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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 16:09

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Des villages du Gard démontrent que l’accueil des réfugiés est possible et vitalisant

 

23 mars 2017 / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)

 

 

Le démantèlement du camp de Calais n’a pas résolu le problème des réfugiés. Par l’intervention d’habitants, d’associations et d’élus, plusieurs petites communes du Gard ont choisi d’accueillir des migrants, originaires d’Afghanistan ou de Syrie. L’accueil est réussi, et pourrait être généralisé à l’échelle du pays.

 

 

  • Le Vigan (Gard), correspondance

En ce dernier samedi de février, Najib reprend les rênes du four à pain communal pour proposer des pizzas, comme il le fait chaque semaine. Une dizaine d’habitants viennent tour à tour. Le froid se fait plus mordant, à mesure que le soleil décline. Les villageois se serrent auprès de la porte du four. Le ciel devient scintillant d’étoiles. Bienvenue à Soudorgues. Une commune des Cévennes de 280 habitants perchée en haut de la vallée de la Salindrenque, dans le département du Gard.

Najib Nasary a bientôt 30 ans. Avant d’être le boulanger du lieu, il a parcouru une bien longue route. De son passé, il ne souhaite plus parler. C’est Wicki Gerbranda, devenue sa mère d’adoption, qui raconte. Orphelin, exilé d’Afghanistan, il a atterri dans la jungle de Calais. Celle de 2009, démantelée par Eric Besson, alors ministre de l’Intérieur sous Sarkozy. Najib et une vingtaine d’autres Afghans ont été transférés au centre de rétention administratif de Nîmes, « menottés comme des criminels », précise Wicki. Ils ont été libérés grâce à la mobilisation citoyenne. La Cimade, association pour le droit des étrangers, est parvenue à ce que la justice reconnaisse l’irrégularité de l’enfermement. L’Entraide protestante de Nîmes a recueilli les jeunes gens. Pour la période de Noël, elle a sollicité d’autres paroisses. Celle de Lasalle, bourg voisin de Soudorgues, a répondu présente. Des habitants volontaires ont été sollicités pour l’accueil et des moments d’échanges se sont organisés. « Nous avons partagé des jeux, des repas, des danses, c’était très fort », se souvient Wicki. Sous le coup d’une obligation à quitter le territoire français (OQTF), les Afghans risquaient l’expulsion. Une nouvelle mobilisation a permis de les régulariser. « 80 lettres de citoyens, avec copie de leur carte d’identité, ont été transmises à la préfecture et on a obtenu le soutien des élus locaux et du député », dit Wicki. Najib va finir par s’installer chez ses « parents d’adoption ». « C’est comme un fiston », confirme Jean-Louis Fine, le compagnon de Wicki, par ailleurs adjoint municipal.

 

Najib Nasary, le boulanger de Soudorgues.

Depuis son installation à Soudorgues, Najib a montré un talent de joueur de pétanque lors de plusieurs concours régionaux. « Depuis un an, je ne joue plus. Je travaille trop. J’aime travailler », confie-t-il. Grâce à un CAP obtenu en 2014, il s’est consacré à la boulange. « Je fais 8 variétés de pain. J’utilise des farines bio. Je pétris tout à la main. Je fais même des pains avec de la farine de maïs ou de riz, sans gluten », dit-il fièrement. Depuis peu, il a obtenu le permis de conduire et investi dans un camion pour proposer ses pizzas au feu de bois ailleurs dans la région. Et il compte bien continuer d’animer le rendez-vous du samedi soir. « Les gens ne se voient pas pendant des mois et ils se rencontrent ici. C’est une bonne chose pour moi », se réjouit-il. Au plus fort de l’été, la réputation des soirées pizzas dépasse Soudorgues. « Les gens font la queue. Des musiciens jouent. Des touristes viennent aussi. Je fais des pizzas jusqu’à une ou deux heures du matin », s’enthousiasme Najib.

 

« La politique d’immigration est pensée sous un angle policier »

Sur les contreforts du mont Aigoual, la commune de Mandagout, 400 âmes, s’illustre de son côté par l’accueil d’une famille syrienne. « On a pris nos responsabilités. Les migrants, qui va les arrêter ? À part tous leur tirer dessus, rien ne pourra les arrêter. Ils ont besoin de venir ici », explique Emmanuel Grieu, le premier adjoint au maire. Début 2015, le groupe local d’Amnesty international a interpelé les municipalités pour encourager l’accueil de migrants. En septembre 2015, le conseil municipal y a répondu favorablement en votant à l’unanimité pour la mise à disposition d’un logement. Les élus se sont alors tournés vers le dispositif dit de « réinstallation », supervisé par les services de l’État. Il consiste à faire venir en France des Syriens résidant dans les pays limitrophes de la Syrie, sous protection du Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU. Ils s’installent alors avec le statut de réfugiés.

Beaulieu, le hameau central de la commune de Mandagout,

où vit une famille syrienne.

Mais la préfecture traînait à répondre à la proposition de Mandagout. « On a rempli trois fois le même formulaire transmis en préfecture, téléphoné chaque semaine pour savoir ce qu’il en était », raconte Emmanuel Grieu. Aucune réponse concrète n’est venue avant le mois de février. « Ne pouvant immobiliser un logement indéfiniment, on s’est posé la question d’abandonner », ajoute Roland Montel, le deuxième adjoint. Entretemps, l’association de citoyens Bienvenue à Mandagout s’est constituée pour contribuer à l’élan. L’association La Clède, qui gère des structures pour migrants, est venue apporter son soutien. Et un nouveau préfet s’est installé le 1er janvier 2016. Fin février de la même année, il réunit Jean-Jacques Brot, le préfet national coordonnateur pour l’accueil des Syriens, avec les maires des communes intéressées. « Nous allons faire de Mandagout une expérience pilote en milieu rural », a alors claironné Jean-Jacques Brot.

