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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 21:23

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Comment les Français paient de l'impôt sur l'impôt

Le Monde.fr | 23.04.2014 à 14h10

 
 

 

Les revenus de capitaux mobiliers perçus en 2013 seront imposés cette année, au barème progressif de l'impôt sur le revenu. L'établissement payeur (organisme bancaire ou société) a toutefois prélevé à la source, en 2013, un acompte d'impôt de 24 % sur les intérêts et de 21 % sur les dividendes, sauf si vous avez demandé à en être dispensé.

 

« L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. » Cette formule de Jean-Baptiste Colbert est toujours d'actualité. Pour se faire, le législateur a plutôt intérêt à procéder à des hausses d'impôts rampantes plutôt qu'augmenter directement le taux des impositions. Et c'est ce qu'il fait.

Une technique consiste à limiter les charges déductibles des revenus imposables. Par exemple, les traitements et salaires sont soumis à la CSG (7,5 %) et à la CRDS (0,5 %) après déduction des frais professionnels. Mais cette déduction prend obligatoirement la forme d'une réduction forfaitaire de 1,75 %. Or le montant est dans la plupart des cas largement inférieur au montant réel des frais professionnels.

Autre possibilité : imposer des revenus non disponibles, comme à l'égard des travailleurs indépendants non adhérents d'un centre de gestion ou d'une association agréée, qui voient leur résultat imposable majoré de 25 %. En clair, s'ils réalisent un résultat de 100, ils seront imposés comme si le résultat était de 125.

Dans les deux cas cela revient à augmenter artificiellement l'assiette de l'impôt et, en définitive, le montant de celui-ci.

 

SYSTÈME OPAQUE

Ces mesures sont des mesures techniques. Mais en gardant le système fiscal opaque, le législateur parvient même à faire payer aux contribuables de l'impôt sur de l'impôt.

L'exemple des prélèvements sociaux est flagrant (principalement 8 % sur les revenus professionnels et 15,5 % sur les revenus du patrimoine) car ils agissent en doublons de l'impôt sur le revenu. Concrètement, les mêmes revenus sont imposés deux fois.

Prenons l'exemple des revenus du patrimoine (revenus fonciers, revenus de l'épargne). Un revenu imposable de 100 donne lieu au paiement de 15,5 de prélèvements sociaux.

En théorie, le contribuable devrait donc être soumis à l'impôt sur le revenu sur son revenu réellement disponible, c'est-à-dire à hauteur de 84,5 (100 - 15,5). Mais seuls 5,1 % (issus de la CSG) de ces prélèvements sociaux sont déductibles.

L'assiette de l'impôt sur le revenu est donc 94,9 (100 - 5,1) au lieu de 84,5. Résultat, le contribuable paie de l'impôt sur des revenus inexistants puisque déjà frappés par les prélèvements sociaux.

 

ÉGALITÉ ENTRE LES CONTRIBUABLES

Lorsqu'il était encore rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, Christian Eckert avait émis la fausse bonne idée de remettre en cause cette déductibilité partielle de la CSG, en prétextant qu'elle rompait l'égalité entre les contribuables, puisque seuls les redevables de l'impôt sur le revenu pourraient la déduire à la différence de ceux qui échappent à cet impôt...

Désormais secrétaire d'Etat au budget, espérons que M. Eckert ne continue pas à suivre le même raisonnement. Car cela permettrait également de soutenir que la déduction accordée aux salariés au titre de leurs frais professionnels contredirait l'égalité entre les contribuables, puisque ceux qui ne perçoivent pas de salaire ne peuvent pas en bénéficier.

L'égalité entre les contribuables présentée comme un principe directeur de notre pacte social servirait alors d'alibi à une hausse rampante de l'impôt sur le revenu.

 

Frédéric Douet, professeur à l'Université de Bourgogne
Compte twitter : @Fiscalitor

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 21:11

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Dans le Sichuan, des « hommes-abeilles » pollinisent à la main les vergers

LE MONDE | 23.04.2014 à 11h43 • Mis à jour le 23.04.2014 à 17h05 | Harold Thibault (Nanxin, Sichuan, envoyé spécial)

 
 

 

Par ailleurs, dans les champs, les cultivateurs utilisent largement les produits phytosanitaires pour éliminer les insectes qui menacent leurs fruits.

 

La saison de la pollinisation bat son plein dans les vergers du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine. Perchés aux branches des pommiers, les agriculteurs du village de Nanxin se contorsionnent pour atteindre les fleurs les plus éloignées. Faire le travail réservé ailleurs sur la planète aux abeilles requiert une certaine agilité.

A en croire Zhen Xiuqiong, 56 ans, tout est question d'habitude. Voilà plus de vingt ans qu'elle grimpe sur ses arbres et ceux de ses voisins dès l'apparition du printemps. S'il peut arriver qu'une branche casse, elle dit ne jamais avoir peur.

Tous les habitants du village en âge de travailler sont mobilisés pour la pollinisation à la main. Cette année, elle a commencé mi-avril et devra être achevée avant le 27 ou 28 du même mois. Ce calendrier strict, fixé par la météo et le cycle de floraison, impose de faire vite. Les plus anciens de ces paysans acrobates sont adroits et arrivent à déposer le pollen sur toutes les fleurs d'un arbre en à peine une demi-heure ! Une performance nécessaire puisque chaque propriétaire possède de 100 à 200 pommiers.

Zeng Zigao, 38 ans, explique que le système repose beaucoup sur l'entraide : les proches sont réquisitionnés le temps de l'opération. Mais les délais sont si resserrés qu'il doit aussi employer des saisonniers : cinq ou six personnes cette année, qu'il payera 80 yuans (9,2 euros) par jour, auxquels s'ajoutent leurs déjeuners et leurs dîners. « C'est un investissement mais, si je loupe la saison, je n'aurai pas assez de fruits, donc c'est une garantie de rendement », précise M. Zeng. Le paysan s'estime chanceux, car, dans d'autres vergers, les travailleurs exigent déjà 100 yuans par journée.

 

BOÎTE À CHEWING-GUM EMPLIE DE POLLEN

Le meilleur outil pour la pollinisation à la main est une tige au bout de laquelle est fixé soit un filtre de cigarette, soit une pointe d'effaceur scolaire. Autour du cou, les hommes ou les femmes-abeilles portent une petite boîte à chewing-gum emplie de pollen récolté des fleurs d'autres pommiers, séché au soleil et moulu. Dans d'autres régions de Chine, des intermédiaires vendent du pollen, mais, à Nanxin, on juge que leur poudre risque d'être de mauvaise qualité. Le pollen perd rapidement sa fertilité, parfois à peine passé le temps du transport routier.

S'ils ne cachent rien de leurs techniques, ces cultivateurs sont plus flous sur les raisons qui les obligent à se substituer aux insectes. Kang Zhaogui, 49 ans, juge du haut de son arbre que la baisse de la population d'abeilles est évidente ici depuis les années 1990.

 

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    Autour du cou, les hommes ou les femmes-abeilles portent une petite boîte à chewing-gum emplie de pollen récolté des fleurs d'autres pommiers, séché au soleil et moulu.

    Crédits : GILLES SABRIE POUR "LE MONDE"
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    Dans d'autres régions de Chine, des intermédiaires vendent du pollen, mais, à Nanxin, on juge que leur poudre risque d'être de mauvaise qualité.

    Crédits : GILLES SABRIE POUR "LE MONDE"
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    Les cultivateurs sont flous sur les raisons qui les obligent à se substituer aux insectes.

    Crédits : GILLES SABRIE POUR "LE MONDE"
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    Première explication : les forêts, habitat naturel des abeilles, ont perdu de leur superficie ces dernières décennies dans la région, au profit des champs.

    Crédits : GILLES SABRIE POUR "LE MONDE"
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    Par ailleurs, dans les champs, les cultivateurs utilisent largement les produits phytosanitaires pour éliminer les insectes qui menacent leurs fruits.

    Crédits : GILLES SABRIE POUR "LE MONDE"
  

 

Des journalistes n'ont pas hésité à faire le lien avec le Grand Bond en avant, lancé en 1958 par Mao Zedong, qui se termina en famine. Les Chinois furent alors appelés à en finir avec les moineaux qui « volaient » le grain du peuple, ce qui, en retour, conduisit à la prolifération des insectes et donc à la pulvérisation massive d'insecticides. Mais aucun des chercheurs chinois qui se sont penchés sur la question de la pollinisation manuelle ne prête le moindre crédit à cette théorie.

 

LA MAIN LOURDE SUR LES INSECTICIDES

Que s'est-il donc passé ? Première explication : les forêts, habitat naturel des abeilles, ont perdu de leur superficie ces dernières décennies dans la région, au profit des champs. Mais ce déficit de territoire n'explique pas tout. En réalité, les cultivateurs, peu éduqués, utilisent largement les produits phytosanitaires pour éliminer les insectes qui menacent leurs fruits. Et préfèrent en répandre trop que pas assez, car leurs revenus dépendent largement de leur récolte. Avec 0,08 hectare de terre arable par habitant en Chine (contre 0,28 en France et 0,51 aux Etats-Unis, selon la Banque mondiale), « les paysans veulent exploiter leur champ de la manière la plus intense », constate Tang Ya, professeur à l'université du Sichuan.

La pollinisation manuelle permet aussi d'assurer une fécondation croisée avec les variétés de pommes les plus populaires sur le marché. Traiter minutieusement chaque fleur assure que l'arbre sera surchargé de fruits lorsque viendra la récolte.

An Jiandong, chercheur au département d'apiculture de l'Académie chinoise des sciences agricoles, constate qu'aucune étude sérieuse n'a jusqu'à présent été réalisée sur le déclin des pollinisateurs en Chine. « La pollinisation manuelle requiert beaucoup de main-d'oeuvre et les abeilles comprennent bien mieux les végétaux que les humains », estime M. An.

L'ironie de la situation n'échappe pas à Zhen Xiuqiong, l'agricultrice perchée sur sa branche : son mari est apiculteur. S'il loue bien ses abeilles à certains vergers de la région, hors de question de les laisser butiner les arbres qui occupent tant son épouse, car elle a la main lourde sur les insecticides. « Si ses abeilles pollinisaient ici, elles mourraient », craint Mme Zhen.

