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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 21:57

 

 

Le Monde.fr | 21.06.2012 à 12h29 • Mis à jour le 21.06.2012 à 12h29


 
Manifestation contre le traité ACTA à Bruxelles, le 28 janvier.

La commission du commerce international du Parlement européen a, après les commissions des libertés, de l'industrie, du développement et des affaires juridiques, voté en défaveur du traité ACTA , un vaste traité commercial international de lutte contre la contrefaçon - littéralement accord de commerce anticontrefaçon. La commission a adopté le rapport de l'eurodéputé David Martin, qui demande au Parlement de rejeter le texte, et voté contre plusieurs amendements proposant des reports du vote ou favorables à ACTA, par 19 voix contre 12.

Négocié en secret entre plusieurs pays, dont l'UE, les Etats-Unis ou le Japon, le texte prévoit notamment un renforcement et une harmonisation des moyens de lutte contre la contrefaçon "physique" (médicaments, vêtements...), mais aussi numérique (téléchargement illégal). Il faciliterait par exemple les demandes d'identification de téléchargeurs présumés auprès des fournisseurs d'accès à Internet - une mesure très décriée par les associations de défense des libertés numériques. En début d'année, de nombreuses manifestations avaient eu lieu un peu partout en Europe et dans le monde pour demander le rejet de ce traité.

Absence remarquée durant le vote : celle de Marine Le Pen, qui avait pourtant dénoncé à plusieurs reprises ce traité durant la campagne. Mme Le Pen a été remplacée par l'un de ses collègues du parti belge d'extrême droite Vlaams Belang. Le traité doit désormais faire l'objet d'un vote en séance plénière du Parlement européen. Mais la série d'avis défavorables dans les quatre commissions devrait logiquement peser sur le vote en plénière, qui devrait avoir lieu début juillet.

 

 

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 21:49

 

Le Monde.fr | 20.06.2012 à 14h45 • Mis à jour le 20.06.2012 à 14h45

Par Alain Salles

 
 

Les universités grecques ont beaucoup souffert des plans d'austérité qui se sont succédé pour réduire le déficit du pays. "Depuis deux ans, les budgets de fonctionnement ont diminué de 35 à 50 % selon les universités, explique Théodore Papathéodorou, recteur de l'université du Péloponnèse et ancien président de la conférence des recteurs. Tous les établissements ont fait des efforts considérables pour qu'il n'y ait pas de répercussions négatives sur l'enseignement. D'ailleurs, pendant cette période, plusieurs universités ont été distinguées dans les listes européennes d'évaluation. Mais les problèmes qui se posent concernent l'investissement, et notamment la recherche. Le ralentissement des deux dernières années aura un impact à long terme."

"Nous n'avons pas été affectés dans notre département, explique Panos Niarchos, de l'université de physique d'Athènes. Nous avons essayé de conserver le budget éducation et recherche au même niveau. Et nous avons réduit certains services inefficaces. Mais la situation n'est pas la même partout. Pour les universités qui ont besoin de nouveaux instruments pour leurs laboratoires, c'est plus compliqué."

L'université est gratuite en Grèce, mais certains établissements ont mis en place des droits d'inscription pour des masters. Les livres sont fournis gratuitement. Malgré les coupes budgétaires, les étudiants ont reçu leurs ouvrages. Ce sont parfois les éditeurs qui doivent attendre de longs mois pour que l'Etat leur règle la facture. Les aides pour le logement ou le restaurant universitaire ont été réduits, ce qui rend la vie étudiante plus difficile. D'autant que les budgets des parents ont rétréci et que le nombre de jobs étudiants diminue, alors que le chômage atteint 22,6 % de la population active.

"UNE RÉCESSION SCIENTIFIQUE ET INTELLECTUELLE"

Du côté des enseignants, leurs salaires ont été amputés. "Comme la plupart de mes collègues, j'ai perdu au moins 35 % de mon salaire, explique Calliope Rigopoulou, professeur au département communication de l'université d'Athènes. Si on tient compte des diverses contributions et de la perte des revenus provenant de la vente de mes livres, car plusieurs maisons d'édition affrontent la catastrophe, on arrive à 50 % de pertes. Et ça va sans doute continuer." De très nombreux postes de vacataires qui permettaient à des diplômés d'assurer des enseignements ont été supprimés. Ces coupes ont eu lieu en même temps que la mise en place d'une réforme des universités, qui a été très mal acceptée par les enseignants.

