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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 17:56

 

 

Source : www.mediapart.fr/portfolios

 

Une ferme coopérative, lieu d'accueil pour enfants et adolescents en difficulté

Photographe : Patrick Artinian

 

 

 

 

Les lieux de vie et d'accueil (LVA) sont des petites structures sociales ou médico-sociales qui offrent un accueil et un accompagnement personnalisé à un petit nombre d'enfants, d'adolescents ou d'adultes en situation problématique. On en compte 467 en France. Seuls deux fonctionnent sous forme de coopérative. La Ferme aux animaux, dans l'Allier, est l'un de ceux-là.

  1. © Patrick Artinian

    Les lieux de vie et d’accueil répertoriés en France fonctionnent, pour une grande majorité, sous statut associatif (loi 1901). L'originalité de la Ferme aux animaux est de fonctionner sous forme de coopérative, un statut compliqué pour ce type d’entreprises qui n’a pas pour vocation à générer des profits. Emiliano Soldati, éducateur spécialisé, explique ce choix :

 

 

  1. © Patrick Artinian

    Milena Soldati et son conjoint ont fondé, dans les années 1990, une ferme pédagogique aujourd'hui devenue lieu de vie et d'accueil. Admirateurs de George Orwell, ils l’ont appelée La Ferme aux animaux, en référence au roman de l’écrivain anglais, Animal Farm.

  2. © Patrick Artinian

    La Ferme aux animaux est située à Treban, dans l'Allier. Elle est habilitée à recevoir six jeunes de 4 à 18 ans relevant des services d’aide sociale à l’enfance de toute la France. Les enfants sont encadrés par une équipe pluridisciplinaire dont une psychologue à plein temps. Emma Soldati explique le fonctionnement du centre :

 

 

  1. © Patrick Artinian

    2 700 places pour des jeunes en difficulté sociale ou familiale sont offertes en France par les lieux de vie et d’accueil. Ce sont généralement des lieux paisibles, à la campagne, souvent bien loin des villes.

  2. © Patrick Artinian

    Les jeunes accueillis doivent poursuivre une formation scolaire ou professionnelle. Les travaux collectifs à la ferme permettent d'apprendre à vivre ensemble, et pas seulement côte à côte.

  3. © Patrick Artinian

    Ces travaux permettent aussi d'acquérir une autonomie.

  4. © Patrick Artinian

    En ce mois d'octobre 2014, la ferme accueille cinq adolescents.

  5. © Patrick Artinian

    Emma Soldati, psychologue (à gauche), et son frère Emiliano, éducateur spécialisé (barbu au centre), sont à l'origine de la transformation de la ferme pédagogique de leurs parents en un lieu de vie et d’accueil.

  6. © Patrick Artinian

    Après le déjeuner. Les jeunes accueillis doivent participer à toute la vie collective.

  7. © Patrick Artinian

    Réunion des coopérateurs. Les salaires des sept membres sont tous de 1 700 € net sauf celui d’Emma Soldati, initiatrice du projet, qui est légèrement supérieur.

  8. © Patrick Artinian

    Lors de leurs moments de loisirs, les jeunes peuvent rester sur place mais ils ont aussi souvent la liberté de se rendre dans le village de Treban rencontrer leurs amis.

  9. © Patrick Artinian

    À l'intérieur de la ferme.

  10. © Patrick Artinian

    Aujourd'hui, on construit une palissade.

  11. © Patrick Artinian

    Afin de responsabiliser les jeunes, on leur permet, sous surveillance, d’utiliser des outils parfois relativement dangereux, scie, perceuse, etc.

  12. © Patrick Artinian

    Un des jeunes vient de se fabriquer un nunchaku, arme utilisée notamment en art martial et composée de deux branches reliées entre elles par une chaîne ou une corde.

  13. © Patrick Artinian

    Dans les jardins de la ferme.

  14. © Patrick Artinian

    La ferme est située à Treban, à une demi-heure de route au sud de Moulins.

  15. © Patrick ArtinianFin de journée d'automne, à la Ferme aux animaux.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr/portfolios

 

 


 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 17:47

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/la-mort-est-dans-le-pre

 

 

Le vigneron condamné pour refus d'usage de pesticides est relaxé en appel !

 

C'est une super bonne nouvelle ! Monsieur Giboulot, un vigneron de Côte d'Or, qui, en première instance, avait été condamné pour avoir refusé d'obéir aux ordres de la Préfecture lui imposant l'emploi de pesticides (lire ici), vient d'être relaxé en appel (lire ici).

Le bon sens a donc prévalu sur  une administration tatillonne.

Est admis l'idée qu'il n'est pas indispensable d'avoir recours automatiquement à des pesticides en cas d'attaque parasitaire. Est reconnu le droit à se défendre en employant des moyens adaptés, autres que certains pesticides ayant des effets secondaires potentiellement dangereux.

« C'est une victoire de la mobilisation citoyenne, c'est être lanceur d'alerte », a déclaré à l'issue du prononcé de l'arrêt de la cour M. Giboulot, acclamé par son comité de soutien. « Il y a une prise de conscience de plus en plus forte quant à l'importance de réduire l'usage des pesticides qui me donne des espoirs pour l'avenir de l'agriculture ».

Interrogés sur ce verdict, d'autres viticulteurs (qui avaient obéi au Préfet) ont fait profil bas, minimisant la portée de ce jugement.

Un regret : que nous soyons obligé de considérer comme une victoire le seul fait, pour une personne, d'avoir refusé l'emploi de pesticides alors que, dans la réalité, la France reste un utilisateur immodéré de ces produits. Avec une législation toujours soumise au lobby des céréaliers industriels. Lire ici tout ce qui concerne les pesticides.

Comme quoi, la fin du combat n'est pas pour demain.

En attendant, bravo, Monsieur Giboulot !

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/la-mort-est-dans-le-pre

 

 

 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 17:32

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

ça bouge ! Mobilisations

5000 kilomètres en vélo... et 1000 manières de soutenir le Tour Alternatiba !

par Collectif 5 décembre 2014

 

 

 

 

 

Quelques mois avant le sommet international sur le climat à Paris, fin 2015, un drôle de vélo va traverser six pays européens et parcourir 5000 kilomètres pour porter le message d’Alternatiba : non seulement les alternatives au dérèglement climatique existent, mais elles contribuent à construire un monde plus juste, plus solidaire, plus convivial. Pour préparer chaque étape de cette aventure collective, un appel à volontaires et une opération de financement participatif sont lancés. Comment donner un coup de pouce, ou de pédale ? Toutes les infos ci-dessous.

Du 5 juin au 26 septembre 2015, un vélo 4 places parcourra 5 000 kilomètres pour le climat entre Bayonne et Paris. Symbole d’Alternatiba, ce drôle de vélo traversera 180 territoires de 6 pays Européens, pour porter encore plus fort le message d’Alternatiba : non seulement les alternatives au dérèglement climatique existent, mais en plus, elles construisent un monde meilleur !

Ce tour mobilisera des milliers de collectifs locaux et des dizaines de milliers de citoyens, à quelques mois de l’important sommet mondial sur le climat qui se déroulera à Paris en décembre 2015 (COP21). Or, la solution ne peut pas venir que d’en haut, mais doit aussi être enclenchée depuis nos territoires : c’est le sens de ce Tour Alternatiba. Et pour en faire un grand événement populaire, nous avons besoin de vous dès maintenant !

Nous avons besoin de 100, 500, 1000 volontaires, répartis tout au long du parcours (et même au-delà !), pour nous aider à préparer chaque étape de cette grande aventure collective (toutes les étapes ici). Vous pouvez faire du vélo autour de chez vous pour nous aider à repérer les meilleures routes ou les lieux d’affichage les plus visibles ? Vous êtes plutôt du genre bricoleur, ou bien à l’aise sur un ordinateur pour relayer sur les réseaux sociaux ? Vous n’avez pas beaucoup de temps, mais vous pouvez héberger des cyclistes à leur passage près de chez vous ? Il y a mille et une manières pour que chacun donne un coup de pouce afin que ce Tour Alternatiba prenne le meilleur départ ! Même ceux qui n’habitent pas près d’une étape du Tour Alternatiba pourront aider.

Comme le disait Stéphane Hessel en parrainant le mouvement Alternatiba, nous pouvons relever le défi climatique en construisant un monde meilleur. Alors n’attendons plus pour développer les milliers d’alternatives qui sont déjà à notre portée. Vous aussi, participez à cette grande aventure humaine en rejoignant les volontaires du Tour Alternatiba sur www.alternatiba.eu/volontaire !

Une opération de financement participatif #coup2pouce est lancée depuis le 3 décembre : toutes les infos ici.

Tous les articles de Basta ! sur la dynamique Alternatiba.

 

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 17:15

 

 

Info reçue par mail :

 

insurrection à Athènes, en ce moment même !!!

Aux cuisiniers autonomes des rues grecques :

   Les seules frontières réelles sont celles qui séparent celles et ceux qui ont la conscience et le respect du Vivant, de celles et ceux qui exploitent les peuples et la planète.

   Du Testet à Exarcheia, unité solidarité et autogestion !




