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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 17:45

 

 

Le Monde.fr - 14.05.2013 à 17h33 • Mis à jour le 14.05.2013 à 17h42

Par Olivier Mary

 
 
Manifestation, le 7 mai, devant une boutique Mango, à Barcelone. La marque est pointée du doigt pour s'être fournie dans les ateliers de textile de l'immeuble qui s'est effondré au Bangladesh.

Une mannequin lascivement étendue au bord de la mer ; autour de son cou, le nouveau collier de chez Mango... Une campagne de promotion banale, sur le compte Facebook de la société de vêtements et d'accessoires espagnole. Plus de 5 000 personnes "aiment ça" mais le ton des commentaires est inhabituel. "Prenez vos responsabilités, contribuez à stopper l'esclavage moderne. Je veux des vêtements beaux mais éthiques."

Capture d'écran du compte Facebook de Mango.

Une remarque qui est loin d'être isolée. Le compte de l'entreprise de prêt-à-porter croule sous les critiques venues du monde entier, et dans toutes les langues. En anglais, espagnol, français ou allemand, les consommateurs mécontents reprochent à la marque ibérique de s'être fournie dans les ateliers de textile qu'abritait l'immeuble qui s'est effondré le 24 avril près de Dacca, faisant plus de 1 000 morts.

La firme a fait part de ses "regrets", le 27 avril, sur son compte Twitter, mais ne fait pas d'annonce particulière. Et les reproches continuent d'affluer, aucun nouveau post n'y échappe. Certains internautes vont même plus loin que la simple réaction indignée : "Mango ne doit plus avoir recours à l'esclavage au Bangladesh - Pétition à signer en ligne". Un lien renvoie vers cette pétition. Une opération lancée notamment par l'ex-miss France Sonia Rolland et qui a déjà réuni plus de 40 000 signatures. Un peu plus de 8 000 étaient espérées.

Capture d'écran de Twitter.

Beaucoup de visiteurs exigent la signature de l'accord sur la sécurité incendie des immeubles au Bangladesh, initié par IndustriALL Global Union, une fédération syndicale mondiale qui représente plus de 50 millions de travailleurs dans 140 pays. Un pas déjà franchi par des sociétés comme H&M et Primark. La marque britannique, après avoir été conspuée par ses clients, s'est décidée à signer, lundi 13 mai, cette convention qui prévoit le financement par les signataires de programmes de sécurité : inspections des usines, sensibilisation des ouvriers... Le communiqué de presse figure bien en évidence sur son compte Facebook.

 

FILIÈRE LONGUE ET OPAQUE

La marque était pourtant déjà signataire de l'Ethical Trading Initiative, qui "travaille pour améliorer la vie des travaileurs pauvres dans le monde". Des vêtements Primark ont tout de même été trouvés dans les décombres du Rana Plaza. Les entreprises occidentales ont du mal à garantir une production éthique dans un pays comme le Bangladesh. Du ramassage des matières premières en passant par la teinture ou la confection, la filière textile est longue et opaque.

Lire : Bangladesh : après le drame, interrogations sur la présence de sociétés occidentales

D'autres marques se fournissaient d'ailleurs dans les ateliers de Dacca, notamment Joe Fresh et Children's Place (vêtements pour enfants). Cette dernière a depuis promis d'améliorer les conditions de travail des ouvriers bangladais. Quant à Benetton, après avoir reconnu des liens avec cette manufacture, la société a prévu de mettre en place un fonds d'aide pour les victimes. 

Alors, pour éviter scandales et mobilisations sur les réseaux sociaux, certaines marques ont pris les devants. La compagnie Walt Disney avait décidé de ne plus produire au Bangladesh après l'incendie qui avait fait 112 morts dans une usine bangladaise, en novembre 2012. Des tee-shirts Disney avait été trouvés sur place, mais la firme a toujours rejeté la responsabilité sur Walmart, qui produit certains de ses produits sous licence.

Une décision confirmée il y a quelques semaines par la direction du groupe qui ne va pas bouleverser sa production. Moins de 1 % de ses produits dérivés sont fabriqués dans le pays.

Lire aussi le post de blog : Du Bangladesh au bikini de Beyoncé

Olivier Mary

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:26

 

 

facebook.com/CauseAnimaleNord

 

 

Victoire ! La corrida n'est PLUS inscrite au patrimoine immatériel de la France ! Information donnée et confirmée lors de la manifestation d'Ales par le CRAC ! Inventaire en France Patrimoine-culturel-immateriel : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Disciplines-et-secteurs/Patrimoine-culturel-immateriel/Inventaire-en-France Liste des fiches des choses inscrites au patrimoine immatériel de la France: http://www.culturecommunication.gouv.fr/Disciplines-et-secteurs/Patrimoine-culturel-immateriel/Inventaire-en-France/Inventaire/Fiches-de-l-inventaire-du-patrimoine-culturel-immateriel/%28offset%29/0 LA CORRIDA N'Y EST PLUS ! Lors de la manifestation d'Ales, Jean Pierre Garrigues du CRAC a annoncé au + de 4.000 manifestantes et manifestants qu'il avait un scoop à nous annoncer. Et quel scoop ! La corrida n'est PLUS inscrite au patrimoine immatériel Francais. Frédéric Mitterrand l'en a retiré en catimini 4 mois seulement après son inscription ! Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=vREG7f6frg4
Victoire !
La corrida n'est PLUS inscrite au patrimoine immatériel de la France !
Information donnée et confirmée lors de la manifestation d'Ales par le CRAC !

Inventaire en France

Patrimoine-culturel-immateriel
  :
http:// www.culturecommunication.gouv.f r/Disciplines-et-secteurs/ Patrimoine-culturel-immateriel/ Inventaire-en-France

Liste des fiches des choses inscrites au patrimoine immatériel de la France:

http:// www.culturecommunication.gouv.f r/Disciplines-et-secteurs/ Patrimoine-culturel-immateriel/ Inventaire-en-France/ Inventaire/ Fiches-de-l-inventaire-du-patri moine-culturel-immateriel/ %28offset%29/0

LA CORRIDA N'Y EST PLUS !

Lors de la manifestation d'Ales, Jean Pierre Garrigues du CRAC a annoncé au + de 4.000 manifestantes et manifestants qu'il avait un scoop à nous annoncer.
Et quel scoop ! La corrida n'est PLUS inscrite au patrimoine immatériel Francais.

Frédéric Mitterrand l'en a retiré en catimini 4 mois seulement après son inscription !

Vidéo :
http://www.youtube.com/ watch?v=vREG7f6frg4


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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:15

 

 

http://dcroissance.blog4ever.com

 

 


 

lePotiron.fr est le premier site Internet destiné à mettre en relation les particuliers et petits producteurs qui veulent échanger, vendre ou donner leur surplus de production de leur jardin ou ferme avec les personnes qui cherchent à s'approvisionner localement.Ou comment faire des économies, bien manger et rencontrer des gens sympas.



C'est une réponse adaptée aux nouvelles tendances alimentaires françaises

  •  
    • les français sont de plus en plus nombreux à cultiver leurs propres fruits et légumes, dans un soucis de qualité et d'économie: 51% des français désireraient en faire de même en 2010 selon une étude Lightspeed Research. Or la surproduction est fréquente dans les jardins, et il n'existe pas encore de débouchés pratiques pour celle-ci, autre que le don aux proches et la congélation.
    • la tendance du manger local s'accentue pour des raisons écologiques, économiques, gastronomiques et militantes, et s'appuie sur des circuits court de distribution. Mais ces circuits restent peu fédérateurs et prennent la forme de sites marchands avec abonnements très impliquants. ex : Fermier d'à coté ou Régionéo.
    • les producteurs cherchent de leur côté à développer leur distribution en directe.
    • Dans un contexte d'économique en crise et de prise de conscience écologique généralisée, lePotiron.fr est une bonne solution pour valoriser la production locale. En s'approvisionnant localement et en échangeant ses surplus de production du jardin, on évite le gaspillage, on stimule l'économie locale et on crée du lien humain.

