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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 19:50

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Realpolitik 17/03/2014 à 16h34

Malgré la Crimée, les ventes d’armes françaises à la Russie continuent

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

Samedi, à la veille du référendum en Crimée sur le rattachement à la Russie, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, se prononçait sur son compte Twitter pour l’arrêt des livraisons d’armes européennes à la Russie :

 

Carl Bildt         @carlbildt

No viable arguments against EU imposing an arms embargo on Russia. EU already stated that the country has committed an act of aggression.

 

« Il n’y a aucun argument de poids contre l’imposition d’un embargo sur les ventes d’armes de l’Union européenne à la Russie. »

Mais lundi à Bruxelles, la réunion des 27 ministres des Affaires étrangères européens n’a accouché que de modestes sanctions ciblant des individus en Russie et en Crimée, dont les déplacements et les avoirs seront ciblés. Pas de trace d’embargo sur les armes.

Une des raisons est à trouver du côté de Saint-Nazaire, où quelque 400 marins de la marine russe sont attendus fin mars pour apprendre à manœuvrer les trois navires porte-hélicoptères de type Mistral (bâtiments de projection et de commandement) vendus par la France à la Russie.

L’amiral Chirkov à Saint Nazaire

Le Vladivostok, premier des ces trois navires de combat, dont la vente a été actée sous la présidence de Nicolas Sarkozy pour un montant total de 1,3 milliard d’euros, a été mis à flot en octobre dernier, en présence de l’amiral russe Viktor Chirkov.


L’amiral russe Viktor Chirkov le 15 octobre 2013 à Saint Nazaire où se produit le Mistral (FRANK PERRY / AFP)

Le Télégramme de Brest rapportait le 6 mars que le Vladivostok avait fait ses premiers essais en mer. Le journal précisait que la moitié arrière avait été construite par les chantiers russes OSK de Saint-Petersbourg, tandis que STX France construisait l’avant pour DCNS. Les deux parties ont été assemblées à Saint-Nazaire.


Le Vladivostok dans le port de Saint-Nazaire (FRANK PERRY / AFP)

La livraison du Vladivostok est prévue fin 2014, tandis que le deuxième bâtiment, qui porte le nom de Sebastopol, en ... Crimée, sera achevé fin 2016. Les deux équipages, soit 400 marins russes, sont attendus fin mai à Saint-Nazaire pour y apprendre à manœuvrer les BPC.

Malgré la condamnation très ferme par la France de la position de la Russie, qui a envoyé des troupes et organisé l’annexion de la Crimée, l’exécution de ce contrat n’est pas remis en cause pour l’instant.

La Russie fait partie des pays ciblés par les industries de défense françaises, en raison notamment de la forte augmentation des dépenses militaires russes : +40% dans les trois ans.

Transferts de technologie et riposte graduée

Le Monde rapportait le 9 mars :

« Les grands industriels français du secteur scellent des alliances avec des entreprises russes, dans l’électronique de combat des hélicoptères, le contrôle aérien, ou encore la navigation inertielle. De nouveaux transferts de technologie sont au cœur de cette relation ».

Tout en étant en pointe dans sa condamnation de la Russie, la France ne veut pas handicaper son industrie de défense à l’exportation, l’un des secteurs phare pour réduire le déficit du commerce extérieur français.

De fait, l’Union européenne est sérieusement handicapée par les intérêts particuliers de ses Etats-membres :

  • la France veut protéger ses exportations d’armes ;
  • la Grande-Bretagne veut sauver la place financière de la City de Londres sur laquelle les capitaux russes ont beaucoup investi ;
  • les pays d’Europe centrale craignent pour leurs importations de gaz naturel russe...

Reste que dans une crise comme celle-ci, la riposte se doit d’être « graduée » : inutile de sortir l’artillerie lourde dès le début, car l’escalade devient difficile à suivre.

La question se posera donc si la Russie décide de ne pas en rester là, de ne pas se contenter d’avoir récupéré « sa » Crimée – dont les Occidentaux savent qu’elle a une histoire et une géographie particulières–, et de continuer à déstabiliser le nouveau pouvoir ukrainien. En poussant par exemple à l’agitation des populations russophones de l’Est de l’Ukraine.

Si la crise devait s’aggraver, ce qui n’est pas exclu, alors la question posée par Carl Bildt, ministre d’un pays neutre, prendra tout son sens, et la France aura du mal à rester dans l’ambiguïté. L’engagement diplomatique a un prix.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 19:43

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur

 

« Pauvres actionnaires ! » ou comment le FN piège la vraie gauche

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 17/03/2014 à 15h39

 

 

 

En prélude à son nouvel ouvrage, « Pauvres actionnaires ! » (Fakir éditions, 6 euros), François Ruffin s’est livré à une drôle d’expérience : interroger des gens de gauche en leur faisant approuver à l’aveugle des textes signés... Marine Le Pen !

Découvrant le piège dans lequel il vient de tomber, l’un de ses interlocuteurs se défend vertement :

« Nous ne partageons rien avec le FN : le FN nous a pillés, c’est tout autre chose ! »

Quand fifille tue opportunément le père

De fait, tout au long de son petit opuscule, François Ruffin passe au crible « quarante ans de discours économique du Front national » et souligne le virage à quasiment 180 degrés – reste tout de même l’épouvantail immigration, faut pas déconner ! – opéré par la fille Le Pen par rapport au père :

  • fifille en appelle à rebâtir l’Etat, pire à restaurer les services publics, quand papa, en pleine reaganomanie anticommuniste, n’avait de cesse de dénoncer « l’étatisme économique » de ces feignasses de fonctionnaires ;
  • fifille veut en finir avec « l’Europe de Bruxelles », quand papa réclamait de ses vœux plus d’« Europe politique » pour contenir les barbares étrangers aux portes de l’Occident civilisé ;
  • fifille entend relocaliser le travail et l’économie « grâce au protectionnisme social et territorial », prétend même lutter contre la précarité, quand papa s’évanouissait d’indignation à la moindre évocation d’une régulation sociale ;
  • fifille s’en prend aux marchés financiers et aux milliardaires-voyous, quand papa et ses potes plaignaient ces « pauvres actionnaires » tracassés par une administration socialo-bolchévique.

Le discours de gauche a le vent en poupe... mais la gauche ne le sait pas

Mais... eh non, « fifille » n’est pas un cryptonyme de Mélenchon. Le FN n’a pas lancé une OPA sur le NPA de Besancenot. Marine Le Pen a juste phagocyté opportunément les thèmes habituels de la gauche. Parce que, eh oui, c’est le discours de gauche qui a le vent en poupe en ce moment dans le pays.

Et ce n’est pas la gauche qui parle comme le FN, mais bien l’inverse. La vraie gauche, me direz-vous, devrait s’en féliciter ? Ben non, la pauvrette s’en émeut, fait des complexes, aidée en cela par la fausse gauche qui n’en demandait pas tant pour exploiter tant de candides scrupules.

Car il n’y a que les gogos pour penser que fifille, recyclée pour l’occasion en Jeanne d’Arc d’une vague cause ouvrière, est plus crédible que l’aspirant-président Hollande se déclarant adversaire résolu de la finance internationale.

Peu de chance que les électeurs compulsifs du FN se ravisent en lisant le très éclairant ouvrage de François Ruffin (conclu par un entretien décoiffant avec Emmanuel Todd). Mais le texte constituerait à coup sûr une très bonne thérapie pour les partisans moralement déboussolés de la (vraie) gauche.

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur

 


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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 19:26

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere

 

 

Le diesel, un mensonge d’Etat

Noël Mamère - Député de Gironde

Publié le 17/03/2014 à 12h27

 

 

 

Vous avez aimé les scandales de l’amiante et de la vache folle ? Vous allez adorer celui du diesel. Comme si nous assistions à un mauvais remake, médias et politiques nous refont le coup de la surprise, tentant de faire croire au bon peuple crédule que les pics de pollution que nous vivons n’étaient pas prévisibles. Menteurs et irresponsables.

Depuis de nombreuses années, en effet, ils savent que le diesel émet des particules qui pénètrent dans nos poumons et nous tuent à petit feu. Ils sont au courant des études affirmant que ce carburant contribue aux 42 000 morts prématurées par an.


Des petites voitures (Caroline/Flickr/CC)

Ils savent aussi que le diesel est une technologie sciemment favorisée en France, à seule fin d’aider le constructeur automobile Peugeot à vendre ses voitures à moindre prix. L’automobile n’est pas la seule source de particules fines. C’est vrai. Mais elle en représente environ un quart et le diesel en est la source principale

Ils savent encore que le diesel est condamné par la majorité des autres pays depuis très longtemps : 30% de voitures fonctionnent au diesel en Allemagne, 1% au Japon, pratiquement pas aux Etats-Unis et en Chine.

Si l’on ajoute les camions et camionnettes, c’est 72,4% du parc français qui est diesel, sachant que 80% du carburant vendu en France est du gasoil.

En fait, le piéton, le cycliste et l’utilisateur de véhicule à essence paient pour compenser les ristournes fiscales accordées au gasoil, ainsi que le surcoût dû aux importations pour les utilisateurs de véhicules diesel.

Des gaz « cancérigènes certains »

Ils savent que, depuis le 12 juin 2012, le Centre International de Recherche sur le Cancer, l’agence de l’organisation Mondiale de la Santé, a classifié les gaz d’échappement des moteurs diesel dans la catégorie « cancérigènes certains » – la même que l’amiante ou le tabac – à cause de la dangerosité des « toutes petites particules » émises lors de la combustion du gasoil.

Ils savent que, le 19 mai 2011, la commission Européenne a assigné la France en justice pour non respect des seuils de particules, imposés depuis 2005. A noter que la France est une dangereuse récidiviste des condamnations pour non-respect des réglementations sur la pollution de l’air.

« Nous n’avons plus d’autre choix que d’interdire l’accès de certaines agglomérations aux diesels les plus polluants », nous rappelait Isabelle Derville, responsable de la qualité de l’air au ministère du Développement durable et des transports, dans « Sciences et vie » d’avril 2012.

