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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 17:59

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Sotchi 02/02/2014 à 16h12

Les JO de Sotchi ? Du grand n’importe quoi : la preuve en cinq histoires

Clément Guillou | Journaliste Rue89

 

l faut reconnaître deux choses au moins au Comité international olympique :

  • on n’a jamais autant parlé des JO d’hiver ;
  • les confier à une station balnéaire défraîchie n’était pas aussi absurde qu’offrir la Coupe du monde de foot à un émirat grand comme l’Ile-de-France, où les températures l’été atteignent 45 degrés à l’ombre.

Mais les mois de polémiques qui ont précédé les Jeux olympiques de Sotchi montrent à quel point le CIO a fait, en 2007, le choix le plus compliqué en choisissant cette petite ville du bord de la mer Noire. Aux dépens des candidatures, plus modestes et de saison, de Salzbourg (Autriche) et Pyeongchang (Corée du Sud).

Rappel, en cinq histoires, de la façon dont Poutine a préparé « ses » Jeux.

                                                                                                                                                                                                                              1 l y a quatre ans, il y avait une seule remontée mécanique à Sotchi


 


Sur une plage de Sotchi en 1992 (SICHOV/SIPA)

 

Un jour de l’hiver 2002, skiant en Autriche avec son ami oligarque Vladimir Potanine et le chancelier Wolfgang Schüssel, Vladimir Poutine fait le constat qu’il serait incapable d’en faire de même dans son pays, qui ne compte pas une seule station de sports d’hiver digne de ce nom.

Développer ce nouveau tourisme en Russie devient un nouvel objectif du sportif président, et c’est un Américain spécialiste des stations de sports d’hiver qui lui suggère le Caucase du Nord, plus particulièrement le village de Krasnaïa Poliana, comme lieu d’implantation.

Il confie le projet à Potanine, qui annonce la construction de la station de Rosa Khoutor (« Ferme rose ») en 2005.

En 2007, les inspecteurs du CIO découvrent un champ de neige. En 2010, l’actuel exploitant de Rosa Khoutor, le Français Jean-Marc Farini, visite un site doté d’une seule remontée mécanique. La station ouvre l’année suivante.

Trois ans plus tard, Rosa Khoutor revendique seize remontées mécaniques pour 77 kilomètres de pistes.

Moscou ambitionne de construire dix stations dans le Caucase du Nord, y compris au Daguestan et en Tchétchénie, et d’y attirer 3,5 millions de touristes par an.

Farini raconte au magazine Néon :

« Les Russes ont réalisé en quelques années ce que les Français ont fait en quarante ans de Plan neige. Peu de pays seraient capables de ça, même si on peut émettre des critiques. »

                                                                                                                                                                                                                                 2 Le pionnier des sports d’hiver en Russie a dû revendre sa station à Gazprom


 


Le chantier de la piste de bobsleigh des JO dans la station d’Alpika (LEON NEAL / AFP)

 

Ces dernières années, les expropriations abusives se sont multipliées dans la région de Sotchi (lien payant), comme avant les JO d’été à Pékin. Les habitants ont été relogés dans des barres HLM sans âme en périphérie.

Les immeubles ont poussé anarchiquement dans le centre-ville, défiant toute logique urbanistique, et les projets de l’oligarque Oleg Deripaska ne sont accessibles qu’aux touristes millionnaires.

Piotr Fedine, lui, n’a pas été exproprié. Mais on lui a fait une offre qu’il ne pouvait refuser.

Plusieurs journaux, dont Le Monde et Géo, ont raconté l’histoire de ce visionnaire amateur de ski extrême qui, dès 1992, a misé sur le développement des sports d’hiver dans le Caucase du Nord.

Il monte alors, avec ses petits moyens et ses trois enfants, la station de ski d’Alpika, autour de Krasnaïa Poliana. Un succès limité jusqu’à la visite du nouveau président Vladimir Poutine, en 2000. Il prend l’unique télésiège, dévale la piste avec adresse, et reviendra fréquemment, inspirant quelques admirateurs fortunés.

En 2008, peu après l’attribution des Jeux, un avion de la compagnie Gazprom, monopole d’Etat, se pose à Krasnaïa Poliana. Des hommes suggèrent à Fedine de l’accompagner et, sur le chemin du retour à Moscou, lui expliquent qu’il va falloir vendre.

Ce sera 15 millions de dollars, « alors que le prix est trois fois supérieur », s’est-il plaint au Monde (lien payant) :

« Après trois ans de pressions, on a dû affronter des plaintes absurdes en justice, ainsi que des tentatives de liquidation judiciaire. Je n’en pouvais plus. »

A Alpika seront disputées les épreuves de bobsleigh.

                                                                                                                                                                                                                               3 Le maire de Sotchi a obtenu 77% des voix aux élections


 


Anatoli Pkhomov, maire de Sotchi, brandit le drapeau olympique que vient de lui donner Jacques Rogg, président du CIO, à Vancouver en 2010 (Jae C. Hong/AP/SIPA)

 

Vladimir Poutine s’est rendu fréquemment à Sotchi pour surveiller l’avancée des travaux. Mais il lui fallait tout de même placer un fidèle à l’hôtel de ville. En 2009, une parodie d’élections a permis à Anatoli Pakhomov d’être réélu à 77% – 25 candidats déclarés, six habilités à se présenter, un seul autorisé à dépasser les 50%.

Le libéral Boris Nemtsov, originaire de Sotchi et ancien vice-premier ministre de Boris Eltsine, faisait figure d’opposant crédible. Il fut aspergé d’ammoniac et sali dans des clips diffusés par la télévision locale.

Dans un reportage (lien payant) réalisé à l’époque des élections, la correspondante du Monde en Russie, Marie Jégo, écrivait :

« Une semaine avant le scrutin, les fonctionnaires – enseignants, médecins, employés – ont été incités à voter par anticipation, au prétexte qu’ils travailleront dimanche 26 avril.

“Je n’y comprends rien. En réalité, nous ne travaillons pas le dimanche, or on nous emmène voter pendant nos heures de travail”, s’étonne un instituteur ramené en autobus, mercredi 15 avril, dans un bureau de vote improvisé à Adler, à dix kilomètres de Sotchi.

Lui et des centaines d’autres personnes vont cocher leur bulletin autour d’une table ronde, sous l’œil attentif de leur hiérarchie. »

Le maire Pakhomov, un apparatchik rondouillet, est plus poutinien que le président lui-même. Il est persuadé qu’il n’y a pas d’homosexuels dans sa ville de 400 000 habitants, pourtant dotée de deux bars gays. Et demande à ceux qui viendront pendant les Jeux de ne pas « imposer leurs habitudes aux autres », en vertu de la loi contre la « propagande homosexuelle ».

                                                                                                                                                                                                                             4 Les tremplins de saut à ski ont coûté 200 millions d’euros et deux exils

 


Le chantier de construction d’un tunnel train-route entre Sotchi et Alpia, en 2010 (MIKHAIL MORDASOV / AFP)

 

La gabegie des Jeux de Sotchi est illustrable par mille exemples. Le plus connu : la route et le chemin de fer reliant Adler, dans la banlieue de Sotchi, aux montagnes de Krasnaïa Poliana, pour un coût estimé de 6,5 milliards de dollars, l’équivalent du coût total de l’organisation des JO de Vancouver.

Un désastre environnemental, « l’une des plus grandes escroqueries de l’histoire des Jeux », selon l’opposant Boris Nemtsov. Une prouesse technique équivalente au TransSibérien, selon son promoteur, la président de la compagnie ferroviaire publique russe.

Le magazine russe Esquire a calculé qu’on aurait pu, pour ce prix, recouvrir la route d’un centimètre de caviar Beluga (ce qui eût été pire gâchis encore).

Le cas du tremplin de saut à ski est tout aussi absurde et vaut aujourd’hui un exil londonien à deux frères jusqu’à peu très en cour au Kremlin. Comme pour tant d’autres installations, les scientifiques ont été plutôt négligés avant le début des travaux.

Le chantier, qui doit coûter initialement 28 millions d’euros, commence en 2008 sans étude géologique préalable selon l’enquête de Bloomberg Businessweek. Sur un sol trop meuble, gorgé d’eau, sujet aux glissements de terrains. Au printemps 2012, des millions de tonnes de boue dévalent la colline où le tremplin est en cours de construction.

A ce stade, la facture est déjà de 100 millions d’euros. Elle doublera. Victime de ce fiasco : les frères Bilalov, « gagnants » du contrat. Magomed l’entrepreneur, Akhmed le politique, copain du gouverneur régional et vice-président du Comité olympique.

Lorsque Vladimir Poutine vient visiter le chantier le 6 février 2013, un an avant les Jeux, il feint de découvrir que le tremplin n’est pas terminé et que les coûts ont explosé. Devant les caméras, manteau noir et visage fermé, Poutine lâche un sarcastique : « Bravo, bon boulot. » Le sort des Bilalov est scellé.

Ils vivent aujourd’hui à Londres après un passage, selon eux, à l’hôpital de Baden-Baden pour soigner un empoisonnement au mercure.

Depuis avril, Akhmed Bilalov est poursuivi par la justice russe pour abus de pouvoir. Ses dépenses somptuaires aux frais de l’Etat ont été étalées dans la presse. Leurs parts majoritaires dans l’entreprise Krasnoïa Poliana ont été rachetées pour une bouchée de pain.

                                                                                                                                                                                                                              5 Les combats dans la région ont fait près de mille morts l’an dernier

 


Des policiers en patrouille sur un site olympique de Krasnaya Polyana samedi (Gero Breloer/AP/SIPA)

 

Vladimir Poutine a fait de l’événement un enjeu de politique intérieure. Il s’agit aussi d’affirmer le pouvoir du Kremlin dans la région, où les islamistes opèrent sur un territoire grandissant. Des Jeux sans incident majeur justifieraient son virage en la matière ces derniers mois, décrit comme « maladroit » par le groupe de réflexion International Crisis Group :

« Au Daguestan, par exemple, les tentatives de réinsertion des insurgés et de dialogue avec les salafistes les plus modérés ont fait place à une large répression contre les fondamentalistes. La même politique a été appliquée en Ingouchie et la sécurité a été renforcée partout.,

Ces mesures pourraient temporairement supprimer les symptômes de l’insurrection au Caucase du Nord, mais elles ne peuvent mettre fin aux problèmes de fond. La région a besoin d’une paix durable, plus d’opérations à grande échelle. “

Sotchi et Krasnaïa Poliana vont ressembler à des forteresses avec, selon les sources, entre 37 000 et 100 000 hommes sous l’autorité du FSB, pour 343 000 habitants en temps normal. L’atmosphère risque d’être un peu moins légère que lors d’autres éditions des JO d’hiver. Ils étaient 6 000 policiers à Vancouver, il y a quatre ans.

Une loi d’exception interdit certains déplacements en voiture, donne aux forces de l’ordre des moyens d’écoute et des pouvoirs d’enquête et d’interpellation faisant passer les services français pour de gentils militants des droits de l’homme.

Les autorités américaines affichent leur inquiétude et laissent à disposition en cas de crise deux vaisseaux de l’US Navy en mer Noire ; les athlètes français seront accompagnés par le Raid et le GIGN. Bonne ambiance.

Il faut dire que le conflit armé dans le Nord-Caucase a fait 986 victimes en 2013 (selon le site Caucasian Knot) et que trois attentats suicide ont frappé Volgograd en fin d’année.

Les cibles des forces russes sont les ‘veuves noires’, des compagnes d’islamistes tués et coupables des attentats suicide les plus marquants ces dernières années en Russie . Tous les agents patrouillant à Sotchi ont sur eux des photos de jeunes femmes du Daguestan, couvertes d’un foulard ou d’un hidjab, et qui se sont évanouies dans la nature ces dernières semaines.

Plus Poutine lie son image au succès des Jeux de Sotchi, plus ceux-ci deviennent une cible de choix pour les islamistes. Mais les experts soulignent que plus Sotchi devient difficile à frapper, moins les autres villes russes sont sécurisés.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 22:50

 

Source : www.politis.fr

 

Par Erwan Manac’h - Suivre sur twitter - 1er février 2014

                                                                                                                                                                                     Les « Fralib » touchent du doigt leur rêve de coopérative

 

 

                                                                                                                                                                                Les ouvriers de l’usine occupée de Gémenos ont reçu la visite d’un industriel qui pourrait rouvrir le carnet de commandes de l’usine fermée en 2010.