Dans ce contexte morose, les universitaires ont eu une autre mauvaise surprise au printemps. L'argent des universités est déposé à la Banque de Grèce, comme c'est le cas pour la plupart des établissements publics. Mais ces fonds ont été placés en obligations du gouvernement grec et ont dû subir la restructuration de la dette privée, en mars, qui a permis l'effacement de 100 milliards d'euros de dette, au détriment de banques et de "hedge funds", mais aussi des caisses de retraites grecques, de petits porteurs, et donc des universités.

Des réunions ont eu lieu sur ce sujet, mais pour cause d'élections à répétitions, la Grèce est sans gouvernement solide depuis trois mois. "Il s'agit d'une véritable rapine, s'indigne Calliope Rigopoulou. La Grèce est poussée vers ce qu'on peut appeler une récession scientifique, intellectuelle et finalement économique toujours plus dramatique."

Alain Salles

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 21:34

 

Le Monde.fr | 21.06.2012 à 16h06 • Mis à jour le 21.06.2012 à 16h06

Par Jean-Baptiste Chastand

 
 
Un bureau de Pôle emploi au Mans.

Le conseil d'administration de Pôle emploi a entériné jeudi 21 juin plusieurs importants changements pour l'organisme. Le plan stratégique 2015, rédigé par Jean Bassères, son directeur, prévoit en effet des profondes modifications des méthodes de fonctionnement, notamment dans le suivi des chômeurs.

Le but est de corriger les défauts qui sont apparus à la suite de la fusion de l'ANPE et des Assedic, et surtout de profiter d'Internet  pour faire des économies. Si les changements doivent encore être précisés dans les prochains mois, le document détaille déjà quelques pistes.

Lire : Pôle emploi entame sa mue, dans l'attente de moyens supplémentaires

  • La fin de l'accompagnement mensuel pour tous

D'ici 2013, le plan prévoit que les demandeurs d'emplois seront classés en trois catégories en fonction de leur profil. Le but est que les chômeurs considérés comme les plus éloignés de l'emploi puissent bénéficier dès leur inscription d'un suivi renforcé, avec un conseiller qui n'aura pas plus de 70 demandeurs d'emploi dans son "portefeuille".

Les chômeurs les plus proches de l'emploi pourront de leur côté, s'ils le veulent, être suivis uniquement sur Internet.

  • La création d'un corps de contrôleurs

Jusqu'à présent, ce sont surtout les conseillers de Pôle emploi qui sont chargés de vérifier que les demandeurs d'emploi recherchent bien un travail. Bien souvent, et faute de moyens, le contrôle se résumait à sanctionner le chômeur qui ne venait pas à un rendez-vous de Pôle emploi.

Le plan stratégique promet une "expérimentation" sur "la mise en place d'équipes dédiées au contrôle de la recherche d'emploi". Demain, des contrôleurs de Pôle emploi iront-ils au domicile des chômeurs vérifier qu'ils recherchent bien un emploi ? "Rien n'est exclu", affirme-t-on à la direction. Pour contrôler les demandeurs d'emploi qui sont suivis uniquement sur Internet, des outils de traçage des connexions sur le site de Pôle emploi pourraient être mis en place.

  • L'abandon de la course aux annonces

Les agents de Pôle emploi ne chercheront pas comme par le passé à multiplier les offres d'emploi en sollicitant les entreprises. La direction de l'organisme souhaite inciter les entreprises à passer avant tout par le site de Pôle emploi pour déposer leurs annonces. De même, elle veut que les contacts directs entre chômeurs et entreprise, sans intervention de conseiller, soient développées.

"Toutefois, les entreprises qui n'utilisent pas Internet (et plus particulièrement les TPE) pourront contacter un conseiller afin qu'il leur propose le service adapté à leur besoin", prévient le document. Certaines entreprises, par exemple celles qui ont du mal à recruter, pourront bénéficier d'une offre de services renforcés.

  • L'ouverture aux sites d'annonces privés

La direction compte réaliser des "nouveaux partenariats avec les sites Internet emploi. Les offres publiées par ces sites pourraient être référencées dans le cadre des recherches effectuées sur pole-emploi.fr", et inversement. Le but est de faire circuler plus largement toutes les offres d'emploi.

  • Un pilotage par les résultats

Trop longtemps, "les agents ont été uniquement évalués sur leur capacité à réaliser des actes, sans que l'efficacité de ceux-ci ne soit évaluée", estime un très bon connaisseur de Pôle emploi.

