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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 18:19

 

Source : www.reporterre.net


 

A Bure, les opposants aux déchets nucléaires rêvent d’un nouveau Notre Dame des Landes

Isabelle Rimbert (Reporterre)

mardi 3 juin 2014

 

 

 

Des militants antinucléaires ont lancé ce week-end « Bure 365 », une campagne d’actions contre le projet CIGEO d’enfouissement de déchets radioactifs. Ils se sont retrouvés à la Maison de Résistance à la Poubelle nucléaire de Bure, pour trois jours de rencontres et d’échanges. Reporterre y était.


- Bure, reportage

Des voitures arrivent et se garent : on en sort un percolateur, des casseroles géantes, des écumoires…Dans la cuisine, ça s’active autour des cageots de fruits et légumes offerts par les agriculteurs du coin. Sur le perron, quelques personnes discutent au soleil, un café à la main. On est à Bure, un village de la Meuse isolé au milieu d’étendues de champs et de forêts, et dont la population culmine à cinq âmes par kilomètres carrés. Un weekend de mobilisation comme celui du 29 au 31 mai promet d’assurer une certaine animation dans le bourg.

Casquette vissée sur la tête, Eugène (prénom changé), 76 ans, paysan à la retraite et voisin, arrête son vélo pour discuter un brin. « La résistance au projet de stockage ? Elle vient pas mal de l’extérieur, mais cette maison la centralise. Au début, dans le coin, ça a créé de la méfiance, mais progressivement, il y a une prise de conscience de la population. C’est maintenant la propagande officielle qui inspire la méfiance ».

"Cette maison", c’est la "Maison de résistance à la poubelle nucléaire de Bure", une imposante bâtisse de 600 m2 au sol, retapée collectivement à l’huile de coude depuis son ouverture en 2004. C’est un lieu d’accueil, d’échanges et d’informations autour du projet de l’ Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), structure financée par l’Etat et les producteurs de déchets radioactifs (EDF, Areva, CEA, etc.). Un haut lieu et de la lutte anti nucléaire, géré par l’association Bure Zone Libre (BZL).

En habituée de la maison, Laura, 28 ans, vient saluer Eugène. Venue de Savoie pour l’occasion, elle est salariée du réseau Sortir du Nucléaire. « Il faut maintenant créer les conditions d’un élargissement de la lutte au niveau national et international. C’est pourquoi l’Assemblée du Grand t’Est, qui réunit des collectifs, des associations et des sympathisants, lance cette campagne d’actions sur une année : Bure 365 ». A chacun de s’approprier la question et agir de manière décentralisée, selon ses envies : désobéissance civile, actions directes, publiques, ou juridiques… Le cadre est large, avec une limite : ne pas atteindre à l’intégrité physique des personnes. Bure 365, c’est un peu la riposte des militants aux conclusions du débat public mené par l’ANDRA et boycotté par les militants. La phase "pilote" et le léger report des travaux ( censés débuter en 2017) auxquels s’est engagé l’ANDRA sont perçus comme un nouvel écran de fumée, qui ne permet en rien la remise en question de l’arrivée en 2025 des premier colis de déchets radioactifs.

Pour Laura, « l’un des enjeux, c’est de renforcer le dialogue entre les différentes composantes de la lutte, comme les anciens et la nouvelle génération. Et créer des passerelles avec d’autres combats dans lesquels on retrouve des fondements tels que la revendication du bien commun, grâce au partage des expériences". Bure 365 s’inspire la campagne Gorleben 365 en Allemagne : ce village de sept cents habitants avait été choisi dans les années 1970 pour accueillir un centre de stockage en couche géologique profonde pour les déchets de haute et moyenne activité à vie longue, un projet comparable à celui de Bure.

Kilt noir et allure de rocker, Matthias, 46 ans, vient justement de Gorleben. « Entre aout 2011 et aout 2012. nous avons réalisé une centaine de blocages des entrées du centre d’enfouissement. et multiplié les initiatives : concerts improvisés, pose de panneaux informatifs, tournois de jeux, ateliers tricot, fêtes d’anniversaire…Il y a même eu deux mariages célébrés sur place !" La mobilisation avait dépassé les espérances : « Une centaine d’actions ont été réalisées par près de 3000 personnes venues d’un peu partout. Des gens de Bure sont notamment passés donner un coup de main, se souvient-il. Résultat, le projet a été gelé jusqu’en 2030. » De quoi donner le sourire aux militants de Bure, même si Gorleben 365 n’a pas conduit à remettre en question l’enfouissement même des déchets nucléaires.

Apres un repas végan et l’assemblée plénière, une trentaine de personnes se disperse vers différentes activités dans une ambiance joviale : atelier cartographie ou rédaction de texte, impression de tracts, réalisations d’affiches, enregistrements audio, mais aussi préparation du repas du soir ou vidange des toilettes sèches...

 

Suite de l'article sur reporterr

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 18:01

 

Source : www.marianne.net


 

BNP-Paribas: l’empire américain dicte sa loi et Fabius implore la clémence

Mardi 3 Juin 2014 à 13:30

 

Jack Dion
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur

 

Au nom des privilèges de l’Empire et du dollar, les Etats-Unis menacent BNP-Paribas d’une sanction record. Au lieu de protester contre ce déni du droit international, Laurent Fabius va à confesse et demande pardon. La grandeur, c’est fini.

 

Laurent Fabius, en mai dernier à Washington, au côté du Secrétaire d'Etat américain, John Kerry - Molly Riley/AP/SIPA
Laurent Fabius, en mai dernier à Washington, au côté du Secrétaire d'Etat américain, John Kerry - Molly Riley/AP/SIPA

Quand la Russie demande à l’Ukraine de régler ses dettes pour les livraisons de gaz, les grands mots fusent : « impérialisme », « racket », « scandale ». Mais quand les Etats-Unis prétendent sanctionner BNP-Paribas — et peut-être d’autres banques françaises d’ici peu — sans aucun prétexte juridique recevable en droit international, il n’y a plus personne.

