Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 13:02

 

| Par Edwy Plenel

 

Mediapart savait avoir été victime d’un espionnage policier sur ordre de l’Elysée. Nous l’avions écrit le 3 novembre 2010, ce qui nous avait valu une plainte de Claude Guéant (notre article “Espionnage d'Etat des journalistes : Monsieur le Président, cela vous concerne”). Puis, le bras droit de Nicolas Sarkozy a brusquement renoncé, le 30 juin 2011, par crainte du procès à venir (nos articles ici et ici). Quelques jours plus tôt, la preuve – les fameuses « fadettes » – des surveillances visant les téléphones de journalistes du Monde enquêtant sur les mêmes dossiers que Mediapart avait été apportée à la justice. Aujourd’hui, un livre d’enquête, L’Espion du Président (Robert Laffont), apporte de nouvelles révélations sur l’ampleur de cette surveillance attentatoire aux libertés fondamentales.

 

 

Mediapart va évidemment saisir la justice de ces faits nouveaux afin que toute la vérité soit faite sur cet espionnage et que ses auteurs en répondent, ceux qui l’ont ordonné comme ceux qui ont exécuté cet ordre illégal. Le livre des journalistes Olivia Recasens, Christophe Labbé et Didier Hassoux – les deux premiers travaillant au Point et le troisième au Canard enchaîné – est consacré à Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), issue de la fusion des Renseignements généraux et de la Direction de la surveillance du territoire.

Leur enquête montre avec minutie comment cette direction de la police nationale est devenue, sous la direction de ce policier totalement dévoué à Nicolas Sarkozy et sous couvert d’un secret défense favorisant une totale opacité, l’exécutante des missions de basse police du pouvoir politique, et plus précisément de la présidence de la République.

 

Bernard Squarcini, patron de la DCRI. 
Bernard Squarcini, patron de la DCRI.© (Reuters)

Les révélations de notre consœur et de nos confrères sont précises, factuelles et sourcées, avec notamment le témoignage « on » d’un policier, Joël Bouchité, qui fut patron des RG et qui est récemment devenu préfet de l’Orne après avoir été, jusqu’en juillet 2011, conseiller pour la sécurité à l’Elysée ! Une source qui ne peut donc guère être soupçonnée de médisances partisanes envers le pouvoir actuel…

Or Mediapart est longuement évoqué (pages 145 à 149) juste après que ce haut fonctionnaire, dans un témoignage recueilli le 16 août 2011, a été longuement cité, expliquant avec moult détails les « moyens parfaitement illégaux » utilisés pour surveiller les rédactions sous le règne de Bernard Squarcini auquel il reproche d’avoir « ancré dans l’imaginaire populaire que la DCRI était une police politique ».

« Début juillet 2010, écrivent les auteurs, Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, organise rue du Faubourg-Saint-Honoré une réunion de crise pour riposter aux révélations sur l’affaire Bettencourt publiées sur Mediapart. Le journal en ligne piloté par Edwy Plenel, l’ancien patron de la rédaction du Monde, a sorti, quelques semaines plus tôt, les enregistrements pirates qui mettent en cause le ministre du budget et trésorier de l’UMP, Eric Woerth. L’Elysée prétend posséder un dossier produit par la Direction centrale du renseignement intérieur. L’information diffusée est de fait précise : le principal actionnaire de Mediapart est un évadé fiscal belge, propriétaire d’un restaurant à Paris dans le VIe arrondissement. »

En novembre 2010, nous avions vaguement évoqué, dans notre interpellation publique de Nicolas Sarkozy sur l’espionnage dont nous avions été la cible, ce tuyau crevé visant notre actionnariat dont nous avions appris qu’il avait été complaisamment diffusé dans certaines rédactions qui, évidemment, n’en avaient rien fait, tout simplement parce que rien n’est vrai. L’actionnaire principal de Mediapart, ce sont ses fondateurs salariés et, à notre connaissance, aucun évadé fiscal belge ou restaurateur parisien ne figure à notre tour de table. Désormais nous savons que cette calomnie venait de la DCRI qui fouinait tous azimuts autour de Mediapart, de ses journalistes et de ses actionnaires, à la demande de la présidence de la République.

Car les auteurs de L’Espion du Président se font ensuite plus précis. Immédiatement après avoir évoqué cette calomnie de basse police sur l’actionnariat de Mediapart, ils citent le témoignage d’un policier de la DCRI, recueilli le 30 juillet 2011 :

« David est catégorique. C’est la troisième fois que nous rencontrons cet officier de la DCRI. Avant de commencer à nous parler, il a pris soin de vérifier que nos téléphones portables étaient bien éteints. “La boîte a effectivement demandé, en 2010, un travail sur Mediapart et Plenel parce qu’ils énervent le Château, confirme-t-il. La demande venait de l’Etat-Major. Certains ont refusé mais on a su en interne que d’autres l’avaient fait.” Peut-être est-ce ce dossier, en l’occurrence un document de sept pages sur le financement du journal en ligne, que Claude Guéant a entre les mains cet été 2010. »

Mediapart va saisir la justice et demander réparation

A la lecture de ces révélations, qui confirment, précisent et prolongent nos propres informations de l’automne 2010, on comprend que Claude Guéant (portrait ici), après avoir joué les matamores en nous poursuivant en justice, ait brusquement renoncé, le 30 juin 2011, au procès prévu sur une durée de trois jours à l’automne 2011. Notre abondante offre de preuves et notre quarantaine de témoins annonçaient une belle bataille. Nous entendions bien faire le procès d’une présidence de la République qui piétine cette liberté fondamentale dont la presse est à la fois le symbole et l’instrument : le droit à l’information des citoyens.

