Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 17:56

 

Source : www.reporterre.net

 

A Saint Brieuc, on redonne une deuxième vie aux objets pour stopper le gaspillage

Ouest France

jeudi 13 février 2014

 

 

En Bretagne, Saint-Brieuc Agglomération vient de mettre en ligne sur son site internet un annuaire du reémploi. Pour inviter à mieux consommer.


Saint-Brieuc Agglomération vient de mettre en ligne sur son site internet un annuaire du reémploi. Qu’est-ce que remployer ? C’est réparer. Revendre. Réutiliser. Louer. Troquer. Échanger. Bref, consommer différemment en donnant une deuxième voire une troisième vie à un ordinateur, un lave-linge, un manteau, une tondeuse, un fauteuil, etc. Ou en préférant la location à l’achat.

« Une démarche qui s’inscrit dans notre programme local de prévention des déchets visant à réduire à la source la quantité des déchets collectés sur notre territoire », explique Jean-Basset, vice-président en charge du dossier à Saint-Brieuc Agglomération.

« L’objectif est de réduire encore de 7 % le volume de nos déchets, ajoute Pauline Touboulic, responsable du pôle prévention et tri des déchets. Il est pour l’instant de 6 000 tonnes à l’année dans nos quatre déchetteries dont 800 tonnes pour les appareils électriques et électroniques. »


Réparation ou location : un annuaire en ligne

Découvrez l’annuaire en ligne recensant les acteurs du réemploi, de la réparation et de la location sur le territoire.

Machine à laver, ordinateurs, vêtements... Vous cherchez à les faire réparer ? Les acheter ou les vendre d’occasion ? Les donner ?

 

Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 17:46

 

Source : lexpansion.lexpress.fr

 

Les avantages économiques du gaz de schiste seraient "restreints"

L'Expansion.com avec AFP - publié le 13/02/2014 à 16:29

 


D'après l'Institut du développement durable et des relations internationales, le gaz de schiste n'explique pas la reprise économique aux Etats-Unis, et son exploitation ne changerait pas la donne énergétique en Europe.

 

 


Les avantages économiques du gaz de schiste seraient "restreints"

 

"Les avantages économiques du gaz de schiste aux Etats-Unis sont beaucoup plus restreints qu'on ne le pense ", assure Thomas Spencer, de l'Iddri.REUTERS/Peter Andrews

 

 



Le gaz de schiste ne change "pas la donne" énergétique en Europe et ne permettra pas de réduire la dépendance du continent aux importations de gaz et de pétrole, selon une étude publiée mercredi par l'Iddri, Institut du développement durable et des relations internationales, basé à Paris.

La Commission européenne a donné fin janvier son feu vert à l'exploitation du gaz de schiste en adoptant une recommandation qui autorise cette activité à condition de respecter des "principes communs" minimaux. Cet hydrocarbure non conventionnel est à l'origine d'une révolution énergétique aux Etats-Unis et de nombreux industriels visent les réserves potentielles des sous-sols européens, notamment en France.

"Avantages économiques restreints aux Etats-Unis"

Pourtant, "les avantages économiques aux Etats-Unis sont beaucoup plus restreints qu'on ne le pense souvent", assure Thomas Spencer, directeur du programme climat à l'Iddri et co-auteur de cette étude économique. Cette analyse, qui doit être présentée à Bruxelles ce jeudi, suggère que l'impact économique est aux Etats-Unis "très local", "très sectoriel" et n'explique pas la reprise de la croissance économique. "Local" car limité à "quelques Etats comme le Dakota du Nord, la Virginie Occidentale". "Sectoriel" car la baisse du prix du gaz a bénéficié à des entreprises (pétrochimie, producteurs d'engrais) représentant au total environ "1,2% du PIB américain".

Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, l'étude estime par ailleurs que le gaz de schiste, à lui seul, ne permet pas "de sortir le charbon du système" énergétique américain et donc de "décarboner" durablement l'économie du pays.

Entre 3 et 10% de la demande en Europe

En Europe, une grande incertitude existe sur les réserves potentielles en gaz de schiste mais des "scénarios médians" suggèrent que cet hydrocarbure pourrait couvrir entre "3 et 10%" de la demande en énergie à l'horizon 2030-35, selon le chercheur de l'Iddri. Des perspectives qui ne "changent pas la donne" pour la politique énergétique de l'Europe, car le continent restera largement importateur d'une "énergie chère" et notamment de pétrole et de gaz, ajoute-t-il, estimant que l'Europe doit plutôt développer des politiques d'efficacité énergétique, d'innovation et les sources d'énergie à bas carbone.

Selon les données d'Eurostat, l'UE importe plus de la moitié (54% en 2010) de l'énergie qu'elle consomme.


En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/energie/gaz-de-schiste-d-apres-une-etude-ses-avantages-economiques-seraient-restreints_428790.html#RsHYV6ILvoV6OYMg.99

 

Source : lexpansion.lexpress.fr

 

 



Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Gaz de Schiste
commenter cet article
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 17:36

 

Source : www.lesechos.fr

 

 

Les gaz de schiste ne sauveront pas l’Europe

Par Anne Feitz | 12/02 | 19:14 | mis à jour le 13/02 à 09:56

                                                                                                                                                                                                                         +ETUDE. Le gaz de schiste a eu peu d’impact sur l’économie américaine. Et l'Europe ne doit pas en attendre des miracles, avertit l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) dans une étude.

 

Les gaz de schiste n’ont pas révolutionné l’économie américaine, estime une étude de l’Iddri - PHOTO  : AFP/MLADEN ANTONOV
Les gaz de schiste n’ont pas révolutionné l’économie américaine, estime une étude de l’Iddri - PHOTO  : AFP/MLADEN ANTONOV

                                                                                                                                                                                                                              Les gaz de schiste n’ont pas révolutionné l’économie américaine et ne sauveront pas l’Europe : à contre pied de certaines idées reçues, les chercheurs de l’Iddri ont calculé que l’impact des hydrocarbures non conventionnels sur la reprise économique aux Etats-Unis est marginal – et qu’il le restera sur le long terme.

Dans une étude de 60 pages (consultez l'abstract ci-dessous), qui doit être présentée jeudi au Parlement européen, l’Institut du développement durable et des relations internationales, fondé par Laurence Tubiana (et partenaire de Sciences Po) montre que le boom du gaz de schiste n’a, jusqu’à présent, que peu pesé sur les prix de l’énergie, la compétitivité ou l’emploi américain. Les productions de gaz et de pétrole aux Etats-Unis ont certes augmenté respectivement de 33 % et de 52 % entre 2005 et 2013, provoquant un changement spectaculaire sur les marchés de l’énergie. Mais la forte baisse des prix du gaz dans le pays (de 8 à 4 dollars le million de BTU) a eu peu d’influence sur le coût de l’énergie : les prix de l’électricité résidentielle ont même augmenté en continu entre 2005 et 2012 (+ 25 %). « Le gaz ne représente que 27 % du mix électrique, et le prix de l’électricité dépend de bien d’autres facteurs : taxes, coût du réseau, etc  », explique Thomas Spencer, coordinateur de l’étude. Le gaz ne représente en outre que 13 % de la consommation des particuliers.

La baisse du prix du gaz a, il est vrai, fortement amélioré la compétitivité de certaines industries très consommatrices de gaz : la pétrochimie, en premier lieu, certaines industries chimiques, l’aluminium, l’acier... « Mais ces secteurs ne représentent que 1,2  % du PIB américain », souligne l’Iddri, notant aussi que, si leurs exportations nettes sont passées de 10,5 à 27,2 milliards de dollars entre 2006 et 2012, la progression est loin de jouer sur le déficit commercial industriel américain (780 milliards en 2012).

