût : en Belgique, les sauvetages bancaires ont provoqué une augmentation de la dette publique de 32,5 milliards d’euros. En guise d’exemple, le groupe bancaire Dexia accusant des pertes astronomiques est sauvé par les contribuables pour la 2ème fois en octobre 2011 alors que des bonus indécents sont distribués aux dirigeants.

Plus loin, les étudiants chiliens, en lutte depuis mai 2011, descendent à nouveau dans la rue le 27 septembre à la veille du débat parlementaire sur le budget prévisionnel de 2013 pour réclamer une hausse du budget de l’éducation. Les étudiant-e-s réclament un changement constitutionnel dans le cadre d’un système éducatif héritier de la dictature de Pinochet (1973-1990) qui a introduit le secteur privé et réduit les ressources publiques destinées à l’enseignement. Après un nombre infini de manifestations réclamant une éducation gratuite et de qualité pour toutes et tous, le gouvernement conservateur de Sebastián Piñera semble fléchir. Il a finalement promu une loi visant à ramener de 6 à 2% les intérêts sur les prêts que les étudiants devaient s’engager à payer au système bancaire pour financer leur carrière |10|. Il a par ailleurs envoyé un projet de loi au Parlement afin d’augmenter le budget de l’éducation de 1200 millions de dollars (soit 9,4% d’augmentation pour atteindre 12,8 milliards). Cette victoire, dont il faudra vérifier la portée, fait écho à celle du mouvement étudiant au Québec qui, après 7 mois de lutte, a réussi à faire annuler l’augmentation disproportionnée de 75% des frais de scolarité et la loi répressive, dite loi 78, durement contestée.

Le 12 octobre, après Barack Obama en 2009, l’Union européenne recevait le prix Nobel de la paix. Cette Union dont la construction repose sur des politiques ultra libérales appliquant l’austérité pour les peuples et creusant toujours plus l’inégalité, fragilise grandement la paix sociale. Ironie de l’histoire, l’organisation militaire de l’OTAN applaudissait la remise du prix. L’Union européenne, dont la Commission - accompagnée de la BCE et du FMI - forme la tristement célèbre troïka, ne fait qu’approfondir les problèmes après 20 sommets dédiés à la résolution de la crise tout en appliquant l’austérité. Cette Union s’apprête à ratifier le traité européen MES (Mécanisme Européen de Stabilité) qui dérobe toute souveraineté à chaque État membre et porte un coup fatal à notre démocratie chancelante. Hasard du calendrier, le lendemain 13 octobre, des milliers de personnes manifestaient dans toute l’Europe |11| et au delà contre la dette et les plans d’austérité dont l’UE supervise l’application.

En Europe, un front uni et coordonné des luttes contre l’austérité est nécessaire et urgent. Partout les peuples se rebellent contre cette attaque sans précédent contre la démocratie. Cette atteinte à la souveraineté portée à son paroxysme par le MES, le Pacte budgétaire ou le changement constitutionnel prévoyant la priorité au remboursement de la dette, soulève l’indignation et la révolte. Seule l’union des mouvements populaires contre la troïka des créanciers et les banques privées pourra faire fléchir cette politique qui ne fait qu’accentuer le transfert de richesse du travail vers le capital. Cette lutte devient urgente si l’on ne veut pas voir le fascisme ramper à nos portes et s’autoproclamer unique alternative.

 

Notes

|1| 25S. Le peuple debout face à la démocratie séquestrée, http://cadtm.org/25S-Le-peuple-debout-face-a-la

|2| Un des mots d’ordre était « Que se lixe a troika » (Que la Troïka dégage). Lire Rui Viana Pereira, Portugal : un million de révoltés dans la rue le 15 septembre 2012 contre la Troïka et le gouvernement, http://cadtm.org/Portugal-un-million-de-revoltes

|3| Cet appel à la grève générale devient international et est aussi suivi en Espagne, de grosses manifestations sont prévues un peu partout en Europe.

|4| Goldman Sachs, sans doute averti du risque sur la dette souveraine par son ancien Conseiller pour les affaires internationales Mario Monti, a « réduit son exposition sur les titres de la dette italienne de 92% (de 2,5 milliards de dollars en mars 2011 à 191 millions au 30 juin 2012) ». Chiara Filoni, Italie. L’imposture de Mario Monti, http://cadtm.org/Italie-L-imposture-de-Mario-Monti.

|5| L’accord Grèce-troika tient à 2 ou 3 milliards, L’Echo, 19 septembre 2012 : www.lecho.be/actualite/economie_politique_europe/L_accord_Grece_troika_tient_a_2_ou_3_milliards.9244527-3500.art ?ckc=1

|6| Bloomberg, 01/10/2012, Greece Unblocks Subsidy for Formula 1 Track Construction, http://www.bloomberg.com/news/2012-10-01/greece-unblocks-subsidy-for-formula-1-track-construction.html ; Athènes débloque 30 millions d’euros pour un circuit de F1, L’Expansion, 3.10.2012, http://lexpansion.lexpress.fr/economie/athenes-debloque-30-millions-d-euros-pour-un-circuit-de-f1_343216.html ; www.huffingtonpost.fr/2012/10/01/grece-formule-1-circuit-patras-crise_n_1929675.html

|7| ’Greek anti-fascist protesters ’tortured by police’ after Golden Dawn clash’, The Guardian, 9 octobre 2012, http://www.guardian.co.uk/world/2012/oct/09/greek-antifascist-protesters-torture-police

|8| Golden Dawn has infiltrated Greek police, claims officer’, The Guardian, 26 octobre 2012, http://www.guardian.co.uk/world/2012/oct/26/golden-dawn-infiltrated-greek-police-claims

|9| Le traité budgétaire européen est finalement adopté par l’Assemblée nationale le 9 octobre.

