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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:33

 

http://zad.nadir.org

 31/31/01 par zadist


Aujourd’hui 31 mars l’occupation militaire dure depuis 128 jours (pour une opération débutée il y a 166 jours). Un camarade est emprisonné depuis 123 jours

Info Chat Teigne : Info Chat Teigne : Le procès de la Chat Teigne a eu lieu à St Nazaire, le rendu : Le tribunal de Saint-Nazaire a autorisé mardi 26 Mars l’expulsion d’opposants (possibilité d’expulsion immédiate, 450 euros pas jour d’astreinte au bout de 8 jours. quelle clémence !)

Info Bellevue : Le rendu du procès de la ferme de Bellevue confirme la décision précédent : Expulsion immédiate, 50 Euro par tête/jour pour ceux qui restent. AGO a demandé des amendes de 1000€ par jour, 20 000€ pour dommages et intérêts mais ils ne les ont pas obtenu. Un appel à mobilisation à la ferme ce jour là est annoncé.

Sur place, ça s’organise pour défendre Bellevue comme les autres lieux de la ZAD, et les appels à réagir partout en cas d’intervention policière sont remis au goût du jour :
Contre l’aéroport et son monde, s’ils attaquent on riposte ;
Appel à actions au moment des expulsions de la ZAD et
Contre l’aéroport et son monde : s’ils détruisent notre lieu d’organisation, nous occuperons les leurs !

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 21:12

 

 

 

Par Okeanos

31 mars 2013 - 10:07

(dernière modification le 31/03/2013 - 11:20)

 

 

Grèce. 2013. La police torture. Dans un pays de l'Union Européenne. La police torture et le ministre de l'ordre de public N. Dendias n'a pas lu le rapport d'Amnesty International concernant la violence de la police mais avait menacé d'attaquer The Gardian en justice pour avoir publié un article sur des tortures de la police envers des militants anti-fascistes en 2012. Il y a quelques semaines, la police a retouché les photos de détenus torturés. Le ministre avait à l'époque indiqué qu'"il avait fallu retoucher les photos pour que les détenus soient reconnaissables" tout en précisant que les traces de violence laissées sur les détenus étaient issues de l'arrestation. OkeaNews partage aujourd'hui cet appel à pétition du Comité Grec contre la torture pour que ces tortures cessent en Grèce. Merci à l'initiative des étudiants et travailleurs grecs à Paris pour m'avoir informé de cette pétition. 

PetitionPoliceTorture

Le Comité Grec contre la torture a été constitué récemment suite à une série d’événements alarmants de recours à la torture de la part de la Police grecque (le cas de quatre arrêtés à Velvedo de la ville de Kozani étant le plus flagrant [lire ici]). Il est composé de plusieurs organisations de défense des droits, telles que la Ligue des droits de l’Homme (Grèce), le Comité pour les droits des détenu-e-s, le Réseaux pour les droits politiques et sociaux, les Médecins du Monde, Act-up et bien d’autres, ainsi que de plusieurs citoyen-e-s. Il lance cette pétition pour dénoncer les violences policières perpétrées dans la rue, les commissariats, les prisons, les centres de rétention, et il se donne comme objectif d’enregistrer, d’intervenir sur place et de rendre public tout acte arbitraire et de torture de la part de la Police grecque. Une première conférence de presse est prévue pour le 9 avril : elle sera l’occasion d’annoncer publiquement la constitution du comité et de présenter la liste de signataires. Nous comptons sur votre soutien.

En Grèce la police torture

Agressions, viols, bastonnades, usage de Taser, brûlures de cigarettes, humiliations,
prélèvements génétiques obligatoires, même enlèvements d’élèves…

Les corps torturés, abusés, humiliés varient à chaque fois : manifestants, immigrés, détenus, personnes prostituées, même mineurs ; dans la rue, en salle de détention ou en centres de rétention. Les mains cependant, sont toujours les mêmes : celles de la police. La plupart de ces affaires ne sont pas officiellement dénoncées, ou un semblant d’enquête est mené laissant les responsables impunis. Mais qui peut encore croire que ces mésactions sont des événements marginaux?

Pas même le ministère de l’Intérieur, qui n’a pas hésité à publier les photos des 4 anarchistes arrêtés à Kozani le 1er février, sur lesquelles trois d’entre eux sont défigurés suite aux violences subies. Après une enquête réalisée en interne, le ministère déclare officiellement que la violence exercée par la police était « légitime et nécessaire ».

De leur côté, les personnes arrêtées ont dénoncé, par l’intermédiaire de leurs avocats et de leurs familles, qu’ils sont restés pendant des heures attachés les coudes dans le dos, avec des capuches sur la tête, pendant que les policiers les battaient à tour de rôle! Les photos, pourtant visiblement trafiquées, n’ont pas pu (ou peut-être n’a-t-on pas voulu?) dissimuler l’horreur. Les journaux télévisés ont diffusé ces photos sans commentaire. C’est également sans commentaire qu’ils ont diffusé un autre cas flagrant de torture, commis au siège de la direction générale de la police, celui de 15 motocyclistes participant à une manifestation antifasciste, quelques mois auparavant, un cas qui a pris toute sa gravité lorsque les médias internationaux s’en sont emparés. Plusieurs autres cas sont de même restés dans l’obscurité, comme celui de l’immigré torturé avec des pinces au commissariat de police d’Egaleo /Athènes, du mineur détenu à Amigdaleza/Attique qui a eu la rate éclatée suite à de violents coups, du viol avec matraque d’un autre immigré à la police portuaire de la Canée/Crète et plein d’autres.

En tant que citoyens de ce pays nous avons largement dépassé le stade de la simple inquiétude. Désormais il est de notre devoir de parler, de déclarer publiquement que :

- Nous ne devons pas permettre que la Grèce devienne un vaste Guantanamo.

- Nous ne devons pas permettre le retour aux pratiques des régimes dictatoriaux. La torture est un crime et comme tel, passible de sanctions légales.

- Nous refusons de nous habituer à la médiatisation de ces pratiques horribles, et de céder à la peur du message terrorisant qu’elle envoie à toute une société.

- Nous ne devons pas permettre cette barbarie ni tolérer son impunité.

à signer ici : http://www.ipetitions.com/petition/stop-police-torture/ (à noter que le site ipetitions.com propose de faire une donation au site de pétition en ligne après avoir signé la pétition : celle-ci est bien signée même si vous ne faites pas de donation. Cette donation n'est pas liée au Comité contre la torture.).

ou par courriel ici : nopolicetorture@gmail.com

lancée par le Comité grec contre la torture (http://greek-committeeagainsttorture.blogspot.gr/)

Vidéo du Comité grec contre la torture :

 

 

source : l'initiative des étudiants et travailleurs grecs à Paris

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 20:09

 

 

Marianne - Dimanche 31 Mars 2013 à 05:00

 

Perrine Cherchève

 


En cas de litige avec un service public, l'usager vit la fable du pot de terre et du pot de fer. Face à la Sécu, la justice, les impôts, la police, la caisse d'allocations familiales, Pôle Emploi ou encore EDF, on a toujours tort. A moins de s'armer de patience, pour longtemps...

 

On n'a jamais raison face à l'administration !

Hommages appuyés de tous les administrés à René Goscinny et Albert Uderzo pour les avoir tant fait rire... jaune. Souvenez-vous des Douze Travaux d'Astérix : les Gaulois ont conclu un deal avec César, qui consent à céder son pouvoir au chef Abraracourcix à condition qu'Astérix et Obélix sortent indemnes d'une série d'épreuves herculéennes. Faute de quoi, les Gaulois deviendront esclaves des Romains. A mi-parcours, nos deux héros doivent obtenir le laissez-passer A-38 dans «la maison qui rend fou». S'ensuit une parodie croquignolesque de l'administration, investie par des fonctionnaires frappadingues - un huissier dur de la feuille et grincheux, des agents autistes et méprisants, un préfet désinvolte et incompétent - qui n'ont qu'un but, semer les Gaulois dans un labyrinthe de couloirs, d'escaliers, de guichets, jusqu'à ce que, devenus cinglés, ils renoncent au précieux document. «La potion magique peut pas nous aider ici !» lâchera Obélix, dans un râle d'impuissance. Comme si rien ne pouvait s'opposer à la logique impitoyable d'une administration invincible.

Coïncidence ou pas, le film d'animation sort dans les salles en 1976, trois ans pile après la nomination par le gouvernement de Pierre Messmer du premier médiateur de la République. Sa mission, qui n'a pas varié en trente ans : améliorer les relations des citoyens avec l'administration et tenter de dénouer à l'amiable les litiges qui les y opposent, avant qu'ils ne saisissent les tribunaux. Depuis, la fonction a essaimé dans les ministères, les organismes sociaux, les services publics. A quoi s'est ajouté, en 2011, un défenseur des droits, aujourd'hui incarné par Dominique Baudis (lire l'entretien, p. 60). Bref, des êtres de chair et d'os chargés d'épauler des usagers désemparés face au Moloch de l'administration.

Il n'empêche, les contentieux, de plus en plus complexes, ne cessent de croître. En 2011, le défenseur des droits a reçu 80 000 dossiers (+ 1 % par rapport à 2010), dont 46 631 demandes de réclamations qui émanent dans 98 % des cas de particuliers ; celui de l'énergie, 8 040 (contre 1 358 en 2008), celui de Bercy, 3 410 (+ 3 %). Des chiffres qui ne reflètent qu'une partie de la réalité. Combien d'usagers déboutés par les commissions de recours et autres conciliateurs ont-ils renoncé à la médiation ? Selon la Cour des comptes (1), 50 000 dossiers de contribuables seraient susceptibles d'être examinés par le médiateur du ministère de l'Economie et des Finances, soit quinze fois plus que ce qu'il reçoit ! Combien d'administrés qui continuent à se défendre seuls ou devant les tribunaux ? Combien qui préfèrent renoncer ?

Prenons la Poste. En 2011, son médiateur a enregistré 12 224 demandes d'intervention, soit une baisse de 0,7 %. On dit bravo ! Sauf que... «Les réclamations enregistrées par le service consommateurs ont augmenté de près de 50 % en deux ans pour atteindre 926 000 plaintes en 2011 !» tempête Thomas Barba, ex-syndicaliste CGT puis SUD, auteur du Livre Noir de la Poste (2). En 2012, le chiffre a encore grimpé. Un document confidentiel sur «le suivi des réclamations», que Marianne s'est procuré, révèle que les services du courrier, de Coliposte et de la Banque postale réunis ont été saisis de quelque 170 000 réclamations en moyenne par mois ! Soit plus de 2 millions de doléances sur un an... Que sont devenus les plaignants ? Plus d'un tiers trébuchent sur le numéro ad hoc, le 3631 : 24,4 % abandonnent avant d'avoir tapé 1, 2 ou 3, etc., et 12 % raccrochent après le message de la Banque postale. Adieu, lettres ou colis égarés, bye-bye, litiges...

Fin septembre 2012, la logeuse de Gwenaëlle, une étudiante de 21 ans, s'inquiète de ne pas avoir reçu son chèque de loyer. La jeune femme pense que son courrier a été égaré et se rend au guichet de la Poste de Rennes. Une conseillère lui explique : «Il y a eu quelques changements dans l'administration et certains courriers ont pris du retard.» Soit. Une semaine s'écoule, la lettre ne réapparaît pas. Prudente, Gwenaëlle fait opposition auprès de la Banque postale. Elle remplit le formulaire au guichet, aidée d'un conseiller. Mais, le 8 novembre, un courrier du service clients lui demande de compléter un formulaire en tout point identique au précédent, assorti de la mention : «J'attire votre attention sur le fait qu'à défaut de réception de votre déclaration écrite avant le 20 novembre 2012 votre opposition sera annulée.» Inquiète, elle refait les démarches de A à Z. Las. Quatre jours plus tard, Gwenaëlle reçoit un nouveau courrier... avec le même formulaire à compléter. Ubu, où es-tu ? «J'étais découragée, alors j'ai laissé filer. Heureusement, le chèque n'a pas été débité, mais je ne saurai jamais où il est passé.» Gwenaëlle ignore qu'en quelques années la Poste a supprimé 80 de ses 120 centres de tri. Du coup, les missives font des allers-retours spectaculaires : une lettre postée de Gap à destination de Gap a transité par Marseille, une autre, envoyée de Quimper pour Quimper, est passée par Rennes. Pas étonnant que le courrier disparaisse parfois dans la nature...

La mésaventure postale de Gwenaëlle paraît bien anodine comparée à l'infortune de Mathieu, 30 ans, photographe indépendant : il est apatride social. C'est bien simple, depuis qu'il a débuté, voilà douze ans, il n'a jamais réussi à décrocher un numéro de Sécu ! «J'ai une carte d'identité, je paie mes impôts, mais, pour la Sécu, je n'existe pas. Elle ne sait pas qui je suis», assure-t-il. Ce n'est pas faute d'avoir tenté de sortir de l'anonymat. Des dossiers d'inscription, il en a rempli «tous les six mois». A chaque fois, les mêmes objections : «Soit on me disait que mon dossier était incomplet, soit qu'il n'était jamais arrivé», raconte-t-il. Mathieu persistera trois ans avant de laisser tomber parce que «ça devenait trop prise de tête». Après tout, il est en bonne santé, alors, à quoi bon se rendre malade pour des formalités ! Puis, cette année, il lui vient une idée : si l'assurance maladie ne veut pas de lui, pourquoi ne pas opter pour une mutuelle privée ? Pas de chance, pour souscrire à une mutuelle, il faut avoir... un numéro de Sécu ! Retour à la case départ. «J'ai entrepris de nouvelles démarches et maintenant j'attends, dit-il, impatient. Ce qui m'agace le plus, c'est d'être face à des interlocuteurs qui prétendent que c'est moi qui ai tort et eux qui ont raison !»

Le cas de Mathieu, qui a fait l'autruche sept ans pour ne pas affronter l'adversité, est loin d'être particulier. «Il n'est pas rare de constater le découragement de l'usager dans ses démarches», souligne Dominique Baudis dans son dernier rapport. Et «l'usager» se sent d'autant plus impuissant face à une situation injuste que les recours amiables sont aléatoires.

A la Sécu, «la commission de recours donne rarement tort à l'administration», confie-t-on dans l'entourage du défenseur des droits. A EDF ? «Ce sont des salariés de l'entreprise qui reprennent le dossier. Ils ne vont pas mettre en cause leurs collègues», fait remarquer Denis Merville, le médiateur de l'énergie. Que faire, alors ? Saisir un juge ? Là encore, ce n'est pas gagné. Selon l'Aadecaa, une association de défense contre les abus de l'administration sise à Perpignan, les tribunaux seraient plus cléments avec les agents qu'avec les usagers. «En gros, quand on perd contre une administration ou une collectivité locale, on se prend 1 000 où 2 000 €. Mais, quand on gagne, on récupère péniblement 35 €», assure Michel Davin, juriste et membre fondateur de l'Aadecaa. En ce qui concerne le fisc, la réponse de la Cour des comptes est même rédhibitoire : «La décision du juge va dans le sens de l'administration dans 90 % des cas.»

Même si on gagne devant un juge, on est toujours perdant», insiste un avocat spécialisé en droit fiscal qui préfère garder l'anonymat. Exemple : M. Dupont a un litige avec le Trésor public portant sur la somme de 10 000 €. Il a déboursé 3 000 € pour se faire défendre et, à l'issue de la procédure, le tribunal lui donne raison. «Or le juge n'est pas obligé de rembourser ses frais d'avocat, explique le juriste. Certes, la dette de l'administré a été annulée. Mais il aura payé pour qu'elle le soit !» Autrement dit, pour obtenir la reconnaissance d'un droit, il faut mettre de sa poche, et la somme est parfois dissuasive.

Conclusion de l'avocat : «Si vous devez 15 000 € aux impôts, que ça vous coûte déjà 5 000 à 6 000 € pour vous défendre, et qu'en plus vous n'êtes pas sûr de gagner, je dis : payez ! Votre problème sera réglé. A moins de mettre un point d'honneur à faire reconnaître ses droits.»

Voilà un conseil qui a le mérite de la franchise ! Pour dissuader les usagers de se défendre, l'Etat et les organismes sociaux utilisent des moyens plus insidieux. Ils omettent d'informer, ou agitent le chiffon rouge de l'amende en cas de procédure abusive. Aujourd'hui encore, la possibilité de saisir le médiateur de Bercy, en fonction depuis bientôt neuf ans, n'est toujours pas mentionnée sur les documents que le fisc adresse aux contribuables. «L'administration fait peur, insiste Hervé Rose, chef du pôle protection sociale et solidarité auprès du défenseur des droits. Par exemple, lorsqu'un usager saisit le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass), on lui dit noir sur blanc : attention, le juge peut se retourner contre vous en cas de recours dilatoire. Forcément, ça freine les ardeurs.» En revanche, on lui précise rarement qu'un recours devant le Tass est gratuit, qu'une simple réclamation devant le greffe suffit, et qu'il n'est pas obligé de prendre un avocat pour se défendre.