Le 03/12/2014 02:24, Yannis Youlountas a écrit :

Athènes, en ce moment même :
Réoccupation populaire de l'Ecole Polytechnique à Exarcheia, 41 ans après les événements de novembre 1973 (des anciens ont les larmes aux yeux et pensent que nous vivons un autre moment historique), et barbecues de bus et banques aux fines herbes aux alentours.L'ambiance dans l'enceinte de ce lieu historique est extraordinaire.Les CRS suréquipés n'arrivent pas nous déloger. Beaucoup de tags à lamémoire de Rémi Fraisse et en soutien à la grève de la faim du jeuneemprisonné Nikos Romanos. Distribution solidaire de sérum, citrons,mallox contre les lacrymogènes balancés comme du napalm depuisl'extérieur. Ça dépave, ça débat, ça écrit sur les murs et sur lescorps, ça chante. Que la fête commence !
On attend vos messages de soutien !

Yannis Y, membre de l'assemblée d'occupation de l'Ecole Polytechnique

 

 

                                                               ******************************************

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/les-indignes-mouvement-15m

 

 

« On occupe l’École polytechnique!» ZAD à Exarcheia, Athènes

Yannis Youlountas, d’Athènes : EN CE MOMENT MÊME, LUNDI 2 DÉCEMBRE 2014, RÉOCCUPATION POPULAIRE DE L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE, À EXARCHEIA, 41 ANS APRÈS !...

Barbecues de bus aux fines herbes. L’ambiance dans l’enceinte de ce lieu historique est extraordinaire. Suréquipés, les policiers n'arrivent pas à nous déloger. Beaucoup de tags à la mémoire de Rémi Fraisse. Distribution solidaire de sérum, ctitrons, mallox contre les lacrymos balancés comme du napalm. Ça dépave, ça débat, ça écrit sur les murs et sur les corps, ça chante ! QUE LA FÊTE COMMENCE !...

Yannis Youlountas, des ZAD du monde entier, Athènes, Val de Suza, Le Testet, etc. Bises de nous tous à Exarcheia...

NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES !


En novembre 2014, encore (et déjà !) :

Athènes : Intervention anarchiste à l’Institut Français pour l’assassinat de Rémi Fraisse

Le samedi 15 novembre 2014, une vingtaine de compagnon-ne-s ont bloqué l’entrée de l’Institut Français d’Athènes dans le quartier d’Exarchia et sont intervenus dans la cour et dans les amphis en lisant plusieurs choses au mégaphone, en distribuant des textes, jetant des tracts et en criant des slogans. L’action a commencé à 11h40 et a pris fin une heure plus tard.

http://fr.contrainfo.espiv.net/2014/11/19/athenes-intervention-anarchiste-a-linstitut-francais-pour-lassassinat-de-remi-fraisse/

 

HISTORIQUE

Communiqué de l’Occupation de l’École polytechnique, Exarcheia, Athènes, en décembre 2009, déjà :

Des nouvelles d'Athènes (6 décembre 2009)

Un an après l'assassinat d'Alexandros Grigoropoulos par l’État grec, l'armée d'occupation du régime essaie de contrôler chaque coin de rue.
Les assassins armés ont envahi le squat autogéré Resalto et la mairie du quartier occupée suite à l'entrée des flics dans le squat.

Ils ont isolé les espaces de lutte politique et sociale, ils ont encerclé le quartier d'Exarcheia et l'École polytechnique en procédant à un grand nombre d'interpellations et d'arrestations (pour des contrôles d'identité et certains avec des chefs d'inculpation) et cela continue en ce moment. Les porte-parole du régime, les médias, reproduisent la propagande d'État en créant un climat de terreur.

Un an après la revolte sociale de décembre, le système d'oppression et d'exploitation tente de regagner du terrain.
Il tente d'imposer un état d'urgence afon de museler la rage populaire et d'imposer un silence de cimetière dans la société.

Prenant acte que la ville est sous occupation, nous occupons l'École polytechnique. Nous appelons chacun qui résiste à continuer la lutte par tous les moyens.
Nous tenons cet espace et nous déclarons notre solidarité à tous ceux qui subissent la répression d'État.

NOUS EXIGEONS LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DE TOUS LES INTERPELLÉS ET DES INCULPÉS
TOUS DANS LA RUE !!!

ON N’OUBLIE PAS, ON NE PARDONNE PAS
TOUT CONTINUE !

Ré-occupation de Villa Amalia, l'École polytechnique d'Athènes, et expulsion policière (daté de janvier 2013)

http://fr.contrainfo.espiv.net/2013/01/09/athenes-re-occupation-et-expulsion-de-villa-amalias/

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/les-indignes-mouvement-15m

 

 

 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 17:04

 

Source : www.mediapart.fr

 

Scandale Uramin : omerta chez Areva

|  Par martine orange

 

 

 

Alors que les enquêtes judiciaires avancent sur le scandale Uramin, les témoignages de salariés sont accablants. Ministère des finances, CEA, DCRI, Quai d’Orsay... ont été avertis par des cadres désespérés de ne pouvoir faire passer leur message dans le groupe : les mines rachetées étaient inexploitables. Les responsables de l’acquisition ont préféré ignorer les études.

Uramin. Le seul nom est explosif, radioactif. Il a à peine été prononcé qu’un silence pesant s’installe dans la conversation, que les téléphones brusquement raccrochent. Les plus aguerris tentent de donner le change quelques minutes, en demandant comment leur nom est apparu, comment il a été possible de retrouver leurs traces. Mais la discussion ne va jamais très loin : ils ne sont au courant de rien, ne se souviennent de rien. À les entendre, ces salariés d’Areva n’ont jamais été impliqués ni de près ni de loin dans le scandale de ce groupe minier, racheté 2,5 milliards de dollars en 2007. Ou s’ils l’ont été, c’est par hasard, par raccroc.

Ils sont nombreux, ces cadres d’Areva à vouloir enterrer le dossier Uramin au fond de leur mémoire, à chercher à se faire oublier. Mais il y a aussi les autres, qui aimeraient comprendre après coup ce qui a pu se passer dans leur groupe, qui racontent tout ce qu’ils ont pu voir ou savoir, parce que, comme dit l’un d’entre eux, « la lumière doit être faite sur ce dossier ». Sept ans après, le mystère, pour eux, reste entier. Comment Areva a-t-il pu perdre 3 milliards d’euros dans le rachat d’une société minière aux actifs inexploitables et dans des études complémentaires pour tenter de justifier cette acquisition calamiteuse ? 

En 2013, la Cour des comptes a commencé à examiner – bien tardivement – les comptes du groupe public. Un pré-rapport a déjà été rédigé dont Mediapart a donné de larges extraits (lire ici), en attendant le rapport définitif toujours pas publié. Au vu de ses premières découvertes, la Cour des comptes a fait un signalement auprès du procureur national financier sur le dossier Uramin. Depuis avril, une enquête préliminaire a été ouverte auprès de la brigade financière. Le dossier intéresse aussi le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, certains éléments et certaines personnes pouvant être liées au dossier qu'il instruit sur des versements reçus par M. Balkany. Des salariés, des témoins qui jusque-là n’avaient jamais été entendus, ont été auditionnés.

Les premiers constats qui ressortent de ces auditions sont détonants, selon nos informations : tous ceux qui avaient un intérêt de près ou de loin à suivre la gestion d’Areva savaient depuis très longtemps qu’Uramin était une société minière inexploitable. Avant même le rachat mais surtout après, des salariés du groupe ont d’abord sonné l’alerte en interne auprès des responsables du groupe. Ne constatant aucune réaction, ils sont allés plus loin, ont tiré toutes les sonnettes qu’ils pouvaient pour avertir du danger couru par Areva. Le ministère des finances, le CEA (premier actionnaire d’Areva), la DRCI, le Quai d’Orsay, ont été avertis, par des moyens plus ou moins directs, de l’inexistence de réserves minières exploitables dans les gisements rachetés. Des notes blanches ont été adressées à des responsables représentants de l’État afin de les informer de la réalité de la situation, dans l’espoir que l’information remonte jusqu’au sommet. Aucune de leurs interventions n’a eu de suite. Tous ont feint de ne pas savoir, se sont tus ou ont préféré ne pas savoir. Une omerta s’est installée sur le groupe et n’a toujours pas été levée.

Les premiers à avoir sonné l’alarme au sein du groupe ont été les géologues. Ils connaissent les gisements d’uranium du monde entier. Très vite, ils s’inquiètent quand ils entendent parler d’un éventuel rachat d’Uramin. « Le monde de l’uranium est tout petit. C’était une junior minière que nous connaissions bien. Nous sortions de l’échec du rachat d’Olympic Dam (une société minière australienne de cuivre et d’uranium rachetée par le géant BHP Billiton en 2005 – ndlr). Nous regardions alors toutes les sociétés minières susceptibles d’être rachetées », raconte Anatole, un des géologues du groupe. (Le prénom a été anonymisé. Voir Boîte noire.)


La production d'Uramin en 2011 et 2012 provient des usines pilotes de Trekkopje abandonnées depuis 
La production d'Uramin en 2011 et 2012 provient des usines pilotes de Trekkopje abandonnées depuis © dr

À l’époque, Areva a décidé de pousser les feux sur son activité minière, la plus rentable du groupe. Un plan dit Turbo a été élaboré en 2005 dans ce cadre. Son but : repérer toutes les sociétés minières qu’Areva pourrait racheter afin d’élargir son portefeuille de production et de diminuer la dépendance du groupe par rapport au Niger. Dans la liste des cibles potentielles, figurent notamment trois noms : Uranium One, Paladin et Uramin. Les deux premières sociétés ont déjà commencé à exploiter des mines d’uranium. Uramin, elle, qui s’est constituée en 2005, n’a que des droits miniers et aucune exploitation. Mais c’est elle qu’Areva privilégiera.

