Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 17:55

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Basta 06/02/2014 à 10h55

En Espagne, insulter le Parlement ou la paella coûtera bientôt 30 000 euros

 

Javier Marías

 

 

J’ai toujours été surpris que des gens intelligents, sans parler d’une infinité d’imbéciles, puissent prononcer des phrases telles que « J’aime mon pays » – comme récemment dans ces pages, l’écrivain Stephen King –. Je crains qu’il n’y ait pas en ce monde un seul pays qui échappe au fait d’être « aimé », par ses propres citoyens ou par des étrangers de passage, généreux en flatterie.

Ici, évidemment, on répète cette phrase à satiété, et ces derniers temps avec la Catalogne comme complément d’objet fréquent. Il s’agit chaque fois de variantes du fameux texte de Tejero (souvenez-vous, ce garde civil qui fit une tentative de coup d’Etat en prenant d’assaut le congrès des députés) dans lequel il exprimait son amour pour la paella et je ne sais quels autres éléments folkloriques.

Dès qu’on tente d’expliquer cette phrase, on tombe dans le ridicule, l’affectation et le lyrisme de bas étage. Un immanquable résultat donc, l’énoncé étant non seulement creux mais également impossible.

Un pays – taisons son nom – est une abstraction, au-delà de sa géographie, ses frontières précises et son organisation administrative, une fois qu’il est constitué comme Etat, nationalité, région, ou quelle que soit la forme qu’il souhaite se donner. Dans le meilleur des cas, c’est une convention, comme le sont « la littérature » ou « la science » et presque tout ce qui est susceptible d’être écrit avec une majuscule.

Lorsque quelqu’un assure « aimer la littérature », il veut dire aimer, au mieux, certaines œuvres littéraires, ceci impliquant que beaucoup d’autres lui déplaisent, bien que toutes soient « de la littérature ». Si quelqu’un affirme « aimer l’Espagne », sa déclaration est vide de sens car en Espagne comme partout ailleurs, il y a des gens, des villes, des quartiers, et même des complexes urbains côtiers qu’on jugera bien évidemment abominables.

Voir un Français et avoir les nerfs en pelote

La phrase est ainsi indéfectiblement grandiloquente, opportuniste et fallacieuse. Et souvent même démagogique, proférée pour flatter les cocardiers. Le sergent de Juan Benet était plus honnête et plus vrai en sermonnant ainsi ses jeunes recrues :

« Je vais vous dire, moi, ce qu’est le patriotisme. Voir un Français vous met les nerfs en pelote ? Eh bien c’est cela le patriotisme. »

Il est pareillement impossible d’« offenser » un pays, même par l’intermédiaire de ses symboles, précisément parce que ce ne sont que des symboles, des idées, de l’hymne au drapeau en passant par la paella de Tejero et aussi, j’en ai bien peur, par le ministre de l’Intérieur Jorge Fernández Díaz et son chef, Mariano Rajoy, qui lui donne les ordres.

 


Un manifestant opposé au projet de loi « Sécurité citoyenne » le 23 novembre 2013 à Madrid (Luca Piergiovanni/NurPhot/SIPA)

 

Eh bien soit, ces deux individus ont élevé cette impossibilité à la catégorie de « grave infraction », passible de 30 000 euros d’amende. Le rabiot de la loi de Sécurité Citoyenne dont j’ai parlé il y a deux semaines.

Même les vigiles de discothèque veillent

Seront punis d’amende, a proclamé l’opus-déiste Fernández, « les offenses et les outrages faits à l’Espagne », ainsi qu’aux « communautés autonomes et aux collectivités locales – ou à leurs institutions, symboles, hymnes ou emblèmes – exprimés par n’importe quel biais ».

Il faudra se pencher sur leur définition d’« offense » et d’« outrage », mais connaissant l’incapacité de cet individu à comprendre la liberté d’expression, et la démocratie, il faut s’attendre au pire.

Et comme il ne laissera bien entendu personne sur la touche (j’imagine que les communes inhabitées seront aussi considérées comme « collectivités locales »), il sera certainement bientôt condamnable de dire « Village de merde ! », « Quelle ville atroce ! » ou « Ce pays me dégoûte ! ».

Jusqu’à 30 000 euros d’un coup si un garde civil vous entend, ou même un vigile de discothèque, ceux-là aussi pourront bientôt nous arrêter.

« Madrid est un bordel »

Le pupille d’Escrivá de Balaguer – le fondateur de l’Opus Dei – s’est demandé : « Qu’est-ce qu’une offense faite à l’Espagne ? ». Ne sachant qu’ajouter, vu qu’une telle chose ne peut exister, Fernández n’a pu répondre que par une tautologie (comme s’il avait dit : « Eh bien, une offense à l’Espagne est une offense à l’Espagne »)

« Par exemple, une manifestation dans laquelle on trouverait des slogans ou des pancartes humiliant clairement l’Espagne – ou l’une de ses régions autonomes, ou encore ses symboles, ses institutions, le drapeau national… – sera considérée comme une infraction grave. »

Comme si, au lieu de définir chaque mot, le dictionnaire s’en sortait avec « Eau : eau » ou « Fierté : fierté ». Très utile.

Mais une chose est claire : si vous participez à une manifestation avec une pancarte affichant « Le Parlement est plein de crapules », on peut vous en réclamer 30 000 pour avoir humilié les institutions.

Même chose si vous reprenez en cœur « Madrid est un bordel » ou « La Maire est une incapable ». Et ne parlons pas d’appeler « franquistes » les membres de ce gouvernement, même si vous vous gardez bien de les injurier mais pensez faire une description simple et objective, fondée sur certaines similitudes.

Bientôt le tour des journaux ?

Mais comme d’habitude, le plus alarmant réside dans ce qui n’en a pas l’air : les offenses « exprimées par n’importe quel biais ». Ce qui concerne donc évidemment la radio, la télévision et la presse écrite.

Notre gouvernement développe rapidement sa marche « bolivarienne », pour ne pas reparler de néo-franquisme. Ne vous étonnez pas si l’illuminé Fernández et son chef Rajoy nous sortent une nouvelle loi sur la Presse à côté de laquelle celle en vigueur au Venezuela semblera bien libérale.

Le ministre des Finances, Cristóbal Montoro, a déjà ouvertement rappelé aux journaux critiques – pour autant que sa petite voix fluette le lui permette – la purge qu’il a lui-même déclenchée au sein de l’Agencia Tributaria [équivalent de la Direction générale des Finances publiques] contre des inspecteurs et des responsables qui, bien que nommés par son propre parti, étaient sûrement trop honnêtes à son goût.

Le jour où un article comme celui-ci sera considéré comme une « offense répréhensible », il faudra reparler de pratiques dictatoriales, après plus de trente ans de démocratie. Attention ! Nous n’en sommes plus si loin.

 

MERCI RIVERAINS ! Alexandre Le Bars
                                                                                                                                                                                                                           

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Espagne
commenter cet article
6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 16:07

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Publié le : 05/02/2014 à 15h59

  Mathieu Cantorné

 

 A l’Anticafé, on part du principe que les gens ne sont pas tous malhonnêtes

 

 

 

 

A deux pas du centre Beaubourg, dans une petite rue pavée, l’Anticafé ne saute pas d’emblée aux yeux du promeneur. Avec sa façade en pierre blanchie percée de larges baies vitrées, ses tables de bois brut et de ferraille, le lieu s’inscrit parfaitement dans l’ambiance bistro-branché-néo-bobo-façon-Brooklyn du IIIème arrondissement parisien.

Leonid Goncharov, ukrainien de 24 ans et propriétaire du lieu préfère cependant prévenir :

« J’ai choisi le nom d’Anticafé car nous sommes à l’opposé des cafés traditionnels. »

Payer à l’heure, manger à volonté

A mi-chemin entre l’espace de co-working et le salon de thé, l’Anticafé se distingue par son modèle économique, inédit en France jusqu’à l’ouverture du lieu en avril 2013. Ici, on ne paye pas les produits consommés mais le temps passé à table. 4 euros la première heure puis 3 euros les suivantes, ou 14 euros la journée. Boissons chaudes et pâtisseries sont à volonté.

