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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 22:50

 

 

Compte rendu d’action contre Monsanto, Trèbes 15.04.2013

 

Quelques Indignés de Nîmes ont participé, Lundi 15 Avril au petit matin, à une action des Faucheurs volontaires visant au harcèlement de Monsanto, la multinationale au dessus des lois.

A Trèbes, près de Carcassonne, une  usine d'enrobage et de stockage de semences est en expansion accélérée. Classée Seveso II elle s’agrandit dans la désinformation la plus totale avec l'aide des élus locaux. Elle a déjà été occupée et visitée l'année dernière par les Faucheurs Volontaires et la Confédération Paysanne, révélant l'usage de pesticides avérés dangereux et le stockage de grains OGM, au mépris des quelques lois que la contestation populaire a pu réussir à arracher à nos représentants pourtant parfois si prompts à légiférer.

 
L'action visait cette année a obtenir des éclaircissements au sujet de la construction de gigantesques silos de stockage et à vérifier si les pratiques illégales de Monsanto se poursuivaient. Il était possible qu'une certaine opposition à l'envahissement des locaux se manifeste. Un lâcher de 200 rats avait donc été envisagé pour envahir symboliquement l'usine, il s'agissait d'un groupe de ces dangereux bestiaux qui viennent stupidement ruiner les plus belles réalisation technologique de l'homme, des cousins du rat de Fukushima, celui qui vient  d'arrêter pendant plusieurs heures le refroidissement des réacteurs en ruines. C'était cependant cruel de les libérer là, en plein milieu des nécrotechnologies alors certains d'entre nous se sont simplement déguisés, cachés derrière des masques de rats en carton.

Nous étions surveillés et attendus : un dispositif policier s'est mis en place dans la nuit à l'intérieur et autour de l'usine. Il a pu nous empêcher de pénétrer sur le site proprement dit, mais il n'a pas pu empêcher une trentaine de militants de pénétrer sur le chantier de construction des silos tandis qu'une cinquantaine d'autres  bloquaient dehors l'entrée de l'usine. Certains même trouvèrent des failles dans le dispositif et vinrent rejoindre ceux de l'intérieur qui avaient colonisé le toit d’un petit hangar séparant l’usine du chantier. Ni verre plein ni verre vide, personne n'ayant intérêt à l'affrontement, la situation s'est ainsi figée dans une certaine tension, chacun tentant de jouer maintenant sur ses atouts de communication extérieurs.
Pour Monsanto, déjà hors la loi l'année dernière, mais en passe, grâce à ses lobbies et aux récentes lois US, d'obtenir liberté de commerce dans toute l'Europe, il faut se montrer ouvert et aussi rassurant qu’un expert de Tepco. Une jeune femme arrive et, entourée de gardes mobiles, se présente comme directrice du site, elle n'est là que depuis quinze jours et ne sait pas tout encore, elle prend note de nos questions pour y répondre "en toute transparence", si nous pouvions revenir, prendre rendez-vous, oui bien sûr une visite complète serait alors éventuellement possible. Si ça traîne des pieds,  l'heure n'est donc cependant pas au gazage et aux flash-balls bien que la menace reste concrètement sous jacente.
Nous, nous n'avons que nos mains (et notre langue) c'est très peu face aux robocops armés. Mais nous avons aussi l'opinion publique avec nous, encore sur le coup du 'scandale de la viande de cheval', dans un contexte politique 'sensible', un autre ministre du budget de la république s'étant encore fait prendre à confondre intérêt public et privé. Les autorités préfectorales savent aussi que Monsanto s'est à maintes reprises assis sur les lois et que c'est avec de bons arguments juridiques et scientifiques que les Faucheurs attaquent la multinationale. Ne pas réagir ou réprimer brutalement serait pour les politiques cautionner un peu trop ouvertement. Vas donc 'inspecter' Monsanto ordonne donc le Préfet à son sous chef de cabinet...Escortés d’une vingtaine de robocops, trois camarades ‘intérieurs’ vont rejoindre la délégation. Et nous de crier aux flics « attention, méfiez vous, ils sont dangereux, ils ne sont que trois ! ».

La police se montrera donc conciliante et, adossée comme aux Thermopyles à une usine stockant et traitant des tonnes de pesticides mortels prendra soin de la sécurité des quelques huluberlus déguisés en rats de laboratoire réfugiés sur le toit , à 2m50 de haut, comme sur le radeau de la Méduse ( au fait, le naufrage a eu lieu, plus la peine de l'attendre...) :

«  Descendez de là, vous pourriez tomber et vous faire mal » nous disent-ils paternellement. A coté, sur le chantier, des résidus de désamiantage traînent dans des sacs éventrés. Le monde selon Monsanto...je n'invente rien, parole!
 
Par cette action pacifique tolérée car difficilement réprimable, les Faucheurs ont donc obtenus, après quelques tractations, qu'une délégation puissent visiter le site avec les autorités préfectorales chargées de faire respecter les lois. Il a fallu les 'tirer du lit', l'état ne gère plus que la guerre aux pauvres et le service des puissants.

L'inspection du site a révélé que les mêmes pratiques condamnées l'année dernière ont continué. Cette usine, de l'aveu même de la direction de Monsanto (qui "ne sait pas" s'il y en a en ce jour dans l'usine), sert toujours de centre de stockage pour des OGM qui sont distribués dans toute l'Europe, de la Pologne à l'Espagne, après enrobage au Poncho ou au Cruiser, pesticides qui ont décimé les abeilles et bien d'autres êtres vivants l'année dernière et toutes celles qui l'ont précédés depuis l'invention de l'agent Orange. Caché derrière la sacro sainte croissance et la liberté de circulation des marchandises (mais pas des humains) Monsanto se fout de nous.

Le but de ce jour était cependant atteint, la visite a eu lieu, nous pouvons partir. Des incidents autour de la captation et de l'usage des images sont 'pardonnés' par la Commandante de Gendarmerie et, pour qui utilise partout la 'vidéo protection' pour défendre les multi nationales qui se foutent du monde et traquer les pacifistes qui se soucient du bien commun, c'est bien généreux n’est-ce pas ?  En retour, un Gandhi des Corbières ira lui cueillir quelques unes de ces si jolies fleurs jaunes qui poussent dans les recoins épargnés par les bulls. Moutarde jaune ou colza transgénique? Les botanistes en discutent, je vous l'assure. La Commandante elle, a rosie de plaisir, c'est d'époque le rose, Mr Valls sera content...la République est sauve.

 
Apprenant que de nouveaux affrontements avaient eu lieu à Notre Dame des Landes, nous sommes ensuite allés, par solidarité, bloquer l'entrée de la Mairie de Trèbes par un 'pique nique citoyen' plutôt festif et une autre délégation est allé questionner les élus sur leur absence de réactions à l'extension du site Monsanto. Bilan très clair, par collusion et/ou par bêtise, pour le prétexte ridicule d'une quarantaine d'emplois à prix d'ANI (mais pas pour tous) nos soi disant représentants encouragent Monsanto dans sa volonté hégémonique de contrôle du vivant et ferment les yeux sur des dangers qu'ils ignorent ou feignent de contrôler.


Mosanto2-copie-1.JPG

 

Les Indignés de Nîmes saluent le courage et la détermination des Faucheurs volontaires qui se battent pour un monde libre et vivant,  entravant sans relâche depuis plus de dix ans la marche en avant des multi nationales de l'agro-business. Comme à la ZAD ou ailleurs, nous avons trouvés ici des êtres humains fraternels et généreux, lucides et déterminés, de simples personnes ayant leur vie de tous les jours à assurer, ni professionnels du spectacle, ni conseillers juridiques bardés de diplôme et rétribués grassement. Ils ne luttent pas pour leur pomme, ni pour la gloire, ils luttent pour le bien de tous. Leurs rêves ? Poser les armes, marcher dans la beauté, retourner tranquillement derrière leurs charrues et vivre heureux avec leurs voisins jusqu’à la fin de leurs jours.

