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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 14:57

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Lobbying

Climat : à Lima, les ONG dénoncent des gouvernements « esclaves » des multinationales

par Sophie Chapelle 9 décembre 2014

 

 

 

 

 

En coulisse des négociations sur la lutte contre le changement climatique, à Lima au Pérou, le lobbying va bon train. Les grandes entreprises les plus polluantes de la planète disposent d’entrées privilégiées pour faire pression sur les gouvernements et l’Onu. Une situation que déplorent les organisations non gouvernementales : « Les pourparlers sur le climat, de Lima à Paris, risquent d’échouer une fois de plus » à cause des sociétés transnationales, dénoncent-elles.

Alors que les négociations internationales sur le climat ont débuté à Lima au Pérou depuis le 1er décembre, les pressions menées par les grands pollueurs industriels s’intensifient en coulisse. Ce lobbying fait l’objet de deux nouveaux rapports sur l’influence des multinationales et des corporate conquistadors de la part d’organisations non gouvernementales [1]. Leur constat est sans appel : « Jusqu’à présent, l’incidence des grandes entreprises sur la prise de décisions a toujours réussi à empêcher que l’on s’attaque aux causes profondes du changement climatique ».

Lobbying agressif, pressions pour faire supprimer les réglementations contraignantes, financement direct de partis politiques, chassés croisés de personnel entre administration publique et secteur privé, forte présence dans les négociations... Quatre multinationales européennes opérant en Amérique du Sud sont visées : le groupe minier britannique Anglo-American, le pétrolier espagnol Repsol, le négociant anglo-suisse de matières premières Glencore Xstrata et l’énergéticien italo-espagnol Enel Endesa. Selon les auteurs des rapports, « les pourparlers sur le climat, de Lima à Paris, risquent d’échouer une fois de plus, parce que la Convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique et les gouvernements sont les esclaves des sociétés transnationales ».

Des pratiques désastreuses au service d’un modèle polluant

Les ONG dénoncent les agissements d’Anglo American qui «  continue d’étendre son modèle économique polluant et nuisible au climat, tout en utilisant les fonds verts, les mécanismes de compensation et des solutions technologiques discutables pour s’offrir une image "verte" ». Anglo American possède notamment un tiers des parts d’El Cerrejón, une des mines de charbon à ciel ouvert les plus grandes du monde, située à La Guajira, en Colombie. « Les activités minières à El Cerrejón ont entraîné l’accaparement de terres, la dépossession et une pénurie de l’eau à la Guajira en Colombie », accuse Lyda Forero du Transnational Institute.

 

 

Suivant le même modèle, la société pétrolière espagnole Repsol poursuit l’extraction des réserves de pétrolières et de gazières au Pérou. L’entreprise n’hésite pas à forer dans les endroits les plus vulnérables de la planète tels que la forêt amazonienne. Il n’est donc pas surprenant que le pétrolier espagnol fasse partie des 90 entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre au monde. En dépit d’une forte opposition, Repsol a importé massivement en juin dernier des sables bitumineux en provenance du Canada dans l’une de ses raffineries à Bilbao [2].

La multinationale suisse Glencore Xstrata, sur laquelle Basta ! a déjà enquêté, est également épinglée par les ONG. Bien que cette multinationale soit accusée de priver les populations péruviennes de moyens de subsistance et de persécution des opposants (voir cet article), le gouvernement continue de lui accorder allègrement des concessions minières sur lesquelles vivent des communautés.

Entre lobbying intensif et greenwashing

« Anglo American a mené un lobbying agressif contre les subventions pour les énergies renouvelables car l’entreprise favorise l’utilisation des énergies polluantes telles que le charbon et le gaz de schiste », observe Pascoe Sabido du Corporate Europe Observatory (CEO). Le rapport illustre également les moyens déployés par les multinationales pour influencer les décisions, en rappelant que Repsol a déboursé en 2013, près d’un demi-million d’euros en lobbying direct à Bruxelles et Washington (Lire aussi : Les milliardaires qui spéculent sur l’avenir de la planète).

Et ce n’est pas tout. Les organisations dénoncent aussi les tentatives de greenwashing qui entourent la construction de méga-barrages. A l’instar du consortium italien Enel-Endesa qui construit un barrage hydroélectrique de 151 mètres de haut dans le département de Huila au sud de la Colombie. Ce barrage entrainera la submersion de 9000 hectares, soit l’équivalent de la ville de Paris sous les eaux. Plus de 2000 personnes sont affectées par ce projet. Le consortium présente pourtant ce barrage comme un « projet d’énergie propre » et « neutre en carbone » (lire le dossier de l’Observatoire des multinationales : à qui profitent les grands barrages ?).

Libérer l’Onu de l’emprise des multinationales

« Anglo American et ses groupes de pression bénéficient d’un accès privilégié aux décideurs, il n’est donc pas étonnant que l’Onu soit à des années-lumière d’un traité juste et ambitieux sur le climat », souligne Pascoe Sabido du CEO. En 2013, la société civile a décidé de quitter la conférence climat des Nations Unies, afin de dénoncer ces collusions (lire cette tribune). Et cela pourrait se reproduire à Lima cette semaine. « Dénoncer les connexions entre les multinationales et les politiques, et délégitimer le fait qu’elles siègent à la table des négociations est crucial si nous voulons tracer une voie différente », précisent les ONG.

Elles appellent l’Onu à réexaminer les processus de décisions afin de limiter l’influence des industries, à dissoudre les groupes d’industriels ayant un « statut privilégié » au sein des négociations officielles, et à adopter un code de conduite pour ses fonctionnaires. « Au lieu d’écouter les pollueurs industriels, les décideurs devraient plutôt prêter une oreille attentive aux peuples », résume Lucia Ortiz, des Amis de la Terre International.

Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Photo CC : Agustín Ruiz

- Tous nos articles sur le Pérou

 

 

Notes

[1- Comment les transnationales commandent : le lobby d’Anglo American pour l’énergie polluante et ses fausses solutions pour le climat, un rapport co-écrit par Friends of the Earth International, Corporate Europe Observatory et Transnational Institute. Télécharger le rapport (en français) en cliquant ici.
- Corporate Conquistadors : the many ways multinationals both drive and profit from climate destruction. Un rapport co-écrit par le Transnational Institute, Corporate Europe Observatory et the Democracy Center. Télécharger le rapport (en anglais).

 

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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 14:51

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Une association écologiste opposée au Center Parcs en Isère subit des pressions financières

par Sophie Chapelle 10 décembre 2014

 

 

 

 

Une association va t-elle subir une coupe de ses financements publics à cause de son opposition au projet de Center Parcs dans les Chambaran ? C’est ce que dénonce la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), l’une des plus importantes associations environnementales de la région. Dans une lettre du 17 novembre au Conseil général de l’Isère [1], Francis Meneu, le président de la section Isère de la fédération, évoque des « pressions inacceptables ». Le département envisagerait de ne pas renouveler ses subventions en 2015. Soit environ 200 000 euros, précise le site d’informations grenoblois Gre’net. Ces subventions sont notamment accordées pour des animations de sensibilisation à la nature dans les écoles. Mais les recours menés par la Frapna Isère à l’encontre d’un projet controversé de Center Parcs semble ne pas avoir plu. D’autant que le Conseil général soutient ce Center Parcs à hauteur de 7 millions d’euros.

