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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 20:13

 

Source : france.attac.org

 

Pour avoir le dernier mot, faisons de Paris2015 un « Seattle des fausses
solutions » et un « Cochabamba de la transition écologique et sociale »
 
lundi 24 novembre 2014, par Maxime Combes

 

 

Que faire de la 21e conférence des parties de la Convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Paris - Le Bourget en décembre 2015 ? Les ONG, mouvements sociaux et écologistes se posent toute une
série de questions essentielles dont il faut prendre le temps de débattre : que faut-il attendre des négociations ? Sur quoi est-il possible d’influer ?
Que faire pour ne pas se retrouver dans la même situation qu’après Copenhague (2009) ? Quels objectifs se donner ? Comment travailler en profondeur les exigences de transformation écologique et sociale au sein de la population ?
Quelles initiatives prendre pour imposer la lutte contre les dérèglements climatiques en haut des priorités politiques tout en évitant de donner plus de forces à ceux qui veulent imposer leurs solutions techno-scientifiques et innovations financières ? Sur quelles bases construire un mouvement pour la justice climatique qui irrigue largement la société, persiste et se renforce à travers et au-delà de la conférence Paris2015 ? Comment s’appuyer sur la réussite des manifestations du 21 septembre 2014 ? Quelle place donner aux mobilisations grandissantes visant à bloquer des projets climaticides et aux initiatives citoyennes visant à expérimenter et mettre en œuvre dès maintenant le monde soutenable et résilient qui sera nécessaire demain ?

La liste des questions et des débats en cours au sein des ONG et des mouvements sociaux et écologiques est longue.
 
Analyse et perspectives à lire ici
https://france.attac.org/se-mobiliser/vers-la-cop21/article/blockadia-et-alternatiba-les-deux

 

 

Source : france.attac.org

 

 


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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 19:31

 

Source : www.liberation.fr


 

 

Espagne : des milliers de manifestants pour «du pain, un travail, un toit»

AFP 29 novembre 2014 à 19:04 (Mis à jour : 29 novembre 2014 à 20:24)
Des manifestants effectuent une marche baptisée Des manifestants effectuent une marche baptisée "Marche pour la dignité" à Madrid afin de protester contre l'austérité, le 29 novembre 2014 (Photo Pierre-Philippe Marcou. AFP)

 

Des milliers de personnes sont descendues samedi dans la rue à Madrid, Barcelone et d’autres villes en Espagne pour protester contre l’austérité que la classe politique «corrompue» leur a imposée et la misère qui les frappe encore de plein fouet.

«Du pain, un toit, un travail»: une grande banderole a été déployée par les manifestants près du musée du Padro à Madrid. Ils marchent en direction du centre à l’appel de syndicats, partis de gauche, plateformes citoyennes et collectifs de défense des services publics notamment.

«Ni chômage ni exil ni précarité. Marchons, marchons pour la dignité», ou encore «Si se puede, si se puede!» (Oui, c’est possible !), scande la foule en écho au «Yes we can» de Barack Obama en 2008.

«Ni chômage ni exil ni précarité. Marchons, marchons pour la dignité», ou encore «Si se puede, si se puede!» (Oui, c’est possible !), scande la foule en écho au «Yes we can» de Barack Obama en 2008.

«C’est quoi cet oiseau ?» demande une fillette en montrant du doigt un grand volatile fabriqué avec des sacs en plastique. «Un, corbeau, non, un vautour», répond la mère. «Comme les politiques?», interroge la petite.

Le vautour est porté par Agustin Carretero, 41 ans, qui a la chance d’avoir un travail au sein d’un service d’assistance clients. Pour lui, le problème c’est le toit. Il vit dans un appartement de 50 mètres carrés avec deux enfants de six et huit ans, pour un loyer d’environ 500 euros. Son logement, de type HLM, a été vendu à un promoteur et en 2018 il n’aura plus le choix: soit il l’achète 140.000 euros, soit il s’en va, raconte-t-il.

Ils sont plus de 2.300 dans son cas. «Le promoteur les a achetés en moyenne 60.000 euros et maintenant il veut les vendre le double ou le triple à ceux qui sont dedans», s’insurge-t-il.

Près de 23,7% des Espagnols sont au chômage, soit quelque 5,4 millions de personnes et ce même si la croissance devrait atteindre 1,3% en 2014, «la plus forte de la zone euro», selon le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, au pouvoir depuis fin 2011.

- 'Marre de ces gouvernements' -

«Ce que raconte le gouvernement c’est de la propagande. La crise se poursuit. On continue à imposer des coupes claires dans la santé, l’éducation (...) », explique Carlos, 48 ans, dénonçant le plan d’austérité qui doit déboucher sur 150 milliards d’euros d’économie fin 2014.

Pour cet agent administratif au chômage depuis un an et demi, en fin de droits dans cinq mois, les journées s’écoulent «entre CV et CV, dans le combat».

«Je suis enseignante en philologie anglaise, j’ai des diplômes en éducation dans le primaire, éducation physique, mais je suis au chômage depuis deux ans et je n’ai plus aucune aide», témoigne Yolanda Garcia, 42 ans.

«Mon ex-mari a dû venir vivre avec moi pour éviter que l’on nous expulse», car il participe au paiement du crédit, explique cette mère de deux enfants.

«Un pays ne peut subir les conséquences d’une équipe de corrompus», ajoute-t-elle alors que depuis début octobre deux nouveaux scandales de corruption, touchant la droite et la gauche, ont éclaté.

Le premier concerne de cartes bancaires du groupe Bankia sauvé de la faillite et dont ont profité des dizaines de personnalités, y compris syndicales, sans rien déclarer au fisc. Le deuxième porte sur des marchés publics truqués, principalement dans la région de Madrid.

«On en a marre de ces gouvernements», national comme régional, se plaint, à Barcelone, Francisco Crespín, retraité de 73 ans qui a manifesté avec quelque 2.000 autres personnes. «C’est pas juste que l’on expulse les gens alors que l’on sauve les banques», souligne-t-il.

«Il faut changer cette situation de fond en comble. Et l’an prochain nous en aurons l’occasion», promet-il en évoquant les législatives de 2015 pour lesquelles le nouveau parti antilibéral Podemos est en tête selon deux sondages.

Sur 46,5 millions d’habitants plus de cinq ont été assistés par la Croix-Rouge, qui estime que 84% sont menacés par la pauvreté.

