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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 16:05

 

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89

 

 

Le gouvernement et les promesses aux migrants : oubli ou mensonge ?

 

 

 

Chaque matin du lundi au vendredi, si possible à 9 h 15 précises, Daniel Schneidermann publie cette chronique sur les dominantes médiatico-numériques du matin. Ou parfois de la veille au soir (n'abusons pas des contraintes). Cette chronique est publiée sur le site indépendant arrêt sur images (financé par les abonnements) puis sur Rue89.

Vous vous souvenez de l'évacuation du camp de Calais ? L'administration avait alors promis aux évacués que "aucune décision de coercition" ne serait prise à l'encontre de ceux des migrants de Calais qui accepteraient leurs transferts vers les centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés un peu partout sur le territoire français.

Autrement dit, aucune reconduite forcée à la frontière des "dublinés", (migrants ayant laissé laissé leurs empreintes dans le pays de leur entrée sur le territoire de l'UE). Le ministre de l'Intérieur d'alors, Bernard Cazeneuve, l'avait répété en personne.

 

"Cacophonie générale"

Or Le Monde, sous la plume de la spécialiste du sujet, Maryline Baumard (sur notre plateau ici), a recueilli des témoignages qui prouvent le contraire. Au terme d'une longue enquête, Baumard a établi que de nombreux migrants, au mépris de la promesse faite, sont renvoyés vers leur pays d'arrivée en Europe. Partout ? Non. "Dans la cacophonie générale, les préfets font comme ils l'entendent", explique-t-elle, d'autant plus que, selon une confidence "d'une préfecture du Grand Est" aux associations, "une contre-directive a demandé de mettre tout le monde en procédure Dublin".

 

A première vue, cela pourrait s'appeler un mensonge. Le Monde aurait pu titrer sur "le mensonge du gouvernement". Mais non. Le Monde préfère titrer sur "la promesse oubliée". Et quand Baumard écrit le mot de mensonge, c'est en l'enserrant dans de prudents guillemets, et en le plaçant dans la bouche d'un jeune réfugié. "Ce que Idress appelle "le mensonge français", écrit Le Monde.

Délibéré ou pas ?

Ah, maudits trous de mémoire ! C'est que Le Monde est économe de ses accusations de mensonge. C'est d'ailleurs un des reproches adressés par l'architecte du fameux Décodex, Samuel Laurent, sur notre plateau de cette semaine, à l'adresse de Fakir, et de son directeur François Ruffin : ce gros mot de "mensonge", sous une vidéo de Fakir, concernant l'affaire Ecopla, et l'existence (ou non) d'une entrevue entre les salariés d'Ecopla et le cabinet d'Emmanuel Macron (explication ici). Parler de "mensonge", qualifier un élu politique, après enquête, de "malhonnête et incompétent", c'est être militant, et être menacé d'être "flagué" rouge par Décodex.

Le mensonge, nous dit Wikipédia, est "l'énoncé délibéré d'un fait contraire à la vérité". Le mot important est ici "délibéré". L'administration qui a placardé les affiches à Calais savait-elle que la promesse de non-reconduite ne serait pas tenue ? Le conseiller de Macron savait-il que le cabinet de Macron n'avait pas rencontré les salariés d'Ecopla ? Idress et Fakir ne peuvent certes pas prouver que oui.

Mais Baumard et Laurent ne peuvent pas davantage prouver qu'il ne s'agit que de simples trous de mémoire. A chaque journaliste, à chaque média, donc, de faire son choix de vocabulaire. L'un des deux choix est-il plus justifié que l'autre ?

Pour lire la chronique sur ASI.

Aller plus loin

Primaire de la droite : de la différence entre un mensonge et une contre-vérité

Trump, les reniflements du troll pris en pleine lumière

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 15:53

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Petit manuel des bonnes pratiques écolos sur Internet

 

13 février 2017 / Diane Routex (Kaizen)

 

 

 

Derrière Internet se cache une industrie polluante qui représente entre 2 % et 10 % des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que l’aviation. Certains usages permettent cependant de limiter ces émissions.

 

1. Faire le vide dans sa messagerie

Les centaines — voire milliers pour certain-es — de courriels dont regorgent nos messageries mobilisent l’énergie des serveurs en permanence, rien que pour être stockés. Le premier réflexe consiste donc à se retrousser les manches et à supprimer tous les messages superflus, surtout ceux avec de grosses pièces jointes. Imposez-vous une routine qui vous convient : par exemple, le 1er de chaque mois, sauvegardez sur votre disque dur les pièces jointes et les messages dont vous avez besoin, et supprimez les autres.

Les data centers sont de gigantesques lieux qui hébergent des milliers de serveurs par lesquels transitent toutes les données Internet : chaque envoi de courriel, chaque visionnage de vidéos, chaque requête tapée dans un moteur de recherche sollicite les serveurs. Du fait de leur activité constante, les data centers consomment énormément d’électricité. Ils demandent notamment à avoir une température maintenue à 20 °C en permanence.

 

2. Se désabonner des lettres d’information

Prenez le réflexe de vous désabonner des lettres d’information qui ne vous intéressent pas. Si vous vous sentez submergé, vous pouvez utiliser le service gratuit Unroll.me, qui repère en un instant toutes les lettres d’information auxquelles vous êtes abonné-e (elles sont souvent bien plus nombreuses qu’on ne le pense !) et vous permet de vous désabonner de tout ou partie en un clic.

 

3. Utiliser un service de messagerie durable

Comme Newmanity, qui respecte votre vie privée (vos données ne sont ni analysées ni collectées à des fins commerciales, contrairement à la plupart des messageries classiques) et l’environnement, en passant par des data centers alimentés en électricité produite avec des énergies renouvelables.

 

4. Limiter l’utilisation des champs CC et CCI

Avant de mettre toute l’équipe en copie, demandez-vous si cela est vraiment nécessaire et si certaines informations ne peuvent pas être données oralement, car chaque destinataire ajouté représente du CO2 supplémentaire émis.

 

5. Opter pour une signature sobre

Évitez d’utiliser une signature de courriel qui comporte une image ou une pièce jointe.

 

6. Privilégier un moteur de recherche responsable

Il existe plusieurs moteurs de recherche qui utilisent les revenus générés par la publicité pour rendre le monde plus vert. En choisissant par exemple d’installer l’extension du métamoteur Lilo sur votre navigateur, vous transformez chaque recherche en microdon destiné à des associations ou des entreprises solidaires. Quant à Écosia, il reverse 80 % de ses revenus à un programme de plantation d’arbres au Brésil.

