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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 20:57

 

Source : www.marianne.net


 

Privatisation de l’hôpital public : l’émir qui révèle la forêt

Mardi 20 Mai 2014 à 12:15 | Lu 4781 fois I 25 commentaire(s)

 

Bruno Rieth

 

Un émir qui privatise un étage de l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt et c'est toute la planète médiatique qui est en émoi. A raison. Sauf qu'une telle pratique n'a rien de nouveau. Et c'est bien ce que regrette une partie du personnel médical qui n'apprécie guère, dans cette histoire, l'argumentaire déployé par Martin Hirsch, le patron de l'AP-HP, pour justifier ce « séjour » du riche patient.

 

ALEXANDRE GELEBART/20 MIN/SIPA
ALEXANDRE GELEBART/20 MIN/SIPA
L'histoire révélée par Le Canard enchaîné a agité les médias en fin de semaine dernière. Début mai, un riche émir, accompagné de toute sa suite, a privatisé tout un étage de l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt. Choquant ? En effet. Mais malheureusement, cette affaire n'a rien de nouveau. « Ça fait des années qu’existent ces pratiques. Là, c’est enfin mis en lumière et ça montre combien c’est n’importe quoi » s’emporte Patrick Pelloux, le médiatique syndicaliste urgentiste. « C’est la loi Bachelot qui avait gravé dans le marbre cette pratique, avec l’espoir de rapporter de l’argent. Sauf que l’on n'est pas foutu de récupérer ces sommes, la plupart du temps » poursuit-il. Les informations du Journal du dimanche  semblent lui donner raison : l'AP-HP (l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris) cumulerait, en 2012, près de 90 millions d'euros d'impayés de la part d'organismes et de patients étrangers.
 

« En plus, poursuit Pelloux, Martin Hirsch (le directeur général de l'AP-HP, ndlrexplique que ça ne posait pas de problèmes puisque cela intervenait durant le pont du 8 mai où l’hôpital se retrouve avec des lits vides. Or c’est faux : il y a dû avoir des malades qui ont été redirigés vers d’autres structures ». Et pour l'urgentiste d'aller même jusqu'à expliquer que désormais, l'hôpital connaît « une forme de corruption moderne, corruption car on remet en cause l’égalité des soins »...
 
Chez les syndicats, l’annonce a aussi du mal a passer, comme en témoigne Rose-May Rousseau, secrétaire général de l’Usap-CGT : « On doit garder nos valeurs d’égalité d’accès aux soins qui sont au centre de notre mission de service public. Or, en déroulant le tapis rouge à un patient et en lui permettant de privatiser neuf chambres durant six jours, simplement parce qu’il a de l’argent, on glisse vers un système où c’est la carte bleue qui définit la priorité d’accès aux soins. Et ça, c’est inacceptable ». Pour la syndicaliste, cette affaire révèle surtout le désengagement de l’Etat depuis des années : « C’est un choix que de vouloir favoriser le tourisme médical. Mais il ne faut pas que ça se fasse aux dépens de tout les autres patients », prévient-elle. Surtout lorsque ce choix entraîne « des ardoises qui dépassent le million » nous glisse-elle aussi.


Il n’y a peut-être que la présidente de la commission des Affaires sociales à l'Assemblée, la députée PS Catherine Lemorton, qui ne voit pas grand-chose à redire dans cette histoire. Du moins, insiste-t-elle prudemment, si l'on en croit les déclarations de Martin Hirsch. « Ce n’est pas vraiment nouveau. Il suffit de voir ce qu’il se passe dans des cliniques du Sud de la France. Je comprends l’émotion, car on est dans le cas d’un hôpital public. Mais si je me réfère à ce qu’a dit Martin Hirsch, si on fait payer plus chère la prestation et qu’elle n’a pas eu d’incidence sur des éventuels futurs patients, c’est même plutôt bénéfique », juge-t-elle. Pour la député, si ce genre d’événement est encadré et qu'il permet à « celui qui n’a rien de passer toujours devant les émirs ». Tout irait donc au mieux dans le meilleur des mondes ? « Il est vrai que ça nécessite une transparence totale ». Une transparence qui, aujourd'hui, n’est pas d’une évidence folle.
 
A contrario, le professeur André Grimaldi, défenseur sans relâche de « la santé pour tous », voit dans cette affaire une véritable mascarade : « Premièrement, lorsque Monsieur Hirsch se félicite que les patients étrangers paient 30 % plus cher, j’ai envie de lui dire d’aller regarder du côté des Etats-Unis et ce qu’aurait payé le patient d'Ambroise-Paré. Cette somme est ridicule par rapport au poids financier des personnes en question. D’autant qu’elles ne participent en rien à la construction de notre système de santé que nous finançons, avec nos impôts ou nos assurances. C’est pour cette raison que, dans une logique d’équité, il faudrait les faire payer beaucoup plus ». Surtout ce genre d’initiative remettrait en cause le principe « d’égalité-qualité » selon le professeur, « pour que notre système de soin reste le meilleur, il ne faut pas que la qualité soit réservée à certains particuliers. Ce qui est vraiment inacceptable, c’est que Martin Hirsch nous explique que ces prestations permettront d’aider à soigner “les patients précaires”. Or le service public ne marche pas à la charité, mais à l’égalité », recadre-t-il.
 
