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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 18:47

 

 

Climat: les 5 leçons de la conférence de Lima pour Paris2015 !

La conférence internationale sur le changement climatique s’est terminée dans la nuit du 13 au 14 décembre à Lima (Pérou). Prolongée de 36 heures, elle n’a guère apportée de réponses aux défis actuels. Quels enseignements en tirer dans l'optique de la prochaine conférence qui se tiendra à Paris en décembre 2015 ? Quelles implications pour les mouvements pour la justice climatique ?

1. Il n'y aura pas d'accord historique à Paris en 2015

François Hollande a annoncé vouloir laisser « sa trace » dans l'histoire et, pour ce faire, obtenir un « accord historique » à Paris. Laurent Fabius devrait le prévenir : s'il y a accord à Paris, il ne sera pas historique. C'est Laurence Tubiana, la représentante de la France dans les négociations qui l'affirme, essayant de tempérer les attentes par rapport à la prochaine conférence de l'ONU en décembre 2015 sur l'aéroport du Bourget : « A Paris, nous ne serons pas en capacité d’être dans un scénario de limitation du réchauffement à 2 °C ». Voilà qui est clair, lucide et fondé.

En effet, à Lima, contrairement aux recommandations du GIEC et aux attentes légitimes, les Etats ne sont pas engagés à améliorer leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 : l'écart entre ce qu'il faudrait faire et ce qui est sur les rails ne cesse de s'accroître là où il faudrait qu'il se réduise rapidement et fortement. Quant à l'après 2020, il pourrait se résumer ainsi : « en 2015 chaque Etat est invité à noter sur le bout de papier de son choix, et selon la forme de son choix, ce qu'il envisage de faire, sans contrainte et sans qu'il ne soit exigé de lui de l'ambition et de la cohérence avec l'objectif des 2°C ».

Par ailleurs, la conférence de Lima avait pour ambition de préfigurer le futur (et éventuel) accord de Paris en élaborant une première mouture du texte et en solutionnant certains sujets pour éviter d'avoir à le faire en 2015. C'est raté. Le brouillon (de 38 pages !) n'est guère plus qu'une compilation de propositions contradictoires. Et aucun des problèmes clefs n'a été résolu. A commencer par l'épineux problème de la différenciation des Etats – chaque pays n'a pas la même responsabilité et la même capacité à agir – qui relève plus des enjeux géopolitiques de ce début du XXIème siècle que de la climatologie.

2. Des négociations climatiques ? Non, des négociations géopolitiques

Nous pouvons espérer de la Conférence de Lima qu'elle ait définitivement permis de clarifier la situation : les pays et groupes de pays s'opposent moins en raison de l'importance qu'ils donnent à l'urgence climatique qu'en raison des implications géopolitiques des différentes propositions sur la table. Le protocole de Kyoto séparait le monde en deux, pays développés contre pays en développement. Les Etats-Unis, l'Union européenne et leurs alliés veulent arracher la Chine, l'Inde, le Brésil, et quelques autres grands pays émergents, à l'alliance du G77 regroupant tous les pays du « Sud ».

La conférence de Lima a montré que cela n'arriverait pas de sitôt : la Chine ne renoncera pas à son alliance avec les pays pauvres et vulnérables et ces derniers ont trop à perdre pour accepter un nouvel équilibre géopolitique planétaire dont ils ne voient pas ce qu'il pourrait leur apporter. Ce d'autant plus qu'ils voient par contre parfaitement que les pays du Nord rechignent à mettre la main à la poche et à réduire drastiquement leurs propres émissions. La différenciation des pays fait l'objet de toute une série de propositions contradictoires. Prétendre aujourd'hui que cette question sera résolue d'ici Paris est un pari plus qu'osé (voir cet article sur Basta pour une explication plus complète).

3. L'accord Etats-Unis – Chine n'a rien changé à la situation

Journalistes, dirigeants politiques et certaines ONG l'avaient martelé à satiété : la déclaration conjointe – ce n'était pas un accord en bonne et due forme – entre les Etats-Unis et la Chine présentée par surprise le YY novembre allait changeait la donne dans les négociations sur le changement climatique. Ils affirmaient, bien que ce soit déjà très discutable (voir ce décryptage), que cette déclaration conjointe allait déverrouiller les négociations, inciter les pays récalcitrants (Canada, Australie, Japon, Nouvelle-Zélande etc.) à revoir à la hausse leur ambition et permettre de dépasser le mode de gouvernance du climat institué par le protocole de Kyoto.

La Conférence de Lima vient de montrer que tous ces commentateurs se sont trompés. Si les Etats-Unis ont annoncé un (faible) objectif de réduction d'émissions pour 2025, il n'en continue pas moins de vouloir affaiblir tous les principes pertinents qui régulent les négociations climatiques. De son côté, si la Chine accepte de jouer d'égal à égal au sein de ce nouveau G2 planétaire qui (dé)régule la planète, il n'est pas question pour elle de renoncer à son alliance stratégique avec les pays du Sud. Par ailleurs, cette déclaration conjointe n'a généré aucun effet d'entraînement sur les pays récalcitrants qui, au contraire, l'utilisent pour calquer leurs futurs engagements sur les annonces limités du G2.

La conférence de Lima vient donc de refermer une période d'à peine un mois pendant laquelle quelques ONG et un nombre conséquents de journalistes et commentateurs politiques faisaient preuve d'un soudain et peu fondé optimisme sur l'avenir des négociations climat, optimisme assez similaire à celui précédant Copenhague – et dont on sait ce qu'il est advenu.

4. Un nouveau cycle de mobilisations pour la justice climatique

Les mobilisations et initiatives pour la justice climatique qui se sont tenues à Lima semblent confirmer que la déprime et la fragmentation des mouvements pour la justice climatique qui ont suivi la conférence de Copenhague (2009) semblent bel et bien dépassés. A la plus grande manifestation jamais organisée sur les enjeux climatiques en septembre à New York (Plus de 300 000 manifestants à New York et sans doute 600 000 à l'échelle de la planète) succède la plus grande manifestation de ces dernières années sur le sujet en Amérique du Sud (20 000 manifestants le 10 décembre dernier).

Dans les deux cas, il y a eu plus de manifestants qu'attendu, venus en moyenne sur des bases plus radicales et plus éloignées des négociations que le point d'équilibre des structures organisatrices. C'est ainsi une banderole « Changeons le système et pas le climat » qui ouvrait la manifestation de Lima et la majorité du cortège, notamment les blocs jeunes, assez imposants et déterminés, ne comportait pas de référence directe au contenu précis des négociations : les messages renvoyaient le plus souvent aux luttes menées par chacun des groupes.

Sur (l'autre) route de Paris, Lima tend donc plutôt à confirmer qu'un nouveau cycle de mobilisations massives en faveur de la justice climatique s'est ouvert et qu'il s'appuie plus aisément sur les luttes en cours (résistances anti-extrativistes, contre les grands projets inutiles, pour les défense des territoires, pour la promotion et la mise en œuvre d'alternatives systémiques et la transition écologique et sociale etc.) que sur des revendications portant sur les négociations proprement dites.

5. Les leçons de Copenhague semblent avoir été retenues

Pour les ONG et les mouvements sociaux et écologistes français membres de la Coalition Climat 21, la conférence de Lima a permis de poursuivre les discussions – ouvertes en plusieurs occasions tout au long de l'année – avec les ONG, réseaux et mouvements internationaux. L'enjeu : élaborer des positions communes qui tirent les leçons des succès et limites des mobilisations pour la justice climatique passées (notamment celles de Copenhague en 2009 et de New York en septembre 2014) et qui permettent l'implication d'organisations et réseaux finalement très divers de par leur histoire, leurs positionnements et leurs cultures politiques.

