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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:42

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

De Tchernobyl à Fukushima, le même mensonge officiel sur la radioactivité

 

11 mars 2017 / Yves Lenoir

 

 

 

Rien ne semble avoir changé de Tchernobyl à Fukushima : les instances scientifiques officielles minorent l’effet de la radioactivité dégagée par les catastrophes nucléaires.

 

Robotique, objets connectés, bio et nanotechnologies, chimie de synthèse... les nouvelles technologies déferlent sur nos vies, multipliant les objets marchands, les besoins en énergie et en matières premières, accélérant la destruction des milieux naturels, stimulant les guerres. Parce que l’innovation est le principal moteur de cette croissance qui dévore la planète, Reporterre publie une série de tribunes visant à démythifier le progrès et faire de la recherche scientifique un terrain de controverse et de luttes.

 

Yves Lenoir est président d’Enfants de Tchernobyl Belarus et auteur de La Comédie atomique, La Découverte, 2016.

Le traitement de la crise de Fukushima a tout d’un remake perfectionné de celui de la catastrophe de Tchernobyl. Bien à l’abri, au sein du complexe de pouvoir onusien, de toute contestation savante et/ou sociale , les institutions internationales qui se sont arrogées le monopole du discours sur les effets des rayonnements et sur les questions de radioprotection – UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation) et la CIPR (Commission internationale de protection radiologique), affiliée à l’OMS (Organiation mondiale de la santé) en 1955 – ont joué et jouent un rôle de premier plan dans le déni de la plupart des conséquences sanitaires de ces deux accidents majeurs.

En 2006, un rapport officiel sur Tchernobyl mentionnait que seulement 191 167 liquidateurs ukrainiens, sur les 352.939 dénombrés en 1996, étaient encore en vie [1]. Toujours en 2006, les académiciens Yablokov et Nesterenko publiaient une compilation de plus de 1.100 articles scientifiques sur les effets de la catastrophe [2]. On y apprenait que 45 ans est l’âge moyen de décès de nombre de liquidateurs. Un bilan de bataille atomique : le réacteur en feu avait craché autant de radioactivité [3] qu’une à cinq explosions atomiques… par heure… durant dix jours.

 

Alexei V. Yablokov a été de ceux qui ont fait comprendre l’effet à long terme de la catastrophe de Tchernobyl

Pourtant, en septembre 2005, le Chernobyl Forum, une instance créée au sein de l’ONU en 2002, et dirigée par des experts de l’UNSCEAR, de la CIPR et de l’AIEA, a décrété le « bilan définitif » de la catastrophe [4] : 50 morts en tout, liquidateurs et populations exposées. Un miracle ! L’atome pacifique déchaîné tue moins qu’une demi-journée de circulation routière en Russie… Miraculeux !

L’UNSCEAR a ensuite soumis à l’assemblée générale de l’ONU son rapport général, défense et illustration du rapport du Chernobyl Forum : adopté à l’unanimité ! Le miracle devient article de foi : tous les pays représentés à l’ONU l’ont reconnu. Pas de miracle sans croyants. Mais toute religion a aussi ses apostats, agnostiques et athées, qui ne méritent qu’anathèmes et renvois à la doctrine. Ainsi, en avril 2010, au fil d’une cinglante réfutation, le secrétaire scientifique du Chernobyl Forum, Mikhaïl Balonov, chantre de l’innocuité de l’atome pacifique, a opposé à Yablokov et Nesterenko « la Bible de la médecine des radiations » [5], à savoir la liste des références scientifiques et des rapports validés par l’UNSCEAR.

Précisons que courant 1986, Balonov avait fait venir un collègue avec sa femme enceinte travailler et habiter dans une région très contaminée de Russie, afin d’en rassurer la population [6] ; cet exploit avait ouvert à l’obscur chercheur de l’Institut d’hygiène des radiations de Leningrad – redevenue Saint-Pétersbourg en 1991 – la voie vers d’éminentes responsabilités à l’UNSCEAR, la CIPR et l’AIEA.

Fin 2011, ce même Balonov a été chargé de coordonner la rédaction du premier rapport de l’UNSCEAR sur l’exposition des populations aux radiations de Fukushima. En octobre, dans une lettre ouverte publiée en anglais et en japonais, il avait prophétisé : « Chers habitants de la préfecture de Fukushima […] On ne devrait s’attendre à aucune augmentation des maladies thyroïdiennes dans un avenir proche ou lointain. […] On peut prédire qu’un accroissement de la morbidité dans la population japonaise est peu probable [7]. » En mai 1986, juste après la catastrophe de Tchernobyl, l’OMS n’avait-elle pas déjà affirmé qu’« aucune mesure de protection de la population touchée par les retombées de Tchernobyl ne se justifie »[[Chernobyl Reactor accident, Rapport provisoire de l’Organisation mondiale de la santé, Copenhague, 6 mai 1986.] ? ...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:32

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

Certains compteurs électriques surestiment largement la consommation réelle

 

 |   |  379  mots

 

 

 

Les chiffres indiqués sur un compteur sont-ils forcément le reflet de la consommation d'un ménage ?

Les chiffres indiqués sur un compteur sont-ils forcément le reflet de la consommation d'un ménage ? (Crédits : REUTERS/Albert Gea.)

 

 

Les appareils de mesure électrique affichent des données erronées parfois six fois plus importantes que la réalité selon une étude menée par deux universités néerlandaises.

Les compteurs électriques intelligents mesurent-ils vraiment de façon précise notre consommation électrique ? La réponse à cette question peut paraître évidente tant l'objet semble indispensable dans notre quotidien. Pourtant, les mesures effectuées par certains compteurs peuvent donner des résultats complètement faussés - près de six fois supérieurs à la consommation réelle -, selon une étude publiée le 3 mars dans la revue scientifique IEEE Electromagnetic Compatibily Magazine.

 

Des compteurs inadaptés aux nouvelles ampoules

Menée par l'université de Twente (Pays-Bas) en collaboration avec l'université d'Amsterdam des sciences appliquées, l'étude a connecté neuf compteurs intelligents, construits entre 2004 et 2014, à un tableau électrique afin qu'ils mesurent la consommation de différents appareils. Au terme de l'expérimentation, cinq des neufs compteurs testés affichaient des données bien plus élevées que la consommation réelle - un écart allant jusqu'à 582% a été constaté - tandis que deux autres compteurs étaient nettement en deçà de la réalité - environ 30% - , comme le raconte un article publié sur le site de l'université de Twente.

La principale raison de cet écart est dû aux nouvelles technologies en matière d'éclairage domestique. Les nouvelles ampoules à basse consommation et LED altèrent en effet la forme "parfaite" du courant électrique, qui devient plus difficilement mesurable. Ainsi, les compteurs utilisant l'effet Hall, qui "produit une tension à l'image exacte du courant sortant", ont sous-estimé la consommation réelle. A contrario, ceux utilisant l'enroulement de Rogowski, qui mesure le courant alternatif, l'ont sur-estimée.

"Les compteurs électriques que nous avons testé répondent à tous les critères légaux et sont certifiés. Cependant, ces critères n'ont pas suffisamment tenu compte des dispositifs de commutation modernes", déplore Frank Leferink, professeur de Compatibilité électromagnétique à l'université de Twente, cité dans l'article.

