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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 19:07

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

La face sombre de l’aquaculture

 

La surexploitation des petits poissons, réduits en farine, menace la sécurité alimentaire des pays du sud.

 

LE MONDE | | Par

 

 

 

Sur les côtes du Sénégal, depuis quelques années, des fabricants de farine de poissons coréens, russes, chinois, installés sur place, raflent toute la petite pêche.

 

Près du marché au poisson de Joal, sur les côtes du Sénégal, les femmes qui traditionnellement achetaient chinchards, anchois, maquereaux et sardinelles pour les fumer, se sont retrouvées au chômage. Ces petits pélagiques, moins nobles que le thon ou la daurade, fondent la base de la cuisine jusque dans l’arrière-pays. Mais voilà que depuis quelques années des fabricants de farine de poissons coréens, russes, chinois se sont installés sur place et raflent tout en offrant quelques centimes de plus par caisse débarquée des pirogues de pêche artisanale.

 

C’est l’un des effets du boum de l’aquaculture mondiale. La population mondiale qui croît est de plus en plus gourmande de protéines animales. Il lui faut de plus en plus de farines et d’huile de poisson. Voilà pourquoi les sardinelles africaines réduites au rôle de fourrage vont nourrir des saumons norvégiens, des truites polonaises, des anguilles chinoises, des crevettes thaïlandaises, mais aussi des carpes a priori herbivores, des volailles, ou encore des visons, des chiens, des chats

L’ONG Bloom sonne l’alerte sur cette façon de livrer « de la confiture aux cochons », selon sa formule. En effet la pêche minotière, largement pratiquée par les grandes flottilles asiatiques dans les eaux des pays du sud, contribue à mettre en péril la ressource alimentaire des populations littorales, déjà mise à mal par la surexploitation des grands poissons prédateurs au large.

Mardi 14 février, l’association a rendu publique son analyse sur ce secteur, mettant à plat les ressorts et les conséquences de ce qu’elle appelle « l’envers du décor de l’aquaculture ».

 

Un quart des poissons réduit en farine

Le même jour paraissait dans la revue Fish and Fisheries une publication scientifique cosignée par Frédéric Le Manach, directeur scientifique de Bloom, Tim Cashion, Daniel Pauly et Dirk Zeller de l’université de Colombie britannique. Cette étude souligne qu’en moyenne, entre 1950 et 2010, 27 % du total des captures débarquées autour du globe (soit environ vingt millions de tonnes par an) a été réduit et transformé, servant à autre chose qu’à nourrir directement les humains. Selon Bloom, les farines de poisson alimentent certes l’aquaculture mondiale (elle en consomme environ 57 %), mais elles fournissent aussi largement l’élevage de porcs (22 %) et de volailles (14 %).

Or les auteurs estiment que 90 % des poissons devenus farine étaient parfaitement comestibles, ce qui va à l’encontre du code de conduite pour une pêche responsable établi par l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Celle-ci préconise au contraire de ne transformer que les poissons qui ne sont pas consommés par les humains (comme les lançons ou les tacauds), afin de ne pas menacer la sécurité alimentaire de tous.

Comment élève-t-on les produits de la mer ? La question mérite d’être soulevée alors que ce mode de production est fréquemment présenté comme une alternative à l’épuisement de l’océan : les stocks de poissons sauvages sont surexploités à 90 % selon la FAO. Aussi depuis 2012 l’aquaculture fait-elle à peu près part égale avec la pêche en mer et en eau douce sur les étals de poissonniers. Nous en mangeons au moins autant. La Chine, une fois encore, apparaît comme le géant du marché : elle fournit à peu près la moitié des poissons, des crustacés et des mollusques d’élevage.

 

Le krill, objet de convoitise

Pour alimenter ce secteur prometteur, l’attrait des navires industriels ne se limite pas aux anchois du Pérou – premier producteur mondial de farine de poisson –, aux maquereaux du Chili ni aux sardines africaines. Désormais, ces derniers ciblent aussi de nouvelles espèces comme les poissons sanglier et lanterne.

Pire, le krill de l’Antarctique, très prisé sous forme d’huile, est désormais objet de leur convoitise, notamment des flottes venues du Danemark. Or il constitue la base même de la chaîne trophique. Ces tout petits crustacés, comme les poissons fourrage, nourrissent les gros prédateurs : thons, marlins, cabillauds, ainsi, évidemment, que de nombreux oiseaux et mammifères marins.

« C’est dans la pêche minotière que les pêcheries sont le moins suivies, note pour sa part Arnaud Gauffier, chargé de programme au WWF, le Fonds mondial pour la nature. C’est là qu’il y a le plus de pêche illégale et de captures de poissons d’eaux profondes. On est en train de déstabiliser les grands fonds pour faire de la farine et de l’huile ! » L’ONG partage le même point de vue que Bloom sur le secteur, sans en tirer les mêmes conclusions.

L’association de Claire Nouvian, Bloom, s’insurge, elle, contre l’attribution de labels de gestion durable du type Marine Stewardship Council (MSC, créé par le WWF) à des pêcheries minotières alors que par nature ces pratiques déstabilisent les écosystèmes et grèvent le possible rétablissement des stocks de poissons.

 

Insectes et déchets alimentaires

Comme elle l’avait déjà fait avec obstination et finalement avec succès sur le sujet de la pêche en eaux profondes, l’association se tourne vers l’Union européenne. Certes celle-ci n’est pas la championne de la pêche minotière, qui n’y représente que 12 % du total des captures, mais une fois encore les militants aimeraient la voir jouer un rôle exemplaire. Ils demandent à la Commission de commencer par interdire la fourniture de farines de poissons à des élevages d’animaux non-carnivores.

Frédéric Le Manach suggère par ailleurs de développer une forme d’économie circulaire à base de récupération de sous-produits de conserveries de poissons – ce qui existe déjà –, mais aussi de récupération de déchets alimentaires, de sang d’abattoirs et d’élevages d’insectes. Un modèle de fermes aquacoles où déjections de poissons et plantes aquatiques ou algues se nourrissent mutuellement intéresse de plus en plus. Bloom conseille en outre aux consommateurs de privilégier la viande de porcs et de volailles nourris entièrement de végétaux et préconise surtout de diminuer l’achat de protéines animales.

Mardi 14 février, la Banque mondiale publiait de son côté une évaluation remise à jour du manque à gagner qui découle de la mauvaise gestion de la ressource halieutique. Selon les calculs de ses experts, « pêcher moins et mieux » pourrait générer des gains supplémentaires de 83 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Mettre fin à la surexploitation permettrait non seulement aux populations de poissons de se reconstituer, mais aussi d’accroître la valeur des prises.

 
 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 17:03

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Maintien de l’ordre

« Affaire Théo » : les violences et sévices sexuels perpétrés par des policiers sont-ils exceptionnels ?

 

par

 

 

Le « viol avec matraque » dont est accusé un policier sur Théo L., un jeune aulnaysien de 22 ans, a suscité la réprobation de toute la classe politique, mise à part l’extrême-droite. Si elles demeurent rares, les violences avec sévices sexuels perpétrées par des policiers ne sont malheureusement pas exceptionnelles. La France a déjà été condamnée à deux reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour de tels faits. Un policier, accusé d’avoir commis des violences similaires à Drancy, sera jugé le 20 février. D’autres affaires pour « agression sexuelle aggravée » perpétrée lors de contrôle au faciès sont en cours d’instruction. D’où viennent ces pratiques ? Enquête.

 

Le 2 février dernier, quatre agents de police ont arrêté un jeune homme noir, Théo L., 22 ans, dans un quartier d’Aulnay-sous-Bois (Seine Saint-Denis). « Je l’ai vu avec sa matraque : il a baissé mon pantalon et me l’a enfoncée dans les fesses, volontairement […] Dans la voiture, ils m’ont mis plein de coups […] avec la matraque, sur les parties intimes » et des « crachats et insultes : ’’négro’’, ’’bamboula’’, ’’ salope’ »’, témoigne Théo L. Une « lésion du canal anal de dix centimètres de profondeur », selon le rapport médical, lui vaut une incapacité totale de travail (ITT) de 60 jours.