On entend à peine Laurent Fabius. Il est vrai que ce dernier est trop occupé à recevoir au Quai d’Orsay les présentateurs météo de la télévision pour les alerter sur la grave question du réchauffement climatique. Tout à la préparation de cette rencontre décisive pour l’avenir de la planète, le ministre des Affaires Etrangères a juste trouvé le temps d’émettre un commentaire digne de l’élève demandant pardon à son maître, tête baissée et mains dans le dos.

Voici ce que Laurent Fabius a déclaré sur France 2 : « S’il y a eu faute, il est normal qu’il y ait une sanction mais la sanction doit être proportionnée et raisonnable ». On est à la limite de la tempête diplomatique dans un verre d’eau. C’est pathétique.

Le problème, c’est qu’il n’y a aucune « faute », sauf au regard du droit américain dont on ne sache pas qu’il ait vocation à s’étendre à la planète entière.
Que reprochent les Etats-Unis à BNP-Paribas pour la menacer d’une amende exorbitante de 10 milliards de dollars et d’un retrait de sa licence outre-Atlantique ? D’avoir enfreint l’embargo des Etats-Unis à l’encontre d’un certain nombre de pays (Cuba, Soudan, Iran) entre 2002 et 2009. Or, cet embargo est une décision purement américaine, nullement validée par l’ONU. Les autres pays ne sont nullement concernés. BNP-Paribas, qui a effectué les transactions incriminées à partir de l’Europe, n’a violé ni le droit français ni le droit européen.

Seulement voilà : la banque a eu recours au dollar pour le règlement. Les Etats-Unis invoquent donc le double statut du billet vert (monnaie nationale et monnaie de réserve) pour appliquer un principe d’extraterritorialité et appliquer des sanctions.

Au passage, on vérifiera une nouvelle fois que le rôle du dollar permet aux Etats-Unis d’appliquer à leur guise le principe de la « souveraineté limitée » cher à feu Leonid Brejnev quand il évoquait l’indépendance relative des satellites de l’ex-URSS. Sauf qu’à l’époque, dans le monde occidental, des grandes voix s’élevaient au nom de la défense des valeurs universelles — dont celle, d’ailleurs, de Laurent Fabius, nettement plus mesuré quand il s’agit de Washington.

On peut penser le plus grand mal des banques françaises en général et de BNP-Paribas en particulier, mais dans cette affaire, sous réserve d’en savoir plus, le procès qui leur est fait est proprement ubuesque.

Que les banques incriminées en soient réduites à négocier avec les autorités américaines pour échapper à l’engrenage de sanctions qui peuvent aller très loin, cela peut se comprendre. D’ailleurs, elles savent que l’Etat français, si besoin est, viendra à leurs secours, quitte à ce que les contribuables paient la note. Nos amis les banquiers savent frapper aux bonnes portes.

Mais que les autorités françaises, elles, en soient réduites à se comporter comme des serviteurs face à leurs maîtres en dit long sur l’état d’esprit qui règne en haut lieu. Le sens de l’honneur n’est plus ce qu’il était. Avec un tel comportement, le général de Gaulle n’aurait jamais quitté le commandement intégré de l’Otan en 1966, et Jacques Chirac n’aurait jamais condamné l’invasion de l’Irak en 2003. Ils se seraient couchés, comme le fait François Hollande aujourd’hui, par peur de faire de la peine au grand frère d’outre-Atlantique.

Voilà qui ne fait que renforcer les dangers inhérents à la négociation engagée entre les Etats-Unis et l’Europe en vue d’un traité transatlantique qui serait une nouvelle étape vers le libre-échange et l’alignement sur les normes américaines. Plutôt que de faire ce cadeau aux Américains, mieux vaudrait réformer le système monétaire international afin d’en finir avec le privilège du dollar. C’est presque aussi important que le sort des infos météo à la télévision.

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:38

 

 

Source : www.francetvinfo.fr

 

 

Affaire Bygmalion : le document qui aurait dû alerter Copé et l'UMP

 

 

 

En 2012, les dépenses de communication de l'UMP ont dépassé 33 millions d'euros. Un montant en augmentation de 124% par rapport à 2007. A l'UMP, chacun fait mine de découvrir aujourd'hui l'ampleur de ce dérapage.

 

Le président démissionnaire de l'UMP, Jean-François Copé, lors d'une conférence de presse à Paris, le 24 avril 2014.Le président démissionnaire de l'UMP, Jean-François Copé, lors d'une conférence de presse à Paris, le 24 avril 2014. (NICOLAS MESSYASZ / SIPA) Par

Mis à jour le 03/06/2014 | 16:53 , publié le 03/06/2014 | 15:12


 

Il l'a juré "dans les yeux" des Français. Après les aveux télévisés de son plus intime collaborateur, Jérôme Lavrilleux, Jean-François Copé a assuré, mardi 27 mai, qu'il ignorait tout du montage financier qui, en 2012, avait consisté à ce que l'UMP prenne en charge des dépenses qui auraient dû être imputées au compte de campagne de Nicolas Sarkozy. "Il n'y a pas eu de système d'alerte", a assuré celui qui, depuis, a annoncé sa démission de sa fonction de président de l'UMP.

Une explosion des dépenses écrite noir sur blanc

Un document très simple à consulter, et à comprendre, aurait pourtant dû lui mettre la puce à l'oreille : il s'agit des comptes d'ensemble de l'UMP pour 2012, que francetv info a épluchés, lundi 2 juin. Ils ont circulé dès le début de l'année 2013 au sein du parti, avant d'être publiés en janvier 2014 au Journal officiel, en même temps que ceux de tous les autres partis politiques français.

Pour l'UMP, le document ne comporte que quatre pages (consulter l'extrait en bas de notre article). Mais une seule ligne suffit à faire réagir n'importe quel quidam : le rapport révèle qu'en 2012, les seules dépenses de communication de l'UMP ont atteint 33,33 millions d'euros !

 

Extrait du compte de résultat d'ensemble de l'UMP en 2012, contenu dans un rapport publié le 22 janvier 2014 au Journal officiel.Extrait du compte de résultat d'ensemble de l'UMP en 2012, contenu dans un rapport publié le 22 janvier 2014 au Journal officiel. ( FRANCETV INFO )

 

Un chiffre colossal, notamment quand on le compare aux 5,5 millions d'euros engagés par le PS cette année-là, ou même aux 14,8 millions d'euros dépensés par l'UMP en 2007 (+124%), lors de la précédente campagne présidentielle. A eux seuls, les meetings pris en charge par l'UMP ont coûté 23,3 millions d'euros, contre 7,1 millions cinq ans plus tôt (+228%).

