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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 17:03

 

Source : lci.tf1.fr

 

 

 

Sac plastique, chewing gum, tampon, quelle est la durée de vie des déchets ?

 

 

Source : lci.tf1.fr

 


 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 16:46

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Biodiversité

Déforestation : « En Amazonie, c’est trop tard, on remplace les arbres par du soja transgénique »

par Stéphane Perraud 26 juin 2014

 

 

 

 

Botaniste, spécialiste des forêts primaires, Francis Hallé s’est fait connaître par ses expéditions sur le Radeau des cimes, à bord duquel il a pu explorer la canopée des forêts tropicales. Auteur de nombreux ouvrages sur l’arbre, il a tourné, avec Luc Jacquet, le documentaire Il était une forêt. Dans cette interview, il revient sur le rôle essentiel que jouent les arbres dans les villes, et les forêts pour la planète.

Cet article a initialement été publié dans le magazine Kaizen.

Stéphane Perraud : Dans quel état se trouvent les forêts primaires aujourd’hui ?

Francis Hallé : Il n’y en a quasiment plus ! Les forêts sont dites primaires quand elles n’ont jamais subi la moindre destruction humaine. Il y a quarante ans on en trouvait encore beaucoup à la surface du globe. Aujourd’hui, il n’en subsiste que des lambeaux, dans la boucle du fleuve Congo, en Australie, dans le Grand Nord canadien, en Sibérie… Seuls le climat très difficile ou l’absence totale d’accès les protègent encore de la folie destructrice des hommes. En Amazonie, c’est trop tard. On rase les arbres pour les remplacer par du soja transgénique et de l’élevage.

Pourquoi est-ce si inquiétant ?

La forêt joue un rôle déterminant pour la survie de l’humanité. Les arbres purifient l’atmosphère en absorbant du gaz carbonique et en rejetant de l’oxygène [1]. Couper un arbre revient à détruire une usine d’épuration naturelle. Les arbres attirent la pluie. Leur feuillage et leur système racinaire filtrent l’eau. Ils jouent également un rôle de stabilisateurs pour les sols. Et bien sûr, ils abritent une flore et une faune exceptionnelles. Ce sont nos alliés, nos protecteurs. La disparition des forêts primaires n’est pas irréversible, mais pour passer d’une forêt secondaire (qui a repoussé après exploitation) à une forêt primaire, il faudrait la laisser tranquille pendant sept siècles !

Que pensez-vous de la forêt française ?

Elle est encore en relativement bon état. Mais elle ne joue pas du tout le même rôle que la forêt tropicale qui fonctionne douze mois sur douze et qui concentre un maximum de biodiversité. En France, nous avons une forêt jardinée. Globalement, les gens qui s’en occupent sont compétents. Même si je constate que l’ONF (Office national des forêts) qui gère la forêt publique a désormais pour ambition de faire de l’argent, comme dans le privé. Beaucoup d’agents de l’ONF ont une sensibilité écologique, mais la politique nationale leur impose d’exploiter la forêt avec une vision plus mercantile qu’avant.

On entend souvent qu’une forêt a besoin d’être entretenue pour rester en bonne santé…

C’est une hérésie ! Les forêts existent depuis plus de 350 millions d’années, elles se portaient très bien avant l’arrivée de l’homme. Elles ont su se reconstituer après chaque évolution climatique majeure. Plus on intervient dans une forêt, plus on la fragilise. Il faut au contraire laisser faire la nature. Le bois mort au sol par exemple préserve les micro-organismes. Une forêt détruite par un incendie repoussera mieux si on n’intervient pas. Sa capacité de régénération est incroyable. Saviez-vous que lorsqu’on coupe une branche, on favorise l’arrivée des maladies ? Au Jardin des Plantes à Paris, on trouve des arbres tricentenaires qui n’ont jamais été taillés. Ils se portent très bien et ne sont pas dangereux pour les visiteurs.

Justement, comment jugez-vous la présence des arbres en ville ?

Ils sont essentiels. On ne pourrait pas vivre dans une ville entièrement minérale. Mais pour nos élus, les arbres sont du mobilier urbain, pas des êtres vivants. Dès qu’ils gênent un peu, on les coupe. Comme les citadins y sont attachés, quand on abat un vieil arbre, on le remplace par trois plus petits. C’est une triple arnaque. Patrimoniale, car rien ne remplace un vieil arbre sur le plan paysager. Financière, car ces jeunes arbres coûtent cher à l’achat, à la plantation et à l’entretien. Et écologique, car la captation des polluants n’est plus la même. C’est une question de surface. Un grand platane couvre 500 hectares si l’on additionne son écorce, ses feuilles et ses racines [2]. Il faudra plusieurs dizaines d’années pour que la surface cumulée des petits arbres remplace celle de l’ancien. Or beaucoup n’atteindront jamais l’âge adulte, car ils n’ont pas la place de se développer. Les beaux arbres qu’on coupe aujourd’hui ont été plantés il y a un siècle dans de bonnes conditions. Cela n’est plus possible à cause de la densité des réseaux souterrains urbains.

Qu’est ce qui vous donne malgré tout de l’espoir ?

L’agroforesterie se développe en France et redonne à l’arbre un rôle protecteur. Il s’agit de cultiver ou d’élever des animaux sous le couvert. Les rendements sont très bons. Nous n’avons rien inventé, on trouve trace de l’agroforesterie dès le 12e siècle en Indonésie. A Sumatra, les fruits, les légumes, le café, poussent dans des forêts naturelles. Quand il y a trop d’ombre, on coupe un tronc qui sert de combustible. C’est un bon équilibre.

Avons-nous encore des choses à apprendre sur l’arbre ?

Nous n’en sommes qu’au début de nos connaissances. Nous avons découvert par exemple qu’il existait des feuilles souterraines. Elles n’ont évidemment pas de chlorophylle, ce sont juste des réseaux de nervures qui hébergent les champignons symbiotiques [3]. Nous savons également que les arbres communiquent entre eux par leur réseau racinaire. Un individu qui manque de nutriments le fera savoir à ses voisins qui pourront les lui apporter. A l’inverse, nous avons observé que des arbres de la même essence évitent parfois de se toucher dans les airs. On suppose qu’ils se protègent ainsi des transmissions de maladie. Cela signifie que l’arbre est “conscient” d’être entouré par ses semblables. C’est fascinant.

Propos recueillis par Stéphane Perraud.

Cet article est extrait du numéro 10 du magazine Kaizen, dont Basta ! est partenaire (voir la description de Kaizen sur notre page Nos partenaires médias). Pour poursuivre son développement, Kaizen fait appel aux lecteurs qui souhaiteraient soutenir financièrement le magazine.

 

 

Notes

[1Pendant leur croissance, les arbres libèrent de l’oxygène et absorbent du dioxyde de carbone (1 tonne de CO2/ m3 de bois nouveau). Ce processus cesse quand l’arbre arrive à maturité. Mais le CO2 reste stocké même après abattage et transformation en planche. Il n’est libéré dans l’atmosphère que si on laisse l’arbre se décomposer ou lorsqu’on brûle le bois.

[2Un chiffre qui peut sembler énorme ! « Nous, humains, avec nos 2 mètres carrés de peau, sous-estimons la surface de l’arbre. Pour la calculer, il faut mesurer chaque feuille recto verso, ajouter la surface du tronc, des branches et rameaux, des racines longues et fines et des poils absorbants, sans oublier les poches dans l’écorce. Un arbre feuillu de 15 mètres occupe au total 200 hectares, l’équivalent de Monaco. Il double de poids quand il est mouillé. Toute cette surface respire, nous fait respirer », explique un article du Monde, L’arbre, allié de taille, à propos de l’ouvrage de Francis Hallé, Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques (Actes Sud).

[3Les champignons vivent en symbiose avec l’arbre. Chacun apporte à l’autre les substances qui lui manquent : les champignons ont besoin des sucres synthétisés par l’arbre, en contrepartie ils lui fournissent eau et sels minéraux.

