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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:42

 

 

Source : http://fr.reuters.com

 

 

Calais: L'arrêté contre la distribution de repas aux migrants suspendu

 

mercredi 22 mars 2017 17h34

 

LILLE (Reuters) - Le tribunal administratif de Lille a suspendu mercredi l'arrêté municipal de la ville de Calais qui empêchait de facto la distribution de repas aux migrants, a-t-on appris auprès du tribunal et d'une des associations plaignantes.

Dans son jugement, le tribunal estime que la décision de la mairie avait pour effet « de priver une population en très grande précarité d’une assistance alimentaire vitale » et affirme que les décisions de la mairie n’étaient pas proportionnées, adaptées et nécessaires.

Le tribunal évoque aussi « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir, à la liberté de réunion ».

"L'arrêté est cassé, pour nous c'est une petite victoire", a déclaré à Reuters Yann Manzi, l'un des fondateurs de l'association Utopia 56. "On est très contents, le droit humain est respecté, on va continuer à faire de l'humanitaire, à penser aux êtres humains", a-t-il ajouté.

« Cette décision n’entame pas ma détermination à protéger les Calaisiens et Calaisiennes. Je reste convaincue de l’urgente nécessité de tout mettre en œuvre pour empêcher la reconstitution de points de fixation » a réagi la maire de Calais Natacha Bouchart dans un communiqué.

La maire Les Républicains de Calais avait pris le 2 mars dernier un arrêté municipal interdisant les rassemblements dans les zones de distribution de repas par les bénévoles des associations humanitaires présentes dans la ville.

Natacha Bouchart avait expliqué qu'elle craignait un appel d'air et un point de fixation des migrants. L'arrêté mettait par ailleurs en avant les risques de "tensions permanentes entre les ethnies". Plusieurs associations mobilisées à Calais avaient alors saisi le tribunal administratif de Lille.

 

(Pierre Savary, édité par Chine Labbé)

 

 

 

 

Source : http://fr.reuters.com

 

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:36

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

#SNCF SUD-rail interpelle Hollande après une série de suicides à la SNCF

 

 

 

SUD-rail a demandé mercredi au président François Hollande d'intervenir auprès de la SNCF pour "faire stopper les organisations du travail pathogènes", responsables, selon le syndicat, de plusieurs suicides de salariés. Le syndicat, troisième force au sein du groupe public ferroviaire, a dénombré depuis le début du mois de mars "pas moins de 6 suicides d'agents dont on peut établir un lien avec le travail", "une hécatombe".

Outre la mort d'un délégué SUD à Saint-Lazare en conflit avec sa hiérarchie, des représentants de SUD citent à l'AFP des cas à Mulhouse, Béziers, Bordeaux, Dijon et Saintes. L'un d'eux était militant à la CGT. Sa mort "traduit un accroissement de la tension entre les cheminots et la politique de l'entreprise", estime la CGT, premier syndicat du groupe. 

SUD-Rail enjoint le chef de l'Etat de "donner les directives nécessaires" et appelle notamment à "remplacer les dirigeants responsables de cette situation".

Au préalable, SUD-rail demande que le nombre de suicides soit rendu "public". "La SNCF balaie sous le tapis. On veut connaître le chiffre (total) des suicides à la SNCF. La direction ne veut pas nous le donner car elle sait que c'est un sujet sensible", explique Erik Meyer, secrétaire fédéral.

Interrogée sur ce refus de communiquer un chiffre, la SNCF explique se référer à des recommandations de l'OMS pour éviter un "effet Werther" de contagion. Mais le nombre de suicides de cheminots "a été en 2016 dans la moyenne des grands groupes de taille équivalente et aucun n'a été reconnu en lien avec le travail", assure un porte-parole.

 

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 17:13

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Après le CETA, Bruxelles mise sur un traité de libre-échange avec le Japon

Par Ludovic Lamant
 
 

La visite du premier ministre japonais, Shinzo Abe, ce mardi à Bruxelles, fut l’occasion d’un plaidoyer pour le libre-échange, face au protectionnisme de Trump. Un accord entre l’UE et le Japon est dans les tuyaux. Selon des documents que Mediapart s’est procurés, la négociation bloque sur le mécanisme d’arbitrage qui autorise des multinationales à attaquer des États en justice.

 

Bruxelles (Belgique), envoyé spécial.- Le bras de fer sur le CETA, l’accord entre l’Union européenne (UE) et le Canada finalement adopté à Strasbourg en février, a confirmé l’ampleur de la contestation contre les traités de libre-échange. Mais la Commission européenne donne l’impression de ne pas vouloir en tirer les leçons politiques. La visite mardi à Bruxelles de Shinzo Abe, le premier ministre japonais, s’est transformée en un vif plaidoyer pour le libre-échange, en réaction au protectionnisme de Donald Trump.

« Face à des tendances protectionnistes troublantes, je trouve important que le Japon et l'UE coopèrent aussi avec les États-Unis pour donner au monde un modèle de libre-échange », a déclaré Shinzo Abe lors d’un point presse aux côtés de Donald Tusk, le président du Conseil européen, et Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission européenne. Le Luxembourgeois a dit « espérer » que les négociations d’un accord de libre-échange entre l’UE et le Japon (le « JEFTA »), lancées en 2013, en soient « au dernier stade ».

Dès son entrée en fonctions, Donald Trump avait fait jouer la clause de retrait des États-Unis du Traité transpacifique (TPP), cet ambitieux traité de libre-échange reliant onze pays d’Amérique et d’Asie, dont le Japon. Shinzo Abe espère désormais contrer ce retournement, en renforçant ses liens commerciaux avec l’UE. À eux seuls, le Japon et l’UE concentrent près du tiers du PIB mondial. En théorie, cet accord pourrait donc peser plus lourd que le CETA, conclu avec le Canada, qui avait pourtant été plus médiatisé.

Alors qu’un 18e round de négociations doit se tenir en avril, ce n’est pas la première fois que les Européens annoncent un accord à portée de main, dans les discussions marathon du JEFTA. En décembre, la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, avait assuré qu’un accord était « très proche ». Mais le dernier round, qui s’est tenu à Tokyo, a confirmé de nombreux obstacles sur la voie d’un accord.

Le durcissement des négociations sur le CETA n’a pas rassuré les Japonais : elles ont prouvé la fragilité de l'assise politique des négociateurs européens. Surtout que Malström a perdu beaucoup de sa superbe, éclipsée lors du bras de fer avec la Wallonie du Belge Paul Magnette. « Bien sûr que le CETA a inquiété les Japonais, mais ils ont vu ensuite comment les choses se sont terminées », tentait de rassurer, mardi, une source proche des négociations : « Ils ont plus confiance en nous que nous-mêmes. »

Shinzo Abe, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, le 21 mars 2017 à Bruxelles. © CE.

Shinzo Abe, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, le 21 mars 2017 à Bruxelles. © CE.

Contrairement aux négociations avec les États-Unis (pour le défunt TAFTA ou TTIP) ou avec le Canada (pour le CETA), la question des droits de douane reste un point dur de la négociation avec Tokyo. Les Japonais rechignent à baisser les taxes sur les produits agricoles venus d’Europe, tandis que les Européens, eux, tiquent sur une plus grande ouverture de leur marché automobile à la concurrence japonaise. L’ouverture des appels d’offres pour des marchés publics au Japon, en particulier pour le rail, est un autre point de crispation.

Mais ces désaccords ne s’arrêtent pas là...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 16:55

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Quand les élites déconsidèrent le travail

 
 

La désindustrialisation, puis la mondialisation, ont laissé sur le carreau des centaines de milliers de Français à qui l'on n'offre désormais que des “Mac jobs”. La gauche au pouvoir a participé de ces transformations, sans rien proposer comme alternative.

réteil (Val-de-Marne), Givors (Rhône) et Martigues (Bouches-du-Rhône), envoyés spéciaux.– Cela fait 35 ans que Fabrice fait la même chose. Le même métier, s’entend. Il aurait pu partir en préretraite mais il a refusé. À la fois parce que sa fille poursuit ses études, mais aussi parce que, malgré les horaires en 3×8 et les risques liés à son travail, il l’aime bien, ce boulot. Il fournit de l’énergie aux raffineries et aux usines pétrochimiques du port de Martigues, au sein d’une petite société externalisée. Il opère, surveille et répare des moteurs de turbine qui tournent 24 heures sur 24, pendant 18 mois, sans s’arrêter. Il a vu des collègues emportés par le cancer, mais les médecins n’ont détecté chez lui que deux petits résidus d’amiante dans ses poumons alors pour lui, ça va. « Des fois, on respire des trucs, on ne sait pas trop ce que c’est… Mais qu’est-ce qu’on y peut ? » philosophe-t-il. Il s’est construit une belle petite vie dans sa maison qui surplombe l’étang de Berre.

