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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:55

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le « choc de compétitivité » stimulera d’abord… les profits !

|  Par Laurent Mauduit

 

 

 

Croissance faible, pouvoir d'achat déprimé, chômage à un niveau record : l'Insee ne voit pas venir l'embellie que devait susciter la politique économique néolibérale de Hollande. Et les cadeaux aux entreprises seront utilisés à 50 % « pour accroître ou préserver leurs marges ».

Pour justifier la politique néolibérale qu’il conduit en faveur des entreprises, et les immenses cadeaux financiers qu’il leur a accordés, François Hollande prétend que ces immenses allégements d'impôt contribueront à améliorer la situation financière des entreprises et que celles-ci finiront par investir et embaucher. Et il nie farouchement que cette politique de l’offre ne génère que des effets d’aubaine, les entreprises se bornant à encaisser ces cadeaux, pour gonfler leurs profits voire les dividendes servis à leurs actionnaires.

Si, à l’occasion des élections municipales, les citoyens ont déjà dit avec colère ce qu’ils pensaient de ce pronostic, en infligeant une sanction historique aux socialistes, on ne savait pas encore ce qu’en dirait l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui fait souvent office de juge de paix dans le débat public. Mais avec la nouvelle « Note de conjoncture » que l’Institut a publiée ce 3 avril en milieu de soirée, nous voilà fixés : même s’ils disent les choses avec plus de modération que les électeurs, les statisticiens ne sont pas loin de penser comme eux. Croissance très faible, chômage toujours à un niveau record, pouvoir d’achat en stagnation : la prévision est plutôt pessimiste et ne suggère pas que la politique de l’offre chère à François Hollande puisse contribuer à une véritable relance de l’activité. Elle valide même plutôt l’hypothèse selon laquelle le « choc de compétitivité » générerait surtout des effets d’aubaine.

Voici cette « Note de conjoncture » :

Aucune évaluation précise n’est certes encore possible du « choc de compétitivité » d’inspiration néolibérale que le gouvernement a mis en œuvre au profit des entreprises, avec à la clef les 20 milliards d’euros de crédit d’impôt que le gouvernement a décidé, sans la moindre contrepartie et le moindre contrôle. Le dispositif est trop récent pour que ses effets puissent être quantifiés. La prudence s’impose d’autant plus que le gouvernement a l’intention de prolonger ce premier dispositif soit par une suppression des cotisations familiales à la charge des employeurs, soit par un recalibrage et une montée en puissance de ce crédit d’impôt (baptisé CICE), de sorte que le total des allègements fiscaux et/ou sociaux alloués aux entreprises atteigne en régime de croisière 30 milliards d’euros.

Mais le fait est que, dans l’immédiat, la « note de conjoncture » ne détecte aucun électrochoc ni aucune reprise véritable de l’économie. La conjoncture s’est très légèrement améliorée après plus de deux ans de quasi-croissance zéro, mais l’amélioration est tellement faible qu’il serait bien imprudent d’y voir l’effet de la politique économique socialiste. Bien au contraire ! Alors que la politique d’austérité contribue à déprimer l’activité, la seule bouffée d’air dont profite l’économie française provient de l’amélioration timide de son environnement international.

Le chômage toujours à un niveau record

Comme le résume le tableau ci-dessous, l’économie française vit en effet toujours au ralenti, avec une croissance infime qui devrait plafonner à +0,1 % au premier trimestre de cette année 2014, puis +0,3 % au second semestre. Au total, la conjoncture s’est à peine améliorée, puisque l’on devrait constater à la fin du mois de juin un acquis de croissance (lire ici ce qu’est un acquis de croissance) de +0,7 % pour 2014, alors que sur l’ensemble de l’année la croissance a été nulle (0 %) en 2012 et de seulement +0,3 % en 2013. Mais enfin ! Avec une croissance sur l’ensemble de l’année 2014 qui ne devrait donc guère dépasser 1 %, il n’y a pas de miracle à attendre : pour l’immense majorité des Français, ce sera encore une année détestable.

(Cliquer sur le tableau pour l'agrandir)

Et c’est bien, en effet, le pronostic qui semble, pour l’Insee, le plus probable.

 

Ainsi, malgré les effets soi-disant favorables du CICE, l’emploi marchand serait quasi stable au cours du premier semestre de 2014 : l’Insee n’envisage en effet qu’à peine +2 000 créations d’emploi au cours de chacun des deux trimestres. Autant dire… presque rien, compte tenu de l’ampleur des cadeaux qui ont été offerts aux entreprises via ce dispositif de crédit d’impôt. En réalité, seuls les emplois non marchands progresseraient donc au premier semestre 2014 (+42 000), sous l’effet de la hausse du nombre des bénéficiaires des emplois dits « emplois d’avenir ».

Du même coup, la croissance de l’économie et la hausse de l’emploi seraient trop faibles pour contrebalancer les évolutions démographiques et les arrivées sur le marché du travail qu’elles entraînent. Résultat implacable : la promesse faite par François Hollande d’une inversion de la courbe du chômage avant la fin de 2013 ne serait toujours pas honorée… d’ici juin 2014 ! L’Insee estime en effet que le taux de chômage (au sens du Bureau international du travail) devrait rester jusqu’à cette échéance à son niveau record de 10,2 %, qu’il connaît presque sans aucune interruption depuis le dernier trimestre de 2012.

 

(Cliquer sur le tableau pour l'agrandir)

Deux ans de baisse historique du pouvoir d'achat

 

Pour les ménages, l’avenir est donc, à court terme, toujours aussi préoccupant. Et ce qui est vrai du chômage l’est tout autant du pouvoir d’achat, comme le montre le tableau ci-dessous :

 

(Cliquer sur le tableau pour l'agrandir)

 

Après deux années de chute historique, sans précédent depuis 1984 (l’année consécutive au deuxième plan de rigueur), au cours desquelles le pouvoir d’achat (par unité de consommation) s’est établi respectivement à -1,5 % en 2012 puis -0,3 % en 2013, le pouvoir d’achat devrait à peine se redresser au début de 2014, à +0,3 % seulement à la fin du premier semestre. Ce qui entraînerait, sans grande surprise, une croissance très mollassonne de la consommation des ménages.

CQFD ! François Hollande a décidé un transfert absolument sans précédent au détriment des ménages et en faveur des entreprises, en prétextant que cette politique néolibérale était le gage d’un retour de la croissance. Mais ce retour, on n’en trouve nulle trace véritable dans les analyses des statisticiens.

Dans cette étude (en particulier à partir de la page 62), on trouve même des indications qui sont pour le moins préoccupantes. Car l’Insee a introduit en janvier 2014 de nouvelles questions dans ses enquêtes de conjoncture. Plus de 8 000 entreprises du secteur des services et de l’industrie, éligibles au CICE, ont été interrogées sur l’utilisation qu’elles comptent faire de ce crédit d’impôt.

Or, les réponses (moins nombreuses que pour les enquêtes traditionnelles de l’Insee) font apparaître de possibles et forts effets d’aubaine. Car, certes, 46 % des entreprises dans l’industrie et 53 % dans les services assurent que le CICE leur permettra d’investir davantage. Et 43 % des entreprises dans les services et 31 % dans l’industrie disent que le même CICE aura un effet sur l’emploi.

Mais il faut admettre que ces taux sont très faibles. Ils laissent même songeurs. Alors que les dirigeants socialistes veulent mobiliser une somme de 20 milliards d’euros, financée notamment par le plus injuste des impôts, la TVA, deux entreprises sur trois ne comptent pas embaucher : cela vient donc confirmer que le soi-disant « choc de compétitivité » va d’abord se traduire par… un choc de profits. En clair, il va susciter d’énormes effets d’aubaine : de nombreuses entreprises vont empocher les crédits d’impôt et ne rien faire d’autre qu’arrondir leurs marges. C’est ce que confirme la note de l’Insee : « En moyenne, les entreprises disent utiliser 50 % du CICE pour accroître ou préserver leurs marges. Cette moyenne cache une grande disparité : 32 % des entreprises répondent qu’elles emploieraient exclusivement le CICE pour améliorer leurs marges, et 29 % affirment que cette mesure ne serait pas du tout utilisée dans ce but. »

Quelle que soit la fragilité de ces réponses, elles ont au moins un mérite : elles montrent que le gouvernement a commis une erreur gravissime en piochant dans les finances publiques pour une telle mesure, sans même exiger une quelconque contrepartie de la part des entreprises ni le moindre engagement. C’est même la pertinence de cette politique de l’offre qu’en termes feutrés cette note vient ébranler…

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:22

 

Source : www.reporterre.net

 

Le bois de teck "durable" au Panama : profit durable, forêt détruite

Cécile Raimbeau (Reporterre)

vendredi 4 avril 2014

 

 

 

Les forêts de teck au Panama sont les placements financiers à la mode. Les promoteurs des investissements « verts ». Mais derrière leur façade écolo, ces sociétés commerciales réalisent de juteux profits au détriment de la forêt naturelle et des Indiens.


- Darien (Panama), Reportage

Le véhicule tout terrain que conduit Elivardo Membache cahote sur une piste entre des plantations de tecks. « Ces petits arbres ont environ deux ans. En face, les plus grands ont dans les cinq ans », fait-il remarquer, main droite sur le volant, main gauche pointant le paysage par la vitre baissée. « Par là-bas, vivaient treize familles de colons latinos qui avaient envahi nos terres collectives », dit-il en se garant devant une petite école rurale isolée entre ces étendues de jeunes plantations.

« Après des années de conflit, le gouvernement nous a amenés à négocier et à leur lâcher cinq cents hectares, nous promettant d’enfin régulariser les terres qui nous restaient. Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas de titre pour notre territoire et ces colons ont vendu ces terres à cette entreprise de reforestation », expose-t-il, énervé par le mécanisme de cette duperie qui se reproduit d’année en année.

M. Membache est le cacique des indiens Emberás du Darién, une région de l’est du Panama connue pour sa riche biodiversité et frontalière avec la Colombie. Il habite la communauté d’Arimae où vivent sept cents Amérindiens de son ethnie. Depuis le début des années 1970, ils ont vu leur territoire se rétrécir inexorablement, passant de 72 000 à 8 572 hectares.

« C’est toujours le même processus : les colons ouvrent une piste à partir de la route panaméricaine. Ils défrichent, plantent des bananiers et du manioc, et construisent une maison. Le gouvernement reconnaît alors qu’ils travaillent la terre et leur octroie un titre. Puis, ils vendent à un grand éleveur ou à une entreprise et s’en vont défricher plus loin pour recommencer. Tout cela finit en pâturages pour des vaches, voire en plantations de tecks ». La petite école qui avait été construite pour ces familles de paysans est aujourd’hui presque uniquement fréquentée par des enfants Emberás.

Au Panama, les premières expériences de plantation de tecks datent du début du XXeme siècle. Mais cet arbre natif de l’Asie s’est surtout développé à partir de 1992. Cette année-là, en effet, une loi a encouragé la reforestation en proposant avantages fiscaux et exonérations d’impôts sur les bénéfices aux investisseurs. Non seulement les étrangers ont pu bénéficier de ces mesures, mais on leur a aussi accordé un visa de séjour permanent dans ce paradis fiscal notoire.

Résultat : « Des avocats se sont mis à acheter des hectares de pâturages pour les reboiser et les revendre à des hommes d’affaires étrangers sous forme d’actions ou de parcelles d’un hectare », constate Eduardo Esquivel, un consultant en agroforesterie critique de ces mesures incitatives plus économiques qu’écologiques. Le cadastre forestier du Panama est révélateur : des milliers d’hectares de forêts ont été récemment vendus en mini parcelles à des nouveaux propriétaires dont les noms ont des consonances exotiques.

Si le Panama est l’un des rares pays au monde où des investisseurs étrangers peuvent devenir propriétaires fonciers sans aucune restriction, ce n’est pas tant l’accaparement de terres forestières qui a déclenché un débat que l’évasion fiscale que cette loi a générée : de riches Panaméens plus avides de défiscaliser que de reboiser ont abusé de la législation en se faisant construire des résidences secondaires défiscalisées et en achetant de luxueux véhicules tout terrain détaxés sous prétexte d’avoir planter quelques arbres.

Depuis la révision de cette loi en 2005 pour limiter les abus, les acteurs de la reforestation sont surtout des entreprises internationales ayant des intérêts sur le marché de l’export. Une trentaine de ces entreprises exercent le principal de l’activité en plantant essentiellement du teck. Cette espèce exotique représente plus de 75 % des arbres qui ont été replantés dans le pays.

Un « développement durable » des bénéfices

D’abord, le teck pousse bien plus vite que la plupart des espèces natives. D’autre part, son bois esthétique et solide est très prisé sur le marché international. Produit rentable à connotation « développement durable », la forêt de teck est devenue une valeur refuge.

Des sociétés financières européennes proposent ainsi aux entreprises voulant verdir leur image ou aux citoyens consciencieux de compenser volontairement leurs émissions de gaz à effet de serre de placer leur argent dans ce type de forêt. Les formules proposées sont multiples. On peut mettre ses économies sur un « livret arbres », acheter une forêt entière ou seulement un hectare, voire un seul arbre.

Quel que soit le produit choisi, les gains promis sont attrayants : de 7 à 14 % d’intérêt annuel pendant vingt ans. Mais les publicités et les sites Internet habillés d’un vert écolo taisent les effets pervers du business.

