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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 16:55

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

À l’université de Toulouse, un campement contre le barrage de Sivens et les violences de l’Etat

Grégoire Souchay (Reporterre)

jeudi 20 novembre 2014

 

 

 

Les étudiants de l’université du Mirail, à Toulouse, bloquent depuis ce matin leur université et une quarantaine d’entre eux y ont installé un campement d’occupation. Reportage.


- Toulouse, correspondance

Depuis une semaine, les initiatives locales et éphémères se multiplient dans les universités du pays sans pour autant prendre de l’ampleur. Fidèle à son histoire sociale riche et engagée, c’est peut-être de l’université du Mirail, à la faculté de lettres et de sciences humaines, que proviendra le déclic. Située à Toulouse, à une heure de route de la zone humide du Testet, l’établissement est tout désigné pour être le terreau d’une nouvelle contestation, après trois années plutôt calmes.

Sauf que cette fois, il ne s’agit pas seulement de revendications universitaires, de budget et d’enseignement supérieur, mais aussi d’écologie et de violences policières. Le mot d’ordre se résume en un slogan : « Du fric pour les facs et la biodiversité, pas pour la police ni pour l’armée ». Tim, étudiant en géographie : « Quand on voit qu’ils se goinfrent avec des grands projets imposés qui coûtent des millions, qu’ils n’hésitent pas à mobiliser des brigades de CRS qui coûtent des centaines de milliers d’euros par jour, et que de l’autre côté il manque quatre millions d’euros chaque année au budget de l’université, il n‘est pas difficile de faire le lien ».

L’assemblée générale étudiante de la semaine dernière a ainsi voté les mots d’ordre suivants : « Contre les dégradations des conditions d’étude, les violences policières et la répression » et « Pour l’annulation des poursuites judiciaires, l’arrêt définitif du projet de barrage et des autres projets qui profitent à une minorité ».

Les motifs de contestation propres à l’université sont nombreux. On me décrit « les travaux de réhabilitation de l’université, en partenariat public privé, avec Vinci » et « ce grand escalier, qui mène au bâtiment principal, construit en février dernier et qui va être redémoli à nouveau parce qu’un nouveau projet le demande ». Des dépenses incomprises tandis que certains voient déjà « des filières fermées parce que non rentables ». La crainte générale reste « la privatisation de l’université. »

Beaucoup admettent ne pas connaître tous les dossiers de manière pointue, « mais justement, tout ça vient après, l’important c’est déjà d’agir », dit Marie. La contestation se joue aussi sur les mots, l’établissement ayant été renommé depuis peu Université Jean Jaurès - « parce que lui donner le nom d’un quartier populaire comme Le Mirail, ce n’est pas vendeur ? », s’indigne Jeanne.

La rencontre de plusieurs traditions de lutte

Ce qui se joue ici, au-delà des mots d’ordre, c’est la rencontre entre plusieurs traditions d’engagement, comme l’explique Stephen, bon connaisseur du milieu militant : « D’un côté le mouvement étudiant classique s’organise, avec ses assemblées, son fonctionnement, le rôle important des organisations politiques et syndicales et la suprématie de l’assemblée générale (AG) pour toutes les décisions. Et de l’autre, on a un mouvement des ZAD, qui existe déjà et qui s’organise de manière beaucoup plus autonome et spontanée, y compris en dehors des AG ».

Exemple frappant de ce choc des cultures : la décision spontanée d‘établir un campement d’occupation sur la fac. La question n’a pas été votée en assemblée générale, pourtant une quarantaine d’étudiants ont décidé mercredi après midi d’entamer l’occupation permanente de leur université, en plantant leurs tentes et construisant une première cabane faite de matériaux de récupération et de bricole.

À l’entrée, une pancarte nous invite à la « zone d’interpellation et de conversation ». Pablo, étudiant en anthropologie, m’avertit : « Ici, ce n’est pas une ZAD, nos revendications dépassent l’université en elle-même ». Pourtant, les parentés avec les campements du Testet ou de Notre Dame des Landes sont nombreuses : ça discute, construit, échange des pratiques et surtout le moyen d’action privilégié reste l’occupation.

Juliette explique : « On est présents, les gens viennent voir ce qui se passe, c’est plus efficace qu’une simple affiche pour interpeller ». Assis dans l’herbe à la tombée de la nuit, dans une ambiance agrémentée d’un air de reggae, la discute s’engage très facilement avec ces étudiants en sciences humaines habitués à la discussion publique et au débat d’idées. Beaucoup témoignent avoir été sensibilisés à la lutte de Sivens via « le foyer de géographie », lieu privilégié de rencontre des militants, où se trouve l’AMAP étudiante et diverses associations écologistes. Tous les occupants disent sentir « une facilité pour s’impliquer dans le campement, même si tu n’a pas d’expérience d’un mouvement, tu peux venir, planter des clous et déjà tu participes à la construction »....

 

*Suite de l'article sur. reporterre

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 16:11

 

Source : www.mediapart.fr

 

Le groupe nucléaire Areva est en perdition

|  Par martine orange

 

 

 

 

Derrière la chronique de cour sur le changement de président à la tête du groupe nucléaire, se joue un drame : Areva prend l’eau de toutes parts. Une recapitalisation de l’ordre de 1,5 à 2 milliards d’euros s’impose. Des coupes sombres s’annoncent. Même le sort du réacteur EPR paraît menacé.

En apparence, cela se résume à cette chronique de cour qu’est devenu le pouvoir, dont les échos nous sont infligés désormais chaque semaine. Vendredi 14 novembre au matin, Matignon a convoqué Pierre Blayau pour lui annoncer qu’il ne serait pas renouvelé à la présidence d’Areva. Bien que sans aucune expertise dans le nucléaire, mais avec la chaude recommandation d’Alain Minc dont il est client depuis des années, il avait été nommé en mai 2013 par François Hollande à la présidence du conseil de surveillance du groupe nucléaire. Pierre Blayau demandait à être reconduit, alors qu’Areva s’apprête à abandonner son organisation en directoire et conseil de surveillance pour revenir à un schéma plus simple avec un président du conseil d’administration et directeur général.

Pierre Blayau, qui militait pour ce changement afin de renforcer le pouvoir de contrôle des administrateurs, notamment sur les comptes et les grands contrats signés par le groupe, espérait bien obtenir son maintien. Il pensait avoir d’autant plus de chances que, dans la précipitation, le gouvernement a dû nommer Philippe Knoche, fin octobre, pour assurer l’intérim de Luc Oursel, président du directoire, qui s’est retiré pour raisons de santé. Imposer un changement complet de direction au moment où Areva rencontre de grandes difficultés lui semblait presque impossible.

Matignon en a décidé autrement. Dans la foulée, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, annonçait son intention de nommer Philippe Varin, ancien président de PSA, à la présidence du conseil d’administration. Le corps des Mines, dont il est membre, soutient cette nomination à la tête de l’entreprise, qui est un de ses prés carrés. Philippe Varin a aussi pour lui d’avoir été nommé par l’État administrateur d’EDF : il est censé faire la liaison entre les deux groupes qui entretiennent des relations orageuses depuis des années.

« Pierre Blayau a été la victime collatérale de la guéguerre entre Hollande et Valls », dit un proche du dossier « François Hollande a décidé de ne pas renouveler Henri Proglio à la tête d’EDF contre l’avis de Manuel Valls qui souhaitait le maintenir. Manuel Valls a profité de l’absence de François Hollande (alors au sommet du G20 en Australie, ndlr) et de l’affaiblissement de Jouyet pour marquer son territoire », explique-t-il.

 

Philippe Knoche, président du directoire d'Areva 
Philippe Knoche, président du directoire d'Areva © Reuters

Ces petits jeux de pouvoir, cependant, ne doivent pas cacher l’essentiel. Le changement complet de direction à la tête d’Areva répond à une autre urgence que l’État et les responsables du groupe, soutenus par le corps des Mines et l’inspection des finances, très impliqués dans ce dossier, ont tenté de cacher depuis des mois voire des années : Areva est en perdition.

Les aveux de cette situation catastrophique commencent. Dans un communiqué publié ce mardi 18 novembre après la clôture de la Bourse, le groupe a annoncé qu’il « suspendait l'ensemble des perspectives financières qu'il s'était fixées pour l’exercice 2015 et 2016 ». Il précisait également ne plus pouvoir garantir son objectif d'un cash flow opérationnel libre « proche de l'équilibre ».

Au premier semestre, Areva a annoncé une perte de 694 millions d’euros. Selon certaines informations, la perte pourrait à nouveau dépasser le milliard d’euros à la fin de l’année. À l’exception de son activité minière, toutes les autres branches sont en perte. Le groupe ne dispose d’aucune marge de manœuvre financière. Son free cash flow est négatif. Il n’a donc aucune ressource propre pour assurer ses investissements. Son endettement atteint 4,7 milliards d’euros pour 4 milliards de fonds propres. Pourtant, le groupe a déjà cédé quelque 7 milliards d’euros d’actifs en quelques années, notamment sa filiale T&D et ses participations dans Eramet et dans ST Microelectronics, et a bénéficié d'une première augmentation de capital de 600 millions C’est dire l’ampleur du désastre, que beaucoup se sont évertués à nier pendant des années (lire notre article : Areva, l’ardoise d’une gestion désastreuse).