A Lima, les discussions ont nettement progressé. La Coalition Climat 21 est désormais reconnue comme l'interlocuteur unique et légitime pour l'ensemble des grandes ONG et réseaux internationaux qui ont, à plusieurs reprises, salué le travail conjoint entrepris et les premières initiatives de mobilisation déjà lancées (notamment, et surtout, la dynamique Alternatiba). Lima a également permis d'avancer vers ce qui pourrait être une position commune : ne pas se focaliser sur la COP21 et les négociations mais mettre l'accent sur l'agenda propre des ONG et des mouvements afin de ne pas être dépendant des résultats de la conférence officielle ; ne pas faire pas de Paris2015 une mobilisation à un coup mais se servir de Paris comme d'un moment d'agrégation et d'accumulation de forces en s'appuyant sur d'autres mobilisations internationales en 2015 (le mois de juin et les 26-27 septembre ont été notés dans les agendas) et en se projetant sur de nouvelles mobilisations internationales dès le premier semestre 2016 ; à Paris, pendant la conférence, ne pas se limiter à une manifestation en début de conférence mais au contraire construire d'ores-et-déjà des initiatives de masse en fin de conférence pour « avoir le dernier mot », ce qui revient à vouloir être acteur et prescripteur de la fin de la séquence finale et non simplement spectateur (voir cette analyse qui détaille cettte proposition).

Bien-entendu, il est encore trop tôt pour dire si les conditions sont réunies pour que Paris soit l'acte de (re)naissance symbolique d'un vaste mouvement international pour la justice climatique qui se maintienne à de hauts niveaux de mobilisations locales, régionales et internationales lors des prochaines années. C'est en tout cas le pari que proposent aujourd'hui les ONG et les mouvements sociaux et écologistes pour combattre l'agenda extractiviste et productivisme des promoteurs de la globalisation économique et financière. C'est l'autre route qui nous conduit à Paris depuis Lima.

Maxime Combes, membre d'Attac France et de l'Aitec, engagé dans le projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org)

 

Ouverture de la marche à Lima - 20 000 manifestants 
Ouverture de la marche à Lima - 20 000 manifestants © Maxime Combes

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 18:42

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Dans la foulée de l'ANI, la loi Macron veut faciliter les licenciements collectifs

|  Par Pierre-Yves Bulteau et Mathilde Goanec

 

 


Un article du projet de loi Macron est passé inaperçu. Il concerne les licenciements collectifs et vise à assouplir encore les procédures issues de l’Accord national interprofessionnel. Ce dernier devait favoriser la négociation entre patrons et salariés au sein de l'entreprise. Un premier bilan fait apparaître que son application se fait au bénéfice des employeurs.

Dans la complexe loi Macron « pour la croissance et l'activité », un article est passé au travers de la polémique. Cet article n°105 concerne les licenciements collectifs et fait penser, dans sa philosophie, à la loi pour la sécurisation de l'emploi (LSE) issue de l’Accord national interprofessionnel (ANI), loi que le ministre de l'économie veut encore renforcer au détriment des salariés. Véritable totem ou poupée vaudoue brandie par des salariés en prise avec un licenciement collectif, l’ANI n'en finit pas de faire parler de lui. Tout à la fois considéré comme une traîtrise syndicale et un cadeau fait au patronat, cet accord national interprofessionnel est l'illustration même de l'impuissance de l’État français face aux plans sociaux (lire nos deux articles, ici, et également ici).

Censée favoriser la négociation entre salariés et employeurs, la loi pour la sécurisation de l'emploi est le texte qui a mis en musique les nouvelles règles imposées en 2013 par l'ANI. Ces dernières obligent notamment les entreprises de plus de 50 salariés à mettre en place un plan social – aujourd’hui appelé plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) –, au-delà de 10 licenciements économiques sur une période donnée de 30 jours.

 

Emmanuel Macron en visite à l'usine Acome, à Romagny (Manche), mardi 2 septembre. 
Emmanuel Macron en visite à l'usine Acome, à Romagny (Manche), mardi 2 septembre. © (dr)

Avant l'adoption de la LSE, chaque patron devait obligatoirement remettre un document détaillant le plan de licenciement à la Direction du travail, « même s’il était souvent négocié en amont », note un inspecteur du travail qui a souhaité rester anonyme. Aujourd’hui, l’employeur a désormais le choix : soit négocier un accord d’entreprise majoritaire avec les représentants des salariés, soit soumettre directement ses souhaits en matière de procédure et de plan social à l’homologation de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte).

Cette nouvelle règle en fait bondir plus d’un. « Cela revient ni plus ni moins à réactualiser ce vieux principe de l'autorisation administrative à licencier, abrogée dans les années 1980 », poursuit l’inspecteur du travail. Certaines centrales syndicales préfèrent y voir l'obligation faite à l'employeur de formaliser un cadre de discussion entre la direction et les représentants des salariés. À l’époque du débat sur l’ANI, c’est même l’argument massue repris par la CFDT, l’un des trois syndicats signataires de l’accord avec la CFE-CGC et la CFTC.

Entre juillet 2013 et mai 2014, 742 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont été enclenchés à travers le pays – « un nombre qui n’a pas augmenté », selon la Secafi, entreprise qui intervient régulièrement en qualité d'expert auprès des salariés. 60 % d’entre eux se sont terminés par des accords majoritaires dans les entreprises, notamment conclus avec des syndicats qui avaient refusé de s'engager au moment de la signature de l'ANI. Cette « dynamique de négociation (est) globalement positive », insiste aujourd'hui la CFDT, qui regrette pourtant qu’elle soit « inégale selon les branches professionnelles et les entreprises ».

Car, si selon ces chiffres, la négociation a gagné du terrain, au bout du compte, elle ne bénéficie presque exclusivement qu’au patronat. Il en va ainsi du rétrécissement de la période d'information et de consultation du comité d'entreprise (CE) et des organisations syndicales : deux mois si la restructuration entraîne moins de 100 licenciements ; trois mois entre 100 et 250 licenciements ; quatre mois au-delà de 250 licenciements. La direction, elle, a tout le loisir de se préparer au bras de fer puisque c’est elle qui décide d'enclencher le PSE.

Un inspecteur du travail confirme ce déséquilibre des forces : « Dans ce jeu-là, les organisations syndicales ont un temps de retard. Elles sont obligées de se coller au dossier proposé par la direction, et cela en un temps restreint. Or, même si elles peuvent saisir l’administration pendant toute la durée de la procédure et sont assistées d'un expert, certes payé par l'employeur mais qui ne connaît pas la boîte, elles ont du mal à avoir accès à une information de qualité. Or, pendant ce temps-là, les délais, eux, courent ! »

Cette prédominance de la méthode contractuelle a fini par prendre le pas sur la norme, alors que chaque partie devrait normalement pouvoir faire valoir ses droits au moment de la négociation. « Si l'équilibre contractuel existe sur le papier, dans les faits, il y a un réel manque de savoir-faire », poursuit l'inspecteur du travail interrogé. Car, outre la réduction du temps mis à disposition, négocier un PSE est un métier auquel les représentants du personnel ne sont pas toujours préparés, ni bien armés. À la différence des grosses sociétés qui, elles, sont entourées de spécialistes du droit du travail et d'avocats qui connaissent parfaitement la mécanique et ses écueils.

