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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 18:14

 

 

Source : www.mediapart.fr

Mediator: la justice cible des experts médicaux en plein conflit d'intérêts

|  Par Michel de Pracontal

 

 

 

Parmi les quinze personnes physiques mises en examen à ce jour, huit sont des experts ou des dirigeants de l’agence du médicament qui ont eu des activités de conseil pour Servier. Le laboratoire a entretenu la confusion entre intérêts privés et responsabilités publiques.

Le futur procès du Mediator sera celui de la tromperie et de ses conséquences sur la santé de milliers de victimes. Mais il sera aussi celui des conflits d’intérêts. Dès ses débuts, le groupe Servier s’est attaché les services, souvent très bien rémunérés, de nombreux experts ou fonctionnaires jouant un rôle dans la chaîne du médicament. Cette stratégie visait à infléchir les décisions administratives dans un sens favorable aux produits du laboratoire. Elle s’est exercée dans un complet mélange de genres entre intérêts privés et responsabilités publiques.

 

Jacques Servier 
Jacques Servier © DR

La première illustration de ce mélange des genres est le tour de passe-passe qui a permis au Mediator d’être commercialisé comme adjuvant au traitement du diabète, alors qu’il avait la structure chimique d’un anorexigène. Cette manipulation a été facilitée par l’un des plus anciens consultants de Servier, le professeur Jean Charpentier, neurochirurgien, qui a travaillé dans l’équipe de recherche du laboratoire et a réalisé des études sur le Mediator à partir de 1969.

Charpentier, en tant qu’expert pharmacologue-toxicologue agréé par le ministère de la santé publique, a rédigé plusieurs rapports versés au dossier d’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Mediator. Mais il s’est soigneusement abstenu d’exposer les propriétés anorexigènes du benfluorex (molécule active du Mediator). Et il ne mentionne pas nommément la norfenfluramine ; cette molécule est un métabolite du Mediator, mais aussi de l’Isoméride et du Ponderal, deux coupe-faim de Servier qui seront retirés du marché en 1997 à cause de leurs effets pathologiques. La norfenfluramine est le principal responsable de la toxicité des trois produits.

Auditionné par les magistrats instructeurs, le professeur Charpentier a reconnu avec un humour involontaire : « Ça m’a beaucoup étonné de voir le Mediator sortir comme antidiabétique, car ça n’a rien à voir ni sur le plan expérimental, ni sur le plan clinique. C’est vrai, il diminue la faim. » Selon Charpentier, le produit était principalement anorexigène, mais avait également une action faible « sur les lipides et les glucides ». Et de résumer : « Il y a eu déviation quand ils (les laboratoires) ont fait de cette action secondaire l’action principale pour qualifier cette molécule d’antidiabétique. »

Il est donc clair, d’après le professeur Charpentier, que Servier a transformé un anorexigène en antidiabétique. Il est tout aussi clair que le professeur a contribué à cette manipulation. Après avoir cessé de travailler pour Servier à partir de 1978, il a continué à être rémunéré par le groupe, qui lui a versé près de 400 000 € de 1978 à 1995, sans que l’on sache pour quel service…

Mis en examen pour corruption, Charpentier ne devrait pas se sentir trop isolé. Selon les informations communiquées par le procureur de la République, François Molins, parmi les quinze personnes physiques mises en examen, huit sont des experts ou des dirigeants de l’agence du médicament qui ont eu des activités de conseil pour Servier. S'ajoutent à eux une avocate qui a défendu le laboratoire ; une dirigeante d’entreprise qui a servi d’intermédiaire entre Servier et certains de ses conseillers ; et une ex-sénatrice, Marie-Thérèse Hermange, à qui l’on reproche d’avoir cherché à modifier un rapport sur le Mediator dans un sens favorable au groupe. Les quatre dernières personnes mises en examen étant Jacques Servier et trois dirigeants de sa société.

Au total, sur quinze mises en examen de personnes physiques, quatorze visent au moins l’un des chefs suivants : corruption, prise illégale d’intérêts, trafic d’influence, participation illégale d’un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée, complicité ou recel d’un de ces délits (l’exception étant Jacques Servier lui-même, mis en examen des chefs de tromperie, escroquerie, obtention indue d’autorisation, homicide et blessures involontaires). Une part importante du dossier est donc consacrée aux liens illicites entre le fabricant du Mediator et certains experts. Mention spéciale à la commission d’AMM, littéralement noyautée par le groupe Servier depuis un quart de siècle. Cette commission, intégrée en 1993 à l’Agence du médicament (rebaptisée Afssaps puis ANSM), a pour rôle d’évaluer les demandes d’autorisation de mise sur le marché.

Pas moins de cinq consultants du laboratoire, aujourd’hui mis en examen, ont été membres de la commission d’AMM ou l’ont présidée : les professeurs Jean-Michel Alexandre, Charles Caulin (présidents respectivement de 1985 à 1993 et de 1997 à 2003), Jean-Roger Claude (membre de 1987 à 2013), Michel Detilleux et Bernard Rouveix (tous deux membres de 2003 à 2013).

Charles Caulin, ancien chef de service à l’hôpital Lariboisière, a eu des contrats avec Servier, de 2000 à 2010, donc en partie pendant la période où il présidait la commission d’AMM. Les montants de ces contrats, représentant environ 50 000 € par an, étaient versés à une société gérée par son épouse, FC Consulting. D’après les documents que nous avons pu consulter, l’objet de ces contrats ne mentionne pas nommément le Mediator : les missions confiées au prestataire portent sur les études cliniques et les dossiers de médicament dans des domaines variés, notamment le cardiovasculaire, le système nerveux central, le métabolisme…

Mais en tant que président de la commission d’AMM, Caulin a eu à connaître de certaines démarches de Servier visant à modifier les indications du Mediator. Fin 1997, Servier a obtenu de l’agence du médicament la validation d’une indication dans le diabète, alors que la commission que présidait Caulin l’avait d’abord refusée, et ne s’est plus manifestée ensuite.

Le professeur Jean-Roger Claude, lui, a été membre de la commission d’AMM de 1987 à 2013. Il a été consultant de Servier à partir de 1989, et a eu des contrats avec le laboratoire jusqu’à 2013. D’après un document du dossier d’instruction que nous avons pu consulter, le montant total de ses rémunérations depuis 1989 s’est élevé à plus de 1,6 million d'euros, avec des contrats annuels allant de 45 000 à 60 000 €, auxquels s’ajoutent des contrats spécifiques pour plusieurs médicaments de Servier, notamment le Protelos, le Coversyl et le Stablon. Jean-Roger Claude a eu un autre lien avec Servier, son épouse Nancy Claude ayant été embauchée comme toxicologue par le laboratoire.

Selon le rapport de l’Igas sur le Mediator, Jean-Roger Claude a fait partie, en 1991, d’un groupe de travail de la Commission d’AMM sur la qualité thérapeutique des médicaments en endocrinologie-diabétologie, qui a rendu un avis favorable au Mediator, et a ainsi conforté l’indication du produit pour le diabète.

« Amélioration du dossier d'AMM du Vastarel »

Un troisième expert, le professeur Michel Detilleux, a lui aussi siégé à la Commission d’AMM – entre 1985 et 2013 – et a été en contrat avec Servier entre 1984 et 2013, avec des honoraires annuels d’environ 30 000 € par an. L’un de ses contrats définit sa mission en termes assez précis : il s’agit d’orienter les produits nouveaux de l’Institut de recherche Servier « pour les adapter au mieux aux contraintes administratives et économiques, qu’elles soient nationales ou internationales ». Cette mission implique « un suivi systématique des derniers enregistrements européens réalisés dans différentes classes thérapeutiques », afin de déterminer « les implications possibles pour les nouveaux médicaments ».

 

Modèle 3D du ranélate de strontium, molécule du Protelos 
Modèle 3D du ranélate de strontium, molécule du Protelos © Fvasconsellos

On comprend aisément l’intérêt, pour remplir une telle mission, de faire partie de la Commission d’autorisation de mise sur le marché française, d’autant que le système européen est en partie calqué sur le système français. D’autre part, deux documents saisis au cours de l’instruction dans les locaux de la société IRIS (Institut de recherches internationales Servier) portent explicitement sur le Mediator. L’un d’entre eux fait état d’une « proposition stratégique convaincante du Pr Detilleux ».

Le professeur Bernard Rouveix, pour sa part, a effectué des tâches de conseil concernant le Mediator entre 2004 et 2008, donc en même temps qu’il était membre de la commission d’AMM. D’après les documents que nous avons pu consulter, le professeur Rouveix n’a pas été payé directement par Servier, mais par l’intermédiaire d’une société allemande, CRIS, créée par une ancienne salariée du groupe pharmaceutique, May Garnier. Entre 2004 et 2008, Bernard Rouveix a facturé à May Garnier plus de 66 000 €, dont 27 458 € pour des prestations se rapportant au Mediator et à un autre médicament de Servier, le Locabiotal.