 

Nicolas Sarkozy et Claude Guéant. 
Nicolas Sarkozy et Claude Guéant.© Reuters

Ce n’est que partie remise puisque, au vu de ces nouveaux éléments, Mediapart et ses avocats, Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, vont saisir la justice et demander réparation. Car ce que montre L’Espion du Président, c’est que nous ne connaissons encore qu’une petite partie de la vérité sur l’espionnage dont nous avons été victimes. Mediapart est en effet cité à plusieurs autres reprises sur l’inquiétude provoquée à l’Elysée et relayée auprès de Bernard Squarcini par nos constantes révélations sur les principaux scandales du quinquennat. Et les méthodes d’espionnage des rédactions par la DCRI, telles qu’elles sont décrites par ce livre, ne relèvent pas d’un dérapage occasionnel mais d’une violation systématique des libertés. Bernard Squarcini a d'ailleurs été mis en examen en octobre dernier dans le scandale de la surveillance téléphonique des journalistes du Monde.

Pages 64 à 67 du livre, les auteurs expliquent que l’affaire Takieddine/Karachi, ce feuilleton chroniqué avec entêtement par Mediapart, est « l’une des plus embarrassantes pour le Château » et constitue une priorité pour le patron du renseignement intérieur, chargé de « baisser les flammes sous les casseroles de la Sarkozie ». Mentionnant Bernard Squarcini par son surnom, ils ajoutent à ce propos : « Le Squale l’a toujours surveillée comme le lait sur le feu, ralentissant l’ébullition sans toutefois pouvoir l’empêcher. » Et de préciser : « Le site d’information Mediapart, qui était en pointe sur l’affaire Karachi, a fait l’objet en 2010 d’une enquête poussée du renseignement intérieur. »

Quant aux méthodes illégales, elles ont cette particularité, selon l’enquête des trois journalistes, d’avoir été généralisées au sein de la DCRI et non plus limitées à des équipes spéciales, à la manière de ce que fut la « cellule de l’Elysée » sous la présidence de François Mitterrand. « Sous Squarcini, peut-on lire pages 108 et 109, il n’y a pas de “brigade du chef”. Pas de groupe d’enquêtes réservées avec des hommes de main qui ne rendent compte qu’au patron dont ils exécutent, sans broncher, les commandes “un peu particulières”. Les juges peuvent toujours chercher à Levallois (où siège de la DCRI) un “cabinet noir”. Ils ne le trouveront pas. (…) Le système mis en place par le Squale paraît bien plus redoutable qu’autrefois. C’est la structure entière qui semble vicié. »

On apprend ainsi qu’une structure dénommée R1 se charge des « sonorisations », tandis qu’une structure R2 est chargée de « casser » les ordinateurs, « en clair, déverrouille les systèmes de sécurité qui empêchent d’accéder au contenu d’un PC ou d’un Mac ». Les auteurs citent un officier : « En quelques minutes, ils sont capables de siphonner l’intégralité d’un disque dur. » Ils poursuivent : « Régulièrement, un véhicule banalisé quitte la petite commune de Boullay-les-Troux dans l’Essonne, pour se rendre au 84, boulevard de Villiers à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. Le chauffeur s’engouffre prestement dans le parking souterrain. Sa cargaison recèlerait comptes rendus d’écoutes, identifications téléphoniques et autres e-mails interceptés à l’insu de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, la CNCIS. »

Les auteurs disent bien que c’est à Boullay-les-Troux que s’opèrent les « écoutes off » de la DCRI, sous l’égide de la sous-division R, alors que « les écoutes légales » le sont sous la houlette de deux divisions, la J (écoutes judiciaires) et la P (écoutes administratives). 

Le livre parle également des cambrioleurs de la DCRI, affectés à la sous-division L, et des « serruriers du net ». « Des informaticiens capables de voyages dans le temps en retrouvant tout ce qui a été tapé sur un clavier jusqu’à un million de caractères en arrière ou d’aller aspirer, à travers la Toile, le contenu du disque dur d’un ordinateur sans laisser de trace. Pratique, lorsqu’on veut par exemple mettre la main sur les épreuves d’un livre embarrassant pour le Château. »

Le témoignage de Joël Bouchité est à replacer dans ce contexte. L’ex-conseiller sécurité de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui préfet de l’Orne, affirme : « [Squarcini] a aussi recréé à son côté une petite cellule presse. Des mecs chargés de se rancarder sur ce qui se passe dans les journaux, les affaires qui vont sortir, la personnalité des journalistes. Pour cela, comme pour d’autres choses, ils usent de moyens parfaitement illégaux. Leur grand truc, c’est de voler des adresses IP, la carte d’identité des ordinateurs. Ils épient les échanges de mails, les consultations de sites. Ils sont alors au parfum de tout. Si nécessaire, ils doublent en faisant des fadettes. » De plus, Joël Bouchité affirme que Bernard Squarcini a conservé « des camions d’archives » visant « notamment des personnalités politiques et des journalistes » 