|10| www.diario-octubre.com/2012/09/27/los-estudiantes-chilenos-vuelven-a-la-calle/

|11| Journée mondiale de mobilisation dans le cadre de la Semaine de lutte global contre la dette et les Institutions Financières Internationales à l’appel de Global Noise. Vidéo de la manifestation à Madrid : http://www.europapress.es/videos/video-cacerolada-multitudinaria-contra-deuda-ilegitima-20121014112544.html

 
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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:09

 

http://cadtm.org/Semaine-d-action-Et-si-on-arretait

20-11 => 24-11 | Bruxelles, Belgique

 

 

Partout en Europe, le remboursement de la dette est le prétexte utilisé par les gouvernants pour mettre en œuvre le plus grand recul social depuis la seconde guerre mondiale. Partout les droits des citoyen-ne-s et les conquêtes sociales sont mis à mal.

 

Le CADTM vous propose de découvrir des alternatives à cette logique injuste et mortifère. Certaines ont été concrètement mises en place dans les pays du Sud et méritent qu’on s’y attarde, d’autres sont en cours et méritent qu’on les renforce. De nouvelles sont à venir et méritent qu’on les construise ensemble.
Mardi 20 novembre, le séminaire international sur la dette et les droits humains portera sur l’audit citoyen de la dette et les circonstances dans lesquelles une dette publique peut être annulée, notamment lorsqu’elle est odieuse, illégale ou illégitime.

Les 21 et 22 novembre, le CADTM invite les personnes engagées dans l’audit citoyen de la dette ou qui veulent s’y investir à échanger sur les expériences acquises et les problèmes rencontrés. Seront présents des délégués d’Espagne, du Portugal, de France, d’Italie, de Grèce, d’Irlande, du Royaume-Uni, de Belgique, de Tunisie, d’Égypte, du Brésil, d’Argentine, de Colombie…

Samedi 24 novembre, nous analyserons les abus et les délits commis par les banques avec la complicité des responsables publics en charge de leur contrôle. Nous présenterons différentes actions entreprises par des citoyen-ne-s, des collectifs et des élu-e-s qui ne veulent plus banquer. L’objectif de cette conférence est à la fois d’échanger sur les alternatives et les résistances mais aussi de renforcer la solidarité entre les pays et la convergence entre les différentes organisations.

Si vous souhaitez participer, vous pouvez vous inscrire en contactant Noémie Candiago par mail (noemie@cadtm.org), et en lui communiquant votre nom et prénom.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 13:57

 

Ses partisans le disent habité par la certitude sincère que la gauche de gouvernement n’a pas le droit d’échouer sur les questions de sécurité, qu’elle aurait tout à perdre en laissant s’instruire son procès en laxisme ou en angélisme. Ses contempteurs, en revanche, voient en lui un ministre droitier, autoritaire et opportuniste, dont l’ambition personnelle deviendrait presque suspecte.

 

Manuel Valls. 
Manuel Valls.

 

Dans le copieux acte d’accusation dressé par une partie de la gauche contre le « premier flic de France », Manuel Valls, figuraient déjà la politique de très grande fermeté menée contre les Roms, les sans papiers ou les musulmans radicaux ; les réserves exprimées publiquement sur le droit de vote des étrangers (pourtant une promesse de campagne du candidat Hollande) ; l'abandon du récépissé qui devait limiter les contrôles d’identité au faciès (pourtant une annonce officielle du premier ministre Ayrault). Il y a également la logique répressive qui prévaut ici ou là, notamment dans le renforcement récent de l’arsenal législatif antiterroriste.

Bref, la liste est déjà longue de ce qui rapproche le ministre de l’intérieur de la politique menée par ses prédécesseurs de droite (lire ici le parti pris d'Edwy Plenel).

L’arrestation, jeudi soir dans les Pyrénées-Atlantiques, de la militante basque Aurore Martin, immédiatement remise aux autorités espagnoles, ne peut que décupler l’incompréhension et le ressentiment latents contre l’actuel occupant de la Place Beauvau. Officiellement, l’arrestation de la jeune militante de Batasuna – une organisation interdite en Espagne, mais autorisée en France – a eu lieu de façon inopinée, à l’occasion d’un contrôle de routine effectué par des gendarmes (lire ici).

Quoiqu’il en soit, les ministères de l’intérieur et de la justice se sont consultés jeudi soir, et aussitôt mis d’accord pour ne pas intervenir dans ce processus d’extradition, confient à Mediapart des sources informées. Une procédure qui est devenue quasi-automatique depuis la mise en œuvre du mandat d’arrêt européen en 2002.

 

 

Initialement créé pour renforcer et faciliter la coopération judiciaire entre États membres de l’Union européenne (UE), le mandat d’arrêt européen se montre en fait un outil redoutable pour extrader ceux qui ressemblent à des terroristes ou à des complices (pour l’Espagne, Batasuna n’est pas une organisation politique, mais la simple vitrine d’une organisation armée clandestine, ETA). En revanche, le mandat d’arrêt européen s’avère bien moins efficace pour lutter contre la délinquance en col blanc.

