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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 15:17
| Par Marine Turchi

C'est un tournant dans une campagne présidentielle, qui, jusque-là, n'avait pas ouvertement franchi la ligne jaune. En une semaine, le FN et l'UMP ont renoué avec leurs vieilles habitudes sans hésiter à la piétiner.

Samedi 4 février, devant 300 jeunes de l'association étudiante (très à droite) UNI, réunis pour un colloque à l'Assemblée nationale, Claude Guéant a lancé : «contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas» (lire notre récit sur ces réunions à huis clos). Dans le discours, le ministre de l'intérieur appelle à «protéger notre civilisation». «Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient», argumente-t-il, ajoutant : «celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique».

Des propos qui ont déclenché de nombreuses réactions d'indignation à gauche. «La provocation pitoyable d'un ministre réduit à rabatteur de voix FN», a dénoncé le socialiste Harlem Désir. Claude Guéant, lui, «ne regrette pas». Sur RTL, dimanche matin, il a même persisté et signé :

 

 

Ce discours nous replonge dans le débat sur l'identité nationale, organisé par feu le ministère de l'immigration et de l'identité nationale, fin 2009, et qui s'était transformé en défouloir raciste. L'intitulé du colloque de l'UNI était d'ailleurs très clair: «Vaincre pour la France». A quatre-vingts jours de l'élection présidentielle, l'UMP tente donc de remobiliser la frange droitière de son électorat.

En témoigne cet autre «épisode» de la semaine: la stigmatisation des «étrangers» sur le site du parti présidentiel, qui invite les internautes à répondre à des «questions de la semaine» à la formulation effarante. Exemple: «Pour lutter plus efficacement contre les actes de délinquance commis par une frange de la population qui a fait de la violation de la loi pénale son mode habituel de vie, doit-on expulser les étrangers auteurs de tels faits?» (voir notre article). Comment ne pas évoquer aussi cette phrase lâchée par le chef de l'Etat lui-même, jeudi, sur un chantier, dans l'Essonne? «Cela change du pays, quand il fait moins 8», a-t-il lancé en s'adressant à un travailleur noir.

Si l'UMP se radicalise, c'est évidemment parce qu'elle est en difficulté (lire nos analyses ici et ). Mais c'est aussi parce que le Front national lui a, cette semaine, libéré un espace. En effet, en participant le week-end dernier à un bal de l'extrême droite en Autriche (lire notre récit), Marine Le Pen a renoué avec les habitudes de son père. Les avait-elle vraiment abandonnées? La présidente du FN n'a d'ailleurs pas désavoué Jean-Marie Le Pen, qui s'est fendu à cette occasion d'une énième provocation: «J'ai moi-même assisté à cette magnifique manifestation qui retrace d'ailleurs le Vienne du XIXe siècle, c'est Strauss, sans Kahn, si vous voulez», a-t-il lancé sur France-3. «Un trait d'humour», a-t-elle commenté.

SOS Racisme a dénoncé un «bal immonde pour nostalgiques du IIIe Reich», le Front de gauche une «VRP de la haine en week-end» et le Modem un «bal tragique» qui fait «tomber le masque» de la candidate frontiste. L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) s'est «s'inquiétée du silence de la société civile et de la classe politique». Le PS a très tardivement réagi. L'UMP, elle, s'est bien gardé de le faire. Et pour cause: le parti présidentiel a opté pour une triple stratégie: ne pas taper trop fort sur Marine Le Pen, chasser sur ses terres et obliger le PS à se positionner sur ces questions (lire notre enquête sur la riposte au FN).

Un cadre de l'UMP l'a d'ailleurs formulé ainsi à Mediapart: «A l’UMP, on n’a pas intérêt à donner l’impression que notre adversaire c’est le FN, ni à lui donner de l’importance. Son électorat est volatil, on en aura besoin au second tour, il ne faut pas le braquer.» Il faut «en parler, mais pas trop abondamment. On tape fréquemment sur son projet, mais en restant sur l’économie et le social. On n’a pas intérêt à parler des autres thématiques (immigration, peine de mort, etc.), on a peur d’être moins audible.»

«Que la France reste la France»

Dans ses interventions d’ailleurs, Nicolas Sarkozy ne cite jamais la présidente du FN, mais accumule clins d’œil et appels du pied à ses électeurs. Quand il célèbre les six cents ans de la naissance de Jeanne d’Arc. Ou lors de ses vœux aux forces économiques, le 19 janvier, lorsqu’il évoque «ceux qui souffrent» et se «tourn(ent) vers celui qui crie le plus fort, non pas parce qu'il a la solution, mais parce que, au moins, il exprime une colère». «Dans un pays en difficultés, celui qui crie le plus fort est souvent le plus entendu», a-t-il redit sur huit chaînes, le 29 janvier. Ou encore quand, ce même 29 janvier, il envoie Gérard Longuet à Perpignan inaugurer hier matin le centre de documentation des Français d'Algérie à Perpignan (lire ici), où ce dernier chantera à plein poumons «Le chant des Africains» (devenu celui de l'OAS).

Mediapart n'a eu de cesse de raconter ce virage d'une partie de l'UMP (retrouvez notre dossier complet sous l'onglet «Prolonger»). Cette UMP au pouvoir devenue une droite extrême et extrêmisée, flirtant avec le Front national (lire notre enquête). «Lepénisation», le mot a été lâché, à gauche, mais aussi à droite, par Yves Jégo, proche de Borloo. Combien de parlementaires, de (anciens) ministres, d'élus locaux ont dénoncé une «course après le Front national»? (comme Hervé Gaymard, Jean-Pierre Raffarin, Rama Yade, Dominique de Villepin, etc). Pendant le débat sur l'identité nationale (novembre 2009-février 2010), pendant celui sur l'islam (mars 2011), ou encore lors dans la séquence qui a suivi le discours sur Grenoble (juillet 2010) et la circulaire sur les Roms.

Dans la perspective de la présidentielle, Nicolas Sarkozy joue sur deux registres, comme nous l'écrivions déjà en septembre dernier: d'une part le président qui «rassure» et «protège» dans la crise, d'autre part celui qui agite les peurs. Cette dernière tâche est assurée par son bras droit Claude Guéant, aidé en cela par le collectif de députés de la Droite Populaire.

L'arrivée au ministère de l'intérieur de Claude Guéant a sonné le début d'une surenchère, qui n'a rien d'une série de dérapages incontrôlés (lire notre article «Claude Guéant, porte-drapeau des thèses de l'extrême droite» et notre enquête sur cinq ans de «mots du FN dans la bouche de l'UMP»). Le 20 décembre encore, le ministre de l'intérieur avait annoncé des «mesures spécifiques» contre «la délinquance étrangère», promettant qu'un texte «sera déposé avant l'élection» présidentielle. En un an, il a fait du modèle d'assimilation des immigrés le credo du gouvernement (lire l'analyse de Carine Fouteau). Le 11 décembre, il réclame des immigrés «gentils» et «polis», demandait qu'ils respectent «l'art de vivre français».

Le 29 novembre, il répète: «Pour que l'intégration se fasse (...), il faut qu'il y ait moins d'immigrés accueillis chaque année.» Deux jours plus tôt, il explique que la France accueille chaque année 200.000 étrangers et que c'est «trop». Il va jusqu'à reprendre la comparaison favorite de Marine Le Pen: «C'est l'équivalent d'une ville comme Rennes». Le 17 novembre, il estime que «les immigrés que nous accueillons doivent adopter nos coutumes» et demande que les étrangers naturalisés signent une «charte des droits et devoirs du citoyen français», à partir du 1er janvier 2012.

Dès mars 2011, Claude Guéant avait montré la voie à suivre à l'UMP. «Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale», explique ce jour-là Claude Guéant (vidéo ci-dessous à 7 minutes). Marine Le Pen applaudit et lui offre «une carte d'adhérent de prestige», elle qui évoque constamment «le sentiment que l'on se sent dépossédé de notre pays» (voir notre vidéo).

 

 

Dérapage du ministre? Non, une variante de son entretien de la veille dans Le Monde: les Français «veulent que la France reste la France» et «que les nouveaux arrivés adoptent le mode de vie qui est le leur, ils veulent que leur mode de vie soit respecté». Ces phrases, il les répétera le 3 juillet, le 22 octobre, le 17 novembre. Le 4 avril, il avait également soutenu que «l'accroissement du nombre des fidèles de cette religion, un certain nombre de comportements, posent problème.»