Il a toujours voté à gauche mais pour la présidentielle qui arrive, il ne sait toujours pas à qui il donnera sa voix. Il passe rapidement les candidats en revue : « Le FN, c’est pour ceux qui n’ont pas de réflexion poussée. Fillon est dans le déni total, il refuse la contradiction. Hamon a l’air tout surpris d’être là. Macron, c’est un commercial. Mélenchon est extrémiste et arrogant… Franchement, je suis emmerdé… » Au-delà du scrutin du 23 avril, c’est toute la politique et le rapport des dirigeants à la société qui l’inquiètent. « On nous répète qu’il faut nous battre, mais tout le monde ne peut pas entreprendre. Il faut bien des ouvriers dans ce monde. On ne peut pas avoir que des start-up… »

L’industrie lourde, celle qui nécessite des manœuvres et de l’abnégation, celle qui est polluante et qui peut être délocalisée à l'autre bout de la planète d’un trait de plume sur un bilan comptable, voilà bien le problème de Martigues, où une pancarte à l’entrée du port annonce la couleur : « Première zone pétrochimique d’Europe. » Des raffineries ont déjà plié bagage, d’autres sont sur le point de le faire ou de se reconvertir. L’avenir n’est pas radieux pour le secteur. Daniel Giovagnoli, collègue de Fabrice et délégué CGT, en est tristement conscient : « On espère tous pouvoir finir notre temps jusqu’à la retraite, et après nous le déluge ! C’est égoïste, mais bon… D’ici quinze ans, l’industrie autour de l’étang de Berre, ce sera terminé. »

Daniel Giovagnoli avec son épouse. © Patrick Artinian

Daniel Giovagnoli avec son épouse. © Patrick Artinian

Malgré cette entrée en matière désabusée, Daniel, qui carbure aux cigarettes et au café, est surtout en colère car il refuse de baisser les bras. « Je travaille pour une société qui engrange énormément de bénéfices, 12 millions d’euros l’an passé, en employant seulement 42 personnes. Et pourtant, on doit s’ouvrir les veines et tout bloquer quand on veut obtenir 30 euros brut d’augmentation ! On nous demande par ailleurs toujours plus de rigueur et de travail. Un opérateur de contrôle doit désormais surveiller 18 écrans sur 5 ou 6 systèmes d’exploitation, avec, derrière lui, une raffinerie à 15 milliards d’euros qui peut péter s’il fait une bêtise ! »

Le père de Daniel était mineur dans l’est de la France, il a travaillé pendant quarante ans et touche désormais une retraite de 600 euros par mois. Ce lignage est son viatique pour ne pas courber l’échine. Il répète plusieurs fois : « Je ne comprends pas cette attitude de mépris des salariés de la part d’entreprises qui dégagent des bénéfices… » Ou plutôt, si, il comprend trop bien et c’est cela qui l’énerve. La déconsidération pour le travail et pour ceux qui n’ont généralement que leurs bras pour gagner leur vie est devenue une constante du discours des élites économiques, mais aussi politiques, qui dirigent la France. À quelques exceptions près : le maire de Martigues par exemple, le communiste Gaby Charroux, n’oublie pas de préciser quand il évoque la taxe professionnelle (assez importante) qu’il récolte pour sa commune que « c’est le travail des ouvriers qui la crée ». Une petite incise sous forme de rappel à la réalité que, dans certains secteurs économiques, et pas seulement l’industrie, il y a des hommes qui produisent des richesses à la base de l’échelle.

Où que l’on soit à Martigues et autour de l’étang de Berre, impossible d’échapper à la vue des tubes métalliques qui s’entrelacent dans des structures industrielles complexes, au ballet des tankers, supertankers et autres navires, ou bien à l’odeur douceâtre des hydrocarbures qui flotte presque tout le temps dans l’air. Personne n’apprécie cette empreinte industrielle, mais personne n’a encore trouvé de substitut qui préserve à la fois l’environnement, le bien-être des habitants, mais aussi les hommes qui en tirent des salaires leur permettant de vivre dignement. Si être ouvrier dans le secteur pétrochimique n’est pas une sinécure (une récente étude, révélée par Marsactu, souligne un taux de cancer deux fois plus élevé), ce sont des emplois correctement rémunérés, à mille lieues des “Mac jobs” promus par l’“eldorado” du commerce, des services et de l’auto-entrepreneuriat.

 

« La désindustrialisation, c’est une violence faite au peuple »

Jean-Pierre (ce n’est pas son vrai prénom, il préfère rester anonyme) n’est pas un ouvrier, mais un patron. Il dirige une entreprise de manutention parapublique sur le port de Martigues, et il est également investi dans sa petite commune des environs en tant que conseiller municipal élu sur une liste divers gauche. Ingénieur de formation, il est tout aussi amer que ses employés par rapport à cette déconsidération du monde du travail. Depuis son bureau qui embrasse le chenal, il en mesure les effets tous les jours : « Bien sûr que nous travaillons dans une industrie polluante, mais les entreprises ont fait des efforts considérables pour s’améliorer ! Bien sûr, nous pouvons encore mieux faire, c’est sûr. Mais ce que je refuse, c’est que l’on affiche en exemple tous ces porte-conteneurs qui déchargent leurs marchandises venues de Chine. Le discours moral aujourd’hui, c’est : le pétrole c’est mal, les conteneurs c’est bien. Mais a t-on réfléchi aux hommes qui sont derrière, comment ils vivent ? »

Ce discours ressemble peu ou prou à celui du patron des dockers dans la deuxième saison de la série américaine The Wire, qui perd son combat contre des développeurs immobiliers corrompus : « Nous avions l’habitude de construire des choses dans ce pays auparavant… Maintenant, on se contente de plonger notre main dans la poche du gars d'à côté. »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 16:45

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Emploi

Un code du travail alternatif pour répondre aux défis de l’ubérisation, de la précarité et des licenciements injustifiés

 

par

 

 

 

Un code du travail alternatif ? C’est ce que propose un collectif de chercheurs spécialisés en droit du travail. Ils y ont consacré un an et demi. Loin des dérégulations successives, dont le point d’orgue a été la loi Travail, leur projet vise à réinsérer les travailleurs exclus du salariat : auto-entrepreneurs, travailleurs ubérisés, contrats précaires… Ce code du travail alternatif reconnaît également le droit fondamental au temps libre et propose de véritables outils pour lutter contre les inégalités entre hommes et femmes. Un document utile pour alimenter le débat alors que François Fillon ou Emmanuel Macron envisagent d’affaiblir encore davantage la protection des travailleurs.

Quel avenir pour le droit du travail après la présidentielle ? Adoptée sans vote en août 2016 et contestée pendant des mois par un fort mouvement social, la loi travail facilite les licenciements, affaiblit le rôle des syndicats et remet en cause les 35 heures. Elle prévoit qu’un employeur puisse déroger aux protections des travailleurs prévues dans le code du travail par un simple accord d’entreprise. Plusieurs candidats souhaitent aller plus loin dans la dérégulation. François Fillon, par exemple, supprimera l’actuelle durée légale du travail. Emmanuel Macron et Marine Le Pen veulent aménager ou renégocier les 35 heures au sein des branches professionnelles. Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, ainsi que la candidate d’extrême-droite, promettent d’abroger la loi travail.

Pour quelles alternatives ? Une vingtaine d’universitaires spécialisés en droit du travail, le Groupe de recherche pour un autre code du travail, publient ce 22 mars leur proposition de code du travail alternatif. Ils y planchent depuis plus d’un an et ont consulté six syndicats [1]. Résultat ? Le texte est d’abord simplifié – il compte 390 pages, soit « quatre fois plus court que le texte qu’il remplace ». Ils répondent ainsi à l’une des critiques sur l’actuel Code du travail, souvent jugés trop complexe.

Le nouveau petit livre rouge n’en est pas moins protecteur pour autant. Sans ces protections, « les inégalités exploseraient, l’entreprise serait laissée au despotisme du plus fort et la santé et même la vie des personnes seraient directement menacées au travail », préviennent les auteurs. « Il est urgent de clarifier, de simplifier et d’adapter le code du travail aux réalités nouvelles. Mais il est urgent aussi de consolider un édifice fragilisé, essentiel à la cohésion sociale et, au‐delà, à la paix », ambitionnent-ils.

 

Reconnaître comme salarié les travailleurs uberisés ou externalisés

Le premier enjeu : quels droits – à la sécurité sociale, aux congés payés, aux pensions retraites... – accorder aux nouveaux travailleurs indépendants, qu’ils soient auto-entrepreneurs ou employés dans l’univers des start-ups et de la révolution numérique, des plateformes de chauffeurs, telle Uber, de livraison de repas ou de travail en ligne. Parmi les candidats à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon souhaite par exemple « faciliter la requalification en contrat de travail salarié des auto-entrepreneurs à client unique et des collaborateurs exclusifs des plateformes dites collaboratives. [2] » Benoît Hamon promet qu’il luttera « contre le salariat déguisé des entreprises ubérisées » en permettant la requalification de leurs collaborateurs en salariés et en mettant en place « un statut social unique de l’actif ». Face à l’évolution du travail à l’ère numérique, c’est aussi la première question à laquelle se sont attelés les chercheurs du groupe pour un autre code du travail.

« Si l’on en reste à notre vieille définition du salariat, des catégories entières de travailleurs en situation de grande faiblesse seront privées de droits essentiels, comme le salaire minimum, les congés, la protection contre le licenciement, etc. il nous a donc semblé indispensable de rouvrir le débat de la notion de salariat », expliquent les auteurs. Eux proposent de créer deux nouvelles catégories de salariés, dans lesquelles viendraient s’insérer les travailleurs ubérisés : les « salariés autonomes », et les « salariés externalisés ».

