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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 18:07

 

 

Source : www.comment-economiser.fr

 

 

 

Vous Souhaitez Éviter les Produits Monsanto ? Voici La Liste des Marques à Connaître

 

Impliqué dans des scandales sanitaires à répétition, Monsanto est plus que jamais montré du doigt.

 

Si vous souhaitez boycotter Monsanto, voici la liste des sociétés qui utilisent leurs produits si controversés.

 

En boycottant ces marques, vous choisissez d'éviter de donner de l'argent à Monsanto pour protéger la santé de votre famille, de vos enfants et des générations futures.

 

 

La Liste des Marques à Éviter

 

 

Nous avons obtenu la liste des sociétés utilisant les produits Monsanto sur le blog américain Collective Evolution. Comme ces sociétés sont peu connues en France, nous avons répertorié pour vous les marques qu'elles possèdent et qui sont vendues sur le marché français et européen.

 

Cliquez ici pour accéder à la version imprimable. Pratique quand on fait ses courses.

 

Comme vous pouvez le voir dans cette liste, un grand nombre de marques de notre quotidien et celui de nos enfants appartiennent à des sociétés utilisant les produits Monsanto.

Liste des Sociétés Utilisant des Produits Monsanto

 


• Coca-Cola et ses sous-marques : Coca-cola, Coca-Cola Light (voir l'article de Matthieu sur les dangers du Coca), Cherry Coke, Minute Maid, Burn (boisson énergisante), Dr Pepper, Fanta.

 

• Cadbury qui possède les bonbons Carambar, Malabar, Régal'ad, ainsi que les chewing-gum Hollywood, La Vosgienne et les chocolats Poulain.

 

 

• Campbell avec ses soupes Royco et Liebig.

 

 

• Capri-Sun et ses boissons pour enfants du même nom.

 

 

 

• Carnation, sous marque de Nestlé, qui produit le lait déshydraté de marque Gloria.

 

• General Mills avec les conserves Géant Vert, les glaces Haagen Dazs, et les fajitas Old el Paso et les yaourts Yoplait.

 

 

Heinz et son fameux Ketchup.

 

 

• Kellogg's avec les Céréal Kellogg's Cornflakes, Special K, Treso, Miel Pops, Coco Pop's, Frosties, Extra, All Bran.

 

• Knorr avec leurs bouillons, leurs soupes et leurs sauces.

 

• Kraft Philipp Morris avec un grand nombre de marques dont Côte d'Or, Carte Noir, Daim, le café Maxwell, la crème à tartiner Philadelphia, les gâteaux Lu, les chocolats Milka, Oreo, Suchard, Tang, Toblerone (vous trouverez la liste complète ici).

 

• Lipton et les thés du même nom.

 

 

• Ocean Spray et leurs boissons à la cranberry.

 

 

• Les Cookies Pepperidge Farms.

 

 

• Pepsico et ses marques Pepsi-Cola, Tropicana, Alvalle, Gatorade, Seven Up, Gatorade, Lipton Ice Tea, les chips Lay's, Doritos, Ruffles, Tostitos, les gâteaux Quakers et les gateaux apéritifs Benenuts.

 

 

• Les chips Pringles.

 

 

• Procter et Gamble et ses 300 marques comme Pampers. Découvrez la liste ici.

 

 

Schweppes et ses boissons gazeuses.

 

 

Uncle Ben's et son riz.

 

 

Attention, les marques mentionnées dans cette liste ne contiennent pas forcément des produits Monsanto mais elles appartiennent à des sociétés qui, selon le blog américain Collective Evolution, utilisent des produits Monsanto pour certaines de leurs productions. Ces grands groupes agroalimentaires possèdent tellement de produits différents disponibles dans les supermarchés, qu'il est parfois difficile de toutes les répertoriées... C'est pour cette raison que nous avons ajouté des liens vers les listes complètes. Pour en savoir plus sur la multinationale Monsanto, nous vous conseillons le livre "Le Monde Selon Monsanto" (lien vers Amazon). Il n'y a pas que les produits préparés qui sont dangereux pour la santé. Le saumon de norvège l'est aussi. Et c'est pas nous qui le disons mais le gouvernement norvégien.


Source : www.comment-economiser.fr

 

 

 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 18:33

 

Source : www.mediapart.fr

 

Avec le collectif 3A, une autre gauche veut se faire entendre face à la majorité

|  Par Yannick Sanchez

 

 

Une mobilisation nationale contre l'austérité a lieu samedi 15 novembre à Paris et dans une vingtaine d'autres villes. Partis politiques de gauche, syndicats et associations veulent manifester leur rejet de la politique menée par le gouvernement. Objectif : poser le premier jalon d'une alternative pour les prochaines échéances électorales.

Elle n'a pas encore eu lieu que certains parlent déjà de succès. Des dizaines d'associations, syndicats et formations politiques de gauche ont répondu à l'appel lancé par le collectif 3A (Alternative à l'austérité), né de la manifestation du 12 avril dernier contre « l'austérité, pour l'égalité et le partage des richesses ». Prévue ce samedi 15 novembre place Denfert-Rochereau à Paris et dans une « vingtaine de villes », cette mobilisation intervient à la mi-mandat du quinquennat de François Hollande, dans un contexte de rejet de plus en plus manifeste de la politique économique et sociale menée par le gouvernement. 

 

Capture d'écran du compte twitter de Jean-Luc Mélenchon le 12 avril 2014 
Capture d'écran du compte twitter de Jean-Luc Mélenchon le 12 avril 2014

« C’est certainement la mobilisation la plus importante qu’on ait eue depuis le début du quinquennat en termes de diversité politique et d’engagement syndical », estime Éric Coquerel, secrétaire national à la coordination politique du Parti de gauche. « Avec Nouvelle Donne, la gauche d'EELV et surtout les importants relais de la CGT un peu partout en France, on a largement plus de signataires que la dernière fois. » Il faut dire qu'entre le rejet des politiques économiques d'inspiration libérale, les luttes contre les « projets inutiles », les questions de logement ou, plus récemment, la lutte contre les violences policières avec la mort de Rémi Fraisse, chaque collectif assure avoir au moins une bonne raison de battre le pavé ce samedi.

On devrait donc voir défiler, aux côtés du Front de gauche et du NPA, l'aile gauche des écologistes, le parti de l'économiste Pierre Larrouturou Nouvelle Donne, les syndicats (CGT, FSU, Solidaires) et une bonne dizaine d'associations (voir la liste complète sous l'onglet Prolonger).

 

Affiche du collectif 3A 
Affiche du collectif 3A

« On veut créer des convergences, indique Pierre Khalfa, coprésident de la fondation Copernic et membre du conseil scientifique d'Attac. L'idée est de créer une sorte de mouvement de la société civile contre les politiques menées. Ce n'est pas seulement une manifestation ponctuelle, c’est le produit d’un travail de convergence en route depuis plusieurs mois, depuis la manifestation du 12 avril. » À l'époque, entre 25 000 (selon la préfecture) et 100 000 personnes (selon les organisateurs) avaient défilé dans les rues de Paris pour dénoncer l'austérité. Huit mois ont passé, François Hollande a maintenu son cap, Manuel Valls a déclamé son fameux « j'aime l'entreprise », quand le tout nouveau ministre de l'économie, Emmanuel Macron, faisait ses gammes avec les « illettrés de Gad », quelques semaines après sa prise de fonctions. 

Pour ceux qui étaient dans la rue le 12 avril dernier, la rupture avec les socialistes est consommée. Il s'agit maintenant de trouver un nouveau souffle, plus démocratique, porté par une « transformation sociale et écologique ». La convergence opère, du moins celle des mots. Lors du discours de clôture du conseil national du Parti communiste le 9 novembre dernier, Pierre Laurent a pour la première fois exclu l'hypothèse d'alliances futures avec les socialistes.

