Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 16:53

 

 

*RV demain, samedi, sur le terrain de Caveirac  à partir de 13h jusqu'à 19h minimum et dimanche aussi.
Pensez à prendre un casse croute si vous voulez manger avec nous.

 

 

 

Terre, état des lieux, Mai 2014

 

 

Un peu plus d’un mois après l’acquisition du terrain …

 

Tout d’abord, rangement général car il traînait (et il traîne encore) sur le terrain toutes sortes de matériaux, bois, ferrailles, gravats, plastiques…L’évacuation est en cours mais tout n’est pas à jeter. Il est surtout parti les plastiques, toutes sortes de bidons contenant ou ayant contenu des produits toxiques (huiles, carburants, pesticides…), pas mal de gravats (éviers écornés, parpaing cassés…) ainsi que toutes sortes de ferrailles.

 

Ensuite il a fallu caser tout ce que Marleen et Luc n’ont pu garder dans leur nouveau logement ce qui fait que, en un sens, nous avons enlevé du bordel pour en remettre…mais du bordel « utile » !

 

Le terrain a été ensuite défriché, à la tondeuse là où c’était possible, à la débroussailleuse là où c’était nécessaire. Les résidus végétaux ont été conservés, mis en tas, ébauches possibles de buttes de permaculture.

 

Quelques arbres morts ont été supprimés (il en reste), d’autres taillés, notamment les oliviers qui ont désormais belle allure et sont couverts de fleurs. Globalement le verger est à refaire, les cerisiers sont mourants (les étourneaux ont mangé les quelques fruits parvenus presque à maturité), les abricotiers guère plus vaillants. Les plus « vivants » sont les poiriers et les pommiers qui se sont ressemés un peu partout, mais doivent encore montrer leurs capacités à fructifier. Refaire le verger est une bonne opportunité pour réorganiser les lieux : il faut penser à « casser » le vent donc à recréer des rangées est/ouest tout en laissant plus de place aux potagers et aux futures serres. Il faut créer des haies diversifiées, d’arbres caducs (ou pas) de haut jet au nord (à la place ou entre les lauriers roses), d’arbustes florifères et fructifères ailleurs pour créer des abris à la faune « auxiliaire » (et aux étourneaux…on recherche faucons crécerelles, crécerelettes, éperviers et autres buzards, envoyer CV et lettre de motivation…). Le premier terrain, étroit ayant partiellement servi de dépôt à matériaux (graviers, sables, terre, cailloux), pourrait être presque entièrement planté en verger  et cultures pérennes (asperges, petits fruits, artichauts etc..). On pourrait y faire un poulailler. Cela fera un parking ombragé.

 

L’activité principale a été de monter la datcha des apparatchiks, gérants futurs du stalag. Trois week-end y ont été entièrement consacrés : fondations, structure porteuse, montage, nouveau toit. C’est fini et à l’heure qu’il est, il est propre et sent bon le savon noir à l’huile de lin. Il reste à faire une terrasse devant (et un bon escalier, il est « haut sur pattes »…), à cacher les fondations et à le meubler (table, canapé, étagères…) ce qui libérera de la place dans le mazet et le hangar (et chez Marleen). Il sera par la suite lasuré pour l’hiver, équipé de chenaux pour récupérer l’eau de pluie, doté de panneaux solaires et, peut-être, d’un poêle à bois. Le mazet fera office de cuisine (frigo+cuisinière, à gaz) et de dépôt d’outils pour bricolages divers.

 

Un petit carré de terre a été labouré, suite aux faibles pluies tombées en fin de mois. La terre (si humide) est douce et légère, un peu sableuse, profonde. Il a été planté une vingtaine de pieds de tomates (« Cherokee Purple », « Russe », puis « Marmande » et autres suite au cadeau de fête des mères de Marleen). Un rang de poireau aussi. On n’a pas eu le temps et l’opportunité de faire plus mais si la terre est « travaillable » dans les jours prochains il y aura à planter une collection de courges diverses et des haricots.

 

Pour l’instant l’arrosage se fait à l’eau de pluie de récupération (on a monté provisoirement sur le mazet des chenaux alimentant deux gros bidons). Le puit n’est pas très commode : il faut descendre sur un premier palier, jeter un seau, le remonter, regrimper l’échelle d’accès…Le point positif c’est qu’il y a une grosse réserve d’eau et que, selon les voisins, il s’agit d’un puits-citerne captant une source permanente (plus ou moins souterraine). Il n’a jamais manqué d’eau à cet endroit et le débit de renouvellement est important. On a donc une ressource fiable. Il reste à pouvoir la capter de manière pratique.

 

C’est le « chantier » futur. Le voisin (à l’entrée) nous a donné un vieux moto-pompe qui est en cours de révision (problème de carburation). C’est un beau cadeau et une super opportunité. Vieille mécanique simple et rustique il débite 6 m3/h et sera tout à fait suffisant pour le début. Il va falloir l’installer, tester l’installation existante. On pourra arroser et remplir les trois citernes en même temps. Cependant pour disposer d’eau propre (potable ? test en cours : on en a bu elle est bonne et fraîche et, pour l’instant, pas de symptôme « bizarres ») nous allons aussi installer une pompe à main avec un petit bac de réserve devant. Elle sera près du puits, sur le côté du mazet « eau » qui servira aussi à stocker les outils de jardin. Ce sera plus pratique et moins bruyant que de démarrer le moto-pompe à chaque fois qu’on veut un peu d’eau (boire, se laver, faire la vaisselle ou du ciment).

 

Moralité de tout ceci et perspectives futures :

 

Avec un peu d’huile de coude, les choses avancent à grand pas, sur le plan matériel. Nous bâtissons un lieu accueillant et agréable et le travail futur s’annonce passionnant, nous sommes sur une terre « vierge », un espace encore informe, abandonné. Il y à tout ou presque à faire, à créer, à modeler. C’est une opportunité formidable et un plaisir fantastique.

