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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 19:15

 

Source : www.mediapart.fr

 

Les banques européennes menacées par la crise des pays émergents

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Plusieurs établissements bancaires européens sont exposés à hauteur de 2 200 milliards d'euros sur les marchés asiatiques et sud-américains. Un retournement économique pourrait menacer l'ensemble de l'édifice financier européen, selon la Banque des règlements internationaux (BRI).

Les banques européennes sont exposées à hauteur de 2 200 milliards d'euros sur les marchés émergents, selon un rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI), publié vendredi 31 janvier, alors que les établissements européens doivent prochainement procéder à une évaluation de la valeur de leurs actifs, dit « stress-test », sous la supervision de la Banque centrale européenne (BCE).

Les banques britanniques sont exposées à hauteur de 370 milliards d'euros dans les économies de la région Asie-Pacifique, les banques espagnoles à hauteur de 340 milliards d'euros en Amérique latine, et les banques françaises et italiennes à hauteur de 140 milliards d'euros en Europe.

En cas de détérioration des marchés émergents, six banques européennes pourraient être particulièrement exposées : les banques espagnoles BBVA, UniCredit et Santander, les britanniques HSBC et Standard Chartered, ainsi que l'autrichienne Erste Bank, possèdent des dizaines de milliards d'euros d'encours bancaires, libres de toutes contreparties dans des pays comme le Mexique, la Thaïlande ou la Turquie.

Les marchés émergents sont touchés, depuis plusieurs semaines, par la conjonction d'un ralentissement de l'économie chinoise et d'une diminution progressive des plans d'aide de la FED à l'économie américaine, qui affecte leur monnaie et leur stabilité économique.

Fuite massive des capitaux hors des pays émergents

Le rapport de la BRI :

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 18:42

 

Source  : www.espritcabane.com


 

Recettes de peintures

Faire soi-même ses peintures naturelles : recettes en images, pas à pas, tutoriels, ingrédients à connaître.

 

 

Essence d’écorces d’agrumes

Essence d’écorces d’agrumes

L'Essence d'écorces d'agrumes est utilisée pour diluer les peintures naturelles. Elle est obtenue par pression et distillation des écorces d’agrumes »
Patine à la cendre

Patine à la cendre

Comment faire de la patine à la cendre de bois ? Cette recette permet d'obtenir à moindre coût un beau gris taupe, à appliquer sur le bois pour le vieillir »
Patine blanche naturelle

Patine blanche naturelle

Recette de patine naturelle à préparer soi-même avec de la farine de marbre. Idéale pour patiner de vieux meubles dans un esprit très shabby chic. »
Peinture pomme de terre et lait

Peinture pomme de terre et lait

Recette de peinture naturelle à faire soi-même avec de la pomme de terre, du lait, du blanc de Meudon et des pigments. Vue dans l'émission Les Maternelles »
Chaux brossée

Chaux brossée

Recette de la chaux brossée, pour décorer ses murs de façon naturelle et économique. Cette peinture simple à réaliser, s'applique à la brosse en 2 couches »
Peinture suédoise

Peinture suédoise

Recette de la peinture Suédoise, idéale pour protéger les bois extérieurs : ingrédients, mise en œuvre, pose. Cette peinture scandinave rend les bois imputrescibles »
Peinture à l’huile de lin

Peinture à l’huile de lin

Faire soi-même une peinture naturelle pour peindre le bois. Mise en oeuvre simple pour les meubles, les boiseries intérieures ou extérieures »
Matériaux écologiques – 1

Matériaux écologiques – 1

Liste des différents produits écologiques à connaitre pour faire ses peintures naturelles soi-même. Caractéristiques, description, où les trouver »
Matériaux écologiques – 2

Matériaux écologiques – 2

Liste des différents matériaux naturels à connaitre pour faire sa peinture écologique soi-même. Caractéristiques, description, où les trouver »
Patine à l’huile d’olive

Patine à l’huile d’olive

Créer une patine écologique à l'huile d'olive : avec de l'huile d'olive, du citron et un pigment, réaliser une peinture décorative »

 

FAQ recettes de peinture – 1

FAQ recettes de peinture – 1

Faire sa peinture écologique ? La réponse aux questions qui se posent pendant la réalisation de peintures décoratives bio ou écolos »
FAQ recettes de peinture – 2

FAQ recettes de peinture – 2

Comment faire sois-même ses peintures écologiques ? Réponses aux questions liées à la préparation des peintures naturelles : au lait, à la pomme de terre, à la chaux, etc »
Peinture au lait de chaux

Peinture au lait de chaux

Faire sa peinture écologique au lait de chaux : a partir de lait, de chaux et de pigments, apprendre à créer une peinture saine, écologique et économique »
Peinture à l’argile

Peinture à l’argile

Préparer soi-même une peinture naturelle a l'argile : a partir d'argile, de craie, de pigment »
Peinture à la pomme de terre

Peinture à la pomme de terre

Faire peinture de pomme de terre : a partir d'une recette de purée et de pigments, apprendre à créer une peinture belle, naturelle et économique »
Peinture au fromage blanc

Peinture au fromage blanc

Comment fabriquer une peinture écologique et naturelle : avec la caséine contenue dans tous les produits laitiers, à partir de fromage blanc et de pigments »
La peinture au lait

La peinture au lait

Faire soi-même de la peinture écologique au lait : a partir de lait et de pigments naturels, apprendre à créer sa propre peinture naturelle au lait »
Le gesso

Le gesso

Le gesso est un enduit écologique et économique, utilisé pour les meubles anciens. Il peut servir de sous-couche ou de finition sur du bois ou de la toile »
La peinture à l’oeuf

La peinture à l’oeuf

Utiliser l'oeuf comme liant garantit une peinture très naturelle et des couleurs éclatantes. La peinture à l'oeuf, 100 % naturelle, peut servir à pe

 

 

Source  : www.espritcabane.com

 

 



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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 18:33

 

Source : www.reporterre.net

 

Le legs des Jeux olympiques d’hiver : installations pourrissantes et dégât écologique

Mountain Wilderness

mercredi 5 février 2014

 

 

 

 

Les jeux olympiques d’hiver vont s’ouvrir à Sotchi en Russie. Mountain Wilderness rappelle ce qu’il reste des précédents jeux hivernaux : infrastructures obsolètes, bâtiments abandonnés et dégâts environnementaux irréversibles.

 


 

Sotchi va organiser les Jeux olympiques 2014. Nice, Grenoble, Pelvoux et Annecy se sont battus pour obtenir l’organisation des J.O. d’hiver 2018. Annecy s’était vue pré-sélectionnée par le Comité olympique français avant de perdre, tout comme Munich, face au projet de la ville sud-coréenne de Pyeongchang.

Mountain Wilderness, comme de nombreuses organisations de défense de l’environnement, s’était positionnée contre les dégâts faits à la montagne par ces jeux hivernaux (lire ici et ).

Les arguments portés par nos associations quant aux impacts environnementaux et aux choix de développement liés aux J.O. d’hiver semblent aujourd’hui avoir trouver une très large audience. En mars dernier, une « votation populaire » était organisée dans le canton des Grisons, posant la question de la candidature aux J.O. d’hiver de 2022.

Le « non » l’a emporté par 52,66 % sur l’ensemble du canton, ce qui met fin à la candidature grisonne. Les porteurs du projet, qui se vantaient « d’organiser cet événement gigantesque dans les montagnes suisses d’une façon à la fois avantageuse économiquement et satisfaisante sur les plans social et environnemental », n’ont pas convaincu leur population.