 

 

Après onze mois sans salaire et l’annulation d’un troisième plan social, les « Fralib » ont des raisons d’espérer. Pour la première fois en trois ans de lutte, le groupe multinational a accepté de discuter des conditions d’une reprise de l’activité par les ouvriers. Mais surtout, l’usine intéresse des industriels du secteur.

Les chaînes de production, rachetées par la communauté urbaine d’Aubagne en septembre 2012 et entretenues depuis par les salariés, ont été brièvement remises en route mardi 28 janvier à l’occasion d’une visite d’un groupe « qui intervient dans le thé au niveau mondial ». Son nom est tenu secret, mais il pourrait prochainement offrir aux Fralib les « volumes » de débouchés qu’ils attendent pour reprendre, ou moins partiellement, l’activité.

Cela sonnerait aussi la fin d’un mano a mano entre la direction du groupe Unilever et les salariés de Fralib qui réclament de pouvoir exploiter la marque Elephant, dont la production a été délocalisée en Pologne.

90 000 euros par salarié pour clore le bras de fer

Pour l’heure, la bagarre se poursuit. Condamné par la justice à revoir son troisième plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sous peine d’une astreinte financière de 10 000 par jour [1], la multinationale a présenté un quatrième PSE le 15 janvier pour les 14 salariés protégés… Sur 182 ex-employés au total. Elle a toutefois légèrement infléchi sa stratégie de pourrissement en participant à des discussions confidentielles.

« Pour la première fois, Unilever propose des moyens pour nous permettre de lancer la coopérative », raconte Olivier Leberquier, délégué CGT des ouvriers. Elle a elle-même pris l’initiative de révéler par voie de presse le montant qu’elle met sur la table : 2,3 millions. « La philosophie de l’accord pourrait nous satisfaire, mais les lignes budgétaires sont très insuffisantes », juge Olivier Leberquier.

 

 

Sur les 182 salariés mis sur le carreau par Unilever en 2010 (malgré des bénéfices de 4,2 milliards d’euros), 76 restent mobilisés. Dans le cadre d’une procédure de conciliation lancée au moment du troisième PSE (annulé depuis par la justice), l’entreprise leur a proposé, le 20 janvier, une enveloppe de 90 000 euros chacun pour mettre fin au conflit. Ils ont tous refusé.

« Ce que nous voulons, c’est mettre en place la scop et travailler. Pour cela, Unilever doit assumer sa responsabilité. Il avait désinvesti cette usine, la remise en état des machines est donc de leur ressort », juge Gérard Cazorla, ancien mécanicien et secrétaire du CE de Fralib.

Les Fralib espèrent redémarrer en privilégiant des circuits de fournisseur et de distribution respectueux de l’environnement. « Avant qu’Unilever ne décide de se fournir à l’étranger, la France produisait 400 tonnes de tilleul. Il n’est presque plus cueilli aujourd’hui, alors que les arbres sont toujours là », raconte Olivier Leberquier. « Aujourd’hui, le tilleul est importé d’Amérique latine jusqu’à Hambourg. Il est coupé dans l’Est de l’Allemagne, conditionné en Pologne, pour être enfin distribué en France. Cela n’a pas de sens ».

 


 

Dans le gigantesque hangar sous une vingtaine de mètres de plafond, ce samedi, Yves Baroni, 15 ans de maison, fait un tour des lignes de production, pour expliquer aux visiteurs leur fonctionnement. Des boîtes de thé sont encore alignées sur les tapis.

« Nous avons passé 4 jours de l’an, 4 Noëls à l’usine. Nous y sommes plus qu’à l’époque où nous travaillons », raconte-t-il. Avec les tentatives d’intimidation, les interminables procédures en justice, les situations personnelles parfois compliquées et les campagnes de dénigrement médiatiques, « ça n’est pas simple », concède-t-il. « Mais je ne peux pas dire que je regrette. Même si on perd, on aura au moins cette fierté d’avoir levé la tête »

Les « Fralib » poursuivent aussi leur engagement dans le mouvement coopératif en lien avec d’autres usines occupées. Vendredi et samedi, ils accueillaient entre leurs murs des travailleurs et militants du monde entier, venu témoigner de leurs expériences locales (reportage à suivre sur Politis.fr).

 

Ils rappellent enfin le gouvernement socialiste à ses promesses. Durant la campagne présidentielle, l’actuel ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg avait promis de réquisitionner la marque Eléphant.

[1] Depuis le 7 décembre 2013. L’astreinte était de 3 000 les 10 premiers jours.

 

 

Source : www.politis.fr

 

 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 22:34

 

Source : www.journaldunet.com

 

 

 

Obsolescence programmée : 11 astuces des fabricants

 

22/01/14 17:47

 

 

l'obsolescence programmée consiste à planifier délibérément et volontairement la 

L'obsolescence programmée consiste à planifier délibérément et volontairement la durée de vie d'un produit. © Soul - Fotolia.com


L'obsolescence programmée consiste à planifier délibérément et volontairement la durée de vie d'un produit. Bien entendu, aucun fabricant ne vend de biens s'autodétruisant à une date précise. Néanmoins, les astuces pour pousser les consommateurs à remplacer le plus vite possible ordinateurs, machines à laver ou encore vêtements sont légion. Découvrez les pratiques plus ou moins avouables des fabricants.

 

 

L'appareil irréparable


sur certains modèle de téléphone, la batterie est soudée ou collée, donc quasi 
Sur certains modèle de téléphone, la batterie est soudée ou collée, donc quasi impossible à remplacer. © jamesbin - Fotolia.com

Rendre un appareil irréparable est un classique de l'obsolescence programmée. L'exemple le plus connu de cette astuce est celui de l'iPod (première, deuxième et troisième génération), dont la batterie n'était pas amovible. Au bout de 18 mois environ, lorsqu'elle était usée, le baladeur était bon à jeter. Apple a évité de justesse le procès en dédommageant ses clients. Et que dire du radio réveil Phillips simulateur d'aube, dont il est expliqué sur le mode d'emploi que l'ampoule n'est pas remplaçable. "Quand l'ampoule est morte, le réveil à 190 euros doit être jeté", s'énerve un utilisateur sur le forum du site Que choisir.

Solution : se tourner vers les sites spécialisés comme iFixit (américain) ou CommentReparer.com, qui donnent des astuces pour réparer soi-même son matériel.

 

 

  L'incompatibilité


impossible de brancher le dernier ipod 5 sur la même prise que les précédents 
Impossible de brancher le dernier iPod 5 sur la même prise que les précédents modèles ou d'utiliser vos vieux jeux sur une nouvelle console. © Michael Nivelet - Fotolia.com

Vous avez acheté une nouvelle console ? Il va falloir renouveler tout votre stock de jeux. Votre ordinateur vous demande de mettre à jour votre anti-virus ? Vous souhaitez installer la dernière version d'iTunes ? Pas de chance : votre appareil est déjà trop vieux et incapable de supporter les nouvelles versions de ces logiciels. "Windows 7 nécessite 15 fois plus de puissance processeur que Windows 98, 85 fois plus de mémoire vive et 68 fois plus d'espace disque", déplore Frédéric Bordage, sur son site GreenIT.fr. Du coup, même si votre ordinateur fonctionne encore, ses performances seront très limitées. Impossible également de brancher le dernier iPod 5 sur la même prise que les précédents modèles. Il faut alors remplacer tous les accessoires.

 

 

Les pièces détachées manquantes ou hors de prix


une simple panne, et le coût de remplacement de la pièce usagée dépasse 
 Une simple panne, et le coût de remplacement de la pièce usagée dépasse fréquemment celui d'un appareil neuf. © Thomas Jansa - Fotolia.com

Si votre robot mixeur date de plus de cinq ans, il y a fort à parier que vous aurez du mal à trouver des lames pour remplacer celles usagées. Et quand bien même elles seraient encore disponibles chez un revendeur, leur remplacement ne serait sans doute pas rentable. Pourquoi payer 25 euros pour remplacer une lampe de four micro-ondes lorsqu'on peut acheter un four neuf à moins de 30 euros ?

Certaines pratiques font gonfler la facture inutilement. Lors d'une panne de la carte d'alimentation sur un écran plat, les réparateurs vont vous proposer de changer la carte entière (600 euros) alors que le remplacement d'un composant coûte... 30 centimes, comme l'a révélé une enquête d'Envoyé spécial de 2010. Une proposition de loi du sénateur écologiste Jean-Vincent Placé propose un accès aux pièces détachées pendant une durée minimale de 10 ans.

 

 

L'obsolescence fonctionnelle


dans des secteurs où l'évolution technologique est de plus en plus rapide, 
Dans des secteurs où l'évolution technologique est de plus en plus rapide, l'innovation crée le besoin. © koya979 - Fotolia.com

Une nouvelle touche "lavage intelligent" sur le lave-vaisselle, un micro-ondes qui calcule lui-même le temps de cuisson, une télévision haute définition ou un ordinateur avec un processeur deux fois plus puissant : "l'obsolescence fonctionnelle" correspond au fait qu'un produit ne réponde plus aux nouveaux usages attendus, selon la définition de l'Ademe. Dans des secteurs où l'évolution technologique est de plus en plus rapide, l'innovation crée le besoin. Depuis 2010, Apple a sorti pas moins de 18 modèles différents de son iPad ! Selon Christian Lafferère, directeur du site Love2recycle.fr (une entreprise qui recycle les téléphones), les Français changent de téléphone tous les 18 mois en moyenne. Le plus souvent, il s'agit pourtant d'innovations cosmétiques, pointe du doigt l'association de consommateur Que Choisir.

 

 

Les réparateurs incompétents


seuls 44 % des appareils qui tombent en panne sont réparés. c'est même moins de 
Seuls 44 % des appareils qui tombent en panne sont réparés. C'est même moins de 20% pour les appareils hors garantie. © Minerva Studio - Fotolia.com

"Un réparateur dispose en moyenne de 15 à 20 minutes pour une intervention", se désole Linda Bendali, journaliste pour Envoyé spécial et auteur d'un reportage sur le sujet diffusé en 2010. Manque de temps, mais aussi de compétence : une panne sur un lave-linge provoquée volontairement par un simple fil débranché n'a pas pu être diagnostiquée dans trois cas sur quatre, comme l'a montré le reportage d'Envoyé spécial. "Les techniciens sont de moins en moins formés aux gestes techniques", déplore Linda Bendali.
A la décharge des réparateurs, il faut avouer que les appareils sont de plus en plus sophistiqués. "La majorité des produits sont fabriqués en Chine [...], les données techniques sont plus complexes à récupérer", rapporte un responsable du service après-vente de Carrefour à l'association Les Amis de la Terre. Résultat : seuls 44 % des appareils qui tombent en panne sont réparés, selon l'Ademe. C'est même moins de 20% pour les appareils hors garantie.

 

 

La mode jetable


dans certaines enseignes, les collections ne restent pas plus d'une semaine en 
Dans certaines enseignes, les collections ne restent pas plus d'une semaine en rayon pour inciter à l'achat immédiat. © Andrey Bandurenko - Fotolia.com

Oublié, l'unique catalogue de La Redoute qui faisait date dans la saison. La "fast fashion" sévit partout, comme l'a dénoncé la journaliste britannique Lucy Siegle dans un livre publié en 2011. Chaque femme achète en moyenne près de 30 kilos de vêtements chaque année et 30% de ces habits ne sont même jamais portés. Une véritable stratégie de la part des marques, qui profitent d'une main d'œuvre à bas coût pour inonder le marché. Zara produit par exemple plus de 12 000 vêtements différents chaque année, selon la journaliste.

Symbole de cette mode jetable, l'enseigne irlandaise Primark qui a ouvert fin 2013 en France son premier magasin. De la mode ultra discount, avec une robe moulante à 15 euros à porter juste le temps d'une soirée... quitte à la mettre ensuite à la poubelle.

 

 

La fabrication bas de gamme


une fabrication à la va-vite entraîne des pannes plus fréquentes.  
Une fabrication à la va-vite entraîne des pannes plus fréquentes. © tusumaru - Fotolia.com

La spectaculaire chute des prix des appareils ménagers (-23% depuis 1998 selon l'Insee) cache une autre réalité : celle de la fabrication low cost. Dans les téléviseurs à écran plat par exemple, le condensateur, un élément sensible à la chaleur, est le plus souvent placé à côté des dissipateurs sur la carte d'alimentation. Comme l'a montré un épisode de "Cash Investigation" diffusée sur France 3, cela réduit drastiquement la durée de vie du condensateur et donc de l'appareil.