Si toutes ces sociétés de reforestation jurent de ne planter que sur des pâturages anciens, « leurs prospections de terres à replanter fait augmenter le prix de l’hectare et avancer la frontière agricole, dénonce le cacique Membache. Un hectare dans le Darién se vend maintenant plus de 5 000 dollars. Par ici, c’est une fortune ! »

« Nous sommes conscients du risque que certains propriétaires de pâturages défrichent plus loin après la vente de leur terrain », avoue Petra Kollmannsberger, directrice de Forest Finance au Panama, l’une de ces entreprises qui démarchent le marché français. « Mais nous n’avons pas d’autre solution. Travailler avec des communautés sur leurs terres est difficile, car nous avons besoin d’une garantie sur vingt-cinq ans. Et posséder le terrain est important pour la sécurité du projet et la confiance des investisseurs ».

Mme Kollmannsberger est aussi secrétaire de l’ANARAP, l’Association des replanteurs du Panama qui regroupe les principales enseignes impliquées dans le secteur. En s’appuyant sur une étude de l’agence étas-unienne USAID, ce lobby réclame de nouvelles incitations à la « reforestation ». La création d’emplois et la multiplication indispensable de puits de carbone sont les principaux arguments qu’ils avancent.

« Les employés reçoivent un salaire respectueux de la législation du travail », « les emplois apportés maintiennent les familles dans leurs villages freinant l’exode rural », certifient la plupart de leurs chartes de conduite, même si, à l’instar de Forest Finance, plusieurs de ces entreprises sous-traitent leur main d’oeuvre, notamment à la société canadienne BARCA.

« Leur camion vient nous chercher à 5 heures du matin et nous ramène au village à 4 heures du soir, témoigne une jeune mère Emberá employée par cette société...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:13

 

Source : www.reporterre.net

 

L’UMP a usé et abusé de lobbying pour sauver les aéroports inutiles

Roman Bernier (Reporterre)

vendredi 4 avril 2014

 

 

 

Des dizaines d’aéroports en France ne sont pas rentables et ne fonctionnent que grâce aux subventions publiques. La Commission européenne voulait y mettre bon ordre. Mais a échoué, à cause d’un lobbying intense - et efficace - de l’UMP.

 


 

Tout commence en 2012. Saisie de tous les côtés par les poids lourds du transport aérien, la Commission européenne accepte de se pencher sur la question des subventions accordées aux aéroports régionaux. Les enquêteurs en charge du dossier seront stupéfaits par ce qu’ils découvrent.

Plate-formes sous perfusion sans espoir de rentabilité, absence de transparence dans les contrats, paradis fiscaux et des infrastructures parfois à quelques seulement kilomètres l’une de l’autre… Plus de quatre ans après les révélations de la Cour des comptes sur la gestion des aéroports en France, il semble que les pratiques ont perduré dans l’ensemble.

A Bruxelles, le Commissaire à la concurrence, Joaquin Amulnia, entend « mettre de l’ordre » : il est temps que cela cesse. C’est le branlebas de combat dans les rangs des aéroports français, qui craignent de voir se fermer le robinet des aides publiques. Dès lors, un lobbying intensif se met en place pour lutter contre la machine de guerre européenne. Et en l’espace de deux ans, la position européenne va changer du tout au tout.

 

Le Languedoc-Roussillon en première ligne

C’est dans un procès-verbal de la communauté d’agglomération de Carcassonne, daté du 19 décembre 2012, que l’on retrouve les premières preuves qu’un lobbying est à l’œuvre à l’échelon européen et ce afin d’infléchir la position de la Commission Européenne et de l’État français sur les aéroports.

Au sein d’un paragraphe intitulé « Motion de soutien à l’aéroport de Carcassonne en pays Cathare », on apprend que la région Languedoc-Roussillon est désignée comme « chef de file pour coordonner les actions de lobbying auprès du Gouvernement français ou de l’Europe ». Rien de surprenant à cela : le Languedoc est la deuxième région après l’Ile-de-France pour l’accueil des compagnies à bas coût, friandes de petits aéroports sous perfusion publique qui ne rechignent pas à payer rubis sur l’ongle les compagnies qui se déplacent jusqu’à eux. Or, toute baisse de la manne publique risquerait d’écarter les transporteurs, un danger que les petits aéroports ne peuvent se permettre s’ils veulent survivre.

Ils prennent donc des mesures, avec une ligne éditoriale claire et trois angles d’attaque :

- estimer la rentabilité des aéroports non pas en terme de résultat d’exploitation mais de leur rôle dans l’économie locale,
- prémunir les aéroports de moins d’un million de passagers contre les nouvelles lignes directrices européennes,
- obtenir de pouvoir réaliser les investissements nécessaires sur les infrastructures dès lors que l’exploitation vise l’aménagement du territoire.

Or, si la région Languedoc est encartée PS, c’est bien au sein de l’UMP que les réseaux seront les plus mobilisés. Pour porter haut les couleurs du pays d’oc, un homme est tout désigné : Franck Proust, eurodéputé spécialiste des transports et accessoirement maire adjoint de Nîmes Métropole qui a inauguré, le 3 avril 2013, des travaux d’agrandissement de l’aéroport très coûteux.

A cette époque, M. Proust défend encore devant les caméras l’idée d’une mutualisation des aéroports et d’une réduction de leur nombre. Trois mois plus tard, les choses vont changer radicalement.

 


- Franck Proust -

 

Quand l’UMP s’en mêle

Juillet 2013, la Commission dévoile ses propositions de refonte du système des aides publiques aux aéroports. Le couperet tombe : au-dessus de 200 000 passagers, un aéroport devra se débrouiller par ses propres moyens. C’est sévère, trop sévère pour la région Languedoc-Roussillon qui dispose à elle seule de onze aéroports, qui dépendent des aides publiques, et dont seuls cinq accueillent plus de 200 000 passagers.

Candidat idéal pour mener la révolte dans les halls de Bruxelles, Franck Proust s’empare du sujet. Le 9 juillet, par le biais d’un communiqué, l’eurodéputé, ancien libéral fraîchement converti aux joies de l’Etat-providence, accuse l’Europe de condamner les aéroports régionaux avec ces nouvelles règles d’attribution. Appelant à considérer l’impact positif pour le développement souligné par plusieurs études, il exige derechef une révision des aides.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:59

 

 

Source : siliconvalley.blog.lemonde.fr

 

Le patron de Mozilla poussé à la démission en raison de son opposition au mariage homosexuel

 
in Share11

 

 

Après une semaine de polémique, Brendan Eich a démissionné de son poste de directeur général de Mozilla. « Il a pris cette décision pour le bien de Mozilla et de notre communauté », explique sobrement Mitchell Baker, présidente de la Mozilla Foundation, qui développe le navigateur Internet Firefox. Au site Recode, elle ajoute qu'il ne lui était plus possible de diriger ses équipes. 

Inventeur du langage Javascript, cofondateur puis directeur de la technologie de Mozilla, Brendan Eich avait été nommé à la tête de la société le 24 mars. Très vite, il avait été rattrapé par une histoire : un don de 1 000 dollars effectué en 2008 pour soutenir la Proposition 8, un référendum sur l'interdiction du mariage homosexuel en Californie. Approuvée en novembre 2008, son application a été suspendue par la justice l'an passé.

 

CONTESTATION SUR TWITTER

Trois jours plus tard, plusieurs salariés avaient publiquement réclamé son départ.  « J'aime Mozilla, mais j'ai été déçu cette semaine, écrivait sur Twitter Chris McAvoy, l'ingénieur à la base de ce mouvement de contestation. Mozilla soutient l'ouverture, mais il [Brendan Eich] agit dans le sens opposé. Je suis un employé de Mozilla et je demande à Brendan Eich de démissionner de son poste de directeur général. »

Dans la foulée, d'autres employés de la société avaient repris cet appel. Trois membres du conseil d'administration avaient aussi démissionné. Tous les salariés ne partageaient cependant pas cet avis. Sur son blog, Christie Koehler, qui est homosexuelle, assurait par exemple n'avoir jamais constaté de comportements discriminatoires de la part de M. Eich.

La polémique avait rebondi cette semaine, avec la prise de position d'OkCupid, un site américain de rencontres sur Internet. « Le nouveau PDG de Mozilla, Brendan Eich, est un opposant à l’égalité des droits pour les couples homosexuels. Nous préférerions donc que nos utilisateurs n’utilisent pas le logiciel Mozilla pour accéder à OkCupid », pouvaient lire ses membres se connectant avec le navigateur.

 

"PAS D'IMPORTANCE"

Interrogé par le Guardian, M. Eich assurait encore en début de semaine qu'il n'avait pas l'intention de démissionner. « Je ne souhaite pas parler de mes convictions personnelles parce qu'elles n'ont jamais eu d'influence lors de mes quinze années chez Mozilla, expliquait-il au quotidien britannique. Je ne pense pas qu'elles aient de l'importance. »

La contribution de M. Eich avait déjà suscité une polémique au moment de sa révélation, en 2012. « Je suis accusé d'être une personne intolérante et haineuse, uniquement à cause de cette donation. Cela est faux et injuste, expliquait à l'époque M. Eich sur son blog. Je défie quiconque de citer un incident lors duquel j'ai fait preuve de haine ou traité une personne de manière irrespectueuse en raison de son appartenance à un groupe ou de son identité. »

Au lendemain de sa nomination, M. Eich s'était de nouveau défendu sur son blog. « Je sais qu'il existe des inquiétudes sur mon engagement à favoriser l'égalité et à accueillir la communauté LGBT au sein de Mozilla. J'espère apaiser ces craintes en prenant un certain nombre d'engagements. »


GAY PRIDE

Dans la Silicon Valley, majoritairement démocrate et progressiste, ce genre de position n'est guère appréciée. A San Francisco, bastion du mouvement homosexuel aux Etats-Unis, la Proposition 8 n'a recueilli que 25 % des suffrages. En 2008, de nombreux dirigeants de sociétés high-tech s'étaient publiquement opposés à cette mesure.

Les entreprises de la région soutiennent au contraire les droits et le mariage des couples homosexuels. Google, Facebook (dont Mark Zuckerberg l'an passé) et de nombreuses start-up défilent ainsi lors de la Gay Pride de San Francisco. Avant même la reprise des mariages homosexuels en Californie, la grande majorité des sociétés technologiques offrait déjà les mêmes avantages à tous les couples. Cela était d'ailleurs le cas chez Mozilla.

Photo: Gen Kanai

 

 

Source : siliconvalley.blog.lemonde.fr

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:43

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

Explicateur 03/04/2014 à 18h02

Vivre dans une yourte ou entre amis : nouveau mode d’emploi

 

Emilie Brouze | Journaliste Rue89

 

La loi Alur reconnaît enfin l’habitat alternatif. Chacun dans sa caravane ou à plusieurs dans une coopérative d’habitants, ceux qui ont choisi de vivre autrement sont enfin reconnus.

 

Sujet suggéré par un internaute

La loi pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové (Alur), publiée le 26 mars au Journal officiel, concerne principalement le logement locatif.

 


La construction d’une yourte en Ardèche (2010) (MARCILHACY CYRIL/SIPA)

Le texte, porté par l’ancienne ministre de l’Egalité du territoire et du Logement, Cécile Duflot, contient aussi deux volets sur l’habitat alternatif, « extrêmement intéressants », selon le riverain qui a attiré notre attention sur ces morceaux de texte. Explications.

 

1 L’habitat participatif

Un immeuble à plusieurs

 

Madeleine et des amis ont co-construit un immeuble à Nantes, sorti de terre en 2010. Pour monter leur projet collectif, elle expliquait à Rue89 qu’ils avaient « picoré à droite à gauche », niveau droit : il n’existait pas alors de dispositif législatif adéquat.

Définition
« L’habitat participatif est une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s’associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun [...]. »

Pierre-Yves Jan, co-président d’Eco habitat groupé, une composante du collectif « Coordin’action », a trouvé l’expression parfaite : avant la loi Alur, la majorité des expériences d’habitat participatif étaient dans « un cadre imprévu du droit ».

« Pas illégal ni clandestin. Mais quand on allait voir un notaire ou un banquier, c’était incompréhensible. »

Ce n’était pas l’idéal mais jusqu’alors, les habitants se regroupaient souvent en Société civile immobilière (SCI). Enfin une vraie reconnaissance : même si elle ne couvre pas tous les cas de figure, la loi Alur offre deux statuts juridiques possibles à l’habitat participatif :

  • la « coopérative d’habitants », qui existe déjà en Suisse ou au Québec. Les habitants, qui ont des parts sociales dans une coopérative, sont collectivement propriétaires de l’immeuble et paient un loyer à cette société pour leur logement. S’ils quittent la coopératives, ils peuvent revendre uniquement leurs parts, plafonnées selon l’indice de référence des loyers – ça permet d’éviter la spéculation et de favoriser l’accès aux plus modestes. A Villeurbanne (Rhône), le Village vertical fonctionne sur ce modèle.
  • La « société d’attribution et d’autopromotion » : les habitants sont quasi-propriétaires. Chacun achète un lot-logement et en obtient la jouissance durable – le lot-logement comprenant un lieu de vie privé et des espaces communs (une buanderie, une chambre d’amis, etc.). Ce fonctionnement permet d’éviter le statut de la copropriété et ses défauts : les parties communes finissant par être délaissées. Enfin, les nouveaux arrivants doivent adhérer au projet collectif.