« Si Areva était une société privée, elle aurait déposé son bilan », dit un connaisseur du dossier. L’analyse rejoint celle de l’agence de notation Standard & Poor’s. Au début de l’automne, celle-ci a mis Areva sous surveillance négative. Bercy a beaucoup bataillé pour que le groupe nucléaire ne soit pas classé dans la catégorie infamante de junk bonds. En échange, l’Agence des participations de l’État (APE), principal actionnaire du groupe avec le CEA, et la direction d’Areva ont promis de remédier très vite à la situation. Une émission obligataire hybride de quelque 800 millions d’euros devait être lancée début novembre. Malgré un taux de 8 %, très supérieur aux conditions de financement actuelles, les investisseurs n’ont pas suivi, selon nos informations. Areva a annoncé qu’il repoussait son opération, en attendant des temps plus favorables.

Sous pression, la direction d’Areva n’a plus le choix : il lui faut faire la vérité des comptes. Ce que le groupe a besoin de solder, ce ne sont pas ses rêves d'expansion détruits dans l'explosion de Fukushima mais les erreurs de gestion passées. Il lui faut dresser le véritable bilan de la présidence d’Anne Lauvergeon. Ce bilan que les administrateurs, les autorités de tutelle, les commissaires aux comptes, les experts extérieurs ont refusé de faire jusqu’à présent, parce qu’ils y avaient tous une part de responsabilité, préférant fermer les yeux plutôt que de bousculer les réseaux de pouvoir.

À son arrivée à la présidence du directoire, en 2011, Luc Oursel avait opéré un premier nettoyage : une dépréciation de 1,4 milliard d’euros avait été passée pour ramener la valeur d’Uramin, ce désastreux achat minier (lire notre enquête), à zéro. Mais tout ceci est très loin du compte, selon nombre de connaisseurs du dossier. Depuis 2006, Areva ne cesse de présenter une image flatteuse, bien éloignée de la réalité, que ce soit sur le réacteur EPR ou ses autres activités. 

Depuis le début de l’année, cette question de la vérité des comptes empoisonne l’atmosphère au sein du groupe nucléaire. Luc Oursel, alors président du directoire, était partisan de la transparence, mais jusqu’à un certain point, afin de ne pas porter un coup fatal au groupe. Sa vision, jugée trop optimiste, a beaucoup énervé l’APE et les autorités de tutelle, au point qu’elles envisageaient de ne pas le reconduire à la présidence, avant qu’il ne tombe malade. En face, Pierre Blayau prônait un nettoyage sans concession, quitte à abandonner des activités, voire à pousser au démantèlement du groupe. Son agressivité a aussi beaucoup énervé les autorités de tutelle, qui préféraient temporiser.

La réalité est en train de rattraper tout le monde. Fin septembre, un comité d’audit du groupe a pris des allures dramatiques, selon nos informations. Déjà sous la menace d’une dégradation par Standard & Poor’s, le comité d’audit a dû constater que l’hémorragie financière ne cessait de s’aggraver, et qu’Areva avait un besoin urgent d’être recapitalisé pour éviter l’effondrement financier.

L'avenir de l'EPR en question

L’augmentation de capital d’Areva est estimée à moins 1,5 milliard d’euros, voire 2 milliards, d’après les connaisseurs du dossier. Les sources de perte du groupe sont en effet multiples.

 

 
© Reuters

D’abord, il y a le chantier de l’EPR finlandais. Alors que le réacteur nucléaire devait à l’origine entrer en fonctionnement en 2009, son démarrage ne cesse d’être repoussé, d’abord en 2016, puis 2017. Le groupe parle maintenant de 2018. « Chaque année de retard coûte 400 millions d’euros de plus au groupe », dit un salarié. Areva a déjà avoué un surcoût de 4 milliards d’euros par rapport aux 3,5 milliards d’euros prévus dans le contrat signé avec l’électricien finlandais TVO. Mais le coût pourrait être encore plus élevé, le groupe ayant, semble-t-il, pris en compte des remboursements et des dédits liés à des contentieux qui ne sont pas encore réglés avec son client.

La situation dans l’activité minière est tout aussi sinistre. Il y a d’abord le dossier Uramin, qui devrait conduire à la mise en examen prochaine de certains responsables, et qui n’est pas totalement purgé. Il reste notamment le milliard d’euros de travaux réalisés en Namibie qui n’a jamais été provisionné.  

Mais il faut aussi compter maintenant avec le dossier Imouraren. Areva a obtenu le permis d’exploitation de cette mine d’uranium au Niger début 2009. À l’époque, le groupe parlait à nouveau d’une mine exceptionnelle : le gisement devait produire 5 000 tonnes de minerai au moins par an avec un permis d’exploitation pendant 35 ans. Des travaux ont été commencés. La piste d’atterrissage a été refaite deux fois. Des équipements d’usine et des camions pour exploiter la mine ont été commandés.

Au début de l’année, le groupe a décidé de tout arrêter. La mine semble être aussi inexploitable que les gisements d’Uramin. Toutes les références aux réserves ont disparu dans les documents de référence. Des moteurs commandés par Areva pour cette mine sont toujours en attente de livraison à Tokyo, des châssis à Cotonou, des bennes à Anvers. Coût total de cette acquisition : 800 millions d’euros. Mais la perte est encore à inscrire en partie dans les comptes.

L’activité enrichissement connaît elle aussi des déboires. En 2008, Areva a décidé de construire une nouvelle usine de gazéification pour l’uranium sur le site de Tricastin, en remplacement de celle de Lodève. Le prix de cette nouvelle construction s’élève à un milliard d’euros environ. Elle devrait fonctionner à partir de 2016 mais n’a toujours pas de client. De même, l’usine d’enrichissement Georges-Besse 2, toujours sur le site de Tricastin, peine à monter en puissance, alors qu’elle a coûté elle aussi plus d'un milliard d’euros à réaliser.

Enfin, les énergies renouvelables ne tiennent pas les promesses attendues. Au milieu des années 2000, Anne Lauvergeon avait décidé de repeindre Areva en vert et de le présenter comme le groupe spécialisé dans les énergies sans CO2. Le groupe avait alors choisi de se développer très rapidement dans les énergies renouvelables. D’importants investissements, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros, ont été réalisés pour croître rapidement dans ces activités, notamment dans l’éolien en mer.

Les efforts consentis ne sont pas payés de retour. La branche énergies renouvelables a réalisé un chiffre d’affaires de 32 millions d’euros au premier semestre, en baisse de 18 % par rapport à la même période de l’an dernier. Surtout, elle a multiplié ces pertes par deux sur la même période pour les porter à 19 millions, soit près des deux tiers de son chiffre d’affaires. « Personne ne peut reprocher à Areva d’avoir tenté le pari des énergies renouvelables. Beaucoup d’autres l’ont fait. À l’exception des Chinois, jusqu’à présent, aucun groupe ne gagne de l’argent dans les énergies renouvelables. S’il n’y avait eu que ces contretemps, Areva aurait largement pu faire face. Malheureusement, il y a tout le reste », relève un connaisseur du dossier.

Le renflouement d’Areva semble inévitable, si le groupe veut éviter la faillite. Mais qui va payer ? Plusieurs scénarios paraissent avoir été mis à l’étude, pour aboutir aux mêmes conclusions : « Il n’y a que l’État qui puisse renflouer Areva. Le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) qui est actionnaire va être dessaisi et va sortir. L’État aura alors les manettes pour reprendre en main le dossier Areva », dit un proche du gouvernement. Selon le magazine Challenges, Bercy envisagerait, parallèlement à cette augmentation de capital, de créer une société de défaisance pour y placer les actifs risqués ou à vendre. Une  structure semblable avait été créée lors de la faillite du Crédit lyonnais. 10 milliards d’actifs pourraient y être placés.

Si un tel projet voit le jour, le périmètre choisi donnera les premières indications sur les intentions du gouvernement quant à l’avenir d’Areva. Le long conflit qui a opposé Luc Oursel, Pierre Blayau et les autorités de tutelle depuis le début de l’année, portait notamment sur ces questions. D’un côté Luc Oursel tentait de préserver Areva comme un groupe intégré dans le nucléaire, de l’autre Pierre Blayau prônait la mise à l’encan de nombre d’activités, quitte à démanteler le groupe.

De nombreuses activités, de toute façon, semblent appelées à être sacrifiées. La sortie d’Areva des énergies renouvelables s’impose, selon de nombreux observateurs. D’autres semblent condamnées à nettement diminuer.

Mais la question la plus sensible politiquement, qui va déterminer l’avenir du groupe, est celle de l’arrêt ou non de l’EPR. Le réacteur nucléaire est un fiasco industriel et commercial. Il se révèle trop compliqué et trop cher à construire. EDF vient de le confirmer : le groupe public a annoncé le 18 novembre que le démarrage du réacteur était reporté à 2017.

L’État, qui a longtemps fermé les yeux sur cette situation au nom de « l’excellence française », ne peut plus se permettre d’ignorer le sujet. Beaucoup de conseillers pensent qu’il vaut mieux tirer un trait sur cette coûteuse et malheureuse aventure. Soucieux, toutefois, de montrer que la France ne se retire pas du nucléaire, certains recommandent que les bureaux d’ingénierie d’Areva soient rapprochés de ceux d’EDF afin de concevoir un nouveau réacteur, plus petit et surtout moins cher à construire. Mais c’en serait alors fini d’Areva.

« Anne Lauvergeon aura beaucoup plus fait que les écolos pour détruire le nucléaire. Areva est en train de sombrer. Ces gens des Mines ont réussi à mettre une entreprise qui gagnait des centaines de millions par an par terre, en toute impunité », s’énerve un salarié du groupe. De fait, la question des responsabilités à tous les niveaux de cette faillite n’a jamais été posée. Anne Lauvergeon est même partie avec une indemnité de 1,5 million d’euros pour la dédommager de ne pas avoir été renouvelée une troisième fois à la présidence d’Areva en 2011.

