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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:49

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

Verbalisée pour avoir donné un livre

 

 

 

16 Février 2017

 
 

par Gwenaelle, professeure des écoles région parisienne et « semeuse de livres », une défenseure de la libre circulation des livres.

 

 

Le 31 janvier Gwenaelle a voulu, comme souvent, déposer un livre dans la rue. Une manière de partager la culture encouragée par les bibliothèques. Sauf que des policiers ont décidé de lui coller une amende au nom de la lutte contre les incivilités.

Je donne beaucoup de livres. La dernière fois, c’était un mardi, le 31 janvier. Un bel ouvrage de photos, tout neuf, que j’avais seulement feuilleté. Je ne pouvais pas le garder, ça déborde chez moi et je n’avais personne de précis en tête.

Alors, je l’ai déposé contre la vitrine du Gibert Joseph entre Barbès et Château Rouge, bien en évidence, vertical, à l’abri de la pluie.

 

J’ai voulu partager un livre. J’ai reçu 68 € d’amende !

Je m’apprêtais à m’éloigner pour observer cinq minutes, comme souvent, qui viendrait le récupérer. Et là, j’ai croisé une dizaine de policiers. C’était la fin d’une « opération zéro tolérance contre les incivilités », leur chef était en train de féliciter ses gars, je pense avoir été leur dernière prise.

Ils m’ont collé 68 euros d’amende, même tarif que pour une crotte de chien.

Pour moi, déposer un livre dans la rue, c’est une pratique régulière. Les recommandations des bibliothèques (link is external) de la ville de Paris, elles-mêmes, suggèrent de le faire.

Je le fais parce que je crois en la circulation des livres, j’ai même constitué petit réseau d’amis pour envoyer des livres d’occasion en Haïti quand ils ne sont pas trop franco-français.

Et laisser un livre de portraits de personnalités politiques à la Goutte d’Or, c’est un moyen de le mettre en relation avec un nouveau public. Je fais tout cela comme acte citoyen.

 

 

« Pour moi, déposer un livre dans la rue, c’est une pratique régulière […] Je fais tout cela comme acte citoyen » Gwenaelle, dealeuse de livres

 

Je suis une « trafiquante de livres »

Je suis une « trafiquante de livres », mon hall est toujours rempli d’ouvrages à envoyer à l’étranger ou à transmettre à mes amis. Les librairies et les bibliothèques me donnent leur pilon [les volumes destinés à être détruits], j’en ai collecté 2.000 à la fin de la foire aux livres de mon quartier l’année dernière.

J’en récupère même plusieurs dizaines par an entre les sacs poubelles des Parisiens.

En toute bonne foi, j’ai expliqué ma démarche à l’agent qui consultait ma carte d’identité et dictait le procès-verbal à son appareil. Il m’a écouté assez surpris, avant d’être rejoint par un autre agent : « Alors, la dame elle a jeté une cigarette ? ».

Puis un troisième… et ainsi de suite. Tous tenaient le même discours : « On comprend ce que vous dites, mais on ne peut pas déroger aux ordres ».

Cet excès de zèle rend la situation absurde, ubuesque même. Dans le procès verbal, dont je n’ai pas eu copie, le premier agent a accepté d’inscrire les mots clés « livres » et « Culture », en me disant que la Mairie s’arrangerait peut-être avec ça.

Je suis resté calme jusqu’au bout. Sur l’amende que j’ai reçu chez moi, il est marqué « Dépôt d’ordures ». Je vais la contester, avec des liens vers tous les mouvements militants qui font circuler des livres de cette façon.

 

Mon acte est avant tout citoyen

Ce n’est pas tellement la somme de 68 euros qui m’embête le plus. J’ai peur que chaque acte citoyen ne devienne un délit. Le zèle risque toujours d’amener des dérives. Pour l’instant, ça ne va pas m’empêcher de recommencer.

Parmi les personnes qui m’ont contacté pour me soutenir, il y a ceux qui prétendent que les policiers sont tous des illettrés. Et ceux, beaucoup plus intéressants, qui proposent d’abandonner des livres dans les salles d’attente des commissariats. Pourquoi pas ? C’est une idée d’action militante intéressante.

Propos recueillis par Maxime Grimbert
 

 

 

 

Source : http://www.streetpress.com

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:47

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

Veillée d’armes contre le stockage radioactif de Bure

 

Les opposants au centre d’enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse appellent à un rassemblement national samedi 18 février.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

Une manifestation d’opposants au centre d’enfouissement des déchets nucléaires, en 2014, à Bure, dans la Meuse.

Les rigueurs hivernales n’ont pas tempéré l’ardeur des opposants au projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), destiné à enfouir, près du village de Bure (Meuse), les déchets ultimes de l’industrie nucléaire française. Le bois Lejuc, une forêt de 220 hectares sous laquelle doit être creusé, à 500 mètres sous terre, ce cimetière atomique, est devenu le « bois à défendre », en écho à la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

 

Depuis plusieurs mois, quelques dizaines de militants y ont élu domicile. Ils y ont construit des cabanes au milieu de la futaie et à la cime des arbres, où ils attendent de pied ferme les gendarmes qui, un jour ou l’autre, viendront les déloger. Samedi 18 février, ils comptent sur le renfort de plusieurs centaines de personnes, lors d’une manifestation nationale au mot d’ordre sans équivoque : « Qu’ils nous expulsent ou pas, on sera dans le bois ! »

 

Lire aussi :   Site d’enfouissement de Bure : « On ne nous atomisera jamais »

 

La mobilisation ne se cantonne plus au noyau dur des « anti-Cigéo » et aux associations régionales historiquement hostiles au projet. Le réseau Sortir du nucléaire appelle à rallier le rassemblement pour « refuser le passage en force » de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), chargée du stockage souterrain. De son côté, Europe Ecologie-Les Verts invite à y participer pour « mettre fin à ce projet démesuré » et le remplacer par « des solutions alternatives ».