 

7. Choisir la couleur noire

Pour réduire la consommation d’électricité de votre écran, vous pouvez utiliser une page de recherche noire comme Blackle...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 22:07

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete-de-secrets-d-info/l-enquete-de-secrets-d-info-10-fevrier-2017

 

 

L’enquête de Secrets d’info

vendredi 10 février 2017

 

Illustration pour "L'enquête de Secrets d'Info"

Enquête sur les nouveaux "Sans Bureau Fixe"

 

Après Google, les grands groupes français adoptent une stratégie étonnante : le « sans bureau fixe ». Pourquoi cette stratégie ? Quelles conséquences pour les employés ?

 

Marc Thiollier, Secrétaire général d'Accenture, dans une bulle de confidentialité

Marc Thiollier, Secrétaire général d'Accenture, dans une bulle de confidentialité © Radio France / Laetitia Saavedra

On connaissait les open-space classiques, ces plateaux sans cloison où chacun a son bureau. Voici les open space « dynamiques » et les « sans bureau fixe » : des espaces où les salariés n’ont plus de poste de travail attitré ni d’espace personnel. Ce qui n’était qu’une tendance dans les années 2000 se généralise. Désormais, la quasi-totalité des nouveaux sièges sociaux des grandes entreprises françaises sont conçus sur ce modèle. Danone, Axa, Bouygues Telecom ont franchi le pas, tout comme Sanofi dans son nouveau siège social, le Campus Sanofi-Val de Bièvre, basé à Gentilly près de Paris.

 

Plus de bureau attitré

Dans ce bâtiment luxueux et design, plus personne, ou presque, n'a de bureau attitré. Chaque jour devient une compétition pour trouver un poste de travail. François de Font-Réaulx, le Directeur des Ressources Humaines de Sanofi France, explique le principe :

C’est premier arrivé, premier servi.

 

"Vous arrivez le matin dans l’espace qui est celui de votre équipe, et vous vous mettez là où vous le souhaitez. Y compris les chefs."

 

L’optimisation des espaces de travail

Cette organisation permet aux entreprises de faire des économies. En moyenne, un bureau est occupé 60% du temps. Le fait de ne pas attribuer d'espace permanent aux employés optimise l'utilisation des différents lieux de travail. Cette configuration est également censée renforcer l'esprit d'équipe, la circulation des idées et la capacité d'adaptation des salariés. La conséquence de ces économies et de ce nouveau management, c'est que les entreprises prévoient systématiquement moins de postes de travail que de salariés. Au siège parisien du géant du consulting accenture, il y a seulement 1000 postes de travail pour 4000 collaborateurs. Chez Sanofi, c'est 8 postes pour 10 collaborateurs.

 

VIDÉO | Sans Bureau Fixe

Dix minutes pour trouver un bureau et s’installer

Pour les salariés, même si le cadre de travail est souvent moderne et très agréable, le quotidien n’est pas toujours facile. Cécile-le-Dez, représentante CFE-CGC chez Sanofi, souligne par exemple le temps perdu tous les matins :

On se ballade avec son ordinateur qu'on va chercher le matin dans une armoire, comme à la piscine. Il faut prévoir 10 minutes pour s'installer.

Chez accenture, il est arrivé que des consultants ne trouvent pas de poste de travail et soient obligés de rentrer chez eux. La direction considère que cela fait partie des aléas, comme l’explique Marc Thiollier, Secrétaire général de l'entreprise :

Ramené à la problématique de l'espace de travail, c'est un peu le même sujet.

"Ce sont des choses qui arrivent dans toute entreprise qui gère sa production : parfois elle est en rupture de stock, parfois en excédant."

 

Des salles de réunion squattées par la hiérarchie

Pour s’isoler, des salles de réunion sont mises à disposition des salariés. Les plus petites sont appelées « des bulles de confidentialité » et permettent de téléphoner sans être déranger. Il y a aussi des salles de réunions, mais il faut les réserver, or elles sont très convoitées. Certains employés contournent le système et "bloquent" des salles pour les retrouver à leur retour. Certains appartiennent à la hiérarchie, comme le souligne Jérôme Chemin, représentant CFDT chez accenture :

On est dans des stratégies où le moindre espace disponible va être occupé.

"On a vu des associés bloquer des salles. On pose un sac ou un manteau sur une table. On a l'impression d'être dans un western avec des luttes de territoire, ça peut créer des tensions."

Terrasse du siège social d'Accenture à Paris

Terrasse du siège social d'Accenture à Paris © Radio France / Laetitia Saavedra

 

Les salariés partagés

Les salariés sont partagés sur leurs conditions de travail. Si tous reconnaissent qu’ils travaillent dans des environnements agréables et modernes, la plupart se disent plus fatigués qu’avant. Les raisons de cette fatigue :

  • La difficulté à se concentrer dans des espaces qui peuvent accueillir jusqu'à 70 personnes
  • Les déménagements répétés

Les adeptes du « Sans Bureau Fixe » travaillent souvent à l’extérieur et sont plutôt jeunes. Partager un bureau ou en changer ne leur pose aucun problème. Delphine Olawaiye, une jeune salariée du pôle communication digitale chez Sanofi, est séduite par le brassage de population :

"Les relations hiérarchiques entre les personnes sont plus assouplies. C'est plus simple parce qu'on est tous au même bureau. Qu'on soit manager, stagiaire ou collaborateur, cadre, ce qui est intéressant c'est de trouver une aide insoupçonnée chez des collègues qui font partie d'une autre équipe".

Les salariés les plus critiques sont les sédentaires - rarement amenés à travailler à l’extérieur - et les plus âgés. Ils disent avoir perdu leurs repères et regrettent de ne plus pouvoir personnaliser leur bureau avec la photo de leurs enfants. Patrick Parisi, élu CGT de Sanofi, affirme, que ces espaces de travail isolent, « parce qu’on ne sait plus où trouver un collègue ». D’autres ont peur que la perte de leur bureau ne préfigure la perte de leur emploi.

Le travail devient une épreuve

Pour la sociologue du travail, Danièle Linhart, ce sentiment est le résultat d'une stratégie de management :

"Les gens sont mis dans une situation d'apprentissage permanent. Il y a cette idée que chaque journée est une épreuve. Il faut être au top de sa forme, confiant, serein, arriver en forme pour s'imposer."

 

L’alerte de l’inspection du travail

Ce risque de stress supplémentaire était déjà pointé dans une lettre de l’inspection du travail envoyée à Sanofi en 2014 avant la mise en place du système. Selon l’inspection du travail, ce changement permanent de bureau est contraire aux principes généraux de prévention du code du travail… Il fera subir en permanence aux salariés une "charge mentale additionnelle conséquente". Autrement dit, un stress supplémentaire, potentiellement grave pour la santé des salariés.

