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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 21:09

 

 

Source : www.reporterre.net


 

Le stupéfiant coup de force du gouvernement pour imposer l’enfouissement des déchets nucléaires

Barnabé Binctin (Reporterre)

vendredi 20 juin 2014

 

 

 

Le gouvernement a inséré dans la loi de transition énergétique un article permettant d’accélérer l’enfouissement des déchets nucléaires. Cette mesure foule aux pieds les conclusions du débat public et les engagements de Mme Royal. Ecologistes et associations s’insurgent contre cette violation de la démocratie.

DERNIERE HEURE - En fin d’après-midi de ce vendredi, sept heures après la parution de notre enquête, l’article 35 a été retiré par la ministre de l’Ecologie du texte du projet de loi.


Dernière Heure : 18 h10 - Selon un communiqué de Denis Baupin, "Le Ministère de l’écologie a décidé LE RETRAIT DE L’ARTICLE 35 du projet de loi sur la Transition Energétique, QUI ENTÉRINAIT LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DESCHETS RADIOACTIFS EN GRANDE PROFONDEUR."


Hier, Reporterre publiait le texte de projet de loi dont les grandes lignes - mais pas le texte lui-même - avaient été présentées à la presse mercredi par la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal.

Mais dans la nuit de mercredi à jeudi... ce texte a été modifié. Le gouvernement y a introduit deux nouveaux articles visant à accélérer la mise en oeuvre du Centre industriel de stockage géologique pour les déchets nucléaires, CIGEO, à Bure (Meuse). Comment, par qui et dans quel objectif ? Reporterre a mené l’enquête.

La chronologie du coup de force

Mercredi 18 juin, 17 h 35. Journalistes, politiques et experts intéressés par les questions de l’énergie bruissent de la présentation, quelques heures plus tôt, du projet de loi par Ségolène Royal. On cherche à comprendre comment sera réduite la part du nucléaire à 50 %, on évoque le mutisme de la ministre concernant la baisse de consommation d’électricité, on s’interroge sur l’avenir de Fessenheim, non mentionné…

Au même moment, le CESE (Conseil, économique, social et environnemental) s’adresse aux membres des commissions Environnement et Economie, qui doivent auditionner la ministre, jeudi matin. Dans un courriel que Reporterre a consulté, l’assemblée consultative fait parvenir trois fichiers, dont un document intitulé « exposé des motifs » qui résume sur 30 pages chaque article de la loi.

- A télécharger : "Exposé des motifs au CESE" :

PDF - 369.8 kolien

Celui-ci présente un nouvel article, n° 34, qui « habilite le Gouvernement à transposer la directive n°2011/70 du Conseil du 19 juillet 2011 établissant un cadre communautaire pour la gestion responsable et sûre du combustible usé et des déchets radioactifs ».

21h50. Le directeur général de la DGEC (Direction générale de l’énergie et du climat, une direction du ministère de l’Ecologie) écrit un courriel – que Reporterre a également consulté - aux membres du CNTE (Conseil national de la transition écologique). Y sont joints « les documents servant de support à la consultation », à savoir l’exposé des motifs et le projet de texte de loi.

Un autre article y apparaît ! Le nouvel article 35 « fait évoluer l’encadrement législatif du projet CIGEO de stockage géologique en couche profonde » comme le présente ce nouvel exposé des motifs :

- A télécharger : "Exposé des motifs", 21h50 :

PDF - 368 kolien

Premier constat : les membres du CESE qui ont auditionné Ségolène Royal n’ont pas eu connaissance de la version finale du projet de loi, qui intègre désormais CIGEO. Singulière consultation, où l’on cache aux conseillers un point essentiel du texte !

Deuxième constat : Entre la présentation à 13 h 00 en conférence de presse, la communication du CESE et le dernier courriel en soirée du ministère, la loi a donc été retouchée et enrichie de dispositions concernant CIGEO.

Ségolène Royal, menteuse ou soumise


- La ministre lors de sa conférence de presse du 18 juin -

La ministre s’était pourtant engagée auprès des associations environnementales à ce que le sujet des déchets nucléaires ne figure pas dans la loi. C’était il y a une semaine exactement. Le vendredi 13 juin, Ségolène Royal invitait à dîner les membres du collège des ONG du CNTE. A cette occasion, le président des Amis de la Terre interroge la ministre sur la présence, ou non, du projet CIGEO dans la loi à venir. « Elle a été très catégorique sur le sujet, en certifiant que CIGEO n’y figurerait pas. Elle nous a dit, mot pour mot : ’S’ils veulent faire le projet, ils le feront, mais ils ne le feront pas dans MA loi’’ », raconte Florent Compain à Reporterre.

Comment expliquer un tel revirement ? Selon lui, la ministre ne mentait pas, « elle avait l’air sincère ». D’où la question posée par le responsable associatif : « Qui a ainsi le pouvoir de modifier le texte après une conférence de presse aussi attendue ? »

A la sortie de son audition au CESE, Reporterre est parvenu à intercepter Ségolène Royal avant qu’elle ne s’engouffre dans sa voiture aux vitres teintées. Sa gêne est palpable, elle évite les questions que nous lui posons :

"Reporterre – Mme Royal, avez-vous introduit des articles concernant CIGEO dans le projet de loi ?

Ségolène Royal – Euh il doit y avoir quelque chose sur la réversibilité.

Reporterre – Est-il vrai que deux articles, 34 et 35, ont été introduits hier soir dans la loi ?

Ségolène Royal – Je ne sais pas, je ne sais pas. Attendez…"

Elle est interceptée par une autre journaliste. On revient à la charge :

"Reporterre – Mme la ministre, quelle est votre position sur CIGEO ?

Ségolène Royal – Je ne sais pas, vous verrez, il y a le débat à l’Assemblée. La loi n’est pas encore partie, elle va revenir en Conseil des ministres après le Conseil d’Etat.

Reporterre – Vous confirmez la présence de deux articles dans la dernière version ?

Ségolène Royal – Pour l’instant, c’est en discussion."

Deux conseillers de la ministre la suivent. Ils acceptent de répondre à nos questions. Et confirment la présence de ces deux articles sur les déchets nucléaires dans la dernière version du projet de loi. Pourquoi alors avoir assuré le contraire, quelques jours plus tôt, aux associations ? « D’autres arbitrages ont été faits ». A Matignon, à l’Elysée ? On évoque en creux le chef de l’Etat....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 20:44

 

 

Source : alternatives.blog.lemonde.fr


 

La Maker Faire s’installe à Paris ce week-end

 

 

 
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SparkFunElectronics - Maker Faire Bay Area 2012

SparkFunElectronics - Maker Faire Bay Area 2012

Lancée pour la première fois à San Francisco en 2006, la Maker Faire débarque à Paris ce week-end (21 et 22 juin). Conçu comme un festival "fun et familial", il s'agit de l'événement phare de la mouvance du faire soi-même (Do It Yourself) - et du faire avec les autres (Do it with Others). Mais... qu'y trouve-t-on et que peut-on y faire ?

 

Bricoler, produire, construire

Qu'ont en commun un fer à souder, un pliage d'origami, une chaise de récup' et une imprimante 3D ? Réponse: un "maker", entendu comme un bidouilleur, un bricoleur, un designer, un fabricant, un artisan ou un artiste (en anglais on a des "cheese maker" des "film maker"...) Bref, quelqu'un qui fait quelque chose, qui se sert de ses dix doigts et de ceux des autres pour autre chose que pianoter un clavier.

bqvkohvcqaijopwS'il est impossible de quantifier le nombre d'adeptes de ce mouvement, il demeure qu'ils sont partout, même à la Maison Blanche où le président Barak Obama a annoncé il y a deux jours, à l'occasion d'une Maker Faire organisée dans ses locaux, que le 18 juin serait désormais la journée nationale des Makers.

Pour Bertier Luyt, entrepreneur du Fab Shop (qui propose des solutions de fabrication digitale) à l'origine de la réplication de l'événement en France, "les makers apparaissent comme des individus passionnés, des associations, des écoles, des institutions, des entreprises… qui se reconnaissent sous ce terme".

Conçu par le père du Web interactif dit 2.0, Doug Dougherty, à l'origine du magazine Make, le festival rassemble donc tous ceux qui ont envie de se lancer, de s'amuser, apprendre et mettre la main à la pâte, ainsi qu'il l'exprime dans la vidéo suivante:

 

 

 

 

La French Touch

Si une mini Maker Faire a été organisée à Saint-Malo l'an dernier, là où se situe le siège de Fab Shop, le festival organisé au CENTREQUATRE pour cette première grande édition dispose de 5000 mètres carrés et pas moins de 150 projets, conférences et concours. De l’origami à la robotique industrielle, en passant par les drônes, l’impression 3D, la réparation ou la soudure de circuits électroniques, l'idée est de redonner confiance aux gens dans leurs capacités de produire, de ne plus être de simples consommateurs. "Ils pourront y rencontrer plein de passionnés qui parlent de ce qu’ils font, qui montrent et partagent leurs expérience" insiste Bertier Luyt, bien décidé à vous faire sortir des garages et autres greniers les projets que le grand public ne voit jamais.

