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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 16:10

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Démocratie liquide 05/05/2014 à 16h38

Loomio, l’appli d’Occupy Wall Street qui va vous aider à lutter


Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

 

 

Si vous pensiez que le mouvement Occupy Wall Street avait périclité, vous aviez tort. En partie, du moins. Certes, il ne reste pas grand-chose de la mobilisation et du message politique. Mais son ambition de modifier en profondeur la structure du pouvoir et de repenser la participation citoyenne, elle, a survécu.

Elle trouve corps dans une application web et bientôt mobile : Loomio. Au premier abord, le concept ne surprendra pas ceux qui fréquentent forums virtuels et réseaux sociaux : il s’agit de débattre, proposer, argumenter, voter.

 

 

Vidéo de présentation de Loomio

Benjamin Knight, initiateur du projet, a l’ambition de transposer cette dynamique virtuelle dans le monde réel :

« L’avènement des médias sociaux a permis la mobilisation d’un grand nombre de personnes en un cours laps de temps, mais il manque aujourd’hui d’outils pour traduire cette énergie dégagée en une action collective durable : c’est le fossé que nous cherchons à combler. »

Mouvement Occupy : plus jamais ça

L’ambition portée par cet activiste du mouvement Occupy Wellington en Nouvelle-Zélande n’est donc pas révolutionnaire en soi : des dizaines de startups ont déjà fleuri autour de cette idée d’optimiser le management de groupe et la prise de décision grâce à des outils numériques (nous vous parlions récemment de la startup française WePopp).

Mais il a ce truc en plus : l’expérience de l’échec. Jamais un mouvement social n’avait été aussi dynamisé par les réseau sociaux qu’Occupy. Et pourtant, jamais il n’est parvenu à accoucher d’un projet capable de fédérer ses protagonistes.

Riche et facile d’accès, Loomio pourrait bien réussir là où ses prédécesseurs ont échoué et même dépasser le cadre des organisations citoyennes pour cartonner tant auprès des particuliers que des entreprises.

Formule 3 en 1 : forum, réseau social et vote

Sans surprise, l’essence et l’objectif premier du projet ne sont pas dénués de toute idéologie. Ils découlent de ce qu’on appelle la « démocratie liquide », un système promouvant la participation directe au sein de groupes et organisations, et par extension au sein de la société toute entière.

Prenons un exemple concret avec l’un des deux groupes français participant à la version bêta : le Parti Pirate. Des membres ont ouvert un groupe public où différents thèmes sont abordés, allant de « s’exprimer ou non au sujet de Dieudonné » à « de quelle origine doit être le prochain processus constituant ? ».

En cliquant sur un de ces « topics », on accède à une nouvelle interface divisée en deux colonnes qui se veulent complémentaires :

  • l’une fait état des discussions en cours. Tous les membres peuvent exprimer leur position et l’argumenter longuement s’ils le désirent : c’est la partie forum ;
  • l’autre est dédiée aux votes (pour, contre, s’abstenir ou bloquer catégoriquement ). Il peut y en avoir plusieurs, certains clos, d’autres encore en cours, amendant ou rebondissant sur les échecs des premiers. En votant, le membre du groupe peut décider d’expliquer sa position en une phrase courte au format Twitter.

Capture d’écran d’une discussion du Parti Pirate français sur Loomio

 

Notre-Dame-des-Landes à la sauce Loomio

On pourrait être tenté de considérer l’appli comme un gadget de plus parmi tant d’autres. Certains diront plutôt qu’elle peut être un puissant outil de mobilisation. Imaginons ce que cela aurait pu donner dans le contexte des manifestations de Notre-Dame-des-Landes.

Une fois le groupe principal créé, des sous-groupes auraient pu être créés :

  • un pour l’organisation des manifestations où pourraient être débattues les modalités, le parcours, les horaires, etc. ;
  • un pour le message politique à porter où les différentes revendications et pétitions pourraient êtres discutées et votées ;
  • des groupes distincts pourraient remplir une fonction pédagogique sur les enjeux environnementaux ou juridiques, à l’attention des manifestants mais aussi des citoyens intéressés ;
  • d’autres groupes pourraient encore être réservés à chaque collectif organisation ou mouvement

Bref, il est possible d’établir une organisation horizontale, décentralisée et organisée permettant tant de débattre que de voter en amont des assemblées générales ou des rassemblements.

Une ambition au-delà des contestations

Ça, c’est pour l’exemple façon Occupy Wall Street. Mais là où Loomio marque des points est qu’il est également adapté, grâce à ses fonctionnalités de « groupe privé », à des cercles d’amis ou des entreprises.

« La diversité des groupes utilisant Loomio est une des choses les plus frappante concernant le projet : cela va de groupes d’activistes s’en servant pour organiser des mouvements citoyens à des conseils municipaux conduisant des consultations populaires, en passant par des entreprises l’utilisant pour le management et le travail d’équipe. »

Mieux encore pour ces dernières : le code est en « open-source ». N’importe quel développeur peut donc le récupérer, l’adapter voire le développer en interne pour répondre aux besoins de l’entreprise.

Adieu les chaînes d’e-mails par pôle, service, statut dans l’entreprise, adieu les tchats interposés, les Doodle et grilles Excel. Tout (ou presque) peut être discuté, voté, amendé et à nouveau voté sur une plateforme commune, qui sera d’ailleurs bientôt accessible sur les smartphones et tablettes.

Il est encore possible pour une entreprise, organisation ou média d’adopter un usage social externe en créant un groupe public pour dialoguer avec une communauté de clients, usagers ou lecteurs ou obtenir du « feedback ».

100 000 euros et plein d’idées

Réinventer, réorganiser et rationaliser le dialogue, c’est la promesse que fait aujourd’hui Loomio. Une promesse qui a su convaincre plus de 1 600 contributeurs lors d’une campagne de crowdfunding qui a d’ores et déjà dépassé son objectif et réuni près de 100 000 euros.

Cette somme devrait lui permettre d’ajouter des fonctions sociales, développer des designs pour terminaux mobiles voire inclure des options « off-line » pour voter par SMS par exemple. « L’accessibilité est une priorité », assure Benjamin Knight.

 


Design de Loomio 1.0 pour smartphones (Loomio)

 

Quant à la viabilité économique de la startup, le modèle économique sera donc assez classique dans l’univers du logiciel libre, de la gratuité pour l’acquisition du code, et une expertise de « service » fournie par Loomio contre rémunération pour adapter au mieux le produit aux attentes du client potentiel.

Trop transparent pour voter sereinement ?

L’application aura pourtant des défis à relever. Comme le note Wired, l’un des problèmes que pourrait rencontrer l’appli est celui de l’anonymat. Certes, l’usage du pseudo est accepté, mais le vote n’est pas anonyme, pouvant induire une pression sociale latente influant sur le choix de chacun.

Benjamin Knight se veut relativise ce point :

« La plupart des groupes recourant à Loomio sont dignes de confiance, et affichent clairement une volonté de partage : ils veulent juste que les choses soient faites. Dans ce genre de cas, la pression sociale et l’anonymat tendent à être moins importants. »

L’activiste n’exclut pas cependant de développer des modules et paramètres en ce sens si les groupes venaient à s’élargir et que des décisions plus sensibles venaient à être débattues.

La communauté de développeur bénévoles pourrait être mise à profit pour créer un « écosystème de modules en open-source » pour proposer différents protocoles de prise de décision.

Démocratie déléguée et « ParPolity »

L’autre difficulté majeure de toute application de prise de décision en groupe est de dépasser les petits groupes pour réunir de larges communautés. La discussion horizontale et riche d’avis devient plus problématique lorsque des milliers de personnes sont amenées à débattre sur un même fil.