Dans un entretien accordé à France 3, Alain Cottalorda, président (PS) du Conseil général, affirme que le partenariat avec la Frapna ne sera pas rompu, mais « juste rediscuté ». Il estime que « le président de la Frapna de l’Isère a franchi la ligne rouge en se rangeant du côté des opposants les plus radicaux au projet de Center Parcs ». Contacté par Basta !, Francis Meneu, directement visé par les propos de l’élu socialiste, confie que « la situation évolue favorablement ». Un rendez-vous est fixé entre la fédération environnementale et les services du Conseil général le 15 décembre prochain « afin de discuter du dossier ». « Nous n’avons jamais appelé à la violence, tient-il à préciser. Ce que nous voulons, c’est que soit amélioré le débat environnemental en amont du projet. » Selon la Frapna, ce Center Parcs constitue la plus vaste opération de destruction de zone humide des quinze dernières années en Rhône-Alpes. « Dix fois Sivens » !

« On ne lâchera rien »

Le projet de Center Parcs en Isère a fait l’objet d’avis négatifs des experts consultés. « Les décisions ont été prises de manière non transparente », souligne Francis Meneu. Malgré les pressions, la Frapna a déposé un recours en référé au tribunal administratif de Grenoble, demandant la suspension des travaux autorisés par arrêtés préfectoraux. « C’est rare, mais vu l’absence de concertation, ce ne serait guère étonnant. »

Dans l’attente de l’audience au tribunal le 12 décembre, le chantier est arrêté depuis quelques jours. Suite au lancement d’une zone à défendre en lisière du site le 30 novembre, des opposants ont rendu la route d’accès au chantier inaccessible et occupent les préfabriqués construits pour les ouvriers. Le président du Conseil général de l’Isère vient de réaffirmer que « le concept même de Center Parcs est écologique » [2]. Ironie du sort, le ministère de l’Écologie rappelle dans un rapport publié le 5 décembre, que de « multiples pressions s’exercent sur la biodiversité et menacent la survie de nombreuses espèces ». Entre autres causes du déclin de la faune et de la flore, le document cite « le drainage des zones humides ». Pour Francis Meneu, c’est clair : « la qualité et la richesse même de cette zone humide [dans les Chambaran] en font un lieu incompatible pour pouvoir accueillir une ville nouvelle de plus de 5000 habitants. On ne lâchera rien. »

 

 

@Sophie_Chapelle

CC Sophie Chapelle / Basta ! (photo prise sur le chantier du Center Parcs des Chambaran, le 16 novembre 2014)

 

 

 


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 14:43

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/eurojournaliste


 

Economie et politique sociale: l’erreur allemande

L'austérité crée aussi de la misère en Allemagne.L'austérité crée aussi de la misère en Allemagne.

Le climat social froid en Allemagne paralyse la croissance. Et ce, depuis 1990. L'erreur pourrait peser lourd d'ici une poignée d'années.

(KL) – Lorsqu’un état souhaite faire des économies, il commence à faire des coupures là où il s’attend à la moindre résistance. Donc, chez les plus pauvres, les faibles revenus, les exclus de la société, sachant que ces populations n’ont pas de lobby pour les défendre. En Allemagne, cela s’est matérialisé par l’introduction des «mini-jobs» (avec des salaires allant jusqu’à 430 € par mois, présentant «l’avantage» pour l’état que ceux qui occupent de tels postes précaires, disparaissent des statistiques du chômage. Mais, selon un rapport de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), cette politique d’austérité intérieure, conduit l’Allemagne droit dans le mur – cette politique sociale constitue le plus grand frein à la croissance.

En principe, c’est logique. En laissant une bonne partie de la population avec des revenus extrêmement faibles, on la coupe également de la consommation. Ce qui bloque l’évolution de la conjoncture et ne favorise que ceux qui gagnent leur vie dans le monde de l’exportation, donc des domaines comme l’automobile, les machines industrielles et finalement tous les secteurs où il existe une forte demande sur des marchés étrangers.

Cela aurait même pu fonctionner, si l’Allemagne ne connaissait pas un grave problème démographique. Mais ce problème est devenu une réalité – d’ici peu, l’Allemagne aura du mal à défendre sa place de leader sur les marchés de l’exportation, car elle deviendra moins productive. Et ce sera exactement à ce moment-là que la politique de l’austérité constituera le retour de la manivelle pour cette économie qui actuellement, prend un bain au soleil en donnant de bons conseils à ses voisins européens.

Erreur – selon le rapport de l’OCDE, l’Allemagne a déjà loupé le train. Pendant les années fastes (1990 – 2010), elle aurait pu enrgistrer une croissance supérieure de 6% par rapport à la croissance effectivement réalisée, uniquement en acceptant un clivage trop important entre les bons salaires et les salaires misérables que touchent la plupart des ouvriers allemands. Et ce fossé ne cesse de se creuser. Si en 1985, les 10% des salaires les plus forts gagnaient cinq fois plus que les 10% aux plus faibles revenus, aujourd’hui, les meilleurs salaires payent sept fois plus que les revenus les plus faibles. L’évolution continue donc et traduit soit l’ignorance de la signification d’une politique sociale qui mériterait cette appellation, soit une sorte de paralysie face à ce qui arrivera inévitablement au «premier de la classe» en Europe.

Une bonne politique sociale n’a pas seulement un aspect altruiste, mais aussi un impact purement économique. Si au moins 10% de la population sont coupés de la consommation, cela veut dire qu’il devient très difficile de stimuler les marchés intérieurs. Dans une situation mondiale en pleine mutation, avec l’émergence des états BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) qui se partageront désormais non seulement la plus grande part des ressources énergétiques et industrielles au niveau mondial, mais qui constitueront en même temps le plus grand marché mondial, la confiance allemande quant à ses exportations risque de s’effondrer.

Est-ce une raison de se frotter les mains en regardant l’Allemagne devenir «l’homme malade de l’Europe» ? Non. Car l’Union Européenne, sans l’apport de l’Allemagne, connaîtra d’autres problèmes qui n’arrangeront personne. Mais il est grand temps que l’Allemagne revoit sa copie – en acceptant une harmonisation européenne de la politique sociale et de la politique économique. Il faudra également que l’Europe trouve le courage de museler les marchés financiers, le système boursier et les banques qui exsanguent notre continent et dont les lobbys sont tellement puissantes que nos gouvernement nationaux et les institutions européennes n’osent pas s’y attaquer.

Une phrase de ce rapport mérite une attention particulière. «Seul les états qui investissent dans des chances équilibrés pour tous, au niveau de la formation scolaire et professionnelle, pourront faire face aux défis de l’avenir». Mais l’Allemagne n’investit pas assez dans ces domaines et cela ajoutera forcément au déclin de l’économie outre-Rhin.

Continuer à regarder cette évolution n’arrangera rien et personne. Force est de constater qu’aucun pays européen ne pourra faire face seul à la concurrence internationale – seule une Europe forte pourra se permettre de mener une politique sociale digne de ce nom. Et après tout, devons-nous réellement subir une politique qui écrase les plus faibles pour continuer à engraisser les plus fortunés ? Il est grand temps de se réveiller…

Crédit photo : www.blu-news.org / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 2.0

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/eurojournaliste

 

 


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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 14:27

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 

Construire l'alternative en Rhône-Alpes

Associatifs, syndicalistes, militants et élus, membres du PG, EELV, Ensemble, PCF, Nouvelle Donne... 80 citoyens engagés, issus des huit départements de la région, lancent un appel « à s'unir sans attendre, pour redonner élan et espoir à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à la situation actuelle ».

