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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 18:21

 

 

Le Monde - Blog -

 

Naoto Matsumura le 18 mai 2011 dans sa ferme. AFP/Matsumura

 

Entre avril 2011 et mai 2012, le photographe Antonio Pagnotta a pénétré à plusieurs reprises dans la zone interdite entourant la centrale de Fukushima. Il est revenu chargé de clichés tous plus incroyables les uns que les autres, témoignages d'une terre laissée à l'abandon. Flore brûlée par la radioactivité, cadavres d'animaux putréfiés, araignées géantes...

Dans un entretien (payant) au site Mediapart qui publie un portfiolio de Pagnotta, ce dernier explique qu'il a dû se rendre dans la zone de nuit pour éviter les patrouilles de police. Plus étonnant encore, il a pu rencontrer Naoto Matsumura, 51 ans, qui est le dernier habitant de Tomioka, une commune proche de Fukushima. Cet ancien agriculteur refuse d'être évacué malgré une radioactivité par endroit 50 fois supérieure à la dose annuelle acceptable selon la réglementation française.

Dans la journée, l'homme nourrit les animaux survivants, chiens, vaches, cochons et même autruche. Le soir, sans électricité, il s'éclaire à la bougie, récupère l'eau qui vient des montagnes et se contente de quelques conserves qu'il trouve. Et c'est comme ça depuis onze mois.

Le photographe n'en est pas à son coup d'essai. En 2007 déjà, il s’était introduit par effraction dans l’installation nucléaire de Tokaimura, au Japon, après un accident.

Ci-dessous, Antonio Pagnotta raconte sa rencontre avec "le dernier homme de Fukushima", "porte-drapeau de la résistance japonaise face au désastre nucléaire" :

 

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 17:19

 

 

 

Le Monde.fr | 16.07.2012 à 09h28 • Mis à jour le 16.07.2012 à 09h28

Par Denis Dupré, professeur de finance et titulaire de la chaire "Manager Responsable" à l'Université de Grenoble

 
 

Le sommet européen du 29 juin a permis de financer les Etats qui se réforment et recapitaliser les banques à un taux mutualisé via le Mécanisme Européen de Solidarité. Ce dernier est financé par les Etats et les marchés financiers. L'Europe serait solidaire pour "les bons élèves".

L'Europe solidaire bancaire travaille au bénéfice de qui ? La progression des valeurs bancaires ce 29 juin est une piste. Martin Wolf dans Le Monde du 26 juin, pose un diagnostic  amer sur les bénéficiaires d'une union précipitée : "L'Espagne engage une enveloppe de 100 milliards d'euros pour sauver ses banques mais hélas, ce plan profite aux créanciers desdites banques au dépens de la solvabilité du gouvernement". Avec l'union bancaire proposée, Il faut simplement remplacer "solvabilité du gouvernement" par "solvabilité de l'Europe".

Les banques continueront-elles à être sauvées avec de l'argent public sans rien exiger des actionnaires et créanciers des banques ?

Gavin Davies dans le Financial Times du 29 juin montre que cette question va conduire à des guerres d'intérêt. En effet, l'Allemagne aura intérêt à rincer les actionnaires et créanciers des banques espagnols pour obtenir une plus forte propriété par euro investi. L'intérêt de l'Espagne sera l'exact opposé.

En France, les spécialistes financiers et professeurs de finance interviennent peu, laissant la parole aux économistes. Pourtant ils sont au cœur des mécaniques complexes de la finance moderne. Souvent par peur d'ennuis professionnels, ils se font discrets, mentent par omission.

Chaque plan de "sauvetage" des banques a permis un cadeau aux actionnaires concrétisé immédiatement dans un bond du cours des actions bancaires le jour de l'annonce.

Ce qui était tabou il y a deux ans, est devenu la version officielle de la Commission Européenne en juin 2012. Ne plus utiliser l'argent du contribuable mais faire payer les actionnaires et créanciers de banques est énoncé dans un jargon plus technique en proposant de passer du renflouement externe ou bail-out au renflouement interne ou bail-in. Tous les outils sont décrits : "l'instrument de renflouement interne permettra de recapitaliser la banque en annulant ou en diluant ses actions, et en réduisant les créances détenues sur elle ou en les convertissant en actions."

Le commissaire européen chargé du marché intérieur reconnait enfin que "Nous devons doter nos pouvoirs publics d'instruments qui leur permettent de réagir de manière appropriée aux futures crises bancaires. Sinon, les citoyens paieront à nouveau la facture, tandis que les banques continueront à agir comme avant, en sachant qu'elles seront à nouveau renflouées si nécessaire."

La proposition de Directive Européenne du 6 juin 2012 est claire : "L'intervention des pouvoirs publics a coûté très cher au contribuable et a même compromis la viabilité des finances publiques dans certains États membres... Si la situation financière d'une banque devait se détériorer de manière irrémédiable, la proposition prévoit qu'il reviendra aux propriétaires et aux créanciers de la banque d'assumer les coûts de sa restructuration et de sa résolution, et non au contribuable."

Tout semble parfait dans le discours, mais l'hypocrisie est de tenir un discours qu'on ne veut pas mettre en acte. L'Europe joue la montre : "We're not dealing with the present crisis", a dit Barnier. "This is for the future." Insidieusement, la Directive Européenne annonce que l'argent des oligarques n'a pas le même poids que celui du mouton contribuable : "En même temps, les mesures de résolution pourraient empiéter sur les droits fondamentaux des actionnaires et des créanciers. Elles ne seraient donc appliquées que dans des cas exceptionnels, et dans l'intérêt général". Il n'est pas même envisagé un droit fondamental du contribuable, encore moins du citoyen !

Qu'enseignent les professeurs de finance à leurs étudiants ? Que le modèle de Merton calcule le taux d'intérêt du créancier de la banque. Ce taux est d'autant plus élevé que le risque des actifs détenus par la banque est fort. Il est d'autant plus élevé que la proportion de fonds apportée par les actionnaires est faible. Dans le modèle, le taux d'intérêt exigé par le créancier rémunère donc le risque de faillite.

Quels spécialistes financiers et quels professeurs de finance peuvent justifier que le créancier soit payé pour un risque qu'il transfère au citoyen quand il se matérialise ? Or, ce mécanisme jamais remis en cause même par ce sommet Européen, nous laisse une Banque Centrale ruinée pour aider les banques privées.

L'Europe est hypocrite. Son hypocrisie conduit à spolier les peuples et leurs fragiles démocraties. Les financiers ont la connaissance des mécanismes. S'ils continuent à se taire, ils partagent la responsabilité des désastres à venir. Ils ont le pouvoir de dénoncer les lenteurs délibérées de l'Europe et de défendre strictement le principe : faire payer les actionnaires et créanciers des banques avant les citoyens. Qu'en font-ils ? C'est une question que je pose à chacun d'eux.

