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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:33

 

Rue89 - Arrêt sur images 05/04/2013 à 10h11

Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

Si l’on comprend bien, il y a deux hypothèses également terribles pour Hollande, à propos du compte Cahuzac. Première hypothèse, il savait, et il n’a rien fait. L’offensive monte, pour expliquer que la DCRI était forcément alertée de l’existence d’un compte suisse du ministre. On peut lire par exemple cette enquête de Sud-Ouest.

A l’instant, c’est Antoine Peillon, journaliste à La Croix et auteur de « Ces 600 milliards qui nous manquent » (éd. Seuil, mars 2012) (nous l’avions reçu dans cette émission) qui expliquait à Patrick Cohen que la DCRI ne se signalait pas par son zèle à poursuivre l’évasion fiscale. Pourquoi ? Peillon ne l’a pas précisé, mais ça se résume ainsi : tous mouillés. Tous ou presque détenteurs de comptes, de parts de sociétés offshore, tous adeptes de l’optimisation fiscale ?

Pas forcément, mais pire : tous pantouflards en puissance, dans des banques, dans les grandes sociétés françaises qui « offshorent » à tours de bras, chez des conseillers en optimisation fiscale. Tous en attente de quitter la vieille barque trouée de l’Etat, pour tripler ou décupler leurs revenus à l’extérieur.

Un mantra commun : le remaniement

Seconde hypothèse, et elle est presque pire : Hollande ne savait pas. Lors des fameuses séances d’explications « les yeux dans les yeux » avec Cahuzac, à aucun moment il n’a cuisiné son ministre sur la fameuse bande enregistrée, dont Cahuzac avait tant de mal à assurer que ce n’était pas lui qui s’y exprimait. Pire ? Oui. Que penser d’un Président incapable d’obtenir la vérité de l’un de ses ministres ? Qu’il est incompétent, ou qu’il est tenu ? Réjouissante alternative.

Le café du commerce se divise donc en deux écoles :

  • les « sachistes » (il savait),
  • les « ignoristes » (il ne savait pas).

Dans un cas, l’Etat est pourri jusqu’au sommet. Dans l’autre, c’est une passoire. Et les deux écoles de se retrouver, pour s’accrocher à un mantra commun : le remaniement (que n’y a-t-on pensé plus tôt ?)

Le tricheur est tellement plus attrayant

Les deux écoles ont un autre point commun : toutes deux préfèrent regarder le spectaculaire Cahuzac, plutôt que le trésorier de campagne Jean-Jacques Augier, et ses parts de société offshore en-toute-légalité, confessées à la presse sans aucune difficulté, dans les minutes ayant suivi leur révélation.

La figure du Traître majuscule est tellement plus hypnotisante que celle de l’optimisateur fiscal. Le Tricheur est tellement plus attrayant que le terrain de jeu, comme disait Lordon sur notre plateau de cette semaine, qui lui permet de tricher. Mais tant que le premier dissimulera le second, on se condamnera à ne pas récupérer de sitôt les fameux « 600 milliards qui nous manquent ».

Publié initialement sur
Arretsurimages.net
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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:16

 

 

Le Monde.fr | 06.04.2013 à 12h07 • Mis à jour le 06.04.2013 à 15h45

 

Par Marc Roche (Londres, correspondant)

 

 
La City peut compter sur l'expertise d'une armée d'avocats et de comptables pour concocter des structures financières offshore mettant l'argent à l'abri du fisc.

En matière de paradis fiscaux, le Royaume-Uni est un peu comme un aigle à deux têtes, deux visages qu'il ne montre jamais simultanément. Officiellement, le premier ministre britannique David Cameron a placé la lutte contre l'évasion fiscale au cœur de sa présidence du G8 cette année. Le chef du gouvernement souligne à qui veut l'entendre la récente signature d'échange de données avec la Suisse, les îles anglo-normandes et Man. Londres insiste à l'envi sur sa législation draconienne de lutte contre les fonds suspects.

Dans la réalité, la première place financière européenne de par sa perméabilité peut être considérée comme le paradis fiscal par excellence. "Onshore" (souverain) comme on dit dans le jargon, par opposition à "offshore" (extraterritorial).

Ainsi, les nombreux scandales qui ont récemment émaillé la chronique financière de la City – blanchiment de l'argent de la drogue, violation des sanctions internationales, évasion fiscale à grande échelle, commissions occultes dans des contrats d'armements – ont tous transité via des paradis fiscaux liés de près ou de loin à la City.

 

 RABATTEURS DE CAPITAUX APPROVISIONNANT LA CITY

L'espace britannique est le plus important sur l'atlas mondial de l'argent offshore. Cette zone inclut autour de la City les territoires de la Couronne ou les ex-colonies : Caïmans, îles anglo-normandes, Man, îles Vierges britanniques, Gibraltar, Hongkong, Irlande ou Dubaï. Ces lieux servent d'abord de rabatteurs de capitaux approvisionnant la City en liquidités. Les fonds collectés sont gérés par les banques du "square mille".

Par ailleurs, la City peut compter sur l'expertise d'une armée d'avocats et de comptables pour concocter des structures financières offshores mettant l'argent à l'abri du fisc. Avec l'aide de ce réseau, la gestion alternative – hedge funds, capital investissement... – dont Londres est le centre en Europe – dispose d'entités adéquates appelées Special Purpose Vehicles ou SPV, des "coquilles vides" permettant de minimiser l'impôt.

