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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 18:27

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

Journée anti-TTIP

Les citoyens européens manifestent contre le Grand marché transatlantique

par Agnès Rousseaux 10 octobre 2014

 

 

 

 

 

Tafta, Ceta, Tisa : derrière ces sigles se cachent des accords de libre-échange et d’investissement négociés dans le plus grand secret. Et qui risquent de mettre en péril les normes sociales, financières, sanitaires, culturelles et environnementales en Europe. Ils permettront notamment aux multinationales de poursuivre les États devant des tribunaux privés d’arbitrage, hors de tout contrôle démocratique. L’accord Tafta (ou TTIP) prévoit de créer la plus grande zone de libre-échange au monde, entre les États-Unis et l’Union européenne. Tisa est un accord négocié dans la plus grande opacité par 50 pays, parmi les plus fervents défenseurs de la libéralisation, qui souhaitent l’ouverture du « marché des services » (éducation, santé, transports, télécommunications,...) à la concurrence internationale.

Une grande journée de mobilisation européenne est organisée le 11 octobre, pour dire non à ces accords commerciaux (voir l’appel ci-dessous). Plus de 300 actions, dont 60 en France, sont prévues dans 20 pays pour cette journée européenne d’action.

Sans doute effrayé par l’opposition grandissante à ces traités, le Conseil européen a décidé le 9 octobre de publier le mandat de négociation donné à la Commission par les États membres, concernant l’accord commercial transatlantique (TTIP/Tafta). Une transparence depuis longtemps réclamée par les ONG et syndicats européens. La publication de ce mandat de négociation « vieux de 16 mois » est « une farce », estime l’eurodéputé Yannick Jadot (EELV). Ce mandat de 17 pages est en effet disponible sur internet, suite à des fuites, depuis un an. Il en faudra plus pour lever le voile d’opacité qui plane sur toutes ces négociations commerciales.

Pour tout connaître sur les accords de libre-échange, voir notre dossier.

A lire également :
- Accord Europe - États-Unis : que nous réserve la plus grande zone de libre-échange du monde ?
- Tisa, ces négociations commerciales secrètes qui visent à accélérer privatisations et dérégulations

Voir la carte des mobilisations prévues en France (liste ici). A Paris, la manifestation part à 14h30, Place de Stalingrad.

Le traité transatlantique (TAFTA) expliqué en quelques minutes :

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L’appel européen

Appel à une journée d’action décentralisée contre le TAFTA, le CETA et le TiSA [1] et l’agenda des multinationales – 11 octobre 2014

Journée européenne d’action contre le TAFTA : Réclamons la démocratie ! Renversons le pouvoir des multinationales ! Les peuples et la planète avant les profits !

Les associations, syndicats, organisations paysannes et militant-es de toute l’Europe appellent à une journée d’action pour stopper les négociations en cours du TAFTA, du CETA, du TiSA et autres accords de libre-échange, et à promouvoir des politiques commerciales alternatives qui fassent des droits des peuples, de la démocratie et de l’environnement une priorité.

Le TAFTA ou Grand Marché Transatlantique et le CETA sont les exemples les plus frappants de la façon dont les politiques commerciales et d’investissement sont négociées de manière non démocratique et dans le seul intérêt des grandes entreprises. Les négociations se mènent dans le plus grand secret, avec très peu d’informations livrées à l’examen public, alors que les lobbies y exercent une influence grandissante.

Si ces accords devaient aller de l’avant, les multinationales auraient le droit exclusif de poursuivre les gouvernements devant des panels internationaux d’arbitrage, indépendants des systèmes juridiques nationaux et européen. Ils permettraient de réduire les normes sanitaires et de sécurité via le marchandage d’une « harmonisation » transatlantique, et saperaient la capacité des gouvernements nationaux et locaux d’empêcher des pratiques dangereuses telles que la fracturation hydraulique [2] ou l’utilisation des OGM. Ils provoqueraient la braderie de services publics essentiels et conduiraient les travailleurs et les droits sociaux à une course au moins-disant.
Ces politiques sont étroitement liées au démantèlement en cours des normes sociales et à la pression pour privatiser les services publics au nom de « l’austérité », des « politiques de crise » et de l’augmentation de la « compétitivité ».

La journée d’action rendra publiquement visible notre opposition dans les rues d’Europe. Nous mènerons ce débat sur la place publique, de laquelle la Commission européenne et les gouvernements européens tentent de nous tenir à l’écart. Et nous ferons la promotion de nos propositions pour des politiques économiques alternatives.

Nous sommes solidaires des citoyen-nes et des groupes qui à travers le monde partagent nos préoccupations pour l’environnement, la démocratie, les droits humains et sociaux. Le TAFTA, le CETA, le TiSA et les autres accords de libre-échange similaires seront arrêtés par l’énergie que les citoyen-nes d’Europe, du Canada et des États-Unis mobilisent pour faire entendre leurs voix.

Nous appelons les organisations, les individus et les collectifs divers à participer en organisant des actions autonomes et décentralisées à travers l’Europe. Nous nous félicitons de la diversité des stratégies et des actions de solidarité à travers le monde qui contribuent à informer, à engager et à mobiliser les populations localement.

Nous pouvons gagner cette bataille. Ensemble, renversons le pouvoir des multinationales !

Premiers signataires :

Assed Europe (Europe), Réseau des Attac d’Europe (Europe), Réseau Seattle to Brussels (Europe), Union Internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du catering, du tabac et des branches connexes (UITA) (International).

Aitec-Ipam (France), Alliance D19-20 (Belgique), Attac Allemagne (Allemagne), Attac Autriche (Autriche), Attac Danemark (Danemark), Attac Espagne (Espagne), Attac France (France), CNCD-11.11.11 (Belgique), Collectif citoyen les Engraineurs (France), Collectif national Stop TAFTA - Non au grand marché transatlantique (France), Confederación General del Trabajo (CGT) (Espagne), Corporate Europe Observatory (Belgique), Ecologistas en Acción (Espagne), Educació per a l’Acció Crítica (EdPAC) (Espagne), ELA (Solidarité des Ouvriers Basques) (Pays basque), Entrepueblos/Entrepobles/Entrepobos/Herriarte (Espagne), Fairwatch (Italy),

Farms not Factories (Royaume-Uni), Forum Umwelt und Entwicklung (Allemagne), FOS-socialistische solidariteit (Belgique), Fracking Free Ireland (Ireland), GRECS-Grup de recerca exclusió i control social-Facultat d´historia i geografia - Universitat de Barcelona (Espagne), MIM Moral in Motion (Pays-Bas), No al Tratado Transatlántico de Comercio e Inversiones (Espagne), Occupy London (Royaume-Uni), PowerShift (Allemagne), Rosa Luxemburg Stiftung Brussels (Belgique), Salva la Selva (Espagne), Solidarité socialiste (Belgique), Transnational Institute (TNI) (Pays-Bas), TTIPunfairHandelbar (Allemagne), Union syndicale Solidaires (France), War on Want (Royaume-Uni), We Own It (Royaume-Uni), World Development Movement (Royaume-Uni).

Anova-Irmandade Nacionalista Galiza (Espagne), Collectifs Isérois Stop GHRM38 (France), Huerto de Batan (Espagne), Iniciativa per Catalunya Verds (ICV) (Espagne), Iniciativa por la Soberania Alimentaria de Madrid (ISAm) (Espagne), Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid (Espagne), ReHd Mad !, Red de huertos urbanos comunitarios de Madrid (Espagne).