Leonid assure que l’Anticafé s’adresse à tout le monde mais à l’intérieur, la clientèle est uniforme : surtout des jeunes créateurs d’entreprises dans le secteur des nouvelles technologies, courbés sur leurs ordinateurs ou accrochés à leurs smartphones. Pas de musique ni de télévision en fond, l’ambiance est studieuse. Certains, comme Alexandre, en ont même fait leur bureau permanent.

Toutes les semaines, des professionnels viennent aider les futurs chefs d’entreprise à concrétiser leurs projets. Une expert-comptable attend dans un coin de la salle que des curieux viennent solliciter son expertise. Son après-midi sera plus que tranquille, mais elle assure que c’est inhabituel.

Plus rares, d’autres viennent profiter des jeux de société mis gratuitement à disposition des clients, ou simplement déguster muffins et autres jus de fruits pressés.

Les profiteurs ? « On leur dit bon appétit »

Né en Russie, le principe de l’Anticafé surprend : dans le IIIème arrondissement, le tarif de 4 euros s’approche plus du prix du cappuccino, que l’on doit payer avant même d’y avoir trempé les lèvres, que d’une heure de consommation à volonté.

De fait, on pourrait penser que le lieu attire tous les petits malins du quartier, se jouant du principe de l’Anticafé pour se gaver de boissons et de pâtisseries en une heure, montre en main. Leonid Goncharov préfère mettre en avant l’esprit « communautaire » du lieu, où chacun consomme selon ses besoins, sans excès.

Et quand bien même certains seraient tentés d’abuser, les autres clients rétablissent l’équilibre. Rivés sur leurs écrans, beaucoup oublient d’aller se servir. Thomas explique :

« En partant, je me rends parfois compte que je n’ai rien consommé. Quand on vient pour travailler, on est parfois happés par la tâche et les heures s’enchaînent sans qu’on bouge de sa chaise. »

A voir la mine satisfaite du propriétaire quand on lui demande s’il est rentable, à peine un an après l’ouverture, on sent qu’il y trouve son compte. Un deuxième Anticafé devrait d’ailleurs ouvrir ses portes dans les prochains mois.

 

Mathieu Cantorné

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 16:23

 

Source : piwee.net

 

A Paris, un artiste remplace des publicités urbaines par des oeuvres d’art

i

 

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

 

Dans un Paris où les affichages publicitaires sont pleinement intégrés au paysage urbain, (trop pour certains), Etienne Lavie, artiste français, a voulu casser les codes ! Il a choisi d’afficher des oeuvres d’art par dessus des publicités (4×3, affiches…) placées dans le centre de Paris.

 

Objectif ? Nourrir la culture des passants, et amener un peu d’art dans leur quotidien. Une belle idée !

 

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

oeuvreart-patis-publicite-marketing-piwee

Source : piwee.net

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 16:12

 

Source : www.marianne.net

 

EURO : Questions fréquemment posées

 

Rédigé par Jacques Sapir le Dimanche 26 Janvier 2014 à 22:47



Le débat sur une sortie, ou sur dissolution, de l’Euro suscite un certain nombre de questions qui reviennent de manière récurrente. On en aborde dans la note qui suit quelques unes de ces dernières afin de clarifier ce débat.
 

 

1-Différence entre dépréciation et dévaluation de la monnaie.
Ces deux termes sont aujourd’hui employés de manière synonyme. Ils renvoient pourtant à des réalités un peu différentes.

  1. Une dévaluation est un terme employé quand la monnaie à un cours fixe, que ce soit par rapport à un métal (l’or, l’argent, voire les deux) ou par rapport à une monnaie (la Livre Sterling, le Dollar, etc.). La parité est garantie par l’État, qui s’engage à échanger une certaine quantité de sa monnaie contre une certaine quantité de la référence, soit métallique soit d’une autre monnaie, à un taux de change donné. On dit qu’il y a dévaluation quand ce taux est administrativement baissé. La dévaluation fut pratiquée dans les systèmes monétaires à taux fixes (par exemple Bretton Woods). Par analogie, si un gouvernement s’engage à garantir une parité de sa monnaie dans des limites connues (+ ou – 5%) par rapport à un taux de change, et qu’il annonce que sa monnaie pourra fluctuer au-delà des anciennes limites, on parle de dévaluation ou de réévaluation en fonction des mouvements quand ils excèdent ces limites.
  2. La dépréciation est la baisse du taux de change d’une monnaie constatée sur un marché des changes en l’absence d’intervention directe de l’État ou de la Banque Centrale pour en fixer le cours. L’État ou la Banque Centrale peuvent cependant continuer d’intervenir par des « actions de marché » (achat ou vente des autres devises), par des interventions sur le taux d’intérêt, voire, pour la Banque Centrale, par la décision d’acheter de grandes quantités de dettes (publiques ou privées).

2-La dépréciation de l’Euro pourrait-elle remplacer la dissolution de la zone Euro, le retour aux monnaies nationales et la dépréciation de chaque monnaie ?
Cette question est régulièrement posée à chaque fois que les tensions s’accumulent dans la zone Euro. On considère qu’une alternative à la dissolution de l’Euro serait sa dépréciation par rapport au Dollar. Mais, ce faisant, on a tendance à oublier :

  1. Le fait que dans un processus de dépréciation de l’Euro, la parité implicite de chaque pays vis-à-vis de l’Euro n’est pas modifiée. Or, le problème réside dans les différences de gains annuels de productivités et les différences d’inflation à l’intérieur de la zone Euro. Il apparaît que l’on ne peut trouver un taux de change unique qui satisfasse des pays qui ont des économies structurellement très différentes.
  2. Le fait que tous les pays n’ont pas le même degré d’intégration dans la zone Euro. La France est l’un des moins intégrés, alors que le taux d’intégration de l’Espagne ou de l’Italie est nettement plus élevé. Dans une dépréciation de l’Euro, la France gagnerait ainsi nettement plus que ses deux voisin du Sud. Soutenir l’idée de la dépréciation de l’euro par rapport au Dollar, c’est en un sens vouloir la mort des pays du « Sud » de la zone.
  3. Pour réaliser une telle dépréciation, il faudrait que la Banque Centrale Européenne rachète massivement (entre 700 et 1400 milliards) de la dette publique émise par les différents États. Or, si M. Mario Draghi a évoqué cette possibilité (OMT), c’est pour des montants bien moindres. On ne voit pas la BCE se lancer dans une politique qui serait rapidement jugée anti-constitutionnelle aux yeux de la Constitution allemande.

3-Une dépréciation de la monnaie serait-elle favorable à l’économie française ?
Un courant d’idée veut que, aujourd’hui, la concurrence sur le marché des produits se fasse non pas sur le prix mais sur des éléments de qualités. Ceci invaliderait l’idée d’une dépréciation. Un autre courant soutient que l’on peut arriver aux mêmes résultats par une dévaluation interne, soit une baisse des prix et des salaires dans un pays considéré. Il faut alors regarder les résultats de ces diverses politiques.

  1. Une dépréciation de la monnaie (de l’Euro en l’occurrence) a bien des effets positifs sur l’économie, comme cela est montré dans une récente étude du CEPII[[1]]url:#_ftn1 . Différentes études qui ont été faites par des centres de recherche publiques ou privés, indiquent que la compétitivité prix reste largement dominante dans le cas des produits fabriqués en France. Notons que cette étude ne regarde qu’une dépréciation de 10%. Il est connu que les élasticités changent si l’on déprécie la monnaie de 20% et plus. L’étude du CEPII sous-estime en réalité l’impact positif d’une dépréciation.
  2. L’étude citée du CEPII indique aussi qu’une dévaluation interne aurait des résultats équivalents. Mais, elle indique que ces résultats seraient bien plus lents à se manifester. Or, dans ce cas, il faut prendre en compte la baisse de la consommation interne dans le pays considéré.
  3. En fait, une dévaluation interne n’est autre que ce que l’on appelait dans les années 1930 une politique de déflation, comme pratiquée par Ramsay Macdonald en Grande-Bretagne, Pierre Laval en France ou le chancelier Brünning en Allemagne. Compte tenu de la présence de rigidités nominales différentes suivant les prix[[2]]url:#_ftn2 , et du fait que les coûts financiers sont constants en valeur nominale, ces politiques se sont toutes traduites par des désastres sociaux ET économiques. Cette politique est largement responsable de la hausse au-delà de 26% du taux de chômage en Espagne et en Grèce.
  4. Les exemples récents de la Grande-Bretagne et surtout du Japon montrent tout l’intérêt d’une dépréciation de la monnaie, qui fut d���ailleurs massive dans le cas du Japon.