Le parti présidentiel a embrayé. Tout l'automne, UMP et FN se sont d'ailleurs livré à une surenchère contre le vote des étrangers aux élections locales. Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint du parti - et pourtant centriste - avait alors promis de mener une «grande campagne de mobilisation» sur cette question, «contraire à nos valeurs».

«Lepénisation», le mot est réfuté par les principaux intéressés. «Je n'ai rien à voir avec le Front National, rien de commun avec le FN»; «Jamais je n'aurai les théories, les thèses folles du Front national», s'est justifié Claude Guéant tout l'hiver. Son axe de défense est inchangé: la majorité des Français réclamerait cette politique.  «Il y a beaucoup de Français en attente de sécurité et de maîtrise de l'immigration. (...) Je parle de l'immigration parce que c'est un sujet qui préoccupe beaucoup les Français», dit-il encore le 29 novembre sur RTL. «Les Français attendent», «les Français veulent», répète-t-il. Que place le ministre derrière cette notion «les Français»? En décembre, il a donné quelques éléments de réponse, sur France 5: «Si des électeurs du Front national trouvent que je réponds à leurs attentes, j'en suis content».


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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 15:15
| Par La rédaction de Mediapart

Trois mois à peine après avoir été nommé, le premier ministre grec Lucas Papademos menace de démissionner. Il pourrait abandonner ses fonctions dès lundi, s’il ne parvient pas à obtenir l’accord des trois partis politiques grecs qui siègent au gouvernement – Pasok (parti socialiste, droite et La.Os (extrême droite) sur le plan de sauvetage de la Grèce. Une réunion devait se tenir samedi pour tenter d’arracher leur signature.

Dans le cadre du plan de sauvetage grec, les créanciers privés sont prêts à effacer 50 % de la dette qu’ils détiennent, soit une centaine de milliards d’euros environ. De leur côté, le FMI et l’Europe envisagent d’apporter une nouvelle aide de 130 milliards d’euros environ. Mais, en contrepartie de ces efforts, la Troïka, qui réunit les experts de la BCE, du FMI et de l’Union européenne, a formulé de nouvelles exigences. Outre les privatisations, la disparition des professions réglementées, la réduction de la fonction publique, l’augmentation des taxes et des impôts déjà prévues au programme, elle entend imposer une nouvelle condition : la diminution de 25 % du salaire minimum dans le secteur privé (actuellement de 750 euros).  Cette réduction est indispensable, selon elle, pour permettre à la Grèce de retrouver sa compétitivité.

Réunis jeudi, les représentants du patronat, toutes catégories confondues, et des salariés du secteur privé, se sont opposés à cette demande. S’ils acceptent de négocier un éventuel gel de salaires pendant trois ans, ils refusent toute remise en cause des conventions collectives et du salaire minimum. « La compétitivité au niveau national est bien davantage influencée par d'autres facteurs que les coûts salariaux, dont la bureaucratie générée par la réglementation excessive, l'intervention de l'Etat, les impôts, la corruption et les comportements hostiles aux affaires », écrivent patronat et syndicats dans une lettre commune adressée aux partis politiques, au gouvernement et à Bruxelles.

Les trois partis politiques qui siègent au gouvernement soutiennent  leur position et refusent de signer tout accord qui les engageraient sur ce point dans l’avenir. Leur position est d’autant plus ferme que des élections législatives doivent se tenir en avril. Lucas Papademos se retrouve donc isolé dans la négociation face aux créanciers privés et à l’Europe. Il n’a plus que sa démission comme arme pour amener les partis politiques à transiger avec la troïka.

Annoncé comme « imminent » il y a plus d’une semaine, l’accord sur le plan de sauvetage de la Grèce n’est toujours pas signé.  Le ministre grec des finances, Evangélos Vénizélos, a reconnu samedi que les discussions «étaient sur le fil du rasoir». «Tout être conclu d'ici à dimanche soir, si nous voulons respecter le calendrier et les échéances du mois de mars», a-t-il expliqué.  Le 14 mars, le gouvernement grec doit payer une échéance de 14,5 milliards d’euros qu’il ne pourra honorer sans l’aide de l’Europe.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 15:12
Marianne - Greek crisis - Blogueur associé | Dimanche 5 Février 2012 à 12:01

 

Suite des carnets athéniens de Panagiotis Grigoriou, qui aujourd'hui aborde la problématique de la crise grecque sous l'angle de la météo. Il neige, beaucoup même, trop par endroits. Si seulement cette neige pouvait se transformer en farine, les Grecs auraient plus de moyens pour se nourrir.



(Neige à Athènes - Flickr - cc)
(Neige à Athènes - Flickr - cc)
Il neige abondamment chez nous depuis mercredi. De Salonique et par endroits, jusqu'au sud du Péloponnèse. La mauvaise réputation du mois de février n'est plus à faire. Au beau milieu de ce mois de Gamélion chez les anciens, mais nous ne célébrons plus les mariages comme eux. Nous ne célébrons plus grand-chose tout court.
 
Nous n'aimons pas la neige et ce jeudi matin en Grèce centrale, y compris en plaine, nous en avons pratiquement un mètre au sol. Si on y ajoute la Troïka et les siens chez les «nôtres», c'est encore pire. Car déjà tôt mercredi matin, la compagnie d'électricité a coupé le courant à des dizaines de foyers à la bourgade de Neochori du département de Serrès, frontalier avec la Bulgarie.

Ce village, dans sa totalité pratiquement, avait refusé de payer la nouvelle taxe, incorporée aux factures d'électricité depuis l'automne dernier. Devant le tollé général en plus du direct à la télévision, et par -10°C, la machine a fait partiellement marche arrière. Ailleurs dans le pays, des syndicalistes électriciens ou retraités, rétablissent le courant passant outre. Certes, pas partout. Les foyers sans électricité se comptent désormais par milliers, pas seulement à cause de la taxe … électrocutante, mais parce que tout simplement, les habitants n'arrivent plus à régler leurs factures. Le principal syndicat chez les électriciens, GENOP, vient d'annoncer jeudi matin que si la compagnie décide d'appliquer la loi sur la taxe immobilière, elle doit alors priver de courant 500.000 foyers.
 
Étant à moitié dans l'échec, et complétement embourbés, les para-gouverneurs Papadémiens, ont fait adopté au «Parlement» dans la nuit du mardi au mercredi, leur nouvelle trouvaille : au bout de quatre mois de non versement de cette nouvelle taxe, le fisc ouvrira la procédure adéquate, allant jusqu'à la saisie du bien immobilier en question. Andreas Andrianopoulos, homme politique appartenant à la pensée néo-libérale sérieuse, avait déjà prévenu de ce dérapage en octobre dernier :

« Pour éviter le pire et devant ses échecs, le gouvernement se résout à saisir au fond la propriété privée, en imposant les biens immobiliers de façon impitoyable. C'est une violation de la démocratie et des droits élémentaires, dont la propriété qui constitue un droit sacré » (Andrianopoulos est associé en tant que chercheur Public Policy Fellow au Woodrow Wilson Center à Washington).
La tension monte alors d'un cran. J'ai entendu les gens au café du coin hier avant la neige, se déclarant très déterminés: « Qu'ils viennent saisir, nous avons nos fusils de chasse et ils sont chargés...».

Stathis, ruiné : un Grec comme beaucoup d'autres

Stathis, artisan — petit commerçant en faillite, s'est montré pourtant plus perplexe : « Eh les gars, moi j'ai payé la taxe de l'électricité car je ne veux pas avoir des embrouilles avec le fisc. Mon atelier où j'employais six personnes est en faillite depuis octobre comme vous savez, donc je dois de l'argent à la sécurité sociale, aux impôts et aux banques, je recherche plutôt … où me planquer... ».

Ce Stathis n'a pas été un grand tricheur, ce qui est également bien reconnu de tous ici. Il n'a ni compte en Suisse, ni deuxième maison, ni deuxième voiture, ni de deuxième chance finalement. Certes, la gestion de son entreprise n'était pas toujours très brillante, mais travaillant également lui-même du matin au soir, il n'a jamais voulu laisser ses ouvriers sans salaire.

Tous originaires du même village, c'était aussi une question d'honneur, d'orgueil même. Je ne dis pas de solidarité, car elle n'est pas si naturelle, sauf entre membres d'une parentelle, d'un clan et encore. La méta-culture pré-bancaire, (et « prêt bancaire » pour certains), a eu aussi comme conséquence dans les campagnes, la désarticulation de certaines solidarités, disons organiques, accentuée par le modèle unique et imposant, du consommateur orgueilleux.

