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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 17:00

 

Source : www.slate.fr

 

 

Balkany, Andréoni... Les Français rejettent les affaires mais votent pour des élus en délicatesse avec la justice

 

 

Slate dresse la liste de 26 maires de villes de plus de 10.000 habitants, qui ont eu des soucis avec la justice et qui se représentaient néanmoins à leur succession.

 

 

 

 

 

 

Patrick Balkany et Jean-François Copé. REUTERS/Charles Platiau

 

Patrick Balkany a de l’humour: «Si on n'investit que ceux qui n'ont pas été condamnés par la justice, on n'a plus de candidats dans les Hauts-de-Seine.» Et Jean-Noël Guérini de la rancoeur: «Il y a 57 élus socialistes, maire de grandes villes, parlementaires ou présidents de conseils généraux, qui ont été mis en examen ou condamné et qui continuent à occuper d'éminentes fonctions.»

Ce sont sur ces deux citations d’experts que s’ouvre Délits d’élus, un livre de Gabriella Riou Harchaoui et Philippe Pascot qui recense les affaires dans lesquelles sont mêlés les politiques français. Cette liste des «400 politiques aux prises avec la justice» a de quoi interroger sur le système politique français: pour la plupart, ils sont encore aux manettes, et bien sûr, ils se représentent, notamment aux municipales de 2014. 

 

Parmi cette liste, Slate a recensé 26 maires de villes de plus de 10.000 habitants qui se présentent à leur succession et qui soit ont été condamnés pendant leur dernier mandat, soit sont actuellement mis en examen. N’ont pas été prises en compte les affaires de diffamation, d'injures et de délinquance routière, et les affaires qui ont donné lieu à une relaxe.

Se rajoutent à ce décompte 8 anciens maires qui ont eu des soucis avec la justice et qui sont de retour, ainsi que 3 maires qui envoient au front un membre de leur famille.

Sont-ils, ou seront-ils réélus, dans une poussée contradictoire qui voudrait que les Français rejettent les affaires et se jettent dans les bras de partis populistes? Nous actualiserons cette liste en fonction des résultats du premier tour des municipales.

Asnières (Hauts-de-Seine) 

Manuel Aeschlimann (UMP)

Condamné en 2011 à 18 mois de prison avec sursis, 1 an d’inéligibilité et 20.000€ d’amende pour «favoritisme dans l’attribution de marché public».

Beaucaire (Gard)

Jacques Bourbousson (UDI)

Condamné en 2010 à 5.000 euros d’amende pour escroquerie dans une affaire touchant à des subventions européennes vinicoles.

Beausoleil (Alpes-Maritimes)

Gérard Spinelli (sans étiquette)

Mis en examen en 2009 pour corruption passive, abus de biens sociaux et blanchiment. L'affaire est toujours à l'instruction. Il se représente néanmoins pour un quatrième mandat.

Berre-L’Étang (Bouches-du-Rhône)

Serge Andréoni (PS)

Mis en examen depuis 2011 pour «complicité de trafic d’influence dans une affaire de marché public présumé frauduleux». A 74 ans, il brigue un cinquième mandat.

Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne)

Hugues Rondeau (CNIP)

Condamné à 4 mois de prison avec sursis en 2011 pour «prise de mesures destinées à faire échec à l'exécution de la loi».

Condamné en 2007 à un mois de prison avec sursis et 5.000€ d’amende pour favoritisme dans une affaire de marchés publics. N’a jamais quitté son poste, maire depuis 1998.

Corbeil-Essonnes (Essonne)

Jean-Pierre Bechter (UMP)

Mis en examen en 2014 dans le cadre d'une enquête sur des supposés achats de votes. Maire depuis 2009, il est le successeur et bras droit de Serge Dassault.

Chantilly (Oise)

Eric Woerth (UMP)

Affaires Bettencourt, Tapie, hippodrome de Compiègne... L'ancien ministre de Budget est emblématique des affaires qui collent aux basques de Nicolas Sarkozy, dont Woerth fut le trésorier de campagne en 2007.

Châtillon (Hauts-de-Seine)

Jean-Pierre Schosteck (UMP)

Condamné en 2013 à un an de prison avec sursis, 10.000€ d’amende et un an d’inéligibilité pour pour «favoritisme» et «prise illégale d'intérêts» dans une affaire de marchés publics. 

Maire depuis 1983, il a fait appel, et peut ainsi briguer un nouveau mandat.

Drancy (Seine-Saint-Denis)

Jean-Christophe Lagarde (UDI)

Condamné en 2012 à 5.000€ d’amende pour «attribution illégale de marché public». Il brigue un troisième mandat.

Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine)

Pascal Buchet (PS)

Condamné en 2012 à 6 mois de prison avec sursis, 8.000€ d’amende et 15.000€ de dommages et intérêts pour «harcèlement moral».

Fréjus (Var)

Elie Brun (UMP)

Condamné en 2014 à 5 ans d'inéligibilité et 20.000€ d'amende pour «prise illégale d'intérêt». 

Maire depuis 1997, il a fait appel et peut ainsi se présenter à sa succession.

Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)

André Santini (UDI)

Condamné en 2013 à 2 ans de prison avec suris, 5 ans d’inéligibilité et 200.000€ d’amende pour «détournement de fonds». Agé de 73 ans, maire depuis 1980, il a fait appel et peut ainsi tenter un ultime mandat.

Levallois-Perret (Hauts-de-Seine)

Patrick Balkany (UMP)

Visé actuellement par deux informations judiciaires pour «blanchiment de fraude fiscale» et «détournement de fonds publics».

Condamné en 1997 à 15 mois de prison avec sursis, 30.000€ d’amende et 2 ans d’inéligibilité pour «prise illégale d’intérêt».

Mamoudza (Mayotte)

Abdourahamane Soilihi (UMP)

Condamné en 2013 à 6 mois de prison avec sursis, 10.000€ d’amende et un an d’inéligibilité dans une affaire d’emploi fictif. Ayant fait appel, il peut se représenter pour un deuxième mandat.

Meylan (Isère)

Marie-Christine Tardy (ex-UMP)

Mise en examen en 2013 pour prise illégale d'intérêts, la maire se présente pour un troisième mandat.

Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis)

Jacques Mahéas (divers gauche)

Condamné en 2010 à 15.000€ d’amende pour «attouchements sexuels et baiser forcés».

Maire depuis 1977, il se présente à 74 ans pour un ultime mandat.

Nîmes (Gard)

Jean-Paul Fournier (UMP)

Condamné en 2010 à 15.000€ d’amende pour «prise illégale d’intérêt».

Orange (Vaucluse)

Jacques Bompard (Ligue du Sud)

Mis en examen depuis 2010 pour «prise illégale d’intérêt».

Papara (Tahiti) 

Bruno Sandras (UMP)

Condamné en 2011 à 3 mois de prison avec sursis pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt. Il brigue un troisième mandat.

Pontault-Combault (Seine-et-Marne)

Monique Delessard (PS)

Condamnée en 2010 à 15 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour «faux en écriture publique». La décision a été renvoyée en appel par la Cour de Cassation en 2011.

Rombas (Moselle) 

Lionel Fournier (divers gauche)

Condamné en 2009 à 1.500€ d’amende pour détournement de fonds publics.

Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane)

Léon Bertrand (UMP)

Condamné en 2013 à 3 ans de prison ferme, 150.000€ d’amende et 5 ans d’inéligibilité pour corruption passive et favoritisme.

Ayant fait appel, il vise un sixième mandat de maire.

Saint-Pierre (Réunion)

Michel Fontaine (UMP)

Condamné en 2012 à 4 mois de prison avec sursis et 10.000€ d’amende pour détournement de bien public et favoritisme.

Sanary-sur-Mer (Var)

Ferdinand Bernhard (MoDem)

Condamné en 2009 à verser 70.000€ de dommages et intérêts à un employé municipal pour préjudice moral.

Information judiciaire ouverte en 2012 contre X pour favoritisme, détournements de fonds publics, prise illégale d’intérêts, corruption et recel.

Il est néanmoins candidat pour un cinquième mandat.

Savigny-sur-Orge (Essonne)

Laurence Spicher-Bernier (UDI)

Condamnée en 2011 à 8 mois de prison avec suris pour exercice illégal de la profession d’avocat.

Tours (Indre-et-Loire)

Jean Germain (PS)

Mis en examen en 2013 pour complicité de prise illégale d’intérêt et détournement de fonds publics.

Ils sont de retour

Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais)

Gérard Dalongeville (divers gauche)

Condamné en 2013 à 3 ans de prison ferme et 50.000€ d’amende pour détournement de fonds publics.

Il a fait appel et tente de reprendre la mairie qu’il a dû quitter en 2009 pour une affaire de fausses factures.

Janzé (Ille-et-Vilaine)

Paul Chaussée (divers droite)

Condamné en 2007 à 2.500€ d’amende avec sursis pour «prise illégale d’intérêt».

Condamné en 2007 à 5.000€ d’amende pour «favoritisme».

Il a perdu la mairie en 2008, et cherche à reprendre son bien.

Lucé (Eure-et-Loir)

Jacques Morland (sans étiquette)

Condamné en 2006 à 3 ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt, il doit quitter son poste de maire.

Condamné en 2011 à 2 ans de prison avec sursis et 50.000€ d’amende pour abus de biens socieux et banqueroute.

Pont-Saint-Esprit (Gard)

Gilbert Baumet (UMP)

Condamné en 2006 à 18 mois de prison avec sursis et 25.000€ d’amende pour «abus de confiance».

Maire de 1971 à 2010, sous diverses étiquettes (PS, divers gauche, divers droit puis UMP), il est de retour pour tenter de reprendre la mairie.

Ploërmel (Morbihan)

Paul Anselin (UMP)

Condamné en 2009 à 15 mois de prison avec sursis et 30.000€ d’amende dans le procès de l’Angolagate.

 Agé de 82 ans, maire de 1977 à 2008, Paul Anselin est en piste pour un sixième mandat.

Saint-Estève (Pyrénées-Orientales)

Elie Puigmal (PS)

Condamné en 2009 à 2000 € d’amende pour «faux».

Condamné en 2012 à 3 mois avec sursis et 4000€ d’amende pour «favoritisme» dans une affaire de marchés publics.

Maire depuis 2001, il avait dû quitter son poste en 2010. Il veut maintenant reprendre son bien.

Saint-Leu (La Réunion)

Jean-Luc Poudroux (UMP)

Condamné en 2004 à 18 mois de prison avec sursis et 20.000€ d’amende pour corruption.

Maire depuis 1989, il avait perdu son bien en 2008, il est de retour en 2014.

Saint-Louis (La Réunion)

Cyrile Hamilcaro (divers droite)

Condamné en 2013 dans deux affaires, l’une à 2 ans de prison avec sursis, 5 ans d’inéligibilité et 20.000€ d’amende, et l’autre à 10 mois de prison avec sursis et 3 ans d’inéligibilité. 

Dans les deux cas, il se pourvoit en cassation et peut donc se représenter après avoir perdu la mairie en 2008.

Ils envoient un membre de leur famille

Le Lamentin (Guadeloupe)

Reinette Juliard (divers droite)

Condamnée en 2013 à 10.000€ d’amende et 2 ans d’inéligibilité pour «prise illégale d’intérêt».

Condamnée en 2005 à 6 mois de prison avec sursis pour «négligence, faux, usage de faux et extorsion de signature».

Ne pouvant se présenter, c’est son mari Daniel qui va tenter de reprendre la mairie. 

Il affrontera José Toribio, mis en examen en 2011 pour favoritisme, faux en écriture et détournement de fonds publics.