La constitution de trusts – autre spécialité britannique – dont on ne connaît pas le bénéficiaire, administrés par un cabinet juridique ou d'audit situé dans un paradis fiscal, brouille les pistes en permettant de dissimuler les avoirs.

 

TITRES BRITANNIQUES IMMATRICULÉS DANS LES ZONES OFFSHORES

Dans ces conditions, le silence médiatique qui a entouré au Royaume-Uni les révélations des Offshore Leaks est facilement compréhensible. Seul le Guardian, associé à l'enquête, a couvert l'affaire. Ailleurs, c'est le silence radio. Et pour cause, les propriétaires des titres britanniques sont souvent eux-mêmes immatriculés dans les zones offshores.

Les frères Barclays (Telegraph) sont résidents des îles anglo-normandes. Le groupe News Corp de Rupert Murdoch (Sun, Times, Sunday Times) est composé de 800 sociétés, dont la plupart sont domiciliées dans un havre fiscal. Il en est de même de Richard Desmond (Express), Evgeny Lebedev (Evening Standard, The Independent) ou Lord Rothermere (Daily Mail). Quant au Financial Times, le grand quotidien des affaires, il ne pratique guère le journalisme d'investigation. La City, Wall Street et les places asiatiques constituent après tout le premier client du journal aux pages saumon. 

Marc Roche (Londres, correspondant)

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:51

 

 

http://zad.nadir.org

vendredi 5 avril 2013, par zadist

 


Aujourd’hui 5 avril l’occupation militaire dure depuis 133 jours (pour une opération débutée il y a 171 jours). Un camarade est emprisonné depuis 130 jours

Info Chat Teigne : Info Chat Teigne : Le procès de la Chat Teigne a eu lieu à St Nazaire, le rendu : Le tribunal de Saint-Nazaire a autorisé mardi 26 Mars l’expulsion d’opposants (possibilité d’expulsion immédiate, 450 euros pas jour d’astreinte au bout de 8 jours. quelle clémence !)

Info Bellevue : Le rendu du procès de la ferme de Bellevue confirme la décision précédente : Expulsion immédiate, 50 Euro par tête/jour pour ceux qui restent. AGO a demandé des amendes de 1000€ par jour, 20 000€ pour dommages et intérêts mais ils ne les ont pas obtenu. Un appel à mobilisation à la ferme ce jour là est annoncé. 3 avril : Une nouvelle procédure est en cours de lancement pour l’occupation des bâtiments agricoles et l’exploitation des terres ...

Sur place, ça s’organise pour défendre Bellevue comme les autres lieux de la ZAD, et les appels à réagir partout en cas d’intervention policière sont remis au goût du jour :
Contre l’aéroport et son monde, s’ils attaquent on riposte ;
Appel à actions au moment des expulsions de la ZAD et
Contre l’aéroport et son monde : s’ils détruisent notre lieu d’organisation, nous occuperons les leurs !


Un camarade est en ce moment en prison, un a été libéré et un troisième a été condamné à 6 mois avec mise à l’épreuve, c’est-à-dire qu’il risque d’être enfermé à un moment ou un autre.

Tout acte de solidarité est le bienvenu. Participer à la lutte contre l’aéroport et son monde en est un. Puis rester en contact avec les personnes incarcérées pour leur montrer notre soutien en est un autre, bien nécessaire pour rendre leur temps d’incarcération plus vivable et pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ne sont pas tous seuls face à ce monde répressif. N’hésitez donc pas à leur écrire des LETTRES ou des cartes postales. Lire ici pour toutes les infos sur Comment soutenir les personnes incarcérées et autres inculpé-e-s

- Pour écrire à Cyril, enfermé depuis le 28 novembre, vous pouvez lui adresser vos courriers directement : Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 Nantes

Info procès La décision du procès en appel sera rendue le 3 Avril. Solidarité avec Cyril, qui ne sera pas libéré avant le rendu du procès, et qui a entamé une grève de la faim pour protester contre ces pratiques ... les explications de la legalteam ici

Des nouvelles d’un camarade qui est passé par la Zad : Lutin est en prison à Rennes depuis 2 mois. Il ne reçoit pas de courrier et sa maman a eu récemment le droit d’aller le voir. Il venait souvent sur la ZAD, et demande que les copains et copines lui écrivent

Voici son adresse :

Lutin ecrou 3610
MA1 CELLULE 03
Centre pénitencier des hommes
Rennes Vezin
CS 14605
rue du petit pré
35746 Vezin le coquet cedex

Il est aussi possible de passer des messages pour les prisonniers à Rennes via l’émission de radio du dimanche midi qui passe sur canal b (94°fm) ! en laissant des messages entre 9h00 et 11h30 ! http://www.canalb.fr/genepi

Suite aux nombreux blessés de la ZAD, le collectif « Face aux armes de la Police » propose de lancer une procédure juridique devant le tribunal administratif. plus d’infos ici une émission radio consacrée à ce collectif est disponible ici


Infos utiles pour venir ici

- Accueil : 06 32 98 78 36 le we, l’ACIPA ouvre un local à Notre Dame des Landes, de 10h à 17h où les informations sur la lutte sont disponibles
- Contact presse de la Zad : 06 38 17 36 19
- Équipe légale  : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Équipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/


Les arrêtés préfectoraux

les derniers arrêtés valables jusqu’au .... 2 mai ! le transport de carburants, de tous produits inflammables ou explosifs et de matériaux de construction sont interdits jusqu’au 2 avril 2013 à 23h


Radio Klaxon

La radio émet à nouveau sur la ZAD

Le streaming revient bientôt.