 



Reconstruire la politique: urgent, désirable et possible. En Rhône-Alpes, nous y sommes prêts.

Parce qu'il existe une alternative aux politiques d'austérité menées par le gouvernement, qui pèsent sur nos citoyen-ne-s et étranglent les territoires dans lesquels nous vivons,

Parce que nous en avons assez de voir la politique libérale actuelle nous priver petit à petit des services publics indispensables pour bien vivre et travailler au pays,

Parce que l'eau, l'air, les sols, le climat, notre patrimoine commun, sont progressivement transformés en marchandises, confiés au privé et détruits sans que les “ grands dirigeants ” ne bougent le petit doigt,

Parce que nous sommes inquiets de voir le repli sur soi et les sectarismes se développer sur le terreau de la misère sociale et du chômage,

Inquiets du boulevard qu'ouvrent ces politiques délétères à la droite et au FN, mais fermement convaincus que la réponse au “ tous pourris ”, c'est l'engagement citoyen :

Nous, signataires de cet appel, avons décidé de prendre l'initiative pour dire l'urgence et notre disponibilité à créer une dynamique de rassemblement à gauche, écologiste et citoyenne, à vocation majoritaire. Nous déclarons qu'il est urgent, désirable et possible de construire cette dynamique à l'échelle régionale en Rhône Alpes. Ensemble, nous sommes prêt-e-s à construire un projet de transformation sociale et écologique ancré résolument à gauche pour « changer la vie » pour de bon, enfin ! Mobilisons les énergies et les ressources régionales pour créer des activités et des emplois utiles et relocalisés, partager les richesses et le temps autrement, développer la coopération plutôt que la concurrence et la prédation des ressources naturelles, avancer vers un projet de société différent.

Nous nous retrouvons déjà sur de nombreuses luttes communes, nous partageons le même désir de vie bonne pour tou-te-s, les mêmes valeurs républicaines, les mêmes objectifs de réappropriation citoyenne et de justice sociale, la même urgence à mener la bifurcation écologique. Nous appelons donc tou-te-s les citoyen-ne-s, collectifs, réseaux, syndicalistes, quartiers, militants, associatifs et élu-e-s de Rhône Alpes qui en ont assez, à s'unir sans attendre, pour redonner élan et espoir à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à la situation actuelle.

Nous nous déclarons disponibles pour lancer et participer à cette dynamique de rassemblement, seule à même de bloquer l'arrivée au pouvoir de la droite dans notre région, en proposant une alternative crédible à la politique libérale et d'austérité menée par le PS au gouvernement. L’annonce des prochaines échéances régionales, fin 2015, nous laisse le temps de nous organiser. Ne le gaspillons pas, soyons à la hauteur des responsabilités qui nous échoient. 

Surmontons nos différences, les égos, les jeux d’appareil et les étiquettes. Rassemblons-nous !

 

Paul Ariès, objecteur de croissance, rédacteur en chef du mensuel les Zindigné(e)s (Rhône) ; Georges Arpin, conseiller municipal PCF Oyonnax, conseiller communautaire du Haut-Bugey (Ain) ; Elliott Aubin, adjoint au maire du 1er arrdt de Lyon, étudiant, conseiller national PG (Rhône) ; Julian Augé, co-secrétaire PG (Haute-Savoie) ; François Auguste, conseiller régional PCF-Front de Gauche (Isère) ;

Lela Bencharif, conseillère régionale EELV (Loire) ; Corinne Bernard, conseillère régionale EELV (Isère) ; Laurence Boffet, conseillère du 1er arrdt de Lyon, Ensemble ! Front de Gauche (Rhône) ; Danielle Bonnel, Assemblée citoyenne Chambéry (Savoie) ; Sofiène Boumaza, militant PG, Assemblée citoyenne ouest-lyonnais (Rhône) ; Sylvie Brianceau, conseillère municipale PG à Passy (Haute-Savoie) ;

Marylène Cahouet, syndicaliste (Rhône) ; Annick Cappoen, Assemblée citoyenne de Chambéry (Savoie) ; Danielle Carasco militante féministe Villeurbanne (Rhône) ; Robert Cartier, maire de Saint-Martin-de-Clelles (Isère) ; Albane Colin, conseillère régionale EELV (Ain) ; Alain Coulombel, conseiller régional EELV (Haute Savoie) ; Agnès Crepy, militante associative, conseillère municipale à Ugine (Savoie) ; Armand Creus, conseiller régional Ensemble - FdG (Rhône) ;

Jean-Pierre Delbonnel, militant Ensemble (Savoie) ; Bruno Dolik, co-secrétaire départemental PG (Loire) ; Alain Dontaine, militant PG Grenoble (Isère) ; Tifen Ducharne, militante de l'éducation populaire et membre du Bureau national PG (Savoie) ; Gisèle Duchateau, bénévole au Comité d'action juridique pour l'accès au droit rural (Drôme) ; Gilbert Dumas, syndicaliste (Rhône) ;

Antoine Fatiga, conseiller régional FdG (Savoie) ; Jérôme Faynel, militant associatif (Rhône) ; Eleni Ferlet, co-secrétaire départementale PG (Rhône) ; Marc Ferrapie, militant de l'éducation populaire et de la solidarité internationale, ancien responsable syndical régional dans le bâtiment (Ardèche) ; Mylene Ferri, conseillère municipale PCF Oyonnax (Ain) ;

Colette Grange, militante des droits de l'homme et de la femme (Rhône) ; Patrick Guerini, co-secrétaire du PG comité Annemasse Agglo (Haute-Savoie) ; Bruno Guillaud-Bataille, maire de Charavines (Isère) ; Jean-Jacques Gury, militant Nouvelle Donne (Rhône) ; 

Corinne Iehl, élue communautaire Grand Lyon EELV (Rhône) ; 

Maurice Jacquet, militant associatif Attac, Collectif Roosevelt et PG (Ain) ; Christian Jeannot, militant de l’éducation et de la culture (Drôme) ; Robert Joumard, militant Attac (Rhône) ;

Olivier Keller, conseiller régional EELV (Ardèche) ; Andrea Kotarac, co-secrétaire départemental PG (Rhône) ;

Hélène Lacheret, précaire de l’Education Nationale et co-secrétaire départementale PG (Drôme) ; Myriam Laidou-Denis, militante contre Centerparcs Roybon, porte parole EELV (Isère) ; Raphael Laine, militant Ensemble! Jeunes - Front de Gauche (Rhône) ; Danièle Lebail, conseillère régionale PCF-Front de Gauche (Rhône) ; Pascal Le Brun, syndicaliste EDF (Rhône) ; Marie-Claude Lefort, militante communiste (Drôme) ; Hélène Legardeur, conseillère régionale EELV (Drôme) ; Bruno Léna, militant de l'enseignement (Drôme) ; Gérard Leras, conseiller régional EELV (Isère) ; Philippe Leeuwenberg, conseiller général de la Drôme, conseiller municipal de Die, communiste (Drôme) ; Véronique Louis, maire de Saint Maurice d'Ibie, vice-présidente de la CDC "Berg et Coiron" PG (Ardèche) ;

Alain Manach, militant associatif Grenoble (Isère) ; Elisa Martin, première adjointe à la Mairie de Grenoble (Isère) ; Pierre Mériaux, conseiller régional EELV (Isère) ; Daniel Mino, CAP à Gauche Chablais (Haute-Savoie) ; Dominique Monterrat, militant Alternatifs/Ensemble (Ain) ; Véronique Moreira, conseillère régionale EELV (Rhône) ; Corinne Morel Darleux, conseillère régionale Parti de Gauche - Front de Gauche (Drôme) ; Laurent Moreno, conseiller municipal de Thizy-les-Bourgs Ensemble!/FDG (Rhône) ;

