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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:46

 

Source : www.lemonde.fr

 

Bitcoin : un site ferme, le cours s'effondre

Le Monde.fr avec AFP | 25.02.2014 à 12h49 • Mis à jour le 25.02.2014 à 15h24

 
 

 

Mgtox est l'une des plus anciennes et importantes plate-formes d'échanges de bitcoin.

 

Le site Internet de la plateforme d'échanges de bitcoin MtGox de Tokyo affiche page blanche mardi 25 février. Les détenteurs de cette monnaie virtuelle ne pouvaient déjà plus les récupérer depuis la suspension le 7 février des transactions sur cette plateforme, l'une des plus anciennes et importantes.

Depuis mardi, le bitcoin n'est même plus coté chez MtGox, dont le contenu a purement et simplement disparu. Quelques heures avant ce nouveau développement, le bitcoin coté chez MtGox avait chuté autour de 135 dollars (environ 98 euros), sept fois moins qu'en janvier.

L'inquiétude monte au sein des utilisateurs de bitcoins depuis que MtGox a stoppé toute possibilité de retrait, il y a deux semaines, évoquant un « bug » informatique.

Lire notre décryptage Le bitcoin, monnaie trublion

 

750 000 BITCOINS ÉVAPORÉS ?

Les clients de la plateforme n'ont toujours pas pu avoir accès à leurs deniers virtuels depuis et, jeudi 20 février, la firme a expliqué avoir déménagé son siège au sein de la capitale japonaise en raison de « problèmes de sécurité ».

« Ce déménagement, combiné à d'autres soucis de sécurité et techniques, ont retardé nos progrès » dans la résolution du problème des transactions, avait souligné MtGox dans le communiqué publié ce jour-là, sa dernière déclaration en date.

Un document qui circulait largement sur la Toile, et attribué par l'agence Dow Jones à l'investisseur en bitcoin Ryan Selkis, affirmait pour sa part que MtGox avait été victime d'un piratage informatique qui lui aurait coûté près de 750 000 bitcoins ces dernières années. Bien que la volatilité de cette monnaie virtuelle rende difficile toute estimation, cette perte serait équivalente à 350 millions de dollars (environ 254 millions d'euros) sur la base des dernières cotations.

Lire aussi Le "bitcoin", une monnaie virtuelle qui s'arrache

 

 CHUTE DE 15 %

Lundi, l'association américaine qui défend la cause de cette monnaie virtuelle, la Bitcoin Foundation, avait annoncé que le patron de MtGox, Mark Karpeles, avait démissionné de son conseil d'administration.

Ces turbulences ont touché les autres plateformes du bitcoin, dont la valeur chutait de 15 % mardi vers 10 heures à 455 dollars chez Bitstamp, basé à Londres, qui évaluait dans la même temps la capitalisation mondiale de cette monnaie virtuelle à 5,9 milliards de dollars.

CIRCONSCRIRE L'INCENDIE

Six acteurs majeurs du bitcoin ont cherché à circonscrire l'incendie en se démarquant clairement de MtGox mardi, accusée « d'actions intolérables qui ne reflètent ni la solidité ni la valeur du bitcoin et de l'industrie de la monnaie numérique ».

Ces membres influents de la « communauté bitcoin », dont Bitstamp et d'autres plateformes comme la chinoise BTC China et l'américaine Coinbase, ont promis dans ce communiqué commun de « coordonner leurs efforts dans les jours à venir pour rassurer publiquement les clients et le public sur la sûreté des fonds ».

« A l'instar de toute activité nouvelle, il y a de mauvais éléments qui doivent être éliminés, comme nous le constatons aujourd'hui », ont-il fustigé, évoquant des manquements de MtGox aux critères de base de sécurité et de transparence.

Le bitcoin est basé sur un code informatique open-source programmé il y a cinq ans par un ou plusieurs individus dont l'identité n'est pas connue. Contrairement aux monnaies traditionnelles comme le dollar ou l'euro, le bitcoin n'est pas soutenu par une banque centrale ou un gouvernement.

Lire : Pourquoi les économistes devraient être intéressés par le bitcoin

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:33

 

Source : www.reporterre.net

 

Alternatiba grandit et se coordonne

Barnabé Binctin (Reporterre)

mardi 25 février 2014

 

 

 

Alternatiba a réuni samedi matin 22 février, à Nantes, sa première coordination nationale avec plus de trente villes représentées. Reporterre assistait à cette nouvelle étape de la constitution du mouvement social climatique.


- Nantes, reportage

« Créons 10, 100, 1000 village des alternatives ». Cinq mois à peine après la tenue du premier Alternatiba à Bayonne en octobre 2013, les objectifs de sa déclaration finale semblent plus que jamais d’actualité. Depuis, plusieurs collectifs ont repris l’initiative de lancer un Alternatiba sur leur territoire, comme à Paris ou à Nantes. Samedi matin, Nantes accueillait la première rencontre entre tous ces porteurs de projets.

La date avait été choisie en lien avec la manifestation de l’après-midi sur Notre Dame des Landes. L’occasion était belle de mobiliser de se mobiliser contre le projet d’aéroport en totale contradiction avec l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais la proposition doit accompagner le refus : « Des milliers d’alternatives aux causes du changement climatique sont en effet mises en pratique tous les jours par des millions d’individus, d’organisations, de collectivités locales dans les domaines les plus divers », voilà l’essence d’Alternatiba selon sa Charte signée par 98 organisations à l’automne dernier.

Pour Jean, qui tente de reproduire l’expérience à Genève, « Alternatiba, c’est la règle des 5 F : une Foire d’alternatives, un Forum de discussion, un Festival aux animations variées, une Fête joyeuse et optimiste et un Festin collectif ». Il y a aussi la conviction politique qu’Alternatiba permet de réaliser « une gouvernance mondiale par le bas, plus que jamais rendue nécessaire par les échecs répétés des grands sommets internationaux sur le climat ». Si le mouvement Alternatiba n’a pas encore cette dimension mondiale, les deux représentants d’Alternatiba-Léman – « le lac représente un carrefour de l’Europe » – ont donné de fait à cette réunion de coordination une couleur européenne.

Côté français, plus de trente villes étaient représentées. « On ne comptait que soixante inscrits, mais on va finir par être le double », sourit Xavier Petillon, l’un des organisateurs nantais de ce rendez-vous, tandis qu’il replie les murs modulables de la salle pour offrir plus d’espace et plus de chaises aux participants. « Nous sommes 91 pour l’instant », confirme Bart, membre de Bizi qui a organisé le premier Alternatiba à Bayonne.

Après la présentation des lieux où s’enclenchent des initiatives Alternatiba, Txetx, Jon Palais et Yannick Montaulieu, d’Alternatiba Bayonne, évoquent le kit méthodologique Comment et pourquoi organiser un Alternatiba dans sa ville, son canton, son territoire ?. Avec le film, qui sera présenté prochainement, ce sont des outils qui permettront à chacun d’organiser cette manifestation sur son territoire.

Quelqu’un demande : « Quels changements Alternatiba a-t-il impulsé à Bayonne ? » Txetx répond : « Cela a permis de créer une nouvelle AMAP, ainsi qu’un fonds citoyen dédié à l’énergie, type Energie Partagée. L’Eusko, la monnaie locale, a reçu plus de deux cents adhésions supplémentaires et nous avons diffusé notre guide pour les municipales en plus de mille exemplaires. Alternatiba, c’est une nouvelle génération de militants ».

Les échanges se concentrent sur l’organisation de la coordination. Communication extérieure et relations presses seraient dans ses prérogatives. On s’interroge sur les dangers d’internet comme « usine à gaz » : comment faire de cet outil un moyen de gestion efficace ? On adopte à main levé le principe de communication interne par listes sur lesquelles seront inscrits deux représentants de chaque Alternatiba locaux. Quid de l’utilisation de Google Drive pour partager les fichiers ? Des voix s’élèvent pour réclamer l’utilisation de logiciels libres, alternatifs au système Google.

On crée un groupe de travail, on valide la participation aux Universités d’été du CRID et d’ATTAC et on vote pour l’adhésion d’Alternatiba au Collectif de la transition citoyenne.

On discute aussi du tour de France en tandem, qui doit partir de Bayonne le 5 juin 2015 pour rejoindre Paris le 12 septembre en faisant étape dans chaque ville où se prépare un village Alternatiba. Trois mois de vélo sur les routes qui serviront à donner au mouvement général un bel élan médiatique tout en offrant à chaque Alternatiba local un coup de projecteur.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:26

 

Source : www.reporterre.net

 

Ecologie

Transparent, Internet ? Les statistiques sur la pollution industrielle sont devenues très opaques

Marie-Paule Nougaret (Reporterre)

mardi 25 février 2014

 

 

 

 

Naguère, le ministère de l’Environnement publiait des annuaires de la pollution industrielle, qui permettaient d’évaluer d’un coup d’oeil le hit-parade des pollueurs et leur identité. Aujourd’hui, tout est sur internet - mais c’est beaucoup moins clair et les plus gros pollueurs sont noyés dans le flou. Enquête.

 


 

Le ministère de l’Ecologie, qui s’appelait jadis ministère de l’Environnement, publie sur internet les statistiques officielles de pollutions industrielles. Il s’agit des pollutions dépassant les limites fixées par des autorisations de rejet dans l’air ou dans l’eau, parfois les deux.

La publication de ces données est prévue par un accord international, le Protocole de Kiev, conclu en 2003, et qui prévoit que chaque Etat signataire doit tenir un Registre des Rejets et Transferts de Polluants (sigle anglais PRTR) consultable électroniquement. C’est consultable, mais peu clair, comme on va le voir, et beaucoup moins que les brochures du ministère d’autrefois.

Léger retour en arrière : en 1976, l’Assemblée Nationale vote, à l’unanimité, la loi de protection de la nature. A l’unanimité, oui, on a peine à le croire, mais l’esprit de liberté de 1968 soufflait encore dans le cœur des députés. Le Concombre masqué, personnage de Mandryka, pouvait utiliser le nom d’un groupe industriel comme juron, tout le monde trouvait ça délicieux, nul ne songeait à lui chercher procès.

 


- Les aventures potagères du concombre masqué 1974 -

 

En 1978, nouvelle avancée : la loi sur l’accès des citoyens aux documents administratifs. Le ministère de l’Environnement, né en 1974, fournira désormais les statistiques de pollution à qui les demandera. Année après année, la présentation s’améliore, devient une Cartographie de la Pollution Industrielle, brochure sur papier recyclé. On y situe sur une carte les gros pollueurs d’un seul coup d’œil ; et leur nom figure en regard. Voici par exemple les rejets dans l’air de dioxyde de soufre, alias SO2, pour 1990 :

 

 

On voit que les plus grosses saletés sortaient des cheminées de Gardanne, près de Marseille, qui crachaient joyeusement 52 924 t de SO2 par an, issues de la combustion d’un charbon local, le lignite, très soufré. La même centrale de Gardanne que l’on veut aujourd’hui reconvertir en centrale à bois, quitte à tondre les Cévennes, la Provence et un morceau du Canada.