 

Jean-Michel Alexandre. 
Jean-Michel Alexandre. © (dr)

Charles Caulin est aujourd’hui mis en examen pour participation illégale d’un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée ; Jean-Roger Claude, Michel Detilleux et Bernard Rouveix pour prise illégale d’intérêts. Et May Garnier pour complicité de ce délit.

Un autre consultant de Servier mis en examen est le professeur Jean-Michel Alexandre, personnage clé du système du médicament de 1985 à 2000. Il a présidé la commission d'AMM de 1985 à 1993, puis a dirigé la commission d'évaluation de l'agence du médicament de 1993 à 2000, tout en exerçant la même responsabilité au niveau de l’agence européenne.

Auditionné en 2011, par la mission d'information de l'Assemblée nationale sur le Mediator, Jean-Michel Alexandre avait déclaré d’emblée qu’il n’avait jamais « touché le moindre émolument de l'industrie pharmaceutique » pendant qu’il exerçait ses fonctions à l’Agence du médicament. Mais après avoir pris sa retraite, il a perçu entre 2001 et 2009 un total de 1 163 188 € versés par le groupe Servier à la société CRIS, déjà citée, qui a joué le rôle d’intermédiaire. Il semble que ce circuit indirect ait été choisi parce que du fait de ses fonctions antérieures, Alexandre ne pouvait pas travailler pour une firme pharmaceutique. 

Entendu par les magistrats, Jean-Michel Alexandre a affirmé que la teneur de ses conseils était « scientifique » et n’avait « rien à voir avec (son) activité à l’Afssaps ». Cela ne concorde pas avec les relevés d’honoraires qu’il a adressés à May Garnier. Un relevé daté d’avril 2002 fait état de plusieurs réunions de travail, dont deux avec Alain Le Ridant, dirigeant de Servier qu’Alexandre connaît de longue date. Au programme d’une de ces réunions : « Amélioration du dossier d’AMM de Vastarel, destiné à l’Allemagne ». Une autre réunion mentionne, toujours à propos de Vastarel, « communication de résumé du dossier d’AMM, note technique et note économique ». La facture se monte, pour cinq réunions, à 38 112 € hors taxes.

Une autre facture, datée du 20 octobre 2008, évoque les cas d’effets indésirables dus au Protelos et les réponses données au Comité européen des médicaments à propos du Valdoxan, et deux autres produits. Montant pour cinq réunions : 35 000 €. Dans d’autres cas, la facture indique simplement « Préparation et tenue de réunions avec M. Alain Le Ridant et Mme Garnier ».

Au total, les conseils relèvent autant de compétences scientifiques qu’administratives. Le professeur Alexandre est aujourd’hui mis en examen pour participation illégale d’un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée. Les factures que nous avons pu consulter ne mentionnent cependant pas le Mediator, ce qui concorde avec les déclarations de l'intéressé.

Mais les magistrats instructeurs se sont aussi interrogés sur le rôle d'Alexandre lorsqu’il était à l’agence du médicament. Ils s’étonnent notamment que le professeur n’ait fait à aucun moment le lien pharmacologique entre les fenfluramines, molécules actives de l’Isoméride et du Ponderal, et le benfluorex, principe actif du Mediator.

Ce lien, qui avait été dissimulé dans les rapports du professeur Charpentier, n’était pas ignoré de tous les scientifiques. En 1995, l’étude IPPHS, dirigée par le professeur Lucien Abenhaim, épidémiologue, montrait une association entre fenfluramines et HTAP, ou hypertension artérielle pulmonaire (maladie des poumons gravissime). Les résultats de cette étude ont été présentés lors de plusieurs réunions auxquelles Jean-Michel Alexandre était présent, en 1994 et 1995, notamment une réunion du comité européen des médicaments tenue à Londres le 11 juillet 1995. Par ailleurs, une enquête de pharmacovigilance, lancée en 1995, avait mis en évidence des cas d’HTAP associés au Mediator. Mais aucune relation n’a été faite entre l’IPPHS et la surveillance du Mediator.

Même si l’on admet que le risque du Mediator était difficile à apprécier en 1995, Mediapart a raconté comment les experts français disposaient d’éléments décisifs en 1998. En 1997, l’Isoméride et le Pondéral ont été retirés du marché mondial, en raison des risques d’HTAP et de valvulopathie. Lors d’une réunion du Comité technique de pharmacovigilance tenue en septembre 1998, il est dit que le Mediator et l’Isoméride libèrent dans le sang des quantités de norfenfluramine équivalentes, ce qui implique des risques similaires pour le Mediator.

« Erreur de transcription regrettable »

Le professeur Alexandre dispose de ces informations, mais ne réagit pas. Et pas davantage lorsque, l’année suivante, est signalé le cas d’une patiente atteinte d’HTAP alors qu’elle n’a pas eu d’autre facteur de risque qu’un traitement au Mediator (les cas repérés en 1995 concernaient des patientes qui avaient reçu d’autres anorexigènes en même temps que le Mediator). Ce premier cas d’HTAP associé au seul Mediator est évidemment signalé à l’agence du médicament. Qui plus est, un cas de valvulopathie cardiaque également associé au Mediator seul est signalé quelques mois plus tard par un cardiologue de Marseille, le docteur Georges Chiche.

 

Eric Abadie 
Eric Abadie © Reuters

Le professeur Alexandre était au courant de ces deux cas. En juin 1999, il est destinataire d’une note qui l’informe d’un message du professeur Gérald Simonneau, pneumologue à l’hôpital Antoine-Béclère où ont été observés les premiers cas d’HTAP associés à l’Isoméride. Simonneau s’étonne de ne pas avoir été informé que le benfluorex se métabolisait en norfenfluramine, mentionne le cas de la patiente atteinte d’HTAP sous Mediator seul et rappelle le cas de valvulopathie du docteur Chiche. Et le pneumologue demande si la réévaluation du benfluorex doit être accélérée.

Il n’y aura aucune réaction du professeur Alexandre. Et dans un document établi par le service qu’il dirige, le cas du docteur Chiche, qui avait été classé dans la catégorie « imputabilité plausible », est étrangement reclassé en « imputabilité douteuse ». Interrogé à ce sujet par les magistrats, Jean-Michel Alexandre parle d’une « erreur de retranscription regrettable ».

Le rôle d’Alexandre apparaît donc décisif à un moment crucial du développement de l’affaire du Mediator. Il faut cependant souligner que le médicament de Servier est resté sur le marché près d’une décennie après qu’Alexandre eut quitté l’agence. Les signaux d'alarme ont continué à se succéder, sans susciter plus de réaction qu'avant.

Un seul autre cadre de l'agence du médicament est mis en examen : le docteur Éric Abadie, qui avait été recruté en 1994 comme conseiller scientifique par Jean-Michel Alexandre, et qui a été en poste à l'Afssaps jusqu'en 2012, tout en présidant le comité des médicaments de l'agence européenne de 2007 à 2012. Les magistrats l'ont mis en cause pour prise illégale d'intérêts. Mais ce qui lui est reproché est principalement le fait que son épouse, Marie-Ève Ibar-Abadie, a effectué des prestations d’avocate pour Servier entre 2005 et 2008, pour un montant total de plus de 51 000 €, alors que lui-même était en poste à l'agence. L'avocate est elle-même mise en examen pour recel de prise illégale d'intérêts.

Le rôle d'Abadie à propos du Mediator est loin d'être clair. En 1995, il était informé des résultats de l'IPPHS sur les risques de l'isoméride, et il a reconnu dans un interrogatoire avoir été au courant, dès 1998, de la relation structurale entre benfluorex et isoméride c'est-à-dire de la présence de norfenfluramine.

Il affirme aussi n'avoir pas été au courant du cas d'HTAP signalé par le professeur Simonneau, et d'une manière générale ne pas avoir participé à la pharmacovigilance.

Mais il reconnaît aussi avoir signé en novembre 1999 une lettre préparée par les rapporteurs français et italiens de la pharmacovigilance, qui était adressée aux Laboratoires Servier et listait les points obscurs concernant la sécurité et l'efficacité du Mediator. Abadie a déclaré aux magistrats : « Je ne sais pas pourquoi j'ai signé cette lettre, j'en assume le contenu mais je n'aurais pas dû la signer. »

Les deux dernières personnes mises en examen, en dehors des dirigeants du groupe Servier, sont l'ex-sénatrice Marie-Thérèse Hermange et le professeur Claude Griscelli, consultant pour le laboratoire de 2000 à 2008 et conseiller du ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy, en 2004-2005. Si la présence de Marie-Thérèse Hermange et de Claude Griscelli donne une coloration plus politique à l'éventail des personnalités mises en cause par les magistrats parisiens, la tonalité dominante est celle du monde des experts, médecins et pharmacologues.