 

La lutte est longue, dure, inégale. Elle n'est toujours pas gagnée et les Faucheurs ont besoin du soutien et de la participation de tous. Nous les remercions ici de nous avoir donné l'occasion d'exprimer concrètement notre soutien à ce combat vital. Nous répondrons de nouveau aux appels s'il se peut et encouragerons tous ceux qui le peuvent à le faire.

Après nous avoir traité, nous le peuple, comme des bourricots pendant des siècles, il nous a muté cobayes maintenant. Boursicoteur, empoisonneur et bétonneur le capitalisme vole, le capitalisme tue et emprisonne!
Ici comme ailleurs, peu importe le nombre, nous refusons de nous soumettre, nous créerons partout la résistance, nous sommes les 99%!

Indignez-vous, enragez-vous, révoltez-vous, la Terre est à tous et elle n'est pas à vendre!


  Mosanto1

 

 

 

 

 

                                                                          *************************************

 

 

 

 communiqué du journal l' Indépendant 
 
  Les militants anti-OGM qui s'étaient introduits tôt ce matin 
 sur le site Monsanto de Trèbes, près de Carcassonne, ont quitté les 
 lieux vers 12 h 30. Une délégation de quatre militants anti OGM avait 
 été admise à pénétrer dans l'usine deux heures plus tôt. Ils ont pu 
 effectuer une visite guidée des lieux en compagnie de représentants 
 de la direction et du directeur de cabinet du préfet. 
 
  Les Faucheurs Volontaires voulaient vérifier la présence sur 
 le site de pesticides mis en cause dans la mort des abeilles. Ils ont 
 en effet trouvé du 'Cruiser' et du 'Poncho'. Deux produits qui, bien 
 qu'interdits en France, restent tolérés sur certaines céréales. 
 
  Les militants n'ont pas découvert d'OGM, même si la 
 directrice du site leur a indiqué qu'il pouvait y en avoir puisque la 
 loi l'autorise. 
 
  En tout, une quinzaine de manifestants se sont perchés sur 
 le toit d'un hangar de l'usine, près de laquelle une centaine de 
 militants anti- OGM ont manifesté toute la matinée, dès 6 h 30 ce 
 lundi matin. Leur objectif était de protester contre le projet 
 d'extension de l'usine et de procéder, à l'intérieur, à une 
 "inspection citoyenne". 
 
  D'importantes forces de l'ordre se trouvaient déjà sur place à 
 leur arrivée, mais 8 d'entre eux ont réussi à pénétrer à l'intérieur 
 de l'usine en utilisant un passage dans le grillage. Ils ont alors 
 déployé une banderole dans l'usine alors que 60 à 80 militants 
 anti-OGM restaient à l'extérieur où ils bloquaient l'entrée des 
 ouvriers sur le chantier d'agrandissement de l'usine. 
 
  Spécialisée dans la production de l'OGM MON 810 jusqu'à sont 
 interdiction, l'usine du géant céréalier américain Monsanto de Trèbes 
 fait l'objet d'un projet d'investissement de 55 millions d'euros 
 pouvant déboucher sur la création de 40 emplois. Les riverains se 
 disent inquiets de ce projet. 
  Les activistes altermondialistes ont à nouveau signifié à la 
 direction, à l'issue de la visite, leur opposition à l'utilisation 
 d'OGM et de pesticides nuisibles aux abeilles.


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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 20:38

 

 

http://zad.nadir.org

mercredi 17 avril 2013, par zadist


Aujourd’hui mardi 16 avril l’occupation militaire dure depuis 144 jours (pour une opération débutée il y a 182 jours).


si jamais le site nous lâche, pour n’importe quelle raison, on continuera sur cette Adresse ICI

INFOS DU JOUR

- Rappel INFO LEGALTEAM : Il y aurait encore 2 personnes en GAV depuis lundi, une personne passe en comparution immédiate (une seulement) cet après-midi, à Nantes. Il n’y a pas d’appel à rassemblement mais si vous êtes dans le coin vous pouvez allez la soutenir ou bien si vous êtes dans le coin de Saint Nazaire et que le coeur vous dit de passer l’aprèm’ dans un tribunal vous pouvez nous dire si les autres camarades passent en comparution immédiate là-bas.

Le paysan de Couëron passera en procès le 21 mai. D’ici là, il a obligation de pointé chez les flics chaque semaine. Les chefs d’inculpation retenue sont Refus d’obtempérer et refus de prélèvement ADN.

Le paysan en question nous a appelé pour dire un grand merci à toutes les personnes venus le soutenir toute la journée d’hier et la nuit dernière à Chateaubriant avec un bravo particulier aux musicien-ne-s de la Batucada !

La personne arrêté dans les champs serait toujours en GAV mais on ne sait pas où. Elle aurait un moyen de nous contacter par téléphone quand elle va sortir.

On pense à eux tou-te-s.

- INFOTRAFLIC : Les bleus sont de retour aux Ardillères, on a failli s’inquiéter...

- Communiqué de presse du COPAIN à propos de la personne mise en GAV hier à Chateaubriant

- Des rassemblements ont encore lieu en contestation aux violences subies par les camarades cette semaine :

Forcalquier : Aujourd’hui de 16 à 17h place du Bourguet

Aubenas : 17 h 30 au rond-point Ponson à Aubenas

- On reçoit de nombreuses réactions suite aux déclarations de l’Acipa par la voix de Julien Durand dans la presse. En attendant un minimum de discussions collectives entre nous sur ce sujet, on vous laisse un lien vers une de ces réactions, publiée sur Indymedia Nantes. Combien de blessé-e-s faudra-t-il encore ?

- La radio annonce maintenant qu’une personne s’est faite arrêtée hier à minuit dans les champs et passée à tabac par les flics. Elle a l’arcade en vrac et se trouve maintenant à Waldeck Rousseau (commissariat de Nantes)... De quoi faire monter la rage ici.

- Pour re-situer les choses dans leur contexte, de quel coté est la violence ? L’impact d’une grenade assourdissante (une de ces armes "non-léthales" -qui ne tuent pas- des forces de l’ordre.)

- Tram-train pour l’aéroport écolo : Les collectivités locales ont choisi. De bonnes raisons de relire Relevé provisoire de nos griefs contre le despotisme de la vitesse à l’occasion de l’extension des lignes du TGV et notamment la citation d’introduction, à propos du train.


Hors Zad

- Homophobie ça suffit ! Homophobie c’est fini ! Rassemblement samedi 20 avril à 14h00, place Royale à Nantes

La ligne THT Cotentin-Maine a subi un coup de vent .... Week-end d’inauguration (fêtes et discussions) de la grange de Montabot  : 17/20 mai, plus d’infos : antitht.noblogs.org

- La ZAD est partout, on en parle même à San Francisco A lire ici (en anglais, traduction bienvenue)


- Rappel de hier :
- Des camarades ont dormi devant le comico de Chateaubriand pour soutenir le copain paysan devant passé devant le juge des liberté ce matin à Saint-Nazaire. On attend toujours des nouvelles. On s’inquiéte aussi pour d’autres, qui sont à notre connaissance encore en garde a vue, 2 depuis hier matin et 2 autres qui ont refusé de donner leurs papiers hier soir en passant près du carrefour. et on ne sait toujours pas ou illes sont, alors on voudrait vous demander un coup de main, peut être que vous pouvez nous aider à essayer de les retrouver en appelant dans les commissariats de la région. on vous donne certains numéro de téléphone. n hésitez pas à les appeler régulièrement, pour prendre des nouvelles de tout le monde.
vous pouvez aussi évidement le faire même quand il n y a pas d arrêtés pour savoir comment ca se passe la journée, mais la nuit c est encore mieux de savoir ce qui se passe..

