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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 22:39

 

Source : www.reporterre.net

 

La centrale biomasse de Pierrelatte, l’absurde projet inutile d’AREVA

Barnabé Binctin (Reporterre)

samedi 18 janvier 2014

 

 

Une manifestation est organisée ce samedi 18 janvier à Pierrelatte pour dénoncer le coût écologique et l’impact sur les riverains d’une centrale biomasse ouverte il y a un an. Reporterre a enquêté.


A Tricastin, le nucléaire n’a plus le monopole de l’opposition écologiste. Après notre enquête en décembre sur l’immense site atomique, un nouveau projet énergétique cristallise l’attention des associations locales et de certains élus : la centrale de cogénération biomasse de Pierrelatte.

Le projet naît en 2011, avec la perspective de fermeture par Eurodif de l’usine Georges-Besse I spécialisée dans l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse. Les eaux chaudes rejetées par l’usine était alors récupérées au profit d’un réseau de chaleur qui alimentait un quartier de Pierrelatte et ses logements sociaux, ainsi que des infrastructures voisines telles que les serres agricoles ou les bureaux Areva du Tricastin. Mais avec la fermeture de l’usine disparaissaient cette énergie sous forme d’eau chaude. Pour la remplacer et dans la foulée des orientations du Grenelle de l’environnement, il fut décidé de construire une centrale de cogénération biomasse : elle brûlerait du bois afin de produire de l’électricité (85 gigawatt-heure, GWh) et de la chaleur (170 GWh).

L’usine thermique représente 55 millions d’euros d’investissement, financés par Areva, qui en a réalisé la conception, la construction, l’installation et la mise en service. Entrée officiellement en activité le 4 octobre 2012, la centrale est exploitée par la société Coriance, une entreprise spécialisée dans l’exploitation de réseaux de chauffage urbain. Mais son fonctionnement engendre des conséquences négatives tant sur le plan environnemental que social.

Une centrale surdimensionné

La centrale doit consommer jusqu’à 150 000 tonnes de bois par an. Dès les débuts du projet, la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes pour la protection de la nature) dénonçait une « logique mega-industrielle […] qui va consommer des quantités pharamineuses de bois » et mener à une « catastrophe écologique à court-terme : surexploitations des milieux forestiers, coupes rases, puis transport et importation massive de bois ».

De fait, depuis la mise en service de la centrale, plusieurs coupes sauvages ont été constatées dans cette région qui compte de très nombreux sites Natura 2000. Les conséquences sur la biodiversité locale s’avèrent importantes. Tout récemment, c’est à La Gare des Ramières, une réserve naturelle, que des coupes à blanc ont été découvertes par le gardien du site. Les probabilités sont fortes que ces coupes servent directement à fournir la centrale à proximité.

Du côté d’EELV (Europe Ecologie les Verts), on dénonce les sollicitations de Coriance auprès des propriétaires forestiers locaux : « Il est facile de créer un effet d’aubaine en proposant de racheter aux particuliers du bois à cinq euros la tonne, soit un peu plus que le prix du marché. Le problème réside dans le laxisme de la règlementation de la coupe, qui est simplement gérée par un arrêté préfectoral ».

Malgré les coupes sauvages, la centrale ne parvient pas à fonctionner à pleine capacité. Alain Volle, un militant d’EELV qui suit de près le dossier, évoque seulement « 20 000 tonnes de bois pour la première année d’utilisation », loin des 150 000 tonnes prévues. Une insuffisance en bois prématurée qui révèle « un projet surdimensionné, ne répondant pas à la demande locale », selon la députée européenne Michèle Rivasi.

La centrale de biomasse témoigne des problèmes de structuration de la filière-bois en France et de l’inefficacité des politiques de grands projets forestiers, quelques semaines après un rapport très critique du CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces verts) sur la politique énergétique misant sur la biomasse forestière.

Pour compenser cette difficulté d’approvisionnement, la centrale est suppléée par une chaudière au gaz et au… fioul. Dans une lettre adressée au Préfet de la Drôme cette semaine, Michèle Rivasi demande ainsi : « Le système devait produire de l’électricité par cogénération. Le fait-il vraiment ? Le fonctionnement au fuel et le stockage du fuel sont-ils règlementaires ? […] Nous nous inquiétons dans ces conditions des nuisances et des impacts qui seront décuplés quand la centrale fonctionnera à pleine puissance » La députée évoque aussi une fuite de 35 000 litres de fioul dans la centrale.

Des impacts locaux conséquents

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 22:14

CADTM

 

Source : cadtm.org

 

Que faire de ce que nous apprend Thomas Piketty sur Le capital au XXIe siècle

19 janvier par Eric Toussaint

 

 

 

 

Le livre Le capital au XXIe siècle |1| est indispensable pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur la répartition inégale de la richesse au sein de la société. En lisant cette somme (950 pages, auxquelles s’ajoute une grande quantité de données statistiques et de tableaux accessibles via internet |2|), une première conclusion vient à l’esprit : le mouvement Occupy Wall Street a bien raison de cibler le 1 % le plus riche.

En effet, en France, en 2013, le 1 % le plus riche détient 25 % du patrimoine total du pays |3|. Au Royaume-Uni (R.U.), il détient 30 %. En Suède, 20 %. Aux E.U., 32 % |4|. Si on inclut la part dissimulée de la richesse dans les paradis fiscaux   ou sous d’autres formes, le pourcentage augmenterait d’au moins 2 ou 3 points. Pour faire simple, le 1 % de la population, c’est grosso modo la classe capitaliste et elle concentre une part impressionnante du patrimoine |5|.

Si on élargit l’étude aux 10 % les plus riches, on atteint les pourcentages suivants : en France, les 10 % plus riches détiennent 60 % du patrimoine ; au R.U., 70 % ; en Suède, 60 % ; aux E.U., 70 %. Grosso modo, on peut considérer que les 9 % ainsi ajoutés représentent l’entourage ou les alliés au sens large de la classe capitaliste.

Le mouvement populaire devrait avancer des revendications précises en matière de mesures à prendre à l’égard du 1 % le plus riche et des 9 % qui le suivent. La masse de biens mobiliers et immobiliers que ces 10 % détiennent révèle à quel point la richesse est inégalement distribuée et montre qu’un gouvernement de gauche pourrait trouver des ressources en très grande quantité pour, à la fois, mener une politique d’amélioration des conditions de vie de la majorité de la population et réaliser de profonds changements structurels de manière à amorcer la sortie du capitalisme productiviste et lancer la transition écologique.

Thomas Piketty résume dans un tableau saisissant les parts de richesse détenues par les 10 % les plus riches, les 40 % qui suivent et les 50 % d’en bas.

Tableau 1. L’inégalité de la propriété du capital |6|

La moitié de la population des pays du Nord ne détient en tout et pour tout que 5 % du patrimoine, c’est évidemment une raison impérieuse pour dire que lorsque la gauche revendique de taxer le patrimoine, cela ne vise absolument pas les 50 % d’en bas. Quand aux 40 % du milieu, pour reprendre l’expression de Thomas Piketty, ils détiennent 35 % du patrimoine total en Europe occidentale continentale et 25 % aux États-Unis et au R-U, ils sont constitués principalement de salariés, et en minorité de travailleurs indépendants. Ils pourraient être également exemptés de l’impôt sur le patrimoine, en tout cas par exemple pour les trois-quarts d’entre eux.

Si on passe des pourcentages à des montants en euros, on mesure encore un peu mieux ce que signifie la concentration de la richesse par une fraction très réduite de la population.

Une idée des patrimoines en fonction des différents groupes

D’après Thomas Piketty, dans plusieurs pays d’Europe qui ont un niveau de vie proche de celui de la France, les 50 % d’en bas ont en moyenne un patrimoine de 20 000 euros mais, attention, une grande partie des ménages en question n’a aucun patrimoine ou a des dettes.