Ve arrondissement (Paris)

Jean Tibéri (UMP)

Condamné en 2013 à 10 mois de prison avec sursis, 10.000€ d’amende et 3 ans d’inéligibilité dans l’affaire des «faux électeurs».

Plus ancien maire d'arrondissement de Paris, Jean Tibéri envoie son fils Dominique, candidat de droite dissident, au combat.

Saint-Louis (La Réunion)

Claude Hoarau (Parti communiste réunionnais)

Condamné en 2012 à 8 mois de prison avec sursis, 5 ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. Il se pourvoit en cassation.

Maire de 1983 à 1995, et depuis 2008, il passe la main à son fils Fabrice.

En tout, 36 villes rentrent dans notre recension (même s’il y a sans doute des oublis). Les chiffres sont à comparer aux 943 villes françaises de plus de 10.000 habitants, ce qui ne fait que 4,3% de villes concernées.

Dans leur livre, Gabriella Riou Harchaoui et Philippe Pascot rappellent un rapport publié en 2013 par l’Observatoire SMACL qui concluait que seuls 0,02% des 500.000 élus locaux français avaient été poursuivis en justice lors des trois dernières mandatures municipales.

Finalement, le plus inquiétant, ce n’est pas le nombre. Mais le sentiment d’impunité de ces élus locaux condamnés par la justice, et le plus souvent réélus par leurs électeurs:

«Le constat le plus dérangeant dans le travail d'exhumation que nous avons réalisé et que la grande majorité des élus mis en cause, puis condamné, persiste à nier ou à minimiser leur rôle. Ils sont figés dans le déni de leurs responsabilités, ils ne sont ni coupables ni responsables, comme si le simple fait d'être un élu de la république les dispensait de rendre compte de leur inconduite.»

Vincent Glad

 

Source : www.slate.fr

 

 

 


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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 22:55

 

 

 

Mars ATTAC (7e édition) du 26 mars au 2 avril (et 22 avril) : Toutes les places sont en vente !
du 26 mars au 2 avril (et 22 avril) : des films, des débats, des rencontres, une expo photo et un concert !
 
Ca y est, toutes les places sont en vente (directement au Sémaphore) !
 
Au fil des éditions, MARS ATTAC est devenu un rendez-vous à ne pas manquer dans le paysage culturel et politique local !
Chômage et insécurité sociale, toute-puissance des pouvoirs financiers, pillage des ressources de notre planète, démocraties malades... La crise que notre monde traverse est globale.
Avec cette semaine de cinéma, de rencontres, de débats, l’association altermondialiste ATTAC Nîmes entend permettre une meilleure compréhension de la situation actuelle mais surtout échanger sur les pistes d’actions possibles et faire connaître des alternatives à ce système prédateur. Sans oublier l'expo photo dont les clichés ont été pris lors du Forum Social Mondial à Tunis en 2013 et le concert des Zaragraf, véritable remède anti-résignation. Un programme nécessaire et enthousiasmant !

A partir du 26 mars, expo photo dans la Cafétéria du Sémaphore : "Choghl, horriya, karama wataniya !" : "Travail, liberté, dignité nationale !". Voici le slogan qui a ponctué le dernier Forum Social Mondial qui s'est tenu en mars 2013 à Tunis. L'exposition du photoreporter Mikaël Aurelio Doulson Alberca montre les visages de la résistance des deux rives de la méditerranée, réunis à Tunis le temps de ce rassemblement international.
 
Mercredi 26 mars à 20h : LA DETTE 
Documentaire (France) 2013 - 1h10 – réal : Nicolas Ubelmann, Sophie Mitrani – Avec Bernard Maris, Christian Chavagneux, Patrick Viveret,…
Réforme des retraites, hausse de la TVA, situation financière très préoccupante des hôpitaux, des universités... au nom de la réduction de la dette ! Mais d'ou vient la dette ? Quelles logiques et quels intérêts se cachent derrière ce mot ? Comment s'en sortir ? Fruit de 3 années d'enquête, ce film tente, grâce à de nombreux témoignages, de répondre à ces questions. 
Débat avec  Jean-Marie HARRIBEY, d’ATTAC France et des Economistes Atterrés 
Et  à l’issue du débat, à la cafétéria du Sémaphore : vernissage de l’expo photo et verre de l’amitié.
http://gard.demosphere.eu/rv/1375 
 
 
Jeudi 27 mars à 20h30: CULTURES EN TRANSITION  
Documentaire (France) 2013 – 1h05 – réal : Nils Aguilar
A  contre courant du fatalisme lié aux crises de toutes sortes, il existe  aujourd'hui, un peu partout dans le monde et ici dans le Gard, une évolution collective et conviviale où des citoyens ordinaires tentent de tracer de nouvelles voies. Ce sont leurs initiatives, originales, diverses et variées, qui traduisent cette «transition», en cours vers un futur dépassant l’insécurité alimentaire et les désastres écologiques. 
Débat avec Christian MERCIER de "Territoire en Transition Vidourle Vaunage" et Antoine CARLIN directeur du CIVAM (Centre d’Initiatives et de Valorisation de l’Agriculture et du Milieu rural)
 
 
Vendredi 28 mars : soirée « Solidarité Roms » : film-débat-concert !  (13 €) 
à 19h30 : CAUSE COMMUNE 
Documentaire (France) 2013 – 58 mn – réal : Sophie Averty
Ou comment un Maire refusant « la politique de la patate chaude » a trouvé, avec l’appui d'une poignée de citoyens et d'élus mobilisés par ce combat collectif et politique, une solution digne et pérenne pour la quarantaine de familles roms arrivés à Indre, petite commune des bords de Loire. 
Débat avec le collectif nîmois Solidarité Roms
 
et vers 21h30 : concert de ZARAGRAF !  
ZARAGRAF, c'est un style, un univers, un « cabaret fantastique » posé entre Balkans et Andalousie, irrigué de rythmes tsiganes et flamenco, avec des clins d'œil rock...  
 
Dimanche 30 mars à 11h : MY LAND 
Séance avec l’AFPS (Association France Palestine Solidarité Nîmes) dans le cadre de la commémoration de la Journée de la terre en Palestine  
Documentaire (France, Maroc) 2012 – 1h22 – réal : Nabil Ayouch  
"My land", tourné en 2010 entre des camps de réfugiés palestiniens au Liban et Israël, donne la parole d'une part à des exilés palestiniens forcés de fuir leur village en 1948, et de l'autre à des Israéliens, jeunes pour la  plupart, qui sont nés sur ces terres. Quel rapport les uns et les autres  entretiennent-ils avec ce même lieu ?  
Débat avec Kamal MAHMOUD, Palestinien, ingénieur agronome et président de l'association "Montpellier Palestine Solidarité Rurale"
http://gard.demosphere.eu/rv/1378
 
 
Lundi 31 mars à 20h : LA GRANDE ILLUSION  
Soirée avec l’UCCN (Université Critique et Citoyenne de Nîmes) - centenaire 1914-1918 
Classique humaniste (France) 1937 – 1h54 – réal : Jean Renoir – Avec Jean Gabin, Pierre Fresnay…
« La Grande Illusion, écrivait François Truffaut, est construit sur l'idée que le monde se divise horizontalement, par affinités, et non verticalement, par frontières. » De là l'étrange relation du film au pacifisme : la guerre abat les frontières de classe. Il y a donc des guerres utiles, comme les guerres révolutionnaires, qui servent à abolir les privilèges et à faire avancer la société. 
Débat avec des membres de l’UCCN et d’ATTAC Nîmes
 
 
Mardi 1er avril à 20h : LES PETITS GARS DE LA CAMPAGNE
Soirée avec la Confédération Paysanne
Documentaire (France) 2014 – 1h40 – réal : Arnaud Brugier
Le film, en allant à la rencontre d'agriculteurs européens, montre le rôle fondamental de la PAC (Politique Agricole Commune) depuis 50 ans dans les changements de productions agricoles et les évolutions économiques, sociales et environnementales des territoires.
Débat avec le réalisateur
 
 
Mercredi 2 avril à 20h : NO GAZARAN
Soirée avec le collectif Nîmes Anti-Schistes
Documentaire (France) 2014 – 1h30 – réal : Doris Buttignol, Carole Menduni
L’alerte est lancée dans le sud est de la France début 2011 : le gaz de schiste arrive dans nos villages, nos paysages, nos vies. Carnet de route d’une mobilisation citoyenne imprévue, le film témoigne des soubresauts d’une société prise au piège d’un modèle économique en crise.
Débat avec Maxime COMBES, de la commission « Ecologie et Société » d’ATTAC France
Et plus tard, le mardi 22 avril à 20h30 : LA 4e REVOLUTION, VERS L’AUTONOMIE ENERGETIQUE
Documentaire – 1h22 – réal : Carl-A Fechner
Dépassant les mises en garde pessimistes sur le changement climatique, le documentaire montre que des solutions sont possibles pour passer aux énergies renouvelables dans les trente ans à venir. Dans les diverses régions de la planète, le film va à la rencontre de personnes qui, à des titres divers, mènent des actions concrètes pour rendre possibles l’abandon des énergies fossiles et du nucléaire.
Débat avec Simon COSSUS, d’Enercoop LR (fournisseur d’énergies renouvelables) 

Pour plus de renseignements :
Cinéma le Sémaphore– 25, rue Porte de France / Tél : 04 66 67 83 11 / Web : www.cinema-semaphore.fr
Pour des infos sur Attac (Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne).
www.france.attac.org / www.local.attac.org/attac30 / nimes@attac.org / 04 66 38 22 95


Pour plus de renseignements :
Cinéma le Sémaphore– 25, rue Porte de France / Tél : 04 66 67 83 11 / Web : www.cinema-semaphore.fr
Pour des infos sur Attac (Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne).
www.france.attac.org / www.local.attac.org/attac30 / nimes@attac.org / 04 66 38 22 95
 
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Stop TAFTA – Non aux accords de libre-échange USA / Union Européenne :
les réunions publiques dans le coin (Alès, St Génies de Malgoires, Uzès et le Vigan) + collectif Stop TAFTA 30 (prochaine réunion et infos)
 
En 2013, l’UE et les Etats-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord de partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement. Ce serait l’un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux.
Or il se négocie dans l’opacité la plus totale, alors que cet accord pourrait avoir des conséquences considérables dans bien des domaines (agriculture, énergie, internet, services,…). Il vise en effet le démantèlement ou l’affaiblissement de toutes les normes qui limitent les profits des entreprises, qu’elles soient européennes ou états-uniennes et inscrit le droit des multinationales au dessus de celui des Etats.
Nous devons faire dérailler ces négociations pour stopper le projet d’accord !
 
• Les prochaines réunions publiques d’information :
 
-          lundi 24 mars à 20h à Alès (salle du Capitole), avec Raoul Marc JENNAR politologue, militant écosocialiste et internationaliste, membre de Conseil scientifique d’Attac :
conférence-débat : Le grand marché transatlantique UE-USA : L’acte ultime de l’agonie du modèle européen  - organisé par les Amis du Monde Diplomatique, Clarté et Démocratie et le collectif Stop TAFTA 30 (dont ATTAC est partie prenante) http://gard.demosphere.eu/rv/1397
 
-          mardi 8 avril à 18h à St Génies de Malgoires (entre Nîmes et Alès) - réunion publique d’information avec Energie citoyenne (association contre les gaz de schiste), la Confédération Paysanne, la CGT et ATTAC
 
-          vendredi 11 avril de 18h à 21 h à Uzès (Salon Racine à la Mairie) avec Geneviève AZAM, une des porte-parole d'ATTAC France - organisé par ATTAC Uzège et l'Union Syndicale de la Psychiatrie (USP).
 -        mercredi 16 avril à 18h30 au Vigan (salle du Cantou) avec Raoul Marc JENNAR
 
• Le collectif Stop TAFTA 30 :
 
-          prochaine réunion du collectif : à St Génies de Malgoires, le 8 avril vers 20h30 à la suite de la réunion publique (ci-dessus). Covoiturage possible (faites-vous connaître !).
 
