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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 12:19

 

 

Le Monde.fr | 18.05.2012 à 11h40 • Mis à jour le 18.05.2012 à 12h25

Par Mathilde Gérard (Guimarães, envoyée spéciale)

 

Kyaia

La chaussure, pointure de l'industrie portugaise

 

Pour survivre face à la concurrence internationale, les fabriques de chaussures portugaises misent avec succès sur le design et l'innovation technique. Reportage à Guimarães.

 

C'est une région vallonnée, où les carrés potagers alternent avec les zones industrielles, les vignes avec les usines, au milieu desquelles serpente le fleuve Ave. Là, autour de Braga et de Guimarães, au nord-est de Porto, bat le pouls industriel portugais : dans les années 1960 et 1970, cette région a pris son envol avec le développement d'usines textiles et de fabrication de chaussures (qui emploient plus de 10 % des actifs de la région), profitant de l'essor d'une Europe avide de consommation. Mais dans les années 1990, le pouls a ralenti. Le textile a difficilement résisté à la montée en puissance de la Chine, du Pakistan, de la Tunisie, et les fermetures d'usine se sont multipliées ; le secteur de la chaussure est parvenu en revanche à tenir le cap, en se réinventant.

Nichée au cœur d'un vallon paisible de Guimarães, l'usine Kyaia en illustre le dynamisme. Cette fabrique, à l'origine de la marque Fly London, vendue sur les cinq continents, est un modèle de réussite. Son fondateur et PDG, Fortunato Frederico, fait visiter avec fierté les différents départements de l'entreprise. De la passerelle qui surplombe la salle des machines, dans un bruit de mécanique assourdissant, l'œil embrasse toutes les différentes phases de production, du design à la couture, en passant par la coupe et le piquage.

Image suivante
Du designer aux couturiers, en passant par les maroquiniers, l'usine Kyaia de Guimarães regroupe dans un même espace tous les corps de métier de la chaussure.
Crédits : Mathilde Gérard / Le Monde.fr /
1 sur 16

Le Portugal s'est fait une spécialité du travail de la chaussure. Le pays produit entre 80 et 90 millions de paires chaque année (dont 90 % sont fabriquées dans la région de l'Ave). Ces dernières décennies, le pays a fait grimper ses ventes en misant sur la qualité. "Les Espagnols sont forts dans le travail du plastique, mais au Portugal, nous sommes meilleurs sur le cuir", juge Fortunato Frederico. Quatre chaussures sur cinq produites au Portugal sont effectivement en cuir. En tant qu'industrie légère, la chaussure a su s'adapter facilement au marché, profitant de sa taille relativement modeste.

"Nous avons connu des crises, dans les années 1980 et 1990, mais le secteur des chaussures a toujours su se maintenir", note Henrique Meira, membre de la direction de Fesete, le principal syndicat des employés du textile et de la chaussure. Au début des années 2000, le départ de plusieurs grosses multinationales de la chaussure (Clarks, Rohde, Granite shoes) vers des pays à la main-d'œuvre moins payée (Pologne ou Ethiopie) ont laissé quelque 4 000 employés du secteur sur le carreau. La majorité est partie en retraite ou s'est reconvertie dans les services d'aide à la personne, mais de nombreux ex-employés sont restés au chômage.

L'industrie de la chaussure donnait du travail à 60 000 Portugais en 2000, elle n'en emploie plus que 35 000 aujourd'hui, selon les calculs du syndicat Fesete. Mais le secteur s'est recentré sur de moyennes entreprises portugaises, familiales pour la plupart, écartant les risques de délocalisations, au moins à moyen terme. Les salaires cependant sont restés bas, 500 euros en moyenne pour les ouvriers, tout juste le salaire minimum. "Ce modèle reposant sur des rémunérations basses est le principal avantage comparatif des chaussures portugaises, constate João Teixeira Lopes, professeur de sociologie à l'université de Porto. C'est leur force sur les marchés extérieurs."

PATRON AUTODIDACTE

Comme beaucoup d'autres patrons du secteur, Fortunato Frederico est un autodidacte - "beaucoup de chefs d'entreprises, qui ont commencé à travailler dans les années 1970, ont moins de diplômes que leurs jeunes ouvriers, qui eux ont poursuivi leur scolarité jusqu'à 16 ou 18 ans", explique João Teixeira Lopes. Gravissant les échelons petit à petit, il a commencé à travailler à 14 ans, d'abord en faisant le ménage dans une fabrique de chaussures, puis en travaillant sur les machines, comme monteur de talons, et enfin comme responsable de chaîne. C'est après son service militaire, à 25 ans, qu'il s'associe avec deux partenaires pour monter sa propre usine, mais en 1984, Fortunato Frederico, qui ne veut plus sous-traiter pour de grandes marques, prend son indépendance pour fonder Kyaia. Dix ans plus tard, après avoir embauché designers, techniciens et communicants, l'entreprise met sur orbite sa marque Fly London, dont les modèles mêlent confort et design.

Aujourd'hui, l'entreprise compte 600 employés, répartis sur deux sites de production, et fabrique 750 000 paires de chaussures chaque année. Ses principaux marchés sont le Royaume-Uni, le Danemark, l'Allemagne et les Etats-Unis, mais Kyaia mise beaucoup sur le marché asiatique, en pleine expansion. La clé de sa réussite repose en grande partie sur sa réactivité aux dernières tendances et aux comportements de la clientèle. L'entreprise a misé sur les nouvelles technologies pour élaborer un protocole innovant d'analyse des ventes, en partenariat avec des centres de recherche. Son système de radio-identification (RFID) utilisé sur toute la chaîne logistique, de la production au point de vente, primé à l'étranger, lui permet ainsi de coller au plus près des attentes des clients.

A l'usine Kyaia de Guimaraes.

 "SANS LES EXPORTATIONS, ON SE SUICIDERAIT"


Qualité, design, recherche et développement sont les ingrédients de la renaissance des souliers portugais. "Les manufactures de chaussures ont également fait de gros efforts pour se faire connaître à l'étranger, en participant à des salons internationaux, en investissant dans de nouvelles techniques de marketing", note Henrique Meira, de Fesete.

Exportées à 95 % en moyenne, les chaussures portugaises ont fait du marché extérieur leur cœur de cible. Portées par le marché asiatique notamment, les ventes de Fly London ont ainsi progressé de 3 % au premier trimestre 2012 par rapport à l'année précédente, et ce malgré la mauvaise conjoncture économique nationale. En revanche, les activités portugaises du groupe Kyaia sont en chute libre et ont enregistré l'an dernier un déficit de 50 %. "Si on n'avait pas les exportations, on se suiciderait", note avec emphase M. Frederico.

Les professionnels du secteur ont toutefois confiance dans l'avenir et l'association patronale des fabricants de chaussures a prévu de faire 60 millions d'euros d'investissements ces trois prochaines années pour moderniser ses lignes de production. Syndicats et économistes estiment toutefois que trop d'entreprises portugaises fonctionnent encore sur le principe de la sous-traitance et sont fragilisées de ne pas avoir leur marque propre. Quant au modèle reposant essentiellement sur les exportations, il comporte son lot d'interrogations, car il rend le pays dépendant de la santé économique de ses partenaires. "La région de Porto a fait preuve par le passé d'une forte capacité d'adaptation, conclut avec confiance João Teixeira Lopes. Mais elle devra certainement diversifier sa structure de production pour être moins dépendante d'un seul secteur."

Mathilde Gérard (Guimarães, envoyée spéciale)

Guimarães, capitale européenne de la culture 2012

 

Souvent qualifiée de "berceau du Portugal", car c'est à Guimarães qu'a été proclamée l'indépendance du royaume du Portugal en 1128, la ville est depuis le début de l'année "capitale européenne de la culture". Un label prestigieux pour une ville déjà classée au patrimoine mondial de l'Unesco, mais qui souffre durement de la crise économique avec près de 15 % de chômage.

Les programmateurs ont dû s'adapter à un budget amputé de 20 % après la décision du gouvernement d'adopter un plan d'austérité en 2011. 25 millions d'euros sont donc finalement consacrés à l'organisation d'un millier d'événements, qui doivent attirer 1,5 million de visiteurs tout au long de l'année.

La ville a misé davantage sur la créativité de sa jeunesse plutôt que sur des artistes de renommée internationale, à quelques exceptions près, tels les cinéastes Jean-Luc Godard ou Manoel de Oliveira et le plasticien Christian Boltanski. Les programmateurs ont choisi de mettre en valeur le patrimoine industriel de la ville : plusieurs anciennes usines ont été reconverties en lieux d'exposition et laboratoires culturels, appelés à perdurer au-delà de 2012.

>> Toute la programmation sur le site Guimarães 2012


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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 11:14

[coordreelledemocratiefr]

 

Salut la compagnie,

 

La BAC de Paris (Brigade Activiste des Clowns) propose une tripoté de stages pour venir se (dé)former au clown activisme.

Qu'on se le dise...

 

·  16-17 juin 2012 : Nîmes.

Stage de formation au clown activisme.

Inscriptions auprès de Patricia : patriciasibel.ava@free.fr

 

·  23-24 juin 2012 : Paris.

Stage de formation au clown activisme,

avec la BAC de Paris. Inscriptions : brigadeclowns@gmail.com

 

·  6 au 16 juillet 2012 : Boulogne sur mer.

10 jours de (dé)formation à la désobéissance civile et au clown activisme,

avec les désobéissants et la BAC de Paris. Inscriptions : brigadeclowns@gmail.com

 

Et si on faisait la rirevolution?

A travers une approche philosophique et pratique nous verrons pourquoi et comment devenir clown activiste (aspect médiatique, organisationnel, juridique, etc). nous apprendrons à agir avec non violence, désobéir, mettre son corps dans l'action, s'émotionner, déambuler, s'enrôler (dans la farine) et construire le rapport de farce! Ohohahah!

Voir ça en image sur le Blog de La BAC (Brigade Activiste des Clowns) :http://brigadeclowns.wordpress.com/



Plus de détails :

 

·  16-17 juin 2012 : Stage de Nîmes. 

Participation aux frais : libre pour les faibles revenus/ 50€ pour les salariés.

Hébergement possible chez l'habitant.
Pour vous inscrire ou pour toutes questions : patriciasibel.ava@free.fr

 

 

·  23-24 juin 2012 : Stage de Paris.

Participation aux frais : libre pour les faibles revenus/ 50€ pour les salariés.

Hébergement possible chez l'habitant.

Pour vous inscrire ou pour toutes questions : brigadeclowns@gmail.com

 

 

·  6 au 16 juillet 2012 à Boulogne sur mer.

10 jours de (dé)formation à la désobéissance civile et au clown activisme

 

Dans le cadre du Manifeste : http://www.lemanifeste.com/
Notre camp de base sera St Martin de Boulogne à coté de Boulogne sur mer


6 jours d'atelier
3 jours de pestacle/actions
1 jour d'aurevoir 
Déroulement :
10-12h Atelier collectifs d'expression du corps et de la voix (avec les 90 participants de la manifestation)
14-18h Atelier "clowns désobéissants"
19h repas pris en charge
20h30-22h30  "Atelier clowns désobéissants"
 
15 participants seront inscrits via Les déso' :
Participation Aux Frais : 150€ pour les salariés (compris : repas du soir).
Faible revenu nous contacter, l'argent ne doit pas être un problème.

Pour vous inscrire : brigadeclowns@gmail.com  

 
Places limitées/ pré-inscription obligatoire =
envoyer un mail à brigadeclowns@gmail.com 
+ envoyer un chèque de 50€ à l'ordre de campagne M51 / Les désobéissants
à Les désobéissants, c/o Librairie Résistance 4 Villa Compoint 75017 Paris

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 11:06

 

17/05/2012 à 18h58

Rue89

Tous les membres du gouvernement ont du signer ce jeudi cette charte qui parle deconflits d’intérêt, de cumul des mandats et du respect des décisions gouvernementales.

