Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 14:29

 

Rue89 - Explicateur 20/01/2012 à 09h09

Imanol Corcostegui | Rue89 Rue89

 

Mis à jour le vendredi 20 janvier 2012 à 11h10
 

Le FBI a fermé le site de partage de fichiers, fréquenté par plus de 25 millions de visiteurs par jour. Le fondateur et ses associés ont été arrêtés. Explicateur.

Jeudi soir, vers 23 heures, la nouvelle a choqué beaucoup d'internautes qui ne parlent que de ça sur les réseaux sociaux. Megaupload, le site de téléchargement direct le plus populaire, a été fermé par le FBI et sept personnes liées au réseau « Mega » sont sous le coup d'un mandat d'arrêt. Cinq questions pour y voir plus clair.

 

1 Megaupload, c'est quoi ?

 


Le logo de Megaupload

 

Pour les internautes qui ont l'habitude de télécharger ou regarder des films et séries en streaming, Megaupload est un site incontournable, parmi les cent plus consultés sur le Web, selon la plupart des classements.

Créé par un informaticien allemand, Kim Schmitz, dit « Kim Dotcom », le site Megaupload, comme Megavideo (qui a été fermé aussi), héberge de nombreux fichiers de films et de musique protégés par le droit d'auteur.

Le principe : le « direct download ». Chaque internaute peut déposer un fichier, qu'on peut ensuite télécharger gratuitement. Ce n'est pas du « peer-to-peer », où chacun donne un peu de sa connexion. Là, les fichiers sont stockés sur de puissants serveurs.

Selon ses administrateurs, Megaupload a toujours été d'accord pour supprimer les contenus illégaux sur demande et pour discuter avec l'industrie culturelle. Pour le FBI, le site favorise le téléchargement illégal et devait fermer.

Pour bénéficier d'une meilleure vitesse de téléchargement, il était possible de contracter des abonnements payants (200 dollars pour une connexion à vie) et beaucoup d'internautes utilisaient aussi le site pour héberger des fichiers personnels (photos de vacances) ou professionnels.

 

2 Comment s'est passée l'opération du FBI ?

 

C'est le département américain de la Justice qui a décidé d'intervenir. Dans un un communiqué, il explique ce qu'il reproche au site :

  • le viol de droits d'auteur. Les autorités américaines évaluent le préjudice subi à 500 millions de dollars, tandis que Megaupload aurait empoché 175 millions de dollars.
  • tentative de racket  ;
  • blanchiment d'argent.

Jeudi soir, le coup de filet a été gigantesque : dix-huit noms de domaine saisis ; 50 millions de dollars d'actifs saisis aussi sur des comptes à Hong Kong ; quatre personnes, dont « Kim Dotcom » arrêtées en Nouvelle-Zélande, et trois autres sous le coup d'un mandat d'arrêt.

Ont été arrêtés :

  • Kim Schmitz, dit « Kim Dotcom », 37 ans, le PDG et fondateur de Megaupload, basé à Honk Kong et en Nouvelle-Zélande ;
  • Finn Batato, directeur marketing, 38 ans, basé en Allemagne ;
  • Mathias Ortmann, 40 ans, basé en Allemagne et à Honk Kong, directeur technique, co-fondateur ;
  • Bram van der Kolk (« Bramos »), 29 ans, un Danois basé également en Nouvelle-Zélande, superviseur du développement.

Sous mandats d'arrêt :

  • Julius Bencko, 35 ans, basé en Slovaquie, graphiste ;
  • Sven Echternach, 39 ans, basé en Allemagne, directeur commercial ;
  • Andrus Nomm, 32 ans, basé en Estonie et en Turquie, développeur et chef de l'équipe de développement technique ;
Le fondateur de Megaupload et ses associés devant la justice néo-zélandaise

Les autorités américaines affirment aussi avoir saisi « une grosse vingtaine de voitures de luxe, dont une Maserati, une Lamborghini, et de nombreuses Mercedes-Benz », appartenant aux responsables du site.

Dans le communiqué, les autorités américaines assurent avoir travaillé en coopération avec la police des Pays-Bas et du Canada. Selon Numerama, les forces policières de huit pays auraient collaboré à l'opération.

Une coopération étonnante pour une telle affaire. Si elle est courante dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue par exemple, elle ne l'est pas pour faire fermer un site hébergé à Hong Kong.

Cette décision survient au lendemain d'une mobilisation de sites américains contre deux projets de loi Pipa et Sopa, qui visent à défendre les droits d'auteur, en facilitant le blocage des sites contrevenants sans intervention de la justice.


3 Quelles sont les représailles d'Anonymous ?

 

Immédiatement, des représailles ont été lancées. Le collectif d'activistes Anonymous a frappé, comme il a l'habitude de faire, en noyant les sites sous des requêtes de connexions, entraînant sa mise hors service.

Vidéo présentant les représailles d'Anonymous

Jamais autant de sites n'ont été touchés par des attaques d'Anonymous. Parmi eux :

  • le site du ministère américain de la Justice ;
  • celui de la branche américaine d'Universal Music ;
  • le site de l'industrie musicale américaine (RIAA) ;
  • en France, le site de la Hadopi, ainsi que UniversalMusic.fr.