Son voisin, Kang Zhaogui, pense comme elle, d'autant qu'il convient de pulvériser les produits chimiques avant la floraison, de sorte qu'aucun loueur d'abeilles ne se risquerait dans sa plantation : « Les abeilles ne survivraient pas. »


D'AUTRES FRUITS PLUS RENTABLES

A l'heure où la mauvaise qualité des produits agroalimentaires est devenue une question politique majeure en Chine, les habitants de Nanxin admettent que les autorités se montrent désormais plus strictes lors des contrôles des fruits. Du coup, les paysans tendent à employer des insecticides moins puissants, même si certains d'entre eux reconnaissent qu'ils compensent en pulvérisant plus fréquemment…

Selon le professeur Tang, qui se rend souvent à Nanxin, les changements socio-économiques que connaît aujourd'hui la Chine rendent la pollinisation à la main de plus en plus coûteuse, alors que la dépense semblait négligeable à la fin des années 1980, lorsque les paysans s'y convertirent.

Déjà, la hausse du coût de la vie pousse les villageois à se tourner vers d'autres fruits plus rentables. Si leurs pommes ne sont vendues qu'un yuan la livre (0,12 cent d'euro) au grossiste, les cerises peuvent atteindre vingt fois ce prix.

Selon le scientifique, la rapide hausse des salaires pourrait décourager les agriculteurs de recourir à la pollinisation manuelle. La location par des apiculteurs itinérants de leurs abeilles pourrait se substituer aux « hommes-abeilles » à condition que les habitants se résignent à réduire leur usage d'agents toxiques.

Mais M. Tang constate surtout que la jeune génération est davantage attirée par les lumières de la ville que par le métier d'apiculteur ambulant, qui transporte ses ruches de village en village. Tous ces éléments, espère l'expert en environnement, pourraient inciter les agriculteurs à adopter des pratiques « durables » susceptibles de permettre aux abeilles de reprendre du service.

Des apiculteurs itinérants pour les arbres de Californie

Le déclin des abeilles est un phénomène mondial observé depuis le milieu des années 1990. Globalement, la valeur économique du service de pollinisation assuré par les insectes est évalué à 153 milliards d’euros. En Europe, selon une étude publiée en janvier, il manque 13 millions de colonies d’abeilles domestiques pour polliniser les cultures.
Aux Etats-Unis aussi, l’abeille se fait rare. Le département américain de l’agriculture recense en moyenne 30 % de pertes par an dans les ruches, mais ce taux grimpe parfois à 99 % chez certains apiculteurs. La Californie n’est pas épargnée. Chaque année, en février, des apiculteurs convergent vers l’Etat américain et louent leurs butineuses pour polliniser les arbres fruitiers. La Californie assure 80 % de la production mondiale d’amandes. Mais ce transport et les pesticides largement utilisés dans les vergers conduisent à des taux de mortalité énormes chez les abeilles, qu’il faut remplacer la saison suivante, ce qui devient de plus en plus difficile.

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 21:03

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

Notre Dame des Landes : bonne mobilisation, l’expulsion n’a pas eu lieu

Nicolas de La Casinière (Reporterre)

mercredi 23 avril 2014

 

 

Alerte à l’expulsion de Saint Jean du Tertre ! Le message a couru sur la toile et sur le fil, hier. Dès l’aube, ce matin, une centaine de personnes étaient là - et Reporterre. Les gendarmes ne sont pas venus. Récit.


- Saint-Jean-du-Tertre (Loire-Atlantique), reportage

Cinq heures du matin. Des lucioles sillonnent les chemins creux. Des lampes frontales d’opposants rejoignent la ferme menacée d’expulsion, passant les barricades d’engins agricoles, de solides barres de béton de chantiers de travaux publics, de pneus, de tracteurs. « Les traces blanches sur la route, c’est des poteaux électriques en béton, qu’on traîne avec nos tracteurs » signale un paysan. L’appel à mobilisation pour défendre la ferme s’est fait du jour au lendemain. À la demande d’AGO (Aéroport Grand Ouest, consortium dominé par Vinci), propriétaire de certains terrains dont cette ferme, le tribunal de grande instance de Nantes a ordonné mardi l’expulsion de la ferme de Saint Jean du Tertre, occupée depuis le 14 avril. À effet immédiat.

D’où des chaînes de courriels, de textos, d’alertes sur les réseaux militants, paysans, zadistes, citoyens, aux alentours, de reprises sur les médias attentifs comme Reporterre. L’alerte a été lancée avant la décision de justice prononçant l’expulsion : « Malgré les annonces du gouvernement visant à ne pas débuter les travaux avant l’épuisement des recours juridiques, la société AGO et l’État menacent de détruire une nouvelle maison ».

Thermos, raquettes et barricades

Et chacun rapplique avec ses bottes, sa loupiote, son thermos de café chaud... La rosée mouille les bas de pantalons. Des fumigènes dépassent d’un sac à dos. Les raquettes de tennis censées renvoyer les grenades lacrymogènes sont à nouveau de sortie. Certains sont venus dormir sur place. Toute la nuit, des voitures ont rameuté du monde. Les routes convergeant vers la ferme étant toutes barrées et barricadées, les derniers soutiens se garent à la ferme voisine de Bellevue, l’exploitation agricole réinvestie en janvier 2013 par le collectif paysan Copain, juste après le départ de son occupant.

Les infos s’échangent dans la nuit : personne n’a vu de convois de fourgons bleu marine de la gendarmerie. Pas non plus aperçu de camionnette EDF qui viendrait démonter le compteur. Même si une intervention des électriciens publics est bien programmée dans la commune voisine. Les éclats gyrophares sur la route près du bourg de Notre Dame ? Un gars en retard pour embaucher à cinq heures du matin et qui s’est pris le fossé jusqu’à renverser sa voiture sur le flanc. « Et il va comment ? - Un peu groggy, il répétait toujours la même chose, mais sinon avait l’air d’aller ».

Report d’expulsion

Mais question expulsion, ce ne sera pas ce matin. « L’opération qui était effectivement calée dès mardi matin, a été annulée vers 20 heures au plus haut niveau de l’État. Cinq escadrons de gendarmes mobiles ont alors été démobilisés », note Ouest-France. Les 510 militaires ne se sont donc pas venus dans le bocage. Pas cette fois en tous cas. Les abords de la ferme se découvrent au point du jour, détaillant les silhouettes de frondaisons pétillant de chants d’oiseaux du petit matin.

« On va rester là. On n’a pas d’infos sur des mouvements de gardes mobiles, mais on surveille tout le temps », explique un zadiste lors d’une prise de parole après le lever du jour. Il manque un préalable, la venue d’un huissier signifiant l’imminence de l’expulsion mais elle peut être faite en même temps, « c’est vrai qu’aujourd’hui, il n’aurait pas pu passer en voiture. Mais ce sera peut-être demain, ou après demain... » commente une zadiste. « Du coup c’est un appel permanent à soutenir la ferme, tous les jours qui viennent. Ça peut être deux heures de temps en temps, avant d’aller au boulot, une matinée tous les quinze jours, tout est bienvenu... », explique Vincent du collectif Copain.

Le préfet en croisade contre l’impunité...

 

*Suite de l'article sur reporterr

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 


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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 20:53

 

Source : zad.nadir.org

 

Infos du 21 au 27 avril - Mobilsation Ferme du Tertre....

mercredi 23 avril 2014, par zadist

 


Tant que la situation est calme, on continue les infos régulières, mais sur un rythme plus détendu d’un article par semaine, mis à jour tous les jours. Si quelque chose s’accélère, on donnera de nouveau les nouvelles en temps réel et vous pouvez écouter les nouvelles transmises par radio klaxon en streaming.

Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone n’hésitez pas à nous contacter en appelant le numéro d’urgence au 06.43.92.07.01

Mercredi 23 avril

Ce communiqué a été élaboré sur place par des habitant-es, occupant-es, paysan-nes, voisines, complices et plus simplement entre personnes en lutte ensemble :

« Face à une menace claire d’intervention policière sur la ZAD, le mouvement d’opposition au projet d’aéroport a montré sa détermination, son unité et sa capacité à se mobiliser.

Toute la nuit paysan-nes, occupant-es, citoyen-nes ont barricadé ensemble les accès à la ferme de Saint Jean du Tertre dont la destruction avait été planifiée ainsi que protégé les lieux occupés alentours, également menacés.

Des dizaines de tracteur, plusieurs centaines de personnes étaient présentes dès 5h du matin. Cette réction massive et unitaire du mouvement sera systématique face à toute tentative d’intervention sur la zone.

Les collectifs locaux restent vigilants et prêts à mettre en place le blocage de la région pour empêcher toute expulsion ou début de travaux. A l’échelle nationale 200 collectifs prévoient l’occupation de lieux de pouvoir en cas d’intervention.

L’aéroport ne se fera pas ! Sur plave l’occupation du territoire s’intensifie, nous continuons à l’habiter et à le cultiver. Nous déjà, ensemble, dans l’après projet. »

Les résistant-es de Saint Jean du Tertre.

-  18 H : INFO MAISON DU TERTRE/FREUZIERE :

Beaucoup des manifestants sont venus ce matin 5h pour défendre la ferme du Saint Jean du Tertre et la Freuzière, une autre maison proche qui est menacée de l’expulsion ( selon nos informations, ERDF voulait couper aussi leur access en même temps que le Tertre).

Finalement, pour des raisons qu’on ignore, ni flics ni machines ne sont venuese aujourd’hui pour expulser et détruire la Ferme du Saint Jean du Tertre. La Préfecture a "assuré Mercredi midi qu’il n’y avait pas d’intervention prévue "à ce stade", et qu’une intervention n’était pas souhaitable" dans les conditions telles qu’elles sont présentes."

Comme la Préfecture a encore montré qu’elle change sa stratégie suivante, même 2,3 fois a une seule matiné, on maintient la mobilisation pour cette nuit et demain !

