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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 17:19

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Coup de flouze 09/08/2014 à 10h54

Comment nos députés investissent leur argent...

Rémi Noyon | Journaliste Rue89

 


Comment choisir ses investissements ? (SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA)

Certains multiplient les parts dans les entreprises, que ce soient des géants cotés en Bourse ou de plus modestes boîtes implantées dans leurs circonscriptions. D’autres préfèrent gérer leur argent en famille ou faire confiance à leurs banques. La majorité n’a en tout cas rien de loups de la finance.

Je me suis amusé à éplucher les participations financières de nos députés, rendues publiques le jeudi 24 juillet. C’est un fouillis imbitable. Cela va de la société civile immobilière (SCI) aux actions et parts sociales, en passant par l’épargne salariale et les plans d’épargne en actions (PEA). Parfois, un nom d’entreprise surgit sur la page, sans autre précision sur le produit financier concerné.

1 Les écolos : petits joueurs et projets citoyens

 

En clair, c’est le bordel

L’association Regards Citoyens a mis en ligne une numérisation des déclarations d’intérêts des parlementaires. Il a fallu l’aide de 8 000 personnes pour recopier dans un tableur les gribouillis de nos députés et sénateurs. Du fait de la mauvaise volonté manifeste de beaucoup, les données sont imparfaites, vagues et probablement incomplètes.

 

Je me suis ici basé sur la section de la déclaration qui concernait « les participations financières directes » dans le capital de sociétés. La Haute autorité de la vie publique précisait qu’il fallait y indiquer les titres, parts, actions et autres participations financières. Les fiches ont été remplies il y a quelques semaines : les situations financières ont pu évoluer depuis.

 

Le cliché : on les imagine se renseigner longuement sur Internet avant de soutenir des boîtes qui font dans la transformation de crottes de loirs en biogaz.

La réalité : la fibre écolo transparaît chez Denis Baupin, député de Paris, qui déclare posséder cinq actions (pour une valeur de 500 euros) dans Energie Partagée Investissement, qu’il définit fièrement comme un « fonds solidaire de développement de projets citoyens de production d’énergie renouvelable » [PDF]. Celui-ci fut l’un des premiers à surfer sur la vague de l’économie verte – en soutenant par exemple le photovoltaïque.

Le coprésident du groupe vert à l’Assemblée nationale, François de Rugy, est actionnaire de GDF Suez (677 euros) et de Rexel (1 150 euros), un grand groupe français qui se spécialise dans la distribution de matériel électrique [PDF].

Joint par Rue89, il explique avoir obtenu ses actions via la Banque postale et avoir fait une bien mauvaise affaire, avec des moins-values de 12% environ :

« Je regarde de temps en temps si ce n’est pas trop catastrophique, mais je ne suis pas du tout un boursicoteur. La seule conclusion que j’en ai tiré c’est que je ne devais plus souscrire à ce genre d’offre. »

La députée de l’Essonne, Eva Sas, a travaillé dans le cabinet Secafi. A Rue89, elle explique qu’elle a conservé « des actions » pour un montant de 36 324 euros dans le groupe amiral, Alpha [PDF].

2 Les cocos : pas touche au grand capital

 

Le cliché : pas de ça chez nous. Les parlementaires communistes préfèrent les merguez de La Courneuve à Boursorama.

La réalité : du côté des communistes et apparentés, pas de surprises. On évite de se compromettre avec le grand capital. La seule déclaration non vierge est celle de Marc Dolez qui a possédé dix actions de 39 euros dans une société HLM à Douai. Il a tout vendu au début de l’année [PDF].

3 Les centristes : la gâchette enthousiaste

 

Le cliché : le centriste feuillette les pages saumons dans le TGV qui le ramène en circo. Ce sont des libéraux, que diable ! On les veut entrepreneurs, avec le goût du placement risqué.

La réalité : certains aiment l’humus et le crottin. Le très sage Charles Amédée du Buisson de Courson, député de la Marne, est au capital de sociétés qui donnent dans la valorisation du bois et dans la production d’énergie par biogaz [PDF]. Tant de compétences lui permettent d’être très précis lorsqu’il demande au gouvernement de ne pas augmenter la TVA sur le « bois énergie »... Au Sénat, Jacqueline Gourault, qui chuchote à l’oreille de Bayrou, garde les bottes dans la boue grâce à une société d’élevage [PDF]. Ses parents, déjà, étaient marchands de bestiaux.

D’autres sont beaucoup moins rustiques : c’est le cas de Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy, qui a des participations dans Orange, GDF et Vivendi (tous au CAC 40), mais n’a reçu que 740 euros en coupons pour 2013 [PDF]. C’est clinique.

Pourtant, leurs collègues pourraient leur donner des idées d’investissements plus incarnés :

  • Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, possède encore un bon quart d’Export Entreprises, dont il a été le PDG jusqu’en 2012 [PDF]. La boîte s’est spécialisée dans l’aide à l’exportation ;
  • député de la Polynésie, Jonas Tahuaitu a des parts dans une société de construction de barrages hydrauliques [PDF]. Cela tombe bien, il est aussi président du syndicat d’électrification des communes du sud de Tahiti ;
  • le député du Territoire de Belfort, Michel Zumkeller, est un homme accommodant. Il a investi 2 500 euros dans Cryoservice. Une boîte lancée par sa suppléante porte ce nom. Elle se spécialise dans « le nettoyage industriel écologique » [PDF].

On aurait pu en parler : Meyer Habib, député des Français de l’étranger, estime à plus de deux millions d’euros la valeur de sa holding [PDF]. Député de la Côte d’Or, François Sauvadet déclare une action Bernard Loiseau et des parts sociales au Crédit Agricole [PDF].

4 Les radicaux : en bons pères de famille

 

Le cliché : quand on se prévaut des fondements de la République, on ne prend pas de risques. On achète et on conserve ( « buy and hold »).

La réalité : pas grand-chose chez les députés. Il faut aller voir au Sénat pour se mettre quelque chose sous la dent. C’est là que règne le matador : Jean-Michel Baylet, véritable baron du Sud-Ouest. Détailler son portefeuille prend du temps : il a notamment des actions dans le Groupe Dépêche et La Nouvelle République des Pyrénées, dont il est aussi le PDG [PDF]. Gros porteur et patron de presse, c’est la plus pure tradition du radicalisme.

A côté, ses camarades sont des petits joueurs : la sénatrice Anne-Marie Escoffier ne déclare qu’un maigre placement d’environ 1 000 euros sur un compte-titre (destiné à investir).

Mais le vrai radical, c’est le sénateur Jean-Pierre Plancade, qui possède des parts dans des chambres d’hôtes. Son collègue Pierre-Yves Collombat (PS mais au groupe RDSE), a lui investi dans le « pivot gastronomique » de Draguignan. Voilà pour le cliché cassoulet.

5 Les socialistes : en ordre dispersé

 

Le cliché : ils se disent convaincus des bienfaits de l’entreprise. Qu’ils le prouvent plutôt que de faire des stages chez Nature et Découvertes.

La réalité : ils ne sont finalement pas nombreux à s’impliquer financièrement dans des sociétés (si ce n’est dans des SCI). D’autant plus surprenant que les députés ont généralement les ressources disponibles pour investir.

La plupart des déclarations concernent des formes spécifiques établies pour des besoins professionnels : les pharmaciens (comme Catherine Lemorton), les avocats (Yann Galut et Denys Robiliard) et les agriculteurs (Yves Daniel, Dominique Potier, Jean-Luc Bleunven).

Il y a ensuite la ribambelle de ceux qui se sont tournés vers le conseil. Les meilleures amies du PS, Karine Berger et Valérie Rabault, se retrouvent ainsi dans Ecomining, une société de « conseils pour affaires » qui n’a tenu que deux ans. On peut aussi citer Yves Blein, Patrice Prat, Christophe Borgel et Razzy Hammadi.