Une dévaluation interne n’est pas une alternative à une politique de dépréciation de la monnaie comme le montrent tous les exemples historiques.
4-La dépréciation de la monnaie s’oppose à la voie de l’effort qu’incarne une politique de réformes structurelles.
C’est une question fréquemment posée, dont le sous-entendu est que l’effort, et donc la souffrance, seul paye en économie. On reconnaît ici la base chrétienne du raisonnement. Il faut ajouter que l’on ne dit rien sur qui devrait faire des efforts…Sur le fond, cela appelle les remarques suivantes :

  1. Il faut préciser de quelles réformes structurelles on parle. En réalité, c’est presque toujours des réformes aboutissant à une baisse des droits sociaux et de la protection sociale. D’autres réformes, concernant la direction de la politique industrielle, l’effort de recherche et d’éducation, qui sont elles de véritables réformes structurelles ne sont que très rarement mentionnées.
  2. Une dépréciation de la monnaie, et l’on se met ici dans l’hypothèse d’un retour au Franc accompagné d’une dépréciation sensible par rapport au Dollar et au DeutschMark, entraînerait une forte croissance pendant une période de 3 à 5 ans. Cette croissance dégagerait les ressources budgétaires et fiscales qui sont nécessaires à la réalisation de véritables réformes structurelles. En réalité, loin de s’opposer, la dépréciation monétaire a toujours été le meilleur moyen de réaliser ces réformes structurelles. Cela est montré par les résultats du scénario pro-investissement dans le cadre d’une sortie de l’Euro[[3]]url:#_ftn3 .
  3. Si l’on procède à une dépréciation forte de la monnaie, on obtient au bout de 3 ans à une forte baisse du chômage (de 1,5 millions à 2,5 millions). Ceci entraînerait un équilibre (voire un solde positif) de l’assurance-chômage. En fait, la meilleure des réformes structurelles, que ce soit sur la question de l’assurance-chômage ou sur celle des retraites, c’est le retour rapide à une forte croissance.

5-La dépréciation de la monnaie entraînerait une explosion de l’endettement de la France avec des conséquences désastreuses.
C’est un des arguments les plus usés et les plus mensongers. On rappelle ici l’état exact du problème.

  1. En Droit international ce qui compte n’est pas la nationalité du prêteur mais la nationalité des contrats. Quand une dette, publique ou privée, a été émise en droit français, sa monnaie de règlement est la monnaie ayant cours légal en France, quel que soit cette monnaie (Euro ou Franc). Cela porte un nom, la Lex Monetae.
  2. Pour la dette publique, les contrats émis en droit français sont passés de 85% du montant de la dette à 97% en 2013. Donc, seuls les 3% résiduels seraient affectés par une dépréciation de la monnaie.
  3. La dette des ménages est massivement (à plus de 98,5%) en contrats en droit français. Cela veut dire qu’il y aurait une conversion instantanée des dettes et des avoirs détenus en Euro en Franc, au taux de 1 pour 1.
  4. Pour les entreprises non financières, le problème de la nature du droit ne se pose que pour celles, en général les grands groupes, qui ont emprunté en Dollar, en Livre ou en Yen. Mais, ces grands groupes réalisent une large partie de leur chiffre d’affaires hors de France, et dans ces monnaies. L’impact de la hausse de leur endettement serait couvert par la hausse de leur chiffre d’affaires en monnaie autre que le Franc.
  5. Pour les sociétés financières (banques et assurances) une étude de la BRI de Bâle montre que le système bancaire français peut parfaitement digérer ce choc, dont le montant agrégé ne dépasserait pas les 5 milliards d’Euros. Pour les assurances, elles ont massivement réorienté leurs actifs vers la France. Si une aide de l’État est nécessaire, elle devrait être limitée et sera largement digérable dans le cadre d’une forte croissance engendrée par la dépréciation.

6-Si la France sortait de l’Euro et dépréciait sa monnaie, tous les pays l’imiteraient ce qui reviendrait à annuler le bénéfice de l’opération.
Ceci constitue le deuxième argument le plus usité contre une dissolution de la Zone Euro. Mais, il ne tient pas compte des réalités de l’économie.

  1. Il est très difficile pour un pays qui a une balance commerciale massivement excédentaire de voir sa monnaie se déprécier. Pour cela il faudrait que sa Banque Centrale injecte massivement de la monnaie dans son économie (probablement à hauteur de 500 à 600 milliards). Or, la Constitution allemande l’interdit formellement. Il est donc irréaliste de voir l’Allemagne déprécier sa monnaie.
  2. Une dépréciation de la Lire italienne et de la Pesetas espagnole est par contre certaine. Elle devrait être légèrement plus importante que celle du Franc français.
  3. Cette situation a été testée[[4]]url:#_ftn4 et se révèle favorable à la France, mais aussi à l’Italie, à l’Espagne (ainsi qu’au Portugal et la Grèce). Par contre, la constitution d’un bloc monétaire surnommé Euro-Sud, serait très défavorable pour ces pays.

7-Beaucoup de nos problèmes sont antérieurs à la création de l’Euro. Vouloir sortir de l’Euro ne les résoudrait pas.
Troisième argument fréquemment soulevé, en général par des économistes situés à gauche de l’échiquier politique, mais qui repose sur un malentendu.

  1. Il est effectivement vrai que les problèmes structurels de l’économie française sont en partie antérieurs à 1999. Mais il est aussi clair que ces problèmes ont été considérablement aggravé par la création de l’euro.
  2. Ces problèmes furent provoqués par la politique dite du « Franc fort » que la France avait adopté dans les années 1990 pour se préparer à l’Euro. On doit donc logiquement les relier à l’existence de l’Euro, qui seul a donné un certain sens à cette politique. Si la France avait massivement déprécié sa monnaie (-20%) en 1994 ou 1995, une partie de ces problèmes ne se seraient pas manifestés.
  3. Fondamentalement, la France connaît une crise latente, avec des périodes de rémissions, depuis que fut pris le « virage » pro-européen de 1983 et que fut adoptée une politique de financiarisation des activités économiques (1987). C’est cette politique qu’il s’agit de remettre en cause.
  4. Une dépréciation de l’Euro n’a donc de sens que si elle s’accompagne d’une autre politique, d’une rupture avec nombre de mesures qui ont été prises depuis 30 ans, et si elle s’accompagne d’une politique de « dé-financiarisation » dont l’un des principaux instruments sera un contrôle des mouvements de capitaux à court et très court terme. En ce sens une sortie de l’Euro peut être une chance historique de mettre en place cette « autre politique » qui hante la France depuis maintenant trente ans.

8-Quel serait l’impact d’une dépréciation sur l’inflation ?
Il est clair qu’il faut effectivement s’attendre à une remontée de l’inflation à la suite d’une forte dépréciation de la monnaie. Mais, cette poussée d’inflation sera en réalité très modérée et bien inférieure aux estimations les plus folles faites par certains.

  1. On peut estimer l’inflation importée totale, sur une période de deux ans, de 7% à 9%, ce à quoi il faudra ajouter l’inflation résiduelle. C’est donc au total de 10% à 12% d’inflation que la France devrait avoir sur les deux ans suivant la dépréciation du Franc. Cette estimation a été volontairement pessimiste. En réalité, le contexte économique est plus proche de la déflation que de l’inflation.
  2. Le prix de carburants, compte tenu du montant des taxes, ne devrait augmenter que de 5% à 7%.
  3. Des taux d’inflation du niveau que l’on vient évoquer auront par contre pour effet de rendre les taux d’intérêts réels négatifs. Ceci devrait avoir, comme on l’a vu dans les années d’après-guerre, un effet très positif sur l’activité économique et l’investissement.

9-Une dissolution de la zone Euro, et une dépréciation forte de la monnaie, provoquerait l’hostilité des Etats-Unis et des autres pays.
En fait, ceci ne tient pas compte, ici encore, de certaines réalités.

