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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:09

 

 

Le Monde.fr | 26.02.2013 à 18h12 • Mis à jour le 26.02.2013 à 18h59 Par Audrey Garric

 

 

 

 

Sous les coups du marteau-piqueur, un liquide noirâtre et visqueux se deverse sur le bitume devant une assemblée vêtue de masques et de casques de chantier. Mardi 26 février, une petite vingtaine de militants s'est rassemblée devant l'hôtel de luxe Marriott, dans le 13e arrondissement de Paris, pour simuler un forage pétrolier. Le but du happening : dénoncer la volonté de l'Equateur d'ouvrir des pans entiers de l'Amazonie aux compagnies pétrolières.

"Le ministre des ressources naturelles non renouvelables d'Equateur, Wilson Pastor, rencontre aujourd'hui des groupes pétroliers français ici, explique Julien Bayou, chargé de campagne de l'ONG Avaaz, en pointant l'établissement. Le gouvernement équatorien présente en effet aux compagnies internationales un nouvel appel d'offres pour explorer et exploiter des zones de la forêt amazonienne riches en hydrocarbures."

La session, appelée Ronda suroriente, met ainsi aux enchères, depuis le 28 novembre et jusqu'en mai, 11 blocs du sud-est du pays, soit une superficie de 4 millions d'hectares – l'équivalent des Pays-Bas. Les réserves de brut y ont été estimées à entre 370 millions et 1,6 milliard de barils. Dans le cadre de sa tournée visant à rencontrer de possibles investisseurs, Wilson Pastor s'est déjà rendu à Houston, aux Etats-Unis, en février, et sera à Pékin, en Chine, fin mars.

Les blocs mis aux enchères par le gouvernement équatorien.

"Nous dénonçons le double discours du président Correa, qui s'est toujours présenté comme un fervent défenseur de l'environnement alors qu'il souhaite vendre aux compagnies pétrolières des parcelles de forêt vierge intacte, ce qui causerait des dommages irréversibles pour les écosystèmes et la mise en danger des populations autochtones", lâche Gert-Peter Bruch, président de l'association Planète Amazone, dont les membres arboraient des pancartes "La terre n'est pas à vendre".

PROTECTION DE LA RÉSERVE YASUNI

Le socialiste Rafael Correa, fraîchement réélu président de la République le 17 février, avait poussé à la reconnaissance des droits de la Terre-mère (surnommée Pachamama dans les cultures indigènes) lors de sa première élection en 2006, allant jusqu'à l'inscrire dans la Constitution deux ans plus tard.

Lire : En Equateur, le président de gauche Rafael Correa réélu dès le premier tour

Au nom de la protection de l'environnement, il a par ailleurs décidé de défendre le projet Yasuni ITT (du nom des gisements d'Ishpingo, Tiputini et Tambococha dans l'Amazonie équatorienne), un ambitieux programme visant à renoncer à l'exploitation des gisements renfermés dans la réserve naturelle Yasuni en échange d'une indemnisation internationale de 3,6 milliards de dollars étalée sur douze ans, une somme qui représenterait pour l'Equateur la moitié du manque à gagner.

Dans la forêt amazonienne, le 17 février 2005.

Le parc, qui s'étale sur 982 000 hectares, renferme en effet l'équivalent de 846 millions de barils de brut, soit pas moins d'un cinquième des réserves du pays. Mais il abrite dans le même temps 696 variétés d'oiseaux, 2 274 d'arbres, 382 de poissons, 169 de mammifères ou encore 121 de reptiles, soit l'une des plus grandes concentrations d'espèces au monde.

 POLLUTION ET ÉMISSIONS DE CO2

Des écosystèmes qui pâtiraient d'une exploitation d'hydrocarbures. Selon des estimations scientifiques, un kilomètre de route entraîne la déforestation d'une centaine d'hectares. Or, un arbre permet d'absorber une tonne de dioxyde de carbone, l'équivalent des gaz émis par 500 voitures en un an. Le gouvernement équatorien a ainsi calculé que la non-exploitation des gisements de Yasuni permettrait d'éviter l'émission de 407 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2), l'équivalent de ce que produisent par an le Brésil ou la France.

Seule une poignée de communautés autochtones évolue dans les blocs de forêt amazonienne que l'Equateur veut céder.

L'enjeu réside aussi dans la pollution des sols et des nappes phréatiques dans un environnement préservé, où évolue seulement une poignée de communautés autochtones. En témoigne la récente condamnation du géant pétrolier américain Chevron à une amende record de 19 milliards de dollars pour une pollution provoquée entre 1964 et 1990 dans la forêt amazonienne par une de ses filiales.

Lire : Chevron devra payer pour avoir pollué l'Amazonie

500 000 BARILS DE BRUT PAR JOUR

Malgré tout, l'industrie pétrolière, en particulier la société d'Etat PetroAmazonas et les groupes étrangers ENI (Italie) et Repsol (Espagne), poursuit son implantation, initiée dans les années 1980. Aujourd'hui, l'Equateur, plus petit membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), produit autour de 500 000 barils de brut par jour. Le pétrole est sa principale source de devises.

"Rafael Correa, sous couvert de protéger le parc Yasuni, ouvre à la vente les parcelles limitrophes, qui abritent la même biodiversité", déplore Julien Bayou.

D'autant que les fonds récoltés depuis 2011 pour protéger le parc, via le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), n'ont atteint que 200 millions de dollars – même si l'Allemagne a annoncé, jeudi 21 février, qu'elle allait offrir à l'Equateur 34,5 millions d'euros, une somme qui ne sera pas versée à ce fonds mais s'inscrit dans le cadre de sa politique de coopération directe.

 PÉTITION D'UN MILLION DE SIGNATURES

Il y a quelques mois, la communauté Kichwa de l'île Sani a alors appelé la communauté internationale à protéger la zone. S'en est suivi une pétition, publiée le 23 janvier par Avaaz, qui a dépassé la barre du million de signatures.

