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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:59

 

Médiapart

 

 

 

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C’est par un communiqué, diffusé ce vendredi 10 mai dans l’après-midi, que la nouvelle est tombée. Le procureur de la République de Bordeaux, Claude Laplaud, requiert un non-lieu en faveur de Patrice de Maistre et d’Eric Woerth dans un des volets de l’affaire Bettencourt.

« Dans la procédure suivie aux cabinets de Monsieur Jean-Michel GENTIL, Mesdames Cécile RAMONATXO et Valérie NOEL, pour financements illicites de campagne électorale et de parti politique, complicité et recel de ces délits, trafics d’influence, à raison de laquelle MM. Patrice de MAISTRE et Eric WOERTH ont été mis en examen pour trafics d’influence actif et passif, le parquet a remis, ce jour, son réquisitoire définitif afin que les susnommés soient admis au bénéfice de non-lieux », expose le communiqué du parquet.

« Les délits de financements illicites de campagne électorale et de parti politique – pour lesquels MM. WOERTH et de MAISTRE n’ont d’ailleurs pas été mis en examen – ne ressortent, en effet, nullement caractérisés et, à supposer le contraire, circonscrits au 1er trimestre 2007, ils auraient, en tout état de cause, été couverts par la prescription de l’action publique », précise le procureur, sans trop d'égards pour le travail effectué dans ce dossier par les juges d'instruction.

 

Le procureur Claude Laplaud 
Le procureur Claude Laplaud© ©Reuters

Par ailleurs, « s’agissant des présomptions de trafic d’influence, à raison de la mise à disposition par l’État de la « Parcelle de l’An IV », sise 11 quai de Conti à PARIS 6°, à l’Institut de France, pour qu’il y soit réalisé un auditorium financé par Mme Liliane BETTENCOURT, opéré par arrêté ministériel du 29 janvier 2009, signé par M. Eric WOERTH alors Ministre du Budget, il a pu être établi que cette décision était intervenue en application et pour la mise en œuvre des dispositions entérinées par le Parlement, notamment de l’amendement n° 374 adopté le 9 décembre 2008 par l’Assemblée Nationale dans le cadre du projet de loi de finance rectificative pour 2008 (article 36 III de la loi n° 2006-1666 du 21 décembre 2006 rectifié) et que, par conséquent, l’action conduite par M. Eric WOERTH n’encourt aucun reproche », assène le procureur.

Pour finir, « Concernant enfin les présomptions de trafic d’influence relatives aux conditions d’embauche de Mme Florence WOERTH au sein de la société CLYMENE (société gestionnaire du patrimoine de Mme Liliane BETTENCOURT, dirigée par M. Patrice de MAISTRE) et de la nomination de M. Patrice de MAISTRE dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur, le parquet estime que le lien de corrélation entre les deux faits – condition nécessaire à la caractérisation du délit – n’est pas formellement démontré ». Fermez le ban.

Certes, le procureur de Bordeaux a toujours été d'une prudence extrême, proche de la componction, dans cette affaire d'Etat qu'est le dossier Bettencourt. Sa gestion médiatique de la mise en examen d'Eric Woerth par les juges d'instruction avait déja suscité de sérieuses critiques (lire notre article ici).

Mais l'analyse juridique faite aujourd'hui par le procureur Laplaud, pleine de compréhension et de mansuétude pour Eric Woerth et Patrice de Maistre, au point qu'elle épouse parfaitement leur défense, tranche très singulièrement avec celle qui a été faite depuis deux ans par les trois juges d’instruction chargés du dossier. Le 12 juin 2012, ceux-ci avaient mis en examen l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, pour « trafic d'influence actif » dans l'affaire de la Légion d'honneur que lui avait remise l'ex-ministre Eric Woerth en janvier 2008.

 

Placé pendant près de trois mois en détention provisoire, avant d'êre remis en liberté contre le paiement d'une caution de 2 millions d'euros, en juin 2012, Patrice de Maistre avait, auparavant, été mis en examen (les 15 décembre 2011 et 22 mars 2012)  pour « abus de faiblesse » à l'encontre de l'héritière de l'empire L'Oréal.

 

Patrice de Maistre 
Patrice de Maistre

Eric Woerth avait pour sa part été mis en examen le 8 février pour « trafic d'influence passif » dans l'affaire de cette Légion d'honneur. Une décoration qu'il aurait fait obtenir à Patrice de Maistre en échange d'un emploi pour sa femme Florence, embauchée à l'été 2007 par la société Clymène, dirigée par de Maistre et chargée de gérer l'argent reversé par L'Oréal à Liliane Bettencourt.

Patrice de Maistre a, par ailleurs, fait l'objet de plusieurs autres mises en examen, notamment pour « abus de biens sociaux ». Il est au cœur des nombreuses interrogations quant à l’utilisation des 4 millions d'euros appartenant à Liliane Bettencourt, qui ont été rapatriés discrètement de la Suisse vers la France de 2007 à 2009, et dont une partie aurait servi à financer de façon illégale la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, selon l’instruction.

L'ancien gestionnaire de fortune a reconnu avoir rapatrié de Suisse des fonds gérés par des avocats locaux sur des comptes cachés, ce à la demande des époux Bettencourt, mais il s’est toujours refusé – en revanche – à confirmer la moindre remise d’espèces à des politiques.

 

Eric Woerth  
Eric Woerth

A noter: Nicolas Sarkozy n'est, pour sa part, pas mis en examen dans cette partie du dossier, mais dans le volet « abus de faiblesse ». Là aussi, certaines informations de presse ont laissé penser que le procureur entendait requérir prochainement un non-lieu en faveur de l'ex-président de la République (lire notre article ici). Une demande d'annulation de la mise en examen de Nicolas Sarkozy et d'autres personnalités poursuivies est actuellement pendante devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux.

Quoiqu'il en soit, les juges d'instruction ne sont pas tenus par les réquisitions du parquet, qui sont indicatives. S'ils ne se déjugent pas, ils devraient renvoyer Eric Woerth et Patrice de Maistre devant le tribunal correctionnel.

 

 

 

 

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:48

 

Médiapart

Gabarit-UNE_copie_06.jpg

Le premier transformateur de viande français vient de proposer aux syndicats un accord de mobilité, reprenant l'esprit de l'Accord national interprofessionnel, signé en janvier dernier. À Ailly-sur-Somme en Picardie, les syndicats redoublent d'inquiétude pour l'avenir de leur usine vieillissante.

 

Et si la loi sur la sécurisation de l'emploi avait l'effet inverse de celui escompté.

À Ailly-sur-Somme, les salariés de l'usine Bigard de découpe et transformation de viande de bœuf n'ont pas de quoi se sentir en sécurité, depuis que les syndicats du groupe ont reçu, la semaine dernière, une proposition d'accord de groupe reprenant les recommandations de la fameuse loi votée le 10 avril dernier à l'Assemblée nationale.

