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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 22:41

CADTM

 

Source : cadtm.org

 

Antifascistes europeens reveillez-vous ! La peste brune est de retour...

4 mars par Yorgos Mitralias

 


Cette fois il n’y a pas de doute : Monstrueuse et horrible, la menace fasciste est de retour, sans que notre Europe se scandalise outre mesure. La preuve ? Des nazis purs sangs, qui se revendiquent du IIIème Reich et de ses divisions SS et devant lesquels les brutes de l’Aube Dorée grecque font presque figure d’enfants de chœur, occupent des postes parmi les plus névralgiques (ordre public, défense, justice) dans le gouvernement intérimaire ukrainien ! Et en plus, leur présence dans ce gouvernement ne choque point ni nos médias qui se hâtent de les baptiser… « nationalistes » ni nos chers dirigeants européens de tout poil (sociaux-démocrates inclus) qui s’empressent de les reconnaitre comme partenaires tout a fait fréquentables.

En somme, c’est comme si le procès de Nuremberg n’avait jamais existé ! Mais, ce n’est pas tout. Le pire est que les acolytes de ces revenants d’un monde qu’on croyait –à tort- disparu a jamais, se comptent désormais par milliers, se baladent armés jusqu’aux dents dans les rues de Kiev et de Lviv et surtout, sont en train de gagner la confiance d’un très grand nombre de leurs compatriotes. Car paradoxe ou pas, c’est malheureusement un fait que cette révolte authentiquement populaire qui vient de balayer le régime de Yanoucovitch, comprend parmi ses dirigeants les nostalgiques de la collaboration banderiste de Svoboda et –surtout- les néonazis en plein ascension de Praviy Sektor.

Alors, si ces Svoboda et Praviy Sektor font partie du gouvernement ukrainien sans que nos dirigeants européens et nord-américains – comme d’ailleurs nos grands médias et autres institutions internationales - s’en émeuvent trop, ne soyons pas surpris si tout ce beau monde néolibéral accepte demain sans broncher la présence d’un parti comme l’Aube Dorée dans un futur gouvernement grec. Si Dmytro Yarosh, chef de Praviy Sektor, devient le second de Andriy Parubi (d’ailleurs, lui-même fondateur du parti national-socialiste d’Ukraine) a la tête du Conseil de Sécurité Ukrainien, alors pourquoi pas demain le führer de l’Aube Dorée N. Mihaloliakos a la tête du ministère de la défense ou de l’ordre public grec ? Voila donc une raison de plus qui nous fait considérer ce qui se passe actuellement en Ukraine comme un véritable tournant dans l’histoire européenne d’après guerre, un immense saut qualitatif de la menace néofasciste qui pèse désormais sur nous tous.

Mais, il ne s’agit pas seulement de ça. Indépendamment de la tournure que vont prendre les événements qui voient s’ affronter sur le sol ukrainien non seulement la Russie et l’Ukraine (tout autant réactionnaires et inféodées aux oligarques) mais aussi les grandes puissances impérialistes de notre temps, tout indique que les néonazis ukrainiens, déjà puissants, seront les seuls à profiter des ravages que ne manqueront de provoquer tant les politiques d’austérité du FMI que les vents guerriers et nationalistes qui balaient la région. Les conséquences sont tout à fait prévisibles : Les néonazis ukrainiens en armes seront vraisemblablement en mesure d’étendre leur influence bien plus loin que l’est européen et de gangrener l’ensemble de notre continent ! Comment ? Tout d’abord, en imposant, à l’intérieur du camp de l’extrême droite européenne en pleine ascension, des rapports de force favorables au néonazisme militant. Ensuite, en servant comme modèle à exporter au moins dans les pays avoisinants (Grèce inclue) déjà frappées de plein fouet par les politiques d’austérité et déjà contaminées par les virus racistes, homophobes, antisémites et néofascistes. Et évidemment, sans oublier « l’argument » de taille que constituent les milliers et milliers d’armes -lourdes inclues- en leur possession qui d’ailleurs ne manqueront de se faire exporter. La conclusion crève les yeux : C’est l’ensemble du paysage, des équilibres et des rapports de force politiques en l’Europe qui seront immanquablement transformés, aux dépens de syndicats ouvriers, des organisations de gauche et des mouvements sociaux. En mots simple, il y a déjà de quoi faire des cauchemars…

Alors, que faut-il de plus pour que la gauche européenne sorte de sa torpeur actuelle, sonne l’alarme, se mobilise d’urgence et prenne le plus vite possible la seule initiative capable de contenir le tsunami fasciste et fascistoïde qui s’approche : une initiative qui ne peut que viser la création d’un mouvement antifasciste européen, unitaire, démocratique, radical, de longue durée et de masse, qui combine la lutte contre les politiques néolibérales d’austérité draconienne avec la lutte contre la peste brune partout où elle se manifeste. L’heure n’est plus ni aux tergiversations, ni a l’illusion que tout ça se déroule loin de chez nous, ni a l’alibi du train-train antifasciste qui consiste à lutter dans son quartier ou même dans son pays, en s’en foutant éperdument de ce qui se passe de l’autre cote de la frontière. D’abord, parce que même avant l’alarme néonazi ukrainien, la situation en Europe occidentale était –et reste- plus qu’alarmante justifiant pleinement la mobilisation générale contre la montée impétueuse de l’extrême droite. Et ensuite, parce que si nécessaires qu’elles soient, les luttes et les campagnes antifascistes nationales ou régionales ne suffisent plus, ne sont pas a la hauteur des circonstances actuelles tout a fait exceptionnelles et historiques.

En d’autres mots, antifascistes d’Europe, réveillez-vous car il est déjà minuit moins cinq et l’histoire tend à se répéter aussi tragique que par le passé…

Yorgos Mitralias est membre du comité grec de l’initiative du Manifeste Antifasciste Européen (www.antifascismeuropa-ellada.gr)

 

Source : cadtm.org

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 22:26

CADTM

 

Source : cadtm.org

 

La dette, une arme de destruction massive dirigée contre les peuples

4 mars par Pascal Franchet

 

 


Dans le cadre de la journée de débat et de dialogue organisée par le groupe français d’Antarsya à l’École Nationale Supérieure, rue d’ULM à Paris le 2 mars 2014, sur le thème :
« La gauche face à la crise capitaliste et l’union européenne, l’expérience grecque ».
Ont participé à cette rencontre des militants syndicalistes (CGT, FSU) des associations (Ligue des Droits de l’Homme, MRAP) des militants politiques (Syriza, PCF, PG, Ensemble, NPA). Pascal Franchet,vice-président du CADTM France, est intervenu au cours de l’atelier intitulé :
« l’Union Européenne et la crise capitaliste contemporaine », voici son intervention.

Le CADTM a fait de l’annulation des dettes illégitimes et odieuses l’axe principal de ses activités depuis maintenant plus de 20 ans. L’expérience que nous avons des pays du Sud, de la crise de la dette de 1982 et des plans d’ajustement structurel qui ont suivi, nous a prédisposés à construire des réponses alternatives à la crise de la dette que connaissent à des degrés divers les pays du Nord depuis 2009.

Il y a toutefois une différence déterminante entre la crise de la dette des pays du Sud et celle que nous connaissons aujourd’hui en Europe.

Bien que née aux États-Unis en 2007, la crise frappe plus durement le continent européen que les USA. L’ampleur particulière de la crise en Europe tient en la primauté donnée aux intérêts du capital industriel et financier ainsi qu’à la mise en compétition au sein de l’espace européen d’économies tout à fait inégales.

Cela se traduit par la casse des services publics, la mise en concurrence des salariés et le refus d’harmoniser par le haut les systèmes de protection sociale et le droit du travail. Tout cela répond à un objectif précis : celui de permettre l’accumulation maximum des profits, notamment en mettant à disposition du Capital une main d’œuvre la plus flexible et précaire possible.

Cette crise agit comme un révélateur !

Elle démontre que le projet néolibéral pour l’Europe n’est pas soutenable. Ce dernier était fondé sur le présupposé que les économies européennes étaient plus homogènes que ce n’est le cas en réalité.
Les différences entre pays se sont au contraire accentuées selon leur insertion dans le marché mondial et leur sensibilité au taux de change de l’euro.

Le mark a été volontairement sous-évalué lors de la création de l’euro. Le salariat allemand a connu une des plus fortes baisses mondiales de la part qui leur revenait dans la valeur ajoutée produite par le travail. Les exportations allemandes sont ainsi devenues encore plus compétitives sur le marché européen, creusant les déficits commerciaux des économies importatrices les plus faibles.

Les taux d’inflation ont divergé, et les faibles taux d’intérêt réels ont favorisé les bulles financières et immobilières et ont intensifié les flux de capitaux entre pays.
Toutes ces contradictions, exacerbées par la mise en place de l’union monétaire, existaient avant la crise, mais elles ont explosé avec les attaques spéculatives contre les dettes souveraines des pays les plus exposés.

En gros, l’endettement des pays de la périphérie au sein de l’UE est essentiellement dû au comportement du secteur privé encouragé par les gouvernements depuis les années 1980.

L’Union européenne est le maillon faible du capitalisme mondial et sa nature même est un facteur d’amplification de la crise

Maillon faible au sens où l’Union européenne n’est pas un État fédéral doté d’une économie intégrée avec une fiscalité commune, une monnaie commune, un droit du travail commun, une protection sociale commune.

Elle est une construction d’inégalités et de concurrences, érigées en dogmes rois (traités) et visant à privilégier les entreprises des pays dominants (situées en Allemagne et en France pour les principales) au détriment des économies de pays dominés, principalement situés au Sud de l’Europe et dans l’ex-Europe de l’Est, PECO inclus.

L’UE, un facteur d’amplification de la crise

Sa constitution et son mode de gouvernance, où la démocratie la plus élémentaire est écartée d’emblée, en font un terreau idéal du néolibéralisme.

Loin d’apporter son soutien à un de ses membres en difficulté, l’Union européenne a inscrit dans sa constitution l’interdiction de prêter aux États membres pour financer des politiques publiques et choisit plutôt de venir au secours des responsables de la crise financière, les banques privées.

En réponse à la crise causée par des pratiques spéculatives hasardeuses, ce ne sont ni les entreprises qui ont opté pour la financiarisation de leurs actifs et portent la responsabilité de la crise économique, ni les banques et les spéculateurs, fauteurs de la crise financière, qui ont payé la facture.

Au lieu de cela, la classe dominante a imposé aux populations européennes une politique d’austérité sans précédent, s’en prenant aux droits sociaux, y compris les pensions et la législation du travail, avec une virulence particulière dans 4 pays (la Grèce, l’Irlande, l’Espagne et le Portugal). Il ne s’agit en aucun cas de réduire la dette publique ou d’apporter des réponses structurelles aux causes de la crise, mais de garantir le paiement des créanciers et de construire un modèle de société dans la droite ligne de la pensée néolibérale.

Le « laboratoire grec » a vocation à être le modèle de ce qui doit s’appliquer dans les autres pays européens, tout comme le Chili de Pinochet fut, il y a un peu plus de 40 ans, le terrain grandeur nature de l’expérimentation des thèses de l’école de Chicago.

Main dans la main avec le FMI, la Commission européenne a contourné l’article 125 du Traité de Lisbonne en octroyant, via le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité, des prêts à certains États membres de la zone euro (Grèce, Irlande, Portugal et Chypre) pour garantir le paiement des banques privées des pays les plus forts de l’UE.

Ces 2 structures empruntent sur les marchés financiers. En contrepartie, sont exigés : des privatisations, des baisses des salaires et des retraites, des licenciements dans les services publics, la réduction des dépenses publiques en général, sociales en particulier. La Grèce s’est engagée auprès de ses créanciers (UE, BCE et FMI), à procéder à environ 11 500 licenciements en 2014 dans le secteur public après 3 500 déjà effectués en 2013 pour réduire les dépenses publiques et bénéficier de la poursuite des prêts internationaux. 20 000 fonctionnaires ont été déjà placés au chômage partiel ces dernières années, l’objectif étant 25 000 d’ici fin 2014.