Serions-nous donc en train de glisser vers un système de santé à deux vitesses ? Question métaphysique de journaliste pour Patrick Pelloux :« Ça fait longtemps qu’elle n’est plus à deux vitesses, mais en boîte automatique. Il y a les pauvres, français ou étranger, qui ne peuvent aller que dans certains établissements qui les acceptent. Il y a la classe moyenne qui bénéficie de la sécurité sociale et qui a, de temps en temps, une mutuelle complémentaire et arrivent plus ou moins à se faire soigner correctement si elle a la patience d’attendre. Et puis il y a ceux qui ont de l’argent et qui peuvent se faire soigner vite et par les meilleurs ».

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 20:28

 

Source : www.mediapart.fr

 

Trois autres banques prises dans le scandale du Libor

|  Par martine orange

 

 

 

Le Crédit agricole, HSBC et JP Morgan sont accusés à leur tour par les autorités européennes d’avoir manipulé les indices servant de référence au calcul des taux d’intérêt. Elles encourent des peines pouvant aller jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires annuel mondial.

Le scandale du Libor s’amplifie. Les régulateurs de l’Union européenne viennent d’envoyer de nouveaux actes d’accusation contre trois autres banques, suspectées d’avoir pris part au cartel bancaire illégal, manipulant les indices de référence – notamment le Libor et l’Euribor – servant de référence dans l’établissement des taux d’intérêt. Les trois banques accusées sont le Crédit agricole, HSBC et JP Morgan.

À l’issue d’une enquête approfondie menée après la découverte des manipulations du Libor à Londres, les autorités européennes ont déjà sanctionné six banques en décembre, les accusant d’avoir instauré une entente secrète pour manipuler les taux d’intérêt. Elles leur avaient imposé une amende collective de 1,71 milliard d’euros, la plus lourde sanction jamais infligée en Europe pour cartel.

Quatre banques – Barclays, Deutsche Bank, Royal Bank of Scotland et la Société générale – avaient alors accepté de transiger. En contrepartie de la reconnaissance de leur participation à ce cartel et de certaines informations, leurs amendes avaient été réduites de 10 %.

Les trois banques accusées aujourd’hui n’avaient pas accepté de transiger avec les autorités européennes en décembre. Si elles sont reconnues coupables, elles encourent une sanction pouvant aller jusqu’à 10 % de leur chiffre d’affaires annuel mondial.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 16:14

 

Transmis par "Les alternatifs30"

 

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 

 

 

*Note perso : Le choix de certaines infos transmises ci-dessous sont propres à leur auteur(e) et ne sont relayées qu'à titre indicatif...

 

 

 

 

 

 

 

 

LES INDIGNE/E/S «  DEMOCRATIE REELLE NÎMES » - 

AG chaque mercredi 18h et samedi  13h - Maison Carrée 

 

 

Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu 

 

 

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Lundi 19 mai

Café Repaire info/débat autour du nucléaire avec A.et P.Péguin « Le nucléaire, l’énergie de demain ? »

Gallargues le Montueux/ Café de la Renaissance

19h

Mardi 20 mai

Film « Roadmap to Apartheid » Feuille de route pour l’Apartheid de l’Afrique du Sud à la Palestine  AFPS Nîmes, Femmes en Noir,LDH 30, UJFP,comité BDS 30

Centre Pablo Neruda

19h30

Mardi 20 mai

Réunion ATTAC Nîmes

Local SUD

19H

Mercredi 21 mai

Action Bienvenue Chez Vous

Places Jean Perrin et Pythagore Valdegour + Pissevin

13 à 17h30

Mercredi 21 mai

Meeting Européennes Front de Gauche (bus possibles)

Montpellier

 

Vendredi 23 mai

Meeting festif Front de Gauche /Européennes

Le Prolé

18h +++

Vendredi 23 mai

Conf/débat « où en est la racisme aujourd’hui en France ? » avec Mme Lazerge de la LDH

Maison du Protestantisme

18h30

Vendredi 23 mai

Fête des Voisins (tous quartiers)

Gambetta :ilôt fléchier + bas rue enclos-Rey

18 à 20h

Samedi 24 mai

Femmes en Noir pour la Palestine

Place de l’Horloge

11 à 12h

Samedi 24 mai

AFPS Présence en soutien au peuple Palestinien

Carré d’Art

15 à 17h

Samedi 24 mai

Distribution anti TAFTA

Maison Carrée

Hôtel ATRIA

17h

20h

Dimanche 25 mai

Elections Européennes : VOTONS  Front de Gauche

 

8 à 20h

Dimanche 25 mai

Découverte de 17 lieux d’art et de création dans le Quartier GAMBETTA rens :0622210276 +

Apéro convivial à 18h30 + projection nocturne 21h

Visites guidées 11h30 et 15h depuis Place St Charles

11 à 18h++

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 20:37

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

 

Avec le traité transatlantique, l'UE et les États-Unis sabordent le climat et la transition

Un cinquième cycle de négociations entre l'Union européenne et les États-Unis a débuté ce lundi 19 mai à Arlington (Virginie) et se poursuivra jusqu'au 23 mai. Selon un document de négociation secret rendu public ce lundi par le Huffington Post, l'Union européenne propose aux États-Unis de libéraliser complètement le marché transatlantique de l'énergie et des matières premières. Le texte encourage ainsi l'exploitation et le commerce transatlantiques des hydrocarbures non conventionnels tout en réduisant considérablement les capacités des États à soutenir le développement des énergies renouvelables.