 

Pour ces faits, un policier est mis en examen pour viol, qualificatif finalement retenu par le juge d’instruction, et trois autres pour violences volontaires. Les quatre policiers ont été placés sous contrôle judiciaire et trois sont suspendus. Le Président de la République François Hollande s’est rendu au chevet de la victime, tandis que tous les candidats à l’élection présidentielle ont été invités à réagir. Ces sévices sexuels perpétrés par des policiers sont-ils si exceptionnels en France ?

 

La justice doit statuer, ce 20 février, sur une affaire similaire pour laquelle trois policiers municipaux sont mis en examen. Dans la soirée du 28 octobre 2015, à Drancy (Seine-Saint-Denis), des policiers municipaux interpellent Alexandre T., 27 ans au moment des faits, couvreur, pour tapage nocturne. Alors qu’il est menotté, l’un des agents, un ancien gendarme, lui place sa matraque télescopique sous le fessier. « Tout a dégénéré lorsqu’ils ont voulu me faire remonter dans leur voiture pour repartir du commissariat », raconte la victime, cité par Le Parisien.

 

« L’un des policiers m’a dit ’’Vous les arabes, vous aimez être baisés’’ »

« J’avais les mains menottées dans le dos et, comme je n’avais plus de ceinture à mon pantalon, il était en train de glisser. C’est à ce moment-là que j’ai été violé ». Lors de son hospitalisation, les médecins constatent une perforation anale et une lésion de 1,5 cm. L’ADN d’Alexandre T. est retrouvé sur la matraque [1]. Les trois policiers municipaux sont initialement placés en garde à vue pour « viol en réunion ». Le Parquet requalifie les faits en « violences aggravées ». L’audience s’est déroulée le 16 janvier au tribunal de grande instance de Bobigny. Le procureur a requis six mois avec sursis et l’interdiction d’exercer pendant un an.

 

Avant ces dossiers, l’État français a déjà été condamné à deux reprises par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour des sévices sexuels perpétrés par des policiers. Le premier cas remonte à 1991 : « L’un d’eux m’a dit ’’Vous les arabes, vous aimez être baisés’’. Ils m’ont pris, m’ont fait déshabiller et l’un d’eux m’a introduit dans l’anus une petite matraque noire », raconte Ahmed Selmouni. L’homme a 49 ans au moment des faits qui se déroulent au commissariat de Bobigny. Les rapports médicaux décrivent de nombreux hématomes sur tout son corps, y compris le fessier.

 

Yassine D., 16 ans, fracture du testicule droit

« Le soir et alors qu’il y avait moins de personnel à l’étage, je fus une nouvelle fois interrogé par six inspecteurs, qui se sont montrés particulièrement violents à mon égard, j’ai reçu des coups de poing, de matraque et de batte de base-ball. Ils ont tous exercé des violences à mon encontre et ce jusqu’à 1 heure du matin. (...) L’un des policiers a sorti son sexe et s’est approché de moi en disant « Tiens, suce-le » ; à ce moment là, j’étais à genoux. J’ai refusé tout en gardant la bouche fermée (…). Devant mon refus, cet inspecteur a uriné sur moi, sur les conseils d’un de ses collègues », témoigne la victime. L’État français est condamné par la CEDH huit ans plus tard, en 1999 [2]. « Il convient de souligner la gravité des faits reprochés à l’État Français, deuxième État [membre du conseil de l’Europe, ndlr] à être condamné pour ’’torture’’ après la Turquie », commente alors la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

 

La CEDH a de nouveau condamné la France en 2011 pour des faits remontant à 2001. Des policiers interpellent alors Yassine D., âgé de 16 ans, lors d’un contrôle et l’emmènent au commissariat d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) pour une vérification d’identité. Deux heures plus tard, l’adolescent est transféré à l’hôpital. Le médecin y constate « des contusions du globe oculaire droit, du poignet et du dos, de multiples érosions cutanées du visage et du cou, de multiples hématomes du cuir chevelu. Les examens radiologiques effectués montrèrent également une fracture du testicule droit avec contusions et hématomes. Le médecin déclara une ITTP (incapacité temporaire totale personnelle) de vingt et un jours » [3].

 

« Dans tous les dossiers que je traite, la dimension sexuelle est présente »

Un autre dossier faisant état de violences sexuelles est en cours d’instruction : dix-huit « Arabes et Noirs » de 14 à 23 ans, vivant dans un quartier populaire de Paris, ont déposé plainte en 2015 pour « agression sexuelle aggravée ». « Ils nous ont rapporté une cinquantaine de faits », explique leur avocat, Slim Ben Achour, spécialisé dans les questions d’égalité et de discrimination​. « Des agents de police ont fait ​mettre des adolescents de 13 à 14 ans à quatre pattes et leur ont introduit un ​doigt dans l’anus​. » Pour l’avocat, ces pratiques sont « une constante » : « Dans tous les dossiers que je traite en rapport avec les contrôles au faciès, la dimension sexuelle est présente. Par exemple dans celui qui a mené à la condamnation de l’État en 2016 pour faute lourde dans le cadre d’un contrôle d’identité au faciès, avec des commentaires du type ’’Ça a l’air de te plaire​ Mohamed​, tu se​rais pas en érection ?’’ »

 

D’où viennent ces pratiques ? « Ce n’est pas enseigné aux agents de police. Des violences sont commises par certains mais les violences sexuelles restent extrêmement rares », certifie Sihem Souid, ancienne fonctionnaire de la Police aux frontières, auteure de Omerta dans la police [4]. Mais une autre forme d’apprentissage peut intervenir : « Les policiers reconnaissent que leur formation se fait sur le terrain, à travers la socialisation avec les anciens policiers. Des pratiques de brutalisation, d’humiliation et d’évitement sont transmises », estime le sociologue Mathieu Rigouste, auteur de plusieurs ouvrages sur les violences policières [5]. « De nombreuses personnes racontent des palpations génitales, une pratique assez répandue », ajoute-t-il.

 

« Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police »

L’actuel commissaire d’Aulnay-sous-Bois, auquel est rattaché la brigade de sécurité de terrain (BST), dont quatre agents sont mis en cause pour les violences sur Théo L., a lui-même été impliqué dans une affaire similaire, en 2004, et racontée par L’Humanité du 13 février (lire ici). Un agent de la brigade anti-criminalité (BAC) de Paris, dont le commissaire d’Aulnay est alors le chef adjoint, est mis en examen pour « violences aggravées » à l’encontre d’un homme « extrait de l’habitacle [de son véhicule] et tabassé, il finit sur le goudron, pantalon et slips baissés, un cerceau d’enjoliveur entre les fesses ». Le commissaire écopera de son côté d’un an de prison avec sursis pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit ».

 

En 2016, un cas sera très médiatisé : celui de Guillaume Vadot, un enseignant-chercheur de la Sorbonne. Il a porté plainte pour abus d’autorité, violences volontaires aggravées, agression sexuelle aggravée, menaces, injures publiques et vol auprès du parquet de Bobigny contre des policiers. Il les accuse de l’avoir empêché de filmer l’interpellation d’une femme noire d’une cinquantaine d’années, qui n’a pas présenté son titre de transport, dans la gare RER de Saint-Denis et de l’avoir menacé : « On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer [...] On va te violer, ça te plaît ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police », lui lancent-ils.

 

« Humilier le Noir ou l’Arabe fantasmé comme potentiellement dangereux »

« Le plus frappant c’est que ces pratiques sont dénoncées depuis plus de 40 ans », mais « le tabou autour des violences policières est extrêmement puissant », déplore Rachida Brahim, doctorante en sociologie à Aix Marseille Université, qui a recensé les « crimes racistes en France depuis les années 1970 ». « Les faits sont déformés à chaque fois, suivant un même schéma : la préfecture et l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) les réécrivent, les banalisent. Ils parlent de légitime défense, évoquent les qualités des policiers, l’éventuel passé pénal des témoins et finissent par inverser la responsabilité », observe-t-elle. Dans ce contexte, les violences sexuelles sont spécifiques : « Il existe une volonté d’humilier le Noir ou l’Arabe fantasmé comme potentiellement dangereux. Cela s’inscrit dans une atteinte au corps, infraction énorme, surtout quand on touche au plus intime, et tient de la violence disciplinaire. » Plusieurs hommes de quartiers populaires, perçus comme d’origine étrangère lors des contrôles d’identité, confirment que des policiers brandissent souvent « la menace de viol ».