« Homologuer des PSE mal ficelés »

C’est d’ailleurs cet avantage donné au contrat sur la convention légale que conteste Évelyne Sire-Marin. Présidente de la 31e chambre du tribunal correctionnel de Paris et spécialiste du droit du travail, elle explique qu’avec l’ANI, « le contrat est devenu supérieur à la loi. Les salariés sont dès lors abandonnés à un rapport de force qui leur est défavorable ». Nous sommes ainsi très loin de ce que fut, par exemple, ce plaidoyer de Lionel Jospin, en 2000, lors d'un congrès du parti socialiste, et que rappelle la magistrate : « La hiérarchie des normes assure la prééminence de la Constitution sur la loi, de la loi sur le règlement et, de manière générale, de toutes ces normes sur le contrat. Inverser la hiérarchie, c’est remettre en cause les fondements mêmes de la République. »

Côté administration, le bilan est en demi-teinte. Les Direcctes ont homologué près des trois quarts des PSE déposés depuis l'adoption de la loi. Mais leur mandat ne concerne que le contrôle du bon déroulé de la procédure, ainsi que la qualité du PSE, et non le motif économique du licenciement, pourtant régulièrement contesté, et avec succès, aux prud'hommes. En cas d'accord négocié, son périmètre de contrôle se limite même à la seule procédure. « Au moment d’un licenciement, on doit prendre en compte les critères de charge de la famille, d'ancienneté, de capacité à s’insérer ainsi que les qualités professionnelles du salarié, rappelle Évelyne Sire-Marin. Au lieu de quoi, les Direccte se retrouvent souvent à homologuer des PSE mal ficelés et qui, dans la majorité des cas, ne respectent pas ces points-là, pourtant clairement inscrits dans le Code du travail. »

L'avocat Fiodor Rilov avec les ouvriers de l'usine GoodYear d'Amiens. 
L'avocat Fiodor Rilov avec les ouvriers de l'usine GoodYear d'Amiens. © (dr)

« Avant l’ANI, résume l’avocat du travail Fiodor Rilov, proche de la CGT, quand un plan de licenciement était contesté par le CE, ce dernier pouvait saisir le juge des référés et obtenir une ordonnance qui suspendait le projet de restructuration. C’est comme ça, par exemple, que les “GoodYear” ont réussi à empêcher, pendant près de sept ans, la fermeture du site d’Amiens nord. » « On pouvait se battre alors même que les licenciements n’avaient pas eu lieu, insiste celui que toute la profession surnomme le “tsar rouge”. Mais depuis l’ANI, l’homologation des PSE par la Direccte change tout. Elle permet à l’employeur de se prévaloir de cette autorisation pour fermer son entreprise. Ainsi, même s’il existe ensuite un recours auprès du tribunal administratif dans les deux mois qui suivent l’annonce du PSE, le temps que le juge soit saisi, qu’il décide de prononcer l’annulation d’un PSE mal motivé, les lettres de licenciement sont déjà parties et les salariés sont sur le carreau, à l’annonce du jugement. »

Dans le cas où cette annulation administrative aurait lieu – ce qui s'est passé pour neuf jugements rendus sur les vingt-cinq contestés auprès du tribunal administratif –, elle ne permet plus la réintégration après coup des salariés dans l’entreprise. « Elle permet juste aux salariés de pouvoir saisir les prud’hommes en vue d’obtenir des indemnités compensatoires, précise Fiodor Rilov. Grâce à l’ANI, l’objectif des patrons de licencier en toute tranquillité est donc atteint. »

Un autre observateur, qui a souhaité rester anonyme, confirme que cet objectif est largement atteint : « La loi a été faite pour aller plus vite et pour sécuriser les procédures. Avec l'ancienne législation, c'était très compliqué pour les entreprises de connaître leur durée, d’autant que le recours pouvait prendre des années. Surtout, elles pouvaient se voir, in fine, obligées de réintégrer les salariés licenciés. Ce qui est impossible aujourd’hui avec l’ANI. »

Malgré la faiblesse des recours, le ministère n’apprécie guère d'être remis en cause. Et c'est donc là qu'intervient le texte « fourre-tout », selon la formule du dirigeant socialiste Jean-Christophe Cambadélis, de la future loi Macron. Car, outre la question du travail le dimanche et autres déréglementations, cette dernière redéfinit pour partie les modalités des plans de sauvegarde de l’emploi. Son article 105 prévoit qu’il ne pourra plus exister aucune conséquence sur les licenciements lors d’un plan de sauvegarde de l’emploi mal ficelé, comme par exemple l’obtention du versement de six mois d’indemnités de licenciement calculées sur le dernier salaire. Le défaut de motivation du plan social ou, plus grave, le délit d’entrave exercé par l’employeur contre les représentants du personnel, demeureront également sans conséquence sur les licenciements.

Agacé, notamment par la décision de la cour administrative d’appel de Versailles dans l'affaire Mory-Ducros, le ministère, par cette loi, veut également revenir sur la question du « périmètre d’application des critères d’ordre à un niveau inférieur à l’entreprise ». Pour les salariés de Mory-Ducros, la société souhaitait retenir, pour appliquer sa politique de licenciement, le périmètre de l'agence et non de l'entreprise tout entière, ce qui change singulièrement la donne en termes de compensations. Elle a été déboutée, mais ce projet de loi lui donnerait raison.

« L’objectif est clair, met en garde Évelyne Sire-Marin. Il est celui d’installer chez les salariés l’idée d’une défiance vis-à-vis de tout ce qui est juridictionnel, pour les décourager à enclencher des procédures et se plier à la stratégie des patrons. » Pour autant, « dans le cas de l’ANI comme dans celui de cette future loi, insiste Me Rilov, nous devons absolument déplacer le curseur de la seule inégalité du rapport de force entre les salariés et leurs employeurs pour dire qu’il est possible de contester cette procédure judiciaire. Il existe des brèches, notamment offertes par le droit communautaire, qui peuvent permettre dès aujourd’hui de contester l’ANI et la future loi Macron. » À suivre, donc. 

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr


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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 18:33

 

Source : www.bio-marche.info

 

Les Fralibs font certifier leur production

Auteur: Gabriel Lombard

 

Ecocert vient de certifier bio pendant un an la Scop T.I (pour Thés et Infusions) d'Aubagne, créée en juillet 2014 par les anciens salariés d'Unilever (marque Eléphant). Les premiers thés bio des "Fralibs" devraient être commercialisés au printemps, selon Olivier Leberquier, directeur général de la Scop T.I joint par Bio-Marché.Info.

"Tilleul de Provence" : les Fralibs brandissent leur arme contre Unilever (août 2013)

La certification s'ajoute à une autre bonne nouvelle puisque la coopérative vient de recevoir sur son compte les 2,8 millions d'euros issus de l'accord de fin de conflit avec la multinationale. Ce versement s'ajoutent aux 177.000 euros de capital de démarrage, financés par les 58 coopérateurs, tous anciens salariés. Lors d'un procès qui avait duré plus de 4 ans contre la fermeture de leur usine, le nom de la marque FRALIB (pour Française d'Alimentation et de Boissons) avait été transformé en Fralibs, pour Fraternité, liberté, solidarité.

Le projet des Fralibs est maintenant de développer, ou plutôt de "recréer" la filière des herbes médicinales et aromatiques de Provence, explique Olivier Leberquier. Unilever commercialisait, pour sa marque française, "du tilleul d'Amérique latine transformé en Allemagne" aux dépens des producteurs locaux, selon l'ex-leader de la lutte des Fralibs devenu patron. "La cueillette annuelle de tilleul était d’environ 400 tonnes au début des années 2000, essentiellement en régions PACA , Rhône-Alpes et Sud Ouest, aujourd’hui elle est tombée à 10 - 15 tonnes".

