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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 17:02

 

Le nouvel obs

Créé le 24-01-2012 à 16h50 - Mis à jour à 18h01      

DAVOS (AP) — Un camp retranché dans un beau paysage grison. Voilà ce qu'on peut voir ces jours-ci à Davos, où des milliers de militaires et de policiers armés de pelles ont érigé une barrière de 18 kilomètres de long, censée tenir à distance les indésirables au Forum économique mondial (WEF), qui ouvre ses portes mercredi.

 

Quelque 3.500 militaires sont appelés à assurer la sécurité des 2.600 personnalités qui, à l'instar de la Chancelière allemande Angela Merkel, du Premier ministre britannique David Cameron ainsi que de nombreux dirigeants d'entreprise, se rendront au WEF d'ici à dimanche prochain. Le président français Nicolas Sarkozy, candidat présumé mais pas déclaré à sa propre succession à l'élection de ce printemps, n'a pas prévu de se rendre à Davos mais son ministre de l'Economie, François Baroin, y est attendu jeudi et vendredi.

 

L'érection d'une barrière de sécurité de 18 kilomètres de long a été une tâche ardue en raison des fortes chutes de neige des deux dernières semaines, a expliqué mardi à l'Associated Press Stefan Hofer, porte-parole de l'armée suisse. Il a fallu beaucoup pelleter car la clôture doit être solidement ancrée dans le sol, notamment pour résister au poids de la neige.

 

Davos s'est en effet réveillée mardi avec 40 centimètres de poudreuse. La couche blanche avoisine les 2,50 mètres en bord de route. "Nous ne savons plus où la mettre", a confié Thomas Hobi, porte-parole de la police cantonale grisonne.

 

Les forces de l'ordre espèrent une édition calme du Forum cette année, avec une seule manifestation prévue, pour samedi. La nouveauté est un village d'igloos, campement improvisé par des militants dans le sillage du mouvement "Occupy Wall Street" ("Occupation de Wall Street") contre les excès de la finance. L'atmosphère y est paisible jusqu'ici, selon Thomas Hobi. Quelques manifestants ont fait une brève apparition mardi en dehors du périmètre de sécurité, barbouillant la neige de slogans anticapitalistes, et la police s'est contentée de relever les identités.

 

Le mouvement "Occupy WEF" nie toute légitimité à la rencontre des principaux dirigeants de l'économie et de la politique internationales à Davos, estimant qu'ils ne représentent les intérêts que d'un pour cent de la population et décident du sort de sept milliards d'êtres humains sur la planète.

 

Le fondateur des rencontres de Davos a lui-même jugé dans un entretien accordé mardi à l'AP que le capitalisme avait perdu ses repères et que les manifestants pouvaient lui apporter quelque chose.

 

Klaus Schwab continue à "croire profondément dans l'économie de marché, mais l'économie de marché doit servir la société", a-t-il expliqué, souhaitant que l'accent soit mis sur l'emploi et que les grands de ce monde s'efforcent de gagner la confiance de l'opinion publique. Il a ajouté que les Occupy WEF étaient invités à une réunion en marge du forum sur la réforme du capitalisme. L'organisateur du mouvement, David Roth, a déclaré à l'AP que son groupe n'avait pas encore pris de décision.

 

La principale menace qui plane pour l'instant sur la réunion au sommet semble donc être... la neige. Des spécialistes de l'Institut fédéral pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF), sis d'ailleurs à Davos, gardent un oeil sur les pentes enneigées qui entourent la station. Le risque d'avalanche était considéré mardi comme élevé, a précisé Benjamin Zweifel, du SLF. Davos est toutefois bien protégée depuis la dernière coulée mortelle en 1968.

 

Si les conditions météorologiques devaient rester mauvaises, l'armée pourrait limiter le nombre de vols d'hélicoptères servant à acheminer les invités de marque depuis l'aéroport de Zurich, note Stefan Hofer. Mais les avions de chasse F/A-18 ne craindront quant à eux pas les flocons. AP

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OCCUPY

 

À Davos, les indignés creusent des igloos

Le mouvement Occupy occupe les sommets dans la station de ski de Davos en Suisse, où doit débuter, mercredi 25 janvier 2012, le forum économique mondial.

Le mouvement Occupy, lancé à New York en septembre dernier, s’attaque maintenant aux sommets suisses en occupant la commune de Davos. La très chic station de ski s’apprête à recevoir, du 25 au 29 janvier, les prestigieux participants du forum économique mondial. Les indignés, qui ont été forcés d’abandonner leurs habituelles tentes pour se creuser des igloos, pourront profiter de la présence de nombreux acteurs économiques pour dénoncer les dérives de la finance mondiale. 

 

 

http://www.jolpress.com/article/davos-les-indignes-creusent-des-igloos-391604.html
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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 16:56
On Mardi, janvier 24th, 2012

http://www.flezz.com/fr/la-justice-est-elle-une-arme-de-dissuasion-massive/

 

 

Ce sont des réquisitions sévères qui ont été prononcées à l’encontre des deux militants qui comparaissaient aujourd’hui à Privas, et des neuf autres activistes, dont le procès s’est tenu le 20 janvier, à Troyes.

 

Photo : Nicolas Chauveau / Greenpeace

 

Manifestement, le ministère public a choisi de serrer la vis : la prison avec sursis devient le minimum requis, alors qu’il y a quelques années, pour des faits similaires, les militants écopaient d’amendes… La justice semble aujourd’hui vouloir dissuader la mobilisation, et criminaliser les lanceurs d’alerte.