AFP
Source : www.liberation.fr


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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 19:10

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 


 

Center Parcs de Chambaran : un nouveau bétonnage de la nature au nom d’un soi-disant développement territorial et de l’emploi

Par Agir pour l’environnement, Attac France, Confédération Paysanne, Les Amis de la Terre, Solidaires

 

 

 

chambaran-f7e1d.jpg

 

Le projet est sous le coude depuis 2007. Le Groupe Pierre & Vacances projette la réalisation d’un Center Parcs au milieu de la forêt des Chambaran en Isère : 1 000 cottages répartis sur 200 hectares et un bâtiment de loisir de 3,6 hectares, le tout clos d’une enceinte de 2 mètres de haut pour que les bêtes sauvages ne viennent pas perturber la quiétude des futurs vacanciers installés au cœur de la forêt !

Pierre & Vacances bénéficie d’un partenariat privilégié avec les collectivités locales et la région qui investissent 36,5 millions d’euros et lui ont cédé le terrain pour une bouchée de pain (0,30 euro/m2, alors que le prix moyen est normalement de 18 euros).

Les autorisations ont été accordées par le préfet alors que l’enquête d’utilité publique a émis un avis défavorable pour non respect de la loi sur l’eau (site sensible du fait de zones humides, de corridors écologiques, en tête de bassin versant, etc). Les enquêtes d’impact ont été partielles et les mesures compensatoires inadaptées. Le Conseil National de la Protection de la Nature a d’ailleurs rendu un avis défavorable.

L’impact en terme d’emploi est, lui, limité et discutable : 48 % des emplois promis seront des activités de nettoyage avec un temps moyen d’un peu moins de 12h/semaine soit 370 euros/mois.

Enfin, alors que plusieurs recours juridiques sont déposés, le préfet a autorisé le lancement des travaux de déboisement avec la protection des forces de l’ordre (patrouille quotidienne et surveillance aérienne).

Après Notre-Dame-des-Landes et le drame du barrage de Sivens, l’histoire se répète une nouvelle fois et se concrétise par une faillite démocratique et un passage en force des pouvoirs publics locaux.

Les organisations signataires soutiennent la lutte juridique et sur le terrain qui s’organise avec l’association PCSCP (Pour les Chambaran SANS Center Parcs), la ZAD de Roybon, et la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature).

Nous appelons solennellement Madame la ministre de l’écologie à prendre toutes les dispositions pour faire cesser le déboisement du site et arrêter définitivement le projet.

Nous appelons à rejoindre les opposant-e-s au projet qui organisent sur place, le 30 novembre à partir de 12 h, un grand rassemblement festif pour la préservation de la forêt de Chambaran à Roybon dans l’Isère.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

 

 


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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 17:58

 

 

Source : FranceCulture  lien

 

 

 

 

Ajoutée le 2 oct. 2013

David GRAEBER
Docteur en anthropologie
Economiste
Professeur à la London University

Vient de publier : Dette : 5000 ans d'histoire , éd. Les Liens qui libèrent

 

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 17:38

 

Source : www.mediapart.fr

 

Wolfgang Streeck, pour résister à ce capitalisme postdémocratique

|  Par Antoine Perraud

 

 

 

 

Le sociologue allemand Wolfgang Streeck, dans un essai mobilisateur, Du temps acheté (Gallimard), analyse le divorce consommé entre capitalisme et démocratie. Il ne voit guère que l'État-nation pour freiner aujourd'hui les méfaits du « libéralisme de marché hayékien ». Compte-rendu critique.

Rares sont les essais dont la lecture s’apparente à un voile qui se déchire. Celui de Wolfgang Streeck est de ceux-là. Né en 1947, directeur émérite de l’Institut Max-Planck pour l’étude des sociétés de Cologne, il s'attache à « la crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique », sous le titre Du temps acheté. Et il démontre ce qui advient sous nos yeux : les pays industriels, grevés par leurs dettes, laissent les manettes au marché créancier ; ces États démunis n’assurant plus que la répression des citoyens récalcitrants.

Est-ce l’oralité originelle de ce texte conçu pour frapper et convaincre – il s’agit de “conférences Adorno” tenues en juin 2012 puis retravaillées pour publication ? Est-ce la traduction efficace et juste de Frédéric Joly ? Toujours est-il que cet ouvrage se lit comme un bréviaire du discernement.

Tout part du moment où l’État fiscal devient État débiteur – notons qu’une telle situation, qui se dessina en France sous M. Giscard, se vérifia au temps du président Mitterrand, d’où la déréliction du “Peuple de gauche”… Wolfgang Streeck rappelle donc que la crise des matières premières, en 1973, qui marqua la fin des “Trente Glorieuses”, a rompu l’équilibre keynésien d’après-guerre : « Il n’était plus possible de compter sur une croissance continuellement élevée et de considérer celle-ci comme synonyme d’une formule de paix démocratique-capitaliste. » Adieu « l’ardente obligation du plan » chère à de Gaulle, ou « l’optimisme régulateur », en vogue dans l’Amérique de Kennedy !

Les sursauts planétaires de 1968 avaient d’autre part sonné comme autant d’alertes chez les suzerains du capitalisme : si les enfants gâtés se révoltent ainsi, s’avère donc nécessaire une dose de cruauté sociale, d’effroi économique et d’intimidation politique. Le Chili allait servir de laboratoire pour les citoyens devenus souris expérimentales. On peut regretter que l’auteur, accaparé par le vice de forme et les tropismes fâcheux du capitalisme, ne prenne pas en compte l’effondrement du système socialiste, qui libéra l’économie libérale de sa fonction de vitrine du monde libre, de contre-modèle endiguant la menace collectiviste : la voracité des classes possédantes et de leur bras armé, la finance internationale, pouvait alors échapper à toute retenue, se montrer littéralement effrénée…

 

 

En anglais, présentation et causerie (un rien “radical chic” mais passionnantes) de Wofgang Streeck à Londres...