 

 

Un an auparavant, c’est la candidature austro-italienne du Tyrol qui était rejetée par le parlement du Trentin. Et le 10 novembre 2013, les habitants de Bavière ont très largement rejeté la candidature de Munich aux olympiades d’hiver de 2022. « Ce vote n’est pas dirigé contre le sport, mais une réponse claire contre l’appât du gain et le manque de transparence du CIO », a souligné Ludwig Hartmann, porte-parole du mouvement « Nolympia ».

Tous ces électeurs ont sans doute été sensibles aux précédents ratés des J.O. : cela fait des décennies que le tremplin de Cortina d’Ampezzo (jeux de 1956) n’a pas accueilli de compétition internationale. La piste de bobsleigh de Sapporo (1972) a été enlevée à l’occasion des J.O. de Nagano, mais tous les bâtiments et constructions qui l’accompagnaient semblent avoir été laissés en l’état.

De même à Sarajevo (1988) où, certes, le contexte post J.O. était très particulier (c’est le moins que l’on puisse dire !), mais où les ruines sont toujours là. Quant aux jeux de Turin (2006), les ratés sont légion !.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 18:25

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/victorayoli

 

«Sotte ! Chie» Donnez au peuple du pain et des jeux.

 

Allez, haut les cœurs ! (Haut-le-cœur plutôt). Le grand cirque blanc à tonton Poutine va commencer. Cinquante milliards de dollars jetés en l'air pour Sa gloire. Des milliers d'hectares ont été saccagées, des milliers de quasi-esclaves ont trimé pour quelques kopecks (quand ils ont eu la chance d'être payés !), des dizaines de milliers de flics et de troufions mobilisés pour assurer la « sécurité » (et la surveillance !) des centaines d'athlètes, des milliers de plumitifs et des centaines de milliers de spectateurs. Avec en épée de Damoclès la menace d'attentats spectaculaires et sanglants...

 

Putaing, on va en bouffer de la propagande !

 

La plus grande escroquerie mentale, c’est de faire croire que les « J.O. » sont une fête de la jeunesse, un instant de paix mondiale.

 

Les J.O., sont nés dans la cervelle d’un baron aux idées plus que douteuses : raciste, sexiste, admirateur et protégé d'Hitler. Le C.I.O., multinationale bourrée de thunes, domicilié évidemment en Suisse, ne payant pas d’impôts, a été dirigé pendant des années par Samaranch, fruit délicat du franquisme à qui l’on doit la forme moderne, c’est-à-dire totalement dévolu au fric roi, des J.O., avec les droits télé et les partenariats.

 

Les J.O. représentent l’embrigadement, le nationalisme le plus chauvin, une compétition sous-tendue par les drogues fournies par les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux et grassement commissionnés par les marchands d’inutile.

 

Les villages olympiques sont des ghettos où les robots programmés ne se rencontrent jamais, ne se côtoient pas, ne se parlent pas. Surveillés qu’ils sont par des « entraineurs  kapos ».

 

Le sport vu par le père Coubertin (Baron Pierre de…), ça a toujours plu aux dictateurs : plus haut (pendre les dissidents), plus vite (débarrasser le pays des opposants), plus fort (taper sur ceux qui osent ouvrir leur gueule)

 

Et les sportifs là-dedans ? Parce qu’il y en a qui y croient, qui se décarcassent pour le rêve d’une médaille… Ils sont des marionnettes… Ce sont des champions élevés en batterie, c’est pas du nourri sous la mère ! La course aux médailles – pour l'honneur et la gloire du drapeau (et des sponsors!) - a imposé une sélection des athlètes dès le berceau et des rythmes d’entraînement totalitaires. On n'est pas loin de la servitude volontaire...

 

L'idéologie sportive concentre toutes les tares de l'ultralibéralisme. La performance à tout prix, la compétition sans merci, écraser l'autre pour gagner, en trichant si l'on est assez malin (ou bien « coatché ». C'est l'image de la vie en « Ultralibéralistan » : la lutte de tous contre tous, le chacun pour soi, l'égoïsme exacerbé. L’univers de l’entreprise est irradié par cette idéologie de la confrontation sans merci, par ces images de chocs, d’affrontements, de stages physiques, de préparations au combat économique, de constitutions d’équipes de collaborateurs offensifs « coachés » par des directeurs de ressources humaines inspirés . Non mais, vous les avez vu, ces tarés, faire des stages commandos avec d'anciens légionnaires trop heureux d'en faire baver aux « pékins » en leur prenant du pognon !

 

Seulement les Jeux Olympiques sont, avec la coupe du monde de foute, une des caisses de résonance les plus efficaces de marketing international, car ils touchent des milliards de personnes sur l'ensemble de la planète. Il ne faut pas s'étonner si des états, comme hier la Chine, aujourd'hui la Russie, qui ont une conception pittoresque des droits de l'humain, se servent de ces manifestations pour policer leur image et légitimer leur pouvoir.

 

Jeux Olympiques ? Vafenculo...

 



Octidi 18 pluviôse 222

 

 

Photo X – Droits réservés


 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/victorayoli

 



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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 18:15

 

 

Source : www.mediapart.fr

Circulaires, manuels, livres: les ministères censurent le mot «genre»

|  Par Lucie Delaporte

 

 

Cédant à la pression des lobbies les plus conservateurs, le gouvernement a déjà, et depuis plusieurs mois, choisi de faire disparaître partout le mot « genre », désormais jugé trop sulfureux. Au prix d'absurdes acrobaties. Enquête sur une censure discrète qui signe aussi une incroyable défaite idéologique. 

C’est par un coup de fil un peu gêné que Sylvie Ayral a appris que ses quatre conférences programmées en avril dans des collèges de Seine-Saint-Denis étaient, « compte tenu du climat », purement et simplement annulées. L’auteure de La Fabrique des garçons, un livre très remarqué paru en 2011 et qui analyse comment, au collège, les garçons recherchent la sanction disciplinaire comme preuve de leur identité virile, a pourtant déjà fait des dizaines d’interventions en milieu scolaire, avec la bénédiction du ministère de l’éducation nationale. À chaque fois, le thème passionne les collégiens comme les enseignants.

Aujourd’hui, le sujet serait devenu trop sulfureux. Plus encore que le thème de son intervention, c’est manifestement le sous-titre de son livre, «Sanctions et genre au collège», et cette mention du mot « genre », qui a mis en alerte les radars du rectorat. 

 

Najat Vallaud-Belkacem et Vincent Peillon. 
Najat Vallaud-Belkacem et Vincent Peillon. © (dr)

Depuis le succès l’an dernier des mobilisations contre le mariage gay, aux slogans ouvertement homophobes, le terme « genre » est en effet l’objet d’une invraisemblable chasse aux sorcières. Pour désamorcer la fronde réactionnaire qui s’affole de l’introduction d’une prétendue « théorie du genre » à l’école, le gouvernement aurait pu choisir de faire de la pédagogie sur un concept encore assez neuf dans le débat public. Il aurait pu sereinement expliquer que la théorie du genre n’existe pas mais que le genre est un concept précieux pour penser tout ce que les rôles de sexe ont de socialement construit.

Le mouvement de boycott de l’école primaire la semaine dernière l’a encore prouvé, le terme charrie effectivement bien des fantasmes. Mais l'exécutif a préféré faire simple, en mettant, tout simplement, le mot « genre » à l’index. Lois, circulaires, rapports... Afin de ne pas trop froisser les lobbies intégristes, le gouvernement a discrètement choisi de se passer d’un des concepts les plus importants du champ intellectuel de ces dernières décennies.

