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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 22:47

 


Peut être ne comprenez vous pas pourquoi notre démocratie n'en est pas une, ou pourquoi changer le monde qui n'a pas l'air de tourner si mal que ça : VIDÉOTHÈQUE : Informez-vous en vidéos simples sur le système politique et financier


 

vendredi 22 juin 2012

Communiqué : Les camps de l'esplanade sont menacés d'expulsion

Depuis le 12 mai, des camps se sont établis sur l'esplanade Charles de Gaulle.

Ces camps ont pour objectif d'informer les citoyens sur le système politique et financier actuel, et sa nocivité. Ils représentent une manifestation permanente contre les abus dont nous sommes victimes, et souhaitent proposer des alternatives.



Un camp s'est établi dans un platane, les personnes qui l'ont crée et le font vivre y déploient leur ingéniosité et leur créativité .
Ce camp suscite la sympathie des Montpelliérains depuis son installation.

Pourtant depuis 5 semaines ils subissent une violente répression policière : coups, gazage aux lacrymogènes, vol et confiscation de matériel :





Un cran a encore été franchi dans la répression avec le gazage sans sommation d'une campeuse mercredi 20 juin au soir.

La Mairie de Montpellier, par voie de presse, a annoncé qu'elle entamait des poursuites judiciaires pour expulser le camp de l'arbre. Ceci en vue de l'ouverture des Estivales le vendredi 29.  Le motif invoqué pour expulser les campeurs est la "mise en danger d'eux même" , tout en précisant "qu'on ne peut pas les accuser de troubler l'ordre public" (Midi Libre du 19 juin 2012).


Si on ne peut pas accuser les campeurs de troubler l'ordre public, nous voyons mal en quoi leur présence pourrait perturber les dégustations lors des Estivales.
De plus nous pensons qu'un assaut des forces de l'ordre pour les déloger mettra ces personnes en bien plus grand danger que le simple fait d'habiter dans une cabane.

Aussi nous en  appelons à votre solidarité et votre soutien lors de la comparution des cabaniers au tribunal
le mardi 26 juin à 15 h Tribunal de Grande Instance de Montpellier
ET
les jours précedent les Estivales, c'est à dire les 27, 28, 29 juin , mobilisation citoyenne autour du camp de l'arbre pour s'opposer à son expulsion.
film LES YEUX DANS LES ARBRES
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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 22:36
| Par Laurent Mauduit

Emaillé d’âpres conflits, de petites et grandes manœuvres dans les coulisses des milieux d’affaires parisiens, le projet de cession par Veolia Environnement du gigantesque groupe de transports urbains, Veolia Transdev (VTD – 60 000 bus, cars et tramways, 102 000 salariés), que la firme privée contrôle à parité avec la Caisse des dépôts et consignations (CDC), n’intéresse pour l’instant que les initiés. Et pourtant, l’affaire va éclater bientôt au grand jour et prendre des allures de scandale retentissant.

Pour de nombreuses raisons. Parce que, selon nos informations, pas loin de 1,5 milliard d’euros sont partis en fumée ces derniers mois, dont la moitié est de l’argent public: il s’agit d’un désastre financier majeur, l’un des plus gigantesques que la présidence Sarkozy a laissé en héritage à la gauche. Ensuite parce que le patron d’un groupe public, Henri Proglio, qui sait que ses jours sont comptés à la tête d’EDF, joue en arrière-plan un rôle majeur pour faire prévaloir non pas l’intérêt général mais des intérêts... personnels. Et le plus stupéfiant dans l’histoire, c’est qu’il dispose de solides appuis, jusqu’aux sommets... de la Caisse des dépôts.


 

Pour comprendre cette histoire, dont visiblement même Bercy ignore de nombreux épisodes secrets qui se sont déroulés ces derniers jours, il faut remonter à mars 2011, quand est célébré le mariage entre Transdev, la filiale transports de la CDC, et le pôle transports du groupe Veolia, qui est né de l’éclatement de l’empire Vivendi Universal.

Dans son principe, ce mariage est une folie. D’abord, parce qu’il s’agit de l’une des nombreuses associations à 50/50 que la CDC a concoctées dans le passé (par exemple avec les Caisses d’épargne) et qui se sont terminées en fiasco, à cause de l’absence d’un leadership affirmé et du même coup d’incessantes dissensions internes. C’est le propre des canards à deux têtes, cela marche presque toujours de travers. Ensuite, parce que la CDC pousse à l’époque à la tête de la filiale commune, en qualité de directeur général, un haut fonctionnaire très ancré à droite, Jérôme Gallot, beaucoup plus réputé pour ses talents de cycliste – il dit faire pas loin de 18 000 kilomètres par an à vélo – que pour ses talents de gestionnaire : l’entreprise est aujourd’hui exsangue.

Enfin et surtout, parce que la fusion va radicalement à l’encontre des intérêts des collectivités publiques qui, au terme d’appels d’offres, pouvaient faire appel jusque-là aux services de plusieurs sociétés. La fusion a un effet implacable, celui de tuer la concurrence dans un secteur économique où les collectivités publiques en ont besoin pour offrir aux usagers des transports urbains les meilleurs services aux meilleurs prix.

Ce mariage est une absurdité économique. Une absurdité aussi patente que si l’on fusionnait la Saur et Veolia dans le secteur des services aux collectivités. De surcroît, elle éloignait la Caisse des dépôts et son pôle transports des logiques de service public. Si rapprochement il devait y avoir, le groupe privé Veolia n'était assurément pas le meilleur partenaire pour Transdev.

 

Augustin de Romanet 
Augustin de Romanet© Eric Deixheimer

A l’époque, pourtant, le pouvoir en place ne veut rien refuser à Henri Proglio. Il est certes devenu patron d’EDF en novembre 2009, mais il est resté longtemps, dans le même temps, président non exécutif de Veolia, groupe qu’il couve à distance. A l’époque, l’affaire fait même scandale, puisque Henri Proglio, qui figurait parmi les convives du Fouquet’s, garde pendant un temps une double rémunération.

Mais surtout, Henri Proglio a dans la sphère publique un allié privilégié, en la personne d’Augustin de Romanet, qui est devenu directeur général de la CDC juste avant l’élection présidentielle de 2007. Proche de Jacques Chirac, comme l’a lui-même été longtemps Henri Proglio, Augustin de Romanet se sait dans le collimateur de Nicolas Sarkozy, qui ne l’apprécie guère. Assez logiquement, il fait donc sans trop le dire d'Henri Proglio son “protecteur” dans la vie des affaires.

Le mystère des Mines de la Lucette

Très vite, cela se murmure dans les couloirs de la Caisse des dépôts : Augustin de Romanet et Henri Proglio sont à tu et à toi. En sa qualité de premier actionnaire de long terme de la place de Paris, le premier siège d’ailleurs au conseil de Veolia tandis que le second siège au conseil de CNP Assurances, l’une des principales filiales de la CDC, et préside même – on se demande bien en quelle qualité ! – son comité des nominations et des rémunérations. Le nom de Proglio fait beaucoup jaser à la CDC. D’ailleurs pas seulement à cause du prénommé Henri, tout autant à cause de son frère jumeau, René, qui préside aux destinées de la filiale française de la banque d’affaires Morgan Stanley.

A la fin de 2009, la filiale immobilière de la CDC, Icade, procède en effet à une acquisition qui surprend de nombreux hauts fonctionnaires de la maison : la filiale publique rachète au prix fort La Compagnie la Lucette (connue auparavant sous le nom de “Mines de la Lucette”), alors qu’elle est au bord de la faillite. Et le bienheureux vendeur n’est autre que Morgan Stanley France, piloté par... René Proglio.


Henri Proglio 
Henri Proglio

Quoi qu’il en soit, ce sont des liens de forte proximité qu’Augustin de Romanet et Henri Proglio entretiennent. Et c’est l’une des raisons qui contribuent à ce que cet absurde projet de mariage Veolia Transdev finisse par voir le jour : Henri Proglio y tient, pour assommer la concurrence et consolider la position de son ex-empire et éventuelle base de repli, Veolia. Augustin de Romanet, lui, ne veut rien refuser à celui qui le protège. Le pouvoir sarkozyste, à l’Elysée, approuve et laisse faire.