Si les géologues d’Areva s’alarment de la possibilité du rachat de la junior canadienne, c’est qu’ils connaissent sur le bout des doigts les gisements que celle-ci a en portefeuille. Ceux-ci ont été répertoriés et analysés par le CEA et Minatom, une ancienne filiale de Total, dans les années 1960. Tous leurs travaux et leurs archives ont été transférés par la suite à la Cogema puis chez Areva. « La Cogema avait travaillé notamment sur le site de Bakouma en Centrafrique », se rappelle Aurélien, un ancien salarié de BU (pour Business Unit) Mines.

 

 
© DR

Une importante somme – La Mine et les mineurs de l’uranium français, dont le dernier tome a été préfacé par Anne Lauvergeon –, réalisée par un ancien géologue du groupe, Antoine Paucard, raconte cette recherche éperdue du minerai radioactif depuis 1946. Dans le tome 3, publié en 1996, il reprend l’histoire du gisement de Bakouma, commencée en 1958. Le chapitre s’intitule « Aventure et échec à Bakouma » ! Il raconte l’enthousiasme du début, lors de la découverte du gisement, puis les déconvenues multiples par la suite. Le CEA, PUK (Pechiney Ugine Kuhlmann) puis le groupe Alusuisse – associés aux recherches car l’exploitation de la mine aurait dégagé du fluor et du chlore en sous-produits de l’uranium – s’y sont tous cassé les dents.

Car la mine n’est pas seulement difficile à exploiter en raison des difficultés du terrain (une large partie du gisement est sous l’eau, dans des marais), de son éloignement géographique (à plus de 800 kilomètres du premier port), de l’absence d’infrastructures, elle l'est aussi pour des raisons géologiques jusqu’à présent insurmontables. Le minerai d’uranium est en effet entouré d’un réseau cristallin, l’apatite. « Les techniques minières que nous avons à disposition ne permettent pas d’extraire le minerai à un coût acceptable. Ni le broyage ni les méthodes chimiques de dissolution ne parviennent à venir à bout de cette roche dure », explique Anatole.

Des archives si parlantes

Leurs connaissances sont toutes aussi assurées sur le site namibien de Trekkopje, présenté par Areva, au moment du rachat d’Uramin, comme le gisement le plus prometteur. Le site avait été exploré dans les années 1960 par Minatom. Là encore, les géologues avaient conclu qu’il était inexploitable. Les couches étaient très disparates et très minces. Surtout, la teneur en minerai était des plus faibles : de l’ordre de 120 ppm (parties par million) d’uranium. « Par comparaison, les minerais que nous classons stériles dans le Limousin sont des trésors. Ils ont des teneurs supérieures à 200 ppm d’uranium », poursuit Anatole. 

La faible teneur des gisements de Trekkopje, de toute façon, n’est un secret pour personne dans le monde minier à l’époque du rachat d’Uramin. La société minière, qui exploite un gisement voisin un peu plus riche, connaît alors de graves difficultés et sera presque acculée à la faillite avant de recentrer son exploitation sur la partie où le minerai est le plus concentré, mais sans grand espoir de rentabiliser la totalité de ses investissements. Même Uramin ne cache pas les difficultés d’exploitation de ce gisement, compte tenu de sa faible teneur en minerai. Dans un document de présentation daté du 26 février 2007, la société minière publie une coupe géologique de Trekkopje. Sur un gisement de 14 kilomètres, seule une petite partie, entourée en pointillés rouges sur la photo, est considérée comme exploitable.

 

 
© Uramin

Quant au dernier site, Ryst Kuil en Afrique du Sud, présent dans le portefeuille d’Uramin, il n’est pas connu des géologues de la maison. Ce qui constitue déjà un indice : les grands gisements d’uranium dans le monde sont pratiquement tous répertoriés et connus des géologues du monde entier.

La société canadienne avait d’autres droits, sur le site de Saraya au Sénégal, qui n’ont jamais été mentionnés. Ce gisement est également bien connu du CEA et des géologues d’Areva. Il a lui aussi été prospecté par la Cogema dans les années 1970. Les campagnes de prospection avaient toutes abouti aux mêmes conclusions : gisement inexploitable compte tenu de la faible teneur en minerai et des discontinuités géologiques.

Par la suite, la direction d’Areva a invoqué les détails contraints et les obligations de secret liés à l’opération boursière pour justifier les déboires d’Uramin. Le groupe n’aurait pas pu avoir les informations nécessaires à temps. Dans les faits, l’inintérêt de ces mines est parfaitement connu et documenté chez Areva au moment du rachat d’Uramin. Il suffisait de vouloir chercher pour trouver. Mais les responsables de ce rachat voulaient-ils vraiment savoir ?

Lors des discussions de rachat, aucun des responsables n’a éprouvé le besoin de consulter les archives du groupe, selon nos informations. Aucun ne poussera la porte des géologues de la maison pour leur demander leur avis. Une équipe interne a bien été constituée pour faire des « due diligence » sur les gisements d’Uramin entre mars et mai 2007, juste avant le rachat. Quelques géologues faisant partie de cette équipe avaient émis certaines réserves. Mais celles-ci n’ont, semble-t-il, jamais été communiquées aux actionnaires ni aux membres du conseil de surveillance. Areva avait, à cette époque, préféré s’en remettre aux expertises minières, très optimistes, réalisées par le vendeur.

De nombreux observateurs se sont interrogés sur le fait qu’Areva, pourtant référence mondiale en matière d’uranium, n’ait mené aucun travail interne et se soit appuyé sans retenue sur les documents fournis par le cabinet SRK, payé par les vendeurs. Interrogés dans le cadre de la commission d’information parlementaire menée en 2012, les responsables d’Areva invoqueront le manque de temps lié à l’OPA pour mener une contre-expertise indépendante. Bruno Bezard, directeur de l’Agence des participations de l’État (APE) à l’époque du rachat d’Uramin et membre du conseil de surveillance d’Areva, avait aussi volé à leur secours. « L’ancien directeur général de l’APE observe qu’un tel lien ne pose pas de problème a priori : il est en effet d’usage que l’entreprise vendeuse supporte elle-même les coûts d’expertise. Il observe en outre que la société SRK effectue des travaux dont la valeur est reconnue par les marchés financiers, et semble continuer à être une référence en la matière. Enfin, UraMin étant une société cotée, les informations contenues dans le rapport devaient se conformer à la norme comptable IFRS 6 ainsi qu’aux fortes exigences du code de la Bourse de Toronto », note le rapport de la commission parlementaire.

Les « grandes références de SRK » et les « fortes exigences du code de la Bourse de Toronto » ont été de parfaites protections, comme on le constate aujourd’hui : tout était faux, archi-faux à la fois dans les teneurs, les qualités, les conditions d’exploitation établies par le cabinet d’expertise. « C’est normal, c’est un cabinet anglo-saxon. Il écrit ce que lui demande le client et se fait payer pour cela », explique Arthur, autre salarié d’Areva. Curieusement, alors que les erreurs de SRK sont désormais constatées, aucune plainte n’a été déposée contre ce cabinet pour informations trompeuses par la direction d’Areva, ou par son conseil de surveillance ou ses principaux actionnaires, le CEA et l’État.

 

Anne Lauvergeon 
Anne Lauvergeon © Reuters

Les réserves émises par l’équipe chargée de faire les premières expertises au moment de la négociation n’ayant pas été entendues, d’autres salariés sont montés au créneau. Selon nos informations, pas moins de six personnes ont averti soit leurs responsables hiérarchiques, soit la direction, soit les personnes susceptibles d’avoir l’oreille de la présidente. Les messages ont-ils été transmis à Anne Lauvergeon ? Mystère. Mais au moins trois personnes proches d’elle ont été alertées, selon  nos informations : Sébastien de Montessus, directeur de la branche minière (BU Mines), Gérard Arbola, très discret membre du directoire, et l’amiral Thierry d’Arbonneau, responsable de la sécurité du groupe.

«On a acheté du vent»

Fâché avec Anne Lauvergeon depuis 2010 – celle-ci l’accuse de l’avoir fait espionner – après avoir été très proche de l’ancienne présidente d’Areva – ce qui lui a permis d’avoir une carrière éclair dans le groupe –, Sébastien de Montessus explique aujourd’hui qu’il n’a pas été associé au rachat d’Uramin, qu’il a seulement géré l’intégration de la société par la suite. De fait, Sébastien de Montessus n'a pris ses fonctions de directeur de la branche minière qu’à partir du 1er juillet 2007, date à laquelle l’OPA boursière avait été lancée. Cette version des faits, cependant, ne convainc pas des salariés du groupe nucléaire. « Comment peut-il dire qu’il ne connaissait pas le dossier Uramin ? À l’époque des faits, il était sous-directeur de la direction de la stratégie. À ce titre, il était au courant de toutes les acquisitions projetées par le groupe. C’était même sa fonction. De plus, il est arrivé à la BU Mines bien avant de prendre officiellement ses fonctions, afin de se familiariser avec ses nouvelles fonctions », se rappelle Aurélien, qui travaillait à l’époque dans cette branche.

