Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 23:36

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Israël s'inquiète du boycott international

|  Par Pierre Puchot

 

 

Peu soucieux de l'éventuelle réunification palestinienne, Israël s’inquiète en revanche de l’essor que prend le mouvement international de boycott et de désinvestissement qui frappe son économie. Pour bien des Palestiniens, ce boycott constitue l'ultime carte, quand toutes les autres options ont échoué.

Un accord est intervenu dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 avril lors d'une réunion à Gaza entre une délégation de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et des dirigeants du Hamas « pour former un gouvernement d'union nationale d'ici cinq semaines », a déclaré un membre de la mission de l'OLP. Composé de technocrates, ce gouvernement permettrait d'en finir avec la division du pouvoir palestinien, effective depuis la victoire du Hamas aux élections de 2006 à Gaza.

Sur le dossier israélo-palestinien en revanche, aucun progrès en vue. Dernier épisode de ce tragique feuilleton : mardi 22 avril, Israël a rejeté les demandes du président palestinien Mahmoud Abbas pour une prolongation des négociations de paix, à une semaine de la fin programmée des pourparlers. Mardi 1er avril déjà, en pleine visite du secrétaire d'État américain John Kerry, venu tenter de maintenir en vie le processus de paix, et alors que les autorités israéliens laissaient entendre qu'elles s'engageraient vers un nouveau « gel partiel de la colonisation » (comme en 2009 lors de la visite d'Hillary Clinton), Israël avait annoncé la relance d'un appel d'offres pour 708 logements à Jérusalem-Est. Et dimanche 6 avril, le gouvernement israélien a menacé les Palestiniens de « représailles », après la décision par l'Autorité palestinienne de demander l'adhésion de la Palestine à quinze traités internationaux. 

« Processus de paix », « gel partiel », « menaces de représailles »... Rien de neuf dans ce vocabulaire. Pourtant, à lire les médias israéliens de près depuis le début de l'année, le lecteur attentif pourrait voir émerger quelques mots nouveaux sous la plume des journalistes et commentateurs israéliens : « boycott », « désinvestissement », « sanctions » ou même « Afrique du Sud ».

Ce qui a changé en ce début d’année 2014, c’est la nature et la portée de la menace à laquelle Israël doit désormais faire face. Début janvier, alors qu'entrent en vigueur les nouvelles directives de l'Union européenne interdisant toute subvention de l'UE à une entreprise ou association israélienne implantée dans les Territoires palestiniens occupés, plusieurs responsables politiques israéliens le clament haut et fort : le boycott constitue désormais une menace à prendre très au sérieux. « Si les négociations avec les Palestiniens échouent et que le boycott européen intervient, même partiellement, l’économie israélienne en pâtira et tout Israélien sera directement affecté, d’un point de vue économique », expliquait, le 31 janvier 2014, le ministre des finances israélien, Yair Lapid, du parti centriste Yesh Atid (« Il y a un avenir »). Le même jour, Lapid a révélé le contenu d’une étude réalisée par son ministère en 2013. En cas de sanctions économiques de la part de l'Union européenne, les exportations annuelles d'Israël vers l’UE diminueraient de 20 % en un an. Une perte nette de 4,2 milliards d’euros pour l'économie israélienne.

Dans un entretien à la chaîne israélienne Channel 2 accordé mi-janvier, l’ancien premier ministre Tzipi Livni ne disait pas autre chose : « Le monde ne comprend pas les implantations (sous-entendu "israéliennes en Cisjordanie"), affirme-t-elle. Les négociations de paix constituent une véritable digue contre cette vague (du boycott international). » Interrogée sur le risque pour Israël de se voir isolé à la manière de l’Afrique du Sud au milieu des années 1970, Livni répond sans détour : « Je crie :“réveillez-vous”», conclut-elle.

Conscient de l’enjeu, le premier ministre Benjamin Nétanyahou a lui-même évoqué le sujet début mars à Washington, devant le congrès du lobby pro-israélien AIPAC (American Israel Public Affairs Committee, lire notre enquête, Comment le lobby pro-israélien a fait reculer Obama). Inquiet du phénomène, Nétanyahou a également transféré dès juin 2013 la tâche de superviser la riposte médiatique et politique à la campagne « BDS » – pour « Boycott, désinvestissement, sanctions » – du ministère des affaires étrangères à celui des affaires stratégiques.

À l’initiative de ce mouvement international de boycott des produits israéliens, « BDS » est désormais sous les feux de la rampe. Comment ce mouvement se structure-t-il ? Représente-t-il une menace réelle capable, comme l’affirment ses partisans, de contraindre à terme Israël à évacuer les Territoires occupés ? Initiative de militants associatifs palestiniens auteurs d'un appel rendu public le 9 juillet 2005, l’objectif de BDS est de dénoncer la responsabilité selon eux du gouvernement israélien dans la dégradation de la situation au Proche-Orient et de pousser à une campagne internationale de boycott contre l’État d’Israël. Signé par 170 associations et organisations de Gaza, de Cisjordanie, d’Israël, et des camps de réfugiés, cet appel est lancé un an jour pour jour après l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) demandant la destruction du mur construit par Israël le long de la ligne verte pour séparer la Cisjordanie de son territoire. L’appel BDS affirme ainsi en substance : « Nous avons la légalité internationale avec nous, comme le stipule l’avis de la CIJ. Mais les institutions internationales ne prennent pas leurs responsabilités, nous appelons donc les populations et les mouvements de solidarité à prendre les leurs, et à sanctionner Israël en boycottant ses produits. »

Outre la décision de la CIJ, l’autre facteur qui explique alors la naissance de BDS est inter-palestinien, après le double échec de la stratégie négociée via le processus d’Oslo, et celle de la lutte armée, qui a abouti en 2003 à la quasi-paralysie du mouvement national palestinien. BDS se conçoit dès l'origine comme totalement autonome de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas. La plupart des personnalités à l’initiative de BDS ont fait leurs armes dans les années 1980 pendant la première intifada, avant d’être marginalisées sur la scène politique suite aux accords d’Oslo, et de s'estimer flouées par le monopole sur les responsabilités exercées par la direction historique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Ce sont des personnalités issues de la gauche palestinienne, qui s’étaient tournées à la fin des années 1990 vers les ONG et collectifs (contre le mur, les destructions de maisons palestiniennes à Jérusalem.)

 

 

Parmi eux, on retrouve l’activiste Omar Barghouti : « Nous en appelons aux organisations de la société civile internationale et à la conscience des populations pour imposer le boycott et entamer des initiatives de désinvestissement contre Israël semblables à celles qui ont été appliquées à l’Afrique du Sud pendant l’ère de l’apartheid, affirme à Mediapart ce co-fondateur du mouvement BDS. Aujourd’hui, le mouvement global BDS est mené par la plus large coalition au sein de la société palestinienne, le comité national BDS (BNC). BDS appelle à la fin de l’occupation par Israël des territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967, en incluant le démantèlement du mur et des colonies ; à la fin du système israélien de discrimination racial contre les citoyens palestiniens, qui recouvre la définition donnée par l’ONU de l’apartheid (Omar Barghouti fait ici référence au traité de Rome) ; et le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs maisons d’origine, tel que mentionné par les Nations unies. »

Principale ambiguïté de cet appel de BDS, qui a longtemps occupé les débats autour de la campagne dans les médias internationaux : pourquoi faire l’amalgame entre le boycott d’Israël et celui des produits issus des Territoires palestiniens, dont l'occupation fait l'objet de plusieurs résolutions des Nations unies demandant à Israël de s'en retirer ? « Il y a un débat à l’intérieur du mouvement BDS sur le type de boycott à mettre en place, explique Julien Salingue, chercheur spécialiste du mouvement national palestinien, co-directeur de l'ouvrage Israël, un État d'apartheid ?, paru en 2013 à L'Harmattan (lire sous l'onglet «Prolonger» l'article de François Dubuisson : «La notion d'apartheid en droit international : questions pour une application au cas d'Israël») et membre du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), signataire de l'appel BDS. En France notamment, l’interrogation portait sur le fait de simplement appeler à boycotter les produits des colonies, ou l’ensemble des produits israéliens. La réponse des animateurs palestiniens de la campagne BDS est de dire : "Il n’y a pas de séparation structurelle entre l’économie des colonies et l’économie israélienne. Les deux sont totalement imbriquées, et ce n’est pas l’occupation qu’il faut boycotter, c’est Israël." Au final, c’est Israël qui règle le problème, si je puis dire, puisque le gouvernement lui-même refuse de faire la distinction entre les produits des colonies et ceux fabriqués en Israël. S’il refuse cette traçabilité, comment le mouvement BDS pourrait-il faire la différence ? »

Si BDS effraie désormais les responsables israéliens, cela s'explique par la conjonction de deux phénomènes : le boycott économique, qui va croissant même s’il demeure difficilement quantifiable, et le boycott culturel.