« Manuel Valls n’est pas, et ne sera jamais le premier ministre de la gauche », a tempêté le secrétaire national du PCF, avant d’invoquer « une nouvelle majorité de gauche, un nouveau contrat de transformation sociale, écologique et démocratique mis en œuvre par un nouveau gouvernement ».  

Même le fondateur du parti Nouvelle Donne Pierre Larrouturou, favorable à une baisse des inégalités via un autre partage des richesses, assume le rapprochement avec le Front de gauche et le NPA : « On voit qu’il y a de vraies convergences pour refuser l’austérité. On était des centaines à Amiens contre l’usine des 1 000 vaches, c’est très bien si on est de plus en plus nombreux pour dire que notre pays est en train de crever du manque de débat. » « C'est une manifestation de riposte sociale contre le gouvernement, dit le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot. Il y a aujourd'hui une synthèse entre la gauche sociale et la gauche politique. »

Certains restent sur leurs gardes, tel Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche : « Est-on sûr que nos camarades communistes ne vont pas refaire une alliance avec les socialistes en bout de ligne ? J’espère que ce ne sera pas une carabistouille », affirme le ténor du Parti de gauche. « Si l'on en croit les propos tenus par François Hollande en 2006, il devait y avoir un exercice de vérification démocratique à mi-mandat, on l'attend toujours », pointe Alexis Corbière.

C'est pourquoi le Parti de gauche a organisé une votation citoyenne pour révoquer les élus. Pendant 4 jours, dans 75 départements français y compris la Guadeloupe et l’île de la Réunion, 500 urnes ont été ouvertes où chacun pouvait répondre à la question « Êtes-vous favorable au droit de révoquer les élu(e)s ? ». Au total, d'après les chiffres du Parti de gauche,184 892 personnes ont participé à la votation, 181 186 personnes ont répondu « oui », 3 706 ont répondu « non » (soit 98 % de votes en faveur du droit de révocation). 

Quelle suite donner aux manifestations?

Chez les écologistes, le message anti-austérité ne laisse pas insensible. L'ancienne porte-parole des Verts Élise Lowy, chef de file de l'aile gauche d'EELV qui a cosigné une tribune sur le site Bastamag intitulée « Sortir de l'ambiguïté », y voit l'occasion de « créer une alternative ». « Ce genre de moment où l'on arrive à faire converger les revendications, ça n'arrive pas si souvent. Maintenant il faut qu'on puisse échanger, pas qu'à gauche d'ailleurs. Il faut une alternative qui soit viable et porteuse d'une mobilisation écologique forte. » 

Mais comment ne pas rester figé dans une contestation sans débouchés, sans propositions concrètes ? Secrétaire national adjoint EELV, David Cormand pense que la priorité n'est pas à la manifestation. « Je pense que les gens ont bien compris qu’EELV ou que le Front de gauche ne sont pas d’accord avec le gouvernement. Des manifestations communes, ça fait un moment qu’on en fait, le sujet c’est moins de se réunir que de formuler des propositions, analyse le délégué aux relations extérieures. Le premier parti, c’est l'abstention et le deuxième, c’est l’extrême droite. La gauche est très loin derrière. Il faut une offre politique alternative à la droite et au PS mais qui réunit sur des propositions. C’est plutôt à ça qu’il faut réfléchir, plutôt que de se tenir chaud dans des manifestations. »


Clémentine Autain le 28 septembre 2014 lors de la réunion "Echanger pour changer" 
Clémentine Autain le 28 septembre 2014 lors de la réunion "Echanger pour changer" © Yannick Sanchez

Clémentin Autain, du « collectif Ensemble », n'est pas de cet avis : « Ce que nous avons à faire, c'est soulever cette chape de plomb qui brise les imaginaires, mais pour cela il faut dire non, pour inventer un oui. Nous ne sommes pas dans l’alignement des manifestations, le refus est un préalable aux solutions alternatives. » 

C'est là que compte entrer en scène Jean-Luc Mélenchon, pour qui la manifestation sera l'occasion de promouvoir le mouvement de la Sixième République (m6r). « Je vous appelle à m’aider dans l’entreprise que j’ai impulsée avec plus de 63 000 de nos concitoyens qui ont déjà donné leur signature à la demande d’une assemblée constituante pour changer les institutions », affirmait-il lors d'un point presse la semaine dernière. Appel reçu par un certain nombre de « socialistes affligés » – du nom du cercle créé par l'ancien eurodéputé Liêm Hoang-Ngoc et le professeur de sciences politiques Philippe Marlière – qui ont décidé de rejoindre le m6r. « Nous sommes des responsables nationaux, fédéraux et locaux du PS et du MJS, nous sommes des mandataires de courants dans les fédérations et les sections du PS et nous sommes tous affligés ! C’est pourquoi, nous répondons positivement à l’appel lancé en faveur d’un mouvement pour une Sixième République » (voir le billet de blog). 

La suite se jouera aux élections départementales de mars 2015. Si les responsables politiques restent encore flous sur leur stratégie, tous se disent ouverts au rassemblement. « On est dans l'esprit d'une coalition la plus large possible », affirme le porte-parole des Verts, Julien Bayou, qui pense se joindre aux manifestants samedi. « Aujourd'hui, la relance du Front de gauche à laquelle nous appelions il y a un mois n'est pas ce qui est en train de se passer. Sans dire qu'une telle relance réglerait le problème de la gauche, une non-relance contribuerait à la déprime », déclarait le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, le 5 novembre. Le Parti de gauche planchera lui sur l'écriture d'une charte nationale comme un label qui « correspondrait à des listes citoyennes », explique le conseiller régional Éric Coquerel.  

Pour Pierre-François Grond du « collectif Ensemble », le contexte est favorable à un « retour de résistance », mais il ne faut pas brûler les étapes. « Il y a des luttes écologistes, des luttes contre l’austérité et un début de mobilisation jeune sur le meurtre de Rémi Fraisse. Ça doit être une co-construction, il faut que les syndicalistes et les représentants de courant politique soient à égalité. C’est plus efficace au long terme mais c’est toujours plus lent au départ. » 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 18:21

 

Source : lexpansion.lexpress.fr

 

 

Les gouvernements doivent-ils se méfier des conseils du FMI?

Par L'Expansion.com avec AFP, publié le 05/11/2014 à 13:04

 

 

Un audit interne du FMI critique l'austérité budgétaire et les politiques monétaires expansionnistes préconisées par l'institution à partir de 2010. Et doute de sa capacité à anticiper la prochaine crise financière. 

  Les gouvernements doivent-ils se méfier des conseils du FMI?

 

La directrice du FMI, Christine Lagarde, le 10 octobre 2014 à Washington

 

afp.com/Mandel Ngan

Les conseils économiques du Fond monétaire international sont-ils encore crédibles? A en croire un audit interne de l'institution publié mardi, il est permis d'en douter. Ce document, publié mardi par le bureau d'évaluation indépendant (IEO) du FMI, passe au crible les préconisations émises par l'institution entre la crise financière de 2008 et 2013. Et son évaluation du "cocktail de mesures" proposé, mêlant austérité budgétaire et soutien monétaire massif, est au final très sévère. Il "a été loin d'être efficace et a contribué à la volatilité des flux de capitaux sur les marchés émergents", tranche l'IEO. 

Un appel prématuré à l'austérité budgétaire

Certes, reconnaît l'audit, le FMI a joué, au départ, un rôle crucial dans la lutte contre la crise en appelant "au bon moment", dès 2008-2009, les pays industrialisés à lancer de grands plans de relance budgétaire pour booster l'activité. Mais il a trop vite revêtu ses habits de gardien de l'orthodoxie budgétaire en recommandant dès 2010 des cures d'austérités à certains pays développés, estime le rapport. L'appel à la consolidation budgétaire était "prématuré" et a fini par étouffer la reprise, assure l'IEO qui ne fait toutefois qu'effleurer l'impact controversé des plans d'aide du FMI en zone euro, notamment en Grèce et au Portugal. 