Si ce problème peut sembler technique et lointain, il concerne en fait de très nombreux ménages. En France, les compteurs Linky utilisent le même principe de comptage  - l'effet Hall - que certains des compteurs testés par l'université de Twente et qui avaient, au cours de l'étude, sous-estimé la consommation électrique réelle.

 

>> Lire aussi Linky : ce qui va changer avec l'installation de ces nouveaux compteurs

 

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:18

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Souveraineté alimentaire

Après le départ de Monsanto, les paysans burkinabè veulent reconquérir leur autonomie semencière

 

 

par , Mien De Graeve, Wouter Elsen

 

 

 

 

Si Monsanto a décidé de quitter le Burkina Faso, les sociétés cotonnières maintiennent leur main-mise sur les semences de coton. Des milliers de producteurs de coton burkinabè entrent aujourd’hui en résistance pour reconquérir leur autonomie. Troisième et dernier volet de notre enquête.

Épisode 3, suite de notre série sur la filière du coton OGM au Burkina Faso (voir l’épisode précédent : De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso).

Les paysans burkinabè ne parlent pas tous négativement de Monsanto et du coton transgénique, mais tous regrettent le monopole des sociétés cotonnières et de l’Union des producteurs sur le business des semences. Les premiers résultats de la thèse du burkinabè Edouard Sanou concernant l’impact socio-économique du coton OGM sur la population agricole, confirme nos impressions [1] : la quasi-totalité des paysans disent n’avoir jamais été consultés ni informés sur l’introduction des OGM tout en déclarant avoir des expériences positives avec ces variétés. Le coton transgénique requiert moins de traitements de pesticides – deux aspersions sur les six nécessaires en conventionnel – et son rendement n’est pas inférieur au coton conventionnel (à lire également, le reportage de Basta ! en 2013 au Burkina Faso).

Pourtant, si rien ne change, les paysans devront continuer à travailler jour après jour sous un soleil de plomb, sans aucune emprise sur la semence. Même une fois Monsanto parti. Avec le maïs, le coton est en effet la seule culture de rente au Burkina Faso : elle permet aux paysans d’épargner pour payer l’école et les soins de santé. Un « luxe » auquel n’ont pas accès ceux qui pratiquent la seule agriculture dite « de subsistance ». « Avec l’argent du coton, je peux envoyer les seize enfants à ma charge à l’école », illustre Bazabo Bognana.

 

Les paysans obligés de racheter leurs propres graines

Face à des paysans « condamnés » à produire du coton, les entreprises cotonnières se sont appropriées tout un système de multiplication des semences. Traditionnellement, les paysans au Burkina Faso produisent et améliorent eux-mêmes leurs graines pour des cultures comme le maïs, les haricots, le sésame et le sorgho. Mais pour le coton c’est impossible. Les semences ne sont pourtant pas « terminator », c’est à dire impossibles à resemer. Mais les entreprises cotonnières abusent de l’impossibilité à séparer manuellement les graines de la fibre – toutes contenues dans la capsule de la plante – pour le faire elles-mêmes dans leurs usines d’égrenage. Elles commercialisent ensuite le coton sur le marché, et expédient une partie des graines vers des usines d’huile. Le reste est revendu aux agriculteurs comme semences.

« Ils reçoivent les meilleures semences issues de leur production, assure Georges Yameogo de la société burkinabè des fibres textiles (Sofitex). Le processus de la multiplication des semences est sûr et correct, garanti par l’Institut national d’expérimentation et de recherche agricole (INERA). » Mais la séparation industrielle de la fibre et de la graine donne lieu à beaucoup de corruption et d’abus. Certains paysans travaillant dans les usines de la Sofitex concluent un accord avec les chefs de l’usine et reçoivent gratuitement, à la fin de leur période de travail, des semences de bonne qualité.

De plus, contrairement à ce que dit Georges Yameogo, le cycle de reproduction de la semence ne recommence pas chaque année. « Si je reçois des semences de 1ère ou 2ème génération, j’ai de la chance : il y aura beaucoup de graines dans mon coton et le poids par hectare sera bon, détaille Mohamed Traore. Mais souvent je reçois des semences de 3ème, 4ème voire même 5ème génération. Ces semences produisent toujours de la fibre, mais presque plus de graines. Vu que la Sofitex paie mon coton au poids, je suis perdant puisque j’ai travaillé et investi autant que si j’avais eu des bonnes semences. »

Pour Mohamed Traore le coton est devenu le symbole de la lutte paysanne. Avec ses collègues et compagnons, il sensibilise les paysans aux abus de l’union des cotonculteurs et des sociétés cotonnières. © Wouter Elsen

Un paysan de Dédougou, qui souhaite rester anonyme, ajoute : « J’achète un sac de semences OGM à la Sofitex. Une fois les cultures prêtes, l’entreprise vient chercher mon coton et récupère jusqu’à 15 fois le nombre de graines que j’ai semées ! Il est faux de dire que la plupart des semences partent à l’huilerie après la deuxième multiplication. Je connais des gens à l’usine. Ils m’ont dit que les graines sont simplement revendues. » Les paysans se retrouvent obligés de racheter leurs propres semences à des prix excessifs !

La multiplication des semences est un business florissant pour les sociétés cotonnières. En principe, 28 % des recettes des semences OGM vont à Monsanto mais il n’y a pas beaucoup de contrôle. « C’est une question de confiance, souligne Georges Yameogo de Sofitex. On envoie des rapports à Monsanto. Ils peuvent venir faire des prélèvements dans les champs. » Ce que confirme l’ancien employé de Monsanto : « C’est une simple déclaration de leur part. La Sofitex fait ce qu’elle veut, il n’y a aucun contrôle. Des montants énormes partent dans les poches des responsables. »

 

« La réponse ne se trouve pas chez les bio-ingénieurs mais chez les paysans »

Pour que les paysans se réapproprient cette étape cruciale de la culture du coton, s’attaquer aux seules multinationales ou aux OGM ne suffit pas. Le débat sur les semences transgéniques ne relève pas tant d’une discussion technique ou scientifique que politique. « Pour l’instant, il y a peu de consensus entre agronomes sur la définition des "bonnes semences" , constate Lodewijk van Dycke, doctorant au centre des communications, nouvelles technologies et propriété intellectuelle à Leuven en Belgique. Les bonnes semences dépendent de beaucoup de facteurs : le sol, le climat, l’accès à d’autres technologies, la culture locale, l’enseignement, l’information. »

« Cela dépend également de quel objectif on souhaite atteindre avec ces semences. Voulons-nous produire davantage ? Voulons-nous plutôt des récoltes sûres ? Voulons-nous des cultures qui nourrissent davantage ? Voilà des questions politiques porteuses de valeurs. La réponse à ces questions ne se trouve pas chez les bio-ingénieurs. Elle ne se trouve pas non plus chez Monsanto ou d’autres entreprises parce qu’ils ne recherchent que leur propre intérêt commercial. La réponse se trouve chez les paysans. Nous devons aspirer vers une démocratie plus participative qui accorde de plein droit la parole aux paysans. Ce n’est que par la suite que l’on peut juger le rôle positif ou négatif de Monsanto et de Sofitex, des OGM et d’autres formes de biotechnologie. »