Des dépenses faramineuses qui n'impliquent pas nécessairement des activités frauduleuses – les partis politiques sont libres d'utiliser leur argent comme ils l'entendent –, mais sur lesquelles les responsables de l'UMP auraient pu s'interroger. Aujourd'hui encore, l'utilisation détaillée de ces 33,33 millions d'euros reste une énigme, que la justice va s'attacher à résoudre.

"Ces chiffres auraient nécessairement dû alerter les responsables du parti", tance Eric Woerth, trésorier de l'UMP de 2004 à 2010, contacté par francetv info. "Il s'agit quand même de sommes astronomiques ! Soit Copé était au courant, et il continue de mentir, soit il a fait preuve d'une improbable naïveté pour ne se rendre compte de rien", lâche un ancien ministre, sous couvert d'anonymat.

Interrogé par francetv info, lundi 2 juin, l'entourage de Jean-François Copé maintient que ces montants, aussi importants qu'ils soient, n'ont pas suscité d'interrogations. "En 2012, on a eu une année de campagne intense, avec des dépenses condensées sur un laps de temps très court. Et puis, tous les chiffres qui ont été présentés à Jean-François Copé ont été validés par tout le monde : les commissaires aux comptes, la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP)…"

Des contrôles qui n'en sont pas vraiment

Problème : jointe par francetv info, la CNCCFP rappelle que si elle peut émettre des réserves sur les recettes des partis, elle ne peut absolument pas contrôler leurs dépenses. Quant aux commissaires aux comptes qui avaient examiné les finances de l'UMP pour l'exercice 2012, ils avaient souligné en juin 2013 que leur audit"ne saurait comporter le contrôle de l'opportunité des dépenses". Contactés par francetv info, les cabinets Fiduciaire expertises conseils et Sygnature n'ont pas souhaité faire plus de commentaires, mettant en avant le secret professionnel qui les protège.

Le système interne à l'UMP ne semble pas, lui non plus, avoir très bien fonctionné. Début avril, lors d'un comité stratégique, Jean-François Copé soulignait que le budget du parti avait été également surveillé par une "commission de contrôle de la gestion financière". Une instance qui se réunit une à deux fois par an, et est comparée par le maire de Meaux (Seine-et-Marne) à "la Cour des comptes de l'UMP". Problème : contacté par francetv info, son président, l'ancien député Claude Gaillard, explique qu'il n'a participé à aucune réunion de sa propre commission depuis plusieurs années.

Et il se montre incapable de citer le nom d'un membre qui aurait pu y assister. "De toute façon, on ne peut absolument pas comparer cette commission à la Cour des comptes. Son rôle est de veiller aux grands équilibres budgétaires, pas de regarder dans le détail des dépenses", souligne Claude Gaillard, qui "ne voit pas comment le président du parti a pu ne pas être mis au courant, alors que les gens de l'appareil l'étaient forcément, puisque tout était écrit noir sur blanc"

Reste à savoir si les trésoriers nationaux ont, eux, alerté le patron de l'UMP. Sollicités, ni Dominique Dord, qui a exercé cette fonction d'août 2010 jusqu'à sa démission en décembre 2012, ni Catherine Vautrin, qui lui a succédé, n'ont souhaité répondre à nos questions

 

 

 

 

Source : www.francetvinfo.fr

 

 

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:29

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/sylvain-gouz

 

Austérité en France : le « toujours plus » de la Commission européenne

Sylvain Gouz - Journaliste

Publié le 03/06/2014 à 10h53

 

 

« Mais de quoi je me mêle ? » A peine les lampions d’élections européennes marquées par une vague de scepticisme de grande ampleur sont-ils éteints que la Commission européenne menée par le très libéral Manuel Barroso fait encore des siennes.

Cette Commission vit ses derniers moments. Elle sera, on le sait, remplacée très bientôt et Manuel Barroso cèdera son fauteuil à un autre libéral, vraisemblablement le luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Qu’importe. En chant du cygne, la commission sortante a émis ce 2 juin un avis sur la politique économique française. Rien de surprenant : depuis 2012, il est, hélas, dans les prérogatives de l’institution de passer au tamis les politiques économiques des états membres de la zone euro.

Bonne direction, mais...

Que dit donc Bruxelles. D’abord, du bout des lèvres, que, globalement, les mesures prévues par Hollande et Valls « vont dans la bonne direction » même si elles ne vont pas assez loin. C’est bien le moins, compte tenu de ce que sont ces mesures (aides massives aux entreprises sans trop de contre parties, assorties de coupes encore plus massives dans les dépenses publiques). C’est bien le moins qu’on pouvait attendre d’une institution dont l’idéologie est toute imprégnée de retour aux équilibres à marche forcée. Les Grecs en savent quelque chose !

Mais les Commissaires de Bruxelles vont bien au-delà de cette remarque globale et s’autorisent à émettre des recommandations précises. De fait, ils se livrent à un véritable recadrage de la politique française.

Détricotage progressif de la protection sociale

Citons pêle-mêle parmi ces recommandations, les plus « choquantes » du moins à nos yeux : réformer –le mot est faible- l’indemnisation du chômage, faire des économies sur le système de santé, limiter les coûts de retraites et rationaliser les allocations familiales et les aides au logement… sans oublier la sempiternelle baisse des coûts du travail, les mesures déjà annoncées demeurant insuffisantes. On voit bien vers quoi tout cela nous entraîne : un détricotage progressif de notre protection sociale… que Hollande et Valls affirment vouloir protéger.

En commentant les recommandations de la Commission qu’il préside, Manuel Barroso, devant les journalistes, a bien pris soin de préciser que le cocktail de mesures imaginé correspondait tout simplement à un « besoin » de l’économie française, ajoutant « je tiens à dire que ce n’est pas imposé par la Commission ». Encore heureux.