Le cas de Hugues Demoulin, chargé de mission égalité garçons-filles dans l’académie de Rouen, et déjà rapporté par ce blog, est à cet égard saisissant. La parution de son livre Déjouer le genre – Pratiques éducatives au collège et au lycée, destiné à être un outil de formation pour les enseignants, est bloquée depuis le mois de septembre. Son ouvrage a pourtant été validé à plusieurs reprises par l’éditeur, le Centre national de ressources pédagogiques, qui dépend du ministère de l’éducation nationale. Puis plus rien. Problème de titre. Preuve d’un climat de tension extrême, le chargé de mission ne veut pas répondre à la presse. Aux dernières nouvelles, son livre devrait paraître prochainement… sous un autre titre !

Avec le rapport sur les stéréotypes de genre chez les enfants et les adolescents, commandé par Najat Vallaud-Belkacem au commissariat général à la stratégie et à l’action prospective, et présenté le 15 janvier dernier, la censure a sans doute atteint le sommet du ridicule. « Vu le climat explosif, on nous a fait comprendre que si on pouvait se passer de ce terme, ce serait mieux », confirme à Mediapart Vanessa Wisnia-Weill, l’une des co-auteures du rapport. Comme dans les cas précédents, pas de consignes écrites, mais de fermes recommandations venues « d’en-haut ».« Après nous être interrogées nous avons finalement décidé de peser précisément nos mots », raconte-t-elle.

Le titre du rapport « Luttez contre les stéréotypes de genre » est donc devenu « Luttez contre les stéréotypes garçons-filles » et les occurrences du mot genre sont presque toutes supprimées. Un travail d’orfèvre qui nécessite parfois le recours à de longues et pénibles périphrases. Et laisse, sur deux cents pages, la même étrange impression que la lecture de La Disparition de Georges Perec, son roman rédigé sans la lettre « e ».

La censure dans ce cas précis est d’autant plus absurde que le commissariat général à la stratégie et la prospective a été créé pour éclairer les pouvoirs publics sur le long terme, et donc sans se soucier du « climat », mais aussi pour créer des ponts avec la recherche, où le terme genre est banalement utilisé depuis plus de quarante ans.

Le ministère du droit des femmes, très actif depuis un an et demi dans la lutte contre le sexisme ou l’homophobie – soit des politiques publiques où il est particulièrement difficile de faire l’économie des recherches sur le genre –, a lui-même été prié de faire le ménage dans sa terminologie. Le mot « genre » a ainsi été effacé tant des circulaires que des campagnes de sensibilisation. Le programme ABCD de l’égalité, expérimenté dans certaines écoles (lire notre article) et qui a cristallisé les inquiétudes de certains parents, n’y fait ainsi jamais référence.

Dans l'entourage de la ministre on reconnaît avoir proscrit un terme difficile à comprendre y compris par les adultes de l'ABCD de l'égalité, mais on nie que le genre soit devenu tabou, citant quelques occurrences çà et là dans les programmes de lutte contre l'homophobie. Cette traque dans les documents à destination des écoles prouve bien que cette stratégie est non seulement choquante mais totalement inefficace. Depuis un an, elle est pourtant suivie avec constance.

« C’est normal que ça résiste, on est en train de changer la société ! »

L’examen du projet de loi sur l’école, en février 2013, où le terme  « genre » ne figurait pas, avait donné lieu à une curieuse bataille rangée autour du concept. La députée socialiste des Hauts-de-Seine, Julie Sommaruga, avait ainsi défendu un amendement qui précisait que l’école élémentaire devait promouvoir « l’égalité de genre ». Un amendement alors adopté sans provoquer d’émoi. Au Sénat, l’amendement, jugé trop subversif, est rejeté. Et on lui préfère la formule : « une éducation à l’égalité entre hommes et femmes ». En seconde lecture, Barbara Pompili, députée EELV, revient à la charge et tente de réintroduire l’expression. C’est alors Vincent Peillon en personne qui lui demande de retirer son amendement, au motif que le terme suscite trop de crispations.

« Quand on vous attend à tous les coins de rue avec un bazooka, je comprends la prudence du ministre sur le sujet », avance un expert du ministère, qui défend l’idée qu’employer le mot « genre » revient effectivement à « mettre de l’huile sur le feu ».

Pour autant, effacer le « genre » est tout sauf indifférent. Abandonner un concept qui irrigue des disciplines aussi différentes que l’histoire, la philosophie, la sociologie ou même la biologie relève bien d’une très grave défaite idéologique et donc d’une défaite politique.

« J’entends la volonté d’apaiser. L’école publique et laïque est si violemment attaquée aujourd’hui sur ces sujets… Mais on se trompe complètement de cible ! Les études de genre ont apporté tellement à la compréhension des phénomènes de discrimination, de domination », regrette Sylvie Ayral, qui ne peut imaginer qu’un repli de circonstance. Sur le terrain, ces nouvelles consignes ont évidemment plongé dans la perplexité les responsables des politiques de lutte contre les discriminations dans les académies. « On peut faire sans (le genre) mais si vous voulez aborder certaines problématiques comme la manière dont les garçons sont eux aussi à leur manière victime des stéréotypes, la lutte contre l’homophobie, la lutte contre le masculinisme, on a besoin du concept de genre ! » explique un chargé de mission égalité au sein de l’éducation nationale.


 

Le sociologue Eric Fassin. 
Le sociologue Eric Fassin. © (dr)

Pour le sociologue Éric Fassin, qui se dit abasourdi de découvrir un tel recul, « s’attaquer aux inégalités filles-garçons nécessite de s’attaquer aux mécanismes qui les fabriquent et pour cela il faut passer par le genre ». Ce n’est pas simplement défendre l’égal accès à toutes les professions – une fille peut devenir garagiste et un garçon « sage-femme » – mais aussi s’interroger sur les représentations du masculin et du féminin : pourquoi se moquer d’une fille « garçon manqué » ou d’un garçon « efféminé », par exemple. « En ce sens, les manifestants qui arborent les slogans "Touche pas à mes stéréotypes de genre" ont très bien compris de quoi il s’agissait. En remplaçant égalité de genre par égalité filles-garçons, on veut signifier qu’on ne s’attaquera surtout pas à l’ordre des choses. Or l’idée d’assurer l’égalité sans toucher aux normes est totalement absurde », affirme le chercheur.

Face aux fortes résistances qui se sont exprimées dans la rue depuis un an sur ces sujets, le gouvernement avait-il d’autre choix que de calmer le jeu ? « Je sais qu’au gouvernement certains sont persuadés qu’il s’agit d’un repli stratégique pour avancer sur l’essentiel, mais c’est ne rien comprendre à la situation, s’énerve Caroline de Haas, la fondatrice d’Osez le féminisme qui a récemment quitté le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. Ceux qui ont encore manifesté dimanche sont contre l’égalité hommes-femmes, ils pensent que les rôles sociaux, c’est très bien ! Et on voudrait négocier, trouver un juste milieu. »

Pour elle, « il y a une bataille culturelle, idéologique, philosophique à mener sur l’égalité de genre. C’est normal que ça résiste, on est en train de changer la société ! Je crois que tout cela révèle une absence de culture politique féministe et un vrai problème de colonne vertébrale sur ces sujets alors qu’en face, ils sont très bien formés, très bien organisés ».

