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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 16:17

 

Source : tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 

 

[Mardi 2 décembre] Infos et actualités

Mis en avant

Tout d’abord, longue vie à la Marquise (la MarquiZad), premier lieu occupé sur la toute jeune ZAD de Roybon. Ici, un document avec toutes les infos que l’on a reçu suite à la marche de ce week-end. Là, la vidéo du communiqué de naissance.
C’est parti pied au plancher, toutes les infos sur le site : https://zadroybon.wordpress.com/

 

Plein de choses en préparation sur la ZAD du Testet :

- toujours de la construction alors on a un besoin urgent de planches et/ou des palettes, de  baches, et de chaux pour les finitions !

-mercredi 3 décembre  de 19h à 23h sous le chapiteau derrière la maison des Bergers, la chorale de chants révolutionnaires « La Canaille du Midi » s’invite sur la ZAD Humide du Testet et ramène du rouge et des paroles de chansons à partager ! Chacun-e ramène son pich-nique pour le soir. Ami-e-s des chants révolutionnaires, de la joie et la musique: Venez nombreux !

-le programme du week end prochain (sur la ZAD) est à venir, en attendant une affiche à coller partout, à l’occasion des

journées mondiales contre les projets inutiles et imposés

:6_7_12_affiche_Testet

Pas mal de manifs en lien avec ces journées :
à Chambéry le samedi 6, 14 devant la Préfecture (No TAV France)
-les copains et copines  de Gap organisent aussi un rassemblement, tract et affiche ci-dessous :affiche 2

Et pour le reste, pensez à consulter la page Agenda, avec les RVs d’ici et d’ailleurs…en attendant la soirée de soutien de samedi prochain.

affiche soirée sivens 2_affiche soirée sivens


Un conseil citoyen s’est monté pour rédiger un rapport sur les violences et les irrégularités des soldats à Sivens. Il est composé notamment de la LDH, FNE et UNEF. Ils recueillent les témoignages, potentiellement confidentiels, par oral :

  • samedi 13 décembre (date changée le 1er décembre).

Prendre rendez-vous au 06 31 10 05 28. Possibilité également par écrit.


 

-On reçoit des textes , liens et articles en lien avec notre lutte :

 

 

[mardi 2 décembre 2014] Information et échanges sur l’autoroute Toulouse-Castres à Cambon

Mis en avant

 

 

AUTOROUTE CASTRES – TOULOUSE

INFORMATION et ECHANGES

MARDI 2 DECEMBRE 20h30

SALLE DES FETES de CAMBON

De nombreuses informations, ou idées fausses, circulent sur l’état d’avancement du projet, ses caractéristiques, le processus décisionnel, et le calendrier. Il est important que chacun s’informe au mieux des impacts et effets du projet autoroutier, qu’il soit concerné directement ou non par l’infrastructure. Chacun peut encore agir !

Une certitude : le projet autoroutier  Castres – Toulouse, s’il se réalise, modifierait de façon profonde et négative nos modes de déplacement, l’économie et le cadre de vie de nos communes, de nos territoires.

Cette réunion est organisée par des habitants de Cambon.
Elle sera l’occasion d’échanger avec des élus des communes opposées(1) au projet autoroutier. Une synthèse sur les réunions avec le préfet de région et les présidents des collectivités territoriales (Malvy, Izard et Carcenac) sera également abordée.
 

(1) Bonrepos-Riquet, Verfeil, St Pierre, Teulat, Bourg St Bernard, Bannières, Montcabrier, Saussens, Francarville, Vendine, Loubens, Le Faget, Maurens Scopont, Lacroisille, Appelle.

 

 

 

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Source : tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 


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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:47

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

 

Série : Les États au service des banques au prétexte du « Too big to fail » (partie 8 et dernière)

Le piège de la liquidité

1er décembre par Eric Toussaint

 

 

 


À cause des politiques menées par les banques centrales et les gouvernements, l’économie des pays les plus industrialisés est tombée dans ce que J. M. Keynes appelait le piège de la liquidité. Alors que les banques centrales injectent des liquidités et baissent les taux d’intérêts, les banques et les grandes entreprises privées préfèrent garder ces liquidités à portée de la main et/ou les utilisent pour spéculer. Ajoutons que les profits réalisés ne sont pas réinvestis dans la production ou l’amélioration des services, ils sont dans leur écrasante majorité distribués aux actionnaires (soit sous forme de dividendes ou via le rachat des actions).

Pour compléter le bilan de l’action des banques centrales des pays les plus industrialisés depuis le début de la crise et résumer les menaces que leurs politiques font peser, il est important de souligner le dilemme auquel elles sont confrontées, dilemme dont elles sont responsables.

Pour le dire simplement et un peu schématiquement, les banquiers centraux se demandent pendant combien de temps ils vont maintenir la politique actuelle qui consiste à injecter massivement des liquidités dans les banques et à maintenir un taux d’intérêt réel très bas, proche de zéro et, en tout cas, inférieur à l’inflation. Ils savent très bien et depuis un bon moment qu’en menant cette politique afin de permettre aux banques (et à de grandes entreprises non financières) de se maintenir à flot, ils ont favorisé la naissance de nouvelles bulles spéculatives qui peuvent éclater à très court ou à moyen terme. La question n’est pas : éclateront-elles ou pas ? Mais bien : quand éclateront-elles ?

En même temps, les dirigeants des banques centrales savent que s’ils réduisent nettement les injections de liquidités, ils vont mettre en difficulté les grandes banques et provoquer l’éclatement des nouvelles bulles spéculatives qui se sont formées ces dernières années. Si en plus ils augmentent les taux d’intérêt, cela accroît le risque de faillites bancaires et d’éclatements de bulles. Difficulté supplémentaire, s’ils augmentent les taux d’intérêt, ils augmentent automatiquement le coût du paiement de la dette publique et aggravent le déficit des États |1|.

Bien sûr, il y a des alternatives (voir http://cadtm.org/Europe-alternative... ). Ces alternatives impliquent d’opter pour un changement radical de politique, d’arrêter de favoriser le 1 % le plus riche et d’entamer des réformes profondes au profit des 99 %. Or les banquiers centraux n’ont aucune envie et aucune intention de changer le contenu de classe de leur politique : ils sont au service du 1 % et du système qui le fait vivre.

Cela nous ramène donc à leur dilemme. Poursuivre grosso modo la politique actuelle (injection de liquidités dans les banques et bas taux d’intérêt), ou entamer un tournant sans changer de logique, c’est-à-dire réduire l’injection de liquidités |2| et aller vers une augmentation des taux d’intérêt. Le choix entre la peste et le choléra.

La mise en œuvre d’une politique conjuguant des taux d’intérêt très bas avec l’injection de grandes quantités de liquidités dans les banques privées a entraîné les effets suivants |3| :

1. Les banques sont parvenues à se maintenir à flot (à quelques exceptions notables près) car elles ont pu se procurer auprès des banques centrales les fonds qu’elles ne trouvaient plus sur les marchés financiers (réduction comme peau de chagrin des prêts interbancaires, grandes difficultés à vendre des titres d’emprunts bancaires à longue échéance – covered bonds et autres titres |4|, etc.). Par ailleurs, ce financement des banques centrales auquel s’ajoutent les aides diverses et variées des États (voir parties 1 à 3) leur permet d’avoir un accès aux Money Market Funds pour trouver du financement au jour le jour. Cet accès peut être fermé du jour au lendemain comme cela s’est produit en 2011. Bref, les banques privées dépendent complètement du soutien des États et de leur banque centrale (voir également parties 5 et 6).

2. Les banques ont poursuivi leurs activités spéculatives en les déplaçant vers les activités offrant les rendements les plus élevés : elles ont délaissé (pour un temps) le marché de l’immobilier pour se porter vers la spéculation sur les matières premières et les aliments (surtout en 2008-2009), les titres de la dette publique (depuis 2009), les obligations des entreprises non financières (corporate bonds), les valeurs boursières (depuis le début 2013), les devises… Leurs activités de trading n’ont donc pas été réduites. Les techniques spéculatives se sont modifiées et dans certains cas ont été aggravées, notamment par le renforcement du trading à haute fréquence.