Le FMI lui-même avait esquissé un début de mea culpa à l'automne 2012 en reconnaissant avoir sous-estimé l'impact de l'austérité sur la croissance. Récemment, il semble par ailleurs avoir de nouveau changé de braquet en préconisant des investissements massifs dans les infrastructures, quitte à creuser les dettes publiques. 

Le FMI était toutefois conscient des conséquences de l'austérité budgétaire puisqu'il incitait parallèlement les banques centrales à prendre le relais des Etats pour soutenir l'activité. Mais cette préconisation est également très critiquée. 

Des injections massives de liquidité inefficaces et dangereuses

D'après l'IEO, le soutien des banques centrales, combinant taux proches de zéro et rachats d'actifs, a été crucial après la crise mais il n'a pas pu se subsister entièrement au levier budgétaire des Etats. "De nombreux analystes et dirigeants politiques ont soutenu que des politiques expansionnistes sur le plan monétaire et budgétaire, marchant main dans la main, auraient été plus efficaces pour stimuler la demande", note l'IEO.  

Surtout, ces mesures d'injections massives de liquidités ont eu des retombées négatives sur le globe auxquelles le Fonds aurait "dû porter une plus grande attention", indique le rapport. Les spéculations sur un retour à la normale monétaire aux Etats-Unis ont ainsi alimenté des mouvements de capitaux déstabilisateurs en 2013 dans de nombreux pays émergents, déstabilisant leur monnaie et leur économie. Le FMI a "sous-évalué" les risques encourus par ces pays en 2011-2012 et n'a été alarmiste qu'en septembre 2013 à un moment où ils avaient déjà subi "d'importantes phases de volatilité financière", indique le documant. 

Doutes sur la capacité à prédire des crises

Le rapport se montre également circonspect sur la capacité du FMI à détecter le prochain chocs financier, en raison de mécanismes devenus "trop complexes" ."La quantité d'analyses est très difficile à absorber, pour les dirigeants politiques comme pour les équipes du FMI", assure l'organe d'évaluation interne du Fonds, qui note également que les ressources du FMI pourraient s'avérer insuffisantes en cas de nouvelle crise.  

Répondant à l'IEO, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a salué un rapport "équilibré" tout en assurant ne "pas partager" les critiques sur le remède anti-crise du FMI."Je crois profondément que conseiller aux économies ayant un fardeau croissant de la dette de s'orienter vers une consolidation budgétaire était la bonne décision à prendre", déclare-t-elle dans un communiqué distinct. 

 



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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 18:13

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Débattre Belgique

Austérité, retraite, salaires : le mouvement social belge dénonce un gouvernement « kamikaze »

par Bruno Bauraind 14 novembre 2014

 

 

 

 

Est-ce la naissance d’une vaste contestation au Nord de l’Europe ? Le 6 novembre 2014, plus de 110 000 personnes ont rejoint Bruxelles pour exprimer leur refus des mesures d’austérité que le nouveau gouvernement fédéral souhaite mettre en œuvre. Une politique qui remet en cause nombre de droits sociaux sans mettre à contribution financiers et capitaux. Une grève générale est appelée en décembre. Grévistes et syndicalistes belges réussiront-ils là où les manifestants grecs et les indignés espagnols ont, pour l’instant, échoué ?

Entre 110 000 et 130 000 personnes ont manifesté dans les rues bruxelloises, le 6 novembre dernier. Parmi eux figuraient bien sûr les principaux syndicats belges, socialiste (FGTB), chrétien (CSC) ou libéral (CGSLB). Mais pas uniquement : de nombreux citoyens qui n’avaient jamais pris part à ce genre de mobilisation étaient aussi présents pour manifester leur hostilité à de nombreuses mesures adoptées ou en passe de l’être, par le gouvernement belge. Et si cet événement constituait les prémices d’un mouvement social large contre l’austérité, en Belgique ?

Bruxelles brûle-t-elle ?

Dans la presse généraliste, cette question n’a pas été posée. Photos chocs à l’appui, la violence des dockers a par contre été largement commentée. La presse, écrite ou audiovisuelle, est revenue sur les affrontements entre policiers et manifestants. De manière réductrice, l’abus d’alcool ou les liens présumés entre certains travailleurs portuaires et des groupuscules d’extrême droite ont été mis en avant. Sur les 2 000 dockers présents à Bruxelles le 6 novembre, seule une minorité, environ 200, a pris part aux affrontements avec la police. Seule La Libre Belgique, un quotidien francophone, a rappelé, le 8 novembre le contexte de cet accès de violence [1].

Afin d’améliorer leurs conditions de travail et à force de luttes sociales, les dockers ont obtenu, depuis 1972, un statut qui les protège de la mise en concurrence. Dans chaque port belge, l’accès à la profession est protégé. Pour embaucher, les entreprises doivent obligatoirement passer par un "pool" de travailleurs géré par une institution publique. Ce statut original "hors marché du travail" permet au docker de conserver son niveau de salaire et ses conditions de travail quel que soit son employeur.

Un plan d’austérité de 11 milliards d’euros

Ce statut est attaqué depuis plusieurs années par la Commission européenne pour infraction à la libre concurrence et au libre établissement des entreprises multinationales dans les ports européens. Cette menace se précise aujourd’hui. L’Union européenne a lancé une procédure d’infraction contre la Belgique et le gouvernement fédéral prévoit, dans son accord, une révision du statut des dockers. Ce contexte permet de mieux comprendre les affrontements qui ont émaillé la manifestation bruxelloise.

Les travailleurs des ports d’Anvers ou de Gand ne sont pas les seuls que les politiques d’austérité mises en œuvre par le gouvernement fédéral vont toucher. Pour comprendre l’ampleur de la manifestation, il faut aussi la replacer dans un contexte social qui voit, depuis plusieurs semaines, de multiples conflits sectoriels éclater dans la police, les prisons, chez les chômeurs ou encore les étudiants en médecine. Le nouveau gouvernement belge, rebaptisé "coalition Monaco" ou "Kamikaze" par les acteurs sociaux, veut réaliser une économie de 11 milliards d’euros sur la législature, principalement en réduisant les dépenses de l’État.

Report de l’âge légal de la retraite de 65 ans à 67 ans

Trois mesures cristallisent principalement la colère des organisations syndicales. Il y a tout d’abord la volonté du gouvernement de ne pas appliquer l’indexation automatioque des salaires sur le coût de la vie en 2015 [2] alors que le gouvernement précédent a déjà pris la décision de geler les salaires (hors indexation automatique) en 2013 et en 2014. Comme un peu partout en Europe, le report de l’âge légal de la retraite, qui passera progressivement de 65 ans à 67 ans d’ici 2030, fait partie de la boîte à outils néolibérale censée lutter contre le vieillissement de la population.

Mais c’est surtout la réforme des possibilités de départ anticipé ou d’aménagement de carrière qui suscite l’indignation dans les rangs syndicaux. Plusieurs mesures ont également pour ambition de renforcer la "flexibilité" du travailleur belge. D’autres mesures comme la privatisation de certaines entreprises publiques, l’activation et la surveillance des chômeurs, la réforme des tribunaux du travail sont également au centre des débats en Belgique.

Pas touche au capital

Enfin, aucune nouvelle recette provenant d’une contribution du capital n’est actuellement prévue dans l’accord, à l’exception d’un projet de taxe assez floue sur des structures patrimoniales détenues par les belges dans des paradis fiscaux. Les révélations sur les "arrangements fiscaux" entre l’État luxembourgeois et de grandes entreprises belges [3], révélées par la presse le matin de la manifestation, montrent à quel point ce type de mesure relève surtout de l’effet d’annonce.