Donc Stathis avec son ex-entreprise d'ameublement ne sauvera peut-être pas les meubles. Il attend seulement la suite, résigné mais souriant. « Nos parents ont vécu l'enfer jadis, qu'ils aillent se faire f*** ces gouvernants, et l'euro avec». Et au café, on a trinqué. «Amen» !

Car le père de Stathis fut résistant durant la précédente occupation. Partisan aux rangs du Front National de Libération (EAM), la plus importante structure politique armée en Grèce entre 1942 et 1946, animée par le Parti Communiste, conserve bien ses souvenirs. Le vieux Pavlos, c'est le nom du père de Stathis, raconte encore ces années, sans la moindre émotion dans la voix :
« On crevait ou on tuait, puis en 1947, durant la Guerre Civile, j'ai dû faire mon service au sein de l'Armée Nationale, l'armée de l'État quoi, contre les communistes, pendant ce temps, mon oncle, communiste, était déjà en exil sur une île de l'Égée. Nous avions souffert tous, et cela nous rattrape, car le temps dur s'en va, mais il peut revenir, comme le vent de la montagne, là, en face ». Pavlos, né en 1917, était même sorti hier matin avant la neige, pour se préparer un peu de petit bois, a-t-il dit, son fils.

Quelle unité politique ?

Mais la nouveauté se trouve peut-être en train de constituer ses munitions ailleurs. Non pas dans les armes, mais dans les représentations. Ainsi Stathis, tout comme son père, sympathisants P.C. tous les deux, n'ont plus la ligne si dure. Autrement dit, ils n'obéissent plus aussi facilement aux vues d'en haut.
« Rester politiquement seuls n'est pas forcement une bonne chose », disent-ils, se démarquant ainsi de la position isolationniste du P.C grec, vis à vis des autres mouvements ou partis anti-Mémorandum.

Puis, Christophoros, le gendre de Stathis, ex-cadre local au PASOK (le P.S. Papandréen grec) partage ce même avis. Et il n'a plus aucun lien avec le PASOK. De toute façon, toutes les organisations de ce P.S. bien balkanique, se sont … balkanisées jusqu'au bout. En réalité, elle sont dissoutes, ce parti n'existe plus, il n'y a que ses dirigeants, les députés, les ministres, et leur liquide amniotique, encore juteux ! Mais jusqu'à quand ?

Seuls certains retardataires de l'histoire dans ces campagnes, issus de la droite dite classique, espèrent et se disent prêts à voter pour le chef de « leur » parti, la Nouvelle Démocratie de Samaras. C'est ainsi que Samaras et sa Nouvelle Démocratie, vieille de 37 ans déjà, espère « gouverner » notre planète des singes au jour d'après.

Courte vue pour une ambition minable. Seul l'ancien maire de la bourgade ici, paraît-il, avait mieux prévu faisant dans le développement durable. Avant la réforme réunifiant sa commune avec celle de la ville voisine (réforme désastreuse partout dans le pays), eh bien, cet adepte de la Nouvelle Démocratie, s'est retiré de la vie publique, ayant préalablement augmenté sa fortune personnelle, selon les allégations au moins de ses concitoyens, de cinq millions d'euros en deux mandats.

« C'est de farine que nous manquons désormais »

Hier, dans un autre village assez proche, les discussions n'ont guère varié. Sauf que le climat était lourd, à cause du décès d'un de leurs, la semaine dernière. Un homme la quarantaine, père de deux enfants, fut tué par un arbre à proximité de la rivière. Il était en train de le couper pour en faire du bois de chauffage.

« Tout le monde le fait, même sans autorisation, sinon on va mourir aussi de froid. Et toutes ces interdictions c'est de la foutaise, du temps de la guerre et avant, dans les années 1930 et jusqu'aux années 1960, nos grands parents coupaient les arbres de la même façon et pour la même raison, personne ne venait alors nous faire la loi, nous étions bien chez nous... »
 
Nous voilà donc au milieu du gué. Non pas de la restructuration de la « dette », mais de nos vies. Jusque là, nombreux ont été ceux, qui croyaient le Mémorandum s'épuisant, entre deux débats à la télévision et quarte pétitions par jour sur internet. D'autres encore, se disaient bien, qu'enfin toutes ces grèves répétées et les manifestations parfois massives, apporteraient de l'eau au moulin de la révolution.

Décidément il n'y a, ni révolution ni moulin, mais c'est de la farine que nous manquons désormais. Certains analystes encore, ayant occupé les médias alternatifs, présumés anti-Mémorandum, pensaient peut-être en faire carrière ainsi, mais seront-ils sinon, les seuls scénaristes du prochain film ? Et que dire des employeurs qui ont cru avoir trouvé le moment propice dans la nouvelle pédagogie de l'esclavage, supprimant les salaires à leur personnel restant, État compris, que vont-ils pouvoir récolter finalement ?
 
Parmi les nouvelles du moment, on distingue celle, rapportée par le reportage issu des hôpitaux. Un agent hospitalier (ambulancier dans un établissement public), découvrant sa fiche de paye de Février, et son salaire s'élevant ainsi à 250 euros, après maintes déductions et réductions, il a subi un arrêt cardiaque et … il a été sauvé, seulement parce qu'il se trouvait sur son lieu de travail. Ainsi ranimé, il pourra rappeler à nos dirigeants politiques d'abord, à Madame Merkel ensuite et aux bancocrates surtout, qu'effectivement ... « Arbeit macht frei ! » (Quant au chômage n'en parlons plus)

De la malnutrition chez les enfants

Dans nos médias depuis deux jours, on revient également sur ces vols massifs de gasoil à répétition, en Crète et ailleurs, à tel point que certains engins de déneigement se sont retrouvés étant à sec. Sur l'île de Minos même paraît-il, que certains voleurs n'ayant pas trouvé de gasoil dans le réservoir d'un camion, ils ont alors mis de la terre pour s'en venger.

Donc cela devient très « tendance » que de mettre des vigiles partout, autour des engins, à la gare, derrière le poulailler. Heureusement qu'une Association pour la Protection des Animaux Sauvages, s'est émue et à juste titre, de la mort d'un chat sauvage (Felis silvestris silvestris) au Nord du pays, nous rappelant un peu nos émotions de l'avant-guerre.

Nous apprenons tout de même qu'il y a toujours ces courageux grévistes dans certaines usines et entreprises, comme les métallos du Pirée, mobilisés depuis plus de 90 jours et bien d'autres, sur lesquelles les médias autorisés ne s'attardent pas trop. Ces gens demeurent pourtant très déterminés. Lorsqu'ils montent sur Athènes, pour encercler par exemple la villa de leur patron dans les quartiers huppés sous la neige, ou lorsqu'ils protègent leur entreprise fermée mais occupée. Ils disent qu'ils n'ont plus rien à perdre et ainsi, ils iront jusqu'au bout. Mais encore lequel ?
 
Car ces temps-ci, nombreux sont également, ceux qui acceptent la soupe populaire épiscopale sans avoir jamais apprécié les ecclésiastes dans le passé, mais ils n'ont plus d'autre choix. Mercredi soir déjà, sur la chaîne de la télévision régionale de Volos (en Thessalie), entre deux déneigements réussis, le représentant syndical des enseignants, relevait un autre bout de la couverture pédagogique du Ministère.

« Il y a six mois, notre ministre de l'Éducation niait la réalité de la malnutrition dans laquelle se trouvent nombreux enfants à l'école, déclarant qu'il s'agissait de la mauvaise propagande syndicaliste. Elle en revient aujourd'hui, et elle réclame notre contribution à son programme urgent, c'est à dire la mise en place et la distribution des mini-repas aux élèves, par un système de tickets d'alimentation, suivant certains critères.

Nous disons oui à Madame la Ministre mais attention. Cette mesure doit être globale, c'est à dire concerner tous les élèves si possible. Car nous avons constaté que les enfants ont aussi  leur dignité, et qu'ils n'avouent pas facilement avoir faim. Il y a la honte également. Donc, soit nous devons deviner, soit nous devons établir une enquête pour comprendre la situation des familles et cela dépasse notre rôle et surtout nos possibilités.

Hier encore, j'ai donné en cachette, une pièce d'un euro à un enfant, afin qu'il s'achète un croissant à la cantine de l'établissement. Il venait de prendre un médicament antibiotique et il n'avait rien mangé depuis la veille au soir. Je dois vous dire que certaines cantines, enregistrent une baisse de 60% de leur fréquentation. D'autres, réservent une partie de leurs produits à la distribution gratuite connaissant désormais les … cas les plus dramatiques. Un désastre...
»
(En Grèce, il n'y a pas de cantines scolaires, organisées par les services municipaux, seulement ces mini-cantines, proposant sandwichs et autres repas rapides, gérées par leurs propriétaires — entrepreneurs si on peut dire, donc tout est payant).
 
