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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 17:12

 

Source : www.reporterre.net

 

« L’origine des problèmes aujourd’hui réside dans le dogme de la croissance économique »

Entretien avec Marie-Monique Robin

mardi 4 novembre 2014

 

 

 

Ce mardi 4 novembre, Arte diffuse à 20h50 « Sacrée croissance ! », le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin. Rencontre avec une journaliste, une réalisatrice et une écrivaine engagée.


Reporterre – Pourquoi avez-vous consacré un documentaire à la croissance ?

Marie-Monique Robin - L’idée de ce documentaire m’est venue, à la suite de ceux que j’avais réalisés sur l’agro-industrie, parce qu’il me paraît évident que l’origine de tous les problèmes dans lesquels nous sommes aujourd’hui réside dans le dogme de la croissance économique. Tous les jours, nos hommes politiques et les journalistes ne cessent de déplorer l’absence de croissance ou sa faiblesse. A la radio, à la télévision, il y a une incantation permanente, quasi-pathologique, à la croissance parce que, selon eux, elle résoudrait les problèmes du chômage et de la pauvreté. J’ai voulu faire ce documentaire précisément pour comprendre comment on en était arrivé là et pourquoi la croissance est devenue le paradigme indépassable. Parallèlement, nous avons atteint les limites de notre modèle économique, comme en témoignent de façon inouïe le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, l’effondrement des écosystèmes, la sixième extinction des espèces. Pour la première fois de son histoire, l’humanité toute entière est dans une situation gravissime. L’enjeu aujourd’hui, c’est sa survie et il y a urgence !

Je voulais aussi montrer que, partout dans le monde, des gens avaient compris cette situation et qu’ils dessinaient à leur échelle ce que pourrait être la société post-croissance en s’engageant dans des alternatives concrètes, dans les domaines de l’agriculture urbaine, des énergies renouvelables, des monnaies locales et sociales. Cette société, qui est déjà en marche, n’est pas basée sur le toujours plus mais sur le toujours mieux en prônant des valeurs telles que la convivialité, le partage, la coopération, l’échange, la créativité, etc.

Est-ce un documentaire sur la décroissance ?

J’ai beaucoup d’estime pour le mouvement de la décroissance car je trouve qu’il a été courageux de lancer ce mot-obus à un moment où le consensus sur la croissance paraissait inébranlable. Mais je préfère parler de société post-croissance parce que je pense que le terme de décroissance fait peur à beaucoup de gens, qu’il est pour eux synonyme d’austérité, de récession. Alors que post-croissance, cela veut dire que la croissance en tant que dogme économique – né il y a seulement deux siècles avec les économistes classiques, Adam Smith, John Stuart Mill, David Ricardo – n’est qu’une parenthèse dans l’histoire. J’ai d’ailleurs été surprise de voir durant mes recherches qu’eux-mêmes considéraient déjà à l’époque la croissance, c’est-à-dire l’augmentation de la production, comme un processus limité devant déboucher sur un état stationnaire. Les libéraux actuels ont l’air de l’avoir oublié.

Que représente, pour vous, la croissance ?

Quand on parle de croissance, il ne faut jamais oublier qu’on parle de l’augmentation du produit intérieur brut (PIB), un concept économique né durant la Grande Dépression en 1929 aux États-Unis pour mesurer l’évolution de la production nationale. Cet indicateur traduit donc dès le départ une vision très productiviste de la réalité. Une vision qui fait aujourd’hui encore consensus dans tous les partis politiques, de droite comme de gauche. J’aime beaucoup l’image qu’emploie Herman Daly, le père fondateur de l’économie écologique et auteur du livre Beyond Growth Au-delà de la croissance », NDLR]. Pour lui, nous vivions avant la Seconde Guerre mondiale dans un monde vide avec seulement deux milliards d’habitants et énormément de besoins à satisfaire. Désormais, nous vivons dans un monde plein. La croissance a consisté à remplir le vide.

En réalité, la croissance a été possible à la sortie de la guerre, durant la période dite des « Trente Glorieuses », uniquement parce que l’énergie, et surtout le pétrole, était bon marché. Or, ce n’est plus le cas depuis le choc pétrolier de 1973. Pire, comme le pic pétrolier, c’est-à-dire le moment où la consommation dépasse la production, a été atteint en 2006, le prix du pétrole s’envole. La croissance repose aussi sur l’utilisation excessive des ressources naturelles, et plus particulièrement des minerais. Or là aussi le pic de production se rapproche dangereusement. L’exploitation des gisements est de plus en plus difficile et de plus en plus coûteux, le prix des matières premières ne peut donc que grimper. Comme ces limites sont aujourd’hui atteintes, la croissance ne peut plus revenir. C’est évident.

Quel regard portez-vous sur la période que nous traversons actuellement ?

L’historienne Naomi Oreskes [co-auteure, avec Erik Conway, de L’effondrement de la civilisation occidentale, NDLR] parle de « l’âge de la pénombre ». Je pense en effet que nous marchons vers l’effondrement. En vérité, nous ne traversons pas une simple crise, il ne s’agit pas d’une situation conjoncturelle, temporaire, nous sommes emportés dans des bouleversements systémiques, qui se sont accélérés depuis 2007 avec la crise financière, et où les conditions mêmes de la vie ne sont plus garanties. L’effondrement de la production alimentaire est par exemple extrêmement inquiétant. En Europe, des études montrent que le rendement des cultures de maïs et de blé ont chuté de près de 10 %. Nourrir les populations sera de plus en plus problématique.

Malgré cela, les hommes politiques continuent d’implorer, de sacraliser la croissance comme si de rien n’était. Mais ce n’est matériellement plus possible ! Ils sont incapables de penser dans un cadre différent de celui qui prévaut depuis deux siècles et dans lequel ils ont été formés, dans les grandes écoles, à l’ENA. Ils sont dans ce que j’appelle « le grand déni ». Notre système de démocratie parlementaire présente lui aussi ses limites dans la mesure où les élections empêchent nos représentants d’avoir la vision à moyen et long termes dont nous avons cruellement besoin. Malheureusement, nos élus ne pensent bien souvent qu’à leur prochain mandat...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 16:52

 

Source : www.arte.tv/guide/fr

 

Sacrée croissance !

mardi 04 novembre à 20h50 (93 min)

 

 

 

 

© Marc Duployer
Des écoliers à Kandebas au Népal.