Un impact « très faible » sur l’emploi

A partir des projections de production de l’agence américaine de l’énergie (EIA), et en extrapolant ces tendances, l’Iddri a calculé qu’au final, l’impact global sur le PIB américain serait limité à 0,84 point de croissance entre 2012 et 2035. Soit, pour simplifier, moins de 0,04 % de croissance supplémentaire par an, sur vingt-trois ans. « Le gaz et le pétrole de schiste constituent donc un facteur très faible de croissance », relève Thomas Spencer. De même, le nombre d’emplois directs du secteur a augmenté de 200.000 entre 2005 et 2013, note l’Iddri : un chiffre en soi non négligeable, mais finalement très faible au regard d’une population active de 155 millions de travailleurs.

«  L’Europe ne peut donc pas espérer que le gaz de schiste résolve son problème d’approvisionnement énergétique ou de compétitivité » , conclut Thomas Spencer. Et ce d’autant que, compte tenu des particularités européennes (urbanisation, matériel disponible, réglementation...), la montée en puissance de la production ne pourrait y être que très lente : le Vieux Continent ne produirait, au mieux, que 3 à 10 % de sa consommation à l’horizon 2035.

Écrit par Anne FEITZ
Journaliste
afeitz@lesechos.fr

 

Source : www.lesechos.fr

 


 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Gaz de Schiste
commenter cet article
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 17:26

 

Source : www.mediapart.fr

 

Accord transatlantique: Hollande joue avec le feu

|  Par Ludovic Lamant

 

 

Le président français veut accélérer les négociations de libre-échange entre l'UE et les États-Unis, pour éviter l'« accumulation de peurs ». À deux mois et demi des élections européennes, c'est une position surprenante, qui tranche avec la relative prudence affichée depuis le départ par Paris sur ce dossier.

De notre envoyé spécial à Bruxelles

François Hollande sait-il qu'il se tiendra des élections européennes fin mai ? Et que figurent, parmi les sujets explosifs de la campagne à venir, les négociations entre l'Union européenne et les États-Unis, pour conclure un accord de libre-échange censé accoucher de la plus grande zone de libre-échange au monde 

À écouter ses remarques sur le sujet, lors d'une conférence de presse à Washington mardi, il est désormais permis d'en douter. Aux côtés de Barack Obama, le chef de l'État a plaidé sans détour pour une accélération du calendrier des discussions : « Aller vite n'est pas un problème, c'est une solution. Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu'il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations. » Et le président français, que l'on a connu plus prudent sur le sujet, d'enfoncer le clou : « Si nous sommes de bonne foi, si nous sommes respectueux des positions des uns et des autres, si nous sommes attachés (…) à la croissance, nous pouvons aller vite » (voir la vidéo ci-dessous à partir de 52‘20”). 


 

La commission européenne a reçu en juin 2013 un mandat pour négocier, au nom des 28 États membres de l'UE, cet accord avec Washington (le « TTIP », dans le jargon bruxellois). Officiellement, l'objectif est d'aboutir d'ici à la fin du mandat de la commission, en octobre 2014. Mais les bons connaisseurs du dossier s'attendent plutôt à ce que ces discussions s'étalent sur plusieurs années – et durent au moins jusqu'en 2015. À titre d'exemple, il avait fallu plus de quatre ans de négociations difficiles, pour que l'accord entre l'UE et le Canada soit signé, fin 2013 (et cet accord, sur le papier, est moins ambitieux que celui en cours de négociation avec Washington, qui va bien au-delà des seules baisses de droits de douane).

« Ce n'est pas François Hollande qui fixe le tempo de la négociation européenne, raille Yannick Jadot, eurodéputé d'EELV, ferme opposant au projet. Il dit vouloir accélérer, mais ce n'est pas du tout la réalité de la négociation, qui est plutôt en train de marquer le pas ces jours-ci. Côté américain, le congrès refusera sans doute de valider le mandat de négociations d'ici aux élections de mi-mandat, fin 2014. » Barack Obama est à la peine avec sa majorité démocrate au congrès, qui rechigne à lui accorder le fast track, ce blanc-seing qui permet au gouvernement de gagner du temps et négocier des accords internationaux sans en rendre compte, au fil de la négociation, aux parlementaires.

Jusqu'à présent, Paris faisait plutôt partie, au sein de l'UE, des capitales les moins enthousiastes face à ce projet censé faire grimper à terme de 0,5 à un point la croissance du PIB de l'UE – selon des prévisions de la commission européenne difficiles à vérifier. En juin 2013, c'est au terme d'une mobilisation des Français que le secteur de l'audiovisuel a été exclu du champ des négociations, au grand regret du commissaire au commerce, Karel De Gucht. Dans un entretien accordé à Mediapart en avril 2013, Nicole Bricq, la ministre du commerce extérieur, proposait même de… « ne pas se précipiter », pour mieux défendre les intérêts français.  

Presque un an plus tard, la sortie de François Hollande, à Washington, a donc de quoi surprendre. Même l'UMP, au parlement européen, y est allé de son communiqué cinglant : « Est-ce la chaleur du banquet officiel qui a inspiré à François Hollande cette stratégie de la précipitation ? Elle nous semble à tout le moins prématurée et peu judicieuse », a commenté l'eurodéputée Constance Le Grip.

En Allemagne, le débat prend

En proposant d'accélérer le calendrier, le président français tourne aussi le dos à tout un pan de la société civile, qui dénonce l'opacité des négociations. Pour bon nombre d'associations, il faudrait au contraire prendre davantage de temps, pour mener un débat serein sur ces questions lourdes de conséquences pour l'avenir. « Les négociations continuent dans le secret, malgré la petite amélioration apportée par la création d'un groupe d'experts sur le sujet », commente Natacha Cingotti, de l'ONG Friends of the Earth à Bruxelles. « Les enjeux de cet accord sont tels, qu'il est absolument essentiel d'ouvrir le processus et d'assurer que toute la transparence soit faite autour des négociations. Les citoyens européens et américains doivent être capables de participer. »

Pour le socialiste Henri Weber, qui s'était battu l'an dernier, au parlement européen, pour « sauver » l'exception culturelle française, « la question du délai ne doit pas être un fétiche, ce qui est déterminant, c'est de savoir si l'on négocie un bon ou un mauvais accord ». Et l'élu de préciser, en défense du président socialiste : « Ce qui doit commander l'ensemble, c'est le respect des conditions fixées par le parlement européen dans la résolution qu'il a votée, en mai dernier, pour définir le mandat de négociation. »


 
©
Les chefs des négociations: Daniel Mullaney pour les E-U, et Ignacio Garcia Bercero (à droite) pour l'UE. ©Reuters

Une fois les négociations entre l'UE et les États-Unis terminées (si elles aboutissent un jour…), il reviendra aux parlementaires européens de valider, in fine, le projet d'accord. En l'état, un rejet du texte – comme ce fut déjà le cas à l'été 2012 avec un autre texte sensible, ACTA – n'est pas exclu. Quoi qu'en pense François Hollande, le sujet devrait donc être l'un des thèmes de la campagne des européennes. En France, les partis à gauche du PS, comme le Front de gauche, Europe Ecologie Les Verts ou Nouvelle Donne, y sont opposés.

« Cela ressemble surtout à la méthode Coué : Hollande veut montrer qu'on est vraiment copains avec les États-Unis », poursuit Yannick Jadot. « D'un côté, il nous explique que l'affaire des écoutes de la NSA, ce n'est déjà plus un sujet. De l'autre, qu'il faut accélérer sur le TTIP. Mais ce sont des effets de tribune, qui masquent une forme d'impuissance politique. »

Cet empressement de François Hollande, visiblement soucieux de jouer au bon élève auprès d'Obama, apparaît d'autant plus maladroit, qu'ailleurs en Europe, les plus fervents défenseurs d'un accord avec les États-Unis se font, eux, plus prudents depuis peu. Karel de Gucht, le commissaire européen au commerce, a ainsi promis une consultation publique avec les citoyens européens, à partir du mois de mars, sur l'un des points les plus contestés des négociations: la procédure de « règlement des différends entre États et investisseurs » (lire notre article). Une manœuvre pour faire baisser la pression, à l'approche des élections ?