La famille Dalli : Bassam, Fatem et leurs quatre enfants se sont installés en avril 2016. Déjà très sollicités par les médias, ils n’ont pas souhaité donner suite à notre demande de rencontre. Bassam s’est pris lui aussi de passion pour la pétanque. « Il était en finale du tournoi intercommunal au milieu des Cévenols avec son t-shirt Mandagout. C’est génial », s’extasie Emmanuel Grieu. En Syrie, Bassam était conducteur d’engins. Un métier qu’il va pouvoir poursuivre, le temps de convertir ses permis, puisqu’il travaille déjà pour une entreprise du BTP au Vigan, la ville voisine. Les trois plus grands enfants, en âge d’aller à l’école, ont rejoint celle de la commune. Une bonne nouvelle pour soutenir les effectifs. « On a 22 enfants dans la classe de maternelle et 20 en primaire. Selon les années, les effectifs fluctuent au risque de faire fermer une classe », explique Roland Montel. Avant l’arrivée des Dalli, quelques habitants étaient inquiets. « Quelques-uns sont venus me voir en disant “pourvu qu’ils ne soient pas de Daech”. D’autres s’interrogeaient sur le fait que la mairie bloque un logement », se rappelle Emmanuel Grieu. « Depuis qu’ils sont là, la vie continue comme s’il ne s’était rien passé. Les enfants du village jouent avec ceux de la famille Dalli comme avec n’importe quels enfants qui se seraient installés ici. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:58

 

 

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Total, ou comment les multinationales sont devenues incontrôlables

 

10 mai 2017 / Baptiste Giraud (Reporterre)

 

 

 

 

Dans « De quoi Total est-elle la somme ? », le philosophe Alain Deneault explique comment la firme pétrolière atteint ses objectifs en jouant habilement avec les législations des différents pays. Des techniques par lesquelles Total et les multinationales deviennent plus puissantes que les États.

C’est un livre « chargé », en dit son auteur — une « somme », comme le signale le titre. Et même une première : aucun travail de synthèse, combinant histoire économique, industrielle, mais aussi accusations, litiges ou condamnations n’avait encore été réalisé autour de cette multinationale, née en 1924 avec la Compagnie française des pétroles (CFP). Pour Alain Deneault, connaître ce passé était pourtant indispensable pour comprendre comment Total fonctionne et d’où elle tire sa puissance. Établir un diagnostic afin de lui opposer des stratégies adaptées, voilà l’ambition de De quoi Total est-elle la somme ? Multinationales et perversion du droit, paru récemment aux éditions Rue de l’échiquier – Écosociété.

Premier problème : comment définir Total ? Est-ce « une société pétrolière française » ? Car elle est constituée de 882 sociétés consolidées, opérant selon 130 législations différentes. Seuls 28 % de ses capitaux sont français, et pour le reste, canadiens, étasuniens, anglais, chinois, qatariens, etc. Elle n’est pas seulement active dans le pétrole, mais aussi le gaz, l’électricité, la pétrochimie, le solaire, les agrocarburants, les lubrifiants, la biomasse, le nucléaire, l’internet des objets ou le bioplastique. Total est donc plutôt une multinationale apatride capable de tirer son jeu d’une multitude de conjonctures, explique l’auteur.

Alain Deneault.

Ensuite son pouvoir : le tire-t-elle bien de comportements légaux en tous points du globe ? « Si nous avons des pratiques illégales, qu’on nous condamne en justice ! » disait son PDG Christophe de Margerie à la presse en 2010. Alain Deneault démontre autre chose. A travers 12 chapitres, il détaille la panoplie de stratégies qu’utilise la firme pour arriver à ses fins « en toute impunité, et ce indépendamment des textes législatifs et des institutions judiciaires, ou grâce à eux ».

« Comploter, coloniser, collaborer, corrompre, conquérir, délocaliser, pressurer, polluer, vassaliser, nier, asservir et régir » : ces 12 verbes d’actions sont illustrés par des histoires avérées où Total tient le premier rôle. Certaines nous sont bien connues : « l’affaire Elf » (corruption à grande échelle de dirigeants politiques) ou celle de l’explosion de l’usine AZF (dans laquelle Total et ses avocats continuent de nier toute responsabilité devant la justice), son implantation dans les anciennes colonies française transformées en enveloppes juridiques grâce aux réseaux de la Françafrique, la pollution à coups de marées noires et d’émissions de CO2, ou encore la délocalisation de ses avoirs ou activités là où la fiscalité est plus lâche.

« La loi qui domine ne sera plus celle des États mais celle du marché » 

D’autres histoires sont moins connues. Deneault rappelle ainsi comment la multinationale a collaboré avec le régime raciste d’Afrique du Sud pendant l’apartheid, en y important, raffinant et distribuant du pétrole. Comment elle a su profiter d’affrontements armés en Angola et en Libye (où l’État français était à la manœuvre) pour conquérir des gisements jusqu’alors inaccessibles.

Dans une Birmanie contrôlée par la junte militaire, Total a « asservi » une main d’œuvre bon marché pour installer une exploitation offshore et un gazoduc : « Quand, dans les années 1990, Total s’engage au pays, tous connaissent la férocité du régime : arrestations arbitraires, détentions massives d’opposants politiques, conditions d’emprisonnement terribles, violence envers les minorités culturelles font entre autres partie de ses pratiques. […] Total ne fera pas que profiter des petites mains qui travaillent pour elle dans un contexte esclavagiste. De par sa présence, son autorité et surtout ses contributions en espèces sonnantes et trébuchantes, elle consolidera, en le finançant, le fonctionnement même de cet appareil répressif. La persistance du régime s’explique par la rente pétrolière et gazière », écrit l’auteur.

En Bolivie, où le gouvernement d’Evo Morales met en place une consultation des communautés autochtones avant l’autorisation d’exploiter, Total « déguisera en concessions faites aux communautés des méthodes de recherche si controversées qu’elle n’aurait jamais eu le loisir de les développer en France. Au passage, les compensations qu’elle propose aux populations autochtones sont dérisoires. Malgré les avancées législatives de La Paz [la capitale bolivienne], presque rien ne contraint Total à respecter la parole populaire dans les faits. » En amont, Total ne manque pas de réaliser des sondages avec les « têtes fortes » locales afin de s’assurer de son « acceptabilité sociale » et de sa « bonne réputation ». Par la même occasion, elle peut « établir un classement pour désigner qui, dans une communauté, représente une menace pour l’entreprise. […] S’il ne s’agit pas de les faire disparaître du décor, on saura à terme qui il faut traîner devant les tribunaux, au pénal pour sédition, au civil pour diffamation, de façon à mettre au ban, voire en prison, les esprits libres ».