 

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Le document secret rendu public est daté du 20 septembre 2013 et a été rédigé par les services de la Commission européenne. Il tire son origine du premier round de négociations de juillet 2013. Il a été remis aux négociateurs américains en prélude du deuxième cycle de négociations d'octobre dernier. C'est une première ébauche de ce que pourraient être les grandes lignes des règles de commerce et d'investissement en matière de ressources naturelles et d'énergie.

Comme nous le craignions (cf. notre note à ce sujet), les négociations entre les États-Unis et l'UE sont donc en train de sacrifier toute possibilité de transition énergétique et toute perspective de politiques efficaces de lutte contre les dérèglements climatiques. Ce document fait de la recherche d'une compétitivité internationale en matière d'énergie et de ressources naturelles (art. A.2) le principe qui doit guider la suppression des restrictions au commerce et faciliter les investissements dans ces secteurs. La clause du « traitement national », interdisant de donner moins d'avantages aux multinationales étrangères qu'aux entreprises nationales, est par exemple clairement mentionnée (article G1).

Dans le domaine de l'énergie, l'article C2 prévoit la levée de toutes les restrictions aux exportations des biens énergétiques (comprenant le charbon, le pétrole brut, les produits pétroliers, le gaz naturel liquéfié ou non, et l'électricité – article B) afin de faciliter leur exportation. Ce alors que les États-Unis ont interdit en 1975 – sauf exception – les exportations de pétrole brut et imposent une série de restrictions à l'exportation de gaz naturel. Une série de dispositions (article H) prévoit également de faciliter et d'encourager l'accès et l'octroi de licences aux multinationales étrangères en matière de prospection, d'exploration et de production d'hydrocarbures des deux côtés de l'Atlantique.

Concernant le secteur des énergies renouvelables, l'article O indique que les pays « ne doivent pas adopter ni maintenir des mesures prévoyant des exigences de localité », ni « exiger la création de partenariats avec les entreprises locales » ou imposer des « transferts de droits de propriété intellectuelle », soit autant de politiques pourtant nécessaires pour développer un secteur d'énergies renouvelables qui s'appuie sur des produits,des compétences locales et les meilleures technologies disponibles.

Ce document ne mentionne pas les enjeux climatiques ou les défis de la raréfaction des ressources. En encourageant une extension du commerce transatlantique des combustibles fossiles, c'est une exploitation accrue et une consommation insoutenable d'hydrocarbures qui sont promus, renforçant notre dépendance aux énergies fossiles. Le tout au détriment du climat et d'une véritable transition énergétique, subordonné à un fondamentalisme libre-échangiste suranné.


Amélie Canonne (Aitec), Maxime Combes (Attac)


Pour aller plus loin :

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

 

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 16:45

 

 

Source : www.mediapart.fr


Bruxelles, rue des lobbies

|  Par Pascale Pascariello

 

 


À Bruxelles, 15 000 lobbyistes ont pignon sur rue et se démènent à proximité des institutions européennes pour tenter d'en influencer la politique. Visite guidée en compagnie de l'un d'entre eux. En partenariat avec Arte Radio.

Mediapart reprend son partenariat avec Arte Radio à l'occasion des élections européennes pour vous proposer d'autres regards – et d'autres propos – sur l'Europe.

Bruxelles est la capitale du lobbying en Europe. Pascal Kerneis dirige ESF, un cabinet incontournable pour défendre les intérêts des entreprises. Ses clients ? Le Medef, Orange, Veolia… Comme un grand nombre de lobbyistes, Pascal a commencé sa carrière au sein même de la commission européenne. Et il fait aujourd'hui partie du groupe d'experts qu'elle consulte sur le traité transatlantique TTIP…
Loin de craindre les médias, ESF tente de les utiliser pour servir son combat : la libéralisation des services et la défense du traité. Un petit guide du bon lobbying que ne contredira pas Martin Pigeon, de Corporate Europe Observatory, un groupe alter qui organise un “Lobby tour” de la capitale européenne.

 

Pour écouter l'émission, cliquer ici


Mise en ondes & mix : Samuel Hirsch

Réalisation : Pascale Pascariello

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

                                                              ***********************************************

 

 

Source : www.youtube.com

 

The Brussels Business (French)

ashikmlakonja   ashikmlakonja 

 

 


 


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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 21:39

 

 

samedi 17 mai 2014

Succès de la manif anti-répression policière ce samedi après-midi 17 mai 2014 à Nantes.

 

 

 
Beau succès de cette manifestation dont les organisateurs voulaient affirmer la solidarité de deux causes : celles des inculpés après la manif anti-NDDL du 22 février et celle des trois mutilés de l'oeil le même jour.
Le cortège regroupant des personnes de tous âges était assez impressionnant pour couvrir toute la rue Jean-Jacques Rousseau, et a été estimé à « près d'un millier » de manifestants par le site de Ouest-France.

Les jeunes amateurs de casques, de foulards, de drapeaux noirs et de fumigènes ont pu s'en donner à cœur joie au rythme du slogan provo et gentiment folklorique « Un million de dégâts : nous ferons mieux la prochaine fois ».

Mais l'ambiance était sereine et décontractée et ceux qui craignaient des débordements violents se sont trompés, tandis que ceux qui les souhaitaient en haut lieu auront été sévèrement déçus.

Si bien qu'un manifestant blagueur osait cette boutade : Finalement, c'est aux anarchistes nantais qu'il faut confier l'organisation des manifestations anti-NDDL car ainsi on peut manifester en plein centre ville, et il n'y a aucun dégât ni blessés !

