Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 21:45

 

Info reçue par mail

 

"On va brûler des forêts, transporter du bois sur 400 bornes et perdre 60 % de l’énergie. C’est un gâchis qui profite à une multinationale. C’est de l’opportunisme, du greenwashing : on repeint en vert une démarche économique. Leur boulot, ce n’est pas de retaper la châtaigneraie cévenole."

 

Cévennes : une multinationale veut exploiter la châtaigneraie

  ARNAUD BOUCOMONT

 La multinationale E.On propose d'exploiter le bois cévenol et de le transformer en électricité dans son usine de Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône. Eldorado ou massacre ? Pros et antis s'affrontent.

Voilà des décennies que pas grand monde ne se souciait de la châtaigneraie cévenole. "C'est une belle endormie à moitié morte, elle a été abandonnée depuis une cinquantaine d'années", insiste Christophe Gleize, patron de l'entreprise forestière UFV au Vigan et président d'Arfobois, l'interprofession rassemblant la filière en Languedoc-Roussillon.
Et voilà qu'un groupe allemand, E.On, se penche au chevet de la belle mourante. Pour la réveiller, au terme d'intérêts communs bien compris. Un mariage de raison plus que d'amour, mais au moins une perspective : fournir la multinationale en bois cévenol, pour brûler ce bois mort ou mal conformé aujourd'hui difficilement valorisable et le transformer en électricité, au sein de l'usine de Gardanne (Bouches-du-Rhône). Et assurer ainsi une seconde vie aux Cévennes.

