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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 17:34

 

 

Source: www.mediapart.fr

 

La baisse des allocations familiales pour les plus riches actée pour 2015

|  Par Mathieu Magnaudeix

 

 

 

La rapporteure PS de la partie famille du budget de la Sécurité sociale pour 2015 confirme que les allocations familiales vont baisser pour les familles aisées, dès 6 000 euros de revenus pour un couple avec deux enfants. Mesure juste ou gadget ?

« Il y a un gros danger politique », s'inquiétait il y a quelques jours ce parlementaire spécialiste des questions sociales. C'est peu dire que les 700 millions d'euros annoncés la semaine dernière sur la branche famille dans le projet de budget de la Sécurité sociale sont mal passés. Ils s'ajoutent en effet aux 3 milliards d'économies prévus pour le seul budget de la Sécurité sociale l'année prochaine, notamment sur l'hôpital et les médicaments. Et aux 21 milliards d'économies sur le budget de l'État qui vont être votés dans les semaines à venir au Parlement. Pour de nombreux parlementaires socialistes, même les moins rebelles, c'était le coup de serpe de trop.

À peine présenté mercredi matin 8 octobre en Conseil des ministres, le projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2015 menaçait d'être retouché. C'est ce qui vient d'être confirmé par Marie-Françoise Clergeau, la rapporteure PS de la partie famille du budget de la Sécurité sociale pour 2015. En commission des affaires sociales, il a en effet été décidé de s'attaquer à un des principes de base du système social français depuis les années 1930 : le caractère uniforme des allocations familiales pour les familles. Pour les couples avec deux salaires et deux enfants, gagnant plus de 6 000 euros brut par mois, celles-ci seront divisées par deux, soit environ 65 euros, contre 129,35 actuellement. Au-delà de 8 000 euros pour ce même couple avec deux enfants, les allocations seront divisées par quatre, soit 32,5 euros environ. « On va avoir une plus grande justice sociale tout en gardant l'universalité », estime Marie-Françoise Clergeau dans des propos rapportés par Le Monde.

D'abord, quelques éléments de contexte. Il y a une quinzaine de jours, le gouvernement a présenté sa copie pour le budget de la Sécurité sociale 2015. Au total, la Sécurité sociale doit économiser 20 milliards d'euros entre 2014 et 2017 – une grosse part des 50 milliards d'économies décidées au début de l'année. Dans le projet pour 2015, on trouve quelques mesures ouvrant des droits nouveaux : tiers-payant intégral pour les bénéficiaires de l’aide à la complémentaire santé, prime de 40 euros pour les retraités touchant moins de 1 200 euros, minimum vieillesse à 800 euros.

Mais il s'agit surtout d'une (nouvelle) diète sévère pour la branche maladie : 3,2 milliards de baisse de dépenses dans les hôpitaux, sur les médicaments ou encore des pénalités financières pour les établissements ne respectant pas les accords passés avec les agences régionales de santé.

À ces mesures, s'ajoutent les fameux 700 millions qui touchent la branche famille de la Sécurité sociale :

  • Une réforme consistant à mieux partager le congé parental entre les parents. Officiellement, pour encourager l'égalité hommes-femmes en incitant la mère puis le père à prendre, par exemple, dix-huit mois de congé chacun – le congé parental peut aller jusqu'à trois ans. Le congé parental vient pourtant d'être réformé. Et cet été encore, les députés PS estimaient qu'aller au-delà de six mois pour les hommes, qui le prennent très peu, était irréaliste. Sans incitation financière supplémentaire, les hommes, qui ont beaucoup à perdre car ils restent 20 % mieux payés que les femmes, ne risquent pas de se bousculer. Or la réforme prévoit que, si l'un des deux parents ne le prend pas, le congé serait ramené à dix-huit mois maximum. Sous couvert d'égalité, c'est surtout une façon de faire des économies substantielles… Ce dispositif a été maintenu ce jeudi par la commission des affaires sociales.
  • La prime de naissance serait amputée à partir du deuxième enfant. Versée au septième mois de grossesse, elle est aujourd'hui de 923 euros, sous condition de ressources. Elle passerait à 308 euros à partir du deuxième enfant. La modulation des allocations familiales a été décidée ce jeudi pour revenir sur cette disposition. La prime de naissance resterait identique à aujourd'hui.
  • La majoration de 64 euros par mois des allocations familiales n'entrerait en vigueur qu'au seizième anniversaire de l'enfant, et pas au quatorzième comme aujourd'hui. 
  • Enfin, le "complément de libre choix du mode de garde" (CMG) ne serait finalement pas réduit. Actuellement versé sans condition de ressources aux familles qui font garder leur enfant de moins de 6 ans par une aide à domicile ou une assistante maternelle, le gouvernement voulait le diviser par deux pour les 20 % des familles les plus aisées. Selon la Cour des comptes, le système actuel est profondément inégalitaire. Les 10 % des familles les plus modestes touchent 120 millions d'euros au titre de cette aide… et les 10 % les plus aisées plus d'un milliard d'euros. Mais la commission des affaires sociales a décidé de le maintenir.

La volte-face ?

Les aménagements proposés permettent de rapporter 700 millions d'euros, autant que ce qu'imaginait le gouvernement. Ils lui permettent surtout de calmer le jeu avec sa majorité, très remontée contre certaines des mesures prévues au départ. Lors de la réunion du groupe PS à l'Assemblée il y a deux semaines, quelques députés PS avaient déjà proposé de « moduler » les allocations familiales pour les plus hauts revenus. En clair, les baisser pour les ménages les plus aisés. « Cette proposition n'est pas celle du gouvernement. Nous allons en discuter avec les parlementaires », avait dit la ministre de la santé Marisol Touraine, dont un proche assure qu'elle n'était de toute façon pas convaincue par les mesures initiales, dénichées à la va-vite pour contenter le ministère de l'économie. Mais François Hollande avait semblé doucher les enthousiasmes de sa majorité. « C'est simplement une technique pour faire des économies ou un principe qui pour l'instant est en discussion et n'a pas été retenu », avait-il affirmé à Milan, où se tenait un sommet sur l'emploi en Europe. Finalement, le locataire de l’Élysée a changé d'avis.

Une bonne mesure?

Chaque année, plus de 12 milliards d'euros sont versés aux 5 millions de familles qui ont plus de deux enfants au titre des allocations familiales. C'est une bonne partie des 31 milliards d'euros de prestations familiales versées par la Sécurité sociale. Créées en 1932 pour encourager la natalité, les "allocs" sont devenus un totem de notre système social. Elles ont la particularité d'être dites "universelles" : le tarif est le même pour toutes les familles (en tout cas toutes les familles au-delà de deux enfants, ce qui relativise leur caractère universel), quel que soit leur revenu : 127 euros par mois au-delà de deux enfants, 290 euros pour trois enfants et jusqu'à 452 euros pour quatre enfants, plus 162 euros pour chaque bambin au-delà.

En fait, raboter les allocations familiales, en les fiscalisant (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui) ou en les plaçant sous condition de ressources n'est pas une idée neuve. Elle resurgit fréquemment dans les cabinets ministériels. « Ça fait vingt ans qu'on en entend parler, c'est un vrai serpent de mer ! » expliquait l'an dernier à Mediapart Antoine Math, spécialiste des politiques familiales à l'Ires.

Raymond Barre y avait pensé dans les années 1980. En 1994, le rapport Minc préconisait de les mettre sous condition de ressources. Premier ministre, Alain Juppé souhaitait les fiscaliser. Son successeur Lionel Jospin et sa ministre Martine Aubry étaient passés aux actes, avant de reculer sous la pression des associations familiales. Ce qui a laissé de mauvais souvenirs à François Hollande, qui était alors premier secrétaire du PS…

La commission Attali (2008 et 2010) avait repris l'idée, en vain. Pendant la dernière campagne présidentielle, Hollande jurait d'ailleurs qu'il n'y toucherait pas. « Je reste très attaché à l’universalité des allocations familiales qui sont aussi un moyen d’élargir la reconnaissance nationale à toute la diversité des formes familiales. Elles ne seront donc pas soumises à conditions de ressources », avait-il répondu à l'Union nationale des associations familiales (UNAF).

En 2013, le président de la Cour des comptes, l'ancien député PS Didier Migaud, a proposé de les fiscaliser, suscitant une nouvelle polémique. Quelques semaines plus tard, un rapport préconisait la « modulation » des allocations familiales des familles « des deux déciles de revenus supérieurs ». Autrement dit : diminuer les allocations des 20 % de familles les plus riches, sans « toucher le haut des classes moyennes ». De quoi rapporter entre 500 millions d'euros et un milliard.

À nouveau, cette mesure suscite une levée de boucliers. Parce qu'elle remet en cause l'"universalité" des allocations familiales, chère à la droite et à une partie de la gauche, à certains syndicats et aux associations familiales (lire par exemple l'argumentaire de l'Unaf). Parce qu'en période de ralentissement économique, elle va peser sur la consommation.