Certaines participations sont toutefois moins attendues :

  • élu de la Seine-Saint-Denis, Mathieu Hanotin, l’un des protégés de Claude Bartolone, possède 25% du capital de ViaCivis, une « agence de voyage politique », qui propose des séjours tels que « Istanbul, mutations urbaines » ou « Londres, au cœur du capitalisme financier » ;
  • le fil de Bourvil, Dominique Raimbourg, a toujours une société de production cinématographique à son nom [PDF]. Même si les derniers films remontent à 1964 ;

Il n’y a pas de boursicoteurs assumés : ancien de France Télécom, Jean-Louis Bricout (Aisne), a encore de l’épargne salariale chez Orange, Marie-Arlette Carlotti (Bouches-du-Rhône) a aussi gardé une participation dans EADS et Olivier Faure (Seine-et-Marne) revendique une action de 16 euros au Crédit Agricole. Celle-ci lui a été précieuse puisqu’elle lui a permis d’enquiquiner Bernard Tapie dans l’affaire du Crédit Lyonnais.

Il y a tout de même Alain Rousset, député de Gironde, qui peut se considérer petit porteur avec 45 000 euros dans un PEA (qui a l’avantage d’être peu imposé) et une épargne salariale de 173 000 euros [PDF].

Une mention spéciale pour Sébastien Pietrasanta. Le député des Hauts-de-Seine possède une action Dexia, qui ne vaut qu’une poignée de centimes. A Rue89, il rappelle qu’il l’avait acheté pour pouvoir assister à l’assemblée générale des actionnaires de la banque. Sa ville – Asnières – avait contracté des emprunts toxiques et il ressentait le besoin de pousser une gueulante.

On aurait pu en parler : député de l’Hérault, Patrick Vignal détient 50% du capital d’un espace d’« entretien corporel » tenu par sa femme – Acquaforme [PDF].

6 La droite : bravo les gros bonnets

 

Le cliché : les gaullistes investissent dans des secteurs stratégiques pour l’Etat.

La réalité : à l’UMP, il y a de très grosses fortunes, comme Olivier Dassault, le fiston, ou Philippe Briand, questeur de l’Assemblée.

  • Le très fortuné Philippe Briand, député d’Indre-et-Loire, déclare une participation colossale de 120 millions d’euros dans la SAS Arche... Sans compter une tripotée de SCI [PDF] ;
  • quant à Olivier Dassault, élu de l’Oise, il reçoit de substantiels dividendes – plus de trois millions d’euros – du Groupe Marcel Dassault et de la holding du Rond Point Immobilier [PDF].

Parmi leurs collègues, certains ont fait des efforts de diversification :

  • diplômé de HEC et ancien de Procter & Gamble, Bernard Brochand, député des Alpes-Maritimes, déclare des actions dans des sociétés non cotées aussi diverses que Riviera Web, Global Sport, Waycom, Bee to Bee, Boxtale, Kwaga, Greenwishes. Il détient plusieurs portefeuilles de titres et des fonds de placement [PDF]. Mais rassurez-vous, il a écrit un livre pour que, vous aussi, vous puissiez « réussir l’impossible » ;
  • Avec moins de moyens, Jean-Luc Warsmann, élu des Ardennes, a aussi mis ses oeufs dans plusieurs paniers. Il estime à 127 932 euros sa participation dans de nombreuses entreprises du CAC 40 : Alcatel, Danone, Lafarge... [PDF] ;
  • Dominique Tian possède la holding Overline, dont la plus value théorique est de 15 millions d’euros. Le député des Bouches-du-Rhône est au capital de nombreuses SCI, mais aussi de Thalassa Form (2,4%) et d’Empire Hotel (0,0129%) [PDF].

Un petit village qui sent la violette

Dans la série des chanceux, on peut aussi citer Franck Riester, qui dirige plusieurs concessions Peugeot en Seine-et-Marne dont il détient des actions [PDF]. Il y a également Valérie Pécresse (Yvelines), dont le conjoint, Jérôme, est devenu membre du comité exécutif d’Alstom après un passage par Imerys, qui œuvre dans les minéraux industriels. Conséquence : la députée déclare des participations ou options de souscriptions dans ces deux groupes [PDF].

Plus modeste, Sophie Dion, élue de la Haute-Savoie, bénéficie toujours du téléphérique de Pleney, réalisé par son grand-père [PDF]. Sur son site, celle qui a été monitrice de ski affirme même que sa famille est à l’origine du développement touristique de Morzine. Les députés UMP sont d’ailleurs accrochés à leurs montagnes : Charles-Ange Ginesy (Alpes-Maritimes) est toujours propriétaire d’un hôtel à Péone – un village de 900 habitants près de la station de Valberg [PDF].

Et puis, il y a les sportifs. L’ancien judoka David Douillet, reconverti en député des Yvelines, est au capital d’Ours Blanc – la société qui gère son image – et de Double D, qui importe du matériel sportif [PDF]. L’ancien escrimeur, Jean-François Lamour, député de Paris, a préféré placer 5 000 euros dans Babyloan, qui se présente comme une « plateforme de microcrédit solidaire ». Enfin, le député de la Somme, Alain Gest, est au capital de Prosport, ce qui lui rapporte 35 000 euros en dividendes annuels.

La palme de la clarté revient au libéral Alain Moyne-Bressand. Le député de l’Isère a joint à sa déclaration un schéma pour récapituler ses investissements [PDF].


Détail de la déclaration d’intérêts

On aurait pu en parler : Luc Chatel, le nouveau secrétaire général de l’UMP, est, en compagnie de plusieurs membres de sa famille, au capital de Saint Dizier Participations [PDF]. Cette société n’a plus déposé de comptes depuis 2011. A cette date, elle déclarait un résultat net de 448 500 euros.

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 21:01

 

 

Info reçue par mail

 

palestine gif
Bonjour,

 

L'Association France Palestine Solidarité Nîmes a le grand honneur d'accueillir à Nîmes, du 5 au 17 août, 6 jeunes Palestiniens de la ville d'Hébron, dont 4 filles : YARA 11 ans, Nadin 12 ans, Tifawt 12 ans, Leen 15 ans et 2 garçons : Ali 13 ans et Ahmed 14 ans.
Ils seront accompagnés de deux responsables de l' A ssociation d'Amitié Palestino-Marocaine d'Hébron :
Brahim LM. Melouki et Mohammad Ziad Aljabari.
Vous êtes invité/e/s à les rencontrer :
  • dimanche 10 août à partir de midi, pique-nique aux Jardins de la Fontaine à Nîmes près de la Tour Magne (chacunE apporte quelque chose à manger et à boire)
  • lundi 11 août, journée aux Saintes Maries de la Mer. RV à 10h au parking du Carrefour Market de Pissevin. Prévoir pique-nique
    promenade en mer avec le TIKI III : RV sur le parking à 16 h (pas au-delà)
  • mardi 12 août, balade au Pont du Gard, organisée et commentée par Claude W 
  • mercredi 13 août, à partir de 18 h soirée à l'initiative du PCF place St Charles 
  • jeudi 14 août, témoignages des enfants à la salle Tango Paseo, rue San Lucar au Mas Carbonnel à Nîmes à partir de 18h30
  • vendredi 15, journée à Avignon organisée par Abdel (contact : 06 51 58 96 12)
Merci de nous faire savoir si vous comptez participer à un de ces évènements, nous pourrons ainsi vous adresser de plus amples informations.

Pour le groupe local de l'Association France Palestine Solidarité,
Nicole ZIANI, présidente

06 24 09 23 70

 

 

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 20:46

 

Source : bdsf34.wordpress.com

 

 

1200 PERSONNES ONT RÉPONDU A L’APPEL DE GAZA : JOUR DE RAGE !!

Nous étions 1200, malgré les vacances à répondre à l’appel de Gaza. Comme toujours une manif combattive et bruyante qui s’est faite entendre des passants ! Nous sommes repassés par le plan Cabanne et avons lancé un appel aux commerçants à ne plus faire du commerce avec Israël !!

En passant devant la place Jean-jaurès nous avons mis un drapeau palestinien sur la statue de Jaurès est déclaré qu’il aurait été du côté de la solidarité avec les Palestiniens !!

A l’arrivée nous avons lu trois messages de la résistance de Gaza adressés aux manifestations en France. Messages très applaudis par les participants.

Nous avons dit que nous ne lâcherons pas Gaza et qu’il était important de rester mobilisés pendant les négociations !!