La communauté Kichwa de l'île Sani a alors appelé la communauté internationale à protéger la zone.

"L'île Sani a dit non au pétrole. Ce n'est pas facile parce que les hydrocarbures dominent. Nous sommes qu'un petit grain contre une grande entreprise. Mais nous le faisons non seulement pour nous, mais pour le monde", avait déclaré Patrick Jipa, un porte-parole de la communauté, lors d'une conférence de presse à Quito, rapportée par le Guardian.

Avaaz a déjà organisé plusieurs campagnes pour protéger l'Amazonie. Mais le directeur de campagne Pedro Abramovay estime qu'aucune n'a reçu un tel soutien. Et d'assurer : "C'est une histoire de David contre Goliath qui fascine les gens. Notre mobilisation a permis d'amplifier une petite voix en la partageant avec d'autres dans le monde."

Audrey Garric

 

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 18:00

 

Le Monde.fr avec AFP | 26.02.2013 à 17h01 • Mis à jour le 26.02.2013 à 17h30

 

 

 

Les principales corrections financières concernent la Grande-Bretagne (138 millions d'euros), l'Italie (76,1 millions d'euros), l'Espagne (63,5 millions d'euros) et la France (41,4 millions d'euros).

La Commission européenne a annoncé mardi 26 février qu'elle réclamait à 22 Etats de l'Union européenne (UE), dont la France, un total de 414 millions d'euros correspondant à des dépenses irrégulières effectuées au titre de la politique agricole commune (PAC).

Certains montants ayant déjà été recouvrés, l'incidence financière nette sera d'environ 393 millions d'euros, a précisé la Commission dans un communiqué. Ces fonds seront reversés au budget de l'UE.

 CORRECTIONS FINANCIÈRES

Les Etats membres sont responsables du paiement et de la vérification des dépenses effectuées au titre de la PAC, mais il revient à la Commission de "s'assurer qu'ils utilisent correctement les fonds mis à leur disposition", rappelle le communiqué.

Les principales corrections financières concernent la Grande-Bretagne (138 millions d'euros), l'Italie (76,1 millions d'euros), l'Espagne (63,5 millions d'euros), la France (41,4 millions d'euros) et la Pologne (35,1 millions d'euros).

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:53

 

Le Monde - emploi.blog

Sans surprise, le chômage a de nouveau augmenté en janvier, pour le 21e mois consécutif. Selon les chiffres publiés mardi 26 février par le ministère du travail et de l'emploi, le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant eu aucune activité au cours du mois (catégorie A) s'est établi à 3 421 800, Dom compris. La hausse a atteint 41 900 personnes en un mois.

Cette forte hausse est due en partie à des changements de pratiques des radiations administratives début janvier. Celles-ci ont désormais lieu au moment de la notification, et plus au moment du manquement qui les motive. Selon le ministère, la hausse aurait été limitée à 22 800 personnes en catégorie A en métropole sans cette modification. "Cette progression est inférieure à l’évolution moyenne constatée au second semestre 2012", a calculé le ministère. Certes, mais elle montre que la hausse du chômage n'est pas près de ralentir, après des chiffres de décembre qui avaient été un peu plus optimistes.

Un niveau jamais atteint depuis juillet 1997

En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A s'établit à 3 169 300, un chiffre jamais atteint depuis juillet 1997. A ce rythme, le record de janvier 1997 (3 195 500 inscrits) pourrait être dépassé dans deux mois. En comptant les chômeurs en activité réduite (catégories B et C), la hausse atteint 60 000 personnes. Elle aurait été de 36 800 personnes sans la modification sur les radiations, ce qui reste là aussi très élevé.

Le nombre de chômeurs dans les catégories A, B et C s'établit à 4 967 500 personnes Dom compris, tout proche du terrible seuil symbolique des 5 millions de chômeurs.

Lire : "Chiffres du chômage : mode d'emploi"

Dans le détail, les chômeurs de longue durée, inscrits depuis plus d'un an, sont à nouveau fortement touchés, avec une hausse de près de 2 % en un mois, et près de 14 % en un an. La catégorie des chômeurs inscrits depuis plus de trois ans bondit même de 18,5 % en un an. Conséquence de cette dramatique explosion du chômage de longue durée, le nombre de demandeurs d'emploi au RSA a grimpé de 45 000 personnes en un mois, en hausse de 14 % sur un an. Pour l'allocation de solidarité spécifique (ASS), la hausse est de 12,3 % en un an.

L'objectif d'inverser la courbe d'ici fin 2013 officiellement maintenu

En janvier, cette nouvelle hausse du chômage est surtout due à la chute des sorties des listes d'inscrits de Pôle emploi : en effet, en plus de la baisse des radiations, les reprises d'emploi déclarées ont reculé de plus de 5 % en un mois et les entrées en stage de plus de 11 %. Les offres d'emploi collectées reculent de plus de 10 % en janvier.

De leur côté, les nouvelles inscriptions ont baissé légèrement (-2,7 %), car les fins de CDD, de missions d'intérim ou les licenciements économiques ont affiché une relative stabilité en janvier. Dans son communiqué, Michel Sapin, le ministre du travail et de l'emploi, renouvelle "l’objectif du gouvernement d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année". Les chiffres de janvier montrent qu'on en est encore très loin.

Lire : "Chômage : la promesse intenable de François Hollande"


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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:47

 

 

Amis Désobéissants,
 
Nous serons nombreux à participer à la chaîne humaine antinucléaire à Paris le samedi 9 mars.
 
Or juste après la chaîne humaine, à 17h30, nous allons mener une action contre une autre menace, celle des pesticides, et notamment le fameux Roundup de Monsanto... Avec le collectif Roundup non merci, nous essayons de "convaincre" les magasins Castorama de retirer ce produit de leurs linéaires... en attendant son interdiction au niveau européen.
 