 

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

 

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 16:30

 

Source : www.marianne.net


 

Chômage : ce que Rebsamen n’a pas eu le cran de dire aux Français

Vendredi 27 Juin 2014 à 17:10

 

Grand reporter au journal Marianne En savoir plus sur cet auteur

 

Le chiffre est tombé : 5,3 millions de nos concitoyens sont inscrits à Pôle emploi. L’équivalent de toute la population active de la Bretagne, de la Normandie, des Pays-de-la-Loire et de l’Auvergne. Vertigineux…

 

LCHAM/SIPA
LCHAM/SIPA

Vingt-quatre heures avant l’annonce fatidique du bond calamiteux de 34 300 des demandeurs d’emplois en catégorie ABC (1) en mai, François Rebsamen a pris les devants. Sur LCI, le ministre du Travail qui ne s’était pas préparé à… ce travail — et veut échapper au calvaire de ses prédécesseurs Xavier Bertrand (UMP) et Michel Sapin (PS) —, a benoitement annoncé qu’il ne commenterait pas, au mois le mois, l’évolution du chômage en France « parce que ces chiffres ne veulent pas dire grand-chose et qu’il faut les étudier sur une période assez longue. »

Oublié donc la ridicule « baisse tendancielle de la hausse » du chômage façon Nicolas Sarkozy, l’ « inversion de [sa] courbe » avant la fin de l’année 2013 promis par le président Hollande ou même la modeste décrue du chômage des jeunes à grandes lampées d’emplois aidées, vantée par Michel Sapin lors de son départ à Bercy. Rue Grenelle, désormais on esquive, on ne promet plus rien, on se tait. Et pour cause…
 
Qu’aurait dû constater jeudi 26 juin François Rebsamen s’il en avait eu le cran ? Primo : que le chiffre de 5,3 millions d’inscrits à Pôle emploi dans l’Hexagone et les DOM-TOM lui donne le vertige. Car si on cherche à rendre plus « concret » ce chiffre, il représente… la totalité de population active de la Bretagne, de Haute et Basse-Normandie, des Pays-de-la-Loire et de l’Auvergne ! Imaginez-vous toutes ces régions quasiment à l’arrêt ? Dont une Basse-Normandie au point mort depuis plus de trois ans puisque le nombre de ses actifs équivaut à peu près aux 625 000 chômeurs de longue durée (catégories ABC)…
 
Ensuite, s’adressant aux jeunes de moins de 25 ans, François Rebsamen aurait dû les haranguer : « Haut les cœurs, les gars et les filles, vous êtes bien formés ! Allez donc tenter votre chance hors de l’Hexagone car le pays avec la politique de redressement que nous menons, n’aura pas besoin de vous de si tôt… » En dépit d’un objectif de 100 000 emplois d’avenir signés, 773 400 jeunes sont toujours désœuvrés (plus 3 600 en mai).
 
Le sous-emploi de masse gagne même nos régions les plus dynamiques comme l’Aquitaine, l’Ile-de-France ou les Pays-de-la-Loire (respectivement plus 6,7%, 6,4% et 6,2% de demandeurs d’emplois sur un an), dans lesquels ils auraient pu tenter leur chance. Le Medef vient d’ailleurs de reconnaître qu’il n’y avait pas 400 000 emplois non pourvus en France comme il prétendait dans sa campagne baptisée « Beau travail », mais tout au plus 75 049 (principalement des cuisiniers, des employés d’hôtellerie, des attachés commerciaux et ouvriers du bâtiment).
 
« C’est mauvais mais je refuse le fatalisme, s’est contenté d’affirmer le Premier ministre Manuel Valls depuis Matignon. Je compte donc sur les entreprises de France, avec les moyens que nous allons leur donner, la baisse du coût du travail, la baisse de la fiscalité, pour inverser la tendance. » A dix jours d’une troisième conférence sociale dont personne n’attend de miracle, puisque la CGPME fait encore des histoires pour y siéger, tout le pays en voie de pétrification, croise les doigts…


(1) Les demandeurs d’emplois des catégories ABC ont effectués en mai des actes positifs de recherche de postes. Les A n’ont pas du tout travaillé en mai, les B moins de 78 heures, les C plus de 78 heures tout en restant en activité réduite. 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 21:23

 

Intercollectif Gardéchois

 

 

AUDE ET HERAULT: Le pétrolier Lundin Petroleum vient d'annoncer officiellement son intention de procéder à des relevés de sismique afin de renouveler son permis de recherche d'hydrocarbures sur la région.
Les collectifs locaux anti-gaz de schiste organisent une marche citoyenne de protestation le SAMEDI 28 JUIN.


RASSEMBLEMENT SAMEDI 28 JUIN A 9H00
A LA COOPERATIVE D'ARGELIERS (11)
DEPART POUR MIREPEISSET VIA LE ROND POINT DE CABEZAC A 10H00
ARRIVEE ESTIMEE 13H00 A L'ESPACE LA GARENNE DE MIREPEISSET


PREVOYEZ BANDEROLES, CHAPEAU, CREME SOLAIRE ET PIQUE-NIQUE
DIFFUSEZ CETTE INFORMATION, NOUS DEVONS ETRE NOMBREUX

POUR LE GARD, L'OFFICE DU TOURISME DE BARJAC ENREGISTRE LES OFFRES ET DEMANDES DE CO-VOITURAGE
TEL 09 62 27 66 19


 
A faire circuler le plus largement possible.
 

Cordialement

L'Intercollectif Gardéchois


======================


SITE DE VIGILANCE ET D'ALERTE DES COLLECTIFS « ANTI GAZ ET HUILES DE SCHISTE » GARDOIS

http://www.bassindales.fr/
Twitter: https://www.twitter.com/bassindales
Rejoignez-nous sur Facebook: bassindales
le site du collectif 07 : http://www.stopaugazdeschiste07.org/

Numéros de vigilance
Véhicules, camions ou travaux suspects? Mouvements sur terrain? Contactez les numéros d'alerte ci-dessous. Notez bien ces numéros et gardez-les précieusement sur vous! Avant tout signalement, précisez: lieu et/ou direction.
Gard: 06 95 60 22 27 - Ardèche: 06 23 66 15 51





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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 21:16

 

 

9 personnes au Tribunal pour un tag et quelques boulons dévissés ?  
9 personnes qui seront jugées pour vol et recel alors qu’elles n’ont fait qu’interpeler le Ministre de l’agriculture ?  
Protégeons ces 9 personnes qui sont des lanceurs d’alerte face à la menace de l’industrialisation de l’agriculture !

 mardi 1er juillet

Rassemblement à Nîmes

en soutien au

procès de la ferme-usine des 1000 vaches 

pour dénoncer la répression syndicale 

 

RDV À 9h30 AU PALAIS DE JUSTICE DE NIMES (en face des Arènes) 

 

Ce rassemblement fera écho au procès ce même jour à Amiens de 9 militants (dont Laurent Pinatel, Porte-parole de la Conf nationale, et Thierry Bonnamour, Porte-parole de la Conf de Savoie). Ils seront jugés pour avoir participé, le 28 mai dernier, à une action collective de démontage d'une partie de la salle de traite de la ferme-usine des 1000 vaches (à Abbeville, dans la Somme). 

Nous ne voulons pas passer de 70 000 exploitations laitières en France à 25 fermes usines par département avec un prix du lait à 270 EUR/tonne et des subventions publiques (4 millions d'euros pour Michel Ramery, le promoteur de la ferme-usine, grand patron du BTP) pour une agriculture sans paysans. 

Nous ne voulons pas d'un procès politique visant à faire taire toute opposition à la ferme usine des 1000 vaches.


Le 1er juillet, montrons que nous sommes déterminés et soudés !