PGGM, Sodastream... Le boycott occupe les médias

Début janvier, l’annonce a fait sensation aux Pays-Bas : le fonds d’investissement PGGM, qui pèse 150 milliards d’euros (ce qui fait de lui un fonds intermédiaire dans la hiérarchie des fonds), a annoncé sa décision de ne plus investir dans cinq banques israéliennes impliquées dans la colonisation de la Cisjordanie (Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank, Mizrahi Tefahot Bank). Comment expliquer une telle décision ? Face aux attaques, manifestations devant ses locaux et accusations d’antisémitisme, PGGM a publié une lettre dans laquelle il explique le motif de sa démarche : « L’implication (de ces banques) dans le financement des implantations israéliennes dans les territoires occupés palestiniens était pour nous un problème, puisque ces implantations sont considérées comme illégales au regard du droit humanitaire international. De plus, poursuit le communiqué, les observateurs internationaux ont indiqué que ces implantations constituaient un obstacle important à une solution de paix (à deux États) pour le conflit israélo-palestinien. »

Dans sa lettre, PGGM fait également mention de la décision prise en 2004 par la Cour internationale de justice. Une question demeure : pourquoi se désinvestir des cinq banques israéliennes en ce début d'année 2014 ? Contacté par Mediapart, PGGM explique que « la décision a été prise après un processus de discussion/dialogue de près de trois années avec ces cinq banques. Et non, contrairement à ce qui a été écrit dans les médias, nous n’avons pas été en contact direct avec les gens de BDS », nous confie Wout Dekker, le directeur des relations publiques de PGGM.

La version du collectif BDS d’Amsterdam est tout autre : « Je crois que PGGM ne veut surtout pas être associé au terme “boycott”, qui leur semble déplaisant, comme à beaucoup de gens aux Pays-Bas, nous explique Sonja Zimmermann, qui coordonne les activités de BDS aux Pays-Bas. La formule “Boycott Israël” était très impopulaire lorsque nous avons commencé la campagne aux Pays-Bas. Ici, c’est très vite associé avec le fait de boycotter des magasins juifs, comme lors de la Seconde Guerre mondiale. Nous avons dû faire œuvre de pédagogie car c’est toujours très sensible. »        

Le lobbying de BDS envers PGGM remonte à plusieurs années. En 2011, quand le tribunal Russel pour la Palestine est créé à Londres, Hans Alders, du fonds de pension PFZW (dont la structure PGGM gère le portefeuille), est invité par BDS dans le cadre de sa campagne « sur la complicité des entreprises internationales avec l’occupation israélienne des Territoires ». « Avant même la mise en place du tribunal, de nombreuses organisations néerlandaises avaient écrit au fonds, se souvient Soja Zimmermann. J’étais moi-même directement impliquée dans ces démarches, en tant que coordonnatrice de la campagne BDS à l’époque, et dès 2009, nous leur avions explicitement demandé de se désinvestir de ces banques. » La décision de PGGM n’est pas une initiative isolée aux Pays-Bas. Fin décembre 2013 notamment, l’entreprise Vitens, fournisseur d’eau potable aux Pays-Bas, a annoncé sa volonté de mettre fin à son accord de coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.

En pointe dans la campagne de boycott, les Pays-Bas demeurent ce pays paradoxal, qui s’est abstenu lors du vote de l'Assemblée générale de l'ONU le 29 novembre 2012 qui permit d'admettre la Palestine aux Nations unies avec le statut d'État non-membre. Ce pays considère alors officiellement que la Palestine n’avait de toute manière pas besoin de sa voix pour obtenir ce statut. Le positionnement du gouvernement néerlandais est pourtant pour beaucoup dans les positions adoptées par les entreprises qui ont choisi de « désinvestir », puisqu'il a officiellement découragé à plusieurs reprises, par la voix de son ministre des affaires étrangères, les investissements dans les entreprises et banques israéliennes dans les colonies. « Cela a sans doute eu une influence, et peut-être que le fonds s’est dit alors : "c’est le bon moment pour se retirer", commente Sonja Zimmermann, de BDS Pays-Bas. La Hollande a toujours été le grand ami d’Israël, et je crois que c’est cette image qui permet au gouvernement d’agir ainsi, grâce au crédit gagné auprès des Israéliens. »

Ailleurs en Europe, la décision PGGM n’est désormais qu'une initiative spectaculaire parmi d’autres. L'Allemagne elle-même a annoncé sa décision de cesser de financer les entreprises de high-tech qui traiteraient avec des entreprises implantées dans les colonies israéliennes en Cisjordanie (lire l'article du quotidien israélien Haaretz).

 

Voir l'image sur Twitter

The sip heard around the world: Scarlett Johansson, Super Bowl and http://htz.li/1afUNwc  

 

En mars 2014, c’est finalement l’« affaire Sodastream », du nom d'une entreprise israélienne spécialisée dans la fabrication d'appareils de gazéification de boissons, qui a porté la question du boycott sur le devant de la scène mondiale. Ayant suscité une vive controverse, l’actrice américaine Scarlett Johansson préfère quitter sa mission d’ambassadrice de l'ONG Oxfam plutôt que de renoncer à son contrat publicitaire avec la compagnie Sodastream, dont l’usine est située en Cisjordanie. Pour sa défense, l’actrice explique notamment que l’illégalité de l’occupation de la Cisjordanie par Israël et les résolutions des Nations unies ne lui paraissent pas pertinentes, de même que, selon elle, la fermeture de l’usine ne saurait constituer « une solution pour les travailleurs palestiniens » qui y sont employés. 

Depuis le début de la campagne, l’ensemble des syndicats palestiniens sont pourtant adhérents de BDS. La convention de Genève proscrit par ailleurs la colonisation d'États occupés, et la commission européenne interdit désormais que les produits fabriqués dans les colonies de Cisjordanie soient exportés sous le label « made in Israël ». Davantage que l’argument légal, c'est l'aspect « moral » de cette affaire qui fait bondir les militants de BDS : « À Gaza comme en Cisjordanie, vous avez des Palestiniens sans citoyenneté qui vivent sous domination israélienne, témoigne Shir Hever, économiste israélien membre de l'organisation « Boycott from within », basée en Israël et affiliée à BDS. Et de manière graduelle, Israël confisque leurs terres, emploient des Palestiniens à des salaires très faibles, et qui ne sont pas traités de la même manière qu’un travailleur israélien. Le pire, s'émeut Shir Hever, c’est de voir les patrons de ces entreprises utiliser les employés palestiniens comme des "otages" contre les menaces BDS. Les syndicats palestiniens soutiennent BDS, en dépit des pertes d’emplois que cela peut entraîner, parce que les Palestiniens voient très bien ce que fait Israël, et qu’ils sont prêts à payer le prix pour lutter contre la dépossession de leur terre. »

Que l’on prenne le parti de l’actrice américaine, des militants d’Oxfam ou de ceux de BDS, l’affaire Sodastream a mis en lumière la question du boycott comme jamais auparavant. « Sodastream a révélé au grand public un mouvement de fond, explique le chercheur Julien Salingue. C’est l’image de la taupe, qui creuse ses galeries : ce n’est qu’au moment où elle sort que l’on se rend compte de ce qui a été creusé. Un mouvement massif s’est aujourd’hui développé à l’échelle internationale, et en Israël, on en a conscience depuis un certain temps maintenant, avec notamment la volonté de mettre en place une législation répressive contre BDS. »

En Israël, la plupart des responsables politiques continuent cependant de nier l’impact d’un phénomène par ailleurs difficilement quantifiable sur le plan économique.

