Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 21:29

 

 

 GRANDE FETE A UZES (30) LE DIMANCHE 16 MARS, QU'ON SE LE DISE......

Bonjour à toutes et à tous.
L'association "ensemble pour les autres" organise une fête de solidarité avec le camp d'humain venu de Roumanie et installé à Uzes depuis plus de deux ans, ce dimanche 16 mars de 12h à 17h30 (faute de lumière).
Nous aurions aimé, apprécier, voulu,... sans vouloir vous implorez que vous soyez de la fête et que vous participiez à votre façon à faire prendre conscience aux peuple d'ici et d'ailleurs, que le peuple Rome n'est pas synonyme de voleur de poules mais biens des gens humains comme nous tous(ou presque) et que s'ils ont choisi de fuir légitimement leur pays d'origine comme beaucoup de citoyens vivant en France, pour se donner une chance de vivre en paix et dans le respect , tout en s'intégrant et participant activement à la vie de la cité et non pas en vivant comme des parias dans l'indifférence et la peur.
Merci pour eux, Djamel.


C'est une grosse fête de solidarité en plein camp !
ZI DU MAS DE MEZE Ancienne briqueterie, prés de la foire fouille (route de Montaren, direction Ales au départ d’Uzes)

Le programme de la journée doit paraitre dans le midi libre et le républicain cette semaine:

10H atelier cuisine de « Gard Y Goût » gastronomie roumaine avec Mimi et Djamel
Henry le paysan boulanger fera atelier pain.

12h Repas Roumain (fait par la famille).
Buvette bio : Eau, jus, vin de grappe et d’O, Bière bio locale, café, thé,….

14H00 Concerts « Normalement Votre,  notre accordéoniste Rome Florain du camp d’Arles, la compagnie Beau Parleur (humoriste), des clowns & des surprises.
Toute la journée, expositions de photos de Fati et dessins d'Henry le boulanger.

L'ensemble des bénéfices sera reversé à la famille.
Qu’on se le dise, à dimanche.
Djamel pour « Ensemble pour les autres ».
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 21:23

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Agriculture

Ruée sur les terres d’Europe de l’Est : un accaparement avec la bénédiction de l’Union européenne

par Marianne Rigaux 10 mars 2014

 

 

 

 

Paradis agricole, la Roumanie est de plus en plus convoitée par les investisseurs étrangers, au risque de voir ses terres arables lui échapper. Attirés par des terres grassement subventionnées par les aides européennes et une main d’œuvre bon marché, de nombreux Européens, mais aussi des Libanais ou des Qataris, s’y sont installés ces dernières années. Bruxelles nie tout accaparement des terres : la venue des investisseurs étrangers ne serait que la suite logique de l’intégration européenne. C’est bien pourtant une nouvelle forme de spoliation qui s’est mise en place, avec la complicité, au moins tacite, du gouvernement roumain.

En Roumanie, l’agriculture est faite de paradoxes. La terre roumaine est à la fois la plus riche et la moins chère d’Europe. Elle est noire, grasse, fertile, riche en humus. En 2012, elle s’achetait encore autour de 2 500 euros l’hectare, contre 5 400 en moyenne en France, ou dix fois plus au Danemark. A l’Ouest du continent, les terres disponibles manquent pour s’installer comme agriculteur ou agrandir les exploitations. Avec 10 millions d’hectares de terres arables à bas prix – l’équivalent de la superficie du Portugal ou de la Hongrie – la Roumanie, cinquième surface agricole de l’Union européenne, attire forcément. Notamment les entreprises agro-alimentaires, comme les groupes français Limagrain, Guyomarc’h, Bonduelle, Roquette, Bongrain et Invivo. Ou les fonds d’investissement Agro-Chirnogi (Liban) ou Velcourt SRL (Grande-Bretagne).

Cet engouement risque de s’accélérer avec la libéralisation du marché foncier, depuis le 1er janvier 2014. Toute personne physique de l’Union européenne et de l’espace économique européen (incluant Islande, Liechtenstein, Norvège) peut désormais acquérir directement des terres agricoles en Roumanie. Il fallait jusqu’à présent être associé à un partenaire local dans le cadre d’une société de droit roumain. Même si elle était prévue depuis l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne en 2007, cette ouverture inquiète aujourd’hui.

 

Le prix des terres multiplié par trois

Avocate à Paris et à Bucarest, Dana Gruia-Dufaud conseille les Français qui investissent en Roumanie. Elle relativise le changement de législation : « Les restrictions jusqu’au 31 décembre 2013 n’ont pas empêché de s’installer ceux qui le voulaient ». Initialement, le gouvernement roumain souhaitait demander aux citoyens étrangers de démontrer une expérience dans l’agriculture et limiter les surfaces achetées à 100 hectares. Mais il a renoncé sous la pression des investisseurs.

L’intérêt pour la Roumanie a fait grimper le prix de l’hectare depuis quelques années. Le prix des terres agricoles a augmenté de près de 60 % entre 2012 et 2014, un hectare atteignant en moyenne 3 100 euros, selon une étude de la compagnie de services immobiliers DTZ Echinox. Depuis 2007, le prix aurait été multiplié par trois, plaçant l’investissement hors de portée pour la plupart des agriculteurs roumains. « On pensait qu’en sept ans le pouvoir d’achat roumain aurait suffisamment monté pour rivaliser avec celui des Occidentaux, mais le rattrapage a été insuffisant », constate l’avocate.

 

« Un accaparement légalisé par Bruxelles »

A Cluj, une ville au centre de la Roumanie, l’ONG EcoRuralis [1] est la seule à dénoncer l’accaparement des terres. Selon ses calculs, 700 000 à 800 000 hectares, soit 7 à 8 % des terres arables du pays (l’équivalent de la surface de 12 000 fermes françaises environ), seraient déjà aux mains d’investisseurs étrangers. Ceux venus de pays arabes, comme le Qatar, l’Arabie Saoudite et le Liban, ont investi les plaines du sud. Les Européens, Italiens (172 000 ha), Allemands (110 000 ha) et Hongrois (58 000 ha) en tête, ont pris d’assaut l’ouest du pays [2].

« J’ai étudié l’accaparement des terres en Asie et en Afrique. Les investissements du nord vers le sud sont régulièrement dénoncés, mais pas ceux au sein de l’Union européenne. C’est une sorte d’accaparement légalisé par Bruxelles », déplore Attila Szocs d’EcoRuralis. L’ONG, qui défend les intérêts des petits producteurs roumains, éprouve de vraies difficultés à se faire entendre. « Nos discussions avec les autorités locales sont limitées car le développement durable que nous promouvons est inconcevable pour eux. Quelques maires nous écoutent, mais la plupart préfèrent les gros investissements ».

