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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 18:03

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

À Nanterre, une usine en friche transformée en temple de l’alimentation collaborative et solidaire

 

 
A propos de l’auteur Come Bastin

Guetteur d'innovations sociales, technologiques et environnementales, j'écris pour Ouishare, Socialter, WeDemain et parle sur Nova. Suis de près l'économie collaborative et les mutations du capitalisme. Prix Reporters d'Espoirs 2015.

 

 

 

http://consocollaborative.com/content/uploads/CHATEAU-Nanterre-exterieur.jpg

Cuisine partagées, incubateur de startup, espace de dégustation et jardins dédiés à l’expérimentation agricole : le « Château de Nanterre » ouvrira en juin et veut catalyser les nombreuses initiatives autour de l’alimentation durable.

Inscrit aux monuments historiques, le « château de Nanterre » (Hauts-de-Seine) était en friche depuis une vingtaine d’années. Mais les 2000 m2 de cette ancienne usine de pâte à dentifrice s’apprêtent aujourd’hui à accueillir de nouveaux hôtes. D’ici juin, le château sera transformé en tiers-lieux dédié à l’alimentation durable, la foodtech et la cuisine solidaire. Une première en son genre, alors que les français font de plus en plus attention à leur alimentation.

« Ces derniers temps, on a vu bon nombre de startups, d’associations et de citoyens lancer des initiatives géniales dans le domaine du bio, des circuits-courts, de l’agriculture urbaine », juge Baptiste Garmy, membre de Etic. Cette entreprise solidaire imagine des des espaces de travail partagés dédiés au développement durable. « On a aujourd’hui besoin d’un lieu pour fédérer la dynamique autour de la transition alimentaire. »

 

Incubateur culinaire

Pour cela le Château de Nanterre proposera d’abord un « incubateur culinaire » de 450 m2 géré par United Kitchens, au sein duquel les entrepreneurs pourront louer un espace de cuisine partagé. Laboratoire de pâtisserie, matériel pour cuisine expérimentale, espace grand public… Il s’agira d’« accompagner les entrepreneurs, du sourcing de leurs matières premières à la distribution, dans un écosystème bienveillant constitué de grands chefs, de mentors, d’écoles de cuisines », explique Armelle Delaage, fondatrice de United Kitchens.

 

Maquette des lieux © Agence Py architecte

 

Le lieu disposera également d’un espace de coworking « classique » accueillant plusieures startup dans le domaine de l’alimentation : mamie foodie (traiteur qui met à l’honneur la cuisine des plus âgés), la fumerie du coin (nourriture maison en circuit court), Péligourmet (plateforme collaborative de produits dénichés par la communauté). Ces résidents pourront être connectés avec une centaine d’autres organisations du secteur tels que Terre de liens ou ou Les Marmites volantes.

 

Jardin expérimental

Pour compléter le menu, un espace événementiel et une épicerie permettront au public de se restaurer et de tester de nouveaux concepts culinaires. Enfin aux pieds du Château, 6 000 m2 de jardins accueilleront des activités de maraîchage, des ruches, poulaillers ou du compost ou des techniques de culture innovantes. « L’idée n’est pas de viser l’autosuffisance alimentaire mais d’en faire une vitrine d’expérimentation et de démonstration », précise Baptiste Garmy.

En attendant la fin des travaux, les murs sont laissés au collectif Soukmachines qui y organise des évènements artistiques alternatifs. Les artistes laisseront derrière eux fresques et sculptures pour l’ouverture du lieu. Un bel hors-d’oeuvre.

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:29

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

Les frigos solidaires aident les démunis et chassent le "gaspi"

 

 
 

Ils sont de plus en plus nombreux en Wallonie; les "frigos" solidaires ou publics fonctionnent un peu comme les boîtes à livres. On peut y déposer ses denrées excédentaires, avant un départ en voyage par exemple, au bénéfice d'une personne dans le besoin. Tout se passe anonymement et les frigos sont généralement installés dans un lieu public par un privé, souvent une ASBL.

 

Un réfrigérateur pour tous

L'ASBL "Alimen Terre" est située à Louvain-la-Neuve. Elle a pour but de permettre l'accès à l'alimentation de qualité et saine au plus grand nombre. Elle dispose d'un petit magasin d'alimentation dans le quartier bien typique de la "Baraque". Il y a un an, l'ASBL a décidé de placer un frigo solidaire attenant au magasin. Tout qui veut y déposer un produit alimentaire peut le faire. Et celui qui aurait des difficultés à boucler le mois peut aussi disposer de son contenu.

Mais attention, il ne s'agit pas d'un endroit où déposer ses ordures. L'AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaine Alimentaire) a d'ailleurs demandé aux gestionnaires de veiller à ce que le réfrigérateur soit en ordre, propre et que la chaine du froid soit respectée. L'agence leur a par ailleurs demandé d'éditer et d'afficher une charte qui stipule les conditions d'utilisation. 

 

Que peut-on y placer et surtout ne pas y déposer?

Alors que contient cette charte? En gros, l'idée est de protéger au maximum le futur consommateur. On peut y déposer des produits alimentaires non périmés avec une date limite de consommation non dépassée, emballés hermétiquement, ou encore des produits alimentaires préparés "maison", dans un emballage fermé avec une étiquette présentant son contenu et la date de préparation. Autrement dit, interdiction d'y placer des produits non alimentaires ou des produits alimentaires avec une date de consommation dépassée ou encore des produits dans des emballages ouverts.

 

Qui est responsable?

Mais la question se pose: qui serait responsable en cas de problème d'intoxication ou d'allergie par exemple. L'AFSCA rend bien un avis mais comme les dons et les retraits sont anonymes et se passent entre personnes privées, son action se limite à cet avis. Alors qui porte la responsabilité finale par rapport à ce qui transite dans les frigos solidaires? Selon l'AFSCA, ce sont les gestionnaires comme l'ASBL "Alimen Terre" à Louvain-la-Neuve. Mais pour la responsable de l'ASBL tous les utilisateurs sont responsables et si, juridiquement, aucun cas ne s'est jamais présenté devant un juge, il en va du bon sens autant des fournisseurs que des consommateurs. 

 

 

 

Source : http://www.rtbf.be

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:14

 

 

Source : http://blogyy.net

 

 

Tsipras attaque à nouveau les squats, cette fois à Athènes !

 
La tension monte à Athènes depuis l’aube, suite à une nouvelle agression du pouvoir contre le mouvement social et les réfugiés.
 