Richard Neuville, militant Ensemble (Ardèche) ; 

Anne-Sophie Olmos, conseillère municipale déléguée Nouvelle Donne de Grenoble (Isère) ; Corinne Oumakhlouf, co secrétaire départementale PG (Loire) ; 

Raymonde Poncet, conseillère générale EELV (Rhône) ;

Philippe Quintin, adjoint au maire Miribel les Echelles, syndicaliste (Isère) ;

Nadine Reux, secrétaire départementale EELV (Isère) ; Dominique Rols, militant syndical à l'Inspection du Travail (Loire) ; Marianne Rouxin, Militante Ensemble! (Savoie) ;

Bernard Sauvat, militant du PG, membre du bureau du comité de Bourg-en-Bresse (Ain) ; Cesar Scaglia, militant associatif, Albertville (Savoie) ; Benoit Schneckenburger, membre du Secrétariat national du PG (Rhône) ; Odile Schwertz-Favrat, militante engagée dans le mouvement social pour la représentation associative "Femmes en Luth, citoyennes à part entière", "Coordination régionale Rhône-Alpes de soutien aux sans papiers" et "Mêmes droits pour toutes et pour tous" (Drôme) ;

Didier Thévenieau, porte-parole du Parti de Gauche 26, Responsable du collectif anti-gaz de schiste Drôme Sud (Drôme) ; Serge Tissot, syndicaliste (Ain) ; Michele Tortonese, militante Ensemble!-Front de Gauche (Rhône) ; Alain Touleron, Militant Ensemble ! - Front de Gauche (Rhône) ; Sylvie Touleron, militante Ensemble (Haute Savoie) ;

Marie-Christine Vergiat, députée européenne, Front de Gauche ; Benoit Verrier, militant syndical à l'inspection du Travail (Isère) ; Patrice Voir, conseiller régional PCF-Front de Gauche (Isère) ;

Michel Wilson, militant EELV (Rhône) ;

Saïd Yahiaoui, universitaire (Rhône).

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 


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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 18:45

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

 

Réchauffement

Au Pérou, pendant que les dirigeants discutent du climat, les mouvements écologistes sont durement réprimés

par Viviana Varin 8 décembre 2014

 

 

 

 

 

 

Les dirigeants de la planète se retrouvent à Lima, capitale du Pérou, pour une nouvelle conférence sur le climat, un an avant celle de Paris. Particulièrement menacé par le réchauffement, ce pays d’Amérique du sud est pourtant loin d’être exemplaire. Face aux mobilisations de la société civile et des peuples autochtones contre les multiples projets miniers dévastateurs, le gouvernement n’hésite pas à durcir la législation pour réprimer violemment et impunément toute contestation. Et considère tout contestataire comme un « terrucos », un terroriste. La COP 20 se déroule d’ailleurs au sein même du quartier général de l’armée péruvienne, le Pentagonito – le petit Pentagone –, haut lieu de tortures et de disparitions lors de la guerre civile...

« En finir avec les promesses et passer aux actes ». Tel a été le message du président péruvien, Ollanta Humala, le 23 septembre dernier, lors du sommet sur le climat, organisé par les Nations unies à New-York. Le Pérou accueille jusqu’au 12 décembre la 20ème Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP 20), un an avant le rassemblement de Paris. Ségolène Royal et Laurent Fabius s’y envolent d’ailleurs ce 10 décembre pour y représenter la France.

Le président péruvien a souligné l’importance de l’événement pour le pays, tout comme sa responsabilité : « Aujourd’hui, c’est à mon tour de réunir l’alliance mondiale la plus importante de l’histoire pour la défense de notre avenir, l’avenir de nos enfants, de nos peuples, de la planète et pour la défense de la qualité de vie à laquelle nous aspirons toutes et tous » [1]. De belles intentions. Car dans les faits, le Pérou est loin, très loin, d’agir dans la bonne direction.

Depuis son élection en 2011, le président Humala et ses différents gouvernements n’ont jamais fait de la protection de l’environnement une priorité, au contraire. Alors que le Pérou est un des pays les plus vulnérables au changement climatique, le gouvernement ne cesse de mettre en place des mesures économiques destructrices. Il se dote également d’instruments juridiques lui permettant d’aller plus loin dans sa stratégie de répression, face aux mobilisations croissantes contre les projets d’exploitation minière, pétrolière, ou forestière, menés aux dépens des besoins de l’ensemble de la population.

Un « permis de tuer » face aux mobilisations sociales

Depuis janvier 2014, la police et l’armée ont reçu le feu vert pour mater les mobilisations par la force grâce la promulgation d’une loi spéciale. Aucun policier ni militaire ne pourra être jugé s’il blesse ou tue une personne. Ce qui renforce ainsi la culture de la violence d’État. Cette modification du code pénal a suscité l’inquiétude de l’opinion publique ainsi que de la Defensoria del Pueblo, l’institution étatique chargée de la protection et de la défense des droits humains). Au niveau international, l’Onu s’est prononcé pour son annulation [2] car les possibles conséquences sont dramatiques.

Dans un contexte où les conflits sociaux ne cessent de se multiplier, ce « permis de tuer » ouvre la porte à une répression policière et militaire sans recours. Les bavures et l’impunité des forces de l’ordre pourraient prendre une ampleur considérable puisque les conflits sociaux-environnementaux sont extrêmement nombreux dans le pays. Rien qu’au premier semestre 2014, 211 conflits ont été répertoriés par le 14ème rapport de l’Observatoire des conflits miniers au Pérou. Bien qu’en baisse par rapport aux années précédentes, ce nombre reste élevé. Et les craintes sont fortes quant à la réactivation de nombre d’entre eux, notamment en raison de la récente approbation de mesures économiques plus que polémiques.

Un sous-sol exploité à tout va

Le 3 juillet 2014, le Congrès a adopté le "Paquetazo", une série de décrets visant à relancer l’économie. Car la croissance s’est ralentie : elle n’est plus que de 4% en 2014, alors qu’elle atteignait les 8 à 9% dans les années 2000. Les extraordinaires réserves du sous-sol péruvien, exploitées à tout va, n’y font rien. Le Pérou, classé parmi les cinq premiers producteurs mondiaux d’argent, de cuivre, de zinc, d’étain, de plomb et d’or, subit l’actuelle baisse du prix des matières premières (lire notre interview). Puisque les prix chutent, il faut accroître les volumes, supprimer les freins à la croissance. Et permettre aux multinationales, parfois d’origine française, d’exploiter encore un peu plus les ressources de l’Amazonie (lire notre enquête).

Ces récents décrets réduisent l’importance des études environnementales. Ils limitent les capacités d’action de l’organisme en charge d’appliquer les sanctions environnementales (l’OEFA, Organismo de evaluación y fiscalización ambiental) ; et ils retirent au ministère de l’Environnement la compétence de créer de zones naturelles protégées pour la transférer au conseil des ministres, dominé par le ministère de l’Énergie et des mines. Ces mesures ont été portées par l’ex-ministre de l’économie, remplacé le 14 septembre dernier par Alonso Segura, un ancien directeur exécutif du FMI pour la région sud-américaine. Tout est un symbole !