En Allemagne également, alors qu'Angela Merkel est une chaude partisane du futur « TTIP », le débat commence à prendre, sur fond de tensions avec les États-Unis, après le scandale des écoutes de la NSA. Les sociaux-démocrates s'interrogent. Le responsable des négociations pour l'UE, l'Espagnol Ignacio Garcia Bercero, a ainsi fait le déplacement en début de semaine à Berlin, pour répondre aux inquiétudes d'une partie de l'opinion publique allemande, qui redoute les retombées de cet accord en matière de sécurité alimentaire (avec l'importation, par exemple, de poulets au javel ou de bœuf aux hormones).

Apparemment satisfait des bonnes dispositions de son homologue français sur ce dossier, Barack Obama s'est contenté d'ajouter, lors de la conférence de presse mardi à Washington : « Je veux remercier François pour sa coopération. »

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 16:51

 

Transmis par "Les alternatifs30"

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 


 

 

 

 LES INDIGNE/E/S -  AG chaque mercredi 18h et samedi 13h - Maison Carrée


Mercredi 18h RESF Nîmes au local de l’APTI


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Jeudi 13/2

Réunion Prépa foire à l’Autogestion

St Hyppolite du Fort

18h30

Samedi 15 février

Présentation Liste et programme de la liste « Vivons Nîmes Ensemble » Sylvette Fayet , le Front de Gauche, EELV, +++

ATRIA

11H

Samedi 15/2

Rencontre avec l’assoc Terre des enfants

Artisans du Monde

15h30

Dimanche 16/2

Concert soutien sans papiers musique Baroque, Chants du Monde :RESF 30, LDH, CIMADE, cercle Silence

Temple d’Alès

16

Mardi 18/2

Café Peuple : le recyclage et réunion du SEL

Instant T

19h

Mardi 18/2

ATTAC Nîmes

Local Solidaires

19h

Mercredi 19/2

Réu publique :20 ans de soulèvement ZAPATISTE au CHIAPAS au Mexique

Pablo Neruda

19h

Jeudi 20/2

AG Association Croco Vélo

Centre Pierre Gamel

18h30

Vendredi 21/2

Repas Assoc AZUR

Centre Social Valdegour

12h

Vendredi 21/2

Soirée Chansons à textes de Danielle Morales + soirée soupe et crêpes

Salle Castanet 6B impasse des Pélicans

19h

Samedi 22/2

Rassemblement anti aéroport :covoiturage jusqu’à Toulouse + bus

Notre Dame des Landes

 

Samedi 22/2

Réunion publique Liste VIVONS NIMES ENSEMBLE

Salle L.Vergnolles (ancienne école Wallon) Pissevin

14h30

Samedi 22/2

-          Femmes en Noir pour la Palestine

-          Présence AFPS

Place de l’Horloge

Carré d’Art

11 à 12h

15 à 17h

Dimanche 23/2

-Randonnée  SPF

 -Concert de chorales : Chansons Celtes, et chansons sur un quai de gare avec le  SPF(Secours Populaire Français)

Théâtre C.Liger

15h

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 16:34

 

 

Les Alternatifs   www.alternatifs.org   


Communiqué 12 février 2014

Notre Dame des Landes : imposer au gouvernement une nouvelle reculade.
A gauche cette fois !



« Difficile de parler d'autre chose que d'une reculade ». Le constat était unanime, au lendemain des manifestations obscurantistes et réactionnaires de Paris et Lyon – accompagnées par nombre de hiérarques religieux  pour qualifier de reculade l'annonce par le gouvernement du retrait du projet de loi sur la famille et son reconcement à légaliser la PMA
. Cette nouvelle capitulation nourrit une droite et une extrême-droite partout à l'offensive.

Moins de deux ans après son élection, le couple Hollande-Ayrault est en passe d'effacer tout ce qui pouvait le singulariser de Sarkozy-Fillon : même adhésion aux exigences de la Troïka, même soumission à celles du MEDEF et de la Finance, même indifférence à la crise écologique. Le pacte de responsabilité, que le secrétaire général de la CGT a raison d'appeler le « pacs Hollande-Gattaz », signe cette soumission au libéralisme le plus cru.

A gauche, chez les militant-e-s c'est la stupeur. Et le désarroi pour de larges franges populaires frappées par l'austérité et le chômage. L'épisode électoral actuel apparaît, pour beaucoup, à cent lieues des préoccupations quotidiennes. C'est pourtant autour de ces préoccupations populaires - salaire et pouvoir d'achat, emploi, logement, services publics, justice fiscale, environnement - et d'elles seules, que peut se reconstruire la nécessaire résistance et s'affirmer une alternative à gauche.
Contre Hollande et son gouvernement.

C'est dans ce contexte que va se tenir à Nantes, le samedi 22 février prochain, une manifestation inter-régionale contre le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes, dont Ayrault est le chantre. Ce dossier de Notre Dame des Landes concentre tout ce qu'une gauche devrait refuser et combattre : privatisation de fait de tous les aéroport de l'ouest concédés pour un demi-siècle à la multinationale Vinci, partenariat public/privé pour la réalisation du futur aéroport où la population paiera l'essentiel des dividendes versés aux actionnaires de Vinci, inutilité d'un nouvel aéroport au regard de l'existant, destruction de centaines d'hectares de terres agricoles et d'un des derniers bocages humides de l'Ouest, violation des lois sur l'eau et sur les espèces protégées, dossiers économique et environnemental mensongers, refus du débat démocratique, violences policières contre les paysans et toutes celles et ceux qui refusent ces destructions irrémédiables.

La signature par le Préfet de Région, le 21 décembre dernier, de quatre décrets autorisant le début des travaux a clairement signifié la volonté du gouvernement Ayrault de passer en force. Mais cette décision se heurte chaque jour à une opposition grandissante, et d'abord sur le terrain dans les fermes acquises par Vinci et immédiatement occupées par les opposants.

 

Manifestons le 22 février prochain à Nantes pour contraindre le gouvernement Hollande-Ayrault à une nouvelle reculade en renonçant au projet de Notre Dame des Landes. Une reculade à gauche cette fois.

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 16:00

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

« L’Utopie » 12/02/2014 à 12h18

Espagne : dans ce squat andalou, des femmes « sans lumière, sans eau, et sans peur »

Alexia Eychenne | Journaliste

 

Dans un immeuble squatté de Séville, en Espagne, des mères de famille victimes de la crise ont pris le pouvoir et créé une communauté « utopique ». Leur expulsion est prévue pour le 15 février.

 

 


L’immeuble du Corrala de Vecinas, le long d’une avenue périphérique de Séville, le 17 octobre 2013 (Alexia Eychenne)

(De Séville, Andalousie) De loin, le bâtiment ressemble à n’importe quel squat d’un mouvement pour le droit au logement, slogans compris. « Plus personne sans toit, plus de toits sans personne », proclament sur la façade des draps tagués de noir. Mais dans l’arrière-cour transformée le dimanche en lieu d’assemblée générale, dans le parking sans voiture où les occupants préparent leurs actions, seules les femmes prennent la parole, comme les décisions.

Nous sommes au « Corrala de vecinas », inauguré il y a vingt mois dans quatre immeubles vacants, le long d’une avenue périphérique de Séville. Venus du XVIe siècle, les « corrales » étaient des immeubles où les familles vivaient en communauté autour d’un patio. Et « vecinas », les voisines, parce que les femmes, et non les hommes, décident de son sort.

La honte du pater familias

Les militants du mouvement du 15-M – les Indignés espagnols – n’en reviennent toujours pas. En 2011, au plus fort de la crise, ils ont ouvert à Séville des « Pive », sortes de permanences pour les Espagnols expulsés en masse de leurs logements, par les banques ou les propriétaires. Attablé dans un troquet du quartier ouvrier de la Macarena, à deux pas du squat, Juanjo, la trentaine, se souvient :

« Nous avons vu débarquer 80% de femmes. Beaucoup de mères seules qui se sont retrouvées à la rue après avoir perdu leur travail. D’autres avaient des maris. Mais ils n’ont pas supporté de ne plus pouvoir jouer le rôle du “chef” de famille que la société leur prête. Soit ils les ont quittées, soit ils sont restés en retrait et les femmes ont dû aller de l’avant. »

Une nuit de mai 2012, une dizaine de femmes aidées des Indignés a donc fracturé les serrures du bâtiment neuf en briques roses. Poussé trop vite du temps de la bulle immobilière, il a été revendu par son propriétaire en faillite à la caisse d’épargne IberCaja. Laquelle n’a pas l’intention de le louer, pas même aux voisines qui proposent de verser un petit loyer. 36 familles y vivent aujourd’hui.