Dans son contenu, le texte proposé par le géant français de la viande de bœuf reprend l'Accord national interprofessionnel (Ani), signé le 9 janvier dernier par la CFDT, la CFTC, et CFE-CGC, et dont le contenu a été repris et amendé dans la loi dite de «sécurisation de l'emploi».

L'un des articles de la loi, portant sur la mobilité interne des salariés, a été repris par Bigard et inquiète particulièrement les syndicats, car il place les salariés dans une situation d'incertitude constante sur leur avenir.

 

Un accord de mobilité tous les trois ans dans les entreprises

Pour inciter les entreprises à muter plus souvent les salariés, la loi votée par l'Assemblée nationale propose de négocier des accords de mobilité interne tous les trois ans, et fixe un cadre juridique spécifique.

Sous réserve de la signature de l'accord par des syndicats représentant au moins 30% des salariés, une entreprise, qui ne prévoit pas de baisse d'effectif durant la validité de l'accord, pourra demander à n'importe quel ouvrier de changer d'usine. Seuls garde-fous à ces demandes: que la mutation se fasse «dans le respect de la vie personnelle et familiale du salarié», et qu'elle n'entraîne pas de baisse de salaire.

 


Ailly-sur-Somme, aux environs de l'usine Bigard


L'objectif ? Pour le gouvernement, il s'agissait d'inciter les entreprises à utiliser plus souvent les outils de mobilité, en sécurisant le cadre juridique, dans l'espoir de limiter les plans de licenciements. Selon le gouvernement, la mobilité interne – les propositions de reclassement au sein d'une même entreprise – est sous-utilisée en France.

Elles interviendraient trop souvent au dernier moment – juste avant les procédures de licenciement collectif – et sous la contrainte, au cours d'un PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) pendant lequel une entreprise a l'obligation de proposer des «mesures de mobilité interne au sein de l'entreprise ou du groupe».

L'exemple le plus récent de cette mobilité interne d'urgence, c'est Peugeot-Citroën. Pour supprimer 1400 postes dans son usines de Rennes (5500 postes), le groupe PSA a proposé, la semaine dernière, 400 mutations volontaires vers les autres sites du groupe. Après le 31 décembre 2013, PSA fera une offre aux salariés qui n'ont accepté aucune offre de replacement, et les licenciera s'il ne se satisfont pas de ces mesures de «mobilité».

 

Salariés priés d'être mobiles

Ordinairement, les salariés ne sont pas contraints par leur contrat de travail d'accepter une mutation, sauf si elles se limite à leur «secteur géographique». Une notion floue qui s'apprécie au cas par cas, en cas de litige. Certains salariés, le plus souvent les cadres, sont soumis à une mobilité géographique plus importante si leur contrat inclut des clauses de mobilité.

Désormais, les salariés ordinaires, qui refuseront de se soumettre à une mobilité imposée par un accord de groupe, pourront être licenciés pour motif économique individuel. Ce qui veut dire qu'il n'y aura pas de déclenchement d'un PSE – coûteux pour l'entreprise – si le licenciement concerne plus de dix personnes. En revanche, chaque salarié licencié bénéficiera d'une indemnité spécifique négociée dans l'accord.

Mais cette éventualité pourrait être entourée d'une incertitude juridique. Pour Pascal Lokiec, professeur de droit social à l’Université de Paris Ouest – Nanterre, l'accord national interprofessionnel irait sur ce point à l'encontre de «l’inopposabilité de l’accord collectif, lorsque celui-ci comporte des obligations de mobilité et que les salariés n’ont pas été informés de l’existence de cet accord, ni mis en mesure d’en prendre connaissance puisqu’ils ont été embauchés avant sa conclusion (Cass. soc., 27 juin 2002, n° 00-42.646)», dans La Semaine Sociale Lamy, n°1569, revue d'actualité juridique. En somme, l'accord de mobilité pourrait ne pas pouvoir s'imposer aux salariés embauchés avant sa signature.

 

L'usine d'Ailly-sur-Somme sur la sellette

Le projet de loi gouvernemental prévoyait d'obliger les entreprises à négocier des plans de mobilité interne tous les trois ans. Finalement, l'obligation a été retirée après son passage à l'Assemblée nationale.

Mais le groupe Bigard a entendu le gouvernement et saisi la balle au bond. À peine un mois après le vote de la loi, le groupe veut aujourd'hui imposer la mobilité à tous ses salariés. Comme le recommande le gouvernement, la direction a envoyé aux syndicats une proposition d'accord de groupe sur la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences), intégrant un accord sur la mobilité.

 
L'usine d'Ailly-sur-Somme


Dans son article 5.2 ce document explique que tous les salariés pourraient être sollicités pour travailler dans une autre usine du groupe, dans le cadre de «mesures collectives d’organisation, ne comportant pas de réduction d’effectifs et se traduisant notamment par des changements d’emplois et/ou de lieux de travail». Seule limite évoquée dans le texte: 100 kilomètres de distance entre l'ancien et le nouveau lieu de travail.

 

Baisse d'activité, baisse d'effectifs

Cette nouvelle inquiète les deux syndicats FO et CGT de l'usine Bigard d'Ailly-sur-Somme, anciennement propriété de la coopérative Défial. Dans une filière prise dans un perpétuel mouvement de concentration des moyens de production, où les fermetures de sites s’enchaînent, leur usine, vieillissante et isolée serait menacée. «L'année dernière, nous avons reçu un petit mot du directeur des ressources humaines qui nous disait que trois sites étaient sur la sellette dans le groupe, dont le nôtre», explique le délégué syndical CGT, Stéphane Dormeval, désosseur-pareur et agent de distribution chez Bigard.

En novembre dernier, une soixantaine de salariés d'Ailly-sur-Somme s'étaient déplacés en Bretagne, à Quimperlé, au siège de l'entreprise Bigard pour manifester leur mécontentement. Là-bas, la CGT et FO poursuivent le groupe au tribunal de Quimper proche du siège de Bigard à Quimperlé pour exiger un rapatriement de l’activité sur le site d'Ailly sur Somme.

 

En effet, l'activité de l'usine décroît depuis son rachat par Bigard en 2008. À l'intérieur du groupe, le site d'Ailly-sur-Somme, qui fait de la deuxième et troisième transformation, est mis en concurrence avec les usines de Feignies dans le Nord et Formerie dans l'Oise. Et force est de constater qu'il a perdu la bataille. Aujourd'hui ses clients sont partis. L'usine de Feignies, près de Valenciennes, est plus récente et dotée d'un abattoir qui fait cruellement défaut à Ailly-sur-Somme et dans tout le département. C'est cette usine, qui approvisionne, par exemple, le magasin Auchan d'Amiens-Dury.

 

Menace de fermeture

Pour la CGT, le groupe Bigard condamne lentement le site d'Ailly sur Somme, aujourd'hui trop éloigné des abattoirs du groupe, en diminuant ses carnets de commande et en arrêtant d'investir. «Depuis qu'ils ont racheté l'usine, il n'y a pas eu d'investissement». Au 1er janvier 2015, l'usine devrait se mettre aux normes ses installations de réfrigération. «Aujourd'hui rien n'est fait. Rien n'est prévu. Pourtant ce ne sont pas des petits travaux.»