Autre exemple : huit lave-linges sur dix sont désormais équipés de cuves en plastique plutôt qu'en inox, qui peuvent se casser facilement. Selon des experts interrogés dans une émission d'Envoyé spécial, les machines à laver seraient conçues pour résister à 2 500 cycles de lavages maximum et les téléviseurs pour 20 000 heures d'utilisation.

 

 

La date de péremption avancée

il est parfaitement possible de déguster un produit laitier plus d'une semaine Il est parfaitement possible de déguster un produit laitier plus d'une semaine après la date limite, et ce sans danger. © FOOD-micro - Fotolia.com

La DLC (date limite de consommation) indiquée sur les produits alimentaires  est-elle à respecter au pied de la lettre ? Pas si l'on en croit les associations de consommateurs. Charles Pernin, chargé de mission alimentation et santé à l'association CLCV, affirme ainsi que l'on nous vend des produits à dates raccourcies juste "pour assurer un certain niveau de rotation dans les rayons". La preuve : jusqu'en 2013, certains produits frais à destination des départements d'outre-mer bénéficiaient d'une DLC allongée de 20 jours pour les yaourts ou même 80 jours pour du gruyère râpé.

En réalité, il est parfaitement possible de déguster un yaourt plus d'une semaine après la date limite, et ce sans danger (à condition de bien les conserver). En moyenne, les Français jettent chaque année 20 kilos de déchets alimentaires, dont 7 kilos de produits non consommés encore emballés, selon une étude  de l'Ademe.

 

L'usure artificielle


les avertissements de niveaux d'encre fournissent des estimations... qui ne 
Les avertissements de niveaux d'encre fournissent des estimations... qui ne dépendent pas du niveau réel des cartouches. © SM Web - Fotolia.com

Les fabricants d'imprimantes limitent-ils délibérément la durée d'utilisation de leurs appareils? Si l'on en croit le documentaire "Prêt à jeter", diffusé en 2010 sur Arte, une puce insérée dans imprimante bloquerait le nombre de copies à 18 000 pages ou 5 ans d'utilisation. Le fabricant mis en cause dans ce documentaire dément vigoureusement toute pratique de ce genre et l'association Que Choisir avoue ne jamais avoir observé de tels faits.

Nul besoin d'une longue enquête, en revanche, pour s'apercevoir que le message vous prévenant que la cartouche d'encre est à changer intervient largement avant qu'elle soit réellement vide. Même les fabricants comme HP reconnaissent que les avertissements de niveaux d'encre fournissent des estimations "à des fins de planification uniquement".

 

 

L'inflation de nouvelles normes


la taille règlementaire des vestiaires des arbitres de football augmente en 
La taille règlementaire des vestiaires des arbitres de football augmente en fonction des classements sportifs. © Joachim B. Albers - Fotolia.com

Avec 400 000 normes officiellement recensées, la France est aujourd'hui le pays le plus réglementé du monde, rapporte Philippe Eliakim, dans son livre "Absurdité à la française". Dans un reportage de "Pièces à conviction" diffusé sur France 3 en octobre 2013, on voit par exemple que les normes régissant la taille des potelets (qui délimitent l'espace sur la voie publique) ont subi deux changements en cinq ans, forçant les maires à réinvestir dans de nouveaux potelets. Autre exemple : la taille règlementaire des vestiaires des arbitres de football, fixée par la Fédération française, qui augmente en fonction des classements sportifs. Pour peu que l'équipe gagne une division, et il faut changer les installations.

Selon un rapport parlementaire de 2013, les seules mises aux normes imposées entre 2009 et 2011 ont coûté 2,3 milliards d'euros aux collectivités en 2011.

 

 

L'argument écologique


entre 1994 et 2010, trois primes d'incitation à l'achat ont gonflé 
Entre 1994 et 2010, trois primes d'incitation à l'achat ont gonflé artificiellement les ventes de voitures neuves. © freehandz - Fotolia.com

L'argumentaire écologique consiste à inciter les consommateurs à se débarrasser de leur ancien équipement sous prétexte d'en acquérir de nouveaux plus respectueux de l'environnement. L'exemple le plus frappant est celui de la "prime à la casse" automobile. Entre 1994 et 2010, trois primes d'incitation à l'achat ont gonflé artificiellement les ventes de voitures neuves. Un procédé, qui, en plus d'être discutable sur le plan écologique, est très couteux pour les finances publiques.

Le même argument est utilisé par le Gifam, qui regroupe les fabricants d'appareils ménagers : "le renouvellement des 25 millions d'appareils électroménagers de plus de 10 ans par des appareils récents performants permettrait d'économiser 5,7 milliards de kWh". Un chiffre qui ne prend pas en compte l'impact environnemental de la fabrication des nouveaux appareils.

 

 

Il est impossible de parler d'obsolescence programmée délibérée de la part des fabricants. C'est du moins la position des associations de consommateurs. Selon Que Choisir, l'âge moyen d'un appareil électroménager est même passé de six ans en 2008 à sept ans et quatre mois en 2013. Et les taux de fiabilité frôlent les 90% dans la plupart de cas. De plus, pourquoi les industriels auraient-ils besoin de dégrader intentionnellement la solidité de leurs produits ? Dans 40 à 50% des cas, les appareils sont remplacés alors qu'ils sont encore en état de fonctionner, d'après un sondage TNS Sofres/Gifam de 2011.

 

 

Durée d'usage estimée des appareils ménagers

 

 

Appareil                                 Durée d'usage estimée

Source : Ademe, Que Choisir

 

Télévision                                 7 ans

Imprimante                               3 à 5 ans

Ordinateur portable                   3 à 12 ans

Téléphone mobile                     20 mois à 6 ans

Ampoule à incandescence        1 000 heures

Ampoule fluo-compacte            6 000 à 15 000 heures

Tube néon                               24 000 à 70 000 heures

Aspirateur                               6 ans

Lave-linge                               15 ans

Four encastrable                     6 à 7 ans

Four micro-ondes                    6 à 7 ans

Cuisinière                               7 à 8 ans

Tables de cuisson                   6 à 7 ans

Congélateur                            6 à 7 ans

Réfrigérateur                           6 à 7 ans

 

 

Source : www.journaldunet.com

 

 


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 22:08

 

 

Source : www.voussaveztout.com

 

LES RENCONTRES MONDIALES DU LOGICIEL LIBRE POUR LA 1ÈRE FOIS À MONTPELLIER ! 15 000 VISITEURS ATTENDUS

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 Les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre (RMLL, prononcez re-me-le) sont un cycle de conférences, d’ateliers et de tables rondes autour du Libre et de ses usages. Cet événement s’organise chaque année dans une ville différente, rassemblant plusieurs milliers de personnes. Pour la première fois à Montpellier, la 15e édition des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre se déroulera du 5 au 11 juillet 2014 à l’Université de Montpellier 2 pour les conférences, les ateliers et le village associatif, et la place de la comédie pour les journées "grand public". La participation est gratuite et libre d’accès pour tous.

Le comité organisateur des RMLL2014 à Montpellier est représenté par la FRUL "Fédération Régionale des Utilisateurs du Libre". La création de la FRUL a pour but de rassembler tous les acteurs régionaux du libre autour d’événements, de manifestations, de conférences… sur des thématiques liées aux logiciels libres, et toutes autres sortes d’expression du libre.

Les RMLL sont considérées depuis leur création comme le point de rencontre mondial de tous les acteurs clés du logiciel Libre. Cependant, la ville de Montpellier, classée au rang de 3e ville de congrès en France, accueille pour la première fois les RMLL. Cette édition constitue un événement culturel majeur pour la ville, en s'intègrant en parfaite adéquation avec l'orientation suivie depuis plusieurs années par les collectivités, les administrations, les écoles et les universités, ainsi que les acteurs locaux du libre.

Le fil conducteur de cet événement de Montpellier sera de remettre l'individu au cœur du libre: « Le Libre et vous». L’idée du fil rouge pour l'édition 2014 des RMLL est de remettre l’individu au cœur du Libre. Trop souvent dans l’utilisation des outils, la technique et les logiciels l'emportent sur le côté humain. Ainsi, l’individu ne contrôlant plus rien, se trouve lui-même contrôlé. C’est pourquoi, nous voulons refaire prendre conscience que sans l’humain, il n’y a pratiquement rien. Ainsi, l'individu se construit son monde, à lui de choisir sa philosophie, ses outils, sa culture, ou de les créer le cas échéant parmi la palette de solutions libres qui se présente à lui.

Qu’est-ce qu’un logiciel Libre ?
Un logiciel libre se définit par les libertés d’usage, d’étude, de copie, de modification et de redistribution que sa licence garantit juridiquement à l’utilisateur. Ces libertés sont définies par la Free Software Foundation1 de la manière suivante :
Liberté 0 : La liberté d’exécuter le programme pour tous les usages
Liberté 1 : La liberté d’étudier le fonctionnement du programme
Liberté 2 : La liberté d’en redistribuer des copies
Liberté 3 : La liberté d’améliorer le programme et de publier ses améliorations


Les logiciels libres sont protégés par le droit d’auteur. Leur particularité est que l’auteur exerce son droit en distribuant le logiciel accompagné d’une licence libre qui précise les droits et les devoirs de l’utilisateur. À titre d’exemple, nous pouvons citer les licences libres GNU-GPL2 ou encore CeCILL3. Les développeurs, ingénieurs, informaticiens ou simplement les utilisateurs s’organisent en communautés et partagent via Internet ou dans des « hackerspaces » leur expérience et leurs projets communs.

Exemple :
Si le navigateur web Firefox développé par Mozilla4 possède une telle diversité de modules c’est grâce à l’ouverture de son code source et sa licence libre : les développeurs souhaitant ajouter une fonctionnalité peuvent le faire aisément, et partagent par la suite leur travail pour permettre aux autres utilisateurs d’en profiter.
http://fsfe.org http://www.gnu.org http://www.cecill.info http://www.mozilla.org

Quelques exemples de possibilités offertes par le modèle libre :
- Musique : Des plates-formes de distribution permettent de télécharger de la musique sous licence libre ou de libre diffusion (Dogmazic5, Jamendo6, Dig.ccmixter7, Magnatune8).
- Films : La fondation Blender9 a réalisé plusieurs courts métrages, dont "Big Buck Bunny" et "Elephants Dream".
- Œuvres littéraires : Le projet Gutenberg10 a pour objectif d’encourager la création et distribution d’e-books, avec plus de 42 000 livres mis à disposition.
- Ressources : La fondation WikiMedia11 gère plusieurs projets basés sur des wikis libres d’accès dont Wikipédia (encyclopédie libre), Wiktionary (dictionnaire universel) et Wikiquote (recueil de citations).

31/01/2014 à 16h26
Thierry Boussarie WebEditeur de voussaveztout.com, le WebNews de Montpellier

 

 

 

Source : www.voussaveztout.com

 

 


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 19:51

 

 

Source : www.mediapart.fr

Affaire HSBC : les zones d'ombre de la liste Falciani

|  Par Valentine OBERTI

 

 

 

La liste Falciani pose de nombreuses questions quant à l'exploitation des données recueillies. Entre informations avérées, erreurs possibles et soupçons de manipulation, Mediapart a pu reconstituer le parcours judiciaire d'une fuite bancaire sans précédent.

Il y a ceux qui confirment avoir fraudé le fisc, ceux qui démentent farouchement et puis ceux qui dénoncent une forgerie et déposent plainte pour faux. La liste Falciani, du nom de cet ancien informaticien de la HSBC Private Bank Genève à l'origine d'une fuite sans précédent de données bancaires, pose de nombreuses questions quant à l'exploitation possible des informations recueillies par la justice, le fisc, les douanes ou les services secrets sur certaines personnalités impliquées.

Il faut bien le dire : c'est un dossier hors-normes qu'ont entre les mains les juges Renaud Van Ruymbeke et Charlotte Bilger, chargés depuis avril 2013 d'une information judiciaire pour fraude fiscale, blanchiment en bande organisée et démarchage bancaire illicite. La banque concernée – HSBC – est la cinquième plus importante au monde et le volume des données recueillies grâce à l'informaticien Hervé Falciani – plus de 127 000 noms du monde entier recensés au total – est vertigineux.