-          Pour rejoindre le collectif et la liste d’échanges : envoyer un message à info@stoptafta30.fr
 
-          Vient d’envoyer une lettre ouverte interpellant le Conseil Général et le Conseil Général pour leur demander de se déclarer « territoire hors TAFTA », comme l’ont déjà fait entre autre l’Ile de France, PACA,…
La lettre au Conseil Régional sera signée des différents collectifs Stop TAFTA du Languedoc-Roussillon, et autres organisations ou collectifs soutenant cette initiative.
 
-          Est composé à ce jour de:
Les Alternatifs 30, ATTAC Alès, ATTAC Nîmes, CADTM 30, Confédération Paysanne 30, Convergence citoyenne pour  la Transition énergétique, EELV 30, Energies citoyennes du Gard, Ensemble 30, Mouvement des Objecteurs de Croissance,  NPA 30, Pacte Civique 30, PCF 30, PG 30, collectif anti gaz de schistes AJC Les Mages, collectif anti gaz de schistes Auzonnet-Cèze-Ganière, collectif anti gaz de schiste Gardonnenque/petite Camargue, collectif anti gaz de schistes Hautes Cévennes, collectif anti gaz de schistes Nîmes Anti-Schistes et d’individus.
    
• La pétition :    DÉCLARONS NOS COMMUNES, DEPARTEMENTS, REGIONS … HORS TAFTA !
 
Pour en savoir plus :
-          L’appel national et les organisations signataires: Le grand marché transatlantique ne se fera pas
-          La page ATTAC France : http://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/
Dont le « guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique » (ATTAC) : http://france.attac.org/nos-publications/brochures/articles/guide-de-navigation-pour-affronter-le-grand-marche-transatlantique?id_rub=?id_mo=
-          D’autres ressources aussi sur le site d’ATTAC Nîmes : conférences audio, vidéo, diaporama.
-          Autre site d’infos : http://stoptafta.wordpress.com
Un article à lire (Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens de Lori Wallach, le Monde Diplomatique) : http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 22:02

 

Transmis par "Les alternatifs30"

 

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 

 

 

 

 

 LES INDIGNE/E/S -  AG chaque mercredi 18h et samedi  13h - Maison Carrée

 


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

 

 

 


Dates Evènement Lieu heure

Mardi 25/3

Conf/débat par l’Observatoire International Prisons« Défendre en justice la cause des personnes détenues » avec S.Slama(CREDOF) , N.Ferran,Dr Droit

Université vauban Amphi A3

18h

Mercredi  26/3

MARS ATTAC Semaine du cinéma altermondialiste

Film « La dette »+ débat

Ciné Sémaphore

20h

Jeudi 27/3

Ciné-parents film « Bien dans son corps, bien dans sa tête »et débat sur la petite enfance avec « les Berceuses à Valdegour »

CSCS Valdegour

14h

Jeudi 27/3

Mars ATTAC « Cultures en transition »+ débat avec C.Mercier, CIVAM, +++

Sémaphore

20h30

Vendredi 27/3

Concert de Clarinettes du Gard

Audit Conseil Général

18h30

Vendredi 28/3

Film-débat-concert de zaragraf !  Soirée  Solidarité Roms « Cause commune »

Sémaphore

19h30

29/30 mars

Exposition « La NAQBA, Exode et expulsion des Palestiniens en 1948

Résidence Albaric

27 Rue Jean Reboul

11 à 18h

30 mars

Film My land

A 13h Buffet »palestinien »

15h Intervention d’Amir Hassan, Palestinien de Gaza

Foyer Albaric et repas au Foyer Albaric

11h 13h et 15h

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 21:55

 

 

Source : www.toutvert.fr

 

 

 

Facture énergétique : quel mode de chauffage choisir ?

par Arthur le 23 mars 2014

 

 

Part conséquente dans le portefeuille des ménages français, le prix de l’énergie évolue à la hausse, depuis la fin du siècle dernier. Compris entre 6 et 10% des revenus d’un ménage en 2001, selon les chiffres de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), le prix de l’énergie a augmenté et représentait en 2006 entre 6 et 15% de ces revenus. Une tendance qui n’est pas prêt de s’inverser, explique l’établissement public.

ET AUSSI : Baisse de la consommation énergétique en Grande-Bretagne : victoire écologique ou recul social ?

En effet, depuis l’année 2006, le prix moyen des énergies a augmenté de 3.3% par an. La hausse devrait, hors inflation, se maintenir à 3% chaque année jusqu’en 2020, continue l’Agence.

Difficile, au vu de ces évolutions, de choisir l’énergie optimale à adopter. Afin d’y voir plus clair, l’ADEME proposait en 2013 un graphique comparant le coût des différentes énergies pour se chauffer ( en centimes d’euros TTC par Kilowatt-heure, pour le mois d’août de l’année précédente) :

  • Plaquette forestière > 2,1 c€
  • Bûche 50 > 3,7 c€
  • Granulés vrac > 5,4 c€
  • Granulés sac > 5,9 c€
  • Gaz naturel > 7,47 c€
  • Fioul domestique > 9,83 c€
  • Électricité 12 kVa (Kilovoltampère) > 13,77 c€ le kWh
  • Électricité 9 kVa > 14,02 c€ le kWh
  • Propane > 14,55 c€
  • Électricité 6 kVa > 15,06 c€ le kWh
  • Gaz butane ou pétrole > 17,89 c€

LE SAVIEZ VOUS : Qu’est ce qu’un négaWatt ?

Énergies les moins onéreuses, les plaquettes forestières, bûches 50, granulés vrac et granulés sac sont également les énergies dont le prix n’a pratiquement pas évolué depuis 2007.

Enfin, sur un autre graphique évolutif, compris entre janvier 2000 et janvier 2012, on note que l’électricité est l’énergie la plus chère, mais que son coût augmente faiblement. Notamment en comparaison avec le propane en citerne.

 

 

Source : www.toutvert.fr

 

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 21:39

 

Source : fortune.fdesouche.com

 

 

 

 

Frédéric Lordon : « Pourquoi faut-il sortir de l’euro »

 

L’économiste Frédéric Lordon publie le 26 mars prochain “La Malfaçon“, réflexion sur la manière dont la monnaie unique européenne a détruit les souverainetés populaires. Le livre le plus important avant les élections européennes.

Fut un temps où il était impossible d’émettre la moindre critique sur l’euro. La pensée économique était aussi unique que la monnaie et endormait les 324 millions de citoyens peuplant ladite zone euro. La crise de 2008, la plus longue et profonde depuis 1930, il balayé les certitudes au point que l’euro bashing serait presque devenu tendance.

Raison de plus pour être sélectif dans la critique. Celle que nous propose aujourd’hui sort justement du commun. Plutôt que de nous démontrer par a + b qu’on peut sortir de la monnaie unique, que cela ne nous coûtera pas trop cher, que les problèmes économiques du pays en seraient magiquement résolus et que cela ne tirerait pas à conséquences, il affirme au contraire, à raison, Qu’il ne s’agira pas d’un dîner de gala.

« Il faut en finir avec ces imprécations mi-débiles, mi-hallucinées qui nous promettent renfermement façon forteresse en cas d’abandon de l’euro. »

Absence de démocratie
 Si la “Malfaçon” s’avère, ce que nous postulons, être l’essai le plus important avant les élections européennes du 27 mai prochain, c’est qu’il élève le problème à son vrai niveau, celui de la politique, au sens de savoir qui gouverne la cité.

Les traités constitutifs de l’euro ont littéralement congelé la politique économique, l’ont emprisonnée dans des rets si serrés Que les peuples n’ont plus le pouvoir de choisir leur avenir, ce Qui est bien l’absence de toute démocratie. Le réquisitoire implacable de Lordon, c’est que tout ça n’est pas le fait du hasard:

« Que le peuple souverain puisse décider et réviser à sa guise, c’est ce que les puissances qui dominent la construction européenne ne veulent à aucun prix. Il ferait beau voir que le souverain décide contre les intérêts du capital. »

Faut-il le suivre jusqu’au bout?

Au centre de la “Malfaçon”, il y a l’Allemagne, purement et simplement réduite ici à l’idéologie de la Bundesbank. Or c’est pourtant d’Allemagne. de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, que nous vient l’exigence renouvelée d’un pouvoir européen réellement démocratique.

Mais la primauté supposée de la banque allemande sur le pouvoir politique permet de nier toute évolution possible de l’Europe, et donc, non seulement de prôner la sortie de l’euro, mais aussi le dé-tricotage de l’Union européenne elle-même, ce Qui est encore autre chose.

Lordon ne laisse aucune chance à une « autre Europe ». Même s’il s’en défend, le retour au « national» n’est qu’une étape, le point de passage vers un autre monde – possible, l’abolition du capitalisme, qui redeviendrait une potentialité dès lors que le peuple serait en possession du pouvoir.

On pense irrésistiblement à un « programme de transition », comme aurait dit Léon Trotski, qui amènerait par étapes la société à remettre en cause tout l’ordre social établi. Il n’est pas question de s’interdire l’utopie – à l’heure de la crise, qui le pourrait?

Notre problème à tous, c’est que tandis qu’aucune formation de la gauche ne soutient pour l’heure cette solution, à l’autre bout de l’échiquier politique, une Marine Le Pen a aussi repéré « l’ouvre-boîtes» que serait une sortie de l’euro. Non pas pour aller vers l’émancipation des travailleurs, mais pour ériger à partir de la souveraineté retrouvée un modèle d’État autoritaire et de ségrégation. Et elle a une longueur d’avance.

Marianne: Le débat que nous allons avoir n’a pas besoin de faire le procès de l’euro. Nous tenons pour acquis que la monnaie unique, telle qu’elle a été instituée, dysfonctionne, que les règles qui la gouvernent sont, comme vous l’affirmez, « intrinsèquement stupides ». Ce qui nous intéresse d’abord, c’est que vous présentez la crise comme « politique avant d’être économique »…

Frédéric Lordon : En effet. je ne situe pas l’enjeu majeur de la sortie de l’euro dans une stratégie économique de dévaluation du change mais dans une entreprise politique de restauration de la souveraineté. Dont la monnaie unique a opéré une invraisemblable destruction. Il faut d’abord y voir l’effet de l’ordolibéralisme allemand [courant libéral apparu dans les années 30] pour lequel le caractère souverain des politiques publiques est une abomination de principe, l’arbitraire et la déraison étatiques par excellence.

Sans surprise, c’est en matière de politique monétaire que cette phobie a été portée à son plus haut point. Imposée telle quelle à l’Europe par l’Allemagne, elle a conduit à un modèle Qui asservit la conduite des politiques économiques à des règles a priori, celles des traités. Mais dans « politique économique» il y a bien « politique»!

Terme qui se trouve pourtant purement et simplement annulé par réduction à une automatique de la « stabilité ». Pour faire bonne mesure, l’Allemagne, anticipant non sans raison que les règles pouvaient être violées, a obtenu que les politiques économiques soient exposées au jugement permanent des marchés de capitaux, instance disciplinaire à la puissance sans équivalent et infaillible garante du respect des normes de l’orthodoxie, le nom convenable dont s’habillent les intérêts de la rente.

