Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 17:06

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com/la-lettre-du-dimanche

 

 

Lettre de Pompidou : « La sauvegarde des arbres plantés au bord des routes est essentielle »

Des Lettres
Maison d'édition
Publié le 09/11/2014 à 17h01

« Mon cher Premier ministre,

J’ai eu, par le plus grand des hasards, communication d’une circulaire du ministre de l’Equipement – Direction des routes et de la circulation routière – dont je vous fais parvenir photocopie.

Cette circulaire, présentée comme un projet, a en fait déjà été communiquée à de nombreux fonctionnaires chargés de son application, puisque c’est par l’un d’eux que j’en ai appris l’existence. […]

Bien que j’ai plusieurs fois exprimé en Conseil des ministres ma volonté de sauvegarder “ partout ” les arbres, cette circulaire témoigne de la plus profonde indifférence à l’égard des souhaits du président de la République.

Il en ressort, en effet, que l’abattage des arbres le long des routes deviendra systématique sous prétexte de sécurité.

Making of

Notre partenaire Des Lettres, maison d’édition spécialisée dans les correspondances, vous propose cette semaine un courrier daté du 17 juillet 1970.

George Pompidou était écologiste avant l’heure. En témoigne cette lettre à son Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, appelant à sauver les arbres. Rue89

Il est à noter par contre que l’on n’envisage qu’avec beaucoup de prudence et à titre de simple étude, le déplacement des poteaux électriques ou télégraphiques. C’est que là, il y a des administrations pour se défendre. Les arbres, eux, n’ont, semble-t-il, d’autres défenseurs que moi-même et il apparaît que cela ne compte pas.

La France n’est pas faite uniquement pour permettre aux Français de circuler en voiture, et, quelle que soit l’importance des problèmes de sécurité routière, cela ne doit pas aboutir à défigurer son paysage. La sauvegarde des arbres plantés au bord des routes – et je pense en particulier aux magnifiques routes du Midi bordées de platanes – est essentielle pour la beauté de notre pays, pour la protection de la nature, pour la sauvegarde d’un milieu humain.

La vie moderne dans son cadre de béton, de bitume et de néon créera de plus en plus chez tous un besoin d’évasion, de nature et de beauté. L’autoroute sera utilisée pour les transports qui n’ont d’autre objet que la rapidité. La route, elle, doit redevenir pour l’automobiliste de la fin du XXe siècle ce qu’était le chemin pour le piéton ou le cavalier : un itinéraire que l’on emprunte sans se hâter, en en profitant pour voir la France. Que l’on se garde donc de détruire systématiquement ce qui en fait la beauté !

Georges Pompidou. »

 

 

 


 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 16:53

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/frederic-denhez


 

Sivens, la double révolution

On peut emmerder le monde, en France, mais de façon officielle, c’est-à-dire avec des tracteurs. Couvrir la cité administrative d’Albi de lisier et de fumier, en septembre dernier. Et, à Morlaix, allumer le feu aux Impôts et à la Mutuelle sociale agricole. Les autorités, se disant compréhensives, avaient excusé ces débordements. Mais pas ceux des « Djihadistes verts » de Sivens, pour reprendre le doux mot de Xavier Beulin, accessoirement président de la FNSEA et surtout président-à-jet-privé du groupe financier milliardaire Sofiprotéol. La comparaison vaut explication : il y a un deux poids deux mesures qui est révélateur d’une société à l’agonie. D’une République qui, sans cesse en train de recoller la tête du Roi, n’a plus les pieds sur le sol.

Sivens, c’est la révélation de l’abyssal déni par les élus de la nature profonde de leur fonction. La glaçante déclaration du président du Conseil général du Tarn - « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête » - en constitue l'éclatante démonstration. Certes, le seul fait qu’un notable professionnel puisse insulter en direct tous les combattants de la République, sans lesquels cet écœurant hiérarque n’aurait jamais été fait roitelet du Tarn, n’aurait pas dû surprendre. Car chez ces élus-là, presque tous vieux, mâles, socialistes, CSP + et multirécidivistes des mandats électifs fruits de tractations misérables entre partis, seule la contestation de leur légitimité parvient encore à susciter une réponse nerveuse. Quand on tance un mort à la façon de M. Carcenac, comme un oncle déplore, le dimanche midi en découpant le rôti, la chevelure trop longue du neveu qui n’a pas réussi son droit, en vérité on ne dit rien. On ne fait qu’avouer sa peur.

Certes, le projet de Sivens a été approuvé et voté par les voies légales. Mais le vote, Messieurs, n'a rien d'une onction. L’écharpe tricolore n’est pas le Saint Chrême, pas plus que la circonscription n’est un fief. Un vote n’offre que la légalité. La légitimité, c’est autre chose. Il s’agit de la mériter, par la justesse et l’équité de l’exercice du mandat. La légalité passe, la légitimité demeure : elles ne sauraient être synonymes.

C’est bien cela que reprochent les « anti » à ce genre de projet qui ici et ailleurs, est décidé en vase clôt, entre amis du même monde d’élus professionnels. Avant Sivens, le Tarn avait déjà eu droit au barrage surdimensionné de Fourogue. Un même organisme chargé de la « maîtrise d'ouvrage déléguée » et de la concession d'aménagement, la CACG (compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne), était déjà responsable de la construction, de l’exploitation et… de l'étude d'impact ! Pas de mise en concurrence, on reste entre soi. On rejette les objections et on se dépêche de faire les travaux avant que la Justice ne constate l’illégalité de la procédure. Un grand classique. Malheureusement, cela n’a pas fonctionné à Sivens : fort du fait déjà accompli de Fourogue, des citoyens ont contesté, légalement. Les élus leur ont répondu « légalité ». Ils en ont perdu leur légitimité : ce barrage, pas plus que celui de Fourogue, n’est légitime, car il n’a pas été pensé de façon légitime dans un but légitime. Il n’est qu’une routine de la technique et de la féodalité que l’évolution de la société, du monde agricole (eh oui !) et des contraintes environnementales condamnent à mort.

 

Une double révolution, sympathique et calme, est en cours, agricole et politique. Celle de la légitimité

L’autre grande révélation de Sivens est précisément là. Pour justifier qu’in fine, une vingtaine de céréaliculteurs – déjà largement bénéficiaires des aides publiques – touchent chacun une subvention de 400 000 euros (le projet coûte environ 8 millions d’euros) accompagnée d'une aide annuelle de 30 000 euros (le budget de fonctionnement tournerait autour de 600 000 euros), les promoteurs de ce projet ont évoqué le « changement climatique ». Certes l’eau sera de moins en moins disponible en été alors que les besoins augmentent. En particulier ceux du maïs, qui ne boit pas plus que le blé, mais n’a soif qu’en juillet-août. Donc, la solution pour venir en aide aux maïsiculteurs nécessiteux - et, vernis social, afin que l’on ait encore à boire et de quoi se baigner - serait de creuser une grande retenue d’eau. Face à une question difficile, en France, l’élu convoque l’ingénieur qui pense toujours gros. Une multitude de petites retenues collinaires ? Non ! Il faut être plus ambitieux, bâtisseur, il faut donc un bon gros barrage.

L’agronome, l’agriculteur pas trop perfusé par la PAC, le pédologue et, depuis peu l’Inra qui redécouvre l’eau tiède auraient pu suggérer une idée à ces élus soi-disant terriens, faussement ruraux : quid du sol ! ?