 

Travail ? Ben oui évidemment…faut se lever le matin, piocher, scier, pelleter, charrier…cela fait les mains calleuses et le dos raide, on cuit au soleil, on endure le mistral. Mais aussi on pense, on réfléchit à comment accorder ce que nous imaginons à la réalité concrète. Le résultat n’est jamais conforme aux prévisions, il faut aussi composer avec la matérialité qui ne se laisse pas faire comme prévu car, chance, rien ne se passe comme prévu. De l’interaction de la pensée spéculative et de la réalité concrète, ici et maintenant, naît quelque chose qui n’est pas déterminé ni déterminable à l’avance.

 

Cependant,  sur le plan « ressources humaines », constat : peu de volontaires pour se colleter avec le concret. Pourtant qui veut les clefs peut les avoir, suffit de le demander et de payer 4.5 € par clefs (4, bientôt 6…) pour pouvoir venir et faire à sa guise. Ou alors venir les samedi ou dimanche quand il est presque sûr qu’il y a quelqu’un (sinon contacter Marleen ou Vincent ou JP).

Peu de monde est venu à la première réunion, début Mai, l’équipe ‘Ex-Indignés’, de Millhaud, est venue partiellement et ponctuellement aider (taille des oliviers, fondations de la datcha), on leur a rendu leur visite. Là aussi il y a encore beaucoup à faire, là aussi ça avance et c’est tout autant ouvert. Beaucoup plus petit et déjà un peu « saturé » et « étriqué » (à mon goût, cela n’engage que moi) mais il y a là l’avantage d’une « fine » équipe et de bonnes volontés, ce qui manque (en effectif) à la Font du Sorbier. Contrairement à ce qui a été rêvé en dépit du bon sens, c’est clair, il va être difficile, d’être au four et au moulin, sur un lieu et l’autre. Il y a donc des « places à prendre » ici.

 

C’est offert, ouvert, est-ce trop facile ? On préfère rêver à l’autonomie, à la nature, à la fraternisation, à la coopération, sans bouger un orteil pour esquisser un début de commencement de réalisation pratique ?

Libre à vous, nous on se régale... et on va de l’avant.

 

Bye.

 

 

Repost 0
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 21:18

 

Source : www.france5.fr

 

 

 

Jeu d'influences : les stratèges de la communication

Les crises - Episode 1

 

 

 

 

 

 

Jeu d'influences : les stratèges de la communication - Les crises - Episode 1

Résumé

Les stratèges de la communication se sont imposés dans toutes les sphères du pouvoir, dans l'ombre des politiques mais aussi des grands patrons. Inconnus du grand public, ces «spin doctors» sont au coeur de la production de l'information. Ils façonnent l'image de leurs clients et influencent les journalistes. Ce premier volet se penche plus précisement sur les stratèges de la communication de crise, appelés en urgence par des grands patrons pris dans la tourmente médiatique. Ainsi l'affaire Kerviel, avec la longue guerre de l'image entre les stratèges de la Société générale et les conseillers du trader. D'autres professionnels, comme Ramzi Khiroun et Anne Hommel, ont sauvé Richard Gasquet, empêtré dans une affaire de dopage. Des agences arrivent aussi à faire émerger des débats de société pour le compte d'intérêts privés, comme le travail le dimanche.

 

lien

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 19:16

 

Source : www.reporterre.net


 

Mille vaches : le récit de la journée « démontage » où l’affaire a basculé

Hervé Kempf et Lorène Lavocat (Reporterre)

jeudi 29 mai 2014

 

 

 

Pour remettre le projecteur sur la ferme-usine des Mille Vaches qui, selon eux, signe l’arrêt de mort des petits paysans, la Confédération paysanne a mené une action de démontage. Le gouvernement a choisi la réponse répressive : le porte-parole du syndicat, Laurent Pinatel, a passé la nuit de mercredi et à jeudi incarcéré, ainsi que quatre autres paysans.


- Buigny-Saint-Maclou, Abbeville, Paris, reportage

Il est 4 h 30, ce mercredi 28 mai . Dans la nuit, trente cinq paysans sont levés, au siège de la Confédération paysanne, à Bagnolet, près de Paris. Les raisons d’un lever si matinal : ils vont mener une action de démontage de la salle de traite de la ferme-usine des Mille vaches, dans la Somme. Dans la cour, trois camionnettes et trois voitures. Deux vidéastes sont là, et un journaliste, de Reporterre. Un journaliste de France Inter rejoindra l’action sur les lieux. Après une rapide tasse de café, on embarque dans les véhicules avant cinq heures. Direction l’autoroute du nord. On file vite.

Arrivée vers 6 h 50 sur les lieux de la ferme-usine, sur la commune de Buigny-Saint-Maclou, en un terrain qui jouxte Drucat-le-Plessiel. Le jour s’est levé. Le crachin tombe. Personne, pas de vigile. Les véhicules tournent à gauche sur la route, s’avancent sur un chemin de terre. Les hangars de la ferme-usine sont maintenant bien avancés, le chantier a avancé rondement depuis septembre et une première action nocturne du syndicat paysan.

Les hommes et les femmes sortent rapidement, et franchissent un petit fossé pour aller sur le terrain boueux. Ils sont équipés de clés à molettes et de pinces. A travers les pièces vides d’un grand hangar au sol de béton, ils parviennent dans la grande salle de traite où, dès l’été, des centaines de vaches sont censées être traites tous les jours.

L’action est rapide, efficace, peu de mots sont échangés, tout le monde s’active : il s’agit essentiellement de déboulonnner, de démonter quelques pièces, qui seront acheminés à Paris pour être présentés aux ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie. Car ceux-ci, le jour même, doivent se retrouver pour célébrer… l’agriculture biologique. Les paysans agissent à visage découvert, ils assument leur action. Ils prennent soin de ne rien casser, ce n’est pas un saccage, mais un démontage. Les pièces sont défaites, pas brisées.

