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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 17:25

 

 

Médiapart

 

 

 

 

Le grand oral de François Hollande devant la Commission européenne s’est passé sans surprise. Face à une assemblée dont il a loué le « pragmatisme », François Hollande a pris tous les engagements que Bruxelles souhaitait : la France allait se conformer à la feuille de route dressée par Bruxelles. En contrepartie du sursis de deux ans obtenu pour redresser les comptes publics et ramener le déficit budgétaire en dessous de la barre symbolique des 3 %, elle allait mener les fameuses réformes structurelles exigées. « En France, nous avons engagé des réformes de compétitivité et nous allons continuer, non parce que l'Europe nous le demanderait mais parce que c'est l'intérêt de la France », a déclaré le président de la République, dans l’espoir de réfuter la thèse que le gouvernement français n’a aucune marge de manœuvre face à Bruxelles.

Une impression que s’est vite empressé de dissiper José Manuel Barroso, lors de la conférence de presse commune. La France vit désormais sous le régime du Mécanisme européen de stabilité et de la Troïka. Sans divulguer les points précis que la commission va présenter le 29 mai au gouvernement français, le président de la Commission européenne a averti le gouvernement français qu’il devait s’engager sans tarder vers de nouvelles réformes structurelles en contrepartie du sursis accordé. Soulignant le « poids exorbitant de la dette », Barroso a déclaré que la France devait rattraper deux décennies de compétitivité économique perdue.

Avant même de connaître le déroulement de ce grand oral à Bruxelles, de nombreux économistes en avaient anticipé le résultat.  Trois d'entre eux s'en expliquent dans Mediapart. « Ce gouvernement n’a aucune boussole pour sortir de la crise. Il fait des ajustements à la marge. Mais la rupture de fond est sans cesse repoussée », constate Christophe Ramaux, chercheur au centre économique de la Sorbonne. « Depuis vingt ans, la France a une tactique perdante en Europe. Elle dit oui et tente de ne pas le faire. Alors que la bonne tactique serait de s’opposer, mais la France refuse de le faire. Elle se tait. On a accepté le traité budgétaire, on va faire les réformes demandées mais en essayant de les limiter. C’est une politique peu glorieuse et assurément perdante », renchérit Henri Sterdyniak, économiste à l'Office français des conjonctures économiques (OFCE).

Pour eux, la France, contrairement à la version présentée, est pourtant dans une situation de rapport de force qui lui est favorable. Car la politique d’austérité et d’ajustement budgétaire imposée par Bruxelles est en train de tourner au fiasco. Là encore, sans surprise selon eux, « mener une politique d’ajustement budgétaire en période de récession ne fonctionne pas. Cela ne conduit qu’à la catastrophe. Toutes les expériences économiques le prouvent », insiste Christophe Ramaux.

Trimestre après trimestre, la catastrophe annoncée se précise. Toute la zone euro s’enfonce dans la crise comme le prouvent les derniers chiffres publiés ce mercredi. À l’exception de l’Allemagne qui affiche un symbolique 0,1 % de croissance au premier trimestre, tous les autres pays sont à nouveau en récession. La zone euro est en train de connaître la plus longue période de destruction économique depuis la seconde guerre mondiale.

Face à un tel bilan, il y avait moyen pour la France de faire entendre sa voix et mener le combat pour une autre politique. Elle a préféré esquiver et avaliser le discours bruxellois d’une formidable faveur consentie à la France, en lui accordant un sursis de deux ans. « Le temps qui nous a été donné doit être mis au service de réformes de compétitivité et de croissance. Ce ne sont pas tant les déficits budgétaires que les écarts de compétitivité (entre les économies européennes - ndlr) qu'il faut corriger », a soutenu François Hollande.

 

Contre-révolution néolibérale

Cette acceptation sans nuances par François Hollande de la présentation des faits donnés par la commission ne laisse de surprendre. « Il n’y a eu ni “pragmatisme”, ni “concession et encore moins de cadeau. Si la commission a accepté de changer son calendrier sur la réduction des déficits, c’est qu’elle n’avait tout simplement pas le choix. Son programme d’ajustement budgétaire est irréaliste. Elle tente maintenant de faire passer ses erreurs manifestes d’appréciation comme un cadeau. Mais il n’y en a aucun. La réalité l’a simplement rattrapée », relève l’économiste Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévisions à l’OFCE.

« Présenter le sursis obtenu comme une victoire de la France est faux, ajoute Christophe Ramaux. La commission n’avait pas les moyens de faire autrement. De plus, ce n’est pas la France mais les Pays-Bas, un des gardiens du temple du néolibéralisme, qui ont mené le combat. Ils ont mené un débat interne très large avec toutes les forces politiques et sociales sur la conduite à tenir face à la récession. Et ils ont décidé unilatéralement de surseoir au plan d’austérité qui les menait à la catastrophe, sans rien demander à la commission. Non seulement, ils ont décidé de ne pas réaliser les économies de 4 milliards d’euros supplémentaires imposés pour revenir aux 3 % de déficit budgétaire mais ils ont différé aussi les réformes structurelles. » Curieusement, la Commission européenne ne parle pas des entorses néerlandaises et n’a pas l’air de formuler les mêmes exigences vis-à-vis des Pays-Bas. 