Mais aussi parce que cette mesure purement comptable semble ouvrir une brèche : si les allocations familiales sont modulées en fonction des revenus, pourquoi cela ne serait-il pas aussi le cas demain avec, par exemple, les dépenses de santé ? « La mise sous condition de ressources de l’ensemble des prestations familiales pour une partie des plus aisés – souvent évoquée – est une erreur, écrit Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités. Elle conduira, à plus ou moins longue échéance, à la remise en cause de l’ensemble de la protection sociale le jour où les riches et les bien-portants préféreront payer pour leurs enfants plutôt que pour ceux des pauvres et leurs malades. La France souffre aujourd’hui déjà d’un déficit de politiques universelles. »

Surtout, la mise sous plafond de ressources ne peut pas corriger à elle seule l'effet puissamment anti-redistributif du quotient familial.  Exception française, cette réduction fiscale permet un allègement d'impôt dès le premier enfant. Or selon le Conseil des prélèvements obligatoires, les 10 % des foyers les plus aisés captaient en 2011 46 % des baisses d'impôt qu'il générait (6,5 milliards d’euros sur 14 !). Les 50 % les moins riches, eux, ne bénéficiaient que de 10 % de la ristourne. Quant aux millions de Français non imposables, ils n'en voient pas la couleur. Une forme de redistribution à l'envers, qui profite aux foyers les plus aisés.

Le gouvernement a déjà abaissé cet avantage fiscal à deux reprises, la dernière fois l'an dernier dans le budget 2014, de 2 000 à 1 500 euros par demi-part. L'ampleur des inégalités qu'il entraîne a donc été (un peu) réduite. Louis Maurin propose de le supprimer purement et simplement, et d'augmenter d'autant les allocations familiales en les versant cette fois dès le premier enfant. Une façon de les rendre vraiment universelles. « Le niveau global des allocations familiales serait doublé, ce qui aurait un effet très net de relance de l’activité, le quotient familial d’aujourd’hui servant surtout à alimenter l’épargne des couches aisées, écrit-il. Une grande majorité des familles des catégories populaires et moyennes y gagneraient. En particulier les jeunes couples des classes moyennes au moment de la venue de leur premier enfant. »

En 2011, Terra Nova, proche du PS, proposait son remplacement par un crédit d'impôt forfaitaire par enfant, assorti d'une vraie réforme fiscale pour rendre l'impôt sur le revenu beaucoup plus progressif. Sauf que la grande remise à plat fiscale promise par le candidat Hollande a été enterrée. À défaut de grand chambardement, nous voilà donc condamnés à assister chaque année à des bricolages budgétaires en matière de politique familiale et d'impôt. Et à entendre nos dirigeants débattre sans fin des allocations familiales, qui ne sont qu'une partie du problème.

 

 

 

Source: www.mediapart.fr

 

 

 

 

 

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 17:20

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Hong Kong : des violences policières provoquent de nouvelles manifestations

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

La diffusion d’une vidéo montrant des policiers qui passent à tabac un manifestant à Hong Kong a provoqué mercredi soir de nouveaux rassemblements dans l’ancienne colonie britannique.

La diffusion d’une vidéo montrant des policiers en train de rouer de coups un manifestant à Hong Kong a provoqué mercredi soir de nouveaux rassemblements dans l’ancienne colonie britannique, qui connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Déterminée à réduire la marge de manœuvre des manifestants, la police a entrepris de déloger ces derniers de plusieurs sites occupés. Les heurts de mardi soir et mercredi matin figurent parmi les plus violents depuis le début de la campagne prodémocratie le 28 septembre.

Des images diffusées par la télévision locale TVB montrent six policiers en civil en train de traîner un manifestant menotté dans le quartier d’Admiralty, l’un des sites occupés. L’homme est contraint de s’allonger par terre puis il est frappé à coups de poing et de pied par des policiers. L’agression dure quatre minutes, selon la télévision.

 

 

 

 

Les frondeurs hongkongais exigent de pouvoir librement élire le prochain chef de l’exécutif de Hong Kong en 2017, alors que le Parti communiste chinois (PCC) entend garder la haute main sur le processus électoral en contrôlant les candidatures. Le ministre de la sécurité de l’ancienne colonie britannique, Lai Tung-kwok, a annoncé que les policiers en cause avaient été suspendus de leurs fonctions après l’incident. Il a aussi annoncé l’ouverture d’une « enquête impartiale ».

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 21:26

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Travail du dimanche : comment le gouvernement veut assouplir le dispositif

Le Monde.fr | 15.10.2014 à 12h42 • Mis à jour le 15.10.2014 à 16h35 | Par Les Décodeurs


 

 

François Hollande avait annoncé en août dans Le Monde une « adaptation de la réglementation sur l'ouverture des magasins le dimanche ». Le projet de loi présenté mercredi 15 octobre par le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, met en œuvre cette annonce et prévoit l'élargissement des dérogations à la règle du repos dominical.

Que prévoit la réforme ?

Le texte prévoit d'élargir les dérogations déjà existantes aux gares et aux « zones touristiques à fort potentiel économique ». Dans ces zones, les commerces auront une autorisation d'office à ouvrir cinq dimanches dans l'année , et jusqu'à douze en cas d'autorisation des maires.

Un repos dominical aux nombreuses exceptions

Le code du travail stipule, dans son article L3132-3, que « dans l'intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche ».

En pratique, le texte contient de nombreuses exceptions. Si l'on imagine difficilement voir les hôpitaux, par exemple, suspendre toute activité le dernier jour de la semaine, d'autres secteurs dérogent également à la règle en vertu de multiples dérogations géographiques, touristiques, économiques ou épisodiques. Ainsi, selon une étude de la Dares, en 2011, 29 % des salariés travaillaient le dimanche, et 16 % de façon occasionnelle.

Le travail dominical en chiffres.

Voir notre infographie complète : Combien de salariés travaillent le dimanche ?

Des dérogations CINQ dimanches dans l'année

Dans les commerces de détail non alimentaire, la règle du repos dominical peut être transgressée jusqu'à cinq fois par an, traditionnellement en période de fêtes ou de soldes. La décision est prise par le maire, sauf à Paris, où elle revient à la préfecture. La rémunération des salariés est dans ce cas au minimum doublée et une contrepartie de repos leur est également accordée.

Des zones exceptionnelles déjà créées

La loi Maillé du 10 août 2009 a créé des « zones d'intérêt touristiques ou thermales » et des « zones touristiques d'affluence exceptionnelle », délimitées par le préfet. Les commerces qui s'y trouvent sont autorisés à ouvrir le dimanche. En revanche, aucune compensation pécuniaire ni aucun jour de repos supplémentaire ne sont prévus pour les salariés, sauf conventions ou accords collectifs dans l'entreprise.

Le projet de loi du ministre Emmanuel Macron prévoit l'élargissement de ces zones aux gares et à des endroits très fréquentés. Par exemple, à Paris, les Champs-Elysées, une partie de la rue de Rivoli et la place des Vosges sont déjà concernés par le dispositif, mais le boulevard Haussmann, qui concentre les grands magasins très prisés et fréquentés, n'en bénéficie pas.

La loi Maillé a également créé des « périmètres d'usage de consommation exceptionnel » dans les agglomérations de plus d'1 million d'habitants (Paris, Lille et Aix-Marseille, mais pas Lyon). Ces dernières, délimitées par le préfet de région sur demande des mairies, permettent l'ouverture des enseignes tous les dimanches en raison d'« habitudes de consommation, importance de la clientèle et/ou étendue de la zone de chalandise ». En contrepartie, des compensations sont offertes aux salariés, comme le doublement du salaire, avec des garanties de repos compensatoire.

Une longue liste de dérogations permanentes

De nombreux secteurs sont toutefois autorisés à travailler le dimanche de manière permanente, la loi définissant très précisément la liste. Il s'agit de dérogations accordées dans les industries où une fermeture ponctuelle endommagerait la matière première. C'est notamment le cas des usines de produits laitiers, contraintes de travailler en continu, sous peine de voir leur production s'altérer. Dans ces entreprises, le travail dominical des salariés, effectué par roulement, est encadré par des conventions collectives. Aucun changement, en revanche, sur leur fiche de paye : la rémunération est la même que lors d'une journée normale.

Les magasins de bricolage ont récemment été officiellement et définitivement ajoutés à cette liste des dérogations par un décret publié le 8 mars 2014. Le gouvernement avait d'abord publié un décret provisoire en décembre 2013, mais ce dernier avait été suspendu en février par le Conseil d'Etat qui, saisi par les syndicats, avait estimé qu'il « existait un doute sérieux sur la légalité ».

Pour d'autres commerces, lorsque la fermeture du dimanche est considérée comme « préjudiciable au public » ou compromet son « fonctionnement normal », un préfet peut prendre la décision, au cas par cas, d'accorder l'ouverture d'une enseigne le dimanche. Dans ce scénario, le travail dominical se fait sur la base du volontariat.

  • Les Décodeurs
    Journaliste au Monde

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 18:13

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Pendant que la France consacre le nucléaire, l’Allemagne réussit la transition énergétique

Amory Lovins

mercredi 15 octobre 2014

 

 

 

 

Grâce à une politique réfléchie et coordonnée en amont, l’Allemagne est en train de réussir sa transition énergétique. Suite à Fukushima, huit centrales nucléaires sur dix-sept ont été fermées et la part des renouvelables dans le mix énergétique est de plus en plus importante.

L’analyse d’Amory Lovins, le spécialiste américain de l’efficacité énergétique.