Augustin de Romanet, lui, conteste de ma nière formelle cette version des faits. Il fait valoir qu'une seule personne dans la galaxie Caisse des dépôts, en l'occurence Joël Lebreton, à l'époque directeur général de Transdev, est à l'oprigine de ce projet. C'est lui qui aurait fait valoir à la Caisse que le mariage était dans l'intérêt de Transdev, sans que Henri Proglio ne se soit d'aucune manière manifesté.

Quoiqu'il en soit, à peine bouclée, l’affaire tourne au fiasco. Antoine Frérot qui devient quelque temps plus tard le patron de Veolia – et que son parrain, Henri Proglio, tente très vite de déstabiliser, avec l’assentiment au moins tacite des instances dirigeantes de la CDC – se rend compte que son groupe croule sous l’endettement. Dans le climat actuel de crise économique gravissime, il doit reconquérir les faveurs des marchés financiers en vendant des actifs.

C’est donc cela la stupéfiante histoire de la privatisation ratée de Transdev : quelques mois à peine après le mariage contre nature qui donne naissance à VTD, le patron de Veolia est dans l’obligation d’envisager de rétrocéder la part de 50 % qu’il détient dans la société commune. Un formidable gâchis ! Tout le monde savait que ce projet était contraire à l’intérêt général ; et pourtant il a été mené à son terme ; et sitôt achevé, le projet doit être détricoté…

Mais il doit l’être dans les pires des conditions. D’abord, Veolia est très chahuté en Bourse, et le groupe veut agir vite, ce qui n’est jamais favorable au vendeur. Le climat est d’autant plus détestable qu'Henri Proglio multiplie les embûches sur le chemin de son successeur, devenu trop indépendant à son goût. Et puis surtout, le marché des transports urbains est déprimé et de nombreuses collectivités s'inquiètent de ce mariage, se détournant de VTD. Résultat : les comptes de la filiale ont fait la grande culbute. Quand Veolia envisage de céder sa part, les conditions de marché se sont donc totalement retournées, et les perspectives financières de l’opération n’ont plus rien à voir avec celles qui prévalaient à l’époque du mariage.

Antoine Frérot, le nouvel homme fort de Veolia, n’a pourtant pas le choix. Pour apaiser les marchés financiers, il a promis en 2011 de soumettre Veolia à une sévère cure d’austérité, avec à la clef pour la période 2012-2013 la cession de près de 5 milliards d’euros d’actifs, pour ramener l’endettement du groupe sous les 12 milliards d’euros. Même si les conditions ne sont pas favorables, il faut donc vendre ces 50 % de VTD, en accord avec la CDC.

Le fusil à tirer dans les coins du « Figaro »

Dans les premiers mois de 2012, Veolia engage des négociations avec divers fonds d’investissement en vue d’une rétrocession de sa participation. Dans le lot, il y a notamment Carlyle, PAI et puis un fonds moins connu du grand public mais très actif dans le secteur des infrastructures, le fonds Cube (ici son site Internet).

Vers la fin du mois d’avril 2012, c’est finalement ce dernier fonds, Cube, que retient Veolia et avec lequel il engage des négociations exclusives. Ce fonds présente en effet des avantages. Fondé à l’origine par Bernard Migus, un ancien d’Ixis (l’ex-banque d’investissement de la CDC que les Caisses d’épargne lui ont arrachée et qui est maintenant l’une des composantes de Natixis, filiale de BPCE), le fonds est resté, si l’on peut dire, culturellement proche des problématiques publiques ou parapubliques. Et ses dirigeants sont connus sur la place de Paris. Dans le courant du mois de mai, il semble donc probable que les tractations vont aboutir et que le fonds Cube va racheter les parts de Veolia pour devenir le nouveau partenaire de la CDC dans VTD.

 

L'article du Figaro 
L'article du Figaro

Et pourtant, non ! Samedi 15 juin, un très étrange article du Figaro, faisant référence à de mystérieuses sources anonymes, révèle que la CDC « refuse les conditions posées par le fonds Cube (groupe Natixis) pour reprendre les parts de Veolia dans le groupe de transports urbains ».

Citant à plusieurs reprises une « source proche du dossier », Le Figaro explique en ces termes la proposition du fonds Cube : « Sa dernière offre, mise sur la table le 8 juin dernier, devait expirer vendredi 15 juin. Or, elle a été refusée par la Caisse des dépôts. Car le fonds – qui n'a pas totalement bouclé le financement de l'opération – ne valorise plus VTD qu'à 350 millions d'euros, avant une augmentation de capital de 800 millions partagée avec la CDC. Cube réclame en outre la part du lion dans la gouvernance de la ­société dont il compte désigner l'équipe dirigeante. Mais surtout, il prévoit des cessions d'actifs massives aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, en Australie… qui auraient amputé d'un tiers environ le résultat opérationnel de VTD et réveillent les craintes d'un démantèlement. »

Et plus loin, le quotidien ajoute : « “Les négociations avec Cube se poursuivent“, affirme une source proche du dossier. Dans les faits, c'est pourtant une tout autre solution qui a commencé vendredi à faire l'objet de négociations serrées. La Caisse des dépôts propose en effet une alternative à Veolia : un schéma qui la verrait prendre le contrôle exclusif de VTD. La Caisse monterait en effet à 60 % du capital par le jeu de la conversion de tout ou partie de leurs créances d'actionnaires respectives, représentant l'équivalent de 800 millions d'euros capital. Un prêt bancaire viendrait rembourser une autre partie de la dette de VTD due à Veolia. Et quelques cessions d'actifs pourraient permettre d'atteindre le but ultime recherché par Veolia Environnement : sortir de son bilan l'essentiel de la dette supportée au titre de son activité transport (un peu plus de 1 milliard d'euros à fin 2011). »

Laissons de côté les arguments utilisés dans cet article suggérant que les projets de cessions d'actifs aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie seraient dangereux, car ils voudraient dire que le groupe est menacé d'un démantèlement. Argument absurde, qui se renverse : les entreprises françaises assumant des missions de service public ont-elles pour mission, comme les groupes du CAC 40, de devenir des firmes mondialisées, délaissant progressivement le territoire national pour conquérir les marchés internationaux ?

On connaît la logique de ce raisonnement : c'est celle qui a présidé aux aventures folles d'EDF en Italie ou en Argentine et à se désintéresser de plus en plus de ses missions de service public en France.

Et ne retenons de cet article du Figaro que ce qu'il révèle, à savoir que la CDC veut faire capoter le projet de cession de Veolia au profit de Cube. Pour quelle raison ? L’affaire apparaît d’autant plus mystérieuse que, si la Commission de surveillance de la Caisse a été informée, le directeur général par intérim de la CDC, Antoine Gosset-Grainville, n’a pas jugé utile de décrocher son téléphone pour en parler aux nouveaux ministres de Bercy ou aux collaborateurs de François Hollande à l’Elysée. L’affaire engage des fortunes d’argent public mais plutôt que d’être conduite en toute transparence, elle donne lieu à des manœuvres en coulisse, avec l’aide de discrets cabinets de communication qui ne disent pas leur nom. Mais tout cela est cousu de fil blanc.

Une perte en capital de 1,5 milliard d'euros


Antoine Gosset-Grainville 
Antoine Gosset-Grainville

En toute logique, Antoine Gosset-Grainville (ancien directeur adjoint de cabinet de François Fillon à Matignon), qui assume l’intérim à la direction générale de la CDC depuis le 7 mars, date de la fin du mandat d’Augustin de Romanet, aurait en effet pu faire valoir à ses partenaires de Veolia, et au fonds Cube, que cette période de transition politique n’était pas favorable à une décision aussi lourde pour la CDC et qu’il avait besoin d’un délai, le temps que le nouveau gouvernement s’installe, pour les informer et faire ses choix.