"Ce genre de projet va faire couler les petits paysans", explique Christian Rouqueirol, "en faisant chuter le prix du lait. C’est une logique folle où, plus c’est gigantesque, plus c’est rentable."

Presque tous les membres du secrétariat national du syndicat sont présents, pour marquer l’engagement fort, collectif et politique de la Confédération paysanne. Le porte-parole, Laurent Pinatel, est présent, mais il ne se livre pas au démontage.


- Un élément d’un "compteur à lait" -

Il est 7 h 30. Les premiers salariés arrivent sur le site. Ils sont furieux. L’un d’entre eux se saisit d’un tuyau, un échange a lieu, vif, mais heureusement, on en reste aux mots.

- Ecouter :

Sur le chemin d’accès, où d’autres membres de la Confédération paysanne ont porté les pièces, un autre ouvrier a avancé sur eux à vive allure, leur faisant peur et frottant un des véhicules. Un salarié prend des photos des démonteurs.

Dans le hangar, le démontage s’arrête. L’essentiel de l’action a eu lieu. Elle est racontée dans le journal de 8 h sur France Inter - et aussi sur Radio Aligre (à 20’), dans l’émission dont Reporterre est partenaire.

Quelques gendarmes arrivent. L’ambiance est calme. Des gendarmes photographes prennent des clichés de tout le monde.

Un gendarme se dirige vers quatre paysans et leur demande leur identité : apparemment, il les a reconnus sur des photos prises par des salariés. Mais pourquoi ceux-ci et pas les autres ? Un attroupement se fait, tous insistent pour qu’on prenne aussi leur identité : c’est une action collective, tous sont coupables, ou personne. Le jeune gendarme note les noms sur son carnet rayé.

Il y a maintenant beaucoup de monde, des gendarmes sur le chemin, où des bulldozers bloquent les véhicules des syndicalistes, et dans les hangars où, d’ailleurs, le travail reprend.

Les paysans se retrouvent sur le chemin, à côté des camionnettes - l’une est partie sur Paris, avec les pièces démontées - et sous l’oeil des forces de l’ordre.

Pendant ce temps, je vais parler avec Michel Welter, qui dirige le chantier et est, en quelque sorte, le porte-parole du projet de ferme-usine lancé par l’entrepreneur Michel Ramery. Il est furieux et ne cache pas sa colère. Lui-même était éleveur dans l’est de la France : "C’était 365 jours par an. J’ai voulu changer de vie, pour avoir du temps libre". Il s’insurge contre l’action de la Confédération paysanne : "Ce mode d’action, c’est, ’on n’est pas d’accord, on pète tout’". Il dit qu’"il n’a aucune idée des conséquences" de l’action du matin, "les conséquences, elles sont morales pour moi et mes collègues".

Il défend point par point le projet : le bien-être animal y serait mieux assuré que sur la majorité des fermes. La ferme-usine produira de l’énergie de méthanisation, "c’est à dire une énergie renouvelable". "On réduit notre consommation d’énergie, notre consommation de pesticides, notre usage d’antibiotiques". Quant au prix du lait qui sera fourni ici, il assure ne pas le connaître : "Le prix du lait varie tous les jours. En 2011, dans le dossier économique, nous avons dit que le coût de production était estimé à 25 centimes par litre. Mais depuis, le coût des aliments a monté, donc le coût de production aussi".

Il estime que, dans la région, les exploitations laitières disparaissent. "Si on n’avait pas fait ce projet, il n’y aurait plus que des cultures".

"Ce n’est pas notre faute si dans le pays, les éleveurs laitiers disparaissent. Si le lait est plus cher que les concurrents étrangers, on ne le vendra pas. Nous, on apporte une solution."

Le coeur du débat est là : s’adapter à un contexte international qui pousse à l’industrialisation de l’agriculture pour des coûts le plus bas possible,...

 

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 18:47

 

Source : www.marianne.net

 

 

Une mondialisation sans redistribution nous mènera au chaos

Jeudi 29 Mai 2014 à 12:00 |

 

Propos recueillis par Emmanuel Lévy

 

Le 25 avril dernier, Marianne interviewait Branko Milanovic, ancien chef économiste de la Banque mondiale. Un entretien prophétique au vu des résultats des européennes. Pour lui, « les Etats européens devraient mettre l'accent sur la redistribution » des richesses vers les classes populaires car les inégalités générées par l'internationalisation d'un capitalisme outrancier constitue « un grand danger pour les démocraties ». Un danger qui, selon lui, « peut se résumer au concept des deux P : ploutocratie et populisme ».

 

Des membres de l'Armée du Salut à New York
Des membres de l'Armée du Salut à New York

 

Une mondialisation sans redistribution nous mènera au chaos
>>> Interview parue dans Marianne daté du 25 avril

Marianne : Vos travaux révèlent une hausse des inégalités et l'émergence d'une super élite. Expliquez-nous ce qui s'est passé.
Branko Milanovic : Le processus de mondialisation des échanges, tel qu'on le connaît aujourd'hui, a pu pleinement se mettre en œuvre après la chute du mur de Berlin. Cela, d'une part, a assuré l'émergence d'un monde capitaliste sur l'ensemble du globe, et, d'autre part, l'entrée de la Chine dans l'OMC, devenue l'atelier du monde. Si l'on prend la planète comme un tout, cela s'est traduit par une forte hausse du revenu pour un grand nombre de travailleurs principalement situés dans des pays comme la Chine. Mes travaux montrent qu'entre 1988 et 2008 les revenus nets de cette « nouvelle classe moyenne mondiale », composée de centaines de millions de travailleurs, ont fortement progressé, de près de 80 % en termes réels. Idem pour une superélite, le fameux « top 1 % », les 1 % les plus riches de la planète, qu'on trouve dans les pays émergents comme dans les pays de l'OCDE. En revanche, deux autres types de population ont souffert. Il y a évidemment les laissés-pour-compte de la mondialisation, les très pauvres dans les pays très pauvres. Mais, ce qui est inattendu, c'est que les perdants sont aussi les populations qui disposaient d'un revenu qui les plaçait auparavant entre les très riches et cette nouvelle classe moyenne mondiale, c'est-à-dire la population des classes moyennes et populaires des pays de l'OCDE.