«Entre Ailly sur Somme et Formerie, ils vont devoir choisir», analyse Francis Declerck, professeur de finance à l'Essec, spécialisé dans l'agroalimentaire. L'industrie de la viande est soumise à une concurrence redoutable. Bigard est composé d'entreprises qui n'ont pas su se débrouiller seules, comme Socopa. Le problème, ce sont les marges. Les industriels n'arrivent pas à augmenter les prix car leur produit n'est pas assez markété. L'industrie ne parvient pas à faire valoir sa marque face aux distributeurs. Si vous allez dans un supermarché, la viande qui n'a pas de marque porte le logo du distributeur. Il y a Charal [marque du groupe Bigard, ndlr], mais c'est insuffisant. Alors aujourd'hui les industriels se battent pour préserver leurs marges. Il y a une forte concentration. Les groupes essaient de faire des économies d'échelle en construisant des abattoirs plus gros, situés dans les bassins de production.»

Depuis 2008, le site d'Ailly-sur-Somme est soumis à des diminutions d'effectif. Selon les deux syndicats majoritaires, ils seraient passés de 251 salariés à 179 aujourd'hui, suite au non remplacement de salariés licenciés ou partis. «Ils nous ont dit en CCE qu'ils avaient la place pour muter 145 personnes à Formerie ou à Feignies», explique Stéphane Dormeval.

 

Un accord de mobilité qui renforce les inquiétudes

La proposition d'accord sur la mobilité vient donc renforcer le climat d'inquiétude dans cette usine où la moyenne d'âge se situe autour de 40-45 ans. Les contrats des derniers embauchés seraient déjà en clause de mobilité, pense savoir la CGT, mais pas ceux des plus anciens.

Si les syndicats acceptent de signer l'accord, chaque salarié d'Ailly-sur-Somme pourrait être sollicité pour travailler à Formerie dans l'Oise ou à Feignies dans le Nord. S'ils refusait d'être mutés, ce serait le licenciement individuel pour motif économique. «En cas d’adaptation insuffisante d’un salarié à la nouvelle fonction, une concertation est menée pour obtenir le meilleur compromis d’une réorientation professionnelle», explique l'accord.

Et si plus de dix des 179 salariés refusaient cette mutation, l'entreprise n'aurait pas l'obligation de mettre en place un PSE, ce qu'elle aurait dû faire pour un licenciement collectif ordinaire. Elle devra verser les indemnités négociées dans le cadre de l'accord.

«Ils ont mis le paquet sur les aides», reconnaît le syndicaliste. Pour les mutations de plus de 75 kilomètres, l'entreprise offre «45 euros par jour calendaire pendant neuf mois», environ 12 000 euros. Auxquelles s'ajoutent des aides à la recherche de logement, des aides de recherche d'emploi pour le conjoint ne travaillant pas chez Bigard.

 

Pour autant, Stéphane Dormeval ne souhaite pas que les syndicats du groupe signent cet accord, qui pour lui place les salariés dans une constante incertitude sur leur avenir. «S'ils me proposent de partir, je n'accepterai pas», nous explique-t-il dans sa maison à quelques kilomètres d'Amiens. Je ne leur fait pas confiance. Admettons que j'aille à Formerie. Qu'est-ce qui me dit qu'ils ne vont pas décider de m'envoyer ailleurs ensuite? Il va bientôt falloir que je m'achète une caravane».

 

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:43

 

 

Le Monde.fr | 10.05.2013 à 17h31

 

Par Antonin Sabot

 
A Avignon, Reclaim the fields et le collectif LeoPart ont organisé la plantation d'un champ de pommes de terre en protestation contre le passage prévu d'une route dans une zone d'agriculture péri-urbaine.

Parmi les nombreux collectifs, associations et individus venus constituer le groupe LEOpart et ayant lancé le squat agricole qui s'organise petit à petit dans la "ceinture verte" d'Avignon se trouve le réseau Reclaim the Fields. Après avoir participé, entre autres, à la ferme du Sabot à Notre-Dame-des-Landes, à un camp de soutien à la lutte de paysans contre une mine d'or en Roumanie, ou à des squats de terres et à des jardins collectifs à Dijon, le réseau s'est tout naturellement retrouvé impliqué dans la lutte autour de la liaison Est-Ouest (LEO) à Avignon.

Sur un coin de table, en compagnie d'autres membres du réseau, Nicolas tente de résumer la philosophie d'un mouvement qui se veut plus une "constellation" qu'une association hiérarchisée et monolithique. Comme dans bien des groupes qui se retrouvent dans ce type d'actions, les frontières du réseau ne sont pas nettes et les liens se font par porosité d'un groupe à l'autre.

Venir ici, "ça pose quelque chose de concret et ça peut modifier l'attachement à la terre", explique Nicolas. Lui-même formé en agronomie, il a appris les aspects les plus concrets du maraîchage "dans des luttes comme celle-ci". Les membres de Reclaim the Fields, comme ceux du collectif LEOpart, aimeraient que des gens reviennent cultiver les terres mises en friches sur le tracé de la LEO.
 

Au coeur des actions de Reclaim the Fields, l'idée de la réappropriation des terres est essentielle.

"La terre, c'est le nerf de la guerre", affirment ces jeunes agriculteurs, inspirés par les paysans sans terre sud-américains. Dans tous les combats ou projets que mène le réseau, l'idée de la réappropriation de cette ressource est essentielle. "Parce que ça touche à l'autonomie, expliquent-ils. D'abord, il s'agit de pouvoir se nourrir. Et puis d'acquérir des savoir-faire sans passer par le parcours institutionnel."

La remise en cause, ou du moins le court-circuitage des institutions traditionnelles du milieu agricole, est aussi une constante. Ils les jugent trop hiérarchisées et patriarcales. Chez eux, les femmes tiennent d'ailleurs une bonne place, et les réflexions sur les questions de genre sont aussi à propos que celles sur les techniques maraîchères.

Aussi attachés soient-ils à l'idée de construire une nouvelle "économie collective", les membres de Reclaim the Fields préviennent : "On ne balaie pas tout ce qui se fait par ailleurs." Dans toutes leurs luttes, ils disent tenter de discuter avec les agriculteurs plus conventionnels. "Les pratiques de solidarité paysanne, d'échange, de respect de la nature, on ne les a pas inventées, elles existent ailleurs", dit une jeune femme. "On ne veut pas rester dans un entre-soi stérile", jurent-ils. Leur idée, c'est plutôt d'amener des discussions, de nouvelles manières de voir. Ne pas imposer de label, donc.

Antonin Sabot

 

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:37

 

 

 

Le Monde.fr | 10.05.2013 à 17h36 • Mis à jour le 10.05.2013 à 17h43

Par Angela Bolis et Antonin Sabot

 
 
Menés par un tracteur rouge, les opposants à la liaison Est-Ouest partent défricher et replanter un champ.