L'action est sans risque légal et ne durera pas longtemps (30 minutes)
Si vous voulez participer, rdv samedi 9 mars à 17h, gare du nord face à la voie 13. Après un briefing nous partirons en action.
 
Merci de vous inscrire auprès de Rémi : remifilliau@hotmail.fr

En outre, nous avons deja réuni plus de 20 000 signatures contre le Roundup, vous pouvez toujours signer et diffuser la pétition :
http://www.change.org/CastoramaRoundup

Il est possible de vous procurer des badges et des autocollants anti-pesticides sur la Boutique Militante, pour manifester votre soutien à notre lutte:
http://www.la-boutique-militante.com/ecologie-/127-badge-pesticides-non-merci.html

Plus d'infos sur la campagne : http://www.roundup-non-merci.fr/

www.desobeir.net

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:40

 

Inscription des 4 ateliers d’ABC’éditions au FSM de Tunis :

http://www.fsm2013.org/fr/organisation_info/18015


Lexique pour un dictionnaire de la réelle démocratie maintenant http://www.abceditions.net/nos-projets/5-nos-projets/45-lexique-pour-un-dictionnaire-de-la-reelle-democratie-maintenant

Relation avec les thèmes axes objectifs suivants dans le FSM : 

Pour une société humaine fondée sur les principes et les valeurs de dignité, de diversité, de justice, d’égalité entre tous les êtres humains

Pour la construction de processus démocratiques d’intégration et d’unions

http://www.fsm2013.org/fr/node/4532

Mots clés : 

Réelle démocratie maintenant, Vocabulaires à désambiguïser, Révolutions du savoir, Approches expérimentales, Lexicologie

 

NE PAYONS PLUS ! Stop-Paying sans frontières ! Campagne de désobéissance civile de masse :

http://www.abceditions.net/abc-editions/quoi-de-neuf-/2-quoi-de-neuf/40-edito-construire-des-universaux-socio-culturels +  http://stop-paying.org/ (http://stop-paying.org/music et  http://stop-paying.org/solici)

Relation avec les thèmes axes objectifs suivants dans le FSM : 

Pour un approfondissement radical des processus révolutionnaires et de décolonisation au sud et au nord

Pour un monde débarrassé de toute hégémonie et de toute domination impérialiste

Pour la construction de nouveaux universalismes

Pour un monde en paix débarrassée de la guerre comme instrument de domination économique, politique et culturelle

http://www.fsm2013.org/fr/node/4535

Mots clés : 

Boycott des finances odieuses et illégitimes, Contre l'usage militaire de nos fonds, Désobéissance civile de masse, Construction de nouveaux paradigmes

 

Université populaire de la biodiversité sans frontières :  

http://www.abceditions.net/nos-projets/5-nos-projets/44-universite-populaire-de-la-biodiversite-sans-frontieres

http://www.fsm2013.org/fr/node/4534

Relation avec les thèmes axes objectifs suivants dans le FSM : 

Pour la construction de nouveaux universalismes

Pour la justice cognitive

http://www.fsm2013.org/fr/node/4534

Mots clés : 

Ce qu'on fait de sa vie, Biodiversité, Savoirs et savoir faire, Souveraineté alimentaire, du local au global, Autonomie.

 

Arguments pour l’espéranto comme langue véhiculaire de débats : http://www.abceditions.net/nos-projets/5-nos-projets/31-7-arguments-pour-lesperanto-dans-les-echanges-sans-frontieres

Relation avec les thèmes axes objectifs suivants dans le FSM : 

Pour un approfondissement radical des processus révolutionnaires et de décolonisation au sud et au nord

Pour un monde débarrassé de toute hégémonie et de toute domination impérialiste

Pour la construction de nouveaux universalismes

Pour une société humaine fondée sur les principes et les valeurs de dignité, de diversité, de justice, d’égalité entre tous les êtres humains

Pour la justice cognitive

Pour la construction de processus démocratiques d’intégration et d’unions

http://www.fsm2013.org/fr/node/4679

Mots clés : 

Multilinguisme, Espéranto, Débats démocratiques, Économies de la parole et de l'action

 

 

Activités étendues : 

Activités organisées à Tunis, mais intéressées à "l’élargissement" grâce à Internet.

 

 

Jean-Jacques M’µ
ABC’éditions Ah, Bienvenus Clandestins ! http://www.abceditions.net
Sur FaceBook : http://www.facebook.com/

Blog Mediapart : http://www.mediapart.fr/blog/club/jjmu



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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 17:32

Revenu de base - Article

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 18:45

 

Agoravox - par Denis Thomas samedi 23 février 2013

 

 

 Elle a 110 ans, elle est californienne, travaille dans la caserne de pompiers de Livermore et ne dort jamais. Elle aurait du être la grande chance de survie de notre planète. Mais voilà, la société de consommation a fait en sorte qu’elle ne puisse ni se multiplier ni donner d’idée à personne.

C’est une ampoule de 60 Watts à incandescence améliorée fonctionnant à quatre Watts pour fournir un éclairage nocturne à des pompes à incendie. Elle a été conçue par Adolphe A. Chaillet et fabriquée par la firme américaine Shelby Electric Co.

Son filament, constitué de carbone, est huit fois plus épais que celui d’une ampoule traditionnelle. Du coup, elle semble éternelle. Durable. Inusable. Gênante. 

Elle ne fut pas la seule dans son genre immortel. Des articles furent également conçus au vingtième siècle, conçus pour durer. Des bas nylon qui ne filent jamais. Sauf entre les doigts des industriels qui voient alors le renouvellement des stocks et donc de la ressource financière repoussée aux calendes grecques.