Exposition itinérante de la ZAD

Un territoire se défend avec tout-e-s ses habitant-e-s, Notre mémoire commune nous nous l’approprions, nous la faisons vivre. C’est notre résistance que l’on vous invite à partager ici et ailleurs - a travers cette exposition itinérante !

Pour une organisation simple, voici un Planning qui vous permette de réserver l’exposition ( une seule personne référent pour simplifier la communication ). Pour tout les gestions concernant l’expo, mail a zad@riseup.net avec le sujet "EXPO" svp !


APPEL À TOUS !

Il y a une rubrique RDV à venir sur ce site qui liste des RDV journaliers qui avaient été mis en place durant les expulsions. On imagine que la plupart n’ont plus lieu depuis longtemps, mais sans ne être sûrEs.

Donc, pour garder des infos à jour, appel à toutes et tous, si vous avez organisé un de ces rendez-vous, si vous habitez dans une de ces villes : Quel RDV n’existe plus, ou est toujours à jour ?

Merci de nous contacter pas mail : zad @ riseup .net


INFOS DU JOUR

- reçu : Merci pour l’éclaircissement de la création d’emploi. Cela ne m’étonne absolument pas. On déplace une structure et on ne créera pas plus d’emploi pour cela. Les personnes resteront même si cela doit leur couter plus chers en terme de déplacements. De nos jours si tu as un job, tu ne le lâches pas. Pour apporter de l’eau à votre moulin. La pratique d’emploi venant des pays de l’est, a été réalisée par la société EIFFAGE, qui a construite "la citée sanitaire de St Nazaire".

commentaire : Merci a la Comité Blinois de lutte contre l’aéroport !

- INFO reçu par rapport des travaux NDDL Grandchamps : Déplacement à la mairie de Grandchamps des Fontaines pour avoir plus d’infos sur le boulot au niveau du rond point de curette.

En mairie les infos sont rapides, ils bossent pour l’élargissement de la route entre GDF et NDDL selon la secrétaire + chargé d’urbanisme, la route serait coupée prochainement, mais pas de date de début de travaux. Ils nous dit de repasser de temps en temps.

Hier au niveau du poteau EDF coté GDF, des mectons bossent sans sécu apparente, seul deux gros 4x4 dans le champ et encore aujourd’hui les salles bosseurs sont de l’autre coté de la 4 voies coté NDDL...

suite : Vu a affiché a la Mairie de NDDL :

...selon un ami riverain les travaux commencent le 15 Avril et la route sera bloqué pendant 2 mois. Sachent que la personne a eu cette information par un ami qui travaille en mairie NDDL, indigné que eux sont en courant, mais les riverains ont apparemment pas la droit d’une lettre d’information individuelles...BRAVO. Si c’est pour négocier le bout de terrain pour agrandir la route, ils ont pas manque les harceler, mais l’info qui les concerne par rapport de travaux, silence totale. Belle Allure n’est pas ?

- INFO reçu : hop, 8 fourgons de GM stationnés a l hotel ibis de trellieres, ca nous manquais....

- Hola tout le monde ! On commence un peut plus tard dans ce moment, histoire de se préserver un peut ;) Donc, la il est presque midi Il fait moche, c’est dure cet fin d’hiver, mais pas grave. Demain il ferai mieux ! ( peut-être ). On a pas des nouvelles sauf les flics aux endroits habituelles Ardillières et Fosses noires/chemin de suez. Ça fait un sacre moment ils nous ont pas quitté ! Par contre, on n’est pas sure que cette relation est fait pour durer, on est plutôt un peut "étouffées" par cette obsession.

Ce matin il avait l’hélicoptère. Très bas, envahissant. Bande de voyeur !!


RDVs sur la ZAD aujourd’hui

Plein des choses, mais rien d’officiel !

RDVs ailleurs aujourd’hui

lesrendez-vous des jours suivants sont ici

- Saint Imier : soirée projection

au Cinéma d’Espace Noir, Francillon 29 Saint Imier, Suisse

http://www.espacenoir.ch/ ch/index....

- Strasbourg

Vendredi 5 Avril 2013 de 15h à 2h du matin à la Maison Mimir* - 67000 Strasbourg : « La résistance est pas morte » Au programme : _de 15h à 17h - Projection d’un documentaire sur la "zad" de Notre Dame des Landes / Débat _de 17h à 20h - Boeuf musical (ramènes tes instrument et viens jouer de la musique) Repas à prix libre _de 20h à 21h - Open mic +dj set _de 22h à 23h - Concert du groupe stratégie de paix (rap) _23h30 à 01h30 - Concert de la place du kif (ska festif)

_la Maison Mimir : http://maison-mimir.com/ 18, rue Prechter - 67000 STRASBOURG Tram C/F, arrêt Gallia (juste derrière les bains municipaux) EVENEMENT SUR FACEBOOK : https://www.facebook.com/events/139... par des Indignés avec le Collectif Alsace de Soutien NDDL Collectif Alsace NDDL : Mail : alsace.soutien.nddl@numericuble.fr BLOG : http://collectif-alsace-contre-nddl... Page : https://www.facebook.com/collectif....