La qualification d’une activité professionnelle en travail salarié repose essentiellement sur la notion de subordination du travailleur à un employeur, les contours de cette subordination étant précisés dans le contrat de travail. Ce code du travail alternatif propose d’y ajouter celle de dépendance économique à un donneur d’ordre. « Les salariés ne sont plus seulement ceux qui obéissent, ce sont aussi ceux qui jouissent d’une véritable autonomie dans l’organisation et dans l’exécution de leur travail, mais qui n’en demeurent pas moins dans une situation de faiblesse parce qu’ils travaillent sous la dépendance d’autrui. » Un travailleur indépendant, facturant ses prestations à un ou deux clients principaux, pourrait ainsi être considéré comme un « salarié autonome » et bénéficier des droits inhérents à ce statut.

 

Lire aussi : Chauffeurs Uber : au volant avec les prolétaires 2.0, « entrepreneurs » pour 3,5 euros de l’heure

 

 

Le statut de « salarié externalisé » doit, de son côté, permettre d’intégrer au salariat les travailleurs des plateformes de tâches distribuées en ligne, comme Amazon Mechanical Turk. Cette catégorie couvrirait les travailleurs qui « ont pour donneur d’ouvrage un établissement ou une entreprise, qui détermine les caractéristiques du service ou du bien demandé et qui détient des compétences sur le travail requis pour réaliser ce service ou ce bien. » Nul besoin dans ces conditions de prouver la subordination au donneur d’ouvrage pour qualifier le travailleur de ce type de plateforme de salarié. « Le donneur d’ouvrage est l’employeur du travailleur externalisé, même s’il utilise un intermédiaire », stipule le texte. Reconnus comme de véritables salariés, même d’un type particulier, par ce code du travail, les travailleurs uberisés auraient accès aux mêmes droits : cotisations sociales, représentation syndicale, protection contre le licenciement…

 

CDI universel et suppression des contrats précaires

« En France, la part des travailleurs dont le statut est précaire a connu une très forte augmentation dans les années 1980 et 1990. Depuis les années 2000, cette part s’est stabilisée à un niveau élevé, aux alentours de 12 % de l’emploi total, rappellent les universitaires. Le CDD est aujourd’hui massivement utilisé, en violation de la loi, comme une forme de période d’essai sur des emplois stables correspondant à l’activité normale et permanente de l’entreprise », dénoncent-ils. À ce scandale, ils répondent par… la suppression des contrats à durée déterminée.

On sent déjà les employeurs s’inquiéter : comment couvrir les besoins temporaires d’une entreprise lors d’un congé d’un salarié ou d’un regain d’activité ? « Il convient de permettre l’embauche d’un salarié pour une durée limitée, notamment lorsqu’il remplace un absent ou que la tâche pour laquelle il est employé est courte », rassurent les auteurs. Les CDD sont remplacés par un contrat à durée indéterminée, mais avec une clause de durée initiale. Cette clause pourra être activée – ou non – par l’employeur lors du retour du salarié temporairement remplacé, lorsque le surcroît d’activité ou que la mission temporaire se seront terminés. Dans ce cas, le salarié avec un CDI à durée initiale, sera licencié. Mais cette rupture de contrat ne sera pas automatique.

S’agit-il là d’une forme de « contrat unique » défendu par l’économiste et prix Nobel Jean Tirole et un temps par l’ancien Premier ministre Manuel Valls ? « La solution proposée est radicalement opposée à celle habituellement désignée sous le nom de « contrat unique », précisent les membres du groupe de recherche. « Ces contrats uniques prétendent faire acquérir des droits progressivement aux salariés. Les salariés de peu d’ancienneté n’ont droit à aucune protection de leur emploi. Et, il est généralement prévu que même les contrats anciens peuvent être rompus sans motif exprimé. Un tel contrat unique unifie en généralisant la précarité. » Le projet de CDI généralisé ici défendu est bien différent : le contrat unique vise à supprimer ou à réduire l’obligation de justifier la rupture d’un contrat. Le CDI à clause de durée initiale, au contraire, généralise l’obligation de justifier la fin du contrat, même lorsqu’une durée limitée a été stipulée à la signature.

 

Rôle des syndicats renforcé

La loi travail adoptée en août affaiblit le rôle des syndicats en permettant notamment de faire adopter un accord d’entreprise contre l’avis des syndicats majoritaires, par le biais d’une consultation soutenue par des syndicats minoritaires. Ce code du travail alternatif souhaite au contraire renforcer le rôle des syndicats dans la négociation avec les employeurs.

Le texte prévoit de permettre à tous les salariés de disposer de représentants syndicaux, même au sein des très petites entreprises de moins de dix employés. Cela serait possible via – ce serait une nouveauté – des représentants syndicaux inter-entreprises, « afin que tous les salariés puissent exercer leurs droits à l’expression collective ».

 

Le droit au temps libre reconnu

La loi travail remet en cause les 35 heures en élargissant les possibilités d’y déroger, une tendance qu’envisage d’amplifier Emmanuel Macron. Le Sénat en avait même voté l’abrogation. Et François Fillon propose, s’il est élu, de les supprimer totalement. À contre-courant de ces attaques, le projet alternatif de code du travail fait « le choix de favoriser l’emploi et donc d’inciter à la réduction du temps de travail ».

 

Lire aussi : Réduire le temps de travail : personne n’a encore fait mieux pour combattre le chômage

 

 

Le texte reconnaît même le droit au « temps libre » pour tous les travailleurs. « Actuellement, le code du travail oppose le temps de travail au temps de repos », écrivent-ils. Mais « le temps qui n’est pas consacré au travail n’est pas exclusivement consacré au repos. Ce peut être un temps utilisé pour exercer une deuxième activité professionnelle. C’est aussi le temps de la vie familiale, sociale, amicale, de loisirs, sportive, associative, militante... Ces “vies” là sont, elles aussi, essentielles. » Pour la vie familiale, mais aussi pour la société, l’économie, et la démocratie. Car « sans les activités militantes, qui sont, elles aussi, des activités du temps libre, il n’est pas de démocratie ».

Reconnaître le droit au temps dans le code du travail, c’est, concrètement, faire que ce temps de vie hors travail « ne puisse pas être interrompu par des demandes d’interventions intempestives. Il convient que l’employeur ne puisse pas modifier unilatéralement et à sa guise les horaires de travail. » Ce choix de remplacer le terme de temps de repos par celui de temps libre exige donc de prévoir l’emploi du temps des salariés. Autre effet, important : il protège le dimanche chômé. Or, le droit au dimanche non travaillé est constamment remis en cause. La loi Macron avait étendu les dérogations au repos dominical pour le travail dans les zones touristiques.

 

Congé parental obligatoire et égalité salariale réelle

Comment véritablement favoriser l’égalité professionnelle réelle entre femmes et hommes ? Les femmes employées à temps complet ne perçoivent encore, malgré un lent rattrapage, que 83% du salaire d’un homme [3]. Pour les concepteurs de ce code du travail alternatif, un rattrapage définitif de cette inégalité passe par la mise en place d’un congé parental obligatoire pour les pères ou les partenaires, de même durée que le congé maternité.

Les congés maternité et paternité sont aujourd’hui « fortement déséquilibrés pour des motifs liés à l’irréductible spécificité de la grossesse, constatent les auteurs. Ce motif, biologique est incontestable. (…) Cependant cette inégalité produit d’importants effets discriminants indirects, à l’encontre des femmes. » Un congé paternité obligatoire de même durée que le congé maternité constituerait, selon eux, un outil simple de lutte contre les discriminations à l’embauche, en particulier aux postes de responsabilité. Et aurait aussi pour effet d’œuvrer en faveur d’un partage des tâches domestiques plus équilibré.

 

Lutter contre le chômage et pas contre les chômeurs

« Les législations successives des vingt dernières années ont accru les obligations des chômeurs, renforcé les sanctions, supprimé des garanties de procédure et donné à Pôle emploi des pouvoirs importants de contrôle et de police », écrivent les membres du groupe de travail. À défaut de lutter efficacement contre le chômage, ces politiques ont de plus en plus culpabilisé les chômeurs, et rendu de plus en plus compliqué l’accès à l’assurance chômage en multipliant obstacles et tracasseries bureaucratiques, surtout pour les travailleurs précaires avec une multitude d’employeurs.

Face à cette dérive, le code du travail alternatif propose de mettre en place une représentation des demandeurs d’emplois dans les instances de Pôle emploi, via les organisations syndicales et les associations de chômeurs. Celles‐ci disposeraient d’une voix au conseil d’administration de Pôle emploi et d’une voix consultative dans les commissions qui décident du maintien ou non des droits des demandeurs d’emploi. Cette mesure s’accompagnerait d’une suppression de la sanction de radiation à l’encontre des chômeurs. Car « l’esprit des réformes est de rétablir le chômeur dans son statut d’assuré, qui réclame le versement d’un dû, lequel est la contrepartie des cotisations qu’il a versées. »

 

Sanctions dissuasives contre les licenciements injustifiés

« Les licenciements justifiés doivent pouvoir être réalisés rapidement avec une grande sécurité juridique, proposent les auteurs du code alternatif. Ce code du travail alternatif ne vise pas à empêcher les employeurs de licencier quand ils l’estiment nécessaires, que ce soit pour des raisons économiques ou d’inaptitude. Une entreprise pourra ainsi licencier en cas de difficultés économiques sérieuses, d’une anticipation raisonnable de difficultés à venir, ou même des mutations technologiques conduisant à la disparition d’emplois.