Mais cet allongement du calendrier ne change rien selon eux : la Commission européenne obéit toujours au même logiciel néolibéral. « Il n’y a pas d’inflexion. Nous sommes toujours dans les mêmes objectifs arbitraires sans lien avec la situation économique. Là où il faudrait des programmes de relance, on poursuit l’austérité par d’autres moyens », insiste Henri Sterdyniak. Des réformes, il en voit de nombreuses qui s’imposent, mais pas celles préconisées par la commission. « Limiter la domination de la finance, faire une vraie séparation bancaire entre les banques de dépôts et d’investissement, en finir avec la concurrence fiscale… Cela devrait être des réformes impératives. On oublie les origines de la crise. Elle n’a pas été causée par les allocs et les retraites, mais la faillite du modèle néolibéral financier. On utilise la crise pour faire avancer les réformes néolibérales », insiste-t-il.

Cette amnésie des faits, cette inversion des causes et des responsabilités les frappent. « Alors qu’en 2007, tous les néolibéraux étaient sous la table, peinant à trouver le moindre argument pour défendre un système en faillite, nous assistons depuis 2010 à une vraie contre-révolution néolibérale en Europe », rappelle Christophe Ramaux. Pour lui, les mots ont un sens. « Parler de réformes structurelles est fortement connoté. On reste dans la vision néo-classique de l’État : les structures sont le problème et il faut à tout prix poursuivre leur démantèlement, déstabiliser un peu plus l’État social. »

Là encore, les premiers résultats de cette politique de démantèlement social ne sont pas ceux escomptés. En Espagne, en Grèce, au Portugal, en Irlande, où les recettes préconisées par Bruxelles ont été appliquées à la lettre, les taux de chômage atteignent des records, et il en est de même pour les faillites d’entreprises. Les économies sont entraînées dans des spirales dépressives qui semblent sans fin. Il faut remonter à l’expérience de la stratégie du choc libérale menée en Russie au début des années 1990, après la chute de l’URSS, pour retrouver un tel effondrement économique.

Déflation salariale

Dans le même temps, les déficits et l’endettement public, qui étaient censés diminuer, explosent au contraire. En cinq ans, l’endettement de l’Espagne est passé de 58 % à presque 100 % du PIB. Celui de la Grèce dépasse les 170 %. Celui du Portugal a augmenté de 25 % depuis le plan de sauvetage.

Les économistes interrogés en sont sûrs : en s’engageant dans la même voie que ses voisins du Sud, la France est condamnée à connaître la même catastrophe. Car tous les stabilisateurs économiques, qui ont joué lors de la dernière crise de 2008 et qui avaient permis à l’économie française d’être un peu préservée, semblent être appelés à disparaître.

Le silence du gouvernement français face au dogmatisme européen les frappe d’autant plus que des réformes ont déjà été engagées mais ne sont jamais mises en avant. « La réforme de l’emploi est déjà en train. La partie sécurité est assez alléchante. Mais il est à craindre qu’elle ne soit jamais réellement mise en œuvre, au moins dans le contexte de crise actuelle. Cette réforme masque un déplacement du curseur vers les entreprises. Sans le dire, on est en train d’organiser la déflation salariale », pointe Xavier Timbeau.

Le plus surprenant, pour eux, est l’absence de réaction de la France face aux demandes sur la libéralisation des services publics. « La commission profite de la situation pour nous refourguer ces vieilles recettes. Mais qu’a à voir la libéralisation de l’énergie avec la crise ? Rien. C’est d’autant plus grave que ce débat sur l’énergie n’a pas à être mené sur un coin de table. Il y a des enjeux de sécurité, de compétitivité sur le long terme. Un débat doit être mené avec le reste de l’Europe sur le nucléaire, les gaz de schiste, les approvisionnements. On sait qu’on est dans un contexte de grandes incertitudes, qui va requérir des investissements très lourds. Et on nous ressort des concepts inadaptés des années 1990 », s’impatiente Xavier Timbeau.

« La commission reste dans le dogme néolibéral. Mais il est des biens collectifs, des situations de monopole naturel, comme typiquement l’énergie ou le ferroviaire, où le public est moins cher que le privé, pour le profit de tous, et pour une simple raison : il n’a pas le même coût du capital que le privé, il n’est pas obligé de rémunérer ses actionnaires », rappelle Christophe Ramaux. Mais là encore, cette leçon d’économie a été volontairement oubliée.

« Si la France accepte sans discuter la vision néolibérale de Bruxelles, ce n’est pas seulement par tactique ou par faiblesse. Le mal est plus profond que cela. Toute une partie des élites, notamment à Bercy, est persuadée que ces réformes structurelles sont exactement ce qu’il faut faire. On est en train de payer des années de régression intellectuelle, d'absence de débat théorique », dit Christophe Ramaux. Cette carence risque de se payer au prix fort.

 


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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 17:18

 

Médiapart

 

 

Lire aussi

 

 

 

La fièvre médiatique autour de l’expérience controversée du biologiste Gilles-Éric Séralini sur la toxicité du maïs OGM NK 603 de Monsanto et de l'herbicide Roundup (voir ici et ici), en septembre dernier, avait passé sous le silence les dimensions économique et juridique de la transgenèse végétale.

La Cour suprême américaine vient de rappeler à quel point les OGM posent le problème de la brevetabilité du vivant : à l’unanimité, elle confirme l’obligation de payer une redevance pour l’usage de semences OGM, même dans le cas d’une réutilisation pour créer de nouvelles graines (lire ici son avis). Elle donne ainsi raison à Monsanto qui poursuivait un cultivateur de l’Indiana, Vernon Hugh Bowman, âgé de 75 ans, déjà condamné pour avoir replanté du soja transgénique sans payer pour ce nouvel usage. « Les cultivateurs peuvent consommer ou vendre » leur récolte de soja résistant à l’herbicide Round up ready, « mais n’ont pas le droit d’en conserver une partie pour la replanter ensuite », affirme la Cour, qui précise que les semences vendues sont soumises à un brevet « qui autorise les agriculteurs à les semer pour une récolte et une seule ».