Ils ne peuvent donc pas dire : « Nous ne savions pas », et nous refaire le coup de l’amiante en se cachant derrière une controverse ouverte par des chercheurs au service des lobbies du diesel et de l’automobile.

Comme au temps du Général de Gaulle

Et pourtant, les « sachants » qui nous gouvernent viennent d’administrer une nouvelle fois la preuve de leur impuissance. Ils ont laissé licencier les ouvriers de PSA et sont intervenus pour entrer dans le capital de cette entreprise, avec le constructeur chinois Dong Fen, sans peser de tout leur poids pour un changement d’orientation de cette entreprise.

Préférant les raisons économiques à la précaution sanitaire, le gouvernement continue à tout miser sur le diesel, comme au temps du général De Gaulle.

Résultat : la France est le seul pays au monde où 60% du parc automobile marche au diesel. Encore une « exception » devenue une menace pour l’ensemble de la population, à l’instar de celle que fait peser le risque nucléaire, autre « exception » dont la France est si fière.

Dès lors, on ne peut que comprendre et soutenir les associations écologiques qui viennent de lancer une plainte contre X pour dénoncer ce double crime environnemental et sanitaire.

Qu’a fait le gouvernement depuis mai 2012 ? Le 6 février 2013 un comité interministériel décide… de ne rien faire ! Aujourd’hui, devant l’urgence sanitaire, on répond par des bricolages de dernière minute, tout en sachant que c’est trop peu et trop tard.

Des rustines, jamais adaptées

On demande aux personnes âgées, aux populations à risques, aux petits enfants, de rester chez eux. On alimente la peur, sans interdire la circulation pour marquer les esprits. C’est que, à une semaine des élections municipales, il ne faut pas contrarier l’électeur automobiliste.

On limite la vitesse, ce qui est une bonne chose, mais avec dix jours de retard.

Les transports gratuits ne peuvent pas réduire le pic de pollution, puisque la grande majorité des habitants d’Ile de France, qui se rend ou circule à Paris, possède un passe Navigo.

Si la circulation alternée permet de réduire ce pic, elle intervient dans des conditions qui vont prouver, comme en 1998, son inefficacité en temps réel. Malheureusement, les Parisiens retiendront qu’on applique dans la précipitation, l’improvisation, l’impréparation.

Des recettes qui ressemblent plus à une querelle interne à la majorité, entre les Verts et les socialistes, qu’à des mesures structurelles que le gouvernement ne veut pas prendre en raison des intérêts en jeu pour les lobbies.

« L’écologie, ça commence à bien faire »

De ce point de vue, la présence des écologistes au gouvernement est cosmétique. Elle ne fait que souligner leur impuissance à changer le cours des choses par des mesures structurelles.

En dix-sept ans – depuis la journée de circulation alternée inventée par Corinne Lepage – sous un gouvernement de droite et appliquée par Dominique Voynet, sous un gouvernement de gauche, ce que les Verts présentent comme une victoire n’est qu’un effet d’affichage qui ne règlera rien. La politique de la rustine a fait son temps.

Pourtant, depuis mai 2012, il était possible de construire une proposition de sortie progressive du diesel – comme l’avait fait la Fondation Nicolas Hulot à la veille du vote du budget – qui ne serait pas considérée comme punitive :

  • Pourquoi, à l’instar du tabac, n’interdit-on pas les publicités pour le diesel  ?
  • Pourquoi n’a-t-on pas distribué les licences des taxis en fonction de leur choix de carburant ?
  • Pourquoi n’a-t-on pas décrété un bonus-malus contre les particules et envisagé une prime à la casse pour les voitures anciennes ?
  • Pourquoi n’a-t-on pas interdit la circulation aux véhicules diesel dans les centres ville, comme à Paris ?

En fait, après avoir choisi de donner la priorité à la compétitivité des entreprises, le gouvernement est en train de reprendre l’adage de Nicolas Sarkozy en son temps : « L’écologie, ça commence à bien faire »… Et la santé aussi !

Un comité national contre la « diésélisation »

J’entends déjà les défenseurs du « Progrès » et de la « compétitivité » traiter les écologistes de Don Quichotte qui ne comprennent rien au fonctionnement de la société et à nos institutions.

Le chevalier à la triste figure avait l’avantage sur nos petits marquis et duchesses contemporains de susciter l’espoir. Nos nouveaux aristocrates suintent la désespérance. Pire, ils ne s’aperçoivent pas qu’ils sont au service des marchands de mort.

Nous leur disons : arrêter le diesel est possible. Désintoxiquons nous de cette drogue à la française. Instituons un Comité national contre la diésélisation, comme il y a un Comité national contre le tabagisme.

La sortie de la diésélisation constitue la seule issue positive de ce brouillard de pollution qui encrasse nos poumons et irrite nos gorges, nos yeux et nos oreilles depuis une semaine.

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere

 

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 18:45

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Affaire Kerviel : pour Eva Joly, «la thèse du trader fou ne tient pas»

|  Par martine orange

 

 

 

Alors que la Cour de cassation doit se prononcer le 19 mars sur le pourvoi formé par Jérôme Kerviel, Eva Joly en tant qu'ancien juge d'instruction souligne les nombreuses zones d'ombre qui demeurent dans ce dossier.

Eva Joly regrette de ne pas s'être intéressée au dossier Kerviel plus tôt. « En 2008, au moment des faits, j'étais mobilisée sur la faillite des banques islandaises. En 2012, au moment du procès en appel, j'étais en campagne présidentielle », explique-t-elle. Ce n'est que plus tard, sur les sollicitations de ses amis et notamment de Julien Bayou, qu'elle a commencé à regarder le dossier. « Julien Bayou était très indigné. Il m'a poussée à me pencher sur le sujet. J'ai pris contact avec David Koubbi, l'avocat de Jérôme Kerviel. J'ai lu les pièces du dossier. Je crois que cette affaire est emblématique des dérives de la finance. La thèse du trader fou, isolé, et agissant dans le dos de la banque, ne tient pas », dit-elle. Alors que la Cour de cassation doit se prononcer sur le pourvoi formé par Jérôme Kerviel, elle s'étonne des nombreuses zones d'ombre qui planent encore dans le dossier.

Mediapart. Qu'est-ce qui vous a frappée dans le dossier Kerviel ?


 
© dr

Eva Joly. Tout le monde a été frappé par le montant des dommages et intérêts de 4,9 milliards d'euros réclamés à Jérôme Kerviel. Ce montant correspond aux pertes déclarées par la Société générale. J'ai décidé de me concentrer sur ces pertes. J'ai vu beaucoup de dossiers bancaires dans ma vie de juge d'instruction. J'ai aussi travaillé sur les banques islandaises. Je tire de ces expériences passées la certitude que les bilans des banques ne sont pas nécessairement transparents, que les manipulations peuvent être fréquentes. La crise de 2008 a démontré que nous avons nourri des monstres. Les seules rémunérations des traders le prouvent, la démesure est absolue.

Dans le cas qui nous occupe, il ne faut pas oublier que la Société générale a été prise dans des scandales de blanchiment. À de multiples reprises, avant et après l'affaire Kerviel, elle a été condamnée par la justice pour le non-respect des règles : manipulation des taux interbancaires le 4 décembre 2013, faille dans le contrôle interne anti-blanchiment le 24 octobre 2012. Dans son rapport annuel de 2013, elle signale une dizaine d'affaires en cours. L'affaire du Sentier a démontré au moins que le contrôle interne ne fonctionnait pas. Tout cela m'amène à dire qu'on ne peut pas accepter leurs dires comme parole d'évangile.

Or, pour l'instant, on s'en tient à la version de la banque, sans en remarquer le côté hautement invraisemblable. Comment croire que personne n'a vu ce qu'a fait Jérôme Kerviel ? Quand il faut payer les appels de marge sur les positions qu'il a prises sur le Dax (indice boursier allemand) et Eurostoxx, ce n'est pas Kerviel qui le fait. Personne dans la banque ne s'étonne alors des millions, soit en collatéral, soit en numéraire, qu'il faut apporter en garantie pour couvrir les positions de Jérôme Kerviel ! Qui peut le croire ?

La banque a donné devant la justice sa version sur ses pertes. Vous semblez ne pas être convaincue. Qu’est-ce qui vous intrigue ?

Il faut reprendre les faits depuis le début, et partir des positions prises par Jérôme Kerviel entre le 4 et le 18 janvier 2008. Dans ce court laps de temps, Jérôme Kerviel prend 100 000 contrats Dax et 743 000 contrats Eurostoxx. C'est énorme. Le marché du Dax étant peu profond, compte tenu des positions prises, cela revient à dire que Kerviel détient à ce moment-là 2 % de l'économie allemande. La Société générale, dans sa version, dit avoir tout découvert durant le week-end du 18 janvier et décidé de dénouer le plus rapidement possible ses positions, pour l'essentiel sur trois jours. La banque dit qu'elle n'avait pas le choix du moment du débouclage.

Mais ce moment est quand même assez particulier ! La banque vend alors que les cours sont à la baisse, et ses ventes vont encore accentuer la chute. De 7 500, le cours du contrat Dax tombe à 6 400. Mais il remontera par la suite. Il est étonnant que dans un contexte aussi défavorable, avec une position aussi importante, les pertes se soient limitées à 12 %, selon les propres déclarations de la banque. Dans le rapport annuel de 2007, les commissaires aux comptes font une réserve importante : ils indiquent que les pertes, liées au dénouement des positions de Jérôme Kerviel, sont provisoires. Par la suite, il n’y a jamais eu de révision. Les pertes que la banque a annoncées au moment où elle dénonce l’affaire deviennent comme acquises par tous, y compris par la justice.

Qu'est-ce qu'il y aurait là d'anormal selon vous ?

Je ne dispose pas d’informations particulières mais j'ai un peu d’expérience quant à ces dossiers. Les banquiers ne prennent pas volontairement leurs pertes. Il faut comprendre ce qui se passe. Sur ces marchés, le jeu est à somme nulle. S'il y a des perdants, il y a aussi des gagnants. On peut gagner beaucoup d'argent dans une baisse de marché telle que celle-ci. Qui a gagné ? On ne le sait toujours pas. Aucune vérification n'a été faite. Il faut une contre-expertise large pour déterminer comment les positions ont été débouclées, quelles contreparties étaient en face. Il faut aller voir les relevés de la chambre de compensation, qui a tout. Il faut vérifier aussi les positions prises par les filiales offshore de la Société générale.