3. Les banques ont réduit les crédits aux ménages et aux entreprises, en particulier les petites et les moyennes entreprises qui représentent la majorité des emplois. En 2013, les crédits bancaires ont diminué de 2 % dans la zone euro, les crédits aux entreprises non financières ont diminué d’environ 3,5 %. Les économies périphériques dans l’Union européenne sont bien sûr les plus touchées. Les banques ont durci les conditions auxquelles elles accordent un crédit à l’économie réelle (les ménages et les entreprises non financières, en particulier les PME), ce qui va à l’encontre de la volonté des banques centrales qui affirment que les banques doivent augmenter leurs crédits. Aux États-Unis, la situation est un peu différente de celle de l’Europe et du Japon dans la mesure où les banques américaines ont repris en 2013-2014 une politique de crédits hasardeux via des produits structurés contenant notamment des prêts pour l’achat d’automobiles. Elles ont également recommencé, certes dans de faibles proportions jusqu’ici, une politique de crédits hasardeux dans le domaine immobilier en 2013-2014. Au-delà des discours, les banquiers centraux (et les gouvernements) ne prennent aucune mesure contraignante pour amener les banques à délier leurs bourses envers les secteurs qui pourraient relancer la demande privée et revenir à un peu de croissance, ou du moins la soutenir.

4. Les grandes entreprises non financières privées de crédits bancaires ont recours à l’émission d’obligations (les corporate bonds) pour se financer. Les banques et autres zinzins les achètent car elles procurent en général un assez bon rendement. En cas de besoin, elles peuvent revendre ces obligations sur le marché secondaire. Les perdantes sont les petites et moyennes entreprises qui n’ont pas les moyens d’émettre des obligations sur les marchés financiers. Ce que propose Mario Draghi aux banquiers européens pour les encourager malgré tout à augmenter leurs crédits aux PME, c’est d’accroître la production de produits structurés constitués d’un ensemble de prêts à ces PME. De quoi s’agit-il : les banques qui octroient des crédits aux PME peuvent les sortir de leur bilan en les titrisant via leur assemblage dans un produit structuré (Asset Backed Securities). La BCE propose aux banques d’ensuite les déposer comme collatéral (= en garantie) auprès d’elle afin d’obtenir en échange du crédit à 0,05 %. Sachant que les taux exigés des PME par les banques oscillent en 2014 entre 5 % et 6 % en Espagne et en Italie, entre 3 et 4 % en France et en Allemagne, les banques pourraient faire des bénéfices tout à fait intéressants affirme Mario Draghi. Malgré cette proposition alléchante, les banques renâclent à augmenter leurs crédits aux PME et à accroître la fabrication de produits structurés tels que proposés par le président de la BCE |5|. Celui-ci est très déçu et il continue à faire la même proposition chaque fois qu’il en a l’occasion. Mario Draghi a fini par annoncer que la BCE allait acheter directement des ABS aux banques à partir de la fin 2014 |6|. En plus, elle va acheter des corporate bonds émis par les entreprises non financières et augmenter ses achats de covered bonds émis par les banques privées.

5. La politique des banques à l’égard des dettes publiques souveraines prend des formes contrastées et complémentaires. D’une part, elles n’hésitent pas à spéculer contre les dettes souveraines de certains pays qu’elles ont contribué à fragiliser. Pour cela, quand elles n’interviennent pas directement, elles utilisent leurs bras financiers, Hedge funds, Special Purpose Vehicle (SPV), Fonds de placement… Dans le même temps (voir la partie 6), les banques ont augmenté très fortement leurs achats de titres souverains comme sources de rendement assez élevés (il s’agit de titres espagnols ou italiens pour parler du marché le plus important), ou comme garantie et moyens de liquidité (titres souverains des États-Unis, du R-U, de l’Allemagne et des pays sûrs de la zone euro)… Selon les règles du comité de Bâle, la possession de titres souverains ne nécessite pas de réunir en contrepartie des fonds propres, du coup les banques en achètent massivement |7|. Il ne faut surtout pas être surpris de politiques qui peuvent apparaître contradictoires de la part des banques, car elles se sont spécialisées dans des arbitrages entre leurs activités spéculatives (dans la perspective d’un rendement élevé) et les autres types de placements.

6. Ceci étant dit, les banques n’ont pas réellement assaini leur bilan et elles n’ont pas diminué de manière significative l’effet de levier (voir Descente dans le milieu vicieux des banques).

7. Plus largement, la politique des banques centrales et celle des gouvernements ont eu des effets très négatifs pour la santé des économies tout en faisant le bonheur des banques, des autres sociétés financières ainsi que de grandes entreprises non financières. Des dizaines de millions d’emplois ont été supprimés, des millions de familles ont perdu leur logement, la pauvreté a fortement augmenté ainsi que les inégalités, la qualité des services publics a été dégradée de manière délibérée… et de nouvelles bulles spéculatives se sont développées.

8. Voici une liste non exhaustive des nouvelles bulles spéculatives qui génèrent des rendements importants et risquent d’éclater :

- La bulle des obligations d’entreprises non financières, les corporate bonds (voir http://cadtm.org/Les-banques-ces-co... ). Le dernier krach retentissant remonte à 1994, le précédent avait eu lieu en 1987.

- La bulle boursière en pleine expansion (la bulle précédente a éclaté en 2007-2008).

La bulle des commodities (voir http://cadtm.org/Les-banques-specul... ). À signaler qu’on a connu un mini krach des commodities lié au trading à haute fréquence en mai 2010. Le prix du pétrole a baissé de 40 % entre juin et fin novembre 2014, ce qui commence à provoquer des défauts de paiement de la part de certaines compagnies pétrolières fortement endettées. Le précédent grand krach des commodities remonte à 1981-1982.

- Certains économistes parlent d’une bulle immobilière en formation en Allemagne, voire aux États-Unis.

L’éclatement d’une seule de ces bulles peut provoquer des effets en chaîne de très grande ampleur.

Patrick Artus de la banque Natixis évoque la possibilité d’une crise financière qui pourrait être produite par un reflux des capitaux qui sont allés de manière spéculative vers l’Espagne, l’Italie et le Portugal au second semestre 2013. Les investisseurs financiers ont retiré à partir de mai-juin 2013 des capitaux qu’ils avaient placés jusque là dans des pays émergents (Brésil, Inde, Turquie, Afrique du Sud, Indonésie) et ont acheté des titres et des actions en Espagne, en Italie et au Portugal car ils offraient des rendements plus intéressants |8|. Ces capitaux spéculatifs peuvent tout aussi bien repartir comme ils sont venus si la situation se dégrade dans ces pays ou si des rendements élevés sont offerts par d’autres pays.

La nouveauté avec les bulles actuelles, c’est qu’elles se développent dans une situation de faible croissance économique, voire de stagnation, dans les pays les plus industrialisés, alors que les phases de développement des bulles au cours des quarante dernières années allaient de pair avec une certaine euphorie économique et un taux de croissance assez élevé.

9. À cause des politiques menées par les banques centrales et les gouvernements, l’économie des pays les plus industrialisés est tombée dans ce que J. M. Keynes appelait le piège de la liquidité. Alors que les banques centrales injectent des liquidités et baissent les taux d’intérêts, les banques et les grandes entreprises privées préfèrent garder ces liquidités à portée de la main. Les banques les gardent pour faire face à des coups durs liés aux bombes à retardement qu’elles détiennent dans leur bilan et aux nouvelles bulles qu’elles contribuent activement à fabriquer. Les entreprises industrielles et de services considèrent que cela ne vaut pas la peine d’investir puisque la demande privée et publique est anémique. Elles s’assoient pour ainsi dire sur un énorme tas de liquidités et/ou les utilisent pour spéculer. La firme Apple conserve dans sa trésorerie 150 milliards de dollars de liquidités à la fin de 2013. Pour donner un ordre de grandeur, cette somme correspond au budget annuel de toute l’Union européenne (plus de 500 millions d’habitants) ! Les plus grandes entreprises non-financières au niveau mondial détenaient des liquidités pour un montant total de 2 800 milliards de dollars fin 2013 |9|. Selon une autre estimation, les entreprises européennes détenaient en 2012 en liquide 2 400 milliards d’euros (soit 16 fois le budget annuel de l’Union européenne !) |10|. C’est du jamais vu. Les grandes entreprises privées ne sont pas intéressées à les investir dans l’économie productive ou/et à les prêter aux ménages et aux PME. Quant aux profits qu’elles réalisent, les entreprises privées ne les réinvestissent pas dans la production, elles les distribuent aux actionnaires soit sous la forme de dividendes soit via le rachat des actions. Aux États-Unis, en 2014, les entreprises ont redistribués aux actionnaires 95 % de leurs profits |11|.

