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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 17:33

 

Source UnivNantes: lien

 

Roland Gori - "La Fabrique des Imposteurs"

 


 

 

 

UnivNantes

Ajoutée le 10 sept. 2014

A l'occasion des conférences de l'Université permanente de l'Université de Nantes, Roland Gori, professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille et psychanalyste, revient sur les idées fortes de son dernier ouvrage "La Fabrique des imposteurs".

 

 

 

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Source : blogs.mediapart.fr/blog/journal-cesar

 

 

Roland Gori : « La société néolibérale fabrique des imposteurs »

Roland Gori est psychanalyste et professeur de psychopathologie clinique à l’Université Aix-Marseille. Il est aussi l’initiateur de L’Appel des appels (2009) qui recueilli 80 000 signatures en quelques semaines 1.

Objet Inconnu

Ses ouvrages essayent de penser la modernité en conjonction avec une éthique du sujet et insistent sur les ravages idéologiques que les logiques scientistes autant que libérales produisent auprès des citoyens dont on nie le statut de sujets en les ravalant au rang d’individus statistiques.

Son dernier livre, La Fabrique des imposteurs (Editions Des Liens qui libèrent) synthétise les lignes de force d’une réflexion qui montre comment une nouvelle rationalité politique est en œuvre, qui opère davantage par la norme que par la loi, et dont la conséquence est une prolétarisation des métiers, la montée en puissance d’une bureaucratie d’expertise et une aliénation de la démocratie. Une mise en garde tonique contre nos propres renoncements.

L’imposture a toujours existé. En quoi la société actuelle favorise-t-elle une imposture d’un type inédit et sa multiplication ? Et pourquoi, aujourd’hui, l’imposteur est comme « un poisson dans l’eau » ?
Les imposteurs sont des éponges vivantes qui absorbent les rituels, les opinions, les valeurs de la comédie sociale de leur époque. Aujourd’hui, nous avons des imposteurs qui ressemblent à notre société. C’est celui qui va un peu traficoter au niveau des chiffres, un peu magouiller au niveau des dossiers administratifs pour répondre aux exigences formelles des normes et des procédures…

L’on aura donc plutôt un imposteur dans la spéculation numérique dans la lignée d’un Bernard Madoff 2. Il y a une véritable démocratisation de l’imposture. Nous sommes dans une société de la norme qui a tellement le souci de calibrer les comportements et les modes de vie qu’on peut dire que l’imposture constitue presque une solution aux exigences normatives de notre société.

Cette imposture - l’entendre au sens que Molière donnait au Tartuffe qui mimait tout le rituel de la foi et de ce fait bernait les autres -, s’apparente aujourd’hui, non pas à une dévotion monothéiste ou même à l’idéologie d’un parti politique, mais plutôt à la religion du marché. Aujourd’hui, la comédie sociale se fonde sur l’idée de vendre des apparences à l’opinion.

Pour préciser votre pensée, les lieux où règne l’imposture sont les sondages, la culture de l’audimat, la communication, et tous ces systèmes d’évaluation dont vous avez parlé dans La Folie évaluation, Les nouvelles fabriques de la servitude
Une émission de télévision n’a de valeur qu’en fonction de l’audimat, une légalité externe purement commerciale. Par conséquent, il s’agira de faire plus du journalisme de spectacle que du journalisme de réflexion. Ce qui détermine des stratégies, même chez les journalistes, dans la manière de vendre du spectacle plutôt que d’inciter à la formation critique du citoyen.

On retrouve cette dérive dans « l’économie de la connaissance », comme on se plaît à la nommer aujourd’hui, ou dans la santé à travers une conception managériale du soin. Technicisation, quantification, fragmentation, rationalisation, formalisation numérique, normes gestionnaires agissent de concert dans cette prolétarisation des métiers et assurent une hégémonie culturelle nécessaire au pouvoir.

Ainsi, des tas de petites impostures sont inséparables des méthodes d’évaluation et de la manière dont on va doter une activité d’une valeur. Aujourd’hui, l’évaluation étant le cheval de Troie de la logique de marché, l’on fabrique des faux comptables et une pensée extrêmement simplifiée.

Si ce qui compte, c’est la popularité et la réputation, plus que la vérité et la vertu, à partir de là les gens se débrouillent comme les Etats d’ailleurs. Prenez la Grèce, si le pays ne répond pas à certaines normatives, on va présenter des pièces comptables qui sont des faux…

Vous soulignez aussi que les lignes de force de cette imposture sont que la norme l’emporte sur la loi, l’intérêt individuel sur le souci général, le pragmatisme sur l’idéal, la performance sur le sens, l’opportunisme sur la vertu. C’est-à-dire qu’elles épousent le credo du néo-libéralisme ?
C’est évident ! En gros, l’Etat avait des fonctions analogues à celles de la religion. Il était un paradigme parallèle à la religion. A partir du moment où l’on a détricoté ses prérogatives au profit de la logique de marché, c’est l’opinion qui prime, c’est-à-dire le crédit que l’on peut inspirer à l’autre si on l’a convaincu. Dès lors tous les secteurs sont affectés par une logique de concurrence et l’on est dans un marché globalisé.

Benjamin Franklin disait que la morale devait être utilitaire et que si l’on devait avoir un comportement moral, c’était pour donner du crédit en affaires. Mais il disait aussi que l’apparence de morale suffisait parfois à avoir du crédit et que ce n’était pas la peine de faire une dépense supplémentaire en terme de comportement s’il suffisait d’avoir une apparence de comportement (rire)…

En quoi cette imposture new look phagocyte le débat démocratique, la transmission d’expériences, transforme l’état psychique du corps social ? Grosso modo, si l’on vous lit, cela induit une sorte de totalitarisme soft ?
C’est l’ensemble de mes travaux qui me conduit à cette conclusion. Finalement, la politique qu’est-ce que c’est ? En démocratie, la vérité n’est pas inscrite ni dans des textes, ni dans des directives, ni figées dans une tradition. Elle est issue d’un débat citoyen.

A la différence des théocraties, les Athéniens et les Grecs ont inventé une forme de gouvernement par le débat, avec l’aléa de la liberté, c’est-à-dire de ne pas savoir où l’on va. Aujourd’hui, l’on est davantage dans une forme de démocratie dégénérée, une démocratie d’expertises et d’opinion.

C’est-à-dire que la capacité de penser des élus se trouve confisquée par les machines, matérielles ou immatérielles. La démocratie d’opinion, c’est la société du spectacle, c’est essayer de vendre, par une publicité mensongère et tapageuse, de bonnes manières de penser les choses.

On est aujourd’hui dans une politique qui se réduit à une police des normes. Ce qui est le contraire de ce qui a pu constituer l’invention de la démocratie dans laquelle on va pouvoir trouver la bonne décision pour la Cité, inventer une vérité nouvelle et un futur, à partir du débat.

Quels antidotes à cette imposture ?
L’imposture est une tentative pour s’adapter aux exigences d’un environnement qui vous oblige à vivre au dessus de vos moyens. C’est le mensonge, la tricherie, le cynisme. La solution c’est de redonner au politique toute sa place, sa substance, sa spécificité.

C’est de produire des occasions citoyennes de se réapproprier une démocratie confisquée par la technocratie. C’est évidemment le débat citoyen. C’est le courage politique. Et c’est surtout de redonner toute sa place à la culture dans la formation de l’humanité et des sociétés.

Vous insister sur l’aliénation de l’homme numérique.
La technique est une formidable source d’émancipation sociale. Elle n’est pas l’ennemie de l’homme puisque c’est une sécrétion même de l’humain. Mais à un moment donné, cette source, eut égard à la transformation des rapports sociaux, s’est transformée en dispositif d’aliénation et de soumission sociale. Si bien qu’aujourd’hui ce sont les machines qui nous prescrivent ce que nous devons faire.

Non seulement dans nos métiers, voir la machine qui rationnalise nos actes, mais aussi dans notre liberté de penser puisque la machine numérique avec ses protocoles pense à notre place. A un certain moment, notre production nous a échappé. Il faut que nous puissions retrouver le contrôle de la machine numérique et non pas la servir.

Cela veut dire qu’à un moment donné, il faut arrêter de regarder le compteur et voir la route sinon l’on va dans le décor. Il faut permettre à l’homme d’éprouver ses expériences de vie. Il faut redonner au vivant toute sa place. Il y a une très belle phrase de Georges Canguilhem qui dit : « la raison est régulière comme un comptable ; la vie, anarchique comme un artiste ». Il faut être rationnel mais aussi avoir un peu de vie poétique en nous sinon on est mort.