La Troïka porte en fait ce que les sociétés transnationales et les firmes financières veulent voir appliqué en Europe. Au coût avéré du capital, elle oppose un coût supposé du travail.

Un traité constitutionnel élastique (3 exemples) !

1) De par son statut, la BCE ne prête pas aux États, mais elle prête aux banques privées. Elle prête à un taux très bas (0,25 à 0,50 %) aux banques privées bénéficiant d’apports directs ou de garanties des États. Ces dernières prêtent ensuite aux ménages et aux entreprises à 3,4 ou 6 %, faisant ainsi jusqu’à 20 fois la culbute. Idem pour les entreprises transnationales du secteur automobile comme PSA (Peugeot) qui, par l’intermédiaire de sa Banque PSA Finances, bénéficie depuis fin 2013 de garanties de l’État français à hauteur de 6,5 Mds d’€ financés par l’augmentation de la TVA (donc par les ménages). La banque PSA Finances prête ensuite aux particuliers à des taux pouvant atteindre jusqu’à 6 % et investit dans des opérations spéculatives. Dans le même temps, le groupe PSA supprime des milliers d’emplois et ferme des entreprises.

2) Les prétextes constitutionnels sont tout sauf rigides. Refusant, au nom de son statut, de financer les politiques publiques, la BCE n’en a pas moins procédé à un rachat d’obligations grecques, irlandaises, espagnoles, portugaises et italiennes dans le cadre du Programme pour les marchés de titres (PMT).

Au 31/12/2013, elle détenait pour près de 190 Mds d’€ de titres de ces pays. Dans un communiqué en date du 20/02/2014, elle indique avoir perçu 962 millions d’€ d’intérêts (contre 1,108 Md€ en 2012). Dont 437 millions d’euros (contre 555 millions en 2012) ont été générés par les avoirs de la BCE en obligations de l’État grec acquises au titre du PMT.

3) Le fameux dogme du seuil de la dette à 60 % du PIB est bafoué depuis son institution. La crise de la zone euro et les orientations institutionnelles et socio-économiques adoptées, soi-disant pour juguler la spéculation des marchés, ont fait des dettes publiques le vecteur de politiques d’austérité qui doivent se traduire en “règles d’or” dans les constitutions nationales, y compris pour les futurs candidats à l’Union.

Pourtant ces dettes publiques sont, en Europe du Sud-est (et de l’Est, en général), bien inférieures à celles de la “Vieille Europe ». Les dettes publiques demeurent très largement en dessous de la moyenne de l’UE28 (environ 85 % du PIB), tout en dépassant 50 % en Serbie, au Monténégro et en Albanie, contre un niveau d’environ 6 % particulièrement bas au Kosovo.

Quelles réponses ?

Les causes de la dette publique sont pourtant clairement identifiées, il s’agit pour l’essentiel :
des « cadeaux fiscaux » accordés aux ménages les plus riches et aux grandes entreprises ;
des privilèges fiscaux « illégaux » : évasion fiscale, corruption, paradis fiscaux. Pour ces derniers et à titre indicatif, le montant des avoirs européens détenus en Suisse dépassent en 2013 les 1 000 Mds €. Pour la France, la perte de recettes fiscales annuelles est estimée à 17 Mds € /an en moyenne depuis 25 ans ce qui, cumulé, représente un tiers du stock de la dette de l’État (480 Mds € /1500 au 31/12/2013).
des plans de sauvetage des banques depuis l’éclatement de la crise ;
de la dette créée par la dette elle-même, par l’effet boule de neige créé par la différence entre les taux d’intérêt et les taux de croissance des ressources chargées de la financer (1/4 du stock de la dette de l’État en France).

Les dettes qui découlent des budgets rendus ainsi déficitaires ont pour partie une dimension légale mais n’ont servi en rien l’intérêt général, mais l’intérêt d’une infime partie de la population, ce qui leur confère un statut d’illégitimité permettant leur remise en cause et leur annulation.

Les annulations de dettes publiques ne sont en rien un phénomène extraordinaire ou exorbitant. Elles ont jalonné toute l’histoire depuis plus de 5000 ans, à l’initiative des gouvernements ou des mobilisations populaires (147 totales ou partielles depuis la Libération, des milliers selon le FMI depuis 8 siècles).

L’annulation des dettes des États est aussi inscrite dans le droit international qui affirme la souveraineté nationale face aux traités. C’est le rapport de forces qui détermine l’application du droit. C’est tout l’enjeu posé aujourd’hui.

La primauté doit cette fois être donnée à la satisfaction des besoins fondamentaux définis dans les textes de l’ONU. La dette qui rémunère les nantis ne doit pas être payée tant que les besoins fondamentaux de la population ne sont pas satisfaits.

Un gouvernement de gauche devrait dire :
« Nous ne pouvons pas payer la dette en ponctionnant les salaires et les pensions, et nous refusons de le faire. » Après la mise en place d’un moratoire (on arrête de payer), il devrait organiser un audit citoyen afin d’identifier la dette illégitime à annuler qui correspond en général aux 4 éléments déjà cités.
Les causes de cette dette, à quoi elle a servi et à qui elle a profité et profite encore, doivent être rendues publiques pour que les citoyens décident du sort des dettes illégitimes. Pour notre part, nous prônons leur annulation pure et simple. La question des réparations reste ouverte.

Un tel gouvernement devrait aussi profiter de cet audit citoyen pour dresser un cadastre des détenteurs des titres de la dette, chose totalement interdite aujourd’hui. L’identité des créanciers est tenue secrète de par la loi. Les parlementaires qui votent le budget et les intérêts à servir ignorent à qui ces intérêts sont versés. Ce sont les chambres de compensation (Euroclear, Clearstream) qui distribuent l’argent public.

Enfin, le système financier a fait la preuve de sa nocivité sociale. Il faut exproprier toutes les banques ainsi que les autres organismes financiers, les nationaliser et les placer sous contrôle citoyen. Ce contrôle citoyen (ou socialisation) des institutions financières peut se faire efficacement en lien avec les organisations syndicales des salariés des banques et du ministère des finances.
Ce serait également un moyen supplémentaire pour un gouvernement d’assurer un contrôle sur le crédit et sur les flux financiers.

Cette question du contrôle et de l’audit citoyen est pour nous une question centrale.

Pour répondre à la question « Qui doit à qui et pour financer quoi ? », les salariés et la population doivent se réapproprier les politiques publiques au moyen de la démocratie directe.

Les créanciers de nos dettes nationales sont, eux, unis. Ils sont partie intégrante de cette classe sociale pour qui est faite cette Europe.

Contre cette Europe à 2 vitesses, contre cette Constitution au service exclusif de la classe dominante, nous opposons la nécessaire construction de la solidarité internationale pour refonder dans les luttes sociales une nouvelle Europe, en rupture totale avec celle-ci, démocratique, sociale et écologique, une Europe des peuples.

Il y a urgence à unifier les mobilisations sociales à l’échelle du continent et tout particulièrement celles ayant trait à la remise en cause des dettes illégitimes.
Cette solidarité internationaliste doit s’appliquer tout pareillement en faveur de l’annulation des créances européennes envers les pays du Sud.

Pascal Franchet, CADTM France, le 2 mars 2014

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 22:09

 

Source : france.attac.org

 

 

Les régions Île-de-France et PACA demandent l’arrêt des négociations du grand marché transatlantique

lundi 3 mars 2014, par Collectif Stop TAFTA

 

Alors que les négociations sur le traité transatlantique arrivent à leur 4e cycle la semaine prochaine à Bruxelles (10-14 mars), les deux plus grandes régions françaises viennent de voter pour l’arrêt de ces négociations. Les organisations membres du collectif « Stop TAFTA » se réjouissent de ces décisions et appellent d’autres régions à se prononcer sur ce projet d’accord.

Deux régions ont désormais voté pour l’arrêt des négociations du grand marché transatlantique : la région Île-de-France et la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur. En Île-de-France, par 67 voix pour (les deux groupes FDG de la région et EELV), avec l’abstention du MRC et du Parti socialiste, l’UMP et l’UDI refusant de prendre part au vote, le Conseil régional d’Île-de-France a adopté la proposition du groupe PG-Alternatifs d’une demande claire d’arrêt des négociations. Elle s’est du coup déclarée « hors Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (PTCI ou TAFTA) ». En région PACA, la demande introduite par les groupes FdG a été rejoint par les votes d’EELV et par les élu-e-s du Parti socialiste dont le président de région lui-même. Le FN a voté contre.

Il s’agit d’une grande avancée. Le projet de grand marché transatlantique que porte le TAFTA n’est pas qu’un traité de commerce ordinaire : il s’agit d’une attaque massive aux principes démocratiques les plus élémentaires. Non seulement les négociations sont conduites dans le plus grand secret mais encore elles sont porteuses de mécanismes inacceptables. Ce projet de traité vise à démanteler les dernières réglementations protectrices des populations qui existent encore. Le mécanisme de règlement des différends prévu permettrait aux entreprises qui le souhaiteraient d’attaquer des collectivités publiques de tout niveau (Etat, collectivités locales ou autres) devant des arbitres privés internationaux au motif que ces réglementations constitueraient des obstacles considérés comme « non-nécessaires » au commerce. Et, le mécanisme de convergence réglementaire interdirait dans l’avenir toute décision de représentants élus qui ne serait pas exactement conforme au traité.

Les membres du collectif StopTAFTA se réjouissent de la décision des conseils régionaux d’Île-de-France et PACA. Nous travaillons collectivement à ce qu’il y en ait beaucoup d’autres. Nous sommes mobilisés et unis pour que ce projet de traité ne puisse pas voir le jour car nous ne pouvons accepter que la démocratie soit laissée aux mains des entreprises transationales et des marchés financiers.

 

P.-S.

Organisations membres du collectif « Stop TAFTA »

Au niveau national : Accueil paysan, Agir pour l’environnement, Aitec-Ipam, Les Alternatifs, Amis de la confédération paysanne, Amis de la Terre, Attac, CADTM France, Cedetim, CGT, Colibris, Collectif citoyen les engraineurs, Collectif des associations citoyennes, Collectif Roosevelt, Confédération paysanne, Convergence citoyenne pour la transition énergétique, Convergences et alternative, Copernic, Economistes atterrés, Ecologie sans frontières, Ensemble, Europe écologie les verts, Faucheurs volontaires, Fédération Nationale Accueil Paysan, Fédération pour une alternative sociale et écologique, Fondation sciences citoyennes, France Amérique Latine, FSU, GAïA SOS planète en danger, Gauche anticapitaliste, Gauche unitaire, Générations futures, Golias, Idle No More France, Jeunes écologistes, Mouvement de la paix, Mouvement des objecteurs de croissance, MPEP, NPA, la Nouvelle école écologiste, Objectif transition, OGM Dangers, Parti de gauche, Parti pour la décroissance, PCF, Réseau action climat, Réelle démocratie maintenant (Indigné-e-s), Réseau environnement santé, Réseau semences paysannes, collectif Semons la biodiversité, Solidaires national, Solidaires douanes, Syndicat national des arts vivants, UFISC, Utopia

Au niveau local : Collectifs locaux anti-gaz de schiste Orb Taurou, Anduze, Pézenas, Castelneau de Guers, Clapiers, Sète, Bassin de Thau, Vigan, Briard, Florac, Montélimar Drôme Sud, Orb-Jaur, Roynac, Toulon, Béziers, Campagnan, Haut-Bugey, Narbonnais, Corbières, Causse Méjean, Jaujac-Ardèche-Lignon, Pays cigalois, Littoral 34, Ardèche, Ain, Pays de Savoie et de l’Ain, Réseau Rhonalpin, Jura, Isère, Lot-et-Garonne, Rhône, Var, Vaucluse, Houille-ouille-ouille 59/62, Écolectif Dégaze Gignac et Environs 34, Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste ! et Basta Gaz Alès, Garrigue-Vaunage, Collectif de Vigilance Gaz de Gardanne, Touche pas à mon schiste, Non aux forages d’hydrocarbures Haut-Jura, Carmen (Château-Thierry), ARPE (69), collectif anti-OGM.