 
TSIPRAS ATTAQUE À NOUVEAU LES SQUATS, CETTE FOIS À ATHÈNES !
 
 
Huit mois après l’attaque surprise et simultanée de trois squats à Thessalonique le 27 juillet 2016*, Tsipras vient de recommencer ce matin à l’aube, mais cette fois au centre de la capitale.
 
C’est à nouveau un squat de réfugiés et de migrants qui a été la victime principale de sa répression policière : le squat « Scholeio » (École) de la rue Alkiviadou (Alcibiade), dans le quartier d’Acharnon, à 500 mètres d’Exarcheia .

Les 126 réfugiés et migrants, pour la plupart des familles syriennes (une cinquantaine d’enfants), ont été malmenés, effrayés et parfois trainés sur le sol dans la rue selon des témoins, avant d’être envoyés au centre d’identification des étrangers de Petrou Ralli. Ils rejoindront par la suite les indignes camps de rétention de l’Attique, pour la plupart conçus à l’initiative des dirigeants de l’Union européenne. Début 2016, Bernard Cazeneuve (alors ministre de l’intérieur) s’était déplacé en personne, accompagné par plusieurs dizaines de techniciens français pour faire ce sale boulot en Attique et dans plusieurs îles dont Lesbos.

Le squat « Scholeio » (Ecole), rue Alkiviadou

Simultanément, une deuxième attaque a été planifiée, à l’aube également, contre le squat « Villa Zografou », au cœur d’un parc tranquille de l’autre côté du Lycabette, qui était pourtant occupé depuis 2012 et offrait de nombreuses activités gratuites ou à prix libres à tous les habitants du quartier : projections de films, débats, activités sportives et artistiques, jardins partagés… 7 camarades anarchistes et antiautoritaires ont été arrêtés et transférés à la Division générale de la police de l’Attique (GADA) et le parc est bouclé par une armada de CRS (MAT).

Le squat « Villa Zografou »

Préparée en secret, l’ensemble de l’opération a été coordonnée par le sinistre Nikos Toskas, ministre de l’ordre public, homme de main de Tsipras et ancien général de l’armée à la retraite.
 
Alors que la journée avance, une forte présence policière vient d’être déployée dans plusieurs secteurs du centre d’Athènes, principalement autour d’Acharnon, Exarcheia, Zografou et derrière le parlement.
 
Parmi les premières ripostes du mouvement social, en ce moment même, des rassemblements ont commencé : place Gardenias à Zografou, place Exarcheia, mais aussi dans d’autres villes en solidarité avec les expulsés.
 
Le rassemblement de la place Exarcheia vient maintenant de se déplacer devant le nouveau squat « Gare » situé 74 rue Kalidromiou à Exarcheia. Une grande manif « Pas touche aux occupations » est prévue ce soir à Athènes, à 18 heures locales, au départ de la place Gardenias. Demain, il y aura également une manif à motos et d’autres actions (dont probablement plusieurs mauvaises surprises pour le pouvoir).
 
Une rumeur évoque un risque d’attaque dans les prochains jours au cœur même d’Exarcheia. Des assemblées ont prévu, dès ce soir, de débattre et de s’organiser pour parer à cette éventualité. Une attaque qui ne serait pas sans dommages collatéraux, quand on connait l’énorme capacité de résistance d’Exarcheia, qui plus est à quelques jours de l’arrivée du convoi solidaire** (avec son soutien politique, financier et matériel, et la présence dans le quartier des 57 camarades venus de France, Suisse, Espagne et Belgique).
 
A suivre…
 
Yannis Youlountas
 
* L’attaque des trois squats à Thessalonique le 27 juillet 2016 et les suites :
 
** Le convoi solidaire de 23 fourgons qui est attendu à Exarcheia le 28 mars :

 

 

 

 

Source : http://blogyy.net

 

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 17:02

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Impôts

« Rendez l’argent ! » : Apple épinglé pour ses pratiques d’évasion fiscale

 

par

 

 

 

Le 13 mars à 8h30, une trentaine de militants de l’association Attac ont recouvert en blanc la vitrine d’une boutique Apple Store, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris [1]. Cette action symbolique visait à opacifier les vitrines de la marque à la pomme pour dénoncer son opacité financière et ses pratiques d’évasion fiscale.

En septembre 2016, la Commission européenne a condamné Apple à reverser plus de 13 milliards d’euros à l’Irlande, pour compenser des impôts dûs et non versés entre 2003 et 2013. Elle pointait notamment le caractère « illégal » de deux rescrits fiscaux (ou rulings) accordés à Apple par l’Irlande en 1991 et en 2007. Ces accords secrets conclus entre administrations fiscales et multinationales – au centre du scandale Luxleaks dont la décision du procès en appel sera rendue le 15 mars – fixent à l’avance les conditions d’imposition de ces dernières, conditions généralement extrêmement avantageuses. En l’occurrence, les deux rescrits incriminés ont permis à Apple de faire baisser son taux réel d’imposition en Irlande à seulement 0,005 % de ses bénéfices en 2014 ! La Commission les a assimilés à des aides d’État déguisées (lire à ce sujet notre précédent article).

Pour Annick Coupé, secrétaire générale d’Attac, « cette amende de 13 milliards d’euros n’est que la partie visible de l’iceberg. En 2016, Apple détenait 215 milliards de dollars sur des comptes offshore. Des sommes colossales qui échappent à la fiscalité des pays dans lesquels la multinationale exerce réellement ses activités. » Pour lutter contre l’opacité financière, de nombreux organisations de la société civile réclament la mise en place d’un « reporting pays par pays » public, soit l’obligation pour des multinationales comme Apple de rendre publics la liste de leurs filiales dans tous les pays où elles sont implantées, avec le chiffre d’affaires, les profits et le nombre d’employés de chacune. Attac appelle à multiplier les actions « pour que les multinationales rendent l’argent qu’elles ont détourné depuis des années et qu’elles payent enfin leur juste part d’impôts dans les pays ou elles exercent réellement leurs activités ». Le manque à gagner pour l’État français du fait de l’évasion fiscale est évalué entre 60 à 80 milliards d’euros par an.

Photo : Twitter / Attac

 

Notes

[1Ils ont utilisé du blanc de Meudon, une poudre blanche à base de craie, lavable à l’eau.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:42

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

De Tchernobyl à Fukushima, le même mensonge officiel sur la radioactivité

 

11 mars 2017 / Yves Lenoir

 

 

 

Rien ne semble avoir changé de Tchernobyl à Fukushima : les instances scientifiques officielles minorent l’effet de la radioactivité dégagée par les catastrophes nucléaires.