Dans un communiqué, le Parti Pirate a exprimé « sa stupeur ». Maxime Rouquet, coprésident du Parti Pirate :

« Au lieu de doter l'industrie du droit d'auteur de toujours plus de moyens répressifs, et de traiter comme un réseau de mafieux toute plateforme qui génère du profit en diffusant des œuvres, il faudrait mettre en place un mécanisme simple et équitable pour que les auteurs et les artistes tirent profit de la diffusion commerciale de leurs œuvres. »

4 Quelles sont les réactions en France ?

 

En France, surtout depuis la mise en place de la loi Hadopi, Megaupload avait un succès énorme. Selon Le Figaro.fr, en novembre 2010, 7,4 millions de Français avaient consulté le site.

Nicolas Sarkozy a fait un communiqué pour exprimer sa satisfaction suite à cette décision :

« La mise à disposition illégale, par ce service, d'œuvres protégées par le droit d'auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d'abonnements de ses usagers. »

Le président de la République ajoute :

« La lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des œuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création. [...]

C'est le financement des industries culturelles dans leur ensemble qui est mis en cause par ce type d'opérateurs. [...] Le moment est donc venu d'une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d'arrêt à leur développement. »

Ces décisions arrivent alors que François Hollande a répété sa demande de mettre fin à la loi Hadopi. Nul doute que ce débat va pimenter le campagne présidentielle. Nicolas Dupont-Aignan s'est opposé sur Twitter au communiqué élyséen :

« Derrière les conditions et les circonstances de la fermeture du site américain Megaupload se joue en réalité le futur de la liberté d'expression sur Internet. »

5 Et maintenant ?

 

Les personnes arrêtées ont été inculpées par une chambre d'accusation de l'Etat de Virginie et risquent, selon le droit américain, jusqu'à vingt ans de prison. Seulement, comme le rappelle Clubic, la société Megaupload est juridiquement placée à Hong Kong et ne dépend donc pas du droit américain. Beaucoup de questions restent en suspens :

  • Que va-t-il advenir des fichiers privés que certains stockaient sur Megaupload ?
  • Nombre d'internautes qui avaient contracté un abonnement se plaignent sur les réseaux sociaux : « Et mon abonnement ? Vais-je être remboursé ? »
  • Quelles vont êtres les prochaines attaques d'Anonymous et de ses alliés, qui n'hésitent pas à parler du « début d'une cyber-guerre » ?
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 14:25

Récit | LEMONDE | 20.01.12 | 10h53   •  Mis à jour le 20.01.12 | 14h17

 
 

Le commissaire attendait cet instant avec un brin d'impatience. Que le procureur Philippe Courroye l'ait entraîné dans cette aventure hasardeuse passe encore ; mais qu'il lui fasse aujourd'hui porter le chapeau, il ne fallait quand même pas exagérer. Ainsi, quand le commissaire divisionnaire Daniel Jacquème a été convoqué, mardi 10 janvier, par la juge Sylvia Zimmermann comme témoin assisté dans l'affaire des fadettes du Monde, il était assez décidé à tout mettre sur la table. Et notamment à raconter les multiples pressions que le procureur de Nanterre a exercées sur son service, l'IGS, l'inspection générale des services, "la police des polices".

C'est que l'IGS a connu des débuts d'année plus riants. Outre l'affaire des fadettes, le service est visé par six enquêtes judiciaires pour avoir manipulé des procès-verbaux afin de faire tomber Yannick Blanc, un haut fonctionnaire soupçonné d'avoir des sympathies pour la gauche. Daniel Jacquème, 50 ans, est numéro deux de l'IGS depuis le 1er septembre 2010, mais il travaille à l'inspection depuis 2004. Lorsque le parquet de Nanterre a demandé le 3 septembre 2010 à son directeur, Claude Bard, d'enquêter sur les fuites du Monde sur l'affaire Bettencourt, c'est lui qui a été chargé du dossier : le directeur partait deux semaines en vacances.

 

LES HÉSITATIONS DES POLICIERS

Claude Bard lui a assez indiqué d'être prudent : il avait demandé à Philippe Courroye un ordre écrit et dit à M. Jacquème "de n'engager aucun acte positif sans ce document". Le fax de Nanterre n'est arrivé que le 9 septembre, et le commissaire a aussitôt appelé le procureur. Il lui a proposé de travailler comme avec le parquet de Paris, c'est-à-dire de commencer par interroger les policiers qui avaient rédigé les procès-verbaux puis leur hiérarchie, "avant toute investigation technique", avant donc de requérir les fadettes, les factures téléphoniques détaillées. Après tout, l'IGS, c'est la police des polices, pas la police des journalistes.

Philippe Courroye a répondu qu'"il souhaitait que les investigations techniques sur les téléphones des deux journalistes soient réalisées directement", il était pressé, "cette enquête lui tenait à cœur", explique le commissaire. "J'ai dit à M.Courroye que l'IGS n'était pas habituée à traiter des affaires de presse, explique Daniel Jacquème, ces infractions étant de la compétence de la police judiciaire. Il a cependant maintenu sa position et la saisine de l'IGS." Le procureur lui demande de rendre compte aussi souvent que possible, et le commissaire sent qu'il marche sur des œufs: "Une telle fréquence ne se voit que dans les dossiers criminels ou dans les dossiers de flagrant délit lorsque des policiers sont en cause." L'enquête a été remise au parquet le 6 octobre 2010 ; les ennuis ont commencé le 25 octobre, lorsque Claude Bard et Daniel Jacquème ont été convoqués par Philippe Courroye et sa procureure adjointe, Marie-Christine Daubigney.