 

 

 

Confédération paysanne du Gard
26, rue Centrale
30190 St Génies de Malgoires
04 66 63 16 90

 

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 21:04

 

Source : www.reporterre.net


 

Notre Dame des Landes : l’Etat a encore grossièrement menti

Nicolas de La Casinière (Reporterre)

jeudi 26 juin 2014

 

 

 

Aménager l’actuel aéroport de Nantes coûterait très cher, affirmait la Direction de l’aviation civile dans une récente étude. Soumise à la contre-expertise de spécialistes, elle se révèle bâtie sur des erreurs et exagérations. En fait, adapter l’actuel aéroport entrainerait des frais bien moindres que d’en construire un nouveau.


- Nantes, correspondance

« Mensonges, manipulation, une fois de plus des services de l’État travestissent la réalité » : c’est ainsi que, mercredi 25 juin, Françoise Verchère a présenté au nom du Cédpa (Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport) une contre-étude sur le coût du ré-aménagement de l’aérodrome nantais existant.

Conserver Nantes-Atlantique ? Mais puisqu’on vous dit que ça coûterait les yeux de la tête, ont martelé les experts de l’Aviation civile, tant DGAC que STAC, direction générale et ses services techniques de l’Aviation civile. En novembre dernier, les économistes et techniciens de ce service de l’État ont pondu un rapport qui conclut que les infrastructures à remanier coûteraient de 207 à 685 millions d’euros selon les hypothèses.

Tout en sortant de son chapeau un argument qui n’était jamais apparu : la nécessité impérieuse d’une « réfection complète de la piste », immobilisant l’aéroport pour plus de trois à six mois de travaux lourds et coûteux.

Les yeux de la tête ? Justement, un groupe d’architectes s’est pris la tête pendant trois mois pour analyser les affirmations des services de l’État. Et alors ? Alors « on casse l’expertise du coût exorbitant du maintien de Nantes-Atlantique, sans même toucher au chiffrage de la réfection de la piste pour laquelle l’État ne veut toujours pas nous donner les documents qu’on nous a pourtant promis et qui permettrait une contre expertise. Une fois de plus, cela prouve que la DGAC est juge et partie », dit Françoise Verchère conseillère générale de Loire-Atlantique (Parti de gauche) ancienne maire de Bouguenais (où est implanté l’actuel aéroport de Nantes Atlantique).

« La DGAC a multiplié par quatre le chiffrage normal, tels que l’on peut le calculer en suivant les critères utilisés par l’aviation civile. On pourrait gagner 500 millions d’euros, y compris avec un raccordement au tramway qui arrive à deux kilomètres de l’aérogare, raccordement que n’envisage même pas la DGAC », dit Geneviève Lebouteux, élue EELV au conseil régional.

La DGAC, spécialiste du pifomètre

« C’est surdimensionné ! » Dans l’étude de la DGAC, la zone PIF (postes inspection filtrage), dans laquelle on scanne les bagages et fouille les passagers, est largement surévaluée : « Dans leur étude, la zone PIF occupe trois fois plus de surface que les préconisations usuelles de l’Aviation civile pour les aéroports. Et elle prévoit seize portiques de contrôle à Nantes Atlantique alors que le projet de Notre-Dame-des-Landes n’en a envisagé que sept », observent Yvan Fouquet et Franco Fedele, deux des cinq architectes qui ont mené la contre-étude.

Idem pour l’emprise des espaces prévu pour les files d’attente aux guichets d’enregistrement, deux fois plus grand qu’il n’est prévu pour le projet de Notre-Dame-des-Landes. Même extrapolation douteuse pour les aires de stationnement des avions, plus de trois fois surévalués par rapport aux propres normes DGAC. 16 000 m² par avion, alors que les 5 000 m² actuels ne posent aucun problème de fonctionnement à Nantes Atlantique. Autant de surfaces surestimées qui gonflent artificiellement la facture.

Toujours plus

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 


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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 20:49

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Forte hausse du chômage au mois de mai: +34.000

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

L'inversion de la courbe du chômage n'est toujours pas au rendez-vous. Bien au contraire, les chiffres du mois de mai sont très mauvais, qui font état d'une forte augmentation dans presque toutes les catégories de demandeurs d'emploi.

L'« inversion » que promettait François Hollande pour la fin de l'année 2013 n'est toujours pas là. Bien au contraire, les chiffres du chômage du mois de mai sont exécrables. Le nombre de demandeurs d'emploi augmente dans presque toutes les catégories. En un an, le nombre de chômeurs en catégories A, B et C progresse de près de 5 %.

Selon les statistiques du ministère du travail, le mois de mai est très mauvais. Le nombre de chômeurs en catégorie A (aucune activité) augmente de 24 800 (+ 0,7 % sur un mois) pour s'établir à à 3 388 900 personnes en France métropolitaine. Sur un an, l'augmentation est de 4,1 %.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en activité réduite (catégories B et C) s’établit à 1 631 300 en France métropolitaine : sur un mois, il augmente de 1,0 % pour l’activité réduite courte (catégorie B, + 4,1 % sur un an), et de 0,3 % pour l’activité réduite longue (catégorie C, + 7,7 % sur un an).

Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégories A, B et C s’établit à 5 020 200 en France métropolitaine fin mai 2014 (5 320 000 en France y compris Dom). Ce nombre est en hausse de 0,7 % (+ 34 300) au mois de mai. Sur un an, il augmente de 4,8 %.

« Ces chiffres ne sont pas bons. Ils sont le reflet d’une croissance plus faible que prévu au premier semestre, qui entraîne des destructions nettes d’emplois marchands. Les efforts que le gouvernement continue de déployer doivent permettre d’endiguer cette progression au second semestre 2014 », écrit dans un communiqué le ministère du travail.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

 

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 20:30

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

Un nouvel avertissement lancé aux dirigeants européens

|  Par François Bonnet

 

 

 

Depuis des années, Joseph Stiglitz est pendu à la sonnette d'alarme: les plans d'austérité à répétition infligés à l'Europe ne font qu'aggraver la situation. Officiellement, les sociaux-démocrates sont d'accord. Dans les faits, ils n'ont rien fait pour « réorienter » l'Europe. Le sommet européen de ces jeudi et vendredi, au-delà des déclarations d'usage, doit encore en faire la démonstration.

Il faut lui reconnaître une vraie constance. Depuis le début de la crise des « subprime », en 2007, mais surtout depuis la gigantesque crise des dettes publiques en Europe, Joseph Stiglitz martèle le même message : « L'austérité en Europe est risquée. » L'ex-chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000), prix Nobel d'économie en 2001, plaide, à l'inverse, pour une nouvelle relance : « Rien ne sert de se focaliser sur le déficit d'aujourd'hui, de demain ou de l'an prochain : il faut regarder le déficit à cinq ans. » Et de lancer cet avertissement aux dirigeants européens dans la tribune que nous publions (à lire ici) : « Au rythme actuel de la "reprise", aucun retour à la normale ne peut être envisagé avant la prochaine décennie. » Sans une réaction forte et rapide, l'Europe demeurera sur le chemin emprunté par le Japon à la fin des années 1990 et qui l'a conduit à une longue décennie de stagnation dont il peine encore aujourd'hui à sortir.

C'est déjà ce que Joseph Stiglitz disait à Mediapart, lors d'un entretien réalisé en septembre 2010. Il notait alors que les mesures d'austérité prises en Europe depuis le printemps 2010 étaient « incroyablement risquées. L'économie pourrait même basculer à nouveau dans la récession ». Il soulignait également combien la pensée économique inspirant ces politiques n'était en rien à la hauteur de l'ampleur et des nouveautés de la crise à l'œuvre : « Je n'ai pas anticipé la vitesse à laquelle la vieille orthodoxie, à l'origine de tous nos ennuis, s'est imposée à nouveau. Les mémoires sont courtes. »

Quelques mois plus tard, dans un nouvel entretien, Joseph Stiglitz repartait à l'assaut des conservatismes, du manque d'action de l'administration Obama et surtout de l'aveuglement des dirigeants européens. Manque d'initiative, manque d'audace, vieilles recettes pour crise nouvelle... La Troïka n'avait pas encore mis la Grèce à terre, le Portugal et l'Espagne n'avaient pas encore sombré. Mais tous les ingrédients étaient là, notait Stiglitz, pour installer un chômage de masse, une récession ou une croissance à l'arrêt et un pouvoir inentamé des banques et des marchés financiers.