La communication gouvernementale sur ces sujets, à commencer par celle du ministère de l’éducation, a été des plus hasardeuses. Fin mai, au lendemain des grandes manifestation, alors que Le Figaro croit bon de surfer sur la vague en titrant « la théorie du genre s’immisce à l’école », Vincent Peillon, interrogé sur France 2, se prend une première fois les pieds dans le tapis en déclarant de but en blanc : « Je suis contre la théorie du genre. » « Si l'idée, c'est qu'il n'y a pas de différences physiologiques, biologiques entre les uns et les autres, je trouve ça absurde », croit bon d’ajouter le ministre dans un saisissant raccourci, qui avait évidemment provoqué la consternation des chercheurs. Trois mois plus tard, après un petit recadrage de son cabinet, Vincent Peillon admet sur France Inter que « la théorie du genre n’existe pas », puis récemment que « la théorie du genre n’est pas enseignée à l'école»… Ce qui suppose qu’elle existe. Au-delà de ces maladresses, le ministre a effectivement décidé de bannir le concept même de genre de tous ses discours pour s’en tenir à la stricte défense de l’égalité filles-garçons.

En supprimant le mot, le gouvernement espère sans doute fermer la porte à des questions sur la transidentité, la procréation, la filiation que le concept de « genre » permet effectivement d’aborder de manière nouvelle et critique. À voir l’importante production théorique sur ces sujets, censurer le mot genre dans les textes et les discours officiel est évidemment dérisoire. En attendant, les militants de la Manif pour tous peuvent savourer une indéniable victoire.

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 



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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 18:05

 

 

Source : www.mediapart.fr

Intégration des immigrés: Matignon veut dessaisir Valls

|  Par Carine Fouteau

 

 

 

Jean-Marc Ayrault souhaite sortir les questions d'intégration des immigrés de la tutelle du ministère de l'intérieur. Il doit présider mardi prochain une réunion interministérielle. Un organisme public, rattaché au premier ministre, serait créé. Mediapart publie la feuille de route provisoire du gouvernement.

Malgré le peu de soutien affiché par les ministres de son gouvernement, en premier lieu Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault creuse son sillon sur les questions d’intégration, qu’il a préemptées depuis qu’il a lancé, avant l’été, une concertation avec cinq groupes de travail composés d’experts. La réunion interministérielle annoncée avant Noël, et reportée à la suite de la polémique suscitée par Le Figaro à propos de certaines des préconisations issues des travaux préparatoires, devrait avoir lieu mardi 11 février.

La feuille de route de Matignon, dont i-Télé a évoqué les grandes lignes et que Mediapart présente dans son intégralité (elle est à consulter en cliquant ici), montre que le premier ministre n’a pas renoncé à avancer sur ce dossier inflammable à quelques semaines des élections municipales, quitte à prendre le risque de chauffer à blanc l’opposition, extrêmement remontée sur tout ce qui touche aux « valeurs républicaines » du pays.

Ce document de 33 pages n’est pas définitif, ce qui veut dire que certaines des 44 mesures pourraient être retranchées et d’autres ajoutées. Mais l’architecture générale devrait rester inchangée. Le gouvernement rappelle son ambition de « renouveler en profondeur l’approche des questions d’intégration dans un esprit de responsabilité et avec le souci constant du respect des valeurs de la République », qualifiée de démocratique, laïque et sociale. L’appartenance à la nation, insiste-t-il, se définit par l’adhésion à des « valeurs communes et non négociables qui fondent la cohésion républicaine » à savoir la liberté, l’égalité, la dignité, la laïcité et la langue française.

Le fil directeur de cette « nouvelle » politique est d’en finir avec la « confusion entre immigration et intégration ». « S’il est indispensable de mettre en œuvre des politiques d’accueil volontaristes pour les primo-arrivants, il faut cesser de renvoyer à un fait migratoire des familles et des citoyens français installés parfois depuis des générations, et qui n’aspirent qu’à être considérés comme des Français comme les autres », indique le texte, qui révèle, dans son ensemble, une volonté d’éviter les couacs.

Les références aux dispositions les plus clivantes contenues dans les conclusions des groupes de travail ont en effet été gommées. Il n’est plus question ni de remise en cause de la loi de 2004 sur le voile à l’école, ni de reconnaissance de la part « arabo-orientale » de la France. La référence au multiculturalisme est jugée inappropriée. « Le multiculturalisme ne fait pas partie des valeurs de la République française. La France doit toutefois reconnaître l’héritage légué par les migrants au fil des âges, et leur participation quotidienne au dynamisme de notre nation », indique ce plan, qui consiste à mettre en musique les dispositifs existants et en cours d’adoption (réforme Peillon sur l’éducation prioritaire, loi Duflot pour l'accès au logement, loi Lamy sur la politique de la ville). Pas de solution miracle, donc, mais un renforcement des politiques allant dans le sens du droit commun (limiter autant que possible les mesures spécifiques, tout en s’assurant que les populations concernées aient effectivement accès aux services publics prévus pour tous).

Premier pilier : l’apprentissage du « socle commun » aux « primo-arrivants », c’est-à-dire aux étrangers nouvellement arrivés souhaitant s’établir durablement en France, passe par la mise en place d’un « réel parcours d’installation des personnes » via un service public renforcé de l’accueil.

Deuxième pilier : le renouvellement de la politique d’égalité des droits suppose un élargissement de la lutte contre les discriminations liées à l’origine à l’école, dans l’emploi, en matière de santé et dans le logement. « Bien sûr, l’intégration à la française fonctionne au fil des générations : les enfants de migrants ont un niveau de vie deux fois supérieur à celui de leurs parents et les deux tiers d’entre eux vivent avec un conjoint d’une culture différente. Mais elle se heurte à la persistance des stéréotypes liés à l’origine réelle ou supposée, qui pénalisent les personnes qui en sont victimes dans leur vie quotidienne comme dans leur parcours professionnel », souligne le document. L’ensemble des volets de l’action publique doit être concerné, insiste le gouvernement.

L’Éducation nationale est en première ligne. Afin de lutter contre le « plafond de verre », Matignon propose de développer la formation des personnels éducatifs, d’améliorer la coopération entre les parents et l’institution scolaire, par exemple en instaurant un accueil du matin en école primaire et au collège, de favoriser la scolarisation des enfants de moins de trois ans, de consacrer du temps pour le suivi des élèves et le travail en équipe et de lutter contre le décrochage scolaire. Le tout, en s’appuyant sur la récente réforme de l’éducation prioritaire, qui concentre les moyens sur les établissements les plus en difficulté.

Côté emploi, les agents de Pôle emploi devraient être formés aux « risques discriminatoires ». Les techniques de recrutement fondées sur l’appréciation in situ des compétences des candidats devraient être privilégiées. Pour dénoncer des discriminations, des actions collectives pourraient être menées, à l’initiative des syndicats de l’entreprise, avec l’accord des personnes concernées. La fonction publique devrait faire des efforts particuliers en « démocratisant » ses concours et en développant l’apprentissage.

En matière d’accès aux droits sociaux, le gouvernement rappelle son souhait de lutter contre les refus de soins, d’homogénéiser les durées de séjour exigées selon la nature des prestations, de simplifier l’accès à l’assurance vieillesse des migrants âgés, de sensibiliser les travailleurs sociaux aux discriminations « à caractère ethno-racial » et de recourir à des interprètes dans les lieux d’accueil.

Valoriser l’apport de l’immigration

Pour améliorer les procédures d’attribution de logements sociaux, le gouvernement s’en remet aux dispositions de la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur) en cours d’adoption au Parlement. La Garantie universelle des loyers, prévue dans ce texte, devrait, quant à elle, permettre de lutter contre les discriminations dans l’accès au logement privé, en empêchant certaines pratiques de contournement de la législation.