 

 

La manifestation du 6 novembre signale le début d’un plan d’action syndical qui verra des grèves tournantes prendre place dans les provinces belges les 24 novembre, 1er et 8 décembre. Il se ponctuera par une grève nationale le 15 décembre 2014. Cela sera-t-il suffisant pour réussir là où les mouvements sociaux du sud de l’Europe ont, jusqu’à présent, échoué ? Un mouvement social belge pourrait-il bloquer les programmes d’austérité dictés par les institutions européennes et mis en œuvre par les gouvernements nationaux ?

Le nombre de manifestants rassemblés à Bruxelles le 6 novembre, mais aussi leur diversité, fait apparaître une indignation forte dans la population belge contre les mesures d’austérité du nouveau gouvernement. Il y a certainement là un "mouvement social belge potentiel". Une question reste néanmoins posée. Comment les organisations syndicales, actrices centrales de ce mouvement, vont-elles parvenir à le faire vivre ?

Vers une grève générale le 15 décembre

Deux éléments doivent ici être mis en perspective. Tout d’abord, l’absence d’une revendication réellement offensive de la part des syndicats. Comme l’a indiqué la secrétaire nationale de la Confédération des syndicats chrétiens (CSC) sur les ondes de la RTBF Radio avant la manifestation, l’action du 6 novembre n’est en aucun cas une « manifestation politique » [4]. L’ambition des syndicats est de rouvrir un espace de concertation sociale avec le gouvernement, pas nécessairement de faire tomber celui-ci. L’ampleur de la manifestation a, sans aucun doute, permis d’améliorer leurs rapports de forces. Le gouvernement fédéral communique d’ailleurs depuis lors sur sa volonté de renouer le dialogue avec les syndicats. A court terme, cette négociation ne pourra cependant porter que sur les marges des mesures gouvernementales.

Dès lors, l’essoufflement, voire la déception d’une large part des manifestants présents à Bruxelles est un risque avec lequel vont devoir composer les syndicats belges. De plus, les résultats aux dernières élections n’ont pas porté les mêmes majorités aux différents niveaux de pouvoir en Belgique. Au Nord, le succès du mouvement social dépendra de sa capacité à déstabiliser le parti social-chrétien (CD&V), la composante la moins néolibérale d’un gouvernement flamand qu’il compose avec les nationalistes de la NVA et les libéraux.

Du côté francophone, une majorité composée du parti socialiste et des Chrétiens-humanistes s’est rapidement dégagée. Or, les deux grandes organisations syndicales (FGTB et CSC) gardent des liens "privilégiés" avec les deux partis. Malgré une orientation plus sociale-démocrate, le gouvernement wallon prendra inévitablement des mesures douloureuses sur le plan social. La contestation sera-t-elle aussi forte à ce niveau ? De la réponse à cette dernière question dépendra sans doute la légitimité des syndicats comme catalyseur d’un mouvement social fort qui, aujourd’hui, peut sembler les déborder.

Bruno Bauraind, Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative (Gresea)

Photos : CC Antonio Ponte

 

Notes

[1La Libre Belgique du 8 et 9 novembre 2014.

[2En Belgique, un mécanisme automatique permet de faire évoluer les salaires en fonction de l’évolution du prix d’un échantillon de biens et de services.

[3Une enquête internationale "Lux Leaks" a mis au jour plus de 340 arrangements fiscaux entre l’État luxembourgeois et des entreprises multinationales.

[4Interview de Marie-Hélène Ska, secrétaire nationale de la CSC sur les ondes de La Première, le 6 novembre 2014.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 18:04

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Zone à défendre

Grenades, flashballs, militarisation du maintien de l’ordre, comment se protègent les « zadistes » ?

par Pierre Alonso 14 novembre 2014

 

 

 

 

 

« On ne veut pas devenir un bataillon de martyrs », expliquent-ils, après la mort de Rémi Fraisse, le militant écologiste, tué par une grenade offensive lancée par un gendarme, alors qu’il participait à la « zone à défendre » contre le projet de barrage de Sivens. Face à la guerre psychologique, aux violences policière et à l’emploi de plus en plus courant d’armes « non létales », des « zadistes » racontent comment ils tentent de se protéger de manière non-violente. Reportage autour d’un café, dans les tranchées champêtres et derrière les barricades forestières.

A l’extrémité ouest de la ZAD, la « zone à défendre » contre le projet de barrage dans la forêt de Sivens (Tarn), plusieurs occupants se réveillent ce vendredi 7 novembre, en buvant du café dans des bocaux en verre. Ils sont à « Zoulou », le point le plus avancé sur ce que les Zadistes appellent la ligne de front. A une dizaine de mètres, une épaisse barricade bloque la route, un tas de branches et de troncs de presque deux mètres de haut. Au-dessus flotte une pancarte : « Hommage à Rémi », ce jeune botaniste tué par une grenade offensive dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre.

Beaucoup sur la ZAD se disent surpris qu’il n’y ait pas eu de mort plus tôt, tant l’arsenal déployé pour le maintien de l’ordre est sophistiqué, puissant, quasi-militaire. « Il aurait pu y en avoir dix des Rémi » juge Fred, arrivé le 20 août dernier en réponse à l’appel lancé par les occupants. Listées dans le code de sécurité intérieure, les armes utilisées pour le maintien de l’ordre comprennent des lacrymogènes, des grenades (assourdissantes, offensives, de désencerclement), des flashball ancienne génération (portée maximale de 15 mètres) et des « lanceurs de balle de défense » (portée de 50 mètres) [1]. Des armes « non-létales », étudiées pour infliger des dommages à distance, pour mutiler sans tuer [2]


 

Parmi les zadistes que nous avons rencontrés, certains se revendiquent pacifistes, comme Maxime qui dit l’être de moins en moins : « Il y a des véganes [3] sur la ZAD. Eux refusent de faire du mal aux animaux ou aux êtres humains. » Un peu plus loin, alors qu’un groupe d’une dizaine de personnes s’affaire à la construction – très expérimentale – d’une catapulte, Mario, longs cheveux bruns, barbes fournie et accordéon dans les bras, abonde : « On n’est pas avide de violence ! Aujourd’hui, il n’y a aucun flic et regarde, les gens construisent, ils ont envie de ça. »

Techniques de résistance non-violente

Il raconte aussi comment il a incité des jeunes filles de 16 ans, débarquées sur la ZAD avec des cagoules, à rejoindre la « medic team » au lieu d’affronter les forces de l’ordre. « On ne veut pas devenir un bataillon de martyrs », lâche-t-il. Comme lui, nombreux sont les zadistes à reconnaître que l’usage de la violence dépend en grande partie des circonstances, que la distinction binaire « pacifistes contre casseurs » est trop simple.

Les techniques traditionnelles de résistance non-violente ont été employées au Testet, y compris par des Zadistes a priori sceptiques sur ce mode d’action. Pour bloquer l’avancée des forces de l’ordre, des zadistes se sont enterrés sur le chemin en septembre, avant d’être violemment délogés. D’autres se sont harnachés les uns aux autres – une technique dite de la tortue – dans les cabanes en haut des arbres pour compliquer la tâche des gendarmes mobiles ou des grimpeurs venus les chercher. « Au moins, on peut parler avec les grimpeurs », relève un occupant d’une des dernières cabanes aériennes.

En septembre, des bouteilles de gaz vides ont été posées sur des barricades pour entraver la progression des forces de l’ordre. Selon plusieurs zadistes, les gendarmes seraient contraints de faire appel à des démineurs si la barricade brûle, pour parer à tous risques d’explosion, ce qui les ralentirait considérablement. La tentative a été vaine, les gendarmes sont passés, mais la présence de bouteilles de gaz a été relevée par les médias, alimentant craintes et fantasmes (lire ici).

