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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 16:13

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Le père de Rémi Fraisse : « J’ai fait un rêve, Rémi »

mercredi 26 novembre 2014

 

 

 

Il y a juste un mois, le 26 octobre, un jeune homme s’écroulait sur la zone humide du Testet, touché mortellement par une grenade tirée par un gendarme. Voici quelques jours, son père a voulu transmettre quelques mots, « un rêve ».


Le 14 novembre, Arie Alimi, l’avocat de la famille de Rémi Fraisse animait une conférence de presse, avec France nature environnement, la Ligue des droits de l’homme et le Syndicat des avocats de France. A cette occasion, il a lu un message émouvant du père de Rémi Fraisse. Voici ses paroles :

- Ecouter le texte :

J’ai fait un rêve.
J’ai fait un rêve, Rémi, tu nous quittes dans un faisceau lumineux.
J’ai fait un rêve, Rémi, la renoncule à feuilles d’ophioglosse fleurit sur toutes les zones humides qui se multiplient partout en France.
J’ai fait un rêve, Rémi, l’humour et le détachement de soi sont à l’intérieur de nous tous
J’ai fait un rêve, Rémi, plus jamais la France ne se mutilera avec des grenades offensives...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 16:04

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

"Omerta sur la viande" : ce qui atterrit vraiment dans nos assiettes

Mercredi 26 Novembre 2014 à 05:00

 

David Nemtanu

 

Dans le livre "Omerta sur la viande", Pierre Hinard raconte de l'intérieur son expérience de responsable qualité au sein de la société d'abattage et de découpe Castel Viandes. Il avait été licencié en 2008 pour avoir révélé comment l'entreprise vendait de la viande avariée. Depuis cet été, des dirigeants de Castel Viandes ont été mis en examen...

 

NIKO/SIPA
NIKO/SIPA

Castel Viandes. Le nom de cette entreprise de Loire-Atlantique spécialisée dans l'abattage et la découpe provoquera moins de frissons chez vos interlocuteurs que celui de Spanghero et ses goûteuses lasagnes au cheval. Son cas, il faut bien le dire, avait fait moins de bruit. Voilà une bonne raison de se plonger dans Omerta sur la viande* de Pierre Hinard. Dans ce livre, l'auteur révèle son expérience de cinq ans en tant qu’ancien responsable qualité dans l'entreprise. Ancien car le salarié explique avoir été licencié en 2008 pour avoir chercher à stopper les curieuses pratiques du fournisseur de très grandes enseignes dont Auchan, Lustucru, Flunch ou bien encore McDonald’s.
 
Si le livre souligne d'abord la négligence coupable des services de l’Etat à l’égard des viandes suspectes livrées par Castel Viandes, il n'oublie pas de regretter la négligence de la grande distribution vis-à-vis de son fournisseur en s’abstenant, à l’époque, de contester la mauvaise qualité de ses viandes. Que ce soit auprès des services vétérinaires, de la Direction générale de l’alimentation ou de la répression des fraudes... 

Steaks hachés, matière grasse et asticots

Mais Pierre Hinard pointe bien sûr du doigt le premier des responsables : l'entreprise Castel Viandes elle-même dont les conditions sanitaires de production, telles qu'elles sont décrites dans le livre, semblent tout simplement déplorables. A titre d'exemple, selon le responsable qualité, environ 250 kg d’asticots — bon appétit — pullulaient sur le toit de « l’atelier steaks hachés » de Castel Viandes...
 
En plus de cet épisode ragoûtant, le lecteur-consommateur découvrira comment il peut être facilement trompé. Par exemple, Pierre Hinard explique que certains des steaks hachés fournis par Castel Viandes contiendraient potentiellement entre 16 et 19 % de matière grasse… alors que l’emballage final affiche 15 %.
 
On regrettera néanmoins que les pistes avancées par l’auteur pour éviter que ne se reproduise une telle situation concernent davantage le simple citoyen que la chaîne de production et les infrastructures chargées des contrôles sanitaires et vétérinaires. « Comment choisir une bonne viande ? » résume ainsi un paragraphe du livre. Pierre Hinard rappelle les bonnes questions que les consommateurs responsables devraient se poser à l’occasion de l’achat d’une viande : « Qui l’a produit ? Où ? Et comment est-ce produit ? Et la race ? » Nécessaire sans doute. Mais pas suffisant.
 
On aurait apprécié, pour faire avancer le schmilblick, des propositions plus significatives, touchant par exemple l’action de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ou bien que soit interrogé la baisse du nombre de fonctionnaires dans les organismes de surveillance rattachés au ministère de l’Agriculture. Lors d'une Assemblée organisée par Marianne sur ce sujet, en juin 2013 à Poitiers, Guillaume Garot, alors ministre délégué à l’Agroalimentaire l'avait d'ailleurs reconnu à la tribune d'une formule on ne peut mieux choisie : « Aujourd’hui, on est à l’os ».

* Omerta sur la viande, un témoin parle, Pierre Hinard, Ed. Grasset, novembre 2014, 234 pages, 17 €.

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 15:59

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Sur France 2 25/11/2014 à 19h01

Immigration et délinquance : à la télé, la preuve que ce n’est pas lié

David Perrotin | Journaliste Rue89

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« Immigration et délinquance sont forcément liées. » Pas un jour ou presque sans que cette idée soit émise par des politiques (FN et UMP, en tête), des polémistes (comme Zemmour) ou même vos voisins.

Penser le contraire aujourd’hui, c’est prendre le risque de se faire taxer d’angélisme, de passer pour un bobo laxiste. Mais Gilles Cayatte, Christophe Nick et John Paul Lepers ne se sont pas résolus à gober cette affirmation sans la vérifier.

Ce mardi soir dans « Infrarouge », France 2 diffuse leurs deux documentaires (« L’Enquête qui dérange » puis « La Fabrique du préjugé »).

« Je ne suis pas raciste, mais... »

Dans « L’Enquête qui dérange » – que vous pouvez visionner ci-dessous –, John Paul Lepers choisit d’adopter un lexique de plus en plus banalisé, en parlant des « Français de souche » et des « racailles ». Il commence son reportage par cette phrase tellement entendue :

« Je ne suis pas raciste, mais... »

Pour être le plus convaincant possible, le documentaire se fonde sur des données indiscutables : celles de l’Insee, du ministère de l’Intérieur, ou d’observatoires indépendants (toutes de 2009, date des derniers rapports les plus complets). A l’arrivée, il anéantit plusieurs clichés.

 

1 Un fort taux d’immigration...

... n’est pas forcément synonyme de délinquance

 

Le journaliste s’intéresse d’abord à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Taux d’immigration : 40%. Taux de délinquance : 127 délits pour mille habitants (quand la moyenne nationale est de 56‰). De quoi laisser penser que, effectivement, immigration et délinquance sont liées.

Sauf que John Paul Lepers scrute également les statistiques de Beausoleil, une ville voisine de Monaco. Celle-ci compte 38% d’immigrés et 58 délits pour mille habitants, bien moins que pour la ville du 9-3.

Comment expliquer ce différentiel alors que le taux d’immigration y est presque identique ? Contrairement à Aubervilliers, la ville de Beausoleil connaît le plein-emploi.

2 Un fort taux de chômage...

... n’est pas forcément synonyme de délinquance

 

Chômage et immigration n’induisent pas automatiquement un fort taux de délinquance.

Ainsi, à Oyonnax dans l’Ain, le chômage est élevé et le taux d’immigration aussi (28%).

La violence, elle, reste inférieure (51‰) à la moyenne nationale.

3 Le match Caen-Montbéliard

Calvados et Franche-Comté

 

Les sceptiques diront qu’il faut choisir des grandes villes, des agglomérations, pour vérifier si l’équation chérie par le Front national est fausse. Le journaliste compare alors la ville de Montbéliard (Franche-Comté), un bassin industriel où vivent beaucoup d’immigrés (30%) et où la délinquance a explosé (73‰ en 2009).