Cet impensé français est pourtant la clé. La France est un pays dont la richesse vient de son agriculture et de ses paysages - forgés par l’agriculture - mais qui méprise tout autant ses agriculteurs (sauf ceux qui cassent) que sa terre. Or, un sol bien travaillé, bien couvert, pas trop gavé, est un sol qui absorbe beaucoup d’eau et la conserve longtemps. C’est un sol qui fabrique lui-même sa fertilité, ne tombe pas sur la route à la première pluie et fixe du carbone. Un sol pas ou délicatement labouré – pas trop profond. Un sol couvert de plantes en permanence, pour que l’eau s’évapore le moins possible, et qu’il ne reste pas, tout nu, en hiver, face aux intempéries. Un sol sans engrais, de manière à ce que les plantes puissent continuer leur fascinant dialogue avec les champignons, dont la présence multiplie par dix la surface d’absorption de l’eau par les racines.

Mais le sol, tout le monde s’en moque. Il n’est que le réservoir de l’étalement urbain, nourri chaque année par la pathologie française de la propriété, l’absence de régulation et de planification foncière, doublée de ce pouvoir aristocratique de dire l’usage du sol conféré au maire par le permis de construire. Un terrain de foot perdu toutes les cinq minutes…


Élus du Tarn, vous souhaitez économiser l’eau ? Alors soutenez les agriculteurs qui, tout conventionnels qu’ils sont, ont décidé de faire autrement par mesure d’économie, ont redécouvert que le sol n’est pas qu’un support de culture. Sans perdre de rendement en été. En augmentant leur niveau de vie. Ainsi, le barrage de Sivens n’est-il que l’enfant ultime d’une féodalité élective et d’une féodalité productiviste qui ne représentent qu’elles-mêmes. Il sera le dernier. Car une double révolution, sympathique et calme, est en cours, agricole et politique. Celle de la légitimité. Qu'a-t-on le droit de faire, en définitive ? Ce qui est juste pour demain.

 (version légèrement allongée de la Tribune parue dans Libération le 4 novembre, page 25

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/frederic-denhez

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans ZAD du Testet - Barrage de Sivens
commenter cet article
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 16:46

 

Source : www.mediapart.fr

 

La production participative d’espaces publics en temps de crise

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Le recours à la participation est-il la solution pour l’aménagement urbain en temps de crise ? C’est le choix qu’a fait la municipalité de centre droit de Barcelone, arrivée à la tête de la ville en 2011, en mettant en œuvre le Plan « Buits ». Analyse dans Metropolitiques.

Le recours à la participation est-il la solution pour l’aménagement urbain en temps de crise ? C’est le choix qu’a fait la municipalité de centre-droit de Barcelone, arrivée à la tête de la ville en 2011, en mettant en œuvre le Plan « Buits » et qu'interroge Metropolitiques. La municipalité subventionne ainsi les associations et autres collectifs qui entretiennent les friches urbaines en y développant des activités approuvées par elle, en attendant que la manne revienne… et retrouve une meilleure utilité à ces espaces publics.

Le Pla Buits s’inscrit dans une nouvelle tendance observable dans divers pays : le développement d’un urbanisme temporaire. En témoigne, par exemple, l’expérience de Glasgow (« Stalled Spaces », depuis 2010). La municipalité écossaise, en collaboration avec l’organisation gérant les logements sociaux (Glasgow Housing Association), accorde un budget aux « communities » qui animent temporairement des espaces vacants. Cette initiative s’inspire à son tour d’autres programmes de redynamisation de friches résultant de la stagnation du marché immobilier, comme les projets décrits dans un article du San Francisco Chronicle intitulé « Efforts to turn empty lots to a glass half full ».

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 15:41

 

Source : zad.nadir.org

 

 

infos de la semaine du 3 au 9 novembre

lundi 3 novembre 2014, par zadist

 

 


Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone, contactez-nous ! sur le numéro d’urgence au 06.43.92.07.01.


Rassemblements contre la violence policière

Listes des manifestations à venir partout en france en réponse à l’assassinat de Rémi ici


Infos sur la répression

Manifs du 30 octobre, 1er et 2 novembre contre les violences policières

  • 21 arrestations a nantes : 10 contrôles d’identité, et 11 garde-à-vue dont 2 mineur-e-s (pour port d’un opinel, jet de projectiles, violence sur agent sans ITT,...). En somme, 9 convocations pour décembre, janvier et avril. Communiqué du CARILA
  • 13 arrestations a toulouse, dont certaines passent en comparution immédiate mardi,pas plus de nouvelles.
  • 5 arrestations a lille, pas plus d’informations.
  • Près d’une centaine d’arrestations à paris, dont 19 garde-à-vue, certaines passent en compa mardi, pas plus d’infos.
  • 3 arrestations et GAV à poitiers (dont 2 sont finalement accusé.e.s de violence sur agent). Communiqué du Comité poitevin contre l’aéroport de NDDL et son monde

Engué est toujours en prison suite à la manif’ du 22 février ; il purge une peine de 16 mois !
Pour suivre ses nouvelles, consultez les articles postés par son groupe de soutien.


Appel à matos et connaissances

- Appel à matos pour plusieurs chantiers à la Ouardine et San-Antonio (mise à jour du 10 octobre)


Samedi 8 novembre

- Mobilisation lycéenne contre les armes de la police

- Un récit de la manif de jeudi 8 novembre à Lyon

- Actes de solidarité à Bruxelles :

- Désarmer la police. Questionnements stratégiques par la caisse de solidarité de Lyon

- Avancées des travaux de défrichage pour le Center Parcs de la Forêt de Chambaran (près de Grenoble). Puis un texte qui analyse le greenwashing de ce projet

- L’occupation de la place du palais de justice à Rouen expulsée vendredi

- Appel des familles à manifester

- Liste des victimes de la police connues de 2005 à 2013 en france

- Quelques livres sur les violences policières :

- Quelques émissions à propos de la mobilisation suite à la mort de Rémi sur Sons en luttes

Mercredi 5 novembre

Liste des besoins à la ZAD du Testet, points de dépôt

Réactions suite à la mort de Rémi :

- Lettre ouverte de Farid à la mère de Rémi : témoignage du frère de Wissam (assassiné en 2012 par la police) adressée à toutes les personnes qui appellent au calme et condamnent les manifestations "violentes"

- Lettre ouverte de l’avocat des parents de Rémi Fraisse dénonçant la violence étatique.

- Analyse et propositions pour la suite, à propos du permis de tuer de la police française : Pour Rémi Fraisse et les autres. Pour nous

- "Quand sonne le fusil à pompe" par le collectif Quartiers Libres

- "La mort de Rémi n’est pas une bavure, c’est un meurtre d’État", entretien avec Mathieu Rigouste

- La place du palais de justice occupée à Rouen !

- Communiqué du Comité poitevin contre l’aéroport de NDDL et son monde, lundi 3 novembre 2014

- Rouen : Communiqué de la place du palais de justice occupée

Sur la manif’ de samedi dernier :

- Un bon reportage de reporterre sur les flics infiltrés dans la manif’ de samedi à Nantes, leur méthodes, leurs violences...

- Un petit article qui tape sur françois de Rugy,et ça fait du bien

- La vidéo de Taranis News dont le journaliste Gaspard Glanz a été touché par un tir de LBD-40mm :

https://www.youtube.com/watch?v=4oq3qO1qlsc

Aux environs de 22 minutes la personne au nez éclaté (attention c’est pas beau à voir). Et, aussi, beaucoup de gens en colère, de la rage, et cet incroyable personne qui crie "Rendez-nous Rémi".

https://www.youtube.com/watch?v=CFj3oc7vTm0

- Un reportage sonore de la manif de samedi dernier

Autres luttes :

- "Négociations entre politiques sur le sort de territoires et de ces habitant-e-s :http://www.francebleu.fr/infos/center-parc/michele-rivasi-je-dis-segolene-tu-arretes-sivens-mais-tu-arretes-aussi-center-parc-en-isere-1899890

- Tentatives de récupération de la ZAD de Décines à coté de Lyon par des fafs/identitaires ! https://www.facebook.com/dieudonneofficiel/posts/10152549418089006

Mardi 4 novembre

- Un nouvel article qui tente de récapituler tout ce qui tourne autour de la mort de Rémi

- Des camarades du Testet appellent à faire du 22 novembre une manif (inter)nationale

- Une banderole vue à Rome en hommage à Rémi

- Un groupe de paysans Ecole Paysanne qui réfléchit pour une réforme agraire humaniste a un nouveau blog.