Il est facile, plus de cent ans plus tard, de comprendre à quel point cette situation était économiquement insupportable. Donc, le Profit s’organisa pour ne pas mourir ou ne pas stopper sa croissance, ce qui revient, pour ses grands prêtres, à la même chose.

 

Naquit alors un courant, celui de « l’obsolescence programmée ». Une bande de joyeux drilles, issue de ce que l’Amérique comptait de petits malins avides, nommée le « Cartel de Phébus » fît des pieds et des mains pour que la durée de vie maximum des ampoules soit techniquement limitées à 1.000 heures.

DRILLES

Cette doctrine s’appliqua bien entendu à la gamme sans fin - elle - des produits sortis de l’imagination, également infinie, des ingénieurs dopés par les génies du marketing.

Un passionnant reportage diffusé il y a quelques temps sur la chaîne de télévision franco-allemande Arte, intitulé « prêt à jeter » met en évidence que le système a cru en force et en beauté et qu’il est devenu implacable. Pire : totalement accepté par l’immense majorité de la population des consommateurs. Ou presque. 

Ainsi, nous pénétrons dans l’intimité d’une imprimante qui ne veut plus rien faire. Morte ? Non blessée seulement ! L’appareil détient en son sein une petite puce qui, comme les "répliquants" de Blade Runner, programme sans état d’âme le trépas de son fonctionnement.

Son propriétaire, un forcené jusqu’auboutiste, n’abdique pas et fini par trouver auprès d’un ingénieur russe un logiciel qui neutralise la puce et hop ! L’imprimante se remet à galoper. Magique. Sauf pour le fabricant…

L’obsolescence programmée ne remplit pas, alors, les poubelles. Ce qui est providentiel. L’imprimante est donc prête à fêter ses anniversaires. Comme la sainte ampoule de Livermore.

 

 

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:08

 

http://www.youtube.com/watch?v=j_7NjO0Enus

 

 

 

Les Incroyables Comestibles dans l'émission "Silence ça pousse"

IncredibleEdibleFr IncredibleEdibleFr

 

Publiée le 23 févr. 2013

Stéphane Marie et Noëlle Bréham ont invité François Rouillay à présenter les Incroyables Comestibles dans le beau jardin potager de l'émission Silence ça pousse.

 

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 16:43

 

 

 

 

 

Un abîme est devant nous, où nous entraîne une politique sans hauteur qui, depuis mai 2012, n’a cessé de plier devant les obstacles – européens, financiers, institutionnels. Cet étrange renoncement ne sauvera rien, pas même la gauche au pouvoir dont l’impuissance face au désastre social de 2013 appellera une sanction électorale en 2014. Contre cette triste pédagogie de la fatalité et de la résignation, personne ne nous sauvera, sauf nous-mêmes : il nous revient à tous, entre audaces individuelles et défis collectifs, d’ouvrir l’avenir en inventant l’inconnu.

« Ils gouvernaient comme ils avaient vécu, par adaptations successives » : cette ancienne citation m’est revenue comme une évidence depuis que François Hollande est devenu président de la République et que se succèdent, sur les fronts essentiels, reculs et faiblesses, concessions et conformismes, présidentialisme continué, Europe inchangée et finance confortée, urgences prises pour l’essentiel tandis que l’urgence ne va pas à l’essentiel, et tout ce temps perdu qui ne se regagnera jamais…

Ma mémoire l’ayant quelque peu transformée, la voici, rendue à son exactitude : « Dans l’impossibilité d’asseoir leur autorité sur la force d’un symbole (…), ils gouvernèrent comme ils avaient vécu, à coup d’imperceptibles adaptations. » C’est de François Mitterrand, aux premières pages du Coup d’État permanent (1964), ce réquisitoire contre cette Cinquième République bonapartiste dont il sera le premier président socialiste, inaugurant une conversion institutionnelle fatale à l’altérité démocratique et sociale de la gauche française.

Mitterrand y décrit son propre monde, la classe politique dont il fut avec zèle et dont il s’efforce alors de réchapper, celle de l’après-guerre qui, échouant à sauver la République du désastre colonial, finira dans les bras d’un militaire sauveur, comme trop souvent en France depuis Napoléon. « Parvenus au premier rang, écrit-il d’une plume acérée, mais incapables de trouver en eux-mêmes la force de créer un ordre nouveau, tournés vers le passé, ses usages et ses rites, ils se dépêchèrent d’imiter l’ordre ancien… » Et de conclure que « ce n’est pas par excès de démocratie que la Quatrième République a dépéri mais par peur de la démocratie, par timidité à l’égard du peuple ».

Si je convoque cette référence, c’est pour tenter de cerner cette énigme : ce fait que la présidence Hollande a réussi, en une moitié d’année, cette prouesse de décevoir même ceux qui, avertis des limites du Parti socialiste, ne se faisaient aucune illusion. Mais qui pariaient, au moins, sur la dynamique d’un vote dont les exigences ne seraient pas aussitôt remisées ou dévaluées. Loin d’un chèque en blanc, se débarrasser du sarkozysme, de son hystérie politicienne et de sa droitisation extrême, c’était en effet, par la force du suffrage, mettre à l’ordre du jour tout ce que la présidence sortante avait incarné et qu’il fallait absolument défaire. Non pas le style, mais la ligne. Non pas l’apparence, mais la consistance.

Le candidat le savait pertinemment qui, une fois sorti vainqueur des primaires socialistes par habile prudence plutôt que par forte conviction, finit par accélérer sa campagne, la positionner et la construire sur les trois questions centrales de l’heure. Celles du bilan de Nicolas Sarkozy tout autant que celles de la crise de civilisation qui nous saisit : les questions de l’Europe, de la finance et de la démocratie. Car que promettait François Hollande ? De réorienter l’Europe, de combattre la finance, d’instaurer une présidence normale. Or que reste-t-il de ces trois engagements ? Presque rien ou l’exact contraire, dans tous les cas pas grand-chose.