Les deux militants, qui comparaissaient aujourd’hui à Privas, étaient restés sans être repérés plus de 14 heures dans la centrale de Cruas. Ils encourent les mêmes peines que les neuf activistes qui avaient pénétré dans la centrale de Nogent-sur-Seine et étaient jugés à Troyes le 20 janvier :

- quatre à six mois de prison avec sursis,
- amendes allant de 1 000 à 1 500 euros chacun,
- deux ans de mise à l’épreuve, avec interdiction de s’approcher à moins de 2 km d’une centrale nucléaire pour les neuf militants de Nogent-sur-Seine,
- 1 000 euros d’amende supplémentaire pour ceux qui ont refusé le prélèvement de leur ADN durant la garde à vue.

Le jugement est attendu pour le 21 février pour les “neuf de Nogent”, et le 28 février pour les “deux de Cruas”.

En France, le débat sur le nucléaire est jusqu’à maintenant confisqué par un État, des élites politiques et des responsables industriels obsédés par le nucléaire.

Pour susciter le débat et révéler des vérités cachées, les militants de Greenpeace mettent en œuvre des actions de confrontation non-violentes qui sont légitimes, même si elles sont illégales. Les citoyens qui les mènent assument les conséquences juridiques de leurs actes, mais doivent bénéficier d’un traitement particulier : ils ne sont pas des délinquants, ils servent l’intérêt général.

Un soutien sans faille aux militants : ce sont plus de 300 personnes qui se sont rassemblées devant les tribunaux et plus de 8 000 messages de soutien qui ont été publiés en ligne pour dire tout simplement MERCI ! à ces 11 porte-paroles.

 


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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:44

 

http://www.dailymotion.com/video/xnxht0_leur-dette-notre-democratie-synthese_news

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:38

atlantico.fr

Publié le 24 janvier 2012

Ils campent dans le froid, autour du forum économique mondial. A l'intérieur, on s'inquiète de la hausse des inégalités et de la crise de la dette.

 

Les températures flirtent avec le zéro en Suisse. Réunis près du cordon de sécurité qui entoure le forum économique mondial, les "99%" ont mis en place un "camp igloo". "Le reste de la société est exclu des réunions, ce sont les 1% qui ont le pouvoir, négocient et décident du sort des 99% dans le monde", explique l'un des organisateurs du camp, David Roth.

Cette année, Davos réunit des experts, des responsables politiques et des organisations internationales autour du thème "La grande transformation : façonner de nouveaux modèles".

La croissance économique, l'emploi et le protectionnisme seront les trois principales inquiétudes en 2012, d'après les dirigeants de onze organisations internationales, dont Christine Lagarde du Fonds Monétaire International.

L'édition 2012 du forum  de Davos, qui ouvre ses portes mercredi, se veut en phase avec les transformations du monde. Parmi les 2600 participants, on retrouve le premier ministre tunisien, Hammadi Jebali, ou encore Imran Khan, l'ancien joueur de cricket pakistanais qui a fait de la corruption son principal combat. Dominique Strauss-Kahn, Nicolas Sarkozy ou George Papandreou eux ne se rendront pas aux réunions. Malgré tout, la plupart des participants seront les mêmes que depuis le déclenchement de la crise en 2008. 

Lu sur Reuters

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:32
| Par La rédaction de Mediapart

La justice civile suisse va juger mardi 24 et mercredi 25 janvier l'affaire d'espionnage d'Attac par Securitas pour le compte de Nestlé. Au pénal, un non-lieu a été prononcé en juillet 2009, le juge vaudois estimant la violation de la protection des données prescrite, mais Attac demande 27.000 francs suisses (22.300 euros) de dommages moraux.

Après le sommet du G8 à Evian, en 2003, Nestlé avait infiltré deux employées de Securitas au sein de l'organisation Attac-Vaud qui rédigeait un livre dénonçant le groupe agro-alimentaire, chargées de faire remonter les renseignements à Nestlé. L'une d'elles, «Sara Meylan», a ainsi divulgué à son employeur les recherches, les sources, les contacts en Suisse et à l’étranger liés à ce livre. Securitas a également partagé ses informations avec la police cantonale vaudoise.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:25
Marianne - L'Hérétique - Blogueur associé | Mardi 24 Janvier 2012 à 12:00

 

Vous ne rêvez pas : il est encore possible de trouver des jeans fabriqués en France, et qui ne coûtent pas les yeux de la tête. Les jean's Tuffs sont les derniers du genre à être fabriqués dans l'hexagone, ce grâce à la volonté de trois frères qui ont refusé d'expatrier leur atelier en Asie. Histoire d'un Made in France possible racontée par le blogueur l'Hérétique, accréditant ainsi le « produire français » défendu par François Bayrou.



(Made in France - Flickr - Clearly Ambiguous - cc)
(Made in France - Flickr - Clearly Ambiguous - cc)
Et hop, salut Florac ! Rien de tel que le jean cévenol. Je songeais, les soldes et embonpoint venant, à me racheter quelques jeans : petit tour sur mes magasins en ligne habituels, visites chez quelques marques connues mais, soudain, inspiration ! Et si je cherchais jean français sur Internet ?

Petit tour sur google et...bingo ! Je suis tombé sur le site des Jean's Tuffs. Trois frères résistent encore et toujours à l'envahisseur, et continuent de produire de la toile de qualité. Je vais pouvoir d'ailleurs vous en donner mon sentiment, j'ai commandé deux pantalons. Bon : ils sont à 59 euros, ok, mais ce n'est pas plus — et même moins en fait — que des jeans de marques diverses mais connues qu'on paie des fortunes, souvent plus de 100 euros pièce. Quand je dis « on », je veux dire certains, évidemment.