C’est pourtant le défi et la « priorité à long terme » que s’est fixée Loomio. Benjamin Knight note qu’il y a bien des approches pour organiser les prises de décisions, évoquant le tag et le filtrage pour « maintenir un bon ratio entre le signal et le bruit ».

Le concept de démocratie liquide ou « déléguée » cherche à se rapprocher le plus possible de la démocratie directe. Un système souvent évoqué est celui de la procuration où chacun est libre de donner (et retirer) son vote à un « délégué » à tout moment si l’on estime lui faire suffisamment confiance pour qu’il vote à notre place.

« Il y a d’autres mécanismes pour la représentation, comme la ParPolity [Politique Participative, ndlr], qu’Aaron Swartz a vivement défendue : c’est lorsque vous avez des groupes de 50 personnes élisant chacun un porte-parole prenant les décisions en leur nom dans un autre groupe de 50 personnes, puis ce nouveau groupe a lui-même un porte-parole dans un groupe de 50 et ainsi de suite. »

Loomio ne réinventera pas la démocratie tout seul, mais il compte bien fournir le tronc sur lequel pourront bourgeonner ces idées.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 15:10

 

Source : www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Stop aux pesticides

Caravanes pour la défense d’une agro-écologie paysanne

par Collectif 2 mai 2014

 

 

 

 

Le projet de loi sur l’agriculture en cours d’examen au Parlement « ne permet pas aux cultivateurs de soigner leurs plantes avec des préparations naturelles ni aux éleveurs de privilégier l’homéopathie ou la phytothérapie, plutôt que le tout antibiotique », affirment une vingtaine d’organisations. Deux caravanes pour la défense de l’agroécologie paysanne vont partir le 8 mai de Sarlat (Dordogne) et de Bourg-de-Péage (Drôme). Chacune converge vers Paris avec une arrivée prévue le 12 mai à l’Assemblée nationale. Sur leurs routes, des rencontres-débats sont programmées pour dire « Stop aux lobbies des semences, des pesticides et des produits pharmaceutiques ».

Ces caravanes ont pour objectif d’alerter l’opinion publique au sujet de la Loi d’Avenir Agricole actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale et au Sénat (voir notre décryptage).

Aujourd’hui, les droits de propriété intellectuelle sur le vivant et la loi sur la contrefaçon fragilisent les actes millénaires de la vie agricole comme la production à la ferme par l’agriculteur de ses semences, de ses animaux ou de ses préparations naturelles destinées aux soins des sols, des plantes, des animaux ou à ses transformations fermières.

Le projet de loi agricole ne s’intéresse pas aux producteurs et récolteurs de plantes médicinales, ne permet pas aux cultivateurs de soigner leurs plantes avec des préparations naturelles ni aux éleveurs de privilégier l’homéopathie ou la phytothérapie plutôt que le tout antibiotique.

Les Caravanes ont pour objectif de porter à la connaissance des citoyens les revendications suivantes :
- Une exception agricole et alimentaire générale à l’application de la lutte contre la
contrefaçon ;
- La libre reproduction à la ferme des semences, des animaux et des préparations
naturelles en cas de présence fortuite d’une information génétique brevetée ;
- L’autorisation d’utiliser et de commercialiser des préparations naturelles peu
préoccupantes (PNPP) hors du champ d’application des lois sur les pesticides qui les
interdisent de fait ;
- Le droit pour les producteurs vendeur-direct de plantes médicinales d’informer le
consommateur sur tous leurs différents usages traditionnels (alimentaires, nutritionnels, médicinaux, PNPP, tinctoriaux, etc.).

Ces Caravanes se veulent le plus large possible car au-delà des jardiniers, des agriculteurs et des collectivités locales, il y va de l’autonomie de chacun, d’un environnement non pollué, de la santé de tous mais aussi de la souveraineté alimentaire.

Citoyens, associations, syndicats, représentants de collectivités et élu(e)s, rejoignez-nous. Nous voulons tirer la sonnette d’alarme avant que de nouveaux scandales éclatent : ceux des pesticides et OGM, après celui de l’amiante pour qu’enfin des mesures dignes de bon sens et de responsabilité soient actées.

La pression des lobbies des semences, des pesticides et des produits pharmaceutiques à tous les niveaux de l’État est beaucoup trop forte en France. Représentants élus des citoyens, députés et sénateurs, réagissez et écoutez nos demandes, vous devez soutenir l’intérêt général.

Le programme des caravanes est disponible sur le lien suivant.

 

Les signataires au 3 mai 2014 :
ASPRO-PNPP, ACAPEC, ADDEAR 42, ADEMY, Agir pour l’Environnement, AgroBio Périgord, Alerte Médecin Pesticides, ALTERN’INFO, AMAPS (Les paniers du Céou...), Appel de Poitiers, Aquitaine Alternative, ARDAB, ATTAC groupes (Périgueux-Nontron, Vienne Pays Rhodanien), BEDE, CDAFAL, Confédération Paysanne nationale, Confédération Paysanne départementale (Charente, Dordogne, Rhône, Rhône-Alpes...), Collectif Agroécologie Paysanne, Collectif Vigilance OGM groupes (Charente, Vienne...), CORABIO, Doman Chalosse Vivante, Fédération Nationale Accueil Paysan, Fédération Nature & Progrès, Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, Graines de Troc, Halte incin’, Ingénieurs sans Frontières, Inter BIO Corse, La ligne d’horizon, Le Miroir, Les Amis de la Terre France, Les Amis de la Terre groupes (Dordogne, Landes, Limousin, Périgord, Seine et Marne...) Les Ami(e)s de l’Ortie, LPO, MIRAMAP, Maison de la semence groupes (Loire, Rhône/ARPE), Nature & Progrès national, Nature & Progrès groupes (Côte-d’Or, Auvergne...), Phyto Victime, Réseau Semences Paysannes, Sapiaf 24, Syndicat d’Agriculture Bio-Dynamique, Syndicat des SIMPLES, Réseaux Citoyens de Saint-Étienne, Terre & Humanisme, Unis Vers un Milly Vert, Zérogm42.

Photo : CC Sophie Chapelle / Basta !

 

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Source : www.bastamag.net

 

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 21:59

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Christian Chavagneux: «La finance a capturé l'intérêt général»

|  Par Dan Israel

 

 

Bruxelles est la capitale du lobbying de l'industrie financière. Avec La Capture, Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat décrivent les conséquences néfastes de cette mainmise, et esquissent des pistes pour y remédier.

 

 

 

Pourquoi faut-il tant de temps pour mettre en place des règles strictes pour encadrer les activités les plus dangereuses des banques en Europe ? Et pourquoi les lois adoptées ne sont-elles guère efficaces ? La réponse, Christian Chavagneux, rédacteur en chef adjoint d’Alternatives économiques, et Thierry Philipponnat, secrétaire général de Finance Watch, pensent l’avoir trouvée.

L’industrie de la finance et ses puissants lobbyistes se sont logés au cœur de l’appareil de décision politique, européen à Bruxelles, mais aussi national pour chacun des États-membres. Consanguinité des élites, intérêts bien compris de dirigeants politiques ou administratifs assurés d’aller pantoufler dans des bureaux accueillants, vision politique commune… Cette « capture » d'une partie des forces politiques et administratives par les intérêts financiers rend le processus de réforme long, fragile et incertain. D’autant que le débat est lui aussi capturé par des « experts », qui interdisent toute discussion sereine.

Le livre s’attarde sur les mécanismes de la spéculation, et les moyens de la combattre. Il rappelle surtout qu’il faut protéger les dépenses publiques des errements de banques qui devraient payer pour leurs propres erreurs, ce qui est loin d’être certain aujourd’hui. Il explique aussi de façon tout à fait convaincante comment les banques évaluent elles-mêmes les risques qu’elles prennent lorsqu’elles réalisent des spéculations financières… Autant de sujets qui seraient plus faciles à régler si Bruxelles n’était pas la capitale du lobbying.