Or, au lieu de cela, c'est donc le choix d'un esclandre public tonitruant qui est choisi, dans le dos de Bercy et de l'Elysée. Pourquoi ce coup fourré dont le journal d'Etienne Mougeotte est comme par hasard l'instrument ? A la CDC, on nie certes farouchement être cette « source proche du dossier » qui est à l'origine de cette très mauvaise manière. Pour deux raisons qui se complètent, il n'est pourtant pas difficile de savoir à qui profite le crime.

La première raison a trait aux conditions financières de l'opération que Veolia était en train de conclure avec le fonds Cube. Comme l'indique Le Figaro, l'offre du fonds repose sur une valorisation de la société VTD de 350 millions d'euros. Sans doute cette évaluation est-elle basse. C'est la loi de toute négociation : l'acquéreur potentiel a intérêt à faire une offre modeste. Mais l'évaluation n'est visiblement pas absurde, puisque Veolia a choisi ce fonds pour conduire des négociations exclusives. Or, ce chiffre de 350 millions d'euros, pour faible sans doute qu'il soit, laisse songeur car il permet de prendre une mesure de la perte colossale que la CDC pourrait avoir enregistré en quelques mois dans cette invraisemblable opération à laquelle elle n’aurait jamais dû prêter la main.

Selon les informations recueillies par Mediapart, la valorisation de VTD retenue lors du mariage était d'environ 4,2 milliards d'euros ; les dettes bancaires approchaient 500 millions d'euros ; et les avances d'actionnaires étaient environ de 1,8 à 1,9 milliard d'euros. Au total, la valeur des fonds propres de VTD se situait donc au moment du mariage entre 1,8 et 1,9 milliard d'euros. Autrement dit, l'offre de Cube, si elle devait aboutir – et quand bien même serait-elle basse –, aurait fait éclater au grand jour un véritable désastre financier, l'un des plus ahurissants du dernier quinquennat, celui de Nicolas Sarkozy : au total, les deux partenaires, Veolia et CDC, ont subi une perte en capital de l'ordre de 1,5 milliard d'euros, soit 750 millions d'euros chacun.

Est-ce donc cela qu'Antoine Gosset-Grainville n'a pas voulu faire apparaître ? De peur que le bilan calamiteux d'Augustin de Romanet, dont il a longtemps été le directeur financier, ne puisse être établi, a-t-il préféré s'opposer à la conclusion d'un accord entre Veolia et Cube ? C'est une hypothèse à prendre au sérieux car, mécaniquement, les dépréciations auraient dû apparaître dans les comptes futurs de la Caisse. Si le fonds Cube pose problème à la CDC, c'est donc d'abord pour cela : la conclusion du “deal” conduisait à la révélation des pertes potentielles.

Le gouvernement socialiste, auquel beaucoup de cachotteries ont été faites, risque donc de ne guère apprécier ce jeu de billard à plusieurs bandes. D'autant que Cube proposait dans son schéma de reprise des parts de Veolia une augmentation de capital de 800 millions d'euros de VTD, partagée avec la CDC, celle-ci devant convertir en capital 400 millions d’euros d’avances d’actionnaire. S'il est urgent de recapitaliser la société à cette hauteur, où l'Etat ou la CDC vont-ils trouver pareille somme, si le projet d'accord capote ? Et si une telle somme devait être mobilisée sur fonds publics, ne serait-ce pas autant de moins pour les autres projets du gouvernement, comme par exemple la Banque publique d'investissement ?

Le gouvernement a donc de bonnes raisons d'être furieux d'avoir été tenu à l'écart d'une réflexion qui engage si lourdement les finances publiques. D'autant qu'en la circonstance, on devine encore une fois l'ombre d'Henri Proglio dans les coulisses de ces tractations.

Les manœuvres d'Henri Proglio

Proche de Nicolas Sarkozy, protégé en permanence par lui, le patron d'EDF n'ignore pas en effet qu'il est dans le collimateur du nouveau gouvernement. Selon nos informations, les relations se sont même fortement tendues depuis quelques jours, et la puissance publique a décidé de mettre Henri Proglio à l'épreuve.

La première confrontation est publique et a eu lieu sur les rémunérations. De tous les PDG des entreprises publiques, celui d'EDF est en effet celui qui était le plus cher payé, avec des rémunérations fixes et variables atteignant 1,55 million d'euros l'an. C'est donc lui qui devra faire le plus gros sacrifice, en acceptant que ses gains ne dépassent plus les 450 000 euros annuels que le nouveau gouvernement a fixés comme plafond. Mais, ce que l’on sait moins, c’est que le gouvernement attend aussi d'Henri Proglio qu'il remette de l'ordre dans sa maison.

Au fil des ans, les PDG successifs d'EDF, de François Roussely jusqu'à Henri Proglio, en passant par Pierre Gadonneix, ont en effet accepté pour leur état-major des rémunérations d'un niveau inouï pour une entreprise publique. A titre d'illustration, le directeur financier d'EDF, Thomas Piquemal (ex-associé gérant de la banque Lazard - ici sa biographie sur Wikipedia), aurait une rémunération annuelle qui avoisinerait 1,3 million d'euros. Et d'autres collaborateurs d'Henri Proglio seraient dans des situations voisines. Sur cette affaire, Henri Proglio n'en a donc pas fini avec le gouvernement.

Mais ce dossier n'est pas le seul. Le gouvernement est aussi très agacé à cause d'autres dossiers qu'il découvre, comme les conditions des appels d'offres d'EDF pour la réalisation des générateurs électriques de secours décidés, au lendemain de Fukushima, pour moderniser et sécuriser les centrales nucléaires françaises – conditions qui seraient assez peu conformes à l'idée de patriotisme économique.

Bref, Henri Proglio a de bonnes raisons de penser qu'il pourrait avoir intérêt à quitter EDF de lui-même, avant que la confrontation avec la gauche ne devienne trop rugueuse. Et s'il tirait sa révérence, où pourrait-il aller ? Pour des « sources proches du dossier », comme dirait Le Figaro, cela ne fait aucun doute – et c'est l'autre explication de ce brutal et nouveau psychodrame : c'est à Veolia qu'Henri Proglio aimerait retourner. Et à cette fin, il est disposé à relancer la guerre qu'il a conduite ces derniers mois contre son successeur, Antoine Frérot.

Ceci pourrait donc expliquer, au moins en partie, cela : si la direction actuelle de la Caisse des dépôts et consignation joue dans ce dossier un jeu solitaire et a fait capoter (au moins provisoirement) les négociations avec Cube, sans en informer au préalable le nouveau gouvernement, c'est que, toujours proche d'Henri Proglio, elle n'ignore pas que cet échec des négociations pourrait déclencher une tempête pour Veolia et son actuel PDG. L'épée des marchés financiers dans les reins, le groupe a impérieusement besoin que les cessions d'actifs aient lieu tambour battant ; et tout faux pas risque de coûter cher à Antoine Frérot.

C'est donc cela aussi l'explication de cette ténébreuse histoire : Henri Proglio est en embuscade. La puissance publique n'aura sans doute pas même besoin de le pousser vers la sortie ; il est déjà à la manœuvre pour se trouver un point de chute où nul ne viendra lui chercher des noises à cause du niveau exorbitant de ses rémunérations. Et c’est ainsi que, dans les arcanes obscurs du capitalisme parisien, plus de 1,5 milliard d’euros sont partis en fumée. Dont environ 750 millions d’euros d’argent public…

 

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 22:21
Marianne - Rédigé par Juan Sarkofrance le Vendredi 22 Juin 2012 à 10:30

 

Jeudi soir, le second gouvernement Ayrault était formé, sans réelle surprise. Certains cherchaient la critique facile, sans issue ni intérêt. L'important était ailleurs. Les cadeaux de la précédente législature se découvrent semaine après semaine. Et ils étaient nombreux.

Ce jeudi, il y avait le prix du gaz, un trou imprévu de 10 milliards et un faux-scoop du Figaro.