A la décharge de l'administration, les entreprises privées ne font pas mieux. Selon une enquête du Credoc de septembre 2011 sur «les recours effectifs des consommateurs en France» plus de 40 % d'entre eux disent avoir fait une réclamation pour un service ou un produit acheté au cours des douze derniers mois. Surtout, 69 % des sondés, bien qu'insatisfaits de la réponse apportée, renoncent à donner suite. «Il y a une forme d'impuissance qui conduit au renoncement», analyse Cédric Musso, directeur des relations institutionnelles de l'UFC-Que choisir. Impuissance, parce que la plupart des réclamations portent sur de faibles sommes - d'un à quelques dizaines d'euros. Or, toute personne qui saisit la justice doit d'abord s'acquitter d'une contribution de 35 €. En outre, le recours collectif, l'équivalent des class actions américaines, qui permettrait aux citoyens de regrouper leurs plaintes, n'existe pas en France. Un projet de loi en ce sens doit être déposé au printemps, mais, en attendant... «Les entreprises qui violent la loi en tirent bénéfice», dénonce Cédric Musso. En 2005, Orange, SFR et Bouygues ont été condamnés à verser 534 millions d'euros pour s'être entendus sur le marché de la téléphonie. «Mais nous avions estimé le bénéfice frauduleux à 1,2 milliard d'euros (20 millions d'abonnés victimes, avec un préjudice moyen de 60 € ).»

A croire que les entreprises privées ont fini par calquer leur fonctionnement sur celui des administrations. Même lenteur, même complexité des réglementations, parfois inintelligibles. Mêmes modes d'organisation kafkaïens : l'usager d'un service public, comme le client d'un opérateur privé, devra s'armer de courage pour forcer le premier barrage, la plate-forme téléphonique, version contemporaine et maudite de l'huissier sourdingue qui tient l'accueil de «la maison qui rend fou». Tapez 1, puis 2, puis dièse pour revenir au menu, ou hurlez dans le combiné «Réclamation !» avant d'espérer entendre le son d'une voix humaine...

«Le problème vient de la taille des organismes. Plus c'est gros, plus c'est lourd. Auparavant, lorsqu'un habitant avait un problème avec EDF, il s'adressait au maire, qui réglait le problème en direct», insiste Denis Merville, le médiateur de l'énergie, lui-même édile de Sainneville, une bourgade de 800 âmes en Seine-Maritime. «Il y a eu des effets de mode», analyse de son côté Hervé Rose. Dans les années 90, les pouvoirs publics ont copieusement plagié le privé, supposé incarner l'étendard de la modernité, pour réformer les organismes sociaux, avant de s'attaquer plus récemment à l'administration. A la Sécu apparaît alors un vocabulaire qui «chatouille la grammaire mentale du fonctionnaire», s'amuse-t-il. On parle de relation client-fournisseurs, de contrôle de gestion, de normes ISO, de certification. Vouloir appliquer ces modèles aux prestations sociales tient de la gageure. Surtout lorsqu'on sait qu'à la Caisse d'allocation familiale (CAF) il existe 17 000 dispositions législatives, réglementaires et administratives ! «Un allocataire et un filet de saumon, ce n'est tout de même pas la même chose, tranche Hervé Rose. Or on a mis une distance entre l'humain administratif et l'humain concret. L'usager est perdu : sa situation est polymorphe et il est face à un mur d'incompréhension.»

Dans les CAF, les techniciens nez sur l'ordinateur se réfèrent à une base de données où la réglementation a été prédigérée, et qui leur indique quoi faire. Dans 98 % des cas, ça marche. Remarquablement bien, même. Mais, lorsque l'individu n'entre pas dans les cases, que son cas est particulier ou qu'il recèle une anomalie, ça casse. Mathieu, l'inconnu de la Sécu, en sait quelque chose. «On est entré dans une logique de production pure, poursuit Hervé Rose. Du coup, c'est devenu plus compliqué de remettre en œuvre un droit qu'on a refusé et plus simple d'éjecter quelqu'un d'un droit. Les fonctionnaires ne vont plus à la pêche aux droits parce qu'ils n'ont pas le temps ; les cas compliqués, on les glisse sous la pile...»

Par prudence ou/et pour ne pas se faire taper sur les doigts par le chef, les fonctionnaires - sous pression et soumis à des impératifs budgétaires - se bordent donc au carré. L'administration fiscale doit faire du chiffre, les organismes sociaux, dépenser moins. Comme le soulignait déjà Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République jusqu'en 2011, l'agent privilégie la traque aux fraudes, refuse a priori, contrôle a posteriori, impose la multiplication de documents pour «protéger sa responsabilité et son confort au détriment des droits des citoyens». Quitte à défier le bon sens. Dans son livre Faibles et puissants face à l'impôt (3), le sociologue Alexis Spire relate cet échange édifiant avec une agente des impôts de Seine-Saint-Denis qui, lorsqu'elle saisit les déclarations, «oublie délibérément de préciser le nombre d'heures travaillées, de façon que la personne demandant la prime pour l'emploi ne puisse en bénéficier automatiquement et soit obligée de produire des justificatifs». Indécence d'un système qui se préoccupe plus de ses indicateurs que des individus...

Jusqu'à une date récente, EDF faisait des économies de gestion à la petite semaine : lorsque le trop-perçu était inférieur à 15 €, elle ne remboursait l'abonné que s'il le réclamait. Pas très élégant. EDF s'est fait taper sur les doigts, mais, à la CAF, on persiste. L'allocation logement n'est toujours pas octroyée lorsque son montant est en deçà de 15 €€par mois. L'allocataire y a théoriquement droit, mais, même s'il la réclame, on ne la lui donnera pas ! Kafka, es-tu là ? «La loi dit que nous n'avons pas à la lui verser», précise Eric Cyprien, directeur adjoint de la CAF de Paris, qui suppose que cette décision a été prise pour réduire les coûts.

Comble du comble, l'administration applique aujourd'hui des textes qui conduisent tout droit les usagers dans des impasses éprouvantes. «Je sors de deux ans de PV», souffle Joël Luchetta comme s'il avait purgé une peine de prison. En 2011, ce Toulousain reçoit un premier PV dûment majoré, pour une infraction commise à Paris avec un véhicule dont il n'est plus propriétaire. Il conteste par lettres recommandées, porte plainte. Le PV à peine annulé, il est aussitôt réémis avec une majoration. Fin 2012, Joël Luchetta reçoit une lettre d'huissier, puis, une semaine plus tard, sa banque l'informe que son compte a été saisi de 75 €, le montant de l'amende. Paniqué, il prend langue avec Daniel Merlet, le président l'Association nationale de défense des victimes d'injustice (Andevi), un spécialiste hors pair du PV abusif : en vingt-quatre heures, son affaire est réglée et la saisie sur son compte, annulée. En vérité, Joël Luchetta a été l'une des dernières victimes d'une loi imparfaite, qui, bien que rectifiée à la fin 2011, a encore des ratés (lire, p. 66). En gros, tant que l'acquéreur d'un véhicule d'occasion n'avait pas déclaré son achat à la préfecture, le vendeur restait titulaire de la plaque d'immatriculation : quand le nouveau propriétaire commettait une infraction, c'est l'ancien qui prenait la prune !

Parfois, l'Etat, en revenant délibérément sur ses propres décisions, est directement à l'origine de situations aussi ubuesques qu'injustes. La cacophonie qui a entouré l'attribution puis la suppression de niches fiscales destinées à doper le développement des énergies renouvelables est un cas d'école. En 2003, le gouvernement met le paquet sur les défiscalisations de panneaux photovoltaïques pour attirer le contribuable vers les énergies renouvelables. Exemple : votre impôt sur le revenu s'élève à 10 000 €, mais, si vous investissez 8 000 € dans une société de production d'électricité solaire, vous paierez zéro... Tentant ! A tel point que personne ne s'attendait à un tel engouement. Si bien que Bercy finit par mettre le holà. Pour dissuader les candidats qu'on a tout fait pour appâter, le prix de revente de l'énergie à EDF est d'abord revu à la baisse. Puis la niche est rabotée avant d'être supprimée, en 2011. Les milliers de contribuables qui ont investi se prennent une sévère douche froide. Les installations qu'ils ont financées n'ayant pas été raccordées à temps au réseau EDF, ils n'ont plus le droit à la défiscalisation. «Non seulement ils ont dépensé de l'argent pour investir dans le photovoltaïque, mais en plus on leur réclame le paiement de l'impôt. Quinze mille personnes sont dans cette situation, et le redressement fiscal s'élève au total à 1,3 milliard d'euros !» s'insurge Me Frédéric Naïm, qui défend 350 plaignants. «On a utilisé les contribuables en leur faisant une promesse non tenue. L'injustice de la part de l'Etat est réelle !» plaide l'avocat, qui prévoit maintenant trois ans de procédure, au bas mot, sans certitude d'obtenir gain de cause... A suivre.

Autre ovni administratif, dans un registre différent : le régime social des indépendants (RSI), né en 2006 de la fusion des caisses de retraite et d'assurance maladie des artisans, commerçants et indépendants. «Le RSI est un polytraumatisé. Ça relève de l'hôpital», lance Louis Trujillo, délégué au défenseur des droits à Versailles. Ancien contrôleur fiscal à la retraite, Louis Trujillo reçoit bénévolement chaque mercredi des administrés dans un petit bureau blanc, et passe près de la moitié son temps à régler les couacs liés au RSI. Ce matin-là, il a encore rassuré un vieil homme à qui le régime réclame depuis 2008 des cotisations dont les montants varient entre 2 000 et 4 000 €. «Le gars, il s'est adressé pendant quatre ans au RSI sans obtenir de réponse et il se dit : qu'est-ce que j'ai pu bien faire ?» Quel gâchis ! Surtout lorsqu'on sait que ce fameux RSI devait faciliter la vie de quelque 6 millions d'assurés ! A l'arrivée, ce «machin» équipé d'un système informatique bâti à la hâte et qui bogue à répétition est une usine à gaz : appels de cotisations baroques, radiations arbitraires, défauts de remboursement... Aux dernières nouvelles, le RSI ne devrait pourtant pas être remis d'équerre avant 2016. C'est dire si Louis Trujillo a encore du pain sur la planche «On passe son temps à dire qu'il faut simplifier, informatiser, moderniser, fusionner, dit-il. Mais, à partir d'une certaine masse, le haut de l'organisme perd le contrôle du bas».

Paradoxalement, si les normes et les procédures de l'entreprise privée se sont imposées aux administrations, les textes restent sujets à interprétation. Entre le fonctionnaire et l'usager, les divergences d'appréciation ne sont pas rares. A chacun sa vérité ! Sauf que la vérité du pot de fer s'impose en général au pot de terre. Face à l'agent qui incarne la loi et l'autorité, les administrés se sentent désarmés, insécurisés. Le trouble s'est accentué ces dernières années. En cause, la crise et son corollaire, un Etat - providence qui protège de moins en moins, mais aussi l'inflation de textes, décrets, circulaires qui se télescopent, se contredisent, voire s'annulent et provoquent des crispations des deux côtés.

«Lorsqu'on commence à se confronter à l'administration, on ne sait pas où on va», confirme Laurent, 30 ans, qui palabre avec les impôts depuis près de deux ans. En 2011, sa boîte fait l'objet d'un contrôle fiscal sur les trois années précédentes. Le jeune entrepreneur est un agent qui met en relation des clients avec des prestataires, et touche des commissions en contrepartie du service rendu. Le contrôleur admet que Laurent est réglo, même s'il a un peu tardé à faire signer quelques contrats. «Il reconnaît ma bonne foi, mais me dit : vous devez quand même payer !» Et la note est salée : 25 000 €. A quoi correspond ce redressement ? Mystère. Pour une raison qu'il ignore, l'administration a requalifié son activité d'intermédiaire «transparent» en intermédiaire «opaque», ce qui qui modifie totalement sa base d'imposition. Laurent conteste, prend un avocat. «Quand ils ont vu que je pouvais gagner, ils m'ont fait une proposition à 10 000 e et on est en train de négocier. Mais ça fait mal au cœur ! Quand un chef de brigade missionne ses contrôleurs, ils n'ont pas intérêt à revenir les mains vides. Mais ce n'est rien d'autre que du racket !»

Laissons la morale de l'histoire - il en faut une - à Hervé Rose. De ses années de médiation auprès du défenseur des droits, il a acquis au moins une certitude : «On ne gagne pas face à l'administration. On gagne avec elle.» A méditer. P. Ch.

(1) «Les relations de l'administration fiscale avec les particuliers et les entreprises», février 2012.

(2) Ed. Jean-Claude Gawsewitch, 2013, 17,90 €.

(3) Ed. Raison d'agir, 2012, 8,10 €.

EN CAS DE LITIGE

Impôts

Vous pouvez faire appel à un conciliateur fiscal du ministère des Finances. Avant de le saisir, vous devez faire une réclamation au 01 53 18 72 00 ou par courriel sur cedef@finances.gouv.fr. A la suite de cette procédure, vous pouvez saisir le conciliateur de votre département : ses coordonnées sont indiquées sur le site www.impots.gouv.fr. En cas d'insatisfaction, il vous est possible de saisir le médiateur du ministère de l'Economie et des Finances : www.economie.gouv.fr/mediateur/demande-mediation

Caisse d'allocations familiales

Avant de faire appel au médiateur de la CAF, vous devez faire une réclamation auprès d'un conseiller CAF, soit par écrit, soit par téléphone, mais aussi auprès d'un point-relais (correspondant à votre département et à votre ville). A la suite de cette démarche, vous pourrez envoyer votre dossier au médiateur (son adresse étant indiquée pour chacune des CAF sur le site www.caf.fr). Vous pouvez le saisir par courrier ou au guichet.

 

ARTICLE 1 : LA POLICE A TOUJOURS RAISON

C'est une règle d'airain, tacite et silencieuse, les policiers ont toujours raison. Inutile d'en débattre, ils ont raison individuellement, mais surtout collectivement, et font bloc comme aucun autre corps d'Etat, du haut de leur nombre, de leur force, de cette loi qu'ils incarnent. Une réclamation ? Circulez, y a rien à voir ! Ils sont contre le retour de la «pucelle», ce numéro agrafé il n'y a pas si longtemps encore (en 1986) sur leur uniforme, pourtant réclamé avec insistance par le défenseur des droits, Dominique Baudis. Difficile de les identifier en cas de litige. Ils contestent le remodelage en cours du code de déontologie qui vise à encadrer leurs relations avec les citoyens. Ou la volonté, caressée par les conseillers du ministre de l'Intérieur, d'appliquer aux policiers le même taux maximal d'alcoolémie que celui en vigueur pour les chauffeurs de car... En cas de «bavure», il faut des mois, voire des années, pour récupérer tous les éléments matériels et délier les langues. Il n'est qu'à se tourner vers les avocats pour s'en convaincre.

Me Yassine Bouzrou s'est frotté aux arrangements, combines et cachotteries de la police. Le cadre : la mort d'un Malien de 38 ans, en France depuis quinze ans mais sans papiers, dans l'enceinte du commissariat de Courbevoie, dans la nuit du 5 décembre 2004. L'un des quatre fonctionnaires présents a vu l'homme se taper la tête contre les murs de la cellule ; les trois autres n'ont rien vu. La caméra était hors d'usage, comme par hasard, et le dossier médical du défunt avait disparu...

Le policier a toujours raison, il peut même être couvert par son ministre, mais il arrive que le couvercle saute, à condition que s'en mêlent les élus de la République. Jean-Pierre Brard, député PC de la Seine-Saint-Denis, et Delphine Batho, quand elle était encore députée PS des Deux-Sèvres, font partie de ceux qui ont le plus souvent saisi la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), dont les prérogatives sont désormais entre les mains du défenseur des droits. Avec des résultats non négligeables puisque les observations de ses équipes sont transmises à la fois aux juges et au ministère de l'Intérieur, avec mise en demeure possible. Près de 600 réclamations arrivent chaque année sur leurs bureaux, dans le seul domaine de la sécurité. Ces contrôleurs indépendants peuvent même s'autosaisir.

«Les policiers préféreraient qu'on n'existe pas, mais ils font avec», observe Dominique Baudis. Sauf quand ils parviennent à contrer ses recommandations...

 

EN CAS DE LITIGE

La Poste

Avant de saisir le médiateur de la Poste, vous devez déposer une réclamation à l'adresse Internet www.laposte.fr/service-consommateurs ou en téléphonant au 36 31. Constituez ensuite un dossier complet - lettre exposant les motifs du litige, photocopies de pièces justificatives ainsi que les courriers échangés avec la Poste - à envoyer à : Litiges courrier, colis et autres services, le Médiateur du groupe La Poste, CP F407, 44, boulevard de Vaugirard, 75757 Paris Cedex 15.

 

EN CAS DE LITIGE

L'assurance maladie

Afin de faire appel au conciliateur de l'assurance maladie, vous devez, au préalable, adresser une déclaration à votre caisse d'assurance maladie. Le conciliateur ne traitant que les problèmes de soins (refus de soins...) ou les relations avec les médecins (délai d'obtention des rendez-vous...), vous pouvez le joindre, après cette première étape, en téléphonant au 36 46 ou sur le site Internet ameli.fr. Les modalités de saisine varient selon les caisses.