 

Source : france.attac.org

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 18:20

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/camedia

 

Édition : CAMédia

Soutien au lanceur d'alerte Jamesinparis : ne lâchons rien !

De nombreux lecteurs connaissent déjà James Dunne, et l'affaire qui l'oppose à l'entreprise Qosmos, son ancien employeur, licencié pour « faute lourde » en décembre 2012. James est, au sens propre, un lanceur d'alerte qui fait les frais de sa révélation des pratiques « commerciales » de Qosmos, entreprise impliquée par le passé dans des contrats pour fournir aux dictatures de Kadhafi en Lybie et de Bachar El Assad en Syrie des moyens de répression numérique de leur peuple.

Une enquête préliminaire visant son ancien employeur Qosmos, pour Complicité de crimes contre l’humanité, est en cours depuis juillet 2012.

Pour les nouveaux lecteurs, vous trouverez ici un récit récent que James a fait de ce qu'il vit au quotidien.

http://blogs.mediapart.fr/blog/jamesinparis/020314/la-vie-quotidienne-dun-lanceur-dalerte

Son affaire a fait l'objet de plusieurs articles de presse, dont cette double page du Monde :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/28/espionnage-de-masse-des-societes-francaises-au-service-de-dictatures_3504014_3224.html

En 2013, un mouvement de solidarité sur Médiapart a été lancé par CAMédia (Collectif d'Abonnés de Médiapart).. Cette solidarité a permis d'aider James Dunne dans sa défense, en participant au règlement des honoraires de son avocat (dans l'affaire du licenciement). A ce jour, sa situation passe vraiment dans le rouge (voir son dernier billet cité ci-dessus), et tous les risques sont possibles, jusqu'à l'impossibilité d'assumer les frais de base (en particulier le loyer) : non seulement les Impôts ont saisi à la source son indemnité Pôle Emploi, mais une deuxièmes affaire judiciaire exige que James prenne un nouvel avocat spécialisé : l’entreprise Qosmos a en effet porté plainte contre lui pour « diffamation », comme elle l'a fait également contre la FIDH et la LDH pour « dénonciation calomnieuse ».

L'idée de CAMédia est de créer avec d'autres associations (les contacts démarrent) un fonds d'aide aux lanceurs d'alerte : notre idée est de pouvoir à plusieurs : 1) définir précisément le notion de « lanceur d'alerte » ; 2) créer des initiatives de soutien (manifestations, réunions publiques de soutien aux lanceurs d’alerte.) et développer des partenariats ; 3) gérer un compte financier spécialement destiné à cet objectif ; 4) verser les aides adaptées aux personnes et aux causes identifiées.

Mais tout ceci prendra du temps, et l'affaire de James Dunne se caractérise aujourd’hui par son urgence. Aussi nous prenons une décision de circonstance, ceci avec l'accord de James : notre association dispose d'un compte bancaire, et nous avons déjà deux lignes budgétaires - celle de l'association, et celle du Fonds d'abonnement solidaire -

Nous allons créer une troisième ligne « lanceur d'alerte » qui permettra de recevoir les chèques destinés pour l'instant à l'aide de James Dunne.

Lorsque la nouvelle structure sera créée, si des fonds restent sur cette ligne, il sera reversé à la nouvelle association.

Les comptes financiers de CAMédia sont régulièrement contrôlés, et dès la prochaine AG (le 16 mars 2014), ils seront présentés aux adhérents.

Dès réception, et devant l'urgence, CAMédia versera donc à James Dunne les sommes reçues dans le cadre de cet appel pour lui permettre de faire face aux frais que sa situation actuelle génère.


Dispositions pratiques :

  • Si vous voulez participer à la solidarité pour James Dunne, faites un chèque à l'ordre de CAMédia, au dos du quel vous marquerez « soutien lanceur d'alerte »

  • Adressez ce chèque à l'adresse parisienne de CAMédia : CAMédia, 100 rue de Charonne, bâtiment D, 75011 PARIS.

Dans son livre consacré aux Lanceurs d’alerte (Don Quichotte éditions, 2014 - p.31-32), Florence Hartmann explique : « Leur prise de parole (…) heurte l’attitude de préservation de la majorité qui commande de ne pas faire de vagues, de garder le silence, de fermer les yeux, de ne pas entrer en conflit avec plus fort que soi. (…)Ils font donc un choix, un choix réfléchi, volontaire, désintéressé pour l’individu qui agit mais effectué dans l’intérêt public, avec la volonté d’en accepter les conséquences. » En prenant ces risques, ils appellent la société à voler à son propre secours en les rejoignant et les relayant dans leur combat.

CAMédia, comme elle l'a fait par le passé, fera régulièrement le point avec James Dunne, et fera sur notre édition un ou plusieurs comptes rendus de cette aide.

Aider James, c'est participer à un acte solidaire et politique : il n'est pas question de laisser faire la mécanique de broyage ! Qosmos a licencié James, mais chacun de nous fera bloc autour de lui pour lui permettre d'aller jusqu'au bout de ce combat, combat qui nous concerne tous et que nous faisons nôtre, et de gagner !

Si vous le voulez bien, faites circuler l'appel dans vos réseaux.

Merci d'avance de votre mobilisation !

CAMédia.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/camedia

 

 

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Source : blogs.mediapart.fr/blog/jamesinparis

 

La vie quotidienne d'un lanceur d'alerte

 

 

Il est maintenant 4h50. C'est la première nuit depuis octobre 2013 que je n'arrive pas à dormir, devant la tourbillon de pensées et de phrases qui m'assaille...

Je vais essayer donc de coucher des mots sur "papier électronique", malgré une certaine réticence quant à l'entreprise, dans l'espoir d'arrêter et de fixer ainsi les pensées qui m'agitent.

Le contexte

Comme le savent nombreux abonnés de Mediapart, et les lecteurs de certains journaux en France, j'ai été licencié le 13 décembre 2012 pour "faute lourde", pour avoir fait état sur Mediapart de l'implication de mon ancien employeur, Qosmos, dans des contrats dont le but étaient de fournir au régime libyen du Colonel Kadhafi, et au régime syrien de Bachar El-Assad, les moyens de surveillance et d'interception des communications de leurs peuples respectifs.

J'ai été licencié alors que je me trouvais, depuis le 20 avril 2012, en arrêt maladie pour "dépression réactionelle", ayant appris grace à des fuites dans la presse suite au "printemps arabes", l'implication de mon employeur dans ces contrats tout à fait condamnables.

Suite à une plainte déposée conjointement par la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), en mai 2012, visant mon ancien employeur Qosmos, une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet de Paris en juillet 2012, pour "complicité d’actes de torture". Cette enquête préliminaire est toujours en cours aujourd'hui.

On peut lire sur le site de la FIDH, ici :

A la suite des plaintes déposées par la FIDH et la Ligue française des droits de l’Homme (LDH), en novembre 2011 et mai 2012, à l’encontre des sociétés Amesys et Qosmos, accusées d’avoir vendu aux régimes libyens et syriens des matériels de surveillance qui auraient permis aux services de renseignement de Mouammar Khadafi et de Bachar El Assad de parfaire les moyens de répression à l’encontre de leurs peuples, la justice française a diligenté des enquêtes.

La FIDH et la LDH considèrent que la fourniture de ce matériel pourrait être qualifiée de complicité d’actes de torture dans la mesure où le système de surveillance aurait permis au régime syrien de parfaire les moyens de sa répression à l’encontre de son peuple et lui donner les moyens de cibler toute voix contestataire, avec pour conséquences possibles des arrestations massives de défenseurs des droits humains et d’opposants, et un recours systématique à la torture.

C'est dans ce contexte particulier, alors que je me trouvais en arrêt maladie pour "dépression réactionnelle", et que j'avais été prononcé définitivement "inapte au poste" (que j'exerçais avec succès depuis 7 ans) par le Médecin du Travail, le 30 novembre 2012, que j'ai été licencié le 13 décembre 2012 pour "faute lourde" : pour "manquement à mon obligation de loyauté" et "manquement à mon obligation de confidentialité" envers mon ancien employeur.

Se défendre

Depuis mai 2012, je me bats donc pour me défendre et pour me reconstruire. Et si j'ai retrouvé pleinement la santé aujourd'hui, après une période de 18 mois de traitement pour "dépression réactionnelle", c'est grâce à ceux qui m'ont aidé à vivre aussi bien que possible cette traversée inhabituelle. En plus du soutien moral des abonnés de Mediapart, soutien devenu même matériel depuis le printemps 2013, deux volets essentiels de ce retour à la vie auraient été l'appui intelligent et précieux d'une psychologue de travail, et la défense de mes droits devant les Prud'hommes, défense menée encore aujourd'hui par mon avocat.

Me trouvant à faire face depuis mai 2012 à des frais de psychologue et d'avocat, frais que je ne saurais assumer en temps normal, et encore moins alors que je me trouve depuis décembre 2012 chercheur d'emploi, les sommes normalement allouées dans mon budget depuis avril 2012 aux paiement des impôts sur le revenu, ont été redirigées, par urgence et par nécessité, à assurer des frais exceptionnels que la défense de mon être et de mes droits ont nécessité.

Devant cette situation très particulière, où je me trouvais à la fois acculé de frais supplémentaires que ma sitution générait, et où je me trouvais licencié sans aucune forme d'indemnité et chercheur d'emploi, l'Inspection des Impôts m'a démontré bienveillance et patience pour l'acquittement des impôts payable en 2012 et 2013. Devant ma bonne foi et la particularité de ma situation, le Trésor Public était prêt à attendre la fin octobre 2013, et l'audience prévue aux Prud'hommes, pour le règlement de l'ensemble des sommes dues en une fois : soit un montant de €10 100,00.

Alors pourquoi suis-je en train d'écrire ces mots au petit matin, au lieu de dormir ?

 

La procédure aux Prud'hommes

Lors de l'audience aux Prud'hommes du 23 octobre 2013, mon dossier a été renvoyé "en départage" devant un magistrat professionnel. On peut en lire les compte rendus ici :

http://www.franceinter.fr/les-indiscrets-salarie-licencie-par-qosmos-les-prud-hommes-ne-tranchent-pas

http://www.franceinfo.fr/justice/materiel-livre-a-la-libye-et-a-la-syrie-qosmos-aux-prudhommes-1187731-2013-10-24

http://www.mediapart.fr/journal/france/241013/surveillance-un-ancien-salarie-de-qosmos-devant-les-prudhommes

 

Dans la foulé de l'audience aux Prud'hommes, un dossier très complet a été publié par le journal le Monde, le 29 octobre 2013 :

 

Dossier du Monde du 29.10.2013 
Dossier du Monde du 29.10.2013 © jamesinparis

Espionnage de masse : des sociétés françaises au service de dictatures

Cependant, plus de quatre mois après l'audience aux Prud'hommes, il ne m'a pas encore été communiqué si ce n'est une nouvelle date d'audience. Programmer un rendez-vous d'audience, même pour une date lointaine plus tard dans l'année, ne semblerait pas être considéré une idée utile, pour qui ne soient pas dans l'urgence. Pour moi, c'est un gouffre dont j'ignore la distance à parcourir.

 

Dessin de Aurel

Dessin de Aurel | Pour "Le Monde"

Le prochain saisie de mes comptes

L'Inspection des Impôts m'a signifié au mois de janvier 2014, donc, qu'elle va procéder à la saisi de mes comptes (avis aux tiers détenteur) afin de récupérer les sommes dues au titre de l'impôt sur mon revenu d'autrefois. Ce qui veut dire le saisi de mon "indemnité retour à l'emploi", (n'ayant aucune économies et ne possédant rien). Même pas un compte en Suisse non-déclaré.