Les 40 % du milieu, pour reprendre l’expression de Piketty, ont 175 000 euros de patrimoine moyen (cela va d’environ 100 000 à 400 000 euros). Les 9 % au-dessus disposent de 800 000 euros et le 1 % supérieur de 5 millions d’euros. Bien sûr, au top de ce 1 %, on trouve des fortunes comme celle de Liliane Bettencourt |7| qui dépasse 20 milliards d’euros.

De l’inégalité de la répartition du patrimoine privé dans l’Union européenne à sa nécessaire redistribution

Prenons l’Union européenne dont le produit intérieur brut s’élevait en 2013 a environ 14 700 milliards d’euros |8|. Le total du patrimoine privé des ménages européens s’élève à environ 70 000 milliards d’euros. Le 1 % le plus riche détient à lui seul grosso modo 17 500 milliards d’euros |9| (25 % de 70 000 milliards euros). Les 9 % qui suivent détiennent 24 500 milliards d’euros (35 %). Les 40% du milieu détiennent 24 500 milliards d’euros (35 %). Les 50 % restant détiennent 3 500 milliards d’euros (5 %) |10|.

Le budget annuel de la commission européenne s’élève à environ 1 % du PIB   de l’UE. Cela signifie qu’un impôt annuel de 1 % sur le patrimoine du 1 % le plus riche dans l’UE fournirait une somme de 175 milliards, c’est-à-dire davantage que le budget actuel de l’UE qui s’élève environ à 145 milliards d’euros. Que dire d’un impôt de 5 % ? Cela donne une idée de ce qui est potentiellement réalisable si on réussissait par la mobilisation sociale à obtenir un changement radical de politique au niveau européen ou même au niveau d’un seul pays de l’UE |11|.

Un impôt exceptionnel (c-à-d réalisé une seule fois au cours d’une génération) de 33 % sur le patrimoine du 1 % le plus riche dans l’UE fournirait près de 6 000 milliards euros (c’est-à-dire plus de 40 fois le budget annuel de l’UE !). Que dire d’un taux confiscatoire de 80 % ?

Cela doit permettre de prendre la mesure des enjeux portant sur la taxation du patrimoine privé des capitalistes et sur les possibilités qui s’ouvrent en matière d’élaboration de propositions pour trouver l’argent là où il est, afin de le mettre au service de la justice sociale.

Nombreux sont les économistes qui répètent sans cesse qu’il ne sert à rien de taxer les plus riches car ils sont tellement peu nombreux que le rendement ne peut pas être vraiment important. Ce que Thomas Piketty démontre, c’est que le 1 % a concentré au cours du temps une telle quantité de biens immobiliers et mobiliers qu’une politique ciblée sur le 1 % le plus riche ou sur les 2,5 % les plus riches (voire les 10 % les plus riches) peut fournir une très grande marge de manœuvre pour réaliser la rupture avec le néolibéralisme |12| .

À ceux qui affirment que ce patrimoine est inaccessible car il peut franchir facilement les frontières, il faut répondre que la mise sous séquestre, le gel des avoirs financiers, de lourdes amendes et le contrôle des mouvements de capitaux sont de puissants outils qui peuvent parfaitement être utilisés.

L’inégalité de la répartition du patrimoine privé au niveau planétaire

Ce qui vient d’être dit pour l’Union européenne peut être étendu au reste du monde car du Nord au Sud de la planète, on a assisté à une augmentation impressionnante du patrimoine des plus riches.

On pourrait aussi s’intéresser, comme le fait Thomas Piketty, à une minorité encore plus infime. Le 1 vingt millionième le plus riche de la population adulte au niveau planétaire en 1987 était constitué de 150 personnes, chacune ayant en moyenne un patrimoine de 1,5 milliards de dollars. Seize ans plus tard, en 2013, le vingt millionième le plus riche comptait 225 personnes dont chacune avait en moyenne 15 milliards de dollars, soit une progression de 6,4 % par an |13|. Le 0,1 % (1 millième de la population mondiale |14|) le plus riche au niveau mondial détient 20 % du patrimoine mondial, le 1 % détient 50 %. Si on prend en considération le patrimoine des 10 % les plus riches, Thomas Piketty estime qu’il représente 80 à 90 % du patrimoine mondial total, les 50 % d’en bas possédant certainement moins de 5 % |15|. Cela donne là-aussi la mesure de l’effort de redistribution à réaliser. Redistribution qui nécessite la confiscation d’une part très importante du patrimoine des plus riches.

Thomas Piketty constate que le rythme de croissance du patrimoine du millième le plus riche de la planète a progressé au rythme de 6 % par an au cours des dernières décennies alors que l’ensemble du patrimoine progressait au rythme de 2 %. Si un tournant radical n’est pas pris, toutes choses restant égales par ailleurs, au bout de 30 ans, le 0,1 % (le millième le plus riche) possédera 60 % du patrimoine mondial au lieu de 20 % en 2013 ! |16|

Du côté des revenus, la répartition est aussi extrêmement inégale

Thomas Piketty se penche également sur les revenus du travail et montre que les 10 % les plus riches accaparent 25 % des revenus du travail en Europe et 35 % aux États-Unis.

Tableau 2. L’inégalité totale des revenus du travail |17|


Si l’on additionne les revenus du travail et les autres formes de revenus (loyers, intérêts perçus sur l’épargne, profits des entreprises, dividendes…), la répartition est encore plus inégale, comme le montre le tableau 3.

Tableau 3. L’inégalité totale des différents revenus |18|

L’évolution des inégalités de patrimoine au cours des deux derniers siècles

À la veille de la Révolution de 1789 en France, la part du patrimoine national accaparé par le décile le plus riche avoisinait les 90 % et la part possédée par le 1 % le plus riche atteignait 60 % |19|. Après la Révolution, la part du centile le plus riche a un peu baissé suite à la redistribution des terres de l’aristocratie et du clergé au bénéfice de la bourgeoisie (les 9 % et un peu au-delà).

À propos de la part du lion qui revenait au centile le plus élevé en 1789, Piketty souligne que la dénonciation du 1 % le plus riche par Occupy Wall Street combinée à la proclamation « Nous sommes les 99 % » (« We are the 99 % ») n’est pas sans rappeler d’une certaine façon le fameux pamphlet « Qu’est-ce que le tiers état ? » publié en janvier 1789 par l’abbé Sieyès |20|.

Thomas Piketty a établi un graphique qui reprend l’évolution de la part du décile et du centile les plus riches entre 1810 et 2010. Il a regroupé les principaux pays européens dans la catégorie Europe et a présenté les États-Unis à part.

 

En Europe, la part accaparée par le décile supérieur équivaut à plus de 80 % du patrimoine en 1810 et augmente au cours du 19e siècle et au début du 20e pour atteindre 90 % en 1910. Il commence alors à baisser suite à la guerre 1914-1918 et aux concessions que la bourgeoisie a dû faire face aux luttes populaires après la première guerre mondiale |21|. La baisse se poursuit après la deuxième guerre mondiale pour les mêmes raisons et la part des 10 % les plus riches atteint son point le plus bas en 1975 (un peu moins de 60 %). A partir de ce moment-là, il commence à remonter pour atteindre près de 65 % en 2010. La part du 1 % le plus riche suit grosso modo la même courbe, elle passe d’un peu plus de 50 % en 1810 à un peu plus de 60 % en 1910. La baisse commence en 1910 et atteint son point le plus bas en 1970-1975 (20 %) puis commence à remonter. L’évolution aux États-Unis suit la même chronologie mais il est important de souligner qu’alors que la part du centile et du décile le plus riche était inférieure à celle de leurs homologues européens au 19e siècle, la situation se modifie à partir des années 1960 : leur part du gâteau dépasse celle de leurs pairs européens.

Deux conclusions évidentes :
1. La tendance est à une remontée des inégalités, les 1 % et 10 % les plus riches augmentent fortement la part de patrimoine qu’ils accaparent ;
2. L’évolution de la répartition de la richesse peut être rigoureusement expliquée par l’évolution des luttes sociales et des rapports de force entre les classes.