Mené par un agriculteur à la chevelure grisonnante juché sur son tracteur, le cortège du collectif LEOpart est jeune et bariolé, en ce samedi humide de fin avril. Cheveux rouges, dreadlocks ébouriffées, foulards noirs remontés sur le nez, entre 200 et 300 personnes ont défilé dans les rues d'Avignon au rythme d'une petite batucada, un ensemble de percussions, en croquant des noix et en refaisant le monde. Partie du vieux centre de la cité des papes, la manifestation s'est enfoncée dans la périphérie avignonnaise, où les barres d'immeubles laissent peu à peu la place aux haies d'aubépines, aux prés, aux serres maraîchères.

C'est ici, au beau milieu de la ceinture verte qui borde la ville, que doit être construite la liaison Est-Ouest (LEO), une quatre-voies qui fait la jonction entre les autoroutes A7, en direction de Marseille, et A9, vers Barcelone. Son ambition, affirment ses promoteurs, est de désengorger la ville et sa rocade, asphyxiées par les camions. Mais sur les plans, son tracé dessine une large rayure sur la zone d'agriculture périurbaine qui persiste ici, entre des lotissements et une voie de TGV. C'est sur l'emplacement de cette future autoroute, sur un terrain appartenant à la SNCF, que les manifestants terminent leur marche, pour organiser un camp.

Le projet de LEO, ptésneté par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement.

Lire : La LEO, un projet critiqué

"On a envie que ce soit le début de quelque chose", lance Nicolas, du réseau européen Reclaim the Fields ("Reprenons les champs"), venu soutenir les locaux qui militent contre la LEO. Ce quelque chose est encore flou. Mais, alors que le campement se monte, le premier atelier auquel s'attèlent les militants est la plantation d'un champ de patates – prélude d'un squat agricole en gestation. Sur la ceinture verte, une maison, au moins, est déjà squattée par quelques jeunes, point de ralliement pour organiser la défense à plus long terme de la cinquantaine d'hectares de terres menacées. Et deux semaines plus tard, l'occupation se poursuit : après une première assemblée générale du mouvement ce samedi 11 mai, les militants s'attaqueront dimanche à une journée de "chantier collectif" pour consolider, en dur, leur installation.

Lire : Reclaim the fields, sans-terres et sans label

 

La ceinture verte est une zone au sud d'Avignon qui a été jusque là remarquablement préservée de l'urbanisation.

"ON EST TOUS DES MANGEURS"

Si la plupart des "LEOpart" sont de nouveaux venus, débarqués à l'occasion de cette "manif-occupation", ils viennent se greffer à une bataille que des associations locales mènent depuis des mois, voire des années, contre la disparition programmée de cet îlot d'agriculture périurbaine. A l'origine de cette convergence, un échange avec le Collectif pour la défense des terres agricoles, fondé il y a un an par des habitants d'Avignon et des agriculteurs de la ceinture verte. Parmi eux, Hélène, installée en maraîchage bio sur ces terres, distribuait en vente directe des paniers de légumes à quelque 110 familles du coin. Elle a dû déménager son exploitation, ses propriétaires ayant vendu leur terrain menacé par la LEO.

Au fil des années, les friches agricoles se sont multipliées sur la ceinture verte d'Avignon, soumise à la pression foncière et à l'incertitude qui pèse sur son avenir"Les agriculteurs n'allaient pas investir alors qu'ils risquaient l'expropriation", explique Hélène. "C'est aussi une bonne façon pour les pouvoirs publics de vider une zone, pour ensuite venir construire une route en arguant qu'elle est délaissée et peu attractive, alors que ce sont justement eux qui ont gelé son activité en faisant peser un projet d'aménagement pendant plusieurs décennies", analyse Mathieu, également membre du Collectif pour la défense des terres agricoles.

Le jeune homme habite dans la ville d'Avignon et, même s'il n'a pas grand chose à voir avec le monde agricole, il se "sent concerné" par cette mobilisation, d'abord pour préserver "la vocation nourricière de la ceinture verte""Parce qu'on est tous des mangeurs, et qu'il faut retrouver le lien à la terre et se réapproprier notre alimentation", croit-il. Aussi parce qu'il ne croit plus, à l'inverse, au bétonnage, "au règne du tout-voiture et à l'idéal de la vitesse".
 

"ZAD PARTOUT"

Ces problématiques plus globales ont pu former un terreau propice à la rencontre entre ces militants du coin et ces jeunes venus d'ailleurs, qui rechignent un peu à expliquer d'où ils affluent ainsi. Force est de constater, néanmoins, que le mistral qui souffle sur la ceinture verte d'Avignon a des parfums de Notre-Dame-des-Landes. La débrouillardise et le "Do It Yourself" qui règnent dans le bocage nantais ont indubitablement donné des idées, et de l'expérience, à certains.

Après la manifestation de fin avril, le campement accueille une yourte dortoir et un hectare de terres s'apprête à être remis en culture.

En quelques heures, et malgré la bruine fraîche, une yourte est ainsi montée pour faire office d'infirmerie, aux côtés d'un "point-info", d'un bar en bois, d'un chapiteau pour la cantine, d'un autre pour la fête – animé le soir-même par un concert punk, de toilettes sèches... Des ateliers pour fabriquer un poulailler collectif et une ruche sont prévus, certains partent en quête de plantes sauvages comestibles. Une caravane-bergerie est installée dans un champ adjacent, libérant quelques chèvres qui grignotent les ronces et aident ainsi au défrichage de la zone.

Si l'idée n'est pas de "faire un copier-collé" de Notre-Dame-des-Landes, selon Nicolas, la référence à la lutte contre l'aéroport breton est bel et bien omniprésente. A commencer par les pancartes de la manifestation : "Sème ta ZAD – occuper, cultiver, résister", ou "ZAD partout". L'acronyme est devenu le mot d'ordre qui fédère des dizaines de comités locaux de soutien à la lutte "contre l'aéroport et son monde", qui ont germé dans toute la France.

Voir la carte des comités de soutien à Notre-Dame-des-Landes

Plus révélatrices encore que ces signes, les aspirations des personnes venues défendre la ceinture verte avignonnaise résonnent avec celles de Notre-Dame-des-Landes : refuser un aménagement du territoire vécu comme absurde et autoritaire, s'opposer à la logique de la rentabilité financière, afficher des valeurs comme la liberté, l'autonomie et la nature, concevoir de nouveaux outils de lutte qui privilégient la pratique agricole et l'implantation sur le terrain plutôt que les arguments juridiques et administratifs.

"Sème ta ZAD", la référence à Notre-Dame-des-Landes, baptisée "zone à défendre", est bien présente.