Ces mesures vont à l’encontre des promesses électorales de « grande transformation » d’Ollanta Humala. Son élection, en juillet 2011, était basée sur un programme de soutien et d’amélioration de la qualité de vie des paysans et des communautés les plus vulnérables, situées dans les régions andines et amazoniennes, largement abandonnées par les politiques publiques, et souvent opprimées. Pour une partie des Péruviens, l’élection d’Humala représentait le changement espéré, après vingt ans de conflit armé suivis de deux gouvernements de droite favorisant les ajustements structurels et les politiques néolibérales d’ouverture aux investissements étrangers. L’arrivée au pouvoir d’Ollanta Humala n’a rien changé. Un exemple parmi tant d’autres des renoncements du président péruvien : celui de défendre les intérêts des paysans touchés par l’extension de la mine aurifère de Conga, dans le nord du Pays (lire notre reportage).

Vers l’exploitation des gaz de schiste ?

Pourtant, cette non-transformation était prévisible. A l’image d’autres pays latino-américains, où sont arrivés au pouvoir des gouvernements dits "progressistes", la priorité reste encore et toujours la croissance économique. Les désormais classiques accords de libre-échange continuent à être signés, avec les États-Unis et l’Union européenne. Leur principe : limiter les barrières douanières afin d’accentuer les échanges commerciaux avec le Pérou.

« À terme, les exportateurs de produits industriels ou de la pêche seront exonérés du paiement de tarifs douaniers et les marchés des produits agricoles seront considérablement ouverts, explique la Commission européenne. À la fin de la période de transition, les exportateurs de ces secteurs auront ainsi économisé plus de 500 millions d’euros, rien qu’en droits de douane. » Si les échanges commerciaux s’accroissent, il y a fort à parier que la libéralisation de ces secteurs ne contribuera pas à réduire les inégalités sociales et économiques au Pérou. Mais les intérêts de l’Union européenne, eux, seront bien garantis [3].

Plus largement, le Pérou continue de soutenir sans réserve les projets destructeurs, via son Ministère de l’énergie et des mines [4]. En mars 2014, il demandait la suppression des études d’impact environnemental pour les exploitations d’hydrocarbures. Plus récemment encore, il a annoncé une future exploitation des gaz de schiste via la fracturation hydraulique.

La gauche et la société civile assimilée aux terroristes

A la domination néolibérale s’ajoute une culture de la répression. Dictatures et violences politiques ont façonné le pays. Entre 1980 et 2000, un conflit armé a opposé la dictature d’Alberto Fujimori aux guérillas maoïstes menées par le Sentier lumineux et le Mouvement Révolutionnaire Tupac Amarú. Ce conflit interne a causé la mort de 70 000 personnes et a traumatisé le pays, notamment la région Ayacucho, située au cœur des Andes, berceau du Sentier lumineux. La population, majoritairement paysanne y a été particulièrement touchée par la terreur instaurée tant par le groupe armé que par les escadrons militaires anti-subversion mis en place par l’État. Le Président péruvien, ancien militaire, est d’ailleurs accusé d’avoir lui-même participé à cette terreur [5].

Ce conflit a laissé des traces sur l’ensemble de la société civile péruvienne et sur sa capacité à se mobiliser pour faire valoir ses droits. Ce phénomène ne s’explique pas seulement par la peur des forces de l’ordre, mais aussi par la peur d’être assimilé aux terroristes membres des groupes armés se revendiquant d’extrême gauche. Ceux-ci sont désignés de manière péjorative par le terme "terrucos". "Terruco", néologisme péruvien issu du nom "terroriste", a d’abord été utilisé durant le conflit armé. "Terruco" désigne désormais les personnes suspectées de sympathiser avec les idéologies de ces groupes terroristes. Et cette catégorie ne cesse de s’élargir : le qualificatif s’étend aux gens se reconnaissant dans des idées et valeurs de gauches. Récemment, les défenseurs des droits humains et de l’environnement y ont été inclus (lire notre article).

Révolte contre les grands projets de l’État péruvien

Les défenseurs de l’environnement sont parfois sévèrement réprimés, notamment quand ils remettent en cause les conséquences d’un accord de libre-échange. C’est ce qui s’est passé en 2009, à Bagua, dans l’Amazonie du Nord du pays. Des communautés autochtones awajun-wampis se sont élevés contre une série de décrets législatifs émis par l’ex-président, dans le cadre du traité de libre-échange avec les États-Unis. Ces décrets autorisaient la privatisation de leurs terres pour l’exploitation à grande échelle du pétrole, du gaz et des ressources minières. Après plusieurs mois de blocage, un affrontement avec les forces de police a causé la morts de 33 personnes, 10 autochtones et 23 policiers.

 

 

El Baguazo : ¿qué es el Baguazo ? from Juanete Comunicaciones on Vimeo.

Une issue tragique qui a largement attiré l’attention des médias nationaux et internationaux. Il en est de même pour son procès qui a débuté le 14 mai dernier. Parmi les 53 civils accusés, 23 sont des autochtones. Jusqu’à présent, le procureur a requis la perpétuité pour sept des civils accusés, mais aucune charge n’a été requise contre les 12 policiers, eux aussi impliqués dans les affrontements. Ce procès symbolise l’opposition entre les peuples autochtones andins et le littoral où vivent les élites héritées du système colonial, là où sont concentrés les pouvoirs.

Une société gangrénée par le racisme

Le Pérou est gangrené par le racisme. Un système de discrimination et d’exclusion y est institutionnalisé. La majorité autochtone et métissée, les "cholos" (terme péjoratif par lequel elle est désignée), représente environ 80% de la population. Elle est constamment discriminée et marginalisée par la minorité blanche de la côte, souvent de descendance espagnole. La fragmentation est basée sur la classe sociale et la différentiation ethnique ; l’une et l’autre se superposant. A Lima, ces discriminations se matérialisent dans la géographie de la ville : les populations blanches vivent dans les quartiers sécurisées, le long de la côte ; les populations autochtones et métissées peuplent les bidonvilles, dans des zones souvent arides.


Rien ne semble pouvoir mettre fin aux préjugés associés aux populations autochtones, considérées comme arriérées et pauvres, mais surtout incultes et ignorantes. Des préjugés qui transparaissent dans les discours politiques et médiatiques, ainsi que dans la façon dont elles sont prises en compte. Bien souvent, à la lutte pour la défense de leurs ressources, de leur mode de vie et de leur culture, s’ajoute la lutte contre la délégitimation de leurs revendications, pourtant cohérentes avec la protection des ressources et la promotion d’un modèle de vie soutenable.

Un pays particulièrement exposé au réchauffement

C’est dans ce contexte économique, environnemental et social que le Pérou accueille la COP 20. 2014 a ainsi été déclarée « Année de la promotion de l’industrie responsable et de l’engagement contre le changement climatique ». Une belle façade pour un gouvernement qui a choisi d’accélérer encore un peu plus l’exploitation de ses réserves naturelles. « Un message contradictoire est en train d’être transmis, déplore José de Echave, chercheur à l’ONG Cooperacción et ex vice-ministre de l’environnement de l’actuel gouvernement, car nous avions justement comme tâche, en tant que pays, celle de faire avancer l’agenda national en matière environnementale. »

Perte de la faune et de la flore amazonienne et andine, fin des cultures vivrières traditionnelles, mais surtout, réduction drastique des ressources en eau, affectant inévitablement les dynamiques socio-économiques du pays : le Pérou se situe au troisième rang des pays les plus vulnérables au changement climatique, selon le Tyndall Centre, institut de recherche britannique sur le changement climatique. La moitié des 30 millions de Péruviens vivent sur le littoral, menacé par la montée du niveau de la mer. Un Péruvien sur trois dépend des glaciers pour son approvisionnement en eau, glaciers qui ont perdu un tiers de leur volume. Sans oublier que 90% de la population vit dans des zones soumises à des risques de sécheresse [6]. Le ministère de l’Environnement reconnaît l’urgence de la situation. Mais les mesures ne suivent pas.