Selon J. M. Keynes, pour sortir du piège de la liquidité, il faut que les pouvoirs publics augmentent les dépenses publiques afin de relancer la demande et, du coup, l’économie : dépenses d’investissement (on pourrait évidemment investir massivement dans la transition écologique, les énergies renouvelables, les grands travaux publics utiles, les bâtiments scolaires et communautaires), dépenses pour engager du personnel dans les services publics et pour mieux les rémunérer, dépenses sociales (santé, éducation, services sociaux), augmenter les montants des retraites et de différentes allocations sociales… Mais de cela, les banquiers centraux et les gouvernements ne veulent pas en entendre parler.

10. En conséquence de leur politique, le volume du bilan des banques centrales a considérablement augmenté. Le bilan de la BCE a été multiplié par trois entre 2007 et 2012 et celui de la Fed a été multiplié par quatre entre 2006 et 2014. Cette croissance énorme sur une période courte a servi à maintenir intacte la puissance des grandes banques privées sans pour autant sortir les économies concernées de la crise. C’est ce qu’indiquent clairement les points précédents. Au-delà des effets d’annonce, aucune mesure radicale n’a été mise en œuvre pour assainir véritablement le système bancaire. Grâce à l’intervention des banques centrales (et bien sûr aux décisions des gouvernements), les grandes banques privées poursuivent leurs activités massivement spéculatives et souvent frauduleuses, voire criminelles. Elles sont soutenues par un mécanisme de transfusion permanente de ressources (crédits publics illimités à taux d’intérêts quasi-nuls ou clairement négatifs), certaines d’entre elles et non des moindres sont simplement maintenues en vie sous respiration artificielle (crédits publics illimités auxquels s’ajoutent une injection de capitaux publics afin de les recapitaliser et des garanties publiques concernant leurs dettes).

La politique appliquée jusqu’ici par les banques centrales et les gouvernements a entraîné une très forte augmentation de la dette publique en conséquence de plusieurs facteurs qui sont liés : le coût du sauvetage des banques, le coût de la crise dont les banques centrales, les gouvernements, les banques privées et les autres grandes entreprises portent la responsabilité, la poursuite des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux grosses fortunes… Cela donne un caractère clairement illégitime à une partie très importante de la dette publique. Son annulation fait partie des propositions de sortie de crise.

L’action des banques centrales et la fonction des crises en système capitaliste

Dans le système capitaliste, une crise sert, d’une certaine manière, à remettre les pendules à l’heure : les bulles spéculatives éclatent et ensuite le prix des actifs se rapproche de leur valeur marchande réelle ; les entreprises les moins rentables font faillite, il y a destruction de capital. Le chômage s’accroît et les salaires baissent. Les crises font en quelque sorte partie du métabolisme du capitalisme. Evidemment, je ne suis pas en train de justifier les crises et/ou le capitalisme, je souhaite juste indiquer que le fonctionnement du système capitaliste implique l’éclatement périodique de crises.

Jusqu’ici, l’intervention des pouvoirs publics, qui répondent docilement aux demandes des patrons, permet d’éviter ou d’empêcher que la crise remplisse sa fonction normale de « purge » du système capitaliste sauf du côté des licenciements massifs de salariés. Alors que du côté de la majorité de la population, les victimes se comptent par dizaines de millions, du côté des responsables de la crise, il n’y a pas de véritable remise en ordre du côté du capital, les faillites de grandes entreprises sont très limitées, les banques n’ont pas apuré leurs comptes et de nouvelles bulles spéculatives se sont formées ou sont en cours de formation. L’investissement productif n’a pas repris. Les profits ne sont pas investis dans la production, ils vont directement « dans la poche des capitalistes », càd de 1% de la population.

La faible quantité de faillites bancaires aux États-Unis, en Europe et au Japon n’est attribuable qu’à l’aide apportée aux banquiers privés par les banques centrales et les gouvernements de l’UE. Les gouvernants ont considéré que les banques privées étaient trop grosses pour tomber en faillite. Le maintien d’une politique gouvernementale qui favorise les intérêts des grandes entreprises privées et qui s’attaque aux droits économiques et sociaux des populations, une demande publique et privée insuffisante et en réduction, des bulles spéculatives persistantes… sont les ingrédients d’une prolongation de la crise. Si un tournant radical favorable à la justice sociale n’est pas pris, la crise va se prolonger pendant de nombreuses années.

FIN de la série  : Les États au service des banques au prétexte du « Too big to fail »

Notes

|1| Il est important de préciser qu’une augmentation des taux d’intérêt aura des effets très négatifs pour tous les pays en développement qui éprouveront de grandes difficultés à refinancer leurs dettes et qui verront une importante quantité de capitaux les quitter pour aller chercher de meilleurs rendements dans les pays les plus industrialisés. Mais cela les banquiers centraux n’en ont cure, la présidente de la Fed l’a déclaré publiquement en février 2014. Cela peut rappeler ce qui s’est passé en 1980-1981 quand les taux d’intérêt ont augmenté brutalement suite à une décision de la Fed. De multiples auteurs ont analysé les effets du tournant que la Fed a pris en matière de taux d’intérêt à partir d’octobre 1979 (voir notamment les travaux de Gérard Duménil et Dominique Lévy. J’ai également publié de nombreux articles et ouvrages sur le sujet avec le CADTM).

|2| La Fed a entamé prudemment ce tournant à partir de décembre 2013 en réduisant le volume mensuel des achats de produits hypothécaires structurés (MBS) et de bons du trésor (US Treasury bonds). À partir de novembre 2014, la Fed a mis fin à ces achats de MBS et de bons du trésor. Par contre, la BCE et la Banque du Japon ont augmenté leurs achats de titres à partir de novembre 2014 !

|3| Je n’aborde pas ici les délits, les crimes, les manipulations auxquelles se livrent les grandes banques. Cela a été analysé dans la série "Les banques et la doctrine « trop grandes pour être condamnées »"(en 9 parties)

|4| L’émission de covered bonds par les banques en 2013 a été la plus faible depuis 1996 ! Comparé à 2011, elle a baissé de plus de 50 %. En 2011, l’émission des covered bonds s’était élevée à 370 milliards de dollars tandis qu’en 2013, elle représentait à peine 166 milliards de dollars. Voir Financial Times, « Europe covered bond issues slump », 27 novembre 2013.

|5| En 2013, en Europe, les émissions de tous les types d’ABS pris ensemble ont fondu de 38 % par rapport à 2012 (Financial Times, 18 février 2014). En 4 ans, la chute est de plus de 80 % ! (Financial Times, 3 septembre 2013).

|6| Voir http://cadtm.org/Super-Mario-Draghi...

|7| Voir http://cadtm.org/Les-banques-bluffe... et http://cadtm.org/Banques-bulletin-d...

|8| Natixis, « Où peut se localiser la prochaine crise financière ? », 26 février 2014, http://cib.natixis.com/flushdoc.asp.... Dans ce document, Patrick Artus mentionne aussi la possibilité d’une crise financière provoquée par le Royaume-Uni : « Le Royaume-Uni est un candidat possible, avec l’ouverture très rapide de son déficit extérieur due à l’asymétrie entre progression de la demande et progression de l’offre, ce qui est une cause habituelle des crises ».

|9| Financial Times, « Concentrated cash pile puts recovery in hands of the few », 22 janvier 2014.

|10| Financial Times, « European Corporate buybacks sink to 2009 lows », 2 novembre 2012. L’article se réfère aux calculs de Thomson Reuters. Selon The Economist, les entreprises canadiennes détenaient 300 milliards de dollars de cash en 2012, soit 25 % de plus qu’en 2008. Le phénomène concerne l’ensemble des pays les plus industrialisés : au Japon, en 2012, les entreprises conservaient sous forme liquide l’équivalent de 2 800 milliards de dollars, soit 75 % de plus qu’en 2007 ! (The Economist, « Dead money. Cash has been pilling up on companies’ balance-sheets since before the crisis », 3 novembre 2012).

|11| Selon Alternatives économiques, « les bénéfices des entreprises du S&P 500 sont reversés à 95% sous la forme de dividendes et de rachats d’actions », n° 340 – novembre 2014

Éric Toussaint, maître de conférences à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Bancocratie, Aden, 2014, http://cadtm.org/Bancocratie ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010.