Les tares économiques de cette construction sont maintenant parfaitement connues. Mais ses tares politiques sont bien pires. L’ordolibéralisme euro-allemand a eu pour effet de barrer l’essence même de la souveraineté politique. Et l’Europe présente nous oblige à répondre à cette question: acceptons-nous de vivre dans un monde d’où toute substance politique a été retirée?

A vous entendre, on a changé de régime, passant de la souveraineté au pouvoir du capital. Or, on n’a pas l’impression que les buts poursuivis par les gouvernements et les majorités différaient fondamentalement d’aujourd’hui. Le personnel politique du « monde d’avant » est toujours en place. Nous serions passés en dix ans de la lumière à l’ombre. Comment expliquez•vous ce paradoxe?

F.L. : Comme souvent,le paradoxe n’est qu’apparent. Il est tout à fait exact Que les orientations présentes de la politique économique française sont en place depuis les années 80, et, en cela, ne doivent rien à l’union monétaire, Qui les a redéployées dans son cadre propre. Mais avec une différence radicale: en leur donnant un caractère non seulement supranational mais constitutionnel!

La tare congénitale de l’euro se tient précisément ici: dans le fait d’avoir constitutionnalisé des contenus de politiques publiques, économique et monétaire en l’occurrence. Rêve néolibéral assurément, mais monstruosité scandaleuse à quiconque conserve un peu de sens aux mots de « souveraineté démocratique ».

«Le seul accélérateur de l’histoire possible serait que l’Allemagne se mette à souffrir des dégâts que ses principes infligent à toute l’Europe.»

On constitutionnalise les principes généraux de l’organisation des pouvoirs publics, ou bien des droits fondamentaux. Mais la sanctuarisation irréversible, sous la norme juridique la plus haute, donc la moins atteignable, de ce que doivent être et de ce que doivent faire les politiques publiques, c’est une infamie qui ruine jusqu’à l’idée même de modernité politique.

Il nous reste donc le loisir d’organiser à notre guise la flicaille et les Vélib’. Mais de ce qui pèse le plus lourdement sur les conditions d’existence de la population, les politiques économiques, nous ne pouvons plus discuter: les réponses sont déjà tout écrites et enfermées dans d’inaccessibles traités. C’est une monstruosité politique contre laquelle il faut redire que la démocratie consiste dans le droit irrécusable à la réversibilité, à la possibilité permanente et inconditionnelle de la remise en jeu, dans le cadre de la délibération politique ordinaire.

La montée générale des extrêmes droites n’est pas autre chose qu’une pathologie réactionnelle, qui doit tout ou presque à cette atteinte fondamentale à la conception que les collectivités poli tiques se font d’elles-mêmes comme communautés de destin souveraines.

Vous affirmez donc qu’il faut retrouver la souveraineté. Et, dites-vous,« c’est plus facile dans le cadre national, qu’au niveau européen ». Certes, mais on ne parle pas de la même échelle. Au niveau national, on récupérerait les instruments de pouvoir d’un pays de 65 millions d’habitants. Au niveau de la zone euro, de la puissance de feu de 32.4 millions d’âmes. Par exemple, un protectionnisme européen serait plus productif vis-à-vis du reste du monde qu’un protectionnisme national.

F.L. : Je soutiens en effet que la base nationale a pour rustique vertu que les structures institutionnelles et symboliques de la souveraineté y sont là, tout armées, et prêtes à être instantanément réactivées en cas de besoin. Cependant, qu’une stratégie de protectionnisme à l’échelle européenne soit plus efficace, j’en conviens sans la moindre difficulté. Mais en principe seulement.

Car, en pratique, Qui peut imaginer un seul instant qu’une Commission intoxiquée de libre-échangisme jusqu’au trognon puisse jamais vouloir une chose pareille? A moins, bien sûr, qu’il ne se produise une miraculeuse unanimité intergouvernementale pour le vouloir à sa place … Mais, si votre question est plus largement celle de la sortie « par le haut » d’un fédéralisme européen souverain, il y a malheureusement loin de l’idée générale à sa réalisation .

Certes, mais qui est réticent ? Les Allemands? Non! Ce sont les Français qui refusent constamment les propositions des Allemands pour rétablir un niveau de souveraineté au niveau européen. Jacques Chirac et Lionel Jospin ont refusé en 2000 les propositions démocratiques de Joschka Fischer. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe affirme périodiquement que l’on ne peut pas continuer à gouverner la zone euro sans le consentement des citoyens et demande un saut démocratique …

F.L. : Que l’Allemagne soit plus allante – très relativement – que la France pour se diriger vers un fédéralisme européen, ça ne m’est pas coûteux non plus de l’accorder. Mais quel fédéralisme l’Allemagne a-t-elle en tête exactement? Comment imaginer qu’elle puisse le concevoir autrement qu’en y reconduisant l’absolu sine qua non du modèle de politique économique qu’elle a imposé à l’Europe, et dont elle a fait, dès le début, la condition non négociable de toute participation?

L’idée d’un fédéralisme européen est très aimable en principe, mais ses défenseurs oublient systématiquement de s’interroger sur ses conditions de possibilité. Or on ne s’en tirera pas avec un simple bricolage institutionnel qui penserait avoir fait de la politique en posant une nouvelle chambre dotée de quelques prérogatives élargies au milieu de nulle part. Cette croyance formaliste, à laquelle le philosophe Jürgen Habermas a donné le nom de « patriotisme constitutionnel », est pour l’heure une chimère.

Car les institutions n’instituent pas leurs propres prérequis, et notamment celui qui garantit un fond de communauté tel que pourra s’appliquer une loi de la majorité européenne, à laquelle une minorité consentira à se soumettre sans avoir aussitôt envie de faire sécession.

Or, voici l’expérience de pensée à laquelle je conditionne toute idée fédéraliste européenne: l’Allemagne accepterait-elle, non seulement que soient réintégrées dans le périmètre de la délibération démocratique ordinaire toutes les matières qu’elle s’est évertuée à sanctuariser dans les traités, mais aussi d’être mise en minorité si d’aventure la démocratie européenne décidait de revenir sur l’indépendance de la banque centrale, de monétiser les déficits ou de rompre avec l’obsession anti-inflationniste?

Tant qu’on n’aura pas prouvé que la réponse à cette question peut être positive, l’idée de fédéralisme européen demeurera une abstraction politique nulle et non avenue.

La réponse est non aujourd’hui Mais les choses changent historiquement. Les Allemands bougent, certes lentement et sans entrain, mais les majorités successives outre-Rhin ont toujours fait le pas nécessaire. Rien ne dit par exemple que la Cour de Karlsruhe ne finisse pas par accepter le soutien que la BCE de Mario Draghi a apporté aux États en difficulté… Vous désespérez un peu vite.

F.L. : Comme toute société, l’Allemagne évolue et ses invariants symboliques de longue période (pas si longue d’ailleurs, tout ça ne remonte jamais qu’aux années 20) finiront évidemment par changer. en matière monétaire comme pour le reste. Mais la question est ici toute concrète: quand?

Des peuples crèvent et l’urgence est extrême. Le seul accélérateur de l’histoire possible viendrait de ce que l’Allemagne, à son tour, se mette à souffrir des dégâts que ses principes infligent à toute l’Europe. Éventualité improbable cependant, car les principes allemands sont… adéquats à l’économie allemande!

Certains critiques de l’euro affirment qu’il faut « casser l’euro pour sauver l’Europe ». Mais ce n’est pas votre propos: votre projet de monnaie commune, alternative à l’euro, exclut l’Allemagne,et de fait ses satellites : Autriche, Pays-Bas, Finlande, Belgique. Une Europe sans ces pays, ce n’est pas l’Europe …

F.L.: Oui, la monnaie commune se ferait, dans un premier temps, sans l’Allemagne ni ses satellites. Le projet européen y survivrait-il, comme à une sortie unilatérale de l’euro, d’ailleurs? Je ne sais pas et, pour tout vous dire, c’est une question que je ne trouve pas très importante. Ou plutôt Que je trouve mal posée telle quelle. Il faut en finir avec ce fétichisme européen.

Qui cherche à « faire l’Europe » sans jamais s’interroger sur les conditions de possibilité politiques de ses lubies successives. Et il faut en finir aussi avec ces imprécations, moitié débiles, moitié hallucinées, qui nous promettent l’enfermement façon forteresse et la régression obsidionale en cas d’abandon de l’euro, comme si la France d’avant l’euro, comme si les 170 nations hors Union européenne n’étaient que des Corée du Nord.

La bêtise d’une certaine éditocratie est sans fond. Il n’y a que des avantages à cesser de poursuivre des fantasmes de constructions mal conçues, pensée défectueuse qui a produit suffisamment de désastres pour qu’on s’en avise. On peut ne pas faire monnaie unique ni libre-échange sans rivage, et pourtant continuer d’approfondir tous les autres liens entre peuples. précisément en déshérence aujourd’hui: scientifiques, artistiques, éducatifs, culturels. Incroyable: il y a une vie possible entre les nations hors la circulation des marchandises et des capitaux!

Reste une question politique. Vos propositions, comme celles de Jacques Sapir, ne sont portées que par une formation en France, à l’extrême droite, dont vous dites que vous « l’exécrez ». Vous-même, vous êtes pour la sortie du capitalisme. Alors êtes-vous « l’idiot utile » du Front national, c’est-à-dire un homme aux convictions sincères mais qui fournit à d’autres les marrons à retirer du feu ? Que faire pour ne pas être récupéré?

F.L. : A part répéter que l’entreprise politique du FN m’est odieuse, rien. Ou plutôt si: refuser à toute force la démission intellectuelle et politique qui consent à se laisser dépouiller de tout euro, mais aussi critique de la finance, et même lutte des classes! – dès lors que le FN y a mis ses pattes sales. Les idiots utiles me semblent plutôt à trouver du côté des tenants de cette désertion qui a pour effet de laisser au FN le monopole et de la critique et de la défiguration de la critique.

Si mon travail a un sens politique, c’est bien celui de lui ravir ce monopole, que d’autres partis, le Front de gauche notamment, s’emparent de ces idées et nous délivrent de ce fléau où d’ailleurs l’européisme abstrait trouve désormais son premier et dernier argument. Car les alliances objectives ne sont pas toujours celles qu’on croit.

Notes:

Ordolibéralisme – École de pensée économique issue de la pensée chrétienne allemande qui postule que l’économie de marché doit s’inscrire dans un cadre normatif fixé par l’État, qui ne doit ensuite pas intervenir dans son fonctionnement. Les règles sont nécessaires et suffisantes à garantir l’ordre social. L’ordolibéralisme se distingue du libéralisme pur, qui postule le laisser faire.

Monnaie Commune – Elle se distingue de la monnaie unique en ce qu’elle permet des ajustements concertés entre les monnaies nationales qui la composent, et qu’elle sert de vecteur des échanges avec les autres économies. Elle permet aux pays membres de régler leurs compétitivités relatives par des dévaluations et d’échapper aux mouvements spéculatifs à l’intérieur de sa zone.

Jürgen Habermas – Philosophe allemand, né en 1929, pour qui un « patriotisme constitutionnel » autrement dit l’attachement à la démocratie, doit remplacer la référence à l’État-Nation dans son pays, après le nazisme.

