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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 19:04

 

Source : /rue89.nouvelobs.com

 

 

SwissInfo 20/04/2014 à 11h02

Et si, en fin de compte, le smic était une bonne idée ? La Suisse va voter

 

 

SwissInfo"

Samuel Jaberg

 

 

 

Des travailleurs portugais couvrent un champ de fraises à Landquart, en Suisse, le 24 mars 2014 (Arno Balzarini/AP/SIPA)

 

Appelés aux urnes le 18 mai, les Suisses ne sont pas les seuls à se questionner sur l’opportunité de définir un salaire plancher pour tous les travailleurs ou de l’augmenter fortement lorsqu’il existe déjà. Le débat fait rage dans de nombreux pays occidentaux et émergents.

Aux Etats-Unis, Barack Obama a annoncé son intention de relever le salaire minimum de près de 40% pour le fixer à 10,10 USD. Il n’est pas certain que la proposition obtienne une majorité au Congrès, mais le signal est clair : « Donnez une augmentation à l’Amérique », a martelé le président américain lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, le 28 janvier dernier.

En novembre 2013, Angela Merkel a dû se résoudre à annoncer l’instauration d’un salaire minimum généralisé en Allemagne, concession faite à ses partenaires sociaux-démocrates du gouvernement.

Mi-janvier, au Royaume-Uni, le ministre du Budget, George Osborne, s’est quant à lui déclaré favorable à une hausse de 11% du salaire horaire minimum pour le rétablir à son niveau d’avant la crise. La Chine, enfin, a décidé l’an dernier de réévaluer le salaire minimum de 18%.

Ces annonces sont une conséquence directe de la crise financière qui a éclaté en 2008 puis de la crise économique globale, selon Sergio Rossi, professeur d’économie à l’université de Fribourg :

« Les dirigeants de nombreux pays commencent à réaliser que les bas salaires sont néfastes pour l’activité économique. C’est en effet le pouvoir d’achat des ménages qui détermine la croissance économique à long terme. »

Par ailleurs, face à des finances publiques qui plongent dans le rouge, deux choix s’offrent aux gouvernements, relève Sergio Rossi :

« Soit ils décident d’augmenter les impôts, une mesure qui n’est jamais populaire, soit de donner un coup de pouce aux bas salaires pour notamment réduire les dépenses publiques en matière de protection sociale. »

Réduire les inégalités

Les Suisses voteront le 18 mai
L’initiative populaire sur le salaire minimum a été déposée par l’Union syndicale suisse (USS) en 2012, munie de 112 301 signatures valables. Elle demande que la Confédération et les cantons protègent les salaires en Suisse et promeuvent des salaires minimums dans les conventions collectives de travail (CCT). D’autre part, elle exige l’introduction d’un salaire minimum national légal de 22 francs de l’heure. Le gouvernement et la majorité du Parlement, composée des partis de droite et du centre, recommandent de la rejeter. Pour être approuvée, elle devra obtenir la double majorité du peuple et des cantons le 18 mai.

Professeur à l’International Institute for Management Development (IMD) de Lausanne, Stéphane Garelli souligne pour sa part que ce regain d’intérêt politique pour le salaire minimum est « le résultat de la disparité croissante de la répartition des richesses et d’une sensibilité accrue à l’égard des nombreux “working poors” en bas de l’échelle ». Dans le monde, 1% des ménages possèdent ainsi 46% des richesses, soit 110 000 milliards de dollars, illustre Stéphane Garelli.

Au mois de février, des experts du Fonds monétaire international (FMI) ont estimé que les inégalités sociales risquaient d’« amputer la croissance », se démarquant ainsi des cures d’austérité que le FMI avaient prescrites en Grèce notamment.

Directeur général de l’organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder est allé plus loin encore à l’occasion d’un discours prononcé le 24 janvier dernier :

« Les inégalités engendrent des frustrations au sein de la population, augmentant le risque d’instabilité. Les troubles actuels dans de nombreux pays sont alimentés par un sentiment d’injustice. »

A l’origine, une idée libérale

Si le salaire minimum est un vieux cheval de bataille de l’OIT, le regain d’intérêt des gouvernements est, en revanche, relativement nouveau. Jusqu’au début des années 1990, le consensus prédominant voulait que le salaire minimum était néfaste pour l’emploi et représentait un frein à la compétitivité des entreprises.

En 1994, les économistes nord-américains David Card et Alan Krueger ont initié un changement de cap en publiant une étude mettant un évidence un lien positif entre la hausse du salaire minimum et l’augmentation de l’emploi. Mais pratiquement tous les spécialistes l’admettent aujourd’hui : ce lien, positif ou négatif, est très difficile à déterminer de manière univoque, tant les effets varient selon les pays, qui plus est dans un système économique de plus en plus ouvert.

Elément piquant : s’il est aujourd’hui porté par la gauche et les syndicats, le salaire minimum était au départ issu des rangs libéraux, souligne Jean Batou, professeur à l’Institut d’histoire économique et sociale de l’université de Lausanne :

« L’idée ne vient pas des socialistes, mais des économistes libéraux qui, au XIXe siècle, ont reconnu l’échec du marché à donner une valeur minimale au travail. Pour John Stuart Mill, dernier des grands économistes libéraux, l’instauration d’un salaire minimum dans la loi devait permettre de rendre le travail suffisamment attractif pour les salariés. »

L’exception suisse

En 1894, la Nouvelle-Zélande, pays de peuplement confronté à une forte immigration européenne, fut le premier Etat à instaurer un salaire minimum légal. Les salaires minimums se sont ensuite généralisés dans les pays développés après la crise des années 1930.

A l’heure actuelle, 21 des 28 pays de l’UE prévoient des salaires minimums fixés par la loi. Jean Batou relève :

« Pour les quelques pays qui n’ont pas encore de salaire minimum interprofessionnel légal, comme l’Allemagne, l’Italie ou les pays scandinaves, des conventions collectives de travail (CCT) couvrent la majorité des emplois. Elles contiennent aussi des dispositions précises en termes de salaires. »

Pourquoi la Suisse n’a-t-elle pas suivi ce mouvement ? Jean Batou explique :

« Durant les Trente Glorieuses [la période de forte croissance qui a suivi la Seconde guerre mondiale, ndlr], en raison de la pénurie de main-d’œuvre, les salaires augmentaient plus rapidement que les revendications des syndicats. La croyance en l’“exception suisse” était par ailleurs très ancrée : on pensait qu’il était possible d’obtenir des augmentations de salaires sans lutte syndicale. »

Le professeur lausannois note également que le mouvement syndical suisse s’est longtemps intéressé en priorité aux ressortissants nationaux, masculins et qualifiés. Mais ils représentent à l’heure actuelle une proportion décroissante du salariat, à l’inverse des femmes et des immigrés à faible qualification actifs dans la vente, les services personnels (coiffure, soins du corps,…), le nettoyage ou l’hôtellerie-restauration, des secteurs peu organisés syndicalement.

D’où la nécessité pour les syndicats de protéger ces nouveaux salariés précaires par la loi. Après plusieurs tentatives au niveau cantonal, dont deux couronnées de succès à Neuchâtel et dans le Jura, ils ont lancé une initiative pour l’introduction d’un salaire minimum au niveau national, qui sera soumise au peuple suisse le 18 mai.

Quel salaire minimum ?

Toute la question est de savoir à quel niveau doit être fixé ce salaire minimum. Trop bas, il ne permet pas de lutter contre le dumping salarial. Trop élevé, il empêche de nombreuses personnes d’entrer sur le marché du travail, car les entreprises préféreront alors externaliser ou automatiser leur production, affirme Stéphane Garelli.

Avec un salaire minimum de 22 CHF (18 euros) de l’heure, soit environ 4 000 CHF (3 280 euros) par mois, comme l’exige l’initiative, « on laissera beaucoup de gens derrière la porte », estime Stéphane Garelli.