Produire un jean en France et le vendre à un prix raisonnable

La manufacture de Tuffs a employé jusqu'à 600 salariés. Aujourd'hui, l'atelier n'occupe plus que trois personnes, de novembre à Pâques, seulement. Sans doute une activité complémentaire. L'ancêtre des Tuffery, Célestin Tuffery, était lui-même tailleur au début du XXème siècle. La tradition s'est poursuivie envers et contre tout. 

C'est tout de même dingue, quand j'y pense. Regardez les jeans qui figurent sur le site Levi's, l'une des marques les plus célèbres. Enfin, regardez les jeans mais surtout les prix : de 100 à 400 euros, nom de Zeus ! Et il y a des clients. Alors, bon, avec leurs 60 euros, les trois frères, ça va, ils ne volent pas le client, et, au moins, on est sûr qu'il n'y a ni prisonniers chinois (voire nord-coréens) ni enfants dans les ateliers qui triment pour les confectionner. 
Je ne dis pas que 60 euros c'est donné, mais à qualité et standing comparés, je pense que cela vaut le coup. D'ailleurs, à Florac, tout le monde porte ces jeans.

Bon, ça va encore faire ricaner l'Nicolas et l'Marc qui jugent insignifiante et grotesque l'idée principale de Bayrou sur le Made in France, l'Romain va encore hurler au loup nationaliste, il n'empêche que quand tu cherches, tu constates que cela tient la route la piste qu'a flairé le Béarnais.
Allez, Norbert, Jean-Jacques et Jean-Pierre, on est avec vous ! Comme quoi, le Textile n'est pas condamné à s'expatrier nécessairement en Asie.

Retrouvez l'Hérétique sur son blog.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:17
Marianne - Panagiotis Grigoriou - Blogueur associé | Mardi 24 Janvier 2012 à 12:01

 

En pleine crise économique, politique et identitaire, le collectif refait surface. Malgré des schémas qui se répètent. Culture négligée, magouilles financières, intérêts politiques... Panagiotis Grigoriou, blogueur associé de Marianne2, nous raconte un quotidien bouleversé par la finance mais rendu meilleur grâce à un retour aux essentiels.



Les temps nous changent. Hier déjà nous étions si loin. Le corps social blessé se retourne comme il peut. Recroquevillés et vulnérables, nous nous détournons du passé. Nous lui tournons le dos, mais sans bouger. D'ailleurs, nous n'avons plus le choix. Ou plus exactement nous en avons deux : le choix des bancocrates grecs et autres, c'est à dire mourir, ou celui d’inventer au jour le jour, d'abord pour se maintenir en vie, puis pour féconder le long terme.
 
Nous nous découvrons petit à petit sortants de l'ombre. Finalement, nous sommes assez nombreux à ne plus nous sentir à l'aise dans l'ancien sens. Depuis un moment déjà, quand on réfléchit bien. Et pas seulement dans le milieu des lettres et des médias, fort heureusement. Toute notre commune mesure se déplace, et avec elle, la frontière du possible. Comme au Far West. Pour le meilleur ou pour le pire.

Un retour au collectif

Embarquée sur notre « RER grec » jeudi soir, une dame emmenait chez elle les herbes sauvages qu'elle avait ramassé sur le flanc nord-est du mont Hymète : « de quoi compléter nos repas jusqu'à lundi prochain. C'est pour ma famille vous savez, puis mon frère viendra, sa femme aussi. Je les fais à la casserole d'abord… Avant, j'achetais au marché local, mais de nos jours c'est un met offert à ne pas manquer. »
 
En effet, le met nouveau, c'est aussi le retour à la famille ou aux amis. Se retrouver, se sentir protégé, manger. Une récente enquête, publiée par le magazine Epikaira (www.epikaira.gr – 19/01/2012, version imprimée, p. 18), confirme ce revirement. Ainsi l'ostentatoire et la démesure n'ont plus la cote. Il était grand temps. Il vaut mieux mourir sobre et pensif que vivre vorace et potentiellement idiot, selon les derniers dires du simplisme ambiant. Les publicitaires le comprennent bien, car lorsqu'il faut faire vendre on ne badine pas avec les représentations collectives.

La richesse relationnelle

Ainsi, dans une publicité dont tout le monde parle, le héros, vendeur de sandwichs, interroge son client sur les ingrédients à ajouter, à part la saucisse « tout en marquant des buts contre la faim ». C'est un vendeur ambulant, servant sa clientèle depuis un stand posé devant un stade, son enseigne commerciale portant le nom de « thérapeute de la faim ». Il représente aussi l'engouement pour ces formes de restauration bon marché, qu’on ne retrouve pas que devant les stades. Avant la déferlante des Troïkans, les publicitaires utilisaient des plans tournés dans les restaurants, mais ce n'est plus une pratique courante compte tenu du contexte actuel.
 
La vidéo se poursuit par un dialogue assez croustillant. On laisse entendre que le sympathique client n'a plus de relation amoureuse, mais c'est sans doute parce qu'il n'a pas de chance, et ainsi, il reçoit les encouragements du vendeur car « t'en fais pas mon vieux, toi, t'es beau mec ». 

Et peu importe, si on suggère à la fin, d'opter pour l'opérateur de téléphonie qui a produit ce spot, bien que le produit lui même n'apparaisse pas une seule fois dans la pub. Voilà donc pour le renversement des valeurs. Le collectif est à la page, même si les actes ne suivent pas encore fidèlement les paroles.
 