Aucune étude ne permet de connaître les conséquences de cette organisation pour le moment, faute de recul. Mais des chercheurs suédois ont constaté en 2013 qu’il y a plus d’arrêts maladies chez ceux qui travaillent en open-space que chez ceux qui ont un bureau fixe. En moyenne on passerait, selon ces scientifiques, de 5 à 8 jours d’arrêts par an.

 

D’autres bouleversements à venir

Les outils numériques permettent déjà de travailler de n'importe où, de chez soi en télétravail, d'un café ou d'un bureau partagé, ces lieux de "co-working" pour les travailleurs indépendants ou les salariés nomades. Un concept plus radical émerge aux Etats-Unis, "l'hôtel de travail", que précise Patrick Cingolani, professeur de sociologie à l’université Paris Diderot : "Ces hôtels peuvent proposer à la fois un lieu de vie, et la wifi, dans l'objectif de créer un espace de travail qui est aussi un espace d'habitat."

Le moment où une personne va prendre du loisir sera beaucoup plus incertain et flottant.

Cette tendance à vouloir effacer la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle vient des géants de la Silicon Valley. Cette logique y est poussée à l’extrême. Elisabeth Pélegrin-Genel, architecte et psychologue du travail, en décrit les ressorts :

"Le mouvement de fond c'est d'enchanter le travail par un tour de passe-passe, de ne jamais le montrer. Dans ces entreprises, on ne voit jamais une personne travailler mais on voit des trottinettes, des vélos, des murs d'escalade, des piscines… On avait connu ça dans les corons du nord, mais là on se croirait dans un village de vacances."

Les travailleurs de demain seront-ils des salariés hyperflexibles ou des auto-entrepreneurs qui travailleront n'importe où et à toute heure dans les nouveaux corons connectés ? Les bases d'une telle société semblent posées.

 

►► Enquête intégrale samedi 11 février à 13h20 sur France Inter.

 

Références bibliographiques :

 

L'équipe

 

 

 

Source : https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete-de-secrets-d-info/l-enquete-de-secrets-d-info-10-fevrier-2017

 

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 21:55

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

EN IMAGES. Six mois après les Jeux de Rio, les infrastructures olympiques tombent déjà en ruine

 

 

Qu'ils semblent loin les fastes de la compétition : en quelques mois à peine, l'état du parcours de golf, des piscines olympiques et du stade Maracanã s'est fortement dégradé. La preuve en images.

 

 

franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

 

 

Le bassin de natation utilisé pour les Jeux olympiques de Rio, le 5 février 2017.

Le bassin de natation utilisé pour les Jeux olympiques de Rio, le 5 février 2017. (PILAR OLIVARES / REUTERS)

Des pelouses de stade rongées par les vers, un bassin olympique à l'abandon ou encore des zones entières fermées au public : six mois après la fin des Jeux olympiques de Rio, au Brésil, certaines infrastructures sont laissées à l'abandon. Après le faste de la compétition (qui s'est déroulée en août dernier), la décomposition. Ces décors, dignes d'une ville fantôme, cristallisent la colère des habitants de la capitale qui se demandent quand ils pourront y accéder et s'indignent du gaspillage.

Du feu des projecteurs à l'état de décrépitude, il n'y a qu'un pas. Franceinfo a listé trois endroits en train de tomber en ruines. 

 

Le stade Maracanã

Il brillait de mille feux lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques : il est désormais fermé au public. The Guardian liste les importantes détériorations que le stade Maracanã a subies : "Les vers ont endommagé la surface de jeu, les fenêtres du stade ont été brisées, on a volé des éléments de cuivre aux murs et aux plafond et 10% des 78 000 sièges sont déchirés."

Vue aérienne du stade Maracanã, qui a accueilli les cérémonies d\'ouverture et de fermeture des Jeux olympiques, photographié le 12 janvier 2017.

Vue aérienne du stade Maracanã, qui a accueilli les cérémonies d'ouverture et de fermeture des Jeux olympiques, photographié le 12 janvier 2017. (NACHO DOCE / REUTERS)

Une vue aérienne des tribunes du stade Maracanã, où des sièges se sont décrochés, le 12 janvier 2017.

Une vue aérienne des tribunes du stade Maracanã, où des sièges se sont décrochés, le 12 janvier 2017. (NACHO DOCE / REUTERS)

 

Les portes de l'édifice mythique, dont la rénovation pour la Coupe du monde de foot, en 2014, avait coûté 350 millions d'euros, resteront closes jusqu'à ce qu'un compromis soit trouvé entre le comité Rio 2016 et les concessionnaires du stade, le groupe de divertissements américain AEG et l’entreprise brésilienne de BTP Odebrecht. Ces derniers ont donné au premier la gestion du stade entre le 30 mars et le 30 octobre à condition de le rendre dans l'état dans lequel il avait été livré, une clause non respectée selon les plaignants, explique Le Monde.

 

Les piscines du Stade olympique aquatique

Un bassin d\'entraînement construit pour les JO de Rio, situé à l\'extérieur de la piscine olympique, photographié le 5 février 2017. 

Un bassin d'entraînement construit pour les JO de Rio, situé à l'extérieur de la piscine olympique, photographié le 5 février 2017.  (PILAR OLIVARES / REUTERS)

 

La pourriture, les insectes et la boue ont remplacé les nageurs dans les piscines du Stade olympique aquatique. Le Daily Mail rapporte que, moins d'un an après la fin des Jeux, tout est laissé dans un état d'abandon. Et pas de travaux de rénovation prévus, malgré les panneaux qui le laissent sous-entendre. 

 

Le bassin de natation utilisé pour les Jeux olympiques de Rio, le 5 février 2017.

 

 

Le bassin de natation utilisé pour les Jeux olympiques de Rio, le 5 février 2017. (PILAR OLIVARES / REUTERS)

Une vue aérienne du Centre aquatique olympique de Rio, le 15 janvier 2017.

Une vue aérienne du Centre aquatique olympique de Rio, le 15 janvier 2017. (NACHO DOCE / REUTERS)

 

Le terrain de golf

D'autres infrastructures, sans être à l'abandon, peinent à attirer les visiteurs. C'est le cas du parcours de golf, un sport très peu connu au Brésil. Il avait coûté près de 18 millions d'euros à la ville. "La signalisation pour arriver au site est inexistante et les promoteurs n'ont pas encore lancé de site internet dédié", rapportait l'AFP en novembre. 

Un panneau publicitaire fait la promotion de nouveaux appartements construits près du parcours de golf olympique, en novembre 2016.