Face à cette ville classée zone de sécurité prioritaire (ZSP), Caen (Calvados) est passée au crible. Celle-ci connaît le même taux de délinquance (72,41‰), avec seulement 5,3% de sa population immigrée ou issue de l’immigration. Les jeunes étudiants et les personnes alcoolisées sont les principaux responsables des violences.

Les records de la « ville blanche »

Etonnement pour certains, Caen bat tous les records. Cette « ville blanche » connaît un nombre de faits bien plus important que Montbéliard concernant :

  • les homicides (2 contre 0),
  • les crimes sexuels (203 contre 156),
  • les coups et blessures volontaires (954 contre 678),
  • les cambriolages (1 058 contre 876),
  • les vols des deux roues (314 contre 292),
  • les vols à la tire (319 contre 134),
  • les vols à l’étalage (1 038 contre 468).

Montbéliard, cette « ville d’immigrés », bat seulement la ville de Caen sur le nombre d’incriminations liées au trafic de stupéfiants. Et de peu : 570 contre 503 faits.

4 Un fort taux d’immigrés en prison...

... n’est pas synonyme d’une plus grande criminalité

 

Mais s’agissant du trafic de drogue, les chiffres ne peuvent même pas valider le préjugé immigration = délinquance, comme le prouve le chercheur au CNRS Laurent Mucchielli.

Une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) montre que la consommation de drogue existe dans tous les milieux. Pourtant, la majorité des jeunes poursuivis par la justice sont issus de l’immigration.

« Cible prioritaire »

Pour comprendre pourquoi, le documentaire met en avant une étude de l’OFDT qui a croisé le nombre d’usagers de cannabis avec le nombre d’arrestations pour usage de cannabis. Exemple :

  • l’Ardèche, qui compte très peu d’immigrés, est au quatrième rang national des usagers, mais au 53e rang au nombre des arrestations ;
  • à l’inverse, la Seine-Saint-Denis, le département de France avec le plus grand nombre d’immigrés, est au 42e rang national des usagers. Mais est sur le podium (1ère place) s’agissant du nombre d’arrestations.

Après ces démonstrations mathématiques, John Paul Lepers résume :

« Contrairement à ce que dit Zemmour, si les immigrés remplissent les prisons, ce n’est pas parce qu’ils sont plus criminels que les autres, mais parce que la police en a fait sa cible prioritaire. »

Infos pratiques
« Infrarouge »
France 2

« L'Enquête qui dérange », mardi 25 novembre à 22h40.

« La Fabrique des préjugés », mercredi 26 novembre à minuit.

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 15:50

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Espagne

Licenciements massifs : une campagne de boycott fait plier Coca Cola

par Nathalie Pédestarres 26 novembre 2014

 

 

 

 

 

C’est l’histoire d’une campagne de boycott réussie contre la filiale espagnole du géant états-unien. En janvier 2014, Coca-Cola Iberian Partners annonce la fermeture de quatre de ses onze usines d’embouteillage à Madrid, Palma de Majorque, Alicante et Colloto (Asturies). Ces fermetures inattendues sont assorties d’un plan social qui prévoit le licenciement de 1 253 travailleurs sur 4 200 employés au total. Avec plus d’un quart de la population nationale au chômage, l’annonce suscite un véritable tollé populaire. D’autant plus que les bénéfices nets obtenus par Coca Cola Iberian Partners (60,57 millions d’euros en 2013 [1]), justifient difficilement les licenciements pour des raisons économiques [2].

« Si Madrid ne produit pas, Madrid ne consomme pas »

Coca Cola explique sa décision par une « surcapacité d’embouteillage » : la production de bouteilles et de canettes de soda ne serait plus suffisante pour justifier le fonctionnement de ces usines [3]. L’argument ne convainc pas les employés touchés par les fermetures. La voie judiciaire est d’abord explorée par leurs syndicats. Dans le même temps, à Fuenlabrada, dans la banlieue de Madrid, des travailleurs licenciés commencent à camper devant les portes closes de l’usine, multipliant les manifestations dans la rue et appelant au boycott de tous les produits Coca Cola. « Si Madrid ne produit pas, Madrid ne consomme pas », peut-on lire sur les pancartes des manifestants et jusque sur les tracts distribués à la sortie des supermarchés de la capitale pour sensibiliser les consommateurs à la situation précaire des travailleurs de Coca Cola.

Des personnalités s’associent par solidarité à cette campagne de boycott à l’instar du cinéaste Fernando Trueba. C’est aussi le cas de figures politiques comme Javier Couso (Izquierda Unida) et Pablo Iglesias (Podemos), co-auteurs du documentaire « Una mosca en una botella de Coca Cola » (Une mouche dans une bouteille de Coca Cola) qui critique le lobbying des grands groupes industriels sur les médias. Selon Juan Carlos Asenjo, du syndicat Comisiones Obreras et porte-parole du campement de Fuenlabrada, cette campagne a permis de faire baisser la consommation de Coca Cola de 17 % en moins d’un an rien que dans la région de Madrid.

Poursuite du bras de fer

Face à cette pression sociale, l’Audiencia nacional – la plus haute juridiction du pays – prononce le 13 juin la nullité des licenciements des travailleurs des quatre usines fermées par Coca Cola. Ce 21 novembre, un deuxième verdict vient de contraindre Coca Cola à payer les salaires de tous les employés licenciés, à compter du 13 juin et durant le délai requis par les juges pour examiner le pourvoi en cassation déposé par la multinationale. « Pour nous c’est une victoire historique, se réjouit Juan Carlos Asenjo. Celle d’avoir réussi à récupérer nos emplois en luttant aussi bien dans la rue que devant les tribunaux ».

La bataille n’est pas pour autant gagnée. Sur injonction de l’Audiencia nacional, Coca Cola doit décider d’ici le 28 novembre si elle réintègre les employés licenciés ou si elle se contente de leur payer les salaires jusqu’au résultat du pourvoi en cassation. Coca Cola a déjà déclaré que si elle doit rouvrir des postes de travail, elle ne le fera que dans les usines demeurées ouvertes. De leur côté, les travailleurs restent mobilisés. « Nous ne lèverons le campement de Fuenlabrada et la campagne de boycott des produits Coca Cola que lorsque l’usine sera rouverte et que nous récupèrerons nos postes de travail », a averti Juan Carlos Asenjo.

 

 

Nathalie Pedestarres

Photo : CC / FlickR

 

Notes

[1D’après les données comptables de l’entreprise auxquelles a eu accès l’agence de presse espagnole EFE.

[2Cobega, la compagnie catalane qui détient la licence pour mettre en bouteille et commercialiser la boisson Coca Cola sur le territoire espagnol, a fait une percée spectaculaire en Afrique ces trois dernières années (avec une croissance annuelle de 8 % en moyenne), à travers sa filiale Equatorial Coca-Cola Bottling Company, atteignant 75 % des parts de marché. Cette politique d’expansion sur de nouveaux marchés africains – qui contrebalance la maturité de la consommation en Espagne – n’est pas étrangère à la fermeture des usines en Espagne.

[3« L’ensemble des lignes d’embouteillage ne fonctionne qu’à 50% de sa capacité, ce qui n’est viable pour aucune entreprise », déclare un porte-parole de l’entreprise en mars 2014.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 15:42

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Aux Etats-Unis, Ferguson s’enflamme et le débat sur la police raciste reprend

|  Par Iris Deroeux

 

 

Le policier, blanc, qui a tué le jeune Afro-Américain Mike Brown en août dernier, à Ferguson dans le Missouri, ne sera poursuivi. Des manifestations ont aussitôt éclaté à Ferguson mais aussi à travers le pays.

 

De notre correspondante aux Etats-Unis.- La décision était attendue depuis plus de trois mois et elle a enfin été rendue la nuit dernière : l’officier Darren Wilson, qui a abattu le jeune Afro-Américain Mike Brown en août dernier à Ferguson, dans le Missouri, n’aura pas à répondre de ses actes devant la justice. Le jury, qui était réuni depuis le 20 août afin de décider si celui-ci devait être poursuivi, a estimé « qu'il n'y avait pas de raison suffisante d'intenter des poursuites contre l'officier Wilson », selon les termes du procureur, Robert McCulloch. Les douze jurés, neuf Blancs et trois Noirs, ont basé leur décision sur une série de témoignages contradictoires et de documents tels que les rapports médicaux, le rapport d’autopsie pratiqué sur Michael Brown, ou encore l’examen des photos des blessures infligées à l’officier. Des photos peuvent être consultées ici. La transcription de la décision des jurés est ici.