À l’intérieur du groupe, la colère et la peur se mêlent à la stupeur. Jamais les salariés n’auraient cru en arriver là. Mais ils savent que ce sont eux qui vont payer le prix des folies passées. Plus de 1 500 suppressions de poste sont déjà annoncés en Allemagne, 200 aux États-Unis. En France, le chiffre n’est pas encore connu. Mais les suppressions d’emploi pourraient se compter en milliers.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:48

 

Source : www.fermeture-fessenheim.fr

 

 

Un appel solennel accompagné de l’exigence de la fermeture, dans les plus brefs délais, de la centrale de Fessenheim

 

 

 

a été lancé le samedi 11 octobre 2014
lors d’un forum tenu à Orléans

auquel participaient :

  • Suzanne Rousselot, Stop Fessenheim, réprésentant l'ensemble des associations anti-nucléaires alsaciennes
  • Catherine Ségala, NPA
  • Fabrice Van Borren, Nouvelle Donne Loiret

Participants excusés du fait d'une cascade de faits imprévus et de faits prévisibles, le forum ayant été avancé pour répondre à la contrainte du vote le 14 octobre en procédure accélérée de la loi de transition énergétique (incompatibilité de la nouvelle date, w-e chargé en manifestations diverses...)

  • Yannick Rousselet, Greenpeace
  • Françoise Chanial, Les Amis de la Terre
  • Corinne Lepage, Cap 21 (procès Xynthia)
  • Clémentine Autain, Ensemble (maladie)
  • François Longérinas, Parti de Gauche (adversité)
  • Corinne Morel-Darleux, Parti de Gauche
  • Julien Bayou, EELV (exigences de fonction)

Nous vous invitons à signer cet appel
et à le diffuser largement:

Au regard des conséquences de la catastrophe de Fukushima qualifiée d’apocalyptique le 15 mars 2011 par le Commissaire européen à l’énergie, Günther Oettinger, face à l’inertie qu'elles suscitent en France, nous, citoyennes, citoyens et organisations signataires, sommes plus qu’interrogatifs. Nous sommes scandalisés par la désinvolture et/ou le déni des dirigeants d’EDF et de l’Etat français, actionnaire d’EDF à 85%.

Ils se sont montrés incapables jusqu’à aujourd’hui, contrairement à ceux de plusieurs autres pays, d’en tirer, au-delà des mots, les enseignements en terme de dénucléarisation effective de notre pays. Ils ont notamment reporté sine die la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus vieille centrale française en activité. Cette fermeture, objet d’un accord pré-électoral entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie-Les Verts, était prévue pour être immédiate au lendemain de l’élection présidentielle du 6 mai 2012. A priori la chose n’était pas impossible puisqu’un engagement pré-électoral identique, pris par la future première ministre québécoise a, lui, été tenu.

En conséquence nous, citoyennes, citoyens et organisations signataires, exigeons que l’arrêt définitif de la centrale de Fessenheim soit effectif avant la fin 2014. La date de l’arrêt devra être fixée avant la nomination du prochain PDG d’EDF, c’est-à-dire au plus tard le 22 novembre 2014.

 

Pour signer l'appel, cliquer ici


Les premiers signataires

Particuliers
Liste des cent premiers signataires

  • Noël Mamère, député-maire de Bègles
  • Suzanne Rousselot, Stop Fessenheim
  • Martine Billard, ancienne députée, Parti de Gauche
  • Gilles Barthe, CSFR - Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin
  • Corinne Lepage, ancienne ministre de l’écologie, ancienne député européenne, présidente de CAP 21
  • Aline Baumann, Stop Fessenheim
  • Isabelle Attard, députée, co-présidente de Nouvelle Donne
  • André Hatz, Stop Fessenheim
  • Julien Bayou, porte-parole national d'Europe Ecologie - Les Verts
  • Rémi Verdet, Stop Transports – Halte au nucléaire
  • Clémentine Autain, porte parole d’Ensemble
  • Pierre Fetet, blog "Fukushima"
  • François Longérinas, secrétaire national du Parti de Gauche délégué aux luttes écologiques et à l’ESS
  • Philippe Wirth, Stop Fessenheim
  • Catherine Ségala, membre du Conseil national politique du NPA
  • Arnaud Demangeat, Parti de Gauche, Stop Fessenheim
  • Fabrice Van Borren, référent départemental du Loiret de Nouvelle Donne
  • Arthur Morenas, Parti de Gauche
  • Corinne Morel-Darleux, Parti de Gauche, Conseillère régionale Rhône Alpes
  • Sylvie Vénuat
  • Thierry Gourvénec, Réseau Fukussenheim
  • Francois Damerval, CAP 21, chef de cabinet de Corinne Lepage
  • Marie-Christine Gambérini
  • Mathieu Agostini, membre du Bureau National du Parti de Gauche en charge des questions d’écologie
  • Jean-Jacques Delfour, philosophe
  • Jany Maufrais
  • José Martinez
  • Catherine Chêne
  • Pierre Lamotte
  • Nicolas Gourvénec
  • Cathy Menard
  • Olivier Billaud
  • Florence Vassal
  • Régis Nicolle
  • Catherine Fumé, Eric Vidal, Bernard Lafitte, Françoise Pouzet, Eric Olivié, Geneviève Cribier, Sigmund Gasnier, Philippe Perrucot, Guillaume Blavette, Christelle de Crémiers, Pascal Veaulin, Sylviane Grillon, Natacha Thibaudeau, Yvonne Daroussin, Franz Botens, Christina Albrecht, Roz Herrin, Karen Dohm, Artur Kapesser, Arne Reher, Rolf Engelke, Arnold Oberst, Annie Le Page, Gérard Salin, Maurice Praud, Philippe Lorme, Chantal Detry, Marie-Paule Verin, Marie-Pierre Regnault, Danielle Courdeau, Elisabeth Hubert, Claire Chapelle, Stéphane Liger, Jérome Lefebvre, Chantal Siboni, David Siboni, Christian Couverture, Aurore Dupont-Chauret, Nicole Michaud, Chantal Lesimple, Jean Couturier, Béatrice Grebot, Jean-Pierre Bertrand, Maurice Elain, Line Pailhou, Philippe Verdier, Martine Monod, Alain Jean, Chantal Herrault, Nicole Combredet, Marie-Ange Coly, Gisèle Desoteux, Didier Nocus, Jacques Masca, Rose-Anne Bellotto, François Thiollet, Véronique Ratel, Thierry Baudry, Martine Rouillard, Roger Finet, Denis Mourlam, Michel Demouliere, Philippe Gardelle, Gilbert Ritzenthaler, Cathy Lavanant, Alain Dalibard…

Organisations

  • Le réseau Fukussenheim
  • Sortir du Nucléaire Berry-Puisaye
  • CSFR - Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin
  • Stop Fessenheim
  • Stop Transports-Halte au nucléaire
  • Acirad Centre
  • ATTAC 45
  • Aktionsbündnis Fessenheim stilllegen. JETZT!
  • Cyber@cteurs
  • STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs
  • CEDRA-Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs
  • Parti Pirate
  • Collectif Sortir du Nucléaire 79
  • Mahnwache Breisach
  • attac-74
  • ACEVE
  • Stop nucléaire Besançon
  • SDN-BUGEY
  • Confluence Pour Sortir du nucléaire
  • Les Jeunes Ecologistes
  • Sortons du Nucléaire Moselle
  • Rhône Alpes sans nucléaire Lyon
  • Les Amis de la Terre France
  • CIREN - collectif Citoyen d\'Information sur la Radioactivité Et le Nucléaire
  • Sortir du Nucléaire Paris
  • Section Française de la LIGUE INTERNATIONALE DE FEMMES POYUR LA PAIX ET LA LIBERTE

 

 

Articles liés

  1. Pierre Fetet, fondateur du blog "Fukushima 福島第一", une référence sur le sujet, et l’un des cent premiers signataires de l’Appel, l’a relayé sur son blog. En y associant le communiqué des associations alsaciennes à propos de l’arrêt simultané des deux réacteurs de Fessenheim, lequel conclut: "NE LA REDEMARRONS PLUS !".

    L’introduction de l’appel par Pierre Fetet:

    "Si une catastrophe survient ici, il ne restera rien de vos vignes, de vos forêts et de vos champs de maïs. Il faut fermer toutes les centrales du monde" (Naoto Matsumura, cité dans L’Alsace, 10 mars 2014)

    Suite à la catastrophe nucléaire de 2011, j’avais très rapidement fait le lien entre la plus vieille centrale française et le plus ancien réacteur de Fukushima Daiichi. Je me suis par ailleurs exprimé dans une contribution intitulée « Une évacuation définitive, c'est ZERO EMPLOI pour l'Alsace de demain » et j’ai participé à plusieurs manifestations dont celle de mars 2014 avec Naoto Matsumura. Malgré l’opposition majoritaire des Français au nucléaire, rien n’a changé dans l’Hexagone et la promesse électorale de François Hollande de fermer Fessenheim s’étiole petit à petit. C’est pourquoi je soutiens l’initiative du réseau Fukussenheim qui consiste à rappeler à nos décideurs ce danger permanent pour l’Europe et à demander l’arrêt définitif de cette centrale tant qu’il en est encore temps. Aujourd’hui, des gens de tous horizons s’associent à cet appel solennel et je vous encourage à votre tour à le signer et à le soutenir.