 

http://www.lepotiron.fr/presentation

Troc Fruits & Légumes :Le forum ou les fruits et légumes de votre jardin s'échangent ! Pour une vie moins chère !

http://trocfruitsetlegumes.positifforum.com/

 

 

 

TROCALIMENTAIRE : L’avantage du troc de nourriture est profitable aux régions dites rurales car l’accès aux jardins et aux parcelles de terre y est plus facile mais bon nombre de jardins fleurissent aussi dans nos villes. (malgré l’avis souvent défavorable des maires qui y préférent des pôles économiquse générateurs de taxe professionnel)

Des produits de qualités, car les jardiniers petits ou grands ont bien plus souvent le respect pour la production que les producteurs européens et mondiaux car ils cultivent les produits qu’ils veulent trouver dans leurs assiettes, des produits de qualité, ce sont en général des produits ‘BIO’.
Ce mot est mis entre guillemets car il est devenu un terme générique de plus en plus galvaudé. Beaucoup de produits dit bio en n’ont que le nom.

D’autre part, il faut savoir que  le plus grand nombre de produits que nous trouvons dans nos assietes sont issus de culture intensive,  non respectueuse de l’environnement et des personnes qui s’en nourrissent.
99% des petits jardiniers proscrivent les engrais et autres pesticides, ils ont le respect de l’environnement.

Le troc alimentaire est peut être une nouvelle façon de percevoir l’avenir, n’en déplaise aux agences de notations et aux trust agroalimentaire.

 

http://www.trocalimentaire.com/

http://www.trocalimentaire.com/category/troc-fruits-legumes/

 


JARDI-TROC.com : échange de fruits, légumes & herbes aromatiques pour une consommation locale et abordable
https://www.facebook.com/pages/Jardi-Troc/122424841121246
telecomptoir.com : si vous désirez proposer des légumes, fruits ou fleurs
Votre potager donne trop ; que faire des fruits ou légumes dont vous n’avez pas besoin ? Votre jardin produit des fleurs en excédent ?

http://www.telecomptoir.com/potagers-surplus-jardins.php

 

 

Jardi-Troc : est un service gratuit pour les particuliers désireux d'échanger leur production jardinière. Il fonctionne comme un service d'annonces classiques.

Vous déposez une annonce décrivant les fruits, légumes ou herbes aromatiques dont vous disposez en excès et ceux que vous souhaitez en retour et vous n'avez plus qu'à attendre la réponse d'un voisin jardinier !

Si vous n'avez pas de potager, entrez votre code postal et recherchez les produits locaux disponibles près de chez vous. La solution idéale pour manger fruits et légumes frais à petits prix !Avec Jardi-Troc, accédez à une consommation locale et abordable ! 

Vous recherchez un légume particulier, postez une annonce dans la section "Je Recherche" , un jardinier répondra sans doute à votre demande .

http://jardi-troc.kazeo.com/comment-ca-marche/jardi-troc-comment-ca-marche,a1890599.html
Plantercheznous.com est un site d annonces de partage de jardins jardins à prêter et de personne en recherche d un potager à entretenir. Basé sur la convivialité et le partage des récoltes, le site propose des offres de parcelles et des annonce de jardiniers.
Mettre en relation des personnes qui ont un jardin et qui rêvent d'avoir un potager mais qui n'ont pas le temps de s'en occuper, avec des personnes qui ont la passion du jardinage mais qui n’ont pas de jardin ou de parcelle à cultiver : voici le concept de Savez vous planter chez nous ? ...
http://www.plantezcheznous.com/
  Jardins Potagers à Louer : N'hesitez pas si vous avez un bout de terrain inutilisé à le proposer à la location.Parlez-en autour de vous pour aider ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un jardin potager...
http://potagerbio.wifeo.com/jardins-a-louer.php
 

troc-aux-plantes.com : vous indique les dates des bourses aux plantes et troc de végétaux présent en France

Ces manifestations sur le thème du jardin et des plantes
permettent à toutes personnes d'échanger ses végétaux.

N'hésitez pas à participer à ces formidables rencontres
riches de partages et d'échanges entre jardinier en herbe
et passionné botaniste, et ce, même si vous n'avez
dans votre jardin que les plantes les plus banales à faire partager.

 

http://www.troc-aux-plantes.com/index.php?page=troc-aux-plantes

http://www.troc-aux-plantes.com/index.php?page=troc-aux-plantes

  Echange de graines et plantes
Aujourd'hui nous avons sur notre site, 8842 listes d'échanges de végétaux, pour vous permettre d'échanger gratuitement
vos graines, plantes et boutures.  

Que vous soyez un jardinier passionné ou aimiez simplement égayer votre jardin avec quelques fleurs; vous devriez trouver sur notre site une plante qui fera votre bonheur ! (Echange de fleurs, fruits, légumes, arbustes, buisson...)

 

http://www.grainesetplantes.com/index.php?echange=graines-et-plantes
http://www.grainesetplantes.com/
Troc de graines entre facebookiens
https://www.facebook.com/groups/199767016728283/

 
 
 Choux-fleurs et Pissenlits  : "Notre association a pour but d'organiser des commandes groupées chez des petits producteurs locaux, pour éliminer tout intermédiaire, et également éviter le coût économique et écologique des transports longues distances. Cela permet de développer une connaissance des produits et des modes de productions, et un rapprochement producteurs/consommateurs."

http://www.chouxfleursetpissenlits.com/
Les Jardins de Cocagne sont des jardins maraîchers biologiques
à vocation d'insertion sociale et professionnelle.
A travers la production et la distribution de légumes biologiques, sous forme de paniers hebdomadaires, à des adhérents-consommateurs, ces Jardins permettent à des adultes en difficulté de retrouver un emploi et de (re)construire un projet personnel.

http://www.reseaucocagne.asso.fr/

 

Trocs Paniers

Les amapiens abonnés à la saison, peuvent échanger leurs paniers et ou leurs pains en écrivant par mail à une liste de diffusion.

Les intermittents du panier, inscrits à cette liste, reçoivent les propositions des trocs de paniers de légumes, de pains et de fromages.

 

http://www.amapdupotager.fr/association/fonctionnement/troc-paniers#

 

 

Les AMAP - Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne - sont destinées à favoriser l'agriculture paysanne et biologique qui a du mal à subsister face à l'agro-industrie.

Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s'engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance.

http://www.reseau-amap.org/recherche-amap.php

Comment tous se nourrir...sans piller

 

 

 

 

Le "troc" les légumes et des fleurs.....

 

 

 

Nourrir sa famille avec son propre potager.

La recommandation habituelle est de réserver une surface de 200 à 250 mètres carrés pour nourrir une famille de 4 à 5 personnes (donc environ 50 mètres carrés par personne)

 

http://www.la-consoude-au-jardin.fr/quelle-surface-pour-un-potager.html

http://www.autarcies.com/index.php/3-lalimentation-le-jardin

http://dcroissance.blog4ever.com/blog/articles-cat-443006-529172-autonomie_alimentaire.html

 

 

Calculez la surface nécessaire pour vos besoins ici

http://www.autarcies.com/index.php/1-la-terre-et-la-pierre/surface-n%C3%A9cessaire

 

 

Autonomie Alimentaire : Il est possible de parvenir à réaliser entre 30 et 50 % de l'alimentation de base sur une période de 8 mois. Le plus difficile sera d'arriver à produire ce même pourcentage sur une période de 12 mois.... Il faudra apprendre à cultiver des précoces ou des plantes tardives avec et sans serres, à faire des conserves, des confitures, des produits séchès , des graines germées et autres..

http://dcroissance.blog4ever.com/blog/lire-article-443006-2142309-autonomie_alimentaire.html#.TuuE_ZLKXIs.facebook

 

 

 

Choix et besoins alimentaires : comment définir les objectifs de votre potager et de votre verger.

http://www.autarcies.com/index.php/3-lalimentation-le-jardin/choix-alimentaires

 

 

Permaculture : Le jardin d'Emilia Hazelip

 

 


 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:17

 

La candidate écologiste à la dernière présidentielle met les points sur les « i » dans un long mail interne adressé à EELV.