Levée immédiate du Blocus !!

blocus

  1 boycott carte 

 

 

 

 

 

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 18:06

 

Source : cadtm.org

 

 

CADTM

 

Super Mario pour les banquiers

7 août par Eric Toussaint

 


La BCE a annoncé le jeudi 7 août 2014 qu’elle maintenait les mesures adoptées à la réunion du 5 juin 2014. Elle fait cela dans un contexte d’échec patent des politiques qu’elle applique depuis le début de la crise |1|. L’Italie est en récession : le PIB a reculé de 0,2 % au deuxième trimestre 2014, après une baisse de 0,1 % au précédent |2|. Au Portugal qu’on disait sorti d’affaire, la quasi banqueroute de la deuxième banque du pays, Banco Espirito Santo (un véritable empire économique à l’échelle de ce pays) entraîne un coût énorme pour le Trésor public qui une nouvelle fois socialise les pertes. En Allemagne, la production industrielle n’a augmenté que de 0,3 % en juin 2014, alors qu’on annonçait une hausse de 1,2 %. Sur un an, l’activité industrielle allemande s’est contractée de 0,5 % (+ 0,3 % attendu). L’inflation, est tombée à 0,4 % en juillet 2014 dans la zone euro alors que la BCE est selon ses statuts tenue de rapprocher le taux d’inflation de 2%. Dans la zone de la monnaie unique, le taux de chômage se maintient au niveau élevé de 12%. Malgré des résultats économiques mauvais, Mario Draghi reçoit les éloges des grands médias. Dans la suite de cet article sont analysées les mesures prises par la BCE depuis juin 2014. Cet article sera suivi d’une série intitulée : Les États au service des banques au prétexte du « Too big to fail » (elle comprendra 8 parties).

Au lendemain d’une importante réunion de la BCE, le quotidien Le Monde ne tarissait pas d’éloge à l’égard du président de l’institution financière basée à Francfort : « Mario Draghi a fait preuve, une fois de plus, jeudi 5 juin, de la maestria avec laquelle il pilote la Banque centrale européenne. Plus que jamais, l’Italien est au rendez-vous : l’homme qu’il faut à l’endroit où il faut. » |3|(voir l’encadré sur le CV de Mario Draghi) Le Financial Times et l’ensemble de la presse dominante ont abondé dans le même sens. Les marchés financiers ont réagi très positivement, les Bourses ont frémi d’aise.

Mario Draghi

De 1991 à 2001, Mario Draghi est directeur général du ministère du Trésor public italien, chargé des privatisations. À ce titre, il est membre du conseil d’administration de plusieurs banques et sociétés qui étaient en phase de transfert vers le secteur privé (Eni, IRI, Banca Nazionale del Lavoro-BNL et IMI). Par la suite, Mario Draghi est, de 2002 à 2005, vice-président de la branche européenne de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs. C’est à cette époque que cette banque est rémunérée par les autorités grecques afin de maquiller leurs comptes publics. Le 16 janvier 2006, Mario Draghi devient gouverneur de la Banque d’Italie, nommé par le président du Conseil Silvio Berlusconi, avec un mandat renouvelable de six ans. Mario Draghi est devenu président de la BCE le 1er novembre 2011.

Une chose est sûre : les décisions prises par la BCE ne vont pas améliorer la situation économique, elle ne vont pas permettre de générer des emplois et les conditions de vie de la population de la zone euro ne vont pas gagner en qualité. La BCE garde le même cap : soutien total aux grandes banques et au patronat contre l’écrasante majorité de la population.

Quelles sont les mesures annoncées par la BCE le 5 juin 2014 ?

Fixer à 0,15% le taux payé par les banques pour emprunter à la BCE

La BCE a décidé de baisser une fois de plus le taux auquel elle prête de l’argent aux banques privées. Le taux est passé de 0,25% (en vigueur depuis novembre 2013) à 0,15% à partir du 11 juin 2014 |4|. C’est tout bénéfice pour les banques privées qui peuvent ensuite prêter cet argent aux Etats à des taux qui varient de 1,40% (c’est le cas de l’Allemagne fin juin 2014) à 6,00% pour la Grèce |5|… Officiellement, la baisse du taux devrait pousser les banques à prêter davantage aux entreprises (en particulier, aux PME qui représentent en Europe le plus gros employeur) et aux ménages. Mais on se rend compte que les banques préfèrent prêter aux Etats : c’est plus sûr. Acheter des titres de la dette souveraine leur permet d’atteindre plus facilement le ratio imposé par les autorités de contrôle des banques concernant le minimum de capital requis en rapport au bilan total (ou le total des actifs) |6|.

Fixer à 0,10% le taux payé par les banques pour déposer de l’argent au jour le jour à la BCE

La BCE a également décidé que les banques qui lui confient chaque jour de l’argent pour le mettre en sécurité devront payer un taux de 0,10%. Officiellement, cette mesure vise également à pousser les banques à prêter aux PME et aux ménages l’argent dont elles disposent plutôt que de le déposer à la BCE. En réalité, on constate que cela ne marche pas. Les prêts aux PME et aux ménages stagnent ou baissent selon les pays.

Pourquoi les banques déposent-elles des liquidités à la BCE ? Parce que c’est une façon de montrer aux autres banquiers et aux autres fournisseurs privés de crédit (Money Market Funds, fonds de pension, compagnies d’assurances), à leurs créanciers en général, à leurs actionnaires et aux autorités de contrôle qu’elles disposent de cash en permanence afin de faire face à l’explosion des bombes à retardement qui se trouvent dans leurs comptes. Si elles n’avaient pas ce cash disponible, les prêteurs potentiels se détourneraient d’elles ou leur imposeraient des taux très élevés. Les détenteurs d’actions les revendraient et leur cours s’écroulerait.

Accorder 400 milliards d’euros supplémentaires de crédits de longue durée aux banques

La BCE a aussi annoncé qu’elle allait prêter aux banquiers privés 400 milliards d’euros à taux fixe (on peut imaginer qu’il sera très bas, proche de 0,15%). La BCE laisse entendre qu’elle octroiera ces nouveaux crédits à long terme à la condition que les banques les prêtent aux PME afin de relancer la production et de créer des emplois. Il faudra être attentif à la réalisation concrète de cette annonce, car la BCE n’a jamais jusqu’ici contraint les banques à faire quoi que ce soit avec les fonds qu’elle leur prête. Ce qui est sûr, c’est que beaucoup de banques parmi celles qui ont emprunté 1 000 milliards d’euros entre décembre 2011 et janvier 2012 dans le cadre du LTRO (Long Term Refinancing Operations) pour une durée de 3 ans ont un urgent besoin de nouveaux crédits à long terme, appelés TLTRO (Targeted Long Term Refinancing Operations). Ces nouveaux crédits devraient leur permettre de faire la soudure sous peine de devoir se déclarer en faillite pour incapacité de remboursement.

Pour comprendre pourquoi ce nouveau crédit est vital pour une série de banques importantes, il faut saisir ce qu’est le LTRO (voir encadré).

LTRO : qu’est-ce que c’est ?

L’opération consiste à accorder aux banques des prêts à long terme. Entre décembre 2011 et février 2012, la BCE a ainsi prêté à un peu plus de 800 banques, plus de 1 000 milliards d’euros pour une durée de 3 ans au taux d’intérêt de 1 % (à un moment où l’inflation atteignait environ 2 %). En réalité, le cadeau fait aux banques est plus important que le laisse supposer un taux d’intérêt de 1 % (pourtant déjà très avantageux). Pour deux raisons simples :
1) Les intérêts sur la somme empruntée ne sont à verser qu’au moment du remboursement de cette somme. Donc si une banque a emprunté pour 3 ans et ne rembourse pas de manière anticipée, elle ne paie les intérêts qu’à l’issue des 3 ans.
2) Le taux a été abaissé par la suite à plusieurs reprises pour atteindre 0,15 % à partir de juin 2014.