  1. Une dépréciation qui se situerait dans le cadre des calculs qui ont été faits ne provoquerait une baisse de la valeur agrégée de la production de la zone Euro que de 7% (essentiellement en raison d’une réévaluation de la monnaie allemande). Cela équivaudrait à passer de 1 euro pour 1,365 USD à 1 Euro pour 1,27 USD. C’est tout à fait acceptable tant pour les Etats-Unis que pour le Japon[[5]]url:#_ftn5 .
  2. On a souvent dit que l’Euro nous « protégeait » contre le Dollar (sans jamais le démontrer par ailleurs). En fait l’Euro n’a pu être créé qu’avec l’accord des Etats-Unis[[6]]url:#_ftn6 .
  3. La fin de l’Euro concentrerait les pressions spéculatives sur le Dollar et conduirait le gouvernement américain à accepter une nouvelle conférence internationale monétaire.

 


[[1]]url:#_ftnref1 La Lettre du CEPII, n°340, janvier 2014.
[[2]]url:#_ftnref2 B.C. Greenwald et J.E. Stiglitz, “Toward a Theory of Rigidities” in American Economic Review, vol. 79, n°2, 1989, Papers and Proceedings, pp. 364-369. J.E. Stiglitz, “Toward a general Theory of Wage and Price Rigidities and Economic Fluctuations” in American Economic Review, vol. 79, 1989, Papers and Proceedings, pp. 75-80.
[[3]]url:#_ftnref3 Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.
[[4]]url:#_ftnref4 Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, op . cit..
[[5]]url:#_ftnref5 Calculs réalisés à partir des PIB des différents pays. Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, op . cit..

[[6]]url:#_ftnref6 Sapir J., « La fin du duopole », Russeurope, 6 octobre 2013,  http://russeurope.hypotheses.org/1585

 

Source : www.marianne.net

 


 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:55

 

Source : www.marianne.net

 

Les Madame Irma du CAC 40

Mardi 4 Février 2014 à 17:25

 

Antoine Corbin

 

Conseillers au ton feutré, banquiers péremptoires, agences bien informées... Les voix ne manquent pas pour nous dire où investir nos précieuses économies. On en a entendu, en un an ! L'or va battre tous ses records, la Bourse de Tokyo se cassera la figure, celle de Paris sera en petite forme, le yen va grimper... Pour 2013, les cadors de la finance avaient tout prévu. Sauf ce qui s'est passé.


Marc Touati (ABRAHAM/NECO/SIPA)
Marc Touati (ABRAHAM/NECO/SIPA)
Marianne est formel : le CAC 40 clôturera l'année 2014 un 31 décembre. Nous pouvons même vous dire que ce sera un mercredi. Quant à savoir à quel niveau... Avant d'interroger les Mme Irma de la finance sur l'année 2014, nous nous sommes replongés dans leurs prévisions pour 2013. Elles décoiffent, mais pas dans le sens espéré. Ni les monnaies, ni les indices, ni les matières premières n'ont suivi les chemins annoncés. Facile de se moquer après coup ? Peut-être, mais personne ne force nos experts et analystes à répondre, quand on leur demande de quoi sera fait l'année qui s'annonce. Par ailleurs, mesurer l'écart entre leurs prévisions et la réalité n'est pas tout à fait inutile, car ces prévisions servent à orienter le placement de votre argent.


Que vous ayez une assurance vie, de l'épargne salariale ou un plan d'épargne en actions, les décisions d'investissement sont prises sur la base des recommandations des analystes. Heureusement pour vous, ils les révisent régulièrement. Car à douze mois, sans cruauté excessive, on peut dire qu'elles ne valent pas grand-chose. Nos experts, en général, ont une fâcheuse tendance à prolonger les tendances des dix-huit derniers mois, en les atténuant légèrement pour rester prudents. Les cours du blé monteront parce qu'ils ont monté, les prix de l'immobilier ne baisseront pas car ils n'ont pas baissé. C'est ainsi que l'effondrement de l'or, l'envolée de la Bourse de Tokyo ou le coup d'arrêt à la croissance indienne surviennent sans prévenir. Mais à qui se fier ? Aux éboueurs. En 1984, l'Economist a interrogé sur la marche du monde quatre étudiants d'Oxford, quatre anciens ministres des Finances, quatre patrons de multinationale et quatre éboueurs. L'expérience a été renouvelée par le magazine fin 2011. A chaque fois, les éboueurs s'en sont tirés correctement. Et en plus, ils participent à la propreté des rues.

 
DE LA PRÉDICTION À LA RÉALITÉ - Devait-on croire les experts en 2013 ?

Sur les pays émergents
 

Il a dit... Marc Touati, spécialiste de macroéconomie interrogé sur toutes les chaînes, fondateur du cabinet Acdefi, maître de conférences à Sciences-Po : «Les pays émergents continueront de croître à un rythme soutenu.» L'Inde devrait afficher une croissance de «6 %», alors que le Japon stagnera à «1 %».
 

Mais hélas... La croissance du Japon en 2013 devrait frôler les 2 %. Le pays a connu une année record. Quant à l'Inde, 2013 a été la pire année depuis dix ans, avec une croissance de 3,7 %. Cela dit, rendons justice à Marc Touati, il se contente en général de répéter ce que des analystes anglo-saxons ont dit avant lui. Goldman Sachs s'attendait à une «année record», le cabinet Ernst & Young envisageait 9,5 % de progression du PIB indien pour 2013 et voyait le Japon englué dans le marasme. Marc Touati ne s'est pas trompé, il a juste copié.
 

Sur l'immobilier
 

C'était écrit... «Il n'y a pas eu, il n'y a pas et il n'y aura pas de Grand Soir de l'immobilier», claironne le 6 décembre 2012 Alexandre Mirlicourtois, directeur des études du cabinet Xerfi, qui annonce pour l'année à venir «une correction infime» des prix.
 

Ça s'est passé.
 

Les prix ont baissé de 3 % au moins en 2013 selon la Fnaim, dans un volume de transactions historiquement faible, et le début d'année 2014 est très morose.
 

Sur le CAC 40
 

Ils ont dit... Les dizaines d'experts interrogés par l'agence Reuters mi-décembre 2012 voyaient en moyenne le CAC 40 en hausse de 9 % sur douze mois, soit 4 000 points en fin d'année. Les analystes de la Société générale se distinguaient par leur pessimisme. Ils tablaient sur une baisse de près de 5 %.
 

Et finalement... A 18 %, la progression du CAC a été deux fois plus importante que prévu... L'indice a fini l'année à 4 200 points. Même erreur du côté des Bourses américaine et britannique, dont les progressions ont été sous-estimées de moitié par les analystes.
 

La Bourse de Tokyo
 

Ils en étaient sûrs... Le Japon ? A la traîne, anémié, essoufflé, embourbé. Les 17 analystes interrogés début 2013 par l'agence Reuters prévoient une progression dérisoire de l'indice Nikkei, qui passerait de 10 500 à 11 000 points.
 

En fait... Le Nikkei a réalisé une année record, dépassant les 16 000 points. Du jamais-vu depuis trois décennies. Au printemps encore, interrogé par Forbes, Jeff Gundlach (une sorte de Marc Touati américain, abonné des plateaux télé), annonçait un effondrement de 20 % de la Bourse de Tokyo.
 

L'or
 

C'était joué d'avance. Le métal précieux était à la hausse depuis douze ans, et il fallait vraiment être aveugle pour ne pas voir que le mouvement allait se poursuivre ! L'once démarre l'année tout près des 1 700 dollars. Fin décembre, début janvier, la Société générale l'imagine à 2 200 dollars courant 2013, la BNP Paribas CIB au-delà des 2 000 dollars...
 

Enfin, presque... En réalité, 2013 est l'année du krach. L'or termine à 1 200 dollars. Facteur aggravant pour nos prévisionnistes, la baisse démarre fin janvier 2013 ! Une seule banque avait entrevu ce qui allait se passer. C'était la Saxo Bank dans ses «prévisions chocs» 2013, un exercice de prospective qui, précise l'établissement, ne constituent pas «les prévisions officielles de Saxo Bank».
 

Devises
 

Il le savait... Quand Marc Touati n'est pas en plateau, c'est que Christian Saint-Etienne le remplace. Le 25 décembre 2012, il annonce : «Deux mille treize sera encore une année de crise de l'euro.»
 