- Aurillac : film/débat
20:00 – 23:00
au centre Hélitas ; 68 Bd Louis Dauzier (Karte)

projection du film « NDDL au cœur de la lutte » suivi d’un débat public sur le thème « Pourquoi ça nous concerne », à AURILLAC. Coordonnées du comité de soutien Cantal : Courriel : nddl.cantal@gmail.com


Préparation des prochains grands rassemblements

Diffusion des affiches et tracts de Sème ta ZAD

Des affiches et tracts sont disponibles en grande quantité à B17 (17 rue Paul Belamy à nantes), à la ferme de Bellevue, à Saint-antoine, aux fosses noires et à la Chat-teigne sur la ZAD. (merci de nous informer si un de ces espaces était en rupture de stock)

Pour les voir ou en rephotocopier de votre coté si vous ne pouvez vous rendre dans ces lieux

Organisation de bus et ou covoiturage

pour le 13 avril : bus et covoiturages organisés par des collectifs

Appel à matériel

Diffusion des panneaux pour la chaine humaine

Ici, un appel pour implanter des panneaux annonçant la chaine humaine du 11 mai partout

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:43

 

 

Marianne - Vendredi 5 Avril 2013 à 16:00

 

Michel Santi

 

L'économiste et analyste Michel Santi revient sur les ressorts du modèle allemand, doit-on s'en inspirer? Quels en sont les failles?


Les petites mains du Mur de Berlin - Markus Schreiber/AP/SIPA
Les petites mains du Mur de Berlin - Markus Schreiber/AP/SIPA
Doit-on s'inspirer du modèle allemand ? Oui - bien sûr ! -, si l'on en croit les statistiques du chômage, qui atteint 25 % en Espagne, près de 11 % en France et même 7,7 % aux Etats-Unis... comparé au taux de sans-emploi de 6,5 % en Allemagne ? Qu'attend donc le reste de l'Union européenne pour marcher dans les pas d'une Allemagne qui n'a de cesse de s'ériger en modèle absolu en termes de compétitivité de ses entreprises et de flexibilité de son monde du travail ?

En réalité, la forte décrue du chômage en Allemagne est entièrement redevable à une dérégulation intensive ayant favorisé la création d'emplois temporaires, ou à salaires très réduits. La flexibilité allemande n'a donc pu se réaliser qu'au prix de ces «minijobs» qui ont ainsi augmenté de 14 % entre 2005 et 2011 et qui concernent quelque 4,5 millions de salariés, dont les revenus se situent entre la moitié et les deux tiers de ceux du salarié moyen.

Le développement de ce travail à la précarité sans précédent devait néanmoins représenter une aubaine pour des entreprises qui, dès lors, furent promptes à accélérer leurs embauches. L'essor de cette catégorie d'emplois fut trois fois plus important que celui qui concernait les emplois «traditionnels», durant cette période considérée. De fait, les toutes récentes statistiques émanant de l'OCDE indiquent que les emplois à bas (voire à très bas) salaires représentent 20 % de la masse salariale allemande, par rapport à 13 % en Grèce et à 8 % en Italie...

Il va de soi que, dans un contexte de salaires qui atteignent un maximum de 400 € par mois, les employeurs n'ont plus aucune motivation à embaucher sur la base de contrats de travail à durée indéterminée. Ce qui explique qu'un salarié allemand sur cinq perçoit aujourd'hui 400 € par mois, et que les contrats à durée indéterminée sont progressivement scindés en un ou en plusieurs «minijobs». Le tout, dans un cadre allemand où le salaire minimum est banni des dictionnaires comme des lois.

La création de toutes pièces de cette sous-classe de travailleurs est le résultat d'une entreprise planifiée dès le début des années 2000 par le chancelier de l'époque, Gerhard Schröder. Si la fédération patronale allemande se positionne contre l'instauration du salaire minimum, accusé de créer le chômage en augmentant le coût du travail, c'est qu'elle est totalement soutenue par un cadre légal et par l'écrasante majorité des partis politiques peu enclins à s'apitoyer sur ces salariés et sur ces travailleurs sous-payés.

Ces derniers n'ont nullement bénéficié du redressement spectaculaire de leur pays à la suite de sa réunification. Bien au contraire, ils ont subi une décapitation de leurs revenus ces dix dernières années. Le miracle allemand n'est en effet que mirage - voire cauchemar - pour une partie importante des travailleurs allemands, en l'occurrence pour près de 5 millions d'entre eux ! N'oublions pas les déclarations tonitruantes de Schröder à la tribune du World Economic Forum en 2005, qui annonçait fièrement avoir «créé un des meilleurs secteurs d'Europe en termes de bas salaires»...

Cette masse de «minijobs» exerce des effets pernicieux sur l'ensemble des pays d'Europe périphérique. Ces misérables salaires octroyés dopent, bien sûr, les exportations du pays tout en restreignant considérablement sa capacité à consommer, et donc à importer. L'incontestable compétitivité allemande - qui se réalise au détriment d'une immense masse salariale - est donc aussi une authentique plaie pour les nations en pleine crise. De manière bien compréhensible, celles-ci se montrent incapables d'exporter vers l'Allemagne et vers les Allemands qui n'ont pas les moyens de se payer des produits espagnols, italiens ou portugais.

