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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:29

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Arrêt sur images 13/05/2014 à 10h30

Drahi, sa première BA pour la presse

Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

Donc, il s’appelle Drahi. Patrick Drahi. Propriétaire de Numéricable, il est à la tête de la 14e fortune française. Comme l’a révélé Mediapart, c’est lui qui a permis à Libé de passer le cap du mois d’avril, en prêtant en douce à l’actionnaire de référence en titre, Bruno Ledoux, les 4 millions nécessaires. Comme le disent les salariés de Libé, dans leur désormais culte chronique quotidienne, c’est lui l’investisseur masqué, dont le nom avait commencé à filtrer à la fin de la semaine dernière. Au moins, il n’est pas resté masqué très longtemps.

Ils sont étranges, ces milliardaires. Pourquoi le prospère Franco-Israélien investit-il quelques cacahuètes dans Libération ? Mystère. De ce que l’on connaît de sa biographie de roi du câblage, on peine à déduire une vision décoiffante de l’information, ou un désir inconscient de créer « le Flore du XXIe siècle ». Même par rapport à Israël, il s’est jusqu’ici davantage signalé par un rôle d’investisseur (il câble deux foyers israéliens sur trois) que par un soutien politique militant public. Bref, aucune vision perceptible de la presse dont jusqu’ici il s’est toujours prudemment tenu à l’écart.

« Entrer dans l’establishment »

Alors ? La première explication, celle qui revient sous la plume de mes confrères, c’est donc qu’il souhaite banalement « entrer dans l’establishment ». Ayant observé comment Niel, précisément, est passé dans la perception publique de rescapé des peep-shows à gourou du millénaire en rachetant Le Monde (avant L’Obs), Drahi aurait décidé de suivre l’exemple. A l’idée de se retrouver face à Niel et Bouygues quand il sera à la tête de SFR, il s’efforcerait de tenter de faire jeu égal dans la prochaine bataille d’oligarques des télécoms, en rachetant ce qui trainait sur la table à ce moment-là : Libé.

C’est assez surprenant : dans le pugilat pour le rachat de SFR, Drahi l’a précisément emporté contre Bouygues, alors qu’il avait tout l’establishment contre lui, Montebourg en tête.

Nouveaux sujets d’investigation

Actionnaire de Libé, surtout s’il s’avère qu’il y devient majoritaire, il va voir les projecteurs se tourner mécaniquement vers lui, son fonds d’investissement de droit luxembourgeois, sa holding personnelle à Guernesey, sa résidence à Genève, son goût pour le rachat par endettement (LBO), et son alliance avec le fonds américain Carlyle, « mis sur orbite en 1989 par un ancien dirigeant de la CIA, et piloté pendant un moment par George Bush père ».

D’où tirai-je ces précisions ? D’un portrait de Drahi, pas spécialement sympathique, publié le 14 mars dernier par Libé. Le Luxembourg, Guernesey, les LBO, Carlyle, la CIA : au-delà des cacahuètes, la première BA de Drahi pour la presse indépendante pourrait bien consister à renouveler ses sujets d’investigation.

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 21:55

 

Source : www.sudouest.fr

 

Un troquet ambulant au coin de la rue

 


Publié le 02/05/2014 à 06h00 par

 

En prenant un café, les riverains peuvent se réapproprier leur quartier. C’est le principe du Café en bullant.

 

Un troquet ambulant au coin de la rue Stéphanie et Marie derrière le comptoir itinérant. © Photo

photo e.l.

 

Le petit troquet ambulant ne passe pas inaperçu. Sur le zinc composé d'anciennes caisses de vin en bois, Stéphanie et Marie, 23 et 24 ans, ont disposé des tasses colorées et des assiettes dépareillées. À prix libre, du café chaud, du thé et quelques gâteaux sont mis à disposition des passants. Assises autour d'une table de jardin, les deux anciennes étudiantes en architecture promènent leur café nomade depuis près d'un mois dans les quartiers de Bordeaux. « Nous voudrions que les habitants se réapproprient la rue. Qu'ils se projettent dans l'avenir de leur quartier à travers cette animation », explique Marie.  

Café contre idées

Les jeunes filles se sont inspirées de cafés ambulants construits en Suède et en Norvège par des amis rencontrés en Erasmus. En 2013, elles créent leur association Pl (utôt) rêver avec une seule ambition : « Sortir les architectes de leurs bureaux ». Aidées par leur formation, elles conçoivent leur buvette ambulante avec du matériel de récupération et s'installent en mars dernier place du Cardinal-Donnet, près de l'église du Sacré-Cœur. « Au début, les gens étaient un peu frileux, curieux de nous voir là. Puis, au fur et à mesure, ils ont été plus nombreux à s'arrêter et discuter avec nous. L'idée n'est pas d'être un café gratuit mais de favoriser le lien social dans des endroits inhabituels », précise Stéphanie.

Tous les dimanches pendant un mois et demi, Stéphanie et Marie sont allées à la rencontre des étudiants, des retraités, des familles… « La place Donnet est singulière. D'un côté il y a les hommes qui jouent à la pétanque, de l'autre des mères qui s'occupent de leurs enfants, sans vraiment se côtoyer. Ce café a permis de les rapprocher. »

Un projet récompensé

En février, le Café en bullant a été lauréat du second prix associations d'Agora (biennale d'architecture, d'urbanisme et de design de Bordeaux). « Cette année, le thème était l'espace public. Cela correspondait bien à notre projet », explique Stéphanie. « Au final, on aimerait que les habitants puissent plus facilement s'impliquer dans leur quartier. Que l'architecture leur soit accessible, qu'ils puissent poser des questions, imaginer la maquette de leur futur espace de vie… »

En juin, le Café en bullant s'associe à la guinguette mobile Merci Gertrude dans le quartier de la Benauge. Une autre manière festive, en danse et en musique, d'aller à la rencontre des habitants.

Elise Lambert

www.facebook.com/rullendecafe

 

 

 

Source : www.sudouest.fr

 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 21:34

 

*Note perso : un article qui date de 2 ans mais qui reste encore sans réponse...

 

 

Source : lexpansion.lexpress.fr

 

Où sont passés les 1000 milliards prêtés par la BCE aux banques?

Par Julie de la Brosse, publié le 09/05/2012 à 18:58

 

 


Bruxelles s'apprête à demander aux banques européennes ce qu'elles ont fait des 1000 milliards d'euros prêtés récemment par la BCE. L'heure des comptes a enfin sonné... 

 Où sont passés les 1000 milliards prêtés par la BCE aux banques?