Comme à Notre-Dame-des-Landes encore, les occupants voient, derrière les enjeux locaux d'un projet comme la LEO, un sens plus global, un système refusé en bloc, quelles que soient les affinités – écologistes, anticapitalistes, anarchistes ou autres – de chacun. Enfin, beaucoup semblent aussi venir pour vivre quelque chose de plus indicible, de l'ordre de l'expérience et du partage d'une ébullition collective. Quelque chose qu'ils ont du mal à expliquer aux journalistes, ou peut-être pas envie. A l'entrée du camp, il leur est d'ailleurs demandé de poser calepins et appareils photo. Comme si ce qui s'y vivait ne pouvait pas sortir de là sans être dénaturé.

Lire le reportage :  Notre-Dame-des-Landes : la convergence des luttes

Angela Bolis et Antonin Sabot

 

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:31

 

 

 

Le Monde.fr | 10.05.2013 à 11h11 • Mis à jour le 10.05.2013 à 14h20

Par Jean-Baptiste Jacquin



La RDC aurait perdu 1,36 milliard de dollars (1,04 milliard d'euros) à l'occasion de cinq transactions entre 2010 et 2012.

"Cachez ce sein que je ne saurais voir." La célèbre réplique de Tartuffe date de 1664, mais ridiculiser ainsi l'hypocrisie grossière n'a pas empêché de la voir prospérer. L'histoire d'Eurasian Natural Resources Corporation (ENRC) aurait sans aucun doute inspiré Molière, version marchés financiers et matières premières.

La "une" du Financial Times claque, vendredi 10 mai, d'un gros titre : "Le rapport Annan accuse ENRC d'avoir coûté 725 millions de dollars au Congo." De fait, l'Africa Progress Panel (APP), organisation présidée par l'ex-secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, devait rendre public, ce vendredi au Cap devant le World Economic Forum, un rapport détaillé sur la façon dont certains pays africains sont lésés dans la gestion de leurs ressources naturelles.

La République démocratique du Congo (RDC) aurait ainsi perdu 1,36 milliard de dollars (1,04 milliard d'euros) à l'occasion de cinq transactions entre 2010 et 2012, selon ce rapport. Des ventes de concessions minières qui, d'après les calculs de l'APP, ont été réalisées en moyenne au sixième de leur véritable valeur. Or, trois de ces cinq opérations ficelées par Dan Gertler, riche homme d'affaires israélien, avaient pour heureux acquéreur ENRC, société de droit britannique cotée à l'honorable Bourse de Londres depuis 2007.

 

 PILLAGE AU CONGO

On découvrirait donc en 2013 que les ressources minières de la RDC sont pillées par des groupes étrangers ! Et qu'ENRC, dont 54 % du capital est détenu par ses trois cofondateurs, des oligarques kazakhs, aurait accumulé ses actifs dans des conditions peu claires ! Il se trouve que Le Monde a conté, en octobre 2010, comment ENRC avait mis la main sur le plus grand gisement de cuivre et de cobalt de RDC, grâce à l'intercession du fameux Dan Gertler, après une rocambolesque expropriation du précédent actionnaire par Kinshasa.

 

Lire dans nos archives : La City s'écharpe sur Kolwezi


Le mérite du travail de Kofi Annan, après celui de l'ONG anticorruption Global Witness, est de chiffrer pour la première fois l'impact de ce pillage. Quant à ENRC, cela fait plusieurs semaines que l'étau se resserre. Après des années de soupçon de corruption, le bureau britannique de lutte contre la délinquance financière a annoncé, le 25 avril, l'ouverture d'une enquête sur le groupe minier. D'après le quotidien de la City, des limiers s'apprêtent à s'envoler pour la RDC.

Pour ENRC, après la démission en avril d'un président nommé il y a un an pour améliorer la gouvernance et la transparence du groupe, ses principaux actionnaires, aidés par le gouvernement du Kazakhstan, ont fait savoir qu'ils songeaient à racheter les minoritaires pour sortir la société de la Bourse.

L'histoire ne dit pas s'ils veulent se mettre à l'abri des regards indiscrets en prenant au pied de la lettre Tartuffe : "Le scandale du monde est ce qui fait l'offense, et ce n'est pas pécher que pécher en silence."

 jacquin@lemonde.fr

Jean-Baptiste Jacquin

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 21:42

 

 

 Agoravox

  Nous vaincrons le travail, vive le chômage !  
  par caleb irri (son site) jeudi 9 mai 2013

 

Qu’on le veuille ou non, notre monde est condamné au chômage. Nombreux sont ceux qui- à droite comme à gauche- s’en effraient, mais cela devrait pourtant tous nous réjouir : car cela signifie que le progrès technique n’est pas mort, ce qui permet à l’homme d’espérer atteindre encore ce qui devrait être l’un de ses objectifs prioritaires, à savoir de se séparer, à terme, de la nécessité du travail dans nos sociétés.

Seulement le monde ne fonctionne plus, ne raisonne plus en terme de société, ni d’humain, ni même de progrès ou de besoin : nous en sommes arrivés à considérer le chômage comme une calamité, car le critère de référence universel est la rentabilité ; jusqu’aux décroissants qui raisonnent en termes économiques puisqu’ils veulent faire « mieux » avec « moins » (voir décroissance théorie économique bien trop sage).

 

Le paradoxe de cette situation réside dans le fait que le progrès technique favorise le chômage de masse et que le capitalisme favorise lui-même ce progrès (enfin jusqu’à il y a peu) ; mais aujourd’hui c’est que l’austérité engagée pour sauver le capitalisme conduit elle-aussi au chômage de masse, cette fois pour cause de « non-rentabilité ». Car si le capitalisme a besoin du travail de l’homme pour ses profits, il a également besoin du progrès technique, car les machines seront toujours, à terme en tous cas, plus rentables que l’être humain (24/24, 7 jours sur 7). Mais ce progrès technique, qui au départ était censé libérer les hommes de la contrainte du travail, est aujourd’hui un facteur de rentabilité privé qui s’oppose à l’économie « publique », en ce sens que les gains de productivité apportés par la technologie entraînent pour l’État un surplus de budget (les aides sociales : en 2009, plus de 30% du PIB, soit plus de 600 milliards) pour éponger les licenciements dus aux moindres besoins de main d’œuvre pour effectuer une même tâche (la « fameuse » privatisation des profits, socialisation des pertes). Mais comme aujourd’hui les investissements de production baissent -et qu’ils ne sont même pas compensés par l’obsolescence programmée (comment dans ces conditions la faire disparaître puisqu’elle contribue à « sauvegarder » l’emploi ?), nous arrivons à une situation « logique » d’un point de vue civilisationnel (il y a nécessairement besoin de moins en moins de travail), mais aberrant d’un point de vue économique (que l’on fasse de l’investissement ou de l’austérité, le chômage est en constante augmentation).