Avant le désastre de Fukushima, l’Allemagne comme le Japon produisait 30 % de son électricité à partir du nucléaire. En quatre mois, l’Allemagne a rétabli et accéléré une politique élaborée avec les industriels dès 2001-2002.

Avec l’accord de tous les partis politiques, 41 % de la capacité nucléaire du pays, soit huit unités sur 17 au total (produisant 23 % de l’électricité allemande), dont cinq identiques à Fukushima et sept datant des années 70, furent fermées d’emblée, les autres fermetures étant prévues pour 2015-2022.

Une politique coordonnée et réfléchie en amont

Un ensemble de lois votées en même temps visaient à coordonner les initiatives en matière d’efficacité, de renouvelables, etc., pour garantir la fourniture d’énergie bas-carbone suffisante, pendant et longtemps après la sortie du nucléaire.

Cette politique n’était nullement improvisée, mais longuement mûrie, et cohérente avec celle de sept pays voisins – avant et après Fukushima. Le concept “Energiewende” (tournant énergétique) date d’avant 1980, et le virage net vers les renouvelables – aujourd’hui plus de 70 GW installés - date de 1991, vingt ans avant Fukushima.

Il fut renforcé par le subventionnement en 2000, ce dernier ayant chuté avec la réduction des coûts du renouvelable. De telle sorte qu’en 2011, si les prix ont augmenté, l’énergie disponible a pu remplacer entièrement celle perdue par la fermeture des huit réacteurs, 59 % de cette énergie de remplacement étant due aux renouvelables, 6% à une amélioration de l’efficacité énergétique et 36 % à une réduction temporaire des exportations d’énergie.

En 2012, ce sont 94 % de la perte due aux fermetures de centrales qui furent couvertes par les renouvelables, et en 2013… 108 %. À ce rythme, c’est l’équivalent de la totalité de la production nucléaire pré-Fukushima qui sera due aux renouvelables en 2016.

Baisse du nucléaire ne signifie pas augmentation des énergies fossiles

Contrairement à bien des affirmations erronées, la fermeture des huit réacteurs n’a pas entraîné une augmentation de l’utilisation des énergies fossiles. De 2010 à 2013, la production d’énergie nucléaire a baissé de 43,3 TWh, celle des renouvelables a augmenté de 46,9 TWh, et le secteur énergétique a remplacé à peu près exactement la consommation de pétrole et gaz, chers, par celle de charbon et lignite.

La législation (et l’économie) exigent que dès qu’elles sont moins chères, les sources renouvelables remplacent les source plus chères. Les fournisseurs d’énergie allemands avaient parié contre la transition énergétique, et ils ont perdu. Aujourd’hui, ils se plaignent que les renouvelables – dans lesquels ils n’avaient, pendant longtemps, pas assez investi - ont rendu leur production d’origine fossile trop chère.

La production électrique allemande n’a pas cessé d’exporter plus d’électricité qu’elle n’en a importé, même vers la France nucléarisée, notamment au cours des deux dernières années. L’économie allemande a créé plusieurs centaines de milliers d’emplois dans le secteur des énergies propres – un bienfait macroéconomique important de la transition énergétique.

Les prix globaux de l’électricité ont baissé de 60 % - dont 13 % dans la seule année 2013 – et les prix à l’année ont atteint les niveaux les plus bas depuis huit ans. C’est pourquoi les industries françaises fortement consommatrices d’énergie se plaignent des coûts énergétiques inférieurs (de 25 %) de leurs concurrents allemands.

Le mythe récent d’une “désindustrialisation” allemande ne manque pas d’ironie, car la grande industrie allemande paie uniquement ces prix globaux décroissants. Elle est en effet exemptée des coûts de renouvelables qui les réduisent, ainsi que des coûts de réseaux, les deux étant mis sur le compte des foyers domestiques (dont les factures sont constituées pour moitié de taxes). Cela dit, les factures des foyers ont cessé de croître, les anciens contrats étant renégociés.

Le plus avancé par rapport aux accords de Kyoto

Quant aux émissions de carbone des centrales thermiques, elles ont plutôt baissé en 2013 – la consommation de combustible solide étant légèrement plus forte mais compensée par une efficacité plus grande -, et il en a été de même pour les industriels.

Certes, le total des émissions a légèrement augmenté en 2012 en raison d’un hiver froid. L’augmentation en 2013 est due aux exportations record d’énergie réalisées grâce au charbon (!) pour des raisons liées uniquement au marché : un pic des prix gaziers, du charbon bon marché issu d’un marché américain réduit, et un marché européen excédentaire des droits carbone.

Au premier trimestre 2014, les émissions de carbone comme la consommation de charbon allemandes ont à nouveau diminué...

 

*Suite de l'aricle sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 17:25

 

 

Source : www.bastamag.net


 

 

Alternatiba Gironde

Pour sauver des légumes de la poubelle et cuisiner en fête : lancez une « disco soupe » !

par Sophie Chapelle 15 octobre 2014

 

 

 

 

 

Transformer des fruits et légumes invendus en un repas festif : voilà ce à quoi s’amusent des dizaine de disco soupes. Lancé en 2012, ce mouvement entend lutter contre le gaspillage alimentaire, sans culpabilité ni sanction mais dans une ambiance joyeuse ! Cette année, 25 000 kilos de fruits et légumes ont déjà été sauvés de la poubelle, et 30 000 repas ont été servis ! Reportage à Bordeaux, lors de la disco soupe d’Alternatiba Gironde.

L’invitation peut paraître curieuse : « Venez déguster des fruits et légumes qui allaient finir à la benne », apostrophe une affiche. Une quinzaine de personnes nettoient et épluchent des fruits et légumes pour confectionner des brochettes aux pastèques, des smoothies au melon et, plus traditionnellement, des salades ou des soupes aux choux. « Ici, c’est une cuisine participative, précise Hugo. Autour de vous, il n’y a que des bénévoles. » Une cuisine participative et festive joliment appelée « disco soupe ». Nous sommes à Bordeaux. Le village des alternatives « Alternatiba Gironde » bat son plein. La disco soupe s’active dans l’espace « objectif zéro déchet », dédié aux initiatives de récupération.

Mais d’où viennent donc ces fruits et légumes ? « Tout le contenu de ces cagettes allait être jeté », répond Aude. Ils ont été récupérés à la fin d’un marché de gros et auprès d’un supermarché bio [1]. « Nous nous rendons surtout en fin de marchés, mais pas en grande distribution, précise Sarah, une des initiatrices du mouvement Disco Soupe à Bordeaux. Le but du jeu c’est que le concept de disco soupe ne soit pas récupéré. Ceux qui donnent ne doivent pas communiquer dessus ni en faire un outil de greenwashing. » Et gare aux entreprises qui seraient tentées d’utiliser le mouvement afin valoriser de façon abusive leur image écolo : elles sont d’emblée épinglées sur le site discosoupe.org.

Open source contre greenwashing

Une fois la disco soupe prête à servir, l’heure est à la dégustation joyeuse. « Et en plus, c’est super bon ! », sourit Marie-Pauline. Lutter contre le gaspillage alimentaire, tout en rendant les gens acteurs grâce à la fête, en voilà une belle idée. Une idée sans droit de propriété et librement reproductible. « Le mouvement Disco Soupe est complètement open source », explique Sarah. Basé sur une communauté de plusieurs centaines de personnes en France et à l’étranger, ce mouvement mise sur l’autogestion, l’esprit hacker et la débrouille de ses membres. Le format de l’événement est diffusé librement afin de permettre à chacun d’organiser une disco soupe à son échelle. Une vingtaine de ces cuisines festives ont ainsi été organisées à Bordeaux depuis avril 2013. « Nous avons plus de demandes que de temps, alors nous tâchons de transmettre nos savoirs pour que ce mouvement essaime partout. »

« C’est un moment d’échange non-marchand, mais ce n’est pas non plus gratuit », explique Sarah. « Nous proposons un prix libre pour qu’il n’y ait pas de discrimination sociale, mais l’on vit entièrement des dons ». Marmites, mixers, saladiers, ustensiles... autant de matériels « chinés à Emmaüs », non jetables, et indispensables à la tenue de ce type d’événement. « Sur une Disco Soupe, nous valorisons de 300 à 700 kilos. Ce que nous ne pouvons pas cuisiner, nous le redistribuons. Lors de la dernière Disco Soupe par exemple, tout le monde est reparti avec son cageot ! » 

Lancé en mars 2012, ce mouvement citoyen foisonne en France et dans le monde. De janvier à juin 2014, 180 disco soupes ont eu lieu dans 86 villes et 10 pays, soit une disco soupe chaque jour en moyenne. En six mois, 25 000 kilos de fruits et légumes ont été sauvés de la poubelle, et 30 000 repas servis par les « Discocuistots » aux quatre coins du globe. Pas étonnant que ces zones de convivialité éphémères accompagnent la dynamique Alternatiba, ces villages des alternatives festifs qui essaiment partout en France (nos articles). « La transition écologique et sociale se construit dès maintenant, observe Txetx Etcheverry, un des initiateurs d’Alternatiba. Toutes ces alternatives permettent de prendre confiance en la capacité de changer les choses, à partir de là où l’on est. » A Bordeaux, ces disco alternatifs étaient plus de 10 000.