Revendication récurrente, la création de carrés musulmans dans les cimetières devrait être encouragée. « De nombreux immigrés finissent leur vie sur le territoire français, mais ils ne peuvent obtenir un lieu de sépulture sur place faute d’espace adapté », regrette le document. Pour restaurer la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre, le gouvernement entérine les dispositifs mis en place par Manuel Valls avec le nouveau code de déontologie et le retour d’un numéro d’immatriculation sur l’uniforme des policiers et gendarmes, sans aller au-delà (la mise en place d’un récépissé pour empêcher les contrôles au faciès).

Troisième pilier : le gouvernement entend favoriser une « politique d’échange et de mémoire », assumant l’apport de l’immigration et valorisant « l’ouverture internationale de notre pays ». La cité nationale de l’histoire de l’immigration serait relancée, la contribution des soldats issus de l’immigration et d’outre-mer valorisée, des figures de l’histoire de l’immigration mises en avant. L’école inciterait à l’apprentissage des langues parlées « dans les grands pôles démographiques de la mondialisation » comme l’arabe, le mandarin et le hindi, aux côtés des enseignements classiques (anglais, espagnol, allemand et italien). Mais la « langue française est au cœur de l’unité nationale », souligne le gouvernement pour contrecarrer les critiques lui reprochant de brader la langue française.

Sur le modèle des offices franco-allemands et franco-québécois, un office franco-maghrébin pour la jeunesse pourrait être créé pour développer les échanges linguistiques et culturels « des deux côtés de la Méditerranée, à partir du socle commun que constitue la francophonie ».

La gouvernance de cet ensemble est encore sujette à discussion. Mais, selon des informations de Libération, le premier ministre devrait annoncer la création d’un commissariat général, d’un haut-commissariat ou d'un délégué interministériel à l’intégration, à la lutte contre les discriminations et à l’égalité, placé sous l’autorité de Matignon et piloté par un haut fonctionnaire. Ce faisant, le périmètre du ministre de l’intérieur s’en trouverait rétréci.

Depuis la création controversée du ministère de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale en 2007 par Nicolas Sarkozy, l’ensemble des attributions concernant l’entrée et le séjour des étrangers en France ainsi que l’intégration des immigrés, autrefois partagées par les ministères des affaires sociales, de l’emploi, de l’intérieur et des affaires étrangères, avaient été rassemblées. Sous la pression du secteur associatif, révulsé par l’intitulé et la politique de ce ministère, ainsi que d’une partie de l’opposition de gauche et du monde universitaire, l’ex-président de la République avait fini par céder.

En 2010, il avait renoncé à son initiative, sans pour autant revenir à l’organisation antérieure: l’ensemble de ces fonctions étaient revenues au ministre de l’intérieur, c’est-à-dire au premier flic de France, ce qui avait provoqué le mécontentement des détracteurs du ministère de l’identité nationale. Élu à l’Élysée, François Hollande n’avait pas modifié ce dispositif. Selon le décret relatif à ses attributions, Manuel Valls est ainsi invité à préparer et mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière d’immigration (légale et illégale), d’asile, d’intégration des populations immigrées et de naturalisation.

Les conséquences de la nouvelle organisation sont encore floues, y compris en matière budgétaire : une partie de la tutelle de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) va-t-elle échapper à Beauvau ? Moins impacté, le ministère de la ville, confié à François Lamy, devrait-il lâcher la supervision de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé) ? De son côté, le ministre de l'intérieur fait savoir qu'il gardera la responsabilité de la gestion du contrat d'accueil et d'intégration (CAI), c'est-à-dire du suivi des nouveaux détenteurs d'un titre de séjour durant leurs cinq premières années en France. Le Haut conseil à l'intégration (HCI) ne devrait, quant à lui, pas survivre.

Dernière question en suspens : quel haut fonctionnaire serait susceptible d’orchestrer cette politique ? De Jean-Michel Belorgey, ancien président du Fonds d’aide et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild) à Thierry Tuot, auteur d’un récent rapport remarqué sur l’intégration, en passant par Jean-Marie Delarue, ex-contrôleur général des lieux de privation de liberté, les profils compétents ne manquent pas.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 17:55

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Basta 06/02/2014 à 10h55

En Espagne, insulter le Parlement ou la paella coûtera bientôt 30 000 euros

 

Javier Marías

 

 

J’ai toujours été surpris que des gens intelligents, sans parler d’une infinité d’imbéciles, puissent prononcer des phrases telles que « J’aime mon pays » – comme récemment dans ces pages, l’écrivain Stephen King –. Je crains qu’il n’y ait pas en ce monde un seul pays qui échappe au fait d’être « aimé », par ses propres citoyens ou par des étrangers de passage, généreux en flatterie.

Ici, évidemment, on répète cette phrase à satiété, et ces derniers temps avec la Catalogne comme complément d’objet fréquent. Il s’agit chaque fois de variantes du fameux texte de Tejero (souvenez-vous, ce garde civil qui fit une tentative de coup d’Etat en prenant d’assaut le congrès des députés) dans lequel il exprimait son amour pour la paella et je ne sais quels autres éléments folkloriques.

Dès qu’on tente d’expliquer cette phrase, on tombe dans le ridicule, l’affectation et le lyrisme de bas étage. Un immanquable résultat donc, l’énoncé étant non seulement creux mais également impossible.

Un pays – taisons son nom – est une abstraction, au-delà de sa géographie, ses frontières précises et son organisation administrative, une fois qu’il est constitué comme Etat, nationalité, région, ou quelle que soit la forme qu’il souhaite se donner. Dans le meilleur des cas, c’est une convention, comme le sont « la littérature » ou « la science » et presque tout ce qui est susceptible d’être écrit avec une majuscule.

Lorsque quelqu’un assure « aimer la littérature », il veut dire aimer, au mieux, certaines œuvres littéraires, ceci impliquant que beaucoup d’autres lui déplaisent, bien que toutes soient « de la littérature ». Si quelqu’un affirme « aimer l’Espagne », sa déclaration est vide de sens car en Espagne comme partout ailleurs, il y a des gens, des villes, des quartiers, et même des complexes urbains côtiers qu’on jugera bien évidemment abominables.

Voir un Français et avoir les nerfs en pelote

La phrase est ainsi indéfectiblement grandiloquente, opportuniste et fallacieuse. Et souvent même démagogique, proférée pour flatter les cocardiers. Le sergent de Juan Benet était plus honnête et plus vrai en sermonnant ainsi ses jeunes recrues :

« Je vais vous dire, moi, ce qu’est le patriotisme. Voir un Français vous met les nerfs en pelote ? Eh bien c’est cela le patriotisme. »

Il est pareillement impossible d’« offenser » un pays, même par l’intermédiaire de ses symboles, précisément parce que ce ne sont que des symboles, des idées, de l’hymne au drapeau en passant par la paella de Tejero et aussi, j’en ai bien peur, par le ministre de l’Intérieur Jorge Fernández Díaz et son chef, Mariano Rajoy, qui lui donne les ordres.

 


Un manifestant opposé au projet de loi « Sécurité citoyenne » le 23 novembre 2013 à Madrid (Luca Piergiovanni/NurPhot/SIPA)

 

Eh bien soit, ces deux individus ont élevé cette impossibilité à la catégorie de « grave infraction », passible de 30 000 euros d’amende. Le rabiot de la loi de Sécurité Citoyenne dont j’ai parlé il y a deux semaines.

Même les vigiles de discothèque veillent

Seront punis d’amende, a proclamé l’opus-déiste Fernández, « les offenses et les outrages faits à l’Espagne », ainsi qu’aux « communautés autonomes et aux collectivités locales – ou à leurs institutions, symboles, hymnes ou emblèmes – exprimés par n’importe quel biais ».