J'ai déjà vu, notamment dans le cas des banques islandaises, des banques comme la Deutsche Bank qui ne faisait que du fronting, c'est-à-dire qui était en apparence la banque ayant pris des positions sur le marché islandais. Dans les faits, il est apparu que toutes ses positions étaient garanties par d’autres. La Deutsche Bank ne prenait aucun risque. Elle ne faisait que du portage. Qui peut dire que la Société générale n’était pas dans la même situation ? Ou n’a pas bénéficié de mécanismes protecteurs ?

Je veux souligner un fait qui a été peu relevé et doit retenir l’attention. Dans les comptes 2008 de la banque, la Société générale enregistre cette année-là 15 milliards d’euros de gains sur le trading des instruments financiers dérivés. Pour la banque, c’est un résultat historique. Elle n’a jamais enregistré un profit aussi élevé. En 2011, son deuxième gain le plus élevé sur ce poste est de 8 milliards d’euros.

Ces profits sur instruments dérivés lui ont permis en 2008 de compenser une perte de 7 milliards d’euros liée à la crise financière, et d’afficher un résultat de 4,6 milliards d’euros. Alors qu’on est en pleine crise financière, ces résultats sur instruments dérivés, juste après le dénouement des positions de Jérôme Kerviel, posent question ; d’autant que la banque a juré devant les juges qu’elle ne spéculait pas et que ses positions sur dérivés servaient juste à couvrir les risques. Au vu de ces chiffres, cela paraît un peu contradictoire.

La justice a-t-elle failli, selon vous ?

Elle s’est laissé prendre par la communication remarquable de la Société générale. Il y a eu dès le début une forme d’hystérisation. La banque s’est présentée comme la victime d’un trader hors contrôle. Jérôme Kerviel a été transformé en mauvais objet. La banque a réussi à lui faire porter toutes les critiques que suscite la finance. Et tout le monde a suivi. La presse économique n’a pas fait non plus preuve de beaucoup de curiosité pour aller plus loin. L’effet moutonnier a saisi tout le monde.

Qu’attendez-vous de la Cour de cassation ?

Qu’elle permette que toute la vérité soit faite. Il y a eu beaucoup trop d’émotions dans ce dossier. Elle ne peut pas condamner Jérôme Kerviel à ce qui s’apparente à une mort civile, alors que tant de doutes et d’incertitudes n’ont pas été levés dans ce dossier.

L’avocat général a requis la confirmation du jugement auprès de la Cour de cassation. Mais normalement, le parquet est là pour garantir et protéger l'intérêt général qui, dans ce cas, veut dire protéger l’épargne. Si l’affaire n’est pas rejugée, la justice va donner un brevet d’irresponsabilité à la Société générale. Sérieusement, peut-on faire confiance à une banque qui dit ne pas avoir vu qu’un de ses traders engageait 50 milliards d’euros sur les marchés sans son consentement et sans que ses services de contrôle ne le repèrent ? Au fond, soit la banque dit vrai et il s’agit d’une négligence coupable qui en dit long sur les dangers d’un système, soit la vérité est autre : la banque savait, et on est face à une affaire d’une ampleur phénoménale.

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 18:35

 

Source : www.mediapart.fr

 

SFR-Numéricable : petits arrangements entre amis

|  Par martine orange

 

 

 

Le président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, a beaucoup pesé sur le choix du repreneur de SFR. Officiellement, il a privilégié la candidature de Numéricable pour se ménager une sortie en beauté du groupe. Mais il semble aussi qu’il ait reçu quelques promesses du repreneur.

Commencée par une crise au sein du conseil de Vivendi Universal et le renvoi de Jean-Marie Messier en 2002, la présidence de Jean-René Fourtou pourrait se terminer par une crise identique. Car le choix de la candidature de Numéricable pour la reprise de SFR est en train de provoquer de nombreux remous dans le monde des affaires, qui soutenait massivement l’option Bouygues. Beaucoup se demandent comment a été prise cette décision et les promesses qui ont été avancées pour emporter l’adhésion.

Une nouvelle fois, le fonctionnement du conseil de Vivendi se retrouve au centre des discussions. Au fur et à mesure que les détails émergent, la question de la responsabilité du conseil, de l’indépendance des administrateurs, est posée.

 

© Reuters

La direction de SFR a travaillé depuis plusieurs mois avec Numéricable en vue d’un rapprochement et les équipes ont fini par être convaincues de l’intérêt de cette opération, qui limiterait la casse sociale. Mais il semble que le choix du conseil de Vivendi n’ait pas été dicté par ces seules considérations. D’autres intérêts paraissent avoir pesés.

Jean-René Fourtou, à la différence de son vieil ami Claude Bébéar, a toujours été en faveur de la solution Numéricable. Il a mené personnellement les discussions avec Patrick Drahi, le propriétaire de Numéricable, pour la reprise de SFR. Selon nos informations, il a conduit le processus jusqu’au bout, y compris devant le conseil. « Jean-René Fourtou a bâti un conseil à sa main. Il l’a amené là où il voulait, en organisant un passage en force », raconte un connaisseur du dossier. 

Jeudi soir dernier, le comité exécutif, qui réunit Vincent Bolloré, Daniel Camus, directeur financier du groupe, Pascal Cagni, Aliza Jabès et Alexandre de Juniac, administrateurs indépendants, et est présidé par Jean-René Fourtou, s’est retrouvé au siège de Vivendi pour examiner les candidatures des repreneurs de SFR. Jean-René Fourtou qui veut Numéricable, emporte, selon nos informations, assez vite la décision. Le lendemain, le conseil se range à l’avis du comité exécutif.

Si la décision de choisir Numéricable n’a pas été votée « à l’unanimité » comme l’a assuré Vivendi, elle n’a guère rencontré de résistance. Seul Pascal Cagni, administrateur indépendant, a voté contre. Claude Bébéar, qui soutenait la candidature de Bouygues, n’a pu peser sur les discussions. Hospitalisé, il a participé au conseil par téléphone. On le dit furieux.

Quant à Vincent Bolloré, il s’est tu. « Vincent Bolloré était aussi favorable à la candidature de Bouygues. Mais il n’a pas voulu s’opposer à Jean-René Fourtou. Il aurait été marginalisé », explique un connaisseur du dossier.

Poussé vers la sortie par Vincent Bolloré,  à l’issue d’un putsch qui a eu lieu l’automne dernier, Jean-René Fourtou n’a jamais caché qu’il voulait quitter la présidence de Vivendi en beauté lors de l’assemblée générale du groupe prévue le 24 juin. Dans ce contexte, l’opération Numéricable lui semble de loin préférable, pour être en accord avec ce calendrier, car elle ne pose pas, à ses yeux, de grands problèmes de concurrence et donc pourrait s’achever rapidement.   

De plus, Numéricable a fait une offre d’achat de SFR, payée essentiellement en numéraire, même si Vivendi conservera une participation dans le nouvel ensemble. Ce montage permettra au groupe d’empocher très vite le produit de la vente.  M. Fourtou tiendrait beaucoup, lors de sa dernière assemblée, à pouvoir annoncer la vente de SFR et surtout la gratification qui va avec, soit sous forme de dividendes soit sous forme de rachats d’actions. Une façon de faire oublier aux actionnaires qu’après douze années de présidence, ils n’ont jamais retrouvé les cours d’antan. L’action n’a jamais dépassé les 30 euros depuis 2002. Cela lui permettrait aussi d’en profiter : Fourtou détient encore quelque 800.000 actions du groupe.

Le camp Bouygues comme les banquiers ont toutefois été étonnés par l’opacité qui entourait l’offre de Numéricable. Son actionnaire Patrick Drahi n’a jamais présenté toutes les modalités de son offre. Et ce n’est qu’au dernier moment mercredi soir, à la clôture des offres, que le groupe a fait savoir discrètement qu’il avait renchéri sur sa proposition, après avoir pris connaissance de celle de son concurrent Bouygues.  De l’avis des observateurs, Numéricable a été nettement favorisé durant tout le processus par la direction de Vivendi.

Depuis le choix de Vivendi, des rumeurs insistantes circulent sur l’intérêt personnel que pourrait avoir la direction dans cette affaire. Jean-René Fourtou, Jean-François Dubos, président du directoire après avoir été pendant plus de vingt ans secrétaire général du groupe, et enfin Alexandre de Juniac, pdg d’Air-France-KLM qui siège au conseil de Vivendi comme administrateur indépendant du groupe, se seraient vu promettre un poste d’administrateur dans la nouvelle entité SFR-Numéricable.

intérêts financiers

Interrogé sur cette éventualité lors de la présentation de son  projet  devant la presse lundi, Patrick Drahi a refusé de se prononcer. Vivendi, de son côté, dément toute décision à ce stade. «  Ce n’est pas encore totalement décidé. Mais c’est possible voire probable » explique un des administrateurs de Vivendi à Mediapart. « Avec la vente de SFR, le conseil de Vivendi va éclater. Une partie des administrateurs va rejoindre l’entité télécom. L’autre partie du conseil, qui devrait être en grande partie renouvelée, va rester dans mediaco (nom de code du nouveau Vivendi recentré sur les médias) » .


 
© Reuters

Selon nos informations, Jean-René Fourtou devrait non seulement être nommé comme administrateur mais aussi reprendre une présidence. Celle de la nouvelle entité lui aurait été promise. Mais Patrick Drahi a affirmé ce lundi qu’il assurerait lui-même la présidence du nouveau groupe, au moins un certain temps. En attendant, M. Fourtou pourrait récupérer la présidence d’un quelconque comité stratégique ou autre. La perte de sa présidence chez Vivendi serait ainsi en partie compensée, d’autant que dans le même temps, selon nos informations, Vincent Bolloré a accepté de lui céder sa place au conseil de l’assureur italien Generali. A 74 ans, Jean-René Fourtou a décidément du mal à renoncer au pouvoir.