Texte et photos : @Sophie_Chapelle

Photo de une : Disco Soupe Bordeaux / twitter

Sur le même sujet :
Glanage, cueillette et partage des aliments : comment éviter le gaspillage

 

P.-S.

Si vous souhaitez devenir bénévole pour Disco Soupe Bordeaux, vous pouvez écrire à : discosoupebordeaux@gmail.com

Notes

[1Plus précisément au MIN – le marché d’intérêt national de Bordeaux Brienne – ainsi qu’au So.bio de Pessac.


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 17:14

 

 

Source : zad.nadir.org

 

 

Infos du 13 au 19 Octobre

mardi 14 octobre 2014, par zadist

 

 


Tant que la situation est calme, on continue les infos régulières sur un rythme plus détendu d’un article par semaine, mis à jour tous les 2-3 jours. Si quelque chose s’accélère, on donnera de nouveau les nouvelles en temps réel. écoutez les nouvelles transmises par radio klaxon en streaming.

Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone, contactez-nous ! sur le numéro d’urgence au 06.43.92.07.01.


ZAD AntiRep NDDL
Actuellement deux personnes sont en prison suite à la manif’ du 22 février :
Engué purge une peine de 16 mois, puis Simon de 4 mois.
Pour plus de précisions, lire l’article Comment soutenir les camarades incarcérés.

DERNIÈRES INFOS :
- Simon sort enfin ce mercredi 15 octobre ! (après avoir eu à faire encore un mois supplémentaire ; 1 mois qu’il avait en sursis et dont la "révocation" lui a été communiquée à peine deux semaines avant sa date de sortie qui était prévue...).
- Comme vous le savez sûrement, les deux copains qui avaient été enfermés suite à l’expulsion de la Moutonnerie sont bien sortis il y a environ deux semaines ! Des infos tournaient comme quoi la PAF (Police aux Frontières) allait attendre l’un d’entre eux à la sortie de taule pour l’embarquer au Centre de Rétention à Rennes, comme il le font assez habituellement pour les personnes qu’ils soupçonnent être en "situation irrègulière". Mais au final c’est resté en un coup de flip.


Appel à matos et connaissances

- Appel à dons de palettes pour un chantier de construction au No Name, à déposer au bout du chemin de la Bellich (sur la D42 de La Paquelais vers Notre-Dame c’est le premier chemin à gauche après le ieu dit La Boissière)
- Appel à dons de palettes et pneus usagés pour chantiers construction. à déposer à la Sècherie
- Appel à matos pour plusieurs chantiers à la Ouardine et San-Antonio (mise à jour du 10 octobre)


Préparation du rassemblement du 25 octobre au Testet :

De la ZAD de NDDL à la ZAD du Testet : solidarités et actions !

L’Assemblée du mouvement de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes du 30 septembre appelle à aller massivement au rassemblement du 25 octobre contre le barrage de Sivens, et invite tous les comités et opposant-e-s à s’organiser pour s’y rendre.

Un départ en bus aura lieu depuis la ZAD :
si vous êtes intéressé-e-s, envoyez dés que possible un mail a tousautestet(at)riseup.net

plus d’infos bientôt

En attendant, illes ont besoin de matériel
https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/zad-du-testet/besoins/
Il est possible de déposer du matériel à la Wardine, pour que ça parte avec les prochains départs pour là-bas.

Contre le barrage et son monde, arrêtons les machines destructrices ! Au Testet comme ailleurs, la lutte continue !


Mardi 14 Octobre

- [AutoMedia] Puisque les grands médias ne montrent que des images approuvées par les institutions. BRKD Auto-Média est une initiative qui a pour but de transmettre des données sur les luttes complètement librement.

- [10-19 octobre] à Lyon : Semaine contre les violences policières et le racisme d’état ! projections/débats - conférences / repas - ateliers

- [16 octobre]Journée mondiale d’action pour la Souveraineté Alimentaire contre les sociétés transnationales

- [TAFTA - TTIP] Vidéo Anonymous : contre le traité TAFTA (TTIP), un traité de libre échange, réalisé dans le secret, entre les Etats-Unis et l’UE.

 

 

 

 

Source : zad.nadir.org

 

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 16:35

 

Source :  facebook.com/hartos.org

 

 

 

L'Injustice espagnole demande 74 ans de prison pour 14 personnes de 18 à 26 ans qui étaient présentes au début du mouvement du 15-M. Au moins six ans sont requis pour la majorité d'entre eux ; l'un d'eux risque 4 ans et demi de prison pour avoir lancé une chaise sur la police (sans blesser personne).
L'objectif clair de ces peines disproportionnées sont de terroriser les citoyens afin qu'ils obéissent au doigt et à l'œil, même quand c'est contre leurs intérêts.

 

#HolaDictadura: La Fiscalía pide 74 años para los 14 detenidos en la manifestación que dio inicio al 15M - La mayoría de los acusados afronta penas de 6 años de prisión por desórdenes públicos y atentado a la autoridad. Nota: Unas penas desproporcionadas con un claro objetivo, meter miedo a los ciudadanos para que obedezcan como corderos en el matadero a todo lo que les manden, incluso aunque sea un atentado contra ellos mismos. Ter García 02/10/14 Después de 3 años y 5 meses, 14 de las 19 personas (una de ellas es menor de edad) detenidas durante la manifestación con la que se inició el movimiento 15M, el 15 de mayo de 2011, han recibido el escrito de acusación como imputados por los hechos ocurridos tras la protesta, a partir de las 21h., en la plaza de Callao y alrededores. Las causas contra las otras cuatro arrestadas fueron archivadas. El escrito de acusación, al que ha tenido acceso Diagonal, suma hasta 74 años de cárcel entre los 14 imputados, todos ellos sin antecedentes penales y con edades comprendidas, en la mayoría de los casos, entre los 18 y los 26 años cuando tuvieron lugar los hechos. Se les acusa de delitos de desórdenes públicos, daños, resistencia, atentado a agentes de la autoridad, faltas y delitos de lesiones. La mayoría de los acusados afrontan penas de 6 años de cárcel, y sólo para uno de ellos la Fiscalía pide una pena menor a los 2 años –1 año 6 seis meses concretamente–. “Se busca una sentencia ejemplar por la fecha tan simbólica que es el 15 de mayo de 2011”, explica a Diagonal Servando Rocha, abogado de dos de las personas imputadas. Según detalla, el escrito de acusación ha cogido la horquilla de cada tipo penal y ha escogido su máxima pena. “Se intenta empujar que estas catorce personas entren en prisión por una manifestación”. Frente a las altas penas de cárcel pedidas por la Fiscalía, el escrito de acusación sólo reclama el pago de alrededor de 5.000 euros de responsabilidad para pagar los daños realizados durante los altercados. La cuantía más importante, de 2.872,17 euros, es por daños en el cristal del escaparate de la Fnac de Callao, cuyo jefe de seguridad ha sido citado en el escrito para que preste declaración, junto a la gerente de otro comercio de la zona y más de 40 agentes de policía. Según explica A.D.C., uno de los imputados, “han hecho un popurrí repartiendo cargos y pidiendo siempre el máximo castigo”. En su caso, el escrito le acusa de haber formado parte del grupo de personas que se sentó en la calzada de la plaza de Callao, cortando el tráfico, por lo que le piden un año y medio de prisión, y de, posteriormente, haber lanzado una silla hacia los policías sin alcanzar a ninguno de ellos, por lo que la Fiscalía pide otros 4 años y medio de cárcel. “Ha habido muchas contradicciones en las declaraciones de los policías, en el escrito hay cosas que se contradicen con los propios atestados policiales”, señala A.D.C., quien explica que, en su caso, primero le acusaron de hacer pintadas y no ha sido hasta ahora cuando ha sabido que le acusaban de tirar una silla. En el caso del resto de acusados, los hechos descritos son parecidos: arrojar botellas contra la policía, golpear alguna papelera, insultar o amenazar a los agentes, cortar el tráfico y golpes a los policías en el momento de las detenciones. Torturas y malos tratos Pocos días después de la manifestación del 15M, 16 de los detenidos durante la jornada emitieron un comunicado en el que denunciaron los malos tratos y torturas sufridas durante sus detenciones y su paso por la comisaría de Moratalaz. “A mi me pegaron una paliza antes de meterme en la furgoneta”, explica A.D.C., quien señala a Diagonal que vio como agentes de la policía golpearon a otros de los detenidos “con bastante saña”. En su paso por comisaría, la policía le negó la medicación que debe tomar diariamente por sus problemas de corazón hasta que su abogado consiguió que se la entregaran. “Hicimos un comunicado para hacerlo público, pero no denunciamos por lo de siempre, por el peligro a que supusiera un castigo mayor para nosotros”, explica.

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 16:23

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Environnement

Gaz de schiste : comment la multinationale Shell fracture la planète à tout va

par Olivier Petitjean 14 octobre 2014

 

 

 

 

Ukraine, Patagonie, Afrique du Sud, Tunisie… Le pétrolier Shell investit tous azimuts pour trouver du gaz de schiste et des hydrocarbures non conventionnels. Cette quête effrénée d’un nouvel eldorado pétrolier risque d’avoir de lourdes conséquences environnementales, en particulier sur les ressources en eau, menacées de surexploitation et de pollutions. La multinationale anglo-néerlandaise est d’ailleurs nominée comme « l’entreprise la plus agressive en terme de destruction des ressources naturelles » lors des prix Pinocchio 2014 qui « récompensent » les entreprises « en totale contradiction avec le concept de développement durable ».