Ainsi, la politique allemande représente une des failles structurelles majeures de l'Union européenne, car elle y impose et y instaure une déflation généralisée. La seule et unique formule permettant aux entreprises européennes périphériques de gagner en compétitivité consiste logiquement en des réductions généralisées des salaires de leurs travailleurs afin de tenter de concurrencer les marchandises allemandes à l'exportation et de vendre aux consommateurs de ce pays. Comment les politiques et les chefs d'entreprise allemands ont-ils aujourd'hui le cran d'ironiser sur les économies européennes périphériques - voire de les stigmatiser - quand la quasi-intégralité de la croissance allemande reste redevable à l'appétit de consommation et à l'endettement de ces nations ?

Il est donc urgent d'augmenter aujourd'hui les salaires de ces «minijobs» allemands afin de faciliter et de promouvoir un transfert équitable des richesses et des revenus à l'intérieur même de l'Union. Car les déséquilibres touchant un pays de l'importance de l'Allemagne exercent à l'évidence un impact nuisible sur toute la zone. N'est-il pas temps de commencer à avoir un regard (très) critique vers cette dynamique de compétitivité allemande, tant admirée, mais qui s'apparente plus à une machine à créer de l'injustice et des déséquilibres ?

 

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:28

 

Rue89 - Le Yéti - voyageur à domicile

 Publié le 05/04/2013 à 16h33

 

 

Le Monde, associé à l’opération Offshore Leaks, annonce détenir 130 noms de Français impliqués dans cette vaste opération d’escroquerie de riches. Mais à ce jour, seul le premier d’entre eux, Jean-Jacques Augier, proche de François Hollande, a véritablement été rendu public.

Anne Michel, journaliste du Monde, prévient :

« Et, jusqu’où aller dans la révélation des noms ? Le gros entrepreneur régional qui cache ses plus-values aux Caïmans vaut-il autant que le responsable politique à qui la charge confère un devoir d’exemplarité ? Que disent nos recherches du visage de l’évasion fiscale de la société et du rapport à l’impôt ? »

Au nom de la loi

Etrange pudeur ! Sauf à y voir une opération commerciale de communication visant à étendre les révélations dans le temps pour faire durer le suspens et vendre un peu plus de papier, on peut légitimement se demander ce qui motive cette étrange rétention d’informations.

On a connu nos médias beaucoup moins scrupuleux quand il s’agissait de livrer en pâture le nom de tel ou tel voleur de poules présumé.

Eh bien, figurez-vous que le motif officiel de ce silence pudique serait précisément la « légalité » invoquée par certaines des « victimes » expiatoires pour justifier leurs actes. Jean-Jacques Augier :

« Je n’ai rien fait d’illégal. »

 

 

Interview de Jean-Jacques Augier par BFMTV-RMC

Cerise sur le gâteau du « légalisme », le trésorier de campagne indélicat n’aurait à l’écouter ni tiré, ni cherché le moindre avantage fiscal de ses opérations. D’ailleurs initiées presque à l’insu de son plein gré par d’obscures partenaires chinois. On se demande vraiment quelle peut bien être la motivation de toutes ces gesticulations financières tordues.

Secret défense ?

Que monsieur l’ex-fonctionnaire à l’inspection des finances nous pardonne de nous interroger légitimement sur la légitimité des lois dont il se réclame. Enfin quoi, ne nous avait-on pas dit déjà il y a quelques temps que ces horreurs de paradis fiscaux, c’était « fini », qu’ils devaient être mis « au ban de la communauté internationale » ?

En attendant, très peu de noms ont à ce jour filtré parmi les dizaines de milliers de fraud... optimisateurs fiscaux figurant sur les 2,5 millions de fichiers fuyards. Le Monde annonce son attention de dévoiler bientôt « une dizaine de noms ». Dix sur cent trente, ça n’est tout de même pas bézef ! Secret défense ? Wikileaks au moins publiait ses documents bruts.

Au bout du compte, à quoi sert donc une aussi vaste enquête, si c’est pour entendre les enquêteurs du microcosme nous dire qu’ils savent ce que nous ne saurons pas ? Le grand public est-il voué à demeurer dans la même ignorance crasse que l’ineffable président Hollande ?

« Je ne connais rien des investissements de Jean-Jacques Augier. »

Bon, me direz-vous, celui-là ne savait pas non plus que la crise allait être aussi dure et si longue. Et ignorait superbement (dit-il) « l’outrage » de son ministre Cahuzac. Sait-il encore, au moins, qu’il est toujours (mais pour combien de temps au juste ?) président de la République française ?

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:18

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 04.04.2013 à 12h40 • Mis à jour le 04.04.2013 à 13h15

 

 

 

C'est vers 11 h 15 que quelques dizaines de militants d'associations de chômeurs, munis de sacs de couchage, ont investi l'agence Beaumarchais rue Pelée dans le 11e arrondissement parisien. Ils réclament un rendez-vous avec le premier ministre Jean-Marc Ayrault et un "fonds social d'urgence", a constaté une journaliste de l'AFP. Ils ont déployé une large banderole "Hollande, l'autre pays du chômage", en criant "le changement c'est pour quand ?".

Cette action menée par  trois mouvements de chômeurs – AC! (Agir contre le chômage et la précarité), l'Apeis (Association pour l'emploi, l'information et la solidarité des chômeurs et des travailleurs précaires), le MNCP (Mouvement national des chômeurs précaires) –, avec le soutien de l'association Droit au logement (DAL) et des syndicats SUD et SNU, fait suite à une rencontre mi-mars avec le ministre du travail Michel Sapin, qui avait fortement déçu les associations de chômeurs. Dénonçant le "mépris de M. Sapin", elles ont demandé jeudi à être reçues par le premier ministre. "Nous ne bougerons pas d'ici", a assuré Zalie Mansoibou (MNCP).