Cet éventail de personnalités est certainement représentatif du système d'influence mis en place par Servier. Mais il est probable que d'autres experts aient joué un rôle, au moins passif, dans le scandale du Mediator. Le fait qu'aucun lien n'ait été fait entre les résultats de l'étude IPPHS, qui a contribué à faire retirer du marché l'Isoméride, et les données de pharmacovigilance sur le Mediator, reste incompréhensible. Au moins deux membres du comité scientifique de l'IPPHS pouvaient accéder à ces données : le professeur Bernard Bégaud, membre de la commission de pharmacovigilance ; et le professeur Emmanuel Weitzenblum, pneumologue et expert pour l'HTAP. De même qu'Anne Castot, responsable de la pharmacovigilance à l'agence du médicament. Et, en 1999, le professeur Simonneau, qui a identifié en 1991 les premiers cas d'HTAP liés à l'Isoméride, et qui était co-signataire de l'étude IPPHS, était lui aussi informé des risques du Mediator.

Entre 1999 et 2003, le professeur Lucien Abenhaim, qui avait dirigé l'étude IPPHS, a été directeur général de la santé. Pendant toute cette période, il affirme qu'aucune information alarmante sur le Mediator ne lui est remontée. Après son départ à la suite de la canicule de 2003, son successeur à la direction générale de la santé, William Dab, qui avait lui aussi participé à l'étude IPPHS, n'est pas davantage intervenu.

Ignoré de l'administration sur le plan des risques sanitaires, le Mediator a été, de manière étonnante, préservé des mesures de déremboursement liées à la politique du médicament. Alors que son « service médical rendu » était jugé insuffisant dès 1999, le Mediator est resté remboursé à 65 %, malgré plusieurs notes de l’administration. Cela peut difficilement s'expliquer sans supposer que les laboratoires Servier aient bénéficié, en plus du soutien des experts, d'appuis politiques et dans la haute administration de la santé. La firme a dû actionner d'autres leviers que celui des professeurs de médecine grassement rémunérés. Mais cette partie du dossier n'est pas encore instruite.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 18:05

 

 

Source : www.mediapart.fr

L'ultra-droite se cache derrière «Jour de colère»

|  Par Marine Turchi

 

 

 

Dimanche, une cinquantaine d'associations défilent à Paris à l'appel d'un mouvement baptisé « Jour de colère ». Ce collectif se présente comme « apolitique » et « citoyen ». Derrière, on trouve pourtant toute la nébuleuse de l'ultra-droite. Le mouvement est aussi soutenu par Dieudonné et les catholiques intégristes.

Ce devait être une grande mobilisation « citoyenne » contre le gouvernement, après le tour de chauffe du 30 novembre « contre le matraquage fiscal ». Mais derrière la manifestation organisée dimanche 26 janvier à Paris à l'appel du collectif « Jour de colère », on trouve toute la nébuleuse de l'ultra-droite et les réseaux catholiques traditionalistes.

Un an après les manifestations des anti-mariage pour tous, combien seront-ils dans la rue ? Une cinquantaine d'associations partiront de la place de la Bastille à 14 h. Mais une grande partie d'entre elles n'existe pour l'instant que virtuellement, à travers des sites internet ou des pages Facebook.

Le mot d’ordre est très large : lutter « contre le matraquage fiscal, la misère paysanne, le chômage, l’insécurité, la faillite de l’éducation nationale, la destruction de la famille, le mépris de l’identité française, les atteintes à la liberté et le déni de démocratie ». Le collectif prévoit un rassemblement sous huit bannières différentes : fiscalité, éducation-jeunessefamille, identité nationale, chômage-emploi, respect des convictions religieuses, liberté d'entreprise, respect des libertés fondamentales.

À l’origine de cet événement se trouve un site internet vide de tout contenu qui décrète, à l’automne 2013, le 26 janvier « Jour de colère ». Depuis, le site s’est étoffé, avec une liste d’une cinquantaine de soutiens et un manifeste qui réclame « la “coagulation” de toutes les colères ». « Jusqu’ici, le gouvernement table sur la segmentation des contestations pour mieux les isoler et les mépriser. Il est temps d’unir nos forces autour des points communs qui nous rassemblent », explique le texte.


 

La page de l'événement de « Jour de colère ». 
La page de l'événement de « Jour de colère ». © Facebook / Jour de colère

Ce collectif anonyme se présente comme « apolitique » et « citoyen » et affiche neuf organisateurs anonymes : « Adélaïde, journaliste », « Frédéric, avocat », « Grégoire, professionnel de l'événementiel », « Louis, collaborateur parlementaire et étudiant », « Stanislas, entrepreneur », etc.


Sur le site du collectif, la liste des organisateurs anonymes. 
Sur le site du collectif, la liste des organisateurs anonymes. © www.jourdecolere.com

Béatrice Bourges, la porte-parole du Printemps français, la branche radicale issue de la “Manif pour tous”, jure ne pas être à l'origine de ce collectif « Ça part de citoyens qui n’appartiennent à aucun parti politique ou de mouvement particulier. »

Pourtant, les coïncidences sont troublantes entre les noms des organisateurs du JDC et plusieurs piliers du Printemps français, ou figures proches de cette nébuleuse. Comme l'avocat Frédéric Pichon, ancien leader du GUD (Groupe Union Défense), qui a défendu l'année dernière certains manifestants prônant la radicalisation (et qui avait lui-même évoqué « un devoir de désobéissance contre les lois injustes »).


 

Béatrice Bourges (à gauche) et Frédéric Pichon (à droite) lors d'un débat avec Nouvel Arbitre en octobre 2013. 
Béatrice Bourges (à gauche) et Frédéric Pichon (à droite) lors d'un débat avec Nouvel Arbitre en octobre 2013. © dr

Ou encore Grégoire Boucher, à la tête du groupe Millésimes, « agence conseil communication événementielle », et des éditions TerraMare, qui viennent de publier un « agenda pour Tous 2014 » avec une cinquantaine de « figures » du « combat pour la famille », dont plusieurs soutiens de « Jour de colère ». Boucher gravite autour de la galaxie du GUD : il est « ami » de Frédéric Chatillon et de son bras droit, Olivier Duguet, l'ex-trésorier du micro-parti de Marine Le Pen ; Duguet fut aussi le comptable de sa société Correctif


Béatrice Bourges et Adélaïde Pouchol en juin 2013. 
Béatrice Bourges et Adélaïde Pouchol en juin 2013. © Breizh Journal

Autre exemple : Adélaïde Pouchol, qui signe dans l'Homme nouveau, journal catholique traditionaliste. En juin, elle a animé une conférence sur le Printemps français avec Béatrice Bourges, à Orléans. L'Express note de son côté que « Stanislas », autre organisateur de « Jour de colère », « était bien engagé aux côtés du Printemps français ces derniers mois » d'après ses différents écrits sur Internet.

L'hebdomadaire cite aussi David Van Hemelryck, leader d'Hollande-Démission, qui confirme à demi-mot la présence du Printemps français derrière JDC : « Je ne pourrais pas dire que non mais si certaines personnes souhaitent rester en retrait, c'est leur droit. » Amputé d’une partie de ses membres, miné par les dissensions internes, et sans véritable structure, le Printemps français a tenté de rebondir à l’automne, mais sans que ses membres n'apparaissent directement.

Dans ce grand chaudron hétéroclite du « Jour de colère », un seul point commun : l’opposition à François Hollande. Le politologue Jean-Yves Camus, chercheur à l'IRIS et spécialiste des droites extrêmes, voit plutôt dans ce « Jour de colère » un « Jour de défoulement »« On y retrouve des mouvements anti-fiscalité, des catholiques traditionalistes qui pensent encore que la loi Taubira pourra être remise en cause, des catholiques intégristes qui combattent l'avortement, des groupuscules d'extrême droite, et tous ceux qui pensent qu'Hollande est illégitime. Tout cela n'est pas très cohérent. »

Nationalistes, catholiques intégristes et « Dieudosphère »

Dans la liste des soutiens, on croise effectivement aussi bien des collectifs dans la galaxie du Printemps français (Camping pour tous, Hollande-démission, le Collectif pour l'enfant de Béatrice Bourges), des associations réclamant la démission d'Hollande (Hollande Dégage, Hollande m'a tué, Stop-Hollande), des mouvements anti-fiscalité (Rassemblement des contribuables français de Nicolas Miguet, les Citrons pressés, les Vaches à lait, etc.), anti-islam (Reconquête républicaine, le Comité Lépante), identitaires (Réseau-Identités, Nationalité-Citoyenneté-Identité, la Ligue francilienne), des catholiques intégristes (comme Civitas, proche de la Fraternité Saint-Pie X), des associations aux revendications plus ciblées (comme les Bonnets blancs qui s’opposent à la réforme des rythmes scolaires) et d'autres aux mots d'ordre plus flous (l'Observatoire du mensonge, Foutez-leur la paix).

