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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 18:17

 

 

Source : www.mediapart.fr

Chine: le Mouvement des nouveaux citoyens est lourdement condamné

|  Par Louis Sabot

 


Le pouvoir chinois s'inquiète du réveil de la société civile. Le juriste chinois Xu Zhiyong a été condamné, dimanche 26 janvier, à quatre ans de prison. Il est l'une des figures du Mouvement des nouveaux citoyens, un réseau informel qui mobilise la société contre la corruption et les passe-droits.

 

 Pékin, correspondance

Le juriste chinois Xu Zhiyong a été condamné, dimanche 26 janvier, à quatre ans de prison pour avoir « assemblé une foule dans le but de troubler l’ordre public », à l’issue du premier d’une série de procès contre le Mouvement des nouveaux citoyens. Il s’agit d’une peine sévère, la peine maximale pour ce type de crime étant de quatre ans. Son avocat, Zhang Qingfang, a été emmené dans un fourgon de police à la sortie du tribunal après avoir parlé avec des journalistes étrangers. Le professeur Xu est une figure importante du mouvement des droits de l’Homme. En 2003, il a joué un rôle majeur dans l’affaire Sun Zhigang, qui a conduit à l’abolition des centres de rapatriement dans les villes chinoises. En 2008, il a défendu plusieur familles d’enfants victimes du scandale du lait mélaminé.


Xu Zhiyong. 
Xu Zhiyong. © (dr)

Six autres membres du Mouvement des nouveaux citoyens (Zhao Changqing, Hou Xin, Yuan Dong, Zhang Baocheng, Ding Jiaxi et Li Wei) doivent répondre de la même accusation. Zhao Changqing a déjà été condamné à plusieurs peines de prison pour sa participation au mouvement de Tiananmen et pour ses appels répétés à la démocratisation de la République populaire. Les autres accusés ont tous commencé leur activisme en rejoignant ce mouvement.

Un important dispositif de sécurité a été mis en place par les autorités avant et pendant les quatre jours des procès. Plusieurs militants pékinois des droits de l’Homme ont affirmé que leur surveillance par la police politique s’était renforcée dès le 20 janvier. Les personnes venues soutenir les accusés devant les tribunaux ont été arrêtées et emmenées dans des commissariats ou des prisons secrètes. Les diplomates étrangers voulant assister aux procès, théoriquement publics, n’ont pas pu entrer dans les salles d’audience, jugées « trop petites » par le personnel du tribunal. Enfin, le matériel de certains journalistes étrangers a été confisqué. Les autorités ont empêché toute mention des procès par les médias officiels pour bien s’assurer que les nouveaux citoyens soient jugés en silence.

Né en mai 2012 à la suite d’un article publié par le professeur Xu, ce Mouvement des nouveaux citoyens est un réseau informel qui vise à pousser les citoyens chinois à s’unir pour défendre leurs droits constitutionnels, établir un État de droit en Chine et lutter contre la corruption des fonctionnaires du Parti et du gouvernement par le moyen de manifestations publiques. Ce mouvement s’est consolidé à travers l’organisation de « dîners républicains » pendant lesquels les convives discutent de la situation politique et sociale en Chine. À l’apogée du mouvement, ces dîners se tenaient le dernier samedi de chaque mois dans plus de trente villes chinoises.

Il s’agit du premier mouvement d’envergure nationale regroupant toutes sortes de citoyens chinois. Une pétition de soutien aux accusés a d’ailleurs circulé sur Internet les jours précédant l’ouverture des procès et a été signée par des centaines de personnes, journalistes, avocats, professeurs, mais aussi paysans, ouvriers et chômeurs. Le succès du mouvement s’explique par le fait qu’il a réussi à capter les aspirations d’une partie de la classe moyenne chinoise. La corruption endémique du système et la violation des droits constitutionnels sont des problèmes auxquels la majorité de la population fait face de façon quotidienne, indépendamment du milieu social.

Entre mars et septembre 2013, soit immédiatement après l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, une répression sévère s’est abattue sur ce mouvement, culminant avec l’arrestation de Xu Zhiyong en juillet dernier. Il a été accusé en décembre d’avoir été l’organisateur de manifestations qui se sont tenues à Pékin en 2012 et 2013. Celles-ci exigeaient la publication du patrimoine des hauts cadres du gouvernement chinois et l’égalité d’accès à l’éducation pour les enfants qui vivent à Pékin mais dont le permis de résidence (hukou) dépend d’une autre province. Aujourd'hui, seuls les habitants de Pékin munis d’un permis de résidence pékinois ont le droit de s’inscrire au lycée et de passer l’examen d’entrée à l’université dans la capitale. Les autres enfants sont forcés de rentrer dans le lieu de résidence inscrit sur leur permis, qui peut se trouver à plusieurs milliers de kilomètres.

D’autres manifestations, de plus petite envergure, visant à promouvoir l’égalité d’accès à l’éducation, se sont tenues à Pékin devant le ministère de l’éducation en 2012 et en 2013, sans donner suite à des arrestations, à l’inverse de celles exigeant la transparence des dirigeants (à Pékin ou ailleurs, dans la province du Jiangxi notamment). Il semble que c’est ce second type de revendications qui dérange les autorités et ce bien qu’il soit en adéquation avec le programme de Xi Jinping.

Violations des droits en série

Au cours de ces procès politiques, le gouvernement chinois a violé plusieurs fois la nouvelle loi de procédure pénale, entrée en vigueur en janvier 2013, ainsi que les interprétations de cette loi faites par la Cour suprême à l’issue du 3e plénum du Parti, en novembre dernier. Outre le fait que Xu Zhiyong n’a été informé de la tenue de son procès que cinq jours auparavant, ses avocats n’ont pas eu le droit de citer des témoins et encore moins d’interroger les témoins à charge.

 

Une manifestante, venue soutenir Xu Zhiyong, est arrêtée près du tribunal. 
Une manifestante, venue soutenir Xu Zhiyong, est arrêtée près du tribunal. © Reuters

De plus, son procès s’est tenu devant le tribunal intermédiaire n°1 de la ville de Pékin (comme celui du prix Nobel de la paix emprisonné, Liu Xiaobo, en 2009), quand ceux des autres personnes accusées du même crime se sont tenus devant le tribunal de base du district de Haidian de Pékin. Selon le droit chinois, des personnes accusées d’avoir fomenté ensemble le même crime doivent être jugées ensemble devant le même tribunal. Pour casser la solidarité entre les accusés et dans l’espoir qu’ils s’accusent réciproquement, les autorités ont donc décidé de tenir plusieurs procès, en faisant fi des procédures qu’elles se sont elles-mêmes fixées.

Pour protester contre ces multiples abus, Xu Zhiyong et ses avocats ont fait le choix de rester silencieux pendant la plus grande partie du procès. Ce silence n’a été rompu par l’accusé que par sa déclaration finale : « Pour la liberté, la justice et l’amour – ma déclaration finale devant le tribunal » (elle peut être lue en anglais ici). Il a été interrompu par le juge au bout de dix minutes.

Le lendemain, Zhao Changqing a décidé de protester à son tour en renvoyant ses avocats en raison des multiples violations de procédures commises par le tribunal, qui les ont empêchés de le défendre efficacement. Cette manœuvre lui a permis de disposer de quinze jours pour reconstituer une équipe de défense et être à nouveau jugé après le Nouvel an chinois en espérant que davantage de soutiens pourront se rendre au tribunal. Zhao voudrait ainsi contrer la stratégie des autorités qui ont choisi d’ouvrir les procès quelques jours avant le Nouvel an chinois pour en minimiser l’impact.

Le déroulement de ces procès et le verdict de ce matin confirment que le pouvoir ne laissera pas la société civile chinoise se développer facilement. Selon Nicholas Bequelin, chercheur à la division Asie de Human Rights Watch (HRW), « les autorités ont clairement voulu donner un coup d'arrêt au mouvement et faire un exemple de Xu Zhiyong afin de signaler que, sous la nouvelle ère Xi Jinping, le pouvoir continuera à veiller et réprimera toute forme d'activité de la société civile qui pourrait menacer le Parti. C'est un calcul qui vise à renforcer le pouvoir mais qui lui aliène également beaucoup des forces réformatrices et libérales dans la société dont Xi a besoin s'il veut réellement mener à bien son programme de réforme et vaincre les groupes d'intérêts particuliers au sein du Parti et des élites ».