Denis Dupré, professeur de finance et titulaire de la chaire "Manager Responsable" à l'Université de Grenoble

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 17:10

 

Le Monde - Blog - Sauvons les gens, pas les banques”

Défilé pacifique, dimanche 15 juillet au soir, de fonctionnaires espagnols, sous le slogan "Ensemble, nous pouvons". (AFP/DOMINIQUE FAGET)

 

Il y a eu une manifestation des "indignés", vendredi 13 juillet ; il y a celle appelée le 19 juillet par les deux principaux syndicats espagnols, l'Union générale des travailleurs (UGT) et les Commissions ouvrières (CCOO) ; et entre les deux, les fonctionnaires espagnols ont improvisé dimanche soir 15 juillet un rassemblement salué pour son pacifisme et l'ambiance émouvante qui régnait dans les cortèges, suivi lundi d'une "marche funèbre" des employés municipaux. En Espagne, les protestations se multiplient contre les nouvelles mesures d'austérité annoncées le 11 juillet par le gouvernement de Mariano Rajoy, censées faire économiser 65 milliards d'euros en deux ans.

Les fonctionnaires sont les premiers à faire les frais de ces restrictions budgétaires : perte de leur prime de Noël, un treizième mois qui correspond à 7 % de leur salaire annuel ; disparition de trois jours de congés, ainsi que des journées libres accumulées au titre de l'ancienneté ; réduction des indemnités journalières versées en cas d'arrêt maladie. Les fonctionnaires avaient pourtant déjà pâti des précédents plans d'austérité, voyant leur salaire réduit de 5 à 15 % en 2010 et leur temps de travail hebdomadaire augmenter en décembre 2011 de 35 à 37,5 heures.

Dimanche, un étonnant ballet de soutiens s'est lancé sur les réseaux sociaux, provoquant un rassemblement spontané en soirée, devant le Congrès des députés à Madrid. Sous le mot-clé #graciasfuncionarios ("merci aux fonctionnaires"), un concert de tweets a résonné sur la Toile rendant hommage aux employés du secteur public.

"A ceux qui enseignent, à ceux qui sauvent des vies, à ceux qui nettoient, à tous les travailleurs du secteur public." "A ceux qui soignent nos proches à l'hôpital, infirmiers et médecins qui sont à l'écoute et nous soutiennent dans les moments difficiles." "Aux instituteurs et professeurs qui, comme Mme Angelita, m'ont appris à créer, croire et ressentir."

Très vite, dimanche après-midi, un appel au rassemblement s'est ajouté aux messages de remerciement et de soutien aux fonctionnaires, par le mot-clé #AcampadaCongreso.

"Hier nous étions mineurs [une allusion à la marche noire des mineurs arrivée la semaine dernière à Madrid], aujourd'hui nous sommes fonctionnaires, demain nous serons... citoyens. Aujourd'hui à 20 heures, les fonctionnaires appellent à se rassembler devant le Congrès."


Pompiers, enseignants, policiers, personnels soignants ont défilé dans une ambiance bonne enfant. (AFP/DOMINIQUE FAGET)

 

A Madrid, ils sont des milliers à se regrouper devant le Parlement : des pompiers avec leurs casques chromés, des professeurs avec leurs chemises vertes – le symbole de la mobilisation dans l'éducation –, des policiers en simples t-shirts noirs – ils n'ont pas le droit de manifester en tant que profession, mais peuvent le faire à titre individuel –, et beaucoup d'autres, fonctionnaires en tenue civile ou simples citoyens.

Tous les médias espagnols ont salué le calme de cette manifestation, qui n'avait pourtant pas fait l'objet d'une demande d'autorisation préalable à la préfecture. Contrairement à d'autres mobilisations, parfois émaillées d'incidents et de face-à-face tendus avec la police, celle-ci s'est déroulée sans aucun heurt. Les forces de l'ordre chargées du bon déroulé de la marche, qui coupaient la circulation au fur et à mesure de l'avancée du cortège, ont même été saluées lorsque des agents ont retiré leurs casques de protection pour porter de simples casquettes en toile. Un signe discret de bienveillance et de soutien, applaudi par tous les manifestants.

"Les agents de l'UIP [Unité d'intervention policière] retirent leurs casques. Applaudissements."

Selon la police, une seule personne a été interpellée dans la soirée, et il ne s'agissait pas d'un fonctionnaire. Les manifestants qui prévoyaient de camper devant le Congrès n'ont toutefois pas atteint cet objectif et se sont dispersés vers 2 heures du matin, lorsque la police le leur a demandé.

Cette mobilisation lancée de façon anonyme a marqué les esprits par son pacifisme, malgré son caractère peu organisé. A quelques jours de la manifestation syndicale du 19 juillet, il s'agit d'un avertissement adressé aux représentants de personnels, afin que les mobilisations soient les plus larges possibles et non restreintes au seul périmètre syndical. Elle augure également d'un été rythmé par d'autres rassemblements, comme la "marche funèbre" lancée par des employés de la municipalité de Madrid, qui étaient plusieurs centaines à défiler lundi en milieu de journée dans les rues de la capitale espagnole.

Pour suivre en direct le rassemblement :

 


 

Mathilde Gérard

 


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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 17:03

 

 

LE MONDE | 16.07.2012 à 11h19 • Mis à jour le 16.07.2012 à 19h07

Par Harold Thibault (Taicang, province du Jiangsu, Chine)

 
 
Une fermière remplit un bidon de lait à Shenyang, en Chine, le 20 septembre 2008.

Avec 600 vaches, Zhang Liang gère la plus importante ferme laitière de Taicang, dans la province chinoise du Jiangsu. Elle appartient à son oncle et il y emploie trente personnes. Tout le lait est vendu au groupe Guangming, l'un des trois géants nationaux des produits laitiers. Sa production, assure le jeune homme, est d'une qualité bien supérieure aux standards imposés par le gouvernement. "Pour nous, dit-il, c'est très simple de les atteindre, ils sont très bas." Quatre ans après le scandale du lait à la mélamine, qui avait éclaté le 16 juillet 2008 – le bilan allait s'élever à 294 000 enfants malades, 540 00 hospitalisés et 6 morts –, mais n'avait pas fait de bruit dans les médias locaux jusqu'à la fin des Jeux olympiques de Pékin, les standards de qualité du lait chinois laissent toujours à désirer.

Le 27 juin, le groupe Guangming a dû rappeler des packs de lait, une solution de nettoyage alcaline ayant contaminé 300 briques lors d'une opération de maintenance dans une usine. Quelques jours plus tôt, le 13 juin, le plus important producteur de Chine, Yili, avait dû rappeler six mois de production de lait en poudre pour enfants contenant un taux anormal de mercure.

L'entreprise familiale de Zhang Liang, explique celui-ci, investit dans de la nourriture de qualité pour ses vaches : du grain importé qui offre ensuite une meilleure rentabilité. Le nombre important de bovins permet également de réaliser des économies d'échelle. La ferme vend le lait à Guangming selon un prix établi par l'entreprise, sans négociation, en fonction de la qualité du lait.

 

COUPÉ AVEC DE L'EAU
 

"Les fermiers sont vulnérables, car ils n'ont aucun moyen d'influer sur le prix", confie le jeune producteur. Ce n'est pas un problème dans sa ferme, où les profits sont stables, mais les petites exploitations agricoles "ont beaucoup de mal à tenir l'équilibre, dit-il. Elles achètent de la nourriture de qualité médiocre, leurs équipements ne sont pas très avancés, leurs employés peu formés". Ces exploitations produisent un lait de mauvaise qualité, qui leur est acheté à bas coût et qu'elles peuvent être tentées de couper avec de l'eau pour gagner sur la quantité.