Du gaz de schiste, Shell en veut, et beaucoup. La multinationale pétrolière investit tous azimuts pour accumuler d’énormes concessions. « Shell s’active pour forer par fracturation hydraulique ou se prépare à le faire sur tous les continents », résume l’organisation britannique Platform, dans un bref rapport intitulé « Shell : méga-fractureur global ». De l’Argentine à l’Ukraine, des États-Unis à l’Afrique du Sud, en passant par l’Algérie ou la Tunisie, les forages de gaz de schiste estampillés du célèbre coquillage jaune orangé se multiplient. « Ses activités de prospection et d’exploration se sont accompagnées d’une vaste campagne de relations publiques pour atténuer les controverses », pointe l’ONG britannique.

Les controverses, le premier groupe pétrolier mondial en chiffre d’affaires [1], y est habitué. L’entreprise anglo-néerlandaise est l’une des premières multinationales à faire l’objet de poursuites internationales pour des violations des droits humains et des destructions environnementales occasionnées par ses activités au Nigeria [2]. Shell est également particulièrement active dans le domaine des sables bitumineux canadiens (lire notre article). Plus récemment, ce sont ses projets de forages offshore dans l’océan Arctique qui ont suscité l’ire des écologistes. Greenpeace vient de mener avec succès une campagne de grande envergure pour forcer la marque de jouet Lego à abandonner un accord de sponsoring avec Shell.

Shell fait en Ukraine ce qu’elle n’oserait pas faire à l’Ouest

Dans ces conditions, Shell craint-elle encore de salir sa réputation, déjà controversée ? L’entreprise fait partie de ces majors européennes, comme Total, qui ont le sentiment d’avoir « manqué » le boom du gaz de schiste états-unien. Elles y ont investi trop tard, au moment où la bulle se dégonflait, et y ont perdu beaucoup d’argent : 2,4 milliards de dollars pour Shell aux États-Unis. Elle ne s’en montre que plus empressée à chercher le potentiel « prochain eldorado » du gaz de schiste partout où il pourrait se trouver.

Et d’abord en Ukraine, frappée par la guerre civile. C’est le seul pays d’Europe où Shell a pour l’instant réalisé des opérations de forage de gaz non conventionnel. [3]. Les Amis de la terre Pays-Bas se sont rendus sur place fin 2013. L’association écologiste constate alors que Shell est loin d’y respecter les exigences environnementales les plus basiques. Les ONG découvrent des bassins où sont stockées les eaux usées – extrêmement polluées – issues de la fracturation hydraulique. Ces eaux polluées ne sont séparées du sol que par une bâche en plastique. Les substances toxiques qu’elles contiennent présentent des dangers pour l’environnement et la santé humaine, à la fois en raison des risques de fuites vers les nappes phréatiques et du fait de leur évaporation dans l’air. L’évaporation de ces eaux usées libère également de grandes quantités de méthane, un gaz à effet de serre très puissant.

Profil bas aux Pays-Bas

Pour les Amis de la terre, de telles pratiques sont révélatrices du « double standard » appliqué par l’entreprise : « Shell préfère chercher du gaz de schiste dans les pays où les régulations et leur application ne sont pas aussi strictes qu’aux Pays-Bas. Il est inacceptable qu’une entreprise néerlandaise comme Shell – qui n’oserait jamais s’investir dans le gaz de schiste dans son propre pays – puisse utiliser ces techniques nocives et dangereuses dans d’autres pays. » Les Amis de la terre France et Pays-Bas ont souhaité dénoncer ce zèle en nominant Shell aux Prix Pinocchio 2014, attribués par les internautes aux multinationales les plus hypocrites de l’année.

Cet activisme à l’étranger contraste avec le profil bas adopté par Shell dans son pays d’origine, les Pays-Bas. Une forte mobilisation populaire a permis d’y obtenir un moratoire de fait sur la fracturation hydraulique. 221 collectivités locales ont officiellement interdit cette technique sur leur territoire. Shell n’a pas encore envisagé de prospecter du gaz de schiste dans le pays. Seule une petite « junior » pétrolière, Cuadrilla, y sollicite des licences pour procéder à des fracturations hydrauliques. Il en va de même dans l’autre pays d’origine de Shell, le Royaume-Uni, où l’entreprise se tient ostensiblement à l’écart du débat – au contraire de Total, qui s’est un peu investi dans le domaine. En coulisses, cependant, Shell s’activerait pour éviter que les Pays-Bas n’interdisent officiellement la fracturation hydraulique, par crainte que cela ne l’empêche de continuer à s’étendre ailleurs, déplore Ike Teuling des Amis de la terre locaux. L’entreprise vient ainsi d’organiser une visite de parlementaires néerlandais sur ses sites de forage aux États-Unis, pour en démontrer la « sûreté » et l’absence de risques environnementaux. Bien loin de la réalité ukrainienne, que les ONG dénoncent .

Fracturer grâce aux failles juridiques et politiques

L’accord d’exploitation de Shell en Ukraine a été conclu avec le président Viktor Yanukovych, chassé par la rue fin 2013. La multinationale néerlandaise est associée, pour ce contrat, avec une firme ukrainienne appelée Nadra Yuzivska, propriété à 90% de l’État ukrainien et à 10% d’une société boîte aux lettres liée au clan de l’ancien président, suspecté de corruption. Un arrangement qui ne plaît évidemment pas au nouveau régime ukrainien. Shell a d’ailleurs dû cesser toutes ses opérations en Ukraine en juin, la zone de forage étant située dans l’Est du pays, à l’endroit même où se déroulent actuellement les affrontements entre l’armée ukrainienne et les séparatistes.

En Algérie et en Tunisie, les gouvernements ont choisi de favoriser l’extraction des gaz de schiste sans véritable débat public, malgré les réticences des scientifiques et de la population. Dans les deux pays, Shell est aux premières loges [4]. « Shell adapte sa stratégie selon les pays, explique Ike Teuling. En Afrique du Sud, l’entreprise a lancé une vaste campagne de relations publiques dans les médias. En Argentine, par contre, le site web de Shell ne mentionne même pas ses forages de gaz de schiste. »

Quand Shell instrumentalise les conflits ethniques

En Patagonie, les concessions de gaz de schiste accordées aux multinationales dans la province de Neuquén, le sont à travers une entreprise provinciale créée pour l’occasion, Gas y Petroleo de Neuquén, dont les comptes et le fonctionnement ne sont pas transparents. Tout comme Total – à laquelle elle est d’ailleurs associée sur certaines concessions –, Shell met à profit les lacunes juridiques ou les conflits entre administrations pour forer dans des zones naturelles protégées (lire notre article). Les habitants traditionnels de ces concessions ne disposent pas de titres formels sur la terre. Et l’entreprise fait comme s’ils n’existaient pas.

En Afrique du Sud, Shell est accusé d’attiser délibérément les tensions raciales dans la région du Karoo, où l’entreprise détient des concessions sur une zone de près de 90 000 kilomètres carrés... La taille de la Guyane ! Le Karoo abrite de grandes exploitations d’élevage extensif, dont les propriétaires blancs ont été les premiers à se mobiliser contre les projets de Shell. Celle-ci n’a pas hésité à embaucher certains employés noirs de ces exploitations pour qu’ils aillent porter la bonne parole dans leurs communautés, en présentant la fracturation hydraulique comme une grande cause « noire ». Une propagande dont l’efficacité reste limitée. Les organisations sociales noires militant pour la réforme agraire dans le Karoo, les évêques locaux et les indigènes Khoi et San, entre autres, se sont tous prononcés contre le gaz de schiste. Mais le gouvernement sud-africain, lui, y est largement favorable. Shell n’attend plus que son autorisation pour lancer ses forages.

L’eau, objet de toutes les inquiétudes

La plupart des régions où Shell cherche du gaz de schiste ont un point commun : elles manquent d’eau. Le Karoo en Afrique du Sud, la province de Neuquén en Patagonie argentine, l’Algérie et la Tunisie sont des régions extrêmement sèches. Les faibles ressources en eau sont vitales pour la population et les activités agricoles existantes. Or la fracturation hydraulique requiert d’énormes quantités d’eau : plusieurs millions de litres par forage. De quoi s’interroger sur la manière dont Shell et ses consœurs comptent procéder. Elles entretiennent d’ailleurs un flou artistique sur le sujet, tout en assurant qu’elles n’utiliseront jamais de sources d’eau servant à l’approvisionnement en eau potable ou à l’irrigation.

Pourtant, en Argentine, les études d’impact environnemental de Shell et Total omettent délibérément de préciser – comme c’est théoriquement requis – d’où provient leur eau et comment elles comptent traiter les eaux usées et polluées par la fracturation [5]. Or Shell détient deux concessions importantes à proximité des lacs Mari Menuco et Lors Barreales, principales sources d’approvisionnement en eau potable de la zone. Une région également riche en vignoble et en horticulture, alimentée par les eaux de la rivière Neuquén, jusqu’à présent épargnée par les opérations gazières et pétrolières.