Boucliers contre flashballs

Loin d’une milice organisée, l’équipement des zadistes souligne leur relatif amateurisme et l’asymétrie croissante entre les manifestants et les forces du maintien de l’ordre. « On est à poils ! », sourit Gwenn, une jeune femme d’une trentaine d’années membre de l’équipe médicale. Comme tous les zadistes interrogés, elle donne un prénom d’emprunt. « C’est le pot de fer contre le pot de terre », résume Maxime, à côté de la barricade de Zoulou. Mario, qui se fait aussi appeler « Fleu Bleu », détaille : « Nous, on n’a pas d’entraînement. Eux, oui. Ils ont des armures, ça fait « poc » sur leur bouclier quand ils reçoivent un caillou. Nous, on n’est pas protégés, pas préparés. »

Contre les flashballs, certains utilisent des boucliers. Maxime en désigne un par terre, à côté des chaises et des flammes vacillantes du feu de camp : une tôle de moins d’un mètre avec deux lanières en tissu pour le tenir. « On a fabriqué des boucliers avec des panneaux de circulation ou des morceaux de tôle. On a appris dans des films ! », dit-il en riant, avant de préciser « dans 300 » (un péplum sur la bataille des Thermopyles) et de repartir dans un éclat de rire. « Et puis, on apprend d’eux », dit-il en mimant des CRS tapant sur leur bouclier avec leur matraque.

 

 

Fred, barbe blonde éparse et dreads noyées dans ses cheveux bouclés, se rappelle avoir arrêté une balle de flashball avec un panneau-bouclier. « Il y a eu un grand "bong", on l’a entendu dans toute la vallée » raconte-t-il en montrant le panneau tout cabossé. Il affirme que son ancienne propriétaire en a arrêté quinze. Au « fort », juste derrière Zoulou, un grand bonhomme, tête à moitié rasée et longues dreads sur le haut de la tête, qui refuse de donner son nom ou son pseudo (hormis Anonyme), a du mal à comprendre que les gendarmes mobiles préfèrent rester à distance : « Je me suis déjà retrouvé avec un autre zadiste face à six GM [gendarmes mobiles]. On avait tous les deux des boucliers. Ils ont reculé. Ils ont des consignes. Le contact les désavantage, ils préfèrent rester à distance et utiliser des flashballs. » Intermittent du spectacle, il vit entre les ZAD de Notre-Dame-des-Landes et du Testet, qu’il a rejoint en août. De temps en temps, il repart travailler dans les grandes villes de France.

Comme d’autres, il décrit une crispation ces dernières semaines : « En septembre, il y avait des discussions possibles avec [les gendarmes]. On leur parlait, ils étaient toute la journée sous le soleil avec leur armure. Ils répondaient, soit en faisant des gestes, soit en parlant parfois. Ensuite, les compagnies ont changé, elles tournent régulièrement. On ne voit plus les mêmes depuis, c’est plus possible de les approcher. » Pour Maxime, l’objectif est évident : « L’intention est de mater vite le Testet pour éviter un nouveau Notre-Dame des Landes », l’autre ZAD située en Bretagne, sur le terrain d’un futur aéroport.

« Une guerre psychologique et d’humiliation »

Les autorités semblent en effet avoir choisi de muscler leur présence, notamment le week-end du 25 et 26 octobre au cours duquel Rémi Fraisse a été tué. Selon Mediapart, une réunion s’est tenue le samedi matin : « le lieutenant-colonel Andreani, qui commande le groupement du Tarn [décide de] créer une “zone de vie” sur le chantier de la forêt de Sivens, et “tenir le site” » [4]. Le préfet du Tarn, autorité civile responsable du maintien de l’ordre, donne quant à lui des « consignes de fermeté ». La décision est d’autant moins compréhensible qu’il ne reste aucun engin de chantier, ni rien d’important à protéger, sur le site le samedi matin. Un Algeco et un générateur, laissés sur place, ont été brûlés la veille. Des affrontements éclatent entre manifestants et forces de l’ordre, CRS et gendarmes mobiles, dans la journée du 25 octobre.

Sous la tente de premiers soins, Gwen a vu défiler les blessés ce week-end-là : blessure de flashball au pectoral, « là où la peau est plus sensible », blessures aux jambes et aux bras dues à une grenade de désencerclement. Ces grenades projettent dix-huit petits galets en caoutchouc qui font des trous « aussitôt cautérisés parce qu’ils sont brûlants » décrit Gwen. Pour se protéger,« il y a quelques protège-tibias, mais très peu » explique-t-elle. Presque pas de masques à gaz contre les lacrymo, mais « des morceaux de tissus imbibés de citron » qui en limitent les effets. Maxime et le grand type aux dreads parlent d’un gaz orange ou jaune qui provoquerait des vomissements, mais aucun n’y a été directement confronté. Personne ne peut dire non plus quand il aurait pu être utilisé.

Ces rumeurs témoignent du climat de peur qui s’est installé. Une véritable stratégie de la part des autorités, dénoncent les zadistes. Mario, l’homme à l’accordéon, évoque « une guerre d’humiliation, une guerre psychologique. Ils veulent nous faire peur et nous faire mal. » Plus que les CRS ou les gendarmes mobiles, ce sont les « PSIG », les pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie dont tout le monde cite l’acronyme, qui concentrent les peurs, les critiques et les fantasmes. Maxime les décrit comme un « commando » formé pour les terrains de guerre, passé en Afghanistan ou ailleurs…

À Zoulou, plusieurs zadistes ont rejoint la discussion autour de Maxime. Ils débattent des moyens à utiliser. « Leur seule faiblesse, c’est le feu », affirme l’un d’eux, aussitôt corrigé par un autre : « Ils ont des vêtements ignifugés, ils ne craignent rien. » Le premier, peu enclin à entrer dans ce genre de discussions, conclut : « On nous pousse à faire du feu notre dernière arme, parce qu’ils savent que le feu donne une très mauvaise image médiatique ». Juste après, deux avions de chasse survolent la ZAD à très basse altitude, emplissant la vallée du vacarme des réacteurs. Maxime les regarde : « D’habitude, ce sont des hélicoptères. »

Pierre Alonso

 

Notes

[226 personnes grièvement blessées par tir de flashball ont été recensées à ce jour.

[3Personnes dont le mode de vie exclut la consommation de tout produit d’origine animale ou considéré comme issu de l’exploitation des animaux.

[4Lire l’article de Mediapart (abonnés).


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Source : www.bastamag.net

 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 17:47

 

 

Source : www.reporterre.net

 

Libertés

À Toulouse, Rennes et Rouen, la mobilisation contre les violences de l’Etat et les projets inutiles se poursuit

Emmanuel Daniel, Julie Lallouët-Geffroy et Grégoire Souchay (Reporterre)

vendredi 14 novembre 2014

 

 

 

Alors que le ministre de l’Intérieur refuse toute responsabilité dans le décès de Rémi Fraisse, la mobilisation contre la violence d’Etat et les grands projets inutiles se poursuit à Toulouse, Rennes et Rouen. Et sur la Zad du Testet, la vie reprend paisiblement, en l’absence de policiers... Récit des correspondants de Reporterre.


À TOULOUSE, LES ÉTUDIANTS SE RASSEMBLENT CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES ET LES PROJETS INUTILES

- Toulouse, correspondance

Ils étaient plus de mille ce jeudi 13 novembre rassemblés à l’amphithéâtre 8 de l’université Jean Jaurès (anciennement Toulouse Le Mirail). Avec la reprise des cours vient la reprise des mobilisations étudiantes, coutumières dans l’établissement toulousain. Mais en plus des traditionnelles revendications étudiantes, il est aujourd’hui question de Testet, de violences policières, de grands projets inutiles. Hugo, présent durant l’assemblée, raconte : « On a tout de suite voulu poser le débat pour expliquer le lien entre les problèmes d’austérité et de privatisation de l’université et ce qui se passe dans le Tarn ». L’explication est limpide : « D’un côté, ils dépensent des millions pour des grands projets inutiles et pour empêcher les gens de manifester, et de l’autre ils suppriment des filières universitaires, mettent en place une sélection et essayent de privatiser l’enseignement supérieur ».