Les tisanes des Fralibs seront donc régionales, et en grande partie bio. Ainsi des sachets d'infusion de tilleul des petits producteurs de Buis-les-Baronnies, déjà commercialisés comme production militante. La coopérative prévoit également de commercialiser du thé vert haut de gamme issu d'une coopérative de Yên Bái au Vietnam, qui serait en cours de certification bio.

Le nom de la marque - ou des marques - pour la production des Fralibs devrait être décidé d'ici janvier 2015. En attendant, le collectif recherche des fournisseurs bio de plusieurs variétés de plantes locales (camomille, menthe, tilleul...), pour développer son marché et répondre à la demande de sa clientèle.

Fiche de contact pour fournisseurs (Pdf)
Mail : contact(at)scop-ti.com
  

15.12.2014

 

 

Source : www.bio-marche.info

 

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:45

 

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

Vidéo

La dette ou comment s’en débarrasser

15 décembre par Nicolas Sersiron

 


Conférence le 29 novembre à Nîmes, proposée par Horizons, La Coopérative des Livres et des Idées, dans le cadre de la première "Féria du livre de la critique sociale et des émancipations".

La dette ou comment s’en débarrasser

Par Nicolas Sersiron, auteur de Dette et extractivisme, Ed. Utopia

 

*Pour visualiser la vidéo, cliquer ici

 

N. Sersiron est président du CADTM France. L’audit et l’annulation des dettes illégitimes, la réduction des inégalités, la fin du pillage des ressources, sont quelques-uns des combats citoyens qu’il propose.

L’extractivisme, ce pillage des ressources naturelles de la planète par la force, a donné à l’Europe puis aux États-Unis les moyens de dominer le monde. Depuis la disparition des colonies, la dette illégitime, nouvelle violence imposée aux pays dits « en développement », a permis d’assurer la continuité du pillage. Cette dette a amplifié le système extractiviste, initialement appliqué aux produits fossiles et agricoles, en l’étendant aux ressources financières du Sud puis aujourd’hui du Nord. Elle impose le remboursement par les populations de dettes dont elles ne sont pas responsables mais victimes. Dette et extractivisme sont intimement liés. Facteurs d’injustice, de corruption, de violences sociales et environnementales, ils sont également à l’origine du dérèglement climatique.
Des alternatives pour créer une société post-extractiviste, soucieuse du climat et des peuples existent. L’audit et l’annulation des dettes illégitimes, la réduction des inégalités, la fin du pillage extractiviste, sont quelques-uns des combats citoyens essentiels proposés dans ce livre.

 

*Pour visualiser la vidéo, cliquer ici

 

 

 

 

 

Source : cadtm.org

 

 

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:31

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit

 

 

Le pouvoir de l’argent contre la démocratie

L’Université critique et citoyenne de Nîmes est l’un de ces lieux précieux où militants ou ancien militants de toutes tendances, politiques ou associatifs, aiment à se retrouver pour confronter leur point de vue, en des temps difficiles où la gauche dans ses différentes composantes traverse une crise grave. Alors que les dirigeants socialistes conduisent une politique radicalement contraire à l’aspiration qui les a portés au pouvoir ; alors que la gauche de la gauche se déchire trop souvent ou préfère parfois l’invective à la confrontation, c’est l’un de ces lieux rares où le débat peut avoir lieu. L’indispensable débat sans lequel il n’y aura pas cette refondation de la gauche, qui serait pourtant si nécessaire.

Dans le cadre des confrontations et des débats qu’elle organise tout au long de l’année, l’Université critique et citoyenne de Nîmes m'a donc invité, le 9 décembre, à introduire un débat sur le thème « Le pouvoir de l’argent contre la démocratie ». C’est ce débat, auquel participait une bonne centaine des personnes, que l’on peut visionner sur la vidéo ci-dessus.

L’Université critique et citoyenne de Nîmes dispose d’un blog qui est ici et le programme de ses débats pour la saison 2014-2015 peut être consulté là. Les vidéos de ses débats sont par ailleurs hébergés sur ce site.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit

 

 


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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:21

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/michael-hajdenberg


 

Les électeurs du Front de gauche votent Merkel. Paraît-il.

Les semaines se suivent et se ressemblent au Journal du dimanche (JDD). Quand l’actualité manque de talent, rien de tel qu’un bon sondage de l’IFOP bien instrumentalisé. Avec le temps, on devrait être habitué. Mais à la lecture, ça empêche toujours le café de passer.

Après le tapis rouge déroulé à Marine Le Pen il y a quelques semaines, c’était ce 14 décembre au tour d’Angela Merkel d’être prétendument  portée aux nues par les Français (1011 en l’occurrence).

 

 

Sur la couverture, « les Français votent Merkel ». Bien sûr, c’est une image. Mais le fond du problème est là : par Internet, entre un CV à envoyer et les enfants à aller chercher, on demande « aux Français » de se prononcer sur un chef d’Etat étranger. Les sondeurs imposent ainsi de répondre à une question que pas grand monde ne se pose, en tout cas dans ces termes : « Diriez-vous que vous avez une excellente opinion, une bonne opinion, une mauvais opinion ou une très mauvais opinion d’Angela Merkel ? » Première surprise : d’après les réponses publiées, non seulement 100% des Français ont une opinion sur ce sujet. Mais celle-ci est toujours réductible à un adjectif.

On ne saura probablement jamais ce que ce type d’interrogation posée à brûle-pourpoint donnerait pour l’Américain Obama, le Russe Poutine, l’Ivoirien Ouattara, l’Egyptien Al-Sissi, le Guinéen Condé. Mais avec ce type de méthode, et puisque les sans-opinions n’existent pas, on pourrait très bien imaginer une « Une » « Condé encensé par les Français ». Pour le coup, ça changerait.

 

 

On ouvre le journal, on prend une gorgée d’eau, et on s’avale le bandeau : « Merkel plébiscitée ». En dessous : « Selon notre enquête exclusive de l’IFOP, les Français aiment la chancelière et souhaitent même que la France s’inspire des réformes allemandes ». Pour quelques milliers d'euros (mais l'IFOP n'a pas répondu à nos appels), voilà donc le JDD en possession d'une enquête, d'une exclu et d'une manchette. Avec l'assurance d'être cité dans presque tous les medias

Ensuite, on se plonge dans l’article pour comprendre. Et là, on apprend - comme quoi le journalisme peut encore faire tomber les pires préjugés -,  que 51% des électeurs du Front de gauche ont une bonne opinion d’Angela Merkel. Jean-Luc Mélenchon se fourvoie donc. Il prend à contre-pied une majorité de son propre électorat.

Lundi, un peu intrigué, on se réfère à l’étude exhaustive, disponible sur le site de l’IFOP. Les données brutes ne sont pas livrées. Mais par exemple, pour cette information sur le Front de gauche, on apprend, grâce à une petite astérisque, que moins de 40 personnes assurant « avoir une proximité politique avec le Front de Gauche » ont répondu à la question sur Angela Merkel (dans ce genre d’étude, on est sommé de déclarer une proximité avec quelqu’un, sinon l’institut n’arrive pas à dégager des majorités).

Attention, nous prévient donc l’IFOP : « Ces résultats sont à interpréter avec prudence en raison de la faiblesse des effectifs ». Si même l’IFOP nous dit d’être prudent (au delà de l’habituel cliché sur « la-photo-instantanée-de- l’opinion-qu’il-ne-faut-pas-sur-interpréter), c’est qu’il faut vraiment se méfier. Une prudence dont s’est exonéré le JDD.

