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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 18:33

 

Source : www.bio-marche.info

 

Les Fralibs font certifier leur production

Auteur: Gabriel Lombard

 

Ecocert vient de certifier bio pendant un an la Scop T.I (pour Thés et Infusions) d'Aubagne, créée en juillet 2014 par les anciens salariés d'Unilever (marque Eléphant). Les premiers thés bio des "Fralibs" devraient être commercialisés au printemps, selon Olivier Leberquier, directeur général de la Scop T.I joint par Bio-Marché.Info.

"Tilleul de Provence" : les Fralibs brandissent leur arme contre Unilever (août 2013)

La certification s'ajoute à une autre bonne nouvelle puisque la coopérative vient de recevoir sur son compte les 2,8 millions d'euros issus de l'accord de fin de conflit avec la multinationale. Ce versement s'ajoutent aux 177.000 euros de capital de démarrage, financés par les 58 coopérateurs, tous anciens salariés. Lors d'un procès qui avait duré plus de 4 ans contre la fermeture de leur usine, le nom de la marque FRALIB (pour Française d'Alimentation et de Boissons) avait été transformé en Fralibs, pour Fraternité, liberté, solidarité.

Le projet des Fralibs est maintenant de développer, ou plutôt de "recréer" la filière des herbes médicinales et aromatiques de Provence, explique Olivier Leberquier. Unilever commercialisait, pour sa marque française, "du tilleul d'Amérique latine transformé en Allemagne" aux dépens des producteurs locaux, selon l'ex-leader de la lutte des Fralibs devenu patron. "La cueillette annuelle de tilleul était d’environ 400 tonnes au début des années 2000, essentiellement en régions PACA , Rhône-Alpes et Sud Ouest, aujourd’hui elle est tombée à 10 - 15 tonnes".

Les tisanes des Fralibs seront donc régionales, et en grande partie bio. Ainsi des sachets d'infusion de tilleul des petits producteurs de Buis-les-Baronnies, déjà commercialisés comme production militante. La coopérative prévoit également de commercialiser du thé vert haut de gamme issu d'une coopérative de Yên Bái au Vietnam, qui serait en cours de certification bio.

Le nom de la marque - ou des marques - pour la production des Fralibs devrait être décidé d'ici janvier 2015. En attendant, le collectif recherche des fournisseurs bio de plusieurs variétés de plantes locales (camomille, menthe, tilleul...), pour développer son marché et répondre à la demande de sa clientèle.

Fiche de contact pour fournisseurs (Pdf)
Mail : contact(at)scop-ti.com
  

15.12.2014

 

 

Source : www.bio-marche.info

 

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:45

 

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

Vidéo

La dette ou comment s’en débarrasser

15 décembre par Nicolas Sersiron

 


Conférence le 29 novembre à Nîmes, proposée par Horizons, La Coopérative des Livres et des Idées, dans le cadre de la première "Féria du livre de la critique sociale et des émancipations".

La dette ou comment s’en débarrasser

Par Nicolas Sersiron, auteur de Dette et extractivisme, Ed. Utopia

 

*Pour visualiser la vidéo, cliquer ici

 

N. Sersiron est président du CADTM France. L’audit et l’annulation des dettes illégitimes, la réduction des inégalités, la fin du pillage des ressources, sont quelques-uns des combats citoyens qu’il propose.

L’extractivisme, ce pillage des ressources naturelles de la planète par la force, a donné à l’Europe puis aux États-Unis les moyens de dominer le monde. Depuis la disparition des colonies, la dette illégitime, nouvelle violence imposée aux pays dits « en développement », a permis d’assurer la continuité du pillage. Cette dette a amplifié le système extractiviste, initialement appliqué aux produits fossiles et agricoles, en l’étendant aux ressources financières du Sud puis aujourd’hui du Nord. Elle impose le remboursement par les populations de dettes dont elles ne sont pas responsables mais victimes. Dette et extractivisme sont intimement liés. Facteurs d’injustice, de corruption, de violences sociales et environnementales, ils sont également à l’origine du dérèglement climatique.
Des alternatives pour créer une société post-extractiviste, soucieuse du climat et des peuples existent. L’audit et l’annulation des dettes illégitimes, la réduction des inégalités, la fin du pillage extractiviste, sont quelques-uns des combats citoyens essentiels proposés dans ce livre.

 

*Pour visualiser la vidéo, cliquer ici

 

 

 

 

 

Source : cadtm.org

 

 

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:31

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit

 

 

Le pouvoir de l’argent contre la démocratie

L’Université critique et citoyenne de Nîmes est l’un de ces lieux précieux où militants ou ancien militants de toutes tendances, politiques ou associatifs, aiment à se retrouver pour confronter leur point de vue, en des temps difficiles où la gauche dans ses différentes composantes traverse une crise grave. Alors que les dirigeants socialistes conduisent une politique radicalement contraire à l’aspiration qui les a portés au pouvoir ; alors que la gauche de la gauche se déchire trop souvent ou préfère parfois l’invective à la confrontation, c’est l’un de ces lieux rares où le débat peut avoir lieu. L’indispensable débat sans lequel il n’y aura pas cette refondation de la gauche, qui serait pourtant si nécessaire.

Dans le cadre des confrontations et des débats qu’elle organise tout au long de l’année, l’Université critique et citoyenne de Nîmes m'a donc invité, le 9 décembre, à introduire un débat sur le thème « Le pouvoir de l’argent contre la démocratie ». C’est ce débat, auquel participait une bonne centaine des personnes, que l’on peut visionner sur la vidéo ci-dessus.

L’Université critique et citoyenne de Nîmes dispose d’un blog qui est ici et le programme de ses débats pour la saison 2014-2015 peut être consulté là. Les vidéos de ses débats sont par ailleurs hébergés sur ce site.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit

 

 


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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:21

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/michael-hajdenberg


 

Les électeurs du Front de gauche votent Merkel. Paraît-il.

Les semaines se suivent et se ressemblent au Journal du dimanche (JDD). Quand l’actualité manque de talent, rien de tel qu’un bon sondage de l’IFOP bien instrumentalisé. Avec le temps, on devrait être habitué. Mais à la lecture, ça empêche toujours le café de passer.

Après le tapis rouge déroulé à Marine Le Pen il y a quelques semaines, c’était ce 14 décembre au tour d’Angela Merkel d’être prétendument  portée aux nues par les Français (1011 en l’occurrence).

 

 

Sur la couverture, « les Français votent Merkel ». Bien sûr, c’est une image. Mais le fond du problème est là : par Internet, entre un CV à envoyer et les enfants à aller chercher, on demande « aux Français » de se prononcer sur un chef d’Etat étranger. Les sondeurs imposent ainsi de répondre à une question que pas grand monde ne se pose, en tout cas dans ces termes : « Diriez-vous que vous avez une excellente opinion, une bonne opinion, une mauvais opinion ou une très mauvais opinion d’Angela Merkel ? » Première surprise : d’après les réponses publiées, non seulement 100% des Français ont une opinion sur ce sujet. Mais celle-ci est toujours réductible à un adjectif.