À l’inverse du procès qui a clos l’affaire Bo Xilai, où l’accusé, ancien secrétaire général du Parti de Chongqing,  condamné à la prison à vie pour corruption, avait eu le droit de parler et d’interroger les témoins de l'accusation, les militants du Mouvement des nouveaux citoyens n’ont pas pu le faire. Malgré les campagnes lancées par Xi Jinping contre la corruption et en dépit des recommandations du 3e plénum, la justice chinoise continue d’être bienveillante pour les dirigeants du Parti et impitoyable envers les citoyens qui s’expriment spontanément et exigent que les autorités passent des paroles aux actes.

La peur du Parti unique de voir émerger un mouvement populaire autonome continue de primer sur la nécessité de consulter la société civile pour mettre en œuvre des réformes profondes indispensables à l’amélioration du système politique. Dans sa déclaration finale, Xu Zhiyong affirme : « Je comprends clairement que quelqu’un doit faire des sacrifices et je suis prêt à payer le prix nécessaire pour ma foi dans la liberté, la justice, l’amour et un avenir meilleur pour la Chine (…). Mais ne pensez pas une seconde que vous pouvez mettre un terme au Mouvement des nouveaux citoyens en me jetant en prison. Nous vivons dans une ère ou la civilisation moderne domine et dans laquelle un nombre grandissant Chinois  prennent leur citoyenneté et leurs responsabilités civiques à cœur. Le jour viendra où les 1,3 milliards de Chinois quitteront leur état de soumission et deviendront des citoyens fiers et responsables. »

Le parti communiste chinois, comme bien d’autres dynasties avant lui, espère qu’une fois encore le vieux proverbe chinois selon lequel il faut « couper la tête du poulet pour faire peur au singe » s’appliquera et lui permettra de conforter son pouvoir.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 18:14

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

Inique 26/01/2014 à 09h28

Chine : quatre ans de prison pour Xu Zhiyong, le citoyen anticorruption

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

 


Dimanche 26 janvier, Pékin, la police empêche la presse de parler à l’avocat de Xu Zhiyong après sa condamnation à quatre ans de prison (Andy Wong/AP/SIPA)


Xu Zhiyong, en 2009 (Greg Baker/AP/SIPA)

Ce n’est qu’un paradoxe apparent : en pleine campagne officielle anticorruption, le pouvoir chinois a condamné dimanche à quatre ans de prison un des activistes les plus en vue de Chine, qui combattait lui aussi la corruption.

Le message est clair dans cette lourde condamnation : la lutte contre la corruption est l’affaire du Parti communiste lui-même, et pas de la société civile. Ce qui fixe les limites très étroites des réformes politiques de l’ère Xi Jinping, qui n’est pas prêt à remettre en cause le monopole du Parti.

Xu Zhiyong a été condamné officiellement pour avoir « réuni des foules pour perturber l’ordre social », au nom du Mouvement des nouveaux citoyens dont il est le fondateur.

Transparence des dirigeants sur le patrimoine

Il avait lancé une pétition pour demander la transparence des dirigeants chinois sur leur patrimoine, en s’inscrivant dans le cadre de la lutte anticorruption dont la nouvelle équipe au pouvoir a fait son cheval de bataille.

Sa condamnation survient la semaine où une enquête d’un réseau international de journalistes d’investigation a révélé comment des milliers de membres de la nouvelle élite chinoise utilisent les paradis fiscaux pour sortir leur argent à l’étranger.

A 40 ans, Xu Zhiyong appartient à une nouvelle génération d’activistes chinois qui usent du droit pour faire évoluer la société chinoise. Je l’avais interviewé à Pékin il y a dix ans, alors qu’il tentait de faire valoir ses vues à l’intérieur du système, se présentant aux élections au parlement de la ville de Pékin.

Constatant qu’il n’arrivait pas à se faire entendre à l’intérieur, il a créé le Mouvement des nouveaux citoyens, organisation non-gouvernementale qui s’est vite heurtée à l’intolérance du pouvoir face à une société civile encore embryonnaire et fragile.

Il avait été arrêté une première fois pendant plusieurs semaines en 2009, puis condamné à une forte amende pour « fraude fiscale », le même prétexte employé contre l’artiste-activiste Ai Weiwei lors de son arrestation pendant trois mois en 2011.

La lutte anticorruption monopole du Parti

Cette fois, c’est son appel à la transparence des dirigeants sur leur fortune qui a précipité la répression. Xu Zhiyong et ses amis ont touché une corde sensible, car si Xi Jinping et la nouvelle équipe dirigeante ont lancé une vaste opération anticorruption, qui touche des dizaines de milliers de cadres du Parti dont certains sont très haut placés, ils ne tolèrent pas que cette campagne puisse être menée de l’extérieur du Parti communiste.

Il s’agit à la fois de protéger des intérêts privés, ceux de proches et de leurs familles comme l’ont montré les récents documents « ChinaLeaks » sur la fortune des « princes rouges », ces « fils de » du système communiste, et de garantir le monopole politique du Parti, de peur de voir la Chine suivre la voie de la désintégration politique « à la Gorbatchev » en URSS, le cauchemar absolu des maîtres de Pékin.

Xu Zhiyong est donc condamné pour l’exemple. Il rejoint le prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, un activiste de la génération précédente, qui purge une peine de onze années de prison pour avoir lancé la « Charte 08 » appelant à la démocratie en Chine.

Dans sa remarquable plaidoirie, en 2010, Liu Xiaobo avait exprimé l’espoir d’être « la dernière victime de l’inquisition intellectuelle en Chine ». Cet espoir n’a pas été réalisé car Xu Zhiyong, et bien d’autres, comme l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti qui vient d’être arrêté, continuent de subir les foudres d’un pouvoir autoritaire.

« Il s’agit en fait de vos propres peurs »

A son tour, Xu Zhiyong a tenté de lire une longue plaidoirie personnelle au cours de son procès qui s’est tenu à huis clos. Mais le juge l’a interrompu au bout de dix minutes en estimant que ce n’était pas pertinent. Voici ses premières phrases qui résument l’enjeu, simple, à ses yeux :

« Vous m’avez accusé d’avoir perturbé l’ordre public en raison de mes efforts en faveur de l’égalité d’accès à l’éducation, pour permettre aux enfants de migrants de passer les examens d’entrée à l’université là où ils résident, et pour mes appels aux dirigeants pour qu’ils déclarent leurs avoirs.

Alors que, superficiellement, il pourrait s’agir d’un confllit entre le droit d’expression d’un citoyen et l’ordre public, il s’agit en fait de savoir si oui ou non vous reconnaissez les droits constitutionnels d’un citoyen.

A un niveau plus profond, il s’agit en fait de vos propres peurs :

  • peur d’un procès public ;
  • peur de la liberté des citoyens de pouvoir suivre un procès ;
  • peur de voir mon nom apparaître en ligne ;
  • peur de la société libre qui approche.

En tentant de réprimer le Mouvement des nouveaux citoyens, vous mettez des obstacles sur la voie de la Chine dans sa tentative de devenir une démocratie constitutionnelle par des voies pacifiques ».

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 18:02

 

 

 

MERCREDI 29 JANVIER à 20h 45 au cinéma Le Venise de Sommières le dernier film de Pierre Rabhi Au nom de la terre soirée suivie d’un débat en présence de Antoine Carlin directeur du CIVAM du Gard.