Le mouvement se targue aussi d'avoir le soutien de « Bonnets rouges » (« Les Bonnets rouges », « Les Bonnets rouges 69 », « Les Bonnets rouges nantais »). Ces dérivés identitaires ne sont pourtant pas liés au mouvement officiel breton, qui martèle qu'il « ne s'associ(e) pas » à cette manifestation « contrairement à certains dires sur les réseaux sociaux ». Sur le site, le collectif diffuse également des photos de manifestants anonymes annonçant leur présence :


 
© Sur le site Jour de colère.

D'autres, sans figurer dans la liste des soutiens, ont annoncé leur venue. Les organisateurs ont expliqué qu'ils ne comptaient pas empêcher « quiconque de participer au rassemblement ».

C'est le cas d'Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, les leaders de l'Œuvre française et des Jeunesses nationalistes, ces groupuscules antisémites dissous en juillet. Les deux militants ont réactivé leur site internet Jeune Nation, qui a appelé à une « mobilisation générale des nationalistes » avec « Jour de colère ».

 

 
© Twitter / Gabriac

L'ex-FN Bernard Antony, ancien chef de file des catholiques traditionalistes au sein du parti lepéniste, et fondateur de l’Agrif, participera aussi à la manifestation pour combattre le « racisme anti-blanc et anti-chrétien », selon Libération.

De son côté, Égalité et Réconciliation, l'association d'Alain Soral, « invite toutes les personnes sensibilisées par au moins l’un des 8 thèmes abordés » à « se joindre à cet événement », tout en précisant qu'elle « n’organise ni ne participe à la mise en place de la manifestation ».

Mais c'est surtout l'appel de Dieudonné qui divise le mouvement. Mi-janvier, sur sa page Facebook, l’humoriste a relayé les appels à manifester de « Jour de colère » et invité ses soutiens à se joindre au mouvement. « Et ne vous fiez pas aux rumeurs comme quoi la manif serait anti-islam ! c'est faux ! », écrit-il.


© Facebook / Dieudonné

Dieudonné lui-même ne sera pas présent, puisqu'il sera sur scène à Bordeaux pour son spectacle, à 17 h. Mais son annonce a perturbé le mouvement. L'association anti-islam Résistance républicaine, satellite de Riposte laïque, a pris ses distances en rejetant « Dieudonné et ses sbires »« Nous allons crier notre colère face à l’islam (...) ; il est impensable que les soutiens antisémites pro-islam de Dieudonné manifestent à nos côtés avec barbus et femmes voilées, tout simplement », explique sa présidente Christine Tasin dans un communiqué, le 12 janvier.

Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous, a expliqué à Libération vouloir tenir son mouvement à distance de ce défilé « Quand on se mobilise, on dit qui l'on est, et on revendique des choses précises », a-t-elle justifié.

Dimanche, des frictions ne sont pas à exclure entre les différents groupes. À l'extrême droite, certains ironisent déjà sur les revendications divergentes des manifestants :


 
© Twitter / FrdeSouche

Sur Internet, les organisateurs semblent dépassés par des participants diffusant des tracts et slogans ultraradicaux. Sur Twitter, Résistance royaliste appelle par exemple à rejoindre le mouvement en prenant comme référence les manifestations des ligues d'extrême droite contre le gouvernement, le 6 février 1934 :

 

© Twitter / ResistanceDuRoi

 

Peu d'élus de droite et d'extrême droite ont annoncé leur venue. « C'était en débat dans les partis politiques, mais c'est moins d'actualité : personne ne veut courir le risque d'être assimilé à Dieudonné ou aux catholiques intégristes de Civitas. Pour un candidat aux municipales UMP, s'afficher à cette manifestation serait suicidaire », estime Jean-Yves Camus.

Pilier des manifs anti-mariage pour tous, le député UMP Hervé Mariton assure au Point qu'il ne participera pas à cette manifestation dont il n'avait « jusque-là pas connaissance ». Au FN, Bruno Gollnisch répond à Mediapart qu'il n'est « pas sûr de pouvoir s'y rendre » car il est retenu « à Hyères pour (sa) campagne municipale »

D'autres font carrément marche arrière. Le collaborateur de Marion Maréchal-Le Pen, qui avait d'abord indiqué à Mediapart que la députée FN serait probablement présente à la manifestation, nous a expliqué en milieu de semaine qu'elle ne s'y rendrait pas à cause de « l’environnement, l’appel des pro-Dieudonné, la crispation des échanges sur le Web ». Pourtant, en décembre, sa fédération du Vaucluse participait à l'organisation de la manifestation. Depuis, ce billet a disparu.


 

Billet du 18 décembre 2013 sur le site du FN du Vaucluse. 
Billet du 18 décembre 2013 sur le site du FN du Vaucluse.


Mais « Jour de colère » veut entretenir l'idée d'un rassemblement de grande ampleur. Les organisateurs expliquent que leur appel « est relayé officieusement » à l'Assemblée nationale et que « certains parlementaires auraient même prévu de venir dimanche, en se mêlant aux manifestants de façon anonyme ».

La mobilisation de dimanche sera un test, un an après les grandes manifs contre la loi Taubira. Que reste-t-il du mouvement des anti-mariage pour tous ? La mobilisation virtuelle des derniers mois se concrétisera-t-elle sur le terrain ? Sur Facebook, quelque 25 600 personnes avaient annoncé leur participation, vendredi en fin de journée. « La grande question, c'est quelle ampleur prendra cette manifestation », souligne Jean-Yves Camus. Pour le chercheur, cependant, non seulement ce rassemblement « n'est pas unitaire », mais il souffre de l'absence d'« objectif », de « débouché politique » et de « cadre politique »« Contrairement au mouvement contre la loi Taubira, il n'y a pas de figure politique ou médiatique permettant de coaguler tous ces mouvements », explique-t-il.

Le politologue souligne aussi un déficit de logistique. Les organisateurs de « Jour de colère » ont mis en place des relais locaux et affirment qu’« une soixantaine de cars » ont été mobilisés. Un système de covoiturage est proposé par le site. Mais le collectif est loin de la puissante organisation de la « Manif pour tous », qui avait permis d'acheminer des milliers de manifestants à Paris l'année dernière.

Difficile enfin de mobiliser trois semaines consécutives une partie des troupes. « Il y a trois manifestations en trois semaines, j'étais présent à la Marche pour la vie (contre l'avortement, le 19 janvier, ndlr), je serai à celle de la Manif pour tous (le 2 février, ndlr), je ne suis pas sûr d'être à celle de dimanche », explique ainsi Bruno Gollnisch.

Lire notre enquête du 29 novembre : « Comment la droite catho identitaire se régénère ».

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 



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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 17:50

 

 

Source : www.mediapart.fr

185 morts sur les chantiers de la coupe du monde de foot au Qatar

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

En dépit des promesses de la FIFA, les conditions de travail des travailleurs émigrés sur les chantiers de la coupe du monde 2022 sont toujours aussi scandaleuses. « Tous les travailleurs ont été trahis par la Fifa », accuse une ONG

Selon les documents officiels, 185 ouvriers, la plupart Népalais, ont trouvé la mort en 2013 sur les chantiers destinés à la coupe du monde de football qui se déroulera en 2022 au Qatar. D’après les enquêtes du Guardian, le bilan pourrait être encore plus lourd et s’éleverait à 194 morts. Chaque jour ou presque de nouveaux cercueils arrivent au Népal en provenance de Doha.

 Le quotidien britannique avait révélé cet été que 44 ouvriers népalais étaient morts entre le 4 juin et le 8 août. Son enquête avait dévoilé les conditions scandaleuses infligées aux ouvriers émigrés, traités comme de véritables esclaves. Face au scandale, la fédération internationale de football (Fifa) avait été obligée de réagir et promis de veiller à l’avenir sur les conditions de travail des ouvriers émigrés. De son côté, le Qatar s’était engagé aussi à améliorer la situation des travailleurs émigrés  et respecter les normes internationales. 

« La Fifa et le gouvernement du Qatar avaient promis qu’ils prendraient des mesures pour assurer la sécurité des travailleurs construisant les stades et les infrastructures pour la coupe du monde 2022. Cet horrible bilan démontre le mensonge de ces engagements. Ils étaient jeunes, avaient la vie devant eux, des familles chez eux. Beaucoup sont littéralement morts au travail. Certains ont eu des fins encore plus sinistres. Tous ont été trahis par la Fifa », accuse le comité de coordination népalais (PNCC), très en pointe dans ce dossier.