Mario Draghi lors de sa première conférence de presse à Francfort en tant que président de la BCE le 3 novembre 2011.

REUTERS/Kai Pfaffenbach

 

L'heure des comptes a enfin sonné: la Commission européenne s'apprête à demander aux banques ce qu'elles ont fait des 1000 milliards d'euros libérés par la BCE en décembre et février, à l'occasion des deux opérations de refinancement à trois ans. Ces dernières, qui avaient pour but de relancer l'économie et d'inciter les banques à continuer à financer les Etats en achetant de la dette, n'ont visiblement pas eu l'effet escompté. 

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a en effet affiché sa déception mercredi dernier, reconnaissant qu'il espérait voir l'opération profiter davantage à l'économie réelle. Et selon Le Monde, Michel Barnier, le commissaire au marché intérieur, aurait demandé au président de l'Autorité bancaire européenne, Andrea Enria, de s'intéresser à l'usage qu'ont fait les établissements financiers de ces prêts bonifiés. Il a aussi déposé un amendement à la directive européenne sur les liquidités bancaires qui "impose aux banques d'isoler les profits qu'elles ont réalisés en investissant dans des titres rémunérateurs les liquidités à faible coût de la BCE, et oblige que ces bénéfices ne puissent être inclus dans le calcul des bonus". 

Encore plus récemment, c'est l'équipe du nouveau président, François Hollande, qui s'est intéressée sérieusement à la question. "Il va falloir revenir sur cette opacité des banques. Ce sujet peut-être traité dans une loi de régulation financière par exemple", indiquait Nicole Bricq, chargée des questions fiscales. 

Resserrement du crédit

Alors à quoi ont servi ces 1000 milliards d'euros ? A priori, pas à renforcer le crédit bancaire, comme l'espérait, pas vraiment secrètement, Mario Draghi. Entre janvier et mars, les nouveaux crédits aux entreprises ont en effet fondu de près de 14 milliards d'euros en Europe (à 679 milliards), quand l'enveloppe des nouveaux prêts aux ménages s'est réduite de 5 milliards d'euros (à 236,5 milliards d'euros). Selon une récente étude de la BCE, 9% des banques ont encore resserré les conditions de crédit aux entreprises au premier trimestre, alors que 35% d'entre elles l'avaient déjà fait fin 2011.  

Détente sur les taux souverains

En revanche, comme c'était prévu, une partie de la manne a permis de soulager -pendant un temps au moins- le niveau des dettes souveraines européennes. Cela a été très visible pour l'Espagne et pour l'Italie, qui ont vu la pression sur leur dette se réduire considérablement après les deux opérations.  

Il faut dire que financièrement l'affaire était plutôt juteuse pour les banques, qui ont emprunté à 1% auprès de la BCE pour refinancer des Etats avec des taux compris entre 3 et 6%. Les établissements espagnols notamment se sont jetés sur cette aubaine: ils ont acheté 32 milliards d'euros d'actifs publics en janvier et 22 milliards en décembre. Mais désormais les tensions sur les taux des obligations d'Etat des pays fragiles ont refait surface, et remettent donc en cause l'utilité de l'opération. 

Faire face à la dette obligataire des banques

En réalité, aujourd'hui une grosse partie la somme allouée aux banques est revenue sagement dans les coffres de la Banque centrale européenne. Durant les quatre derniers mois, le montant des dépôts des banques auprès de la BCE est en effet passé de 413 à 801 milliards d'euros. Comme si celles-ci étaient terrorisées à l'idée de prêter ou de se prêter de l'argent. "Il ne faut pas oublier que les banques de la zone euro ont 600 milliards d'euros de dette obligataire qui arrivent à maturité en 2012, et les Etats de la zone euro 800 milliards. C'était d'ailleurs le principal objectif de la BCE: permettre aux banques de faire face à leurs engagements pour éviter qu'elles ne fassent faillite", explique Christophe Nijdam analyste chez AlphaValue.  

Manque de transparence

Finalement, il est donc encore un peu tôt pour savoir si cet argent ira ou non financer l'économie. Tout dépendra surtout de ce que les banques feront de leurs dépôts à la BCE : rembourser leur dette obligataire ? Les placer à des taux supérieurs à ceux de la BCE ? Ou encore les affecter au crédit bancaire ?  

N'en ressort pas moins que dans cet exercice, les banques françaises n'ont pas brillé par leur transparence. A la différence de certaines de leurs homologues européennes, ces dernières n'ont jamais voulu révéler les montants qu'elles sont allées chercher au guichet de la BCE. Selon des rumeurs, c'est l'Autorité de Contrôle Prudentiel qui le leur aurait conseillé, pour éviter de nourrir la stigmatisation ambiante. Pas sûr que cette stratégie soit la bonne. Surtout quand on sait que certains établissements, comme la BNP, avaient annoncé dès le départ qu'ils n'avaient pas besoin de cette opération pour se financer ! 

"Il semblerait que les banques françaises, qui ont encore des problèmes de liquidité, soient allées lourdement au guichet de la BCE, juste derrière les espagnoles et les italiennes", explique Christophe Nijdam. Dans ces conditions, la moindre des choses aurait été de les obliger à révéler la destination de cet argent. Au risque sinon de relancer une énième fois la polémique sur le rôle de la BCE... 


En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/ou-sont-passes-les-1000-milliards-pretes-par-la-bce-aux-banques_1362382.html#B8I8rVKRYafyr44D.99

 

 

 

 

Source : lexpansion.lexpress.fr

 

 


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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 21:01

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Énergies renouvelables

Les Allemands dans la rue pour sauver leur transition énergétique

par Rachel Knaebel 12 mai 2014

 

 

 

Environ 12 000 personnes venues de toute l’Allemagne ont manifesté samedi 10 mai à Berlin pour protester contre la réforme des règles de soutien aux énergies renouvelables. Le ministre social-démocrate de l’Économie, Sigmar Gabriel, veut baisser les tarifs bonifiés d’achat de l’électricité issue de l’éolien, du solaire et de la biomasse, et limiter les nouvelles installations. Ce qui risque fort de freiner le développement des énergies vertes dans un pays qui fait pourtant figure de pionnier en la matière, avec plus d’un quart de l’électricité du pays produite par les énergies renouvelables.