Place Vendôme comme place Beauvau, on s’est vite accordé sur le fait que toutes les voies de recours avaient été épuisées par Aurore Martin, et qu’il serait très compliqué juridiquement, voire risqué politiquement, de ne pas la remettre illico à l’Espagne. Même si la jeune femme et ses défenseurs parlent tout au contraire d’un simple délit d’opinion, qu’ETA a déposé les armes depuis un an, et que l’organisation clandestine, à qui l'on attribue 800 morts en 40 ans, a été considérablement affaiblie ces dernières années par les arrestations à répétition de ses responsables (lire ici notre récent entretien avec Aurore Martin).

Profond, le trouble ressenti n'est pas dû qu'à cela.

 

« Nous demeurerons inflexibles »

Aujourd’hui, le trouble vient surtout du fait que quelques jours avant cette arrestation « fortuite », Manuel Valls avait, le 28 octobre, donné une interview musclée au quotidien espagnol El País, dans laquelle le ministre de l’intérieur exprimait son opposition catégorique à la création d’une collectivité spécifique au Pays basque en ces termes : « Il n'y aura pas de structure administrative basque, nous ne voulons pas ouvrir ce débat. Les choses sont claires dans notre esprit et tant qu'ETA n'aura pas restitué ses armes, nous demeurerons inflexibles. »

Ces propos au ton martial avaient déjà déclenché l’indignation des élus locaux. 

« Manuel Valls adore étaler son autorité au sein d'un gouvernement qui en manque cruellement. Mais sa réaction est brutale et prouve son manque de connaissance du Pays basque. Il mélange deux questions essentielles », lâchait ainsi Jean-Jacques Lasserre, sénateur (MoDem) des Pyrénées-Atlantiques.

 

ETA annonçant un cessez-le-feu 
ETA annonçant un cessez-le-feu

 

« Les arguments de M. Valls ne sont pas recevables alors qu'ETA a fait cesser le bruit des armes de façon irréversible, déclarait pour sa part François Maitia, vice-président (PS) du conseil régional d'Aquitaine. Je réfute la référence à ETA. Le gouvernement devrait travailler à la construction de la paix. Malgré ces déclarations, nous ne renoncerons pas, car notre revendication date de la Révolution française. Nous allons poursuivre notre travail de sensibilisation. »

Pire, la ministre de la réforme de l’Etat et de la décentralisation Marylise Lebranchu venait justement, le 11 octobre, de recevoir les élus basques, et elle planchait avec eux sur un projet visant à accorder plus d’autonomie à la région… Autant dire que la sortie en chaussettes à clous (lire la boîte noire de cet article) de son collègue de l’intérieur a semé le trouble.

La polémique déclenchée par l’extradition d’Aurore Martin n’en est que plus vive. Certains n'hésitant pas à dire que l'arrestation de la jeune militante a été préparée et effectuée pour complaire à Madrid, tout en polissant une image de ministre à poigne.

 

Marylise Lebranchu 
Marylise Lebranchu

 

La question politique est maintenant de savoir dans quelles traces Manuel Valls souhaite inscrire ses pas. On sait que tous les locataires de la Place Beauvau ont une tendance naturelle à endosser l’uniforme et à se laisser griser par le pouvoir et les moyens que confère le poste de premier flic de France.

Certes, la législation antiterroriste créée en 1986 par Charles Pasqua et Alain Marsaud n’a jamais été remise en question par les gouvernements de gauche successifs (entre 1988 et 1993, puis 1997 et 2002), malgré les critiques répétées des organisations de défense des droits de l’homme sur son caractère arbitraire, qui fait la part belle à la raison d’État et à la logique policière plus qu’aux principes de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice.

Évidemment, Manuel Valls n’est ni Charles Pasqua ni Jean-Louis Debré. Mais il a conservé et promu plusieurs responsables proches de l'ancienne majorité au ministère de l'intérieur et dans l'appareil policier.

Il faut maintenant savoir, malgré ses déclarations de loyauté vis-à-vis de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, si le ministre Valls, grisé par sa bonne cote dans les sondages d’opinion et son succès à l'applaudimètre lors du congrès du PS (lire ici), entend suivre une trajectoire personnelle à la Jean-Pierre Chevènement, dans un registre jacobin autoritaire, ou prendre un peu de hauteur pour mener une carrière plus proche de celle d'un Pierre Joxe.

Il lui faudrait, pour cela, réussir à réconcilier les citoyens avec leur police, ce dont il ne semble guère se soucier, accorder une attention de chaque instant au respect scrupuleux des droits de l'homme, tout en contenant durablement la criminalité et la délinquance. Une gageure ?

 

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 13:47

 

 

 

 

La militante basque française Aurore Martin, recherchée par Madrid, a été interpellée jeudi 1er novembre dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle a été aussitôt livrée à la police espagnole. Aurore Martin était visée depuis le 13 octobre 2010 par un mandat d'arrêt européen émis par un magistrat madrilène pour « faits de participation à une organisation terroriste, et terrorisme ». En l'occurrence : avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre du mouvement Batasuna, un mouvement politique reconnu en France mais interdit en Espagne...

La jeune militante de 33 ans a été interpellée jeudi par des gendarmes à l'occasion d'un contrôle routier « fortuit » à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), non loin de Pau, selon la gendarmerie et le parquet de Bayonne. Sa remise à la police espagnole a aussitôt déclenché une vive polémique. Plusieurs élus protestent contre ce qu'ils considèrent comme une « provocation » du ministère de l'intérieur.