On a mis aussi quelques adresses, c est pas mal de penser à leur envoyer des trucs pour qu’ils se sentent pas oubliés et leur dire aussi a quel point on apprécie leurs grenades explosives et lacrymos.

20 av Jean Moulin 44110 CHATEAUBRIANT

02 40 81 00 17

BLAIN (eux, ils nous aiment bien, ils viennent souvent nous voir) 51 Bis r Redon 44130 BLAIN

02 40 79 00 17

LA CHAPELLE SUR ERDRE 17 av Perrières 44240 CHAPELLE SUR ERDRE (LA)

02 40 72 07 01

1 r Eglise 44880 SAUTRON

02 40 63 46 10

on pense aussi que ce serait pas mal que la préfecture soit au courant qu’on en a vraiment marre qu’elle occupe le carrefour alors vous pouvez aussi nous aider à leur faire passer le message. Demandez mr laplouze, il est très au courant du dossier, c est lui qui se charge de nous envoyer des grenades sur la tronche

Téléphone : +33 2 40 41 20 20 Du Lundi au Vendredi : de 08h30 à 16h15

ah ben tiens, on a aussi trouvé leur adresse : 6, quai Ceineray BP 33515 44035 Nantes Cedex 1


Info Chat Teigne : Info Chat Teigne : Le procès de la Chat Teigne a eu lieu à St Nazaire, le rendu : Le tribunal de Saint-Nazaire a autorisé mardi 26 Mars l’expulsion d’opposants (possibilité d’expulsion immédiate, 450 euros pas jour d’astreinte au bout de 8 jours. quelle clémence !)


Info Bellevue : Le rendu du procès de la ferme de Bellevue confirme la décision précédente : Expulsion immédiate, 50 Euro par tête/jour pour ceux qui restent. AGO a demandé des amendes de 1000€ par jour, 20 000€ pour dommages et intérêts mais ils ne les ont pas obtenu. Un appel à mobilisation à la ferme ce jour là est annoncé. 3 avril : Une nouvelle procédure est en cours de lancement pour l’occupation des bâtiments agricoles et l’exploitation des terres ...

Sur place, ça s’organise pour défendre Bellevue comme les autres lieux de la ZAD, et les appels à réagir partout en cas d’intervention policière sont remis au goût du jour : Contre l’aéroport et son monde, s’ils attaquent on riposte ; Appel à actions au moment des expulsions de la ZAD et Contre l’aéroport et son monde : s’ils détruisent notre lieu d’organisation, nous occuperons les leurs !


Des nouvelles d’un camarade qui est passé par la Zad : Lutin est en prison à Rennes depuis 2 mois. Il ne reçoit pas de courrier et sa maman a eu récemment le droit d’aller le voir. Il venait souvent sur la ZAD, et demande que les copains et copines lui écrivent

Voici son adresse :

Lutin ecrou 3610 MA1 CELLULE 03 Centre pénitencier des hommes Rennes Vezin CS 14605 rue du petit pré 35746 Vezin le coquet cedex

Il est aussi possible de passer des messages pour les prisonniers à Rennes via l’émission de radio du dimanche midi qui passe sur canal b (94°fm) ! en laissant des messages entre 9h00 et 11h30 ! http://www.canalb.fr/genepi

Suite aux nombreux blessés de la ZAD, le collectif « Face aux armes de la Police » propose de lancer une procédure juridique devant le tribunal administratif.


Infos utiles pour venir ici

- Accueil : le we, l’ACIPA ouvre un local à Notre Dame des Landes, de 10h à 17h où les informations sur la lutte sont disponibles
- Contact presse de la Zad : 06 32 98 78 36
- Équipe légale : 06 75 30 95 45 : à contacter uniquement si vous êtes témoins d’arrestation, si vous êtes arrêté-e-s, et après votre libération IMPORTANT : s’il vous plait lisez le texte "en cas d’interpellation" Et surtout, refusez les comparutions immédiates !
- Équipe médicale : contactable par mail : equipemediczad at riseup.net pour toute communication non-urgente. La street médic est joignable par téléphone uniquement lors de journées d’interventions militaires/policières sur la zone ou autres "moments chauds" au 07 60 26 42 14.
- Liste du matos à ramener (mise à jour le 02/01) : disponible ici

Si jamais le Site ne fonctionne pas, on continuera la-bas : http://lazad.noblogs.org/


Les arrêtés préfectoraux

les derniers arrêtés valables jusqu’au .... 2 mai ! le transport de carburants, de tous produits inflammables ou explosifs et de matériaux de construction sont interdits jusqu’au 2 avril 2013 à 23h


Radio Klaxon

La radio émet à nouveau sur la ZAD

et sur l’internet :

http://stream.zad.nadir.org/klaxon

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 18:48

 

 

Carrefour des résistances

Changer ici et maintenant

 

 

  

Résistances 1.1

 

 

Une exclusivité du Carrefour des résistances !
272 Rue de la grande terre
30121   MUS


C'est Vendredi ! à 19h, comme de coutume, apéro-repas tiré du sac puis projection à 20h

 

Résistance 1.1

Film d’animation de Willian GOSSELIN

Inspiré par les luttes de l’année 2010-2011 qui se sont déroulées à Nimes.

Dans une petite ville robotique de province … Témoignages multiples et formes diverses de résistance flirtant avec l’imaginaire. Après l’échec des luttes contre la réforme des retraites à 65 durites, un groupe de robots cherche des moyens de résister autrement.
L’actualité locale et mondiale les rattrape : printemps arabe, Fukushima, mouvement des indigné(e)s etc.
Le film interroge les moyens de luttes à notre portée.
Pour avoir une pluralité de points de vue, le réalisateur a fait appel à 18 personnes pour le scénario de 13 à 65 ans, d’infirmière à jardinier, d’employé municipal à prof, de journaliste à musicienne,
d’étudiant à gendarme …
Tous leurs témoignages ont été articulés pour en faire un film à la fois drôle et décalé, sérieux et militant, réel et imaginaire.

En présence du réalisateur William GOSSELIN.

 

 

 


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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 14:27

 

Médiapart

 

 

 

Les « conséquences économiques et sociales qu’aurait la mise en œuvre d'un “virage énergétique à la française” » sont positives, expliquent les ONG qui participent au débat sur la transition énergétique. Selon l'étude d'impact d'un économiste, le scénario de transition énergétique de l’Association d’experts indépendants négaWatt engendrerait une création nette de 235 000 emplois d'ici à 2020, notamment dans le bâtiment et les énergies renouvelables.


Menaces sur les raffineries, crise dans le bâtiment et l’automobile, fermeture de centrales nucléaires, problèmes dans les transports en commun, dépôts de bilans dans le photovoltaïque : l’actualité des dernières semaines impose de mettre l'emploi au cœur du débat en cours sur la transition énergétique voulu par le président de la République.

La question est centrale : quel pourrait être l’impact dans ce domaine de la mise en œuvre d’une politique ambitieuse en matière de réduction des consommations d'énergies par la sobriété et l’efficacité et de développement à grande échelle des énergies renouvelables, que les ONG et les associations du secteur de l’environnement appellent de leurs vœux ?