Thomas Piketty résume les raisons qui ont provoqué, entre la première guerre mondiale et 1970, la réduction de la part accaparée par les plus riches et celles qui ont ensuite provoqué la remontée de cette part : « Pour résumer : les chocs du « premier XXe siècle » (1914-1945) – à savoir la Première Guerre mondiale, la révolution bolchevique de 1917, la crise de 1929, la Seconde Guerre mondiale, et les nouvelles politiques de régulation, de taxation et de contrôle public du capital issues de ces bouleversements – ont conduit à des niveaux historiquement bas pour les capitaux privés dans les années 1950-1960. Le mouvement de reconstitution des patrimoines se met en place très vite, puis s’accélère avec la révolution conservatrice anglo-saxonne de 1979-1980, l’effondrement du bloc soviétique en 1989-1990, la globalisation financière et la dérégulation des années 1990-2000, événement qui marque un tournant politique allant en sens inverse du tournant précédent, et qui permettent aux capitaux privés de retrouver au début des années 2010, malgré la crise ouverte en 2007-2008, une prospérité patrimoniale inconnue depuis 1913. » |22|

 

*Suite de l'article sur cadtm

 

 

Source : cadtm.org

 

 


Part des différents groupes dans le total du patrimoine Europe 2010 États-Unis 2010
Les 10 % les plus riches 60,00 % 70,00 %
dont les 1 % les plus riches 25,00 % 35,00 %
dont les 9 % suivants 35,00 % 35,00 %
Les 40 % du milieu 35,00 % 25,00 %
Les 50 % les plus pauvres 5,00 % 5,00 %
Part des différents groupes dans le total des revenus du travail Europe 2010 États-Unis 2010
Les 10 % les plus riches 25,00 % 35,00 %
dont : les 1 % les plus riches 7,00 % 12,00 %
dont : les 9 % suivants 18,00 % 23,00 %
Les 40 % du milieu 45,00 % 40,00 %
Les 50 % les plus pauvres 30,00 % 25,00 %
Part des différents groupes dans le total des revenus Europe 2010 États-Unis 2010
Les 10 % les plus riches 35,00 % 50,00 %
dont : les 1 % les plus riches 10,00 % 20,00 %
dont : les 9 % suivants 25,00 % 30,00 %
Les 40 % du milieu 40,00 % 30,00 %
Les 50 % les plus pauvres 25,00 % 20,00 %
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 19:34

 

Source : www.liberation.fr

 

 

 

Ukraine : heurts après une manifestation massive à Kiev

AFP 19 janvier 2014 à 12:32 (Mis à jour : 19 janvier 2014 à 18:31)

Affrontements à l'issue de la manifestation du 19 janvier 2014 à Kiev. Affrontements à l'issue de la manifestation du 19 janvier 2014 à Kiev. (Photo Sergei Supinsky. AFP)

Deux cent mille personnes ont bravé ce dimanche l'interdiction de manifester dans la capitale.

 

La police a utilisé dimanche des canons à eau contre les manifestants pour tenter de mettre fin aux affrontements qui ont éclaté à l’issue d’un rassemblement massif dans le centre de Kiev contre de nouvelles lois répressives. Les forces de l’ordre continuait aussi à user de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes tandis que les protestataires leur lançaient des pierres et des fumigènes, selon un journaliste de l’AFP.

Près de 200 000 opposants pro-européens manifestaient dimanche sur la place de l’Indépendance à Kiev, défiant les autorités après l’adoption de nouvelles lois renforçant les sanctions contre les contestataires, vivement dénoncées par les Occidentaux. Par des températures largement en dessous de 0°, les protestataires se pressaient sur et aux alentours de la place, aussi baptisée Maïdan, occupée depuis près de deux mois par des opposants pro-européens après le refus du président Viktor Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne au profit d’un rapprochement avec la Russie.

Casseroles, passoires et boîtes en carton

Ils répondaient à l’appel des chefs de file de l’opposition, bravant l’interdiction de toute manifestation dans le centre de Kiev jusqu’au 8 mars, et les nouvelles lois promulguées vendredi par Viktor Ianoukovitch qui introduisent ou renforcent les sanctions à l’encontre des manifestants.

Des dizaines de personnes portaient sur la tête des casseroles, des passoires ou encore des boîtes en carton, ou avaient revêtu des masques de carnaval, en signe de dérision face à l’une des nouvelles lois qui punit les personnes manifestant avec un masque ou un casque sur la tête.

«J’attends aujourd’hui des mesures décisives et drastiques de la part de l’opposition», a déclaré à l’AFP un des occupants de Maïdan, Sergiy Nelipovitch. «Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. Nous n’avons pas le choix: soit nous gagnons soit nous tombons dans la dictature», a-t-il ajouté. S’exprimant tour à tour sur une scène, les leaders de l’opposition ont dénoncé ces nouveaux textes. «Nous déclarons illégale la nouvelle législation adoptée», a déclaré le boxeur Vitali Klitschko, chef du parti Oudar (Coup). Il a appelé les forces de l’ordre à rejoindre le camp des opposants. «Je m’adresse aux forces de l’ordre: passez dans le camp du peuple!», a-t-il lancé.

«Le Parlement a perdu sa légitimité, cela signifie que nous devons créer un conseil du peuple parmi les hommes politiques d’opposition», a de son côté dit Arseni Iatseniouk, responsable du parti de l’opposante emprisonnée Ioulia Timochenko. Les responsables ont toutefois été sifflés par la foule, reprochant aux opposants de ne pas avoir de plan d’action et de manquer d’un véritable leader.

Un mouvement qui reprend

Alors que le mouvement de contestation avait réussi à mobiliser des centaines de milliers de personnes en décembre, il s’était un peu essoufflé après signature le 17 décembre à Moscou d’accords économiques qui prévoient un crédit de 15 milliards de dollars à l’Ukraine et la baisse d’un tiers du prix du gaz russe. Mais l’adoption des nouvelles lois pourrait redonner un peu de vigueur à la protestation.

Les textes, votés à main levée en plein chaos au Parlement, prévoient des peines de prison de 15 jours pour l’installation non-autorisée de tentes ou d’estrades dans des endroits publics et jusqu’à cinq ans de prison pour les personnes bloquant des bâtiments officiels. Une loi punit d’amendes, de confiscation de permis de conduire et de voiture toute manifestation en cortège de plus de cinq véhicules. Un autre texte oblige les ONG bénéficiant de financements occidentaux à s’enregistrer en tant qu'«agent de l’étranger». Ce terme appliqué aux opposants réels ou supposés à l’époque stalinienne, est très souvent utilisé ces dernières années pour dénoncer les contestataires dans la Russie de Vladimir Poutine qui a adopté en 2012 une loi similaire.

Les Occidentaux ont mis en garde les autorités ukrainiennes contre ces textes et l’opposante emprisonnée et ex-Premier ministre Ioulia Timochenko a dénoncé l’instauration d’une «néo-dictature». Le ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt, un ardent défenseur du rapprochement entre l’Ukraine et l’UE, a indiqué dans une interview à la chaîne de télévision ukrainien hromadske.tv que les Européens avaient discuté avec les Américains de sanctions à l’encontre de certaines personnes du gouvernement.

«Nous avons parlé de cela avec les Américains. C’était avant tout lié à la question des violences, notre position précise est que la violence ne doit pas être employée contre les participants pacifiques des protestations», a-t-il déclaré dans des propos traduits en ukrainien, ajoutant que les contacts se poursuivaient.