Sergio Rossi se montre quant à lui favorable au principe de l’introduction d’un salaire minimum légal, notamment pour « protéger les plus de 50% de travailleurs qui ne sont pas couverts par des CCT en Suisse ». Il estime toutefois que l’initiative est trop rigide :

« Il faudrait différencier ce salaire minimum en fonction des branches économiques et des régions. Dans les secteurs d’activité à faible valeur ajoutée, où la masse salariale est souvent peu flexible, on risque sinon de tirer les autres salaires vers le bas. »

Pour Jean Batou, l’ouverture des frontières et la concurrence accrue entre travailleurs justifient l’introduction d’un tel salaire minimum légal. Soulignant la « croissance extraordinaire » de la productivité du travail en Suisse ces dix dernières années (près de 50%), il tord le cou à l’idée selon laquelle un salaire minimum de 22 francs de l’heure serait exagéré :

« Vu de l’étranger, cela peut paraître très élevé. Mais il n’est pas aisé de faire des comparaisons d’un pays à l’autre, les charges sociales et le coût de la vie étant extrêmement variables. Pour une majorité des travailleurs qui habitent dans les grandes villes suisses, 4 000 CHF par mois suffisent à peine pour vivre dignement. »

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 18:45

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur

 

Pour Lordon, sortir de l’euro, c’est recouvrer le droit fondamental à la démocratie

 

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 20/04/2014 à 18h52

 

 

Remarquable intervention de Frédéric Lordon sur France Inter le jeudi 17 avril à propos de l’Union européenne et de l’euro. Indispensable pour ceux qui veulent mieux peser les enjeux des prochaines européennes. Pour le chercheur du CNRS, l’enjeu d’une sortie de l’euro est ni plus ni moins que de recouvrer le droit fondamental à la démocratie.

La stratégie du choc

Sortir de l’euro, dit Lordon, c’est aussi faire sauter l’étouffant verrou allemand. Un verrou, précise-t-il en se défendant de toute germanophobie primaire, qui tient sans doute plus à une conception monétaire orthodoxe à l’extrême par les Allemands qu’à une pernicieuse volonté de puissance de leur part.

Mais qui impose bel et bien sa chape de plomb au fonctionnement de la zone euro. Et rend totalement illusoire toute volonté proclamée de refonder l’Union européenne en dehors de cette rigoureuse orthodoxie monétaire :

« L’ordre des institutions monétaires européennes n’est pas autre chose que le pur et simple décalque de l’ordre institutionnel allemand. »

Entraîné par Patrick Cohen sur le terrain de la dette, Lordon continue d’exposer sa stratégie du choc en prônant le défaut de paiement et la mise à bas radicale du système bancaire et financier privé responsable du marasme actuel. Le public, dit-il, n’a pas à payer le surplus extravagant d’une dette héritée de la crise financière privée survenue en 2007/2008.

 

Ecouter ici

 

Reconquérir le droit de décider nous-mêmes de tout et tout le temps

Lordon ne cache pas la gravité des mesures prônées par sa stratégie du choc. Mais les conséquences douloureuses qui en découleraient incomberaient aux responsables inconséquents qui s’accrochent à un système failli. Des conséquences douloureuses, « il y en aura de toute manière », déclare-t-il, surtout en restant dans l’euro.

Ce scénario extrême, continue Lordon, ne doit pas évincer le scénario central qui a à voir avec le retour à une souveraineté politique confisquée à tous les niveaux territoriaux par des traités sanctuarisés et leurs envoyés spéciaux de mauvais augures comme l’insupportable Troïka.

« Le principe de la souveraineté, ce n’est pas autre chose que le principe démocratique lui-même. Le droit de décider nous-mêmes, de discuter de tout et tout le temps. »

Lordon renvoie d’un revers de main méprisant l’amalgame insidieux avec la politique de repli nationaliste prônée par le Front national :

« Dans un monde discursif bien ordonné, cette question ne devrait pas être posée. Elle conduit à des dégradations regrettables et honteuses du débat public. La variante d’extrême-droite du souverainisme rend les instruments de la délibération et surtout de la décision à des gouvernants autoritaires. La souveraineté de gauche consiste à rendre la décision aux intéressés pour toutes les matières qui les intéressent, c’est-à-dire à pousser le plus loin possible le principe démocratique. »

 

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur

 

 

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 18:24

 

Transmis par "Les alternatifs30"

 

Pour communiquer vos dates, contacter : 

30@alternatifs.org

 jmarneguy@wanadoo.fr

 

*Note perso : Le choix de certaines infos transmises ci-dessous sont propres à leur auteur(e) et ne sont relayées qu'à titre indicatif...

 

 

 

 

 

 

LES INDIGNE/E/S -  AG Chaque mercredi 18h et samedi 13h  - Maison Carrée

 

 


Agenda Démosphère Gard-Cévennes http://gard.demosphere.eu

Dates

Evènement

Lieu

heure

Mardi 22 avril

Conseil d’agglo Nîmes Métropole

Le Colisée

18h

Mardi 22/4

Hommage à Vincent Faïta et Jean Robert jeunes résistants fusillés le 22/4/1943

Devant plaque au Palais de justice

18h

Mardi 22/4

Films « chacun pour tous »sur 2 coopératives  Gardoises et « Les pied(s) sur terre(s)de I.Estrada  et 3 agricultrices et table ronde

Carré d’Art Salle de Conférences

18h30

Mardi 22/4

MARS ATTAC

Film « La 4ème révolution, vers l’autonomie énergétique »+ débat S.Cossus Enercoop LR

Le Sémaphore

20h30

Mercredi 23/4

Rassemblement soutien aux familles expulsées

Préfecture

15h

Mercredi 23/4

Avec les Amis de l’Humanité Soirée débat « Un an après le décès  d’Hugo Chavez où en est le Vénézuela ? »

Salle Verdier 22 rue de Maupassant

18h30

Mercredi 23/4

Réunion sur les Elections Européennes avec le Front de Gauche

Local des Cheminots

15 rue Benoit Malon

20h

Mercredi 23/4

Débat public « les mésaventures de la TTF, Taxe Européenne sur les Transactions Financières »avec F.Lemaire,commission banques,Finances d’ATTAC

Alès Bourse du Travail

20h30

Vendredi 25/4

Réunion publique « STOP TAFTA/accord de libre échange USA/UE »

Sommières

18h30

Vendredi 25/4

Rencontre nationale des cépages patrimoniaux par le Réseau « Fruits oubliés »

Bessèges

14 à 21h

Du 25/4 au 5/5

SORTIR du NUCLEAIRE

Marche antinucléaire et fête antinucléaire

Inscriptions pour covoiturage et Marche au 0615336173

Avignon 1er mai

Marcoule 2 mai

12 à 19h

12 à 15h

Samedi 26/4

Femmes en Noir pour la Palestine

Place de l’horloge

11 à 12h

Samedi 26/4

AFPS en soutien au peuple Palestinien

Carré d’Art

De 15 à 17h

Samedi 26/4

Film « C’est pas patron, c’est ouvrier »des  salariés d’une imprimerie

Carré d’Art Auditorium

15h

Jeudi 1er mai

Manifestation

 

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:58

 

Source : lesmoutonsenrages.fr

 

 

Manipulation du cours des devises : la guerre monétaire mondiale est à un tournant

 

 

5 avril, 2014

Posté par Ender

 

 

Eric Toussaint, du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, affirme dans Le Monde que 95% des échanges de devises sur le marché des changes sont de type spéculatif. De quoi, par exemple, comprendre la récente chute du Rouble ou encore celles des monnaies des pays émergents, comme le Peso argentin.

Les banques sont les principaux acteurs sur le marché des devises et elles entretiennent une instabilité permanente des taux de change. Plus de 95 % des échanges de devises sont de type spéculatif. Une infime partie des transactions quotidiennes en devises concerne des investissements, du commerce de biens et de services liés à l’économie réelle, des envois de migrants.