 

 

Notes

[1Le projet de partenariat transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis est appelé TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement), PTCI (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership ) ou encore grand marché transatlantique. L’accord entre l’Union européenne et le Canada est appelé AECG (Accord économique et commercial global) ou CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement). Le TiSA ou Accord sur le commerce des services (ACS) est quant à lui un accord plurilatéral négocié entre 23 parties (22 États et l’Union européenne au nom des 28, soit 50 États au total).

 

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Source : www.bastamag.net

 

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 15:22

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Sous la dette publique, la tyrannie de la pensée unique

|  Par Laurent Mauduit

 

 

 

Presse et politiques s'alarment que la France vienne de franchir la barre des 2 000 milliards de dettes. Ce qui justifie, pour beaucoup, l'austérité. Stupéfiant consensus, qui étouffe les voix critiques selon lesquelles une bonne partie de cette dette est illégitime.

Il a suffi que l’Insee annonce le 30 septembre dernier que la dette publique française avait dépassé pour la première fois le seuil symbolique des 2 000 milliards d’euros pour qu’aussitôt, aidé par les grands médias de la presse écrite et audiovisuelle, le formidable rouleau compresseur de la pensée unique se mette en marche, pour faire croire au pays qu’il vit décidément au-dessus de ses moyens et que l’austérité est une fatalité. Défense de réfléchir à l’origine et aux causes de cette dette ! Interdiction formelle de mentionner les études qui établissent le caractère illégitime d’une bonne partie de cette dette ! C’est une formidable machine à décerveler qui s’est mise en marche voilà quelques jours, avec l’aide de quelques économistes néolibéraux et une presse le plus souvent acquise à leurs thèses et assez peu soucieuse de pluralisme.

Reprenons en effet le fil des événements récents. Le 30 septembre, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie donc une étude qui donne l’état de l’endettement de la France, selon les règles de calcul prévues par le traité de Maastricht. Le graphique et le tableau ci-dessous résument les principales conclusions de cette étude, que l'on peut télécharger ici :

 

On y apprend donc que la dette publique française (c’est-à-dire la dette de l’État, des administrations de Sécurité sociale et des collectivités locales), pour la première fois de l’histoire économique française, a franchi à la fin du deuxième trimestre de 2014 la barre symbolique des 2 000 milliards d’euros, pour atteindre très précisément 2 023,7 milliards d’euros, soit 95,1 % du produit intérieur brut français (PIB).

Le franchissement de ce seuil symbolique était prévisible, mais cela n’a pas empêché une bonne partie de la presse de sonner le tocsin. Ce qui, sur le principe, n’a rien d'anormal : le fait que la France soit endettée à ce point est assurément préoccupant – même si l'endettement allemand est encore supérieur. Mais ce qu’il y a de plus choquant, c’est que la plupart des médias ont sonné l’alerte non pas pour inviter le pays à réfléchir à la gravité de cette dette et en comprendre les raisons, en même temps que les origines. Non ! Pour entonner, d’une seule voix, un seul et même refrain culpabilisateur : si la France est endettée, c’est tout bonnement parce qu’elle dépense trop et vit au-dessus de ses moyens. Élémentaire, non ? Honte à tous les Français qui ont l’irresponsabilité de ne pas le comprendre : c’est parce que l’État est obèse et paie trop bien ses fonctionnaires, qui sont par ailleurs trop nombreux ; c’est parce que le modèle social français est trop généreux ; c'est que les chômeurs sont trop bien indemnisés et les assurés sociaux trop bien remboursés. Oui ! Honte aux Français, qui ont l’égoïsme de ne pas comprendre qu’ils vivent de la sorte à crédit et qu’ils vont faire reporter sur leurs enfants ou leurs petits-enfants la charge de leur train de vie dispendieux d’aujourd’hui…

Aussitôt, un implacable rouleau compresseur s'est mis en marche. Florilège…

« 2 000 milliards d’euros : la France dans le mur de la dette », titre le journal L’Opinion qui, résumant la doxa répétée à l’envi par beaucoup d’autres journaux, commente en sous-titre : « Malgré une pression fiscale maximale, l’endettement public atteint un record de 2 023,7 milliards d’euros au deuxième trimestre (95,1 % du PIB). Conséquence d’un État dispendieux et d’une protection sociale coûteuse. » Ben voyons !…

Au même moment, le Journal du dimanche donne la parole au ministre des finances, Michel Sapin (c’est à consulter ici), et l’interroge sans le moindre recul, et comme si cela allait de soi, sur le point de vue exprimé peu avant par François Fillon selon lequel la France serait du même coup « à la veille d’un accident financier grave ».

Autre exemple, toujours pour prendre la mesure de la vulgate ambiante, La Voix du Nord (l’article est ici) rebondit sur l’actualité en donnant la parole à Frédéric Cuvillier, l’ex-ministre des transports qui, à la manière de Madame Michu, donne son point de vue sur la dette, comme si ce qu’il disait était le simple bon sens : « Ça fait quarante ans que nous vivons à crédit et que nous nous satisfaisons de faire porter sur les générations à venir le poids des déficits budgétaires. Nous sommes arrivés à 2 000 milliards d’euros de dette ! Quel signal donner aux jeunes ? Que nous n’avons aucun courage ? Que nous leur laisserons la facture ? Les jeunes n’auraient aucune perspective d’avenir parce qu’ils seraient endettés ? Il faut avoir conscience que la France ne peut pas s’accommoder de tant de dettes. Mais il faut aussi que les mesures soient à la fois soutenables et justes. Il faut du courage pour cela. »

« Cela a un côté effrayant, cela fait peur ! »

Et que dire des grandes chaînes d’info ! C’est la même opération de décervelage. Au hasard, on peut ainsi visionner la présentation qui est faite lors du journal du soir de France 2 :

 

 

En bref, tout est fait pour frapper les imaginations, sans inviter à réfléchir. Dans le reportage, la dette est ainsi présentée comme une montagne qui dépasse l’Arc de triomphe – pensez donc ! – et l'on est invité à comprendre que la dette tourne « à une vitesse astronomique ». Et pourquoi cela ? La réponse cette fois est un peu plus sophistiquée qu’ailleurs. Car, il y a bien sûr, « la crise, l’accumulation des déficits ». Mais il y a aussi la participation de la France aux plans d’aide européens, notamment en faveur de la Grèce, du Portugal ou encore de l’Irlande, qui aggravera la dette française à hauteur de 68 milliards d’euros l’an prochain. « Pour sauver la zone euro, nous avons alourdi notre propre fardeau », explique doctement le présentateur. Sous-entendu : la France vit au-dessus de ses moyens, mais il y a des pays qui font bien pire qu’elle et que nous nous appliquons pourtant à aider.

Le même jour, sur LCI, c’est une vulgate identique qui est utilisée :

 

 

Une dette limitée à 43 % du PIB au lieu de 90 %

Le rapport n'en disait pas plus… Mais le chiffre laissait pantois : la dette publique aurait donc été de 20 points de PIB inférieure à ce qu'elle était en 2010 sans ces baisses d'impôts décidées depuis dix ans.