Propos recueils par Frank Tenaille

1. L’Appel des appels (www.appeldesappels.org) qu’il considère comme un laboratoire d’idées pour déconstruire les modèles imposés de soumission sociale et professionnelle des soins, de l’éducation, de la justice, de la culture, de la formation.
2. Bernard Madoff, fondateur d’une des principales sociétés d’investissement de Wall Street, a été arrêté pour avoir réalisé une escroquerie portant sur 65 milliards de dollars.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/journal-cesar

 

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 22:05

 

Source : mrmondialisation.org

 

 

1 million de signatures contre TAFTA à la poubelle

7 décembre 2014

 

 

 

Non, ce n’est pas Legorafi. La Commission Européenne a invalidé l’initiative citoyenne de « Stop TTIP » contre TAFTA qui vient de dépasser le million de signatures. Plus de 320 organisations de la société civile européenne se sont regroupées afin de s’opposer avec fermeté aux traités entre l’UE et les États-Unis (TAFTA / TTIP) mais aussi entre l’UE et le Canada (CETA). Ces millions de voix ne seront malheureusement pas entendues…

 

2 mois, 1 million d’engagements

C’est du jamais vu. Il n’aura fallu que 60 jours pour rassembler le million de signatures nécessaire pour qu’une initiative citoyenne européenne soit prise en compte par la Commission Européenne.

En effet, selon les règles européennes, une « ICE » (initiative citoyenne européenne) doit recueillir un million de soutiens pour orienter la politique de la Commission sur un sujet déterminé. En théorie, une audition publique devrait être organisée au Parlement Européen. C’était sans compter sur la décision de la Commission aux relents antidémocratiques.

 

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Refus catégorique de la Commission

Les négociations commerciales sont devenues une priorité pour l’exécutif européen qui vient d’opposer une fin de non-recevoir envers la pétition. Pour le million de personnes impliquées, le statut d’initiative citoyenne européenne s’est vu refusé d’une manière unilatérale. Le pouvoir estime que ces initiatives citoyennes sont prévues pour instaurer de nouvelles lois, pas pour contester un texte en cours de législation. En d’autres termes, la contestation n’est pas autorisée. L’association Stop TTIP a immédiatement saisi la Cour de justice européenne.

Un tel mouvement de masse démontre qu’il existe une véritable inquiétude citoyenne au sein de l’Union Européenne concernant ces accords transatlantiques. Selon ces centaines d’associations, les accords représentent un véritable danger pour la démocratie. Nous aurions là le terreau d’une « corporacratie » (si tant est qu’elle n’existe pas déjà), un système de plus en plus gouverné par les multinationales.

 

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Au prochain virage, la « World Company » ?

Parmi les grands dangers dénoncés par Stop TTIP, il y a cette mise en place de tribunaux d’arbitrages qui offriront la possibilité aux entreprises de contester des décisions gouvernementales. Toute décision collective qui entraverait le libre marché transatlantique serait susceptible d’être punie. Par exemple, si la France estime qu’il faut interdire un conservateur déterminé afin de protéger la population d’un risque sanitaire donné et que cette interdiction engendre une perte pour une multinationale, cette entreprise pourrait poursuivre l’état et exiger des dommages et intérêts.

Il s’agit là d’un pouvoir inédit dans l’histoire de l’Humanité qui serait offert aux grandes entreprises. Une menace directe contre toutes formes de démocraties. L’idée même de prendre des décisions démocratiques au nom de l’environnement contre une industrie serait implicitement compromise. Allons-nous laisser la démocratie mourir sous une salve d’applaudissements ?

 

 

 

Mais TAFTA, c’est quoi déjà ? Petit rappel dans notre précédent article.


Source : RTBF Info / rfi.fr / latribune.fr

 

 

Source : mrmondialisation.org

 



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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 21:48

 

Source : www.marianne.net

 

 

Dans le laboratoire de Podemos Paris

Lundi 8 Décembre 2014 à 05:00

 

Loïc Le Clerc

 

 

Avec la crise, des milliers d'Espagnols ont dû quitter leur pays, pour pouvoir trouver du travail. Certains sont venus en France. D'ici, ils ont vu leur pays sombrer dans l'austérité. Mais ils ont également assisté à la naissance d'une nouvelle force politique, née du mouvement des indignés : Podemos. Depuis, le mouvement s'exporte et des "cercles" se créent un peu partout dans le monde, dont en France. "Marianne" est allé à la rencontre de ces indignés du cercle Podemos Paris. Découverte d'un processus démocratique naissant, avec toutes les difficultés organisationnelles et politiques que cela comporte.

 

Podemos Paris compte déjà plusieurs dizaines de membres, 250 selon les derniers décomptes. Et à chacune de ses « assemblées populaires », des visages nouveaux viennent fleurir les rangs, principalement des Espagnols, arrivés en France il y a une poignée d’années et inquiets de la situation dans leur pays. Ceux-là ont quitté l’Espagne juste avant qu’éclate la bulle immobilière et que la crise s’installe. Ils ont vu leur pays sombrer, de loin, alors, avec cette antenne parisienne de Podemos, ils pensent pouvoir faire quelque chose. Ils sont de tous les métiers, de tous les âges, déjà politisés pour certains, pas du tout pour la plupart. Une chose est sûre, ils veulent faire partie de ce mouvement Podemos, même depuis Paris. Par rapport au mouvement espagnol, qui n’a pas encore soufflé sa première bougie, Podemos Paris est loin d’être constitué. Alors, petit à petit, ses membres votent l’organisation, la répartition des rôles, etc. Mais les questions qui naissent sur leurs lèvres à tous peuvent résumées ainsi : « Concrètement, que pouvons-nous faire ? »« A quoi sert Podemos Paris ? ».
 
Indirectement, c’est vers les quatre membres du Conseil citoyen, sorte d’organe exécutif, que se tournent les regards, en attente d’une réponse. Mais pour Javier Cuesta, Pablo Lapuente, Irma Heras et Miguel Segui, ce n’est pas si facile. Irma Heras admet que pour l’instant, aucune instruction n’a été donnée de la part de Podemos Espagne. Ils savent seulement qu’ils font partie de la « 18ème autonomie », celle des Espagnols expatriés. Elle pense que l’organe central souhaiterait que Podemos Paris et ses équivalents n’aient pas d’autres vocations que de convaincre les Espagnols résidants à l’étranger qu’ils doivent voter pour Podemos aux élections générales (l'équivalent de nos législatives).

Mais elle insiste sur le pouvoir de pression dont ils disposent, en tant que citoyens espagnols : « Podemos Espagne doit comprendre pourquoi nous sommes partis ». Miguel Segui, militant au NPA de longue date et à l’impulsion de Podemos Paris, qu’il considère presque comme son enfant, pense qu’à terme, ils fonctionneront comme n’importe quel « cercle » espagnol. Pour l’instant, il dit être « dans la construction » : « Je me suis fixé de tenir jusqu’aux législatives en continuant à gueuler comme je sais faire. Après, ça va se décanter. »

Carte des cercles "Podemos" dans le monde

 

Politique en travaux
 
Podemos Paris, mouvement pour l'instant hors-radar, n’est pas encore en mesure de faire de la politique. Sa phase d’organisation devrait s’achever vers le 20 décembre. Pour l’instant, la principale difficulté que le cercle rencontre, c’est qu’il ne possède rien, et même pas de lieu pour se réunir. Ils peuvent compter sur la générosité de quelques parisiens, qui leur prêtent un local de temps en temps, mais c’est loin d’être suffisant. Et ça se complique encore lorsqu’il faut organiser de plus grands événements, comme la venue de personnalités du mouvement. Une fois de plus, c’est sur leur petit réseau et sur la sympathie qui se dégage de Podemos qu’ils arrivent à s’en sortir. Le 30 novembre, ils ont tout de même réussi à faire venir Pablo Echenique, eurodéputé Podemos. Selon Miguel Segui, ce moment avec une des figures du mouvement a permis de faire rentrer dans le cercle une trentaine de nouveaux membres. Mais surtout, le discours et le débat qui s’est ouvert a, pour la première fois, été plus structuré. « Sa venue a politisé le mouvement », nous confie Segui, qui ne cache pas que le député va revenir, de même que Lola Sanchez et Teresa Rodriguez, elles aussi eurodéputées Podemos.
 