 

 

Source : cadtm.org

 

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:39

 

Source ; www.reporterre.net

 

 

Grands projets inutiles : corruption, police et gaspillage. Voici la carte des résistances

Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre)

lundi 1er décembre 2014

 

 

 

 

Aéroport, ferme-usine, barrage, stade, village de vacances, centre commercial… Notre-Dame-des-Landes et le Testet ne sont que deux parmi les nombreux Grands projets inutiles qui abiment la France. Sur le terrain, les opposants se mobilisent. Reporterre publie la carte de cette déferlante de béton.


- POUR PREPARER LA RENCONTRE DE REPORTERRE LUNDI 1 DECEMBRE : Projets inutiles : la victoire est possible !


GP2I, ça vous dit quelque chose ? Grands projets inutiles imposés. Tout est dit. « Ces projets constituent pour les territoires concernés un désastre écologique, socio-économique et humain, dit la Charte de Tunis, adoptée en mars 2013 lors du Forum social. Ils n’intègrent jamais la participation effective de la population à la prise des décisions, (…) s’inscrivent dans une logique de concurrence exacerbée entre les territoires et impliquent une fuite en avant vers toujours ‘plus grand, plus vite, plus coûteux, plus centralisateur’. »

Il y en a forcément un près de chez vous. De la ferme-usine des Mille Vaches à la centrale à biomasse de Gardanne, aucune région ne semble épargnée. En réaction, des citoyens se rassemblent, s’organisent et luttent. Recours judiciaires, occupation, création de Zad (zone à défendre).

« Chacun des mouvements a acquis des connaissances et des compétences, les uns sur la protection de la biodiversité, d’autres sur les problématiques ferroviaires, d’ordre juridique », écrit Attac dans un communiqué.

L’organisation est à l’initiative d’une première réunion de travail coopératif, qui s’est tenu à Paris samedi 13 septembre. « Il est de l’intérêt de tous de pouvoir mutualiser ces compétences, non pas pour créer une supra organisation, mais simplement pour être plus efficaces grâce aux savoirs que l’ont peut partager. »

Après quatre forums internationaux contre les GP2I, et une
convergence des luttes lancée en juillet depuis Notre-Dame-des-Landes, l’heure est donc au rassemblement et à la coopération.

Gaz de schiste, complexe commercial ou ligne ferroviaire. Reporterre publie aujourd’hui une carte de France, évolutive bien entendu, de ces GP2I.

- Pour toute correction ou complément,
envoyer courriel à < planete (arobase) reporterre.net >

- On nous a envoyé de nombreuses informations relatives à d’autres projets inutiles. Nous les ajouterons bientôt à cet article et à cette carte. On en indique déjà quelques-uns ci-dessous, après la carte. Merci de nous excuser de ce retard indépendant de notre volonté :)


 

Cliquer ICI pour VOIR EN PLEIN ECRAN


A quoi il conviendra d’ajouter :

- Décharge à ciel ouvert sur le site des Parrines, à Chateau-Arnoux (Alpes-de-Haute-Provence. Projet maintenu malgré un avis négatif de la commission d’enquête.

- Extension d’un supermarché à Réalmont, dans le Tarn.

- Lignes à haute tension dans la Durance, au nord des Alpes.

- Canal Seine Nord Europe : 1.300 hectares, vingt millions de mètres cubes d’eau prelevés dans les rivières et zones humides, prélèvement du fret sur les trains plutôt que sur les camions, import-export de céréales,… pour un coût de 4,8 milliards d’euros qui aura un "effet d’éviction" (termes de l’Inspection générale des finances") sur les autres investissements

- Carrière de Bedeilhac, dans l’Ariège.

- Réacteur expérimental de fusion thermonucléaire ITER, à Cadarache. 13 milliards d’euros - et des milliers de tonnes de béton - pour une éventuelle et incertaine énergie à la fin du siècle.

- Centrale à biomasse de Pierrelatte (Drôme) : elle dévore 150.000 tonnes de bois par an.

- Déviation routière en pleine zone naturelle près de Deauville, combattue par l’association Pays d’Auge nature et conservation.

- Centre de Congrès à Annecy, sur la presqu’ile d’Albigny.

- Projet de LGV (ligne à grande vitesse) Limoges-Poitiers. À voie unique. Sans possibilité d’y faire circuler des trains de marchandises. Pas rentable économiquement. Fort impact écologique. Info ici.

- Mine d’or dans la Creuse : près de Lussat. Voir le Collectif de vigilance sur les projets miniers creusois.

- Hyper incinérateur à Echillais, près de Rochefort, en Charente-Maritime. Tiens, encore avec la compagnie Vinci....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source ; www.reporterre.net

 

 

 

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:30

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

C'est la dépense publique qui sauve la France de la dépression

Lundi 1 Décembre 2014 à 17:30

 

Christophe Ramaux

 

Membre des Economistes atterrés, Christophe Ramaux rappelle de façon salutaire que si, en France, "l'austérité a été moins brutale qu’en Europe du Sud", "c’est grâce à la dépense publique, cette grande galeuse selon les libéraux". Et pourtant, note-t-il, "loin de tirer cette leçon, le gouvernement planifie une nouvelle baisse de 50 milliards de la dépense publique sur les trois prochaines années".

 

DENIS CLOSON/ISOPIX/SIPA
DENIS CLOSON/ISOPIX/SIPA

Mois après mois, le gouvernement se ravise. Fin 2012, il tablait sur une croissance annuelle du PIB de 2 % (en volume) à compter de 2014. On a finalement une quasi-stagnation : 0,4 % (après déjà 0,3 % en 2012 et en 2013), avec le risque sérieux de ne guère faire mieux l’an prochain. La réduction promise des déficits publics et de la dette publique n’a pas davantage eu lieu. Fin 2012, le gouvernement prévoyait un déficit de 2,2 % du PIB pour 2014, il est finalement le double, à 4,4 %. La dette publique prévue à 90,5 % s’établit à 95,3 %. Comment expliquer ces « erreurs » de prévision ? A chaque fois, le gouvernement a sous-estimé l’impact récessif de sa politique. L’austérité budgétaire et salariale étouffe l’activité. Cela réduit d’autant les recettes fiscales et augmente mécaniquement les déficits et les dettes, puisque ceux-ci sont calculés par rapport à un PIB… qui se contracte.
 
Ce qui est vrai de façon générale l’est plus encore lorsque le privé se porte mal. Or, la grande crise ouverte en 2007 est celle du régime néolibéral qui pendant des années avait soutenu la demande par la dette privée en lieu et place de la hausse des salaires. Depuis 2007, le privé est contraint de se désendetter. Cela entraîne un choc négatif de demande. Si le public ne prend pas le relais, c’est la catastrophe assurée : baisse de production mais aussi baisse des prix, ce qui finalement rend impossible le désendettement. Le FMI, lui-même, a finalement reconnu cela. Preuve qu’il a poussé loin sa conversion au néolibéralisme, le gouvernement ne l’admet toujours pas.
 
A l’échelle mondiale, les plans de relance monétaire et budgétaire ont permis que la Grande récession ouverte en 2007 ne se transforme pas en Grande dépression. Mais les dirigeants européens ont refusé de reconnaître ce rôle positif de l’intervention publique. Après une brève parenthèse keynésienne en 2008 et 2009, ils ont, contre l’avis même des Etats-Unis, pris le tournant vers l’austérité. Quatre ans après, le bilan est affligeant. Les pays qui ont été le plus loin dans l’austérité budgétaire (Grèce, Portugal, Espagne…) connaissent une véritable dépression. Leur PIB s’effondre. Et leur dette publique, loin de se réduire, augmente fortement (on retrouve « l’effet dénominateur »).
 
La France a, elle aussi, pris le chemin de l’austérité, ce qui explique son enlisement dans la stagnation. Mais cette austérité a été moins brutale qu’en Europe du Sud de sorte qu’elle n’est pas en dépression. Cela mérite d’être souligné : c’est grâce à la dépense publique, cette grande galeuse selon les libéraux, que nous échappons pour l’heure à la dépression.
 