Cette décision a immédiatement déclenché de violentes manifestations dans cette petite ville de banlieue de Saint Louis, dans le Missouri, ainsi que des marches dans plusieurs villes du pays, à Washington, New York, Los Angeles, Chicago ou Seattle. Sur les pancartes brandies par les manifestants, on a pu lire des messages comme : « Justice pour Mike Brown », « Cessez de tuer nos enfants », « Stoppez la terreur policière » ou encore « La vie des Noirs compte ».

 


 

Si l’affaire Ferguson a pris aujourd’hui une telle ampleur, c’est qu’elle est devenue un sujet d’attention nationale dès août dernier, en relançant le débat sur les brutalités policières, un système judiciaire jugé discriminant à l’égard des Afro-Américains et plus généralement sur le racisme (nous l’expliquions ici). Car le déroulé de cette affaire est considéré par beaucoup comme tristement classique : un jeune homme noir non armé abattu par un policier blanc dans des circonstances floues, suivi d’une réaction lente et jugée insuffisante de la part des autorités, puis d’une libération du policier.

Une série de tweets dans la nuit de Deray Mckesson (@deray) présent sur place et membre du site noindictment.org 
Une série de tweets dans la nuit de Deray Mckesson (@deray) présent sur place et membre du site noindictment.org

L’affaire de Ferguson a précisément commencé le 9 août 2014, lorsque Mike Brown a été tué par arme à feu dans des circonstances sur lesquelles deux versions contradictoires n’ont cessé de s’affronter. Le jeune homme et l'un de ses amis se dirigeaient à pied vers leur domicile quand ils ont croisé la route d’un policier, peu de temps après le signalement d’un larcin dans une épicerie du quartier. Il s'est alors produit une altercation qui a dégénéré. La police dit que l’officier a été attaqué, que Michael Brown a tenté de lui prendre son arme et que l'officier s’est donc légitimement défendu ; tandis que l’un des témoins de la scène affirme que le jeune homme n’était pas armé, qu’il a couru pour s’éloigner de la voiture de police, et qu’il levait les bras, mains en l’air, quand l’officier a tiré plus de dix fois. Le policier a ensuite quitté les lieux et le corps du jeune homme est resté au milieu de la chaussée pendant plusieurs heures, nourrissant la colère des habitants, ne tardant pas à exploser. 

 

Après le verdict à Ferguson 
Après le verdict à Ferguson © Reuters

Dix jours de manifestations et d’émeutes s’en sont suivis. Et les tensions ne sont jamais vraiment retombées, alimentées jusqu’à la veille de ce verdict par les décisions et méthodes de communication hasardeuses des autorités locales. Elles ont choisi de ne pas révéler le nom de l’officier, refusant de publier le rapport d’autopsie, de dire combien de balles avaient été tirées sur Mike Brown, puis ont fait appel à plusieurs reprises à la garde nationale, à des renforts équipés de matériel militaire lourd pour disperser les manifestants… Pendant ce temps, des leaders religieux tel que le New-Yorkais Al Sharpton, des associations nationales de lutte pour les droits civiques telle que le NAACP, ainsi qu’une myriade d’associations locales, se sont saisis du problème, lui donnant une visibilité nationale, et entamant un débat sur les réformes à mener, à la fois localement et nationalement (nous avons parlé de ce militantisme ici).

C’est sur ce travail de réflexion qu’a insisté Barack Obama, prenant brièvement la parole immédiatement après le verdict lundi soir. Le président a d’abord appelé à manifester dans le calme et il a repris les mots du père de Mike Brown, déclarant que « la solution n’était pas de s’en prendre aux autres ou de détruire des biens matériels ».

Il a aussi jugé les débordements « inévitables », glissé avec une pointe de cynisme qu’ils feraient de « bonnes images pour la télévision ». Puis il a estimé que le pays, tout en ayant « beaucoup progressé » sur les problèmes raciaux, avait encore du chemin à parcourir, qu’il fallait améliorer les relations « entre la police et les communautés de couleur ».  Et il a appelé, sans donner de détails, à agir de manière « constructive ».

 

 

Ce discours, il l’a déjà tenu à de nombreuses reprises, notamment fin août lorsqu’il a pris la parole pour commenter les premières émeutes à Ferguson, ou encore après l’acquittement de Georges Zimmerman dans l’affaire Trayvon Martin. Au point de ne plus vraiment être entendu, puisque des affaires de ce type continuent de se produire régulièrement, en faisant l’objet de plus ou moins d’attention médiatique, et sans que des réformes d’ampleur ne soient entamées.

Ne serait-ce qu’au cours des derniers jours, deux autres faits divers sont venus nourrir ce débat. Il y a eu la mort d’Akai Gurley, 28 ans, non armé, abattu dans un hall d’immeuble à Brooklyn par un jeune officier (lire ici). Une affaire dans laquelle le département de la police new-yorkaise a concédé avoir commis une erreur, mais qui continue de mobiliser à New York. Puis le jeune Tamor Rice, 12 ans, a été abattu sur une aire de jeux de Cleveland, dans l’Ohio, par un policier craignant que son faux pistolet, attaché à sa ceinture, ne soit une arme létale (ici).

 

Rassemblement devant la Maison Blanche après le verdict 
Rassemblement devant la Maison Blanche après le verdict © Reuters

Quelques statistiques, quoique insuffisantes, permettent encore de mieux cerner le problème. Ce sont par exemple celles du Center for Disease Control qui compile des données par État. Nationalement, le Centre arrive à la conclusion que les Noirs ont trois fois plus de chances d’être tués par les forces de l’ordre que les Blancs. (Ici, une compilation de statistiques sur le sujet.)

Face à cette réalité, et face à la méfiance de la communauté afro-américaine envers les forces de police, de nombreuses pistes de réformes existent bien sûr, tant au niveau local que national. Il s’agit par exemple d’instaurer des mécanismes de surveillance et de responsabilisation de la police plus efficaces (un article d'opinion ici dans le New York Times, intitulé « Comment la cour suprême protège les mauvais policiers »), de revoir les règles du port d’armes (comme l’explorait cet article fouillé du site Think Progress en août, comparant l’Angleterre et les États-Unis), de réintroduire une police de proximité. Une loi a encore été proposée, surnommée « loi Mike Brown », qui obligerait tous les officiers du pays à être munis d’une caméra, fournissant des preuves par l’image bien moins discutables que des témoignages.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 15:28

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Droits humains

Malgré les tortures et la répression, la France va-t-elle poursuivre ses ventes d’armes à l’Egypte ?

par Warda Mohamed 26 novembre 2014

 

 

 

 

 

François Hollande accueille aujourd’hui le président égyptien Al Sissi. Au programme des discussions : plusieurs centaines de millions d’euros de contrats d’armement. Les organisations de défense des droits humains Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent pourtant de nombreux cas de répressions, d’arrestations, de tortures et de massacres d’opposants en Égypte. Le code de conduite européen en matière de vente d’armes stipule également de refuser toute exportation d’armes s’il existe « un risque manifeste » que celles-ci « servent à la répres­sion interne ». Le gouvernement de Manuel Valls s’inscrira-t-il dans la droite ligne de la position « sécuritaire » adoptée par Michèle Alliot-Marie lors des printemps arabes ?

Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi est reçu ce 26 novembre, à l’Élysée, par François Hollande. Il rencontrera également Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, ainsi qu’une délégation du Medef. Quatre ans après la révolte qui a fait tomber Hosni Moubarak, les relations se normalisent avec l’Égypte, même si les affaires, en particulier les ventes d’armes, n’ont jamais cessé. Qu’importe que le « processus de transition politique vers des institutions civiles respectueuses de l’État de droit, des droits de l’Homme et des libertés publiques », que l’État français appelle officiellement de ses vœux, soit au point mort. L’ancien ministre égyptien de la Défense, élu président en juin dernier lors d’un scrutin entaché de fraude, marqué par une abstention massive, et face à un seul candidat, semble être devenu un interlocuteur respectable. Navires de guerre, véhicules blindés, roquettes ou avions de chasse « made in France » peuvent de nouveau s’y exporter, même s’ils risquent de servir à réprimer les mouvements de contestation.