Désormais, le taux de retour à l'emploi devrait devenir l'indicteur phare de l'organisme. "Les managers bénéficieront d'analyses des résultats déclinées par bassin d'emploi", promet le plan stratégique. Ce taux de retour à l'emploi permettrait de comparer entre elles les performances des différentes agences. 

  • La simplification administrative

Pour libérer du temps pour l'accompagnement, le plan stratégique permet de simplifier les courriers et les démarches administratives. Il en appelle aussi aux partenaires sociaux pour rendre moins compliqué les règles d'indemnisation des chômeurs.

Jean-Baptiste Chastand

 

 

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 21:27

 

Le Monde.fr | 21.06.2012 à 20h56 • Mis à jour le 21.06.2012 à 20h56

 
 
Shell a fait venir de Corée du Sud le "Stena-Icemax", un navire-plate-forme, pour explorer la zone pétrolière en Guyane.

Après l'annonce de la possible reprise des forages pétroliers en Guyane dès lundi, un large collectif d'ONG environnementales a critiqué la ministre de l'écologie, Nicole Bricq, jeudi 21 juin, qui a perdu selon eux "son premier arbitrage". France Nature environnement, WWF, Greenpeace, Oceana ou encore la Fondation Nicolas Hulot, entre autres, "s'insurgent contre cette décision dangereuse".

"Le fait que la ministre de l'environnement perde son premier arbitrage est de très mauvais augure pour la future conférence environnementale, le débat sur la transition énergétique et la réforme du code minier", soulignent les ONG.

Le 13 juin, Mme Bricq annonçait avoir décidé, avec son collègue du redressement productif, Arnaud Montebourg, une "remise à plat" des permis de forage de Guyane.  "Je remets donc à plat le permis de la société Shell en Guyane", ajoutait-elle, mettant en avant l'attachement du gouvernement "à la protection de la faune marine et de l'environnement", sur laquelle elle affirmait ne disposer d'"aucune garantie".

Lire l'éclairage : "Coup d'arrêt aux forages de Shell en Guyane"

 CONFUSION

Depuis cette annonce, plusieurs communiqués gouvernementaux avaient semé le doute. Et mercredi soir des parlementaires guyanais ont affirmé que les arrêtés préfectoraux autorisant Shell à procéder à ses forages exploratoires, à 150 kilomètres au large de Cayenne, avaient été signés.

 "La plus grande transparence doit être faite sur les raisons avancées pour justifier ce revirement", estiment les organisations non gouvernementales, qui doutent, du même coup, "de la sincérité de la France" dans les discussions au Sommet sur le développement durable, réuni actuellement à Rio au Brésil. "Cet arbitrage tombe alors même que simultanément la France se veut fer de lance à Rio dans le plaidoyer pour les océans et la gouvernance de la haute mer", soulignent-elles.

 "UNE AUTRE LOGIQUE"

Mercredi, des parlementaires ont annoncé que les forages exploratoires de la compagnie pétrolière Shell en Guyane "vont pouvoir reprendre" a priori "lundi", à l'issue d'une rencontre avec le ministre des outre-mer, Victorin Lurel. Selon la députée PRG Chantal Berthelot, le bateau de forage ultramoderne affrété par Shell est "arrivé mardi", comme prévu initialement dans les eaux guyanaises.

Pour le sénateur PS George Patient, "cette petite mise à plat a permis de faire comprendre qu'une autre logique était à l'œuvre avec ce nouveau gouvernement : si le précédent privilégiait l'exploitation par le privé quitte à réguler, ce gouvernement-là sera plus vigilant sur l'intérêt général et les retombées pour la population".

 CRAINTES POUR LA BIODIVERSITÉ MARINE

L'association Guyane Nature Environnement s'est déclarée prête à attaquer au contentieux les arrêtés préfectoraux s'ils contreviennent au code de l'environnement. Les études sismiques recourent à des émissions sonores extrêmement puissantes, nuisibles pour la faune marine à plus de 100 km du navire émetteur, a rappelé l'ONG.

La compagnie Shell, associée pour ce projet avec Total et le Britannique Tullow Oil, avait annoncé en septembre dernier, à l'issue d'une première campagne de prospection, la découverte de pétrole pour la première fois au large de la Guyane. Cette découverte faite par quelque 6 000 mètres de profondeur - 2 000 mètres d'eau et 4 000 mètres de plancher océanique - suscite l'appétit des pétroliers, mais aussi la crainte des écologistes pour une biodiversité particulièrement riche.