 

Des investissements qui arrangent tout le monde

Autre obstacle de taille : l’incapacité des agriculteurs locaux à se défendre. En Roumanie, la majorité des 4,7 millions de paysans sont âgés, pauvres et sous-informés. Attila s’avouerait presque vaincu. « Quand on essaie de sensibiliser les paysans dans les villages, la plupart disent qu’ils vont vendre parce qu’ils sont vieux et que leurs enfants ne veulent pas prendre la relève. On leur conseille de louer plutôt que de vendre, mais souvent ils ont besoin d’argent en cash ». Des dizaines d’intermédiaires sont apparus. Ils sillonnent les campagnes pour le compte d’investisseurs qui cherchent des hectares de terres agricoles.

« Le plus tragique, c’est qu’il n’y a pas vraiment d’opposition. Tout le monde est content de vendre au final », s’indigne Judith Bouniol. Stagiaire à EcoRuralis en 2012, elle a réalisé la première vraie étude sur l’accaparement des terres en Roumanie [3]. Elle a notamment enquêté sur le cas d’Agro-Chirnogi, une firme installée par deux hommes d’affaires libanais, dans la commune de Chirnogi, au Sud-est du pays. « Les habitants ont très peu d’informations, à part la propagande des élus locaux, eux-mêmes intoxiqués par le discours des investisseurs ».

 

Accaparement et connexions politiques

L’exemple d’Agro Chirnogi est éloquent. La firme est implantée depuis 2002 à Chirnogi. Cette commune de 7 000 habitants comptaient encore 40 000 âmes en 2002. Ici, l’agriculture de subsistance disparait au fur et à mesure du vieillissement de la population. Agro Chirnogi emploie entre 600 et 700 personnes, principalement des saisonniers originaires de la région, sur 11 300 hectares. Soit plus des deux tiers des terres de la commune ! L’entreprise cultive des céréales – blé, maïs, colza, orge, tournesol, luzerne – destinées à l’export vers les pays du Moyen Orient (Liban, Syrie, Egypte).

Les deux actionnaires libanais de la maison mère, El khalil Jihad et Youness Laoun, sont proches de membres du gouvernement et des autorités locales. Agro Chirnogi a notamment financé la campagne électorale d’Adrian Năstase, Premier ministre de 2000 à 2004, condamné depuis à 4 ans de prison ferme pour corruption, et celle de Vasile Checiu, ancien maire de Chirnogi. Ils sont accusés d’être au cœur d’une affaire d’évasion fiscale, de contrebande et de blanchiment d’argent, par la Direction d’investigation des infractions de criminalité organisée et de terrorisme (DIICOT). Les habitants de Chirnogi subissent des nuisances quotidiennes : bruit des silos, poussières de maïs qui rendent l’air irrespirable et machines agricoles qui circulent dans la commune. Sans compter l’impact sur les écosystèmes de l’utilisation d’engrais minéraux, de pesticides et de fongicides par Agro Chirnogi.

 

L’attitude ambiguë des pouvoirs publics

Raluca Dan, 27 ans, militante au sein de l’association Re-generation, cherche à sensibiliser l’opinion publique. Son groupe d’activistes organise régulièrement tractages et manifestations à Bucarest. « Les gens comprennent doucement qu’ils ont le droit de se défendre. Mais les paysans se disent : "si le maire dit que c’est bien, pourquoi j’essaierais de changer les choses ?" ».

Les investisseurs étrangers se concentrent sur la production de céréales (blé, maïs, orge, colza, tournesol), exportées dans l’Union européenne. Et sur la production animale, de volaille et de porc, pour les marchés locaux, comme l’Américain Smithfield, qui avait été mis en cause dans un scandale sanitaire au Mexique et plusieurs fois condamnés aux États-Unis. Les investisseurs fournissent du travail aux populations locales dans des conditions relativement décentes pour la Roumanie. Mais avec un salaire minimum de 180 euros et salaire moyen 400 euros, les investisseurs sont aussi attirés par cette main d’œuvre roumaine à bas coût.

Cet accaparement a plutôt pour effet de freiner un exode rural massif déjà en cours, faute de trouver du travail dans les campagnes. Ce qui explique aussi l’attitude ambiguë du gouvernement. Régulièrement, les autorités expriment leur inquiétude dans la presse, sur le thème « il ne faut pas vendre le pays ». « Un message populiste », juge Attila Szocs d’Eco-Ruralis. Le service de presse du ministre de l’Agriculture Daniel Constantin assure que « le gouvernement roumain se soucie en permanence de développer les investissements dans l’agriculture, car celle-ci fournit des emplois dans le milieu rural, et ce quels que soient les investisseurs ».

 

Une agriculture à deux vitesses

« Le gouvernement est en train de laisser les paysans mourir », tranche Raluca Dan. C’est là l’autre paradoxe de la Roumanie. Le pays compte à la fois les plus petites et les plus grandes exploitations d’Europe. L’agriculture de subsistance sur un ou deux hectares cohabite avec des complexes agro-industriels gigantesques, pouvant aller jusqu’à 50 000 hectares [4]. Entre les deux, le choix du gouvernement est clair. Dans son programme de gouvernement 2013-2016, le Premier ministre Victor Ponta indique que l’agriculture roumaine doit « augmenter sa compétitivité afin de faire face à la concurrence sur les marchés européens et internationaux » et prendre « des mesures qui conduiront à la fusion des terres et à la réduction du nombre de fermes et d’exploitations ». Aujourd’hui, la Roumanie compte près de quatre millions de fermes (contre 500 000 en France), d’une surface moyenne de 3,5 hectares (54 ha en France) [5].

Cette dualité dans l’agriculture se traduit concrètement par une répartition très inégalitaire des aides européennes. La moitié des subventions de la Politique agricole commune (PAC) destinées à la Roumanie profitent à 1 % des agriculteurs du pays, exploitant des fermes de plus de 500 hectares ! Une distorsion que le commissaire européen à l’Agriculture, le Roumain Dacian Ciolos, a essayé d’atténuer dans la nouvelle PAC 2014-2020 avec un plafonnement des aides. Sans succès.

Les subventions à l’hectare rendent le pays encore plus intéressant pour les investisseurs étrangers. Un terrain loué 100 euros l’hectare à un propriétaire roumain rapporte 160 euros d’aides à l’exploitant, avant même qu’il ait commencé à produire. La nouvelle Politique agricole commune prévoit désormais une compensation pour inciter les propriétaires de fermes et de terres agricoles non exploitées à vendre ou à louer. Objectif : exploiter la terre intensivement et adosser la croissance du pays à celle de l’agriculture, un secteur qui pèse 8 à 10 % dans le PIB roumain. Mais tous les éléments sont en place pour que l’accaparement des terres roumaines au profit d’investisseurs étrangers s’aggrave lourdement dans les prochaines années.