Quand il s’agit de ventes d’armes, tout va très vite. A peine un mois après la présidentielle, le groupe DCNS, détenu par l’État et Thales, et spécialisé dans l’armement naval, confirme un contrat portant sur quatre corvettes, pour un montant d’un milliard d’euros, destinées à la marine égyptienne (voir aussi l’article de La Tribune). D’autres ventes pourraient être finalisées cette semaine à l’occasion de la visite présidentielle, les militaires égyptiens étant notamment intéressés par le Rafale.

La relation militaire entre les deux pays est ancienne. L’Égypte dispose d’avions Mirage et Alpha Jet de Dassault Aviation, de Crotale (Thales) et voudrait moderniser ses appareils. Sagem (Safran) et Thales travailleraient sur ce projet avoisinant les deux milliard d’euros. Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) est la tête d’un véritable empire dont ni les revenus – qui proviennent d’entreprises qu’elle détient dans des domaines très divers –, ni le budget ne sont connus. L’hégémonique institution dispose de fonds conséquents à investir. Al-Sissi est, dans cette perspective, un hôte de choix : il a dirigé les forces armées juste avant son élection. En 2011, il était le chef du renseignement militaire.

Un militaire président impliqué dans des massacres

Plusieurs entreprises françaises ont déjà tiré profit de l’instabilité du pays. En novembre 2012, Renault Trucks Défense (RTD) annonce qu’elle deviendrait « le premier partenaire français de l’armée d’ici quelques années ». RTD a livré à l’Égypte 47 véhicules blindés lourds et légers « Sherpa » et des camions conçus pour le maintien de l’ordre. Se pose alors la question de la responsabilité sociétale de l’entreprise vis-à-vis d’un pouvoir qui réprime durement les mouvements de contestation. À peu près tous les armements peuvent être détournés de leur usage militaire classique à des fins répressives contre les populations civiles. Dès 2011, blindés lourds et légers sont ainsi régulièrement déployés, dans la capitale et d’autres grandes villes, pour imposer la présence des forces de sécurité.

Le 9 octobre 2011, l’armée fonce sur la foule avec ces véhicules. Elle écrase des manifestants majoritairement coptes (chrétiens d’Égypte) qui revendiquent le respect de leurs droits. Le bilan « du massacre de Maspero » (lire ici) est d’environ 30 morts et 300 blessés. Le 14 août 2013, blindés, bulldozers et véhicules Sherpa vendus par Renault sont utilisés pour maîtriser les manifestants et évacuer les sit-in des sympathisants de Mohamed Morsi, le président déchu en 2013. Plus de 1 000 personnes sont tuées dans ce que l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch qualifie de « probables crimes contre l’humanité commandités par des personnes aux responsabilités, dont Al-Sissi » (Voir cet article d’Orient XXI). Contacté sur ce sujet, Renault Trucks Défense n’a pas donné suite. La France collabore également avec les services de surveillance, notamment via Thales, qui n’a pas répondu aux demandes d’interview.

L’Union européenne suspend les ventes d’armes, pas la France

Des armements lourds et des technologies fournis par la France sont donc employés pour réprimer des rassemblements pacifiques depuis le début de la révolution égyptienne. Pourtant, les lois en la matière sont draconiennes. La législation française interdit de vendre et d’exporter des armes sans autorisation spéciale. Chaque vente est une exception : une autorisation est délivrée par le ministère de la Défense (Jean-Yves Le Drian aujourd’hui) après enquête. La décision est ensuite prise par le Premier ministre (Manuel Valls), sur avis d’une commission dédiée pilotée par la Défense et les ministère des Affaires étrangères (Laurent Fabius), de la Défense et de l’Économie (Emmanuel Macron). Sollicités sur la question égyptienne, ils n’ont pas donné suite. Il fut un temps, pas si lointain, où les députés socialistes dénonçaient « le silence coupable » des autorités françaises face à la répression du printemps arabe en Tunisie...

Seul le rapport au Parlement donne quelques indications sur ces transactions opaques [1]. Mais « la transparence n’est pas de mise », pointe Aymeric Elluin d’Amnesty international. Dès 2011, Amnesty appelle à la suspension des transferts d’armes et déplore le manque d’intérêt des parlementaires. L’Assemblée nationale est alors majoritairement UMP. Cette année-là, la France exporte vers l’Égypte, en pleine révolution, des avions militaires, du matériel de fabrication d’armes mais aussi des bombes, roquettes et missiles, pour près de 70 millions d’euros. Le rapport sur les exportations d’armement de la France indique qu’elle n’a refusé aucune transaction au motif des violations des droits humains. Les prises de commandes et livraisons d’armes en destination de l’Égypte se sont même accrues.

De 2011 à 2013, ces commandes augmentent de 50%, passant de 43,1 à 64,4 millions d’euros. En août 2013, après les tueries de Rabaa et Al Nahda, alors que l’Union européenne suspend la fourniture d’équipements sécuritaires et d’armes au pouvoir intérimaire dirigé par le général Sissi, la France appuie les demandes de ses industriels et poursuit les transactions. « Elle soutient une suspension des transferts qu’elle n’applique pas au niveau national », déplore Aymeric Elluin. A l’Elysée, l’alternance n’a rien changé.

La France viole les traités qu’elle a signés

La France adhère pourtant à plusieurs traités, comme la position commune de l’Union européenne (qui a succédé au Code de conduite européen sur les exportations d’armements) et le Traité de contrôle des armes, entré en vigueur en décembre 2014. Ces traités imposent à leurs signataires « d’évaluer l’attitude du pays destinataire à l’égard des droits de l’homme » et de « refuser l’autorisation d’exportation s’il existe un risque manifeste que la technologie ou les équipements mili­taires servent à la répres­sion interne ». Les États signataires doivent « faire preuve d’une prudence toute particulière en ce qui concerne la délivrance d’autorisations aux pays où de graves violations des droits de l’homme ont été consta­tées » et prêter attention à la situation économique du pays et à la cohérence entre ses besoins et ses commandes.

Si l’on se base sur les conclusions des ONG telles que Amnesty ou Human Rights Watch, ces conditions ne sont pas remplies par l’Égypte. Depuis le 3 juillet 2013, une répression sans précédent s’abat sur la principale force d’opposition, les Frères musulmans. Plus de 1300 personnes sont condamnées à mort lors de deux audiences (lire ici). La répression déborde largement l’opposition "islamiste" : activistes, étudiants, journalistes, médias ou manifestants de tous bords sont muselés par une loi qui régit drastiquement le droit à manifester. Tortures et violences sexuelles sont systématisées dans les commissariats, les prisons et les centres de détention secrets, raconte la journaliste Claire Talon en mai dernier.

41 000 opposants arrêtés en une année

D’après l’ONG égyptienne Wikithawra, entre juillet 2013 et mai 2014, plus de 41 163 personnes ont été arrêtées. Une répression justifiée par les autorités. Pour elles, ceux qui pointent et critiquent ces violations des droits élémentaires « ne comprennent pas la situation de guerre contre le terrorisme [le terme désignant aussi bien les Frères musulmans que tout opposant] et les aspirations actuelles du peuple égyptien », se défendent-elles devant l’Onu. François Hollande se ralliera-t-il à cet argument ?

D’un point de vue économique, le pays est dans une situation très préoccupante. Alors que le budget 2014-2015 indique deux priorités – réduire le déficit budgétaire tout en améliorant rapidement les conditions de vie des Égyptiens, dont près de la moitié vit sous le seuil de pauvreté –, celui de l’armée échappe au contrôle du Parlement. Les prérogatives des députés pourraient d’ailleurs être réduites au profit du président.