Les lunettes roses de Michel Sapin

Michel Sapin, ministre français des Finances et des Comptes publics, s’est félicité dès hier des prises de position de la Commission européenne estimant que celle-ci « valide la stratégie économique du Gouvernement ». Sans doute était-il victime d’une lecture trop rapide du texte ou avait-il délibérément chaussé des lunettes roses, pour faire part ainsi de sa « satisfaction ».

Mais, après tout, peut-être a-t-il raison. Avec cet avis penchant délibérément vers « une austérité austère » de la commission européenne, le gouvernement apparaît singulièrement modéré, on pourrait même dire « centriste » face à tous ceux, et ils sont nombreux, qui trouvent qu’en la matière, il en fait déjà beaucoup trop.

 

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/sylvain-gouz

 

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:17

 

Source : www.mediapart.fr

 

Espagne: et maintenant la République?

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Après l'abdication de Juan Carlos, des partis et autres collectifs issus des mouvements « indignés » veulent la tenue d'un référendum sur l'avenir de la monarchie. La transition, cycle ouvert avec la mort de Franco en 1975, déjà mise à mal par la crise, est en train de prendre fin.

Cela n'a pas traîné. À peine Juan Carlos, né en 1938, 39 ans de règne au compteur, a-t-il annoncé, lundi matin, son abdication (la vidéo en VO est ici) que les appels ont fusé pour un référendum « dès maintenant » sur l'avenir de la monarchie en Espagne. Des partis de gauche mais aussi des collectifs issus de la mouvance « indignée » sont montés au créneau, appelant à des rassemblements dès lundi soir dans des dizaines de villes du pays.

Les écolo-communistes d'Izquierda Unida, les partisans de Podemos, ce nouveau parti qui fut la révélation des élections européennes, les écolos d'Equo ou encore les jeunesses socialistes (groupe relié au PSOE, mais indépendant quant à sa ligne politique) réclament tous une consultation populaire, pour savoir si les Espagnols veulent poursuivre avec la monarchie. Côté société civile, Ada Colau, star de l'activisme post-«15-M» longtemps à la tête de la plateforme anti-expulsions (PHA), l'écrivain Isaac Rosa ou encore le collectif Juventud Sin Futuro (« Jeunesse sans avenir », l'un des piliers du « 15-M »), ont tous, eux aussi, relayé l'appel.  

 

Comme Mediapart le racontait dans cette enquête publiée en avril, l'esprit républicain s'est invité dans les manifestations espagnoles des derniers mois. On a vu flotter le drapeau rouge, jaune et violet, identifié à la Seconde République (proclamée en 1931), dans les « marées » anti-austérité des professionnels de la santé ou de l'éducation, par exemple. Peu après le surgissement des « indignés » sur la place Puerta del Sol à Madrid en mai 2011, l'une des commissions qui s'était constituée au sein du mouvement, proposait d'en finir avec la monarchie : elle s'intitulait, non sans humour, « Toma la Zarzuela » (un appel à la prise de la Zarzuela, cette luxueuse résidence de Juan Carlos, dans les environs de Madrid).


 

Logique, donc, qu'au moment où le roi abdique, ces activistes tentent de se reposer, en grand, la question républicaine. Avec un sens du timing qui laisse pantois, Alberto Garzon, l'une des figures d'Izquierda Unida (que Mediapart a déjà interviewé ici), publie, cette semaine à Madrid, un essai programmatique au titre définitif : La Troisième République. Dans l'esprit de ce député, il s'agit de basculer de la monarchie à la république, pour en finir, avant tout, avec un régime corrompu, marqué par une collusion permanente entre milieux politiques et financiers (lire l'introduction ici).

La presse espagnole spéculait depuis des mois sur l'abdication du roi, tant sa fin de règne fut agitée. Aux problèmes de santé récurrents (huit opérations lourdes depuis 2009) se sont ajoutées des affaires de corruption éclaboussant le premier cercle familial (« l'affaire Noos », qui met en cause l'une des filles du roi, l'infante Cristina, et son mari, l'ex-champion olympique de handball Iñaki Urdangarin, accusés de détournement de plusieurs millions d'euros de fonds publics), des doutes sur l'origine de sa fortune apparemment colossale, mais aussi la révélation de frasques privées qui ont choqué nombre d'Espagnols piégés par la crise (à commencer par l'épisode de la chasse aux éléphants, au Botswana en 2013, chiffrée à 37 000 euros). Les sondages laissaient entendre qu'une majorité d'Espagnols réclamaient son départ (voir sur le site d'El Diario le diaporama des « dix images qui illustrent la décadence d'un règne »).

Mais le moment de l'annonce est particulier : cette abdication intervient à quelques jours du Mondial de football, et surtout une semaine à peine après les résultats des européennes, qui ont profondément re-dessiné le paysage politique espagnol. Les deux partis censés avoir assuré la stabilité de la vie politique depuis le début de la transition, le parti populaire (PP, au pouvoir) et le parti socialiste (PSOE, dans l'opposition), ont souffert d'une désertion de leur électorat. À eux deux, ils ne totalisent plus que 51 % (contre près de 85 % lors du scrutin de 2009).

D'autres formations en ont tiré avantage, comme Izquierda Unida (10 %), Podemos (8 %), ou encore UPyD (un parti centriste, 6,5 %). Ces poussées électorales ont confirmé, en creux, la fin du bipartisme espagnol « à l'ancienne ». Bref, en huit jours à peine, ce sont deux des piliers qui ont permis de négocier l'après-Franco, et d'assurer, pendant de longues années, la stabilité du pays, qui viennent de s'effriter. À cela s'ajoute la fragilité d'une constitution, qui date de 1978, mise à mal par les volontés indépendantistes de certaines communautés – comme la Catalogne. La « culture de la transition », pour reprendre l'expression du journaliste Guillem Martinez, qui a endormi l'Espagne depuis des décennies, s'est fissurée.