Parmi les images marquantes, on remarque le courage tranquille et expressif de Damien, blessé à l'oeil le 22 février, qui s'approchait des policiers pour leur montrer sa pancarte : « Grâce à vous, ma vie a changé merci ».

Maintenant, il faut revendiquer ensemble une commission d'enquête parlementaire sur les crimes policiers, car la violence volontaire avec arme provoquant une infirmité permanente est juridiquement un crime, et il faut exiger que le procureur de la République désigne des juges d'instruction indépendants de la police et du pouvoir. L'OBSLAB va s'y consacrer avec l'aide de tous les partenaires disponibles.

Plus bas, quelques photos.




 

 

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 21:27

 

Source : www.reporterre.net

 

 

L’incroyable procès où les écologistes sont traités comme des terroristes

Nicholas Bell

samedi 17 mai 2014

 

 

 

C’est un procès ahurissant qui aura lieu à huis-clos jeudi 22 mai à la prison des Vallette à Turin. Quatre militants sont jugés pour destruction de matériel (aucune atteinte aux personnes) dans des conditions dignes d’un procès anti-mafia : en isolement complet depuis leur arrestation, ils seront entendus par vidéo depuis leur cellule.


Le procès qui débutera le jeudi 22 mai prochain à la prison des Vallette à Turin va se dérouler dans des conditions ahurissantes, dignes d’un grand procès anti-mafia. Les inculpés qui sont à l’isolement complet depuis leur arrestation, seront entendus depuis leur cellule par captation vidéo, les membres du jury escortés par des policiers et tout un arsenal de lois antiterroristes appliquées à ces quatre militants alors que les faits relèvent uniquement de la destruction de matériel (aucune atteinte aux personnes) sur le chantier du TGV Lyon-Turin dans la vallée de Susa.

Le document joint, très complet, a été rédigé pour attirer l’attention du public européen sur l’utilisation parfaitement scandaleuse de l’accusation de terrorisme contre quatre militants d’un mouvement populaire de contestation qui n’a cessé de dénoncer la démesure et le coût exorbitant de ce projet de ligne TGV.

PDF - 100.2 ko

- Le document -lien

La Commission européenne partie civile

La portée européenne du procès est encore renforcée par le fait que la présidence de la Commission européenne s’est portée partie civile au titre de ses intérêts dans un projet qu’elle soutient depuis le début. 132 parties civiles seront représentées à ce procès inique, des entreprises de travaux publics aux ouvriers présents sur le chantier le soir où ont eu lieu les faits incriminés.

Il faut absolument empêcher que cette affaire ne soit traitée par la justice italienne que dans le huis-clos de la prison...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 21:15

 

 

Source : www.marianne.net


 

Les entretiens de Marianne

Susan George : « C’est le marché qui décide, ce n’est pas la démocratie »

Samedi 17 Mai 2014 à 05:00

 

Bruno Rieth

 

Depuis des mois, la Commission européenne négocie avec les Etats-Unis un accord de libre-échange transatlantique qui vise à la suppression des droits de douane et l’harmonisation des barrières non-tarifaires. Susan George, présidente d’honneur d’Attac et membre du parti de la Nouvelle donne qui présente des candidats aux élections européennes, revient pour Marianne sur ce qu’est exactement le traité transatlantique et sur ses enjeux.

 

Pour Susan George, militante infatigable et figure historique du mouvement altermondialiste, l’accord qui se négocie au plus haut niveau entre les Américains et les mandataires de la Commission européenne, ne lui inspire pas confiance, mais alors pas du tout.

C’est d’abord le secret qui entoure les négociations qui l’inquiète « car aucun document n’est mis à disposition ». Et d’après les quelques éléments qui ont fuité dans la presse « grâce à des camarades », nous dit-elle, les discussions autour des fameuses « barrières non-tarifaires », ne la rassurent pas plus. D’autant que la concession de la Commission sur « l’exception culturelle » et la Défense, accordée à la France, ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Le traité transatlantique risque, à terme, de bouleverser aussi bien les règles de notre agriculture, de notre système de santé et, plus largement, de bousculer un certain nombre de réglementations françaises. Et à première vue, pas pour les améliorer…
 
Pour la militante altermondialiste, il faudrait reproduire la « méthode Dracula » qu’elle avait initiée lors de son combat, à la fin des années 90, contre l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI). Méthode qui consiste à révéler au grand public, le projet en cours qui « comme Dracula, une fois mis sous les projecteurs, ne résiste pas à la lumière ».
 
Autre inquiétude, le fameux système de règlement des différends. Les multinationales pourraient attaquer devant un tribunal privé les Etats au nom de leur réglementation. Les procédures d'arbitrage, « la France en a déjà fait l’expérience », nous indique-t-elle. C'était l’affaire Tapie qui s’était soldée, rappelons-le, par un gros chèque de 400 millions d’euros accordé à l’ancien président de l’OM. La suite de l’histoire ne peut que nous faire réfléchir sur la question des conflits d’intérêts au sein de ces instances. Autre exemple donné, le cas de l'Equateur qui a été condamné par un tribunal du même type à payer 1,77 milliard de dollars à l'américain Occidental petroleum. Car dans les trois-quarts des cas, ce sont les multinationales qui gagnent. Pur hasard...
 