Wolfgang Streeck met en évidence le changement de paradigme permettant « que l’économie capitaliste soit sans cesse, et de plus en plus, délivrée de l’intervention démocratique » : l’ère de l’endettement étatique. L’inflation avait fait son temps et débouché, a contrario, sur la stabilisation monétaire menée au pas de charge par Mr Reagan et Mrs Thatcher avec, en contrepartie d’une monnaie enfin saine, le chômage de masse et une résistance syndicale brisée de méchante façon. Difficile d'aller plus loin dans l'immédiat. Comment ne pas ponctionner davantage d’impôts ni démonter encore plus sauvagement l’État social ? Comment acheter une paix relative ? Par l’endettement, étatique puis privé. Un endettement vertigineux aux allures de fuite en avant. Avec, au bout du compte, l’addition noélibérale que les politiques allaient présenter à leur peuple : privatisations, dérégulations, emplois asséchés ou précaires, protection déclinante ou inexistante. Les élus n’étaient plus que de vagues régisseurs des quatre volontés de la main invisible du marché. En témoigne la mercantilisation de la couverture sociale, dévolue aux compagnies d’assurance privée.

Restait le refuge de l’épargne et du rendement des capitaux. Patatras ! « L’effondrement du système bancaire international qui menaça en 2008 força les pouvoirs publics, qui auraient justement voulu ne plus avoir à s’occuper d’économie, à rentrer à nouveau sur le terrain. En conséquence, tous les succès rencontrés dans la consolidation des finances publiques, qui avaient été obtenus au prix de risques politiques élevés, furent dans le même temps annulés. » Et voilà le capitalisme englué dans une triple crise : bancaire, des finances étatiques et de l’économie réelle.

Wolfgang Streeck démonte la propagande massive alors mise en place, faisant porter le chapeau des faillites bancaires sur un trop-plein de démocratie avec son cortège de revendications périlleuses aux dépens du bien commun. Il s’est plutôt agi, selon lui, d’un chantage d’établissements prédateurs auto-décrétés « trop gros pour mourir » et sauvés par leurs agents d’influence ayant gangréné les États – Henry Paulson, ancien président de Goldam Sachs et veillant sur le Trésor dans le gouvernement de Bush le Jeune, s’avérant le plus symptomatique de ces pompiers pyromanes.

 

 

Le sociologue allemand prouve par A+B la corrélation entre la construction – puis la déconstruction, puis la reconstruction – de l’endettement public et l’étouffement de la démocratie de masse. Avec en toile de fond l’aggravation continue de l’inégalité des revenus et des patrimoines dans les pays industriels, menant à une dislocation du contrat social. « Parallèlement aux avancées du capitalisme réformé néolibéral, note l’auteur, la participation des citoyens aux scrutins démocratiques recula de façon continue et parfois dramatique, et avant tout parmi les couches sociales qui auraient dû être les plus intéressées par les prestations étatiques et la redistribution économique étatiquement imposée du haut vers le bas. Ce fait aide à prendre la mesure de la victoire, écrasante, du capitalisme réformé néolibéral sur le capitalisme qui avait été celui de l’État social démocratique des décennies 1960 et 1970. »

Confondre l'Union monétaire avec « l'idée européenne »

Sur fond de résignation populaire, la prétendue justice du marché a donc supplanté feu la justice sociale, en l’absence de toute correction démocratique, désormais rendue impossible. Le discours dominant fustige « les dépenses trop élevées », alors que le cœur du problème, rappelle Wolfgang Streeck, gît dans des recettes trop basses. Échapper à l’impôt, de la part des grosses sociétés ou des grandes fortunes passées maîtres dans l’évasion fiscale, s’inscrit dans un projet politique consistant à réduire à néant l’État : « Affamer la bête » (“starving the beast”), selon le slogan du néolibéralisme yankee.

 

 

L’État fiscal – redistributeur, social, keynésien – est devenu État débiteur (les emprunts ayant donc remplacé les impôts), puis État de consolidation (dressage politique : surveiller et punir). Il culpabilise ses citoyens pour trop « puiser dans les caisses », renonce à réguler, se laisse déposséder par ses créanciers qu'incarnent les marchés. Résultat : Keynes a disparu au profit de Hayek, qui théorisa le triomphe du libéralisme sur les cendres de la démocratie. Et Wolfgang Streeck de noter : « Bon nombre d’éléments laissent  penser que l’apparition du capital financier se ramène à celle d’une deuxième “peuple”, les gens du marché rivalisant désormais avec le peuple national. »

Le sociologue constate les ravages de la globalisation incontrôlable menée au nom du bon plaisir d’un capitalisme démesuré, supranational et donc à l’abri de toute pression électorale, ayant à sa main une diplomatie financière interétatique. L’universitaire allemand consacre alors la dernière partie de son essai à réhabiliter l’État-nation qu’il entend arracher aux vieilles lunes nationalistes, afin de contrer l’eurocratie qu’il cherche à dissocier de l’idéal européen. Retrouver une souveraineté aux dépens des exigences des marchés, histoire de refonder une certaine idée du fonctionnement démocratique.

Il observe les mouvements de résistance en Grèce, ainsi qu’en Italie ou en Espagne : les poussées d’une gauche qui ne se montre plus indigne de ce nom… « L’alternative à un capitalisme  sans démocratie serait une démocratie sans capitalisme, du moins sans le capitalisme que nous connaissons », note l’auteur. Il se livre à un éloge de la dévaluation comme outil de régulation pour mieux appeler à sortir de l’euro et à démanteler l’UE. Il entend se distinguer des politiciens d’extrême droite, égoïstes, injustes et darwinistes, qui appellent à l’exclusion des maillons faibles. Son objectif « n’est pas la punition, mais la libération et la réhabilitation des pays qui courent aujourd’hui le risque d’être définitivement pris dans les rets d’un système de marché affranchi de toute intervention politique et qui leur réserverait le rôle d’éternels perdants et pétitionnaires ».

Wolfgang Streeck s’en prend aux « officiants du culte européen », sans toujours s'imposer en irréfragable officiant du culte anti-européen. Il ne fait guère comprendre comment et pourquoi « les esprits ont été amenés à confondre l’Union monétaire avec l’“idée européenne”, voire avec “l’Europe”, alors même que l’Union monétaire est un projet de rationalisation de l’expansion du marché ». Notre sociologue a ses angles morts idéologiques. Sa démonstration souffre parfois de ne distinguer aucune utopie égalitaire, mais uniquement de la gloutonnerie matérielle, chez les partisans de l’Europe. À rebours, les contempteurs de l'UE sont dotés d’idéalisme et trop rapidement exonérés de “populisme”, notion revalorisée non sans mauvaise foi : la résistance éclairée n'est-elle pas préférable à la rage tripale ? Au reste, Wolfgang Streeck tourne autour de la violence protestataire et du passage à l'acte transgressif en politique, donnant sporadiquement l’impression de jouer avec le feu.