Moins de 40, ça fait combien de pelés ? 35, 30, 20 ? Faute de réponse de l’IFOP, on ne saura pas. Imaginons qu’ils soient 30. 16 d'entre eux auraient une bonne opinion de Merkel. 14 une mauvaise. Bel échantillon pour tirer des conclusions. Sans même parler de la marge d'erreur, qui selon l'IFOP est déjà de 10 points pour un échantillon de 100 personnes, soit plus de deux fois supérieur !

Ensuite, en guise de conclusion mais pour donner des gages d’équilibre, une seconde question est posée. Il faut se concentrer pour comprendre le graphique mais on saisit que « 76% des Français considèrent que l’Allemagne connaît des problèmes de bas salaire et de pauvreté ». 74% « considèrent que l’Allemagne exerce une trop forte influence sur la politique suivie par l’Union Européenne ». D’où le titre « Merkel plébiscitée » ? N’y aurait-il pas une légère contradiction ?

Attention cependant à ne pas accorder trop de crédit non plus à ces deux dernières « informations » ?  En fait, tout dépend de la façon dont la question est posée. Car les Français interrogés sont en fait « d’accord » avec toutes les propositions suggérées. Ils trouvent à 73% « regrettable que des personnalités politiques critiquent l’Allemagne avec virulence compte-tenu de la relation franco-allemande ».

Mais quel résultat aurait-on obtenu si la suggestion avait été : « il est normal que des personnalités politiques puissent fortement critiquer l’Allemagne lorsqu’elles souhaitent que l’Union européenne mène une politique différente » ?

Enfin, 64% des Français pensent que « la France devrait s’inspirer des réformes mises en place par l’Allemagne ». Que veut dire s’inspirer ? Imiter ? Adapter ? Et de quoi parle-t-on ? Des réformes économiques ? Sociétales ? Lesquelles ?

Peu importe. L’auteur de l’article, lui a compris… Selon le journaliste du JDD, « pour les ¾ des Français, la première économie européenne connaît des problèmes de bas salaires et de pauvreté, prix à payer pour obtenir un chômage de 4,9%. » (…) « Comme si les Français savaient que les réformes avaient un prix élevé (…) mais que la France ne pouvait plus se permettre de rester à la traîne du pays de Frau Merkel ». CQFD.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/michael-hajdenberg

 

 

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:15

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

Déclaration de soutien du CADTM Belgique à la grève générale du 15 décembre

11 décembre par CADTM Belgique

 


Le CADTM Belgique, membre du réseau Altersummit, |1| exprime ici son soutien actif à la grève générale du 15 décembre organisée par le front commun syndical belge. Moment de conscientisation et de lutte, la grève s’avère au regard des histoires des peuples un puissant outil pour faire plier le pouvoir capitaliste et ses relais politiques.

Nous soutenons l’ensemble du calendrier syndical et appelons à continuer le plan d’actions après cette grève générale, qui marquera l’Histoire de la Belgique.

Le projet du gouvernement fédéral belge constitue une violente offensive contre les droits économiques et sociaux de 99% de la population, des travailleur.se.s avec ou sans emploi. Le démantèlement programmé du droit du travail et de la sécurité sociale, la chasse aux sans-papiers et aux travailleur.se.s précaires – qui ne représentent qu’une partie du projet nauséabond de ce nouveau gouvernement – sont justifiés par un besoin toujours plus grand de compétitivité et par une prétendue recherche d’équilibre budgétaire, au nom du paiement de la dette dont une grande partie n’a pourtant pas bénéficié à la majorité de la population. Rappelons que le paiement du service de la dette (capital et intérêts) constitue la première dépense d’État, soit 20% du budget annuel !

Ces politiques s’inscrivent dans la droite ligne de celles prescrites ces dernières années en Europe par la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). La Commission européenne a d’ailleurs averti la Belgique que son budget était non conforme au Pacte de stabilité et de croissance. Elle a salué les réformes annoncées par le gouvernement Michel mais a exigé encore plus d’efforts dans ce sens.

Si les chiffres optimistes présentés dans le budget gouvernemental n’ont pas été approuvés par la Cour des Comptes, ce gouvernement est particulièrement obéissant et zélé en termes de casse sociale. S’il ne tombe pas, il appliquera sa « rigueur budgétaire » qui entend avant tout satisfaire les intérêts d’une poignée de riches spéculateurs au détriment du reste de la population. Les autres niveaux de pouvoir – régional, communautaire, provincial, local - ne sont pas en reste, et il s’agit là aussi de lutter contre toute forme d’austérité et contre les dettes illégitimes, comme celles qui ont été causées par les sauvetages bancaires et par la mise en œuvre depuis plus de trente ans de politiques fiscales injustes.

Enfin, le gouvernement, tout comme la Commission européenne, est particulièrement favorable à la mise en place du traité transatlantique (TTIP) et d’autres traités de libre-échange qui achèveraient de confier nos démocraties aux plus riches et aux multinationales. Contre ces deux logiques d’austérité et de libre-échange opposons-nous au gouvernement en bloquant l’économie ce lundi 15 décembre et encerclons le sommet européen ce vendredi 19 décembre à Bruxelles.

La lutte ne fait que commencer...

Troïka et Michel : dégagez !!

 

Notes

|1| Le CADTM Belgique est également membre des plateformes de convergence AAA (Alliance pour des alternatives à l’austérité), ADTP (Acteurs des temps présents), Alliance D19-20 et Tout Autre Chose.

 

Source : cadtm.org

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:07

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

La Belgique se met à l'arrêt contre un plan d'austérité

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Une grève générale contre l'austérité paralyse la Belgique lundi. Les mobilisations, qui sont aussi soutenues dans le Nord flamand que dans le Sud wallon et à Bruxelles, fragilisent le gouvernement de droite de Charles Michel, à peine investi. Au centre du conflit: un plan de 11 milliards d'euros d'économies sur cinq ans censé doper la compétitivité belge.

De notre envoyé spécial à Bruxelles.- Avions et trains à l'arrêt, barrages routiers, accès bloqués aux zones industrielles, des administrations et écoles fermées, le service minimum dans les hôpitaux… La Belgique est à l'arrêt lundi. Cette grève générale, qui s'annonce très suivie, est organisée par les trois syndicats du pays, tous opposés à la politique d'austérité du nouveau gouvernement de Charles Michel.

La journée du 15 décembre marque l'aboutissement – très provisoire – d'une mobilisation de fond, lancée le 6 novembre avec une manifestation monstre à Bruxelles (120 000 personnes dans la rue), poursuivie par des grèves tournantes à travers les dix provinces de la Belgique. Depuis plus d'un mois, le royaume de 11 millions d'habitants traverse une période mouvementée, marquée par un bras de fer à l'issue incertaine entre l'exécutif de droite, à peine investi mais déjà impopulaire, et les syndicats très remontés.

1 - Les raisons de la colère : 11 milliards d'économies


 

Les grévistes tempêtent contre plusieurs points de l'« accord de gouvernement » conclu cet été. Ils rejettent le « saut d'index » pour 2015 – c'est-à-dire la suspension de l'augmentation des salaires ajustés à l'inflation, comme c'est la règle chaque début d'année en Belgique –, ou encore le report de l'âge légal de la retraite (aujourd'hui à 65 ans, repoussé à 66 ans en 2025 et 67 ans pour 2030). Le secteur de la culture est également mobilisé contre des coupes sèches et massives, dès l'an prochain. En tout, un paquet de 11 milliards d'économies sur cinq ans, censé doper la compétitivité belge.