 

Vernon Hugh Bowman (©Jason Reed/Reuters) 
Vernon Hugh Bowman (©Jason Reed/Reuters)

Le cas de ce paysan est particulier : pendant huit ans, il a chaque année acheté des semences de soja en en payant les droits. Mais il a aussi acquis en vrac des graines destinées à l’alimentation animale, les a plantées et les a traitées au Round up. Exposées au glyphosate, le principal composant chimique de cet herbicide, seules les pousses OGM ont survécu. Il en a ensuite recueilli les graines, replantées à nouveau l’année suivante. Pour sa défense, il a plaidé « l’épuisement du brevet », qui autorise l’acheteur à user du produit tel qu’il lui sied, du moment qu’il en a acquitté la redevance. Mais pour le juge suprême des États-Unis, Bowman s’est placé lui-même en dehors de cette doctrine juridique, car en cultivant des graines OGM non rétribuées à Monsanto, il s’est rendu coupable de copie d’un produit protégé par le droit de la propriété. Devant la Cour, le cultivateur a reconnu ne pas connaître d’autres agriculteurs pratiquant la même méthode que lui, justifiée à ses yeux par le risque économique lié à l'exploitation de sa ferme. 

« Cette décision est un revers pour les paysans de notre pays », a réagi Andrew Kimbrell, directeur exécutif de l’ONG Center for food safety (CFS), qui a soutenu Bowman dans le litige, et dénonce « la persécution au nom des brevets » (voir ici son communiqué). Pour l’association, « la décision de la Cour est contraire à la logique et à l’agronomie en attribuant indûment la reproduction de la semence aux agriculteurs, alors que c’est le travail de la nature »

 

Des brevets partout

Mais en réalité « cette décision entre dans la logique de la brevetabilité du vivant : à partir du moment qu’on en accepte le principe, il est logique d’accepter que le brevet soit aussi reproductible », analyse Christophe Noisette, de l’association Inf’OGM. Sa portée symbolique n’en est pas moins forte : « La Cour suprême donne le pouvoir absolu aux brevets. Il n’y a aucun moyen de ne pas repasser par la case semencier », ajoute-t-il.

Aux États-Unis, la plupart des cultivateurs de soja utilisent des semences OGM, plus productives que les conventionnelles dans leur ensemble, tant les laboratoires de recherche ont cessé de pratiquer la sélection végétale sur les espèces non génétiquement modifiées.

 

En 30 ans, le prix des semences a explosé (CFS/SOS) 
En 30 ans, le prix des semences a explosé (CFS/SOS)

Plusieurs centaines de procès opposent Monsanto à des agriculteurs, mais dans leur immense majorité ils finissent par un accord à l’amiable. Le rapport de force n'est pas équitable entre le géant agrochimique et un mode paysan très endetté, remarque Christophe Noisette. Monsanto a obligé les agriculteurs à lui payer des centaines de millions de dollars lors de ce type de deals de gré à gré, estiment les ONG Center for food safety et Save our seeds, dans un rapport sur « les géants des semences contre les agriculteurs américains » (à lire en cliquant ici). 

Toujours selon leurs estimations, fin 2012, Monsanto avait reçu plus de 23,5 millions de dollars (environ 18,3 millions d’euros) à l’issue de litiges sur les brevets. Si bien que le cas Bowman constitue à leurs yeux « un microcosme du problème des procès générés par le système actuel ». Monsanto, DuPont et Syngenta contrôlent environ 53 % du marché mondial des semences. Leur prix ne cesse de grimper. En 2011, planter un acre (environ un demi-hectare) de soja coûtait 325 % plus cher qu’en 1995, 516 % plus cher pour le coton et 259 % de plus pour le maïs.  

Breveter le vivant n’est plus l’apanage des fabricants de végétaux génétiquement modifiés. En 2013, l’office européen des brevets (OEB) a décidé d’accorder une douzaine de brevets sur des plantes conventionnelles (brocoli, oignon, melon, laitue, piment, concombre), comme s'en inquiète Anne-Charlotte Moy de l’association Semences paysannes (voir ici). Issues de procédés de sélection, elles sont en effet considérées comme des « inventions ». Le modèle juridico-commercial des plantes génétiquement modifiées, si favorable aux  intérêts des nouveaux géants de l’industrie agro-alimentaire, s’étend progressivement au reste du monde agricole.

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 17:13

 

Rue89

Publié le :
16/05/2013 à 11h55

 

 

 

 

 

Ce jeune journaliste espagnol au chômage s’est inventé une manière originale de chercher du travail : Enzo Viscaíno, 24 ans, a pris son ukulélé et est descendu dans le métro de Barcelone pour chanter son CV aux passagers.

« J’ai une licence en journalisme et je suis diplômé d’un master », chante le jeune homme, dont le but, selon eleconomista.es, est de trouver un travail pour écrire des infos et non pas d’en devenir une. Pourtant, la nouvelle de son vidéo a été largement répandue sur Internet.

« Expérience professionnelle dans une radio commerciale », avec un contrat de stagiaire « évidemment non-rémunéré », continue-t-il dans la vidéo.

Pour refrain il lance : « J’ai été caissier chez Media Markt (chaîne de distribution Allemande d’électroménagers) », « Même si ce n’est pas dans mon secteur ».