« Cette situation est ubuesque, incompréhensible en plein processus de paix », a réagi Kotte Ecenarro, vice-président socialiste du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, évoquant le renoncement à la lutte armée par l'ETA depuis un an. « Ça tourne à la provocation de la part des gouvernements français et espagnol », a-t-il ajouté. L'adjointe écologiste au maire de Bayonne, Martine Bisauta, met en cause Manuel Valls, notant que le ministre de l'intérieur avait donné le ton, lundi, lorsqu'il a promis de mener une politique de « fermeté » contre l'ETA tant que le mouvement indépendantiste n'aurait pas déposé les armes.

« Le décor a été planté les jours précédents, ce n'est pas un hasard », a déclaré Mme Bisauta : « C'est dramatique (...). C'est une prise de risque qui pourrait créer des conditions de violence. » La députée PS des Pyrénées-Atlantiques Colette Capdevielle souligne que « le délit qui est reproché n'existe pas dans le droit pénal français », et que le mandat a été appliqué alors que « des choses importantes se sont passées », évoquant aussi « le processus de paix ». « C'est un mauvais signe pour la paix, a réagi, du côté de l'UMP, Max Brisson. La société civile du Pays basque et bon nombre d'élus ont dit combien ils pensaient que ce mandat d'arrêt était disproportionné par rapport aux faits reprochés à Aurore Martin. »

Mediapart avait rencontré Aurore Martin en juin 2011, lorsqu'elle avait fait le choix de sortir de la clandestinité. Nous republions ci-dessous l'entretien qu'elle nous avait alors accordé (lire notre Boîte noire).

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D'ici quelques jours, Aurore Martin va réapparaître au grand jour. En décembre 2010, cette militante basque de 32 ans, membre du mouvement Batasuna, a décidé de se cacher. Visée par un mandat d'arrêt européen délivré à son encontre par l'Espagne, validé en décembre par la Cour de cassation, elle risque d'être remise aux juges espagnols qui la réclament pour sa participation à plusieurs réunions publiques au Pays basque.

Les faits qui lui sont reprochés se limitent à une expression politique indépendantiste. Ils n'en sont pas moins qualifiés de « terrorisme » par les autorités espagnoles. Après avoir interdit Batasuna en 2002, elles ont ouvert depuis lors une enquête sur ce mouvement. Tout en effectuant des investigations à la demande de l'Espagne, la France, elle, n'a jamais interdit Batasuna. L'exécution d'un mandat européen peut être refusée s'il a été émis dans le but de poursuivre une personne en raison de ses opinions politiques (lire la Boîte noire de cet article).

Malgré la forte mobilisation en sa faveur, Aurore Martin craint d'être rapidement envoyée en Espagne. Elle s'est confiée en exclusivité à Mediapart et au Journal du Pays basque.


 


Mediapart : Voilà six mois que vous vous cachez…

Aurore Martin : Oui. Pendant six mois, j'ai bougé de maison en maison, de famille en famille. Voilà. Je pense que je suis aussi arrivée aux limites de ce que je suis prête à accepter. Six mois, c'est déjà long. J'envisage bientôt mon retour. Dans les jours, dans les semaines qui viennent, comment il se fera je ne sais pas encore, mais je compte revenir à la vie publique, à ma militance publique, et faire une apparition publique.

Un réseau s'est mis en place pour m'héberger, pour m'habiller, pour donner des nouvelles à ma famille, pour tout ce qui est technique, humain. Sans ce réseau de solidarité, je n'aurais pas fait ce choix-là. Même si c'est un choix personnel. C'est une vie difficile. Isolée. J'ai dû me couper de tout mon entourage, de ma famille, de mes amis. C'est très dur. Vous êtes votre propre gardien de prison… Ce n'est pas quelque chose qu'on envisage comme ça. Si j'avais pu, je ne l'aurais pas fait.

Quelles sont les charges retenues contre vous ?

Je suis accusée d'association de malfaiteurs, donc d'actes terroristes, pour le seul délit de m'être exprimée publiquement lors de différents événements, au nom de ma formation politique. Il y a un article d'opinion que j'ai écrit et signé avec un autre militant dans le journal Gara, journal diffusé au Pays basque. Un meeting à Pampelune où nous avons expliqué notre projet politique, ce n'est pas un projet de martien, et un autre meeting, à Uztaritz (côté français – ndlr). J'ai participé aux deux.

Ce qui m'est reproché, c'est d'avoir pris la parole et fait l'introduction du meeting où je contextualise 30 ans d'histoire du Pays basque. Je ne dis rien d'exceptionnel. A l'époque, nous étions en période de processus de paix. Donc, nos déclarations sont en faveur d'un processus de paix... Le contenu, je ne vois pas ce qu'il a de gênant. Une lettre dans le journal, une réunion publique et une conférence de presse du bureau national de Batasuna, au lendemain du cessez-le-feu, où l'on se réjouit des négociations qui pourront se mettre en place. Le contenu ne choque personne, a priori.

Mais la cour d'appel de Pau puis la Cour de cassation ont validé ces motifs…

Oui, alors qu'en principe, le mandat d'arrêt européen n'est pas applicable en cas de délit d'opinion. Or ce sont des délits politiques. Les délits qui sont reprochés ont été filmés, retransmis à la télé. On nous a laissés faire ces meetings, on nous a laissés faire ces conférences de presse. Cela a été relayé au nouveau médiatique. Il n'y a aucun problème avec le contenu et avec le fait que ce soit moi.