Restant alors dans notre grande bataille pour la nutrition, et dans ce cadre, le président de l'Union syndicale Paysanne, Tzanetos Karamichas de son coté, vient de déclarer aux journalistes « qu'un retour à la monnaie nationale n'est pas synonyme de catastrophe alimentaire, et qu'il faut arrêter de calomnier les producteurs, car en réalité et en moyenne, nous sommes auto-suffisants, à hauteur de 94 % ». Est-ce vrai ?

 

Notre gouvernance imposée, tout injuste qu’elle soit, devient petit à petit insignifiante pour beaucoup d'entre nous. Les mesures d'austérité, les négociations, les chiffres, les taxes, perdent toute signification aux yeux de ceux qui se battent pour la survie. À noter que le regard sombre de ces concitoyens justement, n'est plus du tout correct, ni politiquement, ni autrement.

Il y a comme un parfum de déshumanisation qui plane dans l'air frais. Coïncidence ou pas, sur les ondes de notre unique radio culturelle et musicale, on diffusait hier, une émission spéciale sur la musique sous la République de Weimar, après une émission consacrée à Théo Angelopoulos. Peu avant sa mort, il avait exprimé ses profondes inquiétudes : « Notre époque est devenue très sombre. Mais c'est aussi de notre faute, car collectivement et au niveau politique, nous avons négligé la culture, un choix mortel finalement ».

Pourtant, mercredi dernier à Athènes, Mikis Theodorakis, Manolis Glezos (héros de la Résistance de 1941-1944) et bien d'autres, ont annoncé publiquement la transformation du mouvement Spitha (l'Étincelle) en un front de Résistance plus vaste et mieux organisé.
« Nous ne sommes pas un parti, a dit Mikis Theodorakis, seulement nous voulons en quelque sorte fédérer toutes les organisations qui luttent contre la Troïka et les politiciens traîtres, mais évitant les clivages partisans entre nous. » Manolis Glezos a pour sa part formulé un appel destiné aux partis (de la gauche) « pour enfin soutenir cette action en participant, mais mettant de côté, tout esprit dirigiste ».
 
Au même moment pratiquement, le ministre Délégué à l'Économie, Pantelis Oikonomou, annonçait la suppression d'une taxe dite taxe sur les produits de luxe pour tout véhicule non utilitaire importé, dont la valeur dépasse les 20 000 euros. Décidément, y compris dans ce pays ... la farine du diable ne fait pas de bon pain, et nous, entre farine et poudreuse, nous déneigeons alors depuis ce matin par nos propres moyens.
 
Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 15:02

 

realpolitik 05/02/2012 à 12h54

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


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Le double veto russe et chinois sauve Assad pour le moment (par Hexie Farm)

 

Bienvenue au monde de la realpolitik, où le jeu des grandes puissances émergentes n'a rien à envier au cynisme dont ont fait preuve, historiquement, les maîtres du monde d'hier. Ce monde s'est dessiné sous nos yeux samedi soir, au Conseil de sécurité de l'ONU, avec le double véto chinois et russe à une résolution sur la Syrie.

Le double véto a tué le texte sur les massacres syriens pourtant soutenue par les treize autres membres de la plus haute instance des Nations Unies.

Le projet de résolution soutenait le plan de la Ligue arabe qui prévoit la mise à l'écart du président syrien Bachar al Assad, et dénonçait les violations des droits de l'homme commises par le régime syrien.

Susan Rice, l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, a eu des mots très durs pour Pékin et Moscou lors du débat du Conseil de sécurité sur la Syrie :

« Ils (les dirigeants russes et chinois) auront sur les mains toute effusion de sang supplémentaire ».

Cet échec diplomatique prive la communauté internationale de tout levier légal pour peser sur la situation intérieure en Syrie, qui a vu une accélération de l'ampleur des massacres ces derniers jours, avec l'emploi d'armes lourdes contre les manifestants à Homs, ou le déploiement de chars dans les environs de Damas.

Pourquoi la Chine et la Russie prennent-elles le risque d'apparaître ainsi comme les protectrices d'un dictateur qui cherche à écraser sans merci son peuple qui demande inlassablement son départ depuis des mois ? La réponse est double :

1 Le rapport de force international

 

Il y près d'un an, le 18 mars 2011, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptait par dix voix sur quinze, sans vote négatif ni véto, la résolution 1973 qui autorisait le recours à la force contre le régime du colonel Kadhafi en Libye.

On connait la suite, six mois plus tard, Tripoli tombait entre les mains des rebelles soutenus et armés par l'Otan, et Kadhafi, un vieil ami despotique de Moscou, était achevé après sa capture.

Vu de Pékin et Moscou, les Occidentaux les ont roulés dans la farine, utilisant une résolution destinée à « protéger les populations civiles » pour renverser un régime légal et reconnu. A aucun moment, en effet, la résolution 1973 que Pékin et Moscou ont laissé passer sans véto, n'autorisaient l'armement des rebelles, ou le rôle plus actif qu'il n'a été admis, des armées étrangères dans le renversement du pouvoir de Kadhafi.

Ce marché de dupes de 2011, qui a donné à l'Otan une de ses plus éclatantes victoires militaires de son histoire, sans la moindre victime dans ses rangs, sert de leçons aux dirigeants chinois et russes qui continuent d'observer la planète en termes de rapports de force.

Ils ont marqué samedi leur refus de voir se répéter, un an plus tard, le même scénario avec une résolution aux apparences anodines, mais qui ouvrait la voie à une ingérence bien plus grande dans les affaires intérieures d'un Etat souverain, vieux « client » de Moscou de surcroit dans le cas des Russes. La question des massacres n'intervenant que très secondairement dans l'analyse de la situation.

Ainsi émerge le nouveau rapport de force international, dans lequel les Occidentaux ont perdu leur influence dominante, et dans lequel les émergents, comme la Chine, longtemps un acteur passif, ou la Russie qui retrouve progressivement ses marques de l'époque soviétique, se posent en acteurs majeurs d'un jeu biaisé.

2 Le refus de l'ingérence

 

« N'autorise pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse » : c'est en quelque sorte le principe qui dicte la brutalité du véto chinois et russe au projet de résolution en Russie.

Qu'on se place un instant du point de vue des dirigeants chinois. Ceux-ci sont actuellement confrontés à une vague de protestations au Tibet, qui a vu plus d'une dizaines de moines s'immoler, des protestations se terminer dans le sang comme récemment au Sichuan...

C'est avec cette grille de lecture que Pékin dissèque les projets de résolution à l'ONU : ne pas créer de précédents qui puissent se retourner contre elle, si demain, l'Inde et quelques autres pays décidaient de demander au Conseil de sécurité de « protéger » les populations civiles des zones tibétaines ou ouigour de la République populaire.

Le rasisonnement s'applique autant à la Russie qui est impliquée dans plusieurs conflits internes ou sur ses marches, comme la Tchétchénie, l'Ingouchie, Ossétie...

La caractéristique commune de ces deux pays est l'absence de poids de l'opinion publique sur la politique étrangère lointaine. Autant, dans le cas de la Chine, les dirigeants doivent tenir compte des sensibilités de leur population s'agissant du Japon, ou même, on l'a vu récemment, de l'aide économique éventuelle au renflouement de l'Europe, autant un mouvement de révolte dans un pays inconnu (pour eux) comme la Syrie ne suscite aucune sympathie naturelle en l'absence d'information indépendante.

D'autant que les révolutions tunisienne et égyptienne ont suscité pas mal de nervosité à Pékin où le mot « jasmin » a été censuré sur internet, et de maladroits appels à faire de la Chine le « domino » suivant dans la liste ont provoqué une vague de répression dans les milieux dissidents.

En Russie, ces événements coincident avec un réveil inattendu de l'opposition et de la société civile, à l'occasion des élections législatives de décembre.

Moscou et les grandes villes ont connu des manifestations populaires sans précédent depuis la fin de l'URSS, prenant pour cible Vladimir Poutine et son retour annoncé à la présidence de la Russie après l'intermède Medvedev. Poutine a ouvertement accusé les Américains d'être derrière ces protestations qui pouvaient préfigurer une tentative de « révolution de couleur » comme en Ukraine, Géorgie, Moldavie etc.

L'élection présidentielle russe du 4 mars, dans moins d'un mois, justifie amplement le raidissement diplomatique de Moscou : pas de cadeau.

