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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 17:36

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Emmanuel Macron veut réécrire la régulation financière

 
Par martine orange

 

 

 

Se rangeant aux côtés des banques et des assurances, le candidat d’En Marche juge que les règles prudentielles sont trop contraignantes. Il souhaite à l’avenir que ce soit les ministres des finances et non les régulateurs qui les déterminent. Un premier pas pour effacer toutes les leçons de la crise financière.

 

 

 

 

S’il y avait encore un doute sur le positionnement d’Emmanuel Macron, il vient de le dissiper : il se place ostensiblement du côté de la finance. Tandis que l’attention de l’opinion publique est captée par le feuilleton quotidien de la droite, il avance discrètement ses propositions. Et quelles propositions ! Il ne s’agit rien de moins que de remettre en cause la régulation élaborée après la crise financière de 2008. Comme Trump, il propose de réécrire ces règles contraignantes. Au nom de l’économie bien sûr.

L’auditoire devant lequel il a émis cette idée lundi n’était sans doute pas prêt à aborder un tel sujet : Emmanuel Macron avait été alors invité à débattre avec les chefs d’entreprise de la CPME (ex-CGPME), comme le seraient avant et après lui Marine Le Pen et François Fillon le même jour. Alors que les petits patrons attendaient sans doute un discours plein de bonnes intentions en faveur des PME, le candidat d’En marche s’est brusquement emparé de la question réglementaire des banques et des assurances.

Emmanuel Macron débat à la CMPE, lundi 6 mars © Bactiactu

Emmanuel Macron débat à la CMPE, lundi 6 mars © Bactiactu

 

Ses propositions sont simples : il veut reprendre la main sur la régulation financière. Pour lui, les régulateurs ont des positions beaucoup trop rigides, voire dogmatiques. Il vaudrait bien mieux que cette tâche prudentielle soit confiée aux ministres des finances européens. Ils seraient beaucoup plus à même, selon Emmanuel Macron, d’établir les ratios prudentiels (Bâle 2 et 3 pour les banques, Solvency 2 pour les assurances) qui fixent le niveau de fonds propres pour les banques et les assurances. « Ce que je souhaite, c'est que les grands ratios de solvabilité de liquidité et de fonds propres des banques et des assurances puissent être discutés au niveau européen à l'Ecofin chaque année et qu'on en fixe, avec des objectifs de financement économique, les grandes règles », a expliqué Emmanuel Macron.

Le candidat d’En Marche juge que ces règles sont trop contraignantes, et finissent par être plus néfastes que bénéfiques pour l’économie. En tout cas, elles ne sont pas du tout « adaptées à la France », selon lui. « Nous nous sommes fait avoir », a-t-il assuré. Les règles prudentielles des établissements financiers « touchent beaucoup les économies comme les nôtres qui n'étaient pour rien dans l'origine de la crise ». « Les instances prudentielles veulent de la prudence, donc elles n'ont qu'un objectif de réduction du risque et donc elles ont désincité (sic) les banques et les assurances à financer l'économie », a-t-il regretté.

L’argumentation n’est pas nouvelle. Elle est développée depuis des années par les banquiers et les assureurs, en guerre contre toutes les régulations financières qui leur ont été imposées après la crise financière. Tous mettent en avant le prétexte du financement de l’économie pour obtenir l’assouplissement voire l’annulation de ces règles, qui encadrent plus strictement leurs engagements. Dans les faits, ces dernières ne semblent avoir guère gêné la distribution de crédit. Selon les statistiques de la banque de France, le volume de crédit accordé aux entreprises non financières a augmenté de 4,8 % en rythme annuel, fin janvier, ce qui est en phase avec une économie qui croît d’à peine 1 % par an.

Pour les chefs d’entreprise, le problème de toute façon n’est pas là. Les difficultés actuelles qu’ils rencontrent ne sont d’ailleurs pas liées à l’accès au crédit, mais au flou sur l’avenir. Ce sont les carnets de commandes, l’augmentation des débouchés, de la consommation qui les incitent à investir, à se développer et pas le crédit. En gros, des questions de demande et non d’offre.

Jusqu’à présent, les banques françaises ne semblent pas avoir pâti non plus des nouvelles règles qui leur sont imposées. Alors que leurs concurrentes comme Unicredit en Italie ou Deutsche Bank en Allemagne sont en train de procéder à des augmentations de capital qui se chiffrent en dizaines de milliards pour restaurer leur bilan, elles se classent parmi les établissements financiers les plus profitables en Europe. BNP Paribas a affiché un résultat net de 7,7 milliards d’euros en 2016, AXA de 5,8 milliards d’euros, la Société générale de 3,9 milliards, le Crédit agricole de 3,5 milliards. Des résultats qui les placent en tête du CAC 40.

 

 

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Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 17:13

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

Entretien

Transparence des lobbies : ce décret du gouvernement qui risque d'affaiblir la loi

La première version du décret d'application de la loi Sapin II paraît affaiblir la loi.

La loi Sapin II sur l'encadrement du lobbying prévoit la création d'un registre numérique des représentants d'intérêts. Sauf que le projet de décret, qui a fuité dans la presse, menace de rendre cette disposition inconsistante... Explications avec Elsa Foucraut, chargée du plaidoyer pour Transparency France, ONG de lutte contre la corruption.

 

La loi Sapin II sur l'encadrement du lobbying a été promulguée le 9 décembre dernier. Elle prévoit la création d'un registre numérique des représentants d'intérêts auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), afin de permettre aux citoyens d'apprécier le cheminement des décisions publiques. Une avancée démocratique ? Pas si vite... Les modalités de publication de ce registre restent à préciser, via un décret du Premier ministre qui sera prochainement signé. Or, une première version du texte a récemment fuité dans le média spécialisé Contexte... et paraît aller à l'encontre des objectifs de la loi. Explications avec Elsa Foucraut, responsable du plaidoyer - comprendre, lobbyiste - pour Transparency France, ONG de lutte contre la corruption.

 

Marianne : Une première version du décret d'application de la loi Sapin II, qui entérinera la création d'un registre numérique des lobbyistes auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), a récemment fuité dans la presse. Son contenu vous inquiète. Pourquoi ?

 

Nous espérons que la position de l'exécutif va évoluer avant la publication du décret car cette première version affaiblit
l'esprit de la loi. Les représentants d'intérêts n'auraient à inscrire
sur le registre ni leurs positions publiques, ni le nom des
parlementaires rencontrés, ni la date de ces rencontres. Ces informations ne seraient publiées qu'une fois par an. Le risque est d'aboutir à un simple annuaire et c'est ce que nous voulons éviter.

"Cette première version affaiblit
l'esprit de la loi"

 

En quoi est-ce si problématique ?

La loi Sapin II a été votée pour que les citoyens puissent comprendre le cheminement de la décision publique, avec davantage de transparence. A cette fin, il est indispensable de connaître la position des représentants d'intérêts et l'identité des parlementaires qu'ils rencontrent : s'il s'agit du rapporteur d'un projet de loi, ce n'est pas la même chose que s'il s'agit d'un parlementaire qui a moins de responsabilités. Enfin, il faut connaître la date de ces rencontres pour avoir une indication sur l'éventuelle influence d'une rencontre sur un amendement ou un article de loi voté…

 

Pourquoi cette disposition suscite-elle autant de résistances ?

Un certain nombre de représentants d'intérêts continuent à considérer que le lobbying est d'autant plus efficace qu'il se pratique de manière opaque et peu régulée. Ce n'est pas du tout notre conception. Nous estimons que le lobbying est un rouage naturel de la démocratie, à condition qu'il soit exercé avec transparence et probité. Si on opère de manière éthique, on n'a pas à avoir peur de ce registre. A Transparency, nous publions d'ailleurs l'agenda de nos rencontres avec les élus.

