Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 21:03

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Les mots et techniques de communication du pouvoir pour imposer les projets inutiles

Groupe Marcuse

samedi 29 novembre 2014

 

 

 

 

« Aménager mais protéger et recréer. » Les mots des partisans du barrage de Sivens sont révélateurs d’une stratégie de communication visant à faire accepter la destruction de la biodiversité. Et relèvent d’une longue histoire des techniques d’acceptation sociale des projets d’aménagement imposés par des intérêts capitalistes. Décryptage.


- POUR PREPARER LA RENCONTRE DE REPORTERRE LUNDI 1 DECEMBRE : Projets inutiles : la victoire est possible !


Pour justifier son projet de barrage, le conseil général du Tarn s’est offert divers « publi-communiqués » en pleine page de La Dépêche du Midi. L’un deux, le 1e octobre, portait un titre révélant les enjeux actuels de la lutte de Sivens : « Aménager mais protéger et recréer ».

Stratégie des mots

La conjonction de coordination « mais » signifie qu’il y a contradiction entre « aménager » et « protéger et recréer ». Les communicants semblent ainsi valider l’argument fondamental des opposants aux « grands projets » d’aménagement du territoire : ils sont trop destructeurs – si destructeurs qu’il faut carrément « recréer » les espaces dévastés, soit réaménager des zones humides ailleurs !

Le communiqué poursuit sans rire : « 19,5 ha de zones humides sont préservées pour compenser les 13 ha de zones humides impactées par la retenue. La compensation environnementale est de 150 % ». Que les citoyens soient rassurés : plus on saccage, plus on préserve.

On aurait tort de ne voir dans cette formule qu’un aveu involontaire. Les communicants l’ont sciemment choisie afin de rendre le scandale tolérable en le banalisant. Derrière ce message, il y a une logique implicite qu’il s’agit de faire accepter : si aménager = détruire, alors il faut compenser. Mais cette « logique » de marchandage compensatoire ne vaut que pour ceux qui acceptent l’équivalence de départ, au lieu d’estimer qu’il faut la combattre.

Le territoire géré pour le capital

Surtout, ce qui est censé « compenser » le scandale va en fait dans le même sens. Car la destruction comme la préservation des territoires par l’Etat, ces deux moments de leur aménagement, se font au détriment de leur usage commun par les populations locales qui s’en servent encore de garde-manger et de pharmacie. C’est notamment ainsi que les voient les vieilles paysannes et les jeunes « zadistes » qui n’ont pas intégralement délégué leur (sur)vie aux industries agro-alimentaires et pharmaceutiques.


- Au Testet, octobre 2014 -

Ce que désigne l’aménagement du territoire apparaît ici clairement. Dans la plupart des cultures, les terroirs et les paysages étaient le produit de celles et ceux qui y vivaient ; tout cela est désormais « géré » d’en haut et de loin, par l’Etat central dépositaire de « l’intérêt général », lequel se mesure à la croissance du PIB, saupoudrée de « mesures écologiques ».

Le territoire est ainsi soustrait aux gens qui y vivent et mis au service de l’accroissement du capital. Ce qui implique de faire la guerre aux usages vernaculaires et, si nécessaire, de déménager sans ménagement les populations locales.

Construire l’acceptation sociale

Toutes ces expropriations se sont faites sans trop d’opposition dans l’après-guerre, tant qu’il y eut un large consensus des communistes et des gaullistes en faveur du Progrès. Les choses se sont ensuite gâtées, notamment avec le « grand projet » de nucléarisation de l’Hexagone qui aboutit en 1977 au même crime que celui du 26 octobre 2014 : Vital Michalon est tué par une grenade offensive.

Dans les années 1980, l’Etat crie alors à l’aide : comment donner un vernis démocratique aux projets mûrement imposés par les élites ? Et les sociologues de proposer un nouvel outil, la « démocratie technique » : au-delà de la propagande, il s’agit d’aménager la contestation, de l’intégrer au processus de décision pour mieux la gérer, la cantonner à un rôle de contre-expertise technique et anéantir en elle toute opposition politique.

Il faut organiser des « forums hybrides » (Michel Callon) associant les représentants de l’Etat aux délégués des associations et autres organisations paragouvernementales, afin que la « société civile » puisse discuter et par là même valider démocratiquement les décisions prises par la technocratie.

Il faut « cartographier les controverses » (Bruno Latour) et, si besoin, créer de toutes pièces des associations afin que, lors de ces débats, il y ait des acteurs de la « société civile » favorables aux projets des élites. Chacun verra alors qu’« en bas », il y a des « pour » et des « contre », que les choses sont « complexes » et qu’il vaut mieux laisser l’Etat savant s’en charger. Et c’est ainsi qu’un polytechnicien a fondé l’Association des écologistes pour le nucléaire (AEPN).

Intégrées dans les processus de « concertation », il est clair que toutes ces associations, sincères ou factices, sont désormais utilisées comme organes de gestion de la contestation. Certains mouvements d’opposition ont donc refusé de participer à ces parodies de démocratie.