 

Carte de situation.

 

Le gouvernement pourrait placer la barre plus haut, mais "il doit aussi penser à l'ensemble des fermiers du pays", explique Zhang Liang. C'est ce qui s'est passé en juin 2010, lorsque la Chine a redéfini les normes du nombre de cellules somatiques tolérables par millilitre de lait cru. Jusqu'alors existaient quatre niveaux de qualité, échelonnés entre 500 000 et quatre millions de cellules par millilitre. Les discussions, deux après le scandale de la mélamine, s'orientaient vers un consensus sur un nouveau standard unique, soit un maximum de 500 000 cellules bactériennes par millilitre et un minimum de 2,95 grammes de protéines pour 100grammes de lait, rapporte, sous le sceau de l'anonymat – il n'est pas autorisé à parler à la presse étrangère –, un responsable d'association régionale d'industrie laitière qui a assisté à trois sessions de négociations.
 

"Cela a changé à la dernière minute", raconte-t-il. Au final, le nouveau standard adopté fut de 2 millions de cellules somatiques par millilitre – l'Union européenne n'en tolère que 400 000 et les Etats-Unis 750 000 –, et de seulement 2,8 grammes de protéines. Le même responsable soupçonne l'industrie d'avoir pesé de tout son poids : "Les entreprises ne peuvent pas formuler les normes, c'est le travail du gouvernement, mais elles peuvent influencer les autorités." Il dit avoir questionné un officiel du ministère de la santé, qui lui a répondu qu'il s'agissait du "résultat de la coordination entre les treize agences concernées".

 

 100 000 VACHES IMPORTÉES EN 2011

Entre le lobbying de l'industrie et l'impossibilité pour l'Etat de laisser les fermiers les plus faibles sur le carreau, la Chine a du mal à faire face aux exigences de qualité, alors qu'il lui faut répondre à la demande chaque jour plus forte de ses nouveaux consommateurs. En 2011, le pays a dû importer près de 100 000 vaches laitières d'Uruguay, d'Australie et de Nouvelle-Zélande.
 

"De ce que j'en comprends, les standards ont régressé, donc les consommateurs ont des raisons d'être en colère", commente Zheng Fengtian, vice-président de la faculté d'économie agricole et de développement rural de l'Université du Peuple, à Pékin. "La Chine compte 200 millions de petits fermiers, il est impossible de tous les contrôler. Certains ajoutent différentes substances à leur production pour augmenter leurs revenus", dit le Pr Zheng.

A ses yeux, la Chine doit organiser des coopératives de grande échelle afin de pouvoir mieux contrôler la production. Dans cet esprit, Yili a ouvert le mois dernier une ferme de 5 000 bovins pour 220 millions de yuans (28,2 millions d'euros) et Mengniu, numéro deux du secteur, promet d'investir 3,5 milliards de yuans dans huit à douze fermes de grande taille, d'ici à 2015. Mais ces installations ne représentent pas encore la majorité de la production.

Pour Peter Ben Embarek, spécialiste de la sécurité alimentaire en Chine à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la volonté politique de changer existe chez les autorités chinoises, qui se sont lancées dans un colossal travail de révision des normes et mettent en place des cellules capables de gérer les crises.

Mais les services d'inspection pèchent toujours, notamment dans les régions plus reculées dépourvues de moyens. "Le contrôle public n'est pas fait de manière appropriée, ce qui laisse le secteur privé se développer sans encadrement", constate-t-il. La difficulté consiste à former les inspecteurs sanitaires: "Il en faudrait entre 100 000 et 300 000, ce qui demande beaucoup de temps." En attendant, beaucoup d'incidents détectés restent liés à des manipulations intentionnelles, observe M. Ben Embarek : "Les produits sont dilués, des conservateurs y sont ajoutés, toujours pour gagner de l'argent au détriment de la qualité. L'appât du gain est d'autant plus fort que la probabilité d'être appréhendé est faible et la connaissance des risques liés à ces fraudes limitée."

Harold Thibault (Taicang, province du Jiangsu, Chine)

 

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 16:57

 

 

LE MONDE ECONOMIE | 16.07.2012 à 10h45 • Mis à jour le 16.07.2012 à 16h17

Par Paul Jorion, économiste et anthropologue


Une caricature de Bob Diamond, financier déchu de la Barclay's.

Quand l'affaire du Libor éclata... en avril 2008, les commentaires de la presse furent pour le moins laconiques. Quand le feu qui couvait reprit le mois dernier avec la condamnation de la Barclays pour avoir manipulé ces taux réglant les prêts en dollars que les banques se consentent entre elles, on assista au contraire à un feu d'artifices médiatique.

Pourquoi un événement qui n'avait provoqué, en 2008, qu'un froncement de sourcils fait-il aujourd'hui trembler sur ses bases non seulement la City, mais la finance tout entière ?

Pourquoi une telle indifférence de l'opinion au moment des faits, et pourquoi la secousse sismique des semaines récentes, conduisant à la démission des trois principaux dirigeants de la Barclays, jetant également la suspicion sur le candidat pressenti à la tête de la Banque d'Angleterre et, par son truchement, sur le gouvernement britannique à l'époque des faits.

 

CUPIDITÉ PAR-DESSUS TOUT

George Osborne, chancelier de l'Echiquier, déclare que les faits "révélés" "sont symptomatiques d'un système financier qui a élevé la cupidité par-dessus toute autre considération et a mis notre économie à genoux". Il ajoute : "La fraude est un crime quand il s'agit des affaires ordinaires. Pourquoi devrait-il en être autrement quand il s'agit de la banque ?"

Le paiement par la Barclays d'une amende d'un montant considérable (365 millions d'euros) n'aurait dû être qu'une façon de tourner la page sur des événements datant de plusieurs années.

D'autant qu'il est clair que, dans l'affaire du Libor, la Barclays était, parmi les seize banques (aujourd'hui dix-huit) chargées de communiquer les données qui permettent le calcul de ces taux, l'une des moins coupables, et a fait preuve de bonne volonté en coopérant avec les autorités. Ceci expliquant d'ailleurs le rabais de 30 % dont elle bénéficie en Grande-Bretagne sur le montant de l'amende.

Il serait caricatural de n'évoquer qu'un simple exercice de communication qui aurait mal tourné, puisqu'il s'agit de décisions de justice. Mais les régulateurs auraient pu espérer que le point final mis à l'affaire serait reçu avec la même indifférence que lorsqu'elle avait éclaté en avril 2008. Il n'en a rien été. Comment expliquer alors ce retard à l'allumage de quatre ans dans l'indignation publique ?

L'explication nécessite d'invoquer ce que les physiciens appellent un effet non linéaire : le passage d'un seuil faisant qu'une situation change soudain de nature. On pense au Magicien d'Oz (1900) de Frank Baum, où l'ouverture accidentelle d'un rideau fait découvrir que le monde enchanté (métaphore du système monétaire américain) n'est qu'un artifice mis en scène par un vieillard poussant des manettes.

Ce qui a brutalement levé le rideau pour les Britanniques et leur a indiqué sous quelle lumière l'affaire du Libor devait être vue, c'est bien sûr l'affaire Murdoch.