A Gardanne, l'usine E.On attend le bois cévenol

Si E.On marche sur des œufs en Cévennes, il fait face à un contexte également polémique en interne : les grèves se sont succédé sur le site de Gardanne, dans le cadre de la restructuration de cette usine spécialisée dans le charbon qui se reconvertit à la biomasse… Avec une réduction d’effectifs à la clé. Une visite de presse de l’usine était prévue vendredi. Elle a été annulée au dernier moment, sur fond de négociations sociales tendues.
35 000 tonnes de bois des Cévennes
La mise en service industrielle est prévue pour la mi-2015. La moitié de l’approvisionnement forestier se fera via des importations, dans un premier temps. "Notre engagement est de voir ces importations disparaître dans dix ans", indique Stéphane Morel, le secrétaire général d’E.On France. Un chiffre annuel de 35 000 tonnes est avancé pour les Cévennes, mais c’est "une estimation crédible", qui peut être revue à la hausse ou à la baisse. "45 000 tonnes, pourquoi pas. Sur 300 000 hectares, la superficie totale des Cévennes, ça correspond à une surface entre 500 et 2 000 hectares", précise-t-il.
Après des réunions un brin tendues, sur le mode "E.On dehors !", rappelle le secrétaire général, la situation s’est apaisée, estime-t-il, à force de pédagogie. Un appel à initiatives a été lancé, doté d’une "somme modeste", reconnaît Stéphane Morel, de 200 000 €. Objectif : faire émerger des solutions pour extraire le bois dans les pentes, ou encore amener les petits propriétaires à se regrouper dans des unités de gestion.
Stockage à Gardanne
À Gardanne, le bâtiment de stockage du bois sera prêt à la fin du mois. Turbine vapeur et alternateur seront installés dans l’été. Même si la phase vraiment opérationnelle n’est prévue qu’en 2015, il faut déjà préparer les arrivées : une vingtaine de contrats ont été signés avec différents opérateurs, sur la totalité des zones d’approvisionnement. Quatre l’ont été sur le Gard et la Lozère, "pour un total de 21 000 tonnes" qui atteint déjà les deux tiers de l’objectif cévenol.
E.On justifie ses prix d’achat inférieurs à celui des petites chaufferies : "C’est le prix normal des gros tonnages, avec une visibilité garantie sur quatre ou cinq ans." Quant au fait que l’usine ne fasse que de l’électricité, et pas de la cogénération électricité-chauffage, M. Morel précise que "cette dérogation a été actée par l’État en fonction de l’enjeu électrique pour la région Paca". Et, selon lui, l’efficacité énergétique, qui sera à Gardanne "de 41 %", pourrait passer à "50 % si nous contractualisons de la vente de vapeur".
Opposition de militants associatifs
Mais ne serait-ce pas là le baiser de la mort ? Des militants associatifs dénoncent en tout cas un remake de "la déforestation du XIXe siècle, avec ses conséquences désastreuses, dégradation des sols, inondations, désertification rurale". Nuançons la vision de mort des Cassandre : E.On compte se fournir en bois dans un rayon de 400 kilomètres autour de Gardanne. La part cévenole ne pèserait, annuellement, que pour 40 000 tonnes, sur un total d'environ 400 000. Soit 10 %. Et sur une surface qui va du Vigan à l'Ardèche. Une goutte d'eau, a priori : un grumier peut transporter 40 tonnes de bois. Voilà qui ferait 1 000 camions par an, trois par jour.
5 millions de tonnes de châtaigniers dépérissent dans les Cévennes
"La filière bois estime qu'il y a cinq millions de tonnes de châtaigniers dépérissant dans les Cévennes, assure Christophe Gleize. E.On et la bioénergie en général, c'est une chance, celle de créer des emplois et de protéger la châtaigneraie. Les gens parlent du gaz de schiste, mais notre pétrole, il est là. 1 000 tonnes, c'est un emploi. 40 000 tonnes, c'est 40 emplois."
Bien maigre récolte, pourrait-on dire. Mais le marché de la bioénergie dépasse largement le cadre d'E.On. En 2016, des taxes seront instituées sur les industries polluantes en CO2. De nombreuses collectivités activent donc la bascule vers la biomasse pour leurs chaudières. Les Cévennes pourraient donc profiter d'un marché bien plus large qu'E.On. Et les concurrences commencent à s'aiguiser, tirant les prix vers le haut.
Des prix jugés trop bas
Les acteurs de la filière forestière s'épient, jaloux de leurs territoires. L'usine de papier de Tarascon voit d'un très mauvais œil l'arrivée d'E.On. Le rapport de forces va aussi s'établir entre zones d'approvisionnement : les forestiers provençaux résistent pour l'instant aux offres d'E.On, jugeant les prix trop bas.
Si la bioénergie perturbe le marché du bois, encore faut-il que la forêt cévenole puisse entrer dans le jeu. "Qui va aller couper les arbres ?, interroge Christophe Gleize. Les forestiers préfèrent couper du résineux, beaucoup mieux conformé. Le châtaignier, c'est un bordel innommable." Ils n'ont pas des engins adaptés, les pentes sont sévères et le contexte, une succession de taillis, n'aide pas à un accès facile et à une rentabilisation optimale.
Christophe Gleize plaide pour "un dispositif de compensation" pris en charge par l'État. L'argument fait bondir un autre Viganais, Pierre Muller, adjoint à l'environnement de la ville : "Je ne vois pas pourquoi l'État irait mettre du fric pour faire tenir un projet bancal : il n'y a pas de cogénération, il faut du transport. Et, en plus, on ferait payer le contribuable ? Ce serait du Kafka !"
Christophe Gleize se veut en tout cas rassurant sur un point : les Cévennes ne seront pas massacrées. "On ne va pas faire un gros trou, assure-t-il. On connaît le poids des médias, des locaux qui vont se mettre en association et tout bloquer." Un protocole a été signé entre E.On et le Parc national des Cévennes pour encadrer les exploitations possibles.
L'élue Sophie Pantel : "On ne crache pas dessus, mais on reste vigilant"
Mais il s'agit surtout d'une déclaration d'intentions. Rien n'est cartographié, quantifié. Et ni le PNC ni l'État n'auront les moyens de tout vérifier. "On est protégé par les demandes d'autorisation", se rassure la conseillère régionale Sophie Pantel. "On ne crache pas dessus, mais on reste vigilant, poursuit-elle. Les quantités prélevées sont bien inférieures à ce que prélèvent déjà les entreprises locales. Et ce sont elles qui défoncent les routes et les barrières de dégel, ce n'est pas E.On."
Si le châtaignier n'était pas exploitable, l'usine de Gardanne "n'exclura pas d'exploiter du résineux, dans des zones plus faciles d'accès", note le Mendois Jean-Pierre Lafont, ex-directeur de la Forêt privée lozérienne et gardoise. Ça peut d'ailleurs être une piste : éradiquer la présence des pins qui ont souvent colonisé des pans entiers de montagne.
Redonner de la vigueur aux châtaigniers
Mais pour Jean-Pierre Lafont, il est urgent d'agir sur le châtaignier. "Il faut leur redonner de la vigueur. Et si l'on coupe, l'année d'après, il y a déjà des repousses d'un mètre. C'est une essence qui a besoin d'être renouvelée tous les trente ans. Ça fait soixante ans qu'il ne s'y passe plus rien. J'ai fait beaucoup de réunions sur la châtaigneraie dans ma carrière. Ça intéressait les gens, mais après, rien ! L'amour des Cévenols pour le châtaignier est platonique."
Originaire de Saint-Germain-de-Calberte, au cœur des Cévennes, Jean-Pierre Lafont se navre de voir sa châtaigneraie "crever à petit feu". C'était déjà, dans les années 70, le titre d'un livre de Jean-Pierre Chabrol, Le Crève-Cévenne. Les genêts, envahissants, qui étouffent le pays. La vie qui se retire. À petit feu. Le grand feu de la biomasse parviendra-t-il à la faire renaître de ses cendres ?

Pierre Muller, adjoint à l'environnement au Vigan : "Un gâchis"

Quelle est votre position quant au projet d’E.On ?
Je ne me fais pas trop d’illusions sur la stratégie de ce groupe transnational qui a besoin de points carbone parce qu’il pollue beaucoup sur d’autres sites. Ils ne font pas de cogénération à Gardanne : ils ne font que de l’électricité, pas de chauffage. On va brûler des forêts, transporter du bois sur 400 bornes et perdre 60 % de l’énergie. C’est un gâchis qui profite à une multinationale. C’est de l’opportunisme, du greenwashing : on repeint en vert une démarche économique. Leur boulot, ce n’est pas de retaper la châtaigneraie cévenole.
Ce n’est pas une mauvaise idée en soi de s’y intéresser…