Lire la suite le blog des Economistes atterrés

 

 

Source : www.marianne.net

 


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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:23

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com


 

 

Explicateur 30/11/2014 à 14h32

Taiwan, Hong Kong, Tibet... Révolte aux marches de l’empire chinois

Pierre Haski | Cofondateur  Rue89
 

 

 

 

La Chine a du mal avec les « marches » de l’empire. Hong Kong, Taiwan, Xinjiang, Tibet... Ces quatre territoires ont des statuts différents, sont tous les quatre perçus par Pékin comme parties inaliénables de la nation chinoise, mais tous les quatre ont des rapports tendus avec le pouvoir chinois.

Dernier signe de ces tensions, la victoire du parti indépendantiste aux élections locales à Taiwan, qui plonge le parti au pouvoir, le Kuomintang, favorable au rapprochement avec Pékin, dans la crise. Un vote-sanction qui fait aussi écho à la « révolution des parapluies » qui se poursuit à Hong Kong pour obtenir des droits démocratiques.

Passage en revue de ces quatre territoires aux histoires et aux destins différents, mais opposés, chacun à sa manière, à l’autoritarisme du pouvoir central.

1 Taiwan, promise mais toujours rebelle

 

 


Le président taiwanais Ma Ying-jeou samedi 29 novembre devant le portrait de Sun Yat-sen : le visage de la défaite (kyodowc123859.JPG k/NEWSCOM/SIPA)

 

Pendant longtemps, le pouvoir chinois a joué de la menace d’une action militaire pour amener la « province rebelle » de Taiwan et ses 23 millions d’habitants à la réunification avec la « mère patrie » chinoise.

Ces dernières années, Pékin a plutôt usé de son puissant pouvoir économique, et s’est réjoui de la victoire sur l’île du parti Kuomintang (KMT), favorable à un rapprochement par étapes avec Pékin.

 


Le candidat indépendant soutenu par le DPP, Ko Wen-je, élu maire de Taipei samedi (kyodowc123857.JPG k/NEWSCOM/SIPA)

 

Samedi, pourtant, le Kuomintang a subi une défaite retentissante aux élections locales, au profit du Parti démocratique progressiste (DPP), considéré comme favorable aux idées indépendantistes. Le KMT a notamment perdu la capitale, Taipei, qui a élu un candidat indépendant soutenu par le DPP. Taipei, un tremplin national dont l’ancien maire n’est nul autre que l’actuel Président, Ma Ying-jeou.

C’est un sévère revers pour le Kuomintang (le Premier ministre Jiang Yi-huah a aussitôt présenté sa démission et Ma Ying-jeou devrait abandonner la tête du parti), mais c’est aussi une mauvaise nouvelle pour Pékin, puisque l’opinion taiwanaise se détourne une nouvelle fois du courant pro-réunification. Le DPP avait pourtant été durablement discrédité par la condamnation à la prison de l’ancien Président Chen Shui-bian, le premier indépendantiste élu à la tête de l’île.

 


La carte électorale de Taiwan 2010-2014 : en bleu le Kuomintang, en vert le DPP (Via Taiwan Mag sur Twitter)

 

Les raisons de ce come-back ? En mars dernier, les étudiants taiwanais avaient pris d’assaut le Parlement, qu’ils avaient occupé pendant plusieurs semaines, pour protester contre l’adoption en catimini d’un accord commercial avec Pékin, en dépit des promesses de transparence du gouvernement. Ils s’opposaient à ce qu’ils considéraient comme une « réunification rampante ».

Quelques mois après cette poussée de fièvre, les événements de Hong Kong ont surgi, avec #OccupyCentral (voir le point 2), mouvement de la jeunesse hongkongaise en faveur de la démocratie dans le territoire, qui se heurte à une fin de non-recevoir à Pékin.

Ce climat a poussé les électeurs taiwanais, dans cette seule démocratie parlementaire du monde chinois, dans les bras du DPP qui retrouve des couleurs.

Si l’intérêt économique dicte à Taiwan d’avoir des bonnes relations avec Pékin, l’instinct de survie des acquis démocratiques d’une île qui fut, elle aussi, sous un régime dictatorial, a visiblement pénalisé le Kuomintang, héritier d’un courant toujours marqué par un « rêve chinois ».

2 Hong Kong, chinois, mais démocrates

 

 


La police hongkongaise tente de regagner du terrain face aux manifestants de la « révolution des papapluies », samedi 29 novembre (kyodowc123834.JPG k/NEWSCOM/SIPA)

 


L’ancienne colonie britannique de Hong Kong, au sud de la Chine (China_Hong_Kong.svg /Pethrus/WikimediaCommons)

 

Cela fait plus de deux mois que la jeunesse hongkongaise occupe une partie du centre de ce territoire autonome au sein de la République populaire de Chine, une « révolution des parapluies » largement pacifique malgré quelques débordements.

Leur revendication : le droit d’élire librement le chef de l’exécutif hongkongais, aujourd’hui nommé par un collège électoral contrôlé par Pékin. La Chine accepte le suffrage universel, mais seulement pour choisir parmi des candidats ayant l’imprimatur de Pékin, ce qui limite la portée démocratique de l’exercice.

Le gouvernement central chinois s’agace de cette situation qui dure depuis des semaines, mais ne peut faire un usage trop voyant de la force comme en 1989 sur la place Tiananmen à Pékin. Il tente un mélange de pressions policières qui regagne peu à peu le terrain occupé par les manifestants et leurs campements, et joue de la provocation pour discréditer le mouvement auprès des Hongkongais légitimistes.

La Chine a « perdu » cette génération

Mais quelle que soit la suite du mouvement, qui montre des signes de fatigue et même de division sur la suite des événements, une victoire de Pékin ne serait qu’un répit : la Chine a « perdu » cette génération hyperconnectée qui était pourtant la première à n’avoir connu que la présence chinoise après le départ de la puissance coloniale britannique en 1997.

Hong Kong et ses six millions d’habitants ne laisseront pas faire une « normalisation » rampante comme certains le redoutaient : ils entendent bien conserver un mode de vie, un climat de liberté et de tolérance exceptionnels, tout en restant citoyens chinois.

En 1997, certains se demandaient si c’est le modèle chinois de Pékin qui s’imposerait à Hong Kong, avec le pouvoir du Parti et un contrôle des médias et de la parole, ou si c’est au contraire le modèle hongkongais, de société ouverte et efficace, qui s’immiscerait dans le reste de l’« empire ». La question reste posée dix-sept ans plus tard.

Hymne cantopop de la révolution des parapluies

3 Xinjiang, pris entre djihad et répression

 

 


Patrouille militaire chinoise sur les lieux d’un attentat à Urumqi, la capitale du Xinjiang, en mai 2014 (Ng Han Guan/AP/SIPA)

 


Le Xinjiang, à l’extrême ouest de la Chine, aux confins de l’Asie centrale (TUBS/WikimediaCommons)

 

Nouvel attentat, samedi au Xinjiang, cette province de l’ouest de la Chine, où la population ouïgour vit de plus en plus mal le peuplement croissant venu du reste de la Chine et de sa majorité Han. Selon les médias officiels, il y a eu quinze morts, dont onze assaillants, dans le district de Shache, dans l’ouest de la province.

Depuis le début de l’année, il y eu au moins 200 morts dans cette montée en puissance de la violence qui a commencé à faible intensité l’an dernier, avant de se développer, avec des incursions hors du Xinjiang, sur la place Tiananmen il y a un an, et, de manière sanglante, à Kunming, la capitale du Yunnan, en mars dernier.

L’équation du Xinjiang est simple : les Ouïgours, peuple d’Asie centrale, musulman, dont la langue et la culture se rattachent à l’héritage ottoman, vivent de plus en plus mal l’arrivée de migrants Han venus du reste de la Chine, et qui, vraisemblablement, constituent déjà la majorité de la population de la région.

Les frictions autour de la terre, de la religion (les restrictions à la pratique de l’Islam ont repris avec la montée de violence), de l’emploi ou du logement, ont creusé un profond fossé entre les deux communautés, Ouïgour et Han.

La radicalisation d’une frange du mouvement ouïgour favorable à un Turkestan oriental indépendant, s’est faite au travers des contacts avec la nébuleuse djihadiste d’Asie centrale, que ce soit en Afghanistan avec les talibans, ou dans la vallée de la Ferghana, dans l’Ouzbekistan voisin.