Lundi 3 novembre

- Des camarades du Testet appellent à faire du 22 novembre une manif (inter)nationale

- Un appel d’opposants à la construction du center Parc dans la forêt des Chambaran à s’organiser contre le début des travaux à lire ici. Ainsi que quelques moyens d’actions proposées dans les commentaires sur leur site internet.

- Nouvelle date en novembre pour la black plouc kitchen ici , directement la rubrique black plouc kitchen dans l’onglet sème ta zad ou sur le blog de la black plouc kitchen

 

 

Source : zad.nadir.org

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 19:21

 

Source : www.marianne.net

 

 

LuxLeaks : vol au-dessus d’un nid de cocus

Samedi 8 Novembre 2014 à 13:00

 

David Nemtanu

 

Les Etats dont on a fait les poches, les contribuables respectueux des règles, les eurodéputés qui ont désigné Juncker à la tête de la Commission européenne, ceux qui ont voté pour ces eurodéputés... Avec les révélations sur l'existence d'accords fiscaux secrets passés entre le Luxembourg et des centaines d'entreprises, on ne compte plus le nombre de cocus dans cette histoire.

 

ISOPIX/SIPA
ISOPIX/SIPA

Deux milliards de recettes fiscales dont on ne verra jamais la couleur, c'est ce que révèle l'enquête du Monde de cette semaine en partenariat avec plusieurs dizaines de médias étrangers. On savait que le Luxembourg était capable de faire les yeux doux aux adorateurs de l'optimisation fiscale. Mais cette fois, avec cette affaire baptisée « LuxLeaks », ce que l'on découvre dépasse l'entendement : l'administration du généreux Duché aurait donc passé entre 2002 et 2010 des accords fiscaux secrets (ou « tax ruling ») avec 340 entreprises, dont 230 américaines et 58 françaises. On retrouve ainsi parmi les bénéficiaires Pepsi, Apple, Amazon, FedEx mais aussi Axa, LVMH, Wendel, Banque populaire, BNP, Caisse d'épargne, Crédit agricole, etc.

Des entreprises privées qui dealent à grande échelle avec un Etat, au détriment des finances d'autres Etats, le tout écrit noir sur blanc, voilà qui fait désordre. Surtout quand on se souvient avec quelle ferveur, pendant les européennes, certains de nos responsables politiques ont soutenu la candidature de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, lui qui a été, rappelons-le, Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013. Dans un entretien vidéo à Marianne, Henri Weber, secrétaire national du PS aux Etudes européennes, avait d'ailleurs fini par nous expliquer pourquoi les élus sociaux-démocrates s'étaient ralliés à ceux du PPE derrière la candidature Juncker : parce que, nous disait-il sérieusement, ce dernier « n'est pas un libéral fou » !
 
Mais il ne s'agirait pas de croire que les vrais cocus de l'histoire sont ces responsables de gauche, y compris français donc, qui ont eu la fine idée d'apporter leur voix à Juncker. Leurs électeurs doivent se sentir, aujourd'hui, autrement plus trahis. Enfin, les véritables cocus, ce sont tous ces Etats — et avec eux, leurs concitoyens honnêtes — qui se sont fait faire les poches fiscales grâce à l'existence de tels accords avec le Luxembourg.

Cette pratique n’est, hélas, pas nouvelle. En France, on a d'ailleurs appris, cette même semaine, l’exonération d’impôts accordée par le précédent gouvernement (sans que l'actuel n'est rien à redire) aux sociétés organisatrices de l’Euro 2016 de football. Cela représente un manque à gagner de 200 millions d’euros pour l’Etat alors que notre pays aura investi 2 milliards d'euros dans la compétition et l'UEFA seulement 20 millions. Du racket fiscal en somme, car c'était ça ou l'accueil de l'Euro nous échappait, nous dit-on !

Mais le cocufiage fiscal n'est pas une fatalité. L'Irlande, connue pour avoir fait le choix de doper sa compétitivité par le dumping fiscal, a récemment renoncé au principe dit du « double irlandais », un dispositif permettant à de grandes multinationales comme Apple et Google de payer peu, voire pas d'impôts. Difficile d'imaginer qu'un tel combat puisse être mené par Juncker lui-même. A moins de considérer qu'un ancien détrousseur de diligences soit le plus apte à porter l'étoile de shérif ?

 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 19:02

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

Rendez-nous Paul le poulpe !

Samedi 8 Novembre 2014 à 05:00
Joseph Macé-Scaron

 

Le bureau d’évaluation indépendant du FMI a publié un audit interne fracassant. L’institution y est vertement tancée pour ses remèdes inefficaces à base de saignées austéritaires et son incapacité à diagnostiquer les prochains chocs financiers. Pour résumer, il serait moins hasardeux de confier les prévisions économiques au descendant de Paul le poulpe.

 

SEALIFE/SIPA
SEALIFE/SIPA
Vous n’avez peut-être pas oublié Paul le poulpe, ce distingué céphalopode surnommé « l’oracle d’Oberhausen », qui accéda à la postérité en raison de l’exactitude de ses prévisions durant la Coupe du monde de football de 2010. Sans doute, en revanche, connaissez-vous moins Poul Thomsen, ce cerveau du Fonds monétaire international renommé pour n’avoir pas su prévoir ce qu’il allait advenir de l’économie grecque après le passage de la troïka.

Lundi 3 novembre, cet ancien chef de mission du FMI à Athènes a été promu, par l’ex-meilleure amie de Bernard Tapie, Christine Lagarde, directeur du département Europe de l’institution. On comprend cette distinction : le Danois Poul Thomsen aura – en partie – mené à bien sa lettre de mission : ramener l’industrie hellène au temps de Périclès. Mais la directrice du FMI comme les instances européennes peuvent continuer à dormir sous la couette meringuée de leurs douillettes certitudes puisque Poul devra continuer à veiller sur le programme grec, qu’Athènes envisage pourtant d’écourter (les Grecs sont ingrats). Gratin supplémentaire sur la moussaka, le nouveau directeur succède à Reza Moghadam, qui a démissionné du FMI pour rejoindre la banque Morgan Stanley, où il sera en charge des investissements sur les dettes souveraines. Un tout petit monde.

Austérité budgétaire et orthodoxie monétaire : ces deux piliers de la doxa de Bruxelles minent les économies européennes. Le FMI avait esquissé un début de remise en cause en 2012, en reconnaissant avoir mésestimé l’impact de ces cuillères d’huile de ricin que nous avons dû ingurgiter à forte dose. Cette constatation faite, chacun a repris les mêmes méthodes et les mêmes objectifs, comme s’il n’y avait pas d’autre politique possible. Nos modernes Diafoirus ne voient pas d’autre exutoire que de purger et saigner le patient. Nos économies mourront mais, soyons apaisés, elles mourront guéries. N’est-ce pas, aux yeux de nos experts, l’essentiel ?