Pour ce qui est de l’organisation, Irma Heras, membre de Podemos Paris depuis septembre dernier, admet que, pour l’instant, elle et ses camarades souffrent du fait que seulement « une dizaine de personnes s’implique réellement » dans le quotidien du cercle. Elle avoue être fatiguée de consacrer tout son temps libre à organiser les événements, à animer l’assemblée, mais elle le fait avec passion. Pour Pablo Lapuente, qui se définit comme un communiste « repolitisé par le 15-M » (le mouvement des Indignés, ndlr), la difficulté majeure tient dans ce qu’il appelle le « format assembléiste », essence même de Podemos. Entre les nouveaux arrivants qui découvrent tout, les éléments ayant déjà été votés dans une assemblée précédente qui reviennent dans le débat par manque de transmission d’informations, avec par dessus tout ça une bureaucratisation inévitable, Lapuente trouve qu’ils « perdent le fil politique » : « On passe notre temps à s’organiser », dit-il, un peu abattu par ce constat. D’autant que pour chaque petite chose, il faut consulter tout le monde. Donc, si Podemos Paris veut agir vite, il se retrouve bloquer par un processus décisionnel qui pêche par « zèle de l’excès démocratique », pour reprendre l’expression d’Irma Heras.

Mais, confiants, ils se répètent que leur mouvement est jeune et les problèmes techniques se résoudront avec le temps. Heureusement, ils peuvent compter sur les conseils et l’expérience de leurs proches résidant en Espagne, comme Alice, la sœur d’Irma, membre d’un cercle à Madrid. Elle a vu comment Podemos s’est organisé en Espagne, et a donc un regard d’avance sur ses confrères parisiens. Elle affirme que « l’assembléisme a survécu grâce au Net », instrument primordial dans le processus décisionnel et électoral pour Podemos, parfois un peu trop présent pour ceux qui ne sont pas familier avec Internet et ses outils.
 
Podemos Paris, cercle indépendant ?

Fier du chemin parcouru jusqu’ici, Segui revendique une certaine indépendance idéologique par rapport à Podemos Espagne. Il l’affirme, le cercle de Paris est très critique vis-à-vis de Pablo Iglesias. En effet, quand les membres de Podemos Paris parlent de l’élection d’Iglesias, élu sur un score soviétique à la tête de Podemos, et donc de la mise à l’écart de Pablo Echenique, dont le programme s’approchait le plus de l’esprit participatif originel de Podemos, la plupart se disent déçus. Irma Heras est encore amère « de la façon dont ça s’est fait et qu’il [Echenique] ne soit pas dans l’équipe », mais Alice tempère son propos : « Quand un modèle est élu, tu l’acceptes ». C’est exactement ce qu’ils font tous, ils acceptent la mainmise d’Iglesias sur Podemos au nom d’un pragmatisme électoral, en attendant une redistribution du pouvoir, après les générales, peut-être.

Pour autant, Segui se dit aussi « inquiet, en tant que vieux militant, que le Podemos central veuille décider à notre place avec qui l'on peut discuter ». Il craint surtout que Madrid ne leur demande de « se mettre en remorque de Mélenchon », lui qui n’arrête pas de faire des appels du pied à Podemos, comme il le fait avec les Grecs de Syriza. « “Ensemble” (ce mouvement membre du Front de gauche au sein duquel on trouve notamment Clémentine Autain, ndlrveut débattre avec nous, agir en commun, mais ça reste très flou », nous lance Segui, sans trop savoir ce que cette frange du Front de gauche leur veut. Par son origine politique, Segui a fait que Podemos Paris et le NPA sont proches, mais il l’assure, les deux mouvements n’ont pas vocation à se fondre, ni à collaborer et c’est à peine si Podemos Paris a commencé à agir, en manifestant contre la loi espagnole sur l’avortement par exemple. Ensemble, le NPA ou encore Nouvelle donne étaient présent pour la venue d’Echenique, sans grand enthousiasme de la part des membres du cercle de Paris. Leurs relations avec les partis français, tout comme leur présence dans les médias français, sont sujettes à débat. Ils craignent de se voir instrumentalisés, dans le sens où, Podemos faisant fantasmer une partie de la gauche française, il est de bon ton de s’afficher en allié.
 
Pablo Lapuente ne voit pas ces rapprochements d’un mauvais œil, pour lui, « l’assemblée est assez plurielle pour s’autocontrôler », et éviter ainsi les « conflits d’intérêts ». Une fois bien organisés et prêts politiquement, ils pourront créer des liens avec les organisations politiques françaises et ainsi se décentrer de l’Espagne. Mais de là à ce que Podemos Paris s’émancipe de Podemos et devienne un mouvement français, le chemin est long. « Les conditions socio-économiques sont loin d’être semblables pour que Podemos soit la bonne réponse en France », analyse Lapuente. Et pour Miguel Segui, c’est hors de question : « En janvier, nous ferons notre première assemblée générale politique, où nous réfléchirons à nos revendications et à notre présence dans la société française. Mais il n’y aura pas de parti Podemos France. » Mais on l'aura compris, avec Podemos, rien n'est joué d'avance tant que chacun n'a pas donné son avis...

 

Source : www.marianne.net

 

 

 


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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 21:22

 

Source : www.mediapart.fr

 

Uramin: l'accord secret passé dans le dos de l'Etat

|  Par martine orange

 

 

 

Quatre jours avant le second tour de l’élection présidentielle de 2007, les responsables d’Areva ont passé un accord à Londres avec les vendeurs de la société canadienne pour fixer le calendrier de l’OPA, comme le révèle un mail interne publié par Mediapart. Les autorités de tutelle ont alors été totalement maintenues dans l’ignorance. Cet accord fixe tout sauf le prix. La spéculation sur le titre, alimentée par les vendeurs eux-mêmes, redoublera après cet engagement.

Le calendrier de l’acquisition d’Uramin a toujours laissé songeur : l’essentiel de la négociation autour de cette société minière canadienne s’est tenue entre mars et la mi-mai 2007, en pleine campagne présidentielle, en pleine vacance du pouvoir. Comme si la direction d’Areva, groupe détenu à 86,5 % directement et indirectement par l’État, était libérée de toute tutelle et n’avait que faire de ces échéances politiques.

 

Christine Lagarde, Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy et Anne Lauvergeon lors d'un voyage à Pékin en novembre 2007 
Christine Lagarde, Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy et Anne Lauvergeon lors d'un voyage à Pékin en novembre 2007 © Reuters

Le calendrier électoral, pourtant, plane sur toutes les réflexions des responsables du groupe nucléaire, selon nos informations. Il semble même avoir guidé les principales décisions. Dès que la campagne électorale commence, l’opération d’acquisition d’Uramin, préparée dans le plus grand secret au sein du groupe par une petite cellule emmenée par Daniel Wouters – voir Poker menteur à Toronto –, s’enclenche sans que le conseil de surveillance d’Areva soit informé des projets de la direction. En mars 2007, le groupe public participe à un placement privé de 226 millions de dollars, lancé par Uramin, officiellement afin d’augmenter son capital. Areva, à cette occasion, prend 5,5 % du capital de la société canadienne pour quelque 79 millions d’euros, juste en dessous de la barre des 80 millions d’euros, laquelle l’aurait obligé à demander l’accord du conseil de surveillance d’Areva. Les autorités de tutelle sont alors soigneusement tenues à l’écart de l’opération.

Alors que la campagne présidentielle bat son plein, la direction d’Areva continue ses négociations secrètes. Une réunion se tient avec les vendeurs d’Uramin le 2 mai à Londres. Le second tour de l’élection présidentielle doit avoir lieu quatre jours plus tard. Et les responsables d’Areva se projettent déjà dans l’avenir.

Dans un mail interne en date du 3 mai, que Mediapart s’est procuré, Daniel Wouters fait un compte-rendu détaillé de cette réunion à toutes les personnes qui sont intéressées au dossier, y compris Gérard Arbola, membre du directoire, et Christophe Deprez, banquier conseiller chez Rothschild, chargé de l’opération. Les vendeurs, selon ce mail, veulent des assurances. Un accord secret a donc été conclu lors de cette rencontre pour mener à bien cette acquisition, en tenant compte « de l’agenda spécifique Areva et électoral français ».