 

Sacrée croissance !

mardi 04 novembre à 20h50 (93 min)

  Rediffusion vendredi 07.11 à 8h55
  Rediffusion samedi 15.11 à 11h55

 

Face à la crise et aux risques écologiques, il faut repenser de fond en comble notre modèle de société fondé sur la croissance. Locales et solidaires, des solutions alternatives existent. Le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin témoigne de celles qui vont – peut-être – orienter notre futur.

Le nouveau documentaire de Marie-Monique Robin est avant tout l’histoire d’une cassure. Entre les décideurs politiques et une partie de la population réticente à se laisser imposer les doxas libérales, les visions du monde tel qu’il doit être mené semblent irréconciliables. Lorsque les premiers ne jurent que par la croissance, répétant le terme comme une formule incantatoire, les seconds espèrent en d'autres solutions et réfutent le productivisme et la consommation à tout prix. Les experts intervenant dans le film sont formels : sous la forme qu'elle a connue au XXe siècle, la croissance est terminée, elle ne reviendra pas. De nombreux paramètres ne leur laissent aucun doute, dont la fin de l’ère des énergies bon marché ou la dépendance croissante à la dette.

Fous et insoumis

"Celui qui pense qu’une croissance exponentielle infinie est possible dans un monde fini est soit un fou soit un économiste" déclare un... économiste, non sans humour. Alors, pendant que les États s’enfoncent dans la crise, des insoumis créent les prémices d’une société fondée sur la sauvegarde écologique et le développement durable. Avec Sacrée croissance !, la réalisatrice présente une sélection d’initiatives réussies et de modèles alternatifs viables. Son film élargit ainsi le champ des possibles en montrant comment on peut réfuter en action, et pas seulement en paroles, le modèle économique dominant. Avec une idée force : face au gaspillage mondial, la réponse doit être locale et solidaire. À Toronto, une coopérative de fermiers produit des légumes bio près du centre-ville et vise la souveraineté alimentaire. À Rosario (Argentine), on lutte contre l’exclusion sociale en fertilisant d'anciennes décharges pour embaucher des maraîchers débutants. Certains villages népalais s’approchent de l’autosuffisance énergétique grâce au biogaz et à la micro-hydro-électricité. Au Brésil ou en Bavière, des banques communautaires et des monnaies locales bouleversent le rapport à l’argent d’un public qui se fait "prosommateur" (producteur et consommateur). Quant au Bhoutan, il développe une politique publique révolutionnaire instaurant le concept du "Bonheur national brut" (BNB). "L’abondance matérielle finira par s’arrêter", rappelle un des intervenants. Et c'est avant qu'il faut changer de paradigme économique, insiste Marie-Monique Robin.

 

 

 

 

 

 

 

Source : www.arte.tv/guide/fr

 

 

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 16:37

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Sivens: 400 grenades ont été tirées la nuit de la mort de Rémi Fraisse

|  Par Louise Fessard

 

 

 

Les questions se multiplient sur l'engagement massif et violent des CRS et gendarmes à Sivens, le 25 octobre, alors qu'il ne restait rien à protéger et que la préfecture s'était engagée à une présence policière discrète. Selon une source proche de l'enquête, des consignes d’«extrême fermeté» ont été données par le préfet du Tarn. Ce qui explique que, selon cette même source, quelque 400 grenades, au total, ont été utilisées dans la nuit du 25 octobre.

Après la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive lancée par un gendarme, de nombreuses questions se posent autour des choix tactiques de maintien de l’ordre sur le chantier du barrage de Sivens le week-end des 25 et 26 octobre. Quelque 5 000 personnes, dont José Bové et Jean-Luc Mélenchon, étaient attendues pour un rassemblement festif contre le barrage. Après deux mois de tension entre zadistes et gendarmes, les forces de l’ordre étaient censées se faire discrètes. Comment en est-on arrivé à une bataille rangée avec l’utilisation de grenades offensives ?

Vidéo publiée par le groupe Groix, tournée sur la zone du Testet, le 25 octobre 2014.

  • Pourquoi déployer des policiers et gendarmes le 25 octobre ?

Les organisateurs tablaient sur la venue, ce samedi, de 5 000 opposants au barrage sur la ZAD du Testet. Entre 5 000 et 7000 feront en fait le déplacement, selon les organisateurs. « Nous avions un accord avec la préfecture pour qu’il n’y ait pas de gendarmes sur place », affirme Ben Lefetey, porte-parole du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet. Le 21 octobre, une réunion de préparation présidée par le sous-préfet Yves Mathis, le directeur de cabinet du préfet du Tarn, se tient à la préfecture, à Albi. Sont présents des représentants de la gendarmerie, le chef du service de renseignement territorial (qui s’est fait casser le nez quelques semaines plus tôt par un opposant), la maire de Lisle-sur-Tarn et les organisateurs de la manifestation.

La discussion est surtout focalisée sur le problème du stationnement des bus et voitures des militants. Selon le compte-rendu officiel de cette réunion signé de sa propre main, Yves Mathis promet que « les gendarmes ne seront pas placés au milieu des manifestants pour éviter les provocations ». Il « met en garde les manifestants contre d’éventuels actes de violence ou de dégradation ». « Les gendarmes seront présents sur les routes et ailleurs prêts à intervenir en cas de besoin », précise-t-il plus avant dans la réunion.

« En fin de semaine dernière, nous avons eu des signes d’inquiétude qui faisaient état de rassemblements importants de personnes venues pour en découdre, pour casser du gendarme », a rapporté Denis Favier, le directeur général de la gendarmerie nationale, interviewé sur BFMTV le 29 octobre. « Nous avons pris des dispositions pour que la manifestation qui était prévue samedi se déroule dans les conditions les plus apaisées possible, ce qui a été le cas, avec une présence discrète des forces de l’ordre. »

Cet accord sera rompu dès le vendredi soir, au prétexte de l’incendie d’un Algeco et d’un générateur récemment installés sur le chantier. « Vers 3 h 30 du matin, le sous-préfet Yves Mathis m’a appelé pour me dire qu’on était face à 200 hooligans et qu’il ne pourrait pas respecter l’accord », raconte Ben Lefetey. Au bout de la vallée déboisée, tous les engins de chantier avaient pourtant été enlevés à la demande du collectif. Ne restaient que cet Algeco et ce générateur gardés par trois vigiles, sur un terre-plein entouré d’une douve et d’un grillage, façon camp retranché.