Si vous décidez d'y aller en famille, vous pourrez commencer par une séance d'Origami avec Florigami:

 

 

 

 

Vous pourrez continuer avec InMoov, un incroyable robot humanoïde à véritable échelle humaine de 14 kg créé par Gaël Langevin, designer, sculpteur et DIY amateur français.

 

 

 

 

Autre rencontre qui devrait vous intriguer: celle d'Arlette, une ancienne couturière toujours curieuse et fascinée par la technologie. Si elle aime communiquer avec son fils sur Skype, elle utilise un robot pour nettoyer les tapis et utilise une tablette comme dictionnaire quand elle joue au Scrabble. Mais surtout, c'est une pro de l'impression 3D:

 

 

 

 

Vous pourrez aussi rencontrer Mathilde Berchon qui sera là pour dédicacer son ouvrage consacré à ce nouveau mode d'impression. Dimanche, sur le stand de la Fonderie Île de France, vous aurez même la possibilité de visionner une partie du web-documentaire DIY Manifesto à 11h00 et de rencontrer les créatrices du web-doc tout au long de la journée.

Le CENTQUATRE-PARIS, coproducteur de cette première édition de Maker Faire Paris incube et accompagne de nombreuses start-up qui inventent et fabriquent de nouveaux produits et services. La Nouvelle Fabrique, Fablab qui y est installé depuis deux ans, animera un grand stand pour initier les publics, notamment les familles, aux nouvelles techniques de fabrication numérique.

Au total, 15 000 personnes sont attendues sur les deux jours, et les organisateurs affirment que les gens restent au moins quatre heure sur place en moyenne.

Vous savez donc quoi faire maintenant, non ?

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

Informations pratiques : Maker Faire - Le Centquatre-Paris, 5 Rue Curial, 75019 Paris

  • Samedi 21 juin 2014 de 9:00 à 19:00
  • Dimanche 22 juin 2014 de 9:00 à 19:00
  • Le coût d'entrée est de 15 euros pour les adultes, de 8 euros pour les enfants de 6 à 12 ans (gratuit avant 6 ans). Mais si vous ne souhaitez pas vous laisser faire, de nombreuses invitations ont été distribuées, notamment dans les magasin de bricolage sponsors de l'événement.
  • Code promo sinon si achat en ligne : makerfriend :-)

A lire:

 

Source : alternatives.blog.lemonde.fr

 

 


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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 17:30

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Les petits paysans seraient plus productifs que l’agriculture industrielle

par Sophie Chapelle 19 juin 2014

 

 

Ce n’est pas l’industrie agro-alimentaire qui nourrit le monde, mais les petits producteurs. Ceux-ci produisent jusqu’à 80 % de l’alimentation des pays non industrialisés, rappelle l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) [1]. « Mais combien d’entre nous se rendent compte qu’ils le font avec moins d’un quart de la superficie agricole mondiale, et que cette part, déjà maigre, se réduit comme peau de chagrin ? », interpelle l’ONG Grain, dans un rapport rendu public le 18 juin. Ces petits producteurs disposeraient de seulement 17,2 % de la superficie agricole mondiale, si l’on exclut la Chine et l’Inde du calcul.

Selon Grain, plus de 90 % des exploitations agricoles dans le monde ont une superficie moyenne de 2,2 hectares. Mais celles-ci ne cessent de rétrécir. En cause, la nouvelle vague d’accaparement de terres (nos articles sur le sujet). Les phénomènes de concentration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. La moitié des terres en Europe est ainsi contrôlée par 3 % des plus gros propriétaires. Alors que la résistance s’organise, le rapport souligne la criminalisation des paysans, « trainés en justice, voire éliminés, quand ils luttent pour la terre ».

« Si rien n’est fait pour renverser cette tendance, le monde perdra sa capacité à subvenir à ses propres besoins alimentaires », indique Henk Hobbelink, coordinateur de Grain. Le rapport montre que les petites fermes sont plus productives que les grandes. S’appuyant sur des données d’Eurostat, Grain énonce que 20 pays de l’Union européenne enregistrent un taux de production à l’hectare plus élevé dans les petites fermes que dans les grandes [2]. « Dans les 7 pays [3] où les grandes exploitations ont une productivité plus élevée, celle-ci n’est que légèrement supérieure à celle des petites fermes », précise Grain.

Les auteurs du rapport appellent à de véritables programmes de réforme agraire qui rendent les terres aux paysans et aux petits producteurs. Elizabeth Mpofu, coordinatrice générale de La Via Campesina, s’appuie sur l’exemple du Zimbabwe : « La taille moyenne des petites fermes a augmenté suite au programme de réforme agraire et elles produisent maintenant plus de 90% des cultures vivrières agricoles, contre 60 à 70% avant la redistribution foncière ». De quoi renforcer l’idée de développer des micro-fermes en France.

Télécharger le rapport de Grain en cliquant ici.

 

Notes

[1Voir par exemple, Kanayo F. Nwanze, IFAD, « Small farmers can feed the world » ; PNUE, « Small farmers report » ; FAO, « Les femmes et l’emploi rural - Lutter contre la pauvreté en redéfinissant les rôles propres à chaque genre » (document de politique 5)

[2Voir « Large farms in Europe », Eurostat, Statistiques en bref 18/2011.

[3Estonie, Irlande, Lettonie, Lituanie, République tchèque, Slovaquie et Suède. Ibid


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 17:05

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Couronnement de Felipe VI : les manifestations républicaines interdites

par Nathalie Pédestarres 20 juin 2014

 

 

 

Interdiction d’afficher ses convictions républicaines le jour du couronnement du nouveau roi d’Espagne Felipe VI. C’est la décision que le gouvernement espagnol a pris à la hâte, préoccupé par le mécontentement croissant d’une partie de la population qui réclame un référendum populaire sur la poursuite ou non de la monarchie parlementaire depuis l’abdication de Juan Carlos I, le 2 juin dernier. Entachée de scandales – les coûteux safaris pour chasser les éléphants du roi en Afrique, les présomptions de détournements de fonds publics par le gendre du roi, l’ancien joueur de handball Iñaki Urdangarin, avec la complicité de son épouse, l’infante Cristina –, la famille royale espagnole cristallise le ras-le-bol d’une partie des Espagnols envers une classe dirigeante et des institutions jugées au mieux inefficaces au pire corrompues.

Le gouvernement a donc interdit une manifestation convoquée par divers collectifs anti-monarchiques à Madrid le 19 juin. Et a poussé le zèle jusqu’à prohiber l’exhibition de symboles républicains à proximité de la parade royale. Un affichage considéré comme un « risque potentiel » par le Tribunal supérieur de justice de Madrid. Excédées, des milliers de personnes ont alors décidé de braver l’interdiction et se sont réunies sur la Puerta del Sol, la place centrale de Madrid, pour manifester leur refus de la monarchie. La réponse de la police ne s’est pas faite attendre. Bilan : des dizaines de contrôles d’identité, des échanges de coups avec les manifestants et l’arrestation de trois personnes – relâchées depuis – dont Jorge Verstrynge, une personnalité proche du mouvement de gauche Podemos.

Democracia Real Ya !

Une partie des partisans du retour à la République n’a pas digéré qu’un nouveau monarque soit imposé sans référendum préalable, comme le prévoit la Constitution [1]. Le royal passage de relais s’est opéré visiblement à la hâte, avec une cérémonie plutôt simple et sans faste tapageur, à laquelle n’ont pas assisté de chefs d’État étrangers. Les deux principaux groupes parlementaires, ceux du PP (droite) et du PSOE (sociaux-démocrates), ont signé , à huis clos, avec la Maison Royale, la loi qui permet à Felipe VI de succéder à son père. Un député socialiste basque, qui s’est abstenu lors du vote, s’est vu imposer une amende de 400 euros par la direction de son parti. Certains groupes parlementaires minoritaires – Izquierda Unida, les écologistes et la gauche catalane – ont également réclamé un référendum populaire après l’annonce de l’abdication de Juan Carlos I. En vain.

Une cinquantaine de collectifs ont alors organisé leur propre référendum populaire, Referendum Real Ya. En 10 jours, ils ont créé une plateforme de vote sécurisé en ligne et ont installé des « bureaux de vote » ambulants. A la question d’élire le chef de l’Etat au suffrage universel et de lancer une réforme constitutionnelle, plus de 80 000 votants ont répondu oui, presque à l’unanimité. Le vote a bien sûr davantage valeur de symbole que de sondage. « Nous voulions réveiller la conscience des citoyens en leur montrant que nous vivons dans une fausse démocratie en Espagne », précise Enrique Martín, activiste du mouvement Democracia Real Ya ! (Démocratie réelle immédiate) qui a participé à l’organisation de ce symbolique référendum. « Nous continuerons à organiser des actions comme celle-ci, pour exiger que l’on consulte systématiquement les citoyens avant de prendre des décisions importantes qui les concernent. »

 

Notes

[1L’article 92 de la Constitution prévoit une consultation populaire pour toutes les décisions de grande envergure.