Oui, tout le monde sera d’accord pour dire que la châtaigneraie cévenole est dégénérative. Quelques écolos babas défendent les châtaigniers mais cette châtaigneraie n’est pas défendable. Ça ne peut lui faire que du bien d’être régénérée. Mais il y a beaucoup de nuages sur ce beau projet. Les propriétaires vont prendre leurs 500 € l’hectare et ils achèteront un nouvel écran plat ! Si on fait ça, on aura loupé quelque chose : il faut, au contraire, que les gens se rassemblent, en groupements forestiers ou en coopératives, il faut un suivi de la régénérescence, pour éclaircir, sélectionner les rejets. Et il faut aussi parvenir à brûler le bois localement : pourquoi donner à E.On ce qu’on pourrait utiliser dans des chaudières collectives ici ? On est fauché. Le premier qui se pointe avec un Mickey ou un Disneyland, les maires vont se jeter sur lui. C’est le danger, comme celui du gaz de schiste ou des éoliennes.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 21:30

 

 

Source : www.marianne.net


 

Le traité transatlantique menace aussi le peuple américain

Mardi 10 Juin 2014 à 14:00

 

Alexandre Coste
Journaliste à Marianne chargé de l'animation de la communauté des Mariannautes En savoir plus sur cet auteur

 

Le "Monde Diplomatique", comme l’a fait "Marianne" il y a quelques semaines, propose ce mois-ci à ses lecteurs un grand dossier sur le traité transatlantique. Parmi les points abordés, l’un s’avère très intéressant car peu évoqué dans les autres médias : les dangers que font courir aux citoyens américains ces négociations commerciales si elles aboutissent.

 

Thomas Graning/AP/SIPA
Thomas Graning/AP/SIPA

Non, les Européens ne sont pas les seuls à être menacés par la signature du traité transatlantique. La population nord-américaine a également du mouron à se faire. Dans le grand dossier sur le Grand Marché Transatlantique (GMT) qui paraît ce mois-ci dans le Monde Diplomatique, un article fait le point sur les dix principales menaces qui planent sur le peuple américain.
 
Si la perspective de trouver des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les assiettes est une crainte légitime des opposants au traité en Europe, il faut savoir que le danger est partagé avec les Américains. En effet, aux Etats-Unis, près de la moitié des Etats imposent l’étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM. Mais les compagnies agro-industrielles du type Monsanto font pression pour que ces avertissements passent à la trappe à l’issue des négociations.

Ce n’est pas tout. On apprend que les entreprises pharmaceutiques européennes souhaitent que l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux renonce à ses contrôles indépendants préalables à la vente de médicaments sur le territoire des Etats-Unis. Et le lobby américain Pharmaceutical Research and Manufacturers of America (PHRMA) fait pression pour que le traité limite la capacité des gouvernements américains et européens à négocier la baisse du coût des soins pour les programmes publics de santé...
 
Mais le point le plus spectaculaire et le plus inattendu évoqué dans l'article du Monde diplo est la volonté des négociateurs européens de démanteler les réformes de Barack Obama pour encadrer le secteur financier, en s’attaquant notamment à « la règle Volcker, qui limite la capacité des banques commerciales à développer des activités spéculatives » ou bien encore à « la régulation publique des assurances »

Ironiquement, c’est le merveilleux monde de la banque qui pourrait sonner le glas du GMT. Du moins, c'est ce que prétend aujourd'hui l'exécutif français. La BNP pourrait être condamnée par le gouvernement américain à verser une amende de plus de 7 milliards d’euros pour avoir développé des activités avec des pays sous embargo (Cuba, l’Iran…). Une sanction qui n’est pas du goût de Laurent Fabius et François Hollande. Le président a annoncé qu’il mettrait le traité transatlantique dans la balance lors de sa rencontre avec Barack Obama qui a eu lieu jeudi dernier, lors de la commémoration du Débarquement en Normandie. Le même président qui avait expliqué, par le passé, qu'il fallait « aller vite » dans les négociations car « sinon, nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations »...

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 21:15

 

 

 

*Avant de rédiger une "Charte", présentation rapide et explication plus en détail du "comment" procéder, voici un préambule pour poser les bases de ce qui me paraît nous mouvoir, le pourquoi en quelque sorte du projet "Terre", devenu en cours de route, vous comprendrez peut-être comment, un non-projet (et ce qu'est un non- projet).
C'est un peu rapide, imparfait. J'espère formuler les pensées de tous...et je synthétise, comme d'hab, des pensées mieux et plus formulées ailleurs (en ces jours, importante contribution de Takis Fotopoulos, "Vers une démocratie générale, Seuil 2002", merci Willy...).
Ce n'est pas destiné à nous présenter, "officiellement" tout du moins...ce serait plus un constat d'impasse
, le refus du dictat, la fin des négociations, une déclaration de guerre...
Mais ce ne sera pas un "Sentier Lumineux", nos mains sont nos seules armes!

Biz,
Tina

Apparté (PS est proscrit): Le moto pompe, tout Bernard qu'il était, s'est révélé rétif malgré tous nos efforts mais la pompe à main du Mazet de la Font du Sorbier fonctionne désormais, remplis en 10 mn un bidon de 200 l d'eau. Du coup 12 m de haricots "Kokopelli" ont été semés, les tomates prospèrent...Mais la terre grille et cuit au soleil, vient la canicule, plus question de parler "plantation"...un très grand merci à celui qui a planté le mûrier et le figuier devant le Mazet!
Venez donc sous l'arbre à palabres écouter le bruit de l'eau fraîche qui jaillit. Avec un peu de chance, un fruit vous tomberas dans le bec...plotch!
Bye.