 

AFP
Source : www.liberation.fr


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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 19:07

 

 

 


Afin d’échanger sur le sujet du Grand marché transatlantique(*), sur les très graves menaces qu’il fera peser dans de nombreux secteurs et surtout afin d’envisager ensemble les réactions et les mobilisations à venir

nous vous invitons

le jeudi 23 janvier à 18h30

au centre Pablo Neruda (salle 2) à Nîmes, 1 place Hubert Rouger

à une réunion dont l'objet sera d'échanger sur la création nécessaire d'un collectif anti GMT/TAFTA

Pour en savoir plus sur le sujet, vous trouverez ci-après un point sur les risques liés à l’application de cet accord commercial ainsi qu’un lien vers le site d’ATTAC Nîmes où sont mis en ligne :

  • un diaporama de Raoul Marc Jennar, qui avait déjà fait un très appréciable travail du genre au moment du Traité constitutionnel européen ;

  • l’enregistrement audio de la présentation de Frédéric Viale d’ATTAC France lors de sa venue à Nîmes le 29 novembre.

http://local.attac.org/attacnimes/?Accord-de-libre-echange

D’autres informations sont également disponibles sur le site d’ATTAC France (dont le Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique):

http://www.france.attac.org/dossiers/quest-ce-que-tafta

Nous avons refusé en son temps l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement), et nous avons obtenu l’arrêt des négociations. Nous refusons ce projet !

N’hésitez pas à faire suivre ce message à toute personne potentiellement intéressée.

Bien cordialement et solidairement,

ATTAC Nîmes
nimes@attac.org

 

(*) GMT ou TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement) ou TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) ou encore PTCI (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement)



Le 8 juillet 2013, l’Union européenne et les États-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI/TAFTA). C’est l’aboutissement de plusieurs années de lobbying des groupes industriels et financiers, européens et états-uniens.

 


 

 


 

Le partenariat transatlantique serait un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Comme d’autres accords bilatéraux signés récemment ou en cours de négociations– notamment l’accord UE-Canada–le PTCI ne se contentera pas d’abolir les barrières douanières ; il s’étendra aussi aux « barrières non-tarifaires ». En effet, toute réglementation, même décidée démocratiquement, peut être considérée comme un obstacle au commerce. Le PTCI va donc viser le démantèlement, ou l’affaiblissement, de toutes les normes qui limitent les profits des entreprises européennes ou états-uniennes, en fonction de leurs intérêts respectifs.

Le volet « investissement » du mandat de négociation du PTCI prévoit en outre un mécanisme particulièrement menaçant dit « de règlement des différends » qui pourraient survenir entre des acteurs économiques privés et l’un des gouvernements. L’accord UE-Canada, qui n’est pas encore ratifié, contient une telle procédure. L’introduction d’un tel mécanisme ad-hoc, à travers la nomination d’experts « arbitres » qui délibéreraient indépendamment des juridictions publiques nationales ou communautaires, permettrait aux transnationales de poursuivre des États dont les normes sanitaires, écologiques ou sociales, ou toute autre réglementation protectrice des consommateurs ou des économies locales, apparaîtraient comme des entraves aux investissements étrangers. L’objectif : étendre le champ possible des investissements et « sécuriser » la liberté et les bénéfices des investisseurs.

Le PTCI pourrait avoir des conséquences considérables dans bien d’autres domaines qui dépassent largement le périmètre du commerce. Il renforcerait par exemple drastiquement les droits de propriété intellectuelle des acteurs économiques privés et du domaine du brevetable, et pourrait donner aux multinationales des nouvelles technologies de l’information, un pouvoir accru de contrôle des données de l’internet, notamment celles relatives aux citoyens. Pour la Commission européenne, qui négocie au nom de tous les pays de l’Union européenne, il s’agit d’aligner le PTCI sur « le plus haut niveau de libéralisation » qui soit. Elle souhaite même ériger l’accord en modèle.

 

 


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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 18:52

 

 

Source : www.liberation.fr

 

 

 

Allemagne: 30.000 manifestants à Berlin pour une agriculture plus verte

AFP 18 janvier 2014 à 17:09

 

 

 

 

 

Des tracteurs dans le centre de Berlin durant une manifestation pour une agriculture plus verte, le 18 janvier 2014Des tracteurs dans le centre de Berlin durant une manifestation pour une agriculture plus verte, le 18 janvier 2014 (Photo Daniel Naupold. AFP)

 

 

 

Quelque 30.000 personnes ont manifesté à Berlin samedi pour une agriculture plus respectueuse de l’environnement et contre l’accord de libre-échange en négociation entre les Etats-Unis et l’Union européenne, soupçonné de «nuire aux agriculteurs et aux consommateurs» européens.

Sous le soleil et dans une ambiance bon enfant, les manifestants, flanqués de 70 tracteurs, se sont rendus à la chancellerie pour réclamer la fin d’une «politique clientéliste en faveur de l’industrie agro-alimentaire». Les organisateurs ont évoqué le chiffre de 30.000 manifestants.

Une centaine d’organisations et d’associations pro-environnementales et caritatives, mais aussi Attac et les labels d’agriculture biologique, avaient invité à manifester sous le slogan «ça nous gave!» en marge du Salon de l’agriculture de Berlin, l’un des plus grands du monde, qui se tient jusqu’au 26 janvier dans la capitale allemande et où se réunissaient samedi 72 ministres de l’Agriculture du monde entier.

«Ceux qui autorisent et subventionnent des élevages géants, qui misent sur l’export et le libre-échange et qui en plus songent à autoriser à la culture en Europe des plantes génétiquement modifiées laissent tomber leurs agriculteurs, et agissent contre les intérêts de consommateurs, animaux et environnement», a résumé dans un communiqué Jochen Fritz, l’un des organisateurs.

Les manifestants ont fustigé pêle-mêle les conditions d’élevage des animaux, les OGM et la concentration des terres agricoles aux mains de gros investisseurs, et réclamé une nourriture de meilleure qualité, un soutien plus actif aux jeunes agriculteurs, à l’agriculture biologique ou encore l’éradication de la faim dans le monde.

«La plus grande majorité des gens ne veulent pas de poulet chloré, de viande aux hormones et d’organismes génétiquement modifiés», a poursuivi M. Fritz. Selon les organisateurs, c’est toutefois exactement ce que les Européens trouveront dans leurs assiettes si l’accord de libre-échange actuellement négocié entre Washington et Bruxelles voit le jour.

AFP
Source : www.liberation.fr



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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 17:44

 

Source : blogs.mediapart.fr

 

La Commission européenne reconnait les dangers des gaz de schiste

...tout en n'imposant pas de règlementation contraignante.

Lire l'info publiée par José Bové sur son blog :

 

"Fuite de gaz de schiste à la Commission Européenne"

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"Le projet de recommandation de la Commission Européenne sur l’exploration et l’exploitation des gaz non-conventionnels dans l’UE, qui doit être rendu public le 22 janvier prochain, a fait l’objet d’une fuite cette semaine. Sont donc consultables ici, dans leur intégralité et en version anglaise,
la communication de la Commission ainsi que le projet de recommandation.

 

A la lecture de ces documents, je constate avec intérêt que la Commission a pris la mesure de l’importance des risques engendrés par l’exploration ou l’exploitation du gaz de schiste, des dangers environnementaux et sanitaires, face au peu de bénéfices engendrés.

 

Elle reconnaît l’impact de la fracturation hydraulique sur l’eau de surface ou souterraine, le retraitement des eaux contaminées dans le processus, les possibles tremblements de terre, la pollution des sols, etc. Elle ne minimise pas les impacts de cette industrie sur la santé.

 

Elle trouve un intérêt économique  à l’entreprise : « les gaz de schiste pourraient apporter des bénéfices économiques, par exemple à travers des investissements locaux sur les infrastructures, des offres d’emplois et des revenus publics via des taxes, émoluments et des royalties »  mais reconnaît à la page suivante que la consommation en eau va entrer en concurrence avec d’autres usages déjà établis à savoir l’industrie, agriculture, ou l’eau potable.