Prenons une banque comme Dexia qui a emprunté plus de 20 milliards d’euros à la BCE sur une période de 3 ans au début 2012, elle ne devra rembourser les 20 milliards qu’au début 2015. À cette somme, s’ajoutera le paiement des intérêts que l’on calculera de la manière suivante : 1 % de taux d’intérêt jusqu’en juillet 2012, 0,75 % pour la période juillet 2012 à mai 2013, 0,50 % de mai 2013 à novembre 2013, 0,25 % entre novembre 2013 et juin 2014, 0,15% d’intérêt à partir de juin 2014 |7|. La banque ne paiera ces intérêts qu’au moment du remboursement de la somme empruntée. Que se passera-t-il à ce moment-là ? Il est évident que de nombreuses banques, comme Dexia, la principale banque italienne Intesa Sanpaolo (qui a reçu 24 milliards d’euros dans le cadre du LTRO) ou encore la banque portugaise Esperito Santo en pleine déconfiture depuis juillet 2014, ne seront en mesure de rembourser la somme empruntée que si elles procèdent à un nouvel emprunt plus ou moins équivalent à l’emprunt précédent. A qui ces banques emprunteront-elles ? A la BCE pardi, dans le cadre du TLTRO (Targeted Long Term Refinancing Operations). C’est en réalité la véritable raison d’être de ce TLTRO. Mais la BCE ne peut pas le déclarer officiellement car elle doit contribuer à faire croire que les banques vont bien, qu’elles ont assaini leurs comptes, qu’elles ne manquent pas de liquidités… Du coup, Mario Draghi annonce que le TLTRO servira à financer les PME...

La BCE met la pression sur les banques privées pour qu’elles produisent plus de produits structurés

Les banques ont réduit les crédits aux ménages et aux entreprises, en particulier aux petites et aux moyennes entreprises qui représentent la majorité des emplois. En 2013, les crédits bancaires ont diminué de 2 % dans la zone euro, les crédits aux entreprises non financières ont diminué d’environ 3,5 %. Quant aux collectivités locales, elles sont de plus en plus orientées vers les financements obligataires. Les économies périphériques dans l’Union européenne sont bien sûr les plus touchées.

Ce que propose Mario Draghi aux banquiers européens pour les encourager malgré tout à augmenter leurs crédits aux PME, c’est d’accroître la production de produits structurés constitués d’un ensemble de prêts à ces PME. De quoi s’agit-il : les banques qui octroient des crédits aux PME peuvent les sortir de leur bilan en les titrisant via leur assemblage dans un produit structuré (Asset Backed Securities). La BCE propose ensuite aux banques de déposer ces produits structurés comme collatéral (= en garantie) auprès d’elle afin d’obtenir en échange du crédit à 0,15 %. Sachant que les taux exigés des PME par les banques oscillent en 2014 entre 5 % et 6 % en Espagne et en Italie, entre 3 et 4 % en France et en Allemagne, les banques pourraient faire des bénéfices tout à fait intéressants affirme Mario Draghi. Malgré cette proposition alléchante, les banques renâclent à augmenter leurs crédits aux PME et à accroître la fabrication de produits structurés tels que proposés par le président de la BCE |8|, qui en est très déçu et avance toujours la même proposition chaque fois qu’il en a l’occasion. C’était une fois de plus le cas lors de la réunion du directoire de la BCE le 5 juin 2014.

La prolifération des produits structurés a été au centre de la crise bancaire qui a commencé en 2007-2008 et tout ce que trouve Mario Draghi comme moyen de relancer le crédit aux PME, c’est de pousser les banques européennes à en produire de nouveau !

La BCE augmentera encore les liquidités en circulation

Depuis 2008-2009, la BCE n’a cessé d’augmenter les liquidités mises à la disposition des banques au point que ces liquidités inondent l’économie réelle (voir plus loin). Elle a annoncé le 5 juin 2014 un changement dans sa politique de rachat des titres souverains qui aura pour conséquence d’augmenter un peu plus les liquidités. Dans le jargon, cela s’appelle mettre fin à la stérilisation du programme de rachat des titres souverains (le Securities Markets Program suivi à partir de fin 2012 du Outright Monetary Transactions OMT-). Jusqu’ici, quand elle rachetait aux banques des titres souverains (italiens, portugais, grecs, irlandais, espagnols…) qu’elles avaient acquis sur le marché primaire, la BCE reprenait aux banques un volume équivalent de liquidités. A partir de juin 2014, la BCE paiera aux banques les titres qu’elle leur rachète sans leur demander l’équivalent de liquidités. En faisant cela, « la BCE augmentera mécaniquement les liquidités à disposition du système bancaire » déclare Frédéric Rollin, conseiller en stratégie chez Pictet |9|. Cela représente environ 170 milliards d’euros.

L’économie européenne est tombée dans le piège de la liquidité

A cause des politiques menées par les banques centrales et les gouvernements, l’économie des pays les plus industrialisés est tombée dans ce que Keynes appelait le piège de la liquidité. Alors que les banques centrales injectent des liquidités et baissent les taux d’intérêt, les banques et les grandes entreprises privées préfèrent garder ces liquidités à portée de la main, pour faire face à des coups durs liés aux bombes à retardement qu’elles détiennent dans leur bilan et aux nouvelles bulles qu’elles contribuent activement à fabriquer |10|. Les entreprises industrielles et de services considèrent que cela ne vaut pas la peine d’investir puisque la demande privée et publique est anémique. Elles s’assoient pour ainsi dire sur un énorme tas de liquidités ou les utilisent pour spéculer. Les entreprises européennes détenaient en 2012 en liquide 2 400 milliards d’euros (soit 16 fois le budget annuel de l’Union européenne !) |11|. C’est du jamais vu.

Selon Keynes, pour sortir du piège de la liquidité, il faut que les gouvernements augmentent les dépenses publiques afin de relancer la demande et, du coup, l’économie : dépenses d’investissement (on pourrait évidemment investir massivement dans la transition écologique, les énergies renouvelables, les grands travaux publics utiles, les bâtiments scolaires et collectifs), dépenses pour engager du personnel dans les services publics et pour mieux les rémunérer, dépenses sociales (santé, éducation, services sociaux), dépenses pour augmenter les montants des retraites et de différentes allocations sociales… Mais de cela, les banquiers centraux et les gouvernements ne veulent pas en entendre parler parce qu’ils veulent aller plus loin dans les attaques contre les conquêtes sociales.

Une offensive pour aller plus loin dans les politiques néolibérales

Mario Draghi a multiplié récemment les déclarations |12| et les initiatives allant dans le sens d’une plus grande austérité budgétaire et d’un développement des mesures structurelles de précarisation des mécanismes de protection sociale et de solidarité collective : plus grande flexibilisation des contrats de travail afin de faciliter les licenciements, de réduire les salaires, d’augmenter l’intensité et la durée du travail, attaques contre les retraites...

Le rapport annuel de la Banque des règlements internationaux (BRI) publié en juin 2014 va exactement dans la même direction : « La combinaison des politiques structurelles appropriées varie nécessairement d’un pays à l’autre, mais elle comprend fréquemment la déréglementation des secteurs protégés, comme les services, l’amélioration de la flexibilité du marché du travail, l’augmentation des taux d’activité et la réduction de l’hypertrophie du secteur public. Donner plus de poids à l’assainissement et aux réformes suppose d’en donner moins à une gestion expansionniste de la demande. Ce principe s’applique à la politique budgétaire. Après les premières mesures de stimulation budgétaire, on a en partie redécouvert la nécessité d’assurer la viabilité à plus long terme. Cette découverte est bienvenue : mettre de l’ordre dans ses affaires budgétaires est primordial, et il faut résister à la tentation de s’écarter de cette voie. » |13| En d’autres mots, la BRI veut que les gouvernements aillent encore plus loin dans les attaques contre les conquêtes sociales de l’après seconde guerre mondiale et dans la réduction des dépenses publiques.

Conclusions

L’énorme croissance des liquidités qu’a connue l’Europe depuis 2007-2008 a servi à maintenir intacte la puissance des grandes banques privées sans pour autant sortir les économies concernées de la crise. Grâce à l’intervention de la BCE et d’autres banques centrales (et bien sûr, aux décisions des gouvernements), les grandes banques privées poursuivent leurs activités massivement spéculatives et souvent frauduleuses, voire criminelles. Elles sont soutenues par un mécanisme de transfusion permanente de ressources (crédits publics illimités à taux d’intérêts quasi nuls ou clairement négatifs). Certaines d’entre elles, et non des moindres, sont simplement maintenues en vie sous respiration artificielle (aux crédits publics illimités s’ajoutent une injection de capitaux publics afin de les recapitaliser et des garanties publiques concernant leurs dettes). Le métier de la banque est trop sérieux pour être laissé dans les mains du secteur privé. Il est nécessaire de socialiser le secteur bancaire (ce qui implique son expropriation) et de le placer sous contrôle citoyen (des salariés des banques, des clients, des associations et des représentants des acteurs publics locaux), car il doit être soumis aux règles d’un service public |14| et les revenus que son activité génère doivent être utilisés pour le bien commun.