 


 

Tout est décrit comme si Areva avait l’assurance au plus haut niveau de ne rencontrer aucun obstacle, aucune opposition à l’acquisition d’Uramin. Toutes les autorisations de l’État paraissent n’y être que formalités. Après la tenue d’un conseil de surveillance, le 24 mai 2007, dont l’accord ne paraît faire aucun doute, il est prévu d’obtenir celui du ministre de tutelle dès le 6 juin, et l’annonce de l’OPA le 9 juin. Ce calendrier sera presque respecté à la lettre. Le conseil de surveillance avalisera l’opération le 30 et non le 24 mai. À peine installé à Bercy, l’éphémère ministre des finances, Jean-Louis Borloo, signera l’accord le 3 juin au lieu du 6. L’OPA sur Uramin sera annoncée le 15 juin au lieu du 9.

« Cet agenda reste "sous embargo" et ne doit pas être communiqué à nos contreparties dans les due diligences, à l’autorité de tutelle, à nos partenaires à l’acquisition, etc., afin de maintenir la pression. Notre objectif reste un passage en conseil de surveillance le 24 mai », insiste Daniel Wouters dans son mail. Ainsi, la direction d’Areva assume de négocier dans le dos de ses actionnaires, de tout cacher à ses organes de contrôle. Comme si elle ne devait aucun compte à personne. Le projet de rachat d’Uramin sera présenté pour la première fois aux membres du conseil de surveillance le 3 mai. Mais à aucun moment lors de cette réunion, il ne sera dit qu’Areva est déjà aussi engagé avec Uramin, selon nos informations.

Pourquoi la direction d’Areva a-t-elle passé cet accord secret ? Comment a-t-elle pu prendre une initiative aussi engageante et coûteuse (2,5 milliards de dollars), en cachant tout à ses actionnaires ? Les défenseurs d’Anne Lauvergeon ont répété à satiété les mêmes arguments pour justifier la conduite de l’ancienne présidente d’Areva. Bridée par la tutelle de Thierry Breton, ministre des finances de Jacques Chirac entre 2005 et 2007, qui avait bloqué plusieurs de ses projets, elle a décidé de tout mettre en place pour réaffirmer son indépendance et reprendre le développement du groupe, dès le départ de celui-ci. De plus, expliquent-ils, cela se passait à une période de bataille mondiale autour des réserves d’uranium. Le temps de l’entreprise n’étant pas celui de la politique, Areva ne pouvait rester l’arme aux pieds face à ses concurrents, en attendant la conclusion de la campagne présidentielle.

Même si Anne Lauvergeon veillait jalousement sur son indépendance, l'ancienne présidente d'Areva est trop politique, selon ses détracteurs, pour avoir omis d'informer des responsables politiques de ses intentions. « Elle a peut-être caché ses projets aux autorités de tutelle. Mais elle n'aura pas fait l'erreur de ne pas avertir d'une façon ou d'une autre de hauts responsables politiques, de droite comme de gauche. C'était trop risqué », remarque un proche du dossier.  

D'autant qu'à cette époque, la position de la présidente d'Areva est assez fragilisée. Anne Lauvergeon a été reconduite à la tête du groupe public grâce à un concours de circonstances en 2006. Alors que Thierry Breton militait pour son remplacement, Jacques Chirac s’était opposé à son renvoi. Après la démission de Noël Forgeard, pris dans le scandale EADS, ce nouveau changement aurait fait désordre dans la conduite des entreprises publiques, avait argumenté le président de la République d’alors. Mais cette reconduction d’une proche de François Mitterrand avait été mal acceptée dans les rangs de l’UMP.

De plus, Areva fait l’objet de multiples polémiques et de multiples convoitises. Nombre de dirigeants, à commencer par le puissant Michel Pébereau, président de BNP Paribas, militent pour un démantèlement du groupe nucléaire constitué en 2002 par la fusion de Cogema et Framatome. Surtout, Martin Bouygues, ami très proche de Nicolas Sarkozy et principal actionnaire d’Alstom, s’est dit intéressé pour devenir actionnaire d’Areva et rapprocher le groupe d’Alstom. Lui aussi pose la question du démantèlement du groupe. Face à de tels adversaires, Anne Lauvergeon se sait alors sur un siège éjectable.

« Toute mesure qui restreindra l’info est la bienvenue »

 

 
© dr

Y a-t-il eu quelque accord entre Nicolas Sarkozy et Anne Lauvergeon, prête à tout pour défendre sa présidence, avec Uramin en fond de tableau, comme l’assure Vincent Crouzet dans son roman, à peine de fiction, Radioactif ? C’est une des interrogations des enquêteurs de la brigade financière, semble-t-il. Les deux personnages, en tout cas, se connaissent bien et de longue date : Nicolas Sarkozy était au ministère du budget, Anne Lauvergeon à l’Élysée aux côtés de François Mitterrand, officiellement comme sherpa mais dans les faits comme quasi-secrétaire de l’Élysée, dans cette période sombre de la cohabitation entre l’Élysée et le gouvernement Balladur. Ils ont quelques lourds secrets en commun, à commencer par Karachi, semble-t-il.

Cet accord secret négocié le 2 mai entre Areva et les vendeurs d’Uramin soulève aussi une autre interrogation. Il  y est question de tout dans ce pacte sauf du prix. Alors que les propriétaires de la société canadienne obtiennent de multiples assurances de la part d’Areva sur le lancement imminent d’une OPA, le groupe public ne prend même pas la peine de fixer une fourchette pour la transaction ! Étrange absence, alors que tous ceux qui ont eu à traiter de près ou de loin une OPA soulignent combien le prix est le critère essentiel dans de telles opérations. C’est lui qui détermine si une opération peut se faire ou non, si elle peut être rentable ou non.

Anne Lauvergeon, qui a été associée-gérante à la banque Lazard, ne peut avoir oublié cette règle de base du métier de banquier d’affaires. Le prix, dans toutes les négociations de ce type, est arrêté le plus tôt possible, afin d’éviter une surenchère planifiée, de prévenir lorsqu’il s’agit d’une société cotée toute manipulation de cours et tout délit d’initiés organisé. Or là, rien. Pas un mot sur cette donnée essentielle. Ce silence est d’autant plus étonnant qu’Areva connaît déjà une situation financière tendue, en raison des premiers déboires sur l’EPR finlandais que le groupe tente de cacher mais qui pèsent déjà beaucoup sur sa trésorerie. Ne pas avoir fixé de prix est un pousse-au-crime !

Aucune clause ne semble tenir non plus les vendeurs d’Uramin. Il est vrai que les relations sont au beau fixe avec les responsables d'Areva. Lorsqu'ils sont à Paris pour négocier, les actionnaires d'Uramin s'installent directement dans les locaux du groupe. À la stupéfaction des salariés, ils ont même accès à l'intranet du groupe. Poussant l'obligeance très loin, un des négociateurs d'Areva ira jusqu'à leur prêter son ordinateur personnel, où toutes les données de l'opération sont stockées, pour travailler. 

Totalement libres, les vendeurs d'Uramin ne se privent donc pas, malgré les assurances données par Areva, d’alimenter la spéculation sur le titre. Le cours de la société canadienne a déjà connu une ascension vertigineuse, sans comparaison avec celle de ses concurrents. Cotée 2,8 dollars canadiens lors de l’introduction en Bourse en décembre 2006, l’action est déjà à 6,8 dollars début mai. Mais cette augmentation spectaculaire peut être encore améliorée, aux yeux des propriétaires d’Uramin. En mai, ils multiplient les annonces plus flatteuses les unes que les autres sur la qualité de leurs gisements. Trekkopje en Namibie est présenté comme un site encore plus prometteur que ce qui avait déjà été annoncé en février. Le 22 mai, le Wall Street Journal annonce opportunément que l’électricien public chinois, China National Nuclear Corporation, est en discussion avec Uramin. Le groupe public chinois démentira par la suite l’information. Qu’importe ! Le but recherché a été atteint : le cours a pris 8 % après la publication de cette nouvelle.