« L'assainissement de 11 milliards, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, on doit le faire. Le gouvernement "suédois" (le surnom de l'exécutif, ndlr) est une coalition de courage », se défend Bart De Wever, le patron des indépendantistes flamands (N-VA) membres de la coalition. Avec une dette qui frôle les 105 % du PIB, la Belgique fait l'objet d'intenses pressions de la part de la commission européenne, qui exige davantage d'efforts (l'Union exhorte notamment depuis des années la Belgique à en finir avec son système d'indexation des salaires à l'inflation – lire ses recommandations).

En novembre, la commission a d'ailleurs menacé la Belgique de sanctions – exactement comme la France et l'Italie – si le pays ne revoyait pas son projet de budget pour 2015, ou si des « réformes structurelles » n'étaient pas prises d'ici mars. L'exécutif de droite, investi en octobre, a donc peu de marges de manœuvre. Les centrales syndicales, elles, réclament toutes le retour au dialogue social, avant de prendre de telles décisions. « C'est peu de dire que le nouveau gouvernement fédéral n'aura connu aucun état de grâce », résume Pascal Delwit, de l'université libre de Bruxelles au quotidien économique francophone L'Écho.

L'une des surprises du mouvement social en cours est qu'il mobilise tout autant en Wallonie qu'en Flandre. Pourtant, le gouvernement de coalition investi en octobre au fédéral est ultra-dominé par les partis flamands (trois sur quatre). À commencer par les grands vainqueurs des élections générales de mai : les indépendantistes de la N-VA. On aurait donc pu s'attendre à ce que ce gouvernement soit davantage contesté au Sud du pays (Wallonie) et à Bruxelles, qu'au Nord (Flandre). C'était sans doute l'un des paris de l'exécutif, pour déminer la contestation. 

« Traditionnellement, les mouvements sociaux sont moins bien suivis en Flandre. Avec un gouvernement qui penche vers le Nord du pays (…), on pourrait s'attendre à ce que les syndicats flamands soient moins enclins à contester l'équipe Michel. Ce n'est manifestement pas le cas », constate L'Écho dans son édition de samedi. « Contrairement aux espoirs initiaux de la majorité, la mobilisation sociale ne s'est pas donnée à voir comme asymétrique. La contestation sociale est tout aussi vive en Flandre qu'en Wallonie ou à Bruxelles », renchérit l'universitaire Pascal Delwit.

 

Bart de Wever (N-VA, à gauche) et Charles Michel (MR) le 28 mai 2014.  
Bart de Wever (N-VA, à gauche) et Charles Michel (MR) le 28 mai 2014. © Reuters.

Autre spécificité de cette mobilisation, qui surprend les observateurs par son ampleur : le front uni des syndicats qui, depuis six semaines, tient sans accrocs. Aux côtés de la FGTB au discours musclé (les socialistes), figurent deux centrales à l'image d'ordinaire plus « responsable », preuve que le moment est particulier : les chrétiens de l'ACV-CSC et les libéraux de la CGSLB. Combien de temps ce front commun durera-t-il, après la journée du 15 décembre ?

2 - Une bataille à distance entre Bart De Wever et le PS francophone

Il n'est pas ministre au fédéral  mais il est celui qu'on entend le plus ces derniers jours dans les médias belges, francophones comme flamands : Bart De Wever, le maire d'Anvers et patron de la N-VA, intervient comme s'il était premier ministre, et laisse les miettes à Charles Michel. L'opposition accuse d'ailleurs déjà le second, isolé sur la scène francophone, d'être le pantin du premier, tout-puissant en Flandre.

Pour De Wever, l'affaire est simple : la Belgique n'a pas le choix, il n'y a pas d'alternatives à cette politique économique musclée, et c'est le PS (aujourd'hui le principal parti dans l'opposition) qui instrumentalise les syndicats. « Cette grève est purement politique, ce n'est pas du tout une grève sociale »juge De Wever« L'objectif de la FGTB est de faire tomber ce gouvernement. Et ça c'est une vocation politique », renchérit Olivier Chastel, le président du MR (allié de la N-VA au gouvernement) dans un entretien à La Libre Belgique.

Face à De Wever, le secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet, ex-ouvrier chauffagiste de 57 ans, socialiste plutôt bourru, en poste depuis septembre à peine, est devenu l'un des nouveaux visages de la contestation. « Nous ne sommes pas dans une grève politique : on est dans une grève syndicale organisée en front commun », répond Goblet à De Wever. Lui refuse de s'asseoir autour de la table avec l'exécutif, tant que le gouvernement n'aura pas formellement fait une croix sur le « saut d'index » – ce que l'exécutif exclut. Bref, c'est l'impasse. « Le gouvernement ne cédera pas aux syndicats », prévenait-on côté MR, vendredi, à l'approche de la mobilisation du 15. Goblet parle déjà d'un nouveau « plan d'actions » en janvier.

Sur le fond, la stratégie de De Wever – couper dans le budget fédéral, pour réduire le périmètre de l'État fédéral et regagner des marges à l'échelle régionale – est explosive pour l'avenir d'un pays exténué par des tensions communautaires croissantes. « C'était un coup de poker : introduire dans le gouvernement fédéral un parti comme la N-VA, qui prône la disparition de l'État belge. (…) C'était également devoir s'assurer que le parti nationaliste ne profiterait pas de sa position pour affaiblir cet État de toutes les manières et démontrer ainsi que la Belgique est décidément ingouvernable », écrit le correspondant du Monde à Bruxelles.

Dans un édito samedi, le quotidien Le Soir, un rien désabusé, résumait ainsi l'affaire : « On comprend les syndicats frappés d'un coup par une pluie de mesures honnies depuis des décennies. On comprend le gouvernement qui hésite à ouvrir l'accord de gouvernement, au risque d'y laisser entrer les démons communautaires. On comprend les patrons qui voient fondre leur position concurrentielle. Mais qu'auront gagné les uns et les autres, après six mois de grève ? » « Michel doit siffler la fin de la récréation », s'impatiente, de son côté, La Libre Belgique.

3 - Un débat de fond sur la fiscalité belge

C'est le débat décisif qui nourrit la mobilisation : les injustices de la fiscalité belge, cas très particulier en Europe. D'après une récente enquête de l'OCDE, la Belgique est le troisième pays membre de l'organisation où le poids de la fiscalité est le plus lourd, après le Danemark et la France. Mais c'est surtout l'un des systèmes de taxation les plus inégaux d'Europe : le travail y est très fortement taxé, à l'inverse du capital. Pour ne rien arranger, le pays, souvent considéré comme un paradis fiscal, est l'un des seuls à avoir mis au point un mécanisme fiscal très avantageux pour les entreprises, et qui coûte cher à l'État – le système des intérêts notionnels (médiatisés par l'« affaire » Bernard Arnault en 2012).

La FGTB plaide, avec d'autres, pour un « glissement fiscal ». En clair : durcir les taxes sur le capital, et alléger d'autant celles sur le travail. De ce point de vue, le gouvernement ménage le suspense. Bart De Wever, pour la N-VA, a déjà dit et répété son opposition à la taxation des grandes fortunes. Mais il est « ouvert au débat » sur la taxation des plus-values boursières.

« Le 'tax shift' (glissement fiscal, ndlr) se traduira par une diminution des charges sur le travail et par l'augmentation de quelque chose d'autre. Dans le cadre de la réflexion fiscale, il y aura la question de la taxation du capital qui se posera. Le MR réfléchit à ce qu'il mettra sur la table à ce sujet », déclarait Olivier Chastel, le nouveau patron du MR, en fin de semaine. C'est d'ores et déjà l'une des vertus de la mobilisation : acter l'urgence d'une réforme fiscale en Belgique.