 

Après l'affaire Cahuzac, François Hollande a pris des engagements forts en matière de transparence. Estimez-vous le contrat rempli ?

Nous avons salué le bilan globalement satisfaisant du quinquennat, marqué par de vraies avancées, comme
la création de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie
Publique et la mise en place d'un statut des lanceurs d'alerte.
Mais il reste des marges d'amélioration importantes. Nous avons
d'ailleurs récemment demandé aux candidats à la présidentielle de se
prononcer en faveur d'un certain nombre de mesures, de
la transparence des financements politiques à l'indépendance de la
justice, en passant par la participation citoyenne et le non-cumul des
mandats.

 

 

 

 

@girard_etienne

Journaliste politique

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 16:54

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89

 

 

L'enfer des start-up : "J'avais l'impression que tout le monde portait des lunettes roses"

 

 

 

 

 

Quand Mathilde Ramadier commence à travailler dans le secteur dynamique des start-up, l'expérience tourne au cauchemar. Dans son dernier livre, elle dénonce un "excès d'optimisme" face à "de nouvelles formes de manipulation".

L'enfer des start-up : "J'avais l'impression que tout le monde portait des lunettes roses"
Mathilde Ramadier (DR)

Si l'expérience start-up vous tentait, réfléchissez-y à deux fois. Dans un pamphlet, la jeune auteure met en lumière les absurdités de la "startupshère" et du management du bonheur (et plus largement du monde du travail et de notre société toute entière). 

Avec sur son CV un BTS graphisme, un master Normal Sup' de philosophie, et déjà plusieurs expériences professionnelles, Mathilde Ramadier arrive dans la Silicon Allee berlinoise en 2011.

C'est là qu'elle commence à travailler au sein de la start-up The Base [tous les noms ont été modifiés dans le livre, ndlr]. 

Passée l'excitation des débuts et le "welcome kit" (e-mail de bienvenue plein de smileys et de promesses), la désillusion est rapide.

"On imagine les start-up comme des entreprises "révolutionnaires", financées par des "business angels", dirigées par des "rockstars", et alimentées par des "treasure hunters". Hou hou ! On redescend sur terre deux minutes ?"

Derrière la mise en scène millimétrée et la success story que l'on nous vend sur Instagram, il y a un monde brutal pour les individus, raconte-t-elle. La révolution (ou plutôt "disruption") annoncée n'en est pas une.

Le bon vieux modèle de l'exploitation du travail par le capital est toujours là, où le rabaissement des individus est la norme et le sexisme rien de très grave. Les tâches sont abrutissantes, l'urgence est la règle, l'encadrement omniprésent, les sourires artificiels... et les psychanalystes riches !

Par cette description acerbe de la "startupshpère", Mathilde Ramadier nous illustre a fortiori un ultralibéralisme cynique, et une modernité désenchantée. En 2013, elle témoignait déjà chez Rue89. On la retrouve aujourd'hui avec son livre « Bienvenue dans le nouveau monde, comment j'ai survécu à la coolitude des start-ups » (éd. Premier Parallèle, 2017). Entretien.

http://referentiel.nouvelobs.com/file/15940906.jpg

Rue89. A quel moment avez-vous compris que travailler au sein d'une start-up n'était pas fait pour vous ?

Mathilde Ramadier. Très très vite. En fait, je suis arrivée à Berlin en 2011 après mon master de philosophie. Je voulais faire un doctorat mais vous connaissez la situation, c'est difficile d'avoir un financement, je ne voulais pas me lancer dans une vie précaire pendant cinq ans.

En arrivant à Berlin, je ne m'inscris pas à la fac, donc il me faut un travail assez vite. Et là je me rends compte que le secteur qui embauche le plus, le plus dynamique, c'est celui des start-up. J'ai mon premier entretien chez les concurrents de Airbnb, pour un job de « responsable référencement site français ». Ça ne nécessite pas un Bac+8, mais c'est quand même un poste un peu sérieux, avec des responsabilités.

Là-bas, on me proposait un salaire de 650 euros brut. J'ai explosé de rire et refusé. Et en fait c'est comme ça, sur le tas, que j'ai compris qu'il n'y avait pas de salaire minimum en Allemagne [un salaire minimum a été introduit en Allemagne en 2015, ndlr]. Au fur et à mesure, j'ai été confrontée à des désillusions et j'ai compris que l'univers des start-up abusait vraiment de cette précarité.

Du coup, très vite, je me suis méfiée, mais je me disais "essaie encore". Il y a peut-être eu une part de naïveté de ma part, ou en tout cas peut-être un excès d'optimisme. Pourtant je suis quand même d'un naturel assez méfiant et sceptique à la base, mais bon, une fois qu'on est pris dans le tourbillon.

 

Lorsque vous travailliez, vous aviez déjà un regard attentif sur votre environnement de travail, avec l'idée d'un livre en tête ?

Honnêtement non. Mon expérience dans les start-up débute en septembre 2011, pour finir en juin 2015. La dernière, que je raconte dans le livre, c'était à Vesta [une start-up dans le domaine de l'art, ndlr], pendant 6 mois. Depuis, je vis complètement de mes activités d'auteure. 

L'idée du livre m'est venue juste après cette dernière expérience, à l'été 2015. J'ai d'abord écris un premier jet, un peu comme pour écrire des mémoires, pour ne rien oublier.

Quand je travaillais chez Vesta, je ne prenais pas de notes, je n'y réfléchissais pas, mais je pense que j'étais déjà un peu dans la posture de l'espionne. Je regardais déjà ça avec beaucoup d'amusement, j'étais à l’affût de tout ce qui pouvait être ridicule.

 

Beaucoup de personnes sont tournées en ridicule dans votre livre. Vous êtes très virulente, par exemple lorsque vous évoquez les DRH, ou plutôt la "talent recruiter" en novlangue. En fait, pour vous la start-up est une énorme mise en scène ?

Oui. En fait c'est une comédie, particulièrement dans ces deux expériences que je relate le plus : Vesta, parce que c'était la dernière et la plus longue ; et The Base, où je suis restée à peine 20 jours mais qui était la plus absurde. C'était vraiment absurde, une vraie comédie.

Si j'avais été un peu parano, j'aurai pu me demander s'il n'y avait pas de caméra cachée... Javais l'impression que tout le monde était enfermé dans un rôle, il y avait tellement peu d'humilité, de recul sur soi, de clairvoyance. J'avais comme l'impression que tout le monde portait des lunettes roses.

 

D'ailleurs lorsqu'on vous lit, on comprend que vous n'aimez pas trop les petits chiens, les petits cœurs, les manies healthy, et tout ce qui en général incarne cette culture de la start-up.

Ce n'est pas que je ne les aime pas par snobisme, mais parce que ça participe de tout ce mirage : c'est du papier cadeau qu'on nous vend, mais qui contient finalement du vide.

Je n'ai rien contre un petit chien en soi, même si c'est un caniche et qu'en général, les caniches c'est plutôt le symbole du pouvoir que le chien du prolétaire. J'utilise aussi des smileys (je ne suis pas une vieille réac'), mais je n'en mets pas non plus à la fin de chaque phrase quand je m'adresse à mes collègues. Et évidemment j'aime manger des choses qui sont bonnes pour la santé, j'achète du bio, etc.

Mais tout ça était tellement poussé à l'excès, comme pour servir une idéologie. Le frigo était plein de choses bonnes pour la santé, bio et à la mode (on y trouvait par exemple toutes les sortes de limonade :  au maté, aux fruits rouges...) : c'est un peu comme si on voulait donner le sentiment qu'on était les pionniers de quelque chose et que jusqu'à la moindre chose ingurgitée devait forcément être le symbole du changement.