Néanmoins le tocsin est sonné. Et bien sonné : « Le droit de vote, le droit de grève et le droit de manifester sont encore ancrés en Europe au seul échelon national. Auront-ils un jour une existence à l’échelon européen ? Nulle réponse n’est donnée, sinon par la Cour de justice européenne, qui a déjà défini, dans tous les cas, le droit de grève comme secondaire par rapport aux “libertés” du marché intérieur. Je défends dans cet ouvrage une certitude : assurément, ces institutions nationales et d’autres encore, quand bien même en l’état elles ne se montrent pas en mesure d’apporter des réponses constructives à la présente crise du capitalisme, ont le mérite d’exister. Sans elles, le projet d’une économie politique démocratique en Europe ne serait pas aujourd’hui dans une grande détresse ; il serait depuis longtemps mort et enterré. »





Wolfgang Streeck :
Du Temps acheté.

La crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique

Traduit de l'allemand par Frédéric Joly.

(Gallimard, nrf essais, 378 p., 29 €).

 

 

*Boîte Noire :

Merci au sociologue Frédéric Pierru, abonné à Mediapart, qui, dans l'un de ses commentaires, m'a engagé à chroniquer un tel ouvrage.

Du Temps acheté aide à prendre conscience de l'inanité des arguments lénifiants selon lesquels l'Europe, par essence démocratique, ne saurait tolérer un gouvernement postfasciste au sein de l'Union, ce qui atténuerait toute prise de pouvoir par Marine Le Pen. Or Bruxelles se satisfait actuellement du commissaire hongrois dépêché par le national-populiste Viktor Orbán et s'accommoderait sans doute de l'extrême droite française, au nom d'une domestication des peuples qui se fait de plus en plus clairement jour dans les « États consolidés », ainsi que le démontre Wolfgang Streeck...

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 15:29

 

Info reçue par mail

 

 

 

Urgence ICE Stop TAFTA et CETA : récolter 25 000 signatures en France

pour l’anniversaire de Juncker !

 

 

 

 

Chèr⋅e⋅s ami⋅e⋅s,

L’Initiative citoyenne européenne (ICE) auto-organisée contre TAFTA et CETA connaît un succès fulgurant. Lancée il y a à peine plus d’un mois, elle est déjà proche du million de signatures !

À ce jour, seules l’Allemagne, l’Autriche et la Grande Bretagne ont franchi le seuil de signataires, qui pourront ainsi être « officiellement » comptabilisés dans l’ICE. En France, il manque encore plus de 25 000 signatures pour atteindre les 55 500 nécessaires.

Jean-Claude Juncker, nouveau Président de la Commission européenne et ex-dirigeant du plus grand paradis fiscal de l’Union européenne, le Luxembourg, fêtera ses 60 ans le 9 décembre. Nous pouvons lui offrir un cadeau inoubliable en contribuant à atteindre en quelques jours le million de signataires.

Pour cela, nous avons besoin de votre aide :

Offrons à Juncker un cadeau inoubliable pour ses 60 ans le 9 décembre :
Un million de signatures contre TAFTA et CETA !

 

 

 


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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 22:26

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Ces artisans pêcheurs qui refusent l’exploitation industrielle de la Méditerranée

par Sophie Chapelle 28 novembre 2014

 

 

 

Une prud’homie de pêche, cela vous dit quelque chose ? Ces communautés d’artisans pêcheurs, héritées du Moyen Âge, font aujourd’hui figure d’alternatives face aux dégâts écologiques et sociaux engendrés par la pêche industrielle. Sur le littoral méditerranéen, des Pyrénées-Orientales aux Alpes-Maritimes, une trentaine de prud’homies de pêche arrivent à concilier l’exercice du métier, la solidarité et le respect de la biodiversité. Mais souffrent de ne pas être vraiment reconnues par les dirigeants politiques et européens. Reportage dans le Var.

Cet article a été réalisé en partenariat avec le magazine Kaizen.

En se promenant sur le port de Sanary-sur-Mer, dans le Var, on remarque d’abord les bateaux de plaisance. En se rapprochant des étals de poissons frais, plusieurs petits bateaux de pêche font leur apparition. Il y a celui de Jean-Michel Cei. Un fort mistral l’a contraint à rester à quai. Pêcheur depuis l’âge de 17 ans, il est membre de la prud’homie de Sanary-sur-Mer. Mais qu’est-ce donc qu’une prud’homie ? Méconnues, elles existent pourtant depuis le Moyen-âge sur le littoral méditerranéen [1]. Qui en compte aujourd’hui 33, de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) à Menton (Alpes-Maritimes), en passant par la Corse (voir la carte en fin d’article).

Celle de Sanary a été créée en 1661 sous la forme de confrérie avant de se transformer en prud’homie en 1792, après la Révolution. Elles regroupent l’ensemble des artisans-pêcheurs locaux. Et ont pour mission de gérer localement l’activité de pêche ainsi que les conflits qu’elle occasionne. « Nous faisons en sorte que les pêcheurs n’agissent pas n’importe comment, qu’ils ne mettent pas des tonnes de filets », illustre Jean-Michel Cei. A l’heure où les pratiques industrielles de la pêche sont décriées et que des ressources en poissons sont menacées, constituent-elles une alternative efficace ?

Dans la pratique, il s’agit d’adopter – à la majorité – des règlements en assemblée générale. Ceux-ci précisent comment doit s’exercer le métier : les types de lignes autorisés, les temps de trempage des filets, les périodes de pêches prévues pour laisser reposer les fonds, ainsi que les zones de pêche permises. « Ce qui motive nos décisions, c’est le respect de la personne et des générations futures », insiste le pêcheur varois. « On vise à préserver le renouvellement de la ressource sur le territoire, afin d’assurer la vie de la communauté de pêcheurs dans le temps », ajoute Élisabeth Tempier, secrétaire de la prud’homie de Sanary-sur-Mer.

Les règlements limitent les engins de pêche et donc la quantité de poisson pêchée. La taille des bateaux n’excède pas 12 mètres. Des mesures spécifiques de protection sont également prises pour certaines espèces comme la langouste. Et quand le règlement ne suffit pas ? « Nous procédons à un tirage au sort entre les patrons-pêcheurs lorsqu’ils sont en compétition pour les mêmes postes », illustre Jean-Michel Cei, élu « premier prud’homme » en 2004, par sa communauté.

