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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 19:37

CADTM

 

 

CATDM - 18 mars par Éric Toussaint

 

 

« Les marchés sont devenus trop grands et complexes et ils évoluent trop vite pour être assujettis à la supervision et aux réglementations du XXe siècle. Il n’est pas surprenant que ce Léviathan financier mondial dépasse la pleine compréhension des acteurs du marché, fussent-ils les plus avisés. Les régulateurs financiers sont chargés de surveiller un système beaucoup plus complexe que ceux qui existaient quand on rédigea les réglementations régissant encore les marchés. » |1|

Cette affirmation d’Alan Greenspan, directeur de la Réserve fédérale de 1987 à 2006, a été reprise par tous les gouvernants des pays les plus industrialisés. Ils ont fait comme si les banques et les autres sociétés financières privées allaient s’auto-discipliner, tout en cherchant à satisfaire leurs intérêts particuliers, égoïstes. Alan Greenspan poursuit : « Le contrôle des transactions s’effectue désormais essentiellement grâce à la surveillance réciproque des traders. Pour protéger ses actionnaires, chaque prêteur tient à jour les positions des investissements de ses clients. Les régulateurs peuvent toujours prétendre qu’ils gardent l’œil ouvert mais leurs capacités sont très réduites. » |2|

La supposée capacité des banques et autres zinzins à s’autoréguler n’était que de la poudre aux yeux destinée à leur permettre de faire ce que bon leur semble. Alan Greenspan, l’ensemble des gouvernants des pays industrialisés, une armée d’experts et de commentateurs financiers, véritables illusionnistes prenant les citoyens pour des crétins, ont répété la fable de l’autorégulation des marchés jusqu’à la nausée. « Les marchés étant devenus trop complexes pour une intervention humaine efficace, les politiques anti-crise les plus prometteuses sont celles qui maintiennent une flexibilité maximale du marché : la liberté d’action pour les principaux acteurs du marché, tels que les hedge funds, les fonds d’actions privés et les banques d’investissements. » |3| Le cataclysme financier de 2007-2008 et ses effets dramatiques dans la durée ont opposé un démenti cinglant à ces incantations. Les acteurs des marchés financiers sont totalement incapables de s’autoréguler, ils n’en ont d’ailleurs aucunement le désir, encore moins la volonté. C’est une évidence démontrée par toutes les crises financières qui ont égrené l’histoire du capitalisme. Les gouvernants ont alors adopté un autre discours : « L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laisser-faire, c’est fini. Le marché qui a toujours raison, c’est fini. » |4|. En réalité, six ans après le début de la crise, cinq ans après l’annonce d’un retour à davantage de réglementation, le bilan se réduit largement à des effets d’annonces. Acoquinés aux dirigeants des banques, les gouvernants et les législateurs ont pris très peu de mesures contraignantes à l’égard des sociétés financières.

Une mesure contraignante dans un océan de laxisme

Depuis le 1er novembre 2012, dans l’Union Européenne, il est dorénavant interdit d’acheter un Credit Default Swap (CDS –voir encadré-) pour se protéger du risque de non remboursement d’une dette d’un État si on ne possède pas cette dette |5|. Les sanctions à prendre contre les sociétés et les personnes qui ne respecteront pas cette interdiction ne pas définies, elles sont de la compétence des États. Cela laisse une importante marge de manœuvre aux banques et autres sociétés financières qui voudraient contourner l’interdiction ou l’enfreindre. C’est à peu près la seule mesure significative prise par les autorités européennes pour mettre de l’ordre dans le secteur financier.

Qu’est-ce qu’un CDS ?

Le CDS est un produit financier dérivé qui n’est soumis à aucun contrôle public. Il a été créé dans la première moitié des années 1990 en pleine période de dérèglementation. Credit Default Swap signifie littéralement “permutation de l’impayé”. Normalement, il devrait permettre au détenteur d’une créance de se faire indemniser par le vendeur du CDS au cas où l’émetteur d’une obligation (l’emprunteur) fait défaut, que ce soit un pouvoir public ou une entreprise privée. Le conditionnel est de rigueur pour deux raisons principales. Premièrement, on peut acheter un CDS pour se protéger d’un risque de non remboursement d’une obligation qu’on n’a pas (sauf, depuis le 1er novembre 2012, dans l’Union européenne en ce qui concerne les dettes des États de l’UE). Cela revient à prendre une assurance contre le risque d’incendie de la maison du voisin en espérant que celle-ci parte en flammes afin de pouvoir toucher la prime. Deuxièmement, les vendeurs de CDS n’ont pas réuni préalablement des moyens financiers suffisants pour indemniser les sociétés affectées par le non remboursement de dettes. En cas de faillite en chaîne d’entreprises privées ayant émis des obligations ou du non remboursement de la part d’un Etat débiteur important, il est très probable que les vendeurs de CDS seront dans l’incapacité de procéder aux indemnisations qu’ils ont promises. Le désastre de l’entreprise nord-américaine AIG en août 2008, la plus grosse société d’assurance internationale (nationalisée par le président George W. Bush afin d’éviter qu’elle ne s’effondre) et la faillite de Lehman Brothers sont directement liés au marché des CDS. AIG et Lehman s’étaient fortement développées dans ce secteur.

Il faut souligner que l’interdiction d’acheter dans certaines circonstances des CDS, telle qu’elle a été décrétée à l’échelle de l’Union Européenne à partir de novembre 2012, ne concerne qu’une fraction minime du marché des CDS (le segment des CDS sur les dettes souveraines) : environ 5 à 7%.

La loi Dodd Franck aux États-Unis et les timides petits pas européens

Aux États-Unis, une nouvelle législation, timide en comparaison de la réglementation imposée par Franklin D. Roosevelt à partir de 1933 (voir encadré), a été adoptée pendant le premier mandat de Barack Obama. Il s’agit de la loi Dodd-Franck (qui inclut la règle Volcker |6|). Bien que la loi Dodd Frank ait été approuvée en 2010, son application tarde. Les banques et leurs lobbyistes, tout comme les parlementaires tant républicains que démocrates qu’ils influencent directement, ont réussi à limiter très fortement la mise en pratique d’une loi qui est pourtant timide |7|.

La séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement pendant la présidence de F. Roosevelt

Une des mesures fortes prises par Roosevelt et par les gouvernements d’Europe (notamment sous la pression des mobilisations populaires en Europe après la Libération) a consisté à limiter et à règlementer strictement l’usage que les banques pouvaient faire de l’argent du public. Ce principe de protection des dépôts a donné lieu à la séparation entre banques de dépôt et banques d’investissement dont la loi américaine dite Glass Steagall Act a été la forme la plus connue et qui a été appliquée pendant des décennies avec certaines variantes dans les pays européens.

Avec cette séparation, seules les banques commerciales pouvaient recueillir les dépôts du public qui bénéficiaient d’une garantie de l’Etat. Parallèlement à cela, leur champ d’activités avait été réduit aux prêts aux particuliers et aux entreprises, et excluait l’émission de titres, d’actions et de tout autre instrument financier, réservée aux banques d’investissement qui devaient, quant à elles, capter leurs ressources sur les marchés financiers.

Au Royaume-Uni, la commission Vickers a remis en 2011 ses recommandations aux autorités qui doivent encore prendre une décision. A l’échelle de l’Union européenne, une commission animée par Erkki Liikanen, gouverneur de la Banque nationale de Finlande, a remis son rapport en octobre 2012. Les recommandations contenues dans les rapports des commissions Vikers et Liikanen |8| vont grosso modo dans le même sens que les lois Dodd Frank et la règle Volker : un début de cloisonnement des activités multiples des banques. Mais aucune ne propose de revenir à la loi Glass Steagall et aux règlementations adoptées à l’époque en Europe dans le même esprit. Aucune ne propose une séparation claire et nette entre banque de dépôt et banque d’investissement, c’est-à-dire le démantèlement de ce qu’on appelle aujourd’hui la banque universelle. Rappelons que la banque universelle (appelée également banque à tout faire ou banque généraliste) représente un grand ensemble financier regroupant et exerçant les différents métiers de la banque de détail, de la banque de financement et d’investissement et de la banque de gestion d’actifs. Cet ensemble intervient sur le territoire national mais également à l’étranger avec ses filiales. Le risque majeur de ce modèle bancaire consiste à faire supporter les pertes des activités risquées de banque de financement et d’investissement par la banque de détail et mettre ainsi en danger les avoirs des petits épargnants. C’est ce qui explique aujourd’hui l’actualité des mesures prises par Roosevelt et, dans sa foulée dans les années 1930 et 1940, par les gouvernements européens consistant à séparer radicalement les banques en deux catégories tout à fait étanches. La loi Dodd Franck, les propositions des commissions Vickers et Liikanen, le projet de loi sur la réforme bancaire déposé par le gouvernement français à l’Assemblée nationale en décembre 2012 |9| restent au milieu du gué et ne prévoient que des cloisons qui se révèleront (si un jour elles entrent en application) d’une efficacité très limitée, car la partie banques d’investissement et d’affaires n’hésitera pas à pomper dans les dépôts des clients et elle continuera à prendre des risques très élevés puisqu’aucune mesure contraignante sérieuse n’est mise en œuvre |10|. Qui plus est, banque de détail et banque de financement et d’investissement étant solidaires dans le cadre de la banque universelle, les pertes réalisées par la banque de financement et d’investissement seront supportées par la banque de détail (voir en France les pertes de Natixis supportées par les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne au sein du groupe BPCE).