C'est ça qui m'agace : c'est l'enveloppe. Pareil pour le team-bonding, les apéros after-work. J'adore faire la fête moi, j'aime bien boire des coups, mais avec des vrais amis. Je ne veux pas être obligée de le faire toutes les semaines avec mes collègues, juste pour faire un selfie avec mes patrons et dire après sur Instagram que j'étais là.

 

Vous parlez aussi beaucoup des nouvelles techniques de RH, avec des logiciels comme 7Geese, ou ce que vous appelez la « carotte 2.0 ». On se dit que les méthodes managériales n'ont pas vraiment changé, on a juste mis un coup de vernis, et la compétition qui en découle est d'autant plus insidieuse ?

Exactement. C'est une nouvelle forme de manipulation, une prise de pouvoir qui ne dit pas son nom. Elle est donc d'autant plus perverse et difficile à contourner pour un jeune ou quelqu'un qui n'a pas beaucoup d'expérience professionnelle.

Vu qu'on matraque l'idée que « c'est le nouveau monde », qu'ici on est en train d'inventer la nouvelle manière de travailler, les gens ne se méfient plus.

J'ai vu ça autour de moi : des gens loin d'être bêtes, mais qui pourtant gobaient un peu tout ça sans prendre aucun recul. Je pense que c'est à relier au fait qu'on est convaincus qu'il n'y a plus besoin de se méfier, puisque ici tout va bien, on est loin du vieux monde, de l'entreprise à hiérarchie pyramidale.

Dans le livre, je raconte par exemple l'anecdote de cette très jeune DRH de Vesta, que j'avais été voir pour lui demander s'il n'y avait pas une faute de frappe dans mon contrat : j'avais un CDD de 6 mois, et ma période d'essai durait 6 mois. Donc je vais la voir et elle me dit que c'est normal et qu'elle a le même contrat : elle ne voyait pas où était le problème.

C'est dangereux. Même si c'était permis par la loi du travail allemand, ce que je dénonce fondamentalement, c'est le fait qu'elle ne voyait pas ce qu'il y avait de dérangeant.

 

Vous nous parlez de danger. Dans le livre, vous faites même référence à Orwell, et à l'idée qu'il s'agit d'un modèle qui incarnerait une nouvelle forme de totalitarisme : encadrement, novlangue et propagande, culte de la personnalité, etc.

Oui. Par exemple, pour le culte de la personnalité... Pour certains patrons, encore une fois chez Vesta et The Base que j'ai le plus approchés, c'était une vraie figure emblématique du chef, et je dirais même du messie. C'était le gars intouchable : quand il rentrait dans le bureau le matin c'était comme s'il marchait sur les eaux.

Bien sûr, il ne connaissait pas nos prénoms, il nous regardait tous de haut, et disait bonjour très fort, de manière outrancière. On ne savait évidemment pas combien il gagnait ni même à quoi il occupait ses journées. Par contre, on avait tout à fait confiance en son niveau de vie qu'il étalait.

C'est anecdotique mais il venait toujours avec son caniche, il postait beaucoup de photos sur Instagram qu'il nous envoyait même parfois directement par mail. Il s'y montrait à droite à gauche, dans tel aéroport, soit-disant pour négocier des deals pour la boîte. Mais bon, il était très souvent en vacances sur des plages paradisiaques. Son trip, c'était surtout les palmiers : on était vraiment dans le cliché du grand patron qui va se détendre sur une plage des tropiques.

Encore une fois, sous couvert de ce papier cadeau, des idées d'un monde nouveau, on retrouve finalement les même codes qu'avant. Ça m'a souvent fait pensé au "Loup de Wall Street" [le film de Martin Scorsese, ndlr], ou alors à ce qu'on pouvait reprocher à la pub dans les années 80-90.

 

Vous utilisez des termes relatifs à la psychanalyse en décrivant des employés infantilisés par des maniaques, hystériques, phobiques, obsédés par le court-termisme... Qu'est ce que Freud aurait pensé de tout ça ?

Je pense qu'il aurait adoré ! Moi aussi d'ailleurs. Comme je n'ai pas abandonné l'idée d'être psychanalyste un jour, j'avoue que je me frottais un peu les mains quand je voyais ces cas-là.

Freud a écrit un livre sur la religion, qui s'appelle « L'Avenir d'une Illusion ». Même s'il est un peu dépassé – il a 100 ans ou presque – je trouve le titre très beau. En fait, je pense qu'il aurait pu écrire quelque chose avec le même titre pour parler de tout ça. Ça aurait collé. Parce qu'on peut se demander quel est l'avenir de cette illusion-là ? En a-t-elle même un ?

Est-ce que ces types sont réellement convaincus de tout ce qu'ils font et tout ce qu'ils disent, ou est-ce que alors c'est un pur excès de mégalomanie ? Je ne sais pas. Parce que c'est vrai qu'ils ont tellement le vent en poupe, ce n'est plus comme les patrons de grands groupes d'il y a 20 ans, qui avaient quand même un peu mauvaise presse.

Là, vraiment, tout le monde les encense. La gauche comme la droite, les jeunes comme les vieux.

 

C'est vrai que les témoignages comme le vôtre, qui s'érigent contre cette culture de la start-up, restent rares. Pourquoi ?

C'est vrai, et pourtant je suis convaincue de ne pas être la seule. Par exemple il y a Dan Lyons, un ancien journaliste reconverti dans le milieu de la start-up alors qu'il était quinquagénaire : il a écrit le livre « Disrupted, My Misadventure in the Start-Up Bubble Audible » (éd. Hachette Books, 2016).

C'est un récit très bien écrit, très drôle. Finalement, il raconte un peu la même chose que moi, mais du point de vue d'un senior. Il raconte le jeunisme exagéré qui l'a particulièrement marqué, le manque de maturité. Nos propos se rejoignent en beaucoup de point.

Et puis il y a l'écrivain Eric Sadin avec qui j'ai pu échanger un peu sur le sujet, qui a publié « La Siliconisation du Monde. L'irrésistible expansion du libéralisme numérique » (éd. L'échappée, 2016). Lui qui n'a jamais travaillé pour une start-up va plus loin : il s'attaque à la Silicon Valley pas seulement en tant qu'employeur mais véritablement comme producteur de valeur. Mais oui, nous sommes peu nombreux.

 

Pourtant, beaucoup en souffrent. Vous décrivez une génération Y, les millenials, ces jeunes précaires qui jonglent entre périodes d'essai, CDD, et salaires de misère. Vous évoquez d'ailleurs des vague de démissions. Donc les gens se rendent bien compte que ce n'est pas normal ?

Comme je le dis dans le livre, pour majorité, les employés des start-up ne sont pas bêtes, ils se doutent bien qu'il y a des choses qui ne sont pas normales, mais ils se disent que c'est peut-être juste cette boîte-là, ou que c'est parce que c'est une jeune start-up, donc qu'elle peut faire quelques erreurs. Et puis ceux qui en souffrent comme moi n'en parlent pas forcément. Il faut puiser l'énergie, trouver la force d'en parler.

 

Vous avez parlé de Dan Lyons, qui s'intéresse beaucoup à la question des seniors dans les start-up. Vous épinglez aussi des discriminations portant sur les nationalités ou le genre, et décrivez parfois la « startupsphère » comme un milieu sexiste. Les discriminations sont monnaies courantes ?

Ça, ça n'a pas été le cas dans toutes les start-up, mais les exemples que je cite dans le livre sont quand même suffisamment forts. Moi personnellement, je n'ai pas été victime de sexisme directement, à part une fois quand le CEO [Chief Executive Officer, ndlr] m'a dit que je devrais faire hôtesse si je manquais de volonté, de "faim". Si j'avais été un homme il ne m'aurait pas dit ça. Mais voilà.