On ne saura probablement jamais ce que ce type d’interrogation posée à brûle-pourpoint donnerait pour l’Américain Obama, le Russe Poutine, l’Ivoirien Ouattara, l’Egyptien Al-Sissi, le Guinéen Condé. Mais avec ce type de méthode, et puisque les sans-opinions n’existent pas, on pourrait très bien imaginer une « Une » « Condé encensé par les Français ». Pour le coup, ça changerait.

 

 

On ouvre le journal, on prend une gorgée d’eau, et on s’avale le bandeau : « Merkel plébiscitée ». En dessous : « Selon notre enquête exclusive de l’IFOP, les Français aiment la chancelière et souhaitent même que la France s’inspire des réformes allemandes ». Pour quelques milliers d'euros (mais l'IFOP n'a pas répondu à nos appels), voilà donc le JDD en possession d'une enquête, d'une exclu et d'une manchette. Avec l'assurance d'être cité dans presque tous les medias

Ensuite, on se plonge dans l’article pour comprendre. Et là, on apprend - comme quoi le journalisme peut encore faire tomber les pires préjugés -,  que 51% des électeurs du Front de gauche ont une bonne opinion d’Angela Merkel. Jean-Luc Mélenchon se fourvoie donc. Il prend à contre-pied une majorité de son propre électorat.

Lundi, un peu intrigué, on se réfère à l’étude exhaustive, disponible sur le site de l’IFOP. Les données brutes ne sont pas livrées. Mais par exemple, pour cette information sur le Front de gauche, on apprend, grâce à une petite astérisque, que moins de 40 personnes assurant « avoir une proximité politique avec le Front de Gauche » ont répondu à la question sur Angela Merkel (dans ce genre d’étude, on est sommé de déclarer une proximité avec quelqu’un, sinon l’institut n’arrive pas à dégager des majorités).

Attention, nous prévient donc l’IFOP : « Ces résultats sont à interpréter avec prudence en raison de la faiblesse des effectifs ». Si même l’IFOP nous dit d’être prudent (au delà de l’habituel cliché sur « la-photo-instantanée-de- l’opinion-qu’il-ne-faut-pas-sur-interpréter), c’est qu’il faut vraiment se méfier. Une prudence dont s’est exonéré le JDD.

Moins de 40, ça fait combien de pelés ? 35, 30, 20 ? Faute de réponse de l’IFOP, on ne saura pas. Imaginons qu’ils soient 30. 16 d'entre eux auraient une bonne opinion de Merkel. 14 une mauvaise. Bel échantillon pour tirer des conclusions. Sans même parler de la marge d'erreur, qui selon l'IFOP est déjà de 10 points pour un échantillon de 100 personnes, soit plus de deux fois supérieur !

Ensuite, en guise de conclusion mais pour donner des gages d’équilibre, une seconde question est posée. Il faut se concentrer pour comprendre le graphique mais on saisit que « 76% des Français considèrent que l’Allemagne connaît des problèmes de bas salaire et de pauvreté ». 74% « considèrent que l’Allemagne exerce une trop forte influence sur la politique suivie par l’Union Européenne ». D’où le titre « Merkel plébiscitée » ? N’y aurait-il pas une légère contradiction ?

Attention cependant à ne pas accorder trop de crédit non plus à ces deux dernières « informations » ?  En fait, tout dépend de la façon dont la question est posée. Car les Français interrogés sont en fait « d’accord » avec toutes les propositions suggérées. Ils trouvent à 73% « regrettable que des personnalités politiques critiquent l’Allemagne avec virulence compte-tenu de la relation franco-allemande ».

Mais quel résultat aurait-on obtenu si la suggestion avait été : « il est normal que des personnalités politiques puissent fortement critiquer l’Allemagne lorsqu’elles souhaitent que l’Union européenne mène une politique différente » ?

Enfin, 64% des Français pensent que « la France devrait s’inspirer des réformes mises en place par l’Allemagne ». Que veut dire s’inspirer ? Imiter ? Adapter ? Et de quoi parle-t-on ? Des réformes économiques ? Sociétales ? Lesquelles ?

Peu importe. L’auteur de l’article, lui a compris… Selon le journaliste du JDD, « pour les ¾ des Français, la première économie européenne connaît des problèmes de bas salaires et de pauvreté, prix à payer pour obtenir un chômage de 4,9%. » (…) « Comme si les Français savaient que les réformes avaient un prix élevé (…) mais que la France ne pouvait plus se permettre de rester à la traîne du pays de Frau Merkel ». CQFD.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/michael-hajdenberg

 

 

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:15

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

Déclaration de soutien du CADTM Belgique à la grève générale du 15 décembre

11 décembre par CADTM Belgique

 


Le CADTM Belgique, membre du réseau Altersummit, |1| exprime ici son soutien actif à la grève générale du 15 décembre organisée par le front commun syndical belge. Moment de conscientisation et de lutte, la grève s’avère au regard des histoires des peuples un puissant outil pour faire plier le pouvoir capitaliste et ses relais politiques.

Nous soutenons l’ensemble du calendrier syndical et appelons à continuer le plan d’actions après cette grève générale, qui marquera l’Histoire de la Belgique.

Le projet du gouvernement fédéral belge constitue une violente offensive contre les droits économiques et sociaux de 99% de la population, des travailleur.se.s avec ou sans emploi. Le démantèlement programmé du droit du travail et de la sécurité sociale, la chasse aux sans-papiers et aux travailleur.se.s précaires – qui ne représentent qu’une partie du projet nauséabond de ce nouveau gouvernement – sont justifiés par un besoin toujours plus grand de compétitivité et par une prétendue recherche d’équilibre budgétaire, au nom du paiement de la dette dont une grande partie n’a pourtant pas bénéficié à la majorité de la population. Rappelons que le paiement du service de la dette (capital et intérêts) constitue la première dépense d’État, soit 20% du budget annuel !

Ces politiques s’inscrivent dans la droite ligne de celles prescrites ces dernières années en Europe par la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). La Commission européenne a d’ailleurs averti la Belgique que son budget était non conforme au Pacte de stabilité et de croissance. Elle a salué les réformes annoncées par le gouvernement Michel mais a exigé encore plus d’efforts dans ce sens.