 

Face-à-face tendus

De multiples collectifs, comme la Coordination des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ont eux aussi battu le rappel. Il s’agira, annonce un habitant de la « maison de la résistance » de Bure, d’une « journée festive », mais aussi, promet-il, d’une « démonstration de force ».

Les dernières semaines ont déjà été émaillées de face-à-face tendus entre les occupants du bois Lejuc et des agents de l’Andra, venus, avec des engins de chantier, enlever les chicanes et les barrières installées à l’orée de la forêt. Une jeune femme a été légèrement blessée au visage par des vigiles et, le 30 janvier, un employé de l’agence a été filmé alors qu’il vidait une bouteille d’essence au milieu d’opposants agrippés à une barricade.

 

Bataille judiciaire

Depuis, l’Andra a choisi d’éviter la confrontation directe, tout en déplorant des dégradations commises, le 14 février, devant son laboratoire de Saudron, tout près de Bure. Ses incursions dans la forêt avaient pour objet, explique-t-elle, de « reprendre les opérations de nettoyage et de remise en état du bois » dont elle est, souligne-t-elle, « propriétaire ». Mais la bataille se mène aussi sur le terrain judiciaire, avec plusieurs échéances importantes.

Le 22 février, d’abord, le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc doit se prononcer sur l’expulsion d’un occupant « clandestin » du bois Lejuc, qui a volontairement donné son identité afin que puisse se tenir une procédure contradictoire. Une décision favorable à l’Andra pourrait préfigurer une évacuation générale par les forces de l’ordre.

Le 27 février, c’est la cour d’appel de Nancy qui rendra sa décision sur la contestation, par l’Andra, d’un jugement d’août 2016 qui établissait le caractère « illicite » de ses travaux de défrichement, faute d’autorisation préalable. Un arrêté préfectoral autorisant les travaux est en préparation, mais il n’a toujours pas été délivré.

Le 28 février pourrait marquer un tournant dans le conflit. Le tribunal de grande instance de Nancy doit trancher sur la légalité, contestée par des habitants, de la cession du bois Lejuc à l’Andra par la commune de Mandres-en-Barrois, en échange d’une autre parcelle forestière. La rapporteuse publique a conclu en faveur de l’annulation de cette cession, décidée au cours d’un vote précipité du conseil municipal à bulletins secrets.

 

Le calendrier en question

Si le tribunal suit ses conclusions, il faudra alors un nouvel accord entre la commune de Mandres-en-Barrois et l’Andra pour que celle-ci devienne effectivement propriétaire du terrain. Ce qui, en attendant une éventuelle régularisation, remettrait en question les procédures d’expulsion et, au-delà, la poursuite des travaux préparatoires au projet Cigéo.

 

Lire aussi :   Déchets radioactifs : à Bure, « on défait le mur ! »

 

Enfin, le 23 mars, la cour d’appel de Versailles doit rendre son délibéré sur le dossier du potentiel géothermique du sous-sol de Bure. Le réseau Sortir du nucléaire et cinq associations accusent l’Andra d’avoir sous-estimé l’importance de cette ressource qui, selon eux, interdit la création d’un site de stockage dans cette zone.

Cette double guérilla, au milieu des arbres et dans les prétoires, pourrait bien faire déraper le calendrier du projet d’enfouissement des déchets radioactifs. C’est la carte que jouent les opposants, décidés à inscrire leur mouvement dans la durée et à s’enraciner dans la région de Bure. Pour l’instant, l’Andra n’en maintient pas moins les échéances qu’elle s’est fixées, à savoir une demande d’autorisation de création du centre de stockage « au cours du deuxième semestre de 2018 », pour une mise en service en 2025.

 
 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:42

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le parlement facilite la vie des fraudeurs financiers

Par martine orange
 
 

En pleine affaire Fillon, les députés ont adopté le jeudi 16 février un amendement prévoyant un délai de prescription pour les infractions « occultes » et « dissimulées ». Il sera encore plus difficile de mettre au jour des montages de fraude complexes. Une vraie prime à la fraude financière.

 

C’est ce qui s’appelle avoir le sens de l’actualité, voire un sens politique. En pleine affaire Fillon, les députés ont adopté le jeudi 16 février un amendement prévoyant un délai de prescription pour les infractions « occultes » et « dissimulées ». Alors que jusqu'à présent la loi ne prévoyait aucune limite dans le temps, le parlement a décidé de fixer à 12 ans à partir du moment des faits les possibilités de poursuite pour tous les délits financiers : abus de bien social, abus de confiance, trafic d’influence, corruption, détournements de fonds (lire ici notre article sur le cas d'espèce de François Fillon).

Cet amendement, repéré par Le Canard enchaîné, s’inscrit pourtant dans un texte de loi censé au contraire renforcer l’effectivité de la loi et des poursuites pénales. Il n’y est question que « d’améliorer les procédures pour faciliter la répression des délits », « de renforcer la réponse pénale », « de lutter contre le terrorisme ». Cela illustre le ton général du débat : le répressif, l’autoritaire, la sanction l’ont emporté sur tout, dans tous les domaines. Sauf pour les délits financiers.