Seul un dialogue démocratique accru avec les paysans permettra de découvrir quelles semences conviennent dans quelles circonstances. Afin de susciter ce dialogue, ce ne sont pas seulement les entreprises et les politiques, mais aussi les chercheurs et ONG qui doivent être associés au débat sur les biotechnologies agricoles. Il est indispensable d’investir dans la formation des paysans, et de pouvoir renforcer leur prises de participations dans les entreprises qui gèrent les semences. L’expérience négative avec les OGM au Burkina Faso a également fait réfléchir l’ancien employé de Monsanto, qui s’oppose à la ligne officielle de l’entreprise : « Ce n’est pas la biotechnologie qui va résoudre la faim dans le monde, c’est le fait de mettre cette technologie à la disposition des agriculteurs, le fait d’avoir un système agricole qui puisse absorber cette technologie. »

 

Le début d’une lutte paysanne pour se réapproprier leur filière

Les cultivateurs de coton, en réflexion depuis plusieurs mois, sont désormais prêts à se lancer dans la lutte. Soutenus par des structures telles que l’organisation pour la démocratie et la jeunesse (ODJ) ou la coalition contre la vie chère (CCVC), ils arpentent le pays à la rencontre des paysans : « On se réunit tôt le matin, chacun cotise pour le carburant des motos et on visite cinq à six villages par jour, témoigne Mohamed Traore. On parle et on écoute les paysans. »

Les carnets de revendication adressés à l’Union des producteurs et à la Sofitex les aident à élargir la mobilisation : ils exigent que le prix du coton couvre au moins leurs investissements. Ils réclament également des audits des entreprises cotonnières et de l’Union, et veulent l’implication des paysans dans le cycle du coton depuis la semence jusqu’au produit commercial. La combativité de Mohamed et de ses compagnons est contagieuse. Le groupe grandit rapidement et l’indignation est forte. Ce qui est important est que leur vision dépasse leur propre champ de coton. « La meilleure solution, dit Mohamed Traore, c’est de produire notre coton ici, d’égrainer ici et de tisser notre coton ici. Le combat a commencé partout. »

Mien De Graeve, Wouter Elsen, Abdul Razac Napon

Traduction du néerlandais : Jos Mestdagh

Photo de Une : Afin de préserver la qualité et la couleur du coton, celui-ci doit être bien sec. Les femmes qui font la récolte secouent régulièrement le coton afin qu’il puisse bien sécher. © Wouter Elsen

 

- Premier épisode : Comment le coton OGM de Monsanto s’est transformé en fléau pour les paysans du Burkina Faso

 

 

- Deuxième épisode : De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso

 

 

Cette enquête a pu être réalisée grâce au soutien de Journalismfund (Flanders Connecting Continents). Les auteurs remercient chaleureusement les deux jeunes chercheurs, Edouard Idrissa Sanou et Lodewijk van Dycke, pour leurs points de vue précieux et innovants ainsi que pour leurs conseils scientifiques. L’article a été publié initialement en néerlandais sur le site www.mo.be.

 

Notes

[1Thèse réalisée à l’International Plant Biotechnology Outreach/Université de Gand, Belgique

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 16:14

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Comment sortir la gauche de l'impasse

Par Joseph Confavreux, Hugues Jallon et Rémy Toulouse
 
 

Peut-on faire autre chose que déplorer l’effondrement de la gauche ? Il est urgent d’imaginer une autre voie, qui ne soit ni la « troisième », ni une impasse, ni condamnée à rester éternellement minoritaire. À condition d’un réarmement intellectuel en profondeur et d’un réexamen des lignes de fracture politiques. Un article de la Revue du Crieur.

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Donald Trump vient d’accéder à la tête de l’État le plus puissant de la planète et de confier les clés du monde à ceux qui en précipitent la chute : les ultra-riches ( la fortune cumulée des quelques membres de son administration dépasse le patrimoine combiné de plus de 100 millions de ses concitoyens ), les adeptes les plus fervents du capitalisme décomplexé ( un climato-sceptique à l’environnement, un avocat-lobbyiste de Wall Street à la régulation de l’économie, un P.-D.G. d’Exxon comme chef de la diplomatie, etc. ), les tenants de la réaction sociale ( un antiavortement opposé à l’ObamaCare à la santé, une partisane de l’école privée à l’éducation, un sympathisant de l’alternative right raciste comme directeur de cabinet, etc. ).

 

Donner aux pontes de Goldman Sachs les postes ministériels déterminants ne constitue pas une innovation. Un Républicain ( George Bush père ) et un Démocrate ( Bill Clinton ) s’y étaient exercés avant lui. Il serait donc trop facile de diaboliser la figure du magnat de l’immobilier et du professionnel de la téléréalité pour s’exonérer des erreurs commises par le passé. La victoire de Donald Trump, aiguisée par le désarroi croissant de nombreuses catégories populaires et portée par le vote des groupes sociaux privilégiés, constitue en effet à la fois l’aboutissement de logiques antérieures et un vertige inédit, qui ne se limite pas aux États-Unis.

Désormais, les « démocrates », qu’ils soient américains ou italiens, les « socialistes » français ou les « travaillistes » britanniques ne peuvent plus occulter leurs responsabilités dans l’arrivée aux affaires de personnages issus des mêmes moules qu’eux, mais affichant leur volonté de « rupture », même si cette rupture consistera souvent d’abord à accélérer les politiques économiques et les tentations autoritaires mises en œuvre par une social-démocratie ayant largué les amarres avec son héritage et perdu les tables d’orientation de son avenir. L’abandon de pans entiers du peuple sous l’effet de politiques inégalitaires expose en plein jour les impasses du chantage à une politique du « moins pire », tout comme les limites d’un réflexe de « vote utile », souvent devenu inutile.

Dans le même temps, cet événement doit produire un électrochoc dans les manières de penser à gauche, dans un contexte géopolitique de militarisation des tensions et de pleine santé des pouvoirs autoritaires aux portes de l’Europe ou en son sein. Ce vertige oblige en effet la gauche à sortir de ses impasses stratégiques et politiques, mais aussi intellectuelles : il ne suffit pas que l’histoire lui ait donné raison, que ce soit en matière économique avec la crise bancaire et financière de 2008, dont le marasme se poursuit jusqu’à aujourd’hui, ou sur les questions écologiques, alors que l’année 2016 a été la plus chaude de l’histoire depuis que les relevés météorologiques existent.

D’un côté, le triomphe sans fard des bénéficiaires et des responsables des abysses d’inégalités ( selon Oxfam, les huit personnes les plus riches du monde détiennent désormais une richesse égale à celle de la moitié la plus pauvre de la population mondiale) est proprement effrayant. Les Bourses affichent des hausses impressionnantes, juste après avoir exprimé leur « inquiétude » au lendemain du Brexit ou de l’élection de Donald Trump. François Fillon n'hésite pas à se revendiquer de Margaret Thatcher.