« Les plans du gouvernement vont ralentir la transition énergétique », a ainsi déclaré lors de la manifestation Hubert Weiger, président de l’association Bund, la branche allemande des Amis de la terre. « L’Allemagne se trouve devant un choix décisif : soit quelques grands groupes énergétiques s’emparent du développement des énergies renouvelables, soit la transition énergétique se fait en accord avec les consommateurs et entre les mains de centaines de milliers de citoyennes et de citoyens. »

Les grandes entreprises exemptées de contribution

En Allemagne, les particuliers paient un prélèvement de plus de 6 cents par kilowattheure sur leur facture d’électricité pour financer les énergies renouvelables. Une somme qui a été multipliée par 10 dans les dix dernières années et qui a fait augmenter les factures de courant. Le projet de réforme de Sigmar Gabriel vise à modérer cette hausse du prix de l’électricité pour les particuliers. Mais d’autres solutions seraient possible pour y parvenir. Car des centaines [1] de grandes entreprises grosses consommatrices d’électricité sont, elles, exemptées de ce prélèvement. La réforme en cours ne remet pas en cause ce privilège accordé à l’industrie. Pire, elle va pénaliser les particuliers qui auto-consomment l’électricité renouvelable qu’ils produisent.

Les associations environnementales qui ont manifesté samedi demandent donc une réforme qui s’appuient sur les particuliers et les centaines de coopératives citoyennes qui se sont engagés dans la production d’électricité verte. Les manifestants demandent aussi une sortie du charbon. Une énergie particulièrement polluante, gérée par les grands groupes énergétiques comme le suédois Vattenfall. Et qui fournit toujours plus de 40 % de l’électricité consommée outre-Rhin. Le projet de loi de cette réforme est passé le 8 mai en premier examen devant les députés du Bundestag. Le gouvernement veut une entrée en vigueur dès le 1er août prochain.

Rachel Knaebel

CC : Andreas Conradt / PubliXviewinG / 12 000 personnes ont manifesté jeudi dans les rues de Berlin pour défendre la transition énergétique allemande.

 

Notes

[1Plus de 2 000 en 2013.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 20:52

Source : www.bastamag.net


 

Accord Europe – Etats-Unis

Pourquoi le traité de libre-échange constitue une menace pour le droit du travail et l’action syndicale

par Rachel Knaebel 12 mai 2014

 

 

 

La zone de libre échange, en cours de négociation entre l’Union européenne et les États-Unis, risque de mettre à mal les normes environnementales et sanitaires européennes, et de permettre aux multinationales de porter plainte contre les États européens. Le futur traité constitue aussi une menace pour l’exercice du droit syndical et plusieurs protections sociales, comme le salaire minimum. Car les États-Unis ne reconnaissent pas la plupart des conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail. La protection des travailleurs sera-t-elle bientôt considérée comme une entrave au commerce, passible de poursuites ?

Les droits des travailleurs, l’exercice de la liberté syndicale et la prévention de la santé au travail sont-ils menacés par l’accord commercial en cours de négociation entre l’Europe et les États-Unis ? C’est ce que craignent les syndicats européens. Le traité commercial transatlantique, appelé PTCI pour « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » – mais aussi TTIP ou Tafta – est négocié dans l’opacité depuis juillet 2013 (Voir notre enquête). Les électeurs ne savent pas grand chose des discussions. Les gouvernements et les députés européens en sont tenus éloignés. C’est la Commission européenne qui négocie le traité directement avec l’exécutif états-unien.

Le traité vise à instaurer une vaste zone de libre échange : 29 Etats, 820 millions d’habitants, séparés par l’Atlantique nord. Elimination des droits de douanes, suppression des « obstacles non-tarifaires » au commerce (licence d’exportation, contrôle qualité des importations…), harmonisation des normes et des réglementations, tels sont les sujets sur la table des négociations. Les normes européennes en matière sociale ou environnementale pourraient ainsi être jugées trop contraignantes. Un tel traité pourra par exemple ouvrir les ports européens à l’arrivé du bœuf aux hormones américain.

Les États-Unis, mauvais élève des droits des travailleurs

Autre point sensible : les mécanismes de « protection des investissements ». Ceux-ci permettent aux multinationales états-unienne et européennes qui s’estimeraient « discriminées » par une réglementation de réclamer des indemnités aux États, devant des tribunaux d’arbitrage privés, si elles jugent leur investissements mis à mal. De tels tribunaux d’arbitrage existent déjà. Et leurs « arbitrages » se font le plus souvent en faveur des intérêts privés (voir notre article). Grâce à eux, des entreprises européennes ont par exemple engagé des poursuites contre l’augmentation du salaire minimum en Égypte ou contre la sortie du nucléaire décidée par l’Allemagne en 2011. La seule menace d’une plainte, contre l’interdiction d’un produit jugé toxique, d’une technique d’extraction ou du travail le dimanche par exemple, peut parfois suffire pour faire tomber les décisions d’États au profit des entreprises.

Pour la Commission européenne, le jeu en vaut pourtant la chandelle. Selon elle, l’accord transatlantique va « stimuler la croissance et créer des emplois ». Un optimisme qui ne suffit pas à convaincre les syndicats européens. Au-delà du flou des prévisions sur les effets positifs que pourrait avoir le traité sur la santé économique européenne – 0,5% de croissance supplémentaire en Europe grâce au traité selon une étude commandée par la Commission –, les syndicats du Vieux Continent s’inquiètent au contraire des conséquences potentiellement dévastatrices sur le droit du travail.

Une harmonisation… par le bas

« Nous ne sommes pas contre les accords de libre échange par principe. Dans certains secteurs, comme l’automobile, l’Union européenne et les États-Unis ont chacun des normes de sécurité strictes et comparables, mais des procédures de contrôle différentes. Là-dessus, une harmonisation n’est pas une mauvaise chose, analyse Mathieu Moriamez, secrétaire confédéral de la CGT en charge des questions internationales. Mais nous savons que les accords de libre échange se font pour accroître les profits des multinationales et en défaveur des populations. »

En l’occurrence, ce qui inquiète la CGT comme le reste des syndicats européens, c’est la perspective d’une harmonisation par le bas. Dans les domaines de l’agriculture et de l’environnement, mais aussi en matière de protection sociale et de travail. « Le principe du salaire minimum et la protection sociale pourraient également être remis en cause s’ils sont considérés comme une entrave à la concurrence », prévient la CGT. Une crainte d’autant plus forte que l’Oncle Sam n’est pas un exemple à suivre en matière de protection des travailleurs. « Dans le secteur privé, le personnel d’encadrement ou de direction, les entrepreneurs indépendants et les employés domestiques n’ont pas le droit de constituer un syndicat ou d’y adhérer, pas plus que les travailleurs agricoles sauf dans un petit nombre d’Etats », relève le bilan annuel de la Confédération syndicale internationale sur les « pays à risque » en matière de violation des droits syndicaux. Soit 15% de la main d’œuvre dans le secteur privé à qui il est interdit de se syndiquer ! Publication syndicale prohibée à l’intérieur des entreprises, menace de fermer un site si un syndicat se constitue, refus de négocier avec les syndicats représentatifs, les atteintes à la liberté syndicale y sont nombreuses.