 

Robotique, objets connectés, bio et nanotechnologies, chimie de synthèse... les nouvelles technologies déferlent sur nos vies, multipliant les objets marchands, les besoins en énergie et en matières premières, accélérant la destruction des milieux naturels, stimulant les guerres. Parce que l’innovation est le principal moteur de cette croissance qui dévore la planète, Reporterre publie une série de tribunes visant à démythifier le progrès et faire de la recherche scientifique un terrain de controverse et de luttes.

 

Yves Lenoir est président d’Enfants de Tchernobyl Belarus et auteur de La Comédie atomique, La Découverte, 2016.

Le traitement de la crise de Fukushima a tout d’un remake perfectionné de celui de la catastrophe de Tchernobyl. Bien à l’abri, au sein du complexe de pouvoir onusien, de toute contestation savante et/ou sociale , les institutions internationales qui se sont arrogées le monopole du discours sur les effets des rayonnements et sur les questions de radioprotection – UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation) et la CIPR (Commission internationale de protection radiologique), affiliée à l’OMS (Organiation mondiale de la santé) en 1955 – ont joué et jouent un rôle de premier plan dans le déni de la plupart des conséquences sanitaires de ces deux accidents majeurs.

En 2006, un rapport officiel sur Tchernobyl mentionnait que seulement 191 167 liquidateurs ukrainiens, sur les 352.939 dénombrés en 1996, étaient encore en vie [1]. Toujours en 2006, les académiciens Yablokov et Nesterenko publiaient une compilation de plus de 1.100 articles scientifiques sur les effets de la catastrophe [2]. On y apprenait que 45 ans est l’âge moyen de décès de nombre de liquidateurs. Un bilan de bataille atomique : le réacteur en feu avait craché autant de radioactivité [3] qu’une à cinq explosions atomiques… par heure… durant dix jours.

 

Alexei V. Yablokov a été de ceux qui ont fait comprendre l’effet à long terme de la catastrophe de Tchernobyl

Pourtant, en septembre 2005, le Chernobyl Forum, une instance créée au sein de l’ONU en 2002, et dirigée par des experts de l’UNSCEAR, de la CIPR et de l’AIEA, a décrété le « bilan définitif » de la catastrophe [4] : 50 morts en tout, liquidateurs et populations exposées. Un miracle ! L’atome pacifique déchaîné tue moins qu’une demi-journée de circulation routière en Russie… Miraculeux !

L’UNSCEAR a ensuite soumis à l’assemblée générale de l’ONU son rapport général, défense et illustration du rapport du Chernobyl Forum : adopté à l’unanimité ! Le miracle devient article de foi : tous les pays représentés à l’ONU l’ont reconnu. Pas de miracle sans croyants. Mais toute religion a aussi ses apostats, agnostiques et athées, qui ne méritent qu’anathèmes et renvois à la doctrine. Ainsi, en avril 2010, au fil d’une cinglante réfutation, le secrétaire scientifique du Chernobyl Forum, Mikhaïl Balonov, chantre de l’innocuité de l’atome pacifique, a opposé à Yablokov et Nesterenko « la Bible de la médecine des radiations » [5], à savoir la liste des références scientifiques et des rapports validés par l’UNSCEAR.

Précisons que courant 1986, Balonov avait fait venir un collègue avec sa femme enceinte travailler et habiter dans une région très contaminée de Russie, afin d’en rassurer la population [6] ; cet exploit avait ouvert à l’obscur chercheur de l’Institut d’hygiène des radiations de Leningrad – redevenue Saint-Pétersbourg en 1991 – la voie vers d’éminentes responsabilités à l’UNSCEAR, la CIPR et l’AIEA.

Fin 2011, ce même Balonov a été chargé de coordonner la rédaction du premier rapport de l’UNSCEAR sur l’exposition des populations aux radiations de Fukushima. En octobre, dans une lettre ouverte publiée en anglais et en japonais, il avait prophétisé : « Chers habitants de la préfecture de Fukushima […] On ne devrait s’attendre à aucune augmentation des maladies thyroïdiennes dans un avenir proche ou lointain. […] On peut prédire qu’un accroissement de la morbidité dans la population japonaise est peu probable [7]. » En mai 1986, juste après la catastrophe de Tchernobyl, l’OMS n’avait-elle pas déjà affirmé qu’« aucune mesure de protection de la population touchée par les retombées de Tchernobyl ne se justifie »[[Chernobyl Reactor accident, Rapport provisoire de l’Organisation mondiale de la santé, Copenhague, 6 mai 1986.] ? ...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:32

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

Certains compteurs électriques surestiment largement la consommation réelle

 

 |   |  379  mots

 

 

 

Les chiffres indiqués sur un compteur sont-ils forcément le reflet de la consommation d'un ménage ?

Les chiffres indiqués sur un compteur sont-ils forcément le reflet de la consommation d'un ménage ? (Crédits : REUTERS/Albert Gea.)

 

 

Les appareils de mesure électrique affichent des données erronées parfois six fois plus importantes que la réalité selon une étude menée par deux universités néerlandaises.

Les compteurs électriques intelligents mesurent-ils vraiment de façon précise notre consommation électrique ? La réponse à cette question peut paraître évidente tant l'objet semble indispensable dans notre quotidien. Pourtant, les mesures effectuées par certains compteurs peuvent donner des résultats complètement faussés - près de six fois supérieurs à la consommation réelle -, selon une étude publiée le 3 mars dans la revue scientifique IEEE Electromagnetic Compatibily Magazine.

 

Des compteurs inadaptés aux nouvelles ampoules

Menée par l'université de Twente (Pays-Bas) en collaboration avec l'université d'Amsterdam des sciences appliquées, l'étude a connecté neuf compteurs intelligents, construits entre 2004 et 2014, à un tableau électrique afin qu'ils mesurent la consommation de différents appareils. Au terme de l'expérimentation, cinq des neufs compteurs testés affichaient des données bien plus élevées que la consommation réelle - un écart allant jusqu'à 582% a été constaté - tandis que deux autres compteurs étaient nettement en deçà de la réalité - environ 30% - , comme le raconte un article publié sur le site de l'université de Twente.