Le prix à payer pour Pékin et Moscou ne sera pas tant en interne -seuls les opposants convaincus et politisés seront choqués- que dans les opinions publiques occidentales et arabes, abreuvées d'images des massacres de Syrie, et qui ne comprendront pas que ces deux grands pays se rangent du côté du bourreau. La Chine et la Russie peuvent vivre avec cette impopularité-là.

Manif samedi devant le Consulat russe à Lyon
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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 14:56

LEMONDE.FR avec AFP | 05.02.12 | 09h07   •  Mis à jour le 05.02.12 | 14h27

 
 

Vitaly Churkin, le représentant de la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU, samedi 4 février 2012.

Vitaly Churkin, le représentant de la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU, samedi 4 février 2012.AP/Seth Wenig


La Chine et la Russie ont opposé leur veto, samedi, à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie pour éviter de "nouveaux troubles et victimes", affirme, dimanche 5 février, l'agence officielle chinoise Chine nouvelle. Le veto sino-russe est destiné à permettre "la poursuite de la recherche d'un règlement pacifique de la crise syrienne chronique", estime l'agence. "En opposant leur veto, la Russie et la Chine affirment que plus de temps et de patience devraient être consacrés à dégager une solution politique à la crise syrienne, épargnant ainsi au peuple syrien de nouveaux troubles et victimes", a-t-elle ajouté. C'est la deuxième fois que Moscou et Pékin empêchent le Conseil de sécurité de sortir de onze mois de silence sur la Syrie, pendant lesquels la répression a fait au moins 6 000 morts selon les militants. Un veto des deux pays avait bloqué une précédente résolution en octobre 2011.

Jusqu'au dernier moment, des tractations s'étaient poursuivies pour tenter de convaincre la Russie de ne pas bloquer l'adoption du texte. Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se rend à Damas le 7 février afin d'évoquer la mise en place rapide de "réformes démocratiques indispensables", a indiqué dimanche son ministère. La Russie "a l'intention de faire tout son possible pour une stabilisation rapide de la situation en Syrie via la mise en place rapide de réformes démocratiques indispensables", a indiqué le ministère dans un communiqué. C'est le but de la prochaine visite de M. Lavrov à Damas. Le vice-ministre des affaires étrangères russe a estimé dimanche que les Occidentaux étaient responsables de l'échec du vote au Conseil de sécurité de l'ONU. "A Moscou, on regrette que les auteurs du projet de résolution sur la Syrie n'aient pas voulu faire d'efforts supplémentaires et atteindre un consensus", a déclaré sur son compte Twitter le vice-ministre des affaires étrangères, Guennadi Gatilov.

 

 

 

POURSUITE DE VIOLENCES DIMANCHE

Les violences en Syrie ont fait samedi 48 morts, dont 24 civils et 18 soldats de l'armée régulière, a affirmé dans la nuit de samedi à dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Six déserteurs ont également été tués lors d'affrontements, selon un nouveau bilan établi par l'OSDH. Neuf militaires syriens ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche lors d'affrontements avec des déserteurs dans le nord-ouest du pays, ajoute l'OSDH.

Le Conseil national syrien (CNS) qui regroupe la majorité des courants de l'opposition "condamne vivement" le veto opposé la veille par la Russie et la Chine au projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie, et "considère cette décision irresponsable comme un permis donné au régime syrien de tuer dans l'impunité", indique un communiqué du CNS.

Les Comités locaux de coordination (LCC) à Damas, un groupe qui anime la contestation ont appelé à "une grève de deuil de deux jours" en dénonçant le veto russe et chinois lors du vote d'une résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU. "La Russie et la Chine, à travers leurs vetos, sont en train de confirmer un soutien permanent au régime syrien", jugent les LCC, affirmant que la position de Pékin et Moscou est "une couverture des crimes du régime syrien".

 

Des membres de l'Armée syrienne libre, à Rastan, le 31 janvier 2012.

Des membres de l'Armée syrienne libre, à Rastan, le 31 janvier 2012.AP/STR


D'intenses coups de feu ont été entendus dans la nuit de samedi à dimanche à la frontière entre la Syrie et la Turquie, provoquant un mouvement de frayeur parmi les villageois turcs, a-t-on indiqué de source locale. Des rafales de fusils mitrailleurs se sont poursuivies jusqu'à tard dans la nuit, a indiqué un habitant turc du village de Güveççi, situé juste à la frontière dans la province de Hatay.
Cet habitant a affirmé que l'armée syrienne avait organisé une opération contre des opposants dans le village de Ain al-Beida, situé côté syrien. Le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu a appelé le gouverneur de Hatay pour s'informer de la situation sur place, rapporte de son côté l'agence de presse Anatolie.

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 14:51

LEMONDE.FR avec AFP | 05.02.12 | 10h25   •  Mis à jour le 05.02.12 | 10h25

 
 

Un Tibétain est mort et deux autres ont été blessés après s'être immolés par le feu pour protester contre la tutelle chinoise sur le Tibet, dans la province du Sichuan, affirment samedi un groupe de Tibétains en exil et une radio basée aux Etats-Unis.

L'association Free Tibet et Radio Free Asia ont indiqué que trois Tibétains s'étaient aspergés d'essence vendredi dans un village reculé de cette province chinoise. L'un d'eux est mort et les deux autres, âgés de 30 et 60 ans, sont grièvement blessés.

Selon ces sources, des protestations qui "appelaient à la libération du Tibet et au retour du dalaï lama" ont eu lieu à Phuhu, à 145 km de Seda, une région où au moins trois Tibétains ont été récemment tués et des dizaines d'autres blessés dans la répression de manifestations par les forces de l'ordre chinoises.
Au moins 16 Tibétains se sont immolés par le feu l'an passé pour protester contre la répression chinoise au Tibet.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:58

je vous invite vivement à écouter l'interview passionnante de Jérémy Rifkin invité ce midi sur france inter en suivant ce lien :

http://www.franceinter.fr/emission-3d-le-journal-la-troisieme-revolution-industrielle-de-jeremy-rifkin-et-les-anonymous-ou-l-e
Ci-dessous quelques infos au sujet de ses points de vues
  
La thèse d’une troisième révolution industrielle par J. RifkinJeremy Rifkin est un économiste, essayiste, conseiller politique et activiste américain, spécialiste de prospective économique et scientifique. Son travail est principalement centré sur l'impact des changements scientifiques et technologiques sur l'économie, le travail, la société et l'environnement.

Influent sur les politiques publiques américaines et européennes, il l'est aussi sur l'opinion publique, avec notamment son livre « La Fin du travail » (End of Work), paru en 1995, qui en a fait l'un des acteurs centraux du débat sur l'influence de la technologie dans le futur du travail. En 2004, « Le rêve européen » (The European Dream) fût un best-seller et lauréat du prix Corine- Prix International du Livre pour le meilleur livre économique de l'année.

Par l'un des penseurs les plus connus aux Etats-Unis, auteur de nombreux best-sellers internationaux dont La Fin du travail ou Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Une analyse lumineuse et providentielle même en ces temps de périls, de l'avenir de nos sociétés. Nous sommes, selon l'auteur, à la fin d'une ère, celle d'une économie fondée sur les énergies fossiles, le travail à temps plein, une organisation pyramidale des entreprises, une gestion exclusivement marchande du monde... Et nous entrons dans ce qu'il appelle la troisième révolution industrielle qui va bouleverser nos manière de vivre, de consommer, de travailler, d'être au monde. Un livre passionnant qui doit interroger nos candidats aux élections présidentielles.

Ce livre développe la thèse d'une troisième révolution industrielle –que l'auteur appelle de ses vœux-, un nouveau paradigme économique qui va ouvrir l'ère post-carbone, basée notamment sur l'observation que les grandes révolutions économiques ont lieu lorsque de nouvelles technologies de communication apparaissent en même temps que des nouveaux systèmes énergétiques (hier imprimerie/charbon ou ordinateur/ ; aujourd'hui Internet & les énergies renouvelables).

La Seconde Révolution Industrielle se meurt donc. Dans un futur proche, les humains génèreront leur propre énergie verte, et la partageront, comme ils créent et partagent déjà leurs propres informations sur Internet.

Cela va fondamentalement modifier tous les aspects de la façon dont nous travaillons, vivons et sommes gouvernés. Comme les première et deuxième révolutions industrielles ont donné naissance au capitalisme et au développement des marchés intérieurs ou aux Etats-nations, la troisième révolution industrielle verra des marchés continentaux, la création d'unions politiques continentales et des modèles économiques différents.