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 16:23

 

Source : www.marianne.net

 

Quand le bac formate au néolibéralisme

Jeudi 19 Juin 2014 à 20:30

 

Bruno Rieth

 

Depuis le début de la semaine, nos chères têtes blondes se sont lancées à corps perdus dans les épreuves du baccalauréat. Si l’on a beaucoup parlé de l’impact supposé des grèves des cheminots sur le bon déroulement de la session d’examen, on parle beaucoup moins, si ce n’est pas du tout, du contenu même des épreuves. Erreur. Certaines d’entre elles, édifiantes, en disent long sur la volonté de formatage sur les questions économiques de ces citoyens en herbe.


GILE MICHEL/SIPA
GILE MICHEL/SIPA
Le bac et son cortège de polémiques. Certains intellectuels en appellent carrément à sa suppression. D’autres encore estiment que le niveau, d'année en année, devient de plus en plus médiocre. Sans vouloir trancher le débat, les réactions sur Twitter qui ont suivi la fin de l’épreuve anticipée de français qui portait sur le poème Crépuscule de Victor Hugo, auraient presque tendance à leur donner raison...

Capture d'écran des réactions de lycéens sur twitter, à la sortie de leur épreuve anticipée du bac français
Capture d'écran des réactions de lycéens sur twitter, à la sortie de leur épreuve anticipée du bac français
Mais, c’est un toute autre sujet d’épreuve sur lequel s’est arrêté Marianne. Celui de Sciences économiques et sociales (Bac ES) qui s’est tenu ce jeudi 19 juin. Dans la première partie de l’épreuve, intitulée « mobilisation des connaissances », les candidats devaient répondre à deux questions qui nous ont fait sérieusement tiquer.
 
1. Comment la flexibilité du marché du travail peut-elle réduire le chômage ?

Suivi d'une deuxième question un peu moins orientée, mais qui accolée à la première interroge... 

2. À quels risques économiques peuvent s’exposer les pays qui mènent une politique protectionniste ?
 
Sidérant. Ces deux questions qui ont donc pour but de « mobiliser les connaissances » économiques de nos chers lycéens acquises tout au long de leurs études, signifient-elles qu'elles ne se limiteraient qu’au seul dogme du libre-échange ?
 
« C’est aberrant. Les bras m’en tombent », réagit d'ailleurs Thomas Coutrot, économiste et statisticien, membre des Economistes atterrés et porte-parole d’Attac à l’énoncé de ces deux questions. « C’est une vision folle de l’apprentissage des thèses économiques, totalitaire même. Dès le plus jeune âge, on veut leur faire intégrer que la mobilité et la flexibilité est un idéal économique et que c’est une évidence que la société doit s'y soumettre. La seule solution, ce serait que la société se réforme pour coller à l’idéal libéral. C’est dramatique. »
Source : www.marianne.net

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 16:10

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france


 

Marché transatlantique : face aux contradictions du gouvernement, nos exigences !

Ce vendredi 20 juin, Fleur Pellerin organise une réunion de travail sur le marché transatlantique avec des associations, ONG, syndicats et entreprises. Occasion de mettre en lumière quelques-unes des contradictions et impasses de la position du gouvernement et de rappeler nos exigences fondamentales.

Quelques semaines après le terme de la 5ème semaine de négociations du projet de traité transatlantique (TAFTA), à Arlington en Virginie, et après les élections européennes pendant lesquelles les négociations on été dans toutes les bouches, tous les débats et toutes les campagnes politiques, on ne peut que constater que le manque de clarté et de cohérence du gouvernement français et de la Commission européenne.

Fleur Pellerin a donné aux députés français un aperçu des contradictions gouvernementales lors du débat en séance publique de l'Assemblée nationale organisé jeudi 22 mai, lors de l'examen d'une résolution relative aux négociations du TAFTA.

La Secrétaire d’État a répondu aux nombreux doutes exprimés dans l'Hémicycle à l'égard du projet de traité – en particulier concernant les volets « Investisseur-État » et « harmonisation des normes et standards » – par l'habituel catéchisme libre-échangiste, sans jamais parvenir à convaincre de l'ambition réelle du gouvernement français d'influencer le processus de négociation dans le sens des préoccupations citoyennes.

Face à une majorité parlementaire largement critique sur le mécanisme de règlement des différends Investisseur-État, et demandant son abandon, le gouvernement a botté en touche, invoquant la consultation publique en cours à Bruxelles, et rappelant que la France en attendait l'issue.

Dans le domaine de la sûreté alimentaire, la Secrétaire d’État a rappelé les « inacceptables » de la France (viandes traitées chimiquement, aliments génétiquement modifiés et promoteurs de croissance en particulier), mais elle a aussi insisté sur les intérêts offensifs de la France dans le secteur agricole, faisant la promotion d'une agriculture industrielle d'exportation, en matière d'accès aux marchés (droits de douane sur les fromages, ovoproduits, viande par exemple), de simplifications normatives (producteurs français de pommes et poires soumis à des obligations administratives longues et coûteuses) ou de reconnaissance de ses appellations.

Or si, comme les négociateurs le répètent à l'envi, toute négociation est une affaire donnant-donnant, peut-on imaginer les États-Unis accepter la liste intégrale des demandes françaises et européennes sans exiger de renoncements en contrepartie ? Comment être certain que ces contreparties ne concerneront pas des domaines ultra-sensibles pour la santé des consommateurs ou pour la survie des agricultures paysannes ? Comment ne pas craindre que ces dérégulations soient décidées après la signature du traité, dans le cadre notamment du Conseil de coopération réglementaire ? Cette instance pérenne, autonome des institutions démocratiques des Etats, dont un document révélait récemment le projet de création1, aurait pour rôle d'organiser l'harmonisation des normes existantes ou futures de façon à ce qu'elles ne constituent pas des entraves au commerce, quitte à en abolir certaines. Sur tous ces points, le gouvernement reste des plus évasif, refusant d'aller au delà de quelques engagements oraux qui ne sont pas suivis d'effets.

Interrogée sur les demandes de totale libéralisation des échanges et des investissements en matière d'énergie et de ressources naturelles portées par la Commission européenne, selon un document secret révélé le lundi 19 mai, Fleur Pellerin ne les a pas contestées. Le texte encourage pourtant l’exploitation et le commerce transatlantiques des hydrocarbures non conventionnels tout en réduisant considérablement les capacités des États à soutenir le développement des énergies renouvelables. Fleur Pellerin marque ainsi le soutien du gouvernement à des exigences qui anéantiront pourtant toute perspective de politique ambitieuse pour la transition énergétique dans l'UE et ses Etats-membres2, et faisant de la « sécurité énergétique » un instrument de maintien du « business as usual » garantissant un très haut niveau de dépendance aux énergies fossiles, aux importations et aux aléas des marchés mondiaux.

Enfin, le gouvernement refuse de prendre des engagements en matière de divulgation des documents de négociations, se retranchant derrière l'absence d'unanimité des pays-membres de l'UE pour le mandat, et derrière la « nécessaire confidentialité » pour les autres.

Alors que les candidats socialistes aux européennes, aussi bien en meeting que dans la presse3, n'ont cessé d'exprimer leurs critiques, voire leurs plus grandes réserves, en regard de la forme et du contenu des négociations, le gouvernement et la secrétaire d'Etat Fleur Pellerin préfèrent « dédramatiser » et faire œuvre de « pédagogie » pour justifier la volonté de François Hollande « d'aller vite »4.

Dans le même temps, le Commissaire De Gucht et les services de la Direction Générale (DG) Commerce redoublent d'efforts de communication pour caricaturer les positions critiques à l'égard du projet de traité, qu'elles viennent de l'opposition politique au sein du Parlement européen ou des organisations de la société civile. A grand renforts de fiches thématiques (énonçant non pas les positions de négociation de l'UE mais une présentation édulcorée des enjeux des grands dossiers), de messages twitter et de rencontres avec les « stakeholders », la DG Commerce cherche à neutraliser les détracteurs du caractère opaque et anti-démocratique des négociations.

C'est pourtant au European Business Summit – aux côtés de centaines de grands chefs d'entreprises – que le Commissaire européen passait son après-midi du 15 mai, quand 250 manifestants pacifiques coupables d'avoir seulement demandé la démocratisation du processus attendaient en cellule à Bruxelles5. Les techniciens de la Commission se sont quant à eux montrés vagues et imprécis auprès des organisations de la société civile participant à la réunion de présentation de la consultation publique sur le volet ISDS – le mardi 13 mai dernier –, concernant la réelle suspension des négociations dans ce domaine jusqu'à la fin de la dite consultation, de même qu'à l'égard de l'usage qui serait fait des contributions reçues dans le cadre de celle-ci. La DG Commerce ne fournit toujours aucune information tangible sur le projet de Conseil de coopération réglementaire, se cantonnant au registre du « nous verrons » et « il faut attendre la fin des discussions » comme seules réponses aux questions soulevées par les organisations présentes.

Nos associations ne peuvent se satisfaire d'objections nébuleuses et de promesses de principe.