Mediapart a pu reconstituer partiellement le parcours chaotique de la liste extraite des données Falciani. Mais quatre ans après la révélation de l'affaire, d'importantes zones d'ombre subsistent encore sur d'éventuelles erreurs, voire manipulations, d'une partie des listings.

Judiciairement, tout commence lorsqu’en 2008, à la veille de Noël, Hervé Falciani rentre précipitamment en France, cinq DVD en poche. Il les transmet à des agents du fisc, avec qui il est secrètement en contact depuis plusieurs mois et qui lui donnent des rendez-vous réguliers, tantôt à Annemasse, tantôt à Saint-Julien-en-Genevois, deux villes situées juste à la frontière avec la Suisse, côté français. Ce n’est que quelques semaines plus tard, en janvier 2009, que la justice française va saisir ces mêmes données, lors d’une perquisition au domicile français de Falciani, à Castellar, un village perché sur les hauteurs de Nice.

La perquisition, demandée à la suite d'une commission rogatoire internationale des Suisses, est supervisée par Éric de Montgolfier, alors procureur de Nice, qui comprend très vite l'importance des données recueillies. Falciani remettra quelques mois plus tard spontanément au procureur Montgoflier un DVD complémentaire, contenant l’historique des soldes bancaires sur une période courant de novembre 2006 à mars 2007.

Hervé Falciani. 
Hervé Falciani. © Reuters

Ces données constituent une base de travail inespérée pour les enquêteurs : « H-S-B-C private banking. HSBC, la troisième banque mondiale, et c'est ça qu'on tape ! Faut pas qu'on me l'explique deux fois et quand on trouve qu'il y a 127 000 noms, on a tous les mecs. Et c'est pas avec ça que les mecs payent leur téléphone ou leurs prélèvements EDF, c'est que du private banking, donc de la gestion de fortune », s’exclame un des cadres de la Direction nationale d’enquêtes fiscales (DNEF), rencontré par Mediapart.

Dès le départ, la priorité des enquêteurs est de vérifier la fiabilité de ces informations fournies par Falciani. À l'été 2008, lors de ses discrètes rencontres avec la DNEF, Falciani avait donné un premier échantillon des données. Sept noms de clients qui se révéleront tous de bien réels fraudeurs fiscaux. « On sait dès le mois d'août que c'est fiable, qu’il y a des vraies choses», confirme un enquêteur.

Devant les juges d’instruction, Thibault L, un agent de la DNEF, a déclaré sur procès-verbal en septembre 2013 : « Je ne sais pas comment il [Falciani] a collecté ces informations. Il ne suffisait pas d'appuyer sur un bouton et copier tout un ensemble de données. (...) Je pense que les données ont été prises de façon brute, de telle sorte qu'on a tout. (...) En termes informatique et fiscal, ces données ont été entièrement validées. »

Ensuite, il faut comprendre. Comprendre à quoi correspondent ces quelque soixante-dix gigas, éclatés dans des dizaines de fichiers informatiques et encodées. Dans la synthèse d’un agent des douanes pour le parquet de Paris datée de février 2011, les techniciens de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) constatent que les données bancaires saisies chez Hervé Falciani « n’étaient pas intégrées dans une base unique mais dans une multitude de tables comprenant une multitude de champs. Toutes ces tables étaient indépendantes les unes des autres. Pour reconstituer une base unique cohérente, il fallait établir des liens entre elles ».

Un puzzle, donc, qu’il faut assembler. Une première base comporte les noms des clients, une autre leurs adresses, plus loin les numéros de comptes. Dans un autre fichier, on trouve les mouvements financiers, ailleurs encore les montants. Le tout est indéchiffrable sans Falciani. 

C’est un point essentiel de l’affaire : Hervé Falciani n’est jamais arrivé, comme cela a pu être le cas dans l’affaire Clearstream, avec des listes sous le bras. « Pour établir cette liste, il a fallu croiser des informations, c’est-à-dire rapprocher plusieurs fichiers. Il n’existait pas, dans les fichiers dont je disposais, de liste des clients. Ce n’est que par un travail d’étude et de rapprochements complexe que les enquêteurs ont pu sortir cette liste. Je les ai aidés à faire les rapprochements informatiques », a d'ailleurs confirmé l'informaticien, le 1er juillet 2013, devant le juge Van Ruymbeke.

L'affaire se corse au moment de l'exploitation des données. Plusieurs services de l’État ont travaillé dessus, à des moments différents. Dans un premier temps, le fisc et la gendarmerie ont œuvré séparément à l’élaboration de listes, avec des critères différents. Rien d’étonnant à cela, puisque le premier est un trésorier qui cherche à recouvrer l’impôt, le second s’attache plutôt à trouver les activités délictueuses et criminelles.

C’est ce qu’explique Hervé Falciani devant le juge : « Plusieurs centaines de paramètres sont possibles. Certains se réfèrent à la nationalité des clients ou des contrats, d'autres à des avoirs, d'autres à des domiciles. Si par exemple le fisc est intéressé par des résidents et la justice par les nationaux, on aura deux listes différentes. Si la gendarmerie est intéressée à un moment donné aux détenteurs de plus d'un million d'euros, la liste sera différente. Il en est de même si on associe un pays à un téléphone déclaré. On peut aussi déterminer un pays par rapport aux lieux de rencontres. Un client peut avoir plusieurs nationalités et n'en déclarer qu'une. En fonction de ces différents critères liés à la nationalité, on aura des listes différentes. Ceci explique qu'il y ait des variations entre les différentes listes établies. »

Erreurs fortuites ou manipulations volontaires ?

 

 
© Reuters

Ainsi, après avoir compilé une liste de 8 936 personnes physiques françaises (sur les 106 682 identités de personnes physiques contenues dans les données brutes), les gendarmes procèdent à des tris successifs afin de réduire les cibles. Dans une première sélection, ils ne retiennent que les personnes déclarées résidentes en France (de nationalité française ou étrangère), « liées à un “profil client ouvert” ou fermé, bloqué, dormant, inactif ou en cours de règlement dont l’état a évolué après le 01/01/2006 » et « liées à un profil client “clos” mais liées à une personne physique elle-même liée à un “profil client” ». Compliqué.

« Ce tri a permis d’obtenir une liste comptant 2 956 personnes physiques », peut-on lire dans un PV d’investigation rédigé par les gendarmes le 22 janvier 2010. 2 956 personnes « qui possédaient des avoirs dans une période relativement récente », à savoir les trois années précédant la saisie des données (non prescrites aux yeux du droit fiscal).

Des données fiabilisées et bien réelles donc, à tel point que certaines personnalités n’ont pas eu d’autre choix que de reconnaître leur fraude après avoir été contactées par la presse. C'est le cas, par exemple, du célèbre patron des salons de coiffure à son nom, Jacques Dessange, des comédiens Michel Piccoli et Jeanne Moreau, de l’ex-ambassadeur Luc de Nanteuil, du Richard Prasquier, le président du Crif, ou du réalisateur Cédric Klapisch...

Mais dans cette grande entreprise de ciblage des fraudeurs ou de blanchisseurs, y a-t-il eu des erreurs fortuites, voire des falsifications volontaires ? Sur ce point, Hervé Falciani ne se prononce pas.

Pour autant, avoir son nom dans la liste n'est pas synonyme de fraude fiscale, comme l'informaticien l'a précisé devant les juges : « Dans la liste, on ne voit pas les avoirs. Dans la documentation de la banque, figurent des informations complètes sur les personnes en relation avec ces avoirs et leur rôle, qui peut être de différente nature, en fonction des différents mandats possibles. On trouve aussi bien le bénéficiaire économique que la personne destinataire des courriers et ayant un droit de regard. »

C’est peut-être à ce titre, qu'en tant que destinataire des courriers de sa cliente, qu'un avocat parisien s’est retrouvé dans la liste des 8 956 des gendarmes. Pour lui, pas de doute : l’explication de sa présence est « d’une simplicité biblique ». Il apparaîtrait parce qu’une de ses clientes était détentrice d’un compte non déclaré, régularisé récemment auprès de la Direction nationale des vérifications des situations fiscales (DNVSF).

Il envisage cependant de monter au créneau, a-t-il fait savoir à Mediapart. « S’il s’avère qu’il y a eu des manipulations dans la liste ou les montants, j’envisage de me joindre aux parties civiles qui ont déjà porté plainte pour faux », affirme-t-il, faisant référence à l’instruction menée par le juge René Cros, après le dépôt d'une plainte en octobre 2011 par l’avocat d’une personne se trouvant sur les listes qui dénonce la « falsification d'un ou de plusieurs procès-verbaux de transmission des données informatiques ».

Car plusieurs personnalités de la liste démentent en bloc posséder un compte non déclaré à la HSBC Private Bank Genève et crient au scandale. C’est le cas de Gilles Kaehlin, ancien des Renseignements généraux et ex-directeur de la sécurité de Canal +, mis en examen pour fraude fiscale depuis 2011, comme l’avait révélé Le Parisien

Fait surprenant, par exemple : des noms n’apparaissant pas dans la liste globale des 8 936 personnes surgissent dans celle des 2 956, pourtant censée être une version restreinte de la première, comme Mediapart a pu le constater...  

Pour la Suisse, en revanche, le doute n’est plus permis et depuis bien longtemps : les données ont été « manipulées ». Et pourtant, les rapports de la police fédérale suisse sur ces données, que Mediapart s’est procurés, se contredisent. Dans le rapport final d’enquête judiciaire du 16 avril 2010, la police affirme, à propos d’un des documents combinant « les titulaires de comptes avec les avoirs en leur possession », que « ces données réelles et confidentielles correspondent en tout point aux données de clients existantes auprès d’HSBC Genève, à un moment déterminé ». Or, quelques mois plus tard, dans un rapport signé le 25 août 2010, la police helvète pointe des « incohérences » dans la copie des données restituées par la France à la Suisse, et conclut à « une manipulation volontaire dont le mobile [leur] échappe ».

Une seule certitude : les listes établies par les gendarmes sont en partie différentes de celles du fisc. C’est le député socialiste et rapporteur de la commission des finances Christian Eckert qui le dit dans son rapport sur le traitement des données HSBC par Bercy, analysé ici par Mediapart. Selon lui, Bercy détenait des listes contenant 8 993 « lignes » relatives à des personnes physiques et morales détenant une adresse en France et un numéro de téléphone français. Dans cette liste, 2 846 personnes physiques détenaient un compte avec un en-cours positif.

Enfin, la liste définitive du fisc a-t-elle été versée à la procédure judiciaire ? Lors de la présentation de son rapport, Christian Eckert semblait en douter : « Certains propos évoqués par M. de Montgolfier m’incitent à penser que les fichiers définitifs de l’administration fiscale n’ont jamais été transmis à l’autorité judiciaire, celle-ci travaillant actuellement avec les fichiers qui ont été établis par l’IRCGN [la gendarmerie, ndlr]. Je continue de m’interroger pour savoir si l’autorité judiciaire ne devrait pas comparer les deux. »

Une courte période, mais peut-être décisive, apparaît désormais comme un trou noir dans l’enquête. Il s'agit des quelques jours qui ont suivi le retour de Falciani en France, le 23 décembre 2008. C'est à partir de cette date que les services de Bercy, en toute discrétion, ont reçu l’ensemble des données et ont commencé à les traiter. Mais c’est seulement avec la perquisition du domicile de l’informaticien que l’affaire commence officiellement, le 20 janvier 2009. Impossible de tracer dans les détails ce qui a pu se passer précisément entre ces deux dates.

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 19:29

 

Source : www.lemonde.fr


 

La liste noire des 68 médicaments à éviter, selon « Prescrire »

Le Monde.fr avec AFP | 31.01.2014 à 09h20 • Mis à jour le 31.01.2014 à 16h47

 
 

 

 

La revue médicale "Prescrire" publie dans son numéro de février une liste des "principaux médicaments plus dangeureux qu'utiles".

 

 

 La revue médicale indépendante Prescrire a remis à jour, jeudi 30 janvier, sa liste des médicaments « plus dangereux qu'utiles », en se fondant sur des études réalisées entre 2010 et 2013. Celle-ci compte désormais 68 médicaments « dont la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés ».