Mercredi 5 novembre. Le bureau d’évaluation indépendant (IEO) du FMI publie un audit interne fracassant. L’institution y est vertement tancée pour ses remèdes, auxquels elle s’accroche comme une bernique à son rocher. Que dit ce rapport qui passe, en effet, au crible la période 2008-2013 ? Il dit, ou plutôt il clame, que le FMI n’a ni compris, ni anticipé l’impact de l’austérité sur la croissance. Pis : il émet de sérieux doutes sur l’aptitude de l’institution à détecter les prochains chocs financiers. Au fond, pour résumer, ce rapport estime qu’il serait moins hasardeux de confier les prévisions économiques au descendant de Paul le poulpe.

Toutes ces interrogations glissent sur Pierre Moscovici. Le sémillant commissaire aux Affaires économiques s’est fondu dans la grisaille européenne. Comme le souligne Jean Quatremer dans Libération du même jour, il se fait le fidèle porte-parole de la pensée inique sans barguigner. Si l’on était cruel, on relèverait que le nom de son courant (il vient encore aux soirées) est « Besoin de gauche », cela ne s’invente plus. Nul ne s’étonnera que le Parti socialiste l’ait installé à ce poste. Un PS qui pourrait aujourd’hui parfaitement reprendre à son compte le poème du Bestiaire d’Apollinaire intitulé le Poulpe : « Jetant son encre vers les cieux/Suçant le sang de ce qu’il aime/Et le trouvant délicieux,
/Ce monstre inhumain, c’est moi-même. »


 

 

Rendez-nous Paul le poulpe !



>>> Cet éditorial est paru dans le numéro 916 de Marianne actuellement en vente en kiosques et accessible au format numérique sur notre liseuse WebiOS et Androïd, en découvrant nos offres d'abonnement numérique et intégral.
                                                                                                                                                                                                                          Source : www.marianne.net


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 18:40

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Sur le terrain

08/11/2014 à 17h52

A Popovo, entre chèvres et haut débit, les expats réinventent leur vie

 

 

 

Chris et Claire à l'entrée de leur maison à Popovo (Guillaume Fontaine)

Chris et Claire à l’entrée de leur maison à Popovo, en octobre 2013 (Guillaume Fontaine).

Guillaume Fontaine | journaliste

Imprimer
 

Dans un coin perdu de Bulgarie, des Européens de l’Ouest repeuplent la campagne. Ils télétravaillent au soleil dans des maisons à 10 000 euros et adoptent une vie plus simple.

(De Popovo, Bulgarie) La plaine du Danube, au Nord de la Bulgarie, est un vrai blanc dans les guides touristiques. Quand on arrive dans l’immense gare de Popovo, en rase campagne, juste en face des silos de l’usine de transformation de tournesol, il faut le reconnaître : le paysage est loin d’être enchanteur.

Autour, une plaine céréalière à perte de vue, tout au plus des petites collines boisées pour arrêter parfois le regard et des villages aux maisons de briques marrons toutes semblables. Au centre de cette petite région, Popovo n’a rien d’une grande séductrice avec ses friches industrielles, ses collectifs qui ont connu des jours meilleurs et sa place principale gris béton.

C’est pourtant là qu’ils ont tous choisi de s’installer. Pas un mouvement de masse, mais un vrai flot continu depuis une dizaine d’années. Cela a commencé avec Mark et Cara, un couple d’Anglais tombés amoureux de la région et de ses 300 jours de soleil par an. Leur site internet a été le déclencheur. Un site à l’anglaise, avec tous les détails pratiques imaginables sur la vie locale, comment s’installer et beaucoup de photos.

Très vite, d’autres sont venus, qui ont fait d’autres sites. Beaucoup d’entre eux se sont plus ou moins improvisés intermédiaires pour l’achat des maisons, facilitant l’arrivée des suivants. Puis une émission de téléréalité a été consacrée à cette première vague de pionniers.

Une chambre d’hôtes et une petite ferme bio

Aujourd’hui, ils sont plus de 600 à posséder une maison dans les environs de Popovo. D’autres communautés similaires existent dans les lieux touristiques de Bulgarie mais celle de Popovo est de loin la plus improbable.


Chris et Claire à Popovo (Guillaume Fontaine)

Claire et Chris se sont installés à Palamartsa il y a cinq ans. Le village de 600 âmes au Nord de Popovo compte 10% de nouveaux installés comme eux. Ils sont rapidement devenus des piliers de la communauté. Les exemples même d’une intégration réussie :

« On avait voulu s’installer en France sur un petit projet agricole mais c’était trop cher pour nous. On a voulu tester la Bulgarie. »

Après un volontariat chez Mark et Cara, ils ne sont jamais repartis, convaincus eux aussi d’être dans un lieu préservé, unique en Europe. Très vite, leur modèle s’est imposé à eux : une chambre d’hôtes et une petite ferme biologique pour fournir les légumes, les œufs, le bacon et le lait des petits-déjeuners gargantuesques qu’ils servent à leurs clients. Pour compléter l’activité, Chris est tuteur en télétravail pour l’open university du Royaume-Uni et Claire organise de stages de Reiki.

Une vie plus authentique et plus ensoleillée

« Ceux qui nous connaissent depuis longtemps ne nous auraient jamais imaginé dans cette vie-là », s’amuse Chris. Archéologues, plutôt urbains, ils se sont pourtant très bien faits à la vie parfois un peu rude d’un village bulgare. Le couple a vite tissé des liens avec ses voisins :

« Nous avons fait appel à eux dès le début pour la rénovation de la maison. Nous voulions respecter l’architecture locale et utiliser les mêmes briques de terre crue avec lesquelles les vieilles maisons sont construites. Nos voisins nous ont aussi aidés pour le potager puis pour nos chèvres. »


Chris et ses chèvres (Guillaume Fontaine)

Ils ont également fait l’effort d’apprendre le bulgare. Inconcevable pour eux de rester en vase clos avec la communauté anglophone. Chris promène son violon dans les fêtes locales et se produit avec le groupe folklorique, une fierté du village qui tourne toute l’année dans les environs.

En 2013, avec d’autres, ils ont organisé un festival mêlant musique bulgare et DJ electro, une première dans la région. L’idée a été reprise cette année dans un autre lieu. Les plus conservateurs parmi les locaux semblent se faire à l’idée et les jeunes de Popovo sont ravis.

L’an dernier, un article du Guardian sur leur chambre d’hôtes a dopé le nombre de visiteurs. Le bouche à oreille, une activité intense sur Facebook et d’excellents commentaires sur TripAdvisor commencent à donner une existence touristique au petit village. Effet d’entraînement : selon eux, près d’un client sur deux pense à acheter une maison pour venir s’installer, séduit par le rêve d’une vie nouvelle, plus simple, plus authentique et plus ensoleillée.

Il y a 25 ans, à la chute du communisme, le village comptait 3 000 habitants. Enfin libres d’habiter où ils le désiraient, les habitants ont fuit les campagnes. Les villages ont été désertés, certains ou disparu.


Des gens dansent dans le cadre du Luna Doline Festival, en septembre 2013 (Guillaume Fontaine)

Une maison pour 10 000 euros

Dans ceux qui subsistent, ne vivent plus qu’une poignée d’actifs et les « babas », les grands-mères, qui touchent une maigre pension, vivent de leur jardin et de la rente de leur champ que gère pour elles la coopérative locale. Pas une rue sans maisons vides ou en ruine. Anciennes écoles, dispensaires ou bâtiments administratifs sont également à l’abandon. Voilà qui explique le prix de l’immobilier, l’un des moins cher d’Europe.