« Je ne m’intéresse pas aux journalistes mais à leurs sources », objecte le patron de la DCRI cité par les auteurs. Or c’est bien là l’aveu d’une atteinte à la démocratie : car ce sont bien les sources des journalistes qui incarnent le droit d’alerte des citoyens. Dès lors, l’on comprend mieux, à la lecture de L’Espion du Président, l’épisode des mystérieux cambriolages dont divers journaux, parmi lesquels Mediapart, ont fait l’objet en 2010 (notre article ici).

Le même David, qui est si précis sur le dossier de sept pages sur Mediapart concocté pour l’Elysée par la DCRI, confie en effet : « Maintenant, on n’a plus besoin de partir avec l’ordinateur, on siphonne le contenu à distance. Il y a des gens à la section R qui font ça très bien (…) En revanche, si vous voulez donner un signal, lancer un avertissement, voler un ordinateur est une façon d’intimider les sources, en leur signifiant que leur contact est ciblé. C’est un travail qui peut être sous-traité. Les services ont tous dans leur carnet d’adresses une boîte privée prête à bosser pour eux. »

-----------------

Lire également sous l'onglet "Prolonger" des déclarations de Bernard Squarcini et de Claude Guéant.

 

L'Espion du Président, au cœur de la police politique de Sarkozy, par Olivia Recasens, Didier Hassoux, Christophe Labbé.

Editions Robert Laffont, 285 pages, 19 euros

 

 

Lire aussi


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:56


Rédigé par Frédéric Ploquin - Marianne le Mercredi 18 Janvier 2012

Les chiffres de la délinquance sont bons, c'est le ministre de l'intérieur qui le dit. Trucage ?

 

Délinquance : ce que cache le sourire satisfait de Claude Guéant
Avant même qu’il ne présente les chiffres de la délinquance, le sort de Claude Guéant était scellé : l’opposition lui taillerait un costume de grand maquilleur. Le ministre de l’Intérieur a raison de protester, car il se contente de présenter les chiffres que lui fournit l’observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Lequel observatoire, dirigé par Alain Bauer, criminologue en chef, ne fait rien d’autre que de mouliner le plus scientifiquement possible les chiffres transmis mois après mois par les services de police et de gendarmerie. Au sens premier du terme, ni Guéant, ni Bauer ne truquent quoi que ce soit. 
L’affaire est plus complexe que cela. Comme le remarque justement le député socialiste Bruno Le Roux, ce que l’on présente à l’opinion comme les chiffres de la délinquance ne sont rien d’autre que le reflet de l’activité de la police et de la gendarmerie, laquelle se décide au jour le jour dans les bureaux des états majors. C’est la première grande incompréhension. La présentation officielle des chiffres est tronquée parce qu’elle fait systématiquement l’impasse sur la manière dont ils sont « cuisinés » au quotidien dans les services. Des services où dix ans de sarkozysme policier ont laissé plus que des traces : c’est toute une culture du résultat qui s’est enracinée dans les commissariats et les gendarmeries, avec la certitude que tout bilan négatif entraine automatiquement les foudres de l’échelon supérieur, parfois une sanction publique, une mutations non désirée, exceptionnellement des vexations. 
Pas besoin pour le ministre de tripatouiller les statistiques : policiers et gendarmes ont été formatés pour présenter celles qui ne fâcheront pas. Un art qui s’exerce au quotidien dans l’ombre de la salle des machines, loin des regards de la presse et du public. 
« Le ministère de l’Intérieur a été mis en coupe réglée par le tandem Sarkozy-Guéant, résume Bruno Le Roux. Ils ont installé une ambiance telle que chacun cherche à plaire ». 
Le chiffre proposé mardi 17 janvier à la presse par le ministre de l’Intérieur est presque un chiffre parfait : la délinquance ne baisse pas de manière indécente, mais de 0,34 %, ce qui permet à Claude Guéant d’afficher le sourire des bons jours et de revendiquer neuf années de baisse d’affilée. 
Les cambriolages d’habitations principales ont explosé en 2011 (+17,1 %), les homicides volontaires donnent le tournis, avec une hausse de 10,1 %), les violences contre les personnes « se sont accrues de plus de 22 % au cours de la décennie », comme le remarque François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon… mais le ministre est « satisfait ». Avec un bémol tout de même, puisque Claude Guéant reconnaît lui-même publiquement les limites du « magic number », comme le député PS Jean-Jacques Urvoas appelle le chiffre global de la délinquance, dont il assure qu’il aura servi pour la dernière fois le 17 janvier 2011. Les révolutions, le ministre de l’Intérieur n’est pas contre, mais après lui.
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:51
Marianne - Tefy Andriamanana - Marianne | Jeudi 19 Janvier 2012 à 12:01

 

Courroye, Squarcini, deux proches du chef de l’Etat, deux pontes de la police et de la Justice mis en examen. Sans oublier les autres amis de l’Elysée mis en cause à des degrés divers dans d’autres affaires judiciaires.