« Le vendredi soir, on montait les scènes à la nuit tombante et on a vu passer un groupe non identifié d’une trentaine de personnes aller y mettre le feu », raconte Marc, 56 ans, ancien fonctionnaire de la DRIRE. « Les vigiles ont pris peur et se sont cassés dans leur voiture, là des copains ont brûlé les trois trucs qui restaient », complète une zadiste.

Interrogations de policiers

Les gendarmes mobiles débarquent dans la foulée. Des CRS arrivent en renfort le samedi, eux aussi par le fond de la vallée, à l’opposé du lieu du rassemblement. Dans l’après-midi du samedi, les zadistes dénombrent 32 à 34 fourgons de CRS et de gendarmes mobiles sur le parking du chantier. Pourquoi ce déploiement ? Quel était l’enjeu de ce maintien de l’ordre en pleine nature, alors que les conférences se déroulaient à une bonne quinzaine de minutes à pied de là, sur la partie encore en herbe ?

« Il n’y avait plus rien à protéger, il n’y avait strictement aucune raison d’avoir une présence policière, dit Ben Lefetey. Le rapport entre ce qu’il y avait à protéger et les moyens déclenchés n’est pas cohérent. Par contre, ça allait tout à fait dans le sens du conseil général qui voulait donner une mauvaise image de nous et détourner l’attention des journalistes des débats de fond. Et c’était mettre en danger pour rien des forces de l’ordre. »

Les spécialistes du maintien de l’ordre contactés partagent les mêmes interrogations sur ces choix tactiques. « Pourquoi le commandement militaire de la gendarmerie est-il allé jeter ses hommes de nuit dans ce combat sur un terrain tenu par des gens venus exprès pour en découdre alors qu’il n’y avait ni risque ni d’atteinte aux biens et aux personnes ? » s’étonne un syndicaliste officier de police. « Il ne s’agissait pas d’un milieu urbain avec des commerces, des bâtiments publics à protéger. » La question mérite d'être posée mais relève du préfet, nuance un officier CRS : « Ce sont des décisions politiques qui relèvent de l'autorité civile, car elles peuvent avoir des effets de visibilité contraires au but recherché. »

C’est un simple capitaine de gendarmerie mobile qui semblait diriger les opérations sur place, en liaison téléphonique avec la préfecture. « Mais les gendarmes ne font qu’exécuter les ordres, ils ont peu d’initiative, c’est l’autorité civile qui décide », rappelle le général de gendarmerie Bertrand Cavallier, qui a dirigé le Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne) et a quitté le service actif en 2011.

« Il y a deux conceptions du maintien de l’ordre, confirme le sociologue Fabien Jobard, chercheur au Centre Marc Bloch. Celle britannique selon laquelle la police est autonome dans les choix stratégiques et de moyens, et celle qui prévaut en France où le maintien de l’ordre, sauf cas de légitime défense, est entièrement dirigé par l’autorité civile, c’est-à-dire le préfet. Le maintien de l'ordre est aussi le reflet d'un rapport de force politique. Un préfet qui vient de recevoir la visite martiale d'un premier ministre peut considérer les protestataires comme quantité négligeable. »

Selon une source proche du dossier, des consignes d’« extrême fermeté » avaient été données aux gendarmes par le préfet du Tarn. Ce qui explique peut-être que, selon cette même source, quelque 400 grenades, au total, ont été utilisées dans la nuit du 25 octobre. Sur le terrain, on les ramassait encore à chaque pas une semaine après les faits.

 

Caisses de grenades pour la plupart lacrymogènes, déversées après le 25 octobre devant la préfecture par les zadistes. 
Caisses de grenades pour la plupart lacrymogènes, déversées après le 25 octobre devant la préfecture par les zadistes.

À écouter les récits des opposants qui ont participé à l’affrontement, l’enjeu de cette débauche de moyens en pleine nature paraît incompréhensible. Christian, 37 ans, montre les traces de départs de feux sur la colline, là où sont tombées les grenades offensives. « Je n’avais jamais vu ça et je ne suis pas venu pour ça, dit ce père de famille. Mais, après ça, vous ne pouvez que rester. »

Il explique qu’en fin d’après-midi, les forces de l’ordre les ont poursuivis jusque dans la forêt où les échauffourées ont continué. « Ils étaient par groupes de trois, un avec le Flashball, un avec une caméra et le dernier avec le bouclier, ils ont joué à la guerre, dit-il. Ils nous visaient au Flashball. On est ressortis quand il a commencé à faire nuit et on a allumé des feux de barrage. Là, ça s’est calmé. Puis on a refait une bataille rangée jusqu’à 4-5 heures. »

  • L’utilisation de grenades offensives était-elle nécessaire et proportionnée ?

Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a suspendu jeudi l’usage des grenades offensives OF F1, ainsi que, pour faire bonne mesure, les grenades lacrymogènes instantanées (GLI) utilisées par les policiers et les grenades instantanées (GI), leur équivalent gendarmesque. Lancées à la main, les grenades offensives dites OF F1 sont des armes militaires datant de la guerre de 1914 en dotation uniquement chez les gendarmes. « Je les ai découvertes en faisant mon service militaire, explique un policier. En temps de guerre, on les balance dans un lieu clos, ce qui fige les gens et permet d’intervenir. »



Schéma de la grenade OF F1 utilisée par les gendarmes mobiles. 
Schéma de la grenade OF F1 utilisée par les gendarmes mobiles.

Contacté pour en savoir plus sur ces grenades, le Service d'informations et de relations publiques des armées (Sirpa) renvoie d’ailleurs... vers le musée de l’infanterie et une photo de grenade OF F1 datant de la Première Guerre mondiale. Une mission a été confiée aux inspections générales de la gendarmerie nationale et de la police nationale sur l’usage de ces grenades offensives. Trois jours après la mort de Rémi Fraisse, la fiche d’instruction concernant ces grenades était inaccessible sur l’intranet de la gendarmerie nationale, « en cours de refonte avec le CNEFG (Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie à Saint-Astier - ndlr) ».