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Cette offensive tous azimuts – économique, politique et culturelle – est en train d’éloigner définitivement de la scène une gauche démotivée et dépeuplée ( qui a déjà largement déserté les urnes ) et des catégories populaires dont la confiance dans les institutions et l’élection s’est effondrée au point d’interdire quasiment la victoire de candidats réellement progressistes. La désaffection profonde des catégories populaires vis-à-vis des programmes de la gauche gouvernementale, qui ne leur promet aucun changement autre qu’en paroles, s’inscrit dans un monde devenu marchandise et dans le triomphe de la « société de marché » annoncé par Karl Polanyi. Le « nouvel esprit du capitalisme » étudié par Ève Chiapello et Luc Boltanski s’est imposé, et on mesure tous les jours l’« épanouissement » de cette subjectivité néolibérale analysée par Pierre Dardot et Christian Laval.

 

Les politiques économiques et sociales appliquées par des gouvernements de grande coalition, ou aux couleurs politiques de plus en plus brouillées, ont induit une nouvelle « raison du monde », qui n’est ni un retour au libéralisme classique ni la restauration d’un capitalisme « pur ». Ce régime qui érode la conception traditionnelle de la démocratie ne se contente pas de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l’action de l’État. Il prétend faire de celui-ci la norme de toutes les sphères de l’existence humaine, et de l’entreprise et de la concurrence les modèles du gouvernement d’un sujet devenu entrepreneur de lui-même. L’« oracle » prononcé dès 2005 par le multimilliardaire Warren Buffet ( « Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner » ) a ainsi été réalisé au-delà de ses espérances, matériellement, culturellement, voire anthropologiquement.

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De l’autre côté, sans fantasmer rétrospectivement une période où les camps auraient été cohérents et les lignes orthogonales, le temps est à la confusion politique générale. Qu’un Alain Madelin, ancien porte-étendard du reaganisme français, en vienne à dénoncer dans le programme de François Fillon une « purge patronale » ou qu’un Emmanuel Macron intitule son livre Révolution devrait, en temps normal, simplement prêter à sourire. Mais, par temps obscurs, ce confusionnisme constitue le vecteur des pires recalibrages politiques, que ce soit en termes de trajectoires personnelles ou – plus grave – de mouvements de fond. Surtout, il vient prendre le camp progressiste à la fois en étau et à revers, au motif que les mots que Marine Le Pen s’est appropriés ( le « peuple », les méfaits de la mondialisation et de l’Europe, le souci des « invisibles », le « descenseur » social… ) seraient devenus « inemployables ».

 

Faire que le confusionnisme ne soit pas le tombeau définitif de la gauche face à une droite radicalisée et triomphante impose des recompositions politiques, des clarifications idéologiques et des débats stratégiques. En allant au-delà des appels convenus à la « résistance » ou des considérations nébuleuses sur la « post-politique » ou la « post-vérité ». Comme le relevait l’économiste et philosophe Frédéric Lordon de manière cinglante, « la post-politique est un fantasme. Elle est le profond désir du système intégré de la politique de gouvernement et des médias mainstream de déclarer forclos le temps de l’idéologie, c’est-à-dire le temps des choix, le désir d’en finir avec toutes ces absurdes discussions ignorantes de la “ réalité ”, dont il nous est enjoint de comprendre que, elle, ne changera pas ». Slavoj Zizek s’était, de son côté, employé à montrer, quelques années plus tôt, que ce qui avançait sous le masque de la « post-idéologie » était probablement l’idéologie la plus efficace ayant jamais régné.

Ce constat impose aussi de ne pas s’exonérer face à une descente aux enfers qui exige une remise en cause profonde de nos manières de penser. Les gauches ont en effet une lourde part de responsabilité dans leur faiblesse actuelle, même si l’offensive néolibérale menée depuis plus de 30 ans, l’effondrement du bloc soviétique et la fin de l’idée d’une alternative existante au capitalisme, l’essoufflement de l’idée de progrès et la mondialisation ont objectivement renforcé la droite.

Les reniements répétés, par le ralliement de tous les partis de la gauche institutionnelle à la vulgate néolibérale, à la « bonne gouvernance » des affaires sociales et économiques qui, avec l’homogénéisation sociale croissante des élites politiques, a achevé de séparer la gauche de gouvernement de la gauche réelle, plongeant cette dernière dans une incapacité à se projeter dans l’idée de « gouverner » ou même simplement de se retrouver en position hégémonique, sont les premiers responsables de cet affaiblissement. Mais la gauche fière d’être restée « de gauche » ne peut pas faire non plus l’économie d’une profonde introspection. « Notre époque n’est pas une fête et nous y avons contribué », rappelait un personnage du film Le Pornographe, de Bertrand Bonello.

La fête et la peur ont changé de camp depuis plusieurs décennies, et la gauche ne peut plus guère s’appuyer sur les cadres de pensée et d’action qui ont fait son succès au XXesiècle, dans sa version communiste ou sociale-démocrate : le prolétariat, le sens de l’histoire, le progrès, etc. Son paysage est fragmenté comme jamais, et chacun tente de convoquer ou de révoquer un héritage en miettes, faute d’avoir une vision claire des chemins qu’elle pourrait encore emprunter. Les orphelins d’une gauche combative qui ne s’excuse pas d’être elle-même en sont réduits à la déploration de cette fragmentation ou, pour les plus optimistes, à l’appel à recoller les morceaux.

Pourtant, la fragmentation n’est pas, en soi, rédhibitoire, comme le montre la capacité de Marine Le Pen à accommoder une ligne incarnée par Florian Philippot avec celle dont Marion Maréchal-Le Pen est la principale représentante. Et, dans une certaine mesure, l’éclatement à gauche témoigne d’une effervescence peut-être supérieure à celle des décennies d’hégémonie intellectuelle de la gauche, où régnait une certaine doxa communiste.

Plutôt que de traquer sans cesse les grands écarts bien réels d’une Marine Le Pen ou d’un Donald Trump, la gauche ferait bien de voir comment certaines contradictions sont surmontables et peuvent même engendrer des scores majoritaires, à deux conditions : être arrimées à un projet puissant, susceptible de mobiliser les affects et la raison ; et s’inscrire dans une conception dynamique et non arithmétique de l’espace politique. Pendant cinq ans, François Hollande n’a ainsi cherché qu’à être le barycentre d’une gauche « molle », qu’Emmanuel Macron tente aujourd’hui de dépasser par la droite, Benoît Hamon par la gauche et Jean-Luc Mélenchon par l'extrême gauche. Une dynamique forte à gauche ne se fera pas sans visée inclusive, mais pas non plus par la recherche d’un improbable équilibre en son centre.

 

Réflexes

Mais une telle alchimie ne peut se contenter d’une mécanique de convergence ou d’une synthèse édulcorée. Elle suppose ainsi d’abord d’abandonner certains réflexes de pensée, dont le premier est cette « pensée tiède » identifiée en son temps par Perry Anderson. Cette « pensée tiède » a fait du socialisme de François Hollande sa terre d’élection et dispose de relais médiatiques et éditoriaux aussi puissants que convenus, ne laissant apparaître les pensées dissidentes qu’en les reléguant dans les marges ou en les enfermant à l’intérieur de « débats », à la fois désactivés sur le fond et artificiels sur la forme.