Pierre-Yves Jan explique que la loi Alur introduit une chose importante :

« Ce ne sont pas des sociétés de construction mais d’habitation. »

Si des habitants pouvaient monter une SCI pour co-construire un immeuble, ce cadre ne permettait pas de préserver l’esprit de vie collectif :

« Souvent, les groupes étaient banalisés en copropriété et le projet s’estompait, au fur et à mesure des années. »

 

2 L’habitat mobile

Yourtes, tipis, caravanes...

 

Jusqu’à présent, un vide juridique entourait l’habitat mobile et démontable. En témoignaient sur Rue89 Renaud et Quentin qui vivent confortablement mais illégalement dans une caravane et un camion aménagé sur leur terrain de 500 m2.

Avec la loi Alur, l’habitat mobile bénéficie d’un cadre légal. Les terrains où seront autorisés yourtes et tipis pourront être indiqués sur les documents d’urbanisme (article 132 de la loi Alur).

Mais les associations interrogées sont dubitatives sur ses applications. Marie Laurent du Collectif Yourtes nature n’est pas très optimiste, d’autant que le remaniement du gouvernement et le départ de Cécile Duflot complexifie les choses. Que vont devenir les mesures qui ne sont pas encore entrées en vigueur ?

« Tel quel, le pouvoir est laissé aux municipalités »

Les associations sont suspendues au contenu du décret qui devrait découler du texte de loi. Car le permis d’aménager sera soumis à plusieurs conditions sur la « satisfaction des besoins en eau, assainissement et électricité des habitants ».

Marie Laurent espère que le décret contournera l’obligation de raccord aux réseaux publics – pour l’eau, beaucoup d’habitants utilisent des cuves ou de pompes avec des systèmes de filtres et ne souhaitent pas être raccordés au réseau. « Est-ce que ça va rendre illégales toutes nos installations ? », s’interroge-t-elle aussi.

Autre point noir : rien n’obligera une commune à définir sur son Plan local d’urbanisme (PLU) des terrains où pourront s’installer tentes et yourtes.

« Tel quel, le pouvoir est laissé aux municipalités et ça change peu de choses. Même si une municipalité ne pourra plus se retrancher, pour justifier un refus, derrière l’impossibilité de légaliser une installation de yourte. »

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:32

 

 

Révolution agricole aux Etats-Unis : c’est la fête au bio, aux fruits et aux légumes

 

Hélène Crié-Wiesner - Binationale
Publié le 04/04/2014 à 12h07

Barack Obama s’apprête à prononcer un discours sur le Farm Bill, à l’université d’Etat du Michigan, le 7 février 2014 (Jacquelyn Martin/AP/SIPA)

 

L’agriculture américaine trimballe une exécrable réputation en Europe : industrialisée, OGMisée, subventionnée à mort… Et si tout cela n’était plus vrai ? Un autre plan agricole vient d’être voté : adieu la sainte trinité maïs-blé-soja ! Le bio, les fruits et des légumes sont enfin à la fête.

Tout est relatif, mais le nouveau Farm Bill, la loi quinquennale définissant la politique agricole et alimentaire du gouvernement fédéral, accorde enfin aux petits et moyens producteurs les mêmes droits qu’aux exploitants céréaliers géants. Mieux : les fermiers voulant se convertir au bio vont être solidement soutenus.

Je n’entre pas dans les détails de la remise à plat des subventions qui favorisaient les gros exploitants et les cultures polluantes, dévoreuses d’eau et d’énergie. Elles sont désormais remplacées par un système d’assurance sur les récoltes, dont – c’est une grande nouveauté – peuvent dorénavant bénéficier les producteurs de fruits et légumes.

Comme toutes les lois, celle-ci est très technique. Il suffit de savoir que plus rien ne sera comme avant. En fixant de nouvelles règles du jeu pour pouvoir accéder aux assurances, la loi régule par la même occasion l’usage des produits phytosanitaires et l’exploitation des terres, histoire de préserver l’environnement mis à mal par les changements climatiques.

Des étoiles dans les yeux des républicains !

Les cultures de fruits et de légumes, ainsi que le bio en général, sont les grands bénéficiaires de cette petite révolution américaine. Celle-ci est déjà bien visible dans les rayons des supermarchés, de mieux en mieux fournis avec des produits corrects. La multiplication fulgurante des marchés fermiers dans les villes est un autre signe de l’engouement des consommateurs pour le frais et le plus sain.

Inutile de préciser que, dans le climat délétère qui règne au Congrès, où les républicains ont pour règle de saboter la politique d’Obama, les élus ont eu du mal à accoucher de ce nouveau Farm Bill. Mais apparemment, quand il s’agit de nourriture, les haines et les clivages traditionnels s’estompent.

A vrai dire, les perspectives économiques du bio allument des étoiles jusque dans les yeux des républicains. On comprend pourquoi en écoutant ce que disait le 20 mars Tom Vilsack, le secrétaire d’Etat à l’Agriculture :

« La demande pour le bio a crû de façon exponentielle pendant la décennie écoulée. Avec des ventes au détail estimées à 35 milliards de dollars l’an dernier, l’industrie du bio représente une opportunité économique exceptionnelle pour les fermiers, les éleveurs et les communautés rurales. »

Même phénomène dans le renouvelable

Ce principe de réalité bouleverse les plus conservateurs des élus républicains, de ceux qui crachent depuis toujours sur les environnementalistes et « les hippies » amateurs de nourriture saine, et qui portent aux nues l’idée de « marché libre ».

Le New York Times rapporte ainsi les propos d’un député du Wisconsin, un des plus gros Etats agricole des Etats-Unis :

« Je pense qu’on doit laisser les consommateurs décider du genre d’aliments qu’ils veulent acheter. S’il y a un marché pour les produits bio, on doit le soutenir. »

Petite parenthèse : le même phénomène touche le secteur des énergies renouvelables. J’ai passé le début de l’année à enquêter sur la croissance folle de la production photovoltaïque en Caroline du Nord, Etat républicain, qui vient de se hisser à la deuxième place du marché solaire aux Etats-Unis.

Alors que le parti républicain, historiquement financé par la coalition des charbonniers-pétroliers-gaziers, s’oppose aux coups de pouce fiscaux accordés aux renouvelables, ses élus de terrain prônent le soutien au solaire et à l’éolien, générateur d’emplois et de richesses pour leurs électeurs.

La culture du chanvre, bannie depuis 75 ans

Revenons à nos moutons... En plus du soutien financier au bio, le Congrès est tombé d’accord pour relever le statut des producteurs de fruits et de légumes conventionnels – c’est-à-dire non bio. Jusque-là, ils étaient les parents pauvres de l’agriculture américaine. Pourquoi ce cadeau ? La demande des consommateurs, toujours, mais aussi le souci de combattre l’obésité qui affecte la population américaine.

Un détail amusant : les recherches scientifiques sur le chanvre, ainsi que sa culture, qui étaient bannies du pays depuis 75 ans, vont pouvoir reprendre, et permettre de développer une production nationale d’huile, cire, corde, vêtements et autres produits dérivés, qui étaient jusqu’ici totalement importés de l’étranger.

Finalement, il arrive que des hommes politiques tiennent leurs promesses, même quand celles-ci étaient tellement grosses qu’on ne donnait pas cher de leur réalisation.

Cette nouvelle loi agricole résulte certes de la ténacité de sa rapporteuse au Sénat, la démocrate Debbie Stabenow, mais l’idée générale en revient au secrétaire d’Etat Tom Vilsack.

Stupéfaite par l’audace du secrétaire d’Etat


Tom Vilsack, portrait officiel (Bob Nichols/Wikimedia Commons)

En mars 2009, Vilsack, nouveau secrétaire d’Etat à l’Agriculture nommé par un Obama tout frais élu, avait dit tout le mal qu’il pensait des pratiques agricoles de son pays. Sur la radio publique NPR, je l’avais entendu expliquer les réformes qu’il souhaitait, et j’avais alors été stupéfaite par son audace (dans le contexte américain).

J’avais traduit entièrement l’interview pour American Ecolo. En voici à nouveau quelques extraits, à mettre en perspective de ce qu’il vient d’accomplir par le biais du Farm Bill. Qui a dit que l’administration Obama n’avait rien fait de ce qu’elle avait promis ?

« C’est complexe, ces histoires de subvention ! Elles ont été créées pour garantir la survie des agriculteurs en des temps difficiles. Le défi est donc de trouver un moyen pour continuer à offrir aux consommateurs de la nourriture à un prix raisonnable, tout en assurant une certaine aisance aux producteurs.

C’est là qu’interviennent les contraintes climatiques : on doit anticiper un avenir dans lequel les fermiers seraient payés pour réduire leur empreinte carbone et la nôtre, pour préserver la nature. Nous nous préoccupons de la qualité de l’eau, de la préservation des sols, et nous sommes prêts à payer ces gens pour qu’ils travaillent leur terre d’une manière qui ne soit pas seulement bénéfique pour eux, mais aussi pour nous. [...]

Ce qu’on veut, c’est offrir une certaine sécurité aux agriculteurs qui en ont besoin. [...]

L’agriculture doit évoluer, et je pense que les changements climatiques et les impératifs énergétiques fournissent une opportunité idéale. [...] En ce moment, nous avons une occasion unique de nous attaquer aux réformes : les Américains n’ont jamais été aussi attentifs à ce qu’ils mangent.

Nous devons encourager nos enfants à devenir des consommateurs alimentaires avertis. Ils faut qu’ils aient envie de fruits et légumes variés dans leurs assiettes. Ils doivent être capables de réclamer ça. On doit les y encourager. Cette crise énergétique et climatique est une opportunité formidable. Mais le changement, c’est toujours difficile. »

Il aura fallu cinq ans à Tom Vilsack pour aboutir. J’imagine que ce Farm Bill tout neuf ne comble pas toutes ses attentes, mais la politique, c’est l’art des compromis, non ?

Evidemment, l’impact de cette loi sur l’économie mondiale ne va pas se faire sentir tout de suite. Le rouleau compresseur agricole américain va continuer à laminer les cultures des pays pauvres. Mais à l’échelle des Etats-Unis, le progrès est indéniable.

                                                                                                                                                                              Source : blogs.rue89.nouvelobs.com


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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:17

 

 

Source : www.mediapart.fr

Les privatisations s'accélèrent en Grèce

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Le Taiped, le fonds de valorisation du patrimoine grec créé pour privatiser les biens publics, a tranché : le terrain de l'ancien aéroport d'Athènes, qui comprend en outre une grande partie des installations olympiques de 2004, sera vendu à une société grecque. Depuis quelques mois, le programme des privatisations voulu par la Troïka s'accélère... au risque de définitivement braquer la population.

C'est un vaste terrain de 620 hectares dans l'une des métropoles les plus urbanisées d'Europe : grand comme deux fois Central Park, il longe la côte sur trois kilomètres et demi, avec une vue imprenable sur le golfe Saronique et l'île d'Égine, celle que l'on peut rejoindre depuis Le Pirée en à peine 40 minutes... Le long de la ligne de tramway qui dessert ces quartiers huppés du sud de la métropole athénienne, un parc accueille encore les joggeurs du dimanche et quelques terrains utilisés par les clubs sportifs. Mais la plupart des installations olympiques construites pour les JO de 2004 sur ce gigantesque espace sont en déshérence, tel le circuit de canoë-kayak, à quelques encablures de là, à sec depuis bien longtemps. Au milieu des herbes folles, l'on trouve également les pistes de l'ancien aéroport de la capitale grecque, qui fonctionnait avant les Jeux, jusqu'à l'ouverture du nouveau de l'autre côté du mont Hymette... Côté nord, le terrain est bordé par la longue avenue Vouliagmenis qui conduit au cap Sounio : ici passe le métro, depuis que le rallongement de l'une des trois lignes de la métropole est entré en fonction cet hiver. Un quart d'heure de transport, et vous voilà dans le centre de la capitale.

Ce terrain, situé sur la commune d'Elliniko-Argyroupoli, faisait partie, jusqu'en 2011, du patrimoine public de l'État par l'intermédiaire de la société Elliniko SA. Lundi 31 mars, cette société est passée dans les mains du promoteur immobilier Lamda Development. « C'est un scandale ! s'exclame Fereniki Vatavali, urbaniste à la maire d'Elliniko, mobilisée depuis le début contre la vente de ces terrains. Il n'y a aucune transparence dans la procédure, on ne sait pas comment les décisions sont prises, on ne connaît ni le contenu précis du cahier des charges ni les plans d'urbanisme de l'entreprise. » Jamais les pouvoirs locaux n'ont été consultés sur la reconversion du site, encore moins conviés à la table des négociations avec les investisseurs potentiels. Fereniki Vatavali, jointe par téléphone au lendemain de l'annonce de la vente, ne décolère pas : « Cette privatisation montre l’hypocrisie totale de ce programme : il s'agissait soi-disant de faire venir les capitaux étrangers... Or avec Lamda Development, les décideurs grecs ont en réalité placé l'un des leurs ! »

 

Le terrain d'Elleniko, 620 hectares en bord de mer dans la banlieue sud de la métropole athénienne 
Le terrain d'Elleniko, 620 hectares en bord de mer dans la banlieue sud de la métropole athénienne © dr

 

La société Lamda Development n'est pas une inconnue en Grèce. C'est l'un des plus gros groupes d'investissement foncier d'Europe du Sud-Est, détenu par l'homme d'affaires Spyros Latsis, l'une des plus grandes fortunes grecques (présent aussi dans les secteurs bancaire et pétrolier). Pas de surprise, donc, de voir ce géant se jeter sur le grand marché des privatisations : en 2012, c'est lui qui remporte la première transaction du programme – la concession du centre commercial Golden Hall qu'il avait lui-même construit, dans la banlieue ouest d'Athènes (à l'origine, le bâtiment avait été conçu pour abriter le centre de presse des JO en 2004). La société, dont plusieurs opérations passées, rapportées par la presse grecque, ont été entachées d'irrégularités (dénoncées notamment par le Journal des rédacteurs), participe en outre à la compétition pour le complexe hôtelier de luxe Astir Vouliagmenis, planté sur une avancée sur la mer dans le prolongement d'Elleniko – mais il perd la mise en ce début 2014 dans la dernière phase de la compétition.