Les barricades sur la route de "Chênes de Perrières", dans l’Ouest de la Zad restent sur place. Besoin de renfort et soutien dès que ce soir jusqu’au demain !

Merci à celles et ceux qui sont venues ce matin, c’est rassurant d’avoir encore une fois vu que la mobilisation contre l’aéroport ne faiblit pas !

À demain !

 

- Et une autre nouvelle arrive ce fin matiné : Notre-Dame-des-Landes annulé, l’aéroport de Rennes renforcé ?

- Selon @Prefet44 "pas d’intervention prévue. Le processus prévoit d’abord la notification décision justice"

- InfotraFlic  : Pas plus des infos que ça a l’instant ! Soyons vigilantes quand même....

- URGENT ! Selon une source d’un journaliste qui est revenu sur place à la ferme du tertre, l’intervention sera imminente ! Changement de stratégie dernière minute ? De toute façon, ses confrères journalistes sont au retour à la ferme aussi...

Les barricades restent fermées du coup !!

- Sur Ouest France/Maville ils disent... : Ce mercredi matin, les militants anti-aéroport attendent toujours l’intervention des forces de l’ordre. En vain. L’opération, qui, selon nos informations, était effectivement calée dès mardi matin, a été annulée vers 20 heures au plus haut niveau de l’État. Cinq escadrons de gendarmes mobiles ont alors été démobilisés.

- Les médias bourgoises disent :

PressO :Pas d’expulsion à la ferme de Vigneux ce mercredi

PAR CONTRE : Dans LeFigaro on peut lire : Expulsion d’une centaine de Roms à Nice : Un camp de Roms à Nice est en cours d’évacuation depuis ce matin 7h45, selon Nice-Matin. Une centaine de personnes sont délogées conformément à un jugement en référé du 20 mars. Les logements devraient être rasés par un buldozer déjà sur place.

STOP EXPULSIONS, NI ICI, NI AILLEURS ! EXPULSONS VALLS !!

Solidarité aux familles Roms expulsées !

- 9h30  : pour l’instant, on a l’impression que l’intervention est aussi plombé que leur aéroport.....

- InfotraFlic 09h15  : Tout reste calme sur la Zad et notamment au Tertre et Bellevue !

- Info de collectif "face aux armes de la police" :

S’organiser face aux armes et aux mutilations de la police c’est aussi mettre en commun les différentes expériences et les différents outils qui ont été élaborés ici et là. Nous proposons ici une fiche sur les différentes procédures possible. LIEN

- reçu  : au milieu d’annonces urgentes pour la protection rapprochée de la maison de St Jean du Tertre sur la ZAD, voici un message de Sofie Vinet, initiative artistique pour le parcours "Landes-Art", en soutien à la lutte.

Mieux qu’un carton rouge... les chiffons rouges !

- Images de ce petit matin.... :



- Rennes TV dis sur Twitter  : 8h00 : mobilisation de 200 à 300 zadistes pour protéger la ferme du tertre à #NDDL. Pas d’intervention de la police.

 

- Info reçu  : Franck Dubray, reporter photographe à Oueste France, a twitté vers 20h20 que l’opération de St Jean du Tertre était annulée : https://twitter.com/DubrayFranck/status/458671576247197696 puis de nouveau 10 minutes plus tard : https://twitter.com/DubrayFranck/status/458673137912397824

A prendre avec prudence....

- InfotraFlic :

6h45  : pas des flics à la Paquelais, Notre dame des Landes, Ardillières, Vigneux... Tout reste calme pour l’instant...! Il y a du monde a la Ferme de Saint Jean du Tertre....

Mardi 22 avril

- 20h10 Info reçu : arrivée imminente de CRS... Vue sur la RN 137 (sens Rennes/Nantes) ce soir vers 19h15, une vingtaine de camionnette, ils s’arrêtaient pour une pause pipi ou que sais je à l’aire de treillères...

Sur la ZAD

URGENT : le rendu du procès des occupant-e-s de la ferme de Saint-Jean-du-Tertre est tombé cet après-midi : illes sont expulsables sans délai. Plusieurs sources concordantes nous font penser qu’une intervention est prévue demain mercredi matin pour détruire cette ferme (et uniquement cette ferme). Pour les en empêcher, nous avons besoion d’un soutien massif et diversifié. Nous vous appelons à venir partir de 5h mercredi matin directement à Saint-Jean-du-Tertre ou à Bellevue, ou un départ sera organisé à 5h. Faites passer le mot !. La version des médias : metronews, ouest france, presse océan.

 

 

Source : zad.nadir.org

 

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 20:28

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Sous-traitance

Un an après le drame du Rana Plaza, les grandes marques d’habillement ont-elles changé leurs pratiques ?

par Olivier Petitjean 22 avril 2014

 

 

 

 

 

Ils fabriquaient des tee-shirts, polos ou pantalons pour de grandes marques occidentales. 1138 ouvriers et ouvrières du textile ont été tués dans le drame du Rana Plaza, il y a un an au Bangladesh. Suite à l’indignation, un accord sur la sécurité des usines textiles a été signé, notamment par les Français Auchan, Carrefour, Camaïeu, Casino et Leclerc. Les grandes entreprises ont-elles respecté leurs engagements ? La situation des ouvrières du textile s’est-elle améliorée ? Les victimes du drame et leurs familles ont-elles été indemnisées ? Enquête.

Le 24 avril 2013, s’effondre à Dhaka, capitale du Bangladesh, l’immeuble du Rana Plaza. 5 000 ouvriers et ouvrières du textiles y travaillent. Bilan : 1 138 morts et plus de 2 000 blessés, dont certains resteront handicapés à vie. Le bâtiment de neuf étages – alors qu’il est conçu pour n’en posséder que cinq – comprend cinq ateliers de confection, travaillant pour des marques aussi diverses que Benetton, Walmart ou Mango. Mais probablement aussi pour Camaïeu et Auchan – qui ne reconnaît qu’une possible sous-traitance « sauvage » – et peut-être pour Carrefour, qui nie cependant tout lien avec le Rana Plaza. Le jour précédent, les ouvrières remarquent des fissures dans les murs. Les patrons les contraignent à reprendre leurs postes, en les menaçant de ne pas verser leurs salaires.

L’événement mobilise comme jamais les médias et l’opinion publique internationale, mettant en lumière les conditions de travail et de vie des ouvrières – majoritairement de très jeunes femmes – qui fabriquent les vêtements commercialisés en Europe et en Amérique du Nord. Au Bangladesh même, la catastrophe entraîne des manifestations de masse des travailleurs du textile, qui se sont poursuivies pendant plusieurs mois et n’ont pas encore vraiment cessé à ce jour (lire « Depuis la catastrophe du Rana Plaza, les ouvrières du textile se sont radicalisées. »). La pression conjuguée des ouvrières et de la communauté internationale a forcé les élites du Bangladesh et les multinationales du textile à des concessions. Les patrons des ateliers, malgré leur proximité avec les dirigeants du pays, sont aujourd’hui derrière les barreaux.

Du côté des donneurs d’ordres, plus de 150 marques ont signé un Accord sur la sécurité des usines textiles au Bangladesh, en association avec les syndicats nationaux et internationaux, et sous l’égide de l’Organisation internationale du travail (OIT). En France, Carrefour, Auchan, Leclerc, Casino et Camaïeu en sont signataires. Cet accord social novateur prévoit notamment un programme d’inspection des usines et un suivi transparent de ces inspections. Sur le papier, le texte constitue une avancée significative, justifiant les espoirs de nombreux observateurs que le drame du Rana Plaza représentera un tournant décisif en matière de droits humains et de conditions de travail dans l’industrie textile au Bangladesh, voire dans d’autres pays.

« Nous avons tout fait pour que cet accord voit le jour », assurait, à l’époque, le négociateur de Carrefour, premier signataire français du texte. « Nous attendons des syndicats un échéancier de ce qu’il y a à faire, et nous sommes impatients ! ». Si elles affichent fièrement leur participation au processus, les marques françaises – à l’exception de Camaïeu – refusent cependant catégoriquement de participer à l’indemnisation des victimes.

« Pas de responsabilité dans l’effondrement du bâtiment »

Les organisations non gouvernementales françaises, emmenées par Peuples Solidaires et le collectif Éthique sur l’étiquette, ont lancé un appel (déjà signé par plus de 100 000 personnes) à Auchan et Carrefour, ainsi qu’à l’Italien Benetton, à contribuer au fonds d’indemnisation des victimes et à assumer effectivement leurs responsabilités vis-à-vis des conditions de travail des ouvrières de leurs sous-traitants. Les ONG espèrent profiter de l’anniversaire du Rana Plaza pour faire avancer la proposition de loi sur le « devoir de vigilance » des multinationales françaises vis-à-vis des atteintes aux droits de l’homme dans leurs filiales et leur chaîne d’approvisionnement à l’étranger. Déposée par trois députés socialistes et écologistes, la proposition est pour l’instant au point mort, confrontée à l’opposition des lobbies économiques et du gouvernement. Une pétition en ligne vient d’être lancée.

De son côté, Carrefour n’a pas reconnu de lien avec le Rana Plaza, bien que des syndicalistes bangladais aient retrouvé une étiquette de sa marque Tex dans les décombres de l’immeuble après la catastrophe. Des anciens ouvriers de l’immeuble affirment également avoir produit des T-shirts de marque Tex, mais il pourrait y avoir confusion avec une marque danoise [1]. Le cas Auchan est plus problématique. L’entreprise admet initialement que des pantalons de sa marque In Extenso sont fabriqués au Rana Plaza, mais explique qu’il s’agit d’une production sous-traitée « en cascade » par l’un de ses fournisseurs officiels, sans que l’enseigne n’en soit informé.

Accord international : Auchan tiendra-t-il ses engagements ?