Un panneau publicitaire fait la promotion de nouveaux appartements construits près du parcours de golf olympique, en novembre 2016. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

 

Le gérant du parcours, Neil Cleverly, explique désormais au Guardian que l'entreprise pour laquelle il travaille n'a pas été payée depuis deux mois par la Fédération brésilienne de golf. Résultat : les parcours sont inutilisés et deviennent, peu à peu, inutilisables. 

Des bâtiments en préfabriqué abandonnées aux abord du parcours du golf, le 23 novembre 2016. 

Des bâtiments en préfabriqué abandonnées aux abord du parcours du golf, le 23 novembre 2016.  (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

Neil Cleverly, le gérant du parcours, enlève les mauvaises herbes pour éviter leur prolifération, le 23 novembre 2016.

Neil Cleverly, le gérant du parcours, enlève les mauvaises herbes pour éviter leur prolifération, le 23 novembre 2016. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 21:42

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

La Belle Aude : trois ans après sa création, la coopérative est rentable

 

C'est une belle histoire comme on les aime. Celle de salariés qui ont pris leur destin en main et son désormais leur propre patron.

 

France 2France Télévisions

Mis à jour le
publié le

 

Les salariés du fabricant de glace La Belle Aude qui ont repris leur entreprise dans l'espoir de sauvegarder leurs emplois peuvent être fiers d'eux aujourd'hui. Ils sont désormais associés. Aujourd'hui, plus de 1 000 pots de glace par heure sont produits grâce à cette nouvelle machine de mise en pots automatique. C'est six fois plus qu'au démarrage de la coopérative en 2014.

 

Pari réussi

L'histoire des Pilpa c'est celle d'un fabricant de glace installé depuis 40 ans à Carcassonne (Aude). En 2012, un an après le rachat par un groupe anglais, la fermeture est annoncée. 124 emplois doivent être supprimés. Mais les salariés vont se battre et 19 d'entre eux vont créer une coopérative. Trois ans plus tard, cinq commerciaux ont été embauchés, 300 000 euros investis dans des machines, le pari est réussi. La coopérative est aujourd'hui rentable.

 

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 22:14

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transport

Abandon de l’écotaxe poids lourds : 10 milliards de recettes en moins pour l’Etat

 

par

 

 

C’est un recul gouvernemental aux lourdes conséquences économiques, sociales, politiques et environnementales. Dans son rapport annuel publié le 8 février, la Cour des Comptes revient sur l’abandon de l’écotaxe poids lourds par le gouvernement. Mesure phare du grenelle de l’Environnement, votée en 2009, l’écotaxe poids lourds avait pour objectif de couvrir les coûts d’usage du réseau routier national, hors autoroutes à péage, et d’une partie du réseau routier local. Elle devait être acquittée par les poids lourds, français mais aussi étrangers en transit, sous la forme d’une taxe au kilomètre sur un réseau d’environ 15 000 km.

Sa mise en œuvre avait été confiée en octobre 2011 au consortium Écomouv’ (comprenant notamment Benetton, Goldman Sachs, Thalès et SFR, lire notre enquête) dans le cadre d’un partenariat public-privé. Le début de la collecte de la taxe était initialement prévu en juillet 2013. Elle devait rapporter près de 890 millions d’euros par an de recettes nettes aux administrations publiques, dont 684 millions d’euros en faveur du financement des infrastructures nationales de transport. Mais face à la fronde des « bonnets rouges », le Premier ministre annonce la suspension de l’écotaxe poids lourds le 29 octobre 2013. Son remplacement par un « péage à transit » est envisagé en juin 2014, avant une « suspension sine die » par la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, et, fin octobre 2014, la résiliation du contrat passé avec Écomouv’.

 

Particuliers et routiers français paient la facture

L’ardoise est conséquente. « L’abandon de l’écotaxe poids lourds est à l’origine d’une perte de recettes potentielles nettes au profit des administrations publiques de 9 833,09 millions d’euros sur la période d’exécution du contrat », évalue la Cour des Comptes. Cet abandon a également entraîné des dépenses importantes pour l’État : 958 millions d’euros d’indemnisations directes versées à Écomouv’ ou ses partenaires à la suite de la résiliation du contrat, ainsi que 70 millions d’euros de dépenses engagées par les administrations des ministères des Transports et des Douanes pour mettre en œuvre l’écotaxe, puis la défaire. À ces coûts, peuvent être ajoutés la perte de recettes liée à l’abaissement du tarif de la taxe à l’essieu (- 53 millions d’euros par an). Cette mesure avait justement été prise en 2009 pour favoriser l’acceptation de la mise en œuvre de l’écotaxe poids lourds auprès des organisations de transport routier... Sans compter 270 millions d’euros pour régler des contentieux.

Cette perte de recettes a été compensée par une majoration du tarif de taxe intérieure de consommation des produits énergétiques (TICPE) sur le gazole, pour un rendement total de 1 139 millions d’euros par an à partir de 2015. Mais cette solution de remplacement suscite les critiques de la Cour : « L’écotaxe poids lourds devait peser sur les poids lourds étrangers circulant en France à hauteur de 31 %, soit un niveau proche de leur part de marché (près de 40 %). La compensation de son abandon par un relèvement du tarif de TICPE ramène cette contribution à 2 % et fait donc supporter cet abandon par les poids lourds sous pavillon français et les automobilistes à hauteur de 98 %. ». En clair : particuliers et routiers français paient la facture.

Enfin, l’abandon de l’écotaxe poids lourds a eu des conséquences sociales directes avec le licenciement des 210 salariés d’Écomouv’, dont 157 à Metz. Les reclassements envisagés pour une partie d’entre eux dans des établissements publics de l’État « n’ont pas prospéré », commente la Cour des Comptes.

 

Entre « précipitation » et « objectifs de court terme »

La Cour des Comptes déplore un pilotage du projet « centré sur des objectifs de court terme », une suspension « prise dans la précipitation », et relève qu’ « aucune analyse préalable de la portée de cette décision n’a été conduite ». Ainsi, « cette décision sans base contractuelle a fragilisé la position de l’État, limitant notamment toute possibilité de rechercher, par la suite, une éventuelle faute d’Écomouv’ dans le retard ou les défauts du dispositif ». « Le mandat de négociation finalement retenu se résumait à deux objectifs principaux : éviter tout paiement à Écomouv’ en 2014, et ne rien trancher de manière définitive au cours de cette période ».