 

Charte de déontologie des membres du gouvernement

« Le bon fonctionnement d’une démocratie passe par l’existence d’un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent. Cette confiance ne se confond pas avec la légitimité donnée, directement ou indirectement, par le suffrage universel. Elle échappe d’ailleurs aux clivages politiques. Elle se construit jour après jour, au vu de l’action du gouvernement et de l’image donnée par ceux qui en sont membres. Un manquement isolé peut, à lui seul, suffire à l’entamer durablement.

C’est afin d’aider à la construction et à la préservation de ce lien de confiance qu’il a paru utile de rassembler, sous la forme d’une “charte de déontologie”, quelques principes simples qui doivent guider le comportement des membres du gouvernement.

 

1. Solidarité et collegialité

L’expression des points de vue, la confrontation des idées en toute confiance sont nécessaires pour assurer la vitalité d’un gouvernement. La délibération collégiale permet de rechercher les mesures les plus justes et d’éviter les erreurs. Chaque membre du gouvernement a le droit de s’exprimer dans le respect de la confidentialité qui s’attache aux délibérations du gouvernement sur tout sujet, y compris les sujets extérieurs à ses attributions.

Une fois que la décision est prise, au besoin après arbitrage du chef du gouvernement, c’est le principe de solidarité qui s’applique. L’expression, directe ou indirecte, de désaccords ne peut qu’affaiblir le gouvernement et susciter le scepticisme des citoyens à l’égard de la crédibilité de l’action politique.

 

2. Concertation et transparence

Les membres du gouvernement doivent être à l’écoute des citoyens. Ils entretiennent des relations suivies avec l’ensemble des partenaires institutionnels de leur ministère. Ils recueillent leur avis sur les principales décisions.

Ces relations institutionnelles suivies doivent aller de pair avec un développement de la consultation du public en utilisant les possibilités offertes par l’internet.

Les projets de texte remis au Président de la République et au Premier ministre font apparaître les consultations menées, leur résultat et la façon dont elles ont conduit à amender le projet.

Plus généralement, le gouvernement a un devoir de transparence. Il respecte scrupuleusement les dispositions garantissant l’accès des citoyens aux documents administratifs. Il mène une action déterminée pour la mise à disposition gratuite et commode sur internet d’un grand nombre de données publiques.

 

3. Impartialité

Les membres du gouvernement sont au service de l’intérêt général. Ils doivent, non seulement faire preuve d’une parfaite impartialité, mais encore prévenir tout soupçon d’intérêt privé. C’est la raison pour laquelle ils remplissent et signent une déclaration d’intérêts lors de leur entrée en fonctions, déclaration qui est rendue publique, à l’exception des informations concernant des tiers. En outre, ils confient la gestion de leur patrimoine mobilier à un intermédiaire agréé, sur la base d’un mandat garantissant qu’ils ne pourront intervenir directement dans cette gestion.

Les membres du gouvernement s’abstiennent de donner suite à toute invitation pour un séjour privé qui émanerait d’un gouvernement étranger ou de personnes physiques ou morales dont l’activité est en relation avec leur département ministériel. Ils remettent au service des domaines, soit immédiatement, soit à l’issue de leurs fonctions, les cadeaux d’une valeur supérieure à 150 euros.

Ils renoncent à toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l’activité intéresse leur ministère.

Ils s’abstiennent absolument de toute intervention concernant la situation d’un membre de leur famille ou d’un proche. »

 

4. Disponibilité

Les membres du gouvernement consacrent tout leur temps à l’exercice de leurs fonctions ministérielles. Ils doivent, de ce fait, renoncer aux mandats exécutifs locaux qu’ils peuvent détenir.

 

5. Intégrité et exemplarité

Les moyens mis à la disposition des ministres sont réservés à l’accomplissement de leur mission. Seules les dépenses directement liées à l’exercice des fonctions sont prises en charge par l’Etat.

Les membres du gouvernement disposant d’un logement de fonction déclarent l’avantage en nature correspondant.

Les membres du gouvernement privilégient le train pour les déplacements d’une durée inférieure à trois heures.

Sauf contrainte particulière justifiant une escorte motocycliste, leurs déplacements en automobile se font dans la discrétion et le respect des règles du code de la route. »

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 21:07

 

rtl.be

Belga | 17 Mai 2012 22h39


 

La direction du groupe informatique Hewlett-Packard (HP) envisage de supprimer environ 30.000 emplois, soit 8 à 10% de ses effectifs totaux, ont indiqué plusieurs médias jeudi.
Selon le site All Things Digital, "la directrice générale Meg Whitman va discuter les premières étapes d'un plan de restructuration à l'échelle du groupe qui passera par l'élimination d'environ 30.000 postes" --ou qui pourrait, selon d'autres médias comme l'agence Bloomberg, se limiter à 25.000. L'annonce pourrait intervenir dès la présentation des résultats trimestriels le 23 mai. "Durant une téléconférence avec des analystes Mme Whitman va présenter ces suppressions (d'emplois) comme nécessaires, non pour gonfler les bénéfices et satisfaire les actionnaires, mais pour faire les investissements nécessaires", selon All Things Digital. Un porte-parole de HP s'est refusé à tout commentaire. Il a toutefois convenu que de telles mesures seraient compatibles avec de récentes déclarations de Mme Whitman sur de difficiles décisions à attendre. En mars, durant l'assemblée générale des actionnaires, Mme Whitman, qui avait pris ses fonctions six mois plus tôt, avait par exemple souligné que le groupe souffrait de "de vraies difficultés financières", remontant selon elle à la mi-2010. En février, elle avait déjà prévenu qu'"il faut économiser pour pouvoir investir, nous ne pouvons pas maintenir notre structure de coûts actuelle et y ajouter des investissements". (GFR)

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:55

http://realinfos.wordpress.com

17 Mai 2012

 

Non loin de la Puerta del Sol, célèbre place madrilène qui a vu naître le mouvement des Indignés il y a tout juste un an, une file d’attente s’allonge à l’entrée d’une banque. Des dizaines de personnes ont décidé de retirer leur argent pour protester contre Bankia, une banque coutumière des saisies immobilières que l’État a décidé de renflouer.

 

 

Lundi 14 mai, des clients de Bankia ont protesté devant le siège de leur banque contre l’entrée de l’État dans son capital. Le gouvernement l’a décidé la semaine dernière dans le but d’assainir les actifs toxiques du groupe, par ailleurs noté BBB par l’agence de notation Standart & Poor’s. Ecœurés, des clients ont découpé leur carte de crédit et leurs papiers de banque devant le bâtiment.
 
 
 
 
Quatrième banque cotée d’Espagne, Bankia est née en 2010 de la fusion de sept caisses d’épargne alors en difficultés. Sa nationalisation consistera à transformer 4,5 milliards de sa dette en actions, que l’État détiendra ensuite à 45 % pour en devenir le principal actionnaire. À terme, il pourrait injecter 10 milliards d’euros supplémentaires dans l’établissement.
 
Cette nationalisation fait partie d’une vaste réforme du secteur bancaire annoncée par le gouvernement vendredi 11 mai. Elle impose aux banques d’augmenter leurs provisions pour se protéger des pertes sur leurs prêts toxiques dans l’immobilier.
 
 
Une client ferme son compte. Photo publiée sur Lainformacion.com.
 

“À chaque fois qu’un client entrait pour demander une remise de dette, un deuxième arrivait pour menacer de fermer son compte”

Lola Fernandez fait partie du mouvement des Indignés. Elle est membre d’un groupe de travail sur le logement et a participé à l’organisation de la manifestation devant Bankia.
 
” Quand nous sommes arrivés devant Bankia, la police nous attendait. Après deux heures de négociations, les policiers ont fini par accepter de laisser entrer les clients, deux par deux. Ils leur ont demandé leurs papiers d’identité et ont noté leur nom, ce qui n’a pas manqué d’en effrayer certains. En fait, beaucoup d’Indignés ont eu à payer des amendes pour avoir pris part à des manifestations non autorisées. “
 
 
Un policier vérifie l’identité d’un manifestant. Photo publiée sur Lainformacion.com.
 
 
” Nous nous sommes organisés de telle manière qu’à chaque fois qu’un client entrait pour demander une remise de dette sur sa créance immobilière, un deuxième arrivait pour menacer de fermer son compte. La banque a noté toutes les réclamations des clients et nous attendons maintenant de voir ce qu’il va se passer. Avec un peu de chance, elle acceptera de négocier individuellement avec chaque client endetté.
 
Selon nos estimations, près de 50 personnes ont fermé lundi leur compte bancaire chez Bankia [Dans l’attente d’une réponse de Bankia, FRANCE 24 n’est pas encore en mesure de vérifier et confirmer ce chiffre], pendant qu’une centaine de personnes manifestait dehors. Il y a eu beaucoup d’autres fermetures de compte cette semaine dans différentes agences de Bankia. Selon nous, tous les Espagnols peuvent protester contre Bankia puisque le gouvernement va sauver cette banque avec l’argent du contribuable. “
 
 
Des policiers devant Bankia lundi 14 mai. Photo publiée sur Twitter par Osec.
 
 
” Bankia n’est pas la seule à mettre des gens à la porte de chez eux, mais nous avons voulu la cibler car elle est a été la plus sévère. À Madrid, c’est elle qui est à l’origine du plus grand nombre de saisies immobilières. Et de toutes les banques, nous trouvions que c’était la moins ouverte aux négociations pour réduire les créances des propriétaires. [En 2010, il y a eu 100 000 expropriationspar les banques pour des créances impayées, soit quatre fois plus qu'en 2007. Avec l'explosion de la bulle immobilière, les banques sont devenues les premiers bailleurs du pays].
La loi espagnole prévoit que les banques saisissent la maison d’un propriétaire quand il n’arrive plus à payer son emprunt. Et si la vente de la maison ne couvre pas sa dette, il doit rembourser la différence. Avec la bulle immobilière, les banques n’arrivent pas à vendre ces biens à leur juste valeur donc les propriétaires sont contraints de verser beaucoup d’argent pour des maisons qu’ils ne possèdent plus. Nous voudrions que la loi change pour qu’un propriétaire saisi soit acquitté de sa dette. En même temps, nous faisons pression pour que les banques acceptent de négocier individuellement avec les propriétaires pour revoir leur dette à la baisse. Nous demandons aussi que les gens puissent rester habiter dans leur maison, moyennant un “loyer modéré” de 30 % de leur salaire, plutôt qu’elle reste vide, comme c’est le cas actuellement.
 
Les Espagnols sont très en colère contre la décision du gouvernement de renflouer Bankia après tout ce qu’elle a fait, alors accepter de négocier serait le minimum. Nous incitons tout le monde à replacer son argent dans des agences plus éthiques. “
 
 
Photo publiée sur Twitter par Elena Herrera.
  
 
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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:49

 

Les indigné(e)s se sont rassemblé(e)s ce 15 mai à la fontaine des innocents (Châtelet les Halles) afin de fêter l'anniversaire du 15M, jour mondial de la naissance en Espagne d'une conscience collective humaine pour une résistance aux désordres multiples et incommensurables de ce monde.

...

Afin de fêter cet anniversaire, de nombreux indignés étaient rassemblés : des indignés de paris, la marche des banlieues que de nombreux indignés français avaient rejoint (#21A) avec certaines personnes des marches des possibles et des marches vers paris (comprenant des indignés des villes comme Tours, Strasbourg, Lille...) issues de la philosophie des marches vers Bruxelles, Rome, Athènes...

...

Sans aucune sommation, la police a commencé à évacué des petits groupe de 5 personnes du "troupeau", rétrécissant leur encerclement. Une personne de la commission juridique est venue spécialement et en urgence distribuer des tracts sur les droits juridiques des personnes fêtant l'anniversaire du 15M. La police Nationale refusant qu'elle les donne aux "Manifestants", elle a lancé les tracts au dessus de la Police afin que chacun puisse être informé de ses droits, la police répliquant violemment l'intervention civique de cette personne.

...