La Capture – Où l'on verra comment les intérêts financiers ont pris le pas sur l'intérêt général et comment mettre fin à cette situation de Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat, éd. La Découverte, 2014 (12 euros).

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Retrouvez toutes nos “boîtes à idées” en cliquant ici

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 21:48

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Finance folle

Bonus, mensonges et lobbying : comment les banques européennes résistent à toute régulation

par Agnès Rousseaux 30 avril 2014

 

 

 

 

 

Les gouvernements des vingt pays les plus riches l’avaient promis : le secteur financier sera réformé, les banques mises sous contrôle. Plus de finance folle, de sauvetage bancaire ruineux, de mise en péril de l’économie par la spéculation débridée. Cinq ans après les déclarations du G20, où en est-on ? L’Union européenne a voté une dizaine de directives, sous la houlette de Michel Barnier. Bonus des banquiers, organisation des plans de sauvetage, supervision et contrôle... Tour d’horizon de cette difficile reprise en main, avec Thierry Philipponnat, secrétaire général de l’ONG Finance Watch, rare contrepouvoir au puissant lobby bancaire européen.

Basta ! : L’union bancaire européenne a pour objectif d’éviter que de nouvelles faillites bancaires ne soient supportées par les contribuables. Son principe a été adopté par les eurodéputés le 15 avril. Est-ce une mesure satisfaisante ?

Thierry Philipponnat [1] : La réforme de l’Union bancaire a pour objectif que la prochaine crise bancaire ne coûte pas d’argent au contribuable – contrairement à la crise de 2008 qui coûté 450 milliards d’euros aux pays européens. Et de casser le lien incestueux et complètement absurde entre les banques et les États : les banques financent les États mais comptent sur eux pour les sauver quand elles ont un problème. Après un an et demi de négociations, nous avons avancé dans la bonne direction. L’Union bancaire permet une surveillance unique des 130 plus grandes banques par la Banque centrale européenne (BCE). Et la remise à plat du système de « résolution », c’est-à-dire l’intervention publique lorsqu’une banque a des problèmes, avant qu’elle ne fasse faillite. Désormais, les pertes financières devront être absorbées par les actionnaires et les créanciers, avant que les déposants et contribuables ne soient mis à contribution. Cette nouvelle directive européenne [2] est un vrai progrès, elle met fin à « l’aléa moral », qui fait que les gagnants et les perdants n’étaient pas les mêmes : certains pouvaient gagner de l’argent mais pas en perdre !

Quelles sont les limites de cette directive européenne ?

Les pertes absorbées par les créanciers sont limitées à 8 % du bilan des banques. Ce chiffre est le fruit d’un compromis, très insatisfaisant : si une banque réalise une perte supérieure à 8 %, cela sera répercuté sur les contribuables. Ce pourcentage aurait suffit dans le passé, et suffira sans doute dans l’immense majorité des cas. Mais les actifs des banques en Europe représentent 45 000 milliards d’euros ! 8 % de 45 000 milliards, ce n’est pas rien (c’est l’équivalent du PIB de l’Allemagne, ndlr)... C’est donc un gros défaut de cette directive.

Second défaut, cette directive introduit une flexibilité : l’instance en charge de la résolution pourra autoriser des exceptions concernant ces 8 %, s’il y a mise en péril de la stabilité financière. Il faut bien sûr pouvoir être souple en cas de crise ou de sauvetage bancaire. Mais si on commence par dire que dans certains cas particuliers, il est possible de ne pas appliquer la règle, dans le monde réel il y a de fortes chances pour qu’on ne l’applique pas du tout ! Un texte avec des conditions très strictes et incontournables aurait envoyé un signal clair à tous les acteurs, qui auraient adapté leur activité en conséquence. Tant qu’il y aura la possibilité que les États, donc les contribuables, soient appelés à la rescousse des banques, nous continuerons à alimenter ce système.

En cas de faillite d’une banque, qui est chargé de faire appliquer ces règles ?

Sheila Bair, qui a dirigé l’Autorité de résolution bancaire aux États-Unis pendant la crise, nous a fait cette recommandation : surtout ne laissez pas le système de résolution aux mains des politiques ! Les responsables politiques sont exposées à toutes les pressions, et vont quasi systématiquement vouloir sauver « leurs » banques nationales, même si cela coûte aux contribuables. Il faut à un moment que le processus soit technique, froid, implacable, avec des pilotes qui sauront s’adapter si besoin. La loi qui vient d’être votée, même si elle a été améliorée ces derniers mois, ouvre pourtant la porte à une possible intervention des États, par le biais du Conseil européen, dans les cas extrêmes.

On comprend qu’il soit compliqué d’attendre que 28 États membres se mettent d’accord pour intervenir en cas de menace de faillite d’une banque, alors qu’il faut souvent réagir très vite. Mais l’intervention de responsables politiques n’est-elle pas une garantie « démocratique » ?

L’objectif est de casser le lien entre les banques et les États. Si vous dites aux banques que ce sont les États qui auront le dernier mot sur leur sauvetage ou leur non-sauvetage, vous renforcez ce lien. C’est par exemple une incitation pour les grandes banques à acheter la dette émise par leur propre pays, afin d’entretenir cette dépendance, ce cercle vertueux pour elles mais vicieux pour la société. Ce mécanisme, qu’on observe depuis quelques mois, est en train de croître. Avec pour conséquence, l’augmentation de la fragmentation des marchés : les banques espagnoles financent l’État espagnol, les banques italiennes financent l’État italien, etc. 1750 milliards d’euros de dettes des États sont détenus par les banques en Europe, et par chaque banque dans son propre pays. C’est le contraire d’une « union bancaire » européenne. Si le mécanisme de résolution était beaucoup plus mécanique, dans la main de gens qui n’entrent pas dans des considérations nationales, on casserait ce lien.

Le Parlement européen a également adopté l’an dernier le plafonnement des bonus, qui s’appliquera dès le 1er janvier 2015. La rémunération variable des banquiers ne pourra plus excéder le montant de leur rémunération fixe. C’est plutôt une bonne nouvelle ?

C’est un sujet très important, ne serait-ce que symboliquement. Mais nous n’avons pas été au cœur du problème : la question centrale n’est pas que les banquiers et traders gagnent beaucoup d’argent, mais que cela vienne d’une situation « d’aléa moral ». On pourrait la résumer ainsi : « Face, je gagne, pile, tu perds »... Les banquiers gagnent de l’argent à cause d’un système asymétrique, où les pertes sont socialisées (reposent sur tous), mais les profits sont privatisés (bénéficient seulement à quelques uns). C’est le problème essentiel. Et les banques sont déjà en train d’inventer des mécanismes pour contourner cette nouvelle règlementation sur les bonus. L’imagination des juristes spécialisés sur ces questions n’a pas de limites !

De nouvelles règles entrées en vigueur en 2013 imposent aussi aux banques de détenir un pourcentage minimum de fonds propres par rapport aux prêts qu’elles accordent et aux risques qu’elles prennent. Ces nouveaux « ratios de solvabilité », issus des accords internationaux de Bâle, sont-ils une garantie pour éviter de nouvelles faillites ?