Synopsis et détails
Pierre Rabhi est paysan, écrivain et penseur. Il est l’un des pionniers de l’agro-écologie en France. Amoureux de la Terre nourricière, engagé depuis quarante ans au service de l’Homme et de la Nature, il appelle aujourd’hui à l’éveil des consciences pour construire un nouveau modèle de société où « une sobriété heureuse » se substituerait à la surconsommation et au mal-être des civilisations contemporaines.
Histoire des CIVAM   
      
Dans les années 50, la rencontre entre les maîtres agricoles et les Amicales laïques est à l’origine de la naissance des CIVAM. Au début des années 60, la FNCIVAM devient un acteur majeur de la formation des responsables agricoles contribuant à la modernisation de l’agriculture. 20 ans plus tard, les groupes CIVAM s’ouvrent au rural (tourisme, accueil à la ferme) et au développement de productions de qualité (bio, produits fermiers…) en réponse aux attentes des agriculteurs souhaitant vivre de leur métier sans passer par l’intensification.

CRITIQUE PRESSE
La diversité des acteurs interrogés constitue (...) l'intérêt principal de ce portrait.
Ce film généreux et pédagogue (...) risque de donner envie de partir planter des choux en Ardèche.

CRITIQUE SPECTATEUR
J'en suis toute secouée. Je ne m'attendais pas à ça, en réalité je ne m'attendais à rien et j'ai tout eu. C'est un film à voir et à revoir et à faire circuler pour que tout le monde puisse prendre conscience.

Je pourrai l'écouter des heures et des heures. C'est comme si la nature se mettait à parler enfin.


FAIRE DE CETTE SOIREE UN MOMENT D’EDUCATION POPULAIRE,
ENVOYER LARGEMENT CETTE INFORMATION

 

 


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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 19:55

 

 

Source : www.reporterre.net

 

Pédaler, une inépuisable source d’énergie…

Silence

samedi 25 janvier 2014

 

 

 

Pédaler pour se déplacer ? Allons donc : cela sert à presser des légumes, décortiquer les noix, laver le linge, souder...


Au Guatemala, l’association Maya Pedal utilise des vélos pour alimenter des moulins, des presses à légumes et à fruits, des pompes à eau, etc.

Il existe en Grande-Bretagne un magazine Low tech magazine qui s’intéresse tout particulièrement à ce genre d’utilisation de matériel simple pour se substituer à des appareils compliqués, souvent électriques, dont l’entretien est difficile sans passer par des spécialistes.

Outre Maya Pedal, la revue cite d’autres initiatives du même genre : l’association canadienne Malnutrition Matters a mis au point un broyeur alimentaire qui fonctionne aussi à partir du recyclage d’un vélo. Chocosol au Mexique utilise un vélo pour broyer des fèves de cacao. L’association Full Belly project fournit des décortiqueuses de noix à des villages africains.

Dans les centres écologiques, des machines à laver ou des broyeurs de pommes fonctionnent avec l’appui d’un vélo.

En produisant directement la force nécessaire, sans passer par l’électricité, on économise environ 70 % de l’énergie.

L’usage du pédalier qui ne s’est développé qu’au début du vingtième siècle a été utilisé pour des usages industriels : avec un tandem, un ingénieur anglais a mis au point Dynapod, un engin sur lequel on peut fixer différents appareils selon ses besoins...

 

*Suite de l'article sur reporterre


 

Source : www.reporterre.net

 

 

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 19:44

 

Source : www.franceinfo.fr

 

 

La réquisition de logement: pourquoi ça ne marche pas en France?

le Vendredi 24 Janvier 2014 à 06:20

Aux Etats-Unis, l'Utah a fait un calcul logique : héberger des SDF coûte moins cher aux autorités que de les laisser dans la rue. C'est pour cette raison que cet état américain procède depuis neuf ans aux réquisitions d'appartements. Une initiative qui marche dans d'autres pays mais pas en France.


La réquisition de logements pour des SDF © Maxppp


Si en France, la réquisition d'appartement est plutôt mal accueillie, l'état de l'Utah n'a pas réfléchi longtemps pour la mettre en place. Il y a quelques années, alors gouverneur, John Huntsman impose à ses concitoyens le plan : "Housing Firts", " le logement d'abord ". Avec ce programme, il procède donc à un calcul assez pragmatique.

Un sans-abri coûte aux contribuables de son état un peu plus de 16.000 dollars en moyenne  par an  (en frais d'hospitalisation, soins médicaux). Alors que ce même sans-abri qui bénéficie d'un logement et d'un accompagnement social coûte seulement 11.000 dollars en moyenne par an. Contre toute attente, héberger un SDF revient moins cher que de les laisser à la rue.

Moins de sans-abris dans les rues

On n'est pas encore à "Zéro SDF " dans les rues de l'Utah. Mais après 9 ans, l'expérience est concluante : le programme a permis de faire chuter le nombre de sans-abris de 78% selon le journal "The Indépendant". De bons résultats qui poussent aujourd'hui d'autres états américains à s'inspirer de la méthode "Housing First ". Que l'on retrouve aussi en Europe. Les Pays-Bas, l'Angleterre, le Portugal, la Hongrie ont mené des expériences similaires de réquisition de logement pour les SDF. 

Une mesure qui passe mal en France

En 2012, la Ministre du logement, Cécile Duflot,  avait bien tenté de lancer une campagne réquisition, mettre la main sur les 2,5 millions de locaux vacants en France alors que 120.000 personnes dorment dans la rue. Bien que légale, la réquisition reste difficile à mettre en place selon Eric Pliez, président du SAMU Social et directeur général de

l'association AURORE

 

 

Source : www.franceinfo.fr

 


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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 19:11

 

Source : http://lechatnoiremeutier.antifa-net.fr

 

 

[Vienne, Autriche] Bal émeutier contre l’extrême-droite (et son monde) – Soirée du 24 janvier 2014

 

 

Vendredi 24 janvier 2014, 6000 personnes sont descendues dans les rues de Vienne contre la tenue du bal annuel des fachos du FPÖ dans la Hofburg (le palais impérial d’hiver). La rage contre ce rencard de la jeunesse fasciste s’est rapidement transformée en affrontements avec les flics et en destruction de mobilier urbain. Plusieurs bagnoles de keufs ont eu leurs vitres pétées, alors qu’un poste de police a été attaqué à coups de pierres.

Des oeufs de peinture ont aterri sur les flics anti-émeute mobilisés en nombre garantir la protection aux fachos (même si on apprend qu’un peu plus tard dans la soirée une participante au bal fasciste s’est mangée quelques coups à la poitrine et à la tête).

WIEN: DEMONSTRATION GEGEN DEN AKADEMIKERBALL DER FPÖ

La presse autrichienne, en habituel porte-parole des flics, évoque « l’intrusion d’une centaine d’individus violents » qui serait à l’origine de ces émeutes… La Stephanplatz, lieu où se trouvent de nombreux commerces et des banques, a perdu de sa morosité quotidienne en l’espace de quelques heures.

Les flics se sont déchaînés contre les contestataires, faisant officiellement 17 blessé-e-s. En représailles, cinq flics ont été blessés. Il y aurait eu 14 interpellations au total.

Quelques photos de la soirée (on y voit notamment une banderole ‘stop deportations’ déployée sur le bâtiment qui abrite les fachos):

WIEN: DEMONSTRATION GEGEN DEN AKADEMIKERBALL DER FPÖ

WIEN: DEMONSTRATION GEGEN DEN AKADEMIKERBALL DER FPÖ WIEN: DEMONSTRATION GEGEN DEN AKADEMIKERBALL DER FPÖ WIEN: DEMONSTRATION GEGEN DEN AKADEMIKERBALL DER FPÖDEMONSTRATION GEGEN AKADEMIKERBALL DEMONSTRATION GEGEN AKADEMIKERBALL WIEN: DEMONSTRATION GEGEN DEN AKADEMIKERBALL DER FPÖWIEN: DEMONSTRATION GEGEN DEN AKADEMIKERBALL DER FPÖ

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Reformulé de la presse autrichienne, 25/01/2014

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Milliers de manifestants contre le bal de l’extrême-droite


La tenue, dans la célèbre Hofburg de Vienne, du bal annuel organisé par le parti d’extrême droite FPÖ a donné lieu vendredi soir à des affrontements au cœur de la capitale autrichienne.

Des milliers de manifestants ont protesté vendredi soir 24 janvier 2014 à Vienne contre la tenue, dans l’un des plus célèbres palais de la ville, du bal annuel organisé par le parti d’extrême droite FPÖ. Selon un communiqué de la police reçu après minuit, des incidents ont fait 17 blessés parmi les manifestants et cinq dans les rangs de la police.