Cet amendement a été glissé par le ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, lors de la discussion sur la prescription pénale. « J’ai un petit amendement à proposer », aurait-il glissé lors de l’examen du texte au Sénat, le 13 octobre, comme le rapporte LCP. En fait de petit amendement, c’est une vraie prime à la fraude financière.

 

Jean-Jacques Urvoas, ministre de la justice © Reuters

Jean-Jacques Urvoas, ministre de la justice © Reuters

 

Le texte propose en effet de faire courir un délai de prescription de 12 ans à partir du moment où la fraude est découverte. Impossible d'aller au-delà. Un retour en arrière complet par rapport à la législation en vigueur contre les délits financiers.

 

Si les législateurs n'avaient pas encadré les délits financiers dans un délai de temps à partir du moment où les faits sont découverts, c’est en connaissance de cause. « La Cour de cassation avait fixé un principe clair, au terme duquel dans les affaires d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics ou privés, la prescription ne courait qu’à compter de la découverte et non pas de la commission d’infraction. Cette jurisprudence avait évidemment pour effet de rendre insécure [sic] la situation des délinquants, qui ne pouvaient pas s’estimer tranquilles une fois passé le délai de prescription des délits, qui était alors de 3 ans », rappelle Corinne Lepage, en s'indignant de cette adoption qu'elle juge être « une faute politique ».

Les délits financiers, la corruption, les abus de biens sociaux sont les plus difficiles à découvrir et à prouver. Il faut avoir une connaissance très précise de ce qui se passe à l’intérieur d’une entreprise, avoir accès à des documents internes, qui, par nature, sont soigneusement dissimulés, pour comprendre les méfaits commis. Souvent, les fraudeurs ont recours à des montages compliqués, cachés, comme l’ont prouvé les scandales Panama Papers et Lukleaks. Tout cela demande du temps et parfois beaucoup de chance pour le découvrir.

Avec le nouveau texte, il y a de grands risques de ne pouvoir plus jamais enquêter sur bien des affaires financières complexes. Et d’étouffer ainsi nombre d’affaires sensibles...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:28

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

https://twitter.com/afpfr/status/832598227312521217/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw

 

 

#Présidentielle2017 INFOGRAPHIE. Hamon, Mélenchon, Jadot : les points d'accord et ce qui les oppose, en un coup d'œil

 

 

Hamon, Jadot, Mélenchon : les constellations de la galaxie de la gauche par

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:14

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Enquête

Fillon et ses amis, la vie en colloques

Par Renaud Lecadre , Luc Peillon et Pauline Moullot (mis à jour à )
 
 

 

Jérôme Chartier, le 4 octobre à Paris.

Jérôme Chartier, le 4 octobre à Paris. Photo Albert Facelly

 

En trois ans, le candidat LR s’est fait rémunérer entre 140 000 et 210 000 euros pour des interventions à l’étranger coorganisées par ses proches Jérôme Chartier et Arnaud Vaissié. «Libération» dévoile les arcanes de ces petits arrangements, certes légaux mais moralement discutables.

Peu connu, c’est l’un des volets de la très rentable PME Fillon : ses conférences rémunérées à l’étranger, qui viennent nourrir les comptes de 2F Conseil, sa petite société montée en juin 2012. On savait, jusqu’ici, qu’il avait exercé au moins une fois ses talents de conférencier, en 2013, au Kazakhstan, contre quelque 30 000 dollars (soit environ 28 800 euros). En réalité, selon notre recensement, François Fillon a participé, entre 2013 et 2016, à au moins onze colloques à l’étranger. Pour quatre d’entre eux - trois en Russie et un à Doha, il assure ne pas avoir été payé. Mais pour les sept autres, il a touché des «honoraires» allant de 20 000 à 30 000 euros, assure à Libération sa responsable de communication, Caroline Morard. Soit une confortable enveloppe de 140 000 à 210 000 euros au total. Parmi les destinations phares de François Fillon : le Kazakhstan, où il s’est rendu quatre fois en trois ans.

Mais une série de quatre conférences, moins exotiques, mettent en lumière un système bien huilé entre le député de Paris et deux de ses proches : le patron Arnaud Vaissié, responsable de la structure qui chapeaute les chambres de commerce et d’industrie (CCI) à l’étranger, et le député Jérôme Chartier, conseiller spécial du candidat et président de l’association les Entretiens de Royaumont.

Cette dernière organise, depuis 2003, des débats en France, auxquels participe régulièrement François Fillon, comme beaucoup d’autres hommes politiques de tout bord. Et à chaque fois gracieusement. Mais les conférences à l’étranger, lancées en 2013, ont un tout autre statut. A quatre reprises, en 2014 à Varsovie (Pologne), en 2015 à Madrid (Espagne) et en 2016 à Abou Dhabi (Emirats arabes unis) puis à Rabat (Maroc), Fillon y a participé. Et à chaque fois, contre rémunération.