Une société civile qui se renforce

Face à l’inertie du gouvernement, la société civile se mobilise chaque fois davantage, comme par exemple à Puno, où les communautés aymaras sont parvenues à geler l’exploitation de la mine de cuivre Santa Ana, opérée par l’entreprise canadienne Bear Creek et qui a engagé une procédure d’arbitrage en août 2014. Ou encore à Espinar, où des manifestations ont éclaté en 2012, afin de condamner la multinationale suisse de l’or, Xstrata pour la contamination en métaux lourds des cours d’eau. Le maire d’Espinar s’était lui-même mobilisé et avait pour cela été condamné à deux ans de prison, accusation déclarée nulle le 21 novembre dernier.

Alors que le contexte socio-économique démontre à quel point les enjeux environnementaux et climatiques sont liés à l’égalité d’accès aux droits, le gouvernement continue à associer la protection de l’environnement à un obstacle, voire à un danger : la COP 20 aura lieu au sein même du quartier général de l’armée péruvienne, le Pentagonito – le petit Pentagone –, haut lieu de tortures et de disparitions lors du conflit armé... Tout un symbole !

Viviana Varin [7]

Photos : Simon Gouin
- Photo de une : approvisionnement en eau à Lima / CC SuSanA Secretariat
- Photo de la mobilisation sur la lagune de Conga : Raquel Neyra

- A lire sur Basta ! : nos articles sur le Pérou.

 

 

 

Notes

[1Extrait du discours du Président Humala lors du Sommet sur le Climat des Nation unies, New-York, 23 septembre 2014 (Traduction Viviana Varin).

[2Communiqué du Haut Commissariat aux droits de l’Homme des Nations Unies, 16 janvier 2014.

[3Lire le rapport d’Attac.

[4Il représente 20% du PIB.

[5Lire l’article de Mediapart et l’article de Basta !.

[6Lire aussi cet article du Centre national de coopération au développement en Belgique.

[7Viviana Varin travaille pour le réseau de solidarité internationale Ritimo.

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 18:27

 

Source : tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 

Tant qu'il y aura des bouilles

Il n'y aura pas de barrage !

 

 

 

[Lundi et Mardi 8-9 décembre] Info et Actualités

 

Encore un super week end sur la ZAD, cloturé de fort belle manière par la conférence de Pièces et Main d’Oeuvre. Merci à tous, photos sous peu ! 

Il se passe tellement de choses au Testet qu’on a à peine eu le temps de vous raconter Zème ta ZAD la semaine dernière…voici un petit topo avec photos ! Et aussi deux autres photos ci-dessous :

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Pour le reste, voir ci-dessous et pensez à la page Agenda et à la page Revue de presse, que l’on alimente à nouveau ! La page Legal permet de suivre les procès en cours (c’est la saison).

A noter, quelques menus besoins pour le Fort ! Et ce mercredi, l’opération information/sensibilisation et collecte a lieu  dans le magasin « La Vie Claire » de Montauban, toute la journée de mercredi 10.

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Encore des réactions à propose du rapport de l’Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale commandé par Cazeneuve à propos des opérations maintien de l’ordre à Sivens :

Quant à l’enquête citoyenne de la ligue des droits de l’homme, un premier rapport est attendu en mars prochain. Un article du Tarn Libre fait le point là-dessus.


Insurrection en Grèce : voici qques infos à mettre en regard avec le silence assourdissant des média nationaux…faut dire que c’est un mauvais exemple à suivre !
Athènes est sur un volcan : plein d’infos sur le site Ne vivons plus comme des esclaves. On a aussi reçu un lien vers une vidéo.


Stop Sivens sur Planete Amazone

Stop Sivens sur Planete Amazone

Barrage de Belo Monte, barrage de Tapajos (EDF), barrage de Sivens : même combat !

Ils défendaient la forêt, ils ont été assassinés. A Lima, leurs femmes témoignent (Reporterre).

Sur un sujet très voisin, des news de la Caravana Climatica, qui fait le tour des GPI en Amérique du Sud et qui a des pbs en ce moment…

 

 

 

-On reçoit des textes , liens et articles en lien avec notre lutte :

-Manifs à soutenir :

 

« Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une mutitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde  » F. Nietzsche

 

 

Source : tantquilyauradesbouilles.wordpress.com

 

 


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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 18:13

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Appel d’un paysan d’Agen pour empêcher la destruction de 600 hectares de terres agricoles

Joseph Bonotto et Jean-Christophe Robert

mardi 9 décembre 2014

 

 

 

Près d’Agen, la municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois veut créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Un bétonnage insensé qui détruirait 600 hectares de terres agricoles. Un paysan, qui risque d’être exproprié, appelle à la création d’une ZAD sur son terrain le 13 décembre, pour résister à ce projet.


La municipalité de Sainte-Colombe-en-Bruilhois (à dix kilomètres d’Agen) a décidé de créer une nouvelle zone d’activité économique en bordure de la Garonne. Cette zone va s’étaler sur 280 hectares de terres agricoles pour y implanter des entrepôts et des parkings.

Il faut également y rajouter 300 hectares d’infrastructures : ronds-points, rocades, échangeur d’autoroute, pont sur la Garonne, gare TGV sur la future ligne Bordeaux-Toulouse. Tout cela menace donc de détruire près de 600 hectares de terres alluviales de première catégorie situées en bordure de la Garonne sur une nappe d’eau qui a une valeur inestimable pour l’agriculture locale.

Logique suicidaire

Ce carnage est totalement délirant ! D’un côté, on construit des barrages surdimensionnés pour irriguer des zones naturellement adaptées à une agriculture pluviale. De l’autre, on bétonne des zones fertiles riches en eau et propices à l’irrigation. Cette logique de gaspillage foncier est tout simplement suicidaire dans un contexte de dérèglement climatique qui limite progressivement notre capacité de production alimentaire.

Cela provoque par ailleurs toujours plus d’inondations meurtrières par imperméabilisation de nos sols en limitant le renouvellement de nos nappes phréatiques au passage.

Dialogue de sourds

Tous ces grands projets inutiles pèsent également très lourd sur nos finances publiques de plus en plus précaires. Pour couronner le tout, ces grands aménagements, ces pôles d’activités, ces zones commerciales ne créent pas d’emplois nouveaux mais ne font que déplacer ces derniers en aggravant ainsi le trafic routier. Pire, ils provoquent même des disparitions nettes d’emplois dans certains secteurs d’activités (le commerce de détail notamment).

Concernant le développement économiques du pays d’Agen, d’autres solutions existent. Aucune des 29 zones d’activité du département ne sont actuellement saturées. De nombreux espaces vides et de nombreux locaux inutilisés sont ainsi disponibles à proximité.

C’est notamment le cas à l’Agropole-Estillac située à quelques kilomètres de Sainte-Colombe-en-Bruilhois. Ces solutions ont été proposées aux élus de l’Agglomération Agenaise mais ces derniers ne veulent rien entendre face aux enjeux politiques locaux qu’ils poursuivent.