Cette pensée prétendument tempérée refuse de prendre sa responsabilité dans le marasme, alors que la « raison » n’est pourtant pas du bord de ceux qui font semblant de chercher une voie moyenne, plus juste, plus raisonnable, en réalité seulement plus frileuse. De même qu’une gauche d’antan soi-disant « responsable » avait voulu, hier, disqualifier la gauche altermondialiste – jugée par elle irresponsable, archaïque et tiers-mondiste – sans parvenir pour autant à endiguer la dynamique néolibérale responsable de tant d’inégalités et de violences –, une gauche d’aujourd’hui qui se présente comme « réaliste » doit assumer sa responsabilité historique : celle d’avoir été le meilleur agent de la néolibéralisation des sociétés française et européenne depuis plus de 20 ans, en prétendant emprunter une « troisième voie » qui a, en réalité, pris, sous les traits de Tony Blair ou Gerhard Schröder, la figure du renoncement et de la conversion.

 

La lucidité, désormais, consiste à refuser cette pensée tiède, dont une variante majeure emprunte le visage de l’expertise. On l’a vu lorsque des gouvernement de techniciens ont prétendu, en Italie ou en Grèce, « prendre le relais » du politique et de la démocratie sous la houlette d’institutions supranationales non élues, démonétisées, voire découvrant sur le tard les méfaits des politiques qu’elles avaient fait appliquer à coups de bâton, comme le FMI dans son rapport du printemps 2016.

Ce refus de la pensée tiède ne signifie pas, pour autant, le refus de tout compromis puisque, de même qu’on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis, on ne peut penser d’alliances et de coalitions qu’avec des dissemblables. Aucune chapelle de la gauche ne peut prétendre aujourd’hui l’emporter en demeurant dans un splendide isolement. Le travail d’organisation, de réorganisation et de réarticulation d’une hégémonie culturelle aujourd’hui battue en brèche doit produire une pensée qui rapproche et qui abandonne ces rigidités de posture présentes dans tous les secteurs de la gauche.

Cette rigidité est notamment répandue chez certains contempteurs de la « pensée unique » ayant endossé, dans un contexte intellectuel submergé, après 1989, par une doxa médiatico-intellectuelle convaincue que la révolution et l’idée communiste appartenaient définitivement au passé, le rôle de rappeler la pertinence de la critique anticapitaliste et antilibérale. Leur indéniable lucidité d’antan autorise certains d’entre eux à se croire les « gardiens du temple » de la radicalité et les porte-parole exclusifs d’un radicalisme oscillant entre impasses stratégiques et conformisme sûr de lui, à partir de constats pertinents, mais qui, à force de servir de seule boussole politique, conduisent à des impasses stratégiques les condamnant à rester ultra-minoritaires.

Ces porte-parole se refusent à voir ce qui surgit et se contentent finalement de rabattre les monstres actuels sur les structures qui les ont engendrés, de multiplier les procès en tartufferie envers quiconque ferait un pas vers eux s’il ne les a pas accompagnés depuis le berceau et de s’isoler dans des replis sectaires plutôt que d’affronter la possibilité de causes communes. Cette radicalité-là est victime de son « mono-idéisme », qui peut prendre pour sujet aussi bien l’obsession de la sortie de l’Union européenne, que la question coloniale ou l’impérialisme américain.

On a vu ainsi un économiste de l’EHESS frayer avec le Front national au motif qu’il serait le seul parti prêt à rompre avec l’euro ; des intellectuels « indigénistes » défendre des mariages non mixtes entre « non-Blancs » en révoquant de fait l’histoire des luttes émancipatrices de la gauche, en particulier le féminisme ; des anticapitalistes vomir Mélenchon parce qu’il a été sénateur socialiste et qu’il ne chercherait qu’à « rabattre » des voix pour le PS ; ou encore le candidat de la « France insoumise » renvoyer dos à dos les Mig ultramodernes de l’aviation russe et les roquettes antichar des rebelles d’Alep par réflexe anti-impérialiste et antiaméricain.

Le troisième écueil dans la manière de raisonner se situe à l’exact opposé de la pensée rigide et prend la forme d’une pensée-girouette, dont Manuel Valls, après Arnaud Montebourg, a été l’incarnation, que ce soit sur le 49.3, la Cour de justice de la République ou la prétention bien illusoire à rassembler deux gauches qu’il jugeait incompatibles. Il existe en effet de réelles lignes rouges qui ne permettent ni circulation alternée ni navigation au gré des flux électoralistes ou des tendances médiatiques...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:55

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

Charles de Courson veut augmenter les députés... pour leur assurer "un niveau de vie décent" !

 

 

Charles de Courson prône une augmentation des indemnités des parlementaires.

Charles de Courson prône une augmentation des indemnités des parlementaires. - WITT/SIPA
Il a osé le dire

Charles de Courson veut augmenter les députés... pour leur assurer "un niveau de vie décent" !

 

 

Le député UDI de la Marne ne semble pas réaliser que son indemnité correspond à plus du double du salaire moyen en France...

Alors que l’affaire Fillon a encore renforcé la défiance des Français sur l’utilisation des fonds publics par leurs représentants, certains élus n’hésitent pourtant pas à crier famine. C’est le cas de Charles de Courson, député UDI de la Marne, qui plaide ce vendredi 10 mars dans Le Parisien pour une augmentation de la rémunération des députés et sénateurs. Avec l’argument suivant : « Les parlementaires français ne sont pas les mieux payés en Europe, notamment par rapport à leurs homologues italiens ou britanniques. Les augmenter est la seule façon de leur assurer un niveau de vie décent et de leur éviter d'avoir un autre métier qui pourrait entraîner des conflits d'intérêts »

Un « niveau de vie décent » ? Un député touche aujourd’hui une indemnité de 7.186 euros bruts par mois, soit environ 5.000 euros nets. Charles de Courson ne semble pas être au courant qu’en France, le salaire moyen s’établit à 2.225 euros nets par mois, selon le ministère du Travail.

 

Je suis obligé de mettre de ma poche

Charles de Courson

Ajoutons qu’un député dispose aussi d’une indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) de 5.340 euros, qu’il dépense à peu près comme il l’entend, sans aucun contrôle. Charles de Courson le reconnaît d’ailleurs volontiers : « Ce n’est pas un secret que certains collègues disposant d’un mandat exécutif local utilisent une partie de l’IRFM pour des dépenses personnelles. » Et pourtant, le député - qui est aussi maire de Vanault-les-Dames, un village de la Marne, et conseiller départemental - prône aussi une revalorisation de cette enveloppe : « Ma circonscription est une zone rurale, et mes frais professionnels ne sont pas entièrement couverts par l'IRFM. Je suis obligé de mettre de ma poche. » Pour couronner le tout, Charles de Courson souhaite aussi faire passer le crédit dont dispose chaque député pour rémunérer ses collaborateurs « de quelque 9.700 euros brut à 15.000 euros ».

Notons tout de même que Charles de Courson est prêt à accepter quelques contreparties à ce festival d’augmentations. Le député juge « nécessaire de réduire le nombre de parlementaires ». Il veut interdire « le cumul avec des activités privées », sauf « pour certaines professions, comme les médecins ». Charles de Courson souhaite également prohiber « l’embauche d’un membre de sa famille ».

Le débat sur la rémunération des parlementaires a été relancé jeudi par Julien Dray. « Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député a besoin de 9.000 euros net par mois », a affirmé au Point ce proche de François Hollande, qui n’est plus député depuis 2012. Julien Dray veut toutefois interdire aux parlementaires d’exercer « toute autre fonction que la leur » et d’embaucher des membres de leur famille. Il propose aussi que leurs collaborateurs soient rémunérés directement par les assemblées, et non par une enveloppe mise à disposition des parlementaires - celle avec laquelle François Fillon payait sa chère Penelope...