La monté de ces inégalités est-elle une menace pour les démocraties ?
Oui. Pour le voir, observons à présent la dynamique à l'intérieur même des pays de l'OCDE, qui sont historiquement les pays de tradition démocratique. On a donc une classe de très riches qui profitent pleinement de la mondialisation tandis qu'une grande masse a vu, elle, ses revenus stagner, voire régresser. Aux Etats-Unis, où le changement est le plus spectaculaire, la classe moyenne ne touche plus que 21 % des revenus du pays, contre 32 % en 1979, soit une baisse d'un tiers. Cette impressionnante régression est due à un effet double lame, comme pour les rasoirs. La première lame a taillé dans les revenus de cette population qu'on peut appeler la « classe moyenne ». La seconde les a si bien rabotés qu'elle en a fait basculer une grande partie dans la pauvreté. En conséquence, l'alliance de fait entre les « gagnants » — les élites des pays riches et les classes moyennes des pays émergents — les place en situation de rupture avec les classes populaires au sein de leur propre pays. Si vous y ajoutez l'accumulation d'un patrimoine gigantesque pour le top 1 %, et ses stratégies de séparatisme social, cette divergence d'intérêts vis-à-vis de l'ouverture économique, l'autre nom de la mondialisation, est à mon sens un grand danger pour les démocraties. Il peut se résumer au concept des deux P : populisme et ploutocratie.

Vous voulez dire que nos démocraties n'ont que deux chemins devant elles ?
Si les classes dirigeantes persévèrent dans leur volonté de poursuivre de la même façon le mouvement de mondialisation, pour leur plus grand profit, ma réponse est oui. D'autant que ce mouvement n'est pas près de s'arrêter : après la Chine, il y aura les centaines de millions de travailleurs de l'Inde, puis ceux du Bangladesh et de l'Afrique. Cela peut entraîner encore, disons, cinquante ans de stagnation, voire de régression, pour les classes populaires de l'OCDE et, à l'opposé, une très belle vie pour le top 1 %. Et, pour le leur faire accepter, les deux solutions sont donc le populisme et la ploutocratie.
Le risque ploutocratique est, à mon sens, déjà quasiment à l'œuvre aux Etats-Unis. L'autonomisation politique des riches y est une réalité : ils dictent l'agenda politique, financent les candidats et, du coup, s'assurent que les lois soient votées pour leur plus grand profit. Une étude du sociologue Larry Bartels révèle que les sénateurs américains, quelle que soit leur couleur politique, sont six fois plus sensibles aux intérêts des riches qu'à ceux des classes populaires, qui du reste votent peu. Ce qui, dans les faits, s'est traduit par une baisse considérable des impôts pour les riches.
Un énorme fossé s'est ainsi créé entre la majorité de la population et la démocratie. Ce gouvernement par la technocratie n'est pas unique. Après tout, les gouvernements de Mario Monti, en Italie, et de Loukas Papadimos, en Grèce, sont les meilleurs exemples de cette dérive.
L'autre option est le populisme. Les exemples ne manquent malheureusement pas en Europe. La théorie économique du libre-échange, qui gouverne la globalisation, impose la libre circulation des biens mais aussi celle des facteurs de production, c'est-à-dire des capitaux - ce qui est déjà le cas - comme des personnes. La tentation est forte de considérer que, à défaut de vouloir agir sur la première ou à procéder à une redistribution de revenus, la volonté de calmer les perdants de la mondialisation dans les pays riches se focalise sur la seconde option.
Ces deux options, populisme et ploutocratie, ne sont pas exclusives l'une de l'autre. On peut très bien imaginer un mélange des deux. C'est par exemple le cas en France.

Il n'y a aucun moyen de s'en échapper ?
C'est tout le paradoxe. Pour accompagner la mondialisation, les Etats européens devraient mettre l'accent sur la redistribution. Faire en sorte que les grands gagnants partagent les bénéfices avec les perdants. A mon sens, l'économiste Dani Rodrik voit juste : seul l'Etat-providence est à même de permettre une acceptation du processus de mondialisation en repêchant les perdants.
Et, cependant, c'est tout le contraire que l'on observe. Les politiques d'austérité minent les ressources de l'Etat-providence, et cela s'aggrave avec la concurrence fiscale, qui a conduit à la réduction des taux d'imposition pour les plus aisés, comme l'a remarquablement montré Thomas Piketty.
Mais il y a pis. Cela se conjugue avec l'offre populiste. Laquelle, surfant sur le désarroi des classes populaires, risque de conduire à leur abandon de l'Etat-providence, alors qu'elles en sont les principales bénéficiaires.
La quasi-totalité des études sérieuses montrent que les pauvres gagnent beaucoup grâce aux prestations chômage et aux aides sociales. Les classes populaires en retirent plus d'avantages encore par le biais des prestations de santé, d'éducation ou de retraite. Et, plus que tout, l'assurance d'être à l'abri de la pauvreté. C'est d'ailleurs ce qui explique la différence de position des couches les plus faibles entre l'Europe et les Etats-Unis, différence qui se fait en faveur de l'Europe, bien sûr.