« A qui profite le désordre ? »

Sur place, les gendarmes mobiles et les CRS ont fait face dans l’après-midi de samedi à  environ 150 « individus casqués, cagoulés, porteurs pour certains de boucliers de fortune et qui agressent les forces de l’ordre avec une violence qui n’a, d’après les témoignages qui m’ont été rapportés, jamais été rencontrée par les gendarmes engagés dans une opération de maintien de l’ordre », a relaté Denis Favier, directeur général de la gendarmerie nationale. « Beaucoup de gendarmes, qui avaient été sur le site de Notre-Dame-des-Landes auparavant, m’ont dit que c’était plus dur à Sivens », dit le général Bertrand Cavallier. Les affrontements qui ont lieu sur la butte tout l’après-midi s’apaisent en début de soirée, avant de reprendre de plus belle sur le terre-plein vers 23 heures, après le départ des CRS.

En milieu urbain, les policiers peuvent compter sur les gros bras des services d’ordre. Pas à Sivens, où ils ne disposaient d’aucun relais. « La manifestation sous le chapiteau se déroulait calmement, donc je ne voulais pas m’impliquer dans les affrontements à l'autre bout : ça n’aurait servi à rien, nous n’avions aucune influence sur les gens partis là-bas », explique Ben Lefetey.

En cas de violences contre les représentants de la force publique ou s'ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu'ils occupent, le commandant du dispositif peut décider lui-même de l'emploi de ces grenades. Le 2 novembre, sur TF1, le capitaine qui a donné l’ordre d’utiliser les grenades offensives s'est justifié par la violence des « assaillants ». Il a indiqué que son escadron de 72 gendarmes mobiles a été la cible de « fusées de détresse, de fusées très puissantes assourdissantes, de tirs de mortier artisanaux et de bombes incendiaires avec de l’acide et de l’aluminium ».

Après le tir de « plus de 200 grenades lacrymogènes », « la pression est telle » selon Denis Favier que les gendarmes passent aux grenades offensives. C’est l’une d’entre elles qui tuera Rémi Fraisse, atteint dans le dos vers 2 heures du matin.

« Il faut savoir que lorsque le gradé lance sa grenade, il fait nuit, on bénéficie d’un éclairage sommaire et les assaillants sont très mobiles », a indiqué le capitaine de gendarmerie sur TF1. D’après plusieurs récits recueillis par Mediapart, ce soir-là, les gendarmes éteignaient et allumaient régulièrement leurs lumières (projecteurs, phares de camions, torches Maglite). Cette nuit-là, au moins cinq autres personnes ont été blessées parmi les zadistes, selon le décompte en cours de leur avocate. Il y aurait plusieurs blessés côté forces de l’ordre, sans qu'il soit possible d’obtenir des chiffres.

« Le code de sécurité publique autorise les gendarmes à utiliser ces moyens s’ils ne peuvent défendre autrement un terrain occupé, mais défendre cette zone était-il d’un intérêt vital ? », s’interroge un haut fonctionnaire du ministère de l’intérieur, spécialiste du maintien de l’ordre. « Il ne s’agissait pas de sauver un gendarme dont l’intégrité physique était en cause. » Et même en cas de légitime défense, l'usage de la force doit rester proportionnel au danger encouru.

Si CRS et GM ont été progressivement déguisés en Robocops, c’est justement pour pouvoir tenir et faire jouer le facteur temps en leur faveur. « Ils ont aujourd’hui des attributs vestimentaires et des protections qui leur permettent de faire face à des agressions sérieuses », rappelle ce policier qui a géré plusieurs maintiens de l’ordre « très durs ». « En maintien de l’ordre, les gendarmes et policiers ont le temps pour eux, souvent il suffit d’attendre l’épuisement de l’adversaire », explique Fabien Jobard.

« Au final, à qui profite le désordre ? Aux extrémistes, aux black blocs dont l'objectif est d'arriver à cette escalade. On parvient à un résultat dramatique : la grande base des manifestants se radicalise et les extrémistes gagnent sur le fond », regrette notre policier, déjà cité. 

Contactée dès le 27 octobre pour tenter d’obtenir des réponses à toutes ces questions, la préfecture du Tarn nous a renvoyés vers la direction générale de la gendarmerie nationale. Laquelle nous a répondu, de même que le cabinet du ministère de l'intérieur, que la préfecture était responsable du dispositif de maintien de l'ordre.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 16:26

 

 

Source : npa2009.org

 

 

Besancenot avec Reporterre à propos des "policiers-casseurs"

 

 

 

 

 

Source : npa2009.org

 

 

 


 

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 00:24

 

Vu sur : www.facebook.com

 

 

Objet: Courrier envoyé à Xavier Beulin

Bonsoir à tous,

Ci-dessous le texte d'un courrier envoyé au patron de la FNSEA suite à un article paru dans Midi-Libre P.O.