 

 

 

Terre, non-projet associatif, préambule présentatif, à ne pas mettre entre toutes les mains, non destinés aux « décideurs », à l’attention de tous les « dépossédés » :

 

Urbanisation, automatisation, réglementation, mondialisation. Que devient le territoire, celui qui nous entoure au présent sous l’effet de ces puissants mouvements ?

Il se privatise, se spécialise, se marchandise, rétrécit, échappe à tous.

Il n’est plus qu’un cadre anonyme, au mieux une vitrine, une Google map, succession de coordonnées géographiques imprécises et mal renseignées, sur une uniforme toile mondiale gérée ailleurs, dans « le nuage ».

 

Nous devons habiter, créer (produire), échanger…sans territoire rien ne peut se faire.

Est-il obligatoire que ces fonctions se traduisent sur le concret géographique et dans nos vies quotidiennes qu’il conditionne (tout « dématérialisés » que nous croyons devenir) par lotissements pavillonnaires « garage piscine », ZUP et bidonvilles, bureaux climatisés ou hangars surchauffés selon la classe, bitume et parking à peine agrémenté de Disneylands en plastique où on nous vends, en sachet et en poudre,  fabriquée en Syldavie par une firme du Kwandong, la bonne soupe paysanne bien de chez nous? Il en est des nourritures « célestes » comme des nourritures terrestres et on nous vend donc aussi indifféremment Rome, Las Vegas…et même la Démocratie.

 

Terre, quelle place te reste t-il, quelle place nous reste t-il ?  Comment contrecarrer artificialisation et dépossession pour trouver toute notre place, rien que notre place d’insignifiants et merveilleux humains dans l’infinie multitude du vivant ?

 

Terre, c’est ici et maintenant là où tout se passe, mais c’est aussi dans nos fantasmes qu’il faut que le ménage se fasse. Terre, nous n’aurons donc aucun projet pour toi ni pour nous même d’ailleurs, pas de « plan de carrière » ou de « projet personnalisé », pas plus qu’il n’y a de « dessin intelligent »  d’aucun « Grand Architecte ». Nous n’allons pas planifier, nous allons vivre et créer, notre chemin se fera en marchant et il commencera là où nous nous sommes arrêté.

 

Car à l’heure de l’e-commerce, quand sous nos yeux et en urgence TGV, autoroutes, aéroports arrachent les derniers bocages au nom de la vitesse et de la « modernité », pour relier « nulle part » à « nulle part », puisque l’espace est indifférencié, quand il devient moins cher de voler jusqu’à Vladivostok que de traverser, en tram-bus, la moindre Métropole, nous nous sommes de fait arrêtés.

Nous avons cessés de croire au futur parce que celui qu’on nous désigne ressemble à un mur qui nous enferme dans des cases inégales, nous barre tout horizon et sur lequel nous irons tous nous fracasser (et plus grande sera la case, plus grand sera le choc…).

Nous avons aussi cessé de croire qu’autour de nous il y a de l’amour et de l’eau fraîche en suffisance pour en bien vivre, nous avons cessé de croire que le fort doit protéger le faible, que chacun est libre, égal et fraternel…

Quand brûlent les dernières forêts vierges et qu’il n’y a plus place ni pour les vrais loups ni pour les vrai renards et que les poules, même « bio », vivent dans 20 cm2, nous nous sommes inventé une « Loi de la Jungle » selon laquelle il faut, pour toujours croître et ne jamais mourir, que l’homme soit un loup pour l’homme, le renard le plus libre possible dans le poulailler le plus réglementé possible, défense de s’unir pour s’en défendre.

Quand entre les peuples et les continents il ne reste plus que des océans de plastique dans lesquels s’engluent les réfugiés des guerres économiques et se perdent les avions supersoniques, en vérité l’humanité s’est arrêtée et nous devons la remettre en marche.

 

De la « voie royale du Progrès », nous ne voyons plus qu’un chemin miné, bordé des panneaux de la propagande pour un « Meilleur des Mondes », pubs glacées et fictives qui nous voilent ce que nous sommes devenus, détritus surnuméraires, déchets aussi encombrants et inutiles que les objets qu’on ne nous fait plus fabriquer mais qu’il nous faut, pour Sainte Croissance, à tout prix vendre et acheter.

 

Nous prendrons donc les chemins de traverse, sans balisage. Nous croirons donc au présent et en nous mêmes, la suite est aussi simple que mettre un pied devant l’autre, il faut juste le faire et commencer.

 

Puisqu’on nous veut atomes individualistes, nous serons alliage collectif. Puisqu’on nous pense « Equivalent Temps-Travail » ou « Unité de Consommation » nous serons « improductifs » et nous pratiquerons le don gratuit et réciproque. Puisqu’on prétend nous diriger, « Nation » par « Nation », dans un simulacre universel de démocratie représentative  à laquelle ne participent que les Rois d’un Marché mondialisé et leurs acolytes « communicants », nous créerons « Démos » par « Démos », la fédération autogérée des peuples pour discuter et décider, dans des usines sans patrons, des bureaux sans cadres, des écoles sans maîtres, des familles sans Pater, que produire, pourquoi le produire, comment le produire par qui et pour qui le produire.

 

Nous reprendrons le territoire et les biens communs, nous repeuplerons et unirons villes et campagnes, construirons un espace ou tout être vivant aura sa place pour vivre sous un même soleil sur notre unique Terre et pourra croître selon sa propre nature.