Cette fois, le procureur de Nanterre Philippe Courroye sera du côté des accusés. Il vient d’être mis en examen pour « collecte illicite de données à caractère personnel » et « violation du secret des correspondances » dans l’affaire des écoutes du Monde. Il a d’ores et déjà fait appel de cette décision. Le magistrat est accusé d’avoir demandé à l’IGS d’examiner les fadettes de deux journalistes du quotidien pour savoir s’ils étaient en contact avec la juge Isabelle Prévost-Desprez, son ennemie jurée, dans le cadre de l’affaire Bettencourt. 
 
Le procureur Courroye, proche de l’Elysée, a exclut de démissionner et, n’étant pas sous contrôle judiciaire, il reste libre d’exercer ses fonctions. Une première audition prévue en octobre avait dû être reportée. Il fallait en effet attendre une décision de la Cour de cassation, rendue en décembre, confirmant l’illégalité de l’enquête sur les fadettes pour pouvoir engager des poursuites contre le magistrat.
 
Dans l’autre volet des écoutes du Monde, c’est un autre fidèle de Sarkozy qui a été mis en examen. En l’occurrence, Bernard Squarcini, patron du renseignement intérieur, pour les motifs d’« atteinte au secret des correspondances », « collecte illicite de données » et « recel du secret professionnel ». Il a lui aussi écarté toute démission et conservé la confiance de l’Elysée et de la Place Beauvau. Dans cette même affaire, Frédéric Péchenard, un autre ami du chef de l’Etat, a été entendu comme témoin assisté : il avait admis être le donneur d’ordre de Squarcini.

Casseroles

 
Dans la même affaire, le préfet Michel Gaudin, également proche de Guéant et Sarkozy, est accusé d’avoir suspendu deux fonctionnaires sur la base d’éléments d’une enquête judiciaire dont il n’avait pas à avoir connaissance. Il a été entendu comme témoin assisté dans ce dossier. Mais là aussi, Claude Guéant a défendu ses troupes.
  
Un soupçon d’impunité pour les puissants plane au dessus de l'Elysée. A des degrés divers, Squarcini ou Courroye, tous deux proches du chef de l'Etat, sont accusés d’avoir utilisé leur pouvoir à des fins personnelles et de bénéficier de protections au plus haut. Mais d'autres n’ont pas eu cette chance.
 qui secoue la Sarkozie concerne l’IGS. La police des polices, déjà impliquée dans l’espionnage du Monde, est accusé d’avoir monté un faux dossier contre plusieurs fonctionnaires de la préfecture de police de Paris dont Yannick Blanc, ex-directeur de la police générale et chargé à ce titre des questions d’immigration. 

Une « République irréprochable » ?

Si Courroye garde son poste et n’a subi, pour l’instant, aucune sanction disciplinaire, la juge Prévost-Desprez a été convoquée par le président de la Cour d’appel de Versailles suite à ses propos sur d’éventuelles remises de fond à Nicolas Sarkozy. Et les enquêtes concernant les dérives de la Sarkozie semblent avancer sur un train de sénateur. Dans l’affaire de l’IGS, le parquet et le ministère de la Justice avaient bloqué en 2009 une première enquête sur les méthodes du service. Et Eric Meillan, patron de l'Inspection au moment de l'affaire, n’a pas encore été entendu. A l'inverse, deux fonctionnaires faussement accusés sont toujours suspendus et Yannick Blanc a été éjecté de son poste en 2008. 

Lors de son élection, Nicolas Sarkozy a voulu effacer les pages des années Chirac (la Mairie de Paris, le financement du RPR) et Mitterrand (les écoutes, l’affaire Pechiney…). Se présentant comme l’homme de la rupture, il a alors sorti son slogan de la « République irréprochable  ». Mais lorsque son clan est impliqué dans des affaires judiciaires, il fait la sourde oreille et protège les siens contre vents et marées. A croire que la loi n’est pas forcément la même pour tous.
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:44

Nicolas Sarkozy, la spirale de la déroute

 

 

Rue89 - Arrêt sur images 19/01/2012 à 09h47

Fondateur d'@rrêt sur images

Daniel Schneidermann

Honte sur le matinaute ! J'avais laissé passer sans la voir une interview fondamentale, celle de Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, à Libération lundi dernier. Oui, lundi dernier. Patrick Cohen la citait ce jeudi matin, sur France Inter, au ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Il est exceptionnel qu'une interview survive quatre jours à la frénésie des agendas.

Le Maire reconnaît des erreurs

Que disait donc Le Maire, qui justifie ce passage à la postérité ?

« Il faut avoir l'humilité de reconnaître que dans ce que nous avons fait, il y a eu de vraies réussites, mais aussi des échecs. »

Waowww ! Le Maire ne précisait pas quels sont ces échecs, et on ne le lui demandait pas. Mais cette seule reconnaissance est assez transgressive, pour servir de coin aux journalistes qui le voudront, afin de faire craquer la Sarkozie en déroute.