Interrogé après les mesures draconiennes imposées à la population, Abdel Fattah Al-Sissi n’a pas souhaité répondre sur le budget de la Défense et de l’armée. Il est plus loquace quand il s’agit d’envisager de coûteux achats d’armement : « La signature de nouveaux contrats dépend de ce que la France peut fournir à l’Égypte, de sa compréhension de la situation et des facilités qu’elle accordera », a-t-il déclaré le 20 novembre à France 24 (voir la vidéo). Et il semble que sur ce sujet, le gouvernement français soit compréhensif : « L’Égypte est désireuse de travailler avec la France et notre relation est de grande qualité », a expliqué en septembre le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian devant l’Assemblée nationale.

Warda Mohamed

Photo : CC Mosa’ab Elshamy (manifestation au Caire en mai 2012)

 

Notes

[1Voir le rapport.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 15:18

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

En Egypte, le président al-Sissi revient aux pratiques de l'ère Moubarak

|  Par Assia Shihab

 

 

 


Prenant prétexte de la lutte contre les djihadistes du Sinaï, l'homme fort de l'Égypte, reçu par François Hollande à l'Élysée ce mercredi, mène la répression contre tous les opposants, et pas seulement les Frères musulmans. Pour ce faire, il a étendu l'autorité des tribunaux militaires.

De notre correspondante au Caire. Personne hors du Palais ne sait exactement combien de décrets ont été signés de la main présidentielle. Une centaine, peut-être, en six mois. Depuis son élection – et en l’absence de parlement –, Abdel Fattah al-Sissi joue au législateur en chef  avec une extrême diligence, au nom de la lutte contre le terrorisme. Son régime est aujourd’hui doté d’un arsenal juridique ultra-répressif, qui lui a permis de débarrasser la scène politique de tous ses opposants. C'est cet homme-là que François Hollande reçoit à l'Élysée ce mercredi 26 novembre 2014.

Après le coup d’État qui a réprimé dans le sang les sit-in des Frères musulmans en 2013, la confrérie a été classée terroriste et ses principaux chefs sont aujourd’hui en prison. Mais c’est tout le mouvement révolutionnaire qui est aujourd’hui laminé : ses principaux acteurs (activistes démocrates et gauchistes) sont derrière les barreaux. Le gros de la population n’en a cure, parce que l’armée a su mettre fin au « chaos » de l’après-Moubarak, et parce que la menace terroriste est réelle. Les djihadistes égyptiens, basés dans la péninsule du Sinaï et d’abord engagés contre l’armée sur place, ont désormais déplacé leurs attaques dans la vallée du Nil.

L’Égypte de Sissi ressemble ainsi de plus en plus à celle de Moubarak. L’état d’urgence qui a perduré tout au long du règne de l’ancien raïs réapparaît peu à peu sous une forme déguisée. L’un des derniers décrets présidentiels a étendu le mandat des tribunaux militaires. Depuis fin octobre, l’armée est chargée de sécuriser « tout bâtiment public vital » en coordination avec la police. Corollaire de cette disposition, toute atteinte à ces bâtiments relève désormais de la juridiction militaire.

L’auteur d’un acte de vandalisme contre une université ou du blocage d’une route sera déféré devant un tribunal militaire au même titre qu’un poseur de bombe sur un chemin de fer. « C’est un message aux étudiants qui continuent de manifester. Sissi veut en finir avec le chaos des universités qui sont le dernier bastion de contestation dans le pays », estime Negad el-Borai, avocat et défenseur des droits de l’homme. Une plateforme d’ONG égyptiennes dénonce « une loi martiale qui met en place un système de justice parallèle dans lequel des milliers de civils pourraient se retrouver devant des tribunaux militaires sans garantie de procès équitable ».

La loi sur les tribunaux militaires a été adoptée quelques jours après la mort de 30 soldats, tués dans une opération-suicide contre un check-point à Karm Al-Qawadis dans le nord du Sinaï où les djihadistes mènent une insurrection armée depuis plusieurs années. Cette attaque, la plus meurtrière de ces derniers mois, a choqué l’opinion. L’insurrection armée des islamistes dans la péninsule dure depuis des années mais elle s’est fortement intensifiée après le coup d’État, soutenu par la population, contre les Frères musulmans.

Dans la foulée, la rhétorique éradicatrice du gouvernement, qui assimile les  Frères musulmans aux djihadistes, s’est encore renforcée. Apparu à la télévision, le président-maréchal a promis une réponse implacable « à la menace existentielle que représentent les djihadistes ». La campagne militaire s’est intensifiée dans le nord du Sinaï, avec une multiplication des raids aériens. La spirale de violence paraît d’autant plus inexorable que le principal groupe djihadiste, Ansar Beit Al-Maqdis, vient de prêter allégeance à l’État islamique, implanté en Irak et en Syrie.

 

La police égyptienne devant des graffitis anti-militaristes, le 19 novembre 2014. 
La police égyptienne devant des graffitis anti-militaristes, le 19 novembre 2014. © Amr Dalsh/Reuters

Dans les faits, cela change – pour l’instant – peu de choses, mais le symbole est important, donnant l’image que l’Occident et l’Égypte font désormais face au même ennemi et soulignant que la lutte contre l’expansion de l’État islamique dans la région est devenue une priorité stratégique commune. Du coup, les critiques déjà peu audibles de la manière forte employée par le maréchal se font de plus en plus rares. Son gouvernement a ainsi pu procéder, sans provoquer de grande indignation, à la destruction de plus de 800 habitations à la frontière avec Gaza pour établir une zone tampon, après en avoir expulsé les familles.

Ces mesures d’exception, au même titre que l’extension de la juridiction des tribunaux militaires, sont largement approuvées par une opinion publique chauffée à blanc par des médias sous contrôle, qui donnent dans la surenchère vengeresse. Commentant l’attaque de Karm Al-Qawadis, les analystes ont demandé, avant même qu’elles ne soient annoncées, des mesures de sécurité plus strictes dans le pays !

La prime en la matière est allée à Ahmed Moussa, présentateur célèbre pour sa verve anti-islamiste (il s’était réjoui en direct de la condamnation à mort de 529 membres des Frères musulmans en mars dernier) : « Je ne veux plus un seul chien manifestant dans les campus ou ailleurs. Que ceux qui parlent de droits de l’homme soient brûlés ! Arrêtez de leur caresser le dos, nous demandons des procès militaires pour les leaders terroristes. Je ne veux pas de procès justes, je veux du sang et des corps en représailles contre ces terroristes. »

Bien que caricaturaux, ses propos reflètent l’état d’esprit d’une partie de l’opinion, qui ne distingue pas entre islamistes et étudiants opposés au nouvel ordre militaire. Qu’importe si parmi ces jeunes figurent aussi des opposants aux Frères musulmans. « Celui qui n’est pas avec nous est contre nous » est devenu le leitmotiv d’une grande partie des Égyptiens, ceux qui vouent aujourd’hui les révolutionnaires aux gémonies et les accusent d’avoir provoqué l’instabilité, avec l’aide de puissances étrangères comploteuses.

«Les gens ne font pas qu’approuver la répression contre les opposants, ils la demandent»

C’est dans ce contexte que le décret sur les tribunaux militaires a été appliqué pour la première fois, mi-novembre. Cinq étudiants ont été transférés devant un tribunal militaire, une cour criminelle du Caire ayant estimé qu’elle n’était pas compétente pour juger des chefs d’inculpation d’appartenance à un « groupe terroriste » et possession de cocktails Molotov. Si la loi devait être utilisée de façon rétroactive, ce sont des centaines d’étudiants actuellement en prison qui pourraient se retrouver devant la justice militaire.

Mais pour les activistes qui luttent depuis des années contre les procès militaires pour les civils, le nouveau décret n’est pas plus scandaleux que les dispositions existant dans la constitution actuelle, approuvée très largement en janvier. L’article 204 autorise ainsi le jugement de civils par des militaires en cas d’attaque directe contre un membre de l’armée, un équipement ou une institution militaire.