Le défi est triple : La crise énergétique, le changement climatique, le développement durable.

Ces défis seront relevés par un changement de la mondialisation à la « continentalisation ». C'est-à-dire la fin d'une énergie divisée, pour une énergie distribuée.

Les cinq piliers de la Troisième Révolution Industrielle sont :

1) - Passer aux énergies renouvelables.
2)
- Transformer les bâtiments sur chaque continent en mini-centres énergétiques, créant de nombreux emplois.
3)
- Permettre à chaque bâtiment de conserver cette énergie.
4)
- Utiliser la technologie internet pour créer un réseau similaire d'énergie. Chaque bâtiment ayant de l'énergie en trop pouvant la vendre sur ce réseau.
5)
- Créer des réseaux électriques continentaux dans lesquels les véhicules électriques puissent vendre leurs surplus d'énergie en se branchant à une prise, tout en étant garés.



L'auteur prétend que des prises pour les véhicules peuvent être mises en place partout à l'horizon 2020. Si seulement 25% des véhicules vendent en étant garés (et si le prix est haut), cela remplacerait l'actuel système centralisé de l'énergie.

Cela dit, la transformation de l'économie va bien plus loin qu'un changement des régimes d'énergies et des technologies de communication. C'est un transfert de l'énergie à chaque niveau de la société, à des millions de petits producteurs, générant leurs propres énergies renouvelables et échangeant les surplus à travers des continents entiers. Cette « démocratisation de l'énergie » à des implications profondes sur l'organisation de la société, de la politique et de l'économie. Ce qu'on peut appeler un « capitalisme distribué ».

Des exemples existent déjà. Les énergies solaires et autres éoliennes dans le désert du Sahara pourrait ainsi combler 15% des besoins de l'UE d'ici 2050. L'Espagne et le Maroc étudient un projet de tunnel entre les deux continents. Les USA et la Russie font de même pour joindre la Sibérie et l'Alaska, afin d'échanger de l'énergie, et pour le commerce et le tourisme. Les gens commencent à se voir comme une partie d'un organisme planétaire indivisible.


L'ère continentale va aussi transformer l'approche géopolitique des relations internationales à l'approche de la biosphère-politique.


Les scientifiques commencent à voir la planète comme une créature vivante, une entité autorégulatrice qui se maintient dans un état permettant la continuation de la vie. Selon cette nouvelle façon de penser, l'adaptation et l'évolution des êtres vivants fait partie d'un processus plus large : l'adaptation et l'évolution de la planète elle-même.

De nombreuses guerres ont éclatées dans la poursuite de la sécurité énergétique. Cela sera moins le cas avec ces nouvelles énergies abondantes et disponibles partout. La biosphère-politique est basée sur un sens de la responsabilité collective pour sauvegarder les écosystèmes.

Le Livre :


Chapitre 1 : Trois avertissements


Juillet 2008 : Le prix du baril de pétrole atteint un record, 147 $. Des émeutes de la faim éclatent dans trente pays. L'effondrement du système financier soixante jours plus tard en est l'onde de choc.

La majorité des économistes et leaders politiques se concentrent depuis sur la bulle des crédits. En réalité, le commerce mondial a atteint les dernières limites d'une mondialisation basée sur les énergies fossiles. Avec l'arrivée de la Chine et de l'Inde, la demande est simplement insoutenable, faisant passer le prix du baril de 21$ en 2001 à 147$ en 2008.

Et même si l'économie globale montre quelques signes de relance, le prix du pétrole remonte face à la nouvelle demande de biens et services, augmentant les prix de ses derniers et réduisant encore le pouvoir d'achat. Nous sommes dans un cercle vicieux.

Décembre 2009 : Sommet de Copenhague. Malgré un réchauffement climatique dramatique qui pourrait résulter à l'extinction massive de 70% des espèces végétales et animales sur Terre, aucun Etat n'a accepté de prendre ses responsabilités. Echec total.

Avril 2010 : Marée noire causée par BP. Un rappel que dans notre recherche désespérée à trouver des énergies fossiles, nous sommes prêts à prendre des risques énormes et à détruire notre propre écosystème.

Chapitre 2 : Leçons du passé

Alors que nous recherchons de nouvelles voies économiques, historiquement, les grandes révolutions économiques ont eu lieu lorsque de nouvelles technologies de communication sont apparues en même temps que des nouveaux systèmes énergétiques. Lors de l'apparition de l'imprimerie et du charbon et de l'acier, des milliers d'entreprises et des millions d'emplois –pour des raisons qu'il développe-furent créés. De même avec l'automobile et le pétrole. Et depuis 1980, la Seconde Révolution Industrielle est sur le déclin.

Ce chapitre explore en détail ces deux révolutions industrielles pour mieux comprendre comment les ères économiques émergent et déclinent. Nous le terminerons par un avertissement sur ce qui nous attend si l'économie globale n'est pas capable à temps d'effectuer une réelle transition vers une Troisième Révolution Industrielle : L'effondrement de notre civilisation !

Chapitre 3 : La Nouvelle ère de collaboration.

La Troisième Révolution Industrielle, de par la nature distribuée de ses énergies renouvelables, nécessite un commandement partagé plutôt qu'autonome. Cela se voit déjà dans les pratiques des entreprises. Les localités, régions et gouvernements nationaux ne vont pas disparaître, ils vont au contraire être renforcés. Les unions continentales permettront de superviser et réguler les différents marchés continentaux.

Des centaines d'exemples de cette transition en marche existent (Bouygues, Phillips s'y mettent). Ce livre va raconter l'histoire de cette vision, de son évolution, des obstacles et des opportunités rencontrés. Cela pour permettre au lecteur de connaître les visionnaires et les acteurs de ces nouveaux modèles économiques, ainsi que ses antagonistes. Une bataille rangée se prépare entre la vieille garde et les jeunes entrepreneurs. Le lecteur va apprendre les coulisses de ce jeu de pouvoir, les campagnes de désinformation, les lobbyings etc. ainsi que les secteurs clés de l'industrie.

Chapitre 4 : Planning

En avril 2008, Rifkin a réuni les nombreuses compagnies impliquées dans au moins l'un des cinq piliers de la Troisième Révolution Industrielle. De cette réunion est sorti un consensus informel : La crise économique offre une réelle opportunité d'avancer dans la Troisième Révolution Industrielle, qui permettra à l'économie d'exploiter tout son potentiel. La table ronde de la Troisième Révolution Industrielle fût instaurée dans le but de mettre en place, avec les principales villes, régions et gouvernements, ces cinq piliers.

Comment construire la Troisième Révolution Industrielle? Nous emmènerons le lecteur en plein cœur du processus à travers les quatre plans que l'équipe a mis au point. C'est à San Antonio, Monaco, Rome et dans la province d'Utrecht que des plans de développement économique à long-terme ont été imaginés. Ces plans adressent la sécurité énergétique et le changement climatique, transformant des « dépenses publiques » en « investissements économiques ».

Chapitre 5 : Au-delà de la gauche et la droite

La nouvelle vision économique nous force à repenser l'idéologie politique, de manière bien plus horizontale, avec un pouvoir bien plus distribué. L'Allemagne, organisée très localement, prend les devants sous le leadership d'Angela Merkel.

Chapitre 6 : Nouveaux modèles économiques, nouvelles compétences

De nouvelles opportunités économiques apparaissent dans tous les secteurs. Mais remodeler les infrastructures et les industries de chaque pays nécessite de former de « nouveaux » travailleurs ayant de nouvelles compétences (le commerce en réseaux, les stratégies horizontales…). Certains modèles demandent même une refondation complète de la nature des transactions commerciales. Par exemple, nous allons d'un management unidirectionnel de l'électricité à un management bidirectionnel. Les producteurs d'électricité ne seront plus de simples producteurs, mais aussi des transmetteurs permettant aux producteurs individuels de vendre et d'échanger leur énergie. Être capable de travailler sur ces deux fronts est leur challenge.

Chapitre 7 : Unions continentales

La Troisième Révolution Industrielle encourage l'échange d'énergie entre les continents. Cela requiert une gouvernance continentale et en réseau, reflétant le caractère de la Troisième Révolution Industrielle. L'Union Européenne est le projet le plus abouti, et va devenir un seul marché intégré et indivisible, une communauté continentale. Il en sera de même (cela a déjà commencé) avec l'Afrique, L'Amérique Latine, l'Asie et l'Amérique du Nord vers 2050.

Il faudra aussi joindre les continents et se diriger vers un retour au monde Pangéen (du nom du grand continent que la Terre a connu il y a 250 millions d'année). Une nouvelle ère pour l'humanité.