« La question consiste à se demander si nous pouvons réduire cette influence politique des banques, notait-il alors. Je crois que nous pouvons faire beaucoup mieux. Je ne sais pas si cela sera suffisant mais nous n'avons pas essayé. Nous aggravons l'influence des groupes d'intérêts tout en affaiblissant dans le même temps la véritable démocratie, et cela s'annonce vraiment désastreux non seulement pour la politique mais plus généralement pour notre société. »

Aujourd'hui, le prix Nobel d'économie plaide pour « un programme beaucoup plus ambitieux, et différent ». Non pas en finir avec l'euro, dit-il. Mais « ce qu'il faut, par-dessus tout, c'est une réforme fondamentale de la structure et des politiques de la zone euro ». C'est également ce qui se dit en chuchotant dans les cénacles européens de Bruxelles, ce qui est évoqué parfois par François Hollande ou le nouveau président du conseil italien, Matteo Renzi. Mais aucune de ces intentions – un vrai plan de relance, une réduction étalée des dettes publiques, une renégociation avec une part d'annulation de l'insoutenable dette grecque, une réforme poussée du système financier – ne s'est aujourd'hui véritablement traduite dans les faits.

Hollande et Renzi obtiendront peut-être, vendredi à l'issue du sommet européen, une déclaration finale faisant état de leurs préoccupations. On reparlera, comme le fait déjà le gouvernement français, de « réorientation » de l'Europe... Qui se souvient du pacte de croissance de 2012, officiellement arraché par Hollande ? Qui peut dire quels sont ses résultats ?

Stiglitz vient ainsi opportunément rappeler que de nombreux autres économistes de renom (Paul Krugman, Thomas Piketty, Paul Jorion et d'autres) proposent depuis des années des voies alternatives. Les dirigeants européens restent sourds. Or leurs diagnostics recoupent très largement ceux faits par des acteurs plus institutionnels. On se souvient de l'étonnant mea culpa du Fonds monétaire international sur la potion administrée aux pays européens par la Troïka.

À l'échelle française et en écho direct aux propos de Joseph Stiglitz, l'actuel débat budgétaire vient montrer la dangerosité d'une austérité sans fin. Valérie Rabault, rapporteure générale du budget à l'Assemblée, a pointé dans son rapport aux députés les risques du plan d’économies de 50 milliards d’euros proposé par le gouvernement pour la période 2015 à 2017. « Il aurait un impact négatif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017, et pourrait entraîner la suppression de 250 000 emplois à horizon 2017 ».

Au moment où l'Insee prévoit pour 2014 une croissance à l'arrêt, encore inférieure aux prévisions du gouvernement, et un chômage toujours en hausse, les dirigeants européens seraient inspirés d'écouter ces appels qui se succèdent depuis des élections européennes qui ont largement désavoué les politiques économiques menées depuis 2008.

Retrouvez ci-dessous nos autres principaux articles sur Stiglitz :

Les douze recommandations de la commission Stiglitz pour mesurer notre bien-être
Le nécessaire débat européen

La crise, belle occasion de mesurer le bien-être

Quels indicateurs pour comprendre une crise démesurée?

Crise: la grande faillite des économistes

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 21:49

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/evenstrood

 

 

Blablacar, le covoiturage tué par la finance et l’appât du gain

Mise à jour du 25/06/2014 : Merci à vous, lecteurs et partageurs !

 

 


Je tenais à vous remercier toutes celles et tous ceux qui ont lu cet article et vous qui ne l'avez pas encore lu, sans malheureusement pouvoir y répondre dû à la fermeture aux commentaires des non abonnés de la plateforme blog Médiapart. Je tiens également à mettre en avant d'autres ressources, que vous trouverez en bas de cet article pour ettofer mon constat, je ne suis (et nous ne sommes) plus seul(s)...La révolution du covoiturage est en marche, je vous laisse consulter l'article ci-dessous :

Il y a des jours où les coups de gueule remontent plus que d’autres. Aujourd’hui, fais partie de ces journées où l’on souhaite s’exprimer et montrer au plus grand nombre le mensonge et la calomnie proposée par certains services.

Aujourd’hui, mon dévolu se tourne vers le site Blablacar, le site N°1 du covoiturage en France qui a réussi en l’espace de 5 ans à créer un esprit communautaire et humaniste autour du covoiturage et à le détruire, récit d’un inscrit de la première heure qui vomit ce qu’est devenue la dernière.

logo covoiturage


Le covoiturage, c’est quoi ?

Si l’on souhaite réaliser une définition la plus succincte et fausse possible, nous pourrions dire que le covoiturage, c’est le fait d’effectuer un voyage en voiture entre plusieurs personnes se connaissant, ou pas dans le but de partager les coûts de carburant. Cette définition pourrait s’avérer juste dans un dictionnaire, mais en réalité, il s’agit avant tout d’un état d’esprit, alliant à la fois un volet économique (réduction du coût du voyage), à un volet écologique (ne pas prendre de multiples voitures pour un seul et même voyage) à un volet social (échange et liens entre les personnes). Un état d’esprit qui, lors du lancement du site covoiturage.fr, prenait tout son sens.


Covoiturage.fr en gratuit, déjà de l’histoire ancienne

Pionnier et libérateur de l’économie collaborative sur Internet, le site covoiturage.fr est la résultante de plusieurs facteurs économiques et sociologiques qui ont permis l’émergence, dans les années 2007-2008 d’un état d’esprit covoitureur.

À l’époque, la crise économique faisait rage et avec elle, le prix du baril de pétrole a fait exploser le litre de carburant, passant en quelques mois un litre de gazole de 0,95€ à 1,30€ soit une augmentation de 35%.

 

Covoiturage.fr, c’était l’idée de mettre en relation des personnes allant d’un point A à un point B, en permettant aux conducteurs de récupérer au passage des personnes faisant le même trajet qu’eux, cela le plus simplement du monde en ayant accès les uns et les autres à nos coordonnées respectives.
En 2008, et après plusieurs dizaines de covoiturages sur le site, j’étais heureux de contribuer à ce qui semblait être un pied-de-nez à la société de surconsommation, un pied-de-nez au «tout profit», mais hélas, la finance a eu raison de Covoiturage.fr.


premier logo du site covoiturage.fr

Logo du site Covoiturage.fr, en 2004 avant la reprise par les dirigeants actuels en 2008. Source : archive.org


Passage au mode payant de Blablacar, le début de la fin pour le covoiturage

La douceur, c’est le maître mot du passage du site en mode payant. Région par région, mois après mois, le site communautaire à la limite de l’esprit hippie s’est vu cadenassé par des développements de fonctionnalités toutes plus sécuritaires les unes que les autres et la tenue de discours de peur digne des partis extrémistes pour forcer le passage à son mode payant.

Côté chiffres, il n’y a rien à dire, en opérant ce virage à 360°, le site a vu exploser son nombre d’inscrits et par là même son chiffre d’affaires. Mais en gagnant des inscrits, le site et son équipe en ont perdu les fondements du covoiturage, basé sur la confiance d’autrui et le partage.

Vous allez me dire, mais il faut bien vivre, l’argent ne pousse pas dans les arbres ?

Vous aurez bien raison, sauf qu’avec plusieurs millions d’utilisateurs d’autres moyens sont possibles pour la monétisation d’un modèle comme Covoiturage.fr, sans pour autant passer par une taxation systématique du voyage (j’en parle plus bas dans cet article).
Le covoiturage n’est plus social, il est purement économique

Il est bien terminé le temps où les personnes prenaient le covoiturage comme moyen numéro un et non pas comme option par défaut pour voyager.
Aujourd’hui plus que jamais, le volet social a volé en éclat, laissant place à des dérives de la part des conducteurs et des passagers qui font état que le covoiturage n’est plus ce qu’il était.

Conducteur ou taxi ? Certains n’hésitent plus à prendre jusqu’à 8 personnes dans des véhicules du types Transporter et effectuer dans les cas extrêmes plusieurs voyages dans une même journée.