Le chiffre mérite un temps de réflexion. 20 points de PIB en moins d'une décennie ! Autrement dit – et ce sont des experts qui travaillaient pour le gouvernement qui le suggéraient –, la France, malgré la crise, aurait presque encore été à l’époque en conformité avec les sacro-saints critères de Maastricht si ces baisses d'impôts n'étaient pas intervenues, et notamment le critère européen qui fait obligation à ce que la dette d'un État ne dépasse pas 60 % de sa richesse nationale. Concrètement, sans ces baisses d'impôts, la France aurait certes crevé ce plafond, mais dans des proportions raisonnables. Juste un chouïa…

Dans l'article, nous soulignions aussi l’importance d’une autre étude rendue publique le 6 juillet 2010, sous la signature du rapporteur général (UMP) du budget à l’Assemblée, Gilles Carrez (son rapport est ici). Celui-ci livrait des évaluations à donner le tournis des baisses d’impôt engagées en France au cours des dix années précédentes.

Ce rapport faisait ainsi ce constat (à la page 7) : « Entre 2000 et 2009, le budget général de l'État aurait perdu entre 101,2 5,3 % de PIB et 119,3 milliards d'euros 6,2 % de PIB de recettes fiscales, environ les deux tiers étant dus au coût net des mesures nouvelles les "baisses d'impôts" et le tiers restant à des transferts de recettes aux autres administrations publiques Sécurité sociale et collectivités territoriales principalement. » Soit 77,7 milliards d’euros de baisses d’impôt sur les dix années sous revue. Et le rapport apportait cette précision très importante : « La moitié des allègements fiscaux décidés entre 2000 et 2009 ont concerné l'impôt sur le revenu. Le manque à gagner en 2009 sur le produit de cet impôt s'établit en effet à environ 2 % de PIB, contre 0,6 % de PIB pour la TVA et 0,5 % de PIB pour l'Impôt sur les sociétés (IS). »

En résumé, ce que mettait en évidence ce rapport de Gilles Carrez, c’est que les baisses d’impôts ont joué un rôle majeur sur une longue période dans le creusement des déficits. Et que ces baisses d’impôts ont d’abord profité aux foyers les plus avantagés, notamment les 50 % des Français qui sont assujettis à l’impôt sur le revenu.

Or, depuis cette enquête de Mediapart, nous disposons d'une étude beaucoup plus exhaustive sur les origines de la dette, réalisée par le « Collectif pour un audit citoyen de la dette publique » (lire Sous la dette publique, l'arnaque néolibérale). Réalisé par un collectif de chercheurs et de militants, parmi lesquels Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination), Pascal Franchet (CADTM), Robert Joumard (Attac), Évelyne Ngo (Solidaires finances publiques), Henri Sterdyniak (Économistes atterrés) et Patrick Saurin (Sud BPCE), et reprenant les conclusions de ces deux études citées par Mediapart, le rapport établissait de manière très méticuleuse que la dette publique française aurait été limitée à 43 % du PIB en 2012, au lieu des 90 % constatés, si la France ne s'était pas lancée dans une course folle aux baisses d'impôts, essentiellement en faveur des plus hauts revenus, et avait refusé de se soumettre à des taux d'intérêt exorbitants.

Pour mémoire, voici ce rapport. On peut le télécharger ici ou le consulter ci-dessous :

On conviendra que si le constat est exact, il est d'une considérable importance. Il suggère qu'une bonne partie de la dette publique française est illégitime. Et il met aussi en évidence que le gouvernement socialiste, en voulant à toute force réduire la dette publique par la mise en œuvre d'un plan d'austérité draconien de 50 milliards d'euros, organise, en fait, l'un des plus scandaleux transferts de revenus qui aient jamais eu lieu en France dans la période contemporaine : il s'agit de faire payer par les salariés et les assurés sociaux, y compris les plus modestes, le coût des allégements fiscaux qui sont intervenus depuis plus de dix ans, notamment en faveur des plus hauts revenus. Il s'agit en somme d'organiser un formidable mouvement de redistribution, mais à l'envers : au détriment des plus faibles, et à l'avantage des plus riches. Et aussi à l'avantage des entreprises, qui profitent de 40 milliards d'euros d'allégements fiscaux et sociaux, au travers d'abord du CICE, puis du pacte dit de responsabilité.

La critique féroce de Thomas Piketty

Important, ce rapport du « Collectif pour un audit citoyen de la dette publique » aurait donc dû être débattu. Peut-être certaines de ses hypothèses auraient-elles mérité d'être discutées ou amendées ; sans doute certaines suggestions auraient-elles justifié d'être infléchies. Mais, à tout le moins, ce rapport aurait mérité, lors de sa publication, d'être au cœur du débat public.

Or, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce ne fut pas le cas. Dans un article que vient de publier Le Monde diplomatique (n° 727, octobre 2014) et qui est intitulé « Faut-il vraiment payer toute la dette ? », c'est l'économiste Jean Gadrey qui en fait la remarque, et il a évidemment raison : « Impossible d’échapper à l’annonce d’une hausse de la dette : unanimes, les médias détaillent alors les sacrifices qui "s’imposent". Toutefois, lorsqu’un collectif démontre que plus de la moitié de ces créances n’ont pas à être remboursées, le silence est total… »

Ainsi va trop souvent une bonne partie de la presse française, comme une bonne partie des médias audiovisuels (l'émission « C Dans l'air » étant de ce point de vue une caricature) : ils ne donnent le plus souvent la parole qu'aux « imposteurs de l'économie », ces experts qui se présentent sous leur casquette universitaire mais sont souvent appointés par le monde de la finance et défendent en douce ses intérêts. Ou alors, c'est la paresse ou le conformisme qui l'emportent. Mais dans tous les cas de figure, le résultat est le même : toute production intellectuelle qui s'écarte de la doxa libérale est illégitime ou suspecte.

Le résultat, dans le cas de ce rapport majeur sur les origines de la dette publique française, en est la parfaite illustration : comme l'a relevé Jean Gadrey, l'étude n'a retenu l'attention de presque aucun titre de la presse écrite – ou si peu. On trouvera, dans l'onglet « Prolonger » associé à cet article, la très maigrelette revue de presse sur le sujet. Et à notre connaissance, le document n'a été évoqué ou présenté dans aucun grand média audiovisuel. À la trappe ! Des sueurs et des larmes, oui ! Mais pas de véritables débats !

Cette volonté acharnée manifestée par le gouvernement de clore les débats, de les étouffer – volonté à laquelle, malheureusement, bien des médias prêtent volontairement ou non leur concours – est d'autant plus préoccupante qu'elle ne se limite pas à la question de la dette. En vérité, elle cherche aussi à congeler tous les autres débats économiques du moment, qu'ils portent sur la fiscalité ou sur le pacte de responsabilité.

Dans une chronique récente pour Libération, Thomas Piketty en donnait une autre illustration, tout aussi pathétique. « Si le gouvernement ne fait rien, alors le crédit d’impôt compétitivité emploi, dit CICE, restera comme le symbole de l’échec de ce quinquennat. Une véritable verrue, incarnant jusqu’à la caricature l’incapacité du pouvoir en place à engager une réforme ambitieuse de notre modèle fiscal et social, et qui se contente d’ajouter des couches de complexité sur un système qui en compte déjà beaucoup trop. François Hollande et Manuel Valls aiment se décrire comme de courageux réformateurs, des opiniâtres socialistes de l’offre, engagés dans un combat de titans face à la vieille gauche. Ces postures sont ridicules. La vérité est qu’ils ne mènent aucune réforme de fond et ne font qu’accumuler les bricolages et les improvisations, sur la fiscalité comme sur les cotisations sociales et la compétitivité. Il est encore possible d’agir et de changer le cours des choses, en particulier sur le CICE. Mais il faut le faire dès cet automne. Après il sera trop tard », écrivait-il.