Comment une multinationale peut-elle agir de la sorte et rester impunie ? Grâce à son rapport à la loi, répond Deneault. « Il ne s’agit pas, pour des firmes comme Total, de régner sur un mode souverain, à coups de décrets et d’édits, tel un État, mais de transformer le rapport des États à la conjoncture, de façon à ce que le législateur cherche le plus possible à rendre conforme la loi aux rapports de force instaurés par les multinationales, dont la réalité acquerra le statut d’axiome. La loi qui domine ne sera plus celle des États mais celle du marché au sens d’un champ transcendant le secteur public. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:40

 

 

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Droitisation

Comment journaux télévisés et chaînes d’information contribuent à la montée du Front National

 

par

 

 

Comment la télévision biaise-t-elle notre regard sur la société ? Quelle est son influence sur nos choix politiques, en cette période électorale ? Obsession sécuritaire des médias, reportages et micro-trottoirs contribuant à la banalisation de FN, journalistes acquis au néolibéralisme, éditorialistes convaincus de savoir ce que pensent les Français... Samuel Gontier, journaliste à Télérama et animateur du blog « Ma vie au poste », dresse le portrait de ce paysage télévisuel français, fortement droitisé, incapable de prendre du recul sur les idéologies qu’il distille à longueur d’antenne, et se nourrissant de son propre discours.

 

Basta ! : Avec 10,5 millions de voix au 2ème tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen double le score de son père en 2002. Dans quelle mesure la télévision a-t-elle, selon vous, contribué à ce résultat ?

Samuel Gontier [1]. : Depuis 2002, le paysage médiatique a énormément changé, notamment avec les chaînes d’information en continu. BFMTV se vante en ce moment d’être « la chaîne présidentielle » et consacre à peu près 99 % de son temps d’antenne à la politique. D’un point de vue structurel, cela implique énormément de temps dévolu au Front national, à ses idées et à ses personnalités. C’est le cas toute l’année, mais c’est particulièrement flagrant en cette période électorale, surtout durant l’entre-deux-tours : le Front national avait 50 % du temps d’antenne ! Florian Philippot est d’ailleurs souvent caricaturé en reporter de BFMTV, tellement il est présent à l’antenne...

 

À chaque scrutin marqué par une « vague bleu marine », les électeurs du Front national sont abondamment invités à commenter l’actualité. Vous évoquez les reporters rivalisant de micro-trottoirs où colère, frustration, racisme s’expriment librement devant des journalistes compatissants. Quels sont les autres procédés contribuant à la banalisation du FN ?

Lors du second tour des élections, Marine Le Pen a été suivie toute la journée. D’abord à Hénin-Beaumont, où nous avons appris que Steeve Briois est allé lui acheter des baguettes de pain – c’est un vrai changement éditorial par rapport à 2002 ! –, puis en voiture avec des motards, dans son QG, dans son chalet à Vincennes... Nous sommes en permanence dans la « peopolisation ». Autre travers : les interviews psychologisantes de Laurent Delahousse ou quelque fois de Ruth Elkrief, qui s’occupent davantage des motivations psychologiques et des blessures intimes des candidats. L’émission de Karine Le Marchand, Ambition intime [qui interviewe des candidats, ndlr], est aussi emblématique. Nous ne sommes plus du tout dans la politique, ce genre de programme est complètement dépolitisé.

 

Avant le premier tour, la question de l’euro est apparu comme l’angle d’attaque privilégié des intervieweurs sur le FN. D’autres sujets sont en revanche restés tabous, comme ses démêlés avec la justice concernant les assistants du parti au Parlement européen ou les propositions xénophobes du programme de Marine Le Pen. Comment expliquez-vous ce choix ?

Je n’ai pas vu toutes les interviews de Marine Le Pen à la télévision, mais celles que j’ai suivies se focalisaient seulement sur l’angle économique. Il y a deux raisons. L’une est conjoncturelle, mondiale, c’est « l’effet Trump » : les journalistes n’ont pas voulu trop attaquer Marine Le Pen et en faire une martyre des médias du système dominant – comme s’est présenté Trump – au risque que cela lui soit profitable. Il y a aussi eu un effet mécanique : comme ils étaient très favorables à Emmanuel Macron et que cela se voyait beaucoup, ils se sont montrés assez sympathiques avec Marine Le Pen afin d’apparaitre en quelque sorte « impartiaux ». Le piège s’est refermé.

Plus profondément, j’observe une droitisation, non pas seulement du paysage politique français, mais du paysage éditorial français à la télévision. Je ne regarde pas toujours les journaux de TV5 Monde, de France 24 ou d’Arte... mais pour ce qui est des JT, talk shows et chaines d’info, c’est très à droite. On le constate depuis longtemps, mais c’est devenu une évidence au moment du premier tour de la primaire du PS, quand Benoit Hamon est arrivé devant Manuel Valls. Soudainement, Benoit Hamon s’en est pris plein la figure ! On l’a traité d’« extrémiste », de « dadaïste », d’ « utopiste », et quasiment tous les éditorialistes, présentateurs et spécialistes de la politique – pas les invités politiques – ne supportaient pas que quelqu’un soit plus à gauche que Manuel Valls ! Pour eux, c’est de l’extrémisme. Cela s’est vérifié une nouvelle fois quand Jean-Luc Mélenchon a percé dans les sondages quelques semaines avant le premier tour.

Du fait de la droitisation de l’opinion – et des éditorialistes qui y participent largement – le problème raciste ou xénophobe que soulève le programme de Marine Le Pen ne les intéresse pas. C’est en quelque sorte entré dans les mœurs. Pour eux, la sécurité, avec le chômage, est le sujet de préoccupation majeure des Français. Et les sondeurs passent leur temps à le dire sur les plateaux.

 

Le problème est que ces émissions parlant de sécurité commandent elles-mêmes des sondages pour mesurer ce sentiment d’insécurité...

C’est sûr qu’en se trimballant dans les rues ou dans les gares en demandant « vous avez peur ? », la télévision nourrit son propre discours sur la peur. Il est fascinant de voir comment ces éditorialistes, qui n’arrêtent pas de vociférer contre les populistes, prétendent eux-mêmes parler au nom des Français : « les Français veulent que », « les Français ont peur », « les Français préfèrent la sécurité à la liberté »... Ces éditorialistes, coincés toute la journée dans leur studio d’enregistrement, pensent savoir ce que veulent les Français et comment pensent les Français. On arrive au règne de la démocratie d’opinion et à la dictature des sondages ! Ce n’est pas un diagnostic très original, mais la télévision y participe beaucoup. Cela s’est vu encore une fois pendant cette élection puisque BFMTV et CNews parlaient tous les jours de sondages quotidiens. On était vraiment là dans la personnalisation et la course de petits chevaux.

 

Obsession sécuritaire, logorrhée sur les « ennemis intérieurs », diffusion en boucle d’images d’horreur lors des « éditions spéciales »... Les chaines d’information en continu cultivent-elles nos peurs ?