Quant aux promesses de création d’emplois, Susan George nous renvoie à l’exemple du NAFTA, l’accord de libre-échange nord-américain, entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, qui aurait fait perdre « 2 millions d’emplois au Mexique et 680 000 emplois industriels aux Etats-Unis » selon l’altermondialiste. Ce qui devrait faire réfléchir notre président avant de déclarer au sujet du traité que « nous avons tout à gagner à aller vite »...

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 20:57

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Témoignage 16/05/2014 à 17h32

Comment on ne meurt pas aux urgences quand on a de la chance

Béatrice Leca | Riveraine

 


A l’hopital Bichat, à Paris, en 2006 (POUZET/SIPA)

Mon ami Michel Butel vient d’échapper à la mort. Ce n’est pas grâce aux urgences de l’hôpital Bichat, à Paris. C’est grâce aux pompiers, d’abord : une fois encore, premiers arrivés, après mon appel au Samu.

Il est 22h30, ce jeudi. Je viens de passer voir Michel Butel. Juste après l’avoir quitté, j’ai un drôle de sentiment dans le taxi. Il ne répond pas au téléphone. Je remonte chez lui.

Making of

Ce témoignage concerne tout le monde : il s’agit de l’univers des urgences hospitalières dont chacun est potentiellement le « client ».

En l’occurrence, c’est un ami de Rue89, Michel Butel, l’éditeur de L’Autre Journal autrefois, qui a tenté l’aventure de L’Impossible qui a pris fin l’an dernier. Michel souffre d’asthme et se retrouve régulièrement à l’hôpital. Mais ce que raconte ici son amie Béatrice Léca est proprement terrifiant. Hôpital, il y a urgence ! Pierre Haski

Lorsque j’entre, il est en train d’étouffer sous mes yeux malgré la cortisone, le Bricanyl – la crise d’asthme s’affole, il ne peut pas parler, j’appelle le 15.

Les pompiers arrivent presque aussitôt. Une fois encore – car ce n’est pas la première fois que nous les appelons – hyper rigoureux, respectueux, attentifs.

Quatre jeunes hommes qui se tiennent dans la petite pièce, posent des questions, écoutent les réponses, font les premiers soins et préparent le travail des médecins du Samu. Qui sont là quelques minutes plus tard, et une fois encore, équipe extrêmement professionnelle, calme, qui prend son temps – masque d’oxygène, contrôle des gaz du sang, vérification des prises de cortisone, etc.

Le médecin du Samu évalue au téléphone avec la pneumologue de Michel, une amie, la nécessité d’une surveillance.

Ils décident tous deux que Michel doit être hospitalisé car la crise, qui semble maintenant contenue, une demi-heure après leur intervention et les soins, peut redémarrer dans la nuit.

Direction donc les urgences de Bichat où Michel est suivi en pneumologie – le protocole des hôpitaux exigeant qu’on passe par cette case.

Les urgences l’ont déclaré « non admis »

Je laisse Michel avec les pompiers qui l’emmènent à l’hôpital, pas extraordinairement rassurée par les expériences précédentes, mais confiante, tout de même, puisqu’il ne s’agit que d’une surveillance de quelques heures avant qu’il soit vu par sa pneumologue.

Il m’appelle à 9 heures du matin.

Il est chez lui.

A 4 heures et demi, les urgences l’avaient déclaré « non admis ».

Après avoir été amené par les pompiers – auxquels nul parmi le personnel médical de l’hôpital ne prête attention et ne salue –, il a été examiné par un médecin.

Le test du « peak-flow » (appareil destiné à mesurer la vitesse maximale du souffle), que les asthmatiques connaissent bien, indique une respiration d’athlète : un record, quand il souffle dedans ! Michel suggère que l’appareil est cassé : il n’a jamais n’atteint un tel score. Peu importe : qu’il souffle à nouveau dans l’instrument, même résultat, même enthousiasme du médecin.

Devant la seringue de l’infirmière, il s’informe de ce qu’on veut lui administrer. On accepte enfin de lui dire qu’il s’agit de cortisone – il vient de prendre, quelques heures auparavant et par voie orale, la dose maximale, comme l’ont scrupuleusement noté les médecins du Samu dans le rapport qu’ils ont donné aux urgences.

Il ne reçoit donc aucun soin de la part des urgences, en revanche, il est déclaré apte à rentrer chez lui : on lui indique une chaise, où il peut attendre le premier métro.

Devant sa stupéfaction et alors qu’il précise qu’il sait d’expérience que la crise peut redémarrer à tout moment avec une extrême violence, le médecin lui signale qu’il n’hésite surtout pas à revenir dans la nuit s’il y avait un problème.

En cas de crise d’asthme grave, chaque minute compte. Le Samu le sait, les pompiers le savent.

L’hôpital a piétiné leur travail

A l’aube, chez lui, la crise a redémarré. Il a réussi à la contenir : tout, plutôt que les urgences à nouveau.

J’hésite à dire : Michel Butel a 74 ans. Des antécédents médicaux lourds.

Personne ne lui a demandé comment il allait rentrer chez lui, s’il vit seul, s’il y a dans son immeuble un ascenseur, s’il a même assez de médicaments pour faire face à une éventuelle autre crise.

Puisqu’il n’est pas mort, des imbéciles pourront toujours dire que ce n’était pas si grave.

Je connais (un peu) l’hôpital : je sais qu’y travaillent des aides-soignantes, infirmiers, médecins extraordinaires.