Les Britanniques ont découvert, en 2011, que 4 000 d'entre eux avaient eu leur boîte vocale piratée par News of the World, organe de la "presse de caniveau" appartenant à l'empire de presse de Rupert Murdoch, Australien d'origine devenu Américain.

Parmi les victimes, des vedettes, des membres de la famille royale, mais aussi des sans-grade - soldats de retour d'Afghanistan, rescapés des attentats londoniens de 2005.

 

TÉLÉPHONE D'UNE ADOLESCENTE ASSASSINÉE PIRATÉ

L'affaire avait publiquement éclaté quand le téléphone d'une adolescente assassinée avait été piraté et certains messages effacés par un journaliste de News of the World, faisant espérer à ses proches qu'elle soit encore en vie. Jusque-là, les plaintes des victimes n'aboutissaient jamais parce que Murdoch corrompait parallèlement les services de police qui étouffaient les affaires.

La colère a alors éclaté dans l'opinion et les projecteurs se sont portés sur les connivences et les échanges de postes entre les sbires de l'empire Murdoch et les membres du gouvernement britannique. L'étroitesse des relations entre le premier ministre, David Cameron, et Rupert Murdoch lui-même se situait sans aucun doute dans la zone d'inconfort.

Sous ce nouvel éclairage, la fraude à la petite semaine chez Barclays, révélée dans les attendus de la Financial Services Authority (FSA), le régulateur britannique, cessait d'être de la malhonnêteté ordinaire pour apparaître comme l'un des révélateurs parmi d'autres d'une classe dirigeante arrogante, ne s'embarrassant pas des règles et arrangeant les affaires selon son bon plaisir, tout en ne maintenant que le minimum d'apparences nécessaires.

L'affaire du Libor, c'est l'histoire du dévot qui a toujours accepté comme parole d'évangile les prêches de son prêtre, mais qui cesse soudainement de croire à tout ce qu'il a entendu parce qu'il découvre accidentellement que la barbe que celui-ci porte est fausse.

La question qui se pose désormais est celle-ci : si la chute de la moins coupable des banques responsables du Libor a déjà provoqué un tel effondrement, à quoi faut-il s'attendre quand sera révélé le châtiment qui est promis aux autres ?

Paul Jorion, économiste et anthropologue

 

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 16:50

 

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 16.07.2012 à 18h45 • Mis à jour le 16.07.2012 à 18h45


 

Russell Wasendorf Sr, 64 ans, fondateur et directeur général du courtier américain Peregrine Financial Group (PFGBest), a été arrêté vendredi dernier par le FBI, cinq jours après une tentative de suicide au cours de laquelle il a avoué une vaste fraude au sein du groupe.

Le dirigeant a tenté de mettre fin à ses jours, pris de remords et de honte a-t-il dit, sur le parking du siège de PFGBest dans l'Iowa, en s'asphyxiant avec les gaz d'échappement de sa voiture. Dans une lettre d'adieu, il confiait avoir falsifié durant près de vingt ans des relevés bancaires destinés aux régulateurs.

"J'ai commis une fraude. En utilisant de faux relevés de banques, j'ai réussi à détourner des millions de dollars appartenant à des clients de Peregrine Financial Group. Ces falsifications ont commencé il y a près de vingt ans, sans avoir été détectées", écrit-il.

"J'ai réussi à dissimuler mon crime (...) en étant la seule personne ayant accès aux comptes bancaires de PFGBest", précise-t-il selon ce document mis en ligne par le tribunal. "Personne d'autre dans la société n'a jamais vraiment eu accès à un vrai relevé de banque."


ÉVITER LA FAILLITE
 

Depuis, Peregrine a déposé le bilan. Et l'autorité chargée de surveiller le fonctionnement des marchés des contrats à terme de matières premières aux Etats-Unis, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), accuse à présent le courtier et son patron d'avoir détourné plus de 200 millions de dollars (163 millions d'euros) de fonds appartenant à ses clients.

D'après les autorités fédérales, Russell Wasendorf a réitéré ses aveux à l'hôpital, après l'échec de sa tentative de suicide, expliquant qu'il s'était résolu à frauder pour permettre à PFGBest d'obtenir des capitaux supplémentaires et ainsi éviter la faillite.

Cette arrestation intervient quelques jours après la demande de liquidation judiciaire de la maison de courtage, déposée auprès du tribunal des faillites de Chicago par le conseil d'administration de PFG, considérant que le PDG était "incapable d'exercer ses fonctions" depuis sa tentative de suicide.

Par ailleurs le gendarme des marchés financiers américains, la SEC, a assuré n'avoir "aucune indication, à ce stade, de la disparition de fonds de clients" de PFGBest. "Selon les informations dont nous disposons à ce stade, les actifs des clients du courtier ont été placés au sein d'une société de compensation séparée (du reste de la société) et il y a moins de 150 clients détenant environ 5 millions de dollars chez ce courtier", a précisé le porte-parole de la SEC, John Nester.

 

Lire : "L'affaire MF Global révèle les failles de la régulation américaine" (lien abonnés)


Près d'un an après MF Global

 


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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 16:41
Lundi 16 Juillet 2012 à 12:00

 

 

Les perquisitions, gardes à vue, et mise en examen se multiplient dans l'affaire UBS France. La filiale française de la première banque mondiale de gestion de patrimoine est soupçonnée d'aider de gros clients à échapper au fisc français en plaçant leur argent en Suisse. La semaine dernière, c'est un ancien cadre dirigeant de la succursale lilloise d'UBS qui a été placé en garde à vue avant d'être présenté devant le juge d'instruction, jeudi. La machine judiciaire est en marche.

 

(AP Photo/Sang Tan)
(AP Photo/Sang Tan)
L’étau se resserre autour d’UBS France. Les mises en examen, gardes à vue et perquisitions s’enchaînent dans le cadre de l’enquête conduite par le juge d’instruction Guillaume Daïeff, à Paris, sur des soupçons de blanchiment de fraude fiscale par UBS France, filiale de la banque Suisse, créée en 1998. L’enquête concerne une double comptabilité présumée au sein de la banque. Elle aurait permis de masquer d'importants mouvements de fonds entre la Suisse et la France, autrement dit, une vaste opération d’évasion fiscale.

D'après nos informations, un ancien cadre dirigeant de la succursale lilloise d’UBS France, Hervé d'Halluin, a été placé en garde à vue en début de semaine dernière avant son déferrement devant le juge d'instruction, jeudi 12 juillet. Deux jours plus tôt, les locaux d’UBS à Bordeaux ont été perquisitionnés par les enquêteurs du service national de douane judiciaire (SNDJ). Fin juin, se sont les antennes de Lyon et Strasbourg qui étaient la cible des enquêteurs. A Strasbourg, la perquisition a abouti à la mise en examen  d’un «cadre de la filiale française», pour complicité de «démarchage illicite». Marianne2 est en mesure d'affirmer que le cadre en question n'est autre que l'actuel directeur régional de l'antenne strasbourgeoise, Laurent Lorentz. Il est soupçonné d'avoir participé au «carnet du lait», nom donné au système destiné à reccueillir les opérations d'ouvertures de comptes non déclarées ainsi que les fonds collectés clandestinement par des commerciaux d'UBS en France.