Elles proposent en tous les cas un discours de plus en plus effrayant. Parce qu’elles ont tendance bien souvent à s’adresser d’abord à l’émotion du téléspectateur, plus qu’à sa réflexion. La peur nous invite à rester rivés devant notre télé. Cela tient aussi beaucoup aux experts en sécurité qui sont invités : dès qu’il y a le moindre fait divers – du plus sordide à l’attentat terroriste qui fait des dizaines de morts – des experts issus du monde de la police, de la justice ou de la sécurité, et qui vivent de la sécurité, arrivent sur les plateaux. Ils racontent ce qu’ils font, ils parlent des menaces et des manières de s’en protéger, ils sont toujours dans un discours sécuritaire puisque c’est leur métier.

 

Que vous inspire le cas du reportage de France 2 sur le bar de Sevran présenté comme un lieu interdit aux femmes, largement instrumentalisé par les politiques, alors que la contre-enquête du Bondy blog a révélé la manière dont ce reportage a été bidonné ?

Cela dit quelque chose du JT de 20h de France 2, qui est vraiment un journal à part dans le paysage audiovisuel français : très droitier et extrêmement libéral sur le plan économique. Il fait souvent des sujets très à charge, comme ce sujet sur le bar PMU de Sevran. Ce qui m’a choqué dans ce reportage, c’est que les journalistes et le présentateur David Pujadas ont reproduit le discours d’un grand nombre de responsables politiques – pas seulement de l’extrême droite malheureusement – pour qui le problème de l’égalité entre les sexes relève exclusivement de l’islam et pas de la société.

Il y a un parallèle significatif : peu après, France 2 a diffusé un reportage sur un camp de masculinistes, organisé par des catholiques, qui exclut les femmes [2]. Le discours tenu est absolument effrayant : l’homme doit retrouver sa virilité, les femmes doivent rester à la maison et s’occuper des gamins... Pourtant, là, on ne parle pas du tout d’intégrisme, mais de « question existentielle ».

 

La télévision française souffre-t-elle de xénophobie ?

La question est vaste, difficile d’avoir une vision tranchée ! Mais il y a une propension à faire la différence entre « nous » et « les autres », entre « eux » et « nous ». C’est la loi de la proximité, une vieille loi du journalisme : nous sommes plus touchés par un mort à côté de chez soi, que par cent morts en Inde. Du coup on s’intéresse plus à ce qui est près de chez soi, ce qui est familier, et on a tendance à montrer que l’étranger n’est pas comme nous. Cela passe par de nombreux programmes, notamment les retransmissions sportives qui sont les plus caricaturales. L’émission Rendez-vous en terre inconnue sur France 2 est un autre exemple, qui montre qu’il y a, non pas une xénophobie, mais une certaine méfiance ou, pour le moins, une caricature de l’étranger.

 

A l’inverse, la télévision sait aussi faire preuve d’une xénophilie proche de l’extase lorsqu’il s’agit des États-Unis ou de nos voisins européens, loués pour leur formidable modernité économique et sociale, face à notre pays « impossible à réformer »...

C’est la vision des groupes qui possèdent TF1, LCI, Canal+ ou CNews : ils sont dans une logique néolibérale, c’est normal qu’ils défendent cette vision. C’est plus surprenant pour France 2, mais, comme je le disais, son JT se distingue par son zèle néolibéral. Il est également assez flagrant de voir comment il est difficile, quand on est un économiste hétérodoxe, d’avoir voix au chapitre sur ces chaines – que ce soit BFM, CNews ou France 2, mais aussi sur France 5, dans les émissions C dans l’air ou C à vous.

On a vu pendant la campagne électorale la différence de traitement entre Jean-Luc Mélenchon et François Fillon. La journaliste Ruth Elkrief a qualifié Jean-Luc Mélenchon de « bolchévique » voulant rétablir « l’URSS des années 50 », sans qu’un seul éditorialiste ou présentateur sur le plateau ne le défende. Quelques semaines auparavant, quand François Fillon est accusé d’avoir eu recours à des emplois fictifs, il y avait toujours des gens sur le plateau pour expliquer qu’il y avait une tradition de « trêve judiciaire » avant l’élection, Ruth Elkrief accusant même le rédacteur en chef du Canard enchainé de « distiller du poison dans nos démocraties »... C’est vraiment deux poids deux mesures ! Cela montre bien la droitisation des éditorialistes et des intervieweurs.

Ce qui compte chez les candidats défendus par les médias, c’est leur « ordolibéralisme ». C’est pour cela que les médias ont beaucoup attaqué Marine Le Pen sur l’euro : il n’y avait que ça qui les dérangeait dans son programme ! S’en prendre aux étrangers ou supprimer l’Aide médicale aux étrangers n’empêche pas le petit monde libéral de continuer à rouler tranquille. Ce qui est sous-jacent dans le discours de ces éditorialistes, c’est « plutôt Le Pen que Mélenchon ». C’est ce que j’ai ressenti, même si cela n’est pas exprimé aussi clairement.

 

Pierre Bourdieu voyait dans la télévision « un formidable outil de maintien de l’ordre symbolique ». Vingt ans plus tard, dans Ma vie au poste, vous qualifiez l’idéologie véhiculée par la télévision de « conservatrice, ultralibérale, servile, sexiste, xénophobe, consumériste ». La seule issue, c’est de jeter sa télé ?

Non. Je regarde le tout venant de la télé et le pire de la télé, et je m’amuse à en pointer les pires travers ! Je regarde les programmes de flux – les programmes qui ne sont pas enregistrés longtemps à l’avance, à la différence des documentaires, des séries ou des fictions – les talk shows, JT, chaines d’info en continu, divertissements... Ce qui fait beaucoup de temps d’antenne et qui rassemble beaucoup d’audience malheureusement. Mais il y a plein d’autres choses intéressantes à découvrir à la télévision, comme le récent documentaire d’Arte, Je ne suis pas votre nègre. Il y a aussi de bonnes enquêtes sur France 2, dans Cash Investigation par exemple, qui a le courage de s’attaquer à des sujets difficiles en prime time. On trouve aussi quelquefois des bons sujets et enquêtes, équilibrés et honnêtes, dans les JT. Je regarde le moins bon, mais mes collègues de Télérama sélectionnent aussi les meilleurs programmes pour nos lecteurs. Et il y a des choses qui valent le coup à la télé !

Recueillis par Sophie Chapelle

 

 

Samuel Gontier, Ma vie au poste : Huit ans d’enquête (immobile) sur la télé du quotidien, Éditions La Découverte, 2016.