Les banques se livrent à de multiples pressions pour continuer à agir comme bon leur semble

Bien que les recommandations de Vickers et de Liikanen soient très conciliantes à leur égard, les patrons des banques privées organisent comme aux États-Unis un intense lobbying afin qu’elles ne soient pas suivies d’effet. Challenges, hebdomadaire financier français, rapporte des réactions du milieu bancaire de l’Hexagone à propos de rapport Liikanen. « Beaucoup de rapports de ce genre ont fini à la poubelle » déclare un des banquiers qui a confié sa réaction à Challenges. « Liikanen ? Il sait à peine ce qu’est une banque », ironise un autre. « En Finlande, il n’y a que des filiales d’établissements étrangers ». Challenges poursuit avec un autre son de cloche, en donnant la parole à Martin Wolf, éditorialiste au Financial Times : « Je crains que sous la pression des banquiers trop d’activités de marché (=trading) ne soient exclues du cantonnement (=cloisonnement). Ce rapport est un pas en avant, il ne faudrait pas que la prochaine étape soit un pas en arrière » |11|. Justement, le Financial Times a lui aussi mené sa petite enquête dans le milieu bancaire. Dans ses colonnes, Christian Clausen, le patron de la banque suédoise Nordea qui préside la Fédération bancaire européenne, déclare que le Rapport Liikanen a tout à fait tort en ce qui concerne le cloisonnement entre les activités de banque de détail et les activités de trading |12|. Les parlementaires étasuniens et européens, sans parler des hauts fonctionnaires, ont été soumis à d’intenses pressions. Les banques peuvent compter sur de solides alliés placés aux plus hautes fonctions, à commencer par Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, ex-dirigeant de la banque Goldman Sachs.

Au sein des autorités de contrôle, quelques voix isolées s’élèvent contre le laxisme

Du côté des autorités de contrôle, quelques voix isolées se font entendre pour critiquer l’absence de règlementation sérieuse du secteur bancaire. Andrew Haldane, directeur du département Stabilité financière de la banque d’Angleterre, a élevé la voix lors d’une réunion des milieux financiers à Londres en octobre 2012. Il critique le fait que les 29 banques systémiques (voir encadré) profitent du danger que représenterait leur faillite pour obtenir à bon compte de l’argent de la BCE, de la Fed, de la Banque d’Angleterre... Il considère que le crédit que ces institutions publiques leur octroient constitue une subvention annuelle de plus de 700 milliards de dollars.

Les banques systémiques selon le G20

Le G20 a établi en novembre 2011 une liste de 29 banques systémiques appelées en anglais SIFIs (Systemically Important Financial Institutions). A l’instar de Lehman Brothers dont la faillite a bouleversé l’économie mondiale en septembre-octobre 2008, ces banques sont considérées par le FSB (Financial Stability Board) comme trop importantes pour que les pouvoirs publics les laissent tomber (en anglais : « too big to fail »). Elles sont dites systémiques du fait de leur poids et du danger que la faillite de l’une d’entre elles représenterait pour le système financier privé au niveau international. En 2011, parmi les 29 banques systémiques, on comptait 4 banques françaises (Société Générale, Crédit Agricole, BNP Paribas et BPCE), 2 banques allemandes (Deutsche Bank et Commerzbank), 1 italienne (Unicredit), 1 espagnole (Santander), 1 belgo-française (Dexia), 1 hollandaise (ING), 4 britanniques (HSBC, Lloyds, Barclays et Royal Bank of Scotland), 2 suisses (UBS, Crédit suisse), 1 suédoise (Nordea), 8 états-uniennes (JPMorgan, Bank of America, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Citigroup, Bank of New York Mellon, Wells Fargo, State Street), 3 japonaises (Sumitomo, Mitsubishi UFJ FG, Mizuho FG), 1 chinoise (Bank of China). En 2012, le G20 a retiré 3 de ces banques de la liste (Dexia, Commerzbank, Lloyds) et en a ajouté 2 (l’espagnole BBVA et la britannique Standard Chartered).

Andrew Haldane affirme que l’augmentation du ratio fonds propres par rapport au bilan des banques qui sera généralisé à partir de 2018-2019 est tout à fait insuffisant et n’est pas de nature à réellement diminuer les risques et les effets d’une faillite. Il recommande de réduire de manière drastique la taille des banques. Thomas Hoenig, de la US Federal Deposit Insurance Corporation, l’institution créée pendant la présidence de Roosevelt pour réguler le système bancaire, affirme que les cloisons mises en place pour séparer différents types d’activités des banques sont en réalité poreuses. Il plaide pour que soit adoptée une loi de type Glass-Steagall afin de séparer radicalement les banques de dépôts et les banques d’affaire. Il estime également que le niveau des fonds propres qui sera exigé à partir de 2018-2019 devrait être multiplié au moins par trois |13|.

Épilogue : Victoire des banquiers grâce aux autorités de contrôle

Début janvier 2013, le comité de Bâle |14| a renoncé à l’application d’une des exigences qu’il avait mises en avant à l’égard des banques. Elles ne devront pas constituer un amortisseur de chocs financiers sous la forme d’une réserve permanente de liquidités (liquidity coverage ratio, LCR), qui aurait dû leur permettre de faire face à une crise d’une durée de 30 jours. Il était prévu que la mesure entrerait en vigueur en 2015, elle est maintenant reportée à 2019 ! En première page, les périodiques financiers ont clairement souligné qu’il s’agissait d’une victoire des banques et d’un recul des autorités de contrôle. Le Financial Times titrait le 8 janvier 2013 : « Victoire des banques européennes après l’assouplissement des règles de Bâle. » |15| The Economist titrait : « Les régulateurs adoucissent leur position en matière de liquidités » |16|. Non seulement l’application des mesures est reportée à 2019, autant dire aux calendes grecques, mais en plus les banques pourront comptabiliser, dans la réserve de liquidités (LCR), des produits structurés et toxiques comme les « mortgage backed securities ». C’est du grand n’importe quoi.

Quelques semaines plus tard, d’autres bonnes nouvelles ont fait plaisir aux banques. Michel Barnier, commissaire européen en charge des marchés financiers, a déclaré qu’il ne suivrait pas la principale recommandation du rapport Liikanen concernant le cloisonnement entre activités de banque de dépôts et activités de marché. Le Financial Times a titré : « Reculade de Bruxelles à propos du cœur de la réforme bancaire » |17|. Le journal explique que la Commission européenne a battu en retraite en ce qui concerne l’obligation qui pourrait être faite aux banques de séparer leurs activités de marché (entendez, hautement spéculative et à risque) et leurs activités de banques de dépôt.

Conclusion : Il faut rompre avec la soumission aux exigences des banques. En prenant un virage radical, il est possible de protéger les dépôts des épargnants, de financer des activités utiles aux biens communs, de garantir l’emploi et les conditions de travail du personnel du secteur. Pour cela, il faut un service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement. Le métier de la banque (au sens de constituer un instrument pour collecter l’épargne et pour octroyer du crédit) est trop sérieux pour être confié à des banquiers privés qui par définition cherchent à maximiser le profit de la poignée de grands propriétaires privés (le 1%, comme le mouvement Occupy Wall Street les a appelés). Il faut interdire les activités spéculatives et tous les instruments financiers qui les soutiennent. De même, il faut interdire les transactions avec les paradis fiscaux. Vu qu’elles utilisent de l’argent public, bénéficient de garanties de la part de l’État et doivent rendre un service de base fondamental à la société, les banques doivent être socialisées et placées sous contrôle citoyen |18|.

Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6

 

Notes

|1| Alan Greenspan, Le Temps des turbulences, 2007, Jean-Claude Lattès, 2007, p. 620.

|2| Ibidem.

|3| Alan Greenspan, Le Temps des turbulences, 2007, Éditions Jean-Claude Lattès, Paris, 2007, p. 621.

|4| Discours de Nicolas Sarkozy, le 25 septembre 2008 à Toulon (cité dans Éric Toussaint et Damien Millet, AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, 2012, p. 34).

|5| Source : RÈGLEMENT (UE) N o 236/2012 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 14 mars 2012 sur la vente à découvert et certains aspects des contrats d’échange sur risque de crédit http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ...
Comme l’indique le titre du règlement, sont également visées les ventes à découvert. La vente à découvert consiste à vendre sur le marché un titre que l’on ne possède pas, dans l’espoir de le racheter plus tard à un prix inférieur. La règlementation sur les ventes à découvert est assortie d’une série d’exceptions qui offrent de nombreuses possibilités d’y échapper.
Voir aussi : http://www.lemonde.fr/economie/arti...

|6| Voir Daniel Munevar, “Un pequeño recordatorio de parte de JP : La importancia de la Volcker Rule”, 25 mai 2012, http://cadtm.org/Un-pequeno-recorda...

|7| Voir Matt Taïbbi, « How Wall Street Killed Financial Reform », Rollingstone, 10 mai 2012, http://www.rollingstone.com/politic.... Voir également Les Echos, « La réforme de Wall Street reste aux deux tiers inachevée », 12 décembre 2012, p. 28.

|8| Voir Erkki Liikanen (chairperson), High-level Expert Group on reforming the structure of the EU banking sector, octobre 2012. Onze experts composaient ce groupe de travail constitué par le Commissaire européen Michel Barnier afin de poser un diagnostic sur la situation des banques européennes et de proposer des réformes du secteur bancaire européen. Un des intérêts du rapport Liikanen, c’est qu’il confirme par une voie officielle, les turpitudes des banques, les risques ahurissants pris pour faire un maximum de profit. Voir le texte complet du rapport : http://ec.europa.eu/internal_market...

|9| Voir le texte complet : http://www.assemblee-nationale.fr/1...

|10| Voir l’excellente critique de Gaël Giraud au projet de loi sur la réforme bancaire en France ainsi que sur Dodd Franck, Vickers et Liikanen : http://www.lavie.fr/www/files/media.... Gaël Giraud montre que le projet de loi du gouvernement de François Hollande est plus favorable au statu quo et donc aux banques que la loi Dodd-Franck et les recommandations des commissions Vickers et Liikanen. Voir également : ATTAC, “Les 20 propositions d’Attac pour une véritable réforme bancaire”, 14 février 2013, http://www.france.attac.org/article...

|11| Challenges, « La cloison bancaire est bien fragile », 11 octobre 2012, p. 28.

|12| Financial Times, « Nordea chief takes a swipe at Liikanen », 30 octobre 2012.

|13| Le résumé des propos de Andrew Haldane et de Thomas Hoenig s’appuie sur : Financial Times, “Warnings over steps to reform biggest banks », 28-29 octobre 2012, p. 3.

|14| Le Comité de Bâle rassemble les banquiers centraux des pays du G20 sous l’égide de la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle. Il est responsable de quatre missions principales : le renforcement de la sécurité et de la fiabilité du système financier, l’établissement de standards minimaux en matière de contrôle prudentiel bancaire, la diffusion et la promotion des meilleures pratiques bancaires et de surveillance ainsi que la promotion de la coopération internationale en matière de contrôle prudentiel.

|15| Financial Times, « European banks gain after Basel rules eased », 8 janvier 2013.

|16| The Economist, « Bank liquidity. Go with the Flow. Global regulators soften their stance on liquidity », 12 janvier 2013, p. 60.

|17| Financial Times, « Brussels retreat on key bank reform », 30 janvier 2013.

|18| Voir Patrick Saurin, “Socialiser le système bancaire », 2 février 2013, http://cadtm.org/Socialiser-le-syst...

Éric Toussaint, docteur en sciences politiques, est président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org) et membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il a écrit, avec Damien Millet, AAA. Audit Annulation Autre politique, Seuil, Paris, 2012.

 

 

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 19:23

 

Marianne - Mardi 19 Mars 2013 à 14:13

 

Anne Dastakian - Marianne

 


Mikhail Klimentyev/AP/SIPA
Mikhail Klimentyev/AP/SIPA
Dès l’annonce, lundi 18 mars, d’une probable taxation des dépots bancaires à Chypre, qui frapperait violemment au portefeuille des dizaines de milliers de Russes, les réactions horrifiées ont fusé au plus haut niveau de l’Etat russe. Le président Vladimir Poutine a qualifié cette décision, si elle est adoptée, d’ "injuste, non professionnelle et dangereuse", tandis que son premier ministre Dmitri Medvedev la comparait à une « confiscation de fonds étrangers », menaçant de refuser à l’île le rééchelonnement de sa dette envers Moscou. La Russie a en effet en 2011 accordé à Chypre un prêt de 2,5 milliards d’euros sur 5 ans, que Limassol aurait aimé doubler et voir étendre jusqu’à 2022. Ce que Moscou avait refusé, en juillet 2012, arguant que c’était « la responsabilité de l’Union européenne » de régler l’endettement de ce membre de la zone euro…  
 

Huit mois plus tard, Moscou doit s'en mordre les doigts. Les dirigeants russes s’estiment floués, car nul n’a cru bon de les consulter. « Nous avions un accord avec les collègues de l’eurozone pour coordonnéer nos actions » s’est plaint le ministre des finances Anton Siluanov.  


Mais est-ce une raison suffisante pour pousser le Kremlin à prendre la défense de concitoyens, qui, dans leur grande majorité, se sont établis sur l’île pour échapper au fisc russe ?


Vladimir Poutine, qui a récemment limogé plusieurs de ses lieutenants, pris en flagrant délit de non déclaration de biens immobiliers à l’étranger, tente de convaincre ses concitoyens de rapatrier leurs biens en Russie. Le « hold-up » chypriote pourrait à cet égard s’avérer une aubaine. « Rien de tel ne vous arrivera dans une banque russe !», clâment les dirigeants russes à qui veut bien les entendre. Mais les experts doutent que ces sirènes soient entendues, car c’est justement la corruption et l’impunité omniprésentes qui fait fuir le capital de Russie. Pour l’homme d’affaires Dmitri Kostyguine, « La cause est entendue : les affaires vont se déplacer au Luxembourg, aux Pays-bas ou en Suisse » 


Car le pactole est conséquent. Les dépôts de clients russes dans les banques chypriotes sont aujourd'hui estimés entre 15 et 20 milliards d'euros et quelques 40.000 à 50.000 Russes seraient résidents à Limassol, surnommé « Limassolgrad », avec son journal, ses deux stations radio et ses deux écoles russes. L’argent russe pèse plus de 25% des dépots bancaires chypriotes et près d’un tiers des investissements étrangers. Selon un schéma désormais bien rodé, les Russes y créent des sociétés écrans, qui les rendent anonymes, profitant d’un taux d’imposition sur les sociétés de 10%, pour réinvestir dans leur patrie d’origine en contournant le fisc russe. Depuis 2007, plus d’une soixantaine d’oligarques russes auraient obtenu un passeport chypriote, ce qui nécessite un dépôt de 17 millions d’euros depuis plus de 5 ans dans une  banque locale, ou un investissement direct de 30 millions d’euros sur l’île ! Le plus célèbre d’entre eux est Alexander Abramov, magnat de l’acier à la tête du groupe Evraz, à 54 ans la 26ème fortune russe, estimée par Forbes à 4,6 milliards de dollars.


Certaines sources avancent aussi, pour expliquer le courroux du Kremlin, les ventes d’armes russes transitant par l’île, destinées à la Syrie, au Liban, à la Chine ou à l’Iran.