Le 1er juin, alors que les actionnaires d’Uramin savent déjà que le conseil de surveillance a donné son accord au rachat, ils font de nouvelles annonces. Ils ont obtenu une nouvelle concession minière au Niger. Nouvelle envolée boursière. Le 12 juin, trois jours avant l’annonce officielle de l’OPA, la presse fait état de discussions engagées par Areva pour racheter Uramin. L’action, qui était un peu retombée, monte encore de plus de 10 % à la Bourse de Toronto à la suite de cette annonce, terminant à 8,28 dollars canadiens à son plus haut de l'année. Depuis octobre 2006, au moment où les premières discussions ont été engagées entre Areva et Uramin, le cours de l'action a été multiplié par 5,9. Aucune société concurrente n’a connu une telle explosion. Le prix de l’uranium, pris alors dans une intense spéculation, qui sert aujourd’hui de justification pour ce rachat à prix stratosphérique, n’a été multiplié que par 2,4 dans la même période.

Les autorités boursières ont appris de longue date à se méfier des titres qui font l'objet d'une communication incessante, de fuites opportunes : il y a souvent des intérêts cachés dans ces petits jeux. Pourtant, le gendarme de la Bourse de Toronto ne semble pas s'émouvoir plus que cela des bruits étranges qui entourent Uramin. Il ouvrira plus tard une enquête, qu’il classera sans suite. Or, de nombreux faits semblent étonnants. Une enquête du quotidien canadien La Presse révélera que « le volume de transactions a presque quadruplé dans les jours précédant l'annonce, permettant aux acheteurs opportunistes de réaliser un gain variant de 11 à 27 % sur quatre jours ». Comme l'a noté le rapport d’information parlementaire publié en mars 2012, « des rumeurs sur le rachat d’Uramin ont peut-être aussi contribué à cette hausse ».

Cette explosion du titre ne semble pas inquiéter outre mesure les responsables d’Areva. Pourtant, ils savent bien que le cours de l’action, comme dans toutes les OPA boursières, va servir de référence à la transaction. Un rapport rédigé par la banque Rothschild, remis le 14 mai, essaie bien de donner une apparence de rationalité au prix de l’OPA. Son évaluation, bâtie sur des prévisions de cash-flows futurs, calculés à partir des prévisions d’exploitation des mines tirées du rapport d’expertise de SRK, donne un prix bas à 2,4 milliards de dollars. Un deuxième rapport, daté du 18 juin, revoit l’estimation en fonction des « synergies futures » non comprises dans le premier et le prix à 3,3 milliards de dollars est établi. Bingo ! Le prix de l’OPA, établi à partir de la moyenne des cours de l’action sur les vingt dernières cotations assortie d’une prime – « normale », selon les responsables d’Areva – de 21 %, tombera juste à 2,5 milliards de dollars. Dans le bas de la fourchette établie par la banque Rothschild. C’est dire si Areva faisait une bonne affaire.

Certains cadres du groupe, cependant, s’alarment de la situation et tentent d’imposer les processus d’usage en cas d’OPA. Dans un mail interne daté du 17 mai, le directeur juridique, Xavier Rincel, rappelle ainsi les règles élémentaires de précaution. Alors que la rédaction des documents pour lancer l’opération d’achat est en passe d’être achevée, il souligne l’importance d’une stricte confidentialité. « Il faudrait si ce n’est pas le cas réduire l’information. (…) Autant je pense qu’on peut contrôler nos troupes qui, somme toute, savent en principe ce que c’est que la confidentialité, autant nos dirigeants, dans leurs contacts quotidiens, sont susceptibles de parler à des personnes qui peuvent y trouver de l’intérêt en raison de leurs fonctions. Je sais que c’est délicat, mais toute mesure qui restreindra l’info est la bienvenue dans cette période. »

Xavier Rincel formule aussi dans son mail des demandes d’information, qui paraissent étranges car elles auraient dû être prises en compte dès le lancement du processus de rachat, la veille étant un dispositif indispensable dans une bataille boursière. « J’ai discuté avec Daniel (Wouters, conseiller spécial d’Anne Lauvergeon chargé du rachat d’Uramin, ndlr) de l’information financière dont nous avons besoin. Je ne sens pas notre conseil financier (la banque Rothschild, ndlr) suffisamment investi pour bénéficier d’informations suffisantes sur nos possibles concurrents et leurs mouvements dans cette période. (…) Dans un même sens, il nous faudrait un suivi quotidien des mouvements sur le titre. Peut-être as-tu ces informations de ton côté ? » écrit-il. Ainsi, le 17 mai, alors que l’accord est déjà passé sur le lancement d’une OPA sur Uramin, Areva est aveugle et ne sait pas ce qui se passe sur la cotation de la société minière à Toronto !

La liste perdue des actionnaires d'Uramin

Si cette absence d’informations sur les mouvements boursiers est difficilement explicable au sein d’Areva, elle est totalement incompréhensible de la part de la banque Rothschild, conseil du groupe. La surveillance du titre est normalement une des fonctions premières d’une banque conseil, en cas d’OPA. Comment expliquer qu’elle ait négligé un point aussi déterminant? Interrogé lors de notre enquête de 2012, Christophe Desprez, le banquier conseil de la banque Rothschild chargé du dossier Uramin, nous avait expliqué que la banque était intervenue très tard dans ce dossier. Son rôle, disait-il alors, avait été limité : il s’agissait juste d’établir des business plans pour les gisements rachetés, calculés à partir des données transmises par le groupe. Rien de plus. Aujourd’hui, il s’en tient à cette version des faits. Un de ses adjoints, qui a été étroitement associé à ce dossier, a refusé de nous répondre.

 

Site de Trekkopje en Namibie 
Site de Trekkopje en Namibie © dr

Pourtant, les mails internes du groupe, dont il a été destinataire, prouvent que le banquier conseil a été beaucoup plus impliqué qu’il ne le dit dans cette opération. Est-il au courant de l’accord secret passé le 2 mai à Londres avec les vendeurs d’Uramin ? « J’ai peut-être été destinataire de certains mails d’Areva. Mais je ne m’en souviens pas », répond Christophe Desprez. La banque a-t-elle été chargée de rédiger l’agrément de lock up (interdiction de vente pendant un certain temps) avec les principaux actionnaires d’Uramin ? « C’est peut-être écrit dans un mail. Mais je ne m’en souviens pas », dit-il. A-t-il participé avec la banque canadienne BMO (conseil d’Uramin) au calcul d’une prime spéciale versée aux actionnaires juste avant l’OPA pour rémunérer les nouveaux droits sur les gisements du Niger, qui ne feront pas partie d’ailleurs de la transaction ? « Je ne m’en souviens pas », répond le banquier. Bref, l’amnésie est totale. Pour ces conseils dans l'opération, Areva a versé une commission de 9 millions d’euros à la banque Rothschild, comme l’avait révélé Mediapart en 2012. C’est une grosse somme, pour établir des business plans en quelques semaines.

Il n’y a pas que l’attitude de la banque conseil qui pose question. Celle de l’Agence de participations de l’État (APE), autorité de tutelle d’Areva, interroge aussi. Le groupe public lui a caché beaucoup de choses, comme le montre le mail que nous publions. Il lui a donné des rapports d’expertise expurgés, masquant notamment les doutes des géologues de la maison, comme l’a révélé Bakchich. Mais Bruno Bézard, alors directeur de l’APE, était membre du conseil de surveillance d’Areva depuis 2002. Il siégeait aussi au comité stratégique et au comité d’audit du groupe public. Pouvait-il tout ignorer de l’opération Uramin qui se tramait depuis octobre 2006 ?

 

Bruno Bezard, ancien directeur de l'APE, directeur du Trésor 
Bruno Bezard, ancien directeur de l'APE, directeur du Trésor © capture d'écran sur la chaîne parlementaire

Un fait nourrit la perplexité des salariés d’Areva : la rapidité avec laquelle s’est conclue l’opération de rachat d’Uramin. Moins d’un mois après l’élection présidentielle, tout était bouclé. « Cette rapidité continue de m’étonner », dit Arthur, qui a été associé aux longues négociations pour le rachat – non conclu finalement – de la mine australienne Olympic Dam avec l’APE en 2005. « Les équipes de l’APE sont très professionnelles, très pointilleuses. Elles exigent beaucoup de documents, posent beaucoup de questions. Comment ont-elles pu instruire ce dossier si rapidement ? Comment ont-elles pu se laisser berner à ce point ? Ce sont des questions que je n’arrête pas de me poser. J’aimerais bien avoir la réponse. »

Certains salariés d’Areva font valoir qu’Anne Lauvergeon était alors en position de force par rapport à l’APE : n’avait-elle pas été citée comme une possible ministre des finances au moment de la formation du premier gouvernement de Nicolas Sarkozy ? D’autres mettent en avant le fait qu’Areva faisait alors miroiter auprès de l’actionnaire public l’arrivée de partenaires, notamment chinois, dans le capital d’Uramin, ce qui allait alléger le coût de la charge financière de l’opération pour le groupe. Cela suffit-il pour expliquer cet accord express ? 