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 21:18

 

Rue89 - Tribune 21/06/2012 à 10h52

Thierry Ribault | Economiste au CNRS

 

La décision de redémarrer les réacteurs numéro trois et numéro quatre de la centrale d’Oi (ou Ohi), à l’ouest du Japon, s’appuie d’abord sur les stress tests, au sujet desquels, en février dernier, Haruki Madarame, président de la Commission de sûreté nucléaire, avait lui-même déclaré qu’ils ne pouvaient servir de référence pour l’évaluation de la sûreté des installations nucléaires et de leur redémarrage.

Elle s’appuie ensuite sur les normes provisoires de sécurité qui ont été formulées en trois jours en avril dernier par l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle du ministère de l’Industrie (METI), dont le rôle est de promouvoir le nucléaire. Elle s’appuie enfin sur les conclusions, non encore tirées, de la commission d’enquête sur l’accident de Fukushima qui n’a pas encore rendu son rapport final, et sur l’application de moins des deux tiers des mesures requises d’amélioration de la sécurité des centrales, dont la mise en place intégrale prendra trois ans.

Le ministre de l’Industrie Yukio Edano se veut pourtant rassurant : « La sécurité est notre principale préoccupation », rappelle-t-il le 16 juin 2012 lors de l’annonce de la reprise prochaine de la centrale d’Oi. Le Premier ministre Noda, qui, dans une pure parodie de démocratie, a fait appel à l’approbation du redémarrage par le peuple japonais tout en annonçant que de toute façon il y aurait redémarrage, pose les enjeux plus directement : il s’agit de « protéger le gagne-pain des gens », et Issei Nishikawa, gouverneur du département de Fukui – où sont implantées treize réacteurs – en charge de la supervision d’Oi, déclare le même jour  :

« J’ai approuvé le plan de redémarrage parce que les efforts du gouvernement en matière de sécurité m’ont été garantis et parce que cela permettra de générer de la stabilité pour nos activités industrielles. »

Voilà qui est clairement énoncé. De son côté, face à l’annonce faite par KEPCO (Kansai Electric Power Company) d’éventuelles coupures de courant durant l’été, et sous les pressions politiques du gouvernement central et de la fédération patronale du Kansai, le regroupement de neuf gouvernements locaux du Kansai (dont le maire d’Osaka) opposés dans un premier temps au redémarrage de la centrale d’Oi, a assoupli sa position sans pour autant appeler clairement au redémarrage.

Au final, aucun politique ne veut vraiment prendre la responsabilité de la décision. L’assemblée municipale d’Oi, dont le consentement était attendu, a finalement émis un avis positif, ce qui étonnera peu quand on sait que la moitié du budget de la ville est financée par des subventions et des ressources fiscales liées au nucléaire.

En attendant, entre la gestion du désastre par le désastre, et les mirifiques promesses d’une « croissance verte » enchantée, 70% des Japonais continuent de se déclarer opposés au redémarrage des réacteurs, et deux millions de Japonais, font actuellement dans le département de Fukushima, l’objet d’une expérimentation à grande échelle. Revenons toutefois sur la rhétorique mobilisée dans cette décision hâtive de redémarrer.

Une pénurie d’électricité préfabriquée

Au mois de mai, la plupart des journaux ont repris en chœur les projections du gouvernement relatives à une éventuelle pénurie d’électricité en cas de non redémarrage de la centrale d’Oi. Cette pénurie serait de 15% au cœur de l’été dans le Kansai, y compris si des plans d’économie d’énergie étaient mis en place (coupures durant les périodes hautes). Par contre, si les deux réacteurs redémarraient, l’équilibre offre-demande serait atteint (avec, là encore, des plans d’économie d’énergie).

Une lecture attentive de ces projections montre toutefois qu’au niveau national, dans un contexte d’arrêt de l’ensemble du parc nucléaire, la pénurie globale serait de l’ordre de 0,3%, et que le pays génèrerait même un surplus d’électricité de 0,1% en appliquant des mesures d’économie d’énergie.

Le Japon s’est engagé en 2009 à réduire ses émissions de CO2 et autres gaz à effets de serre de 25% entre 1990 et 2020. Or, selon le ministère de l’Environnement, cet objectif serait compromis par la mise à l’arrêt des centrales nucléaires : il s’établirait à 11% avec un parc nucléaire à l’arrêt total, à 12% avec 20% d’électricité d’origine nucléaire et … tomberait à 9% avec une dépendance vis-à-vis du nucléaire de l’ordre de 35% (contre 26% avant le 11 mars 2011).