 

Sébastien de Montessus 
Sébastien de Montessus © Reuters

Même s’il n’a pas été associé au rachat de la société minière canadienne, il a reçu des alertes par la suite. « Tout de suite après l’achat d’Uramin, j’ai averti Sébastien de Montessus. Je lui ai remis une note pour lui dire que les gisements achetés étaient inexploitables. Je lui ai dit que nous avions acheté du vent. Il n’a rien dit. Il n’a rien fait. Ou plutôt si, j’ai été mis au placard », raconte Anatole. Contacté à plusieurs reprises pour avoir sa version des faits, son avocat, Me Patrick Maisonneuve, n’a pas retourné nos appels.

D’autres alertes suivront de plus en plus pressantes, d’abord à l’intérieur du groupe, puis à l’extérieur. Selon nos informations, des salariés ont multiplié les mises en garde auprès de tous ceux qui pouvaient avoir une influence ou faire passer des messages auprès des responsables de l’État. La DCRI a été informée par plusieurs interlocuteurs de la mauvaise affaire du rachat d’Uramin. La direction des affaires stratégiques a été mise en garde quant au caractère explosif de cette opération et en a informé l’APE. Le Quai d’Orsay,  par l’intermédiaire de plusieurs ambassadeurs, a été informé de l’inexistence des gisements miniers rachetés par Areva. Pour finir, des responsables du CEA, principal actionnaire du groupe nucléaire, ont été destinataires de notes précises sur Uramin. Les messages ont-ils été transmis ? En tout cas, rien n’a bougé.

La direction d’Areva, elle, continue pendant ce temps d’envoyer des messages euphoriques. Dans une présentation faite aux responsables de la branche minière, Sébastien de Montessus vante le formidable succès de l’OPA sur Uramin. « Des actifs majeurs », « une production de plus de 7 000 tonnes d’uranium par an attendue à partir de ces gisements à partir de 2012 », explique la présentation. 

 

 

Les premiers travaux de prospection sont lancés. Sans attendre, des équipements miniers sont achetés à grands frais pour le site de Trekkopje. Une usine de dessalement d’un coût de 250 millions de dollars y est lancée. Un pilote pour exploiter le minerai est construit. Mais les résultats sont décevants. Comme ils sont décevants en Centrafrique, au Sénégal, en Afrique du Sud. Sur ces gisements aussi, des campagnes de prospection sont menées, des équipements achetés, alors que les résultats sont prévisibles. Au total, près d’un milliard d’euros supplémentaires a été dépensé en pure perte dans les années suivantes, dans l’espoir de prouver que les 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) dépensés lors de l’acquisition d’Uramin étaient justifiés.

Dès la fin 2009, le groupe abandonne les gisements du Sénégal et d’Afrique du Sud, les jugeant inexploitables. Pourtant, il n’en souffle mot. Rien n’apparaît dans les comptes. Mais cela n’a pas posé, semble-t-il, le moindre problème aux commissaires aux comptes, dont la mission, pourtant, est de s’assurer des comptes véridiques et sincères.

Ce n’est qu’en février 2011 que le groupe commence à reconnaître du bout des lèvres qu’Uramin ne tient peut-être pas toutes ses promesses. Dans les comptes de 2010, apparaît une provision de 426 millions de dollars sur les actifs d’Uramin. Elle aurait été imposée par René Ricol, nommé par Nicolas Sarkozy au conseil de surveillance pour faire la clarté sur les comptes. Il démissionnera de son poste en avril 2011. « Il estime sa mission terminée. Si cette mission était la clarification des comptes du groupe, cette affirmation paraît hasardeuse : le provisionnement massif d’Uramin va être décidé huit mois plus tard », a insisté le pré-rapport de la Cour des comptes. Et encore, les seuls actifs liés à Uramin ont été dépréciés. Le groupe a passé sous silence les dépenses d’exploration et les achats qui ont été réalisés par la suite.

La catastrophe d’Uramin devenant chaque jour plus manifeste, les rumeurs sur le scandale toujours plus fortes, le directoire et le conseil de surveillance ont commencé à se diviser, se disputer. Chacun a tenté de se protéger. Des enquêtes internes ont commencé à être réalisées sur les uns et les autres. Des audits ont été commandés pour faire la lumière sur cette opération. En même temps que la mission Ricol, le conseil de surveillance, alors présidé par Jean-Cyril Spinetta, a demandé une mission d’expertise d’interne – le rapport Boissard, dont nous avons publié de larges extraits ici – pour faire l’examen de ce qui s’était passé. Le scandale menaçant de devenir public, un rapport parlementaire d’information a aussi été rédigé début 2012, sous la haute surveillance de Jérôme Cahuzac, alors président de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Aucune de ces missions n’a vraiment trouvé grand-chose à redire à l’époque, si ce n’est une concentration excessive des pouvoirs aux mains d’Anne Lauvergeon, et des défauts de gouvernance.

Aujourd’hui, ces rapports, ces missions révèlent leur véritable objet : des tentatives des responsables pour se dédouaner et éviter toute responsabilité ; des écrans de fumée pour tenter de masquer le plus longtemps possible le scandale Uramin, pour essayer de le gérer dans le temps. 

À l’intérieur du groupe, certains qui avaient émis des réserves ou des critiques sur ce rachat ont été placardisés. Beaucoup sont partis. Par la suite, alors que le scandale devenait plus évident, de nombreuses personnes qui ont eu à traiter de près ou de loin le dossier ont été éloignées du siège. Certains se sont vu offrir des préretraites ou des départs négociés avec un solide chèque et une clause très stricte de confidentialité à la clé. D’autres ont été envoyés à l’étranger, au Kazakhstan notamment. 

Après sa démission du directoire en mars 2012, Sébastien de Montessus a pris la direction de La Mancha, une filiale d’Areva spécialisée dans les mines d’or. Il y a accueilli quelques anciens cadres d’Areva. Alors que la brigade financière s’apprêtait à mener des perquisitions au siège de cette filiale en juin, un d'entre eux a été précipitamment exfiltré hors de France, vers la Chine. Très loin des éventuelles curiosités de la justice.

 Deuxième volet de la série : cache-cache avec Bercy

 

Boîte noire :

Des salariés et d'anciens salariés d'Areva ont accepté de témoigner sur la période du rachat d'Uramin et la suite, qui les a profondément marqués. Pour d'évidentes raisons de sécurité – le dossier fait peur à de nombreuses personnes – tous leurs témoignages ont été anonymisés. Je les remercie ici du courage dont ils font preuve et pour le temps qu'ils ont bien voulu m'accorder

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 


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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 16:47

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Nouvelle ZAD ?

Subventions indécentes, destruction de l’environnement, précarité de l’emploi : un « Center Parcs » suscite la colère

par Sophie Chapelle 4 décembre 2014

 

 

 

 

 

En Isère, la construction d’un village touristique artificiel « Center Parcs » par le groupe Pierre et Vacances, en plein coeur d’une zone humide, suscite une opposition croissante. Malgré les avis négatifs des experts et les recours judiciaires, le défrichage de la forêt s’accélère sur fond de millions d’euros d’aides publiques, de niche fiscale et de création d’emplois largement subventionnée. Comme à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens, les opposants sont révoltés par le simulacre de démocratie. Alors qu’une nouvelle « zone à défendre » vient de s’implanter pour freiner le chantier, les élus socialistes se divisent.

Les pieds s’enfoncent dans la tourbe, les visages sont graves. Des tas de troncs de châtaigniers, de bouleaux et d’aulnes jonchent à perte de vue le sol du plateau de Chambaran, une zone forestière censée être préservée, située entre Grenoble et Lyon. Depuis le 20 octobre, quand les premiers bulldozers ont fait leur entrée dans le bois des Avenières en Isère, plus de 40 hectares ont déjà été défrichés. « Avec cette chaleur automnale, bon nombre de batraciens ne sont toujours pas en période d’hibernation et se font broyer par les chenilles des machines », déplore Stéphane Peron, pilier de la lutte contre le projet de Center Parcs des Chambaran. « Comment le groupe Pierre et Vacances peut-il parler d’un chantier vert ? »

C’est là, sur ce plateau permettant d’apercevoir les contreforts du Vercors et de la Chartreuse, que le numéro un européen du « tourisme de proximité » projette de construire 1021 cottages sur 200 hectares. L’équivalent d’une ville moyenne posée... au beau milieu d’une zone humide ! Ce sera une zone « sans voiture », plaide Pierre et Vacances qui prévoit la construction de cottages « en bois », « certifiés haute qualité environnementale », « en parfaite harmonie avec la forêt ». Ce futur Center Parcs accueillera également un « Aqua Mundo », un « paradis tropical » de 9000 m3 maintenu à 29°C toute l’année, où le client pourra pratiquer de multiples activités sportives... et « écologiques » !

« Déni de démocratie »

Décidé en 2007, le projet de Center Parcs a été retardé par les nombreux recours déposés par l’association d’opposants Pour Chambaran sans Center Parcs (PCSCP). Avec 90 hectares défrichés, 31 hectares recouverts de béton, 110 à 120 hectares de zones humides dégradées, l’impact environnemental du complexe touristique a fait l’objet d’avis négatifs de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, de la Direction régionale de l’environnement et du Conseil national de protection de la nature. Fin juillet, le projet a aussi été retoqué par la commission d’enquête publique au titre de la « loi sur l’eau ». L’enquête publique [1] a recueilli 727 observations dont 60 % étaient défavorables au projet.