Si les chiffres optimistes présentés dans le budget gouvernemental n’ont pas été approuvés par la Cour des Comptes, ce gouvernement est particulièrement obéissant et zélé en termes de casse sociale. S’il ne tombe pas, il appliquera sa « rigueur budgétaire » qui entend avant tout satisfaire les intérêts d’une poignée de riches spéculateurs au détriment du reste de la population. Les autres niveaux de pouvoir – régional, communautaire, provincial, local - ne sont pas en reste, et il s’agit là aussi de lutter contre toute forme d’austérité et contre les dettes illégitimes, comme celles qui ont été causées par les sauvetages bancaires et par la mise en œuvre depuis plus de trente ans de politiques fiscales injustes.

Enfin, le gouvernement, tout comme la Commission européenne, est particulièrement favorable à la mise en place du traité transatlantique (TTIP) et d’autres traités de libre-échange qui achèveraient de confier nos démocraties aux plus riches et aux multinationales. Contre ces deux logiques d’austérité et de libre-échange opposons-nous au gouvernement en bloquant l’économie ce lundi 15 décembre et encerclons le sommet européen ce vendredi 19 décembre à Bruxelles.

La lutte ne fait que commencer...

Troïka et Michel : dégagez !!

 

Notes

|1| Le CADTM Belgique est également membre des plateformes de convergence AAA (Alliance pour des alternatives à l’austérité), ADTP (Acteurs des temps présents), Alliance D19-20 et Tout Autre Chose.

 

Source : cadtm.org

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:07

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

La Belgique se met à l'arrêt contre un plan d'austérité

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

Une grève générale contre l'austérité paralyse la Belgique lundi. Les mobilisations, qui sont aussi soutenues dans le Nord flamand que dans le Sud wallon et à Bruxelles, fragilisent le gouvernement de droite de Charles Michel, à peine investi. Au centre du conflit: un plan de 11 milliards d'euros d'économies sur cinq ans censé doper la compétitivité belge.

De notre envoyé spécial à Bruxelles.- Avions et trains à l'arrêt, barrages routiers, accès bloqués aux zones industrielles, des administrations et écoles fermées, le service minimum dans les hôpitaux… La Belgique est à l'arrêt lundi. Cette grève générale, qui s'annonce très suivie, est organisée par les trois syndicats du pays, tous opposés à la politique d'austérité du nouveau gouvernement de Charles Michel.

La journée du 15 décembre marque l'aboutissement – très provisoire – d'une mobilisation de fond, lancée le 6 novembre avec une manifestation monstre à Bruxelles (120 000 personnes dans la rue), poursuivie par des grèves tournantes à travers les dix provinces de la Belgique. Depuis plus d'un mois, le royaume de 11 millions d'habitants traverse une période mouvementée, marquée par un bras de fer à l'issue incertaine entre l'exécutif de droite, à peine investi mais déjà impopulaire, et les syndicats très remontés.

1 - Les raisons de la colère : 11 milliards d'économies


 

Les grévistes tempêtent contre plusieurs points de l'« accord de gouvernement » conclu cet été. Ils rejettent le « saut d'index » pour 2015 – c'est-à-dire la suspension de l'augmentation des salaires ajustés à l'inflation, comme c'est la règle chaque début d'année en Belgique –, ou encore le report de l'âge légal de la retraite (aujourd'hui à 65 ans, repoussé à 66 ans en 2025 et 67 ans pour 2030). Le secteur de la culture est également mobilisé contre des coupes sèches et massives, dès l'an prochain. En tout, un paquet de 11 milliards d'économies sur cinq ans, censé doper la compétitivité belge.

« L'assainissement de 11 milliards, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, on doit le faire. Le gouvernement "suédois" (le surnom de l'exécutif, ndlr) est une coalition de courage », se défend Bart De Wever, le patron des indépendantistes flamands (N-VA) membres de la coalition. Avec une dette qui frôle les 105 % du PIB, la Belgique fait l'objet d'intenses pressions de la part de la commission européenne, qui exige davantage d'efforts (l'Union exhorte notamment depuis des années la Belgique à en finir avec son système d'indexation des salaires à l'inflation – lire ses recommandations).

En novembre, la commission a d'ailleurs menacé la Belgique de sanctions – exactement comme la France et l'Italie – si le pays ne revoyait pas son projet de budget pour 2015, ou si des « réformes structurelles » n'étaient pas prises d'ici mars. L'exécutif de droite, investi en octobre, a donc peu de marges de manœuvre. Les centrales syndicales, elles, réclament toutes le retour au dialogue social, avant de prendre de telles décisions. « C'est peu de dire que le nouveau gouvernement fédéral n'aura connu aucun état de grâce », résume Pascal Delwit, de l'université libre de Bruxelles au quotidien économique francophone L'Écho.

L'une des surprises du mouvement social en cours est qu'il mobilise tout autant en Wallonie qu'en Flandre. Pourtant, le gouvernement de coalition investi en octobre au fédéral est ultra-dominé par les partis flamands (trois sur quatre). À commencer par les grands vainqueurs des élections générales de mai : les indépendantistes de la N-VA. On aurait donc pu s'attendre à ce que ce gouvernement soit davantage contesté au Sud du pays (Wallonie) et à Bruxelles, qu'au Nord (Flandre). C'était sans doute l'un des paris de l'exécutif, pour déminer la contestation. 

« Traditionnellement, les mouvements sociaux sont moins bien suivis en Flandre. Avec un gouvernement qui penche vers le Nord du pays (…), on pourrait s'attendre à ce que les syndicats flamands soient moins enclins à contester l'équipe Michel. Ce n'est manifestement pas le cas », constate L'Écho dans son édition de samedi. « Contrairement aux espoirs initiaux de la majorité, la mobilisation sociale ne s'est pas donnée à voir comme asymétrique. La contestation sociale est tout aussi vive en Flandre qu'en Wallonie ou à Bruxelles », renchérit l'universitaire Pascal Delwit.

 

Bart de Wever (N-VA, à gauche) et Charles Michel (MR) le 28 mai 2014.  
Bart de Wever (N-VA, à gauche) et Charles Michel (MR) le 28 mai 2014. © Reuters.

Autre spécificité de cette mobilisation, qui surprend les observateurs par son ampleur : le front uni des syndicats qui, depuis six semaines, tient sans accrocs. Aux côtés de la FGTB au discours musclé (les socialistes), figurent deux centrales à l'image d'ordinaire plus « responsable », preuve que le moment est particulier : les chrétiens de l'ACV-CSC et les libéraux de la CGSLB. Combien de temps ce front commun durera-t-il, après la journée du 15 décembre ?

2 - Une bataille à distance entre Bart De Wever et le PS francophone

Il n'est pas ministre au fédéral  mais il est celui qu'on entend le plus ces derniers jours dans les médias belges, francophones comme flamands : Bart De Wever, le maire d'Anvers et patron de la N-VA, intervient comme s'il était premier ministre, et laisse les miettes à Charles Michel. L'opposition accuse d'ailleurs déjà le second, isolé sur la scène francophone, d'être le pantin du premier, tout-puissant en Flandre.