À lire sur lejdd.fr (*voir ci-dessous)

 

 

lejdd.fr

 Présidentielle, Mélenchon, congrès : Joly règle ses comptes avec EELV

 

 

INFO JDD - Campagne présidentielle, manif du 5 mai avec Jean-Luc Mélenchon, direction du parti, prochain congrès :  Eva Joly s’explique dans un long mail interne à EELV que nous avons pu lire.


Eva Joly

Dans un long mail interne envoyé à EELV, Eva Joly s'explique. (Reuters)

 

C’est un long mail d’Eva Joly adressé à EELV. Une sorte de coup de gueule et de coup de poing sur la table parsemés d'un zeste d'autocritique et envoyés d’un clic juste avant le week-end du 11 mai. Sa campagne, son défilé du 5 mai avec Mélenchon, la présence des ministres écolos au gouvernement, la situation d’EELV, le prochain congrès : tout y passe. A la moulinette. "Ce texte n’est pas une justification. Pas même une mise au point", commence Joly même si le reste du mail semble crier le contraire. "Eva Joly a voulu faire un bilan de la participation des écologistes au moment des un an du gouvernement Hollande. Désormais, elle entend participer au débat interne. C'est une nouvelle séquence qui s'ouvre", explique-t-on dans son entourage.

En voici de larges extraits. Sur le mouvement d’abord, le constat est sans appel : "EELV marque le pas, comme en panne d’inspiration, comme si le souffle et l’esprit de renouveau des débuts avaient disparu.(…) Il est aujourd’hui faible en adhérent, et je crains qu’il ne soit demain, faible en influence, si la sclérose l’emporte sur l’envie de faire mouvement (…) Je refuse que notre mouvement se normalise et se dissolve dans la participation gouvernementale", note Joly.

"Mon impréparation, mon inexpérience (…) ont pesé lourd"

Alors qu’ EELV n’a jamais vraiment débattu de la dernière campagne présidentielle, Eva Joly dresse elle-même un constat assez franc, reconnaît "un échec" et aborde ses "failles" : "mon impréparation, mon inexpérience, (…) ma naïveté, ma faible connaissance du jeu médiatique ont incontestablement pesé lourd." Et d’aboutir à ce lourd constat : "Mon équation personnelle ne faisait peut être pas de moi la meilleure candidate". Dont acte

De cet échec, Joly ne compte pas porter seule la responsabilité : "il me reste dans la bouche un goût de cendres, et la désagréable sensation que Nicolas Hulot et moi même avons été instrumentalisés pour des jeux internes. (…) Une fois la primaire passée, ma victoire surprise ayant troublé le jeu, la campagne n’était manifestement plus la priorité."

«Aucune dynamique n’est possible quand on devient le punching-ball de sa propre famille»

L’ancienne candidate déplore également "la multiplication des attaques, chausse trappe, pièges et défections venus de nos rangs" qui ont "entamé le crédit de (sa) candidature". Et d’ajouter : "Aucune dynamique n’est possible quand on devient le punching-ball de sa propre famille". Enfin dans le dossier campagne, Joly évoque l’accord passé avec les socialistes : "Reconnaissons quand même que notre image de force politique différente a été écornée et que nous sommes affaiblis dans la société pour quelques temps."

 L’actuel gouvernement? Comme tous les écolos, Joly se montre critique sur son action sans pour autant appeler à en sortir. Parlant des ministres écolos, elle affirme :  "Nous devons donc les soutenir sans réserve". Avant de compléter : "Notre solidarité ne peut pas s’exercer par l’autocensure."

«Certains ont déjà décidé de me le faire payer et de m’écarter pour les prochaines élections européennes»

Sur sa participation à la manifestation du 5 mai, Joly s’explique : "Je peux comprendre qu’on affirme que manifester aux côtés de Mélenchon est une erreur. Je note au passage la grande sollicitude de ceux qui s’inquiètent hypocritement sur le mode 'Eva va se faire bouffer par Mélenchon'. Qu’ils disent les choses plus clairement : 'Eva est nulle' est le fond de leur pensée'". Elle poursuit : "Mélenchon a parlé de coup de balai, choquant les oreilles sensibles? La belle affaire! La vérité, c’est qu’il est en deçà de la réalité : un 'Karcher' ne suffirait pas à décrasser le système actuel".

Ce rapprochement Mélenchon-Joly a d’ailleurs fait naître quelques bruits de couloirs envoyant Joly sur les listes du Front de gauche aux prochaines européennes. Évoquant ces rumeurs qu’elle dément, Joly ajoute à propos des suites du 5 mai : "On me dit même que certains ont déjà décidé de me le faire payer et de m’écarter pour les prochaines élections européennes si d’aventure je décidais de me représenter". Manifestement, Joly a de bonnes sources. Pascal Durand, le chef des écolos, ne fait pas de sa reconduction une priorité, loin de là… Dans sa short list des Eurodéputés qui méritent de repartir pour une session nulle trace d’Eva Joly.

"Europe Ecologie Les Verts? J’y suis, j’y reste"

En direction de l’actuel chef des écolos, Joly adresse un tacle appuyé : "J’ai (…) entendu notre secrétaire national esquisser la possibilité d’un bloc majoritaire allant du Modem au Front de gauche dans une interview au JDD. Cette position ne me semble pas juste au regard de la séquence politique que nous vivons".

Sur le prochain congrès, l’eurodéputée prévient : "L’enjeu de ce congrès ne peut pas être de monter une opération anti-Durand ou anti-Duflot : nous devons par contre avoir un vrai débat politique sur la stratégie à mener pour retrouver la société". Mais elle avertit tout de même : "Je prendrai mes responsabilités, notamment en soutenant une motion". Au regard de la tension inamicale qui règne entre Joly et Durand, il semble évident que cette dernière ne soutiendra l'actuel chef des écolos, également ancien soutien d'Hulot. Un proche de la direction actuelle met en garde : "Le congrès, ça va être le match retour de la primaire [Joly-Hulot]. Ce qu’elle n’a pas vu, c’est qu’on a changé les équipes et qu’elle va se prendre une valise". La logique voudrait que Joly soutienne l’aile gauche du parti dont Karima Delli est l’une des représentantes. Son soutien est également vivement convoité par Pascal Durand. La jeune eurodéputée sortante devra donc faire un choix.

En attendant, Joly conclut : "Europe Ecologie Les Verts? J’y suis, j’y reste". De quoi faire des déçus en interne. "Après la manif de Mélenchon, la blague avec un collègue, c’était que le mot d’ordre 'du balai' devait aussi s’appliquer pour Eva Joly", explique un parlementaire. Commentaire aigre doux de Pascal Durand sur ce texte signé Eva Joly: "D’habitude quand on fait un texte de pré-congrès, il est signé par plusieurs personnes".

Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche


dimanche 12 mai 2013

 

 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:09

 

 

Médiapart - Blog

 

Lyon. Trois morts dans l’incendie d’une ancienne usine occupée par des Roms

Faits divers lundi 13 mai 2013


  • Rue Audibert et Lavirotte, à Lyon

    Rue Audibert et Lavirotte, à Lyon 

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Lyon.-Trois-morts-dans-l-incendie-d-une-ancienne-usine-occupee-par-des-Roms_55257-2191814_actu.Htm

 


J'aurai du mal à écrire ce matin. 

Je vous préviens, mes mots seront maladroits.

Ce squat, je le connais. Ces gens, je les connais.

Ces enfants, je leur ai apporté des petits jouets, j'ai discuté avec certains d'entre eux qui m'ont raconté leur vie d'écoliers pas comme les autres.