A Sivens, un jeune homme s'est fait tuer. Partout en France, des gens se réunissent en hommage à Rémi. A l'étranger également. Et là, dans le journal local, tout contre l'article qui revient sur ce drame honteux, une déclaration, plutôt une menace, de Xavier Beulin, patron de la FNSEA.
Comme j'aimerais avoir en face de moi cette personne et lui dire ceci :
Vous déclarez : "je n'ai qu'à lever le petit doigt pour mobiliser 3.000 ou 4.000 agriculteurs sur le site". Lever le petit doigt, comme vous y allez, Monsieur Beulin ! Mais qui sont donc ces gens qui se mobilisent lorsque vous "levez le petit doigt" ? Ne se sentent-ils pas humiliés lorsque vous parlez ainsi ? N'ont-ils pas l'impression que vous les prenez pour quelques pauvres animaux domestiques maltraités, habitués à obéir.... au doigt et à l'oeil ? J'entends aussi dire que ces zadistes qui occupent le site du Testet ne sont qu'une bande de gens à la dérive, des fainéants, des bons à rien, vivant à coup de RSA et s'en trouvant très bien. Au crochet de ceux qui paient des impôts et des charges sociales, ceux qui travaillent, quoi !
Je voudrais éclaircir deux points :
1°/ Monsieur Beulin, pourriez-vous nous préciser combien de ces agriculteurs qui vous sont si fidèles seraient obligés de cesser leur activité s'il n'y avait pas les subventions pour leur permettre de s'en sortir ? Et ces subventions, tombent-elles du ciel ? Est-ce que cet argent ne viendrait pas plutôt de ce qui est versé dans d'innombrables tonneaux des danaïdes par les citoyens imposables ? Qui vous dit, Monsieur Beulin, que les citoyens en question ne préfèrent pas voir leur argent servir à la survie de tous ces gens courageux qui défendent la Terre plutôt qu'à arrondir les revenus de ceux qui la massacrent à coup de pesticides ; à ceux qui se battent pour sauver la Vie plutôt qu'à ceux à qui nous devons tant de ces maladies dont, au demeurant, ils meurent eux aussi. L'Europe, c'est nous, Mr Beulin, c'est aussi notre argent qui est versé aux grands agriculteurs, aux grands éleveurs, tandis que les seuils planchers sont là pour exclure des subventions, et donc éliminer, les petits éleveurs, les petits agriculteurs, apiculteurs, viticulteurs. Ceux à qui bien souvent revient l'honneur d'élever dignement leurs bêtes, de cultiver avec respect leurs terres.... et de ne pas empoisonner leurs congénères.
> 2°/ Vous trouvez sans doute que les violences policières ne sont pas allées assez loin (voilà encore l'argent des contribuables à nouveau détourné : ceux que nous payons pour nous protéger protègent en réalité les intérêts privés. Quant à nous, ils nous matraquent, nous gazent, utilisent leurs flashballs. Et pire encore hélàs !). Non, ça ne vous suffit pas : vous voulez ajouter 3 à 4.000 de vos esclaves, ceux qui obéissent lorsque vous levez le petit doigt ! Croyez-vous vraiment que votre menace puisse faire s'échapper ceux qui défendent le Testet ? Alors, c'est que vous les connaissez bien mal ! Oui, la peur existe, mais on apprend à la gérer. Après le meurtre de Rémi, j'ai vu arriver des gens qui ont monté leurs tentes sur cette sinistre zone de terre morte, sur ce poste avancé. Ils l'ont fait calmement, avec détermination. Et s'il en était besoin, ne vous y trompez pas, Mr Beulin, il en viendrait des quatre coins de France. Il en viendrait d'autres pays aussi. La solidarité du coeur et de l'esprit est bien plus puissante et fidèle que celle du fric.
Leur lutte est belle, Mr Beulin. Elle restera gravée dans nos mémoires en lettres couleur d'arc en ciel. Tous se battent pour sauver la Terre tant qu'il en est encore temps ; pour qu'une Vie qui vaille la peine d'être vécue envahisse notre planète encore merveilleuse.
Et même si cette lutte devait parfois s'interrompre, ici, ou là, pour quelques jours, pour quelques mois, elle jaillirait à nouveau de plus belle, ici, ailleurs, plus tard, bientôt, partout, encore plus forte, encore plus lumineuse.


Ce qui est en marche, rien ne pourra l'arrêter.

 

Vu sur : www.facebook.com

 

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 22:43

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

Il est urgent de préparer la décroissance !

Lundi 3 Novembre 2014 à 05:00

 

Thierry Brulavoine, Michel Lepesant et Christine Poilly*

 

Pour Thierry Brulavoine, Michel Lepesant et Christine Poilly, tous trois membres du Mouvement des objecteurs de croissance, "les partis médiatiques prouvent tous les jours leur incapacité à proposer la moindre mesure qui ose accepter la réalité d'un monde fini". "C'est pourquoi, écrivent-ils, il faut appeler politiquement à une recomposition électorale autour d'un pôle antiproductiviste et anticonsumériste, donc anticapitaliste et révolutionnaire".


REX/Stuart Forster/REX/SIPA
REX/Stuart Forster/REX/SIPA

Il est urgent de préparer la décroissance !
>>> Article paru dans Marianne daté du 24 octobre

Les partis de gouvernement et d'opposition, de la droite à la gauche, se sont engagés depuis des décennies dans une quête effrénée de croissance, par la promotion du consumérisme et du « progrès » technoscientiste. Les effets de ces politiques sont pourtant implacables : les 67 milliardaires les plus riches de la planète détiennent autant de richesse que les 3,5 milliards d'humains les plus pauvres ; le 5e rapport du Giec annonce une augmentation de 4,8 °C d'ici à la fin du siècle, induisant des événements climatiques extrêmes, une insécurité alimentaire, une perte de biodiversité, plus de migrations contraintes...

A moins d'afficher le plus grand cynisme présent ou le plus absurde aveuglement sur le futur, comment ne serait-il pas urgent de penser un autre modèle de société, pour revenir sous les plafonds de la richesse indécente et de l'insoutenabilité écologique ? La richesse des plus riches doit décroître, notre poids écologique global doit décroître. Ce qui revient à envisager une décroissance de l'empreinte écologique et donc du PIB, qui lui est mécaniquement associé.

Quand les plafonds sont dépassés, la responsabilité n'est plus de se demander comment rester dans le même monde avec une croissance nulle : il faut maintenant avancer vers une société dont les indicateurs écologiques et économiques repasseront sous les seuils de l'injustice sociale, de l'absurdité économique et de l'irresponsabilité écologique.

Partout et déjà, des objecteurs de croissance se mobilisent pour mettre en œuvre et expérimenter des alternatives concrètes (Amap, monnaies locales, SEL, écoconstruction, agriculture urbaine, habitats partagés ou mobiles...). Beaucoup d'entre nous luttent contre les grands projets inutiles (aéroport de Notre-Dame-des-Landes, usine des 1 000 vaches, barrage de Sivens...) ou les projets extractivistes (gaz de schiste, biomasse...) qui tuent l'agriculture paysanne, détruisent la biodiversité, polluent l'eau, l'atmosphère, les sols, et qui engloutissent l'argent public au nom de la croissance, dans un parfait déni de la démocratie réelle. A partir de ces expérimentations minoritaires et de ces luttes, les décroissants produisent leurs propres théories de la pratique : ainsi vient de se tenir à Leipzig une conférence internationale autour du slogan « Votre récession n'est pas notre décroissance » qui a réuni 3 000 chercheurs du monde entier ; à Cerbère (France), les 9es Rencontres de l'objection de croissance ont rassemblé de nombreux pionniers sur le thème : « La croissance, c'est terminé. Vive la décroissance ! »

Les partis médiatiques prouvent tous les jours leur incapacité à proposer la moindre mesure qui ose accepter la réalité d'un monde fini : au mieux, ils oscillent entre « croissance verte » et « développement durable ». Au pis, ils continuent de promettre une croissance messianique qui ne ferait qu'approfondir les difficultés. C'est pourquoi il faut appeler politiquement à une recomposition électorale autour d'un pôle antiproductiviste et anticonsumériste, donc anticapitaliste et révolutionnaire, et contribuer au débat pour mener des politiques au service d'une vie bonne au sein d'une société juste. La décroissance est un vrai défi collectif, elle doit être sereine et démocratique, portée par de « belles propositions » en vue d'une nouvelle organisation sociale.