 

« La bonne nouvelle, c'est que la transition a pris fin, au bout de quarante ans », écrit sur son blog l'écrivain Isaac Rosa, défenseur ardent d'une Troisième République espagnole. « Elle se termine par assèchement, par effondrement, par une forme de pourrissement avancé des piliers qui la soutenaient : les institutions, le bipartisme, le système économique, le modèle territorial, et bien sûr, la couronne, qui s'est effondrée de l'intérieur, d'elle-même : ce n'est pas nous qui l'avons détruite. »

Et l'écrivain d'enfoncer le clou, en évoquant la « seconde transition » qui se profile, avec le règne de « Felipe » : « Philippe de Bourbon, que les publi-reportages nous présentent depuis des années comme un roi jeune, prêt pour l'exercice du pouvoir, proche des gens, qui vit ancré dans son temps, n'apportera que du vieux (« mas de lo mismo », ndlr). C'est un Bourbon : il appartient à cette tradition de rois qui, à chaque fois, ont échoué, et sont à l'origine de bien des maux du pays. Il a grandi dans l'ombre de son père et de sa famille, et son seul élément distinctif, c'est qu'il s'est marié à une plébéienne. Fin du changement. Il sera un chef d'État dont la seule légitimité est d'être un "fils de". Un anachronisme anti-démocratique, à une époque où les citoyens exigent davantage de démocratie. »

L'Espagne n'a connu qu'à de courts intervalles un régime républicain. Le premier épisode a duré moins de deux ans (1873-1874), précipité par le coup d'État du général Martinez Campos. Le second – le plus connu –, qui s'est étalé du 14 avril 1931 au 18 juillet 1936, a pris fin à cause du coup d'État d'un autre général, Franco. Ce dernier devait, au terme d'une guerre civile de trois ans, mettre en place une dictature. Après la mort de Franco le 20 novembre 1975, et l'arrivée sur le trône de Juan Carlos deux jours plus tard, l'Espagne allait finir par se doter d'une nouvelle constitution (1978), toujours en vigueur aujourd'hui.

Le débat reste entier, aujourd'hui, sur la responsabilité de la monarchie dans la crise actuelle, de l'effondrement de la bulle immobilière aux politiques d'austérité. Le sujet est loin de faire l'unanimité – y compris au sein des mouvements sociaux – dans une Espagne qui reste profondément conservatrice. Nombreux sont ceux qui jugent que le sujet n'est pas prioritaire. « La crise que nous vivons est si forte que personne ne l'interprète en rejetant la faute sur la monarchie. L'histoire de l'Espagne a été si triste qu'il n'existe pas de bons exemples de présidents républicains. Ils ont tous été catastrophiques et Azaña (Manuel Azaña, au pouvoir de 1936 à 1939, ndlr) est arrivé quand la guerre civile était déjà déclenchée, du coup la conscience sociale l'associe au chaos, à l'instabilité... », analysait il y a peu l'historien Pablo Sánchez León.

 

Source : www.mediapart.fr

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 17:05

 


Le coin des tyrans 03/06/2014 à 16h40

Réussir son simulacre d’élection en six leçons, par Bachar el-Assad

Pascal Riché | Cofondateur Rue89

 

 

Pour la première fois de l’histoire, une élection présentée comme « pluraliste » par le régime de Bachar el-Assad était organisée ce mardi en Syrie. Effectivement, le bulletin de vote comporte trois noms, ce qui n’est pas habituel. Bachar et son père Hafez el-Assad se contentaient jusque-là de plébiscites organisés tous les sept ans (en 2007, Bachar el-Assad a officiellement recueilli près de 98% de « oui », un point de mieux qu’en 2000).

Avec la guerre civile en cours, le président syrien a sophistiqué la formule du simulacre démocratique. Son nom figure donc sur les bulletins de vote aux côtés de deux concurrents, parfaits inconnus et parfaits faire-valoir  :

  • Maher Al-Hajjar, parlementaire d’Alep, membre du Parti communiste ;
  • Hassan Al-Nouri, ancien ministre producteur de cirage et brosses à reluire.

Un Syrien s’apprête à cocher son bulletin (avec les photos des trois candidats), à Damas le 3 juin 2014 (Dusan Vranic/AP/SIPA)

Les électeurs sont invités à cocher le nom du candidat de leur choix. Mais plutôt « Bachar el-Assad », le responsable de la mort de 200 000 Syriens.

1 Limiter le nombre de vos adversaires

 

  • Pour être candidat, il fallait l’aval de 35 membres du Parlement (pro-Assad) et il fallait avoir vécu en Syrie les dix dernières années, ce qui exclut les opposants en exil.
  • Vingt-quatre candidats se sont présentés, Assad étant le septième de la liste. Vingt-et-un ont été rejetés pour des « raisons obscures » par la Cour constitutionnelle. Parmi les trois validés : Bachar el-Assad, bien sûr.

2 ’afficher franchement

 

  • Couvrir les murs de portraits de Bachar el-Assad.

3 Exclure les électeurs réfugiés à l’étranger

 

  • Empêcher les trois millions de réfugiés de voter : les électeurs, à l’étranger, devront présenter leur passeport « avec le tampon attestant qu’ils sont sortis de leur pays de façon régulière ».

4 Forcer les fonctionnaires et les étudiants à voter

 

Damas annonce qu’il y aura 15 millions d’électeurs dans le pays. Ce qui, selon le calcul du Monde, est arithmétiquement impossible : La population était estimée à 23 millions avant 2011. On compte 3 millions de réfugiés, 6 millions de personnes déplacées... « Le nombre réel d’électeurs potentiels ne devrait pas dépasser les 5 ou 6 millions. »

 


Bachar el-Assad et son épouse Asma, en train de voter, à Damas le 3 juin 2014 (Agence officielle syrienne Sana/AP/SIPA)

Pour que le taux de participation soit crédible, il faut pousser le plus de monde possible à voter. Et il y a plusieurs méthodes.