Vous êtes pessimiste ?
Oui. Comme je l'explique, la solution consiste en une intensification de la redistribution dans les pays développés. Le problème est qu'avec la contre-révolution libérale s'est mis en place un paradigme qui y est défavorable et qui, aujourd'hui, fonctionne à plein. Trente ans de ce régime ont en effet conduit à une accumulation de capital par la frange la plus aisée de la population qu'on n'avait pas connue depuis la guerre.
Mais cet écart avec les autres classes s'est également traduit par un séparatisme social sans précédent, ce que les penseurs de la libéralisation n'avaient pas prévu. Il est pourtant de l'intérêt bien compris des plus aisés de revenir sur ce paradigme et de le reconsidérer s'ils souhaitent que la mondialisation, dont ils sont les principaux bénéficiaires, se poursuive. Pour être tout à fait clair, la mondialisation est sans doute une bonne chose. Mais une mondialisation à outrance, où on ne fait guère attention aux perdants, avec lesquels on partage l'espace national, culturel et politique, peut avoir des effets opposés, produire un rejet pur et simple de toute forme de coopération internationale. Avec le chaos comme horizon. Et pour tout le monde... 

 

Source : www.marianne.net

 



Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 14:02

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Extrait 28/05/2014 à 21h42

Et soudain, je vous vois par la caméra de votre salon...

Gurvan Kristanadjaja avec Yann Guégan (Rue89)

 

En France, des centaines d’objets connectés à Internet sont accessibles sans mot de passe : caméras, imprimantes, scanners... Nous en avons pris le contrôle, puis retrouvé leurs propriétaires.

 

 

 

 

 

Il est 19 heures, vous rentrez du travail. On est jeudi. Votre fille vous attend, dans sa robe de chambre rose. Elle est heureuse de vous voir et vous enlace chaleureusement. Elle doit avoir 5 ou 6 ans tout au plus.

Elle sort de la douche – elle a les cheveux mouillés – et regarde la télévision sur votre canapé d’angle en cuir beige. Vous vous dirigez vers la cuisine, la mine fatiguée, pour préparer le repas tout en gardant un œil sur le salon depuis votre cuisine américaine. Ce soir c’est pizza, mais congelée. Vous rajoutez de la mozzarella de second choix, un peu d’huile et le tour est joué.

A retrouver aussi dans Rue89 Week-end
Notre bonus cette semaine, c’est la BD « Delirium Tremens », de Pierrick Starsky et David Sourdrille, extraite du magazine Aaarg ! , bimestriel « de bande dessinée et de culture à la masse », dont Aurélie Champagne vous a déjà dit sur Rue89 le bien qu’il faut en penser.
Sinon, dans sa chronique « Le pays dont on n’a pas parlé cette semaine », Pierre Haski vous emmène cette fois à Grenade, où les habitants se révoltent contre une campagne de pub.

Enfin, vous retrouverez un entretien avec le chercheur danois Meik Viking, qui étudie ce qui fait le bonheur des habitants d’un pays, et travaille avec les politiques pour qu’ils prennent mieux en compte cette donnée insaisissable dans leurs décisions.

 

Votre conjoint descend l’escalier et se dirige vers le canapé. Il embrasse votre fille et s’assoit devant France 2 : comme souvent, il regarde Nagui. Vous ne le savez pas, vous êtes même probablement à mille lieux de l’imaginer, mais quelqu’un vous regarde. Je vois votre reflet dans la vitre du micro-ondes.

Vous vous sentez en sécurité chez vous. Surtout depuis que vous avez cette caméra de surveillance. Elle est dans le coin de votre salon-salle à manger, tout près de l’escalier.

Elle offre une vue imprenable sur tout votre appartement. Quand vous en avez discuté avec votre mari, il a réussi à vous convaincre :

« Chérie, à notre époque t’es filmée partout : dans la rue, quand tu vas chercher tes médocs à la pharmacie, quand t’achètes un “happy meal” au Macdo, quand tu prends l’ascenseur. Ça changera rien à notre vie. On aura moins de cambriolages et en plus tu pourras regarder l’appart’ depuis ton boulot ».

Vous avez installé une grosse caméra de marque allemande que vous avez connectée à Internet pour y accéder depuis votre ordinateur ou votre smartphone.

Le problème, c’est que vous n’avez pas pris le temps d’y mettre un mot de passe. Peut-être vous êtes-vous dit que personne ne trouverait jamais l’adresse bizarre qui permet d’y accéder, faite de chiffres et non de lettres.

Et bien si. Parce que vous et votre vie privée, tout le monde peut la voir grâce à Shodan, un moteur de recherche qui répertorie les objets connectés dans le monde [déjà utilisé par des journalistes norvégiens pour le projet Null Ctrl) ...

C’est d’ailleurs comme ça que je vous ai trouvé. Parce que tout ceci est bien réel, je vous observe là, dans votre cuisine.

Si ça peut vous rassurer, vous n’êtes pas seule. Des adresses IP comme la vôtre, Shodan en livre des centaines de milliers dans le monde chaque mois. Son fondateur, l’Américain John Matherly, ambitionne même de répertorier tous les serveurs disponibles sur Internet.

Souvent, les résultats qu’on y trouve sont des services protégés par mot de passe, et donc inaccessibles pour les internautes lambda. Mais certaines, comme la vôtre, n’en ont aucun d’activé.

Alors en effectuant une recherche simple et adaptée, j’ai réussi sans mal à observer une plage au Chili, une école en Indonésie ou une ado devant son PC aux Etats-Unis.

La caméra de vidéosurveillance installée dans le box d’un cheval, au sein d’une école vétérinaire en Rhône-Aples, avait un petit plus : j’ai réussi à la diriger depuis mon bureau à Paris : vers la gauche, vers la droite, zoom, dé-zoom, j’ai un contrôle total sur la caméra.

Retrouvez la suite de cette enquête dans Rue89 Week-end, notre magazine tablette. et regardez quelques unes de nos trouvailles dans la vidéo en haut de cet article.

Rue89 Week-end, mode d’emploi


  • Un extrait de la BD Aaarg ! en bonus cette semaine

    Si vous n’avez pas de tablette mais souhaitez voir à quoi ressemble Rue89 Week-end, vous pouvez visiter le chouette site de présentation concocté par nos complices du studio Upian.