EDF

Vous devez adresser une réclamation au service clients, en appelant le 09 69 32 15 15 ou en écrivant à : EDF service clients, TSA 20012, 41975 Blois Cedex 9. En cas d'insatisfaction de votre part, adressez ensuite un courrier au service consommateurs à l'adresse : EDF service consommateurs, TSA 20021, 41975 Blois Cedex 9. Vous pourrez en dernier lieu saisir le médiateur EDF (www.mediateur.edf.fr) ou, mieux, le médiateur de l'énergie : energie-mediateur.fr

 

LA DIFFICILE INDEMNISATION DES ACCIDENTS MÉDICAUX

Les premières lettres sont arrivées. Un an et demi après la mise en place du fonds d'indemnisation des victimes du Mediator, 98 plaignants ont reçu un avis positif des experts du collège de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam). Un bien maigre résultat pour un organisme qui promettait, à ses débuts, une large indemnisation : sur 7 800 dossiers reçus, 1 700 ont été examinés. Parmi ces derniers, 820 ont été rejetés, soit près de la moitié, et 780 sont en stand-by faute de pièces suffisantes. Gravité du préjudice médical revu à la baisse, fuites aortiques mineures retoquées, faible barème d'indemnisation... Le chemin vers la reconnaissance a tout du parcours du combattant : chaque cas doit d'abord être accepté par un collège d'experts, puis les dégâts causés par le Mediator sont évalués avant d'être chiffrés. D'où de mauvaises surprises pour plus d'un plaignant. Une patiente, défendue par Me Charles Joseph-Oudin, a ainsi vu le fonds Mediator minimiser le bilan dressé par un expert indépendant. «Le collège ne retient que les préjudices directement en lien avec le Mediator, comme l'impose la loi. Il tient compte de l'état antérieur des personnes», se défend Erik Rance, le directeur de l'Oniam.

Pour les victimes d'autres médicaments, la réparation n'est pas plus évidente. Créé en 2002, l'Oniam offre une voie de recours théoriquement rapide et surtout entièrement gratuite. En dix ans, le nombre de dossiers déposés annuellement auprès des commissions régionales de conciliation et d'indemnisation (CRCI) a plus que doublé. Beaucoup de demandeurs... mais peu d'élus. En 2011, sur 4 279 dossiers reçus, à peine un tiers ont obtenu un avis d'indemnisation positif de l'Oniam. En cause, un curseur qu'on juge placé bien trop haut : pour obtenir réparation, le taux d'invalidité doit être supérieur ou égal à 24 %. «Il n'est pas impossible d'obtenir une indemnisation, on règle des contentieux avec l'Oniam. Mais c'est compliqué, du fait de la position singulière de l'office qui finance la CRCI, les expertises, siège à la CRCI et peut être amené à indemniser directement ou par substitution, note Me Guillaume Chauvel, avocat au barreau de Rennes. Cette posture rend l'Oniam juge et payeur, voire juge et partie.» Il n'est pas rare que l'office, absent lors des expertises médicales, s'oppose à l'avis donné par la CRCI (l'Oniam refuse 10 % des avis le désignant comme payeur), au motif qu'il n'y a pas assisté ! Or c'est lui qui a le dernier mot. Si indemnisation il y a, le montant est à prendre ou à laisser. Si la réponse est non, c'est non ! La victime n'a plus alors que deux solutions : abandonner ou saisir la justice, procéder à une nouvelle expertise et tout reprendre de zéro. Autrement dit, payer et prendre son mal en patience. Absurde lorsqu'on sait que l'Oniam a été créé pour désengorger les tribunaux.

 

PÔLE EMPLOI, DE KAFKA AU DRAME

Panique à Pôle emploi. Mardi 6 mars, un homme menace de faire sauter l'agence de Vannes (Morbihan) avec une bouteille de gaz si on ne lui verse pas illico ses indemnités. Le même jour, à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), un cadre s'asperge d'essence, tente de se faire brûler car ses droits allaient être révisés à la baisse...

Depuis le 13 février dernier, date à laquelle un demandeur d'emploi de 43 ans en fin de droits s'est immolé devant une agence de Nantes (Loire-Atlantique), Pôle emploi est sous tension. De Kafka, on est passé au drame. «Comme dans toutes les administrations, on est face à un système réglementaire hypersophistiqué, explique Jean-Louis Walter, médiateur de Pôle emploi. A la loi qui définit les principes, on a ajouté des instructions, des notes diverses... Le but étant de se couvrir au maximum pour ne pas se faire truander par un éventuel fraudeur. Résultat, on construit un bunker qui empoisonne la vie du Français moyen qui n'a rien à se reprocher.»

Le bunker, ce sont 50 000 agents qui pistent 5 à 6 millions chômeurs, faute de temps pour les aider à trouver un emploi. Mission impossible quand on sait que chaque conseiller gère un «portefeuille» de 300 chômeurs en moyenne. Résultat, on traite le flux en renvoyant les demandeurs d'emploi vers les plates-formes, des services à distance, où ils s'égarent. «Quand on les reçoit à l'accueil, c'est pour leur expliquer comment se débrouiller seuls», dénonce l'association Recours radiations. Parmi les points d'achoppement, les «indus», ces indemnités réclamées a posteriori à l'occasion d'un contrôle. Avec la multiplication de salariés en «activité réduite», elles ont explosé. A qui la faute ? Bien souvent au logiciel informatique qui enregistre les informations de travers et indemnise trop. Autre sujet de tensions : les radiations pour «absence à convocation». Selon Jean-Louis Walter, elles sont abusives au regard des motifs (retard de train, retard de dix minutes au rendez-vous, erreur de calendrier...) et du mode de réception le plus fréquent : le mail, que le chômeur serait supposé consulter nuit et jour... Ah, l'informatique ! Pôle emploi envisage de lancer une opération «100 % Web» à destination des chômeurs autonomes. Ils n'auront d'autres interlocuteurs que l'ordinateur ou le smartphone. On n'arrête pas le progrès...

 

EN CAS DE LITIGE

Le défenseur des droits

Si vous avez épuisé tous les recours, avant de saisir les tribunaux, vous pouvez interpeller le défenseur des droits nommé par le président de la République. Pour le contacter, vous devez remplir le formulaire en ligne sur le site defenseurdesdroits.fr ou appeler le 09 69 39 00 00.

 

 

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 19:59

 

Rue89

  31/03/2013 à 14h37

 

Au cœur d’un écovillage auto-construit, une école et un collège proposent un projet éducatif original inspiré de Montessori et d’autres méthodes alternatives.

L’histoire de l’établissement sonne comme un conte pour petits et grands. Le projet de Sophie Rabhi, fille du spécialiste mondial d’agronomie biologique et pionnier de l’écologie humaniste Pierre Rabhi, prend forme en 1999.

Film
Rue89 est partenaire du documentaire « Pierre Rabhi, au nom de la terre », de Marie-Dominique Dhelsing, sorti ce mercredi 27 mars. Vous pouvez gagner des places pour une projection en envoyant un e-mail.

La maternité et ses convictions écologiques l’amènent à créer la Ferme des enfants, une école maternelle et primaire, d’abord à Montchamp (Ardèche) chez ses parents. En 2008, elle est transférée au Hameau des buis, un écovillage pédagogique et intergénérationnel, fondé dès 2002 avec son compagnon Laurent Bouquet et construit de toutes pièces par ses habitants et des bénévoles sur un plateau de l’Ardèche méridionale.

En contrebas, la rivière Chassezac, ses gorges et ses campings, où les touristes s’ébrouent l’été. En haut, et en pleine nature, l’école, entourée d’une cour de récréation, de balançoires, d’un jardin et d’une ferme pédagogique. Aujourd’hui, les deux classes de maternelle et de primaire accueillent cinquante élèves, tandis que le collège – ouvert en 2011 – reçoit 16 adolescents.

L’influence de Montessori, Freinet, Steiner, Krishnamurti, Alice Miller et Dolto

L’originalité du projet éducatif de la Ferme des enfants tient en une idée : changer le comportement des adultes face aux enfants. Pour y parvenir, l’équipe d’enseignants (10 personnes) est influencée par la pédagogie Montessori, mais aussi par Freinet, Steiner, Krishnamurti, Alice Miller ou encore par l’école de Neuville (Dolto). Sophie Rabhi explique :

« On ne respecte pas vraiment l’enfant car on ne respecte pas ses besoins. En y arrivant, on favorise l’émergence d’un être humain accompli. Montessori a trouvé un certain nombre d’activités qui sont en résonance avec l’enfant, période après période, pour répondre à ses besoins naturels. On n’agit pas sur lui, on agit sur son environnement. D’où l’idée de le mettre dans la ferme et la nature. »

Le système classique de notes et de compétitivité sur l’apprentissage est abandonné. Le petit nombre d’élèves permet un suivi personnalisé. Les activités manuelles (ferme aux animaux, jardinage…) sont aussi importantes que les apprentissages « intellectuels ». Le rôle des adultes est bien défini. Sophie Rabhi raconte :

« Le plus important, c’est l’attitude des adultes : comment est-ce qu’on règle les problèmes ? Comment éviter les situations de domination ? Comment abandonner les situations de récompense, de punition ? La bienveillance est centrale, c’est elle qui apporte la liberté et la fluidité. »

Lutter contre le « formatage émotionnel »

L’adulte qui s’adapte à l’enfant. Stéphane Villoud, ex-chef d’entreprise, et sa femme ont quitté la ville (Grenoble) pour changer de vie et d’offrir une éducation à leurs enfants plus conforme à leurs souhaits. Stéphane pointe :

« L’école publique inflige des douces violences à nos enfants. Il y a un formatage émotionnel réel, une pression des adultes et des valeurs de performance qui ne nous conviennent pas. Notre démarche est de critiquer notre éducation en gardant le positif. On ne veut pas de rupture. On apprend tous les jours, mais on se questionne aussi beaucoup ».

Le choix concerté de l’école et de changement de mode vie avec ses enfants est assumé par toute la famille, mais n’est pas sans créer des ajustements :

« C’est un lieu où les enfants expérimentent l’indépendance. La difficulté pour nous, parents, réside dans le décalage avec nos règles familiales. »

Les programmes de l’Education nationale pas toujours suivis

Las, cette école n’est pas accessible à toutes les bourses. Les frais scolaires s’élèvent à 2 600 euros par an et par élève. L’inspection académique a donné le feu vert à la rentrée 2011 pour que l’école primaire de La Ferme des enfants passe sous contrat.

L’école et le collège sont soumis à l’obligation scolaire du socle de compétence, mais les programmes de l’Education nationale ne sont pas forcément suivis. L’objectif est d’offrir un enseignement au plus près des envies de l’enfant. Rodolphe Herino, coresponsable du collège, explique :

« On a rencontré les parents et les ados pour connaître leurs projets à la rentrée. Pour ceux qui veulent passer le brevet, on va coller au programme de l’Education nationale. Pour ceux qui veulent une insertion professionnelle rapide, on va cibler le socle commun et les apports de base, etc. »

Que deviennent les enfants qui retournent dans le public ? Rodolphe Herino et sa femme Claire, qui dirigent le collège depuis son ouverture, admettent qu’ « on manque de recul », mais ont une certitude :

« On fait le pari qu’un ado ayant les connaissances de base, qui est bien dans ses baskets, qui sait s’exprimer et dire ses émotions, aura les ressources pour se préparer et faire face à ces situations. »

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 19:29

 

Le Monde.fr avec AFP | 31.03.2013 à 20h58


 

Une postière ariégeoise, employée depuis 32 ans dont 22 ans en CDD, a obtenu de la cour d'appel de Toulouse 54 000 euros d'indemnités, la prise en compte de son ancienneté depuis 1981, la requalification de son emploi en CDI à temps plein depuis 1991 et la régularisation des cotisations de retraite depuis la même date.

L'arrêt de la cour, daté du 28 mars, et dont l'AFP a eu connaissance, améliore en sa faveur le jugement des prud'hommes de Foix en 2011 dont la postière avait fait appel. "C'est une sanction record, par le montant et par la régularisation totale de son ancienneté et de sa retraite", a déclaré à l'AFP Thomas Barba, délégué syndical Sud et représentant des postiers précaires devant les tribunaux depuis l'an 2000.

 

 

"EXPLOITATION ABUSIVE"

L'arrêt souligne notamment que la plaignante "est fondée à soutenir que l'attitude de La Poste (...) constitue une exploitation abusive contraire au principe d'égalité (avec les employés en CDI)".

La Cour a suivi la guichetière qui demandait une requalification à temps complet en soulignant que ces irrégularités "l'ont privée de la possibilité d'occuper un autre emploi puisqu'elle se tenait à la disposition permanente de cet employeur" sans connaître à l'avance "les conditions de durée et d'horaire de son embauche".

La Poste a usé et abusé des CDD pendant 13 ans après son changement de statut de 1991, qui autorisait le recours à des contractuels "en cas d'exigences particulières d'organisation". M. Barba se prévaut d'avoir obtenu plus de 160 condamnations de la Poste qui avait utilisé des CDD pour "des emplois liés à l'activité normale et permanente de l'entreprise".

Dans le cas de la postière ariégeoise, la Poste "n'a pas contesté les irrégularités de ces contrats" selon l'arrêt, et a accepté la requalification en CDI à temps partiel de ceux qui étaient postérieurs à 1991.

La direction de la Poste a régulièrement indiqué qu'elle était engagée "depuis 2004 dans une politique offensive de développement de l'emploi permanent à temps complet". La Poste qui emploie environ 240 000 personnes assure avoir proposé des CDI à 23 000 personnes en CDD sur la période 2005-2011.

 

 
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 22:05

 

 

http://fsm2013.wordpress.com/

 

 

 

Les Alternatifs au FSM de Tunis

Blog de la délégation des Alternatifs à Tunis du 26 au 30 mars 2013

 

 

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Assemblée des mouvements sociaux

De nombreuses organisations étaient représentées à l’Assemblée des mouvements sociaux dans une chaude ambiance militante et festive.

P1040677Fathi Chamkhi est intervenu au nom des mouvements tunisiens pour indiquer qu’après deux ans de révolution, la Tunisie résistait toujours et qu’elle avait ouvert une brèche dans le capitalisme mondial.

P1040681

La présidente du mouvement de l’Association tunisienne des femmes démocrates, Ahlem Beladj, a déclaré qu’il n’y avait pas de révolution sans féminisme. Josie Riffaud de Via Campesina a également souligné que le monde rural et les femmes étaient les premières victimes du capitalisme. La camarade tunisienne qui animait l’assemblée et représentait la marche mondiale des femmes est allée dans le même sens.

P1040693La jeunesse tunisienne et altermondialiste était fortement représentée. L’assemblée s’est terminée dans un joyeux concert de chants et slogans anti-impérialistes.

Philippe Gasser et Bernard Macret

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Billets du 29 mars

Aujourd’hui, vendredi 29 mars, s’achevait la troisième journée des ateliers. Au total, ce sont près d’un millier d’activités autogérées qui se seront tenues au cours de ce forum. Ce matin, les Alternatifs animaient un atelier : « Education : quel école pour l’émancipation ? » qui a été un succès numérique et qualitatif, introduit par nos camarades, Bruno Della Sudda et Pedro Mesas de los Alternativos (Etat espagnol) et en co-animaient un autre avec Transform intitulé : « Appropriation sociale et autogestion », introduit notamment par Richard Neuville, nous y reviendrons demain.

P1040663

En fin d’après-midi, les assemblées de convergence ont débuté et l’Assemblée des mouvements sociaux s’est tenue dans une ambiance surchauffée et combative. Demain matin, samedi  30 mars, les assemblées thématiques se poursuivront et l’après-midi se déroulera la marche de solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la journée de la Terre, à laquelle les Alternatifs participeront.

Assemblée des mouvements sociaux 2

Avant même de tirer un bilan collectif de ce forum, il est permis d’affirmer que ce FSM a été un succès en termes de participation (50 000 personnes) et d’organisation. La présence tunisienne aura été significative et ce forum aura permis aux militant-e-s du monde entier de manifester sa solidarité au peuple tunisien et aux mouvements sociaux.

RN

Dynamique des femmes et femmes dynamiques au FSM

Ass de femmes_792632013Tout au long de ce forum, les femmes étaient très présentes tant par leur participation que par le nombre d’ateliers abordant les thématiques féministes. L’assemblée des femmes a même ouvert le Forum Social Mondial de Tunis renouant ainsi avec la tradition altermondialiste. Elle était à l’initiative de l’Association des Femmes Démocrates Tunisiennes et de la Marche Mondiale des Femmes. Dans une ambiance dynamique , effervescente et combative , plus d’un millier de personnes hommes et femmes ont repris en chœur des slogans internationaux : el pueblo unido, free free Palestine , le peuple veut savoir qui a tué Chokri Belaid , so so so solidarité avec les femmes du monde entier… Les prises de paroles étaient donc un peu difficiles dans une atmosphère plus proche de la manifestation que d’un débat.

Les revendications des femmes que ce soit celles des tunisiennes, des égyptiennes , palestiniennes sénégalaises , polonaises, brésiliennes vont toutes dans le sens de la recherche de plus de démocratie, de liberté et de droits pas uniquement pour les femmes d’ailleurs mais pour toute la société. Elles luttent partout dans le monde contre la double oppression patriarcal et capitaliste.

En Tunisie , comme en Egypte , elles ont joué un rôle important dans la révolution comme dans les événements qui l’ont précédée mais elles sont aujourd’hui inquiètes. Dans cette phase de transition post-révolutionnaire, elles se sentent exclues des processus constituants ou mal représentées et les premiers signes donnés ne vont pas dans le sens de l’égalité hommes femmes. Ainsi, en Tunisie il a fallu une très forte mobilisation des femmes et de la société civile pour combattre le projet d’article de la constitution visant à rendre la femme « complémentaire » de l’homme plutôt que son égale.