La politique appliquée jusqu’ici par la BCE, les autres banques centrales et les gouvernements a entraîné une très forte augmentation de la dette publique en conséquence de plusieurs facteurs qui sont liés : le coût du sauvetage des banques ; le coût de la crise dont les banques centrales, les gouvernements, les banques privées et les autres grandes entreprises portent la responsabilité ; l’interdiction faites aux États d’emprunter auprès de la banque centrale ; la poursuite des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux grosses fortunes… Cela donne un caractère clairement illégitime à une partie très importante de la dette publique. En particulier, la dette publique contractée pour sauver les banques est clairement illégitime et doit être répudiée. Un audit citoyen doit déterminer les autres dettes illégitimes, illégales, odieuses, insoutenables… |15| et permettre une mobilisation telle qu’une alternative anticapitaliste crédible puisse prendre forme.

Dans ce contexte, la politique de la BCE est à la fois illégitime, odieuse, insoutenable et illégale. Elle est illégitime parce qu’elle favorise une infime minorité de la population, qui de surcroît est responsable de la crise et en tire profit. Elle est illégitime parce qu’elle porte préjudice à l’écrasante majorité de la population. Cette politique de la BCE est d’autant plus illégitime que ceux qui la conçoivent sont conscients de ce qui précède. Dans le cas des pays soumis aux mémorandums imposés par la Troïka dont la BCE constitue un acteur central, cette politique est odieuse car elle viole des conventions et des traités sur les droits humains (économiques, sociaux, civils et politiques) et qu’elle est imposée par des institutions qui n’ont pas été mandatées par le peuple pour poser de tels actes. Cette politique est également insoutenable |16| car elle conduit à l’appauvrissement d’une grande partie de la population, à une dégradation de la santé et de l’éducation publique, à l’augmentation du chômage… Enfin, cette politique est illégale car elle ne respecte pas les statuts de la BCE (statuts que nous réprouvons par ailleurs). Par exemple, mais ceci n’est pas exhaustif, la BCE n’a aucun mandat dans ses statuts pour intervenir dans les relations de travail. Or de manière permanente, elle cherche à dicter des modifications des lois concernant le droit du travail.

Il faut revoir complètement la politique monétaire ainsi que le statut et la pratique de la BCE. La BCE et les banques centrales en général doivent pouvoir financer directement des États afin d’atteindre des objectifs sociaux et environnementaux qui garantissent la satisfaction des besoins fondamentaux des populations. Le financement direct par la BCE et les banques centrales ne suffit pas en soi, ces financements devront s’inscrire dans une dimension sociale et être au service de l’intérêt général. En effet, si les États-Unis et le Royaume-Uni financent de manière importante leur dette par leur banque centrale |17|, on ne peut pas dire que cette politique est menée dans l’intérêt de la majorité de leur population.

La mobilisation citoyenne et l’auto-organisation sociale constituent la condition sine qua non à la réalisation d’un programme de sortie de crise qui favorable aux peuples |18|. Sans elles, il n’y aura pas de véritable issue émancipatrice à la crise actuelle.

Notes

|1| Attention, si l’échec est patent à l’aune des objectifs officiels poursuivis, il n’en va pas de même si on prend en compte l’agenda caché de la BCE et des dirigeants européens. L’objectif des dirigeants européens des pays les plus forts et des patrons des grandes entreprises, au stade actuel de la crise, n’est pas de relancer la croissance et de réduire les asymétries entre les économies fortes et les faibles au sein de l’UE. Ils se félicitent au contraire de l’existence d’une zone économique, commerciale et politique commune où ils tirent profit de la débâcle de la Périphérie et des sacrifices imposés à tous les salariés d’Europe pour renforcer la profitabilité des entreprises et marquer des points en termes de compétitivité. Pour avancer dans la plus grande offensive menée depuis la seconde guerre mondiale à l’échelle européenne contre les droits économiques et sociaux de la majorité de la population, les gouvernements et le patronat utilisent plusieurs armes : l’augmentation très importante du chômage, le remboursement de la dette publique qui a fortement augmenté, la recherche de l’équilibre budgétaire comme prétexte à des coupes sévères dans les dépenses sociales et les services publics, la quête de l’amélioration de la compétitivité des États membres de l’UE les uns par rapport aux autres ainsi que par rapport aux concurrents mondiaux. De ce point de vue là, la politique de la BCE ne constitue pas un échec. J’y reviendrai dans des articles ultérieurs. Voir également Bancocratie, chapitre 33.

|2| http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0203688232137-litalie-en-recession-pousse-les-taux-allemands-a-un-plus-bas-historique-1030888.php#gauche_article

|3| Le Monde, « L’arsenal de Mario Draghi contre la déflation », 6 juin 2014, http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/06/l-arsenal-de-mario-draghi-contre-la-deflation_4433369_3232.html

|4| La BCE a commencé à baisser son taux d’intérêt directeur par paliers successifs à partir de 2008. En octobre 2008 il s’élevait à 3,75%. Voir : https://www.banque-france.fr/economie-et-statistiques/changes-et-taux/les-taux-directeurs.html

|5| Il s’agit des taux des titres souverains à 10 ans. Les taux pratiqués pour les autres pays fin juin 2014 s’élevaient à 1,75% pour la France, à 1,86% pour la Belgique, à 2,75% pour l’Espagne, 2,85% pour l’Italie, à 3,57% à la Pologne, à 3,60% au Portugal,…

|6| J’ai expliqué cela dans http://cadtm.org/Les-banques-bluffent-en-toute publié le 19 juin 2013 ; http://cadtm.org/Banques-bulletin-de-sante-trafique publié le 23 juillet 2013. Voir également mon livre Bancocratie, Aden, Bruxelles, chapitres 8 et 9. A commander via : http://cadtm.org/Bancocratie

|7| Voir sur le site de la BCE : « In this longer-term refinancing operation, the rate at which all bids are satisfied is indexed to the average minimum bid rate in the main refinancing operations over the life of the operation », http://sdw.ecb.europa.eu/servlet/desis?node=100000133

|8| En 2013, en Europe, les émissions de tous les types d’ABS pris ensemble ont fondu de 38 % par rapport à 2012 (Financial Times, 18 février 2014). En 4 ans, la chute est de plus de 80 % ! (Financial Times, 3 septembre 2013).

|9| Cité dans Le Monde du 7 juin 2014.

|10| Plusieurs bulles spéculatives sont en expansion et menacent d’éclater : bulle boursière, bulle sur les matières premières, nouvelle bulle immobilière, bulle sur les obligations souveraines ou sur les obligations d’entreprise, … Voir Eric Toussaint, Bancocratie, Aden, Bruxelles, 2014, chapitre 38.

|11| Financial Times, « European Corporate buybacks sink to 2009 lows », 2 novembre 2012. L’article se réfère aux calculs de Thomson Reuters. Selon The Economist, les entreprises canadiennes détenaient 300 milliards de dollars de cash en 2012, soit 25 % de plus qu’en 2008. Le phénomène concerne l’ensemble des pays les plus industrialisés : au Japon, en 2012, les entreprises conservaient sous forme liquide l’équivalent de 2 800 milliards de dollars, soit 75 % de plus qu’en 2007 ! (The Economist, « Dead money. Cash has been pilling up on companies’ balance-sheets since before the crisis », 3 novembre 2012).

|12| Voir notamment Financial Times, “Draghi coaxes politicians to take lead in next batch of reforms », 11 juillet 2014.

|13| BRI, 84e Rapport annuel, 1er avril 2013–31 mars 2014, Bâle, 29 juin 2014, p. 17 http://www.bis.org/publ/arpdf/ar2014_1_fr.pdf

|14| Le secteur bancaire devrait être entièrement public à l’exception d’un secteur coopératif de petite taille avec lequel il pourrait cohabiter et collaborer.