  • Ensuite, contre la modique somme de 2,69 euros par mois, vous aurez accès à tous les autres articles et bonus (extraits de BD ou de livres photo, courts métrages, documentaires, eBook)...

 

Bon Rue89 Week-end à tous !

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 13:37

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le gouvernement prépare un gel du droit des salariés

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Le ministre du travail François Rebsamen s'est dit prêt à suspendre « pendant trois ans » les seuils créant des obligations particulières aux entreprises, comme par exemple la création d'un comité d'entreprise à partir de 50 salariés, pour favoriser la création d'emplois.

C'est une vieille revendication du patronat, jusque-là restée lettre morte. Le ministre du travail François Rebsamen envisage de la satisfaire. Mercredi, il s'est dit prêt à « suspendre trois ans » les seuils créant des obligations particulières aux entreprises, comme par exemple la création d'un comité d'entreprise à partir de 50 salariés ou la désignation de délégués du personnel à partir de 10 salariés.

« Les organisations patronales affirment que les seuils de dix et de cinquante salariés constituent des freins à l'embauche. Je dis donc aux organisations syndicales que le meilleur moyen de faire tomber cet argument, c'est de tenter l'expérience », a expliqué le ministre dans un entretien aux journaux du groupe Ebra publié mercredi.

Lors de sa rencontre avec le premier ministre Manuel Valls en avril, Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, avait suggéré au gouvernement « de libérer ces seuils momentanément, à titre expérimental ». « Je crois que le Premier ministre a été sensible à cet argument et qu'on devrait rapidement ouvrir ce travail sur ces seuils sociaux de 10, de 20 et de 50 », avait-il dit à sa sortie de Matignon.

A l'inverse, les syndicats sont vent debout : « C'est considérer que les représentants du personnel, les droits des salariés, le syndicalisme sont un frein au développement de l'entreprise » alors qu'« un dialogue social constructif permet de régler les problèmes du travail », estime Thierry Le Paon, pour la CGT. « On aurait mieux compris ces propos dans la bouche du Medef que dans celle du ministre », a réagi la numéro 2 de la CFDT Véronique Descacq.

Et signe que tous les repères sont troublés, l'UMP Patrick Devedjian a salué « courage » du gouvernement, sur Twitter : « Si Rebsamen suspend les seuils sociaux il fera ce que la droite n'a jamais osé : c'est objectivement courageux. » Ce sont les socialistes, au début du premier septennat de François Mitterrand et avec les lois Auroux, qui ont renforcé les droits des salariés dans les très petites entreprises.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 13:26

 

 

 

1336 jours de lutte  

SCOP T.I C’EST PARTI

 

UNE VICTOIRE SYNDICALE DE GRANDE PORTÉE

 

Dans notre assemblée générale du dimanche 25 mai, les Fralibs ont décidé à l’unanimité d’approuver la signature d’un protocole d’accord avec le groupe UNILEVER.

Cet accord a été signé hier en fin d’après-midi à l’issu d’une ultime réunion de négociation à Paris.

Il permet d’ouvrir de réelles perspectives de construction de notre SCOP.

Le ministère du Travail et la Présidence de la République se sont investis dans la dernière ligne droite et ont participé à la réalisation de ce protocole d’accord par leur engagement.

 

Cet accord s’inscrit dans un processus de lutte puissant et organisé par les salariés et l’ensemble de la CGT qui a recueilli une solidarité populaire massive développée par leur Comité national de soutien.

Solidarité dans laquelle de nombreuses personnalités, organisations politiques et associatives se sont retrouvées.

Cet accord consolide les acquis arrachés au cours des 1 336 jours de lutte et en engrange de nouveaux.

Les trop nombreuses tergiversations et l’acceptation explicite de quelques dogmes patronaux affichée par certains, n’ont pas toujours contribué à faire avancer nos revendications et nos propositions.

Il aura fallu de la persévérance et de l’opiniâtreté de la part des salariés en lutte pour agir pour le maintien de l’emploi, le maintien et le développement de l’outil industriel et de l’économie de nos territoires.

 

Le bilan de cette phase du combat de plus de 3 ans et demi confirme que seule l’action paie.

Pour rappel :

 

Ø  Appropriation publique des terrains et bâtiments,

Ø  Appropriation publique à l’euro symbolique des installations administratives et industrielles du site pour transfert à la SCOP des salariés,

Ø  Soutien financier au démarrage et au développement du plan alternatif des salariés en sécurisant les acquis obtenus et en ouvrant des perspectives sérieuses notamment par :

-          Diverses mesures contribuant au développement commercial. Il s’agit notamment de la recherche de débouchés de production, la construction d’une marque, le renforcement de l’appareil commercial et administratif, une étude de marché.

-          Une contribution conséquente au fonds de roulement

-          Le financement d’une formation pour les salariés de la SCOP

-          La participation à la remise en état, au développement, à la modernisation et à la diversification de l’outil de travail.

-          Maintien des institutions représentatives du personnel pendant une période suffisante permettant la maîtrise du dossier jusqu’à la création officielle de la SCOP,

Ø  Obtention d’une prime substantielle de préjudice pour chaque salarié en lutte venant s’ajouter aux indemnités légales,

 

Ces acquis ont été obtenus par une lutte efficace et courageuse des Fralibs, un soutien sans faille de toute la CGT et une solidarité populaire et militante large.

 

Les résultats concrets de cette victoire syndicale sont des points d’appui solides et encourageants à la constitution et au développement de notre SCOP.

 

Une nouvelle étape de la bataille s’ouvre. Nous nous y engageons avec détermination, comme nous l’avons fait depuis le début du conflit pour gagner les moyens nécessaires au démarrage, au développement et à la pérennité de SCOP TI.

Les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les structures de l’économie sociale et solidaire ont des moyens conséquents.

Les Fralibs et toute la CGT ne manqueront pas de leur rappeler leurs engagements et leurs responsabilités dans le respect des prérogatives de chacun.