Plusieurs Ouïgour séjournant dans des camps d’Al Qaeda s’étaient d’ailleurs retrouvés à Guantanamo après l’invasion de l’Afghanistan par l’armée américaine en 2001.

Mais cette radicalisation est aussi générée par l’absence d’autre perspective politique, comme l’a montrée la sévère condamnation à la prison à vie de l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti, en septembre dernier, sans la moindre preuve d’un quelconque soutien de ce professeur d’université à l’action violente.

Cette lourde peine a été confirmée en appel la semaine dernière, sans que les nombreux appels à la révision du jugement n’aient été entendus.

 


Guzel Nur Ali, épouse de l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti dont la condamnation à la prison à vie vient d’être confirmée en appel (Ng Han Guan/AP/SIPA)

 

En choisissant la voie dure pour répondre à la montée d’une violence prévisible, le gouvernement central prend le risque de se retrouver avec un foyer d’hostilité et de résistance plus déterminé encore, et pour longtemps.

Comme d’autres pouvoirs, avant lui, placés dans des situations similaires de type colonial (même si Pékin récuse ce mot s’agissant du Xinjiang).

4 Tibet, résistance spirituelle

 

 


Le Potala, palais des dalaï lama à Lhassa, la capitale tibétaine, lieu symbolique pour tous les Tibétains (SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA)

 


La région autonome du Tibet, en jaune, fait plus de deux fois la superficie de la France pour 2,5 millions d’habitants (via Wikipédia)

 

Au cours des deux dernières années, 132 Tibétains se sont immolés, dont 113 sont morts. Les autres ont gardé des séquelles, comme cet homme de 31 ans qui vient de rentrer chez lui amputé des deux jambes après une tentative d’immolation près d’un monastère.

Ces immolations ont certes montré le niveau de désespoir d’une partie de la population tibétaine face au sort de leur région sous domination absolue de la Chine, mais ont aussi créé un malaise.

Les autorités de Pékin ont accusé le dalaï lama et le gouvernement tibétain en exil d’avoir poussé les Tibétains à ce suicide de masse, ce que les exilés démentent ; mais la passivité de ceux qui assistent à ces suicides par immolation, comme le montrent les photos et vidéos qui circulent, pose question.

Cette vague d’imolations, qui se poursuit épisodiquement, est là aussi le signe d’une absence d’alternative politique.

Sus aux « séparatistes »

Le gouvernement chinois maintient une main de fer sur le Tibet, combattant énergiquement toute velléité « séparatiste », comme il les nomme, tout en encourageant le peuplement Han. Et les quelques séances de négociation qui ont eu lieu ces dernières années entre Pékin et l’entourage du dalaï lama n’ont jamais permis la moindre avancée.

 


Que se passera-t-il après la disparition du dalai lama, ici à Francfort en mai 2014 ? (Topphotos/Unimedia Images/SIPA)

 

Tout se passe comme si le gouvernement chinois attendait patiemment la disparition de l’actuel dalaï lama, Tenzin Gyatso, XIVe du nom, qui est âgé de 79 ans.

Le dalaï lama a renoncé à toute responsabilité politique, laissant un gouvernement en exil à Dharamsala, en Inde, jouer ce rôle. Mais il reste une figure centrale du monde tibétain, tant religieux que politique au sens le plus large du terme. Et il est un atout de relations publiques exceptionnel pour la cause tibétaine, en raison de son aura, notamment en Occident.

Sa disparition risque d’entraîner une période de grande confusion, car sa succession répond à des règles très précises liées à la réincarnation à laquelle croient les bouddhistes tibétains. Et Pékin entend bien se mêler de ce processus et l’influencer, comme cela fut fait pour le panchen lama, le second personnage du bouddhisme tibétain, mort en 1989 : l’enfant désigné comme réincarnation du défunt par les autorités religieuses a disparu depuis près de vingt ans, remplacé par un autre, choix de Pékin et des religieux qui jouent le jeu du pouvoir chinois.

Deux dalaï lama ?

Le risque est grand de voir deux dalaï lama dans l’avenir, l’un au Tibet avec l’aval de Pékin, et l’autre en exil en Inde. Cette confusion permettrait à la Chine d’affaiblir la résistance spirituelle des Tibétains au rouleau compresseur chinois qui s’appuie sur la figure tutélaire du dalaï lama.

 


Orgyèn Trinley Dorjé, XVIIe Karmapa à New Delhi en juin 2013 (Tsering Topgyal/AP/SIPA)

 

Un troisième personnage fait son chemin pour incarner cette résistance, le karmapa lama, XVIIe du nom, aujourd’hui âgé de 28 ans, et qui s’est enfui du Tibet il y a quatorze ans dans des conditions épiques, traversant l’Himalaya à pied en plein hiver pour passer en Inde.

Ce troisième personnage du bouddhisme tibétain, qui vit lui aussi à Dharramsala, en Inde, pourrait assurer la continuité et incarner à son tour le « front du refus spirituel » à Pékin (voir sa tribune sur Rue89 en juin dernier).

Résistance multiple

Les voies de la révolte face à l’autoritarisme du pouvoir central chinois sont multiples et contradictoires.

  • A Taïwan et à Hong Kong, c’est l’option démocratique d’une génération hyperconnectée et informée qui offre un défi insurmontable à un pouvoir chinois peu habitué à faire des compromis ;
  • Au Xinjiang et au Tibet, la dimension religieuse est forte, musulmane d’un côté, bouddhiste de l’autre, avec un élément de violence croissant dans le premier qui ne se retrouve dans le second que sous la forme du suicide par immolation.

Le point commun est effectivement le refus d’un pouvoir central autoritaire, « jacobin » dirait-on dans le contexte français, qui, au nom d’une puissance économique retrouvée, et d’une ambition stratégique croissante, n’entend pas permettre l’expression des particularismes au sein de l’« empire ». Au risque de générer conflits et révoltes, et donc cette instabilité que Pékin redoute par-dessus tout.

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 17:12

 

Source : www.mediapart.fr

 

Hong Kong : durcissement des manifestations

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Des milliers de manifestants pro-démocrates ont affronté la police le 1er décembre dans le quartier Admiralty de Hong Kong, où se trouvent le siège du gouvernement et le parlement, qui ont été provisoirement fermés, ainsi que de nombreuses boutiques.

Des milliers de manifestants pro-démocrates ont affronté la police le 1er décembre dans le quartier Admiralty de Hong Kong, où se trouvent le siège du gouvernement et le parlement, qui ont été provisoirement fermés, ainsi que de nombreuses boutiques. Les manifestants ont encerclé Admiralty, et ont refusé de se retirer, alors que la police les chargeait à coups de matraques et de pulvérisateurs à poivre. Quarante personnes ont été arrêtées et il y a eu des blessés graves, dont certains sont restés inconscients sur le sol, indique Reuters.

Cette escalade du mouvement de désobéissance civile survient après deux mois d’un mouvement qui a mobilisé, les premiers jours, plus de 100 000  personnes. Même si les manifestants sont beaucoup moins nombreux, ils poursuivent leur mouvement pour obtenir une réforme électorale et des élections libres en 2017, au lieu d’un vote entre des candidats présélectionnés par Pékin. Une participante interrogée par Reuters affirme que l’atmosphère à Admiralty est redevenue aussi tendue qu’aux premiers premiers jours du mouvement. La tension est également montée dans le district de Mong Kok, théâtre de violent affrontements visant à faire partir un campement de manifestants. Ce mouvement constitue l’un des plus importants défis politiques auquel se trouve confronté le Parti communiste chinois depuis les manifestations de Tienanmen en 1989.

 

 

Source : www.mediapart.fr

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 21:44

 

 

Vu sur facebook

 

 

Pour les automédias et toute personnes ayant un smartphone qui ont envie de mettre leur appareils mobiles au service de tous, voici quelques #hashtags en rapport avec les grèves a venir :  #staken1dec #greve1dec #1dec (utilisé principalement sur twitter, mais aussi peut être utilisé sur FB)

 

pourquoi utiliser un #tag dans son titre/tweet/post? c'est la seule manière sur facebook, twitter, g+, instagram, vine, de sortir de son cercle d'amis et de faire en sorte que ce qu'on post/tweets etc...touche un cercle beaucoup plus vaste de personne qui suivent la mobilisation ou grève en question. 