 

Concrètement et dans le but de s’extirper de la fange qui nous englue et nous aspire vers l’abîme nous devons, là ou nous sommes, nous constituer, comme l’ont fait les « Indignés », en Assemblée locales, discussives et exécutives, pour des actions « contre » leur système et des réalisations « pour » un autre système, notre système. Notre propagande, ce sera non plus uniquement des slogans, aussi éducatif, jouissif et festif soit-il de les lancer à la face des puissants, mais aussi des réalisations concrètes, ici, dans le pays et parmi la population qui nous entoure, notre démos.

 

Portés par la dernière vague des révolutions et des mouvements « Occupy quelque chose », nous, « Indignés », avions commencé des projets dont beaucoup ont avortés. Certains, parmi ceux que nous avons échoués à construire sont et seront, ici ou ailleurs, immanquablement repris et réussis par d’autres. Que nous importe que ce soit nous qui réussissions, c’est la construction de ces projets qui compte, pour l’exemple, pour dire à tous que ce nouveau monde est non seulement possible mais désirable. Marinaleda, c’est loin, Alternatiba c’est à Bayonne…mais ici, autour de nous se sont crées des dizaines de « Marinaleda », moins célèbres mais tout aussi réels. Ces gens ne nous ont pas attendu, ils ont fait.

Nous aussi avons cependant impulsé deux réalisations concrètes, qui ne sont pas des « terrains de loisir » mais des lieux pour produire (créer) que ce soit des légumes ou du lien, nous les feront vivre chacun à sa  manière et un bel avenir leur est promis. C’est ici, entre la ville et sa périphérie, ce sont nos bases, nos laboratoires d’où nous irons « contaminer » le monde alentour. Ce sont là nos non-projets associatifs, qu’ils vivent !

 

Une autre vague va se lever, elle gronde  et déferle déjà à l’horizon, si c’est son impact qui détruit le mur (transatlantique… tout en commémorant la chute du dernier, « on » nous en bâtit un autre…) qui nous emprisonne ce ne sera pas elle qui l’aura pulvérisé, mais l’impact de toutes celles qui l’auront ébranlé auparavant. Nous, « gouttes d’eau » ou « autres colibris », si le choc nous disperse encore et que, comme à cette heure, nous flottons au hasard portés par les remous désordonnés de la mer qui se reforme, nous devons, enthousiastes particules, avec toutes autres « gouttes d’eau » ou « colibris » qui nous entourent, nous soulever encore à nouveau.

Il va tomber !

 

TINA

 

 


Repost 0
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 21:09

 

 

 

Transmis par "Les alternatifs30"

 

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 

 

 

*Note perso : Le choix de certaines infos transmises ci-dessous sont propres à leur auteur(e) et ne sont relayées qu'à titre indicatif...

 

 


 

 

 

LES INDIGNE/E/S «  DEMOCRATIE REELLE NÎMES » - 

AG chaque mercredi 18h et samedi  13h - Maison Carrée 

 

 

Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Mardi 10 juin

Collectif Roms

APTI

18h

Mardi 10 juin

Réunion prépa manif anti extrême droite et mémoire Clément M.

Local Solidaires

18h

Mercredi 11 juin

Réunion STOP TAFTA 30

St Génies de Malgoires

18h30

Mercredi 11 juin

Réunion RESF

APTI

18H30

Jeudi 12 juin

Réunion des Alternatifs

London Tavern

17h30

Jeudi 12 juin

Vernissage dessins de Danielle Morales

Maison du Protestantisme

18h30

13/14/15 juin

Foire à l’AUTOGESTION du Gard

Covoiturage possible 0615336173

St Jean du Gard

 

Samedi 14 juin

Promenade découverte avec G.Peladan  « Lo Camin de l’Aiga » « le chemin de l’eau » Inscr : 0466761909

Square Antonin (côté Canal)

10h

Dimanche 15 juin

Tournoi de foot solidaire associatif  0627832162

Stade Jean Bouin

9 à 18h30

Lundi 16 juin

Avec les Berceuses de Valdegour, Film « Nos enfants dans le désordre »et débat avec M.Sauzon, psychologue

Centre social Valdegour

14h

Du Lundi 16 juin au 18 juillet

Début Enquête publique sur TCSP autour de l’Ecusson

Rue Bompard +++

 

Mardi 17/6

Présentation saison 2014/2015 ATP

Lavoir du Puits Couchoux

18h30

Mardi 17 juin

Accueil convergence vers Notre-Dame-des-Landes

Lieu à préciser

Après-m

Mardi 17 juin

Réunion mensuelle ATTAC Nîmes

Local Solidaires

19h

Mercredi 18juin

AG Association A.R.B.R.E.S.

Jardins de la Fontaine

18h30

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 20:56

 

 

Info reçue de collectifs du 34.

 

 

 Il y a une semaine, des représentants du pétrolier Lundin sont passés dans des mairies à l’ouest de Béziers demander l’autorisation de préparer une campagne séismique en vue de forer à la recherche d’hydrocarbures. La compagnie suédoise  "Lundin " doit bientôt renouveler son permis dit « Permis des Plaines du Languedoc » ( couvrant une zone allant de  de Lézignan-Corbières, Olonzac, St Chinian, Roquessels, Belarga et Montagnac jusqu’à la mer).

 Ne laissons pas les pétroliers venir pourrir notre belle région!!