« En revanche, les licenciements injustifiés, illégaux, doivent être suffisamment sanctionnés pour que la sanction soit dissuasive », précise le texte. Tout licenciement dépourvu de justification pourra être déclaré nul par les juges. Dans ce cas, le salarié devrait être réintégré et percevoir les salaires non perçus. Cela, pour éviter les licenciements strictement comptables.

 

Droit de préemption, droit de grève étendu, droits fondamentaux

Autre mesure proposée qui remettrait les travailleurs au cœur de l’économie : introduire dans le code du travail un droit de préemption des salariés sur leur entreprise en cas de revente de celle-ci, comme cela existe pour les locataires en cas de vente de leur logement.

Le texte redéfinit également le droit de grève, en l’étendant à des actions qui n’impliquent pas forcément un arrêt du travail. « Dans une société robotisée, l’arrêt du travail ne signifie plus nécessairement l’arrêt de la production », observent les auteurs. Ils proposent donc d’intégrer dans le droit de grève les grèves perlées, les grèves partielles, les grèves du zèle, les mouvements de refus des coupures de courant des agents d’EDF, les grèves du contrôle des contrôleurs SNCF restés à bord des trains pour assurer la sécurité…

Plus largement, le groupe de chercheurs insiste sur la nécessité d’intégrer les droits fondamentaux au code du travail. Ceci signifierait écrire noir sur blanc que tout travailleur est titulaire « du droit de grève, de la liberté syndicale, du droit à la négociation collective, du droit de participer à la détermination collective des conditions de travail et à la gestion des entreprises, du droit à l’emploi et à un travail décent, du droit à la santé et à la sécurité dans son travail, du droit à une rémunération équitable assurant un niveau de vie satisfaisant, du droit à la formation tout au long de la vie, du droit à une protection contre le licenciement injustifié, du droit au repos, aux loisirs et au temps libre, de la liberté d’expression, du droit au secret de ses correspondances, du droit à un procès équitable, du droit à l’égalité de traitement… » À moins de considérer les entreprises comme des « zones de non droit » ?

Rachel Knaebel

Photo : © Eros Sana / Mobilisation du 9 mars 2016 contre la loi travail

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Proposition de code du travail, publié chez Dalloz.

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 21:17

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Débat présidentiel 2017 : les petites et grosses intox des cinq candidats

 

Le Pen gonfle les chiffres du chômage, Fillon déforme ceux sur les demandeurs d’asile, Macron s’emmêle les pinceaux sur les peines de prison… Dix déclarations des candidats décryptées.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

C’est à un débat pugnace que se sont livrés les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle, lundi 20 mars, sur TF1. François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont opposés sur de larges thèmes comme la sécurité, l’immigration, les retraites ou encore l’Europe. Au prix de quelques contrevérités ou d’exagérations, parfois, dans leurs argumentaires. Nous avons décrypté les dix plus flagrantes relevées.

 

La proposition inapplicable de Marine Le Pen sur les fichés « S »

Marine Le Pen

Proposition : « Expulser les étrangers islamistes fichés S ».

Marine Le Pen

 

POURQUOI C’EST INAPPLICABLE

En pratique, la loi permet tout à fait d’expulser un étranger qui représente « une menace grave ou très grave pour l’ordre public ». La décision peut être prise par le préfet ou, dans certains cas, le ministre de l’intérieur. Sauf « urgence absolue », la procédure demande de convoquer la personne concernée devant une commission avant de prendre une décision. Convocation qui doit être notifiée au moins quinze jours à l’avance.

Ce qui pose problème, c’est que la candidate laisse entendre qu’il serait possible d’expulser de manière systématique des étrangers soupçonnés d’appartenir de près ou de loin à la mouvance djihadiste. Or, la décision d’expulsion ne peut se faire qu’en fonction d’une appréciation individuelle de la menace. Il n’est pas nécessaire que la personne visée ait été condamnée, mais le danger doit être jugé « actuel » et « proportionnel » à la décision d’éloignement.

Mais surtout, le cas des fichés « s » regroupe des situations bien trop vagues et diverses pour légitimer des expulsions systématiques. La fiche « s » est un outil de surveillance, pas d’appréciation du niveau de dangerosité d’un individu.

 

Lire aussi :   Terrorisme : qu’est-ce que la « fiche S » ?

 

L’intox de François Fillon sur les demandeurs d’asile

François Fillon

« Une partie [des demandeurs d’asile] fuient la guerre en Syrie mais l’immense majorité de ces hommes et femmes fuient la pauvreté et viennent de toutes les régions du monde. »

François Fillon

 

POURQUOI C’EST FAUX

En 2015, selon les chiffres d’Eurostat (organisme de statistiques européen), plus de la moitié des demandeurs d’asile venaient de pays en guerre tels la Syrie (29,9 %), l’Afghanistan (14,2 %) et l’Irak (9,7 %).

 

 

 

 

Les Syriens, Afghans et Irakiens sont les plus nombreux à demander l'asile en Europe
Part de chaque nationalité parmi les primo-demandeurs d'asile dans l'Union européenne en 2015.
0 %5 %10 %15 %20 %25 %30 %SyrieAfghanistanIrakKosovoAlbaniePakistanErythréeNigériaIranInconnuUkraineSomalieSerbieApatridesRussieBangladeshGambieSoudanARY de MacédoineSénégalMaliAlgérieGéorgieBosnie-HerzégovineRDCChineCôte d'IvoireGhanaGuinéeEthiopieAutres hors UE-28
Somalie
Part : 1,56 %
Source : Eurostat

 

L’erreur d’Emmanuel Macron sur les peines de prison

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Emmanuel Macron

« Les peines de moins de deux ans [sont] systématiquement non appliquées.»

Emmanuel Macron

POURQUOI C’EST FAUX

Il est en effet possible, pour les peines de prison ferme de moins de deux ans, d’aménager la peine si la situation de la personne condamnée le permet aux yeux de la justice. Il n’y a alors pas de mandat de dépôt.

Il est, en revanche, erroné de dire que les peines de prison de moins de deux ans ne sont jamais appliquées, ou « systématiquement non appliquées », comme le dit M. Macron. La preuve ? Au 1er janvier 2015, 12 % des peines en cours d’exécution (sur 60 742 détenus) concernaient des peines de moins d’un an et 29 % des peines de 1 à 3 ans, selon les chiffres du ministère de la justice.

Marine Le Pen force le trait sur l’insécurité

Marine Le Pen

Il y a en France une situation « d’explosion de l’insécurité ».

Marine Le Pen

POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ

Marine Le Pen a évoqué des « violences » et des « cambriolages sur tout le territoire », sans citer de chiffres précis. La candidate du FN semble ici passer un peu vite du sentiment d’insécurité qui reste élevé (notamment du fait des attentats successifs depuis janvier 2015) à une « explosion » des statistiques pour le moins contestable.

Il faut toujours prendre les chiffres de la délinquance avec du recul, car ils mesurent l’activité policière (par exemple à travers les plaintes déposées) et pas les atteintes commises directement. Reste que, selon les grands indicateurs disponibles, difficile de parler « d’explosion ».

Par exemple, le nombre de vols et de tentatives de vol de voitures est en baisse continue depuis 2006, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). A l’inverse, le nombre de victimes de retraits frauduleux sur les comptes bancaires a augmenté. Les cambriolages, les injures ou les violences physiques sont, quant à eux, restés plutôt stables depuis 2014, à un niveau « élevé par rapport au niveau moyen des années 2006 à 2010 », selon l’ONDRP.

Temps de travail : l’argument discutable de François Fillon

François Fillon

« La France est le pays où le volume d’heures travaillées est le plus bas par rapport aux grandes économies. »

François Fillon

POURQUOI C’EST CONTESTABLE

Certaines données, notamment celles d’Eurostat sur le temps de travail des salariés à temps complet, laissent effectivement entendre que les Français travaillent moins longtemps que leurs voisins européens.

Ces chiffres sont toutefois à manier avec précaution : d’abord, il faut également souligner que toutes catégories confondues (c’est-à-dire en intégrant les temps partiels et les indépendants), les Français arrivent cette fois en 10position (sur 28) du classement européen.

Par ailleurs, lorsque l’on s’intéresse au temps de travail et donc à la « rentabilité » des salariés en France, il n’est pas inintéressant de citer les chiffres de productivité. Et cette fois, selon Eurostat, la France se classait en 5e position européenne en 2014, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni par exemple, toujours selon Eurostat.

Lire aussi :   Les Français travaillent-ils vraiment moins que les autres Européens ?

Approximation de Jean-Luc Mélenchon sur le nucléaire

Jean-Luc Mélenchon

« Dans le prochain mandat, 18 réacteurs nucléaires atteignent 40 ans, il faut 100 milliards pour les “recaréner”​. »

Jean-Luc Mélenchon

DU VRAI ET DU FAUX

Le candidat a raison lorsqu’il parle de dix-huit réacteurs qui dépasseront les 40 ans avant 2022. Ils se trouvent dans les centrales de Fessenheim (Haut-Rhin), Bugey (Ain), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Tricastin (Drôme) et Blayais (Gironde).