 

 

 

Source : https://www.marianne.net

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:38

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

Cette carte localise la nourriture gratuite partout dans le monde

 

 

Créée en 2013, Falling Fruit a déjà recensé plus d'un million de spots de glanage sur les cinq continents... dont plus de 9 000 rien qu'en France !

 

 

Quand les nouvelles technologies se mettent au service du partage et de la convivialité, ça donne naissance à des outils absolument géniaux. C’est le cas de Falling Fruit, une carte collaborative qui recense, partout dans le monde, les endroits où l’on peut trouver de la nourriture locale et gratuite ! Lumière sur une initiative précieuse, enthousiasmante, et pile poil dans l’air du temps !

On ne s’en aperçoit pas forcément, mais nos villes regorgent de fruits, de légumes et de feuilles comestibles poussant aux coins des rues. La preuve : en juin 2016, après trois ans d’existence, Falling Fruit avait déjà repéré 1 191 056 spots dans le monde entier, pour 1 714 différents types d’aliments recensés !

Pour savoir où se servir et comment profiter de ce que la nature nous offre, il n’y a qu’à aller sur la carte de Falling Fruit, zoomer sur sa ville, voir ce qu’elle nous propose, et se rendre sur place avec son panier pour une petite séance de glanage… Génial, non ? La carte recense déjà plus de 9 000 sites rien qu’en France !

L’idée de Falling fruit (littéralement, le fruit qui tombe), est né en 2013 au Coloradao quand Ethan Welty a fabriqué son premier cidre à partir de pommes récoltées en ville. Il s’est aperçu que nous étions des milliards à passer chaque jour à côté d’une nourriture locale et gratuite, que c’était bien dommage et qu’il fallait un outil pour remédier à ça !

Source : Shutterstock

D’où le concept de carte collaborative. Chacun est libre d’y ajouter une bonne adresse, histoire d’en faire profiter toute la communauté. Aujourd’hui, Falling Fruit a essaimé sur tous les continents, est traduite en sept langues et occupe 12 bénévoles !

Le concept vous plaît ? Alors rendez-vous sur Falling Fruit pour y faire de belles découvertes et/ou pour y ajouter vos bons plans !

 

Lire aussi : De la nourriture gratuite à chaque coin de rue : le phénomène génial qui contamine la France !

 

 

Source : http://positivr.fr

 

 

 

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 18:28

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transition énergétique

Des petits barrages hydroélectriques, écolos et rentables, pour produire une électricité de proximité

 

par

 

 

Deux-mille petits barrages hydroélectriques sont abandonnés en France, depuis la domination de l’électricité nucléaire. Ercisol, une société à statuts coopératifs, a décidé d’investir dans ces énergies renouvelables de proximité et de réhabiliter plusieurs barrages dans les Vosges, tout en limitant au maximum les contraintes pesant sur l’environnement des rivières. Un seul de ces barrages peut alimenter en électricité un village de quelques centaines d’habitants.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal Lutopik.

 

À Raon-l’Etape, cité vosgienne au milieu des forêts, coule la Meurthe. Une situation géographique propice au développement de l’industrie du papier. Dans cette petite ville de 6400 habitants, il a existé jusqu’à trois papeteries, dont une a cessé son activité il y a peu. Il y a encore une trentaine d’années, ces industries utilisaient l’eau de la Meurthe pour s’alimenter en énergie. Puis le nucléaire est arrivé, et les petits barrages hydroélectriques ont été abandonnés. « Hyper subventionnée, l’électricité nucléaire était beaucoup moins chère. L’État a volontairement tué les petites centrales hydroélectriques », déplore Jean-Paul François. Farouchement opposé au nucléaire et mû par l’envie de laisser un environnement sain à ses petits-enfants, ce professeur d’électro-technique fraîchement retraité s’est lancé dans la reconquête des petits barrages.

 

Pour cela, il rejoint en 2014 Ercisol, une société fondée en 2010 par 35 associés qui se sont donnés pour objectif de développer des projets citoyens d’énergie renouvelable. Seuls deux d’entre eux ont travaillé ou travaillent directement dans le secteur de l’énergie renouvelable, mais chacun a quelque chose à apporter : des compétences en comptabilité, en maçonnerie, en relationnel. « Pour vivre, il faut de l’énergie. Mais il existe d’autres moyens de production qu’en polluant ou en passant par des grandes sociétés qui ponctionnent l’argent des contribuables », explique Jean-Paul François.

 

« Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse faire autant si rapidement »

Chaque projet est soigneusement sélectionné : il doit être rentable, concourir au développement des énergies renouvelables décentralisées, sa mise en œuvre doit limiter au maximum les impacts négatifs sur l’environnement et favoriser les emplois locaux non délocalisables. Pour chaque projet, Ercisol crée une filiale afin de rassurer les banques qui lui prêtent de l’argent, d’offrir une transparence sur les financements, et encourage ses actionnaires locaux à investir dans le projet.

 

Ercisol compte aujourd’hui 161 associés et gère deux petites centrales photovoltaïques dans le Territoire de Belfort et dans le Bas-Rhin, ainsi qu’un barrage hydroélectrique dans les Vosges. Trois autres projets de barrages sont en cours de réalisation, dont celui de Raon-l’Etape. Ercisol prévoit également de participer au financement de petites fermes éoliennes. La maison-mère a la forme d’une SAS à statuts coopératifs, dans laquelle tous les dirigeants sont bénévoles, y compris son président Louis Massias. « Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse faire autant si rapidement, se réjouit-il. Nous avons atteint le plafond de capital de 800 000 € qu’on s’était fixé au départ et qui nous permettait des investissements à hauteur de 6 millions d’euros grâce aux emprunts. Aujourd’hui, on ne peut plus accepter de nouveaux actionnaires et nous allons devoir modifier les statuts pour inscrire un nouveau plafond à 2 millions d’euros. »

 

Un barrage qui laisse passer poissons et canoës

La filiale qui s’occupe du barrage vosgien s’appelle HydroRaon. Elle a acquis le site en 2014 pour 450 000 € auprès de la papeterie des Chatelles qui venait de faire faillite, et engagé 1,35 million d’euros afin de reconstruire le barrage et d’installer la turbine. Les travaux sont importants : le site est abandonné depuis une quinzaine d’années, et il faut entièrement créer les infrastructures permettant d’injecter l’énergie produite sur le réseau. Conformément à leurs aspirations environnementales, les membres d’Ercisol tiennent à limiter au maximum les impacts sur la nature : le barrage est doté d’une passe à poissons, d’un passage pour canoës et d’un système laissant circuler les sédiments afin de ne pas perturber le milieu aquatique en aval. Après une année de travaux, l’édifice est prêt : avec une puissance de 400 kW, il présente la même puissance que son aïeul, mais il est doté de toutes les technologies modernes pour la télégestion et s’intègre mieux dans son environnement.