Dans les médias, on s'interroge sur le succès de ce spot publicitaire. Stavros Theodorakis, éditorialiste et journaliste pour les secteurs de la presse écrite et de l’audiovisuel, parle d’une improvisation partielle lors du tournage. D’où le « t'en fais pas mon vieux, toi, t'es beau mec ». Une réplique du vendeur, incarné par Manolis Mavromatakis, un excellent acteur qui se produit au Théâtre national, mais qui par le biais de la publicité, rechercherait à financier son prochain film. « Il suffirait qu'un homme, venu de nulle part, prononce ainsi la phrase-clef qui nous emportera aussi en politique, raflant toute la mise, en dépit des scenarii des formations politiques supposées existantes », écrit Stavros Theodorakis.

Improvisation partielle ou pas, je préfère m'attarder la dernière phrase du vendeur: « je vis dans un rêve, ne me réveillez pas. » Auto-dérision et ironie sont de mise, tandis que le code vestimentaire renvoie à la classe « dominante », dans les faits, la classe populaire. On y suggère alors sobriété, pauvreté (relative, pas miséreuse), malchance et ambiguïté, dans la notion de rêve et dans celle qui sous-entend l'action/inaction (« ne me réveillez pas »). Mais avant tout, ces personnages incarnent l'humour et donc, la richesse. Non pas matérielle, mais relationnelle, valeur sûre finalement, tout comme l'échange, et l'encouragement. Ce qui reste en somme positif, dans un pays ravagé par la bancocratie et par ses propres errements.
 
Un certain individualisme devient alors condamnable, encore que ... En tous cas, nous sommes ailleurs. Dans une optique bien différente de celle d’un passé encore très récent. Agir collectivement, s'entraider et ne plus avoir le droit de rêver sur l'avenir. Voilà que nous nous découvrons enfin membres du club. Non pas celui des « puissants » de la zone euro, comme nos hommes politiques nous le rabâchaient depuis dix ans, mais de l'autre, si grand et ouvert, des 80 % de l'humanité, vivant dans la cité du rêve interdit. Les chiffres utilisés par la presse cette semaine font état de 1700 suicides attribués à la crise depuis 2010. On constate aussi près d’un décès par jour chez les sans domicile fixe ces derniers jours d’hiver. Et ces politiques toujours là.

Montages financiers

Justement, ce personnel politique n'en finit pas d'exister. Et à chaque fois qu'il occupe la scène médiatique c'est pour ajouter de l'exécrable sur l'abime. Ainsi, cette semaine était aussi celle d'un premier déballage à travers les chamailleries entre grands patrons de la presse (Psycharis – quotidien Ta Nea) sur les dessous des montages financiers autour de la dette grecque et autres affaires, présumées profitables à la famille Papandréou. Cette même semaine, la police vient d'arrêter à Salonique 53 personnes, mêlées dans une affaire d'entreprise mafieuse et de blanchiment d'argent. Les prêts non officiels et usuriers à destination d'entrepreneurs, figurent parmi les spécialisations de la structure. Certains de ces entrepreneurs se sont suicidés ou « suicidés » depuis quelques mois déjà.
 
Les arrestations concernent un échantillon représentatif de la déchèterie nationale au service de la bancocratie : responsables régionaux dans la branche bancaire de la baronnie, policiers gradés, hauts responsables aux services anti-fraude du fisc, dirigeants d'équipes de foot et hommes politiques locaux, appartenant au parti de la droite, à celui de l'extrême droite et bien entendu au P.S. (on évoque même un proche de Venizélos – ministre de l'Économie, figurant parmi les inculpés), et enfin, un journaliste-rédacteur à la chaine régionale (et d'État) ET3.
 
Parmi les « victimes » de cette mafia, on découvre l'ancien footballeur de la sélection nationale du Club Atlético de Madrid, Demis Nikolaidis. On apprend par des sources policières relayées dans la presse que le joueur a emprunté en 2010 auprès d'un « entrepreneur » du clan 350.000 euros. Il devait lui rembourser 51.800 euros par mois, le taux initial mensuel étant de 10% puis ramené à 6,5% car le « client » était bon payeur. Finalement, Nikolaidis, a remboursé en quelques mois 620.000 euros, sur les 350.000 empruntés initialement.
 
Nous n'irons pas pleurer sur le sort du footballeur, mais la question que la presse ne pose jamais est par quel mécanisme de « valeur ajoutée » ces montants sont-ils si élevés ? Et s’ils sont si importants, pourquoi donc valoriser ainsi une telle « activité » ? Pourtant, il y a en a toujours qui suivent les « matchs » de foot dans ce pays comme avant.

Répétitions

Finalement, les taux usuriers de nos mafieux n'ont rien d'anormal. Le système banquier tout entier, si sérieux qu'il puisse nous paraître selon les stéréotypes savamment cultivés, « les marchés » autrement dit, pratique exactement les mêmes méthodes, seulement l'échelle est toute autre. Usure alors systémique. Les négociations entre le premier ministre, « guichet automatique », et le siège de son établissement semblent avancer. Les dernières touches sont apportées au tableau d'amortissement des « titres », donc on peut laisser courir une sorte de défaut, supposé maîtrisable vu qu’il a été programmé jusque là. Comme en 1931, lorsque Moody's, conduisait déjà la Grèce au chaos (Régis Soubrouillard – Marianne ).
 
Pendant quatre ans, plusieurs écoles et universités n'ont pas fonctionné, les agents ont été mis à la porte et les soupes populaires se sont généralisées. Mais cela n’a pas suffi. Les services et les infrastructures du pays (réseau de distribution de l'eau, électricité) ont été « acquis » par des « investisseurs » étrangers. Le syndicalisme fût interdit, ainsi que les grèves. Les agents de l'État restants furent privés de la moitié de leur solde. En 1932, le peuple grec savait bien que les gouvernants du pays n'étaient, ni plus ni moins, qu'un corps de politiciens professionnels, dont les intérêts personnels étaient en réalité ceux de leurs patrons, entrepreneurs locaux ou non.
 