Bruno Bézard, aujourd’hui directeur du Trésor, n’a pas répondu, une nouvelle fois, à nos demandes d’entretien. Voici les réponses qu’il avait faites à la commission d’information parlementaire. Le dossier Uramin n’était pas « tombé dans un vide interstitiel », avait-il expliqué alors. Il considérait « être allé très loin dans l’analyse », évoquant « l’intensité du dialogue » et « le nombre des assurances données ». L’APE avait alors mené très loin l’instruction du dossier dans un calendrier serré, selon lui. « Son analyse critique, écrit le rapport parlementaire, a porté sur l’ensemble des facteurs clés de risque, qui étaient aussi les facteurs clés de la valorisation, à savoir : la pertinence de l’opération au regard du plan stratégique de l’entreprise et de son positionnement concurrentiel ; la bonne valorisation de l’entreprise cible ; la capacité d’Areva à supporter le coût d’un point de vue bilanciel ; et sa capacité à maîtriser les risques opérationnels liés à l’acquisition. »

« Par comparaison avec la pratique normale de l’entreprise privée, il me semble que l’APE, sans jamais se substituer au management de l’entreprise sur un dossier où ce dernier exprimait une très forte conviction, est allée très loin dans l’analyse, jouant pleinement son rôle de challenger en posant de nombreuses questions, en exigeant de nombreux documents, en analysant objectivement et de façon suffisamment critique les données et en mesurant les avantages et les risques, pour proposer à ses autorités une orientation dans un calendrier compatible avec la vie des affaires et la compétition internationale », avait alors déclaré Bruno Bézard à la commission d’information.

Comment se fait-il que les équipes de l’APE, avec tout leur professionnalisme, n’aient pas pris garde à ce qui se passait sur le titre Uramin à la Bourse de Toronto ? Étaient-ils si démunis qu’ils ne pouvaient trouver un accès à un écran Bloomberg, leur permettant de suivre au jour le jour l’évolution de la cotation ? L’APE a paré à ces interrogations devant la commission parlementaire. « L’APE avait choisi de privilégier une approche de valorisation intrinsèque de la société, fondée sur des éléments objectifs plutôt que sur sa valeur boursière, sujette à caution dans le contexte de l’époque qui pouvait faire craindre une bulle spéculative », écrit le rapport parlementaire. Ainsi, en pleine spéculation, comme le reconnaît l’autorité de tutelle, celle-ci a estimé que le cours de Bourse de la société rachetée dans le cadre d’une bataille boursière était une donnée accessoire.

La spéculation autour d’Uramin n’a pas échappé, en tout cas, aux boursiers avertis à l'époque. Beaucoup ont flairé la bonne affaire. La banque Goldman Sachs, qui avait déconseillé à EDF de prendre une participation dans Uramin, comme Areva le lui proposait, est ainsi devenue un des principaux actionnaires de la société minière canadienne, dans les dernières semaines, juste avant le lancement de l’OPA.

Selon nos informations, les enquêteurs de la brigade financière ont demandé à Areva la liste des actionnaires d’Uramin au moment de l’OPA de juillet 2007. La direction du groupe lui aurait répondu qu’elle ne l’avait plus. Ainsi, cette liste serait tombée dans les oubliettes de l’Histoire. Mais peut-être que, depuis, le groupe public a remis la main dessus ? 

Prochain épisode : la diplomatie parallèle d’Areva

 

Lire aussi

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 21:10

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere

 

 

L’aéroport de Toulouse vendu aux Chinois : en Grèce, un précédent inquiétant

 

 

 

Noël Mamère
Député de Gironde
Publié le 08/12/2014 à 16h38

Le port du Pirée à Athènes, en mai 2004 (CHAMUSSY/SIPA)

La vente par la France de 49,9% des parts de l’aéroport de Toulouse au consortium chinois Symbiose, pour 308 millions d’euros, soulève de nombreuses questions. Après la fusion du groupe chinois Dongfeng avec PSA il y a quelques mois, le rachat d’actifs au Club Med ou à GDF-Suez, cette vente hors-norme d’une infrastructure stratégique liée à Airbus peut inquiéter.

Même si ces investissements sont peu de choses à comparer avec ceux réalisés par la Chine dans les pays de l’Europe du Nord ou en Grande-Bretagne, le symbole est fort. Disons le tout net, nous ne nous plaçons pas du point de vue nationaliste, nous ne sommes ni antichinois ni antiaméricains, mais, comme Européens convaincus, nous regardons les faits.

Au Pirée, des salariés précarisés

Un précèdent justifie ce questionnement légitime. Le Pirée, le port de marchandises d’Athènes, un des plus grands de la Méditerranée, est racheté en 2008 par un groupe public chinois Cosco. Pour 3,3 milliards d’euros, ce groupe obtient l’autorisation d’exploiter l’embarcadère numéro deux pour les 35 prochaines années, s’engageant en échange à investir 564 millions d’euros dans la modernisation des équipements portuaires, la construction d’un troisième embarcadère et le quasi triplement de ses capacités de gestion des marchandises.

Profitant de la crise et de la politique indécente de la Troïka, forts d’une croissance économique inégalée et de la surévaluation du yuan, les Chinois disposent avec Le Pirée d’une tête de pont en Europe et rivalisent ainsi avec Rotterdam.

Or, que voyons-nous quelques années après ? Les conditions de travail ont précarisé les salariés portuaires comme jamais. Les syndicats ont disparu.

Personne ne sait ce qui s’y passe. La presse grecque et internationale n’est pas la bienvenue et la compagnie Cosco communique très peu sur ses activités ou ses projets de développement. Ils emploient des immigrés clandestins sans papiers, sans assurance, et personne ne les contrôle. Ils travaillent les dimanches, fêtes et jours fériés et ne respectent plus le droit du travail grec. Pour la première fois en Europe, c’est la loi chinoise qui s’impose.

La nouvelle route de la soie passe en Europe

L’aéroport de Toulouse n’est que la continuation de cette stratégie. La Chine s’offre à peu de frais une occasion de renforcer sa présence en Europe après avoir investi à bas prix dans d’autres secteurs clés. Car, à la différence d’autres pays occidentaux ou émergents, la Chine a une stratégie coordonnée au plus haut niveau politique. Dans un premier temps, elle consiste à mettre en place un réseau de ports, de centres logistiques et de voies ferrées pour distribuer ses produits, accélérer les échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident et profiter d’infrastructures hautement rentables sur le continent.

Cette nouvelle route de la soie passait hier par l’Afrique – la Chinafrique est devenue une réalité presque aussi redoutable que la Françafrique –, elle se transporte aujourd’hui en Europe pour y vendre ses produits et capter les nôtres.

L’acquisition de l’aéroport de Toulouse, qui pourrait être suivie de ceux de Nice et de Lyon, s’inscrit comme une nouvelle étape d’un expansionnisme pacifique. Nous ne pouvons faire l’impasse de l’analyse de ce phénomène en raison de ses implications géopolitiques et économiques :

  • le basculement du monde du Nord vers le Sud, se confirme. Comme l’Inde ou le Brésil, la Chine, deuxième puissance économique mondiale, qui pourrait devenir la première aux alentours de 2030, ne fait que prendre la place qui lui revient. Elle procède avec des objectifs précis : garder la maîtrise de son approvisionnement en ressources alimentaires, énergétiques et en matières premières. En voulant se prémunir à long terme des crises et des pénuries futures, elle impose de fait son propre modèle économique au reste du monde. Et l’économique, on le sait, n’est jamais très loin de la politique ;
  • la Chine est le premier bailleur de fonds de la planète. On peut comprendre que, dans ces conditions, l’Europe lui déroule le tapis rouge. Si elle rachète les dettes des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, c’est parce qu’elle a besoin à tout prix d’une Europe solvable. L’Union européenne est son premier client, elle y exporte plus de 20% de sa production. Elle a donc besoin d’une Europe en bonne santé. Mais, avec le temps, cette bienveillance se transformera en pression de plus en plus forte au fur et à mesure de la montée en puissance politique et militaire de la Chine ;
  • les entreprises chinoises, comme la plupart de leurs dirigeants, demeurent liées au pouvoir politique. La nature du régime chinois, autoritaire et corrompu, ne peut pas ne pas rejaillir sur les pratiques de ses entreprises. Même si les règles et les normes en vigueur sont contraignantes, le rapport de force économique fait que, comme au Pirée, elles risquent d’être bousculées, accélérant la dérèglementation sociale et environnementale en Europe. Enfin, chacun sait que l’espionnage économique est un des atouts importants du régime chinois, notamment dans le domaine de la haute technologie. Etre ouvert au monde n’est pas nécessairement être naïf.