Mon recours par écrit à l'Inspecteur des impôts du Centre des impôts dont je dépends, lui demandant d'attendre l'audience prévue (mais pas encore programmée) aux Prud'hommes vient d'échouer. On m'a informé oralement vendredi matin que la saisie de mes comptes va procéder, comme on ferait pour n'importe quel délinquent qui cherche à s'en extraire de son devoir. 

Alors que jusqu'ici, j'ai réussi à éviter une telle situation, d'ici quelques jours ou semaines, l'équilibre précaire que j'ai réussi à maintenir à tout au long de cette traversée, sera pris dans un spiral de factures impayées, de reclamations, de loyers impayés, et d'amendes. Les Prud'hommes, organisés comme la Justice pour être en surcharge, ne peuvent répondre à cette urgence.

Dans la vie d'un lanceur d'alerte, la longeur et la multiplication des procédures est d'une lourdeur inattendue. Jusqu'au moment où je m'en croyais sorti ou presque, le piège se referme donc de nouveau. Plus de quatre mois après le renvoi de mon dossier Prud'hommal devant un Magistrat professionnel, et presque 15 mois après mon licenciement pour "faute lourde", je n'ai toujours pas de nouvelle date d'audience en vue.


Mon prochain mis en examen

Mais le bonheur ne vient jamais seul. Au mois de janvier 2014, j'ai également été convoqué à la Préfecture de Police, ce ui est un premier pour moi.

Je serai "mis en examen" dans les prochaines semaines dans le cadre de deux plaintes pour diffamation, initiées à mon encontre par mon ancien employeur Qosmos en juillet 2013, suite au Dossier du Parisien, Les dictateurs achetaient français.

 

Les Dictateurs Achetaient Français  
Les Dictateurs Achetaient Français © Le Parisien

La mise en examen est "automatique" dans le cadre d'une plainte pour diffamation, m'a-t-on informé, et ne préjuge en rien l'innocence ou la culpabilité de la personne visée. C'est une dérogation au droit commun.

Je n'ai aucun souci à me faire quant au fond, car je n'ai jamais dit autre chose que la vérité dans l'ensemble de ce dossier, et j'aurai gagne de cause, mais il faut passer une fois de plus par là, préparer ses dossiers, se défendre.

Je considère d'ailleurs ces plaintes comme "un abus du droit et une forme d'intimidation", et je l'ai signalé ainsi à la Préfecture de Police lors de ma convocation pour que ce soit noté dans le dossier. C'est une stratégie de communication aussi pour mon ancien employeur : une manière à peu de frais de se faire une virginité en dénoncant publiquement les autres, et en menaçant de plaintes tous ceux qui ose dire ou relayer la vérité. Mais je suis en bonne compagnie, mon ancien employeur a aussi porté plainte contre la Fédération Internationale des Droits de l'Homme et la Ligue des Droits de l'Homme pour "dénonciation calomnieuse"

 

Propos de l'avocat de Qosmos 
Propos de l'avocat de Qosmos © Le Parisien

Alors que ces plaintes sont diffamatoires à mon encontre, et que les propos de l'avocat de Qosmos, tenus dans le même journal : "Il n'y avait aucun matériel ou logiciel Qosmos en Syrie", sont aujourd'hui pour la Justice française des mensonges avéres (voir capture d'écran), c'est à moi de me défendre. (Le dossier du Monde publié depuis, beaucoup plus complet, n'a suscité quant à lui aucune plainte).

J'ai donc depuis quelques semaines un deuxième avocat, spécialisé en diffamation, qui demande une somme forfaitaire de €4800.00 en tout pour me défendre dans le cadre de ces deux plaintes, (ce qui représente des honoraires très modestes pour ce genre de procédure). J'ai donc écrit €2400.00 en chèques-en-bois la semaine dernière (4 x €600.00) pour m'acquitter de la première moitié de cette somme, sans avoir le moindre idée pourtant où je vais trouver l'argent.

 

Là où j'en suis

Si l'Inspection des impôts s'obstine à récupérer les impôts dues en les ponctionnant directement sur mes indemnités de chômage (j'ai reçu un courrier de Pôle-Emploi cette semaine à cet effet), une situation déjà difficile deviendra tout simplement impossible d'ici quelques jours ou semaines. 

"L'éternité c'est longue, surtout vers la fin", réplique Woody Allen dans l'un de ses films.

Et ainsi va la vie d'un lanceur d'alerte. La "fin" devient plus longue que tout le reste.

Mais je n'ai pas de solution magique, qui me permettrait de faire face autrement et mieux à cette rafale incessante de défis sans fin. Voici pourquoi je n'ai pas dormi cette nuit.

 

Paris s'éveille. Et je rêve d'une vie un tant soit "normale".

 

James Dunne

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jamesinparis


 

 

 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 18:03

 

Source : www.mediapart.fr

 

Les détails du pacte de responsabilité

|  Par Rachida El Azzouzi

 

 

Mediapart publie le « relevé de conclusions » sur le pacte de responsabilité, signé mercredi soir entre le patronat et les syndicats, sans la CGT et FO. Il pose les jalons du deal entre les patrons et François Hollande pour relancer l'emploi en échange de trente milliards d'euros de baisse d'impôts et de cotisations pour les entreprises.

« Le patronat, c'est prends l'oseille et tire-toi ! » Ainsi résume Stéphane Lardy, le secrétaire confédéral de Force ouvrière, la deuxième séance de négociation autour des contreparties du pacte de responsabilité. Elle a abouti ce mercredi 5 mars au soir, dans un climat houleux, à un accord entre les organisations patronales (Medef, UPA, CGPME) et trois syndicats (CFDT, CFTC et CFE-CGC). Comme attendu, ni FO ni la CGT, opposés au principe même du pacte qui vise à accroître la compétitivité des entreprises en baissant le coût du travail, n’ont paraphé ce « relevé de conclusions » qui doit encore être soumis aux instances dirigeantes des organisations.

Mediapart le publie dans ses deux versions (à retrouver ci-dessous). Écrit par un Medef sans concession, cet accord pose les jalons du deal entre les patrons et François Hollande pour relancer l'emploi en échange de trente milliards d'euros de baisse d'impôts et de cotisations pour les entreprises. Il ne chiffre pas les créations d'emplois espérées mais détaille les dispositifs qui seront mis en place au niveau des branches professionnelles « pour aller vers des objectifs quantitatifs et qualitatifs en termes d'emplois ».

Aucune sanction ferme en revanche n'est prévue si le patronat ne tient pas ses engagements. Et c'est tout le courroux de la CGT et FO qui ont déjà prévu de descendre dans la rue le 18 mars contre « ce texte scélérat qui donne un chèque en blanc au patronat », dénoncent Marie-Laurence Bertrand et Mohamed Oussedik, négociateurs pour la centrale de Montreuil. La CFDT estime, elle, avoir obtenu « les points clés demandés, sur l'emploi, la classification (grille des salaires) et l'investissement », selon sa chef de file, Véronique Desacq. Le patronat lui-même n'a pas réussi à se mettre d'accord sur un texte de compromis, la CGPME refusant tout chiffrage des créations d'emplois. « Cela a été compliqué entre nous », a reconnu Jean-François Pilliard, le chef de file du Medef.

Pour François Hollande qui n'a pas su tenir son pari d'inverser la courbe du chômage en 2013, cet accord tombe à point. Sous pression de Bruxelles qui a placé le même jour la France sous « surveillance renforcée », notamment pour son « manque de compétitivité », il doit donner des gages rapidement à la Commission et mise tout sur ce pacte de responsabilité, son arme ultime pour faire reculer le chômage et restaurer sa crédibilité. Il avait d'ailleurs demandé aux partenaires sociaux de conclure avant fin mars et veut ensuite engager sa responsabilité devant le Parlement sur ce projet.

 

Le relevé de conclusions final :

 

Le relevé de conclusions initial : 

 

 

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:42

 

 

Source : www.mediapart.fr

Comment Jean-Claude Gaudin a vendu Marseille aux promoteurs

|  Par Louise Fessard et Jean-François Poupelin (le Ravi)

 

 


À l'heure de faire son bilan et, peut-être, de rempiler pour six ans, le sénateur-maire UMP de Marseille peut se vanter d'avoir coulé sa ville dans le béton. Une histoire politique et de petits arrangements entre gens bien introduits. En partenariat avec le mensuel Le Ravi.

Une enquête de Jean-François Poupelin (le Ravi) et Louise Fessard (Mediapart)

« Je n’ai jamais été inquiété par la justice », se vante régulièrement Jean-Claude Gaudin, notamment en période électorale. Une rengaine écornée par l'ouverture début 2014 par le parquet de Marseille d'une enquête préliminaire pour des soupçons de favoritisme visant un des satellites de la ville suite à un signalement de la chambre régionale des comptes. Comme l'a révélé La Provence, les magistrats financiers se sont étonnés de la générosité de la société d’économie mixte Marseille Aménagement, bras armé immobilier de la ville, envers une famille d’entrepreneurs marseillais. Les faits se déroulent à la Capelette, un ancien quartier ouvrier de l’est de Marseille où le départ des industries a laissé des friches béantes. En 2003, Marseille Aménagement rachète sur cette zone d’aménagement concerté (ZAC) un terrain pour y construire un palais de la glisse. Le terrain est squatté par Laser Propreté, une société de nettoyage industriel appartenant à la famille Lasery, dont la convention d’occupation est pourtant résiliée depuis 1998. Jackpot : fin 2004, Marseille Aménagement indemnise Laser Propreté à hauteur de 2 millions d’euros, alors que le bail prévoyait une indemnité maximale de 193 000 euros (et même seulement 153 000 euros selon l’évaluation du service des domaines) !

 

Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille depuis 1995 
Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille depuis 1995 © Rémi Leroux

En décembre 2011, Marseille Aménagement revend de gré à gré le terrain voisin et une partie de celui indemnisé (dépollué et en partie aménagé à ses frais en 2013) à un groupe de promoteurs qui souhaite y construire le centre commercial Bleu Capelette. Il s’agit d’Icade (filiale de la Caisse des dépôts et des consignations) et de Sifer, une société dirigée par Éric Lasery, l’un des associés de Laser Propreté, qui n'a pourtant aucune expérience dans le domaine. À en croire les déclarations d’un cadre d’Icade, les deux affaires semblent avoir été négociées à peu près à la même période. « Il y a dix ans maintenant, nous avons imaginé un centre commercial avec une composante loisirs importante à l’entrée est de Marseille », a indiqué Antoine Nougarède, directeur de l’immobilier commercial chez Icade, dans La Provence en avril 2013. D’où les soupçons de favoritisme. Contacté, Éric Lasery parle d’« extrapolations ». « Le seul reproche de la CRC [qui concerne Sifer, ndlr] est de ne pas avoir mis en concurrence, mais ça il faut demander à Marseille Aménagement », rectifie-t-il. Avant de lâcher : « Tous les terrains sont vendus à Marseille sans concurrence, donc il n’y a pas eu d’exception pour nous. »


Le projet Bleu capelette, un des futurs centres commerciaux à l'entrée est de la ville. 
Le projet Bleu capelette, un des futurs centres commerciaux à l'entrée est de la ville. © Belu capelette

L’entourage du candidat Jean-Claude Gaudin a aussitôt ouvert le parapluie. « La mairie nʼa rien à voir, directement, avec cette affaire, nous a répondu Claude Bertrand, son directeur de cabinet (voir l'intégralité de sa réponse sous l'onglet Prolonger). En 2013, la Chambre régionale des comptes est intervenue sur Marseille Aménagement et non sur la Ville. En tant que société d’économie mixte, elle assumait la maîtrise d'ouvrage de ses opérations. » C'est oublier que ce sont des élus UMP, dont Gaudin, qui ont présidé la SEM, récemment absorbée par une nouvelle SPL (Société publique locale). Ancien conseiller de Jean-Claude Gaudin, « Boumendil, le directeur de Marseille aménagement (de 1998 à 2013, ndlr) prenait ses ordres chez Loisel (directeur de cabinet adjoint du sénateur et maire UMP, décédé en 2011, ndlr) et Bertrand », précise d’ailleurs un observateur avisé.