« Ce boycott, c'est du bluff »

En Israël, la question du boycott a longtemps été taboue. Pour certains membres du Likoud, le parti du premier ministre Benjamin Nétanyahou, elle ne se pose d’ailleurs même pas. « C’est du bluff ! affirme à Mediapart Emmanuel Navon, professeur de relations internationales à l’université Ben Gourion de Tel-Aviv et membre du comité central du Likoud. Je pense d’abord que l’économie israélienne est "in-boycottable", parce que beaucoup trop développée, et incontournable, et en particulier pour l’Europe qui a besoin de technologies israéliennes. Du point de vue économique, Israël n’a donc rien à voir avec l’Afrique du Sud, qui intéressait surtout les Occidentaux pour les débouchés en matière de vente d’armes. »

Emmanuel Navon, qui réside lui-même dans une colonie près de Jérusalem, ne s’inquiète pas plus des éventuelles sanctions venues de l’Union européenne : « La communauté européenne a toujours été contre l’occupation, en tout cas depuis la guerre du Kippour en 1973, affirme-t-il. Rien de nouveau là-dessus. En revanche, il est intéressant de voir la politique du deux poids, deux mesures, de la commission et des gouvernements européens, qui financent des projets turcs dans la partie occupée au nord de Chypre. Récemment, la commission a également signé un accord de pêche avec le Maroc qui inclut le Sahara occidental… Si les tribunaux européens se mettaient à valider les plaintes de BDS, cela ouvrirait une boîte de Pandore bien au-delà du cas israélien. »

Navon envisage la question du boycott séparément de BDS. Pour lui, elle émane en fait directement de la gauche israélienne. « Il s'agit en réalité d'un boycott "Made in Israël", porté par des gens de gauche comme Alon Liel, qui a écrit notamment un article dans lequel il explique qu’Israël ne peut faire la paix sans pression de l’extérieur, affirme-t-il. Autrement dit, la gauche emploie l’argument des sanctions internationales parce qu'elle n’arrive pas à convaincre les Israéliens de voter pour elle lors des élections. Et puis, il faut aussi ramener le phénomène à ses véritables proportions : quand la banque danoise Danske bank a annoncé qu’elle retirait ses investissements de la banque Hapoalim, ces investissements étaient de toute manière très faibles. En outre, l’annonce de PGGM a eu pour effet de pousser son concurrent hollandais à affirmer qu’il n’avait aucune intention de boycotter Israël. C’est donc une tempête dans un verre d’eau. »

Du bluff, le boycott ? Mesurer concrètement son impact relève du parfait casse-tête. Aucun des dirigeants d’entreprises israéliennes contactés par Mediapart n’a souhaité communiquer sur ce sujet qui relève pour eux du tabou absolu. Quantifier l’impact du boycott demanderait d’avoir accès aux comptes des entreprises, et recueillir des données poussées pour déterminer si la baisse éventuelle de recettes dépend des fluctuations du marché ou des effets du boycott. « Vous voudriez qu’elles vous donnent accès à leurs données, pour pouvoir protester ensuite auprès du gouvernement qui, par ses choix politiques, les empêche de gagner de l’argent, estime Shir Hever, économiste israélien, membre de « Boycott from within » en Israël, un groupe associé à BDS... La réalité, c’est que les entreprises préfèrent cacher le fait qu’elles perdent de l’argent. Un ami qui travaille dans une entreprise high-tech m’avait confié en 2010 qu’ils avaient perdu ainsi un contrat de 8 millions de dollars, avant de me demander de ne rien en dire. Les entreprises pensent encore que le meilleur moyen de lutter contre BDS, c’est de nier son existence. En ce sens, elles sont complices du gouvernement. »

Restent les données transmises par Boycott from within. Après l’invasion de Gaza en janvier 2009, l'organisation représentant l'ensemble du secteur industriel israélien, Manufacturers Association of Israel, avait demandé, selon Shir Hever, aux compagnies israéliennes exportatrices si elles avaient été affectées par le boycott, et dans quelles proportions. Parmi elles, 21 % répondaient « oui », et estimaient leurs pertes à 10 % de leurs exportations. « Le sondage n’a pas été rendu public, explique l'économiste israélien. En faisant une projection, vous pouvez facilement estimer que 2 % des exportations ont été perdus cette année-là. 2 %, c’est énorme, car cela suffit à ce que l’économie israélienne ressente les effets de ce boycott. De même, lorsque les artistes ont commencé à boycotter Israël, les producteurs ont demandé une cession extraordinaire en 2011 à la Knesset (Parlement israélien), au cours de laquelle ils ont mentionné le chiffre de 10 millions de dollars de pertes. Pour un secteur d’activité, c’est significatif. » Autre élément de contexte : la tenue d'une première réunion de crise, organisée dès 2011 et rassemblant les 80 entrepreneurs israéliens les plus importants pour traiter de la menace du boycott.

 

Emmanuel Navon en 2011 (au centre) lors du procès symbolique intenté contre le juge Goldstone, rapporteur de l'ONU  
Emmanuel Navon en 2011 (au centre) lors du procès symbolique intenté contre le juge Goldstone, rapporteur de l'ONU © E. Navon

Mais les données économiques ne constituent pas l'unique indicateur qui permette de mesurer l’impact du boycott. « Nétanyahou a fait une déclaration à Davos en janvier cette année pour dire qu’il considérait BDS comme une organisation d’antisémites, rappelle Shir Hever. C’est très intéressant, car ces dernières années, le ministère des affaires étrangères a été très prudent. Cette sortie de Nétanyahou montre bien que le gouvernement est arrivé à court d’argument. Désormais, ils abattent leur dernière carte, celle de l’accusation d’antisémitisme, alors même que BDS inclut de nombreux membres de la communauté juive de par le monde. »

Pourquoi Shir Hever s’est-il lui-même impliqué dans la campagne pour le boycott ? « En tant qu’Israélien, et en tant que Juif, j’ai grandi dans ce pays en estimant que vouloir vivre dans une démocratie, avec les mêmes droits pour tous, n’était pas quelque chose d’incongru, et ne faisait pas de moi quelqu’un de fou ou de radical, confie-t-il. Je comprends que les Palestiniens souhaitent se battre pour leurs droits légitimes. Et je m’interroge : quelle est la meilleure façon pour eux de le faire ? En Algérie, les habitants ont combattu les Français, il y a eu des centaines de milliers des morts. C’est dans mon intérêt, en tant qu’Israélien et en tant que Juif, que les Palestiniens choisissent une méthode pacifique de lutte pour obtenir leur liberté. Et BDS représente cette option. BDS ne fait pas le siège d’Israël comme Israël le fait contre Gaza. BDS est beaucoup plus sélectif, fondé sur les droits de l’homme, et ne vise pas à créer un État seulement ouvert aux musulmans ou aux Arabes. » Shir Hever considère son rôle et celui de son organisation comme celui d'un lanceur d'alerte, dont la tâche est de récolter des documents et témoignages sur les entreprises israéliennes qui feraient mention d'adresses en Israël sur leurs produits pour pouvoir les exporter en Europe, et installent cependant leurs usine en Cisjordanie, dans les colonies. « Le cas le plus célèbre, c’est Sodastream, glisse Shir Hever. J’ai vu de mes propres yeux comment les poivrons, cultivés dans la vallée du Jourdain par des Palestiniens, sont mélangés avec des poivrons cultivés en Israël, avant l’export, sous l’étiquette “Made in Israël”. »

Au sein de la société israélienne, Boycott from within ne regroupe qu’une poignée de militants actifs et demeure largement minoritaire, y compris au sein des organisations de gauche qui soutiennent la solution à deux États. En septembre 2011, Mediapart rencontrait Yael Patir alors qu’elle menait la campagne “ 50 raisons pour lesquelles Israël devrait reconnaître l’État palestinien ” à destination des citoyens israéliens. Sa position sur le boycott était alors mitigée : « Il arrivera peut-être un moment où je vous dirai : va pour le boycott, car nous n'avons plus d'autre option. Mais je ne crois pas que nous y sommes. » Aujourd’hui employée par le lobby israélien J-Street (qui milite entre autres auprès des représentants du congrès américain pour les sensibiliser à la nécessité d’aboutir à une solution à deux États), la jeune femme continue de placer sa réflexion dans le cadre classique du processus de paix israélo-palestinien, en écartant la question du boycott : « Quand vous évoquez la question de la pression (internationale à exercer sur le gouvernement israélien), celle-ci peut prendre bien des formes, estimait Yaël Patir, interrogée à nouveau fin mars 2014 par Mediapart. Vous pouvez par exemple penser à des pressions positives et incitatives, comme le package offert par l’Union européenne en échange de progrès sur le front palestinien. Cela étant dit, je pense que boycotter Israël n’apportera tout simplement aucun résultat à court terme. »