 

Selon Mathieu Rigouste, ces violences policières à caractère sexuelles prennent racines dans l’ordre sécuritaire mis en œuvre par la France en Algérie et visant les « indigènes musulmans » : « Il y a une généalogie coloniale de l’agression à caractère sexuel visant à briser la dignité des colonisés, comme l’avait formulé Frantz Fanon, et une généalogie militaire : le viol est une arme de guerre. » Catherine Brun et Todd Shepard l’illustrent dans l’ouvrage Guerre d’Algérie, Le sexe outragé, publié par le CNRS en octobre 2016 [6]. Ils y analysent la « sexualisation du conflit » : « Viols des femmes et hommes, émasculation » – des chiens sont dressés spécialement pour manger le pénis d’Algériens – c’est là qu’est construite « l’impulsivité criminelle chez l’indigène algérien ». Mouloud Améziane y raconte ce que le droit qualifie de « tortures » que lui font subir des militaires français : « On le fit asseoir sur une bouteille, en lui appuyant sur les épaules. Les chairs se déchirèrent. Le sang coula. »

 

De la Brigade de surveillance des Nord-Africains à la BAC

Il s’agissait par ces actes de « déviriliser » les colonisés, en Algérie comme dans le reste des colonies. Plus récemment en France, des femmes musulmanes ont accusé des policiers d’ « attouchements et insultes à caractère sexuel » et d’avoir refusé de les laisser remettre leur voile durant la vague de perquisitions de 2015 [7].

 

Mathieu Rigouste démontre dans L’ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine [8] que cette doctrine a ensuite inspiré les pratiques de maintien de l’ordre appliquées aux populations françaises issues de l’immigration post-coloniale et vivant au sein des quartiers populaires de métropole. « Dans les années 1930, l’État français a créé la Brigade de surveillance des Nord-Africains (BNA) », indique le chercheur, « puis la brigade des agressions et violences (BAV), en 1953. L’accent n’est plus mis sur la ’’race’’ des colonisés mais sur leur supposée ’’criminalité’’. » La première Brigade anti-criminalité est ensuite créée en 1971 à Saint-Denis, par Pierre Bolotte, ancien directeur de cabinet du préfet d’Alger entre 1955 et 1958, puis préfet de la Guadeloupe pendant le massacre d’État de mai 1967, quand la répression d’une manifestation par les forces de l’ordre fit plus de 80 morts [9].

 

« L’affaire Théo » émerge en pleine campagne présidentielle. L’Assemblée nationale vient d’approuver une loi élargissant les prérogatives des agents de police en matière d’usage des armes à feu. Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) indique que parmi eux et les militaires, « 51,5 % ont voté pour le Front national en 2015 », « l’un de leurs partis préférés ». Enfin, les violences policières ont largement débordé des quartiers populaires pour toucher une frange de la population habituellement épargnée, dans le cadre des manifestations contre la « Loi Travail ». « La violence policière n’a rien d’accidentel ou exceptionnel, elle est produite et régulée par l’État », rappelle Mathieu Rigouste. La question de la justice face aux violences policières, qui continuent de faire l’objet d’une grande impunité malgré leur augmentation, va devenir de plus en plus cruciale.

 

Warda Mohamed

 

Lire aussi nos enquêtes :
 « Homicides, accidents, « malaises », légitime défense : 50 ans de morts par la police »
 En France, moins de 2% des affaires de viols aboutissent à une condamnation en cour d’assises

 

Illustration : CC Guy Masavi

 

 

Notes

[3Voir l’arrêt de la CEDH du 14 mars 2011.

[4Le cherche midi, 2010.

[5Chercheur en sciences sociales, il est notamment l’auteur de L’ennemi intérieur : la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine, La Découverte, 2009 ; La domination policière : une violence industrielle, La Fabrique éditions, 2012.

[6Sous la direction de, CNRS Éditions, 2016 : http://www.cnrseditions.fr/histoire/7345-guerre-d-algerie.html.

[8La découverte, 2009.

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 16:59

 

 

Source : http://actualites.nouvelobs.com

 

 

Mohamed K., ami de Théo, raconte son passage à tabac par le même policier

 

 

 

 

Mohamed K., ami de Théo, raconte son passage à tabac par le même policier

Une semaine avant la violente interpellation de Théo par quatre policiers à Aulnay-sous-Bois, son ami dit avoir été roué de coups sans motif. Une enquête préliminaire est ouverte. Récit.

Le passage à tabac par les forces de l’ordre est-il une habitude à Aulnay-sous-Bois ? Théo, 22 ans, agressé le 2 février par quatre policiers de la Brigade spécialisée de terrain (BST), dont l'un qu'il accuse de l'avoir violé avec une matraque alors qu’il était en chemin pour rendre une paire de baskets à une amie de sa sœur, n’est semble-t-il pas un cas exceptionnel.

Une enquête préliminaire a été ouverte mardi 14 février après de nouvelles accusations visant un des policiers mis en examen après l'interpellation de Théo.

Mohamed K., un ami de Théo, 22 ans aussi, avait en effet rencontré les mêmes policiers quelques jours plus tôt. C’était le 26 janvier. Le jeune homme n’a alors pas porté plainte, "parce que je venais de trouver du travail et que je ne pouvais pas me permettre de risquer de le perdre".

 

"Toi aussi on va te fouiller"

Ce jour-là, il était rentré tôt de sa tournée de livraison, pour pouvoir faire des démarches, "aller aux Assedic". Mohamed K. est sorti acheter du pain. "J'ai vu un petit de la cité courir, avec derrière lui un homme de grande taille, vêtu d’un manteau à capuche avec de la fourrure." L’individu ne portait pas de brassard, "il a fait une balayette au petit à cinq mètres de moi, je suis intervenu, j’ai demandé ce qui passait". L’homme a ôté sa capuche et indiqué qu’il était policier.

Mohamed K. raconte qu’il a mis le jeune au sol pour lui enfiler les menottes, et qu’ils sont repartis à pieds tous les deux. Le livreur a poursuivi sa route avec un copain vers la boulangerie.

"Et je vois sur mon chemin deux policiers, dont l’homme à la capuche. Ils me disent 'viens là, toi aussi on va te fouiller', j’ai répondu que je voulais juste aller acheter ma baguette et rentrer chez moi, mais ils ont insisté."

 

Tout le monde l'appelle "Barbe Rousse"

Mohamed K. demande à son ami de rester à l’écart, "parce que je ne voulais pas qu’il y ait de problème, je me suis dit, ils vont me palper et c’est bon". Mais l’agent de police "me pousse vers l’entrée d’un bâtiment", aidé d’un de ses collègues. Un troisième policier sort du hall.

"On le connaît dans le quartier, c’est le même que celui qui a pénétré Théo avec sa matraque, tout le monde l’appelle 'Barbe Rousse'."

Mohamed K. explique que les trois fonctionnaires lui "font des croche-pattes" tentant de le "mettre à terre". Une fois dans l’immeuble, il reconnaît le "petit jeune arrêté juste avant moi, qu’ils sont en train de déshabiller". Là, le contrôle dégénère :

"Ils me frappent, coups de pied, coups de poing au visage, dans le ventre, dans le dos, je saigne parce qu’ils m’ouvrent le crâne, je leur dis que je suis essoufflé, ils me traitent de 'sale noir', de 'salope', ils me crachent dessus."
"'Barbe Rousse' me cogne avec sa matraque. Un des policiers me braque à bout portant avec son Taser, et me dit 'laisse-toi faire ou je te tase'."