 

Lire dans le Guardian

 

Source : www.mediapart.fr

 


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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 22:28

 

Source : http://lesincroyablesalaune.wordpress.com

 

Inspirée par les Incroyables Comestibles, Marci crée une ferme urbaine à Montréal

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À Montréal, une habitante inspirée par les Incroyables Comestibles crée en pleine ville une ferme urbaine pour s’ouvrir sur les autres. Témoignant à l’aide d’un documentaire vidéo saisissant (1), l’agricultrice solidaire présente sa démarche comme une invitation à repenser la planification urbaine.  À l’instar de Mary Clear et Pam Warhurst, co-fondatrices du mouvement Incredible Edible Todmorden, au Royaume-Uni, Marci raconte son désir de créer un lieu d’expérimentation pour mieux partager expertise et savoir.

Une équipe de recherche (2) composée par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB), le Collectif de recherche en aménagement paysager et agriculture urbaine durable (CRAPAUD) et l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM relate cette initiative inédite et significative du phénomène de transition citoyenne des territoires autour des valeurs de partage et de solidarité en lien avec la nourriture locale.

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Avec 10 arbres fruitiers, 5 poules, une ruche abritant jusqu’à 40 000 abeilles et un jardin potager débordant de légumes, c’est une véritable fermette que Marci a développée en plein cœur de la ville. Sa démarche n’est pas sans rappeler la tendance états-unienne du « urban homestead ». Elle démontre qu’il est possible de créer un aménagement alliant maraîchage, production de fruits et élevage, tout en créant un milieu de vie épanouissant pour les citadins et la biodiversité.

Polyculture, culture biologique et plantes vivaces !

Certains principes guident Marci dans l’aménagement de sa fermette : la culture biologique, l’utilisation de plantes vivaces, la diversité des espèces cultivées. Ces principes travaillent en synergie.

L’application des règles de l’agriculture biologique à son jardin permet à Marci de se passer des engrais et pesticides de synthèse. En plus de produire des aliments plus bénéfiques pour la santé de sa famille, cette façon de jardiner réduit l’impact écologique de son jardin (pollution, coûts énergétiques et environnementaux de la production d’intrants de synthèse, etc.) et favorise la prolifération de la biodiversité au sein de son potager.

Les avantages de cultiver des vivaces sont nombreux. À commencer par le fait qu’elles sont économes en « énergie humaine » puisqu’on n’a pas à les ressemer chaque année ni à travailler le sol dans les secteurs où elles poussent. Elles retiennent également mieux les nutriments, préviennent l’érosion (en gardant le sol couvert en permanence), contribuent à structurer le sol et puisent leur eau plus profondément chaque année. Les vivaces permettent finalement d’établir des relations durables de complémentarité entre plantes tout en fournissant à certaines espèces (insectes pollinisateurs, petits animaux) de la nourriture et un habitat tout au long de l’année (ou presque !).

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En plus de ses multiples plantes vivaces, Marci cultive une grande diversité de légumes qu’elle replante chaque année. En ce sens on peut dire qu’elle pratique la « polyculture ». Une telle manière de jardiner permet de maximiser l’utilisation de l’espace dans toutes ses dimensions, d’accéder aux ressources du sol dans toute leur diversité et de créer une entraide mutuelle entre plantes complémentaires. Elle s’avère également une tactique astucieuse pour la lutte aux ravageurs en créant une « confusion odorante » par un mélange de plantes et en fournissant un habitat à leurs prédateurs.

Une contribution à la nature en ville

Mais la fermette de Marci n’est pas un lieu exclusivement dédié à l’alimentation humaine. En effet, son aménagement est réfléchi et réalisé dans une perspective de synergie et de complémentarité avec les autres espèces présentes dans l’écosystème urbain.

C’est ainsi, qu’au sein de son havre de verdure, elle a aménagé un petit étang où plusieurs petits animaux, en particulier les oiseaux, viennent s’abreuver. Elle a aussi conçu un mur végétalisé constitué de vignes et de lierre, qui accueille de multiples espèces d’oiseaux. Son jardin est également un vrai « festin floral » pour les insectes pollinisateurs, tels que les abeilles (domestiques et sauvages) et les papillons.

Ceci fait de son terrain un lieu marqué par une biodiversité bien plus grande que le secteur environnant. Ce bénéfice pour l’écosystème urbain en est également un pour sa fermette puisque les insectes pollinisateurs contribuent à l’abondance des récoltes.

L’agriculture urbaine comme pont avec la communauté

Fière de sa petite fermette, Marci invite son voisinage et les groupes scolaires à la visiter. Car pour elle l’agriculture urbaine est un moyen d’aller à la rencontre de sa communauté et de rebrancher tout un voisinage avec la source de son alimentation. Les activités agricoles de Marci dépassent donc largement le périmètre de son jardin!

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Elle est à l’origine d’un projet de « plantations comestibles » dans son quartier, une pratique inspirée des Incredible Edible. Ce projet consiste à faire pousser des plantes comestibles dans les endroits publics et d’inviter les passant-e-s et les voisin-e-s à se servir gratuitement. Marci s’implique également au sein du NDG Transition Group et de la Westmount Horticultural Society.

Concevoir et habiter la ville autrement

Cette fermière urbaine accomplie imagine une ville où la production alimentaire serait au cœur de la vie des citoyen-ne-s. Marci est optimiste face au futur de l’agriculture urbaine à Montréal. Visionnaire, elle imagine un futur où l’asphalte et le ciment n’auraient plus une place aussi importante dans les villes, libérant ainsi de l’espace pour faire pousser plus de nourriture.

(1) Reportage vidéo de Marci, fermière urbaine sur Viméo

(2) Source : agriculturemontreal.com

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Si vous souhaitez faire la visite et découvrir la Green Route de la co-création joyeuse au sein du processus de l’abondance partagée des incroyables comestibles sur le site, vous êtes cordialement invités à entrer par la grande porte, vous y êtes attendus en fête par les enfants qui ont préparé votre venue avec les citoyens jardiniers – cuisiniers – musiciens des Nouveaux Territoires du Nouveau Paradigme. L’entrée se situe là où tout à commencé, c’est-à-dire à Todmorden, au Royaume-Uni d’Angleterre.

Le lien vers la Parade Festive se trouve ICI.

 

 

 


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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 22:13

 

 

Source : www.consoglobe.com

 

Repair café : rien ne se jette, tout se répare !

Repair café : rien ne se jette, tout se répare !

En avez-vous entendu parler ? Repair Café, c’est la tendance durable du moment ! Ces « cafés des réparations » risquent de pousser comme des champignons sur l’hexagone au vu du succès que ces derniers ont eu aux Pays-Bas. On en trouve actuellement 6 en France : à Besançon, Nice, Paris, Saint-Egrève, Sophia-Antipolis et Vauréal. Mais le mouvement s’accélère et fait de nouvelles émules. Enquête sur ces cafés où « rien ne se jette mais tout se répare » ! 

Réparer ses objets plutôt que de les jeter : l’idée lumineuse du repair café !

Martine Postma

Martine Postma, à l’initiative des Repair Cafés

L’idée est née dans l’esprit de la Néerlandaise Martine Postma, ancienne journaliste.

Cette femme, qui a ouvert en 2009, le premier repair Café à Amsterdam et qui est à l’origine des vingt repair cafés au Pays-Bas, remarque à regret que les gens sont bercés par une culture de « ça ne marche plus je jette ».

C’est simple, les gens perdent totalement la culture et la notion de la réparation. L’objectif lorsqu’elle réfléchit aux « cafés des réparations » ? Donner une deuxième vie aux objets en panne, déchirés, troués et qui filent tout droit à la poubelle !

Elle dessine donc ces cafés aux couleurs de lieux qui mettraient en contact deux groupes de personnes :

  • Des réparateurs bénévoles.
  • Des gens qui souhaiteraient réparer leurs objets, mais qui ne savent pas comment ni par où commencer.

Car réparer ensemble, c’est l’objectif fondamental de ces cafés !

C’est simple, les rencontres qui y sont organisées sont ouvertes à tous et l’entrée est libre. Pour le matériel et les outils ? Pas de souci à se faire, il est disponible sur place !

Réparation bicycletteEt toutes les réparations possibles et imaginables y passent : vêtements, meubles, appareils électriques, bicyclettes, vaisselle, jouets etc.

Les réparateurs bénévoles sont experts en la matière : électriciens, couturières ou encore menuisiers proposent leur aide gratuitement aux « réparateurs de fortune ».

Facile : on apporte nos objets en mauvais état et on se met à l’ouvrage avec des gens qui connaissent le métier.