 

La Commission prête une attention particulière aux craintes exprimées par les populations concernées et lors de la consultation qu’elle avait organisé entre le 20 décembre 2012 au 23 mars 2013 concernant « leur santé et les impacts environnementaux du gaz de schiste ». Elle constate « une perception d’un insuffisant niveau de précaution, de transparence et de consultation en ce qui concerne les activités liées au gaz de schiste. ». Elle reconnaît que les opposants au projet de gaz de schiste ne sont pas animés que par une lutte contre un équipement à proximité de chez eux (« pas dans mon jardin »), mais bien par l’intérêt général puisqu’ils agissent aussi contre les projets éloignés. Pour la Commission, « aussi longtemps que ces risques environnementaux et sanitaires, que le manque de transparence et que les incertitudes légales n’auront pas trouvé de réponses, les inquiétudes du publics persisteront ».

 

Quant à l’impact sur le changement climatique et la diminution des émissions de gaz-à-effet-de-serre, au cœur de la communication du 22 janvier, la Commission explique que le gaz de schiste, du fait des émissions de CO2 qu’il implique, ne pourrait jouer qu’un rôle transitoire  et mineur dans le secteur énergétique. Transitoire car il ne répond pas aux objectifs à long terme de décarbonisation de  notre système énergétique. Mineur, car il représenterait « au mieux 10% de la demande en gaz naturel en 2035 ».

 

Les recommandations de la commission sont assez strictes. Aux Etats Membres qui feraient encore le choix d’exploiter leurs réserves de gaz de schiste, elle impose de nombreuses études préalables, elle restreint les choix des sites exploitables, elle prévient des impacts sur les pays voisins, elle sélectionne les entreprises qui offriront des garanties financières en capacité de réparer les dégâts environnementaux, elle soumet les produits chimiques utilisés au cours de la fracturation hydraulique à la directive REACH.

 

La Commission surveillera de près la mise en œuvre des règles « sous la forme de tableau de bord ». Une évaluation est déjà programmée pour juillet 2015 qui visera la « mise à jour des dispositions et la nécessité de mettre au point des clauses harmonisées et juridiquement contraignantes ».

 

La Commission donne ainsi du crédit aux lanceurs d’alerte qui luttent contre les projets d’exploration de gaz de schiste, même si nous pouvons regretter que ce texte n’ait pas encore de valeur contraignante. Néanmoins,  au vu des éléments contenus dans ces pages, les populations concernées disposent désormais des arguments juridiques pour obtenir un moratoire auprès de leurs gouvernements. La commission nous offre des moyens de pressions que nous saurons utiliser."

 

Source : blogs.mediapart.fr

 

 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 17:17

 

 

Source : www.midilibre.fr

 

Trèbes : après l'évacuation des Faucheurs, Monsanto dépose plainte

ANTOINE CARRIÉ

19/01/2014, 06 h 00 | Mis à jour le 19/01/2014, 08 h 28
La direction dressera le tableau définitif des dommages causés lundi.
La direction dressera le tableau définitif des dommages causés lundi. (D. R.)

                                                                                                                                                                                                                        Les militants anti-OGM qui s'étaient introduits sur le site trébéen de la multinationale de l'agroalimentaire ont finalement été délogés au cours de la nuit de vendredi à samedi. La direction de Monsanto a confirmé un dépôt de plainte, notamment relatif aux dommages causés aux semences stockées sur le site.

Il aura fallu près de quatre heures aux gendarmes mobiles venus en renfort de Perpignan pour procéder à l’évacuation complète de l’usine Monsanto de Trèbes, au cours de la nuit de vendredi à samedi. Une intervention au long cours, justifiée par l’éparpillement des Faucheurs volontaires dans de multiples parties du site qu’ils avaient investi vendredi en fin d’après-midi.

Entre les militants enchaînés et ceux juchés sur certains bâtiments, c’est à un véritable jeu du chat et de la souris qu’ont dû s’astreindre les gendarmes, à l’œuvre entre 1 h et 5 h du matin. Une opération menée sans heurts, comme le confirmait un des 70 militants encore sur les lieux à l’heure de l’évacuation : "Ça s’est fait tranquillement, il n’y a pas eu de difficultés particulières."

Refus du ministère de l'Agriculture de livrer un communiqué sur le moratoire

L’entrée en scène des gendarmes mobiles faisait suite au dernier contact entre les Faucheurs et le secrétaire général de la préfecture de l’Aude, Thilo Firchow. Des discussions achevées par le refus ferme et définitif signifié par le représentant de l’Etat d’accéder à la demande par les anti-OGM d’une nouvelle prise de position du ministère de l’Agriculture sur la question du maïs génétiquement modifié, le MON 810.

Alors que la période des semences approche, les militants à l’œuvre à Trèbes sollicitaient un communiqué du ministre pour afficher de nouveau le principe d’un moratoire sur la culture de ce produit. Moratoire que Stéphane Le Foll avait déjà réaffirmé le 2 août, au lendemain de l’avis du Conseil d’Etat invalidant l’interdiction française de culture en vigueur sur le territoire depuis 2008.

Les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement s’étaient alors engagées à "maintenir le moratoire afin de prévenir les risques environnementaux et économiques pour les autres cultures et l’apiculture". Prise de position suffisamment explicite, expliquait Thilo Firchow, pour ne pas donner droit à un communiqué de plus. Et de demander aux Faucheurs de quitter les lieux. Un appel ignoré par des militants, qui débouchera donc sur l’intervention nocturne des forces de l’ordre.

"Nous allons devoir recontrôler tous nos produits avant de les envoyer à nos clients"

Du côté de l’entreprise, décision a été prise de déposer plainte auprès de la gendarmerie de Trèbes. Un choix expliqué par Brandon Mitchener, chargé de la communication pour Monsanto Europe : "Nous allons poursuivre l’envahisseur devant la justice. Parce qu’ils ont commis un acte criminel, et violé de multiples lois. Il s’agissait d’une manifestation pour laquelle ils ne disposaient d’aucune autorisation. Ils se sont introduits dans une propriété privée. Et ils ont mélangé des semences."

C’est bien ce dernier point qui trouble le plus le géant de l’agroalimentaire : "Ils ont mélangé des semences mâles et femelles, et dégradé des produits qui avaient fait l’objet d’un gros travail de purification. Nous allons devoir contrôler toutes les semences avant leur envoi à nos clients. C’est un travail qui va nous prendre des semaines." Accusations portées en s’étonnant d’être visé : "La direction a clairement dit qu’il n’y avait pas d’OGM sur le site de Trèbes. Monsanto n’a pas l’intention de vendre d’OGM en France ni cette année, ni dans les années futures. Notre activité sur ce territoire est consacrée à des semences conventionnelles. S’ils voulaient protester sur la question du moratoire sur le MON 810, il fallait qu’ils le fassent devant le gouvernement, pas ici."

Un huissier a suivi pas à pas les Faucheurs

Discours chronique, guère suffisant pour convaincre les antis qui, tout au long de leur action, ont fait l’objet d’une attention toute particulière d’un huissier mandaté par la direction de l’usine. Le constat, selon la responsable du site trébéen, Soad Melloul, devrait permettre de relever les dommages causés : "Ils ont souillé tous les lots de semences qui se trouvaient sur les hauteurs des stocks. Des tuyaux d’airs comprimés ont également été arrachés, tout comme des boutons d’arrêt d’urgence." Autant de dégradations présumées qui devraient agrémenter la plainte de la multinationale, pour ouvrir un nouveau front judiciaire avec leurs opposants de toujours.

 

 

Source : www.midilibre.fr

 


 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 17:09

 

 

*Compte-rendu rédigé par V., un Indigné (démocratie réelle Nîmes) qui a participé à l'action anti Monsanto

 

Trèbes, près de Carcassonne, usine Monsanto, action à l'appel des Faucheurs Volontaires 17.01.2014.

Nous étions plus de 100 et comme nous n'avions pas prévenus la presse, la flicaille n'était pas là.
La barrière n'a pas tenu 2 minutes, le vigile en treillis avec son clebs a regardé ailleurs, les ouvriers ont continué d’œuvrer en silence comme d'hab, les portes du hangar où  Monsanto enrobe et ensache ses semences étaient ouvertes, nous sommes entrés. Il était 15h 30.
 