Pour 5 000 euros et sans trop de tracas juridiques, vous pouvez acheter une maison habitable au confort sommaire avec l’eau, l’électricité, le téléphone et un beau verger. Sur eBay Royaume-Uni, les enchères commencent à 130 euros. Elles montent à un peu plus de 70 000 pour des villas luxueuses entièrement rénovées. Mais l’essentiel des transactions se fait à moins de 10 000 euros.

En achetant sur place, le prix est divisé par deux. Comptez 5 000 euros supplémentaires pour les travaux d’isolation et votre salle de bain. Vous avez votre nouveau chez vous pour 10 000 euros. Imbattable.


Soirée autour du feu à Popovo, en septembre 2013 

Tous les villages autour de Popovo ont aujourd’hui leur petite communauté. Chacune d’entre elles a son ambiance. A Voditsa, on est plutôt post-hippy ou « alternatif » : mode de vie assez relâché dans l’Eden bulgare à la vie facile. A Palamartsa, c’est plus laborieux. La plupart des expatriés y ont un vrai projet de vie.

Internet ultra-rapide et télétravail

Internet est souvent déterminant dans l’installation et joue le rôle de lien au quotidien. Dans les classements de rapidité, l’Internet bulgare apparaît souvent dans le top 10, toujours loin devant la France ou les Etats-Unis. Un effet de la libéralisation du secteur qui a multiplié les opérateurs malgré un nombre toujours restreint d’utilisateurs. Résultat, même dans un village éloigné, le débit est comparable à celui de la ville. Un avantage indéniable pour le télétravail.

Agnès vend ses toiles sur Internet et expose un peu. Mais elle vit surtout en faisant l’agent immobilier. Viv a pris une retraite précoce mais son mari fait toujours du consulting à distance dans le secteur de la défense tout en peaufinant les extensions de leur maison.

Dans le village voisin, Bram et Anna ont choisi la formule « sans hiver » : ils rentrent alors en Belgique pour travailler.

Evelien, elle, a débarqué l’an dernier de Turquie. Cette Hollandaise a quitté la Cappadoce pour Palamartsa. Organisatrice de séjours touristiques à la carte, elle croit dur comme fer au développement touristique de la Bulgarie. Evelien recrute ses clients avec son site et développe une offre locale qui n’existait pas jusqu’alors.


Popovo (Guillaume Fontaine)

Après plusieurs séjours, Cristina et Mariama ont elles aussi craqué pour « l’esprit du lieu ». Cristina est coach, ses clients sont partout dans le monde. Avec Skype, elle peut mener ses entretiens d’où elle veut. Après avoir lâché son poste en ambassade pour devenir consultante, Mariama jouit de la même liberté.

D’autres sont venus séduits par le rêve d’une vie proche de l’autosuffisance. La plupart des maisons sont vendues avec un bout de terre et un beau verger. Pas de grande exploitation possible mais une agriculture vivrière très modeste, à l’image des Bulgares qui ont choisi de rester ou n’ont pas eu les moyens de partir.

Les locaux, passeurs des traditions

Un matin bleu, glacé et fumant, une petite compagnie avec seaux, couteaux et récipients en nombre. Une petite table de camping dressée dans un coin du jardin avec quelques verres et deux ou trois crus transparent de rakia, la gnole locale.

L’acteur principal grogne dans son enclos. 250 kg, un beau verrat bien gras. Avec son vieux calibre 12, Stepan l’expédie très proprement sans que la bête semble avoir eu le temps de réaliser ce qui lui arrivait.

Le vieux de la maison d’à côté venu regarder la cérémonie approuve. On tire le corps et la longue découpe commence.


Stepan (Guillaume Fontaine)

Stepan est à la manœuvre. Dans le village, c’est lui qui s’occupe de la mort. Chasseur, boucher, il est aussi croque-mort. Un homme précieux. Ian l’a fait venir pour être sûr que tout se passe bien.

Cela fait trois ans qu’Ian est installé à Palamartsa. La première année, il s’est consacré à sa maison. Puis il s’est mis à l’élevage. Comme pas mal de nouveaux arrivants, il n’y connaissait rien. Ses voisins bulgares l’ont aidé. Cela ne l’a pas empêché de faire des erreurs. Il se souviendra longtemps de son premier cochon :

« Des vrais amateurs, on avait fait ça en été. A 6 heures, ça allait très bien. Mais à 9 heures, il faisait déjà 30°C, il y avait des mouches partout. On a dû jeter une bonne partie de la viande. »

On ne l’y reprendra pas. Dans un village voisin, un groupe s’est trouvé complètement démuni face à sa première bête. Ils n’avaient personne avec eux et s’étaient contentés de bouquins et de vidéos sur YouTube. La mise à mort n’avait pas posé de problème particulier mais ils avaient dû s’interrompre pour aller sur l’ordi et s’apercevoir qu’il manquait des séquences sur la découpe.

Et surtout, qu’ils avaient commis l’irréparable : percer les intestins. Et comme ils ne savaient pas qu’il ne fallait pas nourrir le cochon dans les 24 heures précédents la mise à mort, ils étaient pleins. Toute la viande, même lavée à grande eau, avait pris un fumet difficile à supporter.


La découpe du cochon (Guillaume Fontaine)

« Ici, je suis libre »

Ian explique :

« Dans le village, nos voisins vivent en quasi-autarcie. Ils savent bâtir leur maison, cultiver, récolter, élever les animaux, transformer. Ils font ça très bien depuis toujours. Nous serions fous de ne pas faire appel à eux. »

Avec Stepan, une poignée de locaux jouent ainsi le rôle de passeurs des savoir-faire traditionnels. Heureux de voir ces nouveaux arrivants qui veulent apprendre leur mode de vie et apportent un peu de sang neuf. Mustapha est indispensable pour refaire un mur en pierre crue, chercher les champignons ou distiller, un sport local qui aide à passer l’hiver au chaud. Pour le soin des chèvres, il y a Anna et surtout Yumer, le berger. Alors à la question « Qu’est-ce que tu es venu faire à Popovo ? », la réponse de Ian est limpide comme son Rakia :

« Ici, je suis libre. Personne pour me dire comment faire les choses, j’ai des vraies relations avec mes voisins. Et il y a de l’espace. Impossible de retourner vivre en Europe de l’Ouest après ça. »


Cours de cuisine (Guillaume Fontaine)

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 18:18

 

Source : www.mediapart.fr

 

Taxe sur les transactions financières: le gouvernement main dans la main avec les banques

|  Par martine orange

 

 

 

Une fois de plus, le projet de taxation sur les transactions financières n’a pas abouti lors de la réunion des ministres des finances le 7 novembre. Le gouvernement français en porte la responsabilité. Contre l’avis de nombre de pays européens, Paris fait tout pour préserver les intérêts des banques, en réduisant cette taxe à une mesure symbolique.

Ce devait être le sommet européen durant lequel un accord allait être trouvé. Il était à portée de main, assurait le ministre des finances, Michel Sapin. Les ministres européens des finances se sont pourtant séparés après une nouvelle réunion à Bruxelles, vendredi 7 novembre, sans avoir trouvé un accord sur la taxe sur les transactions financières.

Le ministre italien, Pier Carlo Padoan, qui présidait la réunion, a salué les « progrès » dans ce dossier. Michel Sapin et son homologue allemand Wolfgang Schäuble ont tous les deux rappelé leur volonté de parvenir à un accord d’ici à la fin de l’année afin de pouvoir appliquer cette taxe à partir du 1er janvier 2016. « Ils sont tous d'accord pour se mettre d'accord », a ironisé un collectif d'ONG, qui rassemble notamment Oxfam, One ou Finance Watch, militant pour la mise en œuvre d’une taxe Tobin.