Plus que jamais :

  • La transparence totale doit être assurée par la DG Commerce autant que par les autorités françaises en charge de négociations. Cela suppose notamment la publication de TOUS les documents de négociation, positions, textes d'analyse... ainsi que la publication précise de toutes les réunions et consultations organisées dans le cadre de la négociation.Un débriefing régulier et sincère de toutes les séquences de pourparlers est également indispensable.
  • Le retrait définitif de tout mécanisme de type ISDS, dont il faut rappeler qu'il ne présente aucune nécessité au regard du contenu solide du droit communautaire et des droits nationaux, doit être garanti ;
  • Le projet de création d'un Conseil pour la coopération réglementaire, qui instituerait une instance responsable de l'harmonisation des normes hors de toute surveillance démocratique, doit être abandonné.
  • L'objectif de « réduction substantielle des droits de douane » doit être retiré des négociations. Il doit par contre y être affirmé que toute harmonisation économique, sociale et environnementale ne pourra se faire que dans le sens d'une protection supplémentaire des citoyens.
  • La France, qui accueille la Conférence des Nations unies sur le climat en 2015 à Paris, doit explicitement retirer son soutien au volet Énergie/Matières premières des négociations, et exiger notamment le refus de la libéralisation du commerce des hydrocarbures (notamment non-conventionnels) et de l'investissement dans ces secteurs, et la préservation des droits des États à engager des politiques incitatives au développement d'un secteur local des énergies renouvelables.

C'est dans la perspective de renouveler publiquement ces exigences que nous participerons à la rencontre proposée par la Secrétaire d'Etat. La clarté et l'exigence d'un véritable débat démocratique ne sauraient se contenter de nouvelles déclarations évasives et de contradictions manifestes : le gouvernement français ne peut continuer à esquiver et gagner du temps alors que les pressions citoyennes s'accentuent et que les collectivités locales délibèrent sur des déclarations exigeant de mettre fin aux négociations.

 

Amélie Canonne, co-présidente de l'Aitec

Maxime Combes, membre de Attac France

 

1http://corporateeurope.org/sites/default/files/ttip-regulatory-coherence-2-12-2013.pdf

2Voir : Avec le TAFTA, l’UE et les États-Unis sabordent le climat et la transition - http://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/avec-le-tafta-l-ue-et-les-etats

3Dans une tribune au Monde, les chefs de file PS aux européennes ont pris leur distance avec les négociations (http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2014/05/20/un-accord-de-juste-echange-sinon-rien_4422202_3232.html) et Jean-Christophe Cambadélis a déclaré sur Médiapart « « Pour l’instant, c’est non. Parce qu’on ne dit pas “oui” à quelque chose qu’on ne connaît pas. » Puis : « Ce qui nous revient (des négociations tenues secrètes, ndlr), ce n’est pas acceptable. » (http://www.mediapart.fr/journal/international/220514/traite-transatlantique-ps-contre-front-de-gauche-et-ecologistes)

4Déclaration de François Hollande lors de sa visite aux États-Unis en février.

5Voir : http://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/liberation-immediate-des-militants


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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 16:01

 

Source : www.mediapart.fr

 

Pablo Iglesias (Podemos): « Nous ne voulons pas être une colonie allemande»

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Le fondateur de Podemos, collectif issu des mouvements sociaux en ébullition en Espagne, fait son entrée au parlement européen. Dans un entretien à Mediapart, cet universitaire médiatique fixe les priorités de son mandat, revient sur la « crise de régime » qui secoue son pays au moment de l'entrée en scène du roi Felipe, et observe les errements de la gauche française.

Pablo Iglesias incarne à lui seul certaines des mutations de la gauche espagnole. Ce professeur de sciences politiques, né en 1978 à Vallecas, dans la banlieue sud de Madrid, a fondé début 2014 Podemos (« nous pouvons »), un collectif né dans le sillage des mobilisations « indignées ». À peine quatre mois plus tard, ce mouvement rassemblait 1,2 million de voix aux élections européennes de mai et décrochait cinq sièges d'eurodéputés. Vedette des réseaux sociaux, connu pour des émissions télé de débat politique (dont La Tuerka), Iglesias veut faire de Podemos une alternative aux partis de gauche traditionnels, à commencer par les socialistes du PSOE. Entretien.

 

Pablo Iglesias le 30 mai à Madrid, après le succès électoral de Podemos aux européennes. © Reuters. 
Pablo Iglesias le 30 mai à Madrid, après le succès électoral de Podemos aux européennes. © Reuters.

Podemos veut faire de la politique autrement, contre les partis traditionnels. Comment rester différents entre les murs du parlement européen ?

C'est vrai qu'il y a beaucoup d'éléments de politique traditionnelle au parlement européen, dans lesquels on ne se reconnaît pas. Et c'est un parlement qui dispose de peu de compétences – même si elles sont de plus en plus importantes. Mais il nous semble décisif de faire de l'espace européen un espace d'intervention, pour dire, en tant qu'élus venus d'Espagne, un certain nombre de choses.

Nous ne voulons pas être une colonie de l'Allemagne. Nous ne voulons pas être une colonie de la Troïka. Nous n'assumons pas un modèle institutionnel européen mis au service des pouvoirs financiers et des banques. Le parlement européen constitue pour nous une magnifique occasion pour construire des alliances avec d'autres Européens, notamment du Sud, pour imaginer quelles autres formes de gouvernement sont possibles en Europe. 

Quelle sera votre priorité durant le mandat ? 

Nous voulons redimensionner certains débats européens, qui sont absolument décisifs pour les populations, en particulier dans le sud de l'Europe. Nous assistons à la création d'une Europe avec un centre riche au nord et une périphérie au sud, qui fournit une main-d'œuvre bon marché, avec des structures politiques coloniales. À l'arrivée, nos pouvoirs politiques sont à genoux face aux pouvoirs financiers.

À quels débats pensez-vous ?

Nous voulons discuter du traité de libre-échange avec les États-Unis, de l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) et de la politique monétaire, de la manière dont la BCE ne protège pas la dette des États, pour mieux la livrer aux marchés financiers.

Podemos compte cinq élus. Comment faire pour lutter contre cette « Europe allemande » que vous dénoncez, depuis les marges du parlement ? 

Depuis le traité de Maastricht, c'est toute la structure de l'Union qui s'est mise au service de l'Allemagne. Notre stratégie sera d'essayer, au moins, d'ouvrir le débat. Parce que l'une des techniques des gouvernements – en Espagne en tout cas –, c'est de l'étouffer.

Dès que l'on en arrive à un certain stade des discussions, on nous explique que ce n'est plus de notre ressort, que c'est imposé par l'Europe, etc. Il devient très difficile de situer les véritables lieux du pouvoir. Mais si le FMI veut gouverner en Espagne, qu'il se présente d'abord aux élections en Espagne. Si Angela Merkel veut gouverner en Espagne, idem.

Soutenez-vous le conservateur luxembourgeois Jean-Claude Juncker, pour la présidence de la commission européenne ?

Je voterai contre, si le conseil européen soumet sa candidature au parlement. Martin Schulz (socialiste allemand, candidat des socialistes européens, ndlr) et Jean-Claude Juncker sont les deux faces d'une même monnaie. De fait, leurs familles gouvernent ensemble en Allemagne. Je rappelle que l'attitude de Juncker, au plus dur de la crise grecque, fut terrible : il a personnifié ce colonialisme européen que nous dénonçons (il présidait à l'époque l'Eurogroupe, ndlr). Nous avons soutenu pendant la campagne Alexis Tsipras (le candidat du parti de la gauche européenne, et patron du parti grec Syriza, ndlr), parce que nous y avons vu la promesse de ne pas nous satisfaire d'un rôle de subalterne, depuis les pays du Sud.

Mais êtes-vous d'accord pour dire que Juncker est un candidat légitime, vu le résultat des élections, remportées par la droite en Europe ? 

C'est une question qui divise au sein de la GUE (gauche unitaire européenne, le groupe du parlement auquel appartient Podemos, ndlr). On peut penser qu'avoir accepté de présenter un candidat à la présidence de la commission, en l'occurrence Alexis Tsipras, pour les élections, implique de reconnaître la légitimité du vainqueur des élections par la suite. Pour moi, c'est avant tout une question méthodologique, pas une différence sur le fond : on peut être contre Juncker, contre Merkel, contre Rajoy en Espagne, et accepter qu'il existe des processus électoraux qui permettent à ces personnes de gouverner.

« L'Espagne vit une crise de régime »

Quelle est la différence entre Podemos et les écolo-communistes d'Izquierda Unida (IU) ? Tous deux appartiennent désormais au même groupe au parlement européen (la GUE, à laquelle appartient également le Front de gauche)…

Ce qui nous différencie, ce n'est pas tant le programme. Nous voulons un audit de la dette, la défense de la souveraineté, la défense des droits sociaux pendant la crise, un contrôle démocratique de l'instrument monétaire… Ce qui nous différencie, c'est le protagonisme populaire et citoyen. Nous ne sommes pas un parti politique, même si nous avons dû nous enregistrer comme parti, pour des raisons légales, en amont des élections. Nous parions sur le fait que les gens "normaux" fassent de la politique. Et ce n'est pas une affirmation gratuite : il suffit de regarder le profil de nos eurodéputés pour s'en rendre compte (parmi les cinq élus, on trouve une professeur de secondaire, un scientifique, etc., ndlr).