 

Alors que les conflits se multiplient, que les fermetures et les licenciements s’accélèrent, notre lutte exemplaire est un succès pour tous les travailleurs de notre pays et démontre que rien n’est jamais joué d’avance. La lutte continue.

 

Amicalement les ex-salariés de FRALIB et futur SCOPTISTES !!!

 

Consultez  notre site internet : http://youtu.be/A3KqeXcgy4w 

http://cgt.fralibvivra.over-blog.com/ http://www.udcgt13.fr/  http://www.fnafcgt.fr/ 

http://www.cgt-fralibvivra.fr/  http://theelephant.fr http://www.youtube.com/watch?v=BTxwjrEnLA8

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 13:14

 

Source : www.audit-citoyen.org

 

 

Que faire de la dette ? Un audit de la dette publique de la France

Cette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir. 

Télécharger la version complète du rapport

Résumé du rapport :

59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente: une croissance excessive des dépenses publiques.

Mais ce discours ne résiste pas à l’examen des faits. Dans ce rapport nous montrons que l’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79%, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses puisque leur part dans le PIB a chuté de 2 points en trente ans.

Si la dette a augmenté c’est d’abord parce que tout au long de ces années l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises : du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de 5 points en 30 ans.

Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards €) à son niveau actuel.

C’est ensuite parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » pour préparer l’entrée dans l’euro, engendrant un « effet boule de neige » qui pèse encore très lourdement sur la dette actuelle.

Si l’État, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards €) à son niveau actuel.

L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 53% du PIB (soit 1077 milliards €). Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43% au lieu de 90 % comme le montre le graphique ci-contre.

Au total, 59% de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs.

 La hausse de la dette publique provient pour l’essentiel
des cadeaux fiscaux et des hauts taux d’intérêt

 

Source : Insee, comptabilité nationale ; calculs CAC

Le rapport d’audit propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique.

Au total, il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour la réduire pèsent pour l’essentiel sur les salariés, les retraités et les usagers des services publics. Cela pose la question de sa légitimité.

Le rapport se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de 50 milliards d’euros d’intérêts par an et plus de 100 milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est plus à démontrer.

La réalisation d’un audit de la dette publique effectué par les citoyens ou sous contrôle citoyen, devrait permettre d’ouvrir enfin un véritable débat démocratique sur la dette publique. Ce débat devrait amener à déterminer quelle partie de cette dette est jugée par les citoyens comme illégitime. Les premières évaluations ici proposées par le groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen se veulent une contribution à ce débat.

Ont participé à l’élaboration du rapport :

  • Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination),
  • Pascal Franchet (CADTM),
  • Robert Joumard (Attac),
  • Evelyne Ngo (Solidaires Finances Publiques),
  • Henri Sterdyniak (Économistes Atterrés),
  • Patrick Saurin (Sud BPCE)

 

 

Source : www.audit-citoyen.org

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 12:32

 

 

Source : www.lepoint.fr

 

 

Alimentation : le rapport alarmant sur les produits premiers prix

 

Le Point.fr - Publié le 29/05/2014 à 12:13 - Modifié le 29/05/2014 à 12:23

Excréments de souris, moisissures, viande verdâtre... Des enquêteurs ont passé en revue des produits "low-cost". Leur constat est accablant.

 

Le rapport de la Cour des Comptes relève des "manquements graves aux conditions d'hygiène". Le rapport de la Cour des Comptes relève des "manquements graves aux conditions d'hygiène". © JEAN-PIERRE MULLER / AFP
330
59
10
10

Le rapport - synthétisé - de la Cour des Comptes sur la sécurité alimentaire, dévoilé en février dernier, avait déjà fait grand bruit. D'autres remous sont à attendre avec les révélations du quotidien Le Télégramme, qui a consulté le "rapport original - resté "confidentiel" - de 179 pages.

Ce dernier consacre tout un passage aux produits premiers prix vendus dans les supermarchés. Et ce que les enquêteurs de la Brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (la BNEVP, rattachée au ministère de l'Agriculture) ont découvert fait froid dans le dos.

Du "fromage ramassé à la raclette sur le sol"

Entre autres, décrit le quotidien régional, des "excréments de souris dans des étuves à chorizo", des "moisissures", "des viandes grises-verdâtres impropres à la consommation humaine dans des charcuteries", du "fromage ramassé à la raclette sur le sol pour en faire du fromage fondu" ou encore des "souris vivantes ou mortes".

Le rapport met également en lumière la multiplication d'une pratique peu ragoûtante, celle des viandes séparées mécaniquement (VSM), qui entrent dans la composition de certains produits premiers prix. "La VSM, surtout destinée, il y a quelques années encore, à la composition d'aliments pour animaux, est un produit obtenu par l'enlèvement, à l'aide de moyens mécaniques, de la viande des os de carcasses et pouvant donc contenir des résidus d'os, de cartilage ou de moelle". Bon appétit.

Des risques pour la santé publique

D'après la Cour des Comptes, "ces produits ne correspondent aucunement à l'idée que peut s'en faire le consommateur, même averti, posant la question de leur bonne information (...) Le consommateur ne réalise pas que la VSM (...) [n'est] en fait pas de la viande au sens de la réglementation européenne même si, du point de vue sanitaire, les produits issus de ces transformations, notamment ceux ayant reçu un traitement thermique, sont sûrs".

Ailleurs en revanche, des risques sanitaires sont à prendre au sérieux selon le rapport, qui pointe des "failles de traçabilité", des "manquements graves aux conditions d'hygiène", ainsi que des "résultats d'analyse connus une fois que les produits ont été expédiés et très souvent consommés". La Cour des Comptes va plus loin : si "l'offre des produits premiers prix peut paraître attractive, leur consommation systématique, par une population croissante, pourrait avoir, à terme, des répercussions sur la santé publique".