Mohamed K. affirme ensuite :

"Les agents me menottent, me balayent au sol, m’écrasent la tête, me donnent des coups de genoux dans les yeux, je voyais mon sang au sol, j’essayais de ramper."

Des voisins entendent les cris, les coups. L’un d’eux "ouvre sa porte, mais la referme aussitôt, effrayé". Selon Mohamed K., la scène a duré 30 à 40 minutes.

Photos de Mohamed avant et après l'agression. (DR)

 

"Ils m'ont de nouveau frappé, traité de 'sale noir'"

Pour le conduire au camion de police, poursuit Mohamed K., les agents de la force publique, croisant des habitants choqués, braquent ces derniers avec leur flash-ball. "Barbe Rousse" et un autre de ses collègues lui ordonnent de s’asseoir "par terre". Mohamed K. s’installe sur le siège.

"Ils m’ont de nouveau frappé, traité de 'sale noir' jusqu’à ce que je finisse au sol."

Au commissariat, le jeune livreur les alerte : "J’avais du mal à respirer, et je ne comprenais pas ce que je faisais là." Les policiers l’informent qu’il est en garde à vue pour "outrage et rébellion". Puis l’emmènent au service médico-judiciaire de l’hôpital Jean-Verdier à Bondy. "On me fait un bain de bouche, on m’essuie le sang, on me donne un Doliprane. Je supplie de ne pas retourner en garde à vue, une infirmière me soutient. Le médecin se tait. Et me dit seulement : 'Je t’ai mis cinq jours d’ITT (interruption temporaire de travail), tu retournes au commissariat.'"

Mohamed K. est resté 24 heures en garde à vue, sans comprendre ce qui lui était reproché. Il dit que lorsqu’il s’est réveillé le matin, il avait les yeux "si gonflés par les coups reçus" qu’il n’y voyait plus rien. Sa famille, alertée par un ami, a appelé plusieurs fois le commissariat pour prendre des nouvelles : "Il leur a été répondu que j’allais sortir."

Les policiers à l’origine de l’interpellation de Mohamed K. ont porté plainte contre le jeune livreur. Un officier de police judiciaire a auditionné Mohamed K. et l’a informé de la plainte déposée par ses collègues contre lui. L’un d’eux a même eu trois jours d’ITT (interruption temporaire de travail). Il s’est tordu le petit doigt. Mohamed K. ne conteste pas, il précise : "Parce qu’il me frappait." Mohamed K. a décidé de porter plainte. C’est l’avocat de Théo, maître Eric Dupond-Moretti, qui se charge de le défendre.

Mis à jour mardi 14 février à 12h20 : après la parution de notre article, la préfecture de police annonce avoir saisi l'IGPN (l'Inspection générale de la police nationale), afin d'ouvrir une enquête administrative.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux annonce également avoir saisi administrativement la police des polices.

"Ce sont des accusations graves portées sur le même fonctionnaire, qui méritent que l'on fasse évidemment toute la lumière. Immédiatement informé, le ministre a saisi l'IGPN", a déclaré à l'AFP, le porte-parole du ministère Pierre-Henry Brandet.

"Je ne veux rien laisser passer mais je ne fais pas d'amalgame. Quand il y a des comportements qui doivent être sanctionnés, ils le sont", a de son côté lancé Bruno Le Roux en déplacement à Sarcelles (Val-d'Oise).

 

Elsa Vigoureux

Copie du certificat médical : 

"Tuméfaction ecchymotique de 2cm x 3cm sur la joue gauche. Plaies superficielles punctiformes au cuir chevelu pariétal droit. Hématome frontal gauche de 2cm x 2cm avec douleurs à la pression. Hématome de 1cm x 1cm avec plaies superficielles punctiformes sur la muqueuse de la lèvre inférieure à gauche. Hématome sous-orbitaire occipital droit gauche de 2cm x 3cm avec douleurs à la pression. [...] Tuméfaction ecchymotique de 2cm x 3cm sur la face antérieure de la jambe gauche au tiers moyen avec douleurs à la pression."

Article mis à jour le 14/02 à 19h30, avec l'annonce par le parquet de Bobigny de l'ouverture d'une enquête préliminaire confiée à l'IGPN.

 

 

Source : http://actualites.nouvelobs.com

 

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:39

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

Quand le message de l'évangile rattrape François Fillon à la messe

En déplacement à La Réunion, le candidat Les Républicains, catholique, a assisté à un prêche qui a fait curieusement écho à l'actualité.

Publié le | Le Point.fr

 

Assis au milieu de la salle, le candidat qui n'a jamais hésité à faire part de sa foi catholique écoute le prêtre poursuivre sans ciller.

Les voies du seigneur sont impénétrables. En déplacement durant trois jours à La Réunion dans le cadre de sa campagne électorale, François Fillon a assisté le 12 février à une messe dominicale cocasse célébrée dans une église de Saint-Denis. Le père Russel Torpos, qui y officiait, a lu un passage de l'Évangile selon Matthieu, dont certains passages ramènent curieusement à l'actualité judiciaire de François Fillon : « Accorde-toi vite avec ton adversaire pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis, tu ne t'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou. »

La scène a été rapportée par les nombreux journalistes qui assistaient également à ce sermon portant sur l'adultère et le respect de l'engagement. Assis au milieu de la salle, le candidat qui n'a jamais hésité à faire part de sa foi catholique écoute le prêtre poursuivre sans ciller. « Si nous ne faisons pas de bonnes actions et même si nous en sommes inconscients, nous en sommes quand même responsables », reprend alors l'homme d'Église. Certains ont cru y voir un signe alors que, ce même jour, Le Journal du dimanche affirme que le Parquet national financier qui s'est saisi du dossier du Penelopegate pourrait rendre sa décision concernant la suite de l'affaire dans la semaine. Le candidat est sorti de l'église sans commenter l'homélie et a préféré accorder quelques selfies aux paroissiens.

Hasard du calendrier liturgique

Francois fillon assiste à une messe. Evangile du jour sur l'adultère et le respect de ses engagements

Le thème du prêche est en fait une simple coïncidence puisque c'est le Vatican qui détermine le calendrier liturgique des lectures des Évangiles. François Fillon qui se rendait sur l'île dans l'objectif de relancer sa campagne après trois semaines de tourmente judiciaire et médiatique a dû également essuyer une manifestation d'opposants, munis de casseroles et de pancartes sur lesquelles étaient inscrits des messages hostiles à l'ancien Premier ministre.

Lecture evangile St Matthieu pendant messe Fillon à St-Gilles : "tu ne t'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou"

 

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:29

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

A Bucarest, la foule forme un drapeau géant pour réclamer la démission du gouvernement

 

LE MONDE |

En images

 

Pour le treizième jour d’affilée, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Bucarest, dimanche 12 février. Cette fois-ci, pourtant, le rassemblement place de la Victoire était particulier : leurs téléphones portables tournés vers le ciel, les quelque 50 000 personnes rassemblées ont formé un drapeau roumain géant. Comme le montrent ces images, le résultat vu du ciel est impressionnant.

Moins d’un mois après son investiture, le gouvernement roumain dirigé par le Parti social-démocrate (PSD) suscite un mouvement de contestation populaire sans précédent depuis la chute du communisme en 1989 pour avoir pris le 31 janvier, de nuit et en catimini, un décret assouplissant la législation anticorruption. Celui-ci aurait permis aux fonctionnaires et aux responsables politiques d’échapper à des peines de prison en cas d’abus de pouvoir constituant un préjudice inférieur à 44 000 euros. Le chef du PSD, Liviu Dragnea, poursuivi pour abus de pouvoir aurait ainsi pu échapper à une condamnation, selon ses détracteurs.

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Roumanie : la foule forme un drapeau géant pour réclamer la démission du gouvernement

 

Près de 50 000 personnes ont manifesté dimanche à Bucarest, utilisant leur téléphone portable pour composer une bande bleue, une jaune et une rouge.

 

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

 

 

 

Manifestation devant le siège du gouvernement roumain à Bucarest, dimanche 12 février 2017.