Mon mari et mon amie Anaïs étaient encore là, hier, à leur rendre visite pour leur faire la lecture.

Nous avons discuté avec leurs parents, nous avons salué leurs voisins, nous avons rigolé dehors, devant les bâtiments, au soleil, au milieu des poubelles et des meubles éventrés, parlé du beau temps et du retour de la chaleur, comme si nous n'étions pas au milieu de la misère la plus désespérante.

Nous avons discuté et rigolé même au milieu de la misère et des ordures et des meubles éventrés parce que des êtres humains qui se reconnaissent entre eux, et décident de se considérer mutuellement, de se respecter, de se saluer, savent que ce bonheur et ce partage-là valent bien davantage que le confort de celui qui est venu aider, ou que la misère de celui qui a besoin d'aide.

Ce squat qui abritait près de 300 hommes, femmes et enfants roms, disséminés dans plusieurs bâtiments, dont celui de la tragédie de cette nuit, c'était celui où étaient venus se réfugier mes amis "Clara" et "Fabian". Il s'y étaient construit une cabane coquette et étonnamment sophistiquée, que Clara avait pris le temps de décorer. Chaque fois que nous venions les voir, elle avait ajouté une nouvelle touche à la décoration.

Un jour, alors qu'Anaïs et moi, invitées à déguster avec eux de merveilleux cigares au chou roumains, nous extasions sur les fleurs artificielles que Clara avait trouvées et dont elle avait orné toute la petite pièce immaculée, nous nous sommes retrouvées avec chacune une énorme gerbe de fleurs artificielles sur les bras. Clara avait absolument tenu à nous les donner, puisque nous les trouvions jolies.

Après une âpre négociation ("Mais Clara, nous les trouvons belles chez toi, dans ta maison, tu ne vas pas nous les donner! Il faut justement les garder, là, comme ça, parce que c'est si joli!"), nous avons fini par accepter de prendre les fleurs (et les vases avec), à une condition: "vos jours ici, dans ce squat, à Fabian et toi, sont comptés. Vous avez réussi, en si peu de temps, à vous refaire un chez-vous, en y mettant le soin que vous mettez pour toutes les cabanes successives que vous avez été forcés de quitter depuis votre arrivée en France, en 2009, mais nous le savons tous: ça ne durera pas. Alors les fleurs, nous les prenons, nous les gardons quelque part, et le jour où vous aurez enfin votre première vraie maison, nous vous les rapporterons pour la décorer."

Et Fabian qui se met à rêver tout haut, pendant que Clara retient ses larmes: "Oui, Anaïs, Mélikah, juste une pièce, un terrain même, et je construis une petite maison dessus, une petite maison à nous, et j'aurai le droit de travailler, et nous ferons une grande fête, tous ensemble. Une grande fête."

J'ai bien fait de reprendre les fleurs de Clara. L'îmmense entrepôt dans lequel ils avaient construit leurs cabanes, eux et six ou sept autres familles (parmi lesquels le petit S., 9 ans, aux yeux de velours, qui nous servait d'interprète roumain-français lors de conversations plus compliquées ou plus abstraites), n'est pas celui qui a brûlé cette nuit, c'était celui d'à côté (si j'ai bien compris). Mais comme les autres, ils en ont été évacués en catastophe et sans doute n'ont-ils pas pu emporter grand-chose. Tout ce qu'ils ont amassé depuis leur arrivée là-bas fin mars, après la destruction du petit squat villeurbananis où je les ai connus, ils ont dû l'y laisser. Tout est, encore une fois, à recommencer.

Nous le savions, évidemment. Mais chaque fois il y avait ces moments d'amitié dans les cabanes, avec les enfants qui jouaient, les parents qui faisaient la lessive, la cuisine, venaient discuter, offrir une cigarette, dire bonjour... je ne sais pas, je pense que ces moments avaient le pouvoir à la fois magnifique et dangereux de nous faire oublier le reste. La gravité du reste. Ce que ce pays, comme tant d'autres pays d'abondance, fait à ses démunis, sans pitié, sans égard pour leur âge, leur histoire, même leur humanité. Ces pays où le cynisme a remplacé tout le reste, et où l'on préfère considérer ceux que l'on ne comprend pas comme des rats, une vermine dont il faut se débarrasser. Une engeance dont on aime à dire, avec l'arrogance et la fierté irréfléchie du con le plus glorieux, que même en n'ayant rien, elle nous vole quelque chose. 

Il y a des jours où je saisirais certaines personnes par le collet pour les y trainer et les forcer à se mettre à genoux à même la terre battue pour regarder les enfants roms dans les yeux, regarder les efforts que font leurs parents même dans toute cette misère, regarder les cahiers d'école avec les exercices, le café qu'on offre aux visiteurs, les vêtements qui sèchent au soleil sur les cordes à linge de fortune, ces ordures qui traînent partout parce que la ville refuse de les ramasser, ces visages qui ont vu ce que personne, jamais, ne devrait voir, et qui trouvent néanmoins la force de vous offrir le sourire le plus radieusement timide du monde lorsque vous avez la décence de les saluer et de les regarder avec respect, avec bienveillance.

Vous pensez que ces pères, ces mères, ces maris et femmes, ne s'aiment pas comme vous, comme nous? Que ces enfants qui ont vu l'immeuble flamber cette nuit, entendu les cris, appris qu'il y avait des morts, ces enfants qui errent de squat en squat et qui essaient de continuer d'aller à l'école, ces enfants dont les parents n'ont pas le droit de travailler, qui ont fui un pays où ils étaient déjà des parias, pour arriver ici et voir ces choses horribles, que ces enfants sont différents des vôtres?

J'arrête. La colère m'empêche de bien écrire.

Je repense à notre rendez-vous chez le dentiste avec Clara, vendredi dernier. Nous avons passé quatre heures ensemble. Elle souffrait le martyre et en avait par-dessus la tête de cette vie. "Mélikah, je n'ai pas de maison, nous ne pouvons pas travailler, et là-bas c'est pire", me disait-elle, en me tenant la main et en essuyant ses larmes. Et elle trouvait quand même  moyen de me forcer à raconter ce qui n'allait pas de mon côté. J'étais fatiguée ce jour-là, un peu préoccupée. Elle voulait que je lui raconte.

J'arrête. C'est trop dur.

J'arrête avec en tête une image: celle du grand sac que j'avais donné à Philippe pour Clara et qu'il devait lui remettre hier, lorsqu'il est allé avec Anaïs faire la lecture aux enfants. Il y avait plein de vêtements dont certains à revendre et à troquer pour pouvoir se sustenter avec Fabian. Mais il y avait un super beau flacon de parfum que je ne porte jamais. Je sais que Clara aime le maquillage, les longues jupes qui volent, qu'elle aime sentir bon, qu'elle aime se sentir femme. 

C'est plus fort que moi, je vois le flacon de parfum, transparent, longiligne, élégant, avec cette étiquette florale, au fond d'un sac de vêtements et de chaussures, posé dans le coin d'une cabane désormais vide, au milieu des cabanes abandonnées, dans cet immense hangar où la vie a été soudain interrompue, dans l'odeur d'incendie et de mort, dans l'odeur de l'espoir qui part en fumée.

 

 

 

 

* ce texte est également disponible sur mon blog personnel, ici: melikahabdelmoumen.blogspot.fr

 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:03

 

Médiapart

 

 

Matignon lance le dossier des retraites ce lundi. Jean-Marc Ayrault doit recevoir dans la journée les huit organisations syndicales et patronales, chacune séparément, pour préparer une nouvelle conférence sociale prévue les 20 et 21 juin.