Problème : ces avis ne sont que « consultatifs », le préfet de l’Isère restant décisionnaire. Le représentant de l’État a finalement publié en octobre deux arrêtés préfectoraux au titre de la loi sur l’eau et des espèces protégées autorisant Pierre et Vacances à commencer les travaux. Entre-temps, le groupe touristique assure avoir pris en compte les observations de la commission d’enquête et réaliser un ouvrage respectant l’écosystème local [2]. Et le groupe n’a pas l’intention de perdre du temps. « L’autorisation est tombée le 16 octobre, Pierre et Vacances a acheté le terrain le lendemain et les travaux de défrichement ont commencé le 20 octobre, commente Stéphane Peron. Des recours sont en cours mais Pierre et Vacances espère sans doute mettre la justice devant le fait accompli. »

Les autorités redoutent « un nouveau Sivens »

« Les avis rendus sont négatifs, le préfet passe outre, c’est un déni de démocratie révoltant », confie Sylvain, un jeune militant originaire de Montrigaud, une commune voisine. « Sur le chantier, ça travaille de jour comme de nuit, la semaine et les weekends, et même les jours fériés, renchérit Daphné. On n’a plus vraiment le temps d’attendre les recours légaux et on est un peu forcés de désobéir à la loi pour stopper ce chantier. » Ces dernières semaines, elle a agi à visage découvert avec d’autres militants en enlevant des piquets de balisage du chantier de défrichage afin de ralentir les travaux. Contacté par l’AFP, Eric Magnier, directeur des grands projets au groupe Pierre et Vacances, dénonce des actes de « vandalisme » sur le chantier et constate que les travaux auraient déjà pris « quinze jours à trois semaines de retard ».

Sur place, la mobilisation contre ce projet ne cesse de s’amplifier. 500 personnes ont manifesté le 16 novembre, plus d’un millier fin novembre... Au point que les autorités redoutent « un nouveau Sivens » (nos précédents articles). « Notre association a reçu des messages de soutien des opposants à Notre-Dame-des-Landes et de ceux qui combattent d’autres Center Parcs en projet », souligne Stéphane Peron.

Quel type d’emplois et à quel prix ?

Mi-novembre, Véronique Guislain, originaire de Poligny dans le Jura, a parcouru 240 kilomètres pour se rendre au rassemblement et marquer son soutien à la lutte. « Le projet de Center Parcs dans le Jura n’en est qu’à son début mais il s’est monté dans notre dos. Notre volonté c’est de tisser un vrai réseau de solidarité face à ces projets qui se multiplient partout sur le territoire. » Depuis le 30 novembre, des opposants occupent une maison forestière de l’Office national des forêts, située en lisière du site. « Cette maison nous servira de base arrière pour organiser notre lutte pour une forêt sans Center Parcs », soulignent ces nouveaux « zadistes » [3].

Le projet de Center Parcs suscite des divisions entre les riverains. Au moment même où se constitue la ZAD, environ 200 habitants de la commune de Roybon (sur 1400) se rassemblaient pour défendre le Center Parcs [4]. Les promoteurs du projet n’ont cessé de communiquer sur les « centaines d’emplois créés » dans une « région à l’agonie ». Un investissement de 387 millions d’euros est promis par Pierre et Vacances [5]. Les collectivités locales espèrent d’importantes retombées fiscales.

Un système qui repose sur une niche fiscale

« Ce qu’il faut retenir, c’est que le projet va générer 468 équivalents temps plein », a récemment déclaré le maire, Serge Perraud, sur France 3 Alpes. Soit 697 contrats au total, d’après les chiffres communiqués par Pierre et Vacances. Des promesses d’emplois qui auraient conduit la commune de Roybon à « brader » au groupe 200 hectares de terrain « à 30 centimes d’euros le mètre carré au lieu de 18 euros pour le terrain constructible », selon le collectif Pour Chambaran sans Center Parcs. Le maire refuse pour l’heure de préciser le prix de la vente [6].

Une bouffée d’oxygène pour l’économie locale ? 48 % des emplois seront dans le secteur du nettoyage. Et certains seront très précaires : douze heures par semaine en moyenne, soit 370 euros par mois.« Ce projet ne tend-il pas plutôt à faire accepter définitivement une misère sociale pour que certains comme monsieur Brémond, PDG de Pierre et Vacances, continuent à s’enrichir sur le dos de tous ? », interroge Stéphane Peron. Les collectivités – région Rhône-Alpes, Conseil général de l’Isère, communauté de communes, syndicat des eaux... – misent pourtant sur le projet en débloquant plus de 37 millions d’euros d’argent public.

113,9 millions d’euros de subventions directes ou indirectes

Les contribuables mettent aussi la main à la poche via les niches fiscales qui permettent au groupe Pierre et Vacances d’attirer de petits épargnants pour acheter puis louer ses cottages aux vacanciers. Venez « investir dans l’avenir vert » invite ainsi ses dépliants. Acheter des locations meublées permet de bénéficier « jusqu’à 8 333 euros par an de réduction d’impôt pendant 9 ans ». Et ce, grâce au dispositif « Censi-Bouvard », une niche fiscale pour les loueurs de logement meublé que Pierre et Vacances met allègrement en avant pour revendre ses logements 230 000 euros minimum [7].

« Le système permet de bénéficier d’un avantage fiscal de 11 % sur le prix de revient d’un investissement (plafonné à 300 000 €) et d’une récupération de la TVA », décryptent des élus Europe Écologie-les Verts, farouchement opposés au projet. Pour cela, l’investisseur, qui peut être un particulier, doit s’engager à louer son bien pendant 9 ans à un gestionnaire, en l’occurrence le groupe Pierre et Vacances. L’investisseur peut ensuite déduire de ses impôts jusqu’à 3 660 euros par an, et récupérer également la TVA (19,6 % sur la valeur du bien).

243 000 euros par emploi à plein temps créé

L’association d’opposants estime le montant cumulé des subventions publiques directes et indirectes à 113,9 millions d’euros. « Ramené au nombre d’emplois allégué (468 équivalents temps plein), cela donne un ratio de plus de 243 000 euros par emploi, dénonce Stéphane Peron. C’est plus de dix années de salaire payé d’avance, charges incluses : de quoi aider de nombreuses entreprises locales à embaucher du personnel de proximité à temps plein ! ». Le dispositif Censier Bouvard est vertement contesté par les élus et militants EELV. « Ce système a été maintenu par un amendement en séance de M. Cahuzac », dénonce Olivier Bertrand, conseiller général écologiste de l’Isère.

L’amendement au projet de loi de Finance 2013 a en effet été déposé le 14 novembre en séance par l’ancien ministre du budget, seulement quelques jours après avoir reçu en entretien le PDG de la multinationale Pierre et Vacances [8]. « Le lobbying a dû être intense en coulisse », dénonce EELV qui a commandé un rapport sur cette niche fiscale.« Si ce dispositif tombe, c’est le financement même de Center Parcs qui s’écroule », assure Olivier Bertrand.

Menaces sur l’eau potable

Ces subventions publiques directes ou indirectes ont, en plus, de potentielles conséquences environnementales. Le Center Parcs sera situé sur une colline, qui joue un rôle crucial dans l’équilibre des sources et ruisseaux qui alimentent le plateau ainsi que deux rivières. « Il n’y a pas plus mauvais endroit pour créer une ville de 5 600 habitants, s’insurge Stéphane Peron. Si ça c’est possible, il n’y a plus de limite ! » La Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna) a déposé un recours demandant la suspension de deux arrêtés préfectoraux relatif aux espèces protégées et à la loi sur l’eau. Un recours a également été déposé par la fédération de pêche de la Drôme pour laquelle « le site d’implantation est trop vulnérable, incapable d’absorber la pression d’origine humaine d’un tel aménagement, qui aura des effets irréversibles sur l’environnement et les milieux aquatiques ».

Le village touristique artificiel menace l’alimentation en eau potable de 100 communes de la Drôme et de 40 de l’Isère. Comme le montre une vidéo publiée par le département de la Drôme, la forêt des Chambaran constitue un véritable château d’eau naturel, vital à préserver. Plusieurs municipalités voisines comme Montrigaud, en aval, ont décidé de voter contre ce projet. Une bataille sur les chiffres de la consommation en eau potable est aussi à l’œuvre. Pour les élus favorables au projet, les 5 000 vacanciers consommeront 176 litres par personne et par jour. Pour les opposants, « il faudra 240 litres par jour et par habitant, soit 60 % de plus que la moyenne ».

Divisions au sein de la gauche et du PS

Sept ans après son lancement, le projet commence à diviser la gauche. Pour éviter la « destruction de zones humides stratégiques pour la fourniture en eau potable de toute une région », les élus écologistes de Rhône-Alpes ont voté contre une subvention de 7 millions d’euros en faveur du projet, décidée par la région en 2009. Le président socialiste de la région Rhône-Alpes, Jean-Jacques Queyranne, a appelé le 2 décembre à suspendre les travaux tant que la justice ne se sera pas prononcée sur leur légalité [9]. L’ancien ministre de Lionel Jospin estime « nécessaire » que le préfet diligente « une mission pour apprécier les conditions de réalisation de ce projet au regard des contraintes environnementales ». Ce n’est pas l’avis du président socialiste du conseil général de l’Isère, Alain Cottalorda. Il a dénoncé « les minorités agissantes qui tentent de s’opposer à ce projet par la force, l’intimidation et la manipulation » [10]. Ambiance !