 

LE CONTENU DES SMS

Le 25 octobre, le procureur est inquiet. Le Monde a commencé à s'émouvoir de l'espionnage de ses journalistes par le parquet de Nanterre deux jours plus tôt, et un procès-verbal du commissaire Jacquème est un peu gênant: il a fait état, le 30 septembre, d'un coup de fil de MmeDaubigney lui demandant le contenu des SMS échangés entre le journaliste Jacques Follorou et Isabelle Prévost-Desprez, la présidente de la 15e chambre du tribunal de Nanterre.

La magistrate est soupçonnée d'être l'auteur des fuites, elle est en guerre ouverte avec le procureur, et c'est elle la vraie cible de l'enquête. Le point est décisif: Le Monde s'apprête à porter plainte, or les fadettes ne disent rien du contenu des conversations, ce ne sont que la liste des appels. En revanche, si le parquet a demandé le contenu des SMS, le délit de violation des correspondances est constitué. C'est bien pour cela que Philippe Courroye et Marie-Christine Daubigney s'obstinent à répéter qu'ils n'ont jamais demandé le contenu des SMS, que le procès-verbal de l'IGS est "erroné", qu'il s'agit, en somme, d'une initiative hasardeuse des policiers.

 

QUI A MENTI?

Philippe Courroye l'a répété aux juges, lors de sa mise en examen, mardi 17 janvier. "Je n'ai jamais demandé le contenu de SMS, aucun acte ne figure dans la procédure en ce sens, a déclaré le procureur. Si certaines personnes, rétroactivement, soutiennent le contraire dans leurs témoignages, leurs déclarations sont contraires à la vérité." Ce n'est pas la version du commissaire Jacquème.

Lors de la réunion du 25 octobre 2010, "M.Courroye nous a fait part de sa surprise que Mme Daubigney ait pu me donner pour instruction de demander par réquisitions auprès des opérateurs le contenu des SMS échangés entre Mme Prévost-Desprez et M. Follorou. Selon lui, Mme Daubigney n'avait pas donné une telle instruction. J'ai confirmé les termes de mon procès-verbal en affirmant que c'étaient des instructions reçues de son adjointe." La procureure adjointe proteste, le policier ne cède pas d'un pouce. "Elle a fini par convenir que ses instructions n'avaient peut-être pas été claires."

Le commissaire n'est pas dupe, la juge Zimmermann non plus. "Maintenez-vous formellement que Mme Daubigney vous a bien chargé de rechercher le contenu des SMS?", demande la magistrate. "Oui, répond Daniel Jacquème, qui a eu le temps de réviser. Le 28 septembre 2010 à 11heures, M. Courroye, en déplacement en Suisse, a contacté M. Bard pour savoir si, par réquisitions, il était possible d'obtenir le contenu des SMS. M. Bard entrait en réunion, il lui a demandé de prendre attache avec moi et lui a précisé que, selon lui, ce n'était pas possible car il fallait une commission rogatoire technique." Deux jours plus tard, le 30 septembre à 15 h 50, "Mme Daubigney m'a posé la même question. Je lui ai répondu la même chose". Elle a rappelé à 16 h 15, et "m'a tout de même donné l'instruction de rechercher le contenu des SMS en m'indiquant qu'elle venait de joindre M.Courroye". Les deux versions sont irréconciliables. Du commissaire ou du procureur, qui a menti?

 

MANŒUVRE D'ARRIÈRE-COUR

Philippe Courroye ne sort pas grandi d'un dernier épisode raconté. "Au mois d'octobre 2011, M. Courroye a pris contact avec M. Bard aux fins de voir si M. Nieto [le commandant de l'IGS qui a fait l'enquête] et moi-même pouvions engager une requête en nullité de votre instruction", annonce le commissaire. La juge Zimmermann et son collègue Alain Nguyen The n'en croient pas leurs oreilles. La manœuvre est limpide, mais manque d'élégance : les deux policiers avaient été ou allaient être entendus comme témoins assistés, ils étaient ainsi partie de la procédure et pouvaient saisir la chambre de l'instruction pour tenter de faire annuler l'instruction de Mme Zimmermann – ce que les avocats de Philippe Courroye ont finalement dû faire eux-mêmes mercredi 18 janvier. En faisant monter les policiers au créneau à sa place, le procureur de Nanterre évitait du même coup d'être mis en examen, et même d'être convoqué.

Les policiers ont eu le net sentiment qu'on les prenait pour des imbéciles. "Après réunion entre MM. Nieto, Bard et moi-même, indique sobrement Daniel Jacquème, il a été décidé d'opposer une fin de non-recevoir à cette demande. M. Bard en a informé M. Courroye." Le commissaire a conclu un peu solennellement: "La procédure a été conduite à l'initiative, sous l'autorité et le contrôle d'un haut magistrat du parquet qui détient un pouvoir hiérarchique, de tutelle, de direction, de contrôle et de sanction à l'égard des fonctionnaires qui officient sous son autorité. L'inspection générale des services n'a fait qu'appliquer les instructions du procureur de la République dans le cadre d'une autorité fonctionnelle."