« Ceci est notre maison » : un slogan dans le garage où les voisines préparent leurs actions (Alexia Eychenne)

 

A 45 ans, divorcée et mère d’un ado de 14 ans, Toñi n’aurait jamais imaginé faire partie d’une telle équipée. L’histoire de cette grande femme au visage buriné de gitane, point noir tatoué entre les yeux, fait écho à celles de dizaines d’autres « voisines ». Des femmes humbles, souvent au foyer ou condamnées à laver celui des autres :

« Avant la crise, mes ménages et mes petits boulots d’aide à domicile me permettaient de survivre. J’ai toujours tout payé : loyer, eau, électricité. Mais j’ai perdu mon appartement avec mes quelques clients. La culpabilité était terrible. J’ai laissé mon fils à ma sœur et dormi une semaine dans ma voiture avant d’entendre parler du projet d’occupation. »

« Ce que je vis ici ? C’est divin »

Toñi reçoit aujourd’hui dans un trois-pièces égayé par des peintures aux murs. Elle assure que le squat ne lui apporte pas qu’un abri :

« Ce que je vis ici ? C’est divin. Avant d’arriver, je connaissais peu de gens, je n’osais pas mettre les pieds dehors à moins d’aller travailler. Mes soirées, je les passais devant la télé. Moi qui ai toujours dû tout assumer seule, j’ai trouvé une famille. Mon fils ne veut plus partir. »

Aguasanta ne dit pas autre chose. Elle aussi fait aussi partie de ces femmes maltraitées par la vie et la crise, qui trouvent dans l’aventure un peu de réconfort. Du genre taiseux, visage grave, elle raconte trois ans de chômage et une équation impossible : payer 550 euros de loyer en n’en gagnant 300. Puis une nouvelle vie, collective cette fois, qui l’a aidée à relever la tête :

« Jusque-là, mon quotidien tournait autour de mon foyer, des repas et de mes trois enfants. Quand j’ai perdu mon logement, j’ai frappé à beaucoup de portes sans que personne ne m’aide. Ici, les femmes n’attendaient que ça. J’ai découvert du jour au lendemain que l’on pouvait compter les unes sur les autres. »


Elena (au centre) avec des voisines, sur l’esplanade au pied de l’immeuble (Alexia Eychenne)

La porte grande ouverte

La solidarité de la Corrala consiste d’abord à laisser « sa porte grande ouverte », explique Elena. La trentenaire au visage poupon prenait, elle aussi, la direction d’une vie de galère et d’impuissance. Au chômage comme presque tous ses amis, elle a été coiffeuse et caissière, toujours en CDD :

« 50 à 70% de mon salaire passait dans mon loyer. Quand mon contrat s’est terminé, j’ai dû retourner vivre chez ma mère, avant de m’installer ici. »

A la Corrala, elle donne des coups de main à celles qui en ont encore plus besoin :

« On s’organise pour garder les enfants des mères seules. Quand on manifeste, une ou deux d’entre nous rentrent plus tôt pour leur faire à manger, pareil quand des voisines qui travaillent tard. Chacun vit chez soi mais on essaye de résoudre les problèmes ensemble. »


L’arrière-cour où se tient l’assemblée générale chaque dimanche (Alexia Eychenne)

Le squat est devenu une petite communauté avec ses règles et ses rituels. Le dimanche à 19 heures, la cour nichée entre les quatre blocs se transforme en agora. A la tête d’une commission, Toñi, la gitane, livre chaque semaine son compte-rendu des « bonnes relations entre voisins » devant une centaine de personnes. D’autres font pareil pour le ménage – réparti par étage – l’intendance, etc., et soumettent les décisions au vote de l’assemblée.

C’est aussi là que les femmes décident des actions à mener pour revendiquer le droit à un logement digne, prévu par la Constitution espagnole. Aguasanta a manifesté presque tous les jours devant le siège sévillan d’IberCaja, participé à des flash-mobs de danse sévillane contre les expulsions d’autres squats, négocié avec les autorités provinciales et municipales ou le Défenseur du peuple andalou. Elle s’anime quand elle en parle :

« Aller voir tous ces gens pour défendre des droits que je ne pensais même pas avoir, ça a changé l’image que je me faisais de moi-même, j’ai l’impression de m’être réalisée en tant que femme. »

 

 

Pour Elena, les voisines ont pris conscience qu’elles avaient un peu de pouvoir, le début d’un processus d’« empoderamiento » :

« Ça ne s’est produit dans aucun autre squat de Séville, c’est déjà une petite victoire. »

Au début, un des occupants battait sa femme


Une voisine sur l’esplanade au pied de l’immeuble (Alexia Eychenne)

Elles sont tellement ébahies, les voisines, de ce qu’elles ont osé dire et faire ces derniers mois, qu’elles ont rebaptisé le squat « L’Utopie ». C’est un mot qui aimerait faire oublier le long chemin de misère et d’exclusion dont elles ne sont pourtant pas encore sorties.

Beaucoup ont subi des années de violence conjugale. Dans les premiers mois de la Corrala, un des occupants battait d’ailleurs sa femme. Les voisines sont allées le trouver, raconte Elena :

« On lui a dit qu’il n’était pas question qu’il reste s’il continuait, alors il est parti. On a essayé de soutenir sa femme et de la convaincre de porter plainte. Mais elle a fini par disparaître, on ne sait pas ce qu’elle est devenue. Ces questions-là ne se règlent pas en un jour. »

Même protégées pour un temps de la rue, les voisines vivent toujours dans la précarité. L’accès à l’eau et à l’électricité a été coupé. Les familles bricolent, entre générateurs, batteries solaires et réchauds. Sur l’esplanade qui sépare le squat d’un hôtel du groupe Marriott, un ballet se produit toutes les heures : les femmes chargent un charriot de bouteilles vides et les remplissent à une fontaine avant de les remonter dans les étages.


Une famille du squat remplit des bouteilles d’eau à la fontaine publique (Alexia Eychenne)

Expulsion prévue le 15 février

Au chômage avec son fils de 9 ans et Jesus, son compagnon malade d’un cancer, Manuela, 42 ans, flanche parfois :

« Bien sûr que tu perds le moral quand tu vois que rien ne bouge ou quand tu dois aller mendier des bougies chez des voisines. Il y a des jours où tu te lèves en riant, d’autres en pleurant, c’est comme ça. »

Depuis le 31 janvier, les voisines sont soudées dans un dernier combat. Le juge sévillan chargé du dossier a autorisé l’expulsion du squat à compter du 15 février. Les voisines ont déposé un recours pour demander sa suspension. Toñi, elle, a commencé une grève de la faim devant IberCaja pour exiger que cinq voisines parties à Saragosse soient reçues au siège de la banque. En attendant, elle insiste :

« J’essaye de ne pas penser à l’avenir, mais je n’ai pas peur. Je ne me suis même jamais sentie aussi forte. »


« Sans lumière, sans eau et sans peur » : un slogan dans le garage où les voisines préparent leurs actions (Alexia Eychenne)

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Espagne
commenter cet article
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 15:40

 

Source : www.infogm.org

 

 

OGM - Culture du maïs TC1507 : 19 Etats européens sur 28 votent contre, mais elle pourra quand même être autorisée

Eric MEUNIER, février 2014

Aujourd’hui, 11 février 2014, les États membres n’ont pas réussi à dégager une majorité (qualifiée) pour autoriser ou refuser l’autorisation de mise en culture du maïs OGM TC1507 de Pioneer. La Commission européenne avait déposé une demande d’autorisation de ce maïs à la culture début novembre 2013. Malgré l’avis négatif du Parlement européen et le vote « contre » de 19 États membres, la Commission européenne est donc en position d’autoriser ce maïs, quand bon lui semble...