Les indigné(e)s privés de leurs portables et de toutes leurs affaires sont incarcéré(e)s

...

sur 27 indigné(e)s et "associé(e)s", 21 indigné(e)s ont été relâché(e)s. Les deux personnes s'informant sur le mouvement ont bien évidemment refusé de signer la feuille les accusant d'avoir participé à une manifestation illégale (ou plus précisément d'un centre d'information illégal), tout comme bon nombre d'indignés de bonne foi (n'ayant de toute façon pas été sommés ou avertis de quelque désobéissance que ce soit au moment de l'interpellation, ne leur laissant ainsi aucune chance de se défendre ou d'expliquer leur propre compréhension de la situation ; cette dernière étant rendue chaotique par les forces de l'ordre du fait de leur seule auto-aptitude à interpréter la vérité de la situation ce qui est un déni total et complet de tout bon sens philosophique. Il est essentiel de noter que leur incapacité à énoncer les lois qu'ils étaient censés appliquer, voire pour certain leur non adhésion aux ordres reçus, est en contradiction absolue avec le code législatif qui les autorisent à ne pas respecter un ordre illégal). Les 6 indignées restantes, suite à une clef cassée dans la serrure ont dû attendre l'intervention d'un serrurier dans un délai d'une heure. Heureusement il n'y a pas eu d'incendie. Ainsi, 4 heures après le début de la "prise d'otage" du 15M, à la minute prêt, les 6 indignées restantes ont été relâchées...

 ...

12H30 : 3 indignés rejoignent un autre indigné présent sur la place joseph du Belay. Celui-ci est inquiété par la police nationale du fait qu'il porte un carton tagué d'articles de lois officiels. Les 3 indignés refusent de se disperser devant la police qui déchire le carton tenu entre les mains de cet indigné (âgé). La police, incapable d'énoncer les articles de lois qu'elle applique, leur numéro de matricule ou la provenance de leurs ordres, force de par ce fait les 3 indignés à rester civiquement sur les lieux. Dès lors la police dit que le lieu est interdit et que les personnes doivent aller sur la fontaine des innocents et non pas sur la place occupée qui est interdite momentanément... Deux passants étonnés par cette affaire s'arrêtent alors et sont sommées (enfin ! « Tous les cochons sont égaux mais certains un peu plus que d'autres... ») de ne pas rester là.

 

« On l'appelle démocratie et c'est pas ca, on l'appelle oligarchie et c'est bien ca ! c'est une dictature et tu le sais ... » (Un slogan des indigné(e)s)

Témoignage non consensué du 15M (avis personnel, en aucun cas représentatif de l'ensemble du mouvement ! )

 

Les indigné(e)s se sont rassemblé(e)s ce 15 mai à la fontaine des innocents (Châtelet les Halles) afin de fêter l'anniversaire du 15M, jour mondial de la naissance en Espagne d'une conscience collective humaine pour une résistance aux désordres multiples et incommensurables de ce monde. Cet événement a débouché sur des expérimentations de démocratie réelle à travers plus de 90 pays à travers le monde, catalysés par les révolutions tunisienne, égyptienne ainsi que bien d'autres.

Afin de fêter cet anniversaire, de nombreux indignés étaient rassemblés : des indignés de paris, la marche des banlieues que de nombreux indignés français avaient rejoint (#21A) avec certaines personnes des marches des possibles et des marches vers paris (comprenant des indignés des villes comme Tours, Strasbourg, Lille...) issues de la philosophie des marches vers Bruxelles, Rome, Athènes...

N'ayant pas les moyens de prendre soin d'une personne addictive, connue depuis le campement de la Défense (#occupydefense), ils ont relayé les soins à cette personne aux services d'état, suite à des menaces, faisant douter de sa réelle volonté à aider le mouvement.

20H30 Une heure plus tard, suite à la mise en place des deux seules banderoles restantes "Ils ne nous représentent pas" (appel à une démocratie réelle) et "We are all greeks" (nous sommes/seront tous grecs), la police a procédé à un encerclement de la quarantaine d'indignés présents sur la place joseph du Belay, évacuant tous les passants dans les rues adjacentes, nécessitant pour cela un ratio de 3 policiers nationaux par soit-disant "Manifestant" (du fait des banderoles).

21H environ : Sans aucune sommation, la police a commencé à évacué des petits groupe de 5 personnes du "troupeau", rétrécissant leur encerclement. Une personne de la commission juridique est venue spécialement et en urgence distribuer des tracts sur les droits juridiques des personnes fêtant l'anniversaire du 15M. La police Nationale refusant qu'elle les donne aux "Manifestants", elle a lancé les tracts au dessus de la Police afin que chacun puisse être informé de ses droits, la police répliquant violemment l'intervention civique de cette personne. Dès lors les soit-disant "Manifestants" prennent un mégaphone afin de lire haut et fort les rappels aux droits (car il a déjà été énoncé en AG qu'un nombre très restreint d'indignés ne savaient pas forcément lire) : dans la minute qui suit cette initiative, la police procède toujours sans aucune sommation ni aucune justification à l'évacuation immédiate des indigné(e)s, un par un vers un "autocar de rafle" si coutumier des sans papiers et "roms". Les indignés sont alors très patiemment emmenés dans ce bus pour aller vers le commissariat du 18ème pour un contrôle d'identité. Malgré deux nouveaux venus inaccoutumés à ce genre de traitement visant à faire sortir de leurs gonds #LesInnocents pacifique, les indigné(e)s ont su calmer la rage compréhensible de ces deux personnes face à une injustice consentie.

22H : Les indigné(e)s privés de leurs portables et de toutes leurs affaires sont incarcéré(e)s en cellule. Deux personnes s'atant rapprochées pour se renseigner sur les idées du mouvement au moment de l'interpellation sont également présentes. Deux SDF également présent à ce moment sont incarcérés.

23H/minuit : sur 27 indigné(e)s et "associé(e)s", 21 indigné(e)s ont été relâché(e)s. Les deux personnes s'informant sur le mouvement ont bien évidemment refusé de signer la feuille les accusant d'avoir participé à une manifestation illégale (ou plus précisément d'un centre d'information illégal), tout comme bon nombre d'indignés de bonne foi (n'ayant de toute façon pas été sommés ou avertis de quelque désobéissance que ce soit au moment de l'interpellation, ne leur laissant ainsi aucune chance de se défendre ou d'expliquer leur propre compréhension de la situation ; cette dernière étant rendue chaotique par les forces de l'ordre du fait de leur seule auto-aptitude à interpréter la vérité de la situation ce qui est un déni total et complet de tout bon sens philosophique. Il est essentiel de noter que leur incapacité à énoncer les lois qu'ils étaient censés appliquer, voire pour certain leur non adhésion aux ordres reçus, est en contradiction absolue avec le code législatif qui les autorisent à ne pas respecter un ordre illégal). Les 6 indignées restantes, suite à une clef cassée dans la serrure ont dû attendre l'intervention d'un serrurier dans un délai d'une heure. Heureusement il n'y a pas eu d'incendie. Ainsi, 4 heures après le début de la "prise d'otage" du 15M, à la minute prêt, les 6 indignées restantes ont été relâchées...

1H : Les indignés sous surveillance policière sont regroupées en bas de la rue du commissariat. La quarantaine d'indignés présents, dont certains venus soutenir les indigné(e)s dans leur contrôle d'identité, débouchent alors deux bouteilles de mousseux en l'honneur du 15M, devant l'incapacité de le fêter plus dignement comme cela était à l'origine prévu en allumant des bougies afin de former le logo 15M. Malgré la protestation normale du voisinage, mais finalement orchestré par les ordres reçus par les forces de l'ordre, les indigné(e)s fêtent et souhaitent un bon anniversaire au 15M et entonnent plusieurs chansons en hommage aux "résitants" non résignés, dont « El pueblo, unido... ».

2H : Après le transport de la logistique dans le métro, accompagné de nombreux chants, les indigné(e)s arrivent aux Halles. Devant les 20 policiers les attendant, ils décident de bifurquer vers un autre endroit. Ils se calment les uns les autres du sentiment d'injustice ressenti de façon silencieusement consensuée.

10H30 : Certains indignés, travaillant, ont dû prendre le premier métro/RER et ont honoré leur travail. La sécurité du centre Pompidou a avertit poliment les "campeurs à duvet" que leur présence n'était pas du meilleur effet, et que leur départ avant 11H était souhaité.

11H30 : La dizaine d'indignés restant pour la journée ont rejoint le haut de la place et déjeunent, certains finissant de nettoyer l'emplacement occupé pendant la nuit.

12H30 : 3 indignés rejoignent un autre indigné présent sur la place joseph du Belay. Celui-ci est inquiété par la police nationale du fait qu'il porte un carton tagué d'articles de lois officiels. Les 3 indignés refusent de se disperser devant la police qui déchire le carton tenu entre les mains de cet indigné (âgé). La police, incapable d'énoncer les articles de lois qu'elle applique, leur numéro de matricule ou la provenance de leurs ordres, force de par ce fait les 3 indignés à rester civiquement sur les lieux. Dès lors la police dit que le lieu est interdit et que les personnes doivent aller sur la fontaine des innocents et non pas sur la place occupée qui est interdite momentanément... Deux passants étonnés par cette affaire s'arrêtent alors et sont sommées (enfin ! « Tous les cochons sont égaux mais certains un peu plus que d'autres... ») de ne pas rester là.

13H : Les 4 indignés inquiétés par la police restent sur place. Les indignés de beaubourg sont en marche pour rejoindre la fontaine. Ils sont bloqués par les policiers et leurs 6 camions au niveau du passage piéton joignant la rue Aubry le boucher, leur présence sur la fontaine des innocents est officiellement interdite.

14H : Les indignés n'ayant d'autre choix d'être devant la vitrine de magasins, ils choisissent la banque la plus proche pour stationner leur logistique camping, et un indigné joue de la trompette pour divertir les passants. De nombreux passants s’informent auprès des indigné(e)s

15H : La police bienveillante retransmet les ordres reçus afin que les indignés évacuent les lieux. Un banquier filmé "à son issue" (parmi un groupe) désapprouve cet acte, il lui est répondu qu'il en sera tenu compte en cas de diffusion des images (floutage/coupes). En réaction le banquier prend des images vidéos du cameraman afin de le menacer de le diffuser sur tous les réseaux sociaux quoiqu'il en soit.

16H : assemblée interne et rangement de la logistique. Surveillance du devenir de l'indigné resté seul Fontaine des innocents.

17H : Arrivée Place beaubourg. Renseignement amicaux avec la sécurité du centre (toujours en négociation amicale).
Deux indignés retournent prendre le RER, la police les interceptent sur le fameux passage piéton, afin de leur demander où ils vont, ce à quoi ils répondent qu'ils ont le droit de renter chez eux...

Fin écourtée de CR.
To be continued.

(témoignage individuel)

 

Apprentissage personnel (Tribune libre du coup, exposant son auteur à une révocabilité totalement acceptée) :
Ce n'est pas "nul n'est censé ignorer la loi" (déjà très critiquable de par son opacité textuelle et de sa lourdeur paginée : on se rapproche de l'ésotérisme) mais "nul n'est censé ignorer l'interprétation de la loi par ceux qui ont le pouvoir de l'interpréter ou de ne pas l'énoncer" ce qui change tout et qui, personnellement, fait passer les Usa pour un pays de justice, un pays des droits de l'homme bien au-devant de la france, et j'avoue ne jamais avoir cru pouvoir dire cela de mon vivant !

 

« On l'appelle démocratie et c'est pas ca, on l'appelle oligarchie et c'est bien ca ! c'est une dictature et tu le sais ... » (Un slogan des indigné(e)s)

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:40

 

 

lepartidegauche.fr - Jeudi 17 Mai 2012
  Juliette Estivill


Un an que le mouvement « prends la place » est né en Espagne. En cette date anniversaire, les "indignés" (comme les appellent les médias) ont repris les rues et les places et ce durant trois jours  du 12 mai eu 15 mai : « 12M-15M ». D’énormes rassemblements, des manifestations, de campements ont eu lieu dans plus de 80 villes d’Espagne.

Retour sur le mouvement du 15M.