Mais le pouvoir pourrait se doubler de quelques intérêts financiers, en plus des jetons de présence. Depuis vendredi, des rumeurs récurrentes circulent sur un plan de stock options qui devrait être mis en place dès la formation de la nouvelle entité. Les chiffres sont même précis : le plan correspondrait à 1,35% du capital de la nouvelle entité, évaluée autour de 10 milliards d’euros. Le management pourrait donc se partager autour de 135 millions d’euros. Jean-René Fourtou, qui a déjà amassé une fortune de plusieurs dizaines de millions d’euros à la tête d’Aventis (devenu Sanofi-Aventis) et de Vivendi, en serait un possible bénéficiaire.  

Interrogé dès vendredi par Mediapart, Vivendi dément cette information, qui relève, selon lui, d’une campagne. Patrick Drahi a lui aussi démenti tout projet en ce sens. « Nous n’avons eu aucune information sur un éventuel plan de stock options », soutient un administrateur. « Il n’y a pas de plan pour l’instant. Mais il paraît évident qu’il y en aura un à un moment ou à un autre », dit un autre. Altice, la société mère de Numéricable, a déjà créé des structures d’intéressement pour ses dirigeants au Luxembourg, Altice Management par exemple.

Tout cela porte une sérieuse ombre sur le fonctionnement du conseil de Vivendi. Les administrateurs étaient-ils au courant de ces possibles arrangements entre la direction du groupe et Numéricable ? Si oui, comment ont-ils pu cautionner une opération qui pourrait se traduire par un enrichissement personnel pour le président du groupe ? Le rôle d’Alexandre de Juniac est particulièrement pointé. « Comment un administrateur indépendant, président d’une société publique de surcroît, peut-il accepter de voter en faveur d’une opération où il pourrait être personnellement intéressé ?, se demande un membre éminent du monde des affaires. Cela crée un certain problème. » Alexandre de Juniac n’a pas répondu aux questions que nous lui avons envoyées.

Toutes ces rumeurs et ces soupçons, commencent à créer une certaine tension chez Vivendi et Numéricable. Il y aurait beaucoup trop d’interférences dans le projet, à leur goût. Selon nos informations, les deux groupes trouveraient dangereux dans ce contexte d’attendre trois semaines et voudraient presser le pas pour rendre le rapprochement irréversible. Ils aimeraient boucler le financement bancaire, préalable au choix définitif, d’ici deux à trois jours. 

 

Lire aussi

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 18:21

 

 

Source : www.marianne.net


Les Économistes Atterrés:

 

Pourquoi le « pacte de responsabilité » ne créera pas d’emploi

 

Rédigé par David Cayla le Lundi 17 Mars 2014 à 07:00 c

 

Le pari de François Hollande est de mettre en oeuvre une stratégie du donnant-donnant qui ressemble fort à ce que Nicolas Sarkozy avait tenté avec la baisse de la TVA dans la restauration. Or cette stratégie ne fonctionne pas. Ses partisans oublient que les entreprises ne sont pas responsables de la création d'emploi, car elles ne créent des emplois que si de la demande existe pour leur production.

 

Pourquoi le « pacte de responsabilité » ne créera pas d’emploi

Comment lutter contre le chômage ? Interrogé en septembre dernier sur TF1, le chef de l’État répliquait par le raisonnement suivant : « si on veut des emplois, si on veut des productions en France, si on veut que nos enfants aient une perspective de carrière, il faut des entreprises ». « Il faut que les entreprises se sentent soutenues » ajouta-t-il avant de se proclamer « président des entreprises ». Le « pacte de responsabilité », annoncé quelques mois plus tard, est dans le droit fil de cette logique. L’idée est la suivante : puisque les entreprises sont responsables de la création d’emploi il faut les « responsabiliser », c’est-à-dire négocier avec elles un accord donnant-donnant. Moins de prélèvements d’un côté, des engagements en matière d’emplois de l’autre.


L'échec de la baisse de la TVA dans la restauration

Beaucoup a été dit et critiqué sur ce « pacte ». L’asymétrie de l’accord qui fait reposer sur l’État les seuls véritables engagements chiffrés, son mode de financement qui rajoute de l’austérité à l’austérité, la crainte que « l’observatoire des contreparties » ne se résume à produire de simples constats, le fait qu’aucune garantie ne soit imaginée pour contraindre les entreprises à respecter leurs engagements, si engagement elles prennent…

Il faut dire que l’expérience de la baisse de la TVA dans la restauration a laissé des traces. Des engagements, il y en avait eu. Pour un coût de 2,4 milliards d’euros, les restaurateurs s’étaient engagés tout à la fois à réduire leurs prix et à embaucher. Au final, dans l’estimation très favorable qu’en a fait le gouvernement1, cette mesure aurait créé 50 000 emplois (soit un coût de 48 000 euros par emploi créé2) et son effet sur les prix aurait été marginal.

Mais le pari de François Hollande est d’une toute autre ampleur. Les cotisations familiales des entreprises représentent 35 milliards d’euros par an. Si l’on prend on compte la disparition du CICE et le surcroît d’impôt sur les sociétés que générerait une telle mesure, le coût total de ce projet représente à peu près 10 milliards d’euro. Comme il manque 10 milliards d’euros pour financer le CICE, c’est donc un total de 20 milliards d’euros3 qui seront engagés par le gouvernement au service des entreprises, ce qui représente un coût huit fois supérieur à l’effort consenti par Nicolas Sarkozy en faveur des restaurateurs.


Les entreprises ne font pas l'emploi

Le problème, c’est qu’aucun bilan critique n’a été tiré de l’expérience de la baisse de la TVA. Si les engagements d’alors n’ont pas été respectés, c’est, nous a-t-on dit, parce que les restaurateurs « n’ont pas joué le jeu ». L’explication paraît un peu courte. Qu’est-ce qui garantit que, cette fois, les patrons « joueront le jeu » ? Mais poser la question sous cet angle, c’est se tromper de cible. En vérité, c’est toute la logique de ce type d’accord qu’il faudrait questionner. Les entreprises sont-elles responsables de l’emploi ? C’est la question qu’on ne pose jamais. Or, ce n’est pas parce que les entreprises créent des emplois qu’elles font l’emploi. Comme le rappelle utilement Frédérique Lordon, l’emploi est d’abord la conséquence de la demande adressée aux entreprises par les consommateurs4. Un restaurateur n’embauche pas par esprit civique ou parce qu’il en a la capacité financière. Il embauche, parce qu’il a besoin de salariés. L’expérience prolongée du chômage de masse a eu tendance à déformer certaines vérités économiques. Le travail salarié est vécu comme une ressource rare que les employeurs ne distribuent qu’avec parcimonie. Mais c’est oublier qu’avant d’être une charge, le salarié est d’abord un producteur de richesses irremplaçable. Le nombre de serveurs, de commis, de cuisiniers, embauchés par un restaurateur ne dépend pas du profit réalisé par l’établissement, mais bien du nombre de clients que celui-ci reçoit. Le raisonnement est le même à l’échelle d’un pays. Ce qui détermine le nombre de personnes qui travaillent dans la restauration, c’est simplement le nombre de repas servis annuellement, qui lui-même est déterminé par le budget moyen que chacun consacre à la restauration.

Ce qui est vrai pour les restaurateurs est vrai pour l’ensemble des entreprises. Pas d’emploi sans besoin de travail, pas d’emploi sans « carnets de commande »5, et donc pas d’emploi sans les dépenses qui font le chiffre d’affaire des entreprises. Or, parmi ces dépenses, il y a les dépenses publiques. Qu’elles soient versées sous forme d’aides sociales, sous forme de traitement des fonctionnaires ou sous forme d’investissements, toutes ces dépenses se traduisent presque intégralement par des recettes pour les entreprises françaises. Les ménages consomment l’essentiel de leurs revenus et la très grande majorité de cette consommation se traduit en services ou en produits fabriqués localement.6


Un Etat irresponsable, des entreprises impuissantes

C’est à l’aune de cet autre raisonnement que l’on comprend l’inanité d’un contrat passé entre un État responsable du niveau d’activité mais qui refuse d’agir, et des entreprises, incapables d’avoir le moindre levier sur leurs recettes, mais qui s’engagent néanmoins à « faire des efforts ». Comme si ces efforts avaient le moindre sens économique ! L’État agit avec les entreprises comme des parents avec leurs enfants : « grandissez plus vite, et vous aurez cent euros d’argent de poche ». Et au dessert, les deux parties s’entendent pour négocier âprement les centimètres qui seront acquis à la fin de l’année.

Aussi le véritable scandale de ce pacte n'est-il pas les dizaines de milliards dépensés en vain, mais les 50 milliards d’économie annoncées pour le financer. Car ce qu’on donne aux entreprises sous la forme d’exonérations on le leur reprend via la baisse de leurs chiffres d’affaire. On arguera que ces deux chiffres ne représentent pas les mêmes types de sommes. Les 20 milliards donnés allégeront le coût du travail et bénéficieront directement aux entreprises, alors que les 50 milliards d’économie, qui s’attaquent au chiffre d’affaire, n’empêcheront pas les entreprises de s’adapter à la nouvelle conjoncture. Mais c’est bien là tout le problème. La seule adaptation possible dans un tel cas de figure, c’est d’adapter l’offre à une demande en baisse. Il y a donc fort à parier que, même en cas de hausse des profits, les entreprises soient contraintes de moins produire, et donc de licencier.


Pas d'éclaircies pour les marges

La politique menée améliorera-t-elle au moins les marges des entreprises ? Le drame de l’affaire, c’est que ce n’est même pas sûr. Pour de nombreuses entreprises en effet, leurs marges se font sur les dernières unités vendues. C’est le cas pour toute entreprise qui a réalisé un investissement important, qui doit amortir des coûts fixes en recherche et développement ou qui fait face à des charges financières. Pour ces producteurs, la moindre baisse de la demande se traduit par une baisse des marges d’un montant presque identique. A l’inverse, pour les entreprises dont le niveau d’investissement est faible et l’outil de production adaptable, une baisse de la demande peut être facilement amortie. On voit donc que le « pacte de responsabilité » sera sans doute très bienvenu pour les entreprises de service qui sont fortement consommatrices de main d’œuvre et qui pourront aisément licencier pour préserver leurs marges, alors que les producteurs très capitalistiques, notamment industriels, risquent de voir leurs pertes dépasser les bénéfices qu’ils pourraient réaliser sur le coût du travail.