  2. Un article de Patrick Samba publié sur AgoraVox évoque le lancement de l'Appel : Fessenheim versus Proglio : un suspens et des suspensions

    Il réitère avec:

  3. Reporterre, le quotidien de l'écologie: Fukushima ne vous a pas suffi ? Il faut fermer Fessenheim

 

Source : www.fermeture-fessenheim.fr

 

 


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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:42

 

Source : www.reporterre.net


 

GDF Suez, Shell et Samsung championnes 2014 du « greenwashing »

Lorène Lavocat (Reporterre)

mercredi 19 novembre 2014

 

 

 

 

Il était une fois un Pinocchio, tout de vert vêtu. « Écolo, moi, bien sûr ! », répétait-il à longueur de temps. Mais chaque fois, son nez s’allongeait et son teint d’émeraude éclatant virait au rouge.
Eux n’ont pas l’excuse d’être né marionnette, et pourtant... Shell, Samsung et GDF-Suez sont les lauréats des Prix Pinocchio décernés le 18 novembre.


Depuis 2005, les Prix Pinocchio épinglent les entreprises qui ne respectent ni l’environnement, ni les travailleurs... mais qui font tout comme. « On met en lumière le décalage entre les actes et les discours », explique Juliette Renaud, des Amis de la Terre. L’ONG est à l’origine de ce Prix, mais ce sont les citoyens qui votent. Et ils sont de plus en plus nombreux : 61 000 cette année. « C’est le signe d’une indignation croissante des citoyens face aux abus des multinationales. »

La fracture (hydraulique) est trop chère

Le prix « Une pour tous, tout pour moi », décerné « à l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en terme d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles », revient à Shell. La marque au coquillage continue de forer tous les recoins du globe en quête de gaz de schiste. Un appétit féroce, surtout pour les sous-sols argentins et ukrainiens.


- Shell fore à tout va et à tout prix ! Puits non conventionnel Shell à Aguila Mora en Patagonie (Argentine) -

Les Amis de la Terre pointent « l’absence de consultation des populations, des puits dans une aire naturelle protégée et sur des terres agricoles, une opacité financière ». Pourtant, sur son site, la compagnie pétrolière néerlandaise met en avant le développement durable. « Afin de réduire l’impact environnemental et social de nos activités, nous nous efforçons de protéger la santé et la sécurité de nos collaborateurs et de nos voisins, de minimiser les perturbations au sein de la communauté, de diminuer nos émissions, de réduire notre impact sur la biodiversité et d’utiliser moins d’énergie, d’eau et aux ressources naturelles. »

Il persiste et signe

L’histoire n’est pas nouvelle, et c’est bien ça le problème. Depuis 2012, Samsung est régulièrement mis en cause par des enquêtes menées dans ses usines chinoises. Le portrait n’est pas flatteur. Salaires de misère, jusqu’à seize heures de travail par jour, risques pour la santé... et présence de mineurs. Samsung réplique que ses propres investigations n’ont rien donné d’alarmant. Dans un rapport publié en juin, intitulé Harmonie globale, le géant coréen explique avoir vérifié les conditions de travail chez 200 de ses fournisseurs et n’avoir détecté « aucun cas de travail d’enfants ».


- Ouvriers de l’usine HEG Electronics, travaillant pour Samsung (Chine) -

Pas plus tard que cet été, le leader des smart phones a rajouté une couche : « Nous défendons une tolérance zéro à l’égard du travail des enfants ». « Mais comment se fier à des enquêtes menées par Samsung elle-même ? », s’interroge Juliette Renaud. Apparemment, les internautes n’ont pas été convaincu par la défense de l’industriel.

GDF-Suez loupe sa mue écolo

Au printemps dernier, l’entreprise annonçait en grandes pompes l’émission de « green bonds », des obligations vertes vendues en bourse pour financer les énergies propres. Résultat de l’opération : 2,5 milliards d’euros, du jamais vu sur le marché des green bounds. Problème, GDF-Suez se fait désormais beaucoup plus discrète quant au devenir de ces investissements. Dans un courriel, elle évoque « des projets pour lutter contre le changement climatique ». « Il y a un vrai manque de transparence, dénonce Juliette Renaud. Où sont allés ces milliards d’euros ? En plus, GDF continue de financer des énergies fossiles. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:28

 

Source : www.mediapart.fr

 

Un oléoduc géant menace le Canada et l’Europe

|  Par Thomas Cantaloube

 

 

L'entreprise TransCanada vient de déposer officiellement sa demande de construction d’Énergie Est, un pipeline de 4 600 km pour acheminer les sables bitumineux de l'Alberta vers l'est du pays. Au même moment, l'Union européenne facilite, par une directive et le traité de libre-échange avec le Canada, l'importation de ce pétrole hautement polluant.

Les pétroliers canadiens, appuyés par leur gouvernement, ont de la suite dans les idées. Malgré les dégâts environnementaux causés par l’exploitation des sables bitumineux, malgré les oppositions citoyennes à leur acheminement à l’intérieur du pays ou aux États-Unis, malgré la suspension (pour l’instant temporaire) du pipeline Keystone XL par la Maison Blanche, malgré les accidents industriels, ils continuent à préparer de nouveaux projets visant à trouver des débouchés commerciaux pour ce pétrole hautement polluant. Et, cette fois-ci, ils le font avec la bienveillante complicité de l’Union européenne.

TransCanada, la même entreprise canadienne que celle qui est derrière le pipeline Keystone XL, entend désormais construire un autre oléoduc géant, Énergie Est, qui traverserait le Canada d’ouest en est sur 4 600 kilomètres pour véhiculer 1,1 million de barils de pétrole par jour. Annoncé pour la première fois en 2013, ce projet est désormais entré dans sa phase active avec le dépôt, le 30 octobre, du dossier de TransCanada auprès de l’Office national de l’énergie (ONE, l’institution canadienne chargée de la régulation des énergies).

Au même moment, presque jour pour jour, la Commission européenne a publié la mise en application de sa Directive sur la qualité des carburants (DQC), qui traînait depuis 2011, et qui renonce à étiqueter les sables bitumineux comme du « pétrole sale ». Cette décision ouvre donc la voie à l’importation de sables bitumineux canadiens en Europe sans pénalité pour leurs utilisateurs, alors que l’Union européenne reconnaît explicitement, dans la même DQC, que ce type de carburant est une menace en raison de son « fort impact climatique », selon les scientifiques.

Le récent voyage de François Hollande au Canada a merveilleusement illustré ce double discours européen. Le président français, qui n’est pas à une contradiction près, a ainsi pu déclarer, en évoquant nommément le pétrolier Total : « Je souhaite que la France puisse continuer à mettre en valeur les immenses richesses de l’Ouest canadien, que ce soit dans les techniques d’exploitation, de transformation, d’acheminement des hydrocarbures ou dans la construction d’infrastructures. » Dans le même temps, selon Le Monde, « il s’est efforcé de convaincre le Canada de s’impliquer activement dans la lutte contre le réchauffement climatique, à l’instar des pays de l’Union européenne. » Comme si les deux choses n’étaient aucunement liées…

Depuis la hausse des prix du pétrole dans les années 2000, les immenses réserves de sables bitumineux de l’Alberta, au Canada, qui coûtent très cher à exploiter, sont devenues rentables. Pourtant, en dépit de cette nouvelle équation économique, ces réserves posent un double problème aux pétroliers. Primo, elles sont situées au fin fond du Canada, loin des consommateurs et des grands ports. Secundo, les sables bitumineux nécessitent un raffinage particulièrement intense avant de pouvoir s’en servir.

C’est pour cette raison que le projet Keystone XL (voir notre série d’articles sur Mediapart), visant à acheminer les sables bitumineux de l’Alberta jusqu’aux raffineries texanes du golfe du Mexique, est crucial pour l’industrie pétrolière et le gouvernement canadien, qui entend profiter au maximum des ressources de son sous-sol.

 

L'exploitation à ciel ouvert des sables bitumineux dans l'Alberta 
L'exploitation à ciel ouvert des sables bitumineux dans l'Alberta © Jean-Marc Giboux

Mais, au vu des difficultés politiques rencontrées dans la construction du Keystone XL, et du caractère très coûteux des alternatives (transport par route, train et barges, ou construction d’un oléoduc vers l’océan Pacifique en traversant les montagnes Rocheuses), TransCanada a imaginé une alternative : transporter les sables bitumineux vers l’est du pays en recyclant un vieux gazoduc des années 1970, auquel viendraient s’ajouter environ 1 000 kilomètres de nouveaux tuyaux, principalement dans la province du Québec, et un nouveau port pétrolier. Chiffré à 12 milliards de dollars canadiens (10,5 milliards d’euros), c’est « le projet de la décennie » pour l’Amérique du Nord !

De nombreuses associations citoyennes ont entrepris de se mobiliser au Canada, notamment au Québec qui risque d’être le plus « impacté » par le projet Énergie Est. La bataille s’annonce difficile, car le gouvernement canadien – dirigé par le conservateur Stephen Harper depuis 2006 – est à fond derrière le projet. Idem au Québec, où les conservateurs sont également au pouvoir. Pourtant, les risques liés au projet sont considérables. Tout d’abord, TransCanada envisage d’utiliser en grande partie un vieux gazoduc construit dans les années 1970. Or le transport des sables bitumineux nécessite qu’y soient incorporés de nombreux produits chimiques, ce qui rend les conséquences d’une fuite bien plus dommageables pour l’environnement. Une fuite de gaz n’est pas bien grave ; celle de pétrole lourd mêlé à des solvants inconnus (pour cause de secret industriel) coûte des dizaines de millions d’euros à nettoyer.

Au Québec, « le nouvel oléoduc devra traverser 900 cours d’eau ou bassins aquatiques, dont le fleuve Saint-Laurent », souligne Jean Léger, de la Coalition Vigilance Oléoduc (CoVO). Autant de risques de contamination, sachant que les sables bitumineux ne flottent pas à la surface de l’eau comme les autres pétroles, mais coulent au fond. Quant au point final d’acheminement, il reste encore flou. TransCanada envisage plusieurs terminaux, dont un nouveau port à Cacouna dans l’estuaire du Saint-Laurent, en face d’une zone maritime protégée, ce qui suscite une franche hostilité des habitants.