« J’ai un bon niveau d’anglais. I used to fly with Ryan Air. Parlo anche italiano, grâce à mon premier amour d’été. »

Le jeune homme cherche du travail comme journaliste, rédacteur ou écrivain. Mais, termine Enzo Vizcaíno, « Pour un prix spécial j’accepte même qu’on me fouette. »

MERCI RIVERAINS ! frapadingue
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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 17:10

 

Rue89 - Témoignage 16/05/2013 à 16h40

 Antoine Michel | Blogueur

 

13 mai 2013 à minuit, via e-mails et réseaux sociaux, la nouvelle de répand comme un virus digne des zombies de Danny Boyle : le Virgin Megastore, à l’agonie, annonce des réductions de 50% sur la quasi-totalité du magasin. Les détenteurs de cartes de fidélité bénéficient de 20% supplémentaires.

Making of

Nous avons vu ce billet sur le blog Les rétro-galeries de Mr Gutsy circuler sur Facebook et, sidérés par la violence des faits relatés, avons pris contact avec son auteur. Il nous a amicalement permis de reprendre son texte.

 

Antoine, contractuel dans la fonction publique et blogueur, a vu sa compagne en pleurs, « détruite » après cette journée de soldes. Agée de 28 ans, elle travaille au Virgin des Champs-Elysées depuis 2008 et sera bientôt au chômage.

 

Antoine a alors interrogé les collègues de sa compagne et écrit le récit de leur journée. Il pourra en choquer certains. 

 

L’enseigne Champs-Elysées ouvre à 10 heures, et les choses se compliquent déjà. Les gens dehors s’impatientent, ils sont des centaines (dont certains sont là depuis 7 heures du matin), et tentent d’ouvrir eux-mêmes la gigantesque porte métallique. Ils tentent, ils tentent, les charognards.

La tension est déjà là, quelque chose ne tourne pas rond. Une ambiance, une attitude.

Le service de sécurité fait grincer les gonds. Sésame, ouvre-toi. Les chiens sont lâchés, le chaos peut commencer.

Des centaines d’humains, visages déformés, hagards, montent en courant au premier étage, se poussent les uns les autres. Une femme chute dans le grand escalier. Personne ne l’aide à se relever.

Objectif : le rayon numérique. Un iPad à 700 euros devient un iPad à 350 euros. Alors ils en prennent deux, trois, quatre, car même à 600 euros, les tablettes numériques se revendent illico sur eBay ou Leboncoin.fr.

 

 

Mais il n’y a pas que ça à récupérer, et certains ont prévu le coup : ils sont venus avec des grands sacs. D’autres ont carrément ramené des valises.

Comme le témoigne une certaine Emma dans Le Parisien :

« C’était la folie. Ça poussait de tous les côtés. Les plus pressés montaient les marches quatre à quatre pour aller dans les rayons hi-fi. Mais il y avait peu d’articles. Du coup, certains clients arrachaient de leur socle les appareils photos ou les tablettes en exposition. Les alarmes retentissaient de toute part. »

Au téléphone, un homme hurle, plié d’un rire nerveux : « J’y crois pas, ici c’est l’apocalyyypse ! ! ! » Dans un premier temps, les employés trouvent ça hallucinant, positivement parlant. Mais ils vont déchanter très vite.

Traqués, insultés, secoués par les clients

Les consoles Xbox, vendues la veille 250 euros, passent à 175 euros. Prenons-en une, non deux, non trois. Durant l’heure suivant l’ouverture du magasin, les vendeurs, complètement désemparés, sont suivis, pris à partie, traqués, insultés, secoués par des clients devenus fous.

Certains employés montent sur des tabourets, et hurlent des ordres aux gens afin de contenir, de canaliser la foule en furie. En vain. Des clients leur hurlent dessus, et l’attention sera – semble-t-il – à qui criera le plus fort.

Alors qu’ils ont commencé leur journée depuis moins de deux heures, certains salariés s’échappent littéralement pour aller pleurer au stock, loin du chaos. Pour atterrir, pour se rendre compte de ce qu’il se passe, et reprendre un poil de force.

La fermeture du magasin, le néant d’information depuis plusieurs mois concernant un quelconque plan social, Pôle emploi s’approchant, et maintenant ça. Ça fait beaucoup.

En moins de trente minutes, le rayon numérique est vide. Plus rien, à part de la poussière et des déchets sur les rayonnages (restes de menus McDo, cannettes vides, emballages divers).

 

 

Des gens ont sous les bras des trucs sans savoir de quoi il s’agit. Ils ne savent même pas ce que c’est. « Vous pensez que je peux en tirer combien ? », osent-ils même demander. Mais même sans savoir, plus besoin de les mettre sur Priceminister. Car la vente n’a jamais été aussi sauvage, et des enchères commencent dès lors dans les files d’attentes.

Je n’ai pas eu d’iPad, je rachète le vôtre. Non moi, non moi, non moi, qui dit mieux ? On dégaine le cash, des billets passent discrètement de main en main. On se croirait en plein deal généralisé.

Ils se gavent sans peur de vomir

La magasin a en stock 184 cartouches du dernier jeu Nintendo DS « Professeur Layton ». Un revendeur de jeux vidéo, venu avec des amis porteurs, les prend toutes. Les 184.

Ceux qui sont arrivés trop tard au saint premier étage – ou qui n’ont pas eu accès aux enchères sauvages – prennent alors TOUT ce qui passe à hauteur de panier. TOUT : peluche, DVD au hasard, magnet, écouteurs, jeux de sociétés, cartouches d’imprimantes. Ils n’ont pas le temps de choisir, sinon d’autres leur voleront leur butin.