Devant l'attribution d'Elleniko à Lamda Development, Fereniki Vatavali dénonce de profondes modifications en cours de route de l'appel d'offres : au départ, l'opération consistait en la concession pour 99 ans d'une majorité des parts de la société d'exploitation Elliniko SA ; par la suite, l'opération s'est transformée en une concession de la totalité des parts, plus la propriété de 30 % du terrain. Autre irrégularité dénoncée par les détracteurs du projet : de nombreux travaux vont rester à la charge de l'État et des collectivités locales. Car d'incontournables aménagements sont nécessaires, en particulier pour acheminer les réseaux en eau et électricité ; et il va falloir déplacer tous les services publics encore présents sur place, notamment une école, un centre culturel, des services sociaux, les bureaux de la mairie, un commissariat de police, un centre de recherche sous-marine, des terrains de sport... Sur la vente de l'ensemble de cet espace, le conseil municipal d'Elliniko-Argyroupoli avait déjà déposé un recours au conseil d'État l'an dernier. Il en prévoit d'autres. Problème, ce genre de procédure est long, et aucune réponse n'a été donnée au premier recours avant la conclusion de la transaction...

 

Elleniko : des terrains à l'abandon et d'anciennes installations olympiques 
Elleniko : des terrains à l'abandon et d'anciennes installations olympiques © Amélie Poinssot

 

De nombreux habitants sont par ailleurs attachés au caractère public de ces espaces et ont mené plusieurs actions de sensibilisation ces deux dernières années, comme une opération plantage d'oliviers sur l'une des friches. Deux collectifs occupent également l'espace : une clinique de médecins bénévoles s'est installée dans des locaux prêtés par la mairie, et un groupe a fait pousser sur une parcelle un potager urbain.

Objectifs revus à la baisse

Qu'importe pour le gouvernement Samaras qui, depuis des mois, annonce sans ciller « la lumière au bout du tunnel », prédit le retour des investisseurs et vante la « success story » grecque : cette transaction, emblématique du programme des privatisations, est un succès. Elle va rapporter 915 millions d'euros à l'État, dont un premier versement, à hauteur de 33 %, doit être déposé dès la signature du contrat – soit 302 millions d'euros, une goutte d'eau pour la dette grecque, actuellement chiffrée à près de 322 milliards d'euros. Le restant dû sera réglé progressivement au cours des dix années qui viennent. Au-delà de la transaction financière, Lamda Development s'est en outre engagé à investir 5,7 millions d'euros pour la reconversion du vaste espace : immeubles de grand standing, bureaux, infrastructures touristiques de luxe, parc urbain et marina sont au programme. Sur son clip de promotion, Lamda affiche le « plus grand parc du monde », on y découvre la « tour résidentielle Marina », un gratte-ciel en bord de mer avec vue imprenable sur la baie. Lamda se vante d'« un nouveau standard de vie »... dans un pays où le pouvoir d'achat moyen a été divisé par deux sous l'effet des politiques d'austérité depuis quatre ans ! Mais la clientèle visée n'est probablement pas la classe moyenne grecque...

L'État grec se sépare donc de ses bijoux de famille, et la liste ne se limite pas à Elliniko. À vrai dire, elle ne cesse de s'allonger. On y trouve – sous forme de cession complète ou de prise de participation – la compagnie des eaux d'Athènes, celle de Thessalonique, les compagnies de gaz et d'électricité, l'exploitation et l'entretien des chemins de fer, l'aéroport international d'Athènes, les aéroports régionaux, des dizaines de ports de province, l'exploitation de monopoles commerciaux, mais aussi un catalogue de 900 biens fonciers et immobiliers, plus ou moins épais...

 

L'ancien aéroport d'Athènes, sur le site d'Elleniko 
L'ancien aéroport d'Athènes, sur le site d'Elleniko © Amélie Poinssot

 

C'est en 2011 que ce programme de privatisations est lancé et confié à une structure ad hoc, le Taiped – Fonds de valorisation du patrimoine de l'État grec : cette société mise en place sous la pression des créanciers du pays, la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI), devient de facto la propriétaire d'un immense portefeuille qu'elle doit vendre petit à petit.

Sauf que la réalisation du programme est bien loin d'atteindre son objectif de départ, à savoir combler la dette abyssale du pays, et les chiffres visés sont sans cesse revus à la baisse : l'an dernier, le Taiped ne tablait plus que sur 9,5 milliards d'euros de ventes d'ici à l'an prochain, contre 19 milliards encore officiellement visés quelques mois plus tôt... Et aujourd'hui, le Taiped ne dit même plus officiellement quel est son objectif. « Nous sommes en cours d'évaluation », nous assure-t-on à Athènes. Pour rappel, la cible initiale, telle qu'annoncée en février 2011 par les représentants de la Troïka en visite à Athènes, était de 50 milliards. La nouvelle, sortie de la bouche de Poul Thomson, l'émissaire du FMI, avant même que les autorités du pays n'en touchent un mot, avait alors provoqué un tollé. Depuis cette boulette, la Troïka avait cessé de se plier à l'exercice de la conférence de presse lors de ses missions à Athènes, n'apparaissant qu'au travers de ses « hommes en noir », entrant et sortant des ministères, prenant ses décisions en toute opacité.

Le problème est que l'économie grecque est en récession continue depuis lors, que la Bourse et le marché immobilier se sont effondrés, et que les investisseurs tant attendus par le gouvernement Samaras ne se sont pas bousculés sous le Parthénon. Le contexte apparaît bien peu favorable pour vendre à bon prix les lots dont l'État veut se désengager. En réalité, la politique qui sous-tend ce programme de privatisations n'est pas tant de renflouer la dette publique – opération impossible –, que de libéraliser l'économie. Peu importe, semble-t-il, si le patrimoine est bradé...

Les ventes ont en effet démarré très timidement. En 2012, sur les 3 premiers milliards que l'État devait toucher de ces ventes, seulement 271 millions d'euros rentrent dans les caisses (concession du centre commercial Golden Hall et vente de la société de loterie nationale). En 2013, six transactions sont conclues, pour un montant total de 912 millions d'euros – même si cela reste en deçà des objectifs, on note le départ de la très lucrative société de paris sportifs OPAP ainsi qu'un ensemble de 28 propriétés immobilières, parmi lesquelles des bâtiments ministériels pour lesquels le gouvernement grec va désormais devoir s'acquitter d'un loyer, ainsi que l'exploitation de la baie Aghios Ioannis, grande plage touristique de Chalcidique, une des péninsules encore relativement préservées de la côte nord-est du pays.

Ces derniers mois toutefois, le programme semble passer à la vitesse supérieure. La valse des têtes au sommet de l'institution semble avoir cessé (trois présidents et deux directeurs exécutifs se sont succédé depuis sa création, en raison, notamment, de conflits d'intérêts, mais aussi de fortes pressions politiques venant de l'entourage du premier ministre Antonis Samaras). De nouveaux appels d'offres sont lancés, comme la société de paris hippiques Odie ou encore un magnifique manoir vénitien sur l'île de Corfou, niché dans une forêt de chênes et de pins : Castello Bibelli. Un autre dossier phare des privatisations passe dans sa seconde phase : le réseau ferré Trainose et la société de maintenance Rosco seront prochainement attribués. La SCNF est sur les rangs pour les chemins de fer, en concurrence avec le rail russe et le rail roumain, tandis qu'Alstom s'est positionné pour la maintenance, là aussi en concurrence avec les Russes. Idem pour deux petits ports, celui de l'île de Chios et celui de Pylos, dans le sud du pays : huit investisseurs ont été présélectionnés, la plupart étant des sociétés appartenant à des armateurs grecs déjà leaders dans le tourisme de luxe, comme TEMES SA, propriétaire de Costa Navarino – l'un des plus vastes complexes hôteliers très haut gamme du pays qui occupe une baie entière non loin de Pylos. Enfin, la vente de la compagnie des eaux de Thessalonique est elle aussi entrée dans sa dernière ligne droite. Ont été retenus le français Suez allié au leader grec du BTP Aktor (dirigé par l'incontournable Yorgos Bobolas, à la tête par ailleurs de plusieurs médias grecs), et un consortium israélo-gréco-néerlandais.

Forte mobilisation à Thessalonique

Trois transactions ont en outre été conclues depuis janvier : le luxueux complexe Astir Palace Vouliagmenis avec sa marina, dans l'une des zones les plus chères de la métropole athénienne, à un vol de mouette d'Elliniko (attribué à AGC Partners Jermyn Street, société qui opère entre Londres et le Moyen-Orient et ambitionne de faire de l'endroit un hôtel « 6 étoiles » accompagné d'une vingtaine de résidences de luxe pour la jet-set internationale) ; trois propriétés immobilières de l'État grec qui étaient situées à l'étranger ; et la cession du gazier DESFA pour 400 millions d'euros à la compagnie azerbaïdjanaise Socar. Cette dernière opération attend toutefois l'aval de la Commission européenne qui examine actuellement sa compatibilité avec les règles de concurrence de l'UE.

Si traditionnellement les investisseurs étrangers en Grèce étaient plutôt allemands, britanniques et français, des capitaux arrivent donc désormais d'Asie, de Russie et du Moyen-Orient. Les Chinois notamment se sont montrés intéressés par le rachat de l'actuel aéroport international d'Athènes. Ils avaient déjà acquis en 2008, avant que ne démarre le programme de privatisations, la concession de deux embarcadères sur les trois que compte le port de marchandises du Pirée, via le géant maritime Cosco. Alors que l'un de ces deux embarcadères fonctionne à plein depuis déjà quatre ans, l’aménagement du deuxième est sur le point d'être finalisé. Parallèlement, le Taiped a lancé, début mars, l'appel d'offres pour la gestion de l'ensemble du port – jusque-là dans les mains de l'OLP, les autorités portuaires du Pirée. Nul doute, il s'agit là de casser un bastion syndical, comme cela a déjà été fait dans la partie passée sous le contrôle de Cosco.

 

Chantier naval de Perama, dans la zone portuaire du Pirée, encore sous gestion de l'OLP. 
Chantier naval de Perama, dans la zone portuaire du Pirée, encore sous gestion de l'OLP. © Amélie Poinssot

 

Il faut dire que le Taiped ne se préoccupe guère de considérations sociales. Cette société anonyme, dotée au départ d'un capital de 30 millions d'euros issu de fonds publics, est conseillée par les banques grecques et les plus grandes banques d'investissement du monde (Rothschild, UBS, Crédit suisse, Deutsche Bank, BNP Paribas, Lazard, HSBC, Crédit agricole...) ainsi que par des cabinets juridiques grecs (Karatzas and Partners, Koutalides) et internationaux (Ernst and Young, Baker & McKenzie, Clifford Chance, Happold Consulting...). Chaque opération se fait sous la tutelle de consultants de ces institutions, qui doivent prendre au passage de coquets honoraires... Pour le conseil financier dans la vente d'Elleniko, ce sont les banques Citigroup et Piraeus Bank qui étaient aux manettes. Celles-là même qui ont bénéficié, avec les autres banques du pays, du renflouement de 50 milliards d'euros issu du mémorandum signé entre le gouvernement grec et la Troïka en février 2012...

Le pays est à point pour les juteuses affaires. Le risque de sortie de la zone euro brandi il y a deux ans est écarté, les lois dites « fast track » pour investir plus facilement sont passées, les secteurs de l'économie sont libéralisés les uns après les autres (secteur du lait il y a dix jours ; libéralisation des pharmacies en cours)... Quant aux salaires, ils ont chuté : le Smic grec est plafonné depuis 2012 à 580 euros brut (512 pour les moins de 25 ans) et le taux de chômage dépasse les 27 %.

Si le pays apparaît comme une aubaine pour les investisseurs, de nombreux Grecs ne l'entendent pourtant pas de cette oreille. À Thessalonique, la perspective de la vente de la compagnie des eaux EYATH a suscité une forte mobilisation, à commencer par le maire lui-même, le pourtant libéral Yannis Boutaris, personnalité indépendante soutenue par le Pasok, et entrepreneur qui a fait fortune dans le vin... En octobre dernier, il nous disait : « Je ne crois pas que le secteur public puisse gérer une entreprise, ou alors c'est l'Union soviétique ! En revanche, pour certains secteurs, comme l'eau, c'est différent. L'eau est un bien public, en tant que bien public, elle ne peut pas être vendue. » Dans cette ville du nord de la Grèce, un collectif, « Save the greek water », a lancé une pétition contre la privatisation de l'eau, elle a recueilli 34 000 signatures. Et un vote consultatif sur la question de la vente d'EYATH sera organisé le 18 mai, en même temps que le premier tour des élections municipales et régionales.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:02

 

Source : www.mediapart.fr

Face aux menaces de déflation, la BCE promet son soutien... aux banques

|  Par martine orange

 

 

Alors que la zone euro menace de tomber dans une spirale déflationniste, la Banque centrale européenne a choisi l’immobilisme. Elle n’exclut pas d’intervenir, si les circonstances se dégradent. Pas pour aider les États, mais les banques.