Au final, le pacte de « responsabilité » améliorera peut-être les marges des entreprises de service et de la grande distribution, mais il n’aidera ni l’emploi, ni les marges des entreprises industrielles et innovantes, et n’a donc aucune chance d’améliorer la compétitivité à long terme de l’économie française.

 

David Cayla

 

Lire aussi la note des Économistes Atterrés: Un pacte irresponsable

 

 

Notes

 

1  Le bilan des engagements pris par les professionnels de la restauration se trouve sur l’adresse suivante : http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/13667.pdf
 

2  Rappelons que le coût annuel d’un smicard est d’environ 20 000 euros.
 

3  Sur ce chiffrage, lire la note des Economistes Atterrés : « un pacte irresponsable » disponible à l’adresse suivante : http://www.atterres.org/article/un-pacte-irresponsable
 

4  Lire : « Les entreprises ne créent pas l’emploi » disponible sur son blog, La pompe à phynance : http://blog.mondediplo.net/2014-02-26-Les-entreprises-ne-creent-pas-l-emploi
 

5  Frédéric Lordon rappelle à juste titre la formule de Jean-François Roubaud, président de la CGPME, au sujet des contreparties : « encore faut-il que les carnets de commande se remplissent », Les Echos, 3/01/2014.
 

6  Sur cette question, voir la note pour un plan de relance lancée en avril 2013 par des membres de Maintenant la gauche : http://www.maintenantlagauche.fr/retrouvez-le-plan-de-relance-ecologique-et-social/

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 17:43

 

 

Source : www.autogestion.asso.fr

 

Bosnie-Herzégovine : Tout le pouvoir aux Plénums ?

Mate-KapovicL’un des développements les plus positifs du mouvement de protestation en Bosnie a été la naissance d’assemblées démocratiques directes – mais il reste des défis majeurs à relever.

Cela fait deux semaines qu’a commencé la rébellion bosniaque. Un sondage a récemment montré que 88% de l’ensemble de la population en Bosnie Herzégovine soutient la protestation. Celle-ci continue mais désormais par des manifestations pacifiques et, du coup, l’attention des médias n’est plus aussi importante, même si les mouvements restent un sujet de discussion important dans toute la région. Quoi qu’il en soit, il se pourrait que le centre névralgique du mouvement de protestation se soit maintenant déplacé au sein des « plénums de démocratie directe » (assemblées générales) qui ont émergé en Bosnie-Herzégovine.

 

Les plénums

Les assemblées générales, selon leurs diverses formes, sont une expression de l’auto-organisation en démocratie directe des opprimés en temps de révolte, de révolution, de grève ou de rébellions depuis très longtemps (comme en 1905 et en 1917 lors des révolutions en Russie, en 1936 en Catalogne ou en 1956 en Hongrie). Une version primitive de ces types d’assemblée générale était déjà présente dans l’ancienne Athènes lorsque de nombreux « théoriciens de l’Utopie » ont imaginé une sorte d’agora permanente dans leur projet d’une société démocratique à venir.

La soudaine émergence des plénums dans une grande partie de la Bosnie-Herzégovine a vraiment pris tout le monde par surprise. On pourrait même dire que les plénums sont eux-mêmes le plus important développement positif du mouvement de protestation en Bosnie-Herzégovine pour l’instant. Le premier plénum est apparu à Tuzla, le centre et le point de départ du mouvement de protestation, où les manifestants étaient les plus organisés et les plus structurés depuis le début. Après quoi, des plénums ont commencé à apparaitre dans d’autres villes aussi, en prenant Tuzla comme exemple.

Il y a maintenant des plénums dans les villes de Sarajevo (la capitale), Tuzla, Zenica, Mostar, Travnik, Brčko, Goražde, Konjic, Cazin, Donji Vakuf, Fojnica, Orašje et Bugojno. A l’heure où nous écrivons, des sessions régulières ont lieu, au sein desquelles les gens discutent de problèmes politiques et dressent des revendications face au gouvernement (la plus répandue étant la révision des plans de privatisation, des revendications sociales diverses, le retrait des privilèges de la caste politique, etc.). Il y a aussi des efforts réalisés pour coordonner les plénums existants à un niveau central afin de développer des revendications générales et non pas uniquement locales. Un premier plénum conjoint est planifié à Sarajevo avec la présence de délégations des plénums locaux.

Ce n’est pas la première fois que le mot plénum est utilisé dans la région avec cette signification concrète, en faisant référence à des assemblées générales de démocratie directe. La première fois que le mot a été utilisé dans ce sens ce fut pendant la grande vague d’occupation des universités en Croatie en 2009. La même appellation est apparue plus tard, en 2010, lors des occupations d’universités en Autriche et en Allemagne (bien qu’un lien direct avec le mouvement étudiant croate ne soit pas clairement établit et qu’il puisse s’agir d’une coïncidence étonnante), ainsi que lors des mouvements d’occupation étudiante en Slovénie et en Serbie en 2011 (qui étaient quant à eux directement influencés par le mouvement étudiant Croate).

Les protestataires qui organisent les plénums en Bosnie-Herzégovine confirment publiquement qu’ils utilisent l’expérience du mouvement étudiant croate ainsi que leur manuel sur le « comment-faire-une-assemblée-générale », appelé «  The Occupation Cookbook ». Bien entendu, ces plénums sont aussi très similaires aux assemblées générales dont le monde a été témoin en 2011 lors du mouvement Occupy Wall-Street. De ce point de vue, on peut clairement identifier des mécanismes communs à ce type d’organisation horizontale partout dans le monde et qui a des racines anciennes qui se sont vues revigorées ces derniers temps.

Que faire ?

En Bosnie-Herzégovine, le plénum s’est certainement révélé comme une méthode extrêmement utile pour organiser la protestataires et articuler leurs revendications. Ces derniers jours, on voit des signes d’évolution des plénums, au fur et à mesure que leur structure se complexifie. De fait, tout comme pendant le mouvement étudiant croate ou pendant Occupy Wall Street, le Plénum de Tuzla a organisé des groupes de travail qui traitent de sujets en particulier, imitant les ministères du canton de Tuzla : l’éducation, la science, la culture et le sport, le développement et l’entrepreneuriat, l’aménagement du territoire et la protection de l’environnement, la coordination avec les travailleurs, les soins de santé, l’administration de la justice et la gouvernance, l’industrie, l’énergie et les mines, les affaires intérieures, l’agriculture, la gestion des eaux et forêt, le commerce, le tourisme, la communication et les transports, la politique et le travail social, les finances, les problèmes des vétérans de guerre et les problèmes légaux.

Mais les plénums ne sont pas exempts d’erreurs. Premièrement, ils sont sans doute un moyen utile d’organiser les protestataires, mais ils ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la population. Il y a en Bosnie-Herzégovine des plénums qui rassemblent 1000 personnes en assemblées. Mais 1000 personnes à Sarajevo, cela ne peut représenter l’ensemble de la ville qui compte plus de 300.000 habitants. Sans parler du fait que les plénums sont souvent censés représenter non seulement la ville mais aussi le canton, alors que pour les gens en dehors des centres urbains, se rendre au plénum peut être couteux en termes de temps et d’argent.

Bien sûr, même si tout le monde savait participer, il serait impossible d’avoir une assemblée générale avec 10.000 personnes. Ainsi, en tenant compte du fait que la démocratie bourgeoise a aussi bien des ratées et reste une forme de démocratie très limitée, il faut quand même essayer de faire de la démocratie directe la forme la plus étendue et participative possible. Les plénums unifiés au niveau des villes ou des cantons sont un excellent point de départ pour organiser le mouvement de protestation, mais ils ne peuvent pas être la solution finale. Il y a déjà maintenant des plénums dans des villes plus petites (comme Cazin, Fojnica ou Donji Vakuf), qui ne sont pas des centres de cantons et qui traitent de questions plus locales (et sans une vision globale de politique cantonale), mais il ne semble pas y avoir de coordination au sens strict entre les plénums aux différents niveaux (ce qui n’est pas nécessairement une surprise à ce stade de développement des plénums).

Il y a ici un certain nombre de problèmes en jeu. L’un est de savoir comment les plénums vont maintenir leur nombre de participants après les révoltes (dont la fin arrivera à un moment ou à un autre) et lorsqu’ils auront perdu leur aura de nouveauté. Cela semble avoir été un des grands problèmes du mouvement des étudiants croates, dont les plénums ont progressivement diminué après la fin des occupations et ont finalement tout doucement cessé de fonctionner, dans certains cas après quelques années – il faut toutefois remarquer que, au moins dans certaines universités, les plénums continuent à exister d’une certaine façon, puisqu’ils peuvent toujours être rassemblés lorsqu’on estime que c’est nécessaire. L’avenir des plénums en Bosnie-Herzégovine dépendra en partie de leur succès. Certaines victoires ont déjà été engrangées : par exemple le fait qu’à Tuzla les politiciens ont cédé à la revendication du plénum et renoncé à une partie de leurs privilèges (une année de salaire après avoir quitté leur charge).

Mais cela reste difficile de vouloir qu’il y ait une présence massive aux plénums pour toujours. Les gens ont leurs propres centres d’intérêts et ils doivent quand même continuer à travailler pour vivre (s’ils sont suffisamment chanceux d’avoir un travail puisque le taux d’emploi est de 45% en Bosnie-Herzégovine). On ne peut pas vraiment attendre d’une personne qui aura travaillé 8 heures (ou plus) par jour qu’elle passe en plus quelques heures à l’assemblée (si nous voulons atteindre un certain niveau de démocratie directe, il faudra bien entendu obtenir une réduction de la journée de travail). De plus, il n’est pas vraiment réaliste d’envisager que tout le monde pourra décider de tout, tout le temps.

Ceci dit, l’idée de démocratie directe n’est pas celle de tout le monde décidant de tout, tout le temps. La question clé est qu’une démocratie directe doit donner la possibilité à tout le monde de décider directement de certaines questions (si c’est ce qu’ils veulent faire). On devrait donc pouvoir, en théorie, voter sur tout directement, mais dans la pratique, on ne le fera que lorsqu’on le voudra ou lorsqu’il y aura des décisions importantes à prendre.