Réponse des ONG : « Le fait qu’Auchan n’ait pas été capable de maîtriser sa production tout au long de sa chaîne d’approvisionnement ne la dédouane en aucun cas de sa responsabilité envers les victimes. » Le groupe semble avoir choisi de durcir le ton. Dans un communiqué récemment diffusé, Auchan affirme désormais que son enquête approfondie « n’a permis d’apporter aucune preuve formelle ». Ce qui n’a pas empêché Auchan de « mettre fin de manière unilatérale à [ses] relations commerciales avec [le fournisseur en question] ». Conclusion de la multinationale familiale : « Auchan (…) n’a pas de responsabilité dans l’effondrement du bâtiment. »

La responsabilité du groupe français est cependant bel et bien engagée dans la mise en œuvre de l’accord qu’il a paraphé. Le programme d’inspection prévu concerne environ 1 700 usines textiles sur les 4 500 que compte le Bangladesh [2]. Ces inspections ont commencé fin 2013. Les dix premiers rapports – qui relèvent des problèmes importants de sécurité – ont été rendus public. Selon les dispositions de l’accord, les donneurs d’ordre – Carrefour, Auchan et consorts – s’engagent à aider leurs fournisseurs à réaliser les travaux nécessaires, à maintenir des relations d’affaires pendant au moins deux ans, et à rémunérer pendant au moins six mois les ouvriers et ouvrières mis au chômage pendant la durée des travaux. Pourtant, au moins deux usines viennent d’être fermées suite aux inspections, dont un fournisseur d’Auchan employant 3 500 ouvrières, Softex. Les ouvrières ont été congédiées sans compensation, les patrons de l’usine se défaussant sur Auchan : « Nous fermons des usines à leur demande. Aussi c’est à eux de financer le chômage des ouvriers. » [3]. Dans son récent communiqué, le groupe français reconnaît les faits, mais garde le silence sur le sort réservé au fournisseur et aux ouvrières. Toujours pas responsable ?

200 ouvrières toujours portées disparues

Suite aux manifestationx et aux mouvements de grève, le gouvernement bangladais a été obligé d’augmenter le salaire minimal du secteur textile. Celui-ci a été porté à 50 dollars mensuels (36 euros), contre 28 dollars auparavant. Les ouvriers réclamaient cependant le double (100 dollars). Encore loin du salaire vital au Bangladesh [4], qui prend en compte le prix de besoins essentiels – logement, énergie, eau, habillement, protection sociale, alimentation, transport, éducation santé, petite épargne – et estimé à 260 euros au Bangladesh. H&M, principal donneur d’ordre au Bangladesh, a ainsi proposé de payer directement les ouvriers et de leur assurer un « salaire vital » - au moins, pour commencer, dans quelques usines pilotes. « Nous saluons ces annonces, mais nous n’avons pas connaissance d’initiatives concrètes à ce stade », nuance cependant un autre syndicaliste bangladais.

 

 

L’attitude d’Auchan et de Carrefour n’est certes pas exceptionnelle : seulement dix entreprises se sont engagées formellement dans le dispositif d’indemnisation (dit « Arrangement »), contre plus de 150 pour l’accord ! Les besoins financiers pour assurer une compensation « juste, complète et transparente » aux victimes du Rana Plaza – couvrant les frais médicaux et la perte de revenus, en conformité avec les conventions de l’OIT – ont été estimés à 40 millions de dollars (54 millions d’euros). Un peu moins de la moitié doit être abondée par les donneurs d’ordres internationaux. Une somme extrêmement modeste comparée aux bénéfices des entreprises concernées en 2013, comme le signalent Peuples solidaires et Éthique sur l’étiquette : « 2,4 milliards [d’euros] pour Inditex (Zara), 1,26 milliard pour Carrefour, 767 millions pour Auchan ». Pourtant, à ce jour, 7 millions de dollars ont été promis selon l’OIT

En attendant, grâce aux contributions d’ONG et de quelques entreprises comme l’irlandaise Primark, des aides d’urgences ont été versées, mais de manière aléatoire et insuffisante au regard des besoins. Pire : près de 200 ouvrières seraient encore portées disparues, leurs corps n’ayant pas été officiellement retrouvés dans les décombres [5]. Leurs familles n’ont donc pas droit à des indemnités.

Carrefour et Auchan, une « conduite exemplaire » ?

Pourquoi refuser de participer au fonds d’indemnisation, au risque de se donner une mauvaise image ? Probablement parce que ces entreprises considèrent un tel geste comme un aveu implicite de relation commerciale avec les entreprises du Rana Plaza, pouvant engager leur responsabilité juridique [6]. La mise en place du fonds d’indemnisation – fruit d’une laborieuse négociation entre entreprises et syndicats sous l’égide de l’OIT – s’est pourtant entourée de bien des précautions. Soin a été pris de dissocier contribution financière au fonds et responsabilité directe dans le drame, en précisant que les contributions pouvaient très bien être volontaires. Nombre d’entreprises y ont d’ailleurs participé par le biais d’organisations caritatives internes, comme la « Fondation C&A », ou externes, via des ONG.

Cela n’a visiblement pas suffi à apaiser les craintes dans les directions de Carrefour et Auchan. Leur attitude contraste avec celle d’autres groupes européens, comme l’irlandaise Primark, qui a contribué au fonds en plus de mettre en place son propre programme d’indemnisation. Ou encore C&A ou Inditex (Zara), qui y ont abondé sans pour autant reconnaître avoir des sous-traitants dans le Rana Plaza. Même les géants américains Gap et Walmart – pourtant très critiqués par la société civile internationale pour avoir refusé de signer l’accord – ont participé à l’indemnisation ! Si le groupe Carrefour a pu se présenter comme un « artisan de l’Accord », et vante sa « conduite exemplaire », la réalité paraît donc beaucoup moins reluisante.

La mise en cause de la sous-traitance sauvage et le risque juridique paraissent des excuses bien commodes pour ne rien changer fondamentalement au système établi, et se défausser de toute responsabilité sur leurs fournisseurs. « Les grandes marques occidentales sont celles qui ont le plus profité de la sueur et du sang des ouvrières. Elles doivent donc prendre leurs responsabilités et s’occuper des victimes et des autres ouvrières, au même titre que les propriétaires bangladais des usines », estime Shahidul Islam Shahid, de l’un des principaux syndicats du secteur textile bangladais, le National Garment Worker’s Federation (lire notre entretien). Sera-t-il écouté ?

Ouvrière bangladeshie et new-yorkaise : un destin commun ?

Dans la foulée du Rana Plaza, Auchan s’est empressé d’annoncer un « plan de lutte contre la sous-traitance sauvage ». Pourtant, ce sont bien les pratiques d’achat des groupes de grande distribution et de leurs concurrents qui créent, en imposant des délais très courts pour des volumes excessifs à des coûts ultra compétitifs, le problème de la sous-traitance sauvage. « Auchan a bien entendu été bouleversé par cet événement, mais la responsabilité de la catastrophe est celle de ceux qui ont obligé les salariés à travailler dans un immeuble ne respectant pas les normes d’urbanisme locales et présentant des risques visibles d’effondrement », déclare aujourd’hui le groupe.

Qui a contribué à placer les ouvrières dans cette situation et quels sont les différents degrés de responsabilité ? Plutôt que de répondre à cette question, Auchan choisit d’adopter un ton martial : en cas de violation par les fournisseurs des « contrats commerciaux » et des « modes de relations habituels », la sanction sera immédiate et les sous-traitants ne seront plus référencés parmi les fournisseurs. Une logique similaire à celle de Disney, très critiqué pour avoir décidé unilatéralement de se retirer totalement du Bangladesh après le drame. Et laissant les ouvrières à leur sort après avoir exploité leur travail, en les privant, du même coup, des opportunités économiques et sociales offertes malgré tout par l’emploi textile [7].

Un précédent souvent invoqué à propos du Rana Plaza est celui de l’incendie de la Triangle Wistshirt Factory, une usine textile située en plein New York, en 1911. Cette catastrophe industrielle avait fait 146 victimes : des jeunes femmes qui n’avaient pu s’enfuir de l’immeuble parce que leurs patrons avaient fermé les portes à clé. Le scandale qui a suivi a entraîné la mise en place de régulations pionnières visant à améliorer la sécurité des usines et les conditions de travail des ouvriers aux États-Unis. L’une des artisans de ses réformes, Frances Perkins, est ensuite devenue secrétaire d’État sous Roosevelt, puis l’une des fondatrices de l’Organisation internationale du travail. Suite au Rana Plaza, nous en sommes encore loin.

Olivier Petitjean

Photo : CC rijans

 

Notes

[1Voir à ce sujet le film documentaire Les damnées du low-cost, diffusé par France 5 à l’occasion de l’anniversaire du Rana Plaza.

[2Les autres sont couvertes, soit par le programme parallèle mis en place par Gap et Walmart, soit, pour celles qui restent, par un programme spécifique mis en place par l’OIT et le gouvernement du Bangladesh.

[4Au sens de la campagne Asian Floor Wage.

[5Selon le Guardian.

[6Comme le rapporte cet article du New York Times, le groupe espagnol Mango avait lui aussi choisi un ligne similaire pour refuser toute participation à l’indemnisation. Mango est depuis revenu sur cette position.

[7Lire notamment à ce sujet cette enquête éclairante du Los Angeles Times.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 20:00

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com


 

 

Industrie du médicament : "J'ai vendu mon âme au diable"

Anne Crignon

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Publié le 21-04-2014 à 19h03

John Virapen, 64 ans, livre le récit de son parcours dans l'industrie pharmaceutique. Une confession professionnelle peu ordinaire.

 

Du Prozac (Jeff Blackler/REX/REX/SIPA) Du Prozac (Jeff Blackler/REX/REX/SIPA)

 

 

 

Dans la famille "Les Repentis de Big Pharma", voici John Virapen, ancien directeur de la firme Eli Lilly en Suède, qui a rédigé dans sa soixante-quatrième année une confession professionnelle peu ordinaire. Par une ironie du destin, son livre est sorti en France jeudi 17 avril, au lendemain  de la mort de Jacques Servier.

"Depuis des années parfois aux premières heures du jour des silhouettes fantomatiques m’apparaissent en rêve, écrit-il en préambule. Elles se tapent la tête contre les murs ou s’entaillent les bras et la gorge a coups de rasoir. J’ai maintenant compris que j’avais indirectement contribué a la mort de personnes dont les ombres me hantent.