« Nous avons le sentiment que TransCanada a proposé un lieu d’exportation inacceptable afin de focaliser les énergies et les finances des opposants, pour ensuite proposer une solution de "compromis", qui serait tout aussi dommageable pour l’environnement », suggère Simon Côté, de l’association Stop Oléoduc.

«On n’a jamais vu une telle activité de lobbying»

En déposant son projet de 30 000 pages devant l’Office national de l’énergie (quasiment toutes en anglais, ce qui est anormal dans un pays officiellement bilingue), TransCanada joue sur du velours. « Le document est extrêmement technique et quasiment incompréhensible pour le commun des mortels », affirme Jean Léger. « Il va donc être très difficile à combattre. » De plus, « les gaz à effet de serre et les changements climatiques ne feront pas partie de l’évaluation qu’on va faire »a expliqué un porte-parole de l’ONE au journal Le Devoir. Énergie Est sera donc jugé purement sur son aspect technique. Enfin, l’ONE, qui a dix-huit mois pour rendre son rapport, se contentera de recommandations. C’est le premier ministre qui, au bout du compte, tranchera. Or celui-ci est d’ores et déjà favorable au projet.

Concernant l’éventuelle opposition des propriétaires terriens au passage d’un pipeline sur leurs terres (qui est la cause des problèmes rencontrés par Keystone XL), TransCanada a pris les devants. Pour négocier avec les communautés amérindiennes sur le trajet, l’entreprise a embauché une firme de lobbying appartenant à l'ancien chef des Premières Nations, Phil Fontaine. Les arguments sont sonnants et trébuchants, comme l’explique sans détour le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce : « Il y a plusieurs avantages pour toutes les communautés qui sont sur le tracé. Le droit de passage vient avec certains avantages monétaires. On ne passe pas par le territoire d'une communauté sans compenser pour ça. »

Pour les négociations avec les agriculteurs, c’est le syndicat unique, l’Union des producteurs agricoles (UPA), qui discute avec TransCanada pour l’ensemble de ses membres. Même si l’UPA possède une puissance de frappe importante, le pétrolier a intérêt à n’avoir face à lui qu’un seul interlocuteur plutôt que des centaines de fermiers…

 

 

Malgré ce paysage très favorable à Énergie Est, les associations citoyennes au Canada ont commencé à se mobiliser : une trentaine d’entre elles, au Québec, ont réclamé la création d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), un mécanisme de consultation, afin d’« étudier l’ensemble du projet Énergie Est ». Cette demande vient dans la foulée d’une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec qui réclame un BAPE et refuse de déléguer ses compétences environnementales à l’ONE.

Même si les Canadiens pris dans leur ensemble sont encore hésitants quant au projet Énergie Est, l’argument de TransCanada selon lequel ce projet ferait baisser les coûts de l’essence et du fuel domestique ne prend pas. En effet, l’oléoduc et le nouveau port pétrolier signifient clairement la volonté d’exporter les sables bitumineux. « TransCanada promettait que les exportations ne dépasseraient pas 50 %, mais tous les spécialistes jugent que c’est impossible car toutes les raffineries canadiennes fonctionnent à pleine capacité et il n’y a pas de place ici pour 1 million de barils par jour », estime Simon Côté. « Au minimum, 80 % des sables bitumineux seront exportés. »

Vers où ? Vers l’Europe si l’on juge le lobbying intense mené par le Canada, et dans une moindre mesure par les États-Unis, auprès de la Commission européenne ces dernières années. « On n’a jamais vu une telle activité de lobbying de la part d’un gouvernement, en l’occurrence celui de Stephen Harper, auprès des instances européennes », juge Natacha Cingotti, de la confédération environnementale Friends of the Earth Europe.

La plupart des efforts ont visé à retarder la mise en application de la Directive sur la qualité des carburants (DQC), adoptée en 2011 et qui attribue une valeur d'émissions de gaz à effet de serre à chaque source de carburant dans le but de réduire des émissions de 6 % pour les transports d'ici 2020. Alors que la mise en application de la directive aurait dû être publiée dès 2011 ou 2012, le Canada a tout fait pour la retarder. « Plus il y avait de discussions et de délais, plus la mesure était affaiblie. C’était une tactique délibérée », affirme Natacha Cingotti. En définitive, la DQC reconnaît que les sables bitumineux sont plus polluants que les autres carburants (ils émettent 23 % de gaz à effet de serre de plus que le pétrole ordinaire), mais elle ne prend pas en compte leur spécificité pour le calcul des émissions de gaz à effet de serre des industries qui s’en servent. Une aberration !

Le gouvernement de Stephen Harper a menacé d’aller devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour discrimination de ses produits, et il a également utilisé la perspective de l'accord de libre-échange entre l'Europe et le Canada (CETA) comme levier pour faire avaler la couleuvre des sables bitumineux. Les lobbyistes des États-Unis ont joué la même partition dans la perspective de l’accord TTIP (libre-échange entre l’UE et les États-Unis). L’industrie pétrolière se sent d’ailleurs tellement en confiance qu’ExxonMobil a annoncé cet été un investissement d’un milliard de dollars (800 millions d’euros) dans une raffinerie à Anvers, en Belgique, capable de traiter les sables bitumineux. Car, aujourd’hui, il n’y a que deux raffineries européennes capables de transformer ce type de pétrole lourd (une en Espagne et une en Italie).

Selon une étude du Natural Resources Defense Council, reprise par Greenpeace et Friends of the Earth Europe, si le projet Énergie Est aboutit, cela signifie que la consommation européenne de pétrole issu des sables bitumineux passera de 4 000 barils par jour à plus de 700 000 barils en 2020, pour représenter de 5 % à 7 % de la consommation totale. En prenant en compte le fait que les sables bitumineux sont plus polluants, cela reviendrait à mettre 6 millions de véhicules supplémentaires sur les routes de l’UE ! Autant dire que les belles promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre s’envoleront en fumée…

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Lire également sous l'onglet Prolonger de cet article.

Prolonger

 

 

Les pétroliers canadiens, appuyés par leur gouvernement, ont

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:22

 

Source : www.lcp.fr

 

 

INFO LCP Bruxelles va lancer une procédure d’infraction contre le barrage de Sivens

Le 19 novembre 2014 à 09h50, par Astrid de Villaines

 

 

 

 

Nouvelle polémique en vue pour ce projet controversé.

Voilà une information qui devrait réjouir les écologistes et qui compromet un peu plus la poursuite de la construction du barrage de Sivens. Selon nos informations, la commission européenne va lancer une procédure d’infraction contre la France pour violation des directives environnementales sur le projet de barrage du Tarn. La procédure pourrait être lancée cette semaine. Depuis le 31 octobre, le conseil général a décidé la suspension sine die de cette retenue d’eau.

Elle avait donné lieu à une violente polémique et suscité un vif effroi dans le pays après la mort du jeune Rémi Fraisse dans la nuit du 25 au 26 octobre dernier. Tué par une grenade offensive lancée par les gendarmes qui répliquaient à des ultra, les autorités avaient été accusées de cacher la vérité sur les circonstances de son décès pendant 48 heures.

Brigitte Boucher

 

Source : www.lcp.fr

 

 


 

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:15

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

L’EPR de Flamanville pas prêt avant 2017

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Mardi, EDF a annoncé un nouveau retard pour son réacteur qui aurait dû démarrer en 2012. Les travaux coûteront au moins trois fois plus cher qu’annoncé au départ.

Mardi, le groupe EDF a confirmé un retard du démarrage du réacteur EPR de Flamanville, et a annoncé que le « démarrage de l'installation est désormais prévu en 2017 », indique l’AFP. Selon EDF, ce retard est attribué à des « difficultés » rencontrées par le concepteur du réacteur, Areva, pour livrer certains équipements, comme le couvercle et les structures internes de la cuve, et pour mettre en place « la réglementation des équipements sous pression nucléaires » (Les résultats financiers d’Areva sont par ailleurs catastrophiques, lire notre analyse.)

Le chantier de ce qui devait être la vitrine commerciale de l'EPR dans le monde a commencé en 2007. Prévu pour 2012, le démarrage du réacteur avait déjà été repoussé à 2016. Ces travaux étaient estimés au début de 2014 à 8,5 milliards d'euros, un montant presque trois fois supérieur à celui annoncé à son lancement. Un peu plus tôt, une autre source proche du dossier avait précisé que de nouveaux « surcoûts importants » étaient à prévoir, sans les chiffrer, mais EDF n'a pas confirmé.

Les ennuis se sont multipliés ces dernières années sur le site de Flamanville. Le 24 janvier 2011, un soudeur a fait une chute mortelle de 18 mètres : la passerelle sur laquelle il se trouvait avait été percutée par le chargement d'une grue. Bouygues a été poursuivi pour homicide involontaire, et condamné à 75 000 euros d'amende, en avril 2014. Les sociétés Bouygues TP, Atlanco, Elco et Welbond sont également poursuivies pour travail dissimulé, concernant des travailleurs détachés polonais et roumains. Le procès devrait se tenir en mars 2015.

Trois autres EPR d'Areva sont actuellement en construction dans le monde : deux à Taishan, dans le sud-est de la Chine, et un troisième à Olkiluoto, en Finlande, en consortium avec l'allemand Siemens. Ce dernier chantier collectionne également les contretemps, et le réacteur devrait y être mis en service en 2018, avec neuf ans de retard par rapport au calendrier initial. La construction de deux autres EPR par EDF se prépare en Angleterre. Le projet est contesté, mais il a obtenu en octobre l'accord de la Commission européenne.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:12

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Ces entreprises qui dépensent plus pour leurs patrons que pour les impôts

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Sept des trente plus grandes entreprises américaines ont dépensé plus d’argent en 2013 pour payer leurs dirigeants que pour payer leurs impôts.