Marianne Rigaux

 

 

Notes

[1Eco-Ruralis est membre de la coordination européenne Via Campesina et du mouvement Arc2020 qui prône une PAC verte et sociale.

[2Source : ministère roumain de l’Agriculture, 2012.

[3Son travail a été traduit en anglais et incorporé dans une étude à l’échelle européenne.

[4La transition entre agriculture traditionnelle et agriculture industrielle a été étudiée par Elisabeth Crupi, Lauranne Debatty, Thomas Deschamps et Jean-Baptiste Lemaire.

[5Source : Eurostat, 2010.


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 19:09

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

Edward Snowden : « La NSA met le feu à Internet, vous êtes les pompiers qui peuvent la sauver »

Le Monde.fr | 10.03.2014 à 19h01 • Mis à jour le 10.03.2014 à 19h58 | Par Luc Vinogradoff   (Austin, envoyé spécial)

 
 
Edward Snowden à SXSW à Austin, le 10 mars.

A South by Southwest, la journée de lundi 10 mars a été placée sous le sceau de la surveillance de la NSA et la protection de la vie privée. Glenn Greenwald et Barton Gellman, les deux journalistes ayant eu accès aux documents diffusés par Edward Snowden, participaient chacun à une conférence. Mais c'est la présence, via vidéoconférence, de l'ancien consultant de la NSA, qui représentait le clou du spectacle.

Intervenant depuis la Russie via une connexion précaire, traversant pas moins de 7 proxys, Edward Snowden est apparu avec, en arrière-plan, l'article 1 de la Constitution américaine avec un message clair : s'il a voulu être ici à Austin, devant « la communauté qui construit Internet », c'est pour lui dire que c'était elle qui pouvait le « sauver ». « La NSA met le feu à Internet, et vous êtes les pompiers », a-t-il lancé sous les applaudissements.

 

 « LE CHIFFRAGE DE DONNÉES FONCTIONNE »

Huit mois après les premières révélations contenues dans les documents pris à l'Agence de surveillance américaine, Snowden dit ne rien « regretter ». Au contraire, il se félicite des « réactions incroyables » du public et du débat mondial qui s'en est suivi. A en croire son analyse, et celle de Christopher Soghoian de l'Americain civil liberties union (ACLU), le temps de la surprise est passé, il faut désormais que le grand public s'organise pour se protéger en ligne.

Pour Snowden, la surveillance de masse telle que pratiquée par la NSA a montré ses limites, si ce n'est son inefficacité. « Nos services de renseignement ont connu un échec phénoménal. Nous surveillons tout le monde, tout le temps. Mais nous avons quand même raté des choses », a-t-il souligné, évoquant le cas de Djokhar Tsarnaïev, un des auteurs de l'attaque contre le marathon de Boston, passé entre les mailles du filet. « On passait notre temps à hacker Facebook ou Google. Nous avons dépensé énormément d'argent. Qu'avons-nous obtenu ? Rien », ajoute-t-il, rappelant que deux enquêtes internes menées par la Maison Blanche ont montré que la surveillance de masse de la NSA n'a jamais apporté de résultats concrets.

Snowden et Soghoian préconisent une réaction en deux temps. La première est politique. Snowden estime par exemple qu'il faut que de nouveaux organes de supervision qui surveilleraient le Congrès, puisque ce dernier ne fait pas son propre travail de supervision.

«Il ne faut plus que des personnes comme le directeur national du renseignement, James Clapper, puissent aller devant le Congrès et mentir. Et que les membres de la commission, qui savent tous qu'il ment car ils ont accès à des document secrets, l'applaudissent ».

L'autre réponse passe par les citoyens, et leur utilisation quotidienne d'Internet. « Il faut rendre la surveillance de masse plus chère, et donc moins pratique pour la NSA » résume Snowden. Pour cela, une seule réponse : le chiffrage de données. « Les gens, qu'ils soient journalistes ou citoyens, doivent avoir accès à cette technologie. Ce n'est pas une technologie qui doit faire peur, ce n'est pas un art obscur. On doit l'étudier, a-t-il expliqué. Le chiffrage de données fonctionne ».

La foule suit le discours de Snowden.

La preuve, dit-il avec un sourire, est que la celulle mise en place par le gouvernement américain n'a toujours pas pu déterminer, huit mois après, « quels documents
j'avais pris »
.

Cet appel à prendre les armes numériques, en quelque sorte, revient sans cesse dans toutes les discussion autour de la NSA ou de la vie privée à South by Southwest. Le constat de plusieurs spécialistes, dont l'ACLU, est que l'on est arrivé à un stade où le chiffrage de données, entre autres, est devenu évident, voire nécessaire pour se protégrer en ligne. Snowden évoque pêle-mêle des add-ons pour la navigation, comme NoScript, des protocoles de sécurisation d'échanges comme SSL ou le réseau Tor, une cible de la NSA où la navigation est anonyme y compris pour les FAI.

 

Le Monde SXSW14 @LeMonde_SXSW

La vidéoconférence de à est terminée. Discussions dans la salle : "ça valait le coup. (...) Je dois apprendre à utiliser Tor"

 

Lire nos explications Bitcoin, BitTorrent, TOR : un Internet décentralisé pour des usages centralisés ?

 

 « CRYPTOGRAPHES RADICALISÉS »

Pour Christopher Soghoian, les révélations sur le comportement des agences de renseignement qui ont eu lieu grâce à Edward Snowden ont obligé les géants du Web impliqués (Google, Facebook, Yahoo, Microsoft pour ne nommer qu'eux) a mieux protéger les données de leurs clients. Mieux, les compagnies qui proposeront de nouveaux services s'en serviront comme un argument commercial, ce qui sera bénéfique à long terme pour la vie privée du grand public, pense-t-il. La démocratisation du chiffrage de données n'est pas à l'ordre du jour, pense l'ACLU, mais c'est la tendance.

«Nous arrivons à un moment où l'on pourra bientôt proposer un service de chiffrage pour 5 dollars par mois. Je pense, par exemple, que le prochain WhatsApp devra utiliser le chiffrage, estime Christopher Soghoian. Je connais beaucoup de cryptographes, qui travaillent parfois pour de grands groupes, et certains d'entre eux ne sont pas contents du tout. Ils ont l'impression de s'être fait avoir. Certains se sont radicalisés, et je pense que les outils qui sortiront dans 6 mois ou 1 an seront par conséquence bien plus sécurisés ».