 

Sauf que nous les citoyens, nous sommes toujours contraints de subir ce qui devrait être une libération (le chômage, que le système capitaliste a transformé en fléau) car en dehors des prestations sociales seul l’argent que nous procure le travail nous permet de vivre- nous obligeant ainsi à trouver coûte que coûte cette denrée de plus en plus rare qu’est l’emploi : le résultat évident (enfin d’un point de vue capitaliste) est que le prix du travail (les salaires) est destiné à baisser au fur et à mesure que nous serons plus nombreux à vouloir en obtenir un. Et parallèlement les Etats se voient eux dans l’obligation -tout du moins s’ils se veulent démocratiques et ainsi éviter les contestations massives (des gens qui ne travaillent pas et n’ont aucun moyen de subsistance deviennent dangereux pour l’ordre public -en plus d’avoir du temps pour réfléchir à leur condition), de pourvoir au minimum vital. Et cela leur coûte cher, de plus en plus cher. A tel point qu’ils cherchent par tous les moyens de se soustraire à cette trop lourde dépense.

 

C’est ainsi que les pays dits « développés » en arrivent à des absurdités à la fois économiques et politiques comme celles que nous constatons aujourd’hui : ne pouvant décemment pas se résoudre à un changement de paradigme pourtant nécessaire et plutôt que d’engager des politiques de relance (déjà que nous gardons dans l’emploi de nombreux postes rendus inutiles dans de nombreuses administrations ou services publics pour ne pas augmenter le nombre de chômeurs), nos gouvernants préfèrent se soumettre à une politique d’austérité destinée à faire baisser le « coût du travail » (les salaires) ; évitant ainsi d’avoir à faire évoluer la technique qui accentuerait le chômage de masse. Déjà qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde ! En définitive l’homme n’est un « outil » plus rentable que la machine que lorsqu’il travaille pour rien : l’esclavage est le seul idéal qui permet le plein emploi. A part peut-être la guerre ou une catastrophe naturelle de grande ampleur, une épidémie meurtrière ou que sais-je encore, la situation ne s’améliorera pas ; mais qui peut souhaiter ce genre « d’améliorations » ?

 

Donc on arrête d’investir, et ce même si de nombreux emplois ne sont pas pourvus (les métiers les plus pénibles ou considérés comme tels, ou tout simplement déconsidérés). Que peut-on faire pour tous ces gens ? On les indemnise un moment, et puis après ? Soit ils acceptent « n’importe quoi » (et on obtient ainsi de mauvais employés), soit ils vont au secours populaire, soit ils partent grossir les rangs des « émigrés », soit ils luttent contre le système qui ne les satisfait plus. Mais quoi qu’il en soit la situation n’est pas tenable à long terme, car même si tous acceptaient les travaux pénibles il en resterait un paquet sur le carreau.

 

Du coup on veut se séparer de cette charge, sans pour autant laisser les miséreux sans lien, sans dépendance avec l’Etat. C’est bien pour cela qu’on préfère leur faire creuser des trous qu’ils reboucheront plutôt que de les laisser sans activité ; et même si pour cela on doit recourir à la contrainte comme au travail gratuit ou même aux camps de travail (comme c’est parait-il prévu en Grèce- je n’ai pas trouvé autre chose, du moins en Français). Car ce à quoi nous ne pensons pas assez, c’est que lorsqu’un individu sort du cadre de l’assistance ou solidarité comme on voudra, il devient un anonyme sur lequel le pouvoir étatique n’a plus d’emprise. En quelque sorte il rentre dans la clandestinité et sort de la dépendance vis à vis de l’Etat ; et cela devient un danger potentiel pour le maintien de l’ordre public -en même temps qu’une preuve de l’incapacité de l’Etat à faire correspondre son modèle politique à la réalité sociale, comme on le voit ces derniers temps en Espagne ou en Grèce avec l’augmentation du travail au noir et la généralisation du « système D ».

 

On est même arrivés à un tel point de saturation -il faut se rendre compte de cet incroyable non-sens – que l’on préfère enterrer des innovations (même rentables d’un point de vue économique ou social caisses automatiques, informatisation) que d’avoir à supprimer encore des postes. Ne sachant plus que faire pour stopper les déficits on va jusqu’à couper les crédits de recherche et de développement, sans se rendre compte que nous sommes tous entrainés dans une spirale infernale qui nous conduira de toutes les manières au même résultat : il faudra bien un jour régler le problème du travail et de sa nécessaire obsolescence et admettre une bonne fois pour toutes que le temps du travail est révolu. Et que si nous voulons éviter les dérives autoritaires inhérentes au capitalisme nous devrons changer de paradigme.

 

Car si au lieu de nous inquiéter pour les retraites ou le chômage nous nous inquiétions pour notre bien-être ou notre santé, nous comprendrions très vite qu’il nous faut tout d’abord faire des enfants (et oui plutôt que de devoir travailler plus et plus longtemps pour mourir plus jeune sans avoir d’autre emploi que ce que le gouvernement nous autorise ou nous impose, nous n’avons qu’à faire des enfants !), car eux-seuls seront les garants de nos vieux jours, en plus de la promesse qu’ils représentent pour le futur.


Si nous cessions de viser la rentabilité nous comprendrions que le futur de l’homme est de se séparer de la contrainte du travail plutôt que de la désirer, avec des durées hebdomadaires allant sans cesse se réduisant, pour avoir plus de loisirs : « notre société sera une société de loisirs ou ne sera pas », disait un professeur d’économie que j’ai connu. Il avait raison : nous sommes condamnés à travailler de moins en moins. Pourquoi ne pas en faire un objectif avouable et positif , et se réjouir que même le cynisme et le calcul des capitalistes ne suffit pas à empêcher cette inéluctabilité ? Pour mettre en conformité les aspirations humaines avec la réalité sociale d’une société avancée et positive, nous devons changer les règles du jeu (voir) ; de toutes les manières les riches s’ennuient, tandis que les pauvres aimeraient bien s’ennuyer un peu plus, alors… Et même si nous devons tous « travailler » (on remplacera alors ce terme par un autre) pour notre propre bien -et celui des autres- nous devrions partager ce travail entre tous et dans des conditions équivalentes pour satisfaire chacun.

 

Et qu’on puisse un jour enfin crier tous ensemble « nous vaincrons le travail, vive le chômage » !

 

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

 

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 21:32

 

 

estrepublicain.fr

 

  07/05/2013 à 05:00 

                                                                                                                                                                                                                       Economie - Le Franc-Comtois Vincent Liégey est le porte-parole national du parti pour la décroissance, coauteur du livre « Un projet de décroissance, manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie » Travailler moins, produire autrement

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Vincent Liégey est doctorant en économie à l’université de Budapest. Photo Ophélia NOOR

Vincent Liégey est doctorant en économie à l’université de Budapest. Photo Ophélia NOOR

 

- Tout est-il à jeter dans le système actuel ?

- On se heurte à la difficulté d’un modèle le plus complexe et le plus interdépendant que le monde ait connu. Il faut déconstruire tout ça. Créer un modèle de transition pour aboutir à un nouveau modèle en transformant certaines choses de l’actuel, en en abandonnant d’autres.