Double avantage : on repart avec l’objet cher à notre coeur réparé et en plus, on apprend ! Mieux encore, si vous n’avez rien en cours à réparer, vous pouvez venir pour regarder et apprendre, mais aussi pour aider les autres ! D’autant que si l’on n’a rien à faire, on ne s’ennuie jamais puisque sur les tables de lecture, des ouvrages sur la réparation et le bricolage pour donner des idées ! Un vrai lieu collaboratif et ludique ! Mais aussi une vraie opportunité de redécouvrir nos objets !

 

Les repair cafés offrent une deuxième vie à nos objets

Poubelles qui débordent

C’est un problème récurrent et souvent décrié : l’obsolescence programmée des produits que nous achetons. Même si elle est très difficile à prouver, on note qu’aujourd’hui les produits sont plus fragiles qu’autrefois, ils sont souvent irréparables ou les pièces détachées servant à leur réparation, introuvables.Des faits qui contribuent largement à une obsolescence rapide des produits.

Les Européens jettent beaucoup : selon les statistiques, un européen produit en moyenne 600 kg de déchets par an.

Des poubelles qui se trouveraient allégées si nous pensions aux « cafés des réparations ». Or, pour nombreux d’entre nous, réparer est presque devenu quelque chose de l’autre monde. D’ailleurs, nous ne savons même plus comment faire !

Retrouver un savoir-faire perdu

repair caféLe savoir-faire en la matière disparaît petit à petit et souvent, les professionnels qui maîtrisent ces connaissances sont rares et peu sollicités. Mais, le repair café oeuvre pour redonner la place qu’elle mérite à la réparation et à ces réparateurs de l’ombre. En plus, le savoir recommence à circuler et à se transmettre, un réel avantage à exploiter.

Car en effet, les objets remis en état sont plus longtemps utilisés et n’encombrent plus inutilement nos poubelles. Ce qui a un effet non-négligeable : la consommation de matières premières et d’énergie nécessaires à la fabrication de nouveaux produits se trouve ainsi réduite. Et les émissions de CO2 également.
Enfin, autre effet positif : le repair café permet aux gens de voir autrement ce qu’ils possèdent et d’en (re)découvrir la vraie valeur. Cela encourage un changement au niveau des façons de penser, et tend à modeler la société pour l’ouvrir au durable.

 

Le repair café : concurrent des réparateurs professionnels ?

La question est parfois soulevée : la réparation bénévole et gratuite de nos objets ne fait-elle pas de l’ombre aux réparateurs professionnels ?

Au contraire, les gens qui participent aux réunions repair café sont en général ceux qui jettent sans se poser vraiment la question de la réparation possible. Ce ne sont pas des clients de réparateurs professionnels et ils avouent jeter généralement les choses cassées de façon immédiate, car les faire réparer serait trop cher.

Qui plus est, ces rencontres se révèlent être un atout pour les réparateurs professionnels car elles leur apportent une visibilité, qu’ils avaient perdue depuis longtemps.

Caisse à outilsAvec le repair café, la notion de « réparation », visiblement oubliée, est remise au goût du jour.

Et souvent, les visiteurs sont orientés vers les quelques réparateurs qui sont encore en exercice lorsqu’ils souhaitent faire réparer leurs objets.

Ainsi, ce système est bénéfique à tous : au consommateur qui redonne une vie à son objet, aux réparateurs professionnels qui trouvent une nouvelle visibilité et à nos poubelles, qui sont moins encombrées !

Repair café : un modèle économique en pleine expansion

etoileAu départ, il s’agissait d’une simple initiative locale à Amsterdam. Mais le succès inattendu a été au-delà des espérances de Martine Postma.

DRepair caféésormais, elle travaille donc à plein temps pour la fondation « Café des réparations », qu’elle a créé en 2010. Cette dernière est subventionnée par l’Etat et chargée de conseiller les bénévoles qui veulent monter un « repair café ».

Organisé selon des permanences bien réglées (un après-midi par mois ou deux soirées par semaine), le repair café est indépendant, notamment au niveau du financement et du recrutement des bénévoles. Le matériel est récupéré ou appartient aux réparateurs et généralement, le local est mis à disposition par la commune ou loué à un particulier.
repair caféIl faut noter que l’objectif initial était de créer dix-huit « cafés des réparations » aux Pays-Bas d’ici à fin 2013. Il en existe déjà 20 et pas loin d’une cinquantaine d’autres sont en préparation. En France, il y en a déjà 6.

Une idée fleurissante qui enthousiasme sa conceptrice : elle rêve même d’un « café » dans chacune des 415 communes des Pays-Bas. Une évolution à suivre de près dans nos contrées françaises !

bandeau_zoom-temoignage1Bruno, 25 ans « L’idée m’a tout de suite plu ! Moi qui suis un touche à tout, ça m’a de suite donné envie. En plus, c’est appréciable de pouvoir discuter avec des gens qui savent de quoi ils parlent et qui vous donnent des conseils utiles pour réparer des objets auxquels on tient »
 

Amandine, 39 ans « Au départ, j’avoue que je n’étais pas trop emballée. C’est une copine qui m’y a tiré un peu de force, et puis je me suis très vite prise au jeu. C’est vrai que je jette souvent lorsque ça ne marche pas, mais à l’avenir je vais faire plus attention ! »
 

*

biodiverCityRepair café – Infos utiles

- Vous souhaitez ouvrir votre repair café ? L’association Stichting Repair Café aide des groupes locaux en Europe à mettre sur pied leur propre Repair Café.
- Le site http://www.repaircafe.fr/ vous informe sur toutes les manifestations dans les « cafés des réparations » et sur leur localisation.

*

Cela me donne une idée

Et aussi :

 

Source : www.consoglobe.com

 

 

 

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 22:05

 

Source : www.brujitafr.fr

 

Les consommateurs vont devoir s’y faire : l’extension de la redevance des anciens aux nouveaux écrans (smartphones, ordinateurs, tablettes) sera l’un des gros sujets du projet de loi de finances discuté à l’automne. Le sénateur David Assouline, porte-parole du PS et membre d’un groupe de travail sur le financement de l’audiovisuel public, a déjà esquissé les pistes de réflexion.

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redevance-tv-montant « Il faut que cette contribution reste le pilier central du financement de l’indépendance de l’audiovisuel public. Et aujourd’hui, à mon avis, cela signifie de la rendre plus claire, lisible et moderne » a déclaré le sénateur socialiste dans une interview au Monde. Alors que tout le monde s’attend à une annulation européenne de la taxe Copé créée pour compenser la fin de la pub sur les chaînes publiques, Assouline milite pour taxer tous les appareils permettant de recevoir l’audiovisuel public.

 

Taxer les capteurs

Cette réforme, annoncée timidement par Aurélie Filippetti aurait un principe simple : « Ne plus l’asseoir uniquement sur les téléviseurs, mais sur la capacité dans chaque foyer de capter l’audiovisuel public » explique le parlementaire. Il suffirait de posséder un « capteur » permettant de recevoir l’audiovisuel public pour être assujetti, une fois par foyer. Capteur ? Le parlementaire cite notamment les ordinateurs ou tablettes, mais les smartphones devraient en toute logique être de la fête. C’est en tout cas les vœux de la Société civile des auteurs multimédia (Scam).

 

Pas de retour de la pub après 20 heures

Pourquoi taxer et non rétablir la pub après 20h ? « Si l’on accordait à France Télévisions de nouveaux écrans de publicité, cela casserait le prix de l’écran pour toutes les chaînes » rétorque-t-il. Un vrai cliquet anti-retour ! Pour faire bonne mesure, le sénateur propose aussi de rétablir la redevance sur les résidences secondaires. « La rétablir serait une mesure de justice sociale : elle ne toucherait pas toute la population et son montant serait égal à la moitié de celui payé pour la résidence principale ». Taxe Lescure + redevance TV + indémnisation pour copie privée Enfin, Assouline précise que cette taxe étendue sera parfaitement compatible avec la taxe sur les appareils connectés proposée par Pierre Lescure. « Les deux n’ont rien à voir. Dans un cas, la taxe se paye à l’achat, une seule fois : le constructeur est taxé, avec un taux quasi indolore pour des appareils qui coûtent plusieurs centaines d’euros. (…) De l’autre côté, avec la contribution modernisée, on est dans le même esprit que la contribution actuelle sur le téléviseur. C’est un actionnariat populaire qui donne droit à l’audiovisuel public. »


Taxe Lescure sur les appareils connectés, redevance audiovisuelle, redevance copie privée,

les consommateurs seront ainsi invités à contribuer à l’exception culturelle de tous les côtés : il suffira qu’ils achètent une tablette ou n’importe quel appareil doué pour le Net, avec capacité de stockage et de réception des flux TV.