Enfin le très sérieux quotidien économique Vedomosti, partenaire du Financial Times, s’étonne, quant à lui en raillant, du  « piètre travail de nos espions, qui n’ont rien vu venir ! » Pourtant, rappelle le journal, cela fait des mois que les dirigeants de l’UE refusent l’idée que « l’argent des contribuables européens serve à sauver l’usine à  blanchir l’argent russe ». Avant de conclure : « il semble que si les politiciens européens prennent un tel risque, c’est pour faire pression sur un politicien influent, qui dissimule son argent dans les banques chypriotes  ».   Un dirigeant du Kremlin ? 

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 19:17

 

 

Le HuffPost  |  Publication: 19/03/2013 07:51 CET  |  Mis à jour: 19/03/2013 15:02 CET

 


 

Viande De Cheval

SPANGHERO - Selon une information de RTL, cinquante-sept tonnes de mouton britannique, dont l'importation est théoriquement interdite en France ont été découvertes dans les entrepôts de l'entreprise Spanghero à Castelnaudary. Pour l'instant, impossible de savoir si la viande a été commercialisée.

Le parquet de Carcassonne aurait été destinataire "d'un signalement de la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires affirmant avoir découvert dans les entrepôts de Spanghero deux lots de viande" selon le journaliste Julien Dumond qui révèle cette information. Cette viande était découpée selon la méthode de la viande séparée mécaniquement, qui consiste à racler l'os pour en obtenir de la viande mais aussi des nerfs et du muscle. Cette technique est interdite sur les ovins, bovins et caprins en Europe en raison du risque de présence de prion aussi appelée maladie de la vache folle et tremblante du mouton.

Selon le ministère de l'Agriculture, le mouton prohibé a transité par Draap Trading, société appartenant au trader néerlandais Jan Fasen, déjà incriminé dans le scandale de la viande de cheval. La viande de mouton aurait été facturée "agneau haché" et étiquetée "viande dénervée d'agneau", sans mentionner la technique de coupe interdite dans l'UE.

Contacté par RTL, Barthélémy Aguerre, le patron de Spanghero, a confirmé cette découverte à la station, estimant qu'il s'agissait "d'une négligence, rien de grave, qu'en tout état de cause Spanghero n'y était pour rien, une nouvelle fois trompé par son fournisseur".

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 19:14

 

Le Monde.fr avec AFP | 19.03.2013 à 19h14 • Mis à jour le 19.03.2013 à 19h30


 

 
Efrain Rios Montt, ex-dictateur sous qui l'armée a commis des exactions à grande échelle lors de la guerre civile, est jugé par la justice du Guatemala pour génocide et crimes contre l'humanité.

Le procès pour génocide et crimes contre l'humanité de l'ancien dictateur Efrain Rios Montt s'est ouvert mardi 19 mars au Guatemala. C'est la première fois qu'un tribunal national juge un ancien dirigeant pour de tels chefs d'accusations.

Au pouvoir en 1982 et 1983, l'ex-général est accusé d'être impliqué dans l'assassinat de plus de 1 771 indigènes de la tribu maya des Ixils, dans le département de Quiché, épicentre de la guerre civile, et plus largement d'avoir fermé les yeux sur des viols et de nombreux actes de torture auxquels a eu recours l'armée contre des insurgés et des populations indigènes lors d'une offensive de contre-insurrection.

Près de 200 000 civils, en majorité d'origine maya, ont été tués et 45 000 ont été portés disparus durant la guerre civile au Guatemala, de 1960 à 1996, quand les gouvernements de droite successifs ont tenté de débarrasser le pays d'une guérilla soupçonnée d'entretenir des liens avec les communistes. La période pendant laquelle Rios Montt a été au pouvoir a été particulièrement sanglante, avec une stratégie militaire dite de la "terre brûlée" visant explicitement les populations indigènes.

 

"IL FAUT RENDRE JUSTICE AUX VICTIMES"

Efrain Rios Montt, âgé de 86 ans et en résidence surveillée depuis un an, sera jugé en même temps que José Mauricio Rodriguez, un autre général, chef du renseignement militaire après le coup d'Etat de 1982, poursuivi sous les mêmes chefs d'accusation. "C'est historique, a déclaré le procureur général Claudia Paz y Paz. Nous ne pouvons pas laisser des milliers de morts impunies. Il faut rendre justice aux victimes." A l'ouverture du procès, victimes et avocats des droits de l'homme ont applaudi. Le parquet a annoncé qu'il présentera des centaines de témoignages, des vidéos et des documents militaires pendant le procès, qui pourrait durer plusieurs mois.

Dans la salle d'audience, à l'ouverture du procès, mardi 19 mars.

"C'est la première fois dans le monde qu'un ancien chef d'Etat comparaît devant un tribunal national pour génocide", a souligné la haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay. Protégé par son immunité parlementaire, Rios Montt a échappé à la justice pendant plus de trente ans avant de quitter le Parlement en 2012. Ses avocats ont toujours soutenu que l'ex-dictateur n'était pas au courant des exactions commises par les militaires.

Lire le récit : " Au Guatemala, les plaies à vif de la guerre civile"


"QUOI QUE JE DISE, CE SERA UTILISÉ CONTRE MOI"

Cet argument a été rejeté par le juge Miguel Angel Galvez, qui a rappelé que le général Rios Montt était le chef de l'armée à l'époque des faits. Le juge a également estimé que l'amnistie concédée par la loi de réconciliation nationale de 1996 ne s'appliquait pas au génocide et aux crimes considérés comme imprescriptibles par le droit international. Ces décisions ont ouvert la voie au procès, dont l'ouverture a été avancée de cinq mois. 

Selon le rapport de la Commission pour la vérité historique, paru après les accords de paix de 1996, l'armée et les groupes paramilitaires sont responsables de 93 % des actes de violence commis pendant la guerre civile. 83 % des personnes assassinées appartenaient aux différentes ethnies mayas.

M. Rios Montt affronte parallèlement une deuxième série d'accusations concernant le massacre de 201 paysans dans un village du département de Peten, à 600 kilomètres au nord de la capitale, entre le 6 et le 8 décembre 1982, qui pourrait lui valoir un autre procès pour génocide. Gardant le silence pendant les audiences préliminaires, il avait déclaré en janvier à des journalistes : "Quoi que je dise, ce sera utilisé contre moi, c'est pour cela que je ne parle pas."

Lire en édition abonnés : " Au Guatemala, un procès pour génocide"

Manifestation devant la Cour suprême du Guatemala, qui jugera l'ex-dictateur.

 

 
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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 19:01

 

Le Monde.fr avec AFP | 19.03.2013 à 16h32 • Mis à jour le 19.03.2013 à 18h13


 

 
L'ANSM, anciennement l'Afssaps, a été mise en examen pour "homicides involontaire et blessures involontaires" et placée sous contrôle judiciaire.

L'Agence du médicament (ANSM), en la personne de son directeur Dominique Maraninchi, a été mise en examen pour "homicides involontaire et blessures involontaires" par les juges en charge de l'instruction de l'affaire Mediator, a indiqué une source judiciaire citée par l'AFP. L'ANSM a été placée sous contrôle judiciaire, impliquant le versement d'un cautionnement de 100 000 euros, selon cette source.

M. Maraninchi avait été convoqué en début d'après-midi et une mise en examen était attendue. "Il serait reproché à l'Agence d'avoir contribué à créer la situation qui a engendré le dommage des victimes et de n'avoir pas pris les mesures permettant de l'éviter", a déclaré l'ANSM, qui à l'époque des faits s'appelait Afssaps (l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).

Lire nos explications Affaire du Mediator : le point si vous avez raté un épisode

7 734 DEMANDES D'INDEMNISATIONS

A la mi-février, les juges d'instructions chargés de cette enquête pour tromperie et prise illégale d'intérêt avaient déjà mis en examen deux anciens responsables de l'Afssaps, Jean-Michel Alexandre et Eric Abadie pour "participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée" et prise illégale d'intérêt.

Le directeur général de l'Agence du médicament, Dominique Maraninchi, le 30 janvier 2013.

Le Mediator, qui contient une molécule coupe-faim, le benfluorex, a été prescrit pendant trente ans, d'abord contre l'excès de graisses dans le sang, puis comme traitement adjuvant chez les diabétiques en surpoids, avant d'être retiré du marché le 30 novembre 2009. Il a causé de 500 à 2 000 morts, selon plusieurs études.