De façon plus courante, nous pouvons voir que certains conducteurs arguent sans broncher l’argument du « c’est toujours moins cher que la SNCF, si tu n’es pas content du prix, tu n'as qu’à prendre le train », laissant le partage pur du péage/carburant aux oubliettes.

Côté passager, ce n’est pas toujours mieux, certains s’autorisant des voyages totalement aspirés par leur walkman (si, ce terme existe encore) qui, dès l’entrée dans la voiture affirment avoir leur place, comme dans un train, pourtant, ce n’est pas ça le covoiturage…

Mais pourquoi un tel revirement dans les mentalités ? Comme pour l’ensemble des nouveaux concepts, la faute revient au créateur et à ce niveau, Blablacar a fait fort en instaurant ce climat nauséeux.

 

Le site fait de la répression et ose instaurer des termes comme « sécurisé »

Le site a évolué ces dernières semaines, Blablacar à (enfin) mis à jour son site internet et ajouté des fonctionnalités qui auraient dû être native.
Avant cela, pendant les deux années passées à développer leur système payant, les développeurs du site n’ont eu cesse d’ajouter des fonctionnalités pour lutter contre une chose infâme… L’envoi de numéro de téléphone.

Force est de constater que les développements ont porté leurs fruits puisqu’il est aujourd’hui impossible d’envoyer un numéro de téléphone, que cela soit par voix numérique ou lettrée et quand bien même il s’agisse d’une langue étrangère (technique utilisée à l’époque qui fonctionnait bien). Pires, les messages sont aujourd’hui modérés lorsqu’ils contiennent un doute selon les robots de soumission, un véritable flicage qui n’a rien de sécurisant, mais une répression pour ne pas passer dans les mailles du filet.

Mais le site ne s’arrête pas là dans sa transformation et dans sa radicalisation, il met en avant une sémantique toute particulière, assurant que le mode payant va nous "sécuriser" pour les personnes qui avaient peur que Robert C (45 ans), ne soit un violeur en série ou encore que Mohamed R (22 ans), ne soit qu'un cambrioleur hors pair.
Afin de faire accepter son système payant, le site affirme que le paiement en ligne est donc le moyen préféré des conducteurs et des passagers. Ici, plutôt que de s'efforcer de nourrir une bonne foi réelle dans le covoitureur, Blablacar préfère aller dans le sens de la minorité qui avait une "peur" réelle du covoiturage en la validant par son discours sur le site internet.

Mais comment peut-on croire à un tel discours ?

Si vous avez cru ce que vous avez lu, je reste pour ma part persuadé du contraire. Le paiement en ligne et le code sécurisé ne satisfont, à mon sens, ni les passagers qui payent plus cher, ni les conducteurs qui sont payés à retardement. Voici quelques arguments dont vous pourrez vous servir lors de vos prochaines conversations en plein débat covoiturage, "c'était mieux avant ou maintenant ?".

  • Conducteur, j’avais pour habitude de recevoir un billet à la fin du trajet, je reçois maintenant un virement directement sur mon compte en banque...Je reçois près de 1500€ sur mon compte par an, quid de la déclaration d’impôt en fin d’année, est-ce du revenu ?
  • Conducteur, je paye mon plein et mes péages le jour du trajet, je me retrouve maintenant à devoir attendre 48h à 72h avant de percevoir mon argent, tout en étant obligé de me connecter pour activer les codes que j’ai reçus.
  • Conducteur, j’avais pris l’habitude dans un souci d’équité de réviser le tarif du trajet (en partant d’un montant maximum) au fur et à mesure des covoitureurs validés… Aujourd’hui, le prix fixe des réservations en ligne m’empêche toute flexibilité.
  • Passager, j’avais pour habitude de réaliser un trajet entre Nantes et Paris de X €, me voici aujourd’hui avec un trajet qui me coûte 3€ de plus, sans parler du prix de marché instauré par covoiturage.fr avec la mise en ligne d’un code couleur litigieux.
  • Passager, je pouvais contacter le conducteur très rapidement par téléphone pour toutes questions un peu sensibles. Aujourd’hui, si je dois partir en dernière minute et que la description du covoiturage n’est pas très précise, je vois prendre le risque d’effectuer ma réservation et de l’annuler si le conducteur ne peut pas faire un écart de quelques kilomètres ou autres (dans les 24 dernières heures avant le départ sera retenu 50% du montant du trajet que vous avez payé).

Cela suffit-il de vous convaincre que la mise en place du système payant n’est qu’une manne financière pour le site internet, n’apportant absolument rien en termes de services, sécurité ou autre ?

En instaurant ce discours et ce climat au sein de Blablacar, l'équipe a certes élargi son champ d'inscrits, mais considérablement détruit l'esprit du covoiturage, mettant en avant des notions sécuritaires, monétaires, en oubliant le reste. Mais au final, que payons-nous ? La réponse est simple, des numéros de téléphone, qui nous coûte cher...

 

covoiturage et l'argent

La réalité sur le modèle de Covoiturage.fr, un site détenu par des gros bonnets

Si vous trouviez mon discours déjà sec à l’encontre du site Blablacar, ne vous invite à vous asseoir pour lire ce qui va suivre. Pavanant d’événements en événements, le PDG de Covoiturage.fr, Frédéric Mazzella, est représenté partout comme une icône de l’économie collaborative. De plus, ses équipes de communication toujours plus efficace nous assurent que Blablacar est un véritable havre humaniste, trainant dans les festivals où il fait bon vivre et où il fait bon refaire le monde à cracher sur ces géants de la finance qui pourrisse l’économie réelle.

 

Pourtant, et n’en déplaise aux adorateurs de Blablacar comme j’ai pu l’être, le site n’est aujourd’hui plus qu’une «cash machine» détenue par des financiers, et le covoiturage n’est plus qu’une vitrine pour vous enfoncer toujours plus là où ça fait mal, votre porte-monnaie.

 

Blablacar à la botte d’un fonds d’investissement

Le fonds d’investissements ISAI, dédié au marché de l’innovation sur Internet, s’est emparé de la success-story Blablacar pour entrer en tant qu’actionnaire majoritaire. Avec une levée de fond revendiquée de 1,25 million d’euros (voir sur leur site http://www.isai.fr/portefeuille/liste_des_participations.html), il apparait clairement que les cartes ne sont désormais plus entre les mains des concepteurs qui ont laissé filer l’esprit du covoiturage dans les méandres des millions d’euros.
Pire encore, le CA de la société voit s’asseoir à sa table des experts en entreprises, mais surtout des financiers, à l’image de Didier Kuhn, ex-PDG de Screentonic racheté par Microsoft et Pierre Kosciusko-Morizet (PDG de Priceminister). Il est mort le temps utopique où nous croyons tous, nous la génération Covoiturage.fr de la première heure, qu’il était né ici un site communautaire qui ne pensait pas à son propre profit.

Mais me direz-vous, est-ce si grave d’être subventionné par un fonds d’investissement, au fond, il m’apporte un service ?

Je vous rassure, il n’y a rien de grave à se voir aidé financièrement par des business angels, en revanche, qui dit investissements dits retour sur investissements, et rassurez-vous, Blablacar est prêt à tout pour vous faire payer plus !

 

EXCLUSIF : Blablacar propose des frais évolutifs très bien cachés !

C'est lors de mon dernier covoiturage entre la Haute-Savoie et Paris que j'ai appris la meilleure. Je demande à l’ensemble de la voiture quel a été leur prix d’achat et là, stupeur, ils n’ont pas tous payé la même chose !
Je redemande et après avoir vu leurs mails de transactions, j’avais bien entendu, la première à avoir réservée a payé 33€, là où les deux autres ont payé 34,50€ (pour un trajet de 30€). Quoi ? Blablacar, en plus de se servir sur les passagers décide de se sucrer encore plus suivant le fait que vous soyez le premier à réserver ou non ?