Alors que le chômage continue d'augmenter, la logique capitaliste conduit les salariés français (à plein temps) à travailler 1 660 heures par an pour produire des objets vite obsolètes et achetés à crédit : il faudrait « travailler tous pour travailler moins », par une RTT drastique, par un droit inconditionnel au temps partiel choisi, par la garantie d'un revenu inconditionnel d'un montant décent. Une production n'est justifiée que si elle est tournée vers la réalisation de biens socialement utiles, sobres en énergie, utilisant les ressources locales et renouvelables, autogérés dans une démocratie de proximité.

La reconversion écologique de la société passera par une économie relocalisée, par des territoires redynamisés (services publics de qualité, transports de proximité...), par des reconversions drastiques (décidées unilatéralement) dans les secteurs « nuisibles » comme l'armement, l'automobile, l'agro-industrie, le nucléaire ; elle pourra être financée par l'instauration d'un revenu maximal (plancher/plafond de un à cinq).

Ralentissons le rythme de nos consommations : en interdisant l'obsolescence programmée et en coupant net le bras armé du capitalisme qu'est la publicité. Ralentissons nos déplacements : à l'heure de la transition énergétique, nouveaux aéroports et nouvelles lignes TGV sont des escroqueries. Retrouvons le temps du partage et de la démocratie. Non à leur récession imposée, oui à une décroissance sereine et démocratique.

* Thierry Brulavoine, Michel Lepesant et Christine Poilly sont membres du Mouvement des objecteurs de croissance.

 

Source : www.marianne.net

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 22:16

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Cet homme est-il un « casseur » ? Non, c’est un policier

Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre)

lundi 3 novembre 2014

 

 

 

La police se déguise de plus en plus en « casseurs », dont l’image violente est utilisée ensuite par les médias. Samedi après-midi, une nouvelle manifestation s’est tenue à Nantes suite à la mort de Rémi Fraisse. Les affrontements ont rapidement commencé, alors que la manifestation était majoritairement pacifique. Des policiers en civil, déguisés en manifestants, jouent un rôle trouble.


- Nantes, reportage

Samedi 1er novembre, à Nantes, la manifestation en hommage à Rémi Fraisse, militant écologiste tué par une grenade explosive de la gendarmerie le 26 octobre 2014 sur le lieu du barrage de Sivens, dans le Tarn, a une nouvelle fois donné lieu à un déchaînement de brutalités policières contre les 1.500 manifestants présents, dans leur grande majorité non violents.

Avant même le début de la manifestation, la quasi-totalité de la presse locale titrait sur les violences à venir, fournissant la liste du vocabulaire de circonstance — « casseurs », « dégradations », « guérilla urbaine » — et déroulant la litanie des lamentations de commerçants et de Nantais nécessairement « excédés » par les événements. La précédente manifestation nantaise pour Rémi Fraisse, lundi 27 octobre, avait, il est vrai, fourni du grain à moudre aux annonciateurs de désastres : vitrines et banques démolies devant des policiers passifs. Les petits commerces avaient été globalement épargnés.

Ce samedi, un tract appelait cette fois à faire « ce qu’ils n’attendent pas de nous » : « Aujourd’hui, cela sent davantage le guet-apens qu’une insurrection qui vient », notait le texte signé par « quelques occupants de la ZAD ». Une consigne dans l’ensemble respectée, les destructions ayant été minimes tout au long de la journée.

La marche, commencée à 14 heures devant la préfecture, se déroule d’abord dans le calme. Des banderoles et pancartes « naturalistes en lutte » ou « ils mutilent, ils tuent nos enfants. Surarmement, impunité de la police, stop » sont posées sur le monument aux morts des 50 Otages.

Deux hélicoptères survolent la ville. Alors que le cortège remonte la rue de Strasbourg, les rangées de CRS sont de plus en plus proches. Les manifestants scandent « assassins » en passant devant les policiers.

Les premiers incidents démarrent, comme nous l’avons vu, ainsi que d’autres témoins, avec la présence d’un CRS visant les manifestants avec son flashball.


- Le tireur se distingue entre les deux policiers casqués.-

Une provocation, puisque la manifestation se déroulait jusque-là dans le calme, même si la répétition du cri "Assassins" créaient une tension palpable. Des œufs et bouteilles vides volent en direction du fonctionnaire, et servent de prétexte pour tirer les premières grenades lacrymogènes et pour charger.

Le cortège est coupé en deux. Une quinzaine de membres de la Brigade anti-criminalité (BAC), à l’apparence et au vocabulaire plus proches de braqueurs de banque que de policiers, surgit en courant du haut de la rue.


- Des "casseurs" ? Non. Des policiers...-


- Précisons : des "casseurs" ? -


- Le foulard qui lui dissimule le visage dessine... une tête de mort. -

Cagoulés, matraques télescopiques en main, ils arrêtent une première personne.

L’homme, au sol, est frappé dans le dos.

Un autre lance « casseur de merde » à un jeune manifestant, pourtant calme. Un homme d’un âge certain invective les policiers, qu’il gratifie d’un « fascistes ».

 

*Suite de l'artile sur reporterre

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 21:29

 

Source : zad.nadir.org

 

 

infos de la semaine du 3 au 9 novembre

lundi 3 novembre 2014, par zadist

 

 


Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone, contactez-nous ! sur le numéro d’urgence au 06.43.92.07.01.


Infos sur la répression

Manifs du 1er novembre contre les violences policières

  • 21 arrestations a nantes, a priori 10 ont deja été relacher ( 1 gav pour porte d’un opinel, plusieurs rappels a la loi, 1 convocation)
  • 13 arrestations a toulouse, pas plus de nouvelles
  • 5 arrestations a lile, pas plus d’informations

Engué est toujours en prison suite à la manif’ du 22 février ; il purge une peine de 16 mois !
Pour suivre ses nouvelles, consultez les articles postés par son groupe de soutien.