Pour De Wever, l'affaire est simple : la Belgique n'a pas le choix, il n'y a pas d'alternatives à cette politique économique musclée, et c'est le PS (aujourd'hui le principal parti dans l'opposition) qui instrumentalise les syndicats. « Cette grève est purement politique, ce n'est pas du tout une grève sociale »juge De Wever« L'objectif de la FGTB est de faire tomber ce gouvernement. Et ça c'est une vocation politique », renchérit Olivier Chastel, le président du MR (allié de la N-VA au gouvernement) dans un entretien à La Libre Belgique.

Face à De Wever, le secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet, ex-ouvrier chauffagiste de 57 ans, socialiste plutôt bourru, en poste depuis septembre à peine, est devenu l'un des nouveaux visages de la contestation. « Nous ne sommes pas dans une grève politique : on est dans une grève syndicale organisée en front commun », répond Goblet à De Wever. Lui refuse de s'asseoir autour de la table avec l'exécutif, tant que le gouvernement n'aura pas formellement fait une croix sur le « saut d'index » – ce que l'exécutif exclut. Bref, c'est l'impasse. « Le gouvernement ne cédera pas aux syndicats », prévenait-on côté MR, vendredi, à l'approche de la mobilisation du 15. Goblet parle déjà d'un nouveau « plan d'actions » en janvier.

Sur le fond, la stratégie de De Wever – couper dans le budget fédéral, pour réduire le périmètre de l'État fédéral et regagner des marges à l'échelle régionale – est explosive pour l'avenir d'un pays exténué par des tensions communautaires croissantes. « C'était un coup de poker : introduire dans le gouvernement fédéral un parti comme la N-VA, qui prône la disparition de l'État belge. (…) C'était également devoir s'assurer que le parti nationaliste ne profiterait pas de sa position pour affaiblir cet État de toutes les manières et démontrer ainsi que la Belgique est décidément ingouvernable », écrit le correspondant du Monde à Bruxelles.

Dans un édito samedi, le quotidien Le Soir, un rien désabusé, résumait ainsi l'affaire : « On comprend les syndicats frappés d'un coup par une pluie de mesures honnies depuis des décennies. On comprend le gouvernement qui hésite à ouvrir l'accord de gouvernement, au risque d'y laisser entrer les démons communautaires. On comprend les patrons qui voient fondre leur position concurrentielle. Mais qu'auront gagné les uns et les autres, après six mois de grève ? » « Michel doit siffler la fin de la récréation », s'impatiente, de son côté, La Libre Belgique.

3 - Un débat de fond sur la fiscalité belge

C'est le débat décisif qui nourrit la mobilisation : les injustices de la fiscalité belge, cas très particulier en Europe. D'après une récente enquête de l'OCDE, la Belgique est le troisième pays membre de l'organisation où le poids de la fiscalité est le plus lourd, après le Danemark et la France. Mais c'est surtout l'un des systèmes de taxation les plus inégaux d'Europe : le travail y est très fortement taxé, à l'inverse du capital. Pour ne rien arranger, le pays, souvent considéré comme un paradis fiscal, est l'un des seuls à avoir mis au point un mécanisme fiscal très avantageux pour les entreprises, et qui coûte cher à l'État – le système des intérêts notionnels (médiatisés par l'« affaire » Bernard Arnault en 2012).

La FGTB plaide, avec d'autres, pour un « glissement fiscal ». En clair : durcir les taxes sur le capital, et alléger d'autant celles sur le travail. De ce point de vue, le gouvernement ménage le suspense. Bart De Wever, pour la N-VA, a déjà dit et répété son opposition à la taxation des grandes fortunes. Mais il est « ouvert au débat » sur la taxation des plus-values boursières.

« Le 'tax shift' (glissement fiscal, ndlr) se traduira par une diminution des charges sur le travail et par l'augmentation de quelque chose d'autre. Dans le cadre de la réflexion fiscale, il y aura la question de la taxation du capital qui se posera. Le MR réfléchit à ce qu'il mettra sur la table à ce sujet », déclarait Olivier Chastel, le nouveau patron du MR, en fin de semaine. C'est d'ores et déjà l'une des vertus de la mobilisation : acter l'urgence d'une réforme fiscale en Belgique.

Les socialistes, dans l'opposition, ont beau jeu de monter au créneau. Mais certains ne manquent pas de leur rappeler que le gouvernement de coalition droite-gauche du socialiste Elio Di Rupo (décembre 2011-octobre 2014) n'a rien modifié aux grands équilibres fiscaux du pays – et encore moins supprimé les « intérêts notionnels ». « Si (la taxation du capital, ndlr) est vraiment un moyen pour faire des miracles, pourquoi le PS ne l'a-t-il pas fait depuis 25 ans ? » ironise Bart De Wever.

 

 

Dans ce contexte de vives tensions et d'impopularité des partis au pouvoir, un « mouvement citoyen » vient de se former, qu'il faudra suivre dans les mois à venir. Après le G-1000 de l'historien David Van Reybrouck, « Tout autre chose », côté francophone, s'inspire du mouvement flamand « Hart Boven Hard » (« le cœur avant la rigueur »). Ancré à gauche, le collectif anti-austérité, qui rassemble environ soixante-dix personnalités de la société civile (activistes, comédiens, etc.), veut « construire un large mouvement citoyen proposant des alternatives au modèle de société dominant » et « faire converger l'énorme potentiel d'imagination et d'action citoyenne en faveur de tout autres horizons » (leur appel est ici).

« Si le blocage persiste entre gouvernement et organisations syndicales, si la concertation reste au point mort, et la tension monte, "Tout autre chose" aura un boulevard », croit savoir Le Soir.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:55

 

Source : www.mediapart.fr

 

A Lima, le spectre de la négociation éternelle sur le climat

|  Par Jade Lindgaard

 

 

 

La réalité physique de la crise climatique ne parvient pas à percer la bulle des négociations internationales qui depuis vingt ans cherchent à établir le cadre imposant aux États de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre. La 20e conférence des parties (COP 20) qui s’est achevée dimanche 14 décembre au Pérou a achoppé sur l’essentiel.

Au lendemain de la clôture de la 20e conférence de l’ONU sur le climat, à Lima, l’agence internationale de l’énergie annonce que la consommation de charbon dans le monde continuera à augmenter les cinq prochaines années. En 2019, elle devrait dépasser les 9 milliards de tonnes. La baisse de la demande en Europe et aux États-Unis est plus que compensée par la hausse en Chine (responsable des trois cinquièmes de la poussée), en Inde et ailleurs en Asie. « Je dois insister encore une fois : le recours au charbon dans sa forme actuelle n’est pas soutenable », a déclaré la directrice exécutive de l’agence, Maria van der Hoeven.  