Je n’ai évidemment tué personne directement, mais aujourd'hui je ne peux pas ne pas me sentir responsable en partie de ces morts. J’ai été un instrument, un exécutant, mais consentant, aux mains de l’industrie. […] J’ai été certes manipulé, mais sans me poser de questions. J’ai vendu mon âme au diable."

Le cas du Prozac

D’origine indoue et fils de pêcheur illettré de la Guyane britannique, l’auteur de ce mea culpa glaçant est entré dans l’industrie pharmaceutique, en 1968, par la toute petite porte. En acteur habile de ce qui ne s’appelle pas encore marketing, John Virapen est déjà en 1981 directeur des ventes de la firme Eli Lilly pour la Suède.

Il raconte les petits pactes inavouables qui se scellent dans ce milieu feutré, et la main mise des firmes sur les leaders d’opinion, ces grands professeurs renommés et gardiens de la doxa. Ainsi l’entre eux, spécialiste du traitement de la douleur et expert au ministère de la santé, recevait-il de Lilly un salaire fixe, moyennant conseil, relecture de brochures et autres conférences.

On faisait surtout appel à lui en cas d’attaque contre nos produits dans les médias, souvent à propos d’effets secondaires. Il écrivait immédiatement des articles en notre faveur dans les journaux médicaux. Le microcosme médical était rassuré, la grande presse n’en parlait plus."

En 1986, pour le lancement de la fluoxétine d’Eli Lily, molécule d’or baptisée Prozac qui sera jusqu’à expiration du brevet en 2001 l’antidépresseur le plus prescrit au monde, John Virapen va commettre ce qui le hante au petit matin : avoir aidé à promouvoir un médicament dont il connaissait –déjà- l’impact suicidaire (pour les effets secondaires réels des psychotropes, voir le site de veille sanitaire indépendant de David Healy, chercheur à l’université de Cardiff RxiSK.org) et dont la supériorité sur le placébo n’est toujours pas établie en 2014.

Mais pour l’heure, tandis qu’au siège on organise le plan com’ qui fera de la dépression une maladie couramment diagnostiquée dans tous les pays riches, les satrapes de Lilly s’affairent dans les capitales afin d’obtenir pour le Prozac une autorisation de mise sur le marché.

Comment des suicidés ont disparu

A Stockholm, John Virapen sait qu’un expert indépendant a été officiellement désigné pour émettre un avis. Le nom du professeur est confidentiel, pour tenir éloignés les lobbies justement. John Virapen veut savoir. Il n’y a dans toute la Suède que cinq experts psychiatres suffisamment qualifiés pour avoir été sollicité par l’Etat.

L’un fait partie des autorités de santé ; ça ne peut être lui. Pour les quatre autres, il va agir en profiler et demander à ses visiteurs médicaux de se renseigner, discrètement. Après quelques semaines de ce maillage discret, l’expert est repéré : c’est Pr Z., à Göteborg. "J’entrepris d’étudier le Pr Z. de plus près. Il aimait la voile. Je m’achetai un livre sur la voile." Virapen l’appelle, et parvient à l’inviter à dîner.

Un facteur a joué en ma faveur, je n’aimais pas le Pr Z, poursuit-il. Une réelle sympathie rend les manipulations plus difficiles. On n’aime pas piéger une personne qu’on apprécie. On ne veut pas obliger quelqu’un qu’on aime à franchir les frontières de la légalité. Le fait de ne pas aimer était donc un atout."

Un deuxième dîner va sceller leur entente. "L’argent est toujours utile", répond l’expert indépendant quand son hôte lui demande ce qui ferait accélérer son affaire. Le lendemain, Virapen appelle le bureau de Lilly à Copenhague, qui supervise les pays du Nord, explique qu’il faut 100.000 couronnes pour obtenir une autorisation rapide, soit 20.000 dollars. "Le bureau de Copenhague consulta celui de Genève. Cela prit 24 heures. Puis je reçus un appel :'John, faites tout ce qui vous semble nécessaire.'"

L’expertise du Dr Z. en fut quelque peu orientée. Dans le dossier initial, voici un exemple de ce qu’on pouvait lire : "Sur dix personnes ayant pris le principe actif, 5 eurent des hallucinations et firent une tentative de suicide dont 4 avec succès." A la place on lisait désormais : "Les 5 derniers ont présentés divers effets secondaires." Escamotés, les suicidés sous Prozac, au cours de la phase d’expérimentation.

Au dessus des lois ? Au dessus des Etats ?

Ce témoignage paraît un mois après celui de Bernard Dalbergue,(1) ancien cadre de chez Merck ; un an après l’ouvrage de Julie Wasselin qui fut pendant trente ans visiteuse médicale (2); et dix ans après que Philippe Pignarre, ancien de chez Synthelabo et lanceur d’alerte avant l’heure, a publié "Le Grand secret de l’industrie pharmaceutique" (3). Tous démontrent que la santé est depuis trente ans une affaire de business et de marketing sur fonds de désinformation aux conséquences criminelles.

La confession de John Virapen a été traduite par Philippe Even, qui poursuit ainsi un travail de recadrage entrepris en 2005, soit cinq ans avant le scandale Servier, avec sa traduction du livre Marcia Angell, rédactrice en chef démissionnaire du prestigieux "New England Journal of Medecine" (NEJM), "La vérité sur les compagnies pharmaceutiques" (4).

Etrangement, ces révélations ne suscitent pas l’effroi et les révolutions qu’elles devraient. Comme si la pharmaco-délinquance était une fatalité, et l’industrie du médicament une organisation impossible à contrôler, au dessus des lois, au dessus des Etats.

Anne Crignon - Le Nouvel Observateur

(1) "Omerta dans les labos pharmaceutiques", Avec Anne-Laure Barret, Flammarion
(2) "Le quotidien d’une visiteuse médicale", L’Harmattan.
(3) Editions La Découverte
(4) Editions du Mieux Etre

 

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 12:43

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur

 

Européennes : de l’abstention pêche-à-la-ligne au « boycott citoyen »

 

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 22/04/2014 à 12h48

 

 

Le moins que l’on puisse dire est que ces prochaines européennes n’agitent pas les foules. Ni celle de plus en plus maigrelette des électeurs potentiels, ni celle des partis en lice dont le seul but semble être de fournir un poste bien juteux à leurs recalés des scrutins nationaux. Etonnez-vous après qu’une large majorité, moins silencieuse qu’il n’y paraît, s’en détourne.

Vous avez vu les sites de l’UMP et du PS ? Le minimum syndical. L’UMP demande de voter au nom du patriotisme franchouillard (« pour la France, agir en Europe »). Et la page d’accueil du PS, fatiguée en diable, semble datée d’il y a trente ans :

« Olivier Faure [porte-parole du PS, ndlr] : “L’Europe doit être un relai [sic] de croissance.” »

Finalement, les seuls à s’agiter semblent être les opposants à ce « rêve européen » bien frelaté. Mais qui n’ont aucune liste pour les représenter, pas plus celles du FN (berk !) que celles du FDG (bof !). Et qui vont donc devoir s’abstenir.

L’abstentionniste, cet empêcheur de démocratiser en rond

Justement, à part le démontage en règle de l’UE par ses opposants éclairés (Lordon, Sapir, Todd...), mollement et de plus en plus stupidement défendue par des eurobéats suffisants (Colombani) ou carrément phtisiques (les Verts), les seules discussions un tant soit peu argumentées tournent autour de la signification d’une abstention qui promet de battre de nouveau record.

« S’abstenir, c’est voter pour le camp d’en face ! C’est faire le lit du FN ! S’abstenir, c’est abdiquer un droit chèrement acquis par nos ancêtres ! C’est se priver du droit à la parole que le monde entier nous envie ! . L’abstention, c’est un déni de démocratie, ça sert à rien, etc. »

Moyennant quoi, les mêmes dépensent des efforts et des sommes astronomiques en « campagnes citoyennes » pour dissuader les inoffensifs pêcheurs à la ligne de s’abandonner à leur vice antidémocratique.

Rien de surprenant en fait dans cette répétitive logorrhée défensive : l’abstentionniste est un empêcheur de démocratiser en rond dans les isoloirs, ces ultimes paravents d’un semblant de démocratie de plus en plus dévoyée.

La signification très politique de l’abstention

Mais d’autres ne sont pas d’accord sur cette signification-épouvantail et le disent très haut. Vont même jusqu’à tenter de le démontrer comme vient de le faire le PRCF (Pôle de renaissance communiste en France) dans son mensuel Initiative communiste.

L’abstention a une signification très politique affirme le PRCF. Et particulièrement dans le cas des élections européennes. A preuve, les différences marquées des taux d’abstention selon la nature des scrutins : de 19,1 % en moyenne pour une présidentielle à 50,1 % pour les européennes, en, passant par un 28,3 % pour une législative.

Plus significatif encore est la hausse constante de cette abstention aux européennes quand elle demeure plutôt stable lors des présidentielles ou même de législatives pourtant dénaturées par le passage au quinquennat.

 


Evolution de l’abstention aux élections européennes en France

 

Désintérêt citoyen pour la chose européenne ? Allons donc, lors du référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne, le taux d’abstention ne fut que de 30,66 %, soit quasiment la moitié moins de ce qu’il sera probablement le 25 mai prochain, date du scrutin dans l’hexagone.

Une abstention​ revendiquée, ça s’appelle un boycott

De là à requalifier l’abstention en « boycott citoyen », il n’y a qu’un pas que le PRCF franchit allègrement. Et il n’est pas le seul. Car comment appeler autrement la décision d’un Emmanuel Todd de ne pas participer au scrutin ? Une abstention revendiquée, ni une ni deux, ça s’appelle un boycott.

Epargne-nous, ô « commentateur majoritaire », tes sarcasmes sur le coté groupusculaire du PRCF ou sur l’isolement supposé de quelques intellectuels. Quand on fait partie d’une majorité qui donne aux pays des Sarkozy ou des Hollande, on fait pas son fier.