En revanche, les « 100 milliards d’euros » que coûteraient le grand « carénage » correspondent plutôt à la somme qu’il faudrait débourser pour rénover les 58 réacteurs français selon la Cour des comptes. Pour les dix-huit réacteurs évoqués, on arrive plutôt à 30 milliards… bien qu’il ne s’agisse que d’une estimation, qui peut encore évoluer.

Dette publique : l’erreur de François Fillon

François Fillon

« Nous sommes le pays le plus endetté de tous les grands pays développés »

François Fillon

POURQUOI C’EST FAUX

Alors que la dette publique française est d’un ordre de grandeur équivalent au produit intérieur brut (PIB) – soit 97,5 % de celui-ci au troisième trimestre 2016 selon l’Insee –, cela n’en fait pas le pays le plus endetté du monde. Par exemple, les Etats-Unis (108 % du PIB) et le Japon (250 %) le sont beaucoup plus.

Attention, néanmoins, ce chiffre à lui seul ne permet pas d’appréhender la situation des finances publiques d’un pays, puisque d’autres paramètres jouent : croissance, taux d’emprunts, niveau du chômage… C’est pourquoi le taux d’endettement du Japon, qui peut paraître spectaculaire, n’est pas un problème majeur pour le pays actuellement.

Chômage : l’exagération de Marine Le Pen

Marine Le Pen

« Nous avons 7 millions de chômeurs. »

Marine Le Pen

POURQUOI C’EST TROMPEUR

Si l’on y ajoute les personnes à temps partiel et souhaitant travailler davantage (les catégories B et C), ce chiffre s’établit à 5,5 millions, selon les chiffres de Pôle emploi. Si l’on ajoute les catégories D et E, qui regroupent les personnes non tenues de chercher un emploi (personnes en stage, formation, maladie, contrats aidés…), on atteint 6,2 millions de demandeurs d’emploi en janvier 2017 (6,6 millions pour la France entière).

A la fin de janvier, en France métropolitaine, le nombre de chômeurs tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) était de 3,5 millions. C’est ce nombre que l’on convoque communément pour parler des « chiffres du chômage ».

Cette définition, très large, ne correspond pas à celle du « chômeur », au sens du Bureau international du travail (BIT), qui doit répondre à trois critères simultanément :

  • être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé au moins une heure durant une semaine de référence ;
  • être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours ;
  • avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

C’est sur cette base que l’Insee estimait le nombre de « chômeurs » à 2,8 millions de personnes en France métropolitaine au troisième trimestre 2016.

Lire aussi :   Chômage : pourquoi des chiffres différents entre l’Insee et Pôle emploi ?

L’erreur de Benoît Hamon sur les chiffres de l’immigration

Benoît Hamon

« La réalité c'est quoi ? S’il y a 200 000 entrées légales d’immigrés en France par an, il y en a plus de 150 000 qui repartent. Nous avons aujourd’hui un solde migratoire qui doit être entre 50 000 et 70 000 personnes »

Benoît Hamon

POURQUOI C’EST TROMPEUR

Certes, on retrouve bien le chiffre d’un solde migratoire de +67 000, soit dans l’ordre de grandeur évoqué par Benoît Hamon, dans le bilan démoraphique 2016 de l’Insee. Sauf que ce chiffre ne concerne pas seulement les immigrés. Il mélange les arrivées et départs de personnes nées en France ou non, qu’elles soient de nationalité française ou non.

Or, comme le relève Libé Désintox, il y a eu en 2013 deux mouvements inverses, selon l’Insee :

  • Une baisse de 120 000 du nombre de personnes nées en France dans le pays (197 000 sont parties, 77 000 sont revenues) ;
  • Une hausse de 140 000 du nombre de personnes immigrées en France (235 000 arrivées, 95 000 départs).

Si l’on ne garde que les immigrés, comme le laisse entendre Benoît Hamon dans la première partie de sa phrase, le nombre d’arrivées dépasse de 140 000 celui des départs, et non pas « entre 50 000 et 70 000 » comme il le dit.

L’exagération d’Emmanuel Macron sur le niveau des écoliers

Emmanuel Macron

« Nous avons plus de 20 % des élèves qui arrivent en CM2 » qui ne savent pas lire, écrire ou compter.

Emmanuel Macron

POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ

Les statistiques du ministère de l’éducation nationale sur le niveau des élèves de CM2 montraient en 2013 que 79,8 % maîtrisaient les compétences attendues en lecture et 70,9 % celles en mathématiques. Des chiffres qui peuvent sembler correspondre à l’ordre de grandeur évoqué par le candidat, mais sa présentation est, en réalité, trompeuse.

Il est, en effet, faux d’affirmer que ceux qui ne maîtrisent pas les compétences du socle ne savent pas lire ou compter. Sur la compétence lire, il est notamment attendu de savoir « dégager le thème d’un texte, repérer dans un texte des informations explicites, inférer des informations nouvelles [implicites], repérer les effets de choix formels ».

Lire aussi :   Les manipulations graphiques de Marine Le Pen sur l’euro

Lire aussi :   Laurent Fabius et le « bon boulot » du Front Al-Nosra en Syrie, histoire d’une citation dévoyée

Mise à jour, le 21 mars à 18 h 30 : ajout de la citation de Benoît Hamon sur le solde migratoire.

 
 
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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 21:04

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Mobilisations

« Gauche blanche », « racisés », « non concernés » : ces clivages qui agitent la lutte et les mouvements antiracistes

 

par

 

 

« Camp décolonial » pour débattre du racisme sans les « non concernés », « indigènes de la République » en quête d’autonomie face à la « gauche blanche » : autant de termes qui clivent fortement la lutte antiraciste. D’un côté, les mouvements historiques et institutionnels, LDH, Mrap ou SOS-Racisme, donnent à leur combat une portée universaliste. De l’autre, une nouvelle génération d’acteurs, plus radicaux, issus des groupes racisés et où se trouvent une grande partie de femmes. Les premiers reprochent aux seconds de tout ethniciser, les seconds les accusent de ne pas représenter celles et ceux qui subissent le racisme au quotidien. Pourquoi de telles divisions ? Peuvent-ils dépasser leurs divergences ? Basta ! leur a posé la question.

Malgré les lois et les constats, sans cesse renouvelés, rien n’y fait : les discriminations racistes continuent à peser sur la vie de millions de personnes en France, que ce soit ​
dans l’éducation, l’accès aux soins médicaux, le monde du travail ou les relations avec la police. Trois études récentes illustrent leur persistance. En décembre dernier, le ministère du Travail publie les résultats d’une enquête sur « les discriminations à l’embauche » : ils confirment que des entreprises françaises, malgré leurs engagements en faveur de la « diversité », pratiquent une politique discriminatoire à l’égard des personnes aux noms perçus comme « maghrébin » ou « non hexagonal » (sic). Mi-mars, la ministre du Travail Myriam El Khomri pointait publiquement les entreprises Accor et Courtepaille – une chaîne de restaurants propriété d’un fonds spéculatif britannique – pour leurs mauvais résultats en matière de lutte contre les discriminations [1].

 

Logement, emploi, contrôle au faciès : des discriminations fortes

Début mars, les résultats d’un testing mené par des chercheurs du CNRS ont été publiés par le ministère du Logement. Des identités fictives ont répondu à 504 annonces immobilières dans Paris au cours de l’année 2016. Les résultats montrent des discriminations « très fortes » pour les personnes d’origine nord-africaines dans l’accès au logement, encore plus lorsque l’annonce immobilière émane d’un particulier plutôt que d’une agence. Un fonctionnaire avec un nom évoquant une origine maghrébine aura ainsi trois fois moins de chance d’obtenir une réponse positive comparé à un fonctionnaire « d’origine française » avec un revenu similaire [2].

En janvier, un travail mené par le Défenseur des droits auprès d’un échantillon représentatif de plus de 5 000 personnes (une première à l’échelle nationale) pointait cette fois que « 80% des personnes correspondant au profil de “jeune homme perçu comme noir ou arabe” déclarent avoir été contrôlées dans les cinq dernières années (contre 16% pour le reste des enquêtés) ». Ces profils ont donc vingt fois plus de risques d’être contrôlés. Les violences policières concernent aussi particulièrement les jeunes hommes d’origine immigrés [3].

Pourquoi ces discriminations se perpétuent-elles aussi fortement alors que le droit est censé pénaliser toute discrimination à raison de la race, la religion, l’ethnie ou la nation ? « Les pratiques de testing et les études sur les discriminations font exister une réalité invisible dans l’espace public d’un point de vue statistique. Mais pour passer du constat à la lutte contre les causes du problème, il y a une grande difficulté », constate le politologue Abdellali Hajjat, maître de conférences à l’université de Nanterre.