Dans sa réponse à la Cour des comptes, le cabinet du Premier ministre affirme que cette décision a fait l’objet d’« analyses juridiques et financières », et que l’État a utilisé « tous les leviers dont il disposait dans le cadre des négociations avec Écomouv’ », obtenant ainsi « des conditions financières plus favorables qu’initialement prévues ». Il assure que cette décision est « réaliste et efficace sur le long terme », avec un « bilan financier qui n’est pas si défavorable pour les finances publiques ».

Pour la Cour des Comptes, cet abandon marque « une occasion manquée de mettre en place un instrument pertinent de politique des transports ». Plusieurs pays européens – notamment la Suisse dès 2001, l’Autriche en 2004, l’Allemagne en 2005, la République tchèque en 2007, la Slovaquie en 2010, la Pologne en 2011, la Belgique en 2016 – ont déjà mis en place une tarification kilométrique de l’usage des infrastructures routières pour tous les poids lourds de plus de 3,5 tonnes [1]. Moins médiatisé que le mouvement des bonnets rouges, un collectif appelle en France à la mise en place d’une « pollutaxe », qui corrige les défauts les plus criants de l’écotaxe et s’inscrit dans une véritable fiscalité écologique.

 Télécharger le chapitre du rapport annuel 2017 de la Cour des Comptes « L’écotaxe poids lourds : un échec stratégique, un abandon coûteux »

Photo de Une : 1ère action pour la Pollutaxe à Biarritz en Pays Basque, le 13 décembre 2013 / Bizi !

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 22:05

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Massacre au bulldozer en forêt de Fontainebleau

 

9 février 2017 / Florence Combe-Amrouche

 

 

 

 

Sous prétexte de « restaurer le chaos rocheux » cher aux peintres « d’antan », l’ONF a procédé à une coupe sauvage en forêt de Fontainebleau. L’auteure de cette tribune a enquêté et raconte sa stupéfaction.

Florence Combe-Amrouche, 53 ans, est originaire de la région de Fontainebleau où elle a effectué toute sa scolarité jusqu’à la terminale.


Cela fait plus de quarante ans que je fais de la randonnée à travers la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), dont je connais le moindre chemin.

Dimanche 29 janvier dernier, nous sommes allés au carrefour du Bas-Bréau, à proximité de Barbizon. Quelle stupéfaction à notre arrivée ! Une hécatombe d’arbres ! Pins sylvestres et chênes jonchaient le sol, entiers ou bien coupés en lamelles ou en rondins, au bord de la route forestière.

Bravant l’interdiction, nous avons pénétré plus avant dans la forêt et nous sommes tombés sur des centaines d’arbres abattus et découpés. Nous avons aussi découvert des dizaines d’arbres encore debout, marqués de peinture rouge, orange, bleue ou blanche, probablement prêts pour l’abattage. De jeunes arbres vigoureux, sains, espacés les uns des autres… À proximité, d’énormes engins motorisés à crochets, des bulldozers, des tracteurs et des débardeurs avaient transformé les chemins de randonnée en un énorme chaos boueux. On n’entendait plus un seul animal, plus un seul chant d’oiseau. Un paysage de désolation.

Un panneau de l’Office national des forêts (ONF) justifiait ainsi cette destruction massive : « Le chantier consistera à rouvrir ces paysages qui, à terme, retrouveront leur visage d’antan très apprécié par les peintres. Ce chaos rocheux offrira également aux promeneurs de beaux points de vue sur le massif. » ...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 21:41

 

 

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Politique autrement

Saillans, laboratoire de la démocratie rurale, cherche à amplifier sa révolution participative

 

par

 

 

 

Dans ce village de Drôme, un quart des adultes participe à la politique locale et à la gestion municipale à travers des commissions et des groupes de travail. La municipalité, remportée en 2014 par une liste citoyenne, veut continuer à élargir le cercle des personnes concernées et, malgré les réticences, associer les habitants aux dossiers les plus ardus, comme le budget ou le Plan local d’urbanisme. Un difficile travail d’éducation populaire. Un reportage de L’Âge de Faire.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal L’âge de faire (voir en dessous de l’article)

 

À Saillans, le Café des sports est incontournable : c’est le seul établissement ouvert chaque jour, à toute heure et en toute saison, dans ce village coincé entre les montagnes et la Drôme qui lui mouille les pieds. Les journalistes y sont envoyés lorsqu’ils veulent des avis critiques sur la gestion municipale de ce laboratoire d’une démocratie plus participative. Parmi les clients, il y aura toujours quelqu’un pour se plaindre des nombreuses réunions « faites pour ceux qui ne travaillent pas », des places de parking supprimées ou du fait « qu’on ne sait pas qui commande »... L’affluence des médias, intrigués par le fonctionnement atypique de la liste qui a remporté les élections municipales de 2014, a suscité de l’agacement dans ce bourg de 1 200 habitants, en donnant l’impression que les élus étaient plus efficaces pour communiquer que pour agir, et en confrontant presque systématiquement « les pour » et « les contre ».

 

« Le politique, c’est l’habitant, pas l’élu »

Quand je lui demande ce qu’il pense de tout ça, Laurent Bernard, l’un des deux patrons du bar, évite soigneusement le piège du manichéisme. Certes, il regrette que le conseil municipal soit « devenu politique ». Est-ce mal de faire de la politique ? « Oui. La politique, ce sont les pourris qui nous gouvernent », dit-il en levant le menton en direction du ciel… ou du sommet de l’État, là-bas, très loin. Cette définition est à mille lieux de celle de Tristan Rechid, qui a formé les élus de Saillans aux méthodes de l’éducation populaire : « Le politique, c’est l’habitant, pas l’élu. L’élu est un représentant qui anime le processus. » N’empêche. Le conseil des sages, auquel appartient Tristan et qui accompagne l’action municipale, ira bientôt à la rencontre des habitants dans différents lieux publics, dont le Café des sports. Laurent Bernard en est plutôt content. « Ici, c’est ouvert à tous. »

De fait, en terrasse et dans la salle, à peu près tout le monde se côtoie dans un va-et-vient permanent : des grand-mères qui se retrouvent autour de leur café quotidien, des jeunes parents avec bébé en écharpe, des chasseurs, des écolos, des gens « du cru », des néo-ruraux, des travailleurs saisonniers… Toute la diversité de la Drôme, dont les composantes ont parfois du mal à se comprendre, est là.

Sébastien Dragan est arrivé de la Marne il y a près de vingt ans. Il a longtemps tenu la pizzeria à deux pas du café. Il raconte qu’aux élections, « je n’étais pas spécialement pour cette liste. Je suis un peu de l’ancienne école, à penser qu’on est élu pour décider ». Son parcours professionnel l’a finalement poussé à rejoindre la commission Économie. En septembre, pour la Semaine de l’économie locale, « nous avons fait une expo photo sur les acteurs économiques : commerçants, artisans, artistes... La plupart ont joué le jeu, et ont organisé en tout une quarantaine d’ateliers. Ce genre de choses donne de la fierté à des gens qui ont besoin de reconnaissance. Ça les amène à s’ouvrir à la démarche ».