« On ne laisse pas mourir les pêcheurs dans leur coin »

La dimension culturelle et sociale des prud’homies est très forte. « Nous sommes attentifs à la situation individuelle de chacun des membres de la communauté, renchérit Jean-Michel. On ne laisse pas mourir les pêcheurs dans leur coin. » « L’enjeu de la prud’homie, c’est que tout nouvel arrivant puisse vivre de son métier », précise Élisabeth Tempier. Ainsi, les pratiques de pêche industrielles à grande échelle, comme le chalutage, sont interdites, ou fortement réglementées, afin de permettre aux moins fortunés de vivre de leur activité. « Ce sont ces derniers qui, au final, protègent la communauté d’une surexploitation liée aux techniques intensives. »

La polyvalence est l’autre pilier des prud’homies. « C’est la véritable richesse, souligne Jean-Michel Cei. Il faut pouvoir se reporter sur une autre espèce quand celle visée par le pêcheur commence à chuter. » Au lieu d’investir dans des bateaux très puissants, les patrons-pêcheurs s’adaptent à leur environnement, et au passage au large des différentes espèces. « La pêche, ce sont des logiques de territoires avec des milieux qui évoluent très rapidement, observe Élisabeth Tempier. C’est tout le contraire de la politique européenne qui concentre l’effort de pêche sur quelques espèces. »

« La diversité est le moyen essentiel de préserver la biodiversité et de s’adapter aux écosystèmes littoraux spécifiques », appuie Alain Le Sann, du collectif Pêche et développement de Lorient, en Bretagne. Plutôt que d’interdire drastiquement, il préconise de réglementer. « Cela n’a pas de sens d’avoir des mesures généralisées pour tout le monde. On voit certaines espèces très abondantes que l’on nous interdit de pêcher, et d’autres en danger soumises au laissez-faire, s’agace Jean-Michel Cei. Les gens qui prennent les décisions ne connaissent ni le secteur ni le métier. La prud’homie, c’est le seul moyen que l’on a de préserver la petite pêche, de se défendre. »

Résistance aux logiques productivistes

Jusque dans les années 1960, les prud’homies de patrons-pêcheurs ont été le relais reconnu par l’État pour une gestion décentralisée de la pêche méditerranéenne. Avec la mise en place de la politique européenne commune de la pêche, les prud’homies peinent à faire valoir leurs droits au niveau européen et national. « Cela fait plus de 50 ans que les prud’homies sont dans la résistance face à des politiques productivistes », constate Élisabeth Tempier. Mieux intégrées au niveau local et régional, les prud’homies participent souvent aux concertations pour la gestion littorale, et contribuent à la restauration de cours d’eau ou à la création et à la gestion de réserves naturelles.

Le travail mené par les prud’homies méditerranéennes, sans équivalent sur les autres côtes, a attiré l’attention de Michèle Mesmain de Slow Food International, une organisation qui a pour objectif de sensibiliser les citoyens à la consommation responsable. Ces derniers mois, elle a accompagné les patrons-pêcheurs de Sanary-sur-Mer dans la création d’une Sentinelle : un projet de l’ONG en faveur de la sauvegarde et la promotion du patrimoine alimentaire et de la biodiversité agricole.

« La prud’homie est un modèle de gouvernance locale qui a fait ses preuves, qui colle au territoire, qui pérennise des savoirs, des métiers et la ressource, qui permet de gérer les difficultés au cas par cas avec justesse et souplesse, tout en assurant des retombées économiques locales », explique-t-elle. Les membres de la prud’homie de Sanary-sur-Mer espèrent que le projet Sentinelle rendra visible leur institution auprès du public comme des dirigeants français et européens. En vue de faire reconnaître que la seule logique durable pour la pêche se joue à l’échelle du territoire.

Texte et photos : Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Photo de une, port de Sanary-sur-Mer : FlickR CC / Miguel Virkkunen

Cet article est extrait du numéro 17 du magazine Kaizen, dont Basta ! est partenaire (voir la description de Kaizen sur notre page Nos partenaires médias). Pour poursuivre son développement, Kaizen fait appel aux lecteurs qui souhaiteraient soutenir financièrement le magazine.

La revue L’Encre de mer, en partenariat avec des prud’homies de Méditerranée, organise le 28 novembre 2014 des conférences-débats pour fêter la journée mondiale des pêcheurs artisans, à Sanary. Voir le programme en cliquant ici.

 

P.-S.

Pour aller plus loin : Élisabeth Tempier, Poissons, Histoires de pêcheurs, de cuisiniers et autres..., éditions Libre et Solidaire, 2014, 288 p.

Notes

[1Elles sont apparues à Marseille au 10ème siècle.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 17:35

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Dans le monde entier, l’eau revient peu à peu sous régie publique

Observatoire des multinationales

vendredi 28 novembre 2014

 

 

 

 

Un nouveau rappport révèle que plus de 180 villes et collectivités de 35 pays ont repris le contrôle de leurs services d’eau au cours des quinze dernières années. Un phénomène qui montre que « l’expérience négative de la gestion privée de l’eau a convaincu de plus en plus d’élus que le secteur public est le mieux placé pour (...) promouvoir le droit humain à l’eau. »


Plus de 180 villes et collectivités de 35 pays ont repris le contrôle de leurs services d’eau au cours des quinze dernières années, révèle un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Transnational Institute (TNI), l’Unité de recherches internationale sur les services publics (PSIRU) et l’Observatoire des multinationales.

Le rapport Là pour durer : la remunicipalisation de l’eau, un phénomène global en plein essor montre comment, malgré plus de trois décennies de promotion incessante de la privatisation et des partenariats public-privé (PPP) par les institutions financières internationales et certains gouvernements, l’expérience négative de la gestion privée de l’eau a convaincu de plus en plus d’élus que le secteur public est le mieux placé pour fournir un service de qualité aux citoyens et promouvoir le droit humain à l’eau.

Un phénomène global

Le phénomène du retour sous contrôle public de ce service public essentiel, connu sous le nom de remunicipalisation, a commencé à attirer une certaine attention en France, suite à la décision de grandes villes comme Grenoble, Paris, Rennes, Nice et récemment Montpellier de mettre fin aux contrats les liant aux grandes entreprises privées.