Parmi ces médicaments, certains présentent des risques « disproportionnés par rapport aux bénéfices qu'ils apportent » comme par exemple le strontium ranélate (Protelos), utilisé dans le traitement de l'ostéoporose à risque élevé de fractures, mais qui peut entraîner des troubles neurologiques et cardiovasculaires graves pouvant aller jusqu'à la mort. L'Agence européenne du médicament vient d'ailleurs de recommander la suspension du marché du Protelos des laboratoires Servier.

 

« UNE EFFICACITÉ MINIME ET TRANSITOIRE »

Le périodique, qui se finance exclusivement par ses abonnements, cite également la quinine (Hexaquine, Okimus, Quinine vitamine C Grand), utilisée pour traiter les crampes mais qui expose également à des effets indésirables graves voire mortels comme des réactions anaphylactiques (réactions allergiques graves) ou des troubles hématologiques, alors que leur efficacité est jugée faible.

La revue déconseille également la prescription du dompéridone (Motilium) pour les reflux gastro-œsophagiens, soulignant que d'autres médicaments nettement moins dangereux existent. De même, l'Izilox (moxifloxacine), un antibiotique de la famille des quinolones, n'est « pas plus efficace que d'autres » mais expose à des syndromes de Lyell (une atteinte brutale et grave de la peau, potentiellement mortelle) et à des hépatites graves.

Prescrire s'en prend enfin aux médicaments de la maladie d'Alzheimer disponibles qui ont « une efficacité minime et transitoire » mais qui peuvent exposer à des effets indésirables graves lorsqu'ils sont prescrits en association avec d'autres médicaments.

 

Lire notre compte rendu (édition abonnés) : La prescription de médicaments anti-Alzheimer fléchit


« L'année 2013 est une année de plus sans progrès important apporté par de nouveaux médicaments », a regretté Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de Prescrire. La revue a ainsi renoncé à décerner sa traditionnelle « Pilule d'or » en 2013, pour la sixième année consécutive. Elle n'a pas non plus placé de médicament à son « Tableau d'honneur » 2013 (catégorie qui met en valeur un « progrès net pour certains patients »).

Le revue a toutefois primé dans son « Palmarès » (qui salue une « amélioration modeste ») le Nimerix (GSK), un vaccin contre la méningite à méningocoques de type A, C, W135 et Y destiné aux enfants de 1 à 2 ans devant voyager en zone d'épidémie. Selon M. Toussaint, ce vaccin « a contribué à améliorer la prévention chez certains nourrissons ».

 

 


Lire aussi : Peu de médicaments nouveaux pour soigner « les maladies négligées »

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 18:09

 

Source : www.lexpress.fr

Des milliers de manifestants partout en France pour le droit à l'IVG en Espagne

Par LEXPRESS.fr, publié le 01/02/2014 à  19:05

 

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté en France afin de défendre le "droit fondamental" à l'avortement en Espagne. 

 


        Des milliers de manifestants partout en France pour le droit à l'IVG en Espagne

 

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le droit "fondamental" à l'avortement en Espagne, en soutien au défilé organisé à Madrid.

afp.com/François Guillot

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le droit "fondamental" à l'avortement en Espagne, en soutien au rassemblement organisé à Madrid. Selon le Planning Familial, une des associations organisatrices, les participants étaient 40 000 en France, dont 30 000 à Paris (3 000 selon la préfecture de police). 

 

A Paris, ils ont défilé du VIIe arrondissement à l'ambassade d'Espagne, en scandant "avorter, c'est mon choix, avorter, c'est mon droit". De nombreux Espagnols habitant la capitale étaient présents, comme Helena Ranchal, une infirmière de 37 ans, munie d'une pancarte en carton où était écrit "c'est nous qui avortons, c'est nous qui décidons". "C'est le même slogan que nos mères ont utilisé dans les années 70, c'est une honte de devoir le ressortir", a-t-elle dit à l'AFP. 

 

 

 

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a approuvé un projet de loi qui supprime l'avortement en Espagne, sauf en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. Plusieurs femmes portaient des aiguilles à tricoter sur la tête pour rappeler les risques des avortements clandestins. "Plus jamais la mort d'une femme pour un refus d'avortement", scandaient les manifestants. 

"Aujourd'hui, le droit à l'avortement est remis en cause dans beaucoup de pays d'Europe" par "un courant traditionaliste très fort", a dit Danielle Gaudry, du Planning Familial. De nombreuses autres associations, partis politiques de gauche (PS, PCF, Europe Ecologie Les Verts, Parti de Gauche, Lutte Ouvrière, NPA) et syndicats (CGT, FSU ...) soutenaient le mouvement. La candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, accompagnée de Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, était venue montrer sa "solidarité avec les femmes espagnoles". 

Des sifflets et huées ont retenti lorsque quelques familles ont déployé au passage du cortège, depuis le balcon de leurs appartements, des drapeaux de la Manif pour Tous. Celle-ci appelle à une mobilisation dimanche à Paris et Lyon en défense de la famille traditionnelle. 

Des manifestations étaient organisées dans une trentaine de villes de France. A Lyon sous une pluie battante, ils étaient plus d'un millier pour défendre "un droit acquis de haute lutte" mais "fragile" aux yeux de Marion Athiel, co-organisatrice. "L'IVG c'est jamais marrant, mais avoir le choix c'est important", pouvait-on lire sur des pancartes. 

Bayonne, Toulouse, Bordeaux, Montpellier...

Plus de 600 personnes, selon la police, ont défilé jusqu'au consulat d'Espagne à Toulouse. Irène, du collectif du droit des femmes de Midi-Pyrénées, rappelait que sous le franquisme, de nombreuses Espagnoles venaient avorter dans la région. 

A Bayonne, où 250 à 300 manifestants se sont rassemblés, Michèle Berthier, du Planning familial, anticipait "des conséquences au Pays Basque: des femmes vont venir d'Espagne dans nos structures qui sont déjà saturées". 

A Bordeaux, où plusieurs centaines de personnes étaient présentes, Vincent Menauge, 39 ans, militant d'Osez le Féminisme, a dit: "En France, il y a quand même des poussées en termes d'extrémisme de plus en plus virulentes". Mais, dit-il, l'IVG "est un droit qui a été acquis et on ne lâchera pas". 

A Montpellier, environ 300 manifestants ont bravé une forte pluie. Lauranne, militante féministe, a dit qu'en France, "pratiquer une IVG présente énormément de difficultés" car "ces dix dernières années ont vu des fermetures successives de centres" pratiquant l'avortement. 

Plusieurs centaines de personnes (180 selon la police, 400 selon les organisateurs) se sont également rassemblées à Nice, brandissant des pancartes avec les slogans "Gardez vos prières loin de nos ovaires" ou "j'ai avorté et je vais bien, merci". 

A Strasbourg, la manifestation a rassemblé 320 personnes selon la police. Pour Francesca Tortorella, étudiante italienne de 23 ans, "L'Europe ne doit pas abandonner l'Espagne comme elle l'a fait en 36. Elle devrait s'occuper un peu moins des quotas de poissons par exemple, et un peu plus des droits de la population". 

A Nantes, 1200 personnes se sont rassemblées, selon la police. Elles étaient 800 à Angers, 550 à Caen ou encore 350 à Tours. 

Avec AFP

 

Des milliers de manifestants partout en France pour le droit à l'IVG en Espagne

Par LEXPRESS.fr, publié le 01/02/2014 à  19:05

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté en France afin de défendre le "droit fondamental" àl'avortement en Espagne. 

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Des milliers de manifestants partout en France pour le droit à l'IVG en Espagne

 

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le droit "fondamental" à l'avortement en Espagne, en soutien au défilé organisé à Madrid.

 

afp.com/François Guillot

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le droit "fondamental" à l'avortement en Espagne, en soutien au rassemblement organisé à Madrid. Selon le Planning Familial, une des associations organisatrices, les participants étaient 40 000 en France, dont 30 000 à Paris (3 000 selon la préfecture de police). 

A Paris, ils ont défilé du VIIe arrondissement à l'ambassade d'Espagne, en scandant "avorter, c'est mon choix, avorter, c'est mon droit". De nombreux Espagnols habitant la capitale étaient présents, comme Helena Ranchal, une infirmière de 37 ans, munie d'une pancarte en carton où était écrit "c'est nous qui avortons, c'est nous qui décidons". "C'est le même slogan que nos mères ont utilisé dans les années 70, c'est une honte de devoir le ressortir", a-t-elle dit à l'AFP. 

 

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a approuvé un projet de loi qui supprime l'avortement en Espagne, sauf en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. Plusieurs femmes portaient des aiguilles à tricoter sur la tête pour rappeler les risques des avortements clandestins. "Plus jamais la mort d'une femme pour un refus d'avortement", scandaient les manifestants. 

"Aujourd'hui, le droit à l'avortement est remis en cause dans beaucoup de pays d'Europe" par "un courant traditionaliste très fort", a dit Danielle Gaudry, du Planning Familial. De nombreuses autres associations, partis politiques de gauche (PS, PCF, Europe Ecologie Les Verts, Parti de Gauche, Lutte Ouvrière, NPA) et syndicats (CGT, FSU ...) soutenaient le mouvement. La candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, accompagnée de Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, était venue montrer sa "solidarité avec les femmes espagnoles". 

Des sifflets et huées ont retenti lorsque quelques familles ont déployé au passage du cortège, depuis le balcon de leurs appartements, des drapeaux de la Manif pour Tous. Celle-ci appelle à une mobilisation dimanche à Paris et Lyon en défense de la famille traditionnelle. 

Des manifestations étaient organisées dans une trentaine de villes de France. A Lyon sous une pluie battante, ils étaient plus d'un millier pour défendre "un droit acquis de haute lutte" mais "fragile" aux yeux de Marion Athiel, co-organisatrice. "L'IVG c'est jamais marrant, mais avoir le choix c'est important", pouvait-on lire sur des pancartes. 

Bayonne, Toulouse, Bordeaux, Montpellier...

Plus de 600 personnes, selon la police, ont défilé jusqu'au consulat d'Espagne à Toulouse. Irène, du collectif du droit des femmes de Midi-Pyrénées, rappelait que sous le franquisme, de nombreuses Espagnoles venaient avorter dans la région. 

A Bayonne, où 250 à 300 manifestants se sont rassemblés, Michèle Berthier, du Planning familial, anticipait "des conséquences au Pays Basque: des femmes vont venir d'Espagne dans nos structures qui sont déjà saturées". 

A Bordeaux, où plusieurs centaines de personnes étaient présentes, Vincent Menauge, 39 ans, militant d'Osez le Féminisme, a dit: "En France, il y a quand même des poussées en termes d'extrémisme de plus en plus virulentes". Mais, dit-il, l'IVG "est un droit qui a été acquis et on ne lâchera pas". 

A Montpellier, environ 300 manifestants ont bravé une forte pluie. Lauranne, militante féministe, a dit qu'en France, "pratiquer une IVG présente énormément de difficultés" car "ces dix dernières années ont vu des fermetures successives de centres" pratiquant l'avortement. 

Plusieurs centaines de personnes (180 selon la police, 400 selon les organisateurs) se sont également rassemblées à Nice, brandissant des pancartes avec les slogans "Gardez vos prières loin de nos ovaires" ou "j'ai avorté et je vais bien, merci". 

A Strasbourg, la manifestation a rassemblé 320 personnes selon la police. Pour Francesca Tortorella, étudiante italienne de 23 ans, "L'Europe ne doit pas abandonner l'Espagne comme elle l'a fait en 36. Elle devrait s'occuper un peu moins des quotas de poissons par exemple, et un peu plus des droits de la population". 

A Nantes, 1200 personnes se sont rassemblées, selon la police. Elles étaient 800 à Angers, 550 à Caen ou encore 350 à Tours. 

Avec

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/des-milliers-de-manifestants-partout-en-france-pour-le-droit-a-l-ivg-en-espagne_1319577.html#7HHRoXUuMr07iYBe.99

Des milliers de manifestants partout en France pour le droit à l'IVG en Espagne

Par LEXPRESS.fr, publié le 01/02/2014 à  19:05

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté en France afin de défendre le "droit fondamental" àl'avortement en Espagne. 

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Des milliers de manifestants partout en France pour le droit à l'IVG en Espagne

 

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le droit "fondamental" à l'avortement en Espagne, en soutien au défilé organisé à Madrid.