Aller au-delà des postures et des surenchères auxquelles peut conduire la crainte légitime de la destruction d’emplois existants, sans avoir de visibilité sur ceux qui seront créés, nécessite de disposer d’une analyse rigoureuse des conséquences économiques et sociales qu’aurait la mise en œuvre d'un « virage énergétique à la française » : c’est précisément à cette exigence que répond l’étude menée par Philippe Quirion, économiste, chargé de recherches au CNRS, publiée récemment. 

Cette étude compare les impacts en 2020 et 2030 de deux scénarios contrastés : d'un côté le « tendanciel » qui prolonge les évolutions récentes et prend en compte les politiques déjà décidées, de l’autre le scénario de transition énergétique construit et rendu public en 2011 par l’Association d’experts indépendants négaWatt. Rappelons que ce dernier conduit à une division par deux dès 2030 des émissions de CO2 d’origine énergétique de la France et à une division par 16 en 2050, sans recours aux technologies incertaines telles que la capture-stockage du CO2, sans mise en service de nouvelles centrales nucléaires hors de prix et en fermant les centrales existantes après quarante ans d’exploitation au maximum.

Les résultats sont sans appel : la mise en œuvre du scénario négaWatt se solde par la création nette de 235 000 emplois en 2020 et de 632 000 en 2030, déduction faite des emplois détruits dans certains secteurs. Les créations d'emplois non délocalisables les plus nombreuses se situent dans le bâtiment grâce notamment à un programme massif de rénovation énergétique, et elles font bien plus que compenser le ralentissement de l’activité dans la construction neuve que l’on connaît actuellement. De même, les emplois créés dans les énergies renouvelables sont bien plus nombreux que ceux qui sont perdus dans les énergies fossiles et le nucléaire. En revanche, le solde s’avère négatif dans les transports, où le développement des transports en commun et du fret ferroviaire et fluvial ne compense pas complètement la baisse d’activité du fret routier, de l’aérien, des infrastructures routières et de l’automobile. 

Autre effet qui n’est pas le moindre :  le coût global est nettement plus faible dans le scénario négaWatt que dans le scénario tendanciel. En effet, si le scénario négaWatt entraîne des dépenses supplémentaires (énergies renouvelables, isolation, transports en commun…), celles-ci sont très inférieures aux économies engendrées dont, en particulier, une très forte réduction des importations de pétrole et de gaz ou d'investissements souhaités pour la recherche de ressources non conventionnelles. Ces économies nettes (on parle ici de plusieurs dizaines de milliards d'euros) libèrent du pouvoir d'achat chez les ménages, ce qui va permettre de créer et pérenniser plusieurs centaines de milliers d'emplois dans les autres secteurs de l'économie.

Et ce n’est pas tout : répartis à travers tout le pays et offrant de multiples opportunités de reconversion aux salariés des secteurs en déclin, les emplois créés dans tous les secteurs exigeront un bon niveau de qualification et de rémunération. Ils nécessiteront un effort sans précédent de formation professionnelle et d’accompagnement des mutations qu'il convient de lancer dès maintenant.

Devant un tel constat, l’hésitation n’est plus de mise ! Sachons offrir à nos enfants un avenir qui n’est plus synonyme de crise et de chômage : ouvrons-leur sans tarder le chemin de la transition écologique de notre système énergétique !

 

Cécile Ostria, directrice de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme
Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement
Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace
Philippe Germa, directeur général du WWF
Geneviève Azam, membre du conseil scientifique et du conseil d'administration d'ATTAC
Pierre Perbos, président du Réseau Action Climat
Madeleine Charru, présidente du Cler, réseau pour la transition énergétique
Pierre Radanne, président de 4D
Jacques Beall, vice-président de Surfider Foundation Europe
Stephen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'environnement
Marie Atinault, représentante légale d'Effet de serre toi-même !
Jean-Yves Leber, représentant d'Ecologie sans frontière au débat sur la transition énergétique

 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 14:16

 

Médiapart

 

 

Après plusieurs contretemps, Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima Daiichi, a commencé le 16 avril à évacuer l’eau radioactive d’un réservoir souterrain affecté par une fuite dans une piscine en surface. La fuite a été repérée le 5 avril, mais une cascade de problèmes a empêché l’opération de vidange de débuter plus tôt (voir notre article ici).

 

L'un des réservoirs souterrains de Fukushima  
L'un des réservoirs souterrains de Fukushima © Tepco

Les ennuis de Tepco ont conduit Kiyoshi Kurokawa, l’ancien président de la commission d’enquête parlementaire japonaise sur l’accident de Fukushima, à déclarer le 8 avril qu’« à l’évidence, la crise n’est toujours pas sous contrôle ».

Malgré cet échec, le gouvernement de Shinzo Abe (Parti libéral démocrate) défend fermement une politique énergétique de relance du nucléaire japonais, quasiment à l’arrêt depuis l’accident de Fukushima. Abe a effectué un virage à 180° par rapport à son prédécesseur Noda, qui avait amorcé une sortie du nucléaire.

En mars, Abe a fait modifier la composition d’un comité d’experts chargé de conseiller le gouvernement sur la politique énergétique, remplaçant six personnalités opposées au nucléaire par d’autres qui lui sont favorables. Le nouveau président du comité est Akio Mimura, conseiller de Nippon Steel & Sumitomo, qui a fait la promotion du nucléaire sous un précédent gouvernement du Parti libéral démocrate, selon The Japan Times.

L’ambiance est donc à la réhabilitation du nucléaire, malgré l’inquiétude suscitée par l’incapacité persistante de Tepco à maîtriser la situation de Fukushima. C’est dans ce contexte tendu qu’une équipe de treize experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) vient d’arriver au Japon pour une mission d’une semaine, qui comporte une inspection de la centrale. L’objectif premier de l’équipe de l’AIEA est d’analyser le plan de démantèlement de l’installation prévu par Tepco (dont la durée est estimée à 40 ans au moins). Mais les experts vont aussi évaluer la situation présente et les incidents récents survenus sur le site. Ils devraient rendre un rapport préliminaire le 22 avril.

 

Shinzo Abe en septembre 2012  
Shinzo Abe en septembre 2012 © TTTNIS

Quelles que soient leurs conclusions, il est clair que Tepco rencontre des difficultés croissantes, en particulier pour traiter l’énorme quantité radioactive accumulée sur le site. Cette eau a été utilisée pour refroidir les réacteurs et les maintenir dans un état stable. Mais le problème de son stockage devient de plus en plus préoccupant.

Environ 280 000 mètres cubes d’eau contaminée se trouvent actuellement sur le site, stockés dans sept réservoirs souterrains et dans des piscines en surface. La capacité totale de stockage est de l’ordre de 325 000 mètres cubes, dont plus de 80 % sont déjà utilisés.

Qui plus est, une partie de cette capacité de stockage fait désormais défaut. Le 5 avril, Tepco a repéré une fuite dans le réservoir n°2, contenant 13 000 mètres cubes d’eau contaminée. L’exploitant a décidé de transférer cette eau dans le réservoir adjacent, le n°1. Mais le 9 avril, Tepco a constaté que le réservoir n°1 fuyait lui aussi et a interrompu le transvasement.

Une autre fuite a ensuite été découverte dans le réservoir n°3, où sont stockés environ 10 400 mètres cubes d’eau contenant du strontium et d’autres radio-éléments. Pour évacuer ce liquide, ainsi que celui du réservoir n°2, l’opérateur a installé un circuit de tuyauteries, mais une nouvelle fuite a été constatée dans ces tuyaux le 11 avril.

Finalement, Tepco a annoncé le 16 avril qu’il n’y avait plus de fuite dans le circuit de tuyauterie et que la vidange du réservoir n°2 en direction d’un réservoir en surface pouvait enfin commencer. Il aura donc fallu plus de dix jours pour débuter l’opération, qui se poursuit avec un débit de 20 mètres cubes d’eau par heure.