Mais si souvent au cours de ces dernières années j’ai assisté à des dysfonctionnements graves – embolies pulmonaires non détectées parce que les bons examens n’avaient pas été faits, infection nosocomiale due à la simple négligence d’un médecin, erreurs dans les médicaments et les dosages – que je ne peux plus envisager d’y laisser un proche en confiance.

J’ai vu jeudi un déploiement de moyens immense : dix personnes, pompiers et médecins, se sont mobilisées pour sauver une vie. Ces personnes ont fonction de relai entre les particuliers et l’hôpital. Mais l’hôpital a piétiné leur travail et a mis en danger la vie qu’ils venaient de sauver.

C’est dans doute naïf ou idiot, mais j’ai voté à gauche et j’espérais là aussi que quelque chose change. La dernière fois que j’étais aux urgences, je me suis demandée pourquoi aucun ministre n’y allait jamais. Je sais bien que je ne suis pas la première à poser la question, mais j’aimerais bien que l’un d’eux me réponde.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 20:41

 

Source : www.mediapart.fr

 

En défense de Jérôme Kerviel

|  Par martine orange

 

 

 

Tout homme a le droit à un procès juste et équitable. Jérôme Kerviel n’a pas eu ce droit. Pendant six ans, il s’est heurté à une justice aveugle et sourde, qui ne voulait surtout rien voir, surtout rien entendre, surtout ne pas constater ses propres manquements et faiblesses. Une justice injuste s'apprête à l'emprisonner.

Tout homme a le droit à un procès juste et équitable. Jérôme Kerviel n’a pas eu ce droit. Pendant six ans, il s’est heurté à une justice aveugle et sourde, qui ne voulait surtout rien voir, surtout rien entendre, surtout ne pas constater ses propres manquements et faiblesses. Alors que la Cour de cassation vient de casser le volet civil du procès, indiquant que les responsabilités de la banque n’avaient pas été prises en compte, qu’un homme seul ne pouvait devoir 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts, soulignant en creux tous les vices du dossier, le parquet s’apprête, sans attendre les conclusions d’un autre procès qui pourrait peut-être bousculer des certitudes, à l’incarcérer afin qu’il purge trois ans de prison. Comme s’il fallait le faire taire en urgence, cacher derrière les murs épais d’une prison ce scandale démocratique d’une justice qui a failli.

De toutes les années de tumulte financier que nous venons de connaître, la finance ennemie n’a qu’un nom, qu’un seul visage en France : celui de Jérôme Kerviel. Les banquiers qui ont ruiné leur établissement, coûté des milliards à la collectivité ne manquent pourtant pas. Un des plus emblématiques : Pierre Richard. L'ancien président de Dexia (6,6 milliards d’euros à ce stade pour la collectivité) continue de couler des jours tranquilles, avec une retraite chapeau à la clé, sans avoir eu à répondre une seule seconde de ses actions devant la justice. Mais Jérôme Kerviel, lui, doit payer tout de suite et cash. Il est le trader fou et fraudeur, celui qui a manqué de précipiter la Société générale dans l’abîme, coûter des milliers d’emplois. Le costume lui a été taillé dès les premières heures de l’affaire par son employeur. La justice n’a jamais cherché à aller au-delà de cette image bâtie à coups de millions par des experts de la communication.

 


© Reuters

Car tout dans ce dossier a été mené sous l’emprise de la Société générale, dès le début de l’enquête. Lorsque dans la folie médiatique du moment, organisée par la banque elle-même, les premiers enquêteurs judiciaires prennent le dossier, ils débarquent sur Mars. Ils ne comprennent rien à ce monde de folie, où l’on parle warrants, valo, click options, système Elliot, broker, chambre de compensation. Mais la justice n’aime pas reconnaître son ignorance. Il ne sera pas fait appel à des experts extérieurs. La parole de la Société générale leur suffit.

La banque d’ailleurs pourvoit à tout. Elle prend l’enquête en main, la cadre. Elle indique aux enquêteurs où il faut chercher, ceux qu’il faut interroger. Elle désigne les ordinateurs qui peuvent être saisis, leur sélectionne les mails qui peuvent être pris, leur prépare les documents qu’ils peuvent emporter.

Ce que les enquêteurs ignorent, c’est que dans le même temps, la Société générale met en place une mécanique pour imposer le silence à tous les échelons. Jérôme Kerviel doit être le trader solitaire, montant ses opérations gigantesques seul, dans le secret, s’introduisant frauduleusement dans les systèmes, dans l’ignorance totale de sa hiérarchie. Des réponses toutes faites sont préparées pour répondre aux questions des enquêteurs. Dans le silence des bureaux de la banque, des cadres de tous les échelons sont enfermés pour signer des engagements de confidentialité. Ils s’engagent à ne rien dire sur ce qui s’est passé, y compris à leur famille, à ne divulguer aucun élément sur la banque à la justice.

Un cadre racontera à quelques témoins ces scènes de tension et de peur, en marge du procès en appel. Mais il n’osera jamais briser le mur du silence et témoigner à visage découvert. Ce sera un des nombreux témoins qui, tout au long de cette enquête, parlera en off, dans le secret d’un café ou d’un cabinet, et racontera la vie et les usages de la banque, une partie de l’histoire et des faits tels qu’ils les ont vécus, mais dont ils n’oseront jamais parler publiquement.