Les échauffourées ont eu lieu à la fin des trois défilés, qui ont réuni au moins 6000 personnes selon les forces de l’ordre et jusqu’à 10’000 selon la télévision publique ORF. La police a procédé à 14 interpellations. La soirée, anciennement bal des corporations étudiantes d’extrême-droite, était organisée au palais impérial d’hiver, la Hofburg.

« Ce soir il s’agit d’empêcher le plus grand rassemblement de l’élite d’extrême-droite européenne », a déclaré sur place Natascha Strobl, porte-parole du collectif Offensive contre la droite. « Les corporations font le lien entre l’extrême-droite parlementaire (…) et des organisations violentes », a-t-elle dénoncé.

Vaste périmètre bouclé

La police avait bouclé cette année un très vaste périmètre autour de la Hofburg, et plus de 20’000 membres des forces de l’ordre s’étaient massés le long d’une double barrière. Le principal cortège réunissait environ 5000 manifestants de tous âges. Des survivants de l’Holocauste y figuraient.

Deux autres cortèges ont convergé vers la cathédrale Saint-Etienne. Dans l’un d’eux se trouvaient des manifestants venus d’Allemagne à bord de plusieurs cars.

Le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache, absent l’an dernier, était l’un des hôtes du bal. Son parti a conforté son statut de troisième force politique du pays lors des élections législatives de septembre 2013. Il a obtenu 20,5 % des voix, faisant presque jeu égal avec les deux grands partis traditionnels du centre-gauche et du centre-droit.

Leur presse – agence ATS, 25/01/2014

 

 

Source : http://lechatnoiremeutier.antifa-net.fr

 


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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 18:29

 

Source : www.leparisien.fr

 

Krugman, prix Nobel d'économie, fustige le virage libéral de Hollande

 

Publié le 18.01.2014, 12h33 | Mise à jour : 16h40

L'Américain Paul Krugman, prix Nobel d'économie 2008, n'est pas tendre avec François Hollande dans sa tribune publiée par le «New York Times».

L'Américain Paul Krugman, prix Nobel d'économie 2008, n'est pas tendre avec François Hollande dans sa tribune publiée par le «New York Times». | AFP/Mike Clarke


 

 

 

Paul Krugman fait partie de ceux qui ont découvert que était social-libéral. Et pour le prix Nobel d'économie 2008, cela a apparemment été une très mauvaise surprise ! Sa tribune, intitulée «Scandal in France» publiée par le «New York Times», et traduite en français par la RTBF, se révèle être une charge contre la politique menée par le de la République et contre ce qu'il appelle le «centre gauche» en général.

«Je n'avais pas prêté beaucoup d'attention à François Hollande (...) depuis qu'il était devenu clair qu'il n'allait pas aller à l'encontre des d'austérité destructives menées en Europe, commence par écrire l'économiste américain. Mais là, il a clairement fait quelque chose de vraiment scandaleux.»

«Je ne parle pas, bien sûr, de sa prétendue liaison avec une actrice qui, même si elle est vraie, n'est ni surprenante (hé, c'est la France) ni dérangeante, poursuit Krugman. Non, ce qui est choquant, c'est son affection pour des doctrines économiques de droite discréditées.»

Une attaque en règle du pacte de responsabilité

L'économiste fustige ainsi les annonces faites par le président français lors de sa conférence de presse de mardi. Hollande s'est prononcé pour «la poursuite de l'allègement du coût du travail». Avec son «pacte de responsabilité», il a notamment annoncé la fin des cotisations familiales sur les entreprises (35 milliards d'euros) d'ici 2017. Des annonces applaudies par le patronat et par une partie de la droite. Pas par Krugman.

«En annonçant son intention de réduire les charges sur les entreprises tout en taillant dans les dépenses, il a déclaré qu'il faut agir sur l'offre et a poursuivi en disant que c'est l'offre qui crée la demande», précise Krugman. Or, selon l'économiste, cette loi énoncée par l'un de ses ancêtres, le Français Jean-Baptiste Say (1767-1832), réputé pour ses théories libérales, est une hérésie.

Il dénonce la poursuite des politiques d'austérité

En clair, ce néokeynésien (école de pensée adversaire du libéralisme) estime qu'il faut agir sur la demande et en finir avec les politiques d'austérité qui plombent la croissance. C'est en tout cas ce que l'économiste attendait du Hollande président de gauche...  «Cela rappelle que les malheurs économiques de l'Europe ne peuvent être attribués qu'aux seules mauvaises idées de la droite, remarque l'Américain. Oui, des conservateurs impitoyables et butés ont mené l’économie, mais ils ont été en mesure de le faire grâce à des politiques de la gauche modérée manquant de cran et de volonté.»

Une attaque en règle qu'il conclut avec une pointe de déception. «Lorsque Hollande a pris la tête de la seconde économie de la zone euro, certains d’entre nous avons espéré qu’il pourrait faire une différence. Au lieu de ça, il est tombé dans le grincement de dents habituel – une posture qui se transforme aujourd’hui en effondrement intellectuel. Et la seconde dépression de l’Europe continue, encore et encore.»

LeParisien.fr

 

 

Source : www.leparisien.fr

 


 

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 18:14

 

 

Source : www.mediapart.fr

Mediator: la justice cible des experts médicaux en plein conflit d'intérêts

|  Par Michel de Pracontal

 

 

 

Parmi les quinze personnes physiques mises en examen à ce jour, huit sont des experts ou des dirigeants de l’agence du médicament qui ont eu des activités de conseil pour Servier. Le laboratoire a entretenu la confusion entre intérêts privés et responsabilités publiques.

Le futur procès du Mediator sera celui de la tromperie et de ses conséquences sur la santé de milliers de victimes. Mais il sera aussi celui des conflits d’intérêts. Dès ses débuts, le groupe Servier s’est attaché les services, souvent très bien rémunérés, de nombreux experts ou fonctionnaires jouant un rôle dans la chaîne du médicament. Cette stratégie visait à infléchir les décisions administratives dans un sens favorable aux produits du laboratoire. Elle s’est exercée dans un complet mélange de genres entre intérêts privés et responsabilités publiques.

 

Jacques Servier 
Jacques Servier © DR

La première illustration de ce mélange des genres est le tour de passe-passe qui a permis au Mediator d’être commercialisé comme adjuvant au traitement du diabète, alors qu’il avait la structure chimique d’un anorexigène. Cette manipulation a été facilitée par l’un des plus anciens consultants de Servier, le professeur Jean Charpentier, neurochirurgien, qui a travaillé dans l’équipe de recherche du laboratoire et a réalisé des études sur le Mediator à partir de 1969.

Charpentier, en tant qu’expert pharmacologue-toxicologue agréé par le ministère de la santé publique, a rédigé plusieurs rapports versés au dossier d’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Mediator. Mais il s’est soigneusement abstenu d’exposer les propriétés anorexigènes du benfluorex (molécule active du Mediator). Et il ne mentionne pas nommément la norfenfluramine ; cette molécule est un métabolite du Mediator, mais aussi de l’Isoméride et du Ponderal, deux coupe-faim de Servier qui seront retirés du marché en 1997 à cause de leurs effets pathologiques. La norfenfluramine est le principal responsable de la toxicité des trois produits.