Les derniers rendez-vous européens ont montré une France isolée face à un tandem germano-britannique donnant le la d’une Europe plus indifférente que jamais à ses peuples, utilisant la récession pour forcer l’austérité tandis que le pacte de croissance dont se targuait François Hollande est déjà oublié. L’avorton de réforme bancaire obtenu par les lobbys financiers marque le deuil de la grande mise en ordre promise afin d’enrayer les ravages de la spéculation, repartie de plus belle malgré sa responsabilité avérée dans la crise actuelle. Quant à la démocratisation de la vie publique dont le seul coût est de volonté politique, elle est en panne, la réforme constitutionnelle bel et bien encalminée, le cumul des mandats reporté aux calendes, la refondation de la liberté de l’information pas à l’ordre du jour.

 

Cet étrange renoncement

Voici donc la gauche socialiste au pouvoir repartie pour cette dissociation des engagements électoraux et des choix gestionnaires qui, dans le passé, lui fut toujours fatale. Témoin ou acteur des sévères défaites législatives de 1986 et de 1993 ainsi que du stupéfiant échec présidentiel de 2002 et de l’inattendu « non » au référendum de 2005, la génération aujourd’hui au pouvoir sait pourtant d’expérience combien est douloureux, entre désolation et division, le prix à payer pour ces renoncements essentiels, sur les terrains européen, économique et démocratique. Sans parler de celles et ceux qui, parmi les actuels ministres, se sont affirmés et construits dans le bilan critique de ces échecs.

Tel fut le cas, par exemple, de Christiane Taubira, de Vincent Peillon et d’Arnaud Montebourg. Or les trois noms qui, spontanément, viennent à l’esprit pour incarner un rapport critique de la gauche à sa propre histoire sont aussi les trois ministres les plus remarquablement atypiques du gouvernement Ayrault – et qui, par leur bilan personnel, font déjà entendre une différence. Mais que pèsent, à la vérité, la hauteur poétique de la ministre de la justice, le volontarisme social du ministre du redressement productif et l’exigence intellectuelle du ministre de l’éducation face à des choix économiques, sociaux, sécuritaires, voire internationaux, qui ne marquent pas de différence évidente avec une politique de droite modérée et, encore moins, avec celle qu’aurait incarnée Dominique Strauss-Kahn ?

Tandis que les écologistes sont devenus inaudibles, piégés par leur participation gouvernementale qui, en les neutralisant, confirme l’allergie foncière de la Cinquième République au pluralisme, et que le Front de gauche est, à l’inverse, légitimement conforté dans sa contestation radicale, il nous reste à comprendre la rapidité de ce retournement. Car ce triple renoncement, commencé dès l’été 2012 (lire ici, , aussi et encore, les articles où nous prenions date), s’est produit sans événement extérieur, sans conjoncture nouvelle, sans contrainte imprévue. Sans combat ni débat, comme une sorte d’affaissement naturel. Comme si lassitude et fatigue avaient d’emblée saisi ce nouveau pouvoir devant l’ampleur des obstacles que ses promesses de changement avaient forcément placés devant sa route.

C’est ici que l’évocation par François Mitterrand de ces politiques qui glissent sans forcément l’avoir choisi ou voulu, par habitudes, conforts et pesanteurs, s’adaptant toujours sans jamais rompre, n’est pas inutile. Car, loin d’un déterminisme simpliste, cette image laisse place à l’autonomie des individus, selon qu’ils se conforment aux milieux et aux intérêts qui les entourent ou qu’ils savent s’en échapper, leur résister et les distancier. Point d’équilibre d’un pouvoir constitué à la façon d’une direction socialiste, dans une homogénéité de circonstance plutôt que de cohérence politique, le tandem Hollande-Ayrault a pris la première voie, autant par conformité à sa nature foncière que par conviction solide.

Sans doute se pensent-ils sincèrement raisonnables et responsables, équilibrés et attentifs, patients et précautionneux – et, de ce point de vue, on ne saurait regretter un heureux contraste avec la brutalité et la virulence sarkozystes. Mais, en persévérant ainsi dans leur être, par adaptations successives, ils ne se montrent guère à la hauteur de l’histoire qui les emporte et les bouscule. Conjugaison d’une révolution industrielle – la troisième de notre modernité, avec le numérique pour moteur, succédant à la machine à vapeur et à l’électricité des deux premières –, d’une durable crise du capitalisme – la troisième de cette ampleur après celles de 1857 et de 1929 –, et d’une fin de la domination de l’Europe sur le monde – clôturant le cycle ouvert, il y a plus de cinq siècles, par le « Nouveau Monde » de Christophe Colomb –, notre époque incertaine et obscure appelle des audaces, des inventions, des créations – et non plus seulement des prudences, des répétitions et des continuations.

Dans son désastre européen, enfantant guerres mondiales et guerres coloniales, le siècle passé nous a enseigné que l’histoire n’est jamais écrite – et qu’elle peut aussi bien tourner en catastrophe par la faute d’une humanité imprévoyante ou inconsciente, aveuglée ou dépossédée. L’avertissement vaut pour nos temps inquiets où l’incertitude nourrit la peur qui, elle-même, produit la haine. Aussi le triple renoncement socialiste fait-il irrésistiblement penser au constat désolé de l’historien – et futur résistant – Marc Bloch devant L’Étrange défaite de 1940. Celle-ci, comme souvent les désastres, n’est pas survenue à la façon d’une surprise inattendue, mais en résultant d’une addition de conformismes et de suivismes, de résignations et de soumissions.