Plus de charbon consommé égale beaucoup plus d’émissions de gaz à effet de serre, et donc un climat toujours plus déréglé. L’année 2014 pourrait battre un triste record, selon l’organisation météorologique mondiale : devenir la plus chaude jamais observée.

 

Inauguration de la COP 20 par Manuel Pulgar, ministre péruvien de l'environnement, le 1er décembre 2014 (Wikicommons). 
Inauguration de la COP 20 par Manuel Pulgar, ministre péruvien de l'environnement, le 1er décembre 2014 (Wikicommons).

Cette réalité physique de la crise climatique ne parvient toujours pas à percer la bulle des négociations internationales qui, depuis vingt ans, cherchent à établir le cadre imposant aux États de réduire leurs rejets de gaz à effet de serre. La 20e conférence des parties (COP 20) qui s’est achevée dimanche 14 décembre au Pérou a pris la forme d’un théâtre des cruautés : malgré les heures de travail acharné, la bonne volonté de participants, y compris au plus haut niveau, la prise en compte du dernier rapport des scientifiques du GIEC, la déclaration commune des États-Unis et de la Chine, et les engagements financiers européens, notamment, pour abonder les 10 milliards de dollars du fonds vert, ça bloque toujours sur l’essentiel : comment réduire les rejets de gaz qui réchauffent l’atmosphère, comment se partager l’effort entre riches et pauvres, pollueurs historiques et nouveaux pollueurs, comment trouver l’argent pour financer les nouvelles infrastructures de transport, d’industrie, de logement nécessaires à la décarbonisation du monde.

Le RAC, une association d’experts en négociation climatique proche des mouvements sociaux, et membre de la coalition climat 21 qui regroupe des associations, syndicats et ONG, s’emporte contre ce double discours permanent des gouvernements : « Les négociations de l’ONU demeurent importantes, mais insuffisantes pour répondre à la crise climatique. Ce sont les gouvernements, les collectivités locales et les citoyens qui doivent déployer les solutions. Encore faut-il que les gouvernements prennent les bonnes décisions. » Pour Alix Mazounie, responsable de la politique internationale : « Les États investissent de plus en plus dans les énergies renouvelables, tout en continuant de dépenser 600 milliards de subventions publiques dans les combustibles fossiles. Ce n’est qu’un exemple du double discours permanent des États qui affaiblit les négociations. Partout dans le monde, des projets inutiles et imposés continuent d’être envisagés et financés : nouvelles centrales au charbon, centrales nucléaires qui barrent la route aux renouvelables, nouvelles explorations pétrolières, nouveaux gazoducs ou oléoducs, aéroports, l’accord transatlantique qui ouvre les portes à l’importation en Europe de sables bitumineux. »

Un exemple ? Lors de sa visite officielle au Canada en novembre, un des plus gros pollueurs de la planète, François Hollande s’est rendu dans la province de l’Alberta qui a basé sa richesse sur l'exploitation des pétroles de schiste et sables bitumineux, au prix d’un désastre écologique. Qu’a déclaré le chef de l’État qui accueille le sommet de décembre 2015 censé déboucher sur un accord international sur le climat ? « Je souhaite que la France puisse continuer à mettre en valeur les immenses richesses du Nord-Ouest canadien, que ce soit dans les techniques d'exploitation, de transformation, d'acheminement des hydrocarbures, ou que ce soit dans la construction d'infrastructures. »


François Hollande et Stephen Harper à Banff, en Alberta (Reuters). 
François Hollande et Stephen Harper à Banff, en Alberta (Reuters).

Cette aporie vide les négociations onusiennes de leur substance au fil des ans. À quoi sert-il de négocier des textes aussi techniques que subtils, où chaque point-virgule est soupesé, s’ils n’empêchent aucune nouvelle mine de charbon ou de minerais, aucune nouvelle plateforme pétrolière offshore, aucun nouveau forage de gaz de schiste, aucun nouveau projet d’aéroport, de barrage destructeur de zone humide ni de centre de loisirs dévoreur de forêts ? Prenant acte de cette contradiction, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exhorté les acteurs économiques (industries, banques, assurances…) à élaborer leurs propres programmes de réduction d'émissions.

Les campagnes de désinvestissement des industries fossiles se multiplient dans le monde (la Société générale vient de se retirer du financement de la giga-mine australienne Alpha Coal suite à la mobilisation des Amis de la Terre, de Bizi et d'Attac). Mais fondées sur le volontariat, ces actions atteindront-elles l’échelle nécessaire pour contenir l’ampleur du dérèglement climatique ? Rien ne l’assure, évidemment. Elles ne suffisent pas à offrir un cadre général de suivi et de contrôle des courbes d’émission, des décisions et politiques qui les causent, de l’adaptation des populations les plus vulnérables. Elles n’établissent aucun principe de juste partage des tâches, en prenant en compte l’ancienneté des rejets de dioxyde de carbone en Europe et aux États-Unis, la pollution extrême des modèles de développement chinois, indien, brésilien, des États pétroliers et extractivistes.

« Il faut agir tout de suite «

La nécessité d’un cadre international, multilatéral, régi par des principes d’efficacité, de solidarité et de justice reste donc entière. Ce devrait être celui des conférences de l’ONU. C’est pourquoi le processus de négociation se poursuit, et que le rendez-vous de Lima était important : devait s’y établir l’architecture du texte d’accord que la communauté internationale espère signer à Paris dans un an. Après deux semaines + deux jours de discussion, on est loin du compte. De retour de Lima, dimanche 14 décembre, le climatologue Jean Jouzel ne cachait pas son amertume : « On a un peu perdu notre optimisme, c’est vrai », ajoutant : « Ce qui me déçoit le plus si on veut être en mesure de limiter le réchauffement climatique à long terme à 2°, c'est qu'il faut agir tout de suite, d’ici à 2020. On a très peu parlé des mesures qui peuvent être prises entre maintenant et 2020, et qui sont indispensables. »


 

Concrètement, que ressort-il de Lima ? Un appel pour l’action sur le climat, reconnaissant la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre à partir de 2020. Et en annexe, le texte le plus désespérant que l’on puisse imaginer : l’esquisse d’un brouillon d’accord pour Paris Climat 2015 (à lire ici à partir de la page 6), essentiellement composé d’hypothèses de paragraphes alignant les options, a,b,c… les unes derrière les autres. La journaliste du Guardian, Suzanne Goldenberg, s’est fendue d’une remarque qui en dit long sur l’ambiance sur place : c’est en voyant les sourires sur les visages des délégués malgré la faiblesse du texte que l’on comprend l’ampleur de la catastrophe évitée de justesse à Lima. À savoir, même pas de texte commun ! 