Alors ils prennent, ils prennent, se gavent sans peur de vomir. Ils prennent pour empêcher d’autres de prendre. La plupart sont au portable :

« Mais tu veux lesquels ? Dis-moi vite, il n’y a presque plus rien ! “Twilight” ? “Iron Man” ? “Transformers” ? En Blu-ray ou DVD ? Bon, je prend tout, et rappelle-moi dans dix minutes ! De toute façon, on s’en fout, c’est à moins 50% ! »

Et pourtant – forcément – ils vomissent, quand le coup de sang est passé. Où ? Aux caisses. C’est réellement là qu’ils font leurs emplettes, leurs « bonnes affaires » : alors ça oui, je prends, ça non, ça oui, ça non... Ils reposent alors ce qui, en fait, ne les intéresse finalement pas.

L’attente dans la file est en moyenne de 1h30. Derrière les caissières, de centaines de produits divers s’entassent en dizaines de colonnes, trop rapidement dégueulés pour être rangés convenablement. Alors out le traditionnel classement fantastique/horreur/comédie : on prend tout et on repose tout en tas au rayon DVD. Obligé.

Les clients, pour une fois, ne se plaignent pas.

« On rachète vos indemnités »

Une employée sort fumer une clope, par une sortie privée qui mène dans la rue d’à côté. Elle a bien pris soin d’enlever son gilet rouge, chose qu’elle ne fait jamais. Elle n’a même pas allumé sa cigarette que les gens repèrent sans pitié le petit logo sur son badge et l’accaparent :

« Vous pouvez me mettre ça de côté ? Il vous reste des iPad ? Achetez-en un pour vous, et je vous le rachète ! »

L’employée leur répond que non. Leurs bouches se déforment alors, deviennent méchantes : « Non, mais sérieux, on croit rêver... Pffff ! »

Même aux livres, rare rayon sur lequel les soldes n’ont pas lieu (loi oblige), les gens remplissent des paniers en prenant – là encore – tout ce qui leur passe sous la main.

Lorsque les employés leur précisent que les livres ne bénéficient pas de réductions – « Non, mais vous auriez pas pu le dire ? » – ils reposent tout tel quel, n’importe où, avant de partir bon train vers des rayons plus juteux.

  • « Vous devriez être content, on rachète vos indemnités » ;
  • « C’est scandaleux, les vendeurs se sont servis avant nous ! » ;
  • « Vous n’allez pas vous plaindre d’être bientôt au chômage : vous vendez aujourd’hui, et je contribue en achetant. »

Ils n’ont JAMAIS vu ça de leur vie

Pour ajouter au chaos ambiant, au rez-de-chaussée comme au premier étage, des centaines de boîtiers vides de DVD et jeux vidéo jonchent le sol. Ouverts de force, volés dans la cohue.

On marche comme sur des œufs de peur de glisser, en poussant du pied les cadavres d’une culture qui semble avoir été violée. A la sortie, les bornes antivols hurlent au point qu’on ne les entend même plus.

Alors que le magasin ferme normalement ses portes à 22 heures, aujourd’hui, extinction des feux à 19h30. Ordre de ce qui reste de la direction : ne plus faire entrer personne pour mieux gérer la horde présente. (Pour la plupart des salariés cependant, la journée ne se terminera vraiment que cinq heures plus tard.)

Les vigiles, sous une pluie d’insultes et de huées, font leur job. Les gens dehors deviennent fous, les en empêchent, retiennent la porte. Ce qu’ils ne savent pas, les chacals, c’est que le magasin a déjà été pillé. Chacun de ses os a été sucé méthodiquement. Avidement.

Avec difficulté, les agents de sécurité, qui n’ont JAMAIS vu ça de leur vie, parviennent à refermer sésame. Ouf. Un délicat client qui n’a probablement pas eu sa part du gâteau se plaindra quand même en commentaire de je-ne-sais-plus-quel-site :

 


Capture d’écran d’un commentaire sur un site d’info

 

Amassant leur « butin »

Durant les derniers mois, depuis l’annonce de la fermeture de la chaîne Virgin, pas un seul de ces « clients » n’a évidemment levé le petit doigt pour soutenir (de quelque manière que ce soit) les 1 000 salariés, futurs chômeurs dans quelques semaines.

Mais lundi, ils étaient pourtant tous là comme par magie, ces clients invisibles, fossoyeurs aux dents acérées.

Ils ont soudain retrouvé l’adresse d’un magasin dans lequel, au mieux, ils n’avaient pas mis les pieds depuis des années, au pire, ne sont jamais allés.

Comble, certains ont même posés des RTT le matin même pour pouvoir s’y rendre. Dans le même article du Parisien cité plus haut, il est également noté que la Emma en question (mise au courant de la braderie par une proche) « était venue en repérage la veille, car elle n’avait encore jamais mis les pieds dans un magasin Virgin ».

Le temps d’une matinée, oubliant Amazon, oubliant « la crise », ils étaient là en chair et en os, en masse, les rats, les nécrophiles, dansant joyeusement sur les cadavres de milliers de salariés, amassant leur « butin », comme certains le disaient à 11 heures sur Twitter.

Faire des bonnes affaires, c’est une chose. Mais à ce prix-là ? « Eh oui » avez-vous tous répondu en chœur, « A ce prix-là », justement. Et ce prix-là, c’était moins 50%. C’est ce que vous répétiez tous, vous, les charognards, la salive pâteuse aux commissures des lèvres.

A prix cassés, dignités soldées ?

Pour ce prix-là, vous avez poussé aux larmes des travailleurs qui, peu importe ce qu’on peut penser de Virgin, ont mis toute leur énergie et leur amour durant des années dans un job qui les a passionnés. Pour un simple rabais, vous les avez insultés, méprisés et violentés. Vous avez montré sans masque qu’un vulgaire iPad avait à vos yeux plus de valeur que leur travail et leurs passions.