Après quelques jours, je me lance dans l'épluchage du site internet et me voici que les CGV de Blablacar. Horreur ! C'est bien marqué, suivant la date de votre réservation (de 72h avant le départ à 24h), vos frais seront majorés, et pas qu'un peu.

Voici un exemple de tarif pour un trajet entre Nantes et Paris. Imaginons que je sois conducteur, je décide de mettre 25€.
Le trajet est pour le 1er Juillet, une première personne réserve aujourd'hui. Il paiera 25€x7,92% + 0,66€ (fixe) soit 27,64€ (10,5% de frais), pas mal mais peut mieux faire.

Un autre prend mon trajet le 29 juin, après tout, le covoiturage, c'est un peu ça la liberté de partir 48h plus tard, il va donc payer plus, logique ? Il paiera 25€x11,88% + 1,07€ (fixe) soit 29,04€ (16% de frais), ça commence à te faire mal là ?

Finalement, une demoiselle perdue décide de prendre le covoiturage dans les dernières 24h, ce qui finalement ne change rien à mon programme, j'ai bien stipulé un départ et une arrivée à une heure précise...Et bien malheureusement pour elle, elle paiera 25€x12,48% + 1,19€ (17,2% de frais)...

Sur le dos des conducteurs, et sur celui des passagers, Blablacar impute des frais différents sans aucunes raisons autres que celles de ramasser des sous, toujours plus de sous. Je vous rassure, des 7 points de plus gratté par Blablacar, le conducteur n'en voit bien évidemment pas la couleur.
Que pensez aujourd'hui de ce site qui a mis en avant des idéaux collaboratifs, mais qui en réalité, nous considère comme de simple numéros de carte bancaire ?

Pourtant, d'autres méthodes pourraient exister dans le monde du covoiturage, en voici une pour que m'a fatalité et celle de milliers de covoitureurs se transforme en espoir...

 

Des solutions existent pour sauver le covoiturage avec un vrai modèle économique

Mais alors devant un tel constat, que faire pour amorcer la révolte ? Honnêtement, avec 95% de part de marché et 7 millions d’utilisateurs, il va être compliqué d’inverser la tendance aujourd’hui, néanmoins à l’image d’Internet, tout peut aller très vite, rappelons-nous la chute de Radioblog, suivi par la montée de Deezer, Spotify, puis leur désertion pour finalement recapter de l’audience.

Internet est un média incontrôlable qui n’a de pouvoir que ses utilisateurs, si demain un concurrent crédible aux yeux des utilisateurs sort, Blablacar pourrait bien perdre la tête en quelques semaines…

Pour ce qui est de la concurrence, entre sites dépassés pour les quelques gratuits comme Covoiturage-Libre et sites toujours payant pour 123envoiture ou le futur Dreever, il n'existe pas encore de modèle rêvé, c'est donc à nous tous de l'inventer, et si il était réalisé par les membres, pour les membres ?

 

Jaimelecovoiturage.rêve, un site à l’adhésion pour unifier les covoitureurs

Il n’existe pas, mais il pourrait séduire les foules, Jaimelecovoiturage.rêve, c’est le constat qu’aujourd’hui, il doit exister un modèle économique pour qu’une équipe puisse tenir un site internet de l’ampleur de Blablacar.fr, mais pour cela, nul besoin de faire payer 15% par trajet.

L’adhésion est aujourd’hui une méthode équitable qui permettrait à chacun d’accéder à une plateforme de covoiturage ouverte tout en étant contrôlée. Pour une somme symbolique à l’année, c’est la possibilité d’offrir un renouveau pour le covoiturage, alliant esprit social, intérêt économique et réalité écologique pour un changement sociétal profond.

Le covoiturage, c’est plus qu’un simple voyage, c’est la confiance dans l’autre, le vivre ensemble, c’est tout cela que j’ai pu avoir lors de mes nombreux covoiturages et qui aujourd’hui, n’existe plus.

Imaginez-vous 7 millions d’inscrits pour 2€/an, cela fait 14 millions d’euros de budget annuel pour tenir un site de covoiturage, n’est-ce pas assez ? Et pour les passagers, c’est rentabilisé en un voyage seulement…
En espérant que ce billet fera réagir, dans le bon sens, ce qui est en train de devenir une nouvelle branche du «cool business». Pour ceux qui douteraient de ma légitimité à intervenir sur un tel sujet, voici mon profil Blablacar.fr.

Si vous souhaitez me suivre ou en savoir plus sur qui je suis, vous le pouvez, via mes réseaux ci-dessous :

Allez plus loin sur le sujet Blablacar et sur les mécontents de la première heure

Si je me suis dit qu'il fallait bien que quelqu'un en parle aujourd'hui au vu de l'éloge fait aux sites de covoiturage avec la grève de la SNCF, d'autres l'ont déjà fait avant moi et ce n'est qu'une petite partie de l'iceberg. Si les community manager de Blablacar veulent faire croire que seul les mécontents prennent la parole, ils se trompent et asserons ici leur cercueil. 

  • Martin Denoun et Geoffroy Valadon parle du partage et de la propriété dans Lemonde Diplomatique ici.
  • En 201, Pierre Eve, un utilisateur du site LePlus du NouvelObservateur faisait également le constat amère de l'utilisation de Blablacar, à lire ici.
  • Sur le site de l'UFC Que Choisir, on se plaint également de la fausse communication du 100% remboursé en cas d'annulation. Certes, le conducteur ne perçoit rien si l'annuation est faites 24h ou moins avant le trajet, mais les frais pour Blablacar restent les mêmes, voir ici sur le forum de l'UFC.

Article rédigé par Nicolas Robineau.

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/evenstrood

 

 


 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 21:29

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Menace sur les services publics

Tisa, ces négociations commerciales secrètes qui visent à accélérer privatisations et dérégulations

par Agnès Rousseaux 25 juin 2014

 

 

 

 

 

C’est un accord commercial dont personne ne parle, négocié dans l’opacité la plus totale. 50 pays, parmi les plus fervents défenseurs de la libéralisation, discutent en ce moment de l’ouverture du « marché des services » à la concurrence internationale. Éducation, santé, transports, télécommunications, services financiers... Tout est sur la table des négociations. Sans que les citoyens ou parlementaires aient leur mot à dire. Les négociateurs – soumis à la forte pression des lobbys – sont cette semaine à Genève pour le 7ème round de ces pourparlers internationaux, qui pourraient gravement menacer les services publics et les tentatives de régulation du secteur financier. Enquête.

Ce pourrait être la fin des services publics, de l’eau, de l’éducation ou de la santé, la fin de toute volonté de réguler les marchés financiers ou de protéger les données des citoyens. Bref, une entrave encore jamais vue à l’exercice de la démocratie et au fonctionnement des politiques publiques. L’Accord sur le commerce des services (ACS) ou Trade in Services Agreement (TISA) est actuellement en cours de négociation entre une cinquantaine de pays [1], dont ceux de l’Union européenne. Il a été lancé par les États-Unis et proposé à des pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), baptisé le groupe des « Vrais bons amis (des services) » (Really Good Friends).

« Apaiser la frustration des entreprises »

Ces négociations se déroulent hors du cadre de l’OMC, avec les pays les plus partisans de la libéralisation des services, contrariés par l’impasse des négociations de Doha lancées en 2001 [2]. Ces pays représentent plus de deux tiers du commerce mondial des services. De nombreux domaines sont concernés : éducation, transports, poste et télécommunications, services de comptabilité et d’audit, ingénierie et logistique, santé, assurance, nouvelles technologies et transfert de données, recherche, banque et services financiers... Objectif : ouvrir encore davantage les services à la concurrence internationale et empêcher toute intervention publique.

« Ces négociations sont l’opportunité la plus prometteuse en deux décennies pour promouvoir le commerce des services à l’échelle internationale », s’enthousiasme le lobby de l’industrie des services aux États-Unis. La Coalition internationale des industries de service (GSC), dont fait partie le Medef, est encore plus explicite : cet accord a été conçu « pour apaiser la frustration des entreprises, en raison de l’impasse du Cycle de Doha en matière de services », écrit-elle [3].