Manifestation colorée à Bucarest, dimanche 12 février. Bleu, jaune, rouge : des dizaines de milliers de manifestants ont formé dans la capitale roumaine un drapeau géant du pays, avec leurs téléphones portables pour réclamer la démission du gouvernement, qu’ils accusent de miner la lutte contre la corruption.

 

Bravant des températures glaciales pour le treizième jour d’affilée, près de 80 000 personnes, dont de nombreux jeunes et des familles, sont descendues dans les rues des grandes villes de Roumanie pour exprimer leur défiance face à l’exécutif social-démocrate et « défendre l’Etat de droit ». A Bucarest, ils étaient quelque 50 000 rassemblés devant le siège du gouvernement, place de la Victoire, scandant en chœur « voleurs ! » et « démission ! », selon les estimations de plusieurs médias roumains dont la télévision publique, les autorités ne donnant pas de chiffres.

Lire aussi :   En Roumanie, la lutte anticorruption a fait naître une société civile

 

Appel lancé sur les réseaux sociaux

A 21 heures locales (20 heures heure de Paris), les protestataires ont tenu le défi lancé sur les réseaux sociaux en formant un immense drapeau roumain grâce à des panneaux de couleurs illuminés par les lumières des téléphones portables. « Nous voulons défendre l’Etat de droit dans ce pays », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Gheorghe Badescu, médecin d’une petite ville à 100 km de Bucarest venu manifester avec son fils, Ionut. « Les Roumains veulent être représentés par des gens honnêtes », a renchéri Ionut, qui exerce, lui, comme médecin en Grande-Bretagne.

Dans le reste du pays, près de 30 000 personnes ont défilé, dont 10 000 à Cluj, la grande ville de Transylvanie, 4 000 à Timisoara (ouest) et 5 000 à Sibiu (centre).

Moins d’un mois après son investiture le gouvernement roumain dirigé par le Parti social-démocrate (PSD) suscite un mouvement de contestation populaire sans précédent depuis la chute du communisme en 1989 pour avoir pris le 31 janvier, de nuit et en catimini, un décret assouplissant la législation anticorruption. Celui-ci aurait permis aux fonctionnaires et aux responsables politiques d’échapper à des peines de prison en cas d’abus de pouvoir constituant un préjudice inférieur à 44 000 euros. Le chef du PSD, Liviu Dragnea, poursuivi pour abus de pouvoir aurait ainsi pu échapper à une condamnation, selon ses détracteurs.

Lire aussi :   Liviu Dragnea, le visage de la corruption roumaine

Le gouvernement a affirmé avoir agi pour mettre en conformité le code pénal avec des demandes de la Cour constitutionnelle. Mais des milliers de Roumains expriment leur colère depuis. Ils étaient jusqu’à un demi-million dimanche 5 février, un record. L’Union européenne a elle aussi vertement critiqué l’exécutif roumain pour ces mesures.

 

Un « carton rouge » au gouvernement

Face à la fronde, le gouvernement a reculé et abrogé le décret il y a une semaine. Mais l’annulation doit encore être validée par le Parlement, où les sociaux-démocrates ont une large majorité. Le ministre de la justice, Florin Iordache, artisan du décret, a quant à lui démissionné jeudi.

Lire aussi :   Après une vague de manifestations, le ministre de la justice roumain démissionne

« Nous voulons donner un carton rouge au gouvernement. La démission du ministre de la justice ne suffit pas après ce qu’il a tenté de faire, ni l’abrogation du décret », a expliqué à l’AFP un des manifestants, Adrian Tofan, un entrepreneur de 33 ans. « Nous n’avons plus confiance. On doit avoir des élections anticipées », a lancé Andreea Moldovan, une médecin qui a fait plus de 170 kilomètres avec son mari pour manifester. « Il faut au moins un pacte pour que les dirigeants s’engagent à ne plus toucher à la justice », soulignait son mari, Bogdan, lui aussi médecin.

Après avoir travaillé à l’étranger, ils ont choisi de revenir dans leur pays mais ne veulent « pas d’un retour trente ans en arrière » dans un système où la corruption de haut niveau était tolérée.

Entrée dans l’Union européenne en 2007, la Roumanie a intensifié sa lutte contre la corruption il y a quelques années. De nombreux ministres ont été condamnés à des peines de prison ferme pour des abus et le parquet national anticorruption est devenu une des institutions dans lesquelles les Roumains ont le plus confiance.

Un peu plus tôt dans la journée, environ 1 000 personnes ont manifesté devant le palais présidentiel demandant la démission du chef de l’Etat, Klaus Iohannis. Issu d’un parti opposé au PSD, ce dernier a critiqué les mesures du gouvernement, descendant même dans la rue un soir pour défendre la lutte contre la corruption.

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:17

 

 

Source : http://www.neozone.org/ecologie-planete

 

 

Pour le prix d’un smartphone, cette éolienne alimente toute une maison en électricité

 

 

 

Cette innovation très prometteuse est annoncée comme une petite révolution dans le monde de l’éolien.

Abordable et surtout très efficace, elle pourrait démocratiser dans le monde entier cette source d’énergie durable et respectueuse de l’environnement.

Arun et Anoop George, deux jeunes frères indiens ont en effet développé une micro éolienne révolutionnaire.

Pas plus grande qu’un ventilateur de plafond et pas plus chère que le prix d’un smartphone, cette éolienne serait capable de produire à vie entre 3 et 5 Kwh par jour. Une puissance largement suffisante pour les besoins d’une petite maison.

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Les deux frères envisagent de commercialiser leur invention pour seulement 50.000 roupies indiennes, soit l’équivalent de 680€. Une somme ridicule quand on compare avec le prix de l’électricité en France (0.15€ par Kw/h en moyenne). Le calcul est rapide, il faudrait moins de 3 ans pour rentabiliser cette source d’énergie dans l’hexagone.

Notre but est de faire disparaître la pauvreté énergétique, réduire la dépendance des citoyens vis-à-vis d’un État qui manque de moyens et créer de l’énergie qui permette à chacun de s’autosuffire

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Cette invention est destinée à l’Inde dans un premier temps, pays précurseur dans l’énergie éolienne  derrière la chine, les États-Unis et l’Allemagne. Leur objectif à terme est de couvrir tous les pays du monde en écoulant plus d’1 milliard de leur micro éolienne.

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Et on peut dire qu’ils sont plutôt bien partis. En effet, leur startup a été invitée au Kazakhstan pour l’expo “Global start-up fest : New Energy” qui vise à définir la ville et la vie de demain.

« Avant Garde Innovations »  espère ainsi figurer dans la liste des 30 lauréats qui seront ensuite conviés à l’exposition universelle, qui aura lieu à Astana en 2017. Le thème sera ” Les Énergies durables, environnement. L’avenir de la planète”.

 

 

Source : http://www.neozone.org/ecologie-planete

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 17:14

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transparence

Prônant l’austérité régionale, Laurent Wauquiez s’accorde une sympathique indemnité

 

par

 

 

 

C’est en pleine tempête autour de François Fillon que Laurent Wauquiez, président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes s’est accordé une petite rallonge. Le 9 février, « une indemnité de séjour » a été accordée à Laurent Wauquiez, après un vote en assemblée plénière [1]. Cette indemnité est destinée à rembourser les frais d’hébergement et de bouche du président de région – 60 euros par nuit et 15,25 euros par repas, sur présentation des justificatifs. Donc entre 1500 et 3000 euros supplémentaires par mois en fonction du nombre de jours et de repas – midi et soir ? – indemnisés. Ces frais s’ajouteront aux indemnités d’élus que perçoit déjà Laurent Wauquiez, qui cumule son mandat de président de région avec celui de député de Haute-Loire : soit 8272,02 euros bruts par mois, le plafond autorisé par la loi [2].

Cité par Streetpress, le cabinet de Laurent Wauquiez se défend de toute augmentation. « Ce n’est pas un élément de rémunération. Ce n’est pas de l’argent de poche. Il ne va pas partir en vacances ou s’acheter des clopes avec », précise son entourage. « La région est immense. Quand Laurent Wauquiez est à Lyon, il a deux heures de route pour rentrer chez lui. Cette indemnité c’est pour qu’il ne dorme pas dans sa bagnole. » Un argument qui n’a pas manqué de faire réagir les réseaux sociaux.