L’affaire est symptomatique du fonctionnement opaque de la ville lorsqu'il s'agit d'immobilier. Dans son rapport sur Marseille Aménagement, la CRC a également épinglé la réhabilitation du centre-ville, confiée au privé à travers trois périmètres de rénovation immobilière (PRI) créés entre 1993 et 1995. Près de vingt ans et 60 millions d’euros de dépense communale plus tard, « 40 % des logements qui devaient être réhabilités dans les PRI Centre-ville et Thubaneau, n’avaient toujours pas fait l’objet de travaux à la date du 31 décembre 2009 », manque de s'étouffer la juridiction financière. Qui dresse un panorama aussi prévisible que désastreux de ces opérations : préemption des immeubles et revente à des investisseurs de gré à gré sans aucune transparence, défiscalisations massives et subventions à gogo sans contrôle de la réalité des travaux de rénovation.

Dès 2000, l’association « Un centre-ville pour tous » avait documenté ces dérives de façon très étayée. Sans effet. Devant l’atonie des élus (majorité comme opposition), des citoyens, proches de l’association, ont décidé de se saisir de ce rapport explosif de la CRC. Sept courriers recommandés ont atterri mi-février 2014 dans la boîte aux lettres de Jean-Claude Gaudin pour lui demander de recouvrer les « sommes indûment versées » signalées par les magistrats. Dans le viseur : des dépenses engagées par Boumendil (pour sponsoriser un congrès de vieilles voitures ou encore une réception lors de la remise de sa Légion d’honneur), un code des marchés publics malmené, des employés licenciés avec de fortes indemnités et repris comme consultants, etc.

 

Derniers travaux du Mucem, au printemps 2013. 
Derniers travaux du Mucem, au printemps 2013. © LF

Depuis 1995, Marseille s’est certes embellie : le Vieux-Port a été en partie rendu aux piétons, une nouvelle façade maritime a surgi autour du Mucem, prolongée par le quartier d’affaires de la Joliette, ses docks rénovés et la tour CMA CGM. Mais en réalité, toute une partie de son territoire échappe à la Ville, qui n’est pas pour grand-chose dans la plupart de ces métamorphoses. Le chantier géant d’Euroméditerranée ? Une opération d’intérêt national, lancée en 1995 par Vigouroux et en majeure partie pilotée par l’État. Avec des urbanistes désignés par des concours internationaux, hors de toute emprise de la mairie, qui reconstruisent « la ville sur la ville » sur un terrain de jeu de 480 hectares ! « C’est le préfet qui délivre les permis de construire », précise le promoteur Marc Pietri. L’autre plus grand aménageur de la ville est l’Anru (agence nationale de rénovation urbaine). Via un groupement d’intérêt public, l'agence nationale pilote 14 opérations dans les cités marseillaises avec un investissement total d’un milliard d’euros, un record en France.

Et là où la Ville a les mains libres, le bilan est souvent catastrophique.

Autre exemple, les ZAC. On n’y envisage souvent la création des réseaux nécessaires, des transports en commun et des équipements publics qu’après coup, une fois les programmes commercialisés. « En gros ils construisent, puis ils viennent nous voir pour les réseaux, se plaint un cadre de MPM. Derrière on a des pressions pour assurer le pluvial, l’assainissement, la gestion de la voirie, les espaces publics. C'est une sorte de rouleau compresseur qui nous met devant le fait accompli. » Les seules infrastructures de transport construites depuis 1995 l'ont été dans le centre-ville (12,5 km de tramway et quatre nouvelles stations de métro), en évitant soigneusement les quartiers nord

« Le problème de fond à Marseille est qu’il n’y a ni vision, ni projet, regrette Valérie Décot, nouvelle présidente du syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône. Lyon, Bordeaux, Lille ont pris en main leur destin. Les maires se sont entourés de professionnels compétents pour retisser des liens entre les centres-villes et les quartiers défavorisés. Pas ici. » La ville a, par exemple, attendu janvier 2014 pour se doter d’un architecte conseil et n’a pas d’adjoint à l’urbanisme (mais un simple conseiller municipal délégué). Elle a également usé cinq directeurs de l’urbanisme depuis 1995 et a beaucoup tardé à se constituer une réserve foncière. « Quand je m’occupais du foncier à la ville, il ne restait presque plus rien à vendre, se souvient Jean Canton, directeur de l'urbanisme de Gaudin de 2002 à 2009, qui roule désormais pour Pape Diouf. Si une entreprise recherchait 5 ou 10 hectares, ça n’existait pas, en dehors des friches dont il faut s’occuper. Et l’absence de planification coûte cher à la ville : les prix ont doublé en 10-12 ans (de 2000 à 4000 euros le mètre carré). »

Du coup, les promoteurs, à l’affût des opportunités, ont souvent un coup d’avance et débarquent dans les services avec des projets clés en main. « Ils ont rempli toutes les dents creuses », reconnaît le promoteur Marc Pietri, qui ajoute cependant que Claude Gaudin a été « le pape de la paix sociale ». « Cette ville en 1995 aurait dû exploser, rappelle le PDG de Constructa.  Quand il arrive, il faut absolument produire du logement car il n’y a rien. Peut-être qu’on a un peu trop construit ici ou là… » Le sénateur et maire UMP leur a également offert en pâture les dernières réserves foncières de la ville, comme les 350 hectares du domaine bastidaire de Sainte-Marthe (14e arrondissement). Mais c’est un ancien cadre de la Ville qui résume le mieux la philosophie de l’équipe Gaudin : « Il faut construire beaucoup de logements, ne mettre aucun obstacle, tout cela fera du mouvement et Dieu reconnaîtra les siens. »

« La porte ouverte à tous les arrangements »

 

A Sainte-Marthe, l'une des dernières réserves foncières de la ville dans le 14e 
A Sainte-Marthe, l'une des dernières réserves foncières de la ville dans le 14e © LF

L’objectif politique est plus ou moins avoué : maintenir un électorat ou changer celui d’un secteur. Longtemps l’obsession de Jean-Claude Gaudin fut de ramener « les habitants qui paient des impôts » dans un « centre envahi par la population étrangère ». Et donc faire du logement haut de gamme. « Puis ils se sont rendu compte qu’une partie de leur électorat, la petite classe moyenne, ne pouvait plus se loger, donc ils ont essayé de faire baisser la fièvre », décrypte William Allaire, journaliste spécialiste du BTP. Avec une confiance dans le privé qui laisse pantois certains professionnels. « À Montpellier à partir de dix logements, il faut faire 25 % de logements sociaux, compare Nicolas Masson. À Marseille, rien ! » Enfin si, depuis juin 2013, le PLU impose 25 % de logements sociaux aux promoteurs, mais à partir de 120 logements. Résultat : seulement 3,7 % de HLM dans le très chic 6e arrondissement, quand le 14e et le 15e en comptent plus de 40 % ! « Du fait que Marseille est une ville pauvre, on est prêt à faire beaucoup de concessions, sur la qualité architecturale, les logements sociaux, les espaces publics, etc. », estime un architecte du cru. « Le directeur régional d’un groupe national, qui a fait de beaux projets à Bordeaux, m’a expliqué qu’on ne lui demande rien à Marseille, confirme Jean Canton. Donc on construit les mêmes logements qu’il y a vingt ans. »

« On » est aussi prêt à quelques libéralités. Comme celle qui vaut à Marseille Aménagement son enquête préliminaire. Lancer des appels à projet avant de céder des terrains à des promoteurs ? Une « complexification parfaitement inutile », balaie Dominique Vlasto, adjointe au maire Jean-Claude Gaudin qui lui a succédé à la tête de Marseille Aménagement. « Mettre les terrains aux enchères, ce serait dramatique car le coût des logements exploserait », prétend de son côté Yves Moraine, porte-parole de campagne de Jean-Claude Gaudin et président de la Soleam, la SPL qui a remplacé Marseille Aménagement. « Cette façon de faire, sans mise en concurrence sur la qualité du projet et sans contrepartie en création d’espaces publics, c’est la porte ouverte à tous les arrangements », critique Valérie Décot.

La ville s’est d'ailleurs fait taper plusieurs fois sur les doigts par le tribunal administratif pour sa générosité avec des promoteurs. Les plus récentes : une ristourne de 300 000 euros à Kaufman & Broad sur la vente d'un terrain (2011) et une aide économique de 2,5 millions d'euros à Axa pour la transformation de l’hôtel Dieu en un cinq-étoiles (2012). Sans que cela n'affole l'hôtel de Ville. Le 7 octobre 2013, Jean-Claude Gaudin a fait voter la cession du seul espace public du quartier Corderie (7e arrondissement) pour 3,4 millions d’euros à une filiale de Vinci, qui veut y construire 109 logements depuis dix ans. Avec une discrète ristourne d’un million d’euros pour racheter le volume nécessaire à l‘édification une sortie d’école supprimée par le projet. Le projet est attaqué au tribunal administratif par le CIQ (Comité d’intérêt de quartier) du coin et une poignée de riverains. Le même jour, le sénateur-maire UMP a glissé dans les derniers rapports de la séance l’acquisition au groupe Eiffage de neuf étages d’un bâtiment à construire. Coût : 37,6 millions d’euros. « Un soutien au démarrage d’Euroméditerranée 2 », s’est à l’époque justifié l’adjoint aux finances, qui rappelle le geste d’Eugène Caselli, président PS de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), envers la tour La Marseillaise de Marc Pietri.


 
© Na

Il y a aussi plus subtil. « Une petite poignée d'architectes se partagent le marché local », dénoncent des gens du métier. Parmi les heureux élus, qui se tapent régulièrement le haut de l’affiche dans les programmes privés comme sur les marchés publics, Didier Rogeon, Tangram, Roland Carta, etc. Le premier, qui a coréalisé L’Alcazar (bibliothèque municipale à vocation régionale), la nouvelle station d’épuration Géolide et nombre de programmes résidentiels à Marseille, est ainsi l’un des architectes associés à la rénovation du stade Vélodrome, un PPP (partenariat public-privé) attribué en 2010 par Jean-Claude Gaudin à Arema (Bouygues). Avec, à la clef, la réalisation d’un quartier entier autour du stade : 100 000 m2 de bureaux, hôtels, commerces et habitations ! « De quoi faire travailler son cabinet dix ans », note un confrère envieux. Didier Rogeon avait également fait une très belle affaire en juin 2011 : la Ville lui avait cédé, à l’issue d’une consultation très restreinte, un immeuble proche de l’Hôtel Dieu (rénové par Tangram) pour y installer son cabinet. « Mesquineries entre architectes, balaie Claude Bertrand, directeur de cabinet de Gaudin. Les exemples des cabinets marseillais que vous citez sont parmi les plus gros de Marseille, voire de France. Il est donc probablement assez normal que ces agences soient plus visibles dans notre Ville. »

« Lorsqu’un promoteur veut construire, on lui demande le nom de l’architecte », accuse pourtant un « mesquin ». « S’il ne convient pas, on lui donne une liste de 5 ou 6 noms. » Comme lui, plusieurs architectes installés à Marseille ont même carrément renoncé à y travailler et préfèrent faire des projets ailleurs dans la région. Claude Bertrand dément et assure ne jamais intervenir sur les permis de construire. « Il n’y a pas de short list », assure également Roland Carta, architecte bien en cours à droite comme à gauche (qui dit faire 40 % de son chiffre d’affaires en région Paca). En 2012-2013, son cabinet a enchaîné les (co)réalisations à Marseille : Musée d’histoire de Marseille, Mucem, Silo, Fort Saint-Jean, Hôpital européen, rue de la République, siège de la SNCM, etc. L’architecte, grand copain de Marc Pietri, reconnaît quand même à demi-mot que « le promoteur cherche un architecte avec qui il va pouvoir s’entendre et concomitamment il va faire valider le nom. Voir s’il n’y a pas de difficultés ».