« Les États-Unis n’ont pas ratifié toutes les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) », signalait dès avril 2013 la Confédération européenne des syndicats (CES). L’organisation s’inquiète aussi des « violations des droits fondamentaux des travailleurs aux États-Unis, en particulier du droit à s’organiser et à négocier collectivement. » La fédération syndicale allemande DGB avait aussi tiré la sonnette d’alarme l’an dernier : les négociations du partenariat transatlantique ont débuté alors que les États-Unis n’avaient toujours pas ratifié six des huit conventions fondamentales de l’OIT, dont celles sur la liberté de réunion et sur le droit aux négociations collectives. « On voit toujours et encore aux États-Unis des cas où les activités syndicales sont empêchées, parfois mêmes dans des filiales de grands groupes allemands », ajoute le syndicat allemand.

La liberté syndicale, un obstacle au commerce ?

« Ce traité ne mettra pas directement en danger les droits syndicaux en Europe. Mais les États-Unis peuvent produire moins cher parce que les normes fondamentales du droit du travail et de la liberté syndicale n’y sont pas respectées, explique Wolfgang Uellenberg, de la confédération syndicale allemande des services Verdi. Or, avec le partenariat transatlantique, les entreprises pourront contester les standards de l’OIT comme discriminants. Elles pourront faire valoir que la protection des travailleurs et des droits syndicaux sont des obstacles au commerce et au libre échange. » Le recours devant des tribunaux d’arbitrage privés au nom de la protection de leurs investissements pourra les y aider. Même l’union syndicale suédoise, plutôt favorable au traité, refuse ce mécanisme « en conflit avec le principe de souveraineté des États. »Et les syndicats états-uniens refusent eux aussi que le partenariat contienne un tel mécanisme [1].

Sans rejeter en bloc le principe d’un accord, les syndicats européens veulent un traité qui protège le travail. « Un tel accord devrait plutôt entériner comme objectif le plein emploi, le travail décent et de meilleures normes de vie pour tous », insiste la CGT. Pour le puissant syndicat allemande de l’industrie IG Metall [2], « l’accord doit contenir une clause spécifique qui interdit un démantèlement des droits des travailleurs et des normes sociales et assure à chaque fois la le standard le plus élevé. »

Le gouvernement allemand du côté des syndicats ?

En Allemagne, les syndicats ont trouvé une oreille attentive du côté du gouvernement. « Nous travaillons ensemble, avec le ministère de l’Économie, à des points clés à imposer dans les négociations, précise Wolfgang Uellenberg. Mais personne ne sait vraiment ce que le ministère sait de l’état des négociations et ce qu’il peut faire pour les influencer. » Reste qu’outre-Rhin, où la presse, et même les télévisions [3], traitent largement des dangers du TTIP, le gouvernement a publiquement rejeté le mécanisme des tribunaux d’arbitrage [4]. La mobilisation citoyenne est large : la campagne stop-TTIP de l’organisation Campact a réuni plus 460.000 signatures contre l’accord transatlantique (lire aussi cette tribune).

Dans toute l’Europe, les protestations montent dans la société civile contre le traité et l’opacité des négociations. Pour tenter d’y répondre, la Commission a ouvert une consultation publique sur le volet des droits des investisseurs. Une consultation en ligne pour « savoir si l’approche proposée par l’UE pour le TTIP traduit un juste équilibre entre la protection des investisseurs et la sauvegarde de la capacité et du droit absolus des gouvernements de l’UE de légiférer dans l’intérêt général », fait valoir le commissaire européen au commerce, Karel de Gucht. « Une parodie de consultation démocratique », estime Attac : « Ceux qui rejettent ce système de règlement des différends Investisseur-États parce qu’il est dangereux et injuste n’auront aucune option pour l’exprimer car le questionnaire partial de la Commission n’offre aucun espace pour ce faire. La Commission devrait au contraire montrer sa disponibilité pour un vrai débat, plutôt que nous proposer une campagne publicitaire dissimulée à l’attention des multinationales. »

Une fois les négociations terminées, le traité devra de toute façon être accepté par le Parlement européen pour entrer en vigueur. Parlement qui sera renouvelé après les élections européennes du 25 mai.

Rachel Knaebel

Photo : Photothèque du mouvement social

 

Notes

[1Voir ici la position sur le Traité transatlantique de l’union syndicale américaine American Federation of Labor–Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO).

[2Voir ici.

[3Ici, par exemple, sur la télévision publique.

[4Notamment par la voix de la secrétaire d’État du ministère de l’Économie, Brigitte Zypries, devant les députés du Bundestag, le 12 mars dernier : « Nous bataillons en ce moment pour que le système de tribunaux d’arbitrage ne soit pas inclus dans l’accord. ».


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 20:38

 

Source :.www.reporterre.net


 

Sauvons la cascade de Salles-la-Source !

Bernard Gauvain

lundi 12 mai 2014

 

 

 

 

A Salles-la-Source, la célèbre cascade est accaparée par une micro-centrale hydroélectrique illégale. Des citoyens se battent pour faire entendre justice et réhabiliter le site. Parce qu’énergie verte ne doit pas camoufler fraudes, illégalité et passe-droit.


Au milieu de tous les grands combats écologiques auxquels on peut assister, la "petite affaire" de la cascade du village de Salles-la-Source (Aveyron), pour laquelle nous nous battons avec énergie et ténacité depuis bientôt quatre ans, paraîtra peut-être de faible intérêt.

Pourtant par delà l’intérêt énergétique et financier très faible d’un projet contesté, cette affaire révèle au grand jour un certain nombre de pratiques qui tiennent, semble-t-il, plus de la République du copinage que de la démocratie.

Et oui, en pleine « transition énergétique », c’est bien contre une micro-centrale hydroélectrique que se bat l’association Ranimons la cascade ! (226 adhérents) qui pense que le titre "d’énergie verte" ne peut tout de même pas justifier non prise en compte des citoyens, irrégularités, fraudes, non-application des lois ni des décisions de justice.

De quoi s’agit-il ? Le Village de Salles-la-Source en Aveyron est une petite merveille, inscrite au Patrimoine. Il a été édifié dès le moyen-âge par les Comtes de Rodez, en trois terrasses qui s’étagent au flan du causse Comtal. Dénommé Salles-Comtals jusqu’à la révolution (« les demeures comtales »), il fait partie de ces rares villages à avoir conservé son nom révolutionnaire de « Salles-la-Source » portant la triste mémoire des conflits anciens autour du pouvoir des Comtes et de l’eau.