Ces accords [3] prévoient le renforcement des fonds propres des banques. Chaque banque doit désormais détenir 7 % de fonds propres « durs », facilement mobilisables, dans son bilan (par exemple, pour pouvoir prêter 100 millions d’euros, une banque doit disposer de 7 millions d’euros en fonds propres, ndlr). Ce ratio de fonds propres est calculé sur la base d’une pondération du risque : plus un prêt est risqué, plus il impacte le ratio et donc « pèse » sur les banques. Sauf que ce calcul de pondération est tout sauf une science exacte ! Les petites banques ont une méthode de calcul standardisée, et les grandes banques ont le droit de définir leurs propres méthodes de calcul ! Les autorités bancaires européennes ont sorti un rapport disant en substance aux banques : « Il faudrait peut-être arrêter de se moquer de nous »... Dans les accords internationaux de Bâle, une autre méthode de calcul était proposée. Cette méthode beaucoup moins facile à contourner s’appelle « l’effet de levier » : elle consiste à rapporter les fonds propres d’une banque à la totalité de ses actifs, sans pondération. C’est un calcul facile et rapide à faire. Mais suite à un lobbying effréné des banques qui ont expliqué que ce serait une catastrophe, les responsables européens ont choisi l’autre système de calcul...

Quelles en sont les conséquences ?

Cette question était traitée au Parlement en même temps que celle des bonus. Au moment où les députés européens ont approuvé le plafonnement des bonus des banquiers, ils lâchaient complètement sur l’effet levier, un sujet essentiel mais moins compréhensible pour le grand public. Nous avons raté l’occasion d’imposer un effet de levier strict, qui est la meilleure façon de discipliner les banques, et par répercussion de limiter les profits qui n’ont pas lieu d’être, et donc les rémunérations démesurées des banquiers. On a traité la conséquence, le bout de la chaîne, avec les bonus, mais pas la cause.

Cette question de « ratio de fonds propres » et de pondération, qui semble très technique, a pourtant des conséquences importantes sur l’économie réelle...

C’est une question centrale : si une entreprise obtient une meilleure note (par les agences de notation), cela impactera moins le taux de fonds propres de la banque qui lui prête de l’argent, grâce à ce fameux taux de pondération. Donc les banques ont tendance à prêter aux entreprises les mieux notées. Ce système nourrit les agences de notation. Et entretient ce phénomène pervers qui consiste à prêter de l’argent aux très grandes entreprises, qui ont une très bonne notation parce qu’elles sont solides, et de ne pas faire de crédits aux PME, peut-être moins bien notées mais qui sont essentielles pour l’emploi et ont tout autant besoin d’accès aux prêts bancaires.

Le commissaire européen Michel Barnier a également présenté en janvier 2014 un projet de réforme du secteur bancaire, qui vise à limiter la taille des banques. L’objectif est d’opérer une séparation au sein des banques entre activités de dépôt (gestion de l’épargne des particuliers ou des entreprises, octroi de prêts) et activités de banque d’affaires (intervention sur les marchés financiers). Cette proposition de loi a-t-elle des chances d’aboutir ?

La proposition de Michel Barnier a un immense mérite : elle reconnaît l’existence d’un problème, avec des banques « mixtes » (qui cumulent activités de dépôt et d’affaires) trop grandes et trop interdépendantes. Le Commissaire propose de donner pouvoir au superviseur – la Banque centrale européenne – de décider au cas par cas si les banques européennes sont trop grosses, trop complexes ou trop interconnectées, et donc représentent une menace pour l’économie. Le superviseur aurait alors le pouvoir d’intervenir pour « séparer » les activités des banques mixtes (cantonner les activités à risque dans une filiale séparée, ndlr [4]). Mais beaucoup de points techniques sont encore à discuter, et cette proposition est fragile. Surtout quand on voit la réaction assez violente de la France et de l’Allemagne, qui ont voté leurs propres « lois de séparation bancaire » en 2013, relativement vides... Certains États considèrent qu’il est impossible de toucher à « leurs » banques. Ils ne veulent absolument pas traiter les problèmes, ni les regarder en face.

L’ex-ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a jugé que cette proposition européenne était trop radicale. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et donc régulateur de la finance française, a jugé les propositions « irresponsables et contraires aux intérêts de l’économie européenne »... Quelle a été la réaction du lobby bancaire ?

Le lobby bancaire européen s’est déchaîné sur ce sujet, il a sorti le grand jeu. Avec tous les arguments habituels. Notamment que la séparation des banques mettrait en péril l’économie, car les banques n’auraient plus les moyens de faire des prêts aux entreprises. Un argument du lobby bancaire repris par Christian Noyer, sans aucune nuance. C’est pourtant l’inverse qui est vrai. Aujourd’hui, seuls 10 % des actifs des banques en moyenne sont consacrés à des prêts aux entreprises, en Europe, et 15% à des prêts aux ménages (les 75% restants étant surtout consacrés aux placements sur les marchés financiers, ndlr). La Banque centrale européenne accorde des prêts aux banques à des taux extrêmement avantageux [5]. Une banque mixte recyclera instantanément cet argent dans les marchés financiers [6]. Une banque dont le seul métier est le prêt aux entreprises va prêter cet argent aux entreprises. Et fera bien mieux son travail de financement de l’économie réelle !

Les banques « séparées » n’auraient plus les moyens d’intervenir sur les marchés financiers, ni d’acheter la dette de l’État, ce qui entrainerait des attaques spéculatives sur les dettes publiques, affirme aussi le lobby bancaire...

Les plus grandes banques d’affaires du monde sont américaines. Elles se sont développés dans le régime de stricte séparation des activités bancaires commerciales et des activités d’affaires, instauré par le Glass Steagall Act (adopté en 1933, et abrogé par Bill Clinton en 1999). Pourquoi un régime de stricte séparation tuerait-il le métier de banque d’affaires, alors qu’il a permis aux banques américaines de prospérer ? Quant à l’argument concernant la dette de l’État, il a pour but de faire peur aux responsables politiques, mais il n’a aucune valeur technique. Quelque soit la taille des banques, petites boutiques ou grandes banques mixtes, elles peuvent finance la dette des États.

Ce que les banques ne disent pas, c’est que la séparation des activités remettrait en cause une garantie implicite de l’État, dont bénéficient les banques « mixtes », comme le Crédit Agricole, BNP-Paribas ou la Société générale, en France. Une garantie qui rapporte 200 à 300 milliards d’euros par an aux banques européennes !

C’est la vraie question, effectivement. Cette garantie implicite leur permet d’emprunter des fonds à un meilleur taux sur les marchés financiers (comme ces banques collectent l’épargne des ménages et entreprises, les investisseurs anticipent le fait que l’État sera toujours là en cas de faillite, et cette garantie permet aux banques mixtes de bénéficier sur les marchés financiers de taux d’intérêts plus avantageux, ndlr). Les chiffres de cette garantie, évaluée notamment par une étude récente du FMI, sont absolument astronomiques (lire notre article). C’est une rente économique pour les plus grandes banques. On comprend qu’elles se battent pour la garder. Cet avantage nourrit l’expansion des banques précisément dans des secteurs d’activité qui sont les moins utiles à l’économie.

Entre 2001 et 2011, le bilan des banques européennes a augmenté de 80 %. Dans le même temps, l’économie européenne a connu une croissance entre 25 et 30 %, soit 2,5 fois moins ! La croissance des banques est toujours plus déconnectée de l’économie réelle : 7 % des transactions sur les produits financiers dérivés sont réalisées entre des banques et des entreprises. Le reste, 93% des transactions, est un jeu entre financiers, nourri par cette garantie implicite des États aux grandes banques mixtes.

On voit dans toutes ces réformes l’impact du très puissant lobby de l’industrie bancaire. Les responsables politiques sont-ils encore capables de lui résister ?

Au niveau des institutions européennes, le lobbying du secteur bancaire est un énorme rouleau compresseur. C’est ce que montre le rapport de l’ONG Corporate Europe Observatory, qui a comptabilisé 1700 lobbyistes dans le secteur financier européen. En décembre 2013, Michel Barnier a interdit à ses équipes de recevoir les lobbyistes des banques, pour mettre fin aux pressions quotidiennes. Il a fermé la porte, mais les banques sont rentrées par les fenêtres, via les États.