 

apps : twitter, facebook pour mise à jour et photos autour de vous (utilisation de #tag permet de diffuser plus loin que vos amis)

 

photo uniquement : instagram,

courte vidéo : Vine/instagram

 

Live Streaming : Bambuser, Ustream, Livestream et bien utiliser les #hashtags dans votre titre pour que ce soit facile a retrouver même si on est pas tous amis les uns avec les autres. important : connecté vos profils réseaux sociaux sur votre laptop/desktop AVANT de partir de chez vous (c'est plus facile) c'est important parce que une fois que vous êtes en direct, ça puisse se diffuser sur vos pages, profils et réseaux tiers sur lesquels vous avez un profil dès que vous passez en mode "direct"

 

exemple de mobilisation citoyenne en Belgique ou ce genre de technique ont été appliquée: http://indignez-vous.be/ index-StreamLiveBelgium.html depuis 2011. un groupe spécialisé sur ces techniques en Espagne : http://peoplewitness.net/

une page de veille de "streamers" du monde entier : https://www.rebelmouse.com/ WatchingtheWatchers/

 

l'utilisation de ces techniques ont été capitale pour des pays a forte utilisation mobile : Espagne, US, HongKong et j'en passe.pour donner un exemple belge : SI à la manif du 6 novembre, on avait eu des gens sur place, et sur le devant de la scène (c'est très chaud, ne pas faire cela sans s'entourer de gens qui ont de l'expérience de ce genre de situation a haut risque) on aurait pu avoir un tout autre son de cloche.  

 

Idée:

  • faire le tour des piquets avec ces apps mobile par petit groupe et faire de courte interview avec Bambuser/ustream et permettre à tout ceux ou celle qui ne peuvent pas participer sur place de le relayer via les réseaux sociaux. 
  • interviewer les ouvriers, future chômeur, délégué, monsieur tout le monde avec le soin de relayer ses raisons perso a lui et pas seulement les opinions des grosses têtes syndicale. 
  • autant de petite chose qui met la communication entre les mains des participants et qui rend la communication même avec ceux/celle qui sont contre les grèves/piquets d'avoir une chance d'entendre un autre son de cloche que celui servi par les médias dominant. 
  • empêcher les Médias dominant d'imposer leur narrative de la situation et laisser a tout un chacun la chance de se faire sa propre opinion avec les arguments des autres. 

ps : depuis quelques minutes, le futur de cette note c'est de devenir un véritable guide qui aborderait tout les aspects de ces outils de communication 2.0 une fois dans les mains d'un citoyens. merci pour les partages, les commentaires, les suggestions !!

 

 

 

 

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 21:34

 

 

Source : www.leap2020.eu

 

 

Extrait GEAB 89 : La crise de l’industrie pétrolière

 

 


La baisse actuelle des prix du pétrole précisément causée par cette stratégie du désespoir est en train de casser l’industrie du pétrole/gaz dans son ensemble. La crise ukrainienne, loin de permettre à l’Occident de faire main basse sur la Russie, est en train de l’obliger à repenser sa dépendance à l’Europe comme client de son gaz .


Extrait GEAB 89 : La crise de l’industrie pétrolière
Figure 7 – Exportations du gaz russe, par origine, 2012. Source: EIA

Toutes ces transformations radicales de la géopolitique du pétrole sont à la fois cause et conséquence d’une crise qui est souvent ignorée : celle de l’industrie pétrolière. On l’avait crue sauvée grâce au schiste (71); elle se perd à cause du schiste.

Dorénavant, de nombreuses entreprises fuient en effet l’extraction du pétrole de schiste : que ce soit à cause d’une rentabilité trop faible, comme au Texas (72), dans le nord-est des États-Unis (73), ou encore en Pologne (74) ; à cause de protestations contre son exploitation en Angleterre (75) et en Roumanie (76); ou à cause des sanctions contre la Russie (77)… Les victimes sont innombrables. Le pétrole à 80$ commence à semer la panique, et un article annonce déjà les premiers signes d'un ralentissement des forages (78).

Les plus grandes compagnies elles-mêmes sont obligées de vendre de nombreuses activités pour se renflouer (79) ; leur production baisse drastiquement alors que les investissements nécessaires sont de plus en plus importants (cf. figure ci-dessous) ; les entreprises sont toutes de plus en plus endettées (80); l’exploitation de pétrole (de schiste, notamment) risque à tout moment de n’être plus rentable si le baril s’installe durablement sous les 80$ ; les financements sont de plus en plus difficiles en ces temps de disette économique, etc.



Extrait GEAB 89 : La crise de l’industrie pétrolière
Figure 8 - Dépenses d'investissement de capital (rouge) et production (gris) des 11 plus grandes compagnies pétrolières. Source : Bloomberg


2015 : risque majeur sur les marchés pétroliers

L’industrie pétrolière est bien mal en point. La crise systémique mondiale, touchant le pays au cœur du système – les États-Unis –, touche évidemment l’ingrédient principal de leur domination des 40 dernières années : le pétrodollar. Il n’est donc guère surprenant que l’instabilité frappe l’économie du pétrole de plein fouet.

Le mirage du schiste est de plus en plus documenté. Les estimations optimistes prévoient une production en hausse ou constante jusqu’en 2020 environ (seulement), les autres considèrent qu’un déclin est probable dès 2016. Le prix du pétrole, qui a baissé jusqu’à tutoyer les 80$/baril depuis quelque temps déjà, va précipiter les pertes des compagnies pétrolières... et les mêmes acteurs qui ont eu intérêt à participer à la grande escroquerie du schiste dans la décennie 2000 vont désormais avoir intérêt à s’en retirer, et même à la révéler pour permettre aux prix de remonter et leur permettre de survivre.

Il est probable que l’Arabie Saoudite, première perdante de la stratégie américaine, ait décidé d’arrêter le jeu en précipitant les cours à la baisse, obligeant l’escroquerie à être révélée et un marché d’offre et de la demande à se remettre en place.
Cela dit les dégâts sont immenses, une fois de plus. Le système antérieur de gouvernance mondiale de l’énergie est définitivement cassé. Et si un nouveau système n’est pas inventé dans les plus brefs délais, l’Europe est bien placée pour savoir à quoi s’attendre dans un système dérégulé d’accès aux ressources énergétiques où la loi des plus forts domine.

Le pétrodollar s’effrite en outre à grande vitesse. Tous ces facteurs convergent vers un choc sur le marché du pétrole dans les deux ans qui viennent. Les temps vont être durs pour les compagnies pétrolières. Puisque celles-ci représentent une part importante des capitalisations boursières mondiales, l’effet domino sur les bourses et sur l’économie ne tardera pas. Un énorme choc sur les marchés financiers pourrait survenir en 2015 qui ne soit pas le fait d’une banque cette fois, mais d’un maillon de l’industrie pétrolière.

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Notes:
(71) On parle beaucoup de la dépendance énergétique de l’Europe à la Russie. Non seulement le gaz russe fait partie de la stratégie d’indépendance énergétique de l’UE, qui a besoin du maximum de fournisseurs pour l’assurer (Norvège, Algérie, Canada… et Russie), mais, en réalité, s’il y a(vait) dépendance, c’était bien plus du côté de la Russie qu’elle était, dont 80% de la production gazière part vers l’UE et l’Ukraine (les 20% restants allant vers la Turquie –voir graphique). L’UE a certainement compté sur cette dépendance pour faire plier la Russie et l’obliger à négocier à ses conditions. Mais le monde a changé… C’est ce que les idéologues oublient par nature toujours.
(72) Source: MA&H, 19/12/2013.
(73) Sources : Shale Markets (17/07/2013) ; Shale Energy Insider (16/04/2013).
(74) Source: Sofia Globe, 10/05/2013.
(75) Source: C2ST, 16/08/2013.
(76) Source: AP, 07/12/2013.
(77) Source: PetroGlobalNews, 24/09/2014.
(78) Source: OilPrice, 10/11/2014.
(79) Sources : New York Times (20/01/2014) ; Oil Man (17/03/2014).
(80) Source: Houston Public Media, 07/07/2014.