Il doit ce nom à un ensemble de ruisseaux et cascades qui coulent entre les maisons et notamment à la Grande Cascade, la plus célèbre et la plus emblématique d’entre elles, qui coule au milieu du village !

La microcentrale de Salles-la-Source a été construite en toute illégalité en 1932 au grand dam de ses habitants qu’il privait de « leur cascade ». 50 ans de combat et de procès, durant lesquels l’entreprise dirigée par un notable local ayant « le bras long » avait reçu de l’État toutes sortes de soutiens, et qui avaient finalement abouti à la signature d’une concession avec l’État en 1980 d’une durée de vingt-cinq ans...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source :.www.reporterre.net

 

 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 18:22

Source : www.reporterre.net



Les députés offrent un cadeau ruineux à Renault et à Bolloré au détriment de l’environnement

Observatoire du nucléaire

samedi 10 mai 2014

 

 

 

Le 6 mai, une loi pour développer un réseau de bornes de recharge pour voitures électriques a été adoptée à l’Assemblée Nationale. Accordant des cadeaux coûteux aux industriels de la voiture électrique et du nucléaire, elle est néfaste pour l’environnement.

 


 

L’Observatoire du nucléaire dénonce fermement l’adoption, en première lecture à l’Assemblée nationale mardi 6 mai, d’une loi écrite "sur-mesure" pour favoriser les industriels de la voiture électrique et du nucléaire. Cette loi prévoit un ensemble de mesures permettant de développer sur le territoire national un réseau de bornes de recharge pour voitures électriques.

L’Observatoire du nucléaire rappelle d’abord qu’il a contraint les principaux constructeurs à reconnaître que les voitures électriques sont polluantes et à retirer de leurs publicités les mentions "propre", "vert" ou "écologique" [1].

De même, le système mis en place par Bolloré à paris (autolib), Lyon (bluely) et Bordeaux (Bluecub) ne peut être prétendu "écologique" [2]. D’autant qu’une étude montre que ce système ne retire aucune voiture des centres-villes et, au contraire, attire à la voiture individuelle des usagers des transports publics.

Par ailleurs, une étude de l’Ademe montre que, même concernant les émissions de gaz à effet de serre, la voiture électrique n’est guère moins polluante que la voiture thermique, sauf en france où l’électricité est majoritairement nucléaire… ce qui occasionne alors des pollutions tout aussi dramatiques (déchets radioactifs, contaminations autour des mines d’uranium et des installations nucléaires, etc).

L’Observatoire du nucléaire dénonce les cadeaux faits aux industriels privés, à commencer par Renault et Bolloré

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 18:05

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Bouygues Telecom menacé d'un plan social massif

|  Par martine orange

 

 

 

L’opérateur prévoit un grand plan de simplification et de réduction des coûts, après son échec sur SFR. Des centaines d’emplois sont menacés.

C’est la première conséquence de l’échec du rachat de SFR. Bouygues Telecom s’apprête à s’engager dans une cure massive d’austérité et de réduction d’emploi. Selon le Figaro l’opérateur de téléphone pourrait supprimer entre 1.500 et 2.000 emplois, soit 23% de ses effectifs dans les prochains mois.

« Ces chiffres ne sont pas officiels. J’attends d’en savoir plus. Un comité extraordinaire est prévu le 15 mai . Mais à ce stade, on peut dire que la direction ne nous a donné aucun message rassurant quand nous avons évoqué la question des emplois » dit Azzar Ahbad, délégué central CFDT de Bouygues Telecom.

Le plan définitif de repositionnement de Bouygues Telecom devrait être présenté vers la mi-juin. Mais les premières indications ne portent guère à l’optimisme, selon les syndicats. Un premier comité exceptionnel s’est tenu le 17 avril chez l’opérateur, quelques jours après l’officialisation du rachat de SFR par Numericable. Voyant ses espoirs de consolidation du marché de la téléphonie mobile définitivement enterrée, la direction de Bouygues Telecom n’avait pas caché alors la nécessité de s’adapter à son environnement de guerre des prix. La société a vu son chiffre d’affaires diminuer de 26 % en deux ans, depuis l’arrivée de Free sur le marché. Alors qu’elle versait régulièrement entre 300 et 450 millions d’euros de dividendes à sa maison mère, le groupe Bouygues, depuis des années, elle ne distribue plus rien : son résultat est nul ou déficitaire depuis 2012.

Lors du premier comité exceptionnel, Bouygues Telecom a évoqué d’importantes réductions de coûts et un plan de simplification de toute son activité. L’opérateur qui propose une centaine d’offres à ses clients pourrait ramener ses offres à une petite dizaine voire moins, le tout sur fond de grande agressivité commerciale afin de gagner de nouveaux clients. Bouygues Telecom compte 11,1 millions d’abonnés et se place au troisième rang derrière Orange et SFR. Cette base d’abonnés est insuffisante pour amortir des coûts fixes importants, notamment liés au déploiement du réseau 4G.

Lorsque les syndicats ont demandé quelles seraient les conséquences sur l’emploi de ce plan de simplification, ils n’ont obtenu aucune réponse. Mais, en interne, le chiffre de 1500 à 2000 suppressions d’emploi a commencé à circuler.

Bouygues Telecom est le deuxième employeur dans la téléphonie mobile, derrière Orange, avec 9.000 salariés. Depuis l’arrivée de Free, il a déjà supprimé 540 emplois sur la base de départs volontaires. Des plans d’externalisation ont aussi été mis en œuvre. Le groupe semble déterminé à aller beaucoup plus loin. Des rumeurs font aussi état de cession, comme celle de l’activité Bouygues Telecom Entreprise. « On avait des milliards pour acheter SFR, pourquoi ne pas en utiliser une partie pour se développer, rechercher un autre modèle », remarque Azzar Ahbad.

A la suite de l’attribution de la quatrième licence à Free, un professeur d’économie de l’université Panthéon-Assas, Bruno Deffains, avait chiffré la destruction d’emploi liée à l’arrivée de cette nouvelle concurrence à 70.000 emplois. Cela lui avait valu une plainte pour dénigrement de la part de Free, et même à la saisie de ses ordinateurs par la police, Free le soupçonnant de travailler pour Bouygues. Free a depuis renoncé à sa plainte. L’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) estimait, elle, que l’attribution d’une quatrième licence allait relancer la concurrence et soutenir l'emploi.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 17:55

 

Source : www.mediapart.fr

 

L'argent sale continue d'affluer en Suisse

|  Par Agathe Duparc

 

 

 

Sur le papier, le dispositif antiblanchiment helvétique est l’un des plus sophistiqués. Dans les faits, les banquiers continuent à accepter les capitaux sales, en particulier les fonds des “PEP” (personnes exposées politiquement). Berne vient de publier ses chiffres sur le recyclage d'argent.