Depuis le début de son mandat, le président de la BCE est passé maître dans l’art du discours. Cela lui a déjà beaucoup profité. En promettant en août 2012 de faire « tout ce qu’il faudrait » pour protéger l’euro, il est parvenu à arrêter la crise des dettes souveraines, sans que cela ne coûte rien. Mario Draghi a tenté jeudi 3 avril de réitérer l’exercice. Face aux menaces de déflation qui pèsent sur la zone euro, aux multiples pressions qui le poussent à agir, il s’est acheté du temps. En promettant une possible intervention pour plus tard, il a justifié son immobilisme du moment.

 

© boursier.com

Car, pour la BCE, rien ne presse. Aucun signe ne pourrait justifier de prendre des actions fortes. Une croissance de la zone euro de 0,2 % au premier trimestre de 2014, après une hausse du PIB de 0,1 % au quatrième trimestre et de 0,3 % au troisième trimestre 2013, lui paraît être dans la ligne d’une reprise après deux années de récession. Un chômage qui « se stabilise à un haut niveau », selon les termes du président de la BCE, à plus de 12,3 % de la population active et plus de 25 % pour les jeunes – on ne parle même pas de la Grèce, de l’Espagne ou du Portugal – reste dans l’acceptable en sortie de crise.

La demande de crédits au secteur privé qui baisse de 2,2 % en février dans la zone euro ne comporte lui non plus aucun signal inquiétant. « Sur une longue période, le crédit est toujours en forte hausse », a soutenu sans sourciller Mario Draghi. Une consommation en berne dans la plupart des pays européens n’est pas plus considérée comme alarmante. Et les prix qui baissent, qui baissent, ne constituent pas non plus à ce stade un danger.

En mars, les prix à la consommation ont augmenté de 0,5 % ( en tendance annualisée) dans la zone euro, contre 2,7 % en janvier 2013. Depuis septembre 2013, l’inflation diminue en moyenne de 0,1 % chaque mois, en dépit des hausses des prix des services et de la TVA. Dans certains pays, c’est même l’effondrement : 6,5 % en Grèce, 5,6 % en Italie, 4,7 % en Espagne, 4 % au Portugal, 3 % en Slovénie, 2 % aux Pays-Bas depuis septembre, selon les calculs annualisés à partir des statistiques d’Eurostat. « La déflation s’installe dans la zone euro », mettent en garde de nombreux économistes. 

Tous soulignent combien la déflation est bien pire que l’inflation. Le phénomène n’entraîne pas seulement le report d’achats ou d’investissements, en attendant des prix plus bas encore, comme certains le décrivent souvent. Ce n’est pas un mouvement temporel d’ajustement, comme le veut la théorie classique. C’est une spirale sans fin, comme l’a mis en lumière Keynes dans sa Théorie générale de l’intérêt de l’emploi de la monnaie. La chute des prix entraîne une baisse des salaires, un chômage qui n’arrive pas à se stabiliser, car de nouvelles chutes de consommation génèrent de nouvelles baisses de prix et la réduction des capacités, d'où une destruction massive de l’appareil productif et de l’économie. Dans le même temps, le poids des dettes s’alourdit, provoquant faillites d’entreprises, surendettement des ménages, pauvreté, tandis que les inégalités ne cessent de s’accroître.

La référence immédiate qui vient à l’esprit est celle de la grande dépression des années 1930. Mais les économistes sont aujourd’hui plutôt tentés de comparer la période actuelle à un autre moment : la fin du XIXe siècle. De 1870 à 1890, l’économie européenne, plus exactement britannique et française, a connu une longue période de stagnation, la croissance entrecoupée de crises oscillait entre 0 et 1 %. C’était une époque marquée par des rigidités monétaires, de fortes inégalités, de déflation salariale, de fortes innovations technologiques qui ne parvenaient pas à émerger, et par la première mondialisation. Les gouvernements avaient alors fait le choix de la déflation. Un choix lourd de conséquences, comme le rappelle Pierre-Cyrille Hautcœur, professeur à l’école d’économie de Paris dans une tribune au Monde. « Par leur réticence, les détenteurs du capital extraient une rémunération forte de celui-ci, qui leur permet de garder le contrôle de la société. Sur le plan économique, cette rémunération leur permet d'encadrer l'innovation par le biais de la propriété des grandes sociétés. Sur le plan politique, elle se traduit par le suffrage censitaire et les restrictions au vote et aux libertés des jeunes, des femmes et des faillis. Sur le plan social, elle permet la domination des rentiers sur les entrepreneurs et les salariés. » Un rappel historique qui n’a pas l’air d’effrayer la BCE.

« Mais que vous faut-il donc pour agir, si vous ne faites rien quand l’inflation est à 0,5 % ? », demanda un journaliste à Mario Draghi. Toutes ces frayeurs sont injustifiées, à entendre le président de la BCE. La baisse tendancielle de l’inflation depuis septembre ? Un mouvement mondial. 70 % de la baisse des prix seraient dus à des facteurs externes à la zone euro, selon le président de la BCE. La nouvelle chute en mars ? C’est principalement dû au fait que Pâques, cette année, tombe plus tard, poursuit-il. Les fêtes, selon lui, devraient relancer la demande de services, les voyages notamment, et pousser l’inflation à la hausse. Autre facteur d’explication pour la Banque centrale : la baisse des prix de l’énergie. Donc, tout cela n’a rien d’alarmant. « Nous maintenons notre objectif d’un retour de l’inflation autour de 2 % à la fin de 2016 », a répété le président de la BCE, comme il le fait depuis cinq mois, afin d’expliquer qu’il était urgent de ne rien changer.

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, semblait pourtant indiquer qu’une inflexion était possible. La semaine dernière, il s’était prononcé sur la fin de la stérilisation des titres obligataires rachetés par la BCE – en d’autres termes, sur une relance de la création monétaire par la Banque centrale – afin de soutenir la zone euro. Cela avait été vu comme une révolution, pour une institution s’étant érigée comme la gardienne du temple de l’orthodoxie monétaire.

Depuis, les pressions se sont multipliées pour inciter la BCE à adapter sa politique. Janet Yellen, la nouvelle présidente de la Réserve fédérale, a rappelé combien la reprise y compris aux États-Unis était décevante, surtout au niveau de l’emploi en raison de la faible croissance mondiale. Elle a indiqué qu’elle allait poursuivre sa politique de création monétaire, invitant implicitement les autres institutions monétaires à la suivre.  

La directrice du FMI, Christine Lagarde, lui a emboîté le pas en pressant publiquement l’Europe de prendre le chemin emprunté par la Réserve fédérale, la banque d’Angleterre, la banque du Japon. « Plus d'assouplissement monétaire, y compris par le biais de mesures non conventionnelles, s'impose dans la zone euro», a-t-elle insisté, en soulignant le risque d’une décennie de croissance faible pour l’Europe si rien n’était fait. Mario Draghi, d’ailleurs, a peu apprécié cette invitation pressante. Après avoir remercié le FMI pour ses suggestions, il a grincé : « J’aimerais que le FMI soit aussi généreux qu’il l’a été à notre égard avec les autres institutions monétaires, par exemple en publiant ses recommandations juste avant une réunion de la réserve fédérale. »

Dettes publiques, richesses privées

Les sollicitations multiples pour inciter la BCE à changer de politique monétaire et à s’aligner sur les mesures non conventionnelles menées par d’autres ne sont pas dénuées de calculs particuliers. Le monde financier est le plus intéressé à ces changements. Il est celui qui a le plus bénéficié de toutes ces mesures, captant l’essentiel de l’argent créé, sans que l’économie réelle en profite vraiment. C’est ce qui explique le fossé de plus en plus large entre des marchés financiers et boursiers qui volent de record en record, des prix de l’immobilier qui s’envolent comme à Londres, et des entreprises qui peinent à remplir leurs carnets de commandes, une consommation qui stagne, un chômage persistant et une pauvreté qui s’accroît.

 

Peinture sur les palissades du futur siège de la BCE. 
Peinture sur les palissades du futur siège de la BCE. © Aesthetics of crisis-Flick

L’expérience japonaise qui, après deux décennies de déflation, tente d’inverser le courant en versant des tombereaux de monnaie n’est pour l’instant guère plus concluante. Après des milliards de yens dépensés, l’inflation n’atteint toujours pas 1 %. Les déficits extérieurs s’accumulent, les comptes courants se détériorent, la dette publique atteint le niveau astronomique de 200 % du PIB sans que l’économie ne reparte vraiment.  

Ces expériences ont de quoi faire réfléchir les membres de la Banque centrale européenne. Ramener les taux d’intérêt à zéro alors qu’ils sont à 0,25 %, imposer des taux d’intérêt négatifs à tous les dépôts mis en pension auprès de la BCE, acheter des obligations souveraines ou privées, comme le lui ont suggéré de nombreux conseillers, n’auraient peut-être pas changé grand-chose à l’état actuel de l’économie européenne. Mais cela aurait envoyé un signal. La BCE a préféré s’abstenir, remettant à plus tard toute initiative.

Penser que la BCE puisse changer d’approche relève de la pure fantaisie. Imprégnée de l’esprit de l’ordolibéralisme, la Banque centrale européenne n’imagine pas modifier ses pratiques : elle est la gardienne du temple monétaire. Si la lutte contre l’inflation – d’une certaine manière, elle a parfaitement réussi sur ce point – est dans ses prérogatives, le taux de change ou le chômage ne le sont pas, comme l’a rappelé Mario Draghi.

Dommage ! Le résultat de cet immobilisme dans la guerre monétaire a un coût. En un moins d’un an, l’euro s’est apprécié de 8,3 % face au dollar en chute libre. Le yen a lui aussi baissé de près de 10 points. Le yuan a perdu  près de 6 % en quelques semaines face au dollar, et donc encore plus par rapport à l’euro. La monnaie européenne est plus forte que jamais, devenue le refuge de tous les investisseurs. En quelques mois, tous les efforts des pays de l’Europe du Sud pour regagner en « compétitivité » se sont envolés face à la spéculation monétaire. 

De plus, reconnaître que la déflation est désormais à l’œuvre dans la zone euro serait reconnaître en creux l’erreur des politiques d’austérité, des dévaluations internes imposées, sans accompagnement, par l’Europe. Ce serait avouer avoir fait fausse route depuis au moins trois ans. La BCE et la Commission européenne sont persuadées du contraire. Pour elles, les chutes de prix, comme le veut la théorie classique, ne sont que des mouvements conjoncturels. Le retour à la croissance devrait permettre de retrouver à plus ou moins brève échéance le chemin normal.  

Enfin, tout signe d’assouplissement monétaire comporterait un aléa moral à l’égard des gouvernements, à ses yeux. Analysant la crise comme une conséquence de l’impéritie des États, la BCE entend leur faire payer leurs fautes. Pas question de leur apporter la moindre aide qui pourrait les inciter à relâcher leurs efforts. « Les politiques d’ajustement budgétaire et de réformes structurelles, soutenant la croissance – sous-entendu passant par la baisse des dépenses publiques, des services publics, des dépenses sociales – doivent se poursuivre », a insisté Mario Draghi. Soulignant que le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, assistait à la réunion de la BCE cette fois-ci, il a exclu tout changement de politique. « Les déficits publics doivent être réduits comme prévu », a-t-il déclaré. La France a déjà la réponse à ses demandes d’aménagement de calendrier.

À l’avenir, la BCE n’exclut pas d’avoir recours à des mesures non conventionnelles, si cela s’avère nécessaire. Mais la longue explication donnée par Mario Draghi laisse entrevoir où va sa préférence : si la Banque centrale doit prendre des mesures non conventionnelles, celles-ci seront à destination des banques. « L’Europe n’est pas comme les États-Unis. Quand la réserve fédérale adopte des mesures pour soutenir la croissance, en rachetant des obligations d’État, les effets se diffusent immédiatement dans toute l’économie car celle-ci se finance sur les marchés. En Europe, cela passe par le système bancaire », a-t-il expliqué en substance. En d’autres termes, il s’agit pour la BCE de sauver une nouvelle fois la finance.

Le schéma semble déjà tout prêt. Il est longuement détaillé dans une chronique de The Financial Times rédigée par le chef économiste de l’assureur Allianz, qui paraît résumer la position des autorités monétaires européennes et allemandes. Avant de mener le moindre assouplissement, la Banque centrale entend d’abord s’assurer de la solidité des banques en Europe, afin d’éviter la même mésaventure qu’au Japon. Car contrairement à tout ce qui est dit, six ans après, les régulateurs européens n’y voient toujours goutte dans un système bancaire manifestement encore cassé. Ce n’est qu’après avoir mené tous les tests et les examens des bilans, imposé des changements à certaines banques, voire réclamé la fermeture de quelques-unes, que la BCE pourrait envisager  de prendre des mesures monétaires.