L'auteur pose tout de même quelques questions, comme sur la Chine, au système politique extrêmement centralisé. Mais il conclue avec optimisme que la jeune génération chinoise, élevée au biberon d'internet et de ses échanges, mettra la pression nécessaire.

Chapitre 8 : Repenser l'éducation


Aujourd'hui, échanger son savoir, c'est tricher. Nous sommes au début de la conscience de la biosphère. Lorsque chacun de nous sera responsable, devant créer notre propre énergie renouvelable, et que nous réaliserons que notre survie et notre bien-être dépendent de l'échange d'énergie entre les continents, alors nous verrons notre inséparable relation écologique aux autres.

Le modèle vertical d'éducation actuel n'est plus compatible dans la Troisième Révolution Industrielle.

Chapitre 9 : Un monde au-delà du capitalisme et du socialisme


La nouvelle économie est contraire à la théorie économique classique qui voit l'intérêt individuel comme le meilleur moteur de la croissance économique. Elle est aussi en opposition au commandement centralisé du socialisme classique. La nouvelle économie est partagée et basée sur l'assomption que l'intérêt commun poursuivi collectivement est la route à prendre pour un développement économique durable. Être entreprenant et collectif n'est plus un oxymore, mais une solution.

Nous allons examiner les nouveaux modèles de business. Ces nouvelles pratiques vont certainement changer nos assomptions les plus basiques sur la nature de l'activité économique dans une biosphère interdépendante.

La Troisième Révolution Industrielle est un changement radical spatiotemporel.
Elle va créer des citoyens globaux, dans une biosphère partagée, et nous reconnecter avec la planète. Nous avons peu de choix si nous voulons espérer restaurer la santé de la biosphère et préserver la planète pour les générations futures.

 

http://www.enerzine.com/14/13149+la-these-d-une-troisieme-revolution-industrielle-par-j-rifkin+.html

 

 

La Troisième Révolution Industrielle : Jeremy Rifkin

Troisieme-Revolution-Industrielle-.jpg La Troisième Révolution Industrielle : Jeremy Rifkin

Un Noveau plan énergétique pour l'Union européenne au 21ème siècle - La prochaine étape de l'Intégration européenne - par Jeremy Rifkin*

Le livre présente la thèse d’une troisième révolution industrielle - que l’auteur souhaite ardemment -, un nouveau paradigme économique qui va ouvrir l’ère post-carbone, basée notamment sur l’observation que les grandes révolutions économiques ont lieu lorsque de nouvelles technologies de communication apparaissent en même temps que des nouveaux systèmes énergétiques (hier imprimerie, charbon ou ordinateur ; aujourd’hui Internet & les énergies renouvelables).

La Seconde Révolution Industrielle se meurt donc. Dans un futur proche, les humains génèreront leur propre énergie verte, et la partageront, comme ils créent et partagent déjà leurs propres informations sur Internet. Cela va fondamentalement modifier tous les aspects de la façon dont nous travaillons, vivons et sommes gouvernés.

Comme les première et deuxième révolutions industrielles ont donné naissance au capitalisme et au développement des marchés intérieurs ou aux Etats-nations, la troisième révolution industrielle verra des marchés continentaux, la création d’unions politiques continentales et des modèles économiques différents.

Le défi est triple : La crise énergétique, le changement climatique, le développement durable.

Ces défis seront relevés par un changement de la mondialisation à la « continentalisation ». C’est-à-dire la fin d’une énergie divisée, pour une énergie distribuée.

 

Nous approcherons dans la première moitié du 21ème siècle la fin de l'ère du pétrole. Son prix sur les marchés mondiaux ne cesse de grimper et les prochaines décennies connaîtront le plafonnement de sa production ("peak oil"). Corrélativement, la hausse spectaculaire des émissions de dioxyde de carbone résultant de la consommation d'énergies fossiles augmente la température de la Terre et fait courir à la planète un risque de changements sans précédent dans sa chimie et son climat, aux conséquences menaçantes pour le futur de la civilisation humaine et des écosystèmes terrestres.

La croissance du coût de l'énergie fossile et la détérioration accélérée du climat et de l'écologie de la Terre pèseront sur toutes les décisions économiques et politiques qui seront prises pendant la première moitié du 21ème siècle. La question de fond que tout pays et que toute branche économique doivent se poser est celle de savoir comment assurer une croissance durable d'une économie mondialisée dans les décennies à venir qui verront le déclin du système énergétique dont les coûts externes et les défaillances croissants pèsent désormais plus que les avantages potentiels, naguère considérables.

Le pétrole, le charbon et le gaz naturel continueront certes à fournir une part substantielle de l'énergie consommée dans l'Union européenne et dans le monde pendant une grande partie du 21ème siècle. Pour autant, chacun s'accorde à penser que nous entrons dans une période de transition où notre dependance de la consommation d'énergies fossiles commence à agir comme un frein sur l'économie mondiale. Pendant cette période incertaine de transition, les 27 Etats membres de l'UE feront le maximum pour obtenir que

1le stock résiduel d'énergies fossiles soit utilisé de manière plus efficace. A cette fin, ils mettront en oeuvre des méthodes expérimentales pour limiter par des techniques énergétiques "propres" la production de dioxyde de carbone résultant de la combustion des combustibles fossiles. Ces efforts sont en cohérence avec l'engagement pris par l'UE d'accroître sa performance énergétique de 20 % à l'horizon 2020 et parallèlement de réduire d'autant au même horizon ses émissions globales de CO2 de 20 % (par rapport aux niveaux de 1990). La gestion plus économe des sources d'énergie et la réduction des émissions de gaz à effet de serre ne permettront pas à elles seules de répondre de manière adéquate à la crise sans précédent que constituent le réchauffement planétaire et la raréfaction ("peak oil") du pétrole et du gaz. Pour préparer l'avenir, chaque gouvernement devra explorer de nouvelles sources énergétiques et établir de nouveaux modèles économiques avec l'objectif d'atteindre au plus près le niveau zéro d'émissions de gaz à effet de serre.

 

LES GRANDES REVOLUTIONS ECONOMIQUES DANS L'HISTOIRE : LA CONVERGENCE DE NOUVEAUX SYSTEMES D'ENERGIE ET DE COMMUNICATION

LES TROIS PILIERS DE LA TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE

La Troisième Révolution Industrielle reposent sur trois piliers fondamentaux qui doivent être développés simultanément et être conçus de façon entièrement intégrée pour que chacun de ses composants puisse développer entièrement son potentiel et pour que le nouveau paradigme économique devienne opérationnel : énergies renouvelables, technologie de stockage et réseaux d'énergie intelligents.

LE PREMIER PILIER : ENERGIES RENOUVELABLES

LE DEUXIEME PILIER : LA TECHNOLOGIE DE STOCKAGE

LE TROISIÈME PILIER : LE RÉSEAU ELECTRIQUE INTELLIGENT

LA PROCHAINE ETAPE DE L'INTÉGRATION EUROPÉENNE

DEVELOPPER L'ECONOMIE DE L'UNION EUROPEENNE

LA SECURITE ENERGETIQUE

LA DISTRIBUTION DE L'ENERGIE. DE LA GEOPOLITIQUE A LA POLITIQUE DE LA BIOSPHERE

RECOMMANDATIONS POUR LA MISE EN OEUVRE DE LA TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE

GOUVERNANCE

ETABLISSEMENT DE CODES DE NORMES ET REGLEMENTATIONS COMMUNES

CONDUITE D'UN AUDIT SUR LES ENERGIES RENOUVELABLES A L'ECHELLE DU CONTINENT

CONDUITE D'UNE PREVISION ECONOMIQUE A L'ECHELLE DU CONTINENT

CREATION DE COMMUNAUTES PHARES DE LA TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE

 

Jeremy Rifkin est le président de la Fondation pour les Tendances économiques à Washington, DC. Il enseigne à la Wharton School’s Executive Education Program de l'Université de Pennsylvanie. Mr. Rifkin est le conseiller du président de l'Union européenne, Jose Socrates, Premier ministre du Portugal, pour les questions d'énergie et d'économie. Il est aussi conseiller spécial du groupe du Parlement européen sur l'avancement de la Troisième Révolution Industrielle et le recours à l'économie de l'hydrogène. Mr. Rifkin est l'auteur de dix-sept ouvrages sur l'environnement, l'énergie et les questions économiques dont The

Hydrogen Economy: The Creation of the World Wide Energy Web and the Redistribution of Power on Earth (Tarcher/Penguin).