Genève, de notre correspondante. Depuis maintenant deux décennies, les autorités helvétiques le disent et le répètent à toute occasion : la Suisse, qui fut jusqu’à la fin des années 1990 le paradis des recycleurs d’argent sale, dispose désormais d’une des législations les plus performantes au monde. La place financière, qui gère 2 778 milliards de francs suisses – dont plus du tiers des avoirs privés dans le monde – se serait ainsi parfaitement adaptée à un dispositif antiblanchiment qui repose sur « l’autorégulation » et ses banquiers n’auraient à recevoir de leçons de personne. Avec cette réserve de taille : le périmètre de la lutte contre le blanchiment y est moins vaste que dans d’autres pays, puisqu’en droit suisse, la fraude fiscale ne figure toujours pas parmi les infractions préalables au blanchiment (trafic de drogue, corruption, escroquerie, etc.). Berne s’est engagée à combler rapidement cette lacune sous la pression du Groupe d’action financière (GAFI)

Jeudi 8 mai, le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS ou “Money Laundering Reporting Office Switzerland”), la petite cellule nationale de renseignement financier, équivalent de Tracfin en France, a publié son rapport annuel (voir ici). Il en ressort un tableau pour le moins contrasté.

 

 
© RTS

Entrée en vigueur en 1998, puis complétée à plusieurs reprises, la loi sur le blanchiment (LBA) met au cœur du système les intermédiaires financiers : banquiers, gérants de fortune, assureurs et avocats. C’est à eux que revient la responsabilité de tirer la sonnette d’alarme devant les transactions suspectes. En cas de « soupçon fondé » de blanchiment, ils ont l’obligation d’adresser au MROS leurs déclarations. Ne pas s’y soumettre les expose à une peine de prison d’un an maximum et à une amende. Mais subtile distinction : en cas de « soupçon simple » – s’appuyant sur une probabilité, un doute, voire un malaise –, l’obligation de transmission disparaît, remplacée par le « droit » de communiquer, et donc de ne pas communiquer. Autant dire que la marge de manœuvre est large.

En 2013, le MROS a ainsi reçu 1 411 communications (contre 1 585 en 2012) qui portaient sur une somme totale de 2,978 milliards de francs (3,1 milliards en 2012). Soit environ 0,1 % des fonds gérés par la place financière suisse. Ces chiffres sont bien maigres si on les compare à ceux de Tracfin. En 2012, la cellule de renseignement financier français, qui dispose d’un système de signalement volontaire presque identique, a reçu 26 011 déclarations, dont 24 264 émanant des professionnels du secteur financier.

Les Suisses ont toujours fait valoir l’excellence de leur système en soulignant que sur les communications reçues par le MROS, entre 80 et 90 % sont transmises aux autorités de poursuites pénales et qu’en moyenne 8 % des cas aboutissent à un jugement. La preuve, selon Stiliano Ordolli, le chef du MROS, que les « intermédiaires financiers transmettent des informations de qualité ». « Ils font partie du dispositif : ils doivent non seulement détecter les cas de blanchiment, mais aussi faire une première analyse et servir ainsi de premier filtre avant de venir au MROS », explique-t-il à Mediapart.

Tracfin, qui reçoit environ 100 à 150 communications par jour ouvrable, a manifestement plus de mal à mener à bout tous les dossiers. En 2012, sur le total des déclarations de soupçons, le taux de transmission à la justice et à différentes administrations concernées a été de 4,5 %. D’autres pays, comme les États-Unis et le Canada, ont opté pour le signalement systématique et non étayé de toutes les opérations financières qui dépassent 10 000 dollars. Ce qui aboutit à une avalanche de données. Dans son rapport 2012, le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE) fait état de 18,5 millions de déclarations financières reçues, dont 796 « communications de renseignements soupçonnés d’être pertinents dans le cadre d’enquêtes sur le blanchiment d’argent ». 


© Reuters

Outre cette “efficacité helvétique”, les banquiers suisses se présentent souvent comme les pionniers en Europe en matière de la due diligence (obligation de vigilance) et les champions du principe de know your customer (connaître la véritable identité du client), toujours prêts à fustiger le retard de certains pays européens, Royaume-Uni en tête.

La loi contre le blanchiment (LBA), entrée en vigueur en 1998, à la suite de retentissants scandales (affaire Marcos, affaire Sani Abacha...) énonce une longue série d’obligations en cas d’ouverture d’un compte : vérification de l’identité du co-contractant ; identification de l’ayant droit économique (le bénéficiaire final du compte) ; renouvellement des vérifications si des doutes surviennent ; obligation de clarification de l’arrière-plan économique et du but d’une transaction si elle semble « inhabituelle » ; obligation de conserver la documentation bancaire jusqu’à dix ans après la cessation de la relation d’affaires ; obligation d’informer le MROS quand « une négociation visant à établir une relation d’affaires » est rompue en raison de soupçons fondés quant à l’origine illicite de l’argent, etc.

Toutes ces dispositions sont régulièrement précisées et complétées par des circulaires et ordonnances de la FINMA (l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) ou des codes de déontologie édictés par des organismes d’autorégulation (OAR) comme l’Association suisse des banquiers (ASB). 

Une cellule de renseignement aux faibles moyens

Le MROS, petite cellule de renseignement, est ainsi devenu le principal interlocuteur des banquiers. Elle dispose de moyens plutôt modestes puisqu'elle ne compte que douze analystes, dont cinq engagés depuis janvier dernier, qui n’ont pas de compétence policière. Ils sont contraints de travailler avec une extrême célérité, à partir de différentes bases de données et des renseignements obtenus auprès de leurs homologues étrangers.

En cas de communication s'appuyant sur un soupçon fondé de blanchiment (soit deux tiers des cas), les fonds sont bloqués pendant cinq jours maximum. Dans ce laps de temps, le MROS doit décider s'il faut ou non transmettre la “communication” aux autorités de poursuites pénales. Mission impossible ? « C’est effectivement très difficile », répond son chef Stiliano Ordolli. « Si l’on veut renforcer les capacités d’analyse du MROS, il faut supprimer ou allonger ce délai de cinq jours. Un projet est en cours pour cela », plaide-t-il. Ce docteur en droit, ancien du service compliance (conformité) de la Banque cantonale de Genève, croit aux vertus de l’autorégulation. Il est en contact quotidien avec les intermédiaires financiers et sillonne la Suisse pour enseigner la bonne parole en donnant des conférences et des cours de remise à niveau auxquels sont astreints les professionnels de la finance.