Le volume quotidien des transactions sur le marché des devises tournait, en 2013, autour de 5 300 milliards de dollars (3799 milliards d’euros) ! Les banques qui disposent, comme les fonds de placement mutuel, de très importantes liquidités en usent et en abusent en poussant des monnaies à la baisse ou à la hausse afin d’obtenir des gains sur les différentiels de taux de change.

Les banques jouent également de manière déterminante sur des dérivés de change qui peuvent provoquer des pertes considérables, sans compter les méfaits de l’instabilité des monnaies pour l’ensemble de la société. A partir de mai 2013, les monnaies de grands pays dits émergents (Inde, Brésil, Afrique du Sud, Russie, Turquie, Argentine…) ont été soumises à des attaques spéculatives et ont perdu dans certains cas jusqu’à 20% de leur valeur.

Source : Le Monde

Les grands banques mondiales, et principalement anglo-saxonnes, sont donc parfaitement en capacité de livrer une véritable guerre monétaire suivant les intérêts géopolitiques. Guerre malheureusement déjà perdue par l’Europe (mais est-ce vraiment une surprise tant que l’UE reste le cheval de Troie des intérêts états-uniens sur le continent ?) mais qui fait rage actuellement entre le roi dollar et le Yuan, et accessoirement le Rouble.

 

Ce jeu de stratégie militaire financière a pris une intensité particulière du fait qu’il a eu lieu au beau milieu de la panique boursière fin 2008-début 2009. Sans rentrer dans les détails, je dirais juste que l’Equipe Russie a annoncé qu’elle accepterait uniquement de l’or en échange de son pétrole et de son gaz — pas de dollars. Puis l’Equipe Chine a elle aussi tenté de son côté de « resserrer le noeud autour du cou du dollar américain ».

Lors du second et dernier jour du jeu de stratégie, la Russie de Vladimir Poutine a déclaré à propos du dollar, « l’unique monnaie de réserve est devenue un danger pour l’économie mondiale : c’est à présent évident pour tout le monde ».

Selon Rickards, la véritable guerre monétaire présagée par Poutine a commencé début 2010. Il l’a nommée la Guerre monétaire III

Source : La Chronique Agora

C’est dans cette perspective qu’il faut lire certaines décisions récentes d’importance, comme le rachat massif par Pékin d’or physique de manière à asseoir le Yuan comme monnaie de réserve internationale de substitution au dollar.

A ce train-là, la Chine devrait devenir, d’ici 2017, le pays ayant les premières réserves au monde, devant les Etats-Unis. Cela fait sens, affirment plusieurs économistes : les dirigeants chinois sont à la manœuvres pour préparer l’après-règne du dollar. La Chine possède en effet plus de 5.000 milliards de dollars, dont la valeur ne cesse depuis cinq ans, de baisser, suite aux opérations d’émissions massives (le « Quantitative Easing ») lancées par la Réserve fédérale.

Elle remplace donc petit à petit ses réserves de dollars par des réserves d’or, plus stables, et plus aptes, le jour où sa monnaie, le Yuan (appelé aussi Renminbi), sera convertible… et donc en mesure de faire concurrence à la devise de son principal rival économique. Récemment, l’agence de presse officielle Xinhua, appelait d’ailleurs à une « désaméricanisation du monde ». Elle prévoit d’ailleurs que le Yuan remplacera à terme le dollar dans les transactions sur les matières premières.

Source : Challenges

Dans le même temps, l’Allemagne a bien du mal à récupérer le stock d’or qu’elle avait confié à la Fédéral Réserve, comme si le stock annoncé par les autorités US ne correspondait pas à l’état des réserves réelles…

Le dernier round de cette guerre monétaire pourrait se jouer actuellement. Le président Russe Vladimir Poutine vient en effet de déclarer que la Russie pourrait sortir du système monétaire basé sur le dollar en imposant le Rouble pour toutes ses transactions internationales !

La Russie, « contrainte et forcée » par les sanctions internationales, crée un système indépendant du dollar. Moscou annonce qu’elle vendra (et achètera) ses produits et matières premières, comme le pétrole, en roubles et non plus en dollars. Cela fait un certain temps que Poutine prépare cette transition, avec la création d’un système de paiement en roubles complètement indépendant et protégé du dollar et des spéculations meurtrières des grandes institutions financières occidentales.

Source : mondialisation.ca

Pour compléter le tableau, il faut signaler l’accord intervenu la semaine dernière entre la bourse de Francfort et Pékin afin de constituer une chambre de compensation euro/Yuan pour tous les échanges entre la Chine et la zone euro.

Après son séjour en France et avant sa visite à Bruxelles, à partir du dimanche 30 mars, le président chinois, Xi Jinping, s’est rendu durant quarante-huit heures en Allemagne, vendredi et samedi : à Berlin pour des entretiens politiques, puis en Rhénanie-du-Nord – Westphalie, où 800 entreprises chinoises seraient installées.

L’annonce économique la plus importante est sans doute le choix de Francfort pour créer une chambre de compensation de la devise chinoise, le yuan. Deux accords, l’un entre les banques centrales allemande (Bundesbank) et chinoise, l’autre entre la Bourse de Francfort et la Bank of China, ont rendu possible cette création, qui devrait faciliter les transactions en yuans effectuées à partir de la zone euro.

Actuellement, les conversions entre le yuan et l’euro ne peuvent se faire qu’à Shanghaï ou Hongkong. Et nombre de transactions s’effectuent en dollars avec un double taux de change.

Source : Le Monde

Tous ces éléments convergeant montrent que la chute du « roi » dollar pourrait s’accélérer…

 

 

Source : lesmoutonsenrages.fr

 

 

 


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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:53

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Accaparement

La moitié des terres en Europe est contrôlée par 3% de gros propriétaires

par Sophie Chapelle 18 avril 2014

 

 

 

 

Les phénomènes de concentration et d’accaparement des terres ne concernent pas que l’Afrique ou l’Asie. Les gros propriétaires terriens sont aussi très actifs au sein de l’Union européenne. C’est ce que montre une infographie publiée le 14 avril par l’organisation Transnational Institute basée à Amsterdam. Les données sont effarantes : 3 % des plus grandes exploitations agricoles contrôlent 50 % des terres dans l’Union européenne ! A l’instar de ce qui se joue en France (voir notre enquête), ces exploitations s’agrandissent au détriment des petites fermes. Entre 2003 et 2010, le nombre de fermes inférieures à 10 hectares (ha) a par exemple diminué d’un quart. Dans le même temps, les exploitations de plus de 50 ha se sont étendues sur 7 millions d’ha, soit la surface de l’Irlande !

 

 

Cette course aux hectares agricoles touche d’abord les pays d’Europe de l’Est. La Hongrie, la Roumanie et la Serbie sont les pays européens les plus convoités par les investisseurs étrangers. 500 000 hectares en Serbie, soit 15 % du foncier agricole, ont ainsi été accaparés par des sociétés commerciales, relève le Transnational Institute (voir également notre article sur la Roumanie). A ces phénomènes de concentration et de financiarisation des terres agricoles, se mêle le problème de l’artificialisation des terres. Entre 2005 et 2010, la surface agricole a perdu 227 200 hectares en France, soit la superficie du Luxembourg récupérée au profit du bétonnage et de zones commerciales. Mais dans ce domaine, c’est l’Allemagne qui caracole en tête.

 

Des subventions qui creusent les inégalités

Le Transnational Institute met aussi l’accent sur le rôle de la Politique agricole commune (PAC) qui incite à l’agrandissement des exploitations et à la concentration des terres. Depuis 1992, les soutiens apportés aux prix des produits agricoles ont été remplacés par des subventions à la production. Autrement dit, plus la surface d’une exploitation est importante, plus l’agriculteur reçoit des aides. Résultat, en 2011, 1,5 % des plus grandes exploitations agricoles ont perçu un tiers des subventions de la PAC. Ces inégalités dans l’attribution des aides sont aussi géographiques : l’Europe de l’Ouest, qui représente 44 % des fermes, a reçu 80 % des subventions – contre 20 % pour l’Europe de l’Est.