En Israël, aucun parti politique ne soutient BDS. Les partis de gauche Meretz et Khadash soutiennent cependant le boycott des produits des colonies. « En Israël, tous les partis sionistes (sous-entendu toutes les organisations à l'exception des communistes de Khadash) sont très clairs sur le fait qu’ils rejettent les frontières de 1967, l’idée d’un État démocratique avec les mêmes droits pour tous, et le retour des réfugiés, souligne Shir Hever. Essayer de convaincre le gouvernement israélien est ridicule. C’est la même chose qu’avec l’Afrique du Sud, et l’idée que l’on pouvait convaincre le gouvernement d’apartheid de donner des droits aux populations marginalisées. Ça ne marche pas comme ça. Les Palestiniens luttent pour leur libération, et à un certain point, le gouvernement israélien n’aura pas d’autre choix que de l’accepter. »

En attendant, une loi votée à la Knesset condamne tout Israélien qui soutiendrait le boycott, et autorise toute entreprise qui s’estimera victime de ce boycott à porter plainte et exiger des compensations des entreprises israéliennes ou internationales qui le soutiendraient. Le texte n’a cependant, pour l’heure, jamais été appliqué par un tribunal car il fait toujours l’objet d’un débat au sein de la Haute cour constitutionnelle.   

Ce type de loi constitue toutefois l'une des réponses appropriées face à BDS, selon Emmanuel Navon, du Likoud : « La riposte de Benjamin Nétanyahou est à la hauteur, juge-t-il. Si les sociétés internationales veulent céder aux menaces de BDS, qu’elles sachent qu’Israël a tout à fait les moyens de mener des campagnes contre elles pour dénoncer leurs investissements dans des dizaines de territoires occupés dans le monde… »

Ce traitement légal réservé aux Israéliens partisans du boycott n’est pas unique au monde. Un autre pays est observé avec inquiétude par les membres de la campagne BDS. Il s’agit de la France.

En France, la menace judiciaire

« Dieu merci, nous ne sommes pas traités de la même manière que les militants français, soupire Sonja Zimmermann, de BDS Pays-Bas. Ce qui se passe chez vous nous inquiète d’ailleurs beaucoup. Encore une fois, notre chance est d’avoir le gouvernement avec nous. » En France, les procès se sont multipliés depuis 2010 contre les militants de BDS, principalement des actions de ce type dans des supermarchés mettant en vente des produits israéliens :

 

 

Assimilé à de l'incitation à la haine raciale et à la discrimination, l’appel au boycott est alors considéré en France comme une infraction pénale, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 45 000 euros et un an d’emprisonnement, conformément à l'article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. À l’origine de la plupart des poursuites contre les militants BDS, la « circulaire Alliot-Marie » (du nom de la ministre de la justice alors en poste) diffusée le 12 février 2010, et par laquelle le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression « ferme et cohérente » des actions de boycott, la chancellerie considérant tout appel au boycott des produits d’un pays comme une « provocation publique à la discrimination envers une nation ».

Depuis l’arrivée de Christiane Taubira au poste de garde des Sceaux en 2012, les condamnations n’ont pas cessé. À la suite de deux actions dans des magasins Carrefour en septembre 2009 et mai 2010, douze militants de BDS ont notamment été poursuivis pour  incitation à la discrimination et à la haine raciale, à la suite de plaintes de la chambre de commerce France-Israël, l’Alliance France-Israël, le Bureau de vigilance contre l'antisémitisme, Avocats sans frontières et la Licra. Ces militants ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Mulhouse le 17 novembre 2011. Une décision dont le parquet général a fait appel. Les douze militants BDS ont finalement été condamnés le 27 novembre 2013 par la cour d'appel à 1000 euros d'amende avec sursis, mais également à verser 120 euros par personne de droit fixe de procédure et 28 000 euros de dommages et intérêts et de frais de justice, à répartir entre les différentes organisations plaignantes… « C’est un acharnement systématique pour faire taire les militants de la campagne, parce qu’elle prend de l’ampleur, estime Imen Habib, une des coordinatrices du mouvement BDS France, qui réunit plus de 40 associations et organisations politiques, dont le Parti de gauche, qui l’a rejoint récemment, la confédération paysanne, Artisan du monde ou l’Union juive française pour la paix. 

Partie civile dans le procès de Mulhouse, la Licra rejette l'idée « d'acharnement » avancée par BDS. « Nous sommes une association universaliste, qui a par conséquent vocation à se saisir de l’ensemble des faits de nature raciste et antisémite et donc à se constituer partie civile, déclare à Mediapart l’avocat Rodolphe Cohen, président de la Licra-Mulhouse et membre du bureau exécutif de la Licra. Concernant les faits de Mulhouse, nous avons considéré que les propos tenus et ceux pour lesquels les douze prévenus étaient poursuivis étaient constitutifs d’incitation à la haine raciale. À mon sens, le slogan qui dit "acheter des produits israéliens, c’est cautionner les crimes de Gaza" (perpétrés par l’armée israélienne contre Gaza, notamment durant l’opération Plomb durci à l’hiver 2008-2009, où près de la moitié des 1400 victimes palestiniennes furent des civils), c’est dire que les producteurs israéliens sont des criminels. Dire cela, c’est de l’incitation à la haine raciale, ou nationale. » 

Rodolphe Cohen souligne le fait que la Licra n’est pas partie civile dans tous les procès BDS, et estime que l’affaire de Mulhouse n’« a rien à voir » avec d’autres actions, qui dénoncent l’existence « Made in Israël » sur les produits fabriqués en Palestine. Toutes les décisions de justice ne vont d'ailleurs pas dans le même sens que celle de Mulhouse. Mercredi 5 février, la cour d’appel de Paris a ainsi prononcé la nullité des poursuites à l’encontre de quatre militants BDS et l’irrecevabilité de la constitution de partie civile pour la Chambre de commerce France-Israël.

Dans l'argumentaire du président de la Licra-Mulhouse, la frontière entre les deux actions en justice demeure pourtant subtile, puisqu’il considère tout de même que « demander le boycott d’une catégorie de producteurs en fonction de leur nationalité, c'est un appel à la discrimination ». La relation directe que propose ici Rodolphe Cohen entre boycott et appel à la discrimination ne contiendrait-elle pas un part de subjectivité ? « Bien sûr, il y a là place à l’interprétation des tribunaux, concède-t-il. Mais dans les cas qui nous intéressent, ils ont considéré qu’il s’agissait bien d’incitation à la discrimination, y compris au niveau de la Cour de cassation. »

Comment prendre en compte alors dans ce raisonnement les directives de l’Union européenne, qui interdisent de subvention toute entreprise ou organisation israélienne installée dans les territoires occupés ? Ne s’agit-il pas ici d’une mesure de boycott de la part de l’UE ? Peut-on donc l’associer directement à une « incitation à la discrimination » ? « C’est autre chose, l’arrêt de subventions, c’est une décision politique de la part de l'Union européenne », estime Rodolphe Cohen. Et la décision de PGGM de ne plus investir dans cinq banques israéliennes, ne relève-t-elle pas du même type de raisonnement que celles des militants de BDS ? « Sans doute, mais ce n’est pas un raisonnement qui entre dans le cadre de notre législation française. Encore une fois, tout dépend des termes employés. »

Malgré ces difficultés judiciaires, le mouvement BDS progresse en France, principalement par le biais du boycott culturel. Un appel d’illustrateurs invités à Angoulême contre le partenariat conclu par le festival de bande dessinée avec Sodastream a suscité une large couverture médiatique (lire notamment l’article du Parisien), sans toutefois que le directeur du festival ne cède. Mais d’autres actions de lobbying des partisans du boycott ont été couronnées de succès. « Parmi les derniers artistes à s’être prononcés, Titi Robin a fait une déclaration pour dire qu’il n’ira pas chanter à Jérusalem, devant un public israélien alors que les Palestiniens, qui habitent à quelques kilomètres de là, ne pourraient pas venir l’écouter, rappelle Imen Habib. Cela n’aurait certainement pas été le cas il y a quelques années. »

BDS construit en outre son argumentaire à destination du monde universitaire autour de la décision, annoncée le 16 décembre 2013, de l’un des principaux syndicats américains d’enseignants-chercheurs, l'Association of American Studies, de rejoindre la campagne de boycott universitaire d'Israël.