 

Stiliano Ordolli estime que le dispositif permet aux banquiers d’avoir « une action préventive en matière de blanchiment », ce qui explique le faible nombre de communications reçues par le MROS. Nombreux sont les intermédiaires financiers qui estiment que les exigences de LBA ont en tout cas considérablement alourdi leurs tâches, tel Gaudéric Massot, gérant de fortune indépendant à Genève. Il explique que « depuis l’entrée en vigueur de la loi sur le blanchiment, on demande aux intermédiaires financiers d’être à la fois des juges d’instruction et des inspecteurs d’une brigade financière ».

À l’automne dernier, interrogé par Mediapart, le banquier Nicolas Pictet, associé de la grande banque privée genevoise du même nom, estimait que la Suisse avait « quelques longueurs d’avance » en matière d’identification de l’ayant droit économique d’un compte bancaire. Et qu’une fois mis en place l’échange automatique d’informations fiscales (le standard de l’OCDE auquel Berne vient de se rallier après plusieurs années de farouche résistance), les banquiers suisses pourraient mettre en avant leur savoir-faire. « Nous pensons avoir quelques enseignements à apporter, même à de grands pays. Comment voulez-vous échanger de l’information avec un fisc du pays d’un client s’il est caché derrière une société de domicile ? Le principe même de l’échange automatique serait alors tué dans l’œuf. »

Mais en dépit du dispositif antiblanchiment sans cesse huilé et peaufiné, les fonds d’origine douteuse ou criminelle continuent manifestement à affluer en Suisse, comme en témoigne la constance avec laquelle les affaires de blanchiment sont découvertes. La liste est longue, et concerne en particulier les fonds des “PEP” (personnes exposées politiquement), toujours accueillies à bras ouverts. Accepter les avoirs d’un président en exercice, de sa famille ou ceux de hauts fonctionnaires n’est pas interdit, mais le banquier doit alors redoubler de prudence. De multiples règles ont été émises. Une abondante littérature existe sur la question, à commencer par les recommandations qu'a formulées l’Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) dans le cadre d’une ordonnance sur le blanchiment (voir ici).

Mais dans les faits, les choses sont un peu différentes. Lors du Printemps arabe, après les sanctions édictées par Berne, près d’un milliard de francs suisses d’avoirs illicites ont été bloqués dans les coffres helvétiques : 60 millions pour le clan Ben Ali (Tunisie), 700 millions pour celui d’Hosni Moubarak (Égypte), 100 millions pour la Libye et 100 millions pour la Syrie. Début 2011, le Conseil fédéral (gouvernement) chargeait la FINMA de déterminer si le dispositif destiné à empêcher l’agent illicite des PEP d’affluer en Suisse avait fonctionné.

En mars 2011, la FINMA, sortant de son silence habituel, décidait d’engager des « vérifications » auprès d’une douzaine d’établissements soupçonnés d’avoir failli à leurs obligations de surveillance accrue. « Si aucune communication n’a été faite auprès du Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS) avant la publication des ordonnances sur les sanctions, cela ne signifie pas automatiquement qu’il y a violation des prescriptions en matière de blanchiment d’argent. Cette question doit être clarifiée au cas par cas », indiquait-elle.

En novembre 2011, un rapport concluait que les intermédiaires financiers avaient en majorité respecté leurs devoirs de diligence (voir ici). Comme l’a révélé la Radio Télévision Suisse (RTS), seuls trois établissements ont finalement été épinglés – Union bancaire privée (UBP), EFG et HSBC Private Banking à Genève – pour avoir géré les fonds douteux du clan du président déchu Ben Ali.

La FINMA leur a reproché « d’avoir gravement enfreint le droit de la surveillance », sans cependant leur infliger la moindre amende, mis à part le remboursement des frais de procédure. En avril 2013, HSBC écopait de la sanction la plus “sévère” : l’interdiction pendant trois ans d’ouvrir des comptes pour des PEP, et la mise à plat de ses processus internes de surveillance avec un réviseur externe. Plus de 400 millions de francs suisses appartenant à des proches de Ben Ali, dont son beau-frère, Belhassem Trabelsi, avaient transité dans cet établissement.

Les “PEP” toujours les bienvenus en Suisse

« Ce qui importe, c’est la réputation de la Suisse et de faire savoir que l'argent volé n'a pas sa place en Suisse », déclarait au printemps 2012 l’ambassadeur Valentin Zellweger, responsable au département fédéral des Affaires étrangères de la question de la restitution des avoirs de potentats.

Face aux fortunes mal acquises des dictateurs, potentats et chefs d’État corrompus, la pratique des banquiers helvétiques est immuable : « Accepter les fonds, puis en cas de changement de régime, tenter de gérer au mieux la crise qui peut en découler. La leçon, c’est que quand les intermédiaires financiers ne jouent pas le jeu, ils n’ont pas grand-chose à perdre », explique Nicolas Giannakopoulos, directeur de l’Observatoire du crime organisé, basé à Genève. 

Sur son site internet, l’Association suisse des banquiers (ASB) écrit ainsi que « les problèmes ne surgissent qu’à partir du moment où, à la suite d'événements politiques, ces PEP deviennent, aux yeux du gouvernement suisse et parfois aussi aux yeux d’organisations et comités internationaux, des persona non grata ». Avant, difficile de faire la fine bouche : « Aucun banquier ne peut se permettre de refuser les fonds d’un PEP, même s'il a des doutes sur leur origine. Car sinon l’argent va ailleurs. La concurrence est rude ! », remarque Nicolas Giannakopoulos. Et tant qu’un régime corrompu est en place, « impossible d’imaginer qu’en cas de dénonciation au MROS et de blocage des fonds, la justice suisse puisse s’adresser au pays concerné pour prouver l’origine criminelle des fonds », précise-t-il.

 

Gulnara Karimova 
Gulnara Karimova © Reuters

Après avoir été entourée d’une ribambelle d’avocats et de banquiers prêts à lui passer tous ses caprices, Gulnara Karimova, déchue par son propre père le dictateur ouzbek Islam Karimov, subit maintenant les foudres de la justice suisse. À la mi-mars, le ministère public de la confédération a annoncé qu’elle était directement visée dans une enquête pour blanchiment d’argent en rapport avec des pots-de-vin liés au marché des télécommunications en Ouzbékistan. Quelque 800 millions de francs suisses ont été bloqués.