Ces derniers étaient les contributeurs directs des politiciens, souvent par le biais de la bourse, comme on pouvait déjà le lire dans la presse de l'époque. Le chômage officiel, de 75.000 personnes en 1928, passe à 237.000 en 1932 (pour 6,5 millions d'habitants). Les prix doublent, et les morts causées par la famine se comptent par milliers. Les jacqueries et autres révoltes spontanées sont violemment réprimées par la police, la gendarmerie et l'armée. De fait, la stratocratie s'impose comme étant le régime le mieux adapté à la situation selon les bancocrates de l'époque. La presse communiste ces années-là qualifie Elefterios Venizélos, premier ministre, de « dictateur ».
 
Le bipartisme ayant échoué, la mise à sac du pays, liée à la faillite de 1932, a entrainé la mécanique finale aboutissant en 1936 à la dictature de Metaxas. Je rappelle qu'a l'époque, le président au conseil des créanciers (aujourd'hui on dit également les « marchés ») était Sir Austen Chamberlain, (« Accords de Locarno » - 1925), demi-frère de Arthur Neville Chamberlain, (« Accords de Munich » – 1938). À terme, ces accords ont contribué à la logique du déclenchement de la seconde guerre mondiale.

« Jardiniers de Salonique »

Car encore chez nous le « dénouement » global 2012 se précise déjà bien, trop bien même. Le « gouvernement » vient de proposer par une loi cadre le transfert de la propriété de tous les biens de l'État, bandes côtières, ressources et monuments compris, vers une supra-structure gérante, liée aux « restructurants » de la dette.
 
En somme, nos « jardiniers de Salonique » cultivant le « tout en un » en politique et « la Troïka pour tous les autres », voilà ce qu'en Grèce on commence designer sous son onomatopée originelle : « bling bling ». A savoir, l'occupation de l'intérieur et celle de l'extérieur, main dans la main. Ce type de jardin n'étant pas qu'une spécialité de Salonique, ni même de la Grèce. On se demande pourtant pourquoi ces affaires sortent en ce moment car en Grèce cette supra-corruption ne tombe pas que du ciel. On se dit alors que le système prend de l'eau et la nuit des longs couteaux. Certains tentent de se repositionner dans le paysage « politique » sous le régime des Troïkan. Apparemment, il n'y en aura pas pour longtemps, ni pour tout le monde. Les petites salades cachent bien les vraies patates chaudes.

Citrons mécaniques

Entre temps, au centre ville d'Athènes, une certaine vie culturelle se poursuit comme elle peut. Un éditeur présente son calendrier 2012, un artiste peintre connu y ayant contribué. On y joue La Berceuse de Gabriel Fauré au piano, s’attardant ainsi un moment sur la vraie vie, pour aussitôt revenir au pays réel de la bancocratie et reprendre nos débats sur la crise. La Berceuse achevée, un ancien président d'université, assurant le réveil général, explicite autour de lui sa version de la sortie de crise, « dans la durée et dans la douleur, depuis cette double occupation que nous subissons », puis les gens s'apprêtent à partir.
 
Mais notre année 2012 de la culture, ne sera pas pour autant sauvée par quelconque calendrier. Je viens d'apprendre que le Centre européen de traduction – Littérature et Sciences Humaines est sur le point d'être fermé par le ministre de la Culture. Cet organisme cogérait notamment les résidences des écrivains en Crète et sur Paros. Liquidation. Il paraît que le mobilier et les ouvrages de la bibliothèque seront mis en vente.
 
Braderie alors. Ce n'est malheureusement pas une surprise par les temps qui courent. Disons pour se consoler que les clémentines Mycéniennes sont à 0,80 euros le kilo et que pour certaines BMW, les plaques ont été déjà déposées. Leurs propriétaires n'arrivent plus à payer taxes et essence. Tête-à-queue. Tandis que les rumeurs sur la blogosphère font état d'un métropolite (non désigné), supposé sous mandat d'arrestation par la police, car « il transportait des armes et 35 millions d'euros dans sa voiture ». « Infos » sans queue ni tète, jusqu'à preuve du contraire.
 
Un autre métropolite, Serafim depuis son Pirée (en vrai cette fois-ci), vient d'adresser une lettre ouverte, d'abord destinée à la secrétaire générale du P.C. grec Aleka Papariga, suivie par deux autres lettres, destinées aux chefs de deux autres partis de gauche, Alexis Tsipras (formation SYRIZA), et Fotis Kouvelis (DIMAR). « Sauvez le pays, empêchez cette ultime phase de trahison des autres partis, l'incinération finale de la Constitution et la perte définitive de notre souveraineté … mais revenez si possible aussi vers Dieu ». Du jamais vu depuis la création du P.C., au Pirée justement, en 1918.
 
En attendant la réponse de la camarade, ce samedi nous irons ramasser les citrons, car les citronniers des jardins communs en bas des immeubles sont bien pleins. Partagés entre locataires, nous en ferons ainsi notre jus d'agrumes pour toute la semaine prochaine. Pendant que « Le Parlement européen veut réduire le gaspillage alimentaire », nous, grands précurseurs, nous sommes déjà à nos … citrons mécaniques. Costa Europa.

Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:10

 

Dans le campement des anti-nucléaire à Kasumigaseki

 

Rue89 - Alissa Descotes-Toyosaki journaliste

Publié le 24/01/2012 à 10h59

 

Mitsuro Sudo (Alissa Descotes-Toyosaki)

 

Devant le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, un vieil homme entre dans une tente. Il a une barbe blanche très touffue et un gros anorak rouge.