Franck Johannès

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 14:20

Le 5 décembre dernier, Greenpeace

a dénoncé les manquements de la sécurité des sites nucléaires français.

 

Des militants se sont introduits sur plusieurs sites nucléaires,

notamment à Nogent-sur-Seine et Cruas, où ils ont pu rester

cachés plusieurs heures, démontrant ainsi leur extrême vulnérabilité.

 

Ils sont mis en examen pour violation de domicile et dégradation grave en réunion

d’un bien d’utilité publique, pour certains pour refus de prélèvement d’ADN. Ils

risquent chacun jusqu’à cinq ans de prison ferme et 75 000 euros d’amende.

Ils seront jugés, le 20 janvier à Troyes pour les 9 de Nogent et le 24 janvier à Privas

pour les 2 de Cruas.

 

Les militants de Greenpeace se sont engagés et ils ont besoin de notre soutien !

Ce soutien, nous allons le leur montrer et nous avons besoin de vous !

 

Devant les tribunaux de Troyes et de Privas, nous serons

présents, en nombre, pour les accueillir, les 20 et 24 janvier.

 

Les rendez-vous sont fixés le 20 janvier à 8h devant le tribunal de Troyes (Aube)

et le 24 janvier à 12h30 devant le tribunal de Privas (Ardèche), pour leur dire merci.

Merci de s’être engagé, d’avoir aidé à dévoiler une vérité qui dérangeait...

 

Contact : Sebastien Absolu, tel : 06 13 07 05 40 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 14:15

LEMONDE.FR avec AFP | 20.01.12 | 10h12   •  Mis à jour le 20.01.12 | 15h15

 
 

 

Manifestation de soutien aux militants de Greenpeace, le 20 janvier, à Troyes.

Manifestation de soutien aux militants de Greenpeace, le 20 janvier, à Troyes.AFP/FRANCOIS NASCIMBENI


Le procureur de Troyes a requis, vendredi 20 janvier, de quatre à six mois de prison avec sursis à l'encontre de neuf militants de Greenpeace, poursuivis devant le tribunal correctionnel pour s'être introduits dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) en décembre 2011.

Le procureur Alex Perrin a en outre demandé une peine d'amende de 1 000 à 1 500 euros pour chacun des prévenus, poursuivis pour violation de locaux professionnels et dégradations en réunion.

"On ne répond pas utilement aux questionnements [sur le nucléaire] par des passages à l'acte de cette nature", a déclaré M. Perrin, estimant que l'objectif des militants de Greenpeace était de "faire peur à la population" et de "vouloir faire accroître un niveau de risque qui n'est pas celui de la réalité".

"CLÉMENCE"

Les militants, trois hommes et six femmes, s'étaient introduits dans la centrale le 5 décembre 2011, déjouant la surveillance des gendarmes pendant quatorze heures. Lors de l'audience, ils ont expliqué vouloir mettre en lumière la faiblesse de la sécurité des installations nucléaires.

Poursuivis pour violation de locaux professionnels et dégradations en réunion, ils encourent pour ces délits jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, bien au-delà des peines normalement prévues pour une intrusion sur un site nucléaire, à savoir six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende, selon leur avocat Me Alexandre Faro, qui a plaidé la clémence. Plusieurs sont également poursuivis pour refus de se soumettre à un prélèvement ADN, délit passible d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende.

Devant le tribunal, Sofia Majnoni, porte-parole de Greenpeace, a aussi réclamé la "clémence", soulignant qu'"il y a eu reconnaissance d'un dysfonctionnement de la part du gouvernement, puisque François Fillon a demandé en décembre un audit sur la sécurité des centrales".

Pour Me Jean-Pierre Mignard et Me Emmanuel Tordjman, avocats d'EDF, qui s'est portée partie civile, il n'est "pas question de demander réparation civile aux militants. Le moment venu, ce sera à Greenpeace de rendre des comptes" au civil, a expliqué Me Mignard. "Mais dans une société démocratique, il y a d'autres manières d'agir pour exprimer son opposition" au nucléaire, et les militants "ont pris des risques" avec cette intrusion, a-t-il affirmé.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 14:11

 

 

Un débat contradictoire (et parfois vif) entre Frédéric Lordon, d'une part, et Pierre Khalfa et moi, d'autre part, lors de la rencontre Attac/Mediapart du 15 janvier à Paris, avec un point chaud sur nation/internationalisme.


                                                                                       **************************

"Leur dette, notre démocratie"

Conférence internationale organisée par ATTAC France, en partenariat avec le site Mediapart

15 janfvier 2012, Paris

 

Voir l'édition participative sur Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/leur-dette-notre-democratie

 

Voir en particulier les oppositions dans la table-ronde "Quels remèdes à la crise démocratique européenne?", animée par Laurent Mauduit (Mediapart) :

 

- "Confrontations sur la crise démocratique européenne" par Laurent Mauduit, 19 janvier 2012, http://www.mediapart.fr/journal/international/190112/confrontation-sur-la-crise-democratique-europeenne

 

Et les vidéos des trois positions exprimées :

 

- Pierre Khalfa (Fondation Copernic, Conseil Scientifique d'ATTAC France) : "Se libérer de l'Europe néolibérale", http://blogs.mediapart.fr/edition/leur-dette-notre-democratie/video/190112/pierre-khalfa-se-liberer-de-leurope-neoliberal