 
 SAMEDI, 28 JUIN, Grande Marche/Manifestation, à partir de 10h00 à 30 kms à l’ouest de Béziers 
 Il faut venir très nombreux

 

 Plus de détails sur le lieu exact de rassemblement et parcours dans les jours à venir, mais d’ores et déjà retenez la date et venez défendre notre terroir avant qu’il ne soit trop tard!

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Appels et pétitions
commenter cet article
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 20:24

 

 

 

Caravane à vélos coordination Nimes ! derniéres infos......Le départ se fera à partir de  MONTBRUN-LES-BAINS en Drome provençale (et non en Ardéche) le dimanche 15 juin

-AVIGNON lundi 16 juin

-NIMES mardi 17 juin ARRIVEE PREVUE VERS LE SOIR (cela sera précisé au plus prés)

-MONTPELLIER 18 juin

-ANIANE et pause aux alentours d'Aniane vers le 20 juin

-BEDARIEUX 21 et22 juin

-MAZAMET 24 juin

-VILLEFRANCHE-DE-LAURAGAIS 26 juin

-TOULOUSE vendredi 27 juin et départ de TOULOUSE vers NDdL le samedi 28 juin


ERWAN amorcera le départ seul et les participants s'ajouteront au fur et a mesure de la progression à la CARAVANE A VELOS


FETE DE DEPART à Montbrun-Les-Bains le samedi 14 juin 12H pique nique et animation a partir de 14H

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 20:18

 

Info transmise par le collectif  NDL de Nîmes

 

 

Ami-e-s COLLECTIF NDL, bonjour !!!

Sur les cendres encore chaudes de la fiesta cosomée construisons confiant-e-s l'alternative qui (entr'autre) le 13,14,15 juin par la FOIRE A L'AUTOGESTION à St.Jean du Gard et le 17 juin à Nimes la venue de LA CARAVANE A VELOS prenant sa source dans l'ardéche pour rejoindre début juillet Notre Dame des Landes pour le Festival des CONVERGENCES contre le projet aéroport et autres multiples Grand Projets Inutiles ! A l'origine de la caravane ERWAN acteur actif de la défense se la ZAD désire présenter son témoignage et les actions en cours, illustré par un diaporama (nous y reviendrons plus amplement!). Pour l'heure>>>>>> LE COLLECTIF BAT LE RAPPEL <<<<<< afin de préparer au mieux l'accueil et DONNER ENVIE A UN MAXIMUM DE PERSONNES DE S'INFORMER ET DE PARTICIPER ! Pour l'heure  nous avons les grandes lignes de l'organisation :

>acceuil de la caravane ! comme la caravane prends sa source pour faire de grandes riviéres (!) peut etre que ERWAN sera seul (voire bien accompagné) ce qui est d'autant plus sympa de participer au lancement de l'opération !

>un point de rassemblement en ville (l'horloge ?) avec calicots,stands,infos,boissons, et...INVITATION POUR LA RENCONTRE PUBLIQUE DU SOIR......

>rencontre du soir à fixer horaire, lieu (à ce moment attente de réponse) repas partagé

>l'hébergement (il y a plein de propositions)

DANS L'IMMEDIAT ! ce Mardi fabrication et impression des tracts et affiches et REACTIVONS chacun nos réseaux, PASSONS l'info !!!

DANS L'IMMEDIAT ! POINT de préparation/permanence/fabrication A DISPO ce MARDI, MERCREDI, JEUDI de 18Hà 20H

au 8 impasse Carriére Romaine Nimes......Contactons nous et contactons !!! à toute à l'heure !!!   dd

 

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 17:07

 

Source : www.reporterre.net

 

La dette perpétue l’accaparement du monde et le pillage des ressources

Renaud Duterme (CADTM)

vendredi 6 juin 2014

 

 

 

Si les impacts sociaux et environnementaux de la colonisation sont aujourd’hui connus, le capitalisme a depuis trouvé un moyen de poursuivre son emprise sur le monde et les ressources naturelles : la dette.


La nature colonisée

Si une partie des bouleversements écologiques l’ont été malgré les instigateurs de l’expansion européenne (pensons aux transferts de plantes, d’animaux et de maladies entre les différents continents) (1), la colonisation, par l’imposition d’un modèle productiviste et capitaliste, a été à la source d’un désastre écologique dont les conséquences se font sentir jusqu’à aujourd’hui.

C’est en effet à cette époque qu’a débuté un processus de production sans limite, si ce n’est l’accumulation elle-même. Concrètement, cela s’est traduit par la subordination à un système de monocultures impossibles à cultiver dans les régions tempérées du Nord ainsi que par l’exploitation jusqu’à épuisement des ressources minières et forestières des pays colonisés.

Cette exploitation, qui a été un des facteurs du décollage économique de l’Europe, a entraîné dans les régions concernées un épuisement des sols, la destruction de l’habitat et la disparition d’espèces, une déforestation massive ainsi qu’une vulnérabilité accrue aux aléas climatiques.

On retrouve déjà cette constatation sous la plume d’Eduardo Galeano au sujet de la canne à sucre : « Le sucre a détruit le Nord-est du Brésil. Cette région de forêt tropicale a été transformée en savane. Naturellement propice à la production alimentaire, elle est devenue région de famine. Là où tout avait poussé avec exubérance, le latifundio destructeur et dominateur ne laissa que roc stérile, sol lessivé, terres érodées. […]

Le feu utilisé afin de nettoyer le terrain pour les champs de canne dévasta la faune en même temps que la flore : le cerf, le sanglier, le tapir, le lapin, le paca et le tatou disparurent. Tout fut sacrifié sur l’autel de la monoculture de la canne ». (2)

Par la suite, l’industrialisation des régions du Centre a encore accru l’exploitation, celle des peuples colonisés mais également de leurs écosystèmes. Les cinq derniers siècles de pillage portent ainsi en eux les germes de la crise écologique globale que nous connaissons.