 

Le Monde SXSW14 @LeMonde_SXSW

Applaudissements debout pour qui concluent la vidéoconférence https://vine.co/v/Mqxq0Y7zdv9  


Regarder la vidéo : Comment la NSA vous surveille (expliqué en patates)

 

 

Luc Vinogradoff   (Austin, envoyé spécial)
Journaliste au Monde.fr

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 18:38

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

Profiter de la crise - comment les multinationales poursuivent les États en justice

A l’occasion du 4ème cycle de négociation de l’accord UE-US du 10 au 14 mars à Bruxelles, le Transnational Institute et le Corporate Europe Observatory sortent un rapport intitulé « Profiter de la crise » qui explique comment entreprises et avocats d’affaires font des profits au détriment des pays européens frappés par la crise. Voici une traduction du résumé du rapport (la version complète en anglais est disponible ici).


 

Les règles de protection des investissements sont particulièrement employées en situation de crise économique, et ne font pas les affaires de tout le monde : si elles protègent les spéculateurs et leurs investissements risqués, elles laissent les citoyens, dont les droits sociaux les plus élémentaires sont remis en causes par les politiques d’austérité, sans protection.

Pendant longtemps, les pays européens ont été épargnés par la vague de différends investisseur-État qui ont particulièrement affecté les pays en développement. Dans le sillage de la crise financière, les entreprises et avocats spécialistes de l’investissement se sont tournés vers de possibles opportunités de profit en Europe. Des règles de protection des investissements, dessinées en secret dans les enceintes des conseils d’administration et qui donnent aux entreprises le droit de poursuivre les gouvernements, ont peu à peu été mises en place.

« Profiter de la crise » commence par revenir sur l’histoire des poursuites entre investisseurs et État dans le cadre de crises économiques comme celles du Mexique en 1994 et de l’Argentine en 2001. Ces États ont désespérément tenté, face à la crise, de prendre des mesures pour protéger leurs économies en décomposition ; et ces mesures ont alors fait l’objet d’attaques systématiques des entreprises. Les gouvernements de ces pays ont été poursuivis pour avoir par exemple essayé de remettre en place un système financier national ou de bloquer les prix des services publics afin qu’ils restent abordables pour les populations. Des mesures, comme la restructuration de la dette publique, pourtant nécessaires aux accords de renégociations des dettes, ont-elles aussi fait l’objet de poursuites.

Ce type de de poursuites se fonde sur les plus de 3000 traités internationaux d’investissements actuellement en vigueur. Ceux-ci contiennent des dispositions très fortes en matière de protection de la propriété privée incluses dans des clauses très générales comme les clauses, de « traitement juste et équitable » ou de « protection contre l’expropriation indirecte ». Le problème étant que ces clauses sont interprétées si largement qu’elles donnent carte blanche aux entreprises pour poursuivre les États pour n’importe quelle réglementation qui affecteraient leurs profits actuels ou futurs. Les traités d’investissements garantissent aux entreprises des protections conséquentes sans donner de droits équivalents aux États pour protéger leurs propres citoyens.

« Profiter de la crise » s’intéresse tout particulièrement à la manière dont les investisseurs privés ont réagi aux mesures prises par l’Espagne, la Grèce ou encore Chypre pour protéger leurs économies dans le sillon de la crise de la dette européenne.

Ainsi la banque slovaque Postová Bank a-t-elle acheté des obligations grecques après que celles-ci ont été dégradées, bénéficié d’un très généreux accord de restructuration de dette, et néanmoins tenté d’en obtenir un meilleur en poursuivant la Grèce sur la base du traité d’investissement bilatéral (TIB) entre la Slovaquie et la Grèce.

A Chypre, un fonds de placement référencé en Grèce, Marfin Investment Group, impliqué dans une série de prêts douteux, réclame à Chypre 823 millions d’euros en compensation d’investissements perdus au motif de la nationalisation de la Laiki Bank, qui figurait dans l’accord de restructuration de la dette passé avec l’Union européenne.

En Espagne, 22 entreprises (au moment où nous écrivons), pour la plupart des fonds d’investissements, poursuivent le gouvernement devant des tribunaux internationaux pour des coupes dans les subventions aux énergies renouvelables. Ces coupes ont été aussi critiquées par les écologistes, mais seuls les investisseurs étrangers ont la possibilité de les attaquer en justice, et il va sans dire que s’ils gagnent, ce seront les citoyens espagnols, déjà largement affectés par la crise, qui paieront pour enrichir ces fonds d’investissements.

« Profiter de la crise » révèle comment :

- Après le sauvetage des banques, qui a débouché sur la crise de la dette en Europe, un second sauvetage pourrait voir le jour : celui des investisseurs spéculatifs. Les investisseurs privés ont réclamé, dans leurs poursuites, près de 700 millions d’euros à l’Espagne ; plus d’un milliard à Chypre et des sommes non connues à ce jour à la Grèce. L’addition, à laquelle s’ajoutent les frais juridiques exorbitants, sera un poids supplémentaire pour les budgets publics, alors même que l’austérité impose des coupes dans les dépenses sociales affectant directement les populations les plus vulnérables. En 2013, alors que l’Espagne dépensait des millions pour se défendre dans ces procès, les dépenses de santé étaient diminuées de 22% et les dépenses de santé de 18%.

- Nombre de poursuites en cours contre les pays européens frappés par la crise sont lancées par des investisseurs spéculatifs. Il ne s’agissait pas d’investisseurs de long-terme puisqu’ils ont investi après le déclenchement de la crise ; ils étaient donc pleinement conscients des risques. Ils utilisent pourtant des accords d’investissement pour ne pas payer les coûts de ces investissements risqués, et soutirer de l’argent aux pays en crise. La banque Postová Bank, par exemple, a acheté des obligations début 2010 au moment où Standard & Poor’s qualifiait la dette grecque d’actif toxique. En Espagne, sur les 22 entreprises impliquées dans des poursuites, 12 ont investi après 2008 alors que les premières restrictions sur les subventions à l’énergie solaires étaient mises en place ; huit autres ont continué à investir dans le pays malgré les « menaces » sur les investissements.

- Les investisseurs impliqués dans des poursuites ont dégagé des profits considérables malgré les « menaces » sur leurs investissements dans les pays en crise. Postová Bank a ainsi annoncé un profit net de 67,5 millions d’euros en 2012 ; l’investisseur dans les énergies renouvelables Abengoa SA a annoncé une augmentation de 17% de ses bénéfices à hauteur de 5,23 milliards d’euros dans les neufs premiers mois de 2013. Cela a été une toute autre affaire pour les citoyens des pays qui ont fait l’objet de poursuites. Les grecs par exemple, sont en moyenne 40% plus pauvres qu’ils n’étaient en 2008, et on a assisté à une hausse considérable du nombre de sans logis. Un enfant sur trois (environ 600 000) vit désormais sous le seuil de pauvreté.