À ce rythme, et sous réserve qu’il n’y ait pas d’autre incident, le réservoir n°2 devrait être vidé d’ici environ un mois. En fait, Tepco prévoit de transvaser, d’ici juin, 23 000 mètres cubes d’eau actuellement contenus dans les réservoirs nos1 et 2, ceux dont les fuites sont les plus importantes. Dans l’intervalle, les fuites se traduisent par une pollution du sol environnant les réservoirs, mais l’exploitant estime que la contamination n’atteindra pas l’océan. De plus, Tepco prévoit de pomper l’eau qui fuit et de la remettre dans les réservoirs, afin de limiter l’impact sur l’environnement.

 

Manifestation anti-nucléaire devant la résidence du premier ministre Noda (septembre 2012)  
Manifestation anti-nucléaire devant la résidence du premier ministre Noda (septembre 2012) © Yuriko Nakao/Reuters

À moyen terme, Tepco manquera de capacité de stockage pour l’eau de refroidissement des réacteurs : il faut bien continuer à les refroidir, de sorte que 400 mètres cubes de liquide radioactif viennent s’ajouter chaque jour au stock existant. On ne peut pas construire indéfiniment de nouveaux réservoirs, et l’exploitant doit trouver une autre solution. Pour l’instant, le problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site n’est pas résolu.

Tandis que Tepco peine à stabiliser la situation de Fukushima, le débat se poursuit sur l’avenir du nucléaire au Japon. Le tribunal d’Osaka vient de rejeter une plainte déposée en mars 2012 par 260 habitants de l’ouest du pays. Ces derniers s’opposent à la remise en route de deux réacteurs à la centrale d’Ohi, dans la préfecture de Fukui, sur la côte ouest du pays. Les deux réacteurs, exploités par Kansai Electric, ont redémarré pendant l’été 2012 et sont les seuls à fonctionner aujourd’hui, sur la cinquantaine de réacteurs nucléaires installés au Japon.

Les plaignants ont avancé deux arguments principaux : primo, ils estiment que l’accident de Fukushima démontre l’insuffisance des règles de sécurité ; secundo, ils mettent en avant le risque de séisme majeur dans la région d’Ohi, où se trouvent trois failles sismiques. Le gouvernement n’a pas tenu compte de la plainte et, en juin dernier, a autorisé Kansai à remettre en route ses réacteurs.

Le tribunal d’Osaka n’a pas non plus été convaincu par les arguments des plaignants, et a jugé que les deux réacteurs fonctionnaient dans des conditions de sécurité satisfaisantes.

D’autre part, deux bateaux chargés de MOX, un combustible nucléaire fabriqué par Areva qui contient du plutonium, doivent très prochainement partir de Cherbourg à destination du Japon. Areva a en effet des contrats avec huit compagnies d’électricité japonaises, notamment Tepco et Kansai, et a déjà effectué quatre transports de MOX au Japon (en 1999, 2001, 2009 et 2010).

Aucun transport n’avait eu lieu depuis le tsunami du 11 mars 2011. La nouvelle livraison de MOX est destinée à un réacteur de Kansai situé à la centrale de Takahama, actuellement à l’arrêt. Ce qui implique qu’au moins un nouveau réacteur devrait redémarrer dans les mois à venir.

En septembre 2012, le gouvernement de Yoshihiko Noda (Parti démocrate japonais) avait opté pour une sortie progressive du nucléaire, à l’horizon de 2040. Mais le parti de Noda a été battu aux élections de décembre 2012 par le Parti libéral démocrate, traditionnellement favorable au nucléaire. Et le nouveau premier ministre, Shinzo Abe, affiche clairement sa volonté de relancer le nucléaire. Abe avance l’argument économique du déséquilibre de la balance commerciale dû aux achats de gaz pour compenser le nucléaire à l’arrêt. De plus, la pression du lobby de l’atome, à l’intérieur du Japon comme à l’extérieur, est très forte. Malgré l’opposition d’une majorité de la population, et au risque de nouveaux accidents, l’empire du Soleil levant pourrait bien se préparer un avenir radieux.

 


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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 14:00

 

 

Marianne - Mercredi 17 Avril 2013 à 15:41

 

Les économistes atterrés

 

Le tout nouveau « Haut Conseil des finances publiques » a rendu mercredi 16 avril son premier avis, qui porte sur les prévisions macroéconomiques du gouvernement. Les Économistes Atterrés, Attac et la Fondation Copernic ont décidé de mettre en place un « Conseil citoyen des finances publiques » qui réagira systématiquement aux avis du Haut Conseil. Voici le premier communiqué de ce Conseil citoyen des finances publiques.


Didier Migaud préside le Haut Conseil des finances publiques (PRM/SIPA)
Didier Migaud préside le Haut Conseil des finances publiques (PRM/SIPA)

L’instauration du Haut Conseil des finances publiques découle de la ratification par la France du Traité sur la stabilité, la coopération et la gouvernance (TSCG) de l’Union européenne qui enferme les pays européens dans un carcan budgétaire, ne leur laissant pas d’autre choix que de mener en permanence des politiques d’austérité. Dans une Europe économiquement intégrée, où la demande externe des uns dépend de la demande interne des autres, la généralisation des politiques d’austérité ne peut qu’enfermer la zone dans la récession. Cette récession conduit à une réduction des recettes fiscales qui a pour conséquence de rendre encore plus difficile la réduction des déficits que l'austérité était censée favoriser, justifiant ainsi un nouveau tour de vis, qui aggrave la situation, etc. Cette spirale mortifère est en train de toucher peu ou prou tous les pays européens, avec pour conséquence une destruction du « modèle social européen » et une paupérisation des populations. 
 

Cette analyse est paradoxalement confirmée par l’avis du Haut Conseil qui est obligé d’admettre que les coupes budgétaires, appelées pudiquement mesures de consolidation budgétaire, ont « un impact sur la croissance » et « sont susceptibles d’avoir un impact (…) sur le potentiel de croissance ». Le Haut Conseil remet ainsi en cause les prévisions de croissance du gouvernement que ce soit sur le court terme (2013 et 2014) ou sur le moyen terme (2015 et 2017). Mais il reste toutefois au milieu du gué. Il reconnaît que depuis plusieurs années les « prévisions de croissance » ont été « systématiquement affectées d’un biais optimiste ». Mais d’où viennent ces erreurs ? Ne serait-ce pas que ces prévisions ont systématiquement sous-estimé les effets récessifs des programmes d’austérité mis en oeuvre ? Le FMI lui-même, ce qui est cocasse, a récemment abondé en ce sens1. Le Haut Conseil, de son côté, se garde bien de trancher, sans toutefois fermer la porte à cette interprétation. L'air du temps serait-il sur le point de changer ? Quoi qu'il en soit les analyses du Haut Conseil confirment l’impasse totale de la politique gouvernementale. 
 

Dans ses Perspectives de l’économie mondiale publiées en octobre 2012, le FMI a révisé son estimation du multiplicateur budgétaire : celui-ci ne serait pas de 0,5 – comme il le soutenait précédemment – mais compris entre 0,9 et 1,7. Cela signifie qu’une baisse de la dépense publique de 1 point de PIB, soit 20 milliards, entraîne (pour un multiplicateur égal à 1,5) une chute du PIB de 30 milliards et une baisse des recettes de 15 milliards. Au prix d’une chute du PIB (et donc de l’emploi), le déficit ne se réduit donc que de 5 milliards. Et comme le PIB a chuté entre-temps, le ratio déficit public / PIB n’a quasiment pas baissé, tandis que celui dette publique / PIB continue à croître.
 