Malgré les appels des associations à "accueillir les demandeurs d'emploi" présents, la direction de l'agence a décidé de reporter les rendez-vous. Mettant en avant un "problème de sécurité", la directrice a expliqué que les agents de Pôle emploi avaient "fait valoir leur droit de retrait", ne voulant pas "travailler dans ces conditions". Une "honte", un "scandale", "on n'empêche pas le travail des agents, tant s'en faut", "on n'est pas contre vous", ont lancé en réaction les militants associatifs.

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:15

 

 

Le Monde.fr | 05.04.2013 à 12h35 • Mis à jour le 05.04.2013 à 17h37

Par Grégoire Allix

 


 

C'est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l'agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l'environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si elles n'ont pas reçu d'homologation et sont de ce fait illégales.

 

 

Que dit l'article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de "Monsanto Protection Act" et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama ? Que "dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l'agriculture doit (...), sur simple demande d'un cultivateur, d'un exploitant agricole ou d'un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire." Ce dans le but de "s'assurer que les cultivateurs ou d'autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce" les semences en question et les cultures qui en sont issues.

Pour Greenpeace Canada, "la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n'ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l'environnement ou la santé".

Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme "l'homme de Monsanto à Washington", d'être l'auteur de cet amendement. D'autres élus ont tenté de s'opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l'agriculture à "ignorer une décision d'un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu'elles sont illégales". Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l'adoption de cette loi.

 

 LA CRAINTE D'UN DANGEREUX PRÉCÉDENT

La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée "Food Democracy Now" a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient "respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington", écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.

Le "Monsanto Protection Act" est censé n'être que provisoire : la loi dans laquelle il s'inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l'environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.

Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l'Europe, dans le cadre de la négociation d'un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d'importation de produits OGM, jugée "inapplicable" et "lourde", lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.

Lire : OGM : Monsanto veut attaquer l'EFSA en justice

Grégoire Allix

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:10

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 05.04.2013 à 08h25 • Mis à jour le 05.04.2013 à 19h40

 

 
En mars, ce système de refroidissement s'était déjà brutalement arrêté avant d'être relancé, sans que la température n'atteigne un seuil critique.

La compagnie qui gère la centrale accidentée de Fukushima a fait état dans la nuit de vendredi à samedi 6 avril d'un possible écoulement d'eau contaminée d'un réservoir de stockage souterrain dans le sol.

Des éléments radioactifs ont été décelés dans de l'eau accumulée entre le sol autour de la cuve et la couche externe d'un revêtement imperméable recouvrant le fond du réservoir, a expliqué un porte-parole de Tepco lors d'une conférence de presse nocturne. La cuve enterrée est recouverte de trois couches censées empêcher l'eau de s'infiltrer dans le sol.

 

Lire le reportage : Les blessures tenaces de Fukushima


VULNÉRABILITÉ DES INSTALLATIONS

Vendredi, Tepco avait rapporté une interruption du système de refroidissement de la piscine de désactivation du combustible usé du réacteur 3, une avarie vraisemblablement provoquée par des travaux pour empêcher une récidive d'une grave panne d'électricité survenue les 18 et 19 mars. Un rat avait alors fait jonction entre deux connecteurs électriques, ce qui avait causé un court-circuit dans les distributeurs de courant qui alimentent plusieurs systèmes de refroidissement.

Cette semaine, plusieurs autres incidents se sont produits, à cause notamment d'erreurs de manipulation d'équipement. Beaucoup des moyens techniques provisoires mis en place sur le site pour éviter le pire sont encore en service et sont de fait très vulnérables. La situation de la centrale de Fukushima est considérée comme stabilisée depuis décembre 2011, mais le site reste très fragile, notamment au cas où un nouveau séisme ou tsunami, comme ceux qui ont mis en péril ce complexe nucléaire le 11 mars 2011, se produisait.

 

Lire : Deux ans après Fukushima, où en est l'énergie nucléaire au Japon ?

 


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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 18:05

 

Le Monde | 05.04.2013 à 10h29 • Mis à jour le 05.04.2013 à 14h21

 

 

 

 

Durée : 04:20  |  Images : Le Monde / Infographie : Jacques Louradour, Marianne Boyer / Journaliste : Anne Michel / Voix : Jean-Guillaume Santi / Direction : Serge Michel et Patricia Forlini

Filiales dans des paradis fiscaux, montage de sociétés offshore, utilisation de prête-noms pour cacher les bénéficiaires réels de compte cachés : selon les documents sur lesquels "Le Monde" a enquêté dans l'affaire "Offshore Leaks", le Crédit agricole et BNP Paribas ont utilisé des circuits financiers opaques pour aider leurs clients à pratiquer l'évasion fiscale.

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 17:59

 

 

 

Par Okeanos

5 avril 2013 - 9:33
(dernière modification le 5/04/2013 - 14:14)

 

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Par Theodora Oikonomides et Zoe Mavroudi, publié en anglais chez usilive.org (traduction Okeanos)

 

Skouries est la plus importante histoire grecque dont vous pourriez entendre parler. Il s'agit d'une ancienne forêt dans le nord de la Grèce, où une entreprise canadienne mammouth de l'exploitation aurifère revendique sa place.