« Cette faiblesse collective n’a peut-être été, souvent, que la somme de beaucoup de faiblesses individuelles », écrivait-il, visant ces « classes dirigeantes » à qui « quelque chose a manqué de l’implacable héroïsme de la patrie en danger ». Sans vision ni ambition, endormies par « toute une littérature du renoncement », ne pensant qu’au court terme et qu’à leur intérêt égoïste, elles étaient saisies d’un « funeste rétrécissement d’horizon », foncièrement incapables de « voir plus loin, plus haut et plus large ». Et Marc Bloch de recommander que le peuple « se remette à l’école de la vraie liberté d’esprit », résumée, selon lui, par « cette maxime de sagesse » : « Il est bon qu’il y ait des hérétiques. »

 

Le piège de la Cinquième République

Aussi dissemblables soient-elles, de François Mitterrand à Marc Bloch, du coup d’État de 1958 à la capitulation de 1940, ces résonances dessinent une histoire toujours ouverte et parfois tragique, qui nous requiert et nous oblige, bref qui devrait nous élever alors même que nos actuels gouvernants privilégient une pédagogie de contrainte et de fatalité, où la comptabilité tient lieu de politique. Comme le furent leurs prédécesseurs de gauche, ils sont présomptueux, pensant dominer des usages et des rites, ceux de la Cinquième République, qui, en vérité, s’imposent à eux pour réduire ce qui leur restait d’altérité, les isoler de la société et les confondre avec l’État.

Or, loin d’être neutre, au-dessus des classes et des partis, cet État, en ses sommets, est plus que jamais sous la pression ou sous la dépendance d’intérêts oligarchiques, au croisement de l’avoir et du pouvoir, de l’argent et de la politique, de la finance et de l’administration. Survivant aux alternances et s’accommodant d’allers et retours du public au privé, une élite gestionnaire impose ses vues hors de toute publicité et de tout contrôle, avec la conviction de savoir mieux que le peuple ce qui est bon pour lui. Spécificité française, le poids maintenu des cabinets ministériels et élyséen, dont la composition n’obéit qu’au bon vouloir des Princes du moment, illustre cette secrète mainmise au détriment d’une responsabilisation transparente des administrations et de leurs directions.

Pensée pour affirmer la prééminence de l’État sur les coteries, la Cinquième République a réussi cette prouesse de transformer l’État en relais partisan ou complaisant, dans un entre-soi confortable où le renouvellement des cercles dirigeants ne laisse guère entrer la contradiction, la dissonance et la différence. À cette aune, la plupart des nominations faites par le nouveau pouvoir, notamment celles dévolues au large périmètre présidentiel, ont confirmé ces pesanteurs. Ainsi, plutôt que de précipiter une véritable refondation démocratique de l’audiovisuel public (et, au-delà, de la liberté de l’information), on se contentera de choisir – en vérité, d’imposer, selon des règles inchangées – à la tête de l’autorité qui le contrôle une figure déjà éprouvée des cabinets de la gauche gouvernante. Autrement dit, de faire confiance à la fidélité plutôt qu’à la réforme.

Et que dire, dans des domaines, ceux de la relation au monde et aux autres, à la diversité et aux ailleurs, où l’audace était à peu de prix, des choix faits pour l’Institut du monde arabe ou pour la Cité nationale de l’immigration, nomination d’un vieux cacique socialiste dans un cas, renouvellement d’un aussi vieux cacique chiraquien dans l’autre ? Exemples sans doute secondaires au regard des choix, plus lourds de conséquences, faits dans le domaine économique, par exemple pour la Caisse des dépôts et la Banque publique d’investissement, confiées à un ancien haut fonctionnaire ami, hier compatible avec Nicolas Sarkozy et, donc, témoin d’une sorte d’interchangeabilité des politiques sous la droite et sous la gauche.

Mais, le diable se nichant toujours dans les détails, l’anecdotique dit souvent l’essentiel, tout comme les efforts pathétiques d’une journaliste pour jouer un rôle politique qui n’existe pas, celui d’une supposée « Première Dame », illustrent l’anormalité maintenue d’un présidentialisme délétère. Chronique à répétition de conflits d’intérêts manifestes, l’affaire soulevée par Mediapart à propos du ministre délégué au budget, patron de l’administration fiscale tout en étant soupçonné de fraude fiscale, montre de même que les principes invoqués hier contre la droite peuvent être soudain mis en veilleuse, dans un sorte d’asthénie morale liée à l’exercice du pouvoir.

C’est la plus évidente surprise de ce début de présidence : sa tiédeur sur le terrain des réformes et des exigences démocratiques quand, dans le même temps, rigueur économique et austérité sociale sont imposées à grands pas. L’heureuse audace du mariage pour tous reste une exception solitaire, tandis qu’au quotidien, les classes populaires se sentent toujours dépossédées de toute emprise sur leur avenir, subissant les conséquences de décisions économiques et de choix financiers qui ne leur appartiennent pas. L’éventuelle bonne volonté des protagonistes, ministres et entourages, n’est pas en cause mais, plutôt, leur croyance qu’elle suffit alors même qu’il leur faudrait bousculer et mobiliser, susciter l’adhésion et entraîner la confiance.

Suffisante, sinon prétentieuse, cette croyance est insupportable pour tous ceux qui subissent les conséquences des renoncements qu’elle est supposée absoudre. Car une politique se juge toujours dans cette relation à la vérité que dessine l’écart entre ses paroles et ses actes. Un an après la visite symbolique, le 24 février 2012, du candidat Hollande aux ouvriers sidérurgistes d’Arcelor-Mittal à Florange, la contradiction est flagrante entre le volontarisme électoral et la passivité gouvernementale. Qu’il faille la crise du Mali, l’un des pays les plus pauvres du monde – 175e à l’indice du développement humain qui recense 177 nations –, et cette nouvelle guerre au terrorisme, aux accents trop facilement dominateurs, pour redonner un semblant d’ardeur politique au nouveau pouvoir ne fait que souligner ce décalage, et l’impuissance dont il témoigne

 

Le pouvoir des sans pouvoirs

Manquant de vision et d’audace, cette politique à pas et à temps comptés accompagne une générale perte de hauteur du débat public. Sans que l’on sache ce qu’annonce ce climat délétère, nous vivons un semblant de décadence typique d’un ancien régime épuisé. Tandis que l’édition marchande impose la confession intime et le voyeurisme salace, au détriment d’une littérature de la découverte et du dépassement, l’inépuisable feuilleton strauss-kahnien met en scène l’accouplement de la prédation sexuelle et de la domination sociale.