Dans la démocratie représentative bourgeoise, ce n’est généralement pas possible (des exceptions comme la Suisse, qui pratique beaucoup de référendums, sont assez rares), parce que la plupart des décisions sont prises par des représentants élus qui font grosso modo ce qu’ils veulent pendant leur mandat. Dans un système de démocratie directe, la différence réside surtout dans le fait que les représentants élus ne peuvent pas vraiment faire ce qu’ils veulent ou prendre leurs propres décisions (exception faite de décisions moins importantes ou techniques dans les affaires courantes), mais doivent agir sur base de mandats impératifs, c’est-à-dire des décisions générales prises par l’assemblée et qu’ils ne peuvent qu’appliquer telle quelle.

Ces « représentants » devraient plus être comme des administrateurs révocables à n’importe quel moment (à nouveau, par décision de l’assemblée générale, par référendum ou par un autre moyen de démocratie directe) si les gens n’approuvent pas leur travail. Combien de décisions seraient laissées au « pilote automatique administratif » (si nous étions content de son travail) et combien seraient prises en charge par tout le monde aux niveaux local, des villes, des régions et du pays, est une question de choix, de circonstances concrètes et de nécessités politiques.

Est-ce que le plénum devrait être institutionnalisé ?

L’origine de la légitimité politique des assemblées générales est claire. C’est simplement le fait que ce sont tous les gens ensemble, dans des assemblées complètement ouvertes, où tout le monde peut parler et voter selon les mêmes conditions pour décider de leur vie. Le plénum ne requiert donc pas la légitimité qui que ce soit, il la prend, tout simplement. Actuellement, les plénums de Bosnie-Herzégovine n’ont pas de pouvoir légal officiel, mais leur influence tient surtout à la peur du gouvernement qu’un mépris de leurs revendications ne mène à des protestations violentes qui mettraient les bâtiments gouvernementaux en feu dans tout le pays.

La grande question reste de savoir comment les plénums vont réussir à dépasser ce qu’ils sont pour l’instant (le corps organisé de la protestation) afin de devenir des structures permanentes de décision politique. Est-ce que les plénums vont même réussir à continuer à fonctionner après les protestations ? Un autre problème est de savoir si leur fonctionnement potentiel futur sera informel (comme il l’est maintenant), comme une sorte de structure politique parallèle non-officielle articulant les intérêts des « 99% », ou s’ils deviendront une sorte de structure politique officielle et légale (ce qui semble peu probable pour le moment). Beaucoup de gens sont enthousiasmés par les plénums en Bosnie-Herzégovine et y prennent part de manière quotidienne. Cependant, il ne semble pas y avoir de demande pour une reconnaissance officielle des plénums par la loi ou pour leur donner un pouvoir institutionnel (sans parler de l’absence d’appel pour des plénums organisés sur les lieux de travail).

Au-delà de la revendication de la démocratie directe de manière générale (sans entrer dans le détail de la façon dont cela devrait fonctionner), il serait bon que les plénums de Bosnie-Herzégovine évoluent plus loin que le niveau local (sous le niveau des plénums qu’il y a actuellement dans les villes et les cantons) et au-delà du niveau de l’Etat (au dessus du niveau des plénums qu’il y a actuellement dans les villes et les cantons). Il n’est pas nécessaire de précipiter les choses prématurément puisque les plénums sont encore une nouveauté politique, mais nous pourrions tout de même commencer à envisager la façon d’organiser localement les plénums (au niveau des communautés locales, des municipalités, des districts, etc.), de les coordonner au niveau des villes et des cantons et de remplacer les plénums des villes unifiées qui existent actuellement mais qui n’est pas vraiment représentatif.

Bien entendu, la question est celle de la faisabilité de ces plénums plus petits. Il est fort possible qu’il n’y ai pas assez d’intérêt pour la participation à des plénums plus petit et locaux, il faudrait donc probablement continuer à essayer de les organiser en attendant qu’un intérêt organique pour ceux-ci naisse d’en bas. Le pas suivant serait d’essayer de coordonner et même de fédérer si possible les plénums au niveau du pays tout entier. Comme déjà dit, il y a déjà des efforts en cours en Bosnie-Herzégovine pour essayer de coordonner tous les plénums des villes ou des cantons qui existent déjà, ce qui est réellement un important point de départ.

Il semble évident qu’une chose de cette ampleur ne sera pas réalisé en deux jours et que ce sera de toute façon compliqué. La « démocratie des plénums » sera clairement compliquée, que ce soit au niveau local ou au niveau central, de la même manière que le système représentatif est lui aussi vraiment complexe. Le système pourrait fonctionner de bien des façons différentes et en combinaison avec d’autres formes de démocratie directe, comme des référendums à différents niveaux – des municipalités locales au pays dans son ensemble. Il est aussi très clair qu’il faudra faire beaucoup d’expériences pour essayer de trouver la meilleure façon de faire fonctionner ce genre de processus de décision.

Quoi qu’il en soit, si l’on veut que les plénums de Bosnie-Herzégovine survivent, ce genre d’expériences semble nécessaire. Une manière de commencer pourrait être pour l’instant d’essayer d’organiser autant de plénums locaux que possible et d’essayer d’arranger des discussions locales sur un certain nombre de sujets importants et ensuite de tenter de trouver des conclusions communes et/ou des revendications communes à l’ensemble du pays. Ce genre de système devrait inévitablement être tout sauf parfait, du moins au début, mais il serait en tout cas bien plus démocratique que n’importe lequel des modèles de processus de décisions qui existent dans la démocratie représentative bourgeoise (ou dans le parlementarisme capitaliste, comme l’appelle Alain Badiou).

En tout les cas, nous ne pouvons qu’espérer un appel à « l’institutionnalisation » des plénums (ou de la démocratie directe en général) soit inclus dans les futures revendications du mouvement. Bien sûr, il ne faut pas non plus être trop naïf ou optimiste, mais cela vaut aussi pour le pessimisme inutile qu’il faut éviter. Pou le moment, un des porte-paroles des protestataires de Tuzla a déclaré dans une interview qu’il ne pense pas que les plénums puissent fonctionner au niveau du pays entier, mais qu’il est possible qu’on trouve la manière, dans le futur, de rendre chacun capable de prendre une place égale dans le processus de décision, même au niveau de l’Etat. Mais, en vérité, la technique pour cela existe déjà et elle s’appelle Internet, dont on a déjà prouvé l’importance pour organiser la protestation et les plénums jusque maintenant.

Bien qu’il soit évidemment impossible avec Internet de créer la possibilité pour tout le pays de prendre part à une assemblée générale géante (qui serait de toute façon ingérable), il peut aider à coordonner des plénums séparés et de tous les niveaux. Avec la technologie que nous avons maintenant, il n’est plus nécessaire d’envoyer les décisions des plénums via des courriers ou des délégués comme c’était le cas dans la Russie de 1917 ou en Catalogne en 1936. Internet peut nous aider dans les prises de décision par référendum. S’il est déjà possible d’organiser des « e-voting » dans le cadre de la démocratie représentative bourgeoise et qu’on peut transférer en toute sécurité les données d’un fond bancaire à l’autre, pourquoi serait-il impossible de voter par e-referendum et de coordonner démocratiquement les demandes et les décisions des assemblées générales des différents niveaux via Internet ?

Inutile de dire qu’il ne faut pas non plus se lancer dans un fétichisme idéologique, mais qu’il est ridicule d’agir comme si nous étions encore en 1871. Si les forces anti-système gagnent, elles devront être plus modernes que ne l’a été le pouvoir en place.

La technologie existe déjà, le problème réside plus dans son utilisation afin de rendre notre société plus démocratique. Bien entendu, un des plus gros problèmes à résoudre sera de gérer ceux qui veulent profiter de la situation actuelle, c’est-à-dire l’oligarchie politique et capitaliste. La démocratie directe doit certainement s’opposer de manière frontale à tous les intérêts matériels particuliers et il ne fait aucun doute que ceux-ci résisteront de manière important (et qu’ils le font déjà).

Démocratie directe et capitalisme

Il est clair que la démocratie directe n’est pas une fin en soi. Une lutte pour une société plus démocratique est nécessairement liée à une lutte pour l’équité et la justice sociale (entre autres), et avec un combat contre le capitalisme. N’avoir qu’un système de démocratie directe, mais avec les biens, les ressources et les médias encore dans les mains de la classe capitaliste et avec leur hégémonie libérale encore intacte, ne permettra pas réellement d’arriver à un changement. De la même manière que la « démocratie » que nous avons maintenant est pervertie et soumise aux besoins du maintien du statu quo, la démocratie directe pourrait elle aussi être détournée. On peut le voir dans les cas de la Suisse et de la Californie, qui organisent régulièrement des référendums mais où les intérêts du capitalisme sont encore étroitement protégés grâce à son appropriation des grands médias et aux ressources nécessaires pour faire des campagnes qui influence la grand public, etc. On peut prendre en exemple le référendum au cours duquel les Californiens ont décidé de voter non à une labellisation des OGM en 2012 (ce à quoi a largement contribué la campagne pour le « non » payée 45 millions de dollars par Monsanto), ou le vote contre la limitation des niveaux de salaires en Suisse en 2013 (là aussi grâce à une féroce campagne financée par les « 1% »).

Le capitalisme, qui est par définition de la corruption légale, est incompatible avec une véritable démocratie. Le maintient d’une société non-capitaliste, comme le montre les expériences du « socialisme réel » au 20e siècle, est aussi impossible sans une sorte de démocratie (directe) qui puisse prévenir la centralisation du pouvoir – tout comme il est impossible d’avoir une société non-capitaliste dans un seul pays. De ce fait, un combat pour la démocratie directe doit nécessairement être lié avec l’anticapitalisme, et les assemblées générales ne devraient pas être revendiquées seulement pour les villes, les municipalités et les pays, mais aussi pour les entreprises, les usines et les bureaux.