Nous nous sommes appropriés les lieux, avons étudié les positions de défense, les cachettes, là où les poulets venus défendre le grain que leur distribuent leurs maîtres mettraient le plus de temps à nous déloger. Certains sont montés sur le toit, d'autres ont accrochés des banderolles aux grues qui dominent le chantier des gigantesques silos que Monsanto a réussi à faire construire, malgré tout, grâce aux zélés zélus locaux et à d'opportunes et soudaines accélérations des procédures, de celles qui pour vous et moi prennent des mois....

Puis nous avons attendu que les représentants de la Mafion viennent pour savoir ce que nous voulions.

Quand un galonné et une sorte d'énarque, clone immature de Xavier Bertrand ou d'une créature s'en approchant, sont venus,  les Faucheurs ont dit: nous voulons que le gouvernement prenne une position claire et prévienne les semenciers et les agriculteurs qui vont leur acheter des semences pour la saison qui commence pour qu'ils sachent positivement que le moratoire contre le maïs OGM Mon810 (au moins çui là, d'autres viendront prendre la relève...on s'en occupera) actuellement suspendu sera bien effectivement reconduit pour cette année. Ce serait honnête et avisé de les en informer comme la ministre de l'environnement du précédent gouvernement l'as eu fait en son temps ( lourd sous entendu: elle).

Le galonné a dit que, attention, nous violions la propriété privée, l'énarque à peine sorti du cocon (et encore attaché)
a récité que le gouvernement s'était prononcé il y a 6 mois, qu'il préparait un texte pour le moratoire, que c'était juridiquement foutrement compliqué et qu'ils ne pouvaient montrer leurs billes que le plus tard possible pour que le texte qu'ils allaient pondre puisse ne pas être attaqué en justice, par le conseil constitutionnel (ou un truc de ce genre), par l'Europe et l'OMC et bientôt Tafta...
 
??????

Sachez le donc, il est désormais incroyablement difficile aux représentants de la Mafion d'édicter des lois que le peuple réclame, ils y suent sang et eau depuis 6 mois les pauv' choux sur les trucs abracadabrantesques qu'on leur réclame. A qui la faute?
Quel état gère? Ce genre d'excuses est-il crédible un seul instant?

Les Faucheurs ont alors demandé s'il n'était pas possible que le gouvernement s'engage à faire très prochainement une déclaration précise (et écrite si possible 'siou plait M'sieur) annonçant simplement que le texte du moratoire était effectivement en préparation. Le représentant de la Mafion nous a demandé d'attendre tranquillement, la réponse n'allait pas tarder, 'on' est à l'écoute...

Nous avons attendu  une heure et quand le 'Négociateur' a reparut c'était avec quelques centaines de policiers, quelques chiens parmi eux et...cerise sur le gâteau, paraît-il la très compétente PSIG (Police Spéciale d'Intervention de la Gendarmerie, si c'est inventé c'est pas par moi...) qui serait seule habilitée et formée à gérer 'dans le calme' les situations où des inconscients irresponsables se mettent en se perchant le plus haut possible, là ou le moindre faux pas fait inévitablement une fâcheuse tâche sur le sol en dessous et fatalement aussi dans un rapport de gendarmerie (et, éventuellement, un article de presse).

Sous les ordres du 'Négociateur', nous avons été délogé un par un des lieux auxquels nous nous cramponnions. Ceux qui s'étaient réfugiés en haut des piles de containers, tous dans un container vide d'où les flics ne pouvaient les extraire sans se casser la figure, ont été ceuillis par un Fenwick qui a déplacé un à un tous les containeurs jusqu'à  ce qu'il puisse descendre celui où se tenaient nos camarades. Ceux réfugiés tout en haut de la tour de mélange et d'enrobage (insecticide, fongicide...certains interdits, tous dangereux...) extraits sans ménagements de la 'tortue' qu'ils avaient formés, puis portés ou trainés plus ou moins doucement dans les escaliers, conduits vers l'extérieur entre deux haies plus ou moins hargneuses de robocops, selon la loi du délit de plus ou moins sale gueule et l'adage policier qu'il est bon de connaître: pour qui coopère 'gentiment', juste quelques insultes, un peu de bousculades...mais qui résiste 'plus que de raison', quelques coups en douce au passage, des bras ou des doigts tordus, des empoignades par les cheveux (ou la barbe...) des doigts dans le nez, des gifles...rien de bien méchant mais tout pour
mater et humilier. Rien de clair ni d'assumé. Côté face: "protect and serve", côté pile ...dite merci quand même, c'est mieux que si c'était pire.

Ceux du toit ont été évacué par une nacelle après un 'essai' d'évacuation par les échelles d'accès: un camarade a été prié de descendre par là, il a refusé. Il a été empoigné et jeté à l'étage en dessous, réceptionné par d'autres robocops... Il y avait 4 ou 5 étages successifs... Libéré parmi nous autres, le camarade a mis un certain temps à s'en remettre et ce n'était pas l'amour du genre humain qui brillait
comme d'habitude dans ses yeux à ce moment là ...honte (eh oui, car humiliation), peur, haine, indignation, solitude, incrédulité, braverie (m'en fout, crétins, j'recommancerai!), révolte et détermination j'ai vu tout cela passer dans ses yeux à la fois.

Je sais pas s'ils savent ce qu'ils font, ces gens là et ceux qui les manipulent, je sais pas si c'est à nous de les pardonner, mais qu'ils ne s'étonnent pas qu'ici et là, la réponse soit moins pacifique...Les faucheurs sont pacifiques et non violents. Moyenne d'âge? 50 ans (allez 45...). M'est avis que la jeunesse si elle est ailleurs, et à NDDL notamment, c'est peut-être qu'elle a certaines 'impatiences' légitimes...cela dit sans dénigrer un instant le combat (que j'admire, c'est pas un secret) des faucheurs, juste un constat.

L'évacuation 'dans le calme' a pris 3 bonnes heures, mobilisés une centaine de flics. Dans la nuit étoilé nous avons allumé un feu aux portes du site. Nous nous sommes rassemblés et réchauffés tous ensemble, avons vérifié que tous étaient sortis puis séparés en nous promettant de revenir, là où ailleurs...Il était 4 h du matin.

Le bilan est mitigé. Certes nous sommes 'entré', certes nous les avons 'occupé' un moment. Les seules images, les seuls témoignages seront les nôtres, la presse est à 2 mn de scooter de l’Élisée, rue du Cirque...On en a gratté une à Monsanto mais l'autre a à peine bougé.
Par contre, le gouvernement sait que les faux vont s'aiguiser avant le printemps...et que la guerre se rallumant dans les campagnes il pourra alors 'calmer généreusement'  les bonnets rouges, les éleveurs de porcs, le lobby céréalier et de tous ceux qui ont besoin de 1 tonne de dérivés du pétrole pour produire 1 g de viande...qui nous rend malade et rempli les cliniques (celles des 'Cahuzac'?). Et hop, y'à bon PIB, vive la croissance...on vous l'avait bien dit...
Je résume outrageusement comme d'hab???

Ce que nous savions déjà se confirme encore. Ce n'est pas que ce gouvernement ne sait pas ce qu'il veut. Ce n'est pas qu'il hésite sur la marche à suivre...
ces gens ne reculent (à peine) que devant  l'ampleur du mensonge qu'ils doivent nous faire avaler. Cette 'trahison'  nécessite tout leur savoir faire d'énarques qui gèrent, et de communicants à deux balles
et prends tout leur temps. Jamais un Le Foll (ou un de ses clones) qui nous concocte un Nano-monde avec ses potes de Grenoble ne pourra renoncer aux OGM et au monde selon Monsanto. Pour lui, pour eux,  c'est leur Dieu qui est en jeu, le Progrès celui qui avance toujours en avant (belle découverte) et doit sauver le Monde...et s'il faut accoucher une autre humanité pour en endurer les conséquences, c'est à coup de bottes et de narcoleptiques qu'on convaincra ceux qui s'entêtent 'déraisonnablement' à rester humains, simplement humains...Béton, Béton, Béton et Technologie (et même pas science...) sont leurs seules réponses aux problèmes de notre temps.