Pour ce prix-là, putain, vous êtes devenus des bêtes. A prix cassés, dignités soldées ? La vôtre on s’en doutait, mais également la leur dans la foulée ? Vous ridiculiser ne suffisait donc pas ? Il fallait également les écraser, les traîner dans la boue ?

Vous vous êtes battus comme des chiens. Bravo, c’est bien. Mais vous n’êtes pas des chiens, les chiens n’agiraient pas ainsi. Mais vous n’êtes pas non plus des êtres humains, car un humain il me semble, n’agit pas non plus de la sorte.

Non. Pour vous être comporté ainsi, vous n’êtes simplement – et clairement – que des sales pourritures.

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 16:58

 

 

Rue89 - Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 16/05/2013 à 11h53

 

 

Très bon, très décapant livre-bilan d’un an de hollandisme par Laurent Mauduit de Mediapart : « L’Etrange capitulation » (Editions Jean-Claude Gawsewitch, 20,90 euros). Où l’auteur rapproche les capitulations en séries de l’équipe Hollande, avec « L’Etrange défaite » française de juin 40, sur fond de délitement moral des élites, racontée en son temps par l’historien Marc Bloch.

Même plus de précautions d’usage, de période transitoire pendant laquelle le nouveau pouvoir cherche à donner un petit vernis de changement à ses électeurs. Comme Mitterrand entre 1981 et 1983, ou Jospin en 1997 lors de sa nomination comme Premier ministre. D’entrée, la capitulation sans conditions et sans gloire.

« Le pis est que leurs adversaires y furent pour peu de choses » (Marc Bloch).

Une liste impressionnante de reniements

Tout au long de son livre, Laurent Mauduit dresse une liste impressionnante des reniements du candidat par défaut (de DSK) à la présidentielle, à travers ses nominations de complaisance aux postes principaux de l’Etat et le sacrifice de ses déjà bien pauvres promesses de campagne :

  • le « choc de compétitivité » et ses 20 milliards de cadeaux aux entreprises ;
  • la hausse de la TVA pourtant dénoncé sous l’ère Sarkozy ;
  • l’enterrement de la politique fiscale promise ;
  • la poursuite de l’austérité budgétaire ;
  • la farce cynique de la « régulation financière » ;
  • l’abandon des ouvriers en difficulté de Florange et d’ailleurs...
  • la poursuite des dérives xénophobes à prétextes sécuritaires (la chasse aux Roms)...

Hollande n’a rien d’un « étrange capitulard »

Finalement la seule petite faiblesse du livre tient à son titre. Car le nouveau président n’a rien d’un « étrange capitulard » sorti du diable vauvert. Hollande le reconnaît d’ailleurs presque implicitement dans la réponse lapidaire qu’il fait à l’envoi d’un ouvrage dédicacé par l’auteur :

« Je conteste la capitulation. Rien n’est étrange. »

Car il y a bien longtemps que nos hérauts socialistes ont choisi leur camp et rejoint le monde du « milieu » néolibéral, franchissant les derniers pas qui les conduisent à sa version anglo-saxonne la plus dure, pressés qu’ils sont par les coups de boutoirs de la « Grande perdition ». Une adhésion réfléchie bien plus qu’une capitulation, prévisible bien plus qu’étrange.

La saine recommandation de l’affrontement

Laurent Mauduit démontre brillamment « la duperie » qu’est le double jeu mené par François Hollande, perceptible dès sa double campagne présidentielle.

« Il y a la campagne officielle, celle qui promet des lendemains qui chante, celle qui annonce une véritable rupture avec les années Sarkozy – celle qui respecte en somme la recommandation de Marc Bloch. Et puis, il y a la campagne officieuse, celle dont la grande presse ne rend que très peu compte : une campagne autrement plus prudente, presque conservatrice. »

Il faut être un « électeur utile » pour (faire semblant de) croire encore aux falbalas électoraux qu’une oligarchie régressive prétendument socialiste sert à gogo pour masquer son ralliement de fait au système. Ceux qui en douteraient encore gagneront à lire d’urgence le livre de Laurent Mauduit. Et méditer sur la recommandation de Marc Bloch :

« Il est bon, il est sain que, dans un pays libre, les philosophies sociales contraires s’affrontent. Il est, dans l’état présent de nos sociétés, inévitable que les diverses classes aient des intérêts opposés et prennent conscience de leurs antagonismes. Le malheur de la patrie commence quand la légitimité de ces heurts n’est pas comprise. »

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 16:42

 

 

LE MONDE

Le Monde.fr avec AFP | 16.05.2013 à 18h01 • Mis à jour le 16.05.2013 à 18h01

 

 

 

 
Le géant américain de la distribution en ligne est sous le feu des critiques après avoir rendu publique sa feuille d'impôts.

Le géant américain de la distribution en ligne Amazon essuie des critiques en Grande-Bretagne depuis que le montant de sa feuille d'impôts, jugé dérisoire au regard de ses bénéfices, a été révélé. Amazon a payé 2,4 millions de livres (2,8 millions d'euros) d'impôts sur les sociétés l'an dernier en Grande-Bretagne, selon des documents publiés par le groupe, alors que le chiffre d'affaires de sa filiale britannique s'est élevé à 320 millions de livres.

 

Lire la note de blog : Pour Amazon, Google ou Starbucks, l'impôt n'a pas de frontières


Mais le groupe – qui enregistre une grande part de ses revenus britanniques au Luxembourg, selon la presse, pour diminuer son imposition en Grande-Bretagne –, aurait en réalité dégagé un chiffre d'affaires de 4,2 milliards l'an dernier dans le pays. La polémique est d'autant plus vive qu'Amazon a reçu l'an dernier 2,5 millions d'incitations fiscales de la part du gouvernement.