Contre l’austérité et les Grands Projets Inutiles

Autre nouveauté, la population composant l’assemblée générale : là où l’on retrouve généralement des militants organisés, syndicalistes étudiants et organisations de jeunesse, un étudiant observe : « C’était très varié. Il y avait quelques figures activistes toulousaines, mais beaucoup de gens ont pris la parole ». La discussion a débouché sur quelques rendez-vous, à commencer par la manifestation de ce samedi 15 novembre, à Toulouse, contre les « politiques d’austérité ». Mais également avec un rendez-vous jeudi prochain, le 20 novembre, où un appel est lancé pour « la grève et l’occupation de l’université du Mirail ». Selon Hugo, « on parle d’enraciner le mouvement et d’occuper », dans la continuité des mouvements lycéens du mois d’octobre dans le Tarn et l’amorce de ZAD à Rouen. Enfin, une nouvelle manifestation, appelée cette fois nationalement, « contre les violences policières » pour la journée du 22 novembre.

« Guet-apens » policier et justice expéditive

Malgré la mort de Rémi Fraisse, la violence policière est restée intense. Une nouvelle manifestation était prévue samedi 8 novembre, pour rendre hommage à Rémi Fraisse et contre les violences policières. Sauf que, la veille au soir, le préfet de Haute-Garonne annonce son interdiction. Des tractations de la dernière heure laisseront aux organisateurs, notamment le Nouveau Parti Anticapitaliste, l’espoir de pouvoir marcher malgré tout. Peine perdue. Selon tous les témoignages, cette marche s’est avéré une véritable souricière. « On a fait quelques pas sur les grandes allées, comme cela avait été discuté, et puis, ils ont bloqué toutes les issues et ont commencé à nous gazer, nous frapper, alors qu’il n’y avait aucune violence de la part des manifestants ».

Deux photographes du site Le Journal Toulousain se trouvaient sur place et confirment cette version des faits en précisant que « la seule voiture brûlée, samedi dernier, a été le fait d’une grenade lacrymogène lancée par la police … C’est aussi une réalité. »

Parallèlement, les premières peines de condamnation de justice suite aux premières manifestations sont tombées et particulièrement lourdes. Le cas le plus emblématique est celui de Charlie, clown activiste, présent lors de la manifestation du 1er novembre, et condamné en comparution immédiate à 6 mois de prison dont quatre avec sursis. Une condamnation d’autant plus surprenante que la personne est connue pour être non-violente. D’autres jugements devraient intervenir début décembre, avec cette fois la possibilité de mieux préparer leur défense.

Mercredi soir, plusieurs personnes se sont retrouvées en petit comité devant le monument aux morts de Toulouse avec des bougies et des fleurs pour « honorer la mémoire de Rémi Fraisse ». Le même jour, à l’écart de tout média et de toute publicité, Rémi était enterré par sa famille et ses amis.

Sur la ZAD, la vie est paisible

Paradoxalement, c’est sur la zone humide du Testet que la situation est la plus calme. La tempête médiatique est retombée, aucun policier ne se trouve à proximité de la zone, et la principale occupation quotidienne est de vivre et construire. Après les hommages et le recueillement, les opposants ont entrepris une opération de nettoyage du ruisseau du Tescou de tous les résidus des combats des semaines passées, déchets de grenades lacrymogènes en tête. Mais cela ne suffit pas à occuper les énergies des militants. Alors, on construit toujours et encore. Un peu partout, les campements s’étendent, se développent.

Après des mois et semaines de tension permanente, les uns et les autres peuvent apprendre à se connaître, à vivre ensemble, comme dans toute communauté humaine. Si la menace de l’évacuation plane, depuis le 3 novembre dernier et les déclarations de Ségolène Royal, beaucoup n’y croient pas et espèrent bien tenir le camp pour la durée de l’hiver. L’argument de la vieille dame ne pouvant pas rentrer chez elle s’est révélé inexact, comme l’a raconté Le Canard Enchainé.

À deux pas de là où se trouvait le campement Gazad, non loin du lieu des affrontements du 25 octobre, une branche verte repousse sur un tronc d’arbre abattu. « Au printemps, ça va repartir », nous dit-on.


À RENNES, MODESTE MOBILISATION

- Rennes, correspondance

Jeudi 13 novembre après-midi, près de deux cents personnes ont défilé dans les rues de Rennes pour s’opposer aux violences policières. Puis, en début d’après-midi, trois cents personnes se sont réunies en assemblée générale à l’université Rennes 2 : « Il ne faut pas laisser de porte de sortie au gouvernement, pas de revendication du type la démission de Cazeneuve », le ministre de l’Intérieur ; « Oui, parfois la violence est nécessaire, s’il n’y en avait pas eu à Notre-Dame-des-Landes, les travaux auraient commencé ! », le débat s’articule sur la suite à donner au mouvement. Le débrayage qui suit dans les salles de l’établissement puis dans les lycées n’est pas concluant, peu d’élèves et étudiants rejoignent le cortège.

Les mots d’ordre « La police mutile, la police assassine » sont scandés à travers la ville. Au bout de deux heures, la mobilisation se termine par un sit-in à proximité du commissariat de St-Anne, le quartier des soirées rennaises. La majeure partie des manifestants sont des étudiants, ils dénoncent « la psychose que les autorités tentent d’instaurer pour faire une distinction entre bons citoyens et casseurs ». La veille (mercredi), l’université avait fermé ses portes à cause d’un appel à une assemblée générale, qui a été reportée à jeudi.

Le samedi 8 novembre, une manifestation avait rassemblé trois cents personnes malgré l’interdiction de la préfecture et le déploiement des forces de l’ordre.


LA ZAD DE ROUEN EST DE RETOUR...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 


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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 17:41

 

Source : www.marianne.net

 

Et si les sociétés autoroutières passaient au péage ?

Vendredi 14 Novembre 2014 à 05:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Dénonçant la rente concédée aux sociétés d'autoroute par Dominique de Villepin, alors Premier ministre, le think tank Terra nova propose une sortie fiscale pour obliger ces sociétés à renégocier les concessions. Il est ainsi proposé de taxer les excédents bruts d'exploitation énormes engrangés par les maisons-mères. Une menace qui, bien sûr, n'a pas tardé à faire réagir le lobby autoroutier.

 

XAVIER VILA/SIPA
XAVIER VILA/SIPA

« Récupérer la rente autoroutière par le biais de l’impôt », c’est l’hypothèse formulée par Terra nova, dans un rapport rendu public récemment.  Le think tank — pas toujours bien inspiré — proche du PS avance, cette fois, une idée intéressante. Du moins, aura-t-elle eu le mérite de faire se crisper les sociétés d'autoroutes.

 

Depuis plusieurs mois, les propositions se multiplient pour récupérer un peu du magot généreusement concédé par Dominique Villepin, alors Premier ministre, en 2005. Un trésor qui, depuis dix ans, avec le désengagement progressif de l’Etat, fait la fortune de sociétés telles que Vinci ou Eiffage. Emmanuel Macron avait déjà consenti que « la privatisation des autoroutes engagée en 2005 a été une mauvaise affaire pour l'Etat », chiffrant à plusieurs milliards, sans plus de précisions, le manque à gagner. Dans la foulée de la suspension de l’écotaxe, Ségolène Royal expliquait, de son côté, que sa « priorité » était « le prélèvement du profit des autoroutes ». Enfin, Manuel Valls disait souhaiter un accord « gagnant-gagnant » entre l’Etat et les sociétés autoroutières avant la fin de l’année. Restait à trouver la clé de ce coffre-fort bien verrouillé.

Il y a peu, l’autorité de la concurrence se penchait, elle aussi, sur l’hypothèse d’une renationalisation. Très critique contre les sociétés, l’autorité avouait alors néanmoins que le parcours était semé d’embûches compte tenu des concessions en béton armé négociées par les sociétés autoroutières et maintes fois dénoncées par Marianne.