 

Du côté du local technique, à environ 1 km du barrage, les choses sont un peu plus compliquées. Afin d’optimiser au maximum la production, HydroRaon a investi dans une turbine qui peut atteindre 90 % de rendement dans des conditions de débit idéales. Mais une erreur du maître d’œuvre a décalé d’un an le lancement de la production : l’alternateur a dû être démonté et il ne sera remis en place que début 2017. Une fois opérationnel, le système produira 1847 MWh par an, ce qui devrait permettre d’alimenter environ 700 foyers hors chauffage et eau chaude. Comme sur son autre barrage de Moyenmoutier, à quelques kilomètres de là, un emploi à temps partiel (dix heures hebdomadaires) sera créé afin d’assurer la surveillance du site.

 

Pour ce projet, la société HydroRaon et ses associés ont apporté un peu plus de 20 % du budget, avec le soutien d’Énergie Partagée Investissement (une association pour la promotion et le financement des projets d’énergie citoyenne). Pour le reste un emprunt a été contracté. En vertu de l’obligation d’achat, EDF s’est engagée par contrat à racheter l’électricité produite par HydroRaon à un tarif préférentiel : 10 centimes le Kwh au lieu de 5 centimes [1]. Chaque filiale est rentable dès la première année. Comme elles n’ont pas vocation à se développer, les bénéfices sont distribués chaque année aux associés. Les gains d’Ercisol avec HydroRaon seront réinvestis dans des projets de sensibilisation à la réduction des consommations énergétiques et dans de nouveaux projets d’énergies renouvelables (hydroélectricité, biogaz, éoliennes). Les centaines de petits actionnaires d’Ercisol devraient quant à eux recevoir des dividendes d’ici une dizaine d’années, de l’ordre de 4 %.

 

2000 petits barrages hydroélectriques à l’abandon

Environ 2000 petits barrages hydroélectriques sont aujourd’hui à l’abandon en France. Avec l’augmentation inévitable du prix de l’électricité nucléaire et les objectifs d’énergies renouvelables pour les années à venir, il y a un regain d’intérêt pour ces infrastructures. Cependant, la plupart de ces barrages présentent des hauteurs d’eau insuffisantes pour être rentables. « À Raon-l’Etape, on a 4,20 m de hauteur, ce qui n’est pas mal. Dès qu’on est en dessous de 1,5 m, ça n’intéresse plus personne », explique Jean-Paul François.

 

Pour résoudre ce problème, Ercisol s’est lancé dans une recherche en partenariat avec l’Université de Lorraine. L’objectif est de mettre au point un prototype de turbine afin de diminuer les coûts du kilowattheure pour les petites chutes d’eau. Un espace est en cours d’aménagement à côté des locaux techniques d’HydroRaon pour expérimenter ces innovations. « Le nucléaire, avec ses coûts qui ne font qu’augmenter alors qu’ils baissent pour les énergies renouvelables, est un non-sens économique », dénonce Jean-Paul François. « Il existe déjà des sites où les coûts de production des énergies renouvelables sont beaucoup moins chers, comme par exemple au Nevada où le kWh photovoltaïque est à 3 centimes contre 6 pour le nucléaire. Développer les énergies renouvelables relève donc du bon sens écologique, mais aussi économique », martèle-t-il.

 

Sonia Pignet (Lutopik)

 

 

Notes

[1Depuis le 20 septembre 2016, Enercoop est autorisée à offrir les tarifs d’achat de l’électricité renouvelable comme EDF. Cependant, elle est pour le moment limitée à 75 contrats et à une puissance installée correspondante maximale de 100 MW.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:49

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

WikiLeaks dévoile la «boîte à outils» de la CIA pour pirater vos appareils

 

Par Jérôme Hourdeaux
 
 
 

L’organisation de Julian Assange a publié la première partie d’une série de documents dévoilant les techniques et méthodes de la CIA. L’agence est notamment capable de prendre le contrôle de téléviseurs connectés pour filmer ou écouter leurs utilisateurs. Elle dispose également d’un catalogue de failles lui permettant de pirater les téléphones portables.

 

WikiLeaks a mis en ligne, mardi 7 mars, 8 761 documents et fichiers provenant d’un réseau top secret de la CIA et détaillant les méthodes utilisées par l’agence pour pirater tous types d’appareils connectés, des téléphones portables aux télévisions.

Cette publication, baptisée « Year Zero » (« Année zéro »), par WikiLeaks, est la première d’une série consacrée à la CIA, appelée « Vault 7 » et que l’organisation présente comme « la plus importante publication de documents confidentiels sur l’agence ». Les milliers de documents publiés mardi, qui datent de 2013 à 2016, ont été tirés du réseau du Center for Cyber Intelligence (Centre pour le cyber renseignement) de la CIA, situé à Langley en Virginie.

Ils détaillent une véritable boîte à outils permettant à l’agence américaine de pirater toute une série d’objets du quotidien. L’un des programmes, intitulé « Weeping Angel » (« ange pleureur ») en référence à un personnage de la série de science-fiction britannique Doctor Who, vise tout particulièrement les téléviseurs connectés de la marque Samsung. Il peut tout simplement prendre le contrôle de l’appareil pour en activer le micro ou la webcam afin d’enregistrer images et sons. Cet outil, développé à partir de juin 2014 en partenariat avec l’agence britannique MI5, permet d’accéder à certaines données liées à la connexion internet comme les identifiants WiFi ou l’historique. « Weeping Angle » est même capable de dissimuler son activité grâce à un mode dit « fake off » permettant de simuler l’état de veille de l’appareil, alors que celui-ci est bien actif.

 © Reuters

© Reuters

 

La CIA dispose également d’un service spécial, uniquement dédié au piratage des smartphones : la Mobile Devices Branch (MDB). Celle-ci s’attaque indistinctement aux iPhone et aux appareils Android, même si les téléphones d’Apple semblent être une cible privilégiée en raison de leur utilisation par de nombreux dirigeants. Pour ce faire, la Mobile Devices Branch dispose de tout un catalogue de vulnérabilités dites « zero-day », c’est-à-dire des failles qui n’ont jamais été découvertes et qui n’ont fait l’objet d’aucun correctif. Elles peuvent donc être utilisables immédiatement, avec « zéro jour » de travail. Pour les téléphones fonctionnant sous le logiciel Android de Google, un document montre que la CIA avait par exemple en sa possession, en 2016, vingt-quatre vulnérabilités « zero day ».

Que ce soit pour Android ou pour Apple, la CIA a développé toute une série de techniques permettant de récolter tout type de données sensibles. L’agence aurait notamment trouvé un moyen de contourner le chiffrement des plateformes de discussion sécurisées telles que Signal, WhatsApp ou Telegram. Cette information, tout particulièrement, a provoqué un vent de panique sur internet, notamment en raison d’un tweet mal formulé de WikiLeaks. Car ces messageries sont au cœur d’une polémique opposant défenseurs de la vie privée et autorités publiques???

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:35

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Compte suisse et blanchiment: le député LR anti-fraude sociale bientôt au tribunal

 

Par Mathilde Mathieu
 
 
 

D'après nos informations, le député Dominique Tian (LR), membre de l'équipe de campagne de François Fillon et grand pourfendeur de la fraude sociale et des “assistés”, fait l'objet d'une citation directe devant le tribunal correctionnel de Paris pour « blanchiment de fraude fiscale » et « omission dans sa déclaration de patrimoine ».