Il est probable, comme l’indique certains sondages officiels, que l’abstention ne changera rien à l’affaire. Et que la social-démocratie continuera à trôner pépère (quoiqu’un brin plus morveuse) à Strasbourg. Forcément, il n’existe aucun parti crédible pour représenter la foule des vrais eurosceptiques (quoiqu’on ait largement dépassé le simple scepticisme dans ce cas d’espèce).

Et là, oui, notre côté pêcheur-à-la-ligne (avec peut-être, pour certains, un petit bonnet rouge en cas d’éventuels frimas) revient au naturel : on s’en fout, ce parlement et tous ceux qui s’y présentent aujourd’hui n’ont strictement aucun pouvoir, ni intérêt.

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 11:41

 

Violences néo-nazies sur les touristes en Grèce et autres nouvelles.

 



Ante-scriptum : suite à un incident informatique, j'ai perdu quelques courriels auxquels je n'ai pu répondre. Si vous n'avez pas reçu de réponse à l'un de vos messages, merci de me le renvoyer à yannis@youlountas.net et d'ajouter en second destinataire maud@nevivonspluscommedesesclaves.net pour être sûrs de ne pas passer à côté. Avec toutes mes excuses pour le contretemps !


Salut à tou-te-s,

Un petit bonjour depuis MARINALEDA, un village en utopie entre Séville et Jerez, au sud de l'Espagne, où le film "Ne vivons plus comme des esclaves" continue son petit bonhomme de chemin et participe à la convergence et à la globalisation des luttes. Le constat est le même d'un bout à l'autre de l'Europe : on ne renversera le cours des choses qu'ensemble et on n'arrivera à étendre la mobilisation qu'en montrant partout les alternatives en marche et en multipliant les Exarcheia et les Marinaleda. La joie de nous retrouver est palpable. Les sourires s'étirent dans la nuit chaude. La résignation n'a pas sa place ici. On trinque à vous tou-te-s qui brûlez de faire de même en France et ailleurs. Viennent le temps des cerises et la fête au berceau d'un autre monde.

Pour commencer avec humour les nouvelles, voici un CANULAR "VIVONS COMME DES ESCLAVES !" qui résume bien la situation :
http://www.youtube.com/watch?v=Lk2QWl9Bq3U

Beaucoup moins drôle : les VIOLENCES NÉO-NAZIES SUR LES TOURISTES À L'AÉROPORT D'ATHÈNES se multiplient, sans que le gouvernement grec n'intervienne pour l'instant. Malgré les nombreuses lettres de protestation depuis plusieurs mois, ni l'ambassade de Grèce en France, ni le ministère français des affaires étrangères n'a daigné répondre. Une victime et sa famille ont accepté de témoigner ci-dessous (vidéo de 3mn) :
https://www.youtube.com/watch?v=n_nqIdJCaPo

Si vous voulez en savoir plus sur la nouvelle stratégie d'Aube dorée qui va bientôt s'appeler « Aube nationale », vous trouverez un article dans le numéro d'avril de SINÉ MENSUEL, ainsi qu'un entretien dans CASSANDRE/HORSCHAMP (excellent numéro sur les nouveaux rapports entre arts et politique). En résumé, le Front national fait des émules en Europe et beaucoup de mouvements néo-fascistes plongent leurs pattes dans la farine pour mieux rouler les naïfs… Ce sera également le sujet principal des débats que j'animerai après les projections spécifiques du film à PARIS (7 mai, avec les proches de Clément Méric, dans leur café à Ménilmontant, suivi d'un concert du rappeur Adam l'ancien, interprète en français du répertoire de Pavlos Fyssas alias Killah P), à ORLY (le 9 mai, avec la Ligue des Droits de l'Homme), à ORANGE (13 mai, où le sinistre Bompard a été réélu dès le premier tour), à LYON (16 mai, à la MJC Léo Ferré dans le vieux quartier St-Jean infesté d'identitaires et de néo-nazis) et à HÉNIN-BAUMONT (mi-juin, où le maire FN essaie déjà d'éliminer tout ce qui le dérange). Bref, nous ne nous laisserons pas intimider, continuerons à aller partout et comptons beaucoup sur votre présence. Détails ici :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article30&lang=fr

Objet d'étude made in Groland, « le nazillon des neiges » :
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid1787-c-groland.html?vid=1021774

A l'instar de l'affaire des violences à l'aéroport d'Athènes, en France aussi, certaines plaintes ou doléances restent lettres mortes. Notamment la pétition MENACE SUR L'AGORA : DES MAIRES CONTINUENT D'INTERDIRE DE DIFFUSER DES TRACTS SUR LES MARCHÉS ! Un an après, toujours aucune réponse ni de projet de loi du gouvernement. Des maires continuent à se croire tout-puissants en privant de liberté d'expression des habitants durant les marchés. Un second dossier sera déposé prochainement sur le bureau du nouveau premier ministre. Des actions juridiques sont envisagées, jusqu'au niveau européen si nécessaire. Pour continuer à signer et faire signer la pétition en ligne :
http://www.netoyens.info/index.php/contrib/24/10/2012/menace-sur-l-agora

A Rodez, la clinique St-Louis reprise en coopérative par les anciens salariés :
http://www.frituremag.info/Home-Page/A-Rodez-la-clinique-Saint-Louis.html

Certaines projections-débats du film promettent d'être plus délirantes que d'autres, notamment notre tournée en BELGIQUE du 4 au 6 mai (Namur, Liège, Bruxelles), avec la participation de NOËL GODIN, Pape des entarteurs, et ALESSANDRO DI GIUSEPPE, Grand-prêtre de l'Eglise-de-la-Très-Sainte-Consommation. Avis aux spectateurs belges : chaud devant !
http://www.dailymotion.com/video/x14rp67_les-attentats-patissiers-par-l-entarteur-belge-noel-godin_webcam

Les mass-médias européens ne sont plus à un mensonge près quand il s'agit de la situation en Grèce : contresens, déformations, mensonges par omission… A fortiori en période électorale, surtout européenne ! Ce serait carrément risible si la réalité n'était pas si dramatique. Bien que nous ne soyons pas forcément d'accord sur tout, je ne peux que recommander la réponse cinglante de l'ami économiste Franco-Grec GABRIEL COLLETIS aux ANNONCES MENSONGÈRES CONCERNANT LA PSEUDO EMBELLIE SOCIO-ÉCONOMIQUE GRECQUE :
http://blogs.mediapart.fr/blog/gabriel-colletis/160414/la-grece-ne-veut-pas-mourir-guerie

Le nombre de YAYAS (« GRANDS-MÈRES » EN GREC) JETÉES EN PRISON pour « impayés excessifs » n'a cessé d'augmenter ces dernières semaines, jusqu'à la bronca générale de la population. Même atteintes d'Alzheimer, même après un pontage cardiaque, même avec un conjoint centenaire, elles étaient enfermées une nuit ou plus au cachot, comme n'importe quel mauvais payeur actuellement en Grèce, dès que la somme dépasse 5000 € (règles imposées par le ministère des finances sur les conseils de la troïka).

L'ancien aéroport d'Athènes vient d'être vendu pour une bouchée de pain à un consortium regroupant des hommes d'affaires grecs, chinois et d'Abou Dabi. 915 millions d'euros seulement, pour plus de 60 hectares dans l'une des zones les plus riches au sud d'Athènes avec, en prime, plus de trois kilomètres au bord de la mer, sur les emplacements désaffectés des Jeux Olympiques 2004. Le projet ? Des hypermarchés, des centres d'affaires, des hôtels de luxe… Oui, mais il y a un os ! Le lieu est devenu une zone à défendre, avec un hôpital autogéré, des jardins partagés, des squats et autres occupations ! ENCORE UNE ZAD SOLIDAIRE ET CRÉATIVE QUI DÉFIE LES INTÉRÊTS DES PUISSANTS ! Marre des utopistes, n'est-ce pas messieurs les ministres et les investisseurs ?

Si de plus en plus de Grecs se séparent de leur télé depuis plusieurs mois, parfois de façon très drôle, un symbole fait néanmoins exception. C'est ERT, l'ancien groupe de radio et télévision publique qui, supprimé par le gouvernement, a non seulement migré pour résister sur Internet, en streaming, mais surtout fonctionne désormais de façon indépendante et en autogestion, avec des programmes beaucoup plus subversifs. Ce 14 avril à 16h, à la demande du public grec, Ne vivons plus comme des esclaves a d'ailleurs été diffusé pour la quinzième fois sur ERT ! Mais les circonstances restent difficiles. LE GOUVERNEMENT GREC CONTINUE DE HARCELER LES SOURCES D'INFORMATION INDÉPENDANTE : radios pirates pourchassées, serveurs de sites internet coopératifs saisis, intimidations sur des journalistes insoumis, expulsion des irréductibles d'ERT de leur locaux le 7 décembre dernier et, maintenant, suppression ce 13 avril des lettres géantes sur la façade de l'immeuble qui était le siège d'ERT depuis 1970.
http://www.ertopen.com/eidiseis/item/18769-kyriakh-twn-baiwn-xhlwsan-thn-istorikh-epigrafh-ths-ert#.U1Boa6kTFHK
Coluche disait : « La dictature, c'est ferme ta gueule, la démocratie, c'est cause toujours ». La Grèce n'est-elle pas en train de basculer ?