Nous pouvions désigner les coupables: un gros mensonge d'Eric Besson en novembre dernier; un bidonnage des prévisions de croissance par Valérie Pécresse, et, avant tout, Nicolas Sarkozy lui-même.

 

Les cadeaux " surprise" de Nicolas Sarkozy


 
Il fallait redresser, corriger, rappeler. 
 
Le prix du gaz
Mercredi 20 juin, le rapporteur public du Conseil d'Etat a préconisé l'annulation de l'arrêté du 29 septembre 2011 qui gelait les prix du gaz. En d'autres termes, il préconise une augmentation rétro-active pour les ménages.
 
On se souvient d'Eric Besson faussement triomphant nous vendant ce gel comme la preuve de l'efficacité gouvernementale: « Il y a plusieurs scénarii sur la table. Il y a un ou plusieurs scénarios où ça augmente, faiblement ou modérément. (...) A titre personnel, le seul scénario que j'écarte c'est l'hypothèse d'une augmentation forte du prix du gaz » déclarait-il encore fin novembre.... en violation d'une règlementation que le gouvernement Fillon avait installée! Sans surprise, GDF-Suez avait porté plainte et eu gain de cause. Au 1er janvier, Fillon avait concédé une hausse de 4%, contre 10% théoriquement dû. A l'époque, l'équipe Sarkozy pensait déjà la campagne présidentielle.
 
Six mois plus tard, le réajustement risque d'être brutal. L'avis du rapporteur public précède généralement le jugement définitif du Conseil d'Etat, qui a été saisi par GDF-Suez. Cette nouvelle tombe au plus mal. Elle oblige le gouvernement à accélérer la mise en oeuvre de l'une des promesses du candidat Hollande, l'adoption d'une tarification progressive en fonction des revenus pour lutter contre la précarité énergétique.
 
Les 10 milliards
Second cadeau empoisonné, plus grave encore: l'exécution du dernier budget de l'Etat voté sous la mandature Sarkozy connaît des ratés. Il manquerait quelque 10 milliards d'euros de recettes. Le collectif budgétaire de juillet inclura donc des mesures d'urgence. Le ministre chargé des relations avec le parlement, Alain Vidalies, l'a confirmé mercredi : « On constate qu'il manque 10 milliards sur l'exécution du budget, « ce n'est quand même pas nous qui allons assumer cette responsabilité ».
 
Et oui... c'est une évidence... Mme Pécresse s'indignait sur Twitter du report de publication du rapport de la Cour des Comptes de quelques jours. L'ancienne ministre du Budget était moins diserte sur le dérapage des finances publiques: sa dernière loi de finances était-elle bidonnée ?

« On voudra bien constater que le fait qu'il manque 10 milliards d'euros à la fin du mois de juin n'est pas de la responsabilité d'un gouvernement ou d'une majorité qui est en place depuis le 16 mai » 
Alain Vidalies

Parmi les pistes évoquées par le dit ministre, certaines sont de bon sens: l'exonération partielle d'impôt et de cotisations sociales des heures supplémentaires, outre qu'elle est anachronique et heurte l'emploi, coûte 4,6 milliards d'euros par an (dont 3,2 milliards à la Sécu, une charge compensée par l'Etat). L'AFP mentionnait également une réforme de l'impôt sur la fortune (ISF), le plafonnement des niches fiscales, la taxation des dividendes, et l'alourdissement de la fiscalité sur les successions et les donations.
 
La fausse polémique
Rappelez vous cette étrange campagne présidentielle: François Hollande promettait notamment 60.000 recrutements dans l'Education nationale sur 5 ans mais une stabilité générale du nombre de fonctionnaires. Il fallait donc bien que certains ministères subissent des coupes. Mais le clan Sarkozy criait que le candidat socialiste allait augmenter le nombre de fonctionnaires.
 
On avait beau leur répéter l'exact verbatim de la promesse hollandaise, rien n'y faisait.

Engagement numéro 10 : « Un coup d’arrêt sera porté à la procédure de révision générale des politiques publiques et à l’application mécanique du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. »
Engagement numéro 36 : « Je créerai en cinq ans 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation.»
«Ces créations se feront dans le cadre de la stabilité des effectifs de la fonction publique» (François Hollande, le 25 janvier dernier ).

Il fallut attendre le débat d'entre-deux tours pour que Hollande mouche définitivement Sarkozy en public sur le sujet.
 
Puis vint la campagne législative. L'argument UMPiste évolua à peine: Copé et quelques autres dénoncèrent le « matraquage fiscal » pour financer cette augmentation fantasmée du nombre de fonctionnaires. 
 
Sept semaines plus tard le Figaro et quelques autres médias paresseux nous la fait à l'envers: le gouvernement Ayrault s'apprêterait à faire des « coupes drastiques ». C'était le scoop du Figaro, jeudi matin. Fichtre ! Quel revirement ! Du candidat laxiste, nous étions passés au père-la-rigueur ! Et la journaliste Cécile Crouzel, du Figaro, n'y allait pas par quatre chemins: « Pendant cinq ans, la gauche a accusé Nicolas Sarkozy de casser le service public, à coup de suppressions de postes, de fermetures de petits tribunaux et autres services locaux. Mais pour tenir ses objectifs de baisse de déficits publics, le gouvernement Ayrault s'apprête à mener une politique tout aussi sévère. » La formule semblait tout droit sortie d'un bureau de riposte de l'UMP.  
 
C'était normal... Le Figaro, pour la première fois depuis 10 ans, était enfin un journal d'opposition. Et la jeune journaliste continuait l'indignation: « les ministères, à l’exception de ceux 'prioritaires' (éducation, justice et intérieur), verront ainsi leurs effectifs diminuer en moyenne de 2,5 % par an de 2013 à 2015 inclus ».
 
Cette affaire n'était en fait qu'un autre aspect de l'héritage sarkozyen : les caricatures de l'ancien Monarque avaient marqué certains esprits au point de confondre les anciens fantasmes UMPistes pour la réalité du programme Hollande.
 
 
Ce jeudi soir, un nouveau gouvernement était formé, conséquence logique de la démission du premier au lendemain des élections législatives. Il y eut peu de surprises, seulement 4 ministres supplémentaires et des changements mineurs. Evidemment, certains allaient railler sur l'effectif global. Les mêmes oubliaient que le second gouvernement Fillon, il y a 5 ans tout juste, comptait 32 ministres et secrétaires d'Etat, payés 30% plus cher. Ils masquaient surtout l'essentiel: nonobstant un déficit budgétaire de 4,5% cette année, les comptes publics manquaient de 10 milliards d'euros supplémentaires aux prévisions du gouvernement Sarkozy.
 
Une véritable catastrophe.
 
Ami sarkozyste, reviens ! Il faut que tu nous expliques. 

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 22:13
Vendredi 22 Juin 2012 à 16:00

Régis Soubrouillard - Marianne

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Si rien n'est fait d'ici là, sept millions d'étudiants américains verront leur endettement augmenter de 1.000 dollars au 1er juillet. Presque une broutille pour des étudiants qui affichent un niveau d'endettement moyen supérieur à 25.000 dollars à la fin de leurs études. Un problème social qui préoccupe de plus en plus les politiques. Un problème financier aussi. Avec un endettement total de 1.000 milliards de dollars, les marchés craignent une nouvelle crise des subprimes.

 

Jeff Roberts/AP/SIPA
Jeff Roberts/AP/SIPA
Pas encore sortis de l’école et déjà endettés à vie. C’est le lot commun des étudiants américains. La future crise des subprimes pour certains économistes tant le montant des dettes estudiantines atteint des sommets. Mille milliards de dollars en 2011 dont plus du tiers sont « titrisées », c’est-à-dire regroupées puis cédées à des investisseurs sous forme de produits dérivés.

Un montant qui a quasiment doublé au cours des cinq dernières années, dépassant le montant de l'ensemble des prêts à la consommation. Et la Réserve Fédérale de New York estime que la courbe n’est pas prête de s’inverser avec une estimation de 1400 milliards de dollars de dettes en 2020.