 

afp.com/François Guillot

Plusieurs milliers de femmes et d'hommes ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le droit "fondamental" à l'avortement en Espagne, en soutien au rassemblement organisé à Madrid. Selon le Planning Familial, une des associations organisatrices, les participants étaient 40 000 en France, dont 30 000 à Paris (3 000 selon la préfecture de police). 

A Paris, ils ont défilé du VIIe arrondissement à l'ambassade d'Espagne, en scandant "avorter, c'est mon choix, avorter, c'est mon droit". De nombreux Espagnols habitant la capitale étaient présents, comme Helena Ranchal, une infirmière de 37 ans, munie d'une pancarte en carton où était écrit "c'est nous qui avortons, c'est nous qui décidons". "C'est le même slogan que nos mères ont utilisé dans les années 70, c'est une honte de devoir le ressortir", a-t-elle dit à l'AFP. 

 

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a approuvé un projet de loi qui supprime l'avortement en Espagne, sauf en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. Plusieurs femmes portaient des aiguilles à tricoter sur la tête pour rappeler les risques des avortements clandestins. "Plus jamais la mort d'une femme pour un refus d'avortement", scandaient les manifestants. 

"Aujourd'hui, le droit à l'avortement est remis en cause dans beaucoup de pays d'Europe" par "un courant traditionaliste très fort", a dit Danielle Gaudry, du Planning Familial. De nombreuses autres associations, partis politiques de gauche (PS, PCF, Europe Ecologie Les Verts, Parti de Gauche, Lutte Ouvrière, NPA) et syndicats (CGT, FSU ...) soutenaient le mouvement. La candidate PS à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, accompagnée de Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, était venue montrer sa "solidarité avec les femmes espagnoles". 

Des sifflets et huées ont retenti lorsque quelques familles ont déployé au passage du cortège, depuis le balcon de leurs appartements, des drapeaux de la Manif pour Tous. Celle-ci appelle à une mobilisation dimanche à Paris et Lyon en défense de la famille traditionnelle. 

Des manifestations étaient organisées dans une trentaine de villes de France. A Lyon sous une pluie battante, ils étaient plus d'un millier pour défendre "un droit acquis de haute lutte" mais "fragile" aux yeux de Marion Athiel, co-organisatrice. "L'IVG c'est jamais marrant, mais avoir le choix c'est important", pouvait-on lire sur des pancartes. 

Bayonne, Toulouse, Bordeaux, Montpellier...

Plus de 600 personnes, selon la police, ont défilé jusqu'au consulat d'Espagne à Toulouse. Irène, du collectif du droit des femmes de Midi-Pyrénées, rappelait que sous le franquisme, de nombreuses Espagnoles venaient avorter dans la région. 

A Bayonne, où 250 à 300 manifestants se sont rassemblés, Michèle Berthier, du Planning familial, anticipait "des conséquences au Pays Basque: des femmes vont venir d'Espagne dans nos structures qui sont déjà saturées". 

A Bordeaux, où plusieurs centaines de personnes étaient présentes, Vincent Menauge, 39 ans, militant d'Osez le Féminisme, a dit: "En France, il y a quand même des poussées en termes d'extrémisme de plus en plus virulentes". Mais, dit-il, l'IVG "est un droit qui a été acquis et on ne lâchera pas". 

A Montpellier, environ 300 manifestants ont bravé une forte pluie. Lauranne, militante féministe, a dit qu'en France, "pratiquer une IVG présente énormément de difficultés" car "ces dix dernières années ont vu des fermetures successives de centres" pratiquant l'avortement. 

Plusieurs centaines de personnes (180 selon la police, 400 selon les organisateurs) se sont également rassemblées à Nice, brandissant des pancartes avec les slogans "Gardez vos prières loin de nos ovaires" ou "j'ai avorté et je vais bien, merci". 

A Strasbourg, la manifestation a rassemblé 320 personnes selon la police. Pour Francesca Tortorella, étudiante italienne de 23 ans, "L'Europe ne doit pas abandonner l'Espagne comme elle l'a fait en 36. Elle devrait s'occuper un peu moins des quotas de poissons par exemple, et un peu plus des droits de la population". 

A Nantes, 1200 personnes se sont rassemblées, selon la police. Elles étaient 800 à Angers, 550 à Caen ou encore 350 à Tours. 

Avec

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/des-milliers-de-manifestants-partout-en-france-pour-le-droit-a-l-ivg-en-espagne_1319577.html#7HHRoXUuMr07iYBe.99

Source : www.lexpress.fr


 

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Source : www.courrierinternational.com

 

Avortement: manifestation à Madrid, mais aussi à Paris et Londres

AFP  
Les passagers du "train de la liberté" le 31 janvier 2014 à Valladolid AFP

Madrid (AFP)

 

Les défenseurs de l'avortement, rejoints par un groupe de femmes arrivées à bord d'un "train de la liberté", manifestent ce samedi à Madrid contre le projet de loi supprimant quasiment le droit à avorter, parallèlement à d'autres manifestations de soutien à Londres et Paris.

"Ce train de la liberté (qui a quitté vendredi Gijon, dans le nord du pays, ndlr) va à Madrid en passant par Valladolid", où s'est ouverte vendredi la Convention du Parti populaire (au pouvoir), "pour dire au ministre conservateur Alberto Ruiz Gallardon que nous ne voulons pas qu'il touche à la loi" de 2010, a expliqué à l'AFP Begoña Pinero, porte-parole de l'association féministe des Asturies Las Comadres, qui a lancé l'idée de ce voyage.

La loi actuelle, votée sous l'ancien gouvernement socialiste, autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse pour toutes les femmes sans justification et jusqu'à 22 semaines en cas de malformation du foetus ou de grave danger physique ou psychique pour la mère. "Nous, les femmes, sommes libres et nous sommes capables de décider quand nous voulons être mère", a estimé Begoña Pinero.

Le groupe rejoindra des milliers d'autres personnes, venues d'Espagne et d'autres pays comme la France, qui ont prévu de manifester jusqu'aux abords du Parlement pour dénoncer le projet de loi du gouvernement conservateur.

AFP

Les passagers du "train de la liberté" face aux forces de l'ordre le 31 janvier 2014 à Valladolid

Une délégation ira jusqu'au Congrès des députés pour remettre un manifeste intitulé "Droit à décider: je décide", a expliqué Puy Zaton, du collectif "Décider nous rend libres", qui regroupe plus de 300 associations."La maternité se protège par l'information, l'éducation, la santé pour tous, l'accès à des salaires justes et des emplois dignes et à des postes de responsabilité", écrit le collectif dans ce manifeste.

Ailleurs en Europe, des manifestations sont également prévues, notamment à Paris et Londres.

A Paris, les participants défileront jusqu'à l?ambassade d?Espagne. Des manifestations sont également organisées à Bordeaux, Marseille, Nantes, Strasbourg et Toulouse, ainsi que des rassemblements dans une trentaine d'autres villes, selon l'association Osez le féminisme. Les manifestants se retrouveront à l'appel notamment du Planning familial, pour "soutenir le combat des femmes espagnoles". De nombreuses associations, syndicats ou partis politiques écologistes et de gauche soutiennent le mouvement.

AFP/Archives

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy le 27 janvier 2014 à Rome

Le gouvernement de Mariano Rajoy a approuvé un projet de loi qui supprime l'avortement en Espagne sauf en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. Un projet de loi salué jeudi comme une "avancée positive" par les évêques espagnols. "Les évêques saluent toujours les initiatives en faveur de la vie humaine, d'où qu'elles viennent", a affirmé la Commission permanente de la Conférence épiscopale.

Les associations organisatrices de la manifestation de samedi à Madrid se sont en revanche insurgées: "Renouant avec des pratiques qui dénient la liberté de choix aux femmes, au mépris des droits humains fondamentaux, il (le texte de loi) annonce clairement son projet de société: maintenir les femmes dans un statut social étroit et de soumission". Selon elles, "cette attaque du gouvernement espagnol s'inscrit dans l'offensive européenne des opposants aux droits des femmes".

Plusieurs centaines de personnes - 2.000 selon les organisateurs - ont déjà manifesté mercredi soir à Bruxelles contre le projet de loi espagnol.

 

 

Source : www.courrierinternational.com


 

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Source : www.liberation.fr

 

Grande manifestation pro-avortement à Madrid, soutiens en Europe

AFP 1 février 2014 à 12:14 (Mis à jour : 1 février 2014 à 18:13)

 

 

 

Des passagères du "train de la liberté" le 31 janvier 2014 à Valladolid

 

Des passagères du "train de la liberté" le 31 janvier 2014 à Valladolid (Photo Cesar Manso. AFP)

 

 

Aux cris «d’avortement libre», des milliers de personnes ont défilé samedi à Madrid pour la première grande manifestation contre le projet de loi qui supprime en Espagne le droit à l’interruption de grossesse, soutenue par d’autres rassemblements notamment en France.

«C’est une énorme mobilisation. Nous sommes venus dire au gouvernement que nous sommes nombreux à refuser que nous retournions 40 ans en arrière», a affirmé Begona Piñero de l’association Las Comadres des Asturies (nord de l’Espagne), à l’origine de la manifestation et d’un «train pour la liberté» parti de Gijon (nord).«Avortement libre» criaient les manifestants dont certains portaient un gilet violet, la couleur symbole des manifestations féministes, et qui se sont rendus jusqu’aux abords du Congrès des députés.

«Gallardon, démission», a alors crié la foule, visant le ministre de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon, qui a porté le projet.

«Ce sont mes droits, c’est ma vie», «avortement libre pour ne par mourir», proclamaient les manifestants sur des pancartes, pendant qu’une délégation est allée remettre un manifeste intitulé «Je décide» au Congrès.

Salué par l’Église catholique, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a adopté fin décembre un projet de texte supprimant la loi de 2010, votée sous les socialistes, qui autorise l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse pour toutes les femmes sans justification et jusqu’à 22 semaines en cas de malformation du foetus ou de grave danger physique ou psychique pour la femme.

Dans la foule d’âge mûr, la plupart des manifestants disent ne pas vouloir revivre l’époque de la dictature franquiste (1939-1975), lorsque les femmes espagnoles allaient subir un avortement en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

«Nous étions cent femmes il y a 35 ans à revenir de Londres en avion. Nous étions considérées comme des terroristes. Je ne veux pas de ça pour mes filles», déclare la voie brisée Marisa Vallero, une manifestante de 55 ans.

Elle a participé aux manifestations avant la loi de 1985 qui a légalisé l’avortement dans certains cas, dont le risque psychique pour la femme, un argument qui sera utilisé pour la majorité des avortements jusqu’à la loi de 2010.

«Je n’aurais jamais imaginé que nous devrions nous retrouver ici, à lutter pour quelque chose que nous pensions acquis», s’insurge aussi Maria Pilar Sanchez, une aide sociale âgée de 57 ans.

Le projet de loi supprime le droit à l’interruption de grossesse en Espagne et n’autorise l’avortement qu’en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l’objet d’une plainte préalable.

Excluant les cas de malformation du foetus comme motif valable pour avorter, le projet a suscité la polémique au sein même du parti conservateur.

«Nous les jeunes nous devons nous mobiliser aussi car cette loi est absurde et vous fait revenir à la préhistoire», tranche Maria Melendez, une enseignante de 26 ans.

Une opinion partagée par l’opposition socialiste et des centaines d’associations de femmes en Espagne qui tirent à boulets rouges sur la réforme.

Présente dans la marche, la numéro deux du Parti socialiste espagnol, Elena Valenciano, a dénoncé un texte «contre les femmes, contre leur dignité et leur liberté».

Il satisfait uniquement «les secteurs les plus fondamentalistes et intégristes de la hiérarchie religieuse et les plus fanatiques du franquisme», a renchéri le chef de file du Parti de la «gauche unie» Cayo Lara.

La contestation a également trouvé un écho en Europe, où le gouvernement français a dénoncé, par la voix de sa ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, une loi qui «renverrait les femmes à l’âge de pierre».

En signe de soutien, plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le droit «fondamental» à l’avortement.

Le projet de loi a en revanche été salué jeudi comme une «avancée positive» par la Conférence des évêques espagnols. Et le collectif HazteOir.org (Fais-toi entendre), anti-avortement et contre le mariage homosexuel, a appelé à une manifestation dimanche à Madrid dans le cadre de rassemblements en Europe «contre la phobie de la famille».