C’est en fait un phénomène global, qui touche aussi bien les pays industrialisés que les pays du Sud. Des métropoles de classe mondiale comme Buenos Aires, Johannesburg, Accra, Berlin, Atlanta et Kuala Lumpur, se sont elles aussi engagées sur ce chemin.

La remunicipalisation est aussi un phénomène en pleine accélération : 81 remunicipalisations ont eu lieu dans des pays à revenus élevés entre 2010 et 2014, deux fois plus que durant les cinq années précédentes. Au cours de la même période, il n’y a quasiment eu aucun nouveau cas de privatisation de l’eau dans une grande ville du monde.

La France tire les leçons du passé

C’est la France – le pays ayant la plus longue expérience de la gestion privée de l’eau et qui accueille le siège social des deux leaders mondiaux du secteur – qui connaît l’essor le plus remarquable de la remunicipalisation de l’eau. Les élus locaux et les citoyens français ont fait l’expérience directe du « modèle de gestion » que les multinationales Veolia et Suez environnement ont ensuite cherché à exporter dans d’autres pays ; ils en tirent aujourd’hui les leçons.

Les raisons pour lesquelles les élus locaux choisissent de faire revenir le service de l’eau sous contrôle public sont similaires quel que soit le pays. Ces raisons incluent les faibles performances des prestataires, le sous-investissement, la flambée des factures d’eau, le manque de transparence et la mauvaise qualité de service.

La remunicipalisation tend en revanche à entraîner une amélioration de l’accès et de la qualité de service, car les ressources financières auparavant détournées sous forme de profits ou au bénéfice des actionnaires sont désormais réinvesties dans le service lui-même.

Ce constat d’une performance égale ou supérieure des services publics de l’eau par rapport aux gestionnaires privés, avec des prix moins élevés, se retrouve dans des villes aussi différentes que Paris et Almaty (Kazakhstan).

Dans certains cas, comme à Grenoble et à Buenos Aires, les nouveaux opérateurs publics ont considérablement augmenté les investissements dans les réseaux d’eau. Certaines municipalités ont également profité de la remunicipalisation pour renforcer la responsabilisation des opérateurs et la participation des citoyens à la gestion du service.

Sortir de la gestion privée est possible !

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 


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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 17:13

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/nastasia-peteuil

 

 

#Boycottblackfriday, la nouvelle forme de contestation contre la décision de Ferguson

Suite à la décision du grand jury de ne pas poursuivre en justice Darren Wilson, un policier blanc qui a tué Mickeal Brown, un adolescent Afro-Américain désarmé à Ferguson (Missouri), un boycott a été lancé contre black friday dans la continuation des contestations.

Des milliers de tweets ont déjà diffusé le message. #Boycottblackfriday se veut la suite des manifestations qui ont éclaté dans tous le pays pour contester la décision de justice qui a reconnu un non-lieu dans l'affaire de Ferguson. 

Chaque année, de nombreux individuels et partisans se prononcent contre les soldes qui ont lieu le lendemain de Thanksgiving. Mais cette année, les protestants de Ferguson ont fait de cette journée un nouvel acte de contestation.

De nombreux hastags sont utilisés pour diffuser le boycott: "Hands up don't spend" ("Mains en l'air, ne dépensez rien", en référence au slogan national "Hands up don't shoot"), mais également "Black Friday Out", "Brown Friday" (en référence à Mickael Brown), ou encore "No one penny" ("Pas un sous").

Selon l'agence Nielsen, les Afro-Américains ont un pouvoir d'achat d'un trillion de dollars... de quoi avoir un poid sur l'économie américaine.

 


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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 16:50

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

La scandaleuse privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac

|  Par Laurent Mauduit

 

 

 

 

Pour la première vraie privatisation du quinquennat Hollande, Emmanuel Macron veut céder l'aéroport de Toulouse-Blagnac à un groupe chinois implanté dans des paradis fiscaux et à un groupe canadien radié pour dix ans par la Banque mondiale, pour des faits graves de corruption. Enquête sur une cession qui a tout de l'affaire d’État.

Depuis que François Hollande l’a promu ministre de l’économie, Emmanuel Macron s’est fait une spécialité de multiplier les provocations en sortant chaque jour de sa hotte un nouveau projet concocté au préalable dans les cénacles patronaux ou dans les milieux de la haute finance dont il vient. Remise en cause des 35 heures, gel des salaires, déréglementation du droit du travail, agression contre les professions réglementées comme celle d'avocat : le successeur d’Arnaud Montebourg multiplie les annonces de nouveaux projets.

À toutes ces provocations, il va falloir bientôt ajouter un scandale, voire une affaire d’État. Sur décision d’Emmanuel Macron, l’aéroport de Toulouse-Blagnac pourrait être partiellement privatisé dans les prochains jours au profit d’un consortium sino-canadien. Or l’un des groupes, dénommé SNC-Lavalin Inc., a fait l’objet en 2013 de la plus grave sanction prise par la Banque mondiale pour des faits de corruption. L’autre est implanté dans une myriade de paradis fiscaux, dont les îles Vierges et les îles Caïman.

Pour l’heure, l’affaire n’a fait que peu de bruit, n’alimentant que quelques articles modestes ici ou . Elle est pourtant d’une considérable importance.

À cela, il y a une première raison. C’est la première fois, depuis que François Hollande a accédé à l’Élysée en mai 2012, qu'une véritable privatisation, fût-elle partielle, est engagée. Jusque-là, des cessions de 2 ou 3 % du capital de certaines entreprises publiques avaient été mises en œuvre afin de permettre à l’État, de plus en plus impécunieux, de boucler ses fins de mois. Mais jamais le contrôle même d’entreprises publiques n’avait été cédé, au terme d’une privatisation.

Or, dans le cas présent, c’est bien de cela dont il s’agit. Alors que l’aéroport de Toulouse-Blagnac était jusqu’à présent contrôlé à hauteur de 60 % par l’État, 25 % par la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse, 5 % par le conseil général du département, 5 % par la Ville de Toulouse et 5 % par la Région, l’État a décidé de se retirer. Le 18 juillet 2014, le Journal officiel a révélé qu’un appel d’offres international serait lancé. « Cette cession portera dans un premier temps sur 49,99 % du capital et comportera également une option de vente par l’État de sa participation résiduelle au capital », pouvait-on lire. En clair, les candidats au rachat qui seront choisis pourront disposer sous trois ans d’une option sur 10,1 % du capital, et contrôler ainsi largement plus de la majorité du capital de la société.