Il faudra se pencher sur leur définition d’« offense » et d’« outrage », mais connaissant l’incapacité de cet individu à comprendre la liberté d’expression, et la démocratie, il faut s’attendre au pire.

Et comme il ne laissera bien entendu personne sur la touche (j’imagine que les communes inhabitées seront aussi considérées comme « collectivités locales »), il sera certainement bientôt condamnable de dire « Village de merde ! », « Quelle ville atroce ! » ou « Ce pays me dégoûte ! ».

Jusqu’à 30 000 euros d’un coup si un garde civil vous entend, ou même un vigile de discothèque, ceux-là aussi pourront bientôt nous arrêter.

« Madrid est un bordel »

Le pupille d’Escrivá de Balaguer – le fondateur de l’Opus Dei – s’est demandé : « Qu’est-ce qu’une offense faite à l’Espagne ? ». Ne sachant qu’ajouter, vu qu’une telle chose ne peut exister, Fernández n’a pu répondre que par une tautologie (comme s’il avait dit : « Eh bien, une offense à l’Espagne est une offense à l’Espagne »)

« Par exemple, une manifestation dans laquelle on trouverait des slogans ou des pancartes humiliant clairement l’Espagne – ou l’une de ses régions autonomes, ou encore ses symboles, ses institutions, le drapeau national… – sera considérée comme une infraction grave. »

Comme si, au lieu de définir chaque mot, le dictionnaire s’en sortait avec « Eau : eau » ou « Fierté : fierté ». Très utile.

Mais une chose est claire : si vous participez à une manifestation avec une pancarte affichant « Le Parlement est plein de crapules », on peut vous en réclamer 30 000 pour avoir humilié les institutions.

Même chose si vous reprenez en cœur « Madrid est un bordel » ou « La Maire est une incapable ». Et ne parlons pas d’appeler « franquistes » les membres de ce gouvernement, même si vous vous gardez bien de les injurier mais pensez faire une description simple et objective, fondée sur certaines similitudes.

Bientôt le tour des journaux ?

Mais comme d’habitude, le plus alarmant réside dans ce qui n’en a pas l’air : les offenses « exprimées par n’importe quel biais ». Ce qui concerne donc évidemment la radio, la télévision et la presse écrite.

Notre gouvernement développe rapidement sa marche « bolivarienne », pour ne pas reparler de néo-franquisme. Ne vous étonnez pas si l’illuminé Fernández et son chef Rajoy nous sortent une nouvelle loi sur la Presse à côté de laquelle celle en vigueur au Venezuela semblera bien libérale.

Le ministre des Finances, Cristóbal Montoro, a déjà ouvertement rappelé aux journaux critiques – pour autant que sa petite voix fluette le lui permette – la purge qu’il a lui-même déclenchée au sein de l’Agencia Tributaria [équivalent de la Direction générale des Finances publiques] contre des inspecteurs et des responsables qui, bien que nommés par son propre parti, étaient sûrement trop honnêtes à son goût.

Le jour où un article comme celui-ci sera considéré comme une « offense répréhensible », il faudra reparler de pratiques dictatoriales, après plus de trente ans de démocratie. Attention ! Nous n’en sommes plus si loin.

 

MERCI RIVERAINS ! Alexandre Le Bars
                                                                                                                                                                                                                           

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 16:07

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Publié le : 05/02/2014 à 15h59

  Mathieu Cantorné

 

 A l’Anticafé, on part du principe que les gens ne sont pas tous malhonnêtes

 

 

 

 

A deux pas du centre Beaubourg, dans une petite rue pavée, l’Anticafé ne saute pas d’emblée aux yeux du promeneur. Avec sa façade en pierre blanchie percée de larges baies vitrées, ses tables de bois brut et de ferraille, le lieu s’inscrit parfaitement dans l’ambiance bistro-branché-néo-bobo-façon-Brooklyn du IIIème arrondissement parisien.

Leonid Goncharov, ukrainien de 24 ans et propriétaire du lieu préfère cependant prévenir :

« J’ai choisi le nom d’Anticafé car nous sommes à l’opposé des cafés traditionnels. »

Payer à l’heure, manger à volonté

A mi-chemin entre l’espace de co-working et le salon de thé, l’Anticafé se distingue par son modèle économique, inédit en France jusqu’à l’ouverture du lieu en avril 2013. Ici, on ne paye pas les produits consommés mais le temps passé à table. 4 euros la première heure puis 3 euros les suivantes, ou 14 euros la journée. Boissons chaudes et pâtisseries sont à volonté.

Leonid assure que l’Anticafé s’adresse à tout le monde mais à l’intérieur, la clientèle est uniforme : surtout des jeunes créateurs d’entreprises dans le secteur des nouvelles technologies, courbés sur leurs ordinateurs ou accrochés à leurs smartphones. Pas de musique ni de télévision en fond, l’ambiance est studieuse. Certains, comme Alexandre, en ont même fait leur bureau permanent.

Toutes les semaines, des professionnels viennent aider les futurs chefs d’entreprise à concrétiser leurs projets. Une expert-comptable attend dans un coin de la salle que des curieux viennent solliciter son expertise. Son après-midi sera plus que tranquille, mais elle assure que c’est inhabituel.

Plus rares, d’autres viennent profiter des jeux de société mis gratuitement à disposition des clients, ou simplement déguster muffins et autres jus de fruits pressés.

Les profiteurs ? « On leur dit bon appétit »

Né en Russie, le principe de l’Anticafé surprend : dans le IIIème arrondissement, le tarif de 4 euros s’approche plus du prix du cappuccino, que l’on doit payer avant même d’y avoir trempé les lèvres, que d’une heure de consommation à volonté.

De fait, on pourrait penser que le lieu attire tous les petits malins du quartier, se jouant du principe de l’Anticafé pour se gaver de boissons et de pâtisseries en une heure, montre en main. Leonid Goncharov préfère mettre en avant l’esprit « communautaire » du lieu, où chacun consomme selon ses besoins, sans excès.

Et quand bien même certains seraient tentés d’abuser, les autres clients rétablissent l’équilibre. Rivés sur leurs écrans, beaucoup oublient d’aller se servir. Thomas explique :

« En partant, je me rends parfois compte que je n’ai rien consommé. Quand on vient pour travailler, on est parfois happés par la tâche et les heures s’enchaînent sans qu’on bouge de sa chaise. »

A voir la mine satisfaite du propriétaire quand on lui demande s’il est rentable, à peine un an après l’ouverture, on sent qu’il y trouve son compte. Un deuxième Anticafé devrait d’ailleurs ouvrir ses portes dans les prochains mois.

 

Mathieu Cantorné

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 16:23

 

Source : piwee.net

 

A Paris, un artiste remplace des publicités urbaines par des oeuvres d’art

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Dans un Paris où les affichages publicitaires sont pleinement intégrés au paysage urbain, (trop pour certains), Etienne Lavie, artiste français, a voulu casser les codes ! Il a choisi d’afficher des oeuvres d’art par dessus des publicités (4×3, affiches…) placées dans le centre de Paris.

 

Objectif ? Nourrir la culture des passants, et amener un peu d’art dans leur quotidien. Une belle idée !

 

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Source : piwee.net

 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 16:12

 

Source : www.marianne.net

 

EURO : Questions fréquemment posées

 

Rédigé par Jacques Sapir le Dimanche 26 Janvier 2014 à 22:47



Le débat sur une sortie, ou sur dissolution, de l’Euro suscite un certain nombre de questions qui reviennent de manière récurrente. On en aborde dans la note qui suit quelques unes de ces dernières afin de clarifier ce débat.
 