Et qu’en pense le gouvernement ? La ministre de l’Écologie Ségolène Royal s’est pour l’instant abstenue de commenter le dossier. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur a, lui, ouvert la brèche. Le 2 décembre, il a déclaré qu’ « un bon compromis vaut toujours mieux qu’une mauvaise tension qui peut être à l’origine de drames », faisant référence à la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse le 26 octobre sur le chantier du barrage de Sivens, à 500 km de là. Sur le plateau forestier de Chambaran, les opposants attendent avec impatience l’audience du 12 décembre. « Si les deux arrêtés préfectoraux sont suspendus à la suite de l’audience, cela entrainera de facto la suspension des travaux », prévient Francis Meneu, président de la Frapna Isère, contacté par Basta !. « Vu l’absence de concertation et les failles du projet, on peut s’attendre à une "petite" bombe judiciaire. Je pense que ce projet sera l’un des derniers dossiers à dysfonctionner à ce point. »

Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Une pétition contre le projet du Center Parcs des Chambaran est en ligne et a déjà été signée par plus de 17 400 personnes : voir ici

Photos :
- défrichement en cours sur le Center Parcs des Chambaran, le 16 novembre 2014. CC Sophie Chapelle / Basta !
- cottages en bois certifiés haute qualité environnementale, prévus par le groupe Pierre et vacances pour le Center parcs des Chamabaran. © Pierre et Vacances - Source (page 11)
- manifestation le 20 octobre 2014 pour dénoncer le « déni de démocratie ». Source
- photo d’un panneau de la Zad du Roybon, 30 novembre 2014. Source

Plus de 40 hectares ont déjà été défrichés depuis le 20 octobre 2014. Vue depuis un ULM. Source

 

Notes

[1L’enquête publique a été organisée du 14 avril au 28 mai 2014.

[2Selon Le Figaro, la capacité du bassin principal de stockage des eaux pluviales aurait par exemple été revue à la hausse, en passant de 2500 m3 à 8500 m3. Source

[5Télécharger le protocole d’accord entre Pierre et Vacances SA et le département de l’Isère

[6Voir ici

[7Voir ici

[8L’agenda du Ministère du Budget, encore en ligne sur internet indique : Mardi 30 octobre : 11H00 Entretien avec Gérard Brémond, Président du Groupe Pierre & Vacances et Jean Chabert, Directeur général PV Développement chez Pierre & Vacances.

[10Voir Le Dauphiné Libéré du 2 décembre 2014.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 16:39

 

 

Source : local.attac.org/attacnimes

 


              
La lettre d’ATTAC Nîmes
 
Décembre 2014
Action samedi 6/12, TAFTA…

   
Sommaire :
 
1/ Samedi 6 décembre matin à Nîmes: projet d’action « Ensemble, empêchons la Société Générale de larguer une bombe climatique! » : besoin de monde !

2/ Stop TAFTA* et CETA* : Signons massivement l’ICE pour les 60 ans de Juncker !

3/ Mardi 16 décembre à 19h : prochaine réunion mensuelle du groupe ATTAC Nîmes, ouverte à tout le monde (à 18h : accueil des nouveaux, des curieux…)
1/ Samedi 6 décembre à 10h à Nîmes: projet d’action « Ensemble, empêchons la Société Générale de larguer une bombe climatique ! » : BESOIN DE MONDE !
 
Attac mène une mobilisation ayant pour objectif d’obtenir des victoires concrètes sur des multinationales prédatrices (campagne "Requins").
 
Partout  en France, après la victoire des Fralib sur le requin Unilever, nous nous mobilisons avec les Amis de la Terre et Bizi! pour que le requin Société Générale renonce au financement du projet de mine de charbon Alpha Coal et qu’elle s’engage à ne plus financer ce type de projet à l’avenir. 
 
« Ensemble, empêchons la Société Générale de larguer une bombe climatique ! » 
Samedi 6 décembre à Nîmes 
Rendez-vous 10h, square de la Bouquerie (en haut du boulevard Gambetta) 
 
Pour celles/ceux qui peuvent, tenue pour se faire repérer : pantalon noir et veste rouge.
 
L'idée est de commencer par l'agence Société Générale du square de la Bouquerie (une des rares ouvertes le samedi en centre ville) et de continuer par celles qui sont fermées mais plus passantes (Maison Carrée, Monoprix) tout en tractant en chemin.
 
Plus nous serons nombreux, mieux nous serons entendus ! 
Si vous pouvez participer, merci de vous faire connaître dès que possible en envoyant un message à nimes@attac.org !
 
Les affiches et tract prévus sont accessibles ici.
Merci à celles/ceux qui peuvent préparer une pancarte, ou au moins amener des supports (cartons...) pour coller les affiches.

 

 

2/ Stop TAFTA* et CETA* : Signons massivement l’ICE pour les 60 ans de Juncker !

 
* TAFTA (ou TTIP) : projet d’accord de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis
* CETA : projet d’accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada
 
https://france.attac.org/local/cache-vignettes/L1000xH563/arton3505-91801-29561.jpg
Chères amies,
Le 11 septembre, la Commission européenne refusait la demande d’« initiative citoyenne européenne » (ICE) visant à obtenir des États membres qu’ils ne concluent pas les traités « UE-USA » (TAFTA) et « UE-Canada » (CETA). En réponse, plus de 200 mouvements citoyens, issus de 21 pays différents, ont décidé d’organiser une « ICE auto-organisée » contre TAFTA et CETA. Cette initiative connaît un succès fulgurant : lancée il y a à peine plus d’un mois, elle vient déjà de dépasser le million de signatures !
Mais, à ce jour, seules l’Allemagne, l’Autriche, la Grande-Bretagne, la Finlande et la Slovénie ont franchi le seuil de signataires, qui pourront ainsi être « officiellement » comptabilisés dans l’ICE.
En France, il manque 16 000 signatures pour atteindre les 55 500 attendues avant le 9 décembre, jour des 60 ans de Jean-Claude Juncker, nouveau Président de la Commission européenne et ex-dirigeant du plus grand paradis fiscal de l’Union européenne, le Luxembourg.
Nous pouvons lui offrir un cadeau inoubliable. Pour cela, nous avons besoin de votre aide :

Offrons à Juncker un cadeau inoubliable pour ses 60 ans le 9 décembre :
Un million de signatures contre TAFTA et CETA !

3/ Mardi 16 décembre à 19h : prochaine réunion mensuelle du groupe ATTAC Nîmes, ouverte à tout le monde (à 18h : accueil des nouveaux, des curieux,…)
Les réunions mensuelles du groupe ATTAC Nîmes se tiennent le 3e mardi de chaque mois.
 
Réunion du CA (conseil d’administration) d’ATTAC Nîmes
au 6, rue Porte d’Alès (1er étage) à Nîmes :
pour participer à la vie de l’association au niveau local et décider des initiatives locales.
 
Réunion qui se finit en une conviviale « auberge espagnole » : chacun amène de quoi grignoter, boire un coup et on partage tout.
Ces réunions sont ouvertes à tout le monde.



        
Pour recevoir directement les infos d'attac Nîmes, merci de nous laisser votre adresse à  nimes@attac.org site ATTAC France : http://france.attac.org site ATTAC Gard : http://local.attac.org/attacnimes

 

 

Source : local.attac.org/attacnimes


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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 16:28

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Multinationales contre Etats: le mécanisme passé au crible

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Une étude réalisée par les Amis de la Terre-Europe dresse pour la première fois le bilan d'un mécanisme, intégré à des centaines d'accords commerciaux, qui autorise des entreprises à attaquer en justice des États. Cette clause explosive qui figure au menu de l'accord de libre-échange avec les États-Unis... Décryptage.

De notre envoyé spécial à Bruxelles. Y sera, y sera pas ? Et sous quelles formes ? Le mécanisme d'arbitrage qui autorise des multinationales à attaquer des États en justice (connu sous le nom de code ISDS) cristallise depuis des mois les inquiétudes autour des projets d'accord de libre-échange que Bruxelles espère finaliser, dans les mois à venir, d'abord avec le Canada (CETA) et ensuite, et surtout, avec les États-Unis (TTIP).

Les opposants à l'ISDS mettent en garde contre ce qu'ils considèrent être une grave remise en cause de la capacité des États à réguler. À l'inverse, les avocats de ce mécanisme peu connu du grand public plaident pour renforcer la sécurité juridique des entreprises étrangères, afin de les inciter à davantage investir en Europe. A fortiori dans un contexte de déprime économique sur le continent.

Le bras de fer sur l'ISDS est devenu le symbole de la bataille pour ou contre l'accord de libre-échange avec les États-Unis. Selon ce mécanisme, une entreprise étrangère peut poursuivre en justice un État, devant un tribunal ad hoc, si cet État a adopté une régulation qui, pour le dire vite, menace sa rentabilité. À condition que l'État dont est originaire l'entreprise, et celui qui a modifié ses lois, aient conclu un accord ISDS de protection des investissements étrangers.