L'Espagne vit une période très particulière : abdication de Juan Carlos, mort d'Adolfo Suarez, qui fut l'un des piliers de la « transition », effondrement dans les urnes des deux grands partis politiques traditionnels, le parti populaire (PP) et le parti socialiste (PSOE) sur fond de crise économique et sociale… Qu'en pensez-vous ?

C'est une crise de régime. La crise économique a provoqué une crise politique, qui a débouché sur une crise de régime. À présent, le régime né en 1978 se trouve dans une situation de décadence avancée. Les partis politiques qui se sont construits pendant la période discutable de la « transition », qui fonctionnent par dynasties, n'ont cessé d'alterner au pouvoir.

La monarchie, qui s'est construite comme le rempart contre un coup d’État des militaires, finit par être associée à la corruption et à l'impunité. Sans parler d'organisations syndicales et patronales, qui ont conclu accords et compromis, pour valider les grands axes d'une politique d'austérité. Aujourd'hui, une partie de ce régime commence à s'effriter. Nous, en à peine quatre mois d'existence, avons récolté 1,2 million de voix aux élections…

La monarchie espagnole est aux abois ?

On a vu le parti populaire (droite, au pouvoir, ndlr) et les socialistes du PSOE négocier ces derniers jours le processus d'abdication du roi, au profit de son fils. Cela s'est fait sans aucune consultation des citoyens, à toute vitesse, en forçant une majorité parlementaire – avec une discipline de vote très stricte, y compris côté socialistes. Et tout cela a été annoncé juste avant le début de la coupe du monde de football, pour terminer en un acte de proclamation sans présence de chefs d’État et de gouvernement d'autres pays… C'est la preuve qu'ils sont morts de trouille. Ils ont voulu le faire par la petite porte, dans l'empressement. Ils se rendent compte qu'ils sont en train de perdre, petit à petit, le pouvoir.

Des reconfigurations de la gauche sont à l'œuvre en Espagne, sous l'effet de la crise. Quel regard portez-vous sur la situation française, où la gauche semble plus que jamais mal en point ?

L'axe fondamental pour appréhender la situation politique n'est plus l'axe gauche-droite. Je suis de gauche, mais l'échiquier politique a changé. Le déclic en Espagne a été le mouvement du « 15-M » (en référence au 15 mai 2011, date du surgissement des « Indignés », ndlr). L'alternative se définit désormais entre la démocratie et l'oligarchie, entre ceux d'en haut et ceux d'en bas, entre une caste de privilégiés qui a accès aux ressources du pouvoir et une majorité sociale. L'enjeu, pour nous, c'est de convertir cette majorité sociale en majorité politique et électorale.

Nous voulons dire des choses simples : on est contre la corruption, contre l'absence d'un vrai contrôle démocratique sur l'économie, pour que les riches paient des impôts. On pense qu'il est possible de construire une majorité sur ces sujets, pour changer les règles du jeu. C'est ce qu'il se passe depuis 15 ans en Amérique latine : la contestation du libéralisme ne s'est pas tant faite sur une base idéologique que sur des thématiques nationales-populaires. Ce schéma peut aussi fonctionner en Europe. Le pouvoir n'a pas peur de l'unité des gauches, mais de l'unité populaire.

Et vous l'imaginez en France aussi ?

Cela se passe en France ! Mais le problème, c'est que c'est l'extrême droite qui occupe ce terrain. Le succès électoral de Marine Le Pen ne veut pas dire que la France déborde de fascistes. Madame Le Pen, d'extrême droite, s'est montrée suffisamment habile pour contester à d'autres acteurs politiques ce terrain qui, à l'origine, ne lui appartient pas. En Italie, cet espace a été occupé par Beppe Grillo (le fondateur du Mouvement cinq étoiles, M5S, ndlr) – qui n'est pas non plus un de nos alliés. En Grèce, c'est Syriza. À nos yeux, si la gauche n'assume pas une option populaire, elle ne gagnera pas.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 


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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 15:20

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/cadtm

 

HSBC : une banque au lourd passé et au présent sulfureux

Le sigle HSBC signifie “Hong Kong and Shanghai Banking Corporation”. Rappelons que le groupe mondial HSBC emploie 260 000 personnes en 2014, est présent dans 75 pays et déclare 54 millions de clients |1|. Dès ses origines, la banque est mêlée au commerce international de drogues dures. En effet, elle a été fondée dans le sillage de la victoire britannique contre la Chine dans les deux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860). Ces deux guerres ont joué un rôle décisif dans le renforcement de l’empire britannique et dans la marginalisation de la Chine qui a duré environ un siècle et demi. Au cours de ces deux guerres, le Royaume-Uni a réussi à imposer à la Chine d’accepter les exportations britanniques d’opium en provenance de l’Inde (qui faisait partie de l’empire britannique). La Chine a bien tenté de s’opposer au commerce de l’opium mais les armes britanniques, avec le soutien de Washington, ont eu le dessus. Londres a créé une colonie à Hong Kong et, en 1865, est fondée la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation par un commerçant écossais spécialisé dans l’importation d’opium (à l’époque, 70 % du fret maritime qui passait par Hong Kong concerne l’opium venu des Indes).

Depuis ce moment, l’histoire de la banque a suivi étroitement la politique extérieure du Royaume-Uni et les intérêts du grand patronat britannique en Asie. Après 1949 et la victoire de la Chine de Mao, la banque se replie sur Hong Kong, resté territoire britannique. Ensuite, entre 1980 et 1997, elle développe ses activités aux États-Unis et en Europe. Elle ne déplace son siège social de Hong Kong à Londres qu’en 1993, avant la rétrocession du territoire à la République populaire de Chine annoncée pour 1997. HSBC reste incontournable à Hong Kong dont elle émet 70 % des billets de banques (le dollar de Hong Kong). Hong Kong constitue un élément clé dans la chaîne du blanchiment d’argent accumulé par la nouvelle classe dirigeante chinoise.

HSBC impliquée dans d’autres crimes financiers

En plus du blanchiment d’argent de la drogue et du terrorisme |2|, HSBC est impliquée dans d’autres affaires : la manipulation du marché des taux de change (l’affaire a éclaté en 2013 et porte sur un marché quotidien de 5 300 milliards de dollars) |3|, la manipulation des taux d’intérêt interbancaire (dont le Libor) |4|, la vente abusive et frauduleuse de dérivés sur les taux d’intérêt, la vente abusive et frauduleuse de produits d’assurances aux particuliers et aux PME au Royaume-Uni (la FSA, l’autorité de contrôle britannique, a poursuivi HSBC dans cette affaire qui a révélé que la banque a vendu des assurances ne servant à rien ou si peu ! |5|), la vente abusive de Mortgage Backed Securities aux Etats-Unis, la manipulation du cours de l’or et du cours de l’argent (l’affaire a éclaté en janvier-février 2014 |6|) et l’organisation à une échelle massive de l’évasion fiscale des grosses fortunes (voir ci-dessous).

Hervé Falciani, le Edward Snowden d’HSBC ?

Hervé Falciani, un citoyen franco-italien, a travaillé aux services informatiques de HSBC Suisse à Genève de 2006 à 2008. Avant de quitter la banque, il a copié 127 000 fichiers qui relient HSBC à des opérations massives de fraude et d’évasion fiscale dans laquelle elle joue un rôle souvent actif. Il s’installe en France. La Suisse décide de l’arrêter et lance un mandat d’arrêt international via Interpol pour « soustraction de données », « violation du secret bancaire et du secret commercial » et « présomption de service de renseignements économiques ». Il faut souligner que la Suisse n’a pas attaqué HSBC.

Début 2009, le domicile niçois de Falciani fait l’objet d’une perquisition effectuée par la police locale. Les infos qu’il détient sont explosives : parmi les 127 000 fichiers se trouvent des exilés fiscaux français (8 231 selon Falciani), belges (plus de 800), espagnols (plus de 600 noms), grecs (la fameuse liste dite Lagarde car la ministre française l’a remise aux autorités grecques en 2010, elle contient environ 2 000 noms), allemands, italiens, mexicains, états-uniens... Hervé Falciani remet tout ou une partie des informations qu’il détient aux autorités françaises et à celles d’autres pays.