Boeing, Ford, Chevron, Citigroup, Verizon, JP Morgan et General Motors ont un point commun, selon une étude de l’Institute for Policy Studies and the Center for Effective Government, une ONG américaine : en 2013, elles ont dépensé moins d’argent pour payer leurs impôts que pour payer leurs patrons.

A lire sur le site de Reuters (en anglais).

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:04

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Sarkozy-Kadhafi : la vérité qu’ils veulent étouffer

|  Par Edwy Plenel

 

 

 

Une corruption étrangère au plus haut niveau de la République

Pour étouffer une information, il suffit de ne pas la reprendre. Et le degré d’intensité d’une démocratie se donne à voir dans ces renoncements où des journalistes oublient qu’ils en sont aussi les acteurs et les gardiens, par leur respect sans concession du droit de savoir des citoyens. Il faut donc que la démocratie française soit bien mal en point pour que soit tue la révélation qu’un collège d’experts a authentifié sans aucune réserve un document planifiant une corruption étrangère au plus haut niveau de la République.

Comme nous l’expliquions dans notre article du 14 novembre (le retrouver ici), les trois experts judiciaires mandatés par les juges Cros et Legrand, renforcés par l’expertise d’une arabisante, ont comparé à celle du document en cause plusieurs signatures de l’ancien chef des services libyens qui avait été entendu par les magistrats au Qatar où il s’est réfugié. Leur conclusion est sans appel : toutes ces signatures sont de la même main, celle de Moussa Koussa. Ce document dont ce dernier confiait déjà, sur procès-verbal, que « son origine, son contenu » n’étaient « pas faux », ne l’est donc pas non plus par sa signature qui est authentique.

Autrement dit, l’un de ceux dont Nicolas Sarkozy et son entourage brandissaient le démenti lors de la révélation du document (c’est à retrouver ici) est aujourd’hui confondu par la justice française comme étant bien le signataire de cette attestation de l’accord secret franco-libyen.

Bref, la procédure calomnieuse lancée par l’ancien président contre Mediapart se retourne brutalement contre lui : le faux qu’il évoquait, de meeting en meeting, pour se présenter en persécuté de médias fraudeurs et de juges inquisiteurs, se révèle tout simplement vrai comme nous l’affirmions, attestant ainsi d'un des plus gros scandales qu’ait connus la République au niveau de responsabilité qui fut le sien.

Dans une démocratie vivante, une telle information s’imposerait évidemment à toute notre vie publique. Les agences de presse, et notamment l’AFP qui remplit une mission de service public auprès de ses abonnés parmi lesquels la presse régionale, l’auraient relayée, faisant savoir qu’une expertise judiciaire confirme l’authenticité d’un document accablant pour l’ex-président de la République. Les autres médias auraient suivi, assaillant de questions Nicolas Sarkozy et son entourage. Et le monde politique, dans sa diversité, aurait été invité à réagir et à commenter.

Au lieu de cela, rien. Rien de rien. Le lourd silence des démocraties affaissées et affaiblies, ayant renoncé à être exigeantes avec elles-mêmes. Sauf à lire Mediapart ou à suivre les réseaux sociaux (voir sous l’onglet « Prolonger » la protestation de Fabrice Arfi, plébiscitée par les internautes), nos concitoyens ne sauront pas que le long feuilleton de l’affaire libyenne a connu un épisode judiciaire décisif qui donne crédit à notre enquête et conforte les faits de corruption qu’elle a mis au jour.

Il faut parfois se battre pour qu’une information qui dérange des intérêts et des pouvoirs fasse son chemin dans l’espace public. C’est dans cet esprit que, destinataire à mon domicile, par courrier recommandé des deux juges d’instruction, d’une « notification des conclusions d’expertise », j’ai choisi d’en rendre public in extenso le contenu (allégé des annexes).

C’est une information d’intérêt public sur un scandale d’État. La voici :

 

 

 

Boîte noire :

Mediapart est à l’origine des révélations sur les soupçons d’un financement occulte libyen sous le règne de Mouammar Kadhafi à l’occasion de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2007, lesquels soupçons sont aujourd’hui au centre des investigations judiciaires visant le premier cercle de l’ancien président de la République (lire notre dossier).

Après plusieurs mois d’une enquête commencée à l’été 2011 et ayant donné lieu à de nombreux articles sur les relations entre les proches entourages de Nicolas Sarkozy et de Mouammar Kadhafi, Mediapart a ainsi publié, le 28 avril 2012, un document officiel libyen évoquant ce soutien financier du régime de Tripoli au candidat Sarkozy au moment de l’élection présidentielle de 2007.

L’ancien chef de l’État français, qui n’a pas poursuivi une seule fois Mediapart en diffamation, a contourné le droit de la presse en nous attaquant pour « faux et usage de faux » au printemps 2012, tandis que nous ripostions en l’accusant de « dénonciation calomnieuse » (lire ici). L’enquête préliminaire menée par la police judiciaire ne lui ayant évidemment pas donné raison, Nicolas Sarkozy a déposé plainte avec constitution de partie civile à l’été 2013, procédure qui donne automatiquement lieu à l’ouverture d’une information judiciaire pour « faux et usage de faux ».

Mediapart, à travers son directeur de la publication Edwy Plenel et les deux auteurs de cette enquête, Fabrice Arfi et Karl Laske, a été placé fin 2013 sous le statut de témoin assisté dans ce dossier. Nous n’avons pas manqué de contester une procédure attentatoire au droit de la presse et de faire valoir le sérieux, la consistance et la bonne foi de notre enquête (lire ici et ).

De fait, nos révélations sont au cœur de l’information judiciaire ouverte un an plus tard, en avril 2013, pour « corruption » sur le fond des faits de cette affaire franco-libyenne qui inquiète grandement Nicolas Sarkozy et ses proches. L'instruction a été confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman.

 

Lire aussi

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 14:46

 

 

Source : www.liberation.fr

 

 

 

«Je montais dans le bureau, je posais le sac dans un coin»

Yann PHILIPPIN 17 novembre 2014 à 21:16
Serge Dassault en campagne sur un marché de Corbeil-Essonnes en novembre 2010. Serge Dassault en campagne sur un marché de Corbeil-Essonnes en novembre 2010. (Photo Vincent Nguyen. Rivapress)
ENQUÊTE

Gérard Limat, comptable et ami de Serge Dassault, a raconté aux juges avoir, de 1995 à 2012, remis en cash à l’ex-maire de Corbeil 53 millions d’euros, transférés de Suisse. «Libération» et France Inter ont eu accès aux procès-verbaux.

 

C’est l’homme de l’ombre dont les confessions risquent de dynamiter le système Dassault.Libération et France Inter révèlent que le comptable suisse de Serge Dassault, Gérard Limat, a reconnu sur procès-verbal avoir remis au moins 53 millions d’euros en liquide à l’avionneur et ancien maire UMP de Corbeil-Essonnes, entre les années 1995 et 2012. Entendu en garde à vue les 6 et 7 octobre par les policiers de l’office anticorruption (OCLCIFF) de Nanterre, Gérard Limat a été mis en examen dans la foulée pour «complicité de financement illégal de campagnes électorales et d’achat de votes» et «blanchiment» par les juges d’instruction Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, en charge de l’enquête sur la corruption électorale présumée à Corbeil.

Sur la seule période 2008-2012, qui englobe les trois élections visées par l’enquête, Gérard Limat a livré 7,45 millions d’euros en cash à Dassault. Il a également effectué pour 4,2 millions d’euros de virements suspects, pour l’essentiel à des habitants de Corbeil, dont plusieurs acheteurs de voix présumés. S’il a dit ignorer l’usage de ces fonds, cet homme de confiance de la famille Dassault a livré aux enquêteurs un témoignage exceptionnel.

De mystérieux virements

Le 25 juin 2013, les policiers perquisitionnent l’hôtel particulier du rond-point des Champs-Elysées, siège parisien du groupe Dassault. Les enquêteurs découvrent un relevé de compte luxembourgeois, sur lequel figurent deux virements à un délinquant de Corbeil. Le compte appartient à un citoyen suisse, Gérard Limat. Les juges lancent deux commissions rogatoires internationales. En mars 2014, les policiers helvètes perquisitionnent son domicile à Genève et son bureau à Meinier, dans la banlieue de la ville. Il explique qu’il est le «comptable» et «l’homme à tout faire» de son «ami» Serge Dassault. «Je ferai n’importe quoi pour lui, tant que la loi l’autorise.» Limat remet aux enquêteurs deux classeurs remplis de documents. Mais refuse de s’expliquer sur ses relations avec une société genevoise dénommée Cofinor. «Il s’agit de mes affaires privées», dit-il alors.

 
 
 

Le système Cofinor

A l’automne, Limat se ravise. Il accepte d’être entendu à Nanterre sous le régime de la garde à vue. Et déballe tout aux policiers. Au milieu des années 90, Serge Dassault lui a demandé de «lui mettre à disposition de fortes sommes d’argent en espèces à Paris».«Je pense qu’il faisait appel à moi parce que c’était plus discret», a-t-il ajouté. Sur les conseils d’une banque, Limat fait appel à Cofinor. Cette société genevoise, à la fois agent de change et chambre de compensation, était capable de livrer du cash un peu partout en Europe. L’avantage : on pouvait par exemple verser les fonds en Suisse et être livré à Paris, ce qui évitait de passer la frontière avec une valise de billets.