Dans le sous chapitre consacré au sujet, j'analyse aussi le fait que certaines start-up développent des modèles qui enferment, séparent les deux genre avec pleins de clichés.

 

Vous racontez qu'on vous a décrit la garde-robe comme le « problème féminin universel »  ?

Voilà, ce genre de conneries. Et j'ai remarqué aussi, je n'ai jamais vu un seul CEO femme, lorsque j'étais freelance ou employée pour cette douzaine de start-up pendant quatre années. Sans compter les autres, que j'ai juste approchées en entretiens, et d'où je suis partie en courant.

Il y avait bien d'autres postes par contre, qui eux étaient toujours occupés par des femmes : les "talent recruiter" (DRH), les "offices manager" (secrétaires). Il y a toujours des différences de salaire aussi. Donc finalement il y a toujours une différence de schéma, toujours pas d'égalité.

 

Vous ne prévoyez pas un retour dans le milieu ?

Non, c'est vrai que là je me suis un peu grillée ! Mais c'est le prix à payer, je n'ai pas de soucis avec ça. 

 

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 12:20

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

"Si Fillon résiste, c’est aussi dans son intérêt financier"

 

 

 

"Si Fillon résiste, c’est aussi dans son intérêt financier"

Un banquier spécialisé dans le financement des start-up a sorti sa calculette. Selon ses estimations, qu'il reste ou qu'il parte, François Fillon s'y retrouve financièrement.

Pourquoi François Fillon ne lâche-t-il pas ? Acculé depuis l'annonce de convocation en vue d'une mise en examen dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs présumés, lâché de toutes parts par sa famille politique, le candidat de la droite refuse toutefois de se coucher, comme on dit au Poker. Ce malgré l'alternative Alain Juppé. Pourquoi ce jusqu'au-boutisme ? Un des éléments de réponse réside peut-être dans le pactole mis en réserve par le micro-parti de François Fillon pour financer la campagne. C'est l'analyse d'un banquier spécialisé dans le financement des start-up, qui a sorti sa calculette - mais a préféré rester anonyme. 

 

"Si on regarde le strict intérêt financier du micro-parti de François Fillon on comprend mieux sa motivation à continuer la course. 

 

En effet les primaires ont rapporté environ 16 millions d'euros ce qui, frais déduits, a laissé un "bénéfice" de 9,4 millions d'euros versés, non au parti Les Républicains, mais au micro-parti de François Fillon. Le coût de la campagne présidentielle - comme Nicolas Sarkozy le sait très bien - ne peut légalement excéder 16,8 millions d'euros pour les candidats du premier tour et 22,5 pour ceux qui atteignent le second tour. 

 

Si, au premier tour , un candidat fait 5% des suffrages exprimés, l'Etat remboursera 47% du plafond, soit environ 8 millions d'euros et 10,7 d'euros au second tour. 

 

Il est donc tentant, avant de prendre la décision d'abandonner, de se poser la question des conséquences financières de ce noble geste. 

 

Donc regardons un peu le business plan de cette start-up ! 

 

Outre le cash disponible en début de campagne de 9,4 millions d'euros, une campagne d'appel aux dons a été lancée. Le parti Les Républicains qui en attendait 4 millions d'euros est furieux de constater, selon leur trésorier cité par Mediapart, que les dons arrivent directement sur les comptes du micro-parti de Fillon...

 

Par hypothèse comptons la moitié, soit 2 millions d'euros déjà engrangés. 

 

Soit donc une mise de départ de 9,4 + 2 = 11,4 millions d'euros. 

 

Si le trésorier de Fillon est raisonnable, il a anticipé jusqu'au premier tour un budget au plafond, soit 16,8 millions d'euros dont les deux tiers pour les semaines à venir.

 

Donc, aujourd'hui, il aurait dépensé environ 6 millions et peut être encore formellement engagé 2 millions, soit en tout 8 millions. 

 

Abandonner maintenant. Bénéfice : 3,4 millions d'euros

Imaginons un instant que Fillon abandonne demain, il restera dans la caisse "Fillon" 11,4 millions d'euros moins 8 millions d'euros soit 3,4 millions d'euros... pas mal pour rebondir. 

 

Aller jusqu'au premier tour, sans forcer sur la dépense. Bénéfice : 5,4 millions d'euros

Si sa motivation est seulement financière, il peut aussi choisir d’atteindre simplement le premier tour (et passer les fameux  5%, ce qui est quand même à sa portée) en faisant le "service minimum", c'est à dire en dépensant "seulement" 11,4 millions sans même avoir à emprunter aux banques. 

Dans ce cas il sera remboursé par l'Etat de 47% de ses dépenses soit 5,4 millions d'euros. 

Soit un magot arrondi à 2 millions d'euros. Encore mieux pour voir venir. 

Une analyse cynique de sa situation le pousserait donc à poursuivre l'aventure avec des dépenses réduites, par exemple en pestant contre le gouvernement et les manifestations qui l'obligent à annuler des meetings... 

 

Aller au premier tour en dépensant jusqu'au plafond. Bénéfice : 2,6 millions d'euros

Maintenant, l'ego des hommes politiques étant immense, on peut imaginer un scénario plus volontariste où le candidat dépense le plafond soit 16,8 millions d'euros en empruntant 5,4 millions d'euros aux banques. 

S'il n'atteint pas le second tour il reçoit 8 millions d'euros de l'Etat , rembourse ses dettes bancaires, il lui reste donc 2,6 millions d'euros soit nettement moins. 

S'il atteint le second tour il doit dépenser plus, l'Etat lui donnant jusqu'à 2,7 millions de plus. Il pourrait cependant, s'il est prudent, garder sa cagnotte de 2 à 3 millions d'euros... Et pourrait donc être financièrement tenté de continuer l'aventure".

Propos recueillis par Pascal Riché

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 22:24

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Procès bâillon

Coupures d’eau : Veolia traîne en justice ceux qui l’obligent à respecter la loi

 

par

 

En 2013, le Parlement français décrétait l’interdiction des coupures d’eau pour factures impayées dans les résidences principales (lire notre article). Quatre ans plus tard, cette interdiction a décidément du mal à passer auprès des multinationales du secteur, Veolia en tête. Elles ont cherché en vain à faire voter un amendement revenant sur cette interdiction. Elles rechignent apparemment à appliquer la loi, comme le montrent les nombreuses affaires portées devant la justice par France Libertés et la Coordination Eau Ile-de-France.

Les fournisseurs d’eau qui avaient procédé à des coupures ou à des « lentillages » – procédé consistant à réduire le débit d’eau arrivant dans les foyers – ont systématiquement été condamnées. Quatorze décisions de justice en tout, dont quatre visant spécifiquement Veolia. Les multinationales de l’eau ont aussi tenté de faire invalider la mesure via une Question prioritaire de constitutionnalité, en vain. Nul doute qu’elles s’apprêtent à revenir à la charge après les prochaines échéances électorales. « À court d’arguments, elle tente de saper notre liberté d’expression et cherche à nous réduire au silence !, estiment les deux associations, qui ont réuni un comité de soutien (voir ici). Cette attaque n’a pas d’autre but que de nous bâillonner. »

Les poursuites initiées par Veolia contre les deux associations visent un épisode particulier de cette bataille judiciaire. Les associations dénoncent alors publiquement des avenants proposés par les prestataires privés aux collectivités avec lesquelles elles sont encore en contrat. Ces avenants font supporter indirectement le coût financier des impayés aux collectivités (lire notre article). Au vu du texte de la plainte, que nous avons pu consulter, et qui vise la forme des déclarations faites par France Libertés et la Coordination Eau Ile-de-France et non pas le fond, il paraît difficile d’y voir autre chose qu’une tentative de rétorsion face à la stratégie judiciaire menée avec succès par les deux associations.