- Manifestation contre la centrale de Creys-Malville, années 1970 -

Éviter le piège de la « démocratie participative »

Ainsi, Pièces et Main d’œuvre (PMO) a invité au boycott de la concertation lancée par la Commission Nationale du Débat Public (« CNPD, participer, c’est accepter ») à propos des nanotechnologies en 2010. Les premières mises en scène de débat public furent perturbées avec tant d’ardeur que les autorités préférèrent annuler les suivantes, pour éviter de nouveaux camouflets. Il en est allé de même pour le projet d’enfouissement des déchets nucléaires CIGEO.

 

*Suite de l'article sur reporterre 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 20:13

 

Source : france.attac.org

 

Pour avoir le dernier mot, faisons de Paris2015 un « Seattle des fausses
solutions » et un « Cochabamba de la transition écologique et sociale »
 
lundi 24 novembre 2014, par Maxime Combes

 

 

Que faire de la 21e conférence des parties de la Convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Paris - Le Bourget en décembre 2015 ? Les ONG, mouvements sociaux et écologistes se posent toute une
série de questions essentielles dont il faut prendre le temps de débattre : que faut-il attendre des négociations ? Sur quoi est-il possible d’influer ?
Que faire pour ne pas se retrouver dans la même situation qu’après Copenhague (2009) ? Quels objectifs se donner ? Comment travailler en profondeur les exigences de transformation écologique et sociale au sein de la population ?
Quelles initiatives prendre pour imposer la lutte contre les dérèglements climatiques en haut des priorités politiques tout en évitant de donner plus de forces à ceux qui veulent imposer leurs solutions techno-scientifiques et innovations financières ? Sur quelles bases construire un mouvement pour la justice climatique qui irrigue largement la société, persiste et se renforce à travers et au-delà de la conférence Paris2015 ? Comment s’appuyer sur la réussite des manifestations du 21 septembre 2014 ? Quelle place donner aux mobilisations grandissantes visant à bloquer des projets climaticides et aux initiatives citoyennes visant à expérimenter et mettre en œuvre dès maintenant le monde soutenable et résilient qui sera nécessaire demain ?

La liste des questions et des débats en cours au sein des ONG et des mouvements sociaux et écologiques est longue.
 
Analyse et perspectives à lire ici
https://france.attac.org/se-mobiliser/vers-la-cop21/article/blockadia-et-alternatiba-les-deux

 

 

Source : france.attac.org

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 19:31

 

Source : www.liberation.fr


 

 

Espagne : des milliers de manifestants pour «du pain, un travail, un toit»

AFP 29 novembre 2014 à 19:04 (Mis à jour : 29 novembre 2014 à 20:24)
Des manifestants effectuent une marche baptisée Des manifestants effectuent une marche baptisée "Marche pour la dignité" à Madrid afin de protester contre l'austérité, le 29 novembre 2014 (Photo Pierre-Philippe Marcou. AFP)

 

Des milliers de personnes sont descendues samedi dans la rue à Madrid, Barcelone et d’autres villes en Espagne pour protester contre l’austérité que la classe politique «corrompue» leur a imposée et la misère qui les frappe encore de plein fouet.

«Du pain, un toit, un travail»: une grande banderole a été déployée par les manifestants près du musée du Padro à Madrid. Ils marchent en direction du centre à l’appel de syndicats, partis de gauche, plateformes citoyennes et collectifs de défense des services publics notamment.

«Ni chômage ni exil ni précarité. Marchons, marchons pour la dignité», ou encore «Si se puede, si se puede!» (Oui, c’est possible !), scande la foule en écho au «Yes we can» de Barack Obama en 2008.

«Ni chômage ni exil ni précarité. Marchons, marchons pour la dignité», ou encore «Si se puede, si se puede!» (Oui, c’est possible !), scande la foule en écho au «Yes we can» de Barack Obama en 2008.

«C’est quoi cet oiseau ?» demande une fillette en montrant du doigt un grand volatile fabriqué avec des sacs en plastique. «Un, corbeau, non, un vautour», répond la mère. «Comme les politiques?», interroge la petite.

Le vautour est porté par Agustin Carretero, 41 ans, qui a la chance d’avoir un travail au sein d’un service d’assistance clients. Pour lui, le problème c’est le toit. Il vit dans un appartement de 50 mètres carrés avec deux enfants de six et huit ans, pour un loyer d’environ 500 euros. Son logement, de type HLM, a été vendu à un promoteur et en 2018 il n’aura plus le choix: soit il l’achète 140.000 euros, soit il s’en va, raconte-t-il.

Ils sont plus de 2.300 dans son cas. «Le promoteur les a achetés en moyenne 60.000 euros et maintenant il veut les vendre le double ou le triple à ceux qui sont dedans», s’insurge-t-il.

Près de 23,7% des Espagnols sont au chômage, soit quelque 5,4 millions de personnes et ce même si la croissance devrait atteindre 1,3% en 2014, «la plus forte de la zone euro», selon le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, au pouvoir depuis fin 2011.

- 'Marre de ces gouvernements' -

«Ce que raconte le gouvernement c’est de la propagande. La crise se poursuit. On continue à imposer des coupes claires dans la santé, l’éducation (...) », explique Carlos, 48 ans, dénonçant le plan d’austérité qui doit déboucher sur 150 milliards d’euros d’économie fin 2014.