Déjà, durant le tournage du film, nous avions dû protéger nos rushes en raison de plusieurs tentatives d'intimidation, dont une agression. Quelques mots à ce sujet ici :
http://www.youtube.com/watch?v=VQMMY5FeMiY
D'où notre émotion de voir le film continuer à tourner en Algérie au cœur d'une situation très tendue. A ce propos, après Alger, Montréal, Turin et Buenos Aires, l'une des prochaines destinations sera le festival de Bogota en Colombie. Une tournée avec la version catalane est également prévue fin mai à Barcelone et aux environs, puis au Chiapas à l'automne. La version catalane est disponible ici (merci à Núria Mitjans et au collectif x-pressed) :
http://www.x-pressed.org/?xpd_article=lets-not-live-like-slaves&lang=ca
Voici également la version italienne, peaufinée par l'ami Sergio Ghirardi (auteur du remarquable livre Nous n'avons pas peur des ruines, éditions l'Insomniaque, 2003) qui nous a également accompagné en Italie début avril :
http://www.x-pressed.org/?xpd_article=lets-not-live-like-slaves&lang=it

Autre sujet qui nous tient à cœur : sachez que les COMPTES de Ne vivons plus comme des esclaves sont à l'équilibre. Et que NOUS AVONS DÉJÀ VERSÉ PLUS DE 4000 € EN GRÈCE (film à but non lucratif). Merci encore à tou-te-s d'avoir rendu possible cette aventure passionnante et solidaire. Tous les détails ici :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/IMG/pdf/Comptes_film_au_21_mars_2014_pour_site_rubrique_souscription_de_soutien.pdf

Certains d'entre vous envisagent un SÉJOUR À ATHÈNES et nous ont demandé les coordonnées de l'espace social libre Nosotros :
66, rue Themistokleous à Exarcheia (juste à côté de la place, allez-y plutôt en fin de journée et n'hésitez pas à dire que vous venez de notre part).
http://www.nosotros.gr/langswitch_lang/en/
Un hôtel pas trop cher et pas loin du tout :
Juste en face du Nosotros, au 55 de la même rue, il y a l'hôtel Exarchion, qui peut servir de point de départ avant de faire connaissance…
http://www.exarchion.com ou tél. 00 30 21 03 80 07 31 (ils parlent anglais).
Certains d'entre vous souhaitaient également savoir de quels types de MÉDICAMENTS on a surtout besoin à Exarcheia. Voici une liste détaillée qui vient d'être mise à jour :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/IMG/pdf/Besoin_en_me_dicaments_de_la_structure_me_dicale_autoge_re_e_d_Exarcheia.pdf
Quant à l'adresse de Mikropolis à THESSALONIQUE : 18, rue Vas. Irakleiou (au croisement de l'avenue Venizelou).
http://micropolis-socialspace.blogspot.fr/2009/04/blog-post.html
Il existe beaucoup d'autres lieux que vous découvrirez sur place, en commençant par les plus connus… Bonne route !

Un guide utile si vous partez (ou l'un de vos proches) : le livre EXARCHEIA LA NOIRE VIENT D'ÊTRE RÉÉDITÉ AVEC 20 PAGES DE PLUS ET ACTUALISÉ (seul livre en français sur le sujet). Disponible ici, toujours au profit des initiatives solidaires en Grèce :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/IMG/pdf/bon_de_commande_printemps_2014.pdf

Pour parler de vive voix de tout ça et de bien d'autres choses, et pour voir ou revoir le film dans des conditions « cinéma », voici nos projections-débats du mois à venir :
21/04 SEVILLE, 22/04 MARINALEDA (Espagne), 23/04 JEREZ (Espagne), 24/04 GRAMAT (46), 25/04 AMBERT (63), 26/04 LE-PUY-EN-VELAY (43), 27/04 BEAUMONT (63), 02/05 TOULOUSE, 04/05 NAMUR (Belgique), 05/05 LIÈGE (Belgique), 06/05 BRUXELLES, 07/05 PARIS, 09/05 PARIS puis ORLY (94), 10/05 PARIS, 11/05 BERRE-L-ÉTANG (13), 12/05 MARSEILLE, 13/05 ORANGE (84), 14/05 TOULOUSE, 15/05 RODEZ (12), 16/05 LYON, 17/05 ST-ETIENNE, 21/05 PONT-AUDEMER (27), 22/05 CAEN (14), 28/05 au 01/06 BARCELONE (…)
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article30&lang=fr
Contact programmation : maud@nevivonspluscommedesesclaves.net
Merci de faire suivre. Le bouche à oreille, c'est mieux que le lavage de cerveau des JT ! Et les médias alternatifs, mieux que les médias de masse !

Bon, je la remets en veilleuse ! À la prochaine, QUE NO VIVAMOS COMO ESCLAVOS et BANZAÏ !

Yannis
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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 19:26

 

 

Source : www.lemonde.fr/planete

 

 

 

Dans la Drôme, des terres rendues à la vie sauvage

LE MONDE | 19.04.2014 à 09h51 • Mis à jour le 21.04.2014 à 15h11 | Par Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale

 


 

A perte de vue, des falaises de calcaire s'élèvent, majestueuses, tapissées d'un dense couvert forestier. En contrebas, un ruisseau, le Riousset, s'étire longuement, bordant quelques rares bâtisses de pierres du hameau de Véronne. C'est dans ce lieu majestueux, au coeur de la Drôme et aux portes du Vercors, que l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) va inaugurer, mardi 22 avril, la première réserve privée de vie sauvage, celle du Grand Barry. Objectif de ce lieu inédit en France : laisser la nature s'exprimer sans la moindre intervention humaine. Et prendre le relais d'une gestion publique des aires protégées jugée « déficiente ».

« Alors que les parcs et réserves naturelles ne protègent plus autant la biodiversité, en autorisant fréquemment la chasse et l'exploitation forestière, nous avons développé un nouvel outil pour assurer une protection pérenne des milieux naturels : l'acquisition foncière, explique Pierre Athanaze, le président de l'Aspas, reconnue d'utilité publique. Depuis 2010, nous rachetons des terrains avec comme seul mode de gestion la libre évolution. »

 

FONDS PRIVÉS

Pour financer ses espaces, l'association, qui refuse d'être subventionnée par l'Etat, ne recourt qu'à des fonds privés : ce sont les cotisations de ses 11 000 adhérents, ainsi que des dons, legs et un coup de pouce de la Fondation pour une Terre humaine, qui ont permis de réunir les 150 000 euros nécessaires à l'acquisition des 110 hectares de terrains du Grand Barry, achetés à des particuliers.

Des opérations similaires menées dans les Côtes-d'Armor et dans la Haute-Loire permettent aujourd'hui à l'association de totaliser 300 hectares « sauvages ». Pour l'instant, seule la zone du Grand Barry a été labellisée « réserve de vie sauvage », une marque déposée par l'Aspas. Elle a par ailleurs intégré en février le réseau européen Rewilding Europe, qui regroupe 27 réserves et vise à atteindre, d'ici à 2020, un million d'hectares.

 

CAHIER DES CHARGES EXIGEANT

Le cahier des charges de ces « îlots de naturalité » est des plus exigeants. Sont interdits la chasse et la pêche, l'exploitation forestière et agricole, l'élevage, les feux, les dépôts de déchets, le passage de chiens non tenus en laisse et même la cueillette. Seule la promenade non motorisée, sur les sentiers, est autorisée.

Ce niveau de protection très élevé et unique en France correspond à la catégorie 1b (zone de nature sauvage) du classement des aires protégées, réalisé par l'Union internationale de conservation de la nature, qui mesure, sur une échelle de 6, l'intervention humaine sur la nature. Une demi-douzaine d'agents assermentés – bénévoles – seront bientôt formés pour faire respecter la charte dans cet espace en libre accès, et des panneaux d'information seront installés.

 

 EFFETS VISIBLES DANS PLUSIEURS GÉNÉRATIONS

« Depuis près de deux ans que les terrains sont interdits à la chasse, nous avons observé un retour des grands ongulés », s'enthousiasment Roger Mathieu et Françoise Savasta, administrateurs de l'Aspas dans la Drôme, en faisant découvrir la réserve. Lors de la visite, on n'apercevra aucun des nombreux chamois, chevreuils, biches ou cerfs qui arpentent les sentiers et rochers de la zone, en raison de la chaleur et des fortes bourrasques de vent. Mais les multiples traces et crottes, ainsi que les pièges photo installés sur des arbres, attestent des fréquents passages des herbivores.

 

 

 

Un chamois dans la réserve du Grand Barry.

 

 

 

« La biodiversité est exceptionnelle ici. On procède à un inventaire de la faune et la flore », indique Roger Mathieu, en suivant avec ses jumelles des aigles royaux, circaètes, éperviers et vautours fauves qui paradent dans le ciel. A hauteur de sol, ce sont des hépatiques, colchiques ou encore gesses de Hongrie qui fleurissent au pied des chênes pubescents et pins sylvestres. « En France, c'est inimaginable que l'on achète et privatise des terrains pour ne rien en faire, si ce n'est regarder la nature évoluer », regrette Françoise Savasta, passionnée de botanique. Mais les effets véritables de cette renaturalisation ne seront visibles que dans plusieurs générations.

 

 SEULEMENT 1 % DU TERRITOIRE MÉTROPOLITAIN PROTÉGÉ

La protection française des espaces naturels a pris son envol au début des années 1960, avec la création progressive d'une vingtaine d'outils et de statuts, tels que les parcs nationaux (au nombre de dix), les parcs régionaux (48), les réserves naturelles (166 nationales, 129 régionales et 6 corses), les sites Natura 2000 ou encore les arrêtés de biotopes.

Malgré tout, seulement 1 % du territoire métropolitain est aujourd'hui « sous protection forte » – un chiffre qui est censé doubler d'ici à 2019 en vertu des engagements du Grenelle de l'environnement. « Nous avons des lacunes en termes de protection par rapport à nos voisins européens, regrette Daniel Vallauri, chargé de la biodiversité et des forêts pour WWF France. En France, l'homme a toujours façonné l'ensemble de ses paysages, notamment par l'agriculture, l'exploitation forestière et l'urbanisation. Et nous avons des propriétaires et des usages privés partout, qu'il faut satisfaire. »


 « LA LOI DE 2006 A ABAISSÉ LES EXIGENCES »

La loi de 2006, qui réforme le statut des parcs nationaux, a accru l'empreinte humaine sur ces espaces naturels. En ouvrant les conseils d'administration des parcs aux élus locaux, et en renégociant leur charte avec les communes, elle les a davantage soumis aux pressions économiques et touristiques. « L'objectif était de concilier impératif de protection et développement économique, afin de favoriser l'acceptabilité de l'ensemble du parc par les élus et citoyens », explique Alby Schmitt, directeur adjoint de l'eau et de la biodiversité au ministère de l'écologie.