« Les autorités n’ont pas attendu cette loi pour présenter des civils devant des tribunaux militaires alors qu’ils n’ont rien à y faire », rappelle Mohamad Fouda du groupe No military trials for civilians. « Mais on sait qu’il y a eu une recrudescence énorme de ces pratiques, notamment dans le Sinai qui est totalement fermé aux observateurs indésirables. » Le tribunal militaire d’Ismaïlia, dont relève une partie du Sinaï, jugerait à lui seul entre 100 et 200 affaires chaque semaine selon des avocats.

La plupart des prévenus ont été torturés pendant leur détention, notamment pour les obliger à signer leurs confessions, rapportent leurs avocats. Les mauvais traitements sont en effet quasi généralisés dans les lieux de détention, y compris ceux de la police. Dans le cas des tribunaux militaires, les procès ont souvent lieu dans des établissements de haute sécurité, inaccessibles aux avocats de la défense et des familles, en l’absence totale de transparence.

 

Le président égyptien al-Sissi devant l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2014. 
Le président égyptien al-Sissi devant l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2014. © UN Photo/Cia Pak

Le récent procès d’une cellule d’Ansar Beit Al-Maqdis a révélé les failles de cette justice d’exception, comme le rapporte l’ONG Human Rights Watch. Le 21 octobre, un tribunal militaire a condamné à mort sept hommes, et deux autres à la perpétuité, pour une attaque qui a coûté la vie à neuf soldats en mars 2014. Âgés de moins de 30 ans, certains ont reconnu être allés combattre en Syrie, tout en réfutant leur appartenance à Ansar Beit Al-Maqdis. La police affirme avoir arrêté les jeunes djihadistes le 19 mars dans un entrepôt au nord du Caire. Mais leur avocat dit avoir été contacté par les familles des accusés en janvier, soit deux mois avant la date de l’attaque pour laquelle ils ont été condamnés. En attendant leur procès, ils ont été gardés au secret dans la prison d’El-Azouli, dans une base militaire d’Ismaïlia, où ils ont été torturés. Des centaines de civils auraient été emprisonnés dans cette prison secrète en toute illégalité, selon les témoignages recueillis par l’organisation.

Mohamad Fouda, du groupe contre les tribunaux militaires, se désole : « Au début de la révolution, nous avons mobilisé beaucoup de monde autour de notre cause, mais dans le climat nationaliste actuel, les procès militaires ne choquent plus. Dans l’esprit de beaucoup d’Égyptiens le président combat le terrorisme, et ses détracteurs veulent la destruction du pays, point. Aujourd’hui, on nous accuse d’essayer de déstabiliser l’armée, d’être des traîtres financés par des pays étrangers. Les gens ne font pas qu’approuver la répression contre les opposants, ils la demandent. »

La rue ne s’est donc pas émue de la loi interdisant les manifestations (votée par le gouvernement transitoire), ni de celle criminalisant les financements étrangers, et sans doute pas de celle en préparation sur les ONG. Les décrets présidentiels, malgré leur inconstitutionnalité avérée pour certains, donnent un vernis de légitimité à cette répression. Ils seront en outre « révisés dès que le prochain parlement sera élu », assure Negad al-Borai, l’un des défenseurs des droits de l’homme encore confiant dans le système.

Or les élections législatives, qui auraient dû initialement se tenir avant l’élection présidentielle de mai 2014, ne cessent d’être repoussées. Ce qui semble arranger autant les partis d’opposition, qui souffrent de désorganisation et d’un déficit de notoriété, que l’homme fort du pays. « Peut-être qu’il aime son pouvoir, et qu’il aime user de son autorité sans contrôle du parlement », concède Negad al-Borai. Un diplomate occidental précise : « Avec Sissi, on a une vision du pouvoir qui s’est débarrassée du  politique. Il décide de tout avec des avis d’experts, donc scientifiques, donc irréfutables. Toute discussion est pure perte de temps pour lui et ne peut mener qu’au chaos, à l’image des trois dernières années. »

Si la révolution du 25 janvier 2011 sert toujours de repoussoir aux uns, elle a insufflé une conscience démocratique incompressible à beaucoup d’autres, et aux plus jeunes notamment. Avec eux la logique répressive poussée à l’extrême risque de trouver ses limites. De plus, cette logique continue à être battue en brèche par les islamistes, au-delà des Frères musulmans. Un groupe réuni sous le nom de « Front salafiste » a appelé au « soulèvement de la jeunesse islamiste » en faveur de la charia le 28 novembre. Ce groupe extrémiste étant relativement marginal, et les islamistes égyptiens étant divisés, il est difficile de prédire l’ampleur de la mobilisation. Mais la mise en alerte des autorités, qui ont promis d’intervenir « avec des balles réelles si nécessaire », traduit une fébrilité qui n’est pas celle d’un régime omnipotent.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 14:58

 

Source : www.mediapart.fr

 

Relance en Europe: le simulacre du plan Juncker

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

L'enveloppe de plus de 300 milliards d'euros paraît énorme. Mais le plan que Jean-Claude Juncker présente mercredi à Strasbourg, pour réveiller l'économie, mobilisera à peine une vingtaine de milliards d'euros d'argent public, tirés du budget européen déjà négocié l'an dernier… Le reste : d'hypothétiques effets de levier, difficiles à anticiper, grâce aux apports du privé.

De notre envoyé spécial à Bruxelles.- Ce sera la feuille de route de la nouvelle commission européenne, celle de la « dernière chance » pour l'UE : un plan d'investissement de 315 milliards d'euros que Jean-Claude Juncker doit présenter mercredi devant les eurodéputés à Strasbourg. Le Luxembourgeois pense avoir trouvé le remède magique pour écarter le risque qui menace l'économie européenne d'une « décennie perdue » à la japonaise.

Le projet, dans l'air depuis l'été, longtemps resté flou, pourrait être entériné dès la réunion des chefs d'État et de gouvernement de la mi-décembre. Sur le papier, le mécanisme, censé provoquer un électrochoc, doit réussir un tour de force : recourir le moins possible à de l'argent public, débloquer le moins possible d'argent frais, surtout ne pas endetter l'Union. Cet habile tour de passe-passe suffira-t-il à sortir l'Europe du marasme ?

1 - Objectif : en finir avec le « sous-investissement »
Le diagnostic n'est pas nouveau : l'économie européenne souffre d'un manque massif d'investissement. D'après la commission, les investissements internationaux en direction du continent ont dégringolé de 15 % par rapport aux niveaux d'avant crise, en 2007. Selon une étude du think tank Bruegel, ce manque d'investissement représente, cette année, pas moins de 260 milliards d'euros pour les seuls 15 pays « historiques » de l'UE.

La baisse est particulièrement sévère en Grande-Bretagne ou en Italie (voir graphiques ci-dessous). Il faudrait donc tout faire pour séduire ces fonds et entrepreneurs, venus d'Inde, de Chine ou du Brésil, pour relancer la machine.

 

 

2 - Une enveloppe trop modeste ?
Les volumes sont trompeurs. Avec 315 milliards d'euros (si l'on en croit le Financial Times) étalés sur plusieurs années, Juncker semble frapper très fort. C'est nettement plus que le « pacte de croissance » négocié à l'été 2012 (130 milliards d'euros). Mais cela n'équivaut en fait qu'à 2,4 % environ du PIB européen. À titre de comparaison, le premier plan de relance de Barack Obama, dans la foulée de sa première élection, dans le pur style « keynésien », avoisinait les 1 000 milliards d'euros – 7 % du PIB des États-Unis.

Depuis une semaine, chacun y va de sa contribution au débat, des capitales aux groupes politiques au sein du parlement, avec des volumes presque à chaque fois plus élevés. Les sociaux-démocrates (dont le PS) ont mis au point un plan d'investissement à 800 milliards d'euros. Les libéraux (auxquels appartiennent les élus français UDI-MoDem) proposent une enveloppe de 700 milliards (environ 5,5 % du PIB). Même ordre de grandeur pour la Pologne qui a, elle aussi, dévoilé un projet très fouillé pour alimenter le débat.
 