La présidente travailliste de la commission parlementaire sur les finances publiques, Margaret Hodge, s'est indignée, qualifiant le montant des impôts payés par Amazon de "blague". Pour elle, "ce que la population trouvera le plus choquant est que le montant des impôts payés par Amazon est inférieur à ce qu'ils ont pris aux contribuables sous la forme de subventions gouvernementales". "Les groupes comme Amazon doivent payer leur juste part d'impôts sur la base de leur activité dans ce pays et des bénéfices qu'ils réalisent ici", a-t-elle poursuivi.

 

 DES ARTIFICES COMPTABLES

De son côté, un porte-parole d'Amazon a assuré que le groupe avait agi conformément à la loi. Plusieurs grandes multinationales, comme Amazon, Starbucks ou Google, sont critiquées en Grande-Bretagne depuis l'an dernier car elles y paient très peu, voire pas, d'impôts sur les bénéfices malgré les milliards de livres gagnés dans le pays, grâce à des artifices comptables.

 

Lire en édition abonnés : Fiscalité : les entreprises jouent avec les règles en vigueur


Ces nouvelles révélations sur Amazon interviennent alors qu'un responsable de Google était entendu jeudi 16 mai par la commission des finances publiques. Matt Brittin, vice-président du groupe pour l'Europe centrale et du Nord, a assuré qu'il n'était "pas vrai" que Google cherchait à "dissimuler" la manière dont il opérait afin de payer le moins d'impôts possible, au cours d'une audience tendue.

 

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 16:21

 

Le Monde.fr  - Comment la diplomatie américaine veut imposer les OG                                            

 

 

Le Monde.fr | 16.05.2013 à 17h16 • Mis à jour le 16.05.2013 à 18h16

Par Audrey Garric

 
 
Plus de 900 câbles diplomatiques montrent comment les ambassades américaines ont tenté de briser la résistance aux produits génétiquement modifiés à l'extérieur des Etats-Unis.

On le sait, les organismes génétiquement modifiés (OGM) font l'objet de lobbying de la part des firmes de l'industrie des biotechnologies comme Monsanto, Syngenta, BayerDow Agrochemical et consorts. Mais ce que l'on soupçonne moins, c'est qu'une partie de cette promotion active, voire agressive, est menée depuis des années par des diplomates américains dans de nombreux pays du monde.

L'ONG américaine Food and Water Watch a analysé et compilé, dans un rapport publié mardi 14 mai, 926 câbles diplomatiques échangés entre le département d'Etat américain et les ambassades de 113 pays étrangers entre 2005 et 2009. Il en ressort une campagne soigneusement conçue pour briser la résistance aux produits génétiquement modifiés à l'extérieur des Etats-Unis, et ainsi aider à promouvoir les profits des grandes entreprises agrochimiques américaines, qui dominent la production de maïs, soja et cotton outre-Atlantique.

Le rapport offre un autre aperçu de la puissance de cette industrie, après que la Cour suprême a apporté son soutien, lundi, à Monsanto, contre un petit agriculteur de l'Indiana accusé d'avoir enfreint ses brevets dans l'utilisation de graines transgéniques.

Lire : Brevets : Monsanto gagne son procès contre un fermier

 

RELATIONS PUBLIQUES

Les câbles, publiés par WikiLeaks en 2010, mettent tout d'abord en lumière la stratégie de relations publiques, via des dizaines de conférences, événements et voyages tous frais payés aux Etats-Unis, visant à convaincre scientifiques, médias, industriels, agriculteurs et élus des avantages et de l'absence de danger des produits génétiquement modifiés – dont la question du risque et des rendements est posée.

Parmi les nombreux exemples dévoilés par le rapport, un câble de 2005 indique qu'un circuit dans quatre villes italiennes pro-OGM, organisé par le consulat à Milan, avait débouché sur une interview de quatre pages dans le magazine L'Espresso, ainsi que des reprises dans des quotidiens et à la télévision. En 2008, pour empêcher la Pologne d'interdire les OGM dans l'alimentation du bétail, le département d'Etat avait également invité une délégation du ministère polonais de l'agriculture à rencontrer des experts, notamment du département de l'agriculture américain. Entre 2005 et 2009, 28 voyages ont été organisés de la sorte aux Etats-Unis, avec des délégations de 17 pays.

 

PRESSIONS ET TERRAIN JURIDIQUE

Les diplomates américains devaient aussi faciliter les relations entre les firmes des biotechnologies et les gouvernements étrangers, notamment des pays en développement comme le Kenya ou le Ghana, pour promouvoir non seulement les politiques favorables aux biotechnologies et à la brevetisation du végétal, mais aussi les produits et exportations de ces entreprises. En 2005, l'ambassade d'Afrique du Sud informait ainsi Monsanto et Pioneer de deux postes vacants au sein de l'agence gouvernementale de régulation des biotechnologies, leur suggérant de proposer des "candidats qualifiés".

Enfin, l'effort du département d'Etat s'est aussi déployé sur le terrain juridique : les diplomates américains installés à l'étranger se sont ainsi opposés à des lois sur l'étiquetage des produits OGM ou des règles bloquant leur importation. Et les Etats-Unis ont saisi plusieurs fois l'Organisation mondiale du commerce, notamment contre le moratoire de sept pays européens sur la culture du maïs MON810.