Des coins, on pourrait en trouver d'autres, comme cette vidéo virale de la campagne 2007 qui resurgit, et dans laquelle Sarkozy reconnaissait à l'avance comme un échec de ne pas faire redescendre le chômage à 5% de la population active. « Et c'est aux Français d'en tirer les conséquences », reconnaissait-il alors avec un admirable fair play.

 

 

Chiche qu'on la lui repasse ! Et il est probable qu'on en découvre encore beaucoup d'autres, tant est irrésistible la dynamique de la déroute.

Les plus vieux matinautes, familiers des présidentielles, savent reconnaître et apprécier la spirale familière de la fin janvier, celle de la déroute du favori déchu. Giscard en 81, Barre en 88, Balladur en 95 : certitudes qui se craquèlent, suffisance qui sonne soudain creux, déballonnement des entourages, confidences ravageuses de moins en moins « off », sauve-qui-peut général.

L'autonomie des universités, fierté de Sarkozy

Compte tenu de la personnalité de l'actuel titulaire, la déroute 2012 promet une saveur particulière, dont donne un avant-goût l'escamotage en catastrophe, lors du « sommet social » de mercredi, des deux fusées de détresse du début d'année, la « TVA sociale », et le fameux « pacte compétitivité emploi ». Cohen demandait à Guéant quel serait le principal sujet de fierté de Sarkozy. Surprise : il n'était ni économique ni sécuritaire, c'était « l'autonomie des universités ».

Et le principal échec, donc ? Débat sur l'identité nationale ? Discours de Grenoble ? Guéant éludait encore, prêt à mourir droit dans ses bottes. Tiens, un grand geste d'altruisme. Si le pouvoir acculé cherche à tâtons l'impossible discours, nous avons un modèle pour lui. Il est là. Et pour passer commande, c'est ici.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:38

 

Le battle Rue89-Causeur 18/01/2012 à 23h42
Pascal Riché
Redchef Rue89Envoyer l'article par email
 

 

Claude Guéant le 2 décembre 2011, lors d'une conférence de presse au ministère de l'Intérieur (Gonzalo Fuentes/Reuters)

« Naturalisation » est un beau mot de notre langue. Issu du vocabulaire botanique, il désigne un processus « naturel », celui de l'acclimatation. L'idée étant que tout étranger vivant sur le territoire a naturellement vocation à devenir français. Que la France est une terre d'accueil, qu'elle a les bras ouverts. Et que les étrangers eux aussi ont droit à l'égalité.

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, lors de sa présentation des résultats de sa politique migratoire, le 10 janvier, a dégradé ce beau mot. Il lui a retiré son triple A, il en a fait une « nturlistion ». Comment ? En se réjouissant, chiffres à l'appui, d'en avoir réduit le nombre.

« Je signale que l'ensemble des actions conduites en 2010 et 2011 a conduit à une baisse de 30% des naturalisations en 2011. Le chiffre est passé de 94 500 en 2010 à 66 000 en 2011. »

Guéant se félicite du recul des naturalisations

Regardez donc, nous dit ainsi Guéant, comme nous savons dire « non » à tous ces gens qui demandaient à devenir des Français ! Dire « non »... un travail très compliqué. Et Claude Guéant promet d'aller plus loin encore, dans cette politique difficile, car la loi permet désormais d'exiger dès 2012 un niveau de français supérieur à celui qui était demandé jusque-là.

Une coloration policière et punitive

Rue89-Causeur, le battle : quinzième round

Chaque semaine pendant la campagne, Yahoo confronte les éditos de Rue89 et Causeur sur un même thème. Cette semaine, Pascal Riché contre Marc Cohen sur Claude Guéant et ses chiffres.

 

Le fait que la naturalisation soit passée, sous Sarkozy, dans le champ de compétences du ministère de l'Intérieur préparait déjà cette politique du chiffre. Depuis la monarchie, les naturalisations relevaient du ministre de la Justice : le « Garde des sceaux », celui qui veille symboliquement le « grand Sceau de la France ». Depuis le 1er juillet 2010, les préfets peuvent refuser un dossier de naturalisation, sur des critères qui varient forcément d'un département à l'autre. Dans les consignes, l'objectif n'est plus de naturaliser, mais de refuser de le faire. La politique de naturalisation prend une coloration policière et punitive. 

« Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l'objectif n'est plus de favoriser les naturalisations mais de les freiner et de les sélectionner par l'origine », commente l'historien Patrick Weil, spécialiste de l'immigration, dans un livre collectif qu'il a dirigé, « 80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards » (éd. Grasset). Selon lui, on assiste ainsi à « une lente dénationalisation, une “désintégration” calculée de notre politique de la nationalité ».

Dans le bilan du sarkozysme, la politique vis-à-vis des étrangers restera comme la plus indigne de son quinquennat. Cela a commencé avec Brice Hortefeux, l'ami intime du Président, qui a le premier claironné des objectifs quantitatifs. Hortefeux ne cache pas aujourd'hui que ce chiffrage participait du « message » qu'il fallait alors lancer (en direction de l'électeur du Front national, bien sûr). Lorsque Nicolas Sarkozy par la suite fouettait ses ministres pour qu'ils participent au débat sur l'identité nationale, c'était aussi au nom du « message » : « Je veux du gros rouge qui tache ! » disait-il.