Vous n'avez pas pu faire entendre ces arguments…

J'ai senti que c'était un peu de la mascarade. Durant toute la procédure, on ne m'a interrogée qu'une seule fois. Le jour de l'audience, j'ai eu trois minutes pour m'expliquer. Même chez le procureur, on ne m'a jamais parlé. Jamais on ne m'a posé de questions. Tout ça était très frustrant pour moi, parce que je sentais que je n'avais pas d'espace de défense. Et même mon avocate, très peu. Les raisons de mon incarcération sont ridicules. Je l'ai quand même précisé le jour de l'audience au tribunal. J'ai eu l'impression que, depuis le début, je me soumettais un peu à tout ça.

 

Avec ce mandat d'arrêt, la France crée un précédent

Et vous n'avez pas été informée de l'audience de cassation…

Je n'ai pas eu la date de la cassation. Ça m'intéressait pourtant d'y aller. Ça sert à quoi de faire des recours juridiques, si vous n'êtes même pas présent, et même pas au courant. La Cour de cassation connaît mon adresse pour m'envoyer, une semaine avant, un courrier qui me donne la facture de ma plausible audience devant la cour. Combien me coûte mon recours: 368 euros, j'ai le courrier à la maison. Mais dans ce courrier, il n'y a aucune mention de la date d'audience, et par la suite, je n'ai pas reçu d'autre courrier. On sait où me joindre pour me réclamer de l'argent. Mais pas pour m'auditionner. Je comprends bien que cela dépasse le cadre juridique. Ce sont des choix politiques, des Etats français et espagnol.

Quelle est la peine encourue en Espagne pour les délits qui vous sont reprochés ?

La peine maximale requise est de douze ans. C'est ce qu'ils pourraient demander. Ce n'est pas forcément ce qu'ils mettraient en application. Mais c'est la peine qui est requise pour un délit d'opinion. Beaucoup de gens sont en prison pour du délit d'opinion. Ils n'ont pas pris douze ans, mais deux, trois, quatre, six ans... Mais c'est beaucoup.

Avec la fin de votre clandestinité que peut-il se passer demain ?

La France mettra en application son mandat d'arrêt européen. J'ai fait tous les recours juridiques possibles. Je n'ai plus de recours, à moins d'une décision politique de Paris, qui n'arrivera jamais concrètement. Donc, il n'y a aucun moyen que j'échappe à l'extradition. Je sais que je vais être extradée.
Je serais présentée à Madrid, on verra ce qui se passera à Madrid. Je suis consciente que je vais faire de la prison. Ce qui est sûr, c'est que je ne vais pas me rendre.

La mobilisation en votre faveur est forte au Pays basque. Elle pourrait peut-être encore empêcher votre transfert ?

Pour moi, il est possible que la mobilisation ici influe la décision de Madrid. Mais pas de Paris. Paris a dit oui. La France, le système judiciaire français et les courants politiques français ont dit oui. Désormais, ça se joue à Madrid.

Ce qu'ils n'ont peut-être pas mesuré, c'est qu'on ne peut pas appliquer un mandat d'arrêt pour des faits politiques. Pourtant, il s'applique pour moi. C'est un précédent en France. J'ai créé un précédent. C'est que demain n'importe quel pays pourra réclamer un ressortissant français pour x raisons. Au niveau politique, c'est grave.

 

Dans la deuxième partie de cet entretien, Aurore Martin revient en video sur son parcours militant.


Entretiens avec Aurore Martin. Images : Karl Laske. Montage : Aurélien Pic.

 


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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 13:33

 

 


Des nouvelles d'Alter éco 30...

* Découvrez les nouvelles fiches techniques
 avec reportage photos en téléchargement libre.
   faire soi-même :   - un cuiseur à bois économe à double combustion (deux modèles)
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 A télécharger ici : http://www.altereco30.com/documentations
                                                                                                                                                                                                                                                            
* Stage construction d'éolienne de type Piggott  prévu du  lundi 4 au vendredi 8 mars 2013

  "Venez participerà la construction et à l’installation d’une éolienne Piggott et faites un pas vers l’autonomie. Profitez d’une semaine pour acquérir un savoir-faire utile et être solidaire.

  Pendant ce stage, nous fabriquerons une éolienne de 3,6 mde diamètrequifournira l’électricité pour la ferme. Un peu de théorie : aérodynamique, électrique, mécanique de l’éolienne… sera mélangée à beaucoup de pratique : sculpture des pales, soudure de la nacelle, fabrication de l’alternateur, etc.

  Cette machine a été conçue par Hugh Piggott pour être facile à fabriquer, produire efficacement par vents faibles ou moyens et résister aux vents forts. "

Plus de renseignements sur le site :    http://www.altereco30.com/stages

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 16:14

 

 

 

C’est le moment de la trêves des expulsions, c’est aussi le moment de faire les comptes de la pauvreté en France, selon l’INSEE et  l’observatoire des inégalités la France comptait 4,8 millions de pauvres en 2010 si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,6 millions de pauvres si l’on utilise le seuil de 60 % du niveau de vie médian http://www.inegalites.fr/spip.php?article270.

Il est clair que la situation ne s’est pas améliorée à l’entrée de l’hiver 2012, le chiffre pourrait bien être de 10 millions de pauvres.

Devant cette catastrophe, deux urgences: manger et avoir un toit contre les intempéries.

Pour le premier besoin, un nom vient tout de suite à l’esprit celui de Coluche et des restos du coeur, pour le second l’abbé Pierre et droit au logement.