 

© Les chefs des négociations: Daniel Mullaney pour les E-U, et Ignacio Garcia Bercero (à droite) pour l'UE. ©Reuters

Jean-Claude Juncker temporise depuis son arrivée à la tête de la commission, soufflant le chaud et le froid sur ce dossier très cher à son prédécesseur, José Manuel Barroso. Au parlement européen, une majorité d'élus, en cette fin 2014, semble favorable au retrait de l'ISDS des deux textes. Mais certains sont aussi convaincus qu'une telle décision braquerait les Américains, qui font de l'ISDS un sujet de premier plan pour les intérêts de leurs entreprises. Privé de ce « règlement des différends entre investisseurs et État », c'est l'avenir du TTIP tout entier qui serait menacé…

La commission avait lancé une consultation publique à l'été. Les quelque 150 000 réponses, émanant d'ONG, d'entreprises, ou de simples citoyens, ont été dépouillées. A priori, une nette majorité des participants a exprimé son opposition au mécanisme. Mais l'analyse politique ne sera finalement communiquée qu'au printemps 2015.

En attendant, l'ONG Les Amis de la Terre - Europe a eu la bonne idée de plancher sur les mécanismes « ISDS » déjà en vigueur dans d'autres accords commerciaux. Car ce type d'instruments, s'il n'a pour l'instant jamais été intégré à un traité négocié par l'UE, existe depuis longtemps. En tout, plus de 3 000 accords commerciaux incluent ce type de clauses.

À elle seule, la France a déjà signé 107 accords bilatéraux qui contiennent l'ISDS (dont 95 sont aujourd'hui en vigueur). Partout dans le monde, des procédures sont en cours, devant des tribunaux ad hoc. Ici un groupe énergétique suédois, qui exige des compensations à Berlin après la décision de l'Allemagne de fermer ses centrales nucléaires. Là, un assureur néerlandais qui s'estime lésé dans le processus de privatisation d'un ancien groupe financier public en Pologne… À chaque fois, les compensations réclamées se chiffrent en millions d'euros. 

D'où l'intérêt de cette étude – à charge – qui, pour la première fois, tente un inventaire, et cherche à savoir, selon l'expression de l'ONG, « combien a coûté ce mécanisme aux contribuables ». Ce rapport que Mediapart s'est procuré en exclusivité (à lire ci-dessous) se limite aux actions en justice menées par des groupes privés à l'encontre des 28 États européens, depuis 1994. En tout, 127 procédures – terminées ou toujours en cours – ont été identifiées, qui concernent 20 États membres, dont la France. La tendance est en progression : le nombre de procédures enclenchées, quasiment négligeable dans les années 1990, grimpe à partir de 2011, avec un pic à 25 en 2013.

À la lecture de ce travail de fourmi, réalisé à partir de bases de données fragiles (voir la liste des sources dans la "boîte noire" de l'article), c'est un pan entier d'une justice privée totalement inconnue du grand public, qui se trouve ici dévoilé. Les généralisations sont difficiles, en particulier parce que les montants des compensations, ou des accords à l'amiable, sont la plupart du temps secrets. Mais les quelques chiffres rendus publics sont impressionnants.

 

 

Vivendi, EDF ou Servier ont déjà utilisé cette clause

Dans les 14 cas où le résultat de la procédure est public (sur 127 procédures), les investisseurs privés à l'origine des plaintes ont obtenu un total de 3,5 milliards d'euros. Dans une seule affaire, qui remonte à 1997, la Slovaquie a dû faire un chèque de 553 millions d'euros, un record européen en la matière. Et dans 44 % des cas classés où le verdict est connu (28 sur 63), les investisseurs ont obtenu gain de cause sur tout ou partie de leurs réclamations.

« À cause du manque de transparence autour de ce mécanisme, les chiffres de notre étude ne correspondent peut-être qu'à la partie émergée de l'iceberg. Il est actuellement impossible de savoir exactement combien de cas ont été initiés », prévient Natacha Cingotti, chargée de campagne sur l'accord UE-États-Unis au sein des Amis de la Terre-Europe. « Et même lorsque l'on identifie un cas précis, les termes exacts de la résolution sont très difficiles à obtenir. Cette situation est particulièrement inacceptable, alors que les gouvernements se trouvent obligés de payer les compensations avec l'argent des contribuables. »

Sans surprise, une majorité des procédures (60 %) porte sur des secteurs très sensibles – environnement et énergie. Autre enseignement : les États d'Europe « occidentale » passent entre les gouttes, quand les nouveaux entrants, d'Europe centrale et orientale, font l'objet du gros (76 %) des procédures. « Des pays comme la République tchèque, la Pologne ou la Hongrie, sont les États les plus souvent visés, en Europe. C'est logique : ce sont aussi ceux qui ont dû adapter le plus leur législation, et récupérer l'acquis communautaire », commente Natacha Cingotti.

Et la France ? Il n'existe, dans l'enquête, qu'un seul cas recensé à l'encontre de Paris. Il a été initié par une entreprise turque en 2013, dans le secteur naval, sur la base de l'accord bilatéral France-Turquie conclu en 2006. La procédure est en cours. Mais une petite dizaine d'entreprises hexagonales, dont des mastodontes comme EDF et Vivendi, sont, elles, passées à l'offensive (respectivement contre la Roumanie et la Pologne), et espèrent sans doute tirer de généreuses compensations du mécanisme.

Les laboratoires Servier ont ainsi réussi à décrocher en 2010 plusieurs millions d'euros, versés par la Pologne. Ils ont fait valoir un vieil accord de protection des investissements entre la Pologne et la France. À l'origine de l'affaire, Varsovie avait refusé des autorisations de mise sur le marché concernant deux médicaments commercialisés par Servier. Dans la foulée, le pays avait donné le feu vert à la vente de leurs équivalents en génériques.

S'estimant lésés, les laboratoires Servier ont exigé 300 millions d'euros de compensations. Ils se sont fait entendre sur l'un des médicaments, pas sur l'autre. « Cette opération est soumise aux règles de confidentialité, donc nous ne pouvons vous communiquer aucun chiffre. Mais je peux vous dire que nous avons obtenu nettement moins que ce que nous avions demandé », précise un porte-parole joint par Mediapart.

 

Les pays d'Europe de l'Est sont les plus touchés par le mécanisme. Source: Friends of the Earth/2014. 
Les pays d'Europe de l'Est sont les plus touchés par le mécanisme. Source: Friends of the Earth/2014.

Dans un entretien à Mediapart en octobre, Matthias Fekl, le secrétaire français au commerce extérieur, avait expliqué qu'à ses yeux, le projet d'accord finalisé avec le Canada était « plutôt un bon accord », mais que « la question de l'ISDS est clairement sur la table ». Les Français n'ont jamais pris position haut et fort, pour exclure le mécanisme des négociations, même s'ils ont déjà exprimé des réserves sur certains points de cette clause.

De l'autre côté du Rhin, les sociaux-démocrates (minoritaires dans la coalition dirigée par Angela Merkel) se sont montrés plus directs, affirmant pendant des mois qu'ils bloqueraient l'accord avec le Canada tant que le mécanisme d'arbitrage y serait inclus. Mais Sigmar Gabriel, le ministre de l'économie allemand (SPD), semble être revenu sur ses propos fin novembre, assurant cette fois qu'il n'était pas question que Berlin bloque, seul, l'accord avec Ottawa, si les 27 autres sont d'accord. Le bras de fer sur l'ISDS est encore loin d'être remporté, d'un côté comme de l'autre.

 

Boîte noire :

L'ONG Les Amis de la Terre-Europe a travaillé sur les bases de données (parcellaires) mises à disposition sur les sites de certaines institutions, tribunaux du commerce et autres cabinets spécialisés dans ce genre de procédures (UNCTAD, ICSID, ITA, etc.). Jointe à plusieurs reprises depuis le début de semaine, la commission européenne n'avait toujours pas répondu à nos questions, mercredi dans la soirée.

L'étude est aussi à lire sur le site de Friends of the Earth Europe. On peut également consulter l'intégralité de leur base de données (sur les 127 cas cités dans l'article) à télécharger ici.

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 16:16

 

 

 

C'est officiel, c'est jugé impartialement : la responsabilité de la Gendarmerie Mobile n'est pas engagée dans la mort de Rémi Fraisse. Ils ont bien cherché et ils ont trouvé les coupables, c'est si facile quand c'est l'enquêteur qui écrit le scénario.

 

Après avoir tué ils espèrent maintenant abuser avec des mots truqués dans un rapport tronqué.
Il y aurait eu 13 salopards (= zadistes professionnels). Ils auraient "depuis des mois sur-exposés les personnels des PSIG à la fatigue physique et à la pression psychologique". Ils auraient utilisés "un niveau de violence inégalé et des moyens sophistiqués" pour les harceler. Ces "meneurs ont ensuite mis en avant des clowns, des pacifistes et des badauds pour qu'ils entravent l'action de la police", empêchant l'interpellation méritée des sus-dits salopards. Comme on nous dit sur une route de montagne "attention virages", sous le déluge des grenades, les sommations ont été règlementairement données. La police n'était là que pour "protéger les manifestants", "éviter le lendemain de plus graves incidents" lors de l'inéluctable reprise des travaux.

Chacun des mots de ce rapport sur l'action "retenue et professionnelle" de la police à Sivens sue le mensonge et la bêtise. Dans ce rapport, essayez, pour voir, de remplacer "zadistes" par "police" ou remplacez chaque mot par son contraire et vous vous rapprocherez singulièrement de la vérité.
Mais le plus révélateur c'est qu'il suinte surtout la peur, par tous les pores.