 

Notes

[1Samuel Gontier a réalisé l’essentiel de sa carrière à Télérama, d’abord comme secrétaire de rédaction de 1996 à 2004, puis comme rédacteur et chroniqueur. Il anime le blog Ma vie au poste

 

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:30

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Débandade

La gueule de bois de la fachosphère

 

Par LIBERATION
 
 
 

Lors du meeting de Marine Le Pen au Parc des expositions, à Villepinte, le 1er mai.

Lors du meeting de Marine Le Pen au Parc des expositions, à Villepinte, le 1er mai. Photo Laurent Troude pour Libération

 

Entre colère, dépit et recherche de bouc émissaire, les militants frontistes se cherchent et se défoulent après la défaite de Marine Le Pen.

 

On avait déjà vu les militants FN déçus le soir du débat de Marine Le Pen contre Emmanuel Macron. Dès l’annonce des résultats et des moins de 35% récoltés par la candidate FN, ils n’ont pas hésité à faire part de leur amertume… et de critiques bien senties.

Pierre Sautarel, le fondateur du site d’extrême droite Fdesouche, voit d’abord dans ce résultat les limites du combat uniquement politique. «La leçon : arrêtons de faire reposer le salut de la France uniquement sur une hypothétique victoire politique et bougeons-nous les fesses», tweete-t-il, quatre minutes seulement après les résultats. Parmi ses propositions, «créer des associations, faire du lobbying, mener des combats juridiques contre ceci ou cela, faire de l’entrisme etc.». Bref, continuer et soutenir son travail sur Fdesouche, écrit-il en filigrane.

 

C'est super de critiquer les médias, etc... mais qd un site vous défend et vous informe vous ne l'aidez même pas https://twitter.com/FrDesouche/status/861294725403475968 

 

«Bataille des idées»

Une autre critique du Front national pointe, dans ses tweets : «On a gagné la bataille des idées, le problème désormais ce sont les ressources humaines…»

Encore plus révélateur que l’amertume de Pierre Sautarel ? Les très nombreuses réponses à ses tweets, particulièrement virulentes envers le Front national. «Marine est apparue comme une coquille vide au débat. Les gens n’oublieront pas. Elle doit laisser Marion Maréchal-Le Pen prendre le relais», lui répond l’un. «Surtout dégageons le FN et constituons un parti compétent», abonde un autre. «Je suis d’accord il y a beaucoup à faire et une véritable introspection de la part du FN qui doit changer TRÈS profondément et rapidement», poursuit un troisième.

Et même quand Fdesouche tente de consoler ses troupes, les critiques continuent à fuser. «Si ça peut vous consoler, quand j’ai commencé à militer, on était très satisfait quand le FN faisait 15%», assure ainsi Sautarel. «À l’époque le FN ne proposait pas un programme éco débile. Qu’ils aillent se faire foutre», lui répond un membre autoproclamé de la fachosphère. «C’était un vrai FN à l’époque ! Pas un FN frelaté», abonde un autre «patriote», qui se définit pourtant comme pro-FN.

 

«J’en suis déçu»

Fdesouche et ses fans ne sont pas les seuls à être dépités et-ou à en vouloir frontalement au FN. «J’ai tellement honte», tweete ainsi le compte de soutien à Marine Le Pen «@Messsmer» à l’annonce des résultats. Sans qu’on sache s’il parle de son propre parti, ou de son pays. Mais quelques minutes plus tard, il retweete le youtubeur fétiche de la fachosphère «Raptor dissident», et précise du même coup sa pensée : «[Le FN] c’est un parti de fiottes. Ceux qui aiment la France se font insulter par ce parti salopé et sa chef qui n’sait que porter des jupes et glousser.» Ce même youtubeur retweete un électeur de longue date du FN qui se dit dépité : «Le FN est mort et pour avoir voté pour eux pendant plusieurs années, j’en suis déçu, aucunes couilles dans ce parti.»

 

Il faut en finir avec le FN. Ses électeurs doivent le boycotter et abandonner la femme grossière et incapable qui le représente.

@RaptorDissident Exactement, le FN est mort et pour avoir voté pour eux pendant plusieurs années, j'en suis déçu, aucune couilles dans ce parti.

Sur le forum 18-25 de Jeuxvideos.com, une ligne de fracture commence à apparaître, grâce aux partisans FN qui se déchirent sur les responsables de cet échec. «La bonne nouvelle dans tout ce merdier, c’est que, comme je l’attendais, c’était le coup de grâce pour Philippot, homme de gauche qui a sabordé le Front depuis des années maintenant», lance un premier internaute. «C’est pour ça que j’ai voté Macron, marre de la ligne sociale-étatiste du FN, ça leur apprendra», abonde un second. Mais pour d’autres, c’est au contraire la ligne ou l’attitude de Marine Le Pen qui ont empêché le parti d’extrême droite de l’emporter : «C’est Marine qui a mené le FN dans le mur, sans Philippot elle aurait fait 13% au premier tour

Enfin, entre le dépit et la colère, un autre membre éminent de la fachosphère a trouvé une troisième voie. Le Hérisson Dissident l’a ainsi annoncé : «Je vais disparaître pour une durée indéterminée.»

LIBERATION

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:14

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

Ni-ni

Près de 9% de votes blancs et nuls : du jamais vu

 

Par Aurélie Delmas
 
 
 

Dans un bureau de vote parisien, le 23 avril.

Dans un bureau de vote parisien, le 23 avril. Photo Martin Colombet. Hans Lucas pour Libération

Le nombre de votes blancs a atteint des sommets ce dimanche. Le mouvement des ni-nistes, refusant de voter pour l'extrême droite mais aussi pour Emmanuel Macron, considéré comme un ultralibéral, a visiblement fait des émules.

 

8,8% des inscrits selon les premières estimations. Les votes blancs et nuls ont atteint, ce dimanche 7 mai, un score inédit. Vote utile ? Abstention ? Vote blanc ? Les électeurs (notamment de gauche) ont été tiraillés pendant les deux semaines de l’entre-deux-tours pour savoir quelle option choisir ce dimanche. Manifestement, une bonne partie d’entre eux a finalement refusé de choisir pour ce second tour de l’élection présidentielle, l’abstention dépassant les 25% et les votes blancs et nuls explosant. 4,2 millions d’électeurs sur les 47,6 millions d’inscrits sur les listes électorales ont décidé de voter, mais de ne choisir ni le Front national, ni En marche. «Un niveau historique», comme l’a noté l’institut de sondage Ipsos. Le président nouvellement élu, Emmanuel Macron, devra tenir compte de cet avertissement.