Appel à matos et connaissances

- Appel à matos pour plusieurs chantiers à la Ouardine et San-Antonio (mise à jour du 10 octobre)


Nouvelle date en novembre pour la black plouc kitchen ici ou directement la rubrique black plouc kitchen dans l’onglet sème ta zad


Rassemblements contre la violence policière Listes des Manifestations à venir partout en france en réponse à l’assassinat de Rémi ici


Lundi 3 novembre

- Un appel d’opposants à la construction du center Parc dans la forêt des Chambaran à s’organiser contre le début des travaux à lire ici. Ainsi que quelques moyens d’actions proposées dans les commentaires sur leur site internet.

Nouvelle date en novembre pour la black plouc kitchen ici , directement la rubrique black plouc kitchen dans l’onglet sème ta zad ou sur le blog de la black plouc kitchen

 

 

Source : zad.nadir.org

 

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 21:23

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

Merci confrères

Euro 2016 : pas de panique, c'est un hold-up fiscal !

Lundi 3 Novembre 2014 à 19:00

 

Loïc Le Clerc

 

Ce sont nos confrères des "Échos" qui révèlent cette incroyable information : les sociétés qui organisent l'Euro 2016 en France seront exonérées d'impôts. Une sorte de cadeau concédé par la France aux chantres du "foot business". Et tant pis si les contribuables français ont mis, eux, très généreusement la main à la poche pour accueillir la compétition.

 

ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA
ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Au pays merveilleux du foot business, on n'aime pas trop l'impôt. On se souvient par exemple comment la taxe à 75 % avait fait trembler — pauvres chéris — les clubs de Ligue 1 (en réalité seulement 14 des 20 clubs étaient concernés, principalement le PSG, allez savoir pourquoi). Maintenant, ce sont Les Échos qui viennent nous apporter une nouvelle preuve de la « fiscalophobie » ambiante dans le milieu : « Les sociétés organisatrices (de l’Euro 2016) seront exonérées de tout impôt, hors TVA »
 
On savait déjà que la TVA serait réduite pour la vente de billets, mais là, ça va beaucoup plus loin. L'UEFA et ses filiales françaises ne verseront donc pas un euro d'impôt à l'Etat grâce à la création d'une « structure juridique ad hoc, baptisée "Euro 2016 SAS" et détenue à 95 % par l’UEFA et à 5 % par la Fédération française de football », nous dit le quotidien de l'économie ! Ou comment cette instance du foot européen a réussi à mettre la main sur tout : le beurre, l'argent du beurre, la crémerie, la crémière et ses descendants sur trois générations !

Car, à la limite, si cette fameuse SAS s’occupait de tout, peut-être y aurait-il moins à redire, mais elle ne fait qu’organiser l’événement. La construction des stades (Bordeaux, Lyon, Nice, Lille), c’est pour qui ? Bibi ! Et la remise aux normes des « vieilles » enceintes sportives (Marseille, Saint-Etienne, Toulouse, Lens, Paris) ? Bibi, toujours lui ! Sans compter le développement d'infrastructures permettant le transport des supporteurs jusque sur les sites sportifs. Au total, ce sont 2 milliards d’euros que la République va investir. Et l’UEFA ? 20 millions seulement...

Pour le site Hexagones.fr, cette « gabegie financière » sous couvert de PPP pourrait d'ailleurs coûter bien plus cher que prévu au contribuable. On peut par exemple se pencher sur le cas de Bordeaux. Déjà, dans le contrat de base, la municipalité dirigée par Alain Juppé s'est engagée à verser 4 millions d'euros annuelle à la société SBA pour l'exploitation et la maintenance du stade, et ce pour trente années... Alors  bien sûr, la mairie va louer au Girondins de Bordeaux l'accès au stade pour 3,85 millions par an. Reste tout de même 150 000 euros annuels à sortir du porte-monnaie du contribuable. Et l'air de rien, ce cher Juppé vient d'annoncer des hausses d'impôts, sans faire mention aucune du nouveau stade. Et ce n'est là que l'exemple bordelais...

Quoi qu'il en soit, partout en France, après l'Euro 2016, on bénéficiera de 100 000 places de plus pour aller voir la Ligue 1 en famille le dimanche. Etaient-elles vraiment nécessaires ? La saison dernière, le taux moyen de remplissage des stades étaient de 72,2 %, la honte de l’Europe… Quant aux retombées économiques (évaluées à 900 millions d’euros), comme elles ne concernent quasiment que la vente de billets et les droits de retransmission (faut-il rappeler à qui appartient BeIn Sport ?), le pays peut s'assoir dessus !

Mais pourquoi tant de soumission envers l'UEFA ? En 2010, en présentant sa candidature, la France a juré qu’elle serait fiscalement clémente en cas d’élection. Et, à l’inverse des élections démocratiques, là, les promesses sont tenues ! On pouvait toujours sourire gentiment aux revendications populaires des Brésiliens, lors de la Coupe du monde, l'été dernier... Car maintenant, c'est notre tour de casser la tirelire pour que l’Allemagne vienne nous apprendre à jouer au foot. A domicile, en plus...

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 20:12

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Tribune 03/11/2014 à 16h31

Finissons-en avec les PPP, ces boulets que l’Etat s’accroche au pied

Mathilde Moracchini, Hadrien Toucel

 

 

 


Lors du premier épisode de l’abandon de l’écotaxe, « reportée sine die », Ségolène Royal lançait tous azimuts des propositions aussi diverses qu’improvisées afin de compenser le manque à gagner.

Making of
Mathilde Moracchini (cadre dans l’économie sociale et solidaire) et Hadrien Toucel (doctorant CNRS) sont les auteurs de « Partenariats public-privé : pillage et gaspillage » (éd. Bruno Leprince, septembre 2014), il nous ont proposé cette tribune. Ce qu’ils y dénoncent est non seulement grave, mais symptomatique d’un raisonnement à courte vue : soulager l’Etat à court terme en concédant des quasi-rentes à des groupes privés. Après avoir largement dénoncé ce système, le gouvernement en place le perpétue, sous d’autres mots. Xavier de La Porte

S’ouvre à présent l’épisode 2, au cours duquel le gouvernement tente le rapport de force pour limiter les surcoûts occasionnés par la rupture du contrat avec Ecomouv : en effet, sortir du partenariat public-privé (PPP) avec la société Ecomouv implique le paiement d’une compensation qui pourra atteindre plus d’un milliard d’euros aux frais des contribuables.