Pour cet agent administratif au chômage depuis un an et demi, en fin de droits dans cinq mois, les journées s’écoulent «entre CV et CV, dans le combat».

«Je suis enseignante en philologie anglaise, j’ai des diplômes en éducation dans le primaire, éducation physique, mais je suis au chômage depuis deux ans et je n’ai plus aucune aide», témoigne Yolanda Garcia, 42 ans.

«Mon ex-mari a dû venir vivre avec moi pour éviter que l’on nous expulse», car il participe au paiement du crédit, explique cette mère de deux enfants.

«Un pays ne peut subir les conséquences d’une équipe de corrompus», ajoute-t-elle alors que depuis début octobre deux nouveaux scandales de corruption, touchant la droite et la gauche, ont éclaté.

Le premier concerne de cartes bancaires du groupe Bankia sauvé de la faillite et dont ont profité des dizaines de personnalités, y compris syndicales, sans rien déclarer au fisc. Le deuxième porte sur des marchés publics truqués, principalement dans la région de Madrid.

«On en a marre de ces gouvernements», national comme régional, se plaint, à Barcelone, Francisco Crespín, retraité de 73 ans qui a manifesté avec quelque 2.000 autres personnes. «C’est pas juste que l’on expulse les gens alors que l’on sauve les banques», souligne-t-il.

«Il faut changer cette situation de fond en comble. Et l’an prochain nous en aurons l’occasion», promet-il en évoquant les législatives de 2015 pour lesquelles le nouveau parti antilibéral Podemos est en tête selon deux sondages.

Sur 46,5 millions d’habitants plus de cinq ont été assistés par la Croix-Rouge, qui estime que 84% sont menacés par la pauvreté.

AFP
Source : www.liberation.fr


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Espagne
commenter cet article
29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 19:10

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 


 

Center Parcs de Chambaran : un nouveau bétonnage de la nature au nom d’un soi-disant développement territorial et de l’emploi

Par Agir pour l’environnement, Attac France, Confédération Paysanne, Les Amis de la Terre, Solidaires

 

 

 

chambaran-f7e1d.jpg

 

Le projet est sous le coude depuis 2007. Le Groupe Pierre & Vacances projette la réalisation d’un Center Parcs au milieu de la forêt des Chambaran en Isère : 1 000 cottages répartis sur 200 hectares et un bâtiment de loisir de 3,6 hectares, le tout clos d’une enceinte de 2 mètres de haut pour que les bêtes sauvages ne viennent pas perturber la quiétude des futurs vacanciers installés au cœur de la forêt !

Pierre & Vacances bénéficie d’un partenariat privilégié avec les collectivités locales et la région qui investissent 36,5 millions d’euros et lui ont cédé le terrain pour une bouchée de pain (0,30 euro/m2, alors que le prix moyen est normalement de 18 euros).

Les autorisations ont été accordées par le préfet alors que l’enquête d’utilité publique a émis un avis défavorable pour non respect de la loi sur l’eau (site sensible du fait de zones humides, de corridors écologiques, en tête de bassin versant, etc). Les enquêtes d’impact ont été partielles et les mesures compensatoires inadaptées. Le Conseil National de la Protection de la Nature a d’ailleurs rendu un avis défavorable.

L’impact en terme d’emploi est, lui, limité et discutable : 48 % des emplois promis seront des activités de nettoyage avec un temps moyen d’un peu moins de 12h/semaine soit 370 euros/mois.

Enfin, alors que plusieurs recours juridiques sont déposés, le préfet a autorisé le lancement des travaux de déboisement avec la protection des forces de l’ordre (patrouille quotidienne et surveillance aérienne).

Après Notre-Dame-des-Landes et le drame du barrage de Sivens, l’histoire se répète une nouvelle fois et se concrétise par une faillite démocratique et un passage en force des pouvoirs publics locaux.

Les organisations signataires soutiennent la lutte juridique et sur le terrain qui s’organise avec l’association PCSCP (Pour les Chambaran SANS Center Parcs), la ZAD de Roybon, et la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature).

Nous appelons solennellement Madame la ministre de l’écologie à prendre toutes les dispositions pour faire cesser le déboisement du site et arrêter définitivement le projet.

Nous appelons à rejoindre les opposant-e-s au projet qui organisent sur place, le 30 novembre à partir de 12 h, un grand rassemblement festif pour la préservation de la forêt de Chambaran à Roybon dans l’Isère.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/attac-france

 

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans ZAD de Roybon - Center Parcs de Chambaran
commenter cet article
29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 17:58

 

 

Source : FranceCulture  lien

 

 

 

 

Ajoutée le 2 oct. 2013

David GRAEBER
Docteur en anthropologie
Economiste
Professeur à la London University

Vient de publier : Dette : 5000 ans d'histoire , éd. Les Liens qui libèrent

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 17:38

 

Source : www.mediapart.fr

 

Wolfgang Streeck, pour résister à ce capitalisme postdémocratique

|  Par Antoine Perraud

 

 

 

 

Le sociologue allemand Wolfgang Streeck, dans un essai mobilisateur, Du temps acheté (Gallimard), analyse le divorce consommé entre capitalisme et démocratie. Il ne voit guère que l'État-nation pour freiner aujourd'hui les méfaits du « libéralisme de marché hayékien ». Compte-rendu critique.