Plusieurs facteurs expliquent cet endettement massif. Le premier d’entre eux concerne les frais d’inscription dans les universités américaines qui augmentent plus vite que l’inflation, tant dans le public que dans le privé.

Le prix moyen d’inscription pour l’année universitaire en programme « undergraduate » (cycle de 4 ans) est de plus de 7.000 dollars  pour les institutions publiques et supérieur à 25.000 dollars pour les institutions privées. Des tarifs qui augmentent 2 à 6% par an, soit beaucoup plus que le rythme de l’inflation. Les jeunes Américains sont également de plus en plus nombreux à prendre le chemin de l’Université alors qu’il est de plus en plus difficile à trouver un emploi à la sortie de la Fac et que les salaires des jeunes diplômés sont revus à la baisse. Le taux de chômage chez les diplômés de moins de 24 ans dépasse 15 %.

Mille dollars d'endettement supplémentaires le 1er juillet

Avant la crise des subprimes de 2007, la relative facilité à entrer dans le monde du travail permettait aux étudiants de rembourser rapidement leurs emprunts. Aujourd’hui, les emprunteurs deviennent de moins en moins solvables et entrent dans le monde du travail avec un endettement qui varie entre 25.000 et 30.000 dollars selon une étude de Unow, une start-up qui entend renouveler l’accès au savoir universitaire.

Dernière embûche et pas des moindres, des taux d’intérêts qui explosent. Au 1er juillet, les taux d'intérêt pour les «prêts Stafford», destinés aux étudiants à faible revenu passeront de 3,4 à 6,8 %, sur décision du Congrès. Sept millions d’étudiants verront ainsi leur endettement augmenter de 1.000 dollars dans la journée.
Il n’en fallait pas plus pour qu’en pleine campagne électorale, le sujet prenne un tour politique. L’étudiant endetté n’en reste pas moins un électeur. Ainsi, Barack Obama s'est lancé dans une tournée des campus pour dénoncer cette hausse des taux d'intérêt dont le gel coûterait un gel des intérêts à 3,4 % et entraînerait un trou de 6 milliards de dollars dans les caisses de l'État fédéral.

De son côté, Richard Durbin, sénateur démocrate de l’Illinois, a déposé une proposition de loi qui permettrait d’annuler les prêts étudiants souscrits auprès d’établissements privés (mais pas les prêts publics contractés auprès de l’Etat fédéral) en cas de faillite personnelle.

Un nombre croissant de seniors encore endettés par des prêts étudiants

Car au-delà des étudiants qui traînent encore dans les campus, un nombre croissant de seniors sont endettés par des prêts étudiants contractés des années plus tôt. Selon la Fed, les Américains de plus de 60 ans sont  endettés à hauteur de 36 milliards de dollars [27,4 milliards d’euros] au titre de prêts contractés durant leurs études.

« Le fait que des seniors ploient encore sous le fardeau de leur prêt étudiant met en lumière ce qu’un nombre croissant de juristes, d’économistes et d’experts financiers considèrent comme une grave défaillance de l’enseignement supérieur aux Etats-Unis : les avantages tant vantés du diplôme universitaire sont de plus en plus contrebalancés par l’augmentation des frais de scolarité et la durée des prêts. Pour bien des seniors, loin de donner accès à une brillante carrière, le diplôme universitaire aura débouché sur une existence marquée par le poids de la dette » écrivait récemment le Washington Post.  Une proposition qui traite le mal sans se préoccuper jamais des racines du mal.

Il y a trente ans, les universités d’État, offraient presque gratuitement une éducation supérieure de qualité. Aujourd’hui, les plus prestigieuses se sont presque alignées sur le privé.
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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 21:59

 

Rue89 - Allemagne-Grèce 22/06/2012 à 12h35

Olivier Favier | On ne dormira jamais

 

Comme beaucoup de Grecs, cet ancien exilé voit en l’Allemagne l’artisan des problèmes de son pays. Souvenirs, analyse de la crise : rencontre avec une légende.

 


Nanos Valaoritis à Athènes en juin 2012 (Olivier Favier)

(De Grèce) Nanos Valaoritis est l’un des plus grands poètes grecs vivants. A 91 ans, il est devenu un véritable mythe. Témoin de bien des tragédies du siècle, qui l’ont mené plusieurs fois à quitter son pays, il a gardé de son père diplomate le goût des missions ambassadrices : on lui doit, parmi cent autres choses, une magistrale anthologie de la poésie grecque moderne destinée au public anglophone.

Il a vécu longtemps aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, mais c’est à Paris qu’il a rencontré sa deuxième épouse, la californienne Mary Wilson, qui partage toujours sa vie. A cette époque, dans les années 50, il fréquente le groupe surréaliste et se lie avec André Breton.

C’est dans un français impeccable qu’il m’accueille et me fait part, pêle-mêle, de souvenirs merveilleux et de colères indomptées. Comme beaucoup de Grecs aujourd’hui, il voit en l’Allemagne le grand artisan des problèmes de son pays.

Il a écrit ce printemps deux articles qu’on peut lire sur la Toile, en grec et en anglais. Fidèle au ton provocateur des avant-gardes, il appelle à un nouveau mouvement de contestation : « Occupy Germany »

Trop fatigué, il n’a pas pu voter Syriza

Quand l’écrivaine Ersi Sotiropoulos m’a mis en contact avec lui, les réactions autour de moi ne se sont pas fait attendre. J’ai dû choisir parmi mes amis lequel pourrait m’accompagner.

Nous voici, Nikos et moi, devant la porte d’un immeuble bourgeois d’avant-guerre, à Kolonaki, dans le centre d’Athènes. Un vieux monsieur arrive, vouté mais alerte, accompagné d’une femme plus jeune, que je devine être sa fille. « Oui, c’est bien lui », confirme mon ami.


Enyo, déesse des batailles, « La Dame sans merci », par Nanos Valaoritis (2009)

En sortant de l’ascenseur, nous entrons dans un appartement sombre envahi de livres, de revues, de dessins et de manuscrits. Il s’assoit à son bureau, devant un ordinateur dont il se révèle bien vite un utilisateur exercé.

En réponse à une première question quelque peu générique, il remarque :

« Le poète grec moderne le plus connu aujourd’hui dans le monde, c’est Constantin Cavafy. Il vivait à Alexandrie. Une ville cosmopolite, Alexandrie. Aujourd’hui, le monde a commencé à lui ressembler. »

Grand voyageur, Nanos Valaoritis a passé la plus grande partie de son existence parmi la diaspora. Il est né en Suisse, à Lausanne, et ses parents ne l’ont pas enregistré à l’état civil. Aujourd’hui encore, alors qu’il est définitivement rentré en Grèce en 2003, il n’a toujours pas réussi à se faire inscrire sur les listes électorales à Athènes.

Il lui a fallu se contenter de l’île Leucade, d’où est originaire sa famille :

« Ils m’ont demandé – rendez-vous compte –, en plus de mon certificat de divorce, celui de mon premier mariage, en 1946 ! Ça, c’est la bureaucratie grecque ! »

Politiquement, sa sympathie va à Alexis Tsipras, dont il apprécie la constance et qu’il trouve être un digne héritier d’Alékos Alavános, le leader du parti de gauche Syriza. Mais cette fois, la fatigue a eu raison de son soutien à ce parti. Il n’a pas pu voter.