Comme l’a indiqué Mario Draghi, la BCE pourrait alors accepter de racheter des obligations. Mais là encore,  la Banque centrale ne voudrait pas envoyer de mauvais signal. Dans ses explications, le président de l’institution monétaire a sous-entendu qu’il excluait les dettes souveraines. Cela risquerait de soulager les États et de les faire renoncer à leurs réformes structurelles.

Sa préférence va de loin vers les créances privées. Selon lui, il est impératif que le marché de la titrisation, dévasté depuis la crise financière de 2008, reparte. Les banques pourraient sortir ainsi une partie des créances de leurs bilans en les mutualisant sous la forme d’ABS (asset-backed securities). La BCE pourrait racheter ces produits titrisés, naturellement notés triple A, sur le marché. Ainsi, les créances plus ou moins douteuses des banques, qu’elles ne parviennent pas à porter depuis la crise, pourraient être transférées sans trop de bruit vers le bilan de la BCE. Pour reprendre le jugement de Caritas Europe, « le plus grand transfert des richesses publiques vers le privé » pourrait se poursuivre. On comprend l’enthousiasme du monde financier à cette annonce. La Banque centrale européenne est prête à faire tapis pour son seul profit.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 21:58

 

Source : matricien.org

 

Vandoncourt, un village auto-géré depuis 1971 : démocratie participative-délibérative & contrôle populaire

==> Dossier sur Vandoncourt de Cathy Firmin (pdf de 15 pages)

Créons 1000 Vandoncourt !

PROBLÉMATIQUE : Démocratie directe, pouvoir aux citoyens. Le 28.09.2010.

 

 

Banqueroutes frauduleuses, crise du climat, chômage, pollutions, exclusions… S’il est un sentiment largement partagé par la population dans son ensemble, c’est bien celui de l’impuissance généralisée du citoyen face aux grands problèmes de notre temps. La démocratie représentative a réussi ce tour de force de détourner le pouvoir de l’individu au profit d’assemblées et d’états sans pouvoirs et sans scrupules face aux diktats économiques de la pensée unique. Le comble du cynisme, ou du ridicule, est atteint, en plus, lorsqu’on le considère comme responsable de tous les maux, et qu’on lui enjoint de changer d’attitude pour sauver la planète : veillez à  bien fermer le robinet d’eau quand vous vous lavez les dents ! Pour les retraites, désolé, mais il n’y a pas d’autre solution ! Que faire, sinon baisser les bras dans ce désert politique ? Et pourtant…

VANDONCOURT, LE VILLAGE QUI ÉLÈVE LA VOIX

Le Jura, c’est comme le nord de la chanson, c’est d’abord un gros cœur, depuis longtemps. Ce haut lieu d’expérimentation sociale, qui a vu naître le théoricien anarchiste Proudhon et les coopératives ouvrières, a gardé, au fond de son âme, le goût de l’initiative et de l’innovation sociale. Souvenons nous de la lutte héroïque des LIP et des tentatives autogestionnaires. Pas très loin de Peugeot/Sochaux, niché à quelques centaines de mètres d’altitude, un village sans doute très peu différent de beaucoup de villages français, avec son église et sa mairie, Vandoncourt. Ce petit village du Doubs, pourtant, expérimente le pouvoir réel aux citoyens, la démocratie directe, depuis quarante ans, et ça marche !  Là se joue sans doute, à l’insu des protagonistes peut-être, une des plus formidables expérimentations d’avenir : la reprise en main du pouvoir global par la population, en un mot, la vraie démocratie. Petit cours d’utopie pratique.

Inspiré d’un système communautaire traditionnel

En 1970, « 68 » n’est pas très loin, et il va laisser un parfum libertaire qui va se répandre entre des habitants du cru, lassés de la somnolence municipale, et deux personnes, de retour de Madagascar,  et tombées amoureuses là-bas des célèbres « conseils des sages » sous les arbres à palabres. La rencontre entre une effusion qui va bouleverser la France pour longtemps et une pratique authentique millénaire va être détonante. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, dans un village aseptisé par manque de projets, un sondage est organisé, un programme élaboré, une liste déposée, un slogan diffusé : on est plus intelligents à plusieurs que seul ! La liste l’emporte. Elle se donne en plus une contrainte majeure : on fonctionne au consensus, pas à la majorité, comme à « Mada » ! Dame, les pauvres auraient-ils quelque chose à nous apprendre ?

Démocratie directe, autogestion et contrôle populaire

Une fois en place, la nouvelle équipe met en pratique les principes qui l’ont fait élire : information libre et transparente, aucun sujet tabou, commissions extra-municipales en place sur divers sujets (enfance, bâtiments, budget…) ouvertes à tous, réunions publiques mensuelles informant ceux qui ne peuvent se rendre aux réunions préparatoires, conseil des jeunes, des anciens, des associations ! Les structures démocratiques se multiplient, et provoquent une libération de l’expression. Le village devient un village sans maire, sans hiérarchie, autonome. Démocratie directe va de pair avec autogestion et  contrôle populaire… On essaie de donner à cette démocratie que l’on réinvente toute sa dimension émancipatrice.

Le consensus, garant de la cohésion

Cet engouement n’a pas empêché les difficultés et l’usure de s’installer. Au fil du temps, les habitants ont dû apprendre beaucoup de choses. En premier lieu, rendre leur système conforme à la législation. Ensuite peaufiner l’art d’administrer ensemble malgré les divergences, apprendre à exprimer et entendre des points de vues divergents… Tout cela les a conduits à avancer par consensus.

Exemples de questions traitées par les conseils populaires

Ainsi, Vandoncourt est la seule commune de France où les électeurs, français et étrangers, peuvent participer dès l’âge de 15 ans. Ensuite, le projet final chiffré est présenté au conseil municipal qui valide les décisions prises par les diverses  commissions, le tout dans les formes légales imposées par la loi. Quelques  exemples parmi d’autres : la commission du budget pose la problématique suivante, après avoir affiché tous les postes de dépenses : faut-il reporter certains travaux, ou augmenter les impôts ? Solution mitigée, on fait un peu des deux, après débat général. D’autres fois, des solutions sortent du cadre strictement marchand : pour la décoration du village, la mairie achète des fleurs, mais ce sont les habitants qui s’en occupent toute l’année. Les fontaines du village sont en mauvais état : on organise un chantier participatif avec les associations locales, voire internationales. Pour le POS, création de  collèges d’élus, d’agriculteurs, de propriétaires résidents… Des représentants sont désignés pour discuter avec les autres partenaires (DDE, services techniques de l’Etat…). Plus les avis divergent, plus le débat est riche. Un parmi les sujets qui ont le plus fâché : le remembrement ! Et une des solutions originales trouvées : s’échanger l’usage plutôt que la propriété.

ÉCOLOGIE SOCIALE

Vandoncourt n’est pas en reste en ce qui concerne l’un des problèmes majeurs de notre temps, l’écologie. C’est là que fut créé le premier tri sélectif des déchets il y a trente ans, c’est là que l’on commença à s’opposer à l’enrésinement, c’est là que l’on prit position très tôt dans les grandes luttes nationales (Larzac, canal Rhin-Rhône, fusées pluton, nucléaire…). Localement, un chauffage collectif des bâtiments communaux à base de bois déchiqueté a été installé, bois provenant de la forêt communale de 300 ha qui appartient au village, exemple typique de développement de circuits courts. Mairie, école, foyer, salles communales, distillerie de cidre, pompiers, bibliothèque, 5 logements collectifs et un atelier communal bénéficient ainsi de la chaufferie, et économisent non seulement les finances, mais aussi les énergies fossiles. Les tailles des arbres fruitiers resservent sur place sous forme de BRF, un verger pédagogique, un projet pour relier à pied ou en vélo plusieurs villages alentour, développement d’habitat léger… Il y a autant de projets que d’habitants. On peut recenser 20% des habitants qui participent ainsi activement à cet essai réussi de démocratie générale, et la moitié de la population qui fait partie des 28 associations qui préparent la vie communale. Qui dit mieux ?

Communication et formation des jeunes

L’avancée régulière des travaux est inscrite dans la « Damassine », publication trimestrielle, et relayée dans les deux publications locale et régionale. L’école participe activement à la mise en place des actions des commissions, offrant ainsi aux enfants, dès le primaire, les moyens de s’impliquer dans la vie démocratique de la commune ainsi qu’aux actions des associations… Nul doute, si l’on se projette dans le futur, que des citoyens ayant pratiqué une telle démocratie dès le plus jeune âge, dans des projets de développement locaux, ne puisse construire, dans la même logique, une société plus à même de répondre aux gigantesques défis qui nous attendent. Peut-être est ce là même la seule issue.

La loi est l’expression de la volonté du peuple

Dès lors qu’il y a débat et contrôle populaire, alors le circuit des décisions est neuf : on pèse, on argumente, on teste, mais on se laisse pas imposer les solutions d’ailleurs. La gestion populaire remet forcément en cause les paradigmes de la croissance et de la représentation obligée servis à longueur d’antenne par un questionnement permanent : est-il normal que l’eau de la piscine soit au même prix que celle de la cuisine ? Entre la gratuité des parkings ou celle de la cantine, que choisir ? Les structures de démocratie directe, par le fait même qu’elles prennent du temps, aident à construire une société différente où la décision n’est pas subie mais construite, en même temps qu’elles instaurent entre les participants l’attention, le respect, le dépassement du conflit. La Loi n’est-elle pas l’expression de la volonté générale, comme le stipule la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (art VI), et ceux-ci n’ont-ils pas le droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation ?

PERSPECTIVE JOYEUSE : vers une économie et une finance alternatives ?

Il existe en France plusieurs collectivités qui ont mis la démocratie directe à leur programme (Eourres (05), Grigny (69)…). De par le monde, on connait depuis longtemps aussi le budget participatif de Porto Alègre au Brésil. La commune de Marinaleda, en Espagne, est allée plus loin encore, en intervenant directement dans l’économie, installant une conserverie de légumes après avoir redistribué les 1 200 hectares d’un grand propriétaire terrien.

Alors, posons les vraies questions :

  • La démocratie communale, qui permet réellement aux citoyens d’exercer leur pouvoir, n’est-elle pas le meilleur moyen de dépasser l’impuissance caractérisée de nos sociétés ?
  • Ne pourrions nous imaginer, en France, 15 000 communes de 4 000 habitants, taille qui permet des assemblées générales (soit environ mille personnes, de quoi remplir un cinéma) de toute une population ?
  • Ne pourrions nous imaginer la fin des régions, communautés, départements, et un unique échelon territorial, la commune, disposant de tous les pouvoirs et financements (éducation, formation, routes, etc.) des divers échelons actuels ?
  • Ne pourrions nous imaginer la possibilité d’intervention des dites communes dans l’économie, dans la satisfaction des besoins exprimés par la population dans des assemblées générales régulières ?
  • Ne pourrions nous imaginer des banques municipales, où les habitants d’une même commune mettrait leur argent, qui pourrait servir directement sur le territoire de la commune, dotées ou pas de monnaies nouvelles et permettant une relocalisation de la production ?
  • Ne pourrions nous imaginer des coopératives communales pour sortir de la concurrence débile et mortifère ?

Utopisons plus loin encore : et si, pour les prochaines élections municipales, nous décidions, dans un premier temps, de créer 1 000 Vandoncourt, c’est à dire 1 000 communes autonomes fonctionnant en démocratie directe? Que chacun, ici et maintenant, chez lui, se dise :

  • oui, c’est possible,
  • oui, nous n’allons pas nous laisser imposer un enième supermarché,
  • oui, nous devons protéger nos terres agricoles,
  • oui nous devons lutter à notre niveau contre l’uniformatisation du monde,
  • oui nous devons régénérer la démocratie,
  • oui nous devons, nous pouvons reprendre le pouvoir, notre pouvoir, pas dans les stériles agitations médiatiques et politiques des partis, mais dans de vrais débats au sein de vraies assemblées, contradictoires, conflictuelles, mais qui toutes auraient comme fin l’amélioration immédiate du quotidien, le pouvoir de le faire, et l’anticipation de l’avenir.

Un tel saut démocratique ne porte t-il pas en germe, appliqué de partout, la véritable solution aux problèmes majeurs de notre temps, puisque, par définition, le peuple ne peut agir contre lui même ?  Car Vandoncourt nous oblige à nous poser cette autre question : pourquoi donner son pouvoir à des partis par essence ultra-minoritaires, plutôt que de s’en servir soi-même ? Alors, chiche, on renverse la vapeur ?

Joël Feydel

Un village sans maire – Retour au bons vieux temps – Une tribu à la Française ?

La démocratie participative est une forme de partage et d’exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique. On parle également de « démocratie délibérative » pour mettre l’accent sur les différents processus permettant la participation du public à l’élaboration des décisions, pendant la phase de délibération.

Vandoncourt est une commune française située dans le département du Doubs et la région Franche-Comté. Ses habitants sont appelés les Damas. En 1971 le village est passé en démocratie participative. Le fonctionnement est de type autogestion.

La vie démocratique s’organise grâce à :

  • Un conseil de treize membres élus ;
  • Un conseil des jeunes ;
  • Un conseil des anciens ;
  • Un conseil des associations.

Les conseils se réunissent, au moins chaque mois, ce sont là soixante citoyens rassemblés.