 

- Frédéric Lordon (économiste) : "Le soulèvement ou la table rase", http://blogs.mediapart.fr/edition/leur-dette-notre-democratie/video/190112/frederic-lordon-le-soulevement-ou-la-table-ras

 

- Philippe Corcuff (sociologue, Conseil Scientifique d'ATTAC France) : "Nous ne vivons pas en démocratie", http://blogs.mediapart.fr/edition/leur-dette-notre-democratie/video/190112/philippe-corcuff-nous-ne-vivons-pas-en-democratie

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 16:22

Le Carrefour citoyen

vous invite à une rencontre-débat
L'ISLAM, LA RÉPUBLIQUE ET LE MONDE
La peur de l'Islam s'est emparée des dirigeants du Nord, relayés par quelques intellectuels soucieux de défendre les valeurs du "monde civilisé" contre celles des "barbares". Face au fantasme d'une menace islamique qui mêle en vrac foulard, 11 septembre, fanatisme, immigration, banlieues... peut-on avoir une vision laïque et rationnelle des musulmans dans leur diversité ? Comment ensemble, citoyens français musulmans
et non musulmans, croyants et non croyants, bâtir un avenir commun ?
avec
Alain Gresh, journaliste,  
spécialiste du Proche-Orient, directeur-adjoint du Monde diplomatique, animateur du blog Nouvelles d'Orient.
Mardi 31 janvier, 20h30, Saint-Julien-les-Rosiers   

Salle polyvalente Nelson Mandela  
                                                                   Entrée libre
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 16:15

 

ATTAC-FRANCE

Mercredi 18 Janvier 2012

 

 

« Leur dette, notre démocratie » : un succès qui donne des idées

Ce dimanche 15 janvier, malgré un soleil radieux, environ 1300 personnes ont assisté (ou tenté d'assister, car on a dû limiter les entrées) à la « journée des alternatives », organisée par Attac en partenariat avec Médiapart, sur le thème « Leur dette, notre démocratie ». Bref résumé des débats, pour donner envie de regarder les vidéos qui seront bientôt en ligne sur le site d’Attac.

Une salle bondée de 9h30 à 18h sans interruption, des participants des mouvements d'indignés provenant de plusieurs parties du monde, des débats passionnants et passionnés, animés par des journalistes décapants, mais aussi des intermèdes culturels hilarants : une conférence gesticulée d'Etienne Leconte sur la dette, des clips satiriques de Rafaele Arditi, et le Tribunal populaire des banques monté par la Compagnie Naje et Attac... tout a contribué au succès de cette initiative. En introduction Aurélie Trouvé a ironiquement remercié Standard & Poors d’avoir donné de la publicité à la conférence en dégradant la note de la France, et souligné que cette conférence internationale était une première en France; Edwy Plenel s’est félicité de la collaboration étroite et prometteuse entre Attac et Médiapart.

La table-ronde du matin, animée par Martine Orange de Médiapart, rassemblait les partenaires de l'Audit citoyen de la dette publique en France, ainsi que deux participants étrangers. Raquel Freire, du Mouvement du 27 mars au Portugal, a indiqué comment, après la gigantesque manifestation de précaires convoquée via Facebook le 27 mars 2011 contre l’austérité, les mouvements sociaux portugais avaient abouti à la création d'un collectif pour un audit citoyen de la dette publique portugaise qui a tenu sa conférence constitutive le 19 décembre dernier. Chafik Ben Rouine, de l'ACET (Auditons les Créances Européennes envers la Tunisie), a montré combien les dettes du régime Ben Ali pesaient aujourd'hui sur le budget de la Tunisie nouvelle, et prôné la coopération des mouvements sociaux de part et d’autre de la Méditerranée. Eric Toussaint, du CADTM, a confirmé l’importance de construire un mouvement international de contestation de la dette et de l’austérité, tandis que Annick Coupé (Solidaires) insistait sur l’urgence, pour les organisations syndicales, de soulever la chape de la résignation face au rouleau compresseur de l'austérité. Marie-Laurence Bertrand (CGT) soulignait la nécessité d’ancrer l'audit dans l’expertise des citoyens et des salariés afin de créer une véritable dynamique de contestation du discours fataliste et culpabilisateur sur la dette.