 

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Cette disposition n’est pas illégale, le montant étant encadré par un décret de 2006. Mais c’est bien sur le plan éthique que cette indemnité suscite la polémique. « Se faire payer un pied-à-terre lyonnais tout en mettant une pression considérable sur les Auvergnats et les Rhônalpins pour réduire les dépenses de la Région de 75 millions d’euros par an, il y a là, pour le moins, un vrai manque de cohérence », soulignent dans un communiqué les élus du groupe socialiste démocrate et écologiste d’Auvergne (lire à ce sujet notre enquête sur les budgets sabrés dans le domaine de l’écologie).

Dès son arrivée à la tête de l’exécutif local, Laurent Wauquiez avait fait voter une baisse des indemnités des élus régionaux de 10 % et largement communiqué sur cette mesure. Mais comme l’a décrypté dans une vidéo Corinne Morel Darleux, élue d’opposition (Parti de gauche), cette baisse n’a aucune incidence sur les revenus cumulés du président de région et du député. Ses indemnités, même diminuées de 10%, dépassant le plafond autorisé par la loi, sa rémunération n’en souffre pas [3].

L’opposition régionale fait aussi valoir que « cette demande intervient quatre mois seulement avant la fin de son mandat de député. De là à y voir une coïncidence avec une prochaine baisse de revenus du Président de Région – qui ne pourra plus être à la fois député et président de Région du fait de la fin du cumul des mandats – il n’y a qu’un pas ». En réponse, le cabinet de Laurent Wauquiez indique que l’ancien président de la région Auvergne socialiste bénéficiait déjà de cette indemnité. Suite à la polémique, la majorité LR à la région a proposé de rendre compte annuellement des frais réellement versés au président de région.

 

 

Notes

[3En tant que président de région, Laurent Wauquiez a droit à une indemnité brute mensuelle de 5512,12 euros. La baisse de 10 % qui a été votée correspond pour lui, en théorie, à 551,21 euros (voir le document de la préfecture). Mais comme Laurent Wauquiez est aussi député, même avec cette indemnité baissée à 4960,91 euros, il excède encore le plafond indemnitaire fixé à 8272,02 euros (voir ici). La baisse de 10 % n’a donc eu aucune incidence sur ses revenus.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 16:59

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Fillon, Cahuzac & Cie: «Je crois que j’ai plus de respect pour les vrais voleurs»

Par Fabrice Arfi
 
 
 

Dans un entretien avec Mediapart, l'ancien rédacteur en chef du Canard enchaîné Claude Angeli revient, en pleine affaire Fillon, sur les enjeux d'un journalisme qui sera toujours « intolérable » aux pouvoirs tentés de se dérober aux promesses de la démocratie.

 

Figure du journalisme d’enquête depuis quarante ans, l’ancien rédacteur en chef du Canard enchaîné, Claude Angeli, publie avec son confrère de Radio France Internationale (RFI), Pierre-Édouard Deldique, Les Plaisirs du journalisme (Fayard), un ouvrage qui est bien plus qu’un hommage au célèbre Palmipède du mercredi.

 Dans un entretien avec Mediapart, il revient, en pleine affaire Fillon, sur les enjeux du journalisme d’enquête dans une « époque médiocre », plombée de surcroît par ce qu’il nomme une « société molle ». Un journalisme qui, au-delà de la satire, sera toujours « intolérable » – c’est son essence – aux pouvoirs tentés de se dérober aux

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Lire aussi

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 16:48

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Conditions de travail

Dans les magasins Primark, des salariés pressurés, surveillés, terrorisés

 

par

 

 

La chaîne de vêtements et de textile Primark ouvre de plus en plus de boutiques en France. La marque est réputée pour le bas coût de ses produits. Elle a aussi été sous le feux des projecteurs lors de l’effondrement de l’usine textile du Rana Plaza, au Bangladesh, qui a fait plus d’un millier de morts. Moins connues sont les conditions de travail de ces vendeurs, ici, en France. Le magazine professionnel du secteur Boutique2Mode a récolté les témoignages d’employés à travers le pays. Constat : entre cadences, pression constante, brimades, et peur de licenciements non justifiés, ici aussi, les salariés de Primark sont mis à mal.

Cet article a initialement été publié, dans une version plus longue, dans le magazine professionnel Boutique2Mode.

À chaque ouverture d’un magasin de la marque irlandaise, l’histoire se répète : une file d’attente interminable et des clients qui repartent les bras chargés de grands sacs en kraft brun recyclé, frappé du logo turquoise Primark. L’enseigne a de quoi séduire le grand public : des prix cassés toute l’année (en moyenne de 4 à 6 euros par article), un large choix de produits allant du prêt-à-porter à l’accessoire en passant par la chaussure et la literie, ou encore des emplacements premium en centre commerciaux. 

Des prix tellement bas qu’ils ont poussé le député belge (socialiste) au Parlement européen Marc Tarabella à poser l’année dernière une question écrite à la Commission Européenne, afin que cette dernière enquête « sur les pratiques de la marque ». Une démarche jamais entreprise. « J’ai fait cette demande car les prix pratiqués par cette enseigne défient toute concurrence, d’où mon interrogation. Surtout lorsque l’on connaît les problèmes de conditions de travail dans certains pays d’Asie. Malheureusement, la Commission Européenne ne réalise que trop peu rarement d’enquête » nous explique-t-il.

 

Dans les pays producteurs, salaires de misère et catastrophes

D’après les témoignages que nous avons récoltés, l’envers du décor Primark fait en effet peu rêver. Tout commence en amont, dans les usines de confection d’Asie du sud-est notamment, au Bangladesh ou au Cambodge par exemple, où les salariés perçoivent entre 50 et 100 euros par mois seulement ! En attendant peut-être de voir l’entreprise investir prochainement l’Éthiopie, qui se démarque aussi par ses coûts de main d’œuvre excessivement faibles.

Les conditions d’emplois exécrables de ces grandes marques textiles ont été exposées aux yeux du monde entier lors de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, qui avait provoqué la mort de 1138 ouvriers en avril 2013. Primark, qui faisait partie des clients de l’usine, se défend en affirmant avoir versé des compensations aux familles des victimes. Mais le mal est fait et la politique de fabrication n’a pas fondamentalement évolué. Car pour mettre en vente un jeans à neuf euros, au moins un acteur de la chaîne n’y trouve pas son compte. Et dans le cas de Primark, ils sont nombreux à ne pas s’y retrouver (voir notre dossier sur l’industrie textile).

 

Dans les boutiques : « Nos droits sont mis de côté, comme si l’on était au Bangladesh… »

En France également, les conditions de travail sont difficiles. Rupture abusive des contrats lors des périodes d’essais, arrêts maladie non payés, ambiance de travail stressante… les retours d’expériences de salariés laissent peu de place au doute. « Vous êtes épiés et surveillés comme le lait sur le feu en permanence, relate ainsi Aymeric, ex-salarié à Lyon. Les chefs ne se gênent pas pour mal vous parler et vous rabaisser devant les clients. J’y ai eu le droit plus d’une fois. C’est humiliant. » Une situation que connaît bien Anna, du Primark de Dijon. « Mes supérieurs se moquent de moi à cause de mon accent car je ne suis pas française, ils s’amusent même à m’imiter. Cela fait maintenant trois ans que ça dure alors que je leur ai dit plusieurs fois d’arrêter », se désole-t-elle.