Si l’exploitation coloniale et ses conséquences environnementales sont aisément compréhensibles, on peut se demander pourquoi les indépendances n’ont pas mis fin à la situation. Or, le pillage mis en œuvre a perduré grâce à une arme aussi pernicieuse qu’efficace : la dette.

L’écologie de la dette

La dette va devenir la pièce centrale d’un néo-colonialisme, permettant aux grandes puissances (pays riches au service de leurs entreprises transnationales) de poursuivre l’accaparement du monde sans s’encombrer de la tutelle politique.

Si la dette a depuis des siècles été utilisée comme moyen de domination, l’après-guerre va voir se mettre en place un véritable système dans lequel tout sera fait pour que les pays pris au piège ne puissent s’en défaire, du moins sans un renversement du rapport de force au profit des populations.

Les liens entre écologie et dette ont été résumés par le dictateur indonésien Suharto, pour qui « il n’est pas nécessaire de se casser la tête à propos des dettes, car [l’Indonésie] a encore des forêts pour la rembourser » (3). Les pays endettés seront effectivement contraints de brader leurs ressources naturelles aux grandes transnationales pour satisfaire le remboursement de la dette. (4)

Cet élément est fondamental pour comprendre l’accès aux matières premières bon marché dont ont bénéficié les pays les plus nantis et qui permet d’expliquer la période de croissance qu’ont connut l’Europe, les Etats-Unis et, dans une moindre mesure, le Japon, ces dernières décennies.

Sur le terrain, l’exploitation intensive va se généraliser puisque, mondialisation oblige, on va assister à une concentration d’une demande provenant des quatre coins du monde sur des zones d’offre limitées. (5) Cela aura d’ailleurs pour conséquence perverse d’encourager une consommation sans limite, les effets de la production se faisant sentir bien loin des lieux d’achat....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 19:00

 

 

Source : www.marianne.net


 

Révélations

Corruption au Brésil : les documents qu'Alstom n'aurait jamais voulu voir publiés

Vendredi 6 Juin 2014 à 12:30

 

Patricia Neves

 

Cette semaine, Marianne consacre sa couverture à ceux qui "se croient au-dessus des lois", du Qatar à Bygmalion, en passant par France Télé jusqu'aux... caisses noires d'Alstom. Car au Brésil, d'anciens hauts dirigeants du fleuron industriel français sont soupçonnés de corruption active et blanchiment d'argent. Ces derniers auraient pris l'habitude de distribuer des mallettes d'argent à des fonctionnaires d'Etat pour s'assurer l'obtention de contrats importants. Un système visiblement très au point et une affaire qui tombe mal.

 

Siège d'Alstom à Levallois-Perret, perquisitionné par la police le 21 novembre 2007 - Christophe Ena/AP/SIPA
Siège d'Alstom à Levallois-Perret, perquisitionné par la police le 21 novembre 2007 - Christophe Ena/AP/SIPA
Soumis au bon vouloir de la justice brésilienne, Alstom appréhende et se défend. Laborieusement. Les accusations sont graves. Corruption active, blanchiment d’argent. Le tout publiquement exposé dans un acte d’accusation de près de cinquante pages soigneusement rédigé par les procureurs fédéraux de São Paulo en février dernier. Déterminés, ces derniers comptent bien récupérer les deniers publics de l’Etat paulista qui auraient été utilisés par Alstom dans le versement de généreux pots-de-vin en 1998. Onze personnes, dont d'anciens dirigeants du groupe français, sont actuellement mis en examen.
 
A l’époque des faits, Alstom négociait âprement l’obtention d’un « important » avenant à un contrat signé avec les pouvoirs publics quinze ans plus tôt. Ce contrat, baptisé « Gisel », visait à moderniser les réseaux d'énergie de la ville, notamment celui de l'extension de son métro. Pour s’assurer de le décrocher, sans passer par un appel d’offre ouvert à la concurrence, Alstom aurait mis le paquet. Deux dizaines de millions de reais (8 millions d’euros), dissimulés en partie dans des mallettes, en liquide et en petites coupures s'il vous plaît, auraient été distribuées aux grands décideurs de l'Etat de São Paulo.

Livrées par des convoyeurs à moto qui les déposaient dans des restaurants, comme le révèle Marianne cette semaine, les mallettes arrivaient directement dans les mains de hauts fonctionnaires brésiliens corrompus et confortablement attablés. Les sommes étant dans un premier temps transférées via des sociétés écrans (des sociétés offshore immatriculées dans des paradis fiscaux) sous couvert de faux contrats de consultants. Car leur montant était inclus dans le prix du contrat (252 millions de francs, plus de 38 millions d'euros) établi entre Alstom et l'EPTE, l'entreprise publique à l'origine de l'offre chargée de la transmission de l'énergie de la mégalopole brésilienne. 

Trois pour cent de 252 millions de francs accordés par ci, 1,5% validés par là... Voici ce que semble nous montrer le tableau récapitulatif d'une note interne au groupe français... 