Marianne N°883

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 18:28

 

 

Source : www.humanite.fr

 

Monde - le 22 Mars 2014

La plus grande manifestation de l'histoire récente de l'Espagne

 

 

Ce samedi à Madrid


 

Ils sont de l'avis général près de deux millions, plus disent certains médias, comme la Sexta (une chaîne de télévision nationale). Du jamais vu. Une journée historique "qui ne va pas s'achever ce 22 mars" clame le cortège. Beaucoup ont prévu de rester à Madrid et de camper. Par exemple, mille d'entre eux dans le secteur de Recoletos. Des Assemblées Générales, des opérations symboliques ("faire le siège de la Bourse", etc.) sont prévues pour lundi et les jours suivants.

L'entrée des six colonnes de marcheurs dans Madrid a eu quelque chose de très fort, de magique, nous raconte au téléphone Mari Garcia. De l'émotion partout, après souvent quatre semaines de marche, les pieds meurtris. Sur leur passage, tout au long de leur périple, la population a accueilli les marcheurs avec une solidarité forte. Les médias ont, quant à eux, organisé pendant des semaines, un blocus informatif contre les "marches de la dignité". L'immense tsunami populaire réclame le non paiement de la "dette illégale", la fin de l'austérité, du pain, un travail, un toit pour tous et veut jeter "dehors les gouvernements de la Troïka". C'est une mobilisation gagnée "à la force de nos muscles", pour Jorge Garcia Castaño, de Izquierda Unida.

Société condamnée

Ce qui frappe, c'est la diversité des revendications., et leur convergence contre "un paradigme de société condamnée: le néolibéralisme" pour un syndicaliste de l'UGT, venu à titre individuel. Au même moment, l'un des "pères de la transition", Adolfo Suarez, agonise. Le symbole n'échappe à personne. Le consensus de 1978 est bel et bien chancelant. Les syndicalistes du SAT, de la CGT, des bataillons des Commissions ouvrières présents malgré le non soutien officiel de leur organisation, scandent: "le futur ne sera pas capitaliste, il sera ouvrier et socialiste". La "place Colon" déborde. Cibeles est engorgée. Tout le centre de Madrid est congestionné, comme en attestent les images des télés alternatives.

La tribune est dressée au fond de la place. Les représentants des marches régionales s'y succèdent au micro, soulignant la "dimension historique de la journée"; pour tous: "un point de départ". Ils dénoncent "les gouvernements de la troïka", aussi bien ceux du PSOE que ceux du parti populaire qui ont instauré un "état d'exception sociale".

Avenir

Au premier rang, les travailleuses catalanes de "Panrico" en grève depuis cinq mois. La déléguée catalane dénonce la politique austéritaire du gouvernement catalan (800 000 chômeurs) et exige le droit pour tous les peuples de pouvoir décider de leur avenir. Daniel Avilés, jeune chômeur de 26 ans, marche depuis Murcia. La colonne des Asturies, chante Santa Barbara. Des milliers de drapeaux républicains, de drapeaux andalous, des bannières rouges du PCE, rouges et noires de la CNT, de chaque "autonomie", flottent. Tous scandent "Vivent les luttes de la classe ouvrière!". "Nous ne voulons pas l'aumône. Les droits ne se négocient pas". A la tête des colonnes, beaucoup d'immigrés accueillis aux cris de "aucune personne n'est illégale". L'Aragonaise Amparo Bella chante une jota politique et un hymne de Labordeta. Vingt heures.

Le leader du SAT, Diego Cañamero prend la parole, la gorge brisée. Il appelle passionnément à l'unité du peuple et invite "la gauche qui a du plomb dans ses poches, à rejoindre le raz de marée". Il appelle à "la rébellion pacifique". Il lance: "Il faut un Front Populaire". La foule lui répond par d'interminables "Sí, se puede" (Oui, on peut). C'est le slogan qui revient le plus souvent.

Le gouvernement cherche la provocation: il a déployé 1 700 agents anti-émeute et a décrété le rassemblement illégal après 21h30. Une sorte de couvre-feu. Il tente manifestement d'engager une épreuve de force. Les manifestants n'ont pas l'intention de se laisser intimider. Ils vont évacuer la Place Colon, et ceux qui restent vont rejoindre des micro-campements un peu partout dans Madrid.

Le consensus PSOE/PP

Au moment où la marche géante se disloquait à Madrid peu à peu, des groupes de jeunes se heurtaient à des charges policières d'une rare brutalité (plus de 70 blessés). Au même moment, le journal El País évaluait sur son site la participation populaire à 50 000 personnes, reprenant le "comptage" gouvernemental volontairement archi-minoré et provocateur. La trouille du peuple! Les manifestants annonçaient déjà avec humour les chiffres officiels : "de 5 à 7".
 
Le quotidien El País est depuis longtemps l'organe officieux du PSOE. Son compte rendu (sur le site du journal) de la marche est au plus haut point crapuleux. On peut lire "2 000 personnes à pied ont conflué vers Madrid". ("Les 8 marches se voudraient la métaphore d'un mal être diffus en Espagne").
 
Il se réjouit à demi-mots que les marcheurs aient des difficultés à planter leur tente du côté de Recoletos.
Le País, en ce qui le concerne, n'a aucune difficulté à planter le mensonge et la haine des mouvements sociaux, des processus de libération des peuples. Il est vrai qu'il appartient à la multinationale "socialiste" PRISA, de la famille Cebrian, aujourd'hui contrôlée par des fonds nord-américains; le groupe possédait, par exemple, en Bolivie des journaux, des radios, et avait le monopole sur l'édition des manuels scolaires. Evo Morales le pria de faire sa valise. Ce qui explique son agressivité contre la révolution bolivienne. Frappé à la caisse! La ligne éditoriale du País défend les intérêts de la multinationale PRISA et de toutes les autres.

  • A lire aussi:

"Du pain, du travail et un toit", l’Espagne marche pour la dignité

Les chroniques de Jean Ortiz

Jean Ortiz

 

 

Source : www.humanite.fr

 

 

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 18:02

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le vote sans la démocratie (et inversement)

|  Par Joseph Confavreux

 

 

Plusieurs livres interrogent le rituel du vote, pour le démonter ou l’historiciser. Là où David Graeber et David Van Reybrouck cherchent à penser une démocratie au-delà du vote, l’historien Olivier Christin se consacre aux pratiques électives d’avant le suffrage universel.

Deux auteurs stimulants, le Flamand David Van Reybrouck, qui avait signé Congo, une histoire, et l’Américain David Graeber, qui a publié Dette, 5 000 ans d’histoire (voir nos articles ici et ) s’intéressent, dans deux livres plus mineurs que leurs précédents, aux limites des processus électoraux.

 

 

Le premier signe aux éditions Actes Sud un ouvrage au titre choc, Contre les élections. Il part de son expérience belge et de l’absence de gouvernement de ce pays pendant un an et demi, dont il estime qu’elle est la manifestation du caractère primitif et obsolète des processus électoraux, pour valoriser d’autres formes de représentation et de désignation du pouvoir législatif, en particulier le tirage au sort. Avec sa plume toujours alerte et sa puissance descriptive, David Van Reybrouck reprend surtout à son compte des élaborations théoriques ou des pratiques expérimentées ici ou là.

L’idée d’une « démocratie augmentée », explorée notamment par le sociologue Yves Sintomer (voir notre entretien à ce sujet), auteur d’une Petite Histoire de l'expérimentation démocratique. Tirage au sort et politique d'Athènes à nos jours, aux éditions La Découverte, reposerait sur deux piliers principaux. D’une part, la mise en place de processus participatifs susceptibles de régénérer une démocratie représentative épuisée. De l’autre, un renouvellement du rituel électoral, par exemple par le panachage ou la pondération des suffrages.

Dans cette perspective, le tirage au sort prôné par David Van Reybrouck prendrait du sens, même sans convoquer la mythologie athénienne, souvent présentée comme un parangon disparu de la véritable démocratie, en oubliant trop souvent que les femmes, les métèques et les esclaves étaient exclus du système mis en place sous Périclès. Pour Van Reybrouck, le tirage au sort permettrait en effet aux personnes appelées ainsi à représenter le peuple de ne pas avoir besoin d’aller régulièrement à la pêche électorale, et tout ce que cela suppose comme mesures démagogiques, alliances contre-nature ou obstination mortifère de la prochaine échéance électorale…

 

 

Quant au second, qui se définit comme un anthropologue anarchiste et a été l'une des figures du mouvement Occupy Wall Street revendiquant une « démocratie réelle », il publie aux éditions du Bord de l’eau, La Démocratie aux marges. Un plaidoyer pour les pratiques de discussions et de consensus repérables dans des communautés aussi variées que l’Islande du Moyen Âge, les bateaux pirates, les « institutions fédérales iroquoises » d’avant la Constitution américaine ou les « communautés des frontières » de Madagascar…

David Graeber conteste ainsi avec pertinence l’idée que l’Occident aurait le monopole de la démocratie, comme celle que la république libérale fondée sur la règle majoritaire aurait brisé les fonctionnements aristocratiques ou oligarchiques des sociétés occidentales. Il est moins convaincant lorsqu’il érige en modèles démocratiques alternatifs certaines organisations comme les mondes pirates, où pouvaient certes exister des formes de transversalité mais où le pouvoir était entièrement masculin et dont « l’économie » était fondée sur une prédation qui ne visait pas que les riches…

Ou bien lorsque son souci de la décision par consensus, développée dans les pratiques altermondialistes du début du XXIe siècle ou les milieux anarchistes ibériques au début du XXe siècle, l’amène à évacuer la nécessaire organisation du dissensus et de la conflictualité qui doit pourtant se trouver au cœur du régime et du projet démocratique, comme le montrait récemment l’historien Patrick Boucheron à partir de l’exemple de la Sienne médiévale (voir notre entretien à ce sujet).

L’ouvrage de David Van Reybrouck fait référence aux travaux de Bernard Manin, de Pierre Rosanvallon, de Loïc Blondiaux ou d’Yves Sintomer. Et des personnes comme Francesca Poletta aux États-Unis ou, plus récemment, Jérôme Baschet sur l’expérience zapatiste, ont été plus précises que David Graeber sur l’exigence de consensus dans les procédures de décision collective.

 

 

Les deux ouvrages valent donc moins par ce qu’ils amènent de véritablement inédit que par leur écriture vive et ce qu’ils manifestent d’un sentiment de plus en plus partagé d’épuisement des démocraties représentatives actuelles. Non seulement, elles n’ont pas réussi à convertir l’égalité électorale conquise avec le suffrage universel en égalité réelle, bien au contraire, comme l’ont montré notamment Thomas Piketty ou Pierre Rosanvallon. Mais, en outre, le respect des formes démocratiques et des échéanciers électoraux n’empêche par une distance croissante entre les représentés et les représentants, qui sont de moins en moins représentatifs, sociologiquement, des sociétés qu’ils sont chargés d’incarner. Aux États-Unis, la moitié des élus du Congrès sont ainsi millionnaires…

D’où un embarras croissant vis-à-vis de processus électoraux devenus des conditions nécessaires, mais non suffisantes, de la démocratie, voire, selon certains, des obstacles à celle-ci, lorsqu’ils donnent l’onction des urnes à des inégalités plus qu’ils ne les combattent. Un embarras qui peut rapidement devenir un boomerang politique dévastateur.

Face à des élections qui recueillent des scores d’abstention considérables tout en incarnant pourtant l’alpha et l’oméga de la politique des démocraties libérales, Vladimir Poutine a, par exemple, beau jeu de brandir un référendum jugé « illégal » par les Occidentaux, mais qui aurait rassemblé 86 % de votants et près de 97 % d’opinions favorables pour le rattachement de la Crimée à la Russie.  