Le dioxyde de soufre, en présence d’eau dans l’air, donne des pluies acides. Ces retombées attaquent le nez des bébés, les bronches des enfants, les poumons des parents. Sans parler de la peau, des cheveux, du squelette, du fer, des pierres, des feuillages et des écorces, déminéralisés.

Les cartes des autres pages montraient les déversements autorisés dans l’eau d’aluminium, arsenic, azote, cadmium, chlorures, chrome, cuivre, cyanure, demande en oxygène, étain, fer, fluor, hydrocarbures, manganèse, mercure, matières en suspension, nickel, phosphates, plomb, sulfates, titane et zinc ; ainsi que les émissions dans l’air de cadmium, composés organiques volatils, chlore, fluor, mercure, oxydes d’azote, monochlorure de vinyle, phénols, poussières, thallium et zinc.

C’était du beau travail. Ca ne pouvait pas durer. En 1993, les cartes publiées ne montraient plus le hit parade des pollueurs, mais la pollution par département. On sait ce qui nous tombe dessus, mais il n’y a pas de fautif à incriminer. Leurs noms se trouvaient trois pages plus haut, il fallait chercher.

 

 

On y découvrait que Gardanne avait reculé de la 1ère à la 3ème place, pour la pollution soufrée, derrière la centrale EDF Cordemais en Normandie et la raffinerie Total de Gonfreville, près du Havre.

 


- La vie quotidienne du concombre masqué, 1981 -

 

En 2001, pour le tournant écologiste du millénaire, on atteint un nouveau sommet : brochure de luxe, format in octavo, couverture glacée, couleurs. Gardanne s’appelle désormais SETCM. Divers pollueurs se sont trouvé un nouveau nom. Après sa digestion par Aventis, Rhône Poulenc n’évoque plus grand chose chez les nouvelles générations.

 

*Suitr de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 17:08

CADTM

 

Source : cadtm.org

 

Les banques spéculent sur les devises, manipulent le marché des changes et la taxe Tobin est dans les limbes

25 février par Eric Toussaint

 


 


Agents de change américains au NYSE en 1963.

 

 

 

Les banques sont les principaux acteurs sur le marché des devises. Elles entretiennent une instabilité permanente des taux de change. Plus de 95 % des échanges de devises sont de type spéculatif. Une infime partie des transactions quotidiennes en devises concerne des investissements, du commerce de biens et de services liés à l’économie réelle, des envois de migrants,… Le volume quotidien des transactions sur le marché des devises tournait en 2013 autour de 5 300 milliards de dollars !

Les banques qui disposent, comme les fonds de placement mutuel, de très importantes liquidités en usent et en abusent en poussant des monnaies à la baisse ou à la hausse afin d’obtenir des gains sur les différentiels de taux de change. Les banques jouent également de manière déterminante sur des dérivés de change qui peuvent provoquer des pertes considérables, sans compter les méfaits de l’instabilité des monnaies pour l’ensemble de la société. A partir de mai 2013, les monnaies de grands pays dits émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud, Russie, Turquie, Argentine…) ont été soumises à des attaques spéculatives et ont perdu dans certains cas jusqu’à 20% de leur valeur |1|. Le taux de change entre le dollar et l’euro est aussi l’objet de la spéculation.

En quarante ans, les transactions sur le marché des changes contrôlé par quelques grandes banques ont été multipliées par 500

Le marché des changes constitue le compartiment du marché financier global qui, aux côtés du marché des dérivés, a enregistré la plus forte croissance. Entre 1970 et 2013, le volume des transactions sur les monnaies a été multiplié par plus de 500 (passant d’un peu plus de 10 milliards à 5 300 milliards de dollars par jour). Alors qu’en théorie, la fonction principale des marchés des changes est de faciliter les échanges commerciaux internationaux, en 2013, le montant des transactions liées aux échanges de marchandises ne représentait même pas 2 % du montant des transactions quotidiennes sur le marché des changes.

En 1979, il fallait l’équivalent de 200 journées d’activité sur les marchés de change pour atteindre le volume annuel des exportations mondiales. En 2013, 3,5 journées d’activité sur les marchés de change suffisaient à atteindre le volume annuel des exportations mondiales de marchandises. Cela indique à quel point les activités des marchés financiers sont déconnectées de l’économie productive et du commerce des marchandises.

En 2013, quatre banques à elles seules contrôlaient 50 % du marché des changes (Deutsche Bank, 15,2 % ; Citigroup, 14,9 % ; Barclays, 10,2 % ; UBS, 10,1 %). Si on ajoute la part de six autres banques (HSBC, JPMorgan, Royal Bank of Scotland, Crédit Suisse, Morgan Stanley, Bank of America), on atteint 80 % du marché |2|. La moitié des échanges a lieu sur le seul marché de Londres.

Après le scandale du Libor, celui du marché des changes

Alors que le scandale de la manipulation du Libor (il s’agit des taux d’intérêt auxquels les banques se prêtent de l’argent) était à peine considéré comme résolu par les autorités de contrôle, un nouveau scandale a éclaté en 2013 à propos de la manipulation du marché des changes |3|. Les autorités de contrôle des marchés financiers des Etats-Unis, du R-U, de l’UE, de Hong Kong et de Suisse suspectent au moins quinze grandes banques d’avoir ensemble manipulé les taux de change, y compris le marché de change euro-dollar qui, à lui seul, représente un volume quotidien de 1 300 milliards de dollars. Parmi les banques incriminées : Barclays, Citigroup, Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC, JPMorgan, Morgan Stanley, Royal bank of Scotland, Standard Chartered et UBS. Dix-huit traders auraient été suspendus ou licenciés dans le cadre de cette affaire dont on n’entrevoit pas encore toutes les ramifications. Des responsables des autorités britanniques de contrôle ont déclaré que l’ampleur des dommages causés par les manipulations est au moins égale à ceux qu’a impliqués la manipulation du Libor et qui a abouti au paiement d’amendes pour un montant de 6 milliards de dollars |4|. Le comble, c’est que des dirigeants de la banque d’Angleterre seraient impliqués dans la manipulation comme dans l’affaire du Libor. En avril 2012, des traders spécialisés dans le marché des changes auraient informé de leurs pratiques certains hauts responsables de l’honorable banque d’Angleterre qui auraient laissé faire |5|. Le laisser-faire, la complicité, voire la collusion entre dirigeants des banques et autorités de contrôle ont commencé à sortir au grand jour même si les informations arrivent au compte-gouttes et font très rarement la une des grands médias.

Dans cette affaire, plusieurs fonds de pension des Etats-Unis ont entamé des poursuites judiciaires en 2013-2014 contre 7 banques (Barclays, Citigroup, Deutsche Bank, HSBC, JPMorgan, Royal Bank of Scotland et UBS) pour les pertes qu’ils ont subies suite à la manipulation du marché des changes à laquelle se sont livrés les banquiers. Les fonds de pension états-uniens considèrent que les banques devraient leur verser 10 milliards de dollars de dommages et intérêts. Des fonds de pensions des Pays-Bas (dont PGGM, le plus grand) et d’autres pays européens envisagent également des actions en justice |6|.

La taxe Tobin est dans les limbes

Voici plus de quarante ans, James Tobin, ancien conseiller économique de John F. Kennedy, proposait de mettre un grain de sable dans les rouages de la spéculation internationale sur les devises |7|. Malgré tous les beaux discours de certains chefs d’Etat, le fléau de la spéculation sur les monnaies s’est encore aggravé. Le lobby des banquiers et autres zinzins a obtenu qu’aucune entrave ne vienne perturber leur activité destinée à créer du profit. Pourtant, depuis l’époque où James Tobin a fait sa proposition, nous avons vu que le volume des transactions quotidiennes sur le marché des devises a été multiplié par plus de 500...

La décision de principe prise en janvier 2013 |8| par onze gouvernements de la zone euro |9| d’imposer une taxe d’un millième sur les transactions financières est totalement insuffisante, elle ne porte pas sur les devises et il n’est même pas sûr qu’elle entrera rapidement en vigueur. Les banques exercent une forte pression pour l’éviter et pour en limiter encore plus fortement la portée |10|. Le gouvernement français très intimement lié aux banques intervient activement en faveur des demandes du lobby bancaire |11|. Le sommet ministériel franco-allemand du 19 février 2014, comme c’était prévisible, n’a pas abouti à une position claire |12|. Outre que les opérations sur les monnaies ne sont pas concernées, celles sur les dérivés font toujours l’objet d’une négociation pour savoir quelle partie d’entre elles sera concernée. Il n’y a pas de solution juste si on reste dans un contexte aussi biaisé.

Voilà pourquoi il est plus que temps d’enrayer l’engrenage de la spéculation en appliquant une véritable taxe de type Tobin (portant sur le marché des changes et sur toutes les transactions financières au-dessus d’un certain montant), premier pas vers l’interdiction complète de la spéculation sur les monnaies, les matières premières et les aliments |13| de même que la prohibition du trading à haute fréquence, des produits financiers structurés, des credit default swaps, des opérations sur dérivés et des transactions avec les paradis fiscaux.

Notes

|1| Ces attaques spéculatives sont liées aux retraits massifs de capitaux opérés par les investisseurs institutionnels (banques, fonds de placement mutuels, fonds de pensions privés, hedge funds…).

|2| Voir Georges Ugeux, « Après le Libor, le marché des changes risque-t-il d’imploser ? », Le Monde, 1er décembre 2013. http://finance.blog.lemonde.fr/2013... et Financial Times, « Foreign exhange : The big fix », 13 novembre 2013.

|3| Financial Times, « Forex probe widened at least 15 large banks », 13 novembre 2013.

|4| Financial Times, « Scale of forex fix probe to rival libor », 5 février 2014.

|5| Financial Times, « Bank of England faces forex probe scrutiny » 8-9 février 2014 et « BoE calls in lawyers over forex fix claims », 12 février 2014.

|6| Financial Times, “Banks face forex legal battle. US pension funds seek large damages in class action proceedings”, 10 février 2014. Financial Times, “Banks face fresh forex claims”, 13 février 2014.

|7| http://fr.wikipedia.org/wiki/Taxe_Tobin

|8| Cf http://ec.europa.eu/taxation_custom...

|9| Les 11 pays concernés sont l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, l’Estonie, la France, la Grèce, l’Italie, le Portugal, la Slovaquie et la Slovenie.

|10| Financial Times, « Eurozone states look to limit financial tax », 12 décembre 2013.

|11| Voir Collectif de signataires, « Lettre ouverte européenne à François Hollande : ne cédez pas au lobby des banques ! », publié le 12 février 2014, https://france.attac.org/actus-et-m...

|12| Attac France, "TTF : la France capitule face aux banques ?", 18 février 2014, http://france.attac.org/actus-et-me...
ainsi que "Taxe sur les transactions financières : une faute politique majeure du gouvernement français", 19 février 2014, http://france.attac.org/actus-et-me...

|13| Eric Toussaint, « Les banques spéculent sur les matières premières et les aliments », 10 février 2014, http://cadtm.org/Les-banques-specul...