Le 6 mai dernier, le même MPC disait avoir gelé 170 millions de francs (140 millions d'euros) appartenant au clan du président déchu ukrainien Viktor Ianoukovitch. Cinq procédures ont été ouvertes pour soupçons de blanchiment, en particulier contre le fils Ianoukovitch dont la société Mako Trading a pignon sur rue à Genève. Mais pas question de s’attaquer aux avoirs russes. Berne n’a pas repris les sanctions édictées par l’Union européenne, et encore moins celles des États-Unis qui visent le cercle étroit de Vladimir Poutine. Certains proches du président russe, comme Guennadi Timtchenko qui habite Cologny – la banlieue chic de Genève –, ont depuis longtemps pris leurs quartiers sur les bords du Léman. Pour le moment intouchables...

La Suisse continue en tout cas à faire bonne figure en matière de standards internationaux contre le blanchiment d’argent. Elle entend suivre toutes les recommandations du GAFI, dont les plus récentes datent de février 2012. En décembre dernier, le Conseil fédéral a transmis au parlement un message pour l’introduction de sept modifications (voir ici et ) dans la législation. Elles devront s’appliquer avant le nouvel examen de la Suisse devant le GAFI en 2015.

En Suisse, ni les notaires, ni les agents immobiliers ne sont assujettis à la loi sur le blanchiment d’argent (LBA). Le secteur de l’immobilier échappe ainsi à tout contrôle, si ce n’est celui des banques qui sont censées assumer leur travail de vérification des fonds lors d’une transaction. Le paiement en liquide est encore possible.

En décembre 2009, Dinara Kulibayeva, l’une des filles du président-dictateur kazakh Noursoultan Nazarbaïev, s’est offert une villa de plus de 74 millions de francs suisses près de Genève. Le prix manifestement gonflé de cette vente avait frappé les esprits. Diverses interventions parlementaires à Berne s’en étaient suivies. En mai 2013, la police fédérale a publié un rapport sur le blanchiment dans le marché de l’immobilier (voir ici). Un projet prévoit que toute transaction de plus de 100 000 francs suisses passe désormais par un intermédiaire financier soumis à la LBA, et ne puisse plus se faire en liquide.

Autre mesure : la Suisse s’est engagée à mettre fin à la totale opacité des sociétés non cotées, qui émettent des actions aux porteurs et permettent encore de dissimuler les ayants droit économiques.

Enfin, dernier gros chantier aux conséquences imprévisibles pour les banquiers : l’inscription dans la législation helvétique du blanchiment de fraude fiscale. Le Conseil des États (chambre haute du Parlement) a approuvé à la mi-mars l’essentiel des propositions du Conseil fédéral sur ce dossier brûlant. Si le texte est adopté par le conseil national (la chambre basse), les intermédiaires financiers se retrouveront bientôt dans une position délicate : ils seront contraints d’exercer leur devoir de diligence pour débusquer les fraudeurs du fisc, qui en plaçant leurs fonds en Suisse seront désormais coupables de blanchiment. En cas de soupçon fondé, ils devront communiquer le cas au MROS. Mais ne seront concernées que les infractions fiscales graves commises au moyen de faux documents et dépassant 300 000 francs suisses par période fiscale. Et la nouvelle norme ne sera pas rétroactive.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 22:20

 

 

 

Transmis par "Les alternatifs30"

 

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 

 

 

*Note perso : Le choix de certaines infos transmises ci-dessous sont propres à leur auteur(e) et ne sont relayées qu'à titre indicatif...

 

 

 

 

 

 

LES INDIGNE/E/S «  DEMOCRATIE REELLE NÎMES » - 

AG chaque mercredi 18h et samedi  13h - Maison Carrée 

 

Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu 

 

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Lundi 12 mai

Mobilisation associations d’Insertion et du secteur social contre baisses financement+++

Hôtel du Département CG 30

9h

Mardi 12/5

ANTI TAFTA

Réunion publique TAFTA /Gaz de schiste même combat avec collectif TAFTA 30 et coll STOP Gaz de schiste Anduze

Anduze Salle parc des Cordeliers

19h

Mardi 13 mai

Réunion liste VNE Vivons Nîmes Ensemble pour suites élections municipales, préparation des Conseils Municipaux et d’agglo ++

Local Cheminots

Rue Benoit Malon

18h

Mardi 13 mai

Collectif soutien aux ROMS

APTI

18h30

Mercredi 14 mai

Rassemblement soutien Collège St Génies

Inspection Académique Nîmes

12h30

Mercredi 14 mai

Anti TAFTA

Débat public GMT Grand Marché Transatlantique : un outil contre les peuples, au service des multinationales et de la finance

Vauvert salle

19h30

Jeudi 15 mai

Journée d’action Fonction Publique : grèves, manif++ pour salaires, métiers,l’EMPLOI ++

Maison Carrée

15h

Jeudi 15 mai

Réunion ENSEMBLE Nîmes

London Tavern

18h30

Jeudi 15 mai

OGM cachés Soirée info sur les variétés tolérantes aux herbicides

Salle du Cinéma BARJAC

19H

Jeudi 15 mai

Projection-débat film « Fauteurs de troubles » la Psychiatrie –Humaniste avec l’USP, SUD Santé CH Mas Careiron, et LDH 30, réalisateur présent

Mas Careiron

Salle agora

20 à 23h

Samedi 17 mai

Conseil Municipal de Nîmes

Mairie de Nîmes

8h

Samedi 17 mai

Colloque inter-régional « ROMS, citoyens Européens » avec la LDH LR

Maison Protestantisme

13h30 à 17h

Samedi 17 mai

Journée des résistances et des alternatives

Journée ANTI TAFTA

 

 

Lundi 19 mai

Café Repaire info/débat autour du nucléaire avec A.et P.Péguin « Le nucléaire, l’énergie de demain ? »

Gallargues le Montueux/ Café de la Renaissance

19h

Mardi 20 mai

Film « Roadmap to Apartheid » Feuille de route pour l’Apartheid de l’Afrique du Sud à la Palestine  AFPS Nîmes, Femmes en Noir,LDH 30, UJFP,comité BDS 30

Centre Pablo Neruda

19h30

Mardi 20 mai

Réunion ATTAC Nîmes

Local SUD

19H

Mercredi 21 mai

Action Bienvenue Chez Vous

Places Jean Perrin et Pythagore Valdegour

13 à 17h30

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        Nous nous réunissons

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       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

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