La justice n’a pas vraiment cherché à briser ce mur du silence, organisé par l’institution bancaire. Car, contrairement à ce que la Société générale a bien voulu lui dire, l’affaire Kerviel ne se joue pas en chambre. Il y a des contreparties extérieures, des témoins, des traces des mouvements de titres et d’argent. La chambre de compensation Eurex (Clearstream avant qu’elle ne soit rachetée par Deutsche Börse) tient la comptabilité de tout. Les positions délirantes de Jérôme Kerviel ont un coût : 25 milliards d’euros de trésorerie en appel de marge en 2007. La Société générale est-elle donc si mal tenue qu’elle ne s’aperçoive de rien ? Eurex connaît précisément les positions prises par Jérôme Kerviel avant le 18 janvier 2007, les façons dont la Société générale les a dénouées, ce qu’il en a coûté véritablement à la banque. Tout est tracé, écrit, répertorié.

La seule parole de la Société générale

Quand on condamne une personne à payer 4,9 milliards d’euros de réparation, cela justifie au moins d’aller vérifier la réalité des faits et de ne pas s'en tenir à la seule parole de la victime supposée. Sept ans après, la justice est encore incapable de dire si les pertes annoncées par la banque sont réelles ou non. Aucune visite chez Eurex n’a été menée, aucune donnée n’a été demandée, aucune expertise n’a été réalisée. Si la justice se réveille et essaie de récupérer les données pour évaluer les pertes de la Société générale et fixer vraiment les dommages et intérêts, comme le lui demande la Cour de cassation, elle risque de ne plus rien trouver. Fin décembre, toutes les archives d’Eurex sur cette période seront détruites. Mais n’est-ce pas ce que l’on veut ? Qu’il n’y ait plus de traces des mails internes, des positions de Jérôme Kerviel et de la Société générale, pour continuer d’instruire un procès à l’aveugle.

Un responsable d’Eurex, Michaël Zollweg, a bien été entendu en 2012 par la brigade financière dans le cadre d’une autre enquête préliminaire, à la suite d’une plainte déposée par Jérôme Kerviel pour faux et usages de faux. Que disait-il ? Que la position de Jérôme Kerviel représentait 90 % de l’activité de la banque sur l’indice Dax. Que le 18 janvier 2007, Eurex s’apprêtait à relancer une nouvelle enquête sur les positions de la Société générale, compte tenu de leur ampleur « large short and large long ». En d’autres termes, la banque était vendeuse et acheteuse sur le Dax, ce qui laisserait entendre que les positions de Kerviel étaient couvertes ailleurs. Mais ce témoignage ne sera jamais pris en compte. Le parquet a classé la plainte sans suite.

Faut-il s’étonner de l’absence de curiosité du juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke sur ce volet de cette affaire ? À l’époque, il est menacé par le Conseil supérieur de la magistrature de graves poursuites disciplinaires, justement dans le cadre de l’affaire Clearstream. En le désignant comme seul juge d’instruction dans l’affaire Kerviel, n’était-ce pas une façon de s’assurer que la justice n’irait jamais voir de ce côté là ? Renaud Van Ruymbeke pouvait-il avoir le cran de retourner sur un lieu où il s’était hautement brûlé ?

Dans cette affaire, il n’a pas vraiment cherché non plus à mettre tout en œuvre pour la manifestation de la vérité. Le juge avait les aveux de Jérôme Kerviel. Cela suffisait. Quoi qu’en dise la justice, elle porte toujours la marque de cette justice inquisitoriale, reposant sur la géhenne, la contrainte par corps et les aveux. Oui, Jérôme Kerviel avait avoué ses positions délirantes, ce milliard quatre de résultat réalisé fin 2007, qui lui brûlait les doigts et le rendait fou, cette hypnose du joueur installé dans un casino ouvert à toute heure, ses manœuvres courantes pour masquer dans le système qu’il n’avait aucune contrepartie.

Mais il avait aussi expliqué à ses supérieurs, dès le week-end du 19 janvier 2007, dans des conversations enregistrées, que tout cela ne pouvait être ignoré. Dans les salles de marché, où les traders travaillent à moins de cinquante centimètres les uns des autres, où toutes les conversations sont enregistrées, tous les mails conservés, rien ne peut rester longtemps caché. Les nombreuses alertes envoyées de tous les autres postes de la banque – trésorerie, comptabilité, compliance – à ses supérieurs prouvent que toute sa hiérarchie savait, couvrait, l’encourageait. Les objectifs fixés à Jérôme Kerviel par ses supérieurs le prouvent : 55 millions de résultat à réaliser pour l’année 2007 dans une activité d’arbitrage qui au mieux en réalise 10 millions par équipe, c’est la reconnaissance de la triche. C’est un pousse-au-crime.

Cette partie des “aveux” de Jérôme Kerviel ne ressortira jamais. La justice s’est contentée de prendre la version papier des aveux, ceux retranscrits par la Société générale et qu’elle fournit obligeamment au juge. Il y avait bien dans les scellés les bandes enregistrées. Mais les scellés ne furent jamais ouverts et examinés pendant l’instruction. Pis, à plusieurs reprises, le juge Renaud Van Ruymbeke a refusé leur accès à la défense. Ce n’est qu’au milieu 2012 que, finalement, la présidente de la Cour d’appel permettra à l’avocat de Jérôme Kerviel, David Koubbi, d’avoir accès à ces bandes, un mois à peine avant le procès. Après moult péripéties, que découvrit-il ? Des bandes tronquées, caviardées, des phrases coupées en plein milieu.