Pour lutter contre cette aberration et contre les expropriations qui s’annoncent à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, les habitants et les agriculteurs de la vallée se sont regroupés pour créer l’association TGV BA (Très Grande Vigilance du Bruilhois et de l’Agenais). Toutes les démarches et les recours qu’ils ont lancés jusque là n’ont servi à rien vu le dialogue de sourds qui règne avec les élus locaux.

13 décembre : création d’une ZAD*..

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 


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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 18:03

 

Source : www.reporterre.net


 

À la ZAD du Testet, on n’oublie pas l’essentiel : on sème

Grégory Souchay (Reporterre)

lundi 8 décembre 2014

 

 

 

Libérés de la menace policière et des bulldozers, les occupants de la zone humide du Testet ne ménagent pas leurs efforts pour faire revivre les lieux. Si la saison se prête plus à la construction de cabanes et de maisons en vue de passer l’hiver au chaud, certains préparent la production agricole.


- Toulouse, correspondance

Petof raconte : « On avait déjà fait des buttes de permaculture au printemps dernier mais avec la présence policière constante ces derniers mois, elles avaient été abandonnées ». C’est avec la manifestation du dimanche 2 novembre, pacifique et apaisée en hommage à Rémi, qu’a démarré la replantation de la zone. Ce jour-là circulent des plants de groseilles, cassis, framboises et pommiers pour former une haie délimitant les 600 mètres carrés d’espace agricole.

Produire pour alimenter la boulangerie

Helios coordonne les activités jardinières sur la zone. « Je faisais du woofing, pour apprendre le métier chez des professionnels. Pour l’instant, ici, c’est surtout des coups de main ponctuels ». Mais les projets sont déjà là : « On prépare les buttes pour des plantations au printemps. Et puis on est en train d’imaginer une organisation en agroforesterie où les arbres cohabitent avec des cultures ».

Pour ces activités, ils bénéficient du soutien du collectif La Fontié, une ferme communautaire gérée en SCI, située à proximité de Graulhet, déjà rencontrée lors de la transhumance des moutons qui avait précédé le rassemblement du 25 octobre.

L’objectif global c’est de « planter des variétés de blé ancien à la volée, puis travailler la terre en traction animale et utiliser cette production pour alimenter la boulangerie qui existe déjà sur la zone ». Le jardin est situé sur les parcelles attenantes à la Métairie Neuve, ce qui l’exclut de la zone du chantier et le préserve d’hypothétiques expulsions.

Mais la question centrale reste l’usage de l’eau. Comme pour tout, le sujet est ici mis en discussion. Helios admet « ne pas avoir de problème à utiliser de l’eau de la source pour alimenter des cultures vivrières. Mais la question fait toujours débat. » La veille, en assemblée générale, certains critiquaient cette vision, proposant plutôt « d’utiliser l’espace comme terrain d’expérimentation pour des pratiques agricoles sans irrigation ».

Créer des liens avec l’extérieur

Mais l’objectif est également de créer des ponts avec l’extérieur, à commencer par les agriculteurs alentours...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 17:57

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Un film contre les ravages de l’élevage industriel

Marie Astier (Reporterre)

mardi 9 décembre 2014

 

 

 

Le documentaire Cowspiracy enquête sur le silence qui pèse sur l’élevage industriel. Celui-ci est pourtant une des principales causes de la destruction de l’environnement. Pourquoi les grandes ONG écologiques le ménagent-elles autant ?


Quelle est l’activité humaine qui a le plus d’impact sur l’environnement ? Ce ne sont pas les transports, pas l’industrie… Mais l’élevage industriel. C’est l’idée choc avancée par le documentaire Cowspiracy : The sustainability secret La conspiration des vaches »).

- Voir la bande annonce : http://www.youtube.com/watch?v=N4VvyiSrNO0

Le réalisateur Kip Andersen, filmé par Keegan Kuhn, se met en scène, en tant qu’apprenti écolo d’abord bouleversé par le film An Inconvenient truth d’Al Gore. Il cherche quel peut être le geste le plus écologique à faire au quotidien. Il se renseigne donc sur les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre… et découvre à sa grande surprise que ce ne sont pas les transports ou l’industrie… mais l’élevage ! Une constatation appuyée à grand renfort de chiffres résumés ici.

De là commence une enquête auprès des principales ONG environnementales des États-Unis. Il sollicite des rendez-vous, leur demande s’ils savent que l’élevage est le premier responsable du réchauffement climatique, s’ils ont des programmes liés à la question. La plupart des interviews montrent des responsables associatifs sans réponse, ou tentant de se raccrocher aux branches basses pour expliquer pourquoi leurs priorités sont les énergies fossiles, mais pas l’élevage.

Agrobusiness, attention danger

Alors pourquoi ne s’intéressent-elles pas au sujet ? Kip Andersen poursuit sa quête. Première hypothèse, ces ONG sont dépendantes des dons… Et dénoncer les méchants géants du pétrole est bien plus efficace pour mobiliser le citoyen lambda que de nous expliquer qu’il va falloir abandonner la viande et le fromage au profit d’un régime exclusivement végétal.

Deuxième hypothèse : parler de ces sujets est dangereux, très dangereux… C’est ce que confie une représentante de l’ONG Amazon Watch au réalisateur : ceux qui se risquent à affirmer que les géants de l’agrobusiness sont les principaux responsables de la déforestation sont tués.

Kip Andersen lui-même explique qu’à cause de ses questions trop poussées sur le sujet, son producteur se retire. Voilà pourquoi Kip Andersen et Keegan Kuhn deviennent les deux coproducteurs.

Le documentaire est diffusé via les réseaux sociaux et militants. En France, il n’a été pour l’instant projeté qu’une fois à Paris.

C’est sans doute ce qu’il y a de plus choquant dans ce documentaire. De réaliser qu’il y a une sorte d’omerta sur le sujet de l’impact écologique de l’élevage. Certes, on en parle, sans doute plus en Europe qu’aux États-Unis, mais jamais on ne présente cette activité humaine comme la principale responsable de la catastrophe écologique qui s’annonce. Plus grave, on réalise à quel point les ONG censées lutter pour la protection de l’environnement se trompent de combat. Le réalisateur sollicite d’ailleurs plusieurs fois Greenpeace pour une interview mais l’ONG rejette toutes ses demandes.

Une enquête implacable

Kip Andersen va même jusqu’à exclure la possibilité d’un élevage durable : quelles que soient les conditions, il consomme plus de terres, plus d’eau et produit plus de pollution (lisiers) ou de gaz à effet de serre que la culture de végétaux.

L’enquête paraît implacable. Elle est fouillée, riche en chiffres, en infographies, en comparaisons, en interviews. Mais au fur et à mesure que le film avance, le réalisateur fait quelques détours.

Par exemple, il digresse sur la pêche, qui est en train d’épuiser les stocks de poissons : là aussi, selon lui le sujet serait tabou. Peut-être aux États-Unis, mais en Europe les excès de la pêche sont largement dénoncés.

On assiste aussi à l’exécution d’un canard. Le sujet de l’abattage des animaux est tout à fait légitime, mais il pose des questions éthiques qui méritent plus que cette courte scène. Et là, quel est le rapport avec l’écologie ?...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 17:50

 

Source : cadtm.org

 

CADTM

 

DSK, Blair, Geithner, Rubin : de la politique à la finance

9 décembre par Eric Toussaint

 

 


Le lien étroit entre les gouvernants et le grand Capital n’est plus dissimulé. À la tête de plusieurs gouvernements, placés à des postes ministériels importants ou à la présidence de la BCE, se trouvent des hommes directement issus du monde de la haute finance, à commencer par la banque d’affaires Goldman Sachs. Certains hommes politiques de premier plan sont récompensés par un poste dans le secteur privé une fois qu’ils ont accompli leurs bons offices pour le grand Capital. Ce n’est pas nouveau, mais le phénomène devient plus visible et s’amplifie rapidement. On peut parler de véritables vases communicants et transparents.