La principale raison de cet écart est dû aux nouvelles technologies en matière d'éclairage domestique. Les nouvelles ampoules à basse consommation et LED altèrent en effet la forme "parfaite" du courant électrique, qui devient plus difficilement mesurable. Ainsi, les compteurs utilisant l'effet Hall, qui "produit une tension à l'image exacte du courant sortant", ont sous-estimé la consommation réelle. A contrario, ceux utilisant l'enroulement de Rogowski, qui mesure le courant alternatif, l'ont sur-estimée.

"Les compteurs électriques que nous avons testé répondent à tous les critères légaux et sont certifiés. Cependant, ces critères n'ont pas suffisamment tenu compte des dispositifs de commutation modernes", déplore Frank Leferink, professeur de Compatibilité électromagnétique à l'université de Twente, cité dans l'article.

Si ce problème peut sembler technique et lointain, il concerne en fait de très nombreux ménages. En France, les compteurs Linky utilisent le même principe de comptage  - l'effet Hall - que certains des compteurs testés par l'université de Twente et qui avaient, au cours de l'étude, sous-estimé la consommation électrique réelle.

 

>> Lire aussi Linky : ce qui va changer avec l'installation de ces nouveaux compteurs

 

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Souveraineté alimentaire

Après le départ de Monsanto, les paysans burkinabè veulent reconquérir leur autonomie semencière

 

 

par , Mien De Graeve, Wouter Elsen

 

 

 

 

Si Monsanto a décidé de quitter le Burkina Faso, les sociétés cotonnières maintiennent leur main-mise sur les semences de coton. Des milliers de producteurs de coton burkinabè entrent aujourd’hui en résistance pour reconquérir leur autonomie. Troisième et dernier volet de notre enquête.

Épisode 3, suite de notre série sur la filière du coton OGM au Burkina Faso (voir l’épisode précédent : De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso).

Les paysans burkinabè ne parlent pas tous négativement de Monsanto et du coton transgénique, mais tous regrettent le monopole des sociétés cotonnières et de l’Union des producteurs sur le business des semences. Les premiers résultats de la thèse du burkinabè Edouard Sanou concernant l’impact socio-économique du coton OGM sur la population agricole, confirme nos impressions [1] : la quasi-totalité des paysans disent n’avoir jamais été consultés ni informés sur l’introduction des OGM tout en déclarant avoir des expériences positives avec ces variétés. Le coton transgénique requiert moins de traitements de pesticides – deux aspersions sur les six nécessaires en conventionnel – et son rendement n’est pas inférieur au coton conventionnel (à lire également, le reportage de Basta ! en 2013 au Burkina Faso).

Pourtant, si rien ne change, les paysans devront continuer à travailler jour après jour sous un soleil de plomb, sans aucune emprise sur la semence. Même une fois Monsanto parti. Avec le maïs, le coton est en effet la seule culture de rente au Burkina Faso : elle permet aux paysans d’épargner pour payer l’école et les soins de santé. Un « luxe » auquel n’ont pas accès ceux qui pratiquent la seule agriculture dite « de subsistance ». « Avec l’argent du coton, je peux envoyer les seize enfants à ma charge à l’école », illustre Bazabo Bognana.

 

Les paysans obligés de racheter leurs propres graines

Face à des paysans « condamnés » à produire du coton, les entreprises cotonnières se sont appropriées tout un système de multiplication des semences. Traditionnellement, les paysans au Burkina Faso produisent et améliorent eux-mêmes leurs graines pour des cultures comme le maïs, les haricots, le sésame et le sorgho. Mais pour le coton c’est impossible. Les semences ne sont pourtant pas « terminator », c’est à dire impossibles à resemer. Mais les entreprises cotonnières abusent de l’impossibilité à séparer manuellement les graines de la fibre – toutes contenues dans la capsule de la plante – pour le faire elles-mêmes dans leurs usines d’égrenage. Elles commercialisent ensuite le coton sur le marché, et expédient une partie des graines vers des usines d’huile. Le reste est revendu aux agriculteurs comme semences.

« Ils reçoivent les meilleures semences issues de leur production, assure Georges Yameogo de la société burkinabè des fibres textiles (Sofitex). Le processus de la multiplication des semences est sûr et correct, garanti par l’Institut national d’expérimentation et de recherche agricole (INERA). » Mais la séparation industrielle de la fibre et de la graine donne lieu à beaucoup de corruption et d’abus. Certains paysans travaillant dans les usines de la Sofitex concluent un accord avec les chefs de l’usine et reçoivent gratuitement, à la fin de leur période de travail, des semences de bonne qualité.

De plus, contrairement à ce que dit Georges Yameogo, le cycle de reproduction de la semence ne recommence pas chaque année. « Si je reçois des semences de 1ère ou 2ème génération, j’ai de la chance : il y aura beaucoup de graines dans mon coton et le poids par hectare sera bon, détaille Mohamed Traore. Mais souvent je reçois des semences de 3ème, 4ème voire même 5ème génération. Ces semences produisent toujours de la fibre, mais presque plus de graines. Vu que la Sofitex paie mon coton au poids, je suis perdant puisque j’ai travaillé et investi autant que si j’avais eu des bonnes semences. »

Pour Mohamed Traore le coton est devenu le symbole de la lutte paysanne. Avec ses collègues et compagnons, il sensibilise les paysans aux abus de l’union des cotonculteurs et des sociétés cotonnières. © Wouter Elsen

Un paysan de Dédougou, qui souhaite rester anonyme, ajoute : « J’achète un sac de semences OGM à la Sofitex. Une fois les cultures prêtes, l’entreprise vient chercher mon coton et récupère jusqu’à 15 fois le nombre de graines que j’ai semées ! Il est faux de dire que la plupart des semences partent à l’huilerie après la deuxième multiplication. Je connais des gens à l’usine. Ils m’ont dit que les graines sont simplement revendues. » Les paysans se retrouvent obligés de racheter leurs propres semences à des prix excessifs !