En ce matin de janvier à Tokyo, le carrefour de Kasumigaseki est rempli de fonctionnaires qui se hâtent vers les bureaux. « Certains d'entre eux entrent parfois dans notre tente pour nous dire “Courage ! ” avant de regagner leur poste », sourit le vieil homme.

Depuis 124 jours, Mitsuro Sudo, surnommé « Kuma », participe aux sit-in devant les haut lieux du gouvernement japonais pour protester contre la politique menée après Fukushima, accusant le pouvoir de :

  • non-assistance à personne en danger,
  • reconstruction économique dans des zones hautement irradiées,
  • exporter le nucléaire ailleurs en Asie.

« A la fin de l'année, le gouvernement a décrété que la situation à la centrale de Fukushima-Daiichi était sous contrôle. Mais le 1er janvier, il y a eu un séisme de magnitude 7 au large de Fukushima qui a provoqué des dégâts sur le réacteur numéro 4. La nature est vraiment remarquable ! »

Le 2 janvier, l'opérateur Tepco avait annoncé que le niveau d'eau de la piscine de refroidissement du réacteur numéro 4 (où est stocké le combustible usé), avait baissé brusquement, ce que rapporte le Nikkansports.

Kuma se frotte les mains les unes contre les autres pour se réchauffer. Il fait presque 0°C dans la tente comme à l'extérieur. « On attend le passage de l'électricien pour mettre le chauffage », plaisante Etsuji Shimada. Ce quinquagénaire a été chargé de planter la première tente le 11 septembre

« Nous avons choisi ce jour symbolique pour le monde entier et débarqué tout le matériel et la nourriture devant le ministère. Une quinzaine d'agents de sécurité sont arrivés et ont crié : “Qu'est ce que c'est que ce cirque ! ” »

Monsieur Shimada rit encore au souvenir de ce premier jour de sit-in :

« Pendant que je débattais avec la police sur notre droit à occuper ces lieux, mes camarades ont monté la tente en sept minutes ! »

Activiste antinucléaire de longue date, Shimada se félicite de cette initiative qui a permis de réunir et coordonner des actions au niveau de Tokyo.

« Nous avons monté une deuxième tente en novembre pour accueillir des femmes de Fukushima. »

Les femmes peuvent aussi changer l'avenir

La tente voisine est occupée par plusieurs femmes assises sous un « kotatsu », une table chauffante. « Depuis le 1er décembre, nous soutenons l'action “dix mois dix jours” » dit Yukiko Takahashi, une jeune etudiante :

« Au Japon, on dit que les futures mamans accouchent au bout de dix mois et dix jours. C'est une manière de dire que pendant cette période, les femmes peuvent aussi changer l'avenir. »

Yukiko est originaire de la ville de Fukushima mais avoue ne jamais avoir été inquiétée par la centrale nucléaire jusqu'à l'accident :

« Avant le 11 mars, je n'aurais jamais pensé me retrouver un jour à manifester ou faire un sit-in ! »

« Nous organisons des roulements entre nous, et il y a une permanence de nuit aussi pour éviter les incendies », dit une autre femme. Les incendies et autres « vexations », les manifestants et activistes japonais sont habitués à les subir.

 


A Kasumigaseki (Alissa Descotes-Toyosaki)

Yukiko s'en amuse :

« Au début, il y avait toutes les nuits des camions de la droite ultra-nationaliste qui venaient faire du tapage nocturne. Il y avait quatre, parfois huit camions ! Ils mettaient à fond des chants patriotiques en nous insultant. »

Le plus étrange c'est que l'extrême droite se met aussi à tenir des discours antinucléaires. « lls ne supportent pas de voir des tentes dans le quartier ministériel, cela n'est pas conforme à l'image du Japon nationaliste », conclut Yukiko.

Ne pas laisser redémarrer le nucléaire

La prochaine manifestation importante qui réunira les femmes des associations pour protéger les enfants de la radioactivité à Fukushima et dans tout le Japon aura lieu au mois de mars.

Sur les blogs. des mères s'insurgent :

« Nous ne voulons pas passer encore les fêtes de fin année avec la peur au ventre. Le gouvernement fait des “stress tests” et assure que tout est sous contrôle, mais le césium a augmenté dans certaines régions de Fukushima. »

« Il n'y a plus que 6 réacteurs sur 54 encore en marche. Tous les autres sont à l'arrêt, mais ça ne veut pas dire que le gouvernement va les abandonner définitivement », ajoute Kuma san en montrant une banderole : « Nous ne laisserons pas redémarrer le nucléaire ! »

En avril, le Japon fonctionnera sans aucun réacteur nucléaire, du jamais vu depuis l'installation du premier réacteur en 1966. Kuma san raconte :

« Il y a deux jours, un spécialiste allemand des stress tests est venu au Japon et s'est inquiété pour nous. Mais quand il a vu les illuminations de Noël à Tokyo et Osaka, il s'est exclamé : “Mais vous avez de l'électricité en trop ! ” »


A Kasumigaseki (Alissa Descotes-Toyosaki)

 

Les semaines après le 11 mars, Tokyo vivait sous la menace d'une panne d'électricité généralisée, mais en janvier, aucun foyer ne manque de chauffage. Kuma San ajoute :

« L'énergie provient des centrales thermiques et hydrauliques. Mais l'Etat va chercher par n'importe quel prétexte à remettre en route les centrales. Car le Japon était exportateur, et commence même à construire des centrales au Vietnam ou en Thaïlande.

Pourtant, la Mongolie a réagi après l'accident de Fukushima en refusant que le Japon exporte ses déchets radioactifs dans une décharge provisoire sur son sol. »

Depuis que le Japon a violé l'article 9 de sa constitution en envoyant des forces d'auto-défense à l'étranger, ce sexagénaire a quitté son travail en entreprise pour mieux s'impliquer dans le sort de son pays.