L’inconsistance politique de l’Europe

La morale de cette histoire n’est pas que les Chinois sont de méchants impérialistes, mais que l’Europe est une fois de plus politiquement inconsistante. Aux Etats-Unis, il existe un Comité chargé des investissements étrangers (CFIUS). Pourquoi pas une haute-autorité chargée d’examiner les investissements étrangers en Europe ?

Pour une fois, au lieu de privilégier les logiques de concurrence contre les services publics au niveau interne, on mettrait en avant l’intérêt des peuples et la souveraineté européenne. Mais l’Europe, paralysée par ses divisions le peut-elle ? Le veut-elle ? C’est une autre histoire.

 

 

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere

 

 

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 20:45

 

Info reçue par mail

 

 

Suite à la disparition de l'émission Là-bas si j’y suis, le journal Fakir a décidé de mener une bataille non pas contre France Inter, mais bien "pour" France Inter. Pour que sa voix demeure, ou redevienne vivante, pour qu'on y entende la France dans sa diversité.


Le constat que dressent les fakiriens est simple : la parole des ouvriers, des employés, des travailleurs, des classes populaires est au mieux écartée du service public, sinon inaudible, effacée. Le journal Fakir a calculé que, pour une journée témoin, entre 5 heures et 23 heures, les classes populaires n'avaient que 18 minutes de temps d'antenne. Alors qu'elles représentent, selon l'INSEE, la majorité de la population, elles sont complètement marginalisées à l'antenne de la radio de service public.

Le 9 octobre dernier, à l'initiative de Fakir, le collectif "De l'air à France Inter"  s’est réuni pour la première fois à Paris avec 17 associations, partis, syndicats et a écrit une lettre à Laurence Bloch, directrice de France Inter, pour réclamer, a minima, la présence d’émissions quotidiennes de reportage et de critique sociale.
 
Un calendrier d’actions a été décidé. La première : le jeudi 11 décembre, simultanément dans toute la France, une action baptisée « Opération France Bleu » : rencontre avec la direction et les salariés de Radio France, et distribution de tchios-fakir (en fichier joint.)
 
Fakir a défini les objectifs de l’Opération France Bleu :

- Démontrer notre capacité à agir nationalement.
- Faire connaître notre combat
- Mettre le personnel de Radio France de notre côté
- Obtenir de l’information
 
 
Un site internet a été créé : http://delairafranceinter.ouvaton.org/ sur lequel seront mis en ligne photos et films de l’action du 11 décembre.
 
A Nîmes, le rendez-vous est jeudi 11 décembre à 17h00 devant les locaux de France Bleu Gard Lozère, 10 boulevard des Arènes.
Pour le moment, nous n’avons personne pour filmer !
 

En fichiers joints : le tchio-Fakir (lien ici),
le communiqué de presse (lien ici)
la lettre aux salariés de Radio France (à lire ci-dessous),

De l’air à France Inter

 

Chers salariés de Radio France,

 

Voilà des années que nous vivons un peu avec vous, à votre écoute, en auditeurs attentifs de vos stations, du réseau France Bleu, mais plus particulièrement de France Inter.

 

La suppression subite de l’émission Là-bas si j’y suis, en juin dernier, nous a désagréablement surpris. Mais plus encore : qu’elle ne soit pas remplacée à la rentrée par une autre émission de reportage, avec des journalistes qui baladeraient leurs micros en France ou dans le monde, qui donneraient la parole aux ouvriers, aux paysans, aux enseignants.

La principale radio de service public ne propose plus aucune émission quotidienne de reportage.

 

Comme salariés du réseau France Bleu, en « province », vous n’êtes évidemment pour rien dans ces choix de la direction – effectués pour des raisons éditoriales, sans doute, mais surtout d’économie. Peut-être êtes-vous, dans votre locale, soumis à des mêmes impératifs d'économie, qui vous empêche parfois de produire des programmes variés ou des informations de qualité.

Car cette relégation d’une forme, le reportage, a des conséquences démocratiques, ou anti-démocratiques.

Nous avons ainsi audité France Inter le mercredi 3 septembre (au hasard), pour parvenir à ce chiffre : 18 minutes. 18 minutes sur 18 heures. Soit 1,7 %. Voilà le temps d’antenne que France Inter a consacré, ce jour-là, aux ouvriers, employés, travailleurs, classes populaires, qui constituent pourtant la très large majorité du pays.

A la place, les artistes (réalisateurs, acteurs, chanteurs) ont largement la parole (3 h 20). Les experts (politologues, psychologues, juristes) aussi (2 h 20). Les patrons et leurs affidés (financiers, promoteurs, consultants) sont bien présents à leur tour (1 h).

Voilà qui nous apparaît comme un problème : la société française n’est pas correctement représentée.

 

Avec notre collectif - qui comprend de simples auditeurs, mais aussi des associations, des syndicats, des partis – nous n’appelons surtout pas au boycott de Radio France. Cette maison, la vôtre, c’est aussi un peu la nôtre. Et nous souhaitons au contraire que les moyens, la volonté, la liberté, soient donnés au personnel d’accomplir ses missions de service public, et parmi elles, de faire entendre les voix de la France.

 

Notre seconde revendication, c’est que les auditeurs siègent au conseil d’administration de Radio France, aux côtés de vos représentants, de ceux du CSA, des députés, etc. Afin de corriger un arbitraire : un nouveau directeur de France Inter est nommé, et voilà qu’il peut déplacer les émissions à sa guise, en supprimer selon son bon ou son mauvais goût, revoir la grille des programmes, etc. Ceci, au mépris des producteurs, des salariés, mais aussi des auditeurs – qui ont leurs attachements, leurs habitudes.

 

Voilà le sens de la campagne « De l’air à France Inter » que nous allons mener cette année, par des distributions de tracts, des réunions publiques, des interpellations du CSA, du ministère de la Culture. Nous espérons que vous y verrez une attention à votre travail, et aux conditions dans lesquelles vous le réalisez.

 

Vous remerciant pour votre attention,

Cordialement,

 

Notre équipe.

0664038833

 

www.delairafranceinter.ouvaton.org

delairainter@fakirpresse.info

Facebook : https://www.facebook.com/delairafranceinter

Twitter : https://twitter.com/airAInter


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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 20:40

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Europe

Plus d’un million de citoyens européens mobilisés pour « tuer le vampire » néolibéral Tafta

par Sophie Chapelle 8 décembre 2014

 

 

 

 

Plus d’un million de signatures viennent d’être recueillies contre la mise en œuvre de futurs traités de libre-échange. Lancée par le collectif Stop TTIP [1], cette « initiative citoyenne européenne auto-organisée » vise à obtenir des États membres qu’ils ne concluent pas les traités commerciaux actuellement négociés entre l’Union européenne et les États-Unis (TAFTA ou TTIP), et entre l’UE et le Canada (CETA).

Selon les textes européens, le recueil d’un million de soutiens permet d’être reconnu en tant qu’initiative citoyenne européenne (« ICE ») [2]. Cette reconnaissance doit normalement permettre aux organisations qui ont lancé l’initiative de peser directement sur l’élaboration de politiques européennes, comme cela a été le cas pour refuser la privatisation de la gestion de l’eau (lire ici).

Mais pour les accords de libre-échange, la Commission ne l’entend pas de cette oreille. Le 11 septembre dernier, elle a refusé la demande d’une « initiative citoyenne européenne » sur le sujet, portés par les collectifs citoyens. D’après la Commission, les initiatives citoyennes sont prévues pour instaurer de nouvelles lois, mais pas pour contester un texte en cours de législation, rapporte RFI. Bruxelles, qui a fait de ces négociations commerciales une priorité, ne soumettra donc pas de proposition législative pour soutenir cet appel.