A lire aussi Affaire Fillon : l’enquête prend son temps

 

Statut à part

Il serait même l’un des seuls à avoir obtenu une gratification. Plusieurs participants affirment ainsi à Libération n’avoir jamais été payés en échange de leur présence. Tout juste ont-ils été défrayés. «On m’a payé le billet d’avion et l’hôtel, mais c’est tout», raconte un patron de PME qui a assisté aux Entretiens de Varsovie, en 2014. Tout en expliquant que François Fillon avait un statut à part : «C’était l’un des seuls à faire un discours en tant que tel. Et plutôt pas mal, d’ailleurs.» Invité aux Entretiens à Madrid en 2015, le député socialiste Christian Bataille, qui intervenait sur les questions d’énergie, confirme : «On ne m’a jamais proposé d’être payé, je suis venu à titre gracieux…» Même chose du côté de Michèle Sabban. Ancienne vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France et responsable de l’ONG R20, elle est intervenue aux Entretiens d’Abou Dhabi en 2016. Sans toucher un copeck.

François Fillon est-il le grand privilégié des Entretiens de Royaumont à l’étranger ? En tout cas, Jérôme Chartier, veut à tout prix se détacher des sessions à l’international. «Les Entretiens de Royaumont ne sont les organisateurs que des seuls Entretiens en France, explique-t-il. Chacun est libre de faire figurer le terme Entretiens de Royaumont, ou pas, mais nous n’avons rien à voir.» Difficile à croire. Les invités français le sont directement par les Entretiens de Royaumont et à chaque édition à l’étranger, Jérôme Chartier intervient, quand son association n’est pas directement présentée comme coorganisatrice. Enfin, le logo est un dérivé de celui de Royaumont.

Pour autant, l’association n’a jamais payé Fillon, jure Jérôme Chartier, qui indique qu’il «faut regarder du côté de l’organisateur». Disons plutôt l’autre coorganisateur de ces conférences. En bref, les chambres de commerce et d’industrie (CCI) françaises présentes localement. Ont-elles payé François Fillon quand il est intervenu dans leurs pays respectifs ? La quasi-totalité des CCI contactées n’ont pas répondu à nos sollicitations. Seule la chargée de communication de la CCI de Rabat, au Maroc, affirme que sa structure n’a pas rémunéré François Fillon. Faut-il remonter un cran plus haut ? Toutes les CCI françaises à l’étranger sont effectivement regroupées au sein du réseau «CCI France international», avec lequel les Entretiens de Royaumont sont liés. Preuve en est, selon le site de l’association, quand elle lance le cycle de conférences en Espagne, en 2014 : «Répondant à l’attente de nombreux francophiles, les Entretiens de Royaumont ont décidé de lancer, avec le concours actif de CCI France International, regroupant les chambres de commerce françaises à l’étranger, les premiers entretiens de Royaumont à Madrid.»

 

Premier cercle

C’est là que l’on retombe sur un autre très proche de Fillon : CCI France International est présidé par Arnaud Vaissié, PDG de l’entreprise International SOS, leader mondial de l’accompagnement santé-sécurité des boîtes à l’étranger. Et qui fait partie du premier cercle du candidat Fillon. Membre de l’équipe de campagne, comme Chartier, il a inspiré une partie du programme économique du député de Paris. Son entreprise, International SOS, tout comme le réseau des CCI qu’il préside, sont d’ailleurs des sponsors officiels des Entretiens de Royaumont.

A Varsovie en 2014, c’est même lui qui ouvre, avec l’ambassadeur de France en Pologne, la conférence, comme «président de CCI France International». Contacté jeudi par Libération, l’entourage d’Arnaud Vaissié fait savoir que «ce sont les chambres de commerce qui, dans chaque pays, décident de l’organisation de leurs colloques. A ce titre, CCI France International n’a pas connaissance des contrats passés avec les conférenciers ou intervenants». La provenance des fonds reste donc un mystère. Sollicité, l’entourage de François Fillon refuse d’en dire plus.

 

Renaud Lecadre , Luc Peillon , Pauline Moullot

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 22:02

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

VIDEO. Le calvaire de cochons dans un abattoir à Houdan

 

 

 

 

Cet abattoir est un des premiers à avoir installé des caméras de contrôle vidéo mais les images seraient uniquement consultées par le directeur, dénonce l'association L214.

 

Après les poulets ou les vaches, l'association L214, qui milite contre la consommation de viande, a diffusé de nouvelles vidéos montrant des cas de maltraitance de cochons à l'abattoir de Houdan (Yvelines), contre lequel elle entend porter plainte.

 

Ces nouvelles vidéos tournées fin novembre et début décembre 2016 montrent des porcs obligés d'avancer dans un couloir étroit par un employé qui les frappe violemment à l'aide d'un battoir.

 

Les salariés donnent également des coups de pied aux animaux et utilisent un aiguillon électrique pour tenter de les faire avancer sur la rampe qui les mène au gazage. Les porcs hurlent et certains vont même jusqu'à perdre connaissance sous les nombreux coups. L'association écrit dans un communiqué :

 

"Chocs électriques et coups sont constamment distribués sur toutes les parties du corps des animaux parfois jusqu'à les sonner. Couloir et rampes sont très mal conçus et des cochons se trouvent parfois bloqués puis décoincés à coup d'aiguillons appliqués sur les yeux.


La capacité d'accueil de la porcherie est sous-dimensionnée et les cochons sont entassés sans avoir tous la possibilité de se coucher. Les agressions et les cris emplissent la porcherie sans discontinuer."

 

Pour Brigitte Gothières, porte-parole de l'association, le problème principal se concentre sur les installations : "Le parcours n'est pas réalisé de manière à retirer du stress aux cochons avant d'être abattus. L'employé semble dépassé et agit comme s'il ne pouvait pas faire autrement que de porter ces stimuli aux animaux".

 

Le directeur de l'abattoir, Vincent Harang, indique "ne pas cautionner" le comportement de l'employé mis en cause, qui a depuis été "écarté" de ce poste.