- Les investisseurs privés ont été soutenus et encouragés par des juristes spécialistes de l’investissement, généreusement rémunérés, qui ont continument et activement identifié les opportunités de poursuites. Dans certaines affaires, les cabinets de conseils qui organisent les poursuites envers les pays en crise conseillaient les mêmes compagnies qui ont réalisés les investissements risqués concernés par ces poursuites. Le cabinet juridique Allen & Overy basé en Grande-Bretagne, qui conseille désormais des investisseurs dans cinq des sept poursuites (au moment où nous écrivons ces lignes) contre l’Espagne en lien avec les coupes budgétaires dans le secteur de l’énergie, conseillait déjà ces investisseurs au moment où ils ont acquis des centrales électriques. Le marketing des avocats d’affaires a payé, avec une explosion des poursuites et des profits importants pour ces firmes ‘élite. Herbert Smith Freehills, qui conseille désormais l’Espagne dans au moins deux affaires, par exemple, pratique des tarifs à hauteur de 300€ de l’heure et ses profits sont estimés à 1,6 millions d’euros pour ces affaires.

- Les juristes spécialistes de l’investissement et entreprises utilisent la menace de poursuites juridiques pour modifier les politiques ou pour empêcher la mise en place de réglementations qui affecteraient leurs profits. Dans un document d’information à destination d’un client daté d’octobre 2011, le cabinet juridique K&L Gates basé aux États-Unis recommandait aux investisseurs d’utiliser la menace de poursuites comme un « levier de négociation » dans les discussions sur la restructuration de la dette avec les gouvernements. De la même manière, le cabinet britannique Clyde & Co suggérait d’utiliser la « mauvaise publicité potentielle » d’une poursuite comme « levier de négociation en cas de conflit avec un gouvernement étranger ».

- La Commission européenne a joué un rôle complice et trompeur, encourageant de fait cette vague de poursuites visant les pays frappés par la crise. Certaines de ces poursuites sont liées avec des mesures de restructurations de la dette ou du secteur bancaire prises en lien avec l’adoption de « sauvetages » à l’initiative de l’Union européenne. Par ailleurs, alors que la Commission européenne a été critique des TIB (traités d’investissements bilatéraux) entre Etats membres (ou TIB intra-UE), elle continue à promouvoir activement l’utilisation de l’arbitrage investisseur-État dans le monde, et notamment dans le cadre des négociations en cours sur le controversé accord de commerce UE-US (ou PTCI). Défendre la protection des investisseurs privés tout en remettant en cause la protection sociale, voilà la tendance problématique qui caractérise les politiques économiques et commerciales de l’Union européenne.

- Les règles de protection des investissements offrent aux investisseurs privés un statut à part et privatise la justice. Les investisseurs privés se voient dotés de droits plus importants que les entreprises nationales, les individus ou collectivités locales, quand bien même ceux-ci seraient affectés au même titre par les mesures incriminées. Les affaires sont par ailleurs jugées par un tribunal de trois avocats privés qui sont à même de prendre des décisions qui concernent la vie de millions de personnes. Des précédents montrent comment ceux-ci peuvent passer par pertes et profits les principes juridiques qui permettent aux États de violer leurs obligations internationales quand cela est nécessaire pour protéger les intérêts de leurs citoyens, en particulier dans les situations de crises.

L’approfondissement de la crise dans la périphérie de l’Union européenne a attiré de plus en plus de vautours, attirés par les profits. En 2012, le new-yorkais Greylock Capital annonçait que les obligations grecques étaient « l’affaire de l’année ». Les investisseurs payaient alors les obligations à 19 à 25% de leur valeur.

En avril 2013, le cabinet d’affaires Skadden qui représente la Cyprus Popular Bank (Laiki) dans une poursuite imminente à hauteur de plusieurs milliards d’euros contre la Grèce applaudissait « l’intérêt croissant et l’utilisation novatrice des traités bilatéraux d’investissement ». Le cabinet expliquait : « l’intérêt des tribunaux prévus dans les TIB et l’incertitude économique ambiante expliquent le recours croissant au TIB pour résoudre les conflits, et nous estimons que cette tendance devrait se poursuivre ». L’expérience de l’Argentine, qui a dû faire face à 55 poursuites par des investisseurs dans le sillage de la crise de 2001, montre combien ces initiatives sont courantes en temps de crise. Les affaires évoquées dans ce rapport ne représentent probablement qu’une première salve de poursuites contre des pays européens.

Ces différends investisseur-État s’inscrivent dans un contexte particulier révélé par la crise économique qui frappe l’Europe, dans lequel les entreprises et leurs investissements à risques sont protégés alors que les citoyens doivent subir les conséquences des coupes budgétaires ; où les pertes privées sont socialisées, les contribuables payant l’addition ; et où les entreprises se voient garantir des recours juridiques alors même que les droits fondamentaux sont mis de côté.

En Europe comme aux États-Unis, les sauvetages bancaires ont provoqué la colère du public, ce qui se conçoit aisément. Il est désormais urgent de jeter la lumière sur le sauvetage des investisseurs qui s’annonce et d’appeler à une refonte des règles internationales de protection des investisseurs.

Une première étape pourrait consister, pour les gouvernements européens, à remettre en cause les accords d’investissement existant. En particulier, les citoyens européens et élus devraient exiger que les mécanismes de règlement des différends investisseur-État soient exclus des nouveaux accords commerciaux en cours de négociation, comme l’accord de commerce UE-US. En tout, ce sont près de 75 000 entreprises enregistrées de part et d’autre de l’atlantique, avec des filiales à la fois dans l’Union européenne et aux États-Unis, qui pourront lancer des poursuites sur la base d’un tel accord transatlantique. L’exemple des spéculateurs qui tentent de tirer parti de la crise européenne, évoqué dans ce rapport, est un avertissement salutaire : les droits dont bénéficient les investisseurs devraient être revus et passer après les droits des populations.

Traduction par les Dessous de Bruxelles

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 18:32

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 18:13

 

Source : www.lesechos.fr

L’encours de dette mondiale franchit le cap des 100.000 milliards de dollars

Par Pierrick Fay | 10/03 | 06:15

                                                                                                                                       Il a été multiplié par 2,5 en à peine douze ans. Un niveau explosif qui risque de peser sur la croissance et qui complique la tâche des banques centrales.