Cofinor a dû abandonner cette activité fin 2012 suite au durcissement des lois suisses antiblanchiment. La société assurait à ses clients une discrétion tout helvétique : les contrats stipulaient que «les opérations pourront être ordonnées oralement et ne feront pas l’objet de confirmations écrites». Cofinor avait des clients prestigieux, comme l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt.

 

Des billets pour Dassault

 

Entre 2008 et 2012, Limat a effectué 33 livraisons. «Je précise que Serge Dassault ne me demandait pas une somme en particulier. Il m’appelait, il me disait qu’il avait besoin de me voir, je comprenais qu’il avait besoin d’argent liquide.» Limat commandait alors 100 000 à 700 000 euros, en fonction de ce que Cofinor pouvait livrer. Il fixait un rendez-vous dans le quartier des Champs-Elysées, le plus souvent devant l’hôtel Marriott. Le livreur de Cofinor le reconnaissait grâce à sa description («grand chauve à lunettes») et son nom de code («Romano»). A l’heure dite, le livreur «me remet un sachet en plastique "passe-partout" (Carrefour, Dior, Fnac, etc.), lequel contient l’argent en numéraire entouré de papier journal. […] Il me disait seulement "Gérard", je lui disais "oui", il me remettait le sac et il partait, tout simplement, a raconté Limat aux policiers. Je ne voyais jamais l’argent puisque j’allais directement au rond-point, je montais dans le bureau de Serge Dassault, je posais le sac dans un coin de son bureau et immédiatement, on parlait d’autre chose». Il dit ignorer l’usage de ces fonds : «Je n’ai jamais posé de questions, et Serge Dassault ne m’en a jamais rien dit.»

Des francs suisses à Vaduz

En échange du cash, Limat devait évidemment payer Cofinor à Genève. L’essentiel a été réglé en liquide, avec des fonds appartenant à deux fondations basées au Liechtenstein et aujourd’hui dissoutes : Pégase et Balzane. Le comptable ignore à qui ces fondations appartenaient, mais indique qu’elles étaient «sous le contrôle» de Luc Argand, l’avocat suisse de Dassault. Limat demandait donc l’autorisation à Me Argand, puis se rendait une à trois fois par an à Vaduz (Liechtenstein) pour retirer du cash en francs suisses (jusqu’à 12 millions d’un coup) sur les comptes des fondations à la VP Bank. «Des sommes suffisamment importantes pour éviter d’y aller trop souvent.» Une fois rentré en Suisse, il stockait les billets dans son «coffre» à la «Raiffeisen Bank, à Meinier». «Dès lors, à la moindre exigence de Serge Dassault, je pouvais mobiliser des fonds en numéraire pour les lui remettre via Cofinor.» Il a ainsi retiré 56,8 millions de francs suisses (47,3 millions d’euros) à Vaduz. «C’est un flux normal qui correspond aux demandes de Serge Dassault. Ce n’est pas beaucoup en quinze ans», a-t-il affirmé sans rire aux policiers.

D’autres tirelires ont été mises à contribution pour financer les livraisons de cash, en particulier un compte ouvert au Luxembourg à la banque Edmond de Rothschild au nom de la société Merger, immatriculée aux îles Vierges britanniques. Il a été alimenté «il y a longtemps» par Marcel Dassault, qui l’avait confié à Limat pour «protéger» en cas de besoin son fils Claude, le frère aîné de Serge, décédé en 2011. Serge Dassault a donné consigne à Limat d’utiliser ce compte pour financer des livraisons, à hauteur de 6 millions d’euros.

Virements «humanitaires»

Certains versements à Cofinor ont transité par le «compte de passage» ouvert par Gérard Limat à son nom chez Edmond de Rothschild Luxembourg, et «dédié uniquement à Serge Dassault». Il l’a aussi utilisé pour verser 4,2 millions d’euros à des habitants de Corbeil, essentiellement sur des comptes algériens et tunisiens. Limat dit qu’il ne connaissait pas les bénéficiaires. «Je n’ai accepté de financer le soutien à ces gens […] que parce qu’il s’agissait d’œuvres caritatives.» Officiellement, il s’agissait d’un soutien de Dassault à des projets «humanitaires» de ses ex-administrés dans leur pays d’origine.

Les soupçons des banques

Le système s’est enrayé au printemps 2010, entre deux élections municipales. En mai, Edmond de Rothschild Luxembourg refuse d’effectuer un virement à un habitant de Corbeil, puis bloque les deux comptes (Merger et personnel) de Gérard Limat. Elle voyait «d’un mauvais œil les transferts de fonds vers des pays non agréés», a-t-il expliqué. Dans un courrier au comptable, la banque évoque ses «doutes» quant à «l’absence de lien avec le blanchiment ou le financement du terrorisme». Me Argand, l’avocat suisse de Serge Dassault, envoie dans la foulée une note à l’avionneur pour lui expliquer que le blocage est lié à l’application des «règles minimales de la loi sur le blanchiment d’argent» et qu’un «dossier complet» doit être fourni «pour justifier un transfert initié par une personne politiquement exposée».

Au même moment, Serge Dassault a un tel besoin de cash que le système Cofinor ne suffit pas. Il demande à Limat de retirer 1,5 million d’euros en liquide sur son compte chez Crédit suisse, à Genève. Le 8 juin, la banque refuse parce que «les dispositions concernant la lutte contre le blanchiment d’argent exigent une explication détaillée et économiquement plausible de la nécessité du prélèvement d’une telle somme, ainsi que l’utilisation spécifique qui en sera faite». Curieusement, Dassault n’a pas jugé utile de fournir cette «explication».

Après le blocage des comptes luxembourgeois, Limat a «informé» Dassault qu’il refuserait désormais de faire des «dons» à des habitants de Corbeil. «J’ai dit stop.» «Vous étiez donc opposé à des dons à des œuvres caritatives au Maghreb ?» lui demandent les policiers. «Si Serge Dassault m’avait [demandé] d’envoyer 1 million d’euros à Médecins sans frontières, je l’aurais fait, mais là, non», répond Gérard Limat. Les enquêteurs soupçonnent que c’est ce blocage qui a poussé Serge Dassault à créer une nouvelle tirelire au Liban, la société Iskandia, pour récompenser des acheteurs de voix présumés après les élections de 2010 (lire Libération du 11 janvier).

Gérard Limat a eu en tout cas moins de scrupules concernant les remises d’espèces à Paris. Le comptable suisse a en effet continué à livrer du cash à Serge Dassault jusqu’en mars 2012. Sans qu’on sache si le système a cessé sur ordre de l’avionneur, ou à cause de la «mise en sommeil» de Cofinor en décembre 2012. Sollicités par Libération, les avocats de Dassault et Limat n’ont pas donné suite et Me Argand n’a pas souhaité commenter.

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Yann PHILIPPIN
Sur le même sujet

Source : www.liberation.fr

 

 

 

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Source : www.lemonde.fr

 

 

Affaire Serge Dassault : cinq questions pour comprendre

Le Monde.fr | 06.01.2014 à 16h04 • Mis à jour le 18.11.2014 à 20h42 | Par Simon Piel et Les Décodeurs

L'ancien maire de Corbeil-Essonnes, Serge Dassault, lors du dernier défilé du 14-Juillet à Paris.

Une tentative d'assassinat, des millions d'euros transitant par des circuits opaques, des élections municipales annulées, la cinquième fortune de France mise en cause... La ville de Corbeil-Essonnes vit depuis plusieurs années dans un parfum de scandale autour de son ancien maire, Serge Dassault. Libération et France Inter ont révélé lundi 17 novembre le témoignage du comptable suisse de l'industriel, qui a reconnu lui avoir remis au moins 53 millions d'euros en liquide.

1. De quoi est soupçonné Serge Dassault ?

 

 

Blanchiment. Placé en garde à vue début octobre 2014, le comptable suisse de Serge Dassault, Gérard Limat, a reconnu sur procès-verbal avoir remis au moins 53 millions d'euros en liquide à l'industriel. Il a expliqué avoir fait transiter ces fonds depuis deux fondations au Liechtenstein vers un compte bancaire en Suisse puis vers une société suisse, Cofinor, qui s'est procuré des espèces en France, ensuite remises à Serge Dassault par Gérard Limat. Ce sont ces fonds qui pourraient avoir permis des achats de votes d'électeurs de Corbeil-Essonnes.  

Achat de votes. Le milliardaire, patron du groupe industriel qui porte son nom, est en effet également soupçonné d'avoir mis en place un système d'achat de votes, entre 2008 et 2012, à Corbeil-Essonnes. Serge Dassault a été le maire de cette ville de 44 000 habitants dans l'Essonne entre 1995 et 2009, date à laquelle sa réélection en 2008 est annulée par le Conseil d'Etat en raison de « l'existence de pratiques de dons en argent d'une ampleur significative à destination des habitants de la commune ». C'est ensuite son bras droit, Jean-Pierre Bechter, qui remporte la nouvelle élection municipale... à son tour annulée en 2010 en raison de la mention du nom de Serge Dassault sur les bulletins de vote, qui ont pu « entretenir une confusion dans l'esprit des électeurs » alors qu'un faible écart de voix séparait les candidats. Jean-Pierre Bechter a de nouveau remporté la municipale de 2010 avec 53,71 % des voix, avant d'être réélu en mars 2014 avec 56,52 % des suffrages.

Mardi soir, l'avocat de Serge Dassault a qualifié ces soupçons d'achats de voix électorales d'« allégations infondées ». Selon Me Pierre Haïk, le compte évoqué par Libération est celui, historique, des parents de Serge Dassault et il « est connu de l'administration fiscale française ».