Depuis l’Indépendance, les droits des femmes étaient dans la loi (code du statut personnel) sans garantir pour autant l’égalité. Aujourd’hui, avec l’arrivée au pouvoir d’Ennahdha, l’écriture d’une nouvelle constitution risque d’ouvrir une brèche permettant de remettre en cause les acquis et d’empêcher l’avènement de nouveaux droits notamment sur le plan politique.

La dynamique des mouvements sociaux et en particulier féministes doit permettre de résister aux attaques et d’obtenir de nouvelles avancées. Rien n’est joué, la révolution est encore en cours.

Florence Ciaravola et Nathalie Marcu

Nouvelles constructions à gauche

« Les nouvelles constructions à gauche pour dépasser le fractionnement » : l’atelier proposé par Transform ! et Espace Marx a tenu ses promesses malgré l’absence dommageable de dernières minutes du Front Populaire de Tunisie pourtant annoncé.

Cet atelier a d’abord été l’occasion pour Theano Fotiou, députée de Syriza, d’évoquer la situation dramatique de la Grèce, les récentes grèves dans ce pays dont la Troïka a programmé la destruction, mise en œuvre par la politique d’hyper-austérité de la coalition de la Nouvelle Droite, du PASOK et de DIMAR (Gauche Démocrate). Les propositions alternatives de Syriza, notamment sur sa conception du traitement de la dette et son rôle d’opposition au parlement et au mémorandum, ont été mentionnées. En tant qu’alliance de la gauche radicale dont le KKE (PC orthodoxe) et l’essentiel de l’extrême gauche trotskiste restent à l’écart, Syriza incarne à l’échelle de masse les résistances et l’alternative, défend et favorise les pratiques alternatives de celles et de ceux qui, dans les décombres, reconstituent les circuits d’échanges et de solidarité et tentent d’inventer les réponses pratiques de résistances à l’hyper-austérité.

Babacar Diop, membre du Forum social africain, a évoqué la situation au Sénégal en insistant sur la dynamique d’une coalition rassemblant toute la palette des forces de gauche de son pays.

Ce fut au tour de Pierre Laurent, en tant que président du Parti de la gauche européenne (PGE – rassemble une partie des forces de gauche des différents pays d’Europe et plusieurs composantes du Front de Gauche en France) de prendre la parole. Il a d’abord rappelé l’ampleur des mutations à l’échelle planétaire des trente dernières années et signalé l’importance nouvelle de l’écologie dans les défis du XXIème siècle, avant d’insister sur la nécessité de repérer les nouveaux problèmes, de réfléchir à de nouvelles réponses et d’élargir les alliances susceptibles de proposer ces nouvelles réponses, au-delà des seules forces du PGE. Celui qui est aussi le secrétaire du PCF a saisi l’occasion de rappeler la brève histoire du Front de Gauche : celui est présenté comme la réponse unitaire à la nécessité de donner un prolongement politique à la victoire du Front de Gauche contre le projet de TCE en 2005. Pierre Laurent a insisté sur le fait que la dynamique du Front de Gauche implique à la fois pluralisme et ouverture de sa part, rappelant que ce dernier n’est pas un parti et précisant le passage de trois composantes originelles à neuf aujourd’hui. Enfin, Pierre Laurent a annoncé le projet du PGE de mettre sur pied un forum des alternatives à l’échelle européenne et de renforcer sa coopération avec le Forum de Sao Paulo (organe de liaison des différentes composantes de la gauche Indo-Afro-Latino-Américaine).

Ensuite ce fut Obey Ament (Espace Marx Amérique Latine) qui évoqua les liens existants entre les différentes forces politiques de la gauche latino-américaine raccordés au contexte politique globale de cette région du monde marquée par de profonds changements depuis près de deux décennies.

Enfin, pour le rendez-vous d’Athènes les 7 et 8 juin, Walter Baier (Transform!) a rappelé la démarche et l’objectif de l’Alter Summit. Ce processus est conduit par les mouvements sociaux et les forces syndicales avec le soutien des forces politiques dont le PGE.

Un rendez-vous qui a donné l’occasion d’un débat avec la salle, avec des questions portant notamment sur l’Alter Summit, les projets annoncés par Pierre Laurent et le devenir en question du Forum Social Européen.

Bruno Della Sudda

Projet d’un logo mondial pour l’urgence et la justice climatique

Fait nouveau, pour la première fois dans un FSM se tenait à Tunis un ESPACE CLIMAT qui a organisé un grand nombre de réunions et d’ateliers. Et pour manifester l’importance de cette thématique à l’initiative de plusieurs personnalités participant à la dynamique de forums sociaux mondiaux (Susan George, Naomi Klein, Bill Mikibeen, Wanjira Mathai, Paul Nicholson, Bobby Peek, Adolfo Perez Esquivel, Vandana Shiva, Pablo Solon) a été proposé la création d’un logo mondial pour l’urgence et la justice climatiques.

Sur les cinq continents des millions de gens luttent, se mobilisent contre les causes du changement climatique. Ils réclament un nouveau modèle de société et d’économie qui respecte la nature et ses grands équilibres, qui protège les populations et en particulier les plus démuni-e-s. Il leur a semblé qu’il était temps que naisse un symbole unifiant toute ces voix, toutes ces mobilisations et donc qu’il fallait imaginer un logo permettant de rendre visible en tout lieu et à tout moment l’urgence et la justice climatiques. Pour être le symbole mondial et unificateur nécessaire, un tel logo ne doit être rattachable à aucune culture, langue ou alphabet particulier. Et encore moins à une quelconque organisation. Il doit pouvoir être reproduit avec les moyens ou l’absence de moyens de chaque personne sur la planète.

Nous n’avons qu’une planète ! Aussi devons nous faire fleurir des milliers de discussions et des millions de prises de conscience sur l’urgence de se mobiliser pour lutter contre la crise climatique et les conséquences dramatiques qu’elle représente pour les générations futures.

Roland Mérieux

OSER A NO-VOX !

NO-VOX 2832013Depuis plusieurs années, No-Vox, la voix des « sans », crée son réseaux essentiellement axé sur le logement: mal logés, SDF, expulsions et ce, de forum en forum, dans maintenant nombre de pays.

Si souvent ce sont de petits collectifs locaux, ceux-ci se regroupent eux aussi en réseaux dans leur propre pays.

A cet atelier, nombre de pays avaient des représentants  et je pense utile de les citer: Japon, Portugal, Chili, Burkina Faso, Benin, Mali, Brésil, Maroc, Tunisie, Brésil, Canada, et bien sur France.

NO-VOX Japon_762832013Si le réseaux existe beaucoup par le « net », il y a aussi de nombreux déplacement depuis la France pour les aider à construire leur collectif. L’un des grands principes d’action est le soutien aux expulsés, aux déguerpis en Afrique, par les envois de mail venant du monde entier et ce au ambassades ou ministères et ça marche !

Les conditions sont si différentes par pays qu’il serait fastidieux, en dehors d’une thèse comparative de les détailler. Du juridique aux us et coutumes, de l’existence de cadastre à l’histoire, chaque pays a ses complexités. C’est donc sur le principe des droits humains au logement que se fonde l’action.

Les tours de parole ont été optimistes quant à la montée en force des mouvements face à des situations aussi dramatiques les unes que les autres: déguerpis en plein Bamako mais blocage du plan d’urbanisme « à l’occidentale », occupation au Portugal pour reloger les retraités expulsés,  multiplication des anecdotes de prostitution pour payer les loyers au Canada, emprisonnement de deux militants japonais pour avoir simplement dit à la police qu’ils tuaient en expulsant, manifestation monstre actuellement au Chili…

 En France nous savons la compétence du DAL en rapport avec la réalité des forces ; ce modèle s’exporte bien !!!

ALAIN MARCU.

La question amazighe au Maghreb

Les Imazighen, appelé longtemps berbères, forment la population originelle du nord de l’Afrique, du fleuve Sénégal et des Canaries jusqu’à la rive occidentale de la vallée du Nil. La revendication de la reconnaissance de la langue amazighe, déjà ancienne en Algérie (printemps « berbère » en 1980) et au Maroc, s’est réveillée en Tunisie et en Libye avec les révolutions.

En Libye, la population amazighe (10 à 20 % de l’ensemble selon les estimations) était totalement marginalisée à l’époque de la dictature où Kadhafi considérait que tous les Libyens étaient arabes. La revendication amazighe, longtemps bridée, s’est montrée au grand jour avec la révolution et les Imazighen libyens réclament une place dans la société comme dans le pouvoir.

En Tunisie, la population amazighe est très faible (à peine 2%) et très dispersée dans le pays. C’est le pays où la culture amazighe est la plus menacée. Plusieurs associations ont été constituées récemment mais elles se heurtent au pouvoir d’En-Nahda qui les insulte en les traitant de « sionistes » et de « franc-maçons » !

Le mouvement amazigh s’est donné, il y a une quinzaine d’année, une structure internationale, le congrès amazigh mondial que les révolutions tunisienne et libyenne ont redynamisé. Cette dynamique du mouvement amazigh se manifeste en particulier par la généralisation de la fête du début printemps appelée yennayer.

Jacques Fontaine

Un sujet « bateau » qui ferait bien de naviguer dans la tempête libérale !

orga mouvt

Le sujet est récurent dans les forums divers, mondiaux ou européens: <comment créer des passerelles entre les mouvements de type « occupy », « indignés » et autres « luttes des sans » et les organisations traditionnelles (entendez anciennes ou syndicales)>.

Voilà ! j’ai compilé les sujets de deux ateliers, initiés par ATTAC et le réseau « Transform » où les participants étaient pour beaucoup les mêmes, aussi bien dans l’assistance qu’à la table.

Pour les organisations, beaucoup sont déjà dans le processus « Altersommet »,  lui même issu de la JSC (Joint Social Conférence) qui est un tour de table européen d’organisations syndicales et d’associations « représentatives » comme la « marche européenne des chômeurs », la LDH, SNU-FSU, Solidaires, ATTAC…

Cela fait un peu poupée russe de réseaux unitaires, certes, mais réponds au besoin d’une réaction européenne des peuples aux attaques de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la « Troïka «

Étaient là les mouvements, ou plus exactement, se présentant comme des « individus participant à », Occupy Espagne, des Indignés (France), une coordination grecque, des étudiant québécois.

La multiplication de ces rencontres peut paraître lancinante mais les suspicions de part et d’autre sont   importantes. Comme exemple je citerais les étudiants canadiens qui sont très remontés contre les syndicats. En effet, la seule réponse, à leur mouvement énorme contre l’augmentation des frais d’inscription étudiant, a été des lois anti manifestation d’une rigueur rare! Tous les partis, du centre à la gauche ont réagis et infléchis leur position mais aucun syndicat !

Une grande incompréhension aussi est sur les temps de réaction et de mobilisation entre syndicats et mouvements. Les structures, les syndicats, sont plus lents, ils ont leur propre calendrier, leurs priorités et aussi plus des difficultés à mobiliser souvent. Quant aux mouvements eux n’ont pas ces contraintes et sont facilement réactifs, grâce aussi à leur culture des réseaux sociaux.

(Même les organisations de chômeurs comme AC!, APEIS ou MNCP, sont en butte à cette suspicion)

 Des collectifs de quelques personnes qui peuvent bousculer leur calendrier, lancer un appel du jour pour le lendemain via le « net » et pensent que la terre entière est au courant. Leur travail au quotidien est largement positif, réactif, mais pas toujours régulier notamment lorsqu’il s’agit de tenir des permanences

Les rencontres et autre forum semblent fastidieux, mais que faire d’autre que de se rencontrer encore et encore pour aplanir les incompréhensions.  Gageons que la manifestation européenne prévue à Athènes le 5 juin, initiée par l’Altersommet rassemblera toutes ces composantes et qu’il en sera de même pour celle à Francfort en juillet à la BCE, à l’initiative des réseaux « Occupy » et Indignés.

En conclusion du débat, Emmanuel Wallenstein, fit consensus en faisant un historique plein d’espoir des fluctuations du mouvement social dans les luttes, les fronts unis divers et des mouvements populaires en donnant bien sur comme dernier exemple ce qu’il est convenu d’appeler « le printemps arabe ».

Alain Marcu

 

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FSM : Billets du 28 mars

Le doyen Kazdaghli (au centre)

Le doyen Kazdaghli (au centre)

Le procès du doyen Kazdaghli à nouveau reporté

A l’automne 2011, des salafistes tunisois ont occupé pendant un mois la faculté de la Manouba pour demander un lieu de prière interne à la faculté et l’autorisation de porter le niqab pour les étudiantes pendant les cours et les examens. Ces deux propositions, conformément à la loi tunisienne, ont été rejetées par le conseil scientifique de la Manouba, comme elles ont été refusées par les autres universités. En mars 2012, les salafistes ont remis la pression en brulant un drapeau tunisien dans la faculté et en le remplaçant par leur drapeau noir. Quelques jours plus tard, deux étudiantes en niqab sont entrées dans le bureau du doyen Kazdaghli et ont commencé à le mettre à sac tandis que leurs complices jetaient des cailloux, brisant les vitres du bureau. Le doyen a porté plainte contre les deux étudiantes qui, à leur tour, ont porté plainte pour une prétendue gifle et ont produit un faux certificat médical.

Lors d’une première audience, la plainte des étudiantes -pour laquelle Habib Kazdaghli ne risquait qu’une peine légère- a été requalifiée à la demande du parquet (sur ordre du ministère et du pouvoir nahdiste) ; désormais Habib Kazdaghli risque 5 ans de prison pour une gifle qu’il n’a pas donnée. Le procès a été repoussé plusieurs fois. Habib Kazdaghli a participé à l’université d’été des Alternatifs à Méaudre en août dernier. Les enjeux de ce procès sont centraux dans la situation politique de la Tunisie actuelle, aussi bien pour l’université que la justice :

  • La liberté d’enseigner sans pression politique, idéologique ou religieuse : il n’est pas acceptable qu’un courant politique, rétrograde et antiscientifique de plus, impose son idéologie aux universités,
  • La liberté de la justice : le cordon soumettant les magistrats à la hiérarchie gouvernementale hérité de Ben Ali doit être définitivement coupé.

Hier, 27 mars, une conférence de presse a été donnée dans le cadre du FSM. Les Alternatifs y ont apporté leur soutien au doyen. Aujourd’hui, 28 mars, une délégation était présente à la manifestation devant le tribunal de la Manouba et nous avons appris que, suite à la grève des magistrats qui demandent la fin de la tutelle du pouvoir sur la justice, le procès a été reporté au 4 avril.

Jacques Fontaine

Grands Projets Inutiles ImposésLes Grands travaux inutiles, imposés et nuisibles au Magreb. 

NON au TGV Tanger Rabat Casablanca

Le Maroc consacre aujourd’hui une part importante de ses ressources financières à une entreprise dont le bénéfice est pour le moins discutable pour les populations. Le coût total du projet annoncé représente 25 milliards de Dirhams (un peu moins de 5 milliards d’Euros) et ceci sans compter les déficits prévisibles d’exploitation et les éventuels surcoûts des travaux une fois le projet arrivé à son terme.

Pour se donner une idée, cela représente à ce jour l’équivalent de la construction de 25 000 écoles en zone rurale ou 3 000 lycées en zone urbaine ou 25 grands centres universitaires hospitaliers totalement équipés d’une capacité globale de 22 000 lits ou 16 000 kilomètres de routes rurales.

Ces quelques exemples montrent la monstruosité de ce projet qui va entrainer l’expulsion de plusieurs milliers de petits paysans exploitants des terres fertiles qui n’auront pour seule solution que de partir ou vivre dans la misère dans les faubourgs des grandes villes.

Bien entendu, un tel projet est pris sans concertation ni débats publics avec les habitants. Il ne prend par ailleurs aucunement en compte ses conséquences sur l’environnement et les écosystèmes.

Ce projet est d’autant plus aberrant qu’il existe une voie ferrée Tanger Rabat Casablanca qui pourrait être modernisée pour un coût financier et environnemental bien moindre.

Une question se pose : à qui profite le crime sinon aux gros investisseurs du BTP, au système bancaire (y compris les banques françaises) et aux dirigeants du pouvoir marocain.

De multiples associations (Attac, Transparency, ….) et des citoyens marocains se mobilisent depuis des mois contre ce projet néfaste et nuisible.