L'organisme public Oniam en charge de l'indemnisation des accidents médicaux a reçu 7 734 demandes d'indemnisations de la part de personnes ayant pris ce produit fabriqué par les laboratoires Servier, selon un décompte datant de fin janvier.

Regarder la chronologie Comprendre l'affaire du Mediator en seize dates

 


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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 18:57

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 19.03.2013 à 11h30 • Mis à jour le 19.03.2013 à 19h48


 

Des manifestants chypriotes à Nicosie, le 18 mars.

 

Le Parlement chypriote a rejeté mardi soir à une large majorité le projet de loi sur la taxation des comptes bancaires, condition du déblocage d'une aide financière internationale de 10 milliards de dollars. Le vote a été accueilli par une explosion de joie des milliers de manifestants réunis devant l'Assemblée.

Face à la colère des épargnants, le gouvernement avait modifié son projet de taxe, exonérant les dépôts bancaires inférieurs à 20 000 euros et prévoyant de taxer à 6,75 % les sommes situées entre 20 000 et 100 000 euros et à 9,9 % les comptes de plus de 100 000 euros. Mais le Parlement, où aucun parti ne dispose de la majorité absolue des 56 sièges, s'est prononcé contre le projet de loi par 36 voix contre et 19 abstentions.

Le projet de taxe exceptionnelle sur les comptes bancaires chypriotes, une première dans les plans d'assistance financière aux pays de la zone euro en difficulté, avait été convenu lors des négociations des ministres des finances de l'Eurogroupe sur une aide à Chypre dans la nuit de vendredi à samedi à Bruxelles. Lundi soir, l'Eurogroupe avait recommandé à Chypre de ne pas taxer les comptes dont le solde est inférieur à 100 000 euros.

 

 LES BOURSES À LA BAISSE

Avant même que les parlementaires de l'île ne se prononcent, le parti majoritaire au pouvoir avait fait savoir qu'il s'abstiendrait. Les médias chypriotes avaient annoncé que les autres partis politiques pourraient faire de même et refuser de voter. Selon un membre du parti majoritaire, Disy, cette démarche "renforcera la position de la République de Chypre pendant les négociations".

Avant même les résultats du vote, cette annonce faisait trembler les marchés : Paris a cédé 1,3 % à la clôture, Londres 0,26 %. Quant aux taux obligataires des pays les plus fragiles, ils accusent le coup également : la prime de risque espagnole sur dix ans est repassée au-dessus des 5 %, celle de l'Italie grimpe à 4,7 %.  

L'Eurogroupe avait pourtant mis beaucoup d'eau dans son vin, en assouplissant sa position sur les conditions d'octroi du plan, prévu à l'origine pour taxer tous les dépôts, même les plus faibles, à 6,7 % sous 100 000 euros et 9,9 % au-dessus. Le gouverneur de la Banque centrale chypriote avait néanmoins prévenu mardi que la version révisée du projet ne permettrait pas de lever les 5,8 milliards d'euros exigés par le plan d'aide.

 

 RENVOI DE BALLE

Alors que la paternité du plan annoncé samedi fait toujours débat, les responsables européens se renvoyant la balle quant à savoir qui a eu l'idée de taxer tous les épargnants, M. Schäuble a précisé que, "bien sûr", il avait insisté pour que les clients des banques chypriotes soient mis à contribution.

A Paris, le ministre des finances, Pierre Moscovici, a réaffirmé mardi à la presse avoir "plaidé l'exemption des dépôts sous 100 000 euros depuis le départ", au lendemain d'une nouvelle réunion, téléphonique, avec ses homologues de la zone euro, pour rectifier le tir.

"Ce que propose l'Eurogroupe, c'est une répartition différente des taux", avec un rendement inchangé de 5,8 milliards, a expliqué Pierre Moscovici. Selon lui, "le principe selon lequel les dépôts sont intouchables en-dessous de 100 000 euros est un principe très ancré en Europe" et "la taxe a été comprise comme une remise en cause de ce principe".

 

Manifestation devant le Parlement chypriote, mardi 19 mars.

 

 SOLIDARITÉ GRECQUE

Le ministre des finances grec, Yannis Stournaras, a affirmé que les principales banques grecques se tenaient prêtes à aider leurs voisines en rachetant les filiales grecques des trois banques chypriotes, qui sont fermées jusqu'à jeudi. La Grèce "est prête à acquérir l'actif et le passif des filiales [des banques] chypriotes en Grèce",   a indiqué le ministre à la suite d'un entretien avec le premier ministre grec, Antonis Samaras, sur les résultats de la téléconférence des ministres des finances de la zone euro lundi consacrée à Chypre.

Il a également indiqué que les agences des trois banques chypriotes présentes en Grèce – Bank of Cyprus, Cyprus Popular Bank et Hellenic Bank –, resteront fermées en Grèce jusqu'à jeudi, comme les banques de Chypre.  Les trois principales banques grecques, la Banque nationale de Grèce, première du secteur en cours de fusion avec Eurobank, Alpha Bank, la Banque du Pirée et Hellenic Postbank, toutes en voie de recapitalisation par les fonds de la zone euro et du FMI, auraient émis leur intérêt pour absorber les filiales chypriotes.

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 18:53

 

Médiapart -

 

 

Le parquet de Paris a décidé, mardi, d'ouvrir une information judiciaire visant Jérôme Cahuzac pour « blanchiment de fraude fiscale ». Au terme d'une enquête préliminaire ouverte le 8 janvier, le parquet valide l'ensemble des informations publiées par Mediapart depuis notre premier article, le 4 décembre 2012. Quelques heures plus tard, l'Elysée a annoncé que François Hollande avait « mis fin » aux fonctions de son ministre, « à la demande » de ce dernier. Jérôme Cahuzac est remplacé au budget par Bernard Cazeneuve, auparavant aux affaires européennes. Ce dernier poste revient à Thierry Repentin, jusqu'à présent chargé de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

Dans un communiqué exceptionnellement long et détaillé, diffusé en début d'après-midi, le procureur de Paris François Molins fait état de la nécessité de poursuivre les investigations « dans un cadre procédural plus approprié, au regard de la complexité des investigations à diligenter, notamment la mise en œuvre complète de l'entraide répressive internationale ». L'ouverture d'une information judiciaire et la nomination d'un juge d'instruction permettront de mettre en œuvre des procédures judiciaires d'entraide internationale. 

© Reuters

Les investigations devront se poursuivre au moyen d'une « entraide répressive internationale, en Suisse mais aussi à Singapour », est-il précisé.

Le parquet évoque également des financements venus de laboratoires pharmaceutiques, et notamment dans son dernier paragraphe, demandant l'ouverture d'une information judiciaire pour « perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la sécurité sociale ».

Concernant l'enregistrement publié par Mediapart et qui date de 2000, dans lequel l'actuel ministre reconnaît détenir un compte non déclaré à l'UBS, le parquet explique qu'il « n'a subi aucune altération ou modification » et que trois témoins ont reconnu la voix de Jérôme Cahuzac. Le parquet précise que les expertises scientifiques faites de cet enregistrement ont conclu que « sur une échelle de -2 à +4, la puissance de l'indice, c'est-à-dire de notre comparaison phonétique et automatique, se situe à +2. Autrement dit le résultat de notre analyse renforce l'hypothèse que Jérôme Cahuzac est le locuteur inconnu ».

En milieu d'après-midi, ni l'Élysée ni Matignon n'avaient réagi à cette décision du procureur de Paris. Jérôme Cahuzac a constamment nié détenir ou avoir détenu un compte non déclaré en Suisse. Il avait annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation contre Mediapart, plainte qui ne nous a jamais été signifiée.

Retrouvez ici, tout notre dossier sur l'affaire du compte suisse du ministre du budget et ci-dessous nos principaux articles ainsi que le communiqué intégral du procureur.

Ce que nous écrivions : Le ministre du budget Jérôme Cahuzac (PS) a détenu pendant de longues années et jusqu'en 2010 un compte bancaire non déclaré à l'UBS de Genève, selon une enquête de Mediapart qui s’appuie sur de nombreux témoignages et des éléments documentaires probants.« Je n’ai pas de compte en Suisse et n’en ai jamais eu. Il est clair que si vous publiez ça, j’attaquerai », a réagi M. Cahuzac.