Il y a un an, l’installation d’une « Acampada » - campement- à la Puerta del Sol voyait le jour à Madrid et les images de Madrid faisait le tour du monde. Spontanément, ailleurs en Espagne et dans le monde entier (dans plus de 34 pays), ce mouvement à trouvé un écho. En Espagne, la plupart des villes avaient leur « acampada » et leurs « indignados » qui faisaient le même choix d’occuper les rues et les places pour y tenir leurs Assemblées générales. Les mots d’ordres : «Pour une réelle démocratie maintenant ! » « Prends la place ! » « Occupe les rues ! ».

Durant près d’un mois à Madrid et ailleurs, les citoyens s’organisaient en commission à la fois thématiques et logistiques. Un énorme travail de réflexion et d’organisation est alors en marche. La commission extension internationale a alors créé des liens dans le monde entier via la plate-forme « Take the square » et « Acampada Madrid ». Depuis, des mouvements sont nés au Etats-Unis, en France, en Grèce... se revendiquant du mouvement initié par les espagnols avec plus ou moins de succès en rapport avec le contexte local.

Après la levée du campement madrilène, leur travail ne s’est pas arrêté, le mouvement s’est déplacé dans les quartiers. De nombreuses plates-formes sont nées : éducation, logement, santé... réunissant toutes les générations, engagés ou non dans des syndicats, des partis politiques, des associations. C’est ce qui fait la particularité de ce mouvement, souvent caricaturé comme « sectaire » car refusant toute étiquette partisane, or si dans ce mouvement il y a bien des citoyens très « anti-partis » beaucoup y ont leur place avec en parallèle une activité organisée, simplement dans les rassemblements ils n’affichent pas leur étiquette syndicales ou politique.

Depuis l’année dernière, les plans d’austérité et les contre-réformes se sont multipliées, nombreuses grèves dans l’éducation, la santé, pour le logement, une grève générale le 29 mars contre les coupes budgétaires et la contre-réforme du travail réunissant des millions d’espagnols auxquels participaient aussi le mouvement du 15M.

Retour sur la mobilisation de ce week-end

Lors de la manifestation de samedi à Barcelone ce sont plus de 100 000 personnes qui ont manifesté dans les rues pour finir là où tout avait commencé « Plaça Catalunya ». Le cortège très dynamique où fleurissaient une multitude de pancartes et de drapeaux républicains et grecs a réuni toutes les générations ; les syndicats CCOO et UGT comme des partis politiques EU i alternativa y avaient aussi appelé, mais bien sûr sans banderoles, se mélangeant les uns aux autres dans un vaste cortège populaire et festif. Toutes les mobilisations de ces derniers mois se trouvaient réunies : contre la réforme du travail, contre les coupes budgétaires, pour une école publique de qualité, contre les coupes dans la santé, contre la Troïka et notamment la BCE et le sauvetage des banques par des fonds publics...

Sur la place, ont eu lieu trois jours de débats, d’assemblées générales.. Des stands ont été montés : audit de la dette, assemblée de quartiers, logement « pour un logement digne et contre les expulsions », éducation « pour une école publique de qualité », droit du travail. « contre la réforme »... A chaque stand on pouvait y trouver des livres, signer des pétitions, faire des propositions.... avec ce même esprit de résistance, de construction d’alternatives aux politiques « austéritaires » européennes et d’éducation populaire. Trois jours pour débattre, confronter les idées, s’organiser pour lutter contre la politique du gouvernement Rajoy qui n’a à la bouche que coupes budgétaires et casse des droits des travailleurs.

A Madrid ce sont aussi près de 100 000 espagnols qui sont descendus dans les rues et se sont retrouvés à la Puerta del Sol pour y tenir leur Assemblée Générale dans le même esprit que celui de Barcelone. Mais la police n’a pas permis aux indignés de mettre en place leur campement, l’autorisation de manifester ne courant que jusqu’à 22h00 contrairement à Barcelone où les indignés avaient une autorisation pour les trois jours. Le soir même la police est intervenue pour disperser le millier de manifestants encore présent. La soirée du samedi s’est soldée par 18 arrestations, dès le lendemain un millier de personnes se réunissait pour demander leur libération, des manifestations de soutien ont eu lieu dans d’autres villes espagnoles notamment à Barcelone.

La répression policière s’est aussi durcie en Espagne, cherchant à criminaliser ce mouvement pacifique comme cela a été le cas en France (sans répression policière à Paris en mai dernier plusieurs campements auraient vu le jour). La peur du gouvernement espagnol : devoir faire face à nouveau à une occupation comme celle du campement de le Puerta del Sol.

La suite...
Le mouvement des « indignés » n’est pas mort. Depuis l’année dernière, il a remis sur le devant de la scène un peuple qui cherche à s’organiser et à récupérer sa souveraineté bafouée sans cacher ses difficultés à s’organiser, il a permis de mettre en avant des problématiques mondiales par la remise en question du capitalisme « Ce n’est pas une crise c’est le système » « Nous sommes les 99 % » « Nous ne paierons pas votre dette », il dénonce l’austérité, ces mots d’ordres ont fait le tour du monde et c’est déjà beaucoup en ayant tissé des liens de part le monde. En parallèle se poursuit le travail dans les quartiers, les réunions thématiques, l’organisation des luttes comme c’est le cas depuis un an. Aujourd’hui encore ont lieu des assemblées générales, des actions devant les banques...

Prochaine mobilisation en Espagne : le 22 mai manifestation nationale pour l’éducation publique de qualité dans laquelle, c’est sûr, on retrouvera des citoyens venus fêter l’anniversaire du 15M. Quant au mouvement du 15M, il continue sont travail dans les luttes et les quartiers jusqu’au prochain rendez-vous.

Le journal Publico qui a dû cesser sa publication papier à cause de difficultés financières a publié un numéro spécial en cet anniversaire. Sur leur site web, ils continuent d’informer.


http://www.publico.es/especiales/aniversario15m

 

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 19:33

 

Action commune RIO+20 (PV 16 mai 2012)

17/05/2012 in Actions


Mercredi 16 mai 2012


Présences
Marylène Guého, Jane Séligmann, Janine Revillet, Michèle Roberge, Gérard Scheller, Sébastien Bertrand, Gabriel Sevilla, Diana Delgado, Daniel Badoux, Philippe Curchod, Gilles Godinat, Olivier de Marcellus, Alain, Hélène Bourban, Franck Na, Carlos Cueto, Juan Tortosa

Contexte
A Rio se tiendra le sommet international officiel, ainsi qu’un forum des peuples regroupant les mouvements sociaux. Ceux –ci appellent à une mobilisation internationale autour de deux dates : le 5 juin (journée internationale de la Terre) et le 20 juin (dernier jour du sommet officiel). A Genève, plusieurs groupes ont eu envie de mener une action transfrontalière en ces occasions, c’est pourquoi nous nous réunissons ce soir suite à une invitation largement diffusée.

Actions envisagées à Genève

1. Action à la maison de l’environnement le 5 juin

Objectifs
- action surtout médiatique
- vise à interpeller les employés de la maison de l’environnement sur leurs responsabilités dans les négociations de Rio, dans une lettre ouverte
- énoncer une position critique par rapport à la déclaration officielle de la Suisse

Forme
- Ton plutôt sérieux
- Conférence de presse publique
- Interpellation des employés des lieux (donc entre 12h et 13h30 environs)
- Si possible dans le hall de la maison, car extérieur très bruyant
- Annonce de la grande action du 20
- Action qui mette en évidence les apports spécifiques de chaque groupe présent

Idées en vrac
- Pompes à vélo pour gonfler la future délégation
- « Si tu vas à Rio » revisité
- En marge de l’action, activité audio-visuelle : enregistrement de personnes qui annoncent leur priorité par rapport à Rio+20, pour créer une banque d’engagement

A faire :
Chaque groupe prépare une brève prise de position et la transmet à Hélène. Ainsi, nous pourrons les présenter dans un dossier de presse, et en synthétiser les éléments consensuels dans le communiqué de presse commun.

- Repérage des lieux et prise de contact pour obtenir l’autorisation d’entrer dans le hall (Franck, Olivier, Gilles)
- Contacter la DB et Alliance Sud pour voir s’ils veulent se joindre à notre action (Juan)

2. Visite guidée du 20 juin

Objectifs
- Mettre en évidence quelques hauts lieux du trading à Genève
- Montrer les liens entre ces lieux et les enjeux climatiques mondiaux
- Faire prendre conscience du revers de la médaille du trading : les conséquences pour les habitants de la région franco-valdo-genevoise.

Ton Ironique
c’est une visite guidée pour convaincre des traders en herbe à s’installer à Genève, ville qui regroupe tous les avantages pour eux et leurs activités. Développer le côté théâtral, semer le doute des passants sur le mode des manifs de droite en France.

Parcours
Reste des lieux à identifier, mais les premières idées sont :
- Siège du GTSA (association qui favorise le développement du trading et du shiping à GE)
- Gunvor (traite 75% du pétrole russe)
- Trafigura (célèbre pour ses déchets toxiques en Côte d’Ivoire notamment)
- General Electric (et ses magnifiques réalisations à Fukushima et Mühlberg)
- IETA (association internationale qui gère les droits d’échange des certificats d’émission. Se présente comme le lobby du secteur privé dans les négociations internationales sur le climat)

Idées en vrac
- guides joués par des acteurs pro comme le crieur de Lyon, ou amateurs (ressources internes au groupe)
- des gens en complet veston / tailleur : déjà dans le mail d’invitation à cette visite, inviter ceux qui souhaitent être figurants à venir en costar 15 min avant (visite guidée sur inscription, prière se conformer au dress code)
- Prospectus de promotion… bifacial : le recto qui vante les avantages de Genève, et le verso qui montre le revers de la médaille (Alain et Sébastien le développent d’ici au 5 juin)
- Bricoler un bus bifacial aussi
- Louer un petit train touristique
- Mettre en scène Hiler dans un discours (son sosie volontaire est partant)
- Distribution aux passants de permis de polluer en expliquant comment fonctionne (ou dysfonctionne) le marché du carbone.
- Accueillir les gens comme dans une vraie visite touristique, avec des pancartes « Glencore » « Trafigura »…

Diffusion
Reprendre une partie du prospectus bifacial comme flyer à diffuser le plus largement possible des deux côtés de la frontière.

Autorisation de manif
Ce n’est pas une manif, mais une visite guidée (ne jamais parler de manif donc !). On circulera sur les trottoirs, comme des bons touristes. Inutile donc de demander une autorisation.

A faire
- Terminer le dépliant (Alain et Sébastien)
- Petit tract qui annonce les 2 dates à diffuser le 23 et le 26 (Juan)
- Animation et décors (Tous, Olivier, Gilles)… on verra aussi lors de notre prochaine réunion

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 16:25
| Par La rédaction de Mediapart

 

Trente-quatre ministres et quatre qui ne sont pas socialistes. Il y a comme un air de 1981 dans le gouvernement annoncé mercredi 16 mai, fruit de longues heures d’arbitrages entre le premier ministre Jean-Marc Ayrault et le président François Hollande. Un air de 1981 non pas par les ouvertures aux autres partis (il y avait, en 1981, quatre ministres communistes, après les législatives, et plusieurs radicaux de gauche), puisque nous sommes largement dans une équipe monocolore PS, mais par les quelques innovations réelles qui doivent être notées :

La première est la nouveauté des personnalités choisies. Ceux qui redoutaient le retour des éléphants du PS et des partages marqués des territoires selon les classiques grilles de courants en seront pour leurs frais. Seuls cinq des trente-quatre sélectionnés ont été déjà ministre : Laurent Fabius, Pierre Moscovici, Marylise Lebranchu, Michel Sapin, Jean-Yves Le Drian. C’est donc une équipe radicalement nouvelle qui accède aux responsabilités. Les survivants des époques Mitterrand et Jospin cèdent la place à deux nouvelles générations : celle des Vincent Peillon ou Marisol Touraine mais aussi celle des plus jeunes comme Najat Vallaud-Belkacem, Delphine Batho ou Benoît Hamon. Enfin il faut noter de vraies audaces comme, par exemple, la nomination de Christiane Taubira au ministère de la justice.