Les campagnes de sensibilisation, par exemple, « renvoient uniquement au racisme de la société civile. Or, les élites politiques véhiculent elles-aussi des discours racistes. Dans ces campagnes, le racisme est pointé comme un fait individuel, moral. Cette posture passe pourtant à côté de la réalité : le racisme est un fait structurel », estime le politologue. Constat similaire du côté de Patrick Simon, socio-démographe à l’Institut national d’études démographiques (Ined) : « En France, on ne considère pas que les discriminations proviennent d’un système. On accuse des acteurs malfaisants d’en être responsables, et qu’il faut rééduquer. » Face à cette redoutable permanence de l’ordre des choses, une nouvelle génération de luttes antiracistes est apparue en France. Cette génération adopte de nouveaux modes d’action et un nouveau vocabulaire – dissociant la « gauche blanche », « non concernée » par le racisme et les « racisés » – qui suscitent bien des débats.

 

De la Marche pour la dignité au Camp décolonial

Les quatre acteurs « historiques » de la lutte contre le racisme sont la Ligue des droits de l’Homme (LDH, créée en 1898 au moment de « l’affaire Dreyfus »), la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra, créée en 1927 face à la montée de l’antisémitisme et des pogroms en Europe), le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap, créé en 1949 par d’anciens résistants et déportés), puis SOS Racisme (fondé en 1984 par des membres et proches du Parti socialiste, à la suite de la Marche pour l’égalité). « L’antiracisme est devenu la norme depuis la Seconde guerre mondiale et le génocide des juifs », relève Nonna Mayer, chercheuse au CNRS. « Cela ne veut pas dire qu’on ne discrimine pas au quotidien mais on sait que le racisme, c’est mal. Des personnes qui n’ont pas le sentiment d’être racistes l’habillent derrière des valeurs égalitaires, féministes ou laïques. Ceux qui n’aiment pas les juifs n’aiment pas non plus les musulmans, les noirs, les Roms – le groupe le plus rejeté », prévient-elle.

Ces quatre structures sont aujourd’hui confrontées à l’émergence de nouvelles figures, issues des luttes de terrain. Parmi elles, certaines polarisent les débats : Sihame Assbague, 30 ans, qui se présente comme une militante antiraciste et très active sur les réseaux sociaux ; Fania Noël, 29 ans, « militante afro-féministe marxiste », et surtout Houria Bouteldja, 43 ans, du Parti des indigènes de la République (PIR), lancé en 2005. Sihame Assbague et Fania Noël ont organisé une Marche de la dignité en 2015 puis en 2017 avec d’autres femmes qui se présentent comme « racisées » – dont Houria Bouteldja. La seconde marche, à laquelle se sont joints plusieurs associations historiques ainsi que des partis de gauche et d’extrême-gauche, a réuni selon nos estimations environ 15 000 personnes à Paris ce 19 mars. Sihame Assbague et Fania Noël ont également organisé en 2016 un camp d’été décolonial « non-mixte », c’est-à-dire réservé aux personnes « subissant le racisme d’État ».

Cette initiative a été présentée par ses détracteurs comme un « camp anti-blancs ». Inédite en France, elle a fait réagir jusqu’à l’Assemblée nationale, la ministre Najat Vallaud-Belkacem et le Premier ministre Manuel Valls. « Au bout de ce chemin-là, il n’y a que le repli sur soi, la division communautaire et le chacun chez soi », avait blâmé la ministre de l’Éducation. « On se demandait ce qu’on pouvait faire pour favoriser les échanges et la transmission, explique de son côté Sihame Assbague. Il s’agissait de se réunir entre personnes vivant une même oppression. La parole est plus simple. Militer avec les non-concernés (par le racisme, ndlr), c’est expliquer à chaque fois que le contrôle au faciès est une réalité, ou que “blanc” est une catégorie sociologique ». Nul “racisme anti-blanc”, assurent-elles – la notion est d’ailleurs disqualifiée par tous les interviewés.

 

Une lutte à construire « en autonomie vis-à-vis du pouvoir »

Comment expliquer la violence de ces réactions ? « Dès que les opprimés s’organisent, il y a une offensive du pouvoir qui a peur de l’autonomie et de l’organisation politique des descendants de l’immigration post-coloniale, commente Abdellali Hajjat. Après la Marche de 1983, l’un des organisateurs, Toumi Djaïdja a été mis en prison pour une affaire à laquelle il n’était pas lié ». « Les dominants ignorent leur statut. Ils ne veulent pas assumer le bénéfice de leur domination et les privilèges qui en découlent, ajoute Patrick Simon. Ici, il y a un rappel à l’ordre avec la réaffirmation des privilèges de la majorité ’’française’’ et blanche ».

Si ces nouveaux acteurs ont émergé et proposent des modes d’action plus radicaux, c’est d’abord parce que leur analyse diffère de celle des acteurs historiques de l’antiracisme. Ceux-ci estiment que le racisme n’émane pas de l’État, que la connaissance de “l’Autre” par des actions de sensibilisation peut l’anéantir. Ils sont plus ou moins liés au pouvoir en place : la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra), assimilée à l’antiracisme historique, était par exemple sous la tutelle du ministère de l’Intérieur avant de se retrouver sous l’autorité du Premier ministre Manuel Valls​. Au contraire, Houria Bouteldja, Sihame Assbague et Fania Noël dénoncent un « racisme d’État ». « Le racisme est un fait structurel, on ne s’attaque pas à des idées ou à des individus », estime la co-fondatrice du PIR. Pour Sihame Assbague et Fania Noël, l’antiracisme doit se construire « en autonomie vis-à-vis du pouvoir ».

 

SOS Racisme : « Ce contentieux historique indépassable »

Une autre différence distingue les associations antiracistes historiques et les nouveaux mouvements : à la question « avez-vous déjà vécu le racisme à titre personnel ? », les représentants de ces organisations répondent, étonnés, « non ». Pour les autres, subir régulièrement diverses formes de racisme semble être d’une évidente banalité. « Le seul espace dans lequel il n’y a pas d’interlocuteurs directement concernés est celui des discriminations ethniques et raciales », détaille Patrick Simon. « Le cadre français empêche l’expression des minorités en tant que telles. C’est ce qui le caractérise. »

Aucune des trois militantes n’a ainsi envisagé de rejoindre SOS Racisme, l’association la plus récente. « Jamais », tranche Houria Bouteldja. « Nous n’avons aucune relation avec eux », indique Sihame Assbague. « Ils défendent leurs intérêts et gagnent de l’argent sur ce que nous subissons », juge Fania Noël, faisant allusion aux subventions perçues par ces associations. La Dilcra a été dotée par le Premier ministre d’un budget de 100 millions d’euros sur trois ans pour mener sa mission, quand des initiatives portées par les personnes concernées ne reçoivent aucun soutien des pouvoirs publics. « SOS Racisme est dénoncé comme le fossoyeur des marches de 1983 et 1984 et le résultat d’une OPA du Parti socialiste sur des mouvements qui émergeaient dans les banlieues. Ce contentieux historique est indépassable », analyse Patrick Simon.

Pour comprendre ce positionnement, il faut également revenir au déclic qui a mené ces trois jeunes femmes dans la lutte antiraciste. L’un des éléments déterminants a été la loi de 2004 contre le port du voile à l’école, pour Sihame Assbague et Houria Bouteldja. Fania Noël cite également « la mort de Zyed [Benna] et Bouna [Traoré] » dans le cadre d’un contrôle de police en 2005, qui a déclenché un soulèvement des banlieues. « Ces événements m’ont poussée à m’interroger sur notre condition en France en tant qu’habitants des quartiers populaires et descendants de l’immigration post-coloniale », explique Sihame Assbague.

 

« Empêcher une alliance entre la gauche et les militants radicaux »

Cette même année 2005, Houria Bouteldja lance L’Appel des indigènes et le Mouvement des indigènes de la République (MIR), avec des personnes impliquées dans des mouvements contre l’islamophobie, les crimes policiers ou la solidarité avec la Palestine. « Puis en 2010, nous avons été une quarantaine à fonder le Parti des indigènes de la République (PIR). Nous nous sommes toujours constitués en tant que mouvement politique », dit-elle, revendiquant 200 militants et sympathisants. Selon la co-fondatrice du PIR, « il y a eu deux ruptures : celle non-dite dans les années 80 des mouvements autonomes. Puis l’officielle de 2005, assumée. »

Ses écrits et interventions suscitent régulièrement de très vives critiques et réprobations, en particulier au sein de la gauche. Exemple ? Répondant sur le site de la revue Vacarme à des textes sur le métissage publiés par le PIR en 2015 [4], les militantes féministes Malika Amaouche, Yasmine Kateb et Léa Nicolas-Teboul accusent : « Il nous semble que le PIR a glissé. Surfant sur les durcissements identitaires, il propose une lecture systématiquement culturelle voire ethnicisante des phénomènes sociaux. Cela l’amène à adopter des positions dangereuses sur l’antisémitisme, le genre et l’homosexualité. Il essentialise les fameux « Indigènes sociaux », les subalternes qu’il prétend représenter » [5]. « Le PIR n’utilise que des catégories politiques et sociales et n’envisage les groupes sociaux que dans leur trajectoire historique et toujours dans une conjoncture donnée », répond Houria Bouteldja [6]. Son livre, Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire (La Fabrique éditions), publié en 2016, a également suscité de nombreuses critiques [7].