Cela faisait plusieurs semaines que les États membres discutaient entre eux sur cette demande d’autorisation. Tout d’abord sur la procédure de vote en elle-même, puis sur la nature du vote proprement dit. La France s’est rapidement prononcée contre l’autorisation, et a été ainsi fer de lance auprès des autres États membres pour tenter de décrocher un refus d’autorisation... Et cela jusqu’au dernier moment, espérant notamment rallier l’Allemagne... en vain. Mais, comme pour toutes les autres demandes d’autorisation qui leur ont été adressées, les États membres réunis au sein du Conseil des Affaires générales n’ont pas réussi à trouver un accord. Avec 19 pays sur 28 votant contre l’autorisation, dont la France et les Pays-Bas comme attendu, la majorité simple est donc atteinte mais pas la majorité qualifiée, pour laquelle il a manqué 50 voix. Cinq pays se sont dits favorables à l’autorisation (l’Espagne, L’Estonie, la Finlande, le Royaume-Uni et la Suède) et quatre pays se sont abstenus (l’Allemagne, la Belgique, le Portugal et la République tchèque). La Présidence grecque n’a donc pu que constater l’absence de majorité qualifiée [1]. Mais, symbole politique fort, la majorité simple est donc atteinte, amenant la Présidence grecque à espérer que « la Commission européenne [tienne] compte du positionnement des États membres et de l’atmosphère du Conseil » [2]. Si formellement le résultat du vote ne permet pas de rejeter l’autorisation, symboliquement il montre un rejet politique des OGM puisque seuls cinq pays ont voté en faveur de l’autorisation.

La décision finale revient donc à la Commission européenne qui, ancienne règle de comitologie oblige, est théoriquement dans l’obligation de valider sa propre proposition. Et donc d’autoriser la culture du maïs TC1507. Mais le poids politique que représente la majorité simple n’est pas mince. Un poids qui pourrait amener la Commission à prendre son temps pour donner suite à la réunion d’aujourd’hui. La Commission européenne vient d’ailleurs de déclarer à Inf’OGM être « dans l’obligation d’autoriser ce maïs [mais que] diverses consultations devaient maintenant avoir lieu ». Des « consultations » qui concernent notamment la condition posée par la Commission européenne à Pioneer de fournir un plan de surveillance environnemental renforcé afin que l’autorisation devienne effective. Et la Commission dispose du temps qu’elle souhaite car les textes législatifs ne lui imposent aucun délai [3] : le dossier de la pomme de terre Amflora par exemple a été discuté en juillet 2007 par le conseil de l’UE (sans majorité qualifiée) et la décision d’autorisation a été formellement prise par la Commission européenne en mars 2010, soit un peu moins de trois ans plus tard !

 La Commission aurait pu proposer un refus

Le dossier du maïs TC1507 a fait beaucoup de bruit ces derniers mois. Tout d’abord, la demande d’autorisation a été relancée par la Commission européenne après sa condamnation par la Cour de Justice de l’Union européenne [4]. Ensuite, car il s’agit d’une autorisation pour la culture et que les États membres attendent toujours de la Commission européenne qu’elle renforce l’évaluation des risques environnementaux des OGM (la demande des États membres date, rappelons-le, de 2008...). Par ailleurs, dans les avis scientifiques de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), avaient été soulignés de possibles impacts de ce maïs TC1507 sur des insectes non cibles. La Commission européenne a alors simplement conditionné l’autorisation de ce maïs GM à un plan de surveillance environnementale que l’entreprise Pioneer doit encore fournir. Mais elle aurait pu tout aussi bien, à l’époque, avec cet argument, proposer un refus d’autorisation... Enfin, ce maïs est également modifié pour résister aux herbicides à base de glufosinate d’ammonium. Cette molécule n’est pourtant pas autorisée pour une utilisation sur le maïs dans l’Union européenne comme le rappelle la proposition de décision de la Commission européenne. Les cultivateurs potentiels n’auront donc le droit que d’utiliser le caractère « insecticide » de ce maïs, et non celui de tolérance au glufosinate et les instances administratives nationales devront vérifier que tel est bien le cas... Selon le Comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), ce maïs a déjà été cultivé en Afrique du sud, Argentine, Brésil, Chili et États-Unis [5].

 Une autorisation peut en cacher... trois autres

Malgré un contexte favorable au premier refus formel d’une autorisation d’OGM dans l’Union européenne, c’est à nouveau sur une absence de décision que les États membres se sont donc quittés. Si l’UE avait refusé d’autoriser ce maïs, cela aurait eu comme première implication de rendre compliquée – pour ne pas dire impossible - l’autorisation des nombreux OGM qui contiennent plusieurs évènements transgéniques dont l’évènement TC1507. En effet, l’Union européenne évalue les plantes empilées comme une addition d’évènements simples. Ainsi, refuser d’autoriser un événement bloque de fait les autorisations des plantes empilées le contenant. Or, outre le maïs TC1507, Pioneer a également déposé des demandes d’autorisation pour la mise en culture de trois autres maïs empilés  [6].

Enfin, les négociations entre l’Union européenne et les États-Unis autour du Traité transatlantique (TAFTA) ont aussi pu jouer un rôle en faveur de cette autorisation : certains pays ne souhaitaient pas « fâcher » les États-Unis en s’opposant ouvertement à la culture des OGM.

La Commission européenne est donc maintenant attendue, sans qu’aucun calendrier ne lui soit imposé par la législation [7]. Du côté des États membres, la France a d’ores et déjà annoncé qu’elle interdirait nationalement la culture de ce maïs et une proposition de loi a d’ailleurs été déposée au Sénat le 6 février [8]. Et côté société civile, l’association Greenpeace considère qu’une décision d’autorisation serait illégale, « la Commission européenne ayant substantiellement changé sa proposition d’autorisation » et que la procédure suivie n’est donc pas la bonne [9]. Il est clair que le TC1507 va encore faire parler de lui, comme le MON810 autorisé il y maintenant plus de quinze ans...

Maïs TC1507 : position critique de la France depuis 10 ans

Dès 2003, un premier avis de la Commission du génie biomoléculaire (CGB) concluait que Pioneer avait déposé une demande d’autorisation lacunaire. Une conclusion confirmée en 2005 lors d’un second examen. En 2010, c’est cette fois le comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies et le Comité éthique, économique et social qui rendaient respectivement un avis et une recommandation faisant part de divers points négatifs [10].
Sur cette base scientifique, la France s’est donc exprimée à de nombreuses reprises contre cette autorisation et a tenté de convaincre une majorité qualifiée de pays, sans succès.