3 - Très peu d'argent public
C'est la grande astuce de la relance à la sauce Juncker : les effets de levier. L'idée est de constituer un « fonds européen d'investissement stratégique » (FEIS), constitué d'une vingtaine de milliards d'euros d'argent public, placé sous le contrôle de la Banque européenne d'investissement (BEI). Cet argent va servir à garantir une batterie de grands projets (énergie, numérique, infrastructures, etc.), plus ou moins difficiles à financer en temps de crise. Pour le dire vite, l'engagement de la BEI – qui prendra différentes formes – va permettre de « rehausser » la qualité du prêt, et donc, en théorie, d'attirer de nouveaux investisseurs privés.

Selon les montages financiers imaginés (prêts, garantie, prise de participation, etc.), l'effet de levier varie. Il pourrait aller jusqu'à… 18. En clair : pour 1 euro d'argent public, 18 euros d'argent privé. À ce rythme-là, on arrive assez vite, à partir d'un fonds de 20 milliards environ, à une enveloppe, très abstraite pour l'instant, de 300 milliards et quelques, pour relancer l'économie européenne… Soit un effet de levier de 1 à 15. L'effet d'annonce est impressionnant, mais cela reste à concrétiser, au fil des années et des projets. « Évoquer un effet levier de 1 à 15 est au mieux optimiste, sinon irresponsable », relève l'ONG Counter Balance, qui suit de près le travail de la BEI, dans un communiqué, mardi.

 

Jean-Claude Juncker © CE. 
Jean-Claude Juncker © CE.

Précision capitale : l'essentiel du fonds de garantie (16 sur 21 milliards) sera abondé par des capitaux publics que les États membres se sont déjà engagés à verser, dans le cadre du budget européen adopté en 2013, pour la période 2014-2020. Les 28 se préparent donc à un grand exercice de cuisine budgétaire, pour « optimiser » l'utilisation d'un argent qu'ils ont déjà promis (en piochant quelques milliards dans les lignes « relance » du budget pluriannuel en question). Il y a donc très peu d'argent public, mais aussi très peu d'argent frais, dans le grand échafaudage imaginé par Juncker… Tout est affaire de mise en scène, pour séduire les marchés, mais aussi les eurodéputés et les capitales, qui n'ont pas encore donné leur feu vert.

Dans un entretien au Financial Times, Emmanuel Macron avait mis en garde, mi-novembre, contre le risque d'un « flop », si trop peu d'argent public était mis sur la table. Le ministre de l'économie français plaidait, lui, pour une fourchette de 60 à 80 milliards d'euros tirés du budget européen – les Français, sur ce point, sont loin d'avoir eu gain de cause.

Compatible avec l'austérité ?

À la défense de Juncker, il faut reconnaître que ses marges de manœuvre sont limitées, vu les contraintes budgétaires sur les États. De nombreuses capitales, Londres en tête, auraient à coup sûr bloqué toute nouvelle injection d'argent frais pour Bruxelles. Les 28 ont d'ailleurs toutes les peines du monde à boucler, ces jours-ci, le budget de l'année 2014, et à trouver les quelques milliards nécessaires pour ne serait-ce que tenir leurs engagements financiers de l'an dernier.

Jusqu'à présent, le budget européen servait à « co-financer » des projets ciblés, avec les États membres : l'UE apportait la moitié de l'enveloppe, l'État l'autre moitié, pour financer, par exemple, une autoroute. Mais avec la crise, le système s'est rouillé : des lignes du budget européen ne sont pas débloquées, parce que les capitales, asphyxiées, ne suivent plus. Une partie de l'argent « dort » à Bruxelles. Dans le plan Juncker, le « co-financement » UE-État membre est relégué au second plan, et la BEI devient le maître d'œuvre : cela devrait permettre d'accélérer la mise en chantier.  
 
 

Le Finlandais Jyrki Katainen. Il est le commissaire chargé de la relance au sein de l'équipe Juncker. ©PE. Le Finlandais Jyrki Katainen. Il est le commissaire chargé de la relance au sein de l'équipe Juncker. ©PE.

4 - Le fantôme du « pacte de croissance » de 2012
Qui se souvient encore du « pacte de croissance » de 130 milliards d'euros censé sortir l'Europe de la crise, défendu par François Hollande à l'été 2012 ? Deux ans et demi plus tard, il n'en reste pratiquement plus rien. Le président français lui-même a reconnu que la mise en place de ce pacte s'avérait trop lente, sinueuse, compliquée. Pourtant, le plan d'investissement de Juncker ressemble furieusement au pacte de croissance de 2012.

À l'époque, le financement reposait déjà, en bonne partie, sur ces fameux effets de levier. Les États s'étaient engagés à recapitaliser la BEI à hauteur de 10 milliards d'euros. Ce qui devait former, en bout de course, une enveloppe de 60 milliards d'argent public-privé mobilisé. Fin 2014, cet argent n'a toujours pas été investi dans sa totalité, preuve de l'extrême lenteur des mécanismes de l'UE. Et l'effet de levier s'est révélé plus modeste qu'attendu. Pire : la toute première « obligation de projet » – l'un de ces mécanismes innovants mi-publics, mi-privés qui vont se développer dans les mois à venir – a tourné au fiasco complet (voir notre enquête sur le projet Castor en Espagne).

Le plan Juncker a-t-il tiré les enseignements de cet échec ? En partie. Les États, par exemple, ne vont pas recapitaliser directement la BEI (ce qui s'était fait dans la douleur en 2012), puisque les sommes seront prélevées, directement, du budget européen. La BEI va aussi reprendre la liste de projets déjà établie lors des débats sur les perspectives budgétaires l'an dernier, afin, là encore, de gagner du temps. Mais pour le reste, c'est très flou.

L'un des enjeux sera de voir si la BEI, qui fait toujours très attention à conserver sa note suprême, son « triple A » délivré par les agences de notation, va oser financer des projets vraiment risqués. Quitte à s'engager sur des chantiers fragiles pour aider des structures plus modestes, qui pourraient menacer sa « qualité de crédit »… En l'état, c'est loin d'être évident. C'est tout le problème des effets de levier massifs, prévus dans le plan : ils sous-entendent que les projets sélectionnés seront assez peu risqués et que les investisseurs privés seront quasiment sûrs de s'y retrouver.

À titre de comparaison, le plan alternatif défendu au parlement européen par les sociaux-démocrates repose sur davantage d'injections d'argent public dans l'enveloppe de base. Ce qui autorise des effets de levier moins importants, et sans doute plus réalistes. Concrètement, cela permettrait de financer des projets moins évidents, à plus petite échelle, en soutien aux PME par exemple. Mais ce n'est pas le scénario retenu par la commission à ce stade.

5 - Quelle cohérence avec les politiques d'austérité nationales ?
C'est l'un des paris de la stratégie de Juncker : corriger les effets « dépressifs » de l'austérité pratiquée au niveau des États membres, par un plan de relance européen à base d'argent privé. Après la présentation, mercredi, du plan d'investissement, la commission européenne reprendra vendredi ses refrains pro-rigueur en délivrant des « avis » à 16 des 18 membres de la zone euro. La France, sans surprise, sera épinglée. Davantage d'économies lui seront demandées pour son projet de budget 2015. 

« Il y a un début de schizophrénie en Europe. D'un côté, on continue de vouloir appliquer le pacte budgétaire, en accentuant la pression sur plusieurs pays, dont la France, pour les faire rentrer dans les clous budgétaires. De l'autre, on se rend compte que la croissance est morne, que l'on a fait fausse route. Sauf qu'on ne va pas vraiment jusqu'à en tirer toutes les conclusions », commente l'universitaire Benjamin Coriat, membre du collectif des « économistes atterrés ».

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 14:35

 

Source : www.reporterre.net

 

 

A Roybon, en Isère, le massacre de la forêt a commencé

Andrea Barolini (Reporterre)

mercredi 26 novembre 2014

 

 

 

En Isère, le projet de Center Parcs de Roybon continue son passage en force. Avis défavorable de la commission d’enquête, opposition des habitants, scandale environnemental... rien n’y fait. Les travaux de défrichement de la forêt sont en cours. Les opposants ont déposé des recours juridiques et lancé des actions de désobéissance civile.


- POUR PREPARER LA RENCONTRE DE REPORTERRE LUNDI 1 DECEMBRE : Projets inutiles : la victoire est possible !