 
© Reuters

Cela fait des années que le sujet est sur la table. Jacques Chirac, alors président de la République, s’était fait le défenseur de cette taxe. Peu à peu, la France avait réussi à convaincre d’autres pays européens à se joindre à elle. Face à l’hostilité d’un certain nombre de capitales européennes, onze pays – l’Allemagne, la France, l’Italie, l'Espagne, l'Autriche, le Portugal, la Belgique, l'Estonie, la Grèce, la Slovaquie et la Slovénie – avaient choisi d’adopter la méthode de la « coopération renforcée » pour introduire la taxe, sans attendre.

Le projet avançait. En février 2013, il semblait même sur le point d’aboutir. La commission chargée du marché intérieur avait présenté ses travaux : elle prévoyait d’imposer une taxe de 0,1 % sur les actions et les obligations et de 0,01 % sur les produits dérivés.

Mais tout a capoté par la faute de la France. Le texte était à peine révélé que la fédération bancaire française, au nom de toutes les grandes banques, s’élevait contre ce projet qui allait, selon elle, mettre à terre le modèle français de la banque universelle. Très engagées dans les opérations financières sur les dérivés, les banques françaises estimaient que cette taxe allait les ruiner, en détournant les opérations vers d’autres places financières non soumises à la taxe.

Convaincu par de si sérieux arguments, le ministre des finances d’alors, Pierre Moscovici, faisait volte-face en moins d’un mois. Au nom de la « défense de la Place de Paris », il ne pouvait accepter une telle taxe. « Il faut un travail d’amélioration pour que cette taxe ne nuise pas à l’économie », annonçait-il tout à trac, prenant de court tous ses homologues européens.

Depuis, tout piétine. Reprenant le dossier, Michel Sapin s’est fait le porte-parole des banques françaises. Il propose une taxe sur les transactions financières, vidée de sa substance. Son projet prévoit de dupliquer au niveau européen ce qui se pratique déjà en France pour les particuliers depuis 2012. Il y aurait une taxe sur les transactions financières sur les actions. Pour les produits dérivés, seuls les CDS (credit default swaps), dont le grand public a découvert la dangerosité lors de la crise financière, qui ne sont pas négociés au travers des chambres de compensation, seraient soumis à la taxe.

Cette limitation atténue considérablement la portée de la taxe. Les CDS ne représentent qu'une très faible partie du volume des dérivés, moins de 3 % du total estimé à 710 182 milliards de dollars, selon la Banque des règlements internationaux. Le produit de la taxe serait alors considérablement réduit. Selon les calculs réalisés, la taxe sur les transactions financières dans les projets initiaux devait rapporter entre 35 et 50 milliards d’euros aux pays européens. Réduite à la portion congrue, comme le propose Bercy, elle ne rapporterait plus que quelques milliards par an.

Le ministre des finances justifie cette réforme a minima. « Je préfère une taxe sur les transactions financières qui aurait un produit limité au-delà des actions mais qui soit efficace et effective et qui progressera, plutôt qu'une très belle idée, mais qui restera dans les nuages », soutient Michel Sapin. Pour lui, l’important est « d'avancer, même en faisant un pas ». « Le pire danger, c'est qu’elle (la taxe sur les transactions financières) ne se fasse pas », ajoute-t-il.

Pierre Moscovici, en sa qualité de commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, est venu à la rescousse de son successeur. Pour lui, cette taxe, même insuffisante, constituerait une première étape vers un mouvement plus vaste d'harmonisation fiscale, plus que jamais nécessaire au lendemain du scandale "LuxLeaks".

Mais d’autres gouvernements européens, parties prenantes à cet accord, s’opposent fermement au « compromis français ». Le ministre autrichien des finances, Hans Jörg Schelling, a indiqué à l’issue de la réunion qu'il n'avait « pas accepté la proposition française », qu’il juge sans ambition. Il a présenté une autre proposition, prévoyant « d'inclure tous les produits financiers, sauf les obligations souveraines » dans le champ de la taxation. Elle a été « bien accueillie », a-t-il dit. Sauf par la France, semble-t-il. De même le gouvernement belge a dit son opposition au projet français rétréci de taxation. Cela lui rapporterait moins que son actuelle taxe nationale sur les transactions financières.

Alignement

La proposition française est tout sauf désintéressée : elle est bâtie sur mesure pour préserver les intérêts des banques françaises. Comme d’habitude, le diable est dans les détails. Ainsi, en proposant de limiter la taxation aux seuls CDS, la France protège l’activité des banques françaises sur les opérations sur tous les autres dérivés. Or, ces dernières figurent dans les premiers rangs mondiaux quant aux opérations de dérivés de change ou de taux. Elles en tirent des profits substantiels. « Le principe de base est de mettre un frein efficace aux transactions dangereuses pour l'économie réelle », soutient Michel Sapin dans une tribune aux Échos, qui dit redouter la fuite des transactions vers d’autres places financières où la taxation ne serait pas appliquée. 

De même, la France propose que la taxation soit perçue par le pays où a lieu la transaction. Le principe se veut généreux : il s’agirait d’établir un rapport d’équité entre tous les pays et de ne pas défavoriser les petits pays. Mais les arrière-pensées ne sont pas loin. Cela permet aussi de profiter des trous existant dans les différentes législations.

L’ONG Oxfam propose pour sa part un tout autre mécanisme : celui du bénéficiaire effectif. « Grâce à ce modèle, la taxe sur les transactions financières s’appliquerait à toutes les transactions effectuées pour le compte d’un résident fiscal dans l’un des dix États membres de la coopération renforcée. Dans le cas d’opérations réalisées par des filiales d’institutions financières multinationales, comme le sont nos grandes banques et investisseurs institutionnels, elles seraient éligibles selon la résidence fiscale de la maison-mère. Ainsi, la taxe s’appliquerait à une filiale britannique de BNP Paribas effectuant une transaction pour le compte de BNP Paribas France, ou sur un gestionnaire d’actif britannique gérant les fonds d’un client résidant en France. Par conséquent, les banques françaises effectuant des transactions sur les produits dérivés, et les grandes richesses nationales plaçant leurs actifs au sein de gestionnaires d’actif français (comme Amundi), n’auront aucun intérêt à migrer leurs transactions à l’étranger car ils seront de toute façon soumis à la TTF. Ce principe réduit donc fortement les risques d’évasion financière », explique-t-elle.

Faut-il le préciser ? Les banques françaises sont vent debout contre cette proposition. Et l’État français, alors même qu’il serait gagnant avec ce mécanisme, s’est rangé à leur avis. 

Un compromis peut-il être trouvé d’ici la fin de l’année, avec des vues si opposées ? Faut-il préférer ne rien faire plutôt que de voir mettre en œuvre une taxation qui ne serait qu’un corps mort, censée donner le change mais ne gênant en rien les pratiques financières ?

L’alignement constant des ministres des finances sur les positions du lobby bancaire français finit par poser question. Après la farce de la séparation des activités bancaires, et aujourd’hui le projet de taxation sur les transactions financières, Bercy est en train de s’activer pour vider aussi de son contenu la réforme sur les sauvetages bancaires, adoptée au niveau européen. Dans le cadre de l’union bancaire, les gouvernements européens ont promis que les États et les contribuables ne seraient plus appelés à la rescousse en cas de faillite bancaire. À l’avenir, ce serait aux banques de se sauver elles-mêmes.

La proposition européenne a retenu la création d’un fonds de sauvetage qui serait abondé par une taxe payée par les banques elles-mêmes. À terme, ce fonds doit réunir 55 milliards d’euros. Les banques françaises ont protesté quand elles ont découvert les premières ébauches de la taxation : compte tenu de leur taille, et donc du risque systémique qu’elles représentent, elles devraient être les premières contributrices à ce fonds. À elles seules, elles devraient apporter plus de 15 milliards d’euros au fonds, soit 27 % du total, alors que les banques allemandes n’auraient que 8 milliards à apporter.