 

"Après ça, nous avons fait une grosse réunion. Et depuis toujours, on forme tous nos employés lors de l'embauche, puis de la formation continue", souligne Vincent Harang, qui emploie 90 salariés pour une production de 2.500 porcs par semaine.

 

Plainte pour maltraitance

Selon l'association, l'abattoir de Houdan "est un des premiers abattoirs à avoir installé des caméras de contrôle vidéo, mais les images sont uniquement consultées par le directeur de l'abattoir".

 

Ce dernier, ayant précisé que les vidéos étaient à la disposition des services vétérinaires, n'a pas satisfait la porte-parole de L214 qui rétorque :

 

"Ces nouvelles images glacent le sang. Cet abattoir dispose de caméras de contrôle vidéo, ce qui n'est en rien un rempart à la maltraitance des animaux en abattoir. Tant que les vidéos resteront en circuit fermé au sein des abattoirs, il ne faut pas espérer que ce dispositif permette un contrôle efficace.


Nous soulignons de nouveau que les abattoirs sont des lieux de violence et de mort, les tentatives pour les rendre éthiquement acceptables sont vaines. Une question devient inévitable aujourd'hui : faut-il encore manger les animaux ?"

 

D'après L214, "l'abattoir de Houdan avait fait l'objet d'une inspection en avril 2016. La plupart des faits révélés sur ces nouvelles images avaient été repérés par les services vétérinaires mais sans produire aucun effet". L'association va porter plainte pour "maltraitance" contre l'abattoir de Houdan auprès du tribunal de grande instance de Versailles.

 

En décembre 2016, deux militants de L214, dont son cofondateur Sébastien Arsac, avaient été interpellés de nuit dans cet abattoir des Yvelines alors qu'ils venaient recharger les caméras filmant l'endormissement au CO2 des porcs avant abattage.

 

Les deux militants sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Versailles le 12 juin 2017.

 

Mélody Locard avec AFP

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 16:30

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Révélations

Soupçons d'emplois fictifs FN à Bruxelles : le rapport qui charge Marine Le Pen

 

 

L’Office européen de lutte antifraude a transmis récemment à la justice française son rapport sur l’activité des assistants parlementaires de Marine Le Pen. Dans ce document confidentiel que révèlent ce jeudi 16 février "Marianne" et Mediapart, le gendarme de l’Europe soupçonne un possible "contrat d’emploi fictif" en faveur de Thierry Légier, le garde du corps de l’eurodéputée FN. Les enquêteurs font notamment référence à un bulletin de salaire de l’ancien assistant parlementaire qui, selon eux, "constituerait un faux"…

Marine Le Pen traverse une zone de turbulences. Depuis deux mois, la présidente du Front national est au cœur d’une tempête dont elle ne connaît pas l’issue. Le 15 décembre 2016, le parquet de Paris a ouvert pour « abus de confiance », « faux et usage de faux », « travail dissimulé » et « escroquerie en bande organisée » dans le cadre des investigations sur les activités, réelles ou fictives, d’une vingtaines d’assistants des eurodéputés FN au Parlement européen. Cette procédure, qui découle d’une enquête préliminaire entamée le 23 mars 2015, s’intéressait initialement au mandat des députés européens élus en mai 2014. Mais, depuis décembre, les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) ont étendu le champ de leurs investigations aux années 2010-2014. A l’origine de ce changement, un document déposé sur le bureau des juges il y a sept mois : le « rapport final » de l’enquête ouverte le 27 juin 2014 par l’Office européen de lutte antifraude (Olaf).

Ce document de 28 pages, que Marianne et Mediapart se sont procurés après plusieurs semaines d’enquête (voir extraits ci-dessous), détaille par le menu les recrutements de Marine Le Pen entre 2009 et aujourd’hui, soit la 7e et la 8e législature. Transmise le 26 juillet 2016 à la justice française, cette pièce de l’enquête en cours pourrait se révéler embarrassante pour l'eurodéputée FN, qui bénéficie de la présomption d’innocence, aisni que toutes les personnes concernées par les faits ici dévoilés.

 

Une rémunération « extrêmement élevée »

Sur les deux mandatures examinées par l’Office antifraude, l'élue de la circonscrition Nord-Ouest a embauché pas moins de douze assistants (trois assistants accrédités et neuf assistants locaux). Selon les enquêteurs de l’Olaf, la réalité du travail fourni pose véritablement question pour deux d’entre eux : Thierry Légier et Catherine Griset. Comme nous le , le Parlement européen, sur la base de ce rapport, avait engagé une procédure de recouvrement concernant les salaires versés à ces deux collaborateur de Marine Le Pen, pour un total de 339.946 euros.

 

Après un premier contrat de quatre mois, en 2009, Thierry Légier, qui assure la sécurité rapprochée de Marine Le Pen depuis son élection à la tête du FN, en janvier 2011, en a signé un second du 1er octobre au 31 décembre 2011. Il bénéficiait alors d’une rémunération mensuelle de 7.237 euros net pour un trois quart temps. L’équivalent de « 9.649 euros net à temps plein », précisent les enquêteurs de l’Olaf, qui ont tiqué sur cette rémunération qualifiée d’« extrêmement élevée ».