Autrement dit, le recours au nucléaire ne change pas fondamentalement la situation en termes d’émissions de CO2, et avec ou sans nucléaire, la cible de 25% de réduction des émissions de carbone d’ici 2020 ne peut être atteinte que grâce à une réduction drastique de la consommation d’électricité, et une croissance exceptionnelle des énergies renouvelables qui représentent actuellement 1% de la consommation d’énergie du pays (4% si on y inclut l’énergie hydroélectrique).

Ruine du Japon... ou guerre de succession ?

L’argument de la ruine du Japon liée au passage d’une dépendance de 60% vis-à-vis de l’énergie thermique (pétrole et surtout gaz) à 90% depuis l’accident de Fukushima, est largement mobilisé par les pouvoirs publics. Le 8 juin, le premier ministre Noda avait prévenu dans un discours alarmiste : « La société japonaise ne peut pas survivre si nous fermons tous les réacteurs ou si nous les maintenons à l’arrêt », sans poser toutefois la question de savoir qui survivrait au récent accident nucléaire et au prochain.

Toutefois, malgré la chute de production d’électricité nucléaire, les données des douanes japonaises attestent que les importations de pétrole et de gaz naturel en valeur sont, en mars 2012, pratiquement identiques à celles de mars 2008 en agrégeant ces deux ressources : 2 200 milliards de yens. Sans compter, comme le rappelait récemment Matsumura Toshihiro de l’institut des sciences sociales de l’université de Tokyo et membre d’une commission consultative du METI, que le calcul du coût de l’énergie nucléaire est faussé puisqu’il ne prend en compte ni le coût lié aux accidents, ni les subventions distribuées aux communautés locales destinées à les inciter à accueillir des centrales sur leur territoire.

Quant aux marchés liés aux énergies renouvelables et aux « villes vertes », ils sont, si l’on en croit les experts, dans une phase de hausse exponentielle au niveau mondial : 4 000 billions de yens (4x1015) d’ici à 2030 selon Nikkei Business Publication, ce dont semble faire fi le gouvernement Noda, qui, nationalisation des pertes oblige, vient de renflouer TEPCO à hauteur de 3 500 milliards de yen, cette dernière ayant contracté des dettes considérables auprès des trois plus grandes institutions financières du pays qui représentent la part la plus importante du marché obligataire.

En fait, un nouveau partage du pouvoir s’annonce puisque, face aux caciques du LDP et du DPJ, un certain Iida Tetsunari, issu lui-même de l’industrie nucléaire, maintenant directeur de la Fondation Japonaise pour les Energies Renouvelables créée avec l’aide de l’homme le plus riche du pays. Son Masayoshi, directeur général de Softbank, se présente comme gouverneur aux élections du département de Yamaguchi le 27 juillet.

Le directeur général du marchand en ligne Rakuten, Mikitani Hiroshi, ardent défenseur d’une dérégulation du marché de l’électricité, qui a quitté le Keidanren (première fédération patronale) en mai, vient de son côté d’inaugurer l’Association Japonaise pour la Nouvelle Economie, et se positionne sur la même ligne de contre offensive afin de cueillir les fruits de la « croissance verte » annoncée.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 21:57

juin
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Les Indigné-e-s de Brest

Tract en pdf

 

Occupation Demandeurs d'asile Brest BMH 2012

Occupation Demandeurs d'asile Brest BMH 2012

 

Nous, personnes étrangères en demande de papiers, et personnes les soutenant, occupons depuis lundi 18 juin les locaux de Brest Métropole Habitat, rue de Glasgow.

Depuis l’été dernier, à Brest, des personnes étrangères en demande de papiers, pour la plupart demandeuses d’asile politique, sont abandonnées à la rue, souvent avec des enfants. Ces personnes ne trouvent souvent pour dormir que le hall d’entrée de l’AFTAM (association mandatée pour accueillir et accompagner les demandeurs d’asile à leur arrivée à Brest).

Face à cette situation, des occupations de bâtiments publics ont déjà eu lieu, avec les personnes concernées, pour exiger des logements. Les solutions obtenues sont toujours précaires, de courte durée, et parfois loin de Brest. Des personnes ont notamment été déplacées de manière imposée il y a quelques jours à Bénodet et à Trégunc, à l’autre bout du département, et dorment aujourd’hui sous des tentes, en camping.