 

 

Qui sont les principaux bénéficiaires de ces aides ? Ce ne sont pas des agriculteurs mais des entreprises du secteur agroalimentaire. Depuis 1997, Friesland Campina, une coopérative néerlandaise de produits laitiers, a ainsi perçu 1,6 milliards d’euros de subventions ! L’entreprise française Saint Louis Sucre (filiale de l’allemand Südzucker) a bénéficié de 196 millions de subventions depuis 2004. Et au Royaume-Uni, la multinationale Nestlé à perçu 197 millions d’euros.

Cette infographie s’appuie sur les données d’un rapport de ECVC (Coordination européenne de la Via Campesina) et de l’Alliance Hands-Off The Land [1]. Ces organisations appellent les pouvoirs publics à « réduire la marchandisation de la terre et à promouvoir la gestion publique des territoires ». Elles demandent à ce que la priorité soit donnée aux petits agriculteurs qui promeuvent l’agriculture paysanne et la production alimentaire soutenable. Et proposent la création d’une banque de données permettant de suivre les transactions foncières des gouvernements et entreprises. Avec l’objectif, espèrent-elles, d’endiguer la disparition programmée des petits paysans.

 

Notes


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Source : www.bastamag.net

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:40

 

Source : www.mediapart.fr

 

Un ancien de Mobil Oil: «Le gaz de schiste est pire que le charbon»

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

Un ancien dirigeant du groupe pétrolier américain Mobil Oil explique son opposition radicale aux forages de gaz et d'huile de schiste. Il pointe les pollutions massives, l'impact important sur le climat, les ressources limitées et appelle à sortir des énergies fossiles.

Au temps de la guerre froide, on l’aurait qualifié de transfuge. Ancien vice-président exécutif du groupe pétrolier Mobil Oil, Louis Allstadt est devenu un opposant résolu à l’exploitation des gaz et des pétroles de schiste (voir par exemple ici cette audition publique). Aujourd’hui retraité, il a dirigé des opérations d’exploration et de production de l’entreprise après avoir été en charge de ses activités d’approvisionnement, de commerce et de transport pour le monde. Il a également supervisé, côté Mobil, la fusion de son entreprise avec la société Exxon – Exxon Mobil est aujourd’hui l’un des plus grands groupes mondiaux. Au total, Louis Allstadt a travaillé trente et un ans dans les hydrocarbures.

 

Louis Allstadt, pendant notre entretien par Skype, le 2 avril (OA). 
Louis Allstadt, pendant notre entretien par Skype, le 2 avril (OA).

Mediapart a pu l’interroger pendant près d’une heure, par Skype et en public, dans le cadre d’une discussion qui a suivi la projection du film de Lech Kowalski Holy Field Holy War (voir ici), début avril. Nous publions ci-dessous la retranscription de cette conversation, complétée par un échange par email.

Dans cet entretien, il s'inquiète en particulier des fuites de méthane, un puissant gaz à effet de serre, lors des forages de gaz de schiste. Des chercheurs viennent de mesurer des taux de fuite très supérieurs aux estimations de l'agence américaine de protection de l'environnement (voir ici leur article).

Pourquoi vous opposez-vous à l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste, vous, un ancien cadre dirigeant de l’industrie pétrolière ?  

Louis Allstadt. J’ai pris ma retraite de l’industrie pétrolière et gazière en 2000. Je n’ai aucune intention de travailler de nouveau dans ce secteur. Il y a six ans environ, des amis m’ont demandé s’il était possible de forer en toute sécurité des puits de gaz à seulement 150 mètres du lac qui fournit l’eau potable de notre village. J’ai d’abord trouvé très étrange de vouloir forer aussi près.

Puis je me suis plongé dans les différences technologiques entre la fracturation hydraulique et les méthodes des forages conventionnels. La fracturation hydraulique utilise de 50 à 100 fois plus d’eau et de produits chimiques que les anciens forages conventionnels. Son infrastructure industrielle est aussi beaucoup plus importante. Le problème des déchets est majeur : il faut environ 20 millions de litres d’eau et environ 200 000 litres de produits chimiques pour fracturer. Un tiers environ de ces liquides ressort du puits chargé de métaux lourds. Ce sont des déchets toxiques et pour une part radioactifs. Le lien a été fait entre leur stockage sous pression, dans les puits d’injection, et des tremblements de terre à proximité. La moindre fuite crée un sérieux problème aux réserves d’eau potable.

Les riverains de forages par fracturation hydraulique sont victimes de nuisances importantes. Il existe des procédés de recyclage de l’eau usée qui permettent de consommer 30 % d’eau « fraîche » en moins. Mais il faut quand même énormément d’eau. Des progrès ont aussi été accomplis dans la réalisation des puits, permettant de réduire les fuites de méthane. Mais ces améliorations sont bien faibles au regard de la force brutale de cette technologie.

Au bout de quelques années, je suis arrivé à la conclusion que cette technologie ne peut pas être utilisée sans dommage, en particulier à proximité de là où des gens vivent et travaillent. Or je me suis rendu compte que les réglementations étaient très limitées. La loi américaine autorise par exemple les exploitants à garder secrète la composition des produits chimiques qu’ils utilisent pour forer. Elle autorise également les forages très près des écoles et des bâtiments publics. J’espère donc que vous aurez de bien meilleures lois que nous. 


Puits et stockage de gaz de schiste autour de Battlement Mesa, dans le Colorado (©TC). 
Puits et stockage de gaz de schiste autour de Battlement Mesa, dans le Colorado (©TC).

À quoi servent les gaz et huile de schiste aux États-Unis ?

Le gaz de schiste n’est pas différent du gaz conventionnel. C’est chimiquement la même chose. Pareil pour le pétrole. Le gaz, qu’il provienne d’un forage par fracturation hydraulique ou d’un forage conventionnel, passe par les mêmes tuyaux, les mêmes gazoducs et sert de la même manière au chauffage des logements, à produire de l’électricité, à cuisiner. Aujourd’hui les principales sources d’énergie aux États-Unis sont le pétrole, qui sert principalement dans les transports (essence, diesel, carburant aérien) et un peu pour le chauffage. Le charbon est utilisé pour produire de l’électricité. Les pourcentages des unes et des autres varient en fonction des régions américaines.

L’électricité est beaucoup produite à partir de charbon aux États-Unis, ressource qui émet énormément de gaz à effet de serre, plus que le gaz. Or l’un des arguments des pro-gaz de schiste est d’affirmer que cette méthode réduit l’impact climatique de la production d’énergie. Que leur répondez-vous ? 

Si vous brûlez tout le gaz, vous émettez moins de dioxyde de carbone qu’avec le charbon. Le problème, c’est qu’une grande partie de ce gaz fuit et s’échappe dans l’atmosphère sous forme de méthane, qui est 80 à 100 fois pire, en pouvoir de réchauffement, que le CO2 pendant les vingt ans qui suivent son rejet. Ces fuites sont un gros problème. Et elles rendent en réalité le gaz pire que le charbon. Des études sur les champs de production indiquent un taux de fuite dans l’atmosphère qui peut atteindre 6 %. Sous les rues des grandes villes, les vieux tuyaux qui fournissent le gaz aux logements et aux bâtiments fuient quant à eux de 3 à 5 %. S’y ajoutent les fuites des stations de compression, et celles qui se produisent chaque fois que vous allumez votre gazinière. Or il suffit de 1 à 1,5 % de fuite pour que le recours au gaz soit aussi mauvais que le charbon en matière d’émission de gaz à effet de serre.

Donc, même s’il semble que brûler du gaz soit plus propre que brûler du charbon, c’est faux. On ne le sait que depuis ces dernières années. Je dois dire que cela m’a surpris lorsque je l’ai découvert. Tous les tests réalisés jusqu’ici indiquent que nous avons un très gros problème.