Roland Mérieux

Pavillon de la PalestineLe Tribunal Russel pour la Palestine a rendu ses conclusions et les présente au FSM de Tunis

Reprenant une initiative prise lors de la guerre du Vietnam pour « juger » – certes de façon symbolique mais en se basant sur les règles du droit international – les crimes commis par les Etats-Unis, un certain nombre de personnalités ont constitué un Tribunal Russel pour la Palestine (TPR). Ce TPR a tenu 4 sessions préalables (Barcelone mars 2010, Londres novembre 2010, Cap Town novembre 2011, New York novembre 2012) et a présenté ses conclusions et recommandations lors d’une session finale qui s’est tenue en mars 2013 à Bruxelles. Le TPR va présenter le plus largement possible ses conclusions. Il a décidé de mettre en avant les éléments suivants :

  • les violations particulières du droit international commises par Israël
  • les principales caractéristiques du régime israélien : apartheid et sociocide
  • les responsabilités des états en particulier des USA qui assistent Israël dans ses violations du droit international
  • la même responsabilité des organisations internationales (ONU et UE)
  • la responsabilité des entreprises privées qui assistent Israël dans ses violations du droit international

Enfin le TPR propose un certain nombre d’actions à mettre en œuvre tant en terme de soutien militant que sur le plan institutionnel et en particulier celles-ci :

  • il encourage le plus de personnes possible à se rendre en Palestine pour voir de leurs propres yeux le quotidien des Palestiniens.
  • il lance un appel international urgent à tous les acteurs politiques et à la société civile pour qu’ils fassent pression sur Israël afin que celui-ci mette un terme à ses violations du droit international et pour qu’ils fassent pression sur le secrétaire général de l’ONU afin que celui-ci utilise tous les moyens dont il dispose pour forcer Israël à démanteler son système d’apartheid qui s’applique actuellement à l’ensemble du peuple palestinien.
  • la Palestine est à présent en mesure de signer et de ratifier le statut de la cour pénal internationale et doit donc devenir un membre à part entière de celle-ci.
  • en tout état de cause le TPR demande au procureur de la CPI de se déclarer compétent pour la Palestine.
  • de façon similaire le TPR appui les appels lancés par la société civile palestinienne pour que la Palestine ratifie les autres conventions internationales.
  • l’Assemblée générale de l’ONU devrait réinstaurer le comité spécial contre l’apartheid de l’ONU et devrait convoquer une session extraordinaire pour examiner la question de l’apartheid à l’encontre du peuple palestinien.
  • il demande aux organes concernés de l’UE de mettre en œuvre la résolution du parlement européen exigeant la suspension de l’accord d’association UE-Israël.
  • il est demandé à l’UE d’interdire tout commerce avec les colonies de peuplement.
  • les USA doivent mettre fin à leur soutien accordé à Israël qui les rend directement complice d’une très vaste gamme de violations du droit international commises par Israël.
  • le TPR se joint à l’appel lancé par le mouvement BDS pour le boycott d’un certain nombre d’entreprises.
  • enfin le TPR demande de traiter la question des prisonniers palestiniens de toute urgence.

Henri Mermé

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Billets du 27 mars

Forum SantéForum social mondial Santé

En préouverture du FSM s’est tenu le 5 éme Forum Social Mondial de la Santé et de la Sécurité Sociale, en présence de nombreux participants de 4 continents, et notamment d’Armando De Negri, secrétaire général de l’organisation, pour le Brésil à l’origine de cette manifestation et du Dr Aziz Rheli , coordinateur pour la Tunisie et le Maghreb.

Deux thèmes principaux ont été abordés, concernant le financement de la sécurité sociale et de la protection sociale (dans les pays où elle peut exister !), et le développement d’une Sécurité Sociale Universelle dans tous les pays, dans les suites de la conférence mondiale de Brasilia (décembre 2010). Un communiqué final a enfin été élaboré par les participants au terme de ce FSMS.

Philippe Gasser

Atelier pour la consolidation d’un réseau contre le gaz de schiste

A la suite des rencontres de Marseille (Forum alternatif mondial de l’eau) et de Rio (Rio+20), un atelier a été programmé dans le cadre du FSM de Tunis afin de consolider un réseau international. Les objectifs étaient d’échanger des informations sur la situation et les dynamiques de résistances dans différents pays et de formuler des propositions à l’Assemblée de convergences afin d’envisager des actions internationales.

Plusieurs interventions se sont succédées pour aborder les problématiques locales : Etat espagnol, Etats-Unis, France, Québec mais également en Tunisie où plusieurs interventions ont permis de confronter des positions différentes.

Le monde arabe est concerné du Maroc à la Jordanie où de nombreux projets d’exploration et d’exploitation sont envisagés et l’Algérie vient de se prononcer par voie législative et de signer un accord d’exploitation. En Tunisie, compte tenu du stress hydraulique, les conséquences d’une exploitation aurait des conséquences écologiques importantes. La campagne d’opposition menée principalement par des associations environnementales par un lobbying auprès de députés de l’Assemblée constituante et de membres du gouvernement a été efficace et un projet de prospection concédé à Shell a été gelé. Comme dans différents pays, l’accès à l’information est compliqué et il n’existe pas encore de coordination nationale. Cette difficulté est accentuée car la population tunisienne a pour l’instant d’autres préoccupations et d’autres combats prioritaires.

Dans l’ensemble des pays, les collectifs doivent parvenir à démontrer que l’activité du gaz de schiste n’est pas rentable. Par ailleurs, les compagnies pétrolières ont compris qu’en Europe il existe des contraintes auxquelles elles ne sont pas forcément prêtes à se plier, c’est pourquoi elles privilégient les investissements dans d’autres pays.

En conclusion, il est proposé de mobiliser le 19 octobre prochain lors de la journée mondiale contre l’exploitation du gaz de schiste et de lier ce combat aux campagnes pour le droit de l’eau et la souveraineté alimentaire comme élément commun et de revendiquer une transition énergétique en rupture avec la logique actuelle.

L’assemblée de convergences de samedi devrait entériner ces propositions.

 Richard Neuville

Call center…Cold center.

Call centerC’est à l’initiative de Solidaire et plus particulièrement de Sud PTT que nous avons pu assister à la 1ère rencontre de travailleurs des Call Center de Tunisie, du Maroc, de Belgique et de France.

La « fête » avait commencé la veille par une manifestation devant le siège d’une des grosses entreprises françaises qui avait commencé le licenciement de camarades « organisés ». Cette répression est courante mais emblématique en l’absence d’un « droit du travail » et où si le CDI existe, le licenciement est facile et rapide.

Nous avons eu, pendant la réunion, la bonne nouvelle que la direction acceptait une médiation.

Nous reviendrons avec plus de détail sur le quotidien de travailleur(e)s, leur salaires et les conditions de travail.

Juste une anecdote pour aujourd’hui, les travailleurs belges veulent faire reconnaître les problèmes de corde vocales comme « accident du travail ». Ce n’est pas un gag, 8 heures par jour sans pause, les appel les uns derrière les autres dans un local mal ventilé…

 Alain Marcu

La question du Sahara occidental au Forum Social Mondial de Tunis

Comme lors du précédent Forum Social Mondial à Dakar, le Front Polisario est représenté à Tunis par une forte délégation animant plusieurs ateliers. Lors du premier atelier qu’il animait a été rappelé les principales revendications du peuple saharoui résumées sur une banderole ornant la salle où se déroulait la réunion : « Toutes et tous pour la liberté, la dignité, la démocratie et la justice au Maghreb. Toutes et tous pour un référendum d’autodétermination pour le Sahara occidental. » L’intervention liminaire suivie de nombreux témoignages de militant-e-s du Front Polisario rappelait sa principale revendication : le respect du droit international.

En raison du non respect de la résolution 1314 de l’ONU de 1960 prônant un référendum d’autodétermination, le Front Polisario s’est lancé dans la lutte armée en 1975, suite à la « marche verte », et y a renoncé quelques années après. Et plus de 50 ans après, ce référendum n’a toujours pas eu lieu et pendant ce temps là le gouvernement marocain organise un peuplement important du Sahara occidental par ses propres ressortissant-e-s et mène une répression souvent sanglante du peuple saharoui. Les droits légitimes du peuple saharoui sont à l’instar de ceux du peuple palestinien totalement niés bien que ayant fait l’objet de plusieurs résolutions de l’ONU. Dans les deux cas le droit international n’est qu’une coquille vide. Lors d’autres séminaires, la question des droits légitimes du peuple saharoui continuera d’être évoquée. Il est fort heureusement heureux de noter que contrairement à ce qui s’était passé lors d’autres forums ce premier séminaire n’a pas fait l’objet d’un sabotage de la part de nervis au service de Mohammed VI.

Henri Mermé

Révolutions au XXIème siècle : temps courts ou processus de révolution longue ?

Les Alternatifs organisaient ce mercredi après-midi un atelier autour de la thématique de la révolution longue, thème majeur de réflexion dans notre mouvement.

Bruno Della Sudda a introduit la discussion en présentant les enjeux et les conséquences stratégiques d’une approche des processus révolutionnaires passés, présents et futurs en terme de révolution longue, faites d’une accumulation de ruptures plus ou moins radicales et importantes. Dans ce cadre les pratiques autogestionnaires et les éléments de pouvoir populaire prennent toute leur importance comme moyens d’éviter la confiscation du processus révolutionnaire. L’autogestion comme but, chemin et moyen.

Cet atelier a été l’occasion d’un échange très riche et fructueux avec des militant-e-s tunisien-ne-s, espagnol-le-s et italien-ne-s qui a surtout porté sur les processus en cours en Amérique Indienne-Africaine-Latine et dans le monde arabe en pointant à la fois les avancés mais aussi les limites et les remises en cause. La nécessité d’un soutien internationaliste à la révolution tunisienne et à tous les processus révolutionnaires a été affirmée avec force par toutes et tous notamment autour d’une mobilisation pour l’annulation de la dette de la Tunisie et plus largement de toute les dettes illégitimes.

Arthur Leduc

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La manifestation d’ouverture du FSM de Tunis

Démarrage de la marche place du 14 janvierC’est symboliquement place du 14 janvier sur la principale avenue de Tunis, avenue Habib Bourguiba, qu’a débuté la traditionnelle manifestation d’ouverture du FSM 2013.

14 janvier 2011, date de la fuite du dictateur Ben Ali pour l’Arabie Saoudite, moins d’un mois après le soulèvement démocratique du peuple tunisien à la suite de l’immolation du jeune chômeur Mouhamad Bouazizi pour protester contre la situation économique, sociale et répressive de son pays. Date symbolique du déclenchement des révolutions arabes.

 1 délégation Afrique

C’est par un beau soleil que s’est déroulée cette manifestation chaleureuse et dynamique regroupant environ 20 000 manifestantes et manifestants venant des 4 coins du monde. Certes en raison de l’éloignement,  l’Asie et l’Océanie étaient peu représentées, mais il y avait des délégations venant des Amériques ; celle du Sud avec la CUT brésilienne et des représentant-e-s du Québec. L’Afrique sub-saharienne était représentée en particulier avec une délégation de l’assemblée populaire des femmes africaines. De nombreux groupes du Maghreb étaient présents, venant d’Algérie et du Maroc ; ces derniers étant – comme lors du précédent forum à Dakar – fort nombreux. Etaient également représentée une forte délégation du Front Polisario (1).

Saharaoui

L’Europe participait en nombre à cette manifestation. Italiens du syndicat CGIL et de l’association ARCI, belges de la FGTB, espagnols de l’UGT et catalans de l’IAC, quelques anglais, allemands et aussi des grecs derrière la banderole de l’Altersummit.

Alter summit

La représentation la plus importante provenait de France : Associations (Survie, Crid, CCFD, mouvement de la paix, ATMF …) ; gros cortège de Solidaires, quelques drapeaux de la CGT et même de la CFDT ! A noter la présence de trois organisations politiques PCF, NPA et Les Alternatifs, les drapeaux de notre mouvement étaient pour cette occasion les plus nombreux.

drapeau reduit

Les grandes associations internationales étaient bien représentées, en particulier OXFAM, le CADTM et ATTAC. Enfin, il y avait un cortège particulièrement dynamique de la Marche mondiale des Femmes reprenant en choeur son traditionnel slogan : So – So – So – Solidarité, avec les femmes du monde entier !

marche mondiale des femmes

Les tunisiennes et tunisiens participaient également à cette manifestation certains ayant comme mot d’ordre « A bas la dictature, A bas le capital », mais apparaissaient peu dans des cortèges organisés. Il y avait cependant une importante délégation du Front Populaire qui regroupe l’ensemble des partis de la gauche tunisienne.

Henri Mermé

(1) La présence simultanée d’une importante délégation du Front Polisario et de groupes provenant du Maroc fait craindre aux organisateurs que les scandaleux incidents perpétrés lors du FSM de Dakar par des nervis du régime marocain à l’encontre des représentants du Front Polisario ne se renouvelle. Espérons qu’il en sera tout autrement !

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Rencontre méditerranéenne contre la dictature de la dette pour la souveraineté populaire

AG Front popul. 233 1A l’initiative de RAID Tunisie et de certains partis membres du Front Populaire, une rencontre  internationale s’est tenue les 23 et 24 mars 2012 (week end précédent le FSM à Tunis). Elle a réuni des délégations de différents pays du Bassin méditerranéen. Elle s’est déroulée en trois temps : le 23 après-midi, plusieurs exposés et débats ont traité de la situation de la dette et leur conséquences, d’une part,  en Tunisie et en Egypte, d’autre part, dans l’Etat espagnol, en Grèce et au Portugal ; puis la matinée du 24 les alternatives et les ripostes possibles ont été débattues pour aboutir à une déclaration commune ; enfin, un grand meeting populaire s’est tenu au palais des congrès le dimanche après-midi.

AG Front popul. 233 2Nous avons pu mesurer, grâce aux témoignages de nombreux pays  : Tunisie, Egypte, Algérie, Maroc, Liban, Palestine, Syrie mais aussi Grèce, Espagne et Portugal, à quel point les gouvernements de ces pays s’alignent sur les recommandations des institutions financières internationales en imposant des politiques d’austérité qui ont des conséquences extrêmement graves pour les populations. Les pouvoirs qui ont succédé aux dictatures renversées ont poursuivi les recettes néolibérales avec pour conséquences l’aggravation de l’endettement, l’incapacité à réduire les inégalités et à développer des programmes sociaux et économiques en réponse aux aspirations populaires qui se sont exprimées lors des révolutions.

prepa. déclaration 1Dans les pays du nord, nous connaissons mieux la situation avec les exemples de la Grèce, de l’Etat espagnol et du Portugal, suivi par Chypre aujourd’hui où la Troïka, avec l’Union européenne, impose des politiques d’austérité remettant en cause le compromis social déjà bien attaqué.

Eric Toussaint pour le CADTM a montré que la résistance à l’endettement et aux institutions internationales est possible ainsi que le montrent les exemples de trois pays : l’Argentine, l’Equateur et l’Islande qui ont suspendu le remboursement de la dette ou décidé de ne pas la payer.

prepa. déclaration 2La discussion autour du texte final a montré une forte volonté de poursuivre ces rencontres, qui sont très importantes pour nos camarades arabes car elles permettent d’échanger sur la situation et sur les moyens de mobiliser les populations autour de cette question fondamentale qu’est le paiement de la dette. Ce réseau en construction est également important pour fédérer des organisations de l’ensemble de la Méditerranée, y compris des pays qui comme la France sont des créanciers en particulier de la dette tunisienne. Des actions communes sont envisagées dans des formes à préciser.

Rencontre EgypteLes Alternatifs, présents à cette rencontre (invités de dernière heure), sont signataires du Manifeste final de la rencontre méditerranéenne de Tunis et entendent s’inscrire pleinement dans ce réseau.

Le meeting populaire a réuni plus d’un millier de personnes dans une ambiance dynamique et militante, avec slogans et chants révolutionnaires. Ponctuant la vingtaine d’interventions des participants à la rencontre, plusieurs vidéos ont été projetées en hommage à Choukri Belaïd assassiné le mois dernier et à Hugo Chavez, et en souvenir des journées révolutionnaires du printemps 2011, montrant notamment la répression violente des manifestations.

meeting 2 inter. FinaleLes intervenants ont été très (trop) nombreux : des représentants de l’Etat espagnol, du Portugal, de la Grèce, du Maroc, de l’Egypte, d’Algérie, de Syrie, du Vénézuela, de la Colombie, du Liban, d’Italie, d’Haïti, de Palestine. Pour la France, sont intervenus Olivier Besancenot pour le NPA et Marie-Christine Vergiat pour le groupe GUE… Le meeting s’est terminé par une intervention d’un porte-parole du Front Populaire chaleureusement applaudie.

Meeting 1Pour les Alternatifs, cette rencontre internationale sur la dette est très importante et le réseau en construction à l’échelle du Bassin méditerranéen doit devenir un point d’appui pour envisager des ripostes populaires aux politiques d’austérité. Cela suppose un élargissement à l’ensemble des formations de la gauche radicale qui s’opposent à ces politiques dans les différents pays.

Nathalie Marcu et Richard Neuville

 

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Les ateliers animés par Les Alternatifs au FSM

Les Alternatifs animeront deux ateliers au FSM de Tunis :

Révolutions au XXIe siècle : Temps court ou processus de révolution longue ?
Le 27 mars de 16h à 18h30 salle D
Les révolutions du passé ont souvent pris la forme de processus étirés sur plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années parfois comme dans le cas de la révolution française commencée en 1789. Ce fut aussi le cas au XX° siècle mais la portée et l’éclat de la révolution russe d’octobre 1917, sur un moment très court, ont contribué à éclipser la révolution comprise comme un processus Les changements profonds amorcés en Amérique latine depuis deux décennies et le déroulement en cours des révolutions arabes ne remettent-ils pas à l’ordre du jour la révolution comme processus de révolution longue ? Réflexions à la lumière du printemps arabe. Co-organisation : Rouge & Vert (Journal) France et RAID (Attac-Cadtm) Tunisie.