|15| Voir CAC, Que faire de la dette ? Un audit de la dette publique de la France, mai 2014, http://www.audit-citoyen.org/wp-content/uploads/2014/05/note-dette.pdf Pour la Belgique voir : ACiDe, BRISER LE CERCLE VICIEUX DE LA DETTE ET DE L’AUSTÉRITÉ, mémorandum de l’audit citoyen de la dette en Belgique, AVRIL 2014, http://www.auditcitoyen.be/wp-content/uploads/memorandum.pdf

|16| Sur le plan économique, cette politique est soutenable du point de vue de l’intérêt des capitalistes, elle est insoutenable du point de vue des droits humains.

|17| Ces dernières années, la FED a racheté pour plus de 2400 milliards $ de bons du trésor des Etats-Unis (en octobre 2014, le volume de bons du trésors détenu par la Fed atteindra 2450 milliards), ce qui représente 18% du volume total des bons du trésor en circulation. Source : Natixis, EcoHebdo, 25 juillet 2014, N°29, http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=78192 Attention, contrairement à une idée largement répandue, la Fed n’achète pas les bons du trésor au Trésor directement, elle les achète via des opérations d’open market aux banques privées qui les ont acquises préalablement. Voir la législation des Etats-Unis en la matière : http://www.federalreserve.gov/aboutthefed/section14.htm

|18| Voir un large éventail de propositions dans : Eric Toussaint, « Europe : alternatives à la crise », avril 2014, http://cadtm.org/Europe-alternatives-a-la-crise

Éric Toussaint, maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Bancocratie, Aden, 2014, http://cadtm.org/Bancocratie ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010.

 

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 17:00

 

Source : www.mediapart.fr

 

Les riches seraient beaucoup plus riches qu'on ne le croit

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Les fortunes des plus riches, souvent cachées dans des paradis fiscaux, seraient sous-estimées selon de nouveaux travaux économiques.

Les plus riches seraient beaucoup plus riches qu’on ne le croit, selon de nouvelles études menées parallèlement par l’économiste de la BCE Philip Vermeulen et l’économiste Gabriel Zucman. Leurs fortunes, souvent cachées dans des paradis fiscaux, seraient sous-estimées, selon leurs travaux : « Ne pas appréhender correctement la réalité des fortunes et des revenus accumulés signifie que les économistes et les politiques n’ont pas une bonne compréhension des inégalités. Par exemple, savoir que les revenus et les actifs sont plus concentrés pourrait inciter à changer la structure de la fiscalité », explique Gabriel Zucman.

Lire dans Bloomberg

 

Tiré de l'article de Bloomberg

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 21:19

 

 

Source : www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Sept idées reçues sur l'immigration et les immigrés

Le Monde | 06.08.2014 à 18h33 • Mis à jour le 07.08.2014 à 19h28 | Par Samuel Laurent

 
Des migrants sur le navire militaire italien "Chimera", dans le port de Pozzallo, en Sicile, le 30 juin.

L'été, période propice à relancer de vieux débats ? D'Eric Ciotti à Hervé Mariton en passant par Christian Estrosi, les ténors de la droite se bousculent sur les plateaux télévisés pour parler... d'immigration.

Aides sociales, afflux de migrants, « laxisme », tout est bon pour dénoncer une fois encore l'arrivée ou la présence d'immigrés sur le sol français. Cette thématique, souvent épidermique en France, où les enquêtes d'opinion montrent une montée du sentiment xénophobe, est riche en clichés. Des clichés qui sont le plus souvent relativisés, voire démentis par les faits.

 1. « Il y a une "explosion" de l'immigration en France »

Premier cliché démenti par les faits : la part des immigrés et des étrangers en France est certes en hausse depuis trente ans, mais à un rythme qui est loin de « l'explosion », et qui ne s'accélère pas sur les dernières années.

En 1982, on comptait 4 millions d'immigrés (nés étrangers dans un pays étranger), et 3,5 millions d'étrangers (vivant en France sans avoir la nationalité française) pour 55 millions d'habitants. En 2011, on compte 5,4 millions d'immigrés et 3,7 millions d'étrangers pour 65 millions d'habitants.

Ramenée en pourcentage de la population, c'est donc, en trente ans, une hausse de 1,2 points de la part d'immigrés (de 7,2 % à 8,4 %) et une légère baisse de la part d'étrangers de (6,3 % à 5,8 %).

Un tiers des immigrés provenaient en 2008 de pays de l'UE, 38 % d'Europe. On compte ensuite 42,5 % d'immigrés originaires d'Afrique et du Maghreb, 14,2 % d'Asie, et 5,3 % d'Amérique ou d'Océanie, selon l'Insee.

Même si on regarde le très long terme, la variation depuis les années 1920, compte tenu d'un contexte de mondialisation des économies et des personnes, permet de relativiser les choses, on le voit ci-dessous.

Des migrants sur le navire militaire italien "Chimera", dans le port de Pozzallo, en Sicile, le 30 juin.

2. « Il y a une hausse massive des arrivées de migrants en Europe depuis deux ans »

Second cliché : la vision de « hordes » de migrants qui se presseraient aux frontières de l'Europe. Là aussi, on est dans l'exagération.

Il est exact que l'Europe est une destination privilégiée depuis plusieurs années, et que les conflits mondiaux poussent des réfugiés vers le vieux continent. Et certaines « routes » connaissent un afflux massif en 2013, notamment les migrants en provenance de l'Erythrée et de la Syrie, qui se pressent en Italie et à Malte. Mais d'autres, au contraire, voient le nombre d'arrivants diminuer.

Des « poches » où les migrants se pressent, comme autour de Calais où ils essaient de rallier l'Angleterre, ou de Lampedusa en Italie, attirent l'attention médiatique et donnent une impression de flux en hausse perpétuelle. Mais là aussi, il faut relativiser. Par définition, on ne connaît pas précisément le nombre d'immigrés clandestins. La seule variable disponible est celle de l'activité déployée pour les juguler. C'est le rôle de l'agence euroéenne Frontex.

Si on consulte ses données globales, on constate une hausse pour 2013, mais qui fait suite à une baisse en 2012. Sur trois ans, la tendance est plutôt stable : 104 000 migrants illégaux recensés en 2010 et 2009, 107 000 en 2013. De même, le nombre d'étrangers en situation irrégulière appréhendés est stable depuis trois ans lui aussi en Europe. Ces données permettent là aussi de relativiser la vision de millions de réfugiés qui se presseraient aux portes de l'Europe.

Par ailleurs, le nombre d'étrangers en situation irrégulière est stable depuis trois ans lui aussi en Europe.

3. « La France accueille plus d'immigrés qu'ailleurs dans l'Union européenne »

Troisième cliché : la France serait une terre d'accueil privilégiée des migrants. Là encore, c'est faux. On le voit sur ce premier graphique : d'autres pays de taille comparable, de l'Allemagne au Royaume-Uni en passant par l'Italie, connaissent plus d'immigration que la France.

De même, la France a moins d'étrangers sur son sol que la plupart de ses voisins européens. Et se situe, au niveau mondial, à la 80e position pour l'immigration, derrière les Etats-Unis ou de nombreux autres pays européens.

La France se distingue pour une chose : le poids relatif de ses enfants d'immigrés, qui sont donc français de naissance. Selon l'Insee, en 2008, les descendants directs d'un ou de deux immigrés, représentaient 6,5 millions de personnes, soit 11 % de la population. Trois millions d'entre eux avaient leurs deux parents immigrés. 

Enfin, si elles ont diminué, les reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière se poursuivent, et donnent lieu à une guerre de chiffres entre gauche et droite.

Manifestation de sans-papiers à Paris, le 5 octobre.

4. « La citoyenneté française est "bradée" »

Autre cliché : la citoyenneté française, qui serait accordée de plus en plus facilement à des étrangers. Là aussi, c'est tout simplement faux. Il suffit d'observer ce graphe pour le constater : on accorde aujourd'hui moins de fois la citoyenneté qu'en 2007.

Et là aussi, si on regarde la part des français par acquisition dans la population depuis 1960, on est bien loin de l'explosion (de 2,8 % en 1962 à 4,5 % en 2011).