Ainsi, note-t-il que la reprise des exportations sur laquelle le gouvernement compte pour mettre en oeuvre son programme de stabilité bute sur trois problèmes. D’abord « les efforts amorcés par les pays du Sud de l’Europe pour restaurer leur compétitivité-prix pourraient en particulier affecter les exportations françaises ». En effet, par définition, les politiques de compétitivité sont non coopératives et aboutissent à un jeu à somme nulle.

Ce constat pointe la double absurdité de l’austérité généralisée. Elle fait boule de neige : la contrepartie de ces « efforts », c’est la récession et la baisse des importations des pays du Sud, qui évidemment « affecte » les exportations françaises. Et c’est un jeu à somme négative, où un pays ne peut gagner des parts de marché qu’au détriment des pays voisins, à condition que ceux-ci ne fassent pas la même chose, alors même qu'ils le font tous avec un magnifique entrain : une politique absurde. 
 

Le deuxième problème pointé par le Haut Conseil renvoie « au comportement réel des entreprises en matières d’investissement ». Les experts du Haut Conseil ne semblent pas croire aux espoirs du gouvernement, pour qui les 20 milliards d'euros du « Crédit d'impôt compétitivité-emploi » généreusement octroyés aux entreprises favoriseraient l'investissement et l'emploi. A quoi peut donc servir de baisser, par divers moyens, le coût du travail, si les entreprises n’investissent pas et utilisent leur surcroît de marge pour continuer à augmenter les dividendes versés aux actionnaires ? Pourquoi les entreprises utiliseraient-elles cette manne pour investir alors que « Le scénario d’une reprise de l’investissement des entreprises, retenu par le gouvernement, à compter du second semestre de 2013 reste conditionné à l’amélioration des perspectives d’activité », amélioration fort peu probable comme le démontre l’avis ? Les scénarios grec et portugais, où l'on constate aujourd'hui que les prix ne diminuent pas malgré la baisse drastique des salaires, montrent également que les ajustements espérés par les économistes officiels (« dévaluation interne » ou « politique de compétitivité ») ne fonctionnent pas. 
 

Le troisième problème tient aux variations du taux de change de l’euro qui peuvent annuler tous les efforts de compétitivité. Rappelons qu’entre janvier 2002 et avril 2008, l’euro s’est réévalué de 78 % par rapport au dollar. 
 

Bref, le Haut Conseil pointe les apories d’une politique de compétitivité… sans aucunement la remettre en cause. 
 

Au-delà, le Haut Conseil se montre sceptique sur une possible baisse du taux d’épargne des ménages censée pouvoir favoriser la demande effective interne et note que « dans un contexte où le chômage se maintient à un niveau élevé, les prévisions relatives à l’évolution des salaires paraissent optimistes ». On ne saurait mieux dire. Le Haut Conseil pointe ainsi le risque d’une spirale dépressive : plus de chômage, moins de salaires, moins de demande, plus de chômage… 
 

Le Haut Conseil note que le gouvernement retient le même chiffre de croissance que la Commission pour 2014, 1,2%, mais, en intégrant, sous la pression de la Commission elle-même, une politique budgétaire plus restrictive de 1 point de PIB; avec un multiplicateur de 1, le gouvernement aurait dû abaisser la prévision de la Commission de 1,2 % à 0,2 %. Il ne l’a pas fait, remarque avec raison le Haut Conseil. Aussi, le scénario présenté, nette reprise de la croissance en 2014 malgré des politiques restrictives, n’a aucune cohérence. 
 

Pour la période 2015-2017, le Haut Conseil reconnaît qu’il ne peut y avoir forte croissance sans la fin des mesures de consolidation, mais en tire bizarrement argument pour dire qu’il faut les appliquer rapidement en 2014 et 2015, sans voir que cela aggravera encore la situation durant ces deux années. 
 

Les conclusions de ces analyses sont sans appel. Alors que le gouvernement prévoit une « croissance » de ... 0,1 % en 2013, le Haut Conseil n'écarte pas le scénario d'« un léger recul du PIB en 2013 » et se montre dubitatif, on le serait à moins, sur les prévisions de croissance des années 2014-2017. 
 

Le Haut Conseil se livre donc à un certain nombre de constats parfaitement réalistes mais n'en tire rigoureusement aucune conclusion. Pire, il affirme, contre toute vraisemblance au vu de ses propres analyses, que « les mesures de consolidation budgétaires (sont) indispensables dans leur principe ». Il souhaite simplement que « les hypothèses sous-jacentes soient davantage étayées » sans reconnaître la contradiction entre la stratégie mise en oeuvre en Europe (des politiques restrictives dans tous les pays) et les résultats espérés (le retour de la croissance). 
 

L’avis annoncé pour le mois de septembre portant sur la loi de finances 2014 sera particulièrement intéressant à lire. Après avoir montré le caractère irréaliste des prévisions du gouvernement en matière de croissance et pointé les apories des politiques de compétitivité européennes, remettra-t-il en cause l’objectif de réduire le déficit budgétaire à 2,9 % du PIB en 2014, puis d’annuler le déficit structurel en 2017 ? Ou bien préconisera-t-il encore plus de coupes dans les dépenses publiques, alors même qu’il vient d’en montrer les effets contre-productifs ? 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 13:53

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 17.04.2013 à 15h31 • Mis à jour le 17.04.2013 à 16h55

 

 

 

 

La Nouvelle-Zélande est devenue, mercredi 17 avril, le treizième pays dans le monde, le premier dans la région Asie-Pacifique, à légaliser le mariage homosexuel, une décision historique célébrée par de nombreuses fêtes dans la communauté gay.

La loi amendant les textes qui régissent le mariage dans ce pays depuis 1955 a été votée mercredi soir par les députés, un peu plus d'un quart de siècle après la dépénalisation de l'homosexualité en 1986. La Nouvelle-Zélande autorisait les unions civiles depuis 2005.

Cette réforme défendue par le premier ministre de centre droit John Key a été portée par Louisa Wall, ouvertement homosexuelle et députée du Parti travailliste, la principale formation d'opposition. Selon elle, cette décision néo-zélandaise devrait ouvrir la voie à une réforme dans d'autres pays de la région.


"La loi considérait les Néo-Zélandais homosexuels comme des êtres inférieurs à l'être humain, aux autres citoyens. Ce texte permet de s'assurer que l'Etat ne discrimine aucune catégorie de population" en fonction de son orientation sexuelle, a fait valoir Louisa Wall.

 

UN ÉVÉNEMENT CÉLÉBRÉ

Le texte a toutefois rencontré une forte opposition, notamment du groupe Family First, qui accuse les responsables politiques de miner l'institution traditionnelle du mariage sous la pression des militants homosexuels.

Dans la capitale, Wellington, en particulier dans la rue de Cuba, aux nombreux bars fréquentés par les homosexuels, à l'image de la Bath House à San Francisco en Californie, de nombreux écrans géants ont retransmis les débats sur la loi au Parlement avant le vote. De nombreuses fêtes ont ensuite célébré l'évènement.

Des supporters du mariage gay regardent les débats sur la loi au parlement néo-zélandais, avant de célébrer le vote de la loi, le 17 avril 2013.

Les personnes interrogées dans la rue de Cuba ne partageaient cependant pas toutes les mêmes opinions. "Si certaines personnes sont autorisées à le faire , alors tous les gens devraient être autorisés à le faire, je n'ai pas encore rencontré quelqu'un qui soit contre cette loi" du mariage pour personnes de même sexe, a déclaré Christina Hroch.