Au-delà de cet immense gâchis d’argent public, qui implique la responsabilité de ce gouvernement mais également de la majorité précédente, l’absurdité de la situation révèle les failles intrinsèques aux « partenariats publics-privés » – au moment même où gouvernement et collectivités envisagent de les multiplier pour des services publics essentiels.

A l’encontre de l’intérêt général

Le principe du contrat en partenariat public-privé consiste à confier à un opérateur privé la maîtrise d’ouvrage et l’exploitation d’un équipement collectif contre un loyer de longue durée. Ce dispositif est autorisé depuis 2004 en France.

Or, le bilan de ces contrats est à observer de près : les PPP se sont systématiquement avérés :

  • plus coûteux (le prix de la transaction représente le triple d’une procédure classique d’achat, et les cabinets de consultants coûtent en moyenne sur les petits projets 10% de l’ensemble de l’investissement) ;
  • moins performants pour les usagers et les agents ;
  • antidémocratiques (bloqués sur des décennies, impossibles à adapter à l’évolution des besoins) ;
  • et monopolistiques (92% des contrats PPP vont à trois entreprises, Eiffage, Vinci, Bouygues).

En somme, ils vont à l’encontre de l’intérêt général.

Inédit depuis l’Ancien Régime

L’écotaxe est un exemple parfait de ces dérives. Avec 3,2 milliards d’euros versé sur treize ans à la société Ecomouv, elle permettait – chose inédite en France depuis l’Ancien Régime – à un acteur privé de collecter une taxe en s’arrogeant une commission de 20% (soit vingt fois le taux moyen de recouvrement de l’impôt en France), et demeurait comme tous les PPP protégé par le secret commercial, interdisant tout contrôle citoyen.

Déjà, en avril 2014, le mythe des PPP éclatait avec la résiliation du PPP du Centre hospitalier sud-francilien avant son terme pour la modique somme de 800 millions d’euros au profit d’Eiffage. Le motif ? Huit mois de retard, près de 8 000 malfaçons constatées, une réévaluation à la hausse des loyers et du devis accrus de 100 millions d’euros... En bref, un désastre financier et sanitaire.


Le Centre hospitalier sud-francilien à Evry, le 29 septembre 2011 (MARS JEROME/JDD/SIPA)

 

Puis, en juillet 2014, un rapport de la commission des lois du Sénat est venu s’ajouter aux nombreux documents à charge contre les PPP. Les termes employés sont sans équivoque : les sénateurs qualifient l’infrastructure PPP de « bombe à retardement budgétaire », « concurrençant les marchés publics classiques ou les délégations de service public », « infantilisants » entraînant « un renoncement par la personne publique à sa compétence de maîtrise d’ouvrage » et un « effet d’éviction des petites et moyennes entreprises et des très petites entreprises ».

Pourtant, ce constat d’échec et l’alarme tirée quant aux dangers des PPP se heurtent toujours aux lobbies et aux intérêts privés. Preuve s’il en est : un nouveau PPP a été signé en mai 2014 avec l’université d’Aix-Marseille pour un montant de 120 millions d’euros. Et plus récemment, c’est le ministère de la Défense qui annonce vouloir privilégier ces mêmes partenariats public-privé et ainsi privatiser une partie de notre sécurité nationale.

Les reniements de Hollande et Valls

Qu’il est loin le temps où François Hollande, en 2012, dénonçait les partenariats public-privé comme « un outil qui favorise la vie à crédit et le surendettement » et « un système qui a dérapé », ainsi que le temps où Manuel Valls s’opposait à la construction et à la gestion de l’hôpital sud-francilien par Eiffage. Le Premier ministre d’aujourd’hui soutient les PPP dénoncés hier.

Il est intéressant de constater que, conscients de l’opposition croissante envers les PPP, le gouvernement, les lobbyistes et les entreprises transnationales évitent soigneusement de prononcer l’acronyme. Ainsi le ministère de la Défense parle-t-il de « société de projet » au capital mixte, tandis que le « club des PPP » préfère parler de « CP » : contrat de partenariat.

L’adoption par l’Assemblée nationale de la loi Semop, le 7 mai, laisse présager de nouveaux cadeaux aux géants du BTP. La création juridique de Sociétés d’économie mixte à objet unique (Semou) permet à chaque collectivité « d’allier les valeurs de la gestion directe en redonnant à la collectivité la maîtrise de son service public et les atouts de la gestion déléguée en faisant appel aux compétences et à l’innovation d’un opérateur privé ».

Il s’agit donc de PPP déguisés, d’autant plus dangereux qu’ils échappent encore davantage à la régulation que les PPP classiques.

Par exemple, aucune obligation d’évaluation préalable pour les comparer avec la maîtrise d’ouvrage publique n’est imposée. Une maîtrise d’ouvrage par la personne publique apparaît complètement illusoire, car la partie privé pourra détenir jusqu’à 64% des parts de la Semou, soit la majorité, laissant les coudées franches au secteur privé pour opérer les décisions stratégiques et trancher les choix de services.

L’emballage change, les pratiques demeurent

Les Semou permettront cette situation ahurissante dans laquelle un partenaire privé, juge et partie, décidera et réalisera les travaux. Les Semou dérogeront à la règle de prise en compte de l’endettement sur le long terme, et permettront comme les PPP avant 2011 de faire de l’endettement caché. Protégés par le secret commercial, écartant les TPE et les PME, ces Semou servent les seuls intérêts des grands groupes privés. L’emballage change, les pratiques demeurent.

Après dix années qui ont permis de constater l’échec des PPP et leur non-conformité avec l’intérêt général, une prise de conscience et des mesures fortes s’imposent : il devient urgent de supprimer et interdire ce dispositif exorbitant pour les fonds publics et les contribuables.

Cette interdiction doit s’inscrire dans la loi, comme elle l’était avant la directive de 2004 puisque depuis 1985, la loi française interdisait de confier la conception et la construction d’un ouvrage à un même acteur pour limiter le poids des grands trusts.

Il est du devoir de l’Etat envers ses citoyens et contribuables de mettre fin au gaspillage et à l’inefficacité des partenariats publics-privés.

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

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