Il se trompait ! L'euro a progressé de 2,3 % face au dollar et il s'est à peu près tenu contre le franc suisse. Comme crise, on a fait pire. A la décharge de Christian Saint-Etienne, personne n'avait vu venir l'événement majeur du marché des devises, le décrochage du yen. Début 2013, la BNP est totalement à côté de la plaque. Elle voit l'euro/yen à 100 fin 2013. Ce sera 140 yens pour 1 euros.
 

Pétrole
 

Ils n'étaient pas d'accord entre eux... Fin 2012, les experts interrogés par Reuters prévoient en moyenne un baril de brut à 107 dollars.
 

Et ils... avaient bien raison ! Pas si mal, on termine à 95 dollars... Seul hic, la prévision moyenne était faite de pronostics très différents, allant de 80 à 115 dollars le baril.

 
Source : www.marianne.net

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:47

 

Source : www.marianne.net

 

La fin des bourses

Mercredi 5 Février 2014 à 05:00

 

Michel Santi (*)

 

Phénomène sans précédent depuis 50 ans, le marché des actions est devenu un marché obligataire alternatif ! Cette mue des bourses mondiales en tiroir caisse pour investisseurs friands de revenus réguliers et substantiels est à l’évidence lourde de conséquences pour le monde de l’entreprise.

 

Jason DeCrow/AP/SIPA
Jason DeCrow/AP/SIPA

Le contexte général d’incertitude et la récession européenne expliquent certes la frilosité des entreprises à investir et à embaucher. Après tout, les perspectives économiques en Europe n’inspirent guère que du pessimisme, en dépit des taux d’intérêt actuels proches du zéro absolu qui devraient – théoriquement – favoriser l’investissement de la part des patrons d’entreprises. Pourtant, c’est précisément ce niveau des taux à leur plus bas historique qui, contre toute attente, freine de manière décisive tout investissement sur le moyen et sur le long terme de la part des entreprises. En tentant de sauver le système, les banques centrales ont involontairement contribué à enfler une nouvelle bulle spéculative. De fait, ces taux d’intérêt réels infimes, voire négatifs dans certains pays, censés à la base favoriser l’investissement et dynamiser les économies…ont créé un monstre !
  

Tandis que le marché des actions offrait traditionnellement rentabilité et croissance sur le long terme aux investisseurs, et que le marché obligataire devait permettre, lui, de dégager du revenu. La création monétaire a bouleversé cette donne car l’afflux de liquidités à l’échelle planétaire s’est dès lors progressivement agglutiné sur les marchés boursiers internationaux qui disposaient d’un atout de taille en cette période de taux déprimés : les dividendes. Comme les investisseurs en mal de rentabilité se sont rendus compte que la distribution de dividendes sur les portefeuilles actions répondait à leur quête de rendement, ils ont donc détourné le marché boursier de sa vocation originelle de financement des entreprises pour en faire une machine à produire du rendement, par dividendes interposés.
  

Phénomène sans précédent depuis 50 ans, le marché des actions est ainsi devenu un marché obligataire alternatif ! Cette mue des bourses mondiales en tiroir caisse pour investisseurs friands de revenus réguliers et substantiels est à l’évidence lourde de conséquences pour le monde de l’entreprise, pour les travailleurs,pour les banques centrales comme pour les dirigeants politico-économiques. Alors que la vocation première des bourses était de mettre les pourvoyeurs de capitaux en relation avec les sociétés ayant besoin de liquidités. Alors que, en mettant leurs capitaux à disposition, les investisseurs sont supposés percevoir une participation au développement de l’entreprise, en contrepartie du risque assumé. Le fait est que le contexte des taux très bas stérilise toute la palette des investissements, car la dépendance accrue des entreprises à ces détenteurs de liquidités – uniquement préoccupés par obtenir du rendement sur le court terme – opère une redistribution en profondeur des ressources.
  

En effet, elle contraint les sociétés à modifier leur stratégie car l’outil de travail se transforme progressivement en un instrument financier. Les banques centrales constatent donc que leur politique de taux d’intérêt proches du zéro - loin de motiver les entreprises à placer sur le long terme - conduit celles-ci à privilégier au contraire la liquidité à court terme, comme la distribution de dividendes ou le rachat d’une partie de leurs propres actions. A l’instar de Ford qui, pour voir décidé de doubler son dividende, a bénéficié de la flambée de son titre de plus 35% les trois mois ayant suivi cette décision ! Le monde de l’argent a donc trouvé une parade pour surmonter l’écueil des taux nuls en parvenant – comme toujours - à trouver une nouvelle « vache à lait ». Les revenus nets distribués par les sociétés (non financières) à travers le monde occidental n’atteint-il pas aujourd’hui un record historique à 10% de la valeur de ces entreprises ? Cet appât du gain a gonflé une nouvelle bulle et a, accessoirement, faussé et dévoyé toute la théorie économique qui veut que des taux d’intérêt à de tels niveaux et qu’une création monétaire dynamique doivent logiquement profiter aux acteurs économiques. Au lieu de cela, les mécanismes de transmission monétaire ont été déroutés pour transformer les marchés boursiers en bandits manchots cracheurs de monnaie.
  

En outre, la notion de gestion du risque censée privilégier les marchés obligataires - sécuritaires - aux bourses - nettement plus spéculatives – s’est estompée. Le contexte des taux d’intérêt proches du zéro absolu n’a ainsi fait qu’exacerber cette quête effrénée aux profits avec, une fois de plus, des conséquences calamiteuses pour l’économie réelle. Les entrepreneurs préfèrent en effet consacrer leur cash-flow à distribuer des dividendes en lieu et place d’opérer à des placements sur le moyen et sur le long terme dans l’intérêt de leur société et de leurs salariés. Les banques centrales soupçonnaient-elles que leur politique monétaire hyper laxiste ne ferait qu’accentuer cette guerre que se livrent travail et capital ? Toujours est-il que l’influence prépondérante de l’actionnariat sur les stratégies des sociétés cotées dénature le métier d’entrepreneur. Pour avoir cédé à la pression des détenteurs de liquidités ayant pris son titre en otage, le chef d’entreprise et son directeur financier sont progressivement devenus des pourvoyeurs de revenus réguliers, au détriment de l’investissement et bien-sûr de l’emploi.
  

Que les responsables politiques, économiques et monétaires daignent enfin s’intéresser de près au théâtre boursier et à ses coulisses, si leur souci est bien de pérenniser la croissance et de résorber le chômage. Car les patrons des entreprises cotées ont désormais achevé leur mue en grands argentiers, et jouent à fond le jeu de la financiarisation. C’est pourquoi il n’est plus possible de miser aujourd’hui sur eux, ni sur leurs entreprises, et encore moins sur le marché boursier pour relancer nos économies. Le marché des capitaux n’est effectivement plus qu’un gigantesque « hedge fund » qui exploite opportunément les bourses et qui s’en détournera dès que la bulle sera sur le point d’imploser. Devenue distributrice de capitaux, l’entreprise participe aujourd’hui pleinement de la mort, lente mais inéluctable, du culte des bourses.

 

(*) Michel Santi est économiste, auteur de « L'Europe, chronique d'un fiasco politique et économique », « Capitalism without conscience » . Son dernier ouvrage est  «Splendeurs et misères du libéralisme»  (l’Harmattan).

 

Source : www.marianne.net

 

 



Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:40

 

 

Source : cadtm.org

 

Espagne

Obstination aveugle de la Troïka pour la croissance... des inégalités

4 février par Jérome Duval

 

 


Dans la foulée de sa cinquième mission en Espagne, entre le 2 et le 13 décembre 2013, la Troïka – Commission européenne (CE), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) – a applaudit le chemin parcouru jusqu’au sauvetage bancaire alors qu’elle continue à réclamer au gouvernement espagnol qu’il poursuive dans la même direction de l’austérité mortifère pour la population.