Le logement est un droit. L’Etat a même l’obligation légale de loger les personnes en demande d’asile.

Parce que nous voulons des solutions durables pour toutes et tous,

avec ou sans papiers.

Nous exigeons des logements répondant aux besoins des personnes

 

Vous pouvez nous apporter votre soutien en passant dans les locaux de BMH dans la journée. Une Assemblée Générale a lieu tous les jours à 18h30.

Casss-papiers, collectif d’action, de soutien et de solidarité avec les personnes sans-papiers
http://cassspapier.gwiad.org/ – cassspapier@no-log.org

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 21:50

Libération - Blog - 19 juin 2012

 

2007_12_13_porte_monnaieThomas, le mari de ma proprio, est avocat. À ma demande, il me dresse un aperçu des taxes dont doit s’acquitter sa famille qui appartient à la classe moyenne grecque (gardons bien en tête qu’il s’agit là d’un aperçu des taxes mensuelles et que ne sont pas évoquées celles relatives aux douanes, aux successions, aux échanges financiers etc) :

Impôts sur le revenu

- 40-45% du revenu reversé à l’Etat (profession libérale), taux plus faible pour les fonctionnaires. Dépend du revenu.

- 500€/an. Montant fixe prélevé sans considération des différences de revenus chez tous les Grecs sauf les fonctionnaires. Nouvelle taxe.

- 2% du revenu reversé chaque année pour financer les aides apportées aux chômeurs. Impôt payé par tous. Nouvelle taxe.

Impôts sur la propriété

- Impôt payé chaque année par les propriétaires. Représente 1‰ de la valeur du bien immobilier. Nouvelle taxe.

- ΦΜΑΠ : un impôt qui concerne les biens immobiliers évalués à plus de 243 600 euros pour une personne seule ou à plus de 487 200 euros pour un couple marié (impôt que ne paient pas Thomas et sa famille et qui concerne en règle générale des foyers plus aisés).

- Une nouvelle taxe d’urgence sur la propriété qui dépend de la superficie et de la localisation de l’habitation. Cet impôt est payé avec la facture d’électricité. Pour Thomas, il représente environ 1‰ de la valeur du bien immobilier.

 Taxe à la consommation 

- TVA : 23% sur la grande majorité des biens et des services

Notons également la flambée des prix du fuel : après une hausse d’environ 40% depuis l’année dernière, le prix va être quasiment doublé au mois d’octobre prochain ! Aujourd’hui autour de 70 centimes le litre, celui-ci passera à 1,3€ en raison notamment de l’augmentation des taxes. Pour leur appartement en ville de 85m², Thomas et Maria payent environ 150€ tous les mois. Mais la consommation de fuel pour une maison en banlieue peut facilement atteindre le double.

Les familles qui n’avaient pas encore coupé le chauffage cet hiver cherchent d’ores et déjà une solution de substitution pour la saison prochaine. Dans mon immeuble, beaucoup d’habitants ont éprouvé des difficultés à payer les factures durant la saison froide passée ; les radiateurs ne fonctionneront donc plus l’hiver prochain et chacun se débrouillera par ses propres moyens (chauffage électrique, chaudière etc). La consommation de bois a d’ailleurs déjà augmenté l’hiver passé. Les prix de l’eau, du gaz et de l’électricité sont également en hausse.

«Il y a un moment où on s’aperçoit qu’on ne contrôle plus rien et alors on commence à rire, parce qu’il n’y a rien à faire d’autre», lâche Maria, ma proprio, dépassée par le ridicule de la situation. «On se dit que si on ne peut plus payer, et bien… on ne payera plus.» «Je ne suis pas d’accord sur ce point», renchérit Thomas. «Mais il est vrai qu’il n’est pas possible de vivre comme ça, on travaille pour payer les taxes! On n’achète plus, on ne consomme plus.»

Plus d'infos sur les impôts en Grèce ici.

 

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 21:34

 

Rio+20 : «Ce que nous voulons n'est pas ce qu'ils veulent»

Libération - 20 juin 2012 à 18:52

reportage Un collectif d'associations organisait mercredi à Paris «une grande vente aux enchères de la Terre» pour la Journée mondiale du Sommet des peuples.

Par Fanny Delporte

«Et le soleil, lui, il est pas à vendre ?» Des rires fusent parmi les membres du collectif réunis mercredi, place de la Bourse, dans le IIe arrondissement de Paris. Ils protestent contre le concept d'«économie verte» défendu en ce moment même à Rio au sommet de la Terre.   