Mines d'or, préoccupations environnementales, répression de l'Etat, violence de la police et un mouvement anti-mine local solide et organisé ont fait de Skouries un véritable champ de bataille dans la politique grecque, un champ de bataille qui n'a pourtant reçu que très peu de couverture internationale, clairement éclipsé par l'escalade de la crise grecque.

La société grecque Hellas Gold et son principal actionnaire, le canadien Eldorado Gold collaborent à l'établissement d'une mine d'or et de cuivre dans l'ancienne forêt de Skouries, dans la région nord de la Chalcidique, mais les résidents de 16 villages de la région sont fortement opposés au projet et ont tenu plusieurs manifestations contre le projet au cours de l'année passée, dont beaucoup ont tourné à la violence. La police anti-émeute a fait un usage excessif de gaz lacrymogènes à l'intérieur même de la forêt et dans les villages, tandis que les résidents ont accusé la police de détenir des personnes sur de fausses accusations, en les maltraitant physiquement et en procédant même à des prélèvement d'échantillons d'ADN contre leur gré.

"Halkidiki est un trou noir dans la géographie de la Grèce. C'est un endroit dans ce pays où la Constitution a été transformée en un chiffon, où l'état de droit s'est effondré, où les droits humains sont bafoués au quotidien", a déclaré Dina Daskalopoulou, journaliste au journal des rédacteurs, le seul quotidien grec organisé en coopérative et détenu par son personnel. Daskalopoulou parlait dans une interview sur la radio Radiobubble.gr , communauté de journalistes citoyens et indépendants qui a couvert de près l'histoire de Skouries et a couvert les manifestations de l'année passée.

Daskalopoulou a donné un compte rendu inquiétant de ce qui pourrait très bien être la meilleure suppression d'un mouvement en Grèce organisée par l'État . Elle a indiqué que les maisons des habitants étaient surveillées par la Sécurité d'Etat, les téléphones sur écoute et les détentions devenues la norme, souvent en prenant pour cible des résidents handicapés et des étudiants du secondaire. "Je pense que l'État a un plan global à l'égard de la population locale. Il a lancé toute une opération pour les terroriser. En choisissant ce qu'il croit pouvoir plus facilement briser leur entrain. "

 

Skouries contre les mines d'or. Photo de Maria Kadoglou


Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi ce petit coin de la Grèce est tellement chargé de tensions. Premièrement, Skouries est une région ayant une longue histoire de l'exploitation minière qui remonte à Alexandre le Grand. Plus récemment, dans les années 1980, une tentative de la compagnie canadienne TVX Gold d'établir une mine dans la région est tombée à l'eau après que les scientifiques de certaines des plus grandes institutions de la Grèce comme l'Université Aristote de Thessalonique et de la Chambre technique de Grèce ont averti les habitants que cet investissement conduirait à un désastre écologique sans précédent en polluant la zone de 317 kilomètres carrés (31.000 ha) des sols, de la mer, de l'air et de l'eau et allaient rendre leurs villages inhabitables.

Aujourd'hui, près de trente ans plus tard, Hellas Gold et Eldorado ont un plan qui suscite des préoccupations similaires. Ils veulent établir une mine à ciel ouvert au milieu de la forêt de Skouries sur la montagne Kakavos, qui se trouve être la principale source d'eau douce de toute la région. Selon les propres estimations de la société, la mine à ciel ouvert va générer 3.000 tonnes de poussières toxiques par heure. Des galeries seront creusées à 700 mètres de profondeur, amenant la mine en dessous du niveau de la mer, de sorte que même l'eau qui n'est pas contaminé par des métaux lourds et d'autres substances toxiques provenant de la mine seraient sûrement contaminée par l'eau de mer. En outre, un tunnel de 9 km de long qui vise à relier deux sites miniers coupera en deux une ligne de faille géologique qui a provoqué un tremblement de terre dévastateur dans la région en 1932. Enfin, une usine de traitement du minerai sera construite dans la montagne où l'or sera séparé des autres substances. La société affirme cela sera fait sans l'aide du cyanure, mais cette méthode n'a pas été montrée comme étant efficace sur le minerai de Skouries. Cela soulève des inquiétudes supplémentaires sur l'utilisation éventuelle de cyanure dans la forêt.

L'opération actuelle a cherché à remplacer ces préoccupations avec peu d'effet et les préoccupations environnementales n'en sont qu'une partie. Une des raisons est que les circonstances dans lesquelles l'exploitation minière ont été établies sont discutables.

Quelques jours seulement après que l'homme d'affaire Fotis Bobolas a créé Hellas Gold en 2003 avec un capital de départ de seulement 60.000€, l'État grec a acheté les droits d'exploitation de TVX pour 11 Millions d'euros et a immédiatement vendu à Bobolas pour 11 millions d'euros, ne gagnant rien dans l'opération. En quelques mois, Hellas Gold a été acheté à 95% par European Goldfields, une autre société canadienne qui fut à son tour absorbée lors d'une OPA amicale par Eldorado Gold.

Ces transactions couplées de la police et de l'oppression étatique pour assurer la poursuite des préparatifs pour commencer l'exploitation minière dans la région n'ont servi qu'à renforcer la colère locale et l'organisation du mouvement de protestation.