 

La répartition des commissions payées par Alstom dans le cadre de la signature du 10e avenant au contrat Gisel (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
La répartition des commissions payées par Alstom dans le cadre de la signature du 10e avenant au contrat Gisel (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Des pratiques que ne commente pas ou peu le fleuron de l’industrie française. Sollicité, l'entreprise Alstom s'est contentée de faire parvenir à Marianne un communiqué, élaboré à l’avance (voir en fin d'article). Cette fois, au moins, elle a préparé sa défense, contrairement à cet hiver. Déjà contacté par nos soins en janvier, le groupe s’était en effet fendu d’un « no comment ». 
 
Alstom prend donc ces « allégations » (ou plutôt les accusations des juges brésiliens) « très au sérieux ». Et ils ont raison. Les preuves paraissent accablantes comme le montre le PV d’audition d’un ancien directeur commercial d’Alstom en charge notamment du Brésil. Interrogé en 2006 dans le cadre d'une commission rogatoire internationale par la justice française, celui-ci commence par nier.

 

Extrait du PV d'audition de l'ancien directeur commercial d’Alstom en charge du Brésil, le 3 juillet 2006. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Extrait du PV d'audition de l'ancien directeur commercial d’Alstom en charge du Brésil, le 3 juillet 2006. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Avant de changer d'avis deux ans plus tard en avouant avoir dépassé le seuil de commissions autorisé à l'époque, avant la loi anticorruption de 2000, par la COFACE, l'organisme d'assurance-crédit qui protège les entreprises d'éventuels impayés.

 

Corruption au Brésil : les documents qu'Alstom n'aurait jamais voulu voir publiés

 

PV d'audition du même directeur commercial, le 4 juin 2008. M. Metz, son supérieur hiérarchique dont il évoque le nom est depuis décédé (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
PV d'audition du même directeur commercial, le 4 juin 2008. M. Metz, son supérieur hiérarchique dont il évoque le nom est depuis décédé (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Comme lui, d'autres anciens cadres d'Alstom ont des trous de mémoire inopinés. A l'instar du directeur commercial international de Cegelec, racheté en 1998 par Alstom, également interrogé en 2006.

 

Extrait du PV d'audition du directeur commercial international de Cegelec, le 3 juillet 2006 (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Extrait du PV d'audition du directeur commercial international de Cegelec, le 3 juillet 2006 (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Il y en a pourtant un qui se met à table dès l'ouverture de l'information judiciaire en France. C'est l'ancien directeur financier d'Alstom. Un temps mis en examen pour abus de biens sociaux, recel d'abus de biens sociaux, corruption active d'agents étrangers, il a été acquitté lors du non-lieu général requis en 2009 par le procureur. Car il était autorisé, jusqu'en juin 2000, de verser des commissions...

Celui-ci raconte donc, sans détour, le circuit mis en place par Alstom et dont le premier arrêt se faisait dans la banque d'Oskar Holenweger chargé du transfert des fonds, via ses sociétés « Janus » et « Assessores » ou encore « Basilio ».

 

PV d'audition de l'ancien directeur financier d'Alstom, en juillet 2006 (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
PV d'audition de l'ancien directeur financier d'Alstom, en juillet 2006 (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Ainsi, contrairement à ce que dit Alstom, les commissions qui auraient été versées au Brésil ne seraient pas un cas isolé. Elles auraient fait en réalité partie d'un système très organisé et même institutionnalisé, comme le raconte l'ancien directeur financier, en 2008, de nouveau face aux enquêteurs.

 

Extrait du PV d'audition du même directeur financier en 2008 (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)
Extrait du PV d'audition du même directeur financier en 2008 (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

« La direction commercial "étranger" connaissait l'existence de ce compte et c'est elle qui ordonnait les mouvements. » Une information que confirme une source proche du dossier en parlant quant à elle de direction commerciale « internationale ». 

Alstom aurait donc payé cher, très cher les fonctionnaires brésiliens pour obtenir l'avenant au contrat Gisel. Comme elle a payé les fonctionnaires publics de Malaisie, Tunisie ou encore Lettonie selon la justice suisse qui a condamné l'entreprise en 2011 à une amende record de 40 millions de francs suisses.

 

Communiqué d'Alstom transmis à Marianne

Alstom est actuellement confronté au Brésil à des allégations de non-conformité aux lois et règlements sur la concurrence. Alstom ne peut pas commenter ces allégations, qui paraissent essentiellement se référer à des questions qui datent du début des années 2000 ou avant, parce que des enquêtes sont toujours en cours. Alstom prend évidemment ces allégations très au sérieux et mène sa propre enquête approfondie, avec le soutien d'un certain nombre de cabinets d'avocats externes spécialisés. Alstom tient à souligner que la société a mis en œuvre dans l’ensemble de son organisation des règles strictes d’éthique et de conformité que tous les employés doivent respecter. Le programme de conformité d'Alstom a été certifié par ETHIC Intelligence, une agence indépendante, et évalué « atteindre les normes internationales les plus élevées ».

 

 

 

 

 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 17:29

 

 

 

La dernière émission de la saison du Carrefour des résistances présentée par Hugo et Christian

la production d'énergie locale, un moyen de reconquête d'un pouvoir local par les citoyens.

masavi


Les émissions précédentes :

http://www.radiosysteme.fr/#!brouillon-de-culture/c1uxu

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22