Selon le rapport de Food and Water Watch, 70 % des câbles échangés avaient à trait aux lois et régulations des pays étrangers quant à l'agrochimie et 38 % portaient sur des pays membres de l'Union européenne, parmi les plus hostiles. Dans un câble de 2009, l'ambassade américaine en Espagne demande ainsi "une intervention du gouvernement américain de haut niveau", à la "demande urgente" de Monsanto, pour lutter contre les opposants espagnols aux cultures OGM. L'ambassade de France a, elle, proposé de tenir une conférence sur le thème "comment les biotechnologies peuvent répondre aux pénuries dans les pays en développement" pour contrer l'image négative dont pâtissent les OGM dans l'Hexagone. 

 

ARGENT DES CONTRIBUABLES AMÉRICAINS

A la suite de la publication de ces câbles, l'un des porte-parole de Monsanto, Tom Helscher, a répondu qu'il était "crucial de maintenir un dialogue ouvert avec les autorités et industriels d'autres pays". "Nous sommes engagés à aider les agriculteurs dans le monde, alors qu'ils travaillent à répondre à la demande alimentaire d'une population croissante", assure-t-il.

"Cela va vraiment au-delà de la promotion de l'industrie des biotechnologies américaine, rétorque Wenonah Hauter, directrice exécutive de la Food & Water Watch, citée par Reuters. Il s'agit de saper les mouvements démocratiques locaux qui peuvent être opposés aux cultures OGM, et de faire pression sur les gouvernements étrangers afin de réduire également la surveillance sur ces cultures."

"Il est consternant de constater que le département d'Etat est complice de soutenir cette industrie, malgré l'opposition du public et des gouvernements de plusieurs pays, regrette de son côté, dans les colonnes de l'agence de presse, Ronnie Cummins, directrice de l'ONG Organic Consumers Association. L'argent des contribuables américains ne devrait pas être dépensé pour remplir les objectifs des géants des biotechnologies."


Audrey Garric

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 16:12

 

 

LE MONDE  | 16.05.2013 à 10h36 • Mis à jour le 16.05.2013 à 11h18

 

Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

 


Une nouvelle menace judiciaire se profile pour Claude Guéant, suspecté d'avoir favorisé un emploi fictif.

Une nouvelle menace judiciaire se profile pour Claude Guéant, déjà mis en cause dans l'affaire dite des 500 000 euros. Le parquet de Nanterre a ouvert le 10 mai une information judiciaire, contre X, pour "détournement de fonds publics, complicité et recel". Trois juges d'instruction ont été désignés. L'ex-secrétaire général de l'Elysée (2007-2011) sous Nicolas Sarkozy est implicitement visé par la procédure, tout comme Christine Boutin, ministre du logement de 2007 à 2009.

Selon les premières conclusions de l'enquête préliminaire menée par la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), M. Guéant aurait favorisé l'embauche, au cabinet de Mme Boutin, de Philippe Pemezec, maire UMP du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), vice-président du conseil général et ex-député. Or, les enquêteurs nourrissent de forts soupçons sur la réalité des services rendus par l'édile, et le soupçonnent d'avoir bénéficié d'un emploi fictif.

Les enquêteurs ont retracé avec soin les circonstances politiques de l'affaire, révélée en 2010 par Le Canard Enchaîné. Le 29 novembre 2007, Philippe Pemezec, vieille relation de Nicolas Sarkozy, voit son élection comme député des Hauts-de-Seine invalidée par le Conseil constitutionnel. M. Pemezec est déclaré inéligible.

 

 PÂLES PLAGIATS

Il perd donc le bénéfice des 5 500 euros mensuels versés à tout député. Il se plaint de sa situation en haut lieu. Dès le 14 février 2008, Philippe Pemezec est embauché par Christine Boutin, alors ministre du logement, en tant que "chargé de mission sur l'accession sociale à la propriété". Il obtient une rémunération de 5 500 euros.

L'élu est censé, chaque mois, rendre un rapport. Les travaux de M. Pemezec n'auraient été, en réalité, que de pâles plagiats de documents déjà existants. Le 30 juin 2010, Benoist Apparu, qui a succédé entre-temps à Mme Boutin, met fin au contrat de l'élu, un an avant le terme prévu.

Interrogés par les enquêteurs, tant Mme Boutin que l'ancien directeur de son cabinet, Jean-Paul Bolufer, ont assuré que l'embauche de M. Pemezec leur avait été imposée par Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée. Ce dernier, qui fut le directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy au conseil général des Hauts-de-Seine (2004-2005), connaît bien, effectivement, M. Pemezec. 

"Mon client n'a pas fait pression sur Mme Boutin pour l'obliger à embaucher M. Pemezec, s'insurge Me Jean-Yves Dupeux, l'avocat de M. Guéant. Il l'a bien dirigé vers le ministère du logement, mais en considérant seulement que M. Pemezec avait une réelle connaissance de ce secteur." L'ancien ministre de l'intérieur (2011-1012) a été entendu mi-avril par la BRDE à ce sujet.

Contacté par Le Monde, M. Pemezec a indiqué : "M. Guéant m'a aidé à obtenir ce poste, mais j'ai réellement travaillé au cabinet de Mme Boutin et rédigé des rapports". Mme Boutin n'a pas répondu aux sollicitations du Monde.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 15:13

 

Je suis un guérilléro du jardinage

 

 

 

 

Je suis un guérillero du jardinage

Shamengo1   Shamengo1 

 

Publiée le 11 mars 2012

Réinvestir l'espace public en plantant des fleurs, c'est le projet de Richard Reynolds qui a réussi à créer un engouement international autour de cette idée. Deux fois par an, une foule de guérilleros armés de pelles et de sacs de graines envahit les rues pour leur donner de nouvelles couleurs.
Vous voulez rejoindre notre communauté de pionniers et tout savoir de leurs projets ?
C'est sur ‪http://shamengo.com ou sur ‪http://facebook.com/shamengo

 

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 15:07
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