Bulletins, ballottes et billets

 

 

Devant cette crise des suffrages, là où les deux David concluent à l’élaboration nécessaire d’une démocratie au-delà, voire sans, le vote, l’historien Olivier Christin s’intéresse, lui, au vote sans la démocratie. Ce professeur d’histoire moderne publie en effet au Seuil un ouvrage intitulé Vox populi. Une histoire du vote avant le suffrage universel, qui explore les pratiques électives qui ont existé bien avant la Révolution française, avant que le vote ne devienne synonyme de république et de démocratie. 

L’ouvrage s’oppose à « la confiscation libérale de l’histoire du vote » et au « mélange d’anachronisme tranquille et d’ethnocentrisme heureux », qui mènerait en ligne droite de la démocratie athénienne à la démocratie occidentale, en exaltant nos fonctionnements contemporains.

Olivier Christin propose plutôt « une archéologie des pratiques électives en Occident, avant que ne s’installent au cours du XVIIIe siècle à la fois les systèmes représentatifs modernes et la conviction que la volonté collective n’est jamais si bien déterminée que par l’agrégat des préférences individuelles à travers des opérations de vote libres et équitables dans lesquelles toutes les voix se valent et peuvent être additionnées ».

La force du livre est de quitter le domaine de la théorie politique, à laquelle a souvent été cantonnée l’étude des généalogies de la république et de la démocratie aux époques médiévale et moderne, pour pénétrer des lieux concrets et improbables où se déroulèrent des votes et des élections : « des couvents obscurs, des chapitres cathédraux allemands, des universités provinciales, des villes et des villages, parfois des bouts du monde où l’on demande à de simples paysans de se prononcer sur des questions religieuses et politiques d’une rare complexité, des diètes et des académies… »

En privilégiant l’examen des pratiques électives ordinaires entre le Moyen Âge central et les révolutions de la fin du XVIIIe siècle, Olivier Christin restitue un temps non démocratique, mais suggestif, « où l’on pesait les voix plus qu’on les comptait car il était évident pour tous que la voix d’un noble ou d’un archevêque ne valait pas celle d’un bourgeois ou d’un abbé ; où le meilleur moyen d’être certain que le choix d’une assemblée était le bon était de suivre les indications de l’Esprit saint ; où l’on pensait que les plus modestes et les plus faibles étaient mieux protégés des pressions et des cabales en donnant leur vote publiquement et à haute voix que par bulletin secret ; où l’on reconnaissait au tirage au sort de grands mérites dans la répartition des charges et des responsabilités et au fond des qualités dont les élections étaient dépourvues ».

À l’époque, « bulletins, billets, ballottes, mains levées, acclamations, paroles à haute voix ou noms glissés à l’oreille des scrutateurs ou des secrétaires restent donc, sauf exceptions, des modes concurrents et parfois concomitants de la décision collective légitime jusqu’au début du XVIIIe siècle tout au moins », écrit l’historien.

Olivier Christin ne cherche pas à dresser des parallèles entre hier et maintenant, mais son travail éclaire la complexité des processus électifs et tout ce qui peut se nouer comme adhésion ou conflictualité autour du vote, dans sa matérialité comme dans ses principes. On découvre ainsi avec lui que « les évolutions de la période moderne sont loin de se résumer au triomphe progressif du bulletin sur le vote à haute voix », comme on assiste à « l’impulsion nouvelle que donne l’introduction des ballottes et des billets aux préoccupations de comptabilisation exacte des suffrages, par exemple lors de l’opération essentielle qui vise à comparer le nombre de votants et le nombre de bulletins ». Une impulsion qui « transforme, à l’évidence, la façon de penser ce que sont une majorité ou une instance représentative ». On comprend alors – question très actuelle – à quel point les dispositifs de vote portent en eux une vision politique de la représentation dont ils sont à la fois l’émanation et l’incarnation.

Certaines des grandes questions soulevées par ce terrain historique ancien sont passionnantes en elles-mêmes, sans résonner avec nos élections contemporaines, en particulier la question, en ce temps décisive, de la conciliation entre le choix des hommes et la volonté de Dieu. Une des « solutions » pour ajuster « une définition religieuse des pouvoirs civils et l’exigence d’un gouvernement d’hommes pieux à la réalité institutionnelle de l’élection et de son cortège de compromis, de compromissions, de contestations, voire de tumultes », consiste en un jeu sur le double sens du mot latin eligere qui signifie à la fois désigner, choisir, trier ou arracher.

« Le vrai magistrat chrétien est ainsi arraché à sa condition ordinaire par son élection, désigné, trié, mis à part ; il est doublement élu, par les hommes, bien sûr, mais surtout par Dieu lui-même qui l’appelle et le distingue », explique Olivier Christin. 

Les limites de la règle majoritaire

Même lorsque certaines pratiques étudiées par l’historien peuvent faire écho à nos dispositifs contemporains, il est toutefois impossible d’enjamber la coupure du XVIIIe siècle. Pour Olivier Christin, il suffit de « comparer quelques-unes des images des diètes, des états-généraux, des Tagzatzungen suisses ou des assemblées générales du clergé de France avec les assemblées de la Révolution et du XIXe siècle et surtout de mettre en regard la disposition des lieux dans les deux cas pour comprendre d’emblée l’ampleur de ce qui sépare les institutions représentatives démocratiques des corps d’Ancien Régime ».

 

Les États-généraux se réunissent le 5 mai 1789 à Versailles, dans la salle de l'hôtel des Menus-Plaisirs. 
Les États-généraux se réunissent le 5 mai 1789 à Versailles, dans la salle de l'hôtel des Menus-Plaisirs.

 

En effet, que ce soit sous la forme du cercle ou de l’hémicycle, il s’agit alors de mettre les « représentants en situation d’égalité », au contraire des dispositifs d’Ancien Régime. Pour l’historien, contrairement à ce que raconte encore une certaine historiographie, l’architecture réelle et intellectuelle des diètes ou corporations électives de la société médiévale et moderne ne préfigure donc pas nos assemblées contemporaines. Car ces « institutions d’Ancien Régime se soucient au fond assez peu de refléter exactement les positions et les préférences des citoyens et des électeurs, de leur offrir une juste répartition des charges ».

Pour autant, selon Olivier Christin, la reconnaissance de cette coupure, issue des révolutions française et américaine, ne doit pas conduire à avaliser le grand récit linéaire et sans tache d’une démocratie représentative bâtissant au fur et à mesure sa légitimité sur le vote majoritaire, en rejetant dans les ténèbres des formes électives qui cherchaient davantage à faire l’unanimité, caractéristique de sociétés plus soucieuses « de préserver leur unité et d’écarter les risques de conflits, de schismes et de sécession et non de donner aux individus une pleine reconnaissance de leurs droits politiques ».

En effet, s’il est exact que « la règle majoritaire et le bulletin de vote accélèrent le rythme de la vie politique », pour l’historien, « tout indique que ce temps-là est clos ». Selon lui, « nous ne pouvons plus raconter l’histoire de la décision politique de manière aussi linéaire et sur le mode d’un élargissement continuel de la participation des individus à la chose publique, par exemple à travers l’extension du droit de vote à de nouvelles catégories de citoyens (les pauvres, puis les femmes, puis les étrangers communautaires dans certaines circonstances), ni tenir le triomphe de la règle majoritaire pour un acquis irréversible ou un socle de la démocratie que personne ne songe sérieusement à contester puisqu’en mettant toutes les voix à égalité cette règle semblait être une des conditions de l’individualisme démocratique. »

De plus en plus de voix s’élèvent en effet aujourd’hui pour combattre la « tyrannie majoritaire » et préserver les droits de la minorité, d’autant qu’il existe des espaces où la règle majoritaire serait à la fois inutile et dangereuse pour, par exemple « déterminer les programmes de télévision ou les menus de cantine scolaire par des votes à la majorité : les évènements sportifs et les nuggets de poulet chasseraient sans doute les soirées théâtrales et les légumes verts ».

Pour Olivier Christin, nous vivons donc un moment de transformation profond, si « profond qu’il nous oblige en fait à nous défier du confort intellectuel des associations trop faciles et un peu paresseuses que l’on pouvait établir entre règle majoritaire, scrutin secret et pacification des conflits politiques ». Mais aussi à se méfier des « biais d’une approche exclusivement technique des pratiques et des règles électorales, décrites comme des solutions ou des outils dont on pourrait comparer les mérites et les défauts à travers les âges sans tenir compte des sociétés dans lesquelles elles fonctionnent et qu’elles contribuent à façonner ».

Cette réalité, issue d’une enquête sur des mondes éloignés dans l’histoire, a des conséquences pour un présent qui voudrait répondre à la crise démocratique incarnée par la perte de sens croissante des processus électoraux. « La longue progression de la décision majoritaire et du vote secret, écrit Olivier Christin, a bien produit des effets spécifiques d’autonomisation d’une sphère de la politique, de formation d’une classe d’agents dont c’est la profession que d’y agir, d’accélération de la construction de la volonté collective, mais aussi d’atomisation des citoyens et de désengagement, de défiance à l’égard de la classe politique et de désillusion, qui ne sont ni incompréhensibles, ni évitables. »

Et l’historien de conclure : « débattre des correctifs ou des changements qu’il faut éventuellement apporter aux modes de détermination de la volonté collective, de désignation de la représentation nationale ou de distribution des tâches associées à celles-ci ne peut donc pas se résumer à un débat technique », ni rester le monopole de ceux qui, « participant déjà à l’exercice du pouvoir ou à la fabrication des outils de légitimation de celui-ci, entendent rester maîtres de la fixation des règles du jeu en proposant ici l’introduction d’une part de proportionnelle ou la création d’un droit d’initiative populaire sous une forme ou une autre, là l’introduction de l’obligation de la parité, sexuelle par exemple, pour corriger le biais du vote majoritaire uninominal, ou encore le retour du tirage au sort… »

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 17:31

 

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Les Américains s'attaquent à l'oligarchie poutinienne

|  Par Agathe Duparc

 

 

 

Afin de faire plier Moscou sur la Crimée, les États-Unis étendent leurs sanctions à vingt personnalités russes et une banque. La garde rapprochée du président Poutine est visée, dont le milliardaire Guennadi Timtchenko qui vient de revendre toutes les parts de son empire Gunvor.

Les Européens hésitent encore, mais Barak Obama, lui, l’a fait. Après une première salve de sanctions où figuraient essentiellement des seconds couteaux, le département du Trésor américain s’est attaqué, jeudi 20 mars, à l’entourage proche de Vladimir Poutine. Sur la nouvelle liste figurent 20 personnes : des officiels, mais également des figures de premier plan, anciens camarades du président devenus milliardaires, comme le magnat du pétrole Guennadi Timtchenko (voir ici la liste). Plusieurs d'entre eux sont, depuis des années, soupçonnés d’avoir permis au leader russe de s’enrichir personnellement (voir notre enquête sur les milliards de Poutine). Les éventuels biens ou actifs qu'ils détiennent aux États-Unis devront être bloqués, et ils ne pourront plus se rendre Outre-Atlantique.

Une seule entité juridique figure sur la liste : la banque Rossia qui, de petit établissement saint-pétersbourgeois, s’est transformée sous la présidence de Poutine en une structure de premier plan. 

Washington a procédé méticuleusement. Chaque personne a droit à une petite biographie plus ou moins détaillée. Outre quelques conseillers, députés et sénateurs qui ont joué un rôle dans la crise ukrainienne, c'est bien le cercle rapproché de Poutine qui est visé.

À commencer par les anciens collègues du KGB dont Sergeï Ivanov, le chef de l’administration présidentielle, ancien de la 1re Direction (services extérieurs) qui fit la connaissance de Poutine en 1975, et son homonyme Viktor Ivanov le directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSNK) et membre du conseil de sécurité, un ancien lieutenant général du KGB qui a combattu en Afghanistan.