A lire aussiVote blanc, histoire d’un bulletin toujours invisible

 

Petit historique

Au premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril, 659 997 bulletins blancs ont été recensés, soit 1,79% des suffrages exprimés. En comptant le vote nul, on atteignait 2,58%. C’est, dans les deux cas, moins que Nicolas Dupont-Aignan et ses 4,61% mais plus que Jean Lassalle, qui avait atteint 1,19% des voix. Et c’est surtout beaucoup moins que les scores des votes blancs et nuls du second tour.

 

A lire aussi Des candidats au centre de toutes les abstentions

 

En 2012, ce sont 5,8% des électeurs qui ont refusé de choisir entre Nicolas Sarkozy et François Hollande en votant blanc ou nul (ces deux types de votes n’étant pas dissociés dans les comptes de l’époque). Un score quasi-équivalent à 2002 (Chirac-Le Pen), alors que les adeptes du vote blanc ou nul avaient représenté 5,84% de l’électorat. Ce chiffre était monté jusqu’à 5,97% lors du second tour de 1995, qui avait opposé Jacques Chirac à Lionel Jospin.

 

A lire aussi Macron, une victoire sous pression

 

Le taux avait été bien plus faible en 1974 et 1981 : 1,34% pour l’élection opposant Mitterrand et Giscard d’Estaing, 2,88% lors de l’élection du premier président socialiste de la Ve République, François Mitterrand contre le même «VGE». En remontant plus loin, on peut noter qu’en 1969, pour l’élection de Georges Pompidou qui a pris la suite de Charles de Gaulle, les votes blancs et nul ont atteint le pic de 6,4% des votants.

Avec près de 9% des voix distribuées à aucun des deux candidats présents au second tour, les électeurs ont, ce dimanche, envoyé un message sans équivoque à Emmanuel Macron.

Aurélie Delmas

Retrouvez les résultats de la présidentielle par ville et par département et tous les résultats des scrutins précédents.

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 16:30

 

 

 

Source : https://www.franceinter.fr

 

 

Contre le Front National, Greenpeace accroche une banderole à la tour Eiffel

 

 

 

Des militants de Greenpeace se sont suspendus depuis le premier étage de la Tour Eiffel, à Paris, vendredi matin, afin d'y déployer une grande banderole contre le Front National.

Banderole de Greenpeace sur le premier étage de la Tour Eiffel, à Paris, vendredi matin, avec les mots "Liberté, Égalité, Fraternité #Resist"

Banderole de Greenpeace sur le premier étage de la Tour Eiffel, à Paris, vendredi matin, avec les mots "Liberté, Égalité, Fraternité #Resist" © Radio France / Eric Damaggio

 

Six militants de Greenpeace se sont suspendus depuis le premier étage de la Tour Eiffel, à Paris, vendredi matin, afin d'y déployer une grande banderole reprenant, en lettres noires sur fond jaune, "Liberté, Égalité, Fraternité #Resist".

La banderole de Greenpeace sur la Tour Eiffel

La banderole de Greenpeace sur la Tour Eiffel © Radio France / Eric Damaggio

 

Plusieurs camions de police étaient sur place. La banderole fait 300 mètres carrés de superficie. Elle est suspendue à environ 50 mètres de haut.

 

Contre la montée des nationalismes

 

Selon le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, il s'agit pour l'ONG de mettre en garde les Français "contre la montée des nationalismes et des autoritarismes" et de souligner que ces valeurs, la devise de la République française, sont "menacées par le projet du Front national."

Plusieurs membres de Greenpeace suspendus en ce moment à la Tour Eiffel pour installer une banderole anti FN

"Ces valeurs, elles sont menacées par le projet du Front national, elles sont menacées d'exploser si demain Marine Le Pen arrive au pouvoir, a dit Jean-François Julliard :

On voulait dire qu'on est contre la montée des nationalismes, des autoritarismes, en France aujourd'hui mais dans d'autres pays aussi

"Ils vont rester le temps nécessaire pour que ce message passe", a ajouté Jean-François Julliard à propos des six militants de Greenpeace toujours suspendus à la Tour Eiffel. Trois militants ont ensuite été placés en garde à vue. Selon le préfet de police, cette action révèle des "dysfonctionnements dans le dispositif de sécurité de la Tour Eiffel".

 

La banderole est en place à 50 mètres de haut

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 15:40

 

Info reçue par mail

 

 

 

CONTRE L’ETAT D’URGENCE!

 

 

 

NON A LA REPRESSION

 

DU MOUVEMENT SOCIAL

 

 

 

Depuis plusieurs années, l’état, le gouvernement et son allié le patronat, renforcent leurs moyens législatifs  et répressifs contre celles et ceux qui vont à l’encontre de leurs intérêts.Etat d’urgence, licenciements de syndicaliste dans les entreprises, condamnation de manifestant-es, chasse aux sans-papiers, violences policières sont le lot quotidien de ceux et celles qui résistent.

 

les exemples de ces dernières années ne manquent pas:

 

Laurent Théron syndicaliste à SUD Santé, a perdu son œil lors d’une manifestation contre la loi Travail.

 

Le jeune Théo a été victime d'un viol, en février, lors de son interpellation.

 

Condamnations à des peines de prison et amendes pour des syndicalistes (les 8 de Goodyear d'Amiens entre autre).

 

Saccage des locaux syndicaux de la CNT à Lille par la police.

 

D'autres sont assigné-e-s à résidence pour les empêcher de participer à des manifestations, rassemblements interdits, sans parler des poursuites judiciaires à l’encontre des militant-e-s du mouvement social (1800 procédures sont en cours)...

 

Ajouter à cela, la violence sociale que nous subissons toutes et tous,exercée à travers des lois patronales (EL Khomri, réformes de l’UNEDIC, Pacte de responsabilité etc...).

 

Pour assoir leurs mesures antisociales, les dirigeantscherchent à pratiquer la politique de la peur, celle du «diviser pour mieux régner»:

 

Les Roms «voleurs de poules», migrant-es «qui mangent notre pain et prennent notre travail», musulman-es «qui se radicalisent», chômeur-euses «assisté-es et fainéant-es», jeunes «délinquant-es ou casseurs de manifestation», ouvrier-es «terroristes séquestrant leurs patrons», fonctionnaires «trop coûteux et privilégié-es» ou grévistes «prenant le peuple en otage» etc.

 

VICTIMES DES VIOLENCES POLICIERES,

 

PATRONALES, RACISTES ET SOCIALES,

 

NOUS AVONS UN SEUL ENNEMI: LE CAPITALISME.