 

Jeudi 27 Novembre 2014

 

Source : www.leap2020.eu

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 21:15

 

 

Source : www.ledauphine.com

 

 

ISÈRE - Center Parcs à Roybon: des opposants au chantier s’installent sur place

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20 heures : des opposants à la construction du Center Parcs dans la forêt des Chambarans sont restés sur place ce soir après le départ de la grande majorité des manifestants, vient d’indiquer une source fiable au Dauphiné Libéré. « Un groupe de personnes », confirme la gendarmerie - qui n’est pas en mesure d’en déterminer le nombre exact- « s’est effectivement installé dans la maison forestière » où s’est achevée la manifestation, et située à environ 150 mètres des limites du chantier.

Ces dernières semaines, l’intention d’une partie des opposants était clairement d’instaurer une ZAD (une « Zone à défendre ») analogue à celles de Notre-Dame-des-Landes et de Sivens, permettant aux contestataires de mener à tout moment des actions pour perturber l’avancée des travaux. C’est donc probablement ce qui est en train de se produire ce soir dans les Chambarans.

15 H 55 : les rangs des manifestants se sont considérablement renforcés en fin de rassemblement. La manifestation pourrait maintenant approcher le millier de personnes, selon l’estimation des journalistes du Dauphiné Libéré présents sur place. Après avoir parcouru le chantier, les manifestants en sont ressortis et se sont rassemblés à environ 100 mètres des limites de ce chantier. Ils ont pénétré dans une maison forestière qu’ils occupent actuellement. Après plusieurs prises de paroles, les manifestants ont débuté leur pique-nique vers 15 heures. Par ailleurs, lors de la traversée du chantier par les manifestants, plusieurs engins et préfabriqués ont été tagués. La gendarmerie s’est pour l’instant globalement tenue en retrait. Peu avant 16 heures, plusieurs centaines de personnes se tiennent toujours à proximité de l’emprise du chantier.

13 H 39 : les manifestants, au nombre de plusieurs centaines, viennent de pénétrer sur le site du chantier du Center Parcs des Chambarans, a constaté une équipe du Dauphiné Libéré.

12 H 45 : plusieurs centaines de personnes participent depuis midi à un rassemblement de protestation contre la construction du Center Parcs de Roybon, initié par le groupe Pierre et Vacances. Les manifestants se sont réunis au pied de la route menant au chantier et s’apprêtent à se rendre sur le site. Comme l’a constaté le Dauphiné Libéré sur place, une importante présence de gendarmerie est visible. En milieu de matinée, une centaine de personnes favorables à la construction du complexe de loisir des Chambarans se sont rassemblées dans le calme devant la mairie de Roybon.

Par S.D. et D.M. | Publié le 30/11/2014 à 20:00

 

 

Source : www.ledauphine.com

 

 

 

 

 

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 21:03

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Les mots et techniques de communication du pouvoir pour imposer les projets inutiles

Groupe Marcuse

samedi 29 novembre 2014

 

 

 

 

« Aménager mais protéger et recréer. » Les mots des partisans du barrage de Sivens sont révélateurs d’une stratégie de communication visant à faire accepter la destruction de la biodiversité. Et relèvent d’une longue histoire des techniques d’acceptation sociale des projets d’aménagement imposés par des intérêts capitalistes. Décryptage.


- POUR PREPARER LA RENCONTRE DE REPORTERRE LUNDI 1 DECEMBRE : Projets inutiles : la victoire est possible !


Pour justifier son projet de barrage, le conseil général du Tarn s’est offert divers « publi-communiqués » en pleine page de La Dépêche du Midi. L’un deux, le 1e octobre, portait un titre révélant les enjeux actuels de la lutte de Sivens : « Aménager mais protéger et recréer ».

Stratégie des mots

La conjonction de coordination « mais » signifie qu’il y a contradiction entre « aménager » et « protéger et recréer ». Les communicants semblent ainsi valider l’argument fondamental des opposants aux « grands projets » d’aménagement du territoire : ils sont trop destructeurs – si destructeurs qu’il faut carrément « recréer » les espaces dévastés, soit réaménager des zones humides ailleurs !

Le communiqué poursuit sans rire : « 19,5 ha de zones humides sont préservées pour compenser les 13 ha de zones humides impactées par la retenue. La compensation environnementale est de 150 % ». Que les citoyens soient rassurés : plus on saccage, plus on préserve.

On aurait tort de ne voir dans cette formule qu’un aveu involontaire. Les communicants l’ont sciemment choisie afin de rendre le scandale tolérable en le banalisant. Derrière ce message, il y a une logique implicite qu’il s’agit de faire accepter : si aménager = détruire, alors il faut compenser. Mais cette « logique » de marchandage compensatoire ne vaut que pour ceux qui acceptent l’équivalence de départ, au lieu d’estimer qu’il faut la combattre.

Le territoire géré pour le capital

Surtout, ce qui est censé « compenser » le scandale va en fait dans le même sens. Car la destruction comme la préservation des territoires par l’Etat, ces deux moments de leur aménagement, se font au détriment de leur usage commun par les populations locales qui s’en servent encore de garde-manger et de pharmacie. C’est notamment ainsi que les voient les vieilles paysannes et les jeunes « zadistes » qui n’ont pas intégralement délégué leur (sur)vie aux industries agro-alimentaires et pharmaceutiques.


- Au Testet, octobre 2014 -

Ce que désigne l’aménagement du territoire apparaît ici clairement. Dans la plupart des cultures, les terroirs et les paysages étaient le produit de celles et ceux qui y vivaient ; tout cela est désormais « géré » d’en haut et de loin, par l’Etat central dépositaire de « l’intérêt général », lequel se mesure à la croissance du PIB, saupoudrée de « mesures écologiques ».

Le territoire est ainsi soustrait aux gens qui y vivent et mis au service de l’accroissement du capital. Ce qui implique de faire la guerre aux usages vernaculaires et, si nécessaire, de déménager sans ménagement les populations locales.

Construire l’acceptation sociale

Toutes ces expropriations se sont faites sans trop d’opposition dans l’après-guerre, tant qu’il y eut un large consensus des communistes et des gaullistes en faveur du Progrès. Les choses se sont ensuite gâtées, notamment avec le « grand projet » de nucléarisation de l’Hexagone qui aboutit en 1977 au même crime que celui du 26 octobre 2014 : Vital Michalon est tué par une grenade offensive.

Dans les années 1980, l’Etat crie alors à l’aide : comment donner un vernis démocratique aux projets mûrement imposés par les élites ? Et les sociologues de proposer un nouvel outil, la « démocratie technique » : au-delà de la propagande, il s’agit d’aménager la contestation, de l’intégrer au processus de décision pour mieux la gérer, la cantonner à un rôle de contre-expertise technique et anéantir en elle toute opposition politique.

Il faut organiser des « forums hybrides » (Michel Callon) associant les représentants de l’Etat aux délégués des associations et autres organisations paragouvernementales, afin que la « société civile » puisse discuter et par là même valider démocratiquement les décisions prises par la technocratie.

Il faut « cartographier les controverses » (Bruno Latour) et, si besoin, créer de toutes pièces des associations afin que, lors de ces débats, il y ait des acteurs de la « société civile » favorables aux projets des élites. Chacun verra alors qu’« en bas », il y a des « pour » et des « contre », que les choses sont « complexes » et qu’il vaut mieux laisser l’Etat savant s’en charger. Et c’est ainsi qu’un polytechnicien a fondé l’Association des écologistes pour le nucléaire (AEPN).

Intégrées dans les processus de « concertation », il est clair que toutes ces associations, sincères ou factices, sont désormais utilisées comme organes de gestion de la contestation. Certains mouvements d’opposition ont donc refusé de participer à ces parodies de démocratie.


- Manifestation contre la centrale de Creys-Malville, années 1970 -

Éviter le piège de la « démocratie participative »

Ainsi, Pièces et Main d’œuvre (PMO) a invité au boycott de la concertation lancée par la Commission Nationale du Débat Public (« CNPD, participer, c’est accepter ») à propos des nanotechnologies en 2010. Les premières mises en scène de débat public furent perturbées avec tant d’ardeur que les autorités préférèrent annuler les suivantes, pour éviter de nouveaux camouflets. Il en est allé de même pour le projet d’enfouissement des déchets nucléaires CIGEO.

 

*Suite de l'article sur reporterre 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

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