Pour Estelle, qui a finalement remis sa démission au mois de mars 2016 après huit mois passés dans le magasin de Lyon, Primark constitue la « pire expérience professionnelle » de sa vie. « Aujourd’hui encore, j’ai des problèmes de sommeil hérités de mon expérience chez Primark. Vous êtes constamment mis sous pression par les managers pour que le magasin soit bien rangé. Lorsque je leur ai finalement dit que je commençais à prendre des antidépresseurs, la superviseuse m’a ri au nez ! » Dégoûtée, Estelle a même décidé qu’elle ne travaillerait plus dans le commerce. Cathy, employée à Créteil, a de son côté l’impression « d’avoir vieilli de dix ans après deux années passées chez Primark. Les jeunes, particulièrement, ont beaucoup de mal à supporter le rythme très soutenu de travail, dès 6 h du matin une semaine sur deux, particulièrement à Créteil où entre trois et cinq camions viennent livrer des pièces chaque jour. »

Ces retours d’expériences catastrophiques sont loin d’être des cas isolés. À l’image d’Élodie, toujours en poste à Lyon, qui n’a désormais plus le courage de se rendre sur son lieu de travail. « J’ai travaillé plus de six ans dans diverses enseignes de prêt-à-porter, mais ici c’est l’horreur, raconte-t-elle désespérée. Les managers nous parlent comme des moins que rien, on est juste des matricules pour eux. En réalité, lorsque l’on signe chez Primark, on a l’impression que nos droits sont mis de côté, comme si l’on était au Bangladesh… » Des problèmes récurrents concernant les paiements des salaires, les fiches de paie et les arrêts maladies ont aussi été observés.

 

Une salariée handicapée : « Les managers m’ont fait comprendre que je ralentissais le rythme »

Dans ce climat délétère, les langues commencent progressivement à se délier. Une page Facebook intitulée “Primark la Valette des employés scandalisés“ a même été créée pour partager les expériences individuelles désastreuses. À ce jour, elle regroupe plus de 4000 membres ! Là aussi, les témoignages sont parfois effarants : « À force de nous empêcher de boire et d’aller aux toilettes, je me suis tellement retenue que cela a provoqué une cystite que je traîne depuis cinq jours déjà... Cette entreprise est inhumaine ! », relate ainsi une vendeuse en poste.

Une cadence de travail très soutenue qui aurait même conduit à la mise à l’écart de certains travailleurs handicapés, selon Coralie, ex salariée à Lyon. « Primark m’a recrutée lors de l’ouverture du magasin dans le cadre de Cap Emploi (un organisme chargé des relations entre des travailleurs handicapés et des employeurs), témoigne Coralie, atteinte de sclérose en plaque. Selon les prescriptions du médecin du travail, je ne dois pas travailler plus de quatre heures par jour en position debout. Cela a très vite posé problème puisqu’au moment où j’étais en poste, il n’y avait pas de siège pour s’asseoir en caisse. Les managers m’ont alors fait comprendre que je ralentissais le rythme et ont décidé de mettre fin à ma période d’essai », certifie-t-elle. Elle ne serait pas la seule à avoir été remercié à cause de son handicap.

 

Peur de parler, méconnaissance des droits

Du stress à tous les niveaux, pire que dans les autres enseignes ? Il semblerait que la cadence et l’ambiance de travail pèsent aussi sur les managers. « Je me souviens d’un manager littéralement effondré sur sa table, se frottant les yeux, avec une attitude qui démontrait une réelle fatigue physique et mentale », assure Sophie Duray, ex-salariée de la Valette, dans le Var. « Si certains managers ont un comportement horrible avec les vendeurs, d’autres s’investissent pleinement pour créer une bonne ambiance dans leur équipe, renchérit Karine. J’en ai vu quelques-uns fondre en larme après avoir appris qu’ils n’étaient pas retenus au dernier jour de leur période d’essai. » Un système où le stress se répand à tous les échelons, telle une cascade, de la direction aux managers, des managers aux vendeurs, et parfois même jusqu’aux clients !

Malgré ces conditions déplorables, la contestation peine encore à prendre de l’ampleur. En cause notamment, la faiblesse des syndicats dans les points de vente, encore trop peu représentatifs, voire inexistants. À cela s’ajoute une réelle méconnaissance des salariés, jeunes pour la plupart, sur l’étendue de leurs droits. Beaucoup redoutent de se plaindre par peur des représailles. Comme en janvier 2016, lorsque près d’une centaine de vendeurs du magasin de Créteil s’était mobilisée. « Nos revendications portaient principalement sur une réelle augmentation des salaires, ainsi que sur la mise en place d’un 13ème mois dès 2016 et non sur trois ans jusqu’en 2019, comme cela nous a été présenté, se rappelle Cathy, déléguée syndicale CGT. Malheureusement, la mobilisation était trop faible pour que nos réclamations soient entendues, surtout à cause des managers qui mettaient une grosse pression sur les vendeurs, notamment les plus jeunes, afin qu’ils ne rejoignent pas le mouvement », se désole-t-elle.

Une peur de perdre son poste observée également au moment de cette enquête, certains salariés redoutant même qu’un témoignage à l’encontre de leur condition d’emploi puisse leur porter préjudice. Une salariée assure par exemple que « le groupe Facebook regroupant certains salariés du magasin est surveillé par des cadres, c’est pour cela que nous ne voulons pas dire du mal de l’enseigne, afin de préserver notre sécurité ».

 

« Vous êtes constamment surveillés »

Certains d’entre eux ont pourtant réussi à franchir le pas, à l’image de Meriam à Marseille, qui a décidé de recourir à la justice prud’homale. Son arrêt maladie n’était pas transmis à la sécurité sociale, et elle n’était donc pas indemnisée. Primark a finalement été condamné, le 22 septembre 2016, à lui verser la somme de 1000 euros au titre de dommages et intérêts pour préjudice financier.

Mais le combat qui fait aujourd’hui le plus de bruit est celui mené par les ex-salariés de La Valette du Var, à côté de Toulon. Pour préparer l’ouverture du magasin de l’enseigne irlandaise dans le Var, en 2016, Primark a décidé à l’époque de recruter massivement des salariés pour n’en conserver au final qu’une partie d’entre eux. La direction a toutefois refusé de nous en communiquer le nombre. Sophie Duray, qui fait partie de ceux qui n’ont pas été retenus, estime pour sa part qu’ils sont au moins une centaine dans le même cas qu’elle, pour 350 personnes recrutées au départ. Les remerciés ont bien entendu tous quitté l’entreprise avant la fin de leur période d’essai…
 

« Nous sommes juste des robots interchangeables à la moindre occasion » 

Face à cette injustice, Sophie Duray a décidé de saisir les Prud’hommes pour rupture abusive de sa période d’essai. « C’est grâce à la page Facebook “Primark la Valette des employés scandalisés“ que j’ai décidé de me lancer dans cette procédure, voyant que je n’étais pas la seule à m’insurger contre le cynisme de cette entreprise. » « Le fait que près de la moitié des employés ait été remerciée avant la fin de leur période d’essai démontre une volonté de contourner la loi pour ne pas à avoir à recourir à des CDD ou des contrats d’intérims, qui impliquent le paiement de primes de précarité », explique maître Fréderic Casanova, avocat au barreau de Toulon, qui représente les intérêts de Sophie Duray. En cas de jugement favorable, les victimes pourraient percevoir jusqu’à six mois de salaires bruts. « Pour avoir une chance de l’emporter, il est indispensable que les personnes qui ont été flouées par Primark rejoignent notre démarche », encourage ainsi maître Casanova, qui a déjà convaincu une cinquantaine d’ex-salariés.

Interrogé sur cette affaire, Primark s’est contenté de répondre par l’intermédiaire de son service de presse : « Dans le cadre de la préparation d’une ouverture de magasin, nous devons faire face à un surcroît d’activité temporaire sur de très courtes périodes. Pour y faire face et comme le prévoit le code du travail, nous renforçons alors nos équipes en recrutant des collaborateurs en contrats à durée déterminée. » Ce qui n’a donc manifestement pas été le cas pour le point de vente de la Valette. 

« Le vendeur ne doit pas parler au client »

Mais au-delà des conditions de travail en elle-même, c’est aussi le cœur du travail lui-même qui semble peser. Nicolas, qui travaille à Marseille depuis un peu moins d’un an, raconte une journée de travail typique : « La plupart des vendeurs ici sont des jeunes avec des contrats de 25 heures. Soit on reste cinq heures à la caisse soit cinq heures à plier les vêtements. » La répétition monotone des tâches semble particulièrement difficile à supporter. « Cette expérience chez Primark ne m’a rien apporté sur le plan professionnel. Avec un peu de recul, je peux même affirmer que je n’ai strictement rien appris », juge Mathilde.
 