La naturalisation n'est plus une fête

Le « messager » a aujourd'hui le visage gargamélien de Claude Guéant, qui va plus loin encore que son prédécesseur, comme l'a montré sa volonté de s'en prendre aux diplômés étrangers dans une circulaire tellement scandaleuse qu'il a dû, face au tollé, reculer.

Au début de sa présentation sur les résultats de la politique concernant l'immigration et les naturalisations, Guéant a bien sûr récusé suivre une « politique du chiffre » : « Si nous voulons fixer des objectifs, il faut les quantifier », a-t-il argué. Mais l'ensemble de ses propos démentait son vertueux préambule. Une de ses phrases qui dit tout de cette obsession comptable :

« Notre politique ne se réduit pas à des chiffres, même quand à l'image de cette année 2011, j'y reviendrai dans un instant, ils sont très bons. »

Ces objectifs qu'il se fixe n'ont souvent pas de sens, sinon de battre le chiffre précédent. Une des premières choses que fait Guéant, en arrivant au ministère, est même de relever légèrement l'objectif annuel des « mesures d'éloignement » (expulsions, dans la novlangue du ministère) de 28 000 à 30 000. « Non pas par soucis de performance, mais parce que c'était nécessaire, vu la pression à laquelle nous sommes confrontés », précise-t-il. La pression, bien sûr...

Cette même approche du « record à battre » touche désormais l'accès à la nationalité française : faudra-t-il chaque année surpasser le nombre des refus ? La naturalisation n'est plus une fête, c'est une mesure de police.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:33

LEMONDE | 18.01.12 | 14h51   •  Mis à jour le 19.01.12 | 11h28

 
 

 

Alors qu'Athènes connaissait sa première journée de grève générale mardi 17 janvier 2012, la pauvreté et l'exclusion ne cessent de progresser - ici, le 22 décembre 2011, une distribution de nourriture à Athènes.

Alors qu'Athènes connaissait sa première journée de grève générale mardi 17 janvier 2012, la pauvreté et l'exclusion ne cessent de progresser - ici, le 22 décembre 2011, une distribution de nourriture à Athènes.AP/Petros Giannakouris


Athènes Correspondant - Dans un pays qui ne sait pas toujours à quel saint se vouer, même le métier de peintre d'icônes ne paie plus. Depuis septembre, Léon est à la rue. Comme nombre de sans-domicile-fixe (SDF), il a eu plusieurs vies. Ce Grec de Constantinople, élevé chez les Frères, qui lui ont appris un français châtié, a travaillé dans le tourisme, puis dans une entreprise d'export et de construction où il a gravi tous les échelons.

Au bout d'une vingtaine d'années, il est revenu à ses premières amours : les beaux-arts, qu'il a étudiés en Angleterre. C'est ainsi qu'il est devenu peintre d'icônes, en 1991. "J'avais beaucoup de commandes de particuliers, de magasins et des annexes des églises, où ils vendent les objets religieux. Je travaillais jusqu'à dix-sept heures par jour. A partir de 2009, ça a décliné. Et à l'été 2011, c'était la catastrophe. Je ne gagnais plus que 60 euros par mois. Le 30 septembre, je me suis retrouvé à la rue."

Il n'avait plus les moyens de payer son loyer : 280 euros pour un deux-pièces et 200 euros pour son atelier. Ses économies avaient été englouties dans les trois ans de grave maladie de sa mère, décédée en 2007.

Cet homme de 64 ans, aux cheveux blancs mi-longs et à la barbe grise, au profil de "pâtre grec" comme Georges Moustaki, se souvient de sa première nuit au Champ de Mars, un grand parc à côté du Musée archéologique. "J'avais l'impression d'être au camping. Je lisais beaucoup. J'ai eu de la chance : pendant un mois et demi, il n'a pas plu." Mi-novembre, son fils l'a orienté vers l'association Klimaka, une ONG qui intervient en faveur des SDF. "Ici on te donne ce dont tu as besoin", explique Léon avec gratitude.

Ils sont une dizaine à dormir dans cette maison peinte en rouge, jaune et vert, en échange de l'aide qu'ils apportent au foyer d'accueil où l'association propose aux sans-abri repas, vêtements, accès à l'ordinateur. Sofian, un Marocain clandestin de 23 ans, vient à Klimaka pour manger et retrouver un peu de chaleur dans l'hiver athénien. Il dort dehors, depuis cinq mois. "J'ai même fouillé dans les poubelles pour chercher à manger." En Grèce depuis deux ans, il faisait le ménage dans un bar, jusqu'au jour où son patron n'a plus pu le payer.

Léon, le peintre d'icônes, fait partie d'une nouvelle génération de sans-abri. "Il y a un changement de profil, explique Ada Alamanou, responsable de la communication de Klimaka. Ce sont des gens qui avaient un bon statut social et qui, en raison de la crise, se retrouvent à la rue. Ils ont perdu leur travail, n'ont plus de revenus, ni de soutiens familiaux. Ils ont un bon potentiel de réintégration, mais c'est difficile de trouver quelque chose avec la crise."