Rares sont les essais dont la lecture s’apparente à un voile qui se déchire. Celui de Wolfgang Streeck est de ceux-là. Né en 1947, directeur émérite de l’Institut Max-Planck pour l’étude des sociétés de Cologne, il s'attache à « la crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique », sous le titre Du temps acheté. Et il démontre ce qui advient sous nos yeux : les pays industriels, grevés par leurs dettes, laissent les manettes au marché créancier ; ces États démunis n’assurant plus que la répression des citoyens récalcitrants.

Est-ce l’oralité originelle de ce texte conçu pour frapper et convaincre – il s’agit de “conférences Adorno” tenues en juin 2012 puis retravaillées pour publication ? Est-ce la traduction efficace et juste de Frédéric Joly ? Toujours est-il que cet ouvrage se lit comme un bréviaire du discernement.

Tout part du moment où l’État fiscal devient État débiteur – notons qu’une telle situation, qui se dessina en France sous M. Giscard, se vérifia au temps du président Mitterrand, d’où la déréliction du “Peuple de gauche”… Wolfgang Streeck rappelle donc que la crise des matières premières, en 1973, qui marqua la fin des “Trente Glorieuses”, a rompu l’équilibre keynésien d’après-guerre : « Il n’était plus possible de compter sur une croissance continuellement élevée et de considérer celle-ci comme synonyme d’une formule de paix démocratique-capitaliste. » Adieu « l’ardente obligation du plan » chère à de Gaulle, ou « l’optimisme régulateur », en vogue dans l’Amérique de Kennedy !

Les sursauts planétaires de 1968 avaient d’autre part sonné comme autant d’alertes chez les suzerains du capitalisme : si les enfants gâtés se révoltent ainsi, s’avère donc nécessaire une dose de cruauté sociale, d’effroi économique et d’intimidation politique. Le Chili allait servir de laboratoire pour les citoyens devenus souris expérimentales. On peut regretter que l’auteur, accaparé par le vice de forme et les tropismes fâcheux du capitalisme, ne prenne pas en compte l’effondrement du système socialiste, qui libéra l’économie libérale de sa fonction de vitrine du monde libre, de contre-modèle endiguant la menace collectiviste : la voracité des classes possédantes et de leur bras armé, la finance internationale, pouvait alors échapper à toute retenue, se montrer littéralement effrénée…

 

 

En anglais, présentation et causerie (un rien “radical chic” mais passionnantes) de Wofgang Streeck à Londres...

Wolfgang Streeck met en évidence le changement de paradigme permettant « que l’économie capitaliste soit sans cesse, et de plus en plus, délivrée de l’intervention démocratique » : l’ère de l’endettement étatique. L’inflation avait fait son temps et débouché, a contrario, sur la stabilisation monétaire menée au pas de charge par Mr Reagan et Mrs Thatcher avec, en contrepartie d’une monnaie enfin saine, le chômage de masse et une résistance syndicale brisée de méchante façon. Difficile d'aller plus loin dans l'immédiat. Comment ne pas ponctionner davantage d’impôts ni démonter encore plus sauvagement l’État social ? Comment acheter une paix relative ? Par l’endettement, étatique puis privé. Un endettement vertigineux aux allures de fuite en avant. Avec, au bout du compte, l’addition noélibérale que les politiques allaient présenter à leur peuple : privatisations, dérégulations, emplois asséchés ou précaires, protection déclinante ou inexistante. Les élus n’étaient plus que de vagues régisseurs des quatre volontés de la main invisible du marché. En témoigne la mercantilisation de la couverture sociale, dévolue aux compagnies d’assurance privée.

Restait le refuge de l’épargne et du rendement des capitaux. Patatras ! « L’effondrement du système bancaire international qui menaça en 2008 força les pouvoirs publics, qui auraient justement voulu ne plus avoir à s’occuper d’économie, à rentrer à nouveau sur le terrain. En conséquence, tous les succès rencontrés dans la consolidation des finances publiques, qui avaient été obtenus au prix de risques politiques élevés, furent dans le même temps annulés. » Et voilà le capitalisme englué dans une triple crise : bancaire, des finances étatiques et de l’économie réelle.

Wolfgang Streeck démonte la propagande massive alors mise en place, faisant porter le chapeau des faillites bancaires sur un trop-plein de démocratie avec son cortège de revendications périlleuses aux dépens du bien commun. Il s’est plutôt agi, selon lui, d’un chantage d’établissements prédateurs auto-décrétés « trop gros pour mourir » et sauvés par leurs agents d’influence ayant gangréné les États – Henry Paulson, ancien président de Goldam Sachs et veillant sur le Trésor dans le gouvernement de Bush le Jeune, s’avérant le plus symptomatique de ces pompiers pyromanes.