Observateur attentif de la campagne BDS, le professeur à l’université Ben Gourion de Tel-Aviv, Emmanuel Navon, par ailleurs membre du comité central du Likoud, prend l’exemple des procès intentés cette fois par BDS contre des sociétés internationales impliquées dans les colonies israéliennes pour conclure qu'« au contraire, la dynamique BDS s’affaiblit, les militants perdent procès sur procès. Le 22 mars 2013, rappelle-t-il, la cour d’appel de Versailles a notamment rejeté la plainte de l’association France-Palestine contre la société Alsthom, qui a construit le tramway de Jérusalem, en estimant que même si l’on considère que Jérusalem-Est est occupé, la convention de Genève permet tout à fait à l’occupant de construire des infrastructures. Le 23 janvier 2014, c’est la Cour de cassation qui a confirmé la condamnation de France-Palestine qui voulait boycotter le produit Sodastream en France. »

Malgré ces démêlés judiciaires, le phénomène BDS a pris une telle ampleur qu’en Palestine, certains l’envisagent désormais comme une solution politique à part entière, face à la division du leadership palestinien entre Gaza et la Cisjordanie, qui dure depuis 2006.  

Demain, la fin de l’occupation grâce à BDS ?

 

 

Si incertain qu’il puisse parfois paraître, le succès croissant de BDS ne doit rien au hasard. « Les Palestiniens ont lancé cet appel au boycott après avoir conduit des études économiques, explique Shir Hever, de Boycott from within. Ils ne peuvent pas détruire l’économie israélienne, ils le savent. Le but de BDS, c’est que les Israéliens prennent conscience que la communauté internationale se rend compte de ce que fait Israël, l’apartheid, l’occupation, la colonisation, et qu’elle ne l’accepte plus. De ce point de vue, le boycott est un véritable succès. Comme en Afrique du Sud, à la fin, ce sont les gouvernements qui prendront le relais, et sanctionneront Israël. »

Comme Arafat en son temps, qui était parvenu à introduire la lutte des Palestiniens dans les salons et chancelleries du monde, BDS ravive un sujet devenu marginal avec l’enlisement des négociations de paix, puis le début et les conséquences du printemps arabe.

De plus en plus de Palestiniens en sont convaincus, des syndicats aux représentants des associations membres de BDS : face à la division du leadership palestinien, et l'incapacité du processus de paix à mettre fin à l’occupation israélienne, les seuls progrès obtenus ces derniers années l'ont été grâce à la campagne de boycott. Jusqu’à faire émerger une nouvelle force politique ? « À ce jour, nous n’avons pas de mandat démocratique pour diriger, explique Omar Barghouti. La plupart des Palestiniens se sentent dépourvus de "leaders". Le mouvement BDS, bien que soutenu par une large majorité de partis palestiniens, syndicats et organisations, dont beaucoup liées au Fatah, est un mouvement pour les droits humains, et non politique. Il n’est pas mandaté pour jouer un rôle politique en tant que tel. BDS ne peut pas remplacer les partis politiques et le rôle que l’on attendrait qu’ils jouent. »

En Palestine, le mouvement a pourtant acquis un poids politique considérable, jusqu’à embarrasser les partis classiques. « Il y a d’abord eu de la défiance de la part de l’Autorité et du Hamas, parce que c’était nouveau et autonome, et cela a été perçu comme une contestation du leadership, explique le chercheur Julien Salingue. Le mouvement se développant, et les animateurs ayant eu la présence d’esprit de faire un appel le plus large et unitaire possible au sein du camp palestinien, il n’y a pas eu de prise de position officielle contre BDS. Côté Autorité, il y a cependant le problème né du processus négocié : à partir du moment où le mouvement BDS appelle à boycotter les représentants israéliens, y compris diplomatiquement et politiquement, il y a un angle mort, puisque la direction de l’Autorité demeure en négociation permanente avec Israël. » Pour l'Autorité palestinienne, l'autre écueil est économique, alors que les partenariats entre les dirigeants palestiniens et les entreprises israéliennes se sont multipliés. «Il y a trois ans, rappelle Julien Salingue, l’ancien premier ministre Salam Fayyad a tenté de transformer BDS en campagne de boycott des produits des colonies, avec la destruction symbolique de produits dans les supermarchés palestiniens, etc. Cette tentative de détournement et de récupération de la campagne a échoué, car les animateurs de BDS ont construit leur légitimité à l’échelle internationale. »

Reste que le basculement, si la stratégie du boycott s'avère efficace, devra se faire en Israël, et non dans les territoires palestiniens. Quel type d’isolement pourrait, au bout du compte, pousser les Israéliens eux-mêmes à faire pression sur leur gouvernement pour un changement de politique à l’égard des Palestiniens ? « C’est une question très intéressante : quand les Israéliens ouvriront-ils enfin les yeux ? s’interroge Shir Hever, cet économiste israélien, membre de Boycott from within en Israël. Pour l’Afrique du Sud, plusieurs chercheurs estiment que c’est au moment où les équipes sportives n’ont plus été autorisées à participer à des tournois internationaux, que la population a commencé à se réveiller. En Israël, nous n’en sommes pas encore là. Mais le boycott culturel a bien un impact, quand les artistes, tel Elvis Costello, ont commencé à refuser de venir jouer en Israël du fait de la colonisation. C'est grâce à ce type d'action que l'on voit des reportages et qu'on lit des articles consacrés au boycott en Israël. » Depuis, plusieurs dizaines d’artistes ont refusé de se produire en Israël. Pour Omar Barghouti, l’issue est plus proche que jamais : « Israël reconnaît désormais officiellement BDS comme une "menace stratégique". Notre "moment sud-africain"» va finir par survenir. »

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Palestine
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 21:42

 

 

masavi
Enregistrement audio du débat sur le TAFTA réalisé à Sommière le 24 04 2014
Organisé par : Territoire en transition, collectif anti gaz de schiste garrigue-vaunage , café repère, ...

Animateur: David Authelain
Enregistrement: Hugo MARTIN du Carrefour des résistances  ;-)

Présentation du TAFTA : http://audioblog.arteradio.com/post/3060054/stop_tafta/
Débat: http://audioblog.arteradio.com/post/3060055/debat_stop_tafta_a_sommiere_/
masavi
Repost 0
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 21:38

 

Source : www.rts.ch

 

Un webdocumentaire passe au crible les diverses facettes de la stratégie Nestlé

24.04.2014 10:15

 

 


La page d'accueil du webdoc "Un empire dans mon assiette" [DR]
Le webdocumentaire "Un empire dans mon assiette", mis en ligne jeudi par plusieurs médias français, passe au crible les méthodes du géant agroalimentaire vaudois Nestlé, produit par produit.

 

UN EMPIRE...…DANS MON ASSIETTE
LE QUIZ
NESTLÉ est le numéro un mondial de l'agroalimentaire. Découvrez notre enquête filmée sur les coulisses de ce géant industriel enrépondant au QUIZ sur ses célèbres marques.
                                                                                                                                                                                     Source : www.rts.ch


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 21:18

 

Source : www.lesechos.fr

 

 

Emprunts toxiques : l'Etat veut se défaire d'une bombe de 17 milliards

Par Sharon Wajsbrot | 25/04 | 06:00 | 6commentaires

Les contentieux avec les collectivités pourraient entraîner la recapitalisation de la SFIL et de Dexia.
L'Etat pourrait alors accuser une charge de 9 milliards dès cette année.