La deuxieme est évidemment dans cet engagement de campagne respecté par François Hollande : une parité parfaite hommes/femmes pour les dix-sept ministres de plein exercice et les dix-sept ministres délégués. Au total donc, dix-sept femmes et dix-sept hommes. C’est une première sous la Ve République, bien différente de ce qu’avait tenté en 1995 Alain Juppé, qui devait quelques mois plus tard se séparer de celles qui furent alors affreusement appelées “les jupettes”.

La troisième est dans l’architecture gouvernementale elle-même. Les ministres dits d'Etat disparaissent, remplacés par quelques grands pôles et des intitulés de ministères radicalement nouveaux qui font parfois penser à cette étrangeté de l'éphémère ministère « du temps libre » qui avait été créé en 1981 et attribué à André Henry. C’est évidemment le cas du ministère au « redressement productif » attribué à Arnaud Montebourg. C’est également celui de « l’égalité des territoires » pris par Cécile Duflot, seule représentante des Verts avec Pascal Canfin.

Mais c’est aussi des disparitions bienvenues : comme celle de l’immigration qui ne figure plus dans l’intitulé d’un ministère. En 2007, Nicolas Sarkozy fondait son quinquennat avec le symbole d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Cette fois, le ministère de l’immigration, après celui de l’identité nationale, disparaît de la nomenclature du gouvernement. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault en revient au schéma républicain classique tel qu’il préexistait précédemment à droite comme à gauche. Les étrangers et les immigrés sont de nouveau considérés comme des personnes confrontées aux mêmes problématiques économiques et sociales que tout un chacun.

Cela ne donne à ce stade aucune indication sur la ou les tutelles à venir des administrations chargées des questions d’asile, d’immigration légale, de police aux frontières et d’intégration. Relèveront-elles du ministre de l’intérieur, Manuel Valls, et seront-elles de ce fait uniquement et strictement associées aux affaires de sécurité intérieure ? Seront-elles éclatées, comme elles l’ont longtemps été, entre le ministère de l’intérieur pour la gestion des entrées et des sorties du territoire, les affaires sociales pour l’immigration professionnelle, familiale et étudiante ainsi que pour l’intégration et le Quai d’Orsay pour l’asile ?

La quatrième surprise est évidemment une absence. Celle de Martine Aubry qui a choisi de rester à l’écart du gouvernement. « C’est d’un commun accord, cela a été chaleureux, amical et solidaire », a assuré mercredi soir le premier ministre Jean-Marc Ayrault. Voulant Matignon ou rien, Martine Aubry a pris acte et a choisi de retourner à Lille. Son maintien à la tête du PS jusqu’au prochain congrès, en octobre 2012, est acquis.

Au bout du compte, ce premier gouvernement Hollande, qui devrait en toute logique être réaménagé dans un mois à l'issue des élections législatives, surprend par une diversité réelle qui promet également de sérieux débats. Royalistes, fabiusiens, aubrystes, hollandais y sont  représentés mais c'est d'abord les différences de personnalités, de caractères et de convictions qui semblent l'emporter. Président du groupe socialiste durant quinze ans, Jean-Marc Ayrault est un vieux routier des débats agités, des désaccords féroces et des convictions antagonistes. C'est aussi ce qu'il devra gérer dans un gouvernement qui représente la variété du parti socialiste et ressemble à un mini-groupe parlementaire.

Ci-dessous et pages suivantes, le détail des ministères et des personnalités (la liste officielle est sous l'onglet "Prolonger").

  • Ministre des affaires étrangères : Laurent Fabius

Il est l'insubmersible, l'indestructible, celui dont la puissance de feu – ou « capacité de nuisance », disent beaucoup au PS – reste intacte malgré les années. Premier ministre de François Mitterrand, ministre de Lionel Jospin, Laurent Fabius après s'être beaucoup essuyé les pieds sur François Hollande, qu'il nommait « Fraise des bois », arrive donc en tête de ce gouvernement dans l'ordre protocolaire. « Nous avons besoin d'expérience », avait dit François Hollande en évoquant il y a quelques semaines un futur gouvernement et sans citer explicitement le nom du député de Seine-Maritime.

Celui qui porta la campagne de Martine Aubry – « Hollande président, on rêve ! » avait-il fait savoir – durant la primaire socialiste hérite donc d'un ministère prestigieux : les affaires étrangères. Les mauvaises langues y voient une sorte de neutralisation par l'exil : au gouvernement certes, mais sorti du jeu de politique intérieure par ses fonctions qui l'amèneront d'abord à être à l'étranger. Les autres remarquent les nombreux gages donnés par Laurent Fabius durant la campagne, son travail sur le calendrier des réformes la première année du quinquennat, ses nombreux voyages à l'étranger pour préparer les chancelleries à une alternance en France.

Fabius porte-t-il une politique étrangère particulière ? Sans doute pas. Mais il fut l'homme du “non” au référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne et a voté contre le traité de Lisbonne. Il effectua il y a quelques semaines un voyage glacial en Chine, qu'il quitta précipitamment, mécontent de ne pas être reçu à haut niveau. Pour le reste, c'est d'abord son expérience et sa connaissance de l'appareil d'Etat qu'il apporte dans un Quai d'Orsay aujourd'hui affaibli en profondeur par les coupes budgétaires de ces cinq dernières années et le mépris affiché par Nicolas Sarkozy envers ses ambassadeurs et l'ensemble des fonctionnaires du Quai.

  • Ministre délégué aux affaires européennes : Bernard Cazeneuve
    Le député de Cherbourg, spécialiste de la défense, rapporteur de la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi, hérite des affaires européennes comme ministre délégué. Il n'en est pas à proprement parler un spécialiste. Proche de Hollande, il fut lui aussi, comme Laurent Fabius, un partisan du “non” au référendum européen de 2005 et a également voté contre le traité de Lisbonne. C'est ainsi un signe fort adressé aux autres pays européens: les partisans du non sont désormais les acteurs principaux de la nouvelle politique européenne.
  • Ministre déléguée aux Français de l'étranger : Yamina Benguigui
    Rare figure issue de la société civile à être entrée au gouvernement, Yamina Benguigui, 55 ans, est réalisatrice, productrice et écrivaine franco-algérienne. Elle a signé plusieurs fictions et documentaires, parmi lesquels Mémoires d’Immigrés (1997) et 9/3. Mémoire d'un territoire (2008). Salué par la critique, ce dernier film retrace l’histoire de la Seine-Saint-Denis du milieu du XIXe siècle à nos jours. Il a reçu en 2009 le Globe de Cristal du meilleur documentaire.
    Depuis 2008, Yamina Benguigui est adjointe à la mairie de Paris, en charge des droits de l’homme et de la lutte contre les discriminations. A ce titre, elle a initié et poursuivi au sein de sa délégation l’organisation du Forum pour l’emploi des jeunes, aux côtés de Christian Sautter, adjoint au maire de Paris. Elle est également conseillère municipale du XXe arrondissement.
  • Ministre de l'éducation : Vincent Peillon

Après un ultime bras de fer, et une rumeur insistante qui donnait Martine Aubry à la tête d'un super ministère regroupant l'éducation et la culture, Vincent Peillon a donc obtenu le ministère de l'Education nationale. Un poste sur lequel il lorgnait depuis qu'il avait largement contribué aux côtés de Bruno Julliard à mettre sur pied le projet socialiste de “refondation de l'école”.

Cet agrégé de philosophie, entré au parti socialiste après avoir été la plume de Lionel Jospin et Henri Emmanuelli, a pourtant eu longtemps un parcours sinueux voire chaotique dans sa famille politique qui ne le prédestinait pas forcément à hériter d'un portefeuille aussi important pour le PS. Depuis le succès de François Hollande à la primaire, dont il était le porte-parole, il a su s'imposer comme un interlocuteur incontournable des syndicats enseignants qui apprécient en lui un fin connaisseur de l'école avec un grand sens du pragmatisme.

  • Ministre déléguée à la réussite éducative : George-Pau Langevin
    Le 10 mai, cette députée de Paris née en Guadeloupe (à Pointe-à-Pitre) était au côté de François Hollande pour commémorer la traite négrière, sujet qui lui tient particulièrement à cœur. Ancienne présidente du MRAP (le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), elle a participé à l’Assemblée à la Mission d'information sur les questions mémorielles, et s’est illustrée dans la lutte contre le projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration (qui imposait des tests ADN dans le cadre du regroupement familial et ouvrait la voie aux statistiques ethniques). Avocate de formation, elle s’est ensuite vu confier par le groupe PS le suivi des questions de justice, travaillant sur l’accès au droit ou la justice des mineurs.

    De 1997 à 2001, George-Pau Langevin avait dirigé l’Agence nationale de promotion et d’insertion des travailleurs d’outre-mer, avant que Bertrand Delanoë, tout juste élu maire de Paris, ne l’appelle à ses côtés, à son cabinet. Ses études, cette Guadeloupéenne les a effectuées à Assas et à la Sorbonne grâce à une bourse préfectorale, après avoir débarqué seule à Paris à 17 ans. Désormais chargée de la réussite éducative auprès de Vincent Peillon, elle devra s'atteler à des dossiers clés comme l’accès à la maternelle dès 3 ans pour réduire les inégalités, l’accompagnement des élèves en difficulté, ou le décrochage scolaire. Combien des 60 000 créations de postes promises dans l’Education nationale iront aux ZEP ?
  • Ministre de l'enseignement supérieur : Geneviève Fioraso

Cette députée grenobloise de 57 ans, soutien de Bertrand Delanoë au dernier congrès du PS, adjointe au maire de Grenoble, Michel Destot, en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche notamment, a fait parler d’elle en 2007 en barrant la route de l’Assemblée au corrompu Alain Carignon, qui tentait son retour en politique. C’est surtout une technicienne reconnue, membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, mais aussi du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Chaque année, depuis 2009, elle s’est vu désigner rapporteuse pour avis des budgets Industrie, énergie, développement durable et recherche technologique.

Sur le terrain, à Grenoble, elle pilote, comme PDG, la plateforme de valorisation industrielle du campus Minatec, dédié aux nano et microtechnologies. Jadis professeur en ZEP, elle a aussi participé au lancement d’une start-up du CEA (le Commissariat à l’énergie atomique), avant d’être chargée à France Télécom, comme cadre marketing, des marchés émergents dans les secteurs du social et de la santé. Sa mission au gouvernement : réformer la loi LRU sur l’autonomie des universités, dont Nicolas Sarkozy était si fier, pour garantir une « autonomie réelle », « avec des moyens et une gouvernance plus collégiale ».

  • Ministre de la justice : Christiane Taubira

Elle a coiffé au poteau les André Vallini et autres Bertrand Delanoë ou Michel Sapin récemment cités pour aller place Vendôme. C’est une femme, représentante des minorités visibles, et non socialiste (apparentée radical). Christiane Taubira, 60 ans, devient ministre de la justice et garde des Sceaux. Un poste rarement confié à une femme, en dehors d’Elisabeth Guigou, Marylise Lebranchu, puis Rachida Dati et MAM.

Députée de Guyane, Christiane Taubira est à la tête du parti Walwari (qu’elle a créé), se réclame indépendantiste, et jouit d'une forte popularité dans les DOM-TOM. C'est une forte personnalité. Candidate à l'élection présidentielle de 2002, elle a recueilli 2,32 % des suffrages sous l’étiquette PRG, avant de se rapprocher légèrement du PS.

Place Vendôme, Christiane Taubira va découvrir un ministère régalien, auréolé d’une forte valeur symbolique, mais qui est en réalité pourvu de très peu de moyens. Historiquement faible, le budget du ministère de la justice est consommé en grande partie par l’administration pénitentiaire. Dans les faits, le ministre de la justice n’a que très peu de pouvoir effectif sur le travail des magistrats, en dehors du fameux lien hiérarchique avec le parquet, et se trouve en première ligne à chaque fait divers médiatique. En outre, la justice connaît une crise grave, qui s’est traduite sous le quinquennat Sarkozy par des manifestations de magistrats, greffiers et fonctionnaires d’une ampleur sans précédent.