Ce que dit le communiqué du procureur : « Il convient de relever que si une assistance fiscale administrative a été sollicitée par l'administration fiscale française auprès de son homologue suisse, la réponse à cette demande le 31 janvier 2013 -couverte par le secret fiscal- spontanément portée à la connaissance des enquêteurs de la DNIFF par la direction générale des finances publiques, ne constitue, dans le cadre d'une procédure pénale, qu'un simple renseignement.

Les investigations menées dans le cadre de l'enquête préliminaire doivent désormais se poursuivre dans un cadre procédural plus approprié, au regard de la complexité des investigations à diligenter, notamment la mise en œuvre complète de l'entraide répressive internationale, en Suisse mais aussi à Singapour. »


Ce que nous écrivions : Face aux démentis répétés du ministre du budget après nos révélations sur son compte suisse, Mediapart dévoile un enregistrement datant de la fin de l'année 2000 dans lequel Jérôme Cahuzac, alors député, évoque avec un chargé d'affaires son compte caché. « Moi, ce qui m’embête, c’est que j’ai toujours un compte ouvert à l’UBS », affirme le futur ministre du budget. Nos nouvelles révélations.

Ce que dit le communiqué du procureur : 

« - l'enregistrement remis aux enquêteurs par Monsieur Michel GONELLE n'a subi aucune altération ou modification ;

- trois témoins, à qui les enquêteurs ont fait écouter l'enregistrement, ont dit reconnaître la voix de Monsieur Jérôme CAHUZAC et un témoin des "intonations de la voix" ;

- les techniciens du laboratoire de police technique scientifique d'ECULLY requis pour procéder à une comparaison de voix entre celle de l'enregistrement et celle de Monsieur Jérôme CAHUZAC ont conclu dans un rapport remis le 18 mars 2013 :
" Sur une échelle de -2 à +4, la puissance de l'indice, c'est à dire de notre comparaison phonétique et automatique se situe à +2. Autrement dit le résultat de notre analyse renforce l'hypothèse que Jérôme CAHUZAC est le locuteur inconnu." »


Ce que nous écrivions : Il s'appelle Daniel Vial et est depuis plus de vingt ans le lobbyiste le plus influent de l'industrie pharmaceutique. Interrogé par Mediapart, il reconnaît des relations d'affaires avec l'actuel ministre du budget devenu un « ami », assure-t-il. Car dans les années 1990, les activités de « consultant » de Jérôme Cahuzac pour des laboratoires, et en particulier pour le labo français Innothera, expliquent pour partie sa fortune rapide.

Ce que dit le communiqué du procureur : « Les enquêteurs ont auditionné plusieurs témoins. L'un d'entre eux a indiqué qu'il lui avait été rapporté que les sommes versées sur ce supposé compte proviendraient de laboratoires pharmaceutiques. »


Ce que nous écrivions : Le ministre n’a pas dit la vérité aux plus hautes instances de l’État et se trouve aujourd’hui dans une situation politique intenable. Le détenteur de l’enregistrement dans lequel Jérôme Cahuzac parlait fin 2000 de son compte en Suisse a contacté l’Élysée pour certifier son authenticité. Mediapart révèle son identité. Dans des mails consultés par Mediapart, Jerôme Cahuzac ne dément pas l’authenticité de l’enregistrementDes vérifications fiscales sont en cours sur le patrimoine du ministre. Ses déclarations d’ISF laissent apparaître des anomalies.

Ce que dit le communiqué : « Trois témoins, à qui les enquêteurs ont fait écouter l'enregistrement, ont dit reconnaître la voix de Monsieur Jérôme CAHUZAC et un témoin des "intonations de la voix". »

 

L'intégralité du communiqué du procureur de la République

« Le 8 janvier 2013, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire du chef de blanchiment de fraude fiscale afin d'une part, de vérifier l'authenticité et le contenu d'un enregistrement dans lequel était évoqué -prétendument par Monsieur Jérôme CAHUZAC- l'existence d'un compte qu'il aurait détenu auprès d'une banque suisse, d'autre part de faire procéder à toutes auditions nécessaires.

Les investigations menées dans le cadre de l'enquête préliminaire, confiées à la division nationale des investigations financières et fiscales (DNIFF), ont fait apparaître les éléments suivants:

- l'enregistrement remis aux enquêteurs par Monsieur Michel GONELLE n'a subi aucune altération ou modification ;

- trois témoins, à qui les enquêteurs ont fait écouter l'enregistrement, ont dit reconnaître la voix de Monsieur Jérôme CAHUZAC et un témoin des "intonations de la voix" ;

- les techniciens du laboratoire de police technique scientifique d'ECULLY requis pour procéder à une comparaison de voix entre celle de l'enregistrement et celle de Monsieur Jérôme CAHUZAC ont conclu dans un rapport remis le 18 mars 2013 :
" Sur une échelle de -2 à +4, la puissance de l'indice, c'est à dire de notre comparaison phonétique et automatique se situe à +2. Autrement dit le résultat de notre analyse renforce l'hypothèse que Jérôme CAHUZAC est le locuteur inconnu."

Par ailleurs, les enquêteurs ont auditionné plusieurs témoins. L'un d'entre eux a indiqué qu'il lui avait été rapporté que les sommes versées sur ce supposé compte proviendraient de laboratoires pharmaceutiques.

Enfin, une demande d'entraide pénale internationale (DEPI) a été adressée par le parquet de Paris aux autorités judiciaires suisses le 12 mars 2013.

Il convient de relever que si une assistance fiscale administrative a été sollicitée par l'administration fiscale française auprès de son homologue suisse, la réponse à cette demande le 31 janvier 2013 -couverte par le secret fiscal- spontanément portée à la connaissance des enquêteurs de la DNIFF par la direction générale des finances publiques, ne constitue, dans le cadre d'une procédure pénale, qu'un simple renseignement.

Les investigations menées dans le cadre de l'enquête préliminaire doivent désormais se poursuivre dans un cadre procédural plus approprié, au regard de la complexité des investigations à diligenter, notamment la mise en œuvre complète de l'entraide répressive internationale, en Suisse mais aussi à Singapour.

Le parquet de Paris a ainsi requis ce jour l'ouverture d'une information judiciaire contre personne non dénommée des chefs de blanchiment de fraude fiscale, perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la sécurité sociale, blanchiment et recel de ce délit. »

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 18:41

 

Médiapart -

 

 

Mediapart n’accuse pas, Mediapart informe. C’est ce que rappelle la vidéo ci-dessus (ainsi que notre nouvelle campagne d’abonnement), exemples à l’appui illustrant le sérieux, la pertinence et l’indépendance de nos révélations. Les polémiques qui les accueillent parfois montrent que cette différence ne va pas de soi pour certains milieux médiatiques ou politiques. Elle est pourtant au cœur d’un droit démocratique fondamental : le droit de savoir du peuple souverain.

 

 

C’est pour le justifier et le défendre, que je publie, à l’occasion de notre cinquième anniversaire, un essai qui porte ce titre : Le Droit de savoir, aux éditions Don Quichotte. Ce livre est en quelque sorte le deuxième manifeste de Mediapart, après Combat pour une presse libre, paru chez Galaade en 2009. Il s’adresse à tous ceux que le journalisme intrigue et que la démocratie concerne. C’est celui d’un citoyen qui fait profession de journaliste. Et d’un journaliste qui fait ce métier en citoyen. Son propos est d’expliquer, le plus clairement et le plus pédagogiquement possible, les enjeux politiques d’une pratique professionnelle.

À quoi sert le journalisme ? Quelle est sa raison d’être ? D’où vient sa légitimité ? Quelle est sa mission démocratique ? Où se situe sa responsabilité sociale ? Pourquoi ses informations peuvent-elles déranger ? En quoi sa crise actuelle concerne-t-elle tous les citoyens ? Mais aussi pourquoi le journalisme d’investigation fait-il l’objet de tant de polémiques ? Quels débats recouvrent les mots de transparence ou de vérité employés à son propos ? Jusqu’où ses curiosités sont-elles légitimes ? Quels secrets doit-il respecter ? Et que veut dire être indépendant pour un journaliste ? Etc.

Autant de questions auxquelles j’ai tenté de répondre dans cette contribution au débat sur le journalisme, la presse et la démocratie à l’époque de la révolution numérique. Autant de réponses qui, loin d’être définitives, appelleront d’autres questions tant la discussion mérite d’être approfondie et élargie. Mais j’aurai atteint mon but si, en refermant ce livre, ses lecteurs se disent que la liberté de la presse, quel que soit son support, imprimé ou numérique, loin d’être un privilège des journalistes, est un droit des citoyens.