Autrement dit, un nouvel exemple de ce que l’on appelle communément les « poursuites bâillons », visant à intimider des opposants dont les moyens financiers sont bien moindres que ceux de multinationales. Les poursuites initiées par Vinci contre Sherpa et celles engagées par Bolloré contre de nombreux médias et associations, dont Basta !, relèvent fondamentalement de la même logique. Certains pays comme le Canada se sont dotés de loi pour empêcher ces procès bâillons. Quand la France suivra-t-elle leur exemple ?

Olivier Petitjean

 

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 22:18

 

 

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Alternative ?

« Territoires zéro chômeurs » : l’initiative qui souhaite partir des envies des gens pour créer leurs emplois

 

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Un taux de chômage qui stagne à plus de 10%, avec 2,5 millions de chômeurs de longue durée. Face à l’inefficacité des politiques, l’association ATD Quart Monde propose une autre voie : partir réellement des compétences des demandeurs d’emplois, pour créer des activités d’intérêt général, et non des listes de postes à pourvoir affichées par Pôle emploi. Le tout, sans coût supplémentaire pour la collectivité. Comment cette belle idée se met-elle concrètement en place ? Quelles sont ses limites ? Pendant les prochains mois, Basta ! suit son expérimentation dans la ville de Colombelles, à côté de Caen. Là, une dynamique s’est enclenchée, qui bouleverse les façons de faire et suscite de nombreuses attentes.

Il y a quelques mois, Isabelle a reçu un texto de Pôle emploi : l’agence l’invite à assister à une réunion, à la mairie, sur un nouveau projet pour lutter contre le chômage. Cette ancienne assistante de direction, au chômage depuis plus d’un an, pense d’abord ne pas y aller. Un peu lasse face à une nouvelle sollicitation. « J’avais participé à une formation de Pôle Emploi, mais j’avais refusé les autres : elles ne correspondaient pas à mon projet et servaient plutôt à nous exclure temporairement des chiffres du chômage. » La quinquagénaire décide quand même de se rendre à la réunion, qui va bouleverser sa recherche d’emploi...

Ce nouveau projet, c’est celui des « Territoires zéro chômeur de longue durée », lancé par l’association ATD Quart monde. Une nouvelle méthode pour lutter contre le chômage, un peu révolutionnaire. « Disons qu’elle prend les choses à l’envers », suggère Patrick Valentin, l’initiateur de cette idée. Plutôt que de partir des offres d’emplois existantes et de trouver la main d’œuvre qui y correspond, le projet propose d’identifier les besoins et des manques, ainsi que les compétences et les envies des personnes sans emploi. Et tente d’apporter de nouveaux services à la population, grâce au développement de nouvelles activités.

 

Partir des envies des personnes, des besoins des territoires

Voilà pour l’idée. En pratique, dix territoires ont été sélectionnés pour expérimenter la méthode. Colombelles, dans la banlieue de Caen (Normandie) fait partie des heureux élus. La ville de 6280 habitants affiche le plus fort taux de chômage de l’agglomération caennaise (environ 18 % de sa population active). Jusqu’en 1993, la Société métallurgique de Normandie, installée sur son territoire, était un véritable poumon d’activité. Mais les fourneaux ont fermé et les startups de haute-technologie les ont remplacés, au pied de l’ancienne usine. Ces emplois qualifiés n’empêchent pas que Colombelles compte environ 700 demandeurs d’emplois, dont 250 de longue durée. Peu de diplômes, peu de mobilité. Des personnes qui perdent confiance en eux, et en l’avenir.

Tout doit partir d’eux. Première étape du projet : inviter les personnes sans emploi à réfléchir aux besoins de leur territoire de vie. « Non seulement les personnes doivent nous expliquer dans quel travail elles se verraient le mieux, mais aussi quelles activités seraient bonnes pour la collectivité », explique Pascal Gourdeau, de l’Ardes, engagée dans la maîtrise d’ouvrage du projet. L’un se voit aménager le bois de la ville, y créer un parcours pédagogique, de l’accrobranche. Une autre pourrait créer un point info-santé, afin d’orienter les personnes vers les bonnes structures. Une troisième envisage de conduire un taxi solidaire, ce qui accroîtrait la mobilité des habitants pour un prix modique. Une dernière visiterait les personnes âgées dépendantes, pour passer du temps avec elles, discuter, jouer aux cartes, et lutter ainsi contre la solitude.

 

« Pas question de laisser une personne sur le carreau »

Ludovic Provost en connaît un certain nombre. Il les accueille régulièrement à la Cellule emploi de Colombelles, les accompagne dans leurs démarches, les aide à rédiger leurs CV ou leurs lettres de motivation. Il travaille aussi sur la confiance en soi. A côté de la porte d’entrée de son bureau, sont affichées des cartes postales sur les métiers d’autrefois qui peuplaient les campagnes normandes. Charbonnier, filetière, chiffonnier. Quels sont ceux de demain ? « Dans les entretiens, nous partons de leurs envies et de leur motivation. Nous explorons avec eux leurs idées et nous les confrontons à la réalité », explique le conseiller en insertion qui a pris part depuis quelques mois au projet Territoires zéro chômeurs.

La réalité, c’est d’abord de savoir si le travail ou le service existe déjà sur le territoire. Si une entreprise le propose, l’idée est abandonnée. Pas question de concurrencer une activité déjà existante. Les emplois doivent ensuite être principalement non marchands, ou peu solvables : si une compensation financière est demandée au public bénéficiaire de cette activité, elle doit être très faible.

Mais la réalité à laquelle les demandeurs d’emploi doivent se confronter, c’est aussi de s’assurer que les différents projets sont cohérents, et d’entrevoir des formations adéquates. « Une des personnes souhaite aménager le bois de la ville, raconte Ludovic Provost. Elle a les compétences pour le faire, mais une fois l’aménagement effectué, il faudra animer ce parcours. Et là, il est nécessaire de se former en animation, d’avoir un Bafa. » Pour autant, il n’est pas question de laisser une personne sur le carreau. « Concrètement, les personnes volontaires sont recrutées de droit, précise Patrick Valentin, l’initiateur du projet chez ATD Quart Monde. Elles ne subissent pas une sélection. Mais nous voyons avec elles, dans un emploi, ce qu’elles désirent faire, ce qu’elles savent faire. » Une petite révolution.

 

Tous salariés, et en CDI

Tous ces chômeurs de longue durée seront salariés, en CDI, dans une « entreprise à but d’emploi ». Celle-ci regroupera toutes les micro-activités identifiées en amont, s’assurera des démarches administratives et de la comptabilité. La structure fournira également des prestations à des entreprises extérieures. C’est la deuxième source d’activités du projet : aller convaincre les entreprises du territoire de tester de nouvelles activités. A Colombelles, une entreprise agro-alimentaire créerait un poste de cultivateur de bouillon de culture. Une start-up aurait besoin de testeurs d’applications pour les terminaux mobiles. « Les demandeurs d’emplois et les porteurs du projet rencontrent directement les entreprises pour imaginer ces postes, précise Pascal Gourdeau, qui mène le projet. Ce n’est pas toujours confortable de se retrouver en face d’un patron. Cela remue les tripes du demandeur d’emploi. Mais c’est formateur et cela aide à retrouver confiance en eux. »