  • Ministre déléguée à la justice : Delphine Batho
    Cette spécialiste de la sécurité hérite d’un poste de ministre délégué à la justice. A 39 ans, cette députée des Deux-Sèvres a été l'une des porte-parole de François Hollande durant la campagne. Son premier combat militant date du mouvement lycéen de 1986, alors qu’elle n’est que collégienne. En 1988, elle adhère à SOS Racisme puis devient présidente du syndicat lycéen FIDL (Fédération indépendante et démocratique des lycéens). Elle devient alors l’une des protégées de Julien Dray. Vice-présidente de SOS-Racisme en 1992, elle entre au PS en 1994.
    Dix ans plus tard, en 2004, elle devient secrétaire nationale chargée de la sécurité, alors que le PS traverse une crise sur ce sujet. Elle soutient Ségolène Royal en 2007, son concept d'« ordre juste », et son projet d'encadrement militaire des jeunes délinquants.
    Malgré l’échec de sa candidate, elle parvient à devenir députée, élue dans la circonscription laissée vacante par Ségolène Royal. Elle codirige la rédaction de deux rapports importants sur les fichiers de police et de gendarmerie. Et se fait un nom en étant en pointe sur l’affaire des sondages de l’Elysée, réclamant en vain une commission d’enquête sur l’attribution d’études hors clous par l’Elysée.
    Lors de la primaire socialiste de 2011, elle soutient à nouveau Ségolène Royal, ce qui ne l'empêche pas de rejoindre ensuite l'équipe de François Hollande.

  •  Ministre de l'économie et des finances : Pierre Moscovici

La  nomination de Pierre Moscovici à ce poste est l’une des surprises de ce nouveau gouvernement. D’abord parce que celui qui a été le directeur de campagne de François Hollande durant la campagne présidentielle n’était pas le favori pour devenir le patron de la forteresse de Bercy. C’est Michel Sapin, ami proche du nouveau chef de l’Etat, qui semblait prédestiné à hériter de ce très important maroquin.

Mais la surprise ne porte pas que cette question de jeu de chaises entre les dignitaires socialistes. Elle est plus profonde que cela. Car Pierre Moscovici, qui aura donc la haute main sur la politique économique, incarne une sensibilité qui n’a pas toujours été celle de François Hollande. Une sensibilité peut-être un peu plus libérale ou droitière… Ce constat doit certes être manié avec précaution, car le nouveau président de la République a lui-même conduit une campagne qui, en matière économique, ne s’est pas distinguée par ses accents radicaux. Et Pierre Moscovici y a donc pris sa part, sans le moindre état d’âme. De surcroît, les deux dirigeants socialistes ont longtemps été des amis proches : au début des années 1990, ils ont ainsi fait ensemble un cours en commun à l’Institut d’études politiques de Paris, et ont prolongé ce travail en tandem en en faisant un livre L’Heure des choix (Editions Odile Jacob, 1991).

Il reste que Pierre Moscovici est une pièce rapportée dans la “famille hollandaise”. Longtemps, il a été le plus proche collaborateur de Dominique Strauss-Kahn et a donc été l’un des défenseurs du courant social-libéral que l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) a voulu incarner. L’installation de Pierre Moscovici dans l’un des ministères les plus puissants doit-elle être interprétée à l’aune de ce parcours ? Suggère-t-elle que la politique économique conduite par le nouveau gouvernement sera globalement très peu hétérodoxe, ou si l’on peut dire, un tantinet libérale ?

  • Ministre délégué au budget : Jérôme Cahuzac
    D’autres signes peuvent le suggérer. Il y a d’abord le choix de Jérôme Cahuzac au budget. Celui-là était, certes, beaucoup plus attendu. Ancien président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, il maîtrise parfaitement à ce titre tous les rouages de la politique économique et fiscale et n’aura pas besoin de rodage pour prendre en main le ministère dont il a la charge. Il a de surcroît joué un rôle clé dans nombre de batailles conduites à l’Assemblée par le Parti socialiste, et tout particulièrement celle pour faire la clarté sur le scandale Tapie. Il a manifesté dans ce cas une formidable pugnacité.
    Il n’empêche ! Lui aussi était un proche de Dominique Strauss-Kahn et défend de longue date des priorités de politique économique d’inspiration également plutôt libérale ou sociale-libérale.
    Cela s’est d’ailleurs remarqué pendant la campagne présidentielle puisque Jérôme Cahuzac s’est à plusieurs reprises distingué en donnant des interprétations très libérales du programme de François Hollande et notamment en suggérant que la réforme fiscale prévoyant la fusion de l’impôt sur le revenu et la CSG n’entre pas en vigueur.
    Le tandem Moscovici-Cahuzac se charge donc d’un sens politique indéniable : il ne sera pas de nature à apaiser les craintes de la gauche du Parti socialiste et encore moins du Front de gauche. C’est plutôt une sensibilité droitière qui est investie de pouvoirs très puissants.
  • Ministre du redressement productif : Arnaud Montebourg

Mais à l’évidence, François Hollande a voulu aussi donner des signaux qui vont radicalement en sens contraire. Des signaux pour faire entendre une petite musique de gauche…
Le premier est naturellement la nomination d’Arnaud Montebourg à la tête d’un ministère de l’industrie rebaptisé ministère du… redressement productif. Et cette appellation tout comme le choix de cette personnalité ne doivent évidemment rien au hasard. Tout au long de la campagne de la primaire socialiste, Arnaud Montebourg a en effet incarné une aile gauche du Parti socialiste. Dénonçant les dérives libérales du socialisme au cours de ces dernières années, il a voulu incarner un sursaut volontariste et s’est fait le champion d’un nouveau protectionnisme européen. Et dans cette bataille, prenant parfois des accents chevènementistes, il a défendu une priorité, celle de la réindustrialisation du pays.

Durant la campagne de François Hollande, il lui a prêté son concours en faisant la tournée des usines menacées de fermetures ou de délocalisation, un jour chez Lejaby, le lendemain dans l’usine voisine.
L’appellation du ministère qui lui est confié – ministère du redressement productif – a été soigneusement réfléchie. Car, à l’évidence, c’est un clin d’œil historique. Accédant à la présidence des Etats-Unis quatre ans après le début de la grande crise de 1929, Franklin Roosevelt lance le New Deal, en prenant plusieurs réformes décisives et courageuses, dont un célèbre National Industrial Recovery Act, dont l’ambition était d’engager des réformes radicales du secteur industriel pour le relancer (voir ici). Industrial recovery : c’est donc très exactement, dans sa version française, le cahier des charges qui a été attribué à Arnaud Montebourg.

  • Ministre délégué à l'économie sociale : Benoît Hamon
    L’attribution à Benoît Hamon du poste de ministre délégué à l’économie sociale et solidaire va dans le même sens : en confiant ce portefeuille à ce socialiste qui incarne aussi une autre sensibilité de gauche du Parti socialiste, François Hollande a visiblement eu un souci d’équilibre au sein même de Bercy.
    Au total, donc, François Hollande entretient le suspense : inspirera-t-il une politique économique droitière ou libérale ; ou alors une politique économique réformiste fidèle aux valeurs de la gauche ? Le dispositif mis au point autorise toujours les deux interprétations.
  • Ministre déléguée aux PME, innovation et numérique : Fleur Pellerin
    Fleur Pellerin, nommée ministre déléguée chargée des PME, de l'innovation et de l'économie numérique, s'occupait du pôle société et économie numérique dans l'équipe de campagne de François Hollande. Passée par l'Essec et IEP Paris, elle est conseillère référendaire à la Cour des comptes. Elle avait déjà participé à la campagne de Lionel Jospin en 2002 et s'était chargée de la presse spécialisée lors de la campagne de Ségolène Royal en 2007.
    Présidente du Club XXIe siècle de 2010 à 2012, elle devient membre du Comité permanent diversité du groupe France Télévisions. Elle est par ailleurs administratrice de Public Sénat et membre du comité des sanctions de l'Autorité de régulation des jeux en ligne.
    Une fois encore, le numérique est traité dans un gouvernement sous un angle économique et non pas sociétal ou culturel. Durant la campagne, Fleur Pellerin avait pris position contre Hadopi, la haute autorité réprimant le téléchargement illégal et très décriée sur internet. Elle avait également pris position, au nom de François Hollande, contre ACTA (Accord multilatéral sur la contrefaçon), contre la vente d'outils de surveillance de l'internet dans les pays non démocratiques et en faveur de la protection des libertés fondamentales sur internet.

  • Ministre délégué au développement : Pascal Canfin
    Pascal Canfin est l'autre membre d'Europe Ecologie-Les Verts – avec Cécile Duflot – à faire son entrée au gouvernement. Il est l'un des co-fondateurs, en 2010, de l'ONG Finance Watch, présentée comme un “Greenpeace de la finance”. C'est une demi-surprise pour cet eurodéputé élu en 2009 dans la circonscription Ile-de-France. Son nom circulait depuis le 6 mai parmi les jeunes ministrables, mais on n'attendait pas ce spécialiste des questions de régulation financière à ce poste. D'autant que celle qui préside, au Parlement européen, la commission chargée du développement, n'est autre que... Eva Joly.
    Né en 1974 à Arras, cet ancien journaliste du mensuel Alternatives économiques deviendra donc l'un des interlocuteurs privilégiés des ONG, sur fond de probables politiques de rigueur... Il pourrait intervenir, à la marge, sur l'un des dossiers qu'il connaît bien, et qui est une promesse du candidat Hollande : la mise en place d'une taxe sur les transactions financières, déjà en chantier à Bruxelles. Les ONG espèrent qu'une partie des revenus de la taxe servira au développement. Mais l'exécutif risque de vouloir utiliser cet argent pour résorber une bonne partie de la dette, et financer le budget européen. Sans doute un premier test.
  • Ministre délégué aux transports et économie maritime : Frédéric Cuvillier
    Il était jusqu’ici député-maire de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), et membre de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l’Assemblée nationale. Universitaire, spécialiste de sciences politiques, il fut le conseiller “mer” de François Hollande pendant la campagne. C’est lors d’un déplacement dans sa circonscription que François Hollande avait annoncé vouloir créer un ministère de la mer (retrouver ici le reportage de Patrick Artinian sur ce dépacement du candidat socialiste dans le Nord).
  • Ministre déléguée à l'artisanat, au commerce et au tourisme : Sylvia Pinel
    A 34 ans, cette députée du Parti radical de gauche (PRG) du Tarn-et-Garonne devient ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée de l'artisanat, du commerce et du tourisme. Elle va succéder à ce poste à Frédéric Lefebvre (UMP). Plus jeune femme députée dans la dernière assemblée, cette fille d'agriculteurs qui a fait des études de droit est l’ancienne chef de cabinet du président du conseil général du Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet. Elle est conseillère régionale de Midi-Pyrénées depuis 2010. Au PRG, elle est en charge des droits des citoyens, de la sécurité et de la justice. Ce qui n’a, a priori, que peu de rapport avec un ministère du tourisme. 
  • Ministre des affaires sociales et santé : Marisol Touraine

Comme convenu, Marisol Touraine hérite d'un vaste ministère des affaires sociales et de la santé. Cette normalienne de 53 ans, députée d'Indre-et-Loire (et par ailleurs fille du sociologue Alain Touraine), avait été nommée en 2008 secrétaire nationale du PS à la santé et à la Sécurité sociale.

En quelques années, elle est devenue la référence sur ses sujets dans le parti, en menant notamment en 2010 le combat contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy. Puis auprès de François Hollande, à qui cette strauss-kahnienne s'est ralliée en juin 2011, après l'affaire du Sofitel de New York. Au point de devenir un des piliers de la garde rapprochée de Hollande – qui compte peu de femmes. Pendant la campagne, elle a travaillé avec trois groupes d’experts, dont une trentaine de “technos” bardés de diplômes (et notamment de l'Inspection générale des affaires sociales), coordonnées par Aurélie Lorrain Itty, inspectrice générale des affaires sociales.