 Philippe, ancien gérant d’un atelier de confection, qui a dû fermer ses portes à cause de la concurrence à bas coût, a lui aussi été choqué par l’inutilité du travail proposé. « Je n’ai jamais vu autant de personnel improductif, c’était ahurissant, on pouvait replier cinq à six fois le même t-shirt dans la journée, et les managers nous hurlaient dessus en permanence », relate-t-il. Pour Cathy, qui a pu échanger avec la direction, son impression générale est que le sort des vendeurs est loin d’être une priorité pour eux. « Sur notre contrat de travail, il est écrit que nous sommes des vendeurs, mais en réalité ce que nous faisons est uniquement de la manutention », affirme-t-elle. « Quand un client vient nous voir pour un renseignement, il faut que l’on s’en débarrasse au plus vite. Sinon, notre rayon ne sera plus tenu et les ennuis commenceront avec les managers », renchérit Sofiane. « Chez Primark, le vendeur ne doit pas parler au client si ce n’est seulement de dire “bonjour“, on ne doit pas perdre notre temps à le conseiller ! », confirme Élodie.

 

Réponse de la direction : « 74% des salariés sont fiers de travailler chez Primark »

Face à l’ensemble de ces témoignages, la direction de Primark est restée fermée à nos sollicitations. La seule réponse que nous avons pu obtenir est un communiqué transmis par son agence de presse, mettant en avant leur politique de fabrication dans les pays d’Asie du Sud-Est. Ce communiqué mentionne également un sondage effectué en interne, selon lequel, « 74% des salariés sont fiers de travailler chez Primark ». Sans apporter plus de précision sur la véracité et la manière dont elle a été menée. Un chiffre étonnant qui n’a pas manqué de faire réagir les personnes que nous avons interviewées. « Je ne sais pas ce qu’il en est des autres magasins, mais ce que je peux vous certifier c’est que nous sommes très loin de ce pourcentage à Marseille. Et je sais de quoi je parle puisque cela fait trois ans que j’y travaille », assure Myriam.

Du côté des managers et superviseurs, obtenir des réponses est là aussi compliqué. Si nombre d’entre eux confirment les témoignages des vendeurs, rejetant la faute sur la pression exercée par la direction, aucun n’a voulu témoigner concrètement, même de manière anonyme. Et les quelques directeurs de magasins que nous avons contactés ne nous ont jamais répondu. Quand il s’agit de conditions de travail, le silence prime.

* Certains prénoms et lieux de magasins ont pu être changés pour des raisons de confidentialité.

Laurent Maurel (Boutique2Mode)

 

Vous êtes salarié(e) ou ex-salarié(e) de Primark et vous souhaitez partager votre expérience ? Vous pouvez témoigner à redaction@boutique2mode.com.

 

A lire également : cet article de la Voix du Nord et celui-ci de BFM sur une proposition de l’enseigne de revalorisation salariale de 1 centime de l’heure !

 Consulter notre dossier sur l’industrie textile

 Lire notre reportage : Au Bangladesh, des ouvrières rescapées du Rana Plaza créent leur propre coopérative textile

Photo de Une : CC Cyril Wermers
Photo à l’intérieur de l’article : CC César

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 16:35

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/marie-cosnay/blog/120217/la-cruaute-qui-vient

 

 

La cruauté qui vient

 
 
Vendredi, alors qu’il neige ou presque à Paris, sous le pont, porte de la Chapelle, la mairie fait installer de grosses pierres. Ainsi les personnes sans refuge ne pourront plus s’allonger, s’allonger les uns contre les autres, pour se tenir un peu chaud, sous ce pauvre abri qu’est le pont. Même pas un pont. Même pas les corps contre les corps. Des pierres au lieu des corps.

 

Les mots tuent. Les mots tuent mais avant ça ils sont tués.
J’ai écrit ça pour commencer, j’étais tellement perturbée, empêchée, muette, étranglée.

Les mots ne tuent pas tout seul. Les mots quand ils mentent tuent. Et ils mentent. Ils inversent le rapport aux choses, montrent le contraire de ce qu’on voit, ils nient la chose. Ils ne s’arrêtent plus de mentir. Tellement qu’on les rend responsables, on dit : ça suffit, les mots, tous les mots, taisez-vous, et quand on les avait jusque-là tellement en sources, ressources, en plaisirs, on baisse la tête accablés, on est impuissants, on est devenus débiles à souhait.

C’est tellement ce qui nous arrive.
Je n’ai pas fait la liste mais depuis que Macron a écrit Révolution, que Marine Le Pen a parlé de diversité, c’est phénoménal, c’est toujours plus.
Toujours plus de mensonges, à devenir fou.
Attention, nous allons devenir fous. Nous devenons fous.
Guéant était condamné à deux ans dont un avec sursis mais l’autre, l’année ferme, il n’allait pas la faire non plus.
Ferme mais pas ferme. Oui mais non.
Un viol n’est pas un viol. Un accident.
C’est d’un atroce cynisme, la blessure de dix centimètres dans l’anus est hors de doute.
C’est d’un atroce cynisme qui tue d’appeler le viol accompagné d’insultes hors de doute accident.
Oui mais non.
La faute de la victime, la vieille affaire, le vieux mensonge pervers, exactement lui, qui ne permet pas, ne permettra jamais à la victime de se retaper un peu, se réparer.
C'est tout le viol d’ailleurs qui est nié. Ca n’existe pas. La domination et la torture non plus. L’histoire de la lutte contre les dominations et tortures non plus.
Comment briser quelqu’un, il y a plein de moyens. Le viol et le déni du viol.
On est en train de devenir fou.

Je parle ici, qui nous rendent fous, des mots et des énoncés officiels.
Je ne parle même pas des énoncés courant sur les réseaux sociaux, de ce qu'on nomme cyber attaque, de cent quarante signes qui peuvent faire ou défaire des présidents, on a entendu ça, Poutine veut faire élire le Pen, il va y avoir des faux comptes, des faux tweets, de fausses infos, des mots menteurs. Je ne parle même pas non plus des grimaces, des absurdités devenues virales, de la vieille réponse enfantine : c’est celui qui dit qui est, contre toute vraisemblance, contre toute évidence, attaquer, en réponse à l’information qui devrait nous scandaliser et avoir des conséquences (un homme à responsabilités publiques s’enrichit amoralement, ment, s’offusque, se maintient, continuant à conspuer les assistés) ceux qui aident à la produire, cette information.

Les énoncés officiels mentent, le rapport de l’IGPN est une honte, une pure honte, les mots sont verts de honte, ils n’ont plus qu’une envie : se défiler. Ils le voient bien, les mots, qu’ils servent à clouer au pilori le bon sens et quelque chose comme le rapport, les rapports. Le lien, les liens. Ils étouffent.

Ils sont devenus, les mots, tués à force de servir à l’envers, ils sont devenus vecteurs de cruauté.

On a la tête à l'envers,  le corps pèse le poids des pierres.

Vendredi, alors qu’il neige ou presque à Paris, sous le pont, porte de la Chapelle, la mairie a fait installer de grosses pierres. Ainsi les personnes sans refuge ne pourront plus s’allonger, s’allonger les uns contre les autres, pour se tenir un peu chaud, sous ce pauvre abri qu’est le pont. Même pas un pont. Même pas les corps contre les corps. Des pierres au lieu des corps.

Combien, le prix des pierres ? Combien, le prix d’une nuit pour une personne dans un centre d’hébergement ?
Les pierres sous le pont de Paris, porte de la Chapelle, les pierres au lieu des corps, c’est la pierre de trop.
On n’est pas seulement en train de devenir fous  : on est en train d’accepter la grande grande cruauté qui vient. Ou est venue.

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/marie-cosnay/blog/120217/la-cruaute-qui-vient

 

 

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