Concrètement, elle a demandé au gouvernement qu’il approfondisse la réforme du travail en flexibilisant encore plus le contrat à temps partiel, qu’il élimine le mal nommé « déficit de tarif » de l’électricité en le transférant en dette publique à long terme pour tous pendant que les consommateurs continuent à voir leurs factures augmenter, qu’il aborde la réforme fiscale en taxant de façon régressive la majorité de la population qui a le moins, etc. |1| Peu importe que cela fasse vaciller la démocratie et plombe les droits humains, l’Espagne, quatrième économie de la zone euro, est sortie au troisième trimestre 2013 d’une récession de deux ans, avec une petite mais sacrée croissance de +0,1% par rapport au trimestre antérieur. En dépit du fait que celle-ci ne se répartira pas de manière équitable et que la grande majorité de la population n’en profitera pas, c’est bien ce qui compte pour la Troïka et le gouvernement. Il faut signaler que le fonds de sauvetage (MES) et la Commission européenne maintiendront leur vigilance jusqu’à ce qu’ils aient récupéré les montants prêtés pour le sauvetage bancaire |2|- duquel l’Espagne a utilisé 41,3 milliards d’euros - ce qui est prévu pour 2027. |3|

 

Plus de coupes et de contre-réformes

Alors que le gouvernement soumis traitait ces contre réformes, le 16 décembre 2013, le FMI maintenait la pression et rappelait à l’Espagne qu’il « est crucial de maintenir le rythme des réformes ». De son côté, la Commission européenne avertissait : « les efforts pour appliquer les mesures convenues doivent continuer comme prévu » |4|. Ces « réformes » doivent être entendues comme des politiques néolibérales ultra conservatrices qui portent gravement atteinte au modèle d’État providence et des droits sociaux conquis. Peu importe que ce parcours impulsé par la Troïka débouche sur une crise humanitaire sans précédent avec plus de deux millions d’enfants (2 267 000 en 2012) sous le seuil de pauvreté |5|, et quasiment deux millions de personnes survivant sans percevoir aucune sorte d’allocation. Ce qui intéresse, ce sont les indicateurs économiques comme la sacro-sainte croissance qui devrait soit disant bénéficier à tout le monde. Il est tout à fait raisonnable de maintenir nos doutes à ce sujet.

Avec ces mesures, la Troïka enseigne au gouvernement espagnol comment augmenter ses recettes ou dépenser moins afin de continuer à payer religieusement la dette, qu’elle soit illégitime, illégale ou non. La Troïka, une fois de plus, se trompe de direction. Au lieu de sauver les banques privées avec l’argent public, flexibiliser les contrats de travail pour baisser les salaires et faciliter les licenciements, taxer plus les espagnols quel que soient leurs revenus avec la TVA, la Troïka devrait, entre autres pistes, chercher du côté de l’évasion fiscale. Selon les données du coordinateur en Catalogne du syndicat Gestha (le syndicat des Techniciens du Ministère de l’Économie et des Finances) Miguel Ángel Mayo |6|, celle-ci ferait perdre près de 89 milliards d’euros par an à l’État. La fraude fiscale, qui en Espagne, est estimée aux alentour de 23 à 25% du PIB, est due à 72% aux grandes entreprises (33 des 35 entreprises de l’Ibex 35 ont des fonds dans les paradis fiscaux) et aux grandes fortunes qui, profitant d’un système judiciaire avantageux en termes fiscaux, sont très peu ou pas du tout imposés dans le pays |7|.

Il y a toujours des politiciens avisés pour voir la lumière au bout du tunnel (serait-ce la sortie tant espérée ou bien le train qui nous arrive dessus ?) et pour encourager les gens avec la croissance capitaliste, quelque soient les conséquences sociales et environnementales. Selon la pensée unique, il n’y a pas d’autre alternatives possibles au capitalisme dévastateur en cours : « ...les recettes de la Troïka en Europe, et auparavant celles du FMI en Asie et en Amérique latine, sont adéquates pour revenir sur un chemin soutenable » affirmait en décembre 2013 Klaus Regling, ex économiste du FMI et actuel directeur du Mécanisme européen de Stabilité (MES) |8|.

Malgré le fait que l’éventail de recommandations des institutions financières (OCDE, FMI, CE, BM, etc.) appliquées de par le monde n’améliorent pas la situation, que les politiques d’austérité mises en place par le FMI échouent depuis des décennies au Sud et que de plus en plus de voix s’élèvent contre lui, le Fonds poursuit maintenant sa route dévastatrice aussi au Nord. Contrairement à ce qu’à dit Klaus Regling, ces politiques ne sont pas « adéquates », vu qu’elles sont responsables de graves crises humanitaires en Amérique latine, en Afrique, en Asie et maintenant dans les pays du Sud et de l’Est de l’Europe en commençant par la Grèce, la Roumanie, l’Espagne... À titre d’exemple, selon le récent rapport d’Oxfam, Le piège de l’austérité, le nombre d’européens en situation de pauvreté pourrait augmenter de 15 à 25 millions de personnes supplémentaires d’ici 2025 si les mêmes politiques d’austérité mises en place se poursuivent |9|. L’austérité risquerait ainsi d’enfoncer un Européen sur trois dans la pauvreté. Le commissaire pour les Droits Humains du Conseil de l’Europe affirme dans le rapport Safeguarding human rights in times of economic crisis, publié le 4 décembre 2013, que les mesures d’austérité appliquées en Europe ont eu pour effet de porter atteinte aux droits de l’Homme sur le continent. Le rapport établit que « beaucoup de ces mesures d’austérité – caractérisées par des coupes dans les dépenses publiques, une augmentation des impôts régressifs, la réforme des retraites et une protection du travail réduite – ont empiré les déjà graves conséquences humanitaires de la crise économique... » |10|. Pire : « Après trois années d’austérité, ces mesures n’ont pas atteint leurs objectifs. » |11| De plus, les causes qui ont mené à la récession n’ont pas non plus été corrigées.

Comme pour confirmer ce panorama affligent, trois membres d’une famille d’Alcalá de Guadaíra (Séville) sont morts après s’être nourris de produits périmés, ce qui a conduit, fin 2013, la Fédération des Associations pour la Défense de la Santé publique (FADSP) à dénoncer les coupes budgétaires et la crise comme étant les causes qui condamnent des millions de personnes à vivre dans l’indigence et à s’alimenter de produits périmés, dont l’alimentation est constituée de ce qu’ils trouvent dans les poubelles. |12|

En 2013, un autre rapport de la Fondation Foessa, Desigualdad y Derechos Sociales. Análisis y Perspectivas 2013, a souligné l’approfondissement des inégalités qui existent en Espagne : « Alors que depuis 2006 les revenus de la population avec des revenus les plus bas ont baissé de 5% en termes réels chaque année, la croissance des foyers les plus riches a été la plus importante de toute la population. » |13| Malgré cela le FMI recommande début 2013 de baisser les salaires de 10% en Espagne. Quelle est la légitimité d’une organisation qui demande de réduire les salaires quand sa directrice, Christine Lagarde, s’octroie une augmentation de 11% à son arrivée au FMI et touche maintenant plus de 30 000 euros par mois, tout inclus, sans payer d’impôts ? |14|

Ne suffit-il pas de voir les conséquences des politiques appliquées sous la pression du FMI et de la CE pour ne plus les approuver ?

 

Augmentation simultanée de la pauvreté et de la richesse

L’inégalité fait partie intégrante du capitalisme et pendant que la pauvreté se généralise, la richesse croit. Au niveau mondial, selon la classification annuelle du Bloomberg Billionaires Index |15|, les 300 milliardaires les plus riches du monde sont devenus encore plus riches en 2013, en accroissant leur richesse de 524 milliards de dollars (soit 381 milliards d’euros, c’est à dire plus que la dette grecque qui se situait fin 2013 à 322 milliards d’euros), pour s’établir à 3 700 milliards de dollars, soit plus de trois fois le PIB de l’Espagne (ou l’équivalent du PIB de la France et de l’Espagne réunis) |16|. L’espagnol Amancio Ortega, le troisième homme le plus riche du monde, a vu sa fortune augmenter de 8,9 milliards de dollars en 2013, pour s’établir à 66,4 milliards de dollars. Quand à la liste publiée par Forbes en mars 2013 |17|, elle comptabilise 1 426 milliardaires dans le monde en 2013 (un chiffre record avec 210 nouveaux milliardaires supplémentaires), qui cumulent un patrimoine net total de 5 400 milliards de dollars, 800 milliards de plus qu’en 2012 (quand ils avaient 4 600 milliards de dollars), soit une hausse de 18%. En Espagne, les 100 plus riches de la liste espagnole Forbes totalisaient un patrimoine de 158,2 milliards d’euros et les 10 plus riches 82,8 milliards d’euros. |18|

Selon le rapport Global Wealth Report 2013 |19|, publié le 9 octobre 2013 par Crédit Suisse, la richesse mondiale a augmenté de 68% ces dix dernières années pour atteindre les 241 000 milliards de dollars (178 000 milliards d’euros, soit 178 000 000 000 000 euros) et la centième part de la population la plus riche détient 46% du patrimoine global. Cette ascension fulgurante ne semble pas en rester là, puisque le même rapport prévoit encore une augmentation de la fortune mondiale de 40% jusqu’en 2018 pour atteindre les 334 000 milliards de dollars. En Espagne, d’après le même rapport de Crédit Suisse, le nombre de millionnaires en dollars (ceux qui détiennent plus d’un million de dollars, ou 740 000 euros) s’est accru de 13,2% pour atteindre les 402 000 personnes courant 2013. En l’espace d’un an, il y a ainsi 47 000 millionnaires en plus en Espagne.