L’exploitation du gaz et des huiles de schiste constitue une activité importante aux États-Unis aujourd’hui. L’Europe peut-elle être un nouvel eldorado ?


Action du collectif "Les dindons" contre le forage de Hess Oil à Jouarre, 22 septembre 2013. 
Action du collectif "Les dindons" contre le forage de Hess Oil à Jouarre, 22 septembre 2013.

Vous pouvez probablement apprendre de ce qui s’est passé aux États-Unis. Au départ, les entreprises gazières prétendaient que là où il y a du gaz de schiste, vous pouvez bâtir un puits et en extraire du gaz. Pendant quelques années, des puits de forage sont effectivement apparus là où se trouvaient des gisements de gaz. Ce qu’on a découvert, c’est que ce gaz n’est pas présent partout dans le sous-sol, mais seulement en quelques endroits d’un potentiel gisement, ce qu’on appelle des « sweet spots », des « parties tendres ». Donc l’exploitant qui tombe sur une « partie tendre » peut très bien s’en sortir. Mais ceux qui ne les ont pas trouvées ne s’en sortent pas si bien.

Par ailleurs, les premières estimations de l’étendue des réserves gazières ont été très surestimées. Au départ, il se disait que les États-Unis pouvaient avoir dans leur sous-sol l’équivalent de cent ans de consommation de gaz. Maintenant, on ne parle plus que de vingt ans ou moins. Je ne connais pas précisément la situation des réserves européennes. Mais je crois qu’il va se passer la même chose que pour le reste des extractions de minerais : le produit est concentré en certains rares endroits, et il ne sera pas rentable d’exploiter le reste. Regardez la décision que vient de prendre Shell, un des plus gros groupes pétroliers au monde : ils réduisent leur engagement financier et en main-d’œuvre aux États-Unis dans le pétrole de schiste. C’est emblématique des difficultés rencontrées par d’autre majors (voir ici à ce sujet, ndlr).

Autre argument des défenseurs des forages de gaz et de pétrole de schiste : permettre l’indépendance énergétique des États-Unis. N’est-ce pas à vos yeux un horizon qui compte ?

C’est ce que disaient les entreprises au départ. Elles le disent toujours parfois. Mais cet argument ne se justifie vraiment pas. Les puits de pétrole et de gaz de schiste s’épuisent très vite. En un an, la rentabilité peut décliner de 60 %, alors que les gisements conventionnels de gaz déclinent lentement et peuvent rester productifs 40 ans après le début du forage.

L’autre aspect, c’est que les forages visent les « parties tendres ». Quand elles sont épuisées, d’autres emplacements moins productifs doivent être forés. Cela ne semble pas promettre des horizons d’indépendance énergétique aux États-Unis. Au contraire, je pense qu’ils vont recommencer à importer du gaz d’ici la fin de la décennie. Les États-Unis ne sont pas indépendants énergétiquement et ne le deviendront pas grâce aux forages de gaz et d’huile de schiste. Même s’ils deviennent le plus gros producteur mondial de pétrole, ils continueront à en importer d’énormes quantités.

Quant aux emplois créés, ils ne bénéficient pas aux riverains des forages, mais profitent à des spécialistes venus du Texas ou d’Oklahoma ou d’ailleurs, qui ne restent que tant que dure le forage, et partent ensuite. Ils sont en général de courte durée. 


Prise de vue depuis le campement d'Occupy Chevron en Pologne. 
Prise de vue depuis le campement d'Occupy Chevron en Pologne.

Si le bilan des gaz et huile de schiste est si mauvais, pourquoi l’exploitation se poursuit-elle aux États-Unis et pourquoi Barack Obama en fait-il une telle promotion, notamment lors de son voyage officiel en Europe le mois dernier ?

Je pense que la position du président Obama est fortement influencée par son nouveau secrétaire à l’énergie, Ernest Moniz, qui est favorable à la fracturation hydraulique. Par ailleurs, l’information sur la quantité des fuites de méthane dans l’atmosphère et leur impact sur le climat est relativement récente. Il faut du temps aux gouvernements pour absorber l’information et changer de stratégie.

C’est aussi une question géopolitique en lien avec ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine. Je serais surpris que les États-Unis exportent de grandes quantités de gaz. Certaines entreprises veulent en exporter, sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL), parce que le prix du gaz est plus élevé en Europe et en Asie. Mais je n’y crois pas. Nous n’avons pas à ce jour de terminal d’exportation gazière. Peut-être un ou deux seront construits un jour, mais ils coûteraient beaucoup d’argent. Le transport par mer de gaz liquéfié coûte aussi très cher. Ce serait donc un investissement très risqué. Il n’y aura pas assez de gaz pour maintenir une activité d’exportation sur le long terme.

En France et en Europe on parle beaucoup de transition énergétique. Les États-Unis pourraient-ils répondre à leurs besoins d’énergie sans les gaz et huiles de schiste ?

La clé à long terme, c’est le passage aux énergies renouvelables : éolien, solaire, hydraulique. C’est la seule solution. Les hydrocarbures faciles et bon marché ont déjà été exploités. Il ne reste plus que les gaz et huile de schiste – mais leur production va décliner – et les gisements non conventionnels, en eau profonde et dans l’Arctique – mais ils coûtent extrêmement cher. Les renouvelables doivent donc très vite commencer à remplacer les fossiles. 

Si vous prenez en compte les externalités des carburants fossiles (le coût de leurs impacts sur l’environnement, ndlr), le coût important de la protection des régions côtières, des inondations, et des autres effets du dérèglement climatique, les énergies renouvelables sont d’ores et déjà compétitives. Car avec les hydrocarbures, il faut payer deux fois : une fois à l’achat, et ensuite en impôts pour rembourser les dommages qu’ils causent.

L’opinion publique américaine est-elle favorable ou opposée aux gaz et huiles de schiste ?

Aux États-Unis, les sondages peuvent dire tout et son contraire. Sur les études les plus crédibles, il semble qu’environ 40 % des personnes interrogées sont opposées à la fracturation hydraulique, environ 40 % y sont favorables et 20 % indécises. Il faut comprendre qu’aux États-Unis, les propriétaires fonciers sont aussi les détenteurs des droits miniers. Si bien que les propriétaires de terres ont tendance à être favorables aux forages des gaz de schiste car ils y peuvent toucher des droits et des recettes grâce à la location de leurs terres. C’est différent dans la plupart des autres pays. Les voisins de forages de gaz de schiste qui ne possèdent pas beaucoup de terrain ont tendance à s’inquiéter du sort des déchets issus de ces forages. Ainsi que du trafic routier intense des camions qui vont et viennent des puits. 

Vous considérez-vous comme un lanceur d’alerte ?

Je ne m’étais pas formulé les choses ainsi. Peut-être. Sauf que je ne dis rien qui ne soit déjà bien connu dans l’industrie des hydrocarbures, ce qui ne correspond donc pas à la définition exacte de ce qu’est un lanceur d’alerte.

Comment l’industrie énergétique a-t-elle réagi à vos déclarations ?

Ils ont été étonnamment silencieux. Ils n’ont rien répondu, en fait.

Vous semblez être passé d’une critique des gaz et huiles de schiste à une critique plus générale de l’utilisation des énergies fossiles en raison de leurs effets néfastes sur le climat.  

Tout à fait. Je me suis d’abord inquiété des effets locaux des exploitations des gaz de schiste là où j’habitais. Puis au fil des ans, je me suis beaucoup moins inquiété pour les forages car les recherches indiquent que les réserves ne sont vraisemblablement pas si importantes. Je suis aujourd’hui beaucoup plus inquiet des effets des gaz et huiles de schiste sur le dérèglement climatique. Peu importe où vous forez, peu importe d’où vous émettez : les gaz rejetés vont dans l’atmosphère et créent un problème pour nous tous, quel que soit votre lieu de vie.