 

1-Différence entre dépréciation et dévaluation de la monnaie.
Ces deux termes sont aujourd’hui employés de manière synonyme. Ils renvoient pourtant à des réalités un peu différentes.

  1. Une dévaluation est un terme employé quand la monnaie à un cours fixe, que ce soit par rapport à un métal (l’or, l’argent, voire les deux) ou par rapport à une monnaie (la Livre Sterling, le Dollar, etc.). La parité est garantie par l’État, qui s’engage à échanger une certaine quantité de sa monnaie contre une certaine quantité de la référence, soit métallique soit d’une autre monnaie, à un taux de change donné. On dit qu’il y a dévaluation quand ce taux est administrativement baissé. La dévaluation fut pratiquée dans les systèmes monétaires à taux fixes (par exemple Bretton Woods). Par analogie, si un gouvernement s’engage à garantir une parité de sa monnaie dans des limites connues (+ ou – 5%) par rapport à un taux de change, et qu’il annonce que sa monnaie pourra fluctuer au-delà des anciennes limites, on parle de dévaluation ou de réévaluation en fonction des mouvements quand ils excèdent ces limites.
  2. La dépréciation est la baisse du taux de change d’une monnaie constatée sur un marché des changes en l’absence d’intervention directe de l’État ou de la Banque Centrale pour en fixer le cours. L’État ou la Banque Centrale peuvent cependant continuer d’intervenir par des « actions de marché » (achat ou vente des autres devises), par des interventions sur le taux d’intérêt, voire, pour la Banque Centrale, par la décision d’acheter de grandes quantités de dettes (publiques ou privées).

2-La dépréciation de l’Euro pourrait-elle remplacer la dissolution de la zone Euro, le retour aux monnaies nationales et la dépréciation de chaque monnaie ?
Cette question est régulièrement posée à chaque fois que les tensions s’accumulent dans la zone Euro. On considère qu’une alternative à la dissolution de l’Euro serait sa dépréciation par rapport au Dollar. Mais, ce faisant, on a tendance à oublier :

  1. Le fait que dans un processus de dépréciation de l’Euro, la parité implicite de chaque pays vis-à-vis de l’Euro n’est pas modifiée. Or, le problème réside dans les différences de gains annuels de productivités et les différences d’inflation à l’intérieur de la zone Euro. Il apparaît que l’on ne peut trouver un taux de change unique qui satisfasse des pays qui ont des économies structurellement très différentes.
  2. Le fait que tous les pays n’ont pas le même degré d’intégration dans la zone Euro. La France est l’un des moins intégrés, alors que le taux d’intégration de l’Espagne ou de l’Italie est nettement plus élevé. Dans une dépréciation de l’Euro, la France gagnerait ainsi nettement plus que ses deux voisin du Sud. Soutenir l’idée de la dépréciation de l’euro par rapport au Dollar, c’est en un sens vouloir la mort des pays du « Sud » de la zone.
  3. Pour réaliser une telle dépréciation, il faudrait que la Banque Centrale Européenne rachète massivement (entre 700 et 1400 milliards) de la dette publique émise par les différents États. Or, si M. Mario Draghi a évoqué cette possibilité (OMT), c’est pour des montants bien moindres. On ne voit pas la BCE se lancer dans une politique qui serait rapidement jugée anti-constitutionnelle aux yeux de la Constitution allemande.

3-Une dépréciation de la monnaie serait-elle favorable à l’économie française ?
Un courant d’idée veut que, aujourd’hui, la concurrence sur le marché des produits se fasse non pas sur le prix mais sur des éléments de qualités. Ceci invaliderait l’idée d’une dépréciation. Un autre courant soutient que l’on peut arriver aux mêmes résultats par une dévaluation interne, soit une baisse des prix et des salaires dans un pays considéré. Il faut alors regarder les résultats de ces diverses politiques.

  1. Une dépréciation de la monnaie (de l’Euro en l’occurrence) a bien des effets positifs sur l’économie, comme cela est montré dans une récente étude du CEPII[[1]]url:#_ftn1 . Différentes études qui ont été faites par des centres de recherche publiques ou privés, indiquent que la compétitivité prix reste largement dominante dans le cas des produits fabriqués en France. Notons que cette étude ne regarde qu’une dépréciation de 10%. Il est connu que les élasticités changent si l’on déprécie la monnaie de 20% et plus. L’étude du CEPII sous-estime en réalité l’impact positif d’une dépréciation.
  2. L’étude citée du CEPII indique aussi qu’une dévaluation interne aurait des résultats équivalents. Mais, elle indique que ces résultats seraient bien plus lents à se manifester. Or, dans ce cas, il faut prendre en compte la baisse de la consommation interne dans le pays considéré.
  3. En fait, une dévaluation interne n’est autre que ce que l’on appelait dans les années 1930 une politique de déflation, comme pratiquée par Ramsay Macdonald en Grande-Bretagne, Pierre Laval en France ou le chancelier Brünning en Allemagne. Compte tenu de la présence de rigidités nominales différentes suivant les prix[[2]]url:#_ftn2 , et du fait que les coûts financiers sont constants en valeur nominale, ces politiques se sont toutes traduites par des désastres sociaux ET économiques. Cette politique est largement responsable de la hausse au-delà de 26% du taux de chômage en Espagne et en Grèce.
  4. Les exemples récents de la Grande-Bretagne et surtout du Japon montrent tout l’intérêt d’une dépréciation de la monnaie, qui fut d���ailleurs massive dans le cas du Japon.

Une dévaluation interne n’est pas une alternative à une politique de dépréciation de la monnaie comme le montrent tous les exemples historiques.
4-La dépréciation de la monnaie s’oppose à la voie de l’effort qu’incarne une politique de réformes structurelles.
C’est une question fréquemment posée, dont le sous-entendu est que l’effort, et donc la souffrance, seul paye en économie. On reconnaît ici la base chrétienne du raisonnement. Il faut ajouter que l’on ne dit rien sur qui devrait faire des efforts…Sur le fond, cela appelle les remarques suivantes :

  1. Il faut préciser de quelles réformes structurelles on parle. En réalité, c’est presque toujours des réformes aboutissant à une baisse des droits sociaux et de la protection sociale. D’autres réformes, concernant la direction de la politique industrielle, l’effort de recherche et d’éducation, qui sont elles de véritables réformes structurelles ne sont que très rarement mentionnées.
  2. Une dépréciation de la monnaie, et l’on se met ici dans l’hypothèse d’un retour au Franc accompagné d’une dépréciation sensible par rapport au Dollar et au DeutschMark, entraînerait une forte croissance pendant une période de 3 à 5 ans. Cette croissance dégagerait les ressources budgétaires et fiscales qui sont nécessaires à la réalisation de véritables réformes structurelles. En réalité, loin de s’opposer, la dépréciation monétaire a toujours été le meilleur moyen de réaliser ces réformes structurelles. Cela est montré par les résultats du scénario pro-investissement dans le cadre d’une sortie de l’Euro[[3]]url:#_ftn3 .
  3. Si l’on procède à une dépréciation forte de la monnaie, on obtient au bout de 3 ans à une forte baisse du chômage (de 1,5 millions à 2,5 millions). Ceci entraînerait un équilibre (voire un solde positif) de l’assurance-chômage. En fait, la meilleure des réformes structurelles, que ce soit sur la question de l’assurance-chômage ou sur celle des retraites, c’est le retour rapide à une forte croissance.

5-La dépréciation de la monnaie entraînerait une explosion de l’endettement de la France avec des conséquences désastreuses.
C’est un des arguments les plus usés et les plus mensongers. On rappelle ici l’état exact du problème.