 

Emprunts toxiques : l\'Etat veut se défaire d\'une bombe de 17 milliards

 

La facture des prêts toxiques pourrait s'avérer extrêmement salée pour l'Etat. En effet, ces prêts aux collectivités locales souscrits auprès des banques de la place pourraient peser à hauteur de 17 milliards d'euros dans les comptes publics, comme le révèle l'étude d'impact du projet de loi de sécurisation des contrats de prêts structurés, présenté mercredi en Conseil des ministres (« Les Echos » du 23 avril). Soit 10 milliards d'euros pour couvrir les risques financiers directs encourus par Dexia et par la SFIL (Société de Financement Local), créée l'an dernier pour reprendre le flambeau de Dexia, et qui a récupéré la majeure partie de ses prêts. Et, en outre, environ 7 milliards d'euros pour couvrir les risques indirects. Une bombe à retardement qui pourrait grever les comptes de l'Etat à hauteur de 9 milliards d'euros dès cette année.

En cause, principalement, le risque de recours judiciaires encourus par Dexia et la SFIL, tous deux en mauvaise posture, suite à une décision de tribunal de Nanterre de février 2013 (voir ci-dessous). Dépositaires de la majorité des emprunts toxiques souscrits par les collectivités locales, elles risquent en effet d'accuser le coup de procédures judiciaires extrêmement coûteuses en l'absence de la loi de sécurisation, qui doit valider rétroactivement les contrats de prêts qui ne faisaient pas mention du taux effectif global. «  Dans l'hypothèse où l'ensemble des contentieux potentiels devraient être provisionnés à 100 %, les provisions cumulées de SFIL et Dexia atteindraient 10,6 milliards d'euros, dont 7,5 milliards d'euros pour SFIL et 3,1 milliards d'euros pour Dexia », estime l étude d'impact.

Et de fait, cette charge ne pourrait pas être supportée par ces deux banques. Pour la SFIL, qui dispose de 1,5 milliard d'euros de fonds propres, la marge de manoeuvre est en effet bien mince. « Ces obligations de provisionnement se traduiraient à leur tour par des obligations de recapitalisation, et ce, sans doute dès 2014 », prévient l'étude. L'Etat, en tant qu'actionnaire majoritaire de cette nouvelle banque des collectivités locales, dont il détient 75 %, au côté de la Caisse des Dépôts et de La Banque Postale, devrait alors débourser de 2 à 7 milliards d'euros pour combler les pertes et ainsi couvrir les risques dits « indirects ». Cette recapitalisation « devrait être notifiée à la Commission européenne, qui  imposerait certainement, compte tenu du montant en jeu, la mise en extinction de SFIL ». Pour Dexia, l'impact est un peu moindre, soit 3 milliards d'euros pour une nouvelle recapitalisation.

Une loi « plus ciblée »

Voilà de quoi renforcer la pression sur les sages du Conseil constitutionnel, qui ont déjà retoqué en décembre dernier une première loi de validation des contrats de prêts réalisés aux collectivités locales (voir ci-dessous). Pour mettre toutes les chances de son côté, le gouvernement a opté cette fois-ci pour un projet de loi « plus ciblé » s'adressant à une typologie de contrats de prêts plus restreinte. Un nouveau périmètre qui neutralise la majorité des risques, mais qui laisse encore planer une charge éventuelle de 2,2 milliards d'euros pour la SFIL et de 2,5 milliards d'euros pour Dexia pour des contentieux en cours. Mais surtout en prévisions d'éventuels recours sur prêts non structurés, dont la probabilité d'occurrence paraît faible, selon l'étude.

 

À noter
Le projet de loi sera étudié en séance au Sénat le 13 mai.

Sharon Wajsbrot

 

 

Source : www.lesechos.fr

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 21:00

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

Un nouveau geste de contestation politique en Iran : le crâne rasé

Roohollah Shahsavar - exilé iranien

 

Publié le 26/04/2014 à 12h17

 

 

Ce n’est pas une nouvelle mode, ni une nouvelle façon de s’amuser. C’est une manière d’exprimer la colère.

On ne sait même pas qui est derrière cette initiative, ceux sont surtout des jeunes qui publient des photos avec leurs têtes rasées sur les réseaux sociaux – Facebook, Twitter, Instagram, Google+... Et ils le font en bravant l’interdiction et les restrictions établies ces dernières années, suite aux événements post-électoraux de juin 2009.

 


Samane et sa sœur Asie (Facebook)

Ces jeunes Iraniens expriment leur contestation contre la répression des prisonniers politiques du lundi 17 avril.

Des prisonniers frappés

Selon le témoignage d’une soixantaine de prisonniers politiques publié sur Kaleme.com (le site principal des oppositions), les gardiens de la prison d’Evin (nord de Téhéran) ont brutalement frappé des prisonniers lors d’une fouille irrégulière dans leurs cellules, le 17 avril.

Bilan : « Une trentaine de blessés, dont quatre hospitalisés, avec les côtes brisées », selon Amnesty International.

 


Photos de jeunes Iraniens le crâne rasé

 

Après l’apparition de quelque photos montrant les prisonniers avec les cheveux rasés (au parloir), plusieurs sympathisants du « mouvement vert » (surnom donné au courant d’opposition) se sont pris en photo avec le crâne rasé, en solidarité.

Les femmes aussi participent à l’évènement contestataire.

Parmi elles, on voit des activistes politiques et des journalistes comme Samane Abolpour, proche de Mohammad Khatami, ex-président de la République islamique. Elle a publié sa photo sur son compte Facebook (voir plus haut) en notant :

« J’ai rasé mes cheveux pour soutenir des prisonniers politiques à la prison d’Evin à Téhéran. Les prisonniers politiques ont été battus cruellement par les gardiens de la prison. »

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ailleurs dans le monde
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 20:45

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/crunch/270414

 

Sécurité Sociale, fin d'une belle aventure humaine...

Pendant que Hollande nous enfume sur les réductions des charges patronnales et salariales, ces petites mains expertes travaillent à la fin d'une belle avancé sociale comme des fois l'Homme en a été capable.   

Ce document qui comme vous le noterez était “sous embargo” jusqu’à 2 avril préconise de manière ouverte la disparition de la Sécurité sociale.

Les auteurs envisagent
 “deux scénarios possibles” : “une version publique décentralisée et une version avec des caisses d’assurance en concurrence régulée”.
”Sortir de l’organisation
 actuelle est un objectif difficile à atteindre, car il bouscule le paysage actuel où sont présents des acteurs à l’assise historique importante. 
Cependant, le coût du
 statu quo nous semble suffisamment élevé pour inviter le décideur public à s’engager dans cette direction.”
En clair, soit des caisses régionales “publiques” concurrentielles (comme en Allemagne),
 soit un système d’assurances privées “encadrées”.
Dans un cas comme dans l’autre, c’est la fin d’un droit pour tous , et le passage de fait à l’assurance.
Cela éclaire les propos tenus par Hollande sur la suppression des cotisations “salariales” après celle des “cotisations patronales” (pour redonner du pouvoir d’achat bien sûr).
De telles propositions (comme le rapport Moreau pour les retraites) seront ensuite “modulées” dans le cadre du “dialogue social”. (La CFDT signerait-elle ?)

 

Fichier attaché CAE012_Assurance-maladie_1.pdf    Taille  298.51 Ko

lien

 


Source : blogs.mediapart.fr/blog/crunch/270414

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 20:37

 

Info reçue par mail 

 

Communiqué de presse   

  
    Une Marche antinucléaire pour la Vie et la  Santé a lieu de ce vendredi 25 avril jusqu'au 5 mai 2014, elle va  traverser 6 départements - Vaucluse, Alpes de Haute Provence, Bouches du  Rhône, GARD, Drôme et Ardèche, elle fera halte  dans  plus de 30 villes et villages, parcourra près de 300 km en 11 jours avec 4  rassemblements devant les sites nucléaires CADARACHE - MARCOULE - CRUAS -  TRICASTIN -

A pied, en rollers, à vélo, à cheval....