Pensez-vous qu’il faut aujourd’hui sortir du pétrole ?

Ce n’est pas si simple d’en sortir. Cela prendra du temps. Mais nous devons commencer à emprunter cette voie. Les coûts des renouvelables baissent. Leur viabilité augmente assez vite. Notre approvisionnement énergétique doit changer. Nous devons remplacer les énergies fossiles aussi vite que possible par les renouvelables.

 

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:28

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Condamnés et réélus : après Balkany, revoici Bédier !

|  Par Mathilde Mathieu

 

 

Condamné pour corruption passive, Pierre Bédier a fait son retour vendredi à la présidence du conseil général des Yvelines. Un come-back silencieux, après moult tours de passe-passe en coulisse. Le PS dénonce « un sale coup fait à la démocratie ». Son cas repose la question de la réhabilitation en politique.

C’est l’incroyable come-back d’un élu condamné pour corruption à la tête du quatrième département le plus riche de France. Vendredi 11 avril, Pierre Bédier (UMP), ex-secrétaire d’État du gouvernement Raffarin (2002-2004), est redevenu président du conseil général des Yvelines (1,2 milliard d’euros de budget par an), cinq ans après que la justice l’a contraint à lâcher son siège.

 

Pierre Bédier, lors de son discours d'investiture vendredi 11 avril 2014 
Pierre Bédier, lors de son discours d'investiture vendredi 11 avril 2014 © DR

Son cas pose, une fois de plus, la question de la réhabilitation politique d’anciens édiles pris la main dans le sac et de leur « blanchiment » par les urnes – après la réélection d’un Patrick Balkany (UMP) ou d’un Xavier Dugoin aux municipales de mars (voir notre émission vidéo : Corruption, condamnations, réélections).

En 2009, ce chiraquien avait été condamné pour « corruption passive » et « abus de biens sociaux » à 18 mois de prison avec sursis et six ans d’inéligibilité – une peine réduite après une modification du code électoral en 2011. Si Pierre Bédier a toujours crié son innocence, le juge d’instruction de l’époque (Philippe Courroye), le tribunal de grande instance de Paris, puis la cour d’appel de Paris n’avaient exprimé aucun doute : en tant que maire de Mantes-la-Jolie (1995-2005), Pierre Bédier avait touché des pots-de-vin en espèces d’un entrepreneur local spécialisé dans le nettoyage, en échange de marchés municipaux.

« Quelqu’un condamné pour corruption ne devrait plus pouvoir se présenter à aucun scrutin, réagit le président du groupe de gauche au conseil général, André Sylvestre, dépité. Je regrette qu’une telle interdiction n’ait pas été votée avec les lois sur la transparence, au lendemain de l’affaire Cahuzac. » Cette mesure, François Hollande l’avait pourtant annoncée à la télé le 3 avril 2013, sabre au clair. « L’exemplarité des responsables publics sera totale, avait-il insisté. C’est mon engagement, je n’en dévierai pas. » Deux mois plus tard, les députés PS enterraient ses velléités, en agitant une possible « inconstitutionnalité ».

Côté UMP, presque personne n’aura pipé mot, Pierre Bédier arborant le soutien de Jean-François Copé (autre chiraquien de souche). « Je me réjouis de le voir revenir, a ainsi déclaré Henri Guaino, député du cru. J’ai la conviction que c’est quelqu’un d’honnête. » L’honnêteté étant visiblement affaire de conviction, la patronne de la fédération des Yvelines, la filloniste Valérie Pécresse, s’est convaincue qu’il valait mieux se taire – pourquoi se faire des ennemis alors qu’elle vise la tête de liste aux régionales de 2015 ? Jadis surnommé « le patron », Pierre Bédier avait aussi su entretenir une pépinière de jeunes élus qui misent désormais sur lui.

Au fond, seul un "poids-léger" de l’UMP locale, le président de l’agglomération de Mantes-la-Jolie Dominique Braye, s’est dressé publiquement contre le retour du condamné. « Tous les républicains honnêtes auraient dû s’y opposer, gronde ce vieil ami de Gérard Larcher (sénateur des Yvelines). Mais une chape de plomb s’est abattue sur nous, à coups de pressions et menaces. » Dominique Braye a été exclu du parti en février, enfoncé par Jean-François Copé. « Larcher a vaguement essayé de rattraper le coup, mais le courage n’a jamais été sa qualité principale, souffle ce déçu. De toutes façons, un parti qui défend Bédier, Balkany et Dassault, c’est plus mon truc ! »


Gérard Larcher, sénateur UMP des Yvelines et ancien président du Sénat 
Gérard Larcher, sénateur UMP des Yvelines et ancien président du Sénat © Reuters

La voie était libre pour Pierre Bédier, qui a mijoté son couronnement de vendredi pendant des mois, multipliant les arrangements de coulisse, éconduisant les médias nationaux pour mieux prévenir toute polémique. « Il n’a pas dit un mot, s’agace le socialiste André Sylvestre. Je ne sais même pas quel est son programme ! »

Ses manœuvres sont apparues au grand jour en mars 2013. Il lui fallait, avant toute chose, retrouver un simple siège de conseiller général. L’élu de Mantes-la-Jolie, son ami Michel Vialay (UMP), a ainsi décidé, tout à trac, de rendre son tablier. Pour provoquer une élection partielle, encore fallait-il que la suppléante de Michel Vialay accepte, elle aussi, de démissionner. Pas de problème, puisqu’il s’agissait de… Madame Bédier.

À l'issue d'un scrutin déclenché à une date "idéale" , le 7 juillet dernier c'est-à-dire en pleines vacances d’été, Pierre Bédier a ainsi recouvré un mandat (en rassemblant 60,2 % des bulletins, mais à peine 16 % des inscrits). « C’est incroyable, se désespère Françoise Descamps-Crosnier, députée socialiste de Mantes-la-Jolie qui qualifie Pierre Bédier de "voyou clientéliste". Les citoyens réclament des élus exemplaires mais ne mettent pas leurs idées en pratique. »

À l’époque, tous les socialistes n’étaient cependant pas au clair sur l'opportunité de mener campagne sur le thème de la probité. Lors du grand meeting local, Benoît Hamon avait choqué nombre de militants en passant sous silence la condamnation de Pierre Bédier. « J’avais failli quitter la salle ! » se souvient un cadre du PS des Yvelines.

Après son succès dans les urnes, Pierre Bédier devait ensuite trouver le moyen d’« exfiltrer » le président du conseil général en place, Alain Schmitz (UMP). Sa première idée ? Le recaser au Sénat, où une élue des Yvelines, Marie-Annick Duchêne (apparentée UMP), s’est vu suggérer de démissionner. À 73 ans, celle-ci a fait de la résistance. « Je suis contre tous les arrangements de coulisse », confiait-elle à Mediapart en juillet dernier, éreintant Pierre Bédier au passage : « Pour moi, quand un élu a été condamné pour corruption, la politique c’est fini. La dignité qu’on doit aux électeurs, c’est de ne pas se représenter. » Ce jeu de bonneteau ayant échoué, Pierre Bédier en a imaginé un autre.

Jusqu’à vendredi, l’opposition socialiste se demandait ce qu’il avait bien pu promettre à Alain Schmitz pour que celui-ci annonce, le 1er avril, sa démission de la présidence du conseil général. La réponse est tombée dans son discours d’investiture : Pierre Bédier va créer une « Agence départementale de soutien aux communes rurales », avec Alain Schmitz aux manettes (un beau tremplin pour les prochaines sénatoriales). Et avec quelles indemnités ? Ni ce dernier, ni Pierre Bédier n’ont retourné nos appels.

Vendredi, le socialiste André Sylvestre a ainsi dénoncé une « révolution de palais », la fédération PS des Yvelines un « sale coup fait à la démocratie ». Dans l’indifférence générale.