Suzy Prime, s'est, elle, dite "totalement opposée" au changement, soulevant des inquiétudes pour les enfants élevés par des couples mariés de même sexe.
 

"La loi autorise déjà les unions civiles, je n'ai pas de problème avec cela, mais je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'aller au-delà et d'autoriser le mariage", selon elle.

 

 CLIMAT TENDU EN FRANCE

Treize pays dans le monde autorisent désormais le mariage entre personnes de même sexe, selon l'ONG Human Rights Watch (HRW). Le Danemark, premier Etat au monde à avoir autorisé les unions civiles entre personnes de même sexe en 1989, et qui autorise le mariage gay depuis juin 2012 et l'Uruguay depuis quelques semaines, sont les derniers en date. L'Australie l'a rejeté en septembre 2012.

Les députés français et ceux du Royaume-Uni débattent d'un projet de loi de légalisation du mariage pour les personnes de même sexe. En France le texte autorisera également l'adoption d'enfants par ces couples homosexuels. Les débats autour du texte en France au sein des deux chambres du Parlement se déroule dans un climat tendu, en raison d'une forte opposition d'une partie de la population qui manifeste régulièrement dans la rue.

 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 13:41

 

 

Rue89 - Droit de suite 17/04/2013 à 13h08
François Krug | Journaliste Rue89



Christiane Taubira à l’Assemblée nationale, le 3 avril 2013 (WITT/SIPA)

 

C’était une des dernières mesures de François Fillon, en avril 2012 : permettre aux parlementaires et aux anciens ministres de devenir avocats sans effort. Cette passerelle avait provoqué une violente polémique. Christiane Taubira vient de la supprimer.

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

Le décret de la garde des Sceaux est paru ce mercredi au Journal officiel. Très technique en apparence – une liste de numéros d’articles de loi abrogés –, il aborde un sujet très politique : la reconversion des élus et des ministres qui quittent leur fonction.

Petit rappel des faits. En avril 2012, un peu plus d’un mois avant la dissolution de son gouvernement, François Fillon se préoccupe du sort de son équipe. Et leur offre par décret une astuce pour leur reconversion professionnelle.

Son idée : pourquoi ne pas permettre aux anciens ministres et parlementaires de devenir avocats sans passer l’examen réglementaire ? Après tout, la loi prévoit déjà de nombreuses dérogations.

Echapper à l’examen

Il y a la voie traditionnelle, celle des étudiants en droit : passer (et réussir) le Capa, le certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Et il y a des voies dérogatoires : pour enfiler la robe, une maîtrise de droit (ou d’un diplôme jugé équivalent) et huit ans d’expérience liée au droit font aussi l’affaire.

Ces dérogations ont déjà permis à de nombreux hommes politiques de devenir avocats. Comme Claude Guéant, passé par l’ENA (cela vaut bien une maîtrise de droit) et disposant d’une expérience incontestable au service de l’Etat (et donc du droit).

Pour les autres, François Fillon a profité d’une réforme déjà engagée, étendant les dérogations aux assistants des députés et sénateurs :

  • première idée du Premier ministre : pourquoi les employeurs de ces assistants, les députés et les sénateurs eux-mêmes, n’auraient pas droit au même traitement ?
  • seconde idée : si les parlementaires y ont droit, il serait injuste d’en priver les anciens ministres.

Le premier résultat de cette réflexion, ce fut donc un décret dispensant d’examen « les personnes justifiant de huit ans au moins d’exercice de responsabilités publiques les faisant directement participer à l’élaboration de la loi ».

Le second résultat, ce fut une grosse colère des avocats. Ils dénonçaient une formulation trop généreuse, car trop floue : n’importe quel politique pourrait affirmer avoir « participé à l’élaboration de la loi », même si ses compétences et son expérience n’avait aucun rapport avec le droit.

Christiane Taubira avait promis aux avocats de mettre fin à ces dérogations : voilà qui est fait.

 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 13:37

 

 

édition abonné LE MONDE | 17.04.2013 à 13h46 • Mis à jour le 17.04.2013 à 13h58

Claire Gatinois


 
Les Portugais manifestaient le 1er Mai 2012, contre les coupes imposées par le gouvernement aux salaires, aux pensions et aux allocations.

 

La colère des populations d'Europe du Sud usées par la rigueur laisse maintenant place à une révolte plus sourde. Plus institutionnelle et plus politique. Plus efficace, aussi, peut-être.

Il y eut d'abord le choc du Portugal, élève appliqué de la "troïka" - la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI). Le 5 avril, la Cour constitutionnelle de Lisbonne a censuré l'équivalent de 1,3 milliard d'euros de mesures d'austérité jugées discriminatoires. Celles-ci s'attaquaient aux primes des fonctionnaires et retraités, aux allocations chômage et maladie.

Voilà maintenant que les Pays-Bas, réputés pour leur rigueur toute allemande, ajournent plus de 4 milliards d'euros d'économies budgétaires prévues pour 2014. Une décision assumée, le 12 avril, par le premier ministre, Mark Rutte, afin de "rétablir la confiance".

Le gouvernement néerlandais n'est pas devenu soudainement un avocat de la relance keynésienne. "Il n'a pas dit à la population : sortez et achetez !", nuance Barbara Baarsma, du centre d'études SEO, à Amsterdam. A voir les réactions que...

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 13:18

 

 

 

Médiapart

 

 

Lire aussi

 

 

Des ministres de premier rang avaient déjà plaidé, en début d'année, pour un assouplissement. Mais l'annonce du Néerlandais Mark Rutte, samedi, en a tout de même surpris plus d'un : ce conservateur a choisi d'adoucir la potion d'austérité qu'il administre au pays. L'exécutif a fait une croix sur cinq milliards d'euros d'économies, sous la pression des partenaires sociaux. Les Pays-Bas, pourtant un fidèle allié de l'austère Allemagne, renoncent ainsi aux objectifs de réduction du déficit qu'ils s'étaient engagés à tenir auprès de Bruxelles, pour l'an prochain.

Paris va-t-il s'inspirer de la manœuvre, et s'affranchir en partie des carcans budgétaires ? Le gouvernement français doit présenter, ce mercredi en conseil des ministres, un « programme de stabilité » des finances du pays, pour donner des gages de sérieux budgétaire à la commission européenne. La France espère obtenir, en mai, un délai d'un an pour ramener son déficit sous la barre des 3 %. Le scénario semble acquis, même si l'exécutif européen pourrait imposer en échange quelques conditions douloureuses – en particulier en matière de réformes structurelles.

 

Mark Rutte au Parlement, lors de la crise politique d'avril 2012. ©Reuters. 
Mark Rutte au Parlement, lors de la crise politique d'avril 2012. ©Reuters.


Le recul néerlandais a valeur d'avertissement. Mais si l'annonce a surpris, c'est surtout qu'elle intervient à un moment particulier. À Bruxelles, tout se passe comme si la proximité des élections générales en Allemagne, en septembre, où la chancelière Angela Merkel se présente pour un nouveau mandat, empêchait toute remise en cause du « tout austérité » d'ici là. À l'approche du vote, il est peu probable que les positions des uns et des autres évoluent sur un sujet aussi sensible.

Mediapart l'avait déjà décrit dans la foulée des élections italiennes de février : le noyau dur de la commission européenne refuse tout changement de cap en matière de rigueur budgétaire. La publication, début avril, d'un rapport rédigé par les services du commissaire européen Olli Rehn, sur les « déséquilibres macroéconomiques » au sein de la zone euro, l'a confirmé : le Finlandais ne compte rien lâcher sur ce front, malgré les mises en garde toujours plus inquiètes du Fonds monétaire international, de Washington, ou encore d'économistes réputés.