Pourquoi donc l’État engage-t-il une privatisation ? À tout le moins, cela aurait souffert d'être discuté, d’autant que l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le sixième français, a un rôle économique stratégique, compte tenu notamment des implantations voisines des sites d’Airbus. De plus, il affiche une très belle santé économique, réalisant bon an mal an des profits de l’ordre de 10 millions d’euros.

Et pourtant, non ! L’ancien associé gérant de la banque Rothschild qu’est Emmanuel Macron ne s’est guère soucié de l’intérêt général et a choisi de mener la privatisation tambour battant de ce « bijou de famille » – selon l’expression qui a fait florès, au plus fort des controverses suscitées par les premières privatisations, en 1986-1988. Un débat aurait été d’autant plus impérieux qu’Emmanuel Macron est visiblement saisi d’une fringale de privatisation, puisque après Toulouse, ce sera ensuite le tour des aéroports de Nice puis de Lyon d’être vendus à l’encan.

Mais dans le cas de cette privatisation, ce sont surtout les modalités retenues et la procédure choisie qui apparaissent comme le plus choquant. Au début, rien que de très normal. Au terme du premier tour de l’appel d’offres, huit candidats au rachat se sont mis sur les rangs. Puis, pour le second tour, il n’est plus resté que quatre consortiums pour présenter une offre.

La plus grave sanction de la Banque mondiale

Le premier candidat au rachat est Aéroports de Paris, allié à Predica, la filiale assurances du Crédit agricole. Le deuxième candidat est le groupe d’infrastructure Vinci, associé à la filiale spécialisée de la Caisse des dépôts, CDC infrastructures, et une filiale d’EDF dénommée EDF Invest. Le troisième candidat est Cube, un fonds d’investissement spécialisé dans les infrastructures, associé à Natixis, la banque d’investissement de BPCE. Et le quatrième candidat est un consortium un tantinet mystérieux comprenant le groupe canadien SNC-Lavalin Inc. (un concurrent d’Alstom dans le domaine des transports, mais aussi présent sur le secteur du BTP) et un groupe chinois, dénommé Friedmann Pacific Investment Group.

Dans un premier temps, on pouvait penser que la compétition se jouerait entre les deux premiers candidats, qui présentent l’avantage d’être adossés à des groupes publics et d’avoir dans leur tour de table des groupes qui ont un véritable savoir-faire. Quitte à privatiser, autant que le joyau reste dans la grande galaxie du public et soit entre les mains de professionnels du secteur ! Quitte à privatiser, autant, de surcroît, que cela contribue à créer des « champions » nationaux.

L’une de ces deux solutions était d’autant plus probable que les deux autres candidats semblaient avoir assez peu de chances d’être retenus. Dans le cas de l’alliance Cube-Natixis, parce qu’ils ont pour double handicap de ne pas avoir de racine dans la sphère publique et de ne pas avoir de compétence aéroportuaire. Quant au quatrième candidat, il apparaît parfaitement infréquentable.

Selon les informations que Mediapart est parvenu à recueillir, la structure de tête du groupe chinois est détenue par un oligarque dénommé Poon Ho Man et son épouse Christina, et se nomme Capella Capital Limited, une holding immatriculée aux îles Vierges britanniques. Cette holding de tête a pour filiale à 100 % une société dénommée Friedmann Pacific Investiment Holdings Limited, dont le pays d’immatriculation est inconnu : cette dernière société aurait elle-même une filiale dénommée Friedmann Pacific Asset Management Limited, immatriculée également aux îles Vierges britanniques.

Ce serait cette dernière société qui serait alliée au groupe canadien pour faire une offre pour l’aéroport de Toulouse. Cette même société aurait elle-même une autre filiale dénommée China Aircraft Leasing Groups Holdings Limited, implantée aux îles Caïman, qui a fait récemment l’acquisition de quatre Airbus et qui envisagerait d’en acquérir d’autres.

Quant au groupe canadien qui fait partie du même consortium, SNC-Lavalin Inc, on a tôt fait de savoir ce qu’il faut en penser. Il suffit d’aller sur le site internet de la Banque mondiale (c’est ici) pour y apprendre que la banque lui a imposé la plus grave sanction jamais prononcée dans l’histoire de l’institution pour des faits graves de corruption.

Sous le titre « La Banque mondiale radie SNC-Lavalin Inc. et ses filiales pour dix ans » et le sous-titre « la plus longue période d'exclusion jamais fixée dans un règlement de la Banque mondiale », voici ce que l’on peut lire dans un communiqué en date du 17 avril 2013 : « Le Groupe de la Banque mondiale annonce ce jour la radiation de SNC-Lavalin Inc. – en plus de ses 100 filiales – pour une période de 10 ans, suite à une faute professionnelle commise par cette société dans le cadre du Projet de construction du pont multifonctionnel du fleuve Padma et d'un autre projet financé par la Banque. SNC-Lavalin Inc. est une filiale du Groupe SNC-Lavalin, une société canadienne dont elle représente plus de 60 % des opérations. Cette radiation s’inscrit dans le cadre d’un Accord de règlement négocié entre la Banque mondiale et le Groupe SNC-Lavalin, à l'issue d'une enquête menée par la Banque mondiale sur des allégations de complot de corruption impliquant SNC-Lavalin Inc. et des fonctionnaires au Bangladesh. »

Le communiqué ajoute : « Alors que l'enquête suivait son cours, une autre faute professionnelle commise par SNC-Lavalin Inc. a été portée à l'attention de la Vice-présidence de l’Intégrité de la Banque mondiale en rapport avec le Projet de transport et d'électrification rurale au Cambodge, financé par la Banque (…). La faute commise par SNC-Lavalin incluait un complot visant à verser des pots-de-vin et à faire de fausses déclarations dans le cadre de la soumission à un appel d'offres pour des contrats financés par la Banque, et ce en violation des directives de la Banque mondiale concernant la passation des marchés. »

Avec un tel groupe sur les rangs, blacklisté par la Banque mondiale jusqu’en 2023, il semblait donc acquis que le quatrième candidat au rachat n’aurait aucune chance de voir son offre aboutir.