Alors que la première conférence sociale en juillet 2012 avait été centrée sur le lancement de la réforme du marché du travail, qui s’est traduite par l’ANI, la seconde sera monopolisée par la réforme des retraites. Un dossier explosif sur lequel la consultation tous azimuts des partenaires sociaux ne sera jamais de trop. « Nous avons avancé la conférence à juin pour se laisser le temps afin de se concerter en juillet », explique-t-on d'ailleurs dans l'entourage du premier ministre.

Les consultations de lundi devraient donner le coup d'envoi à un marathon pour le gouvernement. Bruxelles attend des réponses rapides de l'exécutif sur la manière dont il compte résorber un déficit qui devrait dépasser les 20 milliards en 2017. Le gouvernement promet une réforme ambitieuse.

Le Medef demande une réforme d’ampleur. Il souhaite notamment la remise en cause des différents régimes de retraite, le report de l’âge de la retraite à 65 ans, l’allongement de la durée des cotisations, et une augmentation des cotisations. FO et la CGT ont déjà fait savoir leur opposition à tout allongement de l’âge de la retraite, alors que la dernière réforme datant de 2010 a porté le départ à la retraite de 60 à 62 ans.

Le gouvernement, lui, a fait connaître sa volonté de désindexer l’évolution des pensions payées par rapport à l’inflation. Cette mesure a déjà été adoptée pour les retraites complémentaires. Matignon a aussi fixé le calendrier : il entend que la nouvelle réforme des retraites soit votée d’ici à la fin de l’année.

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 16:57

 

Médiapart - Blog


Mardi 14 mai, pour pousser les députés au courage, rassemblons-nous devant l’Assemblée de 18 h 30 à 20 h 30. Edwy Plenel animera les débats et Médiapart les retransmettra en direct. Vous qui êtes en région parisienne, venez débattre avec Laurent Mauduit, Patrick Pelloux, Susan George, Pierre Larrouturou, Zalie Mansoibou, Olivier Berruyer, Bruno Gaccio, Patrick Doutreligne, Patrick Viveret et Fabien Chevalier.

30.000 chômeurs supplémentaires et 80.000 qui sortent des fichiers de Pôle Emploi mais tombent en fin de droit : tous les mois, ce sont quelques 100.000 personnes qui tombent au chômage ou "un cran plus bas". Comment se résigner à ce scandale ? Quel est le rôle de la gauche européenne : gérer l’effondrement du capitalisme dérégulé ou construire une nouvelle société, un nouveau modèle de développement ?

"Soyez Roosevelt !" demandait Stéphane Hessel à François Hollande en février 2012. Hélas, un an plus tard, le gouvernement n’a repris aucune des propositions du collectif Roosevelt 2012 et semble miser toute sa stratégie de lutte contre le chômage sur le retour de la croissance, alors même que FMI et Commission européenne confirment une nouvelle récession.

En Chine, la bulle immobilière vient d’exploser : même en augmentant de 25% en un an le ratio dette privée/PIB, le gouvernement ne parvient plus à maintenir la croissance. Aux Etats-Unis, malgré une politique ultra-agressive de la Banque centrale qui finance un déficit colossal (7% du PIB), le taux d’emploi est tombé à un plus bas historique : seuls 63% des Américains ont un emploi…

Non seulement la crise n’est pas finie mais elle menace de s’aggraver partout dans le monde. Voilà pourquoi il est urgent d’arrêter les rustines, de penser une alternative et de provoquer un sursaut au niveau national, au niveau européen comme au niveau du G 20.   

A l’Assemblée, un nombre croissant de députés socialistes se posent des questions sur la politique mise en place depuis un an : "certes la Banque Publique d’Investissement, les emplois d’avenir et les contrats de génération auront des effets positifs. Mais nous savons tous que c’est totalement insuffisant" affirmait récemment une députée devant quelques collègues. Vu le malaise des députés, un premier séminaire a été organisé fin avril, juste avant les vacances parlementaires. Mais il ne portait que sur des questions de fonctionnement. Les questions de fond ont été repoussées à plus tard…   

Pour pousser les députés au courage, pour les obliger à prendre 2 jours pour écouter tous les réseaux qui portent une autre vision de l’économie et apportent des solutions concrètes pour sortir de l’austérité et du chômage, 2 jours de débat sans tabou à organiser avant que commence la prochaine grande négociation sociale (les 20 et 21 juin), le collectif Roosevelt invite toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à un échec de la gauche à venir réveiller les députés le mardi 14 mai au soir.

Certes, nous voulons une VIe République mais, même avec la Ve, rien n’oblige les députés à s’incliner toujours devant les "technocrates" qu’ils critiquent en petit comité : en Angleterre, ce sont les députés qui viennent d’obliger le gouvernement à durcir la loi sur les banques. En France, ce sont les députés qui avaient imposé à Alain Juppé la première loi sur la réduction du temps de travail dont il ne voulait pas. Alors, pourquoi, en 2013, nos députés ne seraient-ils pas plus actifs pour préparer l’Acte II du quinquennat ?   

Pour réveiller les députés, pour les pousser à l’audace, nous serons tous les mardis devant l’Assemblée nationale du 14 mai au 15 juin.

Le mardi 14 mai, de 19 heures à 20h30, Edwy PLENEL animera les débats et Médiapart les relaiera en direct sur internet. Vous qui êtes en région parisienne, venez débattre avec Laurent MAUDUIT, Patrick PELLOUX, Susan GEORGE, Pierre LARROUTUROU, Zalie MANSOIBOU, Olivier BERRUYER, Bruno GACCIO, Patrick DOUTRELIGNE, Patrick VIVERET et Fabien CHEVALIER.

Un grand désarroi s’est emparé des députés. Certains sont tétanisés ou ne voient pas où aller. A nous, tous ensemble, de leur prouver qu’il existe une alternative crédible. A nous de les pousser au courage en montrant que nous sommes prêts à agir avec eux pour construire un nouveau contrat social. A nous de les obliger à avancer, "sans violence mais avec beaucoup de fermeté" comme le disait Stéphane HESSEL quand nous avons créé le collectif.

Stéphane n’est plus là, mais nous sommes 100.000. Alors Passons à l’action !

Vous tous qui vivez en Ile de France, rendez-vous à 18h30 place Edouard Herriot, derrière l’Assemblée. Pour tous les autres, diffusion en direct à partir de 19 heures sur Médiapart.

Bien amicalement

Le collectif Roosevelt 2012

 

Roosevelt 2012 ?

Créé en janvier 2012 à l’initiative de Stéphane HESSEL, Edgar MORIN, Cynthia FLEURY, Pierre LARROUTUROU, Susan GEORGE, Bruno GACCIO, Patrick VIVERET, Emmanuel POILANE, Michel ROCARD, Lilian THURAM, Gaël GIRAUD, Dominique MEDA, Curtis ROOSEVELT et bien d’autres, le collectif Roosevelt 2012 propose 15 réformes, concrètes et financées, pour sortir de la crise en posant les bases d’un nouveau modèle de société.

En un an, ce mouvement a réuni plus de 100.000 signataires. 50 groupes locaux sont déjà constitués en France et des antennes ouvrent à présent dans d'autres pays européens (Belgique, Espagne, Grèce...).  www.Roosevelt2012.fr

 

 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 16:45

 

Lire aussi

 

 

Même les plus optimistes ne s'attendaient pas à ce que les manifestations de ce dimanche 12 mai soient aussi suivies qu'il y a deux ans, lorsque les appels à protester ont allumé la mèche d'un mouvement qui a agité le monde politique et encouragé une forme de protestation différente de celle que les acteurs sociaux pratiquent habituellement. Mais le mouvement du 15 mai (le 15-M), avec son action très décentralisée et son effort de lutte concrète pour le logement et la défense des services publics, a bien réussi à retrouver son esprit des premiers jours pendant quelques heures.