Pour les entreprises partenaires, rentrer dans le projet constitue un avantage financier. Les postes sont financés à 70 % par l’entreprise à but d’emploi, créée par le projet Territoires zéro chômeur de longue durée. Sur un poste qui coûte entre 26 et 27 000 euros par an, l’entreprise partenaire n’a plus qu’à trouver 8 à 10 000 euros. Un petit effort financier pour créer une opportunité de travail. Un comité de vigilance (composé de syndicats, de collectivités, de volontaires) épluche les possibilités de postes établis avec les entreprises du coin. Lorsque le supermarché de la ville a proposé un travail pour décharger les camions, le comité a mis son veto : l’activité aurait très bien pu être développée sans l’aide du projet. Et l’enseigne de la grande distribution n’a pas forcément besoin de cette aide pour assurer cet emploi. « Nous continuons à chercher des idées avec le supermarché, relate Ludovic Provost. A l’inverse, les associations peuvent manquer de financement pour développer telle ou telle activité. Le dispositif peut les aider. »

 

Des emplois sans surcoût pour la collectivité

On récapitule : des activités développées qui ne sont pas forcément solvables ; des prestations à bas prix pour des entreprises partenaires ; mais des CDI pour tous les volontaires ! Comment financer le dispositif ? Là aussi, ATD Quart Monde a choisi de « prendre les choses à l’envers ». Le coût de la privation d’emploi est estimé à 36 milliards d’euros par l’association (voir le schéma ci-dessous). En réaffectant les coûts et les manques à gagner de cette privation d’emploi, environ 70 % du coût d’un poste à temps plein, au Smic, peut être payé. Pour financer la phase expérimentale, un fonds a été créé par l’État à l’été 2016. Le principe est que l’État et les collectivités territoriales volontaires transfèrent les prestations sociales telles que le RSA pour financer de nouveaux emplois, plutôt que pour pallier la pénurie d’emploi.

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Document extrait du manuel d’expérimentation d’ATD Quart Monde

Il reste donc 30 % du poste à financer. C’est là qu’interviennent les prestations vendues aux entreprises (tests d’application ou cultivateur de bouillon de culture, par exemple) et les activités solvables proposées sur le territoire. Le taxi solidaire de Colombelle pourra par exemple appliquer des tarifs très modestes et progressifs, en fonction des clients : particuliers, associations, entreprises. « Au fond, les gens ont des capacités, le travail ne manque pas, et il y a de l’argent qui est utilisé pour aider ces personnes qui n’ont pas d’emploi. On ferait mieux d’utiliser cet argent pour créer de l’emploi, résume Patrick Valentin. Nous voulons démontrer qu’une fois que cette pénurie d’emplois est supprimée, non seulement elle ne coûte pas plus à la collectivité, mais elle est favorable économiquement. »

 

« Dans la tête des gens, cela change tout ! »

Le défi est de taille, le projet en plein déploiement. A Colombelles, la démarche provoque de l’enthousiasme chez certains participants, qui deviennent acteurs de la construction de l’« entreprise à but d’emploi ». « Avec ce projet, j’ai rencontré de nombreuses de personnes dans différents domaines, explique Gwladys, 24 ans et en recherche d’emplois depuis bientôt un an. Nous avons assisté aux réunions, mené l’enquête sur les besoins du territoire, rencontré les entreprises… Avant de savoir si ça allait être financé, voir le jour ! Mais cela ouvre des perspectives. » Ludovic Provost, de la cellule emploi, perçoit une nouvelle dynamique : « Pour les personnes qui s’engagent, il y a un CDI à la clé. Ce n’est pas : si vous faites cette formation, vous allez peut-être trouver un emploi. Non, le poste sera créé. Dans la tête des gens, cela change tout ! »

« Cela en est où, le projet ? », lui demande un homme qui entre dans son bureau, pendant notre entretien. « Beaucoup me demandent régulièrement des nouvelles », m’explique le conseiller en insertion. D’autres ont disparu depuis la première rencontre : certains n’y croient pas, une quinzaine ont trouvé un emploi. « Est-ce un effet positif du projet ?, s’interroge Ludovic Provost. Quand il y a un accompagnement comme celui que nous proposons, cela aide les gens à croire qu’ils peuvent trouver un emploi. Je pense qu’ils ne se présentent plus de la même façon, ensuite, lors d’un entretien d’embauche par exemple. »

 

La confiance remplace le contrôle

Au total, c’est 2 000 emplois qui pourraient être créés, en cinq ans, sur les dix territoires qui mènent l’expérimentation. « Ce sera un succès si on parvient à supprimer la pénurie d’emplois, et à observer le mieux être de la population », répète Patrick Valentin. Pour cet homme qui a vécu auprès des « plus pauvres », « les personnes qui demandent de l’emploi ont beaucoup plus de compétences pour dire ce qu’elles savent faire, que ce que l’on croit. Si on les sélectionne, on les exclut ». Mais le changement de logique n’est pas forcément évident : « On est contaminés par la logique ordinaire, celle de la sélection, de la méfiance, du contrôle. Nous, nous proposons d’être dans une logique de confiance. Faisons les choses utiles, et s’il y a un problème, on le traitera à ce moment là. »

Qu’en sera-t-il à Colombelles ? L’entreprise à but d’emploi devrait être créée en avril prochain. Les premiers salariés lanceront leurs activités dans la foulée. Gwladys pourrait devenir la standardiste secrétaire de la nouvelle structure. Et Isabelle, assistante de direction. « C’est difficile d’être demandeur d’emploi de longue durée, souligne-t-elle. Tu es coupée du monde du travail, tu as peu de vie sociale, ton budget est restreint. Quand on vous propose un projet super innovant comme celui-ci, cela permet d’abord de cotoyer de nouveau des gens, de sortir de chez soi, et puis à terme d’avoir un emploi. En quelque sorte, c’est retrouver une forme de dignité. Et cela n’a pas prix. Si j’ai un emploi, je fais partie de la société. »

Simon Gouin

En photo : un « mur du chômage », à Saragosse en Espagne

Pendant les mois qui viennent, Basta ! vous donnera des nouvelles sur le déploiement de ce projet.

 

Quelques liens sur l’initiative d’ATD Quart Monde :

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 21:14

 

 

Source : http://lentreprise.lexpress.fr

 

 

Compétitivité: les accords "menaçants" de la loi Travail arrivent

 

 

 

Par , publié le , mis à jour à

 

 

 

 

 

La loi Travail a instauré des accords de préservation et de développement de l'emploi (APDE), appelés communément accords offensifs. Les entreprises commencent à s'en saisir.

 

La loi Travail a instauré des accords de préservation et de développement de l'emploi (APDE), appelés communément accords offensifs. Les entreprises commencent à s'en saisir.

afp.com/BERTRAND GUAY

 

Les accords de préservation et de développement de l'emploi (APDE) faisaient partie des mesures les plus décriées par les opposants à la loi El Khomri. Des entreprises commencent à s'emparer de cet outil de flexibilité inédit.

Obliger les salariés à travailler plus sans gagner plus, et licencier ceux qui refusent. Voilà en substance ce que permettent les accords de préservation et de développement de l'emploi, instaurés par la loi Travail. Quelques garde-fous ont été posés: l'obligation d'obtenir un accord majoritaire des syndicats pour valider l'accord, bien sûr, ainsi que l'impossibilité de baisser la rémunération mensuelle des collaborateurs. Mais pour Isabelle Pontal, avocate chez Jeantet, qui conseille les employeurs, ces nouveaux "accords offensifs", qui peuvent être conclus dans des entreprises n'ayant pas de difficultés économiques, offrent une souplesse inégalée puisqu'ils peuvent modifier des éléments du contrat de travail et s'imposer sur ce dernier. Elle les préconise à ses clients. Interview.  

 

Vos clients sont-ils au taquet pour essayer de passer des APDE? 

 
 

Disons que lorsqu'ils veulent gagner en compétitivité, on s'interroge ensemble sur la meilleure façon d'y parvenir, sur les leviers possibles. Modifier des accords collectifs existants et proposer des hausses de temps de travail à chaque salarié nécessite leur signature. L'accord de préservation et de développement de l'emploi, en revanche, est entre guillemets "l'outil idéal".  