Cette journée d’action, l’un des temps forts de leur campagne «La nature est un bien commun, pas une marchandise. Non à leur  "économie verte !" », visait à offrir en public le spectacle de la «marchandisation de la planète» que ce collectif — à durée de vie limitée — récuse.  

«On a fait le choix de ne pas être à Rio, explique Stephen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement, et de rester là où on est efficace, car on refuse de faire du tourisme militant.» Sur ce point, le discours diffère selon les associations du collectif. L’ONG Les Amis de la Terre communique notamment avec une envoyée sur place, ainsi que la Fondation France Libertés, qui compte une antenne à Rio et qui est représentée au sommet par trois personnes. «Il y a les assos qui sont dans la négociation, et les autres», tranche Stephen Kerckhove. Toutes, néanmoins, se sont entendues sur un mot d’ordre : ne pas laisser les questions écologiques et environnementales entre les mains des responsables économiques et financiers. «Aujourd’hui, les sociétés civiles sont en mesure de communiquer et de se mobiliser, regardez ce qui s’est passé en Tunisie, ce qui se passe au Canada, explique Emmanuel Poilâne, directeur de France Libertés, c’est à nous de peser sur les Etats pour qu’ils jouent un rôle actif.»

«Le vernis vert»

Dans la bouche des militants présents, entre deux morceaux de musique, une expression revient systématiquement : celle d'«économie verte», vantée par les négociateurs et participants du sommet Rio+20. Pour eux, ce concept va à l’encontre même de leur action. «Après Rio, on va en reprendre pour dix ans avec leur "croissance verte", on veut nous faire croire que la solution passe par les entreprises, peste Stephen Kerckhove. Pourtant, et sans être un étatiste fou, c’est d’abord aux dirigeants politiques de peser pour apporter des solutions.»

Pour le délégué général d’Agir pour l’environnement, le concept de «croissance verte» équivaut au «développement durable» du premier sommet de la Terre, en 1992. «C'était déjà une notion ambivalente, qu’on a eu du mal à définir, et avec le concept d'économie verte, on ajoute une nouvelle ambivalence.» «Or on sait très bien [que sur les questions écologiques et environnementales], les outils du marché ne fonctionnent pas. Par exemple, aujourd’hui, on peut compenser les émissions de CO2, mais d’un autre côté on continue d’en produire autant !»

Sylvain Angerand, des Amis de la terre, martèle : «A Rio en ce moment, il y a 1 500 chefs d’entreprises et 500 représentants étatiques : à eux seuls, ces chiffres illustrent le décalage qu’on dénonce aujourd’hui.» «Les décideurs prétendent s’occuper d’environnement, tempête Geneviève, alors qu’on sait qu’ils sont dans une optique de financiarisation de la nature.» Cette secrétaire adjointe des Amis de la Terre, membre de l’ONG depuis deux ans, attend des dirigeants français «une politique agressive, comme par exemple sur les questions du nucléaire ou du gaz de schiste.»


«Une question de choix»

Pour Stephen Kerckhove, la possibilité de l’action collective passe d’abord par la résolution d’un autre décalage : «Le devoir de cohérence entre le local et le global.» Parmi les militants présents mercredi, ils sont peu à se réjouir de la présence de François Hollande à Rio : «Les chefs d’Etat ne savent même pas pourquoi ils vont à Rio», assure Sylvain Angerand.

«C’est important qu’il y soit, tempère Stephen Kerckhove, mais on a le sentiment que c’est un passage obligé. C’est une chose d’aller à Rio, mais si la France continue de développer une vingtaine de projets autoroutiers, de construire des aéroports...  il n’y a aucune ambition.» Localement, reconnaît-il, «on est schizophrènes». «Beaucoup de citoyens estiment que leur mode de vie n’est pas négociable. Or les dirigeants politiques sont aussi prisonniers de cet immobilisme.»

Pour lui, ces incohérences sont visibles au quotidien. «Tant qu'on croisera, par exemple, des panneaux publicitaires éclairés en traversant des gares, ce sera le signe d’un échec.» A l’image d’Agir pour l’environnement, les associations mobilisées place de la Bourse ne laisseront pas le choix aux décideurs de Rio : «Si c’est ça la croissance verte, ils nous trouveront sur leur chemin.»



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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 21:28
Créé le 11-06-2012 à 16h36 - Mis à jour à 16h39

Les intérêts de "l'emprunt toxique" contracté auprès de Dexia est passé de 170.000 à 636.000 euros en moins de deux ans.