Bien sûr, le problème en Bosnie-Herzégovine est que la rébellion n’y est pas ouvertement anticapitaliste. Il y a beaucoup de sentiments anticapitalistes inconscients et naturels (par exemple dans la discussion sur les privatisations), mais elle encore très loin d’être un mouvement anticapitaliste conscient. En même temps, cela ne veut pas dire que combattre pour la démocratie directe en Bosnie-Herzégovine est une perte de temps, puisque les pratiques de démocratie directe sont par essence elles-mêmes une partie d’un combat plus large et anticapitaliste.

Il est inutile de préciser que nous ne pouvons pas prédire le futur. Il était impossible d’imaginer il y a seulement deux semaines que des assemblées générales allaient émerger partout en Bosnie-Herzégovine. Pour l’instant, il est totalement irréaliste d’attendre un quelconque développement rapide d’une infrastructure politique stable basée sur les assemblées générales ; une sorte de démocratie des plénums (même informelle) en Bosnie-Herzégovine. Mais il n’est pas nécessaire de précipiter les choses. Un approfondissement du processus démocratique pourrait les voir évoluer en une lutte pour la justice économique et sociale. De la même manière, le développement des plénums ne signifie pas que d’autres formes d’organisations (comme les syndicats combattifs, et d’autres formes variées d’initiatives antisystème informelles ou même les partis anticapitalistes) doivent être délaissées.

En tous les cas, même si tout devait s’arrêter maintenant en Bosnie-Herzégovine, nous avons réalisé beaucoup de choses. Il faut se souvenir du fait que les plus grands changements sociétaux et politiques ne se passent pas en un jour et que les véritables transformations progressistes sont toujours difficiles et désordonnées, avec beaucoup de faux pas, d’essais et d’erreurs. Une révolution ne peut pas se passer en un jour ; c’est avant tout un processus long. Il y a encore beaucoup de choses dont les protestataires doivent se rendre compte en Bosnie-Herzégovine. Mais en tout les cas, la gauche internationale doit garder les yeux rivés sur ce pays parce qu’il s’y passe des choses de grande importance. Des choses qui ne sont pas seulement importantes pour les citoyens du pays et de la région, mais aussi pour le monde – comme source d’inspiration et pour apprendre comment nous devons nous battre pour un monde meilleur.

Source : http://roarmag.org/2014/02/bosnia-plenums-direct-democracy/
Traduction française de Sylvia Nerina. Source : http://www.avanti4.be/analyses/article/bosnie-herzegovine-tout-le-pouvoir-aux-plenums

 

Source : www.autogestion.asso.fr

 

 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 17:24

 

 

Source : balkans.courriers.info

 

Cet article a été imprimé sur : http://balkans.courriers.info/article24299.html

                                                                                                                                                                                                                       Osservatorio Balcani e Caucaso

De Maribor à Istanbul, pourquoi les révoltes populaires gagnent tous les Balkans

Traduit par Béranger Dominici

mercredi 26 février 2014
                                                                                                                                                                                                                               De Maribor à Istanbul en passant par Sarajevo, Zagreb, Bucarest ou Sofia, une onde de contestation ébranle depuis quelques années les élites politiques en place dans les Balkans. Au cœur des revendications populaires : la contestation des élites et de leur mauvaise gestion du bien commun. Qu’est-ce que ces mouvements spontanés nous disent de l’Europe du Sud-Est ? Premier volet de l’analyse du politologue Florian Bieber.
Par Florian Bieber, politologue, directeur du Centre d’études sur l’Europe du sud-est à l’Université de Graz
(Ce texte a d’abord été publié sur le site du Council of European Studies)
De Maribor à Istanbul, des révoltes ont ébranlé la vie politique de l’Europe du Sud-Est ces dernières années. Ces mouvements hétérogènes font eux-mêmes partie d’un phénomène de plus grande ampleur affectant l’ensemble du bassin méditerranéen. Certes, des mouvements sociaux ont fait parler d’eux sur toute la surface du globe : d’Occupy Wall Street aux États-Unis à la place Maïdan de Kiev.

Retrouvez notre dossier :
Vers un printemps des Balkans ? 

Toutefois, la Méditerranée a bien été l’épicentre des mécontentements, du « printemps arabe » aux mobilisations balkaniques actuelles. Ainsi, en prenant en compte ce contexte régional particulier, bien des similarités sont identifiables entre les différents mouvements. Plus encore, chacun de ces mouvements reprend les modalités d’action des autres et établit donc une connexion entre eux.
Contre la privatisation de l’État
Les mobilisations de l’Europe du sud-est constituent une déclinaison de ce large ensemble, et prennent place dans un contexte économique et social commun : tous ces pays se caractérisent par des régimes (formellement) démocratiques, et sont durement frappés par la crise. Ce sont également tous des pays de la périphérie de l’Europe, où le sentiment d’impuissance à agir sur son destin est encore aggravé par le comportement d’une élite économique et politique irresponsable à bien des égards.
Les processus d’européanisation, au sens d’intégration selon les normes instituées par l’UE, a encouragé un important processus de réformes au cours de la dernière décennie. Toutefois, ce processus a été présenté par les élites locales comme n’ayant pas d’alternatives, et a donc pu être utilisé à servir leurs propres intérêts. Le résultat, c’est cette population qui hausse soudain le ton pour exiger d’avoir voix au chapitre.
Bien des sujets ont été abordés au cours de ces mobilisations : l’austérité imposée, la privatisation de l’espace public et des biens publics, la pauvreté, la corruption, l’inefficacité de l’administration, la dégradation de l’environnement, et les tendances autoritaires de certains régimes.
Tous les pays des Balkans ont été traversés par ces tensions. Si les journaux se sont volontiers concentrés sur les mobilisations contre les politiques d’austérité en Grèce ou le mouvement Occupy Gezi (et sa répression massive) en Turquie, il n’est pas un État de la région qui n’ait fait face à une remise en cause. Certains mouvements se sont initialement concentrés sur des problèmes bien précis, comme l’espace public, les projets d’extraction minière ou les prix injustifiés, ils ont par la suite servi de catalyseur du mécontentement diffus, aboutissant à l’expression d’une volonté de changements politiques radicaux.
Les manifestations ont abouti à la chute du gouvernement en Slovénie, à la démission du Premier ministre bulgare Boïko Borissov, et à l’abandon de réformes controversées - comme la réforme sur le système de santé en Roumanie. Leur versant positif est d’avoir permis l’émergence d’acteurs politiques et sociaux pouvant renouvellement l’espace politique de ces pays.
La tragédie des ressources communes : Acte II ?
En 1968, Garret Hardin publiait son essai La Tragédie des Biens Communs, dans lequel il soutenait que les ressources naturelles accessibles à tous finissent par être surexploitées, et donc détruites, en raison de la tendance de chacun à maximiser son propre intérêt de court terme, à l’encontre donc de la propriété collective. Selon lui, la solution doit venir de l’État, lequel peut réglementer l’accès aux ressources communes afin de garantir leur pérennité pour le bien de tous et sur le long terme.
Les mouvements sociaux qui ont ébranlé l’Europe balkanique posent une nouvelle question : et si l’État était incapable ou réticent à protéger ces ressources communes ? La question en soi n’est pas inédite : l’usage par une minorité des biens de tous est même un lieu commun de la pensée politique. Toutefois, elle n’a pas été posée aussi clairement par le passé dans le cadre de mouvements collectifs. Les déflagrations sociales des années 1970 et 1980, dont l’intensité a culminé en 1989, visaient essentiellement les régimes autoritaires ; tandis que les mobilisations actuellement s’opposent à la fois à des régimes démocratiques et à des régimes autoritaires, qui sont identifiés comme organisant la dilapidation des ressources communes au profit de quelques uns.
Mal agir et ne pas agir
En effet, les mouvements éclatent lorsqu’un bien commun est affecté par un projet d’appropriation privée. Ainsi de la transformation du parc Gezi en centre commercial à Istanbul, et de projets du même ordre à Banja Luka et à Tirana. Non loin de là, à Skopje, le projet gouvernemental Skopje 2014 visant à renouveler l’architecture de la ville afin de lui donner un cachet historique digne des aspirations des nationalistes au pouvoir. À Maribor, des révoltes ont éclaté en novembre 2012 après que la maire Franc Kangler a signé un partenariat avec une compagnie privée chargée de réguler le trafic routier, ayant pour résultat la multiplication des profits pour l’entreprise et la réception d’amendes injustifiées pour les administrés. Enfin, en Roumanie, c’est le projet de mine d’or à ciel ouvert de Roșia Montană qui menace de saccager la campagne environnante qui a rassemblé les opposants.
Dans d’autres cas, ce n’est pas l’atteinte portée aux ressources communes, mais l’incapacité d’agir pour l’intérêt général qui a mobilisé. Ainsi, à Sarajevo, les manifestants ont bloqué le Parlement en juin 2013 après l’échec de l’adoption d’une loi devant permettre de sortir d’une impasse juridique empêchant les nouveau-nés d’obtenir des papiers d’identité, et donc de quitter le pays ou d’être assuré - ce qui a provoqué la mort d’enfants dont l’état de santé nécessitait des soins à l’étranger.
En Bulgarie, deux vagues de contestation ont frappé le pays durant l’année 2013. La première a déferlé entre janvier et mars 2013 : elle était dirigée contre le prix élevé de l’énergie dans un pays où le salaire médian est parmi les plus bas d’Europe, et contre l’impéritie des gouvernements successifs ayant trop longtemps toléré cette situation. Après des élections anticipées, le nouveau gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de nommer un magnat de la presse au passé judiciaire douteux à la tête de l’Agence de sécurité nationale, provoquant ainsi de nouvelles contestations d’ampleur aboutissant à l’annulation de la nomination controversée. La Grèce a été le théâtre de nombreuses oppositions similaires, notamment entre 2010 et 2012, dirigées contre les mesures d’austérités du gouvernement.
Tous ces mouvements partagent des caractéristiques communes, de l’Espagne à l’Égypte. Certes, alors qu’ils étaient dirigés contre des régimes autoritaires dans les pays du Nord de l’Afrique, ils exprimaient en Europe une déception à l’endroit de régimes démocratiquement élus. Mais tous expriment un même sentiment d’injustice face à l’appropriation privée des biens communs, et visent une élite politique effectivement corrompue par la recherche de bénéfices privés dans le cadre de l’exercice d’une fonction publique.
(À suivre...)
Publié dans la presse : 20 février 2014
Mise en ligne : mardi 25 février 2014
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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 17:15

 

 

 

Au fil des éditions, MARS ATTAC est devenu un rendez-vous à ne pas manquer dans le paysage culturel et politique local ! 
Chômage et insécurité sociale, toute-puissance des pouvoirs financiers, pillage des ressources de notre planète, démocraties malades... La crise que notre monde traverse est globale. 
Avec cette semaine de cinéma, de rencontres, de débats, l’association altermondialiste ATTAC Nîmes entend permettre une meilleure compréhension de la situation actuelle mais surtout échanger sur les pistes d’actions possibles et faire connaître des alternatives à ce système prédateur. Sans oublier l'expo photo dont les jolis clichés ont été pris lors du Forum Social Mondial à Tunis en 2013 et le concert des Zaragraf, véritable remède anti-résignation. Un programme nécessaire et enthousiasmant !