  • Forcer les agents publics (soit la moitié des travailleurs syriens) à voter. Parlant sous couvert d’anonymat, plusieurs ont témoigné du fait qu’ils n’avaient pas trop le choix, ayant reçu « des ordres stricts d’aller aux urnes, sous peine d’être soumis à l’interrogatoire des services de sécurité ».
  • Colorer à l’encre rouge les index des personnes qui ont voté, officiellement pour éviter la fraude. Très utile pour contrôler qu’elles ont fait leur « devoir patriotique ». Menacer celles dont l’index n’a pas changé de couleur.
  • Fixer les examens universitaires le jour de l’élection, pour mieux contrôler le vote des étudiants. Une technique racontée au New York Times par un étudiant d’Hama contacté par Skype. Libération rapporte le témoigage d’une étudiante de la faculté des beaux-arts d’Alep, qui considère cette élection comme une comédie, mais qui est prise dans un dilemme : « Les membres de l’Union des étudiants du Baas, qui travaillent en étroite collaboration avec les services de sécurité, ne se priveront pas de me dénoncer. Ils peuvent m’interdire l’accès à la salle d’examen, voire me faire renvoyer de la faculté si je ne montre pas mon index rouge. »

5 Bien choisir ses observateurs

 

6 Préférer un résultat flatteur

 

  • Le résultat est à votre guise. Les dictateurs aiment généralement les situer aux alentours de 95% des voix. C’est le score atteint par le général Sissi en Egypte. Bachar el-Assad peut faire beaucoup mieux.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 16:47

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le régime syrien s'acharne sur les opposants pacifistes

|  Par Marie Kostrz

 

 


En se faisant réélire président, Bachar al-Assad fait valoir qu'il est le meilleur rempart à la menace djihadiste dans le pays. Mais ces derniers mois, le régime a férocement réprimé tous les groupes d'activistes pacifistes pouvant représenter une alternative démocratique, misant sur la radicalisation du conflit.

Beyrouth, correspondance.   Le procès à Damas de Mazen Darwish, avocat et président du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression (SMC), prend depuis quelques semaines un tour ubuesque. Le 24 mars, la cour antiterroriste de Damas avait déclaré que Darwish, ainsi que quatre autres membres de l'organisation, seraient désormais poursuivis pour « avoir fait la promotion d'actes terroristes ». Arrêtés en février 2012 lors de la mise à sac des locaux du SMC par les services de renseignements de l'armée de l'air, ces cinq activistes documentaient les exactions commises contre les journalistes durant le soulèvement populaire qui a éclaté en 2011.

 

Mazen Darwish, arrêté et emprisonné en février 2012. 
Mazen Darwish, arrêté et emprisonné en février 2012. © (dr)

Leur dossier a ensuite été transféré devant la cour antiterroriste de Damas. Depuis, cette juridiction créée le 25 juillet 2013 attendait que des preuves de leurs présumées activités terroristes lui soit transférées pour débuter le procès. Le 18 juin prochain, il aura finalement lieu sans qu'aucune pièce n'ait besoin d'être présentée : le procureur général a décidé de s'en passer. A cour exceptionnelle, règles exceptionnelles...

Cette pratique ne cesse d'être dénoncée par les organisations de défense des droits de l'homme : « La nouvelle cour anti-terroriste fournit une couverture judiciaire pour la persécution des activistes pacifiques par les branches de sécurité syriennes, estime Nadim Houry, responsable de la section Proche-Orient de Human rights watch (HRW). Le gouvernement peut avoir une loi anti-terroriste mais il n'y a rien de légal dans le fait de poursuivre des activistes pacifiques sans garantie d'un procès équitable pour des actes qui ne devraient jamais être considérés comme des crimes ».

L'accusation de terrorisme dont Mazen Darwish et ses quatre collègues font l'objet est en effet difficile à justifier par les autorités syriennes. Depuis 2004, cet avocat répertoriait les violations des droits de l'homme en s'attachant à la situation des médias et des journalistes. Les accusés encourent aujourd'hui jusqu'à quinze ans de prison.

Ce procès est emblématique d'un phénomène relégué au second plan par les exactions des groupes radicaux qui prolifèrent aujourd'hui en Syrie. Trois ans après le début de la révolution, les opposants à Bachar al-Assad qui ont fait le choix de ne pas prendre les armes sont toujours les cibles premières du régime. « La prison est un moyen de les empêcher de travailler, regrette une proche de Mazen Darwish également arrêtée en février 2012. C'est pour cela que les autorités se permettent d'attendre un an pour obtenir des preuves alors qu'ils savent depuis le départ qu'ils n'en trouveraient aucune ».

Les méthodes du régime pour empêcher les activistes de poursuivre leur lutte s'avèrent souvent encore plus radicales. En novembre 2012, Ayham Ghazoul, membre du SMC, est mort sous la torture après avoir été arrêté à l'université. Et bien d'autres groupes d'activistes ayant fait le choix de la non-violence subissent la même répression. « Le régime nous a visés depuis le départ car nous avons des projets sérieux, on peut représenter une alternative au pouvoir en place », explique Majd Chourbaji, membre de l'organisation des Femmes libre de Daraya, ville de la banlieue de Damas assiégée depuis un an et demi par le régime (lire ici un précédent article sur les massacres survenus dans cette ville). « Nous savons ce que nous voulons pour le futur, c'est-à-dire un état démocratique non sectaire qui respecte toutes les religions », ajoute-t-elle. Un discours très éloigné de la manière dont le régime syrien dépeint ses opposants, qualifiés indistinctement de terroristes.

Majd Chourbaji, qui a aussi participé au lancement d'Ineb Baladi, un journal libre créé au début de la révolution à Daraya, souligne que la plupart de ces activistes croupissent aujourd'hui dans les prisons du régime. Rien que parmi les rangs d'Inab Baladi, trois membres ont été tués et quatre autres sont toujours emprisonnés. Daraya a particulièrement fait les frais de cette stratégie : cette ville est célèbre pour le mouvement non-violent qui a perduré pendant les premiers mois de la révolution. Dès mars 2011, des activistes sont arrêtés et meurent sous la torture pour avoir distribué de l'eau et des roses aux soldats qui tiraient sur les manifestants.

Ces arrestations ont sans nul doute affaibli la dynamique qui prévalait durant les premiers mois du soulèvement. « En arrêtant les opposants qui défendaient une ligne pacifique, le régime a permis à la révolte armée de prendre le dessus », poursuit Majd Chourbaji, qui est restée sept mois en prison. «Pendant ma détention je voyais des femmes qui avaient aidé les rebelles être relâchées au bout d'un mois ou deux, alors qu'on m'a libérée au bout de sept mois et dans le cadre d'un échange d'otages : je n'aurais même pas dû sortir !», témoigne-t-elle.