 

Manifestation sur la Puerta del Sol, dimanche 12 mai. 
Manifestation sur la Puerta del Sol, dimanche 12 mai.© Paul Hanna/Reuters

Même s’il a moins attiré les foules, le mouvement du 15 mai a montré qu’il restait l’expression pacifique d’un malaise que la politique d'austérité a installé dans la société et celle de mouvements citoyens qui ont osé descendre dans la rue. Des salariés du secteur public, touchés par les crédits immobiliers impossibles à rembourser ou par les produits financiers pourris (les preferentes) vendus par leur banque, de jeunes précaires, des chômeurs, des retraités, des familles… ont marché ensemble dans des manifestations pleines de revendications.

Pour ce deuxième anniversaire, les indignés sont retournés à la place madrilène de la Puerta del Sol – et sur d’autres places d’une trentaine de villes d’Espagne – exprimer leur rejet d’un système qui continue à leur déplaire et, selon eux, ne les représente pas. Les slogans « Non, non, ils ne nous représentent pas ! », « Si, c’est possible » ou « Ils l’appellent démocratie mais c’est faux » ont retenti dans les mobilisations. On pouvait aussi lire sur les banderoles et autres pancartes des slogans contre les coupes budgétaires dans la santé ou l’éducation, des déclarations contre le projet de réforme de la loi sur l’avortement ou des consignes contre les expulsions et pour le droit au logement.

À Madrid, la technique consistant à former des colonnes de manifestants marchant des quartiers jusqu’au centre, que les indignés avaient adoptée pour la première fois le 19 juin 2011, a été réemployée. Et cette stratégie, ainsi que la moindre affluence, a enlevé de la visibilité à la manifestation parce que toutes les colonnes ne sont pas arrivées en même temps sur la place. C’est, du moins, ce que remarquaient des groupes de manifestants sur la Puerta del Sol. « Quand certains arrivent, d’autres sont déjà partis », se plaignait une jeune femme en tentant de se protéger du soleil avec un journal.

À 20 heures, et comme prévu, la place s’est tue. Tous les manifestants ont levé les bras et agité les mains en silence. C’est ce que les militants appellent le « cri muet », une façon de manifester popularisée voilà deux ans pour protester contre la Commission électorale, qui avait interdit les rassemblements sur cette place à l’approche des élections régionales et municipales du 22 mai. Les mots « démission » et « si, c’est possible » ont suivi ce « cri » silencieux.

« Tous ensemble. Plus indignés que jamais »

Pendant qu’arrivaient les trois colonnes parties, vers 17 heures, de la place de Colón, du Temple de Debod et de la gare d’Atocha, certains manifestants ont pris la parole au micro pour protester contre la politique de l’exécutif face à la crise économique, pour critiquer la loi électorale ou pour raconter des expériences vécues pendant ces deux années de mobilisations continues. Des groupes se sont aussi mis à chanter Joyeux anniversaire au mouvement ou des textes plus engagés comme Canto a la Libertad de José Labordeta ou Grândola Vila Morena, la chanson qui servit de signal pour déclencher la Révolution des œillets et qui est aujourd’hui devenue le symbole du mouvement social au Portugal. À Madrid, la journée s’est terminée par des assemblées thématiques organisées sur des places voisines.  

 

 

Mobilisation dans d’autres villes

À Barcelone, selon Europa Press, quelque 5 000 personnes ont marché dans les rues du centre derrière une banderole disant « arrêtons le génocide financier, ensemble nous le pouvons ». Le défilé, qui est parti à 18 heures de la place Catalunya et s’est terminé deux heures plus tard à l’Arc de triomphe, comptait dans ses rangs des collectifs comme les Yayoflautas, la Plateforme des victimes d’expulsions (PAH) et des associations de défense de l’école publique, entre autres.

Derrière la banderole « tous ensemble. Plus indignés que jamais », les indignés valenciens ont manifesté dans les rues de la capitale de la Communauté valencienne. Cinq colonnes sont parties à 18 heures des tours de Quart et Serranos, de l’hôpital général, du pont d’Aragon et du CIE de Zapadores, pour se rejoindre une heure plus tard à la gare du Nord, d’où est partie la manifestation unitaire. Les manifestants ont chanté des cantiques contre le système de représentation, la classe politique, les coupes budgétaires et la troïka, et aussi contre les expulsions et le chômage. Une grande pancarte montrait 727 500 raisons de protester, comme le nombre de demandeurs d’emploi de la région.

 

Elena Herrera, rédaction d’infoLibreArticle original en espagnol.

Version française : Laurence Rizet 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 16:33

 

Marianne+ - Lundi 13 Mai 2013 à 09:00

 

 Georges Dupuy

 

 

Alors que le ministre Benoît Hamon présente sa loi sur la consommation, un débat fait rage autour de « l'obsolescence programmée » : les constructeurs limitent-ils délibérément la durée de vie de leurs appareils pour nous obliger à les renouveler plus souvent ? Pas si simple...


Apple store, la Défense - PRM/SIPA
Apple store, la Défense - PRM/SIPA
Va-t-on assister au déclin de la folle croissance d'Apple ? se demandent les milieux boursiers. Rendez-vous compte : la marque à la pomme a vu son bénéfice (en or massif) reculer pour la première fois en dix ans ; plus grave, elle n'a sorti aucune nouveauté depuis... six mois !

Samsung, de son côté, vient de créer l'événement en lançant la quatrième génération de son Galaxy, le smartphone le plus vendu au monde. La précédente version n'a pas encore fêté son premier anniversaire... Qu'importe, les Français remplacent leurs mobiles tous les dix-huit mois en moyenne, alors qu'ils sont conçus pour fonctionner entre cinq et sept ans. Tout neufs, et pourtant déjà dépassés, rendus obsolètes au bout de quelques mois par une nouvelle offre.

Camille Lecomte, responsable du dossier au sein de l'association écologiste Les Amis de la Terre, explique : « L'obsolescence commerciale, qui fait délaisser un produit qui marche encore, est plus vicieuse qu'une simple baisse de la durabilité des produits. »

Elle s'applique principalement aux équipements informatiques et high-tech - en premier lieu la téléphonie mobile - dont l'esthétique est un critère d'achat fort.

« Le premier iPhone, en 2007, a représenté une réelle avancée, commente Gilles Garel, professeur d'innovation au Cnam. Depuis, la firme a su jouer sur l'applemania et la ringardise pour imposer chaque année un nouveau modèle qui n'a rien de révolutionnaire. » Les constructeurs se sont également ingéniés à rendre leurs produits irréparables ou trop coûteux à réparer.

Ainsi des batteries de téléphone soudées à la coque, des imprimantes plus chères à réparer qu'à acheter neuves, mais aussi des lave-linge dont on ne peut changer les roulements sans la cuve. Sans parler des appareils intégrant de nouveaux modèles de vis impossibles à démonter sans les outils adéquats.

Mais, alors que le projet de loi porté par Benoît Hamon, le ministre délégué chargé de l'Economie solidaire et sociale et de la Consommation, est attendu dans les semaines à venir et que le sénateur vert Jean-Vincent Placé a poussé - en vain - une proposition de loi pour lutter contre l'« obsolescence programmée », le débat fait rage autour d'une question plus dérangeante : les constructeurs fabriquent-ils délibérément des appareils plus fragiles qu'autrefois pour contraindre le consommateur à les renouveler plus souvent ?

Flash-back. Avez-vous entendu parler du cartel Phœbus ? En 1924, les représentants des grands fabricants d'ampoules se réunirent à Genève pour limiter l'utilisation des lampes à incandescence à mille heures, soit 100 fois moins que ce que les brevets laissaient espérer.

Quelques années plus tard, en 1932, le riche philanthrope Bernard London encourageait dans ses écrits l'obsolescence programmée - en clair, la mise en œuvre de procédés techniques visant à réduire la durée de vie d'un produit -, y voyant la seule façon de sortir de la grande crise de 1930.

Aujourd'hui, qui n'a pas pesté contre un réfrigérateur qui lâche sans prévenir au bout de trois ans, alors que le même, acheté dans les années 50, durait cinq fois plus longtemps ? Bon marché à l'achat, ruineux à réparer. Avec les vents mauvais de la crise et la baisse du pouvoir d'achat, les soupçons de mise à mort industrielle délibérée s'amplifient.