La multiplication des semences est un business florissant pour les sociétés cotonnières. En principe, 28 % des recettes des semences OGM vont à Monsanto mais il n’y a pas beaucoup de contrôle. « C’est une question de confiance, souligne Georges Yameogo de Sofitex. On envoie des rapports à Monsanto. Ils peuvent venir faire des prélèvements dans les champs. » Ce que confirme l’ancien employé de Monsanto : « C’est une simple déclaration de leur part. La Sofitex fait ce qu’elle veut, il n’y a aucun contrôle. Des montants énormes partent dans les poches des responsables. »

 

« La réponse ne se trouve pas chez les bio-ingénieurs mais chez les paysans »

Pour que les paysans se réapproprient cette étape cruciale de la culture du coton, s’attaquer aux seules multinationales ou aux OGM ne suffit pas. Le débat sur les semences transgéniques ne relève pas tant d’une discussion technique ou scientifique que politique. « Pour l’instant, il y a peu de consensus entre agronomes sur la définition des "bonnes semences" , constate Lodewijk van Dycke, doctorant au centre des communications, nouvelles technologies et propriété intellectuelle à Leuven en Belgique. Les bonnes semences dépendent de beaucoup de facteurs : le sol, le climat, l’accès à d’autres technologies, la culture locale, l’enseignement, l’information. »

« Cela dépend également de quel objectif on souhaite atteindre avec ces semences. Voulons-nous produire davantage ? Voulons-nous plutôt des récoltes sûres ? Voulons-nous des cultures qui nourrissent davantage ? Voilà des questions politiques porteuses de valeurs. La réponse à ces questions ne se trouve pas chez les bio-ingénieurs. Elle ne se trouve pas non plus chez Monsanto ou d’autres entreprises parce qu’ils ne recherchent que leur propre intérêt commercial. La réponse se trouve chez les paysans. Nous devons aspirer vers une démocratie plus participative qui accorde de plein droit la parole aux paysans. Ce n’est que par la suite que l’on peut juger le rôle positif ou négatif de Monsanto et de Sofitex, des OGM et d’autres formes de biotechnologie. »

Seul un dialogue démocratique accru avec les paysans permettra de découvrir quelles semences conviennent dans quelles circonstances. Afin de susciter ce dialogue, ce ne sont pas seulement les entreprises et les politiques, mais aussi les chercheurs et ONG qui doivent être associés au débat sur les biotechnologies agricoles. Il est indispensable d’investir dans la formation des paysans, et de pouvoir renforcer leur prises de participations dans les entreprises qui gèrent les semences. L’expérience négative avec les OGM au Burkina Faso a également fait réfléchir l’ancien employé de Monsanto, qui s’oppose à la ligne officielle de l’entreprise : « Ce n’est pas la biotechnologie qui va résoudre la faim dans le monde, c’est le fait de mettre cette technologie à la disposition des agriculteurs, le fait d’avoir un système agricole qui puisse absorber cette technologie. »

 

Le début d’une lutte paysanne pour se réapproprier leur filière

Les cultivateurs de coton, en réflexion depuis plusieurs mois, sont désormais prêts à se lancer dans la lutte. Soutenus par des structures telles que l’organisation pour la démocratie et la jeunesse (ODJ) ou la coalition contre la vie chère (CCVC), ils arpentent le pays à la rencontre des paysans : « On se réunit tôt le matin, chacun cotise pour le carburant des motos et on visite cinq à six villages par jour, témoigne Mohamed Traore. On parle et on écoute les paysans. »

Les carnets de revendication adressés à l’Union des producteurs et à la Sofitex les aident à élargir la mobilisation : ils exigent que le prix du coton couvre au moins leurs investissements. Ils réclament également des audits des entreprises cotonnières et de l’Union, et veulent l’implication des paysans dans le cycle du coton depuis la semence jusqu’au produit commercial. La combativité de Mohamed et de ses compagnons est contagieuse. Le groupe grandit rapidement et l’indignation est forte. Ce qui est important est que leur vision dépasse leur propre champ de coton. « La meilleure solution, dit Mohamed Traore, c’est de produire notre coton ici, d’égrainer ici et de tisser notre coton ici. Le combat a commencé partout. »

Mien De Graeve, Wouter Elsen, Abdul Razac Napon

Traduction du néerlandais : Jos Mestdagh

Photo de Une : Afin de préserver la qualité et la couleur du coton, celui-ci doit être bien sec. Les femmes qui font la récolte secouent régulièrement le coton afin qu’il puisse bien sécher. © Wouter Elsen

 

- Premier épisode : Comment le coton OGM de Monsanto s’est transformé en fléau pour les paysans du Burkina Faso

 

 

- Deuxième épisode : De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso

 

 

Cette enquête a pu être réalisée grâce au soutien de Journalismfund (Flanders Connecting Continents). Les auteurs remercient chaleureusement les deux jeunes chercheurs, Edouard Idrissa Sanou et Lodewijk van Dycke, pour leurs points de vue précieux et innovants ainsi que pour leurs conseils scientifiques. L’article a été publié initialement en néerlandais sur le site www.mo.be.

 

Notes

[1Thèse réalisée à l’International Plant Biotechnology Outreach/Université de Gand, Belgique

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 16:14

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Comment sortir la gauche de l'impasse

Par Joseph Confavreux, Hugues Jallon et Rémy Toulouse
 
 

Peut-on faire autre chose que déplorer l’effondrement de la gauche ? Il est urgent d’imaginer une autre voie, qui ne soit ni la « troisième », ni une impasse, ni condamnée à rester éternellement minoritaire. À condition d’un réarmement intellectuel en profondeur et d’un réexamen des lignes de fracture politiques. Un article de la Revue du Crieur.

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Donald Trump vient d’accéder à la tête de l’État le plus puissant de la planète et de confier les clés du monde à ceux qui en précipitent la chute : les ultra-riches ( la fortune cumulée des quelques membres de son administration dépasse le patrimoine combiné de plus de 100 millions de ses concitoyens ), les adeptes les plus fervents du capitalisme décomplexé ( un climato-sceptique à l’environnement, un avocat-lobbyiste de Wall Street à la régulation de l’économie, un P.-D.G. d’Exxon comme chef de la diplomatie, etc. ), les tenants de la réaction sociale ( un antiavortement opposé à l’ObamaCare à la santé, une partisane de l’école privée à l’éducation, un sympathisant de l’alternative right raciste comme directeur de cabinet, etc. ).

 

Donner aux pontes de Goldman Sachs les postes ministériels déterminants ne constitue pas une innovation. Un Républicain ( George Bush père ) et un Démocrate ( Bill Clinton ) s’y étaient exercés avant lui. Il serait donc trop facile de diaboliser la figure du magnat de l’immobilier et du professionnel de la téléréalité pour s’exonérer des erreurs commises par le passé. La victoire de Donald Trump, aiguisée par le désarroi croissant de nombreuses catégories populaires et portée par le vote des groupes sociaux privilégiés, constitue en effet à la fois l’aboutissement de logiques antérieures et un vertige inédit, qui ne se limite pas aux États-Unis.