L’occupation allemande

Son plus lointain souvenir est allemand, remarque-t-il avec un sourire amusé :

« C’était à Tübingen, à l’époque de la république de Weimar, j’avais 5ans. Ma mère m’avait offert un œuf, ce qui coûtait plusieurs millions de marks. Les propriétaires du lieu n’auraient jamais pu se l’offrir. »

Quinze ans plus tard, l’Allemagne change le cours de sa jeunesse :

« Aucun pays n’a souffert comme la Grèce de l’occupation allemande. Nous avons eu 600 000 morts entre la guerre, la faim et les déportations. Si Churchill n’avait pas levé le blocus, cela aurait pu être pire. Grâce à notre résistance, l’invasion de l’URSS a été retardée d’un mois. Ce contretemps a été capital, les Allemands ne l’ont pas oublié. »

Il tend la main vers une partie de l’appartement que nous ne verrons pas et qui, dès lors, se peuple de ses souvenirs : « La chambre d’à côté était occupée par des officiers allemands. » Soudain, il cherche ses mots : « On nous a forcés. »

Durant l’occupation, il rejoint les partisans de gauche, mais se heurte rapidement aux pratiques staliniennes. « J’étais en danger car ils exécutaient facilement les soi-disants déserteurs ou les “traîtres”, comme ils les nommaient. Surtout les trotskistes. »

Il choisit l’exil : en Egypte d’abord, à Londres ensuite. Ses fréquentations d’alors nous font rêver : les poètes grecs et futurs prix Nobel Odysséas Elytis et Georges Séféris, mais aussi Lawrence Durrell et T.S. Eliot, à qui il porte depuis Alexandrie une traduction de son chef d’œuvre, « The Waste Land ».

Ce dernier lui dit à leur première rencontre :

« Vous êtes le deuxième Grec que je rencontre, l’autre, c’était le roi. »

« Je suis donc le premier », répond Valaoritis. « Le roi n’a pas une goutte de sang grec dans les veines. » A la fin de la guerre, se souvient-il encore, les commerçants grecs se sont retrouvés détenteurs de millions de marks qui avaient perdu toute valeur :

« Ici, on vendait tout pour quelques livres. Ça aussi ça ne s’oublie pas. »


« Ulysse et les sirènes », par Nanos Valaoritis (2011)

 

« La Grèce n’a jamais existé »

Valaoritis n’était pas chez lui à Londres. « L’Angleterre vous repousse », résume-t-il. A Paris, en revanche, il a ressenti une immédiate parenté de culture :

« La France est un pays en partie méditerranéen et en partie classique. »

Du temps où il fréquente le groupe surréaliste, il lit ce vers de Breton qui l’étonne dans un poème sur l’île de Pâques : « La Grèce n’a jamais existé. » Il répond par un poème et en parle avec Marcel Duchamp. « C’est étrange », remarque ce dernier, « car Breton est un véritable classique. »

Son plus beau souvenir de cette époque est la découverte, dans le Lot, près de Saint-Cirq Lapopie, où André Breton passe l’été, d’une agate en forme d’œuf parfait :

« On peut la voir en photo dans Le Surréalisme, même, la grande revue d’après-guerre. Puis on me l’a volé. Ma maison était ouverte à tous, vous savez. »

Il rentre en Grèce, mais la dictature des Colonels le contraint de nouveau à l’exil, en 1967, cette fois pour la Californie, où il enseigne la littérature comparée :

« J’ai pris part à différents mouvements, je les quittais dès que je sentais que j’en touchais la limite, que j’avais besoin d’autre chose. »

Ecœuré par le magazine allemand Focus

A partir de 1989, il anime à Athènes la revue Synteleia, qui reparaît après quelques années d’interruption en 2003 sous le nom de Nea Synteleia : « La nouvelle fin du monde ».

Ces jours-ci, il prépare le prochain numéro. Depuis quelques années, la crise l’a amené à écrire de manière plus directe, en utilisant la langue de tous les jours. « Sans pour autant tomber dans la poésie de circonstance », précise-t-il, « mais pour garder le contact avec ce qui se passe autour de moi ».


La Vénus de Milo fait un doigt d’honneur en une du magazine allemand Focus

En 2002 paraît un roman, traduit depuis en anglais, intitulé « Les Bras de la Vénus de Milo ». Aussi le poète a-t-il été particulièrement meurtri par la couverture du magazine allemand Focus en 2010 : on y voit la même statue faisant un doigt d’honneur, avec ce commentaire : « Fraude dans la famille de l’euro » :

« Berlin et Bruxelles se comportent comme au temps de l’impérialisme romain. Les classes moyennes grecques paient d’énormes taxes, seuls les plus riches y échappent, les armateurs surtout.

Ensuite, l’Allemagne nous prête de l’argent, mais nous contraint à acheter des produits allemands. Aujourd’hui, l’Allemagne craint l’effet boomerang si les pays du Sud ne peuvent plus rien acheter. »

Il rappelle la vente de sous-marins de guerre – dont un défectueux – comme force de dissuasion contre les Turcs, quand eux aussi en ont acquis six autres, du même modèle et au même fournisseur.

Pour lui, la Turquie comme les Etats-Unis jouent aussi des tensions aux frontières et avec les minorités pour renforcer l’image d’une faiblesse de l’Etat grec :

« Un mouvement comme Aube dorée [parti néonazi, ndlr], s’il devient encore plus violent au point de s’en prendre à des populations entières, pourrait servir de prétexte à une tutelle politico-militaire. »

Le mishellénisme et l’antisémistisme

Il prend souvent le taxi, et les chauffeurs lui disent que les clients allemands critiquent toujours la Grèce.

Je pense à une autre Allemagne, celle de Winckelmann et du musée de Pergame, à Berlin, celle encore des architectes néoclassiques d’Athènes, au temps d’Othon Ier.

Sa réponse ne se fait pas attendre :

« Ce roi bavarois, le premier que nous ayons eu, était très autoritaire, et il n’était pas très aimé. Les Allemands se voient un peu comme les descendants des Grecs anciens. D’ailleurs, durant la guerre, on avait expliqué aux officiers de la Wehrmacht qu’ils ne tueraient pas de vrais Grecs. »

Dans son article sur la crise grecque, il écrit que « le mishellénisme et l’antisémistisme sont des phénomènes liés l’un à l’autre, et [qu’]ils trouvent leurs racines dans l’Empire romain, qui a dispersé les juifs et appelé les Grecs “graeculi”, un terme péjoratif, bien qu’il ait pillé leur art et se soit approprié leur culture ».

Ce parallèle n’avait pas échappé à Freud.

« Qu’allons-nous devenir sans les Barbares ? »

Valaoritis me confesse :

« Ce retour en Grèce était très important pour moi. Mon pays traverse une crise économique et existentielle. Les Grecs vivaient dans le rêve. »

Par la porte entrouverte de sa chambre, je distingue un globe terrestre. Sur ce globe, la Grèce est un confetti cerné d’une poussière d’îles. C’est pourtant bien ici qu’est née et que respire encore, en partie, notre civilisation. Je repense à ces vers de Cavafy :

« Mais alors, qu’allons-nous devenir sans les Barbares ?

Ces gens étaient en somme une solution. »

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 21:53

 

Remaniement 22/06/2012 à 18h02

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

 

Nicole Bricq à Luxembourg, le 11 juin 2012 (GEORGES GOBET/AFP)

 

Sale temps pour l’écologie. Dans le gouvernement Ayrault 2, la ministre de l’Ecologie est passée de la huitième à la dixième place dans l’ordre protocolaire, derrière les ministres du Redressement productif et du Commerce extérieur.

En outre, Nicole Bricq passe de l’Ecologie au Commerce extérieur et est remplacée Delphine Batho. Ce remaniement n’est pas seulement une promotion pour cette dernière, c’est aussi une sanction de la première, qui n’a pas obtenu gain de cause face à Shell et à Victorin Lurel (le ministre des Outre-mer). Sur le dossier des forages pétroliers en Guyane, le gouvernement a fait le choix de l’emploi, pas celui de l’environnement.

Impact

L’exploitation pétrolières se ferait par 6 000 m de fond, 2 000 m d’océan et 4 000 m de plancher océanique. La recherche d’hydrocarbure pourrait perturber les mammifères marins au large. La Guyane abrite par ailleurs 95% de la biodiversité terrestre française.

Rappelons les faits : le pétrolier Shell était titulaire de permis d’exploration ouvrant sur une surface de 24 000 km2 à quelque 150 km des côtes de la Guyane. Permis que Nicole Bricq entendait suspendre dans l’attente d’une rénovation du code minier. Main dans la main avec Arnaud Montebourg, la ministre disait le 14 juin vouloir « obtenir des garanties économiques et écologiques qui n’existent pas aujourd’hui ».