Education : quelle école pour l’émancipation ?
Le 29 mars de 9h à 11h30 salle P33
Dans l’optique d’une société d’émancipation, basée sur les solidarités, le féminisme, l’écologie et l’autogestion, quel système éducatif voulons-nous ? Comment dès aujourd’hui commencer à transformer l’Ecole ? Comment agir avec les travailleuses et les travailleurs du système éducatif et avec les jeunes dans ce sens ? Quelles méthodes, quels contenus d’enseignement, quelle organisation du travail enseignant, quelle démocratie maintenant dans l’Ecole pour y parvenir ?

Ils co-organiseront deux autres ateliers :

Alternatives locales concrètes : types et portées avec le réseau des forums sociaux locaux

le 27 mars de 16 heures à 18 heures 30 – Salle SE6

Appropriation sociale et autogestion avec Transform, Association pour l’Autogestion

le 29 mars de 9 heures à 11 heures 30 – Salle M219

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«Le Forum social mondial s’invite en Tunisie » … et dans « la Presse de Tunisie 

»

Après un week end consacré à la commémoration et aux manifestations 40 jours après l’assassinat de Chokri Belaïd, le FSM est à la une de « La Presse de Tunisie », un quotidien en français (en bon français d’ailleurs, ça nous change de la presse française).

D’après l’article, entre 50 et 70 000 personnes sont attendues à ce FSM. L’auteur déplore la médiatisation défaillante tout en insistant sur le travail de mobilisation des associations tunisiennes. Pas moins de 2700 organisations enregistrées et 1500 activités.
Les deux organisateurs tunisiens cités sont l’UGTT et l’Association tunisienne des femmes démocrates.
Parmi les personnalités attendues, à coté de Lula, Muhammad Yunus et Nawal Saadaoui et l’épouse de Marouane Bargouhti, sont mentionnées les militantes de la Marche mondiale des femmes.
Les femmes qui ont une place à part dans l’édition de ce jour avec une interview de Ahlem Belhadj, présidente de l’AFTD et la reproduction in extenso de l’appel des femmes tunisiennes.
Un appel à l’assemblée des femmes « les femmes en lutte » qui aura lieu le mardi 26 mars à 10 h au campus universitaire.
Un premier rendez-vous que nous ne manqueront pas.

Alain et Nathalie Marcu
En avant première à Tunis

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FSM à Tunis : quels enjeux ?

logo du FSM2013 à TunisAu cours de l’une des réunions préparatoires tenue dans le cadre de la réunion altermondialiste « Firenze 10+10 » en novembre 2012, des inquiétudes s’étaient exprimées sur la participation à la prochaine édition du FSM : à l’exception du Maghreb et de l’Europe (surtout France et Italie), la mobilisation était en deçà des espérances des équipes organisatrices de Tunisie, du Maghreb et du conseil international du FSM.

Mais les semaines qui ont suivi ont été plus rassurantes : avec plusieurs dizaines de milliers d’inscriptions de presque toutes les grandes régions du monde et de tous les continents, 4556 organisations enregistrées (associations, syndicats, journaux et revues, ONG… etc) et 1782 activités proposées, le FSM de Tunis a pris du volume.

Se confirme ainsi la réussite du pari d’organiser ce FSM en Tunisie, où l’équipe organisatrice a su regrouper la grande majorité des réseaux associatifs et syndicaux, ceux-la mêmes qui ont été partie prenante du processus révolutionnaire amorcé en Tunisie fin 2010.
Cette préparation s’effectue pourtant dans des conditions rendues encore plus difficiles par les lourdes menaces qui pèsent depuis plusieurs mois sur ce processus et dont l’assassinat de Chokri Belaid a été le révélateur.
On peut résumer, sans les hiérarchiser, à quatre, voire cinq enjeux majeurs la tenue du FSM de Tunis.
Le premier est la réussite du FSM en lui-même, dans un contexte global marqué par la crise de civilisation, une situation internationale très instable et les mutations d’un monde désormais multipolaire.
De ce point de vue, rappelons que le FSM n’est en rien un événement isolé : il s’inscrit dans la persistance de la multiplicité des rendez-vous altermondialistes au Nord comme au Sud, dont le calendrier est établi pour 2013 et 2014 (de Rio+20 à l’Altersummit d’Athènes en passant notamment par le Forum Free Palestine, le Forum Paix et Désarmement de Sarajevo ou le Forum Irak), auquel s’ajoute la liste des forums thématiques (Forum des autorités locales, Forum Science et Démocratie…etc).
Ajoutons à cela que les thématiques du FSM de Tunis reprennent largement celles qui sont débattues par le mouvement altermondialiste depuis les premières éditions du FSM à Porto-Alegre, du refus de la marchandisation et de la taxation des transactions financières à la suppression des paradis fiscaux et juridiques en passant notamment par la protection sociale universelle, une autre architecture des institutions internationales ou l’invention d’une démocratie active… mais elles ne s’y limitent pas.
En effet, des thématiques plus récentes ont aussi fait leur chemin : un monde sans guerre, la socialisation du secteur financier, le « buen vivir », les biens communs et les nouvelles formes de propriété, la déconnexion de la prospérité et de la croissance… etc.
Et s’il est une thématique qui devrait prendre de l’ampleur, c’est bien la question de la dette qui, au Nord comme au Sud, est le prétexte aux politiques d’austérité imposées aux peuples et qui sont à la fois l’un des facteurs explosifs de la crise de l’UE et un élément-clé de l’offensive capitaliste.
Mais un second enjeu s’impose par l’actualité elle-même : c’est la jonction de toutes ces thématiques altermondialistes « classiques » d’une certaine manière et de l’apport spécifique des révolutions arabes en tant que processus à la fois global et différencié, ainsi que des luttes qui ont suivi.
A quoi s’ajoute une autre jonction qui lui est corrélée : celle des réseaux militants eux-mêmes, acteurs de ce processus, jusque-là peu présents dans le mouvement altermondialiste.
Cet enjeu est d’autant plus important que, dans la dynamique de ce processus, il y a eu de nouvelles mobilisations d’abord dans l’Europe méditerrannénne toute proche du monde arabe comme celles des Indignados puis dans d’autres régions du monde (Occupy…etc).
Elles-aussi ont été animées par de nouveaux réseaux citoyens peu liés à l’altermondialisme.

Deux autres enjeux vont sans nul doute marquer cette édition du FSM
Il y a d’abord la question posée par le processus en cours des révolutions arabes. La pression islamiste sur ces sociétés éclaire le défi lancé au mouvement altermondialiste : sera-t-il capable de s’ouvrir à de nouvelles composantes pour lesquelles la référence parfois revendiquée à l’islam est relativisée par le processus de sécularisation (particulièrement en Tunisie), l’accord sur le fait que la question religieuse est seconde par rapport à la question sociale et la volonté de participer au mouvement altermondialiste ?
Car s’il n’y a aucune fatalité à ce que les islamistes accaparent l’expression politique des peuples à forte majorité musulmane, encore faut-il que le mouvement altermondialiste -et dans le champ politique, la gauche alternative- soit en mesure de s’ouvrir et d’intégrer cette nouvelle donne à ses visées stratégiques.
Et il y aura également, présente à Tunis, une question d’actualité, particulièrement délicate -et les Alternatifs le savent bien, à la lumière de leurs récents débats à ce sujet- : l’intervention de la France au Mali.
En France comme en Europe, cette intervention a été à juste titre très critiquée, que ce soit dans ses conséquences ou dans son principe même.
Mais dans les réseaux altermondialistes maliens, bien plus indulgents, il n’en a pas été de même : nul doute que ce débat difficile ressurgira au cours du FSM, dans des formes et avec une portée que nul ne peut prévoir à ce jour.

Enfin, et ce pourrait être un cinquième enjeu du FSM de Tunis : jamais aucune édition du FSM ne s’était tenue aussi près de la Palestine, et on imagine la ferveur que prendra la manifestation de clôture du 30 mars, en solidarité avec le peuple palestinien !

Bruno DELLA SUDDA pour la délégation des Alternatifs au FSM

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Préparation du Forum social mondial (FSM) de Tunis

Engagés dans le mouvement altermondialiste depuis son origine et partie-prenante des différents FSM depuis 2001, les Alternatifs seront présents en nombre à Tunis du 26 au 30 mars 2013. Compte tenu des enjeux et pour une première dans un pays du Maghreb, c’est une délégation de plus de 20 membres qui effectuera le déplacement pour participer au forum.

Outre le suivi de cet événement important pour les colonnes de Rouge & Vert, les Alternatifs animeront deux ateliers : « Education : Quelle école pour l’émancipation » et « Révolutions au XXIe siècle : Temps courts ou processus de révolution longue ? » et en co-animeront deux autres : « Autogestion et démocratie » ainsi que « A partir d’expériences locales, dans l’espace transfrontalier, construisons ensemble une citoyenneté mondiale et ouvrons la banque du rêve« .

Le FSM sera également mis à profit pour mieux connaître la réalité de la Tunisie et, des difficultés qui la traversent, à travers des rencontres de mouvements sociaux et politiques locaux.

Nous reviendrons plus longuement sur la préparation du FSM sur ce site et dans Rouge et Vert, notre journal. En attendant, nous publions ci-dessous la Déclaration de Hammamet.

Richard Neuville pour la délégation des Alternatifs au FSM,

 

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Déclaration de Hammamet

 

 

 

 

 

 

 

Le Forum Social Mondial Dignité-Karama se déroulera comme prévu à Tunis du 26 au 30 mars 2013. L’implication active des mouvements, associations, syndicats, collectifs et réseaux de Tunisie, du Maghreb, du Machrek, d’Afrique subsaharienne, des Amériques, d’Europe et du reste du Monde permet d’augurer d’un Forum réussi, populaire et dynamique.

Plus de 4000 organisations et réseaux se sont déjà inscrites proposant 1500 activités. Les organisations internationales, les mouvements sociaux et les syndicats viendront à Tunis pour rendre hommage, témoigner leur solidarité aux mouvements de la société tunisienne, du Maghreb et du Machrek, à leurs révoltes et à leur luttes d’hier et d’aujourd’hui, pour la justice sociale, la démocratie et la dignité. Un mouvement qui, malgré les difficultés de l’heure en Tunisie, s’affirme avec vigueur et détermination.

La bonne tenue du Forum Social est garantie tout à la fois par la mobilisation des tunisiennes et des tunisiens que par l’appui des autorités universitaires et des étudiants qui hébergent le Forum dans leur campus. Les autorités gouvernementales et administratives réitèrent leur engagement pour faciliter les conditions matérielles du Forum, sa sécurité et son bon déroulement. Toutes les mesures sont prises pour garantir le respect de la Charte de Porto Alegre et le respect du caractère ouvert, inclusif et non violent de l’espace du FSM.

Le Forum Social Mondial de Tunis pour Dignité/Karama, rassemblera des milliers des femmes et des hommes qui, par leurs actions, leurs réalisations, leurs luttes, contribuent à un autre monde, un monde de justice sociale, de démocratie locale et globale, de respect de l’environnement, de dignité et d’égalité en droits pour tous les hommes et les femmes, un autre monde possible et nécessaire.

Hammamet le 16 Février 23

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 19:33

 

http://zad.nadir.org

 

samedi 30 mars 2013, par zadist

 


Aujourd’hui 30 mars l’occupation militaire dure depuis 127 jours (pour une opération débutée il y a 165 jours). Un camarade est emprisonné depuis 122 jours

Info Chat Teigne : Info Chat Teigne : Le procès de la Chat Teigne a eu lieu à St Nazaire, le rendu : Le tribunal de Saint-Nazaire a autorisé mardi 26 Mars l’expulsion d’opposants (possibilité d’expulsion immédiate, 450 euros pas jour d’astreinte au bout de 8 jours. quelle clémence !)

Info Bellevue : Le rendu du procès de la ferme de Bellevue confirme la décision précédent : Expulsion immédiate, 50 Euro par tête/jour pour ceux qui restent. AGO a demandé des amendes de 1000€ par jour, 20 000€ pour dommages et intérêts mais ils ne les ont pas obtenu. Un appel à mobilisation à la ferme ce jour là est annoncé.

Sur place, ça s’organise pour défendre Bellevue comme les autres lieux de la ZAD, et les appels à réagir partout en cas d’intervention policière sont remis au goût du jour :
Contre l’aéroport et son monde, s’ils attaquent on riposte ;
Appel à actions au moment des expulsions de la ZAD et
Contre l’aéroport et son monde : s’ils détruisent notre lieu d’organisation, nous occuperons les leurs !


Un camarade est en ce moment en prison, un a été libéré et un troisième a été condamné à 6 mois avec mise à l’épreuve, c’est-à-dire qu’il risque d’être enfermé à un moment ou un autre.

Tout acte de solidarité est le bienvenu. Participer à la lutte contre l’aéroport et son monde en est un. Puis rester en contact avec les personnes incarcérées pour leur montrer notre soutien en est un autre, bien nécessaire pour rendre leur temps d’incarcération plus vivable et pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ne sont pas tous seuls face à ce monde répressif. N’hésitez donc pas à leur écrire des LETTRES ou des cartes postales. Lire ici pour toutes les infos sur Comment soutenir les personnes incarcérées et autres inculpé-e-s

- Pour écrire à Cyril, enfermé depuis le 28 novembre, vous pouvez lui adresser vos courriers directement : Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 Nantes

Info procès La décision du procès en appel sera rendue le 3 Avril. Solidarité avec Cyril, qui ne sera pas libéré avant le rendu du procès...

Des nouvelles d’un camarade qui est passé par la Zad : Lutin est en prison à Rennes depuis 2 mois. Il ne reçoit pas de courrier et sa maman a eu récemment le droit d’aller le voir. Il venait souvent sur la ZAD, et demande que les copains et copines lui écrivent

Voici son adresse :

Lutin ecrou 3610
MA1 CELLULE 03
Centre pénitencier des hommes
Rennes Vezin
CS 14605
rue du petit pré
35746 Vezin le coquet cedex

Il est aussi possible de passer des messages pour les prisonniers à Rennes via l’émission de radio du dimanche midi qui passe sur canal b (94°fm) ! en laissant des messages entre 9h00 et 11h30 ! http://www.canalb.fr/genepi

Suite aux nombreux blessés de la ZAD, le collectif « Face aux armes de la Police » propose de lancer une procédure juridique devant le tribunal administratif. plus d’infos ici une émission radio consacrée à ce collectif est disponible ici


Infos utiles pour venir ici

- Accueil : 06 32 98 78 36 le we, l’ACIPA ouvre un local à Notre Dame des Landes, de 10h à 17h où les informations sur la lutte sont disponibles
- Contact presse de la Zad : 06 38 17 36 19
- Équipe légale  : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Équipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/


Les arrêtés préfectoraux

le transport de carburants, de tous produits inflammables ou explosifs et de matériaux de construction sont interdits jusqu’au 2 avril 2013 à 23h


Radio Klaxon

La radio émet à nouveau sur la ZAD

Le streaming revient bientôt.


Exposition itinérante de la ZAD

Un territoire se défend avec tout-e-s ses habitant-e-s, Notre mémoire commune nous nous l’approprions, nous la faisons vivre. C’est notre résistance que l’on vous invite à partager ici et ailleurs - a travers cette exposition itinérante !

Pour une organisation simple, voici un Planning qui vous permette de réserver l’exposition ( une seule personne référent pour simplifier la communication ). Pour tout les gestions concernant l’expo, mail a zad@riseup.net avec le sujet "EXPO" svp !


APPEL À TOUS !

Il y a une rubrique RDV à venir sur ce site qui liste des RDV journaliers qui avaient été mis en place durant les expulsions. On imagine que la plupart n’ont plus lieu depuis longtemps, mais sans ne être sûrEs.

Donc, pour garder des infos à jour, appel à toutes et tous, si vous avez organisé un de ces rendez-vous, si vous habitez dans une de ces villes : Quel RDV n’existe plus, ou est toujours à jour ?

Merci de nous contacter pas mail : zad @ riseup .net


INFOS DU JOUR

- Reçu Cyril m’a dit qu’il était en grève de la faim depuis lundi. Il est bon que vous le sachiez. Ce midi, j’ai eu confirmation de sa démarche. Exaspéré d’attendre sa sortie, il a pris cette décision.

Pour plus d’info à propos de sa date de sortie un message de la legal team ici

On vous invite à lui apporter votre soutien par écrit. Centre Pénitentiaire Quartier Maison d’Arrêt Cyril n° d’écrou 57360 rue de la Mainguais 44300 Nantes

- Reçu "Tu veux gagner 4 magnifiques timbres tout en agissant pour une juste cause ? Bravo, tu es la/le bienvenu-e mais il y’a une condition à remplir pour remporter le livret : raconter le plus bel acte de désobéissance civile de ta carrière (voler un riche pour donner à un pauvre, aider un sans-papier à râter son avion, dénoncer un patron pour harcélement sexuel ou discrimination raciale ou autre, faire une blague à Laurence Parisot, Attacher François Hollande sur la statue de Jules ferry, héberger de force Ayrault dans une cabane à Notre Dame des Landes, bon, vous voyez le genre...Le critère essentiel étant que l’histoire doit être quand même drôle en plus d’avoir "du sens". Le reste, c’est vous qui voyez. De toute façon, je ne serai pas la seule à juger l’histoire :-). Vous postez votre anecdocte sur Facebook, ou sur mon blog, c’est comme vous voulez !!! Le lot est homologué par La poste bien sûr et représente une lapine conquérante sur un avion avec l’inscription "NDDL" sur sa robe. L’objectif étant de soutenir la lutte contre l’Ayrault-Porc de Vinci. Et si personne ne veut jouer, ben c’est pas grave, le lot sera pour moi !"