 

Pourquoi "idéal"? 

 

Quand l'emploi est en cause, l'intérêt collectif (l'accord collectif) doit pouvoir primer sur l'intérêt individuel (le contrat de travail). C'est la logique issue du rapport Combrexelle. Il n'y a donc pas besoin d'obtenir la signature du salarié. L'entreprise peut augmenter le temps de travail à isocoût, en imposant à ses collaborateurs de travailler non plus 35 heures pour 100, mais 39 heures pour 100. Clairement, les APDE ont été fait pour lutter contre le poids du code du travail qui peut être source de sclérose, alors même que l'emploi est en jeu.  

 

LIRE AUSSI >> La loi Travail a-t-elle façonné le nouvel accord compétitivité chez Renault? 

 

Les syndicats doivent sans doute se montrer très hostiles...  

Ils n'opposent pas un "niet" d'emblée. Quand vous êtes dans une entreprise où le taux horaire est supérieur à ce qui se pratique dans votre secteur, vous le savez très bien... Mais évidemment, ils jouent leur rôle d'organisation syndicale: ils posent des jalons pour bien encadrer les négociations, veulent l'assistance d'un expert-comptable, qu'un calendrier précis soit mis en place, qui s'apparente selon moi aux accords de méthode des plans de sauvegarde de l'emploi...  

 

Un APDE, c'est quand même beaucoup d'efforts pour les salariés, sans contrepartie palpable...  

La contrepartie, c'est l'objectif de maintien de l'emploi, c'est-à-dire éviter les licenciements ou en éviter le nombre. Mais il est vrai que par rapport aux accords de maintien dans l'emploi (les AME n'ont jamais eu beaucoup de succès, ndlr), les APDE sont beaucoup plus souples. Pas besoin en théorie, par exemple, que les dirigeants et mandataires fournissent des efforts proportionnés à ceux demandés aux salariés.  

 

Les APDE peuvent-ils consister en d'autres modalités qu'une hausse du temps de travail sans hausse proportionnelle de la rémunération?  

On peut imaginer diverses modifications des horaires de travail: par exemple passer d'horaires de jour à des horaires de nuit, d'horaires individuels à des horaires d'équipe, etc.  

 

L'entreprise n'a aucune obligation d'apporter un début de "preuve" qu'elle serait en difficulté si elle ne passait pas l'accord ?  

La logique est différente. L'entreprise partage avec les syndicats un diagnostic sur la situation afin d'aboutir à l'accord. On est vraiment dans une démarche "offensive", prospective.  

 

Si des APDE étaient signés chez vos clients, ce serait dans quel délai d'après vous?  

Aujourd'hui, nous sommes au tout début du processus. C'est le temps justement d'établir ce fameux diagnostic partagé. Notez que la loi est lacunaire: elle ne précise pas quelles sont les informations que l'employeur doit fournir aux syndicats pour parvenir à cet état des lieux commun. Nous nous basons sur le rapport de la commission des affaires sociales de l'assemblée pour y voir plus clair. Si nous parvenons avec nos clients à signer des APDE, ce sera d'ici l'été je pense. Il s'agit souvent d'entreprises de taille intermédiaire, dans le secteur industriel.  

 

 

 

Source : http://lentreprise.lexpress.fr

 

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 18:44

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Un policier d’Aulnay-sous-Bois dénonce les dérives de ses collègues

 

Par Matthieu Suc
 
 
 

Mediapart publie le témoignage exclusif d'un policier du commissariat d’Aulnay-sous-Bois. Selon lui, certains de ses collègues étaient habitués aux dérapages qui ont conduit à « l’affaire Théo ». Notamment les quatre agents mis en examen pour les violences et le viol subis par le jeune homme. Des anciens leur avaient recommandé à plusieurs reprises « d'y aller moins fort ». 

 

La voix est claire, ne tremble pas. Les mots n’hésitent pas lorsqu’il s’agit de porter des accusations sur ses collègues. « Si le viol est avéré, il faut qu’ils prennent 20 ans ferme ! Que les jeunes n’aient pas l’impression que les policiers bénéficient de passe-droit. Qu’on puisse repartir dans la rue faire notre métier sereinement. » Serge est un vieux poulet. Son prénom est d’emprunt. On ne donnera pas son grade, ni son ancienneté dans la police, ni même celle au sein du commissariat d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Il fait partie de la centaine de policiers qui composent l’effectif dans l’œil du cyclone depuis que « l’affaire Théo » a éclaté. Du nom de ce jeune homme de 22 ans grièvement blessé lors d’un contrôle d’identité ayant dégénéré, le jeudi 2 février, à proximité d’un point de vente de stupéfiants dans le quartier de la Rose-des-Vents, également appelé « la cité des 3 000 ».

Les quatre membres de la brigade spécialisée de terrain (BST) ayant procédé à son interpellation ont été mis en examen pour violences volontaires entraînant une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, avec la circonstance aggravante qu’ils sont dépositaires de l’autorité publique, ont agi avec arme, et en réunion. L’un d’eux est également mis en examen pour viol. Il est l’auteur des coups de matraque télescopique à l’origine de la grave blessure à l’anus dont souffre Théo.

Au-delà de ce fait divers dramatique, les pratiques des policiers d’Aulnay sont depuis passées au crible par l’IGPN qui a entendu des dizaines d’entre eux. Mediapart (ici et ) et Les Jours (ici et ) ont exhumé des antécédents fâcheux.

 

Capture d'écran d'une vidéo amateur de l'arrestation violente de Théo © DR

Capture d'écran d'une vidéo amateur de l'arrestation violente de Théo © DR

 

« J’ai honte de travailler à Aulnay », attaque d’emblée Serge. On se rencontre tard le soir, dans un bâtiment ouvert aux quatre vents à quelques kilomètres d’Aulnay. De loin, on pourrait nous prendre pour des clients du point de deal de la cité des 3 000 en train de fumer leur premier joint. On ne fume pas, on ne boit pas, on parle police.

Par des connaissances communes, Serge a fait savoir à un collègue de Mediapart qu’il avait envie de se confier. Qu’il avait besoin de s’épancher. « On est tous écœurés, dégoûtés par ce qui s’est passé, poursuit-il. Même si, entre nous, on n’en parle pas. Il règne un silence de mort dans les couloirs du commissariat. »

Une semaine plus tôt, un membre d’une brigade anticriminalité (BAC) d’une autre ville de Seine-Saint-Denis nous avait confié : « Dans la rue, on se fait insulter. On nous traite de “violeurs”, c’est dur... » L’affaire Théo rejaillit sur tous les policiers et distille son poison. « L’image de la police est durablement ternie », regrette un officier ayant passé sa carrière à enquêter sur les trafics de drogue dans les cités.

À Aulnay-sous-Bois, Serge décrit des effectifs qui tournent en rond, une activité policière à l’arrêt. « On a eu l’interdiction de faire des rondes dans la cité des 3 000 ainsi que dans les autres secteurs les plus sensibles de la commune. » Au lendemain des faits, spontanément, des policiers avaient écourté leurs congés. « Il fallait contrôler la ville, éviter qu’elle ne s’embrase, se souvient l’agent témoignant sous pseudo. Ceux qui travaillent dans les bureaux ont aussi renfilé la tenue [réglementaire pour patrouiller] le soir. Ils ont fait double journée. Au final, on était plus de volontaires qu’il n’y avait de besoin. La ville est restée assez calme… » Le premier week-end, une voiture a été brûlée, des abribus dégradés et l’éclairage public saboté. Puis la violence s’est déportée sur d’autres villes du département, laissant les policiers d’Aulnay désœuvrés. À ressasser.