Votre droit. À toutes et tous, qui que vous soyez, quels que soient votre travail, votre condition, votre origine, votre situation, votre profession, votre génération. Oui, toutes et tous, sans aucun privilège de naissance, de fortune ou de diplôme. Vous, le peuple souverain. Car, pour agir en citoyen, j’ai besoin de savoir. Savoir ce qui se dit, se fait, se trame, se décide, s’organise, au nom du peuple souverain ou sous couvert du peuple souverain. S’agissant des affaires publiques, la publicité doit donc être la règle et le secret l’exception. Rendre public ce qui est d’intérêt public est toujours légitime. Et cet intérêt public recouvre tout ce qui participe à la vie démocratique, au débat d’opinion et aux discussions partisanes concernant le bien commun.

Par trop convaincue d’une exceptionnalité universelle que, hélas, elle oublie, bien souvent, de mériter, la France ignore, par exemple, que la première loi et la plus exemplaire sur la liberté de la presse fut suédoise et remonte à 1766. Ne se contentant pas de proclamer la liberté de ceux qui font profession d’informer sur les faits ou d’exprimer des opinions, elle instituait déjà le droit pour chacun de consulter et de publier tout acte et mémoire administratif détenu par les autorités. Ainsi, en Suède, le droit d’accès aux documents administratifs et, donc, le droit de savoir des citoyens font partie des principes constitutionnels les plus anciens, inspirés par une philosophie des Lumières dont nous sommes, en France, devenus des disciples oublieux, ingrats et imparfaits.

« La meilleure forme de gouvernement, c’est celle qui comporte le moins de secrets derrière lesquels la malveillance et la méchanceté des hommes peuvent se cacher, affirmait le principal inspirateur de la loi suédoise de 1766. Dans des régimes despotiques, tout est secret. Le fonctionnaire est responsable uniquement devant le despote. Cela n’est pas le cas dans les gouvernements libres. » Il se nommait Anders Nordencrantz (1697-1772) et était un grand lecteur de Montesquieu, lequel avait ramassé, dans une formule passée à la postérité, l’obligation en démocratie d’équilibrer, contraindre et limiter les pouvoirs qui s’y déploient : « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »

Le droit de savoir est ce pouvoir de tous qui, par la publicité sur les affaires publiques, arrête l’abus de pouvoir.

Le Droit de savoir (180 p., 14 euros) est disponible dans toutes les bonnes librairies.

Vous pouvez l’acheter en ligne ici, via la bibliothèque de Mediapart.

 

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 22:45

 

http://www.greekcrisis.fr/2013/03/lecume-de-la-mort.html

 

17 mars 2013

L’écume de la mort

 

 