 

« L’antisémitisme et l’islamophobie sont les deux faces d’une même pièce »

Mais pour Houria Bouteldja, « plus l’antiracisme politique s’affirme, plus les organisations officielles subissent une perte de leadership. Quand Valls attaque le camp d’été décolonial ou le meeting contre l’islamophobie, il veut intimider la gauche, il ne veut pas qu’il y ait une alliance entre elle et les milieux militants plus radicaux. Idem quand il brandit le spectre du racisme anti-blancs ou de l’islamisme. » Ou encore de l’antisémitisme. « La première opposition majeure entre associations antiracistes s’est produite sur le conflit israëlo-palestinien. Puis la mobilisation contre l’antisémitisme a clivé l’antiracisme, à mesure que les jeunes arabes en ont été rendus responsables, » rappelle Patrick Simon.

Comment les organisations antiracistes historiques appréhendent-elles ces nouveaux débats ? Pour Pierre Tartakowsky, 64 ans, président de la LDH de 2011 à 2015, « la gauche classique a un temps de retard. Notre lecture des débats sur le racisme, de même que sur la laïcité, n’a pas été complète. L’antisémitisme et l’islamophobie sont les deux faces d’une même pièce. La position de la gauche radicale, c’est souvent que les questions de racisme se règleront d’elles-mêmes quand on aura réglé la question sociale. » A l’inverse, certains nouveaux acteurs sont accusés de tout « raciser », évacuant les formes d’oppression sociale qui frappe les catégories populaires quelle que soit leur origine ou leur couleur de peau. « Nous avons des difficultés autour du concept de classe raciale, qui nous semble extrêmement dangereux parce qu’il détourne des rapports économiques de classe », confirme Augustin Grosdoy, 70 ans, co-président national du Mrap depuis une vingtaine d’année.

 

La question sociale d’abord, l’anti-racisme après ?

« Il y a un désamour des gens à l’égard de SOS Racisme, car ils ont beaucoup attendu de nous, et attendent encore, analyse de son côté Blaise Cueco, 25 ans, responsable de SOS Racisme pour la région parisienne et membre du bureau national du mouvement. Au moment de la création de SOS Racisme, la France se trouvait dans une ère antiraciste au sens universaliste. Cette vision était à la mode car elle ne remettait pas en cause la structure du pouvoir économique et médiatique ».

Pour SOS Racisme, qui revendique un millier de sympathisants en Ile-de-France, « les insultes ’’sale blanc’’ et ’’sale noir’’ sont au même niveau ». Blaise Cueco ajoute toutefois que « les injures ont peu d’incidence sur la vie des Blancs ». Et reconnaît « une différence entre le discours de SOS Racisme et ses actes. On est très mauvais en communication », commente-t-il. Pourtant, l’association persiste : pour elle, l’usage des termes “black” et “beur” est daté, mais « pas raciste ».

Si le Mrap et la LDH disent pouvoir travailler avec Sihame Assbague, Fania Noël et Houria Bouteldja – les deux associations soutiennent d’ailleurs la Marche pour la dignité –, il n’en est pas de même pour SOS Racisme. « Elles ne sont pas nos premiers ennemis », commente Blaise Cueco. L’association les qualifie toutefois de « mouvement raciste, car ils clivent sur des questions de couleurs de peau ». Pour Pierre Tartakowsky, ces divisons sont aussi une conséquence de la situation même de la gauche : « Une partie de la gauche et des Républicains porte la tendance xénophobe en l’habillant d’une pseudo-laïcité d’exclusion. Le camp antiraciste est lui-même traversé par ces courants d’idées. »

 

Laïcité, islamophobie, non-mixité : des questions clivantes

« Quand Nicolas Sarkozy était au pouvoir, la gauche blanche partageait nos positions, dit Fania Noël. Puis quand on a dénoncé le fait que le PS appliquait les mêmes politiques, on nous rétorquait qu’on ne comprenait pas. » « La droite a fait voter la loi sur le voile, le PS était pour, la gauche radicale aussi, rappelle Houria Bouteldja. Dans le cadre de l’état d’urgence, il y a eu des perquisitions contre plus de 3 000 familles musulmanes. Ce qui nous a frappé, c’est que la gauche relativement muette à ce sujet s’est soudain réveillée contre la loi El Khomri car, là, ses intérêts étaient visés. Vont-ils comprendre que l’État a réprimé les mouvements sociaux comme il a réprimé ceux de l’immigration ? »

En plus de certains politiques et médias, des associations anti-racistes elles-mêmes attaquent les initiatives des militantes – ce qu’avait aussi expérimenté l’association Les indivisibles fondée par Rokhaya Diallo en 2007. Sollicités, et après de nombreux échanges par mail et téléphone, la Licra et Gilles Clavreul de la Dilcra n’ont pas donné suite à notre demande d’interview. Ce dernier avait déclaré au journal Libération : « Tous les racismes sont condamnables, mais le racisme anti-arabe et anti-noir n’a pas les mêmes ressorts que l’antisémitisme dans sa violence. Il faut être capable de dire la particularité de l’antisémitisme. »

Gilles Clavreul est membre fondateur du Printemps républicain qui indique dans son manifeste : « Seuls les faiseurs et défaiseurs identitaires de tous bords ont tenté de profiter de l’occasion [les attentats] pour faire encore progresser leurs idéologies délétères (…) ». Alain Jakubowicz, président de la Licra, a écrit concernant le camp d’été décolonial : « Prétendre qu’il faut avoir été victime d’une discrimination pour la combattre est une aberration qui [...] établit une ségrégation qui n’a rien à envier aux assemblées du Ku Klux Klan (…) ».

 

Racisme anti-blanc ?

Selon le sociologue Abdellali Hajjat, il s’agit par ce type de discours « de disqualifier les victimes. Accuser de racisme les racisés est une technique classique d’inversion des responsabilités. » « Le racisme anti-blanc n’existe pas en tant que racisme, juge le sociologue Patrick Simon. En effet, pour qu’il y ait un racisme constitué, il faut un système d’interprétation fondé sur la supériorité des uns, et sur l’infériorité des autres. Or, il n’y a pas de pénalité qui soit liée au fait d’être blanc lorsque l’on recherche un emploi, à l’école, ou pour trouver un logement. »

Comment s’explique l’emballement autour de ces "nouveaux antiracistes" ? « Les associations comprennent qu’elles n’ont plus le monopole de la production des idées », pense Fania Noël.​ Ainsi attaquées par des structures institutionnelles et sans aides publiques, les nouveaux acteurs de l’antiracisme développent leur propres outils. « La génération qui émerge assume ses identités multiples et accepte son rôle politique », prévient Sihame Assbague.

Des étudiants organisent ainsi des ateliers Paroles non-blanches à l’université Paris 8 — animés uniquement par des personnes non-blanches mais ouvertes à tous — sur les thèmes de l’école, des violences policières ou encore des médias. Une « formation contre la dévaluation salariale et professionnelle touchant les femmes racisées » a été proposée par Marie Da Sylva, 33 ans, qui vient de fonder Nkali Works, « une agence d’empowerment et de stratégie dédiée aux femmes racisées et leurs problématiques professionnelles ». De con côté, la réalisatrice Amandine Gay a réussi à imposer au cinéma son documentaire Ouvrir la voix, dans lequel elle donne la parole aux femmes noires.

« Nous bénéficions des réseaux sociaux, outil extrêmement puissant qui a démocratisé l’accès à des savoirs, des rencontres et des dynamiques mais on s’inscrit dans la lignée de mouvements à qui on doit beaucoup. Parler de nouvelles figures sert à nous isoler... », insiste Sihame Assbague. Abdellali Hajjat confirme : « Les associations ne sont pas nouvelles, leurs combats non plus. Dans les mouvements des travailleurs arabes dans les années 1970, il n’y avait que des Arabes or ils ne le théorisaient pas ».

D’autres associations et mouvements émergents sont engagés dans la lutte contre des formes spécifiques de racisme, du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) – très critiqué également – au Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), en passant par la Brigade anti-négrophobie ou Almamy Kanouté, éducateur et militant associatif à Fresnes, très présent lors des assemblées de Nuit Debout.

Sihame Assbague réfléchit désormais à « créer une véritable organisation ». Sans subvention, elle a pu accueillir avec Fania Noël près de 180 personnes à leur camp d’été 2016. Elles ont organisé en novembre dernier une formation sur le racisme avec « une quinzaine de participants, majoritairement blancs, venus se former et s’informer sur leur place d’allié et leur fonction ». Invités, les journalistes qui avaient fustigé le camp d’été n’y ont pas assisté. 48 heures après l’annonce d’un second camp d’été en 2017, les places étaient toutes réservées, annoncent-elles. « L’effet pervers de cette visibilité, c’est que les politiques nous visent directement », indiquent Sihame Assbague et Fania Noël.

Warda Mohamed

 

Photos : La Marche pour la justice et la dignité, qui a réunit environ 15 000 personnes à Paris, le 19 mars 2017 / Ivan du Roy

 Du 18 au 26 mars 2017 aura lieu la « Semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme », avec des actions proposées par plusieurs institutions publiques. Voir la carte des événements.

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 20:37

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

François Fillon : 50 000 dollars pour jouer l'entremetteur entre Poutine, un milliardaire libanais et le PDG de Total

 

François Fillon a présenté l'homme d'affaires libanais Fouad Makhzoumi à Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, le 19 juin 2015.