 

 

Le sociologue allemand prouve par A+B la corrélation entre la construction – puis la déconstruction, puis la reconstruction – de l’endettement public et l’étouffement de la démocratie de masse. Avec en toile de fond l’aggravation continue de l’inégalité des revenus et des patrimoines dans les pays industriels, menant à une dislocation du contrat social. « Parallèlement aux avancées du capitalisme réformé néolibéral, note l’auteur, la participation des citoyens aux scrutins démocratiques recula de façon continue et parfois dramatique, et avant tout parmi les couches sociales qui auraient dû être les plus intéressées par les prestations étatiques et la redistribution économique étatiquement imposée du haut vers le bas. Ce fait aide à prendre la mesure de la victoire, écrasante, du capitalisme réformé néolibéral sur le capitalisme qui avait été celui de l’État social démocratique des décennies 1960 et 1970. »

Confondre l'Union monétaire avec « l'idée européenne »

Sur fond de résignation populaire, la prétendue justice du marché a donc supplanté feu la justice sociale, en l’absence de toute correction démocratique, désormais rendue impossible. Le discours dominant fustige « les dépenses trop élevées », alors que le cœur du problème, rappelle Wolfgang Streeck, gît dans des recettes trop basses. Échapper à l’impôt, de la part des grosses sociétés ou des grandes fortunes passées maîtres dans l’évasion fiscale, s’inscrit dans un projet politique consistant à réduire à néant l’État : « Affamer la bête » (“starving the beast”), selon le slogan du néolibéralisme yankee.

 

 

L’État fiscal – redistributeur, social, keynésien – est devenu État débiteur (les emprunts ayant donc remplacé les impôts), puis État de consolidation (dressage politique : surveiller et punir). Il culpabilise ses citoyens pour trop « puiser dans les caisses », renonce à réguler, se laisse déposséder par ses créanciers qu'incarnent les marchés. Résultat : Keynes a disparu au profit de Hayek, qui théorisa le triomphe du libéralisme sur les cendres de la démocratie. Et Wolfgang Streeck de noter : « Bon nombre d’éléments laissent  penser que l’apparition du capital financier se ramène à celle d’une deuxième “peuple”, les gens du marché rivalisant désormais avec le peuple national. »

Le sociologue constate les ravages de la globalisation incontrôlable menée au nom du bon plaisir d’un capitalisme démesuré, supranational et donc à l’abri de toute pression électorale, ayant à sa main une diplomatie financière interétatique. L’universitaire allemand consacre alors la dernière partie de son essai à réhabiliter l’État-nation qu’il entend arracher aux vieilles lunes nationalistes, afin de contrer l’eurocratie qu’il cherche à dissocier de l’idéal européen. Retrouver une souveraineté aux dépens des exigences des marchés, histoire de refonder une certaine idée du fonctionnement démocratique.

Il observe les mouvements de résistance en Grèce, ainsi qu’en Italie ou en Espagne : les poussées d’une gauche qui ne se montre plus indigne de ce nom… « L’alternative à un capitalisme  sans démocratie serait une démocratie sans capitalisme, du moins sans le capitalisme que nous connaissons », note l’auteur. Il se livre à un éloge de la dévaluation comme outil de régulation pour mieux appeler à sortir de l’euro et à démanteler l’UE. Il entend se distinguer des politiciens d’extrême droite, égoïstes, injustes et darwinistes, qui appellent à l’exclusion des maillons faibles. Son objectif « n’est pas la punition, mais la libération et la réhabilitation des pays qui courent aujourd’hui le risque d’être définitivement pris dans les rets d’un système de marché affranchi de toute intervention politique et qui leur réserverait le rôle d’éternels perdants et pétitionnaires ».

Wolfgang Streeck s’en prend aux « officiants du culte européen », sans toujours s'imposer en irréfragable officiant du culte anti-européen. Il ne fait guère comprendre comment et pourquoi « les esprits ont été amenés à confondre l’Union monétaire avec l’“idée européenne”, voire avec “l’Europe”, alors même que l’Union monétaire est un projet de rationalisation de l’expansion du marché ». Notre sociologue a ses angles morts idéologiques. Sa démonstration souffre parfois de ne distinguer aucune utopie égalitaire, mais uniquement de la gloutonnerie matérielle, chez les partisans de l’Europe. À rebours, les contempteurs de l'UE sont dotés d’idéalisme et trop rapidement exonérés de “populisme”, notion revalorisée non sans mauvaise foi : la résistance éclairée n'est-elle pas préférable à la rage tripale ? Au reste, Wolfgang Streeck tourne autour de la violence protestataire et du passage à l'acte transgressif en politique, donnant sporadiquement l’impression de jouer avec le feu.

Néanmoins le tocsin est sonné. Et bien sonné : « Le droit de vote, le droit de grève et le droit de manifester sont encore ancrés en Europe au seul échelon national. Auront-ils un jour une existence à l’échelon européen ? Nulle réponse n’est donnée, sinon par la Cour de justice européenne, qui a déjà défini, dans tous les cas, le droit de grève comme secondaire par rapport aux “libertés” du marché intérieur. Je défends dans cet ouvrage une certitude : assurément, ces institutions nationales et d’autres encore, quand bien même en l’état elles ne se montrent pas en mesure d’apporter des réponses constructives à la présente crise du capitalisme, ont le mérite d’exister. Sans elles, le projet d’une économie politique démocratique en Europe ne serait pas aujourd’hui dans une grande détresse ; il serait depuis longtemps mort et enterré. »





Wolfgang Streeck :
Du Temps acheté.

La crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique

Traduit de l'allemand par Frédéric Joly.

(Gallimard, nrf essais, 378 p., 29 €).

 

 

*Boîte Noire :

Merci au sociologue Frédéric Pierru, abonné à Mediapart, qui, dans l'un de ses commentaires, m'a engagé à chroniquer un tel ouvrage.

Du Temps acheté aide à prendre conscience de l'inanité des arguments lénifiants selon lesquels l'Europe, par essence démocratique, ne saurait tolérer un gouvernement postfasciste au sein de l'Union, ce qui atténuerait toute prise de pouvoir par Marine Le Pen. Or Bruxelles se satisfait actuellement du commissaire hongrois dépêché par le national-populiste Viktor Orbán et s'accommoderait sans doute de l'extrême droite française, au nom d'une domestication des peuples qui se fait de plus en plus clairement jour dans les « États consolidés », ainsi que le démontre Wolfgang Streeck...

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 15:29

 

Info reçue par mail

 

 

 

Urgence ICE Stop TAFTA et CETA : récolter 25 000 signatures en France

pour l’anniversaire de Juncker !

 

 

 

 

Chèr⋅e⋅s ami⋅e⋅s,

L’Initiative citoyenne européenne (ICE) auto-organisée contre TAFTA et CETA connaît un succès fulgurant. Lancée il y a à peine plus d’un mois, elle est déjà proche du million de signatures !

À ce jour, seules l’Allemagne, l’Autriche et la Grande Bretagne ont franchi le seuil de signataires, qui pourront ainsi être « officiellement » comptabilisés dans l’ICE. En France, il manque encore plus de 25 000 signatures pour atteindre les 55 500 nécessaires.

Jean-Claude Juncker, nouveau Président de la Commission européenne et ex-dirigeant du plus grand paradis fiscal de l’Union européenne, le Luxembourg, fêtera ses 60 ans le 9 décembre. Nous pouvons lui offrir un cadeau inoubliable en contribuant à atteindre en quelques jours le million de signataires.

Pour cela, nous avons besoin de votre aide :

Offrons à Juncker un cadeau inoubliable pour ses 60 ans le 9 décembre :
Un million de signatures contre TAFTA et CETA !

 

 

 


Repost 0
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 22:26

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Ces artisans pêcheurs qui refusent l’exploitation industrielle de la Méditerranée

par Sophie Chapelle 28 novembre 2014

 

 

 

Une prud’homie de pêche, cela vous dit quelque chose ? Ces communautés d’artisans pêcheurs, héritées du Moyen Âge, font aujourd’hui figure d’alternatives face aux dégâts écologiques et sociaux engendrés par la pêche industrielle. Sur le littoral méditerranéen, des Pyrénées-Orientales aux Alpes-Maritimes, une trentaine de prud’homies de pêche arrivent à concilier l’exercice du métier, la solidarité et le respect de la biodiversité. Mais souffrent de ne pas être vraiment reconnues par les dirigeants politiques et européens. Reportage dans le Var.

Cet article a été réalisé en partenariat avec le magazine Kaizen.

En se promenant sur le port de Sanary-sur-Mer, dans le Var, on remarque d’abord les bateaux de plaisance. En se rapprochant des étals de poissons frais, plusieurs petits bateaux de pêche font leur apparition. Il y a celui de Jean-Michel Cei. Un fort mistral l’a contraint à rester à quai. Pêcheur depuis l’âge de 17 ans, il est membre de la prud’homie de Sanary-sur-Mer. Mais qu’est-ce donc qu’une prud’homie ? Méconnues, elles existent pourtant depuis le Moyen-âge sur le littoral méditerranéen [1]. Qui en compte aujourd’hui 33, de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) à Menton (Alpes-Maritimes), en passant par la Corse (voir la carte en fin d’article).

Celle de Sanary a été créée en 1661 sous la forme de confrérie avant de se transformer en prud’homie en 1792, après la Révolution. Elles regroupent l’ensemble des artisans-pêcheurs locaux. Et ont pour mission de gérer localement l’activité de pêche ainsi que les conflits qu’elle occasionne. « Nous faisons en sorte que les pêcheurs n’agissent pas n’importe comment, qu’ils ne mettent pas des tonnes de filets », illustre Jean-Michel Cei. A l’heure où les pratiques industrielles de la pêche sont décriées et que des ressources en poissons sont menacées, constituent-elles une alternative efficace ?

Dans la pratique, il s’agit d’adopter – à la majorité – des règlements en assemblée générale. Ceux-ci précisent comment doit s’exercer le métier : les types de lignes autorisés, les temps de trempage des filets, les périodes de pêches prévues pour laisser reposer les fonds, ainsi que les zones de pêche permises. « Ce qui motive nos décisions, c’est le respect de la personne et des générations futures », insiste le pêcheur varois. « On vise à préserver le renouvellement de la ressource sur le territoire, afin d’assurer la vie de la communauté de pêcheurs dans le temps », ajoute Élisabeth Tempier, secrétaire de la prud’homie de Sanary-sur-Mer.