Eric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet du livre AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège, http://www.cadtm.org/Le-CADTM-recoi....

Prochain livre à paraître en avril 2014 : Bancocratie chez ADEN, Bruxelles, http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr...

Cette étude prolonge la série « Banques contre Peuples : les dessous d’un match truqué ! » parue en 2012-2013 sur www.cadtm.org ainsi que sous une autre version, la série Et si on arrêtait de banquer ?, http://cadtm.org/Et-si-on-arretait-...

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 16:42

 

Source :  consocollaborative.com

 

Marre de voir ces quelques pièces et billets étrangers qui trainent depuis des années dans votre salon ? Weeleo est la solution simple et collaborative pour échanger vos devises sans que cela vous coûte un bras.

Peux-tu nous expliquer le principe et le fonctionnement de Weeleo ?

 

Weeleo est la toute première solution qui permet de mettre en relation des particuliers dans le but d’échanger des devises de main à main, au taux du jour et gratuitement. Weeleo est aussi une plateforme communautaire pour se passer des bons plans entre voyageurs. Aujourd’hui, nous voyageons régulièrement dans des pays étrangers et nous échangeons nos devises dans des bureaux de change. Nous perdons ainsi 5, 10, 15, 25 % de frais pour un service basique. De plus, nous retournons très souvent avec des devises étrangères chez nous, car ces bureaux de change ne reprennent généralement pas notre petite monnaie. C’est pour répondre à ce problème qu’est né Weeleo.

Pour le fonctionnement rien de mieux que de visionner notre video ! :)

 

 

A nos lecteurs qui voyagent souvent, pour leur travail, leurs projets ou leurs loisirs, qu’est-ce que va leur apporter Weeleo ?

 

Une économie non négligeable, de l’ordre de 5 % à 25 % de la somme échangée, et peut-être une belle rencontre ! En effet échanger avec une personne de la communauté Weeleo est une bonne occasion de recevoir de bons conseils sur votre destination.

Un peu de storytelling, comment t’es venue cette idée ?

 

Lors d’un stage en Corée du Sud. Raphael Dardek (co-fondateur de Weeleo) avait presque 800 € à échanger en monnaie locale et il s’est aperçu qu’il perdait 130 € de frais. Pour un étudiant cela fait beaucoup. Lorsqu’il est revenu en France, il a vu qu’il y avait des blogs ou des annonces de personnes qui souhaitaient échanger leurs devises. Il m’en a parlé et nous avons décidé de plancher sur une application et un site web qui permettent de répondre à cette demande sans perdre d’argent.

Quelles sont les prochaines étapes pour Weeleo ?

 

Nous souhaitons être le couteau Suisse du voyageur, lui faire économiser lors du change de sa monnaie, lui faire rencontrer d’autres voyageurs et pourquoi pas continuer de trouver des bon plans pour l’accompagner tout au long de son voyage.

A propos de Nicolas Tregan

 

Étudiant en dernière année de master communication, passionné par l'économie collaborative et l'entrepreneuriat sous toutes ses formes. Je réalise mon mémoire de fin d'études sur la communication des startups de l'économie collaborative.

 

Source :  consocollaborative.com

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 16:18

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Justice

La biodiversité en procès : l’affaire du viticulteur bio relance la mobilisation contre les pesticides

par Sophie Chapelle 25 février 2014

 

 

 

 

Emmanuel Giboulot, viticulteur en biodynamie en Bourgogne, comparaissait le 24 février au tribunal correctionnel de Dijon. Poursuivi pour avoir refusé de polluer, en n’appliquant pas un insecticide sur ses vignes, Emmanuel Giboulot défend une autre approche de la viticulture sans recours systématique aux produits chimiques. Son combat a trouvé un écho incroyable auprès des citoyens, simples consommateurs, viticulteurs ou victimes des pesticides. Pour la profession viticole, ce procès pourrait marquer un tournant. Basta ! était à Dijon. Reportage.

Le téléphone n’arrête pas de sonner. Des demandes d’interviews entrecoupées de témoignages de soutiens. « Je ne suis pas habitué à ça », lâche en souriant Emmanuel Giboulot, à quelques heures de son procès au tribunal correctionnel de Dijon. Sans l’avoir recherché, ce viticulteur en biodynamie se retrouve propulsé lanceur d’alerte. Pour avoir refusé de se plier à un arrêté préfectoral l’obligeant à épandre un insecticide pour lutter contre une maladie de la vigne, la flavescence dorée, il encourt jusqu’à 30 000 euros d’amende et 6 mois de prison (lire notre précédent article qui a révélé l’affaire). Son histoire a fait le tour de la toile. L’une des pétitions lancée pour le soutenir a recueilli plus de 500 000 signatures ! « C’est bien au-delà de ce que l’on avait imaginé. Cela montre que c’est un sujet qui fait vraiment écho dans la société. A chaque fois que l’on peut éviter de mettre un produit de synthèse, on est tous gagnants. »

Alternative aux insecticides

Soulagé de se voir soutenu, Emmanuel Giboulot espère que cet événement va marquer un tournant dans la manière de lutter contre la flavescence dorée, cette bactérie capable de détruire un vignoble entier. « Dans chaque commune, on a demandé aux viticulteurs de se positionner pour ou contre le traitement. Mais jusqu’ici, le débat ne reposait que sur la peur face aux conséquences de cette maladie. » Résultat : le traitement préventif aux insecticides est quasi systématique. « Ce dont on a besoin, c’est de développer des approches alternatives et de se donner la possibilité de les mener. »

Il participe à une étude de l’Institut français de la vigne et du vin qui montre l’influence environnementale du paysage sur les équilibres dans la vigne. « On s’est rendus compte par exemple que c’est une chance d’avoir encore des arbres, ça influe sur le développement des parasites ». Et évite ainsi le recours à un traitement de synthèse. De la même manière, les fleurs contribueraient à un équilibre global en maintenant certains prédateurs dans les vignes. « Grâce à cela, il y a eu une dérogation pour ne pas appliquer de traitement sur les parcelles d’essais en Côtes d’Or en 2013 », note t-il. Un première avancée.

Viticulteurs ou consommateurs, une large mobilisation citoyenne

Alors que l’heure de l’audience approche, près d’un millier de personnes se sont retrouvées sur la place qui jouxte le tribunal correctionnel de Dijon. Une vingtaine d’organisations associatives, syndicales et politiques ont appelé à un pique-nique de soutien (voir l’appel). Certains n’ont pas hésité à faire plusieurs centaines de kilomètres, comme Michel venu de Melun. « Chez nous, y a plus d’abeilles à cause des pesticides. L’État veut quand même condamner un gars qui refuse d’en mettre ! Nous n’avons pas hésité à prendre un jour de congés pour être là et le soutenir. ». « Le traitement systématique fragilise la biodiversité et discrédite notre métier », renchérit Ferjeux Courgey qui milite à la Confédération paysanne. Cet éleveur du Doubs fait le parallèle entre cette affaire et l’opposition à une campagne de vaccination obligatoire sur le bétail (contre la FCO, fièvre catarrhale ovine) décidée fin 2008. La relaxe de treize éleveurs par la cour d’appel de Riom en juin 2011 est « la preuve que nous avions eu raison de privilégier autrement la santé de nos animaux ».

 

 

Dans la foule, beaucoup de viticulteurs comme Marc Guillemot, en biodynamie depuis 25 ans. « Le traitement chimique n’est pas la solution, il faut vivre avec cette maladie, témoigne t-il. Il y a des régions où il est possible de négocier avec les services de l’État ». Ce que confirme un couple de vignerons venus de Savoie : « En 2012, nous avons refusé de traiter. La Draaf (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) a cherché des prestataires de services pour le faire mais n’en a pas trouvé ! Nous avons accepté de faire des essais avec le Pyrevert (seul insecticide préconisé en viticulture bio mais très décrié pour sa toxicité pour les insectes, ndlr) sur une toute petite partie de nos parcelles. Il faut quand même savoir que beaucoup de viticulteurs achètent le produit pour avoir les factures en cas de contrôle, et ne traitent pas. »

Ouvriers agricoles et riverains victimes des pesticides

Sourire aux lèvres, Marcellin Babey est manifestement heureux de voir autant de monde. Il est l’un des premiers à avoir alerté les milieux écologistes, suite à la convocation d’Emmanuel Giboulot devant le substitut du Procureur à l’automne 2013. Originaire de Saône-et-Loire, Marcellin fait partie des riverains qui subissent les traitements épandus sur les vignobles. « Il y a des moments dans l’année où l’on ne peut plus respirer. Des gens ont dû déménager. Cette année, grâce à cette mobilisation, on va prendre quatre fois moins d’insecticides sur la tête ! » Pour lui, ce procès change incontestablement la donne. « Le scénario dantesque de 2013 (qui imposait le traitement en Saône-et-Loire au moyen de trois applications d’insecticides, ndlr) est désormais impossible à dupliquer. »

Pascal et Isabelle viennent également de Saône-et-Loire. Lui, ouvrier viticole, a dû cesser de travailler il y a deux ans. « J’ai eu des symptômes. Ça a commencé en 2008 par les jambes, les avant-bras, la figure, et ensuite tout le corps... et cette poitrine qui gonfle, des sensations de brûlures tout le temps », souffle t-il. « Un empoisonnement progressif », poursuit sa femme qui raconte avoir consulté de nombreux médecins sans qu’aucun ne veuille reconnaître la maladie professionnelle. « Il travaillait sans protection, il faisait confiance à son employeur, et aujourd’hui tout le monde se renvoie la balle ». Empêtrés dans des procédures judiciaires depuis juin 2011, ils tenaient à être présents au nom de l’association Phytovictimes. « Vous n’imaginez pas à quel point on peut être isolés dans ce genre de situation. L’arrêt de travail, le moral, c’est toute une vie qui éclate. Venir ici, c’est aussi une façon de se sentir soutenus, c’est important pour l’avenir ».

Un arrêté préfectoral inutile ?