Ces  deux   d’organisations agissent dans l’urgence;  la faim et le froid n’attendent pas. Mais les médias connaissent moins bien  d’autres infrastructures qui sont aussi en place pour fournir la nourriture, c’est en partie le rôle du réseau des 79 Banques Alimentaires,  associations loi 1901 à but humanitaire, qui maillent le territoire national. Un travail difficile qui mobilisent un nombre sans cesse croissant de bénévoles à qui il faut rendre hommage.

Ces banques alimentaires distribuent les denrées à d’autres associations qui sont directement en contact avec les précaires. Ce maillage associatif surprend, parfois par des pratiques bureaucratiques dignes des meilleurs films de S.F mais qui sont significatives de la tendance contemporaine..

 

Les ravages de la suspicion 

 

L’on pourrait croire que les personnes  qui s’adressent aux associations caritatives sont celles qui ont faim et n’ont pas assez de moyens pour manger.... à leur faim. Las !  l’ancien pouvoir Sarko-Fillon a instillé l’idée qu’il y  auraient de profiteurs parmi les pauvres. Des  fainéants qui roulent en BMW, vivent des allocations familiales et se nourrissent de la solidarité nationale....

Nous savons que cette idée  rance  est fausse, bon nombre de personnes qui devraient recevoir le RSA ne le demandent pas, beaucoup cachent leur misère dans un isolement qui devient rapidement dangereux...

Pourtant  les caricatures ont la vie dure et on peut lire sous la plume de la banque alimentaire des Bouche du Rhône, à l’adresse des associations partenaires  ( cf fichier joint) :

 

« Le souci de préserver l’esprit de la convention que vous avez signée , nous amène à vous rappeler les terme de son article 2: 

L'Association s'engage:

« A redistribuer les denrées qu'elle reçoit de Ia  Banque Alimentaire, uniquement au seul profit  des personnes en état de précarité reconnue et vérifiée, dans le cadre

d'une action sociale ayant pour objectif, la promotion des personnes en tenant

Compte,  si possible, de leurs habitudes alimentaires et culturelles. ››

Ce paragraphe vous implique dans le contrôle des personnes aidées et vous fait

l’obligation de tenir un Registre mis à jour en permanence». 

 

Lourde mission que de faire le tri entre les précaires reconnus et vérifiés et les  autres. Ceci élimine déjà l’intégralité des sdf qui souvent précaires peuvent difficilement justifier de leur état du fait de l’absence de mise en place d’un parcours d’insertion ou de suivi social, ne parlons pas des étrangers sans papiers...C’est une nouvelle catégorie qui apparaît, les pauvres- intouchables, n’ayant aucun droit même pas celui de manger.

 

 

 

 

La tentation du fichage 

 

 

Mais pour faire bonne mesure, et paraître surement plus sérieux la missive continue par la nécessité pour les associations bénéficiant de tenir un registre mis à jour en permanence comprenant les renseignements suivants :

 Nom / Prénom / Situation

› Composition familiale

› Ressources

› Charges

Les justificatifs à demander et à conserver dans les dossiers sont les suivants :

- Fiche familiale d'état civil

- Attestation de la C.A.F.

-Salaire /ASSEDIC/ Pensions

-Certificat de non imposition

-Quittance de loyer/ Autres

 

 

Ce fichier sera t-il déclaré à la CNIL car il contient de nombreux items d’informations nominatives ?

En tout cas nous sommes loin de l’auvergnat de la chanson de Brassens !!!!

 

Cette règlementation de la pauvreté et de la solidarité doit nous alerter, car sous prétexte d’arguments gestionnaires c’est notre humanité qui passe à la trappe.. Cette tentation panoptique devient inquiétante? L’existence de ce type de fichier entraîne fatalement de l’arbitraire suivant la manière dont il est renseigné, de plus, il suffira de le compléter avec des renseignements non plus discriminants mais discriminatoires et notre République aura vécue.

 

G.S

 

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 16:05

 

Marianne - Laurent Mauduit

Samedi 3 Novembre 2012 à 05:00

 

 
De gauche à droite : Jean Pierre Clamadieu( president du comite exécutif de Solvay-Rhodia), Serge Weinberg (president du comite d'aministration de Sanof)i, Pierre Pringuet (president de l'AFEP et DG de Pernod Ricard), Robert Brunck (president du conseil d'aministration de CGG de Veritas), et Gilles Michel (pdg de d'Imerys) - DESSONS ERIC/JDD/SIPA
De gauche à droite : Jean Pierre Clamadieu( president du comite exécutif de Solvay-Rhodia), Serge Weinberg (president du comite d'aministration de Sanof)i, Pierre Pringuet (president de l'AFEP et DG de Pernod Ricard), Robert Brunck (president du conseil d'aministration de CGG de Veritas), et Gilles Michel (pdg de d'Imerys) - DESSONS ERIC/JDD/SIPA
Par les temps qui courent, il n’y en a, décidément, que pour les grands patrons. Un jour, ce sont les « pigeons » qui tiennent les médias en haleine. Le lendemain, c’est l’Association française des entreprises privées (Afep), véritable QG du CAC 40, qui fait la une des gazettes. Et c’est comme un feu roulant. Avec toujours les mêmes sommations et les mêmes menaces : vite, allégez nos impôts et nos charges ! Au besoin, transférez-en une partie sur les ménages et les salariés. Vite ! Obtempérez ! Sinon la France va sombrer...
Alors, comme un antidote à ces formidables campagnes de communication, sans doute faut-il avoir à l’esprit les souffrances sociales qui s’accumulent dans le pays et qui ne profitent pas d’aussi puissants relais médiatiques. Non pas pour esquiver le débat sur la compétitivité – il est légitime. Mais pour en mesurer certains des enjeux : en pleine crise, le moment est-il bien venu d’imposer au pays une nouvelle cure d’austérité, avec à la clef un transfert de charges historique, de 30 à 40 milliards d’euros, ou un nouveau tour de vis sur les dépenses publiques ?
 