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:20

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jean-louis-legalery

 

 

Royaume-Uni : les écarts continuent

Dans le gouvernement britannique de coalition Tory/LibDem, les semaines se suivent et se ressemblent fâcheusement. A la suite de la démission de la secrétaire d’état à la culture, Maria Miller — voir ici un précédent billet explicatif —, David Cameron a procédé à un mini remaniement, mais le moins que l’on puisse dire est qu’une fois encore il n’a pas brillé par son bon goût et son sens de l’éthique. 

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Andrea Leadsom, la nouvelle secrétaire d'état au Trésor  © Richard Gardner / Rex

 

En effet, à la fonction de secrétaire d’état au Trésor a été nommée Andrea Leadsom, qui est, depuis 2010, députée de la circonscription de South Northamptonshire, à l’est des Midlands, et membre de la commission parlementaire chargée du budget. Elle était auparavant, et l’information n’est pas sans importance en l’occurrence, cadre supérieur à la banque Barclays, où elle a été directrice des institutions financières.

 

Jusque là tout semblait aller bien, mais, comme le rapporte le Guardian de ce jour, en 2003 Andrea Leadsom et son mari avaient créé une société nommée Bandal et chargée de gérer les biens immobiliers du couple. Or Bandal a été enregistrée à Jersey, et chacun sait que l’île la plus importante de l’archipel anglo-normand fait partie des paradis fiscaux de la planète, havre de paix financier qui n’est qu’à une heure d’avion de Heathrow, l’aéroport de Londres. Le but était bien évidemment, à moins de nourrir une folle passion pour les paysages bucoliques de Jersey, de payer moins d’impôts dans le royaume. Un porte-parole du Trésor Royal a volé au secours de la toute nouvelle secrétaire d’état pour déclarer qu’il s’agit d’une situation claire et que tout ce qui est dû à l’impôt a été payé, ce qui reste à démontrer. Certes elle a pris la précaution — mais quelle précaution révélatrice ! puisqu’elle permet de contourner l’impôt sur les successions voté pendant le mandat de Gordon Brown — de laisser la direction de la société à son fils de 18 ans, lorsqu’elle a été élue à la chambre des communes en 2010. 

 

Hélas pour la nouvelle venue, cette révélation arrive une semaine après une déclaration ferme de George Osborne, chancelier de l’échiquier, donc ministre des finances du royaume, dans laquelle il a affirmé que les mesures pour éviter l’impôt sont moralement inacceptables, tax avoidance measures are morally unacceptable. Et il a conclu on ne peut plus clairement : The message is very simple – if you're hiding your money offshore, we are coming to get you, lisez : le message est simple, si vous cachez votre argent dans un paradis fiscal, nous vous retrouverons. On ne sait pas si Andrea Leadson tremble et évite son ministre de tutelle, mais ce que l’on sait de façon sûre, c’est que depuis l’arrivée au pouvoir des Tories et de leurs fantomatiques alliés, les familles britanniques ont perdu, en moyenne, 1.600 livres sterling par an, soit 1.950 €. Pendant ce temps-là les réformes fiscales ont permis aux millionnaires britanniques d’augmenter leurs revenus annuels de 100.000 livres sterling, soit 122.000 €. Quant à l’impôt non collecté pour cause de fraude fiscale il a représenté 1 milliard de livres sterling en 2013, soit 1 milliard 220 millions d’euros. Décidément « l’exemplarité » n’a pas de frontières…

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jean-louis-legalery

 

 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:11

 

Source : www.mediapart.fr

 

Nantes: le chef de la police assume sans réserve les blessés par Flashball

|  Par Louise Fessard

 

 

 

Le bilan des blessés de la manifestation de Nantes contre l'aéroport ne cesse de s'alourdir. Trois hommes ont été grièvement blessés à l’œil par des tirs policiers. Interrogé par Mediapart, le directeur départemental de la sécurité publique assume : « Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels. »

Trois jeunes hommes ont été grièvement blessés à l’œil par des tirs policiers, lors de la manifestation du 22 février à Nantes contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L'un est éborgné et les deux autres ont peu de chances de retrouver la vue. Sur la page Facebook d’appel à témoignages qui a été créée, plusieurs autres manifestants affirment, photos à l’appui, avoir été atteints par des tirs de Flashball au visage : sur le crâne avec neuf points de suture, sur la joue ou encore à la lèvre. Quatre enquêtes pour violences ont déjà été confiées à la délégation rennaise de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

C'est un bilan particulièrement lourd et inédit pour une manifestation en France. Contacté par Mediapart, Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la sécurité publique de Loire-Atlantique depuis juillet 2013, a accepté de répondre le 15 avril à nos questions par téléphone. Il assume sans sourciller les violences commises et rappelle qu'une enquête de l'IGPN est en cours. « Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels », déclare Jean-Christophe Bertrand.

Jeudi 17 avril, deux jours après cet entretien, Jean-Christophe Bertrand a incité, dans une note de service révélée par France-3 Pays de la Loire, les policiers blessés à saisir eux aussi la justice en leur annonçant la création d'une structure dédiée pour recueillir leurs plaintes. Il indique avoir lui-même décidé de déposer plainte en tant que directeur départemental: il veut «marquer tout (son) soutien aux fonctionnaires (...) mais aussi pour prendre en compte le caractère exceptionnel d'une manifestation qui a fortement marqué les esprits». Entretien.

Quel était le cadre d’utilisation du Flashball superpro et du Lanceur de balles de défense 40 × 46 (plus puissant et précis) au cours de cette manifestation ?

Jean-Christophe Bertrand : Le Flashball et le LBD ont effectivement été utilisés dans cette manifestation, dans le cadre légal. À savoir dans des situations de légitime défense, quand des fonctionnaires ont été agressés par des jets de divers projectiles, dont des pavés catapultés, des billes d'acier, des boulons, et des cocktails Molotov. Et à certains moments, dans un autre cadre d’emploi, qui est la dispersion des attroupements après que des sommations ont été effectuées.

Les fonctionnaires ont obligation de faire un rapport après chaque utilisation de ces armes. Combien de tirs ont eu lieu au cours de la manifestation du 22 février ?

Je ne peux pas vous dire. Ce sera à l’IGPN de le déterminer lors de son enquête.

La police française est réputée pour son savoir-faire en matière de maintien de l’ordre. Est-ce normal qu'au cours d'une manifestation, trois personnes soient grièvement blessés au visage par des tirs policiers au point, pour l’un, d’avoir perdu un œil ?

Il y avait 20 000 manifestants (50 000 selon les organisateurs, ndlr). Tout ceux qui ont défilé pacifiquement et n’ont pas cherché l’affrontement avec les forces de l’ordre n’ont rien eu. Mais un petit millier de personnes ont voulu en découdre et se sont exposées à une réplique des forces de l’ordre. On peut considérer que trois blessés au visage c’est beaucoup, mais il faut rapporter ce chiffre au nombre de manifestants. Nous encadrons tous les jours des manifestations à Nantes sans avoir à utiliser ces armes, ce qui prouve l’extrême violence de la manifestation du 22 février. Nous n’avions jamais connu ça à Nantes, et rarement dans le reste de la France. Au total, 130 policiers et gendarmes ont été blessés (dont 27 adressés au CHU et un seul cas grave d'un officier d'une CRS souffrant d'une fracture au bras, ndlr).

Il faut attendre les résultats de l’enquête de l’IGPN pour savoir si ces personnes ont effectivement été blessées par des tirs de Flashball et de LBD, et pour savoir ce que ces personnes faisaient au moment où elles ont été blessées. L’un des manifestants blessés à l’œil (Quentin Torselli, ndlr) se trouvait au milieu de gens qui affrontaient les forces de l’ordre. Je me demande ce qu’il faisait là (le jeune homme affirme qu'il reculait et était pacifique, ndlr).

Doit-on en conclure que les forces de l’ordre françaises sont autorisées à crever les yeux de manifestants qui se retrouvent au milieu d’affrontements ?

Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dommages corporels. La réplique est proportionnée. Si l'on a équipé les forces de l’ordre d’armes non létales, c’est pour éviter que les fonctionnaires n'aient recours à des armes conventionnelles (armes à feu, ndlr).

Mais comment expliquer qu’autant de personnes aient été touchées au visage, alors qu’il est expressément interdit aux fonctionnaires de viser au-dessus des épaules, sauf cas de légitime défense ?

Si la personne bouge entre le moment où le fonctionnaire appuie sur la queue de détente de l’arme et l’impact, il y a toujours un risque que le point d’impact ne soit pas celui initialement visé.

Les policiers et gendarmes ont-ils reçu des instructions particulière quant à l’usage de ces armes avant la manifestation ?

Je rappelle que les fonctionnaires dotés de cette arme, à savoir les CRS, les gendarmes mobiles et les agents de sécurité publique, ont reçu une formation technique et juridique. Donc ils connaissent parfaitement leurs conditions d’usage.

«Je dépose plainte»

 

 

Sur une vidéo filmée par un photographe indépendant, on voit des CRS et un camion à eau poursuivre, gazer et asperger d'eau à haute pression des manifestants qui tentent de secourir Quentin Torselli, blessé quelques instants plus tôt. Y a-t-il eu des entraves aux secours ?

Non, il faut faire attention aux vidéos, car on ne voit pas ce qui se passe derrière les manifestants. La caméra est tournée uniquement vers les fonctionnaires. On ne peut donc pas analyser la scène en toute impartialité. Je ne pense pas que les fonctionnaires dans le camion à eau aient pu entendre ce que criaient les manifestants devant.

 

 

Deux journalistes ont déposé plainte pour violence. L’un d’eux, un photographe, a reçu un tir de Flashball dans le torse après avoir crié « Hé, c’est des journalistes ». Il se trouvait au milieu de plusieurs reporters clairement identifiables par leurs caméras et appareils photo. Pourquoi tirer sur un journaliste ?

Il faut bien analyser les images et le son, parce qu’il n’est pas certain que les fonctionnaires aient entendu ce qu’il criait. Quand des journalistes sont mélangés aux casseurs, c’est assez difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Dans le feu de l'action, il n'est pas facile de trier.

Est-ce normal que des agents du GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale) de Rennes soient intervenus en maintien de l’ordre sur la voie publique, cagoulés, sans matricule, ni moyen d’identification ?

Ils étaient identifiés en tant que fonctionnaires de police. De toute façon, personne n’est capable de lire un matricule dans un contexte aussi agité de manifestation. Le GIPN était initialement dédié à la protection de la mairie. En fin d'après-midi, la situation est devenue tellement critique qu’ils ont demandé à venir porter assistance à leurs collègues, qui se trouvaient entre le cours des 50-Otages et le parking de la Petite-Hollande.

Attendiez-vous un milliers de « casseurs », selon le chiffre qui a ensuite été donné par la préfecture de Loire-Atlantique ?

Nous avions des informations de risques d’agrégation de gens violents, ce qui s’est révélé exact. Mais nous n’avions pas de chiffre précis.

Dans une lettre ouverte au ministre de l’intérieur, Françoise Verchère, conseillère générale du Parti de gauche et l'une des responsables du collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport (le Cédépa), s’est étonnée que la police ne soit pas intervenue plus tôt pour interpeller le petit groupe de personnes qui se livrait à des dégradations en tout début de manifestation. Qu’en est-il ?

Je rappelle à Mme Verchère que lorsqu’on est élu de la République, on respecte les lois de la République. En l’occurrence, les organisateurs d’une manifestation sont censés déclarer son parcours auprès des pouvoirs publics. Ce que se sont obstinément refusé à faire les organisateurs de la manifestation du 22 février (plusieurs réunions se sont tenues entre la préfecture et les organisateurs, sans qu'aucun accord n’ait été trouvé, ndlr).

Face à l’absence de dialogue et à leur volonté de passer par le centre-ville, nous avons dû prendre des mesures de blocage des accès en centre-ville. Nous avions donc des forces mobilisées pour verrouiller le centre-ville et que nous ne pouvions pas déplacer pour aller interpeller des gens qui commettaient des dégradations le long du parcours de la manifestation. Il n’y a aucun manichéisme de notre part !

Vous avez annoncé dans une note de service du 17 avril vouloir vous-même déposer plainte. Pourquoi ?

Il y avait un certain nombre de demandes de la part de fonctionnaires qui avaient l'impression d'avoir été oubliés, au vu de la couverture médiatique offerte aux manifestants blessés. D'où mon souhait d'organiser le recueil de ces plaintes. Et, à titre personnel, je déposerai également plainte à l'appui des personnels agressés, en tant que chef de service, comme les textes m'y autorisent. Il y a eu des blessures physiques, comme des acouphènes, et d'autres moins visibles, psychologiques. Plusieurs fonctionnaires souffrent de troubles liés à la violence inouïe à laquelle ils ont dû faire face.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


 

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 21:00

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

En images 18/04/2014 à 12h46

« L’austérité en Europe est aussi votre erreur » : un ange passe au meeting PS

Rémi Noyon | Journaliste Rue89

 


Des militants de Marea Granate au Cirque d’hiver à Paris, le 17 avril 2014 (LCHAM/SIPA)

 

Tout ronronnait tranquillement jeudi soir au Cirque d’hiver, à Paris. Le Parti socialiste lançait sa campagne des européennes en présence de Martin Schulz, candidat social-démocrate à la présidence de la Commission européenne.

A la tribune se succèdent des têtes de liste françaises, comme Pervenche Berès, fraîchement investie en Ile-de-France, et des responsables étrangers, comme l’Espagnole Elena Valenciano.

Tous ont grosso modo le même discours, résumé en fin de meeting par Jean-Christophe Cambadélis, le nouveau patron du Parti socialiste :

« Le problème, ce n’est pas l’Europe. Le problème, c’est le Parti populaire européen. »

Bref, l’austérité budgétaire n’est que le fait de la droite européenne. Il suffira de remplacer Barroso par Schulz pour que l’Union européenne retrouve la voie de la croissance.

« Hypocrisie »

En plein milieu de ce gentil raout, des jeunes appartenant au mouvement Marea Granate déploient une banderole assassine :

« L’austérité est aussi votre erreur. »

Marea Granate est constitué d’émigrants espagnols qui dénoncent les politiques économiques imposées à leur pays. « Marée », comme le nom des différents mouvement sociaux en Espagne. « Grenat », parce que c’est la couleur de leur passeport.

Joint par Rue89, Andrea, une membre du mouvement, explique :

« Ce qui nous rassemble, c’est le fait que nous ne puissions pas rentrer en Espagne parce qu’il n’y a pas de travail. »

Pour elle, comme pour ses camarades, le slogan des socialistes européens, « L’austérité en Europe est une erreur », est totalement « hypocrite » :

« Tous les gouvernements de gauche mettent en place des plans d’austérité. Ce que fait Manuel Valls avec le gel des prestations sociales ressemble à ce qui a pu se faire en Espagne en 2010.

En Europe, les sociaux-démocrates et les conservateurs se distinguent sur les droits sociétaux tels que le mariage gay, mais sur l’économie, il n’y a pas de grandes différences. »

Mauvaise conscience

Ils ont été évacués rapidement sous les huées. Quelques minutes plus tard, Martin Schulz, qui ne mentionne pas l’incident, est lyrique. Il insiste sur la nécessité d’instaurer un salaire minimum européen et d’investir dans la jeunesse :

« Sommes-nous encore capable d’entendre le désespoir des 5,6 millions de jeunes qui n’ont pas d’emploi ? [...] Après la Seconde Guerre mondiale, les parents ont accepté les sacrifices parce qu’ils savaient que c’était pour leurs enfants. Aujourd’hui, nous demandons des sacrifices aux parents pour sauver des banques irresponsables. »

Silence gêné parmi les militants.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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