 

Mi- 2007, avant la crise, la dette mondiale était de 70.000 milliards de dollars. - AFP
Mi- 2007, avant la crise, la dette mondiale était de 70.000 milliards de dollars. - AFP

 

100.000 milliards de dollars : plus de quatre fois le PIB réuni de la Chine et des Etats-Unis. C’est le montant de la dette mondiale. Cela inclut les obligations des Etats et les dettes cotées des entreprises et des sociétés financières, mais pas celle des ménages. Une dette qui s’est envolée ces dernières années. Mi- 2007, avant la crise, elle était de 70.000 milliards de dollars. Elle n’était que de 40.000 milliards en l’an 2000, selon les chiffres qui seront dévoilés lundi par la Banque des règlements internationaux (BRI).

L’explication ? « C’est une conséquence d u ralentissement économique et de la façon dont il a été compensé, explique l’économiste Jean-Paul Betbèze. Il y a d’abord eu les aides à la finance aux Etats-Unis pour éviter l’effondrement du système après la crise des “subprimes”. Ensuite, c’est lié à la montée de la dette publique. Il y a eu moins de croissance, moins de rentrées fiscales et, à l’inverse, beaucoup plus de mesures d’aide et de soutien à l’économie et plus de déficit. La montée de la dette mondiale, c’est le prix de la crise. » Ce que confirme le rapport de la BRI. L’encours des titres de dette souveraine a bondi de 80 % en six ans, à 43.000 milliards de dollars en juin 2013. Autrement dit, la dette publique de chaque humain se monte à 6.142 dollars. Un exemple parmi d’autres, l’endettement public espagnol est passé de 36 % du PIB à 84,1 % entre 2006 et 2012.

Un pilotage délicat

 

L’encours de dette mondiale franchit le cap des 100.000 milliards de dollars

 

Mais le montant des dettes des entreprises non financières a progressé à un rythme comparable, pour dépasser les 10.000 milliards de dollars, constate la BRI, même si « elles étaient parties d’un niveau plus bas ». Dans un contexte de crise financière, les banques mondiales ont en effet réduit le crédit aux grandes entreprises, qui se sont tournées vers les marchés financiers pour trouver du financement.

A 43.000 milliards de dollars, le montant de la dette d’Etat dépasse 72 % du PIB estimé pour cette année. C’est une moyenne. Certains franchissent allégrement le cap jugé fatidique de 90 %. « Des études du FMI et de la BCE montrent que l’on peut vivre avec 90 % de dettes, tempère Jean-Paul Betbèze. Mais il y a une condition : accepter une croissance et une inflation modestes pour que les taux d’intérêt ne remontent pas trop, pour ne pas asphyxier la reprise. C’est la stratégie de la Fed. Quant à la BCE, elle a réussi à faire baisser les taux des pays les plus fragiles, comme l’Espagne ou l’Italie. Pour eux, c’est un phénomène beaucoup plus important que la hausse de l’euro. » Mais, pour cela, il faudra faire en sorte que le loyer de cette dette soit le plus bas possible sur longue période. Un pilotage délicat pour les banques centrales.

Dans le même temps, les Etats, notamment en Europe, sont incités à être plus efficaces, à diminuer les dépenses publiques pour réduire petit à petit la dette dans la durée. « L’important, c’est que ce niveau se stabilise. On le voit aux Etats-Unis, mais aussi en Europe, estime Jean-Paul Betbèze. Nous n’avons pas fini de payer cette crise, mais c’est préférable à une solution d’effacement de la dette, qui serait synonyme de crises, de tensions sociales, etc. »

Écrit par Pierrick FAY
Journaliste
Source : www.lesechos.fr
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 18:03

 

Source : www.liberation.fr

 

David Van Reybrouck : «Les élections n’ont jamais été conçues pour être démocratiques»

Béatrice VALLAEYS 7 mars 2014 à 17:46

 

 

 

Un panneau à Roubaix incitant les citoyens à aller voter pour les prochaines élections municipales.Un panneau à Roubaix incitant les citoyens à aller voter pour les prochaines élections municipales. (Photo: PHILIPPE HUGUEN.AFP)

 

IDÉES

Pour déjouer la défiance vis-à-vis des politiques, l’historien et écrivain belge David Van Reybrouck prône la démocratie délibérative, où des citoyens tirés au sort prêteraient main-forte aux élus.

«Nous méprisons les élus, nous vénérons les élections.» Ainsi parle David Van Reybrouck (1), dans un essai récemment paru, Contre les élections. Né en 1971 à Bruges, David Van Reybrouck s’évertue avec un incontestable talent à démontrer «la fatigue de la démocratie occidentale», mais il propose un remède : au lieu de rendez-vous rituels où la population est conviée à déposer un bulletin de vote en faveur de tel ou tel candidat, il défend l’instauration d’un tirage au sort de citoyens qui se verraient légitimés à changer des lois. «Le fonctionnement de nos démocraties use les gens à un rythme effrayant. Nous devons veiller à ce que la démocratie ne s’use pas elle-même», estime-t-il, convaincu que les élections sont un facteur de paralysie de la démocratie. Son credo : non plus seulement le droit de vote, mais le droit à la parole.

La démocratie se porte mal. C’est grave, docteur ?

La méfiance des citoyens vis-à-vis de la politique et des grandes institutions est le signe le plus inquiétant. C’est vrai pour l’Europe, mais la situation est plus dramatique encore pour les gouvernements nationaux. Les citoyens sont de plus en plus nombreux à voir les partis politiques comme les instances les plus corrompues, voire très corrompues.

J’ai écrit ce livre en grande partie parce que la Belgique a connu une crise, restant sans gouvernement pendant un an et demi. Preuve que les élections sont devenues un instrument archaïque et primitif. Elles ont 200 ans et cela se voit.

La France et les Etats-Unis, qui ont connu des révolutions, ont, selon vous, toujours appliqué des démocraties dites aristocratiques, avec les élections pour viatique absolu.

En vérité, les élections n’ont jamais été conçues pour être une procédure démocratique. Au contraire, elles ont été inventées pour freiner l’installation de la démocratie. Ce que Bernard Manin a déjà écrit il y a vingt ans dans Principes du gouvernement représentatif (Calmann-Lévy) est en passe de devenir un grand classique. Les révolutions française et américaine n’ont jamais voulu mettre un terme à l’aristocratie pour la démocratie. Il s’agissait alors de remplacer une aristocratie héréditaire par une autre aristocratie, élective celle-là. Au cours des XIXe et XXe siècles, cette procédure aristocratique a été démocratisée par des élections, notamment en augmentant le droit de vote.