Source : PC INpact Publiée le 19/06/2013

 

Rémy Pflimlin souhaite que « la redevance télé évolue »

Rémy Pflimlin, invité de RTL, mercredi 23 octobre 2013

Publié le 23/10/2013 à 12h04 | RTL Matin Rémy Pflimlin, invité de RTL, mercredi 23 octobre 2013

– Le président de France Télévisions souhaite que la redevance ne soit « plus seulement fondée sur la possession d’un poste de télévision mais sur la possession de tous les écrans ». Rémy Pflimlin a reconnu mercredi sur RTL que la diminution des ressources publiques à destination de France Télévisions amène à un plan d’économie de 300 millions d’euros à l’horizon 2015. « Ils doivent nous amener à l’équilibre en 2015″, a précisé le directeur de France Télévisions. Lui-même souhaite que le financement de la télévision publique soit adapté « entre nos missions et nos moyens ». Il a donc une nouvelle fois réclamé que la redevance puisse évoluer en étant « non plus seulement fondée sur la possession d’un poste de télévision mais sur la possession de tous les écrans », a-t-il précisé, visant précisément les tablettes.

 

Source : RTL.fr - See more at: http://actuwiki.fr/actu/37748/#sthash.wtV7ircg.dpuf

 

 

Source : www.brujitafr.fr

 

 

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 21:37

 

 

Source : www.mediapart.fr

A Bruxelles, la France agit contre les énergies renouvelables

|  Par Jade Lindgaard

 

 

Malgré ses déclarations volontaristes, la France a œuvré en coulisse à Bruxelles pour que les objectifs européens sur les énergies renouvelables en 2030 ne s’imposent pas aux pays. Pour Greenpeace, « c’est une rupture ».

La stratégie de l’Union européenne au sujet du climat ressemble de plus en en plus à un périlleux jeu d’équilibriste. Mercredi 22 janvier, la Commission a publié ses recommandations pour le « paquet-énergie climat 2030 », les trois directives structurant sa politique « bas carbone » : baisse de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 1990), « au moins » 27 % d’énergies renouvelables et pas d’objectif pour l’efficacité énergétique. Le premier chiffre satisfait la France, hôtesse de la conférence de l’ONU sur le climat en 2015, qui craignait le ridicule si l’Europe plafonnait ses ambitions à - 35 % – comme l’envisageait Bruxelles dans un premier temps – alors que le Giec préconise une baisse de 80 % d’ici 2050 pour les pays industrialisés. L’absence de chiffrage sur les économies d’énergie arrange beaucoup de monde, car elles sont à la fois difficiles à mettre en œuvre et ardues à valoriser auprès des électeurs.

 

José Manuel Barroso et François Hollande à Bruxelles en mars 2013 (Reuters).  
José Manuel Barroso et François Hollande à Bruxelles en mars 2013 (Reuters).

La discussion autour de la part des renouvelables est la plus révélatrice. Bruxelles propose que l’Union se dote d’un objectif contraignant de 27 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030, mais se garde bien d’en imposer les déclinaisons nationales. Alors que le « paquet énergie climat 2020 », actuellement en vigueur, oblige chaque État-membre à respecter des pourcentages minimaux de renouvelables dans leur production d’énergie (pour la France, 23 % en 2020), ce ne sera plus le cas pour la décennie suivante. 

Quelle portée peut bien avoir une contrainte partagée à vingt-huit pays ? Une source européenne invoque « la nécessité de donner plus de flexibilité aux États » considérant que « c’est une garantie d’efficacité ». En France, le syndicat des énergies renouvelables (SER) s’est dit « préoccupé » par ces recommandations.

Et Paris dans tout ça ? En décembre, Philippe Martin, ministre de l’écologie et de l’énergie, a bien cosigné une lettre avec plusieurs homologues européens réclamant « un objectif pour les énergies renouvelables pour 2030 ». Le 22 janvier, il « se félicit(ait) de la volonté d'afficher un objectif européen d'énergies renouvelables en 2030 dans la consommation énergétique de l’Union » et de ces « engagements ambitieux ». La France, championne de l’éolien, du solaire et de la biomasse ? Pas si simple. En réalité, ces derniers jours, elle a œuvré pour que les objectifs concernant les renouvelables ne s’imposent pas aux pays nominalement. 

« La France a fait un lobbying clair pour qu’il n’y ait pas d’objectifs contraignants au niveau des États, explique Cyrille Cormier de Greenpeace France. Elle est sortie de sa position attentiste pour passer à l’offensive, c’est une vraie rupture. » 

« Oui, c’est en partie vrai, reconnaît Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la planète, la position de la France a été d’établir des objectifs spécifiques par pays dans un second temps, de manière à assurer la cohérence avec l’objectif de réduction des gaz à effet de serre en fonction du mix énergétique de chaque partenaire européen. » Ces derniers jours, Hulot a signé et diffusé la pétition de l’ONG Avaaz réclamant une baisse de 50 % des rejets de gaz à effet de serre en 2030. 

Embarras dans l’entourage de Philippe Martin : « Il est vrai que compte tenu du "contexte" et des équilibres européens, on a poussé plus fort sur les 40 % de gaz à effet de serre (plutôt que 35). Charge à nous, en vertu du principe de subsidiarité, de doter la France d'objectifs renouvelables ambitieux ! On y travaille. »

Au départ, la France défendait une stratégie en deux temps : d’abord un bon objectif sur les gaz à effet de serre, ensuite sur les renouvelables. « C’était une position bancale mais pas offensive contre les objectifs nationaux », décrit Célia Gautier, du Réseau action climat (RAC). Mais entretemps, il s’est produit un déchaînement de lobbying : par le Royaume-Uni, vent debout contre des objectifs nationaux contraignants, et par des groupes énergéticiens (GDF Suez, E-ON, RWE, ENI, Enel, Iberdrola…). En privé, des conseillers de l’exécutif ne cachent pas leur ambition d’exporter des réacteurs nucléaires en Pologne et en République tchèque, en plus des deux EPR en cours d’achat outre-Manche. Des perspectives commerciales qui se verraient mécaniquement limitées par une poussée obligatoire des renouvelables.  

« C’est un net recul par rapport au système actuel, qui oblige les États à rendre des comptes et à se faire contrôler par la Commission », regrette Celia Gautier, pour qui « le gouvernement français nous montre qu’il n’est pas sérieux sur sa transition énergétique ». Les propositions de la Commission doivent encore être approuvées par le parlement européen et les chefs d’État, réunis en conseil de l’énergie les 20 et 21 mars prochains.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 21:31

 

 

Source : ww.mediapart.fr

Déchets nucléaires : cache-cache géothermique à Bure

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

Le choix du site d’enfouissement des déchets radioactifs ultimes est contesté car il renferme d’importantes réserves géothermiques, selon des experts. Ces derniers reprochent à l’État d’avoir tronqué ses recherches. La querelle est désormais portée devant la justice.

Alors qu’une conférence de citoyens se déroule actuellement pour étudier le projet de Centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs (Cigéo) (voir ici notre enquête), une voix vient raviver la polémique. Encore peu connu du grand public, l'enjeu de ce centre est énorme : c'est là que doivent être enfouis les déchets ultimes de notre système nucléaire. En vingt ans, près de 1,5 milliard d'euros ont été investis dans ce laboratoire.

Ancien responsable de la géothermie au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), Jacques Varet fut en France l’un des pionniers de la récupération de la chaleur contenue dans le sous-sol ou les nappes d’eau souterraines, une énergie renouvelable. À partir de la fin des années 70, puis au cours des années 80, il fut l’un des chercheurs chargés d’établir l’inventaire du potentiel français, au moment où le choc pétrolier incitait les autorités à trouver des alternatives au pétrole. C’est dans ce cadre qu’il a découvert les qualités particulières du Bassin parisien, avec sa roche à la fois perméable et poreuse. Cette géothermie dite de basse température est idéale pour le chauffage urbain.

Or, selon plusieurs études du BRGM menées depuis la fin des années 70, on retrouve les mêmes qualités de roche autour de Bure, à la frontière de la Meuse et de la Haute-Marne, la commune qui accueille le centre de recherche de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et où, logiquement, devraient être enfouis à partir de 2025 les déchets nucléaires ultimes. Dès 1979, le bureau considérait que la ressource géothermique de cette zone pourrait avoir « une bonne productivité ». C’est ce que l’on voit sur cette carte publiée en 2008 : à l’est de Saint-Dizier, à une profondeur d’environ 1 700 mètres, on trouve de l’eau naturellement chauffée entre 65 et 70 °C (le potentiel de cette ressource est évalué à 12 gigajoules par m2).


Évaluation du potentiel géothermique du réservoir “Grès de Donnemarie” à l'échelle du bassin de Paris (Bouchot et al., 2008). 
Évaluation du potentiel géothermique du réservoir “Grès de Donnemarie” à l'échelle du bassin de Paris (Bouchot et al., 2008).