Tandis que l’ancienne droite républicaine se vautre dans le racisme antimusulman et dans l’essentialisme identitaire, le ministre de l’intérieur en place désigne un ennemi intérieur qui accouple les mots fascisme et islam, tout en assimilant la colère ouvrière aux casseurs délinquants. Tandis qu’un affairiste notoire, repris de justice avéré, fait main basse sur des journaux avec la complicité des banques, l’information ne cesse d’être malmenée par le divertissement, le rire ayant détrôné la conscience et le doute désabusé tenant lieu de conviction enracinée.

Qui donc nous redonnera de l’air et de la hauteur ? Une envie d’horizon, d’ailleurs et de lendemains ? Un goût d’élévation qui ne soit pas de domination ? Un souci des autres et du monde où se réinvente un chemin d’espérance ? Qui d’autre sinon nous-mêmes ? Car, sauf à déchanter rapidement, il n’est pas, en cette matière par essence démocratique, de César, de tribun ou de sauveur suprême qui vaille, selon l’ancienne lucidité du premier chant international du monde ouvrier. Nous-mêmes, c’est-à-dire cette radicalité pragmatique, réaliste et concrète, qui s’invente au plus près des expériences et des résistances, des luttes et des refus.

Dans un livre trop peu commenté, paru une année avant qu’il ne devienne ministre du gouvernement Ayrault, Vincent Peillon défendait « le pouvoir des sans pouvoirs ». Philosophe de profession, il s’efforçait d’y renouer les liens du politique à l’action et à la vérité dans le moment même où ils semblent les plus distendus, voire, trop souvent, rompus. Imbriquant solidairement la démocratie politique à la démocratie économique et sociale, cet Éloge du politique (Éditions du Seuil) peut être lu, aujourd’hui, comme le propos absent du nouveau pouvoir. Comme son silence en quelque sorte.

Mais un silence logique, à en croire le philosophe-ministre qui, congédiant soudain une classe épuisée de professionnels de la politique, nous renvoie à tous l’exigence d’audace et de vision et, par conséquent, d’engagement. « Dans les grandes mutations historiques et politiques, dans les grands bouleversements et les grandes tragédies, les politiques sont absents, ou faibles, écrit-il. D’autres hommes surgissent. Ce n’est pas un hasard, et ce n’est pas circonstanciel. Cela se reproduit toujours. L’idée d’une politique “antipolitique” signifie cela, que le politique n’est pas la politique, n’est pas la question du pouvoir mais celle de la vie dans la vérité. Un syndicaliste, un militaire, un homme de théâtre, un journaliste, un philosophe ébranlent alors le monde, beaucoup plus que ne le feront jamais les politiciens. »

Et de conclure par cette injonction : « Ne laissons pas les hommes du pouvoir, de l’argent et de la flatterie juger une seconde fois Socrate. Ne les laissons pas une seconde fois le condamner à mort. » Nous voici donc requis, sommés d’agir et de découvrir. De ne plus seulement commenter ou contempler, en spectateurs passifs, mais de chercher à tâtons, là où nous sommes, où nous vivons et travaillons, les lueurs qui perceront le brouillard où l’on nous égare. Peut-être alors croiserons-nous en chemin ces grands voyants que sont les poètes qui, à l’instar du Rimbaud communard et de tant d’autres, devinent l’inconnu où s’invente l’humanité.

Dans des notes posthumes, publiées en 1901 sous l’intitulé Post-scriptum de ma vie, on trouve cette fulgurance de Victor Hugo où s’exprime notre attente, et, peut-être, notre destin, entre risque et pari : « Un abîme est là tout près de nous. Nous poètes, nous rêvons au bord. Vous, hommes d’État, vous y dormez. »


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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 16:29

 

Rue89 - Vie de bureau 25/02/2013 à 11h45
Rozenn Le Saint | Journaliste

 

 

Cheminots, intermittents, enseignants… Souvent attaqués et enviés pour leurs privilèges professionnels, ils ont développé une défense rodée.

Les grandes vacances des enseignants que Vincent Peillon envisage de raccourcir, les agents EDF qui ne payent pas l’électricité, ceux de la SNCF qui voyagent gratis et les intermittents qui glandent aux frais de Pôle emploi… Entre clichés et véritables avantages professionnels, ces travailleurs sont souvent pris à partie, dans la sphère privée.

A commencer par les professeurs des écoles, notamment quand ils clament leur refus de passer d’une semaine de 4 à 4,5 jours. François Dubet, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), s’est étonné de ce mouvement de contestation. « Comment se débrouillent les autres ? » nous demande-t-il quand nous l’appelons pour avoir des explications :

« Les enseignants sont loin d’être des nantis, et je ne crois pas en la légende auto-entretenue par les professeurs qu’ils auraient une image de fainéants. Les Français reconnaissent la difficulté de leur métier. En revanche, les enseignants ne se rendent pas compte des contraintes professionnelles des autres, qui ont des horaires fixes et un chef sur le dos tous les jours. »

Chez les profs : « Si c’est si facile... »

Entre deux « Peillon, démission », criés devant le ministère le 12 janvier, Jacques Borensztejn, directeur d’une école primaire parisienne, regrette les reproches perpétuels liés au prétendu temps libre des enseignants, bien souvent occupés à préparer les cours ou à corriger les copies. A chaque attaque, il dégaine une invitation :

« Quand on m’interpelle, je réponds : “Tente ta chance, on recrute beaucoup cette année !” Si c’est si facile et avantageux d’être enseignant, pourquoi en manque-t-on ?