AFP

Source : www.liberation.fr


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 17:48

 

Source : www.mediapart.fr

 

« J’ai vu des femmes mourir d’un avortement clandestin. Les Espagnoles ne peuvent pas revoir ça »

|  Par La rédaction d'infoLibre et Elena Herrera

 

 


Un groupe de femmes des Asturies a lancé l’idée de voyager vers Madrid dans un « Train de la liberté », pour protester, samedi, contre la réforme qui vise à supprimer le droit à l’avortement. Cette manifestation suscite une vague de soutien dans toute l’Espagne et à l’étranger, dont la France, où des rassemblements sont prévus.

« J’ai vu des femmes mourir d’un avortement clandestin. On ne peut pas revoir ça. Perdre ce droit est une mauvaise nouvelle pour les femmes. » Angeles Flórez Peón a 95 ans. Exilée de force en France, elle a souffert dans sa jeunesse d’une double persécution : parce qu’elle était socialiste et parce qu’elle était une femme. Elle sait ce que signifie la conquête de droits, même si c’est de l’autre côté des Pyrénées. Et c’est pour ça qu’elle ne manquera pas, ce samedi, la première (à son avis) grande manifestation contre la réforme de la loi sur l’avortement proposée par le ministre de la justice espagnol, Alberto Ruiz-Gallardón. À 5 h 30, elle prendra un bus à Gijón (Asturies) en direction de la capitale.

 

 

Angeles est l’une de ces femmes qui ont entendu l’appel de l’association féministe historique, Tertulia Les Comadres, de Gijón, à se mobiliser à Madrid contre la réforme qui élimine le droit à l’avortement et qui ramène l’Espagne à une législation antérieure à celle de 1985. Cette initiative a surgi lors d’un repas auquel ont assisté 25 femmes, explique Begoña Piñero Hevia, fleuriste de profession et membre de l’association. « Nous avons commencé à parler de nos affaires, de ce qui nous préoccupe en tant que femmes… Le sujet de l’avortement est arrivé tout de suite. Nous nous sommes dit qu’il fallait faire quelque chose de marquant. D’abord on a pensé aller à pied à Madrid, mais il faut du temps et de l’argent et on n'a ni l’un ni l’autre », raconte-t-elle, non sans humour. Et une question a fusé : « Et si nous y allions en train ? » « Le lendemain nous réservions billets de train et hôtels », ajoute Begoña. Elles ont réservé 150 billets pour le trajet Gijón-Madrid, avec arrêt à Valladolid pour arriver le samedi dans la capitale. En cinq semaines, les billets pour ce premier Train de la liberté étaient revendus.

Ensuite, des groupes de femmes de toute l’Espagne, de Cadix à Saragosse en passant par Burgos, Tarragone et La Corogne, se sont mobilisés pour rejoindre la manifestation. Une cinquantaine de femmes françaises iront même à Madrid samedi pour témoigner de leur solidarité dans le rejet de cette réforme. Il y aura aussi des manifestations de soutien à Paris, devant l'ambassade d'Espagne, à Londres, au Chili, en Équateur, en République dominicaine ou en Argentine. « On a même reçu des messages de Patagonie », dit fièrement Begoña, qui n’avait pas imaginé que son action recevrait un tel écho. Elles sont surprises et émues de ces soutiens, mais rappellent qu’elles ne vont pas à Madrid pour se promener.

« Nous allons exiger. Nous ne voulons pas qu’on touche à la loi actuelle. Nous voulons être traitées comme des citoyennes capables de décider de leur propre vie », précise-t-elle. Selon elle, cette contre-réforme ramène les femmes au temps où toutes leurs décisions étaient soumises à l’approbation de leur père, de leur mari ou de leurs frères. « C’est notre corps, ils ne peuvent pas décider à notre place. »

Une fois à Madrid, où elles arriveront vers midi, elles se réuniront près de la gare d’Atocha avec les autres manifestants. De là, ils et elles marcheront jusqu’au Congrès des députés et s’arrêteront en chemin devant le ministère de la santé. À l’assemblée, elles remettront une copie du manifeste Parce que je décide. Ce texte dénonce toute « contrainte » ou « interdiction » concernant les droits sexuels et de reproduction des femmes. Elles refusent d’accepter « une maternité forcée et un régime de tutelle qui condamne les femmes à la minorité d’âge sexuel et reproductif ». Et exigent du gouvernement Rajoy qu’il « promulgue des lois favorisant l’autonomie morale, préservant la liberté de conscience et garantissant la pluralité et la diversité des intérêts ».

 

 

D’autres collectifs de plusieurs régions d’Espagne rejoindront la manifestation, ainsi que des partis et syndicats de gauche, très critiques envers la réforme proposée par Gallardón. Pilar Moral, secrétaire aux femmes du syndicat Comisiones Obreras (CCOO) de Madrid, ira, elle aussi. « L’avant-projet de loi est une horreur. Nous sommes passés de la droite au parti de Le Pen en France. C’est une provocation. Il n’existait pas de demande sociale pour changer la loi. Il est très grave d’éliminer l’avortement comme droit pour le transformer en péché et en délit », dit-elle. À son avis, le gouvernement n’a pas bien évalué l’impact de cette nouvelle loi. « Nous avons dépassé les différences idéologiques et politiques, maintenant, nous sommes dans la rue, ensemble avec une seule revendication. »

Ces dernières semaines, les manifestations de rejet de cette réforme se sont multipliées. Jeudi 23 janvier, une centaine de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade de France à Madrid au cri de « avortement légal pour ne pas mourir » et pour demander l’asile sanitaire en signe de protestation. Vendredi 24, un groupe de femmes de Saragosse, membre d’une coordination d’organisations féministes, a remis 3 000 signatures contre le changement de loi, dans le cadre d’une campagne de mobilisation « permanente », pour éviter que l’Espagne ne se place « à la queue des pays démocratiques ». Et ce mercredi, un millier de personnes se sont mobilisées devant l’ambassade d’Espagne à Bruxelles au cri de « nous sommes toutes des femmes espagnoles ! ».

Elena Herrera, rédaction d’infoLibre

Version française : Laurence Rizet, Mediapart

 

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 21:52

 

 

Source : www.planning-familial.org

 

Mobilisations pour la défense du droit à l'avortement

 

 

Liste des mobilisations, en France et en Europe mais aussi dans le monde pour la défense du droit à l'avortement. Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure...

Bruxelles, Manifestation le 29 janvier

coordonnée par le Lobby Européen des Femmes (http://www.womenlobby.org/).

17h rdv devant l'ambassade d'Espagne à Bruxelles 19 rue de la science
17h30 remise d'une résolution à l'ambassadeur d'Espagne prises de Paroles à la tribune
18h marche au flambeau vers le Parlement européen

En Espagne, manifestation à Madrid le 1er février

Plate forme espagnole : http://nosotrasdecidimos.org 

En France, le 1er février. 

ALBI : 11h30 place du Vigan

ALENCON :  RDV 10h15 place de la Magdeleine pour un covoiturage vers Paris. Contact mail

AMIENS : rejoint la manifestation parisienne

ANGERS 16H place du Ralliement
Facebook
https://www.facebook.com/events/list#!/events/709598625750879/?ref_dashboard_filter=upcoming

ANGOULEME : 12h place Hergé pendant le festival de la BD

AVIGNON : 14h, rue de la République, devant le Musée Lapidaire. 

BAYONNE : 11h consulat d'Espagne, Résidence du parc, 47 avenue du B.A.B

BESANCON : 15h30 Place Pasteut

BÉZIERS : 11h, Place du Général De Gaulle, devant la sous-Préfecture.

BORDEAUX : 14h00 devant le Grand Thêatre - Place de la Comédie - à Bordeaux puis départ en manifestation en direction du Consulat d’Espagne.

BOURG-EN-BRESSE : 10h devant la Mairie

BREST: 14 heures, place de la Liberté

CAEN, place Bouchard, 14h00. Facebook

CLERMONT-FERRAND : réunion publique à 15h au Centre associatif Jean Richepin, salle 7, 21 rue Jean Richepin

COUTANCE : 11h Place Saint Nicolas

DIJON : 14h devant la Préfecture

GRENOBLE : 14h00 place Félix Poullat (en face de la Fnac).

LA ROCHELLE : 14h, Place de Verdun.

LE HAVRE  : 14h ZAC Coty

LILLE:14h00 Place Richebé (près du métro République Beaux-Arts)

LIMOGES : 15h Place de la Motte

LYON : 14h30 place des Terreaux

MARSEILLE: 15h à la sortie métro Vieux Port. Facebook 

MENDE : 11h place de la République

METZ-NANCY : 11h00 devant la colonne de Merten à l'entrée de la rue Serpenoise à Metz. Attention RDV modifié L'heure reste inchangée.

MONTPELLIER : 14h30 place de la Comédie devant l’office du tourisme

MULHOUSE : 15h Porte jeune 

NANTES : 15h Place Royale. Facebook

NICE : 14H Boulevard Jean Jaures - Rassemblement devant le consulat d'Espagne. Facebook

ORLEANS /  départ en car pour la manifestation parisienne du 1er février. Une participation modique de 5€ est demandée aux participantEs, avec sur le mode du "café suspendu", des places payées par les militantEs qui ne peuvent se déplacer à destination de celles et ceux qui ne pourraient payer cette participation. Réservation : contact@planning45.org

PARIS Voir texte d'appel en pièce jointe
14h Place Joffre Paris 7ème (Métro Ecole Militaire) jusqu'à l'ambassade d'Espagne 22 avenue Marceau Paris 8ème.
Parcours : avenue de Suffren, quai Branly, Pont d'Iena, Boulevard Delessert, rue de la Tour
rue Paul Doumer, Trocadero, rue Pierre 1er de Serbie, avenue Marceau place devant l'Ambassade
Facebook


PAU : 11h devant le consulat d'Espagne (place Royale)

PERPIGNAN : 14h, devant le consulat d'Espagne, rue Franklin.

POITIERS : départ à 8h30 le samedi 1 février du parc des exposition de Poitiers, 20 euro. Contact mail.

RENNES : 15h Place de la Mairie

RODEZ : 11h devant la Préfecture

SAINT-BRIEUC : 12h, rue Sainte-Barbe, devant le centre commercial "Les Champs".

STRASBOURG : 14h Place de la Bourse

TARBES: 16h, place de la Mairie 

TOURS : rassemblement à 14h00 devant la Mairie, Place Jean Jaurès

TOULOUSE :  14h départ du square Charles de Gaulle (derrière la place du Capitole)

En ITALIE le 1er février

https://www.facebook.com/events/546050945492026/

 ROME : Piazza di Spagna, 15.00, devant l'ambassade d'Espagne

MILAN : Via Fatebenefratelli 26, à partir de 14h00, sous le Consulat espagnol

FLORENCE : Via de 'Servi 13, à 15h30, sous le Consulat espagnol

PISTOIA : arriver à Florence avec le "Convertible de la libertad" à se joindre à la manifestation au Consulat

SIENA : événement, lieu et heure à confirmer

CATANZARO : c.so Garibaldi, en face de la Cilea de théâtre, 16:30

ROME : réunion publique pour parler de la loi espagnole et la liberté de choix pour les femmes 

VERCEIL: Via Cavour, Février 1 Heures 16:00-17:00, organise le Comité des femmes pour les femmes Vercelli 

BOLOGNA: Piazza del Nettuno, 15:00 

CATANIA: devant la préfecture, 11:00

CAGLIARI: p.za Constitution (sous le bastion), 16H00 Avec des foulards pourpres et signer YO DECIDE

Ailleurs

ANGLETERRE LONDRES: train de Charing Cross  à Waterloo Est  13h00 au pont Hungford

IRELAND DUBLIN: 14h ambassade d'Espagne

RÉPUBLIQUE DOMINICAINE: Mujeres Dominicanas si lignite en "tren de la liberté" en respaldo Feministas españolas

MAROC : RABAT : 15h devant l'institut CERVANTES de Rabat. Facebook

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Pour PARIS : RV à 14h Place Joffre Paris 7ème (Métro Ecole Militaire) jusqu'à l'ambassade d'Espagne 22 avenue Marceau Paris 8ème.
Parcours : avenue de Suffren, quai Branly, Pont d'Iena, Boulevard Delessert, rue de la Tour
rue Paul Doumer, Trocadero, rue Pierre 1er de Serbie, avenue Marceau place devant l'Ambassade


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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 21:44

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Urgence sociale

Logement : « Les gens sont dans la merde et la réponse donnée n’est pas suffisante »

par Linda Maziz 31 janvier 2014

 

 

 

 

 

Les chômeurs d’aujourd’hui seront les mal-logés de demain. C’est ce que craint la Fondation Abbé Pierre qui publie ce 31 janvier son rapport annuel sur le mal-logement. La France compte déjà 3,5 millions d’habitants précaires et connaît une hausse importante de sans-abris. Qu’adviendra-t-il demain avec 5,5 millions de personnes inscrites au Pôle emploi ? Si plusieurs mesures législatives récemment proposées par le ministère du Logement semblent aller dans le bon sens, les réponses rapides à l’urgence sociale font défaut, pendant que les expulsions locatives augmentent. Comme sur le chômage, le gouvernement semble incapable d’agir à la mesure de l’enjeu.