Désormais, les « démocrates », qu’ils soient américains ou italiens, les « socialistes » français ou les « travaillistes » britanniques ne peuvent plus occulter leurs responsabilités dans l’arrivée aux affaires de personnages issus des mêmes moules qu’eux, mais affichant leur volonté de « rupture », même si cette rupture consistera souvent d’abord à accélérer les politiques économiques et les tentations autoritaires mises en œuvre par une social-démocratie ayant largué les amarres avec son héritage et perdu les tables d’orientation de son avenir. L’abandon de pans entiers du peuple sous l’effet de politiques inégalitaires expose en plein jour les impasses du chantage à une politique du « moins pire », tout comme les limites d’un réflexe de « vote utile », souvent devenu inutile.

Dans le même temps, cet événement doit produire un électrochoc dans les manières de penser à gauche, dans un contexte géopolitique de militarisation des tensions et de pleine santé des pouvoirs autoritaires aux portes de l’Europe ou en son sein. Ce vertige oblige en effet la gauche à sortir de ses impasses stratégiques et politiques, mais aussi intellectuelles : il ne suffit pas que l’histoire lui ait donné raison, que ce soit en matière économique avec la crise bancaire et financière de 2008, dont le marasme se poursuit jusqu’à aujourd’hui, ou sur les questions écologiques, alors que l’année 2016 a été la plus chaude de l’histoire depuis que les relevés météorologiques existent.

D’un côté, le triomphe sans fard des bénéficiaires et des responsables des abysses d’inégalités ( selon Oxfam, les huit personnes les plus riches du monde détiennent désormais une richesse égale à celle de la moitié la plus pauvre de la population mondiale) est proprement effrayant. Les Bourses affichent des hausses impressionnantes, juste après avoir exprimé leur « inquiétude » au lendemain du Brexit ou de l’élection de Donald Trump. François Fillon n'hésite pas à se revendiquer de Margaret Thatcher.

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Cette offensive tous azimuts – économique, politique et culturelle – est en train d’éloigner définitivement de la scène une gauche démotivée et dépeuplée ( qui a déjà largement déserté les urnes ) et des catégories populaires dont la confiance dans les institutions et l’élection s’est effondrée au point d’interdire quasiment la victoire de candidats réellement progressistes. La désaffection profonde des catégories populaires vis-à-vis des programmes de la gauche gouvernementale, qui ne leur promet aucun changement autre qu’en paroles, s’inscrit dans un monde devenu marchandise et dans le triomphe de la « société de marché » annoncé par Karl Polanyi. Le « nouvel esprit du capitalisme » étudié par Ève Chiapello et Luc Boltanski s’est imposé, et on mesure tous les jours l’« épanouissement » de cette subjectivité néolibérale analysée par Pierre Dardot et Christian Laval.

 

Les politiques économiques et sociales appliquées par des gouvernements de grande coalition, ou aux couleurs politiques de plus en plus brouillées, ont induit une nouvelle « raison du monde », qui n’est ni un retour au libéralisme classique ni la restauration d’un capitalisme « pur ». Ce régime qui érode la conception traditionnelle de la démocratie ne se contente pas de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l’action de l’État. Il prétend faire de celui-ci la norme de toutes les sphères de l’existence humaine, et de l’entreprise et de la concurrence les modèles du gouvernement d’un sujet devenu entrepreneur de lui-même. L’« oracle » prononcé dès 2005 par le multimilliardaire Warren Buffet ( « Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner » ) a ainsi été réalisé au-delà de ses espérances, matériellement, culturellement, voire anthropologiquement.

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De l’autre côté, sans fantasmer rétrospectivement une période où les camps auraient été cohérents et les lignes orthogonales, le temps est à la confusion politique générale. Qu’un Alain Madelin, ancien porte-étendard du reaganisme français, en vienne à dénoncer dans le programme de François Fillon une « purge patronale » ou qu’un Emmanuel Macron intitule son livre Révolution devrait, en temps normal, simplement prêter à sourire. Mais, par temps obscurs, ce confusionnisme constitue le vecteur des pires recalibrages politiques, que ce soit en termes de trajectoires personnelles ou – plus grave – de mouvements de fond. Surtout, il vient prendre le camp progressiste à la fois en étau et à revers, au motif que les mots que Marine Le Pen s’est appropriés ( le « peuple », les méfaits de la mondialisation et de l’Europe, le souci des « invisibles », le « descenseur » social… ) seraient devenus « inemployables ».

 

Faire que le confusionnisme ne soit pas le tombeau définitif de la gauche face à une droite radicalisée et triomphante impose des recompositions politiques, des clarifications idéologiques et des débats stratégiques. En allant au-delà des appels convenus à la « résistance » ou des considérations nébuleuses sur la « post-politique » ou la « post-vérité ». Comme le relevait l’économiste et philosophe Frédéric Lordon de manière cinglante, « la post-politique est un fantasme. Elle est le profond désir du système intégré de la politique de gouvernement et des médias mainstream de déclarer forclos le temps de l’idéologie, c’est-à-dire le temps des choix, le désir d’en finir avec toutes ces absurdes discussions ignorantes de la “ réalité ”, dont il nous est enjoint de comprendre que, elle, ne changera pas ». Slavoj Zizek s’était, de son côté, employé à montrer, quelques années plus tôt, que ce qui avançait sous le masque de la « post-idéologie » était probablement l’idéologie la plus efficace ayant jamais régné.

Ce constat impose aussi de ne pas s’exonérer face à une descente aux enfers qui exige une remise en cause profonde de nos manières de penser. Les gauches ont en effet une lourde part de responsabilité dans leur faiblesse actuelle, même si l’offensive néolibérale menée depuis plus de 30 ans, l’effondrement du bloc soviétique et la fin de l’idée d’une alternative existante au capitalisme, l’essoufflement de l’idée de progrès et la mondialisation ont objectivement renforcé la droite.

Les reniements répétés, par le ralliement de tous les partis de la gauche institutionnelle à la vulgate néolibérale, à la « bonne gouvernance » des affaires sociales et économiques qui, avec l’homogénéisation sociale croissante des élites politiques, a achevé de séparer la gauche de gouvernement de la gauche réelle, plongeant cette dernière dans une incapacité à se projeter dans l’idée de « gouverner » ou même simplement de se retrouver en position hégémonique, sont les premiers responsables de cet affaiblissement. Mais la gauche fière d’être restée « de gauche » ne peut pas faire non plus l’économie d’une profonde introspection. « Notre époque n’est pas une fête et nous y avons contribué », rappelait un personnage du film Le Pornographe, de Bertrand Bonello.