 

Broché : 380 pages

Editeur : LES LIENS QUI LIBERENT EDITIONS (1 février 2012)

Collection : LIENS QUI LIBER

Langue : Français

ISBN-10 : 2918597473

ISBN-13 : 978-2918597476

Prix : 24,00 €

 

 

http://www.blog-habitat-durable.com/article-la-troisieme-revolution-industrielle-jeremy-rifkin-97138541.html

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:51

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 05.02.12 | 09h50

 
 

 

Face à face entre manifestants d'occupy DC face aux policiers, le 4 février 2012.

Face à face entre manifestants d'occupy DC face aux policiers, le 4 février 2012.REUTERS/JOSHUA ROBERTS


Le campement occupé depuis octobre par les manifestants anticapitalistes du mouvement Occupy de Washington était pratiquement démantelé samedi soir, après l'intervention de la police pour faire respecter le règlement interdisant de dormir sur place.

Toute la journée, la police en tenue anti-émeute a démonté des dizaines de tentes l'une après l'autre, laissant une quarantaine d'entre elles en place mais totalement vides, tout en repoussant les protestaires à l'extérieur du square McPherson qu'ils occupent depuis quatre mois, près de la Maison Blanche.

En début de soirée, des dizaines de personnes continuaient malgré une pluie glacée à protester devant les cordons de police, renforcés par des policiers à cheval. Certains indiquaient qu'ils envisageaient d'aller dormir dans des églises voisines.

La police a indiqué avoir interpellé sept manifestants qui refusaient de quitter les lieux et avoir arrêté un huitième qui avait frappé un policier, lequel a été blessé.

Quelque 50 policiers, dont certains à cheval, avaient pris position au petit matin sur le square McPherson, en plein centre de Washington non loin de la Maison Blanche, dont les accès avaient été bloqués par des voitures de police.

Au fur et à mesure de la journée, les policiers dont certains en combinaisons jaunes et lunettes de protection, ont vidé des tentes de leurs affaires de camping alors qu'ils en démontaient d'autres, emportant palettes de bois et autres cartons avec un engin de chantier. Quelque 200 manifestants les ont regardés faire tout au long de la journée, scandant des slogans mais sans opposer de résistance. Les manifestants avaient dans la matinée démonté eux-mêmes une grande "tente des rêves" érigée en début de semaine au milieu du campement.

Inspiré du mouvement espagnol des Indignés, le mouvement Occupy a été lancé le 17 septembre dernier à New York, où des militants se sont installés dans le parc Zuccotti, avant d'essaimer aux Etats-Unis et dans d'autres pays. Les interventions des forces de police en novembre et décembre ont rendu le mouvement moins visible, même si le thème de la répartition des richesses a trouvé un écho dans la campagne en vue de l'élection présidentielle du 6 novembre prochain.

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:47

Against the Wind

In March to Athens on 3 February 2012 at 19:34

March to Athens

Day 87-XIII, from Minturno to Cellole, 13 km.

Day 88-XIV, from Cellole to Mondragone, 15 km.

 

E.U. Emergency Aid Milk - Not to be sold.

Mondragone, February 3

Dear people,

“It’s time for the march to get tough”, comrade Alberto said when the camper left. And so it did.

For three days now we are being challenged by the weather. Yesterday was still okay. The rains only came down near the end. Today it didn’t stop. The storms blew against us from the start. But the march goes on, and as a group we’re doing much better than we did before.

In the god forgotten little town of Cellole we made history yesterday, simply by going there. Within minutes of our arrival we were famous. A parade of people pushing shopping carts full of bags and stuff through the village doesn’t go unnoticed. The authorities offered us an empty community space in the centre, and we didn’t lose much time in deciding to accept, given the humid circumstances.

We had reached the bottom after the camper left in Gaeta, so we could only bounce back. We did so in style.

After dinner we gave life to an amazing jam session. The flute, the guitar, the bongos, and then the pans, the bottles and the rest. We rocked. In synthesis it was an example of what we want to reach with our revolution. Harmony from the bottom up, everyone partecipating in his own way, without a script and without a director.

A handful of locals were present, and they were overjoyed to witness it. We represented a different world. One night only. As from today, life is back to normal in Cellole.

“It’s a miserable place”, they say, and the territory of Caserta is “the ugliest province in Italy”. Over here, nothing ever changes. The state extorts its taxes, the camorra extorts il pizzo, and in between them the local population tries to get by, day by day. Then our march comes by, and all the locals lift their eyebrows in curiosity. People respect our effort, they support us. Almost everyone is an indignado for some reason, and many would come with us, if they could. But in these places they don’t have any faith in the possibility of change. No hope for the future.

This is the gravity sphere of Naples. On the front page of the local newspaper there isn’t a single article which doesn’t talk directly or indirectly about the underworld. Bribes, public funds which have vanished, people arrested for attempted extortion, a restaurant blown up with the owner ‘denying that he was requested to pay for protection’, etc.

There is a very powerful organisation active in this region. So when some of us propose to occupy an abbandoned space in case we need coverage, I feel the need to intervene. “The south of Italy is most particular. We should be extremely careful with entering private spaces.”

Anyway, we probably won’t need to resort to drastic measures for coverage against the rain. The hospitality of people and authorities of every kind has been exceptional so far.

Minturno

 

 

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 13:45

Losing Pieces

In March to Athens on 1 February 2012 at 17:08

March to Athens

Day 86-XII, from Gaeta to Minturno, 19 km.

Minturno, February 1

Dear people,

Yesterday evening the internal assembly completely spinned out of control. Some people came dangerously close to the treshold of violence. When it happened we were housed in a sportscomplex offered by the local authorities and we were lucky that most of the scene was absorbed by the sound of the waves. We didn’t offer a good example. This morning five comrades were left behind on the battleground of Gaeta. And with them, the camper.

The crisis had been making way underground ever since we left Rome. One among us, the flute player, has a personal conflict with comrade Manuel, who has supported the march in his camper since Siena, aside from doing Audiovisuals.

The flute player founded the working group ‘Vehicle independence’ and started fomenting conflict and spreading rumours. Yesterday evening he picked a fight with whoever. He was drunk, he was swearing and screaming. The majority of us avoided that the situation got out of hand. But this morning Manuel decided to go. He is fed up with it.

Comrade Manuel, from Audiovisuals of Acampada Sol

So we are left without a support vehicle and without audiovisual covering. And what’s more, winter has finally arrived. Thus far the days have been mild and sunny. Now it’s cold and raining. The hills are covered with snow. Morale wasn’t that high already, so when the going gets real tough, the tough take the bus.

The assembly had decided in Sermoneta to do only fifteen to twenty kilometres per day, with a clear preference for fifteen over twenty. But still, even before the weather changed, it wasn’t exceptional for some people to go by bus.

We are maybe a dozen people walking. We face thunder and lightning and hail storms and once in a while we are encouraged by a lonely ray of sun.

We’re soaked when we arrive, and we are lucky enough to have a roof over our head tonight. But I’m not sure to whom we owe this pleasure.

Prepared for the worst

Ambiguity in the South is part of the culture. It seems as though there exist different layers of reality in these places. Only if you are born here, you can understand the signs and the unwritten rules. Otherwise, you can only guess.

This morning a car pulls up alongside me. A man steps out. Usually it’s the authorities in uniform who want to know who we are and where we’re going. Not here. He is in his 40s, dressed neither casual, nor elegant. He asks if we had a good night rest at the sports facility. He informs how many we are and where we’re headed.

We’re going to Minturno.

“You can’t go there. I am the mayor of Minturno.”

He isn’t serious. But he says that the town square is maybe not the perfect place to spend the night. He’ll see what he can do.

Gaeta

Immediately upon our arrival in the pouring rain we had access to a former school building, and within half an hour a representative of the police brought dinner for forty. First dish, second dish, side dish, dessert and hot tea.

It makes me think, also with respect to the fire cracker episode of the night before, and the man with the Kalashnikov. Maybe they have nothing do with each other, and maybe it’s nothing more than wild speculation to think there is some kind of meaning behind it all. Or maybe not, there’s no way to know.

We are no threat to no-one for the moment. In the end, all we do is talk, talk, talk. But here in the South of Italy there exists something called omertà. It means you keep silent, whatever you see or hear. And in such a place, simply talking about certain things becomes a revolutionary act.

So first thing, we were warned. ‘This is our territory. Don’t think you can hold your assemblies and talk about us in public. You are under surveillance. But since you are here, and since we have a long tradition of hospitality towards foreigners, we will make sure that your stay will be as comfortable as possible.’

 

 

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