Une semaine plus tard, virage à 180° : l’Etat accorde ces permis de recherche à Shell. Les ONG de défense de l’environnement demandent des éclaircissements sur ce revirement, sans succès.

Des emplois à la clé

Entre-temps, le dossier a été repris en main par Matignon. Le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, a confié au Monde :

« Shell disposait d’un permis en bonne et due forme et avait déjà engagé 250 millions de dollars dans cette opération... La décision du ministère de l’Ecologie était un signal négatif donné aux investisseurs étrangers. »

La présidente du Medef, Laurence Parisot, très remontée sur ce sujet, avait été reçue par le directeur de cabinet du Premier ministre. Et Victorin Lurel, le ministre des Outre-mer, avait rappelé dans un communiqué « son attachement à ce projet qui doit notamment profiter à la Guyane, tant en termes de retombées financières et de développement économique que d’emplois créés localement ».

« Un lobby efficace mené par l’industrie pétrolière »

Jeudi, alors qu’elle est au sommet de Rio+20 où elle représente la France aux côtés de François Hollande, Nicole Bricq apprend à la fois qu’elle perd son arbitrage sur le dossier guyanais et qu’elle doit abandonner le ministère de l’Ecologie.

Les ONG, avec qui elle préparait la conférence environnementale prévue à l’été, sont tombées des nues. Pour le porte-parole de FNE, Benoît Hartmann :

« Il est difficile de ne pas voir l’éviction de Nicole Bricq comme la conséquence possible d’un lobby efficace mené par l’industrie pétrolière. Il est vrai qu’en période de crise, le chantage à l’emploi est d’une redoutable efficacité. »

Interrogé sur Europe 1, le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, qui la jugeait compétente, se dit « surpris » et « inquiet ».

L’ancienne ministre de l’Environnement du gouvernement Juppé, ralliée depuis à François Hollande, Corinne Lepage, juge cette affaire « abracadabrantesque ». Jointe par Rue89, elle explique :

« La ministre avait pris une position raisonnable, elle avait conditionné les permis aux études d’impact. Et puis quelques jours plus tard, on apprend que ces permis sont confirmés et une nouvelle répartition des royalties entre Shell, l’Etat et les collectivités locales est décidée. Mais en trois jours, la situation environnementale n’a pas changé. »

« L’écologie, la variable d’ajustement »

L’éviction de Nicole Bricq a permis de trouver un poste à Delphine Batho, qui ne s’entendait pas avec Christiane Taubira et qu’il fallait féliciter pour sa brillante réélection au premier tour – d’autant que ce fut la protégée de Ségolène Royal en Charente.

« Peut-être que c’est à la fois pour faire cet arrangement technique et parce que les lobbies ont gagné, mais dans dans les deux cas, c’est une très mauvaise nouvelle pour l’environnement », estime Corinne Lepage. Dans tous les cas :

« C’est un manque de considération flagrante pour ce ministère dont je rappelle quand même qu’en 2007, c’était un ministère d’Etat, numéro deux du gouvernement. Là, il est la variable d’ajustement de considérations qui lui sont totalement extérieures. »

Autre ancienne ministre de l’Ecologie, Chantal Jouanno a, elle, qualifié cette décision de « trahison par rapport aux principes de l’écologie ».

Reste que Delphine Batho n’avait pas de prédisposition particulière pour l’écologie. A part quelques prises de position pour la défense du marais poitevin et contre le pesticide Cruiser, la députée des Deux-Sèvres et porte-parole de François Hollande était plutôt intéressée par les questions de sécurité.

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 21:47

 

Le Monde - Blog - 22 juin 2012

 

 

 

Maria Benitez a obtenu un sursis. Un mois de plus pour trouver une solution avant qu’elle et sa famille ne soient expulsées de chez eux par Bankia, la quatrième banque espagnole. Cette femme de 42 ans, vit dans une modeste maison de Montoro, dans la province de Cordoue avec son mari, ses trois enfants âgés de 17 à 20 ans, sa mère de 84 ans et sa soeur de 52 ans, handicapée. Sept personnes au total qui risquent de se retrouver à la rue, sans un sous, sans un emploi, et gonfler les statistiques des expulsions immobilières, qui se multiplient au fur et à mesure que se prolonge la crise.

Au total, selon l’Institut national de statistiques, 1,7 millions de foyers en Espagne comptent tous leurs membres au chômage. Et depuis le début de la crise, 150 000 personnes ont été expulsées de chez elles, et 300 000 autres attendent avec angoisse la venue de l’huissier, selon les associations de défense des “victimes des hypothèques”.

L’histoire de Maria est symptomatique de la situation dans laquelle se trouvent de plus en plus d’Espagnols, alors que le chômage touche 24,4% de la population active, et que bon nombre d’entre eux se sont endettés pour s’acheter une maison lorsque le pays affichait un taux de croissance insolent.

Expulsés pour une dette de 200 000 euros...

Toute la famille de María vit de la pension de sa mère, d’environ 400 euros, des aides de l’organisation caritative Caritas qui leur fournit régulièrement de la nourriture, et du soutien de la mairie qui paie de temps en temps les factures d’électricité. Maria est au chômage, tout comme son mari, ancien employé de la construction et qui avait hypothéqué la maison pour acheter un champ d’oliviers, mais dont le négoce a pris l’eau avec la baisse du prix de l’huile d’olive. Comment, dans ces conditions, espérer rembourser les 200 000 euros qu’ils doivent à la banque et faire face aux mensualités du prêt?

Ce 27 juin, la famille devait être expulsée. Mais, en racontant l’histoire de la famille Benítez dans une courte vidéo postée sur Youtube, baptisée Bankia sin alma (Bankia sans âme), le journaliste Alberto Almansa est parvenu à enflammer les réseaux sociaux. A tel point que l’agence de Bankia à Cordoue a convoqué Maria pour un rendez-vous ce vendredi matin. Devant les portes, la plate-forme Stop Desahucios (Stop expulsions) a mobilisé une centaine de personnes venues la soutenir. La mobilisation a porté ses fruits : la directrice d’agence a accepté de repousser du 27 juin au 27 juillet la date de l’expulsion, le temps d’examiner la requête de María, qui demande de rendre la maison en échange de l’effacement de la dette et de pouvoir continuer à y vivre moyennant le paiement d’un petit loyer. En attendant le verdict de la banque, combien d’autres familles seront expulsées dans l’anonymat?

...et 19 milliards d'euros d'aide publique pour Bankia

L’indignation croît en Espagne au même rythme que la pauvreté. Et l’histoire de Maria rassemble tous les ingrédients pour enflammer la société. Bankia, qualifiée de “première banque en matière d’expulsions immobilières” par les “Indignés”, est sur le point de recevoir 19 milliards d’euros de l’Etat. C’est elle qui, en demandant cette aide multimilliardaire, a provoqué le déblocage du plan de sauvetage européen pour les banques espagnoles, doté de jusqu’à 100 milliards d’euros. Un scandale majuscule dans un pays où les plaintes concernant les pratiques peu honnêtes des banquiers sont monnaie courante, et où pour économiser 10 milliards d’euros, le gouvernement s’est attaqué aux piliers de l’Etat providence : l’éducation et la santé.

“Un plan de sauvetage pour les personnes, pas pour les banques” ou “Sauvons les gens, expulsons les banquiers” se lisaient sur bon nombre de pancartes ces derniers jours lors des dernières manifestations contre l’austérité et la réforme du travail (mercredi) ou le sauvetage des banques, comme celle qui a eu lieu le week-end dernier devant le siège de Bankia à Madrid et à laquelle ont participé près de 2000 personnes. Alors que le gouvernement demande des sacrifices aux Espagnols, baisse le salaire des fonctionnaires, réduit les prestations de santé ou augmente les impôts, et que de plus en plus de gens sont sur le point de se retrouver à la rue, l’aide publique que l’Espagne s’apprête à débloquer pour les banques ne passe pas.