- Reçu je joins un lien pour lire une vidéo de romaric perrocheau directeur du jardin botanique de Nantes ; tu pourras voir qu’ à la 18 ième mn du film il nous explique que JMA à le projet de faire des zones boisées de 300 à 500 ha pour la promenade des nantais ce qui n’existe pas à Nantes actuellement .

C’est possible de nous donner la recette pour recréer une forêt rapidement ? Des forêts ici y’en a plein, on a du mal à comprendre la logique de ceux qui veulent détruire un bois pour en reconstruire d’autres ailleurs... si quelqu’un comprend, on veut bien essayer de faire un effort.

- Des personnes sont à la recherche d’une caravane pour monter une herboristerie mobile sur la ZAD. Si vous avez une idée : zad @ riseup . net

- 17h55 : Un nouvel appel à matériel pour STZ avec listes précises des besoins de chaque lieu. Vos granges ou ateliers cachent peut-être notre bonheur.

- Notre-Dame-des-Landes : la Commission de dialogue demande un délai

- reçu : Jacques a dit « Sabote le hall de Ferrier ! » _Le site de Vinci Airports présente Jacques Ferrier comme « l’un des architectes les plus engagés en matière de développement durable »*. Alors nous qui nous préoccupons de nature et d’espaces vierges à Notre Dame des Landes, on a décidé de venir le voir à Paris pour lui rappeler qu’un aéroport, par nature, ça n’est pas très « développement durable ». _Car Jacques Ferrier a choisi, après avoir fait le design d’un premier aéroport à Toulouse, de collaborer avec Vinci pour les plans du futur aéroport Grand Ouest. C’est ça le capitalisme vert. Grand bien lui fasse, le fric n’a pas d’odeur. Pour autant, il nous tardait de lui faire part de notre mécontentement et voilà qui est fait. _Bien fait ! Il se cachait bien Jacques, au 77 de la rue Pascal, pensant que nous n’avions pas capté son jeu. Et bien non, on vous avait prévenu : la ZAD est partout ! Nous sommes donc venus repeindre son hall d’architecte avec des extincteurs remplis de peintures verte et marron. A force de concevoir des colosses de béton et de verre, il fallait bien que Jacques se mette un peu au vert... _Mais que Jacques se rassure, des architectes comme lui, il y en a beaucoup. Et nous ne nous priverons plus désormais de leur rendre visite. _Merde aux bétonneurs et aux promoteurs de l’immonde ! Merde à Vinci et à son monde ! _Quelques peintres en bâtiment solidaires _* La blague vient de là : http://www.nantes.futuraeroport.fr/...

- Notre-Dame-des-Landes : la commission du dialogue a besoin de plus de temps

Bonjour, il est 12h44, on a pas trop des nouvelles. La flicaille se comporte plutôt décomplexé aujourd’hui : passage et provocations sur la D281, passages d’ailleurs sur la zad en modus imposant et provocation. Ils prennent aussi des photos et note de numéros d’immatriculations des véhicules.

On besoin des infos sur des travaux entre Notre dame des Landes et Grandchamps, des rumeurs nous soufflent en quoi des travaux commencent le 15 avril avec une fermeture de cette route pendant 2 mois....Tout infos bienvenue zad @ riseup. net


RDVs sur la ZAD

12h - 1ère assemblée post-captitaliste nantaise

15h (Nantes) : 9e manif mensuelle contre le projet d’aéroport à NDDL, la métropole et son monde

Soirée présentation - Débat - Projection Faire Converger des Luttes !

RDVs ailleurs

30 mars

- Rennes Une action rennaise pour dire NON à l’aéroport de Notre Dame des Landes. Ce Samedi 30 mars à Rennes

Tandis qu’à Rennes, le forum Libération pose la question de la confiance, l’aéroport Notre-Dame-des-Landes est toujours en projet, malgré la forte mobilisation. La commission de dialogue n’a pas encore rendu son rapport ; cependant, on entend déjà Jacques Auxiette dire "ni abandon, ni retard, ni moratoire". Comme souvent, le dialogue est utilisé comme un moyen d’atténuer, d’user la mobilisation. Il est mis en place au service du projet qu’il porte et non dans un souci de faire la politique avec les habitants.

Des élus, parce qu’ils ont eu une majorité des suffrages exprimés, utilisent cette légitimité pour passer outre un véritable dialogue avec les habitants. Comment dans ces conditions espérer qu’un lien de confiance se tisse ?

D’autre part, des arguments majeurs des porteurs du projet, tels que la saturation de l’aéroport de Nantes, ont été réfutés. Pourtant, il n’est prévu aucune étude de projet alternatif à cette construction ex-nihilo, qui traîne dans les cartons depuis 40 ans. Aujourd’hui, Parlement Européen et Commission Européenne qui se sont saisis du dossier sont toujours en attente des explications du gouvernement français sur l’application des directives Eau, Habitats naturels et Projet.

Dans ce contexte, nous souhaitons rappeler les arguments qui nous amènent à demander l’abandon de ce projet inutile, ruineux et écologiquement désastreux : - la lutte contre le réchauffement climatique nous impose d’orienter les investissements vers des projets assurant la transition écologique - ce projet ne respecte pas les directives européennes sur l’habitat, sur l’eau et sur l’évaluation des incidences sur l’environnement - nous ne pouvons plus nous permettre de sacrifier des terres agricoles - ce choix et les infrastructures ferroviaires qui en découlent ne permettront pas d’améliorer les déplacements ferroviaires en Bretagne - donner la priorité à un renforcement des métropoles Rennes et Nantes renforcera l’inégalité entre les territoires bretons.

Notre opposition à ce projet sera rendue visible lors d’une opération spectaculaire le samedi 30 mars à Rennes. Présence d’élus et de nombreux militants

Vous pourrez y assister en nous rejoignant à 10 h 45 sur la place du Bas des Lices, devant le bar "Le Chantier". Une conférence de presse se tiendra sur ce lieu. Pour des raisons de sécurité, l’opération sera annulée en cas de pluie ou de vent"

- Paris : Atelier cabane Le collectif IDF construit une cabane et des serres pour la ZAD. Rendez-vous au transfo pour filer la patte. Voici le lien vers le videotract : http://vimeo.com/62212981

- Quimper : construction de la 18ème cabane

devant la mairie de Quimper ce samedi a 10h30

- Rennes : préparation de l’appel des camilles à poil à l’Elabo, 18h, 48 bd villebois mareuil

Elise (Camille à couettes) et Erwan (Camille à barbe) se sont mis nus face aux gendarmes venus tenter de déloger les résistants. C’était le 23 novembre 2012 à la ZAD, Notre-Dame-des-Landes, au cœur de la lutte contre le projet d’aéroport. Elle représentait la forêt, nue, vulnérable face à ceux qui veulent l’abattre. Il les mettait face à leur violence qu’ils justifient par leur uniforme et les ordres auxquels ils obéissent. Ils ont été condamnés pour outrage à 15 jours de prison avec sursis par le tribunal de Saint-Nazaire et font appel de cette décision inacceptable. Comme le procès en appel aura lieu à Rennes, ils viennent raconter, expliquer leur démarche et chercher votre soutien.

- Figeac : Animation sur la marché
10:30 au carrefour du Bar La Gmacier - Figeac

Manifestation musicale, théâtrale et festive à l’iitiative du comité de soutien de Figeac

- Nîmes : Stand d’information
15:00 – 17:00 sur la Place de l’Horloge à Nîmes (Karte)


31 mars

- Lorient

- Rennes : préparation de l’appel des camilles à poil à l’Elabo, 18h, 48 bd villebois mareuil

Elise (Camille à couettes) et Erwan (Camille à barbe) se sont mis nus face aux gendarmes venus tenter de déloger les résistants. C’était le 23 novembre 2012 à la ZAD, Notre-Dame-des-Landes, au cœur de la lutte contre le projet d’aéroport. Elle représentait la forêt, nue, vulnérable face à ceux qui veulent l’abattre. Il les mettait face à leur violence qu’ils justifient par leur uniforme et les ordres auxquels ils obéissent. Ils ont été condamnés pour outrage à 15 jours de prison avec sursis par le tribunal de Saint-Nazaire et font appel de cette décision inacceptable. Comme le procès en appel aura lieu à Rennes, ils viennent raconter, expliquer leur démarche et chercher votre soutien.


1er avril

- Dijon : réunion du comité de soutien

à 18h à l’Espace Autogéré des Tanneries (17 Bd de Chicago).

L’objectif est d’organiser des départs groupés (covoiturage et/ou bus) de la Bourgogne / Franche-Comté vers la ZAD de Notre Dame des Landes, à l’occasion de la manifestation de remise en culture prévue le 13 avril prochain.

- Rennes : préparation de l’appel des camilles à poil CLAR, 20h 22 rue Nadault de Buffon

Elise (Camille à couettes) et Erwan (Camille à barbe) se sont mis nus face aux gendarmes venus tenter de déloger les résistants. C’était le 23 novembre 2012 à la ZAD, Notre-Dame-des-Landes, au cœur de la lutte contre le projet d’aéroport. Elle représentait la forêt, nue, vulnérable face à ceux qui veulent l’abattre. Il les mettait face à leur violence qu’ils justifient par leur uniforme et les ordres auxquels ils obéissent. Ils ont été condamnés pour outrage à 15 jours de prison avec sursis par le tribunal de Saint-Nazaire et font appel de cette décision inacceptable. Comme le procès en appel aura lieu à Rennes, ils viennent raconter, expliquer leur démarche et chercher votre soutien.

- villeret de Desges : Journée solidarité Seme ta ZAD

Lundi 1er Avril nous ouvrons notre ferme pour mettre en pratique la solidarité pour la ZAD. Nous disposons de bois, de plants et d’autres choses qui peuvent servir là-bas. Il nous manque du temps pour tout faire alors qu’à plusieurs ....Tout peut-être possible. Voilà la trame de la journée à finaliser lors de l’AG.

IMPORTANT : Nos animaux sont en liberté, nous demandons à ceux qui partagent leur vie avec des chiens de ne pas venir avec.

Action proposé :

- Fabrication de manche en bois
- Pour ceux qui savent souder faire des outils pour les manches.
- J’ai des plants de mélisse à sortir de terre.
- Sans doute des plants de pruniers, cognassiers, framboise et peut-être fraise.
- Projet de pépinière(bouture) pour plantation en automne sur la ZAD

Quand venir :

A partir de 9h00. Dès 10 h 00 une petite AG pour se repartir les équipes et les tâches selon les envies et compétences de chacun.

Pour le repas :

Pour le repas de midi amener quelques choses à partager. Notre cuisine est a disposition pour d’autres envies.

Pensez à venir équipé :

Pour les ateliers amener des outils, bêches, scies etc...

Prévenir si vous venez et quand. Si vous ne pouvez pas pour 10 h 00 dites le aussi.

Voilà nos coordonnées :

Stéphane et Cécile Montigny Le villeret 43300 Desges 04 71 74 02 78 fermeduvilleret@free.fr

Voir le plan en pièce jointe

Préparation des prochains grands rassemblements

Diffusion des affiches et tracts de Sème ta ZAD

Des affiches et tracts sont disponibles en grande quantité à B17 (17 rue Paul Belamy à nantes), à la ferme de Bellevue, à Saint-antoine, aux fosses noires et à la Chat-teigne sur la ZAD. (merci de nous informer si un de ces espaces était en rupture de stock)

Pour les voir ou en rephotocopier de votre coté si vous ne pouvez vous rendre dans ces lieux

Organisation de bus et ou covoiturage

- covoiturage depuis l’Est : Nous souhaitons organiser au mieux un bus et sinon des co-voiturages pour la manifestation du 13 avril en se regroupant avec les comités locaux de Bourgogne-Franche comté.

Le bus partirait le vendredi au soir et rentrerait le dimanche matin. Un hébergement (camping ou chez l’habitant) serait assuré dans la nuit de samedi à dimanche.

Si un départ en bus vous intéresse, faites le nous savoir le plus rapidement possible..

Contact pour les départs : depart-est-nddl@riseup.net

Des départs en bus s’annoncent aussi depuis Châlon pour la chaîne humaine du 11 mai qui entourera la zad.

le comité dijon-nddl

Diffusion des panneaux pour la chaine humaine ici, un appel pour implanter des panneaux annonçant la chaine humaine du 11 mai partout

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 19:23

 

 

Disons-le tout net. Rendre intéressante l’intervention présidentielle, jeudi soir sur France 2, relevait largement de la mission impossible. Un président dans une impopularité jamais connue sous la Cinquième République au bout de dix mois de mandat ; un taux de chômage au-dessus des 10 %, frôlant les records historiques de 1997 ; un pouvoir d’achat des Français en recul pour la première fois, au vu des statistiques du dernier trimestre 2012 ; une crise de l’Europe et de l’euro sans précédent, avec un État membre, Chypre, dont l’économie explose et un autre État membre, l’Italie, sans gouvernement et dans une impasse politique durable.

 

François Hollande le 28 mars sur France2. 
François Hollande le 28 mars sur France2.

 

Or, paradoxalement, cette mission impossible fut presque accomplie. Car une immense surprise ressort de ce long propos présidentiel qui, aux alentours de la dixième minute, a dû perdre l’essentiel de ses auditeurs assommés de chiffres et de jargon technique. François Hollande mettait en scène et en mots la cérémonie de ses adieux à la gauche. « Je ne suis plus président socialiste, je suis le chef d’État de la France », devait-il d'ailleurs préciser aux alentours de la quarantième minute.

Nous venions de l’apprendre et le devinions : effectivement, François Hollande aura réussi l’exploit, dans cette cinquième intervention « devant les Français » depuis son élection, de ne pas prononcer le mot « gauche », de ne pas même citer le nom du parti socialiste, de ne pas même évoquer « les écologistes », d'ignorer délibérément les questions de majorité politique. Plus de gauche, plus de droite ; plus de partis ; plus de majorité politique ou parlementaire. Un abus impressionnant du « je ». Voilà la révélation de cette intervention : la dissolution de la politique, des débats, des alternatives, dans un « je » présidentiel renouant avec les pires démons de nos institutions.

La métamorphose est d’une rapidité surprenante, si l’on veut bien se référer à celui qui fut le précédent président issu de la gauche : François Mitterrand. Chacun sait aujourd’hui son plaisir entier à avoir endossé les habits de ce présidentialisme exacerbé et monarchique tant vilipendé dans le talentueux pamphlet du Coup d’État permanent. Mais François Mitterrand dut attendre un peu pour cela, laissant un temps l’illusion d’une démocratie sociale et parlementaire prospérer : 1983 fut un premier tournant ; en 1986, la cohabitation fut la renaissance d’un présidentialisme sans limite ; 1988-1995 fut une caricature de cette monarchie constitutionnelle à la française.

Voilà François Hollande faisant l’intégralité de ce parcours, qui prit deux mandats de sept ans…, en dix mois ! Effarante régression, au moment où un pays en crise profonde recherche et a impérativement besoin de mobilisations citoyennes, de corps intermédiaires, de débats déconcentrés, de processus innovants de décision, de prises de risques, pour s’extirper d’une crise historique et mener dans la paix civile et sociale une mutation équivalente à la révolution industrielle.

François Hollande a donc, en ce jeudi 28 mars, effacé la politique par une succession de « je » présidentiels. Cette posture consistant à tout revendiquer, à tout assumer, à affirmer tout décider (jusqu’à préciser, tel un directeur comptable, que « les achats des administrations seront désormais tous regroupés », pour d’obscures économies…) ne fait pas qu’affaiblir le système politique. Elle ridiculise son système de pouvoir : le premier ministre n’a pas été cité – il n'existe plus –, les ministres ont tout juste été évoqués, comme d’insolents élèves dont il fallait parfois savoir accepter les incartades.

Dès lors, que reste-t-il sur cette table rase, où le Parlement, les partis et le gouvernement ne sont au mieux que d’obscurs et irresponsables appendices ? Il reste un président, homme seul face au peuple et face à une crise dont les prolongements et les complexités sont sans précédent. « Qui peut croire une telle fable ? » aurait dit Nicolas Sarkozy en un autre temps et sur un autre sujet.

C’est le pari de François Hollande : tenir coûte que coûte sur un mode de récit, qui peut sembler suranné, irréel, voué à l’échec, mais dont il estime qu’il sera in fine entendu par l’opinion. Le pari est d’autant plus stupéfiant qu’au sortir de cette heure et quart d’entretien, on ne sait à qui François Hollande a parlé. Pas à la gauche : il ne l’a pas même évoquée. Pas à la droite : il n’a pas fait de pas important en sa direction. Alors à qui ? Aux chefs d’entreprise et décideurs économiques, incontestablement : « J’ai besoin de tous les Français ! Et les chefs d’entreprise, leur réussite est la nôtre. »

Oublis et renoncements

Alors à qui ? François Hollande a parlé au centre. Un supposé centre géographique du paysage politique dont on ne voit plus guère la traduction politique. Ce n’est évidemment pas l’UDI de Jean-Louis Borloo, qui se retrouvera ce jeudi dans la majorité « hollandaise ». Il ne reste donc de visible… que François Bayrou. François Bayrou, dont les positions politiques et sociales, les harangues contre la dette publique, les engagements européens et même la posture solitaire « au-dessus » des partis, apparaissent plus que jamais compatibles avec la nouvelle doxa présidentielle.