Des applaudissements accompagnent l’entrée d’Emmanuel Giboulot dans le tribunal où la salle d’audience prévue ne compte qu’une quarantaine de places. Juste derrière lui, Sandrine Bélier, eurodéputée EELV pour qui « la liberté de choix, en l’absence de menace sanitaire avérée, devrait être de mise ». Appelé à la barre, Emmanuel Giboulot assume ne pas avoir fait de traitement et expose calmement les raisons de son choix. « Quand l’arrêté a été prononcé, aucun pied contaminé par la flavescence dorée n’était identifié en Côtes d’Or. Ça me paraissait incohérent de traiter des vecteurs alors qu’il n’y en avait peut-être pas. » « Mais s’il y avait eu des cas de contamination pas loin de vos vignes, votre décision aurait-elle été la même ? », questionne la présidente du tribunal. « Non, bien sûr que non, répond-il. J’ai conscience qu’il s’agit d’une maladie dangereuse. »


 

Maître Benoist Busson, son avocat, invoque l’illégalité de l’arrêté qui fonde les poursuites. « L’urgence à traiter n’est pas motivée dans l’arrêté du 7 juin 2013 » plaide t-il. « C’est à partir de novembre 2012 que nous avons constaté une contamination massive. On a dû arracher une douzaine d’hectares de vignes en Saône-et-Loire, lui répond Olivier Lapôtre, de la Draaf. On s’est aperçus que la maladie s’était propagée au sud du département et nous craignions que des communes voisines plus au nord soient contaminées ». L’avocat observe que l’arrêté n’a été pris que six mois plus tard, sans qu’aucun élément nouveau n’apparaisse. « Il y a un décalage minimal de 15 mois entre la contamination des ceps et l’apparition de la maladie », justifie Olivier Lapôtre.

Délibéré le 7 avril

« L’analyse de risque s’est révélée juste », se défend le représentant de l’administration. Qui souligne que des échantillons ont été prélevés sur les ceps par la Draaf à l’automne 2013. « En Côtes d’Or, sur trois échantillons de plusieurs ceps, au moins un était atteint », affirme t-il. La preuve pour la Draaf que l’arrêté préfectoral était nécessaire. Un avis que ne partage pas l’avocat. « Il faut se demander ce que l’on entend par principe de précaution. Si l’on suit ce raisonnement, allons-y, anticipons, continuons, pourquoi s’arrêter en Côtes d’Or ? Ce que l’on condamne c’est cet usage intempestif du "traitons d’abord, nous discuterons après". Faut-il condamner quelqu’un qui ne veut pas traiter à l’aveugle, qui demande à réfléchir aux traitements et aux modes culturaux ? »

Le procureur requiert 1 000 euros d’amende dont la moitié avec sursis. La décision est mise en délibéré au 7 avril. «  Les réquisitions du parquet sont plus modestes que ce nous pouvions craindre », réagit Emmanuel Giboulot dès sa sortie de la salle d’audience. « Nos arguments ont donc été entendus. Avec mon avocat, nous continuons cependant à espérer la relaxe, ne serait-ce que pour le côté symbolique. » A la sortie du tribunal, Emmanuel Giboulot remercie une nouvelle fois les présents. « J’espère voir la profession dialoguer et ne pas se déchirer. »

Pépiniéristes peu scrupuleux

Il a d’ailleurs rejoint le Collectif sur la flavescence dorée, créé en décembre 2013 en Bourgogne. L’idée est de rassembler les viticulteurs de tous bords pour que leur voix pèse dans la prise de décision du plan de lutte 2014. « Le clivage n’est pas entre les bio et les conventionnels, précise t-il. Certains viticulteurs bio ont accepté de traiter, alors que des conventionnels ne l’ont pas fait. Il faut être dans la construction avec l’ensemble de la profession ». Le collectif propose notamment que la prospection, c’est à dire la visite des parcelles et le marquage des pieds contaminée, soit rendue obligatoire.

« La maladie peut être transmise par des plants affectés émanant de pépiniéristes pas suffisamment scrupuleux », observe le viticulteur. Raison pour laquelle le collectif demande un renforcement du contrôle, avec la création notamment d’une carte d’identité des plants et l’obligation du traitement à l’eau chaude en pépinière. « Il ne faut se couper d’aucun moyen pour aborder la maladie différemment et savoir remettre en cause le regard porté sur une situation d’urgence », résume le viticulteur. Le téléphone sonne encore, cette fois c’est sa famille. A peine le temps de souffler. Les vignes l’appellent.

Sophie Chapelle
(@Sophie_Chapelle sur twitter)

Photos : CC Rémi Bridot (Une), Sophie Chapelle

 

 

 


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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 16:04

 

Source : www.mediapart.fr

 

Les manifestations au Venezuela, premier test pour Maduro

|  Par Thomas Cantaloube

 

 

 

Nicolas Maduro est confronté depuis 15 jours à de vastes manifestations dénonçant les difficultés économiques croissantes du pays et la criminalité persistante. Une mobilisation qui a conduit le gouvernement à réagir très violemment, soulignant la faiblesse de Maduro, qui ne possède ni le charisme ni le talent politique de son prédécesseur Hugo Chavez.

Après plus de deux semaines de manifestations et une douzaine de morts dans les rangs des contestataires, les protestations se sont poursuivies en ce début de semaine au Venezuela. Si plusieurs médias sud et nord-américains y ont vu des similarités avec ce qui se déroule en Ukraine, voire en Thaïlande, la comparaison semble plutôt hasardeuse. Tout d’abord parce que le Venezuela est familier des grands (et parfois violents) mouvements populaires. Ensuite parce que le pouvoir du président Nicolas Maduro, le successeur et héritier désigné d’Hugo Chavez, semble solidement assis grâce à un mélange de soutien populaire et de main de fer autoritaire. Mais il n’empêche : selon la plupart des analystes qui observent ce qui se passe ces jours-ci à Caracas et dans les régions de l’ouest, ces manifestations sont bien le symptôme des difficultés de Maduro à s’imposer dix mois après son élection, et de la crise que traverse le « chavisme » en raison de ses choix économiques.

Les manifestations ont démarré début février dans la ville de San Cristobal, à l’ouest du pays, un des bastions de l’opposition, suite à la tentative de viol d’une étudiante. Ses camarades sont descendus dans la rue afin de faire part de leur ras-le-bol du climat d’insécurité qui règne dans leur ville et dans l’ensemble du pays. Le Venezuela a beau avoir cessé de publier ses statistiques criminelles depuis dix ans, plusieurs ONG qui compilent les crimes estiment que le pays pointe en troisième position mondiale en matière de criminalité, juste derrière le Honduras et le Salvador, avec 79 meurtres par 100 000 habitants (les États-Unis, en comparaison, affichent 4,7 homicides par 100 000 habitants, et la France 1,4).

La réaction des autorités a été d’arrêter les étudiants et, selon les plaintes de plusieurs d’entre eux, de les violenter en détention. Au lieu de calmer les protestataires, cela n’a fait que les enflammer et les manifestations ont fait boule de neige dans d’autres villes du pays, jusqu’à parvenir à la capitale. Très vite, la lamentation sur les problèmes d’insécurité a cédé la place aux revendications économiques, principalement l’inflation et les pénuries de biens essentiels. Aujourd’hui, malgré les mesures drastiques de contrôle des prix et les admonestations du gouvernement à l’encontre des entreprises et des commerçants, le taux d’inflation est l’un des plus élevés au monde : 56 % l’an dernier. Quant aux carences en biens alimentaires essentiels comme la farine, l’huile, le café ou le riz, qui durent depuis plus d’un an, elles résultent de plusieurs facteurs : contrôle des prix, contrôle des changes et dépendance extrême des importations. Dans un pays qui est un des plus gros exportateurs de pétrole et qui possède les plus grosses réserves d’hydrocarbures de la planète, cela paraît incompréhensible à de nombreux Vénézuéliens.

 

Un manifestant défile devant la police anti-émeutes à Caracas, le 12 février 2014 
Un manifestant défile devant la police anti-émeutes à Caracas, le 12 février 2014 © Jorge Silva/Reuters

Le gouvernement, quand il n’accuse pas la CIA d’être à l’origine de ces pénuries, reconnaît qu’elles existent (de même que l’inflation), mais il souligne, à juste titre, que ces maux sont compensés par les bénéfices étatiques offerts à plusieurs millions de citoyens des classes populaires, notamment grâce à des prix réduits pour l’achat de denrées alimentaires. Cela explique aussi pourquoi les manifestants actuels sont principalement issus des classes moyennes et aisées, qui acceptent mal les restrictions et les prix galopants.

Un économiste de l’Université de Caracas, qui se réclame d’un soutien « raisonné » au chavisme mais préfère ne pas être cité dans la presse étrangère, avance les explications suivantes : « La faiblesse de l’économie vénézuélienne est le résultat du modèle pétro-étatique qui a été poussé à outrance. L’augmentation considérable des prix du pétrole dans les années 2000 nous a permis de créer un système de subventions sociales qui a sorti des millions de personnes de la misère. Mais dans le même temps, le gouvernement a également tenu à contrôler les prix, les importations, et la distribution de devises, ce qui aboutit à des pénuries et à des marchés noirs parallèles. Aujourd’hui, bien que le prix du pétrole reste élevé, le gouvernement a de moins en moins d’argent. »

Là encore, le gouvernement ne publie pas de statistiques fiables mais le déficit budgétaire en 2012 et 2013 se serait élevé à respectivement 12 % et 17 % du PIB. La Chine, qui finance ce déficit, aurait récemment demandé que ses prêts soient gérés directement par Pékin, afin de mieux contrôler leur allocation. Dans un rare accès de franchise, ou alors de dissension polie dans les rangs des « chavistas », le vice-président en charge de l’économie, Rafael Ramirez, a déclaré il y a quelques mois dans un entretien télévisé : « Nous savons combien de dollars nous avons (tirés des ressources pétrolières, ndlr), mais le problème est que nous n’avons aucune planification pour les utiliser. Environ 30 % des fonds dépensés par le gouvernement sont détournés de leur objectif premier. » Gabegie, inefficacité, corruption, il ne s’est pas étendu, mais son message était clair. « Le paradoxe du chavisme », poursuit l’économiste de l’Université de Caracas, « est qu’il prêche le socialisme en même temps qu’il encourage le consumérisme. Cette approche n’est tenable que tant que l’argent du pétrole coule à flot et qu’il est utilisé efficacement. » 

La répression violente découlerait d’un gouvernement moins assuré de sa position

Après le succès et la spontanéité des premières manifestations début février, l’opposition s’est réveillée et a commencé à appeler à la démission de Nicolas Maduro. Mais, comme souvent au Venezuela, c’est l’opposition la plus radicale qui a été la plus véhémente, alors même que l’opposant de Chavez puis de Maduro à la présidentielle, Henrique Carpiles, s’est d’abord montré assez réservé avant de finalement prendre le train en marche. Le souvenir de la tentative de coup d’État de 2002 (Chavez fut « démis » pendant 36 heures), puis des manifestations de 2007, a conduit le gouvernement à réagir très violemment, ce qui a surtout eu pour effet de souligner la faiblesse de Maduro, qui ne possède ni le charisme ni le talent politique de son mentor et prédécesseur. L’accusation de « fascisme » a été brandie en permanence et à toutes les sauces contre les manifestants, les éternels boucs émissaires ont été vilipendés (les États-Unis, les médias étrangers, les « contre-révolutionnaires »), mais des groupes paramilitaires à moto, les « colectivos » ont été toutefois envoyés à proximité des rassemblements pour ouvrir le feu, avec des tactiques ressemblant à celles des « bassidji » iraniens. Des contre-manifestations de soutien au gouvernement ont été organisées et, si elles ont été massives, elles ont paru manqué d’enthousiasme.