«Le calendrier est sans équivoque»

Dans la foulée de ces événements, un communiqué, dont Marianne2 s'est procuré une copie, a été envoyé par la direction d'UBS France à «tous les collaborateurs». Il revient sur le fait «que certains collaborateurs de [leur] bureaux de Strasbourg et de Lyon ont été récemment auditionnés», précisant que ces «auditions constituent une étape classique dans ce type de procédure (insctruction judiciaire NDLR).» Ceci dit, consciente «de l'inquiétude que ces étapes judiciaires peuvent engendrer», la direction précise que la banque a mis à la disposition des salariés, une «assistance juridique et psychologique».
 
Ces diverses rebondissements judiciaires laissent penser que le juge Daïeff dispose aujourd'hui d’un certain nombre d’éléments indiquant qu’UBS France a pu pratiquer une discrète et illégale manipulation de fonds en direction de la Suisse. Elle représenterait 20% des flux illégaux, selon Antoine Peillon, journaliste à La Croix et auteur d’un livre-enquête sur le sujet, intitulé Ces 600 milliard qui manquent à la France (éditions du Seuil). Le journaliste estime que l'évasion fiscale en France concernerait 150 000 citoyens pour un total d'environ 590 milliards d'euros. «Le juge est entré dans la deuxième phase de son enquête avec plusieurs perquisitions et auditions car il détient désormais suffisamment d’éléments pour penser que c'est le bon moment», souligne-t-il.

>> Lire notre entretien avec Antoine Peillon: L'évasion fiscale, une cagnotte de 590 milliards !
 
Cette «deuxième phase» attendue par ceux qui suivent le dossier aurait été rendue possible, toujours selon Antoine Peillon, par le changement de gouvernement. «Le Parquet de Paris a retenu le dossier jusqu’à ce que tous les indicateurs indiquent que l’alternance était inéluctable. Ce n’est qu’à partir de là que le procureur à nommé Daïeff. Il voulait se refaire une virginité, en quelque sorte.» Une enquête préliminaire a été ouverte en mars 2011par le parquet de Paris après la transmission par l'autorité de contrôle prudentiel (ACP) d’une note sur les pratiques d’UBS France. Il aura fallu attendre avril 2012 pour qu'une information judicaire soit ouverte et que le juge récupère le dossier. «Le calendrier est sans équivoque», ajoute Peillon.

Les prud’hommes enfoncent UBS

Quoi qu’il en soit, les soupçons qui pèsent sur la filiale française d'UBS sont de plus en plus nombreux. Le 19 juin, un autre élément est venu les renforcer. Il s’agit d’un jugement des prud’hommes de Paris  portant sur le licenciement pour faute grave d’un contrôleur interne d’UBS France, en novembre 2009. Ce cadre eu la responsabilité d'entreprendre un audit interne de contrôle de gestion de la filiale, en 2007. Au cours de son audit, il pointe une anomalie dans les commissions versées à des commerciaux français et fait mention d'un système de compensation trouble. Suite à cela, la direction affirme que ces «accusations (…) s’inscriv[ai]ent dans le cadre d’une stratégie visant à faire pression sur la banque pour obtenir la satisfaction de [ses] revendications.» Camouflet pour UBS: «L’ensemble des éléments qui précèdent suffit à considérer que la SA UBS France ne démontre pas que les accusations réitérées dans divers écrits par M. [X] à l’égard de son employeur d’avoir organisé «un système d’aide à l’évasion fiscale et à la fraude fiscale internationale » seraient infondées», peut-on lire dans le jugement prud'homal.
 
La filiale française d’UBS, première banque mondiale de gestion de patrimoine, risque gros. D’autres perquisitions pourraient encore être menées dans les jours ou semaines à venir. A terme, UBS, en tant que personne morale pourrait être mise en examen. Dans le cas où la fraude serait avérée, la Banque de France pourrait aller jusqu’à suspendre sa licence. En d’autres termes, «il n’est pas inenvisageable, selon Antoine Peillon, qu’UBS soit obligée de fermer sa filiale française».

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 21:09

| Par Iris Deroeux


 

Kelli a 25 ans et 200 000 dollars (164 000 euros) de dettes, qu’elle tente de rembourser depuis l’obtention de son diplôme, en 2009. Originaire de l’État du New Jersey, elle est partie étudier à la Northeastern University de Boston, l’un des établissements privés ou « colleges » qui délivrent des diplômes de premier cycle universitaire en quatre ans. Entre les frais d’inscription et les frais de logement sur le campus, chaque année lui coûte alors 40 000 dollars. Issue d’une famille modeste, elle a recours à l’emprunt. « Les conseillers scolaires m’y ont encouragée et ça ne me paraissait pas choquant. J’avais l’impression que tout le monde faisait ça ! Mais j’avais 18 ans, j’étais très mal informée. J’étais la première à aller à fac dans ma famille et mes parents se voulaient rassurants, me disaient qu’ils allaient m’aider à rembourser. J’ai donc fait deux prêts auprès de l’organisme privé Sallie Mae, le premier à 18 ans et le second à 21 ans. Pour le second, ils ne m’ont même pas demandé de cosignataire. »

Kelli y étudia la sociologie, « pas tant pour faire carrière que pour être éduquée ». Diplômée en 2009, malgré la crise, elle a immédiatement commencé à travailler et donc à rembourser son prêt, avec la flexibilité de paiement propre à Sallie Mae et un taux d’intérêt changeant. Entre 800 et 1 600 dollars par mois, « entre un tiers et plus de la moitié de mon salaire ». « Dire que la pression sur mes épaules est énorme est un euphémisme. » Elle conclut, amère, « j’ai l’impression de m’être faite berner par l’université et la banque ». Et son histoire est loin d’être un cas extrême, puisqu’à force d’efforts et surtout de privations, elle réussit à rembourser un peu chaque mois. D’autres en sont incapables, conséquence d’une crise économique qui a fait exploser le taux de chômage des jeunes diplômés. 9 % des étudiants endettés étaient en défaut de paiement en 2010, contre 7 % l’année précédente, selon les derniers chiffres disponibles du Département de l’éducation.

« Cette situation d’endettement n’est pas nouvelle, mais cela n’inquiétait pas outre mesure, car une bonne partie des étudiants réussissait et réussit toujours à payer. Sauf que la crise économique a aggravé les choses. Puis, le mouvement Occupy est né et il a permis de mettre des visages sur le problème de l’endettement étudiant, on a commencé à entendre leurs histoires », explique Jenna Robinson, du Pope Center for High Education Policy, une ONG dont la tâche est de réfléchir et d’informer sur le système de l’enseignement supérieur aux États-Unis. Kelli fait partie des jeunes très sensibles aux discours du mouvement Occupy, qui tente en effet de dénoncer le problème de la dette étudiante, la pression économique et psychologique qui pèse sur les jeunes, et de manière générale, les dysfonctionnements de ce système éducatif.

 


 

Ci-dessus, la bande annonce de Default : The student loan documentary, un documentaire sur la dette étudiante réalisé par Serge Bakalian et Aurora Meneghello, à voir en entier en cliquant ici.