Encore plus discrètes, les relations d'affaires entre l'équipe Gaudin et les promoteurs. À commencer par l’ex-directeur de Marseille aménagement Charles Boumendil, ancien du groupe Bouygues, qui a présidé en 2011 l’association « Architecture et maîtres d’ouvrage ». Un « cercle restreint de professionnels et de responsables régionaux » qui rassemble, pour des visites de chantier ou des cocktails en catamaran, donneurs d’ordre, industriel du bâtiment et architectes, dans le but vertueux de « favoriser la qualité architecturale ». Et plus si affinités…

 

 
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Autre exemple, en mai 2013, La Marseillaise révèle par exemple que Philippe Berger, ancien adjoint au sénateur-maire UMP de Marseille, délégué à la prévention des risques et qui « a vu défiler les demandes de permis de construire déposées par le promoteur Progéréal », a créé en 2011 une entreprise qui travaille notamment pour... Progéréal. Promoteur dont les programmes marseillais connaissent bien des soucis : éboulis, glissements de terrain et malfaçons rendent plusieurs de ses bâtiments inhabitables.

De son côté, Roland Blum, premier adjoint et député jusqu'en 2012, spécialisé dans le droit de la construction, a beaucoup plaidé à l'Assemblée nationale contre « les recours abusifs » contre les permis de construire. Encore mieux, José Allegrini, successeur de Philippe Berger à la prévention des risques, intervient dans un contentieux immobilier à 3,2 millions d'euros entre la ville de Marseille et la Deutsche Bank, garant d’un promoteur poursuivi pour escroquerie (Le Canard enchaîné, 26/02). Il assure n'être qu'une « simple boîte aux lettres pour un confrère parisien ».

Tout aussi désintéressé, Yves Moraine. Le cabinet du nouveau dauphin de Gaudin apparaît dans la même affaire. Mais aussi dans celle qui a opposé Vinci et Eiffage à Marseille Provence Métropole (MPM) à propos du tunnel Prado Sud, comme l'a révélé le mensuel Bons baisers de Marseille. Les deux géants du BTP ont obtenu une rallonge de 24 millions d'euros – ils demandaient 81 millions d'euros – pour des travaux non prévus au contrat. La rallonge fait l'objet d'un recours amiable. À sa décharge, Yves Moraine n’a pas voté la délibération concernée. « Je m'occupe de contentieux commercial et de droit social, je n'ai pas de clientèle avec mon activité politique », se défend le maire des 6e et 8e arrondissements. Et de jurer la main sur le cœur : « Mon associé est avocat de la fédération du BTP et de grands groupes (du BTP, ndlr), mais il pâtit de mon activité politique. » Ce qui n'est pas visible à première vue...

« Les grands groupes ont pris des habitudes », se désespère un cadre de MPM, qui voit revenir Vinci par la fenêtre. La multinationale a obtenu en début d'année le droit de défendre son projet de prolongement du très lucratif tunnel Prado Sud – estimé à une quarantaine de millions d'euros –, alors que deux études des services de la collectivité ont conclu à son inutilité...

Demain, suite de notre série avec un éclairage sur Sainte-Marthe (14e), l’ancien domaine bastidaire de Marseille, où les promoteurs ont longtemps eu carte blanche.

 

Source : www.mediapart.fr

 



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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 09:57

 

Source : www.lemonde.fr

 


L'homme qui refusait de couper l’eau aux démunis

Le Monde.fr | 06.03.2014 à 10h25 • Mis à jour le 06.03.2014 à 10h42 | Par Lucie Soullier

 
 
Marc Fazio, ancien employé de Veolia à Avignon.

« Aller chez les gens et leur couper l'eau en passant outre à tous les problèmes de la vie, c'est un boulot que je n'arrivais pas à faire. » Marc Fazio est un ancien employé de Veolia à Avignon (Provence-Alpes-Côte d'Azur). Agé de 49 ans, il a passé vingt ans dans l'entreprise qui fut l'Avignonnaise des eaux, avant d'être licencié en juillet 2013 pour avoir refusé de fermer trop de robinets. Le conseil de prud'hommes examine son affaire, jeudi 6 mars.

Une décision attendue tant par la presse que par les fournisseurs d'énergie et les associations militant pour le droit à l'eau. Car ce qui aurait pu rester un conflit social entre un employé et son entreprise a pris l'apparence d'un conte moderne, entre David et Goliath et Robin des bois : la fable du fontainier qui refusait d'assoiffer les plus démunis.

 

 « VOLEUR DE VEOLIA »

Les bras croisés, Marc Fazio répète sans sciller une histoire qu'il a déjà racontée plus d'une fois à l'union locale de la CGT, aux journaux, à son avocat. Il évoque son « malaise » dans les face-à-face qu'il a vécus avec sa propre conscience : « J'ai eu des clients qui pleuraient, qui n'avaient rien dans leur frigo. C'était souvent des gens au chômage, des familles avec des enfants. Moi aussi j'ai des enfants. » Un week-end, alors qu'il fait des courses avec ses deux filles, un homme le prend à partie : « voleur de Veolia ». C'en est trop. Coincé entre « la misère des clients et le harcèlement de la direction », il enchaîne plusieurs arrêts maladie, « des mini-dépressions », des réveils « la boule au ventre ».

Les coupures pour impayés n'ont pourtant pas toujours fait partie de ses missions. Après dix années passées dans la plomberie, M. Fazio est embauché en 1994 à l'Avignonnaise des eaux, devenue Veolia. Son nouvel emploi de fontainier l'amène à procéder à des interventions sur le terrain, comme réparer les petites fuites… ou ouvrir et fermer les compteurs d'eau. « Mais uniquement dans le cadre de l'ouverture et de la fermeture des contrats », insiste-t-il.

Or, en 2005, la mort des deux employés municipaux chargés des coupures pour impayés impose une réorganisation, alors annoncée comme temporaire. M. Fazio fait partie des trois plombiers à qui l'on demande de prendre le relais. Huit ans plus tard, ces coupures sont toujours effectuées par son équipe. Une mission loin d'être anodine pour M. Fazio, qui ne s'est « jamais senti » dans ces interventions difficiles, même s'il en avait les compétences techniques.

Une compétence dont Veolia convient. « C'est un très bon technicien, on ne devait jamais repasser derrière lui. Enfin, sauf derrière toutes les opérations qu'il ne voulait pas faire », précise Didier Brunet, responsable du service client sur le centre opérationnel d'Avignon.

DU BÛCHERON AU BOURREAU

« Ce n'est pas parce qu'on sait couper du bois qu'on est capable de couper des têtes », plaide M. Tabin, l'avocat de l'employé désormais chômeur. M. Fazio a préféré adopter une autre stratégie que la « coupure systématique » : il négocie avec les clients. « Parfois je leur laissais un délai ou je les poussais à aller au bureau pour obtenir un échéancier s'ils ne pouvaient pas tout payer d'un coup. Les plus démunis, je les renvoyais vers la mairie ou les services sociaux pour éponger les dettes ou au moins faire bloquer le dossier impayé. » Il ne procède d'ailleurs à aucune coupure entre 2009 et 2013.

Mais la négociation, « ce n'était pas son rôle, insiste Valérie Thomas, alors responsable de la relation client sur le site de Veolia Avignon. Il était en charge d'un geste technique. Pour le reste, il devait renvoyer vers l'agence. » Un argument qui montre, selon M. Fazio, qu'« on ne nous demande surtout pas de réfléchir, même face à un petit vieux à qui on devrait couper l'eau pour une facture de 10 euros ». Ou face à l'agressivité de certains.

« Quand on coupe, ils ne sont pas forcément là. Mais, pour les réouvertures, ils sont prévenus. Et ils nous attendent. » Un de ses collègues s'est fait « bousculer » lors d'une intervention, et lui avoue avoir déjà eu « très peur ».

Un risque d'agression que Bruno Chaloin, directeur du centre Gard-Alpes-Lozère-Provence de Veolia, affirme n'avoir « jamais sous-estimé ». Une augmentation de salaire d'environ 60 euros par mois a ainsi été attribuée à l'équipe de trois personnes, dont M. Fazio. Mais ils ne sont pas les seuls à être confrontés à la violence dans l'entreprise : un camion-récureur a récemment été victime de coups de fusil. « Moi-même, j'ai déjà reçu une gifle en agence », ajoute Didier Brunet.

Pour Veolia, le problème n'est pas d'ordre psycho-social, et M. Fazio, « loin d'être un Robin des bois, souligne Valérie Thomas. L'augmentation proposée ne lui suffisait simplement pas. » L'entreprise affirme même lui avoir offert un changement de poste dans un service de « recherche de fuites » qu'il a refusé. Un poste au même salaire… mais de nuit.

Syndiqué à la CGT et délégué du personnel durant une mandature, de 2007 à 2010, M. Fazio avoue qu'il aurait « aimé évoluer par le haut ». Mais, selon lui, ses revendications ont été un frein à sa carrière. Et son licenciement, « une sanction et un exemple » pour faire taire les autres. Pour la direction de Veolia Avignon, il est « un jusqu'au-boutiste qui n'a pas été suivi par ses collègues ». Avoir été « lâché » par ses collègues est d'ailleurs un des seuls regrets de Marc Fazio. Aussi a-t-il préféré se tourner vers l'union locale de la CGT plutôt que vers la CGT interne à Veolia. 

 LE DROIT À L'EAU

« Rien de politique » dans mon geste, affirme M. Fazio. « Robin des bois de l'eau » ou non, les militants du droit à l'eau en ont fait un symbole. « Marc montre qu'il est possible de dire non », pointe Michel Mus, président de la confédération nationale du logement à Avignon.

Marcelle Landau, institution locale et présidente du Collectif de l'eau, a même réuni pour le procès des témoignages d'usagers qui ont subi des coupures d'eau. Parmi eux, Saïd et Fatiha Hamidi ont vécu sans eau pendant une semaine en août 2013, pour une facture de 169,99 euros. La somme avait été prélevée avant qu'ils ne reçoivent la retraite de Saïd, atteint de la maladie de Parkinson. « On est rentrés de vacances et on n'avait plus d'eau », soupire Fatiha. « [Pour tenir] les voisins nous ont donné quelques seaux et j'ai acheté des dizaines de bouteilles d'eau minérale par jour. » Après quelques jours de débrouille, ils se sont tournés vers le Collectif de l'eau, qui les emmènera régler le problème directement à l'agence de Veolia. Aux factures impayées s'ajoutent alors les frais bancaires et les frais de coupure/réouverture, de plus de 70 euros.

Saïd et Fatiha Hamidi se sont retrouvés sans eau pendant une semaine en août 2013.

Pourquoi si tard ? Pourquoi n'ont-ils pas demandé une aide sociale à laquelle ils auraient eu droit ? « La honte, la pudeur ou la méconnaissance des aides », répond Mme Landau, pour qui l'objectif est de revenir à un « service public de l'eau ». Car, derrière ce cas particulier, c'est la question de la précarité énergétique que les militants veulent mettre en avant. Un dossier politique pour les collectivités, le gouvernement venant de lancer officiellement l'expérimentation pour un tarif social de l'eau, prévue dans la loi Brottes.

En attendant, Marc Fazio attend sa réintégration avec un changement de poste ou, à défaut, des dommages et intérêts de l'ordre de 360 000 euros. Pour aller jusqu'à la retraite. « Je ne me sentirai pas bien en cas de réintégration chez Veolia. Mais je fais quoi ? J'ai 50 ans, je travaille dehors depuis trente ans et, du travail, il n'y en a pas. » Pour la première fois, la colère se lit sur son visage.

Lancement de l'expérimentation sur le tarif social de l'eau

 

 

Les collectivités volontaires auront la possibilité de mettre en place pendant cinq ans de nouvelles tarifications de l'eau et/ou de l'assainissement, ainsi que des systèmes d'aide au paiement de la facture d'eau afin de garantir un meilleur accès de tous à ces services.

Il sera notamment permis à ces collectivités de mettre en place une tarification sociale progressive selon la situation des ménages pour tenir compte de leurs revenus ou du nombre de personnes composant le foyer.