Sur le terrain, la surenchère d'austérité s'avère pourtant contre-productive. La brutalité des mesures provoque une chute de la demande, comme de la croissance. Si bien que le chômage explose – le cap des 20 millions de chômeurs est sur le point d'être franchi au sein de la zone euro. Quant au déficit et à la dette des États mis au régime, rapportés à leur PIB, ils ont à peine diminué, puisque le PIB en question a lui aussi fondu sur la période. « Malgré les 100 milliards d'euros de dettes annulés l'an dernier, la dette grecque pèse toujours 175 % du PIB grec contre 107 % en 2007 », rappelle le journaliste Guillaume Duval d'Alternatives économiques

Les appels pour marquer une pause dans la réduction du déficit, en France comme ailleurs, se multiplient. Lors d'une tournée européenne début avril, le secrétaire américain au trésor, Jacob Lew, a plaidé en ce sens. Il a rappelé qu'aux États-Unis, une relance publique, associée à un relâchement de la politique monétaire, avait permis au pays de retrouver le chemin de la croissance. De son côté, la commission anticipe, pour 2013, une récession (–0,3 %) pour l'ensemble de la zone euro...

Austérité et corruption, cocktail explosif

L'entêtement bruxellois laisse d'autant plus songeur que l'austérité, surtout dans le sud de l'Europe (lire notre série en cours sur ces pays), alimente de violentes crises politiques. Dans cette région, le cocktail de mesures d'austérité musclées et d'entrée en fin de cycle de partis politiques corrompus provoque des effets dévastateurs. Dans ce contexte, l'Union peut-elle se payer le luxe d'attendre encore cinq mois, et la fin des législatives allemandes, pour envisager de mettre un frein à cette rigueur contre-productive ?


L'Américain pro-relance Jacob Lew et Herman Van Rompuy, président du conseil européen, le 8 avril. © Conseil européen 
L'Américain pro-relance Jacob Lew et Herman Van Rompuy, président du conseil européen, le 8 avril. © Conseil européen


L'inventaire des convulsions qui secouent l'Europe du Sud donne en tout cas du crédit aux noirs présages d'un Paul Krugman s'inquiétant d'une Europe qui « s'auto-détruit ». En Italie, le succès dans les urnes, fin février, du Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo, farouche adversaire des politiques d'austérité et des vieux partis traditionnels, a plongé le pays dans une crise politique qui tarde à se dénouer. Sept semaines après le vote, la majorité est toujours introuvable au sénat.

Grillo refuse toute alliance avec le social-démocrate Pier Luigi Bersani, lequel exclut toute coalition avec son ennemi de toujours, Silvio Berlusconi. Le parti démocrate de Bersani semble miser sur des défections de certains élus du « M5S » de Grillo – en vain, pour le moment. Ces négociations se doublent de tractations pour remplacer l'actuel président, Giorgio Napolitano, dont le mandat arrive à terme le 15 mai. Là encore, c'est la foire d'empoigne. Dans cette confusion, les observateurs guettent, inquiets, les réactions des marchés financiers.

L'Espagne est un autre maillon faible. Les tensions sociales ne cessent de s'intensifier, sur fond de scandales de corruption à répétition. En fin de semaine dernière, des victimes piégées par leurs crédits hypothécaires se sont invitées au parlement, à Madrid, pour insulter les députés, aux cris de « corrompus et voleurs ». L'épisode est révélateur d'un climat délétère, qui n'est pas sans rappeler, sur un mode mineur, l'hostilité des Grecs envers leur classe politique depuis le début de la crise.

Le parti populaire au pouvoir est éclaboussé par un vaste scandale de financement occulte, dans lequel l'actuel premier ministre, Mariano Rajoy, est impliqué. En parallèle se déroule l'enquête sur le dossier « Noos », une affaire de détournement de fonds publics à laquelle est mêlée une partie de la famille royale. De leur côté, les socialistes, discrédités auprès de leur électorat traditionnel pour s'être convertis à l'austérité lorsqu'ils étaient au pouvoir, peinent à incarner une alternative.

En Grèce, où les mesures d'austérité sont les plus vives, la situation est plus inquiétante encore. Aube dorée, formation d'extrême droite au discours raciste, homophobe et antisémite, a obtenu près de 7 % aux législatives de juin 2012, remportant 18 sièges au sein de l'Assemblée. Les sondages prédisent aujourd'hui un score encore plus élevé à ce parti, que le Conseil de l'Europe, dans un rapport publié mardi, propose d'interdire.   

Ailleurs, la poussée de partis eurosceptiques comme les indépendantistes de UKIP en Grande-Bretagne, ou les Vrais Finlandais en Scandinavie, accélère la reconfiguration du paysage politique. La gauche de la gauche, critique de l'Union dans sa forme actuelle, gagne du poids en Grèce (Syriza), aux Pays-Bas (parti socialiste), en Irlande (United Left Alliance) ou encore en Espagne (Izquierda Unida).

Merkel ne veut pas d'une relance par l'Allemagne

Si l'on ajoute, sur des registres différents, le surgissement de partis comme le Mouvement cinq étoiles en Italie ou , l'hypothèse d'un parlement européen ingouvernable, avec une majorité de partis contestataires, après les élections de mai 2014, n'est plus tout à fait exclue. Dans ce contexte, attendre l'automne prochain pour amorcer un changement de politique semble un pari risqué, de la part des exécutifs européens.

François Hollande, qui prétend, depuis l'été 2012, avoir engagé une « réorientation » de l'Europe, vers davantage de croissance, osera-t-il reprendre l'initiative sur ce dossier, pour tenter de faire bouger Angela Merkel ? À court terme, l'affaire semble exclue. Mais l'entourage du président a discrètement changé de discours sur la relance de l'Europe.

Jusqu'à présent, le « pacte de croissance » négocié au conseil européen de juin 2012 était présenté comme l'alpha et l'oméga de sa politique européenne. Mais ses effets, qui tardent à se concrétiser, ont déçu. À présent, il ne s'agit plus que d'une « étape », qui en annonce d'autres. « Maintenant il faut aller plus loin », a reconnu Jean-Marc Ayrault mercredi sur France Inter. Le président devrait donc à nouveau monter au créneau, en amont de la campagne pour les élections européennes, sur le dossier. Sauf changement de dernière minute, cela ne se passera qu'une fois tournée la page du scrutin allemand. 

En attendant, la commission continuera à faire ce qu'elle a déjà commencé à entreprendre, pour apaiser les uns et les autres. Lâcher du lest au cas par cas, en allongeant la durée de remboursement de la dette. La Grèce, le Portugal ou l'Espagne en ont déjà profité. La France pourrait en bénéficier cette fois-ci. 

Autre piste, plus ambitieuse : compléter les efforts budgétaires des pays du Sud, par une politique de relance des pays au Nord. L'Allemagne, première économie de la zone euro, pourrait ainsi soutenir, indirectement, l'ensemble de la zone euro, grâce à un mécanisme vertueux. C'est le message adressé à Berlin par le secrétaire au trésor américain Jacob Lew, et que le commissaire Olli Rehn lui même n'avait pas exclu, lors d'un récent discours à Londres

Sans surprise, le gouvernement allemand leur a opposé une fin de non-recevoir. « Personne en Europe ne voit de contradiction entre consolidation budgétaire et croissance », a répété le ministre des finances Wolfgang Schaüble. L'Allemagne n'a « pas la force » de s'engager dans un nouveau plan de relance, a renchéri lundi la chancelière en campagne. De son côté, le candidat social-démocrate du SPD s'est dit ouvert à un « rééquilibrage économique entre l'Allemagne et ses partenaires », mais Peer Steinbrück est très à la traîne dans les sondages.

 


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DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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