« La loi a abaissé les exigences de protection du coeur des parcs, ceux-là mêmes qui devraient être des sanctuaires », rétorque Anthony Turpaud, secrétaire de la branche espèces protégées au Syndicat national de l'environnement et agent technique au parc du Mercantour. « Nous avons moins de temps à consacrer aux zones centrales car nous avons des nouvelles missions de développement local dans les zones périphériques, poursuit-il. Surtout, le lobbying des différents groupes d'intérêts est devenu plus fort. »

Ainsi la chasse a-t-elle été autorisée dans le cœur du dernier-né des parcs nationaux, celui des Calanques – de même que dans 70 % des réserves naturelles. Le parc national des Cévennes, de son côté, a demandé à être une zone d'exclusion pour le loup. A l'inverse du Grand Barry, où les animaux sauvages sont désormais maîtres de leur territoire.

 Audrey Garric (Véronne, Drôme, envoyée spéciale )
Journaliste au service Planète du Monde

 

 


Source : www.lemonde.fr/planete

 


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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 19:04

 

Source : /rue89.nouvelobs.com

 

 

SwissInfo 20/04/2014 à 11h02

Et si, en fin de compte, le smic était une bonne idée ? La Suisse va voter

 

 

SwissInfo"

Samuel Jaberg

 

 

 

Des travailleurs portugais couvrent un champ de fraises à Landquart, en Suisse, le 24 mars 2014 (Arno Balzarini/AP/SIPA)

 

Appelés aux urnes le 18 mai, les Suisses ne sont pas les seuls à se questionner sur l’opportunité de définir un salaire plancher pour tous les travailleurs ou de l’augmenter fortement lorsqu’il existe déjà. Le débat fait rage dans de nombreux pays occidentaux et émergents.

Aux Etats-Unis, Barack Obama a annoncé son intention de relever le salaire minimum de près de 40% pour le fixer à 10,10 USD. Il n’est pas certain que la proposition obtienne une majorité au Congrès, mais le signal est clair : « Donnez une augmentation à l’Amérique », a martelé le président américain lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, le 28 janvier dernier.

En novembre 2013, Angela Merkel a dû se résoudre à annoncer l’instauration d’un salaire minimum généralisé en Allemagne, concession faite à ses partenaires sociaux-démocrates du gouvernement.

Mi-janvier, au Royaume-Uni, le ministre du Budget, George Osborne, s’est quant à lui déclaré favorable à une hausse de 11% du salaire horaire minimum pour le rétablir à son niveau d’avant la crise. La Chine, enfin, a décidé l’an dernier de réévaluer le salaire minimum de 18%.

Ces annonces sont une conséquence directe de la crise financière qui a éclaté en 2008 puis de la crise économique globale, selon Sergio Rossi, professeur d’économie à l’université de Fribourg :

« Les dirigeants de nombreux pays commencent à réaliser que les bas salaires sont néfastes pour l’activité économique. C’est en effet le pouvoir d’achat des ménages qui détermine la croissance économique à long terme. »

Par ailleurs, face à des finances publiques qui plongent dans le rouge, deux choix s’offrent aux gouvernements, relève Sergio Rossi :

« Soit ils décident d’augmenter les impôts, une mesure qui n’est jamais populaire, soit de donner un coup de pouce aux bas salaires pour notamment réduire les dépenses publiques en matière de protection sociale. »

Réduire les inégalités

Les Suisses voteront le 18 mai
L’initiative populaire sur le salaire minimum a été déposée par l’Union syndicale suisse (USS) en 2012, munie de 112 301 signatures valables. Elle demande que la Confédération et les cantons protègent les salaires en Suisse et promeuvent des salaires minimums dans les conventions collectives de travail (CCT). D’autre part, elle exige l’introduction d’un salaire minimum national légal de 22 francs de l’heure. Le gouvernement et la majorité du Parlement, composée des partis de droite et du centre, recommandent de la rejeter. Pour être approuvée, elle devra obtenir la double majorité du peuple et des cantons le 18 mai.

Professeur à l’International Institute for Management Development (IMD) de Lausanne, Stéphane Garelli souligne pour sa part que ce regain d’intérêt politique pour le salaire minimum est « le résultat de la disparité croissante de la répartition des richesses et d’une sensibilité accrue à l’égard des nombreux “working poors” en bas de l’échelle ». Dans le monde, 1% des ménages possèdent ainsi 46% des richesses, soit 110 000 milliards de dollars, illustre Stéphane Garelli.

Au mois de février, des experts du Fonds monétaire international (FMI) ont estimé que les inégalités sociales risquaient d’« amputer la croissance », se démarquant ainsi des cures d’austérité que le FMI avaient prescrites en Grèce notamment.

Directeur général de l’organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder est allé plus loin encore à l’occasion d’un discours prononcé le 24 janvier dernier :

« Les inégalités engendrent des frustrations au sein de la population, augmentant le risque d’instabilité. Les troubles actuels dans de nombreux pays sont alimentés par un sentiment d’injustice. »

A l’origine, une idée libérale

Si le salaire minimum est un vieux cheval de bataille de l’OIT, le regain d’intérêt des gouvernements est, en revanche, relativement nouveau. Jusqu’au début des années 1990, le consensus prédominant voulait que le salaire minimum était néfaste pour l’emploi et représentait un frein à la compétitivité des entreprises.

En 1994, les économistes nord-américains David Card et Alan Krueger ont initié un changement de cap en publiant une étude mettant un évidence un lien positif entre la hausse du salaire minimum et l’augmentation de l’emploi. Mais pratiquement tous les spécialistes l’admettent aujourd’hui : ce lien, positif ou négatif, est très difficile à déterminer de manière univoque, tant les effets varient selon les pays, qui plus est dans un système économique de plus en plus ouvert.

Elément piquant : s’il est aujourd’hui porté par la gauche et les syndicats, le salaire minimum était au départ issu des rangs libéraux, souligne Jean Batou, professeur à l’Institut d’histoire économique et sociale de l’université de Lausanne :

« L’idée ne vient pas des socialistes, mais des économistes libéraux qui, au XIXe siècle, ont reconnu l’échec du marché à donner une valeur minimale au travail. Pour John Stuart Mill, dernier des grands économistes libéraux, l’instauration d’un salaire minimum dans la loi devait permettre de rendre le travail suffisamment attractif pour les salariés. »

L’exception suisse

En 1894, la Nouvelle-Zélande, pays de peuplement confronté à une forte immigration européenne, fut le premier Etat à instaurer un salaire minimum légal. Les salaires minimums se sont ensuite généralisés dans les pays développés après la crise des années 1930.

A l’heure actuelle, 21 des 28 pays de l’UE prévoient des salaires minimums fixés par la loi. Jean Batou relève :

« Pour les quelques pays qui n’ont pas encore de salaire minimum interprofessionnel légal, comme l’Allemagne, l’Italie ou les pays scandinaves, des conventions collectives de travail (CCT) couvrent la majorité des emplois. Elles contiennent aussi des dispositions précises en termes de salaires. »

Pourquoi la Suisse n’a-t-elle pas suivi ce mouvement ? Jean Batou explique :

« Durant les Trente Glorieuses [la période de forte croissance qui a suivi la Seconde guerre mondiale, ndlr], en raison de la pénurie de main-d’œuvre, les salaires augmentaient plus rapidement que les revendications des syndicats. La croyance en l’“exception suisse” était par ailleurs très ancrée : on pensait qu’il était possible d’obtenir des augmentations de salaires sans lutte syndicale. »

Le professeur lausannois note également que le mouvement syndical suisse s’est longtemps intéressé en priorité aux ressortissants nationaux, masculins et qualifiés. Mais ils représentent à l’heure actuelle une proportion décroissante du salariat, à l’inverse des femmes et des immigrés à faible qualification actifs dans la vente, les services personnels (coiffure, soins du corps,…), le nettoyage ou l’hôtellerie-restauration, des secteurs peu organisés syndicalement.

D’où la nécessité pour les syndicats de protéger ces nouveaux salariés précaires par la loi. Après plusieurs tentatives au niveau cantonal, dont deux couronnées de succès à Neuchâtel et dans le Jura, ils ont lancé une initiative pour l’introduction d’un salaire minimum au niveau national, qui sera soumise au peuple suisse le 18 mai.

Quel salaire minimum ?

Toute la question est de savoir à quel niveau doit être fixé ce salaire minimum. Trop bas, il ne permet pas de lutter contre le dumping salarial. Trop élevé, il empêche de nombreuses personnes d’entrer sur le marché du travail, car les entreprises préféreront alors externaliser ou automatiser leur production, affirme Stéphane Garelli.

Avec un salaire minimum de 22 CHF (18 euros) de l’heure, soit environ 4 000 CHF (3 280 euros) par mois, comme l’exige l’initiative, « on laissera beaucoup de gens derrière la porte », estime Stéphane Garelli.

Sergio Rossi se montre quant à lui favorable au principe de l’introduction d’un salaire minimum légal, notamment pour « protéger les plus de 50% de travailleurs qui ne sont pas couverts par des CCT en Suisse ». Il estime toutefois que l’initiative est trop rigide :

« Il faudrait différencier ce salaire minimum en fonction des branches économiques et des régions. Dans les secteurs d’activité à faible valeur ajoutée, où la masse salariale est souvent peu flexible, on risque sinon de tirer les autres salaires vers le bas. »

Pour Jean Batou, l’ouverture des frontières et la concurrence accrue entre travailleurs justifient l’introduction d’un tel salaire minimum légal. Soulignant la « croissance extraordinaire » de la productivité du travail en Suisse ces dix dernières années (près de 50%), il tord le cou à l’idée selon laquelle un salaire minimum de 22 francs de l’heure serait exagéré :

« Vu de l’étranger, cela peut paraître très élevé. Mais il n’est pas aisé de faire des comparaisons d’un pays à l’autre, les charges sociales et le coût de la vie étant extrêmement variables. Pour une majorité des travailleurs qui habitent dans les grandes villes suisses, 4 000 CHF par mois suffisent à peine pour vivre dignement. »

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