Sept commissions sont mises en place (scolaire, budget, technique, développement économique, sociale, fêtes et cérémonies, environnement). Ce sont elles qui s’informent des besoins, qui élaborent les solutions pratiques et qui contrôlent les réalisations. Elles sont sous le contrôle des conseils. Ainsi la commission des finances est composée d’élus et de non-élus.

La révolution au village ou la démocratie participative au quotidien

Il était une fois un petit village bâti sur le flanc de la montagne jurassienne, entre quatre cents et six cents mètres d’altitude, à douze kilomètres seulement de Sochaux. Un vieux village de quelques six cents âmes, d’où les hommes partent pour travailler. D’où les hommes partent ailleurs… définitivement. Avec de moins en moins de jeunes. Ils quittent le village-dortoir, mais aussi le village-maison de retraite.

Le maire gérait en père de famille et tranche en autocrate

Comme des milliers d’autres villages de France, Vandoncourt somnole. L’imagination, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est pas au pouvoir à Vandoncourt. Il y a un Conseil Municipal à Vandoncourt, comme dans toutes les communes de France. Les électeurs en entendent parler régulièrement, tous les six ans. Ils l’élisent même. Il défend, paraît-il, les intérêts communaux. C’est ce que les candidats proclament, dans leur profession de foi, la seule information qu’ils adressent à leur concitoyens… Tous les six ans. Le maire gère en père de famille et tranche en autocrate. Si conflit il y a, c’est lui qui décide ; le Conseil entérines tous les trimestres. Il sait déterminer seul, ou presque, ce qui est bon pour la population… et c’est qui ne l’est pas.

Un village au bord de l’extinction

A Vandoncourt, y a plus de dimanche, y a plus de bon pain, y a plus de village. Les villages de villageois, l’exode rural les a presque tous tués. L’école aussi se meurt. Les instituteurs ne veulent pas rester.

Créer une association pour ressusciter le village

C’est de là que part la révolte, en 1969. In extremis, les parents créent une association, veulent faire participer les élus à la rénovation du village. En commençant par l’école, que l’on voudrait sans mur, sans piège. Une vraie école du peuple. Une équipe d’animation apparaît, sous l’impulsion de quelques uns, de retour au pays, après des années passées en Afrique. Aide aux Tiers-Monde, Noël des enfants déshérités, soirées dédiées aux anciens, soirées des nations où les étrangers du village, Suisses, Arabes, Italiens et Espagnols présentent des danses et des histoires du pays. Des fêtes à la fois folkloriques, gastronomiques et antiracistes. Le village grouille tout à coup de vie, d’activité.

Et la municipalité, elle continuait à gérer, comme si rien ne se passait ? Qui plus est, cette renaissance irrite.

Puisqu’il en est ainsi, l’équipe d’animation décide de se présenter aux élections municipales de 1971. Un questionnaire est lancé. Destiné à une centaine de personnes choisies dans le village en fonction de leur appartenance à différentes communautés (hommes, femmes, jeunes, vieux, professions libérales, ouvriers, paysans…), il porte sur la vie du village, l’animation culturelle, la participation de la jeunesse à la prise de responsabilité, les liens des associations entre elles, l’administration du village et « notre avis sur l’avenir du village ». Sur Cent questionnaires distribués, il y a soixante-douze réponses. Celles-ci sont anonymes et la synthèse réalisée constitue un programme cohérent qui reste encore aujourd’hui la base de l’action municipale à Vandoncourt. Avec un nouveau slogan pour la campagne électorale: « Voter pour nos candidats, c’est voter pour vous ».

C’est ainsi qu’une équipe toute neuve entre à la Mairie, rapidement renforcée par les jeunes et par ceux qui animent les associations.

Un village sans maire

Démocratie, contrôle populaire, autogestion c’est désormais de cela qu’il s’agit à Vandoncourt. Pour l’équipe de départ, de vingt ans en moyenne plus jeune que la précédente, il s’agit bien de donner à la démocratie toute sa dimension. En associant les forces vives à la gestion. En développant la démocratie au quotidien. En multipliant les structures de concertation. En informant complètement et régulièrement. En limitant la délégation de pouvoir par une pratique permanente de la démocratie directe.

Pour retrouver l’identité d’une commune vivante et décentraliser les initiatives

Treize élus pour administrer, où plutôt pour animer la commune, c’est trop peu ! C’est même dérisoire, injuste et scandaleux. Le village a besoin de tous pour se régénérer, pour retenir et accueillir. Tous ? Impossible sans doute. Mais le plus grand nombre :

  • Pour donner au village sa propre vie.
  • Pour faire émerger les besoins.
  • Pour retrouver l’identité d’une commune vivante.
  • Pour décentraliser les initiatives.
  • Pour créer des canaux qui permettent à chacun de s’exprimer.
  • Pour informer. Pour imaginer…

Le conseil des conseils, sans vote, ni contrainte

Imaginer, imaginer. Les projets ne manquent pas à Vandoncourt. On ne parle plus de réunion du conseil municipal, mais de réunion des conseils. Un conseil de treize membres, bien sûr. Comme dans toute commune de cette taille. Mais il ne se réunit pas sans les trois autres conseils : Celui des jeunes, celui des anciens, celui des associations, un véritable petit parlement où sont représentés tous les groupes et clubs. Les conseils se réunissent, au moins chaque mois, ce sont là soixante citoyens rassemblés. Parfois, il se transforme en réunion publique, la mairie en forum. Sans vote, ni contrainte. Il s’agit de libérer au maximum l’expression. Pas de maire, pas de chef à Vandoncourt.

La transparence, pour éviter les luttes de pouvoir

Enfin, pour se préserver des luttes de pouvoir et autres magouilles « tue démocratie », ils ont inventé des garde-fous :

  • Plusieurs personnes détiennent et transmettent l’information,
  • toutes les critiques sont publiées,
  • les courriers reçus par le Maires ont accessibles à l’équipe municipale.

Résultat, la dynamique ne s’est pas arrêtée avec son initiateur : 40 ans et 2 maires plus tard, elle est toujours en vigueur : ça fait envie !

La commission des finances, pour des comptes transparents

Sept commissions sont mises en place (scolaire, budget, technique, développement économique, sociale, fêtes et cérémonies, environnement). Ce sont elles qui s’informent des besoins, qui élaborent les solutions pratiques, qui contrôlent les réalisations. Elles sont sous le contrôle des conseils. Ainsi la commission des finances, elle est composée d’élus et de non-élus. Elle publie dans le bulletin du village le budget et le compte administratif en expliquant et en commentant les chiffres. Au mois de novembre, la mairie organise des journées de discussion sur le budget. Tous les postes sont retranscrits sur des grandes feuilles accrochées au mur, dans différents points du village et dans le préau de l’école. On peut ainsi voir l’évolution des dépenses et des recettes, année par année. Les conseils, la commission des finances et la population peuvent ainsi confronter leurs idées.

Votes des mineurs et des étrangers, référendum et propositions de projets

Les électeurs, français et étrangers (que la loi française exclut de tout scrutin), peuvent voter dès l’âge de 15 ans pour élire les membres des conseils, pour s’exprimer sur telle affaire importante. Vandoncourt à ses référendums pour briser le cercle toujours trop étroit de la participation populaire. N’importe quel groupe, individu, association (il y en a une vingtaine) peut proposer un projet. Les conseils en apprécient l’urgence, les commissions – ouvertes – en étudient la mise en pratique. Pour définir ce fonctionnement local, aux antipodes des règlements préfectoraux et des structures légales, « un règlement intérieur » a été mis aux points les premiers temps, puis modifié à plusieurs reprises.

Toutes les sources documentaires sont libres d’accès, sauf cas sociaux et judiciaires

La démocratie directe s’est rapidement mise en place dans les structures. On délivre encore des fiches d’état-civil, on y reçoit toujours des demandes de renseignement, mais la marie est avant tout le centre de l’effervescence démocratique, le laboratoire des propositions et des analyses populaires. Un « café du commerce » parfois.

On entre dans la mairie, on accède librement à toutes les sources documentaires, on se sert comme chez soi. Sauf cas social ou judiciaire, le courrier est à la disposition de tous. Le matériel municipal n’a d’autre vocation que de servir la vie locale. Pas besoin de quérir une autorisation pour utiliser photocopieuse, téléphone locaux, panneaux municipaux. Il y a parfois encombrement, pléthore d’informations, télescopage de convocations. C’est la rançon d’un système qui pousse très loin la liberté d’expression. A Vandoncourt au moins, le vocable de maison commune n’est pas usurpé.

Tu as envie, tu veux… fais-le ! Le village t’aideras!

Ainsi naissent et se développent de multiples activités au village. A défaut de moyens financiers -le village n’est pas riche -On ne manque pas de compétences locales qui puissent répondre aux besoins. Encouragement à l’initiative, utilisation des compétences, bénévolat: C’est sur ce triptyque que s’appuie l’animation permanente du village. « L’animation c’est la politique! ». La politique ce n’est pas ce passage successif sur les tréteaux ou les écrans d’un certain nombre de professionnels patentés et homologués -par qui ? -mais la prise en charge de la vie quotidienne du plus grand nombre; vingt- cinq siècle après une définition de Périclès: la politique, gestion de la cité. Par tous, c’est à dire à l’inverse de ceux qui détiennent habituellement le monopole du gouvernement et de l’information, dévoyant ainsi la démocratie politique. « Gouverner, c’est faire croire », disait Machiavel. Mais au contraire, ANIMER c’est rendre, c’est redonner, c’est permettre, c’est critiquer, c’est devenir libre.

Un village pionnier des grandes luttes nationales

La majorité de la population de Vandoncourt pratique l’autogestion – ou plutôt un contrôle populaire sur la vie quotidienne – sans le savoir. Peut-être certains préféreraient-ils parler de démocratie, de fraternité, d’honnêteté ou de participation. Ou encore de liberté !

  • C’est à Vandoncourt que fut créé le premier tri sélectif des déchets. Il y a 30 ans !
  • C’est à Vandoncourt que l’on s’opposa à l’enrésinement. La population empêcha l’office national des forêts de planter dix hectares d’épicéas qui auraient détruit une partie de la flore.
  • C’est à Vandoncourt que l’on pris très tôt position dans les grandes luttes nationales (Larzac, canal Rhin-Rhône, fusées Pluton, nucléaire civil et militaire,…).

Réussite économique, écologique et sociale

Tout cela a permis de réaliser une émancipation économique du village dans le respect de l’environnement et du tissus social. Au fil du temps, l’intelligence collective a mis en place des infrastructures comme le chauffage bois collectif des bâtiments municipaux pour rationaliser les ressources de leur forêt. Cette année, ils ont inauguré le premier bâtiment municipal de France à ossature bois et remplissage paille capable d’héberger des ateliers municipaux de transformation, un pressoir et un musée. Un autre signe fort : l’exode des jeunes n’existe pas à Vandoncourt et les personnes en difficulté sont très rares parce que soutenues naturellement par la vie associative avant que les problèmes insolubles n’émergent.

La fin est contenue dans les moyens, comme l’arbre dans la semence

Contre le pouvoir centralisateur, paperassier, contrôleur de toutes les initiatives, gérant de la bonne norme contre toutes les déviances, la population de Vandoncourt répond à la manière de Gandhi: "La fin est contenue dans les moyens, comme l’arbre dans la semence" . On y souligne volontiers la nécessaire concordance entre les exigences de demain et le comportement d’aujourd’hui.

Ne rien changer : La position confortable des élus

Ailleurs, les élus dénoncent vaillamment un pouvoir qui les empêche de réaliser cette démocratie locale, cet apprentissage de l’autogestion qu’ils réclament dans les motions, les conseils, assemblées, assises, séminaires, forums, carrefours, meetings… Mais le pouvoir et la loi deviennent vite pour eux l’alibi qui autorise à ne rien changer, la diversion qui permet d’interdire aux groupes concernés de réfléchir collectivement à leur devenir.

Autonomie individuelle et collective pour reconstruire

A Vandoncourt, rarement la démocratie directe a été porté aussi loin. Mais à la différence de l’autre démocratie – formelle et déléguée -celle-ci est une lutte permanente contre l’autorité ; et plus encore contre le conditionnement de l’individu.

Des années après, beaucoup sont encore surpris du chemin parcouru, surpris de l’autonomie individuelle ou collective acquise, surpris de cette capacité à reconstruire parfois le quotidien.

Vandoncourt cherche, se cherche, existe… Avec la volonté de créer un devenir qui ne soit pas un simple prolongement ou une vague adaptation du présent, mais une rupture, un dépassement.

Gestion populaire et identité communautaire

Les prémices apparaissent d’une information, d’une gestion populaire, d’une identité et d’une communauté retrouvée, qui remettent en cause le modèle de croissance dominant, qui contestent, par le bas, les mécanismes de pouvoir et d’aliénation.

Les structures de démocratie directe, participative ne sont pas seulement le remède aux maladies de carences, aux esclavages nouveaux engendrés par notre société, mais l’un des moyens pour un autre type de société.

La réalisation concrète de nouvelles formes d’existence

En France, les structures de démocratie participative ont encore du mal, ne serait-ce que parce qu’elles progressent dans un environnement hostile (état centralisateur, notables, presse locale, mentalités d’assistés). La population de Vandoncourt essaient de conjuguer ce que notre société libérale ignore si profondément : La réalisation concrète de nouvelles formes d’existence avec ce que cela suppose de fureur de vivre, d’aptitude à un bien être qui ne soit pas seulement matériel et, par ailleurs, la possibilité de se réunir pour forger des outils, la capacité de prendre en charge son propre développement, de maîtriser sa propre évolution.