(…)

« Ce contrat de travail ne correspond pas à la réalité »

Pour l’Office antifraude, « ce contrat de travail à durée déterminée signé par Mme Le Pen ne correspond pas à la réalité. De ce fait, le bulletin de salaire établi pour le mois d’octobre 2011 et versé au dossier du [Parlement européen] pour justifier les remboursements au tiers payant [la personne chargée de verser le salaire aux assistants locaux, ndlr] constituerait un faux ». Et les auteurs du rapport de souligner dans leurs conclusions (voir extrait ci-dessous) que « les faits en question pourraient être constitutifs d’infractions pénales d’abus de confiance, voire d’escroquerie ainsi que de faux et d’usages de faux, selon les dispositions respectives du code pénal français ».  Joint par Marianne, l’avocat de Marine Le Pen, MMarcel Ceccaldi, qualifie ces allégations de « sornettes ! ». Marine Le Pen nous a invité par SMS à « être très prudent avec ce genre d’assertion diffamatoire ». La justice doit encore faire le tri dans les faits suscpetibles d'être poursuivis ou non. En attendant, la présidente du Front national a jusqu'au 28 février pour rembourser les 41 554 euros que lui réclame toujours le Parlement européen pour l'embauche de Thierry Légier.

 

 

>> Notre enquête complète est à lire dans le numéro de Marianne cette semaine, , en kiosques vendredi matin

 

Extrait du rapport final de l'Olaf :

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 16:02

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

UBS mise en examen (à nouveau) pour harcèlement moral d'un lanceur d'alerte

 

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La filiale française de la banque suisse est déjà poursuivie depuis juillet pour harcèlement moral à l'encontre d'une ancienne cadre, la lanceuse d'alerte Stéphanie Gibaud. (Crédits : © Michael Buholzer / Reuters)

 

L'ex-responsable de l'audit interne de la banque suisse en France, Nicolas Forissier, qui avait dénoncé le système de fraude fiscale organisé, avait été licencié pour faute grave. L'affaire pourrait par ailleurs se conclure par un accord transactionnel.

 

La banque UBS France a été mise en examen le 8 février pour harcèlement moral d'un ancien salarié, le lanceur d'alerte Nicolas Forissier, à l'origine des révélations sur le système de fraude fiscale dont est accusée l'établissement suisse, selon des informations de l'AFP. Les juges d'instruction la soupçonnent d'avoir voulu faire pression sur ce responsable de l'audit interne, embauché en 2001 et licencié pour faute grave en novembre 2009. UBS France est déjà poursuivie depuis juillet pour harcèlement moral à l'encontre d'une ancienne cadre de la banque, la lanceuse d'alerte Stéphanie Gibaud.

Cette décision "démontre la réalité de mes découvertes, les pressions que j'ai subies et leur conséquence depuis 2009 sur ma vie de tous les jours", a déclaré Nicolas Forissier à l'AFP.

Le conseil des prud'hommes de Paris a condamné UBS France à lui verser 300.000 euros de dommages et intérêts pour "licenciement abusif" en 2012.Les prud'hommes l'ont aussi condamnée à verser des dommages et intérêts à quatre autres ex-salariés qui avaient alerté Nicolas Forissier ou refusé de détruire des documents présumés compromettants.

 

Vers un accord transactionnel ?

En juin dernier, le parquet national financier a demandé le renvoi en procès de la maison-mère suisse UBS AG et de sa filiale française, accusées d'avoir mis en place un système favorisant la fraude fiscale de contribuables français.

Cependant, l'affaire pourrait se conclure sur un accord transactionnel. Des négociations informelles auraient lieu en vue de l'éventuelle mise en place d'une convention judiciaire d'intérêt public (CJIP), une nouvelle procédure introduite par la loi Sapin II, proche du modèle américain du "Deferred Prosecution Agreement", qui permet à une entreprise poursuivie pour corruption et/ou blanchiment de fraude fiscale de négocier une amende, en évitant un procès et sans plaider coupable.

 

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 15:22

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Détruire des données, ce n'est pas si simple

 

 

 

"Il est plus facile de créer des données que de les détruire", telle pourrait être la morale...

L’arrivée de Donald Trump au pouvoir pose des questions inédites. Par exemple : faut-il effacer certaines bases de données ? C’est le cas d’une base de données créée en 2014 par la mairie de New York dans le but de faciliter les procédures de légalisation des migrants sans papier. Le projet de Donald Trump étant de renvoyer chez eux 3 millions de migrants sans papier, beaucoup craignent que cette base de données soit utilisée afin de les identifier plus facilement. Sa destruction est donc envisagée. Problème : est-ce si facile que cela de détruire une base de données ? Voici comment le site FiveThirtyEight répondait à la question il y a quelques jours.

Toute donnée - d’un like Facebook à vos photos - est stockée dans un lieu physique. Par exemple un disque dur ou serveur. Le premier cas est celui où vous êtes en possession de ce disque dur. Se pose alors la question : comment faire pour être certain d’effacer toutes les données d’un disque dur ?

 

Méthodes bourrine ou plus fine

La méthode bourrine consiste à détruire le disque dur, tout simplement. Ce n’est pas très respectueux de l’environnement (le disque n’est plus réutilisable ensuite), mais c’est faisable, il y a des machines pour ça : le disque est percé, fragmenté, démagnétisé, il ressort en tous petits morceaux dispersables dans une poubelle. Impossible de récupérer une quelconque donnée sur ces fragments.

Mais il y a une méthode moins bourrine, on peut s’y prendre avec plus de finesse et de souci environnemental : effacer les données, tout en préservant le disque dur. Des entreprises sont spécialisées dans cette tâche. L’une, du nom de Greenship, utilise un algorithme qui accède à chaque bit du disque (chaque 0 ou 1) et le réécrit. Et le processus est répété au moins trois fois. La donnée initiale est effacée, vraiment. A priori, tout cela est rassurant, on peut détruire des données. Définitivement.