Prononcés par un chercheur désintéressé qui a longtemps apporté son aide aux dirigeants socialistes, à chaque fois que cela a été nécessaire, ces mots sont graves et sonnent comme le plus violent des réquisitoires. Mais qui pourrait prétendre qu'ils sont injustes ? Tout est là ! Sur le front de la dette comme sur celui de fiscalité, le gouvernement conduit la France vers des abîmes. Et dans la foulée, il fait tout ce qui est en son pouvoir, avec le renfort des médias bien-pensants, pour que le débat sur les alternatives économiques n'émergent pas.

C'est la terrible tyrannie de la pensée unique : « There is no alternative ! »


Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr


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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 11:36

 

 

à diffuser largement autour de vous
Collectif Stop tafta 30, Nîmes anti-schiste, Collectif Halte aux nucléaires Nîmes

 

 

 

Immagine in linea 1 

 



TOUS À NIMES samedi 11 octobre 2014,
devant la maison carrée, RDV à 15h pour une grande et sympathique action visuelle à 15h30
Venez nombreux, en famille …...avec vos parapluies et gilets jaunes
Le 11 octobre 2014, que se passe-t-il ?
C'est la 3ème journée internationale contre l'exploration et l'exploitation des gaz et pétroles de schiste
A l'heure où les scientifiques lancent des cris d'alarme sur le changement climatique,
Alors qu'un très récent sondage BVA (2-10-14) confirme que 62% des français disent "non au gaz de schiste", énergie aux conséquences catastrophiques pour l'environnement et la santé humaine, et grandement émettrice de gaz à effet de serre,
La France continue d'attribuer de nouveaux permis aux sociétés pétrolières et gazières pour explorer notre sous-sol.
Le 11 octobre, mobilisons-nous pour stopper cette industrie mortifère ! www.nongazdeschiste.fr
C'est la 1ère journée d'action européenne contre les accords de libre-échange TAFTA, CETA, TISA et contre les multinationales
Ces sigles désignent des accords de libre-échange et d’investissement négociés dans le plus grand secret. S’ils sont adoptés, ils consacreront la domination des multinationales sur nos sociétés, au détriment des citoyen.ne.s et de la démocratie.
Visant une hypothétique relance de la croissance, ces accords s’attaquent aux normes sociales, financières, sanitaires, culturelles et environnementales. Si elles s’estiment lésées, les multinationales pourront poursuivre les Etats devant des tribunaux privés d’arbitrage, hors de tout contrôle démocratique.
Ces accords menacent de mettre en péril ce qui rend nos sociétés encore vivables.
Le 11 octobre, mobilisons-nous pour faire échouer ces négociations ! www.collectifstoptafta.org
C'est une mobilisation nationale contre le premier salon international de la filière nucléaire au Bourget, le "World Nuclear Exhibition",
Un salon indécent visant à exporter la technologie nucléaire française au quatre coins du globe, et où « plus de 430 exposants s’attendent à rencontrer 7000 visiteurs, en provenance du monde entier » peut-on lire sur le communiqué de presse de l’AIFEN (association des industriels français exportateurs de nucléaire), organisateur du salon.
Alors que nous serons en plein débat parlementaire sur la loi de transition énergétique, et à un an de la conférence climatique COP 21, qui se déroulera elle aussi au Bourget, nous nous devons de réagir afin que le nucléaire ne se positionne pas comme alternative au changement climatique, et pour dire NON aux fausses solutions.
Le 11 octobre, mobilisons-nous pour dire stop au nucléaire !

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 11:04

 

Source : www.usinenouvelle.com

 

 

Ces énergéticiens européens qui invitent l'Europe à ne plus subventionner les renouvelables

Par  - Publié le 11 septembre 2013, à 07h48

 

Eolienne
© Swisscan - Flickr - C.C.

 

Le français GDF Suez, les italiens Eni et Enel, les allemands EON et RWE, les espagnols Gas Natural Fenosa et Iberdrola... Neuf énergéticiens européens ont lancé le 10 septembre un appel à Bruxelles afin de limiter les aides aux énergies renouvelables et rebâtir "l'Europe de l'énergie".

C'est une iniative rare. Neuf patrons de grands énergéticiens européens, unis sous la même bannière pour influer sur la politique de l'Union européenne en faveur du développement des énergies renouvelables.

Les PDG de deux industriels de l'énergie - Gérard Mestrallet pour le français GDF Suez et Paolo Scaroni pour l'italien Eni - ont présenté le 10 septembre au Parlement européen des "mesures concrètes pour rebâtir l'Europe de l'énergie", selon un communiqué relayé par l'AFP.

Soutenus par sept autres groupes (l'italien Enel, les allemands EON et RWE, les espagnols Gas Natural Fenosa et Iberdrola, le néerlandais Gas Terra et le suédois Vattenfall), ils demandent à l'Europe de freiner le soutien public au développement des énergies renouvelables.

L'objectif est, selon eux, "d'alerter sur les risques inhérents à la politique énergétique européenne actuelle. En effet, les efforts des énergéticiens pour réaliser les indispensables investissements dans le secteur ont été entravés par l'incertitude sur la rentabilité de ces investissements en raison notamment de l'absence de cadre politique clair, prévisible et objectif, fondé sur une législation stable et prévisible", relate le communiqué.

Et de tirer la sonnette d'alarme sur plusieurs points : "la sécurité d'approvisionnement énergétique n'est plus assurée, les émissions de CO2 repartent à la hausse, les investissements dans le secteur diminuent drastiquement et les factures énergétiques sont en forte augmentation".

Dans les colonnes du Financial Times le 9 septembre, le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet met directement en cause le soutien public aux énergies renouvelables. "Nous devons réduire le rythme auquel l'Europe installe des parcs éoliens et des panneaux solaires. Actuellement, il est insoutenable", accuse-t-il.

 

 

Source : www.usinenouvelle.com

 

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 10:52

 

Info reçue pa mail

 

 

Pas de tomates OGM dans nos assiettes !! Retour sur l'occupation citoyenne à l’INRA d'Avignon le jeudi 02/10/2014

 

 