Ces interventions des acteurs de l'Audit illustraient les riches analyses introductives présentées par Dominique Plihon sur l'origine véritable de la dette publique (défiscalisation des riches et austérité) et Geneviève Azam sur le dévoiement de la notion de dette ramenée à son seul aspect financier pour mieux nier la dette sociale, non contractuelle, qui rend les individus capables de faire société.
La première table-ronde de l’après-midi, animée par Ludovic Lamant de Médiapart, était consacrée aux mouvements sociaux émergents. Isham Christie, d’Occupy Wall Street, montrait comment ce mouvement des assemblées populaires avait pu en quelques mois transformer profondément le débat politique aux USA, pesant y compris sur la campagne électorale en cours. Patricia Susial, d’Attac Espagne,  rappelait comment les agissements d’élites « indignes » avaient transformé des milliers d’électeurs « résignés » en citoyens « indignés », tandis que Katerina Kitidi, réalisatrice grecque du film Debtocracy, décrivait la puissante dynamique mais aussi les limites du  « mouvements des places » qui a marqué la Grèce l’été dernier.  Katrin Oddsdottir, membre de l’Assemblée constituante islandaise, a décrit comment l’insurrection citoyenne contre la dette des banques islandaises a abouti à l’écriture d’une nouvelle Constitution à travers une procédure démocratique inédite combinant tirage au sort et élection. Yves Sintomer , politiste, relevait la radicalité démocratique potentielle du tirage au sort des citoyens, et suggérait une Assemblée constituante européenne tirée au sort. Jean-Baptiste Eyraud (DAL) a expliqué qu'il faut maintenant passer, en France aussi, à l'offensive, notamment sur la question du logement, en lançant un mouvement de contestation du logement cher. Cécile Stratonovitch, des Indignés parisiens, a fait état des actions menées en France et annoncé de nouvelles initiatives, notamment autour du 15 mars, du 15 mai et des élections. Nicolas Haeringer, d’Attac, a montré comment les mouvements indignés prolongent et enrichissent le mouvement altermondialiste du tournant des années 2000, et Thomas Coutrot, d’Attac,  a insisté sur le divorce aujourd’hui patent entre capitalisme et démocratie, au cœur d’une crise de civilisation.

Après l’intermède ludique du Tribunal populaire des banques, la dernière table-ronde, sous la houlette de Laurent Mauduit (de Médiapart), s’est interrogée sur les issues à la crise européenne. Max Bank, d’Attac Allemagne, a prôné la construction d’un agenda commun des mouvements sociaux contre l’austérité en Europe pour éviter les replis nationalistes, et proposé un grand rendez-vous européen le 15 mai à Francfort devant la BCE. Noël Daucé, de la FSU, a souhaité que le développement des mobilisations citoyennes en Europe pousse le mouvement syndical européen à plus d’initiatives et d’audace dans l’action. Pierre Khalfa, pour la Fondation Copernic, a prôné une stratégie de rupture européenne avec le néolibéralisme, par l’alliance des mouvements sociaux et citoyens et des initiatives de ruptures pouvant passer par le niveau national mais sans s’y arrêter ; Frédéric Lordon, lui, juge plutôt que l’opinion publique allemande étant irrémédiablement attachée à une croyance monétaire néolibérale, une issue démocratique européenne à l’actuelle crise est hautement improbable : pour lui, le niveau national demeure aujourd’hui le seul où la souveraineté populaire pourrait trouver à s’exercer. Philippe Corcuff a plaidé pour une stratégie « cosmopolitique » européenne et internationaliste, pariant sur la profondeur de la crise et des redéfinitions politiques et culturelles qu’elle va impliquer pour parvenir à hisser la politique démocratique au niveau international où elle est aujourd’hui requise.

Edwy Plenel, introduisant la conclusion de la journée en s’appuyant sur une phrase de Walter Benjamin, a estimé que les révolutions qu’on voit aujourd’hui émerger ne sont peut-être pas la « locomotive de l’histoire »  mais « le geste de l’espèce humaine voyageant dans ce train pour saisir le signal d’alarme ». Susan George a souligné avec gravité la portée historique des enjeux et des dangers actuels, et appelait à une lutte sans merci contre le fanatisme religieux du marché. Stéphane Hessel, dans une intervention poignante, nous a exhortés à rejeter toute tentation de résignation et à faire preuve de courage face aux difficultés et aux luttes à venir. Jean-Marie Harribey concluait en rappelant les grands axes d’une politique alternative au néolibéralisme et en indiquant que pour Attac la démocratie est à la fois le but et le chemin.

Alors que les élites européennes s’affairent sur le nouveau traité, dit « Pacte fiscal », pour graver dans le marbre les politiques d’austérité, la riposte des mouvements sociaux doit être à la hauteur de l’enjeu. Les mouvements populaires français, européens et internationaux sauront construire leurs convergences et leurs agendas communs dans les mois à venir pour imposer un coup d’arrêt à l’austérité et commencer à reconstruire leur pouvoir sur les affaires publiques, le pouvoir de la démocratie. Le succès inespéré de cette conférence a montré que les attentes sont fortes.

Attac France,
Paris le 18 janvier 2012



Pour rejoindre Attac : http://www.france.attac.org/adherer
Désinscription : http://list.attac.org/wws/signoff/informons

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 16:11

The Giant Squid

In #globalrevolution, Agora Roma on 18 January 2012 at 21:01

 

Rome, January 18

 

 

Dear people,

 

The Agora Roma officially ended yesterday. There haven’t been any spectacular actions or events in the final two days. Many people have already left, either for home or for other revolutionary fronts.

In the end the experience has been okay. The Vatican action was undoubtedly the main highlight. It came out well, it got the attention of all major Italian newspapers besides from the Washington Post, and the reports on it were pretty objective. Better than we could hope for, given the fact that the church is always a very sensitive subject in Italy.

I had been preparing something spectacular as a conclusion. The idea was to occupy the Forum, in the middle of night. This because our movement claims the public space and the Roman Forum was the public space par excellence in antiquity. Only since a few years you have to pay to enter. The plan was ready in detail. I had identified the weak spot where we could cross. First we would have taken the Palatine, the hill of the emperors, we would have planted a flag on top, saying ’Free Palatine’, and then we would have descended to the Forum to camp.