En mai dernier, un nouveau chiffre est venu alerter l’opinion : la dette étudiante a atteint 1 000 milliards de dollars, plus que la dette des ménages sur les cartes de crédit ou celle pour les achats de voiture. Un seuil franchi pour plusieurs raisons : l’augmentation du nombre d’étudiants en premier et deuxième cycle universitaire (“undergraduate” en 4 ans puis “graduate” en 1 à 3 ans, l’équivalent d’un Master), le fait que les emprunts sont remboursés sur des décennies et donc s’accumulent, et les effets de la crise rendant le remboursement parfois difficile voire impossible. Sans compter le retour à l’université – et à l’endettement – d’adultes qui cherchent à acquérir de nouvelles compétences pour sortir du chômage. Ce sont ainsi plus de 65 % des étudiants de premier cycle qui ont aujourd’hui recours à l’emprunt.

L’ampleur de cette dette commence à inquiéter certains analystes, qui comparent cette situation à la formation et à l’éclatement de la bulle immobilière qui a donné lieu à la crise des subprimes. « Nous n’y sommes pas encore », temporise Mark Kantrowitz, fondateur, dès 1994, de Finaid et Fastweb, sites web qui aident les étudiants à s’y retrouver dans les systèmes des prêts. « Pour le moment, seuls 10 % des étudiants sont diplômés avec un niveau de dette excessif. » Pour autant, il ne minimise pas le problème, « cette dette, qui représente actuellement 0,4 % du PIB, est devenue un facteur macro-économique. Elle pèse sur la vie de nombreux Américains. Sans parler de l’impossibilité pour ceux qui sont en défaut de paiement de se déclarer en faillite personnelle. C’est impossible avec les prêts étudiants. Ils se retrouvent bloqués », résume le spécialiste. Il conclut, comme tant d’autres qui se penchent sur le sujet, en rappelant la raison simple pour laquelle un tel niveau d’endettement est atteint : parce qu’il est facile, bien trop facile, d’emprunter.

Si l’emprunt est disponible, les étudiants s’endettent et les facs se frottent les mains

Les étudiants américains peuvent s’endetter de deux manières. La première et la principale consiste à s’endetter auprès de l’État fédéral qui subventionne des prêts. Il existe une ribambelle de plans proposés à l’étudiant ou à sa famille, avec un taux d’intérêt fluctuant en fonction de facteurs économiques et l’historique de l’endettement de chacun. Parmi les plus populaires, le prêt Stafford, à un taux d’intérêt garanti à 3,4 %. Ce taux bas devait doubler, mais il vient d’être prolongé d’un an suite au vote du Congrès, fin juin. Républicains et démocrates ont pour une fois réussi à se mettre d’accord, preuve qu’ils veulent soigner l’électorat étudiant, à quelques mois de l'élection présidentielle. Les étudiants peuvent aussi emprunter directement auprès des banques et organismes tels que Sallie Mae, dont un simple coup d’œil sur le site internet nous apprend qu’il propose plus de 500 plans différents.

 

 

Autrement dit, l’emprunt est tellement disponible qu’il est quasiment impossible de ne pas trouver un plan qui convienne à sa situation. « C’est la raison majeure au problème de l’endettement étudiant », analyse Andrew Hacker, politologue au Queens College de New York et auteur en 2010 de High Education ?, ouvrage de référence sur les dérives du système universitaire. « Les universités savent que les étudiants pourront emprunter sans problème, donc elles augmentent les frais de scolarité sans aucune retenue ! » explique le chercheur.  « Et c’est pour cette raison que cette gentille attention à l’égard des étudiants, qui a été de maintenir des taux d’intérêt bas pendant encore un an, est en fait un cadeau empoisonné. »

Car les étudiants empruntent des sommes de plus en plus importantes pour payer des frais d’inscription de plus en plus élevés et ce, autant dans les universités d’État que les universités privées. « Au cours des quarante dernières années, le coût d’une année universitaire a au minimum triplé, même corrigé de l’inflation », explique Richard Vedder, historien à l’Université d’Ohio et spécialiste des questions d’éducation. Les universités dites « publiques » sont celles où ces coûts ont augmenté le plus vite dernièrement, conséquence de la crise et des coupes budgétaires à travers le pays. Elles ont dû trouver d’autres moyens de se financer, donc augmenter les frais d’inscription. « La distinction entre le privé et le public de moins en moins pertinente », estime l’historien.

« Le résultat, c’est que nous avons de beaux campus, de jolies chambres étudiantes, des restaurants universitaires pour gourmets… Une partie de ces transformations est normale, puisque notre nation s’enrichit et que nous souhaitons le meilleur pour nos enfants. Mais actuellement, nous ne sommes plus dans de modestes améliorations, ça dépasse l’entendement ! Et ces abus sont financés en grande partie par l’État fédéral, qui accorde des prêts étudiants à tour de bras », analyse-t-il. L’ouvrage d’Andrew Hacker regorge ainsi d’exemples qui illustrent les dérives luxueuses des universités, du coût des équipes de football et des stades aux dimensions olympiques au mur d’escalade à l’Université publique de Washington… « Au Williams College, dans le Massachusetts, un conseiller pour les problèmes d’alimentation a été embauché à plein temps, avec un salaire approchant les 100 000 dollars par an », note le politologue.

« Cet enrichissement permet avant tout aux universités d’augmenter les équipes administratives plutôt que les équipes pédagogiques », ajoute Richard Vedder, pour qui cette situation est une tragédie. « Le système de l’aide fédérale, mise en place dès 1965, devait permettre de gommer les inégalités et faciliter l'accès à l’université, mais ces prêts ont aujourd’hui l’effet inverse », explique-t-il. Les facs augmentent leurs droits d’inscription et les moins bien lotis fuient. « Le fardeau de la dette les effraie, c’est trop dangereux. » 

 

Est-il possible d’inverser la tendance ?

Si un tel système, si peu favorable aux étudiants, se maintient, c’est que les universités savent défendre leurs intérêts. Les lobbies des universités sont bien implantés à Washington, par exemple le puissant American Council of Education. « Ce ne sont pas les mieux dotés, mais ils sont puissants, car ils ont des liens étroits avec les élus, la grande majorité ont étudié sur leurs bancs », note Richard Vedder. Ainsi, en pleine campagne électorale, les propositions des candidats Obama et Romney ressemblent plus à de petits pansements à poser sur un système mal en point qu'à de véritables réformes. Barack Obama rappelait dès avril, face aux étudiants de l’Université de Caroline du Nord, qu’il avait été « à leur place, (...) avec une montagne de dettes », et qu’il fallait donc aider les étudiants. De son côté, Mitt Romney accuse le président de favoriser au contraire l’endettement tout en marchant sur les platebandes des organismes de crédit ; il penche donc à la fois en faveur d’un désengagement de l’État et d’un meilleur contrôle des coûts dans les collèges (en ayant recours par exemple à l’éducation en ligne). Sans beaucoup plus de précision.

Et face à eux, il n’y a aucune organisation étudiante assez forte. D’où les tentatives de mobilisation des militants Occupy, qui peinent encore à sensibiliser le grand public sur le sujet. Ravi fait partie des militants Occupy new yorkais de la première heure. Elle se sent d’autant plus concernée qu’elle est aujourd’hui employée de l’Université de Columbia à New York, où elle dit constater une certaine opacité dans la gestion des dépenses et une absence totale de contrôle extérieur. « La culture de grande entreprise appliquée à l’enseignement…, juge-t-elle. J’ai l’impression que le rêve américain a été privatisé, tout se fait à crédit, via l’endettement. Et le prix de la participation à notre société est devenu si élevé qu’il en exclut la plupart : le prix de l’université, le prix de l’assurance santé, et même le prix de la chose politique puisque sans argent, pas de lobby, et sans lobby, pas de pouvoir », résume-t-elle, sur un banc de Zuccotti Park, lors d’un meeting hebdomadaire Occupy en ce mois de juillet.