LA CLASSE MOYENNE TOUCHÉE

Mardi 17 janvier, Athènes connaissait sa première journée de grève générale, à la veille du retour de la "troïka" des bailleurs de fonds du pays - Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, Commission européenne - dans la capitale grecque.

Ada Alamanou estime à 25 % la hausse du nombre de sans-abri, qui représentent 20 000 à 25 000 personnes dans le pays. "Aujourd'hui, la pauvreté touche une partie de la classe moyenne grecque, poursuit-elle. Les familles grecques restent solidaires, mais quand il y a deux personnes au chômage, cela devient difficile."

En 2010, quelque 27,7 % de la population grecque, soit 3 millions de personnes, vivaient au bord de la pauvreté ou de l'exclusion sociale, selon les chiffres de l'institut grec de statistiques Elstat. Mais les effets de la crise ont été plus profonds en 2011 et de nombreuses associations s'attendent à une forte aggravation, alors que l'activité s'est repliée d'environ 6 % et que le chômage affecte plus de 18 % de la population active.

L'Eglise orthodoxe fournit 10 000 repas quotidiens dans le seul périmètre de l'archevêché d'Athènes. Depuis trois ans que l'Eglise a généralisé cette distribution de repas, "la composition (du public) a changé", explique Vassi Leontari, directrice des programmes et de la coopération internationale à l'association caritative orthodoxe Apostoli : "La grande majorité était constituée d'immigrants, le plus souvent illégaux. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de Grecs au chômage. On voit beaucoup de gens venir avec leurs enfants. Les liens familiaux sont très forts en Grèce, mais avec la crise, cela devient dur pour tout le monde."

Dans les quartiers déshérités du centre d'Athènes, près de la place Omonia, une foule bigarrée fait la queue devant le siège de l'association catholique Caritas, qui organise une soupe populaire tous les midis, en semaine. "Auparavant nous donnions à manger à 200 personnes. Aujourd'hui nous avons doublé et nous proposons plus de 300 repas pour les adultes et près d'une centaine pour les enfants, de plus en plus nombreux, explique Nikos Voutsinos, le président bénévole de ce centre. Depuis quelque temps, nous voyons même des Grecs, alors que nous sommes un centre pour les réfugiés."

Les besoins augmentent, mais "c'est plus dur pour la collecte des fonds et des vivres. Les entreprises nous donnent moins", explique Nikos Voutsinos. "C'est compensé par des dons individuels", estime Vassi Leontari, à Apostoli. En décembre, l'Eglise orthodoxe a lancé une campagne avec des supermarchés pour installer des caisses à la sortie des magasins, où les clients donnent une partie de leurs achats. C'est un succès.

Le premier ministre Lucas Papadémos est allé dans une soupe populaire le soir du 31 décembre, en compagnie du maire d'Athènes, Georges Kaminis, qui a tiré la sonnette d'alarme sur les sans-abri d'Athènes. "Nous avons plus de donations qu'il y a deux ans, explique Ada Alamanou. Les Grecs sont devenus sensibles à ce problème et ils font preuve d'une grande solidarité."

Alain Salles


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:27

LEMONDE | 19.01.12 | 12h08   •  Mis à jour le 19.01.12 | 12h17

 
 

 

Le coup est rude pour ces salariés qui se sont battus bec et ongles.

Le coup est rude pour ces salariés qui se sont battus bec et ongles. AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK


Lyon Envoyée spéciale - Mauvais calendrier pour Nicolas Sarkozy. Le président de la République comptait défendre le "Made in France" jeudi 19 janvier dans l'usine Seb à Pont-Evêque (Isère) alors que, la veille, journée marquée par le sommet social à l'Elysée, les salariés de la dernière usine du fabricant de lingerie Lejaby dans l'Hexagone avaient appris la fermeture du site d'Yssingeaux (Haute-Loire). Déjà délocalisée à 93 %, la production de l'entreprise sera désormais intégralement sous-traitée en Tunisie.

Le tribunal de commerce de Lyon a certes choisi mercredi 18 janvier l'offre de reprise la "mieux-disante" sur le plan social, proposée par Alain Prost – ancien PDG de La Perla et ex-directeur général de Chantelle – et ses associés pour un euro symbolique. Mais sur les 450 salariés de l'entreprise, seuls 195conserveront leur emploi, les 255 autres seront licenciés. Les 93 salariés de l'atelier d'assemblage d'Yssingeaux, dont 90 femmes, seront prioritairement réembauchés sur l'ultime site de Rillieux-la-Pape (Rhône).

Associé au sous-traitant historique de Lejaby, Isalys, basé à Sfax (Tunisie), M. Prost compte investir 7 millions d'euros et repositionner la marque sur le haut de gamme. Il a aussi promis 500 000 euros pour aider les salariés sur le carreau. L'autre proposition en lice, jugée moins solide financièrement, portée par le patron de la PME de lingerie Canat, ne conservait que 170 emplois, mais 50 dans l'usine de Haute-Loire.