The plan was very romantic, but it was finally voted down, because of the possible negative repercussions on the movement and ourselves and the bad precedent it could set. Touching ancient Rome is almost as sensitive as touching the church.

Instead, we prepared an action against Goldman Sachs, which we executed this evening. One of us dressed up in a tent, symbolising a giant squid. Other comrades were attached to his tentacles wearing masks of Mario Monti, Mario Draghi, Papademos and Obama. We had prepared a flyer with information on how the former three all have a past in GS and how the bank of banks was the major contributor to Obama’s campaign.

It went on to explain how Goldman Sachs helped the Greeks to trick their budget, how it gets countries ‘hooked’ to loans they can’t pay back, how it acts as a financial hitman and how it finally places its pawns directly in the nerve centres of power. Not to speak about the speculation with food prices.

And so the squid went for a tourist trip through the centre of Rome, from Piazza Barberini to Termini. One of the slogans was a quote by John Adams, the second president of the United States. ‘There are two ways to conquer a nation. Through war, or through debt.’

Now we’re back at the camp. It’s the last evening here in the square. Tomorrow we move to a location in Rome as yet unknown. The march will probably depart next saturday, January 21.

 

Pantheon

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 16:05
Mardi 17 janvier 2012
Communiqué de presse
Collectif Les Raisons de la colère
 
Les organisations de chômeurs reçues par le cabinet Bertrand :
plus que jamais, vigilance et mobilisation !
 
Après plus d’un mois de silence de la part du gouvernement et à l’annonce d’un mouvement de protestation dans toute la France, les organisations de chômeurs réunies dans le collectif des Raisons de la colère seront reçues aujourd’hui par le cabinet du ministre du Travail, Xavier Bertrand. Elles feront part de leurs propositions relatives à l’emploi et à la situation des chômeurs, thèmes principaux du sommet du 18 janvier 2012.
 
Cette rencontre ne doit pas faire oublier que les organisations de chômeurs exigent toujours de participer au sommet du 18 janvier, où se retrouveront le gouvernement et les partenaires sociaux, qui, une fois encore, parleront du chômage sans les chômeurs !
Et c’est pour cette raison que, malgré cette rencontre, les organisations de chômeurs participent et soutiennent les actions de mobilisations des précaires dans toute la France organisée aujourd’hui.
 
Les organisations de chômeurs veulent d’abord réagir aux effets d’annonces gouvernementaux.
La formation, nécessaire, ne peut être la solution miracle au chômage, alors qu’il y a tout au plus 500 000 emplois vacants pour près de 5 millions de chômeurs en France, pour beaucoup déjà formés, voire sur-diplômés ! Elle doit rester au choix des personnes, et n’est utile que si elle débouche sur une embauche.
Le chômage partiel, déjà utilisé, n’est qu’une façon de diminuer le temps de travail, mais surtout les revenus, le tout à la seule discrétion de l’employeur. Il n’est, en plus bien souvent qu’un sas qui conduit aux licenciements !
La flexibilité du travail signifie surtout la flexibilité du travailleur face à des exigences qu’il ne maîtrise pas. Il n’est plus tolérable que les salariés soient la variable d’ajustement des entreprises !
 
Face à ces pis-allers de circonstances, les organisations de chômeurs appellent une vision radicalement différente, et feront des propositions sur les questions cruciales de l’emploi, de la formation et de l’indemnisation des chômeurs et précaires
 
Nous demandons, au-delà des réformes majeures du système d’accompagnement et d’indemnisation des sans-emploi, et compte tenu de la gravité de la situation, des mesures d’urgence pour les chômeurs et précaires, avec une revalorisation immédiate de 250 euros des minima sociaux.

 
 
 
 
---------------------------------------------------

Contacts :
Jean-François Yon – Délégué Fédéral MNCP – 06 74 39 55 46
Virginie Gorson-Tanguy - Assistante MNCP - 06 44 28 44 25
 
contact@mncp.fr
@Twitter : Federation_MNCP

@Facebook : MNCP (groupe ouvert

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 13:58

   Une tribune de Geneviève Azam et Thomas Coutrot (économistes), Dominique Méda (sociologue), Etienne Balibar (philosophe) et Yves Sintomer (politologue).


Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, "vit depuis plus de trente ans à crédit". Et l'enjeu pour la gauche sociale-démocrate serait seulement de "donner du sens à la rigueur" en attendant de "relancer la croissance".

Ce scénario semble aussi évident que l'air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur “La dépense publique et son évolution” publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8% dans les années 1990 à… 52,9% dans les années 2000.

Si les déficits et la dette ont flambé, ce n'est pas du fait d'une envolée des dépenses, mais à cause d'une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d'impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d'euros. Et la crise financière a provoqué une chute brutale des recettes publiques déjà érodées par cette contre-révolution fiscale. Cette dette est celle de la finance et du néolibéralisme, pas des assurés sociaux ni des citoyens.

Deux narrations aussi contradictoires de l'histoire de la dette publique déterminent deux réponses antagoniques. Selon l'histoire officielle, une cure sévère d'amaigrissement budgétaire s'impose, sans débat autre que sur les modalités, pour que la France restaure ses finances publiques et que ses entreprises redeviennent compétitives. Dans la narration alternative, à l'inverse, la clé de la situation réside dans une réforme fiscale redistributive, couplée à une cure amaigrissante et une mise sous tutelle du secteur financier.