Les orientations de la recherche publique en question
Le jeudi 02/10/14 les faucheuses et faucheurs volontaires ont conduit une action au sein de l’unité GAFL à l’INRA d’Avignon impliquée dans ce projet de recherche pour de la transgénèse sur la tomate (résistance aux virus).
Genius est un projet de transgénèse sur 9 espèces cultivées, dont 7 utilisées pour l'alimentation humaine : blé, maïs, riz, colza, tomate, pomme de terre, peuplier, pommier, rosier. Ce projet initié par l’ancien gouvernement
de Mr Sarkozy, a débuté en septembre 2012 sous le mandat de Mr Hollande.
Il s’agit d’un partenariat public /privé associant 8 INRA, 1 CIRAD, 1 Université et 5 entreprises privées. Il est doté de 21,3 millions d’euro dont 6 millions de l’ANR.
Ce projet affiche ouvertement ses objectifs de mise sur le marché de plantes transgéniques et d’allègement de la réglementation concernant ces OGM. Notre recherche publique est clairement mise au service de l’industrie des biotechnologies et de la semence par le biais d’un partenariat public/privé.
Ces plantes génétiquement modifiées aboutiront à la production de brevets au profit des multinationales.
Nos décideurs politiques détournent l’argent des contribuables et le service public de leur rôle qui est de pérenniser et de développer le bien commun dans une orientation décidée par toute la communauté.
Dans ce projet nous dénonçons encore une fois la mise en place d’une stratégie de « persuasion » des citoyens et des législateurs concernant « l’innocuité de ces nouveaux OGM » en vue d’un allègement de leur
réglementation. Leur légalisation permettra alors de les exclure de toute controverse, de toute traçabilité et évaluation. De fait elle déresponsabilisera totalement les politiques et les directeurs scientifiques des
conséquences de leur choix dictatorial.
Pour preuves, des extraits du site officiel du projet Genius où certaines phrases en rouge ont été récemment supprimées et remplacées. Ces modifications sont survenues après la rencontre d’une délégation des faucheurs au ministère de la recherche le 09/07/14 où nous avons demandé l’arrêt du projet en l’état.

Extraits de la présentation du projet du site officiel de Genius.
« Le matériel biologique produit sera soit porté directement sur le marché des semences soit optimisé
préalablement. L’information technique et le cadre éthique fourni au citoyen et au législateur français pourraient à terme alléger la charge réglementaire pour les experts comme pour les demandeurs. »
Phrase remplacée par « Des preuves de concept porteront sur des résistances aux maladies, la tolérance à la
salinité, l’architecture de la plante ou encore la qualité des produits. Des études réglementaires, économiques et philosophiques exploreront la cadre socio-économique du travail expérimental »
Nous rappelons que la grande majorité des français ne veut pas d’OGM ni dans l’environnement ni dans les assiettes.

NON aux OGM en liberté, NON au brevetage du vivant !
Les faucheurs volontaires rappellent qu’ils ne s’opposent pas aux OGM utilisés en recherche fondamentale ou en milieu confiné pour produire des protéines d’intérêt. Ils contestent par contre fortement l’orientation de la
recherche dans le « tout génétique » privant les autres voies de fonds et de moyens humains conséquents.
Nous proposons des alternatives pour une recherche publique digne de ce nom, au service du bien commun ainsi qu’une réflexion sur l’évaluation des nouvelles technologies qui est actuellement parcellaire et totalement
inadaptée.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE :
Pas de tomates OGM dans nos assiettes !!
Occupation citoyenne à l’INRA d’Avignon Unité GAFL pour dénoncer le projet de recherche GENIUS : projet de recherche publique/privée sur la transgénèse contact: geniusfv84@gmail.com

des images de l'action sur :
http://www.monalbum.fr/Album=S8B8XEZA
--
Collectif des Faucheurs volontaires Gard/Lozère

 

 

 

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 21:29

 

 

Source : www.francebleu.fr



Aéroport de Notre-Dame-des-Landes : 100 millions d'euros pour financer l'accès routier

Mercredi 08 octobre 2014 à 06h00

Dans un document confidentiel que s'est procuré France Bleu Loire Océan, une "note blanche" envoyée par Matignon au préfet des Pays de la Loire, on apprend que le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, du moins sa desserte, fait partie des priorités de l'Etat. Explications.


Vue aérienne du site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes  © MaxPPP/Franck Dubray


France Bleu Loire Océan s'est procuré une note confidentielle envoyée par les services du Premier ministre au préfet des Pays de la Loire. Ce document, daté du 19 septembre, liste les grands projets d'investissement pour les six années à venir dans la région. Il s'agit du mandat de négociation du préfet pour discuter du prochain contrat de projets qui sera signé pour la période 2015/2020 entre l'Etat et le Conseil régional. Un document de travail de 35 pages, dans lequel figure le plan de financement de la desserte de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Accès au chantier

Dans un tableau listant les opérations prioritaires pour l'Etat figure en première place dans le volet routier le financement de 11 kilomètres de 2x2 voies entre la Nationale 137 Nantes-Rennes à hauteur de Grandchamp-des-Fontaines et de la route 165 de Nantes à Vannes au Temple-de-Bretagne : il s'agit du tronçon routier censé desservir le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Et avant cela, de permettre l'accès au chantier. Signe que ce projet d'aéroport n'est pas du tout abandonné par le gouvernement

Plus gros projet routier

Montant total de cet investissement : 97,7 millions d'euros, dont a priori la moitié à la charge de l'Etat. C'est de loin le plus gros projet routier que l'Etat entend mener dans les six années à venir en Pays de la Loire. Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes n'est pas abandonné comme essaient de le faire croire les opposants, estime un pro aéroport. Rien de nouveau sous le soleil rétorque un élu écologiste : l'Etat ne veut donner aucun signe ni aux uns et aux autres et se contente de reprendre ce projet de barreau routier qui figurait déjà dans la Déclaration d'Utilité Publique de 2008.

 

doc20141007101546.pdf

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 21:17

 

Source : www.reporterre.net

 

Notre Dame des Landes : l’Etat n’a rien abandonné et veut réaliser le barreau routier

France Bleu Loire Océan

jeudi 9 octobre 2014

 

 

 

 

Dans un document confidentiel révélé par France Bleu Loire Océan, une « note blanche » envoyée par Matignon au préfet des Pays de la Loire, on apprend que le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, du moins sa desserte, fait partie des priorités de l’Etat.


France Bleu Loire Océan s’est procuré une note confidentielle envoyée par les services du Premier ministre au préfet des Pays de la Loire. Ce document, daté du 19 septembre, liste les grands projets d’investissement pour les six années à venir dans la région.

Il s’agit du mandat de négociation du préfet pour discuter du prochain contrat de projets qui sera signé pour la période 2015/2020 entre l’Etat et le Conseil régional. Un document de travail de trente-cinq pages, dans lequel figure le plan de financement de la desserte de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Accès au chantier

Dans un tableau listant les opérations prioritaires pour l’Etat figure en première place dans le volet routier le financement de 11 kilomètres de 2x2 voies entre la Nationale 137 Nantes-Rennes à hauteur de Grandchamp-des-Fontaines et de la route 165 de Nantes à Vannes au Temple-de-Bretagne : il s’agit du tronçon routier censé desservir le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Et avant cela, de permettre l’accès au chantier. Signe que ce projet d’aéroport n’est pas du tout abandonné par le gouvernement...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:58

 

Source : www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Greenwashing

Prix Pinocchio 2014 des multinationales : le vote est lancé !

par Collectif 9 octobre 2014

 

 

Quelles entreprises se soucient le moins de leurs impacts environnementaux ? Quelles multinationales tiennent les discours les plus trompeurs sur leur responsabilité sociétale ? Les Amis de la Terre France, en partenariat avec le Crid et Peuples Solidaires-ActionAid France, lancent aujourd’hui le vote des Prix Pinocchio. Un événement qui vise à attirer l’attention sur les pratiques des multinationales et à réclamer un encadrement juridique contraignant. Basta ! et l’Observatoire des multinationales sont également partenaires du Prix Pinocchio.