Certains syndicalistes proches de Hollande lui reprochent d'ailleurs de ne « jurer que par ses technos ». Culturemment très deuxième gauche, elle va gérer des dossiers qu'elle connaît bien mais politiquement très sensibles comme la réforme des retraites, l'hôpital, les dépassements d'honoraires ou la réforme de la Sécurité sociale, dans un contexte global de maîtrise des dépenses. La ministre des affaires sociales s'est également engagée à créer des centres IVG et à ouvrir le don du sang aux homosexuels.

Lire l'entretien dans lequel elle détaillait le programme de François Hollande en matière de santé et de social.

  • Ministre déléguée aux personnes handicapées : Marie-Arlette Carlotti
    Elle est l’une des rares élues socialistes des Bouches-du-Rhône à avoir rompu avec Jean-Noël Guérini, dont elle fut la porte-parole lors de la campagne municipale de Marseille en 2008. Députée européenne, conseillère générale, puis conseillère régionale, cette femme de 60 ans est élue depuis 1996, et s’est occupée durant la campagne de François Hollande de l’égalité homme/femme. Désormais, elle est ministre déléguée aux personnes handicapées.
  • Ministre déléguée aux personnes âgées : Michèle Delaunay
    Elle s’est fait connaître comme la tombeuse d’Alain Juppé lors des législatives de 2007 à Bordeaux, privant l’ancien premier ministre chiraquien d’un poste de no 2 du gouvernement Sarkozy, après avoir déjà pris un canton historique de la droite bordelaise en 2004. Depuis, elle a bien travaillé sa circonscription, François Hollande y recueillant des scores remarqués dans l’équipe du nouveau président. A 65 ans, cette cancérologue devient ministre déléguée aux personnes âgées et à la dépendance.
  • Ministre des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative : Valérie Fourneyron

A 52 ans, la députée-maire socialiste de Rouen succède au judoka David Douillet. Cette ancienne joueuse de volley-ball de haut niveau devenue médecin du sport est entrée en politique dans les années 1990. Valérie Fourneyron est issue d'une famille d'industriels tanneurs, catholiques. De droite, mais à la fibre sociale.

En 1995, elle est élue au conseil municipal de Rouen avant de devenir adjointe chargée des sports puis première adjointe au maire PS, Yvon Robert. Sa carrière marque un coup d’arrêt après la défaite de la gauche aux élections municipales à la suite de dissensions entre les Verts et le PS. Conseillère régionale de Haute-Normandie de 1998 à 2007, conseillère générale de Rouen de 2004 à 2008, elle renoue avec le succès en 2007 en devenant députée de Seine-Maritime, avant de conduire en 2008 la liste de gauche qui emporte la ville de Rouen perdue sept ans plus tôt. Soutien de Martine Aubry lors des primaires socialistes, Valérie Fourneyron était déjà en charge des sports dans l'équipe de campagne de François Hollande.

  • Ministre déléguée à la famille : Dominique Bertinotti
    C’est tout un symbole : au ministère de la famille, François Hollande a nommé la maire du IVe arrondissement de Paris, celui du Marais (quartier gay de la capitale). Ouvrir le mariage et l’adoption aux couples homosexuels sera son chantier prioritaire, le président de la République ayant promis d’agir vite. Mais cette agrégée d’histoire, maître de conférences à Paris-VII, est surtout connue pour son “mitterandisme” forcené : mandataire des archives présidentielles des deux septennats, elle est membre de l’institut Mitterrand et veille sur la mémoire du “Sphinx”. Devenue “royaliste”, elle continue de soutenir Ségolène Royal après sa défaite à la présidentielle de 2007, et dirige sa campagne lors des primaires citoyennes cet automne.
  •  Ministre de l'égalité des territoires : Cécile Duflot

Cécile Duflot se voit chargée d’un périmètre limité par rapport aux multiples dimensions de la transition énergétique défendue par les écologistes, et par François Hollande pendant sa campagne. Mais la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) depuis novembre 2010, et des Verts depuis 2006, n’a aucune expérience gouvernementale et a, jusqu’ici, été présidente du groupe écologiste au conseil régional d'Ile-de-France et conseillère municipale d’opposition à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Responsable du logement, elle se retrouve en charge d’un secteur néanmoins stratégique pour la maîtrise de l’énergie, où il faudra mener d’ambitieux programmes de rénovation thermique des bâtiments. Un dossier à la fois technique et social.

  • Ministre délégué à la ville : François Lamy
    C’est le fidèle de Martine Aubry, dont il accompagne le parcours depuis plus de vingt ans. Le député de l’Essonne et maire de Palaiseau a peu à peu délaissé les questions de défense dont il était un spécialiste pour se consacrer à l’appareil socialiste. Depuis le congrès de Reims de 2008, cet ancien rocardien est le “conseiller spécial” de la première secrétaire. Ce qu’il appelle son « CDD d’apparatchik » prenant fin, le voici à 52 ans ministre délégué à la Ville.
  • Ministre de l'intérieur : Manuel Valls

Le directeur de communication de l'équipe de François Hollande obtient le ministère de l'intérieur, au nez et à la barbe de François Rebsamen, responsable du pôle sécurité dans cette même équipe. Ce dernier, sénateur-maire de Dijon et président du groupe PS au Sénat, a déclaré, dès mercredi matin sur Europe 1, avoir « choisi le Sénat et Dijon ». Manuel Valls se voit cependant confier un ministère délesté d'une de ses principales directions, celle des collectivités locales, et donc de la gestion de préfets. Et il devra gérer une forte mobilisation des policiers, qui, après cinq ans de réduction des effectifs et de politique du chiffre, se sont soudain réveillés dans l'entre-deux tours de la présidentielle pour crier leur mécontentement.



Classé très à droite au sein du PS, Manuel Valls s'est imposé durant la campagne comme un des hommes clés de l'équipe du candidat socialiste. Le 26 avril, lors d'une rencontre avec les syndicalistes policiers, il figurait sur la photo aux côtés de François Hollande, tandis que François Rebsamen, qui avait organisé la rencontre, était en déplacement en Moselle.

Dans l'entre-deux tours, le député maire d'Evry a multiplié, in extremis, les rendez-vous avec les secrétaires généraux des syndicats de police (à part Alliance Police) ainsi que plusieurs généraux de gendarmerie. Une façon de prendre ses distances avec les réseaux d'Alain Bauer, cet ami encombrant, parrain d'un des fils de Manuel Valls, ex-rocardien devenu conseiller officieux de Nicolas Sarkozy ? Leur amitié remonte à la fac de droit et à la fondation en 1980 des Jeunesses rocardiennes aux côtés de Stéphane Fouks, aujourd'hui patron d'Euro RSCG.



« Manuel Valls savait que s'il arrivait au ministère avec la marque Alain Bauer, c'était terminé », explique un élu PS. Alain Bauer lui a depuis facilité la tâche, déclarant qu'il démissionnerait de la présidence du conseil d'orientation de l'Observatoire national de la délinquance (ONDRP), du conseil d'administration du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique (CSFRS) et du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie, aussitôt le nouveau gouvernement constitué. « Je ne me vois pas en train de présenter les chiffres de la délinquance avec un ministre qui est un ami de très longue date », a déclaré Alain Bauer à Marianne, le 12 mai. Nommé en 2009 par décret présidentiel à la chaire de criminologie du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), il ne déserte pas pour autant le terrain, rappelant son rôle de conseiller de l'ombre : « J’ai fourni des idées depuis 30 ans, d’abord à Michel Rocard, puis à de nombreux responsables qui n’avaient pour point commun que d’être républicains, et j’en suis fier. »

En parallèle de ces conseils “gratuits”, Alain Bauer vendait son “expertise” (via sa société AB Associates puis AB Conseil) dans un premier temps aux municipalités friandes de “diagnostics de sécurité”, et désormais uniquement aux entreprises. Une situation, à la limite du conflit d'intérêts, face à laquelle le nouveau ministre de l'intérieur devra donc se positionner clairement.



Maire d'Evry depuis 2001, élu député de la 1re circonscription de l'Essonne l'année suivante, Manuel Valls, bientôt 50 ans, a fait de la sécurité et de son expérience d'élu local en la matière un de ses thèmes favoris. Même s'il critique vertement le bilan de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, Manuel Valls n'hésite pas à en reprendre plusieurs aspects, sous couvert de « pragmatisme ».

En juin 2009 par exemple, dans une tribune au Figaro, il défendait la proposition de loi contre les bandes de Christian Estrosi et reprenait, avec un langage à peine différent, les critiques de l'UMP contre un prétendu laxisme des juges. « De nombreux délinquants multiréitérants, interpellés par la police, font trop souvent l'objet d'un simple rappel à la loi, déplorait le maire d'Evry. La multiplication de ce genre de décision (…) contribue à annihiler l'autorité de la loi en développant un sentiment de totale impunité chez les délinquants. (…) Il semble donc opportun d'ouvrir de nouvelles pistes de réflexion sur la manière d'assurer une meilleure connaissance des juges des réalités du terrain. »



Une vision “décomplexée” de la sécurité, que Manuel Valls, alors candidat à la primaire socialiste, explicite dans son ouvrage Sécurité la gauche peut tout changer. Il y plaide pour la création de zones de sécurité prioritaires en fidélisant des policiers expérimentés grâce à des avantages financiers, l'utilisation des caméras de surveillance, la création de nouvelles places de prison, et des sanctions plus immédiates en direction des mineurs délinquants. Un discours qui fait mouche parmi les policiers.



A Evry, Manuel Valls a plus que doublé les effectifs de la police municipale, passés de 14 à 40 depuis 2001, et a généralisé la vidéosurveillance sur tout le territoire de la commune. « A terme, l’objectif est d’assurer une présence policière 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, par des agents équipés d’armes de 4e catégorie (armes à feu, Flashballs ou Tasers) », notait le magazine Megalopolis, qui a consacré une enquête à sa gestion en mai 2010. Entre vidéosurveillance et police municipale accrues, « les polices municipales de villes PS comme Evry ou Strasbourg n'ont rien à envier à celle de Nice », estimait en juin 2011 Frédéric Foncel, syndicat national des policiers municipaux (SNPM). 



Sa grande obsession, la “déghettoïsation” des quartiers, lui a valu plusieurs dérapages remarqués. En 2002, aux Pyramides, une zone urbaine sensible (ZUS) de sa ville, Manuel Valls avait obtenu la fermeture d'une enseigne Franprix transformée en boucherie halal par ses deux repreneurs. Fustigeant dans un courrier une « approche communautariste », le jeune maire avait menacé les nouveaux commerçants d'utiliser « tous les pouvoirs de police » s'ils ne rétablissaient pas « le fonctionnement normal de ce magasin ».

En juin 2009, nouveau scandale. Filmé dans les allées d'une brocante à Evry, Manuel Valls déclare : « Belle image de la ville d'Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos… » Des propos revendiqués dans son petit livre, L'Energie du changement, paru en août 2011. « Je ne renierai pas cette phrase, écrit-il. Tout simplement parce qu'elle décrit une réalité. »

  • Ministre de l'écologie : Nicole Bricq

Bonne nouvelle pour les écologistes : le ministère de l’écologie et du développement durable reprend le contrôle de l’énergie, perdu par Nathalie Kosciusko-Morizet sous la précédente présidence. Déception, ce n’est pas un ministère de la transition énergétique. Demi-surprise, il revient à Nicole Bricq, sénatrice de Seine-et-Marne, et rapporteure générale du budget auprès de la Commission des finances.