Les collectivités volontaires devront déposer leur candidature auprès du préfet de leur département avant le 31 décembre 2014.

 

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 09:25

 

Source : www.lemonde.fr

 

Le viol, arme de destruction massive en Syrie

LE MONDE | 04.03.2014 à 19h23 • Mis à jour le 06.03.2014 à 10h58 | Par Annick Cojean (Amman, envoyée spéciale)

 
 
L’œuvre de l'artiste syrien Khalil Tounès, "Hama 30" (2011, encre sur papier, 40 x 50 cm).

C'est le crime le plus tu, perpétré actuellement en Syrie. Un crime massif, organisé par le régime et réalisé dans les conditions les plus barbares. Un crime fondé sur l'un des tabous les mieux ancrés dans la société traditionnelle syrienne et sur le silence des victimes, convaincues de risquer le rejet par leur propre famille, voire une condamnation à mort.

C'est un crime qui anéantit les femmes, détruit les familles et disloque les communautés. Un crime que les hordes de réfugiés fuyant la Syrie pour les pays alentour désignent comme la cause principale de leur départ, mais que les enquêteurs de l'ONU et toutes les ONG peinent à documenter tant le sujet est douloureux.

Un crime absent des discussions de Genève alors qu'il obsède les Syriens et hante des dizaines de milliers de survivantes. Le viol. L'arme de guerre secrète de Bachar Al-Assad.

Lire l'éditorial du Monde : Syrie : l’atroce indifférence

Alma, 27 ans (les noms des victimes ont été changés), est allongée, décharnée, sur un lit d'hôpital au cœur d'Amman. Elle ne marchera plus, sa colonne vertébrale a été brisée par les coups administrés par un milicien du régime avec la crosse de son fusil. Dès les premiers mois de la révolution, cette mère de quatre enfants, diplômée en gestion, s'est engagée résolument du côté des rebelles, livrant d'abord de la nourriture et des médicaments, puis transportant des munitions dans un paquet noué sur son ventre afin de passer pour une femme enceinte.

« TU VOULAIS LA LIBERTÉ ? EH BIEN LA VOILÀ ! »

Arrêtée un jour à un checkpoint dans la banlieue de Damas, elle est restée pendant trente-huit jours dans un centre de détention des services de renseignement de l'armée de l'air, entourée par une centaine de femmes.

«Abou Ghraïb, à côté, devait être un paradis», lâche-t-elle avec un pauvre sourire, allusion à la prison américaine en Irak. « J'ai tout eu ! Les coups, le fouet avec des câbles d'acier, les mégots de cigarette dans le cou, les lames de rasoir sur le corps, l'électricité dans le vagin. J'ai été violée – les yeux bandés – chaque jour par plusieurs hommes qui puaient l'alcool et obéissaient aux instructions de leur chef, toujours présent. Ils criaient: “Tu voulais la liberté ? Eh bien la voilà !”»

Toutes les femmes, explique-t-elle, en plus de leurs souffrances, pensaient que leur famille les tueraient si elles apprenaient leur sort. Sa détermination à s'engager dans l'Armée libre n'en était que renforcée. A sa sortie, elle est devenue l'une des rares femmes chef de bataillon, à la tête de vingt hommes, avant d'être grièvement blessée et évacuée en Jordanie par ses camarades.

Lire : "Des enfants syriens utilisés comme boucliers humains"

Des centaines de milliers de Syriens ont afflué en Jordanie, et c'est là que nous avons pu, grâce à des médecins, avocates, psychologues, collecter et croiser de nombreux témoignages ainsi que rencontrer, en face-à-face, plusieurs victimes. Entretiens douloureux et sous haute pression: « Ma vie est entre vos mains. »

« ATTEINDRE LES PÈRES, FRÈRES ET MARIS »

« Il est grand temps que ce scandale soit dénoncé publiquement !, estime l'ancien président du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, membre influent de l'opposition. Car c'est cette arme, selon moi, qui a fait basculer dans la guerre notre révolution qui s'était voulue pacifique.»

Dès le printemps 2011, raconte-t-il, des campagnes de viols par les milices ont été organisées à l'intérieur des maisons alors que s'y trouvaient les familles. Des filles ont été violées devant leur père, des femmes devant leur mari. Les hommes devenaient fous et hurlaient qu'ils allaient se défendre et venger leur honneur. « Je pensais, moi, qu'il fallait tout faire pour ne pas entrer dans une phase militarisée, qu'armer la révolution allait multiplier par cent le nombre de morts. Mais la pratique du viol en a décidé autrement. Et je crois que Bachar l'a voulu ainsi. Une fois les révolutionnaires armés, il lui était facile de justifier les massacres de ceux qu'il appelait déjà “les terroristes”. »

Thèse difficile à vérifier. Ce qui est avéré, en tout cas, c'est que les violences sexuelles n'ont fait que croître, contribuant au climat de terreur. « Les femmes servent d'instruments pour atteindre les pères, frères et maris, dénonce l'écrivaine Samar Yazbek, réfugiée en France. Leurs corps sont des champs de torture et de bataille. Et le silence de la communauté mondiale sur cette tragédie me semble assourdissant.»

Lire notre post de blog : En Syrie, la crise humanitaire résumée en une file d'attente irréelle

Plusieurs organisations internationales ont fait état des viols commis par le régime – Amnesty International, l'International Rescue Committee, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, Human Rights Watch… Mais toutes évoquent l'extrême difficulté à obtenir des témoignages directs, le silence obstiné des victimes, la peur des crimes d'honneur perpétrés contre les femmes violées et l'anxiété née de la perception généralisée qu'une femme arrêtée par le régime a forcément été violée.

Un rapport particulièrement bien documenté, publié en novembre 2013 par l'Euro-Mediterranean Human Rights Network, confirme l'ampleur du phénomène et proclame l'urgence d'enquêter sur ces crimes de guerre qui, si leur planification était avérée, pourraient être qualifiés de crimes contre l'humanité. « Le régime a fait des femmes ses premières cibles », affirme Sema Nassar, l'auteure principale du rapport, jointe par Skype, et dont les deux sœurs viennent tout juste d'être arrêtées. « Elles sont visées, en tant que telles, par les snipers, notamment les femmes visiblement enceintes, précise-t-elle. Elles servent de boucliers humains, comme dans le quartier Ashria d'Homs, en février 2012, quand l'armée a forcé des femmes à marcher devant les troupes ou les a même fait monter dans les tanks pendant des patrouilles. Elles font l'objet de kidnappings pour rançons et échanges. Les violer systématiquement, qu'elles aient 9 ans ou 60 ans, est une façon de détruire durablement tout le tissu social. »

VIOLÉES COLLECTIVEMENT SOUS L'ŒIL D'UNE CAMÉRA

Oui, elle a des histoires à raconter, Sema Nassar. Des cas précis, datés. Des dizaines. Comme celui de cette jeune fille d'Hama, actuellement réfugiée aux Etats-Unis, qui se trouvait chez elle avec ses trois frères quand des soldats ont fait irruption, et ont exigé que les trois jeunes gens violent leur sœur. Le premier a refusé, on lui a coupé la tête. Le deuxième a refusé, il a connu le même sort. Le troisième a accepté, ils l'ont tué sur la fille qu'ils ont eux-mêmes violée.

Ou l'histoire de cette Syrienne emmenée dans une maison de la banlieue d'Homs, à l'été 2012, avec une vingtaine d'autres femmes, torturées et violées collectivement sous l'œil d'une caméra dont le film a été envoyé à son oncle, un cheikh connu, prédicateur à la télévision, membre de l'opposition.

« La pratique est très fréquente lors des raids dans les villages, et systématique dans les centres de détention des services secrets », affirme au Monde Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne des droits de l'homme, actuellement au Caire, qui estime à plus de 50 000 le nombre de femmes violées dans les geôles de Bachar Al-Assad depuis le début de la révolution.

« LE BÂTON ÉLECTRIQUE DANS LE VAGIN OU L'ANUS »

Les régions sunnites sont assurément les plus touchées, et il note, dans les récits, une forte implication des troupes du Hezbollah libanais et de la brigade Abou Fadel d'Irak. « Avec les tortures les plus sadiques, comme le rat introduit dans le vagin d'une jeune fille de Deraa âgée de 15 ans. Avec des viols collectifs en public comme celui de quarante femmes, le matin du 5 janvier 2014, à Yelda. Et avec pour conséquence des centaines de crimes d'honneur sur les femmes sortant de prison dans les régions de Hama, Idlib ou Alep. »

C'est au camp de réfugiés syriens de Zaatari, à 80 km d'Amman, qu'on a rencontré Salma, lourde, épuisée, le regard éteint. Née à Deraa il y a une cinquantaine d'années, mais ayant habité Damas avec son mari et leurs huit enfants, elle a été stupéfaite, en 2011, d'apprendre qu'en rétorsion du soulèvement dans sa ville natale, ses enfants étaient renvoyés de leur école, dans la capitale. « Au nom de quoi punissez-vous mes petits ? Ils ne sont pour rien dans les événements ! », est-elle allée se plaindre à la directrice.

Elle n'avait pas terminé sa phrase que débarquaient les services secrets. Une cagoule sur la tête, elle a été conduite dans le sous-sol d'un centre de détention, jetée dans une cellule plongée dans l'obscurité et pleine de rats. Deux jours à l'isolement, sans boire ni manger, avant de rejoindre pour six mois la cellule minuscule occupée par deux autres femmes. « Nous ne pouvions pas nous allonger. Pas le droit de nous laver, y compris pendant nos règles. Et nous étions violées tous les jours aux cris de : “Nous les alaouites allons vous écraser.” Une seule protestation et on avait le bâton électrique dans le vagin ou l'anus. On m'a tellement battue qu'on m'a cassé la jambe. Elle est devenue noire, on m'a opérée n'importe comment avant de me remettre dans ma cellule. Ma famille n'a eu aucune nouvelle pendant six mois. Comme je ne sais ni lire ni écrire, j'ai signé avec l'empreinte de mon index n'importe quel aveu. » A sa sortie, son mari avait disparu avec la voiture.

TRAUMATISMES « INCURABLES »

Oum Mohamed, 45 ans, a été arrêtée avec sa fille le 21 septembre 2012 au hasard d'une rue et conduite à l'aéroport militaire de Mazzé. Le portable de l'étudiante affichant le drapeau de la résistance et la photo d'un «martyr», les deux femmes ont été détenues pendant vingt jours, frappées, violées, enfermées dans une cellule de 4 mètres sur 4 avec dix-sept femmes et plusieurs enfants. L'une, épouse enceinte d'un membre de l'Armée syrienne libre suspecté d'avoir participé au kidnapping de quarante-huit Iraniens dans un autobus en août 2012, était accompagnée de ses enfants de 8 et 9 ans. Le mari d'une autre, directeur de prison sanctionné pour s'être opposé à des tortures outrancières, était détenu à l'étage au-dessous, de telle façon qu'il entende les cris de sa femme pendant qu'on la violait. « Tout était occasion de sévices sexuels », conclut-elle, les yeux humides, ravagée à l'idée que l'avenir de sa fille, qui a perdu 20 kg et nécessite un traitement psychiatrique, est définitivement compromis.

Les médecins décrivent des vagins « ravagés », des corps martyrisés, des traumatismes « incurables ». Yazan, psychologue de 28 ans venu s'installer à Amman pour « aider les victimes de la guerre », nous parle ainsi (en souhaitant rester anonyme) d'un de ses patients originaires d'Homs, dont les voisins avaient dénoncé des activités révolutionnaires, entraînant le kidnapping de sa femme et de son petit garçon de 3 ans. Arrêté quelques semaines plus tard, il a été emmené dans une maison privée utilisée pour des séances de torture. « Tu ferais mieux de parler ! Ta femme et ton fils sont là ! – Amenez-les d'abord !» La jeune femme est exsangue : « Ne dénonce personne ! Ce que tu redoutais est déjà arrivé. » On les a violemment frappés tous les deux. Puis, alors qu'il était suspendu au mur par les poignets, on a violé sa femme devant lui. « Tu parles ou tu veux qu'on continue ? » La femme a alors bondi, s'est emparée d'une petite hache utilisée par les bourreaux et s'est ouvert le crâne. Le petit sera plus tard égorgé sous ses yeux.