Car même si Maduro essaie d’imiter Chavez, voire de faire dans la surenchère (dans la rhétorique et la poigne de fer), il ne possède pas sa capacité de conviction ni d’entraînement. Pour Yon Goicoechea, un des leaders étudiants de 2007, la grande différence avec ce qui s’est passé il y a sept ans est que « Chavez est mort. Les manifestants se battent donc contre un gouvernement plus faible, ce qui augmente leur potentiel de réussite ». La répression violente découlerait donc d’un gouvernement moins assuré de sa position. Même s’il est difficile de savoir ce qui se passe réellement à l’intérieur des cercles dirigeants, il est également possible que certains « chavistes » cherchent à affaiblir Maduro, notamment celui qui fut son principal concurrent pour la succession du « commandante », le président de l’Assemblée Diosdado Cabello. Si ce dernier a affiché son soutien au gouvernement, c’est néanmoins lui qui s’est montré pour escorter un des leaders de l’opposition, Leopoldo Lopez, quand celui-ci s’est rendu aux autorités, alors qu’il ne possède aucune autorité policière ou judiciaire…

 

 

Une attaque de "colectivos" filmée par un témoin

Depuis son accession au pouvoir, Nicolas Maduro s’est également attaché à museler les médias locaux et à intimider les médias étrangers comme cela n'avait jamais été entrepris sous Chavez. Depuis un an, presque tout ce qui restait de journaux ou de chaînes de télévision indépendants a été racheté par des proches du pouvoir et c’est désormais l’autocensure qui règne. Au point que plusieurs groupes de journalistes se sont rassemblés dans des comptes Twitter collectifs et anonymes afin de pouvoir s’exprimer librement sur les événements dans leur pays (voir ici ou ). Du coup, alors que les chaînes de télévisions ne parlent quasiment pas des manifestations qui se déroulent depuis deux semaines, ce sont les réseaux sociaux qui ont pris le relais, contribuant à déborder le gouvernement. « L’absence de couverture des événements et de décryptage du comportement erratique du gouvernement ne fait qu’aggraver la situation », explique Daniel Lansberg-Rodriguez, un analyste politique plutôt hostile au chavisme. « En tentant d’étouffer toute critique domestique, le régime court le risque de s’exposer à une contestation de plus grande ampleur. »

Alors que l’opposition commence à présenter un front uni, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici, elle a finalement refusé de rencontrer Maduro lundi 24 février. Cela signifie qu’elle entend capitaliser sur les mouvements de rue qui se poursuivent, mais aussi que les manifestations sont en train de basculer sur le terrain politique. Or l’opposition vénézuélienne a toujours été son propre pire ennemi depuis vingt ans. Clanique et représentant les classes privilégiées du pays, elle n’a jamais su tendre la main aux « chavistes » modérés des classes moyennes et populaires. Du coup, elle contribue à cliver la nation autant que les harangues de Maduro, pour qui il est facile de mobiliser les classes populaires qui ont toujours défendu Chavez.

 

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:46

 

Source : www.mediapart.fr

 

Notre-Dame-des-Landes : le vrai scénario de la manifestation contre le projet d’aéroport

|  Par Louise Fessard et Jade Lindgaard

 

 

 

La ville de Nantes a-t-elle été le théâtre de scènes de « guérilla urbaine » samedi après-midi lors de la manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? Le ministre de l’intérieur, des élus locaux, des responsables politiques nationaux et des chaînes de télévision déroulent un même scénario. Pourtant, sur place la réalité fut bien différente : une manifestation familiale et festive, des violences en marge, un jeune homme gravement blessé par un tir de police. Mediapart a reconstitué le déroulé des événements.

La ville de Nantes a-t-elle été le théâtre de scènes de « guérilla urbaine » samedi après-midi lors de la manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? L’« ultra gauche violente » et de « véritables casseurs antisystème » ont-ils orchestré une razzia en plein jour au cœur de l’une des plus grosses villes de France ? Les associations de paysans et de riverains opposés au projet d’aérogare sont-elles devenues « la vitrine légale d'un mouvement armé » ?

 

A Nantes, le 22 février, pendant la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (©JJ) 
A Nantes, le 22 février, pendant la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (©JJ)

Depuis samedi, le ministre de l’intérieur, des élus locaux, des responsables politiques nationaux et des chaînes de télévision déroulent un même scénario, univoque : la prise en otage d’une manifestation familiale par des hordes armées et la mise à sac du centre-ville (voir notamment ici, ou là, et encore ici) . Ces déclarations sont pourtant bien éloignées des faits que Mediapart a pu constater sur place, samedi, pendant la manifestation. Que s’est-il vraiment passé samedi 22 février entre 13 heures et 19 heures dans la métropole des Pays de la Loire ? Voici le déroulé des événements que nous avons pu reconstituer.

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Voir ici notre dossier complet sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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Le 12 février à 17 h 30, dix jours avant la date du rassemblement, le collectif des organisateurs composé d’opposants historiques à l’aéroport, d’agriculteurs et d’occupants de la Zad, la zone d’aménagement différée, déclare en préfecture une manifestation. Le parcours part de la place de la préfecture de Nantes et s’arrête square Daviais, dans le centre-ville. « Il existe une tradition syndicale en Loire-Atlantique selon laquelle on ne demande pas d’autorisation, on déclare les manifestations », explique Julien Durand, agriculteur retraité et pilier de l’Acipa, la principale association des opposants. «Nous avons souvent des manifestants non disciplinés, reconnait Patrick Lapouze, directeur de cabinet du préfet de Loire-Atlantique, qui dit être à l'initative de la réunion du 12 février. Mais lorsqu'il s'agit de manifestants institutionnels avec des personnalités politiques présentes, il serait tout de même bon que les règles républicaines soient respectées».

Deux jours plus tard, ce trajet est refusé par l’État qui, selon les organisateurs, s’oppose à son passage par le Cours des 50-otages, l’une des principales artères de la ville, très régulièrement empruntée par les manifestants nantais. Plusieurs réunions se tiennent, aucun accord n’est trouvé. De son côté, Patrick Lapouze, directeur de cabinet du préfet de Loire-Atlantique, affirme avoir proposé en vain plusieurs itinéraires qui passaient tous par le Cours des 50-otages. « Le Cours des 50-otages n'est pas un problème, au contraire c'est le lieu des manifestations institutionnelles, affirme-t-il. Mais les organisateurs voulaient passer aussi par les rues latérales, commerçantes et tortueuses où le maintien de l'ordre n'était pas possible. À partir du moment, où ils ont refusé, j'ai indiqué que je bloquerais le Cours. »

Le 22 février à 13 heures, jour de la manifestation, la place de la préfecture est noire de monde. Quelque 1 500 gendarmes et policiers sont mobilisés, dont selon nos informations le GIPN. Des familles, des délégués de comités de soutien de divers départements, des bonnets rouges – dont le maire de Carhaix, Christian Troadec –, des élus, des militants associatifs et syndicaux et de nombreux masques à l’effigie d’espèces animales présentes sur la Zad et menacées par le projet d’aéroport : triton crêté, triton marbré, lézard, campagnol...Le rassemblement est calme et joyeux. Peu de banderoles. Le cortège démarre autour de 13 h 15. Il suit un parcours alternatif, plus au sud, pour dégager la route du gros des manifestants, explique Julien Durand, l’un des organisateurs. Les forces de l’ordre bloquent le bas du Cours des 50-otages, ce qui raccourcit le parcours, au risque de ne pas permettre à tout le monde de défiler, précise Durand : « C’était trop court pour l’ampleur de la manif. »

Les manifestants sont nombreux : 20 000 selon la police, sans doute 50 000 selon les organisateurs, qui comptent 65 cars et 520 tracteurs, soit plus que pour la manifestation de réoccupation de la Zad (voir ici) du 17 novembre 2012 (40 bus et 400 tracteurs environ), dont le décompte oscille entre 15 000 et 40 000 participants. Très vite, des murs se couvrent de tags : « Nantes ma prison citoyen maton », « Non à l’Ayraultport », « Vinci dégage ». Les (rares) avions qui survolent cette partie de la ville sont hués. Un slogan résonne, en boucle : « Non à l’aéroport ! Résistances et sabotages ! » Sur un chantier de Vinci, le concessionnaire de Notre-Dame-des-Landes, en bord de parcours, une tractopelle est mise en feu. Une agence de Vinci est mise à sac : volets de bois arrachés, vitrine brisée, ordinateurs détruits, fils arrachés, armoires renversées.

« Pourquoi cette agence et ce matériel n’ont-ils pas été protégés ? Vinci est la cible des anti-aéroport », s’interroge aujourd’hui Julien Durand. « Comme les commerçants et la municipalité, les responsables de Vinci ont été alertés, ils ont jugés les volets de bois suffisants : après c'est un choix individuel », répond le directeur de cabinet du préfet. Mais les autorités semblent avoir été surprises par des actes de vandalisme qui ont commencé dès le départ du cortège et non sur la fin lors de la dispersion. Sur les précédentes manifestations de ce type, « les dégradations n'avaient jamais commencé aussi tôt, de façon aussi violente, et ce sous le regard bonhomme des manifestants institutionnels », indique Patrick Lapouze.

Un peu avant 15 heures, les premiers manifestants, des militants de la Confédération paysanne et de Via Campesina notamment, sont arrivés square Daviais, l’esplanade de fin de parcours. Débutent les premières prises de parole. Tout est calme. À 500 mètres de là environ, des affrontements débutent, au bas du Cours des 50-otages. D’un côté, des petits groupes lancent des pavés, des œufs remplis de peinture et autres projectiles sur les forces de l’ordre. De l’autre, des rangées de CRS tirent des bombes lacrymogènes à répétition. Les canons à eau déversent des tonnes de liquide à grands jets. Des grenades assourdissantes retentissent. Le commissariat tout proche, pourtant barricadé, est recouvert de tags, de jets de peinture. Début d’incendie à l'intérieur. Deux agences de voyagistes (Fram et Nouvelles frontières) sont mises à sac (vitrine brisée, intérieur détruit).