 

Alors, comment casser la rente autoroutière ?

 

« Cette rente est le produit d’une grave défaillance de la gouvernance du secteur. Non seulement les pouvoirs publics n’ont pas obtenu le meilleur prix possible lors de la privatisation des sociétés autoroutières mais ils se sont engagés contractuellement dans des rapports asymétriques avec ces dernières » constate Terra nova qui tente « le pas de côté, » ou « la bretelle » en langage autoroutier. Ecartant l’idée d’une renationalisation temporaire des concessions, trop onéreuse pour les finances publiques, le think tank préconise notamment de renégocier les contrats de plan en utilisant l’outil fiscal, par l’introduction d’une taxe exceptionnelle sur l’excédent brut d’exploitation des sociétés d’autoroutes. Une façon d'obliger les sociétés autoroutières à s'arrêter, une fois n'est pas coutume, au péage.  


Le lobby autoroutier fâché par les propositions de Terra nova
  

La rentabilité des sociétés autoroutières atteint en effet des niveaux sans équivalent dans le secteur concurrentiel, avec un bénéfice brut d’exploitation supérieur à 70 % du chiffre d’affaires. « L’excédent brut d’explotation de Vinci autoroutes et d’Eiffage bondit de plus de 1,5 milliard d’euros sur la période 2005-2013 (+48 %) pour atteindre 4,7 milliards d’euros. Dans le même temps la hausse du trafic n’atteint pas les 10 % sur leur réseau. Si bien que la rentabilité au kilomètre parcouru progresse de près de 40 % sur la période » écrit Romain Perez. Une hausse très largement due à l’augmentation des tarifs des péages autoroutiers mais aussi aux économies, surtout en termes de main d’œuvre réalisée par ces sociétés. Trois mille emplois ont ainsi été détruits en moins de dix ans (15 % des effectifs). 

 

Selon Terra nova, la taxation des surprofits d’exploitation au niveau des maisons-mères des sociétés autoroutières permettrait de modifier radicalement les rapports de force entre le régulateur et les concessionnaires autoroutiers. 

 

Constatant que le réseau est aujourd’hui « pratiquement amorti », Terra nova évoque deux autres pistes : la rémunération des sociétés autoroutières doit être réduite aux seuls coûts de maintenance et les péages doivent, eux, être supprimés et remplacer par un système de vignettes forfaitaires, selon l’exemple Suisse.

 

« Si la puissance publique parvient à se défaire à moindre coût des contrats asymétriques qui la lient aux sociétés autoroutières, une baisse de l'ordre de 50 % des tarifs autoroutiers est ainsi envisageable ». Optimiste ? Sans doute. Il n’empêche que la voie des sociétés d'autoroutes qui semblait tracée en ligne droite commence à présenter quelques chicanes et nids de poule. Et celles-ci n’ont pas tardé à réagir sitôt le rapport publié sur le site de Terra nova. Les propositions de la fondation ont été démontées par l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA) qui dénonce « des raisonnements orientés fondés sur des hypothèses fausses ».

 

L’AFSA qui récuse l'existence d'une « rente autoroutière » souligne que les sociétés concessionnaires « n’ont nul besoin d’un rapport de forces, mais seulement d’un Etat fort et fiable ». Le message est clair : laissez nous profitez en paix. Quant à instaurer une taxe spécifique sur les maisons-mères, les sociétés du secteur considèrent que celle-ci serait « probablement inconstitutionnelle ».

 

« Transformer l’impôt en une arme pour forcer le contractant à renoncer à son contrat est une option bien dangereuse », estime l’association. Tout comme transformer le réseau autoroutier d’un Etat stratège, en quête d’argent frais, en un robinet à profits sans fin de multinationales du béton était une option suicidaire.

 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 17:28

 

Source : www.marianne.net

 

 

Mexique : regardons ce que révèlent les 43 disparus

Vendredi 14 Novembre 2014 à 05:00

 

Accattoli, Rudy Hiller, Goldin Marcovich et García de Teresa

 

Fin septembre, au Mexique, 43 étudiants de l'Ecole normale rurale d'Ayotzinapa disparaissaient. Une affaire purement locale ? Certainement pas, répliquent quatre "normaliens" de France, dont trois d'entre eux sont mexicains. "Ce que ce massacre a encore une fois révélé, écrivent-ils, c'est que la question de l'Etat de droit reste posée". Et de regretter l'attitude des plus hautes autorités du pays, notamment le président Peña Nieto qui "semble se dérober à ses responsabilités".

 

Eduardo Verdugo/AP/SIPA
Eduardo Verdugo/AP/SIPA
Vendredi dernier, le procureur général de la justice du Mexique, Jesús Murillo Karam, a tenu une conférence de presse. Les 43 étudiants disparus le 26 septembre à Iguala, dans l’Etat de Guerrero, auraient été brûlés dans un bûcher alimenté pendant environ 15 heures dans une décharge municipale. Les corps, réduits en cendres, auraient été transportés dans des sacs plastique et jetés dans la rivière. Le maire d’Iguala, José Luis Abarca, et sa femme dont les liens avec l’organisation criminelle Guerreros unidos sont avérés, sont fortement soupçonnés d'être les instigateurs du massacre. Ceux qu’on surnomme le « couple impérial » auraient voulu empêcher les étudiants de l'Ecole normale rurale d'Ayotzinapa, considérés comme étant des fauteurs de troubles, de nuire à un événement du DIF, l'institution chargée de la protection de l'enfance et la famille, à la tête de laquelle la femme d’Abarca comptait succéder à son mari. Selon l’enquête, la police municipale a tiré à plusieurs reprises sur les bus dans lesquels se déplaçaient les étudiants avant de les remettre, pour 43 d’entre eux, entre les mains des Guerreros unidos. Ces derniers se seraient chargés d’exécuter les étudiants et de se débarrasser de leurs corps.
 
Tous les éléments d'un feuilleton d'horreur sont présents : un maire corrompu marié à une femme liée aux cartels, une police municipale complice du crime organisé, des étudiants brûlés jusqu'aux cendres et jetés dans des sacs poubelle. En faisant connaître cette version des faits, le gouvernement fédéral veut faire porter l’entière responsabilité des faits au crime organisé et aux politiciens locaux corrompus. Pourtant, pour les Mexicains qui protestent dans les rues, des questions demeurent.
 
Si l'on suit la version du procureur, le climat d'impunité régnant au Mexique est le seul élément qui donne une certaine intelligibilité à la violence disproportionnée de l'attaque. S'il s'agissait simplement de garantir le bon déroulement de la soirée, pourquoi faire disparaître les étudiants dans de telles conditions ? Pourquoi l’armée n’a-t-elle pas eu l’ordre d’intervenir pour aider les étudiants alors que la première attaque a eu lieu à quelques kilomètres d’une caserne ? Pourquoi les soldats, quand ils sont venus à l'encontre des étudiants qui avaient réussi à s'échapper, avec parmi eux des blessés graves, les ont-ils fichés plutôt que de les aider ?
 
Les autorités fédérales ont connaissance de l'implication du maire Abarca dans plusieurs homicides depuis une quinzaine de mois. Amnesty international l’a déjà souligné : « Ceux qui ont eu la négligence d’ignorer les signes avant-coureurs de la corruption et de la violence sont complices de la tragédie ». En limitant systématiquement le cadre de leur analyse à un niveau local, le président et le procureur n'assument aucune responsabilité face à la multiplication constante des assassinats et des disparitions dans tout le Mexique.
 
Si « Iguala n'est pas l'Etat mexicain », selon les mots du procureur, alors la question se pose : où est donc l'Etat mexicain ? Où est cet Etat avec lequel la France marche « cœur dans le cœur », comme l'a dit François Hollande lors de sa visite officielle au Mexique en avril 2014 ? Cet Etat dont les réformes et le potentiel économique sont célébrés partout dans le monde ? Cet Etat dont le président, Enrique Peña Nieto, est l'invité d'honneur des célébrations du 14 juillet 2015 ?
 