 
  Un objectif : Exprimer fortement  notre refus du nucléaire, civil et militaire, argumenter et convaincre de  l'urgence de l'arrêt immédiat du nucléaire.
Activons la transition énergétique, au lieu de continuer la fuite en avant avec ASTRID, l'EPR, la dangereuse prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires .
Ne laissons pas le lobby nucléaire faire peser sur nous et les générations futures le risque et le coût exorbitant de l'atome

Nous invitons tous les habitants à participer à la Fête  anti nucléaire à Avignon sur l'île de la Barthelasse au Parc des Libertés le  1er Mai à partir de 12h ... 19h

Et pour les Gardoises et les Gardois pour la Marche vers  MARCOULE le vendredi 2 mai - NO PLUTONIUM - NO  MOX - NO ASTRID

Covoiturage au départ de :

- Nîmes le 2 mai à 11h30 au parking des 7 Collines : contacts Janie 0615336173/ Franck 0647968082

- Alès le 2 mai: contact Christine 0466249112

- Alès le 5 mai: contact Rémy 0466836855

 
 
   Cette Marche est organisée par le  Collectif antinucléaire 84/CAN 84 et soutenue par  la Coordination antinucléaire Sud- Est, le  CHANN,  ENSEMBLE 30 , EE-LV Nîmes Agglo .....

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 20:19

 

Source : www.reporterre.net

 

En Ukraine, crise ou pas crise, Tchernobyl reste une plaie ouverte

Barnabé Binctin (Reporterre)

samedi 26 avril 2014

 

 

 

 

Vingt-huit ans après, en pleine crise géopolitique avec la Russie, les ravages de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl se font toujours durablement sentir. Et le pays compte toujours quinze réacteurs en activité, que les Etats-Unis tentent de charger avec leur combustible.

 


 

Le 26 avril 1986, un exercice pour tester l’alimentation électrique de secours sur la centrale Lénine de Tchernobyl tourne mal et une explosion énorme se produit dans le réacteur 4. La fusion du cœur du réacteur projette dans l’atmosphère une immense quantités de gaz et particules radioactifs qui entraîne une contamination de l’environnement et des irradiations humaines à très large échelle. C’est la première catastrophe nucléaire à être classé au niveau 7 à l’échelle de l’INES (échelle internationale des événements nucléaires) – la seconde étant Fukushima.

Un nouveau sarcophage… pour trente ans


 

Vingt-huit ans plus tard, la centrale continue d’employer près de trois mille personnes. Les trois autres réacteurs de la centrale sont maintenant à l’arrêt (le dernier a fermé en 2000), mais de nombreux travaux continuent sur le site. En cours d’aménagement, une installation d’entreposage à sec des combustibles doit permettre de sortir ceux-ci des piscines dans lesquelles ils sont refroidis depuis la catastrophe. De même, un chantier prépare un stockage des déchets sur le site de la centrale.

Mais les travaux les plus importants se concentrent autour du sarcophage, cette structure d’acier qui recouvre les ruines du bâtiment du réacteur 4. Construit dans l’urgence entre mai et octobre 1986, dans des conditions d’exposition radiologique particulièrement élevée, le sarcophage a permis un confinement à court terme des installations sinistrées dans lequel se trouve toujours une partie du combustible fondu durant l’explosion. Mais la structure s’avère vulnérable. Comme l’explique à Reporterre Thierry Charles, directeur général adjoint à l’IRSN, « le sarcophage n’est pas complètement étanche. L’eau coule à l’intérieur, et avec le vent et la neige notamment, l’ensemble se dégrade. La pérennité de l’installation n’est plus acquise ».

 


- Le vieux sarcophage -

 

C’est ainsi que se construit par-dessus une « arche », qui devrait être achevée fin 2015. Cette nouvelle enveloppe métallique, dont les travaux ont commencé à l’été 2010 sous l’égide d’un consortium européen qui associe les entreprises françaises Vinci et Bouygues, fait toutefois l’objet de controverses nombreuses. Mercredi, le chef du parti social-écologique ukrainien, Iouri Andreïev, dénonçait la faible garantie de sécurité de cet édifice temporaire promis à une existence d’à peine trente ans : « Cet arche ne règle pas les problèmes du sarcophage, il ne fait que les conserver ».

Pour l’expert français, l’enjeu est ailleurs : « Oui, l’arche ne résout rien dans la mesure où elle ne change pas ce qui se passe en-dessous, dans le sarcophage. Mais c’est une protection supplémentaire de l’environnement proche des fuites et des risques de pollution ».

 

Le poison est toujours actif

Car les conséquences environnementales et sanitaire restent importantes et mal maîtrisées. Le mois dernier, deux chercheurs ont mis en évidence l’impact de la radioactivité à proximité du site : les arbres morts, les plantes et les feuilles ne se décomposent pas à la même vitesse que partout ailleurs dans le monde. « Le césium déposé sur le sol ne s’infiltre que très lentement dans la Terre, et il reste ainsi à la disposition des plantes pendant probablement plus d’un siècle », commente Yves Lenoir, président de l’association Enfants de Tchernobyl – Belarus, qui travaille sur ces questions depuis les débuts de la catastrophe.

Selon lui, les conséquences sont d’autant plus graves, que des expériences récentes ont montré que certaines zones supposées peu touchées s’avéraient en réalité grandement contaminées : « En 2011, puis 2012, des échantillons de champignons relevés dans des zones très différentes et considérées comme non à risque en Biélorussie ont révélé des taux gigantesques, entre 268 000 et 275 000 Bq/kg. Ce sont de véritables déchets radioactifs pour les humains, tentés de surcroît de les consommer, qui traînent ainsi dans l’environnement ». L’association Robin des Bois parle de son côté de « bombes radioactives à retardement » pour décrire les forêts aux alentours de Tchernobyl.

L’impact sur les populations humaines est colossal. L’association Enfants de Tchernobyl-Belarus aide un cabinet indépendant – l’Institut Belrad de Minsk – à mesurer la radioactivité (près de 500 000 mesures corporelles depuis 24 ans) et à faire de la radioprotection en Biélorussie, auprès des enfants, particulièrement exposés. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : « Avant la catastrophe, le taux d’enfants en bonne santé était de 80 %, pour 20 % en mauvaise santé, dans cette région du monde. Depuis, les statistiques se sont exactement inversées ».

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 20:22

 

Source : www.20minutes.fr

 

Fessenheim: Une action de Greenpeace pour les 28 ans de Tchernobyl

Créé le 26/04/2014 à 14h06 -- Mis à jour le 26/04/2014 à 14h21
Une cinquantaine de militants se sont introduits sur le site de la centrale de Fessenheim le 18 mars 2014

Une cinquantaine de militants se sont introduits sur le site de la centrale de Fessenheim le 18 mars 2014 Daniel Mueller/AP/SIPA


NUCLÉAIRE - L'ONG a lancé une «tournée» en trois étapes des centrales nucléaires, en France, en Suisse et en Allemagne...

Les antinucléaires de Greenpeace ont mené samedi matin une nouvelle opération devant la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), clamant des slogans depuis un voilier remontant le canal à proximité, à l'occasion des 28 ans de la catastrophe de Tchernobyl.

L'ONG a lancé samedi, avec le bâteau-péniche Beluga II une «tournée» en trois étapes des centrales nucléaires, en France, en Suisse et en Allemagne, menée en parallèle à la campagne des européennes.

Le Beluga II, un bâteau-voilier de Greenpeace de 33 mètres de long est arrivé devant la centrale de Fessenheim à 10 heures avec trois banderoles anti-nucléaires déployées sur ses mâts, et une dizaine de militants visibles sur son pont.

«Monsieur Hollande, une vraie transition énergétique maintenant»

L'une des banderole appelait en anglais les responsables politiques à «cesser de mettre l'Europe en danger» (Stop risking Europe). «Centrales vieillissantes: fermez-les», clamait une autre hissée sur le côté, tandis qu'une troisième rappelait en allemand que la «Radioactivité ne connaît pas de frontière».

Sur le canal du Rhin, la péniche au macaron arc-en-ciel, effectuait de petits allers-retours. «Le bâteau bouge en permanence car un arrêté préfectoral lui interdit de s'arrêter sur place», a expliqué Yannick Rousselet, un porte-parole de Greenpeace France.

Un zodiac de Greenpeace était également visible à proximité de la péniche, encadré par une vedette de la police. «Monsieur Hollande, une vraie transition énergétique maintenant», pouvait-on lire sur une pancarte.

Une trentaine d'antinucléaires allemands, membres d'un collectif pour la fermeture immédiate de Fessenheim, basé outre-Rhin à Müllheim, étaient arrivés sur les lieux en fin de matinée pour assister à l'opération. Le préfet avait pris un arrêté pour interdire l'accès des berges aux véhicules et aux piétons.