Une antenne du conseil général est aussi visée. Le toit d’un abri de tram part en flammes. Le feu se propage à un arbre voisin qui lui aussi se consume. Il s’agit sans conteste de destructions de biens matériels. Mais pourquoi parler d’attaques contre « des symboles de la République », comme l’affirme le président de la région, le socialiste Jacques Auxiette ? Ces actes de vandalisme semblent ciblés : les autres commerces sur le parcours, sans lien avec les porteurs du projet d’aéroport, sont laissés intacts (boulangeries, boutiques de fringues, épicerie…).

En milieu d’après-midi, des slogans plus radicaux apparaissent : « un flic, une balle ». Au sol, gisent des extincteurs pré-remplis de peinture pour taguer plus vite et plus fort. Mais ces échauffourées restent très circonscrites. Car en même temps, les manifestants continuent de défiler, les yeux rougis par l’épais nuage de lacrymogènes. Le meeting du square Daviais se poursuit dans les rires et les chants. Sur la place du commerce, à 100 mètres d’une bataille rangée entre CRS et manifestants, des dizaines de personnes boivent un verre assises en terrasse. Des passants font leurs courses. Certains manifestants tentent d’empêcher les attaques anti-policières. Mais la plupart laissent faire et poursuivent leur chemin. La scène n’a rien d’une guérilla urbaine. Aucun mouvement de panique. Pas d’état de siège. Tous ceux qui le souhaitent peuvent s’éloigner.

Un jeune charpentier a perdu son œil

 

 

Combien de militants de culture « black bloc » se trouvent-ils dans les rues de Nantes ? À vue d’œil, très peu. Quelques dizaines au maximum. On semble les reconnaître à leur organisation bien rodée. Le visage entièrement recouvert, ils changent de vêtements sous une tente pour mieux se dissimuler quand ils quittent les lieux, et transportent leur matériel en caddies de supermarché. « Il y avait des groupes hyper organisés, habillés en noir avec des sacs à dos, on en a vu certains retirer leurs vêtements pour les mettre au feu », dit Caroline de Benedetti, présente dans le cortège et qui s’occupe du magazine L’Indic.

Mais autour d’eux, parmi les lanceurs de projectiles, on voit de nombreux jeunes bien moins préparés. Leur visage est apparent, parfois même sans capuches. Certains portent des drapeaux bretons, sans rapport avec les habituels étendards anarchistes. Impossible de les relier au black bloc, et encore moins à l’« ultra gauche » désignée par Manuel Valls. Cette expression, notamment popularisée par le criminologue Alain Bauer – et ami de trente ans du ministre de l’intérieur – ne recoupe aucune réalité sociologique avérée dans les mouvements politiques radicaux, beaucoup trop épars et autonomes les uns des autres. Elle avait servi au ministère de l’intérieur alors tenu par Michèle Alliot-Marie, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, au moment de l’affaire de Tarnac. La préfecture agite quant à elle le chiffre d'un millier de personnes, ayant « le profil traditionnel de ceux qu'on rencontre sur la Zad, allant de modérément à extrêmement violents avec des méthodes qui s'apparentent à celles des Black bloc ». Car Patrick Lapouze en est persuadé : « Ce que j'ai vu à Nantes hier, c'est ce que je vois depuis des années sur la Zad. On estime que le nombre de gens qui y sont actuellement est de 200, mais le nombre total de ceux qui y tournent est de l'ordre d'un millier. »

Pour Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa Police, les événements n’avaient rien d’imprévisible. « C’est un remake du sommet de l’OTAN à Strasbourg (en 2009, ndlr) avec des petits groupes très organisés, hyper-violents, dont on connaît très bien le mode d’action, explique-t-il. Ils arrivent, ils cassent en sachant d’avance où ils vont taper, puis ils s’en prennent à la police. On aurait pu les arrêter bien avant. Mais on a senti un flottement sur les instructions samedi, avec des ordres et des contre-ordres. Un commissariat en feu, ce n’est pas normal. »

Françoise Verchère, conseillère générale du Parti de gauche et l'une des responsables du collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (le Cédépa), parle, elle, carrément de « manipulation pour essayer de justifier le projet d’aéroport » : « Dès le samedi matin, en arrivant à l’aéroport de Nantes avec les tracteurs, les policiers nous ont dit que les black blocs allaient gâcher notre manifestation », explique-t-elle, jointe par téléphone. Dans une lettre ouverte au ministre de l’intérieur, elle s’étonne donc que ces casseurs, manifestement attendus par les autorités, n’aient pas été arrêtés avant leur arrivée. Impossible, pour des raisons matérielles et de respect des libertés, de filtrer les casseurs parmi « les 20 000 personnes qui sont rentrées dans Nantes samedi pour une manifestation qui n'était pas interdite », prétend le directeur de cabinet du préfet. « Il fallait mettre 25 000 militaires autour de Nantes pour faire des barrages ? » rétorque-t-il.

Côté forces de l’ordre, la préfecture de Loire-Atlantique compte 27 personnes (13 CRS et 14 gendarmes) admises au CHU, sans plus de détails. Côté manifestants, le décompte est moins précis : une quarantaine de personnes auraient été admises. Au moins deux ont fini au CHU avec de graves blessures au visage suite à des tirs. Un jeune charpentier cordiste de 29 ans, Quentin Torselli, a perdu son œil (voir ici ce billet de blog). « L’œil est crevé et l’os ainsi que le nez sont cassés en plusieurs endroits, c’est très douloureux », explique-t-il, joint par téléphone au CHU de Nantes. Il a été touché vers 19 heures place de la Petite Hollande, alors qu’il cherchait à se replier face à un barrage de CRS, selon son témoignage. « J’ai fait la manifestation avec tout le monde jusqu’au Cours des 50-otages qui était bloqué, raconte Quentin Torselli. Les CRS tiraient lacrymos, grenades et flashballs en tir tendu en se protégeant derrière quelqu’un d’autre. J’allais pour partir quand j’ai été touché et j’ai perdu connaissance. »


Quentin évacué par des manifestants après avoir été touché.  
Quentin évacué par des manifestants après avoir été touché. © Yves Monteil

Pour Yves Monteil, photographe indépendant et membre de Citizen Nantes, témoin de la scène : « C’était : jets de pierres et de bouteilles contre tirs de lacrymos et de flashball. ». Il ajoute que « le manifestant blessé a été évacué dans une rue adjacente, au moment où le cordon de CRS avançait dans l’allée principale. Alors qu’une vingtaine de personnes levaient les bras en disant “Arrêtez, il y a un blessé”, les CRS ont continué à progresser dans cette rue adjacente en envoyant des lacrymos et des grenades ».

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Retrouver ici notre dossier Flashball

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La préfecture indique que seuls des LBD 40×46, des Flashball deuxième génération plus puissants et précis, ont été utilisés. Quentin Torselli, qui se définit comme un « citoyen, pas spécialement militant », a d’abord pensé à une grenade assourdissante « à cause du bruit ». « Je me rappelle d’un grand bruit et d’un grand choc, qui correspond en fait sans doute à l’éclatement de mon œil, indique-t-il. Un médecin m’a dit que les lésions correspondent à un tir de Flashball et on n’a pas retrouvé d’éclats de grenade. » Selon Yves Monteil, un autre manifestant, lui aussi blessé au visage par un tir, a été pris en charge par les secours près du CHU à peu près au même moment (voir ici d'autres photos). « Il a pris un tir de Flashball dans le nez dans le même quart d’heure », affirme le photographe, qui affiche lui un bel hématome au thorax, causé selon lui par un tir de lanceur de balle de défense alors qu'il filmait. De son côté, Quentin Torselli a effectivement croisé « quelqu’un qui a été blessé à l’œil » en se rendant au scanner. Contacté, le CHU de Nantes n’a pas souhaité confirmer.

« La réaction policière est disproportionnée, réagit le jeune charpentier. Ces armes, Flashball, grenades assourdissantes, sont dangereuses et n’ont pas leur place dans des manifestations. » Il envisage des suites juridiques, au pénal ou devant le tribunal administratif, « ne serait-ce quepour que ça n'arrive plus à d’autres ». En France, selon notre décompte, une vingtaine de personnes ont été grièvement blessées par des lanceurs de balles de défense depuis 2004. « Sans surprise, la liste des blessés et des éborgnés ne cesse de s’allonger », note le collectif « Face aux armes de la police ». Sans aucune réaction du ministère de l’intérieur, malgré les mises en garde à répétition de feu la CNDS puis du Défenseur des droits. « Il n'était pas masqué, pas armé, en train de reculer face à une charge, s’indigne sa mère Nathalie Torselli. J'ai une tristesse infinie, une rage qu'un gosse qui est là pacifiquement pour manifester son désaccord se retrouve dézingué. Il n'a rien fait que d'être là. »

Selon la préfecture, 14 personnes ont été interpellées. «La priorité pendant ces huit heures de violences était de défendre ce qui pouvait être protégé, dit Patrick Lapouze. Mais nous avons beaucoup de matériel vidéo, photographique en cours d'exploitation.»  Le maire de Nantes Patrick Rimbert (PS) a indiqué dimanche qu'il allait porter plainte contre X... pour tous les dégâts causés par la manifestation. Contactée lundi, la procureure de la République, Brigitte Lamy, indiquait n’avoir pour l’instant reçu aucune plainte.

À la suite de ces débordements, le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, a accusé les associations d’opposants d’être devenues « la vitrine légale d'un mouvement armé », expression qui s’applique habituellement aux mouvements indépendantistes en lien avec des groupes pratiquant la lutte armée, au Pays basque, en Corse ou en Irlande. Dans un premier temps, les organisateurs de la manifestation ont publié un communiqué plutôt conciliant vis-à-vis des heurts de samedi : « Il existe différentes manières de s'exprimer dans ce mouvement. Le gouvernement est sourd à la contestation anti-aéroport, il n'est pas étonnant qu'une certaine colère s'exprime. Que pourrait-il se passer en cas de nouvelle intervention sur la Zad ? » En réalité, les organisateurs de la manifestation sont divisés. Avant de repartir de Nantes, plusieurs comités locaux de soutien aux opposants leur ont demandé de condamner plus fermement les violences. L’Acipa, l’association historique d’opposants, tient une réunion exceptionnelle dès lundi soir. Et prévoit de tenir une conférence de presse à ce sujet jeudi prochain.

« L’unité de l’action et de l’opposition se vit tous les jours sur la zone, considère Julien Durand. Nous sortons de six mois d’occupation militaire, qui a occasionné la destruction de maisons, d’outils de travail, la pression militaire sur les habitants de la zone. J’appelle à mettre à leur juste place les dégradations matérielles de samedi par rapport aux préjudices physiques que nous avons connus. Parmi nous, certains ont perdu un œil et ont eu des orteils arrachés. » Le dossier de l’aéroport de la discorde est aujourd’hui en stand-by : la préfecture de Loire-Atlantique a publié fin 2013 les décrets nécessaires à l’ouverture des travaux mais aucune intervention n’est attendue sur le terrain avant les imminentes élections municipales et européennes.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 


 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 15:28

 

 

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Nucléaire : allonger la durée de vie des réacteurs va coûter très cher

|  Par Jade Lindgaard

 

 

Prolonger l’exploitation des centrales nucléaires au-delà de 40 ans pourrait coûter quatre fois plus que ce que prévoit aujourd’hui EDF, alerte un rapport d’étude publié mardi 25 février par Greenpeace. Cela passerait aussi par la réalisation d’opérations très complexes, sans garantie de réussite technique, dans un grand flou réglementaire.