Sandrine Morel


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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 21:40

 

Le Monde - Blog - 22 juin 2012

Mieux dans les champs!

 

L'association Novissen remet ça: samedi 23 juin, à Amiens (Somme), elle espère réunir plusieurs centaines de personnes pour protester contre l'implantation de ce qui deviendra, si le projet aboutit, le plus gros élevage laitier de France. Une manifestation  similaire avait été organisée à Abbeville, le 18 février. Avec un certain succès:

 

 

L'objet du conflit? Un immense élevage de vaches laitières couplé à un méthaniseur, que la Société civile d'exploitation agricole (SCEA) Côte de la Justice prévoit d'installer au voisinage des communes de Drucat et Buigny-Saint-Maclou, près d'Abbeville. Immense, c'est bien le mot: 1000 vaches laitières au bas mot, auxquels s'ajoutent leurs 750 veaux et génisses. Elevés en bâtiment clos, bien sûr, car comment sortir un tel troupeau?

Dans un pays où, selon la Fédération nationale des producteurs de lait, les fermes comptant plus de cent vaches sont rares, le concept a du mal a passer.  Et plus encore auprès des riverains, qui se sont regroupés sous la bannière de l’association Novissen - acronyme de  «Nos villages se soucient de leur environnement ».

Créée en novembre 2011, celle-ci revendique aujourd'hui 1 700 adhérents. Lesquels dénoncent pêle-mêle "l'agriculture business", les nuisances olfactives et sonores liées aux boues d'épandage et à l'augmentation du trafic routier, les risques sanitaires dus à la forte concentration des animaux et le non-respect de leur bien-être. Soutenus par diverses associations,  ils ont écrit la semaine dernière au ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, pour le sensibiliser à leur inquiétude. Le projet,  qui a reçu en 2011 un avis favorable en terme de protection de l'environnement, n’attend plus que le feu vert du préfet de Picardie. Celui-ci pourrait faire part de sa décision dans les jours à venir.

Catherine Vincent (service Planète)

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 21:35

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 22.06.2012 à 11h25 • Mis à jour le 22.06.2012 à 11h25

Par Pauline Pellissier

 
 
Manifestation aux abords du Gange, le 14 janvier.

Des centaines de sadhus indiens, des sages ayant fait vœu de pauvreté, ont manifesté lundi 18 juin à New Delhi contre un projet de construction de plus de cinquante barrages sur le Gange, dont les eaux sont considérées comme sacrées par des millions d'hindous.

Sadhus et écologistes estiment que les projets de barrages - 14 ouvrages en construction, 39 dans les cartons - sur le fleuve et ses nombreux affluents risquent de l'étrangler à sa source et de menacer l'écosystème. "Notre mère le Gange est en train d'être assassinée par le gouvernement. Il va s'assécher si tous les barrages sont construits", dénonce Swami Mukteshawar, un militant de l'association Ganga Mukti Mahasangram ("Bataille pour sauver le Gange").

"Les barrages vont transformer ce fleuve puissant en un filet d'eau. Nos eaux sacrées vont être détournées et utilisées pour générer de l'hydroélectricité. C'est choquant", ajoute-t-il. Une dizaine de sadhus , en robe traditionnelle safran, ont débuté depuis lundi une grève de la faim dans le centre de New Delhi pour alerter l'opinion.

"Les barrages seront construits sur nos cadavres. Ils peuvent mélanger notre sang au ciment", a lancé un autre sage, Swami Aseemanand, 65 ans, qui se baigne dans les eaux du Gange depuis plus de trente-cinq ans, dans l'Uttar Pradesh (nord). Les fidèles hindous pensent que le fleuve sacré a le pouvoir de purifier les péchés et de les libérer du cycle des réincarnations. Ainsi, les cendres des défunts y sont déversées pour leur garantir une meilleure vie future. 

Un sadhu se baigne dans les eaux du Gange dans la ville d'Haridwar, lors du bain royal. Les pèlerins se lavent ainsi de leurs péchés, étape essentielle vers la réincarnation.

Au-delà des superstitions religieuses, un récent rapport (PDF) présenté par un organisme gouvernemental, le Wildlife Institute of India, recommande d'abandonner trente-quatre projets de barrage sur le Gange sur les rivières Alaknanda et Bhagirathi - les deux principaux affluents du Gange de l'état d'Uttarakhand -, au nom des préoccupations environnementales.

"Le Gange est en sérieux danger", estime Himanshu Thakkar, un expert en ressources aquatiques au sein du Groupe de recherche sur les barrages, les rivières et les populations en Asie du sud. "On devrait abandonner la construction de barrages, parce qu'ils causent des dommages irréversibles sur la biodiversité", préconise-t-il.

LÉGER RECUL DU GOUVERNEMENT

Faisant suite à ce rapport, trois membres de la National Ganga River Basin Authority (NGRBA) ont menacé de démissionner, si rien n'était fait pour préserver l'environnement. Créé en 2009, cet organisme est chargé d'élaborer une approche globale des problèmes du fleuve en rassemblant le gouvernement, les Etats traversés par le fleuve et la société civile.

Face à la montée de la contestation, la ministre de l'environnement Jayanti Natarajan a annoncé le 12 juin que les projets seraient maintenus, mais que la production d'énergie de chaque ouvrage serait réduite d'environ 50 %. L'objectif est de préserver le débit du fleuve et de permettre ainsi la survie de la vie aquatique. "Nous ne pouvons revenir sur les projets existants, mais nous travaillons sur la possibilité de réduire la capacité opérationnelle des centrales hydroélectriques", a déclaré la ministre dans les colonnes du journal The Hindu. Autres concessions du gouvernement, la promulgation d'un moratoire sur les nouvelles autorisations de projets hydroélectriques et la mise en place d'un comité au sein de la NGRBA chargé d'examiner l'impact écologique des barrages.

LES ÉTATS-UNIS SOUTIENDRAIENT LA CONTESTATION

Pour autant, les Indiens restent divisés sur la question des barrages. Avdash Kushal, militant d'une ONG qui encourage les projets hydroélectriques, annonce dans Hindustantimes que les Etats-Unis soutiendraient les opposants aux projets, car la construction de ces centrales hydroélectriques se ferait au dépens de l'achat d'uranium américain. Un lobbying dont le Times of India se faisait également l'écho lundi 18 mai. "C'est à l'instigation des Etats-Unis que ces projets de centrales sont menacés de fermeture", affirmait Avdhash Kaushal.

Pour les partisans des barrages, le problème n'est pas que local, il concerne tout le nord de l'Inde, confronté à une pénurie d'énergie. "Si tous les projets prévus jusqu'ici avaient vu le jour, nous aurions un total de 2 441 MW d'énergie supplémentaire, de quoi soulager les habitants de Dehli et de l'Uttarakhand", estime Avdhash Kaushal.

Le gouvernement indien est désormais pris dans un étau entre ceux qui soutiennent que la production d'énergie est essentielle pour le développement économique et le bien-être de la population, et ceux qui estiment que toute atteinte à la biodiversité sera irrémédiable. D'après le Times of India, si tous les projets sont menés à leur terme, 87 % des espèces de poissons connaîtront une modification de leur environnement aquatique. 

Pauline Pellissier

 

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 22:15

http://lagglorieuse.blogspot.fr/2012/06/montpellier-les-indignes-deloges-cette.html

21 juin 2012

La police municipale a délogé cette nuit les Indignés qui avaient élu domicile en hauteur dans les platanes mitoyens du kiosque Bosc sur l'Esplanade Charles-de-Gaulle à Montpellier. Expulsés une première fois récemment du sol où ils avaient dressé des tentes, ces hommes et ces femmes, une vingtaine, étaient revenus pour s'installer cette fois dans des arbres. La Ville de Montpellier a été contrainte de les expulser de nouveau, car la manifestation traditionnelle des Estivales qui se déroule l'été sur l'Esplanade sera inaugurée vendredi 29 juin en fin début de soirée, par le maire Hélène Mandroux. L'intervention des policiers municipaux vers minuit s'est déroulée sans incident.
Jean-Marc Aubert

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