- Grenoble, correspondance

À Roybon, au cœur des Chambarans, l’une des plus grandes et des plus typiques forêts d’Isère, la société Pierre et Vacances a reçu en octobre le feu vert du préfet pour l’implantation d’un immense Center Parcs.

Quelques jours plus tard, le maire de Roybon, Serge Perraud, a signé le contrat qui établit la vente du terrain où devra être édifié le village-vacances : « C’est une formidable opportunité pour les chefs d’entreprises, je suis surtout content pour eux », avait-il déclaré.

Après la délibération du préfet de l’Isère, Pierre et Vacances a immédiatement commencé les travaux : dès le 20 octobre, une petite équipe d’ouvriers, munie d’un tracteur et de deux fourgons, arrachait la végétation au bord de la route qui mène aux bois.


- "Accès interdit au public" -

Accès au chantier interdit

Un mois plus tard, l’entrée du site est surveillée par une société de police privée. Et depuis la route qui longe la forêt, on ne voit pas les travaux. Impossible de s’enfoncer dans le bois. « Pas de photos de l’intérieur du chantier, s’il vous plaît », dit l’un des vigiles.

Le va-et-vient des camions et le ronflement en continu des tronçonneuses confirment que les travaux se déroulent sans arrêt. « Mais on ne peut pas parler d’un vrai chantier pour l’instant, affirme à Reporterre Éric Magnier, directeur des grands projets de Pierre & Vacances, car on n’est que dans une première phase de défrichement, voire d’abattage d’arbres, qu’il faut achever en hiver, pour minimiser les risques pour la biodiversité ».

« Le mois de novembre a été très chaud, réplique Stéphane Péron, président de l’association des opposants Pour les Chambarans sans Center Parcs (PCSCP), et toute la faune était encore là. Pourtant, les travaux ont démarré, sans aucune réflexion sur les conséquences environnementales ».


- Zone Nord-Ouest. Le déboisement est largement entamé. -

Des photos prises par des militants le 19 novembre (ci-dessus), depuis un ballon dirigeable, témoignent de la quantité d’arbres abattus : au mois une moitié de la zone Nord-Ouest a déjà été rasée. Des abattages sont aussi visibles dans la zone Nord-Est.

Les opposants ont indiqué l’avancement des travaux dans une carte : 28 hectares de bois ont déjà été abattus, soit 35 % du total prévu.

La commission d’enquête émet, à l’unanimité, un avis défavorable

À la place de la forêt, la multinationale touristique espère fonder une véritable ville de presque six mille habitants, déployée sur deux cents hectares. De fait, le projet prévoit la construction d’environ mille cottages, le défrichement de plus de quatre-vingt-dix hectares, l’imperméabilisation de trente-et-un hectares et la dégradation de soixante-deux hectares de zones humide.

Ce parc de vacances, déplorent les opposants, représente une menace pour de nombreuses espèces protégées, et aura une consommation en eau potable équivalente à celle d’une ville de plus de sept mille habitants (dans une zone où les épisodes de sécheresse ne sont pas rares).

Les arguments des militants avaient été confortés, en juillet, quand la commission d’enquête publique « Loi sur l’eau » expliquait qu’« à l’examen de toutes les observations, tant écrites qu’orales, du public [...] et après avoir auditionné des experts », elle n’avait pu qu’émettre, unanimement, « un avis défavorable au projet ».

« Nous avons bien réfléchi sur les problèmes soulignés par les trois commissaires, avec lesquels on a eu des échanges. On a écouté les remarques, on a répondu aux doutes, on a modifié et amélioré le projet », soutient Éric Magnier.


- Les engins de chantier à l’oeuvre sur le terrain. -

Mais selon Jean-Marie Brun, habitant de Roybon et membre de l’association PCSCP, « l’un des points majeurs remarqués lors de l’enquête publique n’a pas du tout été changé : soixante-seize hectares de zone humide seront détruits ou impactés. » « En tout cas, ils disent avoir amélioré le dossier : et bien s’ils ont vraiment apporté des changements importants, il faudrait une deuxième commission d’enquête publique pour évaluer le nouveau projet », ajoute M. Péron.

Sur ce point, comme sur la protection des espèce vulnérables, l’association PCSCP s’est engagée dans une bataille légale : deux recours sont en train d’être déposés auprès du tribunal administratif contre la décision du préfet de l’Isère.

Argent public et emplois précaires

Dans l’attente d’une réponse des juges, Pierre et Vacances et la mairie de Roybon accélèrent les travaux, en s’appuyant sur un soutien politique presque unanime.

« Ici, on est dans une zone économiquement en difficulté, avait expliqué lors d’une manifestation fin octobre, Myriam Laïdouni-Denis, porte-parole des Verts de l’Isère, le seul parti qui s’oppose au projet, et ils ont décidé de financer le parc aquatique avec quatre-vingt millions d’euros. Il s’agit d’argent public qui a été soustrait au tourisme local et qu’on aurait pu utiliser autrement ».


- Vue de la zone en partie déboisée. -

Les premiers sept millions ont déjà été débloqués par le Conseil général de l’Isère...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 14:25

 

Source : zadroybon.wordpress.com

 

 

Appel à mobilisation : la forêt est à tou-te-s.

24 novembre 2014

 

 

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En à peu près un mois, la jolie forêt des Chambarans s’est transformée en ruine, jonchée d’arbres à terre, entassés, prêts à devenir des étagères en aggloméré. La terre est à nue, blessée par les imposantes machines qui y sont à l’œuvre. On ose à peine se demander ce qui est arrivé à tous les animaux qui habitaient là….

Vu du ciel, c’est encore plus choquant : déjà 30 hectares ont été défrichés. Ces quelques photos prises d’ulm nous renvoient la réalité en pleine face.

Un « chantier vert », qu’ils disaient

La réalité, c’est que depuis l’accord du préfet il y a un mois, ça tronçonne, ça abat, ça broie, ça creuse à tour de bras. Et ce sans aucun respect des engagements de réalisation d’un chantier à faible impact environnemental (« chantier vert », disent-ils), pas de traces de modification graduelle du milieu, et on se demande bien quand le déplacement des espèces promis par Pierre et Vacances a pu être organisé.

La politique du fait accompli

Aujourd’hui, plusieurs recours sont déposés ou sur le point de l’être. Mais la société Pierre et Vacances choisit le passage en force. Espérant sans doute mettre la justice devant le fait accompli, comme cela a été fait ailleurs.

Sur le chantier, ça travaille de jour comme de nuit, la semaine et les weekends, et même les jours fériés. Coûte que coûte, Pierre et Vacances détruit la forêt des Chambarans à toute allure. En un mois, 35% de l’abattage prévu a été réalisé, dans deux mois, tout sera largement à terre.

Le vrai service public

Tout ceci se déroule sous l’œil vigilant et bienveillant des forces de l’ordre, qui, elles non plus, ne lésinent pas sur leur implication : patrouilles quotidiennes, en 4×4 et en motocross, et même surveillance aérienne en hélicoptère. On se demande en quoi surveiller un chantier privé relève du maintien de la paix, ou même tout simplement du service public ?

Le bien commun à protéger, c’est la forêt des Chambarans. C’est elle qu’il faut défendre si l’on se place du côté du service public. Et non pas défendre les intérêts de Pierre et Vacances qui privatise une forêt publique, avec la complicité des collectivités. Plus encore que la forêt, c’est même l’eau potable de toute la région qui est mise en danger par ce projet, et que nous cherchons à protéger.

ZAD partout !

La situation actuelle nécessite une mobilisation générale, permanente, large et déterminée.

Pour nos enfants, les animaux, la nature, la vie et la diversité, pour la démocratie réelle partout et la défense des biens communs, nous appelons à la vigilance et la protestation publique et à la désobéissance civile.

Contre le projet de Center Parcs et tous les projets inutiles imposés.

Rendez vous dimanche 30 novembre, Roybon, midi.

Passe le message à tes voisins.
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  Zone Nord-Ouest 7 Chantier de Center Parcs

 

 

 

Source : zadroybon.wordpress.com

 

 

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