Interdire toute intervention des États

« Il s’agit d’une tentative de secrètement étendre les aspects les plus néfastes de l’infâme accord AGCS qui a suscité dans le passé des protestations mondiales », répond Rosa Pavanelli, secrétaire générale de l’Internationale des services publics (ISP). Selon cette organisation, qui fédère les syndicats du secteur et représente 20 millions de travailleurs, l’ACS limiterait la capacité des gouvernements à légiférer dans certains domaines, comme la sécurité des travailleurs, l’environnement ou la protection des consommateurs. « L’ACS s’inscrit dans cette nouvelle vague inquiétante d’accords commerciaux et d’investissement, reposant sur des pouvoirs juridiquement contraignants qui institutionnalisent les droits des investisseurs et interdisent toute intervention des États dans un large éventail de secteurs indirectement liés au commerce », décrit l’organisation internationale dans un rapport détaillé.

Plusieurs aspects de l’accord sont vivement critiqués par les organisations syndicales et non-gouvernementales. En premier lieu, tout secteur qui n’est pas explicitement exclu, protégé par chaque pays, pourrait être concerné par l’accord. Avec tous les dangers que cela comporte. Ces accords ouvriraient notamment la porte à un afflux d’entreprises privées dans le secteur éducatif européen, alerte la fédération internationale des syndicats d’enseignants. Une clause de statu quo viendrait figer les niveaux actuels de libéralisation des services dans chaque pays, rendant impossible toute remunicipalisation des services de l’eau par exemple, ou compliquant la création ou le rétablissement de monopoles publics dans des domaines actuellement ouverts à la concurrence [4]. Autre principe : la « clause à effet de cliquet » (sic), qui viendrait figer toute future libéralisation d’un service donné. Une partie de l’assurance chômage est privatisée, comme au Royaume-Uni ? La retraite est démantelée au profit de fonds de pension ? Impossible de revenir en arrière ! Une atteinte aux libertés démocratiques fondamentales, dénonce la fédération syndicale internationale, qui voit dans ce futur accord un moyen de « rendre pérenne et irréversible un système de privatisations pour toutes les générations à venir ». Des gouvernements complètement liés par les décisions de leurs prédécesseurs : voilà qui porterait gravement atteinte au fonctionnement des démocraties !

Verrouiller les privatisations

Autre problème : l’accord pourrait imposer aux autorités publiques une « obligation de neutralité économique » entre prestataires de services publics et privés, dénonce l’ISP. En clair, tout soutien financier apporté aux services publics devrait être ouvert au secteur privé. « Si dans un domaine, des services privés existent à côté des services publics (par exemple hôpitaux, écoles), les deux auraient droit aux mêmes subventions, au nom de la "concurrence libre et non faussée", explique le collectif Stop-Tisa. Ainsi, par exemple, une université américaine pourrait s’établir en Suisse demandant un financement à la hauteur des universités publiques, aux frais du contribuable. » Un État qui subventionne la construction d’un hôpital public devra-t-il bientôt financer également une clinique privée dans les environs ? Autant de critiques reprises dans un document de la Commission européenne, qui fait la synthèse d’une consultation sur le sujet auprès des « décideurs et ONG ».

Les négociations ont débuté en février 2012 et devraient se terminer en 2015. Les négociateurs des pays concernés se réunissent régulièrement à Genève, sous la conduite des États-Unis et de l’Australie [5]. En juin 2013, un communiqué lapidaire annonce que « les membres de l’OMC explorant de nouvelles approches visant à faire progresser la libéralisation du commerce des services sont satisfaits des progrès des discussions sur un accord sur le commerce des services (Tisa) ». Ils invitent les autres pays membres de l’OMC qui partagent ces objectifs à les rejoindre. La Chine, soutenue par la Commission européenne, a demandé à participer aux négociations. Ses divergences avec les États-Unis sur d’autres accords commerciaux ne lui ont pas permis d’être admise pour le moment à la table des discussions.

Des négociations très secrètes

En novembre 2013, les participants ont estimé que l’accord était suffisamment « mûr » et ont lancé l’étape « d’échange d’offres initiales » : chaque pays doit préciser les secteurs qu’il souhaite inclure dans l’accord, et les modalités qu’il propose concernant « l’ouverture » à la concurrence internationale de ces secteurs, selon un cadre pré-déterminé par l’accord. Début 2014, la plupart des pays ont échangé ces propositions, qui sont la base des discussions en cours. Certains comme la Suisse ou la Norvège les ont rendues publiques [6], d’autres pays semblent peu enclins à les diffuser auprès de leurs citoyens.

On ne sait pas grand chose non plus du contenu des négociations et des termes de l’accord général. Elles « se déroulent dans le plus grand secret au mépris des droits démocratiques », souligne Rosa Pavanelli. En février 2013, la Commission européenne a demandé au Conseil, représentant les États membres, de donner son feu vert aux discussions. L’ouverture des négociations a ensuite été validée par le Parlement européen en juillet 2013, par 526 voix pour et 111 contre [7], avec pour la France, les voix du PS et de l’UMP. Front de gauche et écologistes ont voté contre. Dans sa résolution, le Parlement regrette cependant que le Conseil ait accordé un mandat sans prendre en compte l’avis des eurodéputés. Et observe « que le mandat de négociation de l’Union européenne a été proposé par la Commission et adopté par le Conseil sans aucune analyse d’impact ». Ce qui n’a pas empêché une large majorité de députés de voter... Quand les intérêts économiques sont en jeu, la démocratie devient visiblement facultative !

Les lobbies industriels consultés, pas les citoyens

Wikileaks vient de briser un peu de l’opacité qui règne sur ces négociations, en divulguant l’annexe de l’accord concernant les services financiers. D’après ce document, principalement rédigé par les États-Unis et l’Europe, les propositions sont classées confidentielles pendant « cinq années à dater de l’entrée en vigueur de l’ACS ou, si aucun accord n’est trouvé, cinq années après la clôture des négociations ». Le document précise que la divulgation n’est pas autorisée et que le texte doit être « conservé dans un bâtiment, une pièce ou un contenant verrouillé ou sécurisé » (document à lire ici).

Visiblement, les lobbys de l’industrie des services ont davantage accès aux informations que les citoyens et leurs représentants : la Global Services Coalition a envoyé des délégués à Genève lors du round de négociation d’avril 2014. Et se félicite dans un communiqué d’avoir pu y affirmer son soutien sans faille au processus et d’avoir partagé sa vision avec les négociateurs.

Un accord si « palpitant » pour les entreprises

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les multinationales des pays concernés sont très motivées par cette perspective d’accord. « Les retombées de TISA pourraient être énormes » pour les entreprises du secteur des services, explique la Chambre de Commerce des États-Unis. Elle estime que ces négociations présentent « une opportunité unique dans une génération pour abattre les obstacles au commerce international ». « Ce palpitant nouvel accord a le potentiel pour enflammer la croissance économique et la création d’emplois aux États-Unis et à l’étranger », écrit la Chambre de Commerce. Rien que ça ! Un accord tellement « palpitant » qu’il pourrait doubler les exportations de services des États-Unis – soit un gain de 860 milliards de dollars et trois millions d’emplois [8]. Mais cela, c’est la théorie. On attend toujours les centaines de milliers d’emplois que devait permettre l’ouverture à la concurrence de plusieurs secteurs au sein de l’Union européenne !

Que demandent les entreprises et leurs représentants ? Les pays qui signeront l’accord devront d’abord modifier ou éliminer les régulations considérées comme des barrières commerciales. « Si nous reconnaissons la nécessité de certains régulations (pour la sécurité nationale, la protection des données,...), il devrait y avoir des paramètres et des limites à leur application », écrit le lobby américain des industries de service. Sa bête noire : la distorsion de concurrence entre secteur privé et public. « La concurrence déloyale de la part d’entreprises subventionnées ou soutenues par les États, ou d’entreprises publiques ou contrôlées par les États, devient un obstacle de plus en plus important à la fourniture de service par des entreprises états-uniennes sur de nombreux marchés ». Il s’agit de protéger le secteur privé « contre les comportements anticoncurrentiels des entreprises publiques », plaide également la Chambre de Commerce états-unienne. L’accès aux droits, lui, attendra.