 

Copyleft photo : European Parliament

[1Lors des réunions du Conseil, aucun vote formel à main levée ou par bulletin n’a lieu. Les pays expriment leur opinion et la Présidence acte une décision

[2Conférence de presse de la Commission européenne, 11 février 2014

[3La procédure de comitologie est arrivée à son terme, c’est maintenant à la Commission européenne de prendre effectivement la mesure qu’elle avait proposée. Mais les textes qui encadrent cette procédure ne précisent pas de délai (Article 5.6 de la décision 1999/468 modifiée par la décision 2006/512). On peut néanmoins imaginer qu’elle ait l’obligation d’intervenir dans un délai que les tribunaux qualifieraient de raisonnable : son inaction ou une réaction trop longue ne manquerait pas d’être sanctionnée par les juges

[6le maïs 1507*59122 (dossier NL/2005/28), le maïs 59122*NK603*1507 (dossier UK/2006/30) et le maïs 1507*NK603 (dossier UK/2005/17)

[7La Commission, contrairement à ce qui circule dans la presse actuellement, n’est pas légalement obligée d’autoriser ce maïs dans les 24 heures

[10Inf'OGM, « Maïs TC1507 », Inf’OGM, 6 novembre 2013


lien ici

 

 

Source : www.infogm.org

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans OGM
commenter cet article
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 15:30

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Nucléaire

Deux ans de prison pour avoir bloqué un convoi d’uranium ?

par Sophie Chapelle 12 février 2014

 

 

 

Terry Morantin encourt deux ans de prison et 4 500 euros d’amende. Elle est inculpée d’ « entrave à la circulation » d’un transport de matières dangereuses. Le 12 septembre 2013, cette militante anti-nucléaire a participé à une action du collectif Stop Uranium devant l’usine Areva-Comurhex de Malvési, près de Narbonne. Avec une quarantaine d’autres militants, ils ont bloqué un camion chargé de tétrafluorure d’uranium, aussi appelé UF4 – une substance radioactive servant à fabriquer le combustible des réacteurs nucléaires. « Pas moins de trois à cinq camions d’UF4 quittent chaque jour cette usine, et circulent sur plus de 200 km entre Narbonne et Pierrelatte, sans escorte ni information aux riverains », accuse le collectif Stop Uranium.

Ce jour-là, les manifestants se couchent sur la route, s’enchainent devant le convoi, déploient des banderoles anti-nucléaires, mesurent la radioactivité autour du camion bloqué. Selon le collectif Stop Uranium, « le niveau "normal" de radioactivité observé dans l’air ambiant avant le passage du convoi était de 60 nanoSieverts/heure. Mais au contact du container, le compteur grimpe à 7 200 nanoSieverts/heure, soit 120 fois le "bruit de fond" naturel ! ». Une action de désobéissance civile pour dénoncer les risques encourus par la population.

Suite à la protestation, seule Terry Morantin est interpellée et convoquée au Tribunal correctionnel de Narbonne le 7 janvier 2014. Lors de l’audience, 22 participants à l’action demandent leur comparution volontaire, revendiquant le caractère collectif et politique de leur acte (voir leur tribune). Le procès a été renvoyé au 20 février prochain pour complément d’information, en vue de statuer sur la demande de comparution volontaire. Le réseau Sortir du nucléaire lance un appel à soutien aux bloqueurs d’uranium et demande leur relaxe.

 

 


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 15:11

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Optimiser le vivant

Biologie de synthèse : comment ingénieurs et multinationales veulent fabriquer la vie

par Agnès Rousseaux 12 février 2014

 

 

 

 

 

Thérapies plus efficaces, bactéries anti-pollution, carburants synthétiques… La biologie de synthèse nous réserverait un futur plein de promesses. Et attire les investissements des plus grands groupes mondiaux de biotechnologies, de l’énergie ou de l’agroalimentaire. Mais fabriquer artificiellement la vie, à partir d’ADN construit en laboratoire et d’usines à gènes brevetés, suscite de nombreuses interrogations. Alors que les premiers organismes intégralement conçus par ordinateur commencent à prendre vie, des ingénieurs rêvent déjà de planifier l’évolution et de corriger les « imperfections » de la nature. Enquête.

« Fabriquer la vie ». Ainsi pourrait se résumer l’ambition de la biologie de synthèse. Cette branche des biotechnologies veut créer de toutes pièces des organismes vivants, inconnus à l’état naturel. Et aller plus loin encore que les OGM, qui modifient le code génétique d’un organisme pour lui donner une nouvelle fonctionnalité – croître plus vite ou résister à un pesticide. Avec la biologie de synthèse, nous entrons dans une autre dimension : on quitte le bricolage des gènes, pour aller vers une fabrication à grande échelle d’organismes artificiels, après modélisation et simulation informatique.

« Un nouveau monde s’ouvre à nous », décrit le site de présentation du ministère de l’Économie. La biologie de synthèse, nouvel eldorado techno-scientifique, « pourrait apporter des thérapies plus efficaces, des médicaments moins chers, de nouveaux matériaux facilement recyclables, des biocarburants, des bactéries capables de dégrader les substances toxiques de l’environnement », s’enthousiasment les pouvoirs publics. Les géants de la chimie, de l’énergie, de l’agrobusiness et de la pharmacie – comme BP, Exxon Mobil, BASF ou Cargill – sont sur les rangs, mais aussi ceux de l’informatique, comme Microsoft ou Google [1]. La biologie de synthèse apporterait, selon ses promoteurs, la promesse de remplacer à terme le secteur de la chimie, avec des recettes miracles pour faire face aux pollutions et à l’épuisement des ressources.

Briques d’ADN pour lego vivant

Le développement de la discipline est pourtant récent. En 2010, après 15 ans de travail, une équipe de l’institut Craig Venter aux États-Unis crée une bactérie d’un genre nouveau : son unique chromosome est composé d’ADN entièrement fabriqué par les chercheurs. C’est le premier organisme vivant construit artificiellement. « Voici sur cette planète la première espèce capable de se reproduire ayant pour parent un ordinateur », s’enflamme son créateur, Craig Venter [2]. Même si, pour le moment, il s’agit surtout de recopier la vie, en recréant en laboratoire les composants de base du code génétique.

Comment ça marche ? Des séquences d’ADN sont fabriquées « sur mesure », après modélisation informatique, puis reliées ensemble via des enzymes et bactéries. L’ADN ainsi synthétisé est inséré dans un châssis biologique – une bactérie ou une levure par exemple – pour pouvoir « fonctionner ». L’ADN synthétique est comme un logiciel, inséré dans un châssis-ordinateur. « Les gènes, les protéines, entre autres, sont à la cellule ce que les transistors, les condensateurs et les résistances sont à l’ordinateur », expliquent les chercheurs de l’université de Princeton [3]. Une sorte de lego du vivant, à base de « bio-briques » d’ADN standardisées, originales ou recopiant des briques d’ADN déjà existantes dans la nature.

Des usines à gènes

Les crédits de recherche dans ce domaine connaissent une croissance exponentielle depuis quelques années. Car les applications possibles seraient innombrables. Des produits arrivent déjà sur le marché : des bioplastiques issus du maïs, des tissus synthétiques à base de sucre céréalier, une saveur biosynthétique de pamplemousse ou du biodiésel. Les investissements se concentrent notamment sur le secteur de l’énergie, avec la production de micro-organismes ou d’algues modifiées capables de transformer de la biomasse en carburant. Les recettes de l’après-pétrole sortiront-elles des laboratoires de biologie de synthèse ?

 

 

Le groupe pétrolier Exxon a déjà investi 100 millions de dollars pour développer un carburant à partir d’algues, en partenariat avec l’entreprise Synthetics Genomics, dirigé par Craig Venter. BP a consacré 500 millions de dollars pour le développement d’agrocarburants synthétiques, au sein de l’Energy Biosciences Institute. Quant à la Fondation Bill & Melinda Gates, elle finance la recherche d’applications médicales à hauteur de 43 millions de dollars... Deux types d’entreprises se partagent actuellement le marché. Celles qui fabriquent les composants de base, les gènes synthétiques : les « fonderies à gènes » comme Tech Dragon à Hong-Kong et Gene Art en Allemagne, dont le catalogue comprend des séquences génétiques du cerveau, du foie ou du cœur humain, ou DNA 2.0 aux États-Unis, qui propose aussi un logiciel gratuit pour « concevoir des séquences [d’ADN] sans être limité par ce que la nature peut offrir ». Ensuite, des entreprises de biotechnologies créent et commercialisent des organismes à partir de ces gènes, comme Synthetic Genomics aux États-Unis. 3 000 chercheurs d’une quarantaine de pays travailleraient dans le secteur de la biologie de synthèse.

Privatisation des ressources naturelles

En France, quelques équipes de recherche, du Génopole d’Évry, se sont attelés à la biologie de synthèse, ainsi que sept entreprises de biotechnologie [4], selon un recensement du ministère de la Recherche. Celui-ci ambitionne de passer à la vitesse supérieure : « Il existe en France un gisement de compétences à mobiliser, permettant de viser une position mondiale de second ou troisième » [5]. En 2007 a été créé l’Institut de biologie systémique et synthétique (iSBB), qui comprend notamment la plate-forme abSYNTH, dont les équipements sont mis à disposition des entreprises et universités.