La France compte, en 2014, 3,5 millions de mal-logés, selon le 19ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre. C’est, à première vue, 100 000 de moins qu’en 2013. Sauf qu’il ne s’agit que d’un trompe-l’œil. « L’inversion de la courbe » du mal-logement, a l’instar de celle du chômage, n’a manifestement pas eu lieu. Cette diminution s’explique essentiellement par la décision de la Fondation de ne plus inclure dans son calcul les locataires de logements meublés [1]. Pour le reste, les chiffres du mal-logement 2014, actés par des statistiques publiques, sont quasiment les mêmes qu’en 2013. Et pour cause, la Fondation est tributaire des données nationales, et cela fait belle lurette que la plupart n’ont pas été réactualisées.

50% de sans abris en plus en une décennie

« Alors que pour l’emploi, on a des chiffres tous les mois, voire toutes les semaines, concernant le logement, il faut parfois attendre 6 ans et plus, pour avoir des éléments de comparaison », alerte Christophe Robert, délégué général adjoint de la Fondation, qui plaide pour un changement de tempo. Autant dire que les premiers résultats de l’enquête Logement 2013 de l’Insee sont attendus avec impatience, puisqu’ils viendront mettre à jour des données datant de 2006, voire même de 2002. La douche risque d’être froide, si l’évolution du mal-logement suit la tendance de l’enquête sur les sans domicile [2], sortie l’été dernier. Recensant 141 500 personnes à la rue, dont 30 000 enfants, elle a fait état d’une augmentation de 50 % du nombre de sans abris depuis 2001, date de la précédente enquête qui leur était dédiée.

Pour la Fondation Abbé Pierre (FAP), qui évalue à dix millions les personnes aujourd’hui confrontées à la crise du logement, il est évident que le problème ne fait que s’amplifier. Et cela n’a rien d’une estimation au doigt mouillé. Nombre d’indicateurs, convoqués dans ce rapport, lui permettent d’objectiver cette dégradation. A commencer par la crise de l’emploi qui, dans le genre, fait un excellent baromètre. « Derrière une situation de mal-logement, on retrouve souvent ce problème en filigrane », avance Patrick Doutreligne, son délégué général. « Sur notre plate-forme téléphonique des expulsions locatives, les sollicitations liées à une perte d’emploi ou un changement de situation professionnelle ont augmenté. C’était 44 % des motifs d’appels en 2010, c’est 54 % en 2013 ».

Après deux ans de chômage, arrive le mal-logement

Emploi, donc revenu, et logement sont fortement liés. Une interaction qui inquiète, au regard des 5,5 millions de personnes qui pointent à Pôle Emploi fin 2013, soit 2 millions de plus qu’en 2008. Le chômage est bien sûr un facteur de précarisation, mais la généralisation de l’emploi précaire, CDD en-tête, avec 83 % des recrutements au 1er trimestre 2013 [3], l’est aussi. « Les fragilités se cumulent avec de nombreuses personnes qui s’enfoncent ou risquent de rapidement s’enfoncer si on ne met pas en place des filets de protection. »

Situations emblématiques de ce cumul, les jeunes, particulièrement préposés à « l’emploi en miette » comme aux loyers les plus chers. « Ce sont souvent les petits logements, soumis à un fort turn-over qui font l’objet d’une augmentation à la relocation », indique Patrick Doutreligne. Si beaucoup sont contraints de rester plus longtemps chez leurs parents, tous ne bénéficient pas d’une solidarité familiale. En témoigne leur surreprésentation dans les structures d’hébergement d’urgence, avec un quart des bénéficiaires âgés de moins de 25 ans. Déjà préoccupante, la situation risque d’empirer, puisque les effets de la crise de l’emploi se manifestent à retardement sur le front du logement. « On a des témoignages de CCAS [Centres communaux d’action sociale, ndlr] qui voient les gens arriver deux ans après la fermeture de l’usine, quand il n’y a plus d’allocations chômage et qu’ils n’arrivent plus à payer le loyer », prévient le délégué général.

Le loyer accapare les revenus

Il n’y a pas que le marché du travail. Le logement lui-même accentue les effets de la crise économique en grevant toujours plus le budget des ménages. Les loyers ont augmenté de 55 % entre 2000 et 2013, soit le double de l’évolution des ressources ! Un locataire sur cinq consacre aujourd’hui plus de 40 % de son revenu à son logement. Quant aux prix de vente, ils ont doublé en dix ans. Et pour parfaire le tableau, la précarité énergétique progresse avec 3,8 millions de ménages qui dépensent plus de 10 % de leur budget pour se chauffer et s’éclairer. Les marges de manœuvre financières des familles se sont donc inévitablement réduites, jusqu’à engendrer des situations de privation. Une étude du Crédoc sur les dommages collatéraux de la crise du logement [4] confirme les sacrifices réalisés : 44 % des ménages supportant de lourdes charges de logement déclarent limiter leur frais d’alimentation et 19 % renoncent à des soins médicaux ! « Cela devient un mode de vie, analyse Patrick Doutreligne. On gère son budget comme on peut. On compte, chaque jour, chaque euro, on diffère ces paiements. Et quand ça ne passe pas, c’est l’impayé, qui à terme peut provoquer l’expulsion locative. »

Dans ce contexte particulièrement tendu, qu’apporte la politique du logement mise en œuvre par Cécile Duflot ? Le bilan de cette deuxième année de mandat est nuancé pour la FAP. « Le logement est une priorité pour ce gouvernement », admet Patrick Doutreligne, qui salue l’adoption de nouvelles mesures structurelles. « Il y a de réelles avancées, il faut le reconnaître », renchérit Christophe Robert. « L’encadrement des loyers, c’est courageux. Le système adopté n’est pas le plus efficient, ce n’est pas celui qui va entraîner une baisse des loyers, mais il va au moins permettre de limiter la hausse. »

Des « logements sociaux » trop chers pour les pauvres

La Fondation se réjouit aussi de l’ambition affichée par le gouvernement de favoriser la construction de 500 000 logements par an, dont 150 000 sociaux. Mais sur le terrain, le compte n’y est pas. La FAP a recensé en 2013 un peu plus de 330 000 mises en chantiers et 117 000 agréments, côté logements sociaux, dont plus d’un tiers en PLS (prêt locatif social). Une formule qualifiée de « Canada dry » par Patrick Doutreligne, car ils sont en réalité trop chers pour la plupart des demandeurs de logement social, au nombre de 1 735 000 au 1er septembre 2013. « C’est bien d’avoir des objectifs ambitieux. Mais s’ils ne sont jamais atteints, ça fait perdre de la crédibilité à la parole publique », estime le délégué général, qui doute d’une meilleure performance en 2014. Un effort pourrait être fait, par exemple, pour inciter les propriétaires à relouer un appartement du parc privé dans le cadre d’un conventionnement en logement social, en échange de garanties des pouvoirs publics. Entre 1,5 et 2 millions de logements changent de locataires chaque année. Si 5% de ces relocations étaient requalifiées en logement social, entre 75 000 et 100 000 logements par an pourraient devenir accessibles à des ménages à petits revenus.

Évaluer la pertinence de l’action gouvernementale reste compliqué. Il est beaucoup trop tôt pour analyser les futurs effets de la loi Alur (« pour l’accès au logement et un urbanisme rénové »), en passe d’être adoptée. Reste celle relative au logement social, votée il y a un an [5], qui prévoit la mise à disposition de terrains publics pour favoriser la construction de logements sociaux. « Nous en sommes aux prémisses. Cinq ou six terrains ont été cédés. A chaque fois, le président de la République et des ministres se déplacent. Cela signifie que c’est important, mais aussi qu’il n’y en a pas beaucoup », note Patrick Doutreligne.

L’urgence sociale aux abonnés absents

De nouvelles lois, c’est bien. Répondre à l’urgence des besoins sociaux, c’est mieux. Et là, ce n’est pas terrible. « Les gens sont dans la merde. Leur situation économique est en train de péricliter. Et la réponse donnée, elle n’est pas bonne, elle n’est pas rapide, elle n’est pas suffisante », assène Patrick Doutreligne. Il y a bien un « plan quinquennal de lutte contre la pauvreté », articulant plusieurs dimensions de la lutte contre l’exclusion, « mais on ne peut pas attendre trois ou quatre ans pour que cela produise d’éventuels résultats ! » Le plan d’urgence que la Fondation attendait de ce gouvernement ne semble toujours pas d’actualité. « On pense notamment à tous ces ménages qui ont attendu six mois pour être prioritaires et qui ont encore attendu six mois pour se voir proposer un logement, dont ils n’ont jamais vu la couleur. Les situations aujourd’hui sont toujours bloquées. »

L’année 2014 sera-t-elle celle des expulsions locatives ? Bien sûr, il y a la garantie universelle des loyers, l’extension de la trêve hivernale et des avancées en matière de prévention. Mais Christophe Robert « n’a pas l’impression que la trêve est mise à profit pour aller au-devant des ménages menacés, travailler avec eux pour comprendre, reloger, accompagner et chercher des solutions d’échelonnement de la dette ».« S’il n’y a pas de moyens supplémentaires pour pouvoir mener le travail de prévention, et une volonté forte de l’État pour dire qu’il faut éviter ces catastrophes sociales, ces avancées législatives ne permettront pas d’inverser la courbe de la hausse des expulsions que l’on connaît maintenant depuis une dizaine d’année », gronde-t-il.

La « mobilisation générale pour le logement » semble très partielle. Et mieux vaut ne pas être déjà à la rue. Car l’hébergement d’urgence est lui aussi en crise : « Les trois quarts des personnes qui appellent le 115 ne se voient pas proposer de solutions. » Quant aux familles qui angoissent de ne pas pouvoir acquitter leur loyer, elles ne sont pas vraiment aidées. Si le RSA augmentera un peu pendant cinq ans, les aides personnelles au logement (APL), qui concernent six millions de ménages, ne seront plus indexées sur l’indice de référence des loyers. Celui-ci progressera sans que les APL ne suivent. « Ce qu’on va donner d’un côté, on le récupère de l’autre. Ce n’est pas acceptable, c’est injuste. » « Le logement, c’est comme l’emploi, c’est un effort de tous les jours, conclut Christophe Robert. Tous les jours, il faut mobiliser tout le monde, porter ces objectifs et les faire vivre. Sans quoi on n’arrivera pas à attaquer le noyau dur de cette crise du logement. »

Linda Maziz

Photo : DR

 

Notes

[1La loi Alur prévoyant notamment un meilleur encadrement de la location des logements meublés, la Fondation Abbé Pierre a décidé de ne plus considérer les locataires d’un logement loué meublé (qui n’incluait pas dans ces chiffres les hôtels ou garnis et les étudiants) comme des personnes en situation d’occupation précaire.

[2L’hébergement des sans-domicile 2012, juillet 2013, Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

[3Selon les données publiées en novembre 2013 par le ministère du Travail, 83 % des recrutements dans les entreprises de plus de 10 salariés au premier trimestre 2013 ont été faits en CDD. Pour les Urssaf, qui prennent en compte l’ensemble des entreprises, ce taux est même de 86 %, un record absolu depuis 2000.

[4Les dommages collatéraux de la crise du logement, décembre 2011, du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc).

[5Loi du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation du foncier public et au renforcement des obligations de production de logement social.


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Source : www.bastamag.net

 

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