Malgré ce rouleau compresseur, la Commission européenne propose des textes qui ont plutôt de la tenue et un vrai objectif. Même si nous sommes les premiers, à Finance Watch, à en pointer les insuffisances. Le Parlement s’empare vraiment des dossiers, les travaille, réussit à faire avancer des questions, malgré les pressions. Mais le Conseil européen, composé des États membres, subit un phénomène relativement pervers : chaque État souffre d’une forme de capture par son industrie financière nationale, et s’érige en défenseur de ses champions nationaux, « ses » banques. Et chaque État va, à tour de rôle, bloquer l’avancée des dossiers au niveau du Conseil européen, ou les édulcorer de façon considérable. Les gens qui ont le pouvoir en Europe aujourd’hui ne représentent pas l’intérêt européen, mais les intérêts nationaux. Le phénomène de capture des responsables politiques par les lobbys bancaires est exacerbé par la gouvernance européenne déficiente.

Comment le lobby bancaire fait-il pression sur les États ?

Ce qui se passe dans les États est de nature un peu différente, ce qui rend le jeu encore plus complexe et biaisé. Il y a une grosse disproportion de moyens sur le terrain à Bruxelles, on ne joue pas à armes égales. Mais dans les États membres, ce sont des réunions entre PDG de banques et ministres, l’impact est beaucoup plus considérable. Et moins visible. En Allemagne, il y a une culture de proximité phénoménale entre les politiques et le système bancaire : 50 % des élus allemands, y compris des élus au Bundestag, sont administrateurs des caisses d’épargne de leur circonscription. En Grande-Bretagne, la capture est d’ordre intellectuel : la City (place financière de Londres) est une espèce de vache sacrée. Une décision qui coûte un centime à la City va être considérée comme mauvaise pour toute la Grande-Bretagne. En France, l’influence est plus discrète. Il faut regarder qui sont les personnes qui dirigent la Fédération bancaire française : des énarques et et des inspecteurs des finances, comme de l’autre côté, au ministère. Cela facilite les échanges, on se comprend à demi-mot. C’est une capture sociologique.

L’organisation que vous dirigez, Finance Watch, a-t-elle des moyens suffisants pour faire contre-poids face à ces pressions du lobby bancaire ?

Nous avons eu la chance de connaître un bon envol, depuis le démarrage il y a trois ans. Finance Watch répondait à un vrai besoin, au bon moment. L’organisation a été créée à l’appel de 22 puis 200 élus européens, de tous horizons politiques, qui ont souligné l’importance de rééquilibrer les débats sur ces questions. Cela donne une dynamique. Nous sommes très sollicités par les régulateurs, les gouvernements, les parlementaires, qui ont besoin d’un plaidoyer qui prenne en compte l’intérêt général.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

@AgnesRousseaux

- Pour aller plus loin, le site de Finance Watch

A lire : Christian Chavagneux et Thierry Philipponnat, La capture, Où l’on verra comment les intérêts financiers ont pris le pas sur l’intérêt général et comment mettre fin à cette situation, Editions La Découverte, 2014, 192 pages, 12 euros.

 

Notes

[1Secrétaire général de l’ONG européenne Finance Watch, Thierry Philipponnat a travaillé pendant 20 ans dans le secteur bancaire, puis a été responsable d’Amnesty international France. Il a été nommé en novembre 2013 au collège de l’Autorité des marchés financiers, en France

[2Directive BRRD - Bank Recovery and Resolution Directive

[3Le « paquet CRD IV », qui transpose dans le cadre législatif européen, par un règlement et une directive, les accords internationaux de Bâle III sur les nouvelles normes mondiales sur les fonds propres des banques, est entré en vigueur le 17 juillet 2013. Ces accords porte notamment le ratio de solvabilité global de 8% à 10,5% du bilan des banques. Et les exigences de fonds propres « durs », les plus mobilisables, passent de 2% à 7%

[4La proposition intègre deux mesures phares : l’interdiction pour les banques, à partir de 2017, de spéculer pour leur propre compte sur les produits financiers s’échangeant sur les marchés (actions, obligations, produits financiers complexes...) et sur les matières premières. Et donner le pouvoir à la Banque centrale européenne d’imposer le cantonnement dans une filiale séparée des activités de marché jugées à haut risque, réalisées pour les clients des banques. Lire le détail ici.

[5Notamment via le LTRO, « Long term refinancing operations », prêts à long terme — trois ans — accordés aux banques par la Banque centrale européenne pour éviter un effondrement du crédit. Deux LTRO, d’un total de 1000 milliards d’euros, à taux très faible, ont été accordés en décembre 2011 et février 2012.

[6Soit en achetant de la dette d’État, soit en replaçant les liquidités auprès de la Banque centrale européenne — c’est le serpent qui se mord la queue ! — soit en plaçant cet argent dans les marchés financiers en général.


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Source : www.bastamag.net

 

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 21:38

 

CADTM

 

 

Source : cadtm.org

 

Conférence à Athènes, Grèce

Tant qu’un pays rembourse une dette illégitime, elle augmente !

2 mai

 

 

Tant qu’un pays rembourse une dette illégitime, elle augmente !

Conférence-débat le 7 mai 2014 à 19h00 à Athènes avec Sofia Sakorafa (députée), LeonidasVatikiotis (Université de Chypre), Georges Katrougalos (juriste), Spyros Marketos (Université de Thessalonique) et Eric Toussaint (CADTM international)

Organisé par ELE (Initiative pour un Comité d’Audit)

 

Les chiffres publiés par Eurostat le 23/4/2014 sur l’évolution de la dette publique et le déficit public mettent à nu la politique du gouvernement et de la troïka. L’augmentation de la dette publique jusqu’à 175.1 % du PIB en 2013 (ou 318.7 milliards d’euros), tandis qu’en 2010 elle s’élevait à 148.3 % du PIB (329.5 milliards d’euros), et l’augmentation du déficit public à 12.7 % du PIB (23.1 milliards d’euros) alors qu’il atteignait 10.9 % du PIB (24.1 milliard d’euros) en 2010 prouvent l’échec cinglant de la politique d’austérité brutale.

Les politiques de la troïka et des gouvernements Papandreou, Papademos et Samaras ont réussi à briser les salaires en les comprimant jusqu’à 480 euros, à faire exploser le chômage jusqu’au record européen de 28 %, à imposer la plus grande récession jamais observée dans l’histoire de la Grèce (21%), à pousser des dizaines milliers de jeunes à l’émigration, à conduire vers le suicide plus de 6.000 citoyens et à transformer la Grèce en une sorte de colonie pour dette, une sorte d’esclavage pour dette.

Face à cette réalité brute, qui annule les discours dithyrambiques sur le surplus primaire, il devient absolument nécessaire de créer un comité d’audit international pour obtenir l’annulation de la plus grande partie de la dette publique (en commençant par toutes les dettes envers le « Mécanisme Européen de Stabilité » (MES), qui constituent plus de 66 % de la dette publique totale), et fonder en droit une décision unilatérale souveraine de répudiation de cette dette.

L’Initiative pour un Comité d’Audit (ELE) invite à cette conférence-débat publique le 7 mai 2014 à 19h00 (à la Maison de l’Association des Journalistes, rue de l’Académie, Athènes), où vont être discutées les dimensions politiques, économiques, juridiques, historiques et internationales d’un tel choix.