5. « Les immigrés sont tous pauvres et sans qualification » 

Autre oubli fréquent dans les discours sur l'immigration : sa structure. On a tendance à oublier que dans les flux de titres de séjour délivrés, tous ne le sont pas pour le même motif. Les cas « humanitaires » sont très minoritaires face aux étudiants étrangers ou au regroupement familial.

Celui-ci, consacré comme un droit par le Conseil d'Etat en 1978, mais qui a connu depuis une série de restrictions, n'est autorisé qu'aux étrangers eux-même titulaires d'une carte de séjour ou de résident, qui doivent justifier de leurs ressources : au minimum 1 128 euros par mois sur la dernière année pour une famille de deux ou trois personnes. Qui ne peuvent pas provenir d'un minima social, mais doivent l'être d'une activité.

Il existe d'autres restrictions, notamment disposer d'un logement ou ne pas être polygame.

Lire aussi : les régularisations ont bondi de 50 % en 2013

Une étude de l'Insee en 2008 montrait par ailleurs que les conjoints venus en France tendaient, au bout de quelques annéees, à avoir une activité, même si leur taux de chômage était supérieur à la moyenne.

6. « On accorde le RSA à tous les étrangers dès leur arrivée »

Venons-en aux propositions formulées par l'UMP. Hervé Mariton, par exemple, propose « que tout nouvel entrant en France, qu'il soit en situation régulière ou irrégulière, n'ait pas accès aux aides sociales contributives avant un délai de plusieurs année ».

Or... c'est déjà le cas ! En réalité, il faut un statut d'immigrant régulier pour toucherdes aides sociales. Et surtout, le RSA, par exemple, n'est accordé qu'au bout de cinq années de résidence en France. Il y a cependant des exceptions, notamment pour les réfugiés, les apatrides (17 000 personnes ont obtenu une carte de séjour du fait d'un statut humanitaire en 2013) ou les mères isolées.

Lire aussi : Les intox d'Eric Ciotti sur l'immigration

13,2 % Comme le rappelait Libé Désintox en 2013, de 2004 à 2011, la part des étrangers non communautaires dans les bénéficiaires du RMI, puis du RSA n'a pas varié, passant de 13,3 % à 13,2 %.

Cette polémique est typique des discours autour de l'immigration. Autre exemple, celui des bénéficiaires du minimum vieillesse (Allocation de solidarité aux personnes âgées ou Aspa). Là aussi, le même Hervé Mariton avait dénoncé en 2013 - figure classique - la mainmise d'étrangers qui, n'ayant jamais cotisé en France, viendraient le toucher sur le territoire.

Il suffit de retrouver, sur le site de l'Assemblée, nationale, une question posée au gouvernement en 2011, pour constater que la polémique, ancienne, est en réalité très exagérée : on comptait, en 2012, 32 % d'étrangers parmi les bénéficiaires de l'ASPA, contre 30 % en 2005.

En 2011, donc, le gouvernement estimait à 2 000 le nombre de bénéficiaires étrangers de l'Aspa. Ils résidaient en France en moyenne depuis dix ans. Et seuls 439 étaient en France depuis moins de cinq ans.

7. « L'immigration ruine les finances publiques »

De manière plus générale, le discours autour de l'immigration et des immigrés à tendance à ne considérer que les coûts, sans jamais leur opposer les revenus générés par ceux-ci.

Il est extrêmement complexe de chiffrer le coût ou l'apport de l'immigration pour les finances publiques.

En 2010, l'économiste Xavier Chojnicki avait été chargé par le gouvernement d'une étude sur le coût de l'immigration, qui fait désormais autorité. Si elle faisait le constat d'une « surreprésentation des populations immigrées parmi les bénéficiaires d'allocations familiales ou de logement », ainsi qu'aux « allocations chômage et au RMI », elle rappelait que la population immigrée cotisait également.

Or, concluait l'étude, du fait de la structure d'âge différente de la population immigrée, plus jeune, « la contribution nette globale de l'immigration au budget de l'Etat serait ainsi positive et de l'ordre de 12 milliards d'euros pour l'année 2005 ; un immigré aurait effectué en moyenne un paiement net de l'ordre de 2 250 euros contre un peu plus de 1 500 euros pour un autochtone ».

+ 3,02 mds ? L'étude estimait ainsi à 68,4 milliards d'euros les prestations versées aux immigrés et à 72,026 milliards leurs cotisations.

D'autres études ne sont pas de cette avis. Ainsi, François Gemenne, autre chercheur, évoque un coût net de l'ordre de 5 à 10 milliards d'euros. Mais il explique également que ces coûts sont imputables en partie à la politique migratoire elle-même, notamment les reconduites à la frontière, qui représentent 400 millions d'euros par an. Et les travaux de divers chercheurs tendent à montrer que le problème de la France vient aussi du fait que les immigrés y ont un moindre accès aux emplois rémunérateurs.

– 0,3 points de PIB ? Une étude comparative de l'OCDE montre que dans la plupart des pays, l'impact fiscal de l'immigration est nul ou positif. Pour la France, l'étude estime que l'impact fiscal est négatif de 0,3 point de PIB, soit moins qu'en Allemagne (1,13 point). En moyenne, il est positif de 0,3 points de PIB.

Lire : Coût de l'immigration, l'impossible chiffrage

La plupart des économistes s'accordent également pour estimer qu'avec le vieillissement de la population, le recours à l'immigration de travail deviendra de plus en plus nécessaire dans les pays d'Europe et d'Amérique du Nord.

 Samuel Laurent
Journaliste au Monde

 

 

Source : www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

 


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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 21:01

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

 

Accord de libre-échange UE-Canada: à quand un véritable débat démocratique ?

Le gouvernement canadien a annoncé mardi la conclusion de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre l’Union européenne et le Canada.

Dans la continuité des pratiques de la DG commerce de la Commission européenne – que les citoyens et les sociétés civiles européennes dénoncent de longue date – cet accord a été négocié à l’insu des peuples européens et canadiens et de leurs Parlements. A l’exception de quelques élus du Parlement européen, ils n’ont pu en connaître que ce que leurs ministres voulaient bien leur en dire, ainsi que d’épars éléments « fuités ».

Pourtant la portée de l’AECG, qui compte 42 chapitres et plus de 1500 pages, sera considérable. L’accord ne vise pas seulement l’abaissement des droits de douane, mais aussi la remise en cause de « barrières non tarifaires » comme les réglementations écologiques et sanitaires. De nombreux secteurs sont concernés, depuis les services publics à la santé, en passant par les services financiers…

L’AECG confortera encore un peu plus le modèle agro-exportateur européen, tout en fragilisant les agricultures misant davantage sur la qualité et les marchés locaux que sur l’intensif et la compétitivité ; il prévoit notamment un abaissement des droits de douane et des quotas sur le bœuf et le porc pour les exportateurs canadiens. Les règles sanitaires européennes concernant l’importation de viande pourront par ailleurs être suspendues pour permettre l’importation de bœuf aux hormones ou de colza génétiquement modifié.

L’accord accorde par ailleurs des garanties sans précédents aux investisseurs et multinationales. Les grands groupes pharmaceutiques pourront se réjouir du renforcement des dispositions protégeant leurs brevets – au détriment des malades qui verront leur accès aux soins se restreindre.

L’AECG inclut un mécanisme de règlement des différends qui permettra aux multinationales d’assigner un des gouvernements parties de l’accord devant un tribunal privé lorsqu’elles estimeront que leurs profits ont été ou pourront être hypothéqués par une décision publique. Ce mécanisme consacre le droit des investisseurs et des multinationales face au droit de réguler de la puissance publique ; il préfigure l’inclusion d’une clause similaire dans l’accord USA-UE (ou TAFTA), dans le cadre duquel les risques juridiques pour les États membres de l’UE et les collectivités locales sont encore plus inquiétants.

L’activisme des lobbies pétroliers canadiens et états-uniens pour marchander le report et l’affaiblissement de la Directive européenne sur la qualité des carburants laisse enfin présager du pire ; la combinaison des accords AECG et TAFTA va permettre aux pétroles et gaz canadiens de déferler sur les marchés européens sans que les pouvoirs publics ne puissent introduire la moindre régulation pour y faire face.

Face à l’ampleur des conséquences potentielles de l’accord et dans la perspective de son examen par le Parlement européen puis par les représentations nationales des 28 États membres, l’ouverture d’un débat public sur l’AECG nous paraît incontournable.