Il est surprenant de voir que la France, qui compte le plus grand nombre d’intellectuels penseurs de la démocratie - Bernard Manin donc, Pierre Rosanvallon, Loïc Blondiaux, Yves Sintomer, Etienne Chouard… -, possède aussi le système politique le plus sclérosé de toute l’Europe occidentale.

Tous les pays sont-ils prêts à innover ?

Les pays les plus avancés dans l’innovation démocratique en Europe sont souvent ceux dont les populations sont assez petites : Islande, Irlande, Danemark, Hollande, Belgique. Ce qui me semble normal. L’innovation démocratique passe toujours du local au national, voire au transnational. Les petits pays européens sont des laboratoires démocratiques très intéressants.

Par exemple, en Irlande, vient de s’achever la Convention constitutionnelle, où ont travaillé ensemble, une année entière, 66 citoyens tirés au sort avec 33 élus. Les résultats, tout récents, sont spectaculaires : cette assemblée de 99 participants a révisé 8 articles de la Constitution irlandaise, notamment celui sur le mariage homosexuel.

On a vu ce que la France a connu d’instabilité politique pendant plus d’un an sur cette question. L’Irlande a eu une approche beaucoup plus juste, alors que ce sujet est nettement plus sensible là-bas, en invitant les citoyens à soumettre à la convention des réflexions, des dossiers, des arguments. Ceux-ci ont lu, entendu, consulté des experts, des lobbys, des prêtres catholiques, des organisations homosexuelles et pour finir, cette assemblée constituante a voté à 79% en faveur du mariage homosexuel.

Le Texas a aussi montré que, dans une démocratie délibérative, la population est capable de proposer des lois ou des mesures extrêmement nuancées, sophistiquées. Cet Etat, pétrolier par excellence, détient aujourd’hui le record des éoliennes. L’évolution s’est faite dans un processus délibératif, en dépit des intérêts locaux favorables au système pétrolier.

Quand les citoyens sont considérés comme des citoyens et pas seulement comme du bétail électoral, ils se comportent en adultes et non plus comme un troupeau. A l’inverse, beaucoup de partis politiques se conduisent comme des acheteurs de votes. Ils sont des chasseurs cueilleurs, alors qu’il faut des agriculteurs. Ils ne font plus leur travail : celui de mobiliser en instruisant.

On accuse aussi la politique d’être devenue professionnelle…

Pour moi, le tirage au sort ne doit concerner que le législatif, pas l’exécutif. J’aurais horreur d’une France, Belgique ou Allemagne où le ministre du Budget serait tiré au sort. On aura toujours besoin des partis politiques et de gens compétents, responsables et prêts à assumer des fonctions majeures. C’était le cas dans l’Athènes classique, où environ 90% des postes étaient tirés au sort, les postes les plus complexes - notamment l’armée, et la caisse - restant entre les mains des élus, compétents.

Il ne faut pas passer du fondamentalisme électoral au fétichisme du tirage au sort. Ce système permet simplement de constituer un échantillon équilibré de gens à qui on donne le temps et les moyens nécessaires, au contact d’experts, pour se forger une opinion, et parvenir à une vision sociétale qui va beaucoup plus loin que les élections, les sondages et les référendums.

Cette idée de démocratie par tirage au sort effraie une majorité de l’opinion.

Et pourtant, on s’en sert tous les jours : regardez l’impact des sondages ! Malheureusement, dans un sondage, le peuple dit ce qu’il pense sans avoir pensé. Mais que dirait-il s’il avait pensé ? Le tirage au sort est encore un peu comme le droit de vote pour les femmes en 1850. Une idée courte et farfelue pour une partie de la population. Elle est encore très précoce dans l’opinion publique, pas dans le domaine académique, où elle est très connue et respectée.

Pourquoi le tiré au sort serait-il plus crédible et pourquoi devrait-on avoir foi dans le peuple ?

Parce qu’on aurait des représentants du peuple qui pourraient décider sans souci des prochaines élections. Maintenant, pour la première fois dans l’histoire, les élections suivantes pèsent plus que les précédentes. Soyons pragmatiques ! Une démocratie avec des gens tirés au sort sera-t-elle dépourvue de corruption ? Je ne le pense pas. Les tirés au sort seront-ils compétents ? Je ne le pense pas non plus. Mais notre système actuel repose-t-il sur des gens compétents ? Il est très étonnant de voir que lorsqu’on commence à parler du tirage au sort, on me pose systématiquement des questions sur un idéal démocratique utopique, une démocratie à l’état vierge en quelque sorte. Voyons si le tirage au sort améliore le système actuel. Là, je dis oui. Je ne pense pas que les gens soient si populistes. Certes, ils votent populiste, ce qui est autre chose. Je ne crois pas non plus qu’ils sont tellement violents, mais ils le sont sur Facebook et Twitter, faute de mieux.

Je n’ai pas une vision utopique de l’homme, mais je pense que l’on peut améliorer de façon substantielle le contexte dans lequel un consommateur devient un citoyen. Qu’il s’intéresse à la cité et pas à lui tout seul. Avec le G 1000 organisé en Belgique (2), on a vu les citoyens mesurer la complexité des choses, la légitimité de la parole de l’autre et même de l’adversaire. Il serait naïf de penser que la démocratie délibérative trouvera toujours une solution consensuelle. L’essence de la démocratie est le conflit, pas le consensus. Il faut réapprendre à vivre avec le conflit. Notre démocratie ne l’enseigne plus du tout.

La foi dans l’homme ou la femme providentiel(le) en prend un coup.

Un citoyen informé n’est pas forcément un emmerdeur. Notre système électoral a été inventé dans une époque lente, où la communication circulait laborieusement parmi peu de gens. Aujourd’hui, l’information passe très vite entre énormément de gens qui ne sont pas seulement des consommateurs d’informations, mais aussi des agitateurs et des producteurs d’informations. Ça change tout. Prôner la transparence ne suffit pas. Cette idée en France que tout le personnel politique doit déclarer son patrimoine est complètement absurde. La confiance entre les citoyens et le gouvernement va-t-elle être restaurée parce qu’on sait combien de litres d’eau contient la piscine de tel ou tel homme politique ? C’est de la chirurgie cosmétique pour une crise politique colossale.

La méfiance des élus vis-à-vis des citoyens est énorme, ce qui est compréhensible quand on voit le populisme, l’extrême droite, la violence dans les réseaux sociaux. Mais cette violence verbale sur la Toile est un cadeau. C’est un cadeau dans du fil barbelé, il faut juste enlever le barbelé et récupérer le message. Le principal est qu’il n’y a pas d’apathie politique en France et ailleurs en Europe. On n’a jamais vu de citoyens aussi impliqués, aussi engagés.