L’appel de Lima pose des règles de base pour discuter en 2015 d’un accord sur le climat, sur la base d’engagements des pays développés et des pays en développement, une nouveauté dans l’histoire de ces négociations qui ne demandaient d’effort jusqu’ici qu’aux pays riches. Les États sont appelés à remettre leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre en mars « pour ceux qui sont prêts à le faire ». Mais ce n’est qu’en novembre que le secrétariat de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques publiera le bilan de ces engagements. Soit moins d’un mois avant la conférence de Paris.

Requête des pays les plus pauvres, l’adaptation à la crise climatique est reconnue comme une priorité aussi prégnante que la réduction des émissions. Le principe des « loss and damages » (« pertes et dommages ») réclamé par les États insulaires pour se garantir une aide supplémentaire face au risque de submersion est reconnu. Enfin, le fonds vert a atteint les 10 milliards de dollars de promesses (cinq ans après sa création à Copenhague).

« La plupart des décisions les plus difficiles sont renvoyées à Paris, constate l’avocat néo-zélandais David Tong, analyste sur le site Adopt a negociator. Nous n’avons tout simplement pas discuté de la forme légale de l’accord de 2015. Des idées essentielles sont reléguées dans des clauses préambulatoires sans aucune force juridique. Pour que Paris ne soit pas une autre conférence inutile, nous piégeant dans un cycle infini de conférences décidant de prolonger d’éternelles négociations, il faudra que les choses se passent différemment. »

Même sur les financements, la situation est loin d’être réglée. Si les discussions sur le fonds vert ont bien avancé (reste à verser l’argent maintenant), quels effets sur le reste de l’économie réelle ? L’économiste britannique Nicholas Stern, auteur du fameux rapport sur le coût de l’inaction face au dérèglement climatique en 2006, et coauteur du New climate economy report en 2014, alerte dans le Guardian : « Dans les 15 prochaines années, jusqu’à 4 milliards de milliards de dollars seront investis chaque année dans les pays émergents et en voie de développement pour les infrastructures de routes et de BTP. Ce sont ces investissements qu’il faut transformer. Si on y arrive, la croissance économique peut être forte, plus propre, plus efficace, plus respectueuse de la biodiversité, soutenable et bien plus souhaitable. Si ces investissements enferment les pays dans des économies très carbonées, avec de la croissance sale, générée par des carburants fossiles, le monde ne pourra pas atteindre son objectif de maintenir le réchauffement à moins de 2°. »

« Nous allons reprendre le pouvoir que nous ont confisqué ceux qui n'agissent pas dans notre intérêt. Nous résisterons aux velléités d'imposer un "accord mondial sur le climat" qui ne fasse rien pour le climat et encore moins pour les populations, déclarent plusieurs dizaines de mouvements de justice climatique. Ici à Lima, ils ont essayé de nous enterrer. Mais ce qu'ils ignorent, c'est que nous sommes des graines qui écloront des sillons de la résistance. » Il leur reste moins d’un an pour sortir des déclarations incantatoires et trouver le moyen de se faire entendre des gouvernements.

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:47

 

Info reçue par mail

 

 

COP20 : la « contribution » de Lima aggrave la crise climatique

 

 

Communiqué 15 décembre 2014


À Lima, la Convention cadre de l’ONU sur les changements climatiques s’est montrée incapable de satisfaire aux recommandations issues des rapports alarmants du Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC). Il était prévu que les États réexaminent et revoient à la hausse leurs engagements d’ici 2020, en particulier les pays riches. Pourtant, aucun pays n’envisage de réduire plus fortement ses émissions de gaz à effet de serre ni d’augmenter sa contribution financière. Or, « repousser ainsi à l’après 2020 l’essentiel des efforts à accomplir signifie abandonner l’objectif consistant à ne pas dépasser les 2 °C de réchauffement global d’ici la fin du siècle » analyse Maxime Combes d’Attac France.
Le décalage entre ce que le GIEC recommande, ce que les négociations de l’ONU permettent et ce que les gouvernements font ne cesse de grandir. « En évacuant des négociations la dimension civilisationnelle du changement climatique, les États ont inventé une machine qui empile des mécanismes techniques toujours plus sophistiqués et déconnectés de la réalité des dérèglements climatiques et des populations qui en subissent les conséquences », constate Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France. Loin de neutraliser les tensions (géo)politiques et de solutionner la crise climatique, ces dispositifs étouffent les trop rares initiatives en faveur de la justice climatique. Ils encouragent au contraire les pays industriels à s’exonérer de leurs responsabilités historiques et les pays émergents à conforter un modèle productiviste et extractiviste insoutenable.
Avec constance et détermination, les pays les plus puissants de la planète essaient de restreindre la portée des principes d’équité et de responsabilités communes mais différenciées. L’introduction d’une démarche volontaire et non contraignante pour définir les contributions de chacun des pays à la lutte contre les dérèglements climatiques fera primer l’échelon national sur la réalisation d’objectifs globaux. Non contraints au sein de l’ONU, et aiguillés par les intérêts des entreprises privées, les gouvernements s’activent par ailleurs pour libéraliser le commerce et l’investissement, encouragent la recherche et l’exploitation de nouvelles sources d’hydrocarbures et refusent de désarmer les marchés financiers, trois vecteurs majeurs de l’aggravation de la crise climatique.
À douze mois de la conférence de l’ONU sur le dérèglement climatique à Paris-Le Bourget, l’une des responsabilités majeures des ONG et des mouvements sociaux et écologistes est de s’attaquer à ce décalage dramatique entre la fuite en avant extractiviste et productiviste liée à la globalisation économique et financière, et les exigences à la fois claires et rigoureuses en matière de transition écologique et sociale. « Face à l’urgence climatique, la passivité voire l’action irresponsable des dirigeants et des multinationales imposent à la société civile d’initier une bataille globale et de longue haleine » selon Christophe Aguiton d’Attac France. Attac France, en lien avec ses partenaires de la Coalition Climat 21 et ses partenaires internationaux, poursuivra son engagement pour initier un véritable changement systémique, qui subordonne les intérêts financiers aux exigences climatiques. Telle est l’autre route de Lima à Paris.

Informations complémentaires

Attac France — 2014
 

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 18:18
 

 

Source : www.lemonde.fr


 

Des ZAD, mais pour quoi faire ?

Le Monde.fr | 14.12.2014 à 10h07 • Mis à jour le 14.12.2014 à 17h19 | Propos recueillis par Camille Bordenet

 

 


Spécialiste des mouvements altermondialistes, Nicolas Haeringer analyse les « zones à défendre »  de Notre-Dame-des-Landes, Sivens et Roybon.

Un "zadiste" à l'entrée de la "zone à défendre" de la forêt de Chambaran, près de Roybon. Les activistes s'opposent à un projet de centre de loisirs du groupe Pierre & Vacances.

Qui sont les « zadistes » ? Comment tenter de définir ce mouvement, alors que leurs profils et leurs motivations sont disparates ?