Allonger la durée de vie des réacteurs nucléaires : c’est la volonté d’EDF, qui déploie un intense lobbying en ce sens depuis au moins la fin des années 2000. C’est aussi la décision implicite que pourrait être en train de prendre l’exécutif, à force de non-décision sur ce sujet hautement sensible. Construit en un temps record entre la fin des années 1970 et 1980, le parc nucléaire français est aujourd’hui confronté à un « effet falaise » : 80 % de ses tranches ont été mises en service entre 1977 et 1987. Elles atteindront donc leur 40e année entre 2017 et 2027, c’est-à-dire demain. Cela concerne près des deux tiers de nos besoins actuels en électricité. Ainsi, quatre réacteurs vont atteindre leurs 40 ans de fonctionnement d’ici 2018, 23 l’atteindront au cours des cinq années suivantes.

 

La centrale nucléaire de Fessenheim (Wikicommons). 
La centrale nucléaire de Fessenheim (Wikicommons).

En janvier 2012, la Cour des comptes sonnait l’alarme (voir ici) : « Compte tenu du délai en matière de politique énergétique entre la prise de décision et ses effets, ne pas prendre de décision revient à faire un choix, celui de faire durer le parc actuel au-delà des 40 ans. » L’alerte porte sur l’opacité des conditions de cette prise de décision. Car la voie de l’allongement de la vie des centrales s’ouvre « sans que ces orientations stratégiques n’aient fait l’objet d’une décision explicite, connue du grand public, alors qu’elles nécessitent des actions de court terme et des investissements importants », ajoute encore la Cour. Or la promesse de campagne de François Hollande de ramener à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité (contre 75 % aujourd’hui) ne résout absolument pas le problème, comme le montre le schéma ci-dessous :

 

Production du parc existant jusqu'à 40 ans et trajectoire nucléaire (©Wise-Paris, 2014). 
Production du parc existant jusqu'à 40 ans et trajectoire nucléaire (©Wise-Paris, 2014).

Si 25 % des réacteurs ferment d’ici 2025, que deviennent tous les autres qui auront passé la quarantaine ou seront en passe de le faire ? Que l’on décide de les fermer également, de les prolonger ou de les remplacer par la nouvelle génération des EPR (dont une tranche est actuellement en construction à Flamanville, dans la Manche), leur vieillissement va devenir un enjeu de plus en plus important.  

A-t-on vraiment les moyens financiers, techniques et réglementaires de faire tourner ces équipements au-delà de leurs 40 ans de vie initialement prévus ? Contre toute attente, en pleine préparation du projet de loi sur la transition énergétique, et six mois après la fin d’un vaste débat national sur le sujet, il est toujours très difficile de répondre à cette question. EDF distille les informations au compte-gouttes, l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN) n’a de compétences que sur la sûreté du parc, et la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ne peut expertiser que les coûts et les prix de l’électricité. L’état public des savoirs est à la fois insuffisant et parcellaire.  

Pour la première fois, un ambitieux rapport d’étude tente de mettre à plat l’ensemble des connaissances sur ce sujet très sensible. Commandité par Greenpeace, ONG qui milite ouvertement pour la sortie du nucléaire, il a été réalisé par un bureau d’études proche des opposants à l'atome et réputé pour son expertise, Wise-Paris. Il est publié mardi 25 février et disponible en cliquant ici.

En voici les principaux enseignements :

  • Une facture potentiellement très lourde

Le coût financier de l’allongement de la durée de vie pourrait s’avérer très élevé, beaucoup plus que les chiffres aujourd’hui mis sur la table par EDF. Le renforcement d’un réacteur de 40 ans pour le hisser à un niveau de sûreté renforcé, comparable à celui d’un EPR, pourrait coûter entre 2,5 milliards et 6,2 milliards d’euros par tête, estime Wise-Paris. « Il y a très peu de chiffrages suffisamment détaillés, on ne peut que donner des ordres de grandeur, et réaliser des projections », met en garde, prudent, Yves Marignac, son directeur. Selon ses estimations, au pire, la facture des investissements à fournir serait quatre fois plus élevée que les moyens envisagés aujourd’hui par EDF. L’électricien annonce prévoir 55 milliards d’euros pour son « grand carénage », une remise à niveau général de son parc, montant auquel s’ajoutent les travaux occasionnés par les évaluations complémentaires de sûreté (ECS) exigées par l’ASN après la catastrophe de Fukushima.

Wise-Paris a élaboré trois scénarios de sûreté (dégradée, préservée, renforcée) et tenté d’estimer les coûts financiers potentiels de chacun d’entre eux. L’enjeu majeur en gain de sûreté et en coût financier, c’est la « bunkerisation » des piscines de combustibles, c’est-à-dire leur couverture pour les protéger contre des événements extérieurs. Cette seule opération pourrait coûter 1 milliard d’euros par piscine, avait estimé l’ASN en 2011. Ce type de travaux pourrait entraîner l’arrêt de chaque réacteur concerné pendant deux ou trois ans. Au coût financier s’ajouterait alors le manque à gagner du non-fonctionnement de la tranche (en général évalué à un million d’euros par jour).

Les principaux enjeux de sûreté sont aussi les principaux enjeux de coûts, explique Yves Marignac : la couverture des piscines de combustibles, la sécurisation du système de contrôle-commande, la protection des éléments constitutifs de « noyaux durs » (comme les moteurs diesels ultimes, destinés à pallier une perte d’alimentation en électricité). Conclusion de Wise-Paris : l’enveloppe de 55 milliards d’euros prévue par EDF préempte les niveaux de sûreté du parc. L’exploitant ne semble pas prendre en compte la marche gigantesque à franchir que représente le tournant des 40 ans de ses réacteurs.

Limiter à 40 ans la durée de vie des réacteurs ?

  • Aucune garantie de faisabilité technique

L’incertitude sur la faisabilité des travaux nécessaires à l’amélioration de la sûreté du parc est grande, signale le rapport. Les centrales nucléaires françaises se caractérisent par leur homogénéité : sorties de terre en très peu de temps, elles utilisent la même technologie (les réacteurs à eau pressurisée, les « REP ») à l’exception de la nouvelle génération des EPR, opérée par l’unique exploitant qu’est EDF. L’enjeu technique du prolongement se pose donc en terme générique, avec des avantages et des inconvénients : ce qui pose problème pour une installation, peut se retrouver sur toutes les autres.

Les difficultés techniques sont potentiellement de plusieurs ordres : usure, obsolescence, plus grande fragilité à des événements extérieurs, maintenance insuffisante… Certains équipements peuvent être changés facilement, d’autres avec beaucoup plus de difficultés : tuyauteries enterrées, gaines de câbles électriques, couvercle des cuves de réacteurs, éléments du circuit primaire. Mais certains sont irréparables, car hors d’atteinte : cuves et enceintes des réacteurs. 

Autre problème, déjà soulevé par l’ASN : le pic de charges. L’autorité a déjà prévenu qu’à moyens constants, elle ne parviendrait pas à traiter tous les dossiers de sûreté qui s’accumulent avec les années, et les nouvelles exigences post-Fukushima. Pierre-Franck Chevet, son président, a aussi publiquement déploré qu’EDF ne soit pas en état de gérer sa maintenance courante. Que se passera-t-il si le volume des travaux croît de manière considérable ? 

L’ASN doit rendre en 2015 un premier avis sur le « post 40 ans », et annonce une prise de position générique en 2018 ou 2019. Viendra ensuite l’étude au cas par cas des tranches nucléaires. En juin 2013 (18 juin), elle a conditionné ses futurs avis à la réalisation des travaux exigés pour le passage à 40 ans. 


Investissements passés et projetés d'EDF dans le parc nucléaire, en 2008 (©Wise-Paris)Investissements passés et projetés d'EDF dans le parc nucléaire, en 2008 (©Wise-Paris)

 

  • Quel débat démocratique ?

« Il n’y a aucune visibilité sur ce processus de décision, c’est pourtant un enjeu majeur », regrette Yves Marignac, selon qui les données techniques et industrielles ne peuvent plus être considérées comme privées par l’exploitant.

Le cadre réglementaire est à la fois flou et peu respecté. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la procédure de datation des centrales nucléaires n’est pas claire. Quel est le bon jour anniversaire : 40 ans après le coulage du premier béton, le début de la mise en service, la première divergence, le raccordement au réseau ? Rien ne l’indique. Autre exemple d’ambiguïté : censées se produire tous les dix ans, les visites décennales de contrôle conduites par l’ASN glissent dans le temps. Si bien que sur les 27 réacteurs qui aujourd’hui ont franchi le cap de leurs trente années d’exploitation, seuls cinq ont reçu le feu vert réglementaire pour voguer a priori vers leurs 40 ans. 

Pour Wise-Paris, l’effort technique et de sûreté à fournir pour passer l’étape des 40 ans est tel qu’il nécessite le déclenchement de nouvelles logiques de consultation et d’approbation par la puissance publique. Et s’il fallait ouvrir une enquête publique, lancer un débat public pour chaque réacteur concerné ? Selon la loi, la saisine de la commission nationale du débat public (CNDP) est de droit pour les investissements supérieurs à 300 millions d’euros dans le nucléaire.  

Conclusion du rapport : face à l’énormité de ces enjeux, il y a besoin d’une politique énergétique claire. Pour Greenpeace, qui a commandité l’étude, il faut que la future loi de transition énergétique limite à 40 ans la durée de vie des réacteurs et qu’elle se fixe un objectif de 45 % de renouvelables en 2030 (contre 27 % à l’étude aujourd’hui dans le cadre d’une directive européenne en discussion, voir ici). Un rendez-vous a été demandé à l’Élysée pour y présenter cette étude. Pour l’instant, pas de réponse.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 14:59

 

 

Source : www.mediapart.fr

Ukraine, les inconnues du jour d'après

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Après une journée où tout a basculé à Kiev, avec la destitution du président Ianoukovitch votée par le parlement et la libération de l'ancienne opposante Ioulia Timochenko, quels sont les scénarios politiques possibles ? Si une élection présidentielle a été convoquée pour le 25 mai, la Rada reste pour l'heure inchangée. Mais une vaste recomposition est déjà à l'œuvre. Explications.