Paris est tout de suite monté au créneau pour défendre le système bancaire français. Un accord serait en vue avec Berlin, selon Michel Sapin, au terme duquel « les banques françaises et les banques allemandes paieraient à peu près des sommes équivalentes, autour de 15 milliards d’euros ». Ennui : le ministère allemand des finances a aussitôt démenti le moindre accord sur ce sujet.

La sollicitude du gouvernement français ne s’arrête pas là. Selon des rumeurs répétées, Bercy serait prêt à accorder la déductibilité fiscale sur les sommes versées par les banques françaises à ce fonds européen de sauvetage. Interrogé à ce sujet, Michel Sapin a reconnu qu’en effet, ses services travaillaient sur un tel projet. Si une telle mesure était adoptée, elle reviendrait à nier tous les engagements pris au niveau européen. Si les banques obtenaient une exonération fiscale des sommes versées au fonds européen, ce serait au bout du compte encore et toujours l’État français, et donc les contribuables, qui payerait pour les banques.

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 18:00

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

«Quand la police tue, les jeunes sont dans la rue»

Photographe : Louise Fessard et Yannick Sanchez

 

 

 

Plus d'un millier de lycéens parisiens ont manifesté jeudi 6 novembre, après avoir bloqué une vingtaine d'établissements, pour exprimer leur indignation à la suite de la mort de Rémi Fraisse et pour protester contre les violences policières. 

  1. © Louise Fessard

    01

    Les lycéens se sont donné rendez-vous place de la Nation ce jeudi matin après avoir bloqué leurs établissements. Ils ont défilé en direction de la place de la Bastille avant de rejoindre la place de l'Italie vers midi.

 

  1. © Louise Fessard

    02

    Ils ont manifesté pour lancer un hommage au jeune Rémi Fraisse (21 ans), décédé il y a 10 jours sur le site du barrage de Sivens (Tarn).

 

  1. © Louise Fessard

    03

    La manifestation s'est déroulée dans le calme. Les lycéens ont aussi bien scandé des slogans de soutien à Rémi Fraisse que contre les violences policières. Entre autres : « Police partout, justice nulle part », « Quand la police tue, les jeunes sont dans la rue », « Pour Rémi Fraisse, on fait trembler la France ».

 

  1. © Louise Fessard

    04

    Il n'aura fallu que quelque 45 minutes aux manifestants pour aller de la place de la Nation à la place d’Italie, « alors qu’un cortège traditionnel met cinq heures », plaisante un adulte vieil habitué des manifs. « Mais ils en ont perdu la moitié en route », ajoute-t-il.

 

  1. © Yannick Sanchez

    05

    Une partie de la circulation a été interrompue pendant 1 h 30 au niveau du rond-point de la place d'Italie où les manifestants ont fait un sit-in. « Certains jeunes ne sont pas venus, de peur que la manifestation tourne mal », raconte un lycéen en classe de seconde. « Mais au final, les CRS n'ont pas été agressifs, ajoute-t-il un peu surpris, ils ont juste bloqué les voitures quand on traversait les intersections. » Selon une source policière, 29 établissements étaient touchés par la manifestation : 15 totalement bloqués et 14 avec filtrage.

 

 

  1. © Yannick Sanchez

    06

    Plusieurs élèves du lycée Jean-Jaurès de Montreuil (Seine-Saint-Denis) se sont mobilisés contre les violences policières. « Pour nous, c'était super important de venir parce qu'en 2010, un de nos camarades s'est pris un tir de flashball pendant un blocus lors de la réforme des retraites. Il a perdu un œil », raconte Léo, jeune élève de seconde.

 

  1. © Yannick Sanchez

    07

    Croisés un peu plus loin, des terminales du lycée Jean-Jaurès de Montreuil. Au centre de la photo, Yan était aux côtés de Geoffrey Tidjani (le jeune de 16 ans blessé par un tir de flashball) en 2010 lors du blocus du lycée contre la réforme des retraites. Il se souvient de la scène : « Les policiers étaient à une quinzaine de mètres de nous, ils nous tenaient en joue. On n'a pas jeté de pierres, ce n'était pas un tir de riposte, ils ont visé Geoffrey. » « Quand j'ai vu les vidéos du Testet sur le site du barrage, ça m'a de suite fait repenser à ça, j'ai eu un frisson », raconte son ami Manuel. « C'est pas juste les grenades qui m'ont choqué mais la violence verbale des policiers, les lacrymos jetées dans les caravanes sur les zadistes. »

 

  1. © Louise Fessard

    08

    Certains lycéens ont appelé à la démission du ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve. Quelques enseignants présents sont revenus sur la mort de Rémi Fraisse, comme en témoigne une professeure du lycée Bergson (XIXe) : « On n'en discute pas trop entre professeurs, beaucoup plus du côté des élèves. J’ai l’impression qu'un certain nombre de gens ne sont pas au courant de la mort de ce jeune homme. Beaucoup d'enseignants disent que les lycéens font une manifestation juste pour ne pas avoir cours car ils n’ont pas un discours politique très chiadé… »

 

  1. © Yannick Sanchez

    09

    En fin de manifestation, les organisateurs ont tenté de faire une assemblée générale. Chaque étudiant représentant d'un lycée a pris la parole pour expliquer le blocage et l'objet de sa mobilisation.

 

  1. © Yannick Sanchez

    10

    Quelques « anonymous » étaient également de la partie. Voltuan est l'un d'entre eux. Il était déjà présent lors de la manifestation au Champ-de-Mars dimanche dernier. Il n'est pas lycéen mais déclare être « de toutes les luttes quand les causes se rejoignent. On est tous choqués par la mort de Rémi », affirme-t-il.

 

 

  1. © Yannick Sanchez

    11

    Les lycéens devaient se réunir dans le courant de la journée pour poursuivre leur mobilisation. Les organisateurs de la manifestation ont assuré préparer des manifestations de plus grande ampleur dans les jours qui suivent.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article
7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 18:20

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Témoignages Agro-écologie

GartenCoop, une ferme solidaire, autogérée par les agriculteurs et les consommateurs

par Campagnes solidaires 7 novembre 2014

 

 

 

 

Comment rapprocher agriculteurs et consommateurs ? Dans la région de Fribourg (Allemagne), la coopérative GartenCoop invente un nouveau mode de production : 290 associés sont responsables d’une ferme de neuf hectares, dont ils se partagent chaque semaine la récolte, nourrissant 600 personnes. Solidaires les uns des autres, ils supportent les coûts et les risques de ce projet agricole écologique basé sur une philosophie résolument autogestionnaire. Chacun choisit la hauteur de sa contribution financière aux charges, et participe, même modestement, aux travaux agricoles. Un modèle inspirant qui essaime peu à peu.

Cet article a initialement été publié dans le mensuel Campagnes Solidaires.

L’Allemagne est perçue comme le pays des éco-pionniers, de l’anti-nucléaire, du « non » aux OGM... Mais c’est aussi le pays des produits agrochimiques de BASF, des 300 000 saisonniers sous-payés et exploités, de l’élevage intensif, du hard-discount et des monocultures destinées à l’énergie dite « renouvelable ». Du coup, si l’agriculture bio est en plein boom, elle a logiquement rejoint le supermarché global. Les pionniers des années 70 et 80 ont laissé un héritage riche en matière de connaissances, de techniques, d’infrastructures, d’organisation du travail et d’écoles de formations. Malheureusement, la qualité sociale et écologique de ce secteur n’a fait que décroître depuis au moins 20 ans.