Une expertise confirma la censure et les coupes. Une contre-expertise faite par la Société générale affirma au contraire que les enregistrements étaient tout à fait normaux, qu’il n’y avait eu aucune manipulation, aucune dégradation. Partie contre partie, c’est le quotidien de la justice. Que fit-elle dans cette affaire ? Elle ne prit même pas la peine de demander une expertise indépendante, et classa sans suite le dossier, la veille de la condamnation en appel de Jérôme Kerviel. Cet épisode comme d’autres a été raconté ici, ici ou là encore.

Omerta

Cette affaire est une illustration du dossier Kerviel. À chaque pas, son avocat a été obligé de mener une défense d’investigation, pour trouver les preuves, les témoins qui ne figuraient pas dans le dossier. Il y en a eu des personnes pour raconter ce qu’elles avaient vu dans la banque, pour parler de ce qu’elles avaient eu à connaître de l’enquête, des dysfonctionnements qu’elles avaient pu observer. Comme cette personne travaillant à l’Autorité des marchés financiers (AMF) au début de l’affaire, par exemple. Elle raconta comment le régulateur avait été prévenu avant même le débouclage, comment le fait de déboucler les opérations un jour du Martin Luther King’s day, c’est-à-dire un des trois seuls jours dans l’année où le marché américain était fermé, permettait bien des manœuvres sur le marché, lorsqu’on était habile, comment dans les couloirs, on parlait des pertes de la Société générale sur les subprimes.

Il y en eut des rencontres ou des témoins indirects venant rapporter ce qui se disait dans le secret de l’instruction. On parle beaucoup au parquet et dans les couloirs du palais de justice. On y raconte comment certains, au fait du dossier, estimaient que les nouveaux faits apportés par la défense de Jérôme Kerviel méritaient au moins examen, comment les enquêteurs de la brigade financière s’étonnèrent du si rapide classement sans suite par le parquet de la première plainte pour faux et usage de faux déposée par Jérôme Kerviel. On y parle aussi « des pressions, des ordres venus d’au-dessus, de la hiérarchie » pour classer sans suite, refuser même d’instruire les plaintes déposées de Jérôme Kerviel, pour ne surtout pas rouvrir le dossier.

Qui donne ces ordres ? Les gardes des Sceaux successifs, ou d’autres ? Et pourquoi ? C’est en tout cas un des grands maux de la justice. Quand elle se met à dysfonctionner, elle préfère cacher ses erreurs au nom de la protection de l’institution plutôt que le reconnaître. Et il n’existe aucun mécanisme pour la remettre dans le droit chemin.

La voix d’Eva Joly, parfaitement au courant des usages de la justice, la mettant en garde contre de possibles erreurs, tout comme celle des quelques rares homme politiques, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon, Julien Bayou ou François Bayrou, a résonné dans le désert. L’État lui-même a facilité cette omerta, refusant de s’expliquer sur les 1,7 milliard d’euros de crédit fiscal accordé dès 2008 à la Société générale après l’affaire Kerviel, au nom du secret fiscal. Un secret fiscal si bien gardé qu’il figure en toute lettre dans le rapport annuel de la banque. La même année, la banque distribua exactement le même montant à ses actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d'action. Mais il est vrai que la somme est si dérisoire que cela ne regarde pas les citoyens.

Comment alors ne pas comprendre ces témoins, qui racontent en secret, mais refusent de parler à visage découvert ? Pourquoi témoigneraient-ils, en se mettant en risque dans leur emploi, dans leur vie, alors que leurs propos risquent de ne même pas être pris en compte. Ceux qui s’y sont risqués jusqu’à présent l’ont payé cher et leur courage a été sans aucun effet. Un des témoins, travaillant chez Fimat, la société de courtage de la Société générale, a eu sa vie brisée pour avoir osé parler, osé dire que Jérôme Kerviel ne pouvait pas avoir agi en solitaire. Un autre, Sylvain Passemar, a parlé dans l'indifférence générale. Pendant les cinq semaines du procès en appel, il est venu à chaque audience dans l’espoir d’être appelé à la barre. La présidente du tribunal n’a jamais voulu l’entendre. 

C’est une autre des grandes faillites du procès Kerviel. À aucun moment, la justice n’a voulu écouter les voix dissonantes, tenir compte des preuves dérangeantes, qui venaient bousculer une vérité officielle, établie dès les premières heures du 24 janvier 2007 par le président de la Société générale et jamais remise en cause par la justice. À aucun moment, elle n’a cherché à trouver ceux qui avaient vu ou connaissaient un bout de l’histoire. À aucun moment, elle n’a apporté d'assurances et de garanties à ces témoins, qui auraient pu vouloir parler. À aucun moment, elle n’a cherché à briser le mur du silence et de l’argent. Pis, elle a cautionné le système de mutisme instauré par la banque. Nous connaissons le prix du silence fixé par la Société générale : sept ans de salaire. La présidente de la Cour d’appel, Mireille Filippini, ne réagira pas quand un des anciens supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel lui dira qu’il ne peut parler, sous peine de devoir rembourser. Ce jour-là, la justice a confirmé, devant témoins, qu’elle rendait les armes devant la finance.

Christiane Taubira, pouvez-vous voir votre nom associé à cette injustice ? François Hollande, vous qui aviez désigné la finance comme votre ennemie, allez-vous laisser perpétrer ce crime mené contre un seul homme pour sauver la face de cette finance qui a menacé de ruines le monde ?

 

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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