La légende voudrait que Vénus (Aphrodite), déesse de l'amour, soit née de l'écume de la mer, amenée par le vent d'ouest, le Zéphyr sur les rivages de Chypre. Sauf qu’hier, cet autre vent de l’ouest et du nord depuis Bruxelles du tout dernier Eurogroupe, amène sur l’île le désastre et la mort. La nouvelle était tombée samedi matin, comme dans un coup d’état, comme pour une déclaration de guerre.
La presse mainstream reproduit ce matin la nouvelle dans une « neutralité » de façade : « (…) Car si Nicosie qui devient ainsi le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d'un programme d'aide internationale, a obtenu l'assurance d'un plan de sauvetage maximale de 10 milliards d'euros, en échange de cette aide, les Chypriotes devront mettre la main au portefeuille. Pour réduire leur participation, les bailleurs de fonds en effet demandé à Nicosie d'instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil, ainsi qu'une retenue à la source sur les intérêts de ces dépôts. Ces prélèvements devraient rapporter au total 5,8 milliards d'euros, a indiqué samedi le chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. A ces taxes, s'ajoutent des privatisations et une hausse de l'impôt sur les sociétés qui passera de 10 à 12,5% (…)» Les Echos, 17/03 . . 
Déjà hier (16/03), un épargnant chypriote s’est pointé devant « sa » banque fermée en bulldozer, peine perdue, les montants « à prélever » étaient déjà mis automatiquement sous séquestre, et les guichets décidément (si) automatiques, ne permettaient aucun retrait dépassant les 200 euros par carte. Sur l'île, les banques peuvent ne pas rouvrir leurs portes avant mercredi ou jeudi même. Par la même « occasion » et en une petite nuit seulement, toutes les banques chypriotes présentes sur le sol « grec », seraient passées sous le contrôle de la Banque Postale grecque (sous le point également d’être offerte aux « investisseurs »), d’après les déclarations d'un banquier (de nationalité allemande) de la BCI (selon le reportage de la presse économique grecque ce dimanche, Imerisia  17/03). 
Nous comprenons (presque) où nous allons, et surtout qui est le maître à bord de l’UE. Nous comprenons également tout ce bruit ainsi que l’insistance du FMI lors de l’Eurogoupe de vendredi, à vouloir imposer initialement une taxe de 40% sur les comptes bancaires. Selon le reportage d’hier (16/05), « le ministre des Finances chypriote Michalis Sarris a déclaré que c'était une décision difficile, ajoutant que le FMI et d'autres organisations ont exigé un prélèvement de 40% direct sur les comptes » (Mega-TV, 16/03  ). Depuis Bruxelles, on met alors le feu en s’amusant, comme dans un jeu. La police sur l’île d’Aphrodite est déjà en état d’alerte depuis hier, car on craint les réactions populaires. Chez les politiques aussi l’idée d’un « Plan B » fait déjà son chemin, le ministre des Finances se rendra à Moscou mercredi, et certaines formations politiques avancent l’idée d’un référendum sur l’appartenance de Chypre à la zone euro. 
D’autres, se disent outrés de cette décision piétinant les droits les plus élémentaires en vigueur au sein de l’UE, pour ce qui serait des droits et du respect de la propriété privée, se préparant ainsi à saisir les instances juridiques européennes compétentes en la matière siégeant au Luxembourg : « La décision de l'Eurogroupe de prélever directement sur dépôts est totalement illégale et viole les principes européens des droits de l'homme et de la propriété », a fait valoir l'avocat et ancien représentant parlementaire du Parti démocrate (DIKO), Andreas Angelides. M. Angelides estime que cette décision est en contradiction avec les principes de la notion de droits de l'homme, l'acquis et les principes de l'UE. «En ce moment», a-t-il ajouté, "nous parlons d'une décision forcée, par laquelle une partie du patrimoine de tout un chacun est spoliée (…) Aucune institution de l'UE, ne peut décider une telle ponction, entrant en conflit avec ses conceptions [européennes], d’ailleurs universelles et fondamentales de la construction européenne » a déclaré M. Angelides. Le droit à la propriété sur les biens et donc sur les capitaux déposés dans une banque ne peut pas être aboli ainsi par de telles décisions, a ajouté M. Angelides, notant que nulle part n’a eu lieu, la mise en place d’une mesure similaire, tout simplement parce qu'elle ne peut pas être appliquée. C'est une question désormais relevant de la volonté de chacun d’entre nous, afin de recourir à la Cour suprême de Chypre et demander de renvoyer cette question pour avis à la Cour européenne siégeant au Luxembourg », a indiqué M. Angelides » (reportage de Politis  à Chypre et de Kathimerini  en Grèce – 17/03). 
L’homme politique Angelides, certains Chypriotes, Grecs, Italiens, Espagnols… n’admettent pas encore toute la réalité du front de l’Est et du Sud européen. Le bourrage des cerveaux comme on disait jadis, brouille les pistes, mais alors si mal. L’U.E. n’est plus. Et nous autres… jardiniers de Salonique, d’Athènes, de Nicosie ou de Brindisi, nous n’admettrons plus si longtemps les « salades » du discours mainstream. Sur le bateau, le seul effectuant désormais la traversée depuis le Pirée hier, certains passagers lisaient attentivement la presse anti-mémorandum laquelle a énormément médiatisé les récentes déclarations de Beppe Grillo : « L’Italie est déjà sortie de la zone euro ». 
D’autres, se rendaient à Mykonos pour chercher du travail en vue de l’été prochain : « Les Mykoniates sont toujours assez riches et le tourisme n’est pas mort. Cette année nous attendons aussi le retour des Allemands. Ils doivent revenir en masse ». Effectivement, une Mykoniate en rajouta : «Eh… oui, les Allemands ont ce projet de nous prendre l’île de Rhénée en face de Délos et d’en faire une base pour leur bateaux de croisière, en plus de la gestion d’une partie du port de Mykonos. Sur l’affaire Rhénée il n’y a pas eu de réactions hostiles chez les Mykoniates, seulement sur la marina et le vieux port certains ont protesté, et ceci parce qu’ils y trouvent leur intérêt privé dans la situation actuelle, Mykonos c’est aussi cela… ». 
Rhénée (en grec Rinia), la grande Délos de l’antiquité, immédiatement à l'ouest de l'île de Délos, dans l'antiquité, dédiée au culte de l'Apollon Délien. On pensera aux tombes hellénistiques de Rhénée, au lieu-dit Kato Generale, [dont l’étude] « apporte et analyse une documentation limitée en nombre, puisqu’elle ne porte que sur les squelettes exhumés dans une fouille de courte durée (1975-1977). Mais il y a un intérêt considérable, tant sont encore peu nombreuses dans l’Orient méditerranéen les études d’anthropologie physique (…) On sait que Délos a été purifiée deux fois (vers 540 et en 426) et que Rhénée est ainsi devenue sa nécropole. Mais on est dans le secteur en question à une date beaucoup plus basse, que l’on peut fixer à la seconde moitié du 2e siècle et au 1er avant J.-C. (…) » (d’après les travaux des archéologues français  qui ont effectué ces fouilles à Rhénée : « Tombes et squelettes de Rhénée : Jacques Clère et Marie-Thérèse Le Dinahet, Les tombes hellénistiques de Kato Generale à Rhénée » ; n°1 ; vol.20, pg 353-354. 
Loin de Rhénée et de sa nécropole, la télévision du régime d’Athènes minimise (sans convaincre) les réactions populaires à Chypre, dont les premières manifestations spontanées devant le Palais présidentiel à Nicosie, et se focalise sur « les risques de contagion en Grèce et en Espagne » (Mega-TV, 17/03). Déjà, le gouvernement espagnol, reproduisant dès hier fidèlement les déclarations de la classe politique allemande, tente à rassurer les Espagnols : « Non, Chypre est un cas isolé, rien de tel n’aura lieu en Espagne… ». 
Mais c’est à Chypre que le chantage mafieux de l’Eurogroupe atteint le sommet de la dramaturgie du moment. Au risque de voir invalider « l’accord » par le Parlement de l’île, les politiques Allemands ainsi que Bruxelles, exercent des pressions pour que le fait accompli soit adopté, si possible sans attendre le vote des parlementaires chypriotes lundi, d’autant plus que dès lundi, les places boursières de l’eurozone risquent bien de dévisser. Preuve supplémentaire que le « marché » est désormais seul aux commandes, même l'ultime simulacre de démocratie et de souveraineté acquises est sur le point de s’effondrer, les citoyens des autres pays de l’Union devraient alors comprendre que chez eux, ce n’est guère trop différent, sauf que « leurs » banques garantissent encore leurs dépôts et la «démocratie» avec. 
Au moins, l’histoire se précipite enfin. Comme le note à juste titre Jacques Sapir ce dimanche sur son blog  , évoquant les « Les veines ouvertes de la Grèce », « (…) Dans ce contexte survient le samedi 16 mars l’annonce de l’accord sur Chypre, et de ses conséquences. Le gouvernement de Nicosie, pour obtenir le soutien de l’Union Européenne, a dû mettre en œuvre une mesure extrêmement dangereuse : un prélèvement direct sur les comptes bancaires. Les effets de cette mesure ne se feront probablement pas attendre dans les autres pays. En effet, à Chypre même, des queues se formaient devant les banques pour retirer l’argent des comptes, mais sans effets car le gouvernement avait gelé la veille les montants. Mais ce qui est arrivé aux Chypriotes va servir de leçon pour les autres pays. Une telle mesure est parfaitement envisageable en Grèce, en raison de l’effondrement des recettes fiscales. La logique de la situation serait que l’on assiste à un « bank run », une panique bancaire en Grèce, puis probablement en Espagne et en Italie (…) ». 
Nous, c’est depuis la mer Egée que nous scrutons l’horizon. Nos amis de l’île de Syros et leurs animaux « adespotes », nous ont offert l’hospitalité de leur petite maison, à défaut des retrouvailles devenues hélas impossibles car ils ont déjà émigré en Belgique : « De toute manière nous ne pouvons plus profiter de notre maison, allez-y de temps à autre si cela vous est encore possible, vous penserez à nous… mais prenez des photos et envoyez les nous par mèl, nous voulons voir la maison, les géraniums… la mer ». Derrière Paros en face, puis derrière les autres îles et bien au-delà de l’archipel, surtout depuis hier je ne vois que l’île de Chypre.
Panikos (ce n’est pas un jeu de mots), rencontré dans un café de Nicosie il y a presque deux ans, me disait déjà que « Chypre suivra le chemin de la Grèce et de la Troïka, tôt ou tard, lorsque tous les atouts économiques, les spécificités de Chypre seront démantelés, comme si on nous arrachait les dents, une par une… ». 
Georges de Syros apprenant la nouvelle ce matin a aussitôt téléphoné à sa mère pour la convaincre de la gravité de la situation : « N’y vas pas mardi pour déposer de l’argent, c’est plutôt le contraire qu’il faut faire maman ». Georges nous a apporté une salade de son jardin, nous lui avons offert en échange nos pois chiches cuisinés. Ingénieur au chômage, il a quitté Athènes voilà dix mois pour se construire une nouvelle existence sur Syros dont il est originaire. « Cela ne sert plus à grand-chose d’émigrer, toute l’Europe coulera et en Australie ce n’est pas la terre tant promise par les répétiteurs du système. Mais au pire c’est vrai, je pourrais partir en Angleterre où j’ai fait mes études… pour survivre, mais je préfère survivre et mourir ici face à la mer, c’est plus poétique non ?». 
Les nécropoles de Rhénée juste en face, et Chypre au loin au-delà de l’Égée, pourtant si près, c'est l'Europe qui se termine d'après les conventions des géographes.
(*) Première photo : Banque de Chypre - Agence d'Ermoupolis 16/03

 

 

 

Île de Syros - 16/03
Ermoupolis - Syros - 16/03
Rhénée et sa nécropole - En face (à droite) Délos et Mykonos - 2010
Les premières manifestations spontanées devant le Palais présidentiel à Nicosie - Mega TV 17/03
"Certains passagers lisaient attentivement la presse anti-mémorandum..." 16/03
Ermoupolis - Syros 16/03
Adespote - Syros 17/03
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 22:31

 

 

Libération

18 mars 2013 à 22:49
Vue générale de la centrale nucléaire de Fukushima, le 6 mars 2013
Vue générale de la centrale nucléaire de Fukushima, le 6 mars 2013 (Photo Issei Kato. AFP)

Par AFP

Une panne de courant a contraint l’opérateur de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, ravagée par le tsunami de 2011, à suspendre le refroidissement de trois piscines de stockage de combustible usagé, a rapporté mardi l’agence Kyodo.

Les postes de contrôle voisins n’ont pas enregistré de modifications importantes des niveaux de radioactivité après cette coupure de courant survenue lundi peu avant 19h00 heure locale (10h00 GMT), a indiqué l’agence de presse japonaise.

Dans la nuit de lundi à mardi, à 01h45 heure locale (lundi 16h45 GMT), l’opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power Co.(TEPCO), n’était pas parvenu à relancer l’alimentation électrique des systèmes de refroidissement, a ajouté Kyodo.

L’incident n’a pas affecté jusqu’à présent l’injection d’eau dans les réacteurs numéro 1 et numéro 3 de la centrale, dont le combustible avait fondu à la suite de l’accident de 2011, selon l’Autorité de régulation nucléaire (NRA) citée par Kyodo.

La fusion partielle ou complète du combustible était survenue dans trois des six réacteurs de la centrale de Fukushima à la suite du séisme et du tsunami géant du 11 mars 2011, qui avaient entraîné l’arrêt de la fourniture d’électricité et des systèmes de refroidissement.

La panne d’électricité survenue lundi a entraîné, en plus de l’arrêt des systèmes de refroidissement des piscines de stockage du combustible usagé de trois des réacteurs, l’arrêt des équipements de traitement des débris de la centrale contaminés, dont des matériaux radioactifs.

 

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