« Je me suis dit que le Japon risquait de revenir comme avant 1945 », dit-il. Activiste mais sans vraiment appartenir à une organisation, Kuma étudie les tournesols et leur capacité d'absorption du césium.

« J'aime la nature et ce qui me plairait vraiment c'est de pouvoir crier tout mon amour aux bureaucrates de Kasumigaseki ! », rit Monsieur Kuma, parodiant le titre d'un roman de Kyoichi Katayama, « un cri d'amour au centre du monde ».

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 13:04

 

Rue89 - Tribune 24/01/2012 à 10h07

Irène Costelian | Docteur en sciences politiques

 

Depuis le 12 janvier, la Roumanie connait une vague de manifestations contre les mesures d'austérités imposées par le FMI et l'Union européenne appliquées par le gouvernement et le président Traian Bàsescu. Ce qui, au début, était un rassemblement d'une centaine de personnes au centre de la capitale roumaine a pris de l'ampleur. Hier soir, on dénombrait près d'un millier de manifestants à Bucarest et quelques centaines dans d'autres villes.

Même si ce n'est pas le plus grand rassemblement que la Roumanie ait connu depuis le début de la crise économique et des mesures d'austérité, c'est la première fois que les manifestations s'accompagnent de violences. Les images diffusées par les médias nationaux et internationaux ressemblent fort à celles venues de Grèce.

 

 

Les manifestations en Roumanie

 

Toutefois, la situation en Roumanie est un peu plus complexe à cause des événements de décembre 1989 qui entraînèrent la chute du régime communiste.

En effet, pour un grand nombre de Roumains, ces manifestations rappellent celles de 1989 et ressemblent aux prémices d'une nouvelle révolution. Cette idée est soutenue par les lieux de rassemblement de la foule qui sont les lieux emblématiques de 1989, notamment la place de l'université à Bucarest.

Pas les mêmes conditions que 2007

Le danger de cette assimilation symbolique est une confusion entre les contestations de 1990, qui visaient le président Ion Iliescu (considéré par les manifestants d'alors comme communiste) qui se termina par l'arrivée des mineurs dans Bucarest et une dissipation sanglante des manifestants avec les raisons qui sous-tendent les manifestations de janvier 2012.

Cette confusion est une des craintes de nombreux politiciens, notamment dans l'ancien parti du président Iliescu, le Parti socialiste démocrate (PSD), puisque pour une partie de l'opinion publique, le PSD serait derrière ces manifestations et voudrait recréer les conditions troublées de décembre 1989 qui aboutirait à un nouveau coup d'Etat déguisé en révolution.

Les manifestants craignent ainsi une nouvelle récupération politique et refusent donc tout dialogue avec la classe dirigeante, peu importe sa couleur. Malgré des slogans similaires, nous sommes donc loin de la situation de 2007 où un référendum avait été organisé sur le thème de la démission du président Bàsescu. C'est la mobilisation des jeunes électeurs qui avait alors sauvé le Président sortant. Aujourd'hui, c'est cette même jeunesse qui s'allie aux manifestants qui remet en cause l'autorité étatique.

Les jeunes rejoignent les manifestants

Malgré les appels à l'ordre de nombreux leaders politiques comme Kelemen Hunor, leader de l'Union démocratique des Magyares de Roumanie, qui rappelait lors d'une conférence de presse que seul le gouvernement pouvait résoudre les problèmes politiques et que la violence menait à l'anarchie, les manifestants ne décolèrent pas.

S'ils sont seulement une poignée réunis au centre de la capitale durant la journée, les manifestants sont rejoints par beaucoup de jeunes la nuit tombée.

Et c'est bien la jeune génération qui est crainte par le pouvoir, dans la mesure où c'est elle qui est le plus touchée par la crise sociale de la Roumanie postcommuniste. C'est elle qui subit le plus les désillusions de la promesse démocratique. Le vrai danger de ces manifestations est une fanatisation de la jeunesse et son embrigadement dans les extrêmes puisqu'autant le Parti social démocrate de l'opposition que le Parti démocrate libéral au pouvoir n'ont apporté de réelles solutions aux préoccupations de la population.

Malgré le fait que la crise touche d'autres pays européens, la situation de la Roumanie pousse toujours ses citoyens à une émigration économique, 23 ans après la chute du communisme. Ces manifestations portent donc en germe la colère de citoyens au bord de l'explosion depuis longtemps.

D'ailleurs de nombreux artistes, surtout dans le monde hip-hop roumain, relayent depuis longtemps l'idée que les citoyens sont un danger pour la classe politique encore très corrompue et qu'il est toujours temps de faire une nouvelle révolution, une vraie cette fois. C'est l'idée qui apparaît dans une chanson du chanteur Grasu XXL au titre prémonitoire de « Revolutie » qui semble déjà être devenu l'hymne de la jeunesse contestataire.

 

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 12:57

 

No man's land 24/01/2012 à 12h02
Rue89 - Emilie Brouze | Journaliste
Mis à jour le mardi 24 janvier 2012 à 12h15

 

Frappée par la crise, la Société générale va supprimer 880 postes en France en 2012. Un salarié raconte ce plan social historique de l'intérieur.

 


La tour de la Société générale à La Défense (Emilie Brouze/Rue89)

 

C'est du jamais vu dans l'histoire des banques françaises : en 2012, la Société générale va supprimer 1 500 postes dans sa filiale de financement et d'investissement, dont 880 postes en France. Elle ne distribuera pas non plus de dividendes pour l'année 2011.