Auditionné par les magistrats instructeurs, le professeur Charpentier a reconnu avec un humour involontaire : « Ça m’a beaucoup étonné de voir le Mediator sortir comme antidiabétique, car ça n’a rien à voir ni sur le plan expérimental, ni sur le plan clinique. C’est vrai, il diminue la faim. » Selon Charpentier, le produit était principalement anorexigène, mais avait également une action faible « sur les lipides et les glucides ». Et de résumer : « Il y a eu déviation quand ils (les laboratoires) ont fait de cette action secondaire l’action principale pour qualifier cette molécule d’antidiabétique. »

Il est donc clair, d’après le professeur Charpentier, que Servier a transformé un anorexigène en antidiabétique. Il est tout aussi clair que le professeur a contribué à cette manipulation. Après avoir cessé de travailler pour Servier à partir de 1978, il a continué à être rémunéré par le groupe, qui lui a versé près de 400 000 € de 1978 à 1995, sans que l’on sache pour quel service…

Mis en examen pour corruption, Charpentier ne devrait pas se sentir trop isolé. Selon les informations communiquées par le procureur de la République, François Molins, parmi les quinze personnes physiques mises en examen, huit sont des experts ou des dirigeants de l’agence du médicament qui ont eu des activités de conseil pour Servier. S'ajoutent à eux une avocate qui a défendu le laboratoire ; une dirigeante d’entreprise qui a servi d’intermédiaire entre Servier et certains de ses conseillers ; et une ex-sénatrice, Marie-Thérèse Hermange, à qui l’on reproche d’avoir cherché à modifier un rapport sur le Mediator dans un sens favorable au groupe. Les quatre dernières personnes mises en examen étant Jacques Servier et trois dirigeants de sa société.

Au total, sur quinze mises en examen de personnes physiques, quatorze visent au moins l’un des chefs suivants : corruption, prise illégale d’intérêts, trafic d’influence, participation illégale d’un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée, complicité ou recel d’un de ces délits (l’exception étant Jacques Servier lui-même, mis en examen des chefs de tromperie, escroquerie, obtention indue d’autorisation, homicide et blessures involontaires). Une part importante du dossier est donc consacrée aux liens illicites entre le fabricant du Mediator et certains experts. Mention spéciale à la commission d’AMM, littéralement noyautée par le groupe Servier depuis un quart de siècle. Cette commission, intégrée en 1993 à l’Agence du médicament (rebaptisée Afssaps puis ANSM), a pour rôle d’évaluer les demandes d’autorisation de mise sur le marché.

Pas moins de cinq consultants du laboratoire, aujourd’hui mis en examen, ont été membres de la commission d’AMM ou l’ont présidée : les professeurs Jean-Michel Alexandre, Charles Caulin (présidents respectivement de 1985 à 1993 et de 1997 à 2003), Jean-Roger Claude (membre de 1987 à 2013), Michel Detilleux et Bernard Rouveix (tous deux membres de 2003 à 2013).

Charles Caulin, ancien chef de service à l’hôpital Lariboisière, a eu des contrats avec Servier, de 2000 à 2010, donc en partie pendant la période où il présidait la commission d’AMM. Les montants de ces contrats, représentant environ 50 000 € par an, étaient versés à une société gérée par son épouse, FC Consulting. D’après les documents que nous avons pu consulter, l’objet de ces contrats ne mentionne pas nommément le Mediator : les missions confiées au prestataire portent sur les études cliniques et les dossiers de médicament dans des domaines variés, notamment le cardiovasculaire, le système nerveux central, le métabolisme…

Mais en tant que président de la commission d’AMM, Caulin a eu à connaître de certaines démarches de Servier visant à modifier les indications du Mediator. Fin 1997, Servier a obtenu de l’agence du médicament la validation d’une indication dans le diabète, alors que la commission que présidait Caulin l’avait d’abord refusée, et ne s’est plus manifestée ensuite.

Le professeur Jean-Roger Claude, lui, a été membre de la commission d’AMM de 1987 à 2013. Il a été consultant de Servier à partir de 1989, et a eu des contrats avec le laboratoire jusqu’à 2013. D’après un document du dossier d’instruction que nous avons pu consulter, le montant total de ses rémunérations depuis 1989 s’est élevé à plus de 1,6 million d'euros, avec des contrats annuels allant de 45 000 à 60 000 €, auxquels s’ajoutent des contrats spécifiques pour plusieurs médicaments de Servier, notamment le Protelos, le Coversyl et le Stablon. Jean-Roger Claude a eu un autre lien avec Servier, son épouse Nancy Claude ayant été embauchée comme toxicologue par le laboratoire.

Selon le rapport de l’Igas sur le Mediator, Jean-Roger Claude a fait partie, en 1991, d’un groupe de travail de la Commission d’AMM sur la qualité thérapeutique des médicaments en endocrinologie-diabétologie, qui a rendu un avis favorable au Mediator, et a ainsi conforté l’indication du produit pour le diabète.

« Amélioration du dossier d'AMM du Vastarel »

Un troisième expert, le professeur Michel Detilleux, a lui aussi siégé à la Commission d’AMM – entre 1985 et 2013 – et a été en contrat avec Servier entre 1984 et 2013, avec des honoraires annuels d’environ 30 000 € par an. L’un de ses contrats définit sa mission en termes assez précis : il s’agit d’orienter les produits nouveaux de l’Institut de recherche Servier « pour les adapter au mieux aux contraintes administratives et économiques, qu’elles soient nationales ou internationales ». Cette mission implique « un suivi systématique des derniers enregistrements européens réalisés dans différentes classes thérapeutiques », afin de déterminer « les implications possibles pour les nouveaux médicaments ».

 

Modèle 3D du ranélate de strontium, molécule du Protelos 
Modèle 3D du ranélate de strontium, molécule du Protelos © Fvasconsellos

On comprend aisément l’intérêt, pour remplir une telle mission, de faire partie de la Commission d’autorisation de mise sur le marché française, d’autant que le système européen est en partie calqué sur le système français. D’autre part, deux documents saisis au cours de l’instruction dans les locaux de la société IRIS (Institut de recherches internationales Servier) portent explicitement sur le Mediator. L’un d’entre eux fait état d’une « proposition stratégique convaincante du Pr Detilleux ».

Le professeur Bernard Rouveix, pour sa part, a effectué des tâches de conseil concernant le Mediator entre 2004 et 2008, donc en même temps qu’il était membre de la commission d’AMM. D’après les documents que nous avons pu consulter, le professeur Rouveix n’a pas été payé directement par Servier, mais par l’intermédiaire d’une société allemande, CRIS, créée par une ancienne salariée du groupe pharmaceutique, May Garnier. Entre 2004 et 2008, Bernard Rouveix a facturé à May Garnier plus de 66 000 €, dont 27 458 € pour des prestations se rapportant au Mediator et à un autre médicament de Servier, le Locabiotal.

 

Jean-Michel Alexandre. 
Jean-Michel Alexandre. © (dr)

Charles Caulin est aujourd’hui mis en examen pour participation illégale d’un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée ; Jean-Roger Claude, Michel Detilleux et Bernard Rouveix pour prise illégale d’intérêts. Et May Garnier pour complicité de ce délit.

Un autre consultant de Servier mis en examen est le professeur Jean-Michel Alexandre, personnage clé du système du médicament de 1985 à 2000. Il a présidé la commission d'AMM de 1985 à 1993, puis a dirigé la commission d'évaluation de l'agence du médicament de 1993 à 2000, tout en exerçant la même responsabilité au niveau de l’agence européenne.

Auditionné en 2011, par la mission d'information de l'Assemblée nationale sur le Mediator, Jean-Michel Alexandre avait déclaré d’emblée qu’il n’avait jamais « touché le moindre émolument de l'industrie pharmaceutique » pendant qu’il exerçait ses fonctions à l’Agence du médicament. Mais après avoir pris sa retraite, il a perçu entre 2001 et 2009 un total de 1 163 188 € versés par le groupe Servier à la société CRIS, déjà citée, qui a joué le rôle d’intermédiaire. Il semble que ce circuit indirect ait été choisi parce que du fait de ses fonctions antérieures, Alexandre ne pouvait pas travailler pour une firme pharmaceutique. 

Entendu par les magistrats, Jean-Michel Alexandre a affirmé que la teneur de ses conseils était « scientifique » et n’avait « rien à voir avec (son) activité à l’Afssaps ». Cela ne concorde pas avec les relevés d’honoraires qu’il a adressés à May Garnier. Un relevé daté d’avril 2002 fait état de plusieurs réunions de travail, dont deux avec Alain Le Ridant, dirigeant de Servier qu’Alexandre connaît de longue date. Au programme d’une de ces réunions : « Amélioration du dossier d’AMM de Vastarel, destiné à l’Allemagne ». Une autre réunion mentionne, toujours à propos de Vastarel, « communication de résumé du dossier d’AMM, note technique et note économique ». La facture se monte, pour cinq réunions, à 38 112 € hors taxes.