Le président Enrique Peña Nieto s’est montré extrêmement distant dans cette affaire qui indigne le monde entier. Il n'a reçu les familles des victimes qu'un mois après les faits et ce dimanche, avant même d’avoir mis les pieds dans l'Etat de Guerrero, il s'est envolé vers la Chine pour renforcer des partenariats économiques. En se contentant de manifester de l'indignation, le président se place davantage du côté de la société civile et semble se dérober à ses responsabilités.
 
Le gouvernement a désormais renoncé à rechercher des survivants tout en continuant à déclarer les étudiants légalement disparus, empêchant ainsi le deuil des familles des victimes. La façon dont l’enquête a été menée par le gouvernement et en particulier le format de la conférence de presse, vidéo à l’appui, ne sont pas sans rappeler des épisodes malheureux de « justice télévisée » au Mexique qui ne font que nuire au bon déroulement des enquêtes et à la crédibilité du système judiciaire dans son ensemble. Pourquoi, alors que l'affaire n'est pas officiellement close, publier des vidéos où trois sicarios (« tueurs ») témoignent et reconstituent les faits ? Que faire alors des premiers témoignages qui parlaient de 17 corps brûlés et enterrés dans des fosses clandestines ?
 
On a souvent recours, pour rendre compte de la violence qui ravage le Mexique, à des explications qui mettent l'accent sur la violence endémique et le trafic de drogues. Plutôt que d'en rester à une analyse limitée, il faut impérativement chercher à comprendre les mécanismes qui ont permis, et permettent quotidiennement, que de tels crimes contre les droits de l'Homme aient lieu : l'impunité, l'effacement de l'Etat, la corruption au plus haut niveau institutionnel. C'est pourquoi les arrestations ne doivent pas nous détourner du véritable problème ni ne peuvent suffire à clore le dossier et à tourner la page. Ce que le massacre d'Ayotzinapa a encore une fois révélé, c'est que la question de l'Etat de droit et de justice au Mexique reste posée, et ce de façon toujours plus urgente.
 
La réponse du gouvernement aux crimes d'Iguala n’épuise pas les questions. Lors de la conférence de presse, par une remarque malheureuse, le procureur général de la justice a mis fin aux questions de la presse en s'exclamant « Ya me cansé » (« J’en peux plus »). Devons-nous, nous aussi, fatigués par l'impuissance et l'horreur, cesser de regarder ce qui se passe au Mexique ? Cesser de poser les questions qui nous taraudent ? Sans doute beaucoup d’entre elles resteront sans réponse, mais nous nous devons de les poser pour ne pas être complices, par notre silence et notre crédulité, de la violence qui endeuille le Mexique.

 
* Matilde Accattoli est doctorante en Sciences du Langage à Paris 8 Vincennes - Saint-Denis | Daniel Rudy Hiller est doctorant en Littérature comparée à Paris 3 - Sorbonne Nouvelle | Gabriela Goldin Marcovich est élève en Histoire à l’Ecole normale supérieure de Paris | Marcos García de Teresa est doctorant en Sciences de la société à l'EHESS.



Lire aussi :
>>> Mexique : les 43 mystérieux disparus d'Iguala (Marianne.net)
>>> Le site Internet du Collectif de solidarité avec les étudiants d’Ayotzinapa lancé par des « normaliens » français.

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 21:58

 

Source : www.la-bas.org

 

 

Mermet, Lordon, Mélenchon… la vidéo de la soirée aux Métallos

Le parti des fâchés tout rouge

Le 07/11/2014

 

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Et voici de larges extraits vidéos de la soirée. Pour vous régaler et vous fâcher tout rouge !

 

 

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Frédéric Lordon

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- Jean-Luc Mélenchon, qui a lancé le Mouvement pour la 6ème République, et appelle à une « manif en ligne » le 12 novembre prochain


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- Frédéric Lordon, auteur de La malfaçon : monnaie européenne et souveraineté démocratique (éditions Les liens qui libèrent, 2014)

- Agnès Rousseaux, du site d’infos indépendant Basta !

- Mathias Reymond, de l’association Action-CRItique-MEDias (ACRIMED)

- Éric Bourlier et Hélène Asso, du Nouveau journal du Pays de Fayence

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-Gilles Balbastre, de l’Association pour le Maintien de l’Information Progressiste Nous avons des armes

- Gérard Mordillat, auteur de Xenia (éditions Calmann-Lévy, 2014)

 

 

 

 

 

 

 

Source : www.la-bas.org

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 21:46

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

Fonds européen de résolution bancaire : les citoyens ne doivent pas payer pour les banques !

Le Monde.fr | 13.11.2014 à 12h18 • Mis à jour le 13.11.2014 à 12h31 | Par Eric Alauzet (Député EELV), Eva Sas (Députée de l'Essonne (EELV)), André Gattolin (Sénateur EELV) et Eva Joly (Députée européenne EELV)

 
 

 

La grande arche de la Défense.

 

L'Assemblée nationale s’apprête à examiner, dans la cadre du vote du budget 2015, un amendement écologiste déjà adopté en commission des finances. Son objectif est simple: faire économiser à l'État français près de 5 milliards d'euros dans le cadre de la prévention du risque bancaire systémique.

A près la crise de 2008, l'Union Européenne s'est accordée pour créer un fonds unique de résolution, dans le but d'éviter la propagation à l'ensemble du système financier de l'éventuel défaut d'une banque. Ce fonds, bientôt mis en place, doit être alimenté par des contributions des principales banques européennes sur une durée de 8 ans.

Or, en l'état, pour les banques françaises, ces contributions sont déductibles de l'impôt sur les sociétés. Si l'on retient l'annonce faite par Michel Sapin d'une contribution « française » à hauteur de 15 milliards d'euros (soit 27% du montant du fonds), ce sont donc près de 5 milliards d'euros (625 millions d'euros par an) de manque à gagner fiscal que pourrait coûter à l'État la mise en place de ce fonds, pourtant censé préserver les finances publiques des erreurs privées.

 

PRENDRE TOUJOURS PLUS DE RISQUES

L’enjeu est de taille et dépasse la seule question du déficit public. Les réformes trop peu ambitieuses n'ont pas mis fin aux déséquilibres qui menacent la stabilité du système bancaire européen. L'addiction des plus grosses banques aux subventions implicites et explicites de l'État perdure. Partant en effet du principe que, quoi qu'il arrive, la puissance publique leur viendra en aide, ces dernières sont incitées à s'endetter et à prendre toujours plus de risques, sans pour autant servir l'économie réelle. Les principales banques françaises sont championnes en la matière.

Et puisque l'on sent déjà poindre l'argument massue, nous pouvons l'affirmer : le stress test réalisé par la BCE, bien qu'utile et plus sérieux que le précédent, ne vaut pas satisfecit. Partiel et laissant aux banques une marge d'auto-évaluation, il ne dit pas tout. Le modèle d'affaire des plus grandes banques européennes – et notamment françaises- n'a en effet fondamentalement pas changé. Les mégabanques européennes ne répondent toujours pas aux exigences de base en matière de gestion des risques financiers et d'utilité sociale.

Alors, aujourd'hui, nous ne pouvons pas accepter cette déductibilité fiscale. Intenable pour nos finances publiques, contraire à l'esprit qui a porté l'élection d'une nouvelle majorité en 2012, le message envoyé irait à contre-sens des batailles que les écologistes et l'ensemble des progressistes sincères mènent en France et au sein des institutions européennes pour que cesse l'économie casino.

  • Eric Alauzet (Député EELV)
     
  • Eva Sas (Députée de l'Essonne (EELV))
     
  • André Gattolin (Sénateur EELV)
     

Eva Joly (Députée européenne EELV)

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


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