 

Le 11 juillet, à Zuccotti Park 
Le 11 juillet, à Zuccotti Park© ID

Elle espère, sans trop y croire, qu’un véritable mouvement de contestation des étudiants naisse aux États-Unis, sur le modèle québécois par exemple, dont le mouvement Occupy se dit très solidaire. « Mais nous ne sommes pas syndiqués ici. C’est cela qui a fonctionné là-bas : une bonne vieille organisation syndicale, présente dans chaque faculté et capable de mobiliser », explique-t-elle. Une campagne Occupy a en tout cas été lancée sur le sujet, nourrie par les écrits de David Graeber, anthropologue et militant, auteur de Debt. The first 5.000 years. La campagne Occupy student debt prend ainsi la forme d’un site où chacun est libre de venir raconter son histoire d’étudiant endetté.

C’est aussi une pétition pour l’annulation pure et simple de la dette étudiante, aujourd’hui signée par quelque 5 600 personnes. Annulation que certains militants jugent improbable. Sous le slogan “ Won’t pay ” (Ne paiera pas), ils tentent donc de lancer une action de « refus collectif de payer », encore timide. Les militants Occupy ont par ailleurs établi une liste de propositions pour revoir le système. « Nous souhaitons que l’université soit publique, au moins les quatre premières années. Nous souhaitons ensuite des taux d’intérêt à 0 %. Et enfin, plus de transparence. Nous voulons que les facs ouvrent leurs livres de comptes pour comprendre où va notre argent », explique Chris, militant Occupy new yorkais fraîchement diplômé en communication et qui va devoir commencer à rembourser ses 97 000 dollars de dette auprès de Sallie Mae, « avec un taux d’intérêt qui est monté à 14 %, du délire ». « C’est un travail de titan que de mobiliser les étudiants, nous ne savons même pas comment trouver ceux qui sont en défaut de paiement afin de mieux comprendre leur situation », ajoute-t-il. Il évoque du bout des lèvres la possibilité d’une grève étudiante à la rentrée prochaine, un projet encore lointain et flou.

Aucun d’entre eux n’attend grand chose des élections de novembre prochain, sûrement à juste titre parce que la réforme du système universitaire ne fait pas l’objet d’un grand débat politique. « L’idéologie selon laquelle il faut prendre soin de soi seul – et payer pour ses études – a toujours le vent en poupe dans ce pays, donc ce système peut durer un certain temps… Mais je suis optimiste, ça ne peut pas continuer comme ça, ça n’a pas de sens », lâche Chris. Pragmatique, le politologue Andrew Hacker souligne qu’il serait tout à fait possible de réformer en commençant par rendre les procédures d’obtention de prêts plus compliquées, « que les établissements supérieurs cessent d’encaisser de l’argent aussi facilement et ainsi cessent leurs dépenses extravagantes ». Mais encore faudrait-il une véritable volonté politique, et des lobbies moins influents.


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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 20:42
Rue89 - Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 14/07/2012 à 17h16

 

Alors, vous avez vu, Peugeot ? Ça secoue grave, n’est-ce pas ? N’ont même pas pu attendre la rentrée sociale de septembre pour annoncer le massacre. 8 000 clampins sacrifiés. Sans compter les sous-traitants. Le lion de Sochaux-Montbéliard qui s’emplafonne à son tour dans le platane de la « Grande perdition ».

Les réactions ont été à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre : vaines, lénifiantes, à côté de la plaque, convenues, sans la moindre surprise à se mettre sous la dent. Déjà vaincues.

Fumées

Les syndicats, qui « s’y attendaient », déclarent à qui veut les entendre que « la guerre est déclarée ». Sans préciser bien sûr quelle forme prendra ce vigoureux conflit. Parions que ceux-là ne feront au mieux qu’accompagner la casse en essayant de limiter les dégâts sociaux. Comme d’habitude.

La direction de PSA promet tout ce qu’on veut sans rien promettre. Qu’elle ne laissera tomber personne. Qu’elle va « revitaliser » le site d’Aulnay-sous-Bois en y recréant un bassin de 1 500 emplois. Rendez-vous à la fin de l’année pour rigoler ?

La presse s’interroge doctement pour savoir si l’on peut encore « produire français ». Mais omet de se demander qui, parmi les milliers de consommateurs français mis au chômage, sera en mesure d’absorber une production automobile délocalisée ailleurs.

La palme de la confusion à notre ministre du « Redressement productif » [rires] qui annonce un prochain plan d’actions pour l’avenir de notre filière automobile [soupirs], en vantant ses incontestables potentialités [sonnez, violons], avant de reconnaître, devant la fulgurance de la déflagration médiatique, que l’Etat français ne saurait accepter ce bazar [un clairon, quelque part ? ].

De toute cette agitation convenue, il ne ressortira évidemment rien d’autre qu’écrans de fumée momentanés, illustrés de quelques mouvements sporadiques, de quelques faits d’armes héroïques diffusés en boucle sur nos journaux télévisées pour faire genre, de quelques ultimes discours sirupeux en guise d’antalgiques.

Dur réveil

La vérité est que ce qui arrive à PSA, après General Motors et Saab, avant Renault et bien d’autres, était non seulement prévisible, mais inéluctable, logique, sinon même salutaire.

Dans un monde limité (et pollué) comme le nôtre, songez que nous en sommes arrivés dans notre pays à un total de 495 voitures particulières pour 1 000 habitants, une auto pour deux, enfants compris ! Qui peut croire que nous allions encore pouvoir continuer longtemps à ce rythme ?

Euh, encore beaucoup de monde en vérité, à en croire les réactions interloquées des salariés de Peugeot, sous le choc de ce coup de grisou estival : « Mais comment tout cela peut-il nous arriver à nous ? »

Réponse fastoche, mais encore faut-il se débarrasser des vieux carcans mentaux poussiéreux. C’est un ensemble de concours de circonstances (crise financière, dérégulation sociale, assèchement des ressources naturelles, avidités patronales et actionnariales...) qui conduit à la même douloureuse conclusion : la « Grande perdition » est en train de remettre de l’ordre dans nos folies.

Une révolution à l’insu de notre plein gré

Ah, que n’a-t-on pas dit sur cette fameuse bagnole, ce symbole de liberté, d’émancipation individuelle, de mâle et conquérante puissance ! (On oubliera par bonté d’âme les rictus de colère et les imprécations haineuses, derrière les pare-brises teintés, à la moindre contrariété réelle ou supposée.)

Eh bien, c’est fini et il va falloir nous y faire ! La filière automobile du passé – « une voiture pour tous » (Pompidou) – ne se redressera pas. Le rêve individualiste est en train de se briser. Place au retour du collectif, contraint et forcé. Une révolution est en cours, à l’insu de notre plein gré, que nous ne savons pas ou feignons d’ignorer.