 

« Il faut le tuer comme on tue les vampires »

Qu’à cela ne tienne ! Après avoir saisi la Cour de justice européenne, le collectif Stop TTIP, qui rassemble 320 organisations dans 21 États membres, a décidé de lancer une « ICE auto-organisée » contre TAFTA et CETA, en appliquant les mêmes règles que celles de la Commission. Cette initiative a connu un succès fulgurant : lancée il y a moins de deux mois, elle a dépassé le million de signatures [3] ! Le quota officiel pour la France est de 55 000 signatures et à l’heure où nous écrivons ces lignes, il en manque moins d’un millier (vous pouvez encore signer en cliquant ici). Et en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Autriche, les citoyens se sont activement mobilisés.

« Nous ne nous arrêterons pas au million car cette campagne doit continuer et se renforcer tant que dureront les négociations, prévient Susan George de l’association Attac France. Il ne s’agit pas d’ajouter une ou deux exclusions de tel ou tel secteur ni d’améliorer à la marge ce traité inacceptable. Il faut le tuer comme on tue les vampires, en l’exposant à la lumière du jour. » Le Collectif Stop TTIP invite à fêter le 9 décembre à Bruxelles les 60 ans de Jean-Claude Juncker, nouveau président de la Commission européenne, en lui remettant symboliquement une carte de vœux géante signée par plus d’un million de citoyens européens. Pour Susan George, c’est « une belle occasion pour que tous les citoyens puissent prendre part à cette "Stratégie Dracula" ».

 

 

Retrouvez le dossier de Basta ! : Traités de libre-échange : les multinationales contre la démocratie ?

 

Notes

[1TTIP pour « Transatlantic Trade and Investment Partnership »

 

 

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Source : www.bastamag.net

 

 


 

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 20:34

 

Info reçue par mail

 

 

Bonjour,
La veille de l'action contre la Société Générale, celle-ci annonce son retrait du projet contesté Alphacoal.
Les actions en France ont été maintenues, notamment à Nîmes: une belle occasion pour rappeler que la mobilisation peut payer y compris contre des grands groupes comme la Société Générale.
Ci-après le communiqué d'ATTAC France et en PJ, l'article de Midi Libre ( lien ici) et quelques photos de l'action (comme si vous y étiez...peut-être y étiez-vous d'ailleurs !?).(lien ici)
Merci aux photographes Didier et Gilles !

 
Loïc (attac Nîmes)

 

 

Sous pression citoyenne, la Société générale se retire du projet Alpha Coal

Communiqué 5 décembre 2014

La Société générale a annoncé ce vendredi 5 décembre qu’elle jetait l’éponge : elle se retire du projet contesté Alpha Coal, une gigantesque mine de charbon en Australie. Il s’agit d’une première et importante victoire des mouvements citoyens qui exigeaient l’abandon de cette « bombe climatique ». Le projet doit maintenant être définitivement abandonné par ses promoteurs australiens et indiens.
À la veille d’une journée d’action nationale organisée par les Amis de la Terre, Attac et Bizi !, la Société générale a fini par reculer. Par un courriel de Jean-Michel Mépuis, directeur Développement Durable et RSE, la banque vient d’annoncer aux associations que « dans le contexte du retard du projet Alpha Coal, Société Générale a décidé, en accord avec GVK-Hancock, de suspendre son mandat. La banque n’est donc plus impliquée dans le projet. Vous pouvez relayer ce message dans votre réseau » [1].
Depuis plusieurs mois, les Amis de la Terre, Attac et Bizi ! menaient des actions communes pour que la Société Générale renonce à sa mission de conseil et au financement de ce projet de mine à ciel ouvert dans le bassin de Galilée en Australie. Prévoyant une voie ferrée et une expansion portuaire en plein cœur de la Grande Barrière de corail, ce projet serait à la fois une bombe climatique dont le développement serait à l’origine de l’émission de 1,8 milliards de tonnes de CO2 compromettant de façon irréversible les efforts pour limiter le réchauffement de la planète ; mais aussi une catastrophe pour les populations locales, la biodiversité et les milieux.
Suite à une action d’occupation des agences de la Société Générale lundi dernier, à Pau et à Paris, jour de l’ouverture du sommet mondial sur le climat de Lima (COP20), dans le cadre de la journée internationale de jeûne pour le climat, des actions de « picketing » avaient été annoncées devant une dizaine d’agences de la Société Générale dans toute la France, de Bayonne à Bourges, de Chambéry à Concarneau, de Limoges à Mâcon en passant par, Nîmes, Paris, Pornichet, Tours… Alors que la COP 20 se poursuit au Pérou, les Amis de la Terre, Attac et Bizi !, démontrent que l’action citoyenne permet d’obtenir des victoires concrètes qui sont autant de premiers pas vers la mise sous contrôle citoyen des banques et multinationales prédatrices, et pour relever le défi climatique !
La pression internationale contre GVK-Hancock doit encore s’accentuer pour que ce projet climaticide ne voie jamais le jour.
Après cette première victoire, nos associations comptent poursuivre leurs actions en 2015 en faveur du climat, notamment contre les banques et multinationales impliquées dans le secteur du charbon, énergie fossile qui reste la première source d’émissions mondiales de CO2, un gaz à effet de serre responsable du dérèglement climatique.
[1Position de la Société Générale, 5 décembre 2014 :  http://www.societegenerale.com/fr/s-informer-et-nous-suivre/newsroom/position-du-groupe 
Attac France — 2014

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 20:30

 

Info reçue par mail

 

 

Au niveau local:

Le projet de golf St Hilaire prend une nouvelle appellation : "eco-site". Cette 2ème version du projet est quasiment identique à la 1ère ( le 9 trous est différé mais pas abandonné).
Il s'agit toujours d'artificialisation des terres et de perte de terres agricoles, sans compter la zone humide qui est menacée.
Il s'agit toujours de dépenser des sommes considérables d'argent public au bénéfice de 2 privés.
180 ha de terres agricoles sont menacées et autant de zones naturelles par un projet immobilier sous couvert d'un golf que l'enquête publique a déjà retoqué et jugé non rentable.
L'agglo veut faire voter Jeudi 11 Décembre l'approbation du dossier enquête préalable DUP de "l'éco-site" de St Hilaire de Brethmas, valant mise en conformité du POS de St Hilaire de Brethmas.
 
Retrouvons-nous JEUDI 11 DECEMBRE à 17h devant la salle Rue Jules Cazot à Alès
pour une distribution de tracts à tous les maires qui participerons au vote.


A l'international:

Soutenons ce referendum européen contre la terrible menace de cet accord que nos politiques préparent avec les Etats Unis, et qui laminerait les dernières barrières écologiques, sanitaires, sociales, face à la déferlante des multinationales.

Pierre et Marianne

 

 
MERCI de faire suivre!
                                                                                **********************************
ICE stop TAFTA: + 55 500 pour la France, ça c'est fait !
La France a atteint son quota !
Ce qui porte à 7 le nombre d'états membres ayant atteint le quota, : dans l'ordre de performance : Allemagne, Grande Bretagne, Autriche, Finlande, Slovénie, Luxembourg, France donc (les Pays bas très proche de leur quota seront vraisemblablement le 8ème)
C'est important car le règlement d'une ICE (initiative européenne citoyenne) officielle stipule qu'il faut 1 million de signatures et 1/4 des états de l'Union (28/4 = 7) atteignant leur quotas
Bien entendu on n'en restera pas là car pour contrer leur argument qu'on est pas dans leurs clous (qu'ils nous ont scandaleusement refusé, une procédure à la CJE (Cour de Justice de l'union Européenne) est en cours, on espère bien aller beaucoup plus loin que le million de signatures


Jean Michel C


Wilfried Attac
On l'a fait ! 
Après un gros sprint final qui nous a permis de récolter 35 000 signatures en une semaine, le contrat est rempli en France : on a les 55 500 signatures pour l'ICE auto-organisée contre TAFTA et CETA :
On sera donc de la fête à Bruxelles, ce mardi 9 décembre, pour la remise symbolique du million de signatures à l'occasion des 60 ans de Jean-Claude Juncker.
Merci à tous celles et ceux qui se ont mobilisés pour y arriver ;)


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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 18:19
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