 

Sauf que non. On peut effacer des données dont on sait où elles sont. Mais on ne peut pas effacer des données au sens où l’on serait certain qu’elles n’existent plus nulle part, sous aucune forme. Car il est impossible de s’assurer que des données n’existent pas ailleurs. Mat Mitchell, expert en sécurité informatique, le dit très bien : “Il n’y pas de fonction “effacer” dans le monde de la donnée. On peut détruire physiquement un disque dur de telle sorte que personne ne puisse en ressortir aucune donnée. Mais cela suppose qu’on a tous les disques.”

 

Il reste des copies

Les gens qui ont pour métier de collecter et conserver les données le savent pertinemment. Une donnée écrasée est perdue à jamais, c’est pourquoi des copies sont effectuées en permanence. Par exemple les fichiers que vous créez ou stockez dans un Google Drive (un exemple de services qu’on appelle le “cloud”) sont dupliqués des centaines de fois, pour être tout le temps et rapidement accessibles de quelque lieu que vous vous connectiez.

Eh bien, quand vous supprimez votre fichier, vous n’en supprimez pas toutes les copies, c’est impossible. Il continue d’exister quelque part (sans compter des actes de malveillance qui font que vos données peuvent avoir été copiées pour des raisons frauduleuses).

Bref tout ça nous fournit une leçon aux nombreuses implications politiques : il est plus facile de créer des données que de les effacer. C’est tout le problème qui se pose à la mairie de New York avec son fichier des migrants, et une question que l’on ferait bien de se poser en France, où règne la folie des grands fichiers. Le meilleur moyen de ne pas avoir à détruire de fichiers un jour, c’est de ne pas les créer.

 

Trop-plein

Au-delà de la question politique, il me semble que cette question de l’impossible effacement des données pose un problème quasi métaphysique, qui est le trop-plein mémoriel de l’informatique. Et si, malgré les progrès constant qui sont faits en terme d’augmentation des capacités de stockage, les ordinateurs venaient à souffrir un jour ne pas pouvoir oublier, et donc n’arrivaient plus à se souvenir.

Très beau problème abordé par Borges dans sa nouvelle “Funes ou la mémoire”, où un jeune homme, doté d’une mémoire surpuissante, se trouve progressivement envahi par les souvenirs et meurt de ne faire que se remémorer tous les détails de sa courte vie. On y repensera peut-être un jour.

 

Retrouvez les podcasts de l’émission via iTunes ou en RSS.

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 15:12

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Energie

Nucléaire : comment s’assurer que les citoyens ne payeront pas une nouvelle fois pour les déchets radioactifs ?

 

par

 

 

EDF ne mettrait pas suffisamment d’argent de côté pour financer le démantèlement des centrales nucléaires vieillissantes et pour correctement gérer les déchets radioactifs qu’elles produiront. C’est ce que constate un rapport parlementaire, qui va dans le sens d’une étude commandée par Greenpeace publiée en novembre. En Allemagne, qui a décidé de ne plus recourir à l’atome d’ici 2022, un fonds géré par l’État et abondé par les exploitants des centrales a été créé, à l’issue de longs mois de négociations. Objectif : s’assurer que l’argent sera bel et bien là pour traiter les déchets et éviter que les citoyens ne paient cette impéritie.

 

Qui va payer, et combien, pour la gestion des déchets nucléaires ? Étrangement, la question se pose avec davantage d’acuité dans les pays qui ont décidé d’abandonner progressivement le nucléaire que dans ceux, comme la France, qui continuent pour l’instant à produire des déchets radioactifs pour plusieurs dizaines d’années.

 

Mi-décembre, le Parlement allemand a approuvé la création d’un fonds d’État pour financer le traitement de ces déchets nucléaires. Celui-ci sera géré par les autorités, mais abondé par les groupes énergétiques gestionnaires des centrales nucléaires du pays. Les dernières arrêteront leurs réacteurs en 2022. La loi votée avec le soutien des conservateurs, des sociaux-démocrates et des écologistes, obligent ces groupes – au nombre de quatre, trois Allemands et un Suédois – à verser 23,5 milliards d’euros à partir de juillet 2017. Les députés du Bundestag seront par ailleurs partie prenante de l’administration de ce fonds.

 

Sa mise en place marque une première pacification des relations entre les autorités allemandes et les groupes exploitants des centrales nucléaires du pays. La décision de sortir définitivement du nucléaire a été prise en mars 2011 par Angela Merkel, et entérinée par le Parlement. Depuis, les groupes privés exploitant les centrales ont déposé une série de plaintes en justice contre cette sortie anticipée de l’énergie atomique. Merkel leur avait auparavant promis d’allonger la durée de vie des centrales, avant de revenir sur sa position après Fukushima.

 

L’Allemagne s’assure que l’argent sera bel et bien là, pas la France

Le compromis adopté a finalement conduit à ce que les quatre groupes exploitants retirent 20 des 22 plaintes qu’ils ont déposées auprès de différentes juridictions. Il reste toujours deux actions judiciaires en cours : l’une contre un impôt sur le combustible nucléaire mis en place fin 2010 ; l’autre, du groupe énergétique suédois Vattenfall, qui n’a pas abandonné son action auprès du tribunal arbitral international de Washington [1], une juridiction privée censée régler les conflits commerciaux entre multinationales et États. Le groupe suédois réclame 4,7 milliards d’euros de dédommagement à l’État allemand pour avoir décidé de sortir du nucléaire dès 2022 [2].