« Le trias, une roche dotée d’une très bonne perméabilité, est très bien développé sur les marges du Bassin parisien, notamment à l’est, au pied des Vosges ainsi qu’au pied du Massif central », explique aujourd’hui Jacques Varet, joint par téléphone pour un long entretien d’explications techniques sur les enjeux de ce dossier. 

C’est également la conclusion des experts du cabinet suisse Geowatt, en novembre dernier (à lire ici), mandatés par le comité local d’information et de suivi (CLIS) du laboratoire de Bure : « Les ressources géothermiques au Trias dans la région de Bure peuvent aujourd’hui être exploitées de manière économique avec l’emploi de techniques et de matériels appropriés. »

En 2002, un géophysicien retraité, André Mourot, avait alerté les autorités sur la présence de géothermie dans les sous-sols de la zone envisagée pour y stocker les colis de déchets nucléaires. En 2008, à la suite de courriers adressés au CLIS, l’Andra prolonge un forage jusqu’à l’aquifère géothermique pour en évaluer le potentiel. Mais elle en tire un bilan négatif : « La production mesurée en test est nettement inférieure à la gamme de débits des exploitations géothermiques » existant dans le Bassin de Paris, conclut la synthèse de son programme de reconnaissance en 2009.

Comment expliquer ce résultat ? Selon Jacques Varet, l’Andra a arrêté son forage de recherche juste avant d’atteindre la source la plus prolixe de géothermie : elle se trouve dans la couche basse du trias (le “bundsandstein”, les grès bigarrés) que le puits de forage n’a pas atteinte. « Ils se sont arrêtés trop haut, explique aujourd’hui Jacques Varet. Ils ont répondu du mieux qu'ils ont pu à la commande qui leur était faite : démontrer qu'il n'y avait pas de ressource géothermique. La géothermie, on la trouve quand on la cherche. On s'adresse pour ce faire à une entreprise compétente. »


Roche souterraine sous la commune de Bure (JL) 
Roche souterraine sous la commune de Bure (JL)

« C’est faux, nous avons foré jusqu’à 2 000 mètres de profondeur et nous avons été bloqués par un conglomérat très dur et très imperméable », rétorque Patrick Lebon, directeur de la recherche et du développement à l’Andra, « nous n’avons rien caché ».

Le bureau d’études Geowatt constate pourtant, lui aussi, que la couche n’a pas été explorée sur toute son épaisseur : « En l’absence de tests sur l’ensemble de la formation du trias, la question se pose de la représentativité de ces valeurs pour l’ensemble de la formation. »

« Obstruction massive »

 

Dans le laboratoire souterrain de l'Andra, mai 2013 (JL). 
Dans le laboratoire souterrain de l'Andra, mai 2013 (JL).

Ce différend d’experts est aujourd’hui au cœur d’un litige juridique : six associations de défense de l’environnement (Réseau « Sortir du nucléaire », Bure Stop 55, Cedra, Asocedra, Les Habitants vigilants et Mirabel LNE, membre de France nature environnement) assignent l’Andra en justice sur ce fondement pour « réparation des préjudices subis ». Pour les requérants, si l’agence n’a trouvé qu’un débit faible de géothermie, cela « résulte à l’évidence de l’obstruction massive de plusieurs points » du forage « par la boue polymère ainsi que par l’utilisation d’une petite pompe de forage de recherche ». Autrement dit, les opérateurs sollicités par l'agence auraient bouché les trous qu'ils étaient censés explorer. Pour Godinot, géologue opposé au projet, « l’Andra avait fait injecter plusieurs mètres cubes de cette boue gélatineuse dans le petit conduit de l’appareil test ».

Nouveau démenti de Patrick Lebon, de l’Andra : « Nous avons utilisé de l’eau et quelques additifs de type polymères, ça ne bouche pas du tout les pores. » Mais dans son rapport, Geowatt s’inquiète de ces tests hydrauliques « fortement affectés par du très fort colmatage », qui a pour effet de « diminuer très fortement les débits ».

Les règles de sûreté nucléaire, adoptées en 1991, imposent que le futur site d’enfouissement des déchets soit « choisi de façon à éviter des zones dont l’intérêt connu ou soupçonné présente un caractère exceptionnel ». Mais dans son guide de sûreté relatif au stockage définitif des déchets radioactifs, en 2008, l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) a modifié ce critère d’appréciation. Au sujet de la géothermie et du stockage de chaleur, on peut y lire que « cette situation n’est pas étudiée car les sites retenus ne devront pas présenter d’intérêt particulier de ce point de vue ». Non exceptionnel, l’intérêt du site géologique sous la commune de Bure est en revanche particulier, estiment les associations requérantes. Sur cette base, ils accusent l’Andra d’avoir divulgué une information « radicalement erronée ».

« Il n’y a pas de ressources exceptionnelles, dans le sens de primordiales pour la nation », estime aujourd’hui Patrick Lebon, directeur recherche et développement de l’Andra, selon qui, « si quelqu’un a les moyens et qu’il y a la demande pour, il y a de quoi faire de la géothermie ». Autrement dit, ce ne serait pas incompatible avec le projet de Cigéo, du moment que le forage est fait en dehors de la zone. 

Mais les opposants s’appuient aussi sur une autre disposition, elle aussi prévue par la loi : dans l'éventualité où un jour, dans un futur lointain – évalué à 500 années et plus –, les habitants de cette région auraient perdu la mémoire de l’existence du centre de stockage, il ne faut pas le construire là où l’homme pourrait avoir intérêt à forer. Or la présence de géothermie pourrait justifier que nos descendants, même lointains, veuillent creuser sous Bure. De son côté, l’Andra estime qu’il est possible de transmettre ce type d’information sur plusieurs siècles.

Pour sa part, Jacques Varet est catégorique : « Si j'étais sollicité pour avis de la part des pouvoirs publics, je recommanderais d'engager, aux frais de l'Andra, mais en s'adressant à une entreprise compétente, une opération de forage et d'essais de reconnaissance géothermique selon les règles de l'art sur la totalité de la hauteur du trias. » Une exploration d’autant plus utile qu’il ne semble pas exclu que, sous cette roche, se trouve une zone de températures encore plus chaudes, le « permien sous-jacent », potentielle source d’électricité, renouvelable cette fois-ci. « Le moins que l'on puisse faire est d'utiliser ce site pour une recherche d’intérêt public », ajoute l’ancien responsable du BRGM.

Pour l’instant, le cache-cache géothermique ne figure pas au programme de la conférence de citoyens qui se déroule jusqu’à la mi-février. Ces derniers doivent rendre un rapport qui est attendu après l’échec du débat public, boycotté par la plupart des opposants au projet.

 


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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 21:13

 

 

Source : www.mediapart.fr

Les riches, grands gagnants de la crise économique

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Entre 2008 et 2011, les 10 % les plus pauvres ont perdu 179 millions d’euros de patrimoine, alors que les 10 % les plus riches se sont enrichis de 24 milliards d'euros, selon l'Observatoire des inégalités.

La crise économique a provoqué un accroissement des inégalités entre les revenus et les patrimoines des premiers et derniers déciles de la population française, selon l'étude publiée, mardi 21 janvier, par l'Observatoire des inégalités.

Selon l'Observatoire, les 10 % les plus pauvres ont perdu 180 millions d’euros de revenus entre 2008 et 2011, la masse globale reculant de 49,7 à 49,55 milliards d’euros, alors que les 10 % les plus riches ont vu leurs revenus augmenter de 24 milliards d’euros sur la même période, la masse globale ayant augmenté de 335,6 à 359,6 milliards d’euros.

Lire sur le site de l'Observatoire des inégalités

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 18:43

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Confessions d'un ancien trader « accroc » à l'argent

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Un ancien trader de Wall Street, devenu « accroc » à l'argent et au risque, narre dans le New York Times sa lente descente aux enfers de la spéculation financière et des marchés.

Un ancien trader de Wall Street, devenu « accroc » à l'argent et au risque, narre dans le New York Times sa lente descente aux enfers de la spéculation financière et des marchés : « Lors de ma dernière année à Wall Street, mon bonus s’élevait à 3,6 millions de dollars et j’étais fâché, car ce n’était pas assez. J’avais 30 ans, je n’avais pas d’enfant à élever, pas de dettes à rembourser et aucun objectif philanthropique. Je voulais plus d’argent pour exactement la même raison que celle qui pousse un alcoolique à désirer un autre verre : j’étais accroc. [...] Lors de la chute des marchés en 2008, j’ai gagné un paquet d’argent en spéculant à la baisse les dérivés d’entreprises à risque. Pendant que le monde s’écroulait, je profitais. J’ai vu le krach arriver, mais au lieu d’essayer d’aider les victimes, je n'ai pensé qu'à m'enrichir. »


Lire sur le site du New York Times

 


Source : www.mediapart.fr

 


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