Orateurs :
Sofia Sakorafa (députée), LeonidasVatikiotis (Université de Chypre), Georges Katrougalos (juriste), Spyros Marketos (Université de Thessalonique) et Eric Toussaint (CADTM international)

Coordination :
Aris Hadjistefanou, directeur des films : Debtocracy (2011), Catastroïka (2012), Fascism Inc. (2014)

See more at : http://elegr.gr/details.php?id=459#sthash.Ek6Am9kL.dpuf

 

 

Source : cadtm.org

 


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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 21:16

 

CADTM

 

Source : cadtm.org

 

 

« Nous devons sauver les citoyens et non pas les banques »

3 mai par Adela Zamudio , Pepe Mejia

 

 


Le seul candidat immigré de la liste “Podemos” aux prochaines élections européennes.

Combattant reconnu des droits de l’homme, pendant le régime de Fujimori il a été condamné par un tribunal militaire sans visage à vingt ans de prison, il a eu un rôle de premier plan en tant que porte-parole de la "Plate-forme 0,7" pour allouer 0,7 pour cent du PIB à des programmes de coopération et de lutte contre la faim et la pauvreté.

Interview de Pepe Mejia par Adela Zamudio

Né au Pérou il y a cinquante six ans, il était engagé dans sa jeunesse dans des groupes de base chrétiens dans la province de Callao. Plus tard, il a milité et participé à divers mouvements sociaux de solidarité avec le Salvador, le Nicaragua, contre l’OTAN, contre la Constitution européenne, la célébration du cinquième centenaire du réseau citoyen pour l’abolition de la dette extérieure (RECADE). Il a participé à plusieurs actions comme des occupations d’ambassades, pour les immigrés, des grèves de la faim, l’occupation de la banque Santander à Madrid, le camping et l’enchaînement aux grilles des Cortes pour exiger une loi de coopération juste et solidaire. Avec une vingtaine de militants il a occupé pendant quinze jours la cathédrale de l’Almudena. Et il poussa un cri en quechua dans les fêtes de Mota del Cuervo dans la province de Castille La Manche.

Il recevait le prix des droits de l’homme de l’association pour la défense de la vie (ADEVI) du Pérou, pour la récompense de la coopération par la fondation indépendante pour la liberté d’expression de l’union des journalistes d’Espagne après l’assassinat de huit journalistes péruviens à Uchuraccay.

Membre d’ATTAC depuis sa fondation, Pepe Mejia a participé à la plate-forme pour la défense de la santé publique d’Amérique latine à Madrid et à la coordination des quartiers d’Amérique latine (COVELA). Le cercle Podemos de Carabanchel Amérique latine l’a élu, avec Fani y Enrique, candidat aux primaires. Il est entré dans la liste aux élections européennes avec l’intention « d’expliquer les valeurs de Podemos comme un projet né d’en bas et la nécessaire articulation pour en finir avec les voleurs, les escrocs et les assassins ».

Question. Qu’est ce que Podemos ?

Réponse. Podemos est un projet qui vise à recueillir toute la colère causée par les banques, leurs agents et leurs complices, les politiciens corrompus du PSOE et du Parti Populaire principalement, et articuler une force politique pour gagner la majorité sociale pour évincer les responsables de cette fraude qu’on veut nous vendre comme crise. D’autre part, Podemos est un espace pour expérimenter des embryons de pouvoir populaire à travers les cercles. Nous sommes plus de trois cents et c’est la plus grande force de ce projet qui a suscité tant d’espoirs.

Question. Divers milieux ont manifesté publiquement des critiques par rapport à la prise de décision à l’intérieur de Podemos, des accusations de verticalisme et d’autoritarisme. Quelle est votre opinion sur la décision de remplacer le logo de Podemos sur le bulletin de vote par la photographie de Pablo Iglesias ?

Réponse. Les cercles veulent acquérir plus d’autonomie, car ils sont le moteur du projet. Tout le pouvoir aux cercles, ce sont eux qui commandent. Mais il est vrai aussi que les décisions sont prises en dehors des cercles et c’était très tangible dans le cas de Verstrynge. De nombreux membres des cercles ont demandé des explications auxquelles Pablo Iglesias devait répondre. En ce qui concerne le changement du logo par la photographie de Pablo, je suis en désaccord avec cette décision qui a été prise sans consultation préalable des cercles. Je n’aime pas le culte de la personnalité. Podemos est un projet collectif ou il n’est pas. Cependant, il ne fait aucun doute que Pablo a une bonne image médiatique et c’est ce support médiatique qui nous permet d’expliquer notre discours. De mon point de vue il doit y avoir un équilibre entre la figure médiatique et la consultation, l’information et le compte rendu des cercles. Il y a les obligations de la campagne électorale mais ce n’est pas un prétexte pour empêcher la démocratie participative et horizontale. Nous pouvons et nous devons conjuguer la démocratie interne et d’autres formes d’action politique avec les obligations de la conjoncture.

Abroger les décrets lois de la réforme du travail

Question. Quelles sont les idées fortes et les propositions de Podemos pour les élections européennes ?

Réponse. En premier lieu, sauver les citoyens et non pas les banques. Abroger les décrets lois de la réforme du travail qui nous conduisent à la faim et à la misère. Des salaires et des retraites dignes, l’audit citoyen de la dette publique et privée. Nous nous concentrons sur la mise en œuvre de la taxe Tobin sur les transactions financières et le renforcement des sanctions contre les infractions fiscales. Nous nous proposons de surveiller et de limiter les activités des groupes de pression et de défendre la liberté d’expression, de réunion, de manifestation et de participation populaire, de défendre les droits des homosexuels, lesbiennes, transexuels, bisexuels et intersexuels.

Question. Quelle est votre position sur l’avortement ?

Réponse. Je soutiens le droit de décider de notre propre corps, de protéger les droits sexuels et de reproduction et d’assurer la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle et familiale pour les femmes comme pour les hommes.

Question. Quelles sont vos propositions en matière d’immigration ?

Réponse. Nous sommes toujours traités comme une main d’œuvre pas chère et sans droits. Nous demandons la reconnaissance de nos droits et l’abrogation des lois contre l’immigration, la fermeture des centres de rétention des étrangers (CIE), la suppression des programmes Frontex contre l’émigration et la suppression de la directive de la honte. Nous demandons la suppression des clôtures de Ceuta et Melilla. Nous luttons contre les entreprises qui profitent de notre situation et nous exploitent comme des esclaves. Nous disons que la résidence ne dépend pas de notre revenu. La citoyenneté, notre citoyenneté, n’est pas à vendre. Nous demandons la liberté de circulation et le droit de vote où nous vivons et travaillons, sans contrepartie.

Question. Malgré toutes les problèmes que vous rencontrez, faites vous tout ce que vous devez faire pour lutter contre la corruption ?

Réponse. En ce qui concerne la lutte contre la corruption, je pense que nous ne faisons pas assez. La corruption ronge toutes les entrailles de l’État, y compris la monarchie. Le discrédit et la méfiance envers ce régime augmentent tous les jours. Les gens croient de moins en moins dans les institutions nées du mal nommé modèle de la transition. Il y a mille sept cents cas, cinq cents mises en examen et seulement vingt sont en prison. Ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas continuer comme cela.

Reconnaître le droit des peuples de décider

Question. Et sur ​​la scène internationale, que défend Podemos ?

Réponse. Il faut conquérir la souveraineté pour construire la démocratie. Et cela vaut pour l’abrogation du traité de Lisbonne pour que les services publics ne soient pas soumis au principe de la concurrence et ne soient pas transformés en marchandises, la modification des traités de libre échange qui ne profitent qu’aux sociétés transnationales et ne respectent pas les droits humains et la reconnaissance du droit de décider des peuples d’Europe.

Question. Qu’en est-il de l’environnement et de l’écosystème ?