Les Amis de la Terre France, en partenariat avec le Crid (Centre de recherche et d’information pour le développement) et Peuples Solidaires-ActionAid France, lancent aujourd’hui le vote public pour l’élection des Prix Pinocchio 2014. Mettant en lumière des cas concrets de violations de droits sociaux et environnementaux par des multinationales nominées, ces prix sont l’occasion de dénoncer le fossé entre les discours « développement durable » et les actes réels constatés sur le terrain. Au travers des Prix Pinocchio, ces organisations militent pour un encadrement juridique contraignant des activités des multinationales.

Neuf entreprises sont ainsi nominées dans trois catégories [1] :

- Plus vert que vert : prix décerné à l’entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles : EDF et le charbon de Serbie ; Pur Projet et la compensation carbone au Pérou ; GDF Suez et les "obligations vertes".

- Mains sales, poches pleines : prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus opaque au niveau financier (corruption, évasion fiscale, etc.), en termes de lobbying, ou dans sa chaîne d’approvisionnement : Perenco, pétrolier opaque en République Démocratique du Congo ; Samsung et l’exploitation d’enfants en Chine ; Lyon-Turin Ferroviaire et les tunnels sous les Alpes.

- Une pour tous, tout pour moi ! : prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en termes d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles : Shell et les gaz de schiste en Ukraine et Argentine ; Total et les hydrocarbures au Nigeria ; Crédit Agricole et le charbon des Appalaches.

« Les approches volontaires et chartes éthiques se multiplient, mais faute de traduction dans un cadre légal contraignant au niveau français, européen et international, les multinationales continuent d’agir en toute impunité, comme en témoignent les Prix Pinocchio, explique Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre France. Nos gouvernements doivent avoir le courage d’affronter les lobbies et de réguler réellement ces activités, pour que cessent les atteintes répétées aux droits de l’Homme et à l’environnement. [2] »

Derrière les beaux discours des multinationales

Selon Pascale Quivy, déléguée générale du Crid : « A moins d’un an de l’adoption des futurs Objectifs du Développement Durable [3], les acteurs de la société civile s’inquiètent du rôle de plus en plus important confié au secteur privé marchand, et notamment aux multinationales, sans contre-partie en matière de responsabilité sociale, environnementale et fiscale. Les Prix Pinocchio doivent permettre d’attirer l’attention de l’opinion sur ces lacunes et d’inciter les pouvoirs publics à y remédier. ».

« Les Prix Pinocchio se font l’écho des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui se mobilisent dans le monde pour faire respecter leurs droits face à des entreprises ignorant délibérément leur responsabilité sociale et environnementale, note Fanny Gallois, responsable des campagnes de Peuples Solidaires-ActionAid France. Ils donnent également une voix à tous ceux qui, chez nous, refusent d’être dupes des beaux discours que ces entreprises tiennent pour se dédouaner des effets parfois catastrophiques de leurs activités dans les pays de production. »

La mobilisation autour des Prix Pinocchio se déroulera du 9 octobre au 18 novembre, 2014, date de la cérémonie de remise publique des Prix [4]. Des focus bi-hebdomadaires seront effectués afin d’éclairer au mieux chaque cas. Des groupes locaux des Amis de la Terre et de Peuples Solidaires organiseront des actions en région.

Pour en savoir plus et pour voter, rendez-vous sur cette page. Suivez les Prix Pinocchio et l’actualité des Amis de la Terre sur Twitter @amisdelaterre.

 

Notes

[1La présentation détaillée des Prix Pinocchio et des neuf cas nominés en 2014 est accessible en français, anglais et espagnol sur ce site Internet.

[2Une proposition de loi sur le « devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre », a été déposée par quatre groupes parlementaires mais attend toujours d’être traitée par le Parlement français. Au niveau international, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a approuvé en juin 2014 une résolution visant à la mise en place d’un traité contraignant sur les entreprises et les droits humains, la France avait alors voté contre.

[3Après 2015, les Objectifs universels de Développement Durable prendront la suite des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ils seront adoptés par l’Assemblée générale des Nations-Unies en septembre 2015.

[4Les Prix Pinocchio sont remis sur la base des votes de milliers d’internautes du monde entier. La cérémonie de remise des prix, mise en scène par des comédiens, aura lieu le 18 novembre 2014 à la Java, Paris 10e. L’inscription est ouverte.


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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:41

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

ça bouge ! Changement climatique

Un village des alternatives en plein coeur de Bordeaux

par Collectif 8 octobre 2014

 

 

 

 

 

Du 11 au 13 octobre, un village des alternatives écologiques et sociales dénommé Alternatiba s’installe dans le centre-ville de Bordeaux. Porté par plus de 90 associations, cet événement revendicatif et festif est une manière de montrer de manière positive qu’il existe des initiatives individuelles et collectives face à la crise climatique. Basta !, partenaire de l’événement, relaie l’appel.

Depuis la révolution industrielle, l’état de santé de la planète se dégrade à un rythme effréné et contribue à renforcer les inégalités. Sous la pression des activités humaines, les ressources naturelles se raréfient, la biodiversité s’érode, les sols s’artificialisent, les pollutions chimiques et toxiques s’accentuent, la qualité de l’eau se dégrade et les déchets s’accumulent. Certains sujets majeurs ont émergé (changement climatique, risque nucléaire, OGM) et l’urgence écologique est une réalité que les indicateurs scientifiques nous rappellent chaque jour.

Le 5e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat sorti en septembre 2013 est sans appel : si nous n’agissons pas significativement pour réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, la température moyenne pourrait augmenter de 5,5°C d’ici la fin du siècle. Nous sommes ici très loin du seuil de + 2°C à ne pas dépasser pour éviter un emballement du climat. Les conséquences seront dramatiques pour tous les territoires et toutes les populations, notamment les plus vulnérables.

Changement radical

Un changement radical de cap est nécessaire pour concilier la justice sociale et l’impératif écologique. Si les gouvernements successifs lâchent « gracieusement » quelques mesurettes, à l’évidence, c’est très insuffisant. Car, pour faire face à l’urgence écologique et sociale, la politique des petits pas est aujourd’hui dépassée et un changement radical de système s’impose.

En octobre 2013, Alternatiba Bayonne a lancé avec succès le signal de la mobilisation et a appelé à l’essaimage d’autres initiatives jusqu’à la conférence internationale sur le changement climatique à Paris en 2015 (COP 21) [1]. C’est pourquoi, nous décidons à notre tour d’organiser à Bordeaux un week-end de mobilisation revendicative et festive à l’automne 2014 : un « Alternatiba Gironde » qui prendra la forme d’un village des utopies devenues concrètes, véritable foisonnement d’initiatives et actions individuelles, collectives et territoriales pour faire face à la crise écologique et sociale.

Son objectif est triple :
- Informer sur l’urgence climatique et la nécessité de baisser rapidement et drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Sensibiliser aux conséquences dramatiques de l’absence éventuelle d’un accord international sur le climat ambitieux et équitable pour tous. Il s’agit sur ce point précis de mobiliser massivement pour la COP 21 de 2015 en France.
- Appeler à s’engager très vite dans la transition pour répondre à l’urgence écologique et sociale.
- S’attaquer à l’indifférence et à la résignation en montrant qu’il existe de nombreuses solutions, créatrices d’emplois et porteuses d’un monde convivial et solidaire, aussi bien à l’échelon international qu’au niveau local dans les territoires.