En outre, la réforme fiscale, qui permet de réduire le déficit courant, n'épongera pas la dette : les intérêts versés en 2011 aux rentiers — ceux-là mêmes qui ont bénéficié des baisses d'impôts — se montent à 50 milliards d'euros, avant même la prochaine perte du triple A et de probables hausses des taux exigées par les marchés.

Pour alléger ce fardeau, préserver les services publics et la protection sociale, et enclencher une transition écologique, le débat démocratique devra déterminer si une part de cette dette est illégitime, c'est-à-dire contractée au nom d'arguments infondés et au bénéfice d'intérêts particuliers et, le cas échéant, décider un défaut sur cette partie de la dette. Les Etats devront à l'avenir se financer ailleurs qu'auprès des seuls marchés financiers, comme ils le faisaient jusqu'au début des années 1980 : faute de quoi ils ne pourront plus prétendre à aucune souveraineté.

Ils devront également prendre acte que cette crise est aussi celle d'un modèle de croissance insoutenable, et réorienter les investissements publics vers des programmes écologiquement plus sobres et plus riches en emplois au lieu de grands projets productivistes, coûteux et obsolètes.

Mais si la narration critique a pour elle la vraisemblance du diagnostic, elle se heurte aux "évidences" martelées, et la nécessaire radicalité des réponses qu'elle appelle peut inquiéter. C'est pourquoi un appel pour un "audit citoyen de la dette publique" a été lancé mi-octobre 2011 par des personnalités et nombre d'organisations syndicales, associatives et politiques, rejoints depuis par plus de 50.000 citoyens.

Des collectifs locaux se créent dans de nombreuses localités pour proposer aux citoyens de s'emparer de ce débat. Ces initiatives n'ont pas encore intéressé les médias, mais veulent susciter dans les profondeurs de la société un débat de la même intensité que celui qui a précédé le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005.

Car les questions alors débattues se posent avec une tout autre acuité, à l'heure où le tsunami de l'austérité arrive d'Europe méridionale. Les réformes institutionnelles adoptées depuis un an, et parachevées par le "traité intergouvernemental à Vingt-Six" décidé au sommet européen de décembre, ne font que radicaliser une logique de répression budgétaire et de soumission aux marchés financiers, dont la crise manifeste pourtant l'échec patent. Alors que le navire de Maastricht s'est déchiré sur les récifs de la crise financière, les capitaines s'épuisent à coller des rustines sur les débris qui flottent.

Une idée a servi de clé de voûte à l'architecture européenne depuis Maastricht : les marchés sont plus intelligents que les gouvernements et les électeurs. Concurrence fiscale et sociale au sein d'un marché libre et non faussé ; réduction des recettes publiques pour augmenter la compétitivité ; obligation faite aux Etats, en cas de déficits, de se financer sur les marchés ; interdiction faite aux Etats de s'entraider financièrement… : la zone euro a été conçue pour éliminer les politiques économiques volontaristes et placer les Etats sous le pilotage automatique des marchés. La tentative désespérée de sauver cette architecture aux principes obsolètes ne peut qu'échouer, fût-ce avec des eurobonds (des titres communs pour mutualiser la dette des pays de la zone euro) qui resteront soumis au jugement et donc aux critères de "bonne gestion" des marchés.

L'échec programmé de ce sauvetage peut déboucher dans les années à venir sur un éclatement de l'euro et un déferlement des courants nationalistes, autoritaires et xénophobes qui travaillent les sociétés européennes. Mais le pire n'est pas certain. Les aspirations démocratiques, elles aussi, sont très vivaces en Europe, notamment dans la jeunesse, comme le montre l'essor des mouvements "Indignés" dans les pays du Sud, jusqu'ici les plus touchés par la crise sociale et démocratique.

La nomination d'anciens dirigeants de Goldman Sachs comme chefs de gouvernement en Grèce et en Italie, ministre des finances en Espagne ou président de la Banque centrale européenne, ne passe pas. Pas plus que les cris d'orfraie devant l'éventualité d'un référendum, en Grèce ou ailleurs. Les citoyens ne veulent plus être "des jouets dans les mains des banques et des politiciens", comme disent les "Indignés" espagnols. Ils veulent pouvoir peser sur leur avenir, faire des projets pour leurs enfants, stopper les dégradations sociales et écologiques qui les horrifient.

Face à la surdité des élites, une insurrection démocratique est nécessaire en Europe comme d'ailleurs aux Etats-Unis, dans le monde arabe, en Russie... Il s'agit de refonder la démocratie dans le champ politique par un recours intense aux mécanismes de la démocratie directe (initiatives citoyennes, référendums révocatoires…) et de la démocratie délibérative (conférences citoyennes, deuxième Chambre tirée au sort…).

Il s'agit aussi de l'élargir au champ économique, à commencer par le système bancaire, dont le sauvetage imminent par les deniers publics doit être l'occasion de le placer sous le contrôle non pas des fonctionnaires de Bercy ou de Bruxelles, mais de la société civile. L'horizon semble bouché par leur dette : dégageons-le en réinventant notre démocratie.

(Source : Le Monde)

 

 

 

 

 

 

 

 


Cette crise n'est pas une crise mais un hold-up de la finance

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22