Paul (qui témoigne anonymement) est cadre depuis quelques années dans l'une des tours de La Défense (Hauts-de-Seine), pour une société de prestation externe à la Société générale. Il décrit à Rue89 le chamboulement provoqué par cette annonce :

« La transformation est douloureuse. On ne vit pas juste une crise financière mais un virage crucial : la refonte totale du modèle de la banque. »

Elle n'est pas propre à la Société générale : les quatre principaux établissements français (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et Natixis) vont diminuer leur effectif de 11% d'ici à 2013. Ailleurs aussi, les places financières se délestent d'une partie du personnel et renoncent à des pans complets d'activité.

« On ne sait pas qui part, qui reste, qui sera le chef »

Paul raconte que depuis septembre, toutes les embauches sont gelées à La Défense. Une partie du personnel en fin de contrat n'a pas été renouvelée :

« En ce moment, une personne fait le travail de deux et bientôt de trois salariés. Les horaires s'allongent, les bureaux se vident. Dans mon équipe, on était une cinquantaine. Fin décembre, on n'était plus que vingt environ. »

Dans son service, un bureau sur deux n'est plus occupé. Par un communiqué daté du 4 janvier, la Société générale précise que le plan social se fera « sans licenciement économique et sans départ contraint ». En interne, les annonces successives démotivent et angoissent. Il suffit de regarder les visages le matin, assure Paul :

« Chacun essaie de faire ses propres calculs. Tout ça, c'est énormément de stress. On ne sait pas clairement à quoi va ressembler le travail de demain. On ne sait pas qui part. On ne sait pas qui reste. On ne sait pas qui va être le chef. C'est un peu le “no man's land” : on ne sait rien. »

En souriant, il décrit aussi « l'effet inverse » :

« Ce qui est fabuleux c'est que petit à petit, certains relativisent. Les équipes se ressoudent : on boit des verres le soir ou on tire les rois dans les services. Mais je crois que les gens ont hâte de savoir. »

Plan Roméo : « Le mal était fait »

Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) – plus simplement plan social – sera fixé en avril. Auparavant, la direction avait tâtonné en lançant successivement une « méthode d'évaluation comportementale » (avec des notes de A à E pour chacun) et un (officieux) « plan Roméo ». Deux tollés avortés :

« Dans le fameux plan Roméo, il s'agissait de trouver dans les contrats des internes des taches non faites pour pointer les torts. Une sorte de plan de licenciement déguisé, presque à la tête du client.

On a toujours travaillé dans l'urgence, sans prendre le temps de se poser. Alors forcément, il y a des failles : on accusait des gens alors que l'entreprise avait aussi ses responsabilités.

Ce plan Roméo a failli mal tourner. Il n'a heureusement pas abouti : les syndicats ont stoppé tout ça. Mais moralement, le mal était fait. C'était une pression folle, très difficile à supporter pour des gens qui ont travaillé dur pendant des années. »

« Négligences », « défaillances graves »

A la Société générale, qui emploie 40 000 personnes en France, le plan social annoncé en janvier s'accompagne d'un plan d'économies. Objectif : adapter ses activités à la crise de la dette qui touche la zone euro. La valeur boursière de la banque a été lourdement affectée par les turbulences du marché en 2011.

Paul remonte le temps pour retracer la crise :

« Après la guerre, les marchés financiers ont été libéralisés. Les banques se sont alors éloignées de leur fonction de base : collecter les fonds des particuliers, créer de l'épargne. L'argent coulait à flots. Et puis on a découvert avec la crise qu'il n'était pas illimité. »

A la Société générale, il y a (aussi) eu l'affaire Kerviel. En 2008, ce trader est accusé d'être à l'origine de 4,9 milliards d'euros de pertes. La Commission bancaire a ensuite sanctionné l'établissement pour « carences graves du système de contrôle interne ».

Des têtes sont tombées, dont celle Daniel Bouton, parti en 2009 : malgré l'affaire Kerviel et après que l'entreprise a reçu des milliards d'euros d'aides de l'Etat, l'ex-PDG s'était quand même octroyé des stock-options.

Paul explique que depuis Kerviel, « beaucoup d'argent a été investi pour sécuriser les activités. » Le trader n'a pas été le seul à faire n'importe quoi : en 2011, l'autorité des marchés financiers a sanctionné la Société générale pour « négligences » et « défaillances graves » dans la gestion de l'une de ses filiales pendant la crise.

« La crise a permis de se poser les bonnes questions »

« De cette crise, il faut savoir une chose : il y a ce que voit le grand public et ce qu'il se passe réellement. »

Ce qu'il se passe « réellement », c'est la transformation complète de la banque. Paul explique qu'aujourd'hui, les établissements bancaires ne perdent pas d'argent. Nuance : ils n'en gagnent pas suffisamment pour maintenir leurs activités.

« La crise a enfin permis de se poser les bonnes questions. Ça a été une prise de conscience énorme. On ne peut plus se permettre de gaspiller. Les enjeux sont lourds : contrôler le système et revenir à l'activité première de la banque.

Je n'ai jamais vu autant de publicités en ce moment pour appâter le particulier. Car le particulier, c'est finalement l'activité qui rapporte le plus et qui est la plus stable : on l'avait un peu oublié. »

Pub 2011 de la Société générale : « L'esprit d'équipe »

En interne, la transformation n'est pas si simple car, appuie Paul, « on passe d'un extrême à l'autre » :

« C'est carrément toute une mentalité qu'il faut casser. Il y a une telle inertie dans la banque que le changement est lourd. Je travaille avec des responsables qui pensent encore que l'argent n'a pas de limites... »

MERCI RIVERAINS ! fabache
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