Un mouvement de fond pour « bien vivre ensemble »

Il est également nécessaire de dénoncer les mauvais choix industriels (nucléaire, agrocarburants, hydrocarbures non conventionnels, marchés carbone, OGM, géo-ingénierie, etc.) défendues par des promoteurs qui en sont bien souvent les principaux bénéficiaires. Au final, ces fausses solutions s’avèrent inefficaces, coûteuses et dangereuses et empêchent les vraies solutions telles que la sobriété, le réemploi ou le renouvelable d’émerger ou de prendre de l’ampleur.

Il est temps aujourd’hui de mettre en avant les nombreuses alternatives et divers projets mis en œuvre localement par des individus, des organisations, des coopératives, des collectivités, etc. et qui permettent de réduire l’empreinte climatique tout en réduisant les inégalités sociales. S’il prend de l’ampleur, ce mouvement de fond contribuera fortement à générer in fine le « bien vivre ensemble ».

Les domaines concernés et les solutions à imaginer sont multiples et variées : sobriété et énergies renouvelables, territoires en transition, relocalisation de l’économie, lutte contre la précarité énergétique, économie sociale et solidaire, agriculture paysanne, finance éthique, solidarité internationale, réduction des déchets, récupération et réemploi, savoir-faire soi même, vélo, marche et mobilité soutenable, éco-habitat, lutte contre l’artificialisation des sols, lutte contre les grands projets inutiles, défense de la biodiversité, culture du libre, résistance à l’agression publicitaire, art et écologie, etc.

Si vous vous sentez concernés, n’hésitez pas à rejoindre la dynamique Alternatiba Gironde. Les alternatives existent, elles ne demandent qu’à être renforcées, développées et multipliées ! En tant qu’association, collectif ou organisation, vous pouvez être signataire de cet appel, merci d’envoyer un courriel à : gironde(a)amisdelaterre.org. Si vous ne faites pas partie d’un collectif mais que vous souhaitez nous rejoindre, remplissez le formulaire de contact, vous êtes les bienvenus !

- Voir la liste des signataires et des partenaires ;
- Voir le programme d’Alternatiba Gironde les 10, 11 et 12 octobre 2014 ;
- Basta ! animera le samedi 11 octobre de 11h à 12h30 la conférence "L’agriculture paysanne, une réponse aux limites du modèle productiviste et au défi climatique". L’équipe interviendra également le dimanche 12 octobre, entre 14h et 15h30, à la table ronde "Comment informer librement et à la destination du plus grand nombre sur les questions sociales, écologiques et économiques".

Notre dossier sur le défi du changement climatique

 


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Source : www.bastamag.net

 

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 17:27

 

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Développement durable ?

L’écologie selon La Poste : suppressions d’emplois, malaise social et greenwashing

par Thomas Clerget 9 octobre 2014

 

 

 

 

 

Engagée depuis dix ans dans un gigantesque plan de restructuration visant à préparer sa mise en concurrence, La Poste ne cesse de communiquer sur les bienfaits de cette transformation. Lancée en grandes pompes à l’automne 2011, la lettre verte serait le symbole d’une politique « respectueuse de la planète et de ses habitants ». Pourtant, au gré des conflits sociaux qui secouent le service encore public, associations de consommateurs et salariés de l’entreprise remettent en cause une stratégie qu’ils considèrent comme une aberration, à la fois sociale et écologique.

Plus 7% en moyenne au 1er janvier 2015. C’est la plus forte augmentation de l’histoire du timbre en France, malgré une très faible inflation. La lettre prioritaire passera de 0,66 à 0,76 euros et la lettre « verte » de 0,61 à 0,68 euros. L’argument de la direction de La Poste ? La baisse de l’activité courrier, qui a quand même rapporté à l’entreprise à capitaux publics 11,1 milliards d’euros en 2013. Le groupe a également réalisé un bénéfice confortable de 627 millions d’euros en 2013. L’usager n’est pas le seul à payer le prix de l’ouverture progressive de ce service public à la concurrence. En dix ans, La Poste a supprimé plus de 66 000 emplois ! Une restructuration massive qui n’a pas fait la Une des médias [1].

En interne, la situation sociale s’est dégradée. En Picardie, des experts constatent une « situation alarmante », mal-être, tensions et souffrance, « avec une présence de symptômes physiques et psychiques » se banalisant chez un postier sur quatre. A Paris, l’inspection du travail pointe du doigt l’organisation du travail après le suicide d’un cadre [2]. Quelques mois seulement après l’annonce par Philippe Wahl, le PDG du groupe, d’une nouvelle « transformation en profondeur » de l’entreprise, les conflits se multiplient dans les agences et sur les plate-formes de tri. Les syndicats dénoncent un climat de répression croissante. Certains craignent que ce ne soit que les prémices de la crise sociale et morale qui a frappé de plein fouet France Télécom en 2008 et 2009, après l’aboutissement du processus de privatisation. Un contexte qui tranche avec la stratégie optimiste affichée par le groupe, qui se lance dans « un projet de conquête et de développement au service du client ».

Un « développement durable » pas très enthousiasmant

Si le prix augmente pour les usagers, si des bureaux ferment, si en moyenne plus de 6 000 emplois ont disparu depuis 2003, si un mal-être semble se répandre parmi facteurs, guichetiers et conseillers, La Poste ne veut cependant pas rater le tournant du « développement durable »... Son « timbre vert », lancé en grandes pompes à l’automne 2011, constitue l’un des piliers d’une politique plus « respectueuse de la planète et de ses habitants » [3]. Le timbre vert, c’est l’assurance que votre lettre ne prendra pas l’avion, sauf pour la Corse et les DOM. Et ce, pour un coût légèrement inférieur à la lettre prioritaire. « La lettre verte, distribuée en quarante-huit heures, a été conçue pour émettre -15% de CO2 dès à présent et jusqu’à -30% (...) par rapport à la lettre prioritaire. Plus cette offre sera choisie par les clients, plus l’impact sur l’environnement sera favorable », vante alors sa communication. Seule contrainte : une lettre verte mettra 48h à arriver à destination, une journée de plus que son homologue prioritaire.

La Poste serait si soucieuse de l’écologie qu’elle semble favoriser dans ses agences la vente des lettres vertes aux dépens des autres produits. « Les guichetiers sont incités à vendre prioritairement le timbre vert », dénonce l’UFC Que choisir en 2013. Une politique d’incitation commerciale que dément la direction. L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, l’Arcep, ouvre cependant une enquête, Clôturée en février 2012, elle pointe plusieurs incitations avantageant la lettre verte, comme l’octroi de remises exceptionnelles aux revendeurs, les buralistes par exemple, ou l’indisponibilité des autres produits au guichet ou dans certaines machines automatiques en agence. Depuis, « rien n’a bougé », déplore Nicolas Galepides, secrétaire fédéral du syndicat Sud-PTT et représentant des salariés au CA de La Poste.