Illustration - RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA
Illustration - RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA
Le Groupement interprofessionnel des fabricants d'appareils d'équipement ménager (Gifam) reconnaît que la durée de vie du gros électroménager a baissé en dix ans.

Mais à peine, moins d'un an à tout casser. L'utilisation a changé, explique le syndicat, qui avance, par exemple, l'augmentation du nombre de cycles demandés à un lave-linge ou de l'astringence de la lessive.

Peu importe, 85 % des personnes interrogées par l'Observatoire société et consommation (Obsoco) approuvent l'affirmation selon laquelle les fabricants font tout pour baisser la durée de vie de leurs produits, sans qu'on leur en fournisse la preuve.

Certes, pour citer un exemple devenu célèbre, une gamme d'imprimantes Epson intégrait dans ses cartouches d'encre une puce électronique faisant disjoncter l'appareil au bout de 18 000 copies.

Et Bernard Arru, le directeur des Ateliers du Bocage (ADB), une entreprise de réparation et de revente (en occasion) de matériel informatique et de téléphonie mobile, évoque, quant à lui, les condensateurs bas de gamme qui envoient rapidement certaines marques d'écrans plats au tapis : « C'est indéniablement une façon de forcer à changer d'appareil. »

Mais, au total, le dossier de l'obsolescence technique a besoin d'être étayé. Benoît Hamon a ainsi chargé la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) d'enquêter sur tout ce qui pourrait s'apparenter à une tromperie délibérée.

Il est une autre obsolescence peu répertoriée, celle liée aux bas prix que les consommateurs se sont habitués à payer. « Il n'y a pas de miracle. Un lave-linge "no name" [comprenez sans marque, généralement vendu en grande surface], qui coûte trois fois moins cher qu'un Miele, par exemple, ne donnera jamais autant de satisfaction, souligne Philippe Robin, qui dirige deux structures de réparation de gros électroménager du réseau Envie. Dans le bas de gamme, tout est possible. »

Il parle des fabricants chinois qui économisent, notamment, sur les composants et le diamètre des fils de cuivre. Camille Lecomte, aux Amis de la Terre, se veut réaliste : « Quand on achète du petit matériel à moins de 50 €, il faut se demander quelle est la part affectée à la qualité, une fois déduits les coûts de la fabrication, du transport et de la distribution. »


Des mannequins masculins posent dans les vitrines des galeries Lafayette dans le cadre d'une campagne de publicité pour les produits électroménagers, 2004 - DE RUSSE AXELLE/SIPA
Des mannequins masculins posent dans les vitrines des galeries Lafayette dans le cadre d'une campagne de publicité pour les produits électroménagers, 2004 - DE RUSSE AXELLE/SIPA
Le marketing, la publicité et les préoccupations commerciales se sont emparés du marché de masse.

En 2013, les industriels savent tous que, s'ils ne devaient compter que sur une réelle innovation pour présenter de nouveaux produits, leurs usines ne tourneraient pas.

Selon la firme américaine Booz & Company, sur 100 produits, moins de 10 % sont des innovations réelles. Le reste constitue ce que les experts appellent de la rénovation, promise au superbe destin de la feuille morte en automne.

Thierry Saniez, délégué général de l'association de consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), explique : « L'obsolescence programmée fait partie de l'ADN du système où, pour exister, chacun doit viser à rendre obsolescents non seulement les produits de ses concurrents, mais aussi les siens. »

Ainsi se dessine le modèle économique d'un business entraîné dans une course à l'échalote sans fin, où les consommateurs sont, eux aussi, responsables de ce qu'ils dénoncent. Jamais la France n'a produit autant de déchets - 540 kg par tête et par an, dont de 16 à 20 kg de déchets d'équipements électroniques et informatiques. « Le système est devenu intolérable », s'indigne Philippe Moati, professeur d'économie à l'université Paris-VII et cofondateur d'Obsoco, qui est tout sauf un décroissant.

Paradoxalement, la crise pourrait avoir du bon. Serrés au portefeuille, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à prôner le retour de produits peut-être plus chers à l'achat mais plus durables. Signe des temps, même la mode, ce temple de l'éphémère, n'échappe pas à une certaine remise en cause.

Evelyne Chaballier, directrice des études économiques de l'Institut français de la mode (IFM), relève que, « après des années d'achat à tout-va, les clients se sont mis à comparer la qualité et les prix ». En octobre 2011, un tiers des sondés de l'IFM - principalement des 25-34 ans - étaient prêts à acheter moins de vêtements mais qui dureraient plus longtemps.

Autre signe encourageant : après les écolos, Damien Ravé, le développeur de commentreparer.com, un site qui s'adresse aux amateurs, a vu arriver une deuxième vague d'internautes plus intéressés par la réparation pure et dure que par le sauvetage de la planète.

Et si on réparait ?

 

Vélos, fauteuils, vêtements, téléphones portables ou électromenager, la grande vente annuelle d'objets récupérés et rénovés par les Compagnons d'Emmaus - DURAND FLORENCE/SIPA
Vélos, fauteuils, vêtements, téléphones portables ou électromenager, la grande vente annuelle d'objets récupérés et rénovés par les Compagnons d'Emmaus - DURAND FLORENCE/SIPA
Pour contrer l'obsolescence commerciale, Benoît Hamon s'intéresse à deux pistes. La première est l'affichage de la durée de vie. Mais sur quelles bases et sur quels critères ? Tout est au stade du débroussaillage. En dehors de la durée de vie affichée sur les ampoules basse consommation, rien n'est fait.

« Notre but est d'arriver à une norme de durabilité qui soit, ensuite, étendue à l'Union européenne », explique Alain Geldron, responsable du projet à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Pour d'autres experts, le plus simple serait d'allonger les garanties. Mais qui sait, par exemple, que Bruxelles impose déjà deux ans de garantie pour tous les produits ? Camille Lecomte voudrait aller plus loin, et rappelle qu'Ikea garantit certains de ses produits jusqu'à vingt-cinq ans.

L'autre piste est de muscler les services de réparation. L'Ademe déplore le manque de structuration du secteur : malgré le développement des réseaux d'insertion comme Les Ateliers du Bocage ou Envie, de sites Internet tel commentreparer.com ou des 200 professionnels agréés par le Gifam, la réparation souffre d'un manque de visibilité, d'une absence d'informations concernant la disponibilité des pièces détachées et de graves lacunes en matière de cahiers techniques.

« Tout cela nuit au lancement d'actions politiques à long terme », commente Alain Geldron.

Philippe Moati voit beaucoup plus loin. La fin de l'obsolescence programmée correspondra à la vente de service en remplacement des produits : « Quand on vendra du lavage, du transport individuel ou du confort domestique, à la place de lave-linge, de vélos ou de canapés, alors nous en reviendrons à des équipements durables et réparables. » D'ici là, on aura changé 120 fois de smartphone.


DURÉE DE VIE MOYENNE

Réfrigérateur 11 ans

Congélateur 15 ans

Lave-linge 11 ans

Lave-vaisselle 11 ans

Téléviseur (cathodique) 7 ans

Téléviseur (plasma) de 10 à 12 ans (estimation)

Téléviseur (LCD) de 18 à 20 ans (estimation)

Grille-pain 5 ans

Fer à repasser de 3 à 5 ans

Ordinateur (entreprise) 3 ans

Ordinateur (particulier) de 5 à 6 ans

Ordinateur (portable) de 3 à 4 ans

Téléphone portable de 3 à 7 ans

Sources : Gifam, Univers Conso, WiPro Product Strategy And Services.

ENFIN UNE ACTION DE GROUPE À LA FRANÇAISE ?