- Avec la décroissance, on a l’impression de tomber dans la nostalgie du fameux « c’était mieux avant »…

- Pas du tout. Ce n’est pas un retour en arrière. On n’a pas de vision romantique du monde rural des années 50 ! Il y a eu des points positifs dans la croissance : l’essor de la démocratie, un certain niveau de santé, de confort matériel. Mais en parallèle, on a aussi détruit une forme de convivialité, de solidarité, de vivre ensemble. On souhaite conserver ce que la croissance a pu apporter de positif et reconstruire tout ce qui n’est pas soutenable.

- Vous parlez de baisser le temps de travail pour redistribuer les emplois. N’est ce pas ce qui a déjà été fait avec les 35 heures, dont le bilan est contesté ?

- Certes, ça a été une catastrophe pour des PME et certains secteurs. Mais pour beaucoup, ça a permis de libérer du temps pour faire d’autre chose. On est dans une société où la valeur travail est centrale. Or, le chômage est important et le stress lié au travail augmente. On ne sait plus quel sens donner à tout ça. On ne dit pas d’arrêter de travailler, simplement de réfléchir sur la logique marchande du travail afin de sortir du culte productiviste. Le progrès technique aurait dû nous libérer de l’aliénation par le travail, or il n’en est rien…

- Est-ce à dire qu’il faut stopper la recherche, que le progrès est mauvais ?

- Non, il faut juste changer de paradigme, sortir de cette religion du progrès qui sert à dominer la nature. La recherche et la science doivent s’inscrire dans une logique qui respecte l’être humain et l’environnement. C’est le cas de l’agroécologie ou de l’agroforesterie.

« Se désaliéner des biens de consommation inutiles »

- Vous souhaitez mettre en place un revenu inconditionnel d’existence (RIE). Expliquez-nous.

- Il s’agit d’un revenu minimum en euros qui s’applique à tous. Il s’inscrit dans une dotation inconditionnelle d’autonomie (DIA) qui ouvre des droits d’accès et de tirage avec des monnaies locales pour consommer des produits ou des outils fabriqués localement. Avec ce RIE, on pourra moins travailler et libérer du temps pour œuvrer dans des jardins communautaires, des ateliers vélos, etc...

- Vous parlez de « relocalisation ouverte », n’est-ce pas paradoxal ?

- Ce qu’on a connu avec la mondialisation a été possible parce qu’on a pu consommer frénétiquement les énergies fossiles en quelques décennies. Mais ça ne pourra pas continuer, il y aura forcément relocalisation et c’est positif. On pourra produire des choses localement. Ca générera plus de bonheur et de tolérance à travers la hausse des échanges, tout en évitant de tomber dans l’entre-soi ou une société moralisatrice.

- Devra-t-on vivre avec moins de confort ?

- Pas moins de confort mais il faudra se désaliéner des biens de consommation inutiles qui nous rendent dépendants. Aujourd’hui par exemple, on ne sait plus réparer sa voiture. On pourra vendre des services et des pièces détachées. L’idée c’est de travailler moins pour produire autrement, partager des outils de réparation, de recyclage, lutter contre l’obsolescence programmée.

- Le PIB baissera forcément…

- Peut-être. Mais en Amérique latine, beaucoup d’études mettent en parallèle PIB avec d’autres indicateurs de bien-être. Elles montrent que lorsque la croissance permet d’avoir un confort et une vie digne, le bien-être augmente. Mais au-delà d’un certain seuil, le bien-être stagne ou baisse. Idem pour l’espérance de vie.

- Vous souhaitez également instaurer un revenu maximum acceptable (RMA).

- Aujourd’hui, les sommes gagnées par certains sont délirantes. Au-delà d’un montant, à définir démocratiquement, les revenus seraient imposés à 100 %. Il faut rompre avec l’illusion qu’il est légitime qu’il y ait des très riches et des très pauvres et que le mode de vie des très riches est un modèle à suivre.

- François Hollande semble très frileux à l’idée de taxer les hauts revenus. Votre projet n’est-il pas utopique ?

- Le plus utopique c’est de rester dans le délire économiciste de croire qu’en mettant l’économie au-dessus des lois de la nature, on arrivera à résoudre le mal-être des populations. Il faudra faire preuve de courage politique avant que ça ne se fasse de manière violente. On est aujourd’hui dans des sociétés insurrectionnelles qui sont déjà en guerre pour l’appropriation des ressources naturelles en Afghanistan, en Irak, en Libye ou au Mali.

Propos recueillis par Eléonore TOURNIER

 


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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 21:20

 

Nouvel Observateur

 Créé le 03-05-2013 à 12h14 - Mis à jour le 09-05-2013 à 22h35

Embauché comme intérimaire de nuit par le centre logistique de Montélimar, un journaliste raconte son quotidien dans "En Amazonie" (Fayard). Edifiant !

 

 

 

L'entrepôt Amazon de Montélimar : 36.000 m2 de hangar, entre 20 et 25 kilomètres de marche pendant 7 heures pour les "pickers"... (Sipa)

L'entrepôt Amazon de Montélimar : 36.000 m2 de hangar, entre 20 et 25 kilomètres de marche pendant 7 heures pour les "pickers"... (Sipa)

C'est parce qu'il voyait ses librairies préférées fermer, à Toulon, que Jean-Baptiste Malet, 26 ans, s'est intéressé au libraire en ligne américain Amazon. "Je voulais voir ce qui remplaçait ces lieux de convivialité qui me tenaient à cœur." Journaliste à "Golias", l'amoureux des livres a voulu interviewer les travailleurs de l'entrepôt Amazon de Montélimar. En vain. Les employés de la multinationale de l'e-commerce sont contractuellement tenus au secret le plus strict. "L'idée que des employés drômois ne puissent s'exprimer alors que le Code du Travail le leur permet m'a choqué", raconte Jean-Baptiste.

[JEUDI 9]Quand Amazon transforme ses recrues en "robots" Jean-Baptiste Malet, 26 ans, journaliste à "Golias". (David Latour. DR)

Du coup, il se fait embaucher pour la saison de Noël 2012, quand l'entrepôt de Montélimar recrute 1.200 intérimaires en plus de ses 350 CDI. Commence alors l'incroyable découverte, "de l'autre côté de l'écran", des rouages du champion mondial de la logistique pour commerce électronique. L'enquête fourmille de détails inédits sur la condition de ces nouveaux prolétaires, dont nous créons tous les jours les jobs, à coups de clics.

Un "process" qui gère les moindres détails

[JEUDI 9]Quand Amazon transforme ses recrues en "robots" Le badge Amazon de Jean-Baptiste Malet. (DR)

"Je ne veux que des gens supermotivés !" Dès la première réunion d'information de deux heures dans l'agence d'intérim Addeco de Montélimar, la présentatrice insiste, toutes les quinze minutes : les candidats sont "libres de s'en aller" s'ils ne se sentent pas à la hauteur. Leur mission ? Effectuer des tâches ultrarépétitives, par vacations de sept heures payées 9,725 euros brut de l'heure (le smic étant à 9,43 euros).