 

 

Nous appelons l’ensemble de la population, à venir se mobiliser pour la défense des

libertés publiques, celles d’aller et venir, de manifester, du droit de grève... Bref cette liberté d'expression à laquelle les politiques se disent être attaché quand ils

sont sous le feu médiatique, et qu'ils bafouent par derrière.

 

 

RASSEMBLEMENT SAMEDI 06 MAI A 17H00

 

RDV PLACE DE L’ESPLANADE

 

 

Le collectif gardois «Nos droits contre leurs privilèges» rassemble les organisations syndicales et associatives: APTI, ATTAC 30, CNT 30, DAL 30, EAU BIEN COMMUN, NUIT DEBOUT, SOLIDAIRES 30, SUD SANTE-SOCIAUX 30, USP 30

 

 

Retrouvez les actions locales et nationales sur www.nosdroits.org

 

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 16:24

 

 

Source : https://npa2009.org

 

 

Tati : Comment se débarrasser de ses salariéEs au coût le plus bas...

 

 

 

Crédit Photo: 
La liquidation totale des salariéEs aussi ? DR

L’emploi de 1 700 salariéEs de Tati est de nouveau menacé après la déclaration de cessation de paiement faite par le groupe Eram dont il est la propriété depuis 2004 et la procédure de redressement judiciaire qui devrait suivre dans la semaine...

Fondée en 1948 par Jules Ouaki à Paris, l’enseigne est en difficulté depuis l’arrivée de H&M, Zara, Kiabi et la multiplication des solderies en périphérie des villes.

La direction du groupe affirmait il y a un mois que Tati n’avait plus aucune dette, mais elle prétend aujourd’hui que la dette cumulée de l’entreprise se monterait à 5,7 millions d’euros sur trois mois. En fait, la procédure pourrait être un bon moyen pour le groupe Eram de se débarrasser le plus rapidement possible de l’enseigne Tati et de ses salariéEs, en vendant à toute vitesse sans apporter aucune garantie sociale aux salariéEs. Ainsi il n’assure même pas le versement des salaires pour le mois d’avril, les renvoyant à la charge des AGS tout en faisant payer par l’État le coût des 700, si ce n’est plus, licenciements (directs) envisagés...

 

La grande braderie...

Le groupe veut ainsi s’exonérer de sa responsabilité sociale à l’égard de ses salariéEs qui compte tenu de leur âge, de leur forte ancienneté et le contexte économique actuel, auront des difficultés à retrouver un emploi.

Pour l’heure, seul Gifi a dévoilé le 21 avril dernier qu’il était prêt à reprendre « 110 des 140 magasins Tati », dont ceux situés dans le quartier de Barbès à Paris, avec la promesse de « sauver 1 200 emplois directs ». Trois autres candidats sont connus : Centrakor, Stokomani et la Foir’Fouille. Ces trois discounters se sont alliés pour pouvoir reprendre ensemble une centaine de points de vente.

La CGT Tati réclame la mise en place de négociations immédiates avec la direction du groupe Eram pour la sauvegarde de tous les emplois, et appelle les salariéEs à se mobiliser ces prochains jours... À suivre.

Correspondant

 

 

 

Source : https://npa2009.org

 

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 15:06

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

La loi Macron, nouvelle brique qui éloigne les salariés des prud’hommes

 

Par Manuel Jardinaud et Dan Israel
 
 

L’entrée en vigueur, l’été 2016, du volet de la loi Macron consacré aux prud’hommes entraîne des interrogations sur la chute des saisines par les salariés ou les chômeurs observée dans plusieurs villes. Des avocats en droit social sont vent debout contre les nouvelles procédures, qui compliquent fortement l’accès aux juges. 

Ce sont des mots qui sonnent comme une ritournelle lorsque l’on parle de la justice : engorgement, congestion, saturation. Des termes qui qualifient notamment les conseils de prud’hommes (CPH). Il y a en France 216 de ces « tribunaux » de proximité, où la justice est rendue par des juges non professionnels, issus des organisations syndicales et patronales, sur les contentieux qui opposent salariés et employeurs. Depuis des années, à l’instar d’autres juridictions, ils croulent sous les dossiers. Certes, selon les territoires, les différences de traitement peuvent être fortes, mais la moyenne du parcours d’un dossier reste excessivement élevée.

 

Selon le rapport de la mission de soutien et d’accompagnement à la réforme de la justice prud’homale, remis au premier ministre le 19 avril 2017, « la durée moyenne des affaires traitées au fond étaient en 2016 de 21,9 mois et […] il est exceptionnel qu’un conseil de prud’hommes traite les affaires en moins de neuf mois ». Celui de Nanterre pulvérise les records avec une durée globale de 31,3 mois en 2016, quand celui de Saint-Omer réussit l’exploit de boucler un jugement au fond en 8 mois.

 

Le rapport d’où sont tirés ces chiffres tombe à propos. Il fait le point sur une réforme passée relativement inaperçue dans le cadre de la loi Macron d’août 2015, grand fourre-tout économique et social du quinquennat de François Hollande. Il s’agissait notamment, pour le volet concernant cette juridiction, de « réduire les délais de jugement et les taux d’appel excessivement élevés », selon l’exposé des motifs présentés à l’époque. Un bien bel objectif. Sauf que certains tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme sur les conséquences de cette réforme. C’est le cas d’Anne Dufour, présidente (CFDT) du CPH de Paris. Le 28 avril dernier, elle dénonçait sur France Inter une chute de 40 % du nombre de saisines devant les conseils de Lyon et Paris entre août et décembre 2016. Le président du CPH de Lyon, Bernard Augier (CGT), indique à Mediapart avoir plutôt observé une baisse de l’ordre de 20-25 % entre août 2016 et février 2017.

 

Une évolution qui rebute les salariés

Malgré la divergence de chiffres, le constat est identique. Selon les deux syndicalistes à la tête de ces juridictions, nombre de salariés renoncent désormais à leur possibilité de saisine à la suite de la complexification de la procédure. Avec le décret du 20 mai 2016, chaque personne doit désormais remplir un formulaire de six pages détaillant « les événements liés au litige » et les « demandes chiffrées », ainsi qu’écrire un « exposé sommaire des motifs », accompagné des pièces nécessaires. Avant la loi, qui est réellement entrée en vigueur en août dernier, un salarié ou un chômeur se contentait de saisir le CPH très simplement (en cochant quelques cases dans un document) et pouvait constituer son dossier, accompagné ou non d’un avocat, jusqu’au jour de l’audience.