Dialogue? Il est inutile et ils en ont une conception bizarre qui se rapproche de leur conception du partage: "ce qui est à toi est à moi et ce qui est à moi est à moi".
Dialogue? Avec des gens qui ne font pas ce qu'ils annoncent et n'annoncent pas ce qu'ils font?
Alors Hollande un traître? Nous le savions déjà mais là où il est il ne peut plus le cacher à personne. Le roi est nu un peu trop souvent ces temps ci. D
'ailleurs sa duchesse est  à "La Lanterne" paraît-il (ah! ça ira, ça ira... incroyable non? j'invente rien, la Valérie T si j'mens...), c'est au château de Versailles, un logement public de luxe pour se remettre à nos frais des frasques privées  (il insiste là-dessus, ce con) de son cher Premier Homme de France...bref on va pas en faire une affaire d'état n'est-ce pas?, ce doit être ça un président 'normal'...
Hé, François te fatigue plus, laisse tomber le masque, nous on est tous un peu comme "Sergio": tous immunisés parlementaires... ton 'mandat' on s'en tape, tu ne nous représente pas, on a compris:
Oligarchie partout, Démocratie nulle part!

Concluons:
Ni de nos champs ni de nos assiettes nous n'avons chassé les OGM, la lutte n'est pas finie et elle est terriblement inégale: en face la force de l'Ordre et le pouvoir de l'Argent contre les gueux et les pacifiques. Les Faucheurs ne gagneront pas seuls. Ce n'est pas qu'un combat agricole, ce n'est pas un combat pour uniquement notre petit bien-être personnel et sacré:  à ceux qui veulent gouverner le monde, nous répondons: RESISTANCE!
Il y aura des 'prochaines fois' et si on n'en veut pas du 'monde selon Monsanto', faudra
bien quelqu'un  pour aller piétiner le colza, faucher le maïs...

 

 
PS : Désolé de pas avoir pu participer à l'action 'boycott Unilever'. Mais voilà: depuis ma douce banlieue, à 17 km du musée de la Romanité, 25 mn de bagnole pour rejoindre le stade des Costières...ensuite, 30 mn pour arriver au parking de Géant Casino,1 km plus loin. Ensuite 20 mn à tourner dans le parking pour pas trouver de place (et croiser Marleen dans la même situation que moi...mais elle a été plus têtue que moi...). Bref, il est presque plus court d'aller à Trèbes qu'au Géant Casino...j'en ai eu marre, j'suis allé me coucher.
Quand même, j'ai pu admirer depuis le confortable siège de ma limousine climatisée la redoutable efficacité des transports en commun par vrai faux tram-bus...5-6 passagers par bus, à l'aller comme au retour, et ceux qui rentraient étaient mains vides ou presque. Un transport en commun vers une zone commerciale pour des gens qui ne peuvent presque rien acheter et des kilomètres d'emmerdes pour les autres qui pourraient  y acheter s'ils pouvaient les atteindre, ayant  eu la 'bonne idée' de vouloir devenir petits propriétaires loin de toute humanité...
le Progrès vous dis-je!

Par quel miracle quotidiennement renouvelé ce monde tient-il encore debout?
La réponse est peut-être que dans le vide on ne tombe jamais....

Bien bonne nuit et biz à tous...

 

 

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 19:11

 

 

Source : www.humanosphere.info

 

Il se construit une charmante petite maison pour 150 livres (sans outil lourd et en 8 mois)!

Voici la maison de Mr. Michael Buck 

Social – Logement : Un ancien professeur et agriculteur de 59 ans a construit une maison sans utiliser d’outils et pour la modique somme d’environ 181 euros (suivant le cours du jour)…

Comment? Eh bien, il a récupéré tout le matériel dont il avait besoin pour la construire. Ce qui a coûté de l’argent, c’est la paille dont il a eu besoin.

Pour le terrain, l’humain possédait une ferme. Il a vendu la ferme et conservé un petit terrain.

Photos … hop!

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Comme vous le voyez sur ces deux premières photographies, la maison ne manque pas de charme.  Les murs sont en torchis.  Le toit en chaume. En gros, toutes des matières qui se trouvent facilement.

Le but de Monsieur Buck est de démontrer que nous ne sommes pas obligé de nous couvrir de dettes pour posséder un petit chez nous.

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Bien sûr, il n’y a pas d’électricité… mais aujourd’hui, on peut trouver de quoi s’éclairer sans mettre le feu à la maison ni à son portefeuille. On peut également trouver des meubles gratuits, des matelas que l’on découpe pour faire des coussins confortables.

Ce qui est indispensable, c’est un point d’eau pas trop loin.  Ici, Monsieur Buck a la chance de posséder une petite source.

N’oubliez pas que le confort peut venir petit à petit, par après…

——————-

Actualidad.rt.com

Il existe un projet collectif >>> Clic Clic Clic

PS : attention aux dérives sectaires, attention à votre liberté, les gens! Dac? Ne cherchez pas une liberté là où vous pourriez finir par la perdre. Demandez conseil à ceux qui vous aiment.

 

Source : www.humanosphere.info

 

 


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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 18:30

 

 

Source : www.mediapart.fr

Obama ne voit rien de choquant dans l'espionnage de la NSA

|  Par Iris Deroeux

 

 

Vendredi, Barack Obama prononçait un discours très attendu sur la réforme de la National Security Agency, dont les programmes de surveillance tentaculaire ont été révélés par Edward Snowden. Les réformes annoncées sont minimes et ne satisfont pas élus, associations et entreprises.

« Nous n’allons pas nous excuser simplement parce que nos services de renseignement sont plus efficaces (que ceux d’autres pays) », a glissé Barack Obama, l’air légèrement offusqué, au beau milieu de son discours sur la réforme de la NSA, hier. Cette étonnante remarque résume bien le ton de son intervention. Non, le président ne compte pas revoir en profondeur les pratiques de l’agence de sécurité américaine, pourtant débattues et critiquées aux États-Unis et à travers le monde depuis les premières révélations d’Edward Snowden, en juin dernier. Il est au contraire fier de ses prouesses technologiques.

S’il reconnaît le besoin d’instaurer des garde-fous pour mieux encadrer les programmes de surveillance de la NSA, il estime que la sécurité nationale reste prioritaire et qu’Edward Snowden l’a mise en danger. Tout en insistant sur l’importance des libertés individuelles, Barack Obama a répété à plusieurs reprises que le terrorisme était une menace réelle. Il a mentionné huit fois les attaques du 11 septembre 2001.

Et si la NSA collecte des quantités faramineuses de données (tel un véritable « aspirateur à renseignements », comme nous l’avons expliqué ici), il s’est voulu rassurant tant auprès des Américains que des étrangers en expliquant qu’elles n’étaient utilisées que si elles étaient jugées utiles dans le cadre d’une affaire mettant en jeu la sécurité nationale.

 

Barack Obama, vendredi 17 janvier 2014 
Barack Obama, vendredi 17 janvier 2014 © Kevin Lamarque / Reuters

« À travers le monde, quelle que soit leur nationalité, les gens doivent savoir que les États-Unis ne surveillent pas les citoyens ordinaires qui ne menacent pas notre sécurité nationale, et que l’on prend en compte leurs inquiétudes quant à la protection de leur vie privée », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il mettrait fin à l’espionnage de chefs d’État de pays alliés, sans préciser lesquels...