Une autre facture, datée du 20 octobre 2008, évoque les cas d’effets indésirables dus au Protelos et les réponses données au Comité européen des médicaments à propos du Valdoxan, et deux autres produits. Montant pour cinq réunions : 35 000 €. Dans d’autres cas, la facture indique simplement « Préparation et tenue de réunions avec M. Alain Le Ridant et Mme Garnier ».

Au total, les conseils relèvent autant de compétences scientifiques qu’administratives. Le professeur Alexandre est aujourd’hui mis en examen pour participation illégale d’un fonctionnaire dans une entreprise précédemment contrôlée. Les factures que nous avons pu consulter ne mentionnent cependant pas le Mediator, ce qui concorde avec les déclarations de l'intéressé.

Mais les magistrats instructeurs se sont aussi interrogés sur le rôle d'Alexandre lorsqu’il était à l’agence du médicament. Ils s’étonnent notamment que le professeur n’ait fait à aucun moment le lien pharmacologique entre les fenfluramines, molécules actives de l’Isoméride et du Ponderal, et le benfluorex, principe actif du Mediator.

Ce lien, qui avait été dissimulé dans les rapports du professeur Charpentier, n’était pas ignoré de tous les scientifiques. En 1995, l’étude IPPHS, dirigée par le professeur Lucien Abenhaim, épidémiologue, montrait une association entre fenfluramines et HTAP, ou hypertension artérielle pulmonaire (maladie des poumons gravissime). Les résultats de cette étude ont été présentés lors de plusieurs réunions auxquelles Jean-Michel Alexandre était présent, en 1994 et 1995, notamment une réunion du comité européen des médicaments tenue à Londres le 11 juillet 1995. Par ailleurs, une enquête de pharmacovigilance, lancée en 1995, avait mis en évidence des cas d’HTAP associés au Mediator. Mais aucune relation n’a été faite entre l’IPPHS et la surveillance du Mediator.

Même si l’on admet que le risque du Mediator était difficile à apprécier en 1995, Mediapart a raconté comment les experts français disposaient d’éléments décisifs en 1998. En 1997, l’Isoméride et le Pondéral ont été retirés du marché mondial, en raison des risques d’HTAP et de valvulopathie. Lors d’une réunion du Comité technique de pharmacovigilance tenue en septembre 1998, il est dit que le Mediator et l’Isoméride libèrent dans le sang des quantités de norfenfluramine équivalentes, ce qui implique des risques similaires pour le Mediator.

« Erreur de transcription regrettable »

Le professeur Alexandre dispose de ces informations, mais ne réagit pas. Et pas davantage lorsque, l’année suivante, est signalé le cas d’une patiente atteinte d’HTAP alors qu’elle n’a pas eu d’autre facteur de risque qu’un traitement au Mediator (les cas repérés en 1995 concernaient des patientes qui avaient reçu d’autres anorexigènes en même temps que le Mediator). Ce premier cas d’HTAP associé au seul Mediator est évidemment signalé à l’agence du médicament. Qui plus est, un cas de valvulopathie cardiaque également associé au Mediator seul est signalé quelques mois plus tard par un cardiologue de Marseille, le docteur Georges Chiche.

 

Eric Abadie 
Eric Abadie © Reuters

Le professeur Alexandre était au courant de ces deux cas. En juin 1999, il est destinataire d’une note qui l’informe d’un message du professeur Gérald Simonneau, pneumologue à l’hôpital Antoine-Béclère où ont été observés les premiers cas d’HTAP associés à l’Isoméride. Simonneau s’étonne de ne pas avoir été informé que le benfluorex se métabolisait en norfenfluramine, mentionne le cas de la patiente atteinte d’HTAP sous Mediator seul et rappelle le cas de valvulopathie du docteur Chiche. Et le pneumologue demande si la réévaluation du benfluorex doit être accélérée.

Il n’y aura aucune réaction du professeur Alexandre. Et dans un document établi par le service qu’il dirige, le cas du docteur Chiche, qui avait été classé dans la catégorie « imputabilité plausible », est étrangement reclassé en « imputabilité douteuse ». Interrogé à ce sujet par les magistrats, Jean-Michel Alexandre parle d’une « erreur de retranscription regrettable ».

Le rôle d’Alexandre apparaît donc décisif à un moment crucial du développement de l’affaire du Mediator. Il faut cependant souligner que le médicament de Servier est resté sur le marché près d’une décennie après qu’Alexandre eut quitté l’agence. Les signaux d'alarme ont continué à se succéder, sans susciter plus de réaction qu'avant.

Un seul autre cadre de l'agence du médicament est mis en examen : le docteur Éric Abadie, qui avait été recruté en 1994 comme conseiller scientifique par Jean-Michel Alexandre, et qui a été en poste à l'Afssaps jusqu'en 2012, tout en présidant le comité des médicaments de l'agence européenne de 2007 à 2012. Les magistrats l'ont mis en cause pour prise illégale d'intérêts. Mais ce qui lui est reproché est principalement le fait que son épouse, Marie-Ève Ibar-Abadie, a effectué des prestations d’avocate pour Servier entre 2005 et 2008, pour un montant total de plus de 51 000 €, alors que lui-même était en poste à l'agence. L'avocate est elle-même mise en examen pour recel de prise illégale d'intérêts.

Le rôle d'Abadie à propos du Mediator est loin d'être clair. En 1995, il était informé des résultats de l'IPPHS sur les risques de l'isoméride, et il a reconnu dans un interrogatoire avoir été au courant, dès 1998, de la relation structurale entre benfluorex et isoméride c'est-à-dire de la présence de norfenfluramine.

Il affirme aussi n'avoir pas été au courant du cas d'HTAP signalé par le professeur Simonneau, et d'une manière générale ne pas avoir participé à la pharmacovigilance.

Mais il reconnaît aussi avoir signé en novembre 1999 une lettre préparée par les rapporteurs français et italiens de la pharmacovigilance, qui était adressée aux Laboratoires Servier et listait les points obscurs concernant la sécurité et l'efficacité du Mediator. Abadie a déclaré aux magistrats : « Je ne sais pas pourquoi j'ai signé cette lettre, j'en assume le contenu mais je n'aurais pas dû la signer. »

Les deux dernières personnes mises en examen, en dehors des dirigeants du groupe Servier, sont l'ex-sénatrice Marie-Thérèse Hermange et le professeur Claude Griscelli, consultant pour le laboratoire de 2000 à 2008 et conseiller du ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy, en 2004-2005. Si la présence de Marie-Thérèse Hermange et de Claude Griscelli donne une coloration plus politique à l'éventail des personnalités mises en cause par les magistrats parisiens, la tonalité dominante est celle du monde des experts, médecins et pharmacologues.

Cet éventail de personnalités est certainement représentatif du système d'influence mis en place par Servier. Mais il est probable que d'autres experts aient joué un rôle, au moins passif, dans le scandale du Mediator. Le fait qu'aucun lien n'ait été fait entre les résultats de l'étude IPPHS, qui a contribué à faire retirer du marché l'Isoméride, et les données de pharmacovigilance sur le Mediator, reste incompréhensible. Au moins deux membres du comité scientifique de l'IPPHS pouvaient accéder à ces données : le professeur Bernard Bégaud, membre de la commission de pharmacovigilance ; et le professeur Emmanuel Weitzenblum, pneumologue et expert pour l'HTAP. De même qu'Anne Castot, responsable de la pharmacovigilance à l'agence du médicament. Et, en 1999, le professeur Simonneau, qui a identifié en 1991 les premiers cas d'HTAP liés à l'Isoméride, et qui était co-signataire de l'étude IPPHS, était lui aussi informé des risques du Mediator.

Entre 1999 et 2003, le professeur Lucien Abenhaim, qui avait dirigé l'étude IPPHS, a été directeur général de la santé. Pendant toute cette période, il affirme qu'aucune information alarmante sur le Mediator ne lui est remontée. Après son départ à la suite de la canicule de 2003, son successeur à la direction générale de la santé, William Dab, qui avait lui aussi participé à l'étude IPPHS, n'est pas davantage intervenu.