Nicolas Haeringer : Je comprends qu’on souhaite labelliser les mouvements émergents car c’est un enjeu de compréhension. Mais il faut résister au maximum à cette tentation pour au moins deux raisons : la première, c’est qu’en essayant de coller un label sur les zadistes, on adopte très vite le jargon des autorités et de la police.

Elles ont besoin d’assigner des identités aux zadistes, de les figer dans des catégories existantes pour savoir comment les traiter – en l’occurrence pour justifier qu’il n’est pas possible de dialoguer avec eux et qu’il faut donc faire le choix de la répression. La seconde, c’est qu’on renonce ainsi à saisir tout ce qui se joue de nouveau dans ces mobilisations, dans des pratiques et des expérimentations dont le propre est précisément de faire évoluer les identités hors des catégories existantes.

Que revendiquent les uns et les autres ?

Ce ne sont pas seulement des revendications environnementales. Les mobilisations se jouent aussi autour de revendications liées à la démocratie. Il y a notamment un enjeu autour de l’idée d’une égalité absolue : tout le monde, et non les seuls élus, doit pouvoir participer aux décisions et est fondé à les remettre en cause.

Dans les ZAD, on voit aussi apparaître de nouveaux acteurs et de nouvelles revendications : comme, par exemple, les naturalistes en lutte, des personnes qui se mobilisent pour recenser les espèces animales ou végétales menacées par ces projets. Que ce soit de la permaculture, de l’agro-écologie ou des formes d’habitat alternatives, l’expérimentation occupe une place centrale dans les ZAD : il s’agit de préfigurer d’autres modes de vie, durables, décarbonés. Les zadistes veulent préfigurer une société qui fonctionne sur d’autres bases que la prédation des ressources naturelles. Ce ne sont donc pas uniquement des occupations défensives.

Lire le portrait : Moi, Martin, 20 ans, zadiste à visage découvert

Qu’est-il alors en train de se jouer avec ces mobilisations ?

On peut émettre deux hypothèses. La première – formulée notamment par le Comité invisible – est que dans la période actuelle, l’enjeu des luttes est devenu le territoire. Dans le cas présent : comment se construisent les politiques d’aménagement du territoire ? Comment intègre-t-on des données nouvelles, qui doivent conduire à réviser des décisions d’aménagement prises il y a dix, vingt, voire cinquante ans [comme dans le cas de Notre-Dame-des-Landes] ?

La seconde est que, de Notre-Dame-des-Landes à Sivens, ce qui se joue désormais, ce sont des résistances à l’« extractivisme » – les activités d’extraction de grands volumes de ressources naturelles, qu’elles soient agraires, pétrolières ou forestières. Le front de l’extractivisme était jusqu’à présent principalement situé dans les pays du Sud. Il se déplace désormais vers les pays du Nord, qu’il s’agisse des sables bitumineux de l’Alberta, des gaz de schistes, de la promotion du tourisme de masse [par la construction d’aéroports ou de parcs de loisirs], ou encore du soutien aux projets d’agriculture industrielle [à Sivens comme avec la ferme des Mille Vaches]. Ce qui se joue dans les ZAD est donc double : la résistance à l’extractivisme et l’invention ou la préfiguration d’autres modes de vie, d’un futur décarboné.

Peut-on parler d’un nouveau mouvement en formation ?

Oui, quelque chose est en train de se construire, d’être expérimenté. Il y a un modèle qui se diffuse, et pas uniquement en France : on peut observer des dynamiques similaires en Angleterre, en Allemagne, en Amérique du Nord. Il y a par ailleurs une histoire déjà ancienne de ces mobilisations [on peut penser aux mouvements anti-barrages en Inde, par exemple]. En ce sens, on peut considérer qu’il s’agit d’un cycle global de mobilisations.

S’agit-il d’un mouvement unifié ou d’une constellation de mobilisations, de campagnes et de collectifs hétéroclites ?

Il est encore trop tôt pour en juger. On peut toutefois identifier quelques changements par rapport à la manière dont s’est construit le cycle précédent. Il y a dix ou quinze ans, les mobilisations altermondialistes étaient très largement transnationales, autour de sommets et de contre-sommets internationaux, par exemple. Les luttes dont nous parlons sont beaucoup plus ancrées dans un territoire. Elles sont locales, sans toutefois que leurs acteurs renoncent à la solidarité et à l’échange entre enjeux, entre occupations, etc. Ce qui se joue c’est donc peut-être une nouvelle forme de construction des solidarités, qui ne seraient plus « transnationales », mais « translocales ».

Pensez-vous que les zadistes peuvent être soutenus, voire instrumentalisés, par des mouvements ou des partis politiques ?

J’ai l’impression que c’est plutôt l’inverse, en cela que les zadistes sont très méfiants vis-à-vis de l’ensemble des partis politiques, même ceux à gauche du gouvernement. Même si certains partis politiques, les Verts notamment, ont pu leur faire part de leur soutien, la méfiance des zadistes à l’égard de tout ce qui a trait aux institutions fait qu’ils ne souhaitent pas construire d’alliance avec qui que ce soit. Leur indépendance et leur volonté de ne pas être récupérés sont au cœur même de leur pratique.

Et c’est précisément ce qui fait peur aux élus : les zadistes leur « échappent ». Les autorités ont besoin de faire entrer dans des cases : soit ce sont des associations avec des porte-parole avec qui on peut discuter, soit ce sont des jeunes non organisés, donc dangereux. Parce que ces mobilisations ne sont pas complètement structurées de manière classique, et qu’elles échappent à la récupération, il n’y a de fait aucun pacte tacite qui permettrait d’anticiper ce qui va se passer. Il faut par ailleurs reconnaître que des associations et certains syndicats jouent également un rôle clé dans les mobilisations contre ces projets d’infrastructures. Rémi Fraisse était d’ailleurs membre d’une association environnementale très reconnue [France nature environnement].


Source : www.lemonde.fr

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 18:01

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/climatiques

 

La justice, grande absente des résultats de Lima

Tard dans la nuit de samedi à dimanche, les 194 Etats de la planèté sont parvenus à un accord dans le cadre de la convention cadre de l'ONU sur le dérèglement climatique. Loin d'être satisfaisant, cet accord hypothèque tout accord historique à Paris fin 2015. Les mouvements et ONG pour la justice climatique, notamment Attac France et les Amis de la Terre, ont rendu public cette première analyse.

Le monde est confronté à une urgence planétaire : le changement climatique est causé par un système qui place la recherche du profit au-dessus des besoins des personnes et des limites de la planète. Il dévaste la vie de millions de personnes à travers la planète. Selon les scientifiques du climat, des basculements critiques pourraient se produire prochainement et la température moyenne globale pourrait s'accroître de 4 à 5°C avec des conséquences catastrophiques pour nous tous.