Au nombre de ces souffrances sociales, il y a d’abord évidemment le chômage qui, nourri par des rafales ininterrompues de plans sociaux, atteint, de mois en mois, de nouveaux sommets. Plus de 3 millions de demandeurs d’emploi au titre de la catégorie A, la plus restrictive ; plus de 5 millions toutes catégories confondues : la France va dépasser dans les prochains mois les niveaux records qu’elle avait atteints lors de la récession de 1993.

Et, selon tous les experts, le séisme social se poursuivra en 2013. Il y a encore la pauvreté, qui malheureusement ne profite pas d’indicateurs mensuels – et dont, du même coup, on parle moins, sauf quand les intempéries rendent ces souffrances plus visibles –, mais qui à l’évidence s’insinue partout et gagne sans cesse du terrain. Selon l’Insee, il y avait ainsi 8,2 millions de pauvres en 2009, puis 8,6 millions en 2010. Et si la statistique publique ne va pas au-delà, il n’est guère difficile de deviner de quelle manière la tendance s’est prolongée : environ 9 millions de pauvres en 2011 et au moins 9,4 millions en 2012. Bref, la France se rapproche de la barre terrible des 10 millions de pauvres.
Et si c’est le cas, c’est que la hausse du chômage vient se cumuler à un effondrement du pouvoir d’achat. Sur ce front, c’est le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observa- tion des conditions de vie) qui a publié dans la période récente l’étude la plus accablante : il a révélé que le pouvoir d’achat par ménage, après avoir baissé de 0,2 % en 2010 et de 0,5 % en 2011, pourrait s’effondrer de 1,2 % aussi bien en 2012 qu’en 2013 – ce qui serait sans précédent depuis 1984.

La tendance est d’autant plus impressionnante que le niveau de vie des Français est déjà très bas. Dans leur froideur, ce sont les chiffres de l’Insee qui le confirment, puisque le niveau de vie dit « médian » (50 % des ménages ont moins que cela) ne dépassait pas 1 610 e€ par mois en 2010 – on ne dispose malheureusement pas de statistique plus récente et cela en dit long sur la façon dont la France conduit sa politique sociale à l’aveugle.
 
Et, à tous ces chiffres, il faudrait en agréger de nombreux autres pour disposer d’un état des lieux à peu près complet des souffrances sociales que la crise avive. Il faudrait prendre aussi en compte les 3,6 millions de Français qui, selon la Fondation Abbé-Pierre, sont très mal logés ou pas logés du tout et les 10 millions qui sont touchés à des degrés divers par la crise du logement. Sans parler des 47 % de Français qui ne partent jamais en vacances parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Ni de ceux qui ont de plus en plus de mal à se soigner, avec un reste à charge (ce que ni l’assurance maladie ni les complémentaires santé ne remboursent) qui ne cesse de pro- gresser, pour frôler maintenant les 10 % des dépenses de soin.
Nul misérabilisme dans tous ces constats ! Ceux-là n’ont pas pour objet d’éluder le débat sur la compétitivité, dont le gouvernement et les milieux patronaux font, actuellement, si grand cas. Mais ils permettent au moins de replacer le débat du moment dans sa vraie perspective : sans doute la France est-elle aujourd’hui dans une situation d’urgence économique ; mais elle est tout autant, sinon plus, dans une situation d’urgence sociale. Et rien ne justifie que la première de ces urgences ne fasse oublier la seconde. Ou qu’elle commande l’action publique au détriment de la seconde.
Et c’est là l’hypocrisie des campagnes patronales sur le sujet. Car le transfert de charges massif que préconise l’Afep – et qui divise le gouvernement jusque dans son sein – est révélateur de l’égoïsme social dont font souvent preuve les milieux d’affaires français. Rétifs à toute idée d’effort partagé, ceux-ci privilégient trop souvent une autre idée du partage. Pourquoi faire payer les riches ? Faisons payer les pauvres, ils sont beaucoup plus nombreux ! Pourquoi faire payer les entre- prises ? Faisons payer les salariés, autant qu’il est possible...
Etrange conception du pacte social. Paraphrasant la belle formule de Marx au sujet du capitalisme, on en vient à penser que les cercles dominants du patronat français ont décidément la fâcheuse habitude de « noyer toutes choses dans les eaux glacées du calcul égoïste ».
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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 15:10

 

 

Rue89 - A débattre 03/11/2012 à 12h29
Benjamin Sourice | Journaliste pigiste


Wendel Lutz et Wes Shoemyer à Paris le 30 octobre 2012 

« Les OGM détruiront votre modèle d’agriculture familiale s’ils sont adoptés ! »

C’est en substance le message que sont venus porter en France deux agriculteurs américains « repentis » des OGM. L’un, Wes Shoemyer, petite barbichette, grand sourire et chevalière frappée d’un symbole franc-maçon, dirige une exploitation de 1 200 hectares dans le Missouri, l’Etat abritant le siège de Monsanto.

Elu démocrate au sénat du Missouri, il est en lutte contre « l’accaparement monopolistique de l’agriculture par une poignée de firmes ».