Il n'y a que quatre types de postes, attribués une fois pour toutes, en trois équipes (5h50-13h10, 13h40-21h, 21h30-4h50) : ceux qui reçoivent la marchandise (les eachers), ceux qui la rangent dans les rayonnages de cette forêt métallique qui couvre le hangar de 36.000 mètres carrés (les stowers). Ceux qui prennent les produits dans ces casiers pour préparer les commandes (les pickers), ceux qui les emballent (les packers).

Il y a tout ce vocabulaire anglais à maîtriser : inbound, outbound, damage, bins, slam, associates, leaders... Il y a cette devise, sortie du "Meilleur des Mondes" : "Work hard, have fun, make history" ("Travaille dur, amuse-toi, écris l'histoire"). La vie de "l'associé" est codifiée selon des "process" qui gèrent le moindre détail : la vitesse maximum des voitures sur le parking (15 km/h), la manière de se garer (en marche arrière), le tutoiement obligatoire (censé susciter la confiance), la manipulation des chariots (interdiction de reculer), la façon d'y empiler les articles (par taille, code-barres au-dessus).

Entre 20 et 25 kilomètres de marche par vacation

Le travail est ultrapénible : même si son parcours est optimisé par un logiciel, le picker marche entre 20 et 25 kilomètres par vacation. Douleurs dans le dos, le cou, le poignet, les cuisses... "Il y a aussi ces longs moments, le plus souvent vers 3h30 pour ma part, où les jambes se pétrifient», écrit Jean-Baptiste. Pis : compte-tenu des distances et des screenings antivol, les deux pauses de vingt minutes ne se traduisent que par cinq minutes maximum sur une chaise !

Tout cela n'a probablement rien d'illégal, sauf peut-être l'envoi d'un contrat deux semaines après l'embauche ou l'absence de visite médicale ou d'infirmerie la nuit. Mais pourquoi, se demande l'auteur, subventionner les emplois précaires de cette multinationale, à qui une optimisation fiscale permet de payer peu d'impôts en France et de concurrencer sauvagement nos libraires et autres marchands, traditionnels ou électroniques ?

Leurs machines à scanner sont les "flics électroniques"

Selon Malet, Amazon transforme ses recrues en "robots" hébétés, soumis à des objectifs de productivité croissants. Leurs machines à scanner sont les "flics électroniques" qui transmettent des informations, contrôlées en temps réel par des leaders, eux-mêmes sous la pression de managers.

Comme dans un mauvais jeu de télé-réalité, de semaine en semaine, seuls les plus performants sont gardés. Et les rares élus qui atteignent, dixit Amazon, "les standards élevés qui peuvent paraître irréalisables aux yeux de certains", décrochent un CDI. Un vrai Graal pour ces bataillons de chômeurs en galère. "Ce boulot chez Amazon, c'est vraiment de la merde... mais il n'y a que ça !", résume l'un d'eux. Voilà un livre qui ne sera peut-être pas disponible sur la liseuse Kindle d'Amazon.

 >Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 2 mai 2013.

 


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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 20:41

 

 

Monde - le 9 Mai 2013

 

Selon l'agence de presse Belga, la banque franco-belge Dexia continue de soutenir, via sa filiale israélienne, la colonisation de la Palestine par Israël.

La plate-forme "Palestine occupée - Dexia impliquée", qui dénonce depuis 2008 les liens entre le groupe bancaire franco-belge Dexia et le financement des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, dit avoir obtenu de nouveaux documents "qui mettent à nu de nouveaux liens entre Dexia et l'occupation" alors que l'ancien président de Dexia, Jean-Luc Dehaene avait affirmé en 2011, que depuis 2010, il n'y avait plus de nouveaux contrats conclus avec l'État hébreu. Cette affirmation a également été confirmée par le nouveau président Karel De Boeck.

Il s'agit, selon la plate-forme, d'un protocole dans lequel Dexia Israël se porte garant auprès du ministère israélien de la Défense pour qu'il puisse mettre en place un projet dans une colonie ou encore d'un protocole dans lequel Dexia Israël propose d'accorder un prêt à la colonie Ariel, une des plus importantes colonies israéliennes en Cisjordanie.

La plate-forme "Palestine occupée - Dexia impliquée", souligne qu'"aujourd'hui, le gouvernement belge (actionnaire majoritaire de Dexia) ne peut plus se cacher. Soit il estime que l'occupation de la Palestine par Israël est inacceptable et il intervient, soit il soutient Israël dans le développement d'une occupation internationalement condamnée!"

Active dans le financement des collectivités locales, Dexia Israël est une filiale de Dexia Crédit Local, filiale française du groupe Dexia. Le groupe franco-belge souhaite se défaire de Dexia Israël depuis des années selon Belga.

  • Lire aussi :

Colonisation : Netanyahu souffle le chaud et le froid

Colonisations: Netanyahu persiste malgré l'appel de l'ONU

Israël est-il au-dessus des lois ?

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 20:21

 

 

Marianne+ - Jeudi 9 Mai 2013 à 05:00

 

Arnaud Bouillin

 

 

Dans un court et stimulant essai paru le 2 mai, l’économiste Thomas Porcher démonte les arguments des lobbies favorables au gaz de schiste, une ressource dont François Hollande a clairement refusé l’exploitation. Pour Marianne, il revient sur les trois points clefs de sa démonstration.

 

Manifestation contre l'exploitation du gaz de schiste à Barjac - AVENTURIER PATRICK/SIPA
Manifestation contre l'exploitation du gaz de schiste à Barjac - AVENTURIER PATRICK/SIPA
On prétend que les Etats-Unis ont créé 600 000 emplois grâce au gaz de schiste. Info ou intox ?
 
C’est vrai. Mais au prix d’un forage incroyablement intensif. Entre 2005 et 2012, le nombre de puits est passé de 14 000 à plus de 500 000 dans le pays, soit un peu plus d’un emploi direct ou indirect par unité.

Pour atteindre le chiffre avancé par certains experts autoproclamés de 100 000 créations d’emplois en France d’ici à 2020, il faudrait creuser chez nous 90 000 puits ! La production de gaz, comme toutes les industries extractives, nécessite peu de main d’œuvre. Tellement peu, d’ailleurs, qu’on parle de « rente gazière ».
 
Ce nouveau mode d’exploitation pourrait-il faire baisser le tarif du gaz ?
Rien n’est moins sûr. Même si le gaz de schiste se révélait moins cher que le gaz importé en France, le prix facturé au consommateur s’alignerait toujours sur le niveau le plus élevé.

Parce que le tarif décidé par les pouvoirs publics prendrait forcément en compte les coûts de production (acheminement, stockage…) des gaz les plus chers. Sinon, il y aurait un risque de pénurie.
 
Mais à qui profiterait cette manne alors ?
Aux industriels surtout. L’Etat a beau être en France propriétaire du sous-sol, contrairement aux Etats-Unis, le code minier actuel ne lui garantit pas de grosses redevances.

« Le mirage du gaz de schiste » de Thomas Porcher,
Max Milo éditions, 4,90 euros.
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