Voir notre infographie : Syrie : l'enlisement de l'insurrection

Alors ? Initiatives barbares et dispersées menées par des soudards livrés à eux-mêmes ou arme stratégique pensée, déployée par une hiérarchie aux ordres ? Le président de la Ligue syrienne des droits de l'homme, Abdulkarim Rihaoui, n'a aucun doute : « C'est un choix politique pour écraser le peuple ! Technique, sadisme, perversité : tout est méticuleusement organisé. Aucun hasard. Les récits sont similaires et des violeurs ont eux-mêmes avoué avoir agi sur ordre. » Les avocates jointes en Syrie partagent cette conviction, malgré la difficulté à rassembler des preuves. « J'ai des photos de boîtes de stimulants [sexuels] dont se munissent les miliciens avant de partir en raid dans un village », affirme Sema Nassar. Plusieurs témoignages font également état de produits paralysants injectés dans la cuisse des femmes avant les viols.

SUICIDÉE DE N'AVOIR PU AVORTER

L'une des victimes, Amal, explique que, dans un centre de détention de Damas, un médecin – surnommé « Docteur Cetamol »– faisait le tour des cellules pour noter les dates des règles de chaque femme et distribuer des pilules contraceptives. « Nous vivions dans la crasse, dans le sang, dans la merde, sans eau et presque sans nourriture. Mais nous avions une telle hantise de tomber enceinte que nous prenions scrupuleusement ces pilules. Et quand j'ai eu un retard de règles, une fois, le docteur m'a donné des cachets qui m'ont fait mal au ventre toute une nuit. » Un témoignage capital pour établir la préméditation des viols en détention.

Des bébés naissent pourtant de ces viols collectifs, provoquant des drames en cascades. A Lattaquié, une jeune femme s'est suicidée de n'avoir pu avorter. Une autre a été précipitée par son père du balcon du premier étage. Des nouveau-nés ont été trouvés au petit jour dans des ruelles de Deraa.

« Mais comment aider ces femmes ?, se désespère Alia Mansour, membre de la Coalition nationale syrienne. Elles ont si peur en sortant de détention qu'elles restent murées dans leur malheur sans pouvoir demander de l'aide. » A Homs, nous raconte la poétesse syrienne Lina Tibi, une femme a cependant réussi à organiser en une semaine, dans le plus grand secret, cinquante opérations d'hymenoplastie sur des filles violées de 13 à 16ans. « C'était la seule façon de leur sauver la vie. » Mais les familles explosent. Des maris se détournent et divorcent. Telle belle-famille d'Homs a rassemblé les affaires de sa bru en vue de son expulsion du foyer avant même qu'elle ne sorte de prison. Des parents se précipitent pour marier leur fille au premier volontaire venu, fût-il âgé et déjà marié.
« Le monde se préoccupe des armes chimiques ; mais, pour nous, Syriennes, le viol est pire que la mort », murmure en un sanglot une étudiante en droit qui n'a encore osé confier son drame à personne. Surtout pas à son mari.

Annick Cojean (Amman, envoyée spéciale)
Journaliste au Monde

 

 

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 



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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 22:34

 

Source : www.initiativecitoyenne.be

 


Vaccins: l'OMS avoue qu'elle met la santé du monde en danger

 

Mercredi 5 mars 2014

Obsession vaccinale - une pure folie

Pour ceux qui n'ont toujours rien pigé sur les vaccins, voici des aveux supplémentaires et pas n'importe lesquels, ceux de la "grande" OMS, qui devraient faire comprendre à la fois l'ampleur du cynisme et l'irresponsabilité criminelle des prétendus "experts" mondiaux auxquels toutes les nations du monde obéissent pourtant au doigt et à l'oeil. Car il faut appeler un chat un chat et oser voir la responsabilité que nous avons tous vis-à-vis des générations futures dont l'avenir et la qualité de vie sont clairement et directement menacés par ces insoutenables manoeuvres d'apprentis-sorciers. Voici un extrait du rapport du Comité Consultatif sur la sécurité des vaccins de l'OMS (GACVS) de décembre 2013, tel que repris sur le site Mesvaccins.net :

 

 

Vaccin chimère contre l'encéphalite japonaise

 

Il s'agit d'un vaccin vivant, produit par recombinaison ciblée de virus de la fièvre jaune atténué (virus 17D utilisé comme vaccin anti-amaril) et de virus de l'encéphalite japonaise également atténué (souche SA-14-14-2). Au cours des essais pré-homologation, le vaccin s'est montré immunogène, y compris lorsqu'il a été administré en même temps que le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR), et bien toléré, particulièrement chez l'adulte (les effets indésirables ont été moins fréquents qu'avec un vaccin plus ancien préparé sur cerveau de souriceau). Depuis, ce nouveau vaccin a été homologué en Australie, en Malaisie, aux Philippines et en Thaïlande, où il est disponible sous le nom d'Imojev®. Environ 49.000 doses ont à présent été utilisées, mais ce nombre est encore insuffisant pour permettre d'identifier les événements indésirables rares dont le vaccin pourrait être responsable. Il est également trop tôt pour savoir si un vaccin de ce type ne présentera pas un risque dans l'environnement, et le GACVS a exprimé son souhait d'être informé sur ce sujet. En effet, le virus artificiel qui a été créé pourrait évoluer de façon inattendue s'il trouvait à infecter des hôtes nombreux et variés, par exemple en se recombinant.

 

La probabilité d'un tel événement est considérée comme faible, puisque le virus provoque une virémie très brève chez l'homme et qu'il n'est pas capable d'infecter efficacement les moustiques. Son utilisation à grande échelle pourrait toutefois créer des opportunités, et la surveillance des événements indésirables post-vaccinaux est donc nécessaire. Ce risque de voir émerger des virus pathogènes à partir de vaccins se trouverait toutefois accru si d'autres vaccins à très large diffusion conçus sur le modèle de l'Imojev®, tel le candidat vaccin contre la dengue de Sanofi, venaient également à être utilisés (NDR).

 

 

NB: Ce candidat vaccin contre le dengue de Sanofi n'a évidemment pas été développé pour n'être administré qu'à quelques centaines de personnes. On remarquera donc le cynisme de ce Comité disant vouloir être informé des conséquences irresponsables qu'il prend en faveur des industriels mais certainement pas des gens. Il est important de rappeler que le virus de la fièvre jaune n'affecte PAS les pays asiatiques, il ne concerne donc pas cette partie du monde. Epidémiologiquement parlant et selon les climats et les zones, il faut remarquer que le virus de l'encéphalite japonaise n'affecte pas non plus par exemple de pays africains ou de pays d'Amérique du Sud or ici, on mélange des virus qui ne se rencontrent jamais dans la Nature, on crée donc de toutes pièces des combinaisons qui n'auraient jamais pu survenir naturellement. Dieu sait donc sur quelle nouvelle maladie future cela pourra déboucher. Manipuler de la sorte le vivant n'est pas sans conséquence. Le faire de façon aussi légère n'est plus de la Science, c'est du Scientisme. On remarquera enfin que le Comité estime que 49 000 sujets est un nombre trop faible pour pouvoir évaluer les effets secondaires plus rares (mais qui sont aussi souvent plus graves) OR dans les essais cliniques pré-commercialisation donc AVANT la mise sur le marché, les vaccins ne sont administrés en général que dans des groupes de quelques centaines ou quelques milliers de personnes mais jamais autant. Pourtant, cela n'empêche jamais les grands experts nationaux de recommander par principe ces vaccins fraîchement sortis en les déclarant sûrs sur base de ces essais cliniques inconsistants et tout à fait insuffisants. Nous sommes donc ici confrontés à un Xème mensonge, une Xème incohérence de l'idéologie vaccinaliste.

 

Petite sauvegarde par capture d'écran (au cas où):

 

Rapport-du-GACVS-de-decembre-2013.JPG

 

Source : www.initiativecitoyenne.be

 


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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 22:23

 

Source : www.lemonde.fr

 

Greenpeace s'attaque aux centrales nucléaires européennes

Le Monde.fr | 05.03.2014 à 13h20 • Mis à jour le 05.03.2014 à 17h51 | Par Rémi Barroux

 
Action de Greenpeace à la centrale de Beznau en Suisse, mercredi 5 mars.

Quelque 240 millitants de Greenpeace ont mené simultanément, mercredi 5 mars, des actions contre les centrales nucléaires du Bugey (Ain) et de Gravelines (Nord) en France ; de Thiange, en Belgique ; Beznau, en Suisse ; Garona, en Espagne ; Borssele, aux Pays-Bas ; et Oskarshamn, en Suède. L'ONG veut dénoncer la vétusté et la dangerosité, selon elle, d'un parc de 151 réacteurs en fonctionnement en Europe, dont « 66 ont plus de 30 ans et 7 ont été mis en service il y a plus de quarante ans ».

La centrale suisse de Beznau, visée par les écologistes, mise en service en 1969, est la plus vieille centrale nucléaire en fonctionnement dans le monde. La mise en service de celle de Santa-Maria-de-Garona, en Espagne, remonte à 1971. En France, la doyenne des centrales est Fessenheim, en Alsace, mais elle est promise à la fermeture avant la fin du quinquennat de François Hollande, rappelle Greenpeace. Les opposants au nucléaire ont préféré viser Bugey (1978) et Gravelines (1980).

« NOUVELLE ÈRE DE RISQUES NUCLÉAIRES »

Un rapport publié mercredi, et commandé par l'ONG présente les risques liés au vieillissement du parc mondial. « The end » : derrière ce mot d'ordre projeté sur la cheminée de refroidissement du réacteur espagnol, inscrit sur des banderoles déployées en Suisse ou en France ou sur de simples écriteaux de militants à l'intérieur des enceintes, l'organisation pointe le fait que de plus en plus de réacteurs atteignent la limite de leur durée d'exploitation prévue initialement. Pour les huit chercheurs indépendants qui ont participé à la rédaction du rapport, « l'Europe se trouve au seuil d'une nouvelle ère de risques nucléaires ».

« Toutes les centrales européennes n’ont pas encore réalisé les travaux de mise en conformité recommandés après l’accident de Three Mile Island, en 1979, puis de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. Jusqu’à présent, les stratégies de gestion de la durée de vie des centrales n’ont pas permis d’éviter la survenue de graves problèmes liés au vieillissement. Des exemples concrets ont démontré que le vieillissement et le départ en retraite du personnel, ainsi que l’érosion de la base de connaissances qui en résulte, peuvent avoir une incidence négative sur l’occurrence de défaillances, ainsi que sur l’intégration a posteriori des nouvelles exigences de sûreté.  »

40 ANS AU MAXIMUM
 

Action de Greenpeace à la centrale de Beznau en Suisse, mercredi 5 mars.

Greenpeace réclame que les réacteurs dont la durée d'exploitation a dépassé la durée de vie initiale soient immédiatement mis à l'arrêt. En fermant « symboliquement » la centrale française du Bugey, l'organisation demande à ce que le texte de la future loi sur la transition énergétique inscrive la limite de quarante ans comme durée de fonctionnement maximale pour l'ensemble des réacteurs.

Outre le prolongement du parc des réacteurs, une autre stratégies des exploitants de centrales est considérée comme dangereuse par Greenpeace : « L'augmentation de la puissance des réacteurs », notamment en Suisse et en Belgique.

Greenpeace s'inquiète aussi du « niveau de couverture prévu par les systèmes européens de responsabilité civile ». Il serait, en fonction des Etats, « entre 100 et 1 000 fois trop faible pour faire face aux risques encourus », affirme l'ONG. 

Rémi Barroux
Journaliste au Monde

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 


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