 

Vladimir Poutine et Sergeï Ivanov 
Vladimir Poutine et Sergeï Ivanov © Reuters

Jeudi soir sur Interfax, Dmitri Peskov, l’attaché de presse du Kremlin, ironisait sur l’« interdiction » faite à Sergeï Ivanov de voyager aux États-Unis. Ce dernier aurait ainsi appris la nouvelle « avec humour ». « Étant donné ses activités au sein des services d’espionnage, il est déjà frappé d'une interdiction d’entrée dans la majorité des pays occidentaux. C’est une situation à laquelle il est parfaitement habitué », expliquait-il.

On ne peut pas en dire autant des membres de la coopérative Ozero. En 1996, six camarades de Saint-Pétersbourg, dont Vladimir Poutine, ont créé cette structure en vue de se faire construire des datchas sur les bords du lac de Komsomolskoye, dans la région de Leningrad. Tous ont connu des carrières accélérées et se sont enrichis. Trois d’entre eux figurent désormais sur la liste noire des Américains : Andreï Fursenko, ministre de l’éducation et des sciences de 2004 à 2012 et actuel conseiller au Kremlin ; Vladimir Iakounine, P-DG de l'entreprise publique RJD, les chemins de fer russes, qui a supervisé de nombreuses constructions lors des jeux Olympiques de Sotchi, et enfin Iouri Kovaltchouk, actionnaire majoritaire de la banque Rossia et patron de la holding de presse National Media Group.  

Dans son communiqué, le Trésor américain affirme que M. Kovaltchouk est « le banquier personnel de nombreux officiels russes de premier plan, y compris Poutine », une information dont plusieurs médias russes se sont fait l'écho ces dernières années. La banque Rossiaavec 10 milliards d’actifs, « a de nombreuses relations avec des établissement aux États-Unis, en Europe et ailleurs. Elle fournit une large gamme de services à des particuliers et à des entreprises, dans les secteurs du gaz et de l’énergie »,poursuit le texte. Dès 2004, Rossia a pu récupérer certains actifs de Gazprom dont 50 % de Sogazl’une des plus grandes compagnies d’assurances russes, à un prix particulièrement bas. 

Sans grande surprise, dans la liste américaine ne figurent ni Alexei Miller, le directeur général du groupe Gazprom, ni Igor Setchine, le président du conseil d’administration du géant pétrolier Rosnfet, l’un des hommes les plus proches de Vladimir Poutine. Washington n’a semble-t-il pas pris le risque de s’attaquer à de tels poids lourds. 

Washington n'a en revanche pas hésité à frapper au cœur même de l’oligarchie poutinienne. Les frères Arcadi et Boris Rotenberg, amis d’enfance du président et partenaires de judo, sont visés. Ils sont copropriétaires du groupe Stroygazmontazhsoit six sociétés de construction, spécialisées dans les pipe-lines et gazoducs, et dont le principal client est Gazprom – ils pèsent respectivement 4 milliards et 1,7 milliard de dollars selon Forbes. « Les Rotenberg ont reçu environ 7 milliards de dollars de contrats pour les jeux Olympiques de Sotchi, et leur fortune a augmenté de 2,5 milliards au cours des deux dernières années », indique le communiqué de presse américain (voir ici la carte de la corruption à Sotchi réalisé par Alexeï Navalny).

Autre coup de force des Américains : l'inscription sur la liste de Guennadi Timtchenko, le fondateur du groupe de négoce pétrolier Gunvor dont le patrimoine atteint 14,1 milliards de dollars. Depuis des années, ce Russo-Finlandais, installé à Genève, s’acharne à nier tout lien entre ses étourdissants succès dans le pétrole et maintenant le gaz, et son amitié de longue date avec Vladimir Poutine. « Les activités de Timtchenko dans le secteur de l’énergie ont été directement liées à Poutine. Poutine détient des investissement dans Gunvor et a accès aux fonds de Gunvor », écrit le département du Trésor américain, sans que l'on sache si cette affirmation est le condensé d'informations publiées ces dernières années dans différents médias, ou au contraire s'appuie sur des éléments dont personne n'a encore eu connaissance. 


 

Guennadi Timtchenko  
Guennadi Timtchenko © CCIFR

La structure du groupe Gunvor est particulièrement opaque : une holding enregistrée aux Pays-Bas – Gunvor International BV –, détenue par une offshore, Gunvor Cyprus Holding Ltd. Depuis avril 2007, cette compagnie chypriote mène à une autre structure enregistrée dans les îles Vierges britanniques (BVI), nommée EIS Clearwater Advisors Corp. Personne n'a jusqu'ici pu démontrer que le président Poutine  détenait des intérêts dans le groupe. 

Créée en 1997, Gunvor a connu une ascension fulgurante au milieu des années 2000, devenu l’un des traders favoris du géant Rosneft. Aujourd’hui le groupe s’est diversifié avec un chiffre d’affaires de 93 milliards de dollars en 2012. Outre le commerce de pétrole russe, il vend aussi du gaz, du charbon et du LNG (liquefied natural gas), et est implanté dans le monde entier : en Afrique, en Asie et... aux États-Unis.

Le risque de voir les actifs de Gunvor saisis était donc très important. Un scénario que M. Timtchenko a anticipé. Coup de théâtre : jeudi soir, Gunvor a annoncé dans un bref communiqué que le milliardaire, jusqu’ici actionnaire à 43 % aux côtés de son partenaire finlandais Torbjörn Tornqvist qui détient aussi 43 %, avait cédé sa part à ce dernier qui se retrouve ainsi à la tête de 87 %. Le reste étant porté par un fond de pension au profit des employés senior du groupe. 

Interrogé par le quotidien des affaires Vedomostiun représentant de Volga Group (la compagnie de Guennadi Timtchenko qui, elle, ne détient pas d’actifs ni de biens aux États-Unis) a expliqué que cette transaction avait été décidée depuis longtemps, mais que la menace de sanctions avait simplement « accéléré le processus »Quant aux affirmations des Américains sur les liens entre Gunvor et Poutine, elles ont été qualifiées de « totalement inventées, loin de la réalité » et « purement spéculatives ».


Le twitt de Gunvor 
Le twitt de Gunvor

En Europe et en particulier en Suisse, Guennadi Timtchenko est devenu une figure respectée et dont on imagine mal qu’elle puisse figurer ultérieurement sur une liste de sanctions.

En France, le milliardaire préside le conseil économique de la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe (CCIFR). Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur le 4 juillet 2013. « C’est une reconnaissance par la France du travail de Guennadi Timtchenko en tant que président du Conseil économique des entreprises françaises et russes et des liens économiques forts qu’il a su tisser avec l’entreprise Total. La communauté d’affaires française en Russie est très fière et heureuse de cette reconnaissance », avait alors déclaré Emmanuel Quidet, président de la CCIFR.

L’ancien actionnaire de Gunvor a lancé un grand projet avec le musée du Louvre pour mettre en place des galeries permanentes où seront exposées des œuvres d’art russe.

À Genève, où il paye ses impôts avec un système de forfait fiscal, Guennadi Timtchenko est également perçu comme un grand mécène. Sa fondation Neva – dont sa femme Elena et sa fille s’occupent également – promeut et finance de nombreux projets dans le domaine de la culture, la science, le sport et l’éducation, dont un festival de films tout juste créé et un journal en langue russe Nacha Gazeta. Elle subventionne aussi certaines institutions, comme le Grand Théâtre.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 17:11

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

En Espagne, le mouvement social donne des raisons d'espérer

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Madrid contre l'austérité. L'Espagne d'aujourd'hui exécute un grand écart difficile à tenir : bloquée sur le plan institutionnel, avec une droite réactionnaire au pouvoir, mais bouillonnante dans les mouvements et dans les marges.

Madrid a renoué samedi avec les mobilisations des grands jours, de l'ampleur de celles qui avaient paralysé le pays en 2011 et 2012. Des dizaines de milliers de manifestants ont dénoncé les politiques d'austérité menées par le gouvernement de Mariano Rajoy (parti populaire, droite), et réclamé des solutions pour les six millions de chômeurs espagnols. « Moins de corruption, plus d'éducation », « Sauvons les personnes, pas les banques », « Non au paiement de la dette » ou encore « Ma fille serait venue, mais elle a émigré », sont certains des slogans vus dans les rues de la capitale.

La mobilisation marquait l'aboutissement des six « marches de la dignité » parties, depuis près d'un mois pour certaines, de Catalogne, d'Andalousie ou d'Estrémadure. Elle s'est terminée par de violents incidents dans la soirée, qui ont fait au moins 101 blessés (67 policiers, 34 manifestants, selon les sources officielles). Avec ce défilé monstre du « 22-M » (pour 22 mars), ceux qui répètent depuis des mois que les mouvements « indignés » surgis en 2011 n'ont « rien donné » trouveront sans doute matière à réfléchir.

Tout se passe comme si, sous l'effet de la crise, l'Espagne de 2014 dessinait un grand écart – dont on se demande jusqu'à quand elle pourra le tenir : bloquée sur le plan institutionnel, ultra-dominée par le parti populaire (au pouvoir à Madrid et dans la majorité des régions du pays), mais bouillonnante dans ses mouvements et ses marges, où se fabrique un peu de cette « micropolitique » qu'appelait de ses vœux, en 2011, le Belge David Vercauteren.

 

Une des artères de Madrid, samedi 22 mars © Reuters. 
Une des artères de Madrid, samedi 22 mars © Reuters.

Si l'on s'en tient aux grands titres de la presse, le paysage espagnol est sinistre. Les deux principaux chantiers législatifs, poussés par le PP, ont de quoi déprimer. L'un propose de supprimer le droit à l'avortement et vient de passer une étape décisive en février, pour une adoption possible à la sortie de l'été. Moins médiatisé en France, le projet de « loi de sécurité citoyenne » vise, lui, à limiter le droit à manifester.

Ce texte prévoit une batterie d'amendes significatives, à l'encontre de ceux qui « disposeraient des éléments qui empêcheraient la libre-circulation des véhicules et des personnes », ou encore qui « filmeraient ou diffuseraient des images de policiers qui menaceraient leur sécurité ». Qu'importent les réactions de la communauté internationale ou l'opposition de la gauche, les deux textes devraient aboutir dans l'année.

Toujours sur le plan institutionnel, le pays connaît un vide politique vertigineux. Les socialistes du PSOE, dans l'opposition, sont favoris des élections européennes de mai, mais continuent de payer les frais de leur politique d'austérité des dernières années Zapatero. Au pouvoir, le PP, déstabilisé par une avalanche d'affaires politico-financières (par exemple ici, avec le scandale Barcenas), joue avec le feu en combinant sa politique de rigueur, à des lois de régression sociale. Les deux partis qui ont assumé la transition politique, dans les années 80, sont à bout de souffle.

Mais leur déconfiture ne s'accompagne pas d'un renouveau de l'offre politique. Les deux collectifs qui devraient profiter de la situation, lors du scrutin de mai, ne sont pas exactement de nouveaux venus : les écolo-communistes de Izquierda Unida (IU), qui pourraient tripler leur score par rapport au scrutin de 2009, et les centristes d'UPyD emmené par l'ex-socialiste Rosa Diez. Le parti X, lancé par une frange des « indignés » de 2011, n'a pas décollé. Les performances de la jeune formation verte Equo restent confidentielles. Il faudra suivre ce que donne l'initiative « Podemos » (« Nous pouvons »), qui veut mettre sur pied des primaires citoyennes, pour fédérer les candidatures de gauche, et « transformer l'indignation en changement politique ».