François Fillon a présenté l'homme d'affaires libanais Fouad Makhzoumi à Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, le 19 juin 2015. - Mikhail Klimentyev/AP/SIPA
Nouvelles révélations du "Canard enchaîné" : l'ancien Premier ministre monnayait son carnet d'adresses via sa société de conseil. Il a notamment joué de son entregent auprès du président russe pour la modique somme de 50 000 dollars...

Vous reprendrez bien une petite dose d’affaire Fillon ? Le Canard enchaîné - toujours lui - daté du mercredi 22 mars révèle que le candidat à l’élection présidentielle a joué les entremetteurs pour le compte d’un milliardaire libanais en 2015, moyennant finances. Il a ainsi fait rencontrer Vladimir Poutine et le PDG de Total, Patrick Pouyanné, à l’homme d’affaires Fouad Makhzoumi, à la tête d’un géant mondial de la fourniture de pipelines, Future Pipe Industries (FPI).

Mediapart avait déjà révélé la semaine dernière que Fouad Makhzoumi faisait partie des clients de 2F Conseil, la société créée par François Fillon lorsqu’il a quitté Matignon en 2012. Le Canard, lui, a mis la main sur un contrat signé entre 2F Conseil et Makhzoumi, à la lecture duquel on s’aperçoit que le député de Paris monnayait des entrevues avec les honorables personnalités qui peuplent son carnet d’adresses. Fin 2014, alors qu'il se déplace pour rencontrer les chrétiens d'Orient, il fait ainsi miroiter au businessman libanais des rencontres avec Vladimir Poutine, dont il est proche, et Patrick Pouyanné, qui a été son directeur de cabinet au ministère des Postes et Télécommunications dans les années 90. Promesse tenue le 19 juin 2015, au Forum économique international de Saint-Pétersbourg : François Fillon présente successivement Fouad Makhzoumi au président russe et au patron de Total.

 

Le contrat signé par Fillon quelques jours avant ces rencontres prévoyait une rémunération de 50.000 dollars, versée en deux fois. Le document promettait aussi un intéressement aux bénéfices de la société FPI, mais celle-ci a assuré au Canard enchaîné que l’ancien Premier ministre n’avait rien touché de plus.

 

 

par Louis Hausalter

Journaliste politique

@LouisHausalter

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 20:37

 

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L’enquête Fillon élargie à des faits de « faux et usage de faux » et d’« escroquerie aggravée »

 

Les enquêteurs ont saisi à l’Assemblée nationale des documents laissant penser que les époux Fillon ont pu produire des faux pour justifier les salaires de Penelope Fillon.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

François et Penelope Fillon, le 20 mars, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

François et Penelope Fillon, le 20 mars, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). PATRICK KOVARIK / AFP

Les magistrats ne partagent pas la « pudeur de gazelle » qui s’est emparée, selon le mot de Jean-Luc Mélenchon lors du débat télévisé de lundi 20 mars, des candidats à l’élection présidentielle au sujet des « affaires ».

 

Selon les informations du Monde, le parquet national financier (PNF) a délivré, jeudi 16 mars, un réquisitoire supplétif pour « escroquerie aggravée, faux et usage de faux » aux juges d’instruction en charge de l’enquête sur les époux Fillon – Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau –, ouverte pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d’influence et manquement aux obligations déclaratives.

Cette décision fait suite à une deuxième perquisition menée courant mars à l’Assemblée nationale – une première avait été effectuée par les enquêteurs le 31 janvier dans le cadre de l’enquête préliminaire – et à l’occasion de laquelle de nouveaux documents ont été saisis. Ces feuilles, signées par Penelope Fillon, comportaient différents calculs d’heures travaillées.

Les enquêteurs se demandent si ces calculs ne constituent pas des faux, établis pour justifier a posteriori les salaires versés à l’épouse du député de Paris et conforter la réalité de son travail d’assistante parlementaire. On ignore à qui était destinée cette déclaration d’emploi et à quelle période de sa vie professionnelle ils correspondent.

 

Convocation par les juges le 28 mars

Dans son édition du 22 mars, Le Canard enchaîné ajoute par ailleurs qu’alors que Penelope Fillon cumulait deux emplois à plein temps, entre le 1er juillet 2012 et le 30 novembre 2013, à l’Assemblée nationale et à la Revue des deux mondes, les époux « ont carrément signé une fausse déclaration, certifiant aux fonctionnaires de l’Assemblée que madame ne bossait pas plus d’une trentaine d’heures par mois à la Revue des deux mondes où elle était payée pour 151,67 heures ». Le règlement de l’Assemblée nationale limite à cent quatre-vingts heures le cumul d’emplois pour ses salariés.

Penelope Fillon est convoquée en vue de sa mise en examen le 28 mars par les juges d’instruction, si toutefois, comme pour son époux, son avocat ne demande pas à décaler cette date afin d’éviter le rassemblement des journalistes. « Ce supplétif ne concerne pas exclusivement Mme Fillon », indique une source proche du dossier. Contacté, l’avocat de Mme Fillon, Pierre Cornut-Gentille, s’« indigne des fuites dans la presse » et réaffirme que sa cliente entend réserver ses premières déclarations aux magistrats instructeurs. Le conseil de M. Fillon, Antonin Lévy, n’a pas donné suite à nos demandes.

Le 16 mars, l’enquête avait aussi été élargie à des faits de trafic d’influence en lien notamment avec les activités de François Fillon pour sa société de conseil 2F. Cette société a notamment travaillé pour la holding de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, Fimalac. M. Ladreit de Lacharrière a aussi prêté 50 000 euros, sans intérêts, à l’homme politique en 2013, somme qui a été depuis remboursée, mais n’a pas été déclarée.

 
 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 20:22

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

PHOTOS. Bancs anti-SDF : l'imagination est sans limite

 

 

 

 

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

Depuis quelques jours, la RATP teste de nouveaux bancs dans le métro, à la station Stalingrad. Des bancs à la forme inclinée sur lesquels il est impossible de s'allonger. De nombreux voyageurs y voient un nouveau moyen d'empêcher les sans-abri de s'y installer. La polémique s'est rapidement emparée des réseaux sociaux. "Après avoir retiré les bancs des rues, on s'assure maintenant d'empêcher les SDF de dormir dans les stations de métro", s'est ainsi indigné FrenchAmerican9, l'auteur de cette photo publiée sur Twitter

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

Déjà en 2007, Médecins du monde avait dénoncé les pressions de certaines villes sur les SDF, s’insurgeant contre l’installation de sièges individuels à la place de bancs où il est possible de s’allonger, comme dans le métro parisien où ce type de dispositif semble être devenu la règle.

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

Cette photo prise en novembre 2010 à la station de métro Les Halles à Paris montre les bancs "assis-debout" de la RATP sur lesquels il est impossible de s'installer confortablement.

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

Les sièges-coques utilisés par la RATP à Paris sont un peu plus confortables que les barres mais interdisent tout autant de s'allonger. LA RATP qui se défend de vouloir gêner l'installation des SDF précise tout de même que ces "espaces ne sont pas adaptés à des séjours prolongés et le métro ne peut avoir vocation à devenir un lieu de vie et d'accueil des personnes sans domicile fixe, car rien n'est pensé comme tel".

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

La RATP n'est pas seule en cause, en 2014, c’est Xavier Bonnefont, le maire UMP d’Angoulême, qui avait créé la polémique en faisant grillager des bancs publics situés à proximité de galeries commerciales afin d’empêcher les SDF de s’y installer.

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

Lors d’une manifestation à Toulouse en janvier 2006, des participants avaient scié symboliquement l’accoudoir central de bancs publics afin de protester contre la mise en place de mobilier urbain qui empêche les sans-abri de s’allonger.

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

Les initiatives privées se sont aussi multipliées depuis quelques années, provoquant l'indignation sur les réseaux sociaux. A Toulouse en 2015, cette agence du Crédit agricole a installé un "coussin" d'acier photographié par Kevin Figuier. Objectif affiché : empêcher les sans-abri d'importuner les clients. Face à la polémique, la banque a justifié qu’il ne s’agissait pas d’un banc public mais d’un élément privé du bâtiment.

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

Ces dispositifs anti-SDF provoque régulièrement l'indignation, comme celle de Groume, l'auteur de cette photo qui, en 2010, découvrait cette installation dans sa commune : "Ah, ça y est, mon village s'y met : les aménagements urbains pour virer les clochards, les marginaux et les types qui bougent trop. Aujourd'hui, ce sont les bancs du centre-ville qui se sont retrouvés agrémentés de ce petit machin au centre pour qu'on ne puisse plus dormir dessus", s'insurgeait-il sur Flickr.

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

La ville se barde de piquants pour chasser les SDF. Avec cette "fraternité des fakirs" photographiée en 2010, Petit Louis dénonçait sur Flickr "le discret et bien-pensant scandale des mobiliers anti-SDF" dans nos villes.

Quand le mobilier urbain se transforme en dispositif anti-SDF

Réalisé en 2003 par Gilles Paté et Stéphane Argillet, "le Repos du fakir" dont cette photo est extraite propose le sinistre inventaire de la triste inventivité de nos villes pour pousser au loin les SDF comme l'impose ce banc "assis-debout" de la RATP.

 

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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