Ensuite, selon ses dires, il collabore avec les autorités de Washington auxquelles il livre des informations qui font avancer l’affaire du blanchiment par HSBC de l’argent des cartels de la drogue du Mexique et de Colombie. Puis il se rend en Espagne en 2012 afin de collaborer avec les autorités espagnoles. Il y est d’abord arrêté en application du mandat d’arrêt lancé par la Suisse. La Suisse insiste pour que l’Espagne lui livre Hervé Falciani, ce que l’Espagne refuse en mai 2013 car la justice espagnole considère qu’il est un témoin privilégié dans plusieurs grandes affaires de fraude et d’évasion fiscale |7|. En effet, la communication aux autorités espagnoles des données dérobées par H. Falciani avait permis dès 2011 de découvrir une grande quantité d’argent (environ 2 milliards €) déposée en Suisse par des membres de la famille d’Emilio Botin, le président de Santander. Celui-ci, acculé, a versé aux autorités espagnoles 200 millions € d’amende. Les données livrées par H. Falciani ont également débouché sur le scandale du financement frauduleux du Parti Populaire, le parti du premier ministre Mariano Rajoy |8|. La justice espagnole fournit une protection policière permanente à Hervé Falciani. Les autorités belges et françaises rencontrent H. Falciani et utilisent les données fournies, instruisent des dossiers. Il n’est pas du tout certain que cela débouchera sur des condamnations pour fraude car il est plus que probable que des arrangements financiers (en Belgique, cela s’appelle des régularisations fiscales) permettront aux fraudeurs d’y échapper.

Il faut souligner que, dans cette affaire, non seulement la Suisse cherche à arrêter le lanceur d’alerte, c’est le cas également en Grèce où la justice a arrêté l’éditeur de la revue « Hot Doc », Kostas Vaxevanis, parce qu’il avait osé publier en octobre 2012 la liste Lagarde-HSBC-Falciani que les autorités grecques avaient égarée depuis trois ans. Suite aux réactions citoyennes en Grèce et sur le plan international, le journaliste a finalement été acquitté lors de son procès. Il n’est pas facile de dénoncer une banque et les riches fraudeurs qu’elle protège ou, ce qui revient à peu près au même, de dénoncer les riches fraudeurs qui protègent les banques et leur sacro-saint secret bancaire. Il y a bien une véritable symbiose entre les grandes banques et la classe dominante, comme existent des passerelles permanentes entre les gouvernants et les grandes entreprises, en particulier celles de la finance.

HSBC a décidé de contourner une directive de l’Union européenne

En 2013, l’Union européenne a annoncé qu’elle fixait une limite aux bonus que pouvaient recevoir les dirigeants et les traders d’une banque. Le bonus ne peut pas être supérieur au double de la rémunération salariale fixe. Si un dirigeant a une rémunération fixe de 1,5 million d’euros par an, les bonus ne pourront pas dépasser 3 millions d’euros (donc une rémunération totale de 4,5 millions). Qu’à cela ne tienne, la direction d’HSBC a annoncé en février 2014 qu’elle allait fortement augmenter la rémunération fixe de ces dirigeants afin que leur bonus ne soit pas réduit |9|.

Conclusion

Le groupe mondial HSBC devrait être fermé, la direction licenciée sans indemnités et poursuivie en justice (de même que les grands actionnaires). Le mastodonte HSBC devrait être divisé sous contrôle citoyen en une série de banques publiques de taille moyenne dont les missions devraient être strictement définies et exercées dans le cadre d’un statut de service public.

 

Notes :

 

|1| Voir son site officiel : http://www.hsbc.com/about-hsbc

|2| Voir Eric Toussaint, « Les barons de la banque et de la drogue », publié le 14 avril 2014, http://cadtm.org/Les-barons-de-la-b...

|3| Voir Eric Toussaint, « Comment les grandes banques manipulent le marché des devises », publié par Le Monde.fr le 13.03.2014 http://cadtm.org/Comment-les-grande...

|4| Voir la partie 5 de cette série qui paraîtra le lundi 28 avril 2014.

|5| Le Monde, “Cernée par les scandales, HSBC ternit un peu plus la réputation de la City”, 1er août 2012.

|6| Financial Times, “Fears over gold price rigging put investors on alert. German and UK regulators investigate”, 24 février 2014.

|7| Le Soir, « Vol de fichiers bancaires chez HSBC : le récapitulatif », 8 mai 2013, http://www.lesoir.be/239380/article...

|8| Le Monde, "Evasion fiscale : le parquet espagnol s’oppose à l’extradition de Falciani, ex-employé de HSBC", 16 avril 2013 http://www.lemonde.fr/europe/articl... The New York Times, "A Banker’s Secret Wealth", 20 septembre 2011, http://www.nytimes.com/2011/09/21/b... "The French government passed on to Spain data that it had obtained from Hervé Falciani, a former employee in HSBC’s Swiss subsidiary, naming almost 600 Spanish holders of secret bank accounts. Among those was one belonging to the estate of Mr. Botín’s father." http://www.nytimes.com/2011/09/21/b...

|9| Financial Times, “HSBC plans to sidestep EU Bonus cap revealed”, 25 février 2014.

 

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Éric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Procès d’un homme exemplaire, Editions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Prochain livre : Bancocratie, Aden, sortira dans les prochains jours.

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/cadtm

 

 


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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 17:21

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois

par Simon Gouin 18 juin 2014

 

 

 

    C’est une promesse pleine d’avenir : nourrir la France sans pesticides, sans engrais chimiques, et quasiment sans pétrole, tout en dégageant de substantielles marges et en créant des dizaines de milliers d’emplois. A la Ferme du Bec Hellouin, non loin de Rouen, on invente cette agriculture de demain. Expérimentant des techniques qui viennent des quatre coins de la planète, cette ferme en permaculture produirait autant voir plus que le système conventionnel. L’exploitation pose les bases d’un nouveau modèle agricole : celui d’un réseau de centaines de milliers de micro-fermes rentables et capables de générer chacune un emploi à plein temps. Reportage.

    Ce jour de printemps, Charles Hervé-Gruyer est accroupi au pied d’une butte de terre et repique des navets. Autour, une mare et un cours d’eau où viennent se réfléchir les rayons du soleil, de quoi augmenter légèrement la température de la butte cultivée. Nous sommes ici sur une petite île de la ferme du Bec Hellouin, à une cinquantaine de kilomètres de Rouen, dans l’Eure. Des canards [1] barbotent et viennent, quand c’est nécessaire, happer les limaces qui menacent les cultures. Sur le côté poussent des roseaux. Une fois broyés, ils serviront de paillage aux jardins afin d’empêcher les mauvaises herbes de pousser. En jeunes pousses, ils seront vendus à un restaurant parisien !

    Un peu plus loin, un jardin-forêt – entendez, des arbres et arbustes fruitiers mélangés à des plantes aromatiques et médicinales – abrite les cultures des vents dominants. « Nous avons créé des petits milieux qui interagissent entre eux, avec une circulation de la matière organique », explique Charles. « Un cocon de nature vivante, protégée. »

    Sur son île, Charles Hervé-Gruyer ressemble un peu à un aventurier… de l’alimentation de demain. Après avoir parcouru le monde sur un bateau école, il a accosté ici, au Bec Hellouin, un petit coin de terre où nourrir sainement ses enfants. Dix ans plus tard, l’endroit est devenu une ferme de référence pour les adeptes de la permaculture, la culture permanente. Près de deux hectares d’herbage au sol, au départ peu fertile, où poussent désormais, en abondance, près de 1 000 variétés de végétaux, fruits, légumes, plantes aromatiques [2].

    Toutes les semaines, 65 paniers de légumes issus de 2 000 m2 dédiés au maraîchage vont régaler les habitants du coin, de la région de Rouen et de Paris. Une autre partie est vendue à un grossiste, qui alimente ensuite un magasin Biocoop. Un restaurant parisien étoilé s’y approvisionne également. A la ferme, un chef cuisinier prépare confitures ou sauces qui sont ensuite vendues sur place.

    « Les déchets de l’un font les ressources de l’autre »

    En cette fin avril, quatre rotations de culture ont déjà été effectuées depuis le début de l’année. Sous la serre, petits pois, salades et carottes poussent à foison. Les fèves qui grandissent viennent capter l’azote pour alimenter les salades, qui s’étendent au sol et évitent ainsi l’apparition de mauvaises herbes. A la ferme du Bec Hellouin, toutes les cultures sont associées : pas de rangs séparés de carottes, pommes de terre et salades. Mais plusieurs variétés de légumes, aux besoins différents, plantés à proximité, et qui s’alimentent mutuellement. Dehors, des légumes précoces poussent sur une butte dite « chaude », agrémentée de fumier de cheval. Ce dernier se composte en direct sur la butte, et permet ainsi de gagner quelques degrés sur la fin du froid hivernal.

    La Ferme est à la pointe de la permaculture. « C’est s’inspirer de la nature pour nos installations humaines », explique Charles Hervé-Gruyer. « Les déchets de l’un font les ressources de l’autre. » C’est pourquoi le positionnement des cultures et des éléments, les uns par rapport aux autres, est primordial. L’objectif de la permaculture est de recréer la grande diversité et l’interdépendance présentes naturellement dans les écosystèmes [3]. « Nous prenons un soin extrême des sols, afin qu’ils soient de plus en plus vivants, fertiles, indique Charles. Les buttes permanentes, où la terre n’est jamais retournée mais continuellement enrichie, se rapprochent de la nature, car il n’y a pas d’engins qui viennent travailler ici. »

    Une agriculture sans pétrole

    A la ferme du Bec Hellouin, un tracteur n’est utilisé que pour le transport du fumier, qui vient du club hippique voisin. Au départ, un cheval aidait à retourner la terre. Jusqu’à ce que se développent les buttes permanentes, qui n’ont plus besoin d’être retournées. « La permaculture prévoit ce monde inédit, sans pétrole », note Charles qui déplace dans ses jardins sa brouette atelier, avec l’ensemble des « petits » outils dont il a besoin au quotidien. Une agriculture de la connaissance, qui n’a rien à voir avec l’agriculture conventionnelle actuelle. « Avec l’agriculture moderne, vous recevez un mail de la chambre de l’agriculture qui vous dit : il y a telle invasion d’insectes, voici le produit que vous pouvez mettre. A vous de jouer ! » Rien de tel ici. Pas d’application numérique pour savoir quel pesticide épandre et quand.