Entourloupe devant la commission

Et pourtant si ! Jouant des coudes pour que les groupes publics soient écartés et que le sulfureux candidat sino-canadien soit retenu, c’est l’exploit d’Emmanuel Macron : il a tout fait pour que le candidat imprésentable puisse remporter la compétition. Et pour cela, la procédure a dérogé aux usages habituels.

C’est la Commission des participations et des transferts (CPT), autrefois dénommée Commission de privatisation, qui a la haute main sur la décision puisque le ministre de l’économie ne peut rien décider sans son avis conforme. Ordinairement, tous les candidats passent devant elle pour défendre leur offre, et c’est traditionnellement un mardi qu’elle se réunit en séance pour arrêter son avis.

Mais cette fois, les choses se sont déroulées différemment. Dimanche 23 novembre, tous les candidats au rachat ont appris qu’ils seraient précipitamment reçus les uns après les autres par la CPT dès le lendemain, le lundi 24 novembre. Tous, sauf un, le consortium sino-canadien qui, lui, serait reçu le mardi 25.

Les trois premiers candidats au rachat ont aussitôt flairé l’entourloupe. Ils se sont pris à penser qu’on allait amuser la galerie et sauver les apparences en les faisant défiler devant la CPT mais que la décision était déjà prise et que ce serait le groupe sino-canadien qui l’emporterait. Et c’est effectivement comme cela que les choses se sont passées. Mardi 25, après la présentation par le consortium sino-canadien de son offre, le directeur de l’Agence des participations de l’État, Régis Turrini (l’ancien directeur des fusions-acquisitions du groupe Vivendi) a informé les sept membres de la CPT que sa recommandation allait au groupe sino-canadien.

Pour la petite histoire, Régis Turrini, selon nos informations, a enrôlé comme conseil dans cette affaire le cabinet d'avocats BGDS, créé par Antoine Gosset-Grainville, l'ancien collaborateur de François Fillon comme celui de Jean-Pierre Jouyet – il était d'ailleurs présent au célèbre déjeuner entre les deux hommes. De son côté, la Caisse des dépôts s'est entourée du conseil de Frédéric Salat-Baroux, le gendre de Jacques Chirac.

La recommandation du patron de l'Agence des participations de l’État n’est en vérité pas surprenante de la part de ce haut fonctionnaire qui a fait une bonne partie de sa carrière dans le privé, et qui a été durant des années l’un des plus proches collaborateurs de Jean-René Fourtou. Mais l’important est ailleurs : si Régis Turrini a défendu cette recommandation, c’est probablement parce que le ministre de l’économie lui en a donné l’instruction.

L’affaire était en vérité cousue de fil blanc depuis le début. Pour une raison sur laquelle il n’est pas inintéressant de s’arrêter. Si le consortium sino-canadien avait voulu faire acte de candidature pour devenir l’exploitant d’un aéroport de Toulouse restant dans le giron public, cela aurait été impossible, car le droit public n’aurait pas permis que la société canadienne, sanctionnée pour des faits graves de corruption, se mette sur les rangs. Mais dans le cas d’une privatisation, c’est le droit privé qui l’emporte. Pour écarter a priori le groupe canadien, il aurait donc fallu – ce qui est habituellement la règle – que le cahier des charges de l'appel d'offres contienne une disposition écartant des candidats ayant fait l’objet de sanctions similaires.

Or, dans le cas présent, le cahier des charges (on peut le télécharger ici) ne contient aucune clause restrictive de ce type : avec le recul, les autres candidats ne doutent pas que cette omission n’est sûrement pas le fruit du hasard. Emmanuel Macron a donc tout fait pour imposer ce choix sino-canadien, sans doute parce qu’il vit avec l’obsession qu’il faut administrer la preuve aux marchés financiers que la France est un pays décidément très accueillant. Même au point de vendre des actifs très rentables à des groupes mal famés ?

L’affaire, pourtant, n’est pas totalement bouclée. Car la CPT doit donc encore rendre son avis – ce sera chose faite dans les heures ou les jours qui viennent. Ordinairement, cette commission (dont on peut consulter ici la composition) n’est guère courageuse et se plie aux moindres desiderata du patron de Bercy. C’est si vrai que dans sa longue histoire, la commission n’a fait de la résistance qu’une seule fois, dans le cas de la privatisation de Thomson-CSF, qu’Alain Juppé voulait brader en 1996 pour 1 franc symbolique. Résultat : pour cette seule fois, la commission avait rendu un avis défavorable.

Alors, la CPT fera-t-elle preuve une seconde fois de courage ? Il serait imprudent d’en jurer. Tout juste peut-on relever que, de très bonnes sources, les membres de la commission sont ces jours-ci plutôt grognons et ne semblent guère apprécier qu'on veuille leur faire entériner une affaire qui pourrait tourner au scandale. Et puis pour le président de la commission, un haut fonctionnaire dénommé Bertrand Schneiter, c’est sans doute une épreuve dont il se serait volontiers passé.

Bertrand Schneiter est connu notamment pour avoir présidé l’Établissement public de financement et de restructuration (EPFR), l’établissement public auquel Christine Lagarde avait donné ses instructions pour lancer l’arbitrage en faveur de Bernard Tapie. À la tête de cet organisme avant qu’il n’ait à gérer ce scandale, Bertrand Schneiter a été invité le 3 septembre 2008 par la commission des finances de l’Assemblée nationale à expliquer aux députés comment fonctionnait l’EPFR, avant qu’il ne soit emporté dans la tourmente Tapie. Et lors de cette audition (on peut la consulter ici), le haut fonctionnaire avait eu cette formule : « Je n’ai jamais demandé quelque instruction que ce soit à quelque ministre que ce soit. » Le voici de nouveau au pied du mur…

Quoi qu'il en soit, c'est une privatisation scandaleuse qui est en passe d'aboutir. Dans le cas d'une autre privatisation sous le précédent quinquennat, Arnaud Montebourg avait eu des termes sévères, à l'occasion d'un entretien vidéo avec Mediapart.

Il s'agissait du projet de privatisation de la régie publicitaire de France Télévisions, que Nicolas Sarkozy voulait conduire à bien au profit de ses amis Alain Minc et Stéphane Courbit. Arnaud Montebourg avait alors estimé qu'il s'agissait « de brigandage politique ». L'expression pourrait resservir aujourd'hui…

 

 

Lire aussi

Et maintenant, voilà les privatisations !

Par Laurent Mauduit

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

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