 

 

Association de malfaiteurs et tentative d'assassinat. Serge Dassault et plusieurs de ses proches sont visés par une plainte de Fatah Hou. Cet homme, qui a dénoncé les pratiques d'achats de vote à Corbeil-Essonnes, a été la cible d'une tentative d'assassinat en février 2013 en plein centre-ville, qui l'a laissé partiellement handicapé. Le tireur présumé est Younès Bounouara, l'un des proches de Serge Dassault.

Lire : A Corbeil, ces « grands frères » dévoyés par l'argent de Dassault

2. Qui sont les protagonistes ?

Serge Dassault. Il a donné son nom à l'affaire. Industriel multimilliardaire, propriétaire du Figaro, Serge Dassault se retrouve aujourd'hui empêtré dans une histoire à multiples fronts judiciaires. Maire de Corbeil-Essonnes entre 1995 et 2009, il est soupçonné d'avoir mis en place un système clientéliste visant à garantir la paix sociale dans les quartiers sensibles de la ville et à acheter les votes de l'électorat populaire afin d'assurer sa réélection. Il a été mis en examen en avril 2014 pour « achat de votes », « complicité de financement illicite de campagne électorale » et « financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé ». Son immunité parlementaire a été levée par le bureau du Sénat en février 2014.

Lire le portrait : Serge Dassault, l'homme qui fut maire pour s'affranchir de son père

Jean-Pierre Bechter. Il est le bras droit de Serge Dassault. Administrateur de la Socpresse, la société qui possède le Figaro, il a pris la suite de l'industriel à la mairie de Corbeil-Essonnes après l'invalidation de l'élection en 2009. Réélu maire en 2010 puis en 2014, il a été mis en examen en janvier 2014 pour « recel du produit d'infractions d'achats de votes », « financement illicite de campagnes électorales », « acceptation de dons » et « dépassement du plafond des dépenses électorales ».

Gérard Limat. C'est le comptable suisse de Serge Dassault. Placé en garde à vue en octobre 2014, il a révélé avoir remis au moins 53 millions d'euros en liquide à l'industriel grâce à un circuit opaque incluant notamment des fondations au Liechtenstein et une société en Suisse. Il a été mis en examen pour « complicité de financement illégal de campagnes électorales et d'achat de votes » et « blanchiment ».

Younès Bounouara. Aujourd'hui incarcéré pour tentative d'assassinat, il a été l'homme de main de Serge Dassault dans les quartiers sensibles de Corbeil-Essonnes pendant de nombreuses années. Serge Dassault a reconnu sa proximité avec lui, ainsi que le rôle qu'il avait joué afin de lui permettre d'entrer en contact avec des familles des Tarterêts, l'un des quartiers sensibles de la ville. En 2011, Serge Dassault lui a donné 2 millions d'euros. D'après l'industriel, il s'agissait de l'aider à investir en Algérie. « Comme il m'avait pas mal aidé, et que je ne lui avais jamais donné d'argent, je lui ai dit OK », a affirmé le sénateur au Journal du dimanche en décembre 2013.

Certains considèrent que cet argent était destiné à acheter des votes et donc à rétribuer les intermédiaires du système. Younès Bounouara est soupçonné d'avoir gardé la somme pour lui, suscitant jalousie et convoitise. C'est dans ce contexte qu'en février il a tiré sur un homme, Fatah Hou, le blessant grièvement. Lui, affirme qu'il était victime de menaces de la part d'un « gang qui pense que Dassault [lui] a donné beaucoup d'argent pour [qu'il] redistribue ».

Lire : Younès Bounouara, personnage-clé de l'affaire Dassault, se rend à la justice

Fatah Hou. Boxeur de 33 ans, il connaît le système Dassault de l'intérieur. Il fait partie d'une équipe qui a filmé clandestinement Serge Dassault. Pour sa part, M. Hou affirme ne pas avoir été à l'origine, ni avoir été le détenteur des vidéos dont des extraits ont été relayés par des médias et où on entend Serge Dassault évoquer le versement d'importantes sommes d'argent. Il se dit persuadé cependant qu'il a été pris pour cible car il voulait « balancer le système ». En novembre 2013, les avocats de Serge Dassault ont déposé plainte à Evry pour « appels téléphoniques malveillants réitérés, tentative d'extorsion de fonds, chantage, menaces, recel et complicité de ces délits » visant Fatah Hou et René Andrieu.

>> Lire aussi le témoignage : Le « système Dassault » raconté de l’intérieur

René Andrieu. Ancien proche de Serge Dassault, il est l'un des premiers à l'avoir introduit dans les quartiers populaires de la ville. Cet homme de 62 ans, ancien braqueur, a longtemps travaillé pour le maire avec les jeunes des Tarterêts. Accusé aujourd'hui de faire partie d'une équipe de maîtres chanteurs, il était avec Fatah Hou quand celui-ci a été visé par les tirs de Younès Bounouara. Il serait à l'origine de la vidéo clandestine révélée par Mediapart, ce qu'il s'est toujours refusé à confirmer.

Voir l'infographie : Les protagonistes de l'affaire Dassault

3. Quelles sont les enquêtes en cours ?

De nombreuses enquêtes judiciaires ont été ouvertes à Evry et à Paris. Chaque partie assure être la victime et a déposé des plaintes.

A Evry. Les juges enquêtent sur deux tentatives d'assassinat dans le cadre de procédures distinctes. La première concerne celle qui a visé Fatah Hou. C'est dans cette procédure que Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter ont été entendus. La seconde concerne les tirs dont a été la cible Rachid Toumi, un jeune homme de Corbeil-Essonnes. Il dénoncera ensuite dans le Parisien le système d'achat de votes auquel il a participé liant à ce contexte la tentative d'assassinat dont il a été victime.

Fatah Hou a porté plainte auprès du parquet d'Evry notamment pour association de malfaiteurs, une procédure qui vise Serge Dassault, son successeur à la mairie, Jean-Pierre Bechter, un employé municipal et un diplomate marocain. Il les soupçonne d'avoir ourdi un stratagème pour le faire arrêter au Maroc et l'éloigner ainsi de Corbeil-Essonnes. Le parquet peut classer cette plainte, joindre les faits reprochés à une des enquêtes en cours à Evry, ou diligenter une enquête préliminaire avant d'éventuellement saisir des juges.

A Paris. Après une enquête préliminaire, une information judiciaire a été ouverte à Paris en mars 2013 pour corruption, abus de biens sociaux, blanchiment et achat de votes présumés aux élections municipales, entre 2008 et 2012. C'est dans ce cadre que Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter ont été mis en examen début 2014.

Après des plaintes d'enfants de Serge Dassault victimes d'appels malveillants, une information judiciaire est également ouverte à Paris le 24 janvier 2013. Trois frères, originaires de Corbeil-Essonnes, ont été mis en examen à la fois pour appels téléphoniques malveillants, tentatives d'extorsion de fonds, atteintes à l'intimité de la vie privée ou encore violation du secret des correspondances et des communications téléphoniques.  Le sénateur UMP Olivier Dassault fait partie des plaignants.

Une enquête préliminaire est en cours au parquet de Paris pour extorsion en bande organisée, après des prêts accordés par M. Dassault à des habitants de Corbeil-Essonnes. Cette enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLO).

Deux plaintes ont été déposées le 4 novembre par Serge Dassault pour appels téléphoniques malveillants réitérés, tentative d'extorsion de fonds, chantage, menaces, recel et complicité de ces délits, l'une à Evry visant René Andrieu et Fatah Hou, l'autre à Paris visant Mamadou K., mis en examen dans le dossier d'appels malveillants.

4. Quel rôle jouent les enregistrements ?

Depuis plusieurs années déjà, alors que les rumeurs d'achats de vote n'ont fait qu'enfler, de nombreuses vidéos tournées clandestinement et mettant en cause Serge Dassault circulent dans la ville. Certaines d'entre elles ont été publiées dans les médias. Ce fut d'abord le cas d'une vidéo diffusée par Canal+ dans laquelle plusieurs jeunes viennent demander de l'argent à Serge Dassault pour financer des projets d'entreprises.

Puis en septembre, Mediapart a révélé des extraits d'une autre vidéo où l'avionneur échange avec René Andrieu, et reconnaît avoir donné de l'argent de manière illégale à Younès Bounouara. L'intégralité de la vidéo a ensuite été mise en ligne par le JDD. Pour l'entourage de Dassault, ces vidéos n'ont qu'un seul but, le faire chanter afin qu'il continue à distribuer de l'argent.

 

 

Lire : L'enquête judiciaire s'accélère autour du système Dassault à Corbeil-Essonnes

5. Quelle est la défense de Serge Dassault ?

Depuis la révélation par Mediapart d'une vidéo dans laquelle Serge Dassault reconnaît avoir donné de l'argent à Younès Bounouara via le Liban, ses avocats ont ouvert plusieurs fronts judiciaires pour expliquer que leur client était avant tout une victime. Pour Me Jean Veil, l'un de ses conseils, cela ne fait aucun doute. Il en veut pour preuve les menaces dont il a fait l'objet encore récemment. Il a ainsi déposé plainte le 8 septembre 2014 après avoir reçu des SMS d'insultes et de menaces de mort.

Concernant les dons d'argent, M. Dassault a assuré au JDD qu'il n'avait pas « le billet facile ». Démentant tout système d'achat de vote, il affirme : « Ce que j'ai fait, après 1995, après être devenu maire, c'est d'aider les gens à travailler. Il m'est arrivé de donner de l'argent, mais jamais sans raison. J'ai acheté un camion à l'un, une pizzeria à un autre, des choses comme cela. Tout ce que j'ai financé, je l'ai financé avec mon argent personnel et toujours officiellement ».

  • Les Décodeurs
    Journaliste au Monde

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


 

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