Une vision de l’écologie qui coûte cher aux usagers

Pourquoi La Poste fait-elle tout pour promouvoir son timbre vert ? Sa direction serait-elle devenue écologiste, voire décroissante ? Pas vraiment. Il s’agit d’abord d’un joli tour de passe-passe commercial, qui a permis d’augmenter de fait le tarif économique. Avant l’arrivée du timbre vert, La Poste proposait deux tarifs : le timbre rouge ou « lettre prioritaire », livré en J+1, et l’écopli, de couleur verte, livré en J+2. A l’automne 2011, ce dernier, moins cher de cinq centimes, change de couleur et devient gris. Il voit son délai de livraison passer à quatre jours. Pour assurer le même service en 48h, le timbre vert le remplace... à un prix plus élevé, 57 centimes au lieu de 55. Des associations de consommateurs protestent. La CGT dénonce l’équivalent postal de la « troisième classe SNCF », abolie en 1956 au nom du principe d’égalité de traitement des usagers. En vain. Entre 2011 et 2014, le prix de la lettre verte s’envole de 15 %, tandis que la lettre prioritaire augmente de 14 %.

Les usagers ne sont pas les seules victimes de ce marketing vert. La lettre verte permet aussi de restructurer en profondeur, aux dépens des conditions de travail des agents et... de l’écologie. Pour les représentants des syndicats Sud-PTT et CGT, majoritaires au sein de La Poste, cette promotion massive du timbre vert au détriment de la lettre prioritaire vise à saper, lentement mais sûrement, le principe même de la livraison en 24 heures. Objectif : réduire les coûts de fonctionnement de l’entreprise. Pour les postiers, historiquement attachés à la conception d’un service public égalitaire et performant, et notamment à la norme du J+1, la pilule verte est difficile à avaler.

Adresser un courrier en 24h coûte cher. Son acheminement implique un recours massif au transport aérien. Une douzaine d’avions affrétés par la compagnie Europe Airpost – l’ancienne Aéropostale – effectuent, chaque nuit, de Brest à Marseille en passant par Toulouse, Lyon et Paris, près de quarante liaisons. Sans compter les vols opérés par Air France. Pour La Poste, la facture totale s’élève à 120 millions d’euros par an, soit le plus gros budget de dépense externe du groupe. Une facture qui a gonflé après 2007, quand le groupe s’est séparé de sa filiale Europe Airpost, alors bénéficiaire, pour la vendre au groupe irlandais Air Contractors. Une décision justifiée, selon la direction, par les coûts de renouvellement de la flotte d’avions et par le basculement annoncé du trafic aérien vers le transport ferroviaire, plus « propre » du point de vue environnemental.

De l’aérien au ferroviaire, du ferroviaire aux... camions

Deux ans plus tard, La Poste décide pourtant une réduction du nombre de rotations effectuées quotidiennement par le TGV postal. Et ajourne le développement d’une filiale commune avec la SNCF. Au printemps 2014, c’est le retrait pur et simple des sept demi-rames du TGV postal qui est annoncé. La Poste souhaite désormais développer le fret combiné : l’acheminement du courrier en containers mobiles, alternativement transportés par camion et sur le rail. Ce mode de transport ne devrait concerner qu’une partie des plis : courrier lent, courrier d’entreprise, presse et « petits objets ». Et le plan d’investissement ne prévoit l’acquisition que d’une vingtaine de containers. Malgré la création prochaine d’une grande plate-forme multimodale en région parisienne, ajoutant le transport fluvial à ces possibilités, la mise en place des « caisses mobiles » sera-t-elle suffisante pour éviter que l’essentiel du trafic qui n’est plus acheminé par avion (lettre verte oblige), ni par TGV (bientôt supprimé), ne se retrouve massivement sur les routes ?

Acheminer le courrier, cela signifie le ramasser, le trier puis le distribuer. D’énormes plateformes industrielles de courrier (PIC) ont fait leur apparition. Un budget supérieur à trois milliards d’euros a permis l’acquisition de machines de tri nouvelle génération, capables de traiter jusqu’à 35 000 enveloppes par heure. Des centres de distribution disparaissent. Conséquence directe, La Poste vit un gigantesque plan social silencieux. Depuis 2003, près d’un salarié sur quatre est parti (en effectif mensuel moyen).

Aberrations sociales et environnementales

Les postiers soulignent aussi les aberrations logistiques causées par cette industrialisation du tri. Les zones couvertes par les plateformes industrielles sont de plus en plus vastes. Chaque courrier collecté doit y transiter, avant de repartir vers son point de livraison. Traduction : un courrier posté à Briançon dans les Hautes-Alpes, à destination de la même commune, doit parcourir 250 kilomètres pour gagner la plateforme de Marseille, avant de repartir en sens inverse pour être livré à son destinataire. Un trajet total de 500 kilomètres ! Difficile d’imaginer comment l’allongement des distances parcourues par le courrier local, qui représente entre 30 et 50 % du trafic, pourrait ne pas augmenter les quantités de CO2 générées par ses aller-retours. Sans oublier l’augmentation des temps de déplacement domicile-travail occasionnée, pour le personnel, par la fermeture des centres de tri intermédiaires.

« Ce nouveau réseau de production et de distribution du courrier, qui repose sur une optimisation des liaisons de transport, permet une réduction structurelle des émissions de CO2, indique cependant le groupe dans son Rapport développement durable 2013. Entre 2008 et 2012, le nombre de kilomètres parcourus a baissé de 4,7 %. » Les représentants du personnel demeurent sceptiques : « On nous donne le nombre de tournées, le nombre de courriers ; on nous dit : actuellement, il y a tant de salariés, tant de trafic, tant de parts de marché. Mais nous n’avons aucun moyen de vérifier les informations qui nous sont communiquées par La Poste », regrette Luc Grolé, responsable syndical de la Fédération CGT des activités postales et de télécommunications.

Augmentation de plus de 12 % des émissions de CO2

Charge à La Poste de donner des gages de confiance sur la validité des données qu’elle produit. En attendant, certaines données des rapports « développement durable » et « responsabilité sociale » publiés par le groupe entre 2006 et 2012 disent le contraire. Ils laissent apparaître une augmentation de plus de 12 % des émissions de CO2 liées aux activités de transport [4]. A comparer avec un chiffre d’affaires en hausse de 8 % sur la même période. Et à l’engagement du groupe de réduire ses émissions de 20 % d’ici 2018... Un objectif ambitieux qui cache cependant – encore – une subtilité.

Cette réduction de 20 % s’applique uniquement aux émissions directes de La Poste, ce qui a pour conséquence d’exclure l’ensemble des opérations de transport effectuées en sous-traitance. C’est à dire, en 2013, pas moins de... 60 % des émissions de CO2 du groupe, dont celles de ses prestataires aériens ! L’externalisation massive des activités, avec son lot de précarité, est une autre facette des transformations engagées par l’entreprise depuis dix ans. Alors, une seule certitude : le nouveau modèle d’organisation industriel mis en place à La Poste est un modèle pauvre en emploi. Quant à ses effets positifs d’un point de vue écologique, ils restent encore à démontrer.

Thomas Clerget (avec Ivan du Roy)

Photo : CC Mypouss

 

Notes

[1Voir cependant l’enquête d’Elsa Fayner et de Sébastien Vassant, « Bougez avec La Poste », parue dans La Revue dessinée n°4, été 2014, ou le livre de Sébastien Fontenelle, Poste stressante, une entreprise en souffrance, éditions du Seuil, Paris, 2013.

[2Voir par exemple cet article de Libération, ou du Parisien.

[3Rapport RSE 2012 du Groupe La Poste, paru en 2013.

[4Source : rapports « développement durable » et RSE, années 2006 à 2012, groupe La Poste. Les données retenues sont les émissions de gaz à effet de serre (GES) en tonnes équivalent CO2, à l’échelle du groupe, tels qu’énoncées par ces documents.


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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