La situation en Afrique du Sud est encore plus incertaine. Les ressources en eau y sont extrêmement rares. Et contrairement à la Patagonie, où est déjà exploité du gaz conventionnel, l’Afrique du Sud est dépourvue de toutes les infrastructures nécessaires : pas de gazoducs, ni d’installations portuaires spécifiques. Même les résidences sud-africaines ne sont pas reliées au réseau gazier ! Interpellée sur le problème de l’eau, Shell se contente de vagues déclarations sur la possibilité d’utiliser de l’eau de mer dessalée, ce qui semble irréaliste pour une simple raison de coût. Avec toutes ces dépenses nécessaires, l’exploitation du gaz de schiste du Karoo – s’il est réellement exploitable – pourra-t-elle jamais être économiquement viable ?

« C’est typique de la manière dont Shell aborde l’exploitation du gaz de schiste, souligne Ike Teuling. C’est un pari. Ils pensent que si jamais ils découvrent des milliards de mètres cubes de gaz exploitables, avec une concession de plusieurs milliers de kilomètres carrés, alors ils auront les moyens de trouver des réponses aux autres questions. » Pour toutes ces raisons, les Amis de la terre ont décidé de nominer Shell aux prix Pinocchio 2014, dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi ! », visant « l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en terme d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles ». Les votes sont ouverts jusqu’au 17 novembre sur le site des Prix Pinocchio.

Olivier Petitjean

Cet article est publié simultanément par Basta ! et l’Observatoire des multinationales (dans une version plus détaillée) dans le cadre de leur partenariat avec les Amis de la terre sur les Prix Pinocchio.

Photo : CC Sibylle Rüstig

 

Notes

[1Premier en 2012 et 2014, second en 2013.

[2Plusieurs militants de la minorité Ogoni, dont le poète Ken Saro-Wiwa, ont été assassinés en 1995, après avoir réussi à chasser Shell de leur territoire, ce qui a donné lieu à une procédure judiciaire contre l’entreprise aux États-Unis. Cette procédure a été cassée en 2013 par la Cour suprême américaine (voir ici pour plus de détails sur cette affaire). En quittant l’Ogoniland, Shell a laissé derrière elle un véritable désastre environnemental, dénoncé par un rapport des Nations Unies en 2011. L’entreprise anglo-néerlandaise a alors promis de procéder à une restauration environnementale de la zone, pour un coût estimé à un milliard de dollars. Selon un rapport publié il y a quelques semaines par les Amis de la terre et Amnesty international, Shell n’a encore rien fait sur le terrain. Parallèlement, plusieurs procédures judiciaires ont été initiées aux Pays-Bas et en Angleterre pour mettre en cause la responsabilité juridique de Shell pour des pollutions pétrolières dans le delta du Niger.

[3Il serait également question aujourd’hui de possibles concessions en Bosnie.

[4Voir ici et ici pour la Tunisie, ici et ici pour l’Algérie.

[5Voir à ce sujet le rapport des Amis de la terre sur le gaz de schiste en Argentine. Celui-ci signale également le cas d’une famille habitant dans une concession de Shell sans connexion au réseau d’eau potable, et à laquelle l’entreprise a néanmoins formellement interdit d’utiliser le réservoir d’eau douce qu’elle avait fait installer à proximité de chez eux.


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Source : www.bastamag.net

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 16:07

 

 

Source : www.mediapart.frk

 

 

Pierre Lascoumes: pourquoi la société réagit si peu à la corruption des élites

|  Par Joseph Confavreux

 

 

 

Pourquoi les électeurs réélisent-ils des politiques corrompus ? Pourquoi des pratiques financières qui font perdre des milliards à la collectivité engendrent-elles moins de sanctions qu’un vol à l’étalage ? Avant la rencontre publique que Mediapart organise, dimanche 19 octobre, au Théâtre de la Ville, intitulée Corruption, ça suffit !, entretien avec le sociologue Pierre Lascoumes sur la délinquance en col blanc.  

Pierre Lascoumes, directeur de recherche du CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po, publie avec Carla Nagels, professeur de criminologie à l’Université libre de Bruxelles, un ouvrage intitulé Sociologie des élites délinquantes. De la criminalité en col blanc à la corruption politique (Éditions Armand Colin).

 

 

Les auteurs partent d’une interrogation sur la tolérance vis-à-vis des transgressions des normes sociales lorsqu’elles viennent des élites, et de cette énigme sociologique qui veut que la réaction sociale soit, le plus souvent, aussi faiblement normative que la dénonciation médiatique est forte. « À chaque fois, l’indignation morale et l’affichage vertueux laissaient croire que des mesures radicales seraient prises au nom du “plus jamais ça !” et d’un besoin incontestable de régulation publique. Pourtant, ces multiples “affaires” et “scandales” n’ont jamais été suivis d’effets réels. »

Afin d’abandonner une « réflexion de cycle court qui alterne des pics d’attention intense avec des déserts d’indifférence », les auteurs démontent les deux clichés parallèles que sont d’une part, le sentiment que la délinquance des élites ne serait que celle de « forbans des affaires » ou de « pommes pourries » ; de l’autre, la disqualification de l’ensemble d’une profession, tels les banquiers ou politiciens, « au nom d’un “tous pourris” qui globalise la critique de milieux cyniques, faisant systématiquement prévaloir leur intérêts égoïstes ».

Pour les auteurs, « travailler sur les transgressions que les élites accomplissent dans le cadre de leur fonctions en questionnant le rapport aux normes sociales, cela permet de réfléchir à la manière dont les concepts d’ordre et de désordre public sont pensés et mis en œuvre ».

 

Pierre LascoumesPierre Lascoumes

Mediapart. Comment expliquez-vous, en matière de délinquance en col blanc et de corruption, la constante de l’indignation et la faiblesse des sanctions ?

Pierre Lascoumes. Il a toujours existé, depuis l’Ancien Régime, des mouvements de protestation contre les abus de pouvoir et une sensibilité aux abus de dirigeants qui outrepassent leur pouvoir, que ce soit dans le cadre d’une firme privée ou de responsabilités publiques. Mais de manière tout aussi constante, ces réactions sociales n’ont guère été en mesure de limiter ces abus de fonction. Même les plus grands des scandales ont eu peu de conséquences normatives.

Comment l’expliquer ? Il y a deux éléments principaux. D’un côté, ceux qui produisent les normes sont précisément les élites prises en faute. Il y a donc un biais initial dans le fait que c’est l’acteur le plus concerné qui est censé s’auto-appliquer des mesures de contraintes. L’histoire nous montre que les élites économiques ou politiques ont toujours agi le dos au mur et que les normes n’ont presque toujours été produites que dans des situations de crise. Quand ces élites ont été obligées d’agir, elles l’ont fait a minima, en retardant le moment de la régulation, et en adoptant de nouvelles normes partielles, souples, contournables.

 

 

En France, pendant trente ans, il y a eu des dizaines des propositions de lois sur le financement des activités des partis politiques. Elles ont échoué jusqu’à la crise du milieu des années 1980. En matière économique, que ce soit sur le non-respect des règles de concurrence ou l’utilisation d’informations privilégiées, les timides régulations sont également venues des décennies après les premières affaires constatées…

D’un autre côté, il s’agit de transgressions qui n’ont jamais été mises en évidence pour leur gravité et les dommages sociaux qu’elles génèrent. Elles ne sont pas reconnues comme une forme de violence ou d’insécurité. A partir du moment où le cadrage et la sanction de ces abus de pouvoir se font a minima, les auteurs de ces transgressions n’apparaissent pas comme des gens dangereux, des délinquants, des personnes qui violent la loi commune, mais seulement comme des gens qui ont simplement commis des erreurs ou étaient dans l’ignorance. Les comportements transgressifs des élites n’ont jamais été perçus comme une menace pour l’ordre établi.

Pourquoi ne perçoit-on pas de la même façon la transgression de la norme sociale que constitue un vol à l’étalage et la corruption ou la fraude financière ?

Les élites économiques et politiques sont des acteurs sociaux comme les autres. Il n’y a aucune raison pour qu’elles soient plus respectueuses des normes sociales et légales que les autres. Mais on n’attribue jamais à leurs transgressions la même dangerosité que celle que l’on donne à la délinquance juvénile ou aux différentes formes de vol. Il y a, selon moi, trois raisons principales à cela.

Tout d’abord, la visibilité sociale des unes et des autres est très différente. Pour ce qui concerne les atteintes aux personnes ou aux biens, les dommages sont tangibles et les victimes reconnues. L’existence d’assurances oblige à leur déclaration, et elles sont enregistrées par la police. En matière de délinquance économique et financière ou de corruption, la matérialité de l’infraction est souvent difficile à établir, elle reste abstraite (un trucage de comptabilité, le contournement d’une procédure d’attribution d’un marché, une décision favorable). De plus, qui s’en estime victime ?

Il n’y a pas non plus d’incitation à signaler, et celui qui voudrait le faire, à qui s’adresserait-il ? La plupart des affaires ont pour point de départ, non pas une surveillance publique, mais des règlements de compte internes à ces milieux (querelle politique, entrepreneur évincé, salarié licencié, etc.). Enfin, ces infractions, quand elles sont repérées, sont en général traitées par des organismes spécialisés et non par la filière police-justice classique. Ces agences sont plus pragmatiques que répressives, elles cherchent davantage la régularisation que la sanction.