Quand je suis entré dans l’Education nationale en 1975, je gagnais deux fois le smic. A présent, un jeune prof touche 1,3 fois le salaire minimum. »

Les professeurs utiliseraient aussi leur connaissance du système éducatif pour placer leurs enfants dans les meilleures classes. François Dubet se souvient que lors d’un entretien, une enseignante lui avait répondu qu’après tout, les agents EDF ne payaient pas leur électricité. Pour le sociologue :

« Ces comparaisons d’avantages professionnels, qui ne sont pas mirobolants, sont révélateurs d’un climat qui se noircit. Les pauvres finissent par se détester.

Cela me rappelle l’atmosphère de mon enfance, juste après la Seconde Guerre mondiale. La croissance des Trente Glorieuses avait effacé tout cela mais les ressentiments reviennent d’une manière pas très sympathique. »

Chez les cheminots : « Des problèmes de santé »

Crise ou pas, entre le fromage et le dessert, à chaque repas de famille, ce contrôleur SNCF y a droit depuis plus de 30 ans. Toujours les mêmes griefs à l’encontre des congés des cheminots que les proches de Serge Bellamy lui servent sur un plateau.

Si le joyeux quinquagénaire admet que ses 116 jours de repos annuels, auxquels s’ajoutent 28 jours de congés et 10 RTT constituent un véritable avantage, il regrette que les inconvénients, eux, soient si peu remarqués des envieux, généralement « des vieux de [son] âge travaillant dans le privé ». Alors pour les faire taire, sa technique à lui, c’est de rappeler les difficultés du métier :

« Mon quotidien, c’est des problèmes avec la clientèle, des nuits découchées et des kilomètres avalés. Rien à voir avec une vie pépère derrière un bureau. Les horaires décalés m’ont aussi valu des problèmes de santé, j’ai dû me faire opérer des intestins. »

Après les interminables anecdotes de chacun sur les retards de train, il entend toujours la même rengaine : les trajets gratuits pour toute la famille (huit voyages par an tous frais payés puis, maximum, 20% du prix d’un billet). Un avantage que certains utilisent peu finalement, comme Bruno Volier, conducteur de TGV :

« Quand je prends des vacances en famille, ce qui m’arrive un été sur trois seulement, compte tenu de la forte activité estivale, j’évite de prendre le train histoire de me sortir le travail de la tête. »

Chez les intermittents : « Travailler au pied levé »



La une du Point : « La France des enfants gâtés », le 25 octobre 2012 

 

Les intermittents aussi occupent une place de choix dans les rapports de la Cour des comptes et pour nourrir les unes sur « La France des enfants gâtés »… qui bien souvent, font l’impasse sur la précarité engendrée par le statut, selon Marie Kaiser, chef maquilleuse :

« Pendant un an, je n’ai pas trouvé de logement. Comment voulez-vous que je constitue un dossier avec des contrats irréguliers, à la journée ? Une fois, une employée d’une agence immobilière parisienne me l’a même jeté à la figure. Pourtant, j’avais deux garants…

Je suis allée chez mon ami de l’époque, mais c’était trop tôt, cela a cassé notre relation. J’ai passé un an avec mes deux valises dans ma voiture, c’est tout ce que j’avais ! »

De quoi clouer le bec des mauvaises langues en ces temps de « chasse aux sorcières », assure la quadragénaire.

« J’ai annulé assez de soirées pour travailler au pied levé pour que mes proches aient compris que mon univers est hyperconcurrentiel et que je ne peut pas me permettre de refuser une journée de travail ou de planifier des vacances... Je ne reste pas chez moi à attendre de toucher les Assedic ! En revanche, j’en suis tributaire. A la place, je préfèrerais avoir un salaire qui me permette de vivre. »

Agent EDF : « Ils ne paieraient pas un centime de moins »

Autre statut épinglé par la Cour des comptes, le 12 février, celui des salariés d’EDF aux revenus « trop généreux », au riche CE et au tarif agent avantageux (ils paient 10% de la facture). Un tiercé gagnant que Vincent Rodier, 26 ans au compteur, doit perpétuellement justifier :

« Le jour où les collègues de ma femme reçoivent leur facture d’électricité, elle a droit à des remarques. Je leur explique que le tarif agent fait partie du “package” salarial proposé à l’embauche et qu’il ne coûte pas tant que cela : 222 millions d’euros par an à l’échelle d’EDF, ce n’est pas grand-chose.

S’il disparaissait, ils ne paieraient pas un centime de moins l’électricité : l’augmentation est due à la hausse du coût de l’énergie et des frais de maintenance des centrales post-Fukushima. »

Pour se déculpabiliser, il y a deux ans, Vincent Rodier a équipé sa maison lyonnaise d’un poêle à bois, qu’il allume en période de pic de froid, pour soulager les lignes. Soucieux d’enseigner l’économie d’énergie, ce père de deux filles affirme :

« Psychologiquement, je suis content de m’effacer quand les réseaux sont très tendus. »

Un sentiment de culpabilité loin d’être généralisé, selon Jean-Paul Guillot, économiste :

« Plus les Français voient leur budget se restreindre, plus ils s’accrochent à leurs avantages spécifiques. Mais le vrai problème, c’est que depuis quinze ans, 1% de la population confisque la totalité des gains de la croissance dans le monde. Ce petit groupe a intérêt à ce qu’on se focalise sur les petits “privilèges” des électriciens ou des cheminots, plutôt que sur son enrichissement excessif à l’instar du jeune ingénieur qui gagne 100 000 euros par mois dans une banque ! »

Le sociologue François Dubet l’assure, « le système de jalousie est infini ».

 

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