(1) Auteur de «Congo, une histoire» (Actes Sud), Médicis essai 2012 et prix du meilleur livre étranger. (2) En 2011-2012, David Van Reybrouck a été l’initiateur d’un sommet citoyen à Bruxelles, devenu la plus grande initiative pour l’innovation démocratique en Europe. www.g1000.org/fr/

Dessin Yann Legendre

Recueilli par Béatrice Vallaeys

 

Contre les élections de David van Reybrouck Actes Sud, 220 pp., 9,50 €.

 

 

Source : www.liberation.fr

 

 

 



Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 17:54

 

Source : www.mediapart.fr

 

Fukushima: des ouvriers toujours exposés à la radioactivité

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Trois ans après la catastrophe nucléaire, des milliers d'ouvriers qui interviennent sur le réacteur n°1 de la centrale sont toujours exposés à des doses de radioactivité bien supérieures à celles supportables par le corps humain.

Des milliers d'ouvriers du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fukushima, ravagée en mars 2011 par un tsunami, continuent d'être exposés à des doses supérieures à 5 millisieverts, un niveau d'exposition bien supérieur au niveau de radiation indolore pour le corps humain, révèle dimanche 9 mars le quotidien nippon Asahi.

L'augmentation des mesures coïncident avec les débordements chroniques d'eau contaminée hors des cuves géantes installées pour contenir les effluves radioactives. L'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power Co (Tepco), s'est réengagé fin 2013 à améliorer la sécurité des ouvriers, sans nouveaux résultats tangibles.

Selon les statistiques de Tepco, 32 034 ouvriers ont travaillé sur le réacteur n°1 de Fukushima depuis mars 2011. 1 751 ouvriers ont été exposés à une radioactivité de plus de 50 millisieverts, et 173 autres à plus de 100 millisieverts, soit un taux exceptionnellement élevé.

Lire sur le site du quotidien Asahi

LES RISQUES DU NUCLÉAIRE

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Fukushima
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 17:40

 

*Note perso : Le choix de certaines infos transmises ci-dessous sont propres à leur auteur(e) et ne sont relayées qu'à titre indicatif...

 

Transmis par "Les alternatifs30"

 

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 


 

 

 

 LES INDIGNE/E/S -  AG Chaque mercredi 18h et  samedi  13h -  Maison Carrée

 

 


Dates

Evènement

Lieu

heure

Lundi 10/3

Réunion publique « Nîmes :pour une ville écologique et respectueuse de l’environnement « Vivons Nîmes Ensemble »

Local campagne Place Révolution

18h

Vendredi 14 mars

Meeting Soutien à la liste « Vivons Nîmes Ensemble »P.Laurent(PCF)J.L.Mélenchon(PG), M. Martin (Ensemble), soutien d’Eva Joly(EELV)

Salle Costières

18h30

Samedi 15 mars

Rencontre avec Norma Marcos, artiste Palestinienne, cinéaste, écrivaine : livre « Le désespoir voilé »livre « L’espoir voilé »

Artisans du Monde

Maison du Protestantisme

15h30

19h30

Samedi 15 mars

Avec ATTAC : traquons  les banques et les multinationales prédatrices …

 

 

Samedi 15 mars

« Vivons Nîmes Ensemble » partout dans Nîmes

 

 

Lundi 17 mars

Rassemblement pour le maintien de la Cour d’Appel de Nîmes

Palais de justice

11h30

Mardi 18 mars

« Vivons Nîmes Ensemble » « pour l’emploi, la solidarité, les services publics, une politique municipale offensive »témoignages+++ 

Local Place Révolution

12 à 14h

Mardi 18 mars

Journée d’action et de mobilisations contre l’austérité, le « Pacte de responsabilité » CGT/FO/FSU/SOLIDAIRES +++ manif Nîmes

Carré d’Art

15h

Mardi 18 mars

Soirée Occitane « Vivons Nîmes Ensemble »: intervention / débat/  baleti/ contes ..

Local Place Révolution

18h30

Jeudi 20 mars

Soirée Transition Energétique  « Vivons Nîmes Ensemble »

Local Place de la Révolution

18h

Vendredi 21 mars

Veillée culturelle et Républicaine à l’appel du Mobile Homme Théâtre

26 rue Porte des Maréchaux         Saint -Gilles

Dès 18h30

Samedi 22 mars

-Femmes en Noir pour la Palestine

- Rassemblement AFPS

Place de l’horloge

Carré d’Art

11 à 12h

15 à 17h

Samedi 22 mars

Action anti GMT/ anti TAFTA

Nîmes

 

Dimanches 23 et 30 mars

1er et 2ème tours des Elections municipales

 

De 8 à 18h

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 16:25

 

Source : millebabords.org

 

samedi 15 mars 2014

CAVAILLON

11 h  

devant la mairie, 84300

Appel à manifestation suivie d’un pique-nique

De Cavaillon à Notre Dame des Landes
en passant par tous les projets nuisibles et inutiles en Provence et ailleurs... !

Parce qu’il est inadmissible de laisser « les semeurs de béton » s’accaparer des terres porteuses de vie...
Parce qu’il est inadmissible de laisser mourir des terres nourricières dont les générations à venir auront le plus grand besoin et qu’il est donc impératif de sauvegarder ...
Parce qu’il est inadmissible de mettre en péril nos ressources en eau … (extension de Lafarge)
Parce qu’il est inadmissible d’accepter de nouvelles zones commerciales au détriment de commerces de proximité qui sont créateurs de vrais emploi et de lien social en centre ville et sur les marchés ...
Parce qu’il est inadmissible que nos impôts financent toujours plus de projets privés … (digue 7 millions d’€)

Un appel est lancé pour une manifestation à Cavaillon
le samedi 15 mars

ponctué par un pique nique en bord de Durance

- 11 h devant la mairie : questions aux candidats aux élections municipales de notre Communauté de communes « Luberon Monts de Vaucluse ».
- 12 h rassemblement cours Léon Gambetta pour se diriger vers les bords de Durance .

Venez à vélo, en rolleurs, en trottinettes, tous moyens de déplacement à roulettes, à cheval et en tracteur.
N’oubliez pas vos instruments de musique, vos chants et votre détermination

Collectifs et associations engagés : Confédération paysanne, Terres Fertiles, Filière paysanne, Forum social, A.M.E,, Attac, foll’avoine, collectif anti-OGM, A.P.T.E, Mérindol des landes, ADER, AVEC, Mythotopie, L’étang nouveau, Voguette en Durance, Vivre Cavaillon, Syndicat des commerçants des marchés de Provence ...

P.-S.

contact : voguette84@gmail.com

 

Source : millebabords.org

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Appels et pétitions
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22