Fessenheim, doyenne des centrales nucléaire françaises

Le Beluga II devait quitter la zone de la centrale en milieu de journée.

«Nous lançons cette opération devant Fessenheim pour relier les deux symboles de l'anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (le 26 avril 1986) et des centrales vieillissantes à fermer», a souligné Yannick Rousselet.

Après Fessenheim, le Beluga II est attendue devant les centrales de Beznau (Suisse) et Philipsburg (sud-ouest de l'Allemagne), «symboliques du vieillissement du nucléaire en Europe».

Il fera aussi étape à Strasbourg (8-12 mai) et à Metz (3-4 juin). Les militants organiseront dans ces villes des journées portes-ouvertes à bord du bateau pour informer le public.

Fessenheim est la doyenne des centrales nucléaire françaises. En service depuis 1977 et dotée de 2 réacteurs d'une puissance de 900 mégawatts chacun, elle est la seule des 19 centrales françaises dont la fermeture a été annoncée par le président François Hollande, pour fin 2016.

Avec AFP
                                                                                                                                                                              Source : www.20minutes.fr

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 01:49

 

Source : www.reporterre.net

 

Ecologie

Au Brésil, la Coupe du monde du football se jouera dans des éléphants blancs

Andrea Barolini (Reporterre)

vendredi 25 avril 2014

 

 

 

 

Des émeutes ont eu lieu mardi soir au Brésil, à Copacabana. A six semaines de la Coupe du monde de football, le pays est tout sauf calme. Une des raisons en est la débauche d’argent dépensé pour des stades démesurés, quand pauvreté et inégalité sont toujours immenses. Voici un tour guidé de ces grands projets footballistiques inutiles.

 


 

Mardi 22 avril, de violentes émeutes à Copacabana, au Brésil, ont opposé des jeunes des favelas et des policiers. Un homme serait mort au cours des manifestations, qui témoignent que, moins d’un an après l’agitation sociale de juin 2013, la société reste toujours en colère. En cause, notamment : les investissements colossaux réalisés pour la Coupe du monde de football, alors que des besoins sociaux urgents ne sont toujours pas satisfaits. Le gouvernement a essayé de présenter sa démarche comme "environnementale". Mais ça ne suffit pas...

Les efforts que l’Afrique du Sud a fournis en 2010 pour rendre la Coupe du monde de football écologique « ne sont pas suffisants. Cela mérite d’être pris en compte sérieusement par la Fédération Internationale de Football (la Fifa, ndlr) ». C’était en octobre 2012 : le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) soulignait que l’organisation du Mondial africain n’avait pas été à la hauteur en matière environnementale.

Officiellement, les indications du PNUE ont été entendues par les autorités brésiliennes, qui pour la vingtième édition de la Coupe du monde vont présenter douze stades « écologiques », flambant neufs ou rénovés, à Rio de Janeiro, Brasilia, Fortaleza, Belo Horizonte, Sao Paulo, Porto Alegre, Salvador de Bahia, Recife, Cuiaba, Manaus, Natal et Curitiba.

Les organisateurs de l’événement – qui se déroulera du 12 juin au 13 juillet - se sont engagés à réduire l’impact sur l’environnement, en utilisant des technologies durables allant des systèmes d’éclairage efficaces à la réduction de la consommation d’eau, en passant par l’accessibilité pour les personnes handicapées et par les transports écologiques.

Ainsi, le stade Maracanà de Rio de Janeiro - le temple du foot planétaire, édifié pour la Coupe du monde 1950 - a été rénové et présenté comme un exemple de développement durable. Son toit est garni de mille cinq cents panneaux photovoltaïques qui assurent son autonomie énergétique (le projet a été mené par un partenariat entre les sociétés Yingli, Light Esco, la française EDF et l’État de Rio de Janeiro).

De même, le stade de Belo Horizonte, a été le premier à recevoir le label Leadership in Energy and Environmental Design (LEED), une certification américaine octroyée aux bâtiments à haute qualité environnementale.

Mais la cerise sur le gâteau est le stade de Brasilia. Entièrement rénové, il a été conçu comme le premier stade 100% écologique au monde. Il produit autant d’énergie qu’il en consomme, utilise des lumières LED pour l’éclairage et sa pelouse est arrosée grâce à un système de stockage et d’utilisation de la pluie.

Le toit est complètement recouvert de panneaux solaires fournissant autant d’électricité quotidiennement que ce qu’en consomment mille maisons. De plus, la structure est dotée d’une membrane photo-catalytique pour capter les particules polluantes et améliorer la qualité de l’air.

 


- A Manaus -

 

Des stades très coûteux, et qui ne serviront plus

Un seul inconvénient : ces stades risquent fort de se transformer en « élephants blancs », une fois éteints les feux de la fête. L’exemple le plus évident est le stade de Manaus, l’Arena da Amazônia. Il pourra accueillir 40.000 personnes pendant la Coupe, et selon la FIFA fera partie d’un « complexe qui offrira de nombreux services comme des restaurants, un parking souterrain et un accès par bus et monorail ».

Mais nombreux sont ceux qui sont révoltés par ce projet pharaonique qui a coûté 205 millions d’euros. Pour une raison de bon sens : après le Mondial le stade ne sera plus utilisé, car la meilleure équipe locale, le Nacional, évolue en Série D, la quatrième division brésilienne. Habituellement, moins de deux mille personnes suivent les matches de cette modeste équipe : le stade sera un monument inutile au milieu de la forêt amazonienne.

A Cuiaba, la situation est la même. Le stade de 43.000 spectateurs trônera dans une ville où les équipes végètent en Série C et D. Tandis qu’à Natal, l’Arena des Dunas, qui a coûté 125 millions d’euros, après avoir accueilli quatre matches durant la Coupe du Monde, servira de costume bien trop grand à deux clubs de Série B : l’ABC et l’America RN.

 


- A Natal -

 

« En plus du football, l’Arena das Dunas sera utilisée pour des concerts, des salons commerciaux, des ateliers, des événements majeurs et des expositions », a déclaré la présidente Dilma Rousseff lors de l’inauguration du stade, tentant d’enrayer la polémique. Mais même avec ces activités, une infrastructure sportive de 42.000 places reste démesurée.

Et quand les activités alternatives ne se déroulent pas, il faudra payer l’entretien de l’Arena, qui a été évaluée par un dirigeant du stade en 376.000 euros par mois.

Et puis, il y a le stade de la capitale Brasilia, le Mané Garrincha : 71.000 places en plein centre ville. Un monstre qui a coûté 380 millions d’euros, et qui sera le théâtre des matches du Gama et de la Brasiliense, deux équipes mineures suivies jusque-là par… quelques centaines de personnes.

D’ailleurs, l’attention à l’environnement proclamée par les autorités risque de cacher la stratégie énergétique et environnementale du gouvernement sud-américain. Depuis plusieurs années, en effet, des Ong écologistes ont critiqué le double discours des autorités brésiliennes.

« Compte tenu de notre expérience du Brésil, on peut dire que le gouvernement n’a qu’une stratégie de marketing », dit à Reporterre Gert-Peter Bruch, président de l’association Planète Amazone, qui soutient les peuples autochtones d’Amazonie dans leur combat contre la déforestation.

« L’actuelle présidente Dilma Rousseff était ministre de l’Energie du gouvernement de Lula. Elle a développé le plan d’accélération économique du pays, y compris les projets de grands barrages qui posent d’énormes problèmes environnementaux et de droits de l’homme », poursuit-il.

Le plus connu de ces projets est sans doute celui de Belo Monte, en Amazonie : un immense barrage qui menace de détruire des équilibres sociaux et environnementaux fragiles juste au milieu du poumon vert de la planète, dans l’Etat du Para.

« Nous sommes convaincus, accuse Valérie Cabanès, juriste spécialisée dans les droits de l’homme, que la Coupe du Monde et les Jeux olympiques seront le prétexte pour accélérer le calendrier de travaux comme celui de Belo Monte, dont le chantier est désormais ouvert 24 heures sur 24. Le Brésil veut rivaliser avec les grandes puissances du monde en magnifiant son développement ».

Dans ce contexte, Amnesty International a dénoncé le fait que certains travaux pour le Mondial se sont soldés par des expulsions forcées.

 

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Brésil
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22