Réponse. Il est nécessaire de développer le monde rural pour rééquilibrer la société, de protéger, de manière globale, l’environnement, de promouvoir des actions visant à réaliser des politiques de souveraineté alimentaire, l’agriculture durable, la protection de la biodiversité agricole et des coopératives agricoles. Garantir le droit à l’eau comme un droit humain fondamental.

Question. Que pouvez-vous ajouter concernant vos propositions ?

Réponse. La protection des animaux en prévoyant des peines pour des actes de violence et de négligence et l’élimination de toute utilisation de fonds publics pour les activités néfastes aux animaux. Interdire la tauromachie et le trafic d’espèces exotiques ou en voie de disparition. Nous pouvons présenter un candidat à l’engagement à la transparence, des ressources propres et non dépendantes des banques, nous n’avons pas demandé des prêts des banques pour financer notre campagne, nous avons signé un engagement de rotation des charges et d’un revenu équivalent au salaire moyen, avec une liste paritaire et soutenue par des militants sociaux.

Question. Comment êtes-vous organisés ?

Réponse. Nous sommes organisés en cercles territoriaux et sectoriels. Il y a des cercles de la santé, de l’immigration et dans les districts, les quartiers et les villes. Nous sommes en train d’organiser les coordinations au niveau régional. À Madrid, nous réunissons tous les porte-paroles des cercles chaque semaine et nos cercles, véritables embryons de pouvoir populaire, chaque semaine dans certains cas, ou comme chaque cercle le décide. Des commissions de travail ont été créées en fonction des besoins. Nous suivons le critère de l’horizontalité et de la participation. Il y a beaucoup d’autonomie et petit à petit nous réalisons « tout le pouvoir aux cercles ».

                                                                                                                                                                                                                  Source : cadtm.org

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 20:58

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur

 

 

Pierre Charasse : « La crise ukrainienne accélère la recomposition du monde »

 

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 02/05/2014 à 10h10

 

 


Illustration choisie par Pierre Charasse pour son blog

 

Pierre Charasse (non, pas Michel !) est un ancien ambassadeur. Il tient aujourd’hui un très intéressant blog au titre éloquent – La tour de Babel – consacré à une analyse critique de la mondialisation. Il vient de donner ses conclusions sur l’affaire ukrainienne. Saignantes pour l’Otan et le G7.

La crise ukrainienne, écrit Pierre Charasse, révèle à quel point les populations occidentales sont manipulées par leurs médias, distillant le venin d’une russophobie imbécile, noyant les explications pourtant brillantes de Poutine sous le déluge des réactions toutes plus stupides les unes que les autres des suppôts de l’Otan.

A la différence des Occidentaux, Poutine, en bon joueur d’échec, « a plusieurs coups d’avance grâce à une connaissance profonde de l’histoire, de la réalité du monde », écrit encore Pierre Charasse.

Bien aidé par la bêtise suffisante de ses adversaires, se riant de l’agitation névrotique de l’Union européenne, le voilà en passe de conjurer le signe indien hérité de la chute de feu l’empire soviétique.

Le G7 et sa fessée sado-masochiste

En face ? Eh bien en face, ça patauge sévèrement. Comme en témoignent les vaines rodomontades d’un G7 appliqué à s’auto-administrer ce qu’un ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, appelle méchamment une « punition sado-masochiste ».

En novembre prochain, il y aura un G20 à Brisbane en Australie, c’est-à-dire les membres du G7 plus les pays des BRICS. Pierre Charasse :

« Il est à peu à peu près sûr qu’il y aura une majorité au sein du G20 pour condamner les sanctions à la Russie, ce qui de fait reviendra à isoler le G7. »

Car par leurs tours de force foireux à répétition, nos glorieux sponsors de néo-nazis putschistes auront réussi l’exploit de souder un peu plus le monde des émergents. Et se les mettre à dos.

Vents contraires

Fort de son avantage sur le terrain énergétique (ah, ce gaz obstinément russe !), Poutine va se rendre en Chine courant mai pour y signer un accord de coopération aussi bien stratégique que financier, puisque les transactions ne s’y promettront plus en dollar, mais dans les monnaies nationales des deux nouveaux alliés. Pierre Charasse :

« Et dans le même mouvement de rapprochement la Chine et la Russie pourraient signer un accord de partenariat industriel pour la fabrication du chasseur Sukhoï 25, fait hautement symbolique. »

Les vents contraires, note Pierre Charasse, soufflent de partout, et s’approchent même dangereusement des frontières de l’empire vacillant :

  • l’accord de coopération conclu en 2002 entre la Russie et l’OTAN pour acheminer via le territoire russe un matériel logistique indispensable en Afghanistan ne tient plus qu’à un mauvais fil ;
  • la Banque de développement que les BRICS souhaitent opposer au FMI et à la Banque mondiale, pourrait bien éclore lors de leur prochain sommet de juillet au Brésil ;
  • enfin, lors du G20 de Brisbane, il sera intéressant de suivre la position du voisin mexicain, tiraillé entre la crainte de rester à bord du Titanic occidental et l’envie pressante de rejoindre le radeau de survie de ses compagnons émergents d’infortune.

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur

 

 

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 20:41

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Lobby, Djoba.. 03/05/2014 à 11h49

Plan contre l’évasion fiscale : pourquoi les multinationales dorment tranquilles

 

Pascal Riché | Cofondateur Rue89

 

 


La caisse d’un Apple Store parisien, le jour du lancement de l’iPhone 5, le 21 septembre 2012 (PRM/SIPA)

 

En 2009, quand la planète sombrait dans les affres de la crise financière, tout le monde autour de la table du G20 était d’accord : il fallait remettre de l’ordre dans la finance, supprimer le secret bancaire et s’entendre pour casser l’évasion fiscale. Cinq ans plus tard, l’organisation Oxfam fait le bilan de ces beaux projets dans une note publiée vendredi [PDF]. Son constat : la réforme qui est en discussion ne semble pas perturber pas le sommeil des dirigeants des entreprises championnes de l’évasion fiscale.

Comment on échappe à l’impôt
Les multinationales ont l’art de faire jaillir les bénéfices soit dans des activités peu imposées, soit dans des parafis fiscaux, soit dans des pays qui leur offre des avantages fiscaux pour les attirer ; elles peuvent aussi surestimer ou sous-estimer les prix des biens et services échangés entre leurs propres filiales. Plusieurs ont été épinglées : Oxfam cite Apple, Amazon, Google, Vodafone, Ikea, eBay, Zara et Starbucks,

Deux chiffres pour prendre la mesure de l’ampleur du problème : d’après l’OCDE, les multinationales paient en moyenne 5 % d’impôt sur les sociétés, contre environ 30 % pour les petites entreprises.

Sous l’impulsion du G20, l’OCDE a donc engagé l’an dernier un « plan d’action concernant l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices » (BEPS). Il vise à supprimer les doubles « non-imposition » et à introduire de la transparence dans les pratiques des multinationales, afin qu’elles paient des impôts là où se déroulent véritablement leurs activités.
Au total, c’est plus de 100 milliards de dollars qui pourraient être récupérés et mis au profit des populations. Le projet BEPS, qui fera l’objet d’un rapport lors de la réunion du G20 à Cairns (Australie) en septembre, doit entrer en vigueur l’an prochain.
Mais il est en train d’être minée par le lobbying efficace des entreprises multinationales, affirme Oxfam dans son rapport, qui pointe plusieurs problèmes

1 Le poids du lobbying des multinationales est disproportionné

 

« Tout d’abord, le lobby des entreprises a actuellement un poids disproportionné dans le processus, dont il joue pour protéger ses intérêts », écrit Oxfam.

Oxfam donne un exemple parlant : fin 2013, l’OCDE a lancé des consultations sur la nécessité de tenir un reporting, pays par pays, afin d’obliger les sociétés étrangères à indiquer la localisation de leurs véritables activités et celle des impôts qu’elles payent.