De l’autre côté de la barrière, le revenu de 18 500 euros que les résidents espagnols ont perçu en moyenne en 2012, est inférieur en terme de pouvoir d’achat à celui qui prévalait en 2001. Depuis 2007, le revenu moyen a chuté de 4%, alors que, dans le même temps, les prix ont augmenté de 10% |20|. En 2012, selon les révélations du huitième rapport d’Observation de la Réalité Sociale réalisé par Caritas Espagne, 3 millions de personnes, soit l’équivalent de 6,4% de la population espagnole, survivent dans l’extrême pauvreté, c’est à dire avec moins de 307 euros par mois. Cela représente le double de celles et ceux qui étaient dans cette situation au début de la crise en 2008. Le nombre de personnes pris en charge par les services d’accueil et d’aide d’urgence de Caritas sont passées de 350 000 en 2007 à 1 million 300 000 en 2012 |21|. Le nombre de foyers dont tous les membres actifs sont au chômage a été multiplié par quatre en cinq ans et est passé de 380 000 en 2006 (2,6%) à plus de 1,9 million en 2013 (11%) |22|.

Alors Monsieur Klaus Regling, Messieurs les créanciers du FMI, de la CE et de la BCE, les mesures que vous imposez en Espagne en échange d’un sauvetage bancaire que nous mettrons des années à vous retourner, sont-elles « adéquates » ?

 

Traduction : Virginie de Romanet & Jérôme Duval

Notes

|1| “Tras los progresos realizados en 2013, debe mantenerse el impulso para finalizar las reformas actuales y previstas —entre ellas, la adopción de la ley de servicios y colegios profesionales, las reformas de la Administración Pública, el mayor fortalecimiento de las políticas sobre el mercado de trabajo, la eliminación del déficit de tarifa eléctrico y la próxima revisión del sistema tributario— y para asegurar la aplicación efectiva de todas las reformas.” Déclaration de la CE et de la BCE après la conclusion du cinquième examen du Programme d’Assistance Financière a l’Espagne, MEMO/13/1153, 16/12/2013. http://europa.eu/rapid/press-releas...

|2| 100% pour le MES et jusqu’à 75% du prêt pour la Commission européenne.

|3| El rescate bancario, del cual España ha utilizado 41.300 millones de euros de los 100.000 millones propuestos por el Eurogrupo para reestructurar la banca, se cerraría oficialmente el 23 de enero de 2014 aunque el Estado español deberá seguir reembolsando el MEDE hasta 2027. “El préstamo europeo tiene un tipo de interés del 0,5%, una carencia de 10 años y un plazo de devolución de hasta 15 años.” La troika publicará este lunes su última evaluación sobre la banca española antes del fin del rescate, Europa Press, 16/12/2013. http://www.expansion.com/agencia/eu...

|4| “Respetar completamente los objetivos de reducción de déficit acordados —con el fin de invertir el alza de la deuda pública— y completar el programa de reformas siguen siendo imperativos para volver a colocar a la economía en la senda del crecimiento sostenible”, le pidió la Comisión Europea a España. Piden a España que mantenga el rumbo de las reformas, 16 de diciembre de 2013. www.estrategiaynegocios.net/...

|5| Chiffres 2012 du rapport Muchos anuncios pocos avances, Save The Children, novembre 2012.

|6| Miguel Ángel Mayo, coordinador en Catalunya del sindicato de Técnicos del Ministerio de Economía y Hacienda (Gestha), El fraude fiscal en España, 02.05.2012 : “Los diferentes estudios elaborados sobre la materia coinciden en estimar una cifra de fraude fiscal en torno al 23% del PIB, lo cual supone que cerca de 89 000 millones de euros dejan de ingresarse anualmente. O dicho de otra manera, que uno de cada cuatro euros se escapan del control fiscal. Aún más preocupante es que nuestras cifras de fraude se sitúen diez puntos por encima de la media de nuestros países vecinos de la Unión Europea.” Piden a España que mantenga el rumbo de las reformas, Miguel Ángel Mayo, 02/05/2012.

|7| Raison por laquelle nous appelons aussi les paradis fiscaux des paradis judiciaires.

|8| “Las recetas de la troika son las adecuadas”, Klaus Regling, El País, 14 décembre 2013. http://economia.elpais.com/economia...

|9| Rapport Oxfam, ’La trampa de la austeridad’, 2013. http://www.oxfam.org/sites/www.oxfa... En français : http://www.oxfam.org/fr/policy/pieg...

|10| Rapport : La protección de los derechos humanos en tiempos de crisis económica (Safeguarding human rights in times of economic crisis), Consejo de Europa, novembre 2013, page 6. Disponible en anglais : https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=... et en castillan : https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?Ref...

|11| Ibid, page 11.

|12| La crisis obliga a "millones de personas" a alimentarse de la basura, según la Fadsp, 16/12/2013.
http://www.servimedia.es/Noticias/D...

|13| Fondation Foessa, ’Desigualdad y Derechos Sociales. Análisis y Perspectivas 2013′, page 7. http://www.foessa.es/publicaciones_...

|14| Le salaire de Christine Lagarde atteint 323 000 euros par ans (467 940 dollars), plus un supplément pour frais de représentation de 58 000 euros (83 760 dollars par ans), le tout sans payer d’impôts grâce à son statut de fonctionnaire internationale. Son salaire est habituellement ajusté à l’inflation des États-Unis en juillet à Washington où se trouve le siège du FMI.

|15| Today’s Ranking of the world’s richest people, Bloomberg Billionaires Index 2014. http://www.bloomberg.com/billionair...

|16| La fortune des milliardaires s’est accrue de plus de 500 milliards de dollars en 2013, Pierrick Fay, Les Echos, 02/01/2014. http://www.lesechos.fr/entreprises-...

|17| http://www.forbes.com/billionaires/list/ et http://www.forbes.com/sites/luisakr...

|18| Estos son los más ricos de España, Enrique Utrera, 30 octobre 2013. http://www.forbesmagazine.es/actual...

|19| Global Wealth Report 2013, Crédit Suisse. https://www.credit-suisse.com/ch/fr...

|20| María José Esteso Poves, “La austeridad ha puesto a España en el mismo camino que Grecia”, Diagonal Periódico, 02/10/2013. https://www.diagonalperiodico.net/g...

|21| Caritas, VIII Informe del Observatorio de la Realidad Social pages 7 - 8. http://www.caritas.es/publicaciones... et rapport Memoria 2012, http://www.caritas.es/memoria2012/p...

|22| Encuesta de Población Activa, EPA.

 

 

Source : cadtm.org

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Espagne
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:35

CADTM

 

Source : cadtm.org

 

Livre

Remettre en cause le paiement de la dette illégitime

4 février par Fondation Copernic

 

 


Fondation Copernic – collectif d’auteurs |1|

Peu après la défaite de Nicolas Sarkozy et l’élection de François Hollande à la présidence, la Fondation Copernic a publié en 2012 un petit livre très stimulant intitulé Changer vraiment ! Quelles politiques économiques de gauche ? |2| Publié chez Syllepse, ce travail collectif, toujours d’actualité, mérite d’être lu et débattu. Il constitue un outil efficace pour l’élaboration d’une alternative aux politiques néolibérales qui sont d’application partout dans les pays les plus industrialisés. Ci-dessous un extrait portant sur la nécessité de réformer radicalement la fiscalité et d’annuler la dette illégitime.