  1. En Droit international ce qui compte n’est pas la nationalité du prêteur mais la nationalité des contrats. Quand une dette, publique ou privée, a été émise en droit français, sa monnaie de règlement est la monnaie ayant cours légal en France, quel que soit cette monnaie (Euro ou Franc). Cela porte un nom, la Lex Monetae.
  2. Pour la dette publique, les contrats émis en droit français sont passés de 85% du montant de la dette à 97% en 2013. Donc, seuls les 3% résiduels seraient affectés par une dépréciation de la monnaie.
  3. La dette des ménages est massivement (à plus de 98,5%) en contrats en droit français. Cela veut dire qu’il y aurait une conversion instantanée des dettes et des avoirs détenus en Euro en Franc, au taux de 1 pour 1.
  4. Pour les entreprises non financières, le problème de la nature du droit ne se pose que pour celles, en général les grands groupes, qui ont emprunté en Dollar, en Livre ou en Yen. Mais, ces grands groupes réalisent une large partie de leur chiffre d’affaires hors de France, et dans ces monnaies. L’impact de la hausse de leur endettement serait couvert par la hausse de leur chiffre d’affaires en monnaie autre que le Franc.
  5. Pour les sociétés financières (banques et assurances) une étude de la BRI de Bâle montre que le système bancaire français peut parfaitement digérer ce choc, dont le montant agrégé ne dépasserait pas les 5 milliards d’Euros. Pour les assurances, elles ont massivement réorienté leurs actifs vers la France. Si une aide de l’État est nécessaire, elle devrait être limitée et sera largement digérable dans le cadre d’une forte croissance engendrée par la dépréciation.

6-Si la France sortait de l’Euro et dépréciait sa monnaie, tous les pays l’imiteraient ce qui reviendrait à annuler le bénéfice de l’opération.
Ceci constitue le deuxième argument le plus usité contre une dissolution de la Zone Euro. Mais, il ne tient pas compte des réalités de l’économie.

  1. Il est très difficile pour un pays qui a une balance commerciale massivement excédentaire de voir sa monnaie se déprécier. Pour cela il faudrait que sa Banque Centrale injecte massivement de la monnaie dans son économie (probablement à hauteur de 500 à 600 milliards). Or, la Constitution allemande l’interdit formellement. Il est donc irréaliste de voir l’Allemagne déprécier sa monnaie.
  2. Une dépréciation de la Lire italienne et de la Pesetas espagnole est par contre certaine. Elle devrait être légèrement plus importante que celle du Franc français.
  3. Cette situation a été testée[[4]]url:#_ftn4 et se révèle favorable à la France, mais aussi à l’Italie, à l’Espagne (ainsi qu’au Portugal et la Grèce). Par contre, la constitution d’un bloc monétaire surnommé Euro-Sud, serait très défavorable pour ces pays.

7-Beaucoup de nos problèmes sont antérieurs à la création de l’Euro. Vouloir sortir de l’Euro ne les résoudrait pas.
Troisième argument fréquemment soulevé, en général par des économistes situés à gauche de l’échiquier politique, mais qui repose sur un malentendu.

  1. Il est effectivement vrai que les problèmes structurels de l’économie française sont en partie antérieurs à 1999. Mais il est aussi clair que ces problèmes ont été considérablement aggravé par la création de l’euro.
  2. Ces problèmes furent provoqués par la politique dite du « Franc fort » que la France avait adopté dans les années 1990 pour se préparer à l’Euro. On doit donc logiquement les relier à l’existence de l’Euro, qui seul a donné un certain sens à cette politique. Si la France avait massivement déprécié sa monnaie (-20%) en 1994 ou 1995, une partie de ces problèmes ne se seraient pas manifestés.
  3. Fondamentalement, la France connaît une crise latente, avec des périodes de rémissions, depuis que fut pris le « virage » pro-européen de 1983 et que fut adoptée une politique de financiarisation des activités économiques (1987). C’est cette politique qu’il s’agit de remettre en cause.
  4. Une dépréciation de l’Euro n’a donc de sens que si elle s’accompagne d’une autre politique, d’une rupture avec nombre de mesures qui ont été prises depuis 30 ans, et si elle s’accompagne d’une politique de « dé-financiarisation » dont l’un des principaux instruments sera un contrôle des mouvements de capitaux à court et très court terme. En ce sens une sortie de l’Euro peut être une chance historique de mettre en place cette « autre politique » qui hante la France depuis maintenant trente ans.

8-Quel serait l’impact d’une dépréciation sur l’inflation ?
Il est clair qu’il faut effectivement s’attendre à une remontée de l’inflation à la suite d’une forte dépréciation de la monnaie. Mais, cette poussée d’inflation sera en réalité très modérée et bien inférieure aux estimations les plus folles faites par certains.

  1. On peut estimer l’inflation importée totale, sur une période de deux ans, de 7% à 9%, ce à quoi il faudra ajouter l’inflation résiduelle. C’est donc au total de 10% à 12% d’inflation que la France devrait avoir sur les deux ans suivant la dépréciation du Franc. Cette estimation a été volontairement pessimiste. En réalité, le contexte économique est plus proche de la déflation que de l’inflation.
  2. Le prix de carburants, compte tenu du montant des taxes, ne devrait augmenter que de 5% à 7%.
  3. Des taux d’inflation du niveau que l’on vient évoquer auront par contre pour effet de rendre les taux d’intérêts réels négatifs. Ceci devrait avoir, comme on l’a vu dans les années d’après-guerre, un effet très positif sur l’activité économique et l’investissement.

9-Une dissolution de la zone Euro, et une dépréciation forte de la monnaie, provoquerait l’hostilité des Etats-Unis et des autres pays.
En fait, ceci ne tient pas compte, ici encore, de certaines réalités.

  1. Une dépréciation qui se situerait dans le cadre des calculs qui ont été faits ne provoquerait une baisse de la valeur agrégée de la production de la zone Euro que de 7% (essentiellement en raison d’une réévaluation de la monnaie allemande). Cela équivaudrait à passer de 1 euro pour 1,365 USD à 1 Euro pour 1,27 USD. C’est tout à fait acceptable tant pour les Etats-Unis que pour le Japon[[5]]url:#_ftn5 .
  2. On a souvent dit que l’Euro nous « protégeait » contre le Dollar (sans jamais le démontrer par ailleurs). En fait l’Euro n’a pu être créé qu’avec l’accord des Etats-Unis[[6]]url:#_ftn6 .
  3. La fin de l’Euro concentrerait les pressions spéculatives sur le Dollar et conduirait le gouvernement américain à accepter une nouvelle conférence internationale monétaire.

 


[[1]]url:#_ftnref1 La Lettre du CEPII, n°340, janvier 2014.
[[2]]url:#_ftnref2 B.C. Greenwald et J.E. Stiglitz, “Toward a Theory of Rigidities” in American Economic Review, vol. 79, n°2, 1989, Papers and Proceedings, pp. 364-369. J.E. Stiglitz, “Toward a general Theory of Wage and Price Rigidities and Economic Fluctuations” in American Economic Review, vol. 79, 1989, Papers and Proceedings, pp. 75-80.
[[3]]url:#_ftnref3 Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.
[[4]]url:#_ftnref4 Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, op . cit..
[[5]]url:#_ftnref5 Calculs réalisés à partir des PIB des différents pays. Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, op . cit..

[[6]]url:#_ftnref6 Sapir J., « La fin du duopole », Russeurope, 6 octobre 2013,  http://russeurope.hypotheses.org/1585

 

Source : www.marianne.net

 


 

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