FATALITÉ

Le coup est rude pour ces salariés qui se sont battus bec et ongles. En vain. La désindustrialisation dans le textile en France semble une nouvelle fois une fatalité. Très tôt, ce secteur, et notamment la lingerie, a pris de plein fouet les effets de la mondialisation. La production des dessous de marques françaises est désormais presqu'entièrement sous-traitée en Tunisie, au Maroc ou en Chine.
La semaine a été éprouvante. Jeudi matin, les salariés d'Yssingeaux envisageaient d'occuper l'usine et une dizaine d'ouvrières parlaient d'une grève de la faim. La veille, une soixantaine avaient défilé au Puy-en-Velay devant la permanence du maire Laurent Wauquiez, également ministre de l'enseignement supérieur.

Mardi, avant l'audience au tribunal, les ouvriers avaient fait appel au symbole. C'est dans la cour des Voraces, sur les coteaux de la Croix-Rousse à Lyon – haut lieu de la résistance des canuts et des insurrections républicaines du XIXe siècle – qu'ils s'étaient réunis. Pour faire "une dernière photo de famille" sur ces hauts escaliers et exprimer toute leur colère. Venus à bord de deux autocars, les employés d'Yssingeaux représentaient le gros des troupes. La plupart avaient passé une nuit blanche, à occuper leur usine.

Il faisait un froid à pierre fendre, mais les ouvrières avaient pris la pose, sur les marches, avec un masque blanc sur le visage. Des lettres accrochées à l'escalier formaient une grande frise "Lejaby, Palmers m'a tué". D'immenses posters de jolies filles sexy vêtues de leurs seuls sous-vêtements n'arrivaient pas à réchauffer les cœurs. Ni les pieds gelés des manifestantes.

Avec son caractère trempé, Nicole Mendez (CFDT) avait lancé au mégaphone, dans la cour des Voraces : "“Voraces”, comme les fonds d'investissement qui nous ont rachetés par le biais de Palmers !" En trois ans, ils ont déjà "dégraissé" les emplois, de 650 à 450. Elle avait fustigé l'"incompétence" de Palmers, qui "a entraîné une réduction de moitié du chiffre d'affaires, de 80 à 40 millions d'euros" de Lejaby.

Un sentiment de colère dominait. "Ce qui nous arrive est injuste, méprisant", disait Bernadette, ouvrière à Yssingeaux à quatre ans de la retraite. "On nous a laissé trop peu de chances, c'est l'enterrement de Lejaby". "L'avenir n'est pas brillant", renchérissait Monique, "avec selon les offres, 57 ou 60 % d'employés non repris". L'inquiétude était partagée : "Déjà nos enfants ne trouvent pas de boulot, si maintenant c'est au tour des parents…. Dans ce métier, à plus de cinquante ans, on est un dinosaure", ajoutait Anne-Marie.

LOURD PASSIF SOCIAL

Le passif de Lejaby en termes de casse sociale est déjà bien lourd. Entre2002 et 2008, l'actionnaire américain Warnaco avait fermé quatre usines et licencié 250 salariés, avant que Palmers ne supprime à son tour en 2010 trois autres sites de production – Bourg-en-Bresse et Bellegarde-sur-Valserine (Ain) et Le Teil (Ardèche) – et supprime 193 emplois. Ces mesures ont contribué à la débâcle. Le dépôt de bilan a été prononcé le 27 octobre 2011 et la liquidation le 22 décembre.

"On peut se demander si Palmers n'a pas utilisé la cessation de paiements pour échapper au paiement de certains engagements, comme les sommes restant dues au titre du PSE de 2010", note Janine Caillot (CGT). Pour elle, ce "gâchis humain, social et économique" est imputable "aux choix condamnables de gestion" de l'actionnaire qui n'a pas "financé sa filiale Lejaby". Elle se demande si cette volonté est liée au fait que "le groupe Palmers soit mis en vente, en dehors de Lejaby".

Des regrets, chacun en ressasse à la pelle. Pour Gilles Véron, l'expert du cabinet Syndex choisi par le Comité central d'entreprise (CCE), "le dépôt de bilan a été mal préparé, trop brutal. L'administrateur judiciaire a dû chercher des repreneurs dans la précipitation" M.Véron se désole surtout qu'un délai si court n'ait pas permis de faire une offre de reprise par les salariés. Il aurait aimé pouvoir initier un projet de reprise avec un fonds d'investissement socialement responsable. Un vœu pieu. Le CCE envisage de poursuivre Palmers soit aux prud'hommes soit au civil, "pour les mettre devant leurs responsabilités".

Nicole Vulser


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:22

scan midi libre 18 01 12

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Articles de presse
commenter cet article
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 20:20


Subject: police avec nous
par insoumi175
  06-10-2011

http://www.dailymotion.com/video/xlhzi7_les-indignes-portugais-sont-rejoint-par-les-policiers_news?ralg=behavior-meta2#from=playrelon-7


Sur cette video nous voyons la police portugaise rejoindre, en uniforme, la manif des indignés qu'elle devait contrôler. Un parfum de 25 Avril en sorte....

Sous l'uniforme tu restes un travailleur camarade...

 


 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 15:43

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=6dSB8C2w9lk&feature=player_embedded

 

Ajoutée par telelibre le 10 nov. 2011

Vidéo prise le 10/11/2011

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22