Les règlements limitent les engins de pêche et donc la quantité de poisson pêchée. La taille des bateaux n’excède pas 12 mètres. Des mesures spécifiques de protection sont également prises pour certaines espèces comme la langouste. Et quand le règlement ne suffit pas ? « Nous procédons à un tirage au sort entre les patrons-pêcheurs lorsqu’ils sont en compétition pour les mêmes postes », illustre Jean-Michel Cei, élu « premier prud’homme » en 2004, par sa communauté.

« On ne laisse pas mourir les pêcheurs dans leur coin »

La dimension culturelle et sociale des prud’homies est très forte. « Nous sommes attentifs à la situation individuelle de chacun des membres de la communauté, renchérit Jean-Michel. On ne laisse pas mourir les pêcheurs dans leur coin. » « L’enjeu de la prud’homie, c’est que tout nouvel arrivant puisse vivre de son métier », précise Élisabeth Tempier. Ainsi, les pratiques de pêche industrielles à grande échelle, comme le chalutage, sont interdites, ou fortement réglementées, afin de permettre aux moins fortunés de vivre de leur activité. « Ce sont ces derniers qui, au final, protègent la communauté d’une surexploitation liée aux techniques intensives. »

La polyvalence est l’autre pilier des prud’homies. « C’est la véritable richesse, souligne Jean-Michel Cei. Il faut pouvoir se reporter sur une autre espèce quand celle visée par le pêcheur commence à chuter. » Au lieu d’investir dans des bateaux très puissants, les patrons-pêcheurs s’adaptent à leur environnement, et au passage au large des différentes espèces. « La pêche, ce sont des logiques de territoires avec des milieux qui évoluent très rapidement, observe Élisabeth Tempier. C’est tout le contraire de la politique européenne qui concentre l’effort de pêche sur quelques espèces. »

« La diversité est le moyen essentiel de préserver la biodiversité et de s’adapter aux écosystèmes littoraux spécifiques », appuie Alain Le Sann, du collectif Pêche et développement de Lorient, en Bretagne. Plutôt que d’interdire drastiquement, il préconise de réglementer. « Cela n’a pas de sens d’avoir des mesures généralisées pour tout le monde. On voit certaines espèces très abondantes que l’on nous interdit de pêcher, et d’autres en danger soumises au laissez-faire, s’agace Jean-Michel Cei. Les gens qui prennent les décisions ne connaissent ni le secteur ni le métier. La prud’homie, c’est le seul moyen que l’on a de préserver la petite pêche, de se défendre. »

Résistance aux logiques productivistes

Jusque dans les années 1960, les prud’homies de patrons-pêcheurs ont été le relais reconnu par l’État pour une gestion décentralisée de la pêche méditerranéenne. Avec la mise en place de la politique européenne commune de la pêche, les prud’homies peinent à faire valoir leurs droits au niveau européen et national. « Cela fait plus de 50 ans que les prud’homies sont dans la résistance face à des politiques productivistes », constate Élisabeth Tempier. Mieux intégrées au niveau local et régional, les prud’homies participent souvent aux concertations pour la gestion littorale, et contribuent à la restauration de cours d’eau ou à la création et à la gestion de réserves naturelles.

Le travail mené par les prud’homies méditerranéennes, sans équivalent sur les autres côtes, a attiré l’attention de Michèle Mesmain de Slow Food International, une organisation qui a pour objectif de sensibiliser les citoyens à la consommation responsable. Ces derniers mois, elle a accompagné les patrons-pêcheurs de Sanary-sur-Mer dans la création d’une Sentinelle : un projet de l’ONG en faveur de la sauvegarde et la promotion du patrimoine alimentaire et de la biodiversité agricole.

« La prud’homie est un modèle de gouvernance locale qui a fait ses preuves, qui colle au territoire, qui pérennise des savoirs, des métiers et la ressource, qui permet de gérer les difficultés au cas par cas avec justesse et souplesse, tout en assurant des retombées économiques locales », explique-t-elle. Les membres de la prud’homie de Sanary-sur-Mer espèrent que le projet Sentinelle rendra visible leur institution auprès du public comme des dirigeants français et européens. En vue de faire reconnaître que la seule logique durable pour la pêche se joue à l’échelle du territoire.

Texte et photos : Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Photo de une, port de Sanary-sur-Mer : FlickR CC / Miguel Virkkunen

Cet article est extrait du numéro 17 du magazine Kaizen, dont Basta ! est partenaire (voir la description de Kaizen sur notre page Nos partenaires médias). Pour poursuivre son développement, Kaizen fait appel aux lecteurs qui souhaiteraient soutenir financièrement le magazine.

La revue L’Encre de mer, en partenariat avec des prud’homies de Méditerranée, organise le 28 novembre 2014 des conférences-débats pour fêter la journée mondiale des pêcheurs artisans, à Sanary. Voir le programme en cliquant ici.

 

P.-S.

Pour aller plus loin : Élisabeth Tempier, Poissons, Histoires de pêcheurs, de cuisiniers et autres..., éditions Libre et Solidaire, 2014, 288 p.

Notes

[1Elles sont apparues à Marseille au 10ème siècle.


Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 17:35

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Dans le monde entier, l’eau revient peu à peu sous régie publique

Observatoire des multinationales

vendredi 28 novembre 2014

 

 

 

 

Un nouveau rappport révèle que plus de 180 villes et collectivités de 35 pays ont repris le contrôle de leurs services d’eau au cours des quinze dernières années. Un phénomène qui montre que « l’expérience négative de la gestion privée de l’eau a convaincu de plus en plus d’élus que le secteur public est le mieux placé pour (...) promouvoir le droit humain à l’eau. »


Plus de 180 villes et collectivités de 35 pays ont repris le contrôle de leurs services d’eau au cours des quinze dernières années, révèle un nouveau rapport publié aujourd’hui par le Transnational Institute (TNI), l’Unité de recherches internationale sur les services publics (PSIRU) et l’Observatoire des multinationales.

Le rapport Là pour durer : la remunicipalisation de l’eau, un phénomène global en plein essor montre comment, malgré plus de trois décennies de promotion incessante de la privatisation et des partenariats public-privé (PPP) par les institutions financières internationales et certains gouvernements, l’expérience négative de la gestion privée de l’eau a convaincu de plus en plus d’élus que le secteur public est le mieux placé pour fournir un service de qualité aux citoyens et promouvoir le droit humain à l’eau.

Un phénomène global

Le phénomène du retour sous contrôle public de ce service public essentiel, connu sous le nom de remunicipalisation, a commencé à attirer une certaine attention en France, suite à la décision de grandes villes comme Grenoble, Paris, Rennes, Nice et récemment Montpellier de mettre fin aux contrats les liant aux grandes entreprises privées.

C’est en fait un phénomène global, qui touche aussi bien les pays industrialisés que les pays du Sud. Des métropoles de classe mondiale comme Buenos Aires, Johannesburg, Accra, Berlin, Atlanta et Kuala Lumpur, se sont elles aussi engagées sur ce chemin.

La remunicipalisation est aussi un phénomène en pleine accélération : 81 remunicipalisations ont eu lieu dans des pays à revenus élevés entre 2010 et 2014, deux fois plus que durant les cinq années précédentes. Au cours de la même période, il n’y a quasiment eu aucun nouveau cas de privatisation de l’eau dans une grande ville du monde.

La France tire les leçons du passé

C’est la France – le pays ayant la plus longue expérience de la gestion privée de l’eau et qui accueille le siège social des deux leaders mondiaux du secteur – qui connaît l’essor le plus remarquable de la remunicipalisation de l’eau. Les élus locaux et les citoyens français ont fait l’expérience directe du « modèle de gestion » que les multinationales Veolia et Suez environnement ont ensuite cherché à exporter dans d’autres pays ; ils en tirent aujourd’hui les leçons.

Les raisons pour lesquelles les élus locaux choisissent de faire revenir le service de l’eau sous contrôle public sont similaires quel que soit le pays. Ces raisons incluent les faibles performances des prestataires, le sous-investissement, la flambée des factures d’eau, le manque de transparence et la mauvaise qualité de service.

La remunicipalisation tend en revanche à entraîner une amélioration de l’accès et de la qualité de service, car les ressources financières auparavant détournées sous forme de profits ou au bénéfice des actionnaires sont désormais réinvesties dans le service lui-même.

Ce constat d’une performance égale ou supérieure des services publics de l’eau par rapport aux gestionnaires privés, avec des prix moins élevés, se retrouve dans des villes aussi différentes que Paris et Almaty (Kazakhstan).

Dans certains cas, comme à Grenoble et à Buenos Aires, les nouveaux opérateurs publics ont considérablement augmenté les investissements dans les réseaux d’eau. Certaines municipalités ont également profité de la remunicipalisation pour renforcer la responsabilisation des opérateurs et la participation des citoyens à la gestion du service.

Sortir de la gestion privée est possible !

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 17:13

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/nastasia-peteuil

 

 

#Boycottblackfriday, la nouvelle forme de contestation contre la décision de Ferguson

Suite à la décision du grand jury de ne pas poursuivre en justice Darren Wilson, un policier blanc qui a tué Mickeal Brown, un adolescent Afro-Américain désarmé à Ferguson (Missouri), un boycott a été lancé contre black friday dans la continuation des contestations.

Des milliers de tweets ont déjà diffusé le message. #Boycottblackfriday se veut la suite des manifestations qui ont éclaté dans tous le pays pour contester la décision de justice qui a reconnu un non-lieu dans l'affaire de Ferguson. 

Chaque année, de nombreux individuels et partisans se prononcent contre les soldes qui ont lieu le lendemain de Thanksgiving. Mais cette année, les protestants de Ferguson ont fait de cette journée un nouvel acte de contestation.

De nombreux hastags sont utilisés pour diffuser le boycott: "Hands up don't spend" ("Mains en l'air, ne dépensez rien", en référence au slogan national "Hands up don't shoot"), mais également "Black Friday Out", "Brown Friday" (en référence à Mickael Brown), ou encore "No one penny" ("Pas un sous").

Selon l'agence Nielsen, les Afro-Américains ont un pouvoir d'achat d'un trillion de dollars... de quoi avoir un poid sur l'économie américaine.

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22