Il y a un an, en Mars 2012, les choses ont atteint un point culminant lorsque la société minière a envoyé ses ouvriers dans la montagne pour démanteler un camp de protestation établi par les militants anti-mines sur le site minier. Les manifestations qui ont suivi ont été violemment réprimées par la police anti-émeute. La situation n'a cessé de se détériorer jusqu'en février dernier, quand un groupe de 40 à 50 personnes de la région ont mené une attaque incendiaire sur le chantier principal de la société à Skouries, brûlant chaque équipement qu'ils y ont trouvé avant de partir.

Les autorités ont lancé une série de rafles après l'incendie criminel - une pratique policière courante en Grèce - et ont depuis arrêté 154 personnes tout en menant un raid de la police dans le village de Ierissos, un village de 3.000 habitants au centre du mouvement de protestation. Daskalopoulou a indiqué à Radiobubble.gr que les cloches des églises sonnent fréquemment pour alerter les villageois des détentions ou de la présence de la police.

Dans un cas, une jeune mère de deux enfants a été détenue pendant 16 heures sans avocat ni appel téléphonique à sa famille et sans accusation. Elle a été interrogée par la police en charge du "dossier" qui lui a demandé si elle pensait que son mari l'avait trompée. Une jeune fille de 15 ans à été appelée par la Sécurité d'Etat sur son téléphone portable pour une faire une «déposition». La police a fréquemment demandé des échantillons d'ADN aux personnes qui étaient simplement appelées à témoigner. "Dans certains cas, la police a prélevé des échantillons d'ADN par la force et a contraint le détenu à signer une déclaration disant qu'il leur avait donné de son plein gré", a déclaré Daskalopoulou.

Dans un cas très troublant, quatre jeunes, âgés de 19 à 22 ans, ont reçu la visite dans les premières heures du matin des agents de la sécurité de l'Etat qui leur ont demandé de les suivre au poste de police pour un problème non spécifié. A la station de police, ils ont été séparés. Daskalopoulou a interviewé l'un d'entre eux récemment, le fils d'un policier, qui a dit qu'il avait été laissé sans un verre d'eau pendant des heures et interrogé sur ses convictions politiques et sa participation à des manifestations. Il a ensuite été giflé et battu. "Chaque demi-heure, ils arrêtaient de le battre et l'obligeaient à regarder le mur, afin qu'il puisse mieux penser et leur dire où il était ce soir-là" ajoute Daskalopoulou. "Et puis ils revenaient et cela a duré entre six et sept heures. A la fin, une dizaine d'entre eux ont surgit dans la salle et ont exigé qu'il donne son ADN. " Le jeune a ensuite été contraint de signer qu'il avait donné son ADN volontairement. Un policier lui a dit plus tard: "Viens maintenant, ton village est assiégé. Pour atténuer ton cas et celui de ton village, donne nous quelques noms. " Quand il a refusé, il a été menacé d'être utilisé dans un jeu de « ping-pong ».

"Ping-pong signifiait qu'ils allaient le balancer dans la pièce tout en l'appelant anarchiste et vaurien. Ce gamin a 19 ans. "

Mais la violence n'a pas seulement été utilisée comme une tactique d'intimidation à huis clos dans les postes de police. Le 7 mars 2013, des policiers anti-émeute ont défilé dans Ierissos et détenu 5 personnes. Les recherches ont été menées avec l'unité anti-terrorisme qui était armée. "Ils ont douché les gens du village avec des produits chimiques pendant des heures. Les gaz lacrymogènes sont même entrés dans l'école. Trois enfants ont eu une attaque de panique, d'autres des problèmes respiratoires. L'ambulance a essayé d'y aller mais ne pouvait pas. Même un bébé de dix mois a dû être transporté à l'hôpital", a déclaré Daskalopoulou.

Une manifestation d'étudiants pour commémorer l'attaque du mois dernier dans l'école a eu lieu la semaine dernière dans la région. Cette manifestation, qui s'est déroulée dans le calme et a rejoint les manifestations contre les mines à Thessalonique, peu après les attentats,  a réuni 20 000 personnes et a été le premier mouvement de protestation retransmis en Grèce, ce qui montre que le mouvement est loin d'être en déclin.

Au contraire, la région est devenue une scène dans le contexte des larges divisions politiques en Grèce, une sorte de symbole de la nécessité de résister au contrôle des monopoles des puissants sur l'État ainsi qu'aux ventes des actifs grecs et des ressources naturelles.

Daskalopoulou a affirmé qu'une récente manifestation de soutien à la mine a été mise en scène et elle l'a décrit comme ayant été presque comique, un événement extravagant qui a rassemblé des politiciens de la droite et des représentants d'organisations marginales. Selon Daskalopoulou, des manifestations organisées par les habitants eux-mêmes sont suivies par des syndicalistes ainsi que par des politiciens de gauche du principal parti d'opposition Syriza. Au même moment, dans une conférence de presse qui s'est tenue en Grèce la semaine dernière, Eldorado Gold a signalé qu'elle reconsidérerait ses plans avec une allusion d'un climat d'investissement instable en raison des réactions en cours.

"Si l'Etat a décidé de transformer la Chalcidique en un laboratoire de la violence et de la répression pour l'exporter vers le reste du pays, les gens de la Chalcidique ont décidé d'en faire un laboratoire pour la liberté et la lutte. Et cette lutte est quelque chose qui doit tous nous unir." a déclaré Daskalopoulou.

Pour écouter l'entrevue de Daskalopoulou en anglais par  Theodora Oikonomides sur Radiobubble.gr cliquez sur ce lien .

 

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