Ignoré de l'administration sur le plan des risques sanitaires, le Mediator a été, de manière étonnante, préservé des mesures de déremboursement liées à la politique du médicament. Alors que son « service médical rendu » était jugé insuffisant dès 1999, le Mediator est resté remboursé à 65 %, malgré plusieurs notes de l’administration. Cela peut difficilement s'expliquer sans supposer que les laboratoires Servier aient bénéficié, en plus du soutien des experts, d'appuis politiques et dans la haute administration de la santé. La firme a dû actionner d'autres leviers que celui des professeurs de médecine grassement rémunérés. Mais cette partie du dossier n'est pas encore instruite.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 18:05

 

 

Source : www.mediapart.fr

L'ultra-droite se cache derrière «Jour de colère»

|  Par Marine Turchi

 

 

 

Dimanche, une cinquantaine d'associations défilent à Paris à l'appel d'un mouvement baptisé « Jour de colère ». Ce collectif se présente comme « apolitique » et « citoyen ». Derrière, on trouve pourtant toute la nébuleuse de l'ultra-droite. Le mouvement est aussi soutenu par Dieudonné et les catholiques intégristes.

Ce devait être une grande mobilisation « citoyenne » contre le gouvernement, après le tour de chauffe du 30 novembre « contre le matraquage fiscal ». Mais derrière la manifestation organisée dimanche 26 janvier à Paris à l'appel du collectif « Jour de colère », on trouve toute la nébuleuse de l'ultra-droite et les réseaux catholiques traditionalistes.

Un an après les manifestations des anti-mariage pour tous, combien seront-ils dans la rue ? Une cinquantaine d'associations partiront de la place de la Bastille à 14 h. Mais une grande partie d'entre elles n'existe pour l'instant que virtuellement, à travers des sites internet ou des pages Facebook.

Le mot d’ordre est très large : lutter « contre le matraquage fiscal, la misère paysanne, le chômage, l’insécurité, la faillite de l’éducation nationale, la destruction de la famille, le mépris de l’identité française, les atteintes à la liberté et le déni de démocratie ». Le collectif prévoit un rassemblement sous huit bannières différentes : fiscalité, éducation-jeunessefamille, identité nationale, chômage-emploi, respect des convictions religieuses, liberté d'entreprise, respect des libertés fondamentales.

À l’origine de cet événement se trouve un site internet vide de tout contenu qui décrète, à l’automne 2013, le 26 janvier « Jour de colère ». Depuis, le site s’est étoffé, avec une liste d’une cinquantaine de soutiens et un manifeste qui réclame « la “coagulation” de toutes les colères ». « Jusqu’ici, le gouvernement table sur la segmentation des contestations pour mieux les isoler et les mépriser. Il est temps d’unir nos forces autour des points communs qui nous rassemblent », explique le texte.


 

La page de l'événement de « Jour de colère ». 
La page de l'événement de « Jour de colère ». © Facebook / Jour de colère

Ce collectif anonyme se présente comme « apolitique » et « citoyen » et affiche neuf organisateurs anonymes : « Adélaïde, journaliste », « Frédéric, avocat », « Grégoire, professionnel de l'événementiel », « Louis, collaborateur parlementaire et étudiant », « Stanislas, entrepreneur », etc.


Sur le site du collectif, la liste des organisateurs anonymes. 
Sur le site du collectif, la liste des organisateurs anonymes. © www.jourdecolere.com

Béatrice Bourges, la porte-parole du Printemps français, la branche radicale issue de la “Manif pour tous”, jure ne pas être à l'origine de ce collectif « Ça part de citoyens qui n’appartiennent à aucun parti politique ou de mouvement particulier. »

Pourtant, les coïncidences sont troublantes entre les noms des organisateurs du JDC et plusieurs piliers du Printemps français, ou figures proches de cette nébuleuse. Comme l'avocat Frédéric Pichon, ancien leader du GUD (Groupe Union Défense), qui a défendu l'année dernière certains manifestants prônant la radicalisation (et qui avait lui-même évoqué « un devoir de désobéissance contre les lois injustes »).


 

Béatrice Bourges (à gauche) et Frédéric Pichon (à droite) lors d'un débat avec Nouvel Arbitre en octobre 2013. 
Béatrice Bourges (à gauche) et Frédéric Pichon (à droite) lors d'un débat avec Nouvel Arbitre en octobre 2013. © dr

Ou encore Grégoire Boucher, à la tête du groupe Millésimes, « agence conseil communication événementielle », et des éditions TerraMare, qui viennent de publier un « agenda pour Tous 2014 » avec une cinquantaine de « figures » du « combat pour la famille », dont plusieurs soutiens de « Jour de colère ». Boucher gravite autour de la galaxie du GUD : il est « ami » de Frédéric Chatillon et de son bras droit, Olivier Duguet, l'ex-trésorier du micro-parti de Marine Le Pen ; Duguet fut aussi le comptable de sa société Correctif


Béatrice Bourges et Adélaïde Pouchol en juin 2013. 
Béatrice Bourges et Adélaïde Pouchol en juin 2013. © Breizh Journal

Autre exemple : Adélaïde Pouchol, qui signe dans l'Homme nouveau, journal catholique traditionaliste. En juin, elle a animé une conférence sur le Printemps français avec Béatrice Bourges, à Orléans. L'Express note de son côté que « Stanislas », autre organisateur de « Jour de colère », « était bien engagé aux côtés du Printemps français ces derniers mois » d'après ses différents écrits sur Internet.

L'hebdomadaire cite aussi David Van Hemelryck, leader d'Hollande-Démission, qui confirme à demi-mot la présence du Printemps français derrière JDC : « Je ne pourrais pas dire que non mais si certaines personnes souhaitent rester en retrait, c'est leur droit. » Amputé d’une partie de ses membres, miné par les dissensions internes, et sans véritable structure, le Printemps français a tenté de rebondir à l’automne, mais sans que ses membres n'apparaissent directement.

Dans ce grand chaudron hétéroclite du « Jour de colère », un seul point commun : l’opposition à François Hollande. Le politologue Jean-Yves Camus, chercheur à l'IRIS et spécialiste des droites extrêmes, voit plutôt dans ce « Jour de colère » un « Jour de défoulement »« On y retrouve des mouvements anti-fiscalité, des catholiques traditionalistes qui pensent encore que la loi Taubira pourra être remise en cause, des catholiques intégristes qui combattent l'avortement, des groupuscules d'extrême droite, et tous ceux qui pensent qu'Hollande est illégitime. Tout cela n'est pas très cohérent. »

Nationalistes, catholiques intégristes et « Dieudosphère »

Dans la liste des soutiens, on croise effectivement aussi bien des collectifs dans la galaxie du Printemps français (Camping pour tous, Hollande-démission, le Collectif pour l'enfant de Béatrice Bourges), des associations réclamant la démission d'Hollande (Hollande Dégage, Hollande m'a tué, Stop-Hollande), des mouvements anti-fiscalité (Rassemblement des contribuables français de Nicolas Miguet, les Citrons pressés, les Vaches à lait, etc.), anti-islam (Reconquête républicaine, le Comité Lépante), identitaires (Réseau-Identités, Nationalité-Citoyenneté-Identité, la Ligue francilienne), des catholiques intégristes (comme Civitas, proche de la Fraternité Saint-Pie X), des associations aux revendications plus ciblées (comme les Bonnets blancs qui s’opposent à la réforme des rythmes scolaires) et d'autres aux mots d'ordre plus flous (l'Observatoire du mensonge, Foutez-leur la paix).

Le mouvement se targue aussi d'avoir le soutien de « Bonnets rouges » (« Les Bonnets rouges », « Les Bonnets rouges 69 », « Les Bonnets rouges nantais »). Ces dérivés identitaires ne sont pourtant pas liés au mouvement officiel breton, qui martèle qu'il « ne s'associ(e) pas » à cette manifestation « contrairement à certains dires sur les réseaux sociaux ». Sur le site, le collectif diffuse également des photos de manifestants anonymes annonçant leur présence :


 
© Sur le site Jour de colère.