Les Français sont d'ailleurs de plus en plus préoccupés par leur alimentation. Une étude de l'Agence Bio révèle ainsi que près de la moitié d'entre eux (49 %) consomme des produits bio au moins une fois par mois. Leurs ventes auraient bondi de 9 % entre 2012 et 2013, période où se sont succédé les scandales alimentaires.

 

 

Source : www.lepoint.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 12:12

 

 

 

       St-Hilaire-de-Brethmas      Jeudi 29 mai  

 

NETTOYAGE  FESTIF des PRAIRIES « UNIQUES au  MONDE » saccagées par l’A???O 

        

·  10h : RDV sur prairies pour nettoyage (enlèvement pierres, racines arrachées lors du labour). Bonnes chaussures indispensables. 

. 12h30 : Apéro  offert.

Buvette + petite restauration sur  place et/ou pique-nique tiré du sac.

· 15h : salle Louis Benoit: Conférences-débats sur: zones humides (protection), les projets d’aménagements, pesticides et agriculture bio...

   

.Fléchage pour les 2 sites à partir de la route d’Uzès (face CAPRA-Parc des Expos) et de l’ancienne  route de Nîmes.                                                  

 +d’infos : www.sainthilairedurable.com/ (pour l’heure site indisponible, en attente prompt rétablissement)

 

 

clip_image001

 

Petit résumé historique :

  • Entre 2004 ( sortie soudaine du projet) et 2013 : aucune concertation avec les citoyens, à l’exception de celles effectuées avec quelques chefs d’entreprise golfeurs.
  • Au printemps 2013, l’enquête publique obligatoire, qui mobilise de nombreux citoyens, débouche sur un avis défavorable  à la demande de déclaration d'utilité publique (DUP). Ce projet qui met en évidence de gros intérêts privés, n’est pas d’utilité publique et il ne saurait autoriser des expropriations. Parmi les principaux arguments justifiant cet avis négatif, en vrac : golf déficitaire, profit pour le privé, problème de l’eau, suppression des 3/4 des terres agricoles, urbanisation excessive bloquant toute construction sur la commune..etc.
  • Juillet 2013 : avis négatif de la Commission Départementale de Consommation des Espaces Agricoles.
  • 3 octobre 2013 :  l’Agglo persiste et demande l’ouverture d’une enquête publique complémentaire sur un projet modifié.
  
  • Début décembre 2013 : saccage d’une prairie unique au monde . Alors que les études naturalistes notamment celles de Gard Nature ( cf lien http://www.gard-nature.com ) ont mis en évidence, la richesse (faune et flore) d’une prairie humide « unique au monde » , sur environ 3ha (soit moins de 1% de la ZAD) , l’Agglo fait procéder par un agriculteur-promoteur, au saccage ( labours profonds) de ces prairies. Quatre associations naturalistes ont porté plainte, la nôtre également. Ce sont ces prairies qu’il conviendra de remettre autant que possible en état. C’est l’objet de cette première action du 29 mai (voir programme au verso).
  
  • 12 Décembre 2013 : vote à l’Agglo d’une série de délibérations visant à « saucissonner » le projet pour démobiliser les citoyens et le leur faire avaler par tranches. L’enquête publique complémentaire sur ce projet « bidouillé » est même envisagée pour septembre  2014 !
   
  • Fin mars 2014 : patatras ! La liste « Initiatives pour St Hilaire » qui a mis en tête de son programme, l’abandon définitif du projet de golf , et a fait campagne sur ce thème, remporte l’élection municipale de St Hilaire de Brethmas. La commune maîtrisant  encore son  PLU, ce projet aberrant et non concerté, est en principe caduc.  
  
  • Avril 2014 : Max Roustan, le seigneur de l’Agglo, fait preuve de mesquinerie et de sectarisme en privant le nouveau maire de St Hilaire de Brethmas ( 4ème commune de l’Agglo et second contributeur financièr)  d’une vice-présidence et même d’une présence au  conseil des maires ! Il se venge aussi en supprimant, à la Féria d’Alès, la bodéga du club de football local dont le dirigeant ne s’est pas plié à ses basses manœuvres lors des municipales. C’est ça aussi l’Agglo !
  
  • Mai 2014 : le projet de SHD (objet : remise en état des prairies saccagées), présenté au concours AUDACE de l’Agglo, n’est pas retenu mais le jury encourage l’association à le mener à son terme. Ce que nous commencerons à faire le 29 mai !  

Comme le clan qui détient tous les pouvoirs ( Alès, l’Agglo, le Pays) et ses amis promoteurs et autres privilégiés, « rêvent » encore de leur zone golfique et sont visiblement prêts à tout pour l’avoir : il convient de rester vigilants et mobilisés.                                                                                                                                                                    

  

  

P.S: Dans un article du 17 mai dernier (“Les joueurs de golf rêvent d’un terrain”), Midi-Libre nous fait entrevoir l’insupportable condition des membres de l’association de golfeurs locaux –sans golf!- qui en dépit du considérable potentiel économique qu’ils constituent, sont obligés d’émigrer vers des cieux plus cléments pour pratiquer dignement leur activité.

  

Extrait: “75% des golfeurs sont des retraités dotés de pouvoir d’achat. Beaucoup font du tourisme en fonction de la présence d’un golf “ dit Paul Esquirol, secrétaire de l’association et sur le point de partir en Espagne... jouer au golf.

  

Les arguments des opposants que Francis Lagagnier qualifie “d’anti-tout”, les deux compères les battent en brèche: “Dire que c’est un sport de riche est un stéréotype. Nous payons notre abonnement annuel à Vacquerolles    1500 € pour jouer tous les jours si on le souhaite...”

  

On voit que la réalisation du golf devient cruciale en raison de l’avancée en âge des membres de cette association qui, au rythme où vont les choses, envisagent l’achat de déambulateurs pour pouvoir espérer un jour jouer à St Hilaire.

 

 

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Appels et pétitions
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22