« La réforme radicale de la fiscalité (avec le réexamen des dépenses fiscales inutiles) est ainsi la condition sine qua non pour que l’engrenage de la dette ne renaisse pas après que la dette actuelle a été annulée au moins partiellement pour tenir compte de son caractère largement illégitime. Les collectifs pour un audit citoyen de la dette publique mettent ce caractère en évidence depuis plusieurs mois |3|. Mais on ne peut se contenter de prendre des mesures pour régler le problème de la dette future. Le service actuel de la dette limite de façon évidente le degré de liberté de la politique économique.

En effet, si la détérioration des comptes publics est structurellement due essentiellement à la diminution des recettes fiscales au regard des besoins, comme l’attestent les rapports cités au début de ce chapitre, la dette accumulée depuis tant d’années, pour être légale, n’en est pas moins largement illégitime, d’autant plus qu’elle sert de justificatif à l’austérité. Tout aussi illégitimes sont alors les intérêts versés aux créanciers – souvent bénéficiaires parallèlement des largesses fiscales –, dont la charge représente annuellement 2,5 % du PIB, c’est-à-dire approximativement l’écart qui sépare le taux de déficit public du fameux critère de Maastricht de 3 %. En 2012, ces intérêts représentent pour la dette de l’État 48,8 milliards d’euros, soit le plus gros poste du budget de l’État après l’enseignement scolaire (62,3 milliards d’euros, dont 16,8 pour les retraites) et les 4/5 des recettes de l’impôt sur le revenu. Tout plaide donc pour soulager les dépenses publiques et sociales de la contrainte financière par la mise en œuvre d’un moratoire sur le paiement des intérêts de la dette. Ceci dans l’attente des résultats de l’audit qui doit conduire à l’annulation de la part illégitime de la dette. » |4|

 

Notes

|1| Guillaume Etievant, Jean-Marie Harribey, Norbert Holcblat, Michel Husson, Pierre Khalfa, Alain Lipietz, Christiane Marty, Jacques Rigaudiat, Stéphanie Treillet

|2| Fondation Copernic, Changer vraiment ! Quelles politiques économiques de gauche ?, Syllepse, Paris, 2012, 9€, http://www.fondation-copernic.org/s... et http://www.syllepse.net/lng_FR_srub...

|3| www.audit-citoyen.org

|4| Extrait reproduit intégralement figurant p. 40. Le titre original a été conservé.

 

 

Source : cadtm.org

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:30

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

En images

04/02/2014 à 17h23
Rémi Noyon | Journaliste Rue89

Taxe foncière, charges de personnel : votre commune est-elle exemplaire ?

 

 

 

  Un peu d'explications :

*Pour visualiser la carte, cliquer  ici

Cette carte présente le produit de la taxe foncière sur les propriétés bâties par habitant de chaque commune.

Le produit de la taxe foncière correspond aux recettes tirées de cette taxe. Cette carte illustre donc le montant moyen prélevé par la commune pour chacun de ses habitants.

 

Très gros (et beau) boulot de l’association Regards Citoyens. Les fous du tableur viennent de mettre en ligne un ensemble de cartes interactives consacrées aux finances locales.

 


Capture d’écran du site NosFinancesLocales.fr

 

Les auteurs du site NosDeputes.fr ont cette fois-ci récupéré les données financières des collectivités territoriales présentées en ligne sur l’un des portails de l’Etat. La série est particulièrement intéressante à l’approche des municipales.

En tout, ce sont 66 indicateurs comptables qui sont passés à la loupe et qui permettent de visualiser le niveau d’imposition, les charges et produits de fonctionnement ou bien encore l’endettement de votre commune.

Par exemple, il est possible de comparer le niveau de la taxe foncière dans votre commune avec le niveau national. A Paris, on est, sans surprise, très au-dessus du reste de la France, mais Hénin-Beaumont se classe encore plus haut...

 


Capture d’écran du site NosFinancesLocales.fr

 

Saluant les efforts de la ville de Montpellier, pionnière dans l’ouverture des données publiques (open-data), l’association Regards Citoyens déplore tout de même que la base de données financières tenues par Bercy (DGFIP) soit encore sous redevances.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:17

CADTM

 

Source : cadtm.org

 

Ukraine : pourrissement explosif

4 février par Catherine Samary

 

 


Après l’échec des négociations avec son opposition, le président ukrainien sort politiquement paralysé. L’armée lui a demandé de proclamer l’état d’urgence, alors que se poursuit la bataille d’Ukraine entre Russie et gouvernements occidentaux.

Après la décision du Premier ministre ukrainien, mardi 28 janvier, le président Ianoukovitch, sous pression d’une partie des oligarques dont les affaires sont peu compatibles avec un état de guerre, a recherché le compromis avec son opposition : annulation des lois répressives votées à la va-vite le 16 janvier, amnistie des manifestants emprisonnés – sous condition d’évacuation dans les quinze jours des bâtiments publics de Kiev et des régions ; responsabilités gouvernementales offertes à l’opposition. Rien n’en est sorti. Demandant une amnistie inconditionnelle, Arseni Iatseniouk et le boxeur Vitali Klitschko ont refusé, non sans hésitations, les postes de chef de gouvernement et de vice-Premier ministre qui leur étaient respectivement offerts : la crainte du discrédit, mais aussi des débordements ont pesé dans ce choix.

A Kiev, comme dans les régions de l’ouest et du centre, l’occupation des bâtiments est principalement organisée par le troisième parti d’opposition parlementaire Svoboda/Liberté, et divers autres groupes d’extrême-droite, avec un soutien populaire dans le contexte de rejet massif des violences policières et d’un président de plus en plus discrédité. Mais il n’y a ni processus d’auto-organisation de la population ni même montée en masse des mobilisations, en dépit d’une certaine extension territoriale. Ce qui donne un rôle surdimensionné à ces groupes bien structurés, en lien ou en rivalité avec Svoboda (qui célèbre les sinistres bataillons SS en Galicie). Ce dernier est légitimé avec les deux autres partis pro-européens (donc anti-russes) par la presse et les dirigeants occidentaux, jouant un rôle d’apprentis sorciers. Svoboda et les groupes liés ou rivaux obéissent à une logique de prise de pouvoir larvée directe : là où ils dominent (Galicie, ...), ils ont décrété l’interdiction du Parti communiste ukrainien qui a lancé un appel à referendum et à des changements constitutionnels |1|. Ils propagent slogans et idéologie néo-nazis, antisémites et homophobes, qui visent en partie les forces de sécurité et forces spéciales, du régime - les Berkut.

 

Aide contre aide empoisonnée

Dans ce contexte, les dirigeants de l’opposition pro-européenne de l’Ukraine ont rapporté de leurs rencontres à Munich des promesses d’aide. Catherine Ashton vient en effet, dans un entretien publié le 3 février par le Wall Street Journal, d’annoncer que l’UE prépare avec les Etats-Unis un important programme d’assistance financière pour l’Ukraine. Mais avant le sommet de Vilnius de novembre dernier, le président ukrainien avait demandé en vain aux Etats-Unis et l’UE 20 milliards d’euros pour faire face à sa dette, et pour compenser les hausses de tarif de l’énergie ainsi que le blocage des échanges que la Russie imposerait en riposte à la signature d’un accord d’association de l’Ukraine avec l’UE. La seule idée envisagée par l’UE pour atténuer le recours au FMI, imposait qu’il s’adapte aux critères de la zone de libre-échange approfondi et complet, qui est la substance des accords d’association |2|. Qu’y aurait-il de nouveau dans le plan ukrainien occidental ? De quelles idées s’agit-il ?

Celle-ci serait-elle contradictoire avec l’aide obtenue par le président Ianoukovitch auprès de Poutine en décembre (sans que l’Ukraine soit pour l’instant membre de l’Union douanière avec la Russie) ? Outre la baisse du prix de l’énergie, la Russie a effectué un premier versement en décembre de 3 milliards d’euros sur les 15 milliards promis. A la suite des tractations de Munich, les autorités russes ont annoncé que le versement des 11 milliards suivants dépendrait du gouvernement mis en place par Kiev ; et dans un communiqué du 3 février, elles incitent l’opposition à reprendre les négociations avec le pouvoir, en respectant le cadre constitutionnel.

 

La "bataille d’Ukraine” |3| se poursuit au risque de l’éclatement du pays.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ukraine
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22