Total a créé un département Biotech avec un axe sur la biologie de synthèse en 2009. Le groupe pétrolier est devenu un important actionnaire de la société de biotechnologie Amyris (États-Unis). Celle-ci dispose d’une plateforme de biologie de synthèse de pointe, permettant de construire très rapidement des levures, qui deviennent de « véritables usines vivantes, optimisées pour fermenter des sucres et pour produire des molécules », qui sont ensuite transformées en agrocarburants [6]. Dans le secteur de la santé, c’est le groupe français Sanofi qui mène la danse. En 2013, Sanofi a annoncé la production à grande échelle d’artémisinine semi-synthétique, un principe actif utilisé contre le paludisme. Après dix années de recherche, financées par la Fondation Bill et Melinda Gates, un procédé a été breveté par Amyris [7], et une licence est octroyée à Sanofi.

Vers la fin de l’agriculture « naturelle » ?

Problème : cette production entre en concurrence avec celle d’artémisinine naturelle, dont vivent aujourd’hui des milliers d’agriculteurs. Un cas d’école concernant la biologie de synthèse, estime la Fondation Sciences citoyennes : un projet en apparence inattaquable car répondant à des enjeux de santé publique, des collusions entre scientifiques et entrepreneurs qui innovent dans les universités mais déposent des brevets via leurs start-up, puis cèdent les licences à des grandes entreprises. Avec le risque de captation de profits par des multinationales, pour des ressources génétiques également disponibles à l’état naturel [8].

 

 

La concurrence entre production agricole et production industrielle biosynthétique pourrait concerner demain le réglisse, la vanille ou le caoutchouc : des produits de substitution, issus de la biologie de synthèse, sont déjà au point. Le fabricant de pneumatique Goodyear et le groupe DuPont ont lancé des recherches sur un micro-organisme synthétique produisant de l’isoprène utilisé pour la fabrication de pneus. Ce qui pourrait mettre en péril l’économie des vingt millions de familles qui dépendent aujourd’hui de la production de caoutchouc naturel. Michelin travaille sur des projets similaires avec Amyris. La biologie de synthèse permet de produire à moindre coût des produits à haute valeur ajoutée – huiles essentielles, saveurs et fragrances, composés médicinaux ou ingrédients pour cosmétiques. « Des solutions de rechange synthétiques moins coûteuses qui ne dépendent pas de zones de culture, de conditions ou de producteurs spécifiques », décrit l’ONG canadienne ETC, qui a publié de nombreux rapports sur le sujet. Son émergence marquera-t-elle le début de la fin pour l’agriculture ? Car les brevets se multiplient. Amyris déploie beaucoup d’énergie pour faire breveter la biosynthèse des isoprénoïdes : cette classe compte plus de 55 000 composés naturels, dont le caoutchouc, l’huile de neem, l’huile de palme, le parfum de patchouli et l’huile de pin.

Biologie de synthèse : une technologie miracle ?

Les profits attendus sont immenses. La biologie de synthèse « apparaît comme la solution miracle qui devrait permettre de relancer la croissance, tout en préservant l’environnement, décrivent la chercheuse Bernadette Bensaude-Vincent et la journaliste Dorothée Benoit-Browaeys [9]. Tout comme les nanotechnologies, ou comme la géoingénierie, elle fonctionne sur l’espoir de résoudre les problèmes posés par les technologies d’hier grâce aux technologies de demain ». Crise énergétique, maladies de civilisation, pollutions... La biologie de synthèse aurait réponse à tout. Après la bulle internet, voici donc la bulle « synbio » : « Mêmes mécanismes d’investissement sous-tendus par une économie de la promesse, mêmes prévisions de croissance exponentielle. »


 

Les applications dans les secteurs de la santé et de l’énergie se diffusent déjà. Sans débat public sur les enjeux, sans contrôle par les autorités, sans réflexion sur l’impact sanitaire de la dissémination de ces molécules synthétisées, ou les risques pour l’environnement. Des organismes vivants, même artificiels, ça se reproduit. Donc ça se diffuse ! Et si la biologie de synthèse permet de produire des vaccins beaucoup plus rapidement, ces techniques peuvent aussi servir à fabriquer des virus, avec tous les risques possibles de détournements d’usage et de bioterrorisme. La législation, comme souvent, est en retard. Voire inexistante. Des scientifiques recommandent que les activités de recherche en biologie de synthèse se déroulent uniquement dans des laboratoires très sécurisés, de niveau de biosécurité P3 ou P4 (pour pathogène de classe 3 ou 4) où virus et bactéries sont manipulés sous haute-protection. En 2012, plus d’une centaines d’organisations internationales ont demandé un moratoire sur les usages commerciaux de la biologie de synthèse.

Dispositif-suicide pour gérer l’incertitude

En France, qu’en pensent les pouvoirs publics ? « La Délégation générale pour l’Armement (DGA) a réalisé une base des données des acteurs de la biologie de synthèse et a identifié les options biosécuritaires », décrit de manière lapidaire un rapport du ministère de la Recherche. Une veille sur la biologie de synthèse est organisée, ainsi qu’une « réunion interministérielle annuelle de concertation ». Mais, précise le rapport, « afin de ne pas pénaliser les avancées de la recherche dans ce domaine, il faut intégrer le risque nouveau avec une attitude d’incertitude positive ». Impossible de savoir ce que signifie ce principe de précaution version « positive attitude ».

Les chercheurs planchent sur des solutions pour limiter la dissémination. Comme la possibilité que les organismes synthétiques s’autodétruisent quand ils ont terminé leur travail, grâce à un « dispositif-suicide ». Ou qu’ils ne puissent pas se reproduire, à l’image du gène « Terminator », qui rend stériles les graines OGM de seconde génération. Mais les organismes peuvent évoluer et s’adapter, suite au croisement avec d’autres organismes naturels ou modifiés, ou à des mutations spontanées. « On peut faire en sorte que la bestiole dépende de l’homme pour se nourrir. Mais elle peut évoluer. Dans 10-15 ans, elle aura trouvé un autre moyen de s’alimenter, par symbiose par exemple, » explique le chercheur François Kepès, de l’ISSB [10].

Vers un nouvel « alphabet du vivant » : la xénobiologie

Le nombre limité d’entreprises qui fabriquent les gènes synthétiques laisse penser que le secteur peut être réglementé. Les banques de séquences ADN standardisées comme BioBricks ou GenBank peuvent être soumises à des réglementations. Une autre solution est avancées par des chercheurs : le « confinement sémantique ». Pour éviter les contaminations d’ADN artificiel, il suffirait d’utiliser d’autres bases que celles existantes – les bases A (adénine), T (thymine), G (guanine) et C (cytosine), qui composent le « squelette » de l’ADN. Changer « l’alphabet du vivant » en quelque sorte, le langage génétique qui sous-tend toute forme de vie sur la planète. C’est ce que propose le projet Xenome, piloté par le biologiste Philippe Marlière au Génopole d’Evry, auquel participe le Commissariat à l’énergie atomique. Cette nouvelle branche de la biologie de synthèse – la xénobiologie – vise à créer, à côté de l’ADN qui existe depuis trois milliards d’années, un autre code. Plus les créatures artificielles sont éloignées de la biodiversité terrestre, moins les risques d’interférences seront importants.

La xénobiologie empêcherait donc la contamination d’ADN. Et permettrait le développement de la biodiversité, estime Philippe Marlière [11] : « La biodiversité terrestre est étriquée et imparfaite. Elle pourra être élargie et dépassée en inventant des mondes vivants parallèles ». « La biosphère rafistole ses dispositifs au fil de l’eau et bricole pour en créer de nouveaux », poursuit Philippe Marlière. Cette évolution par bricolage et rafistolage « révèle l’impasse faite sur une multitude d’autres assemblages chimiques qui auraient conduit à des organismes radicalement différents de ceux que nous connaissons aujourd’hui. La xénobiologie n’est rien d’autre que le projet d’engendrer cette biodiversité inédite en vue de l’explorer scientifiquement et de l’exploiter industriellement. » Une biodiversité artificielle, construite par des ingénieurs dans des labos. Des ingénieurs qui planifient la vie et son évolution...