« Nos collègues avaient le droit d’interpeller Théo, ils avaient un motif légitime, croit savoir Serge. Mais pas le reste… » L’agent raconte la mare de sang – découverte une fois la housse enlevée – qui avait imprégné la mousse de la banquette arrière du véhicule de la BST. Sans émotion apparente, Serge évoque les auteurs présumés du viol et des violences. Des propos pourtant lourds de conséquences. « L’équipe qui est mise en cause dans cette histoire, cela fait des années qu’elle fait ça… J’ai vu et entendu des officiers de police judiciaire passer leur temps à leur dire d’y aller moins fort. C’étaient vraiment des habitués. Dès qu’ils sortaient du commissariat et qu’il n’y avait plus d’autorité derrière eux, ils s’imaginaient être les maîtres dans la rue. Ils faisaient ce qu’ils voulaient, quoi ! Le plus vieux, il n’avait que sept ans de police. On les a un peu lâchés dans la nature…»...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 16:55

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

Suède : modèle de transparence

France 2 s'est intéressée à l'exemple suédois en matière de démocratie et de transparence.

 
France 2 France Télévisions

Mis à jour le
publié le

En Suède, en matière de transparence, les hommes politiques sont obligés de marcher au pas. Un scandale comme l'affaire Fillon, inimaginable, d'ailleurs ça fait bien rire les Suédois. La Suède, c'est le pays où une ministre a été obligée de démissionner en 1995. Elle avait utilisé sa carte bancaire professionnelle pour 1 000 euros de dépenses privées.

 

Les dépenses des élus sont strictement contrôlées

Ici, on ne plaisante pas avec l'argent public. Alors au parlement de Stockholm, l'affaire Fillon provoque la stupéfaction de ce député de gauche. Son assistante, il la partage avec deux autres députés et ce n'est pas lui qui l'a choisi. D'ailleurs, il ne connaît pas son salaire. Ce n'est pas interdit de recruter un proche, mais ça ne se fait pas. Et les dépenses des élus sont strictement contrôlées.

 

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

 

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Source : https://www.rtbf.be

 

 

Suède: un modèle de transparence politique

 

 

 

  • 5 minutes

 

 

Suède: un modèle de transparence politique

 

 

Source : https://www.rtbf.be

 

 

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4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 15:13

François Fillon, très, très seul...

Hugo Clément était hier toute la journée à Nîmes avec le candidat Fillon. Il a vécu en live la désintégration de l'équipe Fillon. Toutes les dix minutes un nouvel élu quittait le navire. Hier soir avait lieu un meeting. Pour remplir la salle, ils ont dû faire venir des bus de tout le Sud de la France. A l'intérieur de la salle, l'ambiance était assez tendue.

en savoir plus : Yann Barthes
 
 
 
 
 

                                                                         ***********************

 

 

 

Source : http://www.20minutes.fr/montpellier/2023595-20170302-video-presidentielle-base-tient-lache-francois-fillon-visite-gard

 

VIDEO. Présidentielle : «La base, elle tient», lâche François Fillon, en visite dans le Gard

REPORTAGE Plombé par les affaires, le candidat LR était à Nîmes ce jeudi. «20 Minutes» l'a suivi...

 

 

François Fillon discute avec les viticulteurs... pas avec les journalistes.

François Fillon discute avec les viticulteurs... pas avec les journalistes. - N. Bonzom / Maxele Presse

François Fillon n’a, une fois de plus, pas croisé grand monde ce jeudi, lors de sa visite officielle à Nîmes. Ou plutôt si : en début d’après-midi, deux policiers, des vignerons triés sur le volet, et une « meute » d’une trentaine de journalistes. C’est au beau milieu des vignes, bien à l’écart du tumulte de la capitale du Gard, que le candidat LR à la présidentielle a choisi de se rendre, au lendemain de l’annonce de sa convocation, le 15 mars, en vue de sa mise en examen.

A , une horde de journalistes attend François au beau milieu des vignes. Pour l'instant, pas de manifestants... @20minutesmont

>> A lire aussi : VIDEO. Pour une porte-parole de Fillon, « un collaborateur parlementaire peut être payé à tricoter »

 

« C’est tout juste si on capte ici ! » souffle une journaliste. La visite a duré péniblement dix minutes. A peine le temps de papoter avec les viticulteurs invités. Les sujets qui posent problème à la filière, ils seront évoqués « lors du déjeuner », préfère François Fillon, s’adressant aux quelques agriculteurs présents.

Fillon seul comme jamais au milieu des vignes à Nîmes. Regard dans le vide. Équipe de campagne décimée. Crépusculaire.

François ne répond à AUCUNE question des journalistes : ''Je ne parle pas en marchant''. La visite a duré 10 min. @20Minutes

« Je ne parle pas en marchant »

Quant aux questions qui fâchent, sur l’affaire qui plombe sa campagne depuis plusieurs semaines, l’ancien Premier ministre n’y répondra pas. Malgré l’insistance de certains journalistes. Non, aucune. « N’insistez pas, je ne parle pas en marchant », lâche le candidat, qui s’éclipsera dans un domaine proche, à Nîmes, pour déjeuner. « Et puis, les électeurs s'en moquent totalement », assure-t-il.

Dans les vignes, pas un seul manifestant à l’horizon, personne. Il est vrai qu’elle n’est pas facile facile à dénicher, cette campagne. Devant le défilé de voitures qui vrombissent pour ne pas rater le convoi, un agriculteur, qui taille sa vigne à quelques mètres, semble étonné de ce spectacle, au beau milieu de son vignoble d’ordinaire plutôt tranquille… « Je ne savais pas qu’il venait, assure-t-il, sécateur à la main. François Fillon ? C’est normal qu’il soit jugé, oui, comme tout le monde… »

Un homme qui taille sa vigne assiste au défilé de voitures. Il n'était pas au courant de la visite : '', normal qu'il soit jugé''.

« Vous n’avez pas honte d’applaudir un voyou ? »

En milieu d’après-midi, c’était une toute autre histoire. Le candidat avait rendez-vous place des Arènes, en plein centre-ville de Nîmes, dans un hôtel, où il a rencontré des associations de harkis. A peine avait-il posé le pied à terre que deux Nîmoises l’accueillent aux cris de « Voyou ! » et « En prison ! ». Une autre tente de couvrir leurs voix, en frappant fort dans ses mains. « Vous n’avez pas honte d’applaudir un voyou ? », reprennent les manifestantes. Le candidat, lui, trace sa route, et s’éclipse dans l’hôtel.

François Fillon passera une bonne heure à discuter avec des associations de harkis. Il proposera notamment, s’il est élu, de faire « un état des lieux », et d’engager des discussions pour, notamment, engager des « réparations ». Mais son propos est inaudible, couvert par les affaires, et les annonces de démissions, dans son état-major, qui se succèdent

 

>> A lire aussi : Affaire Fillon : Les juppéistes Apparu, Philippe et Béchu se retirent de la campagne

 

« Il avait dit qu’il se retirerait en cas de mise en examen ! »

A sa sortie, rebelote. Le candidat est accueilli au son de « Fillon, démission ! », hurlé par deux passantes. « On ne s’est pas dégonflées, vous avez vu, disent-elles. C’est une honte. Il avait dit qu’il se retirerait en cas de mise en examen !

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Rebelote à sa sortie. accueilli aux cris de ''Démission !'' par deux passantes. Un autre hurle ''Président !'' @20Minutes

« La base, elle tient. Je m’appuie sur les Français », finira par lâcher le candidat, interrogé par la presse, avant de soupirer auprès d’un journaliste du Monde : « Les élus, on fera sans eux ». Avant de filer au Parnasse, à Nîmes, pour son meeting. Dans un climat, forcément, morose...

 

 

Source : http://www.20minutes.fr/montpellier/2023595-20170302-video-presidentielle-base-tient-lache-francois-fillon-visite-gard

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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