Imad (son nom a été changé pour des raisons de sécurité) observe chaque jour les retombées d'une telle stratégie. Cet activiste est membre du conseil local qui administre Daraya depuis octobre 2012. Joint par Skype, il explique que la révolte armée a donné un coup d'arrêt aux activités pacifiques. « Une fois que la bataille de Daraya a commencé en novembre 2012, le bureau militaire du conseil local est devenu très important alors que les bureaux qui s'occupent d'animer la société civile sont devenus minimes », regrette-t-il.

Un chaos bénéfique au régime de Damas

Avec l'arrivée des armes, les activistes pacifiques ont en effet perdu leur influence sur le terrain. Wesam Sabaaneh est coordinateur pour l'organisation Jafra, qui aide les habitants des camps palestiniens syriens. Originaire de celui de Yarmouk, au sud de Damas, il explique les difficultés rencontrées par les activistes restés dans cette ville assiégée par le régime depuis presque deux ans. « Contrairement aux rebelles, ils n'ont pas d'argent, ils ne sont pas armés , résume-t-il. C'est la guerre, le chaos, c'est très dangereux : de plus en plus d'activistes se sont donc affiliés à des milices car ils n'ont pas d'autre choix pour avoir une protection. A partir de là, beaucoup ont perdu leur indépendance ».

L'homme note aussi que le paysage des activistes a évolué : « Beaucoup ont fui avant le siège, ceux qui sont actifs à l'intérieur sont jeunes, ils étaient encore adolescents quand la révolution a commencé ; ils sont courageux et essayent de faire de leur mieux mais c'est difficile car ils n'ont pas d'expérience ».

Même s'ils sont aujourd'hui affaiblis, ces activistes continuent d'être pourchassés par le régime. A Yarmouk, ils sont systématiquement exclus des trêves conclues pour évacuer le quartier. Si des combattants ont été autorisés à quitter Yarmouk en janvier dernier, les activistes pacifistes n'ont pas fait partie de l'accord. Depuis la trêve, trois ont été arrêtés en essayant de sortir du camp. « Ahmad Qudaymi est détenu car il travaillait dans le seul hôpital de Yarmouk », dénonce un activiste originaire du camp. Lui-même a fui le pays après que toute sa famille a été arrêtée en septembre dernier, lorsque son père a transmis de l'argent à un commerçant censé fournir de la nourriture pour les habitants assiégés du camp.

 

Ruines dans la ville de Yarmouk à l'été 2013. 
Ruines dans la ville de Yarmouk à l'été 2013. © (dr)

Les activistes pacifistes en sont persuadés : le régime fait tout pour les pousser à l'exil afin d'affaiblir leur lutte. « Une fois qu'on est dehors, on est loin, plus confronté aux difficultés des Syriens de l'intérieur », admet un ancien membre du bureau des médias du comité local de coordination de Zabadani, installé en Turquie car il ne lui était plus possible de travailler sous les bombes. « Pour cette raison, je n'ai mené que des projets personnels depuis que je suis sorti du pays », dit-il.

Cet exil désole d'autant plus les opposants qu'il laisse le champs libre aux éléments les plus radicaux du conflit. Le régime n'est maintenant plus le seul à opprimer les activistes pacifiques. « Depuis plusieurs mois, les attaques et surtout les enlèvements de militants des droits humains et journalistes en particulier, se sont multipliés de la part d'acteurs non-étatiques armés », constate Marie Camberlin de la FIDH, organisation membre de Free Syria's Silenced Voice. Cette campagne lancée en mai répertorie les arrestations et disparitions d'activistes afin de « redonner une voix à ceux qui militent pacifiquement pour les droits des Syriens ».

Le plus emblématique de ces enlèvements est celui de Razan Zaitouneh. Cette avocate a fondé les Comités locaux de coordination qui organisent et couvrent les activités civiles opposées au régime, ainsi que le centre de documentation des violations (VDC). Avec trois autres activistes, elle a été kidnappée en décembre 2013 par un groupe armé à Douma, en banlieue de Damas. En avril 2014, ses proches ont publié une déclaration interpellant Ziad Alloush, leader du groupe rebelle L'Armée de l'Islam, responsable de la zone dans laquelle elle a disparu.

Ce chaos, qui dégrade l'image de l'opposition, est bénéfique au régime. « Il se montre comme la seule solution pour protéger les minorités et rétablir le calme, analyse une proche de Mazen Darwish. Mais il ne doit pas oublier qu'il a maintenant la responsabilité de protéger tout Syrien contre les éléments extrêmes et djihadistes ».

 

Lire aussi

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 16:33

 

Source : www.mediapart.fr

 

Une pétition demande à Hollande d'accorder l'asile à Snowden

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Lancée par L'Express, cette pétition a reçu le soutien de nombreuses personnalités : Pierre Bergé, Pascal Bruckner, Daniel Cohn-Bendit, Olivier Duhamel, Luc Ferry, Jacques Julliard, Edgard Morin, Michel Rocard, Jean-Michel Ribes ou encore Michel Wieviorka.

Plus de 10 000 personnes, dont de nombreuses personnalités, avaient signé, mardi 3 juin en milieu de journée, une pétition demandant à François Hollande d’accorder l’asile politique au whistleblower Edward Snowden.

« En juillet prochain, le visa d'Edward Snowden arrivera à expiration en Russie. Nul ne sait alors ce qu'il adviendra de lui dans le contexte international tendu qui est celui d'aujourd'hui », explique le texte de la pétition lancée par L’Express.

« La France, pays des droits de l'Homme et de la liberté de la presse », poursuivent les signataires, « a une obligation particulière à l'égard d'Edward Snowden car sa constitution prévoit que "tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a le droit d’asile sur les territoires de la république" ».

Cette pétition avait reçu, dès sa mise en ligne, la signature de nombreuses personnalités telles que Philippe Aigrain, co-fondateur de La Quadrature du net, Patrick Baudouin, Président d'honneur de la Fédération Internationale des Ligues des droits de l'homme, Pierre Bergé, Pascal Boniface, Rony Brauman, Pascal Bruckner, Daniel Cohn-Bendit, Olivier Duhamel, Luc Ferry, Jacques Julliard, Edgard Morin, Michel Rocard, Jean-Michel Ribes ou encore Michel Wieviorka.