Il a ainsi évoqué la protection de la vie privée des étrangers, une première depuis le début de cette affaire en juin dernier ; le débat américain se limitant souvent aux droits des Américains. Ce détail a donc son importance, notent les experts en surveillance de la Brookings Institution, un grand think tank de Washington, réunis après le discours, hier (à retrouver ici). Personne n’arrive cependant à comprendre ce que cela signifie concrètement, et de quels recours légaux disposent éventuellement les étrangers face à la NSA.

Au bout du compte, les mesures concrètes annoncées hier par Barack Obama sont peu nombreuses. La réforme de la NSA s’annonce minime. Il n’a pas beaucoup tenu compte des recommandations faites par le panel qu’il avait lui-même convoqué pour étudier le sujet (dont nous parlions ici). Barack Obama s’est surtout focalisé sur le programme de la NSA consistant à collecter les métadonnées de millions de clients d’opérateurs téléphoniques américains, permettant de connaître le lieu, la date et la durée de leurs appels.

Il n’a pas proposé de réduire la taille de ce programme, mais seulement de limiter l’utilisation des données. Les agents de la NSA devront par exemple obtenir l’aval d’un tribunal à chaque fois qu’ils veulent piocher dans ce stock de données. Ils devront passer par la cour FISC, une cour de justice déjà centrale dans le système de surveillance de la NSA. Elle est composée de juges fédéraux qui délibèrent en secret et signent des décrets autorisant la plupart des missions de surveillance de la NSA (le fonctionnement secret de cette cour fait l’objet de vives critiques, comme nous allons le voir). Il souhaite également que ces données ne soient plus conservées par la NSA, mais par une entité indépendante, dont la forme reste encore à déterminer. Le président a dit se donner jusqu’à fin mars pour y réfléchir.

Dans l’ensemble, ce corpus de mesures ne satisfait pas grand-monde aux États-Unis. Les médias s’étonnent que le président se focalise autant sur un seul type d’activité de la NSA, le programme concernant les opérateurs téléphoniques, quand tant d’autres ont été dévoilés. « Il prétend que ce programme est celui qui dérange le plus les Américains », notent les journalistes du site The Verge. « Mais c’est faux ! On dirait que cela permet seulement de réduire le débat », poursuivent-ils (leur émission est ici).

Se prononçant pour plus de transparence, Barack Obama a ensuite proposé que les arrêts de cette fameuse cour secrète FISC soient déclassifiés plus régulièrement. Il a encore annoncé la création d’un poste de diplomate au sein du secrétariat d’État (l’équivalent de notre Quai d’Orsay), qui serait spécialisé dans les questions de renseignement. 

Des propositions de réforme au Congrès ?

Les nombreuses associations de défense des droits civiques, de protection de la vie privée, que ce soit l’ACLU, l’Electronic Frontier Foundation ou encore le Center for National Security Studies n'ont pas été avares de critiques. Elles estiment que ces réformes ne changent rien au problème de fond : ce gigantesque édifice de surveillance bafoue les droits des Américains, notamment le quatrième amendement de la constitution censé protéger les citoyens contre les fouilles et perquisitions abusives.

Elles déplorent le manque de courage du président, qui pourrait, s’il le souhaitait, réformer en signant de nombreux décrets présidentiels. Comme il l’a indiqué pendant son discours, hier, celui-ci préfère que le Congrès se charge de débattre et de voter de plus amples réformes. Une manière d’enterrer le sujet selon les plus sceptiques, puisque le Congrès est actuellement si divisé qu’il est très difficile d’y obtenir assez de votes pour passer des textes de lois ambitieux...

Il se pourrait cependant que le Congrès surprenne et initie des réformes, notamment car la question de la surveillance brouille les divisions habituelles entre les partis. Au cours des derniers mois, plusieurs textes de lois ont en effet vu le jour, proposés à la fois par des élus démocrates et républicains. Si aucun n’a encore été soumis au vote du Congrès – il faut d’abord qu’ils soient étudiés par les commissions des affaires juridiques de la Chambre et du Sénat –, ils permettent de mesurer l’ampleur du débat provoqué à Washington par les révélations d’Edward Snowden.

Citons la proposition du sénateur démocrate de l’Oregon Ron Wyden, qui vise à faire cesser la collecte des relevés téléphoniques, à limiter l’usage du programme PRISM permettant la collecte des emails, ou encore à réformer la cour secrète FISC pour qu’elle fonctionne de manière moins obscure. Plus ambitieuse, la proposition de Rush Holt, élu démocrate du New Jersey à la Chambre des représentants, qui voudrait que le Patriot Act soit tout bonnement abrogé. Cela remettrait en cause plusieurs programmes de la NSA trouvant leur base légale dans ce texte voté au lendemain du 11-Septembre.

La plus populaire est la proposition de l’élu républicain à la Chambre Jim Sensenbrenner, du Wisconsin, qui n’est autre que l’un des concepteurs du Patriot Act ! Depuis plusieurs mois, celui-ci ne cache pas sa colère face à l’ampleur de la surveillance révélée par Edward Snowden. Il estime que le Patriot Act ne devait absolument pas être interprété de cette manière. Jim Sensenbrenner a donc introduit un texte nommé le USA Freedom Act. Il vise lui aussi à freiner la collecte de données par la NSA, à rendre le travail de la cour FISC plus transparent, à y nommer un observateur indépendant. Il doit aussi permettre aux entreprises du Web de mieux communiquer avec le public quant aux ordres qu’elles reçoivent de la NSA et les informations qu’elles lui transmettent.

Ce texte recueille le soutien de nombreuses entreprises, d’associations, de lobbies et d’élus, tant démocrates que républicains. Le USA Freedom Act est notamment soutenu par les entreprises du Web, tant des géants comme Yahoo!, Google, AOL ou Facebook, que des PME. Leur argument ? Les révélations en cascade sur la surveillance tentaculaire de la NSA ont des conséquences économiques néfastes pour les entreprises américaines.

« Nous sommes avant tout choqués par l’ampleur de la surveillance de la NSA car elle pose de graves questions quant à la protection de la vie privée des citoyens. Mais cet argument n’a pas l’air d’avoir beaucoup de poids… Nous passons donc à un autre argument : le risque économique. Les entreprises high-tech américaines sont en train de perdre leur crédibilité, et donc des clients à l’international », nous explique au téléphone Brough Turner, fondateur de plusieurs start-up, qui s’est associé à d’autres entreprises du Web venues faire du lobbying à Washington en début de semaine, afin de convaincre des élus de soutenir le USA Freedom Act.

« Certains y réfléchissent, d’autres y sont opposés, estimant que la NSA dans sa forme actuelle est essentielle à la sécurité du pays », note-t-il. Il juge le USA Freedom Act insuffisant, mais il ajoute : « Plus personne ne fait confiance à Barack Obama pour changer quoi que ce soit. Il faut donc des initiatives de ce type au Congrès. Il faut aussi des actions en justice, pour juger de la constitutionnalité de ces programmes. » Il reste optimiste et pense que les révélations d’Edward Snowden, distillées au compte-gouttes, « maintiennent le débat vivant, il est impossible d’enterrer le sujet ».

D’autres estiment tout de même que l’accumulation d’informations et de détails techniques rend ce débat sur la surveillance de plus en plus compliqué voire confus. Peter W. Singer, spécialiste des questions de cybersécurité et auteur de l’ouvrage Cybersecurity and cyberwar, what everyone needs to know, a récemment fait une distinction utile entre les différentes catégories de surveillance auxquelles s’adonne la NSA, lors d’une conférence à la Brookings Institution, début janvier.

La première est constituée, selon lui, « d’actes d’espionnages intelligents à l’encontre d’ennemis des États-Unis » ; la deuxième, de missions de surveillance « douteuses et floues d’un point de vue légal », et la troisième, « d’actes non stratégiques et tout simplement stupides ». Il notait que le débat aux États-Unis avait tendance à se focaliser sur la deuxième catégorie et sur les détails juridiques. Au risque de ne pas assez interroger le sens, le coût et les conséquences néfastes sur les relations internationales d’un tel édifice. Le discours de Barack Obama n’échappe pas à cette critique. 

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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