Lorsqu’on cherche les moyens d’un développement, on oublie trop souvent, même quand on affirme le contraire, que les masses populaires sont le seul moyen vraisemblable d’une évolution. Mais il faut alors admettre qu’elles doivent aussi être les seules bénéficiaires. Comment pourrait-on les mobiliser en vue de « leur » développement, si on hésite à leur donner des pouvoirs à la mesure de leurs responsabilités ?

La démocratie déléguée : l’état sans contrôle populaire

A la « démocratie déléguée », qui ôte toute initiative au peuple et n’assure en aucune façon un contrôle de celui-ci sur l’état, succéderait une démocratie directe, les populations exerçant eux-mêmes tous les pouvoirs qui le sont aujourd’hui – au demeurant fort mal – par un certain nombre d’institutions et de ministères.

Le départ d’une nouvelle civilisation

Le socialisme pourrait dès lors cesser d’être un but à atteindre dans un cadre plus ou moins socialisé, c’est à dire un idéal indéfiniment repoussé, un vœu pieux. Il pourrait être ce qu’il doit être : une méthode de gouvernement. C’est à cette condition qu’il permettrait la mise en forme d’un nouveau modèle de développement, le départ d’une nouvelle civilisation.

Un modèle exemplaire, un pilier de l’économie distributive

A son échelle, Vandoncourt et ses pareils, dans des villes et villages du Brésil, de l’Inde, d’Espagne et d’ailleurs, sont de petits laboratoires. Ils sont un espoir pour des lendemains qui chanteraient. Cette forme de gouvernance à déjà essaimé dans d’autres structures comme les Scop, certains CLD Comités Locaux de Développement de Pays, les « camps climat » et quelques autres rassemblements alternatifs de par le monde. Et chaque fois, des personnes venues de tous horizons réussissent l’impossible : décider, organiser et bâtir ensemble une nouvelle société plus juste. La démocratie participative directe étant à la fois un des principaux piliers de l’économie distributive, mais aussi le pilier le plus complexe à mettre en place, nous avons là plusieurs exemples réussis pouvant inspirer un modèle de transition vers une société distributive.

Jean Louis BATO.

Sources: – « A Vandoncourt, c’est tous les jours dimanche » de Christophe Wargny (1980) – Enquêtes à Vandoncourt ( 1979)

- L’Echo de notre village (association pour l’information des habitants de Vandoncourt)

Critiques du système Vandoncourt

Le maire garde tout de même le pouvoir exécutif

Vandoncourt semble être l’exemple de gouvernance participative la plus élevée et, depuis 40 ans, ses 820 habitants continuent l’expérience avec succès. Ainsi, les citoyens sous la bienveillance de leurs Maires et Conseillers municipaux, décident et gèrent leur commune dans le respect de la Constitution française. Les compétences de la Mairie sont réparties en 8 commissions extra municipales comptant chacune une douzaine d’inscrits.

Les délégués populaires n’ont qu’une fonction consultative

Ils se réunissent une fois par mois pour faire avancer les dossiers et accueillent, à titre consultatif, les référents du Conseil municipal, des personnes âgées, des Jeunes et des Associations qui sont également là pour relayer l’information et faire remonter les besoins de la population. A l’issue de chaque réunion, les Conseillers municipaux informent le Maire des décisions prises pour qu’il les entérine.

Pourquoi le concept ne s’est pas exporté efficacement ?

Mais puisque la commune se développe harmonieusement et que les Damas font des envieux dans les environs, pourquoi les 28 autres villages de la Communauté d’agglomération n’ont-ils pas adopté ce mode de gouvernance ? C’est pas faute d’avoir essayé pour certains !… mais sans réussir à garder la dynamique plus d’un mandat électoral. A Vandoncourt, on vous dira que c’est sans doute parce que leur taille n’était pas idéale, ou qu’ils n’ont pas réussi à trouver comment gouverner ensemble, ou encore que le contexte porteur dont ils ont bénéficié n’y était pas, ne leur permettant pas de dépasser les difficultés qui sont bien réelles…

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 21:46

 

 

Source :  Objecteur de Croissance Auvergne

"Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers répandant leurs drogues." Albert Jacquard - 1925-2013 - Le compte à rebours a-t-il commencé ? - 2009 CONVERGENCE DES ALTERNATIVES https://www.facebook.com/notes/olivier-naulleau/convergence-des-alternatives/10151478800641796 Lancement De La (R)Évolution Des Colibris http://www.colibris-lemouvement.org/revolution/le-plan-des-colibris/le-plan-democratie http://manager.mailingplus.net/newsl_view.php?data=b32-qofdn3g7002ap41erpn0c48j3rj0v5m59g9qju0 http://www.lesamanins.com/ Permaculture Et Autoconstruction Écologique -agroécologie, agroforesterie, permaculture http://www.youtube.com/playlist?list=PL7758117A7A76ECFC -La permaculture, l'art de vivre avec la nature (arte) http://www.youtube.com/watch?v=2nvF4RQaG24 -Solutions locales pour un désordre global http://www.youtube.com/watch?v=F2EGzAbkHkQ -Permaculture foret comestible... https://www.youtube.com/watch?v=P831hBMJB_w -Permaculture en Europe... http://www.youtube.com/watch?v=PzGmk_5JANI&feature=youtu.be http://libereterrevideo.over-blog.com/article-documentaire-permaculture-en-europe-45128637.html -Vivre en autonomie, produire son électricité,son chauffage et gérer l'eau:une réalité. http://www.les-cabanes.com/autonomie.html http://yurtao.canalblog.com/ -Bâtir en bottes de paille http://www.youtube.com/watch?v=th4NYjUczuw -La permaculture, conversion radicale du regard http://www.youtube.com/watch?v=ZjOqsbKzrgA http://vivrecru.org/ -Plantes médicinales : prendre soin de vous tout naturellement ! http://www.web-libre.org/dossiers/plantes-medicinales_162/ -Liste des fleurs comestibles http://gato-azul.blogspot.fr/2007/06/liste-de-fleurs-comestibles.html -Association de légumes au jardin potager bio http://nopanic.fr/association-legumes-au-jardin-potager-bio/ -Le mouvement de l’agriculture bio-dynamique http://www.bio-dynamie.org/ Simplicité Volontaire Et Décroissance http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TJjOa_nucq0 http://www.youtube.com/watch?v=gOGfqn8e9W4 https://www.facebook.com/Oliviernaulleau1 http://www.reporterre.net/spip.php?article5580 (Après le pic de pollution, gardons les transports gratuits) http://pourdestransportsgratuits.wesign.it/fr (signons: pollution, nous voulons des transports gratuits toute l'année) Manifeste Pour Une Dotation Inconditionnelle d'Autonomie http://www.projet-decroissance.net/?page_id=241 https://www.facebook.com/Oliviernaulleau1 Du Pouvoir D'achat Au Pouvoir d’Être http://www.youtube.com/watch?list=PL4rSqJ6eK0Wxdg4Pv0JS1sGqx-z7L43P2&v=VPBGbzzfsd8 http://creations-revenudebase.org/documentaire/synopsis-du-film/ http://www.fudoeditions.info/content/la-monnaie-du-pouvoir-dachat-au-pouvoir-detre https://www.youtube.com/watch?v=syAkdb_TDyo&app=desktop ( Gros raccourci sur la décroissance. " Oubli " de rappeler que, contrairement à ce que dit Frédérique Lordon, un pays comme l'Islande n'a pas remboursé les banques privées du pays et cela n'a pas créé de chaos social, bien au contraire. Amalgame des personnages publics censurés par les médias... Mais cette vidéo est intéressante par cette description du lien directe entre la création monétaire et la dette d'un côté (rien de nouveau donc) et une vraie démocratie et l'oligarchie actuelle de l'autre. ) Pour Une Réelle Démocratie (avec Cornelius Castoriadis, Jacques Rancière, David Van Reybrouck, Francis Dupuis-Déri, les colibris, Etienne Chouard et les indignés, David Van Reybrouck...) http://www.youtube.com/watch?v=wD7-1T3LbrE http://www.youtube.com/watch?v=KVW5ogGDlts http://www.colibris-lemouvement.org/revolution/le-plan-des-colibris/le-plan-democratie https://docs.google.com/file/d/0B5EczIib4inNc1d5Ukt6LXJZOEE/edit?pli=1 https://secure.avaaz.org/fr/petition/au_gouvernement_un_gouvernement_citoyen/?fbss http://www.dailymotion.com/video/x17844q_david-van-reybrouck-la-democratie-fonctionnerait-mieux-avec-des-citoyens-tires-au-sort_news http://bibliobs.nouvelobs.com/tranches-de-campagne/20120418.OBS6504/jacques-ranciere-l-election-ce-n-est-pas-la-democratie.html http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-se-reposer-ou-etre-libre ( A partir de 15 min ) Entretien de 1996 avec Cornelius Castoriadis,sur "la montée de l'insignifiance". Économiste, philosophe,psychanalyste, celui que son ami Edgar Morin qualifiait d' "énorme, hors norme" s'exprime ici très simplement, très clairement, à l'attention du grand public. Rarement un intellectuel aussi multiple et aussi profond aura réussi à exprimer notre devenir en s'appuyant sur les grands courants de la pensée émancipatrice et démocratique. http://rue89.nouvelobs.com/2014/03/29/a-saillans-les-1-199-habitants-ont-tous-ete-elus-premier-tour-251062 http://www.informaction.info/29032014-1218-Vers-la-vraie-démocratie-Partie-1-La-Constitution-positivons-projet-de-société-gouvernance-réflexion-personnelle Vous Êtes l’Évolution ! http://www.youtube.com/watch?v=2ke8RXvtHMw film La Belle Verte http://www.youtube.com/watch?v=zQj5AXdO2CM film L'An 01 http://www.youtube.com/watch?v=2ULUl07v8oA

 

"Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers répandant leurs drogues."
Albert Jacquard - 1925-2013 - Le compte à rebours a-t-il commencé ? - 2009


CONVERGENCE DES ALTERNATIVES
https://www.facebook.com/notes/olivier-naulleau/convergence-des-alternatives/10151478800641796

Lancement De La (R)Évolution Des Colibris
http://www.colibris-lemouvement.org/revolution/le-plan-des-colibris/le-plan-democratie
http://manager.mailingplus.net/newsl_view.php?data=b32-qofdn3g7002ap41erpn0c48j3rj0v5m59g9qju0
http://www.lesamanins.com/

Permaculture Et Autoconstruction Écologique

-agroécologie, agroforesterie, permaculture
http://www.youtube.com/playlist?list=PL7758117A7A76ECFC
-La permaculture, l'art de vivre avec la nature (arte)
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-Solutions locales pour un désordre global
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-Permaculture foret comestible...
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-Permaculture en Europe...
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-Vivre en autonomie, produire son électricité,son chauffage et gérer l'eau:une réalité.
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-Bâtir en bottes de paille
http://www.youtube.com/watch?v=th4NYjUczuw
-La permaculture, conversion radicale du regard
http://www.youtube.com/watch?v=ZjOqsbKzrgA
http://vivrecru.org
-Plantes médicinales : prendre soin de vous tout naturellement !
http://www.web-libre.org/dossiers/plantes-medicinales_162/
-Liste des fleurs comestibles
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-Association de légumes au jardin potager bio
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-Le mouvement de l’agriculture bio-dynamique
http://www.bio-dynamie.org/

Simplicité Volontaire Et Décroissance

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http://www.youtube.com/watch?v=gOGfqn8e9W4

https://www.facebook.com/Oliviernaulleau1

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Manifeste Pour Une Dotation Inconditionnelle d'Autonomie

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Du Pouvoir D'achat Au Pouvoir d’Être
http://www.youtube.com/watch?list=PL4rSqJ6eK0Wxdg4Pv0JS1sGqx-z7L43P2&v=VPBGbzzfsd8
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http://www.fudoeditions.info/content/la-monnaie-du-pouvoir-dachat-au-pouvoir-detre

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Pour Une Réelle Démocratie (avec Cornelius Castoriadis, Jacques Rancière, David Van Reybrouck, Francis Dupuis-Déri, les colibris, Etienne Chouard et les indignés, David Van Reybrouck...)

http://www.youtube.com/watch?v=wD7-1T3LbrE

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http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-se-reposer-ou-etre-libre ( A partir de 15 min )
Entretien de 1996 avec Cornelius Castoriadis,sur "la montée de l'insignifiance". Économiste, philosophe,psychanalyste, celui que son ami Edgar Morin qualifiait d' "énorme, hors norme" s'exprime ici très simplement, très clairement, à l'attention du grand public. Rarement un intellectuel aussi multiple et aussi profond aura réussi à exprimer notre devenir en s'appuyant sur les grands courants de la pensée émancipatrice et démocratique.

http://rue89.nouvelobs.com/2014/03/29/a-saillans-les-1-199-habitants-ont-tous-ete-elus-premier-tour-251062

http://www.informaction.info/29032014-1218-Vers-la-vraie-démocratie-Partie-1-La-Constitution-positivons-projet-de-société-gouvernance-réflexion-personnelle

Vous Êtes l’Évolution !

http://www.youtube.com/watch?v=2ke8RXvtHMw

film La Belle Verte

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