Ensuite, les élites sont solidaires entre elles. Les premiers à prendre la défense d’un politique ou d’un chef d’entreprise mis en cause sont les membres de leurs propres milieux, et cette défense transcende souvent les clivages idéologiques. C’est très visible pour les politiques, mais c’est vrai également pour les acteurs économiques qui savent ce que frauder veut dire. On observe très régulièrement des mobilisations corporatistes qui interviennent pour minimiser ou justifier les faits.

Enfin, la population dans son ensemble a du mal à percevoir les élites transgressives comme délinquantes. Elles stigmatisent peu ou pas les ententes sur les prix ou la falsification des comptes de campagne. Les élites bénéficient d’un préjugé favorable, celui de leur utilité sociale, de leurs actions au service du bien commun (créer des emplois, des biens, gérer des villes, agir sur des problèmes sociaux). Il est donc difficile de les percevoir en  même temps, comme utiles à la collectivité et comme contribuant à son désordre. Ce postulat de légitimité par l’utilité réduit les infractions à des accidents mineurs. Tout cela fait obstacle à la stigmatisation.

Comment remédier alors à cette tolérance sociale beaucoup plus forte vis-à-vis de la délinquance en col blanc que du vol à l’étalage ? Faudrait-il des associations de « victimes indirectes » ou de « victimes collectives » ?

Il serait nécessaire de rendre visible ces transgressions, de montrer leur chronicité et de concrétiser les dommages pour la collectivité. Mais créer de l’action collective sur ces enjeux n’est pas simple. Qui peut en témoigner, qui peut s’en déclarer victime ? La plupart du temps, ce sont les contribuables, les épargnants, les consommateurs qui subissent et réparent les dommages causés. Ce qui fait défaut, dans tous les diagnostics actuels sur « les affaires » et leur répétition, c’est l’appel à une action collective. Nous vivons toujours avec l’illusion que « l’État », « les professionnels » vont prendre conscience et agir.

Des associations comme Transparency International ou Anticor ont une bonne notoriété, mais ce sont des groupes d’expertise, qui font des rapports, dénoncent des pratiques, communiquent dans les médias, mènent des procès. Mais ces mouvements n’organisent pas de mobilisation collective et ne sont pas des recours pour les personnes qui s’estiment victimes de telle ou telle mauvaise pratique. Et il est à plus forte raison difficile de mobiliser sur le versement de rétrocommissions dans un marché d’armement… Ce serait pourtant possible sur des enjeux comme les abus incessants du « secret défense » et le non-respect des règles de financement de la vie politique.

« Il ne suffit pas d’une piqûre de déontologie ou d’éthique »

Pourquoi la corruption ne gêne-t-elle pas davantage les électeurs qui réélisent sans cesse un personnel politique empêtré dans différentes affaires, parfois même condamné par la justice ?


 

On a tort de porter un jugement moral sur les électeurs qui réélisent Bédier ou Balkany. Ces votants ne sont pas plus bêtes ou ignorants que les autres. Ces réélections sont surtout révélatrices de la manière dont les citoyens conçoivent le rôle des acteurs politiques. L’adhésion à un candidat est d’abord liée à ce qu’on pense qu’il peut amener au territoire dans lequel on vit. Dans mes enquêtes, j’ai été frappé par la force d’un « attachement au clocher », d’une défense-identification des élus.

D’un côté, beaucoup estiment que la fin justifie les moyens, l’élu est jugé sur ce qu’il réalise, peu importe la façon. D’un autre côté, il y a un rejet de ceux qui viennent de l’extérieur mettre leur nez dans « nos affaires ». L’acteur politique appartient à son territoire, il doit le servir et il sera en retour protégé comme un membre de la famille. Il faut ajouter à cela les considérations idéologiques générales qui sont très importantes. À partir du moment où l’on partage les positions du candidat sur l’économie, l’école ou les mœurs, on le soutient. Tout cela importe davantage à l’électeur que la dimension morale. La probité n’a jamais été un argument électoral suffisant.

Quels outils pourraient être efficaces pour lutter contre la délinquance en col blanc et la corruption ?

Pour l’élite financière et économique, je mettrais la pression sur les grandes écoles de commerce qui la forment. Elles proposent au mieux de vagues modules de déontologie, mais jamais l’apprentissage de règles, de devoirs et l’existence de sanctions. Très souvent, la régulation publique est présentée comme l’ennemie et son contournement comme une preuve d’habileté.

 

 

Pour le domaine politique, je mettrais la pression et la responsabilité sur les partis. Ils sélectionnent mal leurs candidats et surtout ne les forment pas une fois élus. Cela crée un cocktail d’ignorance et d’indifférence néfaste pour les affaires publiques. Il faut apprendre, et faire apprendre, les règles et les conséquences que peuvent avoir le fait de les enfreindre. Dans tous ces milieux circule l’idée que si on est malin, on peut passer à travers les mailles, et que c’est presque une marque de compétence…

Moi, ministre ou tyran, je changerais en profondeur la formation des élites pour inclure dans leur culture l’utilité de la probité, qui est une condition essentielle de la confiance. Il ne suffit pas, pour cela, d’une piqûre de « déontologie » ou « d’éthique ». L’apprentissage est toujours long et exige des mises à jour constantes.

En dépit de la litanie des affaires depuis des décennies, les règles du jeu évoluent-elles dans le bon sens ?

Sur les questions politiques, les règles du jeu ont vraiment changé depuis le milieu des années 1980. La dimension financière de la vie politique est devenue visible, alors que c’était, jusque-là, un impensé. Cela n’a pas empêché les débordements, la multiplication des micro-partis, le non-respect des plafonds… Une dynamique d’application plus ferme des règles se dessine avec la nouvelle Autorité de la transparence. Cela reste à confirmer.

Sur la délinquance économique et financière, la logique est différente. Depuis une vingtaine d’années, la tendance du droit des affaires, sous influence anglo-saxonne, est de considérer que la sanction pénale, qui concerne les infractions les plus graves, n’a pas sa place dans les affaires. Le mouvement général va vers la dépénalisation.

 

Bernard Madoff en 2009 
Bernard Madoff en 2009

Aux États-Unis, on a vu des entreprises payer des amendes record, mais cela se fait dans le cadre de transactions avec le parquet ou d’actions au civil. Il s’agit d’une logique pragmatique consistant à taper là où ça fait mal. Pour l’individu, le pire est une peine de prison qui le prive de sa liberté. Pour une entreprise, c’est de lui ponctionner tout ou partie de son bénéfice. Mais la dimension symbolique du procès et de la peine s’effacent. Elle est réservée à des cas extrêmes comme celui de Madoff…

La corruption politique est-elle aussi forte dans tous les pays européens et, sinon, comment l’expliquer ?

C’est une question à laquelle il est très difficile de répondre parce que les pratiques nationales sont le résultat d’une histoire et d’institutions très différentes. La corruption et la délinquance financière existent partout dans le monde, comme les autres formes de délinquance. L’Allemagne, qui semblait longtemps épargnée, est aujourd’hui concernée.

Les pays scandinaves sont un peu l’exception, mais il faut alors invoquer leur taille, et la proximité qui en découle, ainsi que la culture protestante… Dans ces pays, il existe non seulement un respect élevé des règles, mais aussi une tradition de sobriété. De plus, ce sont des pays où existent beaucoup de limitations sur le nombre de mandats enchaînés, le cumul de positions, le niveau des rémunérations. Tout cela induit des comportements plus probes.

Le moyen principal serait d’empêcher que l’on puisse vivre longtemps de la politique. De réduire celle-ci à une activité temporaire ou annexe. Elle serait l’exercice de mandats limités et contrôlés et ne séparerait pas les élus et dirigeants du monde commun, des valeurs habituelles de la société. Plus la fonction politique se professionnalise et s’autonomise du monde social ordinaire, plus les transgressions sont prévisibles.

À lire votre dernier ouvrage, la délinquance en col blanc et la corruption ne sont pas vraiment des objets de recherche, en tout cas en dehors du monde anglo-saxon. Comment l’expliquer ?

Une  première difficulté est l’accès aux sources. Mais il est possible de mener de véritables enquêtes sociologiques, de constituer des bases de données et d’appliquer des méthodes validées. Il existe aujourd’hui des travaux qui dépassent les « études de cas » et échappent à la fascination des scandales.

La deuxième difficulté est la crainte révérentielle, la peur de se confronter aux détenteurs du pouvoir. D’autant plus, que ces sujets conduisent à envisager les faces grises et parfois noires de l’exercice de l’autorité. C’est une entrée tout à fait pertinente pour analyser les phénomènes de domination. En abordant l’économie et la politique par ses marges, on comprend mieux l’ambivalence des élites à l’égard des normes. Comment produisent-elles les règles qui s’appliquent à tous ? Comment y insèrent-elles des passes qui servent leurs intérêts ? Comment, enfin, parviennent-elles à échapper à la stigmatisation sociale lorsqu’elles transgressent leurs propres normes à force de neutralisation et de justification ?