 

« Pas de système pyramidal avec le maire tout en haut »

C’est l’un des grands questionnements du moment à Saillans : comment élargir le cercle des 230 personnes (24 % de la population majeure) qui participent aux commissions et aux Groupes action-projet ? « Ce sont surtout des peurs qui bloquent les gens, estime Sébastien. Peur de ne pas trouver leur place, d’être dépossédés de leurs droits sur le village. Et puis, il faudra quelques générations pour que les gens redeviennent acteurs de leur propre vie ! »

Le fonctionnement de la municipalité de Saillans repose sur deux grands principes : la collégialité et la participation. La collégialité concerne le conseil municipal proprement dit. Ici, pas de système pyramidal avec le maire tout en haut, puis ses adjoints, et enfin les simples conseillers. Les élus se partagent les responsabilités et travaillent en binômes. La participation des habitants, quant à elle, peut se faire dans les commissions thématiques (finances, aménagement, jeunesse, transparence…) et les Groupes action-projet (jardin public, stationnement-circulation, entraide-bénévolat, rythmes scolaires…). Les citoyens peuvent aussi se porter volontaires pour être membres du conseil des sages, animer des réunions, rédiger la lettre d’information municipale...

 

« Ce qu’on veut savoir, c’est pourquoi ils ne viennent pas ! »

Deux à trois fois par mois, les citoyens sont également conviés au comité de pilotage, l’un des principaux lieux de décision, où ils peuvent prendre la parole. Les travaux des commissions et des groupes Action-projet y sont présentés et validés ; les questions qui feront l’objet d’un vote officiel en conseil municipal y sont débattues. Sébastien ne va pas souvent au comité de pilotage, mais son père s’y rend régulièrement. « Il a 70 ans, et il se sent honoré qu’on lui demande son avis ! »

J’avais assisté à un comité de pilotage en juin 2014, quand la liste encore toute fraîche et enthousiaste se lançait dans de multiples groupes de travail (lire l’article sur Basta !). Deux ans et demi plus tard, les élus doivent gérer leur fatigue. Ce jeudi soir de novembre, ça grince parfois un peu dans les échanges, ça frotte entre les tempéraments. Fanny Larroque, qui prend des notes et surveille l’horloge, met de l’huile dans les rouages depuis le mois de septembre. Une subvention de la Fondation de France a permis à la mairie de financer son poste pour un an, soulageant les élus surmenés.

En début de réunion, des membres du conseil des sages annoncent qu’ils iront discuter à bâtons rompus avec les habitants, sur le marché et dans différents quartiers. Un élu les interpelle : « Nous, ce qu’on veut surtout savoir, c’est pourquoi ils ne viennent pas ! » Une créatrice de vêtements et deux artisans présentent leur projet de recyclerie, pour lequel ils sollicitent un local municipal. Ils proposent aussi de fabriquer de petites remorques qui seraient proposées en libre service dans le centre du bourg, pour transporter les courses sans utiliser de voiture.

Après un débat autour de la vente d’un terrain communal, le comité aborde une question épineuse : l’analyse du budget. Agnès Hatton, élue responsable des finances, dit son désarroi : difficile de travailler de façon cohérente quand le coût des projets ne cesse de grossir, gonflé par les imprévus et l’application des normes ! On sent planer sur la salle tout le poids des réglementations et des normes techniques, qui réduisent la liberté politique des communes. Pour y voir plus clair, le comité décide de recourir à un expert qui réalisera une étude globale sur le budget.

 

Les débuts du tirage au sort

L’équipe municipale est aujourd’hui à un tournant. Après avoir organisé plus de 200 réunions participatives et fait émerger des dizaines de projets d’habitants, elle se concentre sur les réalisations. Compostage collectif, réduction de l’éclairage public, installation de panneaux solaires à l’école, aménagement du jardin public… De nombreux projets se sont déjà concrétisés. Les élus ont aussi eu le temps de digérer certaines réalités qui mettent des bâtons dans les roues de leur utopie. Peu à peu, des solutions se dessinent pour surmonter les obstacles.

Première réalité, qui revient en boucle : tout le monde ne participe pas. « Aux élections, 43 % des votants n’étaient pas d’accord avec nous, et sur les 57 % qui nous ont élus, beaucoup en avaient juste marre du maire », rappelle Joachim Hirschler, élu référent en Environnement, énergie et mobilité. Fanny a été recrutée pour aller à la rencontre des « abstentionnistes » qui ignorent les réunions publiques. « Mon boulot, c’est de travailler avec ceux qui ne viennent pas, ou ne viennent plus, les déçus, ceux qui ne se sentent pas capables ou qui ont du mal à s’engager sur la durée », explique-t-elle.

Les outils numériques et l’organisation de chantiers collectifs bénévoles sont les premières pistes envisagées pour diversifier les formes de participation. Sans oublier le tirage au sort, que le conseil des sages utilise pour recruter ses nouveaux membres et qu’il souhaite expérimenter à une échelle plus large. Des citoyens tirés au sort sur les listes électorales devraient ainsi participer, aux côtés des élus, aux travaux concernant la révision du Plan local d’urbanisme (PLU).

 

Discuter du budget municipal sur le marché

Seconde réalité : la lourdeur du fonctionnement d’une commune laisse les habitants à l’écart des plus gros budgets et des projets de fond. Emmanuel Cappelin, membre du conseil des sages, relève le paradoxe. « On met beaucoup d’énergie dans les Groupes action-projet, mais 60 % des finances vont dans le train-train de la mairie... C’est ainsi qu’on évacue le politique du budget, avec le risque de se contenter d’une petite ligne avec laquelle la population fait joujou. » Un débat d’orientation budgétaire est programmé pour le printemps. Des membres du conseil des sages verraient bien des discussions sur le sujet au marché, par exemple. Mais les élus ont encore eux-mêmes un gros travail à fournir, avant de pouvoir en débattre avec les habitants.