En France, la Secrétaire d’État au commerce extérieur Fleur Pellerin ne doit pas se faire l’avocate des entreprises et de leurs lobbies : elle doit prendre la responsabilité non seulement d’amorcer le débat au Parlement, mais également d’entendre l’ensemble des acteurs et composantes de la société civile préoccupés par cet accord.

La France doit également appeler Bruxelles à la plus grande transparence dans le processus qui s’ouvre désormais, d’autant plus que, l’accord étant conclu, l’argument habituellement opposé à la divulgation des textes - invoquant la défense des intérêts commerciaux européens - ne tient plus.

Nous y travaillerons de concert avec nos homologues canadiens, dans les semaines à venir, et la journée européenne de mobilisation des mouvements sociaux et citoyens prévue le 11 octobre prochain [1] s’inscrit dans cette perspective.

AITEC
Attac France

Notes[1Journée européenne d’action contre le TAFTA le 11 octobre 2014

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

 

 

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 14:35

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

scandale alimentaire

En Chine, McDonald’s ne vend plus de burgers !

Mercredi 6 Août 2014 à 14:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Depuis les révélations par une télévision chinoise des pratiques douteuses du premier fournisseur de viandes de McDonald's en Chine, le géant du Burger est dans la ligne de mire des autorités de Pékin. En attendant, les résultats de l'enquête, McDo a mis fin à ses relations avec son fournisseur et est incapable d'approvisionner ses magasins en burgers. Au delà, on assiste à une vraie guerre d'influence lancée par les autorités chinoises, ravies de s'en prendre à une multinationale américaine, prise en défaut.

 

Ng Han Guan/AP/SIPA
Ng Han Guan/AP/SIPA

Un McDo sans burgers. C’est le cauchemar du « Big Mac addict ». C’est ce que vit la Chine depuis une quinzaine de jours suite à un scandale alimentaire qui paralyse les fournisseurs du géant américain du Burger. 

 

Le 20 juillet, un reportage en caméra cachée d’une télévision locale de Shanghaï montrait des travailleurs de Shanghaï Husi Food, l’un des principaux  fournisseur chinois de McDo et du groupe Yum (KFC  et Pizza Hut) ramasser de la viande à même le sol avant de les remettre dans le circuit de transformation ou mélanger de la viande avariée à de la viande saine. 

 

Une autre séquence dévoile les pratiques douteuses des équipes de contrôles qui envoyaient des mails aux employés pour leur demander de repousser de plusieurs mois la date d’expiration sur certains produits. Des salariés ont fait savoir que ces pratiques étaient en vigueur depuis plusieurs années.  

 

Ces révélations ont été largement relayées par les médias chinois, ravis de dénoncer le système de fraude et les dérives d’une multinationale américaine dont l’implantation timide sur le sol chinois à la fin des années 80 avait fait grincer quelques dents au plus haut niveau de la hiérarchie du Parti communiste. « Dans le burger se cachent les germes du capitalisme et du mode de vie occidental » disaient certains idéologues communistes de l’époque.

 

Depuis la Chine s’est éveillée et a largement adopté le Burger. Mais la méfiance est toujours de mise (dans un autre domaine, la Chine bannit de nombreux de fournisseurs américains de matériel informatique –notamment Apple- de ses administrations).   

 

Dans le Quotidien du Peuple, journal officiel du Parti, un professeur de l’Ecole Centrale du Parti évoquait récemment « la guerre sans canon menée par les forces hostiles de l’ouest » dans une allusion très nette au scandale McDonalds. 

 

Des dizaines d’employés du fournisseur ont été rapidement arrêtés et McDonald’s a immédiatement interrompu ses relations avec le fournisseur. Conséquence : impossible pour McDonald’s de fournir en viande de bœuf et poulet les 2.000 MacDo du pays et une vraie pénurie dans le nord et le centre de la Chine. Même chose pour KFC et ses 4500 enseignes.  

 

La société américaine OSI propriétaire de Shanghaï Husi Food, a dépêché ses propres enquêteurs sur place et dit « coopérer » pleinement avec les inspecteurs du gouvernement chinois. 
 

C’est que l’enjeu est d’importance pour le géant du burger. La Chine est le troisième marché mondial de McDonald’s, représente 10% de son chiffre d’affaires et le scandale pourrait avoir des répercussions dans toute l’Asie, continent où McDo a encore un fort potentiel de croissance, notamment en Asie du Sud-Est.


« Le Burger Power  »
 

Encore faut-il que la firme se montre un peu plus exigeante avec ses fournisseurs. Car ce n’est pas la première fois que des sociétés de fast-foods sont pointés du doigt en Chine pour non respect des normes sanitaires. En 2012, un autre fournisseur de McDo avait été épinglé pour des doses trop importantes d’antibiotiques relevées dans ses poulets. 

 

Derrière, le scandale McDonald’s c’est aussi une guerre d’influence qui se joue : le « Burger power ».  Chaque  camp tente de diaboliser l’autre : la Chine dénonçant les incursions occidentales dans la culture chinoise, l’occident pointant l’inadaptation chinoise aux normes occidentales. 

 

Si le gouvernement chinois prend un malin plaisir à pointer le géant américain, la Chine, régulièrement en proie à des scandales médicaux, ou agro alimentaires est loin d’être une référence en matière de normes sanitaires. Des scandales sur le lait en poudre et des boulettes de viande contaminées aux insecticides ont émaillé l’actualité chinoise. Certains commentateurs américains font notamment savoir que les procédures de contrôle chinoises sont tellement laxistes et aléatoires, que cela contraint les entreprises étrangères à contrôler beaucoup plus strictement toute la sécurité de leur chaîne d’approvisionnement, pour pallier en amont les défauts du système chinois.
 

Mais il y a urgence pour la Big Mac company. Un jour sans burger vendu en Chine est une perte financière importante pour MacDo dont les résultats s’en ressentent déjà. Dans un communiqué diffusé le 3 juillet, la société a fait savoir qu’elle ne pourrait pas tenir ses objectifs de ventes 2014 en raison de ses problèmes en Chine.

MacDonald’s espère réapprovisionner tous ses magasins en viande cette semaine. En attendant le grand retour du Big Mac, les chinois peuvent encore se gaver de Filet’o’fish. 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 13:40

 

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Pétition de soutien à la plainte de la Palestine contre Israël devant la Cour pénale internationale

 

*Pour signer cliquer sur ce lien :   http://icc4israel.wesign.it/fr

 

Nous, citoyennes et citoyens du monde, dénonçons ces agissements et soutenons contre nos dirigeants la plainte déposée par la Palestine pour que la Cour pénale internationale, seule compétente pour les crimes les plus graves, juge ceux qui sont commis en Palestine en général et à Gaza en particulier.
 
Nicole ZIANI

06 24 09 23 70

 

 

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 13:35

 

Info reçue par mail

 

 

PALESTINE ! GAZA ! Urgent !
STOP AUX MASSACRES ! 

Rassemblement   
devant Carré d'Art à Nîmes


Stop au massacre de la population Palestinienne par Israël

Cessez le feu immédiat avec retrait des troupes Israéliennes

Levée immédiate du blocus terrestre et aérien de GAZA

Avec les Palestiniens nous exigeons qu'Israël soit traduit devant la Cour Pénale Internationale pour ses crimes - plus de 1800 morts

Soutien total et inconditionnel à la résistance palestinienne

Halte au silence complice de la communauté Internationale!

Justice pour le peuple Palestinien!

Des sanctions pour Israël 



Premiers signataires : 

Association France Palestine Solidarité Nîmes, Union Juive Française pour la Paix, Mouvement des Femmes en Noir, Comité BDS 30 (Boycott, Désinvestissements, Sanctions), Ligue des Droits de l'Homme du Gard, Solidaires 30, FSU 30, ATTAC Nîmes, Confédération Paysanne 30,  ARAC 30,France El Djazaïr, Amicale des Algériens en Europe-Gard, Artisans du Monde, CIMADE, Ensemble!, Parti Communiste 30, Jeunesses Communistes du Gard, Nouveau Parti Anticapitaliste 30, Parti de Gauche 30,   Front Populaire Tunisien...

 

 

 

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