D'autres, sans figurer dans la liste des soutiens, ont annoncé leur venue. Les organisateurs ont expliqué qu'ils ne comptaient pas empêcher « quiconque de participer au rassemblement ».

C'est le cas d'Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, les leaders de l'Œuvre française et des Jeunesses nationalistes, ces groupuscules antisémites dissous en juillet. Les deux militants ont réactivé leur site internet Jeune Nation, qui a appelé à une « mobilisation générale des nationalistes » avec « Jour de colère ».

 

 
© Twitter / Gabriac

L'ex-FN Bernard Antony, ancien chef de file des catholiques traditionalistes au sein du parti lepéniste, et fondateur de l’Agrif, participera aussi à la manifestation pour combattre le « racisme anti-blanc et anti-chrétien », selon Libération.

De son côté, Égalité et Réconciliation, l'association d'Alain Soral, « invite toutes les personnes sensibilisées par au moins l’un des 8 thèmes abordés » à « se joindre à cet événement », tout en précisant qu'elle « n’organise ni ne participe à la mise en place de la manifestation ».

Mais c'est surtout l'appel de Dieudonné qui divise le mouvement. Mi-janvier, sur sa page Facebook, l’humoriste a relayé les appels à manifester de « Jour de colère » et invité ses soutiens à se joindre au mouvement. « Et ne vous fiez pas aux rumeurs comme quoi la manif serait anti-islam ! c'est faux ! », écrit-il.


© Facebook / Dieudonné

Dieudonné lui-même ne sera pas présent, puisqu'il sera sur scène à Bordeaux pour son spectacle, à 17 h. Mais son annonce a perturbé le mouvement. L'association anti-islam Résistance républicaine, satellite de Riposte laïque, a pris ses distances en rejetant « Dieudonné et ses sbires »« Nous allons crier notre colère face à l’islam (...) ; il est impensable que les soutiens antisémites pro-islam de Dieudonné manifestent à nos côtés avec barbus et femmes voilées, tout simplement », explique sa présidente Christine Tasin dans un communiqué, le 12 janvier.

Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous, a expliqué à Libération vouloir tenir son mouvement à distance de ce défilé « Quand on se mobilise, on dit qui l'on est, et on revendique des choses précises », a-t-elle justifié.

Dimanche, des frictions ne sont pas à exclure entre les différents groupes. À l'extrême droite, certains ironisent déjà sur les revendications divergentes des manifestants :


 
© Twitter / FrdeSouche

Sur Internet, les organisateurs semblent dépassés par des participants diffusant des tracts et slogans ultraradicaux. Sur Twitter, Résistance royaliste appelle par exemple à rejoindre le mouvement en prenant comme référence les manifestations des ligues d'extrême droite contre le gouvernement, le 6 février 1934 :

 

© Twitter / ResistanceDuRoi

 

Peu d'élus de droite et d'extrême droite ont annoncé leur venue. « C'était en débat dans les partis politiques, mais c'est moins d'actualité : personne ne veut courir le risque d'être assimilé à Dieudonné ou aux catholiques intégristes de Civitas. Pour un candidat aux municipales UMP, s'afficher à cette manifestation serait suicidaire », estime Jean-Yves Camus.

Pilier des manifs anti-mariage pour tous, le député UMP Hervé Mariton assure au Point qu'il ne participera pas à cette manifestation dont il n'avait « jusque-là pas connaissance ». Au FN, Bruno Gollnisch répond à Mediapart qu'il n'est « pas sûr de pouvoir s'y rendre » car il est retenu « à Hyères pour (sa) campagne municipale »

D'autres font carrément marche arrière. Le collaborateur de Marion Maréchal-Le Pen, qui avait d'abord indiqué à Mediapart que la députée FN serait probablement présente à la manifestation, nous a expliqué en milieu de semaine qu'elle ne s'y rendrait pas à cause de « l’environnement, l’appel des pro-Dieudonné, la crispation des échanges sur le Web ». Pourtant, en décembre, sa fédération du Vaucluse participait à l'organisation de la manifestation. Depuis, ce billet a disparu.


 

Billet du 18 décembre 2013 sur le site du FN du Vaucluse. 
Billet du 18 décembre 2013 sur le site du FN du Vaucluse.


Mais « Jour de colère » veut entretenir l'idée d'un rassemblement de grande ampleur. Les organisateurs expliquent que leur appel « est relayé officieusement » à l'Assemblée nationale et que « certains parlementaires auraient même prévu de venir dimanche, en se mêlant aux manifestants de façon anonyme ».

La mobilisation de dimanche sera un test, un an après les grandes manifs contre la loi Taubira. Que reste-t-il du mouvement des anti-mariage pour tous ? La mobilisation virtuelle des derniers mois se concrétisera-t-elle sur le terrain ? Sur Facebook, quelque 25 600 personnes avaient annoncé leur participation, vendredi en fin de journée. « La grande question, c'est quelle ampleur prendra cette manifestation », souligne Jean-Yves Camus. Pour le chercheur, cependant, non seulement ce rassemblement « n'est pas unitaire », mais il souffre de l'absence d'« objectif », de « débouché politique » et de « cadre politique »« Contrairement au mouvement contre la loi Taubira, il n'y a pas de figure politique ou médiatique permettant de coaguler tous ces mouvements », explique-t-il.

Le politologue souligne aussi un déficit de logistique. Les organisateurs de « Jour de colère » ont mis en place des relais locaux et affirment qu’« une soixantaine de cars » ont été mobilisés. Un système de covoiturage est proposé par le site. Mais le collectif est loin de la puissante organisation de la « Manif pour tous », qui avait permis d'acheminer des milliers de manifestants à Paris l'année dernière.

Difficile enfin de mobiliser trois semaines consécutives une partie des troupes. « Il y a trois manifestations en trois semaines, j'étais présent à la Marche pour la vie (contre l'avortement, le 19 janvier, ndlr), je serai à celle de la Manif pour tous (le 2 février, ndlr), je ne suis pas sûr d'être à celle de dimanche », explique ainsi Bruno Gollnisch.

Lire notre enquête du 29 novembre : « Comment la droite catho identitaire se régénère ».

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 



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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 17:50

 

 

Source : www.mediapart.fr

185 morts sur les chantiers de la coupe du monde de foot au Qatar

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

En dépit des promesses de la FIFA, les conditions de travail des travailleurs émigrés sur les chantiers de la coupe du monde 2022 sont toujours aussi scandaleuses. « Tous les travailleurs ont été trahis par la Fifa », accuse une ONG

Selon les documents officiels, 185 ouvriers, la plupart Népalais, ont trouvé la mort en 2013 sur les chantiers destinés à la coupe du monde de football qui se déroulera en 2022 au Qatar. D’après les enquêtes du Guardian, le bilan pourrait être encore plus lourd et s’éleverait à 194 morts. Chaque jour ou presque de nouveaux cercueils arrivent au Népal en provenance de Doha.

 Le quotidien britannique avait révélé cet été que 44 ouvriers népalais étaient morts entre le 4 juin et le 8 août. Son enquête avait dévoilé les conditions scandaleuses infligées aux ouvriers émigrés, traités comme de véritables esclaves. Face au scandale, la fédération internationale de football (Fifa) avait été obligée de réagir et promis de veiller à l’avenir sur les conditions de travail des ouvriers émigrés. De son côté, le Qatar s’était engagé aussi à améliorer la situation des travailleurs émigrés  et respecter les normes internationales. 

« La Fifa et le gouvernement du Qatar avaient promis qu’ils prendraient des mesures pour assurer la sécurité des travailleurs construisant les stades et les infrastructures pour la coupe du monde 2022. Cet horrible bilan démontre le mensonge de ces engagements. Ils étaient jeunes, avaient la vie devant eux, des familles chez eux. Beaucoup sont littéralement morts au travail. Certains ont eu des fins encore plus sinistres. Tous ont été trahis par la Fifa », accuse le comité de coordination népalais (PNCC), très en pointe dans ce dossier.

 

Lire dans le Guardian

 

Source : www.mediapart.fr

 


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