Mais dans le cadre de cette consultation, près de 87 % des contributions provenaient du business. Les 13 % restants incluaient des contributions d’ONG ou d’experts et d’un syndicat. Aucune des administrations fiscales des pays en développement n’a été consultée.

« Sur les 135 contributions, seules cinq proviennent de pays en développement et 130 proviennent de pays riches, avec une part considérable (43 %) provenant du Royaume-Uni et des États-Unis. »

Evidemment, la quasi-totalité (94%) des réponses qui émanent du secteur des affaires montrent une opposition à ce projet de transparence.

La consultation leur a au final été profitable : l’OCDE a renoncé à plusieurs exigences de transparence qu’elle prévoyait initialement de poser... Une « bonne nouvelle », a exulté la société comptable internationale KPMG.

Autre exemple des abus constatés par Oxfam, la proximité entre les experts de l’OCDE et les groupes de défense des multinationales.

  • Une des représentantes d’un lobby de sociétés numériques américaine, consulté par l’OCDE sur les défis fiscaux de l’économie numérique, était ainsi, jusqu’en 2011 :

« une employée de l’OCDE qui occupait alors un poste de haut responsable sur les questions de politique fiscale concernant les groupes internationaux en ligne et hi-tech »...

  • En sens inverse, l’OCDE a nommé comme responsable de son service « prix de transfert » (qui examine les montages fiscaux entre filiales) un des partenaires de KPMG à Londres, entreprise directement impliquée dans le lobbying pro-multinationales.

Conclusion d’Oxfam :

« Il faudrait mettre un terme à cette ronde entre législateurs fiscaux et conseillers des sociétés comptables. Ces derniers influent souvent sur l’élaboration des politiques fiscales contenant des failles qu’ils s’empressent ensuite de vendre à leurs clients. »

Cela porte un nom, le conflit d’intérêt.

2 Les Etats-Unis coprésident le groupe de travail « numérique »

 

Autre sujet de préoccupation pour Oxfam : les Etats-Unis coprésident (avec la France) le groupe de travail BEPS sur l’économie numérique. Or :

« les Etats-Unis ont un intérêt particulier dans ce groupe, car ils accueillent certaines des plus grandes sociétés numériques dans le monde (Google, Amazon, Facebook et Apple, pour ne citer qu’eux). Il s’agit de sociétés ayant fait l’objet de scandales retentissants en matière de planification fiscale agressive. »

C’est un peu comme si l’on confiait au Luxembourg la présidence d’un groupe de travail sur les moyens d’éradiquer le secret bancaire (ce à quoi il s’y est finalement résigné, il est vrai)...

3 Les pays en développement n’ont pas voix au chapitre

 

Les intérêts des pays qui n’appartiennent pas à l’OCDE ou au G20 ne sont pas représentés dans ces négociations. Soit les quatre cinquièmes des Etats du monde... C’est « profondément scandaleux », tranche Oxfam qui craint que « tout accord continuera inévitablement de servir les intérêts des pays les plus puissants et les plus impliqués ».

Les pays hors OCDE seront certes « consultés », mais la manière dont leurs remarques seront prises en compte n’est pas définie. Par ailleurs, de nombreux pays n’ont pas les moyens d’envoyer des délégations participer à cette consultation. Par exemple :

« Dans un pays comme le Salvador, le service fiscal international n’en est qu’à ses balbutiements et n’emploie qu’une seule personne, entièrement occupée à la gestion de la nouvelle législation sur les prix de transfert. »

4 Un plan axé sur les intérêts des pays riches

 

Enfin, Oxfam déplore que le plan d’action se concentre sur les intérêts des pays riches. Son principal objectif est ainsi de réduire la « double non-imposition » des multinationales (ce qui permettrait de collecter plus d’impôts dans les pays où ces firmes ont leurs différents sièges). Selon Oxfam, certaines nouvelles règles ne sont pas adaptées à de nombreux pays en développement. Ces derniers

« ne tireront aucun profit de mesures qui augmentent les recettes fiscales dans les pays riches » où « résident » les multinationales, sans pour autant créer de nouvelles recettes dans les pays à la « source » des profits. »

De même, l’accent du plan est mis sur les sociétés de haute technologie, alors que les pays pauvres sont surtout affectés par l’évasion fiscale organisée par les sociétés agro-alimentaires ou minières.

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 20:24

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/paroles-syriennes

 

 

Vidéo : Reportage de SMART sur un projet de boulangerie bénévole à Deir Ez-Zor

Fidèles à notre ligne, consistant à faire la lumière sur les efforts des Syriens pour survivre, nous vous présentons ce court reportage sur la mise en route d’un four à pain à Deir Ez-Zor. Elle a été traduite par notre équipe.

Le contenu mis à part, ce qui est également intéressant est que cette vidéo a été produite par SMART, qui a été créé en 2011 comme un groupe de média Syrien amateur. De nombreux groupes médias se sont en effet constitués depuis 2011.

Les médias officiel syrien se sont tout de suite décrédibilisés en couvrant la crise syrienne de manière inique et totalement biaisée. Pour ceux qui en doutaient, ils sont pleinement apparus comme les outils de propagande du régime en place. Puisque les journalistes internationaux ont rapidement été menacés par le régime, et puis ensuite par l’émergence de groupes extrémistes, ce sont les Syriens ordinaires qui ont dû pallier à l’absence de couverture internationale en devenant journalistes amateurs. Depuis lors long chemin a été parcouru par ces journalistes et groupes médias.

Cette vidéo est un exemple parmi tant d’autre, montrant la progressive professionnalisation de ces groupes. La qualité s’améliore et l’on voit désormais émerger un véritable paysage médiatique, qui concurrence pleinement les médias “traditionnels” syriens, tous subordonnés au régime.

 

 

 

 


Source : blogs.mediapart.fr/edition/paroles-syriennes

 

 


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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 20:13

 

Transmis par "Les alternatifs30"

 

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 

*Note perso : Le choix de certaines infos transmises ci-dessous sont propres à leur auteur(e) et ne sont relayées qu'à titre indicatif...

 

 

 

 

 

 

 LES INDIGNE/E/S «  DEMOCRATIE REELLE NÎMES » - 

AG chaque mercredi 18h et samedi  13h - Maison Carrée 

 

Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu 

 

 

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Samedi 3 mai

Fête des ressources Locales avec Assoc Les Pensées Sauvages Infos 0673274180

Cabrières

 

Samedi 3 mai

Tour de Croco Vélo

Palais de Justice

11h

Lundi 5 mai

Fin Marche anti nucléaire TRICASTIN : STOP Fuites Fermeture du SITE Contact 0466836855

TRICASTIN

11 à 15h

Mardi 6 mai

Collectif STOP TAFATA 30

St Génies de Malgoires

19h

Mardi 6 mai

Réunion préparatoire Foire AUTOGESTION

St Jean Du Gard

18h30

Samedi 10 mai

Femmes en Noir pour la Palestine

Place de l’Horloge

11 à 12h

Samedi 10 mai

AFPS soutien aux Palestiniens

Carré d’Art

15 à 17h

Dimanche 11 mai

Vide-grenier Gambetta et Place St Charles

Boul Gambetta

8 à 18h

Jeudi 12 mai

Réunion ENSEMBLE Nîmes

Lodon Tavern

18h30

Mercredi 14 mai

Rassemblement soutien Collège St Génies

Inspection Académique Nîmes

12h30

Jeudi 15 mai

Journée d’action Fonction Publique : grèves, manif++

 

 

Samedi 17 mai

Conseil Municipal de Nîmes

Mairie de Nîmes

8h

Samedi 17 mai

Journée des résistances et des alternatives

Journée ANTI TAFTA

 

 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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