 

 

Pour préparer cette intervention, l'Élysée avait consulté tous azimuts. François Hollande, le secrétaire général de l'Élysée, le conseiller en communication Claude Sérillon avaient rencontré parlementaires et responsables de la majorité. « Ils voulaient trouver des idées, raconte une personne consultée. Mais ils n'ont trouvé que des mini-trucs. »

Pendant près d'une heure, le président a surtout parlé d'économie, dans un discours souvent très technique, émaillé de chiffres, finalement digne du haut fonctionnaire qu'est resté cet ancien élève de la promo Voltaire de l'ENA. On connaît le goût de Hollande pour les plus obscures subtilités budgétaires. Les téléspectateurs ont été servis. Car le chef de l'État n'a pas tant parlé des grands bouleversements économiques du monde que de microéconomie, de vie des entreprises. Avant d'en venir à la grande annonce de cette soirée : un « choc de simplification » ! « Aujourd'hui, une entreprise est obligée de transmettre à l'administration 3 000 informations par an, nous allons diminuer de deux fois, trois fois ce chiffre. »

Ce soudain « choc de simplification », trouvaille de communicant (écho au « choc de compétitivité » de l'automne), n'a pas pour autant éclairci le propos présidentiel. Il devait ensuite rentrer dans le détail d'aménagements fiscaux échappant au contribuable moyen. « On aménagera la fiscalité pour que ce soit plus simple et moins coûteux » en cas de cession d'entreprise. Il a toutefois réaffirmé sa promesse : avant la fin de l'année, la courbe exponentielle du chômage sera infléchie. « Ça va augmenter jusqu'à la fin de l'année, à la fin, nous allons avoir une baisse du nombre du chômeurs. Ce n'est pas un vœu ou un pronostic, c'est un engagement, une bataille. »

Et de rappeler que les « outils sont là » : les contrats d'avenir, les contrats de génération, le crédit d'impôt de 20 milliards pour les entreprises, ainsi que la loi sur la sécurisation professionnelle (elle sera votée la semaine prochaine par les députés), fruit de l'accord de janvier entre plusieurs syndicats et le patronat, qui suscite bien des remous à gauche.

« Il n'y avait jamais eu un tel accord sur cette question du marché du travail », s'est vanté François Hollande, qui oublie un peu vite l'accord de 2008, qui n'était certes pas si global mais avait entériné, entre autres, la rupture conventionnelle entre salarié et employeur. « Ma priorité, c'est l'emploi. Mon cap, la croissance, je veux que la France connaisse une croissance. J'ai ce devoir de remettre de la croissance », a martelé le chef de l'État, déplorant la « croissance nulle ». François Hollande a aussi annoncé une réforme de la formation professionnelle des demandeurs d'emploi. « Je vais proposer qu'un chômeur sur deux puisse avoir une formation professionnelle dans le délai de deux mois. »

Pour tenter de ressusciter l'esprit du discours du Bourget, lors duquel il avait présenté la finance comme son « ennemi », François Hollande a aussi présenté une nouvelle mouture de sa taxe à 75 %, censurée par le Conseil constitutionnel, puis édulcorée par le Conseil d'État. Elle sera acquittée non pas par les personnes physiques comme le prévoyait le dispositif au départ, mais par les entreprises dans le cas de salaires supérieurs à 1 million d'euros. « L'entreprise sera responsabilisée », estime François Hollande, qui calcule lui-même que la mesure concernera « très peu » de cadres dirigeants.

Afin de relancer le pouvoir d'achat, le président a admis ne pas avoir de baguette magique. Mais il a proposé que les 4 millions de Français qui bénéficient d'une participation, en théorie bloquée pendant cinq ans, puissent la débloquer « immédiatement sans pénalité fiscale ».

Pour le reste, François Hollande a déroulé un agenda social attendu, entre réforme des allocations familiales et des retraites. Il a confirmé la piste d'une réduction des allocations familiales pour les ménages les plus aisés. Et laissé entendre que si les plus petites retraites ne seront pas baissées, il pourrait augmenter la durée de cotisation requise pour toucher une retraite à taux plein.

Affaire Cahuzac

Mais là ou l'entretien du chef de l'État frappe, c'est surtout par ses absences et/ou ses renoncements en matière de réformes estampillées de gauche. Le cumul des mandats ? Ce sera mercredi en conseil des ministres… La réforme, elle, sera effective « avant la fin de mon mandat ». Évaporée donc la piste d'une réforme applicable dès les municipales de 2014 (à vrai dire, plus grand-monde n'y croyait). 

Le droit de vote des étrangers ? Le chef de l'État ne l'a même pas évoqué. Le mariage pour tous ? François Hollande ne reviendra pas dessus. En revanche, une des informations principales de la soirée est le quasi-enterrement d'une de ses promesses de campagne : le recours à l'assistance médicale à la procréation pour les couples de femmes. « La PMA, ça n'est pas dans le texte, c'est renvoyé au comité d'éthique. » Jusqu'ici, rien de neuf. Pour déminer le texte, François Hollande a en effet renvoyé le sujet à cette instance consultative. La nouveauté, c'est que le président s'engage désormais à « respecter » la décision du comité d'éthique. Une façon de dire niet au recours à la PMA pour les couples de femmes, puisque la jurisprudence montre que le comité d'éthique y a toujours été hostile (lire notre article).

Depuis deux semaines, la majorité, franchement déprimée par la succession de mauvaises nouvelles économiques, l'affaire Cahuzac ou encore l'élimination de la candidate socialiste à Beauvais, osait espérer un « discours offensif ». « Il faut que François Hollande arrête de faire comme s'il était premier secrétaire du PS. Il est président de la République, il doit fixer un cap et s'y tenir ! » plaidait la socialiste Colette Capdevielle. « Le gouvernement doit avoir du courage, affronter les murs de l'argent et faire les réformes indispensables pour qu'on bouge ! » défendait le secrétaire national d'EELV, Pascal Durand.

D'autres, au contraire, n'avaient plus beaucoup d'illusions, à l'instar du député de Paris, Pascal Cherki, qui tançait mercredi soir un Hollande « président de conseil général ». L'attaque ad hominem était violente. Ses camarades socialistes lui en ont beaucoup voulu. Même s'ils savent que la formule est d'autant plus dure qu'elle contient une part de vérité. Quant à l'écologiste Jean-Vincent Placé, qui, ce jeudi matin, disait attendre « une révolution politique », il l'aura obtenue à sa façon : les écologistes, officiellement deuxième parti de la coalition gouvernementale, n'ont pas été cités. Seule consolation pour lui: le parti socialiste n'existe pas davantage dans la nouvelle pensée présidentielle !


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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 18:39

 

 

Médiapart

 

 

 

Après la relaxe, lundi 25 mars, de six de ses militants, le Collectif des déboulonneurs, qui s'oppose à l'envahissement publicitaire, réclame dans cette lettre ouverte à la ministre de l'environnement, Delphine Batho, un débat «sur la place de la publicité dans notre société». Et annonce une trêve de ses actions.


 

Madame Batho,

Lundi 25 mars, le tribunal correctionnel de Paris a décidé de relaxer six militants du Collectif des déboulonneurs. Depuis 2005, vous le savez, nous organisons des actions de désobéissance civile en barbouillant des panneaux publicitaires. Nous demandons qu'un débat sur la place de la publicité dans notre société soit organisé et que les dimensions des dispositifs implantés dans l'espace public soient grandement réduites.

La désobéissance civile est un choix par défaut. Ce mode d'action s'impose à nous. Alors que depuis des décennies, les associations interpellent les pouvoirs publics de façon traditionnelle, alors que très majoritairement la population exprime son ras-le-bol face à l'invasion publicitaire, nous ne pouvons que constater la visibilité toujours plus grande offerte aux afficheurs. Les politiques sont responsables de cette situation. L'aérosol de peinture est notre ultime recours pour faire progresser l'intérêt général. En motivant sa relaxe par l' « état de nécessité », le tribunal ne dit pas autre chose. Oui, à un moment donné, il est légitime de transgresser symboliquement la loi pour défendre des intérêts moraux supérieurs.

En 19 procès, c'est la deuxième relaxe pour notre collectif. La première était intervenue pendant le Grenelle de l'Environnement. Visiblement, le message envoyé par la justice n'avait pas été entendu par le gouvernement de l'époque. Sur le fond, Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet ont orchestré la légalisation de nombreux dispositifs illégaux et autorisé l'arrivée des écrans numériques et des bâches géantes. À l'inverse, rien n'a été fait pour réduire la pression publicitaire. Sur la forme, une thématique exclue des grands débats du Grenelle, une consultation publique enterrée pour cause de résultats trop clairement contraires aux orientations choisies, un décret truffé d'erreurs techniques publié en catimini avant les élections, mais surtout un ministère de l’écologie aux ordres du principal afficheur français, avec l’Élysée comme courroie de transmission. La presse s'en était largement fait écho et la classe politique, y compris à l'UMP, avait constaté les dégâts de cette réforme. La primauté des amitiés entre hommes d'Etat et hommes d'affaires sur la bonne gestion politique a la peau dure.

Très récemment, le Sénat a examiné et voté un texte d'amnistie des actes militants collectifs. Votre parti a choisi d'amender cette proposition de loi et d'en exclure les actions liées à l'environnement. Peut-être estimez-vous que d'autres pratiques sont souhaitables, que le dialogue est toujours possible ? Il ne tient qu'à vous d'en faire la démonstration. Cette deuxième relaxe vous offre, Madame la ministre, l'occasion de rouvrir le dossier et de vous y atteler sans plus attendre.

Nous connaissons tous l'inertie de l'administration. Vos services travaillent actuellement à la mise en place des décisions de vos prédécesseurs (circulaire sur les modalités d'application, établissement de seuils de luminosité des écrans numériques). Doit-on supputer qu'ils travaillent en roue libre sur leur lancée ? Y a-t-il eu des directives de votre part pour mettre en branle toute cette machinerie ? Doit-on en conclure que vous avalisez les choix tragiques du précédent gouvernement ? On entend dire que le sujet serait peut-être abordé dans le cadre d'une discussion sur la biodiversité à l'automne. Cela ressemble furieusement à une stratégie d'évitement. Va-t-on tranquillement laisser les nouveaux dispositifs s'implanter pour constater d'ici un an ou deux qu'on ne peut plus les démonter ? C'est maintenant qu'il faut agir ! 

Cette thématique mérite un cadre dédié à elle seule. Quelle que soit votre décision, elle devra être exprimée clairement et publiquement. Les non-dits, les faux-fuyants et le refus d'assumer une orientation politique étaient la marque de fabrique de Nathalie Kosciusko-Morizet. Le changement dans la pratique politique fut un axe majeur des dernières campagnes électorales. Mettons-le en œuvre ensemble. Nous prenons nos responsabilités et choisissons de respecter une trêve des actions de désobéissance civile. La balle est dans votre camp, saisissez-la.

 

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 18:31

 

 

 

Tous les ans, les négociations entre les représentants de la grande distribution et leurs fournisseurs donnent lieu à des annonces solennelles. Il y a quelques jours, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les grandes enseignes, a ainsi officiellement annoncé qu’à l’issue d’âpres discussions de plusieurs mois, les prix des produits alimentaires vendus dans leurs rayons resteront stables en 2013. Ces négociations sont encadrées par la loi et sont censés permettre aux fournisseurs de peser un peu face aux grandes centrales qui représentent les super et les hypermarchés.

Voilà pour la théorie, et pour la vitrine. Mais en fait, les tarifs affichés à l’issue de ces négociations correspondent rarement à l’argent qui arrive finalement dans les caisses des fournisseurs. Les grandes surfaces leur réclament en effet très régulièrement des ristournes, souvent peu justifiées, que les petits producteurs sont rarement en mesure de refuser. C’est le cas de ce fabricant de produits d’art, dont Cultura, une enseigne de loisirs créatifs, qui compte une cinquantaine de magasins en France, est le plus gros client. « Il y a trente ans, notre marque était distribuée par un réseau de magasins indépendants, souvent dirigés par des passionnés, témoigne le dirigeant de ce fabricant, qui a requis l’anonymat. Aujourd’hui, nous répondons aux commandes des financiers qui ont investi notre profession, et qui savent qu’ils nous tiennent. On n’a pas le choix. »


 

Avec moins d’un million de chiffre d’affaires annuel, ce producteur a un besoin vital d'être référencé par la grande enseigne, qui lui fournit environ un cinquième de son activité. En contrepartie, Cultura lui demande de grignoter ces marges chaque année un peu plus, à coup de conséquentes « remises sur factures » et autres « ristournes de fin d’année ». « Au début des années 2000, lorsque les magasins se sont développés, ils nous ont référencés parce que nous sommes très présents dans les magasins spécialisés. Vu les possibilités d’expansion, nous leur avons accordé une remise de 15 % sur tous nos tarifs », raconte le dirigeant.

Mais, au fil des ans, les exigences du distributeur se sont durcies. La remise de base dépasse désormais 20 %. « La méthode est simple : une année, ils ont énormément restreint leurs commandes et ne m’ont permis de réaliser que la moitié du chiffre d’affaires que j’avais réalisé dans leurs rayons l’année précédente. Je peux vous dire qu’après, j’ai accepté leurs conditions ! »

À ce rabais de base, s’ajoute une très longue liste, selon un contrat auquel Mediapart a eu accès. Entre 4 % et 7 % de remise « logistique », si le fabricant livre ses produits dans un centre de stockage et non directement aux magasins (mais ce n’est pas toujours lui qui choisit). 10 % de réduction supplémentaire sur les premières commandes réalisées lorsque la chaîne ouvre un nouveau magasin. Mais aussi, assure le dirigeant, 3 % de rabais pour les produits proposés par Cultura lors des opérations spéciales de rentrée. Ou encore 2 000 euros à débourser pour chaque photo apparaissant dans les catalogues fabriqués par l'enseigne.

Il faut encore comptabiliser une lourde ristourne dite « de fin d’année » : 4 % pour compenser la « centralisation » des commandes par une centrale d’achat unique. Sans oublier un rabais supplémentaire allant de 2,5 % à 5 %, en fonction du chiffre d’affaires réalisé dans les magasins de l’enseigne ! « En additionnant tout, je consens entre 30 et 40 % de réduction sur mes factures, et donc sur ma marge, calcule le chef d’entreprise. Et ça bouffe ma trésorerie. » Selon lui, cette perte de revenus pousse bon nombre de fabricants de son secteur à faire fabriquer leurs produits en Chine, au mépris de la qualité.

Dérives trop nombreuses

L’entrepreneur assure que son cas n’est pas isolé, et cite l’exemple extrême de certains collègues, qui, outre les remises qu’ils consentent à des enseignes de grande distribution, iraient jusqu’à installer eux-mêmes les présentoirs où seront disposés leurs produits et financent une partie de leur mise en place. Mais impossible d’en savoir beaucoup plus. Les témoignages sont très rares et les distributeurs refusent de s’exprimer sur le sujet. Ainsi, Cultura a souhaité ne faire « aucun commentaire », malgré nos multiples sollicitations.

Le sujet est, il est vrai, délicat. La loi de modernisation de l’économie (LME), promulguée en août 2008, était censée avoir réglé la question des « marges arrière », ces rabais consentis par les fournisseurs pour que leurs produits soient mis en valeur dans les rayons. « On a interdit les marges arrière, mais rien n’a changé ! Ce sont juste les mots dans le contrat qui ont été modifiés », grince notre chef d’entreprise. Une modification a tout de même eu lieu : désormais, toutes les négociations et remises sont obligatoirement portées sur le papier, dans un contrat unique, renégocié tous les ans.

Mais un rapport de l’Assemblée nationale sur le bilan de la LME, rédigé dès 2010, donne partiellement raison à notre témoin. Le texte indique que « les marges arrière ont fortement diminué », représentant en général plutôt autour de 10 % du prix de vente, mais pointe aussi « des abus persistants ». Par exemple, certaines grandes surfaces imposent des pénalités de retard si les produits ne sont pas livrés à temps ou forcent leurs fournisseurs à racheter leur stock d’invendus…

En octobre dernier, lors d’un colloque organisé par le magazine spécialisé LSA, la directrice générale de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), Nathalie Homobono, regrettait les dérives encore trop nombreuses dans les rapports de force entre distributeurs et fournisseurs. « Pour une grande partie des fournisseurs, les négociations des prix demeurent difficiles face à une distribution concentrée », estimait-elle. Selon ses chiffres, les distributeurs ont été condamnés en 2011 à plus de 2,2 millions d'euros d'amendes, sans compter les dédommagements aux fournisseurs.

Deux condamnations résument assez bien l’état du secteur. En mars 2012, Carrefour a été condamné par la Cour d'appel de Paris à restituer 17 millions d'euros de marges arrière à des fournisseurs, en plus de l’amende de 2 millions à laquelle l’enseigne avait déjà été condamnée en première instance. En novembre 2011, c’est Leclerc qui a été condamné à payer un million d'euros par le tribunal de commerce de Paris. Il n'a pas apprécié les pratiques du distributeur : la Cour d’appel de Versailles avait jugé en octobre 2009 qu'il devait rembourser 23,3 millions d'euros à 28 fournisseurs, pour des marges arrière perçues entre 1999 et 2001. Leclerc avait obtempéré, mais obligé par la suite ces fournisseurs à… lui restituer les sommes.

 

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