Le lobby états-unien du secteur souhaite abolir toute préférence nationale, obligation de localisation ou quotas d’employés locaux. Et libéraliser davantage le secteur des médias et du divertissement. « Aucun pays ne devrait être autorisé à (...) introduire de nouvelles restrictions ou des exceptions, qui dérogent ou affaiblissent les engagements existants de l’AGCS », suggère-t-il aussi [9]. Les représentants des entreprises demandent que l’accord inclue un mécanisme de règlements des différends. C’est-à-dire l’instauration de tribunaux d’arbitrage privés, pour régler les litiges, dans le cadre d’une juridiction extra-nationale, où les intérêts privés font loi [10]. La Suisse a rédigé une proposition en ce sens lors du dernier round des négociations.

Les régulations financières gelées

L’accord concerne aussi les services financiers. Et pourrait avoir d’importantes conséquences sur ce secteur. Malgré la crise bancaire, « les promoteurs de TISA cherchent à déréglementer davantage les marchés mondiaux de services financiers », analyse Wikileaks. L’annexe sur les services financiers, jusqu’ici restée secrète, « est une proposition que seuls les banksters peuvent aimer », dénonce l’avocate Lori Wallach, de l’ONG états-unienne Public Citizen : le principe de statu quo, cité dans cette annexe, empêcherait par exemple de mettre en place de nouvelles réglementations financières, jugées nécessaires par les gouvernements, au motif que cela constituerait des restrictions pour les entreprises concernées. Résultat : l’accord gèlera les régulations financières à leur niveau actuel, qui demeure nettement insuffisant pour prévenir de nouvelles crises bancaires, estime l’avocate. De quoi accroître le risque d’instabilité financière pour les années à venir.

Cette annexe montre également la ferme volonté des États-Unis d’obtenir la libéralisation des flux de données. C’est-à-dire de permettre l’échange sans entrave entre pays des données personnelles et financières. Une menace pour les libertés fondamentales, car certains pays participants à ces négociations sont beaucoup moins exigents que l’Europe concernant la protection des données. Le lobby international des services souhaite d’ailleurs une disposition qui oblige les autorités publiques à justifier toutes les mesures qui viendraient restreindre les transferts de données entre pays [11].

Un accord étendu à toute la planète ?

« Ce qui est terriblement inquiétant, c’est que l’ACS est négocié en dehors du cadre commercial multilatéral par les pays les plus favorables à la libéralisation, qui ne cachent pas leur volonté d’entraîner le reste du monde dans cet accord, une fois ce dernier finalisé », explique Rosa Pavanelli. Les négociateurs cherchent à rendre cet accord compatible avec le cadre de l’OMC. Ou dans le langage de la Commission européenne : « Veiller à ce que la structure de l’accord permette une future multilatéralisation. » Une manière de permettre aux 50 pays signataires de faire ensuite pression sur les autres membres de l’OMC pour qu’ils acceptent ces règles [12]. De quoi affaiblir la position des BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – pour l’instant exclus de ces négociations, ou des pays d’Afrique, complètement ignorés.

Un comité Stop TISA ! s’est structuré et une pétition a été lancée (voir ici). Une lettre signée par 340 organisations non-gouvernementales exprimant leur opposition aux négociations a été envoyée aux ministres du Commerce, en 2013. Vu les enjeux démocratiques, économiques et politiques, ainsi que l’opacité de ces négociations, la mobilisation pourrait prendre de l’ampleur dans les mois à venir.

Agnès Rousseaux

@AgnesRousseaux

Photo : CC Ludovic Bertron

Pour aller plus loin :

- Le rapport de l’Internationale des Services publics (avril 2014)
- Le site du Collectif Stop-Tisa
- La lettre envoyée par 340 organisations aux ministres du Commerce (septembre 2013).
- Le kit de campagne de l’Internationale des Services publics
- L’annexe concernant les services financiers, révélée par Wikileaks, et son analyse par Jane Kelsey, professeur à l’Université de droit d’Auckland, Nouvelle-Zélande (juin 2014).

- Le Mémo de la Commission européenne sur le sujet (février 2013).
- Le texte de la résolution votée par le Parlement européen le 26 juin 2013, et la proposition alternative déposée par des eurodéputés du groupe Verts/ALE.
- La synthèse de la Consultation lancée par la Commission européenne auprès des « décideurs et ONG ».

- Les positions de Coalition of Service Industries (lobby états-unien)
- Les positions de European Services Forum, la voix des industries de service européennes
- Les positions de la Chambre de Commerce des États-Unis.
- La lettre de la Global Services Coalition, coalition internationale des industries de service, au Commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht.

- Le suivi des négociations en Australie
- Le suivi des négociations en Suisse.
- Le suivi des négociations en Norvège.
- Le suivi des négociations (offre initiale) de l’Islande.

- A lire aussi, notre enquête sur Tafta, un autre accord commercial en cours de négociation : Accord Europe - États-Unis : que nous réserve la plus grande zone de libre-échange du monde ?

 

Notes

[1Australie, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, États-Unis, Hong Kong, Islande, Israël, Japon, Liechtenstein, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Suisse, Taïwan, Turquie, plus les 28 pays de l’Union Européenne.

[2« Le TISA est négocié en dehors du cadre de l’OMC sur la base de l’art. V de l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) : Sur la base de l’art. V de l’AGCS, différents pays peuvent sous certaines conditions étendre la libéralisation du commerce des services entre eux au-delà de ce qui est le cas à l’OMC, sans que cette libéralisation préférentielle soit soumise à la clause de la nation la plus favorisée (NPF) de l’AGCS ». Source : Secrétariat d’État à l’Économie suisse.

[3Courrier au Commissaire européen au Commerce, 10 septembre 2013.

[4« It was agreed that commitments on national treatment would in principle be applied on a horizontal basis to all services sectors and modes of supply, i.e. the understanding on national treatment would be closer to the GATT model. Exemptions to this horizontal application would have to be listed in the countries’ national schedule of commitments. Participants in the negotiations might also agree that commitments would in principle reflect actual practice (the "standstill clause") and that future elimination of discriminatory measures would be automatically locked in (the so-called "ratchet clause") unless an exemption were listed. » Mémo de la Commission européenne, Negotiations for a Plurilateral Agreement on Trade in services, 15 février 2013, à lire ici.

[5Voir la chronologie des négociations sur les sites des ministères suisse et australien.

[6Voir l’offre de la Suisse, publiée sur le site du ministère de l’Économie (SECO), celle de la Norvège et de l’Islande.

[7Voir le texte voté et le détail des votes. Le Conseil avait donné mandat à la Commission européenne en mars 2013 pour négocier au nom de l’Union européenne.

[8« Eliminating barriers to trade in services could boost U.S. services exports by as much as $860 billion—up from 2012’s record $632 billion—to as much as $1.4 trillion, according to the Peterson Institute. Such a dramatic increase could create as many as three million American jobs. » Source : Communiqué de la Chambre de Commerce des Etats-Unis.

[9Source.

[10Voir à ce sujet notre article sur les négociations de l’Accord commercial transatlantique Tafta / TTIP.

[11« However, the agreement should include a commitment that when an act, policy or practice of a relevant authority seeks to restrain cross-border data transfers or processing, that authority must demonstrate that the restriction is not an unnecessary restraint of trade or investment in light of alternative means by which to achieve the objective of protecting the identity of the customer, security of the data or the performance of prudential oversight. », Commentaires de la Coalition of Service Industries (CSI) suite à la requête de l’Office of the United States Trade Representative’s (USTR) sur l’accord TISA, 26 février 2013. A lire ici.

[12Notamment les 129 pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui ont pris des engagements au titre de l’accord général sur le commerce des services (AGCS).


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Source : www.bastamag.net

 

 

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