Enfin, il existe un préjugé selon lequel ce genre de sujet serait l’apanage des gauchistes et des radicaux. Cela témoigne d’abord d’une grande ignorance. La déviance et la délinquance des élites, qu’elles soient économiques ou politiques, a déjà été étudiée à partir de grilles d’analyse durkheimienne, interactionniste, de choix rationnel, institutionnelle, etc. Mais il reste l’idée que ce type de travaux souillent l’image de l’intellectuel, le corrompent en quelque sorte, et qu’il est suspect, voire dangereux d’investiguer des objets aussi malodorants…

 

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Source : www.mediapart.frk

 

 

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 14:39

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Le capitalisme disséqué sur Arte

|  Par martine orange

 

 

 

Un documentaire d’Arte revient en six épisodes sur l’histoire et les mécanismes du capitalisme. Repartant des origines, il démonte les idées et les théories, rappelant combien ces principes parfois discutables ou faux pèsent sur notre vie. Une superbe démonstration.

 

Six années ont passé depuis l’effondrement de la banque Lehman Brothers et le début de la crise financière. 2008 a été la plus grande crise du capitalisme, plus grande que celle de 1929, de l’avis de tous les économistes. Beaucoup pensaient alors que le néolibéralisme ne s’en relèverait pas, que les idées qui avaient dominé le monde depuis la fin des années 1970 allaient être balayées devant le constat d’un tel échec et d’une telle catastrophe. Six ans après, les idées néolibérales sont plus vigoureuses que jamais, montrant combien elles sont enracinées dans les esprits.

 

 

D’où viennent ces idées ? Comment sont-elles apparues ? Qu’en a-t-on retenu, nous qui sommes partie prenante de ce système ? Tout le mérite de la passionnante série d’Arte – en six épisodes diffusés à partir de ce mardi 14 octobre – sur le capitalisme est de repartir des origines. Le réalisateur israélien, Ilan Ziv, a décidé de reposer toutes les questions essentielles sur ces penseurs – Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, Karl Marx, John Keynes, Friedrich Hayek, Karl Polanyi – dont les idées et les principes, vieux souvent de plus de cent ans, conduisent encore le monde, imprègnent nos sociétés. Le rappel des discours de Malthus en 1834, s’indignant contre les pauvres qui abusent de la charité et ne font rien, suffit à lui seul à montrer combien certaines idées font encore écho aujourd’hui.

Une bonne vingtaine d’experts, économistes bien sûr – Thomas Piketty et Robert Boyer entre autres –, mais aussi historiens, anthropologues, sociologues, du monde entier, participent à ce décryptage, redonnent le contexte, rediscutent les concepts et pour tout dire mettent en pièces un certain nombre de présupposés. Le documentaire donne en miroir les illustrations de ce que telle ou telle idée a pu avoir comme conséquence dans tous les pays du monde. Aucun n’a été épargné, conduisant parfois à des destructions entières de sociétés.

En face, des thuriféraires du capitalisme, le meilleur des mondes possibles, essaient bien de défendre la cause. Avec un succès relatif. Il faut voir notamment l’entretien de l’ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy (épisode numéro trois), soutenant sans état d’âme les bienfaits du libre-échange, sans restriction aucune. Aux journalistes qui venaient de lui rappeler la destruction de toutes les agricultures locales en Afrique, à la suite de l’ouverture intégrale de leurs marchés, et les regrets de Bill Clinton, reconnaissant que cela avait été une erreur d’ouvrir les marchés agricoles à Haïti, il campe sur ses positions. Pour lui, point de milieu : c’est le libre-échange ou la Corée du Nord….

S’il n’y avait qu’une seule démonstration à retenir de cette série documentaire, ce serait peut-être celle de la destruction du mythe de l’économie comme science exacte. Un mythe qui trouve ses origines dès Adam Smith. « La richesse des nations d’Adam Smith a été vue comme le pendant de la physique de Newton, établie à peu près au même moment », y explique un historien. Cette pensée que les lois du capitalisme relèvent du droit naturel, de l’ordre immuable des choses, et donc ne sauraient être discutées, irrigue encore toute la pensée économique et politique. À quoi rime, disent les bons esprits, de se rebeller contre la gravité universelle ?

 

 

Sous couvert de science exacte, les économistes ont ainsi évacué tout débat, ont feint d’être hors d’atteinte du politique. Tout prouve au contraire que leurs théories, et leur mise en application de ces dernières, étaient totalement politiques, que leur science était une science humaine, trop humaine, avec ses partis pris, ses omissions, ses impensés. Tous ont éludé, déformé des idées, des faits, en fonction de leurs intérêts.

Cela commence dès Adam Smith, l’auteur de la fameuse main invisible du marché. Une expression qui ne se retrouve qu’une seule fois dans son livre et avec une tout autre signification, comme il est rappelé. Mais pour les besoins de la cause, pour prouver que le marché est parfait et a réponse à tout, ses successeurs la détourneront. De même, dans un autre ouvrage, La Théorie des sentiments moraux, censé être le pendant de La Richesse des nations, Adam Smith prônait l’intérêt personnel mais aussi la responsabilité sociale, en une vision très empreinte de protestantisme. Tout cela a été vite oublié. De révisions en omissions, on aboutit à Milton Friedman, lui substituant l’avidité, principe moteur de toutes les actions humaines, justification fondamentale du capitalisme. Des historiens et des anthropologues viennent souligner à point que le profit n’est pas inhérent à la nature humaine, qu’il y a eu, à d’autres époques, d’autres organisations sociales, qui, tout en pratiquant l’échange et le commerce, n’avaient pas l’avidité comme but.

 

 

Une tache indélébile, cependant, marque la science économique dès son origine : l’absence de toute référence à l’esclavagisme. Le père fondateur, Adam Smith, ne pouvait rien ignorer de la traite des esclaves – des bateaux revenaient régulièrement en Écosse au retour de leur sinistre périple triangulaire. Pourtant, il ne souffle pas un mot sur la question de l’esclavage, de l’exploitation de l’homme par l’homme, de la marchandisation de l’humain, dans son livre. Terrible silence qui marquera l’économie pendant des décennies.

Un autre économiste, Anton Wilhelm Amo, que le documentaire fait redécouvrir, souligne bien dès la fin du XVIIIe siècle cette terrible absence. Cet économiste est hors norme : esclave noir, affranchi par son maître, un duc allemand, il passera deux doctorats en droit et en économie, en Allemagne. Ses travaux furent les premiers à dénoncer l’esclavagisme, à démontrer l’irrationalité de la prétendue rationalité économique, aboutissant à réduire les hommes en marchandises. Il soulignait l’impossibilité de séparer les réalités humaines et sociales des réalités économiques. Il mourut, oublié, au Ghana. Et ses travaux, trop dérangeants, ont été vite ensevelis.

Ce refus de penser l’humain est au cœur d’une des dérives de la science économique, qui a préféré se réfugier dans les mathématiques. Il faudra attendre Karl Marx pour que soit mise en lumière l’importance des forces sociales. Mais de Karl Marx, on ne retient plus que l’auteur du Manifeste du parti communiste, censé être totalement discrédité depuis la chute du Mur et l’effondrement du communisme. On oublie, comme y insistent à juste titre plusieurs experts, qu’il fut d’abord et reste un formidable observateur et théoricien des fonctionnements du capitalisme.

Après lui, les économistes se sont empressés de taire les questions sociales. Tantôt réduit à une simple force de travail, tantôt limité à un acteur rationnel, toujours présenté comme un individu isolé, censé pouvoir nouer des contrats équilibrés avec les producteurs, l’homme n'est qu'un homo economicus, dont la vie n’aurait que pour seul horizon la production et la consommation. 


 

Dans les années 1920, un économiste autrichien, Karl Polanyi, avertissait sur les dangers pour une société à être tributaire de l’économie et à s’en rapporter à elle pour toutes ses actions. C’est la société qui doit guider l’économie et non l’inverse, insistait-il, sous peine de destruction massive. Là encore, l’avertissement a largement été ignoré.

Le capitalisme a préféré se référer à un autre économiste autrichien : Friedrich Hayek. En concurrence avec Keynes, celui-ci insista du haut de sa chaire de la London School of Economics, sur tous les méfaits réels ou supposés de l’intervention de l’État dans les affaires économiques. Ses idées inspirèrent largement le plan d’austérité mis en œuvre par le chancelier Brüning pour sortir l’économie allemande de la crise de 1929. Quinze mois plus tard, Hilter arriva au pouvoir, en mettant à profit les tensions et les malaises sociaux.

Trente ans plus tard, Friedrich Hayek ne regrettait rien, ne renonçait à rien. « Il a occulté tous les faits qui ne rentraient pas dans sa théorie », rappelle Robert Boyer, économiste de la régulation. Pourtant, c’est vers cet économiste, et son successeur Milton Friedman, que se tourneront les libéraux pour « régénérer » le capitalisme. 

Trente ans après cette contre-révolution, malgré les crises, malgré la marchandisation toujours plus poussée du vivant, de la nature, de l’homme, ce capitalisme continue à prospérer, dans la plus totale opacité. « Ce que j’ai appris de ce documentaire, explique aujourd’hui son réalisateur, c’est que l’économie ne doit pas être abandonnée à une minorité. C’est trop dangereux, car elle détermine nos vies et peut détruire nos sociétés. Nous devons nous engager et le savoir est le meilleur moyen de résister. »

 

 

Source : www.mediapart.fr


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