Les socialistes, dans l'opposition, ont beau jeu de monter au créneau. Mais certains ne manquent pas de leur rappeler que le gouvernement de coalition droite-gauche du socialiste Elio Di Rupo (décembre 2011-octobre 2014) n'a rien modifié aux grands équilibres fiscaux du pays – et encore moins supprimé les « intérêts notionnels ». « Si (la taxation du capital, ndlr) est vraiment un moyen pour faire des miracles, pourquoi le PS ne l'a-t-il pas fait depuis 25 ans ? » ironise Bart De Wever.

 

 

Dans ce contexte de vives tensions et d'impopularité des partis au pouvoir, un « mouvement citoyen » vient de se former, qu'il faudra suivre dans les mois à venir. Après le G-1000 de l'historien David Van Reybrouck, « Tout autre chose », côté francophone, s'inspire du mouvement flamand « Hart Boven Hard » (« le cœur avant la rigueur »). Ancré à gauche, le collectif anti-austérité, qui rassemble environ soixante-dix personnalités de la société civile (activistes, comédiens, etc.), veut « construire un large mouvement citoyen proposant des alternatives au modèle de société dominant » et « faire converger l'énorme potentiel d'imagination et d'action citoyenne en faveur de tout autres horizons » (leur appel est ici).

« Si le blocage persiste entre gouvernement et organisations syndicales, si la concertation reste au point mort, et la tension monte, "Tout autre chose" aura un boulevard », croit savoir Le Soir.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:55

 

Source : www.mediapart.fr

 

A Lima, le spectre de la négociation éternelle sur le climat

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

La réalité physique de la crise climatique ne parvient pas à percer la bulle des négociations internationales qui depuis vingt ans cherchent à établir le cadre imposant aux États de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre. La 20e conférence des parties (COP 20) qui s’est achevée dimanche 14 décembre au Pérou a achoppé sur l’essentiel.

Au lendemain de la clôture de la 20e conférence de l’ONU sur le climat, à Lima, l’agence internationale de l’énergie annonce que la consommation de charbon dans le monde continuera à augmenter les cinq prochaines années. En 2019, elle devrait dépasser les 9 milliards de tonnes. La baisse de la demande en Europe et aux États-Unis est plus que compensée par la hausse en Chine (responsable des trois cinquièmes de la poussée), en Inde et ailleurs en Asie. « Je dois insister encore une fois : le recours au charbon dans sa forme actuelle n’est pas soutenable », a déclaré la directrice exécutive de l’agence, Maria van der Hoeven.  

Plus de charbon consommé égale beaucoup plus d’émissions de gaz à effet de serre, et donc un climat toujours plus déréglé. L’année 2014 pourrait battre un triste record, selon l’organisation météorologique mondiale : devenir la plus chaude jamais observée.

 

Inauguration de la COP 20 par Manuel Pulgar, ministre péruvien de l'environnement, le 1er décembre 2014 (Wikicommons). 
Inauguration de la COP 20 par Manuel Pulgar, ministre péruvien de l'environnement, le 1er décembre 2014 (Wikicommons).

Cette réalité physique de la crise climatique ne parvient toujours pas à percer la bulle des négociations internationales qui, depuis vingt ans, cherchent à établir le cadre imposant aux États de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre. La 20e conférence des parties (COP 20) qui s’est achevée dimanche 14 décembre au Pérou a pris la forme d’un théâtre des cruautés : malgré les heures de travail acharné, la bonne volonté de participants, y compris au plus haut niveau, la prise en compte du dernier rapport des scientifiques du GIEC, la déclaration commune des États-Unis et de la Chine, et les engagements financiers européens, notamment, pour abonder les 10 milliards de dollars du fonds vert, ça bloque toujours sur l’essentiel : comment réduire les rejets de gaz qui réchauffent l’atmosphère, comment se partager l’effort entre riches et pauvres, pollueurs historiques et nouveaux pollueurs, comment trouver l’argent pour financer les nouvelles infrastructures de transport, d’industrie, de logement nécessaires à la décarbonisation du monde.

Le RAC, une association d’experts en négociation climatique proche des mouvements sociaux, et membre de la coalition climat 21 qui regroupe des associations, syndicats et ONG, s’emporte contre ce double discours permanent des gouvernements : « Les négociations de l’ONU demeurent importantes, mais insuffisantes pour répondre à la crise climatique. Ce sont les gouvernements, les collectivités locales et les citoyens qui doivent déployer les solutions. Encore faut-il que les gouvernements prennent les bonnes décisions. » Pour Alix Mazounie, responsable de la politique internationale : « Les États investissent de plus en plus dans les énergies renouvelables, tout en continuant de dépenser 600 milliards de subventions publiques dans les combustibles fossiles. Ce n’est qu’un exemple du double discours permanent des États qui affaiblit les négociations. Partout dans le monde, des projets inutiles et imposés continuent d’être envisagés et financés : nouvelles centrales au charbon, centrales nucléaires qui barrent la route aux renouvelables, nouvelles explorations pétrolières, nouveaux gazoducs ou oléoducs, aéroports, l’accord transatlantique qui ouvre les portes à l’importation en Europe de sables bitumineux. »

Un exemple ? Lors de sa visite officielle au Canada en novembre, un des plus gros pollueurs de la planète, François Hollande s’est rendu dans la province de l’Alberta qui a basé sa richesse sur l'exploitation des pétroles de schiste et sables bitumineux, au prix d’un désastre écologique. Qu’a déclaré le chef de l’État qui accueille le sommet de décembre 2015 censé déboucher sur un accord international sur le climat ? « Je souhaite que la France puisse continuer à mettre en valeur les immenses richesses du Nord-Ouest canadien, que ce soit dans les techniques d'exploitation, de transformation, d'acheminement des hydrocarbures, ou que ce soit dans la construction d'infrastructures. »


François Hollande et Stephen Harper à Banff, en Alberta (Reuters). 
François Hollande et Stephen Harper à Banff, en Alberta (Reuters).

Cette aporie vide les négociations onusiennes de leur substance au fil des ans. À quoi sert-il de négocier des textes aussi techniques que subtils, où chaque point-virgule est soupesé, s’ils n’empêchent aucune nouvelle mine de charbon ou de minerais, aucune nouvelle plateforme pétrolière offshore, aucun nouveau forage de gaz de schiste, aucun nouveau projet d’aéroport, de barrage destructeur de zone humide ni de centre de loisirs dévoreur de forêts ? Prenant acte de cette contradiction, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exhorté les acteurs économiques (industries, banques, assurances…) à élaborer leurs propres programmes de réduction d'émissions.

Les campagnes de désinvestissement des industries fossiles se multiplient dans le monde (la Société générale vient de se retirer du financement de la giga-mine australienne Alpha Coal suite à la mobilisation des Amis de la Terre, de Bizi et d'Attac). Mais fondées sur le volontariat, ces actions atteindront-elles l’échelle nécessaire pour contenir l’ampleur du dérèglement climatique ? Rien ne l’assure, évidemment. Elles ne suffisent pas à offrir un cadre général de suivi et de contrôle des courbes d’émission, des décisions et politiques qui les causent, de l’adaptation des populations les plus vulnérables. Elles n’établissent aucun principe de juste partage des tâches, en prenant en compte l’ancienneté des rejets de dioxyde de carbone en Europe et aux États-Unis, la pollution extrême des modèles de développement chinois, indien, brésilien, des États pétroliers et extractivistes.