Mais l'essentiel, en Espagne, se passe ailleurs. Sur les places, dans les quartiers, dans les rues, dans la droite ligne de l'occupation de la place Puerta del Sol en 2011. Si l'épisode des grèves générales massives de 2012 est une affaire classée, d'autres formes de protester se sont imposées.

Les « marées », ces plateformes de mobilisation thématiques contre la politique d'austérité, organisées selon des règles de démocratie directe, mêlant associations de quartier et relais syndicaux, continuent de s'étendre. Et certaines gagnent des batailles – un événement plutôt rare, ces jours-ci en Europe, pour un mouvement social… Après 14 mois de mobilisation, les professionnels de santé de la région de Madrid (la « marée blanche ») ont obtenu le retrait d'un vaste projet de privatisation d'une partie des hôpitaux publics (lire ici).

Plus réjouissant encore, à l'échelle du pays tout entier, la « PAH » continue d'engranger les victoires sur le front du logement. Cette association d'aide aux victimes de prêts hypothécaires, formée peu après l'explosion de la bulle immobilière, fédère les luttes locales, aux quatre coins de l'Espagne, contre les expulsions des ménages piégés par la crise, et connaît un succès impressionnant (lire notre reportage publié en 2012 sur une mobilisation anti-expulsion). Le collectif tente d'en finir avec cette contradiction écœurante : les expulsions se poursuivent à un rythme soutenu (plus de 35 000 familles endettées ont perdu leur logement sur les seuls six premiers mois de 2013), alors que l'Espagne est le pays d'Europe qui compte le plus grand nombre de logements vides (pas moins de 3,4 millions). À la tête de la PAH, la Catalane Ada Colau est devenue l'une des figures de cette ébullition espagnole, qui refuse de se résigner, face au blocage des partis politiques installés. Son slogan – « Si se puede » (C'est possible) – a été repris par la plupart des mouvements.

Au-delà de ces succès assez spectaculaires, des signes plus discrets confirment un dynamisme qui tranche avec une certaine résignation française. À l'ombre de la crise des géants de la presse papier (lire notre enquête sur le groupe Prisa qui publie El País), de nouveaux médias se créent – La Marea, un mensuel organisé sous forme de coopérative et financé par les abonnements de ses lecteurs, le site d'enquête indépendant InfoLibre (partenaire de Mediapart, et dont on peut retrouver des articles traduits en français ici) ou encore celui d'El Diario. Ce dernier publie également de très stimulants trimestriels thématiques vendus en kiosque, au croisement de l'investigation et de la sociologie politique, sans équivalent en France (on pense à ce numéro entièrement consacré à disséquer les courriers électroniques de l'ex-patron de la banque Caja Madrid, révélateurs saisissants de l'imbrication des intérêts politiques et financiers en Espagne, qui constitue l'un des méfaits à l'origine de la crise).

En parallèle, de nouveaux concepts intellectuels circulent, pour s'attaquer au legs du franquisme dans la démocratie espagnole d'aujourd'hui. Comme celui de « culture de transition » (« la CT »), qui irrigue nombre de textes, publications et mouvements des derniers mois, en référence, précisément, à cette culture politique officielle, née de la transition vers la démocratie, au début des années 80, et dont l'Espagne devrait pour de bon se défaire, si elle prétend à sortir, pour de bon, de la crise en cours. C'est un signe, parmi d'autres, de la porosité entre mouvements sociaux et milieux intellectuels.

Autre manière de revisiter les ratés de la jeune démocratie espagnole, un film stupéfiant est à l'écran, ces jours-ci à Madrid, dans la salle consacrée à la « non-fiction » du centre culturel Matadero (ça existe, en France, une salle de cinéma exclusivement pour les documentaires et le cinéma expérimental ?) : El futuro reconstitue une fête, dans une maison quelque part en Espagne, en 1982. Le parti socialiste vient de remporter les élections générales (le film s'ouvre sans le dire sur le discours de victoire de Felipe Gonzalez en 1982). La tentative d'un coup d'État en 1981 n'est plus qu'un mauvais souvenir, tout comme les années de la dictature de Franco. On est heureux, on y croit, aux promesses du PSOE d'alors. Le futur s'annonce radieux. Sauf que le spectateur de 2014 qui observe la fête, lui, connaît la suite : les erreurs et l'effondrement.

Son réalisateur, Luis Lopez Carrasco, travaille cette matière passionnante – la déception en politique, le rétrécissement des possibles. Et prouve, en quelques scènes de reconstitution historique a priori banales (une fête chez un couple), qu'il a tout compris à l'ampleur de la crise en cours en Espagne. El Futuro, montré au festival de Locarno l'an dernier, et dont on ne désespère pas qu'il sorte un jour en salles en France, est l'un des antidotes les plus efficaces au marasme ambiant en Espagne.

 

 

 

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 20:36

 

Source : www.lemonde.fr

 

Les militants étrangers de Greenpeace reconduits hors de France

Le Monde.fr | 21.03.2014 à 12h48 • Mis à jour le 21.03.2014 à 12h49 | Par Rémi Barroux

 
 

 

Des militants de Greenpeace s'introduisent dans la centrale nucléaire de Fessenheim le 18 mars au matin.

 

C'est une mesure exceptionnelle prise par la préfecture du Haut-Rhin. Des arrêtés ont été signés en urgence, mercredi 19 mars, pour expulser du territoire français les militants étrangers de Greenpeace qui, avec trois Français, sont entrés sur le site de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, mardi au petit matin.

Sur les 56 activistes antinucléaires interpellés, quarante-sept Européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Hongrie, Italie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Slovénie, Suède, Suisse) se sont vus signifier un arrêté « portant obligation de quitter le territoire français », un « OQTF » dans le jargon administratif. Six ressortissants de trois pays non européens (Australie, Israël, Turquie) ont vu cet OQTF complété par une interdiction « de retour en France pendant une durée de deux ans ». « Cette décision est rarissime ; pour la prendre, il faut que la personne représente une menace extrême, comme un terroriste, s'indigne l'avocat de l'ONG, Alexandre Faro. Ce genre de mesure est utilisée d'ordinaire utilisée contre des gens contre lesquels les autorités n'ont  pris aucune décision judiciaire. On ne peut les mettre en prison. Il s'agit juste de les éloigner. L'administratif se substitue au judiciaire. »

 

« MESURES D'ÉLOIGNEMENT IMMÉDIAT »
 

 Le motif invoqué dans les arrêtés stipule que l'« acte de malveillance a été de nature à porter atteinte à la sécurité publique ; que dès lors, par leur nature et leur gravité, cet acte est de nature à troubler d'une manière actuelle, réelle et grave l'ordre public en France, dont la préservation constitue un intérêt fondamental de la société ».

En attendant le renforcement annoncé de la législationsur les sites nucléaires français, par l'élaboration d'un nouveau statut des centrales et la définition d'un nouvel arsenal juridique avec des peines plus lourdes,  les actions des militants de Greenpeace sont encadrées par des décisions administratives de plus en plus sévères. « J'ai considéré qu'il était de ma responsabilité de prendre ces arrêtés, compte tenu du trouble grave et qu'il fallait prendre ces mesures d'éloignement immédiat, a expliqué au Monde, le préfet Vincent Bouvier. Il y a le temps du judiciaire, la convocation devant le tribunal décidée par le juge, mais il fallait une décision administrative, une trace aussi de l'action de ces militants. »

 Cette mesure d'interdiction du territoire et d'injonction à quitter la France n'a jamais été prise par l'administration dans le cadre des nombreuses actions de Greenpeace contre les centrales nucléaires françaises, qui font pourtant systématiquement appel à des militants étrangers – elles nécessitent le recours à de nombreux grimpeurs, voire à des pilotes d'ULM, qui ne sont pas toujours disponibles au niveau national. « C'est une première dans le cadre de Greenpeace, mais cette mesure pour risque de troubles à l'ordre public a déjà été prise, avec un arrêté d'expulsion, par le ministre de l'intérieur à la veille de matchs de la Coupe du monde en 1998, contre des hooligans, anglais en particulier », précise-t-on au ministère de l'intérieur.

 

 CADRE LÉGISLATIF PLUS RÉPRESSIF

Outre les OQTF signées mercredi, le préfet du Haut-Rhin a pris aussi des mesures d'interdiction de circulation temporaire pour trouble à l'ordre public, sur une petite île située en face de la centrale de Fessenheim. Greenpeace a fait naviguer, à 10 h, six zodiacs sur le Grand Canal d'Alsace qui alimente en eau la centrale, puis en début de soirée a projeté des images sur les murs des bâtiments pour dénoncer la « dangerosité du nucléaire« . « La projection a été interrompue, les militants, venus avec deux camionnettes, ont été interpellés puis relâchés après contrôle d'identité », a précisé M. Bouvier.

La préfecture indique que les décisions ont été prises en lien avec le ministère de l'intérieur. « La crise d'ordre public se gère aussi au plus près avec la direction d'EDF et celle de la centrale visée », indique M. Bouvier. Pour Greenpeace, c'est la preuve qu'EDF et le gouvernement sont « complices » dans la volonté de les criminaliser.

« On est stupéfait de ces décisions, le gouvernement se trompe de combat : le combat n'est pas d'empêcher Greenpeace d'entrer dans les centrales, le risque ce n'est pas nous, c'est le nucléaire », déclare Jean-François Julliard, président de Greenpeace France. Selon lui, ces décisions ainsi que le futur cadre législatif plus répressif pour les centrales nucléaires, « ne limiteront pas les capacités d'action de Greenpeace, parce que les militants convaincus, prêts à s'engager, sont de plus en plus nombreux, notamment en Europe ».

 

 LIBERTÉ DE CIRCULATION POUR LES CITOYENS EUROPÉENS

Avec cette décision rarissime, les autorités ont sans doute voulu signifier avec force que le temps des intrusions à répétition de Greenpeace était terminé. D'un point de vue juridique, en attendant le procès devant le tribunal correctionnel de Colmar fixé au 4 septembre, la mesure est surtout symbolique. Les militants européens, dont les 22 Allemands venus en voisin à Fessenheim, peuvent tout à fait entrer à nouveau sur le territoire français, la circulation des ressortissants européens étant libre dans le cadre de l'espace Schengen. S'agissant des non-Européens, leur interdiction de rester sur le territoire français pourrait concerner administrativement tous les pays Schengen.

« Il n'y a pas, à notre connaissance, de précédent d'utilisation de notion d'ordre public contre un ressortissant de l'Union européenne, pour des actes à vocation d'alerte militante, explique Claire Rodier, juriste au Groupe d'information et de soutien des immigrés (GISTI). Il n'est pas sûr que le fondement tienne la route devant la justice de l'Union européenne. La jurisprudence de la cour de justice européenne est plus exigeante que le droit français pour qualifier un acte de trouble à l'ordre public justifiant une mesure d'expulsion. Elle rechigne à mettre en cause le principe de liberté de circulation reconnu aux citoyens européens. »

 Autre sujet d'énervement pour l'avocat de Greenpeace, les motifs invoqués pour l'expulsion des militants hors de France, ne sont pas ceux mis en avant dans les chefs d'inculpation retenus par le juge. « Les arrêtés pris par le préfet font état de « violation de propriété dans une zone protégée intéressant la sûreté nationale », ce que justement ni le gouvernement ni EDF ne retiennent dans le cadre des poursuites, préférant la violation de propriété privée, passible de peines plus lourdes », s'indigne Alexande Faro.

Rémi Barroux
Journaliste au Monde

 

Source : www.lemonde.fr

 


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