 

Pourquoi obliger les exploitants des centrales à verser directement à un fonds géré par les autorités une partie des sommes provisionnées pour traiter les déchets nucléaires ? Cela permet à l’Allemagne de s’assurer qu’une fois tous les réacteurs arrêtés, l’argent sera bel et bien là. La Suisse et la Suède ont déjà mis en place de tels fonds [3]. Et en France ? « La loi exige que les exploitants nucléaires évaluent, de manière prudente, les charges de démantèlement de leurs installations et de gestion de leurs combustibles usés et déchets radioactifs », indique l’Autorité de sûreté nucléaire. Ainsi, le prix du kilowattheure d’électricité intègre normalement le coût de gestion des déchets et celui de déconstruction des centrales. EDF provisionne cet argent « sous le contrôle direct de l’État, qui analyse la situation des exploitants et peut prescrire les mesures nécessaires en cas de constat d’insuffisance ou d’inadéquation. Mais ce sont toujours « les exploitants nucléaires qui restent responsables du bon financement de leurs charges de long terme ». Problème : peut-on faire confiance à leurs évaluations ? Peut-on être sûr qu’ils provisionnent suffisamment d’argent pour éviter, qu’une fois de plus, les finances publiques soient sollicitées pour couvrir ces coûts ?

 

EDF accusée de ne pas mettre assez d’argent de côté

Une étude des comptes d’EDF réalisée par le cabinet d’analyses financières AlphaValue à la demande de Greenpeace, conclut en novembre que le groupe énergétique français « sous-provisionne drastiquement » les coûts de démantèlement des centrales et de traitement des déchets nucléaires [4]. En clair, EDF ne mettrait pas assez d’argent de côté pour gérer la fin des centrales et la gestion des déchets. Le cabinet a comparé les pratiques d’EDF à celles de ses voisins allemands et du français Engie. « Il en ressort qu’Engie, RWE ou Eon ont correctement provisionné leurs dépenses de déconstruction par rapport au coût moyen. En revanche, d’après ces calculs, les provisions passées pour sécuriser la charge de financement de la déconstruction des réacteurs français est loin d’être suffisante », écrit le cabinet d’audit. Selon lui, il faudrait ajouter dès cette année entre 33 et 52 milliards d’euros pour couvrir correctement le coût de la gestion des déchets. L’écart est donc énorme. Et les provisions réalisées par EDF potentiellement inférieures aux besoins.

 

« EDF conteste vigoureusement les prétendues analyses comptables et financières du cabinet AlphaValue réalisées à la demande de Greenpeace et relatives à la situation d’EDF. EDF rappelle que ses comptes sont audités et certifiés par ses commissaires aux comptes et que les coûts de démantèlement du parc nucléaire en exploitation d’EDF ont par ailleurs fait l’objet d’un audit du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, dont la synthèse, rendue publique le 15 janvier 2016, conforte les estimations d’EDF », a immédiatement réagi l’entreprise dans un communiqué.

 

Où est placé l’argent destiné à gérer les déchets radioactifs ?

Suite à cette étude, Greenpeace a déposé plainte contre EDF et son PDG auprès du parquet financier, pour délits boursiers. L’ONG les accuse de présenter un bilan inexact et de diffuser des informations trompeuses sur les comptes. « Le 16 décembre, nous avons appris que le parquet national financier avait ouvert une enquête préliminaire », précise aujourd’hui Greenpeace. Le 1er février, un rapport parlementaire sur la « faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base » pointait, lui aussi, qu’il était vraisemblable qu’EDF ne prévoit pas assez d’argent pour assurer le démantèlement des centrales. « Les hypothèses optimistes sur lesquelles EDF a bâti ses prévisions, de même qu’un certain nombre de dépenses lourdes négligées, conduisent à s’interroger sur la validité des prévisions, d’autant que dans le même temps, certaines charges semblent sous-évaluées », soulignent les deux auteurs du rapport, les députés Barbara Romagnan (PS) et Julien Aubert (LR).

Autre problème : EDF place les sommes provisionnés à cet effet dans des actifs, sur les marchés. L’entreprise les investit, à travers une société dédiée, EDF Invest, dans des infrastructures, de l’immobilier et même des fonds d’investissement… Ce qui pose la question de la sécurité de ces placements à l’aune des risques d’instabilité financière. En outre, les choix d’EDF pour faire fructifier ces sommes sont parfois surprenants. L’entreprise qui, rappelons-le, appartient à 85 % à l’État français, vient ainsi il y a quelques mois, d’acheter avec ces provisions destinées aux démantèlement et au traitement des déchets, une part dans l’aéroport de Nice, que l’État avait décidé de privatiser.

Rachel Knaebel

Photo de une : CC FlickR

 

Lire aussi :
 À Bure, habitants et paysans refusent que leur territoire devienne une « grande poubelle nucléaire »
 Comment le lobby nucléaire entrave toute transition énergétique

 

 

Notes

[1L’International Centre for Settlement of Investment Disputes, ICSID.

[2En décembre, la cour constitutionnelle allemande a reconnu à Vattenfall un droit à compensation pour les pertes engendrées par la sortie anticipée du nucléaire, mais a priori à une échelle bien moindre que le montant réclamé à Washington.

[3Voir ici et .

[4Voir l’étude ici.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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