A ses cotés, Wendel Lutz, la cinquantaine débonnaire du typique « mid-west farmer », l’air tragique en plus de l’homme en résistance.

Ils ont été invités à témoigner par Greenpeace afin de raconter « leur réalité ».

Solidement installé au fond de sa chaise, Wes Shoemyer raconte :

« Avant l’introduction des OGM, nous utilisions déjà l’herbicide Roundup pour brûler les mauvaises herbes, c’était miraculeux ! Entre 1996 et 2001, au moins 80% des agriculteurs ont adopté ce système des OGM. »

L’élu reproche aujourd’hui à Monsanto d’avoir mis en place une stratégie de capture du marché avec des prix attrayants, en particulier sur le Roundup, pour ensuite organiser l’envolée des prix.

Il est inquiet de voir « les agriculteurs payer de plus en plus cher, non plus pour financer la recherche ou améliorer leur production, mais pour s’acquitter d’un brevet contrôlé par une seule compagnie ».

Aux États-Unis, la technologie brevetée Roundup Ready de Monsanto est présente dans 94% des variétés de soja génétiquement modifié et 70% du maïs génétiquement modifié d’après le ministère de l’Agriculture.

Des mauvaises herbes résistantes au Roundup

Aux Etats-Unis, entre 2000 et 2011, la consommation annuelle de glyphosate, la substance active du Roundup est passée dans les champs de maïs de 1,8 million à 30 millions de tonnes dû à l’expansion massive des OGM. Une explosion de la consommation qui s’explique également par l’augmentation des doses pour tenter de contrôler certaines mauvaises herbes devenues tolérantes au Roundup, découvertes pour la première fois en 2000 dans le Delaware.

Une mauvaise surprise dure à digérer pour Wendel Lutz :

« C’est en 2011, que j’ai observé les premiers plants d’amarantes rugueuses résistants au glyphosate se développer dans mes champs.

C’est injuste qu’après seulement cinq ans d’exploitation des OGM mes champs aient été envahis, c’est à ce moment que j’ai décidé d’arrêter et d’alerter mes collègues ! »

Au moins 5 millions d’hectares de cultures, d’après l’industrie, seraient contaminés par ces « super adventices », capables de résister à plusieurs classes d’herbicides. L’organisation internationale chargée de leur contrôle (ISHRW), financée par les producteurs de pesticides, a déjà recensé 23 espèces sauvages résistantes, un chiffre sous-estimé selon d’autres experts.

La fuite en avant vers toujours plus de pesticides

Wendel raconte :

« Certains de mes voisins qui ont le même problème préfèrent continuer en augmentant les doses ou en cumulant plusieurs molécules. C’est une fuite en avant avec le risque qu’à terme la plupart des mauvaises herbes deviennent résistantes à tous les herbicides. »

Une tendance que suit l’industrie. Sur 20 nouveaux OGM au court d’évaluation auprès de la FDA, l’agence de régulation sanitaire américaine, 13 sont élaborées pour résister à de multiples herbicides. La firme Dow pense répondre à ce fléau en réintroduisant d’anciens herbicides comme le Dicamba ou le 2-4 D, ayant servi dans la composition de l’agent orange lors de la guerre du Vietnam et auquel des résistances de plantes sauvages ont déjà été observées.

Un retour aux semences conventionnelles ?


Etiquette d’un sac de semences OGM

Pour Wes, il est encore possible d’agir :

« Il faudrait revenir en arrière, vers des semences conventionnelles ; certaines compagnies en ont fait une spécialité. Malheureusement, il y a une vraie dépendance des agriculteurs vis à vis de ces technologies que les compagnies ont intérêt à entretenir et cela au détriment des bonnes pratiques culturales. »

Pour Wendel il faudrait « une impulsion économique, une plus grande demande pour du non-OGM, pour voir un changement d’orientation » dont l’étiquetage des OGM, actuellement en débat, pourrait être le socle.

En guise d’avertissement final, Wes Shoemyer lance :

« Si la France ou l’Union européenne adoptaient les OGM, cela aurait un impact majeur sur les campagnes. Si vous voulez de grandes fermes en monoculture, si vous souhaitez vider les zones rurales de leurs habitants, alors vous adoptez le modèle OGM. C’est cela l’expérience américaine : une agriculture sans agriculteur contrôlée par des entreprises multinationales ! »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 14:46

 

Le Monde.fr avec Reuters | 03.11.2012 à 13h50 • Mis à jour le 03.11.2012 à 13h51

 

 
 
Manifestation contre la venue d'Angela Merkel à Athènes, le 8 octobre 2012.

Entre l'Allemagne et la Grèce, les relations ne sont pas au beau fixe. La preuve ? Le groupe pharmaceutique allemand Merck ne livre plus son médicament contre le cancer Erbitux aux hôpitaux publics grecs en raison de factures impayées, déclare son directeur financier dans une interview publiée samedi.

"Cela n'affecte que la Grèce, où nous avons été confrontés à de nombreux problèmes. Cela ne concerne que ce produit", explique Matthias Zachert dans cet entretien au Börsen-Zeitung. Les Grecs pourront toujours se procurer l'Erbitux dans les pharmacies, a précisé un porte-parole à Reuters.

L'anticancéreux Erbitux est le deuxième médicament sur ordonnance de Merck le plus vendu. Il a représenté un chiffre d'affaires de 855 millions d'euros en 2011.

En Espagne, le gouvernement aide les hôpitaux à payer les factures, ce qui évite aux hôpitaux public d'être privés d'approvisionnement, indique le directeur financier du laboratoire.

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