Attendu mi-juin au Parlement, le projet de loi Consommation défendu par le ministre Benoît Hamon était présenté jeudi en Conseil des ministres. Parmi toute une série de mesures visant à rééquilibrer les pouvoirs entre clients et vendeurs, notons le renforcement de la lutte contre les clauses abusives, la modification des conditions de résiliation des contrats d'assurance auto ou immobilière (à tout moment et sans frais, après un an d'engagement), ou le doublement du délai de rétractation pour les achats en ligne (porté à deux semaines).

Mais c'est la mise en place de l'action de groupe, véritable serpent de mer du droit français, qui forme la pierre angulaire du projet de loi. Cette procédure permet à des personnes ayant subi le même préjudice d'engager une action collective devant la justice civile, pour obtenir réparation.

Deux bémols : elle ne concernera que les entorses au droit de la consommation et de la concurrence (par exemple, un conflit avec un opérateur de téléphonie ou une compagnie d'assurances), mais pas les affaires de santé et d'environnement, et ne pourra être engagée que par l'intermédiaire d'une des 16 associations de consommateurs agréées.
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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 16:21

 

 

Marianne -  - Lundi 13 Mai 2013 à 15:55

 

  Michel Santi*

 

 

 

Des salariés de Volkswagen protestent en 2004 contre le plan de restructuration de Peter Hartz alors à la tête des Ressources Humaines du constructeur automobile - CHRISTOF STACHE/AP/SIPA
Des salariés de Volkswagen protestent en 2004 contre le plan de restructuration de Peter Hartz alors à la tête des Ressources Humaines du constructeur automobile - CHRISTOF STACHE/AP/SIPA
Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué le produit du travail des autres largement en sa faveur. Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas productives. Cette productivité a en fait été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté, totalement indifférente, au creusement d’un fossé entre les salaires réels et la productivité.

L’Allemagne elle-même, qui s’érige en donneuse de leçon de productivité, n’a pu bénéficier d’une croissance au-dessus de la moyenne européenne qu’à la faveur de sacrifices constants exigés à sa population. Le moteur à l’exportation allemand ne rugit pas seulement par la grâce de la force productive de ses entreprises.

En réalité, c’est aux réformes dites « Hartz » entreprises entre 2003 et 2005 – et qui ont consisté à transférer des ressources et des richesses du citoyen vers les entreprises et vers le secteur financier – que l’Allemagne doit d’avoir dopé ses exportations. Ce sont effectivement les réductions salariales et les réformes drastiques de son marché du travail qui ont amélioré notablement sa productivité, en y comprimant à l’extrême le coût du travail.

 

Peter Hartz en 2007 - FABIAN BIMMER/AP/SIPA
Peter Hartz en 2007 - FABIAN BIMMER/AP/SIPA
Ces réformes sinistres ont été initiées le 16 août 2002 par un groupe d’experts dirigés par le directeur des ressources humaines de Volkswagen, Peter Hartz, qui a présenté au chancelier allemand Gerhard Schröder ses propositions relatives aux réformes du marché du travail.

Dix ans plus tard, la société allemande se retrouve profondément transformée par ces réformes.

En effet, une étude de l’OCDE, publiée à fin 2012, conclut à un accroissement spectaculaire de l’inégalité des revenus en Allemagne, bien plus que dans n’importe quel autre pays membre de cette organisation.

Ayant très finement manœuvré, la commission Hartz a réussi à créer dans son pays un marché du travail subsidiaire – ou parallèle – dominé par des salaires bas et non soumis aux droits sociaux.

De fait, ces réformes privent les chômeurs allemands de tous leurs droits aux allocations chômage. Ils sont dès lors réduits à l’état de mendiants sociaux !

Ainsi, ce n’est qu’après une année entière de chômage que le travailleur est en droit de demander une misérable allocation mensuelle de 347 euros par mois, à la seule condition toutefois d’avoir préalablement épuisé son épargne et à la condition expresse que son conjoint soit incapable de subvenir à ses besoins.

Pourquoi ne pas évoquer également l’obligation lui étant imposée d’accepter n’importe quel emploi, indépendamment de ses qualifications et de ses revenus antérieurs ?

Hartz est donc tout à la fois un piège et la meilleure voie pour la pauvreté, ou pour un état de précarité absolue inconcevable et intolérable dans un pays riche comme l’Allemagne. Une étude réalisée par l’Association à l’aide sociale paritaire allemande dévoile effectivement que les trois-quarts des personnes touchées par ces lois restent à jamais tributaires de Hartz.

Par ailleurs, la simple menace de tomber dans Hartz contraint les chômeurs à accepter des emplois à salaire bas, à temps partiel, dénués de toute sécurité, de droits à la retraite et autres allocations.

Le dogme allemand du travailleur « low cost » était donc né de ces réformes… Et, de fait, seuls 29 millions d’Allemands (sur près de 42 millions de travailleurs) disposent aujourd’hui d’emplois soumis au régime de la sécurité sociale, pendant que quelque 5,5 millions d’entre eux travaillent à temps partiel, et que plus de 4 millions gagnent moins de 7 euros de l’heure !

 

Un vieil homme vivant dans la précarité à Berlin - JANDKE/CARO FOTOS/SIPA
Un vieil homme vivant dans la précarité à Berlin - JANDKE/CARO FOTOS/SIPA

Le secteur allemand des bas salaires tire par le fond tous les salaires du secteur industriel en agissant comme une sorte de levier infernal. Le travailleur y subit des conditions similaires à celles encore en vigueur dans le Tiers-monde et dans les pays émergents.

La compétitivité elle-même – maintes fois invoquée – n’est-elle pas une notion floue désignant la capacité d’un pays et de ses entreprises à affronter la concurrence ? La compétitivité par le bas – en réalité dévaluation interne – consiste à baisser les prix à l’exportation en diminuant les coûts à la production. Le débat public se concentre donc sur le coût du travail tandis que le coût du capital n’est jamais évoqué, alors que les revenus nets distribués représentent aujourd’hui 10 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières.

Ce niveau historiquement record depuis la Seconde Guerre mondiale, par rapport à 5,5% en 1999, permet de conclure que la part dévolue aux actionnaires a donc crû dans des proportions considérables ces douze dernières années.

Autrement dit, la complainte patronale faisant de la baisse du taux de marge la raison profonde des faibles investissements et du moindre effort en matière de recherche et développement ne tient pas la route. Elle passe en effet sous silence la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires de capital, quelle que soit l’intensité de la crise économique et financière.

Voilà pourquoi les droits des salariés subissent une attaque sans précédent. Voilà pourquoi les coûts doivent être comprimés si le but est bien de gagner des parts de marché à l’export. Tels sont à l’évidence les impératifs si le but est bien de toujours plus rémunérer l’actionnariat, les capitaux et en finalité les parieurs en bourses…

Cette logique débouche sur des contradictions inextricables, illustrées par le discours orwélien des industriels et des patrons d’entreprise expliquant que lutter contre les plans de licenciements revient à…lutter contre l’emploi !

Comprenons une fois pour toutes que compétitivité ni rime pas nécessairement avec chômage, avec précarité, ni avec explosion des inégalités, contrairement à ce que marchés et patrons imposent aux salariés et aux travailleurs depuis plus de vingt ans. Rebellons-nous contre les allégations de la Présidente du MEDEF, Laurence Parisot, qui se demandait en 2005 dans le Figaro : « La vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail ne serait pas précaire ? »

De telles déclarations consacrent la défaite du politique. En effet, l’une de ses missions devrait être la détermination des règles du jeu économique et la mise sous tutelle du néo-libéralisme qui n’est qu’une manœuvre visant à mettre l’Europe en pilotage automatique d’une concurrence supposée régler toutes les problématiques.

Remplacer la culture de l’Etat par l’obsession du chiffre revient à fouler aux pieds l’essence même du travail, pourtant source de toute valeur économique.

* Par Michel Santi, économiste, auteur de Splendeurs et micères du libéralisme, (éd. l’Harmattan)

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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