A signer sur le site Change.org.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 


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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 21:23

 

Source : convergencesndl.over-blog.com

 

 

cet été 2014 dès maintenant. NDL : nous ne lâcherons rien!!!

 

 

Publié le 19 Mai 2014

 

ENSEMBLE pour renforcer les actions contre les Grands Projets Inutiles Imposés (GPII), pour la préservation des terres et des emplois agricoles, pour un autre choix de société qui ne mettrait plus en danger la biodiversité et l'avenir des générations futures...

Faisons du prochain grand rassemblement national contre le projet d'aéroport des 5 et 6 juillet 2014 un moment d'informations et d'échanges militant et festif !

Nous ferons ENSEMBLE la démonstration que nous restons plus que jamais déterminés et massivement mobilisés.

Cette convergence est l'occasion, à partir des luttes locales, décentralisées sur tout le territoire, de populariser et de fédérer ces luttes.

Elle se traduira par différentes formes d'actions déterminées:

• "caravanes" (à pied, vélos, tracteurs, voitures...)

• points de rencontre, d'information

• meetings dans les villes et campagnes traversées pour arriver au moment du rassemblement final sur les terres de Bellevue le 4 juillet vers 19h00.

8 rassemblements décentralisés sont envisagés au week end du 28 et 29 juin ainsi que3 grandes convergences les 2 et 3 juillet.

6 grands parcours se dessineront à partir du 1°Juin.

Plus de 10 caravanes avec des étapes s’arrêteront dans des lieux symboliques de luttes.

Un grand mouvement , à travers toute la France se met en marche pour dénoncer l'artificialisation des terres agricoles et les grands projets nuisibles.

Tous les chemins convergent vers Notre Dame des Landes et son grand rassemblement des 5 et 6 Juillet 2014.

Vous souhaitez y participer en rejoignant une caravane: sur les onglets en haut vous avez les différentes caravanes (à vélo/à pied ou motorisées) avec les trajet pour trouver celle qui vous correspond le mieux. Vous avez un mail ou un numéro pour contacter les responsables, vous inscrire et obtenir des renseignements.

Vous ne pouvez pas suivre une caravane mais vous souhaitez participer? Rejoignez un des grands rassemblements proposés dans la région où vous êtes. Un numéro ou un mail est à disposition pour prendre contact. Vous pouvez aussi faire une ou deux étapes suivant vos disponibilités.

Pour toute information, contactez nous: convergencesnddl2014@gmail.com

Le symbole des convergences: Le Bâton

HISTOIRE DE BÂTON

2 décembre 1978, les paysans du Larzac finissent leur marche et arrivent à Paris.

Ils se sont appropriés le bâton des bergers du causse et, dans un silence impressionnant, ils avancent au rythme des bâtons qui frappent le bitume en cadence au devant des nombreux gardes mobiles qui les attendent.

Novembre 2013, Michel Tarin écrit : »J'irai avec mon bâton, avec les forces qui me restent et dans la non-violence, sur le terrain et nous le défendrons mètre carré par mètre carré ! Je n'utiliserai pas mon bâton pour cogner sur les forces de police mais, comme lorsque les copains du Larzac montaient à Paris, nous ferons résonner le chant de nos bâtons sur les terres de la ZAD pour les protéger du saccage programmé... »

Mai 2014, alors que s'organisent les convergences vers NDL, Michel émet l'idée que chaque personne apporte son bâton qui résonnera dans tous les lieux traversés jusqu'à la ZAD de NDL.

Nous avons repris son idée et fait du bâton le symbole de notre lutte.

Quant au bâton de Michel, il sera le 31 mai au rassemblement des Glières et sera rapporté, de mains en mains et de luttes en luttes, à NDL le 4 juillet.

NOTICE D'UTILISATION

Procurez-vous, fabriquez-vous un bâton de marche.

Le bois est recommandé. Méfiez-vous des contre-façons.

Gravez dans le bois votre nom ou surnom...votre département...la date...

Apportez ce bâton à NDL en le faisant résonner sur tous les lieux de lutte que vous traverserez.

Vous pouvez aussi vous en servir pour vous appuyer.

Si vous n'allez pas à NDL, confiez-le à une autre personne qui l'apportera jusqu'à l'étape suivante jusqu'à ce qu'il arrive à destination.

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Rédigé par convergences

 

 

Source : convergencesndl.over-blog.com

 


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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 21:13

 

Source : www.ledauphine.com

 

 

THORENS-GLIÈRES Départ de la marche vers Notre-Dame-des-Landes

 

 

 

Hier, en fin d’après-midi, Gilles Perret, un des organisateurs du rassemblement “Paroles de résistances”, le représentant du collectif de Notre-Dame-des-Landes et les représentants de la Confédération paysanne ont donné le départ de la première marche de soutien aux opposants au projet de construction d’un aéroport en Loire-Atlantique.

1000 personnes pour la première journée

La première journée de ce rendez-vous, qui se poursuit aujourd’hui au plateau des Glières, a rassemblé une foule importante, environ 1000 personnes, autour de la salle Tom-Morel, mais un peu moins que d’habitude selon les habitués.

Plusieurs débats et conférences sur des problèmes sociétaux se sont tenus sous chapiteaux. Particulièrement applaudi, Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, a évoqué l’accaparement des terres. Bien que fatigué par 48 heures de garde à vue dans l’affaire de la ferme des 1000 vaches, il tenait à participer à ce rassemblement.

Dans la salle Tom-Morel comble, une conférence plus politique était portée par Frédéric Boccara, économiste, Patrick Piro et François Ruffin, journalistes. Ils proposaient des idées afin de tenter de faire reculer le coût du capital pour une nouvelle expansion sociale.

Un autre débat avait pour thème “Les étrangers, résistance et résidence”. La défense des Roms face à la répression des pouvoirs publics était au cœur des interventions. La responsable du collectif annécien s’offusquait des méthodes employées.

Enfin, plusieurs associations militantes informaient le public de la gravité de certains enjeux, faisant part de leur opposition au gaz de schiste ou au grand marché transatlantique par exemple.

Par J.L. | Publié le 01/06/2014 à 06:02

 

 

Source : www.ledauphine.com

 

 

 

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