 

« Ce changement rebute les salariés, pas tous armés quand ils n’ont pas d’avocat », constate Frédéric-Paul Martin, conseiller prud’homal CFE-CGC au CPH de Paris. « Ce décret nécessite de saisir par voie de requête motivée, ce qui est loin de la simplification présentée », détaille l’avocat en droit social David Métin. En clair : il faut désormais monter, documenter et rédiger un dossier presque aussi complet que lorsque l’on se présente devant les conseillers le jour de l’audience. Une gageure pour un individu isolé.

 

De nombreux avocats spécialisés dans la défense des salariés sont vent debout contre cette nouvelle procédure. « Rien que pour nous, c’est déjà un casse-tête, alors imaginez pour un salarié, déplore Lilia Mhissen, qui défend notamment la CGT d’Air France. Motiver en fait et en droit, c’est plus compliqué que de remplir des cases. C’est un vrai bazar, un vrai cauchemar. »

 

« Il est évident qu’il y a une baisse des saisines, cela se voit à l’œil nu quand on se rend au conseil des prud’hommes », ajoute Rachel Saada, avocate spécialisée très expérimentée. Elle dénonce une fracture qui s’établit entre les cadres, souvent conseillés et mieux à même de comprendre le dispositif, et les plus précaires. Sa consœur Isabelle Taraud témoigne, elle aussi, de la baisse de fréquentation des CPH : « En février, la dernière fois que je suis allée au CPH de Créteil, il y avait énormément moins d’affaires en audience que d’habitude, seulement quatre contre dix à douze habituellement. » L’avocat David Métin évalue la baisse d’activité des cabinets spécialisés à environ 30 % depuis huit mois, même s’il reconnaît être lui-même moins impacté par cette tendance.

 

Rachel Saada, très critique contre la réforme, observe le même mouvement : « Financièrement, ça devient compliqué. Les cabinets spécialisés sont des microstructures, avec peu de trésorerie. Même pour mon cabinet, je commence à être inquiète. La nouvelle procédure empêche de constituer les dossiers au fil de la procédure, et est plus pointilleuse. Non seulement le client doit nous payer d’un coup, lorsqu’on ouvre la procédure, mais en plus nous devons augmenter nos tarifs. » Elle dénonce ainsi un double mur érigé par la loi Macron – l’un lié à la procédure, l’autre à l’argent –, qui pénalise les plus fragiles...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 13:41

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

Nucléaire : des militants de Greenpeace « coupables » mais dispensés de peine face à EDF

 

Le TGI de Paris a jugé qu’« aucune dégradation » n’avait été commise lors d’une opération de tagage du siège parisien de l’énergéticien, en décembre 2016.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

A Paris, devant le siège d’EDF, le 14 décembre 2016.

A Paris, devant le siège d’EDF, le 14 décembre 2016. MARTIN BUREAU / AFP

Quatre militants de Greenpeace ont été déclarés coupables mais ont été dispensés de peine par la 28e chambre correctionnelle du TGI de Paris, jeudi 4 mai, dans un dossier de « dégradation grave commise en réunion » les opposant à l’énergéticien EDF.

« Aucune dégradation n’a été commise », a jugé le tribunal, qui a requalifié la prévention en contravention de « dégradation légère par inscription », déboutant EDF de toutes ses demandes en réparation des préjudices matériel ou moral allégués.

A l’aide d’une bombe aérosol à craie de couleur jaune, les prévenus – trois Français âgés de 25 à 50 ans et un Belge de 64 ans – avaient apposé plusieurs fois la mention « EDF coule » sur la façade vitrée du siège du groupe énergétique, dans le 8e arrondissement de Paris. Leur action s’inscrivait dans le cadre de la campagne menée par Greenpeace France pour dénoncer la politique et l’état des finances d’EDF.

Fin novembre 2016, l’ONG avait déposé une plainte contre EDF au Parquet national financier pour « bilan inexact » et « diffusion d’informations trompeuses ». Selon l’organisation, qui s’appuie sur les résultats d’une étude commandée à un cabinet d’analyse financière, l’entreprise sous-provisionne une partie du coût de démantèlement des centrales et de la gestion des déchets nucléaires.

Bombe à craie

A l’audience, le 23 mars, les quatre militants avaient reconnu avoir « tagué la vitre du siège d’EDF » le 15 décembre 2016. Soulignant le caractère facilement effaçable de la bombe aérosol à craie utilisée, ils avaient, en revanche, contesté la qualification pénale de « dégradation grave » qui les exposait une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement puisque les faits avaient été commis en réunion.

Lors d’une simulation à l’audience, leur conseil, Me Alexandre Faro, avait démontré, à l’aide d’une bombe aérosol identique à celle utilisée le jour des faits, que les inscriptions étaient effaçables d’un simple coup de chiffon. Il avait plaidé la relaxe, mais le parquet avait requis 800 euros d’amende à l’encontre de chacun des prévenus.

De son côté, EDF avait réclamé un total de 7 194 euros pour les préjudices subis : 6 194 euros pour couvrir les frais de services d’une société de nettoyage spécialisée, sur la seule foi d’un devis établi cinq jours après les faits, un montant d’heures supplémentaires versé à des salariés d’EDF ayant supposément prêté main-forte à ladite société, et des frais de déblayage d’objets abandonnés sur les lieux par Greenpeace… lors d’une autre action menée la veille des faits. Au titre du préjudice moral, l’entreprise demandait également 1 000 euros pour l’atteinte à sa réputation pouvant résulter des inscriptions. Le tribunal a rejeté ces demandes.

Lire aussi :   Fessenheim : colère des antinucléaires, satisfaction localement

La dispense de peine permet de ne pas infliger de sanction à un prévenu tout en le déclarant coupable des faits qui lui sont reprochés lorsque celui-ci a pris conscience de la gravité de son acte, que le dommage a été réparé et que le trouble a cessé.

Dans un communiqué consécutif au prononcé du jugement, Greenpeace France s’est réjoui de cette décision. « S’il y a des dégradations graves, elles sont sur les réacteurs du parc nucléaire français qui sont vérolés par des centaines d’anomalies, a déclaré l’ONG. EDF ainsi qu’Areva sont en effet empêtrés dans un scandale d’anomalies et de falsifications depuis plus de dix ans, selon les récentes révélations de la presse. »

L’organisation a fustigé l’énergéticien pour sa propension à « poursuivre systématiquement toute action militante, en tentant de lancer des procédures bâillons ». Ce type de poursuites est de plus en plus utilisé par les entreprises pour « museler » militants et opposants, autant que pour les épuiser psychologiquement et financièrement.

 
 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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