    L’agriculture menée au Bec Hellouin utilise très peu de pétrole. Loin derrière l’agriculture conventionnelle, et même, l’agriculture biologique. « Dans l’agriculture conventionnelle, pour produire une calorie d’alimentation, il faut 10 à 12 calories d’énergie fossiles, explique Charles. Le bio tente d’utiliser le moins possible d’engrais de synthèse mais nécessite beaucoup d’engins dans les champs. » Moins de pétrole, donc plus de travail à la main, minutieux, pour garantir sur le long terme une extraordinaire biodiversité des sols. « L’agriculture moderne cherche à atteindre une rentabilité à court-terme, en brûlant les réserves carbonifères. Nous, nous prenons notre temps. Le but de mon travail est que mes enfants puissent en profiter durablement. »

    Des « néo-ruraux idéalistes » ?

    A l’origine, c’est pour leurs enfants que Perrine et Charles Hervé-Gruyer décident de s’installer à la campagne. Perrine était juriste internationale, basée en Asie ; lui, écrivain et navigateur, parcourait le monde à la découverte des Indiens. Le couple s’est formé pour être psychothérapeutes avant de décider d’aller vivre à la campagne pour retrouver le lien avec la nature. « Nous étions des néo-ruraux idéalistes, raconte aujourd’hui Charles. Nous n’avions jamais visité de ferme en permaculture avant de nous installer ! » Ils en sourient encore. Au début, Perrine mettait des gants en plastique pour éviter de toucher la terre. Aujourd’hui, elle fait son pain avec les mêmes micro-organismes qu’elle donne à la terre afin de l’enrichir.

    Les deux premières années sont très difficiles. Le couple dépense toutes ses économies. « Nous avons cherché des solutions, relate Charles. Nous nous sommes tournés vers le monde anglo-saxon. Ma femme s’est rendue en Californie. Puis à Cuba. » Elle en revient avec des techniques parfois inconnues en France, qui sont à présent appliquées sur leur ferme. Ces techniques permettent d’augmenter la production, jusqu’à un niveau très élevée. Et cela, malgré de petites surfaces ! De quoi donner du fil à retordre aux critiques de l’agriculture biologique.

    Excellents rendements

    Car la question est récurrente : peut-on vraiment nourrir le monde sans utiliser d’engrais chimiques, de pesticides ou d’herbicides ? Pour y répondre, la ferme du Bec Hellouin a noué un partenariat avec l’Inra et l’école Agro-paritech. L’idée est simple : quantifier tout ce qui entre et sort de 1 000 mètres carrés de la ferme, isolés virtuellement. Combien d’heures de travail ? Quels outils sont utilisés ? Combien coûtent-ils ? Quels engrais naturels sont apportés ? Et finalement : combien de légumes et fruits sont récoltés pour quel chiffre d’affaire généré après vente ?

    Les premiers résultats tombent au milieu de l’année 2013. Sur 1 000 mètres carrés, il a fallu 1 400 heures de travail annuel pour générer 32 000 euros de chiffres d’affaires (calculé selon les récoltes et leurs prix moyens de vente en Haute-Normandie). Pourtant, l’année ne fut pas des plus propices. Une fois retirées les charges (semences, engrais), l’amortissement de l’outillage et des équipements (serres), « ces estimations permettent de penser que même une année médiocre, avec des personnes sans grande expérience en maraîchage, il y a moyen de dégager un revenu de l’ordre du Smic », constate le rapport de l’ingénieur agronome. Sachant que de nombreuses améliorations sont encore possibles pour augmenter les rendements. De quoi faire pâlir d’envie nombre de petits producteurs.

    « Dans une ferme traditionnelle, en maraîchage, on obtiendrait ce chiffre d’affaire sur un hectare ! », indique Charles. La différence est de taille. Et sans gazole, sans engin mécanique, sans besoin d’acquérir de grandes surfaces de terres, les coûts de production sont faibles. L’étude se poursuit et est reproduite dans d’autres endroits de France avec des personnes qui s’installent pour la première année. Les rendements semblent toujours augmenter et laisser entrevoir de nouvelles perspectives.

    La micro-ferme du futur : un million d’emplois possibles

    Sous un abri, à côté des pelles, râteaux et grelinettes, un grand tableau. Y sont écrites les tâches à réaliser au cours de la journée et de la semaine. La Ferme emploie huit permanents. Production, recherche, formation : tout le monde est polyvalent. Une véritable ruche. La ferme accueille aussi des stagiaires et des porteurs de projet qui souhaitent se former à la permaculture. L’idée est de transmettre des techniques et des connaissances. Et d’éviter ainsi aux « étudiants » de répéter les erreurs que Charles et Perrine ont commises.

    Un peu partout, à la campagne comme à la ville, des micro-fermes comme celle du Bec Hellouin pourraient voir le jour. « Je pense que les gens vont venir à la terre à temps partiel. On peut se lancer quasiment sans investissement, du jour au lendemain. », suggère Charles qui estime qu’un million de micro-fermes pourraient être créées, en France, dans les prochaines années. Soit un million d’emplois possibles : « 1 000 m2 cultivés en maraîchage bio permaculturel permettent de créer une activité à temps plein », estime l’ingénieur Sacha Guégan. « C’est un métier dur, rappelle Charles, mais nous vivons chaque jour dans la beauté de la nature qui nous entoure. »

    Simon Gouin (texte et photos)

    Pour en savoir plus :
    - le site Internet de la ferme du Bec Hellouin.
    - le rapport d’étape n°2 de l’étude menée par l’INRA et Agro-Paritech sur 1000 mètres carrés de la ferme.

     

     

     

     

     

     

    Notes

    [1De type Coureurs indiens, ces canards ne mangent pas les cultures !

    [2Au total, entre les cultures maraîchères, la forêt jardin, les mares, les pâtures, les terrasses cultivées et le verger, la ferme du Bec Hellouin possède aujourd’hui 20 hectares de terre.


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    18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 17:08

     

    Source : rue89.nouvelobs.com

     

     

    Tempête 18/06/2014 à 12h21

    Commerce équitable : le label Max Havelaar « au bord de l’implosion »

    Sophie Caillat | Journaliste Rue89

     

     


    Des produits labellisés Max Havelaar à Paris, en octobre 2005 (CHAUVEAU NICOLAS/SIPA)

     

    Tempête au sein du principal label de commerce équitable : les acteurs historiques sont en train de claquer la porte de Max Havelaar, et le système entier est au bord de l’« implosion ».

     

    Voir le document

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    Le mot est sous la plume du directeur général de Malongo France, l’un des principaux acteurs de la filière café, dans une lettre que Rue89 s’est procurée et qui a été transmise au conseil d’administration en vue de la réunion de ce mercredi 18 juin [voir document ci-contre].

    A l’heure où nous publions cet article, il se confirme que la direction de Max Havelaar France est en mauvaise posture, puisque son rapport moral n’a pas été approuvé par le conseil d’administration.

    Le petit milieu du commerce équitable est habitué à traverser des soubresauts. Comme le dit le directeur de la fédération Artisans du monde :

    « On a 40 ans et cela fait au moins vingt ans qu’on est en désaccord, par exemple sur la présence en grande distribution. »

    Cette fois, le différend est si profond que les principaux détenteurs de labels se demandent s’ils ne vont pas se passer de Max Havelaar. Car, comme l’écrit le patron de Malongo : « Votre système prend l’eau de toute part. »

     

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    La lettre signée Jean-Pierre Blanc parle de « risque majeur pour l’organisation », et d’une association « plus brutale qu’une multinationale ».

    Comment en est-on arrivés là ?

    La réponse que nous a adressée Marc Blanchard, le directeur général de Max Havelaar France, toute en grands principes généraux, ne nous a pas éclairés [voir document ci-contre]. Il n’a pas souhaité nous répondre par oral.

    1 Un risque de « fairwashing »

     

    Si les différends sont anciens, une innovation a braqué tout le monde : le « Fairtrade Sourcing Program », dit aussi FSP, imaginé par Fairtrade International, l’association qui chapeaute Max Havelaar France dans le but d’augmenter les débouchés des producteurs du Sud.

    Avec ce nouveau label, « Max Havelaar “invente l’équitable light” », résume le site spécialisé Novethic.

    En effet, il autorise une entorse à la règle selon laquelle 100% des ingrédients d’un produit labellisé équitable doivent être labellisés eux-mêmes, dès lors qu’il existe une filière équitable pour chacun d’entre eux ; et si certains ingrédients ne sont pas équitables parce qu’il n’existe pas de filière, il faut alors que les ingrédients équitables correspondent à au moins 20% du poids total du produit.