 

La mairie de Sassenage (Isère), soutenue par la chambre régionale des comptes, a décidé ne plus rembourser les quelque 636.000 euros d'intérêts d'un "emprunt toxique" contracté auprès de la banque Dexia, selon l'avis de la juridiction rendu le 31 mai.

Ils ont trompé notre confiance. C'est inacceptable que les contribuables payent pour des financiers qui nous ont menti", explique le maire Nouveau centre de Sassenage, Christian Coigné.

Depuis le 15 décembre 2011, la mairie a décidé de ne plus rembourser les intérêts d'un prêt, renégocié avec la banque Dexia en 2010, dont le montant est passé en un an de 170.000 euros à plus de 636.000 euros, selon le maire. Les intérêts, qui sont indexés pour moitié sur le franc suisse, ont en effet subi la hausse vertigineuse de la devise.

Une dette "augmentée volontairement"

"Ils nous avaient sécurisés en nous disant que le franc suisse ne bougeait jamais. Au lieu de nous aider à baisser notre dette, ils l'ont augmentée volontairement", soutient le maire, qui a reçu dans sa démarche l'appui de la chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes.
Saisie par le préfet de l'Isère pour déterminer le caractère de "dépense obligatoire" de cet intérêt, la juridiction administrative a soutenu la commune dans un avis rendu le 31 mai.

"La dépense de 636.992,41 euros, objet de la saisine au titre de l'article L.1612-15 du Code général des collectivités territoriales, ne présente pas un caractère obligatoire pour la commune de Sassenage", indique la chambre régionale des comptes dans son avis. "Il n'y a pas lieu, en conséquence, de proposer des mesures de rétablissement de l'équilibre budgétaire", poursuit-elle.

Pour le maire, qui a assigné la banque devant le Tribunal de grande instance de Nanterre pour "abus de confiance" et "faux", cet avis est synonyme de sursis. Une première audience est prévue en septembre.

 

 

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 21:20

par Lucile Daumas, Attac Maroc.

 

Belle manifestation des femmes, ce lundi 18 juin, dans le cadre du Sommet des peuples à Rio de Janeiro. Elle a fait la une de certains titres de la presse brésilienne. L’objectif qui était de faire entendre la voix des femmes contre cette économie verte que les gouvernements réunis à Rio+20 sont en train de nous imposer est donc atteint.

Parties vers 7 heures du matin du campement que les femmes de la Marche mondiale des femmes (MMF) partagent avec les militants de la Vía campesina, près de 2000 femmes sont arrivé(e)s sur le site du Sommet des peuples, à quelques kilomètres de là où s’inaugurait la tente “Territoire global des femmes”. Elles ont alors été rejointes par un nombre important de femmes et d’hommes et c’est un cortège de plus de 10 000 personnes qui s’est ébranlé pour porter leurs voix dans les rues du Centre de Rio.

Cette marche, organisée à l’initiative de la MMF, de Vía Campesina, de l’Articulaçao da mulheres brasileiras et de plus de 30 autres organisations, proclamait sur la banderole de tête “Femmes en lutte contre la marchandisation de nos corps, de nos vies et de la nature”. Le cortège, animé par plusieurs groupes de percussions, dont la batucada de la MMF, agitant au vent des banderoles de toutes couleurs, a circulé pendant plus de 4 heures dans les rues de la ville pour affirmer leur engagement contre l’économie verte, cette fausse solution à la crise écologique qui veut transformer la nature en prestataire de service et en un nouveau marché pour les capitaux spéculatifs.

“Le monde n’est pas une marchandise, les femmes non plus !” “Pour les féministes, le capitalisme vert ne fait pas recette !” “Femmes contre le terrorisme néolibéral !” “L’argent du BNDES* est l’argent du peuple !” Voilà quelques-uns des slogans que l’on pouvait entendre ou lire sur les banderoles, à côté des revendications plus classiques, contre la violence, pour le droit à l’avortement, etc. Dans le cortège, des femmes de tous les continents, de tous les pays, avec une forte majorité de femmes brésiliennes évidemment, mais aussi de la “matrie” latinoaméricaine. Des paysannes, des femmes mineurs, des ramasseuses d’ordure, des indigènes, des syndicalistes et des militantes politiques. Et cet appel : “María, ven con nosotros”.... “Femmes, rejoignez-nous !”

Voir aussi http://cupuladospovos.org.br/2012/06/a-cupula-e-das-mulheres/

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