     % % %      prévente au cinéma Sémaphore 1 semaine avant chaque séance      % % %

A partir du 26 mars,
expo photo dans la Cafétéria du Sémaphore : "Choghl, horriya, karama wataniya !" : "Travail, liberté, dignité nationale !". Voici le slogan qui a ponctué le dernier Forum Social Mondial qui s'est tenu en mars 2013 à Tunis. L'exposition du photoreporter Mikaël Aurelio Doulson Alberca montre les visages de la résistance des deux rives de la méditerranée, réunis à Tunis le temps de ce rassemblement international.
  
  
Mercredi 26 mars à 20h : LA DETTE 
Documentaire (France) 2013 - 1h10 – réal : Nicolas Ubelmann, Sophie Mitrani – Avec Bernard Maris, Christian Chavagneux, Patrick Viveret,… 
Réforme des retraites, hausse de la TVA, situation financière très préoccupante des hôpitaux, des universités... au nom de la réduction de la dette ! Mais d'ou vient la dette ? Quelles logiques et quels intérêts se cachent derrière ce mot ? Comment s'en sortir ? Fruit de 3 années d'enquête, ce film tente, grâce à de nombreux témoignages, de répondre à ces questions. 
Débat avec  Jean-Marie HARRIBEY, d’ATTAC France et des Economistes Atterrés 
Et  à l’issue du débat, à la cafétéria du Sémaphore : vernissage de l’expo photo et verre de l’amitié.
http://gard.demosphere.eu/rv/1375 
 
 
Jeudi 27 mars à 20h30: CULTURES EN TRANSITION 
Documentaire (France) 2013 – 1h05 – réal : Nils Aguilar
A  contre courant du fatalisme lié aux crises de toutes sortes, il existe  aujourd'hui, un peu partout dans le monde et ici dans le Gard, une évolution collective et conviviale où des citoyens ordinaires tentent de tracer de nouvelles voies. Ce sont leurs initiatives, originales, diverses et variées, qui traduisent cette «transition», en cours vers un futur dépassant l’insécurité alimentaire et les désastres écologiques.
Débat avec Christian MERCIER de "Territoire en Transition Vidourle Vaunage" et Antoine CARLIN directeur du CIVAM (Centre d’Initiatives et de Valorisation de l’Agriculture et du Milieu rural)
 
 
Vendredi 28 mars : soirée « Solidarité Roms » : film-débat-concert !  (13 €)
à 19h30 : CAUSE COMMUNE
Documentaire (France) 2013 – 58 mn – réal : Sophie Averty
Ou comment un Maire refusant « la politique de la patate chaude » a trouvé, avec l’appui d'une poignée de citoyens et d'élus mobilisés par ce combat collectif et politique, une solution digne et pérenne pour la quarantaine de familles roms arrivés à Indre, petite commune des bords de Loire.
Débat avec le collectif nîmois Solidarité Roms
 
et vers 21h30 : concert de ZARAGRAF !
ZARAGRAF, c'est un style, un univers, un « cabaret fantastique » posé entre Balkans et Andalousie, irrigué de rythmes tsiganes et flamenco, avec des clins d'œil rock...
 
Dimanche 30 mars à 11h : MY LAND
Séance avec l’AFPS (Association France Palestine Solidarité Nîmes) dans le cadre de la commémoration de la Journée de la terre en Palestine
Documentaire (France, Maroc) 2012 – 1h22 – réal : Nabil Ayouch
"My land", tourné en 2010 entre des camps de réfugiés palestiniens au Liban et Israël, donne la parole d'une part à des exilés palestiniens forcés de fuir leur village en 1948, et de l'autre à des Israéliens, jeunes pour la  plupart, qui sont nés sur ces terres. Quel rapport les uns et les autres  entretiennent-ils avec ce même lieu ? 
Débat avec Kamal MAHMOUD, Palestinien, ingénieur agronome et président de l'association "Montpellier Palestine Solidarité Rurale"
http://gard.demosphere.eu/rv/1378
 
 
Lundi 31 mars à 20h : LA GRANDE ILLUSION
Soirée avec l’UCCN (Université Critique et Citoyenne de Nîmes) - centenaire 1914-1918
Classique humaniste (France) 1937 – 1h54 – réal : Jean Renoir – Avec Jean Gabin, Pierre Fresnay…
« La Grande Illusion, écrivait François Truffaut, est construit sur l'idée que le monde se divise horizontalement, par affinités, et non verticalement, par frontières. » De là l'étrange relation du film au pacifisme : la guerre abat les frontières de classe. Il y a donc des guerres utiles, comme les guerres révolutionnaires, qui servent à abolir les privilèges et à faire avancer la société.
Débat avec des membres de l’UCCN et d’ATTAC Nîmes
 
 
Mardi 1er avril à 20h : LES PETITS GARS DE LA CAMPAGNE
Soirée avec la Confédération Paysanne
Documentaire (France) 2014 – 1h40 – réal : Arnaud Brugier
Le film, en allant à la rencontre d'agriculteurs européens, montre le rôle fondamental de la PAC (Politique Agricole Commune) depuis 50 ans dans les changements de productions agricoles et les évolutions économiques, sociales et environnementales des territoires.
Débat avec le réalisateur
 
 
Mercredi 2 avril à 20h : NO GAZARAN
Soirée avec le collectif Nîmes Anti-Schistes
Documentaire (France) 2014 – 1h30 – réal : Doris Buttignol, Carole Menduni
L’alerte est lancée dans le sud est de la France début 2011 : le gaz de schiste arrive dans nos villages, nos paysages, nos vies. Carnet de route d’une mobilisation citoyenne imprévue, le film témoigne des soubresauts d’une société prise au piège d’un modèle économique en crise.
Débat avec Maxime COMBES, de la commission « Ecologie et Société » d’ATTAC France
Et plus tard, le mardi 22 avril à 20h30 : LA 4e REVOLUTION, VERS L’AUTONOMIE ENERGETIQUE
Documentaire – 1h22 – réal : Carl-A Fechner
Dépassant les mises en garde pessimistes sur le changement climatique, le documentaire montre que des solutions sont possibles pour passer aux énergies renouvelables dans les trente ans à venir. Dans les diverses régions de la planète, le film va à la rencontre de personnes qui, à des titres divers, mènent des actions concrètes pour rendre possibles l’abandon des énergies fossiles et du nucléaire.
Débat avec Simon COSSUS, d’Enercoop LR (fournisseur d’énergies renouvelables) 

Pour plus de renseignements :
Cinéma le Sémaphore – 25, rue Porte de France / Tél : 04 66 67 83 11 / Web : www.cinema-semaphore.fr
Pour des infos sur Attac (Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne).
www.france.attac.org / www.local.attac.org/attac30 / nimes@attac.org / 04 66 38 22 95

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 17:02

 

  *Note perso : Le choix de certaines infos transmises ci-dessous sont propres à leur auteur(e) et ne sont relayées qu'à titre indicatif...

 

Transmis par "Les alternatifs30"

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 

 


 

 

 

 LES INDIGNE/E/S -  AG chaque mercredi 18h et samedi  13h -  Maison Carrée

 


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Lundi 17 mars

Rassemblement pour le maintien de la Cour d’Appel de Nîmes

Palais de justice

11h30

Mardi 18 mars

Vivons nîmes ensemble « pour l’emploi, la solidarité, les services publics, une politique municipale offensive »témoignages+++ 

Local Place Révolution

12 à 14h

Mardi 18 mars

Journée d’action et de mobilisations contre l’austérité, le « Pacte de responsabilité » CGT/FO/FSU/SOLIDAIRES +++ manif Nîmes

Carré d’Art

15h

Mardi 18 mars

Soirée Occitane Vivons nîmes ensemble: intervention / débat/  baleti/ contes ..

Local Place Révolution

18h30

Mercredi 19/3

Réunion préparatoire Foire autogestion Gard 13/14/15 juin

 

 

Jeudi 20 mars

Soirée Transition Energétique  Vivons nîmes ensemble

Local Place de la Révolution

18h

Vendredi 21 mars

Veillée culturelle et Républicaine à l’appel du Mobile Homme Théâtre

26 rue Porte des Maréchaux         Saint –Gilles

Dès 18h30

Vendredi 21 mars

Soirée conviviale Vivons nîmes ensemble

Place Révolution

20h

Samedi 22 mars

-Femmes en Noir pour la Palestine

- Rassemblement AFPS

Place de l’horloge

Carré d’Art

11 à 12h

15 à 17h

Samedi 22 mars

Action anti Grand Marché Transatlantique / anti TAFTA

Nîmes place de l’Horloge

15h

Dimanches 23 et 30 mars

1er et 2ème tours des Elections municipales

Tous bureaux de vote

De 8 à 18h

Mardi 25/3

Conf/débat par l’Observatoire International Prisons« Défendre en justice la cause des personnes détenues » avec S.Slama(CREDOF) , N.Ferran,Dr Droit

Université vauban Amphi A3

18h

Du 26/3 au 2 avril

MARS ATTAC Semaine du cinéma altermondialiste

Ciné Sémaphore

 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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