DSK

Le socialiste français Dominique Strauss-Kahn (DSK), ministre de l’Économie et des Finances à la fin des années 1990, puis directeur général du FMI (2007-2011), est devenu en 2013 président du conseil d’administration du Groupe Anatevka, rebaptisé « Leyne, Strauss-Kahn and Partners, Compagnie Financière » (LSK), pour y développer une activité de banque d’affaires internationale. Depuis qu’il a dû démissionner de la direction du FMI en 2011 en raison d’accusations d’agression sexuelle, DSK conseille différents gouvernements étrangers, notamment la Serbie et le Soudan du Sud, et plusieurs entreprises, telles que la Banque russe de développement des régions, le Russian Direct Investment Fund, la National Credit Bank et un consortium de banques marocaines. LSK, anciennement Anatevka Compagnie Financière, compte une centaine d’employés répartis dans six pays (Luxembourg, Belgique, Monaco, Israël, Suisse, Roumanie) dont plusieurs sont des paradis fiscaux notoires. Coup de théâtre le 23 octobre 2014, Thierry Leyne, l’associé de DSK à la tête de LSK, se suicide à Tel Aviv. DSK a déclaré par la suite : «  Thierry Leyne avait monté une compagnie financière qui faisait essentiellement de la gestion d’actifs. Il n’y avait pas de département de banque d’affaires. Je devais la créer en la centrant sur le conseil aux gouvernements et accessoirement aux entreprises  ». Il ajoute que Leyne «  avait contracté une série d’emprunts excessifs  » et avait «  une réputation contrastée  ». DSK affirme qu’il a été attiré par le fait que l’homme d’affaires «  avait fait dans le passé de très belles opérations, des entreprises qu’il avait créées et très bien revendues à de grandes banques  ». Interrogé par l’AFP sur la présence d’argent sale dans certaines sociétés du groupe LSK, l’ancien chef du FMI déclare : «  pas à ma connaissance  » |1|. Dominique Strauss-Kahn avait quitté la présidence de LSK trois jours avant le suicide de son associé. Le 3 octobre 2014, la justice luxembourgeoise avait condamné en référé le groupe LSK, sa filiale Assya et son principal actionnaire Thierry Leyne à payer 2 millions d’euros à l’assureur Bâloise-Vie Luxembourg, qui réclamait depuis juillet 2014 le remboursement de titres du groupe LSK qui étaient dans son portefeuille. Début novembre 2014, la société LSK fait publier un bref communiqué pour annoncer qu’elle est dorénavant en cessation de paiement, dont voici un extrait : « Après la disparition tragique de Thierry Leyne, président en exercice, les membres du conseil d’administration de la société LSK ont découvert des engagements supplémentaires au sein du groupe dont ils n’avaient pas connaissance et qui aggravent sa situation financière délicate. (...) Le conseil d’administration a constaté que ces nouvelles informations remettaient en cause la continuation de la société LSK, dont le crédit est irrémédiablement compromis. Par voie de conséquence, il a décidé de procéder à la déclaration de cessation des paiements de la société. » |2| Le 7 novembre 2014, le tribunal de commerce de Luxembourg a prononcé la faillite de la société. DSK et Leyne avaient notamment pour projet de lancer le DSK Global Fund, un hedge fund, qui devait spéculer sur les devises, les commodities et les taux d’intérêt |3|. Ce fonds spéculatif voulait réunir 2 milliards de dollars récoltés en priorité auprès d’investisseurs de pays émergents, y compris la Chine.

Contrairement aux apparences, ce qui précède n’est pas issu du scénario d’un nouveau film d’Oliver Stone prolongeant Wall Street, du film Le retour du loup de Wall Street de Martin Scorsese ou encore du film Le Capital de Costa-Gavras |4|. Il s’agit de faits survenus en 2014 dans le capitalisme réel. Il est vrai qu’ils n’ont pas fait la une des journaux télévisés et des quotidiens.

Tony Blair

Premier ministre du Royaume-Uni de 1997 à 2007, Tony Blair a bien réussi dans les affaires. On estimait en 2013 qu’il avait accumulé une fortune de 30 à 60 millions de livres sterling en se spécialisant dans le trading. Il dirige un ensemble de petites sociétés réunies dans un même immeuble de cinq étages, à Grosvenor Square, au cœur des quartiers diplomatiques de Londres. Une centaine de personnes y disposent d’un bureau, parmi lesquelles l’ancien directeur de la banque d’investissement Barclays Capital, David Lyons, qui dirige Firefush Ventures, la branche financière de ce que tout le monde appelle désormais la « Tony Blair Inc ». Parmi les collaborateurs de Blair, on compte également un ancien cadre de Lehman Brothers et un autre provenant de JP Morgan. D’ailleurs, Tony Blair préside le Conseil international des conseillers de JP Morgan |5| ! Par ailleurs, Tony Blair fait d’excellentes affaires avec l’Arabie saoudite |6| et a créé plusieurs fondations... philanthropiques bien sûr ! |7|
Last but not least, il multiplie les déclarations en faveur de l’Union européenne |8|.

Tim G et Robert R

De l’autre côté de l’Atlantique, Tim Geithner, l’ex-ministre des Finances de Barack Obama, est devenu président en 2013 de Warburg Pincus, une banque d’affaires à Wall Street.

Avant lui, Robert Rubin, ancien ministre des Finances du président Bill Clinton, avait rejoint la direction de Citigroup en 1999 après avoir fait abroger la même année le Glass Steagall Act (ce qui a permis la naissance de Citigroup !). Citigroup lui a versé, entre 1999 et 2008, 166 millions de dollars sous forme de rémunérations diverses et variées |9|.

On le voit, les passerelles sont nombreuses entre la politique et la haute finance. Et elles sont souvent grassement rémunérées...

Notes

|1| Voir : Les Échos, « Affaire LSK : DSK charge son associé », publié le 30 octobre 2014, http://www.lesechos.fr/finance-marc...

|2| Le Monde, "LSK, l’ancien fonds d’investissement de DSK, se déclare en cessation de paiements", publié le 5 novembre 2014, http://www.lemonde.fr/argent/articl...

|3| Financial Times, « Strauss-Kahn to launch fund », 21 mars 2014.

|4| http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cap...

|5| Financial Times, « Fine dining for Dimon at the Palace », 23-24 novembre 2014.

|6| http://www.dailymail.co.uk/news/art... consulté le 2 décembre 2014

|7| Voir le site officiel de Tony Blair qui met en avant ses bonnes œuvres : http://www.tonyblairoffice.org/

|8| Voir son interview « sur » France Inter : http://www.franceinter.fr/emission-...

|9| Voir à ce propos Damien Millet et Éric Toussaint, La Crise, quelles crises ?, Aden, 2009, chapitre 4, p. 58-59.-

Éric Toussaint, docteur en sciences politiques, porte-parole du CADTM international, est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il est auteur des livres Bancocratie, Aden, 2014, http://cadtm.org/Bancocratie ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010.

 

 

Source : cadtm.org

 

 

 

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