Une autre piste consiste à inviter la population à travailler sur les « projets structurants », imposés par la réglementation ou par la nécessité de rénover certains équipements. Le conseil municipal a ainsi fait appel à l’association d’éducation populaire « La turbine à graines » pour s’attaquer à un gros morceau : le PLU. Avant la rédaction des objectifs de révision du PLU, les habitants ont été invités à travailler sur une carte géante de la commune et autour de tables thématiques ; à décortiquer ensemble des textes réglementaires ; à participer à des promenades de repérage… « Tout le travail qu’on a fait se retrouve dans les objectifs, se réjouit Sébastien, qui a été formé pour aller à la rencontre des habitants et accompagner une promenade. C’est super gratifiant ! » Pour mener l’ensemble de la révision selon cette démarche, la commune devra se mettre en quête de financements.

À mi-mandat, la liste cherche donc à la fois à élargir et à approfondir la participation. Un travail de longue haleine, dont les succès prennent parfois des chemins inattendus. Fernand Karagiannis, élu référent pour l’Économie, se réjouit presque de voir des habitants signer une pétition contre l’installation de bacs à déchets. « Quelque part, ils ont intégré notre fonctionnement. Ils nous disent : “Vous êtes participatifs et vous ne nous informez pas !” Ça va devenir quelque chose de naturel, qui devrait continuer après nous. » Tristan, lui, attend beaucoup du tirage au sort de citoyens qui travailleront avec les élus et les experts. « Ils vont être formés en urbanisme, en gestion… En fin de mandat, on aura plein de gens compétents. C’est un rêve d’éducation populaire ! »

Lisa Giachino (L’âge de faire)

Cet article est tiré du numéro de janvier du magazine L’âge de faire, partenaire de Basta !. Son dossier est consacré à la reconstruction de la démocratie. Pour en savoir plus, rendez-vous ici.

 

 

A lire sur Basta ! :

 

 

 

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 21:23

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

«La volonté de blesser la masculinité de leur public est fréquente chez les policiers»

Par Sylvain Mouillard

 

 

 

 

Une patrouille dans la cité des Francs-Moisins avec une unité de la BST (brigade spécialisée de terrain), à Saint-Denis, en août 2013.

Une patrouille dans la cité des Francs-Moisins avec une unité de la BST (brigade spécialisée de terrain), à Saint-Denis, en août 2013. Photo Vincent Nguyen. Riva-Press pour Libération

 

Le sociologue Didier Fassin revient sur le caractère sexuel souvent prononcé des interventions des forces de l'ordre dans les quartiers populaires.

 

C’est un élément qui revient souvent dans les récits des interpellations policières violentes au sein des quartiers populaires : un caractère sexuel prononcé. Insultes homophobes, testicules écrasés, fouilles appuyées des parties intimes, jusqu’au pire avec le viol dont aurait été victime Théo à Aulnay-sous-Bois. Le sociologue Didier Fassin, professeur de sciences sociales à l’Institut d’étude avancée de Princeton, a écrit en 2011 la Force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, résultat d’une immersion de quinze mois dans une brigade anticriminalité. Interrogé par mail, il revient sur cet aspect du problème.

Comment expliquer la dimension sexuelle des actes d’extrême violence subis par Théo ?

Les violences exercées par les policiers dans les quartiers populaires à l’encontre notamment des jeunes d’origine immigrée sont de deux types. Physique : bousculades, coups, placages, étranglements. Et moral : vexations, propos abaissants, insultes dégradantes. L’agression sexuelle décrite par Théo associe les deux : il s’agit de meurtrir et d’humilier tout à la fois un jeune homme qui a osé protester contre un énième contrôle d’identité. C’est vouloir lui faire perdre sa virilité, ce que confirment les propos qui accompagnent les violences : on le traite de «salope» et de «fiotte», on plaisante sur son «anus qui saigne». Les policiers croient affirmer leur masculinité en avilissant celle de Théo. Mais la dimension raciale et raciste est ici essentielle, comme le montre la qualification de «bamboula». Car l’homme noir incarne la virilité. Qu’il réponde ou résiste, et il faut la lui faire perdre. Des actes de sadisme comme ceux d’Aulnay-sous-Bois sont rares, mais la volonté de blesser la masculinité de leur public est en revanche fréquente parmi les policiers.

De telles pratiques sont-elles liées à une culture de la virilité exacerbée chez les policiers ?

Les études sociologiques, comme du reste les films de fiction et les séries télévisées, montrent que le monde de la police est profondément animé par un imaginaire de masculinité qui se manifeste dans le travail sur le corps, le vêtement, la démarche, le port d’arme – jusque dans la symbolique de la matraque télescopique qui pénètre Théo. Cet imaginaire est cultivé dans les formations, les stages et les récits des aînés. Or, une fois sur le terrain, les jeunes policiers se rendent compte que leur métier n’est pas du tout celui dont ils rêvaient, qu’ils n’arrêtent pas des voleurs mais patrouillent vainement pendant des heures, et que leur seule manière de se distraire tout en «faisant du chiffre» est d’aller harceler les jeunes hommes dans les cités.

Les contrôles qu’ils y font servent moins à vérifier des identités qu’ils connaissent qu’à imposer une forme d’autorité brutale et potentiellement à provoquer des interpellations pour outrage et rébellion. La virilité mise à l’épreuve dans les longs moments d’inaction retrouve un peu de son éclat dans ces démonstrations de force. Dans le cas présent, le fait de se mettre à quatre policiers armés pour frapper un homme à terre qui ne se défend pas et de continuer à le rouer de coups alors qu’il est menotté ne leur apparaît nullement comme contradictoire avec cette image virile. Probablement éprouvent-ils une forme de jouissance dans la démonstration de leur toute-puissance face à un homme impuissant.

Quel est l’objectif recherché par les policiers lorsqu’ils se comportent ainsi avec les jeunes des quartiers populaires ? Quelles réactions cela provoque-t-il dans la population ?

A l’évidence, le but des policiers dans ces quartiers n’est pas de maintenir l’ordre public mais d’imposer un ordre social. Il est de rappeler à chacun sa place, de signifier aux jeunes qu’ils peuvent se faire insulter, et de leur faire comprendre ce qu’il leur en coûterait s’ils répondaient. L’éducation civique qui leur est donnée vise à leur inculquer qu’ils résident dans des territoires de la République où l’état de droit n’existe que de façon très limitée. Comment pourraient-ils se rendre au commissariat pour déposer plainte pour insulte raciste ou traitement discriminatoire par des policiers ? Mais ce qui m’a frappé depuis l’épisode tragique d’Aulnay-sous-Bois, ce sont les courriers que j’ai reçus d’hommes et de femmes de ces quartiers.