Alors soyons clairs. Nous dire que la police n'y est pour rien c'est nous dire : la responsabilité est ailleurs.
Mais il n'y avait nul besoin d'enquête: la police n'est pas plus coupable que la balle lorsqu'elle sort du fusil, nous le savons, pas besoin de sortir de l'ENA, le coupable c'est bien celui qui appuie sur la gâchette.

Désormais quand nous entendrons ses "consignes d'apaisement" nous nous attendrons à quelques "manquements à la déontologie".Quand il appellera au dialogue et à la concertation, nous sortirons le Maalox et les foulards.

N'oubliez rien.

TINA, envoyée spéciale à Fergusson, Tarn

 

 

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 18:41

 

 

Source : www.bioaddict.fr

 

 

Mobilisation nationale pour rendre les produits bio accessibles à tous

Publié Aujourd'hui à 17h42

 

 

L'association Bio Consom'acteurs vient de lancer une pétition nationale pour que le gouvernement prennent des mesures afin que les produits biologiques soient accessibles à tous : "Quels que soient nos revenus, nous avons le droit d'avoir accès à une alimentation de qualité respectueuse de notre corps, de la planète et des autres êtres vivants. Une alimentation qui doit donc être issue d'une agriculture bio, locale et équitable".
La bio pour tous : Mobilisation nationale pour rendre les produits bio accessibles à tous

Cette pétition lancée ce mercredi 3 décembre est adressée au Premier Ministre ainsi qu'aux Ministres de l'écologie Ségolène Royal, de la santé Marisol Touraine, et de l'agriculture Stéphane Le Foll.

" Citoyens, citoyennes, consommateurs, consommatrices, nous demandons le lancement d'un programme national permettant de rendre l'alimentation biologique accessible à l'ensemble de la population par :

- L'attribution des subventions de la Politique Agricole Commune (PAC) à l'agriculture biologique plutôt qu'à l'agriculture conventionnelle

- L'obligation faite aux acteurs des filières de production conventionnelle de payer les coûts financiers générés par l'utilisation massive de pesticides et de nitrates, selon le principe de pollueur payeur

- La promotion de la qualité des produits biologiques et leur rôle dans la prévention et le maintien d'une bonne santé

- Le lancement d'un comité de suivi au sein de ce programme permettrait de faire travailler ensemble les acteurs institutionnels, de l'alimentation et de la solidarité.

- Un réel financement favorisant l'introduction de produits biologiques dans les épiceries sociales et solidaires

- L'attribution de subventions spécifiques et suffisantes pour la restauration collective publique

Nous avons, toutes et tous, le droit d'avoir accès à une alimentation de qualité respectueuse de l'environnement.

Nos arguments

Aujourd'hui, nos manières de manger ont un impact négatif sur l'environnement et notre santé.

L'agriculture biologique est meilleure pour la santé : les fruits et légumes issus de l'agriculture conventionnelle contiennent 223 fois plus de résidus de pesticides en moyenne que les aliments issus de l'agriculture biologique (selon l'étude de Générations futures de décembre 2011). Or, on sait que les pesticides ont un rôle dans l'augmentation de certaines maladies chroniques, telles que les cancers (selon l'étude de l'Inserm rendue publique le 13 juin 2013), en particulier chez les agriculteurs.

Par ailleurs, l'agriculture biologique est plus respectueuse des écosystèmes : elle favorise le stockage du carbone, ce qui est nécessaire à la lutte contre les changements climatiques. Elle est un facteur de conservation de la biodiversité, de préservation des cours d'eau et de lutte contre l'érosion des sols, qui tous sont garants de notre alimentation future.

L'agriculture biologique est aussi plus respectueuse du bien-être animal, parce qu'elle ne tolère ni les élevages en batteries, ni le gavage, ni l'épointage du bec des poussins, ni l'usage des antibiotiques en guise de prévention."

Tous les Français sont ainsi invités à rejoindre le mouvement "la bio pour tous" lancé par l'association Bio Consom'acteurs sur le site www.labiopourtous.info/fr

Pourquoi consommer bio et local ?

En consommant des produits écologiques et de l'agriculture biologique, les bio consom'acteurs associent préservation de l'environnement, santé et plaisir de déguster. En consommant des produits bio cultivés localement, ils choisissent la saisonnalité, la fraîcheur, la typicité du terroir, la proximité avec les producteurs et la lutte contre le changement climatique ; ils favorisent un développement équilibré de la bio sur tout le territoire, permettent notre indépendance face aux multinationales de la transformation et de la distribution et assurent l'autonomie alimentaire de nos régions.

En privilégiant les circuits courts de distribution (vente à la ferme, AMAP, marchés de producteurs..) et les magasins spécialisés aux pratiques commerciales fondées sur le respect des parties prenantes, du producteur au consommateur, les bio consom'acteurs favorisent l'émergence de relations commerciales plus solidaires, encourageant des pratiques agricoles et entrepreneuriales respectueuses de l'Homme et de la planète.

Stella Giani

 

Source : www.bioaddict.fr

 

 

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Source : www.bioconsomacteurs.org

 

 

 

Nos soutiens

Jacky Blanc (ancien président du directoire de la Nef), Valérie Cupillard (créatrice culinaire), Laurent Espinosa (fondateur du journal Human&Terre), Jean Gadrey (économiste), Béatrice et Jean-Paul Jaud (réalisateurs), Marc Jolivet (réalisateur et humoriste), Henri Joyeux (chirurgien cancérologue), Yves Michel (éditeur), Jean Montagard (chef en cuisine végétarienne et bio), Jean-Louis Mouysset (médecin oncologue), Yann Olivaux (biophysicien), Christian Vélot (généticien moléculaire).

L'association Bio Consom'acteurs

Depuis sa création en 2004, l’association Bio Consom’acteurs agit en faveur du développement d’une agriculture biologique locale et équitable et de la consommation des produits qui en sont issus. A cet effet, elle sensibilise et informe les citoyens sur l’importance de leurs choix de consommation. Elle interpelle les élus sur la nécessité de mettre tous les moyens en œuvre pour favoriser cette agriculture.  Elle encourage des échanges garantissant, du producteur au consommateur, des pratiques sociales et économiques respectueuses de l’Homme et de son environnement.

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Les bio consom’acteurs

En consommant des produits écologiques et de l’agriculture biologique, les bio consom’acteurs associent préservation de l’environnement, santé et plaisir de déguster. En consommant des produits bio cultivés localement, ils choisissent la saisonnalité, la fraîcheur, la typicité du terroir, la proximité avec les producteurs et la lutte contre le changement climatique ; ils favorisent un développement équilibré de la bio sur tout le territoire, permettent notre indépendance face aux multinationales de la transformation et de la distribution et assurent l’autonomie alimentaire de nos régions.
En privilégiant les circuits courts de distribution (vente à la ferme, AMAP, marchés de producteurs..) et les magasins spécialisés aux pratiques commerciales fondées sur le respect des parties prenantes, du producteur au consommateur, les bio consom’acteurs favorisent l’émergence de relations commerciales plus solidaires, encourageant des pratiques agricoles et entrepreneuriales respectueuses de l’humain et de la planète.

 

La pétition :

 

Pétition adressée au Premier ministre ainsi qu'aux ministres de l’écologie, de la santé, et de l'agriculture.

Citoyens, citoyennes, consommateurs, consommatrices, nous demandons le lancement d’un programme national permettant de rendre l’alimentation biologique accessible à l'ensemble de la population par :

- L'attribution des subventions de la Politique Agricole Commune (PAC) à l'agriculture biologique plutôt qu'à l'agriculture conventionnelle

- L'obligation faite aux acteurs des filières de production conventionnelle de payer les coûts financiers générés par l'utilisation massive de pesticides et de  nitrates, selon le principe de pollueur payeur

- La promotion de la qualité des produits biologiques et leur rôle dans la prévention et le maintien d'une bonne santé

- Le lancement d'un comité de suivi au sein de ce programme permettrait de faire travailler ensemble les acteurs institutionnels, de l'alimentation et de la solidarité.

- Un réel financement favorisant l’introduction de produits biologiques dans les épiceries sociales et solidaires

- L'attribution de subventions spécifiques et suffisantes pour la restauration collective publique

Nous avons, toutes et tous, le droit d’avoir accès à une alimentation de qualité respectueuse de l'environnement.


Nos arguments

Aujourd’hui, nos manières de manger ont un impact négatif sur l'environnement et notre santé.

L’agriculture biologique est meilleure pour la santé : les fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle contiennent 223 fois plus de résidus de pesticides en moyenne que les aliments issus de l'agriculture biologique*. Or, on sait que les pesticides ont un rôle dans l’augmentation de certaines maladies chroniques, telles que les cancers**, en particulier chez les agriculteurs.

Par ailleurs, l’agriculture biologique est plus respectueuse des écosystèmes : elle favorise le stockage du carbone, ce qui est nécessaire à la lutte contre les changements climatiques. Elle est un facteur de conservation de la biodiversité, de préservation des cours d’eau et de lutte contre l’érosion des sols, qui tous sont garants de notre alimentation future.

L’agriculture biologique est aussi plus respectueuse du bien-être animal, parce qu’elle ne tolère ni les élevages en batteries, ni le gavage, ni l’épointage du bec des poussins, ni l’usage des antibiotiques en guise de prévention.

* selon l’étude de Générations futures de décembre 2011

** selon l’étude de l’Inserm rendue publique le 13 juin 2013

 

 

Pour signer la pétition, cliquer ici

 

 

Source : www.bioconsomacteurs.org

 

 

 

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