Le boom actuel de l’agriculture bio se traduit par l’importation des pays de l’Est, des serres esclavagistes d’Almería ou d’Andalousie en Espagne, ou même d’outre-mer. Les fermes bio se soumettent pour la plupart à la concurrence du marché mondialisé. Pour rester compétitives, elles doivent grandir et se spécialiser. De plus en plus de paysans bio abandonnent ou retournent à l’agriculture conventionnelle. La réalité de la production capitaliste entraîne peu de perspectives écologiques et beaucoup d’exploitation humaine, quel que soit le label. Rares sont les projets alternatifs et les fermes qui ne sacrifient pas leurs idéaux aux conditions imposées par un marché prometteur.

Une expérience inspirée par l’agriculture solidaire

Ces cinq dernières années, une centaine d’initiatives sont pourtant nées, avec un modèle qu’elles nomment « agriculture solidaire » (SoLaWi, comme Solidarische Landwirtschaft). Ce modèle s’inspire clairement des expériences d’« agriculture soutenue par la communauté » (ASC) existantes en Amérique du Nord, ou des Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) en France. L’idée est qu’une communauté de personnes porte la responsabilité d’une exploitation locale et se partage la récolte au rythme hebdomadaire. La communauté s’engage à financer à l’avance les coûts de l’agriculture et à partager les risques.

C’est ce qui se passe à la Gartencoop de Fribourg, dans le sud de l’Allemagne, ville célèbre pour ses initiatives écolos (lire l’article de Basta !). En 2009, un noyau de vingt paysans, militants, étudiants et activistes écologiques décident de prendre en main leur alimentation, au pied de la Forêt Noire, à quelques encablures de Colmar. Inspirés d’abord des Jardins de Cocagne, à Genève, ils créent une ferme solidaire. Après deux ans à la recherche de terres, la production de légumes débute en février 2011.

Une philosophie autogestionnaire

La coopérative cultive aujourd’hui neuf hectares dont un tiers en maraîchage, un tiers en céréales et le dernier tiers en « engrais vert »(plantes éphémères à croissance rapide qui retiennent les éléments nutritifs du sol). Elle compte cinq maraîchers travaillant à 80 % et nourrit 290 foyers, soit environ 600 personnes. La totalité des récoltes, quel que soit le calibre, est distribuée à l’ensemble des membres. La philosophie est autogestionnaire : le but est d’arriver à un partage des responsabilités, une idée pas très compatible avec le libre-marché...

Chaque participant choisit la hauteur de sa contribution financière aux charges annuelles. Ceux qui ont des revenus faibles vont payer un peu moins, ceux qui le peuvent paieront un peu plus. L’objectif est qu’au moment de faire le bilan, la somme des contributions corresponde à la totalité des dépenses prévues. Cela permet aux paysans d’avoir plus de sécurité, ainsi qu’un salaire décent. En même temps, une communauté très hétérogène peut participer, indépendamment de ses moyens économiques.

Les coopérateurs ne paient pas pour des légumes, mais bel et bien pour rendre possible une production durable et solidaire. Il s’agit d’une économie planifiée par le bas, centrée sur les besoins et le long-terme. « Les légumes perdent leur prix et récupèrent leur valeur », résume Fabian, un des coopérateurs. La structure collectivise les moyens de production. Chaque coopérateur lui accorde un crédit dit « direct » (sans intérêts), de 400 euros, pour financer l’équipement. Une somme qu’il récupère s’il quitte la coopérative.

Confiance et transparence

Pour l’instant, les terres sont louées. Mais la coopérative envisage d’acheter le foncier grâce à un système similaire de crédits directs. Elle développe actuellement une forme juridique qui assurera que la terre reste agricole. L’idée s’inspire d’une coopérative de logements, le Mietshäuser Syndikat, « structure associative de soutien à l’habitat collectif autogéré » bien connue à Fribourg, qui a retiré du marché et collectivisé plus de 80 bâtiments dans les 20 années passées.

Les membres de la coopérative s’engagent à s’investir dans les tâches de la ferme à hauteur de cinq demi-journées par an. Ainsi, tous les mercredi et jeudi matins, une poignée de membres viennent à la ferme pour aider aux récoltes et au désherbage, en fonction de leurs moyens. La confiance prend le pas sur le contrôle. Ce qui compte, c’est que les tâches soient accomplies. Le gros de la coordination se fait à travers un site Internet auquel tous les coopérateurs ont accès. On y trouve les comptes-rendus des différents groupes de travail et de coordination, permettant une transparence maximale.

Circuits courts et transition

Le système SoLaWi permet de libérer l’agriculture d’une partie des contraintes de l’économie de marché et de se concentrer sur le respect de l’environnement, la qualité des produits, la fertilité des sols, la biodiversité et la valorisation des savoir-faire.
La GartenCoop de Fribourg se rapproche peu à peu de l’autonomie en fertilité avec un modèle agroécologique conséquent [1]. Le système compte des rotations longues et un petit troupeau de vaches allaitantes.

70 espèces sont cultivées. Les semences hybrides sont exclues pour des raisons politiques : 100 % des semences sont paysannes et reproductibles, permettant de redécouvrir des variétés et goûts authentiques, loin de l’ennuyeuse standardisation des légumes de supermarché. La question énergétique est aussi un aspect central. Il n’y a pas de chauffage dans les tunnels, le stockage se fait en cave et les jeunes plants sont produits dans une ferme voisine en biodynamie. La distribution hebdomadaire de la récolte est réalisée sans emballage, et combine un transport motorisé de la ferme à la ville, puis des livraisons à vélos dans quinze points de distributions à Fribourg.

Essaimer des communautés solidaires et radicales

Depuis la naissance de GartenCoop en 2011, deux autres projets ont été initiés dans la région de Fribourg. Près d’un millier de personnes vont bientôt faire partie d’un nouveau réseau participatif et solidaire d’alimentation écologique, autogéré localement. La coopérative travaille également à l’intégration d’un paysan-boulanger en son sein.

Petit à petit, en continuant de faire ce qui est faisable, les animateurs de la Gartencoop développent « la stratégie des concombres tordus ». Il s’agit de la construction de communautés solidaires, diverses et radicales ; ainsi que de la sauvegarde d’une agriculture paysanne qui, en Allemagne, est menacée de disparition. L’agriculture du futur doit être capable de formuler des buts paraissant utopiques. Sinon, les compromis nous tuent. Même si c’est écrit bio dessus.

Friedhelm Blauer, Luciano Ibarra et Héloïse Claudon

Photos : CC Ali Jafri (une) / Campagnes solidaires

Luciano Ibarra est co-initiateur de la coopérative et réalisateur du documentaire « La stratégie des concombres tordus ». Héloïse Claudon est stagiaire à la GartenCoop dans le cadre d’une formation au Maraîchage Biologique à Courcelles-Chaussy (57).

Pour aller plus loin : http://gartencoop.org.
A voir également, le film sur la GartenCoop de Sylvain Darou et Luciano Ibarra : « La stratégie des concombres tordus » (64 min, allemand sous-titré en français. Production Cine rebelde). Disponible en ligne, sur DVD et téléchargement : www.cinerebelde.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet article est tiré du numéro de septembre de Campagnes Solidaires. Au sommaire : le commerce équitable local, les OGM mutés, la transition énergétique en agriculture, la campagne « Envie de paysans ! », mais aussi un dossier sur ces éleveurs confrontés à l’épreuve sanitaire.

 

Notes

[1Développé par l’équipe composée de Fabian Schlichtmeier, Kathrin Hessdorfer, Sarah Wittkamp et Lukas Schmidt.

 

 

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22