 

Dans l’équipe Fillon (ou plutôt sa dernière version), Dominique Tian est chargé de plancher sur « le financement de la protection sociale ». Au sein de la droite, il passe en effet pour un expert de la lutte contre la fraude sociale et s’est fait une spécialité de pourfendre les assistés – pas tant les patrons qui omettent de payer leurs cotisations que les prestataires abusant des “allocs”, de la Sécu ou du RSA. Désormais, son discours aura plus de mal à passer.

D’après nos informations, le parquet de Paris a décidé, à l’issue d’une enquête préliminaire ouverte en 2015 sur signalement de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (Hatvp), de faire citer Dominique Tian devant le tribunal correctionnel pour « blanchiment de fraude fiscale » et « omission dans sa déclaration de patrimoine ». Pourra-t-il rester dans le prochain organigramme de campagne de François Fillon, en pleine recomposition ?

Dominique Tian. © DR

Également premier adjoint au maire de Marseille, ce dirigeant d’entreprises, longtemps proche de Bruno Le Maire, a en effet détenu des fonds en Suisse, non déclarés au fisc, de la fin des années 1990 jusqu’en 2014, date à laquelle il s’est décidé à les rapatrier via la « cellule de dégrisement » de Bercy – un dispositif de relative indulgence à l’égard des évadés fiscaux mis en place par le ministre Bernard Cazeneuve pour inciter ces derniers à rentrer.

 

Entretemps, en 2012, le député a rempli une déclaration de patrimoine muette sur ses actifs cachés à l'étranger, qui dépassaient alors 2 millions d’euros. C’est ce document, remis à l’ancêtre de la HATVP, qui se retrouve aujourd'hui dans le viseur de la justice, épaulée dans ce dossier par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Sollicité mardi 7 mars par Mediapart, Dominique Tian nous a simplement répondu qu'il n'avait « aucune information » sur la procédure en cours.

« Ce compte en Suisse a été ouvert par mon père, tentait-il de relativiser en 2015, lorsque nous l'avions interrogé. C'est un héritage. On l'a appris tardivement. C'était compliqué à gérer, comme dans toutes les familles. La procédure Cazeneuve est faite pour ça. » Après l'héritage, il s'est toutefois passé plus d'une décennie avant qu'une régularisation soit entreprise. Pire : les fonds répartis entre plusieurs banques ne seraient pas restés dormants, loin de là. Au-delà d’un éventuel redressement fiscal, Dominique Tian devra donc s’expliquer, en prime, à la barre d’un tribunal correctionnel et en audience publique....

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Lire aussi

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 17:19

 

 

Source : http://www.amisdelaterre.org

 

 

BNP Paribas mise sur le banc des accusés à Paris

 

Paris, le 9 mars 2017 – Ce matin, 33 Faucheurs de Chaises des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 ont organisé une action dans une agence BNP Paribas du 19e arrondissement de Paris. Les militants dénoncent le rôle de la banque dans l’évasion fiscale, le financement des énergies fossiles et d’entreprises responsables de violation des droits humains. Ils se mobilisent en vue du procès du Président des Amis de la Terre Florent Compain le 11 avril.

A 9 heures, 33 militants ont mené une action non-violente sous forme d’un « Mannequin challenge » [1] dans une agence BNP Paribas du 19e arrondissement de Paris. C’est sous les yeux des clients et du personnel de la banque que les militants se sont figés tout en portant des panneaux symbolisant les différents chefs d’accusation à l’encontre de BNP Paribas : « évasion fiscale », « crimes climatiques », « atteinte aux droits des peuples », tandis qu’un personnage représentant le Directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, était mis sur le banc des accusés.

Cette action s’ancre dans la reprise de la mobilisation annoncée le 27 février 2017 par les Faucheurs de Chaises [2]. Plus de 200 lettres informant BNP Paribas ont été envoyées aux agences régionales, en précisant que ces actions ne visaient pas le personnel mais bien les dirigeants de la banque. Cette nouvelle vague de mobilisation intervient après l’annonce du second procès d’un Faucheur de Chaises [3], Florent Compain, président des Amis de la Terre, suite à une plainte de la BNP Paribas. Bien que la banque a renoncé à de se porter partie civile, Florent Compain sera bien jugé à Bar-le-Duc. Les Faucheurs de Chaises appellent donc à une mobilisation le 11 avril devant le siège de BNP Paribas au 16 boulevard des Italiens.

Les militants des Amis de la Terre et d’ANV-COP21 portaient ce matin plusieurs chefs d’accusation à l’encontre de BNP Paribas : responsabilité dans l’organisation du système de l’évasion fiscale, financement des énergies fossiles via le soutien à des projets comme le terminal de gaz de schiste Texas LNG aux Etats-Unis ou à des entreprises comme Kepco qui prévoit plus de 14GW de nouvelle capacité charbon, mais également complicité dans des violations des droits humains lorsque BNP Paribas soutient des projets comme l’oléoduc Dakota Access Pipeline où les cas de traitements inhumains contre les Sioux de Standing Rock ont été reconnus par des représentants des Nations-Unies [4].

«  Evasion fiscale et financements massifs aux énergies fossiles : les activités actuelles de BNP Paribas font obstruction à une transition sociale et écologique et nous condamnent à un monde à plus de 2°C et à l’augmentation des inégalités et des violences. Nous lui demandons d’y mettre un terme immédiatement et de respecter enfin son engagement pris à la COP21 de tout faire pour que l’objectif de l’Accord de Paris de rester sous la barre de +2 °C voire + 1,5 °C de réchauffement global soit atteint. » affirme Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée des Amis de la Terre.

« Chaque année ce sont 60 à 80 milliards d’euros qui sont perdus par les finances publiques à cause de l’évasion et de la fraude fiscale. Il est temps qu’une volonté politique mette un terme à ces pratiques qui nous pénalisent tous, et que l’argent soit investi dans la transition sociale et écologique. Plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées dans des actions de désobéissance civile non-violentes avec les Faucheurs de Chaises et notre détermination ne s’arrêtera pas. » conclut Alma Dufour d’ANV-COP21.

 

En savoir +

[1] Les « mannequin challenge » sont des actions où les participants figurent immobiles

[2] Le collectif des Faucheurs de Chaises est composé des Amis de la Terre, d’ANV-COP21, d’Attac, de Bizi et de Solidaires Finances Publiques. Il est actif depuis 2015, et a organisé notamment les réquisitions de chaises en vue du Sommet de la transition sociale et écologique lors de la COP21 à Montreuil.

[3] Le premier procès était celui de Jon Palais, jugé le 9 janvier 2017 à Dax. Il avait obtenu la relaxe totale pour tous les chefs d’accusation. http://www.amisdelaterre.org/Le-11-avril-mettons-BNP-Paribas-sur-le-banc-des-accuses.html

[4] Sur Texas LNG : http://www.amisdelaterre.org/BNP-Paribas-annonce-reflechir-a-ses-financements-sur-les-energies-non.html Sur le Dakota Access Pipeline : http://www.amisdelaterre.org/Trump-Dakota-Access-Pipeline-et-les-banques-francaises.html

Crédits photo : Claire Dietrich https://www.facebook.com/zelda.zonk.12

 

 

 

Source : http://www.amisdelaterre.org

 

 

 

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