    Fairtrade International a lancé le FSP début 2014 pour trois filières : le cacao, le sucre et le coton. Si Max Havelaar l’applique comme prévu, en 2015, explique un ancien administrateur :

    « Vous pourrez donc trouver en supermarché une barre de chocolat Mars ou Kit-Kat labellisée “Fairtrade Max Havelaar” mais qui ne contiendra que 5% de chocolat équitable (et 45% de sucre non équitable).

    Cette dérogation ne devrait être accordée qu’à condition que les marques s’engagent à terme à développer la filière sucre équitable. »


    Le logo traditionnel de Max Havelaar, et les nouveaux logos

    Pour l’ONG Agronomes et Vétérinaires sans frontières (AVSF) :

    « Il existe un risque réel de “fairwashing” de la part des multinationales qui pourront présenter aux consommateurs des produits portant un label ingrédient Fairtrade Max Havelaar, visuellement très proche du label produit historique. Les multinationales du cacao pourront désormais utiliser du sucre conventionnel issu de l’industrie pour la confection de leurs chocolats. »

    2 Un défaut de transparence et de démocratie

     

    La résistance s’organise depuis plusieurs mois :

    • en février, l’entreprise Ethiquable a publié sur son site une tribune intitulée « Pourquoi vous ne verrez pas le nouveau label “FSP” de Max Havelaar sur les produits Ethiquable ». Furieuse de l’affront, la direction de l’association a envoyé une lettre en recommandé avec accusé de réception exigeant le retrait du courrier sous menace de poursuites en diffamation. Ethiquable a refusé ;
    • en avril, sept détenteurs de labels ont envoyé une lettre au président et au directeur général de Max Havelaar, leur demandant de suspendre l’application du programme FSP « au moins jusqu’à fin 2016 », une période de transition destinée à permettre « de mener une analyse poussée de la perception du consommateur et de mieux mesurer les risques de dégradation de la crédibilité du label de commerce équitable ».
    Voir le document

    (Fichier PDF)

     

    Or, le courrier [voir document ci-contre] signé par les directions d’Alter Eco, Artisanat Sel, la fédération Artisans du monde, Ethiquable, Jardins de Gaïa, Léa Nature et Malongo, n’a pas été transmis au conseil d’administration.

    • d’où la lettre de Malongo envoyée le 10 juin directement aux administrateurs en amont de leur réunion de ce mercredi.

    Deux administrateurs ont démissionné cette année, et les ONG se retirent peu à peu. Parmi celles qui ont participé à la création de Max Havelaar en 1992, plus aucune ne participe à sa gouvernance, que ce soit Ingénieurs sans frontières (ISF), Peuples solidaires, Agronomes et Vétérinaires sans frontières, ou le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD).

    3 Les agronomes remplacés par des commerciaux

     

    Le turn-over a atteint un niveau record au sein de l’association : sur une équipe d’environ 28 salariés, 19 sont partis en un an et demi, selon les témoignages d’administrateurs et de salariés.

    Making of
    Contacté, le président de Max Havelaar France, Martial Lesay, ne nous a pas répondu. Les salariés et les anciens administrateurs qui nous ont parlé ont souhaité rester anonymes.

    Surtout, « l’ensemble des spécialistes de l’agronomie a été remplacé par des profils commerciaux », selon un ancien salarié. Qui précise :

    « Les gens avaient été recrutés pour travailler avec les petits producteurs, et on leur demande de travailler avec la grande distribution. Certes, il faut développer les marchés pour les producteurs, mais la crédibilité du système est en jeu. »

    L’arrivée de l’actuel directeur général, Marc Blanchard, venu de l’enseigne de bricolage Weldom, en 2012, a marqué le début du tournant de l’ONG, selon plusieurs témoins.

    4 Une concurrence entre labels

     

    Peu à peu, les détenteurs de labels s’organisent pour changer de crèmerie et testent des labels concurrents ou l’absence de label.

    « Progressivement, on va retirer le logo Max Havelaar de nos produits », explique Gérald Godreuil, directeur de la fédération Artisans du monde, qui n’a jamais été au conseil d’administration. Il pense que la garantie de sa marque peut suffire à rassurer le consommateur, et constate :

    « C’est une tendance lourde en Europe : en Allemagne, Gepa a retiré le label, Claro en Suisse ou Oxfam en Belgique font de même. Le marché des labels devient concurrentiel avec EcoCert, Fair for Life, Tu Simbolo.

    On ne remet pas en cause le label lui-même, qui reste le plus exigeant et performant, mais la stratégie de développement nous dérange. »

    Même s’il ne veut pas abîmer l’image du commerce équitable, Eric Garnier, d’Alter Eco, se demande tout haut :

    « Qui apporte de la crédibilité à qui ? Au début, c’était Max Havelaar qui nous en donnait, maintenant on a l’impression que c’est plutôt l’inverse : c’est nous qui faisons le travail de sensibilisation, et c’est eux qui détiennent le système. »

     


     

                                                            **********************************************

     

     

     

     

    A la télé 06/08/2013 à 17h14

    « Le Business du commerce équitable », le docu qui fait déchanter

    Sophie Caillat | Journaliste Rue89

     

     

    Si vous pensez que le label « commerce équitable » rémunère à son juste prix des petits producteurs, vous êtes dans une vision « simple et idyllique ». Celle qu’avait Donatien Lemaître avant de réaliser le film « Le Business du commerce équitable », diffusé ce mardi soir à 22h25, sur Arte.

    Après avoir enquêté au Mexique, en République Dominicaine et au Kenya sur la face cachée de Max Havelaar et de Rainforest Alliance, le journaliste avoue sa « déception », lui qui trouvait profondément belle l’intention de départ. Quarante ans après sa naissance dans la mouvance tiers-mondiste, le commerce équitable est en partie devenu un « commerce de l’équitable ».

    En République Dominicaine, île des Caraïbes qui fournit 33% des bananes équitables de la planète, des producteurs labellisés Max Havelaar emploient – pour ne pas dire exploitent – des clandestins haïtiens.

    Certifiée commerce équitable depuis 2000, la coopérative Banelino [PDF], dirigée par une Néerlandaise, paie ses travailleurs sans-papiers 5 euros par jour (un peu moins que le salaire minimum recommandé en juillet 2013).

    Face à une caméra qui a su se faire discrète, ceux-ci disent : « On ne ne peut pas parler devant le patron », et surtout :

    « On ne sait pas ce que c’est le commerce équitable. »

     

     

    Après la diffusion, Arte a mis en ligne le documentaire en entier :

    L’organisme certificateur FLO, ainsi que Max Havelaar, ont refusé de s’exprimer devant la caméra, mais le réalisateur confirme :

    « Selon comment vous définissez le commerce équitable, il ne se limite pas aux petits producteurs. Le label est accordé à de grands propriétaires terriens, même si ce n’est pas connu des consommateurs. »

    Quant aux « forçats de la banane » ? « Ils se font payer leurs heures supplémentaires, ont une couverture santé et retraite, donc le patron a une politique sociale », résume Donatien Lemaître.

    Des marges plus élevées pour les supermarchés

    Nico Roozen, l’artisan de la modernisation de la filière, l’un de ceux qui a convaincu ses camarades qu’il ne fallait pas en rester aux magasins Artisans du monde mais vendre à la grande distribution, le dit lui-même dans le film :

    « Même s’il est passé de 0,1% à 3-4% du marché dans certains pays, le commerce équitable à lui tout seul ne change pas le système. Il faut faire évoluer les multinationales. »

    Pire, il lui rend service comme le détaille Philippe Juglar, ancien torréfacteur devenu consultant, et bon connaisseur de la filière café. D’après ses calculs (pas confirmés par la grande distribution, qui a refusé de communiquer), les marges des distributeurs seraient plus élevées sur du café commerce équitable que sur du café normal : 1,45 euro contre 1 euro par paquet.

     

    Bonus du documentaire « Le Business du commerce équitable » (cliquer ici)

    A l’ère de « l’équitable industriel », le consommateur se contente souvent d’un joli label, et accepte de payer plus cher un produit qui n’est pas tellement plus vertueux qu’un autre. Comme pour le thé Lipton labellisé Rainforest Alliance.

    Au Kenya, la marque Unilever fait cultiver du thé dans des plantations géantes où les travailleurs gagnent 3 euros par jour, soit deux fois plus que le salaire minimum local... seulement les jours où il n’y a pas d’intempéries.

    Après la révélation de discriminations et de harcèlement sexuels dans cette plantation, Lipton a mis en place une « hotline ethic ». Mais lorsque le journaliste fait tester la ligne téléphonique et constaté d’abord qu’il est très difficile d’avoir un interlocuteur qui parle autre chose qu’anglais, puis que la conversation est facturée... quasiment le prix d’une journée de travail.

    Pourtant, sur la publicité, tout avait l’air « idyllique »

     

     

     

     

    Source : rue89.nouvelobs.com

     

     

     


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