Ancienne chevènementiste, favorable à l’engagement de la France pendant la guerre du Golfe, elle a ensuite rejoint le courant Socialisme et démocratie de Dominique Strauss-Kahn. Opposée aux gaz de schiste, elle avait déposé en mars 2011 une proposition de loi pour en interdire l’exploration. Elle a aussi rédigé un rapport très critique sur l’évolution des prélèvements obligatoires sous le quinquennat Sarkozy, où elle dénonçait notamment les dépenses fiscales liées à la consommation d’énergies fossiles, dispendieuses et facteurs de dérèglements climatiques. Par ailleurs, elle s’est aussi signalée par un rapport critique sur la vente de l'hippodrome de Compiègne, “bricolage” du ministère du budget alors dirigé par Eric Woerth.

  • Ministre du travail : Michel Sapin

Ensemble, Michel Sapin et François Hollande ont fait l’armée, l’ENA, puis gravi les échelons au parti socialiste. Mais Michel Sapin, 60 ans, également ancien élève de l’école normale supérieure, avait jusqu’à présent plus d’expérience que François Hollande puisqu’il a été ministre sous Edith Cresson, comme ministre délégué à la justice (1991-1992) ; sous Pierre Bérégovoy, comme ministre de l'économie et des finances (1992-1993) ; et sous Lionel Jospin comme ministre de la fonction publique et de la réforme de l'Etat (2000-2002).

Comme ministre de l’économie, son nom est associé à une loi de 1993 de lutte contre la corruption et visant à rendre plus transparente la vie politique. Lui-même admet aujourd’hui que cette loi devrait être renforcée. Il a également été chargé de préparer le passage à la monnaie unique.

Michel Sapin a été, par ailleurs, maire d'Argenton-sur-Creuse, président et vice-président du conseil régional du Centre. Elu plusieurs fois député (de l'Indre mais aussi des Hauts-de-Seine), il a présidé trois ans la commission des lois de l'Assemblée nationale. Après avoir soutenu Ségolène Royal en 2007, il a été chef du projet présidentiel de François Hollande en vue de 2012. La proximité entre les deux hommes est telle que François Hollande a été témoin lors de son second mariage.

  • Ministre de la défense : Jean-Yves Le Drian

A 64 ans, il fait partie des proches historiques de François Hollande. Elu député du Morbihan de 1978 à 1991 puis de 1997 à 2007, il a été un éphémère secrétaire d’Etat à la mer sous Edith Cresson au début des années 1990. Ancien maire de Lorient (entre 1981 et 1998), président du Conseil régional de Bretagne depuis 2004, il a été aux côtés du président de la République dans les moments décisifs de son parcours.

Dès décembre 1984, ils publient ensemble dans Le Monde une tribune fondatrice : « Pour être de gauche, soyons démocrates », co-signée par Jean-Pierre Jouyet, Jean-Pierre Mignard, Ségolène Royal, qui vise à recentrer la social-démocratie, sur le modèle du parti démocrate américain. “Les transcourants” sont nés.

Après avoir quitté le poste de premier secrétaire du parti, c’est à Lorient que François Hollande choisit de se relancer. Pour son premier déplacement post-premier tour, c’est encore à Lorient que François Hollande se déplace. Un signe de fidélité.

Après avoir soutenu Ségolène Royal en 2007, Jean-Yves Le Drian a choisi François Hollande dès les primaires en vue de 2012, puis a été chargé de la défense au sein de l’équipe de campagne. Sa nomination est tout sauf une surprise : il a même commencé à préparer le sommet de l’OTAN, qui se tiendra les 20 et 21 mai prochain à Chicago.

  • Ministre de la culture et de la communication : Aurélie Filippetti

Aurélie Filippetti a 38 ans. Elle avait rejoint François Hollande avant la primaire socialiste, et était chargée dans son équipe des questions culturelles. Agrégée de lettres, normalienne, elle s’était fait remarquer en 2003 avec la publication d’un roman, Les Derniers Jours de la classe ouvrière, où elle évoquait la mémoire de son enfance dans le pays minier et la figure de son grand-père mineur, immigré d’origine italienne, résistant et déporté après avoir été dénoncé à la Gestapo. 

Fille d’un mineur, maire communiste d’une petite commune de Moselle, Aurélie Filippetti adhère aux Verts et se présente aux élections municipales dans le Ve arrondissement de Paris en 2001. En 2006, elle quitte les Verts et rejoint le PS et l’équipe de Ségolène Royal, candidate à la présidence, comme conseillère sur les questions d’environnement et, déjà, de culture. En 2007, elle est élue députée socialiste de Moselle, avant d’échouer en 2009 à être élue députée européenne.

  • Ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement : Najat Vallaud-Belkacem

Cette “royaliste” pur jus de 34 ans, ancienne porte-parole de Ségolène Royal pendant la présidentielle de 2007 puis durant les primaires citoyennes, est née au Maroc, dans le Rif. A 5 ans, elle rejoint son père, émigré en France et ouvrier dans le bâtiment, et terminera ses études à Sciences-Po Paris. Sa double nationalité et sa participation au Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (jusqu’en décembre 2011) lui valent, pendant la campagne, nombre d’attaques de la part d’artilleurs de l’UMP. Adjointe au maire de Gérard Collomb (PS) à Lyon depuis 2008, conseillère générale, elle a planché au PS sur des sujets de société, tels la bioéthique ou les droits des homos.

  • Ministre de l'agriculture : Stéphane Le Foll

Fidèle parmi les fidèles de François Hollande, il fut son ancien directeur de cabinet à la tête du PS. Autoproclamé “le bourrin”, il a durant ces années cultivé un profil bourru de grand escogriffe, redoutable dans les manœuvres d’appareil. Candidat face à François Fillon lors des législatives de 2007, ce Manceau de 62 ans s’est fait remarquer au Parlement européen, où il s’est intéressé aux questions de politiques agricoles. La veille de la nomination du gouvernement Ayrault, il faisait partie des oubliés, et après avoir dû s’effacer devant Pierre Moscovici pour la direction de campagne de François Hollande, il s’apprêtait à ressasser en silence son amertume. Finalement, magie des incertitudes du jour d’avant, il est ministre de l’agriculture.

  • Ministre de la réforme de l'Etat et de la décentralisation : Marylise Lebranchu

La nomination au gouvernement de cette Bretonne de 65 ans, députée du Finistère depuis 1997 et candidate déclarée à la présidence de l’Assemblée nationale, dégage la voie du “perchoir” pour Ségolène Royal. Pendant les primaires, c’est dans son bureau de questeur du Palais-Bourbon que cette amie proche de Martine Aubry réunissait les fidèles de la première secrétaire du PS. Vice-présidente de la région Bretagne, ancienne ministre de la justice de Lionel Jospin (2000-2002), elle planche sur la décentralisation depuis qu’elle a pris la présidence, en 2010, de l’association des élus du PS (la Fédération nationale des élus socialistes et républicains).

  • Ministre des outre-mer : Victorin Lurel

Victorin Lurel, 60 ans, nommé ministre des outre-mer, est député (constamment réélu depuis 2002) et président de la région Guadeloupe depuis sept ans. Il était d'ailleurs porte-parole pour l'outre-mer de François Hollande durant la campagne, poste qu'il avait déjà occupé pour Ségolène Royal en 2007. Il a par ailleurs été secrétaire national du PS à l'outre-mer de 2005 à 2008. Son fait d'armes politique reste sa victoire contre l'inamovible Lucette Michaux-Chevry aux régionales de 2004. Il est diplômé d'un DEA d'économie à Paris-II et de Sciences-Po.

  • Ministre délégué aux relations avec le parlement : Alain Vidalies
    C’est un clin d’œil de l’histoire, le nouveau ministre aux relations avec le Parlement est l’un des derniers “poperenistes” revendiqués encore en activité politique. Et il est donc nommé par un premier ministre ayant fait ses armes auprès de Jean Poperen, à un poste qu’occupa l’ancienne figure de l’aile gauche du parti d’Epinay et député du Rhône, dans le gouvernement de Michel Rocard. A 61 ans, ce spécialiste du droit du travail, et député des Landes depuis 1988, est un député réputé travailleur et qui fut rapporteur de nombreuses lois sociales importantes (loi sur la prévention des accidents du travail, loi limitant le recours à l'intérim et aux CDD, loi portant création du conseiller du salarié, loi sur la lutte contre le travail clandestin).
  • Ministre délégué aux anciens combattants : Kader Arif
    Ce proche de Lionel Jospin était responsable du pôle Coopération dans l'équipe de campagne du candidat socialiste. Né en 1959 en Algérie, il grandit à Castres (Tarn), avant de finir ses études à Toulouse (Haute-Garonne). Il entre au PS en 1983, rencontre Lionel Jospin en 1987, dont il devient chargé de mission jusqu'en 1992. Ensuite, c’est le secteur privé, dans un cabinet d'architecte, avant de rejoindre un tour-opérateur, puis de devenir cadre universitaire.
    Il revient à la politique à la fin des années 1990. En 1999, il est nommé premier secrétaire de la fédération PS de Haute-Garonne ; en 2002, il devient secrétaire national en charge des relations internationales au Parti socialiste. Il se rapproche de François Hollande et entre au bureau national cette même année.
    En novembre 2005, il est nommé secrétaire national aux fédérations (soit le numéro 3 du PS) à la suite du congrès du Mans. En 2004, il est élu député au Parlement européen. Puis réélu en 2009. Il est aujourd’hui candidat aux élections législatives dans la 10e circonscription de Haute-Garonne.

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 15:47

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 17.05.2012 à 15h34 • Mis à jour le 17.05.2012 à 16h03

 
 
Le plan de transformation prévu par le groupe Auchan inquiète ses salariés.

Ils ne se laisseront pas faire. Les syndicats d'Auchan se sont opposés au plan de transformation de l'entreprise (PTE), qui vise à supprimer plus de 1 700 emplois, selon eux.

"Auchan a été très fort dans sa communication en disant que l'entreprise ne supprimait pas de postes mais en créait grâce à des ouvertures prochaines de magasins, explique Pascal Saeyvoet, délégué syndical FO, mais nous restons très inquiets pour l'emploi et avons comptabilisé plus de 1 700 postes touchés par le plan."

Le groupe de distribution avait présenté fin mars un plan qui prévoyait, d'ici 2014, la création de 3 200 postes environ via l'ouverture de 56 magasins, dont 50 Auchan Drive, mais aussi la suppression de 1 600 postes.

 

 LES POSTES LIÉS À LA VENTE EN PREMIÈRE LIGNE

La procédure d'information-consultation du personnel, étape obligatoire, s'est clôturée lors d'un comité central d'entreprise par un avis défavorable des principales organisations syndicales (FO, CGT, CFDT et CFTC). Pour les syndicats, les suppressions toucheront 750 postes liés à la vente, 300 postes administratifs (service du personnel et comptabilité), 200 postes en lien avec les relations clients et 500 postes de services d'appui (standart, SAV, livraisons, logistique, entretien et maintenance informatique).

Dans un communiqué, la CFDT a dénoncé "des méthodes limites manipulatoires avec des annonces fermes de création de postes, notamment sur des ouvertures de sites hypothétiques" et une consultation "menée au pas de charge".

 Auchan, contrôlé par la famille Mulliez, emploie 50 000 personnes en France. Mi-mars, le groupe a annoncé un bénéfice net 2011 en hausse de 14,9 % à 810 millions d'euros.

 

 LES DOSSIERS DU GOUVERNEMENT

A peine formé, le nouveau gouvernement est donc confronté à de nombreux dossiers. Même si, dans le cas d'Auchan, il ne s'agit pas d'un plan social, des suppressions d'emplois vont avoir lieu en France dans de nombreuses entreprises, qui avaient attendu la fin de l'élection présidentielle pour agir.

Une note a ainsi été remise par un collectif d'acteurs sociaux et industriels à l'équipe de transition de M. Hollande, le 6 mai dernier. On y trouve une quinzaine d'entreprises dont Areva, Air France, SNCM, Goodyear, Carrefour, Presstalis... "L'idée était de donner une idée assez précise de ce qui attend le gouvernement", a expliqué au Monde Patrick Levy-Waitz, qui a participé à la rédaction ce document. Dans son édition du 9 mai, Libération évoquait également Danone et Groupama.

 

 

 

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