Biohackers et bidouille génétique « open source »

Face aux risques de privatisation du vivant par la biologie de synthèse, un autre courant émerge, cette fois inspiré de l’open source et de l’accès libre au savoir. Le principe : pas de brevet sur les gènes. Les « biobriques », bases de la biologie de synthèse, seraient accessibles à tous, et non privatisées par des entreprises ou des labos de recherche. La biologie de synthèse à la portée de tous. C’est ce que défendent les « biohackers », qui bricolent du code génétique à partir d’informations disponibles sur internet et de matériel d’occasion acheté pour trois fois rien. Avec la baisse des coûts du séquençage de l’ADN, il est désormais possible de bidouiller de la génétique dans son garage.

 

 

On peut commander à un laboratoire, qui le fabrique sur mesure, un segment d’ADN de synthèse conçu sur son ordinateur. En France, cette biologie de synthèse « Do-it-Yourself » se développe notamment autour du biohackerspace La Paillasse, un « laboratoire communautaire pour les biotechnologies citoyennes », à Vitry-sur-Seine. Des collectifs de passionnés fleurissent aux États-Unis. Comme le groupe DIYbioDo-it-Yourself Biology, à San Francisco, où on apprend à extraire l’ADN de sa salive avec une pincée de sel, du liquide vaisselle, du jus de pamplemousse et du rhum. Vous vous voulez synthétiser de l’ADN humain ? Pas de panique, la recette est en ligne : il est possible de télécharger sur internet des séquences de génome humain (ici), aussi facilement qu’un film !

Que deviennent les organismes trafiqués ?

« Les débats sur l’open source en matière de biologie de synthèse semblent plus une diversion sur des recherches sans grand enjeu industriel ; les séquences d’ADN stratégiques sont, elles, privatisées », tranche Dorothée Benoit-Browaeys. Le bricolage d’ADN dans la chambre d’ami n’augure rien de bon du point de vue dissémination. Le témoignage de Josh, informaticien et biohacker californien est éloquent : « Quand je modifie mes bactéries pour qu’elles produisent de l’éthanol, j’introduis également une seconde modification qui les rend résistantes aux antibiotiques. Puis j’injecte des antibiotiques dans leur bocal pour faire le tri : seules celles sur lesquelles la modification a réussi survivent. » Que fait Josh avec ces stocks de bactéries génétiquement modifiées résistantes aux antibiotiques, qui « pourraient transmettre leur résistance à d’autres bactéries pathogènes, dangereuses pour l’homme » ? Mystère.

 

La diffusion de la biologie de synthèse auprès d’un large public est aussi favorisée par la grande compétition IGEM (International Genetically Engineered Machine). Plus de 200 équipes étudiantes du monde entier sont invitées chaque année à inventer de nouvelles constructions en biologie de synthèse, à partir d’un répertoire d’environ 12 000 bio-briques standardisées et open source. Parmi les créations 2013 : la première machine à calculer bactérienne, par des étudiants de Toulouse [12], une version biologique du jeu Démineur par l’équipe de Zurich, ou une pile bactérienne que l’on peut imprimer soi-même avec une imprimante 3D... Chaque équipe étant sponsorisée par des entreprises, ici EADS, Sanofi, Novartis, Syngenta ou Sofiprotéol.

Devenir soi-même un châssis pour ADN artificiel

Novembre 2012. Dans l’amphithéâtre d’une école de chimie de Paris, une équipe d’étudiants présentent son projet pour le concours IGEM. De l’ADN a été injecté dans un têtard, devenu « châssis » pour biologie de synthèse. Le public interroge : quelles limites à la modification du vivant ? Quel statut pour les organismes créés ? « Un têtard, ce n’est pas vraiment un truc vivant », lâche un des étudiants. Certains d’entre eux portent un bracelet en plastique vert, remis lors d’un rassemblement IGEM : « Ça veut dire qu’on est d’accord pour devenir nous-mêmes des châssis », précisent-ils. De faire des tests sur eux-mêmes, donc. « Je suis étonnée de la candeur des étudiants IGEM. On les forme en leur disant que "tout est possible", dans une atmosphère joyeuse et bon enfant, décrit Catherine Bourgain, chercheuse, présidente de la Fondation sciences citoyennes et membre de l’Observatoire national de la biologie de synthèse. Beaucoup de jeunes n’ont pas de recul critique, sont d’une naïveté confondante. La règle, c’est "libère ta créativité". C’est flippant. »

Vers où ces étudiants, futurs chercheurs en biologie de synthèse, feront-ils avancer la discipline ? Quel contrôle les autorités publiques auront-elles sur les futurs développements ? Quelle formation des citoyens pour comprendre les enjeux ? « Le défi crucial est de créer les conditions pour que les avancées de la biologie de synthèse s’opèrent résolument dans un climat de confiance citoyenne et d’innovation manifestement responsable », avance le ministère de la Recherche. Un débat responsable, préconisé par Geneviève Fioraso, ministre de la Recherche, dans un rapport pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, en 2012. Notamment pour « empêcher les dérives qui ont marqué les débats sur les OGM et les nanotechnologies » (sic). Pour le moment, le « dialogue public » est au point mort. Le débat semble déjà tranché.

Agnès Rousseaux

@AgnesRousseaux

 

Photos de Une : ADN et Nano (source). Par ordre : Cellule (CC rei-san) / Plants de riz mis en culture (CC International Rice Research Institute) / Laboratoire de classe P4 (sécurité maximale) de l’Inserm à Lyon (Inserm/P. Latron) / Banque de ressource génétique (CC International Center for Tropical Agriculture) / Grenouilles fluorescentes (CC de Muhammad Fahim)

 

 

Notes

[1Une enquête réalisée en 2012 par l’ONG canadienne ETC Group a révélé qu’à l’échelle planétaire, « les principaux investisseurs et promoteurs reliés au domaine de la biologie synthétique comprennent six des dix plus grandes entreprises chimiques, six des dix plus grandes entreprises productrices d’énergie, six des dix plus importants négociants en grains et sept des plus grandes entreprises pharmaceutiques ».

[2Cette bactérie est composée d’un seul chromosome, contenant 1,155 million de paires de base. Une molécule d’ADN est formée de deux brins en forme d’hélice sur lesquels sont placés quatre types de bases complémentaires, liées deux à deux : adénine (A) et thymine (T), cytosine (C) et guanine (G).

[3Cités par Frédéric Gaillard, Innovation scientifreak : la biologie de synthèse, Editions L’échappée, 2013. A lire également sur le site du collectif Pièces et main d’oeuvre.

[4Une à Clermont-Ferrand, une à Nîmes, et cinq en Île-de-France. Source.

[5Ministère de la Recherche, Stratégie nationale de recherche et d’innovation, 2011. Lire ici.

[6Source : Total.

[7L’entreprise a conçu une souche de levure modifiée qui produit de l’acide artémisinique à partir du glucose. Ce composé permet ensuite la production d’artémisinine.

[8L’objectif de Sanofi est de « produire 35 tonnes d’artémisinine en 2013 et 50-60 tonnes en moyenne en 2014. Il permettra de satisfaire en bonne partie la demande du marché ». Source : Sanofi. Voir également la synthèse réalisée par la Fondation Sciences citoyennes sur l’artémisinine.

[9Bernadette Bensaude-Vincent et Dorothée Benoit-Browaeys, Fabriquer la vie, Où va la biologie de synthèse ?, Éditions du Seuil, 2011.

[10Intervention lors des Assises du vivant, le 30 novembre 2012, à l’Unesco.

[11Lire ici.

[12Voir le détail ici.


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22