Viktor Ianoukovitch parti, l'intérim est assuré par Olexandre Tourtchinov, le nouveau chef du parlement, jusqu'à l'élection présidentielle, qui aura lieu le 25 mai. D'ici là, une vaste recomposition de l'échiquier politique est à prévoir.

 

Une majorité peut-elle se dessiner au parlement ?

Pour l'heure, aucune majorité n'émerge du parlement. Trois blocs sont en présence : l'ancienne majorité gouvernementale, constituée du Parti des régions et du Parti communiste ; les groupes parlementaires de l'opposition, à savoir Batkvichtchina (Patrie) – la formation de Ioulia Timochenko –, Oudar (Alliance démocratique ukrainienne pour la réforme) et Svoboda (Liberté) ; enfin, un ensemble de non-inscrits, grandissant ces derniers jours – les députés qui ont fait défection au Parti des régions. Ce dimanche après-midi, les deux premiers blocs pesaient presque le même poids (163 députés pour le premier, 166 pour le second) ; le dernier comptait 118 députés (voir la répartition des sièges). Or pour disposer de la majorité à la Rada, le parlement ukrainien, il faut pouvoir compter sur 226 parlementaires : différents partis doivent former une coalition.

Dès lors, trois scénarios sont possibles. Soit le Parti des régions, nettoyé de ses éléments les plus compromettants, forme une coalition avec les partis de l'opposition, se mettant d'accord au moins pour un gouvernement de transition jusqu'à l'élection présidentielle. Soit un certain nombre de non-inscrits rejoignent les groupes parlementaires de l'opposition, et les trois partis anti-Ianoukovitch parviennent ainsi à glaner les 60 sièges qui leur manquent pour atteindre la majorité. Soit une partie des transfuges du Parti des régions crée une nouvelle formation politique. Mais les non-inscrits, de fait, ne peuvent rien faire en tant que tels : pour faire partie d'une coalition au parlement ukrainien, il faut avoir rejoint un parti.

Dans tous les cas, la situation n'est pas simple et implique que les ennemis d'hier coopèrent dès demain. Sans parler des divergences entre les composantes de l'opposition… « Il n'est pas certain que les gens du Maïdan acceptent une alliance entre l'opposition et le Parti des régions, même s'il est débarrassé de ses députés les plus odieux. Le Maïdan, avec ses quelque 80 morts, maintient une pression sur le parlement », observe l'Ukrainien Wolodymyr Poselsky, vice-président de l'association L'Ukraine dans l'Europe, basée à Paris. Le président de la Rada a donné aux députés un délai de trois jours pour former une nouvelle majorité et un gouvernement d'unité nationale.

Le mandat du parlement actuel, élu en octobre 2012, court jusqu'en 2016 : malgré le renversement du gouvernement Ianoukovitch, la Rada peut théoriquement restée inchangée encore deux ans… Mais le plus probable est que des élections parlementaires aient lieu rapidement après l'élection présidentielle du mois de mai – même si le retour à la Constitution d'avant 2004, qui limitait les pouvoirs du président, empêche celui-ci de dissoudre directement l'assemblée. « Il aurait été plus logique d'organiser simultanément élection présidentielle et scrutin législatif, estime le chercheur ukrainien Mykola Riabchuk. Mais cela posait le problème d'une vacance du pouvoir. Les différentes forces politiques jusqu'à présent ennemies sont donc forcées de coopérer, et elles n'ont pas le droit à l'erreur, après le nombre de morts qu'on a eus. »

Mykola Riabchuk, de l'Académie des sciences de Kiev, est actuellement chercheur invité à l'Institut des sciences humaines de Vienne. En observateur avisé des évolutions de son pays depuis son indépendance, auteur de plusieurs ouvrages sur ces transformations et de nombreux articles depuis le début de la crise ukrainienne, ce politologue voit dans la révolution de cet hiver 2013-2014 l'achèvement de la transition postsoviétique qui a eu lieu en 1989-1990 dans les anciennes démocratiques populaires du bloc de l'Est. « L'indépendance de l'Ukraine en 1991 n'était pas parvenue à affranchir le pays de la tutelle de Moscou ni de la nomenklatura, explique-t-il à Mediapart. La révolution orange de 2004 n'avait pas réussi non plus ; cette fois-ci, le régime est tombé. »


Quels sont les défis du prochain gouvernement ?

Plusieurs dossiers attendent les futurs dirigeants de l'Ukraine. Tout d'abord, il va falloir relancer l'économie du pays, en récession, et trouver une solution pour régler les prochaines créances : l'État est au bord de la faillite. Mais surtout, les événements de ces derniers jours et de ces trois derniers mois posent de nombreuses questions. Qui a ordonné de tirer sur les manifestants ? Qui est à l'origine des nombreuses violences qui ciblaient opposants et journalistes ? Qui a été payé pour effectuer les basses œuvres ?

Autre défi : les archives découvertes samedi dans la résidence du président déchu, qui révèlent déjà l'ampleur des détournements d'argents effectués ces dernières années au plus haut niveau de l'État, ainsi que le système répressif qui avait été mis en place : une liste de journalistes à surveiller a été trouvée. De nombreux Ukrainiens appellent donc à une loustratsia – terme qui vient du latin lustratio (cérémonie de purification dans la Rome antique) et désigne, dans l'ex-bloc de l'Est, l'épuration des anciens cadres ou collaborateurs du système soviétique. Contrairement à sa voisine la Pologne, qui a mené cette opération dans les années 2000, notamment dans le milieu politique mais aussi au sein des institutions ecclésiastiques, l'Ukraine n'a jamais épuré ses appareils policier ou judiciaire. « La justice est complètement corrompue, discréditée, rien n'a changé depuis l'indépendance, explique Wolodymyr Poselsky. La société a maintenant besoin de vérité. »

Déjà, le ministre de l'intérieur par intérim, Arsen Avakov, a annoncé ce dimanche l'ouverture d'une enquête sur les auteurs des crimes de ces derniers semaines. Pour l'heure, une trentaine de hauts responsables de la police sont visés. Reste à mener l'enquête et à condamner les coupables, alors que plusieurs dirigeants sont en fuite et restaient introuvables ce dimanche, à commencer par Viktor Ianoukovitch lui-même… De nombreuses réformes institutionnelles sont par ailleurs nécessaires pour bâtir l'État de droit qui manquait jusqu'à présent. Mais l'un des principaux défis pour le futur pouvoir, estime Mykola Riabchuk, sera de trouver des personnalités vierges de tout soupçon. « C'est pour cela que la société reste mobilisée sur le Maïdan : elle veut exercer un contrôle et s'assurer que les enquêtes seront bien menées, que l'on mettra fin à la corruption, que les politiciens compromis ne reviendront pas. »


Retournement de veste

 

Y a-t-il une chance pour que Ioulia Timochenko revienne au pouvoir ?

Le retour triomphal de l'ancienne premier ministre samedi soir sur le Maïdan ne peut que susciter des interrogations. Certes, l'icône de la révolution orange a fait l'objet d'une persécution politique de la part du clan Ianoukovitch. Mais cette femme d'affaires n'a pas toujours eu les mains propres, comme nous l'expliquions déjà en novembre dans Mediapart (voir à ce sujet l'enquête d'Agathe Duparc). « Sa candidature ne serait pas un bon signe pour une grande partie de la société qui veut voir de nouvelles personnes, sur lesquelles ne pèse aucun soupçon de corruption », estime Mykola Riabchuk. L'intéressée a indiqué ce dimanche qu'elle ne serait pas candidate au poste de premier ministre – mais elle ne s'est pas encore prononcée au sujet du scrutin présidentiel. Or ce sont ses proches qui ont été nommés aux postes clés (le ministre de l'intérieur par intérim et le nouveau président du parlement)…

Du côté des autres leaders, il y a de fortes chances de voir les trois figures dans la course pour la présidentielle : Vitali Klitschko (Oudar), Arseni Iatseniouk (Batkvichtchina) et Oleh Tyahnybok (Svoboda). Des trois, le champion du monde de boxe poids lourds Vitali Klitschko semblait le plus populaire ces dernières semaines (voir la question 6 de ce sondage du mois de janvier), mais ces trois figures pourraient aussi pâtir de l'accord signé vendredi avec la médiation européenne, où ils avaient accepté le maintien de Ianoukovitch jusqu'en décembre – compromis refusé par le Maïdan.

Une autre personnalité pourrait également émerger, celle de Petro Porochenko, rival de Timochenko au sein de Batkvichtchina : certes lui aussi issu du monde du business, il recueille toutefois une certaine adhésion au sein de la société. À la tête de la plus grande société de confiserie ukrainienne, Roshen, il a été l'un des premiers touchés par la guerre économique de Poutine l'été dernier, lorsque Moscou avait prononcé un embargo sur les importations de sa production en Russie. Depuis, il a fortement soutenu le mouvement du Maïdan, notamment à travers le canal 5, la chaîne de télévision dont il est propriétaire.

Enfin, autre élément du futur échiquier politique ukrainien : l'ancien leader du Parti des régions et ancien premier ministre Mykola Azarov ayant démissionné, c'est Sergueï Tihipko qui est en train de prendre la tête de ce qu'il reste du parti. L'ancien troisième homme de l'élection de 2010 sera lui aussi candidat à l'élection présidentielle et pourrait s'avérer le grand gagnant de cette recomposition en représentant les régions de l'Est, lui qui est originaire de Dnepropetrovsk. Il a surtout comme atout de n'avoir pas fait partie du gouvernement Ianoukovitch. Ce dimanche, par un prompt retournement de veste, le parti des régions a par ailleurs jugé Viktor Ianoukovitch comme étant « le seul responsable des événements tragiques » et a condamné sa « trahison ». La plupart des membres de l'ancien gouvernement ont pris la fuite.

 

Le risque de scission du pays est-il écarté ?

« Le risque de scission n'a jamais existé, estime Mykola Riabchuk, sauf si elle avait été provoquée par Poutine. Excepté une infime minorité, personne ne le souhaite en Ukraine. » Depuis samedi, plusieurs manifestations ont éclaté dans les régions de l'est (Kharkiv, Donetsk) et dans le sud, en Crimée, où l'on peut voir des pro-Ianoukovitch s'en prendre parfois violemment à des partisans du Maïdan. Derniers soubresauts de l'émancipation de la tutelle moscovite ?

La clientèle du système Ianoukovitch dans les régions de l'est, de fait, est en train de se disloquer : le gouverneur de la région de Kharkiv et le maire de la ville ont pris la fuite, puis le maire, revenu dimanche, a déclaré que Ianoukovitch appartenait désormais à l'Histoire. L'homme fort de la région de Dnepropetrovsk, Igor Kolomoyskyi, s'est également prononcé samedi contre le séparatisme concernant le pays. Les derniers piliers du système Ianoukovitch sont définitivement en train de tomber.

 

 

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Source : www.mediapart.fr

 

 

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