La fête et la peur ont changé de camp depuis plusieurs décennies, et la gauche ne peut plus guère s’appuyer sur les cadres de pensée et d’action qui ont fait son succès au XXesiècle, dans sa version communiste ou sociale-démocrate : le prolétariat, le sens de l’histoire, le progrès, etc. Son paysage est fragmenté comme jamais, et chacun tente de convoquer ou de révoquer un héritage en miettes, faute d’avoir une vision claire des chemins qu’elle pourrait encore emprunter. Les orphelins d’une gauche combative qui ne s’excuse pas d’être elle-même en sont réduits à la déploration de cette fragmentation ou, pour les plus optimistes, à l’appel à recoller les morceaux.

Pourtant, la fragmentation n’est pas, en soi, rédhibitoire, comme le montre la capacité de Marine Le Pen à accommoder une ligne incarnée par Florian Philippot avec celle dont Marion Maréchal-Le Pen est la principale représentante. Et, dans une certaine mesure, l’éclatement à gauche témoigne d’une effervescence peut-être supérieure à celle des décennies d’hégémonie intellectuelle de la gauche, où régnait une certaine doxa communiste.

Plutôt que de traquer sans cesse les grands écarts bien réels d’une Marine Le Pen ou d’un Donald Trump, la gauche ferait bien de voir comment certaines contradictions sont surmontables et peuvent même engendrer des scores majoritaires, à deux conditions : être arrimées à un projet puissant, susceptible de mobiliser les affects et la raison ; et s’inscrire dans une conception dynamique et non arithmétique de l’espace politique. Pendant cinq ans, François Hollande n’a ainsi cherché qu’à être le barycentre d’une gauche « molle », qu’Emmanuel Macron tente aujourd’hui de dépasser par la droite, Benoît Hamon par la gauche et Jean-Luc Mélenchon par l'extrême gauche. Une dynamique forte à gauche ne se fera pas sans visée inclusive, mais pas non plus par la recherche d’un improbable équilibre en son centre.

 

Réflexes

Mais une telle alchimie ne peut se contenter d’une mécanique de convergence ou d’une synthèse édulcorée. Elle suppose ainsi d’abord d’abandonner certains réflexes de pensée, dont le premier est cette « pensée tiède » identifiée en son temps par Perry Anderson. Cette « pensée tiède » a fait du socialisme de François Hollande sa terre d’élection et dispose de relais médiatiques et éditoriaux aussi puissants que convenus, ne laissant apparaître les pensées dissidentes qu’en les reléguant dans les marges ou en les enfermant à l’intérieur de « débats », à la fois désactivés sur le fond et artificiels sur la forme.

Cette pensée prétendument tempérée refuse de prendre sa responsabilité dans le marasme, alors que la « raison » n’est pourtant pas du bord de ceux qui font semblant de chercher une voie moyenne, plus juste, plus raisonnable, en réalité seulement plus frileuse. De même qu’une gauche d’antan soi-disant « responsable » avait voulu, hier, disqualifier la gauche altermondialiste – jugée par elle irresponsable, archaïque et tiers-mondiste – sans parvenir pour autant à endiguer la dynamique néolibérale responsable de tant d’inégalités et de violences –, une gauche d’aujourd’hui qui se présente comme « réaliste » doit assumer sa responsabilité historique : celle d’avoir été le meilleur agent de la néolibéralisation des sociétés française et européenne depuis plus de 20 ans, en prétendant emprunter une « troisième voie » qui a, en réalité, pris, sous les traits de Tony Blair ou Gerhard Schröder, la figure du renoncement et de la conversion.

 

La lucidité, désormais, consiste à refuser cette pensée tiède, dont une variante majeure emprunte le visage de l’expertise. On l’a vu lorsque des gouvernement de techniciens ont prétendu, en Italie ou en Grèce, « prendre le relais » du politique et de la démocratie sous la houlette d’institutions supranationales non élues, démonétisées, voire découvrant sur le tard les méfaits des politiques qu’elles avaient fait appliquer à coups de bâton, comme le FMI dans son rapport du printemps 2016.

Ce refus de la pensée tiède ne signifie pas, pour autant, le refus de tout compromis puisque, de même qu’on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis, on ne peut penser d’alliances et de coalitions qu’avec des dissemblables. Aucune chapelle de la gauche ne peut prétendre aujourd’hui l’emporter en demeurant dans un splendide isolement. Le travail d’organisation, de réorganisation et de réarticulation d’une hégémonie culturelle aujourd’hui battue en brèche doit produire une pensée qui rapproche et qui abandonne ces rigidités de posture présentes dans tous les secteurs de la gauche.

Cette rigidité est notamment répandue chez certains contempteurs de la « pensée unique » ayant endossé, dans un contexte intellectuel submergé, après 1989, par une doxa médiatico-intellectuelle convaincue que la révolution et l’idée communiste appartenaient définitivement au passé, le rôle de rappeler la pertinence de la critique anticapitaliste et antilibérale. Leur indéniable lucidité d’antan autorise certains d’entre eux à se croire les « gardiens du temple » de la radicalité et les porte-parole exclusifs d’un radicalisme oscillant entre impasses stratégiques et conformisme sûr de lui, à partir de constats pertinents, mais qui, à force de servir de seule boussole politique, conduisent à des impasses stratégiques les condamnant à rester ultra-minoritaires.

Ces porte-parole se refusent à voir ce qui surgit et se contentent finalement de rabattre les monstres actuels sur les structures qui les ont engendrés, de multiplier les procès en tartufferie envers quiconque ferait un pas vers eux s’il ne les a pas accompagnés depuis le berceau et de s’isoler dans des replis sectaires plutôt que d’affronter la possibilité de causes communes. Cette radicalité-là est victime de son « mono-idéisme », qui peut prendre pour sujet aussi bien l’obsession de la sortie de l’Union européenne, que la question coloniale ou l’impérialisme américain.