Les uns crient leur colère face aux exactions des policiers mais aussi face à l’impunité dont ils ne cessent de bénéficier de la part de leur institution et de la justice. Les autres disent leur désarroi, leur inquiétude et même leur peur, notamment pour leurs enfants. C’est que, depuis des décennies, aucun gouvernement n’a le courage de se confronter au problème d’une police dont les actes mettent quotidiennement en cause le contrat social et le pacte républicain. Au contraire, le pouvoir ne cesse de donner aux forces de l’ordre plus de prérogatives et moins de contrôle démocratique de leurs actions. La loi en préparation qui élargit les conditions d’utilisation de leur arme à feu même sans légitime défense en est la preuve la plus récente. Dans ce contexte, la dignité avec laquelle Théo a réagi à l’inqualifiable agression dont il a fait l’objet devrait faire réfléchir policiers et politiciens.

Sylvain Mouillard

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 21:05

 

 

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Justice

Aide aux migrants : une condamnation de principe pour Cédric Herrou

Par Mathilde Frénois, Correspondante à Nice

 

 

Khadidja, réfugiée malienne (bonnet blanc), est venue féliciter Cedric Herrou (bonnet jaune) à la sortie du tribunal de Nice ce vendredi.

Khadidja, réfugiée malienne (bonnet blanc), est venue féliciter Cedric Herrou (bonnet jaune) à la sortie du tribunal de Nice ce vendredi. Photo Laurent Carré pour Libération

 

L'agriculteur qui est venu en aide à des étrangers dans la vallée de la Roya a écopé d'une simple amende de 3 000 euros avec sursis. Une peine légère qui le conforte dans son combat. Il compte désormais attaquer l’Etat pour «non-respect des protocoles de réadmission».

Dans la salle des pas perdus, Khadidja serre fort Cédric Herrou dans ses bras. «Ce que je lui ai dit à l’oreille, vous ne le saurez pas», prévient cette Malienne de 17 ans arrivée en France en juin via la vallée de la Roya et avec l’aide de l’agriculteur. Mais pour ceux qu’elle déclame tout haut, les mots de Khadidja frappent les murs du palais de justice de Nice ce vendredi matin : «Ce n’est pas un crime de venir en aide à des mineurs isolés! Je suis l’une de ces mineurs, Cédric est notre papa», dit-elle.

A lire aussi la tribune de Didier Fassin : La justice contre les justes ?

Derrière la porte de la salle d’audience, la justice vient de condamner Herrou à 3 000 euros d’amende avec sursis, le reconnaissant coupable de l’aide apportée aux étrangers pris en charge en Italie. L’agriculteur de 37 ans avait revendiqué être allé chercher des migrants à Vintimille pour franchir la frontière franco-italienne. «Cédric Herrou ne donne pas la preuve d’un franchissement individuel face à un péril», affirme la présidente qui estime que l’aide était généralisée. En revanche, le tribunal a prononcé la relaxe pour l’ouverture sans autorisation d’un camp accueillant 57 migrants dans un bâtiment de la SNCF. «L’aide proposée par Cédric Herrou participe à une action de secours. Il a agi […] pour préserver leur dignité et leur intégrité», indique-t-elle, s’éloignant des réquisitions qui s’élevaient à huit mois de prison avec sursis.

 

«La victoire, ce sera quand on n’aura plus à faire tout ça»

«Le tribunal a bien compris que l’action de Cédric Herrou est uniquement humanitaire, se réjouit son avocat Me Zia Oloumi. Au-delà du cas de mon client, ce jugement donne un cadre clair de l’infraction.» Si le tribunal a sanctionné l’aide à l’entrée sur le territoire national de personnes en situation irrégulière, l’aide au séjour et à la circulation a fait l’objet d’une relaxe. «J’ai été écouté et j’ai eu de vraies réponses, se satisfait Cédric Herrou qui a remis son bonnet en laine jaune pour se protéger des quelques gouttes de pluie. Désormais, nous comprenons qu’il faut traçabiliser nos actions pour poursuivre notre chemin.» L’agriculteur exclut désormais de faire appel.

A lire aussi : Cédric Herrou, passeur décisif

A moins d’un appel du parquet, Herrou en a fini avec la justice… mais pas avec cette situation à la frontière entre secours à une personne en danger et aide illégale à un étranger. «La victoire, ce sera quand on n’aura plus à faire tout ça et que je pourrai reprendre une activité normale», dit-il. Cette nuit encore sur son terrain de Breil-sur-Roya, ce producteur d’huile d’olive et d’œufs accueillait cinq migrants, tous arrivés seuls à pied par les voies ferrées depuis Vintimille. «Nos représentants politiques ont le devoir d’assumer leurs responsabilités en accueillant avec dignité les gens qui mettent le pied sur le sol français, affirme-t-il, assurant faire le travail de l’aide sociale à l’enfance. On continuera à agir et ce n’est pas sous la menace d’un préfet ni les insultes d’un ou deux politiques que nous arrêterons. Nous continuerons, car nous agissons dans l’urgence.»

 

«L’espoir que les choses changent»

Un discours approuvé par ses nombreux soutiens qui se sont massés au pied des marches du palais de justice de Nice. «Je suis là pour le respect de la devise gravée sur la façade du bâtiment», affirme Alain, professeur d’histoire qui pointe du doigt les mots «liberté, égalité, fraternité». Et d’ajouter : «C’est ce que j’ai appris à mes élèves pendant toute ma carrière. Ces notions, nos dirigeants politiques doivent les faire vivre.» Amnesty International, RESF, la Cimade, SOS Racisme, les associations azuréennes Habitat et Citoyenneté, ADN et Roya citoyenne, entre autres, ont répondu présentes à l’appel à manifester. De l’autre côté de la place, une étudiante ne porte ni pin’s ni pancarte. A 22 ans, c’est la première fois qu’elle vient à Nice pour un rassemblement. «Et je me suis levée très tôt, à 6h30 parce que je viens de Marseille, fait-elle remarquer au côté de son père. La situation des réfugiés et la non-réaction des politiques me touchent. Avec ce procès, j’ai l’espoir que les choses changent.»

A lire aussi : Cédric Herrou, le procès d'un geste d'humanité

Afin que «les choses changent», Herrou annonce, avec des associations et des avocats, qu’il attaquera en justice les autorités françaises pour prouver «le non-respect des protocoles de réadmission», précise-t-il. Mercredi, Amnesty International avait déjà dénoncé des renvois quasi systématiques de migrants en Italie enfreignant le droit d’asile et le droit des mineurs isolés. En attendant tout appui judiciaire, une militante de l’aide aux migrants est attendue à la barre du tribunal de Nice en avril, quatre autres en mai. Après sa relaxe, le professeur et chercheur Pierre-Alain Mannoni attend une date pour son procès en appel. Comme Herrou, tous risquent cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Mathilde Frénois Correspondante à Nice

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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