« Il faut agir tout de suite «

La nécessité d’un cadre international, multilatéral, régi par des principes d’efficacité, de solidarité et de justice reste donc entière. Ce devrait être celui des conférences de l’ONU. C’est pourquoi le processus de négociation se poursuit, et que le rendez-vous de Lima était important : devait s’y établir l’architecture du texte d’accord que la communauté internationale espère signer à Paris dans un an. Après deux semaines + deux jours de discussion, on est loin du compte. De retour de Lima, dimanche 14 décembre, le climatologue Jean Jouzel ne cachait pas son amertume : « On a un peu perdu notre optimisme, c’est vrai », ajoutant : « Ce qui me déçoit le plus si on veut être en mesure de limiter le réchauffement climatique à long terme à 2°, c'est qu'il faut agir tout de suite, d’ici à 2020. On a très peu parlé des mesures qui peuvent être prises entre maintenant et 2020, et qui sont indispensables. »


 

Concrètement, que ressort-il de Lima ? Un appel pour l’action sur le climat, reconnaissant la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre à partir de 2020. Et en annexe, le texte le plus désespérant que l’on puisse imaginer : l’esquisse d’un brouillon d’accord pour Paris Climat 2015 (à lire ici à partir de la page 6), essentiellement composé d’hypothèses de paragraphes alignant les options, a,b,c… les unes derrière les autres. La journaliste du Guardian, Suzanne Goldenberg, s’est fendue d’une remarque qui en dit long sur l’ambiance sur place : c’est en voyant les sourires sur les visages des délégués malgré la faiblesse du texte que l’on comprend l’ampleur de la catastrophe évitée de justesse à Lima. À savoir, même pas de texte commun ! 

L’appel de Lima pose des règles de base pour discuter en 2015 d’un accord sur le climat, sur la base d’engagements des pays développés et des pays en développement, une nouveauté dans l’histoire de ces négociations qui ne demandaient d’effort jusqu’ici qu’aux pays riches. Les États sont appelés à remettre leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre en mars « pour ceux qui sont prêts à le faire ». Mais ce n’est qu’en novembre que le secrétariat de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques publiera le bilan de ces engagements. Soit moins d’un mois avant la conférence de Paris.

Requête des pays les plus pauvres, l’adaptation à la crise climatique est reconnue comme une priorité aussi prégnante que la réduction des émissions. Le principe des « loss and damages » (« pertes et dommages ») réclamé par les États insulaires pour se garantir une aide supplémentaire face au risque de submersion est reconnu. Enfin, le fonds vert a atteint les 10 milliards de dollars de promesses (cinq ans après sa création à Copenhague).

« La plupart des décisions les plus difficiles sont renvoyées à Paris, constate l’avocat néo-zélandais David Tong, analyste sur le site Adopt a negociator. Nous n’avons tout simplement pas discuté de la forme légale de l’accord de 2015. Des idées essentielles sont reléguées dans des clauses préambulatoires sans aucune force juridique. Pour que Paris ne soit pas une autre conférence inutile, nous piégeant dans un cycle infini de conférences décidant de prolonger d’éternelles négociations, il faudra que les choses se passent différemment. »

Même sur les financements, la situation est loin d’être réglée. Si les discussions sur le fonds vert ont bien avancé (reste à verser l’argent maintenant), quels effets sur le reste de l’économie réelle ? L’économiste britannique Nicholas Stern, auteur du fameux rapport sur le coût de l’inaction face au dérèglement climatique en 2006, et coauteur du New climate economy report en 2014, alerte dans le Guardian : « Dans les 15 prochaines années, jusqu’à 4 milliards de milliards de dollars seront investis chaque année dans les pays émergents et en voie de développement pour les infrastructures de routes et de BTP. Ce sont ces investissements qu’il faut transformer. Si on y arrive, la croissance économique peut être forte, plus propre, plus efficace, plus respectueuse de la biodiversité, soutenable et bien plus souhaitable. Si ces investissements enferment les pays dans des économies très carbonées, avec de la croissance sale, générée par des carburants fossiles, le monde ne pourra pas atteindre son objectif de maintenir le réchauffement à moins de 2°. »

« Nous allons reprendre le pouvoir que nous ont confisqué ceux qui n'agissent pas dans notre intérêt. Nous résisterons aux velléités d'imposer un "accord mondial sur le climat" qui ne fasse rien pour le climat et encore moins pour les populations, déclarent plusieurs dizaines de mouvements de justice climatique. Ici à Lima, ils ont essayé de nous enterrer. Mais ce qu'ils ignorent, c'est que nous sommes des graines qui écloront des sillons de la résistance. » Il leur reste moins d’un an pour sortir des déclarations incantatoires et trouver le moyen de se faire entendre des gouvernements.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:47

 

Info reçue par mail

 

 

COP20 : la « contribution » de Lima aggrave la crise climatique

 

 

Communiqué 15 décembre 2014


À Lima, la Convention cadre de l’ONU sur les changements climatiques s’est montrée incapable de satisfaire aux recommandations issues des rapports alarmants du Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC). Il était prévu que les États réexaminent et revoient à la hausse leurs engagements d’ici 2020, en particulier les pays riches. Pourtant, aucun pays n’envisage de réduire plus fortement ses émissions de gaz à effet de serre ni d’augmenter sa contribution financière. Or, « repousser ainsi à l’après 2020 l’essentiel des efforts à accomplir signifie abandonner l’objectif consistant à ne pas dépasser les 2 °C de réchauffement global d’ici la fin du siècle » analyse Maxime Combes d’Attac France.
Le décalage entre ce que le GIEC recommande, ce que les négociations de l’ONU permettent et ce que les gouvernements font ne cesse de grandir. « En évacuant des négociations la dimension civilisationnelle du changement climatique, les États ont inventé une machine qui empile des mécanismes techniques toujours plus sophistiqués et déconnectés de la réalité des dérèglements climatiques et des populations qui en subissent les conséquences », constate Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France. Loin de neutraliser les tensions (géo)politiques et de solutionner la crise climatique, ces dispositifs étouffent les trop rares initiatives en faveur de la justice climatique. Ils encouragent au contraire les pays industriels à s’exonérer de leurs responsabilités historiques et les pays émergents à conforter un modèle productiviste et extractiviste insoutenable.
Avec constance et détermination, les pays les plus puissants de la planète essaient de restreindre la portée des principes d’équité et de responsabilités communes mais différenciées. L’introduction d’une démarche volontaire et non contraignante pour définir les contributions de chacun des pays à la lutte contre les dérèglements climatiques fera primer l’échelon national sur la réalisation d’objectifs globaux. Non contraints au sein de l’ONU, et aiguillés par les intérêts des entreprises privées, les gouvernements s’activent par ailleurs pour libéraliser le commerce et l’investissement, encouragent la recherche et l’exploitation de nouvelles sources d’hydrocarbures et refusent de désarmer les marchés financiers, trois vecteurs majeurs de l’aggravation de la crise climatique.
À douze mois de la conférence de l’ONU sur le dérèglement climatique à Paris-Le Bourget, l’une des responsabilités majeures des ONG et des mouvements sociaux et écologistes est de s’attaquer à ce décalage dramatique entre la fuite en avant extractiviste et productiviste liée à la globalisation économique et financière, et les exigences à la fois claires et rigoureuses en matière de transition écologique et sociale. « Face à l’urgence climatique, la passivité voire l’action irresponsable des dirigeants et des multinationales imposent à la société civile d’initier une bataille globale et de longue haleine » selon Christophe Aguiton d’Attac France. Attac France, en lien avec ses partenaires de la Coalition Climat 21 et ses partenaires internationaux, poursuivra son engagement pour initier un véritable changement systémique, qui subordonne les intérêts financiers aux exigences climatiques. Telle est l’autre route de Lima à Paris.

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Attac France — 2014
 

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