Les 8 000 sacrifiés de PSA, comme les autres à venir, feraient bien de s’en aviser et s’organiser autrement s’ils ne veulent pas voir leurs vies se flétrir. Car ils ne pourront compter sur aucun des intervenants officiels patentés et leurs fumées.

Ma mioche de 18 ans et ses copains, eux, laissés sur les bas-côtés d’une insertion sociale défaillante, ne nourrissent déjà plus guère de rêves cylindrés. La voiture triomphante de leurs parents est devenue une vulgaire « caisse ». Ce qui ne les empêche pas de parcourir du pays au gré de leur volonté. Leur point de ralliement ? Le site Covoiturage.fr.

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 11:40
Marie Kostrz | Journaliste Rue89

 Révolution 15/07/2012 à 12h20

 

Des rues de Damas et Alep quasi-désertes, des magasins aux stores métalliques baissés. Le week-end dernier, les propriétaires de boutiques des deux principales villes syriennes ont refusé de travailler, en solidarité avec les victimes des attaques de l’armée syrienne.

Leur geste est loin d’être anodin : les commerçants de ces villes sont traditionnellement présentés comme des acteurs économiques alliés du pouvoir syrien.

Samedi et dimanche dernier, ils ont mis la clé sous la porte pour témoigner leur solidarité aux victimes de Douma, ville de la banlieue nord-est de Damas.

Avant cela, une grève similaire avait eu lieu le 28 mai à Damas, après le massacre de Houla. Les souks Al-Hamidiyeh, Harika et Bab Sarje avaient été désertés par les marchands.

Si les marchands avaient cessé de travailler ponctuellement dès décembre 2011 en signe de protestation, le mouvement de désobéissance civile n’avait jamais été si suivi jusqu’à présent.

« La plupart des marchands sont contre le régime »

Susan Ahmad, contactée par Rue89, est satisfaite de la réussite du mouvement de « grève ». La porte-parole pour la région de Damas du Conseil de commandement de la révolution, un mouvement d’opposition actif en Syrie, explique qu’il a été largement suivi les 7 et 8 juillet. Il se poursuit ce week-end, après le massacre de Treimsa dans la nuit de jeudi à vendredi :

« A Yarmouk, dans la banlieue de Damas, tous les magasins sont fermés ce samedi car dix hommes ont été tués par les forces du régime hier. »

Certains magasins de la campagne environnante d’Alep ont aussi fermé leurs portes ce week-end.

La semaine passée, l’initiative avait été proposée aux commerçants par des activistes de son mouvement et des comités locaux de coordination (CLL) après le bombardement de Douma.

Assad en baisse chez les commerçants

Ces grèves à répétition montre qu’une des bases solides du régime semble désormais se fissurer. Bassel Adnan est un homme d’affaire syrien introduit dans la communauté commerçante de Damas. Contacté par Rue89, il explique :

« Je me suis rendu la semaine dernière à une réunion où de nombreux commerçants étaient présents. J’ai parlé avec beaucoup d’entre eux et j’ai remarqué que la plupart étaient contre le régime. »

Il donne l’exemple de Bilal – prénom modifié –, connu pour être un fervent supporter du pouvoir syrien car, selon ses propres mots, « les commerçants ont toujours été du côté de celui qui a le pouvoir ». Bassel Adnan raconte :

« Il était très étonné du courage des jeunes manifestants de Damas et a avoué qu’en leur fort intérieur, les commerçants sont insatisfaits de la manière dont le régime gère la crise. Ils pensent que cela dure depuis bien trop longtemps. Bilal affirme que Bachar el-Assad a perdu sa popularité parmi eux, alors qu’elle était auparavant très forte. »

La peur de ne plus être payé par le régime

L’incapacité du pouvoir à apporter une solution à la crise que la Syrie traverse exaspère en effet plus d’un commerçant damascène. Jibril – prénom modifié –, qui ne participe pas aux manifestations par peur d’y être arrêté ou blessé, ne supporte pas le régime pour autant. Cet entrepreneur ne répond plus aux offres de marché diffusées par l’Etat syrien de peur de ne pas être payé.

Il explique que « 50 % des quartiers de Damas n’ont plus d’électricité et que la majorité des usines des environs de la capitale sont fermées ». Preuve que le régime s’affaiblit.

Une mobilisation plus timide à Alep

A Alep, où un avis de grève avait aussi été diffusé, la situation est un peu différente. Ameer est un activiste indépendant. Contacté par Skype, il explique :

« L’appel à la grève a été lancé tard dans la nuit et sur Internet alors que beaucoup de marchands ne sont pas du tout habitués à l’utiliser. [...]

Et il ne faut pas oublier qu’Alep est beaucoup plus timide dans la révolution car beaucoup d’habitants ont encore en effroi après la très dure répression du pouvoir qui s’est abattue sur la ville dans les années 80. »

Le mois précédent, elle a cependant été très suivie, l’appel ayant été lancé assez tôt par un homme respecté des habitants, le cheikh Ousama Rifaee.

Mais si le mouvement de grève a été très bien accueilli dans les quartiers pauvres et de la classe moyenne d’Alep, il en va différemment dans le centre de la ville. Les vidéos disponibles montrent en effet que les magasins sont fermés dans des zones très modestes d’Alep : Al-Sukkari, Mazaken Hanano, ou encore al-Hulluk.

 

 

Des magasins fermés à Alep

Le centre-ville, qui regroupe les marchands plus riches et davantage liés au régime, n’ont pas suivi les grèves. Ameer :

« Les nouveaux riches qui ont remplacé la vieille bourgeoisie commerçante dans le centre-ville ont toujours peur d’être pris en train de parler de politique, ils ne veulent rien faire qui puissent trahir leurs positions politiques. Il y a un immense signe invisible au-dessus de leur tête qui dit : “Nous savons à quel point le régime est dur envers la population, mais ne nous dérangez-pas, nous faisons de l’argent ici.” »

L’activiste explique cependant que si une partie des commerçants est très liée au régime, la plupart demeurent seulement silencieux même s’ils sont contre Bachar el-Assad. Un point de vue partagé par Khaled – prénom modifié –, originaire d’Alep et en contact avec de nombreux commerçants :

« L’un des riches marchands du souk al-Madina, dont la famille est dans le commerce depuis des générations, m’a dit qu’il souhaitait en secret que le régime tombe mais que le prix à payer allait être très cher. »

« Des hommes d’affaires financent la révolution en douce »

Selon lui, certains d’entre eux ne restent pas inactifs, tout en sachant rester discrets :

« Un riche marchand du centre de la ville qui entretient un contact étroit avec le pouvoir m’a confié que plusieurs hommes d’affaires finançent en douce la révolution. »

Malgré tout, le régime n’a pas laissé faire les commerçants du « croissant de résistance » d’Alep, constitué des quartiers modestes et pro-révolutionnaires reliés entre eux. Le week-end dernier, les forces de sécurité sont intervenues pour les obliger à rouvrir leurs échopes, comme à Al-Sukkari.

 

 

La police force les commerçants à ouvrir leurs magasins, à Al-Sukkari

Ameer affirme cependant qu’elles n’ont pas usé de violence, contrairement à Damas :

« La moitié de la population syrienne se trouve à Damas et Alep, le régime a conscience que ce serait une erreur stratégique de se mettre entièrement à dos Alep et de faire basculer toute la population de la ville dans la révolution. »

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