La Conférence de Lima aurait dû poser les jalons de la façon dont les gouvernements allaient prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique et pour soutenir les populations vulnérables de la planète à s'adapter aux inévitables conséquences.

Il s'agissait de réduire plus fortement les émissions d'ici à 2020 et de fixer des objectifs climatiques à long terme pour ne pas augmenter la température de plus de 1,5°C. Ne pas émettre plus que ne le permet le budget carbone et répartir ce dernier sur la base des principes de responsabilités communes mais différenciées, des capacités respectives des pays et de la nécessité d'honorer la dette climatique.

Ce qu'il s'est passé à Lima s'inscrit dans une longue série de décisions qui, chaque année, affaiblissent les règles internationales sur le climat, mettant en difficulté les populations et la planète.

Les engagements de réduction d'émissions pour l'avant 2020 sont injustes et beaucoup trop faibles. Ils conduiraient à dépasser les 2°C de réchauffement climatique d'ici le milieu du siècle. Ces objectifs n'auront pas été revus à la hausse en 2014, pas plus qu'il n'y a d'engagement à les réeaxaminer et les revoir prochainement.

Lima nous prépare à un accord à Paris qui ignorera les besoins et les droits des populations impactées dans le monde, excluant tout engagement contraignant en matière de contribution financière, d'adaptation, de perte et dommages et de transfert de technologie.

La Conférence de Lima n'a pas su établir un pont entre les actions que les pays doivent prendre et les technologies et financements nécessaires qui pourraient permettre aux populations du Sud de s'adapter, de construire leur résilience et de faire face à la perte et aux dommages occasionnés par les impacts du changement climatique. Pas plus qu'elle n'a permis de mettre sur les rails les nécessaires actions de réduction d'émissions sans lesquelles l'ampleur de la transformation et de la transition juste dont nous avons besoin pour limiter la hausse de température inférieure à 1,5 degrés C ne sera pas atteinte.

Ce qui a été décidé à Lima ouvrent la possibilité à ce que chaque pays détermine ses propres engagements en matière de climat, sans que ces derniers ne tiennent compte de ce que demandent la science, les populations et et les exigences de justice, et sans cadre réglementaire clair. Nous avons vu des dirigeants politiques, en particulier ceux des États-Unis, de l'Union européenne et de leurs alliés, agissant dans l'intérêt des grandes entreprises polluantes, déterminés à déréglementer davantage le régime de gouvernance international du changement climatique. Ce faisant, ils sapent la convention sur le changement climatique des Nations Unies dans ses fondements, en affaiblissant les règles portant sur les pays développés et en ignorant leur obligation légale et morale de débloquer des financements suffisants et de transférer les technologies.

A Lima, l'expansion de l'utilisation des marchés carbone, qui ont pourtant échoué, a été largement encouragée. Y compris à travers l'utilisation de crédits carbone issus des forêts et des sols, source de dévastations supplémentaires pour les populations paysannes et forestières à travers le monde, empêchant les transformations dont nous avons besoin.

Le Sommet des peuples et la marche dans les rues de Lima ont exigé la défense des droits de la nature et la garantie des droits des populations. Ils ont clairement mis en lumière ce que sont les solutions à la crise climatique et les alternatives.

Partout sur la planète, les populations mettent en oeuvre ces solutions et luttent pour transformer le système. Nous luttons pour survivre et pour garantir et sécuriser nos territoires, habitations et moyens de subsistance face aux dérèglements climatiques.

Nous nous battons pour une transformation du système énergétique visant à abandonner l'usage des énergies fossiles au profit de systèmes énergétiques accessibles à tous, contrôlés par les populations, décentralisés, sûrs et basés sur les énergies renouvelables. Nous défendons la souveraineté alimentaire et le développement des solutions agro-écologiques, tout en luttant pour s'adapter aux conséquences dévastatrices des dérèglements climatiques. Ainsi, les programmes de foresterie basés sur les populations fonctionnent dans leur intérêt, particulièrement ceux des populations indigènes, plutôt qu'en faveur des banquiers et des capitales financières dans le Nord.

Les populations accumulent de la force et du pouvoir, au niveau local, national et global. Nous allons continuer à mettre plus de monde dans les rues, à bloquer des projets d'extraction de ressources naturelles, des ports, des sièges d'entreprises, pour que notre force et notre pouvoir grandissent.

Nous allons reprendre le pouvoir que nous ont confisqué ceux qui n'agissent pas dans notre intérêt. Nous résisterons aux velléités d'imposer un « accord mondial sur le climat » qui ne fasse rien pour le climat et encore moins pour les populations.

Ici à Lima, ils ont essayé de nous enterrer. Mais ce qu'ils ignorent, c'est que nous sommes des graines qui écloront des sillons de la résistance.


 

Ouverture de la marche à Lima - 20 000 manifestants 
Ouverture de la marche à Lima - 20 000 manifestants © Maxime Combes

Premiers signataires:

International and Regional Networks and Organisations

Campaña Mesoamericana para la Justicia Climatica

Construyendo Puentes -  Redes Latinoamericanas Frente al Cambio Climatico

Corporate Europe Observatory

Friends of the Earth International

Jubilee South Asia Pacific Movement on Debt and Development

LDC-Watch

IBON International  

Indigenous Peoples of Africa Coordinating Committee

Pan African Climate Justice Alliance

Push Europe

 

National Organisations and Networks

Aksyon Klima Philipines

ATM

Attac - France

Association des Femmes Peules Autochtones du Tchad (AFPAT)

Bangladesh Krishok Federation

Bayay Sibuyanon Philippines

Beyond Copenhagen 

Bolivian Platform on Climate Change

Campaign for a Life of Dignity for All - Philippines

CECOEDECON (Centre for community Economics and Development Consultants Society)

CESTA - Amigos de  la Tierra El Salvador

Ecological Society of the Philippines

Ecologistas en Accion (Spain)

Ecowaste Coalition Philippines

El FORO DEL BUEN AYRE

EquityBd Bangladesh

Energy and Climate Policy Institute for Just Transition Korea

Fairwatch Italy

Hodagad Djibouti

Institute for Policy Studies

Justiça Ambiental Mozambique

La Mesa Nacional de Cambio Climático de Guatemala

Les Amis de la Terre

Our Rivers, Our Life (OROL)- Philippines and Gitib, Inc.

PAIRVI (Public Advocacy Initiatives for Rights & Values in India)

Peoples Movement on Climate Change

Philippines Movement for Climate Justice

PRRM

Sawit Watch 

Sociedad CivilAmigos del Viento Meteorología Ambiente Desarrollo

Solidaritas Perempuan (Women's Solidarity for Human Rights) 

Unidad ecologoca Salvadoreña

WomanHealth Philippines

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/climatiques

 

 


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