On a vu ainsi un économiste de l’EHESS frayer avec le Front national au motif qu’il serait le seul parti prêt à rompre avec l’euro ; des intellectuels « indigénistes » défendre des mariages non mixtes entre « non-Blancs » en révoquant de fait l’histoire des luttes émancipatrices de la gauche, en particulier le féminisme ; des anticapitalistes vomir Mélenchon parce qu’il a été sénateur socialiste et qu’il ne chercherait qu’à « rabattre » des voix pour le PS ; ou encore le candidat de la « France insoumise » renvoyer dos à dos les Mig ultramodernes de l’aviation russe et les roquettes antichar des rebelles d’Alep par réflexe anti-impérialiste et antiaméricain.

Le troisième écueil dans la manière de raisonner se situe à l’exact opposé de la pensée rigide et prend la forme d’une pensée-girouette, dont Manuel Valls, après Arnaud Montebourg, a été l’incarnation, que ce soit sur le 49.3, la Cour de justice de la République ou la prétention bien illusoire à rassembler deux gauches qu’il jugeait incompatibles. Il existe en effet de réelles lignes rouges qui ne permettent ni circulation alternée ni navigation au gré des flux électoralistes ou des tendances médiatiques...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:55

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

Charles de Courson veut augmenter les députés... pour leur assurer "un niveau de vie décent" !

 

 

Charles de Courson prône une augmentation des indemnités des parlementaires.

Charles de Courson prône une augmentation des indemnités des parlementaires. - WITT/SIPA
Il a osé le dire

Charles de Courson veut augmenter les députés... pour leur assurer "un niveau de vie décent" !

 

 

Le député UDI de la Marne ne semble pas réaliser que son indemnité correspond à plus du double du salaire moyen en France...

Alors que l’affaire Fillon a encore renforcé la défiance des Français sur l’utilisation des fonds publics par leurs représentants, certains élus n’hésitent pourtant pas à crier famine. C’est le cas de Charles de Courson, député UDI de la Marne, qui plaide ce vendredi 10 mars dans Le Parisien pour une augmentation de la rémunération des députés et sénateurs. Avec l’argument suivant : « Les parlementaires français ne sont pas les mieux payés en Europe, notamment par rapport à leurs homologues italiens ou britanniques. Les augmenter est la seule façon de leur assurer un niveau de vie décent et de leur éviter d'avoir un autre métier qui pourrait entraîner des conflits d'intérêts »

Un « niveau de vie décent » ? Un député touche aujourd’hui une indemnité de 7.186 euros bruts par mois, soit environ 5.000 euros nets. Charles de Courson ne semble pas être au courant qu’en France, le salaire moyen s’établit à 2.225 euros nets par mois, selon le ministère du Travail.

 

Je suis obligé de mettre de ma poche

Charles de Courson

Ajoutons qu’un député dispose aussi d’une indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) de 5.340 euros, qu’il dépense à peu près comme il l’entend, sans aucun contrôle. Charles de Courson le reconnaît d’ailleurs volontiers : « Ce n’est pas un secret que certains collègues disposant d’un mandat exécutif local utilisent une partie de l’IRFM pour des dépenses personnelles. » Et pourtant, le député - qui est aussi maire de Vanault-les-Dames, un village de la Marne, et conseiller départemental - prône aussi une revalorisation de cette enveloppe : « Ma circonscription est une zone rurale, et mes frais professionnels ne sont pas entièrement couverts par l'IRFM. Je suis obligé de mettre de ma poche. » Pour couronner le tout, Charles de Courson souhaite aussi faire passer le crédit dont dispose chaque député pour rémunérer ses collaborateurs « de quelque 9.700 euros brut à 15.000 euros ».

Notons tout de même que Charles de Courson est prêt à accepter quelques contreparties à ce festival d’augmentations. Le député juge « nécessaire de réduire le nombre de parlementaires ». Il veut interdire « le cumul avec des activités privées », sauf « pour certaines professions, comme les médecins ». Charles de Courson souhaite également prohiber « l’embauche d’un membre de sa famille ».

Le débat sur la rémunération des parlementaires a été relancé jeudi par Julien Dray. « Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9.000 euros net par mois », a affirmé au Point ce proche de François Hollande, qui n’est plus député depuis 2012. Julien Dray veut toutefois interdire aux parlementaires d’exercer « toute autre fonction que la leur » et d’embaucher des membres de leur famille. Il propose aussi que leurs collaborateurs soient rémunérés directement par les assemblées, et non par une enveloppe mise à disposition des parlementaires - celle avec laquelle François Fillon payait sa chère Penelope...

 

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:38

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

Cette carte localise la nourriture gratuite partout dans le monde

 

 

Créée en 2013, Falling Fruit a déjà recensé plus d'un million de spots de glanage sur les cinq continents... dont plus de 9 000 rien qu'en France !

 

 

Quand les nouvelles technologies se mettent au service du partage et de la convivialité, ça donne naissance à des outils absolument géniaux. C’est le cas de Falling Fruit, une carte collaborative qui recense, partout dans le monde, les endroits où l’on peut trouver de la nourriture locale et gratuite ! Lumière sur une initiative précieuse, enthousiasmante, et pile poil dans l’air du temps !

On ne s’en aperçoit pas forcément, mais nos villes regorgent de fruits, de légumes et de feuilles comestibles poussant aux coins des rues. La preuve : en juin 2016, après trois ans d’existence, Falling Fruit avait déjà repéré 1 191 056 spots dans le monde entier, pour 1 714 différents types d’aliments recensés !

Pour savoir où se servir et comment profiter de ce que la nature nous offre, il n’y a qu’à aller sur la carte de Falling Fruit, zoomer sur sa ville, voir ce qu’elle nous propose, et se rendre sur place avec son panier pour une petite séance de glanage… Génial, non ? La carte recense déjà plus de 9 000 sites rien qu’en France !

L’idée de Falling fruit (littéralement, le fruit qui tombe), est né en 2013 au Coloradao quand Ethan Welty a fabriqué son premier cidre à partir de pommes récoltées en ville. Il s’est aperçu que nous étions des milliards à passer chaque jour à côté d’une nourriture locale et gratuite, que c’était bien dommage et qu’il fallait un outil pour remédier à ça !

Source : Shutterstock

D’où le concept de carte collaborative. Chacun est libre d’y ajouter une bonne adresse, histoire d’en faire profiter toute la communauté. Aujourd’hui, Falling Fruit a essaimé sur tous les continents, est traduite en sept langues et occupe 12 bénévoles !

Le concept vous plaît ? Alors rendez-vous sur Falling Fruit pour y faire de belles découvertes et/ou pour y ajouter vos bons plans !

 

Lire aussi : De la nourriture gratuite à chaque coin de rue : le phénomène génial qui contamine la France !

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

 

 

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